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[+18] Onirisme | PV Lucia

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Classism and the City - Fifty Shades of BURN THEM AAAAALL (supplément mojito sans alcool et sans aspartame)
Jake Hamilton
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ASHES YOU WERE

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ASHES YOU WILL BE

Pseudo : Jake Hamilton
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Mar 3 Nov - 23:13 (#)

onirisme
Ft Lucia Kinnaman & Jake Hamilton

***Un peu plus tôt ***


Shreveport | Pinecrest Village | Cross Lake
05 Octobre 2020
00h15 - 13°C



Mon regard scrute l’immensité plane du lac, calme et sereine, à peine ourlée par quelques vaguelettes frémissantes, perdues au milieu d’une dentelle de brumes. La lune argentée se reflète dans les eaux miroitantes, amplifiant ses allures d’astre mystique. Astre trop longtemps sous-estimé à mon goût. D’ailleurs, c’est cette splendide vue qui m’a convaincu d’investir ici, pour y faire bâtir ma résidence principale. Le calme des eaux m’apaise. Je desserre mon noeud de cravate puis respire profondément. La senteur boisée et subtilement citronnée des cyprès embaume l’air, et caresse mes narines, m’octroyant la douce sensation d’être chez moi, dans mon élément, moi qui, pourtant, suis un enfant de la ville. Un mystérieux silence imprègne ce paysage d’eau et de nuit automnale. Un silence bienvenu. Un silence salvateur. La tranquillité et la nature sont justement tout ce dont j’ai besoin ce soir…

J’essaie d’occulter cette journée fort déplaisante et particulièrement contrariante. Conseil de direction à New-York, présidé par mon père. Déjà, ça donne le ton. Odieuse étape. J’ai annoncé une dégradation de 250k sur les résultats du secteur Louisiane. Dégradation difficile à expliquer sans passer pour un con. Un bon gros con, incapable de maîtriser les bases de la gestion.  Un stupide et pathétique débutant. Tellement indigne de moi! Mon père était au courant de cet “incident” à ne surtout pas ébruiter, il aurait pu m’épargner l’exercice, mais il a sciemment choisi de m’humilier devant mes pairs. Et ils ont aimé ça, les bougres, avec leurs petits sourires en coin, et leurs regards amusés. Même cet incapable de John Hollands affiche de meilleures prévisions pour l’Arkansas. Il était fier, le gros sac, alors qu’il ne m’arrive même pas à la cheville. A terme, c’est moi qui reprendrai la direction du groupe, et qui gérerai cette troupe de fiers demeurés, sauf bien sûr si le paternel décide de laisser ses parts à la pintade décérébrée qu’il fait parader à son bras. Le pire, c’est que cette enflure en serait bien capable…

Mon père a toujours eu cette fâcheuse tendance à critiquer mes choix de manière démonstrative, et rarement appropriée. Il méprise tous ceux qui ne se tiennent pas bien sagement dans son ombre. Aujourd’hui j’ai eu envie de lui crever les yeux. Oui. Joyeusement, juste avec mes doigts. Les écraser. Lire la peur et l’incompréhension dans son regard délavé, puis voir ses globes oculaires éclater dans une bouillie grisâtre et collante. Vision drôle et festive pour mes prunelles attendries. Ses gesticulations grotesques n’y feraient rien. Même si sa stature reste imposante, j’ai l’avantage de l’âge et de la surprise. Il se pisserait dessus. Ils finissent tous par se pisser dessus. Passer une lame effilée dans sa gorge. Tout doucement. Soigneusement. Creuser l’ouverture avec ma main au milieu des chairs à vif, pour l’enfoncer ensuite dans sa gorge, arracher au passage tout ce qui gêne, et remonter jusqu’à sa langue bovine. Langue qui a trop bavé d’insanités aujourd’hui, et qui mériterait des coups de hachoir. Rire un peu. Jouer avec sa tête comme avec une marionnette un peu laide. Il essaierait de me supplier, dans un glougloutement humide ridicule et incompréhensible. Il s’abaisserait lamentablement. Seul moi, son propre fils, détiens la clé de son salut. Mais c’est déjà trop tard. Quelques gerbes de sang enjouées viendraient égayer la scène. Rouge intense. Rouge passionnel. Oui, le roi vient de tomber. Rire à nouveau. Le laisser changer de couleur. Et puis sentir sa respiration s’arrêter. Trop brusquement. Trop rapidement. C’est toujours trop rapide. Pisser finalement sur sa dépouille encore fumante et jouir. Apothéose.

Mon rythme cardiaque s’est accéléré sous ces délicieuses pensées. Mon souffle est lourd. Puis c’est le coup de massue, le retour de manivelle ravageur. Comme d’habitude, je l’ai laissé m’humilier sans bouger. J’ai serré les dents, et j’ai encaissé. Je me suis défendu sans férocité, avec professionnalisme et formalisme. Lâchement. J'exècre cette faiblesse, cette maudite peur de tout perdre. Je l’ai laissé faire, putain! La mâchoire crispée, j’avance sur le ponton de bois où est amarré mon voilier, le “Nautilus”, en hommage à Jules Vernes, symbole pour moi de l’aventure et de la quête d’inconnu. Ne me reste plus qu’à prier pour qu’il ne m’envoie pas directement vingt mille lieues sous les mers. Quoi que, ça me ferait peut-être du bien. Une timide bouffée d’air tiède me caresse le visage, avec une douceur quasi-maternelle, et une odeur terreuse et musquée d’automne. J’inspire tranquillement. Le silence est seulement rompu par la plainte monotone du bois qui craque sous mes pieds, et le chant répétitif des flots apaisés. Le calme. Les flots frangés d’argent. Les poumons gonflés d’un air vivifiant, je respire. Enfin.

Alors que je scrute la surface plane du lac, dans les vapeurs dansantes de brume, mon regard se laisse happer par une forme blanche, se mouvant au loin. Je plisse les yeux pour mieux saisir ses courbes, ses contours. Une femme, vraissemblablement. Que fait-elle? Difficile à dire… Ma curiosité est piquée. Sans réellement réfléchir, je décide d’aller voir de plus près ce qu’il se trame. Bref coup d’oeil vers ma rolex Submariner en or massif, pour me rendre compte qu’il est passé minuit. En plein mois d’octobre. Étrange. Je rentre tout juste de l’aéroport, et n’ai pas eu le temps d’enfiler une tenue plus confortable. C’est dans mon costume Briani en laine bleu marine, cravate assortie et chemise Armani blanche immaculée, que je m’aventure sur les rochers, vers cette crique habituellement désertée. Une partie de moi me presse d’aller récupérer mon colt, l’autre craint de perdre de vue cette mystérieuse apparition. Tant pis pour ma sécurité, la curiosité l’emporte.

Soudain, un épais nuage masque la lune gibbeuse. La surface du lac s’assombrit aussitôt, plongeant le paysage aquatique sous de lourdes ténèbres. Difficile de savoir où poser les pieds. Une bonne paire de Nike auraient mieux valu que ces derbies de chez Dior, en cuir de veau patiné bleus-marines. Je glisse un peu, perds un peu prestance au passage. Un pierrier en pleine nuit, je ne conseille pas. J’arrive finalement indemne sur les berges de cette petite crique sauvage, encore verdoyante malgré la saison. Rien à voir avec des plages de sable fin et la mer turquoise. Ici ne réside que vase et eaux troubles. La nature à l’état brut. La femme s’est évaporée, introuvable. Je peste intérieurement d’avoir osé la quitter du regard. La lune refait son apparition, baignant à nouveau l’endroit de ses doux rayons argentés. Sur mon promontoire de fortune, je scrute attentivement l’étendue d’eau, pendant plusieurs longues minutes.

Et puis je la découvre, nymphe aquatique sortant des eaux. L’image est belle, mystique, et aurait certainement mérité un joli cliché en noir et blanc. Je ne perds pas une miette du spectacle qui s’offre à moi, dans les délices d’une atmosphère envoûtante. D’un coup, toutes mes contrariétés se sont envolées. Et puis je la reconnais. Lucia. MA Lucia. Un sourire mauvais me fend immédiatement le visage, dans un mélange de plaisir primal, de satisfaction et de rage. Je pensais qu’elle avait quitté la ville, et peut-être même le pays. Je l’imaginais me fuir, me craindre, mettre de la distance entre nous, par n’importe quel moyen, et à n’importe quel prix. Mais elle est là, à ma portée. Elle me tombe du ciel comme par enchantement, comme si le destin avait voulu que je poursuivre mon œuvre, et que j’accomplisse la fin du cycle. J’y vois un signe, une providence. Voilà une chance inespérée de corriger l’erreur. De faire payer l’outrage. De sanctionner la faute.

Son maquillage a légèrement coulé, lui donnant un air un peu sauvage, rebelle.  Sa peau laiteuse aux teintes de porcelaine me rappellent des images de stupre, colorées de rouge, et quelques délicieuses déviances paraphiliques dont j’ai le secret. Son visage de poupée baignée d’argent, et ses joues rosies par la fraîcheur automnale lui confèrent une aura de pureté. Petit ange abandonné des cieux. Elle sait pourtant. Elle sait que je ne peux m’empêcher de salir ce qui est pur, que je vais forcément la pousser dans des profondeurs sordides. Elle aussi, doit terminer son cycle. L’instant est venu. Les gouttelettes perlent sur sa peau délicate, dans une danse scintillante. Elle est belle. Vraiment belle. Enchanteresse. Et que dire de ce regard, qui ne cesse de semer le trouble en moi? Mon coeur s’emballe. Par contre, ses sous-vêtements sont aussi sexy que ceux des détenues dans les prisons. Des basiques en coton grossier, d’un blanc tirant sur le gris. C’est moche, et pas cher. Et pourtant, le symbole me plaît. La scission entre nos deux mondes est flagrante. Sa fragilité en ressort encore plus marquée. Plus touchante.

Sans quitter mon poste d’observation, j’annonce d’une voix portante et assurée : «-Certaines légendes urbaines prétendent qu’un terrible monstre marin hante les profondeurs de ces eaux.» La belle a sursauté, sous le coup de la surprise. Tombée dans mon monde sans y être préparée. De toute évidence, elle ne m’avait pas vu. Son regard clair se pose sur moi. Pourtant, elle ne semble pas particulièrement apeurée. Gênée, plutôt. Elle n’a pas dû distinguer mes traits. La prestance et le costume de luxe rassurent bien davantage que le sweat capuche, c’est indéniable. Potentiellement, je ne représente pas encore une menace pour elle. «-Je suis ravi de constater qu’en réalité, c’est une jolie naïade qui a eu la faveur des flots...» Je descend de mon rocher, puis m’avance doucement vers elle, sans la quitter du regard, avec détermination et envie. J’ôte ma veste puis la lui glisse sur les épaules, afin d’épargner sa pudeur, et cacher ce corps gracile que je connais déjà par coeur. Ce corps que j’ai déjà lourdement éprouvé, et qui porte encore les stigmates de mes sévices. Quoi qu’il faille admettre que j’ai un talent certain pour les soins. Elle reste sublime, très peu abîmée en apparence. Je pose la main à la gauche de son cou, pour avoir un contact avec sa peau veloutée, puis avance mon visage près du sien. «-Content de te revoir, Lucia...» J’affiche un sourire doux et rassurant, comme j’ai appris à si bien les faire. Crédible et efficace.
Tu es à moi, Lucia...

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Sam 7 Nov - 21:25 (#)


Onirisme
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Sortir, quitter cette zone de pessimisme, d'ondes négatives. Je dois fuir, aller dans un bar pour retrouver une ambiance qui me correspond mieux. Amina a reçu des nouvelles de son mari par je ne sais quel biais et elles ne sont pas bonnes, il est à l'hôpital, sale état, une bagarre sans doute et elle veut le rejoindre, elle veut être à son chevet. J'ai eu beau lui expliquer en long en large et en travers que c'était un piège, que c'était un appât pour la reprendre sous sa coupe, elle n'a rien voulu entendre. Je l'ai même suppliée, le regard rempli de larmes, retenue par le bras, lui rappelant son état quand elle était arrivée au foyer, sa sortie d'hôpital bien plus chaotique que la mienne, la douleur insurmontable de la perte de son bébé. Rien n'y a fait, elle m'a giflée, m'a traité d'égoïste, pour elle c'était la peur de me retrouver seule qui me faisait parler, que je ne pouvais pas comprendre. Si, je comprenais parfaitement, la voir partir signerait son arrêt de mort et elle se rendait à l'abbatoire tel agneau sacrificiel, un sourire béat accroché au visage en prime. J'ai supplié, brisé ma voix en l'enguelant aussi. J'ai tout essayé, personne ne voulait réellement m'aider, si elle voulait partir qu'elle parte mais qu'elle n'espère pas revenir, les places sont limitées et d'autres attendent un toit salutaire pour remonter la pente. 

Et elle est partie, ses affaires dans une valise aux roues cabossées qui couinent, dans sa chambre il reste quelques bricoles qu'elle me lègue malgré les mots échangés. Elle me dit qu'elle m'aime, qu'on se reverra, elle me donne le téléphone portable qu'elle avait acheté, elle en trouvera un autre une fois sortie. Amina dit ne pas m'en vouloir d'avoir essayé… Mais essaye quoi? C'est pas pour moi que je voulais qu'elle reste, c'était pour elle, pour sa sécurité, pour sa survie. Je sais qu'une fois la porte passée, je ne la reverrais plus, elle disparaîtra dans l'ombre de son mari, il a tellement de temps à rattrapper avec elle, tant de coups que les murs ont dû prendre à sa place. Je sanglote, frissonne d'effroi seule dans ma chambre, je serre le téléphone portable contre mon coeur et hume son parfum sur le châle qu'elle a abandonné derrière elle. Une amie, une sœur de galère qui disparaît. Une première perte douloureuse sans cette nouvelle vie que je réapprends à vivre au mieux. Dans celle-ci, l'alcool a une place importante, il m'aide à trouver un sommeil lourd sans cauchemar ou rêve, il m'aide à affronter cette solitude glaciale dans mon être. Il m'aide à rien au final, j'annhile mon crâne, abruti mes neurones qui ont déjà du mal à faire la jonction entre eux pour me redonner des informations essentielles. Je fuis plus que je ne cherche à affronter. Plus je parlais avec Amina, plus j'avais le sentiment d'avoir vécu des choses difficiles dans ma vie d'avant et plus j'avais peur de les retrouver. Je veux et je ne veux pas, le sentiment schizophrénique refait surface. 

J'attends que la nuit arrive, que la plupart des femmes soient dans leur chambre pour fuir le foyer, pour retrouver le frisson de l'interdit et aller apaiser ma peine profonde. Cette fois, comme il fait encore doux, j'évite de me couvrir plus que de raison, j'arrive à me trouver des tenues sympas à force et mes goûts s'affirment aussi je crois. Même si je n'y crois pas vraiment, je glisse le téléphone portable dans la poche de mon jean, je ne voudrais pas rater un appel d'Amina. Je ne traîne pas dans les rues, comme toujours, je sais où je vais, je vais retrouver mes démons, ces démons que j'affronte en m'enivrant. 

****

Il est plus de 23h quand je quitte le quartier animé, des rêveries plein le crâne et un brouillard exquis devant les prunelles. Je ne veux pas continuer de boire mais, je ne veux pas non plus retourner me terrer dans mon couvent de nonnes dépressives. Je ne compte plus, je laisse mes pas errer, découvrir de nouveaux virages, de nouvelles rues jusqu'à me trouver au bord d'un lac. Je reste là, les yeux rivés sur le scintillement des vaguelettes sous les pâles rayons de  lune. Hypnotique, ma respiration devient profonde, je me laisse happer par la beauté froide et nocturne du tableau qui se dessine devant moi. Allez savoir pourquoi, très certainement l'alcool qui me coule dans les veines, je me décide à aller me prendre un bain de minuit. Délaissant mes vêtements sur un rocher sur la rive, mes pas se glissent dans l'eau fraîche du lac. Légèrement flippant et pourtant je laisse les frissons couvrir mon épiderme au fur et à mesure que j'avance vers les profondeurs. Un coup de folie, est-ce que je sais nager? Je me laisse porter, ma lingerie bon marcher devient transparente, qu'importe, je suis seule ici. Tout oublier, de mon plein gré cette fois, quelques brasses salvatrices, plus de soucis. Les sons de la nature, la brise dans les arbres et les herbes hautes. Seule…

Une fois que le froid commence à pénétrer mon épiderme après dix bonnes minutes de nage, je retourne vers la rive, la morsure de la brise sur ma peau, les gouttelettes tombent de la pointe de mes cheveux humides, quelques guilis glacés. Hors de l'eau, je m'apprête à rejoindre mon tas de vêtements quand une voix se fait entendre un peu plus loin. Vent de panique, je masque ce qui doit l'être du mieux que je peux, mes joues virent au rouge vif. Je pensais vraiment que j'étais seule. Depuis combien de temps il est là lui? Légendes urbaines, mon regard inquiet se pose sur le lac qui me paraît soudainement bien plus effrayant qu'il y a deux secondes. Une naïade? Il parle de moi? Je suis un peu perdue, sous le coup de la surprise et de la honte. J'entrouve les lèvres sans que le moindre son ne les quitte. Il descend des rochers pour s'approcher de moi, je recule d'un pas sans en faire plus, mes affaires sont juste à côté, impossible de m'enfuir dans cette tenue. Si proche, trop proche, il rompt la distance qui nous sépare, passe sa veste sur mes épaules, touche ma peau, mon regard se perd dans le sien. Il est prévenant autant qu'effrayant. Puis il prononce ces quelques mots qui ont l'effet d'un électrochoc. 

Lucia… Lucia?... Lucia! Une lumière semble s'allumer dans ce cerveau éteint depuis mon accident. Mon cœur loupe un battement, mon inspiration se brise l'espace d'un instant. Lucia, oui, ce prénom sonne bien. Ce prénom est le mien. Malgré mon embarras et ma légère appréhension quant à ce rapprochement si soudain, une sourire ourle mes lèvres rendues bleues par ma baignade. Une lueur d'espoir brille dans mes prunelles et une bouffée d'énergie positive ébranle mon être tout entier. Lucia… "Lucia… Vous avez dit Lucia? Alors, on se connait? Vous me connaissez? Si j'avais su… je serais venue me baigner ici bien plus tôt." Ma voix est enjouée, un rire presque hystérique quitte ma gorge, mon regard encore plus pétillant. Il reçoit de plein fouet mon haleine de pilier de comptoir mais, je m'en contre fou en cet instant. Il sait, il me connaît ou il pourra m'aider à remonter le fil avec la moindre affirmation qu'il aura en sa possession. L'espoir revient… Enfin. 
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Sam 21 Nov - 22:32 (#)

onirisme
Ft Lucia Kinnaman & Jake Hamilton


Je sens sa peur dans la crispation de son corps frêle, dans cette lueur fixe qui embrume son regard clair, dans ce pas rapide en arrière, et j’en ressens un vif frisson de plaisir. Sa carotide palpite sous mes doigts. Je pourrais l’étrangler, ou même la noyer. Juste là, en quelques minutes. Sentir son corps résister vigoureusement et se débattre. Il me suffirait de resserrer encore mon étreinte autour de sa gorge, pour éprouver ses violents tressautements puis la laisser patiemment rendre les armes et abandonner ce combat perdu d’avance. La perspective de sa suffocation me met en joie. Une âme qui s’éteint, une autre qui jubile. Cependant, la configuration défavorable du site, allié au manque criant de préparation, offrent à ma naïade un répit de courte durée. Je l’ai laissée m’échapper une fois. Pas deux. J’ai payé ma faute dans ma chair, une lame d’acier de treize centimètres plantée au creux du ventre. J’ai commis l’erreur de la sous-estimer, de croire que j’avais su annihiler toute forme de rébellion chez elle. Cette baisse de vigilance aurait pu m’être fatale. Ma chère Lucia mérite une sanction bien plus cruelle qu’un étranglement festif ou une joyeuse noyade. Non, à elle, je lui promets l’Enfer.

Nos regards se croisent. J’observe un peu plus attentivement son visage de poupée sous la lumière argentée de la lune, le nacre de sa peau frissonnante, ses grands yeux de jade, ses lèvres délicates bleuies par le froid, ses traits doux, presque enfantins. J’avais oublié qu’elle était si jeune. Diaboliquement jeune. Elle a eu le temps de m’observer, elle aussi. Et pourtant, elle ne s’affole pas, n’amorce même pas l’esquisse d’un cri ou d’un mouvement de fuite. Rien. Rien du tout. Pauvre idiote! A l’évocation de son propre prénom, tout son être s’illumine miraculeusement. Elle semble même jubiler narcissiquement sous la mélodie de ces cinq lettres. Ses yeux pétillent, comme ceux d’une enfant qui apercevrait le père noël au pied du sapin, la hotte remplie de cadeaux multicolores. Elle bredouille quelques mots flous, incertains, tout en gardant un sourire extatique un peu niais imprimé sur le visage. Elle sent l’alcool bon marché, et rit sans raison précise. Visiblement, la douce enfant n’a pas sucé que du sucre d’orge avant de venir faire trempette.

Son euphorie incompréhensible ne parvient pas à me toucher, ni même m’émouvoir. Non, elle m’agace. Ses réactions abstruses et désorganisées ne se positionnent pas clairement sur le panel des émotions que j’ai l'habitude d’analyser et de traiter. Je laisse planer un long silence, incapable d’adopter une attitude appropriée. Le souffle tiède de la brise nocturne vient s’enrouler dans ses cheveux noirs de jais, les faisant danser doucement. Quelques notes sucrées de son parfum caressent mes narines. Soudain, les pièces du puzzle s’emboîtent, avec une logique implacable : elle a perdu la mémoire. ELLE A PERDU LA MÉMOIRE! Contre toute attente, elle m’a oublié, me reléguant dans un coin sombre de son esprit brisé, et lourdement traumatisé. C’est assez vexant, mais son état mental défaillant sert prodigieusement mes intérêts. Je ne vais certainement pas m’en plaindre! Cette crainte de tomber stupidement, parce que cette garce aurait parlé, vient de s’évanouir dans les brumes automnales. Mes épaules se font plus légères, libérées d’un poids énorme. Je respire à nouveau.

Je romps le contact avec sa peau, ôtant ma main de son cou, réduisant au strict minimum toute illusion de menace. A la place, j’attrape tendrement ses épaules, dans un geste qui se veut protecteur. «-Tu ne te souviens pas de moi? Pas du tout?» Il n’y a pas d’animosité ou d’agressivité dans ma voix, juste un mélange de surprise, de stupéfaction et de curiosité. Mon regard se fait doux et concerné. J’ai appris à reproduire tout l’éventail des émotions humaines de façon convaincante, alliant talentueusement mimétisme et art dramatique. En bon créateur de vérité parallèle, j’enrobe minutieusement le piège de miel. Douceur sucrée empoisonnée. Malgré des sourires persistants, la naïade semble troublée par ses souvenirs absents, et l’obscurité de son passé. «-Tu… Vous pouvez m’appeler Jake.» Je la gratifie à mon tour d’un sourire chaleureux, tout en ré-adoptant un vouvoiement de circonstance. «-Je n’ai aucune idée des épreuves que vous venez de traverser, Lucia, mais j’aimerais pouvoir vous aider, si vous m’en laissez l’opportunité.»

Mes mains quittent ses épaules, alors qu’une bourrasque de vent frais vient ébranler sa peau frissonnante. Je lève les yeux vers le ciel, constatant sans réelle surprise que d’épais nuages gris menacent de masquer complètement la lune, et assombrir les lieux. «-Le temps se couvre.» Une atmosphère lourde qui présage la pluie. «-Je vais vous laisser vous rhabiller tranquillement, le temps pour moi d’aller chercher la voiture. J’habite juste là, ce ne sera pas long.» D’un geste de la main, je lui désigne cette grande villa partiellement baignée dans l’ombre, dont le luxe tapageur me semble soudain vulgaire, vu d’ici. «-Je vous invite dans un bar lounge que j’affectionne tout particulièrement. Nous y serons mieux pour discuter. En plus, ils servent de merveilleux cocktails à base de jus de fruits frais.» Ma voix est chaude, calme, posée, joviale. Je sais qu’elle pourrait refuser ma proposition, et mettre mon plan à mal, me forçant à la tuer ici et bâcler le travail. Heureusement, elle semble plutôt enjouée par cette excursion nocturne. Je m'approche d’elle, sans brusquerie, attrape les clés dans la poche droite de ma veste, puis les fait tinter entre mes doigts. «-Gardez la veste, elle vous va bien mieux qu’à moi.» C’est faux, évidemment. Elle flotte dedans. Mais assez paradoxalement, j’ai toujours trouvé excitant de voir une jolie femme porter mes vêtements, mes chemises en particulier. Elle semble si frêle et si fragile…

Je refais le chemin inverse, dans un état second, porté par une sorte d’urgence étrange, une tension inexplicable qui prédestine déjà toute la suite. Les cris. La douleur. Le sang. J’entre dans le garage en me faisant le plus discret possible, en espérant ne pas réveiller ma femme et mes gosses, qui ne m’attendent pas ce soir, puis me dirige vers la pièce attenante, où je stocke tout mon matériel de “bricolage”. Je me hâte à disposer le nécessaire dans le coffre de la voiture : une tenue de rechange, ma sacoche de couteaux, ma caisse à outils, une disqueuse, une perceuse, deux paires de gants, un pistolet à clous, un bidon d’acide sulfurique, un sac mortuaire, des crochets, des mousquetons, des chaînes en acier, de la corde. Il doit y avoir six-cents mètres de corde blanche, et déjà quasiment plus de place dans le coffre. Je n’en aurai jamais assez pour créer ma toile d’araignée, comme prévu dans le plan initial. De toute façon, j’ai démonté l’échafaudage en début d’année. Dommage, le résultat aurait été spectaculaire. La mort portée au rang d’Art. Une iconographie poétique et sensuelle. Ou alors il faudrait que j’ailles chercher le fourgon. Non, pas le temps, l’oisillon pourrait m’échapper. Il faut faire vite. Ne surtout pas lui laisser le temps de douter. Je crains qu’elle soit partie. Je fais quoi si elle s’est barrée? Je suis nerveux, ma respiration est lourde, des gouttes de sueur perlent sur mon front et dans mon cou, alors que je tourne dans les rayonnages en essayant de visualiser une scène de substitution. Je déteste être pris de court! Des bougies. Oui des bougies. Un briquet. Un projecteur de chantier portatif. Mon appareil photo! Ne surtout pas oublier l’appareil photo… Conclure la série de clichés que j’ai d’elle. J’imagine déjà le plaisir que j’aurai en me branlant devant ces photos, tout en revivant la scène de sa mise à mort.

Je suis encore nerveux quand je me gare à ses côtés, au volant de ma Mercedes-Maybach S650 Night Edition, construite en quinze exemplaires seulement. La voiture est élégante, racée, sans être tape à l’œil. Je n’utilise que rarement mes véhicules personnels pour réaliser ce genre de méfaits, et celle-ci est encore trop luxueuse pour être réellement discrète. Faute de mieux, je fais avec ce que j’ai sous la main. Je passe les doigts dans mes cheveux, d’un geste encore un peu crispé. Je me rends compte que j’ai oublié le chalumeau. Pas le temps de retourner le chercher. Une décharge d’adrénaline s’empare de moi, lorsque j’aperçois la silhouette de ma Lucia. Ma très chère Lucia. Je sais que bientôt, elle s’avilira de la plus sale des manières, dans l’espoir d’avoir la vie sauve. Elles croient toutes que satisfaire quelques-uns de mes caprices sexuels suffira à garantir leur survie. L’espoir rend naïf et stupide. Reproduira-t-elle les mêmes schémas que la première fois? Galamment, je descends de la voiture pour lui ouvrir la portière du côté passager, un sourire discret sur les lèvres. «-Après vous, mademoiselle.» Une fois confortablement installée, je claque la portière sans brutalité, refermant ainsi le piège sur elle.

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Sam 5 Déc - 20:56 (#)



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Enthousiasme. Cœur léger. Impression de vivre un rêve éveillé. N'ai-je pas déjà vécu de sentiments semblables il y a peu de temps? N'ai-je pas déchanté par la suite parce que la ravissante demoiselle au franc-parler avait tout simplement menti pour d'obscures raisons? Amina ne m'avait-elle pas mise en garde contre les belles paroles? Contre mes mots un peu trop empressés à raconter mon histoire pour trouver en mon interlocuteur des réponses, des pistes? Si bien sûr. Alors pourquoi croire cet homme, aussi avenant soit-il ? Pourquoi se prendre un tel shoot de positivité et de bons sentiments aussi rapidement? Parce que cette fois, il y a autre chose, il y a cette sensation dans mon corps à son contact, il y a cette étincelle dans mon esprit qui me dit que oui, on se connaît lui et moi. Oui, je veux m'accrocher à ce qui traverse mon corps, à ces fourmillements dans l'estomac, à ces picotements dans la pulpe de mes doigts et ce cœur qui s'emballe soudainement. 

Petite idiote! Incapable de décrypter tes propres ressentis. Ne sens-tu pas le souffle de la mort sur ta nuque, sa langue qui déguste ton épiderme, avidement. Tu es trop sotte pour comprendre que ce sentiment qui te lies à lui est accompagné du désespoir, de la douleur, de la souffrance et de la noirceur abyssale. Il ne t'apportera que le malheur et les pleurs. Pourtant, tu es là, à espérer ses mots, boire ses paroles qui pour toi sont comme parole d'évangile. Tu as tout perdu à cause de lui et tu te perdras à nouveau entre ses griffes, il est un vautour, il est un loup, il est un cavalier de l'apocalypse, le pire de tous même. Il te briseras, il ne restera rien de toi et tu minaudes petite imprudente que tu es.

Si seulement je pouvais entendre cette petite voix tout au fond de mon esprit au lieu de me laisser entraîner dans les filets, dans le piège fatal de cette araignée faite homme. Il tisse habilement sa toile tout autour de mon être faible, avide de ses connaissances, de ses lumières dans ma nuit noire. Le contact contre mon épiderme se rompt, j'en suis presque déçue mais il le remplace par un nouveau contact, sur mes épaules cette fois. Un sourire. Je secoue négativement la tête. Non, je ne me souviens d'absolument rien et j'ai grand espoir qu'il saura éclairer mes nombreuses lanternes éteintes, étouffées. Jake. M'aider. Oui, bien évidemment que je désire plus que tout son aide. Sombre andouille. Ne vois-tu pas son soulagement, cette distance qu'il marque alors qu'il se sentait assez proche pour te tutoyer. Non, tu ne vois rien, absolument rien. Tu le regarde avec les yeux pleins d'espoir, ce voile onirique recouvre, occulte complètement ton instinct, celui qui devrait te dicter de t'enfuir en courant, de lui hurler dessus parce qu'il est "lui"

Au moment où ses mains me quittent à nouveau, le vent s'engouffre sous sa veste et me fait vivement frissonner, contractant tous les muscles de mon corps frêle. Je suis les moindres de ses gestes, lève les yeux au ciel en même temps que lui pour constater que le temps se gâte, il exprime cette pensée. Les choses s'enchaînent assez vite, si vite que je n'ai pas le temps de réfléchir à la situation. Il me parle de sa voiture, qu'il n'habite pas loin et qu'il m'invite à boire un verre. Mes yeux ne se détournent pas de lui alors qu'il me montre où se trouve sa demeure, je m'en moque bien, je me retrouve noyée dans ses prunelles qui m'hypnotisent depuis qu'il s'est approché de moi. Il rompt à nouveau la distance qui nous sépare. Je frissonne, il se contente de passer sa main dans la poche de sa veste pour saisir des clefs. Je réponds à ses sourires comme une ado sous l'influence de ses premiers émois, des papillons dans le ventre. Moi qui suis impatiente d'en savoir plus sur ce passé qui me fait défaut, je demeure muette, accrochée à ses yeux et ses lippes qui me délivreront les saintes paroles. Je me contente d'acquiescer en souriant béatement alors qu'il me laisse seule avec mes vêtements. 

Je suis euphorique, je souris, je ris même seule en levant les yeux au ciel. Si j'étais croyante, à moins que je l'ai été avant… je remercierai le saint patron qui protège ses créations de là-haut. Cette fois, rien à voir avec les révélations bancales reçues dans la salle d'attente de l'hôpital. Non, cette fois, c'est du concret, j'en suis absolument certaine. Je dépose soigneusement sa veste sur un rocher en veillant à ce qu'elle ne s'envole pas à cause du vent. Je me fais violence à rester à moitié nue le temps que les brises glacées assèchent les quelques gouttes encore présentes sur ma peau, qui dégoulinent de mes cheveux. Je les secoue un peu pour que ça aille plus vite, claquements de dents et peau encore plus blafarde que d'habitude. Apres quelques instants, j'entreprends de me couvrir, mes vêtements ne m'apportent pas la chaleur espérée, je risque l'hypothermie avec mes conneries. La veste de Jake retourne bien vite sur mon corps, j'enfouis ma tête dans les épaules, hume le parfum qui s'échappe du tissus. Des frissons, différents cette fois, comme un souvenir qui me traverse. Les yeux clos, j'ai l'impression de sentir sa peau contre la mienne, une étreinte? Pas celle d'un ami… Un amant? 

Bordel!! Ne te laisse pas berner par ces frissons, par ce parfum qui te rappel des choses erronées. Ton cerveau fait un blocage, il préfère que tes sensations te portent vers des pensées, des souvenirs falsifiés de peur que tu ne sois encore plus traumatisée. Non, pas un amant. Un bourreau, le pire qui soit, le pire que la terre ait portée. Ne te berce pas d'illusions Lucia, il aura ta peau, il aura ton âme même s'il est capable de l'extraire de ses mains. Il t'a brisée, éclatée en milles morceaux et voilà que tu retournes à l'échafaud… Amants… Mes joues virent au rose, possible oui. Son parfum est comme ancré dans ma mémoire, comme celui qu'un amant vous laisse sur l'épiderme après une étreinte amoureuse. Je me mordille la lèvre inférieure, il faudra que je lui demande pour avoir le cœur net. L'alcool semble s'être un peu estompé, l'adrénaline, ces retrouvailles euphorisantes sont bien plus fortes que ces molécules ingurgitées. Le bruit d'un moteur me sort de mes émois, j'aurais tellement voulu avoir le numéro de Amina pour lui annoncer la bonne nouvelle.

Il se gare, sort pour m'ouvrir la portière. Il est galant, un charmeur sans doute, oui c'est certain même. Je prends la place du mort. Oui, du mort, ça te correspond tellement bien. Tu y vas droit dedans, tête baissée, totalement soumise à ces ressentis qui ne sont pas les bons, qui sont biaisés par ce cerveau qui refuse de te révéler la vérité pour te préserver mentalement. Je savoure la chaleur de l'habitacle, retire même sa veste pour la poser sur les sièges à l'arrière avant de passer la ceinture. Les bouffées euphorisantes continuent de marquer mon visage de quelques sourires, yeux brillants et joues rosées. J'attends qu'il prenne place derrière le volant pour enfin ouvrir la bouche. "Merci Jake… Merci de prendre du temps pour parler avec moi. J'espère que vous n'aviez pas des obligations.. Je doute que vous vous baladez là nuit si bien habillé juste pour le plaisir. " C'est un peu idiot, qui a des obligations au beau milieu de la nuit? Soit il allait se coucher après une soirée, soit il sortait rejoindre une femme. À cette pensée, je me mordille de nouveau la lèvre. Vous m'avez tutoyé quand vous m'avez reconnu mais après vous m'avez vouvoyé. Nous… il s'est passé quelque chose entre nous? Pardon mais, comme ma mémoire refuse de me dire ce qui s'est passé il y a six mois et même avant, je me fie à ce que je ressens. Et… votre parfum m'évoque… que nous avons été très proches vous et moi… Enfin je crois."

Les derniers mots dans un murmure, la tête baissée sur mes mains posées sur mes cuisses. J'ai presque honte d'avoir énoncé à voix haute ces quelques pensées quelque peu déplacées, surtout si je me trompe lourdement à son sujet. Je relève vivement le visage et le tourne vers lui avec un fin sourire. "Non… Oubliez ce que je viens de dire. Allons boire ces fameux cocktails et discuter un peu. Qui sait, peut-être que ma mémoire reviendra en votre présence ou en vous écoutant me dire ce que vous savez de moi." J'en profite pour le détailler un peu alors que la voiture roule désormais. Il est beau, charmant et charmeur, il semble avoir de l'argent, beaucoup même au vu de sa voiture et de sa demeure que j'ai observée alors qu'il me laissait au bord du lac. Je ne comprends pas vraiment ce qui aurait pu faire que lui et moi nous nous connaissions. C'est pourtant tellement évident, tel le nez au milieu de la figure. Le lien est si simple et tu ne le vois absolument pas, aveuglée par ce lien qui te chatouille les entrailles au lieu de te les broyer. Tu devrais fuir, te jeter hors de cette voiture alors même qu'elle roule pour ne pas te retrouver seule avec lui plus longtemps…
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Jake Hamilton
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Dim 27 Déc - 23:09 (#)

onirisme
Ft Lucia Kinnaman & Jake Hamilton

Le bruit de la portière qui claque sonne à mon oreille comme le cliquetis d’un loquet qu’on verrouille. Clac. À travers la vitre, la poupée de porcelaine me sourit naïvement, encore inconsciente du piège qui vient de se refermer sur elle. Je ressens un soudain mépris pour cette créature qui n’a pas su flairer le danger. C’est presque trop facile, plus facile encore que de taillader sa peau opaline avec une lame effilée. Je contourne la voiture, efface le rictus mauvais qui étirait mes lèvres, puis m’installe au volant. Je lance un regard doux vers elle, dégueulant d’une fausse bienveillance, avant de mettre le contact. D’une voix discrète et délicate, ma nouvelle prisonnière me remercie pour le temps que je lui accorde. Quelle ironie, n’est-ce pas? Elle flotte sur un nuage, la pauvre. Si elle savait… Au fond de moi, ne subsistent que haine, douleur et rage. J’ai envie de lui faire mal, d’entendre son agonie dans des cris déchirés, de supplicier ses chairs déjà meurtries, de sentir le goût ferreux de son sang sur ma langue, de jubiler à la vue de son regard larmoyant qui s’éteint, et baiser son cadavre mutilé encore chaud.

Je remarque qu’elle me jauge avec attention, qu’elle cherche à percer le voile de ses souvenirs défaillants. Sa mémoire sera comme un jet d’acide dans son crâne tourmenté, et rongera jusqu’à son âme coupable d’avoir voulu réexplorer l’abyme, et le gouffre de toute ma perversion. L’élégance de ma tenue l’interroge. C’est juste mon uniforme de travail, chérie, rien de plus. «-Je quitte seulement le boulot.» Inutile d’entrer dans les détails, ses origines prolétaires bloqueront inévitablement sa compréhension, alors je me contente d’un léger sourire sournois. Mes doigts viennent effleurer la peau fraîche de son bras, pour un contact d’à peine quelques secondes qui lui tire pourtant un frisson. J’augmente aussitôt le réglage de la température, enclenche les sièges chauffants, puis vérifie rapidement que la soufflerie est bien dirigée vers elle. C’est mon côté perfectionniste. Je la veux princesse, avant de la voir abdiquer de la pire des manières.

À demi-mots, fouillant dans son brouillard intérieur, elle évoque avec hésitation la sensation d’avoir été proche de moi, envisageant même la possibilité d’une relation charnelle passée. Si tu savais, ma belle, tu t’empourprerais encore davantage… Je démarre la voiture, puis m’engage dans les rues familières, laissant défiler les reflets orangés des lampadaires sur le pare-brise. Le rose aux joues, Lucia tente de faire oublier ces paroles qui lui paraissent soudain indécentes, voire totalement déplacées. Sa gêne m’amuse, et je m’emploie à la faire durer encore un peu. Mon regard se pose en silence sur elle, avant de retourner fixer la route. Nous traversons Mansfield, et les rues sont presque désertes. Les seuls badauds qui déambulent à cette heure tardive semblent lourdement alcoolisés ou complètement shootés. La lie de la société. Instinctivement, je cherche dans ces visages inconnus la pâleur cadavérique des prédateurs de la nuit. Pourquoi? Je n’en ai pas la moindre idée… Le frisson dans ma nuque m’indique que la réponse n’est pas plaisante.

Je me décide enfin à reprendre la parole. «-Tu travaillais comme serveuse au “Blue moon saloon”, un petit bar de Downtown. Ce soir-là se produisait un groupe de musique cajun dont j’ai oublié le nom, pas vraiment bon, mais joyeux et entraînant. Je n’étais clairement pas d’humeur festive après les événements tragiques de la veille, mais il s’est mis à pleuvoir des cordes, et nous avons choisi de nous abriter en attendant une accalmie. Quand tu es passée prendre notre commande, j’ai à peine porté attention à t… À vous...» Je soupire, puis tourne brièvement la tête vers elle, un sourire contrit sur les lèvres, comme pour lui présenter des excuses silencieuses, avant de me focaliser à nouveau sur ma conduite. «-Je vais avoir du mal à tenir le vouvoiement. Est-ce que tu permets qu’on se tutoie?» Elle ne m’a JAMAIS tutoyé. J’imagine d’ailleurs que j’aurai envie de la gifler quand elle osera s’exécuter. Je plonge un regard affectueux dans le sien, attends son assentiment, puis reporte mon attention sur la route avec satisfaction. «-J’étais avec le maire et deux de ses adjoints. Nous venions de faire un premier état des dégâts engendrés par la… tornade...» Tornade-mon-cul! Je fais partie de ceux qui ont choisi de maquiller ce triste épisode en catastrophe naturelle. D’abord pour éviter la panique générale, et autres mouvements de foules ingérables, mais surtout pour obtenir des fonds fédéraux destinés à financer la reconstruction. Malgré nos divergences politiques, je me suis associé tant bien que mal avec le gouverneur pour défendre le dossier devant une commission d’enquête du Pasua, puis à Washington. Bref, une vaste mascarade dont je ne retire aucune fierté, bien au contraire.

«-En plus d’apporter nos consommations, tu m’as servi un petit muffin au caramel, sur lequel était plantée une bougie dorée. “Joyeux anniversaire, Monsieur le Sénateur.”» J’adopte pour cette dernière phrase un ton plus doux, plus suave et légèrement plus aigu, sans pour autant tomber dans la caricature. J’essaie surtout de donner à mes mots la chaleur et la sensualité d’une Marilyn Monroe, prononçant son célèbre “Happy birthday Mister President”, mais sans réel talent d'imitateur. «-C’était un peu inapproprié, mais… ça m’a touché.» D’abord, je n’aime pas les muffins, et ensuite le moment était particulièrement mal choisi. Mais comment ne pas être flatté qu’une belle inconnue me témoigne de l’intérêt? J’ai toujours eu ce besoin insatiable de plaire aux femmes, de justifier ma propre existence à travers leurs yeux. Ou alors n’est-ce qu’une question d’ego. «-C’est là que je t’ai vraiment découverte pour la première fois.» Je l’ai trouvée exquise, avec un soupçon de délicieuse vulgarité. J’ai su d’emblée qu’elle deviendrait mon cadeau d’anniversaire, ma cerise sur le gâteau, ma récompense, mon agneau sacrificiel, et que je m’en repaîtrais avec ivresse et délectation.

Mon regard cherche le sien, puis pénètre ses prunelles avec une chaleur construite. «-Tu as des yeux magnifiques, Lucia… Comment ne pas sombrer immédiatement dans les profondeurs de ces eaux turquoise?» J’appuie le compliment par un sourire charmeur avant de rebasculer mon attention sur la route. À cette heure tardive, la circulation est excellente, et nous prenons déjà la direction de The Haven. Bientôt, les ombres grises de la ville planeront derrière nous et je pourrai enfin tomber le masque. «-Tu étais sublime. Mais surtout, tu avais un petit quelque chose de plus. Ce quelque chose que je n’ai jamais su nommer, mais qui n’a cessé de me fasciner.» En réalité, j’ai mon idée sur la question : elle était cette représentation féminine lancinante qui vrillait mon esprit, l'incarnation de cette pureté qu’il me fallait souiller. Je n’en dormais plus. Ces rêves, ou ces cauchemars récurrents, ces images obsessionnelles qui n’avaient de cesse de hanter mes nuits, et ronger mes pensées quotidiennes. Ça commençait à me broyer et à me déchirer de l’intérieur. Cette noirceur entêtante m’arrachait des cris, et générait une violence rageuse que je peinais à refréner. Mes pulsions gagnaient en intensité. J’avais besoin de quelque chose de brutal, de viscéral. Je savais que je devrais passer à l’acte. Alors oui, je suis un salaud, c’est chose admise, mais c’est encore le seul moyen dont je dispose pour ne pas sombrer dans une folie destructrice. J’ai fait mon choix : plutôt elle que moi.

«-A cet instant, j’ai su que je remuerais ciel et terre pour te revoir.» Pas de la manière dont elle l’aurait souhaité, évidemment, pour des efforts bien moindres. Un éclair irradie soudain mes pensées. Mes mains se crispent aussitôt sur le volant en cuir. Putain quel con!!! Mais QUEL CON!!! J’ai envie de me frapper. Si j’ai eu la présence d’esprit d’abandonner mon smartphone dans le garage, je lui ai laissé le sien sans réfléchir. En prime, je lui ai donné mon prénom, mon vrai prénom, et le temps de passer un coup de fil pendant que j’allais chercher la voiture. Quelle merveilleuse annonce à faire à ses nouveaux amis que la découverte d’une connaissance passée, qui pourrait lui ouvrir les portes de sa mémoire! Putain de merde! Je suis épuisé, j’ai peu d’heures de sommeil au compteur, et j’agis d’instinct, sans préparation, comme un vulgaire débutant. Ce n’est pas dans mes habitudes. Je laisse trop d’indices. Je bâcle. C’est parfaitement stupide et ridicule. Alors je fais quoi maintenant? Je prends une longue inspiration puis me tourne vers elle. «-Le bar est à Mooringsport, à une bonne quinzaine de minutes d’ici. Tu as prévenu que tu rentrerais plus tard?» Sa réponse déterminera inévitablement la suite du programme.


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Mar 12 Jan - 16:43 (#)


Onirisme
Feat JAKE HAMILTON


Le piège se referme et tu ne vois rien, ne ressens rien d'autre que cette douceur cotonneuse qui te réchauffe enfin le cœur. Ce cœur qui a été piétiné par deux fois, cœur qui pleure le départ de cette seule amie. Tu bois ses paroles, suis ses désirs sans te rendre compte qu'ils vont te porter préjudices, te mener à ta perte. Pauvre enfant, pauvre idiote. Incapable de voir le loup qui se cache derrière ce visage avenant, ces sourires chaleureux et ces mains qui soulagent tes maux. Tu te laisses bercer, happer par des sentiments qui sont biaisés, enjolivés dans ce syndrome de Stockholm qui t'a déjà joué des tours lors de ta capture. Être avec cet homme, seule avec lui, subir ses sévices, ses tortures puis, prier pour qu'aujourd'hui il soit doux, clément avec ta carcasse en miettes. Et il l'a été; de la douceur dans ses propos, dans ses gestes sans once de violence. Il l'a été pour endormir ton esprit, te faire miroiter des lendemains plus lumineux. Tu as déjà bu ses paroles dans le passé, ton regard larmoyant, ton visage rougis par la honte, tes lèvres sèches d'avoir trop supplié, de ne pas avoir assez bu, ton ventre hurlant famine. Rabaissée plus bas que terre mais, tu continuais à joindre les mains dans des suppliques dégoulinantes de soumission. Capable pervertir ton amour un peu de paix physique et psychologique.

Il sort seulement du travail? Je suis cette fois certaine de ne pas être du même monde que lui. Je ne sais rien de moi mais, comme les agents me l'ont bien fait comprendre, si on ne me recherche pas, c'est que je suis une marginale. Riche, on se soucierait de ma disparition. Un coup dur, un de plus. Une pauvre fille sans famille, sans amis qui se demande où j'ai bien pu aller, pas de compagnon dans ma vie qui s'inquiète de cette absence de nouvelles. À moins que, comme ils me l'ont aussi dit, une autre hypothèse serait qu'une personne de mon cercle familial ou amical m'aurait fait subir tout ça. Auquel cas, il serait préférable pour lui de ne pas se faire connaître. Mon amnésie pousse à imaginer tout un tas possibilité sur ma vie avant cet accident qui non, n'était pas une tentative de suicide de ma part. Ils enquêtent, sans que je sois réellement informée des avancées. Tout le monde tâtonne, l'équipe médicale aussi, impossible de savoir si la mémoire va me revenir un jour pourtant, je continue de suivre le protocole instauré, je poursuis mes exercices psychologiques, les rituels quotidiens pour faire marcher mon cerveau. Le contact de sa main sur mon épiderme m'arrache à mes pensées tout en me tirant quelques frissons. 

Mon regard se pose sur lui et je pense au côté charnel de la relation que nous aurions pu avoir dans ce passé pas si lointain. Il est attentionné avec moi, se propose de m'en dire plus. C'est qu'il sait bien plus que quelques instants de ma vie sinon, il aurait pu les partager sur les berges du lac avant de me raccompagner au foyer. Là, je sens qu'il aura des points clés à me donner. Rien à voir avec la garce de la salle d'attente qui s'était jouée de mon amnésie pour me torturer, pour me rabaisser devant ce petit public conquis d'avance et assoiffé de misérabilisme. Repenser à ce moment me serre le cœur. Tant de méchanceté en cette femme, cette cruauté de faire naître l'espoir avant de le briser entre ses mains comme une sale gamine. Je n'étais qu'un vulgaire jouet pour elle, une vulgaire expérience, la petite souris dans le labyrinthe qui trouve enfin la sortie et de quoi se nourrir alors qu'au final ce trésor est empoisonné. Elle a dû jubiler de mon agonie, de mes mots déversés, des insultes vaines proférées contre elle et contre toute l'assemblée. Mon cœur se serre à m'en provoquer un pincement désagréable dans la poitrine, sans doute mes traits se sont crispés sous cette sensation impossible à contrôler. 

Comme pour chasser ces pensées négatives, je lui parle de ce que je ressens à son contact, phrases que je regrette aussitôt sorties de mes lippes. Et s'il n'en était rien, quelle honte d'oser dire ce genre de choses. Il fait durer le silence, me plongeant par la même dans un océan de gêne qui me chauffe rudement les joues. On pourra faire passer ça pour la température qu'il vient de faire grimper dans l'habitacle. Je m'enfonce dans le siège sous cette absence embarrassante de réponse. Puis, il prend enfin la parole pour s'expliquer, pour m'éclairer un peu. Il me conte une rencontre. Serveuse? Pourquoi pas, voilà d'où viendrait mon désir de côtoyer les bars et ces ambiances alcoolisées. Encore une fois, ses mots semblent faire écho à des souvenirs enfouis, ils ne raisonnent pas dans le vide, ne font pas naître d'incohérences non plus. Mes prunelles claires se posent sur lui, ne le lâchent pas un seul instant, rivées sur ses lèvres, sur son sourire, sur les mots qui se déversent sur moi tel un torrent bienfaiteur qui réchauffe le cœur. Il me fait bien vite comprendre que je ne m'étais pas trompée, il aimerait abandonner le vous pour un pronom plus intime. Son regard se pose de nouveau sur moi, j'acquiesce, nullement gênée, plus à l'aise avec le tutoiement de mon côté. Il explique être venu avec le maire, la tornade. Événement dont j'ai entendu parler, qui ne m'évoque pas le moindre souvenir traumatisant, sans doute est-il préférable que je ne connaisse pas cet incident. Il explique la petite attention à son égard pour son anniversaire. Je suis donc… j'étais donc ce genre de fille? De celles qui aguichent, qui se font démarquer par des œillades ou des petits présents? Je suis si loin de cette version de moi-même. 

Un soupir m'échappe, mes yeux ne se posent pas un seul instant sur la route, je m'en moque bien au final. Regarde autour de toi. Entends ses mots, fouille, comprends cette rencontre. Rends-toi compte qu'il est le dernier à t'avoir vue. Non, tu ne captes rien, complètement sous son emprise. Il est rudement doué l'enfoiré, on pourrait presque croire qu'il a eu un coup de foudre pour toi. Il n'en est rien, il a eu une attirance malsaine pour ta misérable existence habillée de chair appétissante pour ses multiples vices, ses désirs obscurs, obscènes. C'est un connard qui a la verve caressante, ses mots éveillent en toi des sensations exquises, des souvenirs de sa peau contre la tienne, de la sueur et des larmes. Il manque le sang rouge maculant ta peau blême, le bleu habillant ton épiderme soumis à rude épreuve. Tu as si vite oublié la douleur, le calvaire enduré au profit d'un souvenir qui échauffe tes sens, émoustille ta libido quasi en berne. Il est doué et tu vas sombrer, une fois encore. Il fera de toi un objet sexuel, un objet à dépecer vivant, à qui les os se briseront sous une tension trop forte. Pauvre enfant… et tu ne vois rien. Mes joues sont de plus en plus rouges sous ses compliments. Mordillement de la lèvre inférieure et mon regard peine à soutenir le sien quand il se tourne vers moi. Comment ne pas être charmée par cet homme? Impossible. Et il a cherché à me revoir, après ce petit gâteau déposé l'air de rien.

J'avais perdu beaucoup d'assurance, le foyer n'aidait pas à la retrouver non plus, il fallait éviter de se faire remarquer. Puis, mes virées au bar, c'était pareil, je ne voulais pas attirer l'attention au risque de rencontrer les mauvaises personnes. Et cette peur de ne plus savoir que faire, quoi dire, ce que l'on attendrait de moi. Bref, un apprentissage qui me foutait plus la trouille qu'autre chose. Le nuage cotonneux se pare d'une chaleur qui irradie les reins. Telle une ado sous ses premiers émois, j'entrevois une discussion prolongée avec lui qui sait mon amnésie et pourquoi pas un moment encore plus intime. Nouveau mordillement de ma lippe inférieure, sourire un peu niais sur la face. Si je savais… Il demande si j'ai prévenu quelqu'un que je rentrerais tard. Je quitte un instant mes émois, petite moue embêtée. "Même pas… J'ai une amie à qui j'aurais rêvé annoncer qu'enfin je venais de trouver quelqu'un de fiable… Mais elle m'a donné son téléphone avant de retourner chez son connard de mari qui la bat et j'ai pas son numéro. J'ai même le numéro de personne dedans pour le moment. Je l'ai pris avec moi ce soir au cas où elle m'appellerait." Je chasse les pensées sombres qui me hurlent qu'elle doit être en train de se faire refaire le portrait par son mari, c'est nullement l'endroit, encore moins le moment. Je veux profiter à fond de cette rencontre, de cette nuit qui s'éternise. "Merci Jake… Je ne savais pas du tout quel genre de femme je pouvais bien être avant tout ça. Donc je n'hésitais pas à aborder un charmant inconnu pour le séduire à ma façon. J'en prends note en tout cas, il faudra que tu m'en dise plus alors, on a fini par se retrouver? Pas trop compliqué pour toi vu que tu savais où je travaillais et que tu dois avoir pas mal de contacts aussi."

Je veux qu'il m'en raconte plus, qu'il ne cesse de parler pour combler mes manques, combler ma mémoire façon puzzle aux pièces retournées. Peut-être qu'il réveillera des souvenirs ou au moins quelques bribes qui me redonneraient mon entièreté initiale. Juste un prénom, un trait de personnalité et un métier ne font pas tout. Une famille, un nom, des amis, un passé. Il faut tout ça pour se sentir enfin soi. Il ne te donnera que la mort et la souffrance pour ce que tu recherches pauvre folle. Il n'a rien sur toi que ce qu'il t'a arraché de force la première fois. Stupide, tu es stupide de ne pas faire le rapprochement, de ne pas voir le soustexte dans sa question faussement innocente. Il veut être certain que tu es entièrement à lui, que personne ne s'inquiétera de ton absence, de ton retard. Il est tordu, il est fort, il est bien plus malin que toi… Tu vas y passer d'avoir été trop aveugle et trop conne.
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Dim 31 Jan - 12:33 (#)

onirisme
Ft Lucia Kinnaman & Jake Hamilton

Mes doigts crispés éprouvent le cuir noir du volant, alors qu’au dehors, la ville endormie continue de défiler inlassablement, dans des tons gris poisseux et des géométries rébarbatives. The Haven est un quartier si triste la nuit qu’il en devient infect. A peine moins sordide que les bas-fonds de Stoner Hill, qui accueille chaque soir des générations de cloportes et autres travailleurs pauvres. La mâchoire serrée et les yeux perdus dans une fixité inquiétante, j'essaie d'appréhender au mieux les émotions ambivalentes qui me cernent. Je passe ma main sur ma nuque, pour un bref massage de mes muscles raidis. Je ne crois pas qu’il s’agisse réellement de peur, puisque cette sensation m'est partiellement étrangère, du moins dans sa forme la plus conventionnelle. Il s'agit d’anxiété, tout au plus. Non. En fait, j'opterais plutôt pour de la frustration mêlée d’une pointe de colère et de consternation. J’assume mal ce niveau de médiocrité, si éloigné de mon excellence habituelle. Pour sûr, ce projet bâclé ne saura apaiser la bête. Un véritable gâchis qui se verra sanctionné d’excès médicamenteux. Il existera toujours en moi cette pulsion qui me submerge et qui me poussera à commettre des crimes toujours plus atroces et abjects, sombrant toujours plus profondément dans le puits de l’infamie. C’est mon plaisir, mon fardeau. Soupir. Je pousse un peu plus sur l’accélérateur, faisant doucement rugir les 621 chevaux cachés sous le capot, sans plus réellement me soucier des limitations de vitesse. La nuit est à nous, et j’ai un besoin ardent d’en ressentir l’ivresse. Combler le vide.

Qu’est ce que tout ça peut bien faire? La prise de risque contribue à l’excitation. Son sang va bénir cette soirée. Irrémédiablement. Éclats rouge carmin, rubis sensuel. J’ai commis une fois l’imprudence de la croire vaincue avant l’heure, l’impair ne saurait se répéter. Ma maladresse organisationnelle du jour influera seulement sur la date et les conditions de sa mise à mort. Quoi qu’il advienne : ma naïade ne survivra pas à la tempête. Les vents violents ne lui sont décidément pas favorables. Elle est une noyée en sursis. Lucia reprend la parole, et l’emploi du tutoiement m’irrite déjà l’oreille. Arrivée telle une bénédiction inespérée, sa réponse concernant ses contacts téléphoniques m’arrache un sourire en coin, dans un mélange de satisfaction et de pure malveillance. J’exulte intérieurement. La providence m’octroie enfin la possibilité de conclure le cycle! En quelques mots lâchés de sa voix fluette, la demoiselle vient de réduire drastiquement son espérance de vie. Halleluiah. Comme pour conforter mes plans, elle écrase un peu plus son égo en avouant un quotidien terriblement pathétique, paumé entre solitude extrême, pauvreté et errance hasardeuse. On abattrait un chien pour moins que ça. Si on y réfléchit bien, je lui rends un immense service en lui épargnant cette existence lamentable et triste à mourir.

A ses joues rosées et sa manière de me regarder, il devient évident que je lui plais. J’imagine que je pourrais la baiser sans trop d’efforts, sans même me donner la peine de continuer à la charmer. Larguée comme elle est, un coup rapide sur la banquette arrière pourrait suffire à la contenter, simplement pour qu’elle ressente cette sensation d’exister, dans mes yeux et au plus profond de ses chairs. La laisser s’offrir à l’homme qui ne tardera pas à l’abattre a quelque chose de poétique et cynique à la fois. Et pourtant, la manœuvre est si simpliste que cette perspective perd considérablement de son attrait. Au fond, seule sa mort imminente m’intéresse réellement, ainsi que mon besoin de vengeance. Elle doit payer. Je m’enfonce un peu plus contre le dossier en cuir sans quitter la route des yeux. Devenue superflue, la conversation commence sérieusement à m’ennuyer, mais je m’efforce de tenir un masque affable, tout en satisfaisant sa curiosité maladive. «-Oui, nous avons fini par nous retrouver, une semaine plus tard. Mais l’entreprise n’était pas aussi aisée qu’il n’y paraît. En tant que personnalité publique médiatisée, il était inenvisageable pour moi d’afficher au grand jour une relation extra-conjugale. Ma manière de te désirer constituait déjà un aveu coupable. Il aura fallu emprunter des chemins de traverse. Nous savions tous les deux que cette liaison était vouée à l’échec, et pourtant nous avons pris le risque de nous perdre ensemble, enlaçant nos corps et nos cœurs dans une passion dévorante.»

J’en fais probablement trop, mais elle semble avide de ces mots qu’elle absorbe sans méfiance. Elle a besoin que je lui parle d’elle, que je perce les mystères nébuleux du passé, que je la berce d’illusions mais surtout, que je lui retrouve un semblant de vie. Quelle ironie : je suis un ange de la mort, poupée. Si elle était capable de lucidité, elle aurait dû saisir les failles de mon discours. Maintenant engluée dans ma toile, impossible pour elle de se soustraire à mon poison. Pour contourner sa vigilance et apaiser ses doutes quelques minutes encore, j’enrobe mes mots et ma voix de miel, ne dévoilant qu’une vérité transfigurée, un peu trop sucrée. «-Tu étais pétillante, enjouée, déterminée à tourner la page sur un passé néfaste et douloureux. Tu voulais te gorger d’expériences, et vivre intensément, loin de l’hostilité parentale. Tu t’es finalement épanouie dans mes bras. Il m’aura suffi de tailler le diamant brut qui résidait en toi, pour en révéler toute la beauté. Sublime et saisissante.» La double lecture devient presque trop évidente, trop brutale. Oui, je l’ai dressée pour la conformer à mes désirs, et satisfaire mes vices les plus sombres. Je l’ai détruite psychologiquement, pour mieux la reconstruire ensuite, dans le seul but de lui faire atteindre l’excellence. Voyez ici une mission altruiste. J’aurais aimé pouvoir dire qu’elle était la plus belle de mes créations, mais ce n’est pas le cas. Elle aurait dû me rendre fier, sauf que la perfection lui était inabordable. Trop de lacunes à réparer. Elle n’a su tenir la mesure de mes enseignements. Et pire, la garce m’a trahi.

La ville se dresse maintenant derrière nous, la forêt a remplacé le béton gris et ignoble. Seuls les pleins-phares percent maintenant l’obscurité. Au milieu des pins, des cyprès et de feuillus indistincts, la longue langue d’asphalte défile à vive allure. Je maîtrise parfaitement ma conduite, malgré une vitesse un peu excessive. Ici, pas besoin de démonstration virile inutile, juste une envie de passer aux choses sérieuses rapidement. Mon temps est précieux. Je sens en moi s’épaissir plus d’ombre, alors que nous dévorons les kilomètres. «-Tu m’écrivais souvent de longues lettres passionnées. Tu aimais vraiment ça, écrire… Tu poétisais notre relation avec amour et talent. Ça te dirait de lire une de ces lettres?» Sa réponse positive constitue une évidence dont je compte tirer parti. Je stoppe la lancée de la voiture, rétrograde puis vient me garer sur le bas-côté. Je me penche vers elle puis fouille la boîte à gants pour en ressortir un Beretta 92 conçu entièrement en argent, équipé en 9 mm parabellum, avec un chargeur d’une capacité de quinze coups. «-Me couvrir de mots doux ne t’a pas empêchée de me poignarder...» Sa stupeur la fige. J’arme le chien de mon arme, puis pose le métal froid du canon sur sa tempe, tout en tenant mon index sur la queue de détente. Ma voix se fait immédiatement sèche et autoritaire, ne laissant plus aucune place à la négociation. «-Tu vas détruire ta carte SIM et jeter ton téléphone par la fenêtre. Tout se passera bien si tu obéis sans discuter. Compris?» Bien? Tout est relatif...

Elle s’exécute en tremblant, alors que je prie intérieurement pour qu’elle ne pisse pas de peur sur le cuir clair du siège. Ce ne serait pas la première fois que ça arrive. Heureusement, sa vessie tient le choc. Je redémarre la voiture, en utilisant un seul bras, dans la mesure du possible, tout en continuant à faire peser la menace sur sa petite vie minable. Je fais demi-tour, roule sur plusieurs centaines de mètres puis quitte la route pour emprunter un chemin un peu moins praticable. Certainement pas le genre de chemin adapté pour une berline de luxe. La voiture cahote doucement sur les nids-de-poule, que j'essaie d’éviter consciencieusement, sur deux ou trois kilomètres. Je m’arrête avant d’atteindre la masse noire et informe de la vieille chapelle. Les phares n’éclairent plus que quelques fourrés quelconques. Autour, ne subsiste que la noirceur mortifère d’une nuit profonde. Je coupe les phares puis le moteur. Il faudra attendre une bonne minute pour que la rétine s’habitue à l’obscurité. «-Ne bouge surtout pas.» Je quitte l'habitacle chaleureux pour gagner la fraîcheur relative de l’extérieur. Je contourne la voiture d’un pas rapide et assuré puis ouvre la portière côté passager. «-Sors de là. Doucement.»

Elle obtempère trop lentement à mon goût. Mon regard se pose sur ses chaussures. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle a opté pour des baskets blanches, usées, qui sont une véritable insulte à sa féminité. Serait-ce trop demander à une femme que de porter des escarpins? Là, j’ai juste envie de lui brûler les pieds. Faire flamber cette horreur satanique qui irrite mes yeux. Je la dévisage un instant puis désigne un endroit dégagé d’un mouvement de menton. Pas de cachette. Aucun espoir de fuite. Mon regard est glacial. «-Pour faire tes besoins, c’est maintenant. Juste là. Tu n’en auras plus l’occasion dans les prochaines heures.» Je devine déjà son humiliation à se soulager devant moi. Heureusement, la peur génère souvent des envies irrépressibles de se vider. Ca m’arrangerait qu’urine et matières fécales ne viennent pas se mêler à nos prochains jeux. La mort est toujours infestée de saletés, et ce n’est probablement pas la partie la plus agréable du processus. C’est dégueulasse et ça pue. Il faudrait juste que la petite se décrispe. Allez, vas-y ma belle...

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Mon cœur, mon âme, mon être tout entier est gonflé d'espoir. Le sentiment d'être à nouveau quelqu'un, quelqu'un qui a existé aux yeux d'une autre personne. Un détail si insignifiant qui représente tellement pour moi en cet instant. Il a connu cette fille que je regarde dans le miroir chaque jour et qui ne me dit rien, cette inconnue dans laquelle je me suis glissée, ce corps qui est familier tout autant qu'étranger. C'est tellement douloureux de se réveiller en pleine nuit et de ne rien savoir, comme un rêve qui s'évapore à l'ouverture des paupières. Je vis dans un brouillard opaque depuis si longtemps que cette lueur d'espoir en est presque aveuglante. Si aveuglante que je ne décèle pas les failles, les détails qui devraient faire tilt sans ce cerveau qui a tout cloisonné pour mon bien-être psychologique. Et tu crois quoi? Qu'il va simplement te faire la causette toute la nuit et tenter de réveiller ton esprit sur les beautés de la vie? Non, il va finir le travail, de quelle manière? Lui seul le sait mais au vu de ce que tu as déjà enduré, tu vas prendre cher petite écervelée. Il te livre des détails cruciaux et toi tu t'enfonces dans ton propre désir de retrouver la mémoire et pourquoi pas de te lover dans des sensations exquise avec cet homme. Stupidité quand tu nous tiens. Je n'arrive pas a croire qu'un homme de son standing se serait intéressé à moi mais, pourquoi pas vu que je semblais entreprenante dans cette autre vie. 

Il reprend la parole, marié donc. Un sentiment de fierté mal placée vient se nicher sur mes lèvres dans un demi-sourire que je cherche à réprimer. Il a voulu tromper sa femme avec moi, cette sensation est grisante. Je me laisse porter par ses mots qui gonflent mon ego, caressent cette sensibilité que je ne me connaissais pas. Il détaille ce qu'il a aimé chez moi, si loin de cet être que je suis devenu à présent. De pétillante, je suis devenue terne. Enjouée? Je ne m'amuse pas vraiment tous les jours. Déterminée à tourner la page sur mon passé… Je ne fais que courir après ce dernier depuis que j'ai posé mon regard sur la chambre aseptisée. Me comparer à un diamant qu'il aurait taillé m'arrache un rire léger. J'ai l'impression que jamais je ne redeviendrait cette femme qu'il décrit avec une certaine tendresse dans la voix. Ses mots continuent, mon silence est le simple reflet de mon impatience, je veux en savoir plus sans oser le presser sur des questions sans doute futiles, je préfère amplement le laisser dérouler le fil de ses propres pensées. Je lui écrivais? J'ouvre des yeux ronds, cette chose que je suis incapable de faire, il me dit que je le faisais régulièrement. Les médecins m'avaient dit que peut-être je n'avais jamais su le faire et que c'était normal que je n'y arrive pas plus à présent. J'avais beau expliquer que je savais écrire que c'était dans le domaine du possible, que mes muscles eux, s'en souvenaient parfaitement et qu'au fond de moi j'en étais certaine.

Il me propose de lire ce que je lui envoyais, je vais voir mon écriture. Mes joues rosissent encore plus, il conserve dans sa voiture des preuves de son infidélité? Ce sentiment puissant de se sentir particulièrement à ses yeux, importante, indispensable peut-être à son bien-être. Il t'endors et toi tu plonges bêtement dans ces eaux qui vont irrémédiablement te noyer. Stupidité puérile de tes émois. Il est habile de ses mots, de ses mains et de ses vices. Tu es bien trop naïve pour te rendre compte de ce qu'il est véritablement. Je décale mes jambes alors qu'il se penche vers moi pour fouiller la boîte à gant. Mon cœur loupe un ou deux battements, ma respiration s'interrompt dans un hoquet de stupeur. De rose, je passe à blême. Mon rythme cardiaque retrouve sa fonction pour marteler douloureusement ma poitrine, un nœud se forme dans mon estomac, un autre se niche dans ma gorge alors que sa voix si chaleureuse devient terriblement glaciale. Il me parle de l'avoir poignardé… Une lumière jaillit dans mon esprit alors que le canon froid se pose sur ma peau tout aussi gelée. Mes membres tremblent, ma vision se trouble de quelques larmes qui roulent silencieusement sur mes joues. Je suis incapable de le regarder à présent. C'est lui. Il est lui. Je me sens plus que stupide de m'être laissée berner par mes propres envies et désirs, d'avoir cru qu'il allait m'aider. 

J'acquiesce à son injonction. Il me faut pas loin de dix minutes pour parvenir à prendre mon téléphone, réussir à en extirper la carte sim soudainement trop petite pour mes doigts terriblement malhabiles. La détruire est si facile, jeter le téléphone aussi d'ailleurs. Pourtant ces gestes simples sont lourds de sens. C'est la fin, je n'ai pas d'échappatoire, pas de porte de sortie… Seule avec lui, seule avec mon bourreau. Je suis tétanisée dans mon siège, jouant nerveusement avec mes doigts sur le bas de mon top. Il redémarre, change d'itinéraire, les ténèbres envahissent l'habitacle. Des couinements de peur m'échappent, des sanglots, des hoquets que je ne parviens pas à refréner. Il finit par s'arrêter, des tremblements agitent ma frêle carcasse. Mes prunelles scrutent l'extérieur… Le noir complet, plus de ville à l'horizon, juste nous dans les ténèbres. Ce mot envahit mon esprit, ténèbres, il est le démons, le monstre qui se cache sous le lit près à nous happer si on se lève au beau milieu de la nuit. Il coupe tout. Lumières et moteur, c'est encore pire à présent, je déglutis difficilement, renifle un peu trop bruyamment. Sa voix me fait sursauter. Ne pas bouger? Les tremblements ne comptent pas j'espère sinon je risque de me prendre une balle dans le crâne. Il sort, je sursaute à nouveau à la portière qui se ferme, idem quand il ouvre de mon côté. 

Sortir? Mes membres tremblent tellement que je ne sais pas s'ils parviendront à me tenir debout. J'ai besoin de poser mes mains sur la voiture pour ne pas m'écrouler au sol. Je ne sais plus quoi penser, que faire, juste subir. Les mots ne sortent pas, ne sortent plus. Je voudrais hurler, supplier, comprendre. Son regard sur moi devient insupportable, sa voix n'en parlons pas. Mon être tout entier tremble à chaque mots qu'il prononce. On est bien loin des émois qui réchauffaient mon âme. Nouvelles injonctions, une fois encore la stupeur s'affiche sur mon visage. Mes yeux cherchent un endroit plus à l'écart, un buisson, quelque chose… Rien, je m'avance un peu, que la pénombre voile un peu mon corps. Je suis au fond du gouffre et lui, il tient la pelle qui va me recouvrir de terre. Je remercie le ciel de manger peu, de n'avoir qu'une seule envie c'est de pisser, mes intestins crient plus famine que le grondement annonciateur d'une envie de se poser sur le trône. À l'écart de quelques pas, je baisse mon pantalon et ma culotte pour me soulager sous son regard. La honte, la peur, le sentiment d'avoir été stupide, la colère même contre moi. Tout se mêle et je me mets à sangloter en m'essuyant avec une serviette du bar avec le numéro d'un inconnu marqué dessus. Il aura au moins servi à quelque chose. Je me rhabille et toujours malhabile, je reviens vers lui. Fuir ne sert parfaitement à rien, il est armé, un écart et il me logera une balle dans le corps c'est certain. 

"... Pitié… laissez moi repartir. S'il vous plaît… Je ne parlerais pas de vous. Qui croirait celle qui n'a plus de mémoire hein? Personne ne se soucie de moi dans cette ville. Je suis sûre que les flics n'enquêtent même plus… Je ne dirais rien, je vous le jure."

Mains jointes et visage larmoyant, je m'approche tout en gardant une distance que j'estime de sécurité. Je sens que mes paroles sont vaines, je sens que parler ne sert à rien, je sens que tout n'est qu'une question de temps avant que je ne finisse dans un trou dans cette forêt. Personne ne se souciera de ce que je suis devenue, ma seule amie sera bien trop occupée pour se demander ce que je suis devenue. De plus, les paroles que je viens de prononcer n'aident en rien ma situation, au contraire, elles lui laissent une porte grande ouverte pour faire ce qu'il veut de moi pour le temps qui lui chantera. Tellement stupide et trop bavarde sous la pression.
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Je la surveille du coin de l'œil, alors que je remplis à la hâte deux sacs en toile épaisse kaki. Son attitude pathétique, renforcée par des simagrées ridicules, m'arrache un soupir d’agacement. Elle sait pourtant que je méprise les pleurnichardes et les geignardes. Sa mémoire perdue l’enfonce davantage. D’un geste sec, je remonte la fermeture éclair du premier sac, déchirant le silence d’un crissement métallique. Heureusement pour elle, ma récente jouissance a su calmer mon irritation latente. A quelques pas, ma poupée de porcelaine régurgite sans la moindre élégance le contenu de son estomac, à quatre pattes dans l’herbe, dévorée par l’ombre. Son corps à moitié nu est secoué par les sanglots et les tremblements, de la morve lui coule du nez, et un mince filet de sang continue de suinter depuis sa tempe, maculant de rouge la blancheur diaphane de sa peau. Le spectacle de son effondrement n’est pas déplaisant, bien que décevant sur certains aspects. J’attendais plus de prestance et d’endurance de sa part. Je l’ai dressée pour qu’elle excelle, jusqu’à rester digne et désirable dans la douleur. Qu’elle devienne enfin cette lumière que laissait présager son prénom. Raté.

A ce stade, elle n'a fait qu'effleurer les contours de la véritable souffrance. Elle n’a goûté qu’aux préliminaires, cadeau qu’elle n’a su savourer dignement.
Bientôt, elle sentira la chaleur de l’enfer.

Je fais un pas, puis arrache une feuille d’aulne encore verte sur un branchage bas. L’aulne... Arbre sacré des sorcières, gardien des eaux, connu pour ses multiples vertus thérapeutiques. Depuis des années, son bois rouge a gagné mes faveurs en matière de sculptures. Féminin par essence, l’aulne est également réputé pour sa symbolique funeste. Sous son écorce coulent des larmes de sang. Cette nuit, il en devient thématique. Je malmène la feuille entre mes mains, puis vient en humer les douces effluves, sans quitter Lucia du regard. Elle devient une allégorie de cette nature que je déstructure et façonne avec une facilité déconcertante. Je laisse échapper la feuille de mes mains puis finis par la broyer sous ma semelle. Les yeux rivés sur les courbes de mon agneau sacrificiel, j’observe sa splendeur préservée, les traits déformés par un rictus effrayant.

J’attache un couteau à ma ceinture, puis ouvre ma boîte à outils pour en retirer quelques colliers de serrage en plastique transparent. Je m’avance vers elle, puis me poste à ses côtés, alors qu’elle reste vautrée lamentablement sur le sol, à mes pieds. Je savoure cette sensation de pure domination sur ce corps que j’ai aimé et désiré, à ma manière. Tout son être se crispe, en réponse à cette proximité imposée. Elle sanglote toujours. La lumière blafarde de la lune accentue sa pâleur. Quelques secondes s’égrainent dans un silence mauvais. Je respire profondément, profitant des douces senteurs automnales, où se mêlent des odeurs d’herbe, de terre, de fougères, de feuilles mortes, d’écorce et de mousse. Un hibou hulule au loin. Un léger vent fait frémir les feuillages. C’est le calme avant la tempête. Un compte à rebours commence dans ma tête, jusqu’au point de rupture.

Trois…
Deux…
Un…

Mon pied s’écrase brutalement sur son dos, pour la plaquer fermement ventre contre sol. Je m’accroupis pour attacher ses poignets dans son dos, puis lui ôte sèchement chaussures, chaussettes, jean et culotte, sans une seule once de considération. Sa possible pudeur m’indiffère. A mes yeux, elle ne vaut guère davantage qu’une vulgaire poupée de supermarché bon marché. Suite à sa trahison, sa valeur intrinsèque s’est effondrée drastiquement : il est temps de m’en débarrasser. J’attrape son bras, la relève avec brutalité, puis la pousse à me suivre à travers les hautes herbes et les broussailles qui encerclent la chapelle en ruine. Quelques buissons épineux lui griffent les cuisses, les marquant de fines zébrures rouges. Mon propre pantalon subit quelques accrocs particulièrement irritants. Mon pas est rapide, et la brunette peine à suivre le rythme, glissant et dérapant régulièrement dans les herbes folles. Ma poigne serrée autour de son bras la force à rester debout et à avancer. Dans l’ombre bleutée, je lève les yeux vers cet amas de pierres sombres et inutiles, alignées par des hommes en hommage à un Dieu omnipotant incapable de les sauver, ou même de les guider. Il n’ont rien compris. L’édifice religieux n’a d’ailleurs pas survécu à la férocité de Katrina. Ma Lucia chemine vers un destin similaire : destruction, abandon, puis oubli.

Les murs de pierre grise de la chapelle sont dévorés par un enchevêtrement de lierre grimpant et de ronces. L’entrée semble bâillonnée, scellée contre toute intrusion extérieure par une nature hostile et invasive. La Dame Verte a repris ses droits depuis ma dernière visite. Je lâche ma proie, puis la projette au sol d’un geste sec, sans m’occuper de son râle de douleur. Avec un détachement glacial, mécanique, je lie fermement ses chevilles avec les deux derniers colliers de serrage. Toute tentative de fuite de sa part serait vaine et désespérée, en plus d’être parfaitement stupide. Je sors le couteau de son étui, puis en admire la longue lame noire effilée pendant quelques secondes, aidé par les rayons d’une lune complice. En quelques coups affutés, je libère l’accès, puis traîne la petite à l’intérieur de son sépulcre obscur et humide, laissant la porte se fermer derrière nous dans un grincement sinistre.

L’air embaume la mousse et les sous-bois associée à quelques relents de moisissure et d’urine. Si les murs rugueux ont plutôt bien résisté, malgré leur aspect maladif, plus de la moitié de la toiture s’est effondrée, laissant une monstrueuse montagne de débris sur le dallage en pierres grises. La profonde béance permet aujourd’hui d’admirer les étoiles, tout comme l’astre maudit, qui nous toise de sa lumière terne et blanchâtre. Les vitraux ont disparu depuis longtemps, la végétation a rapidement comblé le vide en transperçant et déchirant les ouvertures gothiques à arc brisé. Les branches crochues sont autant de mains avides de peaux à lacérer. La faible plainte du vent siffle contre les parois, comme une lamentation lancinante. Le clair de lune laiteux m’attache une ombre noire et menaçante, qui s’étire sur le dallage disjoint, alors que je la dévisage brièvement. Ici, tout est morne, terne, inquiétant. A l’image de sa fatalité.
Parfait.

Je vérifie rapidement les quelques ancrages puis retourne chercher les deux sacs de matériel. J’abandonne volontairement le sac mortuaire, la disqueuse et le bidon d’acide sulfurique dans le coffre de la voiture, puisqu’ils n’auront d’utilité qu’au moment de faire disparaître le corps. J’installe le projecteur de chantier, qui inonde aussitôt l’antre religieuse d’une lumière nouvelle, presque trop crue, puis allume quelques bougies que je dispose un peu partout dans l’espace sombre et inhospitalier, telles deux douzaines de lucioles vacillant dans la nuit. Il y a en ce lieu quelque chose de solennel et de délicieusement subversif, une beauté poignante qui attend d’être saisie par l’objectif. Avec une patience méticuleuse, j’installe enfin le trépied et l’appareil photo, puis effectue soigneusement les différents réglages : vitesse d’obturation, ouverture du diaphragme et sensibilité ISO. Je veux mes prises de vue irréprochables, pour figer éternellement la magie de l’instant, et immortaliser la fracture de son être. Pointilleux jusqu’à l’obsession, je déplace quelques bougies pour un meilleur équilibrage lumineux, et une harmonisation volontairement déconstruite.

Dans une lancée créative, je ressors mon couteau puis coupe une branche de ronce hérissée que je tresse en couronne, malgré les piqûres répétées des épines acérées. Les Grecs pensaient que cette plante née du sang des Titans, coulé lors de leur lutte contre les Dieux. Le sang de la trahison. Le sang de la tragédie. J’aspire la gouttelette carmin perlant le long de mon pouce, récupère quelques ustensiles que je glisse dans ma poche, puis retourne lentement vers Lucia, qui a enfin cessé de pleurer et gémir stupidement. Le silence est appréciable. Elle s’est redressée tant bien que mal, et m’observe de ses grands yeux clairs, rougis et gonflés par les larmes. Mes semelles font crisser les débris qui jonchent le pavage froid. L’odeur de la cire d’une bougie toute proche se mèle à celle de sa peur. Je ploie les genoux pour me retrouver à sa hauteur, passe délicatement ma main dans sa chevelure de jais afin d’y remettre de l'ordre, puis dispose la couronne de ronces sur sa tête. Le symbole religieux est évident, spectaculaire, blasphématoire. Un léger sourire de satisfaction malsaine ourle mes lèvres.

Je passe mes doigts sous son menton pour lui faire relever le visage, puis sors un mouchoir en papier de ma poche, pour nettoyer les fluides disgracieux qui souillent son visage de poupée. Je l’invite même à se moucher, comme on le ferait avec de jeunes enfants. Ma douceur soudaine contraste avec ma violence précédente, et pourtant, la froideur et le détachement qui se détachent de chacun de mes gestes sont probablement plus effrayants encore. Je me débarrasse rapidement du mouchoir usagé dans un baril en fer rouillé. Sans un mot, je dégaine une nouvelle fois mon couteau, puis viens découper son petit haut noir ainsi que son soutien-gorge en coton bas de gamme, pour la présenter dans son plus simple apprareil. La blancheur de sa peau veloutée s’oppose à la noirceur ambiante, le contraste en est saisissant. Elle est cet ange dont les ailes ne vont pas tarder à brûler. Je caresse rapidement l’un de ses seins, la laissant frissonner sous mes doigts. Sans m’attarder davantage, je sors un tube de rouge à lèvres écarlate et un petit pinceau à maquillage, puis m’applique à colorer sa bouche, en dessinant les contours avec un soin maniaque, m’autorisant même à déborder légèrement pour leur donner un effet plus pulpeux. J’observe le résultat d’un œil critique, et valide intérieurement. Rouge. Lèvres rouges. La reine rouge. Je sens déjà mon coeur pulser plus fort. Je relève à nouveau son menton, puis pénètre froidement son regard clair.
«-Cette nuit connaîtra les douces fragrances de ta mort, Lucia.»

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“Non”. Croit-elle réellement être en mesure de me refuser quoi que ce soit? Sa voix est tellement pathétiquement faiblarde, que j’imagine que cette négation ne m’était même pas adressée. Ses lèvres ont à peine bougé. Son esprit fragile essaie seulement de se convaincre d’un avenir possible, et nie le sort funeste qui l'attend. L’espoir ne lui sera d’aucun secours. Sa seule destinée sera l’agonie. C’est un comme si la médiocrité rejoignait trop brutalement l’excellence. L’explosion de son être fera le plus beau des tableaux.
«-Mauvaise réponse.»
Une violente gifle s’abat sur sa joue tendre, par principe. Le bruit du claquement résonne contre les pierres grises de la chapelle, comme un cri venu des entrailles de la bâtisse branlante. Lucia doit se rappeler que contester mes décisions n’est pas une option. Il y existe des règles immuables.
«-La seule qui soit acceptable est : oui, monsieur.»
Ses sanglots ont repris, silencieux et désespérés. Mon cœur s’abreuve avec délectation de ses larmes, brillantes dans la lumière chancelante des bougies. Mon envie d’entendre les sonorités déchirées de ses cris d’agonie se réveille, plus forte, plus excitante. La lune nous toise depuis l’ouverture laissée par la portion de toiture éventrée, et diffuse ses rayons blanchâtres sur la peau nacrée de ma poupée, comme pour valider son sacrifice. Elle m’est désignée. Mon regard la couve un instant. Son visage conserve une sorte d’innocence enfantine, une pureté étrangement sensuelle, rehaussée par une physionomie quasi-virginale. C’est ce que j’ai aimé en elle, au départ, avec au fond du cœur ce désir malsain de salir une blancheur trop éclatante. Pourtant, il y a quelque chose en elle qui restera éternellement pur, et que je n’ai su briser, ni même effleurer.

Curieux et caressants, mes doigts suivent doucement les marques rougeâtres laissées sur sa joue brûlante.
«-Ils ont fait un très beau travail, à l'hôpital… Je suis étonné que ton visage n’ait gardé aucune cicatrice disgracieuse après tous les sévices que tu as subi. Je me souviens encore de ces immondes boursouflures bleuâtres qui t’empêchaient même d’ouvrir les paupières…»
Petit sourire nostalgique qui s’évanouit rapidement.
«-Je me souviens aussi de ton extrême maigreur, et des blessures purulentes, gonflées et malodorantes qui ravageait ton corps. Tu étais devenue si laide… si repoussante…»
Bien qu’il y ait un fond de vérité dans mes propos, je grossis volontairement le trait. J’ai pris le temps de la soigner, pour des raisons qui m’échappent encore. D’une certaine manière, j’ai voulu la garder pour moi. Pourtant j’admet avoir apprécié la voir se dégrader au fil des semaines. Mon pouvoir sur elle était si flagrant, évident, naturel. J’en arrive encore à me demander comment elle a réussi à m’échapper. Où a-t-elle trouvé cette force de lutter frontalement contre moi? Je la pensais anéantie tant physiquement que mentalement. Naïvement, j’ai cru ses mots, ses gestes. Comment a-t-elle su me tromper à ce point?
Mes doigts continuent de parcourir son visage d’ange, avec une douceur malveillante.
«-Heureusement, ils t’ont aimablement réparée, afin que je puisse créer une nouvelle œuvre.»
Un sourire mauvais étire mes lèvres, alors que mon pouce passe doucement sur les siennes.

Mes doigts rompent soudainement le contact. Je me relève, la toise de haut pendant quelques instants puis la soulève pour la jeter sur mon épaule comme un vulgaire chargement. Des débris crissent sous mes pieds, alors que j’avance d’un pas déterminé dans la demi-pénombre. Je la dépose débout au centre de l’édifice, fait un pas en arrière pour vérifier d’un coup d'œil pointilleux la pertinence de l’éclairage. La lune ajoute une touche mystique au tableau. C’est parfait.
«-Je vais te détacher. Au moindre geste déplacé, je pourrais être tenté de t’offrir deux longs mois de vie supplémentaire.»
Je sens sa confusion d’ici. Mes propos sont illogiques, et c’était bien l’effet recherché.
«-Ca me laisserait le temps de compiler ce que je sais faire de pire. Je brûlerais ton visage jusqu’à ce que les flammes fassent fondre ta peau, et éclater tes globes oculaires. Je percerais tes tympans, puis arracherais chacune de tes dents avec des pinces grossières. Ensuite, je trancherais ta langue, tes doigts et tes orteils, que je couperais en morceaux pour mieux te les faire avaler. Et pour finir sur une note festive, je te ferais violer et souiller par des chiens, sur plusieurs jours, puis je brûlerais tes parties intimes à l’acide.»
Je passe sous silence certains détails sordides, comme ceux de sa mise à mort, pour ménager l’effet de surprise si une telle option devait se réaliser. Le sang fait pulser mon bas-ventre. Mon excitation monte en flèche. J’aime ce frisson qui la parcourt, et je doute qu’il s’agisse du froid, cette fois. Peut-être me croit-elle incapable d’une telle barbarie, mais j’en doute. Son instinct devrait mesurer la menace à sa juste valeur.
«-Si tu es bien sage, tout ira assez vite. Je consacrerai ta beauté pour l’éternité.»
D’un geste précis, je replace soigneusement ses cheveux, puis essuie ses larmes à l’aide d’un mouchoir en papier. Son image photographique se doit d’être parfaite. Je sors mon couteau de son fourreau, puis tranche le collier en plastique qui entravait ses poignets. Ses chevilles resteront attachées pour le moment, ma confiance restant limitée. Une tentative de fuite serait à la fois stupide et vaine. Mon regard s’ancre au sien. Mon sourire se veut rassurant, dans la mesure du possible, et ma voix se fait doucereuse.
«-Tu seras sage, n’est-ce pas?»
Je ne prends même pas la peine d’écouter sa réponse, me détourne pour aller récupérer une première corde dans l’un des sacs de matériel. Presque trop sereinement, je reviens vers elle. Les lumières vacillantes des bougies dessinent des ombres dansantes sur sa peau de porcelaine. Sa beauté en est encore plus éclatante.

Dominant froidement son corps frêle, je commence à enrouler la corde autour de sa taille, puis exécute les premiers nœuds avec des gestes assurés et professionnels. J’ai commencé tôt à confectionner toutes sortes de nœuds, d’abord avec la pratique de la voile, puis avec l’escalade. Mais c’est surtout pour contraindre que j’ai commencé à réellement apprécier l’exercice, poussant la recherche esthétique jusqu'à l’Art. Mes doigts chauds effleurent régulièrement sa peau nue, tendre et offerte, alors que j’effectue avec soin quelques tressages élaborés. Je suis si proche, que je sens son souffle saccadé et nerveux dans mon cou. Le nylon chauffe sa peau à mesure que je fais coulisser sans douceur les cordages. Appliqué, je travaille mon chef-d'œuvre avec une patience zélée, enchaînant les enchevêtrements de motifs. Pour terminer, je sers fermement le triple nœud qui passe sous sa poitrine, pour rejoindre son cou. Pris dans l’effervescence et l’érotisme des jeux de bondage, je ne peux m’empêcher de venir embrasser son sein conquérant, dressé par le froid. Un frisson gagne mes sens. La proximité de son corps nu et cette docilité forcée m’excitent un peu trop. Je me ressaisis, dans un élan de raison. L’objectif reste la mise à mort. Le temps joue contre moi. Chaque minute gaspillée constitue un risque supplémentaire de me faire attraper. Je jette un bref coup d'œil à ma montre. Une heure du matin…

Une fois mon ouvrage terminé au niveau de son buste, je recule pour admirer le résultat. Le tissage soigné s’apparenterait presque à une dentelle, s’il n’y avait pas tant de rudesse dans les liens. Les cordes enserrent suffisamment son corps pour contraindre légèrement sa respiration. Sa poitrine est divinement mise en valeur, tout comme la finesse délicate de sa taille. Elle constitue une base de travail fort intéressante, finalement. Satisfait, je l’admire encore quelques secondes, avec une lueur aussi brillante que perverse dans le regard. J’en profite pour réaliser mes premiers clichés. Elle est si belle, dans ces jeux d’ombres et de lumière…

Avec une seconde corde, je viens lier rapidement son bras gauche à l’étoile de cordages qui décore son dos. L’opération est temporaire, et nécessitera un travail plus précis quand commenceront les suspensions. Je traîne bruyamment le baril en fer rouillé près de mon agneau sacrificiel. Le grincement métallique qui crisse sur la pierre sonne désagréablement à mon oreille, mais la raison pratique l’emporte sur mon confort auditif. Je dispose à la hâte un madrier sur le baril jusqu’à en masquer l’ouverture. Sans autre préambule, je sors à nouveau mon couteau de son fourreau, puis fait défiler lentement la lame sous ses yeux terrifiés.
«-Tu te souviens de ce couteau?»
Mon regard plonge avec dureté dans ses iris océan, alors que sa respiration se fait plus haletante.
«-C’est celui qui t’a servi à me poignarder. Un geste plutôt discourtois, qui mérite sanction. Tu en conviens?»
La question est rhétorique et n’appelle aucune réponse de sa part. Un non serait particulièrement malvenu, cependant. Un simple silence pesant, un reniflement ou quelques larmes suffiront à me contenter.

Je place brutalement sa main sur la planche de bois. Je sens la résistance terrifiée dans chacun de ses muscles, insuffisante toutefois pour s’extirper de ma poigne solide. Je déplie ses doigts crispés avec un certain agacement.
«-Ne bouge surtout pas.»
L’ordre claque sèchement, laissant planer les notes des précédentes menaces. Il serait judicieux de ne pas abuser de ma patience. Sans une once d’hésitation, le manche en acier, étudié initialement pour perforer des portes d'hélicoptère, s’abat sur son index, au niveau de la deuxième phalange. Un craquement d’os broyé par l’acier s’élève délicieusement dans le chaos. Un cri de douleur sinistre arrache sa gorge, rompant la paix de l’endroit sain. Mon entrejambe durcit instantanément. Chacune des articulations de cette main traîtresse subira bientôt le même traitement, et je m’en réjouis d’avance.

Depuis des mois, mes journées s’enchaînent, ternes, routinières, sans éclats ni passions. J’ai souvent l’impression de me perdre, d’errer dans des limbes lointains. En dehors de mes recherches, seule l’action violente, le sexe brutal, l’abjection et l’horreur me font sortir de cette léthargie neuronale. C’est dans les pires sévices que mon regard s’illumine, et que mon cœur vibre. Je m’abreuve de jouissances bestiales, afin de me sentir pleinement vivant, et pour exorciser toute cette noirceur qui me comprime et me vrille l’âme.
Par sa mort, je vais vivre…

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