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Walking on the Edge ~Tyler~

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
Medea Comucci
Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Mar 22 Juin - 15:32 (#)

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Octobre 2020

Un an après les dévastations d’Halloween, Shreveport est sur les dents, craignant une nouvelle escalade des violences pour célébrer ce triste anniversaire. Medea n’a plus le temps de mener ses projets annexes comme elle le souhaite. Son rythme de travail s’est drastiquement accéléré. Aussi exaltant que frustrant. La vénéneuse n’a jamais rechigné sur ses heures ou sur l’implication qu’elle doit insuffler pour obtenir des résultats probants. Durant ce mois si particulier, en plus de devoir se consacrer à la traque de ses cibles officielles, il lui est parfois demandé des profils pro-actifs. D’étudier les comportements de certaines CESS qui pourraient en profiter pour souffler sur des braises encore cinglantes, de manière à ce que des équipes se chargent de les surveiller et d’intervenir le cas échéant. Endiguant une nouvelle panique qui mettrait les autorités compétentes dans une position d'incompétence crasse.

Medea ne supporte pas de voir ses recherches sur William Carlisle prendre la poussière. C’est insupportable de ne pouvoir avancer comme elle le devrait. Cependant, elle sait aussi qu’à diviser trop son attention, elle risque de commettre un faux pas ou de manquer des signes d’alertes dont les conséquences seraient périlleuses pour sa carrière et les citoyens de la ville. Dans cet ordre. Son caractère perfectionniste ne lui permet pas de prendre un tel risque. Elle n’accepte plus la moindre erreur de sa part.

Une solution finit par se dessiner. Pas celle qu’elle aurait préféré. Mais suffisamment en dehors de ses systèmes de pensée habituels pour que cela puisse avoir des résultats concrets. Pour peut-être prendre sa proie au dépourvu. L’Italienne a aussi la lucidité de reconnaître qu’un regard neuf sur ce bordel peut déceler des détails qu’elle n’aurait pas percu du fait de son implication personnelle. Sans compter que l’homme qu’elle a choisi est en dehors du circuit officiel. Il ne fait ni partie des forces de la PASUA ni d’aucune organisation fédérale. Sa réputation est établie par un bouche à oreille qui assoit sa solidité et sa discrétion. Tyler Frisk pourrait bien être la pierre qui manquait à son édifice pour débusquer sa Némésis.

C’est en tout cas ce que Medea a l’intention de déterminer ce soir. Elle a donné rendez-vous au détective privé pour 21h30 au Voodoo Café, parfait pour bien débuter le week-end. Week-end qu’elle passera sûrement sans voir la lumière du jour. Raison de plus pour s’accorder quelques heures de répit avec un verre en écoutant un peu de musique live. Ils n’ont eu que quelques contacts téléphoniques pour le moment. Il n’y a rien de définitif pour le moment, elle est restée flou quant aux raisons pour lesquelles elle aurait besoin de ses services. Sachant pertinemment que rien ne peut être acté tant qu’ils ne se seront pas rencontrés.

Il n’y a eu aucune hésitation dans la timbre de la consultante lorsqu’elle s’est présentée sous l’identité de Medea Davenport. Grimaçant intérieurement à l’usage non naturel de son nom de femme mariée. Elle ne l’a que si peu porté qu’il ne lui est jamais apparu familier. Rassemblant mentalement les éléments de l’histoire qu’elle a l’intention de lui conter, elle se prépare en même temps. Un pantalon à pont d’un noir d’encre, un top en soie fluide d’un bleu nuit dont le léger decolté laisse voir la croix d’argent qui repose dans le creux de son cou. Une veste de blazer ouverte, plus par habitude que par nécessité. Une paire d’escarpins à talon carré lui assure un équilibre parfait. Sa tenue est bien plus décontractée que les vêtements qu’elle peut porter lorsqu'elle reste coincée dans les bureaux de l'antenne régionale de la NRD. Son maquillage est tout aussi réfléchi. Un regard sombre souligné d’un trait charbonneux d’eye liner pour une bouche aux nuances garance. Une hésitation. A son poignet gauche, elle porte presque en permanence de délicats filigranes d’argent qui s’entrelacent pour créer une pièce de bijouterie aussi délicate que ravissante. Et dangereuse. Non, elle les garde. Medea se sent démunie quand elle s’en sépare. Ce qui lui plaît moins, c’est l’alliance qu’elle glisse à nouveau à son annulaire droit. Indispensable pour cette première phase. La sensation lui est étrangère, désagréable. Elle avait perdu l’habitude de la mettre et cela ne lui manquait pas.

Une cigarette sur le balcon de sa suite. Soleil rasant qui caresse d’or et de cuivre les cyprès chauves en abord du lac. Prendre le temps de respirer et de réfléchir à la soirée à venir. Choisir ce qu’elle va dire et taire. Le coassement sec d’un corbeau. Pour ce qu’elle en sait, cela pourrait tout aussi bien être un métamorphe qui profite des dernières minutes de jour pour un vol en toute liberté. Douceur presque nostalgique en cette fin de journée. Medea carre les mâchoires. Chasse la lassitude qui l'assaille parfois. Peut être devrait elle prendre dix minutes pour joindre Vittorio. De tous ses frères, c’est celui dont elle était le plus proche. Tant en âge qu’en complicité. Non. Elle écrabouille cette idée en même temps que le mégot de sa cigarette. Elle n’a ni le temps ni l’utilité pour ce genre de futilité. Elle avance seule. Elle a décidé de ce chemin il y a des décennies en arrière et ne le regrette pas. Dès qu’elle franchit le seuil de son hotel, rien ne peut se lire sur son visage sinon un calme à l’eau dormante. Dans son sac à main, une partie des documents qu’elle serait prête à partager avec Frisk si son intuition lui murmure qu’il est la bonne personne pour le boulot qu’elle a à lui confier.

Rejoindre le Voodoo café avec près d’une demi-heure d’avance n’est pas compliqué. S’assurer d’une table légèrement à l’écart pour pouvoir discuter une fois que le groupe sera sur scène mais assez proche pour en profiter n’est pas non plus une corvée. Elle garde un oeil sur la scène et un autre sur la porte. Devant elle, pas encore entamée, un bloody Maria, préférant les notes du Tequila à celles de la Vodka depuis qu’elle est en âge de boire. Le bar se remplit peu à peu, dans une ambiance détendue et amicale. La foule n’est pas si dense qu’elle ne puisse voir la silhouette masculine qui se détache entre les divers consommateurs. Sans avoir jamais vu de photo de son futur interlocuteur, il y  a un langage corporel qui est universel lorsque l’on doit rencontrer quelqu’un que l’on a encore jamais vu. Croisant son regard, elle se lève de sa chaise. Attendant qu’il soit à la hauteur de la table pour tendre sa main droite. Un sourire avenant mais qui ne livre pas grand-chose de l’italienne, qui se dessine sur ses lèvres. -Bonsoir, je suis Medea Davenport. Vous devez être monsieur Frisk? -Si elle s’est plantée dans son analyse, elle ne sera ridicule qu’un court moment, elle devrait y survivre. -Je suis ravie que vous ayez accepté ce rendez vous.
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Le petit randonneur pédestre, aka Sugar Ratatouille Baby
Tyler Frisk
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Qui es-tu ? : Fouineur professionnel / Détective privé
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Mer 23 Juin - 8:42 (#)

Octobre et ses nuits qui raccourcissent. Presque un an sans obtenir de réponse convenable sur cette foutue nuit de cauchemar. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi les gens ont oublié ? Cette soirée a laissé comme une gueule de bois monumentale à toute la ville, assorti d’un joli lot de cadavres. Même la Horde s’agite en souvenir de tout ses morts, dans la colère et l’inquiétude. Alors on fume trop, on boit trop, on ne dort pas assez. Ça ne présage jamais rien de bon. Mais malgré cette ambiance étrange et sinistre la vie poursuit son court et les affaires s’enchainent.

La personne au téléphone ne ressemble pas vraiment aux autres clients dont j’ai l’habitude. Ceux qui recherchent quelqu’un par inquiétude sont éplorés, ceux qui veulent des preuves d’infidélité ou de trahison sont en colère. A travers le téléphone, elle ne semble être ni l’un ni l’autre. Ou alors elle le cache rudement bien. Je ne compte même plus le nombre de personnes qui déballent tout au téléphone, mais cette fois on en est loin. Les seuls clients qui font autant de mystères sur ce qu’ils attendent sont les riches avides de confidentialité ou bien les gens qui ont des choses à cacher. Parfois même les deux en même temps. Tout à fait le genre de choses qui tend à éveiller la curiosité. Un rendez-vous est pris dans le quartier de Downtown. Une rapide recherche sur la cliente – habitude tenace face aux gens peu loquaces – m’indique tout juste qu’elle est mariée à un journaliste. C’est curieux d’obtenir si peu de chose à l’air où tout le monde ne jure que par internet et les réseaux sociaux, mais rien de vraiment alarmant qui ne donne envie de creuser plus. Certaines personnes apprécient simplement la discrétion et j’ai bien mieux à faire.
Le lieu du rendez-vous est un bar qui se distingue de ceux auxquels je suis habitué, qui invite l’art là où d’habitude on ne trouve que des gens bruyants et bourrés. Ça aura au moins le mérite d’être plus calme que tout un tas d’autres établissements. Comme à mon habitude je prends garde à ne pas sortir du lot, troquant l’irrémédiable jean/basket contre une tenue qui me noiera dans la masse des gens présents. Se faire remarquer n’est jamais vraiment quelque chose d’enviable dans mon boulot. La banalité est bien plus intéressante.

Le quartier est animé à cette heure – comme d’habitude dans cette partie de la ville – j’ai dû me garer loin et remonter la rue. Des petits groupes de jeunes habillés pour sortir arpentent joyeusement les allées et rejoignent les bars huppés un sourire aux lèvres. Ce quartier et aussi vivant de nuit que de jour, les fêtards remplaçant les accros au shopping. Les lampadaires prennent la place du soleil, mais la rue reste tout autant bruyante. Je finis par arriver au lieu de rendez-vous, le Voodoo Café. Plus atypique et plus calme que les bars promettant la fête. Pas si mal pour une première rencontre j’imagine. A l’intérieur se trouvent déjà quelques dizaines de personnes, certaines sirotant leur boisson en discutant, d’autres déjà tournées vers la scène attendant probablement l’arrivée du groupe censé jouer ce soir. La plupart des personnes présentes arborent ce look soi-disant chic-décontracté de ceux qui travaillent dans un bureau sans nécessité d’avoir un costard. J’ai plutôt visé juste en termes de tenue vestimentaire visiblement.  

Je vérifie l’heure et jette un coup d’œil aux alentours. Mon regard arpente les personnes présentes, excluant d’emblée les groupes et les hommes, ne cherchant qu’une femme ayant l’air de guetter une arrivée. Personne au bar ni près de la scène ne correspond à ce que je cherche. Plus loin, certains clients sont déjà installés à des tables et je finis par repérer une femme à une table à l’écart dont le comportement ne laisse que très peu de doute sur l’identité. Je me dirige vers elle et ses paroles me confirment rapidement qu’il s’agit bien de la personne que je cherche. Je la salue en retour avec un sourire poli et aimable de ceux que je réserve aux clients, acquiesçant à sa question. Il me suffit d’un seul coup d’œil pour voir qu’elle n’a pas grand-chose en commun avec mes clients habituels. Elle est belle et élégante, or les gens aussi bien habillés se payent des détectives privés qui ont leur propre cabinet, pas des gens qu’on trouve sur internet. Elle a le sourire que pourrait avoir une banquière ou une commerciale, ne laissant transparaitre aucune émotion qui pourrait justifier l’emploie de mes services. Décidemment très inhabituel. Des clients qui pleurent, s’inquiètent, sont en colère, j’en ai vu des paquets entiers, mais rarement des gens aussi détachés. Une fois les salutations d’usages terminées on se rassoit, face à face. A vrai dire je suis sincèrement intéressé de savoir ce qui peut amener une personne comme elle vers quelqu’un comme moi. Sans plus de préambule je lui demande :

« Alors madame Davenport, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Vous êtes restée plutôt évasive au téléphone. »

Et ça c’est vraiment peu de le dire.
Qu’est-ce qui pourrait bien nécessiter une telle retenue ? Est-ce lié au travail qu’elle a à me proposer ou simplement est-ce une manière d’être ?
Au moins ces questions-là seront vite élucidées.
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Mer 23 Juin - 11:01 (#)

L’homme louvoie dans la foule avec des mouvements naturels et fluides. En l’observant s’approcher, l’italienne doute qu’aucun des autres consommateurs n’aient vraiment porté attention à l’individu qui vient de les frôler ou de les éviter. Il a l’habitude d’évoluer dans des endroits bondés et de passer inaperçu. Déjà il est arrivé à sa hauteur. Pas besoin de regarder sa montre pour savoir qu’il est ponctuel. A la minute près. Politesse élémentaire qui se perd et dont elle apprécie la présence ce soir.

Son alliance en platine et or rosé, dont le discret diamant enchâssé peut appuyer contre la main du détective , est désagréable au doigt de Medea. Avec le recul, elle s’est rendu compte que ce mariage n’aurait jamais du exister. Elle n’a des nouvelles d’Adam de loin en loin, au fil de ses articles. Il a l’air de s’en sortir plutôt bien.  Il relâche sa main et son ex-mari disparait de son paysage mental. L’homme ne tarde pas à prendre place en face d’elle. Il parait attentif et détendu. Curieux et professionnel. Pour le moment, ce que son langage corporel exprime est en accord avec celui qu’il est sur le papier.

Ils s’assoient l’un face à l’autre et il entre dans le vif du sujet. Un bref hochement de la tête. Comme si elle se demandait ce qu’elle peut dire, à quel point elle va être jugée. Pas loin de la vérité. Medea se penche en avant et gagne une brève seconde en entourant son cocktail de sa paume droite. Elle balaie la salle du regard pendant que le groupe rejoint la scène où il va jouer pendant une partie de la soirée. Ses prunelles obsidiennes reviennent sur lui. Un bref soupire qu’elle exhale. -Je n’aime guère évoquer mes affaires personnelles au téléphone. Une habitude dont j’ai du mal à me défaire. J’espère que vous me pardonnerez cette marotte.

Ce n’est qu’un préambule, une vague entrée en matière. Medea croise les jambes. Laisse apparaître sur son visage une émotion diffuse qui s’approche de la gêne. Un rire dont tout amusement est absent, d'auto-dérision sans complaisance. -Je suis désolée, cela reste difficile pour moi. Mon mariage n’est pas parfait, voyez vous. Je ne suis pas parfaite. -C’est une histoire aussi vieille que le monde et qui n’est en rien un mensonge éhonté. Distiller des pépites de vérité au sein d’une histoire aux accents de contes. -J’ai pris un amant, mon mari voyage beaucoup… Il ne s’agissait pas d’une histoire de quelques nuits. Nous avons eu une liaison. Je lui ai fait confiance et il m’a odieusement trompé. -Son timbre est devenu plus dur. Ce n’est pas un sujet qu’elle aime explorer. Et encore moins devant un étranger. Si elle a choisi d’aborder un angle personnel et non professionnel, c’est un revers qui lui coûte. Elle ne s’exprime pas sur le sujet. Jamais. Admettre que Carlisle s’est joué d’elle est nauséant. Une gorgée de cocktail. Ne savourant pas les notes de tequila et de jus de tomate. Les phalanges sur le verre se sont crispées et elle s’impose de les relâcher. Un effort qui lui coute alors qu’elle détend la ligne durcie de ses épaules. Nonchalance indifférence qui contredit ce qu’elle lui explique.  Une serveuse s’est approchée de leur table et Medea lui demande un nouveau verre, le ton à nouveau sous contrôle, sans l’accent maelstrom qui tintait ses paroles pendant qu’elle évoquait William. Elle ne reprend la suite de sa fable qu’une fois le détective privé ayant passé sa propre commande et la jeune femme hors de portée d’oreille. Du moins hors de portée d’oreilles humaines. Difficile de prévenir celles des Métamorphes. Bien que les mélodie de bluegrass sur scène devraient aider.

Elle incline légèrement le buste vers lui. Sourire engourdi. Un nouveau soupire, alors qu’elle chasse distraitement une mèche de cheveux  corbeaux qui balayait son front. -Il a disparu il y a quelques années, avec une grosse somme d’argent qui ne lui appartenait pas. Je n’ai jamais eu la moindre nouvelle de lui et des recherches passées n’ont rien donné. L’argent doit s’être envolé depuis des lustres. Non, ce que je ne peux pas laisser passer, ce sont l'étendue de ses mensonges. Il s’est avéré que même le nom qu’il m’avait donné, son identité n’était qu’un château construit sur le sable.

Il y a deux éléments cruciaux qu’elle tait. Des informations indispensables qu’elle n’entend pas révéler si Tyler Frisk décide que ce sac de nœud est trop emmêlé. Elle pourrait presque le comprendre. Difficile pour le moment de lire chez lui comment il accueille ses paroles, néanmoins, elle est attentive à ses réactions, aux ombres dans son regard, à son maintien corporel. Medea est incapable de mettre en pause ces analyses chez elle. Elle est loin d’avoir encore assez bu pour cela. -Ce que j’attends de vous, c’est sa localisation, l’endroit où il se terre, là où il a disparu, si vous parvenez à lui remettre la main dessus. Ainsi qu’une filature de plusieurs jours de manière à établir si il a une routine, des habitudes.

Non, bien sur que non qu’elle ne lui a rien dit encore sur l’identité de cet amant qui a fait d’elle une femme bafouée. Et bien plus, putain, tellement plus. Cependant, tant qu’elle n’y sera pas obligée, elle entend bien laisser le détective dans l’ombre quant à son rôle au sein de la NRD. Qu’il la voit comme une petite dame qui s’ennuyait dans son mariage et qui au lieu d’un amant s’est retrouvée avec un gigolo. Peu glorieux pour son orgueil et son image. Mais elle ne concerne que Medea Davenport et non Medea Comucci. Elle commence à avoir envie d’une cigarette. Cela devra attendre encore un peu.

Lorsque elle reprend la parole, haussant à peine la voix par-dessus le solo mélancolique d’une basse, elle est d’un sérieux absolu. -Si vous acceptez de vous charger de cette affaire, je vous demanderai une discrétion totale sur cette enquête, vous devrez vous en charger seul. Si vous avez des associés ou des apprentis, je vous demanderais de ne pas les impliquer. Bien sûr, je vous réglerai à la hauteur de ce que cette clause engendre comme difficulté supplémentaire pour vous. Sans le toucher, elle a réduit la distance entre eux, une main en apesanteur au dessus des siennes. Son regard sombre s'est planté dans le sien, loin des convenances désireuses d'éviter tout contact visuel direct plus de quelques très brèves secondes. Intensité maitrisée. -Et secondement, en aucun cas vous ne transmettrez à un tiers sa location ou tout autres informations cruciales que vous aurez trouvé. A moi seule uniquement. J’insiste. Je ne pense pas être un cas isolé ni la seule femme qu’il aura trompé de cette manière, mais j’entends bien etre celle qui la mettra face aux conséquences.

Cette fois, le tempérament méridionale de Médea filtre  dans les mouvements plus nerveux de ses poignets qui ponctuent ses mots, dans l’éclat brute de son regard. Gommant l’aspect un peu lisse et bcbg de son apparence.
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Tyler Frisk
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Mer 23 Juin - 19:32 (#)

Sa neutralité apparente se fendille finalement quelque peu au moment où elle commence à raconter son histoire. Un peu plus original que ce que j’ai en temps normal. Une femme qui trompe son mari et dont l’amant s’est lui-même joué d’elle. Sacrée ironie quand on y pense. Malgré tout j’arrive à refréner un sourire sardonique et à demeurer professionnel. A l’arrivée de la serveuse elle a déjà repris une maîtrise totale sur le peu d’émotions qui avaient transparues jusque-là. C’en est à se demander si elle a un contrôle total sur ses états d’âmes ou si alors elle est simplement une actrice remarquable. Je demande une bière à la serveuse et dès que cette dernière s’est éloignée Medea reprend son histoire. Alors il ne s’agit que de ça ? Une femme bafouée qui veut retrouver le gars qui l’a largué ? Une histoire qui semble relativement anodine pour un ton bien trop déterminé et d’un sérieux inébranlable. Je veux bien croire qu’on puisse se sentir trahi à cause d’une aventure qui se révèle n’être qu’un ramassis de mensonges, mais c’est quel niveau d’entêtement que d’engager quelqu’un plusieurs années après pour retrouver la trace d’un amant indélicat au juste ? Si le problème était l’argent qu’elle souhaitait retrouver j’aurais pu comprendre selon le montant de la somme mais ce n’est même pas ce dont il est question.

Sa première demande est évidente, celle qu’on attend dans ce genre de cas. En revanche son désir d’obtenir des informations plus précises sur les habitudes de son ex l’est bien moins. En général les gens se contentent d’une adresse et se précipitent aussitôt l’information obtenue, ils ne demandent pas un rapport détaillé et une filature intensive. Pas pour ce genre de cas. Au vu de son histoire je vois mal ce que ce genre d’information pourrait bien lui apporter. Vérifier qu’il ne fait pas à d’autres femmes ce qu’elle-même a subit peut-être ? Au vu du caractère rigoureux de mon interlocutrice elle n’aurait sans doute pas omis de le préciser si c’était sa volonté. Et ce n’est rien à côté de sa demande suivante qui réclame une confidentialité disproportionnée aux vues des informations fournies. Je ne peux m’empêcher de hausser un sourcil à ses requêtes. Quelle drôle d’idée que de vouloir me couper de certaines de mes ressources. A quoi bon un tel niveau de secret hormis pour me compliquer la tâche ? La dernière demande – bien qu'évidente – est étrangement explicitée et entourée d’une certaine emphase qui tranche avec son calme. C’est d’autant plus curieux de le préciser sachant qu’en règle générale quand on paye quelqu’un pour retrouver une personne ce n’est pas pour qu’il aille donner les infos à d’autres. Cette requête et les émotions qu’elle laisse transparaitre en la formulant ne fait que renforcer cette impression étrange autour de son histoire. Est-ce une simple maniaque du contrôle ou y a-t-il quelque chose d’autre là-dessous ?

Elle a visiblement terminé d’exposer de sa situation et ses conditions. Pour résumer, un faux nom, plusieurs années pour que les pistes refroidissent et pas d’accès à mes collaborateurs habituels. Et ce n’est pas le plus inquiétant dans cette histoire. Il y a quelque chose de louche dans ses demandes. Pourquoi établir sa routine ? Pourquoi tant de secrets ? Qu’elle reste évasive dans son histoire à ce stade n’a rien d’étonnant, mais réclamer autant de confidentialité et de précisions pour une bête histoire de coucherie n’a rien de commun. Si elle souhaite le retrouver pour le buter ça va clairement me poser un problème. On ne sait jamais de quoi sont vraiment capable les gens calmes et posés. Je me suis déjà retrouvé dans de sales histoires pour bien moins que ça et je préfère quand même savoir dans quoi je mets les pieds. Appuyé sur la table, je masque ma suspicion grandissante derrière un sourire aimable très bien rôdé.

« Plusieurs années c’est long pour rechercher quelqu’un. »  Elle a évoqué des recherches passées sans plus de précisions. D’autres détectives ayant eu des recherches infructueuses ont finalement décidé d’abandonner ? De nouvelles informations peut-être ? Ou alors un vide soudain dans la vie quotidienne qu’on vient remplir en cherchant des réponses à de vielles questions ? Et ça veut dire quoi quelques années ? Deux ans ? Cinq ? Ou bien plus que ça ? Je suis peut-être plutôt doué pour retrouver des gens, mais je ne fais pas non plus des miracles. « Pourquoi faire appel à moi maintenant ? »

Le morceau de musique se termine et se solde par des applaudissement polis émanant des tables les plus proches de la scène. Un instant plus tard la musique reprend tandis que les talons de la serveuse claquent sur le sol – presque en rythme avec la musique qui commence – à son approche. Elle arrive au niveau de notre table avec un sourire des plus professionnel et dépose devant nous nos commandes avant de repartir. Mon attention se reporte sur la femme en face de moi et son regard si déterminé. Je me renfonce dans ma chaise, décidé à comprendre si son obsession au secret vient de choses dangereuses ou simplement d’une fantaisie personnelle.  

« Et pourquoi autant de confidentialité ? » Ce n’est qu’une histoire de tromperie après tout, n’est-ce pas ? Même quelqu’un de pudique à l’extrême ne demanderait pas de se couper de toutes ses ressources sous prétexte de discrétion, et ce n’est pas comme si je donnais des détails à mes collaborateurs qui plus est. « Est-ce qu’il y a d’autres choses que je devrais savoir avant de m’engager à vous aider ? »

Est-ce que je peux vraiment m’attendre à une réponse sincère de sa part ? Probablement pas, mais ce serait bien trop stupide d’accepter d’entrée de jeu sans même essayer de tirer au clair ce qui semble louche là-dedans, même si elle propose beaucoup d’argent. Surtout si elle propose beaucoup d’argent. Les gens ne lâchent pas autant de thune sans une putain de bonne raison.
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Jeu 24 Juin - 10:21 (#)

Le détective privé la laisse s'exprimer librement. Respectant le flot de son récit. ll ne cherche ni à la couper ni à demander des précisions supplémentaires. Écoute le flux et le reflux de ses silences qui affleurent de non dit en écailles rocheuses. Des absences qui cisaillent et tranchent dans la chair des évidences. Il parvient même à ne pas souligner l’absurde d’une femme liée par les voeux du mariage et qui dévoue toute son energie à un amant plus volage qu’elle ne l’est. Medea n’a que pour seul époux son métier et celui-ci est bien malade. Il ne lui est plus possible de courir la fleur de sa vengeance. Pas alors qu’elle est à l’orée de retrouver tout le prestige que la trahison de Carlisle lui a arraché.

L’Italienne présente rapidement ses raisons, avant de lui demander l’Omerta. Une Omerta totale sans concessions. L'Omerta  qui coule dans ses veines. Elle a beau s’être coupée de sa famille, du Padre, depuis des décennies, elle est bien trop lucide pour ne pas en reconnaître les griffes quand celles-ci s’aiguisent et s’égarent hors de leurs fourreaux. Tout comme elle appuie sur un point crucial. Il ne doit pas s’approcher de Carlisle. Il se ferait buter. Elle en a l'intime conviction. Elle l’observe, détaille ses traits dans sa mémoire. Il est si jeune. Est ce qu’elle a le droit de le faire plonger dans un labyrinthe meurtrier dont les conséquences peuvent être dramatiques si il ne le prend pas au sérieux ses avertissements? Chaque cadavre que le Garou a semé depuis qu’il lui a faussé compagnie dix ans plus tôt teint son épiderme ambré d’une sale nuance de rouge dont elle ne peut se débarrasser.

Medea hésite. Elle déteste hésiter. Elle s’engage dans une direction et s’y tient. Sous sa langue, son coktail a un gout rance. Elle serait incapable de citer quelle est la chanson qui vient de s’achever. Un sourire aussi neutre sur le visage de son interlocuteur que celui qu’elle lui a adressé lors des premières minutes. Elle approuve : il sait parfaitement lisser ses expressions et garder ses impressions pour lui, ne laissant apparaître qu’un intérêt professionnel dans le cadre de la courtoisie. Ce qui émane de lui est Solide.

Un léger sourire pourtant quand il évoque le nombre d'années qui se sont écoulée -Une remarque en guise d'évidence -Mon sang est parfois plus Italien qu'Américain. Nous ne sommes pas doués pour oublier les insultes à notre honneur.Une question légitime et elle l’accompagne d’un bref hochement de tête, l’extrémité de ses mèches corbeaux venant chatouiller l’angle de sa mâchoire. -Mon époux est de nouveau à mes cotés et je n’ai plus le temps de poursuivre ce bastardo, cet individu.- Non, elle ne remarque qu’à peine la vulgarité italienne qui vient de se glisser contre son palais dompté. -J’en suis arrivée à un point où je suis bloquée, ou je ne parviens plus à avancer. J’ai besoin d’un regard objectif et neuf. D’une personne capable de déceler les failles qui ont pu m’échapper. -Clairement, à son ton, elle doute que ce soit possible. Néanmoins, conserver un vernis d’objectivité dans sa profession est indispensable. Elle n’est pas naïve au point de ne pas avoir conscience qu’elle est bien trop impliquée personnellement. Ses dires ne sont pas tout à fait vrais. Il lui reste un point de pression sur lequel elle pourrait s'appuyer, mais c'est trop tôt. C'est encore trop tôt pour confronter son collègue de la NRD et ancien compagnon de cellule de son cauchemar. Pour l'heure, Archos doit rester en dehors de son champ de vision direct.-De part votre réputation, je pense que vous pourriez être cette personne là.


Une bière qui fait son apparition et Medea regrette l’absence de la moindre aouate dans ses pensées. Le Tequila de ses cocktails n’est en rien suffisant pour apporter la moindre légèreté à son esprit sans repos. Non qu’elle recherche l’ivresse. Certainement pas ce soir. Il s’approche du cœur de ce qu’elle a tut.  A quel moment ils entretiennent une relation où elle peut attendre de lui une confidentialité professionnelle? A quel moment peut elle être certaine que rien de ce qu’elle lui dira par la suite ne franchira ses lèvres si Frisk décide qu’il n’a pas envie de prendre le risque de finir en cendre en se glissant au milieu de cette querelle  d’amants instables aux accents de meurtre?

Sa question tombe entre eux, aussi lourde qu’une pierre sur un lac gelé avant de glisser dans les eaux sombres et carnassière. Medea se tait. Entre eux s’établit un silence qui s’étire, qui en devient inconfortable par sa pesanteur. Par l’attention du regard de la femme sur lui. Elle le dépèce. Pèse les risques. Le plus sage serait encore de se lever et de partir, suivant son impulsion contrariée. Il ne mérite pas d’être jeté au requin. Car elle ne se fait aucune illusion. Si elle poursuit, elle fait de lui un instrument dans sa cabale. Sans compter que certains des rapports n’ont pas été obtenus par des moyens légaux. Qu’il y a encore plusieurs mandats d’arrêt qui courent derrière le garou.

Nécessité est mère de tous les vices. Et Medea n’est rien sinon une femme habituée à utiliser tous les moyens à sa disposition pour arriver à ses fins. Qu’importe les conséquences. Son regard sombre qui dévale les courbes de son visage, s’attarde sur sa posture corporelle, danse sur ses mains pour revenir à l’expression de sa bouche. Il ne s’est pas laissé impressionné jusqu’ici. Il a Besoin de connaître au moins une fraction de la personnalité de  sa cible. L’envoyer sur la trace d’un être comme Carlisle sans qu’il prévenu serait criminel et odieux de sa part. Son reste de conscience ne le lui permet pas.

C’est après un temps infini qu’elle se décide à parler. Elle lâche du bout des lèvres. -Mon amant était, est un Loup-Garou. Non, pas une légende, pas de je crois, pas de doute à ce sujet. -Il n’y a pas de place pour le fantasme d’une humaine qui voulait goûter au frisson de l’interdit en imaginant une part sombre chez l’homme avec qui elle partage son corps. Medea est un lac d’émotions violentes, de sentiments qui s’entrechoquent et se déchirent. Parfaitement contenu derrière un barrage de contrôle, de maîtrise et d’une volonté de fer. Mais Carlisle? Carlisle est la fracture dans le béton, celle qui menace de tout emporter et qu’il faut colmater sans cesse au risque de se faire balayer et noyer dans les flots. Elle se redresse et s’éloigne du jeune homme qui lui fait face. Aussi bien mentalement que physiquement. Aussi nettement qu’elle aurait chaussé une paire de lunettes de soleil opaque, elle devient inaccessible. Elle se penche. Ouvre une pochette transparente et en sort trois photocopies de photographie. Medea prend le temps de s’assurer qu’ils sont seuls. Que personne dans le bar ne prête attention à ce couple en pleine discussion dans un coin. A ce qu’aucune serveuse ne soit à proximité directe. Elle les dispose sur la table. Et se recule. Elle cale son dos contre le mur derrière elle. Elle connaît les crimes de Carlisle. Sur le bout des doigts. Parfaitement. Trois dates. 1970- 1995-2012. Trois corps. Trois corps mutilés et déchiquetés. Trois victimes qui n’ont toujours pas reçu justice. Ou vengeance. Les détails sont agressifs et si les clichés en noir et blanc, ils ne dissimulent rien de la violence qui s’est abattue sur les victimes.

Dix ans. Dix ans d’une relation conflictuelle, dysfonctionnelle, souvent cruelle. Dix ans à coucher avec un tueur à la limite de la sociopathie. A se perdre dans une brume passionnelle et charnelle. En sachant de quoi il était capable et ce dont il serait capable. En frolant et calcinant l’ensemble des barrières qui auraient du exister entre la consultante du NRD et le loup-garou placé sous sa juridiction. C’est insupportable de l’exposer aussi crûment à un regard étranger. L’introspection n’est pas la principale qualité de Medea. Une douleur presque physique d’accepter la réaction de son interlocuteur.
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Jeu 24 Juin - 19:43 (#)

Son explication sur la raison de pourquoi engager quelqu’un maintenant est amusante. Le mari revient, la traque de l’amant continue et se fait déléguer. Elle laisse même échapper une injure suffisamment proche de cette langue pour la comprendre sans mal. C’est amusant de voir que les seules émotions qu’elle manifeste sont à propos de cet homme, même des années après. Mais son explication se tient même si elle témoigne d’une ténacité à la limite de l’inquiétant.

La deuxième question ne rencontre qu’un silence. Un long silence inconfortable. Un de ceux qui ne présage rien de bon. Après une longue hésitation, elle prend un air sérieux et d’une manière extrêmement assurée me révèle la nature de l’homme qu’elle recherche. Impossible de cacher l’étonnement qu’engendre cette information et à quel point je la juge très peu appréciable. Pour une surprise, c’est une surprise. Et pas une bonne. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà croisé un loup-garou jusqu’ici. Enfin, pas que je sache. Mais je sais bien quels genres de dégâts peuvent faire des rats-garous et je peux sans trop de mal imaginer ce que peut faire une bête qui serait beaucoup plus grosse. On pourrait croire qu’étant moi-même un garou j’aurais tendance à considérer mes semblables de manière plus indulgente que le ferait les humains, mais ce n’est pas vraiment le cas. Je sais à quel point on peut vite se laisser submerger et quelles en sont les conséquences. Je sais que peu importe le temps qui passe, l’entrainement, le contrôle, il y a toujours la bête derrière qui n’attend que le moment opportun pour venir tout balayer. Sa manière d’annoncer ça avec une certitude indéfectible soulève bien d’autres questions. Je ne connais pas beaucoup de garous qui se révèlent à des humains. Ou alors pas volontairement. C’est à se demander dans quelles circonstances elle l’a appris, ou même si elle ne fait pas elle-même parti des CESS.

Sans un mot de plus, avec précaution et discrétion elle sort des photos qu’elle étale sur la table. Je me fige un instant en voyant ce qu’elles représentent. Ma propre bête intérieure remue face au carnage, toujours réveillée par un danger potentiel. Non mais là on n’est pas juste sur un loup-garou, on est sur une histoire de tueur en série. Je lui ferais bien une remarque sur son curieux choix d’amant, mais je me retiens. J’ose espérer qu’elle ne l’a su qu’après. J’attends un instant de reprendre le control sur l’animal qui partage mon esprit et je jette un œil aux photos. Les corps sont dans un sale état et le résultat pourrait s’apparenter à l’attaque d’une bête sauvage particulièrement vicieuse. Où est-ce qu’elle a bien pu trouver ces photos au juste ? Ça a l’air d’être le genre de cliché qu’on pourrait voir chez les flics. Toutes les photos datent d’avant la révélation des garous au monde, j’imagine qu’avant ça les gens pensaient à une attaque d’animal devant ce genre de choses. Depuis on essaye de nettoyer derrière nous.
Face aux photos, j’hésite. Ce n’est pas vraiment mon genre de courir après des gens dangereux, j’ai même une sacrée tendance à en rester très éloigné. Je me suis déjà fait taillader par un garou, j’aimerais bien éviter que ça arrive de nouveau. Je reporte mon attention sur mon interlocutrice redevenue impassible. Moi-même je ne souris plus du tout. Je comprends mieux pourquoi elle ne veut pas simplement une adresse mais pouvoir anticiper ses déplacements. Est-ce que lui trouver de telles informations s’apparenterait à l’envoyer à la mort ? Elle n’a pas l’air stupide, elle n’irait sans doute pas confronter un type pareil sans précaution. Donc maintenant on en est à un faux-nom, une piste refroidie depuis plusieurs années, un loup-garou et des cadavres.
De mieux en mieux.

Je jette de nouveau un coup d’œil aux photos. Je me fiche pas mal qu’il puisse y avoir des tueurs en liberté ou bien de rendre justice aux gens éparpillés sur ces images. Par contre ça m’emmerde qu’il attire l’attention sur les garous de cette manière. Si les autorités décidaient que finalement on était trop dangereux ça pourrait vite très mal tourner pour nous tous.  On n’a vraiment pas besoin de ça. Et puis, même si ça fait beaucoup de risques, ça fait aussi beaucoup d’argent. Je soupire, indécis. Le décalage entre l’ambiance calmement festive du bar – avec sa musique et les quelques éclats de rires que l’on entend parfois – et les horribles images représentant des corps ravagés qui trônent sur la table est plutôt étrange. Presque inconvenant. Je fixe de nouveau mon regard dans celui de ma nouvelle cliente.

« D’accord. »

Je n’en reviens pas moi-même. Mais de toute façon on a trop à perdre à ne pas s’intéresser à un foutu clébard qui abandonne des cadavres dans son sillage. Si je le retrouve on pourra toujours garder un œil sur un danger potentiel. Au moins maintenant je sais plus ou moins à quoi m’en tenir.

« Je vais retrouver votre gars. » Enfin, essayer de le retrouver. Je ne pars pas vraiment gagnant sur ce coup-là. Une des photos indique qu’il bute des gens depuis au moins 1970, il doit être sacrément doué pour se planquer depuis le temps. Je m’accoude à la table et m’approche d’elle. « Mais vous allez me dire comment vous avez eu ces photos… » qui semblent venir tout droit de chez les flics « … et tout ce que vous savez à propos de ce type. »

Je n’ai pas envie d’avoir de mauvaises surprises. Quoi qu’à la réflexion, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait être pire que le côté tueur en série. Peut-être bien que je manque d’imagination et que le pire reste encore à venir.
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Ven 25 Juin - 18:27 (#)

Jusqu’ici, toute leur discussion n’était qu’un prologue. Un prologue nécessaire, un prologue qui pose les bases d’une possible collaboration, mais à peine cela. Un amuse bouche avant d’attaquer le coeur de la difficulté. Si il s’agissait seulement de traquer un amant inconstant, l’affaire serait moins périlleuse. Néanmoins, Medea décide qu’il est largement temps de cesser de flirter avec ce qui est vraiment important. Il n’est pas question de lancer le jeune détective sur les traces d’un animal feral sans qu’il ne soit préparé à l’affronter avec autant d’armes que possible à sa disposition. Knowledge is Power. Ce n’est en rien un adage vidé de toute substance par trop de répétitions.

Elle se tait, le jauge et le condamne à entrer dans une vendetta qui ne le concerne pas et dont il ferait mieux de se tenir à l'écart. Medea sait avec une certitude glacée qu’il n’a aucune idée de ce qui l'attend. C’est son rôle d’y remédier en espérant que la sagacité de l’homme en face d’elle lui épargne le pire. Il accueille avec un sang-froid remarquable la nature de sa cible. L’étonnement est présent ainsi qu’une bonne dose de méfiance. Mais il ne refuse pas l’affaire d’un revers de la main. La pointe d’inquiétude n’est pas une terreur aveugle à la pensée de se confronter à une créature tirée des cauchemars les plus sombres. Elle hoche la tête. Satisfaite de son choix. Frisk a des tripes. Ou c’est peut être de l’inconscience, si il ignore la noirceur qui se dissimule derrière le mythe. Le visage de l’italienne reste sombre. L’ambiance détendue du bar ne l'atteint pas. Elle est dans une bulle où la ville agréable de Louisiane s’efface et se fond dans les aspérités des âmes humaines et pas tout à fait humaine.

Elle espère qu’il a déjà traité des affaires concernant les CESS, qu’il est préparé aux difficultés qui peuvent se présenter. Il est temps d’ajouter le coup de grace. Loup-Garou d’un coté, tueur en série de l’autre. Dans le cas de Carlisle, hélas, les deux vont de paires. Elle se recule, distance mentale. Non qu’elle puisse encore s’émouvoir de la violence abjecte des clichés, ils sont bien trop imprégnés dans son espace mental, mais elle étale ses failles et ses échecs, mis à nus sur la table grasse de trop d’alcool renversé et de débris de cacahuètes qui se sont incrustés dans le bois en dépit de tous les récurages. Non qu’il puisse le saisir, il ne s’agit que de son propre reflet. Que les murmures de sa rage. Il marque un temps d'arrêt avant de se pencher. Là encore, aucune réaction d’outrage ou d’horreur. Nulle trace de nausée ou d’angoisse face à ces entrailles mises à nues et ses gorges déchiquetées. Il a déjà été confronté à des scènes acides et sauvages. Les cadavres jonchent les abords de son passé en fantômes familiers. A quel point les tragédies sont personnelles et ou seulement liées à ses activités, Medea ne peut le déterminer simplement en l’observant.

Le silence entre eux n’est plus inconfortable, il ne met pas mal à l’aise l’italienne. Il signifie qu’il réfléchit, qu’il pèse le pour et le contre. Marquant le trait de la raison au désavantage d’une tête brulée. En aucun cas, elle ne souhaite s’associer à un impulsif ou à un homme en croisade. Medea attend son verdict. Jusqu’à ce qu’il croise son regard et scelle leur entente d’un seul mot. Un léger sourire flotte à ses lèvres et atténue la froideur habituelle de son attitude. -Ce sera un plaisir de faire équipe avec vous. -Une pointe amusée, vite disparue. Si elle n’a pas l’intention de le harceler tous les jours pour obtenir des informations sur ses progrès, il risque de découvrir rapidement qu’elle ne sera pas non plus le genre de cliente à simplement faire un transfert d’argent en se contentant de vagues résultats. Elle a bien l’intention de se joindre à lui dans les diverses phases actives de son investigation. Pas certain que Frisk apprécie cette manière de procéder. Le choix ne lui sera pas donné, elle n'est pas arrivé jusqu'ici en attendant que les hommes lui donnent la permission d'agir . -Est ce que six mois vous semble un délai suffisant pour déterminer si vos recherches peuvent aboutir?- Assez pour savoir si il y aura besoin de lui glisser le nom d'Archos. Pour le moment, elle préfère approcher seule son collègue.

Il faudra discuter encore des détails pratiques, le nombre d’heures raisonnable qu’il peut y passer par semaines. Mais Tyler n’en a pas tout à fait terminé. Il s'acoude sur le plateau de bois et rompt la distance qui existait entre eux. Medea en fait de même, brisant la gangue dans laquelle elle avait trouvé refuge. Son sourire devient plus présent, plus réel. Non qu’elle se moque de lui, mais elle est réellement amusée par son audace et ses exigences. Quelques brèves secondes où son austérité se fracture, laissant entrevoir un visage plus lumineux. Elle se penche davantage, envahit franchement son espace vital. Sa joue frôle la sienne, à peine un effleurement de pistil de pissenlit, juste assez pour sentir l’odeur de son after shave. Venant distiller à son oreille un -Non, -aussi suave qu’irrévocable, suivi d’un -Oui - aux mêmes accents de déterminations. Déjà elle se recule. Elle rafle les photos qu’elle range soigneusement dans son porte-document. -Non, vous n’avez pas besoin de savoir comment j’ai obtenu les documents que je vais partager avec vous. Et ils seront nombreux. -Un regard de regret, son second cocktail est définitivement vide et sur scène, le groupe prend une petite pause pour s’humecter un gosier sec. Medea n’a pas l’intention, pas une seule seconde, de partager ses sources ou la manière dont elle a rassemblé tous les éléments dont elle dispose. Ce serait lui créer une fenêtre vers Medea Comucci et il en est hors de question. Pas sans une absolue nécessité qui ne se justifie pas pour le moment. Si il s’ombrage de son ton, il n’a encore aucune idée de ce que cela signifie de se faire marcher sur les pieds avec des talons aux exquises aiguilles. Métaphoriquement parlant bien sur. - Vous travaillez pour moi, Monsieur Frisk. Pas l’inverse. Cependant soyez assuré que je ne vous dissimulerais aucune information qui pourrait vous permettre de remettre la main sur lui ou qui soit important pour votre sécurité.  Je n’ai pas envie d’avoir votre mort sur ma conscience, Tyler.

Elle est déjà bien assez lourde comme ca. Elle dépose sur la table un billet de 50 dollars, largement excessif pour leurs consommations, ce qui devrait ravir leur serveuse, et devant lui une enveloppe bombée de plusieurs liasses de cent dollars. L’italienne ne peut plus rester dans ce bar. Elle a besoin de sortir, de marcher. De sentir la fraîcheur de la nuit sur sa peau, et surtout d’allumer une cigarette. Elle a conscience que son revirement doit surprendre le détective privé, mais il apprendra à composer avec. C’est une femme d’intuitions et d’impulsions, qui les étayes par des calculations et des manipulations en amont. -Je vous attends dehors à votre convenance. -Elle n’attend pas vraiment sa réponse, se relevant souplement et saisissant sa veste de blazer qu’elle drape sur son avant-bras.
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Dim 27 Juin - 20:11 (#)

La musique a repris mais c’est à peine si j’y prête attention tant cet environnement léger et festif semble loin de ce qu’il se passe à notre table. Consciencieuse, elle propose un délai pour voir dans quelles mesures il est possible de trouver quelque chose. Six mois semblent raisonnable pour savoir à quoi s’en tenir. Si d’ici là je n’ai pas le moindre début de piste, c’est qu’il lui faudra trouver quelqu’un de plus doué, ou alors accepter de me laisser partager des infos avec des gens qui pourront me filer un coup de main. Mais chaque chose en son temps. J’acquiesce pour les six mois.

Visiblement mes demandes l’amusent, ou au moins lui arrachent un sourire que je ne saurais pas vraiment interpréter. Ça tranche bien trop avec l’air placide qu’elle arborait la plupart du temps durant nos échanges. Elle s’approche – bien trop pour ce type de conversation – envahissant volontairement mon espace personnel. Je la laisse faire sans me reculer, curieux de la situation. Elle ne m’offre que deux mots pour toute réponse avant de se reculer de nouveau tout en faisant disparaitre les photos de la table. Elle balaye ma première demande d’un ton résolu sous un regard suspicieux de ma part. Qu’elle garde ses sources pour elle ne m’inquiéterait pas tant si ses photos ne semblaient pas venir tout droit d’une véritable enquête de police. J’aimerais comprendre quel est son lien avec les flics, comment elle peut bien avoir beaucoup d’informations au sujet d’un tueur en série – fusse-t-il son amant – mais je doute qu’elle m’offre une quelconque réponse à ce sujet. Il faudra sans doute que cherche à en savoir un peu plus sur elle de mon côté, par simple mesure de précaution. Sa déclaration suivante se voudrait rassurante dans ses dires mais je ne peux pas vraiment lui faire confiance sur ce coup-là quand bien même elle serait de bonne foi.

« On ne sera peut-être pas d’accord sur quelle information est importante ou pas. Trier les infos c’est prendre le risque de me faire passer à côté de quelque chose.»

D’autant plus que je pourrais peut-être repérer des choses propres aux garous qu'elle ne verrait pas nécessairement, mais ça je m’abstiens de le lui dire. J’imagine qu'il va falloir que je me contente de ça pour le moment, elle n’a pas vraiment l’air d’être du genre à négocier. Malgré tout, je ne peux m’empêcher d’être un peu impressionné par ses manières et sa détermination.

Elle dépose de l’argent sur la table et – contre toutes attentes – quitte l’établissement, m’invitant à la suivre. Je m’attendais plutôt à ce qu’elle me fasse part des informations qu’elle a à disposition. Elle ne s’est pas gênée pour exposer des photos de cadavres après tout, alors pourquoi ne pas continuer sur sa lancée ? Pourquoi j’ai la sale impression que ça va être une cliente difficile à gérer ?
Je termine ma bière, récupère l’épaisse enveloppe à mon intention en jetant un œil à l’intérieur et la range dans mon manteau. C’est probablement un des jobs qui sera le mieux payé et certainement un des plus risqué aussi. Je quitte la table à mon tour tandis que la serveuse est déjà entrain de s’approcher pour récupérer les verres vides et nettoyer la table pour les clients suivants. L’ambiance du bar est plus animée que lors de mon arrivée, la foule éparse est devenue plus fournie, mais tout ça semble lointain. Le décalage entre les photos qui étaient étalées sur la table il y a peu et la légèreté de la musique et des éclats de voix semble presque ridicule. Je traverse le groupe de fêtard, esquivant les gens légèrement alcoolisés aux gestes brusques et hasardeux. Je passe la porte et dès que celle-ci s’est refermée la douce musique se retrouve avalée par l’établissement, cédant au calme de la rue. L’avancement de la soirée n’a pas raréfié les groupes de passants qui sortent s’amuser, en revanche leur alcoolémie a l’air plus élevée au vu de leurs trajectoires légèrement incertaines et leurs éclats de voix non maîtrisés.

Je repère rapidement l’italienne non loin de l’entrée du bar et la rejoins. Même sous la lumière blafarde des lampadaires elle ne perd pas son allure distinguée. Je profite des quelques mètres qui nous séparent pour me sortir une clope et l’allumer, il me faut au moins ça après avoir accepté de traquer un loup-garou porté sur le meurtre. On est suffisamment éloignés de l’entrée et des clients du Voodoo Café sortis prendre l'air et il n’y a personne pour nous entendre tant qu’on n’élève pas la voix plus que de raison. Après une taffe de cigarette, je lui demande :

« Et je peux espérer les voir quand ces nombreux documents à la provenance douteuse ? » Je suis assez curieux de voir ce qu’ils contiennent et s’ils ont l’air d’avoir la même provenance que les photos qu’elle m’a montrées. J’ai comme l’impression que ces dossiers me réservent un tas de sales surprises. « Vous comptez me dire comment vous avez découvert sa tendance à laisser des cadavres derrière lui ou pas ? » Est-ce qu’elle compte faire des mystères à ce sujet également ? « Vous ne m’avez même pas donné son nom. Enfin, son faux-nom. »

Un faux nom qui date de plusieurs années, donc. Il n’est sans doute plus d’actualité depuis longtemps mais c’est tout de même mieux que rien. Un point de départ bien vacillant, mais un point de départ tout de même. Espérons qu’elle a vraiment autant d’informations qu’elle le prétend. Il faudra au moins ça pour espérer remonter la piste d’une si vieille histoire.
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Lun 28 Juin - 18:43 (#)

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Tyler ne peut déceler combien lui ouvrir une porte sur son intimité, sur le monstre qu’est son ancien amant lui coute. Medea n’est pas encore prête à lever le voile qu’elle maintient sur la proximité qu’ils partageaient. Ce mélange trouble et malsain d’un accord professionnel corrompu sous fond de chantage et d’une attirance charnelle avide. Aussi la Sinueuse ne partage que des aspects détachés, essayant de réduire l'impact de l’affect. Trace les contours de son enquête et en délimite le raisonnable. Elle n’attends pas des miracles et n’a pas l’intention de jeter son argent par les fenêtres pendant des années pour des bribes de nouveautés inexploitables. Bien que la réputation du détective privé n’est pas celle d’un homme usant de ces méthodes d’arnaque.

Elle joue avec les frontières de leur rencontre sans totalement en brouiller les lignes par des gestes ouvertement inconvenants. Il ne s’émeut ni dans un sens ni dans un autre. Conservant son maintien et sans marquer ni recul ni trouble. Décidément, il lui plaît, au-delà de ces légères provocations. Il lui plaît par le calme et la sérénité qu’il dégage. Il ne se laisse pas distraire par de la poudre d’or intangible et garde le cap de ses questions. Pas déterminé à faire preuve d’une confiance aveugle, sa méfiance est apparente sans être insultante.

Une légère dénégation du menton à sa remarque. Ils se sont mal compris et Medea dissipe rapidement de malentendu. -Je me suis mal exprimée. Vous aurez accès à l’ensemble des pièces que je possède, sans filtre de ma part. Je vous laisserais juger par vous même ce qui pour vous est important et ce qui n’est que du bruit pour progresser. Le tri vous appartiendra.

Elle a déjà classé, organisé les dossiers selon son propre regard mais rien n'empêchera le détective de le refaire selon ses préférences. De toutes manières, elle a pris le temps en amont d'épurer les différentes provenances des preuves et documents. Medea a besoin de mouvement, d’une cigarette, de la fraîcheur relative de la nuit. Sans expliquer son revirement d’attitude, elle quitte le bar, non sans l’inviter à la rejoindre à l’extérieur. Dès le seuil du bar franchie, Medea s’allume une cigarette. Tire une longue bouffée de tabac et savoure le rush des premières secondes de nicotine. Une rafale de vent qui contient encore les parfums d’un été qui refuse de s’éteindre balaie ses cheveux. Elle a presque l’impression de sentir les épices cajuns et carnés qui s’échappent des différents restaurants. Rappelant à son estomac qu’elle n’a pas pris le temps de se nourrir correctement. Pas besoin de blazer, la soirée est douce malgré la pénombre qui s’est intensifiée depuis qu’ils se sont rejoints dans le bar. Un coup d'œil au ciel dont le bleu nuit s’étire vers le minéral, s’attardant à peine sur la lune montante, en une virgule lumineuse qui zèbre le ciel.

Les groupes aux humeurs bravaches et les couples qui ne sont absorbés que l’Autre ne la dérangent pas. Un regard aigu pour en saisir la nature et ils disparaissent de son paysage mental. Le jeune homme la rejoint quelques minutes plus tard, allumant une cigarette à son tour. Ils auront au moins ce vice en commun. Un silence éphémère, sacrifié au dieu du tabac. Il a plusieurs demandes qu’il exprime sans qu’elle ne le coupe. Un sourire amusé à sa question. -Vous avez hâte de plonger dans ce panier de crabe? -Sans relâcher sa cigarette, fouillant dans son sac de sa main gauche, elle en sort un disque dur portable qu’elle lui destinait. - Vous trouverez ici une grande partie du matériel dont je dispose. -Ses prunelles s’arrondissent dans une innocence surjouée toute méridionale - provenance douteuse? Vous me blessez, monsieur Frisk - Déjà son sérieux revient et elle ajoute. - Le disque dur est crypté. La clef de codage change toutes les huit heures, je vous ferai parvenir le lecteur spécifique dans la nuit ou demain matin à votre convenance. Je tiens, bien sûr, à votre disposition une version papier si vous préférez. -Medea n’ajoute pas qu’il a plutôt intérêt à ne pas les laisser traîner et s’arranger pour qu’un curieux ne puisse pas les trouver à la première fouille de ses locaux. Elle espère qu’il a vraiment compris la dangerosité de sa nouvelle affaire.

Elle marque une hésitation qu’elle dissimule en écrasant le mégot de cigarette contre le mur, le balançant dans un des nombreux cendriers qui bordent le trottoir. Le plus simple serait qu’il vienne récupérer les deux cartons qu’elle a mis de coté dans sa chambre d'hôtel. Mais… est ce qu’elle a réellement envie qu’il soit présent dans la suite qu’elle occupe depuis qu’elle a mis les pieds dans la ville? Elle s’interdit de jouer avec l’anneau qui pèse à son doigt, dérangeant par sa simple présence. Et pour peu que le portier de nuit ne soit pas en pause, elle n'a aucune envie de voir les rumeurs d’un gigolo dans sa chambre se répandre. Bordel, il y a dix ans, Medea ne se serait pas posé ce genre de questions à la con. Elle en devient bourgeoise bien pensante et c’est ulcérant. Depuis quand elle s’inquiète de ce genre de considération ou de comment sa proposition peut être perçue?! Surtout par un mec qui doit avoir vingt ans de moins qu’elle, au bas mot. Aucun de ses collègues n’a jamais mis les pieds à son hôtel. Est ce qu’elle veut commencer avec lui? De toute manière, elle se questionne pour rien. Nul doute que Frisk, enfant du digital, n’a pas besoin d’une masse de papiers. Quand sa voix s’élève à nouveau, elle est lisse et dénuée de la moindre trace de son dilemme interne. Parfaitement neutre et maîtrisée. -Si vous en avez besoin, vous pouvez soit les récupérer dès ce soir en passant rapidement à mon hôtel, ou je vous les déposerais dans la semaine, je n’aurais pas le temps avant. -Pas de coursiers pour les documents. Hors de questions qu’il y ait le moindre intermédiaire.

Elle s’est mise à marcher le long de la rue passante, éprouvant le besoin d’être en mouvement, n’ayant aucun doute sur le fait qu’il puisse rester à sa hauteur sans mal. Medea a parfaitement entendu sa seconde interrogation mais décide de l’enterrer dans l’absence de réponse. Il n’y a que deux options. Le mensonge ou la vérité. Aucun des deux ne lui convient pour ce soir. Medea répugne à un mensonge aussi direct. Elle n’a pas découvert sa tendance à semer des morts. Elle a été amenée à bosser sur lui et avec lui à cause de ces mêmes crimes. Le premier Loup-Garou identifié. Sa première créature. Pas son premier tueur. Mais celui qui a fini par lui échapper. Son profil finit par pivoter vers lui, croisant à nouveau son regard au sien. -Carlisle. William Carlisle, pendant au moins dix ans. Depuis, j’ai découvert ceux de Julien Sorel, oui comme celui de Stendhal. Il est français. De cela, je suis certaine. Meursault Camus, Zach sans nom de famille, Duncan Wheeler.

Sans y réfléchir plus de cinq secondes, elle tire une seconde cigarette de son étui et l’allume. Carlisle n’a pas du résister à l’attrait de cette ville où il y a une telle concentration de Cess que c’en est presque un catalyseur pour le reste du pays. Il est proche, son intuition le lui hurle. -Vous avez d’autres questions pour ce soir? Monsieur Frisk, je vous conseille la plus grande des prudences. Ne me laissez pas dans l’ignorance de vos progrès. J’entends être prévenue à chaque étape. Je vous accompagnerais sur le terrain aussi souvent que je le pourrais si vous allez interroger des possibles témoins. -Son ton est absolu et ne permet aucune négociation. C’est celui qu’elle peut employer face à ses équipes de subordonnés ou ceux avec qui elle ne travaille pas depuis longtemps et qui n’ont pas encore l’habitude de son fonctionnement.

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Mer 30 Juin - 9:17 (#)

Les talons des passants qui claquent sur le bitume, leur voix chevrotantes portant des discussions des plus banales aux plus improbables et les musiques qu’on peut entendre à l’ouverture de la porte d’un bar ou d’un restaurant génèrent un fond sonore en total décalage avec le macabre de l’affaire dont on parle. Ça en devient presque comique. Les détectives qui ont leur propre cabinet ne pourront jamais vivre le ridicule de cette situation. En un sens c’est un peu triste pour eux.
Je hausse vaguement les épaules à sa question. Son histoire est suffisamment intrigante pour que je veuille en savoir plus sans attendre, de là dire que j’ai hâte est peut-être exagéré.

« Disons que je n’aime pas que les choses trainent. »

Je récupère ce qu’elle me tend et ne lui offre qu’un air dubitatif face à sa plaisanterie et ses minauderies. Si aux premiers abords on aurait pu croire à ses airs innocents et fragiles, la détermination dans son ton, le froid de ses expressions et son aplomb à retrouver un tueur en série ont vite de quoi détromper les apparences. A peine une phrase et déjà son sérieux reprend le dessus, dévorant les vestiges de naïveté qu’elle a jouée. Je me demande combien de personnes sont tombées dans le panneau et s’en sont ensuite mordu les doigts. Je hausse un sourcil lorsqu’elle décrit les mesures de sécurité entourant ce disque dur, soulignant encore une fois le caractère exceptionnel de ce boulot par rapport aux autres. Une précaution qui semble presque virer à la paranoïa. Je range le disque dur dans une poche à l’intérieur de mon manteau, intéressé lorsqu’elle parle de version papier. Des photos imprimées sont bien plus simples à manipuler et à mettre en parallèle que leurs versions numériques. Elles permettent en général un point de vue bien plus global des choses.
Medea marque une pause pour balancer son mégot et reprend finalement en m’apprenant que le dossier papier se trouve dans son hôtel. Un instant je reconnais le côté tendancieux que pourrait avoir la proposition, enfin si on oublie son mari, son goût pour les tueurs en série et les photos de cadavres qui s’entassent dans sa chambre d’hôtel. Et d’ailleurs, pourquoi un hôtel ? Ne vit-elle pas dans le coin ? Peut-être pour cacher ses dossiers macabres et la recherche de son amant à son mari. Est-il au courant de quoi que ce soit d’ailleurs ? Tant de questions qu’il est inutile de lui poser pour le moment, j’ai bien vu qu’elle n’est pas du genre à facilement donner des réponses sur des choses personnelles. C’est bien dommage, au vu du caractère extrêmement personnel de ce dossier. Je n’aurais sans doute pas besoin de la version papier dans l’immédiat, j’ai bien l’intention de commencer par faire plus de recherches sur elle avant toutes choses et puis il y a toujours les dossiers numériques pour le moment.

« Vous n’aurez qu’à me les déposer dans la semaine. »

Ne tenant pas en place elle commence à remonter la rue et je lui emboite le pas. Les lampadaires découpent des ombres bizarres qui se tordent et s’étirent aux grès de nos pas. Elle commence à énumérer plusieurs faux-noms. Encore une fois c’est à se demander comment elle a appris tout ça, mais je suis résigné à l’idée de ne pas avoir de réponse sur la manière dont elle a réuni ses informations ce soir. Ça viendra. Et puis j’en apprendrais surement plus dans ses dossiers. J’abandonne mon mégot terminé dans un cendrier qui passe à proximité et on continue à avancer, en esquivant quelques fêtards déjà bien alcoolisés.

« Je vous appellerai si j’ai des questions après avoir lu vos dossiers. »

Sa dernière demande me surprend, et pas dans le bon sens. Qu’elle réclame que je la tienne au courant des avancées est absolument normal – d’autant plus au vu du salaire considérable qu’elle me verse – mais la suite n’a rien de commun. Je marque un temps d’arrêt, la fixant et essayant de déterminer s’il s’agit d’une mauvaise blague, même si j’ai bien compris que ce n’était absolument pas son genre. Elle semble mortellement sérieuse et son ton ne semble accepter aucune réplique. Malgré tout je suis quelqu’un qui aime répliquer.

« Vous êtes sérieuse ? » Je ne pense pas qu’elle soit du genre à plaisanter de cette manière, mais la demande est trop inattendue. « Parce que vous pensez vraiment que c’est une bonne idée et que ça va faire avancer les choses ? » D’autant plus que pour interroger les témoins j’ai souvent tendance à les faire salement picoler, à leur mentir sans vergogne ou à faire semblant d’être leur pote. Ça marchera moins bien si elle traine dans le coin avec son air autoritaire. « Je croyais que vous vouliez tenter une autre approche. Ça inclus de pas interférer. »

Malgré tout je peux quand même deviner au ton qu’elle a employé que ce n’est pas une grande nouveauté pour elle d’interroger des gens. A défaut de pouvoir la faire changer d'avis, c’est peut-être une opportunité à saisir pour en apprendre plus sur ses activités. Si je n’obtiens rien en lui posant des questions directes, on peut essayer autre chose.

« Et puis qu’est-ce qui vous fait croire que vous arriverez à tirer quoi que ce soit ? C’est pas vraiment une activité pour femme au foyer. »

Je doute qu’une telle provocation la fasse vraiment réagir, mais sait-on jamais. Quelle que soit sa réaction, ça m’apprendra forcément quelque chose.
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Ven 2 Juil - 23:10 (#)

Medea ne va certainement pas remettre en cause l’envie de Frisk de faire du zèle sur cette nouvelle affaire. La curiosité est le défaut le plus sain dont il puisse souffrir, au vu de sa profession. En passant, elle se demande sur les raisons d’un tel choix de carrière, mais ce n’est pas le moment d’aborder ce sujet avec lui. Plus tard, en fonction de l’évolution de leurs relations professionnelles. Dans le long ennui d’une surveillance d’un suspect, les langues ont tendances à se délier. Ne serait ce que par désamour d’un silence constant. La sinueuse n’a pas mené de recherches approfondies sur lui. Préférant d’abord se fier aux premières impressions et à ce qu’il dégage. Pour le moment, il est loin de démériter.

Sans paroles inutiles, il récupère le disque dur, sans entrer dans le théâtre qu’elle lui offre l’espace d’un court instant. Non qu’elle souhaitait réellement le tromper sur l’acier qui compose les trois-quarts de sa personnalité. Le dernier quart est une rouille sournoise et grinçante, qui ne cesse de la ronger et de gagner du terrain. Tant que Carlisle est en liberté, c’est elle qui ne l’est pas. Prisonnière d’une chappe de ressentiment et de rage. Un léger sourire malgré tout lorsqu’une moue de surprise s’esquisse sur les lèvres de son vis à vis. Il la pense excessive dans son besoin de protection, une insistance rabâchée dont la nécessité lui échappe. Il y a de l’ironie dans son sourire. La brune lui pardonne parce qu’il ne Sait pas encore. Il n’a pas compris la profondeur de la fosse sceptique dans laquelle il s’apprête à plonger sans masque ni tuba.

Un hochement de tête alors que leurs pas s’accordent l’un à l’autre, continuant leur discussion de concert. A cette heure-ci, les parcs publics devraient être fermés, mais il semble que les autorités soient laxistes. Sans décisions conscientes, laissant ses pas la guider au rythme de leurs échanges, elle dévie de la ruelle passante pour une allée baignée de pénombre. Cela pourrait être un choix dangereux si elle n’avait pas la certitude d’être parfaitement en état de de se défendre le moment venu. Medea pointe l’absence d’un renseignement fondamentale. -Je vous les dépose où exactement? Je n’ai pas vu d’adresse sur votre carte de visite. -C’est une particularité qui l’a interpellé. Visiblement, l’Italienne n’est pas la seule à protéger sa vie privée.

Tranquillement, ils posent les limites et les termes de leur collaboration. Il tique plus visiblement quand elle affiche clairement sa volonté de ne pas le laisser toujours travailler en solo. La vipère hausse un sourcil sans se donner la peine de répondre. Elle est aussi sérieuse que le Pape en pleine Messe de Paques. Il ne se laisse ni démonter ni marcher sur les pieds. Le respect et l’embryon de confiance qu’elle lui accorde ne sont pas usurpés. Elle réfléchit pendant quelques secondes à ses arguments et finit par acquiescer, acceptant la possibilité de compromis. -Je pense que mes méthodes pourraient vous surprendre. Et je suis aussi capable de ne pas m’en mêler directement, d’être dans l’ombre le cas échéant, si vous pensez qu’une présence féminine serait un obstacle. -Mais elle a besoin d’être présente. D’écouter les phrasés et le vocabulaire. De lire le langage corporel et les centaines de cris qui s'expriment sur le visage pour qui sait les lire. -Je peux parfaitement être invisible si la situation l’exige. -Elle secoue la tête à son air incrédule, la froideur et la sévérité de sa posture se degelant peu à peu. Cette rencontre l'intéresse et l’amuse et la challenge, un mélange trop rare ces derniers temps. -Je me ferais un plaisir de vous le prouver. Vous voulez en faire le pari?

Pour occuper ses mains, c’est cela ou elle s’allume une nouvelle cigarette, Medea attrape au passage une feuille orangée sur l’un des arbres qui bordent l’allée piétonne. Méthodiquement, ses doigts la réduisent en lambeau avant de les laisser retomber au sol, ce sera un manège répété plusieurs fois. Permettant à Tyler de prendre en considération sa proposition. Mais ses paroles suivantes sont absolument inattendues. Interloquée, elle s’immobilise. Ses yeux se sont agrandis sous la surprise. -Femme au…- Avant qu’elle soit prise d’un véritable fou rire. Ne parvenant même pas à reprendre ses mots. La profiler finit par se calmer. Son sourire cette fois est sincère, réel et sans plus rien de feint. Il vient de fendre sa cuirasse un peu hautaine d’un coup d’estoc par cette supposition. Sans le savoir il vient de renier trente ans d'efforts acharnés. Femme au foyer? piuttosto morire. Jamais. Dans les ténèbres de ses prunelles, une hilarité qu’elle contient tout juste- Mais d’où vous vient cette idée saugrenue?! Je ne suis pas femme au foyer, Monsieur Frisk. Je suis fonctionnaire et j’ai été détachée par mon office pour aller aider les autorités de Shreveport après les débordements de l’année dernière. Vous n’avez pas idée de la masse de paperasse et le bordel administratif que je dois traiter! Je devrais chercher un appartement, mais je n’ai pas de temps à accorder pour ce genre de futilité. A moins que vous connaissiez une bonne agence immobilière?

Elle ne plaisante qu’à moitié. Fonctionnaire, ça ne fait pas peur, fonctionnaire. Ça a un côté sans intérêt et soporifique. Le plus magnifique, c’est qu’elle ne ment pas. Les agents du FBI sont bien des fonctionnaires, employés directement par le gouvernement américain, à l’instar de la NRD qui est maintenant une agence fédérale. Tout comme les journées de Medea sont occupées à passer beaucoup trop de temps à remplir des dossiers et des fiches et des rapports suivant un protocole intransigeant et chronophage. -Mon mari est journaliste d’information, j’ai beaucoup appris en observant son approche pour ses enquêtes.

Cette fois, elle cède à sa tentation et s’allume une nouvelle cigarette. Medea prend appui sur le tronc d’un arbre dont les branches décharnées les surplombent en doigts squelettiques. -Vous me plaisez. Je pense qu’on travaillera efficacement ensemble. Sachez aussi que vous pouvez clore cette enquête à votre convenance, si vous sentez qu’elle vous échappe.

Si vous craignez pour votre vie. Si vous avez l’impression d’être surveillé. Sagement, elle choisit de taire ces possibilités diffuses et intangibles. Qu’il sache la porte de sortie ouverte est suffisante. -Avez vous besoin d’autres détails pour cette nuit? Sinon je vous ferais parvenir la clef de décryptage demain matin et vous pourrez profiter du reste de votre soirée.

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Sam 3 Juil - 14:14 (#)

L’italienne nous entraine à l’écart de la voie principale – quittant les bruits d’une rue animée par la fête et les effluves d’alcool pour le calme et l’obscurité – tandis qu’elle souligne le fait qu’elle n’a aucune adresse où déposer les fameux dossiers. Comme si j’allais mettre mon adresse personnelle sur ma carte de visite. J’ai même pris garde à ce qu’elle ne soit ni dans l’annuaire ni sur internet, ça me semble faire partie des précautions de base. En général ce n’est pas une information que je donne aux clients, mais la plupart du temps lesdits clients n’ont pas une tonne de dossier à transmettre.

« Je vous enverrai l’adresse. »

La discussion continue et face à mes réserves sur sa volonté d’être présente lorsque je parle à de possibles témoins sa réponse est ambivalente. Quand bien même elle acquiesce, il n’en demeure pas moins qu’elle réaffirme sa volonté d’être là, même en restant dans l’ombre. Sa remarque quant à ses méthodes éveille ma curiosité, ce n’est pas vraiment quelque chose que balancerait quelqu’un qui n’est pas très au fait de la récolte d’information. Je n’ai qu’un air dubitatif quand elle affirme pouvoir être discrète et effacée en cas de besoin. Je l’avise un instant. Je vois mal comment elle pourrait se rendre invisible si c’est un mec qu’on interroge. Elle est le genre de femme qu’on remarque, mais je serais curieux de la voir essayer d’être transparente. Malgré tout, il n’y a aucune chance pour que je l’entraine voir des gens trop liés aux CESS – le genre de piste que je ne peux suivre que parce que je suis un garou et qu’il serait trop délicat de lui expliquer comment je suis remonté jusque là – mais pourquoi pas pour des pistes plus standards. J'ai bien envie de la voir interroger quelqu’un. Sa suggestion de parier me révèle un côté compétitif chez elle, ce qui finalement n’est pas très étonnant au vu de son tempérament. Je souris de manière mi-amusée et mi-ironique. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle arrive à piquer ma curiosité.
Ma petite provocation se trouve être plutôt efficace. Contre toute attente elle se fige et semble vraiment surprise pour la première fois cette nuit. Je m’arrête à ses côtés tandis qu’elle éclate de rire sous mes yeux ébahis. Un rire qui a l’air des plus sincère et authentique qui tranche avec ce qu’elle dégageait au point que c’en est presque troublant, quoi que pas forcément désagréable. Je souris à ses explications. En l’espace d’une phrase j’en ai appris plus sur elle que durant toute la soirée. Elle travaille avec les autorités sur les évènements d’Halloween – de quel autre type de débordement pourrait-elle bien parler ? Avec un peu chance je pourrais peut-être réussir à récupérer des informations à ce sujet également. C’est sans doute via ce travail qu’elle a obtenu toutes les photos qu’elle m’a montrées et ses fameux dossiers. Je suis toujours étonné de voir à quel point il est plus facile de faire parler les gens en les laissant nous contredire plutôt qu’en leur posant des questions. Je secoue la tête à sa demande, non je ne connais pas de bonne agence immobilière. Je comprends mieux l’hôtel du coup. Tandis qu’elle s’allume une nouvelle cigarette, je l’accompagne dans ce vice sortant mon propre paquet de clope pour en allumer une à mon tour. Sa remarque sur le fait que je peux clôturer l’enquête de mon propre chef me fait froncer les sourcils. Une clause pour le moins inhabituelle, surtout venant de la part de quelqu’un qui a l’air tenace et qui paye grassement. Peut-être que le temps passé à traquer son ex lui a déjà fait voir tout un défilé de privés et qu’elle préfère passer de l’un à l’autre plutôt que d’attendre face à une recherche qui traine. Soit. Une nouvelle fois elle propose de répondre à d’éventuelles questions, comme pour clore cet entretien. je réfléchis un instant en crachant ma fumée et finis par trancher :

« Non, je pense qu’on a fait le tour pour le moment. »

Ça fait déjà beaucoup d’informations pour une seule soirée et je ne doute pas que de nombreuses autres questions vont se présenter une fois que j’aurais jeté un œil aux informations qu’elle a cumulées jusqu’à présent. Visiblement notre entrevue touche à sa fin. Je jette un œil aux alentours pour me repérer et resituer dans quelle direction je suis garé. Avec un sourire en coin je lui dis :

« J’ai hâte de travailler avec vous. » Bien que cette histoire de loup-garou tueur en série soit réellement préoccupante, l’idée de la voir utiliser ses méthodes d’interrogatoire m’intrigue. Je lui serre la main pour clôturer notre entretien de la même manière qu’il a commencé. « On se revoit bientôt. »

Au moins pour la clef de cryptage et les documents au format papier. Peut être plus si je parviens à trouver quelque chose d’intéressant, mais je me fais très peu d’illusions à ce sujet : cette affaire va être monstrueusement compliquée. Je tourne les talons pour rejoindre ma bagnole, la tête remplie de toutes ces images de corps mutilés qu’elle m’a montrées. Si un jour on m’avait dit que je me retrouverais à chercher volontairement un tueur en série je n’y aurais pas cru. Comme quoi, tout peut arriver.
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