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Whi-te (PV Archi)

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Lun 25 Mai - 11:42 (#)

Whi-te (PV Archi) Images?q=tbn%3AANd9GcQpL90nXR6OJejdgbVhCm3tHROPwHj5OLxIykIVxWLyrUe_kt1G&usqp=CAU

Ca s'est déroulé comme dans un rêve.
Ca n'avait rien de très sombre, plutôt blanc. Ca faisait partie des pensées qui fluctuent le sommeil. Comme toutes les pensées d'un esprit qui ferait mieux d'arrêter de réfléchir, ça s'était évadé dans le mauvais ordre. Elle avait entendu, ils le disaient. Dans le salon, juste après la cérémonie :  "le Mall est fermé maintenant."
"Elle a vu quoi, vraiment ? "
"Je sais pas Menrik, elle refuse de m'en parler."

Silence, soupir, coup d'oeil embêté dans la direction d'Hena. Elle s'était assise au fond du fauteuil qui semblait trop grand pour elle. Son regard était fixe, et communément à toutes les espèces de renards ou d'humaines que Menrik avait côtoyées dans sa vie il n'avait pas trouvé la culpabilité, la peur ou la tristesse qu'on est censé lire sur son visage à la suite d'une catastrophe. Éteinte, et immensément fatiguée : elle avait gardé les deux bras posés sur les accoudoirs, noyée dans ses habits noirs. Elle avait parlé juste quand il le fallait.
"Qui je dois contacter, Hena ?" "Tu as des amis ici, qui connaissaient Abigäëlle ?"
Elle s'était donné le temps de réfléchir. Mona. Mona... La douleur, fulgurante, dans sa poitrine, à la pensée qu'elle soit une victime de plus. Si Mona était morte ? Son téléphone dormait dans sa poche, mais l'écran était cassé depuis cette fameuse nuit, suite à sa chute. Elle aurait aimé ne pas se réveiller. La rancoeur surnageait au milieu d'un prisme étonnant d'émotions paranoïaques qui ne se voyaient pas chez Hena parce qu'il y en avait trop, que ça devenait un bordel sans plus de nom, sans plus de lisibilité, même pour elle. Alors elle avait dit "non" parce qu'autrement elle repensait à tous les autres, et que la peur des pertes s'accumulait dans le poids compliqué de son état.
Non... Les paupières closes, la suite, la suite du passé se perdait... Menrik était parti l'enterrer. Tu viens Hena ? Avec nous ?
Tu viens
Tu viendras ?

Oui, juste le temps, de mettre les affaires en ordre, ici. Tu sais, l'appartement, le compte en banque, ces conneries. Mensonge, elle avait si bien menti qu'elle aurait pu croire en ses mots. Menrik l'avait regardée, sans rien rajouter. Si longtemps qu'ils ne s'étaient plus revus, et dans ces circonstances... Compliqué, hein ? Carmen, qui avait ces pleurs secs plus douloureux à voir qu'une rivière de larmes. La sécheresse, laisse des séquelles.
La suite, la suite alors...  dernière volonté de sa grand-mère, être enterrée à Egegik... la suite... La renarde rabroua sa tête contre les habits. Elle ne se souvenait plus, plus tellement... Restée trop longtemps sous sa forme animale. Un placard qui ressemblait à tous les autres, elle s'était glissée à l'intérieur, avait trouvé le panier de linge propre, s'était roulée en boule, là-dedans. Elle avait rêvé, longtemps. Saisi son propre rire enfant. Ses danses sur le ponton de bois. L’âpreté que laisse une tige de roseau sur la langue qu'on a la mauvaise idée, jeune renarde, d'aller mâcher, parce que c'est bien connu que les renards sont un peu con, quand même... les renards gris, surtout. Ca se mélangeait, le décor. Déposée, là. Comme un vulgaire colis, une bombe retardée qui explose dans un bruit de pétard mouillé. Elle se souvenait : opprimée par cette sensation une fois éveillée seule, chez Mara. Plus personne. C'était comme si on lui avait arraché la majeure partie de ses organes moteurs, évidée, un terrible sentiment de honte à comprendre qu'elle ne servait à rien, ni à personne. Se rappeler des contours de ses bras qui la relâchaient, des murmures d'excuse... juste laissée, on allait pas s’encombrer d'un poids quand même, qu'est-ce que ça aurait été chiant, autrement, non ? De devoir prendre en charge son moral, gérer ses humeurs, et puis... la suite ?
Quelle suite ? Celle où ils étaient peut-être morts ? Tous ? L'un d'eux ? Elle ouvrit un oeil sauvage, baignée dans la torpeur de ses instincts.
Un claquement de mâchoire dans un grognement. Laisse tomber Hena déjà trois semaines et demi. Trois semaines et demi.... laisse tomber, laisse tomber... laisse tout tomber...  Chez elle... Chez elle, dans ce foutoir, le salon toujours en débris, les tiroirs retournés, ses affaires éparpillées... La porte. Les avis d'expulsions réglés. Elle avait le nécessaire pour ça... Elle n'aurait jamais imaginé refoutre les pieds ici... L'animal avait trouvé le chemin, seul, loin de sa logique.... Silence. La renarde dressa une oreille. Entendu. Des pas. Ils grimpaient depuis la cage d'escalier. Le bruit que fait une bille de souvenirs : au lieu de tomber naturellement de marche en marche, elle surmonte les lois de la physique. Une respiration qui lui disait, lui disait... vaguement, quelque chose... Le renarde plongea entre les vêtements. Se faire toute petite. Pas très difficile, devenue plutôt maigre. Ses côtes dessinaient des voiles qu'on aurait rêvé de voir s'envoler. Un couvre lit ivoire par dessus son petit dos, gris. Ne pas faire de bruit, se rendormir. Peut-être pour mieux entendre les vagues l'appeler, l'entraîner au fond de ce linge. Comme on sombre dans le fond le plus doux d'un océan blanc.
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
Archimède O'Connell
Cannot a Beast be tamed
⩥ BLACKBIRD ⩤

"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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"And learn to fly"

Pseudo : Akhmaleone
Célébrité : Keanu Reeves
Double compte : Daphné G. Calabrezzi & Lilas Hirsch & Maria Parado
Messages : 506
Date d'inscription : 07/07/2019
Crédits : Corvidae (Ava) Pando (Icon)
Mer 17 Juin - 5:31 (#)


( WHY-TE )


Le regard froid, noir qu’elle me jette est à mi-chemin entre l’animal et l’humain. Jamais un simple renard sauvage n’aurait plongé ces yeux-là dans les miens. Elle est encore là, dans le fond. Elle a toujours été plus animale qu’humaine Hena. Toujours été bien plus proche de ce Grand Tout, que je ne l’ai jamais été. Vivre en harmonie avec moi-même, accepter que je ne me sente jamais complètement moi que ce soit sous-forme humaine ou en tant qu’animal, avait été un combat de chaque instant qui ne s’achèverait probablement jamais. Mais pour Hena, tout semblait être une évidence. Sa truffe contre ma main, sa langue dans ma paume, ses crocs contre la peau sensible entre mon pouce et mon index, puis finalement son souffle contre ma peau moite de salive.

Je serre les dents en l’observant. Elle baille et tout son corps minuscule tremble. En moi, tout se tord, s’agite. L’humain veut sauver son amie, cette espèce d’âme-sœur en qui il trouve le repos. Le Hibou se gausse de voir le prédateur si faible et en cet instant, je hais l’oiseau que je suis, qui se réjouit. Je pousse un grognement, quand elle s’éloigne, mes yeux la suivant avec attention. Attention. Attention à toi. Attention, ne tombe pas. Ne me laisse pas. Par pitié. Je ne peux pas m’enfuir sous ma peau comme toi, des humains compte sur moi. Je ne te laisserai pas me laisser tout seul. Je pense à Jeremiah, qui se remet doucement. Je pense à Lynn, encore terrifiée de ce qui est arrivé à son frère. Je pense à Victoria et un grondement sourd d’animal blessé s’échappe de mes lèvres à demi-closes. On m’a refusé l’accès à son lit. On m’a refusé d’aller voir celle que je considère presque comme une fille. Je pense à Jonathan, qui n’est toujours pas revenu, et je baisse la tête devant la rage du renard. J’inspire un grand coup et rampe à quatre pattes vers elle. Mords-moi, si tu veux, déchire-moi la peau, si ça t’aide, mais je vais t’attraper encore. » Par la fenêtre, j’apprécie le jour qui décline. Trop tôt. Trop tôt. Je m’en fiche. Elle a besoin de moi. Je m’empare du corps malingre de l’animal et la glisse de force dans ma veste. Elle se débat, mais trop faible, elle ne peut rien contre la puissance de mes bras d’homme. Je m’excuse des yeux, silencieusement. C’est pour toi, c’est pour toi. Promis.

Je remonte la fermeture éclair de ma veste en cuir, la coince contre mon torse et sans réfléchir, j’attrape les clefs qui traînent sur le comptoir et descend en courant les escaliers. La moto est garée juste devant chez moi et je grimpe dessus, sans me poser de question, tandis qu’elle se débat contre mon corps. Je démarre, ne m’encombre pas de casque et roule, roule comme si rien ne pouvait m’arrêter. L’air ébouriffe mes cheveux et rapidement, l’odeur de la forêt envahie mes narines. Je sors la béquille et calle la moto dans un coin avant d’ouvrir ma veste. Je pose le petit renard sur le sol avant de me débarrasser de mes vêtements que j’entasse distraitement par terre. Nu, les pieds et les paumes enfoncés dans le sol meuble, je défie le soleil couchant du regard et pousse, tire, cherche profondément en moi, le carnassier qui pourra l’accompagner ce soir. La douleur est infâme, la transformation manque d’échouer plusieurs fois. Le hibou voulant prendre la place, le carcajou se refusant à moi. Je jure, je hurle, je grogne, jusqu’à ce que mes gencives se déforment, laissant la place à des crocs, jusqu’à ce que mes os craquent, que ma peau se fende, que les poils poussent, que les griffes s’aiguisent et soudain.

Ma truffe se redresse et cherche instantanément l’odeur du renard. À gauche. Petit. Maigre. Malade. Manger ? Non, non, pas celui-là. Aider ? Oui. Je m’avance, ma stature deux fois plus grosses que celle de la petite créature et mon museau viens de glisser sous le sien. Je la pousse du bout du nez, frotte mes babines sur le dessus de sa tête, avant de filer à toute vitesse dans l’obscurité des sous-bois. Je la retrouverais, même si elle s’éloigne. Trop faible. Trop faible pour aller loin. Je cours.

Par-là.

Le bruit sourd de mes pattes sur la terre pulse au même rythme que les battements de mon cœur.

Par-là.

Je rejette la tête en arrière, gorge mes narines de l’air épais et sirupeux de la forêt.

Maison.

Presque.

Loin derrière, le renard. Loin devant, proie. Nourrir.

Libre. Liberté. Libre. Chasser. Courir. Manger. Le vent de l’automne contre la fourrure.
L’odeur de l’humus. Les petites bêtes. Manger.

Plus vite. Plus vite.

Plus vite. Parce que. Parce que je peux. Parce que je suis libre. Tellement libre que c’est douloureux, tellement libre que c’est sans fin, tellement libre que ça m’écrase.

Les lumières qui apparaissent et disparaissent entre les arbres. Les muscles qui poussent, poussent, poussent, plus vite, plus loin. Courir. S’échapper. La lune bientôt. Les étoiles. Et la terre.


S’arrêter. Tendre tous ses muscles, pour le simple plaisir de la sensation brûlante. La terre qui embrasse mes pattes. La chasse.

Un bruit. À gauche. Vite, plus vite. Freiner fort. Terre qui gicle. Odeur d’humus. Odeur de proie. À droite. Non, à gauche. La. Vite. Le claquement des mâchoires. Odeur de chair. De sang. Chaleur contre les babines, épaisse sur la langue. Tressautement, dernier souffle. Proie. Pas tout de suite. Demi-tour. Courir.

Courir.

Trouver. Trouver pour nourrir. Trouver pour sauver.

Renard. Là. Petit. Fragile. Ami. Aider.

Poser la proie. Pousser avec le nez.

Mange. Maintenant.


( Pando )
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Lun 29 Juin - 10:55 (#)

— Comment ca s'appelle ? — Quoi ? — La ligne devant — L'horizon.
— Y'a quoi là bas ? — Des problèmes, et les rêves qui vont avec.

En dessous l'eau, au dessus le vide, à côté Menrik, et tout en bas, à des dizaines de mètres de ses pieds qu'elle balançait, les cadavres polis de pierres grises, et quelque part, quelque part... en dehors du rêve, sa voix à lui. Qu'est-ce qu'elle foutait là, sa voix, qu'est-ce qu'il foutait là... Elle ressentait
une telle haine
grognement sur grognement. Son rêve s'étiolait en plusieurs fibres filandreuses dégoulinant dans la rive d'Egegik. Hena.
Menrik se retourna vers lui. Son visage était décomposé comme les bris d'un verre mal poli, on l'arrachait à son repos, sa bouche formula "il est venu pour toi." et Hena le regarda sans rien dire, des émotions mortes sur le visage, elle avoua :"je ne veux pas me reveiller"
— Il le faudra bien pourtant
Elle hocha de la tête "—Non"  Non. Son regard alla vers cet horizon brumeux"— ... c'est mieux ici." Il suivit son regard. "Tu sais que je ne suis pas vraiment Menrik."
"— Et alors..."
— Et alors Hena, il serait temps de te réveiller
Un muscle frémit sur sa mâchoire. Elle aurait voulu dire "pourquoi faire" son esprit s'évadait : il lui semblait que ça avait plus de sens, elle n'était simplement pas faite pour être humaine, ça arrivait, c'était comme ça. Hena
"J'ai dit non"
Elle referma ses crocs sur ce qui la dérangea. Un sifflement, ses yeux fous, sauvages, situés entre deux rives : elle refusait de penser, elle attaquerait tous ceux qui dérangeraient son sommeil, elle leur arracherait la gorge, si seulement, si elle pouvait seulement réussir à se lever.

« Hena, c’est moi. C’est Archie. » La renarde rabaissa ses oreilles. Grognement rengainé, un moteur qui cale à chaque essai, perdu dans le temps et l'espace, la tête obstinée à s'enfouir entre les draps, la rage dans ses entrailles. Elle sentait s'éloigner l'odeur d'humidité, des débris, aurait voulu hurler mais ses émotions roulées comme un oursin glissaient, blessantes, le long de sa gorge.

Baissant les paupières, elle accompagna le roulement de cette longue route qu'elle sentait défiler, dans des grognements qu'elle ne savait plus être issus d'elle ou du bolide...

Mange L'odeur de la viande flotta à deux centimètres de son museau. Les maigres muscles tendus, émergée du sommeil, le parfum nouveau des lieux lui fit dresser une oreille. Le drap ne la recouvrait plus. Elle cligna un oeil, dans un claquement de dents, sa pupille glissa vers le coin ...  puis ses prunelles se posèrent sur lui, froides, âcres comme du métal rouillé. Sa colère tremblait à l'intérieur. Elle attrapa le morceau de viande et le mâcha mécaniquement, puis laissa son museau fouiller la paume de l'homme après quoi. C'est Archie, c'est Archie... Elle n'avait pas faim. Cette viande était comme de mâchonner une peau qu'on rêve de broyer, et si ce n'était pas cette viande c'aurait été quelqu'un, quelqu'un... elle passa sa langue sur la paume d'Archi, pressant ses crocs sans l'attaquer. Elle savait qu'elle le pourrait, mais il n'était pas la cible de sa colère. Hena, ce prénom, mais elle le sentait si éloigné d'elle, ce prénom.. n'était rien qu'une règle des humains. Elle le mordilla un peu, entre le pouce et le majeur, par tendresse et rancoeur.
Je sais qui tu es, je m'en souviens...
Regarde ce que ce monde a fait de nous.
Ce que la magie mal intentionnée a engendré
Je suis un esprit dans un univers qui n'est pas le mien, qu'est-ce que je dois faire, si tu étais un renard, je te le raconterais, je te dirais que je me sens mourir de rage, donne-moi un humain, un simple humain, et j'arracherai sa gorge par petit bouts filandreux pour enfouir ma tête jusqu'à la base de ses vertèbres comme je me repose là contre ta main...  
La renarde soupira contre sa paume. Je n'ai plus faim. Elle parlait seule, sans aucun renard pour l'entendre. Peut-être que c'était la raison de cet immense gouffre de tristesse dans lequel la violence battait, esseulé, sous la forme d'un ventricule sans réelle fonction : cette solitude. Elle éloigna son museau de sa main, se rassit, ouvrant sa gueule dans un bâillement mécanique. Ses pattes tremblaient. Sa faiblesse l'insupportait. Dans un autre appartement que le sien elle aurait tout détruit, ici elle ne faisait que le fixer, intensément : ses babines s'étirèrent dans un sourire moins animal et plus effrayant, on aurait dit un masque de démon. Elle le regardait, elle espérait qu'il comprenne : regarde-toi. Alors tu restes sous ta forme humaine ? Tu joues le bipède avec ton chien de compagnie et ta moto. Archie... ça rime à quoi... Ca lui rappelait des souvenirs qui s'éloignaient d'elle. Ce visage, cette barbe, ces vêtements, à quoi ils jouaient ? A quoi on joue.... Sauvage, elle se détourna vivement sans prévenir. Habituée à être rapide et agile, elle fut surprise par son état et, partant sur le côté, tomba brusquement du lit et s'écrasa au sol. Sonnée, la renarde zigzagua dangereusement en grognant bruyamment. Elle le menaçait, le mettant sérieusement en garde : ne me touche pas, et tiens ton chien, ou j'irais le tuer, sûrement que son grondement suffirait à éloigner la bestiole, la renarde commençait à s'impatienter, ce n'était pas son habitat, elle se sentait faible, heurta un meuble, sursauta, retomba, repartit comme elle put, les muscles tremblants, agitée d'étranges haut-le-coeur à cause de la viande crue que son estomac longtemps sevré tentait de digérer. Elle cherchait la sortie, jappant dans un cri de frustration qui ne ressemblait à rien, mélange de convulsions de gorge et de paroles incongrues pour un humain, cette chambre l'insupportait, le toit, le par-terre trop lisse. Elle aurait voulu qu'une autre bourrasque se lève à la force de sa rage et arrache les objets et les murs, rase les maisons. Elle n'était qu'une vulgaire renarde grise de la taille d'une tête à balai sans manche, sans talent pour trouver une simple porte.
Tu me tiens prisonnière, Archie, prisonnière de ce prénom, de cette vie, et si tu continues... si tu continues... Une autre menace. Mais ankylosée et faible, la renarde se traînait au sol comme un crocodile qui gravit une branche plate, claquant sa gueule qui s'était reposée au sol par dépit. Pas de sable sous son museau, le désert... il la tourmentait pourtant, à l'intérieur.
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Archimède O'Connell
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"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

Whi-te (PV Archi) EzQNfQP Whi-te (PV Archi) ZAPZacT Whi-te (PV Archi) 9SZbfl4

En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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Lun 6 Juil - 22:27 (#)


( WHY-TE )


Le regard froid, noir qu’elle me jette est à mi-chemin entre l’animal et l’humain. Jamais un simple renard sauvage n’aurait plongé ces yeux-là dans les miens. Elle est encore là, dans le fond. Elle a toujours été plus animale qu’humaine Hena. Toujours été bien plus proche de ce Grand Tout, que je ne l’ai jamais été. Vivre en harmonie avec moi-même, accepter que je ne me sente jamais complètement moi que ce soit sous-forme humaine ou en tant qu’animal, avait été un combat de chaque instant qui ne s’achèverait probablement jamais. Mais pour Hena, tout semblait être une évidence. Sa truffe contre ma main, sa langue dans ma paume, ses crocs contre la peau sensible entre mon pouce et mon index, puis finalement son souffle contre ma peau moite de salive.

Je serre les dents en l’observant. Elle baille et tout son corps minuscule tremble. En moi, tout se tord, s’agite. L’humain veut sauver son amie, cette espèce d’âme-sœur en qui il trouve le repos. Le Hibou se gausse de voir le prédateur si faible et en cet instant, je hais l’oiseau que je suis, qui se réjouit. Je pousse un grognement, quand elle s’éloigne, mes yeux la suivant avec attention. Attention. Attention à toi. Attention, ne tombe pas. Ne me laisse pas. Par pitié. Je ne peux pas m’enfuir sous ma peau comme toi, des humains compte sur moi. Je ne te laisserai pas me laisser tout seul. Je pense à Jeremiah, qui se remet doucement. Je pense à Lynn, encore terrifiée de ce qui est arrivé à son frère. Je pense à Victoria et un grondement sourd d’animal blessé s’échappe de mes lèvres à demi-closes. On m’a refusé l’accès à son lit. On m’a refusé d’aller voir celle que je considère presque comme une fille. Je pense à Jonathan, qui n’est toujours pas revenu, et je baisse la tête devant la rage du renard. J’inspire un grand coup et rampe à quatre pattes vers elle. Mords-moi, si tu veux, déchire-moi la peau, si ça t’aide, mais je vais t’attraper encore. » Par la fenêtre, j’apprécie le jour qui décline. Trop tôt. Trop tôt. Je m’en fiche. Elle a besoin de moi. Je m’empare du corps malingre de l’animal et la glisse de force dans ma veste. Elle se débat, mais trop faible, elle ne peut rien contre la puissance de mes bras d’homme. Je m’excuse des yeux, silencieusement. C’est pour toi, c’est pour toi. Promis.

Je remonte la fermeture éclair de ma veste en cuir, la coince contre mon torse et sans réfléchir, j’attrape les clefs qui traînent sur le comptoir et descend en courant les escaliers. La moto est garée juste devant chez moi et je grimpe dessus, sans me poser de question, tandis qu’elle se débat contre mon corps. Je démarre, ne m’encombre pas de casque et roule, roule comme si rien ne pouvait m’arrêter. L’air ébouriffe mes cheveux et rapidement, l’odeur de la forêt envahie mes narines. Je sors la béquille et calle la moto dans un coin avant d’ouvrir ma veste. Je pose le petit renard sur le sol avant de me débarrasser de mes vêtements que j’entasse distraitement par terre. Nu, les pieds et les paumes enfoncés dans le sol meuble, je défie le soleil couchant du regard et pousse, tire, cherche profondément en moi, le carnassier qui pourra l’accompagner ce soir. La douleur est infâme, la transformation manque d’échouer plusieurs fois. Le hibou voulant prendre la place, le carcajou se refusant à moi. Je jure, je hurle, je grogne, jusqu’à ce que mes gencives se déforment, laissant la place à des crocs, jusqu’à ce que mes os craquent, que ma peau se fende, que les poils poussent, que les griffes s’aiguisent et soudain.

Ma truffe se redresse et cherche instantanément l’odeur du renard. À gauche. Petit. Maigre. Malade. Manger ? Non, non, pas celui-là. Aider ? Oui. Je m’avance, ma stature deux fois plus grosses que celle de la petite créature et mon museau viens de glisser sous le sien. Je la pousse du bout du nez, frotte mes babines sur le dessus de sa tête, avant de filer à toute vitesse dans l’obscurité des sous-bois. Je la retrouverais, même si elle s’éloigne. Trop faible. Trop faible pour aller loin. Je cours.

Par-là.

Le bruit sourd de mes pattes sur la terre pulse au même rythme que les battements de mon cœur.

Par-là.

Je rejette la tête en arrière, gorge mes narines de l’air épais et sirupeux de la forêt.

Maison.

Presque.

Loin derrière, le renard. Loin devant, proie. Nourrir.

Libre. Liberté. Libre. Chasser. Courir. Manger. Le vent de l’automne contre la fourrure.
L’odeur de l’humus. Les petites bêtes. Manger.

Plus vite. Plus vite.

Plus vite. Parce que. Parce que je peux. Parce que je suis libre. Tellement libre que c’est douloureux, tellement libre que c’est sans fin, tellement libre que ça m’écrase.

Les lumières qui apparaissent et disparaissent entre les arbres. Les muscles qui poussent, poussent, poussent, plus vite, plus loin. Courir. S’échapper. La lune bientôt. Les étoiles. Et la terre.


S’arrêter. Tendre tous ses muscles, pour le simple plaisir de la sensation brûlante. La terre qui embrasse mes pattes. La chasse.

Un bruit. À gauche. Vite, plus vite. Freiner fort. Terre qui gicle. Odeur d’humus. Odeur de proie. À droite. Non, à gauche. La. Vite. Le claquement des mâchoires. Odeur de chair. De sang. Chaleur contre les babines, épaisse sur la langue. Tressautement, dernier souffle. Proie. Pas tout de suite. Demi-tour. Courir.

Courir.

Trouver. Trouver pour nourrir. Trouver pour sauver.

Renard. Là. Petit. Fragile. Ami. Aider.

Poser la proie. Pousser avec le nez.

Mange. Maintenant.


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Lun 31 Aoû - 21:22 (#)

Elle avait la tête qui tournait.
Parce qu'à s'échiner à remonter sur le radeau du parquet ses pattes s'étaient soulevées tout seules sans qu'elle capte pourquoi. Aliénée de son état, elle claquait frénétiquement de la mâchoire.
Personne-me-touche
tu me touches jte bouffe tu me touches j'te...
Et les yeux ronds, son grognement étranglé pareil à un vieux klaxon qui se crève, elle fut transportée comme un sachet surprise. Foutue dans le creux de son manteau.
Après d'aussi longues semaines au contact du linge mort, le tissu contre elle était chaud et vivant, l'odeur d'Archie rappelait ce quelque part très lointain d'une histoire d'oiseau nocturne aux confins nébuleux d'un salon à la lumière balbutiante. Quand ils discutaient, discutaient, simplement.
"tu sais je connaissais cet oiseau qui brillait de respect". C'est si beau, un oiseau nocturne.
Archimède, ça aussi, c'est foutrement beau, quand même.. comme prénom Un caisson de mille émotions qui disaient à celle qui ne voulait plus écouter : tu te souviens ? tu te souviens tu te souviens Hena..  Il devait sûrement s'envoler à présent parce qu'elle sentait la vitesse la transporter loin, si faible... qu'elle aurait voulu le mordre pour qu'il sache ce que ça faisait, d'avoir aussi mal.
Jetée comme ça. Après les dégâts. Jetée.
Peut-être, peut-être que c'était la suite logique de sa condition, merdique, une renarde, c'était un peu drôle, assez comique, un peu mignon, par moment, rien d'effrayant, rien d'intimidant, non, ça se saurait, un renard gris ça crève comme un chat au bord d'une route, c'est triste mais au final on finit -toujours- par passer la troisième, continuer à rouler...
Le chant de la moto lui répondit. La vitesse la laissa là. Incapable. Aveugle.  Ca aurait été bien qu'elle s'en aille clamser à son tour, un point final dans un roulé boulé roussi et rance atterri dans le ravin : qu'il la jette façon chapka de trappeur... Ou alors elle délirait. Elle ne sut combien de temps... Elle se retrouva à l'air libre. Reposée là. Avec l'odeur de la nature, sans vices, juste herbes, humidité, soleil ou lune. La renarde resta couchée sur le ventre. La tête enfouie entre ses pattes, refusant de se confronter à l'air de la forêt, elle ne méritait pas : d'être là. Ses instincts étaient parasités par des pensées, trop, humaines. Des réminiscences qui empestaient la honte.

Posée contre sa gueule
L'odeur d'un animal mort
Mange.

Elle claqua la mâchoire, releva brusquement sa gueule.
Mange.
C'est ça, que tu dis.

Immobile, ses pupilles, deux pierres d'ambre comme un miel que la faim altère, le fixèrent. Reflet situé entre le manque de repères et la colère sauvage. Autour, la forêt faisait passer le vent dans le filtre des feuilles, ça bruissait de dégoût. Elle n'avait rien à faire là. Rien

Souillée,
bêtement guidée par la demande d'une jeune humaine, à la manière d'un chien. Le souvenir lui revint comme un heurt. Une balle en pleine trachée. Elle voulut se tenir la gorge mais n'y arriva pas. Elle voulut hurler mais ne trouva rien de mieux que de virer de bord et retomber au sol

...elle-même mordu son poignet, elle-même fait coulé le sang, donné, violé la mémoire des plus purs de ses ancêtres, elle avait attrapé sa main, avait attrapé sa main...
rien à faire sous cette forme,
que ça cesse, plus d'insultes, que ça cesse ....
 Ses doigts sur son visage, appuyés fort, sa respiration lourde, lente, après le noir, finalement elle sentit les feuilles mortes piquer sa colonne vertébrale... Elle vit les cimes, floues, flotter au dessus de son visage.
Insupportable. Des larmes, après sa transformation forcée, roulèrent comme le tracé de deux bêches qui arrachent la peau. Le souffle court, elle couvrit son visage de ses mains... La conscience, les pensées, se bousculaient dans les mauvais sens. Sa paume moite chercha un appuie, sur le côté n'importe quoi, elle ne trouva que le bruissement sec des feuilles mortes, et l'horreur. Hors de cette forêt, elle devait dégager de là, crever ailleurs.
Crever ailleurs.

"Recule..."

Elle le grogna à Archimède. Qu'il comprenne ou pas... Qu'il refuse ou non de le saisir... Que le carcajou s'offusque de voir le fruit de sa chasse dénigré, elle roula sur le côté, émit un cri de rage inhumain qui résonna dans les entrailles chargés de troncs lorsqu'elle tenta de se relever dans ce talus qui collait à sa peau. Aussi tremblante qu'une centenaire sans magie, ses doigts agités de soubresauts rattrapèrent ce qu'elle trouva, la veste d'Archi. Elle voulait lutter contre l'horrible sensation de froid glacial, enfin trouver la force de fuir l'endroit. Aussi fort qu'elle le pensait, mais elle n'avait pas froid, en vrai, elle tremblait juste de douleur, d'une si grande douleur qu'elle était aveugle à tout, aux efforts d'Archie pour prendre soin d'elle, aux sacrifices qu'il avait déployés durant cette journée.
Pourquoi ?
Pourquoi cet homme... Dans ce monde on était pas, comme ça. Il n'était pas, il... Personne, personne n'avait autant de bonté... chacun ne pensait qu'à son cul, dans ce monde...

— Fous le camp... gronda-t-elle, à demi aveugle, à moitié à poil, le sang battant aux temps lui faisant voir rouge, une telle colère...
Qu'il s'échappe sous sa forme animale. Ou alors elle irait lui casser la gueule... Elle... Trébuchante, elle se courba, victime d'un haut le coeur particulièrement violent, la viande... passait mal. Les bras croisés, le souffle sifflant, elle ne savait pas comment faire pour échapper au cyclone de cette forêt, cette forêt qui la regardait avec un mépris à la hauteur de l'écoeurement. Et les souvenirs affluaient. Tout ce qu'elle avait tâché de noyer remontait par un principe physique ingrat, comme la surface d'un lac pollué qui rejette ses saletés. L'image de Sieghart qui la tenait, ses questions. Et dans le noir de ses yeux, entendre sa demande résonnait comme celle d'un enfant qui espère bien faire. Ca lui faucha les jambes, le peu de force. Elle retomba à genoux en lâchant un gémissement démuni... Quelque part, ce qu'elle avait tenu entre ses mains, n'était plus. Comme tant d'autres, comme combien d'autres ?
Combien d'autres ?

Elle avait donné son sang.
Elle ne pouvait plus marcher
Si la forêt arrêtait de peser sur sa nuque, ses épaules, l'enfoncer comme un clou dans une planche pourrie et vaseuse.
Elle ne devait pas mourir ici, se décomposer, et risque d'empoisonner les lieux.

— Je ne dois pas rester ici... Archie... Archie... appela-t-elle comme une litanie, paupières pressées contre ses paumes.

Quelle misérable traitre.
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Archimède O'Connell
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"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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Ven 18 Sep - 22:33 (#)


( WHY-TE )


Claquement de mâchoire.
Pencher la tête sur le côté, observer attentivement l’animal décharné, comprendre, chercher à comprendre la profondeur de ce qui se lit dans ce regard. L’animal qui tremble, le sol qui s’enfonce sous le poids mouvant du corps qui s’allonge. Disparition de la fourrure, longs bras nus qui enfoncent leurs doigts dans l’humus humide. Odeur d’humain, odeur de bête qui s’attarde partout sur la peau. Reculer, deux, trois pas. Obéir sans vraiment comprendre à l’ordre lâché d’une voix rauque. Son plus animal qu’humain, mise en garde. S’asseoir et pencher la tête sur le côté, image impossible du carcajou qui fixe l’humaine affalée dans la terre, des feuilles plein les cheveux, de la haine plein les yeux. Et puis le cri.

Les oreilles qui se plaquent sur la tête pour se protéger du son. Trop fort. Trop dur. Trop de douleur. Même l’animal le comprend, un gémissement sans sens s’échappe d’entre les crocs et la tête s’aplatit au sol. L’humain comprend, la bête à peine. Il observe hésite, la fourrure vibrante dans l’attente, il oscille sur la ligne entre sa peau d’homme et celle d’animal. Il observe en gémissement piteusement, incapable de complètement intégrer ce qui se déroule devant ses yeux. La main pâle, presque squelettique qui s’empare de la veste en cuir, qui s’enroule dans la peau d’animal, cherchant à échapper au froid. Elle hoquette, le corps secoué de haut-le-cœur violent, le peu de viande qu’il a réussi à lui faire ingérer s’échappant d’entre ses lèvres rendus bleuâtre par l’épuisement. Encore une injonction à partir qu’il ne comprend qu’à moitié. Il tourne la tête vers le fond de la forêt, les odeurs de proie l’appelant avec véhémence, il trépigne, ses griffes s’enfonçant dans le sol, y imprimant des tranchées profondes, soulevant des odeurs de terre fraiches, d’insectes. Il geint, à nouveau, le son étrange dans sa gorge. Il n’a pas envie de reprendre l’autre forme, elle est dure ces derniers temps. Trop de peine, trop de deuils, trop de questions. Libre. Libre. Il préfère être libre. Il commence à se retourner, la truffe tendue, captant la piste d’une proie bien plus intéressante que celle qu’il vient de déposer au pied du renard-humain qui l’a refusé. Il s’avance de quelques pas, flairant la piste avec plus d’attention, se désintéressant de l’humaine quand, un son le clou sur place. Il tourne la tête doucement, sa queue battant la mesure en rythme avec le battement cardiaque qui tressaute dans la poitrine désormais caché par le cuir. Le gémissement lui fait dresser une oreille, attentif et il penche de nouveau la tête sur le côté. L’humaine parle à nouveau et une patte encore dressée, prête à propulser l’animal en pleine forêt, il s’arrête et se retourne lentement. La litanie le traîne près d’elle et il geint en observant la figure détruite devant lui. Après une hésitation, il la pousse du bout du nez, lèche le dos de ses mains qui cache ses yeux, gémit encore un peu avant de reculer et de laisser le frissonnement habituel courir le long de son échine. Non, pas encore, trop tôt, trop tôt, encore un peu, juste un…

Accroupi, les paumes enfoncées dans la terre, les genoux repliés, j’observe la figure brisée d’Hena les sourcils froncés. Mon cœur s’écrase dans ma poitrine et je déglutis avec difficulté. Que lui est-il arrivé ? Elle avait toujours eu l’air bancale, en décalage, au bord d’un gouffre dont je n’avais jamais vraiment compris la profondeur. Elle avait fini par tomber au fond et j’observais son corps déformé par la chute. D’un geste preste, j’attrape mon pantalon que j’enfile à même la peau, sans me soucier de m’encombrer de mes sous-vêtements. J’attrape au passage ma chemise, que je drape rapidement autour de ses hanches pour essayer de lui conserver un reste d’intimité. La nudité était rarement un problème chez les nôtres, habitués comme nous l’étions aux transformations intempestives, mais dans le doute, rien n’était superflu. J’avais pensé bien faire en l’entrainant vers un îlot de nature, un endroit où le renard aurait pu se gorger des odeurs de la vie, oublier celles nauséabondes de la ville et se laisser porter par le flot constant qui se déplaçait dans les arbres, dans le sol. Je n’avais jamais envisagé qu’elle réagirait comme ça. Mon regard fixé sur elle, je glisse mes pieds nus dans les boots que je viens de retirer. À court de mot, à court d’idée, je glisse mes mains sous elle, soulève contre moi son corps si maigre qu’elle ne pèse quasiment rien. « Je te sors de là, Hena. Je te sors de là. » Les dents serrées, la mâchoire au bord de l’implosion, je la maintiens contre moi de mon mieux en fouillant dans ma poche pour extraire mon téléphone. Sans réfléchir, l’esprit vide l’espace d’un instant, je compose le numéro par réflexe et laisse la sonnerie s’emparer de mes oreilles. La voix féminine qui décroche me coupe le souffle et me ramène à tout ce que j’avais oublié. Jeremiah. Mon cousin. Mon frère. La chair de ma chair. Qui a faillit y passer. Sa sœur me répond et je déglutis, la gorge serrée. Forçant mon cerveau à se rappeler qu'il n'est pas mort et qu'il va bien. « Lynn. Tu vois le spot où on s’est retrouvé y a deux semaines pour chasser ? Ouais. Tu peux venir récupérer ma bécane. Je rentre à pied. Non, pas besoin. J’ai besoin de marcher. Merci. » Je raccroche et laisse le téléphone tomber au fond de la poche de mon jean avant de raffermir ma prise sur la jeune femme dans mes bras. Elle ne s’est pas débattue. Pour le moment. Je continue d’avancer, mes pas plus lourd que d’habitude, portant mon fardeau le long de la route, l’obscurité de la nuit chassée par la lune presque pleine et par les lumières de la ville juste un peu plus loin.

Hors de question de prendre le risque d’essayer de faire tenir Hena en équilibre sur l’engin, si elle venait à m’échapper, à tomber, je serais incapable de me pardonner cette peine supplémentaire. J’avance à pas lourd, le corps glacé de la renarde plaqué contre moi. « On va rentrer chez moi Hena. Il faut que tu manges. J’peux pas te perdre, ok ? » Je parle dans le vent, refusant de baisser les yeux pour vérifier qu’elle est consciente. Je parle pour combler le silence, pour échapper à mes pensées, à l’image de Victoria sur son lit d’hôpital dont on m’a refusé l’accès, au visage de Jeremiah crispé par la douleur, aux yeux mort de ceux qui ont croisé ma route lors de la soirée d’Halloween. « J’peux pas, pas après tout ce qu'il s'est passé. J’ai besoin de toi là. J’ai besoin que tu bouffes, que tu reprennes des forces, quoiqu’il se passe, on l’affrontera, ok ? Mais me laisse pas tout seul, putain. » Je continue d’avancer à grandes enjambés, le bruit de mes semelles crissant sur le goudron me ramène à la réalité et mon souffle, encore stable, me pousse à accélérer le pas. Plus vite, je passerai les portes de mon appartement, plus vite, je pourrais essayer de lui faire manger quelque chose. Je regrette amèrement de n’avoir jamais chassé d’animal plus imposant. Un ours comme mon père aurait été intéressant.




( Pando )
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Mar 6 Oct - 21:21 (#)

Elle était arrachée. Comme de son esprit, comme de ce qui faisait d'elle ce qui avait toujours été existé en tant que tel, et dans ses appels, et dans ses pleurs, elle ne s'était même pas rendue compte que ses suppliques s'étaient calquées sur un surnom qu'elle connaissait déjà par coeur.
Archy, archie, archy... Maintenant, ce surnom lui brûlait la gorge à lui en scinder la langue.
Comment avait-elle pu ne jamais remarquer ?
Qu'ils avaient le même surnom ? Elle ne savait plus, plus rien, qu'elle fuit cette forêt, qu'elle ne sente plus cette forêt... La marche d'Archimède faisait comme une respiration dans le vent froid et elle ne pouvait s'arrêter de pleurer, visage entre ses mains, corps dans ses bras à lui. Elle se cachait d'elle-même comme de ce monde qui avait volé en éclat devant sa figure, portait le sentiment affreux que tous les bris de son univers s'étaient figés dans ses yeux, que c'était pourquoi ils ne pouvaient plus s'arrêter de pleurer à présent... Entre ses muscles faibles, sa cage thoracique qui se soulevait à moitié hoquetante, elle ne ressentait plus ce qui faisait d'elle la renarde. Le ciel de branches noires avaient tiré sur l'âme de l'animal, reclus ailleurs, repoussé dans les tréfonds d'une part qu'elle ne sentait plus vivre mais seulement souffrir, il lui semblait n'être devenue qu'une jeune fille mal pousée, une humaine mal née aux membres détraqués. Si elle avait pu hurler. Si elle avait pu lâcher un cri, strident, la douleur qu'elle ressentait à l'instant, rien qu'à sentir son sang, son sang son sang son sang qui avait scellé l'horreur couler à l'intérieur d'elle-même, sous ses paupières closes remuaient les cauchemars, des milliers de rats, son poignet rouge luisant de rouge, et la porte close, la porte close de Mona...

me laisse pas tout seul, putain

elle l'entendait... l'entendait...

"— je peux pas.." souffla-t-elle, au bout de sa respiration, les traits tordus par le mal de son être, ses paumes fermés en poings plaqués contre ses paupières, si elle pensait, si elle pensait trop, elle verrait des sourires, des rires, qui n'existaient plus. "—je peux pas.... survivre à ça..." les flots des mots dévalaient hors de sa bouche blanche dans un dernier appel lucide qui laissait de son écho des images mortes à la rythmique insupportable, comme si elles y posait un terme de croix sur des pierres tombales avortées de cimetière "je les ai tués... je les ai tués, je l'ai tuée..." Elle ne pouvait prononcer son prénom. Il y avait juste son visage souriant. Son sourire, l'éclat de son rire. Elle ne pouvait pas... Munie d'un regain de force complètement fou, pareil à la force de dix esprits qui auraient tiré d'un coup sur ses nerfs, soudain elle s'accrocha violemment aux épaules d'Archimède. Ses doigts agrippèrent son cou pour le forcer abdiquer, la fixer, se figer dans sa marche au milieu du nulle part de cette route noire, et voir, voir dans ses yeux grands ouverts, flous, sillonnés d'une eau salée ayant laissé des griffures transparentes sur ses joues livides. — Archimède formula-t-elle, sa bouche engorgée par l’étouffement — Archimède... si tu tiens à moi... je t'en prie...
Il comprendrait pensa-elle. Il comprendrait ce qu'elle lui demandait de faire dorénavant. Jamais pareille torture, jamais elle n'en avait vécu de pareilles, eux qui marchaient elle était persuadée qu'entre les troncs sombres qui longeaient la route déserte tous les cadavres qui l'avaient précédés s'y tenaient à côté et les observaient d'un oeil lugubre. Dans le regroupement des morts debout et statiques, Mona devait s'y trouver, se trouver loin des autres, ses longs cheveux noirs sans plus d'éclat... "— Je t'en supplie...."

Ca ne serait pas long. Il la tenait déjà dans ses bras. Il n'aurait qu'à appliquer sa large paume sur sa bouche, bloquer son cou pour l'empêcher de se débattre mécaniquement. Hena était déjà morte depuis longtemps, elle n'aurait jamais dû continuer à survivre, passer dans les mailles programmées que la mort avait jetées il y avait de cela des décennies, elle en était sûre, que ça avait engendré un chaos, un non sens impie ayant préparé au mal, que si le chaos l'appelait continuellement c'est qu'il y avait une erreur quelque part, et qu'elle était cette erreur.
Ne tenant que par la force puissante de sa souffrance, insurmontable, de sa véritable terreur à se sentir encore en vie près de lui, lui, qui risquait à son tour d'être victime de cette malédiction, elle pesa sur sa nuque à l'en faire mal, les dents serrées, son regard si grand qu'elle aurait effrayé n'importe qui dans cette nuit, à croire que ce n'était plus elle, que c'était déjà le reflet d'un démon niché si longtemps entre ses côtes, recraché ce soir à s'en décoller la peau et les organes "— ...tue-moi."
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⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
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Ven 13 Nov - 21:11 (#)


( WHY-TE )


Je jure, râle et enrage à mi-voix. Je la vois derrière le voile de terreur qui opacifie ses yeux d’eau pâle. La culpabilité. La terreur. La peine. Je serre le corps malingre, grelottant et à demi-nu contre le mien, refusant de lâcher prise. Je secoue la tête, renâcle comme un animal mécontent, un grondement fauve s’échappant d’entre mes dents serrées. « Arrête. » Le son claque dans le silence, résonne contre l’asphalte qui n’en fini pas de s’étendre devant nous, contre les tronc ,couverts de mousse espagnole, de la forêt, contre le haut de son crâne qui tremblote sous les larmes. Je la sens poindre, derrière l’inquiétude, derrière la tristesse, la culpabilité et la peur. La colère. Hena se laisse bouffer par ce qu’il s’est passé et même si je ne sais pas ce qui la met dans un état pareil. Je ne peux qu’imaginer les horreurs qui ont dû arriver de son côté de la ville. J’ai compris à mi-mot par des contacts communs qu’elle était au Mall, et vu l’état du bâtiment devant lequel je suis passé quelques jours plus tôt, je crains qu’elle n’ait vécu pire que moi. Son écholalie reprend et elle répète inlassablement la même suite de mots. J’ai envie de hurler. De lui répondre que moi aussi, moi aussi, je les ai tués. Les images des corps sanguinolents sur le sol de la bibliothèque me force à fermer les yeux et je m’arrête quelques secondes, raffermissant ma prise sur le corps tremblant d’Hena. Peu importe ce qu’elle a vécu, peu importe qui elle a tué. Je serais là. Mes doigts s’enfoncent dans sa cuisse et son bras, mes phalanges blanchissant face à l’effort que je dois produire pour ne pas me transformer instantanément. Fuir, fuir, fuir, dans la tête du carcajou, qui ne pense pas à la vie, à la mort et aux conséquences de ses actes. Qui ne reconnait pas le visage d’Hélix, le corps arqué par la possession, qui ne voit pas le dégout se peindre sur les traits de John, qui ne voit pas le visage désolée de la secrétaire qui lui refuse l’accès à la chambre de Victoria, qui ne voit pas Jeremiah et les balles qui bardent son corps et son souffle erratique. Qui ne reconnait pas Lynn et ses yeux fous de terreur.

La douleur me sort du maelstrom qui menace de m’engloutir. Inconsciemment, je prends une profonde inspiration, gorgeant mes narines de l’odeur un peu acre qui se dégage d’Hena alors qu’elle force sur ses bras pour amener son visage à hauteur du mien. Ses yeux, immenses, fous, se plantent dans les miens et je me retrouve comme un con, planté dans le sol, les jambes tremblantes et la gorge serrée. Je sais ce qu’elle va dire et pourtant quand les mots s’échappent de ses lèvres, ils me frappent avec le puissance d’une balle. Je souffle violemment et baisse la tête, refusant de croiser son regard. Mes dents se serrent et la colère s’empare de moi. Je n’ai pas le temps de réfléchir que déjà, je hurle. Un cri guttural qui s’échappe de ma bouche en raclant les parois de ma gorge. Je vide ma poitrine de tout ce qu’elle contient, déverse mes émotions vers le ciel, les étoiles et cette lune qui semble nous narguer. Finalement, je laisse retomber ma tête, le souffle court. Ma respiration siffle dans le silence de la nuit et elle semble résonner violemment à l’intérieur de mon crâne, au même rythme que les battements de mon cœur. Je n’ai toujours pas lâché Hena, que je tiens toujours fermement contre moi. Trop fermement peut-être, mais je n’en ai rien à faire. J’ai besoin de me raccrocher à quelque chose pour ne pas me perdre dans l’animal qui bouillonne en moi. J’ai besoin… Je ne sais pas de quoi j’ai besoin, mais certainement pas de ça.

Je repose finalement le regard sur la renarde, mon poitrail se soulevant et s’abaissant violemment. « Non. » Le mot est lâché entre mes dents serrés et je pose sur elle un regard vide de tendresse. Non, je n’ajouterai pas une nouvelle âme au compte de celle que j’ai déjà pris. Non, je ne priverai pas ma race d’un de ses membres. Non, je ne me priverai pas d’une amie précieuse. « Compte pas sur moi pour le faire. Si tu veux crever, débrouille toi toute seule, mais tu me feras pas porter cette culpabilité. J’en ai déjà trop à porter pour pouvoir prendre la tienne. » Je serre les dents avec rage. « Je me fiche de savoir qui t’a tué. Tu pourrais avoir décimer les trois quarts de la ville que ça changerai pas grand-chose pour moi. Ce qui s’est passé cette nuit-là, c’est la faute de ses enfoirés de sorciers. » Je crache le mots avec toute la hargne qu’il me reste, toute la rage qui bouillonne en moi, depuis cette nuit, à l’encontre de cette race de monstre. Mon regard, probablement aussi fou que le sien, se repose dans le bleu de ses yeux et je la regarde avec hargne. « J’vais pas te buter. Tu vas pas crever. On va se venger. Ça pue la magie à plein nez cette histoire et on va trouver qui a fait le coup et on le butera. » Je relève le nez et braque mon regard sur la route qui s’étale devant moi, reprenant ma marche a un rythme régulier. Je pense à ma mère, à mon père, à mon clan quelque part dans le Montana, qui boue d’angoisse pour leur fils prodigue, qui tremble pour Jeremiah. Bientôt, j’irais. J’ai besoin de les retrouver, de me perdre dans la puissance de la montagne, dans les forêts de pins à l’odeur entêtante, de retrouver la cuisine de ma mère, la chaleur de ses étreintes. L’odeur musqué du lycaon et celle entêtante de l’ours et des grands fauves. J’ai besoin de retrouver mes racines et de m’y accrocher avec toute la force qu’il me reste, si je ne veux pas chavirer.




( Pando )
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Dim 6 Déc - 19:02 (#)

Elle voudrait. Que ces mots soient une pierre de plus, méritée, dans la panse de son état. Qu'elle se sente coupable de lui imposer cette besogne. Mais elle n'était plus dans son état normal et il y avait quelque chose d'absolument incompréhensible au fait qu'un homme tel qu'Archimède se préoccupe d'elle, cherche à ce qu'elle survive, qu'il se fiche de savoir, qu'il dénie les fautes.. La rage la dévorait. La douleur déchirait. Elle restait là, retombée entre ses bras, mesurant sa respiration, aveuglée par un maelstrom d'émotions invivables. Quand il hurla, toute la souffrance se dispersa dans l'atmosphère, retomba en une pluie fine qui sembla la recouvrir.

Non
Non
Ce qui s’est passé cette nuit-là, c’est leur faute
La faute des sorciers.


Ses paroles rebondissaient dans son esprit, se mélangeaient à toutes les pensées incohérentes nées de l'horreur. Là dedans elle chercha une goulée d'oxygène, pour espérer s'en dégager, quitter ce qui la brûlait vivante.


Se venger... Comment ?
Elle voudrait lui demander. Comment ?
Riposter contre ce qui l'avait maniée aussi aisément qu'une marionnette. Plus terrible que d'être manipulée c'était de savoir qu'elle était incapable de réussir cette vengeance, depuis tous les aspects qui composaient son être, aussi bien mentalement que physiquement, incapable, aussi dérisoire qu'une brindille sale dans une forêt remplie d'arbres millénaires, à peine assez de force, maintenant, pour ne faire que rester éveillée, elle qui voudrait quitter ces bras trop altruistes au regard de sa pathétique condition, jamais elle ne s'était sentie aussi misérable de toute son existence. Là aussi, là aussi... elle voudrait arrêter de pleurer. Elle sentait les larmes glisser sur ses joues de façon involontaire, comme si, en réponse à la douleur, son corps n'avait trouvé que ce bête mécanisme. Ca ne pouvait pas faire si mal, pourquoi ça faisait si mal ? Alors elle resta là, mourante sans réussir à mourir, un temps qui n'existait pas, elle ne compta pas le temps, entendit l'écho de ces pas sur le bitume : si le bruit des secondes avaient pu se calquer sur celui des pas qu'on faisait durant une vie, elle n'en serait pas là aujourd'hui... Elle rabaissa les paupières, ne voulant que plonger, et ne jamais regagner la surface...

Il resta contemplatif du ciel, accoudé au garde-fou, dans le jour déclinant. Il l'aimait bien, parce qu'elle aimait regarder. Petite, mais déjà relativement moins bavarde que la majorité des métamorphes de son âge, elle observait le souffle inconsistant des vagues qui n'avaient pas besoin d'oxygène, au loin deux cargos gros comme des bonbonnes s'éloignaient sur la Mer de Béring. Elle savait qu'il y avait mille fois plus de lieux jugés plus beaux que celui-ci : mais sur le ponton, à côté des caisses vidées de leur poiscaille, à écouter les relents de l'eau gelée, face au trait brossé d'un bleu palot qui faisait naître l'horizon, comme si la main des cieux l'avait peint, elle trouvait qu'il n'y avait pas plus beau endroit qu'ici, à Egegik.

... Des sons, différents. Plus agressifs, ceux de la ville saturée. A en filer la nausée. Une inspiration après l'autre, elle se laissa le temps de comprendre...
Elle avait tourné de l'oeil. Bêtement. Elle lâcha un juron, sentit sa gorge éraillée comme si elle avait été rappée, se raccrocha à sa nuque, pour tenter de se redresser.. tenter de garder le minimum de dignité qu'il pouvait lui rester.

— Ca va...

Plus rien n'allait.

— Repose-moi, s'il te plaît repose-moi...

Elle allait crever. Bordel elle allait crever. Elle entendait, d'autres pas. Des passants, qui chuchotaient. Elle lui offrit une pression sur sa nuque pour qu'il saisisse, sa supplique, qu'il la relâche... c'était le peu qui lui restait... Hena avait engendré les maux qui la rongeaient, depuis toujours destructrice sans avoir le talent d'être puissante, à tous les niveaux, alors elle ne pouvait faire que ça, quitter ses bras, avancer par ses propres moyens. Par réflexe, elle se rattrapa le long du mur... Avec lenteur, elle régula sa respiration, essuya ses joues sales de terre et de larmes sèches, ignorant les coups d'oeil autour.
Regard vide envoyé à Archi, morcelé par ce qu'ils venaient de vivre, comme si cette ville était issue d'un autre univers, détachée d'eux, et eux : deux étrangers de ce monde. Dans les yeux d'Archi, elle y lut la même chose, un contraste réciproque né d'une douleur commune. Partager ce fléau lui fit si mal qu'elle ne trouva rien de mieux à faire, dans l'immédiat, que resserrer les pans du long manteau qui la recouvrait, d'un air décidé absolument feint. Pieds nus, salie par la boue, zigzagante, elle s'efforça à marcher, avancer le long du trottoir en direction de l'appartement d'Archi.
Avec l'espoir de ne plus devoir penser. Encaissant le mal des émotions comme une affreuse pénitence sans pardon.
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
Archimède O'Connell
Cannot a Beast be tamed
⩥ BLACKBIRD ⩤

"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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"And learn to fly"

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Lun 1 Mar - 1:00 (#)


( WHY-TE )


Elle s’extirpe de la torpeur qui l’avait emportée et je sens ses ongles s’enfoncer dans ma nuque quand elle s’agrippe violemment à mon cou. Mon cœur rate un battement et je prends conscience que j’avais compté mes pas, mes inspirations et les secondes jusqu’à ce qu’elle se réveille. Le soulagement s’abat sur mes épaules. Ne meurs pas. Ne meurs pas. Pas toi. Pas maintenant. Laisse-moi te sauver. Elle se redresse entre mes bras, mais je refuse de lâcher ma prise sur elle, trop effrayé qu’elle s’enfuit à l’instant où ses petits pieds nus toucheront le sol. Je me rends compte que j’enfonce violemment mes doigts dans la chair de ses cuisses et je finis par relâcher ma prise, résonnant douloureusement avec moi-même. Mes pieds acceptent enfin d’arrêter d’avancer et je prends conscience de la douleur cuisante qui me cisaille les biceps et les cuisses. Porter un adulte, sur une si longue distance, aussi légère que soit Hena, ce n’est jamais très bon pour la musculature. Je la pose délicatement au sol en retenant un sifflement de douleur et entreprends de masser discrètement mon bras pour en dénouer les muscles tendus à l’extrême. Ma nuque craque quand je penche la tête sur la gauche et je jure dans ma barbe. « Hena… » Elle me maintient qu’elle va bien, mais dans ces yeux, je vois des profondeurs insondables de souffrance qui manquent de m’aspirer à elle. D’une démarche chancelante, elle s’éloigne de moi et les quelques mètres qu’elle parvient à mettre en nous me semble être une distance presque infranchissable jusqu’à ce qu’elle trébuche et se raccroche au mur. Je me précipite et la regarde essuyer ses yeux, toilette rapide d’animal en fuite, qu’elle fait du dos de la main. Avec ses joues couvertes de terre, striées des traînées blanches que ses larmes y ont dessinées, on dirait une gamine qui se serait écorchée les genoux à vélo.

À nouveau, nos regards se croisent et je devine que dans le mien elle lit la même chose que ce que je perçois d’elle au fond de ses propres prunelles. Brisé. Détruit. Sommes-nous encore réparables après ce que nous avons fait ? Y a-t-il encore de l’espoir pour nous ? Je déglutis et marche dans ses pas, suffisamment loin pour ne pas l’étouffer, mais suffisamment près pour pouvoir la rattraper si elle manque de tomber. La façade de mon immeuble se dessine bientôt devant nous et c’est dans un silence lourd de sens que j’ouvre la porte de l’immeuble et la soutient dans l’escalier. Peu importe qu’elle veuille de mon aide, il est hors de question que je prenne le risque de la voir dévaler les marches. La porte de mon appartement s’entrouvre en silence et Orion s’approche pour renifler ma paume, il s’éloigne bien vite, bien plus futé que ce que j’aurais cru. Je laisse Hena prendre place dans le canapé et pose un plaid sur elle avant de m’arrêter quelques secondes. « Je vais partir bientôt. Rentrer chez mes parents. Dans le Montana. » Je frotte mon crâne avant de reprendre. « Viens avec moi. Ça te fera du bien. S’il te plaît. » Ma voix s’échappe comme une supplique. S’il te plaît, laisse-moi t’aider, laisse-moi te sauver, peut-être que je pourrais me sauver aussi en essayant. Je n’attends pas sa réponse et rentre dans ma chambre avec un profond soupir avant de me laisser tomber sur le lit et de m’endormir sans avoir le temps d’y penser, le corps et l’esprit trop engourdi.




( Pando )

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