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Dancing in the moonlight - Nicola & Aurora

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Anonymous
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Lun 24 Mai - 3:03 (#)

Dancing in the moonlight
 
Deux heure du matin. Le ciel était dégagé, pas de nuage à l’horizon, ce qui pouvait nous laisser entrevoir les étoiles qui illuminaient la nuit. Une légère brise pouvait vous porter sans trop de difficulté dans les bras de Morphée si vous n’aviez pas ma condition. Les gens les plus courageux ou les plus inconscients traînaient encore les rues. Ils étaient peu nombreux. Les plus frileux étaient déjà emmitouflés dans leurs draps.

Toujours deux heure. Pourquoi le temps passe si lentement ? Les mains plongées dans les poches de ma gabardine, je ne cesse d’en sortir celle ornée de ma montre pour qu’elle m’atteste, avec une implacabilité presque cruelle, que le temps ne passe pas. J’attends dans l’ombre, ayant revêtu mon occultation pour n’être visible de personne. Et j’attends. J’attends patiemment, le sourire aux lèvres malgré mon impatience.

Les minutes ne défilent toujours pas, même si mes pensées ne cessent de divaguer. Mon appel avait certes été inopiné, mais j’avais suffisamment pris mon mal en patience. Des semaines depuis que nous ne nous sommes pas vus, j’avais bien l’intention de ne pas le laisser vivre sa petite vie tranquille. Alors j’avais attendu avec impatience qu’on m’appelle pour une mission et demander, le plus innocemment du monde, de l’aide à Nicola. Un prétexte, toute la ville est au courant que je suis l’une des Nettoyeuses les plus efficaces de Shreveport et que je n’ai pas besoin de lui. Mais lui ne le sait peut-être pas ?

J’imagine déjà sa tête. Il va certainement être furieux. Cette image me décroche un sourire. Quel caractère… J’ai hâte de le voir fulminer. Hâte de revoir ce regard furieux. Et pas seulement. J’avais clairement abusé de mon pouvoir de Second pour le revoir mais à quoi servent-ils, sinon ?

Au bout de cette rue malfamée où je me trouve, quelqu’un s’approche. J’attends, immobile, avant de m’apercevoir qu’il s’agit de mon Italien préféré. Je reste invisible à ses yeux quelques instants pour le détailler. Il a vraiment belle allure. Si j’avais encore été vivante, je n’aurais certainement pas tenu longtemps avant d’en faire mon quatre heure. J’ôte ma cape d’ombre, me rendant visible à ses yeux, et m’approche lentement, lui adressant un sourire espiègle comme pour le narguer.

« Buona serata... Tu as été rapide. Je ne t’ai pas trop manqué, Nicola ? »

J’essaie de me retenir de rire en m’approchant, laissant le bruit de mes talons claquant au sol raisonner dans la sombre ruelle. Rapide ? J’ai cru mourir d’ennui au moins une vingtaine de fois avant qu’il ne se pointe. Le mensonge est un vilain défaut, mais disons qu’il est nécessaire ici.

« Je ne sais pas si tu connais ce proverbe italien… Nella guerra dell’amore, il vincitore è colui che fugge. Est-ce qu’on peut dire que je suis le grand vainqueur de notre dernière entrevue ? »

Je ris jaune en faisant mine de nettoyer une saleté sur sa veste. Franchement… Partir aussi subitement et me laisser pantoise… Il pensait vraiment que je laisserai passer cela ? Que je ferai comme s'il ne s’était rien passé ? Comment peut-on détester et vouloir posséder autant une personne sans même la connaître ?

« J’ai besoin de tes talents. On nous a signalé un nouveau-né qui fait des dégâts dans le quartier où nous sommes. Nous devons l’arrêter. Définitivement. Et vu ta condition physique, je suis certaine que tu me seras d’une grande aide. Notre clan et moi-même pouvons compter sur toi ? »

Yeux de biche, sourire chaleureux, je tiendrai presque ses mains entre les miennes pour qu’il dise oui. Une nuit avec Nicola, ça promet d’être intéressant.
(c) AMIANTE

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Dancing in the moonlight - Nicola & Aurora ZfoPuY1
Nicola Alighieri
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ASHES YOU WERE

En un mot : Vieux
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Mar 25 Mai - 11:30 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

Exaspéré, Nicola claque la porte derrière lui, au nez de sa Marquée la plus persistante. Non, il n’ira pas. Elle peut bien se débrouiller toute seule, elle qui adore se vanter d’en être capable, qui refuse toujours d’un geste de la main dédaigneux qu’on l’accompagne, elle peut se charger de cette affaire seule ! L’Italien n’a que faire des dommages causés par les nouveaux-Nés, ce ne sont pas ses Infants, ce ne sont pas ses affaires, leur Sire devrait assumer ses responsabilités et s’en charger. Il a toujours rempli ses fonctions de Sire envers ses Infants, il ne voit pas pourquoi les autres en seraient déchargés. Bande d’incapables…

Amy ne s’avoue pas vaincue. Bien sûr que non. Elle rouvre la porte, croise les bras et pince les lèvres, se contentant de le fixer avec agacement.

Nicola est… difficile, c’est peu de le dire. Monsieur n’en fait qu’a sa tête, toujours. Rejoindre un clan de vampires n’a pas assagi ce chien-fou, bien au contraire. Il semble se faire un malin plaisir à refuser d’endosser toute responsabilité par rapport aux Coleman, se contentant juste d’offrir une description avantageuse de ce clan à qui lui pose des questions à ce sujet. Il refuse de s’intégrer totalement. A se retrouver ainsi le cul entre deux chaises, souhaitant préserver sa liberté d’action un maximum tout en profitant des bénéfices à faire partie d’un clan de vampires, il risque de tout perdre. Amy n’est pas capable de prendre la mesure du statut de Renégat, mais elle doute fort qu’il soit meilleur que celui de membre d’un clan.

- « Monsieur, cessez de faire l’enfant ! Vous allez aider cette madame Lane ce soir.
- « Il n’en est pas question ! - réfute immédiatement Nicola en agitant ses mains, vivant cliché de l’Italien. - A toutes les réunions, on a droit à son compte-rendu, avec sa moue d’auto-satisfaction, sur tout ce qu’elle fait toute seule, elle se démerde ! Elle est là, avec son sourcil haussé, à atteindre qu’on chante ses louanges…
- « Monsieur… Indépendamment d’elle, vous aimez bien la chasse. Allez-y, il faut arrêter un nouveau-né, ce sera divertissant pour vous…
- « Mais que son Sire s’en occupe correctement ! J’ai toujours pris soin de mes Infants, moi, je ne vois pas en quoi c’est difficile d’assumer ses responsabilités ! Dites-lui que je ne viendrai pas. Je suis… occupé.
- « Eh ben, heureusement que vous n’avez pas dit malade, j’aurais vraiment cru que vous êtes comme tous les autres mecs… - rétorque Amy, désabusée. Les hommes sont tous des bébés… - J’ai déjà répondu que vous y iriez, et avec plaisir. Montre-lui que vous êtes doué : plus vous réglez l’affaire rapidement, plus vous pouvez vite rentrer chez vous, loin d’elle. Allez. »

***


Nicola est venu, certes, mais certainement pas à l’heure convenue pour leur rendez-vous.

Si on lui demande la raison, il dira que c’est pour faire honneur aux stéréotypes de son pays.

Pendant qu’il attend dans une ruelle sombre, jouant de la pointe du pied avec des cailloux, il soupire et peste dans sa barbe. Il n’a cessé de se demander comment Amy et Bing pouvaient réussir à chaque fois à l’obliger à remplir ses obligations. Comment trouvaient-ils systématiquement les bons arguments ? Sa volonté avait-elle diminué avec le temps, pour qu’il se retrouve à accepter juste pour avoir la paix ? Ah, il se fait vieux…

Et alors qu’il soupire une énième fois en levant les yeux vers le ciel, la voix qu’il redoutait tant d’entendre se manifeste près de lui. Il maîtrise un mouvement de recul instinctif alors qu’elle s’approche et l’observe avec une gourmandise espiègle. Ses mèches blondes s’agitent doucement sur la brise nocturne. Ses vêtements mettent, comme d’habitude, en valeur sa silhouette. Il se concentre sur le bruit de ses talons, levant les sourcils d’un air las en notant son choix de chaussures. Utile, pour courir après un nouveau-Né… Il grimace et hausse les épaules à sa pique, fourrant ses mains dans les poches de son blouson d’aviateur fétiche.

Leur échange précédant n’a cessé de le tourmenter ces dernières semaines. Il se déteste pour n’avoir pas su maîtriser ce qu’elle a réveillé en lui. Dieu, c’est peut-être sa punition. Une sorte de karma tardif. Il la déteste, pense-t-il, alors que son regard s’attarde sur ses lèvres. Heureusement, il se reprend rapidement.

- « Vincitore, cara Aurora. - la corrige-t-il avec satisfaction après s’être humecté les lèvres. Ce n’est certainement pas lui qui perdra une occasion de la corriger. - Et même si la fuite n’est pas une issue très glorieuse, il semble que ce moi, le vainqueur, puisque vous êtes restée dans cette petite pièce. J’espère que la réunion a été aussi… passionnante que notre court échange. »

Celle-ci a déjà comblé la distance qu’il comptait bien garder entre eux, rétablissant déjà un contact physique. Il s’écarte instinctivement, inquiet de ce que cela pourrait susciter chez lui. Il n’a pas de temps à perdre. Il n’est venu que pour ce nouveau-Né destructeur qu’elle évoque. Quand elle signale qu’il s’agit de le mettre hors d’état de nuire de manière définitive, Nicola exhale, ennuyé. Il n’aime pas ça. Certains diront que c’est par sensiblerie, mais détruire un nouveau-Né lui semble être un choix stupide. La punition devrait toucher son Sire incapable.

Ignorant sa réaction, Aurora bat des cils, tout sourire, ne demandant son accord que pour la forme. Et de toute manière, dans la façon qu’elle a eu de formuler sa phrase, il ne peut que répondre par l’affirmative pour échapper aux ennuis.

- « Bien sûr que le clan peut compter sur mon aide. » - répond-t-il avec diplomatie. Du bout des doigts, il réinstaure une certaine distance entre eux, puis lui fait signe d’ouvrir le chemin.

Leurs pas résonnent dans la ruelle, annonciateurs d’une fin tragique pour le nouveau-Né. Nicola compte bien, en plus, retrouver son Sire et lui donner une petite leçon de tutorat. Mais ça, Aurora n’a pas besoin de le savoir… D’ailleurs, il se demande ce qu’elle sait, à son sujet. Peu de gens sont au fait du nombre d’Infants qu’il a créé et de leur fin. A-t-elle fait le lien entre lui et Kikue, à l’époque ? Zayd lui a-t-il fourni des informations à son sujet ? Est-ce pour cela qu’on l’a choisi pour l’accompagner dans cette mission ?

Il lui jette de fréquents regards, préoccupé par ce qu’elle peut connaître de sa vie.

- « Il a été créé quand, ce nouveau-Né ? - demande-t-il finalement, autant pour briser le silence extérieur que pour taire ses doutes intérieurs. - Il appartient à un clan ? Vous les aviez à l’œil, lui et son Sire ? »


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Mer 26 Mai - 21:15 (#)

Dancing in the moonlight
 
Non seulement, il vient en retard, mais déjà, il est de mauvaise humeur. Je soupire, voyant venir de loin ce qu’il compte faire : m’ennuyer tout le long pour que je ne l’appelle plus jamais. S’il pense que je vais lui lâcher la grappe, il se fourre le doigt très loin dans l’œil. Il a l’air d’un enfant qui boude, jouant avec son caillou. J’ai envie de lui tirer les joues pour le mettre encore plus en colère puis je me souviens que nous ne sommes pas assez proches pour ce genre de familiarités. Mais s’embrasser, c’est bon ?

Il me corrige et je pince les lèvres. Je déteste avoir tort. Encore plus quand on me le fait remarquer. Ma piètre opinion de moi chute encore. Mais je garde ce secret dans le coin le plus sombre de mon Moi. J’ai envie de lui faire bouffer sa langue juste pour ça. Et pourtant, lorsqu’il s’humecte les lèvres, j’ai de nouveau envie d’y goûter. Je détourne rapidement le regard. Reprends-toi, Aurora.

« Elle manquait un peu de passion, cette réunion, dommage que tu ne nous aies pas fait l’honneur de ta présence. Personne n’a pu me sauter dessus pour un baiser endiablé. »

Je tente déjà de me rapprocher, mais il me repousse. Je plisse les yeux l’espace d’une seconde pour traduire ma contrariété. Ah, donc monsieur le bel Italien a décidé de prendre de la distance ? N’est-il pas celui qui m’a dévoré les lèvres ? Je ris pour moi, tandis qu’il me sort une phrase toute faite et absolument pas sincère sur sa loyauté au clan. Je sors des gants en cuir de ma gabardine que j’enfile, tout en l’écoutant, affichant une moue qui veut dire « Mmmh ça sonne faux… » sans revenir dessus pour autant. Les fausses allégeances, j’en ai fait tout au long de ma vie d’immortelle, dans tous les pays du monde, n’avançant que pour moi.

J’ouvre donc le chemin, l’air blasé et déçue, lâchant un long soupire. Un silence s’installe. Ses nombreux regards sont suspects. À quoi pense-t-il ? Je n’ai pas le temps de me poser la question qu’il demande plus d’informations sur la mission de ce soir. Il pose des questions qui ne m’intéressent pas. Enfin... Je suis de mauvaise foi. Elles m’intéressaient, mais je préfère ne plus me les poser. Elle me rappelle trop bien ma situation et les douloureux souvenirs du début de mon existence pourraient refaire surface. Quand je chasse, je ne réfléchis pas. Je laisse toute la haine que je ressens depuis des siècles me guider pour mener à bien ma mission. Certainement pour cette raison que je suis une Nettoyeuse prisée par l’Essaim.

Je regrette subitement d’être venue avec lui. J’aurais préféré être devant mon chevalet à peindre quelque chose pour me changer les idées. Je pince les lèvres avant de répondre :

« Je pensais qu’il s’agissait d’un Infant d’Alaric. Il est aussi responsable qu’un enfant de 12 mois, mais j’ai cru comprendre que Gabriel lui ait interdit ses folies. Ce n'était pas trop tôt, c’est bien la première fois que je suis d’accord avec une décision prise par cet idiot frigide. »

Je ne lui ai pas vraiment répondu, en fait. C’est plutôt une pensée à voix haute. Quelque chose que j’aurais pu garder pour moi et que j’ai laissé échapper. Je suis furieuse contre moi de toujours les avoir en tête et de ne jamais m’en détacher. Vais-je, un jour, réussir à me libérer pleinement de leur emprise ? Mais je me rappelle bien souvent que d’être aussi vigilante assure ma survie. Gabriel est si furieux contre moi qu’il pourrait chercher un moyen de me détruire de la pire des manières. Je remarque qu’un autre silence s’est installé. Je me racle la gorge et reprends :

« Enfin bref. Visiblement, ce n’est pas le cas. Le Sire est un vampire plutôt jeune aussi, arrivé depuis peu à Shreveport qui n’a pas pris la peine de se présenter auprès de l’Essaim. Il est suicidaire, si tu veux mon avis. Il pensait qu’en restant du côté des Dalzell, il ne lui arriverait rien. Mais il ne s’occupe pas de son Infant. »

Dire ces mots me met dans une fureur que je cache difficilement. Je presse légèrement le pas pour le dépasser et éviter de le laisser voir mon visage. J’aime que l’on voie le meilleur de moi. Pas mes démons et mes cicatrices.

« Comme je suis une grande habituée à ce genre de problèmes, j’ai été demandé par le clan Dalzell. J’aurais pu me débrouiller seule, mais je ne voulais pas laisser un homme si fort que toi se reposer sur ses lauriers. J’espère que tu n’auras pas trop peur en voyant mon superbe talent de Nettoyeur… »

Je me tourne vers lui, avançant à reculons, un sourire joueur au visage, reprenant le masque que j’ai l’habitude d’arborer. Une lueur d'espièglerie traverse mon regard, tandis que j'ajoute :

« Mais vu la tête que tu as, j'aurais peut-être dû le proposer à quelqu'un de plus agréable et enjoué. Ces Italiens ne sont jamais contents. »
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Ven 4 Juin - 9:30 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

Manifestement, son entêtement à instaurer une certaine distance entre eux l’agace. Sa réaction l’étonne, même s’il se garde bien d’en montrer quoi que ce soit. Il relève le col de son blouson, cache sa bouche. Ce geste le surprend lui-même. Ce baiser, certes initié par lui, n’a rien de symbolique. Ou plutôt, il refuse d’y voir quoi que ce soit de significatif. Ils ne pouvaient pas se supporter avant, ils ne se supporteront pas par la suite. Ce n’est qu’un étrange accroc, quelque chose voulu par le Hasard, que Nicola compte bien oublier le plus rapidement possible.

Il s’en veut, le vieux, d’avoir cédé à une banale pulsion primale.

Il a presque l’impression d’avoir régressé, d’être retourné à son statut de jeune vampire, quand se contrôler était encore un exercice de tous les instants. Ce n’est pas tant qu’il voit cet accroc comme une insulte à son veuvage : son deuil est terminé. Il a tourné la page, comme il l’expliquait à Ethan en échangeant sur leurs pertes respectives. Narangerel reste et restera à jamais sa seule et unique épouse, mais son absence n’est plus aussi douloureuse qu’elle l’a été. Il s’y est fait.

Alors si ce n’est pas par respect pour son statut de veuf, pourquoi la simple idée de reconnaître la teneur « passionnée » de leur échange le dérange à ce point ? D’ordinaire, Nicola apprécie toutes les sortes de distractions. Qu’une blonde audacieuse se pende à son cou est loin de le déranger, surtout lorsqu’elle est volubile. C’est un amusement qui flatte son égo. Cependant, ça ne l’est que lorsque l’enjeu est faible. Quand ce n’est pas Aurora Lane, la main-droite du chef des Coleman, également huit-centenaire (ou presque) et sœur fâchée des Lanuit, donc.

Cette… infatuation. C’est une distraction qui requiert son implication totale pour ne pas en perdre le contrôle. Aurora représente une cible de choix pour tous les affamés de pouvoir. En se retrouvant pris dans son champ d’attraction, il craint d’être mêlé contre son gré à des affaires de vengeances et de coups bas, qui entraveraient son propre champ d’action. Cette décennie, il n’a que faire des querelles intestines et des luttes fratricides. Il a quelque chose de plus gros à se mettre sous la dent. Il repense à Ozios, cette créature extraordinaire, ce démon, annonciateur de tant de possibles et à l’incident de cette fête d’Halloween.

C’est autre chose que les vampires. C’est plus grand encore.

Aurora répond à ses questions. Un soupçon naît. Son frère Gabriel… est-ce son Sire ? Nicola ne peut pas voir son visage, mais il interprète très bien les intonations de sa voix. Et pour que son premier réflexe soit de mentionner ses frères, encore… Ils sont toujours en vie, ils sont dans la même ville qu’elle. Gabriel semble être celui qui suscite chez elle la plus forte antipathie, et celui qui dirige. Est-ce lui qui a transformé sa famille ?

Un bref silence, Aurora semble penser qu’elle en a trop dit, et elle revient sur le sujet du Nouveau-Né et de son Sire. L’homme soupire avec lassitude. Seraient-ils tous en train de devenir trop laxiste dans l’éducation de leurs Infants ? Ce genre d’ignorance concernant la société vampirique, pétrie de conventions et de tradition, ça peut coûter la vie… L’Essaim faillirait-il à sa mission de surveillance ? Ou s’agit-il simplement d’une révélation concernant la désorganisation des vampires arrivés sur le sol américain ?

Dans son orgueil d’Européen, Nicola croit fermement que les affaires sont mieux gérées sur le vieux continent. Ces Américains feraient bien de s’en inspirer.

Bien sûr, Aurora ne manque pas l’occasion de se faire briller. L’Italien hausse les épaules en réponse à sa taquinerie, tirant encore une fois sur son col pour s’assurer de dissimuler ses lèvres. Elle est adorable, avec son air assuré et sa démarche sautillante. Il n’utiliserait pas le terme de joie de vivre, pas après qu’elle lui ait révélé malgré elle la haine qui l’habite envers ses frères, mais… Oui, elle est tout de même rayonnante, cette femme.

Quelques secondes, Nicola la regarde d’un œil nouveau. Jamais au cours des décennies où il l’avait régulièrement maudite, il ne lui avait attribué un tel entrain, une telle assurance. Aurora a l’air de savoir ce qu’elle fait. D’avoir confiance en elle. On lui a confié un rôle de Nettoyeuse, preuve qu’elle sait se débrouiller par elle-même. L’autonomie, Nicola a toujours trouvé ça très séduisant.

Il baisse les yeux au sol après que sa chaussure ait tapé contre un pavé mal-ajusté, manquant de lui faire perdre l’équilibre. Ça lui apprendra à se laisser distraire par des réflexions qui n’ont pas lieu d’être.

- « On nous demande de détruire un Infant. Ce n’est pas quelque chose dont il faut se réjouir : ça signifie qu’on a failli à notre devoir de guides, tous autant que nous sommes. Vous m’excuserez donc de n’être ni « agréable » ni « enjoué ». » - la contre-t-il à nouveau, trouvant du plaisir à la renvoyer dans ses buts. C’est quelque chose dont il a pris l’habitude, depuis qu’ils se sont retrouvés au sein du clan Coleman. C’est normal. C’est acceptable.

Il accélère le pas pour la rattraper, toujours attentif à ne pas se tenir trop près d’elle. Elle a une bonne taille. Même avec ses talons.

- « Vous avez exigé ma présence pour avoir un public ? Aurez-vous seulement le temps de m’impressionner, Aurora ? - il sourit avec un brin d’arrogance, laissant ses canines apparaître. - Vous êtes rapide, oui. Autant que moi, j’ai eu l’impression. Pensez-vous être capable de vous emparer à nouveau d’une chose que je désire ? »

Rien de tel qu’un défi pour générer de la motivation. Nicola se sent déjà plus intéressé par cette soirée, d’autant qu’attraper ce Nouveau-Né ravivra quelques souvenirs de chasseur. Bien sûr, de par sa nature, il sait pertinemment qu’il ne pourra utiliser qu’une partie de ses capacités surnaturelles. Mais… Il n’y a pas que Aurora, qui aime briller.


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Lun 14 Juin - 22:24 (#)

Dancing in the moonlight
 
Il a l’air dans ses pensées. Qu’est-ce qui peut bien traverser son esprit ? J’aimerais être dans son cerveau quelques instants pour comprendre ce qui s’y passe. Je devine que cette histoire d’Infant lui déplaît fortement, mais est-ce parce que je l’ai traîné ici, ou bien, a-t-il une animosité contre ce Sire qui n’a pas fait son boulot ? Si c’était la dernière option, je me garderais bien de lui dire ce qu’a fait Alaric. Je ne veux pas lui donner le plaisir de connaître ma faiblesse. Il m’intrigue, me titille, m’intéresse. Je le veux pour le taquiner, le faire sortir de ses gongs, mais je ne le connais pas encore suffisamment pour lui faire pleinement confiance. Et je ne lui ferai peut-être jamais confiance. Je ne sais clairement pas où je vais avec lui. Il est l’un des seuls avec qui je suis incertaine : je ne sais pas sur quel pied danser avec lui, moi qui comprends habituellement si bien les hommes.

Il trébuche. Je ris légèrement face à son étourderie. Il a l’air, l’espace de quelques secondes, d’un enfant. Que me prend-il subitement ? Je veux lui tirer les joues, et maintenant ça ? Rester près de lui est clairement mauvais : je ne réfléchis pas convenablement. J’ai l’impression, parfois, d’être une enfant qui a le béguin pour quelqu’un. Je suis ridicule. Cela fait une éternité que ça n’était pas arrivé et je me l’interdis formellement. Je refuse de laisser une autre personne me détruire. Mais il a trébuché… C’est comme si le destin m’avait tendu une perche, n’est-ce pas ?

« Si ébloui qu’il en perd l’équilibre. Et ce, en pleine nuit. J’ai vraiment un charisme extraordinaire. »

Je ris une nouvelle fois et continue ma route avec lui. Il sera bougon face à la remarque, mais peu importe. Ça me brûlait les lèvres de le taquiner. Je joue encore et toujours avec lui… Mais il reprend son sérieux. Il fait le rabat-joie, il me rappelle presque à l’ordre. Pour qui il se prend ? Et en plus, il me vouvoie. C’est un double coup de poing qu’il m’assène. Beaucoup trop sérieux, ce petit discours pompeux. Qu’il aille dire à mon frère qu’il a été un mauvais guide.

« Je ne suis pas responsable des erreurs des autres. En tant que membre du Clan, je nettoie et je m’en contente. Et je suis très satisfaite de le faire. Vous ignorez ce que c’est d’être laissé à l’abandon. Ils ne le savent pas, mais en les nettoyant, nous leur rendons service. On leur épargne des années de souffrance. L’Essaim se chargera de ce Sire incapable, qui mérite lui aussi son châtiment. »

Je reprends le vouvoiement, signe de mon agacement. J’ai, certes, été un peu acerbe. Mais peu importe. Je suis persuadée d’avoir raison. J’ai raison. C’est une réalité, je l’ai vécu. Même si je me suis accrochée, j’ai atrocement souffert durant mes jeunes années de vampire. Je sais à quel point la Soif peut faire souffrir et comment la Bête peut nous faire perdre la raison. Il ne s’agit plus de guides ou de responsabilités, les Nouveaux-Nés laissés à l’abandon n’en ont même pas conscience. Il ne blâme qu’eux-mêmes, pensant être des abominations.

Il me rattrape. Je lance un regard en biais pour le détailler une dernière fois. La distance qu’il met entre nous est évidente. Je lève les yeux au ciel. Pense-t-il que c’est ce qui m’arrêta de l’approcher ? Je m’abstiens cependant, je ne tenterai rien tant que ce vampire ne sera pas arrêté.

Sa remarque me donne envie de sourire. J’essaie de m’abstenir, lui en voulant encore de me bousculer depuis que nous nous sommes revus. Mais je ne peux empêcher le coin de ma lèvre de se relever rapidement avant de s’effacer. Il me taquine, me provoque. Il joue avec mes nerfs. Comment peut-il être aussi lunatique ?

« Ne me sous-estime pas, Nicola. Je sais être féroce. Je suis sûre que tu pourrais être surpris. »

Son sourire me rend presque euphorique. Il m’invite à la chasse. Je suis excitée, comme une enfant, prête à jouer pour montrer mes talents. Pourquoi est-il si irrésistible ?

« J’adore m’accaparer ce qui est à toi, Nicola. Tu es plus sexy quand tu es en colère. Je graverai toujours en mémoire ce jour où tu as juré que j’allais payer l’achat de cette boite… »

Un autre petit éclat de rire avant de disparaître subitement dans la pénombre. J’utilise mon occultation pour prendre l’avantage. J’arpente les rues silencieusement, laissant mon confrère se débrouiller seul. J’ai l’habitude de le faire, je me demande si mon avantage de Nettoyeur est considéré comme de la triche ici : je connais leurs habitudes, leurs erreurs, leurs planques, j’ai été eux. J’avance silencieusement et inspecte avec précision les indices que ce Nouveau-Né aurait pu laisser. Je suis rapide et efficace. Et en moins d’une heure, je me rapproche du but. Je trouverai ce nouveau-né avant lui pour le faire enrager. Je veux le voir reconnaître mon talent. Je veux voir de la colère dans ses superbes yeux céruléens.
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Nicola Alighieri
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Mar 15 Juin - 16:26 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

Avec son air le plus digne, Nicola se redresse, le menton relevé et les sourcils froncés. Son léger rougissement du à l’embarras ne se voit pas, se persuade-t-il, la rue est trop sombre. Il s’oblige à passer outre le fait qu’ils soient tous les deux des créatures nocturnes, habituées à vivre dans l’obscurité. Pour lutter contre la gêne, il se concentre uniquement sur ses mots. Elle explique sa perception de son rôle de Nettoyeuse. Dure et pharisaïque dans sa réponse, elle semble être convaincue du bien-fondé de sa mission. C’est un bon lieutenant. C’est probablement cette conviction qui lui permet d’accomplir cette basse besogne sans éprouver de remords ou de scrupules.

Ou c’est peut-être lui qui devient trop sensible, tout simplement.

Trop de pathos, lui qui a perdu ses quatre Infants les uns après les autres, même en veillant sur eux comme une mère louve.

Le vieux grimace et hausse ses épaules, l’air agacé, quand elle évoque la punition qui attend le Sire coupable. Une punition à la hauteur de son crime. Encore faut-il le retrouver.

Elle continue à s’animer et retrouve son entrain lorsqu’il lui suggère cette compétition amicale. Elle a le goût de la victoire, cette Aurora. Peut-être est-ce du à sa position de petite dernière après deux garçons. Nicola connaît assez bien le caractère d’Alaric, moins celui de Gabriel. Pour s’imposer auprès de ces deux frères, il en faut, de la volonté. Il doit bien lui rendre hommage sur ce point-là : Aurora est l’incarnation même de la volonté impétueuse d’une Artemis indomptable.

Et quelle chevelure.

Il détourne un instant le regard, embarrassé aussi bien par sa petite trille ravissante qui suit son défi et de se prendre à la comparer à une déesse grecque. Ce n’est ni le lieu, ni le moment, et c’est parfaitement idiot de sa part. Il aura tout de même passé plusieurs décennies de sa longue vie à lui vouer une haine intense et puérile. Cette infatuation ne durera pas.

Lorsqu’il revient vers elle, Aurora a disparu.

Nicola laisse basculer sa tête en arrière et se frotte la nuque en poussant un grognement exaspéré. Pourquoi faut-il que des idées stupides de rapprochements l’empêchent de réfléchir correctement ? N’est-il pas trop vieux pour ça ? Huit cent ans ! Il devrait être totalement libéré de ces pulsions ridicules et sentimentales qui le réduisent à un crétin qui trébuche sur un putain de pavé mal enfoncé !

Il ferme les yeux et soupire.

Ce n’est plus de son âge, ces bêtises. Il devrait plutôt se concentrer sur des sujets plus pressants, comme cet Infant qui rôde ou son Sire qui n’assume pas ses responsabilités. Faudra-t-il qu’il prenne publiquement position ? Il sait quel poids a sa parole, en tant qu’Ancien. S’il s’exprime sur le sujet des Infants, il est certain que des actions seront menées pour régler ce qui devient peu à peu un véritable problème. Devrait-il remettre un pied dans le bain des politiques, juste pour montrer les dents et permettre aux discussions de générer de véritables résultats ? Il n’en a aucune envie. Être érigé en figure de proue puritaine et stricte serait une punition pour lui : il serait bel et bien alors contraint d’endosser un rôle d’exemple, au moins pour ce siècle à venir. Il s’en sait incapable. Et pire : venir marcher sur les plates-bandes des politiciens l’amènerait à devoir se défendre, à se laisser entraîner dans cette danse infernale dont il avait réussi à se tirer après la Russie.

Donc pas de prise de position pour condamner publiquement ces agissements.

A la place, il allait agir dans l’ombre. Comme à son habitude.

Après plusieurs inspirations conscientes, un sourire alangui se dessine sur ses lèvres. Il pense avoir laissé suffisamment d’avance à sa cadette. Ses canines s’aiguisent, son souffle se fait lent et profond. Il tourne la tête à droite, puis à gauche, sent l’air froid sur sa peau offerte aux éléments et ferme les yeux. Ses narines frémissent.

Aurora a un parfum capiteux, qui traîne encore.

Le vieux suit la piste. Certes, c’est petit de sa part, mais il dispose de peu d’informations sur le Nouveau-Né. Il sait simplement qu’il s’agit d’un homme dans la vingtaine, brun comme 80 % de la population, qui rôde dans ce quartier. Il doit agir en utilisant les moyens du bord. C’est donc d’un pas tranquille qu’il suite la piste, se promenant dans les environs les mains dans les poches, le nez en l’air.

Peu de gens sont dehors, ce soir. Les disparitions récentes leur font peur, à juste titre. Chaque passant qu’il croise lance un regard lourd de soupçon à l’étranger qu’il est ici. Nicola ne réagit pas. Il se contente de humer l’air, patient et concentré. Les humains se succèdent, certains changent de trottoir face à lui, d’autres lui adressent un petit salut gêné. L’un d’entre eux rase le mur pour l’éviter. L’odeur n’appartient pas à un vampire, Nicola parie sur un garou.

Amusé, il se laisse distraire un instant. C’est lorsqu’il se concentre qu’il sent la différence. La piste d’Aurora continue tout droit, mais l’autre tourne à droite, vers un bar où s’écrit en néons « Vampires welcomed ». Il fait la moue. Pas étonnant que l’odeur soit si forte. Lui qui allait se féliciter pour son odorat fin…

Ça ne lui coûte rien d’aller vérifier, n’est-ce pas ?

Avec flegme, il se dirige vers le bar. La musique assourdit déjà ses vieux tympans. De l’électro pure et dure. Il grimace. Il faudra conclure l’affaire rapidement. Avant de pousser la porte, il envoie un rapide message avec sa position à sa partenaire de chasse.

Soif ?
[https://maps.app.goo.gl/]


Ah, la merveille qu’est la technologie…


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Mar 15 Juin - 23:45 (#)

Dancing in the moonlight
 
J'avais perdu sa trace. Où avait-il bien pu passer ? Je passe pour une imbécile. Il avait certainement dû me semer à quelques rues d’ici. Je décide alors de faire demi-tour pour retrouver sa piste. J’avance dans la rue discrètement et me retrouve surprise de ne pas croiser l’Italien. A-t-il pris une route opposée ? Mon téléphone bip. C’est lui, justement, qui m’indique une adresse. Est-ce une fausse piste pour que je perde notre petit jeu ? Je vais me retrouver en tête-à-tête avec son cellulaire tandis qu’il courra après ma proie. Mais la curiosité prend le dessus.

Je pousse la porte du bar et suis subitement prise par une vague de chaleur. Je hume un instant l’air : la transpiration de tous ceux qui vivent encore, l'alcool, des odeurs de toutes sortes qui s’entremêlent. Je distingue difficilement celle de Nicola et… quelque chose d’autre. Je ferme un instant les yeux pour me concentrer. Ne serait-ce pas ce Nouveau-né ? L’endroit est si plein à craquer que je me fais bousculer, ce qui me déconcentre. Je peste contre la foule. Ce lieu est atroce. Même la musique est de mauvais goût. C’est le genre d’endroit où je me rends seulement si je n’ai pas le choix, que ce soit pour le boulot ou pour l’Essaim. La musique me tape déjà sur le système, mais je fais un effort. Il faut que je retrouve Nicola.

J’y croise quelques connaissances qui essaient de me tenir la jambe, mais j’arrive à esquiver poliment. J’arrive enfin jusqu’au bar, poussant un soupire de soulagement. Je ne m’attendais pas à chasser dans un endroit comme celui-ci. Si j’avais été seule, j’aurais attendu que la proie sorte. Ma tête bascule lentement vers la droite et je tombe nez à nez avec Nicola. Mon petit sourire mutin s’affiche en voyant son visage sculpté par Dieu lui-même. Même dans la pénombre, on le sait superbe. J’attrape le col de son blouson pour l’attirer à moi. Mes lèvres s’approchent de son oreille, tout mon corps se colle au sien, et je viens lui susurrer :

« Si c’était pour me donner rendez-vous, il y avait des lieux plus intimes où nous aurions passé une très agréable soirée. »

Pour venir titiller un peu plus mon interlocuteur, je mordille doucement le lobe de son oreille, tandis que je scrute le bar par-dessus son épaule, essayant de voir le moindre comportement suspect. Je recule mon buste, pour regarder tout autour de nous.

« J’ai perdu sa trace, il a dû entrer ici… Bravo, Nicola. Je ne vous savais pas aussi doué. »

Je pince les lèvres en l’avouant. Je ne supporte pas admettre mes erreurs. Mais il faut bien le reconnaître, il m’impressionne. Mais la chasse n’est pas encore terminée. J’espère pouvoir être celle à enfoncer ma dague dans le cœur. Je glisse ma main gantée dans sa nuque pour faire mine de danser avec lui. Certes, c’est une couverture pour que le Nouveau-né ne suspecte rien… Mais j’en profite aussi. Je profite du contexte pour le toucher, jouer avec lui, le titiller. Il me repoussera très certainement, mais je m’en fiche, c’est peut-être la seule occasion que j’ai de l’embêter à nouveau. De dépasser un peu les limites. Un tout petit peu avant qu’il reprenne son air renfrogné et bougon.

« Penses-tu qu’il s’agisse de cet homme seul, dans le coin ? Il a l’air à deux doigts de craquer. »

Je passe un doigt sous son menton pour guider son regard. Il l’a peut-être déjà remarqué avant que j’arrive…

« Est-ce qu’on peut parier ? Si je suis celle qui arrête notre proie, tu devras passer une soirée avec moi. Si je perds… Que désires-tu, si je perds ? »

Mes yeux brillent de malice. J’aime jouer, encore plus parier. Me suivra-t-il dans ce sens ? Je suis curieuse de savoir ce qu'il veut en échange de sa réussite, s'il y parvient. Prendra-t-il le risque de me supporter une soirée de plus ?
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Mer 16 Juin - 21:39 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

L’atmosphère enfumée, bruyante et lourde du bar dérange le vieux vampire. La fumée due aux cigarettes et au narguilé le fait tousser et lui laisse un goût amer dans la bouche. Le nez froncé, il se fraie un chemin parmi la foule excitée, espérant que son corps s’habituera rapidement à l’air ambiant. La finesse de son odorat devient un inconvénient notable. Toutes les odeurs qui l’assaillent sont trop fortes, elles luttent les unes contre les autres, se mélangeant au point d’en devenir méconnaissable. C’est pour cela qu’il n’aime pas respirer dans les lieux urbains. Le progrès s’accompagne malheureusement d’odeurs artificielle et chimiques de plus en plus désagréables.

Le nez froncé, il s’installe au bar. Les gens l’observent à la dérobée, curieux de sa présence, lui qui n’est pas habillé comme eux. Nicola ouvre son blouson, sans pour autant le retirer. Il compte sortir d’ici rapidement. Discrètement, il inspecte la population. Il repère cinq vampires, deux qui chassent ensemble, les trois autres en solo. Son visage n’est pas très connu, puisqu’il veille à se tenir éloigné de la politique. Trois d’entre eux lui adresse un signe de reconnaissance bref, comme on peut saluer un collègue que l’on croise de temps à autre sans jamais lui parler.

L’antiquité leur rend leur salut, un sourire affable peint sur ses lèvres. Ils ne correspondent pas à la description du Nouveau-Né. Peut-être s’est-il trompé. Le jeune aura préféré se terrer dans un lieu plus tranquille, loin de cette foule en liesse. Néanmoins, pour trouver un humain, les bars et boites de nuit restent les meilleurs endroits : n’importe quel vampire aura tendance à chercher la foule pour y trouver sa proie.

Un rien déçu, il s’assoit sur un des tabourets du bar. Pour se donner une contenance, il fait mine de regarder son téléphone. Aurora a vu son message mais n’y a pas répondu. Le symbole « vu » lui tire un sourire moqueur. Elle est de ce genre-là alors ? Un soufflement amusé lui échappe. Peut-être a-t-elle cru qu’il l’amenait vers une fausse piste. Ce qui est peut-être le cas. Peut-être même qu’elle a déjà réglé le problème. Elle serait diablement efficace, dans ce cas-là !

Alors que le barman s’adresse à lui, quelqu’un se laisse tomber sur le siège proche du sien, surprenant l’humain et le vampire. Ce dernier ne cache pas son étonnement : Aurora lui a fait confiance. Sans exiger une seule preuve pour être rassurée. Il sent une chaleur étrange se répandre dans son ventre. L’idée qu’elle lui fasse confiance lui plaît.

- « Vous êtes rapide, je n’ai même pas- » - les mots fanent dans sa bouche pendant qu’elle le saisit par son blouson et l’attire vers lui, lui coupant la parole.

Ses lèvres frôlent dangereusement son oreille. Trop près, trop près, elle pourrait tout à fait planter ses canines dans son cou et le réduire à l’état de souvenir. Leurs poitrines se touchent, Nicola est gêné de prendre des inspirations. Malgré lui, ses mains volent vers sa taille, l’effleurent sans oser s’en saisir. Est-elle assez fine pour qu’il puisse en faire le tour ?

Et quand il parvient à reprendre contenance, elle lui mordille le lobe de l’oreille. Nicola pince les lèvres, furieux de sentir son cœur accélérer le rythme de ses battements face à ce contact inattendu. Inapproprié.

Cette fois-ci, il la retient quand elle s’éloigne. « Bravo, Nicola ». Ses mains la prennent par la taille.  Il se laisse entraîner vers la piste de danse, sa main fine et féminine sur sa nuque, son corps contre le sien. Si on lui demande, il se prête au jeu pour parfaire sa couverture, rien de plus. Ses traits sont sévères, son visage fermé, mais il ne peut nier qu’il tient fermement contre lui sa cadette.

Bien sûr, il faut qu’Aurora pousse la provocation toujours plus loin. Sous prétexte de guider son regard, elle oriente son menton dans un geste léger. L’antiquité ne la quitte même pas des yeux. Le Nouveau-né est le cadet de ses soucis à cet instant précis.

Elle parle de pari, Nicola pense à tout autre chose.

Il attrape sa main levée et, sans écouter sa raison, dépose un baiser chaste et rapide sur son poignet avant de la tenir contre le creux de son cou. Ses yeux brûlent d’une flamme qui accentue leur couleur saisissante. C’est la deuxième fois qu’elle réussit à susciter une telle spontanéité de sa part. Sa proximité est une épreuve terrible. Il ne doit pas céder.

- « Ce que je désire ? - répète-t-il, la voix rauque, ses yeux parcourant son visage, revenant sans arrêt vers sa bouche. Non, il s’interdit de céder.  Et est-ce vraiment un pari, quand le prix à gagner convient aux deux joueurs ? Nicola saisit la première réponse qui lui vient à l’esprit avant de la libérer. - Si vous perdez, je veux savoir qui est votre Sire. »

Le sujet a l’air délicat, au vu de ses paroles sur l’existence des Nouveaux-Nés. Il espère que cela la distraira de son jeu de séduction, auquel il a de plus en plus de mal à résister.

La peste soit des blondes audacieuses.

L’homme détourne son attention de sa cavalière pour la poser sur la personne qu’elle souhaitait lui faire voir. Effectivement, la description concorde avec son physique. Le pauvre ignore la menace, son attention est ailleurs. Néanmoins, un sixième sens l’avertit de sa présence. Nicola sourit.

Au moment où leurs regards se sont croisés, toutes les chances de survie du Nouveau-Né ont été réduites à néant.

Les Yeux de la Bête ne pardonnent pas.

Sans le quitter des yeux, Nicola attrape la main de sa cavalière. Ses doigts s’entrelacent avec les siens comme s’ils étaient fait pour aller de paire. A voix basse, il lui fait l’honneur de l’interroger sur la marche à suivre une fois qu’ils auront approché ce Nouveau-Né. Il sait qu’elle l’entendra malgré la musique et les exclamations de joie autour d’eux.

- « Je le tiens. Je pense que tu… - il s’interrompt, surpris de la tutoyer, mais reprend rapidement. - Le tuer devant autant de témoins, ce n’est pas probablement pas la manière conventionnelle de procéder. Montre-moi comment tu t’y prends, Aurora. »

Il s’approche de l’Infant en écartant les gens autours d’eux. Le pauvre est cloué sur place, privé de tout mouvement par le pouvoir terrifiant de son aîné. Il s’installe près de lui, le coinçant ainsi entre lui et le mur. L’autre tremble de tous ses membres.

- « Bonsoir jeune homme. - le salue-t-il avec une voix douce. Il rompt l’enchantement et s’accoude sur la table. Le gamin a des yeux hallucinés et le teint livide. Il est incapable de cacher ses crocs, qu’il ne maîtrise pas encore : sa diction est mauvaise quand il leur demande ce qu’ils veulent de lui. L’antiquité soupire, l’air navré. Il n’aime pas cette mission. Pas du tout. - Ne bouge pas, fils. Sois poli, ma collègue va t’expliquer quelque chose d’important. »


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Jeu 17 Juin - 21:57 (#)

Dancing in the moonlight
 
Je joue avec le feu. Je n’ai que ce que je sème. Et quelle récolte… Il est réceptif, bien plus que je ne l’aurais cru. À chaque fois que je pense qu’il va me repousser, il me surprend. Ses gestes sont d’abord prudents, il ose à peine me toucher. C’était moi, la plus entreprenante, celle qui contrôlait la situation. Mais en quelques secondes, je perds pied : lorsque j’essaie de me détacher de lui, il me retient. Ma main est sur sa nuque, les siennes sur ma taille, nos corps l’un contre l’autre, ma peau brûlerait presque sous ses doigts si j’étais encore vivante. Même lorsque j’essaie de diriger son regard vers ce qui semble être notre proie, il n’y prête pas attention. Il continue de me transpercer du regard.

Et lorsque je crois être au summum de la provocation de la part de mon Italien, mon poignet est la proie d’un malheureux châtiment : celui d’être embrassé. Mon cœur rate un battement. Je ne ris plus comme auparavant, je ne souris même plus, toute ma malice s’est envolée : je suis totalement déstabilisée et lutte pour ne pas sombrer dans le bleu cruel et ensorcelant de ses yeux. Les miens ? Ils papillonnent, comme ceux d’une adolescente qui se fait courtiser pour la première fois. Je déteste ce qu’il provoque en moi et en même temps… En même temps, ces sensations sont si agréables, que j’espère qu’elles continuent encore. Qu’il continue à me déshabiller du regard, sentir à nouveau la douceur de ses lèvres, glisser mes mains sur sa peau… Je m’imagine déjà lui attraper le visage pour reprendre le baiser que nous avions eu des semaines auparavant.

Mais la réponse à ma question me ramène immédiatement sur terre. Mon Sire, là est son gain ? J’ai l’impression d’être… déçue ? Et en même temps, je souhaite ardemment gagner, pour pouvoir l’embêter un peu plus. Il ne le connaît certainement pas, mon Sire, que pourrait-il bien faire de cette information ?

« Marché conclu. »

Il détourne enfin son regard pour regarder l’homme que j’avais désigné plus tôt. L’atmosphère devient lourde et je sais immédiatement que notre Nouveau-Né se sent en danger. Le bar sent la peur. La main de Nicola glisse dans la mienne et instinctivement, je l’étreins. Nous avançons tous les deux vers notre proie. J’ai le temps de regarder autour de nous, tandis que l’Italien est concentré sur le vampire tremblant dans un coin. Tout le monde a les yeux posés sur nous, comme si nous allions faire un discours. Notre charisme surnaturel écrase tous ceux qui sont autour. Les plus proches reculent même instinctivement. Nicola me tutoie : une victoire pour moi, ce qui m’arrache un sourire satisfait. Il veut que je lui montre quoi faire, lui qui était si réfractaire quelques minutes plus tôt.

Le vampire, trop jeune, se liquéfie face à nous. Un miroir plus loin me montre la scène d’un point de vue extérieur : nous sommes une meute de loups, il est une pauvre brebis égarée. Lorsque Nicola me donne le feu vert, je me penche vers le Nouveau-Né et plante mes yeux dans les siens : grâce à ma Domination, je peux dorénavant lui demander n’importe quoi.

« Allons discuter tranquillement dehors. »

L’homme se lève machinalement et se dirige vers la sortie sans opposer résistance. J’échange un regard avec Nicola et reprends mon air mutin. Toujours ma main dans la sienne, cette fois, c’est moi qui le guide en dehors du bar. Nous arrivons sur une petite rue en cul-de-sac, habitée par des rats et des meubles abandonnés.

« Ne bouge pas. »

C’est un ordre auquel il ne peut pas désobéir. Il reste stoïque même si dans ses yeux, on peut lire de la terreur. J’ai presque pitié de lui. Presque. Et je me surprends à me demander si je pouvais l’épargner. Mais qu’est-ce qu’il me prend ? Je pince les lèvres face à ce doute soudain. Je n’ai jamais d’hésitation, habituellement. Qu’est-ce qu’il me prend ? Je lâche un long soupire qui traduit mon agacement. Je m’approche des meubles, attrape le pied d’une chaise délabrée et donne un coup de pied pour l’arracher. J’en casse un morceau pour m’en faire un pieu de fortune. Une chance d’avoir mis ces gants en début de chasse. Je reviens vers Nicola et le Nouveau-Né pour faire la basse besogne.

« - Dis-moi qui est ton Sire. Je serais peut-être indulgente avec toi.
- A… Ales.
- Ales comment ? »

Il tremble comme une feuille. Mon pieu lui relève le menton pour qu’il me regarde dans les yeux.

« - Il… Il ne m’a dit que son prénom, je vous le jure.
- Je me débrouillerai avec cette information, à genoux. »

Il s’exécute. Et je sais qu’il ne ment pas, toujours sous l’emprise de ma Domination. Encore un Sire lâche. Je suis furieuse, mais essaie de rester impassible. Ales, Alaric, même combat. J’échange un regard avec Nicola et hésite à nouveau. Je repense à notre discussion de tout à l’heure, lorsqu’il me parlait de notre implication dans l'éducation de ce jeune vampire. Je grommelle et pointe Nicola de mon pieu, tout en glissant mes doigts dans la chevelure brune du Nouveau-Né qui tremble sous ma main. Ce geste aurait pu paraître maternel s’il n’était pas menacé de mort.

« Tu as de la chance que mon ami, ici présent, m’ait mise de bonne humeur. Tu vas juste être puni : tu vas faire une longue sieste. »

Mon pieu s’enfonce subitement dans son cœur. Un bruit sourd indique qu’il est tombé dans une Torpeur imposée. Je regarde quelques secondes l’homme avant de lever les yeux vers mon Italien préféré.

« Mon Sire est Alaric Lanuit, mon frère. »
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Sam 19 Juin - 10:47 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

L’Italien le reconnaît volontiers : il n’a pas la carrure d’un chef. Il manque de cet « allant », de la vision d’un futur grandiose, de cette conviction qui donne corps aux rêves les plus fous de tout dirigeant. De César à Napoléon en passant par Catherine II de Russie, tous les chefs d’État étaient animés par ce feu brûlant qu’est la conviction d’être différent de tous les autres.

L’homme ne s’est jamais senti différent, promis à un destin particulier, choisi par une puissance divine pour accomplir une tâche en particulier. Que son Sire se soit penché sur lui pour lui offrir l’Eternité, il pense le devoir à sa dévotion seulement. Ce fut la plus belle récompense qu’on put jamais lui offrir. Esclave résigné, serviteur zélé, mercenaire puis garde du corps… ça a été ça, son ascension sociale. Il n’était qu’un misérable petit page, né dans la paille, destiné à mourir sous le soleil brûlant du bastion des Ottomans. Une destinée commune, à l’époque.

Peut-être l’ambition lui fait-elle défaut. Nicola n’a pas été éduqué pour ça. Ourdir des complots, fomenter, briser des alliances… C’est ardu, cela requiert une certaine adresse et un travail de chaque instant. Il n’a jamais été plus heureux ni satisfait que lorsqu’on lui désignait sa cible.

Si Nicola était prône à l’introspection, il pourrait se questionner sur cette tendance à donner les rênes à quelqu’un d’autre dès que l’occasion lui en est donné.

Comme maintenant.

Aurora prend les devants, Nicola s’éloigne. Il laisse sa cadette dérouler son protocole, se sent presque de trop. Que peut un jeune vampire contre deux huit-centenaires ? Ce n’est même pas un combat inégal, c’est une exécution pure et simple. Il n’aura même pas eu à sortir les dents. Avec un soupir, il étudie les traits du jeune homme, se demande s’il voit sa transformation comme une bénédiction, quelque chose qu’il a gagné, qui le rend meilleur que tout le reste.

Probablement pas. Ça lui a juste mérité une condamnation à mort sommaire, pour expier la faute de son Sire. La situation le dégoûte. Il a beau se répéter qu’il n’est en rien concerné, que ce n’est pas son Infant, que c’est le rôle des Nettoyeurs, l’Italien est écœuré. C’est un cadeau, cette vie éternelle ! Le plus beau de tous les cadeaux. Qu’on vilipende ainsi l’Immortalité, juste par goût du jeu, juste pour passer le temps, il n’arrive pas à le comprendre.

Peut-être donne-t-il trop d’importance à ce geste. Il suit sa collègue sans rien dire, comme si, lui aussi, était sensible à son charisme extraordinaire que lui confère son don de Domination. Sa main dans la sienne est un poids qui l’ancre dans la réalité, pour lequel il est reconnaissant. Ce Nouveau-né lui rappelle ses Infants à leurs débuts, ça lui fait du mal. Settimo, Nayati, Kikue, Vassili… Narangerel. Pas un instant, il n’a envisagé de les abandonner derrière lui pour continuer en paix sa vie d’immortel.

Il ne peut pas avoir été le seul Sire se préoccupant du bien-être de ses Infants…

Désireux d’en terminer en plus vite, il reste à distance, observe Aurora ordonner au Nouveau-Né de s’agenouiller. Ce don de Domination est terrible. C’est comme si elle lui demandait de tendre son cou. Nicola voudrait détourner le regard, mais ce serait lâche. La mort de cet Infant ne sera pas vaine : son Sire a très peu de chance d’être toujours vivant pour affronter son jugement.

Ses yeux suivent Aurora, qui s’équipe d’un pieu de fortune. La tension dans ses épaules lui indique que quelque chose la dérange dans ses habitudes. Elle revient vers eux, un pli soucieux barrant son joli front. Nicola est étonné de la douceur de son ton quand elle s’adresse au Nouveau-Né, exigeant le nom de son Sire, qui, bien évidemment, a protégé son anonymat. Les coins de sa bouche se relève sous la contrariété, ses yeux bleus s’assombrissent et il serre les poings.

Aurora tourne son regard vers lui, il ne sait quoi en penser. Elle ne lui a pas fait l’impression d’être quelqu’un rechignant à accomplir son devoir. Aurora a beaucoup d’applomb : jamais il ne l’a vu hésiter. Et l’issue de cette « confrontation » lui vaudrait de remporter son pari, d’obtenir sa soirée avec lui. Qu’attend-t-elle ? Pas sa permission, il en est sûr.

Pourtant, elle est toujours là, le pieu levé, ses doigts dans les boucles brunes du jeune homme, à le regarder lui. Nicola fronce les sourcils et lui adresse un signe d’incompréhension. N’est-ce pas ce qu’elle veut ?

Sa bouche s’ouvre d’elle-même quand, au lieu de réduire son éternité à quelques malheureux mois de cavale et de souffrances, elle lui offre le réconfort de la Torpeur. La surprise le cloue sur place quelques secondes, juste assez pour que sa partenaire lui annonce d’un ton égal le nom de son Sire.

Il a l’impression d’avoir reçu une gifle.

Alaric ? Son ami ? Un si mauvais Sire pour que sa propre sœur le haïsse et affirme connaître les affres que traversent les Nouveaux-Nés livrés à eux-mêmes ? Ne lui a-t-il pas offert l’Immortalité pour que la fratrie reste soudée, n’est-ce pas une preuve d’amour fraternel ? Ça ne peut pas être pour ça qu’elle nourrit une rancœur terrible envers ses frères aînés… Non. Alaric, pour tous les défauts qu’il possède, a une grande qualité : il est loyal. Pour l’avoir entendu parler de leur frère Gabriel, il sait avec quelle admiration il le considère. Il aime sincèrement Aurora, qu’il continue à voir comme une adolescente rebelle.

Il n’a pas pu être un mauvais Sire, pas avec sa propre sœur. Nicola refuse d’y croire. Pas Alaric.

- « Tu penses avoir perdu notre pari ? »

Il abandonne le vouvoiement, la distance, l’austérité. Ce soir, il a l’impression de la rencontrer une troisième fois. Combien de facettes peut-elle lui cacher, cette femme que rien ne semble arrêter  ?

- « Une des mes soirées t’est réservée. Plusieurs, si tu parviens à lui trouver un Sire digne de ce nom. »

Nicola sourit avec douceur.

Si on lui pose la question, il dira qu’il agit ainsi par sens du devoir.

A pas lents, il se rapproche d’elle, puis change d’avis au dernier moment. Ses mains vont autour du Nouveau-Né. Son souffle est paisible, ses traits ne tarderont pas à se détendre. Il soulève sans mal son corps endormi et se tourne ensuite vers la femme. Il la dévisage en silence de longues secondes, mémorisant la façon dont ses cheveux s’échappent de sa coiffure, dont ses cils battent lentement, dont ses joues se colorent.

- « Je ne savais pas que les Nettoyeurs pouvaient choisir cette solution. - déclare-t-il finalement, sa voix grave résonnant dans le silence oppressant de la petite allée. - C’est pour cela que tu m’offres le nom de ton Sire ? Parce que tu ne l'as pas tué ? »

Il n’ose pas croire qu’il ait pu l’influencer d’une quelconque manière dans son choix. Après tout, il sait très peu de choses d’elle. Elle est riche, elle est influente, elle est belle.

Deux fois de suite, elle lui a offert quelque chose qu’il désirait sincèrement, sans pour autant oser formuler de demande.

Il penche la tête sur le côté, la regarde avec une admiration ouverte.

Son Sire lui a toujours dit que son sentimentalisme le perdrait.


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Dim 20 Juin - 20:11 (#)

Dancing in the moonlight
 

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Dancing in the moonlight - Nicola & Aurora ZfoPuY1
Nicola Alighieri
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ASHES YOU WERE

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Mar 22 Juin - 17:52 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

Sa main sur sa joue semble irradier de chaleur.

Nicola sait pertinemment qu'il ne s'agit que d'une impression. Ils ne sont plus capables de produire une chaleur humaine, pas sans s'être nourris avant. C'est son esprit qui s'invente cette chaleur, réussissant à berner son propre corps. Ce sont ses mots qui lui tirent ce frisson.

Il la suit en silence, savourant ce nouveau savoir. Elle voudrait comprendre son chemin de pensée. C’est un beau compliment venant d’une femme douée pour allant au-devant des attentes des autres. Elle semble comprendre tout le monde et être capable de s’adapter à toute personnalité. Que la sienne la laisse perplexe lui plaît.

Elle se lassera moins vite.

Son autre compliment l’amuse et il hoche la tête. Pas sûr qu’il puisse s’en vanter, elle risquerait de se fâcher, mais savoir qu’il est capable de l’influencer d’une quelconque manière est bon à savoir. Nicola n’y aurait pas cru, si cet aveu était sorti de n’importe quelle autre bouche. C’est très flatteur, et intéressant pour l’avenir.

Aurora revient sur le sujet des Infants et Nicola sait qu'elle s'interroge sur la raison de sa surprise. Il préfère taire pour l'instant sa bonne entente avec son frère aîné, qui l'insupporte tant. Le moment ne se prête pas à l'aveu de leur camaraderie alors qu'ils appartiennent à deux clans différents, chacun cherchant à surpasser l'autre.

"Tu as été Sire ?" demande-t-elle. La réponse semble être évidente, selon lui.

Ou peut-être pas. Son entourage le perçoit comme un électron libre, qui esquive et pare toute tentative de ralliement. Il ne se veut que comme élément perturbateur. Pourquoi irait-il volontairement s'attacher un ou plusieurs boulets au pied, quand on sait le temps de sevrage d'un nouveau congénère. Du temps gaspillé, des efforts pour une mince récompense, une responsabilité de poids. Sur le papier, rien de ce qu'implique la relation entre un Sire et son Infant ne devrait éveiller l'intérêt de l'Italien insaisissable.

Il rajuste la répartition de poids et réaffirme sa prise sur le corps endormi qu'il porte, cherchant à gagner un peu de temps pour réfléchir à sa réponse. Aurora ne se contentera pas d'un simple oui. Et ce n'est pas un sujet tabou : ils sont tous morts. Il ne reste donc plus aucun moyen de l'attendre autrement qu'en s'attaquant directement à lui. Il est seul, malgré la petite cour qu'il se constitue lentement à Shreveport.

C'est avec un sourire rempli d'amertume qu'il évoque ces vestiges du passé, incarnations disparues d'époques révolues. Il est le premier surpris de s’entendre lui fournir des détails sur sa relation avec ses cinq Infants.

- « Je l'ai été. La dernière est morte seule à Paris. Tu lui dois d'être repartie en un seul morceau cette nuit où tu as gagné les enchères. - il lui lance un regard entendu, puis reprend d'une voix tranquille malgré les souvenirs douloureux. - J'ai pris soin de cinq Infants. Je les considérais comme... des gens que je voulais garder près de moi. Pour quatre d'entre eux, en tout cas. Ma Kikue, une vraie petite mère, a été la plus fidèle. Vassili, un véritable frère pour moi. Avant eux, Settimo, qui a été... comme un fils. Il a insisté pour que je sauve de la mort un Incas qu'il avait attaqué. Nayati nous en a beaucoup voulu. C'est le seul qui a été… difficile. »

Nicola fronce les sourcils et se renfrogne en l'évoquant, jugeant le terme un peu léger pour qualifier la purge que son éducation a été. Nayati lui a demandé beaucoup d'attention, de surveillance et d'investissements. Trop, puisqu'il n'a pas su être là pour soutenir correctement Settimo. Deux Infants à la fois, Nicola n'a pas su relever le défi, surtout sur les terres inhospitalières d'Amérique du Sud. Nourrir trois vampires s'est révélé être une tâche terriblement ardue. Settimo a préféré se sacrifier pour leur permettre, à Nayati et lui, de survivre.

Cinq siècles plus tard, son ressentiment est toujours aussi tenace.

Après cela, il évite son regard quelques instants. Le bruit de leurs pas résonnent dans les rues vides. Il n’y a personne d’autre qu’eux. Il lui faut un peu de temps avant de parler de Narangerel. Au cas où Aurora tiendrait le compte des noms qu'il cite, Nicola préfère devancer sa prochaine question concernant le cinquième Infant. Il a toujours été partisan du pansement que l'on arrache d'un coup.

- « Et celle qui a été mon épouse. La première de tous. J'ai veillé à ne pas outrepasser sa liberté, cependant... Je ne recommande pas vraiment aux couples cette expérience. »

Nicola se tait après cette conclusion, se surprenant lui-même à offrir cette réflexion toute personnelle à sa collègue. Il ne peut pas dire n'avoir jamais pénétré l'intimité de ses pensées quand elle lui donnait du fil à retordre. Vu la nature conflictuelle de la relation d'Aurora avec son Sire, il préfère taire cet aveu.

Un ange passe et Nicola se prend à parler de nouveau, lui que le silence n’a pourtant jamais intimidé.

- « Peut-être que je… que mon Sire m’a plus influencé que je ne le pensais. J’avais trois Frères avec moi. Aluf, Fen et Hou-Chi. J’étais le cadet de la fratrie et… et notre Sire était tout pour nous. Nous étions quatre contre le monde pour protéger notre Sire. Pour moi, être Sire, c’est pourvoir à tous les besoins de ses Infants en échange d’une chose : une loyauté sans faille. - un soupir mélancolique lui échappe. Il évite toujours les yeux de sa congénère. - J’ai voulu reproduire ça avec mes Infants. J’ai échoué. Et je ne m’en sens plus la force. »


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Dim 5 Sep - 21:08 (#)

Dancing in the moonlight
 
J’écoute son histoire attentivement… Histoire en tout point différente de la mienne. Il a aimé, été aimé. Il s’est choisi une famille loyale pour qui il s’est donné du mal. Et ils le lui ont bien rendu. Il était comblé. Mais il les a tous perdus. Ce qui est pire, à mon sens. Moi, je n’ai rien à perdre. Du moins, j’essaie de m’en convaincre. Je doute que la mort de mes frères soit une nouvelle que j’accueillerai avec plaisir. Quelque part, j’aurai perdu ma raison de vivre.

Je baisse légèrement la tête pendant qu’il me parle de lui, surtout à l’évocation de l’Infant qui a apaisé les tensions entre nous il y a de cela quelques décennies. Je comprends mieux l’attachement qu’il eut pour cette boite, rien qu’à la manière dont il parle de sa famille. Mes cheveux font office de rideaux pour ne pas le voir, pour mettre une barrière entre nous. J’ai du mal à exprimer mes sentiments, je suis certaine que lui aussi. Je ne voudrais pas l’embarrasser davantage. C’est une marque de respect et de pudeur. Mais je reste attentive à ce qu’il me raconte. Au fond, je suis contente qu’il s’ouvre enfin à moi et que je puisse apprendre à le connaître. Cet homme mystérieux, je commence, petit à petit, à le découvrir, à le comprendre. Cela ne m’était pas arrivé depuis une éternité.

Contrairement à moi, il sait reconnaître ses torts. Il apprend de ses erreurs. Il essaie de tourner la page, tandis que moi, je reste bloquée dans le passé, gonflant mes ressentiments, à mesure que le temps passe. Je ne grandis pas, je subis le temps qui passe. Je me sens presque honteuse. Mais je ne l’avouerai jamais. Alors j’opte pour le silence.

Il choisit, de lui-même, de me parler de son Infant, son premier amour et j’ai un pincement au cœur. Est-ce de la jalousie, ou de la compassion ? Il a eu au moins la chance de la garder à ses côtés. Il ne recommande pas cette expérience ? J’affiche un discret sourire en coin, d’accord avec lui. Giovanni avait parfois peur que je m’immisce dans son esprit. Ce qui pouvait être source de discorde. Mais qu’est-ce qu’une dispute d’une journée face à une éternité à ses côtés ? Je soupire, las. Nous souffrons tellement dans nos existences horriblement longues.

Pourquoi le destin est-il si cruel avec lui ? Il a perdu tant de personnes qui lui étaient chères. Pour moins que ça, je serais devenue folle. Je me poste face à lui pour stopper la marche et glisse à nouveau mes mains sur mes joues pour l’intimer à me regarder. Je souris timidement avant de lui dire :

« Crois-moi, j’ai vu assez d’Infants abandonnés à leurs sorts pour te dire que malgré tes erreurs, tu as été un Sire formidable. Tu as été extrêmement fort, Nicola. Je n’aurais pas survécu à toutes ces pertes, contrairement à toi. »

Je dépose un chaste baiser sur son front. Pourquoi ? Je n’en sais rien, c’est assez instinctif. J’ai besoin de le faire. Peut-être pour lui prouver la sincérité de mes paroles, pour le réconforter ? Pour lui dire qu’il n’a plus à y penser. Ou pour le remercier d’avoir partagé sa peine avec moi. J’affiche l’un de mes sourires espiègles pour détendre l’atmosphère et reprends la route.
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Ven 1 Oct - 16:07 (#)



Dancing in the moonlight

« Nella guerra dell'amore, il vincitore è colui che fugge. »

Son récit est bref et concis pour un homme arpentant la terre depuis huit cents années. Il pourrait pourtant s’épancher bien plus sur ce que chacun des personnes qu’il a citées a pu représenter pour lui. Sur sa vie, qui semble se fractionner en plusieurs existences sans autre lien entre elles que lui-même. S’il le voulait, sa voix résonnerait des nuits entières, évoquant les ruines du passé, les ombres et les souvenirs qui le suivent. Ils forment une longue ligne derrière lui sur ce chemin qu’est sa vie et qui semble n’avoir aucune destination finale. Y a-t-il seulement un but à atteindre ? Avance-t-il simplement par habitude, parce qu’il le peut ? Vit-il par habitude, spectateur de l’évolution des lieux et des époques jusqu’à ce qu’un beau jour, l’humanité ne disparaisse à son tour ?

A ce moment-là, sera-t-il encore seulement spectateur ? Sans l’humanité, touchera-t-il également sa fin ?

Qui saurait lui répondre ?

Probablement pas sa cadette. La Française, malgré sa longévité louable, ne possède pas les connaissances ou les mots pour le rassurer. Comme lui, elle est prisonnière du présent, obligée de se perdre en conjectures sur le futur, comme tous les autres parieurs.

Elle avance silencieusement à ses côtés, ses longs cheveux blonds s’échappant en mèches rebelles. Certaines couvrent son visage charmant. Dans ses bras, le Nouveau-Né ne bouge pas. Sa tête s’est nichée dans le creux de l’épaule de son aîné, qui ne l’en déloge pas. Son poids l’aide à rester ancré dans la réalité. A savoir qu’il est à la bonne place. Settimo n’est pas en vue. Cela le soulage. La présence de cette apparition serait délicate à gérer si elle se mettait à lui parler avec sa voix. Garder son attention focalisée sur Aurora serait alors un défi de taille à relever, et il doute qu’elle continue à le voir dans une lumière bienveillante s’il se mettait à répondre aux voix qu’il est le seul à percevoir.

Eh, les conséquences de l’âge… IL faut bien faire avec, n’est-ce pas ? Au moins ses crocs son-ils toujours aiguisés et ses griffes acérées. Il reste une arme parfaite, comme son Sire le désirait.

Loin de ses préoccupations concernant son âge, Aurora accélère ses pas et lui bloque le passage. Surpris, Nicola s’arrête et lui lance un regard interrogateur. Il ne lui semble pas être suivi, le Nouveau-Né dort toujours….

Ses mains des deux côtés de son visage l’empêche d’observer les alentours. C’est avec un sourire timide, qu’il ne lui a encore jamais vu mais qui lui sied à merveille, qu’elle lui offre des éloges étonnants de sincérité. Le vieil homme se sent rosir. Il n’aurait pas du se sustenter avant de participer à cette mission de chasse à l’homme, son corps régénéré le trahit de la pire façon en affichant à la vue de tous son embarras.

Son geste suivant le laisse sans voix. Le fantôme de ses se lèvres sur son front lui donne une sensation de brûlure. Son parfum l’enrobe et l’enivre. Elle s’est déjà reculée, son sourire espiègle caractéristique de retour. C’est son masque à elle.

« Regardez-nous, » pense-t-il avec humour, « deux vampires multi-séculaires qui se tournent autour comme deux adolescents découvrant les choses de l’amour… » Et dire que quelques secondes auparavant, il se morfondait en se demandant le but de son existence… Pour un vieillard, il semble ne pas avoir perdu la main avec les femmes.

Aurora s’échappe vers l’avant, reprend la marche, d’un bon pas. L’antiquité marche à sa suite, un sourire doux aux lèvres. Il y a des choses qui ne changent pas, peu importe les lieux et les époques. Séduire et être séduit reste un plaisir qui colore l’existence.

« Extrêmement fort, » se répète-il mentalement, appréciant la fierté qui lui réchauffe les os à ces mots. Les occasions où on a félicité non pas ses capacités physiques mais son mental sont rares. Eh bien oui, il l’est. Résistant. Résilient. Il ignore tout de la raison qui le pousse à s’accrocher, mais toujours est-il qu’elle doit être bien convaincante pour qu’il soit là ce soir, à aider une congénère dans une de ses missions.

Nicola ne cherche pas à la rattraper pour marcher à ses côtés. Il l’observe, pensif. Il s’interroge sur ses propres raisons qui la poussent à accepter et encourager cette infatuation entre eux. A leur âge, rien n’est purement altruiste. En tant que main droite du clan Coleman, elle a tout intérêt à nouer des relations cordiales avec lui. Peut-être est-ce une mascarade pour s’assurer sa loyauté, lui qui est connu pour être imprévisible.

Il émet un claquement sec, agacé par ses propres conclusions. Il ne devrait pas s’inquiéter de cela, plus maintenant. Qu’il s’agisse d’une mascarade ou non, ces instants sont agréables et c’est tout ce qui compte. Elle l’intrigue et le divertit.

En silence, il marche sur ses pas, observant sa silhouette fine et déliée tracer le chemin.

Aurora Lane est une femme remarquable.


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