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Days gone bye.

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Anonymous
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Dim 1 Nov - 22:22 (#)

Eoghan
&
Morgane
days gone bye
Un lourd sentiment d’ennui interpelle Morgane en début d’après-midi. Novembre arriverait bientôt à son terme, et malgré l’approche des festivités chaleureuses de la fin d’année, Shreveport était toujours drapé dans les plis d’un suaire macabre. Impossible de lui en vouloir, cependant, après les terribles événements ayant traumatisé la ville ; ou du moins, les conséquences d’un mal que peu arrivaient à définir.

Halloween s’était terminé et pourtant, l’horloge de la ville n’avait pas repris. La fête des morts était devenue beaucoup bien trop réelle. Certaines croyances avaient volé en éclats, et ce que le commun du peuple prenait pour de la superstition, même malgré la Révélation, avait pris forme, brisant les esprits dans un déni salvateur.

Le fil des pensées de la jeune Wuntherson se brise lorsqu’elle est interpellée par une camarade de classe. Morgane prend alors un sourire aimable, mais encore dans son esprit, ne parvint pas à se souvenir du prénom. Alise, peut-être ? La discussion est aussitôt oubliée, une histoire de faculté, une histoire humaine.

Morgane reprend la marche, puis se retourne, un instant hésitante. Alise s’éloigne, lui tournant le dos, sur le sentier reliant l’entrée du parc de la fac aux bâtiments réservés aux mathématiciens. Depuis Samain, rien ne va plus. Son cauchemar semble la poursuivre, indiciblement dissimulé dans la réalité, jouant avec l’enfant que Morgane est.

Hier encore croisait-elle un homme lui demandant le chemin, pour finalement disparaître à travers un mur. Du stress, pense-t-elle. Qui pourrait lui en vouloir ? A peine dix huit ans et déjà menteuse aux yeux de la civilisation qui l’entoure, les mains souillées du sang de ses pères.

Alise a disparu de son regard. L’arcaniste se passe une main dans les cheveux, grattant son crâne, la migraine la guettant.

L’apprentie mage noire n’a pas participé à ce qui s’est passé cette funeste nuit d’Halloween. Cependant, il ne lui fallut pas plus tard que le lendemain pour comprendre que son mentor, ainsi que le reste de ses compagnons de l’Irae étaient les responsables de ce qu’il s’était passé.

Elle se mord l’intérieur de la lèvre. Le soir d’Halloween n’a pas été complètement innocent pour elle non plus, et malgré les précautions d’Eoghan, Wuntherson sait qu’elle a pris des risques inconsidérés. Que ferait-elle, si Eoghan la rejetait ? Deviendrait-elle une mage en perdition, obligée de se soumettre aux lois humaines, stupides et restrictives, ne comprenant pas l’étendue de son potentiel.

Les jours avaient passé, et Morgane n’avait pas eu de nouvelles d’Eoghan. En un sens, elle en est ravie. Lui qui la poussait toujours à s’améliorer, il l’avait laissée de côté alors que l’Irae signait son grand retour depuis…

Un frisson parcourt l’échine de Morgane tandis qu’elle marche. L’odeur de la mort lui revient dans les narines. Derrière ses paupières, se dessinèrent les visages des morts, des inconnus, puis celui de son propre père, William Legrasse.

- Tss. Lâche-t-elle entre ses dents, tout en montant dans le bus. Elle qui pensait s’être suffisamment forgée en deux ans, la voilà tremblante à nouveau sur ce souvenir, toujours aussi vivace, toujours aussi présent. Elle n’a guère plus d’informations depuis cette nuit-là, depuis sa promesse de vengeance.

Ces derniers jours, Morgane était arrivée à la conclusion que son « mentor » se jouait allégrement d’elle. Certes, il lui enseignait les secrets des arcanes et elle est devenue beaucoup plus apte que ce qu’elle était lors du massacre. Underwood avait tenu parole sur ce point.

Pourtant, il connaît la haine nichée dans le cœur de la jeune femme, il sait qu’elle serait prête à tout pour se venger de l’humanité, de ceux qui ont tué, durant trois jours et trois nuits, celles et ceux qu’elle avait défini sous le mot famille.

Le cœur de Morgane se serre tandis qu’elle pense à ces deux années. La route, mauvaise, secoue le bus, et la jeune passagère est obligée de s’accrocher pour ne pas tomber. Un regard à sa gauche, et elle voit deux lycéennes en train de regarder une vidéo sur un téléphone, partageant chacune une oreillette.

« Tu ne crois pas que c’est un peu naze ? » La voix de Julia surgit dans son esprit. Un trait de lumière au milieu des idées noires rongeant Morgane. En deux ans, sa vie a changé. Elle a détesté le lycée, les années Legrasse comme elle les appelle.

Pourtant, depuis deux ans, tout a changé. Amélioré ? Peut-être pas, mais la vie est devenue… supportable. Détournant son attention des deux lycéennes, qui descendent à l’arrêt auquel se stoppe le bus, Morgane concentre son attention sur ses pieds.

Elle ne veut pas l’admettre, mais inconsciemment, elle sait ce qui est responsable de ce changement ; qu’est-ce qui a permis à l’éclat de lumière en elle de ne pas s’éteindre. Elle refuse de la nommer cette personne, de lui donner du crédit pour lui avoir enseigné que la vie n’est pas aussi dirigée que ce que lui avait appris William Legrasse.

La mâchoire de Morgane se serre et descendant du bus à tour, quelques arrêts plus loin, elle réalise qu’elle s’est dirigée par habitude au magasin d’Eoghan. Le jeudi après-midi, de 17h30 à 21h30, l’heure de son cours particulier. Un cours qu’elle n’a pas eu du mois de novembre, qu’elle n’a pas réclamé et qu’il n’a pas cherché à relancer.

Pourquoi ce jeudi-là, alors, se demande Morgane, a-t-elle décidé de s’y rendre ?

La lumière du Crawling Life est ouverte, signe qu’Eoghan est présent. Maintenant qu’elle est là, la jeune femme ne se sent pas de faire demi-tour. Pourtant, elle ne se sent pas non plus de confronter son professeur.

-Tss. Lâche-t-elle à nouveau, avant de pousser la porte de la boutique. Eoghan Underwood lui doit, malgré tout, quelques explications.


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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Days gone bye. 1E5CfUE Days gone bye. AoZyjkn Days gone bye. BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Mer 4 Nov - 8:04 (#)


Tabula Rasa
Novembre 2019.

Quelques semaines.
Une poignée de rien.
Le Néant, le vide, et la ville qui reprenait son souffle après le grand Chaos, enfin brandi.
Quelques semaines.
Un délai absurde.
Absurde pour se remettre, pour compter les morts, évaluer le nombre de disparus, et surtout : estimer le montant des dégâts et des réparations.
Pourtant, la vie avait repris. Simulacre.

Il était resté là, tout du long. Pendant trois longues, trois interminables semaines, il avait fait partie de la marée de commerçants en apparence inquiets, désolés, bouleversés par les ravages commis dans les rues principales de Downtown. Miracle ou coïncidence, décision consciente des fantômes invoqués ou jet de dés hasardeux, la boutique n’avait pas été touchée. Quant à lui, il ne craignait ni les autorités, ni les représailles de l’Église Wiccane. Le sorcier redoutait bien davantage le retour de flamme de sa conscience, durement éprouvée, depuis la fin du cauchemar. Pour noyer l’anxiété, il avait continué à travailler par correspondance, honorant les commandes de matériel, répondant aux besoins et aux désirs de Ridgewick lorsqu’il le fallait, même si le rideau de fer demeurait obstinément baissé. Il ne circulait plus que par obligation, de son appartement de Dalzell Street à l’enseigne au centre-ville, en passant par la station de police – rien de tel que de montrer patte blanche aux flics pour se voir éliminé de la liste des suspects, n’est-ce pas ? Il savait comment faire. Il n’en était pas à son premier essai. Les mensonges se répandaient à ses pieds, coulant depuis sa bouche prompte à répondre comme les garants de la loi s’y attendaient. Jouer au parfait red-neck local, presque effrayé par l’escalade de violence vécue le soir d’Halloween. Et lui, où se trouvait-il, alors ? Chez lui, bien sûr. Chassé de son appartement par les ombres et les mauvais esprits, il s’était réfugié ici-même, dans son labo, et avait attendu que l’orage passe, protégé derrière ses runes. Qui aurait pu contredire cette version logique ? Ceux qui connaissaient l’appartenance et les penchants du garçon devenu homme au surnaturel et aux frasques sexuelles savaient qu’il trafiquait plus du côté du rouge qu’auprès de cette magie noire qui s’était déversée sur Shreveport, et à laquelle, de toute manière, personne n’y entendait grand-chose. La confusion installée, l’amnésie salvatrice, partielle ou salie de réminiscences justifiables, rien n’aurait été plus difficile alors de croiser le vrai et le faux, de faire le tri entre les coupables et les innocents, jetant un voile opaque de plus, sur une ville déjà plongée dans le noir. Ils le paieraient. Tous. La rumeur enflait déjà. Lui, en revanche, persévérait, s’ingéniait à incarner le visage de l’innocent parfait. Toujours prêt à aider, à soutenir Norris avec les saloperies planquées au fond des jardins. Underwood, suspect ? Nah. Il aimait son coin de Louisiane plus encore que le shérif. Solitaire, jamais repéré en bande, jamais commis d’esclandre malgré sa nature de CESS, hormis contre quelques gars du coin connus depuis l'enfance. Légitime défense ou attaque revancharde, comment le savoir ? Et puis presqu’ami avec l’adjoint. Qui se serait méfié ?

Les mains enfoncées dans les poches de son cuir, les yeux baissés vers le trottoir sur lequel on constatait encore parfois les traces du carnage, l’arcaniste marchait vite, rentrant du pressing de Sylia Mulligan. La fin de journée approchait, et si chaque jour qui se levait paraissait plus gris encore que le précédent, les nuits étaient les pires. Il aimait revenir se calfeutrer dans son antre, dérobant quelques heures pour effacer le souvenir de…
Un climat d’angoisse latente, de morosité absolue et de quasi-désolation hantait toujours certaines ruelles, quelques façades. C’était comme si on n’osait plus trop s’aventurer dehors, comme si l’on n’aspirait plus qu’à retrouver l’intérieur des maisons et des appartements dont les murs n’avaient pour autant jamais protégé leurs habitants. Une illusion de sécurité à laquelle lui-même cédait. Lui. Lui, qui s’était changé en bourreau. Le col presque relevé, les doigts nerveux, serrés en poings, la démarche moins nonchalante qu’à l’ordinaire, il déverrouilla la porte de son antre et dut s’empêcher de refermer derrière lui à double-tour. Les bus circulaient à nouveau, la sortie des bureaux s’annonçait. Un peu de passage, d’agitation et surtout d’espoir venaient soulager les quartiers pour quelques heures bienvenues. Il ouvrit sa veste, qu’il balança sur le siège derrière le comptoir, et entreprit quelques allées et venues, ses prunelles nerveuses effleurant les contenus de tous les terrariums, évaluant en silence les portions de nourriture, l’entretien et le bien-être des créatures dont la simple présence somnolente avait toujours eu pour effet de le calmer, lorsqu’il se trouvait trop fébrile. Il entreprit de s’occuper les mains comme l’esprit, et de se vouer corps et âme à cette partie de son existence qu’il avait délibérément mise de côté, ces dernières semaines, en dépit des apparences. Il savait. Il savait ce qui le bouffait déjà de l’intérieur, ce qui rendait ses gestes saccadés, ses coups de balai inutilement amples, ses montées d’adrénaline et de stress pendant qu’il tenait à jour ses chiffres, qu’il répondait méthodiquement aux mails envoyés, qu’il fournissait factures et relances, qu'il échangeait diverses informations auprès de ses fournisseurs, qu'il communiquait sur les réseaux sociaux chamboulés. Agir normalement. C’était ce qu’avait préconisé Circé. La leader de la secte rayonnait, fière de ce véritable coup d’éclat. Elle s’en était ouverte à lui, et lui avait témoigné plus de marques de sympathie et d’estime en quelques minutes qu’en l’espace d’une année entière. Et pourtant, ces compliments n’avaient pas le goût du sucre et la rassurante tonalité de l’égo glorifié, mais plutôt la saveur aigre au creux de la langue, et le glas d’une nouvelle page, qu’il n’était pas encore prêt à écrire.

Trop loin. Il était allé trop loin. Mais seul, cette fois.

Seul, sans l’ombre de la gargouille pour veiller sur lui, le soutenir et l'entraîner pendant leurs errances et leurs blasphèmes. Yago, dont l’absence le marquait encore, malgré les promesses. Bien longtemps auparavant, ils avaient déjà évoqué ce possible vent de tempête, prêt à secouer la ville. Et alors, l’Immortel lui avait posé la question : saurait-il reconnaître son visage, parmi la foule ? Seraient-ils encore alliés, alors ? À l’heure où Circé envisageait plus que jamais une possible main tendue vers le clan de l’horloger, la peur de revenir les paumes vides, son seul lien palpable avec la communauté de vampires et autres rebuts désormais disparue, se joignait à la cruauté du manque qui ne cessait jamais de le frapper au ventre. Le sorcier aurait dû s’y faire depuis des lustres. Ils étaient différents, et le resteraient à jamais. Sa réalité était différente de celle du Caïnite. Son rapport au temps, aussi.  

Une masse sombre et rampante pointa le bout de son museau comme de sa langue curieuse, et la souple silhouette de Yam se glissa entre ses jambes. Avec affection, il se pencha pour se saisir de ses anneaux replets, et l’invita à grimper sur le bureau, repoussant clavier, feuilles et stylos pour accueillir son compagnon. Le poids rassurant reposant en partie sur ses cuisses, la pulpe de ses doigts se laissa glisser le long des écailles lustrées par la santé du reptile, et il émit un sourire faiblard en se rappelant de la visite de l’Infant, il y avait de ça une éternité. Lorsque la fille-cobra qui le poursuivait de ses vœux s’était retrouvée là, entre eux deux. Avant de disparaître, elle aussi, au terme d’une nuit ardente. Bien avant que Quinn n’exerce son étrange droit de regard, à son tour, sur l’Oriental capable de fasciner les créatures de tous bords. Il n’avait jamais revue Sonja, et quant à Quinn… Il imaginait trop bien le plaisir qu’elle aurait alors ressenti, à jeter sa haine à la tête des centaines d’innocents pris dans les mailles de leurs filets. Certaines images s’obstinaient à rester plantées contre sa rétine, comme autant de flashs qui, pour la plupart, comportaient le reflet blanc et gris du sol du Mall, tâché du rouge, d’une gorge ouverte sous le fil de son propre athamé. Le souvenir, comme chaque fois, lui fut insupportable, et il se leva un peu plus brutalement que nécessaire, tandis qu’il aidait le python à se vautrer autour de ses épaules. Il dormirait ici, cette nuit. Ou bien rentrerait chez lui. Indécis. Inconstant. Comme sous le joug de médicaments vicieux, dont les effets secondaires persistaient à semer le trouble, l’agitation, cette difficulté envahissante à se concentrer sur à peu près tout et n’importe quoi.

Il s’apprêtait à faire volte-face et à disparaître dans le couloir menant à son laboratoire, quand sa porte s’ouvrit, laissant passer Morgane Wuntherson. Cette vision l’incita à se figer, surpris de cette visite inattendue. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Il avait soufflé, raidi, craignant un instant que Circé ne l’ait envoyée le quérir pour une nouvelle tâche. Qui faudrait-il tuer, cette fois ? Qui devrait-il égorger ? Serait-elle plus âgée que la sorcière noire lui faisant face ? Devrait-il rayer une amitié de plus parmi les visages composant autrefois son quotidien ? Il se reprit rapidement, se composant une mine, sinon avenante, du moins guère hostile. En quelques pas, il s’approcha d’elle, prenant conscience qu’il ne l’avait pas revue depuis les derniers jours précédant le Grand cauchemar. L’état de leur statut respectif lui revint aussitôt, et le constat ne lui apparaissait comme guère brillant. De son côté, toutefois. Il avait, avec une distance considérable et croissante ces derniers temps, continué à lui transmettre petit à petit un savoir qu’elle absorbait avec rigueur et application. Pourtant, il ne perdait jamais une occasion de laisser filer une leçon, cherchant à ne pas s’attacher, tout en la préservant du mieux qu’il le pouvait. Ballotté dans des intentions contrastées, entre la conservation d’apparences propres à dompter les soupçons de la secte, et une surveillance qu’il ne voulait pas abandonner. Il la couvait toujours de près ou de loin, parfois sans lucidité, affects lointains pour ne pas risquer de s’y brûler les ailes. Mauvais mentor. Si elle partait, ou si Circé décidait d’attribuer cette charge à d’autres, alors il l’accepterait sans ressentir ce qu’il avait éprouvé lorsque Marlow… Il se souvint alors du jour, de l’heure… Leur rendez-vous esquivé par l’accompli, et désiré par la disciple. Un monde à l’envers, mais qu’est-ce qui ne l’était pas, depuis près d’un mois ? Il la contempla des pieds à la tête, elle et son style reconnaissable entre mille. « Je suis désolé, j’avais… Je ne pensais pas que tu passerais aujourd’hui. »

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Louisiana Burning

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Anonymous
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Mer 4 Nov - 14:59 (#)

Eoghan
&
Morgane
days gone bye



Le magasin est le même qu’à l’accoutumée. Chaque fois, les sens de Morgane s’éveillent, que les arcanes soient impliquées ou pas. Elle qui n’est pas une enfant du bayou, ce terrarium est un pas qu’elle n’a pas encore fait vers les marécages, si chers à son enseignant.

Morgane se souvient encore de l’émerveillement dans son esprit en découvrant les reptiles et rampants de la boutique, de la sensation qui l’habita quand ses petits doigts de fin d’adolescente passèrent sur les écailles froides d’une des bêtes d’Eoghan.

Pourtant, en passant la porte, ce n’est ni l’émerveillement ni le sensationnel qui accueillent la mage noir en devenir ; c’est un souffle, une exclamation déconcertée. Morgane porte son regard de là où provient la voix, pour y trouver son maître – bel et bien vivant, une satisfaction presque insipide – en train de la dévisager. L’idée de lui faire penser qu’il l’a oublié traverse l’esprit de la jeune rebelle, mais l’heure n’est pas à l’amusement. En des temps plus simples, peut-être, l’aurait-elle fait, probablement pas, trop habituée ; plus de deux ans après la mort de son père ; encore à se prendre une raclée pour tenter de s’amuser lors de l’apprentissage.

Là-dessus, Eoghan Underwood surclasse William Legrasse sur bien des points. Son enseignement est bien plus pertinent, plus posé. Il a toujours pris le temps d’expliquer, de pointer du doigt les erreurs essentielles et de laisser Morgane composer sa propre magie, s’avancer à tâtons vers son monde au-delà du voile du sommeil. Un monde que longtemps, ils ont cru bien à elle, une projection astrale particulière. Il a bien fallu se rendre à l’évidence que l’égarement de l’esprit de la jeune Wuntherson n’était en rien une projection astrale.

Quelque chose de plus puissant, plus sombre, dévorait les nuits de la rêveuse aux boucles bleues. Une arcane qu’il fallait encore dompter, une discipline faisant défaut à l’effrontée étudiante. Le regard de l’enseignant bascule, d’une surprise agacée, énervée, à sa taciturne habitude. Quand fut-ce, déjà, que Morgane se persuada qu’Eoghan ne lui livrait pas complétement les secrets noirs de la secte ?

Les premiers doutes arrivèrent tard, lorsqu’elle commençait enfin à prendre ses marques après la disparition soudaine son père et des autres victimes du massacre d’avril 2018. Peut-être une année complète, avant que Morgane ne tombe par mégarde sur un brin de discussion entre son mentor et un autre mage noir. Elle avait oublié quelque chose et avait fait demi-tour, imprudente enfant, et n’avait pas su comment réagir. C’est normal, s’était-elle dit, il me faut faire mes preuves, montrer que je mérite ma place de survivante. Elle avait redoublé d’efforts, montrer toujours plus d’ardeur à la tâche ; une ardeur récompensée par le même silence, la même mise à l’écart. Deux ans plus tard, cet écart s’était tant et si bien creusé que Wuntherson n’était plus qu’un fantôme, un héritage laissé pour compte. Une colère jetée dans l’abîme sombre et inquiétant de l’oubli.

Son regard croise celui d’Eoghan, et elle ne détourne pas les yeux, animée par son besoin de réponse. Elle le toise, plus en colère contre elle-même de n’avoir rien vu qu’envers lui, qui l’a guidé durant ces deux années ; plus en colère contre elle-même de n’avoir rien vu de la distance entre eux qu’elle n’a jamais su réduire.

« Je suis désolé, j’avais… Je ne pensais pas que tu passerais aujourd’hui. » Sa voix porte, comme d’habitude. Une voix qui lui a manqué, ses trois dernières semaines, tandis qu’elle contemplait seule le firmament des nuits impies. Trois semaines, c’est le temps, qu’intrinsèquement, Morgane avait évalué pour que les risques retombent. Qu’aurait-elle trouvé, comme excuse, pour venir avant. Dangereuse est la vie pour ceux qui ne croient pas en la Révélation, qui continuent d’œuvrer dans l’ombre.

« Il n’y a pas de mal… » Répond-elle calmement, s’avançant dans la boutique, la tête légèrement sur le côté, passant une main le long d’un terrarium, sans toucher la vitre. « J’ai fait le chemin par habitude… » Le mot reste en suspens. Les mains repassent dans les poches, elle hausse les épaules.

» Fallait bien que je repasse un jour, non …? » Le ton est cynique, la bouche en demi-sourire, tandis que Morgane lâche les mots envenimés. Son maître la connaît assez pour comprendre ce que pense la jeune femme ; Morgane a beau être intelligente, elle sait pertinemment que ses modèles ont toujours su lire en elle comme dans un livre. Que ce soit John, William, ou désormais Eoghan, aucun d’entre eux n’a jamais été dupe. Un sentiment qu’apprécie Morgane, la vilaine menteuse, celle qui vit dans sa précieuse tour de mensonge, entouré par les humains insipides et frêles.

Combien de fois a-t-elle franchi cette porte, guillerette et prête à recevoir l’enseignement, étouffant la froide énergie vengeresse ? Combien de fois a-t-elle mis de côté ses humeurs assassines et son besoin de réponse, pour continuer de grandir dans la lumière. Pas aujourd’hui, ce n’est pas de cela qu’elle a besoin aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est d’une vraie conversation dont elle a besoin, d’une réponse à la question que tout Shreveport se pose en ce moment même : que fait-on maintenant ?

« … Mais si c’est un mauvais moment, j’peux toujours repasser hein. » Parle sa bouche, tandis que son regard se durcit en direction du maître des lieux, l’incitant à ne pas la mettre à la porte, pas aujourd’hui.

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
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⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Jeu 5 Nov - 10:00 (#)


Tabula Rasa
Quelque chose agitait l’adolescente au plus profond d’elle-même. Elle respirait un trouble diffus, dont les vagues légères et paresseuses ondulaient autour d’elle, ayant eu tôt fait de se répandre entre ces murs. Le sorcier comprit qu’il n’y aurait guère de leçon ordinaire, ce soir. Qu’il n’y aurait pas non plus d’éconduite. Avec légèreté et discrétion, il étendit les sens de sa perception dans sa direction, inspirant pour prendre une bouffée d’air avant de se laisser happer par l’aura sombre qui, cependant, ne lui avait que rarement posée problème. À force de fréquenter des arcanistes maniant le noir, le rouge, lui, avait appris à se faire, sinon craintif, du moins prudent. Par ailleurs, il ne s’ingéniait que rarement à lire les Essences de ses pairs. Morgane. Morgane était différente. Il lui arrivait encore de frémir, lorsqu’il avait à prononcer son nom à haute voix. Des années passées à devoir répéter celui du prédicateur défait, quasi-identique, marquait encore profondément celui qui avait eu à subir ses ordres anarchiques, injustes et faits pour l’humilier ou lui rappeler où était sa place. Il lui arrivait aussi de s’imprégner du souvenir de sa rencontre avec l’apprentie, et de la curieuse harmonie qui, dans les premiers temps, promettait une association fructueuse. Et puis avril.
Une main se porta contre sa hanche, posture ouverte à l’écoute de sa jeune disciple, bien que porteuse d’un avertissement ténu. S’il s’était toujours montré plutôt clément avec elle, n’ayant jamais eu à se plaindre de sa compagnie, la distance qu’il avait instauré le poussait à se protéger, à ne pas tout accepter comme elle s’y attendait peut-être.

Prends garde., sifflait une Murène rouge aussi pressante que le reptile réel, lui, enlaçant toujours sa nuque.

Les lèvres serrées, les sourcils inclinés en une moue concentrée et méfiante à la fois, il se mordit discrètement l’intérieur de la joue, masquant sa nervosité, comme devant un mocassin d’eau prêt à bondir, à mordre. Ce n’était pas le jour, pour une conversation de cet ordre. Mais aucune jeune pousse ne se pliait aux temps et aux heures décemment accordées à ces discussions d’un sérieux mortel. Insensible au sarcasme dont elle faisait preuve, il se redressa imperceptiblement, hochant la tête d’un air vague, sans pour autant afficher une fausse nonchalance. « En effet. Il fallait bien. » À ce jeu-là, il pouvait se montrer aussi retors. Cependant, en aîné et mentor responsable, il ne l’insulterait pas en usant d’un sarcasme déplacé et blessant. Alors, avec une sobriété presqu’étonnante, il secoua la tête, plissant doucement ses lèvres. « Il n’y a jamais de bon moment, pour ce genre de chose. »

Résigné, il pivota sur ses talons et, sans la regarder, lui fit signe de deux doigts levés, désignant le couloir, de lui emboîter le pas. Il se glissa dans la pénombre, traversa le corridor couvert de runes et s’engouffra dans le laboratoire plutôt ordonné. C’est qu’il avait eu le temps de s’y retrancher, vipère planquée au fond de son trou, occupé à ressasser encore et encore les semonces de la malédiction. Il ne voulait pas risquer de se voir interrompu par un badaud ou un coup de téléphone en la plantant au milieu de sa boutique. Ils devaient parler ici. Arcanistes. Éveillés. Il fit quelques lentes allées et venues, se déplaçant autour de l’immense table boisée, recouverte de matériel et agrémentée de l’équipement habituel, sillonnant parfois la surface du bout de ses ongles. Parfois, ses prunelles torves se posaient sur l’apprentie. Parfois, elles fuyaient vers un recoin de la pièce, songeuses ou effarées par la complexité d’une conjoncture qui leur avait à tous échappé.

« Tu es en colère. »

Lui ne l’était pas. Il se sentait pris par une fatigue mauvaise, comme une fièvre putride dont on peinerait à se défaire, mais il ne portait pas la moindre once d’animosité à l’encontre de Morgane Wuntherson. « Je n’ai pas été très présent pour toi, ces derniers temps. Je m’en excuse. » Un éclair traversé par deux iris aussi clairs que les siens s’esquissa, derrière le battement de ses paupières closes. Moins d’une seconde, mais suffisamment pour électriser sa conscience, et lui tirer un sourire sans joie. « Mais je sens que tu n’es pas venue chercher des excuses, je me trompe ? » Il s’arrêta, les bords de la paillasse prêts à lui mordre le haut des cuisses, tandis que ses mains se nouaient lâchement entre elles, près d’une éprouvette récemment nettoyée. « Qu’est-ce que tu veux ? Hum ? Une leçon d’Histoire ? De potions ? » Un peu d’ironie colora ses propos, qu’il ne souhaitait pas voir peser le poids d’un âne mort. Il aimait cette gamine. Un peu trop pour son bien. Comme les autres, elle partirait. Il devrait la mettre à la porte. Trouver une excuse auprès de Circé pour s’en débarrasser, et s’amputer d’un membre gangréné. Pas elle. Mais plutôt cette insupportable manie qu’il avait de toujours réussir à détruire ce qu’il aimait, de toute évidence. En lieu et place de toute volte-face, pourtant, il reprit : « Que puis-je faire pour toi ? »

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Ven 6 Nov - 15:07 (#)

Eoghan
&
Morgane
days gone bye

« En effet. Il fallait bien. Il n’y a jamais de bon moment, pour ce genre de chose. » Nonchalante réponse, qui fait sourire Morgane, le regard toujours planté sur le mage rouge qui lui fait face. Les mains de la jeunette viennent se faufiler dans ses poches, contrôlant ainsi leurs gestes, volatiles et perturbants, pris, dans les instants importants, d’une envie d’occuper l’espace, de toucher, connaître, apprendre.

Il fallait bien, oui, un jour, que le noir et le rouge, après qu’ils se soient abimés à ne se comprendre ni l’un ou ni l’autre, se confrontent. L’aigreur et la colère de Morgane sondent ses aspects les plus sombres. Si la jeune arcaniste prenait le temps de respirer profondément, peut-être ses pensées arrêteraient de tourbillonner vers les obscures idées qui jaillissent dans son crâne. Comment était-ce arrivé, pense-t-elle, qu’il me délaisse ainsi. L’indifférence est un traitement auquel Wuntherson n’avait que peu eut à faire par le passé, et elle avait associé cela au mépris et au désintérêt. Jamais, dans sa tête chargée de formules arithmétiques et de recettes de décoctions, elle n’aurait pu s’imaginer la moindre autre chose.

Quelque part, dans ces deux ans, elle avait failli Eoghan, et il n’avait rien dit, il s’était contenté de l’éloigner, progressivement, jusqu’au point de la nuit où l’Irae avait pris vengeance. Une vengeance tant espérée, rêvée, dans les remous d’une mer de pensée sombre et douloureuse. Non, il n’y a jamais de bons moments, il n’y a que des instants qui se perdent, suspendus aux lèvres, que les mots n’osent franchir, de peur de déchirer le voile qui dissimule le visage. Les amants s’embrasseraient-ils s’ils voyaient le visage de l’autre ?

Le maitre des lieux fait signe à Morgane de le suivre, acceptant par là sa présence impromptue. Elle s’avance, à travers les rampants, qui semblent la dévisager, jugeant sa présence aux intentions hostiles. Malgré son attirance pour eux, née de la curiosité d’avoir passé une partie de sa vie en Louisiane sans avoir jamais été dans le bayou, Wuntherson admet volontiers qu’elle n’en connaît pas beaucoup ; ses questions, au cours des deux années qui précédaient cet échange, avaient plutôt été tourné vers des sciences bien moins terre à terre.

Quittant la boutique, ils marchent en silence dans le couloir. Morgane ne l’a pas emprunté depuis... combien de semaines maintenant ? Six, sept ? Bien avant Halloween et son grand spectacle, les cours avaient été interrompu ; il avait fallu mettre en place les derniers préparatifs pour la fête où Morgane n’avait pas été conviée. Toujours méticuleuse, Wuntherson remarque la présence de nombreuses nouvelles runes, inconnues à son savoir jeune.

« Tu es en colère » dit-il finalement, une fois que tous deux ont pris place dans le laboratoire. Un rictus, mal contenu, un sifflement de mécontentement retenu. Ouverte à ses mentors, Morgane diffère dans son comportement a un second degré avec ceux-ci. Rares sont les personnes auxquelles l’arcaniste des rêves accorde son respect ; ceux-là en font partie. Malgré sa colère, Wuntherson ne s’oublie pas complètement, elle ne néglige pas cet aspect. Détournant les yeux, comme rappelée à l’ordre par cette simple déclaration, évidente au demeurant, Morgane hausse les épaules.

« Un eup..ph…phémisme.» La voix est faible, la bonne volonté étouffée ; bouffée ; par le noir, qui serre la gorge, qui refuse de laisser la situation se tasser.

« Je n’ai pas été très présent pour toi, ces derniers temps. Je m’en excuse. » Morgane ne parvient pas à soutenir le regard d’Eoghan. Elle préfère se détourner de lui, errant dans le laboratoire, les mains toujours au fond des poches, malgré l’envie toujours plus grande de, ne serait-ce que, prendre un livre pour le feuilleter, sans réellement le lire. Elle sent le goût du fer dans sa bouche, tandis qu’elle vient de se mordre l’intérieur de la joue de surprise. Une excuse. L’enfer sombre de ses pensées pousse à ne pas les accepter ; elles ne peuvent être que mensonges, c’est ainsi que progressent les puissants, en s’excusant sans le penser.

Les yeux de Morgane quittent les étagères qu’ils fixaient pour s’en aller vers l’enseignant. William Legrasse ne se serait jamais excusé, peut-être aurait-il même puni Morgane pour cette audace. Marquée au fer par cette paternité qu’elle ne parvient pas à oublier,

WILLIAM LEGRASSE EST MORT.

l’arcaniste préfère ne pas répondre, pas pour l’instant, pour ne pas montrer l’agitation interne qui la chamboule. Inconsciemment venue chercher le conflit, la voilà mise en touche par cette excuse, inattendue, inespérée. C’est peut-être la première fois que quelqu’un s’excuse auprès d’elle.

« Mais je sens que tu n’es pas venue chercher des excuses, je me trompe ? » Une moue pleine de sarcasme vient en façade de la précédente surprise. Cette expression narquoise d’enfant qui sait qu’il est démasqué, qu’il n’a pu d’autres choix que d’avancer. Elle acquiesce, sans un mot, rien que par cette expression, la vérité. Non, Morgane ne prendra pas le temps de savourer cette excuse, bénigne au premier abord, pourtant si importante.  

« Qu’est-ce que tu veux ? Hum ? Une leçon d’Histoire ? De potions ? » La réponse ne se fait pas attendre, et un sourire vient se perdre sur le visage de l’apprentie. La blague est appréciée, bien que déconcertante. Eoghan sait ce qu’elle veut, Morgane en est persuadée, mais il ne dira rien tant qu’elle n’aura pas fait le pas suivant. Il lui offre une porte de sortie. Veux-tu retourner vers les ombres dont tu as jailli, petite arcaniste d’étain ? La voix vient perturber Morgane, râle rauque aberrant, ragaillardi par les récents rêves brisés.

« Que puis-je faire pour toi ? » La voix bien humaine d’Eoghan rappelle à l’ordre les brisures d’un Legrasse décharné, n’existant que dans les fantasques pensées d’une enfant qui rêve d’être femme. À trop parcourir ses souvenirs, il arrive parfois qu’ils prennent le pas sur la réalité.

« Ce que je veux… » La main de Morgane s’élève, venant caresser la table qui se dresse entre elle et son mentor. Un soupir, puis vient le mordillement de la lèvre inférieur. Un nouveau haussement d’épaules. Un regard, vers lui, vers la table, à nouveau vers lui. Le regard lourd, paupières qui battent et s’arrêtent à mi-chemin.

« J’aimerais savoir pourquoi. Pourquoi j’étais pas là, à Halloween. » Les sourcils se froncent, la colère exulte dans la gorge de Morgane. Parler, se libérer de ce cauchemar qui hante, qui ronge, de ce sourire aux dents d’albâtre qui suintent d’un sang vermeil opaque. La respiration accélère.  

« C’est quoi, j’suis pas assez bien ? Pas assez forte ? » À nouveau, Morgane hausse des épaules, levant même les bras, avant qu’ils ne retombent sur ses côtés.

« Ce qu’il serait bien, c’est de savoir pourquoi j’ai pas de nouvelles pendant plus d’un mois ; pourquoi quand tu me regardes, j’ai l’impression que tu ne me voies pas. » L’aigreur brûle le gosier de Morgane, une fureur contenue qui éclate. Les émotions lui font monter les larmes, elle qui n’a jamais pu éclater ainsi face à au prédécesseur du mage lui faisant face. « C’est quoi le bail ? J’suis juste une aide de camp, bonne à trier les herbes et à préparer les poudres ? Faut l’dire si t’en peux plus, si tu perds ton temps avec moi, on trouvera bien un coin à où me mettre ! »

La voix déraille, finalement. À nouveau, Morgane se détourne, recule d’un pas, renifle. Sa respiration est lourde, une lutte violente pour ne pas éclater, ne pas laisser ce grattement sinistre au fond de son esprit la consumer complètement.

Le poids sur mon âme, il ne va faire que grandir, hein ?

Sa propre voix résonne, déformée, moquée par les brisures d’esprit de son père. Une énième inspiration. Ses pas l’ont guidé jusque-là, inconsciemment, car son esprit n’en pouvait plus. Une usure invisible, la fatigue de la solitude. Plus de magie, les réponses d’Alexandra qui s’espacent de plus en plus, une vie humaine pour quelqu’un qui a connu plus. Les larmes éclatent, finalement. Un échec de plus, se délecte cette voix harassante. L’arcaniste veut parler plus, continuer de déverser une haine qui a besoin d’être dirigée, mais elle n’y parvient pas, ses nerfs s’y opposent.

Après cet éloignement forcé, un baume à l’âme, comme lorsque l’on revient chez soi après une longue absence.

Des larmes, non pas de tristesse, mais de rage et d'incompréhension.


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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Days gone bye. 1E5CfUE Days gone bye. AoZyjkn Days gone bye. BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

Days gone bye. KOVXegv Days gone bye. WZKlL7H Days gone bye. J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
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Ven 6 Nov - 21:06 (#)


Tabula Rasa
Il se sentait prêt. Le temps était venu, de poser sur leurs silences des mots bien plus solides, palpables, que l’adolescente avait besoin d’entendre. Il se sentait presqu’étonné d’une telle disposition. Il ne cherchait pas à fuir. Plus maintenant. Ce qu’il s’était passé était trop grave, et les intentions, les meilleures comme les pires, se retrouvaient intrinsèquement mêlées dans le même fatras, indistinctes les unes des autres. Le climat ambiant à Shreveport n’aidait pas davantage les arcanistes des environs à s’y retrouver : entre effarant déni de complexité sur les conséquences d’une telle attaque, crainte de représailles provenant des autorités humaines, besoin de clamer leur propre vengeance, ou haine farouche dont les éclats se réveilleront tôt ou tard. Et au milieu, Morgane Wuntherson. Morgane dont, il en avait conscience, ne pouvait s’imaginer un cinquième des motivations de son mentor à son égard. Tout en se prémunissant d’un nouveau lien trop étroit, il n’avait pensé qu’à elle, cependant. Lui causer frustrations ou douleurs diverses n’était pas prévu. De lui-même, il avait songé qu’elle lâcherait prise. Qu’elle se détournerait du Rouge, le foulant au pied comme Morgan Leroy en personne. Elle avait été éduquée dans une tradition telle que leur entente relevait du miracle, et chaque cours, chaque leçon, chaque heure passée avec elle l’avait remué de ce même constat surprenant. Il contrastait, parfaitement immobile, tandis qu’elle piétinait le sol sans fantaisie, image même de la dualité de leur espèce : si parfaitement ancrée dans leur modernité, et cependant sorcière jusqu’au bout des ongles. Une légère bouffée d’affection le porta en même temps qu’il prit une inspiration profonde. Ils formeraient l’équilibre. Comme ils s’étaient ingéniés à le faire jusqu’alors, pour répondre aux exigences de leur secte castratrice. Circé n’aurait pas toléré la moindre désobéissance.  Et pour différente qu’elle demeurait, comparée à l’ancien prédicateur, les préceptes d’une rigueur étroite la portaient elle aussi, à faire respecter à tous les crédos de la secte. Tandis qu’elle laissait ses prunelles survoltées, agitées et nerveuses, lui ne la quittait pas du regard, même en sentant Yam se laisser glisser jusque sur la table pour en explorer les confins, abandonnant son perchoir bipède. Il ne répondit au sourire timide et mutin que par la marque d’une même patience tranquille, presque résignée. Il attendait. Il attendait qu’elle déverse ce qu’elle avait contenu en son sein, depuis tout ce temps. Le flanc ouvert, dévoilé, il était prêt à recevoir quelques coups supplémentaires. Ils seraient si aisés à encaisser. Pour aussi vive, intelligente et pertinente qu’elle fut, elle manquait encore de quelques années, de l’âge qui la verrait affûter les lames plantées dans le cœur, le cou ou le dos de ses pairs, de ses ennemis, de ses proches. Si les apprentis en devenir pouvaient, par leur maladresse, remuer et bouleverser leurs parents et mentors, seul le temps enseignait aux Éveillés comme aux humains lambda la perfection d’une cruauté sans borne. Les palabres, faits pour tuer, bien mieux que la pointe de n’importe quel athamé. Il cessa de sourire cependant, lorsque les premières salves éclatèrent. Ses narines palpitèrent légèrement, et il attendit que le dernier pan d’écailles le quitte pour se détourner, légèrement, rompant finalement le contact visuel avec elle. Il fixait le canapé au cuir vétuste, pendant que les questions pleuvaient, à répétition, le laissant presque impuissant, mais déterminé à attendre jusqu’au bout. Les trémolos de la gorge juvénile l’incitèrent cependant à redresser la tête plus rapidement qu’il ne l’aurait voulu. De l’autre côté, il voyait la bruine faire briller avec plus de force les orbes accusatrices. Les larmes furent de trop. Impacté par la souffrance de sa disciple, il pesa le pour et le contre, brièvement, avant de bouger et de contourner la paillasse, brisant la distance qui les séparait.

« Morgane. » D’un ton inflexible mais pas dénué d’une certaine aménité, il se planta devant elle, et ses paumes vinrent sertir ses épaules avec légèreté, et pourtant chargées d’une magie rouge intense, image même du courant de vie qui les traversait tous deux, en cette période mortifère. Il s’attendait à ce qu’elle se dégage. À ce qu’elle le repousse. Il l’aurait mérité. Mais il ne voulait pas perdre l’occasion de lui prouver qu’elle n’était pas dérisoire, à ses yeux. Elle comptait. Il entrouvrit les lèvres, juste au moment où une pensée brutale l’écrasa, le rendant temporairement muet. Orpheline. Depuis presque deux ans que William Legrasse avait rendu l’âme, jamais il ne l’avait entendue mentionner un autre membre de sa famille. La gamine avait hérité de la fortune de son géniteur, mais il était suffisamment lucide pour savoir que l’argent ne compensait ni la solitude, ni l’absence de repère d’une enfant en mal de rocs auxquels s’accrocher. La voir là, solide mais petite, auréolée de sa chevelure aux éternelles mèches bleues et ses joues brillantes de sel et d’eau, le frappa et lui fit réaliser à quel point elle était vulnérable. Ses phalanges se firent plus pressantes alors sur elle, et il figea son regard arctique dans le sien. « Sais-tu ce qu’il s’est passé ? Sais-tu exactement ce qu’il s’y est passé ? » Sais-tu ce que nous avons fait ? « C’est moi. C’est moi qui ai demandé à Circé de ne pas t’impliquer là-dedans. Moi et moi seul. » Il la relâcha, lentement, tout en continuant de lui faire face. « La Samain… » –  il articula distinctement le terme, comme pour lui reprocher sans le faire d’utiliser un terme vulgairement mortel, propre aux non-Éveillés – « … a été l’occasion de régler nos comptes personnels. Nous avons fait… ce que nous avons estimé être nécessaire. Pour autant, jamais je ne t’aurais laissé te salir. Jamais je n’aurais laissé cette magie-là te toucher. Tu veux me haïr pour ça ? Vas-y. Mais si c’était à refaire, je prendrais cette décision cent fois. » Dévasté, il étouffait, mais ce fut lui qui, néanmoins, glissa le bout d’un index sous le menton de la jeune fille, l’incitant à le regarder encore. À entendre, voir et sentir que ce qu’il disait transpirait de vérité, et d’une authenticité certaine. « Juste avant le Feu… Le premier soir de notre rencontre, la vraie rencontre, je t’ai dit quelque chose. Je t’ai dit… que jamais tu n’aurais dû être intronisée aussi jeune. Que Morgan avait fait une erreur, pour moi. Qu’il t’avait blessé comme on ne l’avait sans doute jamais fait avant. Cette blessure demeurera irréparable. Tu la garderas en toi toute ta vie. Mais je t’ai dit aussi, que nous saurions te le rendre au centuple. Tout ce que tu nous avais donné. » Sa gorge se serra, mais il poursuivit, baissant d’un ton : « Tout ce que tu m’as donné. » Orpheline. Le mot ne cessait de pulser. Il soupira en silence, songeant qu’en dépit de toutes les violences que sa mère lui avait fait subir, il avait la chance de la compter encore parmi les vivants. Ils pouvaient tous deux, avec leurs failles et leurs imperfections, continuer de s’acharner pour colmater ce qui pouvait l’être, avant que la Grande Fin ne coupe court à toute tentative, sinon de réconciliation, au moins de cueillir quelques parcelles d’une sérénité nécessaire. Tout ce qui lui permettrait de faire le deuil. Morgane, elle, avait-elle déjà pu ne serait-ce que commencer le sien ?

« Tu portes beaucoup de choses toute seule. Tu es forte. Je t’ai toujours dit que tes dons me semblaient puissants. Tu es encore jeune, les tentations se multiplient devant tes yeux, et pourtant tu restes fidèle à toi-même. Ce n’est pas ma définition de la faiblesse. Bien au contraire. Tu es… » Il la connaissait si peu, et à la fois tellement. Pris entre deux feux contraires, inquiet à l’idée qu’elle ne repousse ses arguments et ses explications, il comprit que la balle n’était de toute façon plus dans son camp. Qu’il fallait parler, tant qu’elle lui en laissait la possibilité.  « Je te vois. » Son pouce s’abîma à son tour sous la lèvre inférieure de Morgane, les maintenant dans cette posture primordiale, souple et roide à la fois, le voyant s’attacher à sa peau blême, à ses yeux si clairs, presque torves, à ses lippes pleines. « J’ai commis plusieurs erreurs. J’ai pensé que tu ne souhaitais pas cet apprentissage autrement que parce que les convenances nous y obligeaient. J’ai cru… Que notre entente ne pourrait jamais se muer en autre chose qu’en cette sorte de… convention. Que tu te lasserais. Que tu partirais. » Son bras retomba finalement, lâchement. « Tu n’es pas la première apprentie que je forme. » Sans se détourner, sa paume se posa à plat contre le bois. « Il y en a eu une… J’ai tenté de l’aider, un moment. Ce n’était pas une sorcière, comme toi. Et elle n’en serait jamais devenue une. Mais je voulais l’aider à voir au-delà de la peur qui la rongeait, qui l’empêchait de vivre. Je voulais… Qu’elle puisse utiliser ses forces, son potentiel pour choisir d’incarner autre chose que cette silhouette victimaire. » Un ricanement, bref et amer. « Et je suis devenu son cauchemar. Phobos personnifié. Je ne l’ai jamais revue, après cela. » Ça s’était passé ici. Dans cette pièce. Le moment où tout avait basculé. Où il avait compris les inclinaisons mauvaises qui le poussaient à la torturer et à la protéger tout à la fois. Relation hybride, polymorphe, schizophrène qui ne pouvait que mal se terminer. « Pendant six mois, je vous ai éduqué de concert. Chacune de votre côté. Toi, de plus en plus. Elle, de moins en moins. Ce qu’il s’est passé dans le South… c’est comme si tout s’était accéléré. Et lorsqu’elle est partie, il ne restait plus que toi. Est-ce que je voulais voir la même chose se reproduire ? Non. Non, certainement pas. » Il serra les dents, secoua la tête, toujours sans plus la regarder. « Dans cette histoire, j’ai bien plus souvent douté de moi que de toi. Je ne voulais pas que tu te sentes… enfermée dans une relation que tu n’avais pas choisie. Je ne suis pas un bon mentor, je le sais et c’est pour ça que j’ai essayé de… maintenir une distance entre nous. »

Lorsqu’enfin le céruléen la retrouva, il se sentait soulagé d’avoir pu s’exprimer. Lui dévoiler un point de vue personnel, intime et qui, aujourd’hui il l’espérait, trouverait un sens aux yeux de l’arcaniste. « Je suis désolé, Morgane. Pour tout. »

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Lun 9 Nov - 0:03 (#)

Eoghan
&
Morgane
days gone bye

Brisures de l’âme, vagabonde et sans nom ; à la mort dont l’apparat n’a jamais plus brillé aussi fort qu’en cette terrible nuit ; averse d’un désir de vie tassée, dissimulée, loin de la lumière salvatrice. Quand le cri du jour n’est plus assez, que dans les ténèbres patauge l’esprit, alors s’envole l’envie. L’esprit de Morgane se rompt de toute logique, admettant sans admettre la fatalité de sa situation.

Les mots meurent dans sa gorge, nouée de sentiments trop longtemps refoulés. Elle ne peut que constater l’échec ; son échec. Ratée, sur toute la ligne, comme lui disait si bien son père, l’infâme, l’odieux. Ombre menaçante sur le petit corps, dès les premiers instants, tandis que le pas lourd de William foulait le sang de la mère, abandonnée là, comme une poupée de chiffon avec laquelle on a fini de s’amuser.

Morgane ne se détourne pas d’Eoghan, qui écoute, sans broncher, l’ire d’une jeunesse qui ne connaît pas sa place, dont les repères s’érodent sous la tempête qui accable la ville. Comment s’orienter lorsque son seul phare dans la nuit ne répond plus à la détresse ; comment orienter sa vie quand les récifs sont là, tapis dans la pénombre, prêts à éventrer la coque fine d’une volonté déjà prête à se briser.

Les larmes tarissent aussi rapidement qu’elles sont venues, éclat d’un orage aussi violent que passager, menaçant à chaque instant de laisser s’abattre une nouvelle fois la mousson.

- Morgane. La voix appelle la jeune femme. Un instant, dans la brume opaque, l’éclat tant espéré. Le ton n’est plus aux calembours. L’apprentie arcaniste ne réagit pas lorsque les mains viennent enserrer ses épaules ; la catharsis dans laquelle se plonge Wuntherson est sa seule réponse aux inévitables pertes de contrôle d’un don qu’elle maîtrise aussi bien ses émotions les plus violentes. Que n’est-ce arrivé que trop de fois par le passé ; la colère et la peur mènent sur de bien dangereux sentiers pour qui ne sait pas les explorer. Les mots de son mentor résonnent dans l’esprit encore faible. La tentation, de se libérer de l’entrave est de plus en plus forte.

Son regard croise celui d’Eoghan, son regard est dur comme à l’accoutumée, lors des plus intenses leçons, celles abordant les plus difficiles ou tabous des sujets. Non, pense-t-elle, sans pouvoir parler, je ne sais pas, je pense que je ne sais rien, finalement. Le poids de l’âme est palpable désormais, comme si la jeune sectaire arrivait désormais au bout du chemin, prête à plonger dans le précipice obscur. Comme lui avait demandé Eoghan, elle n’a pas succombé, elle est restée elle-même ; comment cela aurait pu suffire dans ce monde qui en demande toujours plus ?

Il marque une pause, tandis qu’il aborde la Samain. Morgane relève légèrement la tête de suffisance ; le mot des humains lui a échappé, à force de l’entendre partout, tout le temps, dans la bouche de ses camarades d’école. Une nouvelle erreur, siffle cette petite voix au coin de son crâne. Morgane sent sa mâchoire se serrer, tandis que le mage rouge continue son explication ; non, elle ne le hait pas, ou peut-être que si, elle ne sait pas. Faut-il haïr ceux qui vous protègent ? Personne n’a jamais eu ce genre d’attention à son égard, pas même ses propres parents.

Chut, mon bébé, ce n’est rien, tu es en sécurité.

La voix de femme vient résonner dans l’esprit de l’arcaniste. Une voix qui trouble, autant qu’il réconforte. Un instant d’apaisement, momentané, qui s’efface aussi rapidement qu’il est venu. Le contact d’Eoghan sur son visage la surprend, tandis que la colère obsidienne recule. Le calme revient peu à peu tandis que l’enseignant continue de parler ; c’est là que la vérité vint frapper le bout de femme : Eoghan n’est pas en train de mentir, Morgane en est persuadée.

Ses yeux, en tout cas, ne mentent pas tandis que le sorcier accule sa disciple sous les vérités. C’est ce qu’elle voulait, pourtant, ce qui a conduit ses pieds jusqu’au magasin et ce laboratoire. Sa gorge se serre de concert avec celui d’Underwood.

Elle n’a rien donné d’autre qu’elle-même. Les larmes viennent à nouveau se glisser sur le coin des yeux bleus de Wuntherson. A cet instant, elle n’a plus vingt ans, elle en a à nouveau dix-huit, lorsqu’en deux mois, elle perdit deux pères. Elle n’a rien donné d’autre qu’elle-même et cela avait… Suffit ? Les souvenirs remontent en elle, un patchwork d’idées, de mots, d’échanges, de rires et de regards. Un patchwork de sentiments où les noms se mêlent pour n’en former qu’un seul : Morgane.

- Ma petite Morgane. La même voix de femme, au loin d’un désert, dont les effluves d’un parfum de rose et de sable viennent colorer les sentiments.

- Ne serait-ce pas ma tendre Morgane ? Dit le vieux Willmor dans un sourire, par-dessus ses lunettes en demi-lune.

MDR, t’es vraiment trop Morgane ! Clame Virgil de sa voix numérisée à travers le casque.

- Je te vois.

L’existence tient, pour peu que l’on s’y intéresse, à bien peu de choses. Il est facile de se perdre, dans son métier, dans ses passions, dans sa vengeance. Morgane s’est perdue des années auparavant, bien avant la Samain qui libéra sur la ville une vengeance apocalyptique ; bien avant que la haine ne vienne saisir William Legrasse ou que l’athamé ne vienne pourfendre le cœur de John Willmor. Morgane avait été perdu avant même sa naissance, sacrifiée sur la quête de puissance d’un père dont la seule qualité aura été de choisir une bonne mère.

Le voile se déchire, tandis que la tension retombe dans les veines de Morgane, écoutant sans sourciller l’histoire qu’Eoghan lui livre. Ses doigts viennent nerveusement jouer avec le bout des manches de son hoodie. Elle n’avait pas soupçonné cela, pas un seul moment, qu’il puisse avoir une autre élève à former. Une autre, à avoir payé le prix.

L’excuse tombe, finalement, comme un couperet, sur le persifleur dissimulé au sein de l’esprit de la jeune femme. L’excuse, qu’elle lui a reprochée, qu’elle soupçonnait de malice. Il ne se tient qu’à à peine un mètre d’elle, et pourtant, la distance lui semble immense.

«- Je… » bafouille-t-elle, encore trop subjuguée par sa propre expérience interne, par ce que les mots de cet homme ont provoqué en elle. Ses yeux bleus s’agitent, ne regardant rien, comme s’ils essayaient de trier les pensées, confuses, qui s’accumulent dans sa tête. La respiration saccade toujours plus, tandis que les souvenirs s’emmêlent.

Morgane veut y croire, accepter cette excuse, et ainsi démarrer un nouveau cycle, emprunter un chemin qui la conduira loin de l’ombre dans laquelle elle a toujours vécu. Cependant, les ténèbres ne se laissent que rarement faire, la haine ne cède pas sa place si facilement.

« Je… » répète l’arcaniste, tandis que les paupières s’agitent. Un pas en arrière, presque trébuché, et une main qui vient s’emmêler aux cheveux bleus. Les images lui apparaissent dans la tête. De simples flashes, des scènes qui n’ont jamais eu lieu. Le rêve s’entrecroise à la réalité. Orianna. Les flashes s’arrêtent et l’odeur du sang remonte dans la bouche de la jeune femme.

« C’est pas parce que j’ai pas choisi que j’en voulais pas, de cette relation. » Lâche-t-elle finalement, d’une voix encore tremblante. Lorsque l’on est, comme Morgane, autant habitué au mensonge, la vérité s’avère parfois plus difficile à dire que prévue. « J’ai pas choisi de vivre avec six autres filles, j’ai pas choisi non plus d’avoir un taré pour père. J’ai pas choisi de pas connaître ma mère. »

Se tenant la tête des deux mains, Morgane ferme les yeux un instant, se détournant d’Eoghan, faisant quelques pas sur la gauche.

« Le seul… choix que j’ai fait… C’est de retirer du monde une personne formidable. » Le dernier sourire de John Willmor ne s’effacera jamais de son esprit, présence permanente dans la vie de celle qui lui pris sa vie. Les mains descendent du chef, et le regard de Morgane se pose sur elles, tandis qu’elles sont brandies en direction d’Eoghan. « Mon seul choix, ça a été de salir mes mains par le sang d’une des seules personnes que j’ai aimé. »

La mine de la jeune femme se fronce, tandis que son attention se reporte sur le second de la secte noire.

« J’te hais pas, Eoghan. » Un geste d’incompréhension, mélange de haussement d’épaule et d’un hochement interrogateur de la tête tandis que les bras retombent le long de son corps. « Tu m’as apporté… tellement. J’ai plus appris avec toi qu’avec William... » Le crâne de Morgane lui semble sur le point d’exploser. Les ténèbres hurlent en elle, le mensonge doit être puni ! Il n’y a pas d’excuses ! Scande la voix cruelle. « Sans toi… Sans… tes choix, je ne sais pas ce que je serai devenue. Peut-être ce que mon… géniteur voulait faire de moi. Peut-être autre chose de pire. Qu’est-ce que j’en sais, merde. »

Son regard passe sur toute la pièce, la lèvre intérieure retenue entre ses dents. Un silence pesant s’installe dans le laboratoire, dont l’on entend simplement le mouvement du reptile, qui glisse de la table vers un les étagères.

« Je ne sais pas… ce que je veux. » La voix a repris de la stabilité. « Ma vie… je l’ai dédiée… mais est-ce que c’était seulement mon choix ? » L’arcaniste se souvient des mots de son père, de la dureté de loi du clan. Qu’importe aujourd’hui, je balance tout. Se dit Morgane. « J’m’en fous de ce qui s’est passé à la Samain… » Une courte pause, pour marquer son retour à une certaine stabilité. « Ne me laisse pas dans le noir, comme l’a fait William. » Le mot sonne double, comme il peut l’être entendu dans les dires d’un arcaniste.

« Je ne cherche pas à devenir toute puissante, à me faire… Grande Sorcière Noire Absolue ou j’sais pas quelle terme il pourrait y avoir. Ça, je le sais. Il y a tellement à apprendre… Tellement à comprendre. »  Quelques pas, en direction d’Eoghan, lentement, comme si approcher trop rapidement allait le faire disparaître ; une énième vision éphémère d’un esprit embrumé.

« L’autre chose que je sais vouloir, c’est continuer à apprendre. » Un vague sourire, dissimulé dans la commissure des lèvres de la femme enfant. « Je commence à voir au-delà du Voile, enfin, et c’est grâce à toi, et j’sais que je suis pas… fait du matériel habituel des membres du clan… J’l’ai compris rapidement, alors… euh… Merci, Eoghan, d’être là. »

La tête penche légèrement, pour capter le regard bleu de son enseignant. Le sourire est une arme redoutable, un verrou, dans les pensées encore confuses de Morgane, sur les cris et la douleur. Dans sa bouche, le sang continue de couler, la plaie doit être profonde.

Dans son âme brisée, déchirée par le meurtre, hurle encore l’abîme de ses idées noires. La vengeance n’est pas estompée et la soif du meurtre n’a pas disparu ; quoiqu’elle en dise, Morgane sait qu’elle reviendra vers l’interdit lors des nuits sans lune.
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Mer 18 Nov - 21:34 (#)


Tabula Rasa
Ouvert à la souffrance de sa disciple, il accepta de réceptionner ces vagues de douleur qui ne lui appartenaient pas. Et en dépit de la compassion réelle qui l’étreignait à son égard, provoquant son lot de remous délicats, acides et étouffants, il éprouvait cependant un certain apaisement. Ils étaient dans le vrai. Comme toujours, avec les tragédies, la vérité reprenait le dessus. Seules les pires catastrophes agitant l’humanité étaient capables d’en réveiller la lucidité des êtres la composant. Ils cessaient de grouiller comme une nuée d’asticots fébriles et égocentriques, pour ne plus se nouer qu’en une masse compacte, liés les uns aux autres, ondulant dans la même direction, tant que les blessures restaient encore fraîches, hébétés et assommés. La destruction était un formidable vecteur d’unité. La futilité du quotidien, vite oubliée, laissait la place aux vrais sentiments, aux déclarations sincères. On prenait conscience alors de la fragilité de l’existence, des tempêtes capables de balayer une civilisation en une seule nuit, images d’une Atlantide coulée par le fond.

Rien n’est vrai.
Tout est permis.


Mais il ne la laisserait pas couler. Il avait beaucoup à se faire pardonner. Il avait déjà compris qu’il ne rembourserait jamais la dette colossale due à tous ceux qu’il avait blessé de par son comportement et ses paroles brisées. Débutait pour lui une longue ascension, et il ne l’effrayait pas de porter Morgane sur un bout de chemin, avec lui. Elle se recula, esquissant une nouvelle distance entre eux deux, dont il ne voulait pas interpréter la cause. Il se tint à distance nécessaire, comprenant son besoin de garder son espace intérieur privé, sans interaction avec le Rouge. Mais la voir contempler ses propres paumes avec l’air reconnaissable du criminel fixant ses actes dans le blanc des yeux le fit chanceler, et toucha ce qui ne le quittait jamais vraiment, aussi sûrement qu’une lame chauffée à vif était venue s’enfoncer dans son estomac. Son propre souffle, rendu plus tremblant, demeurait silencieux, de même que ses lèvres closes. Il fronça légèrement les sourcils, recevant de plein fouet une reconnaissance dont il s’estimait indigne. Tu es encore trop jeune, songe-t-il. Tu ne sais pas encore le poison que je suppure, même lorsque je m’en crois légitime. Et pourtant, il voulait croire que les restes de naïveté et de candeur qui l’habitaient encore témoignaient du bien qu’il pouvait encore procurer à autrui. Comme les enfants ou les animaux se portant spontanément vers ceux dont l’aura leur semblait pure. Il n’y avait pas de moyen de tricher, là-dessus. Il se raccrochait à ce mince espoir, porté par ses mots, et la voir revenir vers lui le bouleversa, tandis qu’il se cramponnait toujours d’une main à la paillasse contre son flanc. Son sourire finit par faire venir le sien. Il la contempla, ému et plein d’une gratitude débordante, cherchant à s’ancrer quelque part.

« William et Morgan étaient faits du même bois. »

À son tour, il s’avança, et finit par transgresser le dernier pan de distance pour demeurer plus près d’elle qu’il ne l’avait jamais été. « Alors je continuerai. Je t’apprendrai. » Il sourit en songeant aux ambitions qui, depuis toujours et au nom de quelque chemins prétendument dorés pour mieux en cacher la boue, avaient ruiné la vie de tant de sorciers, de mages et autres Éveillés, partout à travers le globe. « Tu deviendras ce que le destin voudra. Et ce que tu voudras. Tu as tout pour devenir une grande sorcière noire. Mais il ne tiendra qu’à toi de savoir et de vouloir jusqu’où tu t’avanceras, dans le monde des arcanes. » Il se sentait si proche d’elle, si soulagé de lire dans un esprit encore vierge de tout préconçu ce désir de connaissances, moins révélateur de son côté, lorsqu’il avait eu son âge, mais pas moins présent pour autant. « Tant que tu restes sur ce chemin-là… Tant que tu persistes à chercher à comprendre, alors tu ne te perdras jamais. Et tu as raison. Tu n’es pas faite du même bois que le reste de la secte. Parce que tu es la plus jeune, mais pas seulement. » Il leva sa main, tendit son index et, de sa pointe, toucha doucement le cœur du front de son apprentie, distillant une vague douce de rouge, caresse à la fois intime et protectrice, dont les effluves se contentaient de survoler l’aura assombrie, sans jamais l’étouffer, s’imposer, ni s’immiscer entre ses filaments étrangement légers. Il traça une ligne de quelques centimètres, comme il l’aurait bénie de ce geste païen et bienveillant. « Tu es bien plus élevée spirituellement que bon nombre d’entre nous. Tu as été victime, mais tu auras la chance de ne pas avoir subi l’influence de Morgan plus que nécessaire. Tu assisteras à une nouvelle ère de l’Irae. Et ceux qui restent, seront liés pour toujours à toi. Une fois ton apprentissage terminé, tu seras notre sœur. Qu’importent les inimitiés, qu’importent les dissonances, c’est là toute la magie du cercle. Nous garder liés. » Il retira sa main, la considérant avec la même douceur qu’elle lui inspirait, l’apaisant aussi sûrement que le parfum de l’encens planant toujours entre les murs. Elle ne le haïssait pas. Et lui, qui avait déjà vu tant de fois la haine brûler dans le cœur de ses pairs, rivaux et alliés, ennemis et frères de sang ou de magie, ne pouvait se montrer insensible à cette paume tendue.

« Souvent, j’ai été parjure. J’ai trahi. Pas la secte, jamais. Mais… d’autres. J’ai trahi tellement. »

Machinalement, il récupéra une perle d’eau salée pas encore évaporée, accrochée à la joue arrondie de la jeune fille. « La liste de mes dettes s’allonge. C’est pour ça que je n’en contracterai pas de nouvelles. » Quelques visages défilèrent, comme chaque fois que la culpabilité venait le mordre profondément. « Je ne suis pas William. » Il écarta doucement une mèche bleutée, menaçant de se prendre dans les traces de larmes contre une pommette. « Et c’est pour cela que je ne te laisserai jamais dans le noir. Je te le promets. Que Baal m’emporte, si je t’abandonne, et si je me fourvoie une fois de plus. »

Il soupira puis se détourna, lui offrant son profil pour mieux perdre quelques centimètres, se laissant asseoir sur le rebord de la table, les orbes perdues vers le point vague d’une étagère garnie de ses bocaux habituels. « Ce n’est pas grave, de ne pas savoir ce que tu veux. Tant que tu sais ce que tu ne veux pas. Il est plus facile d’esquiver que de viser juste du premier coup. Au fur et à mesure que tu avanceras, le voile continuera de se soulever. Tu y verras plus clair. Le moment venu alors, tu sauras. Ce sera à toi d’assumer les choix qui se présenteront devant toi, quel que soit le domaine. Ce que tu aurais été sans moi, cela n’a aucune importance. Cette voie ne s’écrira jamais, elle appartient à un embranchement passé, et tu ne pourras pas revenir en arrière. » Jamais de retour en arrière. Jamais.

S’ils avaient su.

Lorsqu’il la regarda, le visage défait, mais pourtant porteur, encore, de cette sérénité absolue, du plaisir intense d’échanger avec elle, il lui tendit ses paumes, striées de cicatrices parfois anciennes, parfois récentes, ponctuées des cals, dessins d’ampoules et rugosité qui jalonnaient toujours ses mains de travailleur.

« Moi aussi, j’ai fait un choix. Moi aussi, j’ai retiré de ce monde une personne formidable. Je ne te mentirai pas : tu ne t’en remettras jamais. Comme je ne m’en remettrai jamais. Tout ce que tu peux faire, c’est décider quoi faire de ton avenir. Parmi nous, pour ta vie de sorcière, mais également pour ta vie d’humaine. Ne néglige ni l’une, ni l’autre. Trouve ton équilibre. » Il se pencha, à peine, vers elle : « Tu n’es pas seule. Ta culpabilité, tu n’es pas obligée de la porter en t’isolant du reste des nôtres. Tu n’es pas obligée de me la cacher. »

Il baissa la tête, reprenant son souffle, digérant sa propre diatribe. Il fixa le sol, laissa le tourbillon de ses pensées s’emmêler, à l’image des volutes à présent dissoutes dans l’atmosphère entre eux, mais dont les senteurs orientales planaient toujours.

« Je terminerai ta formation. Je serai ton mentor, parce que je le veux, et que tu le veux aussi. Je le resterai jusqu’à ce que Môt nous prenne l’un ou l’autre. » Il se redressa, se releva et plongea ses prunelles dans celles de Morgane, lui offrant cette fois de prendre ses phalanges dans les siennes, et non plus seulement de mirer le reflet d’un autrefois qu’elle n’avait pas connu. « Si tu dédies ta vie à la connaissance et au Savoir, alors choisis-le. Ici et maintenant. Avec moi. Quoi que tu choisisses, je serai fier de toi. »


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Louisiana Burning

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Dim 24 Jan - 23:37 (#)

Eoghan
&
Morgane
La remarque ne fait pas chanceler la jeune femme. Oui, William et Morgan se ressemblaient, elle en avait pris conscience à sa rencontre avec son homonyme masculin. Sans qu'elle puisse savoir, ses sens l'avaient mise en garde, comme ils la mettaient garde de son propre père. Elle n'avait, à ce moment-là, pas conscience de cet avertissement, qui ne lui était venu qu'en y repensant, avec l'œil plus aguerri de celle qui sait désormais lire entre les lignes.

Parfois, elle se demandait même si le prénom qu'elle portait n'était pas un choix délibéré par son père, une marque faite pour inciter le destin à se tordre et à mettre l'enfant sur le chemin d'un prédécesseur dont elle ne partageait ni le sang, ni les mœurs. Cette idée s'envolait toujours rapidement, planant dans les songes d'une Morgane à moitié éveillée.

D'un pas, le mentor vint à la rencontre d'apprentie. C'est la première fois qu'Eoghan se tient si proche d'elle. Un geste qu'il n'a jamais fait. Le sourire de Morgane se dissipe sous une moue fébrile et anxieuse. Les mots de Underwood résonnent en elle à nouveau, lui inspirant une confiance lui faisant cruellement défaut.

Les chemins, Morgane les avaient tracés dans son esprit, mais tous s'achevaient devant cet épais drap rouge, ce mur infranchissable dans son esprit. Elle le sait, désormais. Tant que William Legrasse sera présent en elle, il lui sera impossible d'avancer. Cette pensée s'était gravée en elle le soir de la Samain, tandis qu'elle s'éveillait de son cauchemar. Une nouvelle fois, Morgane Wuntherson allait devoir tuer le père, s'emparer d'une vie qui se refusait à s'éteindre.

Les tensions s’évanouirent quand l’index d’Eoghan vint doucement frapper son front. Elle sent la magie se diffuser en elle, un lien nouveau, plus fort que par le passé. Le goût du sang commence à s’estomper dans la bouche de la jeune arcaniste. Ses yeux ne tremblent pas, ne fuient pas. Elle écoute, comme elle ne le faisait pas toujours, avec attention ce que lui disait Eoghan. Elle sent son cœur se gonfler lorsqu’il parle d’une nouvelle Irae.

Trahison, le mot la frappe. Trahison, voilà ce qu’elle avait offert à John Willmor également. Sans qu’elle ne s’en rende compte, des larmes coulent le long de ses joues, brûlant le coin de ses yeux. Pourtant, Morgane reste là, plantée, droite, à écouter son mentor. Elle veut prouver sa force, volatile mais existante. Elle veut montrer que tout n’a pas été brisé en elle, et que même si William y est parvenu, elle a commencé le long chemin de la guérison.

Au contraire des souvenirs qui peuvent s’altérer, le temps, lui, ne pardonne pas les choix. Immuable, il avance, sans se soucier de ceux qui s’écharpent à vouloir le retenir. Au même titre que la Mort, il ne fait aucune distinction entre le bien et le mal. Il ne laisse guère de place à l’hésitation, emportant avec lui les brefs instants que nous pensons lui avoir volé. Vient même un temps, où le Temps lui-même emporte les souvenirs que nous avons passé une vie à polir, afin de rendre le passé un peu moins cruel. Si j’avais su ! Si j’avais su ! pourra pleurer une Morgane esseulée, à la fin de sa vie, quand sera venu la fin du temps.

Le présent a ce goût si amer, lorsqu’il nous file entre les doigts, inarrêtable comme l’eau qui coule et ronge la pierre. En son sein, Morgane le sait : cet instant, ils ne le retrouveront plus jamais. Peut-être en viendra-t-il un autre, tout aussi ressemblant, tout aussi marquant, mais jamais, jamais plus ce ne sera celui-ci. Les mains abîmées d’Eoghan ne lui permettent pas d’arrêter les larmes qui coulent, en silence, le long de ses joues roses.

Eoghan ne s’est-il jamais dit, lui aussi, si j’avais su ?

Il lui tend la main, symbole aussi fort que puissant. Levant la main, elle hésite un instant, le regard figé sur les doigts abimés de son mentor. Il terminera sa formation, et après ? Lorsque le voile sera levé, que fera-t-elle ? Changera-t-elle ? Le plan de William, sera-t-il complété ?

Le Temps a cela de cruel également, qu’il ne permet pas de saisir qu’un instant de son immensité à la fois. Il n’est pas possible de revenir en arrière et il n’est pas possible de voir clairement le chemin sur lequel on s’avance. Un étrange couloir, dont la seule lumière est celle du fil sur lequel nous marchons, un équilibre précaire.

« J’apprendrais, jusqu’à lever le voile de mon esprit. Jusqu’à libérer celle que je suis vraiment. Je peux te promettre ça, mais guère plus, car j’sais pas ce qu’il y aura. » Un rictus, ponctué du haussement d’épaules si caractéristique de Morgane. « Peut-être que William se sera joué de moi jusqu’à la fin. Peut-être que je changerai du tout au tout, ou peut-être pas. »

Se cacher, mentir, des actes devenus presque aussi naturel pour Wuntherson que respirer. La main de Morgane se referme sur elle-même, l’instant où les pensées de l’étudiante s’égare dans la toile de ses mensonges. C’est sa chance, prendre enfin son destin en main. Certains dramaturges y verraient là l’accomplissement d’une tragédie. Peut-être que pour se sauver, Morgane aurait dû dire à ce moment-là : non. Peut-être aurait-elle dû tourner les talons et faire taire en elle les fibres magiques. Peut-être ainsi, sa vie aurait été plus facile.

La facilité, mène-t-elle au bonheur ?

La douce main de Morgane, encore jeune, vient saisir celle plus âpre de son ainé.

« Je choisis la connaissance et la recherche, et s’il le faut, pour y parvenir, j’arracherai de mes mains les fils du destin que William a tissé autour de moi. »

Pour qui connaît Morgane, le spectacle serait ravissant. L’hésitation de ses mots la quitte un instant, tandis qu’elle laisse parler son cœur, qu’elle s’ouvre comme elle ne l’a probablement jamais fait. Une naissance, s’il en faut, du chagrin et de l’amertume, de la colère la plus sombre.

Si j’avais su, se disait Morgane, je serais venue plus tôt.

N’est-ce pas la tragédie même du Temps qui file son œuvre ? Quel dénouement y aurait-il eu, si Morgane s’était présentée plus tôt ? Le sourire franc de l’arcaniste montre que son cœur s’est allégé pour l’instant, libéré d’un fardeau trainé depuis trop longtemps seul.

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