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What we do in the shadows | Lilas & Alexandra

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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
Alexandra Zimmer
NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand


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Pseudo : Achab
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Dim 21 Juin - 0:25 (#)



Début Novembre 2019, 18h50

À quoi bon apprendre à se connaitre soi-même ?

Enfouir profondément ses mains à l’aveuglette pour fouiller l’obscurité de son âme, jusqu’à en extraire toute l’essence, quitte à révéler la crasse y stagnant. C’était cette question qui revint me hanter en cette fin de soirée, appuyée contre un mur face au Voodoo, une clope coincée entre mes lèvres. Le rendez-vous était convenu dans dix minutes. Celui-ci avait été décidé depuis quelques temps déjà, des mois à vrai dire, alors que ce questionnement intime m’obsédait encore.
Je soufflai une large bouffée de fumée cancérigène. Les touristes se hâtaient alors sous le soleil déclinant, anonymes formes rendues opaques par la fumée de la cigarette. Une mauvaise habitude revenue se coller à moi depuis le mois d’Octobre. Appelons-ça un réflexe post traumatique. Le besoin de s’empoisonner les poumons pour avoir la certitude d’être encore vivante, d’être à peu près normale.

Comme prévu, ça ne fonctionnait absolument pas. Me voilà donc en plein Downtown, à nouveau devant ce café, examinant les habits et les expressions des passants pour y déceler les ombres y sommeillant en silence. Ouais, quel intérêt d’apprendre à se comprendre. Ce type-là avec son chapeau désuet et son short à la con, que cachait-il dans son dos ? Quelles chimères monstrueuses s’accrochaient à ses épaules lorsque toutes les lumières étaient mortes ?
Tous nous nous regardions dans nos miroirs, des lampes allumées tout autour, de peur d’y déceler un reflet que nous refusions de comprendre. Tout est à la simple portée d’un interrupteur. En tirant une nouvelle bouffée, je regardai ces hommes et femmes battre le pavé du centre-ville, avec l’impression d’y deviner ce minuscule détail qui déclencherait un basculement.

Pour cette femme, le tesson d’une bouteille d’alcool et une veste. La photo d’un gosse découverte sur le dark net pour ce type en costard. La tension strangulatoire d’une cravate pour ce jeune cadre. Certaines choses auxquelles personne ne voulait songer : des détails dans la torsion des lèvres, l’éclat d’une bague sous un angle précis, un mot énoncé à une heure définie déclenchaient alors des échos dont on n’aurait jamais cru la profondeur.
C’était le cadavre au fond d’un puits envahit de rats. C’était un mobilier agencé avec une précision maniaque, tel un rituel de protection. C’était le numéro précis que l’on cherchait à atteindre à chaque fois. Autant de détails, de leviers, et d’allumettes que l’on disposait avec un soin salvateur, de peur de déclencher la venue de cet autre reflet, de cette copie enténébrée de nous même. Toute cette merde humaine qui brasse ici. Je vérifiai l’heure sur l’écran du téléphone tout neuf. La clope éteinte fut envoyée d’une pichenette stylisée dans la poubelle adjacente, et je me mis en route sans vraiment d’enthousiasme vers le Voodoo, le sac sous le bras et l’ennui au bout des mains.

Des mois auparavant, bien avant l’angoisse d’un fichu monte-charge, j’aurais sans doute été la première impatiente pour rencontrer enfin ce contact bienvenu. Quelqu’un capable de m’en dire davantage sur la propre merde mouvant au fond de ma conscience. Dans un sens, m’en tape maintenant. Je poussai la porte familière d’où jadis une vampire avait surgi dans ma vie. L’odeur confortable des plantes exotiques remplaça agréablement l’odeur de tabac dans mes narines.
Je choisi une table à part, exactement comme la dernière fois. Le sac atterrit sur la banquette encore libre, alors que je m’effondrai à côté pour étirer mes jambes avant que mon rendez-vous n’arrive. Le bruit des conversations s’infiltra bien vite dans mes pensées, les rires et les tintements des couverts, et je me questionnai à nouveau sur le nombre de monstres anonymes prenant à cet instant leur café.

Mais franchement, à quoi bon le savoir ? Car n’était-ce pas ainsi la meilleure solution que d’ignorer les miasmes flottant à la lisière de notre conscience ? Je tapotai nerveusement la table lisse du bout des doigts. Une mauvaise idée que tout cela, de sales interrogations qui allaient encore m’exploser à la figure d’une manière ou d’une autre. Une voix inconnue lors d’une abominable nuit d’angoisse dans un espace exigu m’en avait apporté l’amère expérience. Ce que nos ombres tissaient à l’insu de notre conscience, derrière nos paupières closes, ne devrait jamais être porté à la lumière.
Or, en bonne demeurée, me voilà à attendre une autre inconnue brandissant une aide hypothétique pour la paumée que j’étais. Je soupirai lascivement. L’envie de clope revint me poursuivre pour ne rien arranger.


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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

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Lun 22 Juin - 5:13 (#)






What we do in the shadows




 

Un sursaut, un cri.

Les draps de coton, cage de tissu, qui me plaque contre le matelas trempé de sueur, dont je réussis à m’extirper au prix d’un combat acharné. Les cheveux plaqués contre ma nuque et le haut de mon dos, je me glisse lentement jusqu’au bord du lit. Parquet frais, contre voûte plantaire. Ancrage dans la réalité. Les larmes roulent sur mes joues dans un silence pesant. C’est le même cauchemar qui revient, en boucle, chaque nuit, chaque fois que je ferme les yeux. Pour n’importe qui, il se serait agi d’un rêve, toutes les choses que j’ai toujours voulues, réunies au même endroit et moi au milieu. Les membres tremblant, j’aspire l’air à grande goulée, tente dans un effort dérisoire de calmer le rythme effréné du palpitant dans ma poitrine. J’étale mon don, cherche l’essence de Vinzent, que je retrouve dans son bureau. La sensation de l’Écarlate me rassure et apaise ma respiration saccadée. Tout n’est pas perdu. Il reste encore de l’espoir. Je déglutis et fini de me débarrasser du drap moite avant de me diriger d’un pas chancelant vers la salle de bain. Le reflet que me renvoie le miroir me fait faire la grimace, les cernes sous mes yeux sont si sombres qu’on pourrait les croire faux. Je baille en observant mon corps dans son plus simple appareil. La cicatrice sur ma tempe, devrait disparaître bientôt, peut-être, grâce au soin de Brünhild. Celle sur mon genou restera. Je veux qu’elle reste, je veux garder en mémoire cette nuit, pour ne jamais oublier l’enfer que la ville à traverser, que nous avons traversé. Je l’effleure du bout du doigt et me glisse sous le jet glacé de la douche en poussant un petit glapissement de surprise. Elle se réchauffe rapidement et je me lave rapidement, ignorant l’essence d’Anaïs, qui s’attarde encore entre les parois. Enveloppé d’une serviette, et après avoir enjambé la valise encore à moitié vide, qui traîne au milieu de la chambre, j’ouvre l’armoire et m’habille sans réfléchir. Un sweat à capuche trop grand, beaucoup trop grand, ayant probablement appartenu à Zach avant qu’il ne devienne ma propriété et un simple pantalon de yoga gris couvre ma nudité et je descends pied nu dans le salon.

Mon téléphone, coincé sous mon bras, défaut de poche dans mon pantalon, vibre et je jette un œil à l’écran fêlé. Ah oui, c’est ce soir. Je jette un œil à l’heure et hausse les épaules en me servant un café, que j’agrémente d’une bonne dose de whisky. J’en avale une grande gorgée en grimaçant un peu avant de m’installer sous la véranda. Après des mois à échanger des messages avec Alexandra, une connaissance d’Anaïs, je vais enfin la rencontrer ce soir. La jeune femme ne sait pas ce qu’elle est, comme Anaïs avant elle. Et la petite française, aussi gentille qu’à l’accoutumé, lui a donné mon numéro dans l’espoir que je puisse l’aider. Les échanges ont été intéressants, mais je suis toujours au même point. Dans l’incapacité de la rencontrer avant aujourd’hui, je n’ai pas pu voir son essence. J’ai quand même été capable d’éloigner l’idée qu’elle soit une garou, puisqu’elle m’a assuré avec véhémence être sûre de ne pas se transformer en grosse bestiole affamée à la pleine lune. Les vampires ont aussi été rapidement oubliés, quand elle m’a expliqué qu’elle n’avait beau pas le voir souvent, le soleil ne l’achevait pas. Je mordille l’ongle de mon pouce en envisageant les possibilités qui s’ouvrent, elle pourrait être une outre comme Anaïs, possiblement. Dans tous les cas, un coup d’œil à son essence règlera la question, et répondrais à ses interrogations qui semblaient la perturber grandement. Je jette un nouveau coup d’œil à l’heure sur mon portable avant de me décider à me préparer. Je passe dans la bibliothèque au retour, ignorant ouvertement les traces de l’essence d’Eoghan qui s’attarde encore sur les divers meubles et objets qu’il a touchés. Hors de question de penser à lui maintenant. Ce n’est ni le moment, ni l’heure et je n’ai, clairement, pas le temps pour une nouvelle crise de larmes. J’ai un rendez-vous de prévu et une valise à préparer, ainsi qu’une malle.

Je cherche Gunnar, et après avoir erré un peu dans le manoir fini par le localiser, je m’approche de lui avec un demi-sourire. C’est tout ce que je suis capable de produire ces derniers temps. « Bonjour Gunnar, tout va bien ? » « Bien sûr, Miss Lilas. Et vous ? » L’inquiétude est perceptible dans sa voix, moins nette que quand il parle avec, ou de, Vinzent, mais elle est là et elle me touche en plein cœur. « Mieux, merci. » Mensonge éhonté, mais je sais qu’il ne m’en voudra pas. J’enchaîne directement. « Est-ce que vous accepteriez de m’emmener en ville pour 19h ? » Il acquiesce rapidement et je le remercie grandement avant d’aller prévenir Vinzent. J’hésite quelques instants devant la porte du bureau, comme toujours, oscillant d’avant en arrière devant le battant, les doigts à quelques centimètres du bois. Je scanne l’essence de l’arcaniste avant de frapper quelques petits coups rapides. Ma tête se glisse dans l’entrebâillement de la porte et je m’assure qu’il n’est pas pris par quelque chose de trop complexe avant de lui annoncer que je sors et reviendrais dans quelques heures. Comme toujours, il me dit de demander à Gunnar de m’emmener et je le rassure en lui disant que c’est déjà prévu. J’inspire un grand coup, appuyé contre l’encadrement de la porte, l’odeur de la pièce ayant quelque chose de rassurant pour moi. « Je serais pas très longue… » Je m’éloigne en silence, refermant doucement la porte derrière moi. Dans quelques jours, nous quittons le pays, je pars rejoindre ma grand-mère en Alsace et il se retirera où il le souhaitera. Il a promis de me tenir au courant, et j’ai fait la même promesse.

J’enfile distraitement une paire de chaussettes et une paire de basket, toujours complètement déconnecté de mes émotions, ignorant les souvenirs qui m’assaillent partout dans le manoir. Ils tentent parfois de se mêler aux images de la nuit d’Halloween, et je n’ai pas le temps pour ça. Après un dernier inventaire, je prends le temps de fumer une cigarette sur le porche du Manoir, la main sur la tête de Garmr qui halète paisiblement. Le mégot fini dans le cendrier et Gunnar m’ouvre la porte de la voiture. Le voyage se fait paisiblement, Gunnar essayant de me changer les idées en me parlant des plantes qu’il fait pousser dans le jardin, et je fais mine de m’y intéresser en posant des questions. Tout plutôt que laisser mon esprit au repos. Tout plutôt que lui laisser le temps de penser à tout ce qu’il y a à penser. Il se gare devant le Voodoo Café et je serre doucement sa main, sur le levier de vitesse en guise de remerciement.

Je sors de la voiture et m’arrête le souffle coupé. Deux rues à gauches, trois rues à droite, deux cents mètres tout droit. Je m’appuie contre la portière encore ouverte, le cœur au bord des lèvres, les images, éclairées par la lumière ondulantes des feux, flashent derrière mes paupières closes. L’odeur de la fumée me remonte aux narines, celles du plastique brûlé, du sang. Le crissement du métal, la terreur, Vinzent. Les cris, les sirènes. Vinzent. Anya. Mona. Mon souffle m’échappe par à-coups et c’est la main de Gunnar qui s’abat délicatement sur mon avant-bras qui me ramène à la réalité. Je plante un regard de bête sauvage apeuré dans les yeux du vieil homme qui s’enquiert paisiblement de mon état. Je déglutis et prends sur moi de toutes mes forces pour renvoyer d’où elles viennent les images qui me harcèlent. Au prix d’un effort conséquent, mon souffle se calme et il me lâche doucement le bras. Je le remercie d’un regard plein de reconnaissance et m’empêche à la dernière seconde de le serrer contre moi et lui offre un sourire tremblant. Une fois qu’il s’est assuré que j’allais suffisamment bien, il remonte dans la voiture et je sens son regard attentif me suivre tandis que je rentre dans le bar.

Je scanne la pièce du regard, cherchant un visage correspond à la description, mais mon regard est directement attiré par une essence inconnue. Pas dans le sens où elle appartiendrait à quelqu’un que je ne connais pas, je ne connais personne dans l’établissement. Non, dans le sens où je n’ai jamais rien vu de similaire. Arrêtée dans l’entrée du bar, je fronce les sourcils les yeux fixés sur l’essence qui me fait face. Dédoublée, d’une couleur alternant entre un brun sombre et un jaune chaud, elle fluctue comme à cheval entre deux plans, comme si elle n’appartenait pas complètement à cet endroit. Il s’en dégage quelque chose de profondément mélancolique et quelque chose de très sombre que je ne suis pas sûre d’apprécier, une répulsion immédiate qui me fait reculer d’un pas avant que ma bouche ne s’entrouvre quand je comprends à qui elle appartient. Oh, merde… J’inspire profondément et fais quelques pas, collant un sourire forcé sur mes lèvres. Je me lève tombée sur la chaise qui lui fait face et observe son visage aux angles marqué, les sourcils sombres, les yeux noirs, la peau pâle, les cheveux d’encre. Il se dégage quelque chose de dur et de tendre en même temps de son visage, quelque chose qui me la rend tout de suite agréable, malgré son essence particulièrement étrange. . Une sensation désagréable me pousse à me frotter les bras. L’impression persistante ressemble à celle d’un membre gourd se réveillant, millier de petites aiguilles s’agitant sous ma chair. « Contente de te rencontrer en vrai, après tout ce temps à discuter. » Je lève la main pour attirer l’attention d’un serveur et passe ma commande. Une double dose de whisky et des glaçons. J’attends qu’elle passe la sienne avant de plonger mon regard dans le sien. « Tu t’en sors ? » D’un geste de la main, j’exprime ce que je ne dis pas. Tu t’en sors après toute cette merde ? Tu t’en sors dans la vie après la merde ultime qui nous est tombé sur la gueule y a une semaine ?

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- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
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Ven 26 Juin - 15:01 (#)



Ma vision se brouilla doucement dans le tintement des verres, et les murmures feutrés des conversations de la salle. Je me sentis perdre pied à nouveau. Les syllabes découlant d’une table voisine résonnèrent à l’unisson avec des injonctions hurlées dans le noir. Le choc d’un bock de bière prit la forme d’une détonation de pistolet. L’éclat d’un rire, celui d’un hurlement terrorisé.
Dessous la pulpe de mes doigts, la table lisse et tiède prit la texture froide, puis moite d’un mur d’ascenseur. Encore ces flash. Déjà vagabonde, cette maudite imagination ne cessait de prendre la tangente dès lors que les couleurs prenaient la forme d’une nuit d’Halloween, ou que les sons autour de moi joignaient leur chœur aux injonctions d’une voix désincarnée dans l’obscurité.

Je passai une main encore tremblante dans mes cheveux désordonnés. Ce rendez-vous était bien trop tôt, je me l’étais répétée à loisir. L’odeur du sang, de la poudre et du métal surchauffé irritait encore mes narines, cela sans compter les cauchemars défilant devant mes yeux éveillés. Quant aux dernières nuits, je commençai tout juste à regretter mes antiques insomnies, celles d’une autre vie.
En tapotant le robuste bois, je marmonnai à moi-même. « J’suppose que la nuit est le jour, et inversement maintenant. »

Les chimères prenaient vie en temps réel désormais. Tandis que le tapage du Voodoo semblait enfler de plus belle pour se loger avec force entre mes tempes comme un serpent à l’agonie, mon rendez-vous fit son entrée. Je n’avais jamais réellement rencontré Lilas. Je la reconnus pourtant au premier coup d’œil. Peut-être était-ce mes propres sens exacerbés par cette soirée maudite d’Halloween, ou l’allure fatiguée et lascive de cette femme, propre aux âmes prisent dans l’étau de cette même nuit.
J’dois avoir une sale tronche. Je haïs à cet instant cette affreuse capacité pour le détail. Cet œil relevant jusqu’aux ondulations d’un tissu, l’intonation masquée d’une voix, ou les minuscules rictus d’un visage, tout aussi bien que la brève hésitation de la jeune femme. Je préférai ne pas le relever. Ainsi lorsque Lilas me rejoignit à ma table, je hochai simplement la tête sans mot dire, avant de commander une bière toute simple à la suite de sa commande.
Une nuit d’angoisse dans un espace exigu avec une poignée d’inconnus avait eu raison de mes dernières dispositions sociales. Je me passai une main sur le front avant de répondre dans un soupir.

« Comme un chat à qui on a marché sur la patte, et qui veut griffer le monde entier. » Je haussai les épaules. « Mais j’me contente d’un grattoir en plastique, faute de mieux. »

Gentille métaphore. J’eus soudainement envie de me gifler. Ce rendez-vous avait été un choix personnel, fruit d’une correspondance de plusieurs mois, et pourtant je ne parvenais pas à me débarrasser de cette chape de plomb soudée à mes épaules. Cette espèce de couverture étouffante, faite de flegme dégueulasse, et cousue de souvenirs errants qui brouillaient ma logique, en même temps que mon sommeil. Je consentis à faire un effort pour enjoliver ce début de conversation.

« Plus sérieusement, j’sais pas. Je flotte encore. L’impression de pas m’être complètement réveillée, tu vois le genre, et en même temps sans en avoir rien à carrer. »

Je relevai le nez pour mieux observer Lilas. Des cernes creusaient un beau visage sculpté de profonds yeux verts, et saupoudré de cheveux longs, alors que tout autour d’elle, flottait ce même parfum d’étrangeté que Mara, voire même d’Anaïs.Un quelque chose de mystique, comme un scintillement perçu du coin de l’œil, dont j’aurais été bien incapable d’en expliquer la provenance. Un simple écho qui résonnait dans ma tête, dans le tumulte de mes propres réflexions

« Et toi alors ? T’as l’air aussi crevée que moi. Je t’aurais reconnu en entrant d’ailleurs. » Je fis un geste nerveux de la main. « Pas à cause de l’air fatigué, juste parce que tu m’évoques la même chose que Mara. »

Dans un soupir las, je retombai contre le dossier de la chaise. Putain même après tout ça, j’sais pas aborder les gens. Devais-je être reconnaissante, que ce fichu caractère ne s’était pas perdu dans les tréfonds obscurs d’un monte-charge ? Ce n’était alors qu’un dernier vestige de moi-même, cette vieille illusion lentement brisée en mille morceaux au fil des nuits.


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☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
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☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

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☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
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Lun 6 Juil - 21:46 (#)






What we do in the shadows




 

Une bière. Un sourire étire mes lèvres devant la commande sans chichis, mais je ne m’attendais pas vraiment à autre chose de la part de la nana qui me fait face. Je me laisse glisser dans ma chaise, glissant mon pied droit sous ma cuisse gauche et posant un coude sur la table avant de caller mon menton dans ma paume. Je scanne sans relâche son essence, notant les éclats lumineux tout comme les zones d’un noir si profond qu’il semble aspirer la lumière. Très différente de la teinte sombre et matte que j’associe aux vampires depuis longtemps maintenant, elle semble à la fois si intense que j’ai l’impression de pouvoir la toucher du bout des doigts, tout en donnant l’impression de disparaître et d’apparaître à intervalles irréguliers. Mes yeux sautillent de droites à gauche, explorant ce que je vois, cherchant à comprendre ce qui s’étale sous mes yeux. Rien n’est familier, tout me semble nouveau et les questions affluent dans mon esprit.

Un nouveau sourire étire mes lèvres quand elle me répond et je hoche la tête en assentiment. J’aimerais arracher le tissu de la réalité pour laisser exploser les flux qui se tortillent dessous, pour nettoyer le bordel qui a été mis en ville, j’aimerais démêler l’enchevêtrement qui fait tenir notre monde en place et le réaligné à ma convenance, effacer ce qu’il s’est passé quelques nuits plus tôt, rendre leur liberté à ceux qui ont fait des promesses qu’ils regrettent. J’aimerais libérer Anaïs, ramener Eoghan à la raison, protéger Vinzent, j’aimerais rendre à mon monde un semblant de sens, et s’il faut en passer par la destruction je serai prête à le faire. Je hoche à nouveau la tête en signe d’acquiescement. « J’vois complètement ouais. »

Le bordel né de cette nuit d’angoisse pèse comme une chappe lourde sur la ville, qui semble se remettre d’une guerre avortée. La population erre en ville comme perdue, flottant entre deux eaux, à la recherche de réponse qui ne viendront jamais, parce qu’il est plus simple de mentir que d’annoncer qu’un événement magique jamais vu s’est produit ici à Shreveport, parce que le dire donnerait une mauvaise image des concernés, parce qu’il faut nous protéger des humains. Mais qui nous protège de nous-même ? Les yeux perdus dans son essence, je capte à peine son regard qui prend le temps de m’observer et je la laisse faire, après tout, elle me laisse faire la même chose depuis cinq bonnes minutes. J’ai conscience de ne pas être au paroxysme de ma beauté, mais j’ai été bien pire, et quelque chose me dit que si quelqu’un peut comprendre l’état dans lequel je suis, c’est bien elle. Elle me rappelle vaguement une des filles avec qui je traînais à l’époque de Will. L’une des rares nanas qui n’était ni pute, ni groupies. Respectée par les mecs du gang, j’avais mis longtemps à comprendre qu’elle avait une place prépondérante parce qu’elle était en charge de la protection internet du groupe. Si j’avais eu confiance en elle à l’époque, je lui aurais peut-être demandé de me débarrasser des preuves de Will, mais sa loyauté ne m’avait jamais appartenu alors je n’avais rien dit.

Sa voix me sort de ma rêverie et je croise finalement son regard, surprise par ses propos. Rares sont ceux capables de sentir le point commun entre Anaïs, Mara et moi. Ceux qui ont la possibilité de voir les essences nous associent à des arcanistes quand ils sont capables de capter la magie qui coule en nous, les autres se contentent de nous cataloguer en tant qu’humain lambda. Le serveur revient et les boissons sont posées sur la table avec un petit claquement sourd. J’enroule immédiatement mes doigts autour du verre un peu humide qui contient mon whisky. Je le lève rapidement, simulacre de toast avant d’avaler une grande gorgée, la chaleur de l’alcool anesthésiant l’arrière de ma gorge. Un petit rire m’échappe et je secoue la tête. « Hmm, on va dire que je fais partie de ceux qui ont pris le moins cher ? » Je ne sais toujours pas réellement comment me placer, consciente que ce que j’ai vécu est très loin de ce qu’ont vécu Vinzent et Anaïs, et probablement Alexandra, alors pour le moment, j’essaie de faire comme si ce n’était rien. « J’dors pas bien, mais bon, on fait avec. »

Je hausse les épaules et glisse une main dans la besace que je trimbale partout pour en extraire mon carnet de croquis et la petite palette d’aquarelle qui l’accompagne. « Ah ouais ? C’est intéressant que tu sois capable de le sentir, y a pas beaucoup de gens qui sont capable de savoir qu’ont à quelque chose en commun. » L’évocation de Mara, me ramène en arrière, vers la jolie blonde et l’expérience métaphysique qu’avait été ma nuit avec elle. Pour la première fois, quelqu’un avait été capable de percevoir ce que comportait mon don. Son retour en Suède à été un coup dur, mais je ne peux que comprendre son besoin d’échapper à cette ville où au final, rien ne la retenait réellement. « Ça t’emmerde si j’dessine un peu ? » Je me mordille la lèvre avant d’avaler une nouvelle gorgée. « Enfin, si j’te dessine toi ? » C’est toujours une question étrange à poser aux gens et j’ai peur de déranger la jeune femme. « J’vais pas te mentir, ce que je vois, c’est… Étonnant ? Fin, j’ai jamais rien vu de tel en fait, très connement, du coup, j’aimerais bien le dessiner pour pas le perdre quoi. »




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- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

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Jeu 9 Juil - 22:39 (#)



Mes doigts se mirent à tambouriner sur le bord de la table. Un malaise aux multiples faces étirait alors mes phalanges de crampes impatientes. Et pour cause, aussi familier soit le Voodoo Café, cette journée n’en demeurait pas moins saturée jusqu’à la gueule d’éléments dérangeants. En saisissant le verre de bière déposée là, je me sentis perdue. Déconstruite par une année peuplée d’angoisses, d’horreurs et de heurts à mes certitudes, pour terminer attablée avec une presque inconnue, en quête d’une main tendue. Mon insociabilité de toujours en prenait un sacré coup.
Ainsi, les lueurs d’un mois d’Avril insomniaque ne dessinaient plus d’ombres sur des statues éclatées, ni sur les joues de marbre figées de l’immortelle. Plus tard, dans la nuit de Mansfield, le contact glacé d’une lame m’avait propulsé dans un univers à la fois proche, et pourtant si éloigné. Un étourdissement me saisit. Nerveuse, je fis tournoyer le verre entre mes doigts, incertaine du chemin à suivre. L’abandon de ma sérénité aveugle m’entrainait de fait sur ce sentier hasardeux de la confiance, de cette dépendance inique pour le conseil d’autrui alors dans l’attente de ma confession.
J’me sens comme une pleurnicheuse. Un court instant, l’envie de quitter les lieux m’effleura. Je me vis franchir les portes du café purement et simplement, sans un regard en arrière, revenant à cette époque pourtant récente, où la fréquentation des autres était synonyme d’emmerdes. Je n’espérai guère de réponse claire de toute manière. Dans le maelstrom de ces pensées contradictoires, ce fut toutefois la voix hautaine et moqueuse de cette vampire qui revint à ma conscience, l’illusion d’un dédain envers cette fuite, ce refus d’une révélation redoutée.
La réalité et l’imagination commençait à se mélanger. Ça puait sérieusement pour ma santé mentale. Au milieu de toute cette mélasse, je pris seulement conscience des interrogations de mon interlocutrice après un long moment de flottement idiot.

« J’sais pas si je dois dire "sentir". C’est pas facile à expliquer. Si j’devais décrire ces intuitions, c’est comme un parfum autour de certaines personnes, sorte de petite brise qui s’agite autour d’eux et qui me revient dans la tronche. »
Je fis tinter machinalement mon ongle contre la surface du verre. « En vrai, j’sais juste faire la différence entre vous trois et une vampire que j’ai croisé. Le reste j’sais pas, j’en connais pas plus que ça. »

Ma vie ressemble à un ventilateur maintenant, super. Je triturai pensivement le bout de ma manche. L’analogie n’était pas si éloignée de la réalité tout compte fait. Chaque saut du lit rimait avec un branchement artificiel de ma cervelle, prête à remuer du vent, pour faire semblant d’évacuer une canicule qui me prenait à la gorge un peu plus chaque jour. Ces métaphores, je pouvais certes les tordre à ma guise à ce stade. On m’aurait proposé de comparer mes intuitions à un rocher arrosé de guano, que j’aurais bien été capable d’y découvrir une similitude.

Or, au beau milieu de ces réflexions ô combien profondes, je fus prise de court par la requête de Lilas, et par le carnet que je n’avais pas remarqué. « Moi ? Bah vas-y oui, si tu vois… un truc ? »

Malgré mes innombrables réticences, la curiosité se fit plus forte. Je tapotai de plus en plus vite le bord du verre. Les mots me brûlaient la langue sans que je ne parvins à les articuler, tant le concept même de cette situation m’était étranger. 'Fait chier de devoir demander conseil comme ça.

« Comment tu fonctionnes en fait ? J’veux dire, tu vois quoi ? D’après Mara, j’ai un cerveau illisible, donc j’pensais que tu verrais rien du tout. Je commence à m’en faire une raison d’ailleurs, vu que plus j’en découvre sur moi, moins ça correspond à quoi que ce soit. »

Et quelle surprise, n’est-ce pas, qu’encore une fois, ma nature se heurta à un mur d’ignorance ! Étonnant ! Rien vu de tel ! Yes, je suis un petit monstre unique. J’en étais si bouleversée qu’un soupir lascif quitta ma bouche, tandis que je récupérai le lourd verre d’alcool pour m’en offrir une solide gorgée. L’ivresse n’était normalement pas à l’ordre du jour, mais au rythme de ces révélations fracassantes, cela pourrait changer.


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Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

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Mer 16 Sep - 22:27 (#)






What we do in the shadows




 



Perdue dans ses pensées, Alexandra ne me répond pas tout de suite et ça ne me dérange pas vraiment. Son essence continue de me fasciner et je suis des yeux les mouvements fluctuants. Jaune d’or, marron chaud, brun sombre, noir. Ici une trace d’un jaune brillant. Là, une touche de brun chocolat. Par ici, une onde semblable à une vague qui fait disparaître le jaune pour le remplacer par le brun. Le spectacle est saisissant, de par sa nouveauté d’une part, mais aussi par sa beauté étrange. Les picotements sont toujours présents et je frotte à nouveau mon bras avant d’y jeter un œil. Je hausse les épaules et me tourne vers la jeune femme quand elle répond enfin à mes interrogations. Sa réponse me tire un sourire, similaire à certaines de mes sensations face à elle aujourd’hui. Je hoche la tête d’un air encourageant. « Nan, mais je vois complètement ce que tu veux dire ! C’est déjà fou que tu sois capable de me différencier d’un humain en vrai. La plupart des gens, même ceux qui sont familier avec le surnaturel, nous prenne pour de simples humains, donc c’est pour ça que j’suis surprise. » Je ris doucement en haussant les épaules. « C’est déjà pas mal que t’ai su faire la différence entre moi et une vampire, j’aurais été outragée que tu me prennes pour une sangsue. » Je plaisante, mais le cœur n’y est pas vraiment. L’image d’Anya s’affiche dans mon esprit et je me demande comment va mon amie. Je ne l’ai pas revue depuis les événements, me terrant lâchement derrière les murs du Manoir, ignorant le monde extérieur et son enfer. Je n’avais accepté de recevoir de nouvelles que d’Anaïs et de Zach, bien que le second ne m’en ai donné qu’au travers de la première. Sumire avait été gravement blessée durant la nuit d’Halloween et Zach le vivait apparemment très mal. La voix d’Alexandra me sortit de mes pensées moribondes et je m’empressais de m’emparer de mon matériel avec un sourire soulagé.

Le bruit du crayon crissant doucement sur le papier accompagne sa prochaine question et je hausse les épaules avant de redresser le nez. Mon verre trouve à nouveau le chemin de mes lèvres avant que je ne réponde à sa question. « C’est compliqué à expliquer, mais je vais essayer. » Je prends sa question à l’envers et commence par la fin. « Mon pouvoir et celui de Mara fonctionnent très différemment en fait, c’est surprenant qu’elle n’ait pas pu lire ton esprit, mais je connais une ou deux personnes qu’elle ne peut pas lire non plus, donc t’es pas la seule, sache-le. » Je pense avec tristesse à Zach, a son essence terrifiante à ce que Mara m’avait dit de son esprit. Je me secoue mentalement et enchaîne, le crayon retrouvant la feuille. « Oui, donc Mara peut lire dans les esprits, et moi je… » Une fois de plus, je cherche mes mots. « Je vois les essences ? » Je souffle sur une mèche de cheveux qui vient se perdre sur la feuille avant de lâcher mon crayon pour remonter la masse brune en un chignon flou que j’attache rapidement avec l’élastique qui traîne sur mon poignet. « Je vois ce qui fait que tu n’es pas humaine en quelques sortes. Fin, les humains aussi ont une essence, elle est juste très… Plate et peu intéressante. Nous autres, les non-humains, on est différent… Je… » Je me mordille la lèvre. « Je vois, entends, sens des trucs qui n’appartiennent qu’a toi. Enfin, si je me concentre sur toi. » Je lâche le crayon et attrape la palette d’aquarelle, le pinceau de voyage qui s’y trouve se compose d’un petit réservoir en plastique mou et d’une pointe en poil de martre. J’appuie doucement sur le réservoir pour l’humidifier avant de frotter doucement les poils dans le pot de jaune, j’ajoute une touche de terre de sienne pour le réchauffer et m’attaque à la peinture. « Quand je te regarde là, je vois comme une sorte de nuage autour de toi, qui change de couleur. » Je redresse le nez et plante mon regard sur elle. « Mais, j’ai jamais rien vu de tel, ça… Oscille ? Fin, c’est étrange vraiment, on dirait que ton essence ne sait pas où se mettre, parfois, elle disparaît complètement. Comme là, par exemple. » La jeune femme devant moi se retrouve soudain dépourvue du halo qui l’entoure durant une seconde, avant qu’il ne refasse son apparition. « Et hop, elle est revenue. » Je secoue la tête, la bouche entrouverte. « C’est vraiment étrange… »

Je reprends ma peinture, ajoutant du brun, du jaune, une touche de noir. Quelques annotations viennent rejoindre le croquis. "Disparition irrégulière -> Double plan ?" "Vagues étranges" "Sensation de picotement -> Liée ?" Les questions affluent dans mon esprit et je fronce les sourcils avant de redresser le nez. « Et du coup, toi, comment tu fonctionnes ? Donne-moi tout ce que tu peux trouver qui te paraisse hors de l’ordinaire, même le truc le plus insignifiant. Ça pourra toujours s’avérer utile, quand je ferai mes recherches. »





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- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
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Mar 22 Sep - 18:20 (#)



Une sangsue, hein. Ces surnoms péjoratifs avaient toujours sonné creux à mon oreille. Alors que je n’étais jamais  la dernière pour placer des vannes vexantes, celle-là me restait pourtant en travers de la gorge. Une sorte d’hypocrisie personnelle n’appartenant qu’à moi. Comme si quelque part, au fond de mon inconscience, quelque chose me murmurait une horrifiante vérité à propos de ma nature profonde. Comme si, dans le fond de mon âme, dormait un secret encore pire qu’un cadavre ramené à la vie, et m’interdisait ainsi de me moquer de ces êtres damnés pour l’éternité.
Tout cela n’était peut-être que le simple fruit de mon imagination. Ou alors était-ce la dernière barrière salvatrice me séparant de la folie pure. Un haussement d’épaules fit écho à l’humour de mon interlocutrice. Je me réinstallai tant bien que mal dans le siège de café inconfortable, avec la vive intuition que l’explication de Lilas allait me tenir assise un long moment. Je ne fus pas déçue, et celle-ci confirma allégrement un côté bavard deviné durant nos sessions à distance.

« Décris comme ça, on dirait un mauvais trip d’étudiante. Mais j’vois un peu, ouais. »

Mes souvenirs s’orientèrent lentement vers Mara. De nouveau, je retrouvai en Lilas ce même genre de curiosité poussive, cette même manière gênante de me décortiquer comme un objet de curiosité.

« J’sais bien, Mara a eu plus ou moins la même réaction. Que c’était carrément incompréhensible. Elle m’a dit que d’habitude, elle captait toujours des fragments de mots ou des images, même pour quelqu’un qui s’verrouille l’esprit ou avec une langue étrangère. »

Je haussai encore une fois les épaules. « Là c’était juste des parasites selon elle. Comme un truc crypté, ou d’un autre monde, j’sais pas. »

Amusant comme l’année écoulée avait eu raison de bon nombre de mes inhibitions. Jamais auparavant je n’aurais songé à énoncer des éléments personnels de ma vie, encore moins discuter ouvertement du surnaturel. Aujourd’hui toutefois, ceux-ci franchissaient mes lèvres avec aisance. Un détachement étrange semblait avoir pris place en moi, une désinvolture totale face à un sentiment d’inéluctable fatalité. Je me sentis telle une pendue racontant sa vie à sa corde nouée autour du cou.

« ‘Fin j’ai pas l’impression que ça nous avance beaucoup tout ça. » Concluais-je avec l’enthousiasme virulent d’un bulot cuit.

Mis à part savoir que j’ai une aquarelle en mouvement sur la tronche, songeai-je. Cependant, aucun sarcasme ne franchit mes lèvres. De fait, ce rendez-vous était le fruit d’un accord mutuel, et il me restait encore un fragment de retenue pour éviter d’insulter l’enthousiasme de Lilas. Un minuscule fragment. Car derrière ma façade mi lasse, mi boudeuse, j’éprouvai une furieuse envie d’être blessante, de lui crier à la face combien ces tâches de couleurs me laissaient indifférente.
Un paradoxe de méchanceté dont l’intensité n’avait fait que croitre depuis Octobre. Je ruminai en silence durant de longues secondes, laissant les questions de Lilas cultiver mon agacement malgré moi.

« C’est long à expliquer. Déjà, j’ai toujours eu une mémoire photographique. Ma tête c’est une éponge, j’peux pas m’empêcher de noter tous les détails, et derrière, j’peux les imaginer parfaitement des jours plus tard pour les mettre en scène comme l’envie m’en prend. »

Je marquai une pause pensive. « Depuis Octobre, ça a pris une autre tournure. J’vois toujours tout, mais en pire. Tout m’insupporte. J’vois un type qui boit un verre, et je l’imagine s’étrangler avec. J’vois une nana prendre un couvert, je l’imagine s’ouvrir les veines avec. »

Sur cette déclaration ô combien joyeuse et parfaitement saine, je me rendis compte au bout de trop longues secondes de flottement, que mes pensées battaient encore la campagne. Je fis la grimace, et m’autorisai une rasade de bière pour m’assener la réalité à grand coup d’alcool.

« Bref, c’est glauque. Le pire c’est que j’le fais pas exprès. J’ai l’impression que ça vient pas vraiment d’moi, juste d’une partie de moi qui me pousse à voir autrement. Et j’ai ce pouvoir débile aussi... »

Puis, sur une impulsion soudaine, je fouillai dans ma poche pour en sortir un petit couteau à cran d’arrêt acheté récemment. Je posai alors ma main à plat sur la table, paume vers le haut, en vérifiant avec prudence que personne n’avait tourné la tête vers nous. J’appuyai alors vivement la pointe aiguisée de la lame dans ma paume, suffisamment pour me percer la viande en apparence.
Et sans guère de surprise, seul un vague picotement me traversa. Je rangeai aussitôt le couteau dans ma poche, en jetant un regard blasé à Lilas.

« Une sorte de peau blindée quoi, j’peux pas me charcuter. Je m’en suis aperçue l’année dernière d’manière assez brutale d’ailleurs. Sinon rien d’autre m’vient. J’ai juste cette désagréable impression de changer peu à peu, comme si un truc couvait, sans savoir quoi. »


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Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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Dim 8 Nov - 2:10 (#)






What we do in the shadows




 



Je hoche la tête, l’air concentrée, ajoutant de mon écriture pointue ce qu’elle me dit que Mara a perçu. Le don de l’Outre m’est désormais familier et je hausse un sourcil surpris quand Alexandra m’avoue qu’elle a été incapable d’accéder à son esprit. Ce qu’elle ajoute ensuite me fait froncer les sourcils de concentration. Mara, m’a dit qu’elle était incapable d’accéder à certains esprits, mais ils sont rares, les garous notamment lui sont complètement fermés, que ce soit parce que la bête bloque l’entrée « physiquement » ou parce qu’elle ne perçoit rien émanant d’eux. Je me frotte la lèvre inférieure du dos de l’index en réfléchissant, les informations s’alignant en une petite liste sur le côté du croquis. Je perçois sous son ton, qu’elle s’efforce de conserver poli, l’agacement que provoquent mes questions et mes réflexions et je pince le lèvre en attendant ses réponses. C’est elle qui a demandé mes conseils, si elle pensait vraiment que ça serait aussi simple que lui jeter un regard, elle se plante le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Je note néanmoins ce qu’elle ajoute avec attention, ponctuant ses paroles de petits son d’assentiment, la poussant à continuer, tandis que le crissement de la pointe de carbone sur le papier épais de mon carnet à croquis parvient à mes oreilles tant le bar est tranquille ce soir. Mon pied tapote distraitement sur le parquet usé en rythme avec le morceau qui passe en fond sonore et auquel je ne prête qu’une faible attention.

Je note et note tandis qu’elle parle, relisant la liste au fur et à mesure, soulignant les points qui me pose vraiment question avant de me rendre compte que je fixe mon calepin depuis de trop longues minutes. "Mémoire photographique", rien de complètement déconnant, un certain nombre d’humains le possède naturellement sans être lié au monde du surnaturel, mais l’essence d’Alexandra appartient définitivement à mon monde. Et sa mémoire semble dépasser les compétences classiques d’un cerveau humain, même un sous amphètes’. Je me mordille la lèvre en tirant un trait sous les deux mots suivant : "Agressivité décuplée". Peut-être qu’il ne s’agit que d’une réaction traumatique aux événements d’Halloween ? Je déglutis en me remémorant mes propres sautes d’humeur des derniers jours. L’envie d’emplafonner la moindre personne me faisant une remarque désagréable, celle de fondre en larmes à la moindre contrariété, la panique qui menace de m’étouffer au moindre mouvement et la tristesse comme une chape de plomb qui m’étouffe. Je hausse les épaules en ajoutant un petit "Trauma ? ". Néanmoins, ce qu’elle ajoute après me pousse à ajouter un petit astérisque, l’idée d’une force la poussant à se montrer plus agressive que d’ordinaire pourrait provenir d’une potentielle malédiction. Il faudrait que je m’y penche plus en détails. J’ajoute un petit "V" à la fin de la ligne. Vinzent pourrait être en mesure de me répondre sur la question, il faudra que je pense à lui demander conseil.

Je relève le menton en la voyant fouiller dans sa poche et recule légèrement dans mon siège quand elle en sort un couteau. Je la fixe avec les yeux écarquillé quand elle plante franchement la lame dans sa paume, estomaquée. Je n’ai même pas le temps de faire un mouvement pour l’arrêter, trop choquée par le geste. Pourtant, mes sourcils se froncent d’incompréhension quand là où le sang aurait dû gicler et où j’aurais dû voir une plaie béante, il n’y a… rien. J’attrape sa main par réflexe, l’observant sous la lumière avec la bouche entrouverte sous la surprise. « Alors… CA. Ça, c’est chelou. » J’observe une dernière fois sa peau avant de lâcher sa main et de m’emparer à nouveau de mon crayon. "Blindage corporel" s’ajoute donc à la liste avec un point d’exclamation pour marquer ma surprise. « Putain, désolée hein, j’avais jamais rien vu dans le genre. Et pourtant, j’connais un paquet de gens avec des dons bizarres. » Je me gratte la tête distraitement, avant de repousser mes cheveux derrière mes épaules. Je tapote mon crayon sur la table en réfléchissant. « Je vais être honnête, comme je te l’ai déjà dit, j’suis vraiment perdue. » Je me mordille l’intérieur de la joue avant de hausser les épaules. « T’es clairement pas… Quelque chose que j’ai déjà vu. Du coup, je sais pas trop quoi en penser. J’ai beaucoup de questions, auxquelles tu pourrais pas répondre, mais heureusement pour moi, j’ai un… j’connais un gars qui touche pas mal en arcanisme et qui pourra p’tet me renseigner. » Je me frotte le front du bout des doigts avant de boire une nouvelle gorgée de mon verre. Je savoure l’alcool contre ma langue avant de reprendre. « La seule idée que j’ai actuellement sur ce qui pourrais se passer avec toi, c’est potentiellement une malédiction, mais je m’y connais vraiment pas beaucoup sur le sujet, donc faudra que je me renseigne avec mon gars. » J’espère vraiment que Vinzent pourra m’orienter sur la question. « Mais dans le doute, t’es sûre que t’as jamais mis les nerfs à un sorcier qui aurait pu vouloir te coller un truc ? » Aussi idiote qu’elle puisse paraître, je préfère poser la question, au cas où elle ait en effet mis en rogne un arcaniste capable de la maudire. « Et t’as pas eu l’impression d’un truc précis, qui se serait passé avant que tu découvres ton espèce d’armure là ? » La moindre information pourrait être utile dans mes recherches. Je me demande si Andrée à conserver les contacts de l’arcaniste qui a enchanté le pendentif que lui avait offert Léonard, peut-être que je pourrais aussi lui demander des renseignements durant mon séjour chez ma grand-mère.










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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
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FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
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He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
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Sam 14 Nov - 18:04 (#)



Ce contact inattendu m’électrisa toute entière. La chaleur de cette main dans la mienne déclencha un vif frisson de répulsion qui remonta le long de mon échine. Aussitôt, je dus me faire violence pour ne pas arracher brutalement mes doigts crispés des siens, en lui jetant quelque réflexion virulente. Au lieu de cela, une paralysie surprenante gela mes articulations. J’observai ses prunelles aux étranges nuances de couleur examiner mes doigts sous la lumière criarde des spots du bar, sans toutefois oser un commentaire ni le moindre mouvement de rejet. Putain, qu’est-ce qui m’arrive.
La soudaine approche tactile de Lilas n’était pas l’unique raison de ce choc psychologique. Car, au moment où sa paume s’était emparée de la mienne, un indescriptible brasier spontané s’était allumé au cœur de mes pensées. Une réaction disproportionnée se consumant en quelques secondes, avec un tel degré de fureur noire, que j’en fus moi-même sidérée. Non, c’est pas moi ça, pas à ce point, songeai-je en oubliant quasiment la présence de mon interlocutrice.
Jamais une telle haine n’avait émergé de mon inconscient. Jamais encore, je n’avais éprouvé un tel dégoût pour un contact innocent. En l’espace de quelques secondes, un vaste panel de réponses au contact de Lilas avait fleuri dans ma cervelle, de l’insulte verbale blessante, jusqu’à la brusque envie de lui tordre les doigts. Certes, les rapports physiques n’avait jamais été mon fort. Mais tout de même, en arriver à ce monstrueux désir d’enfoncer mon verre dans le visage d’autrui, jusqu’à l’imaginer pisser le sang, cela n’avait rien d’un réflexe inconscient sain.

« Hm, c’est pas grave. » marmonnai-je en retirant ma main maladroitement.

J’suis pas comme ça, si ? La question n’en finissait plus de ricocher dans mon crâne, comme une agaçante mouche à merde décidée à me pourrir la vie. Machinalement, je me surpris à masser mes doigts, comme si le toucher de Lilas avait laissé une sensation de brûlure sur mon épiderme. Une rancune incontrôlable subsistait encore à la lisière de mon esprit, parasitant mon attention, sans que je ne parvins à l’en éradiquer complètement. Tout cela pour un simple contact humain.
Cette broutille avait déclenché un effet domino émergeant de nulle part, d’un recoin inconnu de ma psyché auquel je n’avais alors aucune envie de me confronter. Les lambeaux du choc hantant encore mes gestes, je me forçai à la concentration, plutôt que de laisser filtrer cet accès de rage qui m’avait saisi. Ma main chercha la surface tiède du verre de bière mais, par un dégoût soudain, je me ravisai aussitôt. Au lieu de ça, je tripotai la manche de ma veste en bourrelets de tissu pour enfuir mes doigts dedans, à l’image d’une adolescente mal à l’aise avec la conversation.

« Ok bah tant pis… J’suis toute aussi perdue de toute façon. »

Je réalisai soudainement combien ma voix avait nettement perdu de ses nuances agressives. Le murmure avait à peine franchi mes lèvres, comme si la violence de mes propres sentiments venait d’écraser mon verbe. J’suis terrifiée ce qui couve au fond, constatai-je avec amertume. Puis le terme de malédiction capta mon attention. Un embarras qui ne me correspondait guère, flotta dans mon regard lorsque je relevai doucement la tête suite aux explications étonnantes de Lilas.

« Non ? J’veux dire, franchement c’est quasiment du berbère pour moi. J’savais même pas que ça existait vraiment les malédictions. Puis les sorciers… À part ce que j’ai entendu dans les médias sur l’église Wiccane, j’y connais que dalle en vrai, et j’ai jamais croisé un magicien ou quoi. »

Maudite, sérieux ? m’interrogeai-je. Qu’est-ce que j’ai pu faire pour mériter ça ? Automatiquement, ma cervelle commença à éplucher mes souvenirs de Baton Rouge, les années scolaires et les petits jobs merdiques qui avaient jalonné mon parcours jusqu’ici. Cependant, rien ne me parut sortir du lot, au milieu des disputes puériles avec ma mère ou des relations distantes, jalonnées de quelques doigts d’honneur distribués çà et là. Rien ne me semblait mériter une quelconque malédiction.

« Mais j’comprends pas, ça consiste en quoi les malédictions ? lui demandai-je soudainement, mettant de côté son autre question. C’est comme dans les histoires d’horreur, un truc va me poursuivre jusqu’en enfer, ou j’vais me transformer en machin bizarre ? »

Ma vie semblait bel et bien vouée à être merdique jusqu’à ma mort. La perspective d’être vraiment maudite déclencha un incontrôlable frisson de peur contre ma nuque. Mon regard se fit absent durant quelques secondes, avant que la question de Lilas ne revint s’imposer à mes sens.

« Non, il s’est rien passé. J’ai toujours eu ces intuitions bien avant de déménager dans le coin, même si j’essayai de pas trop y faire gaffe. Comme ma mère me collait des gifles quand j’en parlais étant p’tite, j’ai pris l’habitude de ne pas en parler, ni d’y croire trop. »

Je poussai un long soupir en passant ma main sur mon front. Entre la méchanceté croissante au fond de moi, et cette histoire de malédiction, je commençai sérieusement à flipper.

« Mais sinon le coup de l’armure, c’est arrivé d’un coup. En fait j’me suis faite agresser par un type random qui m’a flanqué un couteau dans le bide, et bah t’imagines le résultat. C’était ce soir là que j’ai croisé Anaïs d’ailleurs. Mais il s’était rien passé d’spécial avant, j’rentrais juste chez moi comme d’habitude, et les jours d’avant pareil. »

Je me frottai nerveusement la mâchoire en réfléchissant. « Mais faut dire que j’ai jamais essayé de m’enfoncer des lames dans la viande non plus. J’suppose qu’à une époque ma peau était normale, sinon j’aurais pas pu me faire des piercings, non ? Enfin ça parait logique. »

Étonnamment, réfléchir à haute voix contribua à recréer un semblant de stabilité dans mon crâne. Je commençai peu à peu à discerner quelques éléments logiques, bien que ténus, dans cette vie catastrophique qui était devenue la mienne. Laquelle ne cessait d’empirer d’ailleurs.


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What we do in the shadows




 

Son essence s’agite avec violence suite à mon contact, se pare de couleurs encore plus sombre et je recule légèrement en observant ce qu’il s’y passe. Son essence m’effraie et la sensation étrange qui s’agite sous ma chair continue de m’agresser, me donnant l’impression d’être couverte d’une couche de poussière épaisse déplacée par une armée de petites fourmis qui tentent de s’y frayer un chemin. Je l’observe se refermer sur elle-même, masser ses doigts avant de les enfouir dans les manches de son pull. Je regrette réellement mon geste, je n’aurai pas dû la toucher de la sorte. D’une part parce qu’elle a l’air de ne pas apprécier ça et que je devrais apprendre à mieux respecter les normes sociales qui font qu’on en tripote pas les doigts de la première venue. Deuxièmement, parce que j’aurai pu me mettre en danger. Si elle est réellement maudite, je n’ai aucune idée de ce qui aurait pu m’arriver à son contact. Je frotte ma paume contre mon pantalon sans y penser et agrippe fermement mon verre avant d’en descendre une gorgée, sans quitter du regard l’essence qui s’agite autour de ma partenaire de boisson.

Sa voix, brisée, quand elle me répond, me fait baisser les yeux. Bravo Lilas. Peut-être que si t’avais bossé un peu pendant ces trois dernières années t’aurais pu l’aider réellement. J’avale le liquide ambré qui laisse soudainement un goût amer dans le fond de ma gorge. Elle pose ses yeux noirs dans les miens et j’observe l’embarras qui s’y lit. J’suis tellement désolée pour toi… Je hoche la tête en l’entendant s’exprimer. Comme la plupart du commun des mortels, elle n’avait aucune idée de ce qu’il se passait au sein du monde arcanique. Avec une grimace, je m’affale sur la table, appuyant mon menton dans mon coude après avoir fait signe au barman de nous amener une deuxième tournée. « C’est pour moi, t’inquiète. » Dans ma poche, la liasse de billets que m’a donnés ma nouvelle patronne il y a deux jours pèse son poids et j’ai soudainement envie d’en dépenser jusqu’au dernier billet. « Clairement, les arcanistes sont des gros relou qui préfèrent garder leurs secrets bien cachés. » Je soupire. « L’Eglise c’est le haut de l’iceberg. Ils sont plutôt sympas, même si j’en sais pas grand-chose, honnêtement j’traîne juste pas avec eux. » Je lève les yeux au ciel avant de me concentrer. « Mais ils sont plutôt chill, et pas vraiment du genre à maudire. C’est plutôt le job des sorciers moins sympa ça. » Une grimace amère déforme mes lèvres en pensant à Eoghan et je sens mes yeux s’humidifier malgré moi. J’inspire profondément par le nez et combat violemment les larmes qui menacent de déborder. Je me racle la gorge avant de reprendre. « Hmm.. Y a des sorciers moins sympa qui peuvent, en effet, balancer des malédictions. J’y connais pas grand-chose non plus, j’suis encore au stade nourrisson en termes d’arcane, j’vais pas te mentir. Mais de ce qu’on m’en a dit, ça peut faire à peu près n’importe quoi. Mais dans la plupart des cas, c’est réversible. Enfin, si tu trouves un sorcier capable de t’aider. Mais si t’es vraiment maudite, j’ai ce qu’il faut sous la main. » S’il accepte un jour de sortir de son bureau. S’il me reparle normalement un jour. S’il arrête de me prendre pour une incapable. « Honnêtement, tout est possible… » Je cherche et cherche, fouille mon esprit à la recherche d’un indice dans ce que j’aurais pu lire, en l’écoutant, cataloguant ses dires avec mes connaissances.

À nouveau, le regret tenace de n’avoir pas travailler davantage en l’absence de Vinzent, me tiraille. Si seulement j’avais été récupérer les écrits de Léonard, si seulement j’avais continué à garder contact avec la chamane qui m’a aidé à relier avec ma magie et à appréhender ma psychométrie. Je soupire en frottant mes sourcils du bout des doigts, remarquant au passage la tâche d’acrylique qui orne le bord de la manche de mon pull. Encore une. J’attrape le bord de la manche et m’efforce de gratter la peinture qui s’est incrustée dans les fibres synthétiques en réfléchissant. « C’est ça qui m’intrigue le plus, le fait que tu as toujours eu ses impressions ou intuitions. Ça pourrait tendre vers le fait que tu es une arcaniste, ou un outre comme moi, mais le reste ne colle pas. » Je me mords la lèvre avant d’avaler une gorgée supplémentaire de mon verre. « C’est vraiment la merde quand tu te retrouves à développer un don et que personne autour ne te comprends. Anaïs à salement morfler à cause de ça, mais j’ai eu la chance de grandir avec mon grand-père qui avait le même don que moi. Mais j’me dis que peut-être que ça peut aussi être lié à une forme de retrait de ta magie. » Les yeux dans le vague je tortille une mèche de cheveux autour de mon index en réfléchissant. « De ce que j’ai compris si on laisse nos dons en plan sans jamais personne pour nous aider à les maîtriser, ça peut créer des trucs chelou. » Elle continue et à nouveau, j’annote le dessin, ajoutant des informations supplémentaires à mon portrait de la femme qui me fait face. « Non, ouais, ce serait logique. » Je pose le crayon et reprends la maltraitance de mes cheveux en soupirant. « C’est vraiment étrange parce que ça, par exemple, le fait que ton armure, là, ce soit déclarer plus tard que tes intuitions, ça colle pas avec l’idée d’une outre laissée à elle-même. »



Un profond soupir de frustration s’échappe d’entre mes lèvres et je plante mon regard dans le sien. « Mais t’inquiète avec un coup de main de Vinzent et tout ce qu’a écrit mon grand-père, je suis sûre qu’on va finir par trouver ce que t’as et une fois que ce sera fait, on fera tout pour te filer un coup de main. » Je repasse la conversation en m’arrêtant sur ses explications. « Attends… Tu t’es fait poignarder ? Genre dans le bide et que dalle ? » Je pose sur elle un regard impressionné. « Tain, si c’est pas une malédiction, c’est sacrément classe comme pouvoir ! Et utile avec ça en prime. » Mon regard quitte le sien pour se reporter sur mes notes et j’ajoute quelques détails à mon croquis de son visage, renforçant la courbe froncé d’un sourcil, approfondissant la courbure de sa lèvre inférieure. « Je pars pour la France dans quelques jours, j’vais embarquer quelques bouquins de mon… » Une fois de plus, je m’arrête et je me reprends avant de fourcher. Il n’est plus ce qu’il était. « Mon instructeur, et j’aurais sous la main toutes les notes de mon grand-père, j’pourrais me plonger plus profondément dans mes recherches. J’devrais pouvoir te donner une réponse à mon retour, voir avant si tout se passe bien. »




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Sam 5 Déc - 23:52 (#)



Comment conclure ce rendez-vous, sinon sur une note fataliste ? De nouveau seule face à mes démons, voilà la bonne conclusion à en tirer. Les échos de cette évidence rebondirent dans mon crâne avec l’accent sinistre d’un glas, tandis qu’une masse écrasante entrainait ma curiosité dans une abime de doutes. Je recommençai à triturer maladroitement mes manches en proie à un malaise étouffant. À mes oreilles résonnaient les adjectifs blessants, les "possibles", les "peut-être", les "si" qui constituaient autant de lames de rasoirs cisaillant mes espoirs et mes pensées suppliantes.
Je redressai la tête à l’arrivée du nouveau verre de bière indésirable. Les explications de Lilas me parvenaient au travers d’un filtre cotonneux, ces espoirs d’une aide extérieure dilués dans un marasme délétère. Ma cervelle automatisée enregistrait toutefois chaque mot, lesquels résonnaient avec une dureté impitoyable jusque dans ma chair. Je levai mes yeux épuisés vers ce bar autrefois familier sans parvenir à en reconnaitre le décor et les nuances. Un sentiment malsain conférait à la salle des effets de formes dures et immédiates, vaguement mécaniques et artificielles, comme si une personne étrangère s’était soudainement emparée de ma vision.

« J’sais ouais, rien n’est logique. »

Ma voix me sembla déformée. Des accents tremblant la brisaient, lui donnant une consistance aiguë et fragile, comme une branche d’arbuste alourdie par le gel. Je hochai confusément la tête aux dires de Lilas. Je ne sais plus, ruminai-je, je ne sais pas. Une raideur maladive avait saisi mon corps tout entier. Des sentiments contradictoires s’acharnaient à me déposséder de mon cynisme habituel pour me mettre totalement à nue, exposée aux morsures d'un désespoir entre humanité et difformité. Une succession d’émotions se fracassaient alors en moi. Je me sentis perdue. Je me sentis révulsée d’être aussi pitoyable. Je me sentis avide d’une main tendue. Je me sentis brisée dans mon orgueil.
Ma vision se troubla soudainement. Une douleur irrita l’intérieur de ma gorge, au point de devenir intolérable, et même suffocante. Je portai vivement mes mains sur mes paupières, juste à temps pour intercepter les premières larmes brûlantes de dépit.

« Je pleure comme une merde, ‘scuse-moi. » marmonnai-je en essuyant mes yeux dans les manches de mon pull.

Merde, c’est pas moi non plus ça, pensais-je honteusement en fixant les traces d’humidité sur le tissu. Je terminai de chasser les derniers pleurs glissant sous mes paupières, lesquelles étaient heureusement dépourvues de maquillage, pour fixer le sol au carrelage noir, à la recherche d’une impossible réponse à cette détresse misérable. J’eus l’horrible impression d’être scindée en deux. Une indifférence croissante faisait le siège de mes pensées, alors qu’en même temps, un irrépressible besoin de solitude se heurtait à un désarroi bien humain, un appel désespéré à l’aide.
Des tremblements secouèrent mes épaules. J’enfonçai mes ongles dans mes paumes, sans le moindre effet d’ailleurs, pour tâcher de calmer cette crise de panique. Toutes mes habitudes de solitaire se voyaient bousculer par un ahurissant et en même temps désagréable besoin de chaleur humaine. Et cependant, une partie de moi refusait d’y croire, et même s’en moquait. Ces miasmes noires qui s’étaient emparés de moi lorsque la main de Lilas avait saisi la mienne piétinaient allégrement mes espérances. Jamais une telle ambivalence monstrueuse ne m’avait torturé autant.

« Excuse-moi, répétai-je encore. C’est d’puis Octobre j’ai trop de trucs en tête, et j’sais plus où j’en suis. J’aime pas demander de l’aide comme ça, d’habitude j’me suis toujours débrouillée seule. »

Le tumulte désormais derrière moi, je me raccrochai maladroitement à ce vieux et inséparable serment d’indépendance rythmant ma vie depuis que ma mère m’avait foutu dehors. J’dois y arriver seule, pensais-je, j’dois pas fonder tous mes espoirs sur une autre personne.

« Bon. Je t’ai écouté hein, mais j’sais pas si je devrais être contente d’être un défouloir blindé. J’compte pas spécialement me prendre des coups de couteaux dans l’avenir, m’enfin c’est vrai que… »

Je haussai les épaules en reprenant peu à peu contenance. « C’était pratique sur le coup, ouais. »

De nouveau mes doigts recommencèrent inconsciemment à malaxer mes manches. L’embarras de m’être montrée ainsi vulnérable devant autrui déclencha des spasmes nerveux dans mes jambes, lesquelles se mirent à osciller sous la table. Le vide rassurant de mon appartement miteux s’imposa devant mes paupières, superposé au visage pensif de Lilas. Même pas vu qu’elle était jolie, remarquai-je bêtement. Je me fis violence pour repousser peu à peu l’abandon mauvais et le désespoir stupide qui avaient eu raison de mes réflexes d’asociale endurcie.

« J’vais faire pareil que toi en fait. » Je me passai pensivement une main sur le front, puis dans mes cheveux mal coiffés. « J’vais me reposer quelques temps et réfléchir posément à tout ça. J’crois qu’avec le mois dernier, on a tous besoin de ça pour pas devenir tarée. »

Et d’ailleurs, était-il vraiment nécessaire d’évoquer cette nuit cauchemardesque ? Ni le besoin ni l’envie de raconter mon expérience de mort imminente ne se manifestèrent sur le moment. Je me redressai contre le dossier de ma chaise, en tâchant d’apparaitre un minimum solide, bien que les cernes et mes traits tirés racontaient une toute autre histoire. Cet entretien avait achevé de faire s'écrouler mes défenses, alors déchirées entre cette nouvelle noirceur remontant des profondeurs de mes tripes, et les derniers fragments d’humanité encore intactes après la nuit d'Halloween.

« Donc on reste là-dessus ? On se tient au courant si jamais on trouve quelque chose, même si franchement, j’vais surtout essayer d’me reposer les mois qui suivent. Sans ça, j’vais vraiment devenir cinglée à ce rythme.. »

Vivre dans un semi coma, étalée sur le canapé, voilà le programme des semaines à venir, me promis-je alors. Quelque part au fond de moi, une minuscule portion de mon âme hurlait vainement à l’aide, quasiment étouffée par des années de rancœurs et solitude. Et dans une fosse encore plus profonde de ma conscience, quelque chose d’abject, quelque chose d’encore plus sombre, cherchait à dévorer les restes de mon humanité. Durant ces moments d’effondrement psychologique, rien ne me faisait davantage envie que la pénombre un peu crasse, et l’odeur de renfermé de mon salon oublié de tous.


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Lilas Hirsch
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"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
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"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

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Jeu 18 Fév - 0:13 (#)






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Ses larmes que je vois venir avant même qu’elle ne déborde me serre le cœur. Elle me rappelle Anaïs l’espace d’un instant. Elle est de ces gens qui ont trop vécu, trop tôt, dont la carapace est tellement cabossée qu’elle manque parfois de s’effondrer et de dévoiler la créature meurtrie qui s’y terre. Je secoue la tête avant de marmonner tout bas. « Pas besoin de t’excuser. » Je ne lui offre pas de mot d’encouragement. Non, ça n’ira probablement pas mieux. Non, la situation ne va pas s’améliorer. Le monde ne tourne plus rond et nous somme tous désaxés avec lui. J’observe l’avenir avec un air morne, consciente que même si je trouve ce qu’elle a, ce qu’elle ait, je ne résoudrais probablement aucun de ses problèmes, parce que j’en suis actuellement incapable, que je pourrais l’être, peut-être dans des dizaines d’années, si seulement celui qui me sert de mentor arrive à sortir de la gangue de souffrance qui menace de le dévorer. Alors, j’attends. J’attends simplement que la crise passe, qu’elle reprenne son souffle et maîtrise les tremblements qui l’agitent, parce que l’angoisse n’est pas maîtrisable. À n’importe qui d’autre, j’aurais offert une étreinte, quelques choses, des mots d’encouragements peut-être. Mais j’avais conscience qu’il ne serait d’aucune utilité avec Alexandra, que toute tentative de tendresse se solderait pas une fermeture définitive de la coquille qui s’entrouvrait légèrement devant moi.

Un sourire amer m’étire les lèvres quand je lui réponds. « T’inquiètes, j’comprends. C’est… La même ici. J’ai perdu trop de trucs à Halloween. » Le mot est craché avec le fiel de la haine que je voue désormais à la célébration du Samhain. Nuit d’enfer qui m’a volé mon soleil, ma lune et mes espoirs. J’agite une main en soupirant. « Mais, même si t’as pas l’habitude, t’as bien fait de demander de l’aide. On va trouver ce que t’as. » La certitude que j’éprouve en disant ces mots est vacillante, mais je m’y accroche avec l’énergie du désespoir. Si je n’ai pas pu sauver Eoghan, si je n’ai pas pu protéger Vinzent et Anaïs, si je n’ai rien pu faire, alors je saurais au moins faire ça. Je lui apporterais les réponses qu’elle cherche, je trouverai ce qu’elle est, ce qui lui arrive et je trouverai un moyen de l’aider. « J’voulais pas te paraître insensible quand j’ai parlé de ton don, j’suis désolée... » Je soupire. « J’suis un peu rouillée en interaction humaine, les seules que j’ai en ce moment sont avec un mur et il est particulièrement peu causant. » Je grimace un sourire d’excuse. « J’voulais juste dire, que même si tu l’as découvert d’une façon qui craint, ça reste un truc utile quoi… » Toujours plus que de simplement voir des trucs sans pouvoir y faire quoique ce soit.

Un rire sans joie m’échappe avant que je ne rebondisse à nouveau. « Putain, j’te le fais pas dire… » Je ne sais pas quoi rajouter, je n’ai pas envie de parler de cette nuit-là, je n’ai pas envie de m’en souvenir, j’ai envie d’avoir la capacité de l’effacer du tissus de la réalité, d’en attraper le fil et de le trancher net avant qu’il n’arrive quoique ce soit. J’aimerais pouvoir détricoter l’univers pour retrouver le départ de cette nuit et la tuer dans l’œuf. J’observe son effort pour se tenir droite, pour conserver un peu de dignité malgré sa silhouette marquée par la vie. Une soudaine bouffée de respect à son égard me frappe et je lui souris gentiment. « Ouais, on va faire en sorte de pas péter un plomb. Je t’envoie un message dès que je trouve un truc, promis. Et oui, repose-toi, t’en a besoin. » J’hésite deux minutes avant de me décider. « Si jamais t’as envie de discuter, même d’autre truc que de ça, t’as mon numéro de toute façon. J’répondrai si tu m’appelles ou m’envoie un message. » Je hoche la tête, doutant qu’elle profite de l’opportunité, mais je refuse de la laisser sans lui tendre la main. Je dépose quelques billets sur la table pour régler nos consommations avant de me redresser et de lui offrir un dernier sourire. « A la prochaine. Fais gaffe à toi. » Je m'apprête à m'éloigner quand je me retourne pour la regarder par dessus mon épaule. « Pose pas de question, mais j’ai un chauffeur pour la journée, courtoisie de mon mentor, tu veux que j’te dépose quelques part ? » Dehors, je sais que Gunnar attend patiemment dans la voiture, probablement en train de faire des mots croisés ou toute autre activité qu'il juge distrayante, je sais qu'un détour avant de rentrer au manoir ne lui posera aucun problème et si je peux rendre service à la jeune femme, autant en profiter. Je déteste marché dans les rues depuis cette nuit-là, l'impression poisseuse que quelque chose de mauvais rôde dans les parage ne me lâchant pas et me poussant à me retourner tout les quelques mètres, persuadée que quelqu'un me suit.






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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
Alexandra Zimmer
NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand


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Fin de partie. Déjà autour de moi, et de cette table en forme d’ilot déconnecté du réel devenant un asile silencieux, le monde bruissait dans un tumulte flou et nauséeux. Comme le flux s’intensifiait, il se mua en un réseau de traits illusoires, des textures indéfinissables contenant tantôt les hauts tabourets du bar, la lumière filtrant à travers les vitres, les manteaux colorés des clients ou le va-et-vient régulier des serveurs. Je fus lentement enserrée dans une sérénité bizarre. Les mots devinrent l’écho lointain de notions abstraites, les traits de Lilas, un vague tableau diaphane aux nuances couleur chair, comme un mauvais trip au LSD, quand mes larmes ne laissèrent que le souvenir d’un peu de sel.
Quelque part dans ce fouillis d’hallucinée, des enceintes branchées sur une radio locale psalmodiaient un titre bien connu qui couronna les sensations d’une touche irréelle. Je recommençai à fixer mes mains d’un air absent. Celles-ci tremblaient encore. Et toutefois, un calme bizarre avait cimenté mes pensées, ce même sentiment succédant à chaque fois aux crises de larmes ou d’angoisse, et qui me laissait une vicieuse impression de vide au réveil, au milieu des fragrances de bière froide et de vomi. Je me vis alors me redresser sur ma chaise, puis me lever dans un état second proche de l’ivresse, comme une attardée du bocal qui aurait prise une trop forte dose de poudre blanche.

« Ouais, ok. » Je caressai le bord de la table du bout de l'index pour me raccrocher au réel. « J’essayerai d’y penser, et de toute façon, si j’ai du neuf d’mon côté, j’te tiens au jus. »

Quelle tronche affichais-je alors, aux yeux des mortels encore ancrés au sol ? Certainement celle d’un être déconstruit de l’intérieur, à la manière d’un puzzle aux minuscules morceaux vivants, le tout fourni sans mode d’emploi. Where is my mind. Je n’étais même plus certaine d’entendre ces paroles. Elles aussi faisaient sans doute parti de ces informations avalées par ma cervelle encombrée de bibelots inutiles, et je parvins à y découvrir un vague réconfort, une certaine cohérence ténue au cœur de cette nausée naissante. J’eus envie de me débarrasser de tout cela. De dégueuler tout ce poids qui m’encombrait et me clouait sur place. Je me levai lentement de ma chaise en oubliant totalement la bière abandonnée, et hochai mécaniquement la tête envers Lilas.

« À plus, » parvins-je à lui répondre malgré tout, en reprenant mon sac d'une main tâtonnante.

L’Alexandra en train de s’orienter vers la sortie était entièrement différente de l’Alexandra autrefois assise sur la chaise. Des Alexandra, il en avait existé des dizaines ces derniers mois. And you'll ask yourself. Autour de cette table, sur cette chaise, je m’étais à nouveau effondrée, déconstruite par une énième déception, tout comme ce fut le cas à bien d’autres occasions auparavant. Et à chaque délabrement intérieur, mon âme se reconstruisait spontanément au milieu de cette sérénité addictive et invraisemblable, comme une marée qui se retire et remonte aussitôt. Seulement, quand bien même le rivage revenait naturellement à sa place, il devenait légèrement décalé à chaque reflux, comme si un troisième courant invisible l’influençait et le remodelait inexorablement.
Mon âme se clairsemait au fil des subtils décalages créés à intervalles réguliers par ces blessures mentales, ces cicatrices qui se déchiraient une à une, comme le tic-tac d’une horloge. Minuit n’était plus très loin à présent. Je pouvais sentir son spectre se dissimuler dans les recoins de mes pensées, à la lisière de ma vision, ou bien dans les rictus larmoyants lorsqu’il m’arrivait encore de craquer. Je repoussai mollement la chaise en m’orientant vers la sortie, démolie sans vouloir l’avouer par une nouvelle voie sans issue, et les paroles de Lilas revinrent me tourner autour, à la manière de charognards. Est-ce que j’ai encore envie de savoir ? J’errai dans le noir depuis tant d’années. Cette recherche m’avait coûté tant, sans rien m’offrir sinon une souffrance croissante, sinon une incertitude quant à l’envie de continuer cette quête à l’aveuglette.

Je haussai les épaules en secouant négativement la tête. « C’est sympa, mais franchement j’préfère marcher seule. Ça m’videra la tête. T’inquiète, j’ferai pas de conneries. »

L’air extérieur me fit l’effet d’une claque. Comme les bruits urbains revenaient m’assaillir dans un raz-de-marée assourdissant, je fourrai mes mains dans mes poches, le nez vers le sol, et fila d’un pas rapide le long des murs. Non, j’veux vraiment pas être avec quelqu’un. Quelque part, c’était une évidence, j’éprouvai véritablement le besoin d’être seule. Quelque part, je désirais simplement prendre moi aussi des vacances, la tronche enfouie dans le moelleux de mon canapé, mes pensées se déversant sans bruit sur le sol. Mais la vérité était autre. Une sale vérité difficile à avouer même à moi-même, encore moins aux autres. J’étais terrifiée. La peur de ces changements insondables. La peur de les voir s’éveiller subitement contre mon gré. La peur des ombres croissant dans mon âme. La peur de la silhouette se dessinant par-dessus la mienne. Where is my mind ?
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