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La fragilité de certains visages (PV archi)

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Anonymous
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Mer 20 Jan - 20:24 (#)

La fragilité de certains visages (PV archi) Original


Le crissement de la neige sous ses semelles décorait le calme apparent - apparent parce qu'au loin il y avait la vie qui s'évertuait à hausser sa voix depuis les détails de la nature jusqu'aux habitations demi-humaines. Ayant lentement levé sa paume pour retenir les flocons, sitôt touchés sa peau ils s'étaient dilués en gouttes froides. Elle avait gardé la bouche close pour une longue majorité du trajet. Maintenant devant le chalet, sa valise à la main, la présence d'Archimède lui était un baume étrange.

Elle s'était surprise à aimer son contact. Côte à côte dans l'avion, elle avait fermé ses paupières, se laissant agresser par le bourdonnement des moteurs. Parmi la foule d'inconnus assis qui les encerclaient comme des pions masqués, elle avait ressenti ce reflexe absurde de vouloir poser une main sur le bras d'Archi pour le sentir avec elle dans cette bulle qui l'excluait affreusement du commun des mortels. Mais elle avait juste croisé ses bras, les sourcils froncés. Elle avait retenu ce profond soupir qui lui vrillait l'intérieur des poumons, avait pris sur elle, cherchant à ce que ce sentiment s'envole à mesure qu'ils prendraient de l'altitude : mais le mal était resté ancré là, ses dents plantées dans le corps.

Les yeux délavés de toute émotion - une déformation liée son état, elle regardait la façade en bois. Elle ne savait pas si elle avait envie ou non d'être ici. Tout ce qu'elle savait c'était que rester à Shreveport lui était insupportable. Comme un rebond de ses pensées muettes Archimède avait formulé cette porte de sortie. Un moment d'accalmie dans le néant d'aujourd'hui. Peut-être que ce dernier remarquait à présent à quel point ses prunelles se fixaient avec acharnement sur le chalet pour ne pas tomber sur les arbres alentours. La forêt la hantait, comme beaucoup d'autres aspects du monde.

A leur arrivée, les sourires qu'elle croisa la rendirent interdite. Elle avait oublié comment fabriquer la bienséance, oeuvrer de cette politesse qui faisait partie des codes de la société, elle parut au contraire malheureuse de ne pouvoir leur rendre un simple " merci". Sa bouche toujours close, ses yeux comme les remous d'une eau dans une fiole hermétique, elle hésita à tendre une main - les renards ne tendaient pas de main, les traitres non plus, non ?- Alors elle resta juste bêtement immobile, inexpressive... impolie au possible. La famille d'Archimède, envers qui elle apparaissait ingrate. Elle baissa le nez comme une gamine, ses cheveux courts ballottant avec une paresse lourde au dessus de ses épaules couvertes.

Jusqu'à ce qu'elle soit invitée à poser sa valise, ranger ses affaires si elle le souhaitait, dispenser de sa présence creuse et intempestive.
Quelle heure était-il ?
Combien de temps resta-t-elle sur le lit, menton posé sur ses genoux repliés entourés de ses bras, ses chaussettes pas si chaudes, son pull en laine blanc, ses yeux amarrés à la fenêtre, déconnectée ? Longtemps. Au point que le bleu pâle devienne sombre.
Est-ce que le temps était important quand on ne le calculait plus ?
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
Archimède O'Connell
Cannot a Beast be tamed
⩥ BLACKBIRD ⩤

"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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"And learn to fly"

Pseudo : Akhmaleone
Célébrité : Keanu Reeves
Double compte : Daphné G. Calabrezzi & Lilas Hirsch & Maria Parado
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Date d'inscription : 07/07/2019
Crédits : Corvidae (Ava) Pando (Icon)
Lun 1 Mar - 1:00 (#)


( LA FRAGILITÉ DE CERTAINS VISAGES )


J’inspire profondément en descendant du taxi. L’odeur sirupeuse de la sève de pin s’immisce dans mes narines et la neige s’enfonce doucement sous mes pieds quand ils touchent le sol. Le crissement des pas d’Hena à mes côtés à quelques choses de rassurant, mais malgré le soleil, encore haut, dans le ciel, je roule des épaules pour relâcher la tension qui s’installe dans mes épaules. La maison, sans vraiment l’être. Devant moi, s’étale le territoire du clan O’Connell, les maisons s’éparpillent autour de nous, en un village posé sur une zone protégée, achetée il y a des générations par un de mes ancêtres. La forêt s’étale autour de nous, mais j’emboîte rapidement le pas de la renarde, refusant de la laisser s’aventurer toute seule à la rencontre de ma famille qui m’attend. Ma mère oscille sur le perron du grand chalet qui m’a vu grandir et, en plissant les yeux, je devine la silhouette d’Amarylis derrière le rideau de la cuisine. Mon père n’est pas encore à la maison, il rentrera plus tard. J’avance, Hena à mes côtés, et je pourrais presque sentir la tension qui l’habite. Le voyage en avion lui a pesé presque autant qu’a moi, et même si je suis intimement persuadé que ce voyage loin de la moiteur de Shreveport ne pourra que lui faire du bien et l’aider à se laver de l’horreur qu’elle a vécu, je sais aussi qu’elle vivra douloureusement la rencontre avec ma famille. Aussi nombreuse qu’envahissante, elle est ce que j’ai de plus cher, mais elle s’avère parfois plus proche du fardeau que de tout autres choses. J’inspire un grand coup et frôle les doigts d’Hena des miens en un geste d’encouragement silencieux. « C’est parti… » Je grimpe les trois marches qui me sépare de ma mère et la laisse m’écraser contre elle. Mes bras s’enroulent autour de ses épaules et je note qu’elle a perdu du poids, que de nouvelles traînées argentées marquent sa chevelure d’un chocolat sombre et que de large cernes se dessinent sous ses yeux brun chaud. Ma sœur s’arrête sur le seuil, un sourire étirant ses lèvres avant qu’elle ne vienne se glisser sous mon bras à son tour. Je pousse un profond soupir de soulagement, et m’empresse de répondre à la volée de questions. Oui, le voyage s’est bien passé. Oui, on a prévu des vêtements chaud, mais peut-être qu’Hena aurait besoin d’un manteau ou d’une paire de chaussettes plus épaisse. Non, je n’ai pas faim et elle non plus.

« Mama… » Je m’extirpe de son étreinte et lui jette un regard suppliant. « Hena a besoin de calme. Je vais lui montrer sa chambre, tout de suite, d’accord ? » Elle hoche la tête en silence, jugulant sa curiosité de son mieux, mais je sens son regard osciller entre moi et la silhouette blonde qui se cache presque derrière moi. Je n’ai jamais ramené de femme chez mes parents. « Suis-moi. » Je jette un regard d’avertissement à Ama, qui fait mine de rien et fait semblant de s’affairer dans la cuisine tandis que je m’enfonce dans la maison. J’ouvre une porte pour la petite Renarde et lui indique la chambre, je l’observe en silence, cataloguant avec attention les détails, ses chaussettes clairement trop fines pour la température, ses yeux vides, le froid qui semble s’introduire jusque dans ses os. J’ai mal à la regarder. Le cœur au bord des lèvres de la voir au bord d’un gouffre duquel je ne suis pas sûr de pouvoir la protéger. Pourtant, à contre-cœur, je referme la porte et la laisse à sa solitude.

Les questions me tombent dessus et je raconte sans détails ce qui nous est arrivé. Oui, Jeremiah va mieux. Daphné aussi. Lynn tient le coup et Tobias aussi. Je fais part de mes inquiétudes, j’édulcore mes réponses pour ne pas effrayer ma mère. Puis mon oncle rentre dans la maison et je baisse la tête devant la stature imposante de celui qui avait placé sa confiance en moi. Je m’excuse platement de n’avoir pas su protéger correctement mon cousin, mais il m’assure que le fait qu’il soit en vie malgré ce qu’il s’est passé est suffisant. Puis, sur le porche, dans le froid et les volutes de fumée s’échappant de ma cigarette, je raconte. La voix brisée, je raconte en détail ce que j’ai fait. Les morts. Le sang. La terreur. Le regard sévère de mon oncle ne me quitte pas, mais il s’adoucit et il me serre l’épaule d’une main qui se veut rassurante, m’assurant que mon retour au bercail et la venue d’Hena sont probablement la meilleure chose que j’ai pu faire. Je hoche la tête, le goût de la culpabilité toujours ancré dans le fond de la gorge. La lumière commence à baisser et je m’éclipse finalement pour aller chercher Hena, toujours enfermée dans sa chambre. Devant sa porte, je trouve, pliés avec soin, deux paires de chaussettes en laine, ainsi qu’un manteau épais. Je souris avant de frapper doucement contre le battant. « Ma mère a dû sortir ça pour toi, t’auras bien chaud demain comme ça. » Je pose les vêtements sur la chaise près de moi avant de m’approcher. Le crépuscule, qui dessine des filaments dorés sur la crête des montagnes dans le lointain, me ramène des années en arrière, quand j’attendais avec une angoisse dévorante ma première transformation. « Tu veux sortir un peu avant la nuit ? J’aimerais te montrer un peu le coin… » Je soupire en regardant le paysage, me gorgeant de la beauté de cette seconde maison si loin de celle qui abrite mes racines. « C’est beau ici, tu sais. » Abruptement, avec la nuit qui s’approche à pas feutrés, je me rappelle la seconde raison de notre venue ici. L’heure approche pour moi, mon oncle me l’a rappelé, bientôt, j’aurais une nouvelle peau à revêtir, une de plus à apprivoiser. L’excitation et l’anxiété se débattent en moi à cette idée, mais je la repousse encore un peu. Pas tout de suite. Je me tire de mes pensées et tends une main à la créature brisée sur le lit. « Allez, viens. »



( Pando )
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Ven 19 Mar - 22:08 (#)

Son ouïe de renarde discernait la voix reposante d'Archi et de celles de ses proches depuis le salon. Il suffisait de peu mais c'était colossale pour Hena qui avait le sentiment qu'un rien devenait oppressant, qu'il aurait fallu le monde entier et sa fin pour calmer son mal. Menton contre ses genoux repliés, yeux dans la vague, elle écoutait les mots qui l'auraient trop agressée il y a encore une semaine. Ici, il y avait le dehors visible à travers la fenêtre. Le souffle du vent, la neige, le vol des oiseaux qui cherchaient comment rabattre l'atmosphère pour brasser l'oxygène, bousculer l'inertie qui succède au calme, le bruissement des conifères qui ressemblaient à des sifflements de serpents, toutes ces choses, qui rendent les maux plus supportables. Le nom de Jeremiah lui fit froncer les sourcils, comme si ça pouvait lui dire quelque chose : autant qu'on retient l'eau dans son poing, celle-ci finissant toujours par s'évader, elle n'arriva pas à se souvenir de quoi, laissa le souvenir lui filer sous les doigts.

Elle ne se rendit compte du changement du ciel qu'une fois Archimède revenu. Levant les yeux vers lui, comme une ado un peu paumée qui s'attend à ce qu'on l'engueule d'être une loque, elle observa sa main tendue avec une réflexion contemplative. Toujours très patient avec lui. A sa place, ça l'aurait gonflée de devoir marcher sur des oeufs. Ses malheurs n'étaient pas les siens, ses pertes n'auraient dû concerner personne d'autre qu'elle-même. Elle attrapa sa main sagement, sans un mot, lui offrit une douce pression contre sa paume en guise de remerciement après s'être relevée.

— Tout est très beau répondit-elle. Elle l'imaginait, enfant, l'homme devenu grand et sage, le volatile s'évadant dans la forêt. Penser qu'il ait pu faire des bêtises de gamin lui parut à la fois bizarre et drôle : pour la première fois depuis l'incident du Mall Hena eut un sourire, un vrai sourire, discret, un peu absent, sincère. Elle aurait voulu lui exprimer sa gratitude pour tout ce qu'il représentait à ses yeux, mais préféra mettre de côté ses propres émotions. Elle rattrapa le manteau pour sortir vers ce qu'elle craignait : la forêt, la nature, l'essence de ce monde qu'elle avait trahie. Sans réfléchir, elle fit le premier pas vers la sortie, le devança avec une énergie un peu déconcertante - compte tenu de son état précédent. Hena ne savait plus doser, les pensées, les sentiments, les gestes : elle-même ne présageait jamais de son comportement la seconde d'après, comme un animal piqué d'une rage qui aurait mal mutée - ça l'inquiétait, à chaque fois, en présence des vivants trop proches d'elle.
Dehors, elle boutonna les derniers boutons du manteau, leva son nez vers l'ableret rougeâtre du ciel que la nuit aspirait naturellement.
Le vide du ciel rappelait à Hena ce qu'elle avait vu de l'océan et des dunes désertiques, des entités aussi relatives que l'univers qui s'y trouvait sans exister : dessus, dedans, en dessous, le vivant s'y arrachait comme le cycle des vagues, perpétuant, indubitablement, le projet dérisoire de grossir pour venir s'écraser à la toute fin, sorte d'instinct physique un peu con.

— Je ne suis pas sûre de vouloir... me transformer lui avoua-t-elle, sans quitter des yeux le ciel. Trop honte. Elle avait le sentiment tenace d'insulter la nature à chacun de ses pas de renarde, pendant qu'elle continuait à étouffer sous cette enveloppe de femme, incomplète à tous les étages.

— Je serais capable de te suivre. Courir, et grimper, c'est les deux trucs que je gère plutôt bien.

Les seuls, auraient été plus correct.
A sa surprise, elle se sentit un peu moins mal. Les arbres ne lui étaient plus si difficiles à regarder. Sous forme humaine, elle pouvait gérer cette idée là, d'explorer la nature comme un colon muni d'œillères.
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Archimède O'Connell
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En un mot : Animal.
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⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
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Dim 9 Mai - 2:40 (#)


( LA FRAGILITÉ DE CERTAINS VISAGES )


Un sourire franc et mon visage lui répond sans que j’y pense. Réaction épidermique, si elle est heureuse alors moi aussi. Il y a dans la fragilité d’Hena quelque chose qui me transcende et qui me touche si profondément qu’elle me désarçonne à chaque réaction. Après des jours et des jours à ne voir que l’ombre de la mort planer au fond de ses prunelles claires, la voir esquisser, même pour quelques secondes, un sourire me réchauffe plus profondément que tout ce que j’aurais pu croire. Le manteau trouve ses épaules et elle sort avec une telle énergie qu’elle me surprend, mais je lui emboîte le pas de bon cœur. Un sourire, probablement un peu idiot, placardé sur le visage, je m’engouffre à sa suite par la porte qui mène à l’extérieur.

Je la laisse observer les alentours se gorger de la beauté de ma maison, de ces montagnes, de ces arbres, si différents du paysage louisianais que j’aime pourtant férocement. Ici, tout est plus calme, comme si le froid avait endormi le temps en même temps que les animaux et la vie. La nature ne bruisse pas constamment des bruits d’un milliard d’insectes s’agitant et l’air est vif, il picote le visage et glace le bout des doigts avec une ferveur renouvelée par le vent qui souffle toujours. Je baisse les yeux vers elle quand elle parle, son regard d’eau tourné vers les cieux. Même si je m’attendais à ce qu’elle me dit, l’idée qu’elle refuse de se transformer me déchire l’âme et un grondement s’échappe de ma gorge, je le camoufle, difficilement, en un raclement de gorge et m’appuie contre la rambarde qui fait le tour du porche avant de parler doucement. « D’accord. » Je ne peux pas la forcer à revêtir la peau du Renard. Je tourne la tête vers elle, allumant une cigarette d’un geste rapide avant de la lui tendre et de m’en allumer une seconde. « Tu prendras le temps qu’il te faut, mais… » Je laisse ma phrase trainer. « J’ai vraiment envie de courir dans ma forêt avec toi. » J’expire un nuage gris, vite emporté par le vent. « Sous toutes tes formes. » Le silence retombe entre nous, et j’observe les membres de mon clan sortir peu à peu de chez eux, tout le monde se préparant pour la nuit. La cigarette se consume plus vite que je ne l’aurais voulu, mais la sensation habituelle de la lune se levant me râpe les entrailles et je fais craquer ma nuque, luttant encore un instant, en jetant le mégot dans le pot de terre cuite qui sert de cendrier devant la porte.

En deux enjambés, je suis devant elle, et je tire doucement sur le col de son manteau pour qu’il couvre mieux son cou avant d’attraper d’une main douce son menton entre mon pouce et mon index. « Attrape pas froid, monte pas trop haut, et te casse rien. Ordre du médecin. » J’effleure son menton de mon pouce avant de laisser tomber mon manteau sur le banc, dans un silence paisible, et sans vraiment faire attention à si elle me regarde ou non, je retire mes vêtements, les abandonnant sur le banc en un tas informe. J’inspire profondément et après quelques secondes qui ne sont qu’à peine douloureuses, je m’ébroue.

Lumière partout. Maison éclairée. Odeur d’humain. Familier, pas peur. Hululer pour dire bonjour à l’humaine. Sauter, décoller. Vent dans les plumes. Libre. Libre. Libre. Petit monde, petite maison. Petits humains.

Mon regard nouvellement acéré, se fixe sur l’humaine. Mon esprit incapable de se souvenir de son nom, capable pourtant de comprendre l’importance qu’elle a. Descente en piqué jusqu’à elle. Le crissement de mes serres contre le tissu du manteau tandis que je pousse du bec contre la joue.

Viens.

Dans un souffle, je décolle et m’envole vers les cieux, vers les bois, attendant patiemment la petite humaine qui suit un oiseau haut dans le ciel. Enfants perdus qui cherchent le chemin de la guérison.




( Pando )
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Anonymous
Invité
Invité
Jeu 20 Mai - 20:19 (#)

Elle laissa le poids de ses pas tasser les plaques de neige. Dans son désert natal, elle s'était imaginé la neige comme une poignée de coton.. Elle n'aurait pas pensé que ça crissait comme une chappe de plastique froissé et décomposé. Marrant comme on s'imaginait la vie, avant de vivre ce qu'on s'était imaginé: que ça soit moins parfait, mais plus réel, ballotté entre l'envie de rêver et le besoin de ressentir, on se retrouvait con à ne pas savoir qui des illusions qui de la réalité nous ferait le plus plaisir, ou le moins mal. Elle s'agenouilla, caressa le froid.
Ici, c'était chez lui, qu'elle pensa. Sa famille, sa maison, ses souvenirs.
Ici, c'est toujours chez lui.

Un triste sourire, museau levé en l'air, clope entre deux doigts, elle sentait sa gorge serrée .

"D'accord..." qu'il avait dit. Tout s'époussetait à travers le vent : il arrachait des bouts de cendre de sa cigarette qui voletaient, incandescents puis voués à l'entropie, disparaissant dans le noir, le tabac dans la bouche, les bronches avaient du mal, à ne faire que respirer.  Le hululement de la chouette à terre lui provoqua un rire doux qui se mêla au fantôme d'un sanglot ; d'un geste machinal, elle essuya ses yeux avec sa manche. C'était peut-être la lune la coupable. Les rapaces. La forêt.
Ou alors c'était cette vérité: celle qu'il lui faudrait toujours chercher sur quoi grimper pour réussir à quitter la terre. Le rapace de la nuit lui rappela qu'il était là, en une volée de serres. Hena lui lança un regard de reproche, comme savent si bien le faire les renards. Elle aurait caressé le bout de ses plumes de ses pattes lourdaudes juste pour s'amuser à l'inquiéter, dans une autre vie, dans une autre réalité où elle n'aurait jamais abandonné ceux qu'elle avait aimés : la lumière du salon aurait projeté les ombres d'enfants qui jouaient aux cartes, et sur la colline, elle aurait désigné ces aurores du ciel qui vous font vous sentir tellement insignifiant, à une petite fille aux longs cheveux noirs qui se serrait tenue, légère, sur ses épaules, comme prêtre à s'envoler.

Alors envole-toi,

Hena pleurait sans pouvoir s'arrêter, le coeur détruit. Ses jambes d'humaines, rapides, acceptèrent de s'élancer : s'élancer, jusqu'au moment où elle n'en pourrait plus, que la vitesse la rattraperait, qu'elle tomberait dans la nuit, chutant depuis le vide, comme on rate une marche négative ; pendant qu'en haut l'ombre du rapace, tranquille, serait sa constellation entre le ciel et la terre.

-----------

Ils étaient rentrés, exténuée par la douleur de sa course, tellement rompue qu'elle ne pouvait pas dormir, que tout tournait.
Il était trop tard, ou trop tôt, pour des animaux ça ne voulait rien dire, les heures se départagaient uniquement pour ceux qui étaient voués à donner un sens à leur quotidien, pour les autres il n'y avait que la lumière, et son absence.
Hena était restée allongée à son lit, cheveux humides de la douche, les bras ouverts, à fixer le plafond. Elle discernait, très distinctivement, les battements de son coeur. Il lui donnait des mauvaises secondes. Dans le coin de la chambre noire, elle y voyait très bien, elle ne voulait pas regarder. Parce que le noir lui rappelait le Mall, et qu'elle sentait du coin de la cornée comme cette présence qui, une fois qu'on pense à elle, semble être dans notre dos, les yeux vissés sur nos omoplates, au point de se retourner, de se trouver bête de craindre les fantômes - à notre âge Elle passa une main sur son visage, murmurant entre ses dents "je me sens mal", appel censé demander au vide de la pièce, à ses cadavres, qu'il lui fichent la paix, par pitié. Ca ne changea rien, pire encore... L'angoisse fut si puissante qu'elle se leva sous des vertiges. Comme en sueur, essuyant son front du dos de sa main, elle était plombée par le sentiment de polluer cet endroit, ce repos qui avait pour but de panser ses plaies, c'était de la terre qu'elle jetait sur des corps suppliants, c'était ça... Dans sa crise d'angoisse, elle fit la chose la plus stupide du monde.
La plus stupide.
Sans trop compter le temps que ça lui prit, au final, pour le rejoindre. Poussant sa porte de ses doigts fins, elle reconnut immédiatement sa silhouette. Il dormait. Hena se rendit compte que c'était la première fois qu'elle le regardait dormir. C'était étrange. L'endroit ici n'était pas vide. En typique renard qui veut se faire plus petit qu'il ne l'est déjà, elle s'approcha sans un bruit,se glissa entre ses draps, consciente de sa folie, de l'acte déplacé d'une telle entreprise, de sa connotation ambigue, elle était folle après tout, n'avait plus toute sa tête, il comprendrait - se disait-elle-
mais non il ne comprendrait pas, tu es une sale conne Hena
Une sale conne egoiste
Elle le savait. Pourtant, dès le moment où elle sentit la chaleur de son corps contre le sien, la douleur s'apaisa enfin. Il y avait son parfum, le son de son propre coeur à lui, sa carrure qu'elle avait fini par imprimer dans sa mémoire, au point qu'elle aurait pu le reconnaître dans une foule immense, sans problème... Ce qu'elle ne savait pas, en revanche, c'était pourquoi il avait un tel effet sur elle. Quels genres de pouvoirs célestes lui avaient été légués ? Soudain, à voir son style, elle songea qu'il aurait fait un très bon Jesus, un Jesus vétérinaire qui traverse les routes en moto, ramasse les chiens, chats et renards blessés sur le bord de la route quitte à bloquer la circulation. Ca la fit doucement rire, avant qu'elle se rappelle du sort réservé au prophète, que le soucis s'imprime de nouveau sur son visage. Elle ne put s'empêcher de poser sa joue contre son torse, dans un soupir inquiet. Tant pis.
Tant-pis.

- s'il te plait, ne meurs pas. s'il te plaît ne meurs jamais.. murmura-t-elle à Archimède, comme une prière à ce Dieu qui les regardait, sans doute, d'un mauvais oeil. 
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Archimède O'Connell
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"And learn to fly"

Pseudo : Akhmaleone
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Jeu 19 Aoû - 1:26 (#)


( LA FRAGILITÉ DE CERTAINS VISAGES )


Et dans la nuit, le chuintement des ailes contre le vent semble résonner avec toute la puissance d’un claquement de porte. Planant sur les courants plus chaud, le hibou jette des regards sur le sol, trouvant dans l’obscurité la tâche claire de la chevelure humaine. Elle suit, elle crapahute dans la nature, s’accrochant aux branches, aux racines, à cette nature qu’elle renie mais qui lui permet pourtant d’avancer en cette nuit glaciale. Les minutes passent, et les heures avec elle, au loin, le soleil commence à poindre, et dans quelques minutes, il n’y aura plus que la peau humaine pour accueillir ses rayons. Le chemin du retour a été entamé il y a longtemps maintenant et l’humaine est en difficulté, fatiguée, probablement gelée jusqu’à la moelle par la neige qui a dû s’infiltrer dans ses chaussures, tremper ses chaussettes et rendre gourds ses pieds. Le hibou descend en dessinant de larges cercles. Libre pour encore quelques minutes. Débarrasser de sa culpabilité et de sa colère, qu’il retrouvera à peine son autre peau vêtue. Alors il attend, lutte encore un peu contre les picotements qui traverse son échine et le pousse à changer.

Avec un grognement, je me recroqueville contre le mur de la maison, le vent glacé mordant la peau, désormais dépourvue de plume, de mon dos. À tâtons, j’attrape mes affaires et les enfile rapidement avant de m’aventurer dans la forêt pour aller à la rencontre d’Hena. Elle m’a suivi toute la nuit, puisant dans des ressources déjà bien faible et j’ai peur qu’elle n’en ait trop fait. Je la cherche entre les pins à l’odeur sirupeuse qui envahit mes narines, mes pieds craquant sur la couche de neige. Et soudain, elle apparaît. Un rayon de soleil traverse les branches et la frappe, me coupant le souffle. Je m’arrête net, la paume contre l’écorce rugueuse pour profiter de la vision qu’elle m’offre. Elle est fatiguée, son visage est marqué par la nuit, mais ses joues sont rougies par le froid et le vent, et ses cheveux, ébouriffés, scintillent d’une lueur presque magique. Pluie de diamant reflétant le clair du jour et transformant la Renarde en créature éthérée. Je mets quelques secondes à comprendre qu’il s’agit en réalité de gouttelettes de rosée s’étant accroché aux mèches claires. Je cligne des paupières et me racle la gorge avant d’attraper sa main pour l’entraîner vers la maison. « Aller, on rentre, tu vas te transformer en glaçon. » Je secoue la tête en avançant lentement afin d’éviter tout risque de chute.

L’odeur familière de la lessive utilisée par ma mère ne m’aide pas à trouver le sommeil et je tourne longtemps entre les draps, les rayons du soleil traversant légèrement les volets que je ne ferme jamais complètement. Exténué, Morphée finit néanmoins par s’emparer de moi et j’oscille dans les limbes d’un sommeil semi-profond durant ce qui me semble être des heures avant que mes yeux ne s’entrouvrent avec difficulté. Sans bouger, j’inspire profondément gorgeant mes narines d’une odeur qui m’est désormais familière, relaxant mes membres pour accueillir plus confortablement la présence qui s’est glissée entre mes draps. Encore perdu dans les limbes, la surprise met quelques longues secondes à se frayer un chemin jusqu’à mes synapses et je me retiens de bouger quand elle enfoui son visage contre mon torse. Le soupir qui lui échappe me donne envie de la serrer contre moi, mais je ne fais rien de peur qu’elle ne s’enfuit en courant comme elle sait si bien le faire. La sensation d’apaisement apporté par le poids léger de son corps contre le mien est trop douce pour que je prenne le risque de la voir s’enfuir. Je conserve une respiration lente et profonde, la laissant se nicher plus profondément contre ma chaleur, ses pieds glacés se nichant contre mes mollets, son visage trouvant sa place contre mon pectoral. Et soudain, dans le silence, un murmure.

Jetant aux orties ma peur de la voir s’évanouir dans la nuit, j’enroule prudemment les deux bras autour d’elle. Sa silhouette me parait minuscule dans l’obscurité et l’intimité de mon lit. Je glisse une main contre sa nuque, jusque dans ses cheveux, l’autre autour de sa taille, la gardant contre moi, en sécurité. Une inspiration, le chuchotis des draps et je lâche dans un murmure presque inaudible. « Pas tant que tu seras là. » La phrase me surprend par sa véracité. J’essaie d’imaginer un futur où je n’aurais plus jamais l’occasion d’apercevoir son sourire et cette simple idée m’est intolérable. Mon étreinte se raffermit et j’incline légèrement mon corps, me glissant sur le côté, le menton dans ses cheveux, mon biceps lui servant d’oreiller, je l’enserre contre moi. Bouclier contre le monde et les horreurs qu’il lui fait vivre. « Je reste là. Promis. » Promesse vaine, mais que j’espère pouvoir tenir. Tant qu’elle restera là. Le matin apportera probablement son lot de malaise et de question qu’on ne posera pas et qui n’obtiendront aucune réponse, mais pour le moment, je m’en fiche et je me contente de serrer contre moi ce petit bout de monde auquel je me raccroche avec l’énergie du désespoir.


( Pando )
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Anonymous
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Dim 14 Nov - 3:42 (#)

S'il te serre dans ses bras, alors enfuie-toi
S'il te dit de rester, pars
juste...


Elle le savait. Elle le savait. Mais comment, quand on se retrouve entre les bras puissants de quelqu'un qui pourrait se briser par la seule force d'une voix.
Archimède était quelqu'un de bon. Hena l'avait compris, à peu près la première fois où elle avait croisé son regard, il y a des choses qui ne mentent pas, Hena pensait, fortement, que même dans la faute, le meurtre ou la violence, il resterait quelqu'un de foncièrement bon. Elle avait entretenu un lien particulier avec les rapaces depuis son enfance, dans le désert déjà, où elle les voyait s'envoler, elle depuis son arbre, eux : bien là haut nichés vers les nuages, elle s'était sentie plus petite que jamais, ça ne l'avait jamais dérangé, au contraire confortée dans une sentiment de sérénité rarement atteint. Mais une fois qu'ils se posaient, alors, pensait-elle, il lui suffirait de bondir, de leur fouler à peine les ailes et c'en serait fini.
Un rapace qui ne pouvait plus voler était un animal condamné.

Sous un frisson, elle ferma les yeux, docile, le laissa explorer le creux de sa nuque. Elle était devenue incapable d'aimer et pourtant elle se sentait avoir physiquement besoin de lui. Le voir de dos dans son appartement, elle s'était dit "que lui faudrait-il ? pour avancer de deux pas, poser sa paume sur son dos large et attendre, juste attendre de voir sa réaction."

« Je reste là. Promis. »

Un rire amère se coinça dans sa gorge.
Quelle salle conne. Elle se servait de lui, en tout bien tout honneur, l'avait-il seulement compris ? Elle se rappela leur première rencontre sur ce balcon. Grand, nonchalant, détaché du monde qui bourdonnait de besoins, à regarder la vue de la ville. Elle se surprit alors à songer qu'il aurait mérité une vie merveilleuse, un peu éloigné du rythme trop urbain, une maison en lisière, solitaire ou avec une famille, des enfants à qui il aurait appris les rudiments de la nature, ou comment tenir sur une moto, des plaisirs simples, chargés de bonheur. Et plus elle y pensait, plus elle se disait qu'elle devrait dormir, vraiment, puisqu'ils ne faisaient rien de mal. Un renard et un rapace pourraient bien dormir côte à côte, qui aurait à y redire... qui...
Hena se laissa guider par ses pensées, malheureusement, reculant son visage pour mieux le rapprocher de celui d'Archimède, ses doigts fins se posèrent doucement sur ses joues, avec quelques reflexes d'hésitation, comme si elle craignait presque de le blesser, et peut-être que c'est un peu ce qu'elle faisait, car son coeur ne s'emballait pas, qu'il restait froid, cherchait comme à trouver un peu de chaleur afin de ne plus souffrir du gel. Elle fronça des sourcils, ses yeux dans les siens, sous ce silence.

— Qu'est-ce qui t'a blessé à ce point, Archimède ? lui souffla-t-elle contre sa bouche- elle savait qu'il préférait son diminutif, sauf qu'elle trouvait son prénom merveilleux. Elle se disait qu'il aurait pu trouver un moyen, de gagner une mer plus calme. S'il tenait si bien dans le mauvais temps, c'est qu'il avait essuyé ses propres tempêtes, non ?
Pouvait-il sentir qu'il plongeait ses yeux dans ceux d'un être devenu malade et égoïste, que le renard qu'elle était avait sa gueule tirée d'un sourire devenu froid et effrayant ? Alors pourquoi cette folie, de se poser près d'elle ?
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
Archimède O'Connell
Cannot a Beast be tamed
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"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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Sam 27 Nov - 1:11 (#)


( LA FRAGILITÉ DE CERTAINS VISAGES )


Et contre ma poitrine, dans le silence seulement troublé par le vent soufflant dans les aiguilles de pin, le palpitant s’apaise. Face à la chaleur familière et étrangère de la Renarde, l’animal solitaire se laisse approcher. Dans le noir, un simple clignement de paupière suffit à faire naitre la sensation désagréable de tiraillement, mes pupilles s’élargissant, les iris se teintant d’ambre. L’obscurité s’écarte pour laisser place à la vision de l’oiseau de proie, percevant les détails du visage niché contre mon torse. Un soupir en réponse et le clignement rapide de mes paupières pour seule réponse au contact de ses doigts frais contre ma joue, à son souffle qui caresses mes lèvres, s’accrochant dans la broussaille d’une barbe que j’aurais dû tailler depuis longtemps. Pas le temps, pas envie. Pour qui ? Pour quoi ? La joue qui s’incline, cherche à prolonger, renforcer, le contact hésitant des doigts hésitant contre sa peau. Légère palpitation face aux yeux clairs qui s’égare dans les miens, face à la voix qui s’envole. La question me tire un sourire sans joie, dévoilant le blanc de mes dents, tranchant avec le noir des poils couvrant mon visage. Qui ? Quoi ?

L’animal qui se niche dans mes bras, oscille au bord d’un précipice que je ne suis pas sûr de pouvoir combler. Aurais-je la force de l’attraper si elle passe par-dessus bord ? Ou alors me laisserais-je tomber avec elle dans les profondeurs sombre ? Je déglutis, le son semblant résonner dans le noir et ma main, comme dans une symétrie parfaite, s’empare de la joue de la créature qui se plaque contre moi. Je ne tique même plus à l’utilisation de mon prénom complet, trop anesthésié pour m’en soucier. Trop inquiet. Inconnue, brisée, blessée. « Le monde. » Les mots m’échappent dans un souffle qui vient déplacer une mèche sur son front. « La magie qui nous a amener ici. » Mes paupières se ferment. « La nature humaine. » Mes dents claquent à la fin du mot, enfermant l’humanité entre mes crocs inexistants. Cette humanité que ma famille respecte et cherche à préserver quand elle ne fait que briser ce qui fait ce que nous sommes. « Mais j’les laisserais pas gagner. » La rage sourde qui m’accompagne depuis la fin de cette nuit d’Halloween se met de nouveau à ronronner sous ma peau.

Je plante mes yeux d’oiseau dans ceux du renard, questionnant ma santé mentale autant que la sienne quand mon nez effleure le sien, la sensation presque plus intime qu’un baiser, avant que la question à mille point ne m’échappe. « Tu penses qu’on est réparable toi et moi ? Ou alors c’est foutu ? »




( Pando )
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Invité
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Dim 12 Déc - 5:28 (#)

Elle craignait ses mots. Elle craignait ses gestes. Peut être parce qu'ils seraient de ceux à l'atteindre.
Il y avait quelque chose chez Archimède qu'Hena entrevit et qui la confondit dans une violente confusion frappée d'angoisse. A deux pas de chuter, dans ces eaux qu'Archimède avait passé une vie entière à combattre, si elle attrapait, maintenant, son poignet comme une sirène assoiffée de méfaits, ce qui n'étaient que des odyssées de marins, si elle l’entraînait à sombrer avec elle... il ne regagnerait peut-être plus la surface.
La vengeance, elle ne concordait pas avec aimer.

« Le monde. »
Le monde m'a blessé. Elle cilla.
Tous ces mots qu'elle avait pourtant entendus si souvent la heurtèrent chez lui.
La magie,
La nature humaine.
Elle lut la souffrance sur ses traits, ce grondement qui n'aurait jamais dû surgir de ses lèvres. Le froid qui inondait continuellement le fond de sa cage thoracique se gorgea d'une chaleur qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir éprouver depuis. Quand il frôla son visage contre le sien, qu'elle capta son souffle sur sa propre bouche, l'impavidité quotidienne chez Hena fut remplacée par une expression troublée. Troublée, presque comme une pauvre gamine qui se serait mangée une gifle.

« Tu penses qu’on est réparable toi et moi ? Ou alors c’est foutu ? »

Perdue, elle n'avait pas retiré sa main de la joue d'Archimède, qu'elle caressa doucement, comme si elle redécouvrait ce que c'était de ressentir - c'était le cas. Le bas de sa paume s'arrêta à l'orée de ses lèvres. Elle lui envoya un regard plein de questions, dirigées contre elle-même
Qu'est-ce que je fais ?
Qu'est-ce que je suis en train de faire bordel de merde ?
Hena était foutue. Depuis le jour où cette forme passériforme avait pris son vol, depuis qu'elle avait imprimé l'image nette du sang séché sur les bitumes arides. Depuis trop longtemps.
Mais pas toi. Pas toi.

Elle hocha lentement sa tête de gauche à droite, incapable de quitter ses yeux. Non.
Si elle ouvrait la bouche, elle franchirait les deux pas. J’entraîne tout le monde dans cet océan criblé d'écueils. Mais pas toi. Pas toi.

Il se briserait. Elle allait le briser.  Parce qu'Hena ne projetait de vivre longtemps, qu'elle avait toujours programmé sa mort une fois que celle-ci pourrait faire le plus de dégâts. Mais elle ne voulait pas de ces dégâts là. Inconcevable.
Un terrible constat, une horrible torture maintenant qu'elle se rendait compte que, ce soir, elle avait envie de lui. Elle voulait éprouver ce que ce serait : de laisser cet homme qui n'avait été qu'un étranger aux allures si différentes sur ce balcon, seul dans le monde, la toucher, quelle serait sa manière de soupirer de plaisir, le goût de sa respiration : est-ce que c'était fou ?
Est-ce qu'elle était folle ?

Oui.
Fermant les yeux, elle déposa ses deux paumes à plat contre le torse d'Archimède. Non pas pour l'encourager, mais pour qu'il recule un peu. Elle se rendait compte qu'elle respirait plus fort, elle ne savait plus... toute sa personnalité éteinte, sa distance du monde dans lequel elle évoluait depuis les pertes, et maintenant : renversée par une pauvre émotion.

— Je ne... pourrais pas dormir comme ça, murmura-t-elle, allant jusqu'à ébaucher, summum de l'idiotie, un pauvre sourire d'excuse, bien brève éloquence merdique. Hena t'es une pauvre tache, vite : souris et recule, voilà, tu t'écrases s'il le faut, joue la carpette, rien à foutre.

— Je ne sais plus ce que je fais. dit-elle en un souffle. Le sens de cette phrase pourrait le blesser, un mal pour un bien. Comble de la situation, elle retira vivement ses deux mains après l'avoir repoussé, comme si la chaleur de son torse l'avait brûlée. Bien, bravo, pauvre conne.

— Désolée Archi, je suis désolée...

énième répétition
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