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Honey, you're familiar like my mirror years ago • Rayna

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Ven 12 Mar - 16:59 (#)

Honey, you're familiar like my mirror years ago
ozios ft. rayna




Qu’est-ce que tu fous là, crétin…

Ces mots ne cessaient de tourner en boucle dans le cerveau d’Ozios depuis plusieurs minutes. Plusieurs minutes, c’était le temps qu’il avait passé planté devant cette porte flambant neuve, placardée de plusieurs écriteaux. Il ne bougeait pas, et se demandait les raisons de sa venue. Enfin, les raisons, il les connaissait. Il se demandait seulement s’il n’était pas en train de faire une erreur.

Depuis cette altercation, Ozios avait retrouvé un train de vie relativement normal. Il avait été contacté pour exposer ses oeuvres dans un studio de Western Hill; dépassé par les évènements, il s’était mis à réfléchir aux nécessités d’engager un agent. Il était sorti, avait fait une drôle de rencontre, avait bu, fumé, côtoyé de la chaire humaine.

Mais rien n’y avait fait.

Non, il n’était pas parvenu à sortir ce moment de sa tête, et au delà de cette inconnue incroyablement agaçante et le manque de politesse dont il avait fait preuve, il ne parvenait pas à oublier la sensation qui l’avait traversé au moment où elle s’était approchée. Ozios ne savait pas d’où cela venait. Mais ce qu’il savait, c’était que le soulagement qui l’avait traversé avait été aussi puissant que la douleur qui l’avait habité à peine deux secondes auparavant. Alors, quand il avait compris qu’il ne parviendrait pas à oublier cela, il avait ouvert son ordinateur, et à peine deux recherches internet plus loin, il l’avait retrouvée.

Rayna Rhodes.

Elle n’avait pas de réseaux sociaux, mais apparaissait sur le site d’une association pour laquelle elle travaillait. Ozios s’était vaguement souvenu de l’avoir entendue mentionner une organisation, et malgré ses doutes, trouver les coordonnées de cette dernière avait été un jeu d’enfant. Se convaincre d’y aller, cependant, avait été une tâche plus ardue. Il avait tourné en rond dans son appartement, se disant que tout cela n’allait que lui attirer des ennuis, en plus d’en attirer à la jeune femme. Même si ce second point l’importait peu.

Malheureusement, Ozios n’avait pas pu y résister. Il avait besoin d’un échappatoire, n’importe quoi qui lui permettrait de sentir le peu d’humanité qui vivait encore en lui. Alors, sur un coup de tête, il avait attrapé ses clés et était sorti en trombe. Il avait quitté Western Hill, direction Stoner Hill.

Lentement, le danois posa la main sur la poignée et prit une inspiration avant de pousser la porte. Cette migraine lancinante dont il commençait à connaître la cause s’intensifia alors qu’il traversait le hall d’entrée.

- Rayna Rhodes, s’il vous plait, - dit-il impatiemment à l’attention de la secrétaire.

Il n’attendit pas de réponse et se tourna en attendant que cette dernière ne prévienne la jeune femme de sa présence. Il ne savait pas où était son bureau, ou même si elle en avait un. Mais il comprit qu’elle se rapprochait de son champ de vision quand une vive douleur le traversa subitement, le forçant à fermer les yeux sous son poids. Il pinça l’arête de son nez entre son pouce et son index, et prit une grande inspiration.

Puis, il se retourna, et se retrouva nez à nez avec la jeune femme qu’il avait envoyé paître quelques jours plus tôt. 


Elle était plus grande que dans ses souvenirs, pas assez pour voir au dessus de l’épaule d’Ozios, mais assez pour soutenir son regard d’un air appuyé. Sous son regard inquisiteur, il ne se sentit pas gêné. Ses mains étaient encore tachées de peinture, et il avait certainement besoin de se raser. Cette maudite mèche de cheveux ne cessait de tomber sur son front, si bien qu’il redressa ses lunettes de vue sur son crâne de manière à l’empêcher d’obstruer son champ de vision. Ses Vans blanches étaient délavées par le temps et tâchées de peinture, et son t-shit laissait apparaître son bras recouvert de tatouages. Il n’y avait pas l’ombre d’un doute: Ozios détonnait avec le paysage environnant.

Un court silence s’était installé entre les deux jeunes, si bien que le danois se racla la gorge avant de prendre la parole.

- Mademoiselle Rhodes, c’est bien ça? Désolé de vous déranger.

Déjà, Ozios sentait la douleur se dissiper. Sa respiration se rallongea, des sensations de picotements parcoururent le bout de ses doigts.

- Je souhaiterais participer à votre projet en offrant une de mes oeuvres, si vous êtes toujours partante.

Pas question de t’excuser, se dit-il en parcourant son visage du regard. Mais il allait tout de même falloir qu’il fasse un effort.

- J’étais occupé, la dernière fois, - ajouta-t-il alors.

La seule chose qui avait occupé l’esprit d’Ozios la première fois qu’elle était venue était le manque d’inspiration, mais il se garda bien de lui en faire part. Il était plus à l’aise, subitement; cette merveilleuse sensation qui lui avait laissé une sensation de manque en disparaissant était de retour, la raison même de sa venue dans ces maudits locaux. L’avis du danois n’avait pas changé, depuis la dernière fois. Il n’avait que faire de cette oeuvre de charité, tout comme il se fichait de la jeune femme et de ses aspirations; la seule chose qu’il recherchait était sa présence. Seulement, il allait falloir lui donner une bonne raison de la rechercher.

- Pourrions-nous en discuter? - termina-t-il dans un sourire qui creusa deux fossettes dans chacune de ses joues.
 

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Ven 12 Mar - 23:00 (#)

Honey, you're familiar like my mirror years ago • Rayna Tumblr_inline_p9v9nk9I1z1qlt39u_250



Midi. Rayna n’avait pas arrêté une seconde et elle n’avait pas décroché de son fauteuil depuis huit heures ce matin. Bien sûr, elle était arrivée bien plus tôt, comme environ tous les jours, mais avant que l’association ouvre, elle pouvait déambuler et se défouler un peu comme elle le voulait.
Aujourd’hui était une journée assez chargée. Entre la pile de nouveaux dossiers qu’elle avait à traiter, les anciens qu’elle devait faire sortir et cette maudite vente de charité, elle n’avait plus une seconde pour souffler. Mais bon, en mordue de travail qu’elle était, ça ne la dérangeait jamais bien longtemps et surtout elle gardait le sourire !

Alors que son ventre gargouillait affreusement, elle était en train de rassembler ses affaires tout en réfléchissant à ce qu’elle allait bien pouvoir manger. Rayna était si gourmande qu’il était toujours difficile pour elle d’arrêter son choix sur un seul produit. Heureusement que son métabolisme se montrait généreux, sinon elle serait capable de prendre dix bons kilos dans une même journée.
Réfléchissant au parfum de muffin qu’elle allait sûrement prendre en dessert, quelqu’un toqua timidement à sa porte et quelques secondes plus tard la tête de Carole, la secrétaire, pointa le bout de son nez.

- Rayna, il y a quelqu’un qui te demande, dit-elle platement.
- Quoi ? Non, je meurs de faim !

Frustrée, elle poussa un soupir et suivit Carole. Elle était incapable de refuser une personne, surtout pour des motivations aussi égoïstes que de se remplir la panse : imaginez qu’un vieillard ait besoin d’aide pour demander une pension retraite !
En quelques secondes, elle se retrouva à l’accueil, tout sourire, ayant déjà oublié son muffin à la myrtille et prête à prendre ce rendez-vous impromptu. Mais, quand enfin son regard se posa sur la personne qui l’attendait, elle se stoppa net et le dévisagea, surprise.

- Monsieur Wolk ?

Elle parcouru le jeune homme de la tête aux pieds : il avait de la peinture partout et ses cheveux lui tombaient vulgairement sur le visage mais malgré son air négligé il dégageait quelque chose d’énigmatique et d’étrangement attirant. Secouant la tête, Rayna essaya de paraître complètement impassible, cherchant un moyen de se sortir de là pendant qu’il se confondait en explications.
Il avait donc changé d’avis ! C’était plutôt une bonne nouvelle pour l’association, Monsieur Lin allait sûrement sauter de joie et le jeune artiste allait sans doute intéressé une clientèle plutôt aisée.
Cependant, elle ne pouvait pas s’empêcher de songer à l’altercation qu’ils avaient eu quelques jours plus tôt. Bien sûr, elle n’allait sûrement pas renvoyer Monsieur Wolk sans un accord avec lui, mais il était peut-être préférable de l’orienter vers l’un de ses collègues.

- Oui… hum… vous tombez mal en réalité, lui dit-elle avec un léger gloussement mal à l’aise. Vous voyez, j’étais sur le point de sortir. C’est l’heure de ma pause déjeuner.

Elle lui adressa un sourire crispé alors que Carole la dévisageait à l’autre bout de la pièce, choquée. La secrétaire lui faisait de grands gestes tout en lui articulant sans bruit « mais tu es folle, il est canon ! », ce qui fut suffisant pour qu’elle reporte son attention sur cette dernière. Elle fronça donc les sourcils et secoua la tête avant d’agiter sa main devant son cou pour la faire taire.
Il n’en fallut pas plus à Ozios Wolk pour paraître perplexe et se retourner ; aussi, afin de ne pas passer pour une véritable folle, elle lui fit un grand geste pour attirer son attention.

- Oui, bien, écoutez, vous n’avez qu’à m’accompagner et nous discuterons de cela autour d’un sandwich… ou de tout autre chose… hein…

Rayna ne savait plus où se mettre. Alors que son plan initial avait été de se débarrasser d’Ozios Wolk, voila qu’elle se retrouvait à l’inviter à déjeuner ! Qu’est-ce que je fabrique ?, se demanda-t-elle, j’espère qu’il n’a pas pris ça pour un rendez-vous autre que pro !… C’est très présomptueux de penser ça, Rayna.
Elle fit un léger signe en direction de la sortie et se mit en marche, suivi de près par le jeune homme. Elle sentait sa silhouette derrière elle et elle ne pouvait pas s’empêcher de se sentir gênée. Il était vrai qu’il était bel homme, mais il était aussi artiste, il devait certainement avoir un tableau de chasse immense et elle… elle n’était qu’elle. Une gourde qui l’avait presque insulté à peine l’avait-elle rencontré.

- Oh, mince ! Mon sac !

Avec toutes ces pensées frivoles, elle en avait oublié de prendre son sac à main. Elle se tapa le front et se retourna si vite qu’elle se prit Ozios de plein fouet. Surprise et tétanisée, elle le fixa avec des grands yeux effrayés avant de le contourner. Alors là ma vieille, tu ne pouvais pas plus te ridiculiser…
La jeune femme regagna son bureau, attrapa rapidement son sac et prit une grande inspiration avant de foncer en direction de la sortie, ne jetant même pas un coup d’œil à Carole. Une fois dans la rue, elle se mit directement en marche en évitant soigneusement de croiser le regard d’Ozios.

- Vous avez une préférence ?, lui demanda-t-elle, et, voyant qu’il ne répondait pas, elle se sentit obligée de poursuivre. Pour déjeuner, je veux dire.
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Lun 15 Mar - 15:59 (#)

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          Ozios ne se sentit pas gêné, sous le regard inquisiteur de Mademoiselle Rhodes. Il la laissa le dévisager de longues secondes sans rien dire, le regard rivé sur elle. Son esprit n’était concentré que sur une seule chose: l’attente de ce soulagement qui l’avait parcouru quelques jours plus tôt.

Ce qui ne mit pas longtemps à arriver.

Contrairement à la dernière fois, où il avait aspiré malgré lui le don qu’elle possédait, il l’avait cette fois fait sciemment; aussitôt qu’il l’avait vue, il avait mis son esprit en marche et s’était appliqué à mimer le quelconque pouvoir qui sommeillait en elle. Ses nerfs s’étaient détendus, ses épaules relaxées. Un long soupir sortit de ses narines sans qu’il ne s’en rende compte, parcouru d’un sentiment tel qu’il aurait pu défaillir sur le champ.

Mais Ozios fut tiré de ses pensées par Mademoiselle Rhodes, qui était à présent en train de gesticuler devant lui en regardant par dessus son épaule. Sorti de sa transe, il fronça les sourcils et se retourna. La secrétaire fit les gros yeux et feignit de se concentrer sur les papiers qui étaient posés devant elle, le rouge lui montant aux joues. Un nouveau sourire prit position sur le visage du danois et il se retourna pour reporter son attention sur la jeune femme.

Elle lui proposait un déjeuner, tout en étant plus gênée que jamais. Il ne dit rien et lui emboîta le pas. Le bouclé s’était rendu compte que si son mimétisme ne pouvait durer que quelques secondes, les effets de ce dernier duraient jusqu’à ce qu’il ne se déconcentre; dès lors, ils se résorbaient et Ozios avait besoin de recommencer. C’est pour cette raison que lorsque la jeune femme se retourna précipitamment, il n’eut pas le réflexe de s’arrêter. Ils entrèrent en collision, et Ozios fut parcourut d’une telle décharge électrique qu’il dut faire un pas en arrière.

Elle s’empourpra, le contourna, et fila récupérer son sac. Il en profita pour prendre une inspiration, alors que les effets dûs à sa présence avaient disparu, maintenant qu’elle n’était plus là. Dans quel merdier tu t’es foutu… se dit-il, alors que sa migraine resurgissait.

Mademoiselle Rhodes le doubla sans lui prêter attention et fonça vers la sortie, le poussant à forcer le pas pour ne pas qu’elle disparaisse au delà de la porte en le laissant sur le carreau. Ils étaient dehors, à présent. L’air frais de Shreveport fouetta Ozios en plein visage et lui fit reprendre ses esprits; il se demanda ce qu’il foutait là, et si le jeu en valait réellement la chandelle. Si Saint Clair apprenait ce qu’il était en train de faire, Dieu sait ce qu’il lui demanderait de faire subir à cette pauvre jeune femme.

Mais cela l’importait-il, dans le fond? Non, bien sûr que non. Ozios était une personne imbue d’elle-même qui ne se souciait pas du monde qui l’entourait. Il était venu au monde comme ça et repartirait de la même manière.

Mais pour l’heure, il comptait bien profiter du peu de répit que lui offrait la présence de cette Psy. Ozios était à présent à sa hauteur, et il tourna le visage vers elle quand elle reprit la parole.

- Pardon? - dit-il, ayant perdu le fil de la discussion. - Oh, n’importe quel restaurant fera l’affaire. J’ai déjà mangé.

Aussitôt, elle se mit à déverser une nouvelle fois une vague de paroles sans même prendre le temps de respirer, plus gênée que jamais, ce qu’Ozios balaya d'un revers de main, sourire plaqué au visage. Cette maudite mèche avait trouvé le moyen de filer de ses lunettes et reposait sur son front.

- Ne vous en faites pas! Un café ne me fera pas de mal.

Elle les entraîna ainsi dans un restaurant à quelques pas de là et Ozios regretta le temps qui les empêcha de s’installer en terrasse. Il avait terriblement besoin d’une cigarette, même s’il avait pris le temps d’en fumer une sur la route, sous le regard inquisiteur de Mademoiselle Rhodes.

Les deux jeunes s’installèrent face à face, et si elle semblait s’appliquer à ne pas croiser son regard, lui ne se gêna pas pour l’observer, concentré sur son visage. Il en arrivait presque à ignorer les maux de tête qui le parcouraient entre chaque moment où il parvenait à aspirer son don; le soulagement qui survenait ensuite était trop puissant pour qu’il ne prête attention au reste.

- Depuis quand travaillez-vous ici? - demanda-t-il innocemment. Il aurait sûrement dû lui parler de son maudit projet caritatif, mais cela n’aurait fait qu’écourter la discussion, et s’il y avait bien une chose qu’il ne souhaitait pas faire, c’était trouver une excuse pour se défaire de cette compagnie.
 

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Mar 16 Mar - 21:58 (#)

Honey, you're familiar like my mirror years ago • Rayna Tumblr_inline_p9v9nk9I1z1qlt39u_250



Au plus les secondes filaient, au plus Rayna se demandait si finalement elle n’allait pas finir par déjeuner toute seule. Elle jetait des coups d’œil au jeune homme, alors même que celui-ci ne lui répondait pas. Il semblait perdu dans ses pensées et elle avait beau faire quelques gestes brusques pour le faire réagir, rien n’y faisait.
Elle allait reprendre la parole, pour combler ce blanc insupportable quand, enfin, il lui répondit. Il ne lui fallut pas plus longtemps pour lever les yeux au ciel et esquisser un petit rictus gêné. Bien sûr, qu’il a déjà mangé, Ray. Tu crois vraiment qu’il avait prévu de se retrouver autour d’une table avec toi ?!

- Oh, oui, bien sûr. Je suis désolé, je n’y ai pas pensé mais effectivement à cette heure vous avez déjà mangé. Et bien ce n’est pas grave on peut rentrer au bu…

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’Ozios la coupa en acceptant la café. Elle lui adressa un sourire et préféra ne pas démarrer une joute verbale interminable.
Ils marchèrent encore quelques pas. Ozios en profita pour fumer une cigarette. Rayna ne fumait pas et personne dans son entourage non plus n’avait cette addication. Ainsi, en sentant la fumée de cigarette arriver à son nez, la jeune femme plissa les narines. Ce n’était pas très agréable, mais elle était trop polie pour demander à son interlocuteur de jeter sa cigarette.
Finalement, Rayna s’arrêta devant une petite brasserie dans laquelle elle entra rapidement, Ozios à sa suite. Il faisait beau aujourd’hui sur Shreveport, mais il y avait un tel vent qu’il était impossible de s’installer en terrasse.

Une fois installés, un léger silence s’installa entre les jeunes gens. Rayna posa sa tête sur sa main et se mit à observer les passants dans la rue. Elle trouvait quelque chose d’apaisant à regarder la vie courir au dehors pendant qu’elle, elle s’octroyait une pause en milieu de la journée. Et puis au moins, ça lui évitait de reporter son attention sur Ozios. Elle sentait bien le regard du jeune homme sur elle, mais elle était assez intimidée par sa forte personnalité légère et confiante. Il semblait à l’aise alors qu’elle ne l’était pas du tout, et par conséquence, se fut lui le premier à rompre ce lourd silence.  A ce moment-là, elle n’eut plus d’autre choix que de poser son regard sur le jeune homme.

- Quelques temps, dit-elle en haussant les épaules. Environ un an. Et vous ? Vous êtes originaire d’ici ?

Elle posait la question en ayant déjà une petite idée de la réponse. Même s’il parlait très bien anglais, elle avait remarqué qu’Ozios avait un léger accent étranger, même si elle n’aurait su dire de quel pays.

Pour la première fois de la journée, elle prit le temps d’observer scrupuleusement Ozios. Ses cheveux rebelles lui venaient dans les yeux et il avait beau les remettre en place régulièrement, ils finissaient toujours par lui retomber devant les yeux. En parlant de ses yeux, il avait de magnifiques yeux verts, en plus de son regard perçant qui avait tendance à la déstabiliser.
Cependant, elle se rendit rapidement compte que tout chez ce jeune homme la déstabilisé : son regard, son sourire narquois, cette manière qu’il avait de lui parler de manière si détachée.

Soudainement, la serveuse les interrompit afin de prendre leur commande. Ils firent leur choix rapidement et Rayna ne se montra pas modérée : steak frite, assiette de fromage et muffin à la myrtille. Elle ne mangerait sûrement pas ce soir… ou peut-être que si.
Une fois la serveuse repartie, la jeune femme concentra de nouveau son attention sur le jeune homme et lui adressa un petit sourire timide.

- Alors, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ? Je ne m’y attendais pas..., dit-elle avec étonnement. Elle aurait aimé lui poser tout un tas de questions, elle qui était curieuse comme pas deux, mais elle ne savait pas y faire, et surtout, elle avait bien compris qu'Ozios était quelqu'un d'assez sauvage à qui il ne valait mieux pas se frotter.
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Lun 22 Mar - 13:44 (#)

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ozios ft. rayna




          Concentré sur le visage de la jeune femme assise en face de lui, Ozios en oublia leur environnement ambiant. Les cliquettements des couverts et les tintements des verres ne résonnèrent plus à ses tympans, le brouhaha les entourant s’étouffa pour ne devenir plus qu’un écho, comme si Ozios se trouvait dans la salle de bain d’une immense maison où résonnait une musique inconnue.

Le danois avait l’impression d’être sous l’influence d’une substance alternant les battements de son coeur, comme s’il avait été ivre, mais de ces ivresses renversantes qui ne laissent qu’un sentiment de plénitude, de celles faisant fourmiller les doigts, frémir les oreilles. Sa respiration était calme et lente. Mais son coeur, lui, s’emballait toutes les trois secondes, pour se calmer ensuite. Il essayait de se concentrer pour ne pas laisser son mimétisme se résorber, de manière à pouvoir réfléchir sans sentir ses pensées polluées par cette petit voix dans sa tête, celle qui ne faisait que lui répéter qu’il n’était venu sur terre que pour semer le chaos. Durant ces quelques instants, Ozios s’autorisait à penser que ce n’était pas le cas. Puis, son pouvoir ne parvenait plus à subsidier, et tout revenait noir et flou. Jusqu’à ce qu’il ne parvienne à se concentrer assez pour recommencer.

Son regard se concentra une nouvelle fois sur Mademoiselle Rhodes, et il s’autorisa un sourire.

- Je suis aux Etats-Unis depuis cinq ans maintenant. Mais je suis danois. Serait-ce mon nom qui aurait vendu la mèche? Ne me dites pas que c’est mon accent, ça me briserait le coeur. J’essaie de m’en débarrasser coûte que coûte, - répondit-il en la regardant droit dans les yeux, un sourire étirant toujours ses lèvres.

Même si Ozios se concentrait sur son visage, et ses yeux en particulier, il ne parvenait pas à pénétrer son esprit. C’était comme s’il se retrouvait face à un mur; il pouvait essayer de déchiffrer ses pensées, mais sans aucune certitude. Elle paraissait à l’aise, mais gênée tout de même. Il ne savait pas si elle était sure d’elle ou si elle essayait seulement de le laisser paraître.

Le danois se demandait l’étendue de ses pouvoirs; même s’il se doutait que ces derniers avaient trait au système nerveux, aux vues des effets qu’ils avaient sur lui, il n’en savait pas plus. Et il n’était pas sûr de vouloir le savoir. Il était sûr qu’elle n’était pas en mesure de voir les pensées, de toute manière. Elle aurait déjà fui depuis longtemps si tel avait été le cas. Et il ne semblait pas à Ozios qu’elle soit suicidaire.

Un énorme plat ne tarda pas à se retrouver posé face à elle, alors qu’Ozios attrapait la tasse fumante de café que la serveuse venait de lui apporter. Quelle était la raison de son changement soudain? Il prit quelques secondes pour rassembler ses pensées. Il connaissait bien entendu la réponse à cette nouvelle question. Il ne pouvait simplement pas divulguer la véritable réponse.

- Je crains que ma conscience ne m’ait rattrapé, - dit-il alors, avant de prendre une gorgée de son café. - Je ne pouvais pas ne pas participer à une oeuvre de charité.

Il marqua une pause, posa sa tasse.

- Surtout si cela me permettait de vous revoir.

Alors qu’un silence s’était subitement installé entre eux, Ozios regarda les joues de la jeune femme se teinter de rose, et même s’il n’aurait pas dû, il laissa ce sentiment gratifiant s’installer dans son estomac l’espace de quelques secondes.

Il se redressa, sans briser le contact visuel, pas gêné le moins du monde, avant de reprendre la parole.

- Je tenais à m’excuser de mon comportement, - dit-il finalement, sentant qu’il ne pourrait de toute manière pas avancer sans justifier ses actes. - J’aurais aimé pouvoir vous fournir une explication, mais je n’en ai pas. J’avais passé une mauvaise journée. Et j’ai une réputation d’artiste torturé à tenir, vous comprenez, - ajouta-t-il dans un nouveau sourire.


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Lun 22 Mar - 15:13 (#)

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Le regard rivé sur son interlocuteur, Rayna laissa ses pensées divaguer l’espace d’un instant. Le regard perçant d’Ozios Wolk avait tendance à la déstabiliser ; il brillait d’une lueur étrange, avec une pointe de danger mêlé à une touche d’innocence perdue. Elle aurait bien aimé connaître ses pensées, connaître le regard qu’il posait sur elle, est-ce qu’il l’appréciait, même un minimum ?
Bien sûr, elle avait les capacités de s’immiscer dans son esprit pour y fouiller, elle pouvait même lui parler sans ouvrir la bouche. Mais elle ne pouvait pas faire ça, elle était bien trop respectueuse pour pénétrer ainsi dans la vie privée des gens et surtout il risquait de la prendre pour une folle.

Lorsque le jeune homme plongea son regard dans celui de Rayna et qu'il lui adressa un sourire, les lèvres légèrement sur le côté, elle fut traversé d’une étrange sensation. Jusque-là, elle n’avait jamais cherché à plaire à un homme. Elle se foutait bien de ce que les gens pensaient d’elle et surtout, de part son éducation catholique, elle était du genre vieux jeu, à attendre qu’on fasse un pas clair vers elle. Puis en plus, elle était beaucoup trop étourdie pour se rendre compte de la subtilité de certains signaux corporels. Mais là, dans ce café bondé à l’heure du déjeuner, elle eut l’impression que le jeune artiste la détaillait avec envie. Et pour la première fois de sa vie, ça ne la dérangea pas une seconde. Elle aussi le regardait avec envie. Malgré leurs débuts plus que houleux, quelque chose chez Ozios Wolk l’attirait. Peut-être était-ce à cause de la colère qu’il semblait garder en lui et qu’elle avait pu absorber, le temps de quelques secondes ?
Non, c’était plus que ça. Le mystère qui entourait le jeune homme la rendait curieuse et irrémédiablement attirée par lui.

Quand il reprit la parole, elle secoua vivement la tête pour se concentrer de nouveau sur la conversation. Dans tes rêves ma vieille, pensa-t-elle. Il était clairement impensable qu’un homme comme Ozios s’intéresse à elle. Elle était si insignifiante et en marge des codes, elle n’intéressait jamais personne et jusqu’à aujourd’hui, ça ne lui avait pas vraiment poser problème.

- Désolé de vous faire si mal mais c’est bien votre accent qui vous a trahi, dit-elle dans un sourire poli. Mais vous avez tort de vouloir vous en débarrasser car il est plutôt sex… heu agréable, se reprit-elle en bafouillant quelques peu. Mais que lui prenait-elle ? Voilà qu’elle se mettait à parler sans réfléchir et qu’elle en était presque à flirter avec le jeune peintre ! N’importe quoi, s’engueula-t-elle en off.

Heureusement pour elle, les éléments semblaient être réunis pour rapidement faire oublier son écart de conduite. La serveuse s’interposa entre eux deux et posa devant Rayna une énorme assiette alors qu’elle déposait une simple tasse fumante devant Ozios. Elle observa d’ailleurs cette tasse, se sentant désormais mal à l’aise d’avoir commander à manger alors que le jeune homme s’était contenté d’un café. Il allait la prendre pour un ogre mort de faim… mais ce n’était pas si loin de la vérité, après tout.
Attrapant ses couverts, elle ne put s’empêcher d’arquer un sourcil en entendant Ozios lui fournir des explications sur son soudain changement d’avis. Elle avait du mal à être convaincue par son soudain éclair de conscience. Il avait tellement été froid et direct la dernière fois qu’elle peinait à croire qu’il l’avait fait sans réfléchir.
Cependant, elle n’eut pas vraiment le temps de débattre sur la question qu’Ozios renchérissait.

«  Surtout si cela me permettait de vous revoir. »

Elle fut tellement surprise qu’elle en lâcha sa fourchette qui, dans un bruit strident, vint taper contre l’assiette sans pitié. Rayna n’en revenait pas ses oreilles, à tel point qu’elle sentit ses joues devenir chaudes et virer au cramoisi. Est-ce qu’il disait cela pour la mettre mal à l’aise ? Ou simplement était-ce une manière de s’excuser ?
Non, rien de cela, il doit faire ça avec toutes les filles qu’il rencontre. C’est seulement une technique de charme pour que tu ne t’étales pas sur le sujet, Ray.

Si on avait dû choisir un mot pour décrire Rayna, ça aurait sûrement été bavarde. La jeune femme parlait tout le temps, parce qu’elle était joyeuse et avait besoin de communiquer aux autres sa joie de vivre. Et surtout, elle n’aimait pas les blancs de conversation qui avaient tendance à la mettre mal à l’aise.
Pourtant, en cet instant, la jeune femme se terra dans un étrange mutisme. Elle était si intimidée qu’elle avait besoin de réfléchir à ce qu’elle allait répondre, parce que rien ne lui venait naturellement. Ou peut-être que si, mais elle ne pouvait pas lui montrer qu’elle était contente et qu’elle se réjouissait du fait qu’il lui portait un peu d’intérêt. Tu es vraiment clichée, ma pauvre fille.

Après quelques secondes de réflexion intense qu’elle dissimula en mangeant des frites, elle trouva sa porte de sortie et reprit enfin la parole dans un soupir.

- C’est bizarre, généralement les gens n’ont pas très envie de me revoir, dit-elle du ton le plus neutre possible alors que sa voix se faisait tremblante.

C’était d’un fatalisme sans précédent, quoique un peu vrai, et Rayna avait jugé que c’était le meilleur moyen de se sortir de ce pétrin. Elle espérait qu’Ozios laisserait tomber et ne continuerait pas dans cette direction aux allures charmeuses, car la drague était loin d’être le domaine d’expertise de la jeune femme.

- Ne vous en faites pas, le principal c’est que vous ayez changé d’avis, lui lança-t-elle dans un petit rire. Alors être torturé fait partie des codes obligatoires pour être un bon artiste ?, dit-elle avant de couper un bout de son steak et de l’avaler rapidement. En lui posant des questions, elle espérait vainement noyer le poisson et détourner la conversation.
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Lun 22 Mar - 19:15 (#)

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          La chose la plus surprenante du monde se produisit alors. Un rire. Un rire s’échappa des lèvres d’Ozios, sans qu’il n’y réfléchisse, avant même qu’il ne puisse prendre le contrôle de ses émotions. Il ne savait pas réellement d’où cela venait; cette capacité à se sentir à l’air sans se sentir obligé de détester le monde pour rester entier.

En temps normal, le danois se serait certainement repris, camouflé cet éclat sous un raclement de gorge et lancé une remarque acerbe qui aurait permis de dévier le sujet et modifier l’atmosphère de la pièce tout entière. Mais là, sous l’influence affreusement positive des dons de la jeune femme, Ozios se surprit à ne pas se cacher de sa bonne humeur. Ne pas avoir à se terrer sous un masque de solitude était affreusement libérateur, autant que dangereux. Devenir accro semblait soudainement très facile.

- Les gens sont des idiots, rien de nouveau là dedans. - dit-il, décidant de ne pas s’attarder sur sa précédente remarque, pour le moment du moins. - Quiconque sain d’esprit se délecterait de votre compagnie.

Se délecter, non mais qui utilise encore ce mot espèce de con?

Il n’alla pas plus loin dans ses propos, ne voulant pas qu’elle se sente mal à l’aise au point de devoir écourter ce rendez-vous. Rendez-vous, qui à la base devait être professionnel. Il fallait croire qu’ils s’étaient éloignés du sujet principal. Sujet qu’Ozios n’avait pas envie d’aborder de nouveau. La faire rougir paraissait bien plus intéressant.

Ses joues teintées de rose faisaient ressortir la couleur de ses yeux, et même si Ozios avait envie de se frapper mentalement pour avoir remarqué cela, il ne pouvait s’empêcher de la fixer. Finalement, il attrapa sa tasse, et prit une longue gorgée de son café. Si longue qu’il le termina d’une traite. Il fit signe à la serveuse de manière à en obtenir un nouveau, puis reporta son regard sur son interlocutrice.

- Je n’en sais rien, mais c’est ce qui marche pour moi, - répondit-il en haussant les épaules. - Les oeuvres qui se vendent les mieux sont celles que j’ai réalisées en étant torturé. Mais je suis sûr que nous avons tous une part sombre en nous.

La serveuse revint déjà avec sa nouvelle boisson chaude. Les vapeurs parvinrent à ses narines, et l’odeur de café réveilla une nouvelle fois ses papilles. Cafés, cigarettes et whisky. Ozios était un stéréotype vivant.

- Quelle part d’ombre sommeille donc en vous, Mademoiselle Rhodes? - demanda-t-il, approchant un peu de son visage.

Son coude posé sur la table vint soutenir son menton. Le soleil perça soudainement au travers de la fenêtre, envoyant un rayon sur son visage qu’Ozios tenta d’ignorer, malgré la fureur avec laquelle il semblait vouloir attaquer sa pupille.

La jeune femme sembla perdre ses moyens. Encore plus que quelques secondes auparavant. Le danois le ressentit, puisque la délicieuse sensation qui picotait son corps entier était en train de disparaître, soudainement. Alors il se redressa, et s’appuya tranquillement contre le dossier de sa chaise. Ses mains posées sur la table, il joua mécaniquement avec l’une de ses bagues.

- Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise, pardonnez-moi, - dit-il, sans se donner la peine de lui fournir plus d’explications quant à sa capacité de capter ses réactions émotives. - Nous devrions certainement en revenir au sujet principal. Sur laquelle de mes oeuvres souhaiteriez-vous mettre le grappin?

Mais, sans pouvoir s’en empêcher, Ozios lança de nouveau un sourire à la jeune femme.

- Nous reviendrons plus tard sur le fait que vous trouviez mon accent sexy, ne vous en faites pas.


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Lun 22 Mar - 20:52 (#)

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Quand le jeune homme reprit la parole, Rayna sentit son calme légendaire l’envahir de nouveau. Ozios pouvait être si tranchant dans ses réponses que la jeune femme se contentait d’être silencieuse, comme si ce que disait le jeune homme devait être pris comme du pain béni. Mais malgré tout, elle n’en pensait pas moins. Les gens ne sont pas idiot, Monsieur Wolk, ils sont juste trop pressés par ce monde pour faire attention à l’être humain, s’entendit-elle dire dans sa tête.
Sans attendre, elle se remit à manger tout en adressant un sourire timide. Alors il se « délectait » de sa compagnie. Peu de personnes utilisaient un tel langage, mais elle devait bien avouer qu’elle adorait cela, en grande férue de littérature qu’elle était.
Il n’en fallut en tout cas pas plus à la jeune femme que cette simple remarque pour la faire rougir de nouveau. Elle était tellement gênée qu’elle se contenta de s’emprifrer ; si elle avait la bouche pleine, au moins elle ne pouvait pas répondre. Les choses ne s’arrangèrent pas alors que le silence retombait entre les deux jeunes gens. Même si Rayna avait les yeux rivés sur son assiette, elle pouvait sentir le regard insistant d’Ozios sur elle. Encore une fois, elle se demandait bien ce qu’il pouvait penser d’elle. Est-ce que charmer les femmes était son passe-temps ? Ou alors faisait-il cela pour obtenir quelque chose d’elle ?
Quoi qu’il en était, la jeune femme était persuadée que ce petit jeu n’avait rien d’innocent. Elle avait appris à se méfier des hommes malgré son peu d’expérience. Plus encore, elle ne pouvait pas concevoir qu’Ozios s’intéresse à elle, c’était tellement insensé !

Alors qu’elle ne s’arrêtait pas de manger, Ozios lui expliqua être beaucoup plus créatif lorsqu’il se sentait « torturé ». Il était vrai qu’une œuvre, peu importe son type, était souvent plus touchante lorsqu’elle exprimait une émotion négative. Elle avait pu le constater avec toutes ses années de piano et avait pu également se rendre compte que ses morceaux les plus réussis étaient souvent tristes. C’était d’ailleurs seulement derrière un piano qu’elle se laissait aller à des émotions profondément tristes ; c’était son moyen d’exprimer sa tristesse et d’extérioriser.

Soudainement, la serveuse revint aussi vite qu’un ninja avec une nouvelle tasse de café pour Ozios avant de repartir tout aussi vite. C’est à ce moment précis que le jeune homme se pencha sur la table et plongea son regard confiant dans celui de Rayna. Surprise, elle se recula un peu et le toisa avec un air effrayé alors qu’il lui posait cette question hautement personnelle. Elle pouvait déjà sentir sa douleur fantôme se réveilleur au creux de son dos. Cette marque indélébile d’une autre vie qu’elle avait abandonné aussitôt ses dons révélés.
Elle chercha une réponse appropriée, quelque chose qui soit assez convaincant pour changer de sujet. La jeune femme n’avait absolument pas envie de s’étaler sur sa vie passée, sur sa mère folle et son père complètement inexistant. Et surtout, elle n’avait pas envie de révéler la part la plus secrète de son existence : l’éducation qu’elle avait reçu et la voie détournée qu’elle avait prise par la suite.

- Et bien, si je vous la révélait, pourrait-on encore la qualifier de « part d’ombre » ?, lui rétorqua-t-elle dans un sourire poli. Une réponse pleine de sagesse à méditer ; elle espérait que ce serait suffisant pour qu’il se désintéresse de cette partie-là.

Se contentant de fixer le jeune homme, sur qui le soleil venait de poser sa lumière, elle se sentit obligée de détourner le regard. La teinte qu’avait pris sa peau et ses yeux au contact de ce rayon de soleil le rendait encore plus séduisant et la jeune femme savait qu’elle devait arrêter tout de suite de ressentir une quelconque attirance envers le jeune homme. Elle allait l’assister avant la vente de charité, vendre son tableau et elle ne le verrait plus jamais de sa vie. Et c’était très bien comme ça.

- Oh, ce n’est rien, dit-elle en secouant la tête et en rigolant quelque peu. Il était temps de se reconcentrer sur l’objet principal de ce rendez-vous, à savoir la vente de charité. Et bien, j’ai adoré les peintures qui étaient dans la revue d’art du mois dernier. Mais j’imagine que vous en avez d’autres et après tout, c’est vous l’artiste donc à vous de donner ce que vous souhaitez.

Elle lui adressa un petit sourire avant de boire une gorgée d’eau. Gorgée avec laquelle elle faillit littéralement s’étouffer. De l’eau lui dégoulina sur le menton et elle s’empressa de se sécher avec le bout de sa serviette. Elle avait pensé que la conversation avait enfin pris un tournant professionnel, mais c’était sans compter sur Ozios qui semblait prendre un malin plaisir à la pousser dans ses retranchements.

- Oh, ben, on est pas obligés, hein, vraiment, réussit-elle à formuler non sans difficulté. Elle essaya de reprendre contenance et adressa un sourire gêné au jeune homme. Elle avait été prise la main dans le sac et quelque chose en elle lui disait que c’était désormais trop tard pour faire marche arrière.

Même si elle ne savait pas dans quoi elle mettait les pieds, Rayna avait désormais la certitude qu’Ozios n’allait pas se contenter de garder cette rencontre comme un rendez-vous professionnel. Et malgré la guerre interne qu’elle se lançait, la jeune femme ne pouvait pas s’empêcher de ressentir un étrange frisson au creux de son estomac à cette pensée.
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Sam 3 Avr - 12:30 (#)

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          La fulgurante envie de cigarette qui l’habitait depuis leur entrée dans ce café n’était plus qu’un lointain souvenir caché au fin fond de sa mémoire. Son regard ne paraissait pas parvenir à se détacher du visage de cette jeune femme, son attention n’était portée que sur elle. Les gens allaient et venaient, les passants se pressaient, mais Ozios n’était concentrée que sur elle.

D’une part, parce que la sensation qui le traversait à chaque fois qu’elle parlait, à chacune de ses réactions et émotions était telle qu’il avait l’impression de flotter sur un nuage. Il ne cessait de se demander comment cela était possible, mais l’envie de savoir le pourquoi du comment disparaissait subitement à chaque nouvelle salve. Mais Ozios devait aussi dire que plus les minutes passaient, plus il était intrigué par Mademoiselle Rhodes. Au début, il n’avait vu en elle qu’une personne des plus banales, une autre de ces bonnes femmes pensant répandre le bien autour d’elles pour se sentir vivre et se pardonner de consommer à outrance. Elle se donnait un air de jeune femme pure, mais le temps passait et le danois se disait que la réalité était peut-être toute autre.

Cela venait peut-être de la lueur qui brillait dans ses yeux, dès qu’il prenait la parole; dès qu’il lui lançait une remarque peu respectable. Elle était gênée, il était certain, mais c’était comme si elle se forçait à ne pas réagir autrement. Il ya avait également la répartie dont elle faisait preuve malgré elle. Elle possédait un esprit affûté, et paraissait trop réservée pour l’exploiter.

Ozios comptait bien la forcer à le faire.

«  Et bien, si je vous la révélais, pourrait-on encore la qualifier de « part d’ombre » ? »

Un de ses sourcils se haussa.

- Non, certainement pas. Mais vous ne faites qu’éveiller un peu plus ma curiosité, Mademoiselle Rhodes.

Il avait envie, irrésistiblement envie de se concentrer un peu plus pour aspirer son pouvoir et voir jusqu’où il était capable d’aller, et jusqu’où elle était capable de résister. Mais cela ne ferait que lui coller une migraine dont il se souviendrait sûrement pendant des semaines, et s’il se trompait et qu’elle n’était pas si résistante qu’il ne pensait, il finirait peut-être par la tuer, et n’aurait plus droit à ses doses régulières. Quel dilemme.

« A vous de donner ce que vous souhaitez ».

Oh, mais je ne compte rien donner, Mademoiselle Rhodes. Seulement prendre. Tant que possible.

Il se garda bien de faire part de ses pensées, et à la place, se redressa. Ses coudes se posèrent sur la table, exposant un peu plus ses tatouages, et il remarqua sur sa main une tâche de peinture qu’il n’était pas parvenu à faire disparaître. Cette satanée mèche de cheveux flottait sur son front malgré les lunettes de vue qu’il avait redressées sur le sommet de sa tête pour la bloquer. Baissant les bras, il se résigna et rabaissa ses lunettes sur son nez, de manière à avoir une meilleure vue de la jeune femme.

Il appréciait la façon dont chacune de ses paroles avait le pouvoir de provoquer une réaction. Il ne voyait dans ses yeux, dans la couleur de ses joues, dans le ton de sa voix. Cela était bien trop amusant pour son propre bien, mais Ozios ne pouvait s’en empêcher. La situation allait devenir hors de contrôle, il le savait; il avait l’impression d’être dans un grand huit. Chaque seconde passant lui provoquait une sensation différente. Il se sentait apaisé, puis son pouvoir se résorbait, et un éclair fulgurant de douleur lui traversait le crâne. Puis, son mimétisme se ravivait, et tout recommençait. Il ne savait pas s’il était plus accro au soulagement ou à la douleur.

- Merci. - répondit-il finalement au précédent compliment de la jeune femme.

Le temps passait et il savait que cette entretenue prendrait fin d’un moment à l’autre. Si Ozios n’était pas pressé par le temps, il savait qu’elle avait des obligations dont elle ne pourrait se séparer.

- Vous n’avez qu’à venir à l’atelier, - reprit-il subitement en la regardant. - Vous pourrez voir mes différents travaux, et choisir celui qui vous convient le mieux. Je possède également quelques sculptures à mon actif, ce que les gens ignorent le plus souvent.

Il marqua une courte pause, le temps de soutenir son regard.

- Vous pourrez prendre ce que bon vous semble, Mademoiselle Rhodes.

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Sam 10 Avr - 9:40 (#)

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Alors que le soleil les plongeait tous deux dans un bain de lumière, Rayna profita d’un moment d’accalmie pour terminer son assiette. Se concentrer sur son plat lui permis de faire le point durant quelques courtes secondes. Elle se demandait vraiment pourquoi Ozios semblait lui accorder autant d’importance. D’habitude, elle était si réservée et bizarre qu’elle n’intéressait pas les gens, encore moins les hommes. Mais lui… au plus les minutes avançaient, au plus il semblait vouloir la découvrir.
Ce n’était pas vraiment le plus gros des problèmes. La réelle question était de savoir si la jeune femme le laisserait faire ou non. Elle n’avait toujours pas trouvé réponse à sa question, mais ce qui était sûr, c’était qu’elle allait devoir percer le mystère qui entourait le jeune artiste. Son attitude avait changé du tout au tout et Rayna n’arrivait pas à se dire que c’était sans doute simplement le caractère du jeune homme. Il y avait autre chose, elle le sentait en elle, sans pouvoir l’expliquer pour autant.

« Non, certainement pas. Mais vous ne faites qu’éveiller un peu plus ma curiosité, Mademoiselle Rhodes. », l’entendit-elle répondre à sa précédente remarque.

J’éveille sa curiosité ?, se demanda-t-elle en levant légèrement les yeux au ciel. Encore une fois, cette remarque de la part du jeune homme fut suffisante pour convaincre un peu plus Rayna que quelque chose clochait. Elle s’efforçait de mettre des barrières, de repousser gentiment le jeune homme, mais il insistait. Il insistait alors même qu’à son style et son caractère, on pouvait rapidement comprendre qu’il n’avait aucun problème à séduire n’importe quelle femme. Il n’y avait qu’à voir les tatouages qui venaient d’apparaître sur ses bras. C’est très artistique…, pensa-t-elle. Mais ne te laisse pas berner par ce genre d’artifice.

Elle décida de ne pas relever la dernière remarque du jeune homme malgré une envie fulgurante de le faire. Elle se contenta de terminer une bonne fois pour toute son assiette, avec laquelle elle s’était régalée. Cependant, elle était si gourmande qu’elle avait l’impression d’avoir encore faim en pensant à son dessert.
Comme si elle était sauvée par le gong, la serveuse vint ramasser son assiette vide et elle en profita pour commander son fameux muffin à la myrtille. Cette simple pensée lui fit totalement oublier ses précédentes réflexions et ainsi, elle se reconcentra sur la conversation de manière plus sereine, alors même qu’Ozios lui proposait de venir visiter son atelier.

- Oui, d’accord, je viendrais, lui dit-elle avec un petit sourire. Vous n’aurez qu’à m’appeler pour me donner vos disponibilités, dit-elle tout en farfouillant dans son sac. Une fois son stylo attrapé, elle déchira un coin du set de table en papier et écrivit son numéro de téléphone dessus avant de le faire glisser vers Ozios.

Une fois qu’il se saisit de son bout de papier, elle regarda ce dernier avec perplexité. Elle n’avait pas vraiment réfléchit avant d’agir et maintenant qu’elle y pensait, elle avait peur qu’il puisse penser qu’elle s’était servi de cette fameuse visite comme d’un prétexte pour lui donner son numéro personnel. Elle se gratta légèrement la tête ; elle aurait dû donner le numéro de l’association. Mais d’un autre côté, elle était si souvent en déplacement qu’elle était quasiment injoignable au bureau.
Elle secoua rapidement la tête et décida de reprendre les choses en main, pour ne laisser planer aucun doute.

- Oh ! Vous faites aussi des sculptures ? Je serais ravie de les voir et d’en apprendre plus sur votre manière de sculpter !, dit-elle, pleine d’entrain.

Encore une fois elle s’était emballée et remercia le seigneur que son dessert arrive à ce moment-là pour lui faire oublier cette conversation désastreuse. Elle fixa le muffin, se demandant bien par où elle allait l’attaquer et surtout si elle aurait le courage de tout finir. Ainsi, Rayna préféra-t-elle le couper d’abord en deux avant d’envisager quoique ce soit.

- Servez-vous si vous en voulez, je doute de tout manger !, lança-t-elle à Ozios dans un sourire chaleureux.

Elle se mit doucement à manger son muffin, dégustant chaque bouchées, prenant le temps de bien mastiquer pour que son palais puisse imprimer toutes les informations gustatives qu’il recevait, pendant que son regard se contentait de fixer Ozios. Ses yeux dévièrent rapidement sur l’avant de ses bras et elle se mit à observer de plus près ses tatouages. Ils étaient nombreux et ne semblaient pas avoir de rapport entre eux, mais il y avait tout de même une sorte d’étrange harmonie.

- Vos tatouages ont tous une signification ?, demanda-t-elle subitement, faisant dévier la conversation sur quelque chose de plus personnel. Une nouvelle fois, elle avait parlé sans réfléchir, les mots étaient sortis comme des boulets de canon de sa bouche et elle s’étonnait elle-même de ce qu’elle venait de dire. Aussi, elle reprit une bouchée de muffin pour se taire et être sûre de ne pas encore parler trop vite alors que deux yeux ronds de panique étaient apparus sur son visage.
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Sam 10 Avr - 19:27 (#)

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          Un sourcil haussé, Ozios observait la jeune femme, alors que celle-ci s’attelait à son assiette comme par peur de croiser de nouveau son regard. Il émanait d’elle une énergie que le bouclé ne parvenait pas à saisir. Il ne savait seulement pas encore s’il avait envie de le découvrir ou non.

Entre eux s’installa un silence qui dura de longues minutes; elle mangeant, lui l’observant. C’était un silence confortable, de ceux que l’on ne se risquerait pas à briser pour une futilité. Le danois n’avait jamais été gêné par le calme, de toute manière. Il trouvait un certain réconfort à pouvoir se trouver en présence du monde sans avoir à lui faire part de ses pensées. Il n’aurait su se montrer honnête de toute manière.

Malgré cela, Ozios ne parvenait pas à savoir si Rayna était mal à l’aise, occupée, ou tout simplement ennuyée. Il se demanda, l’espace de quelques secondes, les pensées qui l’habitaient, les rêves qu’elle possédait, les perspectives qu’elle envisageait. Il se demanda la personne qu’elle avait été, et celle qu’elle désirait être. Le bouclé se laissa happé dans un cercle de curiosité sans parvenir à s’en empêcher. Plus il s’appliquait à aspirer l’aura de cette inconnue qui lui procurait des sensations qu’il n’avait jamais connues auparavant, moins il était capable de ne pas penser. Ne réfléchir à rien, si ce n’était sa soif de solitude.

Il avait envie de cesser ces facéties pour ne plus avoir à se soucier de quoi que ce soit, ne plus avoir envie de discuter avec cette inconnue qui était venue lui hurler dessus quelques jours plus tôt. Mais cesser cela aurait signifié ne plus ressentir cette plénitude qui l’accompagnait. Ozios en était tombé accro en l’espace de quelques secondes seulement, et cela fait le don de le terrifier lorsqu’il avait les idées claires.

Fasciné par le sourire qui se dessina sur le visage de Rayna, il ne reprit pas de suite la parole. Les différentes humeurs qui parcouraient le corps de la jeune femme débordaient sur lui; tout cela commençait à devenir submergeant. Il devait arrêter, mais en était incapable.

Son sourcil se haussa une nouvelle fois quand elle fit glisser dans sa direction un bout de papier sur lequel était griffonné un numéro. Il ne fit pas de commentaire, ne souhaitant pas la rendre d’autant plus mal à l’aise. Ozios était conscient du danger de ce jeu mais n’avait aucunement envie de lui donner une excuse pour fuir loin de lui. Même si c’est sans doute ce qu’elle aurait dû faire; il était simplement trop égoïste pour s’en soucier.

- Oui, répondit-il, un mince sourire affiché sur son visage. - Je sculpte toutes sortes de choses, mais les corps en ronde-bosse restent ma première occupation. La grâce des courbes occupe mon esprit malgré moi, qu’y puis-je?

Sur ces paroles, le danois laissa son regard déambuler le long du visage de la jeune femme, puis sur son cou, ses clavicules, son buste. Cela, pour une fois, n’était absolument pas calculé: il ne put simplement pas s’en empêcher. Il s’imagina en train de sculpter son corps, de peindre sa silhouette, et secoua la tête pour chasser des images bien trop vives de son esprit.

Elle le prit pour la première fois au dépourvu en reprenant la parole, montrant une nouvelle fois une curiosité qui semblait être plus forte qu’elle. Les yeux d’Ozios tombèrent sur ses avant-bras, parsemés de multiples tatouages. Le haut de son corps en comportait sûrement beaucoup trop. Seulement quelques-uns possédaient une réelle signification, qu’il ne comptait pas révéler au monde.

- Certains. J’aimerais pouvoir affirmer que c’est le cas pour tous, mais je crains que beaucoup n’aient été réalisés à cause d’une soirée trop arrosée.

Du bout de l’index, il redressa ses lunettes sur son nez. Puis, il attrapa le bout de papier sur lequel elle avait inscrit son numéro, s’attardant quelques secondes dessus.

- Rayna. - dit-il en détachant les syllabes de son prénom. - C’est un prénom unique. D’où vient-il?

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Jeu 15 Avr - 10:28 (#)

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« La grâce des courbes occupe mon esprit malgré moi, qu’y puis-je ? »

A l’entente de la réponse du jeune homme, Rayna esquissa un léger sourire malicieux alors qu’elle terminait sa moitié de muffin. Ozios avait un langage tellement poétique, presque soutenu, qui détonait totalement avec son physique, ce qui le rendait d’autant plus intéressant. La jeune femme buvait chacune de ses paroles, sans véritablement s’en rendre compte. Elle aurait pu rester assise là durant des heures à l’observer et à l’écouter parler de son amour pour la peinture et la sculpture.

- On dirait le discours d’un artiste passionné par une muse !, lui lâcha-t-elle dans un rire complètement spontané. Je me demande bien qui est l’heureuse élue. En tout cas elle doit être jolie.

Soudainement, elle se surpris à s’imaginer être la muse d’Ozios, ce qui la fit rougir légèrement. Elle n’arrivait pas à croire que de telles pensées cavalières s’insinuaient dans son esprit alors qu’elle ne connaissait le jeune homme que depuis quelques jours. Et encore.
Quoi qu’il en fût, elle ne savait désormais plus où se mettre et détourna le regard vers l’extérieur du restaurant. Il fallait qu’elle se vide la tête maintenant sinon elle ne serait plus capable de croiser le regard du jeune homme.

Pendant un instant, la conversation retomba et Rayna observa un marchand de hot dog qui essayait de rameuter des clients en faisant quelques pas de danse. Elle se mit à sourire en le voyant tout en se disant que cette ville avait une atmosphère joyeuse malgré la criminalité et tout le reste, puis, elle se reconcentra finalement sur Ozios qui l'informait sur l'origine de ses tatouages.

- En tout cas, le tout donne une certaine harmonie intéressante et esthétique, lui dit-elle en hochant la tête, convaincue.

Elle n’eut pas le temps d’en dire plus qu’Ozios la questionnait à son tour sur l’origine de son prénom. A cette pensée, son cœur se serra. Un jour, quand elle était petite et qu’elle s’amusait dans le jardin devant la maison, la camionnette de son père était soudainement apparue au loin. Elle avait couru pour le rejoindre et lui sauter dans les bras. Après quelques embrassades, ils avaient déjeuné ensemble et tout en replaçant une mèche de cheveux qui tombait sur sa petite tête blonde, il lui avait révélé pourquoi il l’avait appelé Rayna.

Reste calme, Rayna, pas de panique…

Replonger quelques secondes en enfance avait suffit à la jeune femme pour l’envahir de tristesse, de colère et d’angoisse. Elle avait été tellement proche de son père étant petite, elle n’arrivait toujours pas à comprendre comment son père avait pu la trahir et lui tourner le dos.
Elle soupira un instant, avant de reprendre la parole.

- Ça vient de Reina, qui signifie « la reine » en latin. On le trouve souvent écrit avec E et Y, mais James a préféré mettre un A pour que ça me rende un peu plus unique, expliqua-t-elle de manière peu convaincue.

C’est un comble d’avoir personnalisé à ce point mon prénom pour finir par me renier, pensa-t-elle en se gardant bien d’énoncer cette dernière remarque.

- Il parait que James était fou de joie à l’idée d’avoir une fille et qu’il n’arrêtait pas d’annoncer que je serais « sa reine ». Enfin bon, ça c’est Haileen qui le disait, mais elle n’était pas forcément une personne très fiable. Elle haussa les sourcils, pleine de dédain pour ses parents qu’elle ne voulait même pas qualifier comme tel. Enfin bon, je n’ai rien d’une reine, ajouta-t-elle.

Elle se mit machinalement à étaler sa serviette afin de s’occuper les mains et se calmer. Elle avait une telle haine envers son père, de les avoir abandonnées elle et sa mère. Après tout, il savait dès le début ce qu’il risquait en faisant un enfant avec une Outre, et pourtant, il l’avait quand même fait avant de déserter et fuir ses responsabilités.
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Jeu 15 Avr - 14:41 (#)

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         « On dirait le discours d’un artiste passionné par une muse ! »

Son visage s’était éclairé et son rire avait empli la pièce de manière si spontanée qu’Ozios en fut déstabilisé. Elle qui paraissait de nature si réservée semblait laisser paraître les véritables attraits de sa personnalité par des réactions qu’elle ne contrôlait pas. Elle se disait banale, mais le danois la trouvait intrigante. La jeune femme possédait de nombreuses facettes qui se reflétaient à chaque rayon de soleil.

« Je me demande bien qui est l’heureuse élue. En tout cas elle doit être jolie. »
- Elle l’est. Elle s’appelle solitude, - répondit-il en souriant.

Malgré ses efforts, Ozios ne parvenait pas à saisir les raisons d’une telle observation. Elle avait paru le détester, quelques jours tôt, et à juste titre. Là, assise devant lui, son regard inquisiteur laissait penser que ce n’était plus le cas. Le bouclé ne savait pas quoi penser; seulement qu’il aurait aimé pouvoir peindre son visage et tenter de rendre l’éclat de son regard sur toile.

Son regard tomba sur ses bras accoudés sur la table. Il retraça les lignes ancrées dans sa peau, les lettrages poétiques, cette sirène réaliste, ou encore cette rose romantique. La plupart de ses tatouages étaient encore cachés par les manches de son t-shirt et le tissu obstruant son torse. Il ne connaissait pas les raisons de son attrait pour ces derniers. Peut-être lui permettaient-il de révéler sa nature au monde entier sans que celui-ci ne devine quoi que ce soit. « En tout cas, le tout donne une certaine harmonie intéressante et esthétique. » Son regard se releva en direction de la blonde, et il hocha la tête pour la remercier en silence.

L’atmosphère de ce petit café sembla changer du tout au tout en quelques secondes. Le regard de Rayna s’était éteint; son sourire, évaporé. Elle avait baissé les yeux sur le muffin qu’elle déchiquetait à présent entre ses doigts. Ozios sentit soudainement une vague de désarroi s’écraser contre son coeur, engloutissant son corps tout entier. Sa poitrine se serra. Il relâcha alors immédiatement l’emprise qu’il avait posé sur l’aura de la jeune femme, et cette tristesse se retira comme la marée au petit matin. Cette dernière fut cependant remplacée par cette migraine destructrice qui l’avait habité lorsqu’il avait rencontré la jeune femme. Il tenta de rétirérer son mimétisme, à la recherche du soulagement auquel il était déjà accro; il ne fut accueilli que par une nouvelle vague d’anxiété. Il se retira alors complètement.

Son cerveau s’embruma automatiquement, retrouvant ce flot de pensées noires qui l’habitait en permanence. A ceci s’accompagna une douleur lancinante qui lui fit froncer les sourcils. Il pinça l’arête de son nez entre son pouce et son index, poussant un long soupir. Alors que la jeune femme lui expliquait l’origine de son prénom d’une voix mélancolique, il rouvrit les yeux pour la regarder à nouveau, essayant à présent de contrôler son esprit pour ne pas imploser.

Ozios se retrouva face à un dilemme qu’il aurait préféré ne pas découvrir; s’il utilisait son mimétisme, à la recherche de cette dose encore plus puissante que toutes les drogues qu’il avait pu tester, il n’était accueilli que par la tristesse que semblait ressentir Rayna; plus que cela, ce sentiment d’abandon et de solitude. S’il ne faisait rien, au contraire, il se retrouvait face à la douleur que provoquait la présence des Psy sur son cerveau.

Malgré cela, il eut envie de lui demander pourquoi elle appelait ses parents par leur prénom, pourquoi elle avait adopté dans sa voix une certaine distance, comme si elle parlait d’une vie antérieure qui ne la concernait plus. Mais il en était incapable; si ce n’était pour ne pas la froisser, Ozios était incapable de subir une autre salve de douleur que celle-ci soit mentale ou physique.

Alors, il hocha la tête.

- Je vois.
« Enfin bon, je n’ai rien d’une reine. »
- Je tendrais à différer, - grinça-t-il entre ses dents, incapable de formuler une phrase complète à voix haute.


Elle le regarda et il en savait pas si elle était surpris de sa réponse, ou du ton qu’il avait employé. Comme s’il souffrait d’un maux qui ne la lâchait pas. Un léger silence s’installa entre eux, et Ozios réfléchit à la situation. Le monde autour d’eux semblait vaquer à ses occupations et le danois était le seul dans cet état insoutenable.

Finalement, il se redressa, et jeta coup d’oeil à la montre accrochée à son poignet.

- Je suis navré, Mademoiselle Rhodes, je vais devoir vous laisser.

Ses mains attrapèrent le bout de papier où était inscrit ses coordonnées, et il le glissa dans la poche de son pantalon. Il se leva, se tenant au rebord de sa chaise pour ne pas défaillir, murmura un léger « Au plaisir », dans un sourire qui n’atteignit pas ses yeux. Puis, chassant la mèche de cheveux qui avait fait son retour sur son front, il se tourna et traversa la pièce, souhaitant mettre le plus de distance possible entre eux.

Lorsqu’il ouvrit enfin la porte et qu’une bourrasque d’air frais s’abattit contre son visage, Ozios lâcha un tel soupir de soulagement que quelques têtes se retournèrent vers lui. Il marcha quelques mètres, et s’appuya contre un mur, mains plaquées sur les genoux. La douleur s’était enfin estompée, laissant ses pensées démoniaques reprendre le dessus sur sa raison. Son regard s’obscurcit, sa gentillesse sembla disparaître. La jeune femme n’occupait à présent plus qu’une infime partie de ses pensées; lentement, Ozios étudia les options qui s’offraient à lui. La douleur était aussi forte que le plaisir de sa présence, si ce n’était plus.

Mais malgré cela, Ozios dut se rendre à l’évidence: il devait la revoir.  


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Anonymous
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Jeu 15 Avr - 20:21 (#)

Honey, you're familiar like my mirror years ago • Rayna Tumblr_inline_p9v9nk9I1z1qlt39u_250




Désormais plongée dans un état de désarroi, Rayna essaya de faire le vide en elle et d’oublier ses mauvaises pensées. Sa mère était morte et son père était quelque part en Amérique, sans qu’elle puisse vraiment le situer exactement, alors pourquoi s’obstinait-elle à toujours ressentir de l’amertume en pensant à eux ? Ils étaient comme ils étaient, et elle avait grandit depuis, c’était à elle de choisir sa propre route et de mener sa vie comme elle l’entendait.
Mais, finalement, elle aurait bien voulu que ses parents assistent à son passage à la vie adulte, qu’ils soient fiers d’elle et qu’ils l’épaulent dans chacun de ses choix. La vie était ainsi faite, des obstacles à chaque virage et un océan de déception.

Ne pense plus à ça, Ray, tu es fière ce que tu es, non ?

La jeune femme secoua la tête pour se remettre les idées en place et préféra se concentrer sur Ozios. Oui, c’était une belle source de distraction : beau, poli avec un maniement des mots exquis, mystérieux, intriguant… elle aurait pu passer la journée à lui trouver des compliments. Parce que la vérité était que, même si elle essayait de réprimer ce fait, elle était si puissamment attirée par Ozios Wolk. Jamais elle n’avait ressenti une attirance aussi forte pour quelqu’un. Elle se surprenait à rêver d’être sa muse, à rire en sa compagnie et surtout à vouloir passer du temps avec lui.
Mais seulement, de son côté, ce doit être une autre ambiance…, pensa-t-elle. Elle savait très bien que le jeune artiste n’était pas le genre d’homme à s’intéresser à une fille comme elle, coincée et si réservée. Elle était fichue, c’était sûr. Elle devait absolument se forcer à conserver une relation strictement professionnelle avec Ozios, mais en était-elle capable ?

« Je tendrais à différer. »

A l’entente de ses mots, un sourire se dessina sur son visage, sans qu’elle ne puisse vraiment le contrôler. Son estomac se serra un peu et elle le toisa. Malgré ce compliment, le jeune homme semblait tout d’un coup pris d’un ennui certain. En tout cas, il paraissait mal à l’aise et dérangé. Peut-être l’était-il vraiment ?
Après tout, cela faisait déjà plus d’une heure qu’ils conversaient de tout et de rien. Il avait sans doute des choses à faire, et puis il avait dû se rendre compte qu’elle était plutôt ennuyante comme fille. Trop lisse, trop secrète…

Soudainement, Ozios observa sa montre avant de s’excuser de devoir lui fausser compagnie, alors que Rayna le regardait d’un air surpris. Elle espérait ne pas l’avoir mis dans l’embarras, d’une façon ou d’une autre et alors qu’il se levait difficilement, s’appuyant à sa chaise, pour ne pas tomber, elle se leva et ouvrit de nouveau la bouche, inquiète.

- Est-ce que tout va bien ? Vous ne voulez pas que je vous appelle un taxi ?

A sa question, elle n’obtint jamais de réponse. Le jeune homme se contenta de la saluer poliment avant de faire volte-face et de sortir rapidement du restaurant.

- Mais…

Elle l’observa par la vite de la brasserie aussi longtemps qu’elle le put, levant les bras et les rabaissant subitement comme un signe de défaite. Complètement surprise, elle s’empressa de nettoyer un peu le foutoir qu’elle avait mis avant de régler la note et de sortir à son tour.
Dans la rue, elle marcha rapidement, ce qui lui permis d’arriver à son bureau en un rien de temps. Du reste de l’après-midi, elle traita des dossiers sans pouvoir, ne serait-ce que durant une seconde, de sortir Ozios Wolk de la tête.
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