Les métamorphes 

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Forgive me, Father, for I am sin
avatar
Forgive me, Father, for I am sin
SINFUL


En un mot : Righteous cross
Thème : Dies iræ
WHAT HAVE WE DONE

Messages : 280
Date d'inscription : 24/03/2017
Mer 12 Juil - 0:00

Les Métamorphes
Sans forme ni constance, ils sont l'instinct fait chair



En un mot
Dans cette annexe vous trouverez des pistes sur l'origine possible des métamorphes, ce que signifie appartenir à cette race, la part d'animalité qui en découle et vous apprendrez les différences subtiles mais fondamentales entre un garou et un métamorphe. Il y est aussi expliqué ce qu'est la véritable forme d'un métamorphe, comment la trouver et quelles capacités surnaturelles en découlent. Vous apprendrez aussi comment un métamorphe peut adopter plusieurs formes animales différentes et transférer sa bête au travers des rituels de la Chasse Sacrée et de l'Héritage de Sang, ainsi que les dangers inhérents à une telle pratique, dont notamment le chimérisme. Il y est de plus expliqué en détails le lien entre les pouvoirs de métamorphose et le cycle du Soleil et de la Lune, comment on devient un métamorphe et à quel point la magie peut avoir une emprise étonnamment forte sur ces hommes-bêtes. Enfin, il y est présenté un résumé des relations générales entre les métamorphes et les autres races ainsi qu'une FAQ destinée à clarifier certains points.
La bête aux mille visages
Démons de la Lune, changeformes, skinwalkers... Au cours des âges, les métamorphes ont été la source de bien des peurs, légendes et autres superstitions, tour à tour craints et vénérés. Là où les garous ont le monopole des récits de bêtes sanguinaires et difformes, les métamorphes ont imprégné dans l'imaginaire collectif la figure de la créature maligne, celle qui fluctue et change, perfide, et se revêt des peaux volées de ses victimes pour en adopter la forme et les traits. Le métamorphe est d'origine mystique, et d'aucuns disent qu'il porte en son sein une parcelle de l'esprit du monde, offerte par les ancêtres pour veiller sur celui-ci. Sentinelle de la nature, il porte en son sang l'instinct des choses de la bête et, trop souvent, est confondu avec le garou de par ses capacités à prendre forme animale. Mais l'un comme l'autre sont aussi différents qu'ils sont proches, bien que peu sachent - ou daignent - faire la distinction entre les deux. Les métamorphes incarnent le changement par excellence, la survie par l'adaptation. Ils charrient dans leur sillage la peur de l'imprévisible et de mystères qu'eux-mêmes ne comprennent parfois pas. Faire face à un démon de la lune, c'est ne jamais savoir ce qu'il va falloir affronter.
Enfants des mythes et du rêve
Incertaine et fantasmée, l'origine exacte des premiers métamorphes a été perdue au fil du temps et des mémoires, déformée par un millier de millier de récits autour du feu, de contes et de mythes qui survécurent jusqu'à aujourd'hui. Dans presque toutes les cultures les hommes-bêtes ont leurs légendes, leurs autels ou leurs bûchers, mais la proximité entre les garous et les métamorphes rend d'autant plus difficile la distinction entre les deux lorsqu'ils se confondent l'un l'autre au cours de l'Histoire. Certaines légendes parlent d'êtres sans forme capables de prendre celle des animaux dont ils revêtent les fourrures, mystérieux skinwalkers redoutés par les amérindiens ; d'autres évoquent les premiers éons où la Lune et la Terre façonnèrent le temps du rêve pour accoucher de bêtes à la figure humaine, venues sur le monde pour veiller sur toutes les choses qui habitent sous le ciel ; d'aucunes encore affirment qu'ils sont les enfants spirituels d'esprits sauvages, sortes de dieux-bêtes qui s'incarnèrent sous une forme de chair et de sang pour se mêler des affaires du réel ou qui furent piégés dans des corps mortels afin de leur voler leur puissance.

D'une manière générale il ressort de l'incroyable diversité des mythes à propos des métamorphes certaines similarités troublantes dans la structure de ces récits qui se retrouvent dans un très large panel de cultures au fil du temps et des continents. Des lignes communes qui, malgré les variantes, convergent vers un lieu commun profondément enraciné dans l'imaginaire collectif de cette espèce surnaturelle. Là où l'origine des premiers garous trouverait sa source dans le cannibalisme, dans des actes de cruauté sauvage et porterait les stigmates d'une punition d'ordre céleste et d'une malédiction qu'il faudra éternellement porter, les métamorphes définissent leur origine d'une façon beaucoup plus proche du monde et de la vie, l'héritage d'un ordre presque divin et fortement imprégné d'un mysticisme lié aux esprits, à la nature et à la magie elle-même, un don qui leur a été fait par des puissances élémentaires. Ces différences sont-elles fondées ou ne s'agit-il que de subtilités dans la perception des uns et des autres ? Il est difficile de trancher, tant les deux paraissent semblables, mais les nuances qui les séparent sont pourtant fondamentales.
Être la bête
La première et certainement la plus grande de ces nuances réside dans le fait qu'un métamorphe, contrairement à un garou, ne cohabite pas avec une bête en son sein : il est la bête. C'est de cette subtilité que découle tout le reste et cette incompréhension méfiante et impalpable qui existe parfois entre les garous et les métamorphes. Ces derniers sont tout autant l'animal qu'ils sont l'humain et distinguer les deux pour traiter ces deux facettes séparément c'est faire une profonde erreur quant à l'appréhension de leur nature. C'est la cause de beaucoup de croyances à propos de l'origine des métamorphes : leurs cousins garous sont contraints de cohabiter en eux-mêmes avec une entité animale distincte, ce qui est souvent source de conflits et d'une part de la violence sauvage qu'on leur associe communément, là où les métamorphes sont autant l'un que l'autre et ils pourraient tout aussi bien être des animaux ayant acquis forme humaine que la différence serait indiscernable. C'est ce qui leur fait considérer que leur état est un don et non une malédiction, car ils n'ont pas à se battre contre eux-même en permanence au niveau le plus élémentaire et ont souvent plus de facilités à être en harmonie avec eux-même ou la nature.

Néanmoins, dans les faits peu de personnes savent ou connaissent la différence entre les garous et les métamorphes et ces derniers, moins nombreux et plus discrets que leurs cousins, sont très souvent confondus avec les premiers, même par ceux-ci. Les comportements des uns comme des autres sont souvent très similaires et cela n'immunise en rien les métamorphes à toutes sortes de conflits intérieurs et autres maux que subissent aussi les garous. Concilier l'instinct et la raison est parfois aussi difficile chez les uns que chez les autres, d'autant plus quand ceux-ci vivent dans des sociétés urbanisées à l'extrême dont l'influence peut parfois être destructrices sur la psychologie de certains métamorphes. Il en résulte souvent des êtres qui, s'ils n'ont pas à subir le conflit interne et brutal qui existe chez tous les garous, ont au final à faire face à la même problématique : apprendre à trouver un équilibre dans leur façon de vivre, à satisfaire leurs pulsions, leurs instincts, cette force primale qui gronde en leur sein avec une rage féroce tout comme ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas qu'animaux, que la raison qui les habite va bien au-delà et qu'ils sont liés au monde humain avec plus de force que certains ne voudraient parfois. Un métamorphe qui renie sa part animale se sentira de plus en plus vide et déphasé, plein d'un mal-être difforme et indéfinissable. C'est comme de se couper d'une partie de soi-même et continuer d'essayer de vivre sans remarquer le fait qu'il vous manque un membre. De la même façon, un métamorphe qui plonge à s'en oublier dans l'instinct et l'animalité, qui reste de plus en plus longtemps sous forme animale et se désintéresse avec toujours plus de force de son humanité va peu à peu perdre ce qui fait son identité, avoir de plus en plus de mal à retourner dans son corps d'humain et commencer à régresser psychologiquement au niveau d'un animal normal. Dans un cas comme dans l'autre l'ironie est cinglante pour ceux qui considèrent leur état de métamorphe comme un don de la nature, quand on appréhende le nombre de suicides parmi les jeunes métamorphes isolés et sans mentor qui n'arrivent pas à appréhender leur nature.
Découvrir sa véritable forme
Si un métamorphe est un être de nature duale, à la fois humain et animal, ses capacités surnaturelles ne s'expriment cependant pas dès la naissance et c'est parfois toute une quête initiatique qui conduit à la découverte de soi-même. Là où un garou est destiné à hériter d'une bête de la même espèce que celle d'un de ses parents, un métamorphe possède à sa naissance un potentiel qui n'est pas limité par son ascendance et qui doit encore se fixer définitivement. Les signes des premières transformations apparaissent en général entre l'âge de huit et douze ans, d'une façon plus ou moins instinctive, et le jeune métamorphe est alors capable de se transformer en n'importe quel animal, qui peut changer d'une transformation à l'autre selon ses envies et son état d'esprit. Au cours de l'adolescence, il va apprendre à apprivoiser ses nouvelles capacités, explorer l'instinct et la malléabilité de son corps ainsi qu'une nouvelle connexion au monde et, peu à peu, adoptera une forme animale privilégiée dans laquelle il se sentira le plus à l'aise. Cette forme animale dépend de sa psychologie, de sa façon d'appréhender le monde, de l'environnement qui l'a vu grandir et de son expérience personnelle. A mesure que ce processus s'affine et s'achève, il perd peu à peu cette prédisposition à pouvoir revêtir n'importe quelle forme et, avant la fin de l'adolescence, n'est plus capable de se transformer qu'en sa forme animale privilégiée, que certain appellent parfois animal-totem ou reflet intérieur. Dans beaucoup de cultures mystiques ce processus est fondamental, aussi bien l'étape de la première transformation que la découverte de sa véritable identité animale, et il existe énormément de folklores différents qui accompagnent et guident le jeune dans sa progression spirituelle. Souvent, dans les cultures qui ont conservé certaines traditions ancestrales, c'est un travail sur soi-même qui est vu comme une quête initiatique pleine de croyances diverses et qui s'achève sur la célébration d'une cérémonie qui est perçue comme une deuxième naissance.

La notion de lignée est donc très subjective au sein des métamorphes, car un même clan peut-être composé d'animaux pourtant singulièrement différents. Néanmoins, il arrive fréquemment que des enfants adoptent une forme animale identique ou proche de celles de leurs parents, par mimétisme ou imprégnation de l'éducation qui leur a été transmise. Certains clans de métamorphes qui retirent une certaine fierté d'adopter telle ou telle forme animale exercent une grande pression sur leur progéniture et tentent d'orienter leur développement mystique de façons parfois aussi diverses qu'exotiques.
Capacités surnaturelles
Se changer en bête n'est pas la seule force des métamorphes et ils disposent de nombreux atouts secondaires qui ne sont pas à sous estimer. Si ces caractéristiques sont présentes sous forme humaine, elles n'atteignent cependant leur plein potentiel que sous forme animale et c'est la raison pour laquelle vous ne devriez jamais prendre pour acquise la victoire sur l'un d'entre eux avant d'avoir vu la couleur de son poil. Ils font preuve de prouesses physiques qui dépassent ce dont l'être humain normal est capable, tant dans la force que l'endurance ou l'agilité, bien que ces paramètres puissent varier dans des proportions très diverses selon l'animal qui se cache sous la chair du métamorphe et que leur force n'est souvent pas aussi élevée que celle des garous. Leurs sens humains sont également souvent supérieurs à la moyenne, reflet de ce qu'ils sont sous leur forme animale.

En outre, le métabolisme des métamorphes est plus rapide que la moyenne humaine et leur octroie une régénération cellulaire remarquable. Ils sont capable de guérir de blessures même les plus graves en un temps record. Un os fêlé se ressoudera en quelques heures et une fracture pourra demander jusque quelques jours selon sa gravité. Cette capacité de guérison est plus forte sous forme animale et la présence d'autres métamorphes ou d'une nature sauvage peut accélérer le processus. La température corporelle d'un métamorphe est de fait naturellement plus élevée de quelques degrés et leur espérance de vie est plus longue que celle des humains : aux alentours de 150 ans pour ceux qui sont devenus métamorphes et de 200 ans pour ceux qui sont nés ainsi. Comme beaucoup d'espèces surnaturelles, l'âge est un important facteur à prendre en compte chez les métamorphes, que ce soit pour considérer leur puissance, mais surtout leur sagesse et leur compréhension des choses de la nature.

Ce métabolisme rapide leur confère également une résilience naturelle aux maladies, toxines et autres substances nocives pour l'organisme. En termes pratiques, cela signifie qu'il est plus difficile de coucher un métamorphe avec de l'alcool, des somnifères ou qu'il ne tombera que rarement malade. Néanmoins, ça ne l'y immunise pas non plus et des doses plus importantes lui feront le même effet. Certains d'entre eux, souvent les individus les plus jeunes, consomment alcools ou drogues dans des proportions déraisonnables pour en ressentir pleinement les effets ou prennent des surdoses de médicaments. Les conséquences en sont parfois dévastatrices tant ils se reposent sur la capacité de leur métabolisme à éliminer les poisons.

Les métamorphes perdent leur capacité à adopter la forme de n'importe quel animal durant leur adolescence à mesure qu'ils se fixent définitivement sur ce qu'ils seront pour le reste de leur vie. Néanmoins, certains d'entre eux conservent des traces de cette polymorphie ou apprennent à la retrouver peu à peu à mesure qu'ils vieillissent et gagnent en force ou en harmonie avec eux-même. S'ils ne peuvent plus changer d'espèce animale à volonté, ils peuvent néanmoins être capables, avec de l'effort, de changer certains détails de leur apparence : la couleur du poil, des yeux, la forme des oreilles ou même leur taille dans une moindre mesure. Maîtrisée avec maturité, cette facette de leur pouvoir leur permet d'adopter l'apparence animale qu'ils souhaitent suivant toute la palette de différences que leur espèce leur octroie. Un métamorphe chat, par exemple, pourrait avoir le pelage noir et les yeux verts une nuit et adopter une fourrure rousse et rayée la seconde. Néanmoins, les métamorphes possèdent tous une apparence privilégiée pour leur forme animale, qu'ils adoptent naturellement et qui correspond à leur identité, à la façon dont ils se définissent. Ça leur est très important psychologiquement, c'est comme une constance dans la multitude de variantes qu'ils peuvent adopter et à laquelle ils s'identifient plus qu'autre chose. Cette polymorphie fonctionne uniquement sur la forme première du métamorphe, en aucun cas sur les formes animales supplémentaires qu'il peut acquérir grâce à la Chasse Sacrée.

La métamorphose partielle est également possible, pour ne transformer qu'une partie de son corps : un avant bras pour se faire pousser des griffes, les yeux pour accéder à une meilleure vision, etc... C'est quelque chose qui s'apprend et qui dépend grandement de la façon dont le métamorphe se sent avec lui-même. Quelqu'un qui rejette sa nature animale aura énormément de difficulté à choisir avec précision quelle partie de son corps il veut transformer tout en gardant une certaine cohérence. C'est quelque chose de très pratique lorsqu'un métamorphe n'a pas le temps de se morphoser complètement ou que le faire le mettrait en danger à cause du moment de transition durant lequel il est plus vulnérable. L'âge, la puissance et l'état d'esprit du métamorphe influent grandement sur le temps que prend la transformation, encore plus si l'individu lutte contre sa propre nature s'il ne l'accepte pas. Celle-ci peut prendre de cinq à quinze minutes pour les plus inexpérimentés, jeunes ou mal à l'aise et descendre entre une vingtaine et trentaine de secondes pour les plus expérimentés, les plus forts ou les plus en accord avec leur nature duale si la situation l'exige. En général cependant, le processus prend une à deux minutes si rien ne presse particulièrement et si une forte émotion peut aussi servir de catalyseur il faut garder en tête que le processus n'est jamais instantané et peut parfois être très handicapant, étant un moment de concentration et de douleur intense qui laisse très vulnérable. Accéder à une force et une résistance plus élevées est une chose, mais plus d'un métamorphe est mort en choisissant mal le moment de le faire.
La Chasse Sacrée
Il existe plusieurs mystères occultes qui entourent les métamorphes et leur capacité à changer de forme. Ceux-ci ont influencé certaines cultures avec tant de force qu'ils ont imprégné l'imaginaire collectif et sont devenus la source de fantasmes aussi farfelus les uns que les autres dans les cultures et traditions. Souvent confondus avec les garous, l'amalgame entre les deux n'a fait que renforcer cette crainte pleine d'incompréhension et les uns comme les autres pâtissent de cette réputation. On retrouve les skinwalkers chez les amérindiens, les nahuals dans les civilisations mésoaméricaines et bien d'autres encore. La dénomination de voleurs de peaux ou de démons de la Lune n'est toutefois pas complètement usurpée et il est des secrets en partie à l'origine de ces croyances.

Il existe un rite, nommé la Chasse Sacrée - ou aussi Chasse du Sang - qui est la véritable force du pouvoir de métamorphose des métamorphes. C'est un processus à mi-chemin entre la cérémonie et la quête initiatique, entre une chasse ritualisée et la violence sauvage d'un combat pour la survie. Là où les garous trouvent leur force dans la puissance brute qu'ils peuvent dégager et dans le développement de formes de combat aux dimensions colossales, le véritable potentiel des métamorphes se situe dans leur adaptabilité et leur capacité à changer de forme. À prendre n'importe quelle forme.

La découverte de sa véritable forme au cours de l'adolescence n'est que la première étape vers l'accomplissement en tant qu'individu. Très souvent, dans les cultures qui ont conservé les secrets et les traditions mystiques de leur peuple, il est dit au métamorphe qui n'a pas encore effectué sa deuxième naissance ou qui n'a pas atteint une certaine maturité dans la compréhension de sa propre nature qu'il ne pourra jamais plus se transformer en autre chose qu'en son animal totem. C'est un mensonge, et la vérité n'est dévoilée que lorsque le métamorphe est jugé digne par ses pairs de s'engager plus loin sur sa voie. Alors, il lui est donné une nouvelle initiation : la poursuite du Premier Sang. Le métamorphe doit choisir un animal, n'importe lequel peu importe l'espèce mais, en général, plus celui-ci est considéré dangereux et puissant et plus le prestige retiré est grand. Une fois son choix fait, l'individu en cours d'initiation doit passer la prochaine nuit à se concentrer par la méditation, au sein de la nature, à établir une connexion entre lui et l'animal qu'il a choisi. A partir de cette nuit et pour toutes les suivantes jusqu'à ce qu'il réussisse ou échoue, il n'aura de cesse que de de traquer sa proie, la poursuivre, marcher dans ses pas et s'approcher d'elle de plus en plus, aussi bien physiquement que spirituellement, car on ne peut chasser ce qu'on ne comprend pas, et lorsque le métamorphe est en phase avec sa proie, sa façon de penser et de vivre, il peut alors entamer le violent combat qui l'opposera à elle pour mettre un terme à son existence.

C'est une épreuve difficile dans laquelle l'animal sait instinctivement qu'il est poursuivi et il mettra le prétendant à l'épreuve de bien des façons car, si ce dernier réussit, il finit par prendre la vie de l'animal au paroxysme de la lutte. En s'imprégnant alors de son sang, le métamorphe peut voler la forme de sa victime et sera, à partir de ce moment, capable de revêtir cette nouvelle forme animale en plus de celle qu'il avait déjà. L'apparence de cette nouvelle forme est unique et absolument identique à celle de l'animal tué : les formes acquises par ce rite ne peuvent pas être modifiée par le polymorphisme du métamorphe. Si ce dernier souhaite, par exemple, se transformer en chat roux rayé et en chat noir, il devra réaliser deux fois ce rite sur deux chats différents correspondants à ses attentes. En outre, les humains ne sont pas éligibles à cette chasse.

Cette Chasse Sacrée possède de nombreuses variantes suivant les lieux et les cultures mais également suivant l'animal à tuer. Parfois, celui-ci est imposé par le folklore ou, au contraire, certains animaux considérés sacrés ne peuvent être pris pour cible par ce rite que par les métamorphes les plus sages et méritants sans briser un tabou. D'aucun s'imprègnent du sang de leur proie en le buvant, d'autres en s'y baignant. Il existe même des cultures dans laquelle il est tabou de réaliser cette Chasse Sacrée sans l'aval des esprits ou des anciens, et les contrevenants sont qualifiés de démons du sang et exilés ou chassés à leur tour. D'autres, au contraire, considèrent le rang et le prestige social d'un individu au nombre de formes animales qu'il possède. Dans tous les cas, la réussite de cette chasse n'est pas garantie et il ne suffit pas de tuer l'animal pour en acquérir automatiquement la forme. La nuit de méditation marquant le début de la traque est tout autant symbolique que spirituelle, et la traque est le processus qui doit aider le métamorphe à se rapprocher mentalement et spirituellement de l'animal dont il veut revêtir les traits. Sans cette compréhension, la chasse échouera. Dans certaines coutumes, le métamorphe n'a qu'une seule chance et s'il échoue, par manque d'implication, par l'abandon ou car l'animal l'a vaincu, il n'aura plus jamais le droit de retenter de tuer cet animal car il a gagné le droit de vie.

Une Chasse Sacrée ne possède pas de limite de temps et certains prennent parfois des mois entiers voir des années de préparation pour ne faire plus qu'un mentalement avec l'animal. Il vient donc naturellement qu'il est plus facile de chasser un animal proche de sa véritable forme ou d'une forme animale acquise ultérieurement qu'une bête qui n'a pas de points communs. Un métamorphe panthère aura, par exemple, beaucoup plus de facilité à acquérir la forme d'un chat que celle d'une tortue. Les métamorphes qui n'ont jamais mené à terme au moins une Chasse Sacrée sont qualifiés d'Immaculés, ce qui peut être mélioratif comme péjoratif suivant les cultures. Beaucoup d'individus qui ont perdu le savoir mystique de leur culture, de leur peuple, ou qui sont déracinés et ont choisi de vivre une vie beaucoup plus urbanisées n'ont tout simplement pas conscience qu'ils ont la capacité de réaliser cette initiation et ne la découvrent parfois que très tard au contact d'autres métamorphes ou de chamans, voire jamais.
L'Héritage du Sang
Pour beaucoup de races surnaturelles le sang est une composante extrêmement importante qui charrie un symbolisme et un pouvoir puissants. Les métamorphes n'en font pas exception et c'est une des raisons pour laquelle ils doivent s'imprégner du sang de leur victime au cours de la Chasse Sacrée pour obtenir le droit de revêtir la forme animale souhaitée. Il existe une autre capacité dont ceux-ci sont capables de faire preuve, dont le secret est en général conservé et réservé à ceux qui ont au moins mené à terme la chasse du Premier Sang et donc acquis plus d'une forme animale. Elle se nomme l'Héritage du Sang et consiste à transférer l'une de ces formes à quelqu'un d'autre, temporairement, en prêtant en quelques sortes un peu de sa puissance pour quelques heures. Pour cela, la personne qui reçoit ce don doit s'imprégner du sang du métamorphe qui lui octroie une partie de son pouvoir, que ce soit en en absorbant un peu ou en le répandant sur sa chair. Il n'y a pas besoin de quantités énormes et le donneur doit le faire volontairement. Ce faisant, celui qui hérite de ce don se voit ainsi capable de prendre à volonté une des formes animales du métamorphe donneur, choisie par celui-ci parmi les formes auxquelles il a accès, autre que sa véritable forme qui ne peut être prêtée car c'est son identité propre et il ne peut en être dissocié. C'est un processus qui peut cependant être extrêmement déstabilisant pour le novice, qui doit alors gérer en lui un afflux d'instincts et de pulsions auxquels il ne sera peut-être pas habitué. L'individu bénéficie alors des mêmes avantages que les métamorphes - régénération, sens surdéveloppés, force, agilité... - mais dans des proportions moindres et souvent avec une maîtrise moins expérimentée. Une personne ne peut se voir prêter qu'une seule forme animale à la fois, même si un métamorphe peut faire don de plusieurs de ses formes à plusieurs personnes en même temps.

Cette technique prend place de façons très diverses selon la culture et le folklore des sociétés dans lesquelles elle existe. Elle est souvent vue comme un don spirituel, un apprentissage pour préparer une Chasse Sacrée ou une magie guerrière utile en temps de troubles. Elle peut être utilisée sur un autre métamorphe, qui aura de part sa nature plus de facilité à appréhender une telle chose, ou sur un humain, auquel cas s'il n'est pas accompagné par le métamorphe, le receveur de ce don risque d'avoir énormément de mal à se contrôler, à trouver une certaine stabilité précaire ou a gérer ses nouveaux attributs et la subite animalité qui germe en lui. Il peut même en devenir dangereux et se perdre psychologiquement s'il n'est pas habitué. C'est souvent une technique utilisée sur un humain potentiellement éligible à devenir métamorphe pour le mettre à l'épreuve et servir de transition avant de le juger ou non digne de le faire devenir thérianthrope. Cependant, ce processus n'est pas sans risques et ne se pratique en général pas sans une certaine confiance entre l'une et l'autre des deux parties car tant que le receveur n'a pas rendu cet héritage, le métamorphe qui lui en a fait don ne peut plus se transformer en l'animal qu'il a transmis par son sang. Pire encore, cet héritage doit être rendu par le même processus avant la prochaine aube sous peine d'une sanction terrible. Au moment où le Soleil se lève, si celui qui a reçu l'héritage du sang est un humain, alors il sera coincé pour toujours sous la forme animale qui lui a été prêtée et le métamorphe qui lui en a fait don ne pourra définitivement plus l'utiliser. Les métamorphes n'ont, eux, pas ce problème et s'ils n'ont pas rendu une forme prêtée avant le lever du Soleil ils ne pourront simplement plus s'en servir et le métamorphe qui l'a prêtée la récupèrera au prochain coucher du Soleil. L'héritage du sang est considéré comme un processus assez intime et parfois même tabou dans certaines cultures où les métamorphes s'en servent pour punir un humain qu'ils veulent maudire et le laisser ainsi jusqu'au delà de l'aube.

Cette capacité peut marcher sur les outres et arcanistes mais leur nature magique entre souvent en conflit avec le mysticisme des métamorphes, leurs pouvoirs deviennent très instables durant tout le temps où ils peuvent prendre forme animale et ils ont beaucoup de mal à y faire appel. De plus, les métamorphes ont souvent une méfiance viscérale envers les éveillés dans la mesure où beaucoup croient qu'ils pourraient utiliser ce lien du sang pour les atteindre par magie. Les seuls qui passent à peu près outre ce phénomène sont les chamans qui, de par la nature même de leur magie, peuvent rester en phase avec l'héritage du sang en s'y habituant au bout de quelques essais et ne sont pas soumis au risque de rester coincés pour toujours comme les humains. Sur les garous, cela fonctionne également mais peut souvent provoquer des perturbations psychologiques surtout vis à vis de la bête et de la désorientation qu'elle subit à se retrouver dans le corps d'un animal qui n'est pas le sien et est même parfois très différent. Ils bénéficient cependant du même avantage que les métamorphes au lever du Soleil : ils ne peuvent pas rester coincés dans la forme animale prêtée de par leur nature de changeforme. Les Engeances peuvent aussi recevoir ce don mais il provoque en elles un rejet quasi immédiat qui se manifeste sous la forme de douleurs de plus en plus fortes, de mutations anarchiques jusqu'à en expulser physiquement une réplique nécrosée du corps de l'animal prêté. C'est un phénomène assez dégoûtant à observer et extrêmement violent à supporter. Beaucoup de métamorphes le craignent car ils croient que les rejetons du démon peuvent les corrompre de cette façon. Quant aux vampires, leur état de non vivants les empêche tout bonnement de pouvoir recevoir l'héritage du sang. C'est aussi probablement la raison pour laquelle ils trouvent le sang des métamorphes amer et ne peuvent le digérer sans le rendre avant leur premier siècle.
Le Chimérisme
S'il est tabou dans certaines cultures de tuer un animal pour se vêtir de sa peau ou si la Chasse Sacrée n'est pas dévoilée avant un certain âge et une certaine maturité aux jeunes métamorphes, c'est que se cache derrière la plupart de ces coutumes, croyances et interdits une hantise qui est la source de bien des craintes et des peurs : le chimérisme. Les métamorphes ont un incroyable potentiel d'adaptation de par leur capacité à changer de forme, à en apprendre de nouvelles et à élargir leur horizon des possibles. En termes de survie et d'imprévisibilité, ils peuvent être très forts et de fait difficiles à traquer.

Cependant, cette malléabilité de la chair ne vient pas sans un certain prix. Il n'y a pas de limite théorique au nombre de formes animales d'espèces différentes que peut prendre un métamorphe. Néanmoins, c'est quelque chose qu'il faut savoir appliquer avec parcimonie. Chasser rituellement un animal d'une espèce nouvelle à laquelle n'est pas habitué le métamorphe n'est pas qu'une question de domination physique mais aussi de compréhension instinctive et de sagesse. Une fois la Chasse Sacrée réalisée, il faut encore beaucoup de temps pour maîtriser complètement les nouveaux instincts acquis, être à l'aise avec ce nouveau corps et s'y mouvoir dedans comme une seconde nature. En général, une bonne continuité d'apprentissage de sa nouvelle forme est de réussir à se mêler à d'autres bêtes du même type et de se faire accepter, ce qui peut s'avérer parfois très compliqué ou être très long. Les animaux ressentent un quelque chose d'instinctif envers le métamorphe, ce qui peut être un atout comme un désavantage. Un individu déphasé spirituellement avec ceux-ci pourrait avoir beaucoup de mal à se faire intégrer sans problèmes car il y a une certaine harmonie à atteindre avec chaque forme animale, un équilibre, le savoir d'où est sa place dans le cycle de prédation, la relation avec les autres espèces et son environnement. Chaque nouvelle forme d'espèce est un nouvel apprentissage, sans compter les capacités propres à chacune.

En général, cette sagesse ne s'acquiert qu'avec l'âge et beaucoup de jeunes individus considèrent ces radoteries d'anciens comme étant composées d'une part de vérité, certes, mais surtout de beaucoup trop de pinaillage philosophique et d'une certaine prétention destinée à conserver un ascendant sur eux. Beaucoup délaissent la rigueur de cet enseignement ou ne s'impliquent que superficiellement et ont hâte d'acquérir une nouvelle forme pour essayer de nouvelles expériences. Qui n'a jamais rêvé de voler, de chasser à toute vitesse, d'explorer les fonds marins ou simplement de passer la moitié de sa vie sous la forme d'un chat à se faire nourrir et gratter le ventre ? La triste réalité, c'est qu'acquérir trop rapidement de nouvelles formes animales sans les maîtriser complètement conduit peu à peu à une instabilité des instincts et des humeurs, premièrement, puis de la capacité à changer de forme.

Psychologiquement, le métamorphe se sentira moins serein, moins stable, et il glissera lentement vers un état de mal-être de plus en plus flagrant. Souvent, c'est un processus insidieux et qui ne se remarque que sur le moyen terme, que le métamorphe nie lui même dans les premiers temps mais qui peut amener à des troubles psychologiques graves. Ses émotions impacteront de plus en plus facilement son corps pour entamer un changement de forme. Une colère ou une grande souffrance peuvent même le forcer à se morphoser complètement. Mais, pire encore, c'est comme si les formes animales non maîtrisées luttaient les unes contres les autres dans sa chair et son esprit pour y semer une pagaille sans nom et se manifester en même temps. Sans cohérence ni équilibre, hors de tout ce qui est naturel. Le métamorphe devient alors de plus en plus le siège d'une dissonance dangereuse, il ne se souvient plus de ce qu'il a fait pendant les phases où il était transformé, il tend à être de plus en plus agressif et régresse doucement vers quelque chose de plus primitif. Dans les pires des cas il ne parvient même plus à forcer son corps à rester humain et il mute, progressivement, en quelque chose qui n'est plus ni homme ni animal mais une espèce d'entre deux difforme et horrible. Une chimère, au sein de laquelle fait rage une tempête d'instincts incontrôlés. Souvent à ce stade il est déjà trop tard et l'individu perd de plus en plus sa lucidité. Sans métamorphes pour l'encadrer, le gérer et le maîtriser il devient alors un danger pour lui-même et le monde qui l'entoure. Un chaman peut, parfois, aider à retrouver le chemin de la cohérence, mais cela signifie devoir affronter son jugement et celui des forces de la nature dont il est l'intermédiaire.

Un tel phénomène - tabou à tous les niveaux - survient de plus en plus depuis les deux derniers siècles et le mode de vie urbanisé à l'extrême et coupé de la nature de l'humanité, sans compter tous les métamorphes dispersés un peu partout et qui n'ont pas de mentor pour leur transmettre savoir et coutumes. Sans conteste, les villes sont un fléau et une source propice au chimérisme. C'est quelque chose qui se soigne très difficilement et qui laisse des marques profondes et, dans la plupart des cas, il faut abattre la victime avant qu'elle ne se transforme en monstre. C'est aussi une des raisons pour lesquelles les métamorphes les plus anciens ont souvent à cœur de servir de mentor aux plus jeunes et à ceux qui n'ont pas eu la chance de recevoir l'éducation des secrets de leur race. De mentors mais aussi de garde-fous. Certains le font par compassion, d'autres par devoir ou conviction et même si ce n'est pas toujours facile, savoir que l'on peut compter sur un métamorphe plus âgé et maître de lui-même est quelque chose de précieux car le chimérisme est très stigmatisé. Dans certaines parties du monde les individus qui en souffrent ou montrent les premiers signes sont systématiquement chassés et tués pour éviter toute contamination spirituelle ou colère des esprits de la nature. C'est quelque chose qui est perçu comme une honte et une faiblesse, un opprobre, et qui macère en général dans le secret le plus profond. C'est quelque chose qui ne s'évoque que très difficilement, même au sein des métamorphes, et qui n'est jamais partagé avec les étrangers.
Le cycle du Soleil et de la Lune
A l'instar des garous, les métamorphes ont un rythme de vie influencé par le cycle des astres et en particulier par celui de la Lune. La journée, il leur est extrêmement difficile d'entamer le processus de transformation et, en général, c'est quelque chose qui n'est accessible qu'aux plus âgés ou plus forts, ou sous le coup d'une émotion extrême qui ferait sortir la personne hors de ses gonds. C'est quelque chose que peu s'essaient à faire dans la mesure où c'est très douloureux voire dangereux pour la santé physique, le métamorphe peut sombrer dans l'inconscience très facilement s'il tente de forcer. La nuit, la chose en est rendue beaucoup plus facile et les métamorphes sont d'autant plus proches de leur animalité que la Lune est pleine. Quand c'est le cas, ainsi que le jour avant et le jour après, le métamorphe ressent une force puissante naître de ses entrailles qui l'incite presque irrésistiblement à revêtir sa forme animale. On peut lutter contre cette envie mais ce refus est en général mal perçu dans les traditions et il faut faire preuve d'une grande force de volonté pour ne pas y céder. Souvent les plus jeunes ou ceux qui se maîtrisent le moins ne peuvent lutter contre.

Le fait est qu'au lever du Soleil les métamorphes encore sous forme animale ressentent le besoin de plus en plus pressant de reprendre forme humaine à mesure que l'aube pointe, comme une panique pleine d'adrénaline, et ils n'ont presque aucun contrôle là-dessus. Y résister est très difficile mais moins que de se transformer en plein jour et, si le métamorphe fait montre d'une volonté de fer jusqu'au bout, cette pression surnaturelle redescend au moment où le Soleil quitte l'horizon et il a alors gagné le droit de conserver sa forme animale durant le jour à venir. Cela dit, il ne pourra pas la quitter jusqu'au coucher du Soleil, ou en tout cas reprendre forme humaine lui sera aussi dangereux et éprouvant que s'il tentait de prendre forme animale en pleine journée.

C'est souvent cette méthode qu'utilisent les métamorphes qui ne sont pas assez puissants pour changer de forme la journée afin de conserver leur corps animal de jour. D'autres le font pour diverses raisons : pour se cacher lorsqu'ils sont traqués, parce que le monde des humains leur provoque un certain malaise, par réaction instinctive à la suite d'un traumatisme, etc... Mais ceci ne vient pas sans un prix à payer. Certains affirment qu'il est tabou de présenter sa forme animale au Soleil ou que la Lune, à l'origine du monde, s'est éprise des homme-bêtes et fait preuve d'une jalousie excessive s'ils se montrent au grand jour. Toujours est-il que passer du temps sous l'une de ses formes animales pendant le jour laisse des traces sur le corps humain au retour dans celui-ci : yeux anormaux, canines protubérantes, pilosité développée, posture étrange, etc... Si le métamorphe n'abuse pas et n'utilise cette pratique que rarement, ces traces disparaissent après un temps à peu près égal à celui pendant lequel il est resté transformé de jour. Néanmoins, s'il pratique cette transgression du cycle du jour et de la nuit trop régulièrement, ces symptômes physiques prendront de plus en plus de temps pour disparaître. C'est une dérive souvent très mal perçue par les métamorphes eux-mêmes car beaucoup croient que ces traces d'animalité résiduelles sont une perte de contrôle qui peut mener plus rapidement au chimérisme. Certains d'entre eux qui restent des semaines sans reprendre forme humaine émergent alors en ressemblant à de véritable monstres hybrides et il leur faut très longtemps pour redevenir normaux.

Être à la fois humain et animal demande un certain équilibre dans son existence, trop plonger vers son animalité, c'est risquer de ne pas en revenir. Certains individus trouvent une forme de réconfort ou d'addiction dans cette pratique et restent de plus en plus longtemps sous forme animale. Parfois des jours, voire des semaines. Une telle pratique est néanmoins dangereuse car en plus de marquer le corps du métamorphe pendant un temps considérable par la suite, celui-ci perd peu à peu sa lucidité et il commence à lentement régresser psychologiquement, à un stade plus primitif, où la raison cède du terrain à l'instinct. Certains s'y perdent et frôlent la perte définitive de leur humanité. Trouver suffisamment de lucidité pour reprendre forme humaine devient alors très difficile sans aide extérieure et, au-delà de plusieurs mois, le métamorphe reste coincé pour toujours sous forme animale, de corps comme d'esprit. De tels êtres sont appelés les Perdus, les Sauvages ou encore les Innocents et on ne peut plus rien faire pour eux.
L'emprise de la magie
Les métamorphes ne sont ni sensibles à l'argent ni sensibles à l'aconit, qui sont les deux grandes hantises des garous. Cependant ils ont eux aussi leur faiblesse et leur nature mystique les laisse particulièrement vulnérables à toute forme de magie et encore plus à celle des chamans et autres arcanistes de la nature. C'est une crainte qui se meut parfois en une peur irrationnelle, pleine de superstitions et de méfiance. Énormément de contes et légendes relient les thérianthropes - garous comme métamorphes - aux arcanistes, souvent dans des histoires qui mettent en scène la façon dont ces derniers sont capables d'exercer une emprise très forte sur les premiers, que ce soit dans les malédictions qu'ils sont supposé lancer - à l'origine de certains changeformes - ou dans la façon dont ils tentent parfois de s'emparer du pouvoir des bêtes qui coule dans le sang des métamorphes.

Ces croyances ne sont pas que des racontards et possèdent un fond de vérité. Le sang de métamorphe est un catalyseur à certaines formes de magie et peut être utilisé notamment par des mages rouges, noirs ou proches de la nature pour servir de focus à leurs rituels ou pour renforcer certains enchantements. Ce n'est pas toujours utilisé à des fins néfastes et les chamans, élémentalistes et autres éveillés de la terre ont souvent des rapports d'entraide ou de guides spirituels avec le peuple des hommes-bêtes. Il n'est pas rare de trouver un tel individu gravitant autour des clans de métamorphes et autres pards, nécessaire pour la communication avec les forces de la nature, les esprits des métamorphes défunts ou pour conduire diverses pratiques cérémoniales. Mais si les uns comme les autres partagent un intérêt en partie commun dans les choses de la nature, la plupart du temps cela reste toutefois des relations farouches à cause de l'influence très forte que peut avoir la magie sur les métamorphes.

La magie a en effet tendance à persister plus facilement sur l'essence de ces derniers et si cela ne se manifeste pas toujours de la manière la plus évidente il est très facile de leur accrocher certains enchantements ou rituels dont il sera malaisé de se débarrasser. De fait, se lier à un métamorphe même contre sa volonté est plus facile qu'avec n'importe qui d'autre et c'est quelque chose qui est parfois utilisé à mauvais escient. C'est une de leurs plus grandes peurs : voir leur liberté assujettie et exploitée par un arcaniste comme un vulgaire familier. C'est souvent pour cette raison d'ailleurs qu'ils ne démentent pas lorsqu'on les confond avec des garous, même si l'on a déjà vu dans de rares cas des liens mystiques volontaires se former entre un métamorphe et un arcaniste. Mais c'est quelque chose qui demande du temps pour que la confiance et une certaine intimité s'installent.
Devenir enfant de la Lune
Si les garous et les métamorphes sont semblables en bien des points, la population de ces derniers est cependant bien moins nombreuse. La principale raison vient sans doute du fait qu'un métamorphe ne peut pas transmettre sa condition d'homme-bête par le biais du sang, par morsure, griffure ou tout autre procédé que les humains considèrent comme étant une « infection ». Néanmoins, ça ne les empêche pas de souffrir des préjugés liés à cette peur, bien au contraire, et cette particularité fait que presque la totalité des métamorphes sont nés ainsi.

Toutefois, il existe un moyen occulte de devenir un métamorphe. Tout humain, outre ou arcaniste peut en bénéficier, bien que ces derniers perdent alors leurs pouvoirs, mais ce processus est incompatible avec les démons et encore plus avec les vampires. C'est un savoir que possèdent certains chamans ou aniotas dont les lignées sont associées de longue date à des clans ou des familles de métamorphes. Ce rituel possède de nombreuses variantes et certains croient qu'il s'agit d'insuffler une parcelle de la Lune ou de l'esprit du monde dans une personne, de le faire fusionner avec un animal ou que c'est un don des esprits de la nature. Certains racontent même qu'on peut donner forme humaine à des animaux. Toujours est-il que c'est une connaissance précieuse et qui se dispense avec parcimonie. Peu d'humains ont l'honneur de le recevoir, car c'est considéré comme l'accomplissement de plusieurs années d'intégration, d'apprentissage et d'accoutumance aux mœurs des métamorphes. C'est un rituel qui doit être conduit par un arcaniste - avec éventuellement un ou plusieurs autres métamorphes en soutien - qui a souvent pris place comme une fonction religieuse au sein des cultures antiques. Notamment dans les civilisations mésoaméricaines, amérindiennes ou hindoues.
C'est parfois également une punition, une malédiction qu'un arcaniste vengeur abat sur un humain, outre ou arcaniste. Dans ce cas, le nouveau métamorphe, isolé et non  entouré, sombre souvent dans une lente folie, incapable de comprendre l'animal qu'il est devenu et d'atteindre l'harmonie nécessaire pour vivre sa nature.
Relations avec les autres espèces
HumainsLes métamorphes ont toujours eu un sentiment mitigé et plein de méfiance envers les humains. Étant d'une nature duale, une partie d'eux-mêmes est inexorablement liée à leur monde, aux sociétés, à ce qui parfois est capable du meilleur et pourtant souvent du pire. Les humains sont en quelque sorte l'incarnation de la nature métamorphe : pleine de contradictions. Néanmoins, ces derniers s'attachent souvent à un ou deux d'entre eux en particulier et nier leur existence ne résoudra aucun des problèmes qu'ils peuvent créer. Certains s'intègrent très bien parmi eux, d'autres les haïssent. Difficile d'ignorer le problème de l'impact des sociétés modernes sur l'environnement et certains métamorphes éprouvent la crainte viscérale de devenir des bêtes-reliques dans un monde où s'éteignent chaque jour plusieurs espèces. Quant aux humains, l'opinion générale qu'ils ont de ces créatures est complètement biaisée par le contexte médiatique et la stigmatisation des garous sur leur violence et la transmission de leur « maladie ». A leurs yeux, les métamorphes se fondent complètement dans l'existence des garous.

OutresPour ceux étant capables de percevoir les auras ou ayant une vision instinctive de l'invisible, les Outres peuvent percer le secret de l'inhumanité des métamorphes. Difficile, cependant, de les distinguer des garous ici aussi et leur opinion est proche de celle qu'ils ont sur ces derniers. Néanmoins, là où les humains peuvent systématiser la crainte et la haine des créatures surnaturelles, les Outres partagent ceci avec les métamorphes d'avoir un quelque chose de plus, un quelque chose d'irrationnel qui est comme un secret qu'il leur faut cacher de tous. Une certaine empathie peut émerger de cette situation et laisser la place à une ouverture d'esprit plus grande que la moyenne humaine, voire de la curiosité s'ils découvrent leurs différences. En ce qui concerne les métamorphes, ceux-ci ne distinguent que difficilement les Outres des arcanistes et ils retiennent surtout une chose : ils manipulent la magie. De fait, ils ont une certaine méfiance farouche vis à vis d'eux, voire de la crainte ou de la violence mais en général ils ont tendance à les éviter autant qu'ils peuvent.

ArcanistesDifficile d'avoir une palette d'opinions plus variées et paradoxales. Certains métamorphes haïssent ou craignent violemment les arcanistes, particulièrement ceux qui pratiquent la magie noire ou rouge, car beaucoup redoutent l'emprise que peut avoir la magie sur eux et les pratiques inavouables de certains arcanistes peu scrupuleux. D'un autre côté, il n'est pas rare également de voir des éveillés proches de la nature comme les chamans avoir des relations assez proches - même si souvent teintées d'un respect craintif - avec les métamorphes. Ce sont les seuls envers lesquels ces derniers ont une opinion moins extrême, même si cela ne veut pas dire qu'il ne doivent pas s'en méfier et il se peut qu'ils travaillent ensemble pour des intérêts communs concernant les choses de la nature ou la communauté métamorphe.

VampiresTout comme les garous il y a toujours eu un état de guerre froide - lorsque ce n'était pas carrément un conflit ouvert - entre les vampires et les métamorphes. Les vampires considèrent ceux-ci comme des créatures bestiales et primaires, les confondant majoritairement avec les garous, et ceux-ci percevant avec un malaise écœurant l'existence contre nature de ces morts vivants à l'arrogance froide et calculatrice. D'après les métamorphes les vampires ne devraient tout simplement pas marcher sur la terre car ils brisent le cycle de vie et de mort, comme un blasphème au monde. Certains éprouvent envers leur état la même fascination morbide que celle qu'on peut avoir devant un bout de viande froid et aseptisé mais ça s'arrête en général là, les deux races ne se trouvant que très rarement des affinités.

DémonsLes démons perçoivent les métamorphes de façons très variées suivant leur parenté démoniaque, leur état d'esprit et leurs folies. En général les hommes-bêtes ne sont pour eux qu'une occasion de plus de trouver une source de conflit et les démons trouvent une certaine satisfaction malsaine à pervertir ceux qui se targuent un peu trop d'être légitimes car proches de la nature, contrairement à eux. Pour les métamorphes, les démons leur sont instinctivement dérangeantes de par leur côté sombre, bien que les réactions puissent être très variées suivant le comportement de celles-ci et l'influence qu'elles peuvent avoir sur le métamorphe.

GarousLa relation entre les garous et les métamorphes est complexe. D'un côté ils se comprennent mieux que quiconque, partageant énormément de points communs et des choses que ne peuvent comprendre les autres, d'un autre ils sont fondamentalement différent, notamment au niveau de leur animalité. Il subsiste donc entre eux des incompréhensions parfois monumentales, voire même une certaine forme de ressentiment de la part des garous. En effet le fait de ne pas être sensible à l'argent et de pouvoir choisir, avec un peu d'habitude, de ne pas se transformer les nuits de pleine Lune fait que les métamorphes passent complètement sous les radars des humains lorsqu'ils veulent identifier les individus garous. Ce fait, ajouté à leur possibilité de pouvoir adopter plusieurs formes animales différentes, pousse les garous à accuser les métamorphes de refuser de vouloir partager ces secrets avec eux. Secrets qui, il faut le dire, soulagerait une partie du fardeau de leur condition, d'autant plus qu'ils leur permettraient de mieux protéger les leurs. Hormis ces points récurrents, ils sont plus ou moins considérés comme cousins et sont les plus à même de mettre leurs différences de côtés lorsque leurs intérêts communs sont menacés. Souvent d'ailleurs les métamorphes se font passer pour des garous même auprès de ces derniers, bien qu'il soit difficile de duper des garous expérimentés. Néanmoins un garou ne demandera jamais à un autre garou de passer le test de l'argent pour vérifier sa nature, dans la mesure où c'est un manquement grave à l'étiquette qui peut provoquer une réaction violente.
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Forgive me, Father, for I am sin
avatar
Forgive me, Father, for I am sin
SINFUL


En un mot : Righteous cross
Thème : Dies iræ
WHAT HAVE WE DONE

Messages : 280
Date d'inscription : 24/03/2017
Mer 12 Juil - 0:01

FAQ
Are you lost?

La FAQ est là pour clarifier certains points, expliciter des cas particuliers ou digresser sur les annexes. Elle est destinée à s'étoffer au fil du temps et des questions posées par les joueurs. N'hésitez pas à aller poser les vôtres dans la section appropriée.

Les garous et métamorphes sont-ils cousins ?Malgré les similitudes qui peuvent exister entre garous et métamorphes, et leur catégorisation souvent dans un seul et même groupe, ils n’ont pas les mêmes origines et rien ne les lie. Quand les métamorphes ont une origine plus mystique, empreinte d’une sorte de magie, d’harmonie avec la nature, celles des garous parlent de malédiction, de punition pour des crimes, d’une dualité entre l’homme et le monstre. Les métamorphes et les garous ont deux natures différentes. Quand l’un est un animal autant qu’un homme, l’autre est en conflit permanent entre les deux parts de lui-même, l’homme et la Bête.

Les métamorphes peuvent-ils se mêler aux garous ?Bien sûr. A vrai dire, peu de personnes parmi les non thérianthropes savent faire la différence ou en connaissent même l'existence. Certains arcanistes se penchent de façon assez sérieuse sur le sujet néanmoins, mais pour beaucoup les similarités qui lient garous et métamorphes ne sont que les signes d'un cousinage très proche. Un métamorphe peut parfaitement se faire passer pour un garou pour peu qu'il prenne garde à montrer toujours la même forme ou à ne pas se trouver en contact avec de l'argent. Leur non sensibilité à celui-ci est un atout pour passer pour humain mais peut les dévoiler auprès des autres garous. De plus, un métamorphe ne pourra jamais imiter les formes glabro, hispo ou crinos d'un garou. Hormis ces détails, il est presque impossible pour un thérianthrope de déterminer si un autre thérianthrope est garou ou métamorphe.

Un métamorphe peut-il entrer dans une structure sociale composée de garous, comme la meute pour les loups ou la horde ?C'est une situation complexe sans réponse générale. Concrètement, c'est tout à fait possible et à vrai dire peut-être pas un cas si exceptionnel. Pour des raisons qui leur sont propres, les individus métamorphes peuvent parfois ressentir l'envie ou le besoin de se lier à un groupe plus large, d'autant plus lors que leur véritable forme est celle d'un animal grégaire comme le loup ou le rat. Par conséquent, ils peuvent tenter de s'intégrer à une meute, une bande de rats-garous ou n'importe quel autre conglomérat garou. Dans des structures à la rigidité assez stricte comme les meutes un métamorphe peut s'y intégrer s'il a gagné la confiance de ses membres et prouvé qu'il en était digne, mais cela prendra certainement des années et son lot de méfiance. Il est bien sûr déconseillé d'y rentrer en se faisant passer pour un garou et avec de mauvaises intentions, car si la meute bénéficie des services d'un vargamor, lui et les esprits du caern risquent très vite de vous démasquer. Bien sûr, il est nécessaire que la véritable forme du métamorphe soit la même que les formes animales des garous auxquels il veut s'intégrer, autrement il se met dans une position très délicate. Un métamorphe loutre tentant de rentrer dans une meute serait par exemple simplement rejeté ou chassé, même s'il possède pourtant une forme de loup grâce à la chasse sacrée. Pire, un métamorphe loutre se faisant passer pour un loup garou afin de rentrer dans la meute et dont l'imposture serait percée à jour provoquerait à coup sûr le courroux de toute la meute pour une telle traîtrise. Il serait alors chassé pour être exécuté afin de laver l'outrage et pour préserver la sécurité du groupe. Pas question de mélanger les torchons et les serviettes. En ce qui concerne les rats-garous, c'est un peu moins rigide dans la mesure où ils voient surtout l'utilité que peut leur apporter un métamorphe à partir du moment où il a prouvé la sincérité de son intérêt pour la horde.

La chasse sacrée peut-elle s'appliquer à un humain ?Non. L'espèce humaine s'est éloignée depuis bien trop longtemps de ses instincts et des cycles naturels pour ça. Elle a trop dénaturé son lien à la terre et a provoqué des dérèglements qui ont bien trop bouleversé l'équilibre environnemental de la planète pour que la Lune ne puisse encore porter son regard sur ces enfants destructeurs. Plusieurs des chamans les plus sages pensent que l'homme est maudit et qu'il sera ainsi l'instrument de sa propre destruction.

La chasse sacrée peut-elle s'appliquer à un autre métamorphe ?Oui mais pas entièrement. Le processus de la chasse sacrée est rendu possible grâce à la compréhension de chaque nouvelle forme et voler la peau d'un métamorphe n'octroiera jamais toutes celles que lui était capable de revêtir. Néanmoins, il existe une seule exception et elle concerne la véritable forme d'un métamorphe, celle qu'il est réellement dans son sang. Pour cela il faut entrer en phase avec son côté animal et son côté humain, obtenir sa confiance et le chasser sous forme animale. Alors le métamorphe qui a réalisé la chasse sacrée pourra prendre l'apparence animale de sa victime en absorbant son essence. C'est quelque chose qui est vu comme un tabou extrême dans la plupart des cas, car en plus du meurtre d'un semblable il s'agit le plus souvent d'une trahison. C'est en quelque sorte l'équivalent métamorphe de la diablerie des vampires.

La chasse sacrée peut-elle s'appliquer à un garou ?Non. L'origine de la thérianthropie des garous est trop différente pour être compatible avec celle des métamorphes par ce biais. Essayer, c'est prendre le risque d'absorber la malédiction du garou et de se retrouver coincé avec une forme animale étrangère qui n'est pas la sienne.

Où trouve-t-on quel type de métamorphe ?Contrairement aux garous, pour qui le lieu de vie qu'ils élisent reste crucial au regard de leur forme animale et de ses besoins, les métamorphes ont beaucoup plus de facilité à s'adapter de par le panel de formes qu'ils peuvent prendre. Très souvent lors de leur adolescence ils se fixent sur une forme définitive qui n'est pas étrangère à leur pays, leur culture ou l'influence de leur famille. Et, lorsqu'ils résident longtemps au même endroit, ils ont tendance à apprendre une ou deux formes locales afin d'y être le plus à l'aise. Il n'est donc pas incohérent de rencontrer des individus avec des formes véritables qui paraissent exotiques au premier abord mais qui sont pourtant liées à la culture de la diaspora à laquelle ils appartiennent. Toutefois, d'une génération à l'autre ces influences tendent à se perdre pour se mettre en phase avec celles du pays de résidence.
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» LE CYCLE DES CHEYSULIS-JENNIFER ROBERSON
» Régulation Métamorphes/lycanthropes.
» Métamorphes ou Lycantropes ?
» 6 - Petites histoires de métamorphes
» SHAPESHIPTERS - Métamorphes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: