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L'inferno è vuoto P.V. Ozios

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Nicola Alighieri
Nicola Alighieri
"DILF : Oh bonneuh mèreuh !"
ASHES YOU WERE

En un mot : Vieux
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Facultés : Métamorphose, 3er niveau, 2ème palier
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Ven 23 Avr - 11:26 (#)



L'inferno è vuoto

« II diavolo non gioca mai da solo. »

Un ricanement malvenu échappa au trentenaire dépêché par la famille éplorée. Il semblait rire à une  inside joke, ses yeux bleus et froids retrouvant une étincelle de vie pour quelques secondes.

La jeune légiste fronça les sourcils, jugeant son attitude inappropriée. Ils étaient entourés de dépouilles, ne pouvait-il pas faire preuve de professionnalisme, à défaut de respect ? Elle ne comprenait pas ce qu’il pouvait trouver drôle dans cette situation. Agacée, elle accéléra le rythme de ses explications. S’il n’était pas capable de montrer un peu de savoir-vivre, il n’avait rien à faire ici.

L’environnement clinique de la morgue lui faisait penser à l’intérieur d’un vaisseau spatial chargé d’une triste mission. Tout était blanc ou gris, métallique ou plastique. Même les plantes étaient plastiques. De vivant, il n’y avait que son équipe et elle. C’était une sensation étrange, qu’elle peinait encore à intégrer, même au bout d’un an et demi à travailler ici.

Recevoir de la visite permettait de lutter contre ce sentiment d’être les derniers humains sur Terre. Habituellement, son chef se chargeait d’accompagner les policiers venus chercher des indices. Aujourd’hui, elle s’était portée volontaire. Cet homme aux yeux bleus impressionnants venait assez régulièrement. Contrairement aux autres, il était toujours détendu. Jamais il n’avait rendu le contenu de son estomac, même devant les corps les plus abîmés. Il ne fermait jamais les yeux pour se préparer à affronter l’horrible spectacle, il ne retenait jamais sa respiration, ne fronçait jamais le nez. C’était à se demander s’il respirait, en fait.

Allez, plus vite elle terminerait, plus vite elle pourrait laisser ce détective à son affaire et l’oublier. Plus jamais elle ne se porterait volontaire pour lui présenter un corps. Et puis le froid commence à traverser ses couches de vêtement.

***


Loin des pensées remplies d’animosité à son égard, Nicola retrouve son sérieux. C’est idiot, mais à chaque fois qu’il arrive dans une chambre mortuaire, l’ironie de la situation le fait toujours ricaner. Un corps qui marche parmi les autres… Un mort qui enquête sur d’autres morts. A chaque fois, il hésite à révéler sa nature vampirique via des petits commentaires, juste pour voir combien de temps le personnel de la morgue mettrait pour ouvrir les yeux. Cela dit, révéler la vérité pourrait peut-être lui coûter l’accès au bâtiment. Ça le gênerait dans ses enquêtes. Alors il garde la vérité pour lui, s’autorisant de temps en temps un bref moment d’amusement quant à la situation.

En général, il enquête sur des adultes. Ça ne le gêne pas. Voir des cadavres ne le choque pas : la force de l’habitude. Il arrive de temps où la mort n’était pas cachée, où vivants et morts se coutoyaient, où les gens mourraient dans leur lit ou dans la rue. Les corps, ça ne lui fait ni chaud, ni froid.

Et puis, ce sont des adultes. Qu’ils l’aient mérité ou non, la mort les cueille après qu’ils aient eu le temps d’expérimenter la vie. Ils ont eu le temps de se créer des souvenirs, de faire des conneries. Ce sont des histoires entre adultes.

Cette fois-ci, même lui trouve l’affaire un peu glauque.

La légiste continue sa litanie de détails répugnants sur un rythme accéléré. Nicola met ça sur le compte de l’affreux spectacle qu’offre le corps de l’enfant allongée sur le métal. Il observe le cadavre avec attention. Il n’y a pas de blessures. Comme souvent, on pourrait croire qu’elle dort.

Nicola n’a pas côtoyé beaucoup d’enfants au cours de sa longue vie. Il pense qu’il a du avoir quelques bâtards, mais ce n’était pas son problème, à l’époque. Maintenant, à moins d’un coup du sort incroyable, sa progéniture accidentelle est morte depuis longtemps. Son cœur n’en voulait pas, jusqu’à ce qu’ils atteignent les Amériques. Elle s’attachait aux enfants de la tribu de natifs qui les vénéraient. Lui ? Il les trouvait amusants, avec leur piaillements et leur irrévérence. L’ennui, c’est que les enfants ne restent pas petits très longtemps.

Pas sûr qu’il marque beaucoup de points avec la famille en disant « ça serait pas resté mignon très longtemps » ou « vous pouvez toujours en faire d’autres ».

L’antiquité fait la moue et continue à prendre des notes. De toute manière, on ne le paie pas pour consoler, mais pour élucider. Donc, pas de marques, pas de traces de coup, pas de violence. La vie semble avoir tout simplement quitté le petit corps, alors qu’il ne présentait aucune trace de maladie ou de malfonctionnement. Nicola penche la tête sur le côté, les sourcils froncés. Les parents ont bien précisé qu’elle était en bonne santé.

La légiste continue à parler, Nicola ne l’écoute plus. Il ignore son avertissement pour toucher le cadavre et lui ouvrir un œil. Son don de Sépulcre rend les enquêtes bien plus facile. La femme s’offusque, elle tend le bras pour le repousser. Le vampire relève lentement la tête lorsque sa main se pose sur son avant-bras. Il n’aime pas les gens qui le touchent familièrement. C’est sans remords qu’il use de son influence pour lui dire de se mêler de ses affaires et d’aller l’attendre à l’entrée.

Seul avec le corps, il prend une inspiration, grimace à cause des senteurs chimiques de désinfectant, puis plonge son regard dans l’œil de la morte.

Il est petit. L’homme adulte en face est d’autant plus impressionnant. A cause de la pénombre et de la conscience qui quitte peu à peu le corps, Nicola ne discerne pas bien ses traits. Difficile de dire l’âge avec exactitude. Il a des cheveux courts, un peu bouclés. Caucasien. L’homme ne bouge pas, pendant que sa victime s’étiole en face de lui. Il n’a fait qu’un geste de la main. La lumière de la veilleuse, bien que minime, lui permet de distinguer des tatouages sur ses avant-bras. Il a une croix sur la main gauche, et une autre, en collier, autour du cou. Un fidèle ? Ses mains sont ornées de bagues. Elles sont fines. Il y a des tâches sur les doigts. L’enfant a le réflexe de regarder le visage de son assaillant. Les traits sont flous.

Quand il revient à lui, Nicola doit se retenir à la planche métallique pour garder l’équilibre. La scène n’est pas violente, juste dérangeante. Il aurait été vivant, il aurait probablement rendu le contenu de son estomac. Le changement de perspective est brutal. Heureusement, il n’est pas contraint à subir par proxy les émotions ressenties avant la mort. Il en est reconnaissant.

Remis de sa faiblesse passagère, l’Italien retourne vers l’accueil, remercie la légiste avec chaleur sans pour autant en penser un mot, puis quitte les lieux.

Il a un tueur à attraper.

***


- « Eh, tu cherchais un mec avec une croix tatouée sur la main gauche, pas vrai ?
- « Ouh, Luisa, mais tu vas me forcer à te demander en mariage ! »

L’antiquité s’écarte de son bureau pour s’approcher de la policière, qui rit à sa plaisanterie. Elle agite sa main devant lui pour bien lui montrer son alliance. Nicola sourit, puis tend une main vers l’enveloppe bien fournie qu’elle tient dans l’autre. Il y a dedans plusieurs fiches qui pourraient convenir à la description qu’il a fait. Chercher un caucasien tatoué dans une ville comme Shreveport, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Il n’a presque rien à se mettre sous la dent, malheureusement. Il cherche depuis deux semaines maintenant, c’est presque devenu personnel. Un caucasien aux cheveux bouclés, tatoué, probablement attaché à une religion chrétienne, peut-être artiste… C’est flou, comme description.

Dans l’enveloppe, malheureusement, aucune photo ne correspond au visage aperçu dans la vision. Ç’aurait été trop facile.

Nicola soupire puis se frotte le visage. Il va trouver. Il veut trouver. Il est curieux de savoir comment il s’y est pris, pour tuer quelqu’un sans le toucher. Il n’y a pas de trace d’empoisonnement dans le corps de la petite. Serait-ce quelque chose de surnaturel ? Un sorcier peut-être ? Un arcaniste non-recensé ?

L’énigme le distrait. Il remercie son contact puis prend congé. Songeur, il décide de continuer sur la piste d’un artiste : après plusieurs appels qui l’emmènent à 1 heure du matin, peut-être, peut-être tient-il quelque chose. Il y a un jeune artiste, un petit nouveau qui monte, qui a un tatouage de croix sur la main gauche et qui correspond au style bohème entraperçu.

Ça ne coûte rien d’aller vérifier la ressemblance par lui-même.

***


Le lendemain, au milieu de la foule étudiante du jeudi soir, Nicola détonne par sa banalité. Simplement vêtu d’un jean, d’un t-shirt noir et d’un blouson d’aviateur, personne ne fait attention à lui. Il n’a même pas de bijoux ou d’accessoires. Il a l’air chiant.

Dans le quartier, outre les bars, il y a une petite salle qui expose les œuvres d’un certain Ozios Wølk. Elle ferme tard, vers 23 heures, ce qui l’arrange.

Lorsque Nicola entre, il y a encore un peu de monde. Des hipsters, des férus d’art, des bohémiens… Encore une fois, il détonne. Aussi étrange que cela puisse paraître, Nicola apprécie ce genre d’endroit. Il existe un tel décalage entre lui et eux qu’il trouve ça drôle. Et les œuvres d’art sont intéressantes. L’homme avance d’un pas tranquille, cherchant le nom de l’artiste sous les œuvres. Il s’arrête devant une toile. Le sujet est sombre, les couleurs violentes.

Tourmenté, l’artiste ?

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Ven 23 Avr - 21:49 (#)

L'inferno è vuoto
nicola ft. ozios



Les humeurs d’Ozios étaient devenues encore plus exécrables depuis quelques jours. Il fallait dire que le danois n’était d’habitude pas un cadeau de la vie; son visage aurait pourtant pu laisser pressentir une gentillesse et un charme naturels. Oh, le charme était présent, il n’y avait aucun doute là dessus. Il était seulement enseveli sous des mètres d’aigreur. Personne n’avait jamais su expliquer d’où lui venait ce caractère qui dépassait tout entendement. « Désagréable » n’était plus suffisant pour décrire l’animosité qui semblait habiter cette tête bouclée en permanence. Penser que cela aurait pu empirer paraissait impossible.

Et pourtant.

La raison des multiples insultes qui traversaient à présent son esprit chaque jour et qui lui donnait envie de se taper la tête contre les murs, ou d’en enfoncer une dans les briques était aussi simple que stupide: son art.

Pour son art, Ozios avait dû faire des concessions. Il avait dû, tout d’abord, faire l’acquisition d’un atelier à Western Hill qui le forçait à subir des bouchons chaque matin, et chaque soir. Il avait dû se forcer à se socialiser, lors d’évènements, dans l’espoir d’attirer des acheteurs. Mais rien de tout cela n’était comparable à l’impérieux désir de mourir qu’il éprouvait dès lors que la voix de son agent résonnait dans ses oreilles.

Cela ne faisait que quelques jours, mais le danois regrettait déjà ce choix calamiteux. Il savait depuis déjà plusieurs mois qu’il n’allait pas tarder à devoir avoir recourt à une personne qui serait capable de gérer ses plannings, mais surtout, sa clientèle. Le contact client n’avait jamais été un atout chez lui. Son choix s’était ainsi dévolu sur quelqu’un de tout à fait banal, un homme frôlant la cinquantaine, sûrement pas assez intéressant pour que St Clair ne se décide à torturer Ozios un peu plus en faisant de lui sa prochaine cible. L’artiste avait apprécié l’entretien qu’il avait eu avec lui, juste avant de se décider: il suffisait qu’il le regarde un peu trop intensément pour que celui-ci baisser le regard et accède à ses requêtes.

Ce qu’Ozios n’avait pas pris en compte était les dizaines d’appels qu’il recevait à présent par jour.

Même sa petite-amie la plus désespérée ne l’avait pas harcelé de la sorte. Il était dorénavant dérangé à n’importe quelle heure de la journée. Dérangé durant son sommeil pour parler expositions, appelé en plein milieu d’une douche pour lui expliquer tous les bienfaits des réseaux sociaux; Ozios était à deux doigts de prendre la décision tout seul et de ramener sa tête sur un plateau d’argent à St Clair. Peut-être le compterait-il pour deux en reconnaissant son effort.

La dernière lubie qui l’avait habité et qui avait expliqué les centaines de messages dans lesquels l’artiste aurait aimé se noyer était cette exposition qu’il lui avait dégotée. Se plaindre n’était vraiment pas la meilleure chose à faire, étant donné que Peter -un nom qui lui semblait lui avoir été destiné - lui trouvait littéralement de quoi travailler. Mais Ozios marquait un point d’honneur à ne jamais être heureux - dans une autre vie, il aurait très certainement été français.

Les bras croisés debout devant un mur recouvert de ses toiles, il se dit qu’il n’y avait vraiment pas de quoi se plaindre. Cette exposition, qui avait été organisée en en temps record, avait attiré plus de monde qu’il ne l’aurait cru. Quelques toiles avaient déjà trouvé heureux acquéreur. Il fallait croire que cette ville comportait plus de dépressifs qu’il n’y paraissait. Les oeuvres d’Ozios étaient empruntes de la même obscurité qui semblait l’habiter en permanence. Parfois, l’on pouvait y discerner des tracés de lumière. La bataille interne qui faisait rage en son fort intérieur était exposée à la vue de tous, sans que personne ne se doute de quoi que ce soit.

Parfois, lorsqu’il avait passé des heures posté devant son trépied et que le temps semblait se dilater, Ozios se disait qu’une vie telle que celle-ci aurait pu le contenter. Il se serait vu vieillir comme cela; humain, bien que seul. Ou l’inverse. Cela ne durait cependant jamais plus de quelques minutes. Aussitôt lâchée, cette pensée lui était retirée et saccagée entre les cruelles mains de la seconde partie de son âme. Celle qui gagnait à chaque fois, et qui le hantait autant qu’elle le libérait.

Il commençait à se faire tard, mais le monde n’avait pas désempli depuis l’ouverture du studio. Ozios avait encore espoir de vendre une toile hors de prix à un hipster assez naïf pour penser comprendre les arrières-pensées de l’artiste ayant apposé sa signature. Le soleil avait déjà disparu derrière l’horizon, abandonnant ses rayons à la clarté d’une pleine lune promettant mille et unes tragédies.

Son regard tomba sur ses mains, liées devant lui. Les traces de peinture n’avaient pas disparu, même après de multiples lavages. Mieux valait ne pas pouvoir se débarrasser des marques de sa créativité plutôt que celles des multiples crimes qu’il avait commis.

C’est avec ces pensées en tête qu’il se tourna en direction de la sortie, ressentant l’irrésistible besoin d’une cigarette pour échapper aux regards curieux qui semblaient le suivre de partout. Les quelques minutes qu’il passa au dehors, seul sous le poids du sombre ciel en compagnie de son tabac lui redonna l’énergie dont il avait besoin pour terminer cette journée. La nuit n’allait pas tarder à prendre le relais, et seulement là, seul dans son atelier, Ozios pourrait se sentir lui-même. Le regard qu’il posa sur la pièce en pénétrant de nouveau dans le studio fut intercepté par un visage fixant l’un de ses tableaux avec intensité. Son attirail était simple, mais suffit au danois pour deviner le niveau de vie plutôt élevé que devait posséder cet inconnu. Un dernier effort pourrait peut-être aboutir à la dernière vente de sa journée, et pas des moindres. La toile qu’il fixait était celle qui affichait le prix le plus élevé de la galerie.

Lentement, silencieusement, l’artiste s’approcha et se posta à ses côtés, bras croisés sur son torse. Sans lui jeter un coup d’oeil, il ressentit l’aura que dégageait cet homme. Comme si la pièce entière aurait pu être à sa merci s’il l’avait voulu. Les yeux rivés sur sa toile, Ozios prit la parole le premier.

- Bien trop cher pour ce que c’est, si vous voulez mon avis.

Quel contact client. Superbe entrée en matière.
 
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Dim 25 Avr - 15:41 (#)



L’inferno è vuoto

« II diavolo non gioca mai da solo. »

En-dessous de la toile, il y a un petit encart présentant son titre, la technique utilisée et le nom de son peintre. Pas de prix. C’est probablement ce que les humains jugent cher.

Il déchiffre avec une relative difficulté les inscriptions : cette fois, il n’a pas eu besoin de lire à voix haute pour former les syllabes. Il s’améliore, à force de pratique ! Il va peut-être enfin réussir à lire avec ce fichu alphabet occidental, ça fera des vacances à ses Calices de ne plus avoir à traduire les documents dans une langue qu’il arrive à lire.

L’apostrophe familière détourna son attention de la toile. A côté de lui vient de se matérialiser un homme. L’artiste lui-même. Jeune trentenaire, caucasien, brun. Tatoué, très tatoué. Une croix en pendentif autour du cou. Les yeux de Nicola brillent d’un éclat difficilement définissable. Satisfaction, excitation, adrénaline ? Un sourire étire ses lèvres fines alors qu’il se tourne vers l’homme, qui juge d’un œil froid l’œuvre en face d’eux.

- « A partir d’un certain point, ce n’est plus la technique, mais le nom qu’on paie. » - répond-t-il avec diplomatie, laissant l’autre interpréter sa phrase dans le sens qui lui conviendrait le mieux. Il n’est pas là pour juger de la qualité du peintre, ni pour donner son avis sur le juste prix de ses œuvres. Pas cette fois-ci.

Le vieux vampire se montre amical alors qu’il mémorise ses traits. La fatigue évidente qui se lit sur son visage l’intrigue. Est-elle du à des activités illicites ? Des sombres souvenirs, des nuits dévorées par l’horreur et les regrets ? Son regard longe ses bras jusqu’à ses mains. Pas de chance, la gauche se trouve en-dessous de son bras droit, dans cette position. Il ne peut pas encore confirmer ses soupçons. Ozios Wølk… Un prénom peu commun. Des recherches internet lui ont appris qu’il était d’origine danoise, qu’il était autodidacte et qu’il était arrivé il y a peu de temps à Shreveport.

Une respiration lui apprend qu’il sent la gouache, la peinture à l’huile, la transpiration, l’alcool, et un peu de parfum bon marché. Il a l’air de prendre soin de son apparence, malgré sa fatigue. Est-il soucieux du visage qu’il renvoie à la société ? Est-ce simplement de la vanité ?

L’Italien penche la tête sur le côté, soudainement intrigué par autre chose que ses mains. Il y a quelque chose de différent, chez lui. Quelque chose… qui n’est pas exactement bestial, qui lui fait plutôt penser à ces arcanistes ou ces outres, une sorte d’aura qui lui confère un charisme particulier. Mais c’est léger. S’il n’était pas attentif à cet homme en particulier, il n’aurait probablement pas relevé cette subtilité.

Il penche la tête de l’autre côté, tire d’une de ses poches un stylo et commence à le faire tourner de manière absente. Il joue l’ignorant.

- « Vous connaissez l’artiste personnellement, ou c’est juste que vous n’êtes pas fan de son boulot ? - s’amuse-t-il, ses yeux presque vivants grâce à la petite lueur qui s’y est allumée. - J’ai entendu parler de lui par des amis, je me suis dis que j’allais venir jeter un coup d’œil moi-même. C’est un peu sombre, non, comme style ? »

Pas que ça le dérange, il a toujours trouvé la manière de représenter les émotions négatives des humains intéressante. N’étant pas le moins du monde créatif, Nicola se tourne vers les œuvres des autres pour mettre des mots ou des images sur des sentiments. C’est peut-être pour ça qu’il aime autant la littérature russe : il y a une certaine résignation face aux épreuves de la vie qui illustre tout à fait sa perception de celle-ci.

Après avoir laissé son regard parcourir la salle, il fait part de son impression :

- « Il est heureux de vivre, l’artiste, ou en pleine quête existentielle ? En général, il y a un pamphlet pour expliquer son approche, mais j’ai du le louper. Vous en savez plus que moi ? »

Il continue à faire tourner son stylo, regrettant de ne pas avoir ce fameux pamphlet à déchiqueter méthodiquement pendant que l’autre partage son savoir. Il a hâte de le voir changer de position. Il doit voir la main gauche, avant de passer à la suite des réjouissances.

Si c’est vraiment l’homme qu’il recherche… Il a de nombreuses questions.


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Lun 26 Avr - 18:00 (#)

L'inferno è vuoto
nicola ft. ozios



« A partir d’un certain point, ce n’est plus la technique, mais le nom qu’on paie. »

Dans un sourire, son voisin lui offrit une réponse qui arracha un sourire à Ozios. Son premier de la journée; peut-être de la semaine. Sa réplique s’accompagna d’un coup d’oeil. En découvrant son visage pour la première fois, le danois fut frappé d’un étrange sentiment. Une aura. Glaciale. Etrange.

- C’est à croire que l’art a un prix, après tout.

Son regard d’un bleu presque pétrifiant l’observait, alors que son voisin semblait s’appliquer à le dévisager. Ozios resta immobile, sans rien dire. Il ne savait pas vraiment ce que lui voulait ce type, tout d’un coup. Son visage exultait un étrange mélange de bienveillance mêlée à un mal certain. L’artiste eut soudainement envie de savoir qui il était, et ce qu’il faisait ici. Cela ne dura que quelques secondes, cependant. Rapidement, il reprit contenance. Son visage se tourna une nouvelle fois vers les mélanges sombres de couleur étalées sur la toile face à eux. Ce n’était pas sa préférée, mais son agent avait insisté pour en faire la plus chère de l’exposition; il ne savait pas pourquoi, et n’avait pas posé la question. Les considérations financières n’étaient pas sa préoccupation première.

Son regard s’abaissa lorsque l’inconnu tira de sa poche un stylo. Son attitude était étrange. Plus que ça, il dépeignait dans ce paysage. Les chaussures qu’il portait aux pieds paraissait bien trop chères pour avoir été achetées dans un quelconque magasin, l’odeur de parfum qui émanait de lui trop fine pour être de grande surface. Le sourire qui semblait hanter son visage trahissait toute la confiance dont il faisait preuve; comme si rien sur cette terre n’aurait pu se mettre en travers de son chemin. Quelque peu déstabilisé, Ozios se racla la gorge. Il n’avait pas l’habitude de se retrouver mal à l’aise en face d’inconnus; surtout pas lorsque ces derniers étaient potentiellement clients.

Le malaise ne dura que quelques secondes. Le danois réprima l’envie d’utiliser son mimétisme pour avoir réponse à ses questions: qui était cet homme? Il se fit cependant violence pour rester stoïque, et se contenter de le regarder, un léger sourire aux lèvres. Faire utilisation de son don en public n’était pas vraiment souhaitable, surtout si cet homme s’avérait être humain. Il ne saurait pas comment expliqué le fait qu’il tombe comme une mouche aux dizaines de personnes encore présentes ici. Les mains d’Ozios étaient toujours liées devant lui; il ne prêta pas attention aux coups d’oeil que lui jetait l’inconnu, se disant que cela était certainement à la différence frappante qui existait entre eux. Peut-être était-il en train de le juger; Ozios s’en contrefichait.

- Je le connais, plutôt bien. C’est un autre de ces artistes torturés qui croient éduquer le monde avec leur art. Je dois dire que c’est plutôt réussi. Des tonnes d’idiots ont acheté ses toiles.

Son regard s’était éclairé d’une lueur qui rendirent le bleu de ses yeux encore plus perçant que quelques minutes plus tôt. Ozios haussa un sourcil. Avant qu’il ne puisse faire quelconque réflexion, il s’était tourné pour regarder de nouveau la peinture. Semblant perdu dans ses observations, Ozios n’osa reprendre la parole. Tout d’abord parce qu’il ne voulait pas le déranger, s’il était en train de réfléchir à un possible achat, mais surtout car il ne savait pas quoi dire, et qu’il ne voulait pas se donner la peine d’y réfléchir. L’amabilité n’était pas sa plus grande qualité. Si l’on pouvait appeler ça une qualité.

L’homme l’empêcha de se creuser les méninges au bout d'un certain, en reprenant lui-même la parole. Son intérêt était de plus en plus pressant; peut-être que cela traduisait une motivation autre que son simple amour de l’art, tout compte fait. Discrètement, Ozios laissa déambuler son regard sur sa silhouette, à la recherche de n’importe quel indice. Il ne portait ni insigne, ni ce qui semblait être un attirail policier. Toujours dans la même position, l’artiste lui offrit un sourire faussement sincère.

- Les pamphlets se situent à l’entrée. Mais je pourrais sinon vous faciliter les choses en vous présentant. Souhaiteriez-vous le rencontrer?

 
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Mar 27 Avr - 11:46 (#)



L’inferno è vuoto

« II diavolo non gioca mai da solo. »

Il n’est pas à l’aise, le peintre. De manière amusante, les artistes ne sont à l’aise que face à leur exutoire créatif, alors qu’ils auraient tant de choses à dire ! Leur cheminement intellectuel les invite à exprimer des idées tout à fait surprenantes, et certains se perdent en métaphores, allitérations et comparaisons pour tenter de les exprimer. Le vampire aime bien ce genre-ci, qu’il juge distrayant tant il est loin des préoccupations terrestres.

Le Danois se racle la gorge, à la recherche des prochains mots. Nicola le couve d’un regard félin, exprimant un intérêt teinté de flegme. Il l’observe rajuster son masque commercial, lui offrir un sourire factice et revenir sur « son ami » le peintre. Sa proposition d’arranger une entrevue lui tire une expiration nasale amusée. Il secoue la tête et sa main libre dans un geste de dénégation.

- « Je ne voudrais pas lui prendre de son précieux temps. Lire la description me suffira très bien. - un détail lui revient subitement en tête. - Mince, c’est en anglais, non ? Vous en avez en russe ? »

L’Italien fait un pas en avant, sa main continue à faire tourner son stylo. Soudainement, il rate une pirouette : son jouet se retrouve par terre, juste à côté de la chaussure de l’autre homme. Nicola rit, s’excuse de sa maladresse. Cependant, il ne fait pas un geste pour se pencher et le récupérer. Il joue des convenances sociales, espérant que cela sera suffisant pour lui permettre d’apercevoir la main gauche. Il ne peut tout de même pas se tromper de personne pour un détail de ce genre, à son niveau, ce serait humiliant.

Pendant le bref laps de temps qu’il faut à son interlocuteur pour prendre une décision face à ce stylo, Nicola aiguise ses sens. Il y a définitivement quelque chose d’étrange autour de l’homme, une sorte de voile opaque qui le différencie des autres personnes autour d’eux. Le vampire hume l’air une nouvelle fois, étonné que son sens de l’odorat ne lui apporte aucune information supplémentaire. Pour être fixé sur ce qui cloche, il faudrait qu’il goûte directement son sang. Curieux, il jette un coup d’œil vers sa gorge, tatouée elle aussi. Il s’amuse du choix du motif tout en constatant qu’il n’y a pas de marques de morsure. C’est un avantage pour lui : il n’aura probablement pas à expliquer son geste à un de ses congénères fâché qu’on ait pu utiliser un de ses Mordus ou de ses Calices.

Dans un geste nonchalant, il se frotte la nuque, attarde sa main sur sa gorge, tapote un doigt sur sa carotide. Il est songeur. Finalement, sa décision est prise. Ignorant le geste de son cadet, Nicola plante ses yeux dans les siens et use de son charisme surnaturel. Il est curieux de voir s’il y est soumis comme les autres humains. Les arcanistes, ces petits sorciers en herbe, y résistent de temps en temps, quand ils ont un fort caractère. Et agacés, ils peuvent même parfois tenter de répliquer avec un sort de pacotille. Est-ce qu’il fait parti de ces êtres liés à la magie ?

- « C’est vous, Ozios. Jolis tatouages. Je suis particulièrement curieux de celui sur votre main gauche, je voudrais l’admirer de plus près. Vous me montrez ? »

Il a un ton paternel alors qu’il tend sa propre main vers lui. Ses paupières se plissent. Il se demande si un contact physique pourrait être dangereux. Après tout, l’impression que lui a donné sa vision, c’est qu’il a provoqué un arrêt cardiaque sans même effleurer sa victime. Est-ce que c’est un don ? Est-ce que ça fonctionnerait sur lui ? Est-ce qu’il sera le fameux messager de la Mort, qui semble l’avoir oublié ?

Au dernier moment, Nicola retire sa main. Par prudence, dira-t-il.

Le tic nerveux qui agite sa paupière gauche trahit une appréhension qui n’a rien à voir avec la prudence.

- « Vous êtes autre chose qu’artiste, Ozios ? »


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Mar 27 Avr - 14:45 (#)

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En russe? Ozios haussa de nouveau un sourcil. lI ne comprenait vraiment pas ce que ce type venait faire ici, et s’agaçait de la situation. Pris de court par cette réponse, le danois n’eut cependant pas le luxe de pouvoir formuler une réponse dans son esprit. Le stylo que tenait cet inconnu aux grands airs venait de tomber au sol. Lentement, le regard d’Ozios suivit sa trajectoire. Fixant l’objet durant quelques secondes, il examina la situation.

Il était à présent sûr que cet homme n’était pas venu ici par hasard. Quelque chose était attendu de lui; quoi, Ozios ne le savait pas encore. Il semblait bien trop à l’aise face à cette situation, trop familier avec ces lieux qu’il n’avait pourtant jamais visités. Peut-être était-il finalement de la police. Peut-être était-il sur sa trace, ou celle d’un autre. Ozios n’aurait su dire pourquoi, mais l’aura qui émanait de cet homme était telle qu’elle semblait envelopper la sale toute entière. Sa curiosité piquée, il redressa finalement le regard vers lui. Le stylo était toujours platement lâché au sol.

Les traits de cet inconnu arboraient les marques de la vie avec une élégance et une finesse qui laissaient deviner un train de vie aisé. Décidément pas le visage d’un simple flic à l’apogée de sa carrière. Sa peau à la pâleur difficile à ignorer ne laissait transparaître aucune défaut. Lisse sous toutes coutures. Ozios fronça les sourcils.

Le pli apparu entre ses yeux yeux s’estompa cependant soudainement lorsque son regard entre une nouvelle fois en contact avec l’homme. Comme transcendé par ces yeux d’un bleu rare, incapable de détourner son attention, ou d’émettre le moindre bruit, le danois restas stoïque, soumis à la volonté de cet être. Cette sensation n’était que trop familière, à ses yeux. Sur le moment, Ozios était incapable de déterminer de quelle nature était cet homme. La seule chose dont il était sûr était qu’il n’était pas humain. Après des années passées à aspirer tout type d’énergie, il était devenu familier avec cette énergie surnaturelle, de celles traversant ses veines et laissant leur marque sur son être.

Comme sous hypnose, sa main était sur le point de se tendre vers lui, motivée par les demandes de l’inconnu, de sa voix profonde et alléchante. Le regard terne, l’artiste usa du peu de volonté dont il disposait encore à ce moment-là pour activer son mimétisme. Rien qu’un peu. Suffisamment pour qu’il passe inaperçu; suffisamment pour aspirer cette capacité de persuasion que possédait son aîné. Il ne connaissait ni l’étendue de ses capacités, ni la puissance de celles-ci. Il en aspira suffisamment pour se défaire de cette emprise, et relâcha aussitôt la pression. Ses esprits retrouvés, Ozios afficha un léger sourire sur son visage. Sa curiosité était réellement piquée, cette fois-ci. L’homme l’avait reconnu. Plus que ça, l’homme avait usé de ses dons pour le soumettre à sa volonté. L’homme voulait quelque chose de lui. Mais quoi?

- Vous êtes perspicace. Ou fan?

La main de l’aîné n’avait pas achevé sa course; au lieu de cela, elle s’était gentiment rangée à ses côtés, comme sentant quelque chose de néfaste. Le danois aurait aimé qu’un de ces Psy se trouve dans les parages, pour qu’il puisse utiliser ses donc et pénétrer l’esprit de ce blond dont le regard semblait percer son âme. Il n’allait pas tarder à deviner qu’Ozios n’en possédait pas. Il avait envie de le connaître, lui et ses incroyables capacités. De savoir ce qu’il cherchait, et ce qu’il escomptait trouver. La question qui échappa à son interlocuteur ne fit que confirmer les doutes qui l’avaient jusqu’à présent habité. Il savait. Quoi, Ozios n’en était pas sûr. Mais il savait.

- Philanthrope à mes heures perdues. Heureux vivant dans mes bons jours. Est-ce là le sens de votre question?

Finalement, Ozios craqua. Ses méninges se mirent en branle; il savait exactement quoi chercher, et où le trouver. Son mimétisme trouva sa cible rapidement. Lentement, il aspira ce qu’il cherchait. Pour le simple plaisir de voir si cet homme pouvait flancher sous le poids de ses propres capacités. Il semblait posséder une multitude d’autres aspects qui ne tarderaient pas à fasciner le danois. Mais pour l’heure, il se concentra sur son interlocuteur, détenant son don. Cela ne durerait pas longtemps, et il devrait recommencer.

Ce fut alors à son tour de tendre la main vers lui, un sourire des plus charmants perché sur ses lèvres. La croix d'un noir corbeau trônant sur sa main gauche était là, exposée, discrète, comme porteuse d'une promesse silencieuse. Il prit la parole sans tarder, ses yeux d’un vert profond rivés dans les siens.

- Ozios Wølk. Enchanté. Qui êtes-vous?

Il marqua une légère pause avant de poser la véritable question qui l’intéressait.

- Qu’êtes-vous?


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L’inferno è vuoto

« II diavolo non gioca mai da solo. »

Les yeux impressionnants de Nicola s’agrandissent alors qu’il est confronté à un refus d’obtempérer. Le Danois, par il ne sait quel miracle, a résisté à l’influence d’un vampire huit-centenaire et soutient son regard, le dos droit, bien campé sur ses jambes. L’homme ne cache pas l’admiration qui brille dans ses yeux, ni son sourire incrédule. Un humain lambda n’aurait jamais pu se défaire aussi aisément des liens de ce charisme surnaturel que lui prête sa nature. Il aurait chancelé sous leur poids, aurait perdu pied un instant. Ozios est debout, un petit sourire étire ses lèvres.

Avant qu’il ne puisse exprimer son admiration, sa conscience lui échappe. Il penche la tête sur le côté, intrigué. Quelque chose le pousse à agir, à répondre avec honnêteté aux questions de l’homme en face de lui. Nicola fronce les sourcils, se passe la langue sur sa lèvre inférieure, intrigué. C’est bien la première fois depuis une petite éternité qu’il se sent obligé de répondre à une demande de manière viscérale.

Distraitement, il écoute Ozios tourner autour du pot, se choisir des adjectifs qui ne répondent pas à sa question. Il ignore sciemment le sens de ses mots pour les lui renvoyer. Face à cette curiosité réciproque, Nicola glousse sombrement. Regardez-les, deux créatures qui se toisent et qui s’étudient. Laquelle est la plus dangereuse ? Représentent-elles une menace fatale l’une pour l’autre ? Il penche sa tête de l’autre côté, fait craquer sa machoire, réfléchit. Il ressent toujours le besoin impérieux de juste être vrai face à cet homme.

Tenace, il s’interdit de lui donner satisfaction immédiatement. Ses yeux quittent son visage pour descendre vers la main qu’il lui tend. La gauche. Une lueur de satisfaction s’allume dans son regard alors qu’il détaille la représentation du corbeau. Oiseau de malheur pour de nombreuses cultures, Nicola a toujours été étrangement réconforté par ces volatiles. Loin de signaler de tristes événements, leur présence lui a toujours indiqué où trouver des gens. Morts ou vifs. Ils signalaient la fin d’une bataille, ils suivaient les loups, ils révélaient la présence d’importuns.

Les corbeaux lui ont toujours fourni de précieuses informations. Comme maintenant.

Il ignore la main tendue, adressant un sourire complice à la créature qui se tient en face de lui. Ses yeux bleus affrontent les yeux verts qui tentent de le décrypter. Sa voix est suave et assurée quand il lui répond, se soumettant volontairement à l’influence surnaturelle.

- « Nicola Alighieri, détective privé. Je suis un grand curieux, et une vraie sangsue. Littéralement. - la comparaison lui tire un ricanement sarcastique. - Je suis venu pour vous, Ozios. »

L’Italien prend une inspiration, fait un geste de la main, claquant des doigts comme si ce bruit allait pouvoir l’aider à trouver plus rapidement ses mots. Il est dans la démonstration de puissance, désormais. L’influence de l’autre pèse toujours, mais tant qu’il n’est qu’invité à répondre à ses questions, c’est secondaire. Il suffit de rester honnête. Ça tombe bien, on l’a toujours trouvé direct.

- « Pas pour vous tuer. Je ne me charge pas de la justice des hommes. En revanche, je suis venu vous poser des questions, qui répondent autant à une demande directe qu’à une curiosité personnelle. Vous êtes plus qu’humain, et pas un vampire, autrement, jamais vous n’auriez usé de cette influence sur votre aîné. Je veux savoir. »

Ses yeux descendent à nouveau vers sa main, une curiosité évidente peinte sur le visage. Les bagues, le tatouage, les traces de peinture, la forme des doigts… tout correspond à la vision qu’il en a eu. Comment a-t-il fait pour, d’une seule main tendue, ôter la vie ? Qu’est-ce qui est capable d’un tel tour de force ?

- « Vous voulez peut-être qu’on en parle ailleurs, par respect de votre vie privée ? Ou vous préférez rester dans une sécurité relative, avec des témoins ? Le choix est votre. - il écarte les bras pour assurer qu’il n’a pas de préférence. Il se sent grand prince. - Oh. Mon stylo est toujours par terre. » - remarque-t-il d’une voix plate, ses yeux revenant vers les deux émeraudes de l’homme. Il vient tout de même d’user son influence sur lui pour l’obliger à lui fournir des réponses. Nicola a besoin d’excuses pour pardonner ce défi à son autorité. C’est une pure bataille d’égo qui se joue à l’instant.


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Mer 28 Avr - 20:38 (#)

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Comme un enfant ayant réussi le pari d’être le plus rapide ou de sauter le plus haut, Ozios sentit ce rare sentiment de plénitude s’accaparer son corps. Le regard de l’homme semblait perplexe. Le danois, lui, exultait. Il était rare pour lui de se retrouver face à telle créature, encore moins de pouvoir faire l’expérience de ses facultés. S’abreuver d’énergie humaine devenait ennuyant, à la longue: ces pauvres humains se contenaient de se contorsionner sous le poids de son mimétisme. Mais cet homme impressionnant, lui, ne faisait rien de tout ça. Il ne l’avait pas perdu du regard, et ses yeux emplis d’interrogation semblaient mener une bataille interne.

Ozios ne savait pas pourquoi la peur ne s’était pas encore emparée de lui. Non pas la peur que toute personne normalement constituée aurait éprouvée devant ces yeux effrayants, cette peau laiteuse, cette aura destructrice. Car, avant même que l’inconnu ne lui dévoile sa nature par une habile manipulation de paroles, le danois avait compris. Il avait compris que la personne qui se tenait droitement devant lui n’était ni client, ni policier, ni homme. Encore moins homme. La révélation de son identité lui arracha un sourire; que celle-ci ait été provoquée par le retournement de ce pouvoir de persuasion ou non, elle était là, entre eux, lâchée dans l’air comme une hirondelle en plein envol. Aussi vite qu’il l’avait mis en place, son mimétisme se rétracta, laissant un vide dans sa poitrine, un froid dans ses mains.

- Pour moi? Beaucoup de gens sont venus pour moi, Monsieur Alighieri.

Non, ce n’était pas la peur de la créature se trouvant face à lui qui trottait dans un coin de son esprit; plus les mots détective privé faisant écho aux quatre coins de son esprit. Son visage, cependant, resta impassible. Son sourire trônait toujours sur ses lèvres. Ozios était calme. Étonnamment calme. Sa main était restée suspendue entre eux. Il était devenu évident qu’il ne la serrerait pas, mais le danois ne se rétracta pas.

Le mot s’envola enfin dans les airs. Vampire. Le voile enfin levé, Ozios se demanda comment avait-il pu ne pas faire le rapprochement. Après tout, tout collait. La perfection de son visage, la pâleur de sa peau, la profondeur de sa voix. Son aura qui semblait monopoliser l’atmosphère. L’artiste se demanda ce cela ferait, d’aspirer ses autres capacités. Sa rapidité, sa force… son immortalité.

Seulement, lui aussi semblait avoir été percé à jour.

- Moi qui croyais faire une heureuse vente ce soir. Je ne suis ni humain, ni mort, Monsieur Alighieri. Pourquoi ma personne intéresserait-elle une créature de votre envergure?

Son humeur joviale s’évapora en même temps que les mots franchissaient ses lèvres. Son regard s’était assombri. Sa posture n’était plus aussi avenante. Il le toisa quelques instants. Que savait-il? Comment le savait-il?

- Savoir quoi? N’essayez pas de planter vos crocs dans ma chair, Monsieur Alighieri. Vous risqueriez de vous y briser les dents.

Il ne parvenait pas à sonder ses intentions, ni les raisons de sa visite. Avait-il été missionné par St Clair pour le tourmenter un peu plus? Etait-il la cible d’un de ces magazines détracteurs essayant de trouver de quoi se mettre sous la dent? Tout en chassant ces idées de son esprit, le danois tâcha de retrouver sa composition. La partie n’était pas encore perdue; il avait encore des cartes à jouer. Son regard tomba à ses pieds en même temps que le détective feignait la surprise. Puis, ses yeux bleus s’approprièrent ses orbites vertes, encore.

« Oh. Mon stylo est toujours par terre. »

Ozios sentit cette même vague qui avait paralysé ses sens et anesthésié son esprit plus tôt. Cette irrésistible envie de boire ses paroles, d’écouter ses mots et de se plier à sa volonté. Cette fois-ci, il ne lutta pas. Son corps s’abaissa avant qu’il n’ait pu tenter quelque diversion. Sa main s’enroula autour de l’objet, et une fois redressé, il lui tendit, ses longs doigts exposant une fois de plus le tatouage. Le sourire franchement dessiné sur son visage ne laissait pas la possibilité de savoir si cette action avait été motivée par sa propre volonté ou l’influence de son aîné. Lui-même n’en était pas sûr. Il tendit le bras, et rangea soigneusement le stylo dans la poche de poitrine ornant la veste d’Alighieri.

1-1. Balle au centre.

- Mon atelier est à deux pas. Ou êtes-vous effrayé à l’idée de vous retrouver seul avec moi et préférez-vous la compagnie d’un café?

Il n’attendit cependant pas la réponse de son interlocuteur. Déjà, Ozios s’était retourné. Défait de l’emprise de son regard, il se dirigea vers la sortie, renvoyant d’un geste de la main son agent qui accourait dans sa direction. Quelques secondes plus tard, le détective était à ses côtés. Dans la pénombre de Western Hill, il le guida jusqu’au lieu d’où naissait les plus sombres de ses créations. Sur le chemin, il alluma une cigarette, en proposa une à son voisin. Mais il demeura silencieux. Essayant de comprendre comment sa journée avait pu en arriver là.

Ce n’est que lorsqu’il se referma la porte de son atelier derrière et que la pièce s’éclaira qu’il reprit la parole. Ils étaient seuls. La question restait de savoir qui était à la merci de l’autre; Ozios n’avait pas l’orgueil de penser qu’il était en position dominante.

- Que me voulez-vous, détective?


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Dim 2 Mai - 21:06 (#)



L’inferno è vuoto

« II diavolo non gioca mai da solo. »

C’est avec satisfaction que Nicola tâte le stylo de retour dans sa poche. Mince revanche, mais elle lui laisse un goût plaisant sur la langue et un sentiment d’orgueil dans le cœur. Cet… humain... non, cette créature, a assez de flair pour savoir quand concéder la victoire. Cela laisse présager d’un échange intéressant. Elle a sûrement un instinct de survie développé au-delà du basique « fuir ce qui ne peut pas être vaincu ». Elle semble curieuse, encline à discuter, soucieuse de se fondre dans son environnement. C’est très intéressant. Comment vit-elle ? Quelles sont ses ambitions ? Y a-t-il une raison pour laquelle elle se trouve dans un environnement aussi dense que Shreveport, plutôt que dans la campagne ? A-t-elle besoin des humains, d’une certaine manière ? Comment se nourrit-elle ?

Nicola l’observe avec une curiosité non dissimulée. Il est toujours prudent, bien sûr, néanmoins… sa main est venue en contact avec son manteau, et il est toujours debout. La logique voudrait que l’homme qui se tient en face de lui a également un certain intérêt à continuer leur conversation, plutôt que de le supprimer purement et simplement. Quel don étrange lui permet de prendre la vie d’un geste ?

Son invitation à trouver un lieu moins peuplé est acceptée, l’autre ouvre le chemin. Il congédie d’un geste de la main un humain, que Nicola étudie avec intrigue un bref laps de temps. Ses traits mémorisés, il hausse les épaules. Il creusera plus tard. C’est avec entrain que le vampire lui emboîte le pas. Il ne craint pas de se retrouver en seul-à-seul avec lui. Libéré du poids du regard de la foule, il sera libre d’user de l’entièreté de ses capacités. Il a confiance, même si se tient face à lui une menace inconnue.

C’est tellement rare, d’en rencontrer une qui tienne la route.

L’autre ne semble pas avoir de mal à adopter certaines coutumes humaines, comme la nicotine. Il refuse poliment la cigarette qu’il lui propose. L’odeur seule suffit à l’incommoder, il n’ose pas imaginer ce que pourrait donner le goût. Que des gens apprécient cette merde est haut-dessus de lui. Ils s’encombrent les poumons avec un poison lent, paient des sommes insensées pour continuer à s’administrer leur dose, et en font une sorte de mode… Nicola est toujours resté perplexe face à ce phénomène, qui se décline au fil des époques. Après la chicha, le coca et l’opium, voici la nouvelle drogue à la mode.

Apparemment, l’entité qui se tient en face de lui y a succombé. L’affecte-t-elle de la même manière ? En est-il déjà dépendant ou peut -il aisément s’en passer ? S’agit-il d’un geste adopté pour mieux s’intégrer ?

Loin de ses interrogations, Ozios le guide avec assurance à travers les rues, rejoignant sans mal son atelier. Nicola craint un instant d’être bloqué à l’entrée, viendrait-il à ne pas l’inviter à entrer à sa suite. Après tout, les artistes ont tendance à considérer leur atelier comme leur seconde maison, voir leur unique. Qu’un des défauts de la nature d’un vampire soit révélé aussi vite le gêne un peu. C’est tout de même bête, d’être bloqué par une barrière invisible alors que la porte est ouverte.

Heureusement, le geste qu’il fait dans sa direction pour l’inviter à venir le libère de cette préoccupation. Il sourit en refermant la porte derrière lui, laisse son regard embrasser les lieux, un brin admiratif. Les lieux de création sont toujours d’une banalité affligeante, et pourtant, c’est ici que la magie opère. Incroyable.

Ça excuserait presque le désordre ambiant et toutes les tâches de peinture, glaise et alcool.

- «  Vous êtes croyant, ou c’est juste pour un pied-de-nez ? » - demande-t-il avec nonchalance, indiquant de la main le bijou qu’il porte en pendentif. Pour la porter au cou et la tatouer sur sa peau, il faut que la croix représente une image très forte pour ce peintre torturé. Ah, c’est presque un pléonasme.

Son flegme n’est qu’un masque. Ses yeux suivent avec l’acuité d’un oiseau de proie l’homme en face de lui, étudiant ses gestes, cherchant des réponses. Il se demande si c’est un nerveux. Est-ce que le stress le rend agressif ? Pensif, il attrape la première chose qui lui tombe sous la main : un pot en verre, vide. Il commence par le faire tourner sur place, puis le fait sauter d’une main à l’autre tout en enchaînant.

- « Ceci dit, vu le motif pour lequel on m’a engagé, j’espère que c’est juste une délicieuse ironie. Les meurtriers sont durement punis dans l’après-vie. Ou ce qui se passe encore après. - il ricane, pensant à son propre cas. D’aucun dirait qu’il la vit déjà, sa punition. - Ou alors c’est pour une sorte de quête personnelle ? Une vendetta ? Un rituel ? »

Ses yeux bleus brillent désormais d’une curiosité dévorante. Il s’installe sur un petit tabouret, son jouet toujours entre les mains. Pour quelques secondes, il hésite à user de nouveau de son charisme surnaturel. Ce serait probablement plus rapide pour obtenir des aveux, mais… au fond, il n’en a pas besoin. Il sait déjà qu’il est coupable de ce meurtre. Il veut les raisons.

- « En général, on en veut aux adultes. Que s’est-il passé pour qu’une enfant fasse les frais de votre… »

Il fait un geste vague de la main, laissant sa phrase en suspend. Il ne sait pas vraiment quel terme lui offrir. Pour un vampire, évidemment, la Bête. Les garous, la faim. Les arcanistes, occultistes, sorciers de bas-étage, un rituel. N’appartenant à aucune des catégories citées, qu’est-ce que ça peut être ?


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Mar 4 Mai - 14:29 (#)

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L’atmosphère s’était défaite de tous les faux semblants qui avaient virevolté autour d’eux lorsqu’il s’étaient trouvés en public. Debout l’un en face de l’autre, Ozios avait pensé trouver la situation dangereuse, peut-être menaçante. Ce n’en fut pas le cas. L’attitude du détective n’avait pas changé, si ce n’était qu’il paraissait plus détendu. Quelle ironie du sort. Le danois aurait sûrement dû être sur ses gardes, prêt à dilater son mimétisme pour se défendre de quelque attaque que le vampire lancerait sûrement incessamment sous peu. Il n’avait pas pour habitude de côtoyer de telles créatures, et avait appris il y avait bien longtemps à ne se fier à personne; pas même aux démons. Encore moins aux démons.

« Vous êtes croyant, ou c’est juste un pied-de-nez? » Ses yeux étaient détendus, presque bienveillants. Dérouté d’une telle nonchalance face à une situation de la sorte, il croisa les bras sur son torse, soutenant son regard, un sourire accroché aux lèvres. Il ne savait pas qui ce type était, ni ce qu’il lui voulait, encore moins s’il le laisserait vivre jusqu’à la nuit. Mais il l’aimait bien.

- Nous croyons tous en quelque chose, au fond, non? La véritable question est de savoir en quoi. Personnellement, je crois en la nature et à cette faculté qu’elle a à se réapproprier ce qui lui appartient. - ironique, puisqu’Ozios était ce que l’on pouvait qualifier de contre-nature. - En quoi croyez-vous, Monsieur Alighieri?

Le sourire qui ornait son visage et qui illuminait son regard d’une lueur différente de celle qui le parcourait dès lors qu’il était sur le point de semer le chaos se figea lorsque son interlocuteur reprit la parole, comme emprisonné dans de la glaise solidifiée. Il en savait plus que ce à quoi Ozios s’attendait. Meurtrier? Ozios n’était pas un meurtrier. Seulement un homme qui trainait encore les casseroles de son adolescence dix ans plus tard. Il sortit de sa torpeur et fit finalement un pas en avant, contournant le détective. Ce dernier avait vraisemblablement mis ses facultés vampiriques au service d’un bien commun. Ou alors n’était-ce qu’une façade masquant ses activités extra professionnelles. Quand le danois se retourna vers lui, son sourire avait réapparu.

- L’après-vie? - demanda-t-il en haussant un sourcil. - Vous comme moi savons très bien que l’après-vie n’est qu’une illusion, et que si elle existe, nous nous y trouvons déjà.

Ses yeux ne le quittèrent pas alors que son aîné s’installait sur un tabouret, ses mains occupées à jouer avec un pot en verre qu’Ozios utilisait généralement à d’autres fins. Préparé à utiliser son mimétisme si l’autre se décidait à user de son don étrange pour lui soutirer des informations, il sortit une nouvelle cigarette de sa veste, et l’alluma silencieusement. Il était dorénavant curieux. Plus les secondes passaient, plus il se demandait si le détective n’était pas plus intéressé par sa véritable nature que les atroces actes qui l’avaient mené jusque’à lui.

Ah. La gamine. Voilà donc la raison qui avait jeté Ozios dans cette sale situation. Les vies qu’il avait été forcé d’ôter jusqu’ici n’avaient pas fait de bruit. La plupart avait été des hommes laissés à l’abandon, des femmes vivant dans l’obscurité de cette ville. Cette enfant avait été la première à subir la foudre démoniaque qui habitait le danois. Depuis que la vie l’avait quittée, il ne s’était autorisé à y penser qu’une seule fois. S’il laissait l’image de ce visage angélique pénétrer ses pensées, l’infime partie humaine qui sommeillait encore en lui se réveillait et le hantait des nuits durant. Ses terreurs nocturnes étaient largement suffisantes à le tenir éveillé. Il n’avait pas besoin de cela en plus, sans parler de ce sentiment qu’il ne connaissait pas et qui l’empêchait de respirer, de se regarder dans le miroir, de vivre correctement. Cette sensation d’avoir fait quelque chose qu’il ne pourrait jamais réparer, d’avoir gâché une vie à peine commencée au profit de son affreuse existence. Un sentiment de… culpabilité?

Le regard que lui lançait Monsieur Alighieri lui fit comprendre que les aveux de ses actes n’étaient pas vraiment ce à quoi il aspirait.

- Vous n’avez qu’à me regarder droit dans les yeux, et me demander si j’ai réellement commis un tel acte. Vous aurez votre réponse dans les deux secondes, vous empocherez votre argent, et je finirai mes jours en prison. Mais ce n’est pas vraiment ce que vous recherchez, détective, je me trompe? - Il fit un pas en avant, sans laisser transparaître aucune menace. - Vous voulez plutôt savoir comment est-il possible qu’en faisant simplement ça, - reprit-il en levant légèrement sa main devant lui - je peux me faire Ange de la mort. A votre avis?

Ozios sentait déjà la force palpable de la créature en face de lui s’évaporer de son corps pour pénétrer le sien. Il n’aspira rien d’autre, pour le moment, malgré les multitudes d'impressionnantes facultés qui semblaient sommeiller en lui. Si le mystère qui entourait l’artiste et sa nature étaient les seules choses qui le maintenaient en vie pour le moment, il ne tenait pas à se révéler si facilement. Ce vampire était peut-être membre d’un clan. Ozios ne tenait pas à finir la tête en bas. Il parviendrait peut-être à en éliminer un, aux prix de séquelles conséquentes, mais si tous ses amis sortaient subitement de nulle part, il ne ferait pas long feu. La perte momentanée des facultés physiques du vampire l’affaibliraient pour quelques secondes. Cela suffirait peut-être à lui faire penser que la « vie » quittait son corps.

Finalement, il relâcha sa main, et redevint faiblement démoniaque.

- Pardonnez mon impolitesse, je ne vous ai pas même proposé à boire. Café, gin, eau? Je ne sais pas de quoi vous vous abreuvez. Enfin, si. Mais je crains ne pas avoir ce que vous désirez le plus sous la main. Enfin… si. Mais je crains m’apparenter au pire vin de bas étage pour vos papilles.

Il écrasa sa cigarette déjà consumée dans le cendrier aux côtés du détective. Puis, il se redressa, repoussa la mèche bouclée tombée qui semblait ne pas vouloir vivre ailleurs que sur son front.

- Café?


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Leur échange mérite tout son intérêt. C’est la première fois, depuis son éveil, qu’il ressent une curiosité aussi intense pour une autre personne. La raison est simple : il ne sait pas ce qu’il est.. Or, après huit cent ans d’existence, il y a bien peu de créatures qu’il n’a pas rencontrées. Le monde du surnaturel est le sien : il connaît les garous, les occultistes, les mediums, les vampires, évidemment, il sait qu’ils existent, il sait comment les détruire, il comprend leurs motivations. Il pensait avoir fait le tour du bestiaire. Ne restait qu’à atteindre la venue d’éventuels extraterrestres.

Et là, ce soir, devant lui, se tient une créature complètement inconnue. Un zoologiste devant un animal non-répertorié ne ressentirait pas une excitation plus intense que celle qui agite Nicola en ce moment. Il est fasciné.

Peu importe ses questions, il semble impossible de désarçonner ce peintre en face de lui, sauf lorsqu’il fait mention de l’enfant. Nicola sourit et lâche enfin le pot qu’il malmène. Cette créature est donc capable de remords… Aux aguets comme il est, impossible qu’il rate l’éclair de regret qui illumina ses yeux un court instant. Ozios regrette-t-il son geste ? A-t-il conscient de ce que représente un enfant, de leur innocence, de leur fragilité ? Le vampire se penche en avant alors que l’autre fait un pas vers lui. Il est suspendu à ses lèvres.

Lorsqu’il réitère le geste qui a ôté la vie à sa petite victime, Nicola est traversé par un frisson d’anticipation. Le vampire a pris soin de ne se montrer ni agressif ni menaçant. Il a tout intérêt à le garder vivant. Il espère que l’autre en face de lui ressent la même chose à son égard, autrement… Eh bien ce triste atelier sera le dernier paysage qu’il emportera avec lui. Dommage, il a toujours préféré les lacs.

Alors qu’il se redresse, un rien déçu, une curieuse sensation lui étreint subitement le cœur et la gorge. Une sorte d’étau invisible. Une brusque lourdeur envahit ses membres, il se sent lent, pataud, écrasé. Une voile noire s’abat sur sa vision quelques secondes pendant que le sang lui bat aux tempes. Un goût amer de bile envahit sa bouche et il s’aperçoit, ébahi, que même sa langue lui semble lourde. Une terrible torpeur semble s’être emparée de lui. Ses yeux s’agrandissent face à ce phénomène inconnu. Est-ce que… est-ce que c’est ça, la mort ?

Il est le premier surpris face à la dualité des émotions qu’il ressent. De se sentir trembler alors qu’un sourire vient se peindre sur ses lèvres. Le rythme des battements de son cœur s’accélère alors qu’il sent le contrôle de la situation lui échapper. Tirer sa révérence de manière si confidentielle… Après huit-cent ans à se battre ? Lui qui s’imaginait rendre son dernier soupir suite à un combat épique, contre une ou plusieurs entités à la puissance dépassant tout ce qu’il avait jamais pu espérer rencontrer, c’est si… anti-climatique. Mourir assis sur un tabouret, dans un atelier.

A-t-il seulement le droit de partir de manière si… discrète ?

Et alors qu’il se se sent presque prêt à accepter la défaite, à serrer la main de la Mort, il s’aperçoit que l’étau sur sa gorge et son cœur s’est levé. Sa vision s’aiguise de nouveau, chaque détail lui saute aux yeux. Et l’homme, en face de lui, l’accueille avec une expression satisfaite.

Il ne saurait dire qui du soulagement ou de la déception est le plus fort, et il ne tient pas à appesantir sur cette question. Pendant qu’Ozios parle, il prend plusieurs inspirations. Son regard se pose sur sa main gauche, agitée par des spasmes. Elle a toujours été plus sensible depuis qu’il s’est volontairement infligé cette blessure à l’épée d’argent. Quel prétentieux…

Un sourire amer apparaît sur ses lèvres alors qu’il couvre sa main gauche de sa main droite. S’est-il à nouveau montré trop prétentieux, face à cette créature ? Celle-ci joue la désinvolte après sa démonstration de puissance. Elle éteint sa cigarette dans un cendrier plus proche du vampire que d’elle. Nicola sent son odeur une nouvelle fois, cherchant encore et encore ce qui la rend différente de tous les autres. Rien.

D’un geste de la tête, il répond par la négative à son offre, ne relevant même pas son allusion au sang. Curieusement, tout le monde la sort, celle-ci : « mon sang n’est pas à votre goût ». C’est amusant, c’est comme si ils comparaient ça à leur propre alimentation, sauf que ce n’est en rien comparable. C’est comme si on demandait à un lapin de dégoûter de la viande un loup. Inopportun. Inutile.

Ses forces lui sont entièrement revenues, mais la fatigue semble être de nature pernicieuse. Ou peut-être s’agit-il simplement de celle qui s’est cachée dans ses vieux os, qui a pris sa place et ses habitudes. Ah, qu’il se sent vieux ! Pour lutter, il se lève, s’étire, et retire son blouson d’aviateur. Il prend ses aises, comme son hôte.

- « Je vais vous épargner la vision abominable d’un vampire qui vomit sang et tripes. - il se frotte le cou, fronce le nez en repensant à son dernier repas de 1230. Vraiment, cette unique et ultime tentative l’a dégoûté pour le restant de ses jours. - Pas de boisson pour moi. Mais ne vous privez pas pour en prendre. »

Le vampire place ses mains sur ses hanches, heureux de voir les tremblements de la gauche disparaître. Oh, ça fait longtemps qu’il n’a pas vécu de sensations aussi fortes. En bon junkie de l’adrénaline, ça le laisse un peu dans les vapes, la tête dans les nuages. Il s’avance dans la pièce, commence à toucher ce qui y est disposé d’une main légère. La machine se remet en marche.

- « Pour répondre à votre question sur ma foi… Eh bien, je crois d’abord en moi. Puis je crois au Hasard, avec un grand H. J’aime bien l’idée que mes actions auront forcément des conséquences aléatoires. Ça rend la vie plus étonnante, surtout après tous ces siècles. Par exemple. - il se tourne vers Ozios, replace ses mains sur ses anches et l’étudie des pieds à la tête. - Comment deviner qu’en enquêtant sur un tueur, je tomberai sur une créature comme vous ? Impressionnant, votre tour. Et je suis rarement impressionné. Encore jamais personne ne m’a mis dans cet état d’un simple geste de la main, sans même me toucher. Moi qui pensais avoir tout vu ! »

Son rire vient du cœur. Il est sincèrement heureux d’avoir frôlé la Mort. Ozios est probablement moins heureux d’être tombé sur un vampire tête-brulée. Il continue, tout sourire, ses crocs et sa fascination teintée de curiosité évidents.

- « C’est tout simplement prodigieux. Qu’êtes-vous Ozios ? D’où venez-vous ? »


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Ven 14 Mai - 17:49 (#)

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L’effet de son petit tour de passe passe sembla porter ses fruits. Le regard de l’homme qui se trouvait face à lui était vide, non pas effrayé, mais plutôt prêt à accueillir une mort tant lente qu’imminente. Ozios s’était toujours demandé de quelle manière les vampires voyaient la mort, elle qui ne devenait à leurs yeux qu’une chose abstraite synonyme de fragilité. Le danois n’était pas immunisé contre ce terrible appareil, qui l’accueillerait un jour ou l’autre à bras ouverts. Il n’en avait pas peur, mais se demandait seulement quelle serait l’issue de son existence une fois terminée. Il se disait souvent que rien ne pourrait être pire que l’enfer qui l’attendait sur terre. Mais au fond de lui, Ozios avait peur de se tromper.

La situation était quelque peu cocasse. Après tout, le détective semblait persuadé de la capacité de l’artiste à faire la vie et la mort, et à être décisionnaire de son sort. Ozios, lui, espérait qu’il ne se décide pas à se jeter sur lui et à en faire son quatre heures. Parce qu’après tout, il était dans l’incapacité de le tuer. Il pourrait peut-être aspirer sa force et se défendre, mais il doutait que cela ne suffise. S'il aspirait sa vitesse, il ne parcourrait quelques centaines de mètres, un kilomètre tout au plus, avant que son mimétisme ne s’épuise. L’autre ne mettrait pas longtemps à le retrouver. Malgré ces fugaces pensées qui eurent le mérite de lui soutirer un sourire, le danois pressentait que la créature qui se tenait en face de lui ne comptait pas vraiment mettre fin à sa vie. Pas tout de suite, du moins. C’est sans doute cela qui lui permit de garder une figure détachée, même lorsqu’il lui avoua ne rien boire. Le commentaire qu’avait fait Ozios quelques secondes plus tôt n’avait rien de sarcastique; son sang serait véritablement d’un goût affligeant pour lui. Il se garda pourtant bien de lui en faire quelconque allusion, et au lieu de ça, se déplaça en direction de la cuisine.

Son compagnon ne se gêna pas pour déambuler le long de la pièce, alors que le danois disposait du café en poudre dans un filtre. Il ne comprenait pas vraiment comment une partie toute entière de la population pouvait se satisfaire d’une atrocité de la sorte, mais il était à court de grains, et avait besoin de caféine. Il semblait que son existence entière avait été dictée par tous types d’addiction. Caféine, nicotine, pouvoir… sans parler de l’effet qu’avait la présence de cette Rayna sur son esprit. Le café commença à tomber dans son récipient, alors qu’il rejoignait de nouveau le détective dans la pièce. Ce dernier n’avait cessé de toucher ce qu’il trouvait, et il se demanda si cela faisait partie de ses dons, ou était un simple stratagème pour trouver des informations sur lui.

- Impressionnant? Me voilà flatté, - répondit-il en haussant un sourcil. Un sourire au visage, il croisa les bras sur son torse, et prit le temps d’observer l’homme qui arpentait son atelier.

Ce dernier n’accueillait que très rarement du public, et son état de rangement en était certainement la preuve; de multiples toiles trônaient de ça et là, accompagnées de pinceaux usagées, de pots de peinture renversés et d’essence de térébenthine laissant planer dans l’air une odeur enivrante. Le danois eut envie d’aspirer cette extraordinaire faculté qu’avaient ces créatures à posséder un odorat décuplé, pour sentir l’atmosphère autour de lui, savoir comment il ressentait l’environnement qui l’entourait. Mais il se retint, et resta stoïque. Le vampire semblait sincère, mais malgré tout, il n’était pas certain de ses intentions. En dehors de ses intentions professionnelles du moins, qui elles étaient destinées à lui faire avouer ses crimes. Ce qu’Ozios avait de toute manière fait de manière implicite. Les trop nombreux meurtres qu’il avait commis avaient pourtant été pour la plupart quasiment parfaits, et n’avaient laissé aucune possibilité de comprendre l’origine du décès; il avait fallu qu’il tombe sur le seul détective privé vampirique du pays.

Un rapide aller-retour à la petite pièce adjacente lui servant de cuisine, et il fut de retour, une tasse de café certainement à vomir entre les mains. Il ne parvenait pas à comprendre l’enthousiasme avec lequel parlait le détective face à lui. Il semblait presque… admiratif. Ozios fronça les sourcils.

- Vos connaissances s’arrêtent-elles aux limites de l’honorable? Je peux vous révéler ma nature, Monsieur Alighieri, mais je crains de vous décevoir. Je ne suis qu’à moitié humain, à vrai dire. Je ne possède ni force extraordinaire, ni faculté à me transformer. D’ici soixante-dix ans, je ne serai certainement que poussière et ne vivrai dans aucune mémoire. Etes-vous toujours intéressé?

Son regard se tourna en direction d’une des seules oeuvres terminées trônant fièrement sur son chevalet.

- Ma véritable nature est cachée dans la plupart de mes oeuvres, à la vue de tous, si tenté l’on est de vouloir la déceler. Ne vous êtes-vous pas dit que ces toiles étaient semblables à celles d’un autre de ces artistes déplorablement torturés qui essaient de sortir du lot? Malheureusement, celles-ci ne sont qu’une représentation notable de ce qui vit là dedans, - ajouta-t-il en pointant sa tempe de son index. Affreusement sombres. Véritablement démoniaques.

Ces révélations étaient-elles suffisantes pour que Nicola puisse comprendre l'étendue de sa nature? Ozios en doutait. Tout dépendait des connaissances que possédait le vampire sur les démons. Ces derniers étaient pour la plupart méconnus de tous, cachés dans les pans d'imaginations débordantes. Comme si le monde avait trop peur à l'idée d'assumer l'existence de créatures si sombres. Ozios ne pouvait le blâmer. Lui-même n'était pas le plus cruel de son genre, et il possédait soixante-et-une âmes ôtées à son actif.

- La seule chose qui me différencie de mes congénères, - continua-t-il, - est une faiblesse tangible m'ayant fait succomber à une accrue avidité de pouvoir. Je pourrais trouver toutes sortes d'épopées héroïques pour expliquer cela, mais ça n'est dû qu'à une crise d'ado lambda. Lamentable, pas vrai? Et maintenant, je suis foutu.

L'homme en face de lui ne devait certainement pas comprendre de quoi voulait parler l'artiste, perdu dans des considérations qui le hantaient chaque jour. Dans les moments où l'humanité refaisait surface en lui, il se surprenait à espérer ne jamais avoir hérité de ce satané pouvoir. Cela aurait pu lui éviter d'avoir soixante-et-une vies sur la conscience, dont celle de cette pauvre gosse.

- Enfin. Pour répondre à votre question, si vous ne l'avez pas encore compris, je suis engeance démoniaque, suppôt de satan. Vous avez réponse à votre question. Si vous souhaitez à présent m'éliminer, que cela soit rapide, voulez-vous? En remerciement de mon honnêteté. Je me défendrai sûrement malgré moi, mais je ne ferai pas le poids face à votre rapidité.

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Jeu 20 Mai - 17:58 (#)



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Le vampire continue à observer avec ravissement la créature, fasciné par le moindre de ses gestes. Elle a parfaitement intégré les micro-mouvements qui agitent le visage des humains, c’est impressionnant de réalisme. Il croirait en avoir un vrai sous les yeux. Il le regarde disparaître un court instant dans ce qui doit être une petite cuisine, une odeur forte de café s’impose, puis revenir l’air tracassé.

Sans qu’il n’ait besoin de réitérer sa question concernant sa nature, l’entité commence ses explications, en faisant quelques détours. Nicola lève discrètement les yeux au ciel et attrape un pinceau pour s’occuper les mains. Les artistes, toujours à exposer des réflexions longues et alambiquées pour expliquer une idée simple… A sa place, il serait allé droit au but. Enfin, sauf s’il avait voulu le taquiner. Cela dit, vu le style de son interlocuteur, ce n’est pas vraiment le genre à jouer au taquin : il a l’air de prendre les choses très au sérieux. Torturé, cela va sans dire. Nicola, dans une expiration amusée, note la ressemblance avec les personnages illustrant la littérature russe. Prisonnier de leur destin, condamné à une existence malheureuse, la fatalité étant leur meilleure amie…

Par tact, il tourne les yeux vers les œuvres que lui indique la créature, y cherchant les indices qu’il met en avant. Oui, le thème est sombre. Il ne pensait pas avoir touché dans le mille, lors de leur échange dans sa galerie d’art. Quel instinct, se congratule-t-il avec morgue, avant de reporter son attention sur Ozios. Il se redresse à la mention de « faiblesse », pour rapidement déchanter. Ce n’est en vérité qu’un mauvais trait de caractère, rien de particulièrement concret. Des assoiffés de gloire et de pouvoir, il y en avait toujours eu, il y en aurait toujours.

En revanche, qu’entend-t-il par « je suis foutu » ? S’était-il attaqué aux mauvaises personnes ? Son camp s’était-il retourné contre lui ? Mortellement curieux, Nicola cesse de jouer avec le pinceau pour se rapprocher de l’imitation humaine, dont le regard s’est considérablement assombri. Tourmenté par des actions répréhensibles aux conséquences dramatiques ?

- « Engeance démoniaque ? » - répète le vampire, sans comprendre. Dans l’esprit commun, il était l’engeance démoniaque, le mort revenu des Enfers pour semer la destruction sur son passage. C’est bien vague, comme réponse. Déçu, il fronce les sourcils à son tour. Pourquoi refuse-t-il encore de lui dire la vérité ? De démoniaque ici, il n’y a que lui. Cette imitation humaine ne peut tout simplement pas être…

Nicola s’arrête dans son raisonnement, distrait par sa demande de mise à mort. S’il le poussait dans ses retranchements, lui dirait-il la vérité ? En le chahutant un peu, en sortant les crocs, en incarnant l’engeance démoniaque… Ozios se montrerait-il plus enclin à lui confier le secret entourant sa nature et ce pouvoir surprenant ?

Dubitatif, l’antiquité se frotte le menton un bref laps de temps, pesant le pour et le contre. Puis il tend la même main vers l’entité, la pose sur son épaule. Il attend quelques secondes, puis fasse à l’absence de sensations particulières, fait la moue puis serre à lui briser la clavicule, ses griffes sorties. Elles percent sans mal le tissu qui protège la peau, puis s’enfoncent dans la peau jusqu’à en tirer du sang. Nicola hoche la tête, satisfait, puis retire sa main.

- « Effectivement, si vous saignez, vous ne pouvez pas être un vampire. Et c’est que vous pouvez être tué. Intéressant… - il porte sa main à son nez, respire l’odeur du sang sur ses ongles. Rien de particulier, encore une fois. Comment peut-il imiter avec une telle perfection la nature humaine ? Se remémorant son avertissement, il lèche l’ongle de son pouce. Le goût infect qui envahit son palais manque de lui donner un haut-le-cœur. Son dégoût est évident. - C’est infect ! C’est… Ah, c’est pire encore que votre nourriture ! »

Il se frotte la bouche avec aigreur, outré par cette aberration. Il s’attendait plutôt à ce qu’il ait le même goût que le sang de l’assassin de Vassily. Quelle horreur… Il finit par sortir la langue et la racle avec ses dents de devant, comme si ça pouvait le débarrasser du goût plus rapidement. Face à son échec, il reprend avec rancune.

- « Arrête de tourner autour du pot, dis-moi la vérité sur ta nature. Le sang ne ment pas : pourquoi est-il aussi infect ? Même celui des garous n’est pas aussi mauvais que le tien. - Nicola se redresse, bombe le torse. Ses yeux bleus brillent d'une lueur ne présageant rien de bon pour Ozios. - Montre-moi ta véritable forme. Je ne te tuerai pas avant d’en avoir appris davantage sur ce que tu es. »

L'Italien exhale avec agacement, puis laisse de nouveau ses griffes monstrueuses remplacer ses ongles humains. Une partie de sa peau s'orne d'écailles reptiliennes, couvrant jusqu'à sa joue gauche, laissant les deux tiers de son visage encore humain. Ses crocs saillent alors qu'il s'exprime de manière menaçante.

- « Tu es encore en vie car ton existence m'intrigue. Profites-en. »


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Lun 24 Mai - 13:37 (#)

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Les secondes passaient et Ozios voyait le regard de la créature en face de lui changer; d’intéressée, elle devint ennuyée. Puis impatiente. Enfin quelque peu énervée. Qu’y avait-il de si difficile à comprendre dans ce qu’il venait de lui annoncer? Le vampire n’avait de cesse de l’observer tout en répétant quelques-unes de ses paroles, comme si celles-ci allaient être en mesure d’éclairer ses propos et de mettre fin à cette mascarade. L’espace d’un instant, le danois regretta de l’avoir emmené jusqu’à son atelier; son regard sombre en fut presque effrayant et l’artiste se demanda si son glas avait enfin sonné.

Quand la distance entre eux fut rompue, Ozios resta immobile. Quand sa main se posa sur son épaule, il ne broncha pas. Quand ses doigts serrèrent son os si fort qu’il crut réduire son épaule en cendres, il retint un cri de douleur, serra la mâchoire et ne quitta pas Nicola des yeux. Etait-ce la fin? Etait-il destiné à une mort aussi rapide que pathétique? Visiblement pas. Les griffes de la créatures percèrent le tissu de son t-shirt et s’enfoncèrent dans sa chair, laissant une douleur particulièrement plaisante courir sur sa peau. Tout en s’approchant de la mort, Ozios se sentait serein, pour une raison qui lui échappa.

- Me prendriez-vous pour un menteur? - répondit-il en haussant un sourcil. Son regard suivit le doigt ensanglanté du vampire, sous son nez, puis proche de ses lèvres. Il réprima une grimace, cette fois-ci de dégout, en le voyant lécher le sang qu’il venait de recueillir. Ozios ne s’habituerait jamais à cela, pas de doute là dessus. Un sourire fit néanmoins son apparition sur son visage face à la réaction de rejet de son aîné. - Merci, je vous l’avais pourtant dit, - répondit-il ironiquement.

Ce n’était pas la première fois qu’il était témoin d’une scène de ce genre. L’adolescence passée au Danemark en compagnie de mauvaises fréquentations l’avait mené plus d’une fois à des rencontres qui avaient eu le mérite de laisser une trace bien nette dans son esprit, et qui lui avaient appris à ne pas trop se frotter aux vampires. Il fallait croire qu’il n’avait pas appris de ses erreurs.

Son sourire s’estompa aussi vite qu’il était arrivé; l’homme en face de lui avait cessé de plaisanter. La lueur de son regard n’était plus intéressée, mais laissait comprendre à Ozios que le dégout de son sang de l’empêcherait pas de l’en vider si besoin était. Le danois observa les alentours quelques instants. S’il était rapide, il pourrait aspirer sa force et retourner la situation, suffisamment longtemps pour s’enfuir. Mais l’autre n’aurait pas de mal à le retrouver. Sauf s’il parvenait à aspirer sa rapidité et s’éloigner suffisamment… Cela serait cependant le dernier recours, puisque ça relèverait d’un véritable jeu de pile ou face. Le vouvoiement avait été abandonné, tout comme la volonté de Nicola de se montrer cordial.

- Pourquoi tenez-vous tant à connaître ma nature? Je viens de vous l’annoncer. Ma véritable forme est celle-ci, désolé de vous décevoir, Monsieur Alighieri. Je ne possède aucune transformation susceptible de vous impressionner. La manière dont vous me percevez est celle qui m’habite.

Sa vie semblait avoir gagné quelques minutes de plus; Nicola paraissait déterminé à savoir ce qu’Ozios était. Et c’était comme s’il lui avait servi la possibilité de le faire sur un plateau d’argent. Ses griffes s’étaient une nouvelle fois plantées dans sa peau, sauf que cette fois-ci, sa peau se recouvrit d’une couleur verdâtre, similaire à celle d’un serpent. Les écailles se réveillèrent sur sa peau et remontèrent jusqu’à son visage, le faisant paraître encore plus effrayant qu’il ne l’était déjà. Malgré cela, l’artiste ne dévia pas le regard, mais rassembla son esprit en ignorant la douleur qui parcourait son épaule. Sourcils froncés, il se concentra.

Ses bras étaient toujours parfaitement immobiles le long de son corps, si bien que le détective ne s’en rendit pas tout de suite compte; petit à petit, les écailles remontèrent et apparurent dans son cou, par dessous le tissu de ses vêtements. Grimpant sur sa peau le long de sa mâchoire, elles s’installèrent sur son visage, attrapèrent son oeil dont l’iris se transforma en une fente jaunâtre qui ne lâcha pas le visage de son interlocuteur.

Sa peau était aussi froide qu’un reptile, et lentement, il leva sa main. Son index se dressa et une griffe sortit de son ongle. Son doigt simplement levé entre eux deux, Ozios l’observa quelques secondes. Il ne savait pas combien de temps encore il allait être en mesure de tenir dilaté son mimétisme. Plus les années avaient passé, plus il avait été en mesure de se concentrer pour le tenir quelques secondes. Cela dépendait de la force de la personne face à lui, ainsi que de l’état physique du danois; qui plus est, depuis qu’il fréquentait Mademoiselle Rhodes et qu’il était forcé de dilater son mimétisme constamment en sa présence, il en avait acquis un contrôle remarquable. S'il se concentrait suffisamment, il parvenait même à pouvoir choisir lequel des dons il souhaitait acquérir momentanément sans avoir à être témoin d’une démonstration de la part de son adversaire. Les choses se faisaient simplement bien plus naturellement lorsque le pouvoir qu’il aspirait était visible en face de lui, comme c’était le cas maintenant. Cela demandait simplement moins de concentration et venait naturellement. Déjà, les écailles sur le visage de Nicola disparaissait peu à peu et les griffes plantées dans sa chair se rétractèrent alors qu’Ozios aspirait son don.

- Si je vous révèle tout maintenant, qu’est-ce qui m’assure de voir le prochain lever de soleil?

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Mar 25 Mai - 11:31 (#)



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Le prend-t-il pour un demeuré ? Nicola montre les dents, outré que l’autre ose lui tenir tête. Si ça, c’est sa véritable forme, elle est bien décevante ! La vérité est d’une banalité affligeante. Un énième homme qui cherche à se différencier de ses semblables en se recouvrant de symboles. Il n’y a rien d’extraordinaire, rien de plus résistant que la normale, rien de plus rapide non plus. Le sang, même infect, n’est pas empoisonné. S’il le souhaite, comme il en a exprimé le désir un peu plus tôt, il peut libérer l’homme de ses tourments d’un simple geste. Quel prédateur digne de ce nom conserverait une enveloppe charnelle aussi frêle ?

L’Italien ne déteste rien de plus qu’être déçu, et ce que vient de faire le Danois. S’il n’y a rien de plus à percevoir que ce que lui offrent ses yeux, eh bien… Il pense avoir tout vu. Il perd son temps. Son don extraordinaire ne le sauvera pas. Bien qu’il l’utilise pour semer le Chaos, d’une certaine manière… Nicola est trop vexé qu’il ait refusé de partager les détails de ce secret pour lui tourner le dos et le rendre à sa vie de criminel exprimant ses regrets sur des toiles de lin.

Cependant… Le coin de sa lèvre supérieure se relève d’une manière qui n’annonce rien de bon pour la chose. Nicola n’a pas besoin de sa coopération pleine et consentie. Il n’a même pas besoin d’elle. Sa curiosité à son égard exige satisfaction, et c’est une raison bien suffisante pour perturber tous les plans et desseins qu’elle a pu échafauder avec ce meurtre et ses peintures torturées.

En d’autres d’époques, il l’aurait asservi, utilisé pour accomplir ses desseins. Qu’est-ce qui l’en empêche aujourd’hui ? Le clan Coleman ne met pas le nez dans ses affaires personnelles, peu leur importe avec qui il s’associe. Du moins, tant que la demoiselle Lane n’y met pas son nez, trop curieuse de son entourage et de ses activités. S’il veut garder cette chose inconnue sous le coude, il devra veiller à la dissimuler à ses yeux perçants.

Alors que ses griffes pénètrent à nouveau la chair fragile, quelque chose dans l’attitude d’Ozios le dérange. Il garde un calme olympien et un silence absolu face à la douleur qu’il lui inflige. Avec un air impavide, il soutient son regard. Nicola doit lui reconnaître une autre qualité : le courage. Beaucoup se seraient écroulés au sol, les jambes trop faibles pour continuer à les soutenir, ou se seraient répandus en supplications.

Ozios est debout, le regard droit, le visage froid. Étrange.

D’ailleurs… son corps aussi est froid. Nicola baisse les yeux vers son épaule, perplexe. Et brusquement, il se retrouve à observer, ébahi, des écailles jumelles aux siennes recouvrir la peau blanche et fragile du peintre. Elles montent toujours plus haut, jusqu’à protéger son cou, puis son visage. Ses pupilles se transforment, leur couleur change, tout comme leur forme. Nicola ne peut qu’observer ce processus avec une stupéfaction teintée de fascination. C’est la première fois qu’il rencontre quelqu’un avec le même don que le sien. La première fois qu’il voit se produire devant ses yeux cette transformation si particulière et si impressionnante.

Épaté d’y voir pousser une griffe à la place d’un ongle humain, il fixe le doigt qu’a levé l’humain entre eux. Trop concentré sur ce spectacle, il en oublie de prêter attention à son propre corps. Ce n’est que lorsqu’il sent sa prise sur l’épaule d’Ozios s’affaiblir qu’il intègre à nouveau ses sens. Frustré, il serre un peu plus, pensant qu’il a tout simplement oublié de maintenir la pression. Mais ses griffes ne s’enfoncent plus aussi profondément. Déconcerté, il tourne ses yeux vers sa main : elles ont disparu. Sa main a de nouveau apparence humaine. Qu’est-ce que…

Sidéré, il s’aperçoit que les écailles qui la protégeaient se résorbent, alors qu’il ne s’agit pas de son choix. Il interrompt le contact pour observer le phénomène de plus près, allant même jusqu’à toucher sa peau : la texture est belle est bien humaine. Pendant ce temps, Ozios ne perd pas le Nord. Nicola ricane, incrédule, face à sa témérité. Il ose tenter les pourparlers ? Il agite ses mains, toutes dévouées à la ferveur italienne, alors qu’il lui donne une réponse qui semble aller de soi.

- « Mais absolument rien Ozios ! Si j’avais voulu te tuer, tu serais déjà enterré aujourd’hui. J’aurais devancé la justice humaine, mais personne ne m’aurait blâmé d’avoir vengé une enfant. »

Frustré de ne pas avoir accès à son don, il s’agace et accélère la cadence de ses mots, son accent enrobant de rythme les paroles menaçantes qu’il prononce.

- « En vérité, dès que j’ai appris ton nom, tu as perdu ton existence tranquille. Tu es encore debout parce que je suis très, très curieux. Ma pire qualité. Je te laisse vivant, voir le lever du soleil, parce que tu es une créature unique et que je n’ai jamais rencontré quelque chose avec tes capacités. Dis-moi ce que tu es, explique-moi ce que tu viens chercher ici, montre-moi ce dont tu es capable. Te voir vivre est plus intéressant que te voir mourir. »

Rien que ce don de copie est impressionnant. Il s’approprie ses capacités par le toucher, provoque un affaiblissement général rien qu’en levant la main, retire la vie… Nicola n’a aucun intérêt à supprimer ce qui est l’une des choses les plus intéressantes qu’il lui ait été donné de voir depuis son réveil au 21ème siècle. Hors de question qu’il tue dans l’œuf ce nouveau projet, il est bien trop précieux.

- « Dis-moi tout, et je m’assurerai de t’ouvrir les portes qui te sont encore fermées. »


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Mer 2 Juin - 14:51 (#)

L'inferno è vuoto
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Le mimétisme d’Ozios n’allait pas tenir encore bien longtemps. Deux minutes, tout au plus. Il le contrôlait de plus en plus, de mieux en mieux, mais pas suffisamment pour qu’il soit assujéti à sa volonté durative. Il parvenait à le régénérer plutôt rapidement, mais pas assez pour ne pas avoir à s’en passer l’espace de quelques secondes. Cela ne changeait pas grand chose quand il se retrouvait face à une âme humaine qui ne pouvait rien face à son don. Face à une créature telle que celle qui se tenait face à lui, cependant, c’était une autre paire de manches. Nicola retira finalement sa main à présent dénuée de griffes de son épaule, incrédule, et bien que fier d’avoir réussi son effet, Ozios ne broncha pas, le visage impassible. Il n’était pas du genre à se jeter des fleurs. Il fallait simplement avouer qu’un regard surpris de la sorte affiché sur une créature vieille d’une poignée de siècles avait un côté flatteur, même pour le plus antipathique de tous.

L’italien agitait ses mains, reprenant la parole d’une voix sans équivoque, comme si sa réponse coulait de source, comme si Ozios aurait dû comprendre dès le début que son dessein n’était ni malsain, ni meurtrier. Sans réellement savoir pourquoi, l’artiste se détendit quelque peu. Alors, finalement, il lâcha l’emprise qu’il avait encore sur son don et laissa sa peau redevenir sienne. Sa main se rangea gentiment à ses côtés, ses yeux redevinrent verts, sa peau retrouva chaleur humaine. Il ne répondit pas à sa première affirmation; le pic de culpabilité qui attrapa son estomac au rappel de ses crimes envers cette pauvre gosse suffit à maintenant sa bouche fermée. L’autre accéléra son lot de paroles, ne lui laissant pas la chance de rétorquer. Ils étaient à moins d’un mètre l’un de l’autre, et Ozios avait le loisir de pouvoir observer la pâleur de sa peau et la façon dont son visage s’éveillait. Rien n’aurait pu laisser croire que ce qui se trouvait devant lui était mort.

Pouvait-il réellement croire ce qu’était en train de lui affirmer cet inconnu, ou était-ce encore un stratagème pour pouvoir se débarrasser de lui? Tout lui criait de ne pas se fier à se détective, mais malgré ça, le danois voulut avoir la naïveté de le croire. C’était la première fois que ses péchés semblaient le rattraper. Toute son existence durant, Ozios était passé en dessous de tout radar, que ce soit en Europe ou ici. A présent, il était face à la justice, même si celle-ci ne revêtait pas la forme qu’il aurait cru. Et, quitte à choisir, il préférait avoir affaire à celle-ci. Celle des humains ne lui laisserait aucune chance; ce vampire, peut-être.

- Suis-je voué à devenir une autre de vos expériences? - demanda-t-il cependant en haussant un sourcil. Il n’avait peut-être pas le choix, mais ne comptait pas abandonner son honnêteté en cours de chemin.

Sa question resta en suspend entre eux, et il contourna finalement le détective, qui resta dans son dos. Ses yeux trainèrent sur les différentes toiles affichées dans son atelier, la plupart desquelles ne verraient sûrement pas la lumière du jour. Ozios avait eu la naïveté de croire qu’il était capable de se cantonner à une vie humaine. Même lorsque sa nature avait repris le dessus, même lorsqu’il avait été forcé de répandre la mort sur son chemin pour payer sa dette. La réalité était en train de reprendre ses droits, et il savait qu’il ne pourrait se battre plus longtemps. Le mal qui l’habitait était bien plus fort que son humanité, et il était persuadé que ce vampire se ferait un plaisir de le réveiller. Ozios ne comptait pas l’en empêcher, là était sûrement sa part de culpabilité.

- Je peux aspirer ce qui sommeille en tout être vivant. Ou mort, - dit-il finalement en se retournant. - Ce don n’est cependant pas propre à ma nature. Tout ce que je vous ai dit est vrai. Je ne vous ai pas menti. Je suis engeance démoniaque. Je possédais à la base ce que l’on appelle don d’imitation. Un pacte avec un mage m’a permis de le troquer contre ce mimétisme emphatique. Cela remonte à plusieurs années, et mes connaissances sur le sujet étaient limitées à l’époque. C’était à priori le mauvais mage; il m’a enchaîné dans une dette qui m’a fait croiser votre route, puisque c’est pour cela que j’ai tué cette pauvre gamine.

Son regard n’était plus provocateur; son sourire avait disparu de son visage. Finalement, il se concentra, et sonda le vampire à la recherche d’un autre de ses dons extraordinaires. Cette fois-ci, ce n’était ni dans le but de l’impressionner, ni de se défendre. Simplement pour lui exposer ses capacités comme il venait de le lui demander. Il se contenta de faire pousser une paire de crocs qui apparurent quand il ouvrit la bouche pour reprendre la parole.

- Si la personne en face de moi possède des facultés, je m’en empare. Si elle n’est qu’humaine, l’énergie qui me reviendra est humaine. Vous pouvez vivre sans vos facultés surnaturelles; un humain ne peut survivre sans son essence même: sa vitalité.

Les crocs se rétractèrent, et Ozios croisa les bas sur son torse, les yeux rivés sur le visage du vampire.

- Voilà. Vous savez tout, Monsieur Alighieri. Au delà de cela, je ne suis rien d’autre qu’un demi humain. Je suis réellement artiste, je respire et j’ai besoin de me nourrir. Totalement banal, si ce n’est que je ressens le besoin irrépressible de répandre le mal autour de moi.


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Nicola Alighieri
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Ven 4 Juin - 15:34 (#)



L’inferno è vuoto

« II diavolo non gioca mai da solo. »

Ozios est… une sorte d’anomalie dans son univers. En huit-cent ans d’existence, il n’a jamais rencontré d’humains se réclamant démons et capables de le prouver. Les Outres, les sorciers, les métamorphes… Certes, ils avaient tous mentionné à un moment ou un autre une filiation à l’Enfer. Face à lui, ils reniaient bien vite cette ascendance. L’engeance démoniaque, c’était lui, l’être terrible se nourrissant de sang pour assurer sa longévité, défiant la Nature elle-même.

Et là, soudainement, devant lui, se tient une créature qui pourrait bien être plus terrible encore que lui. Le don d’Ozios... C’est l’une des choses les plus étranges et merveilleuses qui lui ait été donné de voir depuis son réveil.

Au lourd silence qui suit ses paroles, Nicola sait qu’il a visé juste. L’homme donne l’impression de rendre les armes avec sa question. La réponse est évidente. Le vampire sourit simplement et le suit du regard alors qu’il s’éloigne de lui, lui tournant le dos par la même occasion. Est-il conscient qu’il joue encore une fois avec sa vie ? Nicola se voit déjà lui planter ses crocs dans la jugulaire, aspirer à son tour l’essence vitale qui l’anime. Gagnerait-il en puissance, en agissant ainsi ? Pourrait-il s’approprier son don ?

Il assure être capable de tout copier. Ou plutôt, de tout voler, de manière temporaire : sensibilités particulières, capacités spéciales, essences vitales.. L’Italien écoute avec intérêt, une main soutenant son menton, ses yeux bleus soutenant ceux du démon. Pour un démon… il n’est pas très impressionnant. Il n’a pas non plus beaucoup d’instinct, s’il n’a pas su prévoir la nature du mage avec qui il a conclu ce pacte. Le vampire se demande si celui-ci est toujours vivant, s’il pourra poser problème alors qu’il compte bien s’approprier la créature. Il s’interroge sur les subtilités du contrat qui les lie : pourquoi l’obliger à « récolter » des âmes ? Est-ce pour une vendetta personnelle ? La gamine assassinée faisait-elle partie de cette vengeance ?

Ozios continue, sa voix grave agréable à écouter. Nicola se frotte le menton, appuie sa langue contre une de ses canines dans une attitude pensive. Et soudainement, il aperçoit les crocs dans la bouche de l’homme en face de lui. Il a recommencé. Il secoue la tête, s’amuse de la situation. Heureusement, il ne zozote pas, malgré sa nouvelle dentition. Ç’aurait un rien décrédibilisé le personnage démoniaque.

- « Certains pourraient dire que ça aussi, c’est tout à fait banal. » - rétorque-t-il à la fin des explications du brun, son amusement perceptible dans sa voix alors qu’il le dévisage avec sérieux.

Il l’étudie quelques secondes alors qu’il se tient droit, les bras croisés devant lui, le visage ouvert. Il ne sait définitivement pas trop quoi penser de cette anomalie qui se tient là, sur ce plancher tâché, au milieu de toiles décorées de visions cauchemardesques.

A-t-il des points faibles ? Certainement. La vitesse, décide Nicola. C’est une faiblesse de taille, selon lui. Et cela laisse deux hypothèses possibles : soit il privilégie la défense, soit l’attaque. Si, en levant une main, un humain tombe raide mort… C’est intelligent. S’il prive une créature d’une de ses dons, c’est intelligent aussi. En revanche… Peut-il absorber plus d’un don à la fois ? Nicola n’en a pas eu l’impression. A chaque fois, Ozios n’a volé qu’une partie des capacités dont dispose le vampire. Ça… C’est mauvais pour lui. Et il doit savoir à l’avance ce qu’il veut voler, puisque avant qu’il ne lui en fasse la démonstration, Ozios ne s’était pas accaparé son don de métamorphose.

Il s’approche à nouveau de l’homme, étudie son visage, songeur.

- « C’est… fascinant. J’ai l’impression que tu sais instinctivement te servir des dons, quand il faut pourtant des années pour réussir à les maîtriser. Je me demande si… - il se tait, ses yeux continuant leur étude, comme s’ils pouvaient lui permettre de comprendre les subtilités de son don en regardant assez fort. S’il le met sur le chemin de certaines personnes… Il pourrait leur voler leurs capacités les plus dangereuses, lui laissant ainsi une ouverture pour les supprimer. Nicola claque la langue et se recule d’un pas. - Le mage. Tu le vois encore ? Que dois-tu faire pour rembourser ta dette ? »

Il ne veut pas qu’une autre personne que lui puisse s’accaparer ce peintre maudit. S’il faut, pour cela, assassiner un mage, eh bien soit. Il acceptera de rendre ce service. Ça ne sera qu’un petit contretemps, rien de bien grave.

Nicola se frotte la nuque, déjà agacé par l’idée d’avoir à retrouver un sorcier. Ces bêtes-là sont pires que des anguilles, avec tous les sorts de dissimulation dont ils disposent… ça risque d’être plus qu’un petit contretemps. Ce serait peut-être plus simple de régler la dette. Ça a l’air d’impliquer la mort, c’est un domaine qu’il maîtrise. S’il a une liste… Il peut l’aider à aller plus vite.


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Jeu 10 Juin - 17:14 (#)

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Les paroles d’Ozios semblaient avoir un peu plus éclairé cette lueur au fond de son regard, alors qu’il le dévisageait, son visage rehaussé d’un mince sourire. Il avait l’air tout aussi terrifiant que bienveillant, sans que cela ne puisse s’expliquer. Face aux paroles du danois, il répondait, hochait la tête, et quand il cessa enfin ses explications, il prit quelques instants de réflexion avant de répondre. Etait-il véritablement intéressé par sa nature à ce point? Cela n’avait pas de sens aux yeux d’Ozios. Il ne possédait rien de particulier, si ce n’était ce don, qui n’était pas même naturel. Mais cela avait eu le mérite de le laisser en vie quelques heures de plus. Alors il n’en fit aucun commentaire.

Puis, Nicola reprit la parole, et Ozios l’écouta attentivement. En seulement quelques secondes, il avait déjà élaboré une réflexion plus poussée que la plupart des personnes qui avaient eu le malheur de croiser la route du démon. Il l’analysait, lui et son don, son fonctionnement, ses avantages et ses limites. Et il avait visé juste, sur presque tout. La discussion avait pris un tout autre tournant, et ne ressemblait en aucun point à ce qu’elle avait été au début de la soirée. Nul doute que le vampire devait s’imaginer toutes sortes de possibilités; son existence n’était constituée que de vingt-sept années, mais Ozios avait eu l’occasion de croiser des personnes aussi intéressées que le détective semblait l’être. Il pouvait être une arme redoutable. A la seule limite qu’il n’avait pas envie de l’être pour qui que ce soit d’autre que lui.

« Le mage. Tu le vois encore ? Que dois-tu faire pour rembourser ta dette? »
- Tuer,- répondit-il simplement sans plus d’explications. Voilà qui devrait suffire à lui faire comprendre ce qui l’avait poussé à ôter la vie de cette gamine.

Il comprenait très bien ce que pouvait penser son aîné en cet instant précis, les possibilités qui s’offraient à lui, et ce qu’il aurait à faire pour pouvoir en profiter pleinement. C’était comme si Ozios était soudainement passé d’un bourreau à l’autre. Il avait presque fini de payer ce qu’il devait, il ne comptait pas repartir de zéro avec une personne peut-être même plus puissante que St Clair.

- Je sais pertinemment à quoi vous pensez en ce moment-même. Vous n’êtes certainement pas le premier, ni le dernier à réfléchir de la sorte. Mais je vous arrête tout de suite, je ne compte pas devenir ce que vous souhaitez que je sois.

Le mage dont il était prisonnier depuis des années maintenant était en réalité bien plus dangereux, non pas par ses pouvoirs, mais ses motivations. Plus Ozios avançait, plus il doutait de ses réelles motivations. Il touchait bientôt au but, mais si St Clair reculait la ligne d’arrivée un peu plus à chaque fois? Cela faisait presque trois mois qu’il n’avait plus reçu de nouvelles, ni de nouvelle victime à éliminer. Etait-il en train d’élaborer un plan pour le garder à sa botte?

- Du moins pas si vous n’avez rien à m’offrir en retour, - reprit-il. - Et, bien que cette discussion soit des plus intéressantes, mon agent ne devrait pas tarder à arriver. Il a tendance à être invasif, à toute heure de la nuit.

Il avait besoin de s’acheter du temps pour réfléchir, et pour tenter de trouver une issue de secours, même s'il se doutait que cela allait certainement s’avérer impossible. Mais cela valait-il réellement la peine d’accepter l’aide de Nicola en échange de cette quelconque utilité qu’il semblait lui avoir trouvé?

- Si vous voulez bien m’excuser, Monsieur. Certains d’entre nous ont malheureusement besoin de dormir pour survivre.


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Ven 11 Juin - 22:00 (#)



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La réponse est terrible dans sa simplicité.

Le sourire qui se dessine sur les lèvres du vieux monstre n’a rien de rassurant. Tuer, c’est sa spécialité. Le jeune homme en face de lui ne se doute pas du cadeau qu'il vient de lui offrir. Depuis son réveil, Nicola n'a pas eu droit à un véritable défi à l'objectif simple et clair. Tel un chien de chasse heureux qu'on lui désigne une proie en le lâchant dans une grande étendue, il se réjouit de la perspective d'avoir à traquer et éliminer.

Et ça fait bien longtemps qu’il n’a pas fait la démonstration de l’étendue de ses capacités. La perspective lui plaît, surtout si l’issue de cet acte lui permet de gagner un nouveau fidèle aux dons prometteurs et jusque là, totalement inconnus. Alors qu’il tape dans ses mains, prêt à se lancer dans une nouvelle chasse, Ozios le coupe en se drapant dans sa méfiance.

Nicola en perd le sourire, son enthousiasme douché. Et que pense-t-il exactement qu’il souhaite qu’il soit ? Un esclave ? Un serviteur, un adorateur, un outil, une arme ? Le champ des possibles est vaste, son rôle dépendra de ce qu’il lui montrera. Et actuellement, une chose est certaine : Ozios ne sera pas un adversaire sur le ring. Trop raisonnable. Trop chiant. Il se demande si ce calme et cette maîtrise de lui-même cache une personnalité plus exubérante. Peut-être n’est-il tout simplement pas à l’aise avec cette conversation. Étonnant, venant d’un homme capable de prendre la vie d’une enfant.

Contrarié par la perspective de devoir attendre le bon vouloir du peintre, Nicola croise les bras devant lui en faisant la moue. Ozios mentionne la prochaine arrivée de son agent, l’antiquité y voit une excuse pour l’inciter à quitter son atelier. Il souffle, agacé, et hausse les épaules.

- « Je pensais avoir été clair : j’ai tout à t’offrir, il suffit que tu en fasses la demande. - rectifie-t-il tout de même, vexé que l’autre puisse le penser aussi mauvais en négociation. On n’a rien sans rien, il est le premier à le savoir. Certains sacrifices sont nécessaires pour obtenir les plus belles bénédictions. N’en est-il pas la preuve vivante ? - Mais soit ! Tenons-nous en là pour le moment. Ça a probablement été éprouvant pour toi. Voir ton crime se rappeler à ton bon souvenir ne doit pas être agréable. » - lui rappelle-t-il cruellement. Son sourire se veut compatissant, mais ses yeux sont redevenus froids et durs. Le bleu terrible de ses pupilles semble primer sur toute autre couleur autour d’eux.

L’antiquité promène son regard glacial sur la pièce, imprimant dans son esprit les détails, puis se repose sur Ozios. Il le fixe en silence quelques secondes, mémorisant jusqu’à la façon dont ses boucles brunes tombent sur son front pâle et la manière dont se déforme légèrement le tatouage qui orne son cou lorsque celui-ci déglutit. Il sourit après son inspection.

- « Nous nous reverrons. Vous avez ma carte. » - annonce-t-il en tirant de la poche arrière de son jean une carte de visite d’une simplicité étonnante pour un homme comme lui. Son nom, son numéro de téléphone professionnel et son adresse mail. Rien de plus, pas d’indication sur sa fonction, pas de photo pour le reconnaître, pas de couleur. Noir sur blanc, droit dans le vif du sujet.

L’homme la dépose dans un cendrier miraculeusement vide de toute cendre puis rajuste son blouson  sur ses épaules. Après un dernier regard gourmand sur le « démon », Nicola, joueur jusqu’au bout, attire son attention ailleurs en prétendant entendre le bruit de pas de l’agent en question. Libéré du poids de son regard, il disparaît.

Une sortie soignée vaut toutes les meilleures prises de congé.


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