I couldn't just leave you there. • Mara 

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Dead is the new alive
Aliénor Bellovaque
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TAKE AWAY THE COLOUR







En un mot : La Vipère sous la rose.
Qui es-tu ? : • Caïnite âgée de trois siècles.
• La plus gauloise des buveurs de sang.
• Ancienne corsaire des Caraïbes au service de Louis XV.
• Mère sanglante et fille du Chaos.

Facultés : Vicissitude ; Manipulation de la chair et des os.
Thème : Sleep Alone /// Bat for Lashes


Pseudo : La Reine rouge.
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Dim 16 Déc - 21:25

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People are strange creatures. You can't always convince them that safety is in their best interest. Crazy is building your ark after the flood has already come.

▼▲▼

Novembre 2018.

Le vaste hall ne désemplit pas.
Elle se délecte d'une agitation qui lui manquerait par son absence, se régale du spectacle des touristes, locaux, aventuriers ou simples voyageurs de transits qui se pressent, se massent dans les files d'attentes ou auprès des sites de restauration. Rien ne manque. Malgré le passage incessant, elle peut encore sentir l'odeur de neuf, de peinture et de métaux frais utilisés pour les travaux d'agrandissement nécessaires. La Révélation a été une aubaine, un boom économique et social. Ce qui n'était autrefois qu'un modeste aérodrome s'est changé en plateforme n'ayant rien à envier à celle de la Nouvelle-Orléans. Impeccable dans son tailleur sur mesure, elle préfère se gorger des milliers de conversations alentours que des racontars de ses collègues féminines dans son dos, occupées à vomir le dernier ragot en date, le dernier secret capable de susciter une émulation quelconque. Sans les détester  complètement, elles ne réveillent en elle qu'une apathie commune, un manque d'intérêt criant pour ces âmes humaines esseulées, en manque de sensations fortes. Pour une fois, et au vu de l'heure tardive, le comptoir de Hertz derrière lequel elle s'abrite est vide de clients à informer, de matériel GPS à fournir, de clefs à livrer et de formulaires interminables à faire signer. Alors elle regarde. Elle s'imprègne. Elle travaille son acuité, en essayant de faire le tri, de se focaliser uniquement sur ce qu'elle a envie de voir et d'entendre. Là une discussion houleuse et familiale. Ici une conversation téléphonique. Ou encore un échange tendu entre un voyageur réfractaire et un guichetier lassé de devoir répéter sans arrêt le même discours procédurier. Serguey vaque probablement à ses occupations ailleurs ; elle ne le repère pas. Inutile de chercher à lui envoyer un message : elle le sait sérieux au point d'en oublier fréquemment son téléphone au travail. Il n'est pas du genre à se disperser en messages amoureux et stupides. Sauf lorsque l'envie se fait trop pressante, et que les deux amants peuvent voler à leurs employeurs respectifs quelques précieuses minutes.
Elle a Soif. Elle commence à se demander, au vu de l'affluence inexistante, si une pause en solitaire ne serait pas envisageable. Elle sait comment le rythme fonctionne. Si elle attend trop, un groupe d'une vingtaine de personnes se postera sous ses yeux, et il lui faudra remettre à plus tard son obsession du moment. Habituée à la manœuvre, elle devine également qu'à cette heure-ci, les quelques âmes perdues à l'étage sur le parking immense ne verraient rien venir. Elle cède à sa pulsion, se relevant sans plus attendre pour profiter de l'accalmie.

« Je reviens. »

Si elle a caché à son patron sa vraie nature, il en est de même pour les pintades qui se contentent d'acquiescer rapidement, à peine polies. Sans doute s'en donneront-elles à cœur joie après son départ. Juchée sur ses escarpins, elle s'éloigne avec soulagement de ce nid de vipères, lorgnant discrètement vers les quelques jugulaires qu'elle croise. Ses prunelles virevoltantes accrochent finalement la silhouette d'une jeune femme qui n'est pas seulement humaine. Elle a appris à reconnaître l'aura des Outres, ces créatures étranges, bloquées entre le mortel primitif et le sorcier inachevé. Le nez plongé sur son téléphone, ses bagages près d'elle, elle semble perdue. L'immortelle ralentit ses pas, pour mieux s'arrêter totalement. Elle vérifie qu'aucun agent destiné à renseigner les visiteurs ne se trouve à proximité, avant de se tourner pleinement dans la direction d'une victime toute désignée. Elle n'est pas en quête de difficulté, cette nuit. Elle veut se nourrir, un point c'est tout.
Un détail la chiffonne, toutefois. Quelque chose qui ne colle pas. Une sensation, pressentiment et avertissement tout en même temps. Quelque chose de planqué sous un repli de son aura, qu'il lui faudrait gratter pour en comprendre le sens. Mordre sans réfléchir ne lui apparaît plus comme une idée d'excellence, subitement. Le pire dans tout cela reste probablement qu'elle a déjà perçu cette caractéristique qui lui glisse entre les doigts, mais sur laquelle elle ne parvient pas à apposer un nom. Intriguée, elle en oublie temporairement la faim et s'approche, un sourire artificiel étirant ses lèvres. La tonalité mécanique des employés ayant à cœur de bien faire leur travail, elle la connaît par cœur, et se plie sans rechigner au jeu.

« Bonsoir, vous semblez avoir un problème. Puis-je vous aider ? »

Son regard glisse sur la valise impressionnante.

« Vous semblez venir de loin. Vous vous installez à Shreveport ? »

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La purée • C'est pour ça qu'il me paye
Mara Blagnista
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En un mot : Folie douce
Qui es-tu ? : Marquée endeuillée
Journaliste trop curieuse
Suédoise nouvellement perdue en Louisiane
Amoureuse de la bouteille, du café et de la morsure
Facultés : Télépathie et mémoire intellectuelle spontanée
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Sam 22 Déc - 23:14



I couldn't just leave you there
Etrange comme la Révélation a non seulement changé la perception que les humains avaient de leur environnement, mais aussi mille et un détail du quotidien. Si, dix ans auparavant, elle s’était décidée à rejoindre Shreveport, elle se serait vue forcée de faire au moins deux escales, une en Europe, puis dans une ville des Etats-Unis un peu plus importante. Depuis, la Louisiane a pris un autre tournant et attire tant de monde que son aéroport dessert de nombreux vols internationaux, d’autant plus vers d’autres pays qui ont saisi cette Révélation comme une occasion unique de sortir leur épingle du jeu.

Cette facilitation du trajet n’empêche en rien les yeux explosés de Mara de fixer le vide, éteints, sans qu’aucune vie ne les anime. Elle répond mécaniquement aux hôtesses de l’air, que non, elle n’a besoin de rien, va très bien, lorsqu’elle leur commande un énième café, fuyant le sommeil, encore plus que d’habitude, hantée par le souvenir d’Anja, refusant de la voir réapparaitre dans ses songes. Impossible de compter en heures le temps qu’elle a passé sans dormir, cela faisait trop longtemps maintenant. Elle a refusé tout repos depuis sa mort, trop lâche pour affronter son cerveau fatigué en quête d’un instant de répit.

Les hauts parleurs crachotent des paroles en anglais qu’elle ne cherche même pas à comprendre. Elle se surprend à fermer les yeux, comme dans l’idée de somnoler, contrer ce mal de crâne lancinant. Son menton s’enfonce dans l’écharpe enroulée autour de son, à la recherche d’un peu de chaleur. Ses doigts fouillent la poche de sa veste et en tirent un mouchoir. Sans faire attention à ses voisins, elle se mouche bruyamment, chose qu’elle n’avait pas eu à faire depuis plus d’une douzaine d’années. En plus de lui laisser un cœur en lambeaux, la mort d’Anja a levé le sceau qui faisait d’elle une Marquée, a rendu son corps aux affres de la maladie et autres bassesses humaines sur lesquelles elle jure sans fin depuis ce retour à la normale.

Elle sent enfin la descente s’amorcer, l’avion se rapprocher de sa destination finale. Un ins-tant, son esprit flotte vers l’inconscience. Pourquoi pas, oui, elle pourrait céder, rien que quelques temps, basculer dans les bras de Morphée, se laisser mener par l’épuisement qui se lit sur les cernes noirâtres de son visage.

*  *  *  *  *

Mara se sent comme une loque et, de son point de vue, a tout pour ressembler à un déchet échoué dans l’aéroport. Penchée par-dessus le lavabo des toilettes pour observer le miroir, elle passe une main dans ses cheveux. Peu à peu, le brun naturel reprend ses droits sur la couleur blonde qu’elle tente d’imposer à ses mèches rebelles. Pensée furtive, qu’elle note dans un coin de son esprit, pour ne pas oublier de se refaire une teinture. Mieux vaut se concentrer sur des problèmes capillaires que de se laisser dériver sur d’autres sujets beaucoup trop sensibles pour son cœur fragilisé.

Elle finit par tourner le dos à son propre reflet, désespérée. Il fait nuit depuis déjà quelques heures ici, alors que Stockholm s’éveille juste, à plus de huit mille kilomètres de là. Il ne fait pas bon de trop traîner le soir, surtout lorsque rien n’est prévu, que l’on s’est contenté de sauter dans le premier avion venu sans plus réfléchir. Alors qu’elle se sent à peine capable de mettre un pied devant l’autre, il faut qu’elle se débrouille pour trouver une voiture et un endroit où poser ses affaires. Son esprit refuse de penser à un hôtel, sachant pertinemment qu’elle s’écroulerait sur le lit pour dormir et qu’elle n’en a aucune envie.

Elle pousse valise devant elle d’une main distraite, le nez collé à son téléphone. Ses yeux parcourent les dernières actualités manquées, les quelques notifications reçues durant son vol. Il n’y a pas grand monde pour s’inquiéter de ce départ précipité, elle n’a laissé à aucun de ses proches le temps de se rendre compte de rien, s’est contenté de filer comme une voleuse, sans rien dire à personne, à l’exception d’un mail à Landgraf. Elle n’a aucun lieu où dormir, mais elle s’est déjà assurée une place dans le journal du coin. « Faudrait peut-être revoir ton sens des priorités, non ? » s’amuse Anja.

Une voix la tire de sa déambulation éperdue dans le hall de l’aéroport. Elle reconnait les intonations mécaniques caractéristiques des employés modèles et lève un regard complètement éteint sur la femme qui s’est arrêté devant elle. Elle cligne des yeux, comme si elle se rend tout juste compte qu’on s’adresse à elle. « Je vais bien. ». La même réponse qu’elle a faite aux hôtesses de l’air dans l’avion, à chaque nouvelle tasse de café qu’on lui apportait.

D’un réflexe mu par des années de pratique, son esprit se tend vers celui de son interlocutrice, dans un désir d’accrocher quelques pensées, sans même forcément vouloir aller bien loin. Elle répond seulement à son instinct, cette habitude prise depuis longtemps. Mais elle se heurte au vide. Il n’y a rien de tangible qu’elle puise percevoir. Dès son arrivée à Shreveport, elle est confrontée à l’étrange, au surnaturel. N’importe qui peut se munir d’une babiole arcaniste pour se prémunir de ses dons, mais il peut tout aussi bien s’agir d’une personne plus dangereuse.

Son nez finit par la démanger et elle tire son mouchoir de sa poche pour essuyer la goutte qui lui pend à la narine. Devant elle, l’hôtesse est tirée à quatre épingle, belle comme un cœur dans son uniforme. Et elle, elle traîne sa carcasse dans ce hall vide, une véritable loque. « J’arrive de Suède. » Chouette représentation de son pays qu’elle donne à voir. « Ouais, je viens m’installer ici. » Elle évite de s’étendre, de trop en dire, parce qu’elle sait que même sans en parler, elle y pensera, qu’elle se sentira mal et qu’elle aura cette folle envie d’aller se réfugier dans les toilettes pour pleurer tout son saoul.

Son précieux sauveur de tissu blanc est rangé dans sa poche tandis qu’elle fixe l’hôtesse, toujours aussi perdue. « Vous pourriez m’indiquer la meilleure sortie pour trouver un taxi ? » Elle pourrait louer une voiture, mais elle n’est pas sûre que ce soit une bonne idée dans l’état où elle se trouve. Rien que d’embarquer dans un véhicule ne la rassure pas, la dernière fois qu’elle s’est trouvée au volant, Anja est morte tandis qu’elle fonçait dans la campagne suédoise, avec ce faible espoir d’arriver avant qu’il ne soit trop tard.

Et le fossé avait finit par la cueillir, au milieu de la douleur et du chaos.
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Sam 12 Jan - 0:47

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Singer les humaines stupides et accrochées à leur emploi comme une tique au cuir d'un vulgaire clébard ne la ravit en rien. Pourtant, elle excelle, dans ce domaine. Petite, amicale et charismatique, elle se met dans la poche les récalcitrants et les pénibles, est parvenue à de nombreuses reprises, par l'hypnose ou par sa simple attitude, à calmer les humeurs des voyageurs transitant par Shreveport. Une méthode différente que celle appliquée par son compagnon et chef de la sécurité, que ne dénigrent jamais les quelques employés mortels qu'elle trouve sympathique dans le périmètre de Hertz. La Faim et sa perplexité compliquent les choses, mais elle tient bon, ne dénote pas du cadre, parfaite. En dépit de sa posture de poupée sans âme, les prunelles océanes s'emploient à disséquer sans pitié la silhouette de la mortelle. Quelle est cette anomalie qui empoisonne son aura (son sang ?) au point de la dissuader de mordre ? Pourtant, elle sait qu'elle ne craint rien, ou du moins pas grand-chose. Comme si elle s'apprêtait à goûter un aliment frôlant de près la date de péremption. Quitte ou double. Néanmoins, l'intoxication alimentaire ne fait pas partie de son programme de nocturne. La petiote prétend qu'elle va bien ; elle doit réprimer un ricanement sarcastique. Une feuille morte en automne présenterait mieux qu'elle, en cet instant. Le visage défait, la mine fatiguée... finalement, son sang en vaut-il seulement la peine ? La soif la titille tant qu'elle serait prête à la mordre dans le premier recoin venu. Elle n'a pas envie de prendre le risque de guetter trop longtemps un quidam dans les étages des parkings. Le dilemme est rude.
Combien de temps va-t-elle tenir, dans cette ville ? Petite fleur survivra-t-elle à l'hiver qui s'annonce ? La Louisiane a beau se montrer clémente, sa faiblesse est telle que quelques lampées de trop suffiraient à l'achever. Depuis combien de temps n'a-t-elle pas mis fin à une vie humaine ? La tentation la reprend, camée jamais très loin de replonger. Chaque fois, elle doit solliciter son sang-froid pour ne pas céder. « La Suède est un pays magnifique. » Un pays trop froid, monotone et totalement dépourvu d'intérêt. « J'espère que vous saurez vous plaire ici. Veuillez me suivre, je vais vous conduire à mes collègues qui vous prendront en charge : ils vous feront appeler un véhicule. »

Elle a presque pitié de l'Éphémère – à moins qu'elle n'ait pas envie de la voir leur faire perdre du temps – et accroche d'un air serviable la grosse valise, la laissant se charger des sacs les moins lourds. Avec aisance, elle se dirige vers les escalators à l'affluence quasi-déserte, foulant les sols luisants, semblables à tous ceux qu'elle foule depuis des décennies. De loin, elle repère son colosse aux pieds d'argiles. C'est sans même se dissimuler aux yeux de la Suédoise qu'elle envoie un baiser à Serguey, un sourire radieux aux lèvres : son amant n'est pas dupe de ses manœuvres habituelles pour se restaurer entre deux heures passées à faire le pied de grue derrière un comptoir et entourée de pies plus ou moins jeunes. Rapidement, les portes coulissent pour leur livrer l'accès au parking. Le mur d'humidité modérée par l'hiver doit s'avérer difficile à encaisser pour la Nordique, mais l'immortelle n'en a cure : n'a même plus conscience de l'effet réel d'une telle distorsion de températures sur un organisme vivant. D'un geste, elle salue ses collègues présents au guichet pour prendre d'autorité la direction opposée, d'un pas sûr. Pour la distraire, elle badine : « Vous semblez fatiguée, et malade. Qu'est-ce qui vous amène si loin de chez vous ? » Peut-être t'es-tu aventurée trop loin, petite fleur. Ici, nul descendant viking au regard placide et au comportements modéré, nuancé, ennuyeux à crever. Les néons au-dessus de leurs têtes grésillent un peu plus fort, au fur et à mesure que les voix humaines se distancient. « Quel est votre point de chute ? » Elle jette un regard par-dessus son épaule, l'air innocent. « Que je puisse renseigner votre taxi, bien sûr. »

Le coin de parking est désert, lorsqu'elle s'arrête devant un guichet vide ; désaffecté car promis à la rénovation en réalité. En-dépit de la poussière présente sur le comptoir et des quelques papiers en désordre et à l'abandon, nul détail n'a de quoi alerter une conscience déjà fatiguée. Le téléphone débranché semble bel et bien fonctionner, après tout. « Vous devriez vous asseoir à l'intérieur, vous reposer le temps qu'il arrive... Je peux vous fournir de quoi boire. Vous devez bien veiller à vous hydrater en Louisiane, sans quoi vous risquez de faire un malaise. »

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Sam 19 Jan - 13:14



I couldn't just leave you there
Les portes s’ouvrent et se ferment, le temps qu’elles passent, sortent et foulent le bitume du parking sous son faible éclairage. Quelques grésillements des néons, les roues de sa valise qui cahotent sous les mains de l’inconnue. Elle perçoit les voix d’autres employés, que l’hôtesse salue avant de continuer son chemin, entraînant la suédoise à sa suite. Et elle se contente de poser ses pieds dans l’ombre de ses pas, sans même y réfléchir, l’esprit trop embrumé pour s’interroger sur le manque de personnel aux alentours ou le danger que pourrait représenter cette femme dont elle ne perçoit les pensées. Elle est trop heureuse de se débarrasser d’une charge, fait confiance à cette figure de responsabilité en ce lieu qu’est l’aéroport. C’est un sentiment agréable de s’en remettre à un autre, de laisser quelqu’un décider et agir à sa place.

Elle s’inquiète, l’inconnue, s’enquit de son état, l’interroge d’une voix douce, l’air intéressé. « Le décalage horaire. » Piètre excuse qu’elle lui sert, sur la mine déplorable qu’elle tire. Mais elle n’a aucune envie de lui expliquer dans le détail les mauvais tours que lui joue son corps depuis quelques jours, depuis la disparition de la Marque, depuis sa mort. « Je viens pour le travail. Une opportunité s’est présentée et je l’ai saisi. » Ou plutôt, elle s’est raccrochée à Landgraf comme une naufragée à un bout de bois flottant, espérant y trouver un appui sur la houle de la vie. Il est toujours plus facile de rester professionnelle, de ne pas s’étaler sur la vie privée, alors elle se contente de ces quelques paroles. Elle présente déjà bien mal face à l’hôtesse aux allures si parfaites. Nul besoin de s’étaler sur ce deuil qui la bouffe et la renvoi à l’état de loque échouée sur le sol, dont on piétine les lambeaux balayés par les rafales.

La question de l’hôtesse file dans son esprit vide et hagard. Les seules adresses qu’elle connaisse à Shreveport sont celles du journal où Landgraf lui a trouvé une place et du domicile même de ce dernier. Deux lieux où elle ne se voit pas échouer, ni à cette heure-là, ni dans cet état-là. « Qu’il me dépose en centre-ville. Downtown, c’est ça ? J’y trouverais bien un hôtel où passer la nuit. » Idée qu’elle n’approuve pas vraiment elle-même. Malgré l’appel lancinant du sommeil, elle ne veut pas dormir, refuse l’idée de s’écrouler dans le lit d’un hôtel, même si ce serait plus sage ainsi. Et la tentation est grande, de se poser, de se laisser couler dans les bras de Morphée, de retrouver Anja dans ses songes. Mais où d’autre peut-elle aller que dans un hôtel ? Et l’option paraitra sage à l’hôtesse. Elle pourra se contenter d’y déposer ses affaires plutôt que de trainer ses bagages pour aller boire un coup dans un des bars animés de la ville.

L’intérieur, loin de l’atmosphère humide, avec ces sièges où reposer son corps fatigué lui semble alléchant, alors elle acquiesce, suit le mouvement et se réjouit d’être tombée sur une employée aussi serviable, soucieuse de son bien-être, qui la tire de son errance et s’occupe d’elle. Mara se sent un peu comme un chiot abandonné, que l’on récupère par charité et pitié. Mais elle est bien trop épuisée pour s’en offusquer. « Oui, je veux bien boire quelque chose. S’il vous plait. » Peut-être cela lui éclairera-t-il les idées, lui permettra de se requinquer. Un énième café serait le bienvenu dans l’abysse de sa gorge, mais elle n’en es-père pas tant. Rien que s’asseoir, poser ses fesses sur un vieux siège, l’aide à se reposer, à moins que le repos accordé ne l’entraîne un peu plus vers l’inconscience et le sommeil. Elle ne s’interroge pas sur la poussière qui infeste les lieux, sur le désert d’âmes autour d’elle, s’en remet à l’hôtesse qui appelle un taxi, vient à son secours et l’aide à s’en sortir dans ce pays inconnu. Elle a déjà voyagé quelques fois avec Anja, surtout dans les pays scandinaves, quelques rares autres fois en Europe. Mais partir ainsi, déménager dans un lieu inconnu, jamais encore cela ne lui était arrivée. Elle n’a rien prévu, s’est contenté de partir. Piètre première expérience dans un nouveau pays.

Sa fatigue hante son esprit, endormit sa conscience. Mais cette curiosité qui est la sienne, qui imprègne son être entier, la prend souvent en défaut, elle persiste, ne la quitte jamais. Tandis qu’elle contemple cette femme, elle s’interroge. L’une de ses premières rencontres sur le territoire américain et la voilà déjà confrontée à l’étrange. Et elle a envie d’en savoir plus, de connaître ce qui protège son esprit. Elle est quelque chose, un quelque chose de pas bien humain, à moins d’une protection magique. Mais ils sont rares, même si plus nombreux depuis la Révélation, les humains aux esprits barricadés, les chances sont toujours plus importantes de se trouver confronté à un CESS. « Vous êtes quoi au juste, vous ? » Question étrange qui sort de sa bouche, dénuée de bonne politesse bien correcte. Elle perd un peu ses esprits, Mara, ne pèse pas ses mots avec prudence, pas ce soir-là. « Une vampire ? » Elle lâche la proposition, un peu dans le vent, au milieu de tant d’autres choix qui se présentent à elle. Cette femme pourrait bien être une arcaniste, une thérianthropes, une outre, ou toute autre chose étrange qui pourrait bien rester encore caché. Mais il faut bien tenter sa chance pour espérer avoir une réponse. Inconsciemment, elle s’y rattache beaucoup, à cette idée, aussi, après tant d’années à vivre au sein d’un Essaim. C’est l’idée qui lui vient en premier, même si elle sait que d’autres créatures peuplent ce monde et que l’accès à leur esprit aussi lui est fermé.
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