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Fil de RP : War, it's just a shot away [Heidi, Elinor, Kaidan]

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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Jeu 28 Jan 2021 - 23:31 (#)



Les chiffres d’un doux vert sombre sur le tableau de bord de la Mercedes affichaient désormais minuit dix-huit. Ce luxueux écran numérique comprenait également d’autres mesures, certaines d’une utilité contestable, de la température extérieure, en passant par la limitation de vitesse actuelle, jusqu’à la pression barométrique affichées en caractères luminescents. Face aux cinquante-sept degrés fahrenheit du thermostat, Elinor avait allumé le chauffage ambiant pour le seul confort de la jeune femme assise à ses côtés, sur le confortable siège de cuir. Elle-même se souciait peu de la morsure du froid nocturne, quand sa peau dépourvue de chaleur malgré le diner effectué durant la soirée, avait désormais la texture de la glace lisse.
Sa silhouette d’immortelle enveloppée dans un long manteau de cuir noir, par-dessus un sobre ensemble pull et jean tout aussi noirs mais élégants, elle conduisait la voiture haut de gamme d’une main assurée. Le vrombissement du moteur était alors à peine perceptible derrière les vitres fumées, installant à l’intérieur de la berline une intimité confortable, comme la douce ambiance d’une interminable soirée d’hiver, somnolente et chaleureuse. Une atmosphère appelant à la conversation. Au-delà de ce cocon de luxe artificiel et excessivement sécurisé, la nuit étendait ses bras d’obscurité entre les immenses usines de Shreveport, ces monstrueux caissons assoupis qui surplombaient la Mercedes de leur masse écrasante.

Quelques fanaux urbains perçaient de temps à autre entre les ruelles étroites séparant les bâtiments, autant de lucioles éphémères qui rythmaient l’habitacle des deux femmes d’une pulsation régulière. Le véhicule louvoyait sans le moindre heurt entre les ruelles vides à l’aspect minable, encombrées de vieilles caisses et de détritus industriels sans âge, seules traces de vie dans ce Nord quasiment abandonné par l’activité humaine. Elinor aimait toutefois emprunter ce trajet. Une nostalgie particulière enveloppait ces interminables kilomètres d’industries à l’abandon, un morne paysage qui constituait un symbole triste d’un rêve à l’américaine figé dans l’avènement de la mondialisation.
Qui plus est, l’endroit était exempt de circulation à cette heure de la nuit, constituant un intéressant gain de temps pour se rendre à la fondation EEA, et déposer son Calice favori par la même occasion. Elinor Lanuit adressait de temps à autre un regard amusé à cette dernière, Heidi sa trompettiste de compagnie, avec qui elle entretenait une conversation au thème pour le moins particulier.

« Les nôtres ont toujours eu tendance à vouloir absolument immortaliser les talents exceptionnels chez les humains. C’est une initiative plutôt légitime d’ailleurs, de vouloir conserver pour l’éternité le génie d’une personne, mais cela fonctionne beaucoup moins souvent qu’on le voudrait. »

Le volant de la Mercedes oscillait à peine tandis qu’elle discutait, enveloppée dans les somptueux gants de cuir noir dont la vampire avait décoré ses mains. Oui, celle-ci appréciait particulièrement la couleur noir, qui se mariait merveilleusement à son teint, affirmait-elle volontiers.

« Par exemple, les rumeurs sur la mise en scène de la mort d’Elvis Presley, et bien, toutes ne sont pas entièrement infondées, » compléta-t-elle sur le ton de la confidence.

Elinor Lanuit tourna brièvement la tête vers Heidi, un sourire indéchiffrable décorant ses traits pâles. Quelques mèches d’un noir d’ébène chutèrent sur son front, et elle les rejeta d’une saccade, en reprenant la discussion macabre de la plus naturelle des manières.

« À une époque ancienne, durant le romantisme des dix-huitième et dix-neuvième siècles notamment, c’était une véritable mode de chercher à immortaliser les meilleurs artistes. »

Et comme ébauchant un trait d’humour noire, elle ajouta sur une intonation plus basse en observant malicieusement Heidi. « Qui sait ? Peut-être que ton idole, Chet Baker lui-même… »

Et par-delà le pare-brise impeccable, les phares de la Mercedes déchiraient la fraicheur nocturne, ces traits de lumière dévoilant des volutes éphémères de fraicheur d’Automne devant le capot lustré. La route s’ouvrait devant elles, écrasée entre ces immenses usines désaffectés et mélancoliques, environnées de ce calme exceptionnel, lequel trahissait apparemment une absence totale de présence humaine. En apparence du moins.

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
Heidi Janowski
Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Fil de RP : War, it's just a shot away [Heidi, Elinor, Kaidan] WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Ven 29 Jan 2021 - 15:31 (#)
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War, it's just a shot away
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ft. Elinor V. Lanuit et Kaidan Archos



V
issée sur le siège en cuir immaculé de la voiture de luxe d’Elinor, le menton soutenu par ta main et le coude nonchalamment posé sur le rebord de la portière, tu regardes les lumières fugaces des lampadaires défiler devant tes yeux dans un ballet ininterrompu. Tu connais peu ce coin de la ville et pour cause, rares sont les raisons pour une musicienne donneuse d’hémoglobine de se rendre dans les allées abandonnées de l’extrême nord de Shreveport. En voyant se succéder à ta vue ces usines toutes plus inhumaines les unes que les autres, tu éprouves une lassitude morne ; ta vision d’artiste t’empêche d’y voir autre chose qu’une poésie morbide en contraste flagrant avec l’expression exacerbée de l’individualité à laquelle tu te rattaches à tout prix. Le ronronnement subtil du moteur en marche te berce et te donne une impression presque enfantine de sécurité, accentuée encore plus par la douce caresse de l’air chaud dans lequel t’enveloppe la ventilation. Ces impressions sont accentuées par la sensation de légèreté qui te nimbe habituellement les quelques heures qui suivent une morsure.

Tu apprécies sincèrement ce moment d’intimité avec la vampire qui a fait prendre à ta vie un tournant inattendu, même si elle se plaît toujours autant à donner un goût acidulé à vos conversations, comme le prouve sa dernière remarque. Tu décroches les yeux du paysage urbain désolé pour les fixer dans les pupilles sombres de ta marraine et dans lesquelles tu devines l’amusement qu’elle a à jouer sur tes cordes sensibles comme une harpiste espiègle. Tu lui adresses une grimace concise avant de rétorquer quelques mots pour l’appuyer, tu ne peux pas te retenir face à une provocation aussi frontale.

« Si il était encore en vie, il me l’aurait dit, je le connais bien. »

Est-ce qu’on peut réellement parler d’être en vie pour un vampire ? Tu ne sais pas vraiment, mais elle aura très bien compris ce que tu veux dire. Tu reposes ton menton sur la paume de ta main et redirige ton regard sur les ruines qui constituent une parfaite allégorie de l’échec du capitalisme en dehors de l’habitacle du carrosse doré. Enfin, tu reprends un air pensif en ignorant ton reflet sur la vitre.

« Mais la révélation c’était il y a quoi, presque dix ans ? Pourquoi est-ce qu’on les as pas vu réapparaître alors ? Et pourquoi est-ce que ça marche pas toujours d’ailleurs ? »

Tu te gardes bien de poser la question qui démange ton égo. Vu sous cet angle, évidemment que tu aimerais faire partie de cette caste d’artistes à l’esprit si exceptionnel et visionnaire que des êtres immortels ont décidé de leur permettre d’exister contre la volonté du Temps lui-même. Des artistes uniques, singuliers, capables de rassembler et diviser grâce à leurs œuvres universelles. Cette pensée t’arrache un sourire de jalousie teinté d’un peu d’amertume ; tu te souviens de ce que tu avais dit la première fois que tu as mis les pieds dans son appartement, et depuis tu n’as jamais vraiment oser revenir sur tes mots. Devenir l’une des leurs, une idée que semble folle tant le monde duquel tu viens est opposé à ce que tu connais du leur, mais qui a pourtant commencé germer dans ton esprit.

Depuis ton poste d’observation, tu remarques au loin derrière vous une paire de lumières qui n’appartiennent pas à l’éclairage public. Rien d’alarmant, une voiture sur la route, mais tu te souviens avoir déjà vu ces phares quelques minutes auparavant. Tu hausses les épaules avec indifférence, faisant part de ta réflexion à haute voix.

« Je pensais pas voir quelqu’un d’autre ici à cette heure-ci. »


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Sam 30 Jan 2021 - 23:56 (#)



Dix ans de révélation sensés briser des siècles de silence. Dix ans, à peine un battement de cils pour dévoiler des êtres multiséculaires, des traditions millénaires de pratiques obscures, et bien d’autres secrets à naitre. Voilà qui sonnait comme un espoir bien puéril. Elinor Lanuit s’autorisa quelques secondes pour méditer sur cette décennie bouleversante, à l’aune de son propre âge. Avec ses cent-soixante années entamées, elle-même se considérait comme relativement jeune en comparaison des Lanuit, et bien d’autres membres de l’Essaim accumulant les siècles, comme autant de curiosités morbides dans un antique cabinet poussiéreux. Toutefois, l’immortelle était parvenue à cet âge charnière où l’on commençait aussi à percevoir différemment l’écoulement du temps, si bien que la Révélation lui semblait encore un évènement récent. Je vieillis, pensa-t-elle avec amusement.

« C’est difficile à dire, tant il existe de raisons valables. Peu des nôtres se sont vraiment révélés, et ceux connus du public sont une minorité. Quant aux artistes, certains ne veulent peut-être pas se révéler, ou bien ont-ils arrêté de produire des œuvres, ou encore ils ont simplement disparu. »

Le sujet devenait à présent délicat, si bien que Elinor prit un soin tout particulier à ne rien dévoiler prématurément à Heidi, ce simple Calice dont l’avenir était encore incertain.

« Quant aux échecs, eh bien c’est un vaste sujet. Beaucoup d’humains ne sont pas faits pour l’immortalité, certains s’y refusent totalement. Il arrive aussi que la transformation échoue. »

L’immortelle s’interrompit pour regarder à son tour la voiture qui empruntait l'avenue déserte en se faufilant entre les bâtiments morts. Inhabituel à cette heure-ci, nota-t-elle en examinant le pick-up, dont les contours blanchâtres se profilaient alors dans le rétroviseur intérieur. L’observation d’Heidi détourna brièvement son attention de la route enténébrée. À peine quelques secondes. Quelques secondes néanmoins suffisantes pour l’empêcher de percevoir à temps les crissements de pneus dérapant sur l’asphalte. Ces quelques secondes suffirent à l’empêcher d’entendre le démarrage des deux autres jeeps dissimulées de part et d’autre des ruelles encadrant l’avenue.
L’instinct décisif fut encore plus court. Une fraction de seconde de frayeur. Apparaissant dans le halo des phares de la Mercedes, les deux énormes voitures se ruèrent brutalement en avant pour bloquer totalement l’avenue dans un mouvement synchronisé, et sûrement préparé longtemps à l’avance. Elinor tourna la tête au même instant pour voir le barrage improvisé. Aidée de ses réflexes surnaturels, elle écrasa violemment le frein, faisant hurler les pneus, hoqueter l’ABS de la voiture et les projetant toutes deux contre leurs ceintures de sécurité. Devant elles, les véhicules des chasseurs étaient à l’arrêt, barrière impénétrable de tôle, leurs portières claquant dans la nuit, tandis que la troisième voiture avait accéléré pour se placer à l’arrière de la Mercedes.
Une fraction de seconde fut nécessaire à Elinor pour se remettre du choc, l’absence de respiration aidant, et estimer la situation critique. En dépit de l’obscurité extérieure, elle avait parfaitement vu les hommes s’extirper des véhicules. L’éclat métallique des armes dans leurs mains. Ces mouvements lents qui trahissaient une nature humaine. Calloway ? Non, il n’a pas le soutien et il n’oserait pas. Un pli de contrariété sur son front pâle trahit le calme apparent de la vampire. Des résidus d’Octobre, sans doute, un plan bien préparé apparemment. Leur identité n’avait en l’occurrence qu’une importance relative quand, au cœur de la nuit, dans cet endroit isolé de tout, ces hommes-ci braquaient des fusils à pompes sur elle. L’heure n’était clairement pas à la discussion pacifique, et s'échapper devenait une priorité.

« Heidi ? Nous allons encore être secouées. »

Elinor jeta un coup d’œil dans le rétroviseur arrière : la troisième jeep ne comblait pas entièrement la largeur de l’avenue, et les vitres de la Mercedes étaient conçues suffisamment épaisses pour encaisser quelques impacts. Elle décida de tenter sa chance avant de laisser l’opportunité aux chasseurs de les encercler complètement. De sa main gauche, elle leva la manette des phares à pleine puissance, aveuglant les hommes devant elles, de l’autre, elle enclencha la marche arrière et écrasa l’accélérateur en tournant brutalement le volant. Le tout fut exécuté en un ensemble de mouvements flous, de cette vitesse surnaturelle propre aux vampires.
La Mercedes dépara violemment sur l’asphalte dans un hurlement de pneus. Aussitôt la voiture retournée dans l’autre sens, un drift digne des meilleurs blockbuster à gros budgets, Elinor repassa en marche avant, et appuya aussitôt sur l’accélérateur. Son but était évident : les quelques mètres de vide séparant le troisième pick-up du vieux mur en briques d’un entrepôt. L’accélération les colla chacune au fond de leur siège. La vampire avait acheté une puissante voiture haut de gamme, équipée de quelques couches de blindage, et l’espace d’un instant, la vitesse de la manœuvre et la puissance de la berline conjuguées parurent presque prendre de vitesse les chasseurs.
Presque. Tenant le volant avec assurance, avec cette volonté d’acier dont elle était coutumière, l’immortelle entendit brièvement le moteur de l’autre pick-up rugir à son tour. La vampire comprit aussitôt, mais il était bien trop tard pour renoncer désormais. Elle insulta mentalement l’ahuri au volant de cet engin, suffisamment inconscient pour tenter cette manœuvre dangereuse plutôt que d’abandonner sa cible. Il payera lui aussi, songea-t-elle juste avant la collision. Quand l’épais pare-chocs de la jeep heurta brutalement le flanc gauche de la Mercedes, l’avant de celle-ci fut projetée avec d’autant plus de violence contre le mur de l’usine, dans un atroce bruit de tôle froissée, et rebondit littéralement sur ce dernier sous l’effet de la vitesse élevée.

Elinor s’était attendue aux secousses, mais elle en fut tout de même ébranlée. Elle ne lâcha pas le volant pour autant. Elle rétrograda rapidement pour relancer la Mercedes endommagée, et la fit repartir à toute allure d’un bon coup d’accélérateur. La voiture ballota encore durant quelques secondes, louvoyant dangereusement tandis que les poursuivants tâchaient de se remettre de la collision volontaire. L’immortelle en profita pour creuser la distance. Elle coupa entièrement les phares de manière à leurrer davantage ses poursuivants, quand sa vision nocturne lui permettait de suivre la route dans l’obscurité totale. Elle ne fit toutefois aucun commentaire, quand le volant et le levier de vitesse étaient secoués de tremblements de mauvaise augure.
La voiture ne tiendra pas longtemps, constata-t-elle amèrement. Et pour cause, le capot autrefois impeccablement uniforme de la Mercedes, était à présent aussi froissé qu’un vieux pêcheur du Bayou. La tôle du côté d’Elinor avait été complètement compressée. Elle avisa les lointains phares des chasseurs dont les lueurs se reflétaient dans le rétroviseur, et continua de pousser la mécanique jusqu’au bout, le pied au plancher. La moindre parcelle de sourire avait alors déserté ses traits, lesquels affichaient désormais une dureté indéchiffrable, où brillait la lueur d’une concentration féroce, et un soupçon de fierté méprisante envers ses adversaires

« La voiture va bientôt nous lâcher, observa-t-elle en avisant Heidi rapidement. Nous allons devoir continuer à pied malheureusement. Je sais que la situation est difficile, tu as certainement plein de questions, mais il va falloir me suivre et faire exactement ce que je dis. »

Elinor décocha finalement un regard assuré vers Heidi. Ce serait dommage de la perdre maintenant. Le ton de sa voix n’offrait aucune once de panique, seulement un calme rassurant, d’où émanait une aura de contrôle total malgré l’urgence de la situation.  Elle récupéra son sac à main coincé dans le rangement de la portière, et désigna brièvement du regard l’espace devant son Calice.

« Ouvre le compartiment devant toi. Prends les deux pistolets dedans. Garde le plus petit pour toi, je vais prendre l’autre. Est-ce que tu peux courir ? »

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Dim 31 Jan 2021 - 13:01 (#)
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L
es réponses de la vampire te laissent un brin perplexe. Il n’y a pas si longtemps que ça, tu as passé un mois entier sans voir l’ombre d’une scène et tu as eu l’impression qu’il a duré une éternité, bien plus encore que ton premier mois à l’internat ; le fait que ces artistes encore anonymes pour toi ne souhaitent pas réapparaître à la face du monde te dérange. Intérieurement, tu les juge sans même savoir qui ils sont. Toi, immortelle, jamais tu n’oserait abandonner ton art. Elle répond aussi à ta dernière question, en soulevant par la même occasion nombre d’autres qui ne trouveront quant à elles pas de réponses, que ce soit délibéré ou du fait des événements qui sont à l’aube de bouleverser le cours de cette soirée et en imprimer un souvenir indélébile.

Perdue dans tes pensées et ton orgueilleuse jalousie naissante, le regard vaguement fixé sur un point au loin derrière la vitre teintée, tu ne vois pas arriver ce coup de frein brutal. Sans que tu n’y comprennes rien, tu es retenue à ton siège par cette ceinture que tu as failli ne pas mettre et qui pourtant vient de sauver ton crâne bouillonnant d’interrogations d’une rencontre un peu trop intime avec le pare-brise de la voiture. Enfin, ça n’est pas la première de tes préoccupations ; avant de te promettre de toujours attacher ta ceinture à l’avenir, tu dois d’abord trouver le moyen de respirer à nouveau. Quelque chose dans ta poitrine s’est arrêté, tu ne sais pas bien quoi, mais tu paniques pendant une paire de secondes qui te font expérimenter un sens tout particulier de la relativité du temps. Ton cœur a sauté un battement et ton diaphragme ne daigne plus remplir son office et permettre à tes poumons de se remplir de cet air qui, à toi, t’es vital.
C’est la voix d’Elinor, d’un calme olympien, qui vient te sortir de cette torpeur terrifiante. Tu tournes la tête en te souvenant enfin comment faire pour respirer et lui adresses un regard d’incompréhension encore teintée des vestiges de la terreur de l’apnée en prenant une grande bouffée d’oxygène. Tu ne comprends pas ce qui se passe, mais tu sais que la situation est grave. L’éclat soudain des pleins phares t’éblouit mais tu peux distinguer en plissant les yeux une poignée d’hommes en face de votre voiture. Des hommes armés. Tu ne réalises pas bien ce que représente un groupe d’homme armés munis de fusils, en réalité, et la déferlante d’adrénaline qui s’abat dans tes veines t’empêche d’accepter une issue funeste à cette situation dont à laquelle tu ne comprends toujours rien.

Comme prédit par la pilote, un autre choc violent vous ébranle. Plus préparée, mais jamais assez, tu rentres la tête dans les épaules en t’accrochant à la bande de nylon pour éviter qu’elle ne te lacère définitivement la peau à travers tes vêtements pendant que la voiture heurte le mur et qu’elle ne redémarre en trombe dans un bruit assourdissant. Tu te retournes à nouveau vers la vampire, prête à d’abord jurer puis poser toutes les questions qui inondent ta conscience mais elle prend la parole avant que tu ne puisses émettre le moindre son. Tu bénis ses réflexes à toutes épreuves et le calme qu’elle arrive à garder mais merde, qu’est-ce qui se passe ? Son regard arrive à canaliser le mélange de peur, d’incompréhension et d’excitation qui t’assiège, mais tu ne peux pas cacher la crispation évidente qui tend ton corps jusqu’au bout de tes doigts. La question de savoir pourquoi tu lui fais autant confiance n’effleure même pas tes pensées. Tu hoches la tête pour répondre à sa dernière question malgré tes jambes tremblantes puis suis ses instructions, fouillant dans la boîte à gants pour en ressortir les deux pistolets et, après les avoir jaugés brièvement, lui tendre le plus lourd.
C’est la première fois de ta vie que tu prends un de ces engins dans tes mains, et ça n’est peut-être pas une mauvaise chose, mais si ce soir tu dois t’en servir.. tu verras bien. En attendant, tu plantes tes yeux dans ceux d’Elinor et prends la parole pour la première fois depuis l’accident, une main sur la poignée de la portière passager, prête à l’actionner à son signal.

« Kurwa.. ça arrive souvent ce genre de chose ?! »

Tu ne jures qu’à de très rares occasions en polonais, généralement quand la situation provoque chez toi des sensations d’une intensité inouïe. Cette fois ne déroge pas à la règle : tout ton corps brûle sous l’effet de l’adrénaline et tu ne sais même pas toi-même si tu es terrifiée ou absolument surexcitée. Probablement les deux en même temps, mais le fait de ne pas être seule est un facteur décisif.


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Elinor V. Lanuit
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Lun 1 Fév 2021 - 23:15 (#)



La Mercedes faiblissait inexorablement. Au-delà des vitres sécurisées, les rares lumières nocturnes défilaient dans un flot ininterrompu, rendues floues par l’allure excessive à laquelle la vampire maintenait leur course. L’aiguille du tableau de bord frôlait les cent-dix kilomètres à l’heure. Or, Elinor avait beau maintenir une pression constante sur l’accélérateur, la pédale ne cessait de perdre en fermeté, et au bout de quelques minutes seulement, elle fut contrainte de conduire le pied au plancher pour conserver leur avance. Le choc avait sans nul doute endommagé sérieusement une partie du moteur, et quoi que ce fut, la berline allait bientôt rendre l’âme.

« Pour la version courte, non, ça ne m’était jamais arrivé. »

Déjà, l’attention d’Elinor avait basculé sur le décor morne des usines endormies, à la recherche d’une ruelle suffisamment large, et de hauts bâtiments capables d’offrir une retraite convenable.

« Pour la version longue, le mois d’Octobre de l’an passé m’a causé quelques soucis. Je me suis faite remarquer malgré moi, et voici sans doute les conséquences. »

Une saveur acide inonda le palais de l’immortelle. La frustration se mêlait au dédain d’être ainsi contrainte de fuir une bande de mortels armés, probablement issus des paroisses de péquenauds de l’arrière-pays, le tout s’additionnant en une fureur sourde. Un besoin prédateur. Un besoin de sang qui teinta sa vision de couleurs carmines durant un instant. Ils ne perdent rien pour attendre, se dit-elle en raffermissant sa prise sur le volant. Dans les pensées d’Elinor, des plans s’échafaudaient déjà, une contre-attaque sanglante qui ne cesserait qu’avec la mort de tous les chasseurs.
Toutefois, rien de tout cela ne fut visible sur le visage de l’immortelle. Celle-ci avisa brièvement le rétroviseur intérieur, où vacillaient les lueurs encore lointaines des phares de leurs poursuivants, avant de fouiller dans son sac à main, alors posé sur ses cuisses. De l’intérieur de ce dernier, elle extirpa un petit portefeuille contenant ses faux papiers d’identité, et son smartphone qui furent adroitement placés dans les poches intérieures de son manteau. Elinor retira ensuite un lourd pistolet de gros calibre qui allait avec son chargeur supplémentaire, celui qu’elle conservait toujours avec elle, et se débarrassa de son sac désormais encombrant, en le lançant sans regret sur la banquette arrière. Elle prit le troisième pistolet que lui tendait Heidi, et conserva temporairement les deux armes posées entre ses jambes.

Leur vitesse déclinait. La Mercedes était secouée d’à-coups souffreteux, faisant vibrer l’habitacle, au moment providentiel où Elinor repérait une ruelle adéquate pour s’y dissimuler. Les usines continuaient encore sur des kilomètres, bien loin du centre-ville où elles auraient pu semer leurs poursuivants, et l’avance creusée était trop précieuse pour être gaspillée en une fuite vaine.

« On va s’arrêter ici. » déclara-t-elle vivement en visant l’artère dégagée qui courait entre deux immenses usines abandonnées.

Dans l’obscurité presque complète, pour les yeux humains seulement, Elinor fit tourner sans perdre une seconde la berline entre les murs de brique, et l’arrêta sans ménagement. Elle n’eut même pas besoin de couper le contact : le moteur cala aussitôt dans des soubresauts tristes.

« Viens. »

Sans perdre une seconde, Elinor ouvrit vivement la portière endommagée, laquelle gémit sur ses gonds, saisit les deux pistolets, et coinça l’un d’entre eux à sa ceinture, le chargeur additionnel allant rejoindre son téléphone dans sa poche. Devant elles, les vieux murs de briques des usines renvoyaient à peine l’éclat de la lune, laquelle était pourtant bien visible dans cet endroit abandonné des lumières urbaines, exhibant leurs teintes noirâtres à l’aspect sale, propre aux anciens quartiers industriels. Une porte de service métallique était encastrée sur le côté du bâtiment, entre deux anciennes bennes à ordures. D’un violent coup de pied sonore, la vampire défonça le battant qui s’ouvrit en grand sous l’impact, l’empreinte de son soulier déformant l’épaisseur du métal.
Une obscurité béante les dévisagea à l’intérieur de la structure déserte. Elinor eut le temps d’apercevoir quelques anciennes machines à textile, avant qu’elle ne tourne les talons, en faisant signe à Heidi de la suivre de l’autre côté.

« Pas celle-ci, viens. »

Le leurre était évident. Grossier sans doute, mais Elinor comptait bien en tirer profit pour gagner du temps, et évaluer le niveau de l’ennemi. Elle traversa la ruelle à grandes enjambées souples, évitant de courir pour ne pas distancer Heidi, et contourna l’entrepôt voisin pour suivre les allées de service, son grand manteau noir battant faiblement sous la mince brise que créait ses foulées rapides. Des issues de secours débouchaient de ce côté, leur laissant des points d’entrée à foison au cas où elles auraient eu besoin de se mettre l’abri à l’intérieur. Toutefois, Elinor n’avait aucunement l’intention de se laisser enfermer pour l’instant : une détermination froide l’avait envahi. Ceci n’avait rien d’une fuite. Mais bien un repli stratégique avant l’offensive. Elle ne s’arrêterait pas avant d’avoir restauré le beau rouge brique des usines avec une nouvelle couche d’hémoglobine.
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Wizard Cop : Cochon sauvage et Binette sacrée ;
Kaidan Archos
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Wizard Cop : Cochon sauvage et Binette sacrée ; "Touche pas à mes gosses !"



I LICKED IT
SO
IT'S MINE.




En un mot : Instinctif
Qui es-tu ? :

I WILL BE BRUTAL.

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Facultés : + Fort, + agile, + rapide.
Entend mieux, voit mieux et se transforme en bête pour te bouffer ou se faire câliner
Évolution : Présence de l'alpha
Thème : Animal - MISSIO
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Beat me up
Beat me down
Mess me up
Beyond all recognition

For what it's worth
I'd do it again
With no consequence
I will do it again

Hard up, so hunt me down, down, down
Jump the gun bust a cap hit the ground


-

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Pseudo : Latrine
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Dim 7 Fév 2021 - 1:02 (#)


Derrière Heidi qui suivait vaillamment la vampire en fuite venait une curieuse créature. Rien à voir avec les autres rustauds débiles qui s’approchaient rapidement, accompagné d’un grondement de moteur caractéristique de la grosseur des couilles du propriétaire. Cette tendance à trouver une consolation virile dans le vrombissement du piètre état du pot d’échappement de sa voiture restera toujours un mystère pour le métamorphe. Bien que ce n’était pas surprenant non plus. Comme il avait assisté à l’élaboration du plan, bien malgré eux, et à certains de leurs échanges tactiques sur le terrain, le gros matou s’était fait une piètre opinion du groupuscule.

Ils avaient beaucoup trop confiance en eux. Oh oui, de l’expérience, ils avaient, mais l’effet de groupe, composé majoritairement d’homme, qui se crêpaient le chignon à coup de grandes phrases beuglées et de prière à un dieu unique, leur faisait oublié certains détails primordiaux.

Et il était impatient de voir ce guet-apens se dérouler.

Mais on lui avait demandé d’observer, pas d’intervenir.

Obéissant et sans s’imposer, il accomplirait sa mission comme la bébête qu’ils voulaient qu’il soit. Sans faire le chat de gouttière exigeant ou affamé, il n’était, de toute façon, pas doué pour les lamentations félines outre mesure. C’était un peu aller contre sa nature d’Archos. Kaidan préférait ronronner dans un coin et de les surveiller. Dans le pire des cas, de pelage soyeux et propre avec des manières adorables et câlines, il arrivait à ses fins la plupart du temps.

Il n’avait pas l’intention d’intervenir. Même si les envies de rébellions de l’ordre qu’on avait établi pour lui se faisaient de plus en plus sentir dans son bureau cloisonné du NRD. Brittany s’évertuait à rendre l’expérience la plus possiblement agréable, multipliant les offrandes de donuts et de café indigeste. Persévérante, sa secrétaire espère découvrir le secret de sa saveur préférée ; quand elle découvrira que « mes-crocs-qui-arrachent-ta-jugulaire » est ce qu’il préfère, probablement qu’elle lui foutra la paix avec ces immondices sucrées qui donnent le cancer.

Enfin, il devait aussi avouer que d’être sur le terrain, se dégourdir les pattes sans son détestable chaperon était très agréable.

Officiellement en mission, puis comme il ne s’était pas encore enfui de Shreveport, on lui donnait de plus en plus de liberté sur ses horaires, ses faits et gestes. C’est Thompson qui s’en mordait les doigts de perdre le perdre de vue pendant quelques heures.

Qu’est-ce que Kaidan Archos pouvait bien faire sans sa surveillance ?
Tout.
Il pouvait tout faire.

Même se faire témoin d’une attaque contre Elinor Lanuit, une vampire d’une puissance considérable et de quelques années en trop. Le dossier sur elle n’était pas très garni, mais il le consulta quand même quand la cokée-récréativement-Brit le déposa sur son bureau. Le soir de l’Halloween lui aurait fait péter les plombs qu’elle avait soigneusement gardés rangés depuis tout ce temps et sa fondation aux objectifs douteux fonctionne très bien pour foutre le bordel. Plutôt d’influence communautaire que vampirique, le NRD préférait quand même voir la désertée-de-la-vie se calmer les ardeurs entrepreneuriales.

Puis si une milice de Shepherds, se croyant supérieur, pouvait le faire, pourquoi pas ! Par contre les mots exacts étaient « opération à faible taux de réussite », donc, il ne s'attendait pas non plus à des miracles cette nuit.

Le rôle de Kaidan était uniquement de jouer les témoins.
Ce qu’il allait faire.
Probablement.
Les humains sont si stupides, il préférait quand même qu’il n’y ait pas trop de dommages collatéraux à cette tentative foireuse . Il n’avait pas envie de se salir les pattes puis celle qu’il suivait, l’humaine là, n’avait rien demandée non plus.

Pour l’instant, il se contentait de se tenir à distance respectueuse. Ces enfoirés finiront bien par les trouver.  


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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Fil de RP : War, it's just a shot away [Heidi, Elinor, Kaidan] WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Dim 7 Fév 2021 - 21:28 (#)
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War, it's just a shot away
Fil de RP: Usines de The Heaven
ft. Elinor V. Lanuit et Kaidan Archos



T
u ne réalises sûrement pas encore bien les enjeux des événements, mais voir que le sourire narquois qui grime en quasi-permanence le visage d’Elinor a disparu est un indicateur criant de vérité quant à la gravité de la situation. Évidemment, toi, tu ne ressens la peur et n’a conscience du danger qu’une fois qu’il a sévi. Te donner les moyens de te défendre est une première étape vers l’amélioration de cet état de fait, mais l’idéal serait d’être capable de slalomer au cœur même du danger sans jamais avoir à le rencontrer ; en se sens, tu as certainement beaucoup de choses à apprendre de la vampire au cheveux de jais et au visage de marbre.
Qu’a-t-elle donc pu faire pour mériter qu’on lui tende un tel guet-apens ? A cet instant, tu n’imagines rien d’assez grave pour te faire changer d’avis sur elle, mais il faudra qu’elle réponde à tes questions un jour ou l’autre. Sinon ? Sinon tu ne feras rien du tout, s’il y a bien une personne que tu n’as pas envie de te mettre à dos, c’est bien elle, et ton petit doigt te dit que tu ne vas pas tarder à être confortée dans ton paradigme.

Enfin, la voiture s’arrête. Pour de bon cette fois ; tu n’es pas mécanicienne mais à en juger par le bruit du dernier souffle du moteur une fois mis à l’arrêt total, les multiples collisions avec divers objets, mobiles ou non, n’ont pas dû lui être d’une grande aide. Il est enfin l’heure d’en sortir, suivant l’exemple de la conductrice. Tu tires sur la poignée mais la portière ne semble pas vouloir s’ouvrir. Alors, non sans une once de satisfaction, tu lui donnes un coup de talon relativement pour l’y aider. On ne t’en tiendra sûrement pas rigueur, c’était une question de vie ou de mort après tout, la voiture aurait très bien pu exploser.

Une fois à l’air libre, tu regrettes déjà l’air conditionné et la chaleur confortable de l’habitacle, mais tu n’as pas le temps d’y songer plus : Elinor a déjà eu le temps de créer une diversion et d’élaborer un itinéraire adapté à vos besoins de fuite. Tu te mets donc à courir dans sa direction, guidée essentiellement par sa voix puisque tes yeux n’ont pas encore eu le temps de s’accoutumer à la pénombre des lieux dont la hauteur des murs cache une bonne partie du ciel nocturne.
Si tu avais été seule, tu te serais certainement cachée quelque part dans l’espoir de pouvoir voler une voiture à tes assaillants, pas tu n’es pas seule et ton petit doigt toujours aussi pertinent te rappelle que tes plans ont la fâcheuse habitude de capoter dans les instants qui suivent leur conception.

Sans même prendre le temps de te rendre compte de la puissance qu’il a fallu pour défoncer la porte que tu viens de dépasser, tu te mets à trottiner en direction de la silhouette de la vampire. Une chance que tu n’aies pas mis les talons que tu portais lors de vos premières rencontres à son appartement ; un chance aussi que tu t’habilles presque exclusivement de noir, si ceux qui vous ont pris en chasse sont dotés de la même vision que toi. D’ailleurs, tu entends les moteurs vrombir et se rapprocher dangereusement de votre localisation, ça n’est que l’affaire de quelques dizaines de secondes avant qu’ils ne vous rejoignent.

Tu as toujours un pistolet vraisemblablement chargé entre les mains, et toujours aucune idée de comment t’en servir exactement, si ce n’est « tu vises et tu appuies sur la gâchette », et quiconque te connaissant un tant soit peu devrait savoir que c’est un présage on ne peut plus funeste. Dans d’autres circonstances, tu aurais adoré prononcer un monologue théâtral à ce propos mais tu es assez lucide pour te rendre compte que la discrétion est de mise. Alors, tu rases les murs, mais pas assez pour devenir une parodie d’agent secret, seulement pour permettre à ta mécène de ne pas avoir à trop se soucier de ton ingérence quand il s’agira de prendre des décisions traitant de votre survie.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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Lun 8 Fév 2021 - 23:50 (#)



De l’avis de Curt Molinere, éternel pessimiste depuis toujours, tout allait de mal en pis ce soir-là. Assis derrière le volant de l’énorme et bruyante jeep noire empruntée à son paternel, le trentenaire à l'expression patibulaire maugréait sans cesse depuis vingt bonnes minutes, créant un bruit de fond désagréable dans l’habitacle sous tension, comme un minuscule moteur. Car, non seulement la sangsue leur avait filé entre les doigts à peine cinq minutes après le début de l’opération, mais les voilà à présent avec une voiture à moitié défoncée, et Donald, le fils bâtard du pasteur, s’était salement fracassé le nez sur le volant durant la collision. Putain de charogne, jura Curt Molinere entre ses dents, en arrêtant leur véhicule à côté de la Mercedes endommagée. Celle-ci était d’ailleurs tout juste visible sous le couvert de l’obscurité, intentionnellement échouée entre deux énormes bâtiments : ce fut Bobby Joe Junior qui l’avait découverte, en grande partie grâce aux lunettes à vision nocturne collées sur son nez boutonneux.
Dans un beau mouvement d’ensemble, les quatre chasseurs descendirent du pick-up, leurs mains robustes enserrant les crosses des pistolets et autres fusils à pompes bourrés d’argent. En même temps, les deux autres voitures vinrent se ranger derrière eux, en déversant les huit autres chasseurs lourdement armés. Curt ronchonna sans discontinuer. Et pour cause, les frères Paillaud auraient pu choisir de se ranger à l’autre bout de la ruelle afin de couvrir un maximum d’espace, mais non, ils semblaient tous déterminés à se suivre les uns les autres comme le tas de furoncles sur la bobine de Suzy Sue, la sœur de Bobby Joe Junior. Curt jeta un regard vers ledit Bobby, lequel balayait l’espace de la ruelle avec ses lunettes nocturnes, avec un sérieux militaire exagéré, à la limite du ridicule.

Quel sale con. Le gamin d’une vingtaine d’années était certes un peu déraciné après le décès de son paternel, dont on avait retrouvé les morceaux épars dans un coin isolé du bayou, mais il demeurait un vrai poids mort dans l’équipe. Sans l’appui véhément de Donald-Jay, Curt l’aurait lui-même envoyé se faire voir. Ce dernier émit un grognement en songeant à leur dernier check-up avant la bataille. En voyant la photo de la macchabée, la seule réaction de Bobby fut d’affirmer qu’elle était vraiment bien roulée, et Curt était presque certain que le gosse avait mouillé son froc d’impatience durant le trajet. Celui-ci n’avait pas arrêté de gigoter sur la banquette arrière, à en faire remuer les suspensions du pick-up. Faut êt’ bin con pour emmener Bobby ici, et ‘core bin plus con de choisir cette donzelle-là, rumina Curt en venant examiner à son tour la Mercedes décédée.
Bien évidemment, la vampire n’avait rien laissé d’utile à l’intérieur. Curt laissa les sous-fifres vainement examiner les compartiments des portières, et jeta un regard circulaire sur les environs, ses instincts à vif. Comme un foutu lapin coincé dans la tanière d’un renard. En l’occurrence, le choix de la cible n’était pas le sien. Celle-là semblait avoir beaucoup trop de ressources à sa disposition, riche à en crever aurait-il pu dire, et la manière dont elle avait arraché les cervicales du demi-frère de Donald en Octobre dernier, lui avait filé une trouille bleue. Curt aurait largement préféré choisir cette autre sangsue complètement tarée qui vivait recluse dans le cimetière de la ville, et discourait avec emphase avec les papillons de nuit. L’aurait été plus simple, celle-là, ouaip. Il toussota vivement pour attirer l’attention de leur groupe certes bien armé, mais dont la jugeote faisait défaut à quelques-uns, et s’apprêta à distribuer des directives simples, que même Bobby Junior comprendrait.

« Bon, les gars, on va s’mettre en quatre groupe de trois. J’veux une lunette nocturne par groupe. Chacun fouille un bâtiment proche, restez ensemble et surtout communiquez par radio. J’veux dire, sans arrêt, même si c'est pour dire que tout va bien ou qu’la poussière vous file de l’urticaire. »

Du coin de l’œil, Curt vit Bobby Junior en train de faire mentalement la division. L’aurait mieux valu qu’il reste avec son paternel, c’lui-là. Il émit un reniflement de mépris en examinant de loin la porte en métal ostensiblement défoncée qui barrait le flanc de l’usine, avant de reporter son attention sur le groupe. Les chasseurs se consultèrent quelques instants, avant de s’éparpiller dans plusieurs directions, le groupe de Curt allant fouiller l’usine ouverte, bien loin du crétin de service.


Deux usines abandonnées plus loin, Elinor Lanuit entendit les voitures arriver bien avant sa trompettiste favorite. La fraicheur nocturne les environnait toute deux d’une multitude de parfums urbains, parfois nauséabonds, souvent saturés de cette vieille poussière âcre qui séjournait entre les rainures des murs de briques. La main de l’immortelle récupéra son smartphone dans sa poche, tout en scrutant les flancs des usines à la recherche d’une ouverte béante, et en conservant une part de son attention vers la présence d’Heidi dans son dos. Le souffle de l’humaine lui parvenait à intervalles réguliers, quoique légèrement essoufflée par la cadence soutenue de leur fuite, et le rythme de ses pas ne semblait souffrir d’aucune hésitation pour l’instant.
Tant mieux, pensa-t-elle avec satisfaction. La situation lui semblait suffisamment sérieuse pour n’avoir aucune envie de s’encombrer d’une polonaise en crise de panique. L’arme à la main, Elinor fit défiler son répertoire sur l’écran du téléphone, et composa sans hésiter un contact commençant par un N. La tonalité résonna à peine quelques secondes avant qu’une voix féminine ne décroche.

« J’ai besoin que l’on fasse le ménage sur ma position, expliqua calmement la vampire. C’est urgent. »

La discussion fut brève : les questions furent succinctes, précises comme une routine bien établie entre deux personnes habituées à agir de concert.

« Trois voitures de visibles, d’autres ne sont pas à exclure. Des chasseurs, oui. Fusils à pompes, pistolets, lunettes à vision nocturne, sans doute des arbalètes. Oui, elle est avec moi. Non, rassemble une équipe et viens nettoyer tout ça. Carte blanche. Parfait, à bientôt. »

Elinor raccrocha l’appareil, et le fourra à nouveau dans sa poche, en s’arrêtant devant la grande fenêtre béante d’une immense usine à textile, dont la structure rectangulaire occupait une bonne partie de la vue. La clarté lunaire balaya brièvement les bris de verres subsistants, l’ombre d’un chat errant le long des bennes à ordures, ainsi que le volumineux portail qui servait autrefois à décharger les caisses de marchandises. Mais l’intérieur demeurait obstinément dans l’obscurité la plus totale. Aux yeux des mortels du moins. Elle sauta souplement sur le haut rebord en chassant du bout de sa chaussure les plus gros morceaux de verre brisé, et tendit la main derrière elle, vers Heidi qui, le devinait-elle, était probablement aussi myope qu’une taupe dans ces conditions.

« Prends ma main. Fais attention aux morceaux de verre, et baisse la tête en entrant. »

Sans la moindre surprise, l’intérieur était aussi noir que la gueule d’un alligator louisianais. Elinor se faufila entre les vieux carreaux de l’antique fenêtre, puis sauta à l’intérieur dans un frottement doux, et consacra quelques instants à aider Heidi dans cette escalade précaire.

« Essaye de ne pas te couper le crâne. Cela risque de me déconcentrer, » lui dit-elle d’un ton narquois.

Une fois suffit, se rappela-t-elle. Entre l’épaisseur des hautes parois de briques, les sons extérieurs se firent lointains, assourdis par les décennies de poussières accumulées sur les imposantes machines qui continuaient de rouiller dans l’obscurité. L’endroit était truffé d’un bric-à-brac invraisemblable. Un véritable labyrinthe de caisses en partie dissimulées sous des bâches, des outils répandus sur le sol, où des rats avaient probablement élus domicile dans les recoins sombres. De vieux établis jonchaient les murs, des placards baillaient depuis des lustres, et des machines diverses encombraient l’espace, parfois jusqu’au plafond. Des escaliers s’envolaient vers les étages, même si le bâtiment, un immense rectangle abandonné, leur offrait une noirceur à perte de vue.
Elinor risqua un sourire satisfaction. L’intérieur était le terrain rêvé pour une créature de la nuit capable de se dissimuler dans les ombres : sans la présence d’Heidi avec elle, la vampire aurait sans doute usé de cet avantage à foison pour se débarrasser des importuns les uns après les autres. Mais l’humaine demeurait à ses côtés, et sa respiration dans le silence feutré de l’usine vide était aussi audible pour l’immortelle qu’une fanfare à Downtown un samedi soir. Elle prit aussitôt Heidi par la main pour la guider entre les obstacles cachés par sa piètre vision humaine, leurs pas éveillant un écho désagréable dans le calme précaire des lieux. L’immortelle les arrêta près des grandes fenêtres opposées, lesquelles offraient alors une vue imprenable sur l’avenue derrière leurs carreaux poussiéreux. Le regard tourné vers l’extérieur, Elinor se tenait aux aguets, son pistolet contre sa cuisse, cherchant à entendre les prochains mouvements des chasseurs.

« Si tu as des questions, c’est le moment, chuchota-t-elle à Heidi. Tant qu’elles ne nécessitent pas des explications interminables évidemment. »
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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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War, it's just a shot away
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ft. Elinor V. Lanuit et Kaidan Archos



L
es chasseurs à votre poursuite viennent de trouver la Mercedes. C’est assez facile à deviner, que ce soit grâce au bruit des tout-terrains tonitruants qu’ils conduisent se réverbérant contre les murs de briques étroits qui délimitent la ruelle, ou à celui des nombreuses portières claquées dans le silence pesant de la nuit. Rien qu’à entendre ça, tu comprends que la plupart d’entre eux ne sont pas des lumières et la comédienne en toi jubile d’impatience en anticipant le moment fantasmé où tu pourras punir la crédulité de l’un d’entre eux en te faisant passer pour une victime pour mieux le poignarder dans le dos.

Le téléphone d’Elinor s’illumine comme un phare dans une nuit de tempête. Depuis ta position, derrière elle, tu ne peux pas distinguer la moindre chose sur son écran, mais la discussion que tu vas entendre ne te laisse aucun doute sur la personne au bout du fil. « Oui, elle est avec moi. » Là, elle parle de toi, et une des seules personnes, si ce n’est la seule personne qui soit au courant de ta relation avec la vampire, c’est l’autre polonaise. Celle qui prend un malin plaisir à se servir de toi comme d’un sac de frappe depuis que tu as exprimé le souhait d’apprendre à assurer ta propre défense en cas de besoin : Natalia. Tu n’entends que les mots de l’immortelle mais devines ceux du molosse, du moins ceux qui te concernent. Tu imagines bien quelque chose du genre : « cette merveilleuse artiste qui me rend jalouse par ses talents de musicienne et son charisme éclatant est-elle a tes côtés ? ». Bon, il aurait fallu le dire vite, mais l’idée est là.
En revanche, le mot « nettoyer » te fait tiquer un instant. Même en continuant à courir, tu te poses la question de sa signification dans ce contexte. La réponse est évidente, presque comme si on avait allumé un néon rouge clignotant estampillé « tuer » juste en face de toi. Les intentions de ta marraine sont encore floues à cet instant mais tu commences à comprendre que la prochaine fois que quelqu’un verra vos poursuivants, ça sera au mieux dans une morgue et au pire, pas du tout. Il va peut-être te falloir un petit moment pour intérioriser tout ça, mais à cet instant, ton maigre sens moral dopé à l’adrénaline n’y voit aucune objection.

Enfin, tes pensées doivent être mises en suspens au moment où tu dois t’arrêter au même endroit que l’avait fait la silhouette fine d’Elinor. Tu sens quelques éclats de verre crisser sous les épaisses semelles de tes bottines en arrivant. Tu lèves les yeux et distingues au milieu des reflets timides de la lune sur le verre encore accroché au cadre de la fenêtre, une main tendue. Elle est accompagnée de conseils avisés que tu vas, pour une fois dans ta vie, t’empresser de suivre après avoir glissé ton arme entre ton dos et ton pantalon.
Tu aurais bien aimé t’attarder sur le symbole que constitue cette main tendue, de la même manière que tu aurais aimé déclamer avec une ironique marquée « Elinor, qu’est-ce qui nous arrive ? » lorsque tu la saisie, mais tu te rends compte par toi-même que la situation ne s’y prête pas. Le temps est une denrée précieuse et tu devines sans peine que la nyctalope t’en voudrait de le gaspiller malgré la pique qu’elle te lance en s’engouffrant à l’intérieur de cette usine abandonnée et surtout plongée dans lune obscurité totale à laquelle tes yeux vont mettre du temps à s’accoutumer, si du moins il est possible d’y voir quoi que ce soit. Par pur esprit de contradiction, tu te serais bien coupée volontairement, c’est quelque chose dont tu es absolument capable, mais ta raison te rattrape bien vite. Alors, tu te contentes d’une simple grimace en tâchant de progresser avec précaution.

A ton tour, tu atterris sur le sol du bâtiment désaffecté en toussant brièvement dans ton coude à cause de la poussière soulevée par l’impact de ta chute. La main glacée de la vampire attrape à nouveau la tienne, t’entraînant à l’aveugle dans une course à la destination inconnue. Ça doit être pratique, de voir dans le noir ; une raison de plus à ajouter à cette réflexion qui se fait de plus en plus concrète.

Vous vous arrêtez enfin près d’une fenêtre, t’offrant enfin quelques rayons de lumière pour soulager cette angoisse de la cécité qui montait bien malgré toi. Des questions ? Tu sais que tu en as beaucoup à poser, et tu aimerais simplement lui demander de tout t’expliquer, mais il va falloir que tu trouves toi-même les questionnements qui te taraudent le plus. Tu hésites un court instant avant de chuchoter à ton tour.

« Je crois que j’ai plus ou moins compris que ces types reverront pas la lumière du jour. J’ai pas envie d’être un boulet, il y a pas quelque chose que je peux faire ? T'as un plan ? »

Tu te vois déjà te faire chambrer pour ton inutilité pendant des semaines par l’autre furieuse et tu n’as pas envie de lui donner cette satisfaction. Pour ce qui est d’explications plus détaillées sur la situation et le pourquoi du comment, ça pourra certainement attendre que vous soyez en sécurité. Quoi que la vampire ait pu faire, tu n’arrives pas à voir grand-chose qui pourrait altérer l’admiration que tu as pour elle. Tu n'arrives pas à voir grand-chose tout court, de toutes façons.


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En un mot : Instinctif
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Entend mieux, voit mieux et se transforme en bête pour te bouffer ou se faire câliner
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Beat me up
Beat me down
Mess me up
Beyond all recognition

For what it's worth
I'd do it again
With no consequence
I will do it again

Hard up, so hunt me down, down, down
Jump the gun bust a cap hit the ground


-

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Dim 14 Fév 2021 - 21:44 (#)


Un peu plus loin, il grimpe sur le rebord d’une autre fenêtre et regarde à son tour vers l’extérieur. Comme si ce chat faisait partie de la bande, nonchalant, juste là pour le spectacle, il ne ronronnait pas, ne demandait pas d’attention, il était là, c’est tout. Il ne demandait rien en échange. Ni quémandant, ni même dérangeant. Silencieuses, les fines pattes ne faisant pas de bruit en les suivant dans leurs courses. Le but n’était pas de se cacher, seulement d’être présent.

Dehors, l’on commença à entendre des « pop » particulières, suivies d’un éclat de verre. Ce n’était pas un pistolet ou quelqu’un qui lançait des choses au travers des fenêtres. Le but était quand même que la bande ne se fasse pas repérer trop rapidement par la harpie. Au bout de l’allée, un groupe réduit dont l’un porte des lunettes nocturnes et un autre est armé d’un M79, un lance-grenade américain surnommé « Thumper » ou «  Blooper » pour le son particulier qu’il fait. Le fameux «  pop ». Le mec qui s’occupait de tirer des grenades fumigènes au travers des carreaux à distance, sans avancer, se sentait trop comme Arnold dans Terminator 2, sans les explosions. Lunette fumée complètement inutile, type sport et teintée miroir, le type plaçait l’arme à sa hanche puis décochait une grenade — « pop » — l’observait traverser le verre avec une satisfaction à peine voilé, puis rechargeait une deuxième grenade pendant que les autres attendaient, observait et surveillait.

Ce n’était pas des fumigènes normaux. Ce n’est pas ça qui allait faire décoller un vampire de sa cachette. Cette fois-ci, les munitions étaient particulières. Les Shepherds se retrouvaient parfois avec des armes expérimentales, qu’on leur fournissait de… de quelque part. Les rumeurs allaient de bons trains sur un labo secret qui pratiquait des expériences sur les CESS pour ainsi apprendre à mieux les « contenir ». Fantasme de bien des membres de cette association, le PASUA avait toujours démenti les rumeurs. Il fallait pourtant être du PASUA pour savoir que ce n’était pas uniquement des ragots ou avoir fait partie de leurs expériences…

Bref, les fumigènes.
Ils ne sont pas juste fumigènes.
Composée habituellement de chlorate de potassium et de cellulose, celle-ci était faite de chlorate d’argent. En tant que simple sel métallique, c’est un produit chimique courant dans les expériences de chimie inorganique de base, mais il est sensible à la lumière, il doit donc être stocké dans des conteneurs de couleur foncée hermétiquement fermés. Classique utilisation comme explosif primaire, c’est la fumée qui se retrouve composée de nanoparticules d’argent qui pénètre bien profond dans vos alvéoles pulmonaires.

C’est chatouillant pour les humains, relativement toxique sous une longue exposition, mais c’est d’autant plus très grandement agaçant pour les vampires en contact avec le gaz.

Et Bobby Joe Junior avait fièrement un lance-flamme. 
À voir combien de temps il serait fier avec cette arme.

Dans tous les cas, les grenades fumigènes n’avaient pas encore transpercé la zone où le trio se cachait. Par contre, les fumées commençaient lentement à se disperser au travers des buildings.

- @Elinor V. Lanuit – Lance le fil du Destin -
Les conséquences de ton tir.:

Le chat lui, l’avait senti venir de loin. Les moustaches chatouillées par la toxicité de la fumée compacte au loin, il quitte le rebord de la fenêtre en un miaulement désapprobateur. Il va lentement s’installer un peu loin dans la pièce, assit sur ses deux pattes arrières, il attend, ce léchant une patte pour la frotter sur le dessus de son petit crâne.

Un chat normal.

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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
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Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Dim 21 Fév 2021 - 18:32 (#)



Littéralement vautré derrière le volant craquelé du fourgon, son fauteuil geignard bloqué en position couchette, Ernie Barbière tâchait en vain de se remémorer une autre occasion où il s’était autant emmerdé. Cette nuit battait cependant tous les records, bien loin devant les bals de la paroisse, et les soirées thé glacé de sa femme avec les voisins. Au dehors, dans l’ombre de l’énorme hangar où il avait dissimulé le vieux fourgon d’un blanc écaillé, un silence de mort s’était appesanti sur les environs, situés bien loin du cœur de l’action. Le chasseur vétéran se faisait ainsi intensément chier, et ce n’était pas sa collègue de chasse, Joselyne Bates, alors plongée dans le pilotage de leur drone de surveillance qui allait le distraire de cet ennui mortel.
Celle-ci était assise de biais sur le fauteuil adjacent, fixant l’écran de contrôle du drone d’un air absorbé, les lumières verdâtres de la vision nocturne donnant à son visage poupin et ses couettes pendantes, une ressemblance avec Mercredi Addams. Plus froide qu’un mocassin un jour de grand gel, songea Ernie qui commençait à ressentir de sérieuses crampes au bas de son dos, et autour de son fondement. Il remua vivement pour essayer de trouver une position confortable sur ces vieux sièges, dont les ressorts grinçants lui rentraient dans la viande à chaque inspiration, mais il ne réussit qu’à faire gémir les amortisseurs, et générer un grognement de mauvaise humeur chez sa comparse. Joselyne étira à travers la portière ouverte ses jambes entourées d’un jean noir serré, aussi rigide que son caractère réactionnaire, et sa langue digne d’une vieille nonne acariâtre.

Ernie lâcha un soupir d’inconfort et de lassitude. Non seulement il était condamné à une soirée déprimante en compagnie de ce morceau d’iceberg, mais le vieux fourgon était saturé d’une odeur de marée absolument insoutenable. Seule Joselyne ne semblait pas affectée, ce qui n’avait étonné personne d’ailleurs, alors que lui-même n’avait pas pu résister au besoin d’ouvrir en grand la fenêtre côté conducteur. Et pour cause, l’engin était autrefois la propriété de Bobby Joe senior, la légende de la pêche à la mouche, et celui-ci s’était longtemps servi du fourgon pour entreposer ses prises. Au point que même des années après, tout l’habitacle était encore saturé d’une odeur d’eau croupie, un mélange d’algues et de poissons crevés qui imbibait chaque pouce de la mécanique.
À ce stade, Ernie était quasiment persuadé qu’un banc de crevettes putrides devait encore mijoter quelque part dans les interstices de la cabine arrière. Quelle idée ce bahut, pensa-t-il en fixant le mur de briques d’en face, dont les figures rectilignes contribuaient à le déprimer davantage. Au bout d’interminables minutes à dénombrer les briques de l’énorme hangar en ruines, Ernie avait dépassé les quatre cent, celui-ci se décida à allumer la vieille autoradio, dont les boutons étaient tâchés d’une matière indéfinissable à la forte odeur de poisson. Il régla le volume au minimum audible, et entreprit de se caler les omoplates entre deux ressorts agressifs. En vain.

« Quoi ? » dit-il, sur la défensive, tandis que Joselyne le dévisageait avec un air outré, comme une commère d’Haughton à qui on vient d’apprendre un adultère.

« ‘Fait du bruit, t’es con. » lui répondit-elle, de ce ton froid et trainant qui rappelait le raclement des dents d’une fourchette contre le fond d’une assiette.

Ernie haussa les épaules. « Si la morte s’ramène par ici, elle nous sentira d’avance, sans parler de ton écran qui brille à cinq cent mètres. Pis tu la verras bien v’nir, c’est fait pour ça ton truc. »

C’te vamp verra bien l’morceau qui s’est détaché d’la banquise, et qui flotte sur le siège passager, eut-il envie d’ajouter, mais le chasseur se ravisa de justesse. Les lèvres pincées dans une expression désapprobatrice, Joselyne secoua finalement la tête et reporta son attention sur le vol du drone. Ernie renifla machinalement, un net soulagement apaisant le rythme de son cœur. Cette femme lui flanquait une trouille bleue, bien plus qu’une chasse au macchabée, et sans le respect qu’il portait à Curt, jamais il n’aurait accepté d’être coincé au beau milieu de la nuit avec une bestiole comme ça. Toutefois, comme leur chef lui avait bien expliqué, le fourgon était une étape essentiel dans la capture de la vampire : bien trop importante pour être confiée à un trou du cul comme Bobby Junior. Ernie était l’homme de la situation avec son sang-froid à toute épreuve, y compris pour soutenir le regard de Joselyne, laquelle complétait parfaitement leur duo avec sa connaissance technologique.
Joselyne était du reste, une vraie maniaque de l’informatique et tout ce bordel dont Ernie se fichait pas mal. Voilà au moins une qualité qu’il ne pouvait lui reprocher. En son for intérieur, il était même certain que celle-ci devait passer tout son temps libre à élaborer de nouvelles technologies, instruments de tortures et autres armes destinées à causer un maximum de souffrances. Un robot pour la décongeler sous la jupe. Ernie ricana intérieurement. Elle va fout’ la trouille à la vamp. En s’étirant du mieux que possible dans cet espace exigu, il extirpa son pistolet de son étui et, pour la douzième fois de la soirée, en vérifia le chargement de balles d’argent. À côté du chasseur, la station de radio lança le titre des White Stripes, Seven Nation Army, lui donnant un nouvel éclat de motivation pour surmonter l’attente interminable. Ernie la sentait dans ces tripes cette résolution brûlante, prémices d’une montée d’adrénaline : cette nuit, la chasse allait être couronnée de succès.

À environ six rues des douleurs lombaires d’Ernie, un drone flambant neuf survolait une succession d’usines désertes, autour desquelles s’affairaient méthodiquement des silhouettes humaines. Évoluant par groupe de trois, ceux-ci se mouvaient avec la lenteur prudente des hommes aguerris, le porteur de lunettes nocturnes en tête, tandis que le lance-grenade rythmait leurs pas de bruits sonores, rappelant la succion d’une ventouse ou d’une tuyauterie bouché. Dans le calme nocturne, les vieux carreaux brisés par l’impact des fumigènes résonnaient dans le vide des hangars, et l’écho bondissait entre les établis poussiéreux, en se rapprochant d’une vampire et de son calice.

« Dans l’immédiat, non, » chuchota Elinor à son tour. « Ce serait inutile et idiot de se précipiter dans la confrontation quand nous ne savons pas tous les moyens dont ils disposent, et que le temps joue contre eux. »

Derrière la déclaration posée d’Elinor, une notion élémentaire était toutefois passée volontairement sous silence. J’ai les mains liées, pensa-t-elle platement, bien que celle-ci n’ait aucunement l’intention d’évoquer ce simple constat à voix haute. Bien entendu, s’assurer de la sécurité de son calice représentait un fardeau supplémentaire, bien entendu être seule lui aurait permis une plus grande liberté d’action, mais elle ne trouvait aucun intérêt à s’attarder sur la réalité des faits. Cela aurait été une perte de temps. De son point de vue, démolir le moral d’Heidi n’aurait fait qu’aggraver la situation, créer un sentiment de culpabilité ou de panique, voire un héroïsme bien stupide.

« Dans un moment nous aurons des renforts, en attendant… » Elinor suspendit sa conclusion quelques secondes. « Je les entends. »

En s’immobilisant contre l’appui de la fenêtre, l’immortelle scruta la surface crasseuse, mais ne décela pourtant aucun mouvement dans la ruelle baignée de clarté lunaire. Elle reporta son attention vers le côté opposé du hangar où, loin au-delà de l’enchevêtrement de vieilleries industrielles, des murmures masculins filtraient à travers les briques, en un chapelet tout juste audible pour une oreille surnaturelle. Elinor perçut alors le raclement de lourdes bottes militaires sur le ciment irrégulier, le style parfait pour se donner une allure virile, derrière l’imposant portail métallique fermant l’entrée principale. Elinor se déplaça furtivement à l’abri d’un pan de maçonnerie de manière à être protégée en cas de fusillade, tout en conservant une bonne visibilité, et se prépara à un nouvel affrontement.
Dans un tonitruant choc métallique qui résonna puissamment dans l’immense espace vide du bâtiment, un objet volant non identifié brisa les vestiges de carreaux à bonne distance de la vampire, puis voltigea quelques secondes en l’air, avant de laisser entendre un sifflement de mauvaise augure en rebondissant entre les machines vétustes. Elinor se redressa lentement dans l’ombre du mur en sondant les ténèbres pour tâcher de repérer l’objet parmi le fatras abandonné. Toutefois, une épaisse fumée envahissait l’obscurité des lieux, les rendant suffisamment opaques pour obstruer même la vision d’une immortelle. Celle-ci huma prudemment l’air qui s’épaississait de secondes en secondes d’une odeur chimique désagréable, et porta immédiatement sa main devant sa bouche pour étouffer de justesse un accès de toux inattendu. En voilà une mauvaise surprise, rumina-t-elle.
Et cependant, au milieu du foisonnement de questions stratégiques, une seule subsista dans l’esprit d’Elinor : avait-elle bien fait d’accepter Heidi comme calice ? Le doute flotta la fraction de seconde durant laquelle la trompettiste fut prise d’une quinte de toux digne d’un routier atteint d’un cancer du poumon en phase terminale. Jamais Elinor ne se serait doutée qu’un timbre aussi caverneux puisse émerger d’une gorge aussi délicate. L’immortelle se tourna vivement vers l’humaine, une expression de surprise barrant ses traits habituellement caractérisés par un authentique flegme britannique. Au dehors du hangar, elle perçut aussitôt une série d’éclats de voix, et d’invectives viriles, preuve que le trio de chasseurs avait évidemment entendu l’éruption pulmonaire polonaise. Il faut sortir d’ici et très vite, fut la seule priorité qui lui traversa l’esprit à cet instant critique.

Adieu la délicatesse des sérénades musicales. Adieu la courtoisie maniérée avec son calice favori. Dans un seul mouvement fluide, et sans avertissement préalable, Elinor coinça son pistolet dans une poche de son long manteau, puis redressa Heidi sans ménagement en la saisissant par le col, et la souleva dans ses bras, à la manière d’une mariée crachant ses poumons. Elle sauta par-dessus un établi encombré de vieux outils, puis sans perdre une seule seconde, piqua un sprint dans l’obscurité presque totale, utilisant les obstacles comme autant d’appuis pour se propulser à une vitesse surhumaine. Tout en tenant fermement son colis polonais entre ses bras, la vampire bondit sur le rebord d’une fenêtre largement ouverte, et se faufila adroitement entre les carreaux, faisant passer les pieds d’Heidi en premier pour se réceptionner sur le sol extérieur, à l’air libre.
Nul doute que, du point de vue de son calice embarqué comme un sac de pommes de terre, cette course ne laissera guère un souvenir agréable, un enchainement de mouvements rapides difficiles à suivre dans la pénombre des lieux. À l’extérieur du hangar, un calme relatif enveloppait encore l’arrière-cour où terminait de rouiller de vieilles bennes à ordures oubliées par les hommes, tandis que les voix des chasseurs résonnaient de plus en plus fort aux oreilles d’Elinor. Celle-ci avisa les environs encore temporairement désertés, tandis qu’un sentiment de frustration mêlé de colère aiguisait lentement ses instincts. J’en ai plus qu’assez, se dit-elle tandis qu’une idée simpliste se dessinait lentement dans son esprit. Défoncer sa belle Mercedes était une chose, lui lancer un fumigène dangereux à la figure et attenter à sa personne, accessoirement celle de son calice aussi, en était une autre.

« Heidi, tu ne vas sans doute pas apprécier la suite. »

Son calice toujours dans ses bras, Elinor s’avança vers la benne à ordures la moins sale, avec son couvercle béant vers la lune, et souleva Heidi suffisamment haut pour l’aider à retomber à l’intérieur.

« Cache toi dedans, et sois le plus silencieuse possible. Je vais rester à côté mais ils ne me verront pas, je t’expliquerai une autre fois, fais-moi confiance. »

Coupant court aux éventuelles protestations, Elinor referma le couvercle de la benne à ordures vétuste, masquant à la vue des futurs chasseurs les boucles blondes de sa chère polonaise. Une lueur mauvaise flottait dans les prunelles de la vampire, rappelant cette même volonté d’acier qui animait chacune de ses décisions autoritaires. Quelqu’un allait devoir payer cet affront. Elle traversa la ruelle tandis qu’au loin, la vampire percevait de mieux en mieux les voix des chasseurs faisant le tour de l’usine, à la recherche de leurs proies en fuite, leur esprit humain certainement surexcité par un instinct prédateur bien mal placé. Dans un silence presque total, elle se lova dans l’ombre du bâtiment voisin, conservant ses mains libres, et occulta totalement sa présence aux sens humains. Désormais invisible, Elinor attendit l’arrivée imminente des chasseurs, immobile et impassible dans la fraicheur nocturne.

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Heidi Janowski
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≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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I
nutile et idiote ; deux qualificatifs dont tu ne veux pas te voir affublée aux yeux d’Elinor. Tu n’es pas patiente, c’est un fait établi, et pour toi attendre n’a jamais été une solution envisageable, tout comme la capitulation. Tu as bien envie de les emmerder, ces renforts ;  Natalia la surdouée complètement barge qui va sauver la situation pendant que toi, Heidi la bonne à rien lunaire n’aura que le rôle de demoiselle en détresse incapable d’être autre chose qu’un fardeau. Tu sais que c’est la réalité, que sans toi, la vampire serait déjà sûrement passée à l’offensive et usé des capacités que sa nature lui accorde pour mettre à mal le plan de cette bande d’écervelés assez fous pour s’en prendre à elle de la sorte.
A moins qu’en fait, ils prévoyaient que tu sois là et que tu la retarderais.
Pendant qu’elle est occupée à scruter l’extérieur au travers des vitres ayant essuyé le passage du temps, toi, tu rumines sur ces pensées qui commencent à t’assaillir alors que l’adrénaline de la fuite commence à peine à retomber. L’événement en train de se dérouler venait d’un coup de te percuter de tout son réel dans une prise de conscience paralysante.  Le bruit des carreaux se brisant fait un écho terrifiant de justesse à tes sentiments du moment que ta fierté t’empêche d’assumer. Or, ce conflit intérieur monopolise tellement ton attention que tu n’as pas su retenir ta respiration à temps en entendant ce sifflement si semblable à un acouphène et sonnant le glas de votre dissimulation.
Ta gorge est assaillie par une sévère irritation et placer ton coude devant ta bouche n’aura servi à rien : la quinte de toux qui t’échappe résonne dans l’enceinte du bâtiment et te revient en pleine face comme une preuve réverbérée de la légitimité de tes doutes.

Des voix qui résonnent à l’extérieur, et l’instant qui suit, on t’attrape sans autre forme de questionnement. La vampire te porte à bras le corps, prouvant encore une nouvelle fois qu’ici tu n’es qu’un fardeau. Le peu de paysage que tu aperçois est rendu flou par tes yeux larmoyants, témoins de tes efforts pour endiguer ta toux, mais tout défile à une allure folle. Tu sens la brise de la vitesse caresser froidement ton visage tandis que tu n’oses pas relever les yeux vers celle qui doit en cet instant te maudire. Ton oreille interne demande un répit mais le moment de sa venue ne te réjouit qu’un très court instant, comme ses paroles l’ont prédit.

Elinor vient de te jeter à la poubelle. Littéralement. Tu ne sais pas quoi penser de plus ; tu sais que s’il y avait eu une autre solution, elle l’aurait sûrement choisie, quoique, mais la symbolique de ce geste ne va pas cesser de te hanter pendant au moins cette soirée, et certainement quelques jours de plus. Basculant à l’intérieur, tu aurais aimé lui rétorquer que tu peux te rendre utile, que tu peux être autre chose qu’un boulet, mais elle ne t’en laisse pas l’opportunité : le couvercle de la benne se referme sur toi et tes espoirs de briller aux yeux de ta marraine.  
A travers les parois de tôle , tu entends les chasseurs responsables de la situation rappliquer, leurs pas lourds et trépignants d’impatience faisant trembler ton terrier d’acier. Il fait noir complet et tu ne vois rien là dedans, tu ne peux faire confiance qu’à ton ouïe, ce qui, malgré sa finesse rigoureusement travaillée, t’effraie beaucoup. La benne appartenait sûrement à une usine de textile, ce qui est dans le cas présent une véritable bénédiction puisqu’elle ne contient que des chutes de tissus poussiéreux. Ta gorge est toujours sèche, aride, et te retenir de ne pas tousser relève d’une vraie prouesse, surtout devant les nuages de particules fines que tu soulèves en te glissant avec un franc dégoût sous les couches d’étoffes bon marché abandonnées depuis des lustres. Tu dois te cacher, Elinor a dit, alors c’est ce que tu fais en entendant la phalange se rapprocher dangereusement. Tu n’as plus qu’une chose en tête : ne plus la décevoir, quoi qu’il t’en coûtera, et peu importe la fissure saillante qui s’était formée quelques instants plus tôt dans ton iceberg tenant place de cœur. Tu es vexée, affreusement vexée, mais tu crains par dessus tout de perdre la place que tu avais réussi à te créer dans le monde.

Tellement secouée par la chevauchée, tu n'as pas eu le temps de bien comprendre les paroles d'Elinor. En fait, tu n'avais pas compris qu'elle allait littéralement rester à côté, et tu t'es mis en tête qu'elle s'était éloignée. Que c'était un "à côté" au figuré, incapable de t'imaginer comment elle pourrait se rendre invisible aux yeux des chasseurs activement à votre poursuite.
Tu ne sais pas combien de temps est passé depuis que t'es imaginée le départ de la vampire, mais le moment fatidique est enfin venu : tu entends des grincements métalliques près de toi, sans doute les couvercles des poubelles auxquelles tu as échappé. Tu ne te trompes pas puisque ton tour vient aussi. Lovée dans le fond de la benne, recouverte de la tête aux pieds d’une couche épaisse de tissus miteux, ta veste recouvrant ta tête pour te retenir de vomir, tu retiens ta respiration alors que tu entends ce grincement distinctif juste au dessus de toi.

« Rien dans celle-là non plus ! »

Tu as énormément de chance que la plupart de vos poursuivants ne soient que des arriérés consanguins dont l’esprit est des ordres de grandeur moins affûté que leur accent du sud. C’est Bobby Joe Junior qui a examiné ta cachette, et il a sûrement été envoyé par l’acte charitable d’une puissance chthonienne puisque sa prochaine phrase va réveiller en toi le vent de sédition qui t’a animée pendant près de 25 ans de vie.

« Faut que je reprenne mon souffle les gars, je vous rejoins.. ! »

Et il a décidé de s’appuyer sur ta poubelle pour ça, le laissant seul et isolé alors que ses camarades allaient au devant d’un danger redoutable. Il pensait peut-être qu’en restant en retrait, il arriverait à sauver sa peau et ne pas faire partie des dommages collatéraux de l’opération ; dans tous les cas, il n’aurait jamais dû dire ça à haute voix.
Te croyant toujours seule et mue par un désir avide et surtout aveugle de prouver ta valeur contre toutes les instructions que l’on t’a donné, tu commences à te relever, saisissant l’arme qui était jusque là inconfortablement logée dans le bas de ton dos dans ta main droite. La tôle mugit un peu, mais ça n’est pas grave, au contraire. Tu entends l’homme de l’autre côté de votre cloison de ferraille prendre appui dessus pour se redresser, certainement dans l’objectif de jeter un coup d’œil plus éclairé à l’intérieur, mais à peine ouvre-t-il le couvercle que tu te dresses, surélevée par un tas de détritus.
Tu t’empresses de sortir les bras de la poubelle aux dimensions industrielles. Ta main gauche attrape les cheveux de Bobby Joe Junior tandis que la droite braque le pistolet juste contre sa tempe avant qu’il n’ait le temps de faire quoi que ce soit ni émettre le moindre son hormis un faible couinement de surprise à l’opposé du virilisme qu’il doit ériger en idéal. Rapidement, tu approches tes lèvres se rapprochent de son oreille, carnassières, pour lui chuchoter quelques mots sur le ton le plus sérieux dont tu es capable.

« Tu lèves tes putains de mains tout de suite, lentement, ou je te jure que je répands ta cervelle de fils de pute dégénéré consanguin par terre, pigé ? »

Tu es en colère, comme toujours, et tu le lui as bien fait comprendre. Ton ordre n’avait pas d’équivoque et il obéit, tremblant de peur et ayant ravalé la fierté mal placée que son groupe de pseudo-amis lui avait transmise. Une fois ses mains caleuses bien en évidence dans les airs et assurée qu’il ne tient pas d’arme, tu laisses ton bras droit opérer. D’un geste ample et d’une violence inouïe, tu abats la crosse de l’arme de poing contre sa tempe, le faisant immédiatement succomber à l’inconscience. Ton autre main lâche ses cheveux rapidement, laissant son corps s’écrouler sourdement contre le sol.
Bien, celui là est hors jeu, maintenant à toi de prendre un vrai rôle dans la partie. Tu sors de la benne après avoir remis le pistolet dans ton dos d’un petit bon presque agile et t’empresses de traîner lourdement le corps à contre le mur. Cet enfoiré est encore plus lourd qu’il n’en a l’air. Enfin, peu importe, tu parviens à tes fins après de longues secondes d’effort. Après avoir dépouillé le chasseur inanimé de son lance-flammes, ses autres armes témoignant d’un manque évident de confiance en sa capacité à satisfaire une femme et surtout de sa radio, tu le caches en le recouvrant de lambeaux de tissus provenant de ta cachette.

Te voilà extrêmement satisfaite, l’adrénaline ayant une nouvelle fois déferlé dans tes veines. Seule bémol à cette situation : tu es toujours seule et sans l’ombre d’un plan à présent.


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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
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Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Mar 23 Fév 2021 - 23:35 (#)



Josh et Jacob hésitèrent un moment sur la conduite à tenir. D’un côté, Curt leur avait bien seriné combien il était important de rester groupé, de l’autre, c’était de Bobby Joe Junior dont il était question. Le même Bobby Joe, cet idiot soufflant comme un bœuf asthmatique derrière eux, les mains sur les genoux, plié en deux par la surcharge d’équipement qu’il s’était lui-même infligé par excès de fierté.

« Traine pas trop Bobby, » déclara finalement Jacob en tournant les talons, mettant un terme à leur incertitude.
« Ça s’rait dommage que tu t’fasses bouffer, » marmonna Josh dans sa barbe, en se remettant en marche, ses lunettes nocturnes bien sanglées sur son front.

Dès lors, aucun des trois hommes n’eut conscience de la créature les observant, à quelques pas seulement de la benne à ordures où se dissimulait une polonaise au cœur brisé. Elinor suivit alors attentivement le départ des deux chasseurs, son attention ricochant de leurs dos bardés de munitions, jusqu’à la silhouette pantelante accoudée contre la benne. C’est inattendu, songea-t-elle en réfléchissant rapidement sur la cible à privilégier. Elle opta finalement pour l’ahuri souffreteux au lance-flamme. Cependant, tandis qu’elle s’approchait lentement du cajun, heureux héritier de la maison Joe, l’intérieur de la benne fut secoué de grincements métalliques, preuve que son contenu remuait contre toute logique.
Et contre mon conseil. La suite lui donna raison, une fois encore. L’immortelle s’immobilisa aussitôt en voyant Heidi ouvrir promptement le couvercle de son refuge malodorant, saisissant à pleines mains les cheveux douteux de Bobby Joe Junior, comme une diablesse blonde sortant d’une vieille boite à surprise. Elle ne m’écoute qu’à moitié, constata-t-elle en laissant son calice manœuvrer le bougre. Pourquoi ça ne m’étonne pas ? Une bordée d’injures, suivi d’un violent coup de crosse plus tard, Elinor conclut avec certitude que, décidément, sa trompettiste n’avait nul besoin de son aide pour gérer la situation. Elle se déroba alors bien vite, et s’élança à la suite des deux autres chasseurs avant que ceux-ci ne décident de revenir sur leurs pas pour récupérer leur camarade.
Quelques foulées lui furent suffisantes pour rejoindre les deux hommes, et leur emboiter le pas, inconscients de la menace juste dans leur dos. Josh et Jacob, deux comparses autrement plus expérimentés que le troisième boulet novice, inspectaient chaque recoin d’ombre avec prudence, leurs armes pointées en avant, et les lunettes à vision nocturne en tête.

« J’déteste quand ils font ça, disparaitre comme ça. Putain on dirait qu’y deviennent des courants d’air, comme dans les films, » murmura Jacob, tandis que son coéquipier conversait sur le même ton.
Josh s’attarda un instant pour examiner un amas de caisses à l’aide de ses lunettes. « Les aut’ vont pas tarder, elle aura aucun recoin pour s’cacher. »

Quand ce dernier ressentit l’étreinte des mains glacés d’Elinor lui enserrer le crâne dans un étau d’acier, il était déjà trop tard. Les cervicales du chasseur émirent un craquement sec, qui résonna avec une clarté lugubre dans le calme nocturne. Il s’effondra sur le ciment dans un bruit sourd, la nuque désormais tournée selon un angle improbable, largement au-delà des cent quatre-vingt degrés. Jacob se retourna d’un bloc en entendant le vacarme. Une exclamation de surprise s’étrangla dans sa gorge, en même temps que son visage tannée se figeait en un rictus d’horreur. Par un réflexe instinctif, il pointa son fusil à pompe au-dessus du corps, mais sa vision ne discerna rien, sinon la lumière de la lune et la brise fraiche jouant dans les cheveux encore chauds de son ami.
Je vais mourir, fut la dernière pensée claire qui le traversa à cet instant. Sa main chercha à attraper la radio fixée à sa ceinture, mais pour lui aussi, il était déjà trop tard. Elinor s’était déjà déplacée dans son dos. Une force monstrueuse heurta alors l’échine de Jacob de plein fouet, lui coupant le souffle, et le propulsa contre le mur avoisinant. Son visage se fracassa violemment contre la brique. À cet instant, l’homme était encore suffisamment conscient pour sentir son nez se briser, ses arcades sourcilières déverser un flot épais de sang, et une saveur âcre envahir son palais. Il retomba parmi un amas de vieilles caisses en bois, virevoltant sur lui-même comme un pantin désarticulé, avant de s’écraser lourdement au sol. Il remua mollement, à moitié assommé par la violence du choc, en émettant un immonde gargouillis entre ses dents brisées, à mi-chemin entre l’appel à l’aide et hurlement, tandis que ses jambes battaient l’air comme le réflexe nerveux d’un animal à l’agonie.
Elinor mit aussitôt un terme à ses souffrances. Elle n’avait ni le temps, ni l’envie de la torture : l’efficacité primait avant tout. Elle lui fracassa simplement la boite crânienne, en l’écrasant entre la semelle de sa chaussure et le mur solide du bâtiment. Finissons-en avant que Heidi ne se décide à prendre d’autres initiatives risquées, pensa-t-elle en admirant son œuvre. Sous la lumière froide de la lune, les deux corps désarticulés gisaient là, leurs regards fixes tournés vers le firmament, et tous leurs équipements à sa disposition. En réalité, elle n’était pas suffisamment énervée par ces hommes pour chercher la vengeance, mais elle ne pouvait nier une certaine satisfaction à s’en débarrasser efficacement. Un sentiment de travail bien fait, voilà tout.

Un sourire satisfait accroché à ses lèvres, l’immortelle ouvrit à l’aide du bout de sa chaussure la veste du chasseur mort, feu Jacob d’Haughton, et se pencha pour fouiller ses poches. Elle en extirpa rapidement un portefeuille, auquel elle préleva le permis de conduire pour le loger dans son propre manteau. Ce sera utile plus tard. Elle récupéra ensuite tranquillement, comme l’on ferait ses courses le samedi, le fusil à pompe et la radio encore accrochée à la ceinture de Jacob. Plutôt encombrant, jaugea-t-elle l’arme en allant examiner l’autre corps. Celui-ci fut d’abord délesté du lance-grenade, dont Elinor tordit le canon entre ses mains de manière à le rendre inutilisable avant de le jeter, puis elle préleva également le permis de conduire et termina son inspection en récupérant les lunettes de vision nocturne. Un cadeau pour Heidi, elle l’a bien mérité après tout.
Derrière elle, les fenêtres de l’usine terminaient de vomir les restes du fumigène, et un calme tout relatif s’était abattu sur ce labyrinthe industriel. Elinor n’accorda aucun crédit à ce répit. Elle enjamba négligemment les corps refroidissant, sans se donner la moindre peine pour les dissimuler, et se hâta de rejoindre la ruelle où se tenait encore Heidi. Tandis qu’elle marchait, un embryon d’idée naissait peu à peu dans son esprit calculateur, et lorsque sa silhouette se découpa dans la lumière lunaire à l’angle de l’usine, son long manteau reconnaissable battant derrière elle, l’immortelle avait déjà un nouveau rôle pour Bobby Joe Junior. Son dernier acte du moins.

« Comme tu semblais bien t’en sortir avec celui-ci, je suis allée m’occuper des deux autres, » lança-t-elle en approchant de son calice. « Ils ont dû prévenir le reste de la troupe auparavant, nous allons devoir nous déplacer. »

L’immortelle déposa temporairement l’encombrant fusil à pompe sur le dessus de la benne à ordures, et regarda pensivement la silhouette indiscernable de Bobby Joe Junior sous l’amoncèlement de détritus, mais dont elle percevait encore la respiration. Il est encore vivant, c’est parfait. Elinor se détourna ensuite, avisa le lance-flamme dans les mains d’Heidi, et sa respiration encore agitée par l’adrénaline. Une lueur de malice brillait dans son regard.

« Je devrais sans doute te féliciter, mais nous avons encore du travail. Alors en attendant. » Elle lui tendit les lunettes de vision nocturne avec un sourire narquois. « Cela complètera ton équipement. »

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Mer 24 Fév 2021 - 21:06 (#)
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T
rès bien, ça c’est classe. Genre, vraiment classe. Presque assez pour te faire oublier que quelques minutes auparavant, elle t’avait littéralement jetée à la poubelle sans aucune forme de procès. Mais tout de même pas assez pour ça. Il aurait peut-être manqué un coup de tonnerre et un éclair faisant ressortir sa peau opaline et sa tenue noire de jais flottant au vent du décors de briques noircies par les années alors qu’elle vient de mettre fin aux vies d’une paire de vos poursuivants pour te faire tomber totalement en émoi. Dans tous les cas, c’est tout de même suffisant pour parler à ton sens aigu de la mise en scène et de la théâtralisation.
La vampire confirme oralement ce que tu avais cru entendre. Pendant que tu traînais le corps inanimé du badaud que tu avais assommé sans scrupule, il t’avait bien semblé percevoir quelques échos d’un affrontement à sens unique. Tu ne peux qu’imaginer le déroulement de la scène mais une chose est sûre pour toi : les deux types dont Elinor s’est occupée ont dû amèrement regretter leur entreprise, et le fait que leur dernière pensée ait été celle-ci enveloppe ton cœur de quelques sentiments confortables et chaleureux.

Tu n’avais déjà pas pu t’empêcher d’esquisser un petit sourire en coin lorsqu’elle t’avait dit que tu te débrouillais bien, mais lorsqu’elle te félicite indirectement, tu bombes la poitrine, épaules jetées en arrière, et hausse le menton avec fierté. Tu attrapes la paire de lunettes fraîchement arrachées à l’un des assaillants avant de répondre avec tout l’orgueil qui te caractérise.

« C’est pas grave, je ne manquerai pas de te le rappeler, fais moi confiance. »

Lui rappeler de te dire qu’elle est fière de toi pour avoir imprimé le numéro de série de son pistolet sur le crâne d’un homme ; peut-être que Xanthe aurait aussi été fière de toi, mais fort malheureusement, c’est une anecdote que tu n’auras sans doute pas vraiment le droit de lui raconter. Dans tous les cas, la perspective de rendre ta marraine fière balaie tous les doutes qui se sont insinués dans ton esprit jusque là et contribue à te faire encore plus perdre pied dans une morale déformée par ton besoin pathologique d’attention et de nager à contre-courant de tout sens commun.

Bien, maintenant il s’agirait d’enfiler la paire de lunettes à vision nocturne, mais tu as peur que le ridicule dont elles vont t’affubler ne te décrédibilise totalement aux yeux de l’immortelle, alors tu vas attendre un peu avant. Quant à l’équipement dont elle parle.. oh, tu adorerais faire joujou avec un lance-flammes. Ta passion un peu malsaine pour le feu te pousserait à contempler ce spectacle avec une grande délectation. Tu t’imagines déjà barricader le reste des assaillants dans un bâtiment et y mettre le feu en laissant la tendre caresse de la chaleur de l’incendie se balader fugacement contre ton visage apaisé par le doux sentiment de la vengeance accomplie. Cependant, il ne faut pas être un génie pour comprendre que mettre le feu à une usine n’est pas un acte brillant de discrétion et, à moins d’en avoir le feu vert, tu te résignes à ne pas prendre cette initiative ce soir.

« Je te suis, mais il est absolument hors de question que je rentre encore dans une poubelle. »

Sans parler de traumatisme, l’expérience a été horripilante. Même si tu as dit ça a moitié sur le ton de la plaisanterie, il n’est pas difficile d’y déceler l’immense part de vérité qui se cache derrière la légèreté de ces mots. Tu te retiens déjà de la supplier de n’en parler à personne puisque tu sais qu’elle prendra un malin plaisir à te contrarier. Intérieurement, ce qui te fait le plus peur à cet instant, ça n’est pas le groupe d’humains armés à vos trousses mais les semaines de supplice qui t’attendent si Natalia rentre dans la confidence.


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Elinor V. Lanuit
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Ven 26 Fév 2021 - 0:00 (#)



Curt Molinere avisa le cadran de sa vieille montre d’un œil critique. Minuit quarante-neuf. Quatre minutes s’étaient déjà écoulées depuis l’appel de Jacob. L’air de bien méchante humeur, et de plus en plus soucieux, il accéléra ainsi l’allure pour rejoindre à quelques mètres devant lui, son ami Bernie, que l’arme volumineuse dans ses bras donnait une allure de colosse intimidant.

« J’aime pas ça. Ça dure d’puis trop longtemps, si ça continue à trainer comme ça, vaudra mieux décarrer d’ici, » lui confia-t-il un ton de conspirateur, loin des oreilles des autres.

Bernie renifla en haussant les épaules. « J’suis d’accord. Y sont agressifs d’habitude, elle fait qu’nous filer entre les doigts. C’est bizarre. »

Curt approuva d’un grognement. Derrière eux, d’autres silhouettes se découpaient en liseré argenté, les contours de leurs armes dessinés par la lumière lunaire. Ils étaient sept au total. En formation serrés les uns à côté des autres, dans des tenues commandos noires fabriquées à Taiwan et achetées sur des sites internet spécialisés, les chasseurs avançaient à un rythme soutenu pour converger vers l’endroit où Jacob et Josh avaient enfin débusqué la sangsue. Et sa trainée là, qui qu’ça puisse être, pensa Curt décidément d’une humeur massacrante, me demande bien ce qu’on va en faire tiens. Quelques-uns des leurs avaient bien deux ou trois idées amusantes sur le sujet, quand lui-même privilégiait nettement le bon vieux système du parpaing, de la corde et de la Red river.

En dépassant un vieil engin de chantier pourrissant là depuis des lustres, Curt marmonna encore à l’adresse de Bernie.  « J’dis moi, qu’elle attend quelque chose. »

À côté de lui, son ami et fidèle second, haussa à nouveau les épaules pour toute réponse. Avec sa carrure d’un mètre quatre-vingt-dix, son bonnet vissé sur son crâne rappelant un Steven Seagal sans sa surcharge pondéral, il avait tout de l’homme d’action idéal : débrouillard, fiable et plein de ressources. Ce dernier leur avait d’ailleurs procuré l’essentiel de leurs équipements high-tech, grâce à son réseau de fournisseurs, dont même Curt ne soupçonnait pas l’étendue réelle. D’ailleurs, celui-ci n’aurait jamais accepté de monter cette opération sans sa présence à ses côtés. Bernie était leur atout maitre. Celui dont l’assurance et la maitrise stratégique leur permettaient de compenser les éléments faibles, comme Donald-Jay et son nez éclaté, ou bien encore, cet imbécile de Bobby Joe Junior, dont Curt n’avait toujours pas accepté la présence dans leur équipe.

« Ton arme, là, » continua Curt à voix basse. « T’es vraiment sûr de toi ? C’est ton fameux Thompson qui te l’a refilé ? »

« Oui et non, un de ses contacts. Mais ça reste entre nous. Lance-filet en acier, ultra résistant, tressé avec de l’argent, mec. Déjà testé sur le terrain d’après Thompson, ils s’en sont servis pour choper toute une famille de ces garous dégénérés. »

Curt eut un rictus méprisant à la mention des créatures maudites. Durant un instant, son attention fut brièvement attirée par la silhouette furtive d’un chat qui se faufilait entre les fenêtres désertes d’une usine, avant de disparaitre dans le bazar abandonné à l’intérieur. Il pesta contre ses nerfs puis se reprit. La chasse s’éternisait beaucoup trop, et lui-même commençait à devenir nerveux face au moindre bruit, voire carrément soucieux sur la réussite de l’opération.

« Qu’est-ce qu’ils peuvent bien foutre de ces merdes ? Tous ces trucs moitié bonshommes, moitié bestioles, ça mérite qu’une balle dans la tête d’mon point de vue. »

Bernie haussa encore les épaules. « J’sais pas. Ils les croisent avec des clébards pour dresser les gosses, peut-être ? »

« T’es dégueu, » ricana Curt. « J’les balancerai tous au broyeur, si ça t’nait qu’à moi. Comme ces vermines qui fouillent les poubelles, bam, une balle dans l’citron. »

Les deux hommes se mirent à ricaner de concert, et l’écho se répercuta entre les tôles rouillant, gisant contre les murs de briques dans l’obscurité poussiéreuse que seules les créatures de la nuit pouvaient percer. Comme les chats, par exemple. Tout en avançant, Curt essaya à plusieurs reprises de contacter par radio ses autres camarades, Josh et Jacob. Il n’obtint aucune réponse. Pour l'instant.


À moins de deux rues de distance des chasseurs ricanant, et de leur observateur félin, Elinor tâchait bien que mal de maitriser son ironie naturelle, de crainte d’ajouter à l’affront de la benne à ordures, une moquerie ouverte envers Heidi. L’ambiance nocturne n’était clairement pas à la plaisanterie. Pourtant, en observant son calice exhiber son nouveau lance-flamme, que ses bras délicats parvenaient tout juste à maintenir droit grâce à l’adrénaline, un reste de tissu douteux encore accroché à son pantalon, de nombreuses réparties envahissaient ses pensées. Elle la fixa ainsi quelques secondes, un sourire s’élargissant sur ses lèvres, avant de revenir à la forme allongée contre le mur, l’authentique Bobby Joe Junior en personne dont le front était sans aucun doute décoré d’une nouvelle bosse. Elle revint ensuite brièvement vers Heidi, sans cesser de sourire.

« La dernière t’a pourtant bien réussi. » D’un mouvement vif, elle retira d’une pichenette la chute de tissu accrochée à Heidi. « Mais nous allons les éviter dans ce cas, autant que faire se peut. »

Et maintenant, un peu de sérieux. Elinor fit volte-face sans s’étendre davantage sur ce sujet trivial, en particulier dans l’urgence de la situation, et se mit en quête des objets nécessaires à son plan. Elle se mit à fureter entre les bennes à ordures, les caisses en bois et les bacs métalliques à moitié éventrés, repoussant parfois un tas de détritus du bout de la chaussure, un rictus de dégoût sur ses traits. Finalement, après quelques instants de recherche, elle s’arrêta devant un vieux bidon d’essence, duquel dépassaient d’épaisses barres de fer, anciens ustensiles de maçonneries qui rouillaient dans l’indifférence depuis des lustres. En dépit de son aversion pour la saleté, renforcée par l’odeur de rouille et d’eau croupie qui remontait du bidon, l’immortelle en saisit fermement deux.

« Je vais devoir emprunter ton butin. Aucune objection, j’espère ? » dit-elle en revenant vers Heidi, et vers le chasseur évanoui.

La question était de toute évidence purement rhétorique. Elinor commença sans attendre de réponse, en retirant négligemment à l’aide du bout de sa chaussure, tout ce beau dispositif agencé par Heidi, pour dissimuler le corps de Bobby Joe Junior. Celui-ci respirait encore placidement. Une remarquable estafilade ornait désormais sa tempe : sous la violence du coup, la peau avait éclaté et des ridules de sang suivaient le contour de ses sourcils broussailleux, et de sa joue mal rasée. La vampire ne fit toutefois aucun commentaire sur l’exploit : elle devait agir vite. Après avoir déposé méthodiquement ses outils improvisés, l’immortelle saisit le chasseur par le col de sa ridicule tenue commando noire, et le traina sans ménagement au milieu de la rue, jusqu’au mur de brique de l’usine envahie de fumigène. Elle l’installa ainsi bien en évidence, éclairé par la lumière lunaire, et loin des monceaux de détritus ou bien des bennes à ordures rouillées.
Comme le ferait une artiste inspirée, vive et tendue vers son œuvre à venir, Elinor revint chercher ses deux barres de fer, si rouillée que la simple vue semblait capable de vous donner le tétanos. Elle ne chantonnait pas, certes, mais le cœur y était. Elle déposa une barre en appui contre le mur. Puis, elle saisit la main droite de Bobby, leva le bras de celui-ci bien haut à la verticale, paume ouverte, et cloua brutalement l’autre barre à travers la chair, l’os et les cartilages, jusqu’à enfoncer le métal dans la brique tendre. Le chasseur se réveilla derechef, et se mit à hurler à pleins poumons. Sans perdre une seconde, la vampire récupéra la seconde barre, et réitéra l’opération, fixant littéralement le chasseur au mur, comme son idole de Nazareth à une croix en bois. Les deux barres de métal vibraient encore sous la puissance de l’impact, fermement enfoncées dans les joints du mur, quand elle recula pour vérifier sa mise en scène macabre.
Bobby Joe Junior braillait alors comme un cochon à l’abattoir. C’était bien la seule chose qui dérangeait l’immortelle à cet instant, ces hurlements suraigus qui brûlaient son ouïe surnaturelle, si sensible. Elinor ne perdit cependant pas un instant. Elle écrasa violemment son pied sur la jambe de l’homme, lui brisant le tibia avec un craquement net et sinistre, avant de lui fracturer l’autre tibia avec la même violence. Contre toute attente, Bobby parvint à hurler encore plus fort. Et maintenant, la touche finale, jaugea-t-elle en reculant d’un autre pas. Elle récupéra la radio des chasseurs dans la poche de son manteau, la laissa allumée sur le canal commun, et la déposa minutieusement à côté de Bobby, lequel s’époumonait à qui mieux mieux, face à l’insupportable douleur.

« Bien. » Elinor se tourna vers Heidi, un air satisfait sur son visage. « Allons-y. Cela va les occuper un moment, et nous avons encore à faire. »

Oh oui, nous avons encore tant à faire, pensa Elinor en tournant les talons, sans une once de remords envers l’humain condamné à souffrir le martyr, tandis que ses camarades écouteraient l’agonie. Elle récupéra le fusil à pompe sur la benne à ordures, et s’empressa de quitter les lieux de ses longues foulées souples, toujours enveloppée de cette élégance quasi cinématographique.

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Wizard Cop : Cochon sauvage et Binette sacrée ;
Kaidan Archos
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Wizard Cop : Cochon sauvage et Binette sacrée ; "Touche pas à mes gosses !"



I LICKED IT
SO
IT'S MINE.




En un mot : Instinctif
Qui es-tu ? :

I WILL BE BRUTAL.

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Facultés : + Fort, + agile, + rapide.
Entend mieux, voit mieux et se transforme en bête pour te bouffer ou se faire câliner
Évolution : Présence de l'alpha
Thème : Animal - MISSIO
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Beat me up
Beat me down
Mess me up
Beyond all recognition

For what it's worth
I'd do it again
With no consequence
I will do it again

Hard up, so hunt me down, down, down
Jump the gun bust a cap hit the ground


-

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Sam 6 Mar 2021 - 13:31 (#)


Pas question de se laisser enfumer pour le boulot. Pas question non plus de crever parce qu’il avait définitivement d’autres chats à fouetter avant que le PASUA ait sa peau sur une mission d’observation. Ce n’est pas comme si on lui avait non plus donné le choix de refuser de faire de l’overtime. On lui avait proposé cette mission en considérant ses avantages méta, avec une subtilité fortement élaborée : « Ce n’est pas comme si vous ne profitiez pas déjà de la nuit pour vous trimbaler l’anormalité en toute liberté. Autant vous rendre utile en même temps. »  Ah, comme il était apprécié de ses supérieurs. Que dire de ses collègues ? Si ce n’était pas que du fait qu’ils étaient heureux de le garder à proximité et avec cette illusion qu’il était un bon toutou, probablement qu’il serait déjà mort ou découpé en morceaux. Ils préféraient nettement le garder comme prix de consolation. Puis, avouons-le, ça paraissait bien aux yeux du gouvernement de voir des CESS bosser pour leur cause.

Il s’aventura donc plus loin, laissant la cible et son joujou se débrouiller plutôt bien avec ces crasses mouvantes puis se dirigea vers le groupe qui était resté derrière. Les plus intelligents du lot, probablement. Fallait être confiant dans son pantalon pour s’attaquer à une vampire qu’on fait chier tout bonnement. Fallait être encore plus couillu pour lancer ses chiens plus au moins dociles ce lancer à ses trousses pensant qu’ils allaient la ramener sur un plateau d’argent.

Déjà, l’odeur du sang et des cris atteignit sans aucune difficulté ses sens félins.

Le bal était maintenant ouvert et la première danse était lancée.

Et son attention se tourna vers autre chose.

Le chat s’extirpe facilement de l’immeuble (ce n’était pas ce qui avait de plus étanche) puis se retrouve dans la ruelle, entre de vieux cartons, de biais avec le groupe patient, inquiet et qui scrutait les alentours avidement. Le Steven Seagal de service avait entre ses mains un truc qu’il connaissait bien. Parce qu’on l’avait essayé avec regret sur lui, mais aussi qu’on avait harcelé son voisin de labo avec ce lance-filet de malheur. De calibre .308, ce Remington à verrou modifié lançait jusqu’à 9 mètres un filet métallique serti d’une membrane d’argent ultrafin, mais ultra robuste. La dernière idée testée était d’ajouter aux mailles de minuscules crochets coupants, qui en plus de s’accrocher à tout ce que ça touche, brûle si vous y étiez sensible, mais vous fait saigner de mille petites incisions. C’était douloureux. Kaidan arrivait à s’en dépêtrer assez rapidement par sa force, ce qui les faisait assez chier. Ceux qui se trouvaient saucissonnés entre les mailles se trouvaient coincés par la douleur et handicapés. Un truc vraiment efficace contre les garous et les vampires… ou si tu avais une pathologie étrange d’hypersensibilité aux métaux…

S’approchant subtilement, le minet était assez près pour entendre les dernières paroles de ces joyeux lurons.

C’est vrai qu’il avait promis ne pas intervenir, mais la simple idée que le Thompson en question était le même qui lui collait au cul toute la journée, jouant sur tous les fronts possibles pour se faire des amis d’influences le faisait vomir. Éternellement pris au travers d’une organisation qui se félicite de l’avoir maté comme un gentil toutou, Kaidan sentit au plus profond de sa nature une rage violente pulsant contre les parois des limites de sa forme. Les poils de sa colonne se hérissèrent et sa forme s’arrondit.

Il avait dit qu’il ne ferait pas d’éclat. Il était là pour observer. Uniquement observer. Rapporter, ne rien faire, ne pas s’en mêler, surveiller… juste surveiller.

Ne surtout pas laisser place à la plus cruelle de ses formes. Celle qui avait soif de vengeance. De sang. La forme sauvage si longtemps prisonnière qui une fois libéré de sa précédente prison, se retrouva quelques années plus tard coincé au fond d’un être stable et patient. Trop patient.

Regarder. Attendre.

De toute façon, qui allait les croire.
Il n’y a pas de tigre royal blanc à Shreveport.

Bernie n’a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive que sa jambe est happée par un carnivore de trois mètres de long enragé. Traîné sur une courte distance pour échapper au tire paniqué des six autres qui attendaient aux aguets, la bête féroce grogne et arrache des mains de Bernie d’une patte énorme aux griffes sorties, le lance-filet. Le baraqué hurle, se débat. Il n’arrive pas à sortir son pistolet de son pantalon. Il gueule qu’on lui tire dessus, enfin, sur le tigre qui lui plante avec un malin plaisir les crocs dans l’épaule, la sensation de son email au travers des muscles tendus, le goût du sang qui coule à flots, les cris de terreur contre une force de la nature. La bête le maintient de tout son poids, les pattes arrière campées et accrochées dans les cuisses de sa proie. Quand un petit groupe ose s’approcher, pistolet et carabine en joue, le tigre grogne, couvert du sang de sa victime, puis bondit rapidement, évitant de justesse les balles. Habile, il s’agrippe une prochaine fois en sautant dans son dos, le faisant se renverser au sol dans un bouillon sanguinolent, la gorge arrachée par le félin fantôme.

Plus que 5.

La surprise de Curt est totale. Il vide un chargeur dans le noir, espérant atteindre quoi que ce soit. Pareil pour ces coéquipiers qui ne s’attendaient pas à une attaque soudaine.

- Bordel ! On était là pour un putain de vampire ! PAS LA MÉNAGERIE DU ZOO DE SHREVEPORT !
- Ça ne peut pas être un garou ! Ce n’est même pas la pleine lune !
- C’est l’Irea qui nous fait encore des conneries ? Ces putains de sorciers pourraient pactiser avec les vampires pour… pour dresser des chiens de garde ?
- C’EST UN TIGRE CURT ! UN PUTAIN DE TIGRE EN PLEIN MILIEU DE LA LOUISIANE !

Le petit groupe rassemblé, ce tenant serré les uns contre les autres, seul Curt arrivent à garder un peu de contenance. Il recharge son arme, les sourcils froncés quand il aperçoit l’éclat du lance-filet un peu plus loin. Arrivera-t-il à l’attraper avant que cette vermine mouvante le chope ?

[tir au dé pour la suite]:

Pendant ce temps, @Elinor V. Lanuit  a un joli fumet sanglant qui se dirige vers ses sensibles narines et la radio qui laisse crier les ordres paniqués d’une équipe diminuée et prise par surprise. Déjà des renforts ? Ils ont fait vite… ou pas.

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Fil de RP : War, it's just a shot away [Heidi, Elinor, Kaidan] WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Dim 7 Mar 2021 - 17:26 (#)
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War, it's just a shot away
Fil de RP: Usines de The Heaven
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P
arfois, la Fortune, dans son infinie mansuétude, parsème le cours du temps d’indices à propos d’un futur souvent trop proche ; des détails subtils, peut-être un peu trop même, faisant office d’augures sans équivoque. Ces discrets éléments cachés dans un décors toujours saturé d’ironie devraient avoir valeur de signal d’alarme que seule une folie exacerbée serait capable de persuader d’ignorer. Dès lors que l’on remarque une de ces curiosités malignes, il ne reste souvent qu’à espérer qu’il ne soit pas trop tard pour abandonner. Ce que tu observes en cet instant sous la lumière timide de la lune pâle fait à n’en point douter partie de ces funestes signes du destin ; ce qui se dessine à ta vue, c’est le large rictus de la vampire. Fort malheureusement pour la phalange entêtée à vous traquer, il n’auront vent de cet indice que trop tard.

Tu n’aurais pas qualifié l’homme que tu as assommé puis méticuleusement caché de « butin » par toi-même. L’idée d’avoir sa tête accrochée au mur de l’appartement que tu partages comme un trophée de chasse fleurit dans ton esprit et s’évanouit aussitôt après t’avoir arraché un sourire à moitié dégoûté, mais tu es bien loin de raffoler de ce genre de fantaisies morbides. Dans tous les cas, l’objection que tu avais effectivement ne franchira jamais le seuil de tes lèvres ; lorsqu’ Elinor défait d’un simple geste le dispositif de camouflage élaboré dont tu avais affublé Bobby « Butin » Joe Junior, tu devines qu’elle a une idée précise en tête. Un court instant, nonobstant le fait que la raclure inconsciente qu’elle est en train de traîner sans le moindre effort était déterminée à vous réserver le même sort, tu le plaindrais presque d’être encore en vie.
Et à raison. Les yeux plissés et une grimace ostensiblement dégoûtée ornant ton visage ordinairement paré d’une malice crasse, tu observes ta marraine crucifier littéralement l’homme que tu avais neutralisé un peu plus tôt contre le mur. La symbolique du geste est forte et tu ne peux qu’être émoustillée par un sens aussi aigu de la mise en scène, mais les cris du martyr maintenant condamné à une lente agonie commencent à résonner en toi comme un bourdon dont il faudra se débarrasser sans tarder. Le temps que l’on revienne te chercher, un vertige te gagne, paradoxalement élevée par le poids des actes dont tu viens d’être témoin et que tu auras peut-être à commettre ce soir. Dieu merci, on te sort de la torpeur dans laquelle les vestiges de ta moralité t’ont plongée.
Mais au diable les états d’âme, l’adrénaline qui tapisse tes veine te crie de suivre l’immortelle, loin des cris de détresse porcins qui inondent l’étroite ruelle, et c’est ce que tu fais. Ce soir, tu rabats encore un peu plus tes œillères.

Et puis, pas même une minute après avoir laissé le baby-phone devant la macabre mise en scène, d’autres cris retentissent. Ils sont bruyants, assez pour que tu puisses clairement les localiser dans ce dédale de voies sans issues et encombrées de débris. Un doute s’empare de ton esprit, laissant au passage sa trace sur ton minois endoloris par la charge des bonbonnes de gaz durement acquises.

« La Brutasse est déjà arrivée ? Elle a fait vite. » Tu t’accordes un court instant de réflexion avant de te raviser. « A moins que ce soit un piège ? »

Tu as à peine le temps de terminer ta phrase qu’un autre cri distinct perce le silence tout relatif qui régnait à présent entre les murs des usines abandonnées. Ton expression témoigne une fois encore de ton étonnement, si bien que tu te mets à douter de ton ouïe pourtant bien plus aiguisée que la moyenne de ton espèce.

« T’as entendu la même chose que moi ? »

Question peut-être un peu stupide, mais tu te dois de vérifier que tu n'es pas en train de nager en plein délire. Tu n’es pas une experte, mais ton petit doigt te dit qu’un centre industriel désaffecté en Amérique n’est pas le genre d’endroit où l’on trouve couramment des félins de plusieurs centaines de kilos. Si c’est une manœuvre désespérée pour vous attirer dans un guet-apens, même si ses probabilités de réussite sont proches du néant, tu te dois de leur attribuer le mérite de l’originalité. Une bien maigre gratification avant de canner la gueule ouverte au milieu de la rouille et de la poussière.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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Mer 10 Mar 2021 - 22:36 (#)



Bobby Joe Junior, le fils cadet d’une fratrie d’authentiques cajuns, était désormais totalement éveillé, et ses braillements de souffrances résonnaient avec force au cœur de la quiétude nocturne. Le vacarme irritait alors désagréablement les oreilles des plus sensibles, des vampires comme des félins en vadrouille, et couvrait même les bruits des bottes d’Elinor, d’un cuir noir hors de prix, sur le ciment froid. Celles-ci étaient d’ailleurs neuves. Elle aurait préféré éviter de les salir avec du sang et de la poussière de brique, mais cette nuit semblait leur réserver un lot inépuisable de surprises.
La suite lui donna d’ailleurs raison. Comme elle se détournait de la scène du crime, avec en trame de fond les terribles cris du crucifié, et le lourd fusil à pompe dans sa main droite, une nouvelle clameur submergea les lieux, seulement quelques secondes à peine après avoir abandonné le sieur Joe Junior à son sort. Des hurlements lointains crevèrent la nuit, rebondissant entre les ruelles étroites, et éructaient de la radio abandonnée à côté du chasseur agonisant. Allons bon, que se passe-t-il à présent, songea-t-elle avec un brin d’agacement naissant, en se retournant vers Heidi.

« Non, c’est peu probable. Elle nous aurait prévenu, et d’ailleurs, je-… »

Fait suffisamment rare pour être noté, à cet instant précis, un inconnu parvint à couper la parole à la vampire. Celle-ci laissa sa phrase inachevée, le sourcil droit arqué et les lèvres entrouvertes, en une expression de perplexité inhabituelle chez elle. Et pour cause, au beau milieu des vociférations de souffrance relayées à la fois par la radio proche, et l’écho rebondissant dans les ruelles, elle avait bien entendu la mention d’un tigre. Ajouté à cela les rugissements bestiaux qui parvenaient à ses oreilles, associés à cette vive odeur de sang, le résultat laissait peu de place à l’imagination.

« J’ai entendu aussi. » lui répondit-elle, avant de dissimuler son hésitation derrière un brin d’ironie. « Si tu as un admirateur qui vient à ton secours transformé en tigre, c’est le moment de me le dire. »

Elinor énuméra mentalement un lot d’hypothèses susceptibles d’expliquer cette situation mais, à son grand regret, aucune ne lui parut totalement satisfaisante. Un garou revanchard qui les aurait suivis ? songea-t-elle. Je ne vois que ça. D’un mouvement las, elle désigna ainsi la direction d’où émanait les cris de douleurs, et surtout, les nombreux tirs d’armes automatiques.

« Allons voir prudemment ce qu’il en est. Je suppose que nous pourrons sans doute tirer un avantage de tout ce cirque. »

Tout en se faufilant entre les bennes à ordures, les venelles étroites et les caisses abandonnées, elle vérifia par acquis de conscience l’écran de son smartphone, sans le moindre résultat toutefois : aucun appel, ni nouveau message ne s’y affichait. Elle accéléra alors l’allure en choisissant les passages les plus sombres, les plus discrets, évitant avec adresse les monceaux d’ordures métalliques, et sautant par-dessus les caisses en bois. Même ainsi, Elinor parvenait à conserver son beau manteau hors de portée des saletés les plus évidentes, et ses bottes, loin des flaques d’eau croupie. En même temps, grâce aux bruits de lutte, l’odeur de sang et les braillements d’agonie, un véritable boulevard d’indices s’ouvrait devant elle, et quelques minutes lui suffirent pour remonter la piste.
Elinor s’immobilisa à l’angle d’un mur de béton, dissimulée dans cette épaisse pénombre, vérifia la présence d’Heidi, et jeta un coup d’œil prudent vers la scène de carnage. Et c’est bien un tigre blanc, cette ville devient un véritable zoo, estima-t-elle à avisant le fauve qui entrainait un acteur de série Z derrière lui. Celui-ci semblait tout occupé à démembrer son nouveau jouet, qui ressemblait encore vaguement à un être humain, alors que les chasseurs braillaient dans le plus grand désordre. Elle en dénombra quatre éparpillés, tâchant de rassembler ce qui leur restait de bravoure, et un cinquième au sol, manifestement en train de s’acharner sur une arme volumineuse et surtout défectueuse.
L’immortelle déposa calmement l’encombrant fusil à pompe contre le mur, à côté d’elle, aussi méthodique que lors de son dernier chef d’œuvre morbide. Puis, elle décrocha sans perdre une seconde le pistolet de sa ceinture, s’installa dans une position confortable contre le mur, bien à l’aise pour viser correctement, et sélectionna sa victime avec sa méticulosité coutumière. Le tableau avait beau être surréaliste, l’occasion était trop belle, et Elinor était trop maligne pour l’ignorer. Curt s’échinait encore sur le lance-filet récalcitrant quand le coup de feu parti, noyé au milieu des rugissements animal, et des tirs désordonnés de ses camarades. La balle lui traversa la boite crânienne, qui éclata comme un œuf, répandant un mélange répugnant d’os brisés, de morceaux de cervelle, et d’autres fluides qui arrosèrent le bitume froid en une longue tâche d’art abstrait.

« CURT ! »
« MAIS PUTAIN D’OÙ ÇA VIENT ?! » gueula un autre tandis que son camarade compléta avec une certaine vulgarité. « C’EST LA SALOPE DE MORTE ! »
« ELLE EST OÙ ?! »
« PLANQUEZ-VOUS BORDEL ! »
« ET BUTEZ CE PUTAIN DE TIGRE ! »

L’insulte n’effleura même pas le flegme d’Elinor. Celle-ci continua à tirer sans hésitation, arrosant les silhouettes courbées qui tâchaient d’échapper à toute cette folie, tout en évitant tout de même de blesser son allié de circonstance. Jamais elle n’aurait cru venir en aide à thérianthrope : l’idée lui traversa l’esprit, y laissant un sentiment d’ironie désagréable. Tandis que les chasseurs couraient en tous sens pour trouver un abri, coincés entre des griffes de la taille d’un couteau, et des balles guère plus sympathiques, ils commencèrent à riposter totalement au hasard pour couvrir leur fuite. Les tirs embrasèrent la nuit en tous sens. Des rafales creusèrent le béton loin au-dessus de la position de la vampire, toujours dissimulée dans l’ombre, tandis que d’autres firent éclater des bennes et autres matériaux abandonnés autour du tigre. Pendant ce temps, dans le ciel piqueté d’étoiles un drone tout neuf survolait la scène en silence...

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Wizard Cop : Cochon sauvage et Binette sacrée ;
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I LICKED IT
SO
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En un mot : Instinctif
Qui es-tu ? :

I WILL BE BRUTAL.

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Facultés : + Fort, + agile, + rapide.
Entend mieux, voit mieux et se transforme en bête pour te bouffer ou se faire câliner
Évolution : Présence de l'alpha
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Beat me up
Beat me down
Mess me up
Beyond all recognition

For what it's worth
I'd do it again
With no consequence
I will do it again

Hard up, so hunt me down, down, down
Jump the gun bust a cap hit the ground


-

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Sam 20 Mar 2021 - 22:30 (#)


- Oh putain! Laisse filer d’entre ses lèvres, la concentrée Joselyne. Accompagnant le bruit des détonations, les images qui défilaient dans l’écran de contrôle étaient dignes d’un film d’action ou d’horreur. Ou les deux. Dans tous les cas, la violence qui faisait son œuvre sous le drone était ahurissante. Il y a un tigre.
- Quoi?
Sans détourner son regard, restant le plus concentré possible, le glaçon sur deux jambes répéta :
- Il y a un tigre. Un vrai tigre. Il est énorme. Il vient de bouffer Bernie.

Ernie, pensant que c’était une mauvaise blague, s’approche de l’écran assez rapidement pour voir détaler un félin blanc se cacher dans la noirceur. Il jure de ses plus belles expressions.
- La morte à un tigre?  
- Je ne sais pas s’il est à elle, mais dans tous les cas, il est nettement dans son camp.
La femme manœuvre son robot volant pour observer rapidement les alentours.
- Il y a quelqu’un qui se la joue tireur d’élite. Curt à la tête exposée.
- QUOI? Il ne faut pas rester ici.
- Laisse-moi trouver et filmer le sniper.

C’était incroyable que la police ne soit pas encore sur place. À croire qu’elle était de mèche avec les événements qui ne se déroulaient pas du tout comme prévu. Le PASUA aurait dû être alerté. Enfin, c’est certain qu’ils le seront, mais ils ne bougeront pas le petit doigt. Pas pour le moment. Ils avaient un agent sur place pour rapporter les événements.

Les rafales de balles, des derniers survivants paniqués vinrent frôler la cachette du tigre. Uniquement la chance fait qu’une de celles-là écorcha une hanche de la bête, laissant une plaie sanguinolente, mais nettement superflue sur le beau pelage blanc. Il émit un grognement qui fit échos entre les bennes et les déchets dans la ruelle. Le restant des assaillants furent exaltés par la souffrance de la bête, mais aucun ne trouva l’idée intéressante de s’assurer si elle était réellement blessée.

- Il faut battre retraite.
- On ne peut pas laisser Bernie et Curt ici.
- On reviendra prendre les corps au lever du soleil.
- C’est un putain de fiasco.
- Depuis quand les Morts vivants ont des tigres?
- Ce n’était nulle part dans le rapport ça.
- On nous a encore caché des choses.
- Faut déguerpir au plus vite.
- Allez au Hummer. Je vous couvre. 



C’est à ce moment qu’une deuxième rafale de projectiles se fait entendre, visant simplement le noir, l’ombre et les trucs qui pourraient potentiellement se cacher là.

Les conséquences sur le drone qui survole la scène de cette nouvelle rafale de balles à l’arrache, qui ne visent rien en particulier.:

La blessure n’arrête pas le tigre, quand la rafale se fait entendre couvrant la retraite des bozos vers leurs voitures. D’un bond félin et rapide, il s’empare sans surprise du pauvre type qui servait de bouclier, dans un cri d’effrois et un rugissement bestial. La mâchoire de la bête s’abat sur le bras, arrache l’arme d’un coup de patte et repousse d’une fureur puissante vers la bande de peureux qui ramassèrent leur acolyte tombé près d’eux et toujours vivant.

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Fil de RP : War, it's just a shot away [Heidi, Elinor, Kaidan] WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Ven 2 Avr 2021 - 0:55 (#)
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War, it's just a shot away
Fil de RP: Usines de The Heaven
ft. Elinor V. Lanuit & Kaidan Archos



D
es cris, des coups de feu et encore des cris. Cet endroit qui il y a à peine une heure était condamné à un abandon silencieux n’est plus qu’un champ de bataille t’assaillant sans cesse de nouveautés inconfortables. Tes oreilles réclament une trêve ; ton nez n’arrive pas à s’accommoder à l’odeur du mélange de poudre, de poussière et de gaz lacrymogène qui t’agresse à chaque pas que tu fais dans ce dédale de briques et de béton ; tes yeux peinent à discerner autre chose que la silhouette svelte de la vampire te montrant la direction de la survie. L’adrénaline se tarit et l’angoisse, insidieuse, se mêle à nouveau au cocktail détonnant d’émotions nimbant ton esprit.

Enfin, l’arrêt. L’immortelle se cache, prêtant attention à la scène barbare dont les éclats parviennent bruyamment jusqu’à vous ; toi, tu t’adosses au mur, tachant de reprendre ton souffle après cette cavalcade qui avait semblé ne jamais voulu cesser. Tu as horreur de courir et ce sentiment n’est que plus exacerbé par la surcharge que tu t’infliges et que ton dos te fera sans aucun doute payer dans les jours à venir. Les mots fusent, les balles aussi, et bientôt l’odeur du sang se mêle aux autres pour rendre le parfum de l’endroit encore plus désagréable qu’il ne l’est déjà. Tes méninges sont tellement en ébullition que tu ne prends même pas la peine de te faire la remarque que tu aimerais être en mesure d’apprécier l’odeur du sang. Enfin, tu imagines que les vampires l’apprécient.
Dans ta récupération, tu tournes la tête vers le mur le plus proche de l’action et te laisses distraire une paire de secondes par les ombres chinoises stroboscopiques projetées par les coups de feu assourdissants. Elinor aussi se met à tirer maintenant. Les choses vont vite, les sensations sont intenses et tu as l’impression de nager dans un océan d’obscurité pouvant être létale au moindre faux pas. Quel enfer. Le pire c’est que tu ne rêvais pas, tu as bien entendu un tigre. Un tigre. Même ton imagination tordue n’aurait pas pu rêver cela, enfin sauf la partie dans laquelle tu vis une expérience sensée te rapprocher un peu d’Elinor, celle-ci est plutôt courante parmi les nombreux songes inavouables qui hantent tes fantasmes oniriques. Une chose est sûre : si tout cela n’est pas un rêve, tu crains terriblement les acouphènes que tu auras demain.

C’est avec une boule de sentiment d’impuissance au ventre que tu lèves les yeux au ciel, avec l’idée, une fois n’est pas coutume, pas si bête, d’essayer le bidule à vision nocturne qui accapare une de tes mains depuis le début de votre contre-offensive. Tu veilles à ce que le caoutchouc qui entoure les optiques ne touche pas ta peau ; le simple fait d’imaginer la peau boutonneuse de leur ancien propriétaire suffit à te tirer une grimace de dégoût alors que tu fermes un œil pour adapter ta vue à ce nouveau monde tout vert. Et il se trouve que tu as été plutôt bien inspirée puisque tu aperçois entre les hauts mur un engin appartenant sans aucun doute au camp ennemi. Tu veux le dire à ta marraine, mais tu n’as pas envie de passer pour une assistée, d’autant plus qu’elle a l’air d’avoir assez à faire dans son coin de mur. Alors, voilà le moment où tu vas l’utiliser. Une main tenant les lunettes loin de la peau et l’autre attrapant l’arme coincée dans ton dos, tu diriges ensuite rapidement le pistolet vers le ciel et sans plus d’hésitation, tu presses la détente.

« Putain ! »

Tu couines dans ton coin en jetant avec colère les lunettes certainement hors de prix contre le sol. Tu ne t’attendais pas vraiment à la façon dont les choses ont tourné en tirant cette balle. En fait, tu es passablement déçue d’avoir raté ta cible, et ton bras souffre un long instant du recul de l’arme que tu n’avais pas prévu dans l’équation. A quoi tu t’attendais, aussi ? Tu n’avais aucune chance de toucher l’engin, et maintenant tu as mal au bras et aux oreilles, en plus d’avoir réussi à toucher ton égo avec cette balle perdue. Le drone a disparu derrière le toit d’un bâtiment quelconque et tu te sens minable. En plus, tous ces beaufs n’en ont que pour Elinor et ce tigre qui fait, à ton grand désespoir, un allié plus utile que toi. C’est vexant. Extrêmement vexant. Et humiliant aussi.

Et puis merde, aux grands maux les grands moyens. Toi aussi tu existes et tu veux absolument faire comprendre à cette assemblée de fils de pute partageant sûrement la même catin de mère qu’ils paieront aussi pour ne pas t’avoir accordé l’attention que tu mérites.

« Je reviens. »

On peut entendre dans ta voix toute l’ampleur de ton ton amertume et il est évident pour quelqu’un te connaissant un minimum que cela implique un acte dont la témérité n’a d’égale que ta frustration.
N’écoutant que le Devoir, enfin c’est ce que tu diras une fois sortie triomphante de ton initiative, tu entreprends de contourner le bâtiment derrière lequel vous êtes cachées en traînant non sans détermination les bonbonnes de gaz durement acquises. Puisqu’on ne te juge pas comme une menace crédible, tu vas faire en sorte de changer cela. Il te faut une petite minute pour faire le tour de l’édifice de béton, mais tu arrives enfin au coin opposé à celui de la vampire, duquel tu as une vue imprenable sur la scène. Enfin, si tu étais capable de voir clairement dans la nuit. Fort heureusement, les flashs des tirs et les rugissements furieux des félins et des flingues t’indiquent plus qu’assez bien dans quelle direction tu dois concentrer tes efforts. Rassemblant les quelques forces encore disponibles dans tes bras galvanisés par la colère, tu tires palettes et cartons entreposés çà et là le long des murs pour barrer la seule autre issue à ce couloir de l’enfer duquel l’équipe de chasseur aurait dû fuir quand ils en avaient l’occasion au lieu de chercher à riposter comme une bande de macaques ahuris. Maintenant, entre eux et la rédemption se dresse un petit muret de débris certes faciles à enjamber, mais aussi faciles à enflammer avec l’outil adéquat.
Cet outil, il est juste à côté de toi, et tu n’as qu’à presser une nouvelle gâchette pour déchaîner un torrent de flammes qui te fait d’ores et déjà frissonner de désir et refermer sur ces prétentieux le piège de feu qui, tu l’espères de toute l’âme qu’il te reste, jouera un rôle dans la victoire à venir.
Ainsi, d’un coup, le paysage s’illumine de la lueur oranger du chaos pendant que tu répands l’enfer d’un bout à l’autre de la ruelle, détruisant au passage tout espoir de retraite des humains. A ce stade là, tu ne réalises pas encore que tu te rends une fois encore complice de meurtre, mais ça ne saurait attendre bien plus longtemps. En attendant, tu te délestes enfin définitivement de ton joujou, prends quelques secondes pour admirer ton œuvre et laisser la chaleur du bûché réchauffer tes joues et prends le chemin du retour dans l’espoir de récolter les lauriers qui te sont dus.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Sam 10 Avr 2021 - 23:03 (#)



L'air nocturne était devenu étouffant. L’étroite ruelle et ses amas d’ordures, bennes éventrées par la rouille, et restes humains saccagés par les crocs, baignaient dans une atmosphère saturée par les odeurs lourdes de violence. Aux senteurs métalliques des armes surchauffées et de la poudre, se mêlaient lentement celle de la fourrure imbibée de sang, de la chair déchirée, de la sueur imbibée de terreur, et des boyaux refroidissant sur l’asphalte. Des balles avaient fait éclater les briques des vieux murs, crevant çà et là les restes industriels, de bois ou de métal, des fenêtres rendues opaques par les années. Des résidus d’argent volatiles étincelaient en même temps sous l’éclat de la lune, et se mêlaient à la poussière de brique, levant un brouillard au parfum pénétrant, à l’aspect rougeoyant.
À l’autre extrémité de ce chaos, Dick Duncan, alias Dunky, arrosa la ruelle d’une rafale hasardeuse de son fusil d’assaut favori, dans un réflexe désespéré né d’une panique totale et d’un restant d’instinct protecteur envers ses camarades d’infortunes. Aussitôt, les murs des usines furent criblés d’une nouvelle série d’impacts, dispersés en tous sens, et surtout loin de leur cible initiale. L’une des balles fusa en droite ligne, manqua le tigre d’un bon mètre, perça le rideau de poussière rougeâtre, et se ficha profondément dans la maçonnerie, plus de deux mètres au-dessus de l’abri d’Elinor. Des éclats de brique s’éparpillèrent. L’un d’entre eux cisailla la joue droite de la vampire avec la précision d’une lame de rasoir, y laissant une estafilade sanglante qui commença à cicatriser à vue d’œil.

Elinor ne s’en émut même pas. Calme et méthodique, elle recula d’un pas, se débarrassa du chargeur vide d’un geste habitué, extirpa un nouveau de sa poche, qu’elle enclencha avec précision. Des rafales d’armes automatiques continuaient d’aboyer en vain, arrachant des volées de débris, et faisant danser les fines mèches noires sur le front de la vampire. Calme et méthode. Si les exploits balistiques de Dunky échouèrent à l’ébranler, en revanche, le brusque coup de feu, suivi du juron polonais derrière elle, la surprirent davantage. Elle se retourna derechef vers Heidi, levant le regard juste à temps pour voir la silhouette du drone s’empresser de disparaitre au-delà du toit du hangar. Parfait, pensa-t-elle avec amertume, maintenant ils ont aussi des images de ce soir.

« Heidi… » commença-t-elle, s’apprêtant à enrober sa remontrance dans une ironie bien cinglante.

Le reste de son sermon fut noyé dans un nouveau déluge de balles. Elle toussa quelque peu, de cette manière discrète propre aux aristocrates, de plus en plus gênée par les débris d’argent que les balles éclatées dispersaient dans l’air. D’un mouvement vif, elle tira quelques coups de feu à son tour, sans s’aventurer hors de son abri, avant de se tourner à nouveau vers son calice. Qui venait de s’enfuir…

« Heidi ! »

Au milieu des hurlements de souffrance des hommes, et des aboiements des armes, la chevelure blonde en désordre s’éloigna à toute allure, avant qu’elle ne puisse la retenir. Tant pis. Une fois encore, elle lui avait désobéi. Une fois encore, elle fonçait vers des risques inconsidérés. Celle-ci aurait mérité une bonne correction à l’anglaise, mais à cet instant, Elinor avait d’autres choses plus importantes à régler. Des calices, elle en trouverait d’autres. La vampire s’effaça encore davantage dans les ombres, alors que les balles dévoraient des briques supplémentaires, et fit mentalement le point sur la situation. Calme et méthodique. La conclusion était cependant toute trouvée.
Il faut sortir d’ici, se dit-elle finalement. Entre les vociférations des chasseurs, le vacarme des armes, et les braillement du tigre, la discrétion avait été jetée aux ordures, tout comme Heidi l’avait été quelques instants plus tôt. Elinor leva à nouveau le regard vers les toits déserts, pour y apercevoir cette fois-ci, non pas l’ombre d’un drone mal piloté, mais une fumée sombre et épaisse qui s’élevait dans le ciel nocturne. Seigneur, non. Loin au-devant d’elle, les chasseurs firent volte-face face au mur de flammes, avant de s’éparpiller en panique dans toutes les directions, à la recherche d’abris, de bennes à ordures, de vieil engin de chantier, de quelconques obstacles pour se cacher.

Grandiose, maintenant nous sommes visibles à des kilomètres. Un rictus de contrariété déforma brièvement la bouche d’Elinor. Celle-ci tira encore quelques coups de feu dans la direction des chasseurs, pour la forme, et s’esquiva dans les ombres. Sa décision était désormais actée : s’acharner dans cet affrontement comportait trop de risques. Un incendie monstrueux, le vacarme des armes, un allié velu plus qu’incertain, des chasseurs armés jusqu’aux dents et acculés, voilà un cocktail dont la saveur lui restait en travers de la gorge. Elle tourna alors les talons, soucieuse, son pistolet encore chaud dans une main, tandis qu’elle saisissait son téléphone de l’autre, dans la poche intérieur de sa veste, et traversa l’allée encombrée de détritus d’un pas pressé.

Elinor rappela son contact précédent. « On annule le nettoyage. »

Bien entendu, ses renforts avaient remarqué l’incendie. Bien entendu, n’importe qui pouvait en faire de même. Heidi, nous aurons une discussion, rumina-t-elle en enjambant un bidon renversé.

« Je sais. Non, ce n’était pas prévu. Nous aviserons plus tard, nous n’avons plus assez de temps à présent. »

« Oui. Récupérez-nous à la sortie nord, au croisement de l’avenue. »

Elinor raccrocha sans tarder. Derrière elle, les flammes montantes éclairaient les murs d’ombres arachnéennes, tandis qu’une puanteur lourde d’essence, de vieux métaux et de poussière brûlée envahissait l’espace. La police va sûrement finir par arriver, évalua-t-elle en s’éloignant du carnage, il faudra enquêter plus tard, mais surtout, sortir d’ici avant l’aube. Dans une doublure de sa veste, les permis de conduire des trois chasseurs éliminés ballotaient contre son flanc, la confortant dans sa décision. Sécuriser sa retraite était une stratégie à long terme, non une défaite, et la vampire était très patiente pour exercer sa vengeance. Extrêmement patiente.
Durant un bref instant toutefois, Elinor s’imagina disparaitre dans les rues obscures, abandonner Heidi à son sort, et évacuer les lieux avant l’arrivée de témoins gênants. Ce calice est incontrôlable. Elle s’arrêta au tournant où la polonaise avait disparu pour commettre son nouvel exploit, indécise, et attendit quelques secondes, juste assez pour apercevoir la coupable revenir, un sourire aux lèvres, probablement satisfaite de son brasier. Une bouffée d’émotions saisit brièvement la vampire. Non pas une soudaine affection, mais un certain ressentiment sadique, un besoin de se retrouver en tête à tête avec elle. Je m’occuperai de ton cas plus tard, se jura-t-elle en s’approchant d’Heidi.

« Viens. On s’en va. »

Quelques mots déclamés d’un ton détaché, subtilement venimeux, puis Elinor se détourna, et s’avança rapidement à l’opposé du champ de bataille, sans un regard en arrière. Des châtiments, elle en aurait à distribuer à foison dans les mois à venir.

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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Fil de RP : War, it's just a shot away [Heidi, Elinor, Kaidan] WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Dim 11 Avr 2021 - 13:12 (#)
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War, it's just a shot away
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O
h, tu étais prête à fanfaronner. Prête comme jamais tu ne l’avais été dans ta vie. Prête comme si ton dernier exploit avait été l’apogée de ton existence. Tu étais fière de ton initiative et on-ne-peut-plus impatiente d’entendre la vampire se retenir de t’accorder ses félicitations. Si dans ta tête tu avais des choses à prouver, avec ça tes doutes et insécurités étaient envolés ; tu étais absolument persuadée d’avoir apporté à l’immortelle une aide précieuse et déterminante quant à la suite des événements. Et merde, tu t’es sentie utile, pour une fois dans ta vie. A chaque pas que tu faisais sur le chemin du retour, tu grimpais un peu plus vers le sommet de cette sensation euphorisante qui n’allait que te faire tomber de plus haut.
Ton cœur, chargé de sa dernière injection d’adrénaline de la soirée, est en train de battre une chamade au rythme endiablé lorsque tu retrouves Elinor au coin du bâtiment derrière lequel vous vous cachiez il y a quelques minutes. Le grand sourire fier que tu arbores est aux parfaites antipodes de l’expression de la vampire. Pas même la lumière orangée de ton exploit ne réussit à atténuer la froideur de son visage figé dans le temps. A cet instant, tu te rends compte qu’elle n’est pas aussi fière de toi que tu l’es. Du haut de ton échafaudage de fierté, tu te rends compte de l’abîme vertigineux qu’il surplombe. Les seuls mots qu’elle t’accorde suffisent à t’y faire plonger sans le moindre espoir de t’accrocher aux restes de ta tour de superbe. Ton palpitant manque un battement et te donne l’impression de douloureusement se résorber sur lui-même, comme pour éviter d’avoir à endurer les sentiments qui vont inéluctablement accompagner ta chute.

Aussi peu de mots et pourtant, tu as reconnu instantanément le ton qu’elle a employé ; un ton particulièrement familier, s’il en est. Une voix valant mille mots et signifiant de nombreuses choses, à commencer par une déception profonde qui laissera sa place dès lors que le moment sera venu à une séance de réprimandes véhémentes. Voilà bien des années que tu n’avais pas été victime de ce ton alors même que tu avais parcouru le pays pour le fuir à tout prix. Bien ironiquement, la dernière fois que tu y as eu affaire, c’était après la convocation de tes parents à un énième conseil de discipline pour avoir brûlé une de tes copies sous le nez d’un professeur un peu trop certain de son autorité. Des souvenirs jusque là enterrés aussi profond que possible sortent de terre pour hanter ton esprit au beau milieu de cette allée où résonnent les cris et les coups de feu. Tu t’attendrais presque à retrouver à l’autre bout du chemin la voiture familiale qui te reconduira à la maison seulement pour que tu puisses en sortir en trombe et courir de t’enfermer dans ta chambre sous le déluge de cris hargneux qui a bercé ton enfance.
Et merde, tu tombes vraiment de haut, et tu sais à quel point l’atterrissage va être dur.

Toute trace de ton sourire complètement évanouie, tu plonges amèrement les mains dans les poches de ton trench et tâche tant bien que mal d’emboîter le pas de la vampire. Tu meures d’envie de t’expliquer et de faire une scène ici, en plein milieu de ce champ de bataille improvisé, mais tu te ravises et te contentes de la suivre à quelques pas de distance. Tu n’as pas la force d’assumer tes actes dès maintenant. A vrai dire, tu as à peine la force de maintenir la cadence qu’elle impose.

Et merde. Dire que pour une fois, tu pensais bien faire.


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Beat me down
Mess me up
Beyond all recognition

For what it's worth
I'd do it again
With no consequence
I will do it again

Hard up, so hunt me down, down, down
Jump the gun bust a cap hit the ground


-

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Dim 16 Mai 2021 - 16:49 (#)


Le félin blanc glissa habilement à couvert, s’éloignant d’une nouvelle rafale de balle. De plus, blessé, ce n’était plus le temps de faire de connerie. Dans un coin, retranchés, les projectiles filent autour de lui sans le toucher. Il prend quelque instant pour lécher sa plaie, arrêter le sang qui coule et qui tache son pelage d’un vermeil dramatique. Tapies dans l’ombre, ses oreilles s’écrasent sur son crâne quand il entend des flammes rugissantes.

S’il y a bien un truc dont il n’a pas envie de confronter, c’est la rage d’un lance-flamme incontrôlé dans les mains d’une humaine maigrichonne qui se prénommais Heidi. Comme un peu tous ce qui restait de vivant dans les parages d’ailleurs, la vermine s’éparpilla tant bien que mal pendant que le mur de flammes s’élevait dans le ciel étoilé, au travers des bâtiments. Déjà, la situation était hors de contrôle, la c’était carrément une invitation à venir contempler ce magnifique carnage.

Parce que c’en était un.
Ils avaient probablement sous-estimé les habilités de la vampire, puis qu’un tigre s’en mêle ne faisait nettement pas partie du plan.

Kaidan allait s’en prendre plein la gueule par son supérieur; l’une des rares personnes à connaître le danger que la métamorphose représentait. Parce que oui, si bien peu de ses collègues discernaient la réelle nature de cet agent du MRU, le confondant avec des rumeurs d’un garou damné, ceux qui savent qu’il peut être aussi dangereux qu’un rhino enragé ou un tigre royal blanc assoiffé de vengeance, ne tenait absolument pas à des écarts de conduite. On allait encore lui agiter sous le museau sa famille, ses enfants, leurs morts imminentes qui ne dépendaient que de son bon comportement envers ses geôliers.

La bête grogna de frustration.

Toujours coincée dans cette situation impossible, la seule solution pour l’instant est de leur obéir. Après tout, il avait fait ce qu’on lui avait dit de faire; observer. Il l’avait fait de très près. Peut-être de trop. La saveur de Bernie encore sur sa langue, il décida quand même qu’il serait mieux d’aller filer plus loin, attendre le jour, se transformer puis faire son rapport, à moitié nu, au téléphone.

De plus, au loin, entre des rafales inutiles des survivants qui battaient en retraite, les sirènes des polices se faisaient entendre.

Un coup d’œil, il vit que la vampire et son acolyte nerveuse avaient aussi disparu. Grand bien leur fasse.

Tigre-Kaidan laissa derrière lui le crépitement des flammes et la douleur des hommes dont la nuit était tout autre que prévu, pour profiter des dernières lueurs de la lune pour se défiler sans un bruit.
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