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means to an end (PV Vic)

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Anonymous
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Lun 1 Fév - 0:24 (#)

means to an end (PV Vic) B563733a7481900a84a39d59d0f3e882
there is a world out there
and still
i'm watching them from the other side of the glass




Un pantalon noir large, un haut de coton gris sans plus trop de forme, le nez pointé vers la bâtisse de l'université à se demander ce qu'aurait été sa vie si elle avait été une humaine éloignée des préoccupations de ses semblables. Elle s'était demandé, aussi, si le nom de Mona figurait encore parmi la liste des étudiants, ou si on l'avait déjà rayée des fiches aussi vite que la vie et son insoutenable indifférence le faisait avec le commun des mortels. Depuis son retour en ville, les émotions d'Hena étaient des vagues rouges. Certains jours, elle agonisait de ne faire que respirer. D'autres, elle ne ressentait qu'un vide latent. Aujourd'hui faisait partie de ceux là. Le rien, calme creux.

Des étudiants sortis de cours descendaient les marches du campus. Insensible à leurs passages, Hena ne faisait que rester immobile, le visage levé vers les fenêtres des locaux outrecuidants qu'étaient ce terrain inconnu. L'université, elle n'en avait jamais vécu les passes. Les balbutiements de ses études s'étaient faits sur le tas, de la caillasse pour pupitre, le cahier écorné, plein de sable, agonisant dans une modeste sacoche pendant que son père sanglait les chevaux. Le soleil rude qui cuisait la nuque. Les notes sur des matières survolées, prises par le vent, perdues dans la nature. A côté de ces jeunes qui passaient, leur ordi portables à bout de bras comme on tient une extension de soi, elle avait l'impression de se trouver sur un plan parallèle.
D'un regard absent elle consulta l'heure.
Elle avait daigné s'acheter une montre. Le cycle des journées ne l'avait jamais préoccupée mais le temps lui semblait devenu une valeur nécessaire à son compte à rebours -comme le tic tac d'une bombe. La vengeance était son unique radeau, à présent. Elle s'y tenait pour échapper à la folie, ne pensait plus qu'à ça. Elle avait dit vouloir connaître la magie pour mieux s'en protéger. Une connerie de mensonge : elle avait bien lu dans le regard d'Archimède qu'elle ne trompait personne. Elle se retrouvait maintenant, engoncée dans ses soixante dix années de médiocrité, à espérer de ce rendez-vous une conclusion satisfaisante, un début de chemin vers le chaos, ce genre de rendez-vous qu'il y a encore quelque mois elle n'aurait jamais organisé. Aujourd'hui, ce n'était plus de la peur qui naissait au contact de cette magie, mais un profond dégout, une indicible rage. Le simple fait qu'Archimède soit en contact avec ce genre d'individus lui vrillait les entrailles : il restait, pour Hena, l'une des seules personnes à qui elle tenait, l'une des seules qui lui faisaient craindre la vie et ses hasards atroces.  
Au téléphone, Hena ne s'était pas attendu à ce que cette jeune fille accepte une rencontre. Mais c'est à croire que son lien avec Archimède changeait la donne, ôtait les soupçons. Repensant au fait qu'Archi s'était émotionnellement entichée d'une gamine qui maniait la source responsable de leur malheur, elle ravala ses divagations, retint son soupir. L'air fatigué, las, à la limite de l'oisiveté, elle jeta un autre coup d'oeil à sa montre. Cinq heures moins dix. Elle s'était décrite de façon sommaire ; niveau garde-robe qui plus est, Hena se trouvait particulièrement insipide - ce qui ne lui avait jamais posé de problèmes, loin des prérogatives de chercher à plaire. Comme le bruit incessant des passages étudiants commençait à l'oppresser, la renarde se laissa tomber sur l'une des marches. Elle resta ainsi assise, silencieuse, patiente, comme perdue au milieu de ceux qui nourrissaient encore de l'espoir pour le futur.
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Anonymous
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Dim 14 Fév - 18:37 (#)

Le flot des étudiants semblait incessant dans les couloirs et devant les bâtiments de l’université. D’habitude, Victoria l’appréciait. Il s’en dégageait une certaine énergie, entre ceux qui se dépêchaient de parcourir les couloirs pour se rendre à leur prochain cours, ceux qui rentraient avec soulagement chez eux, les quelques perdus, et ceux qui venaient juste s’abriter en attendant les quelques heures qui les séparaient de leur prochain rendez-vous. Toute cette vie était une musique douce aux oreilles de l’étudiante ; rien n’était plus effrayant qu’une université vide.
Pourtant aujourd’hui, ce flot incessant était une source de stress pour elle. Elle attendait quelqu’un. Enfin, plutôt, quelqu’un l’attendait. Quelqu’un d’important, qu’elle ne voulait pas manquer, et elle commençait à se dire que lui demander de la rencontrer sur le campus était vraiment une idée pourrie. Comment était-elle censée repérer une blonde dans un flot de blondes ? Elle aurait dû lui donner rendez-vous dans un café. Mais d’un autre côté, le sujet de leur rencontre n’était pas vraiment le genre qu’elle voulait être à portée d’oreilles malveillantes. Au moins sur le campus, tout le monde s’ignorait, grosso modo. Elle pourrait facilement discuter avec Hena sans être interrompue, et l’emmener chez elle pour être à l’abri des indiscrets. Si elle voulait être tout à fait honnête, le campus était aussi un endroit familier dans lequel elle se sentait plus à l’aise de rencontrer des inconnus. Elle ignorait tout de cette Hena, après tout.

Hena, c’était un joli nom, simple, presque féérique. Quand elle avait reçu le coup de téléphone, Victoria avait été prise au dépourvu. Bien que la voix inconnue au bout du fil lui ait assuré qu’elle venait de la part d’Archie, Vicki n’avait jamais entendu le prénom de la jeune femme dans la bouche de son ami. Archie était l’un des principaux points de faiblesse de Vicki, elle le savait, et elle n’était probablement pas la seule. Elle s’était donc méfiée au début, craignant un piège fomenté par…par qui, elle n’aurait su le dire, mais après tout, elle était arcaniste et certaines personnes à Shreveport ne les portaient pas en odeur de sainteté, surtout après les évènements d’Halloween. Après vérification, ce n’était pourtant pas un mensonge. Hena cherchait quelqu’un qui maitrisait la magie, et Archie lui avait donné le numéro de Victoria. Après avoir rappelé qu’elle ne maitrisait pas la magie, qu’elle était encore apprentie, l’étudiante avait accepté une rencontre en face à face. D’une part parce qu’elle ne voulait pas décevoir ou embarrasser Archie, et d’autre part parce qu’on ne venait pas lui demander son aide d’arcaniste tous les jours, et il fallait avouer que ça faisait du bien à l’ego. Et Dieu savait qu’elle avait besoin de ce genre de boost en ce moment. Son état physique était nettement meilleur, les attelles et les plâtres disparus, la rééducation globalement terminée, et les douleurs quasiment disparues. Mais son esprit était encore en travaux.

Vicki se tenait maintenant devant le bâtiment universitaire, les yeux aux aguets, à la recherche de la personne qui correspondrait à la description un peu courte qu’on lui avait donnée au téléphone. Elle chercha frénétiquement pendant quelques secondes, se pinça les lèvres, sortit son téléphone : pas de message. Le rangeant, elle avisa la tête blonde assise sur les marches. S’approchant doucement, elle se prépara mentalement à ce qu’elle allait bien pouvoir dire. La description correspondait, et la personne semblait plus vieille que la moyenne des étudiants sur le campus. Prenant son courage à deux mains, Victoria se posta devant la personne et se racla la gorge doucement.

« Hena ? » demanda-t-elle en espérant de toutes ses forces ne pas s’être trompée de personne. « Je suis Victoria. Enchantée. », ajouta-t-elle, au cas où Hena aurait oublié le rendez-vous et se serait pointée à l’université par hasard, sait-on jamais. Il y avait une énergie étrange qui se dégageait de la jeune femme, presque impressionnante. Victoria avait toujours ce problème avec les personnes plus vieilles qu’elle ; on lui avait appris à respecter ses aînés, à se comporter avec une certaine déférence envers eux. Et même si Hena ne paraissait bien plus vieille qu’elle, la légère différence visible lui suffisait. Elle adressa un sourire amical et qui se voulait rassurant.
« On peut aller chez moi, c’est un peu plus loin sur le campus, on sera plus au calme pour discuter de comment je peux vous aider. », proposa-t-elle, tout en tendant une main vers la blonde pour l’aider à se relever. « Vous pourrez peut-être m’expliquer sur la route ce qui vous amène ? »
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Anonymous
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Ven 30 Avr - 20:19 (#)



Le temps de l'attente lui fit perdre petit à petit le compte des passages : elle se surprit à se sentir bercée par le mouvement des allers et venues jusqu'à finir par s'oublier, ne compter que sur la présence des autres pour se sentir encore ici. Ca lui donnait un aspect un peu bizarre, plus bizarre qu'à l'accoutumée, comme un corps éteint, mis sur pause. Quand elle entendit qu'on prononça son nom, lentement, elle leva ses yeux vers la jeune fille apparue face à elle. Bras croisés sur ses genoux, la renarde la regarda attentivement. Ca ne semblait pas difficile de la deviner en public, c'était étrange, ça l'amusait de le savoir.

Avant, elle se serait carapatée fissa devant la main tendue de la sorcière : ici, elle regarda sa paume avec un intérêt latent. Elle préféra se lever par elle-même. Renflouant son amertume - parce que la pensée d'Archi en relation avec cette magie refluait- elle enfonça ses mains dans ses poches, tâchant de masquer son tracas : sa seconde pensée la remuait de surcroit, le fait que cette gamine devait avoisiner l'âge de Mona, et que c'était une chose de s'en douter, mais une autre de le constater une fois mise face à l'évidence.


— Pour rentrer chez vous, il n'y aucun truc à truc à faire ? Pas de sortilège à déblatérer ?

Sur le ton de la plaisanterie mais sans le moindre rire au fond de la voix. Haussant les épaules au moment d'expirer, pour se décharger de cette léthargie qu'avait provoqué l'attente, elle l'invita poliment à avancer. Il lui fallait se rappeler comme c'était de tenir convenablement une discussion. Faire semblant, ces codes là, qui lui étaient devenus d'une futilité exaspérante mais qui semblait indispensable pour ne pas faire fuir une sorcière sûrement très adepte de la méfiance.

— Merci d'être venue.

Accord de principe, la politesse : elle se sentit l'envie de lui poser une question en rapport avec Archimède, sur cette confiance qu'ils avaient l'air de partager. Mais elle se ravisa, les sourcils froncés, passant une main sur son front pour le dégager de tous ces cheveux qui la dérangeaient.

— Je...

Etrange, d'avoir ressassé ces questions depuis des semaines entières, mais de se retrouver dans l'incapacité de les formuler convenablement à voix haute. Engager le sujet alors qu'elles descendaient calmement les marches du campus, que le soleil était haut dans le ciel, que le monde respirait sans soucis, tout ça ne collait pas avec ces entrailles, ce sang, ce sourire arraché comme une peau sur le visage de Sieghart, ces souvenirs qui n'arrivaient pas à se détacher d'elle et que son instinct de renarde griffait jusqu'à espérer que le flux lymphatique issue de la folie se tarisse enfin.

— J'ai assisté au sacrifice d'une sorcière, j'y ai assisté et je pense que ça a un rapport avec l'église Wicanne, que ça peut vous concerner...

Assisté. Participé. Le second terme rebondit dans ses pensées, inlassable, comme plus exact.
Elle n'aurait jamais cru le dire comme ça, à voix basse mais en public. Son ton était encore trop neutre, vide de ces intonations humaines, ponctionnées par son état. Tête baissée, tracassée. Elle était encore partagée par l'envie d'attraper tout sorcier vivant par la gorge pour éclater sa tête contre le premier mur croisé. Et de l'autre, il y avait l'évidence de son inaptitude, ce terrible constat qu'elle n'était rien, incapable de venir à bout de sa vengeance en tant que futile renarde.

Ici, ce qui jouait, son comportement docile à côté de Victoria, il résultait surtout de cette amitié que cette dernière partageait avec Archimède. Si Hena nourrissait son besoin de rabattre sa rage violente sur les sorciers, elle craignait encore plus de blesser l'un des seuls êtres qui comptaient encore à ses yeux.

S'humectant les lèvres, elle n'osa pas jeter un coup d'oeil à Victoria, discerner sa possible réaction, préférant poser ses prunelles sur le trottoir, les gens qui passaient à côté d'eux, les boutiques, sans trop voir de ce quotidien insultant.

— J'ai besoin de comprendre. J'ai besoin...

Inspiration, fermant les yeux un instant, pour les rouvrir plus vides, balayés de tout éclat de dégout, d'une quelconque aversion qui aurait pu être visible face ce qu'elle s'apprêtait à dire

— J'ai besoin que vous m'aidiez...
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