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La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea

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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
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◖ INACHEVÉ ◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WjqXz0V La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea 7dbuIBt La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea S6v5sWR La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea N1Hqv8C La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea M70Ex1d La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea IfwWWwA La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea QeVIwzX

"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WdHxnMJ
Pseudo : Nero
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Ven 2 Juil - 5:55 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
Salem, Comté de Fulton.
Arkansas, décembre 2002.


Plaines froides. Sols rocailleux.
Un soleil avare dispense ses derniers rayons pathétiques, et la nuit s’apprête à tomber. En cette fin d’après-midi d’un hiver précoce et revêche, les alentours désolés de la petite bourgade enfoncée dans les terres s’apprêtent à accueillir le soir pourvus de la même sourde appréhension que depuis plusieurs saisons. Quelque chose ne va plus. Une malédiction s’est arrêtée en ces lieux. Les fêtes de Noël approchent, mais personne n’a le cœur aux célébrations. Les autorités sont nerveuses, et les locaux minables du Police Department ne font pas illusion. Tout respire la misère, les finances locales en berne, les moyens du bord vaguement mobilisés. L’amateurisme le plus total. Il les a vus, les hommes en uniforme, grimper dans leurs voitures bariolées d’inscriptions officielles tout juste bonnes à effrayer les quelques gamins encore impressionnables. Il a vu les plis soucieux sur leur front, les lunettes de soleil destinées à masquer leur air hagard, les chewing-gums mastiqués avec force entrain pour conjurer le stress, la panique inhérente à tout deputy incapable de rétablir l’ordre, incapable de réconcilier la population avec la confiance si difficilement acquise par les élus de la ville. Même le drapeau semble en berne. Les étoiles blanches n’ondulent plus avec cette verve patriotique propre aux Américains. L’atmosphère est lourde, et tout va de mal en pis.
Il ne sait plus très bien ce qui l’a poussé à venir là, négociant ce détour pour respirer les effluves toujours moins nombreux lorsque la chaleur décroît. Il ne fume pas. Il ne contamine pas son odorat affûté avec le tabac ou le parfum de la femme qui l’accompagne, lui ayant demandé de rester dans la voiture. Il se tient dehors, les mains enfoncées dans un blouson au cuir fatigué. Appuyé contre un hangar à proximité du poste de police, son épaule soutient sa stature haute et mince, les longues jambes croisées au niveau des chevilles, moulées de jean. Il se sent si étranger, ici. Si différent des rares hommes et femmes qu’il voit passer, la nuque basse, le dos légèrement voûté sur le trottoir, ou derrière le volant d’un pick-up en fin de vie.

La pleine lune est loin. Salutaire. Ils ont largement de quoi occuper la nuit à venir. En attendant, il pense trop. Une foule de questions se presse à la porte de sa caboche. Il n’est pas bien sûr de vouloir leur ouvrir, mais il le fait quand même. Il profite de sa solitude relative. Il sait qu’elle l’observe probablement, de loin. Elle le garde à l’œil, et il ne l’en méprise que davantage pour ça. Voilà maintenant plus d’un an qu’on l’a repris. Plus d’un an que les négociations ont débuté. Il s’apprêtait à ce qu’on lui colle une balle dans la tête sans sommation. Qu’on abrège les souffrances d’un animal fou furieux, qu’on célèbre la capture de la Bête du Gévaudan, bien loin des reliefs de sa Lozère. Au lieu de cela, il semble cependant que sa vie conserve davantage de valeur qu’il ne le pensait. Très vite, les propositions forcées sont arrivées. Très vite, c’est le visage de cette femme qu’on l’a obligé à affronter. Il n’a pas mis longtemps avant de la haïr. Elle, et par-dessus tout ce qu'elle représentait et ce qu’il lisait d’elle, terriblement transparente. Rapidement, le duel a commencé. Qui prendrait l’ascendant ? Qui céderait le premier ? Qui consentirait à faire un pas, réel et humain, vers l’autre ? Y a-t-il seulement quoi que ce soit d’humain d’ailleurs, en ce duo constitué uniquement dans l’intention de faire progresser la carrière de la vénale ?
L’occasion imposée pourrait constituer un coup de maître, le franchissement d’un pallier primordial pour la montée de cette diablesse entêtée. Elle pourrait aussi se changer en occasion désespérée, pour lui. La brèche demeurera unique. Une fois refermée, pas de retour en arrière possible. Plus d’échappatoire.

Il recule, ayant suffisamment constaté l’apathie ambiante, et l’absence d’odeur reconnaissable. Il n’est pas là. Le loup fait volte-face, et trottine rapidement pour emprunter Mill Street et rejoindre la Porsche Cayenne grise. Il grimpe côté passager et aussitôt, le cuir neuf le frappe de par son intensité, emplissant ses narines jusqu’à l’excès. Le cuir, mais aussi les touches florales provenant du cou de Medea Comucci. C’est vers elle qu’il se tourne, la considérant avec une distance devenue coutumière entre eux. « Il n’est pas là. J’en suis certain. » Ce qui ne peut vouloir dire qu’une chose, comme semblent le leur indiquer les cieux virant à l’indigo dans le lointain. « Il doit être à son ranch. On devrait y aller maintenant, garer la voiture. Une fois la nuit tombée, les gens circuleront encore moins, et nous serons trop identifiables, il nous entendrait de loin. »

Il se conforte au creux du siège, son coude appuyé près de la vitre, et ses phalanges plongeant dans la tignasse brune qu’il dérange un peu, mirant au-delà du parebrise. Il patiente, jusqu’à ce que le moteur vrombisse, que la mécanique s’ébranle, et qu’ils reprennent la route vers le sud, dans ce no man’s land entre Glencoe et Wheeling. Il réfléchit, laisse encore macérer les données du dossier livré par Medea. Bien trop maigre à son goût.

« Vous êtes folle. »

Le jade de ses prunelles s’attache à contempler les étendues sinistres de ce bout de territoire paraissant abandonné, à bien des égards. Il commence à se sentir nerveux. Quelques noms lui reviennent en mémoire. Ceux des corps perdus dans cette nature ingrate. Pas de caractéristiques particulières ; ni pour les disparitions, ni pour les cadavres retrouvés. N’importe qui, depuis que les tueries ont commencé, aurait pu tomber entre les griffes du tueur qu’ils pourchassent. Celui qui, ironiquement, est pratiquement chargé de se trouver lui-même. Comment Salem pourrait-elle raisonnablement penser que le principal suspect de cette affaire macabre réside en la personne d’un adjoint du shérif au-delà de tout soupçon ? Personne ne soupçonnerait Terry Deaton. Personne. Trente-cinq ans, célibataire endurci, mais pas le genre de gars dont on désespère de le voir trouver une femme sur le tard pour lui pondre quelques mômes. Un homme discret, impliqué dans la vie de la communauté, présent chaque dimanche à l’église, et prompt à soulager ses collègues des corvées ingrates. Un homme précieux, Terry Deaton. Trop précieux. Un homme qui, il ne sait comment ni pourquoi, a fini par attirer l’attention de la Comucci, s’étant épargné des détails dont il regrette de ne pas les avoir absorbés, ce soir. Il ignore si cette connaissance l’aurait aidé à disposer d’un tableau assez complet pour effacer le doute et l’appréhension. Elle l’a gardé suffisamment dans l’ignorance pour le rendre dépendant des informations qu’elle lui distillerait au compte-goutte. Une femme intelligente, il ne peut le nier. Les lèvres pincées, il replie doucement ses phalanges, frottant de l’une d’elles la ligne de la supérieure, préoccupé.

« Quel est votre plan ? »

À regret, il la fixe de nouveau.

« Parce qu’il y a un plan, n’est-ce pas ? Vous allez me le dire maintenant, qu’on est livrés à nous-mêmes parce que vous n’avez pas été fichue de convaincre vos supérieurs ? N’allez pas me faire croire que toute cette expédition ridicule était prévue et encadrée. Nous sommes en mission suicide improvisée juste parce que vous souhaitez leur apporter la preuve par A plus B que ce type est coupable en dépit du bon sens ? » Elle n’a peut-être pas tort, tout de même. Medea lui a fait sentir des effets personnels de sa cible (comment se les était-elle procurés, il n’en avait pas la moindre idée) dont les fragrances troublantes lui ont évoqué des pistes éloquentes. Le sang, la poussière d’os et les chairs en décomposition n’ont plus de secret pour lui. Il en distingue trop aisément les nuances. Et puis c’est vrai que la réputation de la profileuse parle pour elle, alors à peine débarquée dans la cour des grands. Il a entendu les rumeurs, les bruits de couloir, lorsqu’il se voit invité dans les locaux de la NRD, sur les talons de celle qui le tient en laisse. Une fois l’effroi passé sur le visage des humains lorgnant ce garou meurtrier qui donne encore maintenant du fil à retordre à ses bourreaux, John Doe inavoué, il laisse toujours traîner ses oreilles partout où il le peut. Au-delà des évidentes qualités plastiques de la garce près de lui, ses compétences ne semblent pas remises en question, en dépit de sa jeunesse et de son inexpérience persistante, sur quelques points. Alors qu’est-ce qui leur a manqué, cette fois ?

Un sourire railleur l’insulte, subtilement : « Vous avez échoué. Cette fois, ils vous ont dit non. Et vous, insupportable capricieuse que vous êtes, vous avez décidé de leur soustraire William Carlisle et d’y aller quand même, juste parce que vous le vouliez. Si vous revenez bredouille, je ne donne pas cher de votre peau en tout cas. Ni de la mienne, encore que… à l’heure actuelle, je vaux probablement plus cher que vous. Un comble, n’est-ce pas ? »

Est-ce vrai ?
Est-ce bien un garou disloqué, un loup solitaire responsable des tueries régulières mettant à mal les recherches des enquêteurs ?
Terry Deaton, flic au-dessus de tout soupçon, est-il devenu le monstre ayant rendu les jeunes filles craintives, les vieux du town méfiants et tous les parents soucieux ? Est-il devenu un tueur en série comme celui qu’il est devenu, lui, à force d’errances, de solitude et de colère trop rentrée ?

Ils y sont. Ce pourquoi il respire encore, ce qui ne lui a pas valu cette fameuse balle d’argent dans le crâne. La coopération sans concession demandée par les pontes du PASUA ne date déjà pas d’hier, mais la théorie s’achève, embraye sur des travaux pratiques dont l’issue lui a l'air bien hasardeuse. Medea pourrait-elle aller jusqu’à sacrifier son si précieux atout ? Le ferait-elle, si cela pouvait lui permettre de coincer le meurtrier erratique, mettant enfin un terme au mystère inquiétant dont cette région n’avait définitivement pas besoin ? Il la déteste. Il la déteste si fort qu’il doit se retenir d’exprimer physiquement son mal-être, rêvant de massacrer le flanc du véhicule, la vitre close, d’arracher la boîte à gants pour la lui jeter au visage en espérant la défigurer. Pourtant, en apparence, rien ne permettrait de deviner l’état d’agitation qui le rend si fiévreux. Il se contient.

« Dites-moi que vous avez réfléchi à ce que vous êtes en train de faire. Réellement réfléchi. »

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Lun 5 Juil - 12:04 (#)




Arkansas, Décembre 2002

Le temps est abominable, les températures sont de celles qui ne font pas sens pour la New-Yorkaise d’adoption. 8 degré un dix sept décembre? Où est la neige? Où sont les sapins recouverts de cristaux frais et les stalactites à détacher du bout des doigts? Non, à la place, elle se retrouve à marcher dans une espèce de mélasse boueuse qui colle aux chaussures, au bas de pantalon et aux roues de leur Porsche Cayenne. Quitte à rouler, autant rouler en 4x4, autant le faire bien. Sans compter les odeurs de bétails mouillé.  La ville est triste à faire pleurer un épouvantail. Les rares décorations accrochées aux fils électriques et les vitrines  pauvrement animées  ne parviennent pas à lever l’ambiance d’angoisse qui pèse dans les rues.  Les Christmas Caroling ont été annulés, pas de festival d’avant noel. Bien avant le coucher du soleil, les parents ont fait rentrer dans la sécurité relative de leurs foyers déprimés leurs gamins aux nez morveux. Tout çela pour quelques cadavres dégueulasses éparpillés aux quatre coins du Conty. C’est exactement le cadre enchanteur qu’elle adore pour une fin d’année..

Exactement, oui. Medea est à l’endroit où elle exigeait d'être, avec la compagnie parfaite dans les circonstances. Malgré le peu d’attrait de ces champs qui s’étendent à perte de vue, il lui est difficile de contenir le sentiment de triomphe qui rugit dans ses veines. Elle sort de la voiture, sans s’approcher de la créature qui est son binôme dans cette expédition. Parce qu’elle sait quand ne pas être une parfaite rompicoglioni, elle n’allume une cigarette que lorsqu' elle est certaine que la brise à peine coupante ne rabattra pas les effluves du tabac vers lui. Elle a besoin de ces sens qui ne sont pas tout à fait humains. Ce n’est pas la peine de les engourdir avec des parfums parasites. Sans compter qu’il ne se priverait pas pour exprimer son déplaisir. L’italienne a l’impression parfois de voyager avec un adolescent, tour à tour boudeur et mutique et la minute d’après qui débite une litanie de complaintes interminables. A une différence cruciale. Aucun adolescent n’oserait porter la main sur elle tandis que Lui, il a la capacité de lui arracher les bras aussi facilement qu’il arracherait les ailes d’une phalène. Parfois, en cherchant à creuser sous la surface miroir de son regard absinthe, la profileur n’est pas certaine qu’il considère les hommes d’une autre manière que des insectes.

Elle fume lentement sa cigarette, adossée au véhicule, relevant le menton de son col roulé au turquoise insolent. Ses bottes de cuir aux légers talons carrés s’enfoncent à peine dans la boue et elle préfère ne pas y songer. L’élégance n’est pas sa préoccupation première alors qu’elle étudie longuement celui qui est sous sa responsabilité. Rien ne présage la menace qu’il enferme dans l’écrin de son ventre et sous son crâne. Le sous-estimer serait une erreur fatale et ce n’est pas dans ses intentions. Elle picore dans ses motivations, ses idées, cherchant à en comprendre davantage sur lui mais aussi sur son Monstre, sans grand succès depuis plusieurs mois. Pas de frustration. Le temps est de son côté et elle Sait qu’elle en est capable. Non, elle n’a aucun doute sur sa réussite future. Pour ces prochains jours, il est son outil et elle, la main qui le dirige. Il n’a pas le choix. Sans ignorer un seul instant qu’il tirera partie de la moindre défaillance. Vuoi ballare, tesoro? Elle a un socle sur lequel s’appuyer. Il la hait avec une passion qu’il ne cherche pas à lui dissimuler. La seule émotion claire qu’il lui permet de lire. Toutes les autres, elle les lui arrache. Bribes par bribes, saisissant et apprenant ses micro expressions. Il revient. Elle écrase son mégot qui disparaît dans une ornière aussi vite creusée que remplie par la pression de son talon. Elle remonte coté conducteur et reprend le volant. Une affirmation. Sans lui faire confiance, elle est obligée d’accorder du crédit à ses dires, sinon ils seront dans une impasse, très vite. Une suggestion, qu’elle prend le temps de considérer. Son suspect est un homme dangereux. De la même trempe que le tueur à coté d’elle. Son ouïe et son odorat évoluent dans des  subtilités qui sont hors de portée.  Un bref hochement de tête quand le moteur ronronne doucement sous le capot, permettant aux roues de s’extraire de leur gangue visqueuse. Si son attention est sur la route non bétonnée qu’ils ont empruntée entre deux pâtures, elle reste vigilante des réactions de son passager. La tension entre eux n’est pas le produit de son imaginaire. - Un mile de son ranch, il y a un bosquet de pin à encens. Est ce que c’est assez loin pour éviter d’être détecté? Il y aurait la place de garer discrètement la voiture.

Et en apprendre plus sur les limites de leurs sens. Car ils ont la même malédiction. De cela, elle n’a aucun doute. La Venimeuse ne réagit pas à son interjection. -Venant de vous, c’est un compliment? - Presque pas réagit. Fou n’a pas de sens. Tant pour son cas que pour le sien. Au dix-neuvième siècle, Medea aurait pu être internée par sa famille pour “hystérie”.  Le bitume est avalé et recraché par le moteur puissant, réduisant les miles qui les séparent de leur cible. En amont, à New-York, elle a repris les données des différentes enquêtes, relisant chaque pièce d’information, s'absorbant dans les interrogatoires des suspects, écoutant les enregistrements des témoins. Jusqu’à ce que ce ne soit plus suffisant. Le profil du tueur est clair dans son esprit, après  des journées interminables sur le terrain. Mais qui lui ont permis de retracer les déplacements de  cinq des six victimes formellement identifiées, les plus anciennes demandent des examens dentaires ou génétiques que le petit laboratoire de Salem n’a pas les moyens techniques de traiter. Non, il a fallu envoyer les échantillons à Little Rock, augmentant encore les délais. De se fondre dans la masse des enquêteurs et des officiers de police. De s’entretenir avec le sheriff et surtout son adjoint, longuement. Le doute s’est levé, peu à peu. Révélant un mandala déformé et perverti dans la psychée de celui qui Protège. Un homme irréprochable, à l’honneur sans tache. Qui n’a jamais quitté l’Arkansas sauf quelques courtes années dans sa vingtaine avant de revenir bien vite dans le giron familier. Medea a pris le temps de se renseigner sur ces mois d'ailleurs. Posant les bonnes questions aux bonnes personnes. Les grandes villes ne gardent pas si bien les secrets que les zones rurales et il était encore débutant. Terry Deaton s’est drapé dans ses propres mensonges, au point d’y croire. Presque. Ce presque qui va provoquer sa chute.

A nouveau, il l’apostrophe. Un coup d'œil rapide à son profil en lame de couteau. -Ca vous plairait de le croire? Qu’il ne s’agit que d’un caprice de ma part? Bien sur que j’ai fait pression sur mes supérieurs pour que nous soyons sur le terrain. Livrés à nous-même? Non, il s’agit d’une évidence stratégique! Une plus grosse équipe, une descente de dix personnes du FBI aurait paniqué Deaton. J’ai besoin de vous faire un dessin de ce qui peut se produire quand ce type d’individu perd le contrôle et se sent directement acculé? En n’ayant que nous deux à affronter, il reste dans un sentiment de sécurité relative qui lui permet de rester fonctionnel! Je vous pensais capable de réfléchir mieux que cela par vous même, Gontran.

Oui, Gontran. Puisqu’ils savent tous les deux que l’identité qu’il a donnée à la cellule de la PASUA n’est qu’un vague mirage. Gontran Bonheur. Le cousin de Donald. Il se place évidemment au-dessus de ceux dont il croise la route. Le sobriquet s’est imposé de lui-même.  Qu’il le déteste est un bonus. Son timbre est devenu légèrement plus tranchant, bien que sa conduite reste souple et fluide. Il est encore loin de l’agacer vraiment. Sa respiration est calme, sereine. Elle ne doute pas une seconde de sa technique d’approche. Son intuition et son analyse lui hurlent toutes les deux qu’elle a raison. Il critique pour la forme. S’introduire dans le bureau de Deaton et l’attendre pour un “café”a été un jeu d’enfant. Récupérer un tee-shirt de sport relégué dans un coin du bureau, pas plus difficile. Le replacer lui a demandé un peu plus d’ingéniosité, mais rien qui ne soit un réel défi. Pas comme celui qui la questionne à chaque tour et détour. Cette fois, elle sourit quand il pense l’atteindre au coeur de sa fierté professionnelle. -Vous aimez avoir tort, décidément. Je n’ai pas échoué. Ils m’ont dit oui. Ils ont un nouveau joujou a tester en condition réelle, voyez vous. -De manière éloquente, ses prunelles obsidiennes se déplacent sur le large bracelet qui orne sa peau. Presque une montre. -Bien que j’espère que cela ne sera pas nécessaire d’en faire usage.

Elle a assisté aux tests sur lui par l’équipe scientifique. Observer la manière dont l’alliage à résister à sa transformation et à sa force décuplée dans sa forme lupine. Medea n’était pas dans la pièce avec lui mais dans une bulle d’observation au-dessus de lui. Invisible derrière une vitre sans tain. Elle a été présente aussi souvent que possible. Pour être prête. Pour savoir à quoi ressemblait son Animal. Pour ne pas être tétanisée par la terreur si il devait se transmuter devant elle. Pour ne pas être une Proie facilement déchiquetée. Elle ignore les caractéristiques du cerclage. Sinon qu’ il contient une balise gps. Ce n’est pas tout. Cela ne lui suffisait pas. Elle a imposé que le faux bijou contienne une rigole scellée inaccessible. A l’intérieur de celle-ci, une quantité non négligeable d’acide sulfurique. Celle-ci ne remplit pas entièrement la cavité, s’adaptant ainsi à sa prison de métal lorsqu’il devient une bague de marquage. Le seul moyen de relâcher l’acide est un signal numérique qui est associé à la montre digitale de Medea. Son autre bras est décoré par un long filin d’argent à la beauté d’un ornement antique, pour le moment dissimulé sous la manche de son pull. De même une croix et une chaîne à son cou dans le même métal. Elle soupire, sans ressentir de réelle compassion pour le meurtrier qu’elle accompagne dans l’espoir d’en arrêter un autre.  -Mes supérieurs, qu’ils soient du FBI ou de la PASUA, n’ont pas été long à être en accord avec moi. C’est l’affaire parfaite pour une première collaboration sur le terrain. Deux test en un. Et c’est le votre aussi. Ne vous foirez pas. J’ai l’autorisation officielle de vous détruire si vous n’agissiez pas en toute bonne foi, en accord avec les termes que vous avez signé il y a quelques mois. Ne vous trompez pas. Vous n’êtes encore vivant que parce que vous êtes utile.

La franchise brutale est parfois nécessaire. Un bâton cinglant et électrique pour s’assurer que sa coopération ne cède pas devant l’appel de la liberté et de l’indépendance. Bien sur qu’elle a besoin que cette affaire soit un succès. Qu’elle ait juste sur tous les points feraient taire les quelques mauvaises langues qui la trouvent trop jeune. Trop arrogante. Trop Femme. Trop Elle. L’italienne, à trente ans, à le monde à ses pieds. Marcher sur le premier loup-garou capturé par les Etats Unis ne lui pose aucun problème de conscience. Surtout si elle parvient à en mettre un autre hors d’état de nuire! Vient l’heure de la carotte. Son ton s’adoucit quelque peu alors qu’elle gare la voiture selon les indications qu’il lui a donné il y a peu. Elle se tourne vers lui, ses prunelles sont déjà moins austère et elle incline légèrement la tête en sa direction. -William, je suis certaine que nous pouvons faire du bon travail ensemble. Vous ressentez les preuves d’une autre manière que la mienne. Nous pouvons nous completer et obtenir des resultats qui nous seront bénéfiques à tous les deux. -Une courte pause. Comme une faible hésitation. Un sourire qui apparait comme un peu fragile. - Et.. je pense que vous avez mérité d’être dehors. De ne pas être enfermé en permanence. Vous.. vous n’êtes pas fait pour vivre en cage. Je déteste cette nécessité…

Elle n’en dit pas plus. Surtout pas. Elle semble se reprendre. Se détourne avec un effort visible. Comme si à cet instant, s’éloigner de lui, retrouver leur distance habituelle lui coutait. Medea hoche la tête. -J’y ai réfléchi. - Retrouve toute sa contenance professionnelle. Elle sort de la voiture, regardant les lumières du ranch qui éclairent la nuit bien installée, et attend qu’il la rejoigne pour reprendre. -Dealton correspond à ce qu’on appelle un profil de “Samaritain”. Il rend service aux gens. Il les dépanne, les aide. Toutes les dernières victimes l’ont croisé personnellement. Madeline a eu une roue crevée près de ses terres. Il était intervenu quand des ado étaient en train de tagger la vitrine de l’épicerie. Vanguard était membre de son programme d’aide aux SDF. Sofiane lui avait demandé d’échanger une rotation avec lui. Il a porté des courses personnellement au couple de retraité.

Une pause alors qu’elle le laisse absorber ces informations. -Le problème avec ce genre de personnalité, surtout dans son cas à lui, c’est qu’il estime que ces personnes-là lui sont redevables. Sans limite de temps. Elles Doivent lui montrer de la gratitude et de la déférence. L’argent n’était pas le motif, pas avec lui. Et dès qu’il a eu l’impression que ce n’était plus le cas, qu’il était moqué… nous en avons vu les conséquences. Parfois les réactions étaient immédiates, parfois différées, d’où le différentiel de temps entre chaque victimes et le degré de sauvagerie.

Elle commence à s’éloigner sur le bas coté de la route qui mène au Ranch. -Il n’y aura pas de confrontation directe ni d’accusation. Par contre… Je vais être la nouvelle âme en perdition qui va avoir désespérément besoin de son assistance. Et vous.. vous allez fouiller son terrain. Il a su se montrer prudent ces dernières années, mais ça n’a pas toujours  été le cas. Je suis certaine qu’il y a les corps d’anciennes victimes -Ce sont des actions irrégulières qui ne tiendraient pas dans un tribunal, mais l’enjeu est différent dans ce cas là. Ils doivent protéger la société d’un Monstre qu’une prison classique ne peut contenir. Il doit être mis hors d’état de nuire et ensuite ce sera la Pasua qui prendra en charge l'incarcération du Garou. Une fois, et une fois seulement qu’il y aura des preuves irréfutables de sa culpabilité ET de sa nature animale. Les deux conditions sont indispensables. Elle lui adresse un léger clin d’oeil. Bien sur qu’elle le provoque. -Voyez vous, mon coéquipier m’a fait des avances, il a perdu le sens des réalités. et il a fait preuve d’un comportement affreusement déplacé, physiquement agressif. Heureusement, nous n’étions pas très loin de chez le sheriff adjoint. J’ai pu m’enfuir à pied, en espérant trouver refuge chez Ted.

Après tout.. elle est peut être un peu folle. Car si cela tourne mal, elle devra s’en remettre à un autre garou pour lui sauver la mise. Au moins, elle sera fixée sur ses allégeance du moment. C’est un pari qu’elle est prête à risquer. Elle ne se plante pas. Elle sait que tout va bien se passer. Toute l’affaire tourne autour de la personnalité de l’adjoint, som profil est parfaitement exact. Et Carlisle a besoin d’elle en vie. Il n’a aucune chance de s’en sortir si il la laisse affronter seule le danger. Ou n’est pas présent pour assurer ses arrières. Elle lance tout sur un coup de dés. Sur la certitude que leur collaboration va être fructueuse et qu’ils sauront trouver les bons leviers professionnels. Carlisle va tenir sa part du contrat. Marche ou crève, baby, marche ou crève.
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Gautièr Montignac
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La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WjqXz0V La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea 7dbuIBt La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea S6v5sWR La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea N1Hqv8C La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WdHxnMJ
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Lun 2 Aoû - 3:47 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
Il n’aime pas devoir subir ce niveau de promiscuité avec elle. Sans même le vouloir, elle l’oblige, par leur proximité, à une confusion d’odeurs et de parfums qui l’étourdissent, des plus agréables aux moins élégants. Il sait que le peu d’affection qu’il lui porte ne l’aide pas davantage. Il craint de se sentir nauséeux, et n’aspire qu’à baisser la vitre pour inspirer l’air saturé d’engrais, rafraîchi par l’hiver du dehors. Il se sent malade. Pris au piège sans date d’expiration. Son calvaire pourrait bien durer encore un mois, comme encore un siècle. Cette incertitude lui pèse. Il serait bien plus aisé de disposer d’une date, de distinguer le point de la ligne d’arrivée, à l’horizon. Rien. À la place, ses prunelles s’égarent, tandis que le brouillard s’épaissit autour de lui, le déboussolant, lui faisant perdre ses repères, et jusqu’à regretter ses errances dans les forêts du Maine, pourtant redoutées. Le contact forcé des humains réveille de vieilles douleurs ; de ses articulations somatisées, douloureuses sans blessures, jusqu’à la bestiole qui s’agite, qui ne supporte pas davantage la discipline qu’on lui impose. Il sait qu’il doit s’estimer heureux. Au lieu de croupir au fond d’une cellule, au lieu de subir une palanquée d’expérimentations ou d’interrogatoires, il se tient sans menottes assis dans un véhicule confortable, capable de prendre l’air et de disposer d’un semblant d’autonomie. Pourtant, il encaisse mal cette privation de liberté qui s’apparente à une injustice. Il parvient encore à se dissimuler derrière les fumerolles de ses mensonges, mais l’Italienne éprouve ses limites durement, ne lui laisse que peu de marge de manœuvre, et joue avec ses nerfs comme l’on tirerait sur les fils d’un crâne lobotomisé, par jeu, par curiosité. Il ne sait pas combien de temps il supportera cet emprisonnement aménagé. Lorsqu’il n’a que sa survie à assurer, loin des villes, son fardeau mue, différent. Ici, il ne peut que subir, privé de tout ce qui le rend homme, au moins un peu, et obligé de se cantonner à la vision que les autorités gardent de lui : monstre ; inhumain ; CESS ; surnaturel ; tueur ; loup ; garou ; Bête. Il n’y a pas moyen de fuir. Juste de quoi se bâtir un abri de fortune, au fond de sa caboche, de montrer les dents et de se planquer derrière un bouclier fait de bric, de broc, de bobards et de fausses pistes. Il ne s’en sort pas trop mal, mais tout cela demande une énergie faramineuse, qu’elle lui pompe sans scrupules, et avec un plaisir non-dissimulé, il le devine. Parfois, il croit qu’il va devenir réellement fou, dément, lorsqu’il pense un peu trop à l’alliage étrange qui ne se défait plus de son poignet ; telle une montre bizarre et désagréable, un contact métallique qui n’a rien à voir avec ce qui est devenu sa nature profonde. Agression permanente, sensation de peau cisaillée, jusqu’au sang, lui donnant des pulsions de meurtre. Il a déjà essayé, sous forme lupine, de faire jouer des crocs contre le mécanisme qui le retient prisonnier, sans déclencher rien d’autre qu’une douleur réelle, cette fois, contre ses babines et gencives ensauvagées. Pisté. Entravé, de la manière la plus subtile qui soit. S’enfuir, il n’y pense pas. Pas encore. Pas de cette façon, pas dans ces conditions. Il faudra de la finesse. Il faudra peut-être même la complicité de la femme à ses côtés. Toutefois, il n’est pas dupe, et ne présage pas de la faiblesse de Medea Comucci. Elle plus que tout autre, ne lui offrira jamais d’elle-même l’occasion de lui fausser compagnie. Il faudra ruser, oui. Se faire renard plutôt que loup, au moins un temps.

Il ne l’écoute que d’une oreille distraite, préférant mirer le paysage, tandis qu’un sourire froid, rictus dangereux, étire à peine ses lèvres et donnerait presque l’impression de le voir fomenter un mauvais coup. Le véhicule s’arrête, et il en est presque déçu, lorsque les images et les couleurs ne défilent plus, ne s’agglomèrent plus en une délicieuse bouillie visuelle qui endormait ses sens et réussissait à le calmer temporairement. Il fait sans doute noir pour elle. Pas pour lui. Il distingue toutes les nuances de bleu et de vert, de brun et de fauve qui ne seront avalées par l’obscurité que bien plus tard. L’arrière de son crâne vient chercher l’appuie-tête, le jade de ses yeux fixe le toit grisâtre de l’habitacle. Il fusionne un temps avec le siège, son cuir, avec la température agréable qui plane à l’intérieur. Si seulement il n’y avait pas toutes ces odeurs. Elle s’est tournée vers lui. Il l’ignore superbement. Le sourire qui avait disparu revient, plus mauvais. La façon dont elle lui parle, cette fausse compassion qu’elle ose étaler avec impudeur, le débectent toute particulièrement. Il humecte lentement ses lèvres, éprouvant de sa langue la muqueuse irrégulière de l’inférieure.
L’enquêtrice sort de la Porsche, et c’est à regret qu’il la suit, n’y trouvant son compte qu’en respirant la nuit qui les entoure. Elle fait mine de s’éloigner, cependant que lui refuse de trop s’écarter du capot, demeurant immobile en la fixant, bon gré mal gré.

« Vous allez vous casser la figure, dans la pénombre. » Il désigne d’un mouvement de tête le terrain bourré de petites cavités, de trous et de glaise sillonnée. Il ne rêverait pas moins que de la voir s’embourber jusqu’aux genoux, mais il n’a rien à y gagner véritablement. Il soupire, digérant le flot de paroles qu’elle a déversé en guise de réponse. Les humains jacassent tout le temps. Il ne se rappelle pas d’avoir été si bavard, à son époque. Il aime parler lorsqu’il en ressent le besoin avide, lorsque les mots se voient nécessaires, importants et imposants. Il tente de se moduler, lorsque leur présence n’est pas requise. Mais pas elle. Elle doit probablement aimer s’écouter déblatérer sans arrêt, se prouvant à elle-même l’existence de son esprit brillant et conquérant. « C’est un plan stupide. » Sa voix reste basse. Il craint cette fois que le son ne se transporte par-delà l’étendue jusqu’au domicile du suspect. « Vous ne devriez pas vous exposer bêtement. Vous espérez sans doute faire diversion, mais rien ne nous dit qu’il ne sentira pas ma présence, malgré la vôtre. J’aurais plus vite fait de tenter ma chance et de vérifier par moi-même. Mais c’est vous la patronne, après tout. » Il voudrait la voir échouer. Il ne fera rien, lui, qui pourra provoquer leur faillite. Il la laissera tomber toute seule. Il la laissera piteuse, retenir une confession plus honteuse encore, tandis qu’il ne se privera pas de la contempler de son regard fourbe, témoin de sa faiblesse. Plus sérieusement, il se fait violence : « Vous souhaitez l’éloigner de chez lui ? L’inciter à vous ramener au poste en me laissant le champ libre ? Ce n’est pas non plus une solution libre de tout risque. » Il doit lui donner raison sur un point (il ne le fera pas) : lui aussi pense que des cadavres dorment dans les parages. Un sixième sens qu’il ne s’explique pas. Inconsciemment, il s’est mis à humer toutes les fragrances à disposition, les narines frémissantes, discrètement.

Il obéira. Envers et contre toute prudence, tout danger potentiel, pour lui. Il ne craint pas un adversaire de son espèce. Il connaît les façons de sauver sa peau, sous toutes ses formes. Il connaît sa débrouillardise, et son remarquable instinct de prédation comme de proie traquée, prête à tout pour éviter de finir au bas de la chaîne alimentaire. « Très bien. Si je mérite tant d’être dehors, dans ce cas, et si nous nous en sortons en un seul morceau, j’espère qu’au retour vous aurez au moins la décence de m’épargner votre pitié hypocrite. »

« Je déteste cette nécessité… »

Hypocrite.
Il lui arracherait les entrailles pour lui faire payer des syllabes aussi creuses.

« Que les choses soient claires entre nous : je ne vous fais pas confiance. Mais je ne tiens pas à vous faire le plaisir d’une tentative d’évasion, cette nuit. Ni d’autre chose. Vous n’aurez rien à craindre de moi. » Ses yeux cherchent les siens, brièvement. Il ignore s’il cèdera à l’appel de la transformation, hésitant sur les bénéfices d’une forme bipède ou animale.

« Prenez garde à votre orgueil et à vos armes. Ne vous trompez pas. Je ne suis encore vivant que parce que je le veux bien. Et je n’attends aucune charité me concernant, de votre part. »

Pourquoi ?
Pourquoi s’accrocher à cette vie ?
Oui, pourquoi ?
Cette question, éternelle, il la réserve pour une nuit future, pour des milliers de nuits futures.

« Puisque je ne suis qu’un idiot incapable de réfléchir assez bien par moi-même… dites-moi comment vous envisagez la suite. Tenez-vous à ce que je vous suive jusqu’à une distance raisonnable de sa porte ? Ou bien nous séparons-nous pour avancer en parallèle mais à distance ? Une fois en action, je compte mener ma barque comme je le sens. Alors si vous avez d’autres impératifs à me soumettre, parlez maintenant et exigez. Après, il sera trop tard. »  

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Sam 14 Aoû - 11:59 (#)

Ils ne se comprennent pas. Où plutôt, Medea ne le comprends pas comme elle le voudrait, comme elle devrait, trop peu. Absolument pas certaine que la réciproque ne soit pas vraie. La perspective que le Garou ait déjà intégré tous les rouages de son paysage mental est un camouflet dont elle masque la cinglure par un masque de froide ironie ou de compassion qu’elle ne ressent pas. En ce qui la concerne, la créature à ses côtés récolte le blé qu’il a semé. Teinté du sang de ses victimes, à la saveur de leurs larmes tandis qu’il les éventrait. Quelques provocations qui s’échangent et qui s’achèvent à terre sans que le duel verbal ne soit relevé, juste une passe d’arme sans tranchant. La profiler a conscience que leur manière de communiquer n’est jamais dénuée d’une lutte plus ou moins perceptible. Un long regard qu’elle lui décoche alors qu’elle lui expose les étapes qui vont les mener jusqu’au sheriff adjoint déviant. Sa mâchoire se crispe et une veine s’expose fugitivement sur le plane de son cou devant son irritation montante. Il ne l'écoute pas. Monsieur lui reproche de le tenir dans l’obscurité, mais lorsque elle s’efforce de l’inclure dans son raisonnement, non seulement il ne lui accorde pas son attention -irrespect insolent- mais l’expression peinte sur son visage n’a rien de sereine. Grimace à peine masquée.

Elle se détache de son profil en lame de couteau, le temps d’inspirer une bouffée d’air glacée de ce décembre sans charme. Et surtout d’évacuer le reste de son agacement. Perdre son calme avec cet être volontiers abrasif est une faiblesse. L’italienne n’est pas faible. Elle a renversé tous les obstacles sur son chemin pour en arriver là, ce n’est pas ce relique d’une époque fanée qui va foutre en l’air ses projets et son ambition. Elle a l’intention de paver les voies pour une nouvelle approche de la psychologie criminelle, en intégrant les éléments propres à ces monstres de cauchemar. Elle est une pionnière. Et si il faut marcher dans la merde pour y parvenir, ce n’est qu’un faible prix à payer.

Entre eux, une distance aussi physique que mentale. Ce dossier est un test et si ils ne parviennent pas à un certain degré d’harmonie, de capacité à agir de concert, l’atterrissage va être rude. Ces quelques brèves secondes lui ont suffi pour retrouver son équilibre, prête à affronter de nouveau la langue sarcastique et fourchue de son “partenaire”. Les traits de son visage sont composés en un sourire neutre, ses prunelles sans écueils. Sa concentration, cependant, n’est pas feinte. Le garou qu’ils vont devoir appréhender une fois que Carlisle aura eu une confirmation sans appel de sa culpabilité, est dangereux. Habitué à commettre ses atrocités sans entraves, ses réactions seront imprévisibles lorsque il comprendra que sa couverture d’homme respectable vient de voler en éclat. Une remarque qu’il lui lance, et qui pourrait être une expression de sollicitude à son égard. ll n'en est rien.

Il a raison. La nuit profonde qui les entoure, les nids de poule, les amoncellements de boue meuble, les bouses de vache qui constellent le chemin et les alentours vont être de réels obstacles à sa progression. -C’est un risque. Mais  si j’arrive près de chez lui couverte de boue et de contusions, cela donnera de la profondeur à mes explications. -Autant dire que cette objection n’a pas suffisamment de force pour la faire dévier. Un sourcil qui se hausse. Un vague geste de la main, sans l’interrompre, l’invitant à développer en quoi ce serait Stupide. Ce qu’il ne se prive pas pour faire. -C’est l’idée, oui,- confirme-t-elle. Il devrait être ravie qu’elle prenne des risques, augmente la possibilité d’un échec. Néanmoins, Medea ne recule pas, certaine de ses choix, ayant pesé ses décisions. Ses instincts lui hurlent qu’elle a raison. -Non. Vous n’y allez pas seul. Le danger est aussi grand pour vous si vous le confrontez en solo -Il est absolument hors de question de laisser le temps aux deux Garou une possibilité de former une alliance, aussi bancale soit elle. La jeune femme secoue la tête -Je pense qu’il sera plus en confiance dans sa propre maison, sur ses terres. Je ne l’éloignerais de chez lui que si vous ne trouvez aucune preuve tangible de ses victimes à l’extérieur. J’ai des oreillettes qui nous permettront de communiquer en cas de nécessité, bien qu’il est évident qu’elles ne seront plus adaptées si vous vous transformez.  N’ayez recours à votre Loup qu’en cas d’extrême urgence.  Pareillement, ne les utilisez que si vous n’avez rien trouvé à l’extérieur et que vous avez besoin de pénétrer chez lui, auquel cas, je le manipulerai pour que l’on sorte, vous laissant le champ libre. -Le danger des oreillettes est bien évidement que l'ouïe supérieure du Garou lui permette d’entendre la communication entre eux. Heureusement, Carlisle n’est pas d’un naturel trop bavard, il devrait se retenir de lui faire la conversation.

Si il espérait une retraite loin de tout danger, il aurait peut-être dû choisir une autre ligne de carrière que semeur de cadavre. La Serpentine a conscience qu’il y a tout un faisceau de possibilités pour que cela tourne au vinaigre, mais une certaine adrénaline bourdonne dans ses veines et elle se sent prête. À faire face aux deux garous. Les possibilités pour ses études et futures publications -lointain futur, bien qu’elle ne puisse s'empêcher d’y songer-  s' ils parviennent à le capturer lui aussi, à avoir le shérif comme second patient sont sans limite.

Il lui renvoie ses paroles précédentes dans un revers, lui assénant sans douceur qu’il ne croit pas une seconde dans le sucre de ses mots. Cette fois, elle s’approche de lui. Sans le toucher, si il y a une chose qu’elle a appris sur lui, c’est qu’il déteste les contacts qu’il n’initie pas volontairement. Pour l’heure, la brune ne souhaite pas entrer à ce point dans une confrontation directe. Un demi sourire amusé à ces voiles qu’il vient de déchirer. -Si nous nous en sortons sans une égratignure, j’y réfléchirai!  -Bien sûr qu’elle était hypocrite et ne ressent aucune honte à ce qu’il l’expose de cette manière crue. Une manière comme une autre de savoir ce qui lui faire tic ou tac.

Surprise. Surprise totale à la suite de ses paroles. Le rire de Medea ne resonne pas dans la nuit. Il est étouffé et sous contrôle, ne permettant pas à la faune qui les entoure de s’égailler ou aux sons de porter trop loin. Dans les prunelles sombres, l’amusement danse, sincère. Son vernis sérieux s’écaille quelques secondes, à peine une fracture sur celle qu’elle aurait pu être si elle avait choisie une route moins escarpée. Déjà elle retrouve sa maitrise, un pas de plus, menton levé vers lui, tout en défiance. -Qui est maintenant hypocrite? Je n’ai pas davantage confiance en vous. Rien à craindre de vous? Je n’ai pas encore décidé qui de Deaton ou de vous était le plus dangereux des deux. Une tentative d’évasion ne vous serait peut être pas bénéfique ce soir, appuie t’elle sur les deux derniers mots. Elle frole sa joue, à sentir la chaleur de sa peau dans la brise de la nuit. Murmure piquant. - A quel point tu aimerais sentir mes os éclater sous tes doigts, William? -Un pas en arrière. Puis un autre. Retrouvant une sécurité factice. Elle a tout à craindre de lui et et Medea ne se permet jamais de l’oublier, quelque soit les protections mise en place, par la Pasua et par elle même.

Elle le jauge. Elle le juge. Sur un plan tout féminin, elle ne le trouve même pas séduisant. Trop grand. Trop sec. Trop anguleux. La seule chose qu’il a pour lui, réellement, c’est qu’il la fascine. Bien au delà de son physique presque trop quelconque pour la créature qu’il abrite à l’intérieur de lui. Un sourire narquois. -Vous n’etes encore en vie que parce que la Bête en vous refuse que vous mourriez. Ce n’est pas vous qui décidez. C’est Elle, vous le savez bien. -Piques d’une sauvagerie qu’elle aurait dû retenir. Ce n’est pas le moment! Il la pousse à exprimer les plus vindicatifs de ses élans. Revenir vers la voiture pour récupérer l’écrin des oreillettes, lui offrir son dos durant cette courte volte face. Elle flirte avec sa patience. Medea finit par lancer par dessus son épaule - On se sépare pour avancer en parallèle, vous choisissez votre propre route. Essayez de me laisser arriver avec quelques minutes d’avance, pour qu’il ne puisse pas vous déceler quand il m’ouvrira. Par contre, un peu de boue ne suffira pas. Il a besoin de sentir ma peur, et ma douleur. -Les garous sont capables de déceler ces phéromones, la brune en a la quasi certitude. Les feindre dans la voix et les postures ne suffira pas. Sans compter qu’elle est agent du FBI. Fuir son partenaire juste parce qu’il a été menaçant ne colle pas à leur profil.

Une minuscule hésitation, un doute réel dans son timbre. Est ce qu’elle ne risque pas de le pousser trop loin? Vers un non retour dont elle sera la première victime? Sa main se crispe sur la petite boîte qui contient les écouteurs. Non sono una preda, Cazzo! Bravache infinie alors que l’italienne lui lance en revenant vers lui. -Ca devrait être à votre portée, non? -Une paire d’oreillette qu’elle glisse dans son conduit auditif avant de lui tendre la seconde paire. Sourire d’une arrogance aux accents de la tentation. Bandant ses muscles en appréhension de ses prochains mouvements. Prête à fuir, fuir vers sa cible, vers sa propre proie. Se retenant de tripoter le bijou d’argent qu’elle sait présent, dissimulé sous la manche turquoise de son pull, s’interdisant de l’exposer à l’air libre. Elle ignore si William  a connaissance de son bracelet qui n’en est pas un.

Allez Loup, montre moi ton vrai Visage.
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La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WjqXz0V La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea 7dbuIBt La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea S6v5sWR La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea N1Hqv8C La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WdHxnMJ
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Mar 31 Aoû - 1:25 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
L’humaine s’est décidée. Il n’y aura pas de volte-face, pas de changement d’avis. Il devra se confronter à son plan, à sa ligne directrice, sans sourciller. Goguenarde, bouffie d’orgueil, elle s’approche pourvue de cette aura sans charme qu’il lui trouve, ce sourire qu’il lui ferait ravaler volontiers, ce minois qu’il verrait mieux confiné dans un bureau que sur le terrain pour une opération pareille. Si elle fait preuve d’une certaine expressivité, lui demeure de marbre, porte un masque dont les reliefs puent la mort, cette froideur caractérisée faisant partie intégrante de son tempérament. Il la scrute, scanne sa façon de bouger et de parler, pour se faire pleinement au scénario qu’elle lui oppose, comme pour rester calme en dépit de ses saillies provocatrices. Qu’elle rie. Qu’elle rie librement. Un jour…
La main levée vers lui aurait valu pour n’importe qui de se la faire arracher. Il aurait bien saisi son poignet entre ses crocs, l’aurait tordu dans un angle ignoble, délibérément. Pour qu’elle ait le temps de saisir, entre deux hurlements de douleur, que ce membre avec lequel elle avait grandi s’apprêtait à lui être amputé définitivement. Elle serait toujours bonne pour demander une prothèse dernière génération à son service de dégénéré, après cela. Il aurait pris tout le loisir d’arracher tendons, chair, os, de laisser le sang gicler, de tirer tout ce qu’il aurait pu pour qu’elle se retrouve là, stupidement, à contempler la blancheur de l’os arraché en un moignon abject. Et lui, aurait été capable de bouffer cette main devant elle, de déguster ces doigts comme de les balancer pour les livrer en cadeau à la terre, fumier de choix, raffiné comme ce maudit parfum entêtant qu’elle trimballait à chaque pas. Le fantasme, si proche. Si réel. Si elle avait pu lire dans son crâne, jamais elle ne se serait risquée à approcher ses phalanges d’aussi près. Elle recule. Elle fait bien. Lui n’a pas bougé d’un pouce. La violence de ses pensées ne s’est jamais révélée sur son visage, pas même en la plus infime crispation ; aucun tic nerveux. Le contrôle est total. Le tombereau d’insultes se poursuit à son égard, des insultes qui lui vaudraient la création d’autres fantasmagories incroyablement alléchantes. Combien de temps tiendrait-elle, entre ses mains ? Il est curieux d’éprouver sa résistance. Il est certain qu’elle le surprendrait, trop avide de vivre, de ne pas se laisser vaincre par l’une de ses Némésis. Pourtant, viendrait le moment de lui céder, de déposer les armes et d’abdiquer ce soi-disant pouvoir dont elle ne dispose qu’en trichant, en faisant appel à des capacités qui ne sont pas les siennes. N’importe qui peut s’approprier un bout de terre, s’il dispose d’armes à feu efficaces, et n’a rien d’autre à affronter en face qu’une poignée de lances grossièrement aiguisées. Elle n’a aucun mérite. Tout juste son intelligence, et encore. Elle ne semble pas au beau fixe, ce soir. Et cette certitude qu’elle affiche en permanence à son sujet commence à l’agacer sérieusement. Elle se détourne, il la suit du regard jusqu’à la voiture. Il reste immobile, respire avec ce calme dérangeant, se focalisant sur ses inspirations puis expirations pour contenir ses poings et sa rage.

Une mesure de précaution qu’elle s’apprête à faire voler en éclats, elle aussi. Il se retourne pleinement lorsqu’il comprend ce à quoi elle l’invite. Un vertige. Comme un gosse affamé se serait jeté sur une montagne de sucre, à en perdre connaissance. Trop d’un coup. C’était trop, d’un coup. Cela lui demanderait de doser sa violence, de choisir judicieusement les propos à lui jeter en pâture comme pour lui faire peur, l’effrayer tel qu’il meurt d'envie de le faire. Et cependant… la fierté, celle de ne pas céder à son caprice. De la surprendre, de la rencontrer là où elle ne l'attendait pas forcément de pied ferme. La troubler.

« Vous êtes si naïve. Si prétentieuse. Je n’aimerais pas être l’un de vos collègues humains. »

Le loup sourit. Sa langue flirte avec les dents préservées dans leur forme homid.

« Vous êtes dans le vrai. Tout est à ma portée. Il me suffit d’attendre. D’observer. De décider à quel point le risque en vaut la peine. » Lui aussi s’approche d’elle, désormais. Avec une tranquillité terrible, celle du prédateur dont la proie ne s’échappera pas, trop confiante en sa célérité, en sa capacité de lui résister. Lui, s’amuse. Il ne ressent jamais cette pointe de sadisme avec autant de plaisir que lorsqu’il confronte un adversaire imbu de lui-même. « Changer de pays… Changer de continent… Conquérir une femelle… En tuer une autre… Ma vie. Ma mort. La tienne. Tout est à ma portée. »

Tu ressembles à une future putain tuée en bord de route.
Tu ferais un si beau portrait, pour un toubib légiste.
De la belle cendre. Du beau magma.


« Tu penses savoir beaucoup de choses. Tu te méfies trop ou pas assez… Tu as du mal à trouver ton équilibre, avec moi. » Les inflexions de voix changent. Le grondement qui s’amorce, tel un séisme secouant la terre, onde se répercutant dans ses tripes, dans chacun de ses membres. Comme invoquée par elle, par ce gibier immonde qui ose assurer sur elle une suprématie temporaire, la Bête arrive. Elle dispute peu à peu sa place à l’homme qui, concentré, veille à ne pas la laisser prendre trop d’ampleur tout de suite. Des décennies d’expérience pour arriver à la dompter. Elle n’est pas restée son ennemi si longtemps que ça. Comparé à d’autres hybrides tels que lui, il a rapidement réussi à se scinder en deux, à comprendre qu’il ne survivrait pas sans faire quelques concessions. Il a même fini par y trouver honteusement son compte, une pause bienvenue l’aidant à s’échapper de son enveloppe humaine bousillée, à tous points de vue. Ils ont appris à vivre l’un dans l’autre. À s’unir – eux deux contre le reste du monde. Elle l’a secondée pendant les nuits froides, sa solitude oubliée dans la chasse, la reconnaissance et la découverte des différents environnements, le partage quelques périodes durant au cœur d’une meute… Il est un puits de savoir à sa manière, et surtout : il se connaît trop bien lui-même pour réussir à se perdre totalement. Même la Bestiole ne peut rivaliser contre le Loup en sommeil.

Il lui subtilise discrètement les oreillettes lui étant réservées ; elles disparaissent dans l’une de ses poches, quand sa main libre se pose d’abord et par instinct contre le ventre de Medea Comucci. Elle épouse la forme de l’abdomen, cherche à lire sous la ligne des vêtements celles du corps. De quel bois es-tu fait ?

« Ce n’est pas moi que tu testes, avec ce jeu-là. C’est toi. »

Un frisson d’excitation se répand en lui, et son visage s’abaisse pour flirter dans la gorge empuantie de senteurs trop travaillées dans un laboratoire sans fenêtres. Aromes floraux superflus, ne valant jamais les champs de fleurs naturels, les vrais arômes du bois, des plantes, d’une forêt de printemps. Il la respire, pourtant. Il veut sentir de quoi sa peau se recouvre. Sa main se presse plus fort – seul contact qu’il s’autorise – , quand la voix chuchote. « Je ne te ferai aucun mal. J’ai promis. Tu sais que je tiendrai parole. Il est trop tôt. » Un soupir, et la jade qui remonte vers les deux jolies billes brunes s’est teintée d’or. Il cessera bientôt de parler. Il articule posément, d’un phrasé que n’aurait pas renié l’inéluctabilité de la prose d’un Céline. « Le jour où cette promesse ne tiendra plus, tu le sauras. Tu souhaiteras ne jamais être née. Tu me supplieras d’abréger tes souffrances, tu n’as pas idée. Parce que je vais m’amuser avec toi. Pour un jour de captivité, un jour de torture. Cela me semble honnête. » Il se tait. Ses gencives mutent. Elles laissent la part belle à la mâchoire lupine, sensation euphorisante. Un autre que lui n’aurait pu résister. Un autre que lui aurait mordu dans cette belle gorge offerte. Lui se contente de l’effleurer, à peine, de lui faire sentir l’imminence d’une morsure proche. Les doigts remontent, empaument sa joue bel et bien, eux, sans tendresse. Ses ongles écorchent légèrement la peau de soie. Son souffle a forci. Ses narines pulsent presque, et son front vient frôler le sien, créant une intimité atroce, pour lui comme pour elle, et dont il ne savoure le savant entretien qu’à moitié. Il sait combien la haine peut créer un désir violent : la prendre de force contre le capot, la contraindre, saloper ce plan joliment ficelé, mais tant pis : l'idée de l’entendre hurler de douleur puis d’un plaisir jamais assumé dope ses reins aussitôt. Il se recule subitement, et d’un revers, la gifle en modérant suffisamment sa force pour ne pas faire éjecter une dent par mégarde. Sa joue, sa pommette, en resteront terriblement marbrées. Il la retient afin de lui éviter de tomber sous l’élan, la saisissant par ses cheveux noirs sans efforts, dont il dérange la coiffure, rendant ainsi le subterfuge et sa mise plus concrètes et réalistes. Il tire vers l’arrière, l’obligeant à s’arquer, à offrir son menton à la voûte céleste. Son nez vient la chercher une dernière fois, sous la mandibule. La hume.

Une seconde de doute. Une seule.
La tentation.
Dans un grognement frustré, il la repousse contre la voiture, lui administre un dernier regard mauvais avant de se détourner. Il oblique légèrement vers l’ouest, marchant en direction du ranch sans que sa cheville ni son pied ne se dérobent sous les aspérités irrégulières du chemin. Fantôme des temps anciens, se fondant dans les ombres avec un naturel inquiétant, il s’écarte avec rapidité de sa geôlière, ne sachant plus s’il souhaite la réussite de leur entreprise, ou la catastrophe impliquant un nouvel épisode de chaos.

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Dim 5 Sep - 11:20 (#)



Elle emplit ses poumons de la nuit profonde aux effluves boueuses et paysannes. Ce n'est pas son milieu, ce serait une erreur de la cantonner à cette impression. Une fois que Medea a planté ses griffes dans un dossier, elle en déchirera les tripes, explosera les os pour en sucer la moelle et en arriver à la conclusion qui bénéficiera le plus à la Société. Et à sa carrière. A  à peine trente ans, c'est une étoile en ascension au FBI et sa collaboration avec le PASUA, cette si secrète organisation gouvernementale n'en est qu'au début. La Vénéneuse a été choisi pour peser sur le joug de ce loup-garou meurtrier à la fausse indifférence. Pour décortiquer et viviséquer les rouages de son mental malade et instable. Elle imposera à cette créature récalcitrante de baisser l'échine et rentrer dans la voie enflammée qu'elle trace pour tous les deux.

Qu'il la haïsse à loisir. Qu'il la méprise tout son content. La psychologue n'est pas là pour lui faciliter la vie. Pas là pour lui plaire. Au contraire, c'est dans l'adversité qu'elle excelle et que sa ténacité s'exprime en fouet d'épines. Sa mission en ce misérable décembre, c'est de mettre fin à la carrière en roue libre d'un meurtrier qui ridiculise les lois des hommes en s'appuyant sur sa nature animale. Que Carlisle objecte son plan, qu'il se montre narquois et désagréable n'a pas d'influence. Froid, muet et indéchiffrable alors qu'elle s'approche et l'aiguillonne sans une once d'empathie dans la direction qu'elle a choisi. Sa pitié et sa compassion ne vont qu'aux victimes que ces êtres abandonnent derrière eux sans un second regard. C'est pour eux qu'elle pleure. Certainement pas pour celui qui a maintenant perdu sa liberté et qui lui appartient. Décision des hautes autorités légales.

Ses paroles et ses intonations sont parfaitement dosées et maîtrisées malgré la pointe de crainte qui lui cisaille le ventre et qu'elle interdit d'exprimer. Si elle va trop loin et qu'il perd le contrôle de sa sauvagerie, c'est sa colonne vertébrale qui craquera au creux de son poing. Risque acceptable. Certitude à 90% qu'il est capable de s'imposer de ne pas aller trop loin. Adrénaline qui pulse et l’entraîne toujours plus loin. Medea l'observe alors qu'il se rapproche à son tour. La Faim qu'elle a éveillé avec ses suggestions maudites. Ho comme il crève d'envie de la réduire à une pulpe d'os sanguinolente. Un sourire mauvais à sa bouche au carmin presque prophétique. Elle ne sera pas une victime consentante. Une pique si faible qu'elle en hausse un sourcil. - Votre vœux est exaucé, vous ne serez jamais l'un de mes collègue. -l'un de mes égal. Quoique aucun ne l'est vraiment. Ils sont parfois si Médiocre, tous !

La jeune femme s'impose de ne pas raidir sa posture bien que sur la petite boite d'écouteurs, ses phalanges ont légèrement blanchi. Il disserte de sa mort librement, menace affichée avec une jubilation évidente. -Nous avons déjà mis un terme à votre première cavale. Une deuxième fois ne sera pas un problème.  -Il est trop proche alors que son dos est presque sur la voiture. Reculer ou le contourner serait affirmer qu'elle craint sa présence ou qu'elle ne sent pas de taille à faire face à sa brèche dans sa sphère privée. Vaffenculo. Pourquoi est ce qu'il ne parle jamais au bon moment ? Il est contrariant ! Ce n'est pas encore de la peur qui s'étend entre eux. Un malaise, très certainement. Medea jugule ce qu'elle ressent avec un contrôle d'acier. Celui qu'elle a appris à la table de son père où ses émois et révoltes d'adolescente étaient punis par le ceinturon. Jamais administré par la main paternelle, systématiquement sous sa supervision. Vampire avide de sa reddition. Ho, elle a appris si jeune à se dissimuler.

Le Garou a raison. L'Italienne n'a pas encore réussi à acquérir la balance nécessaire le concernant. C'est plus facile lorsqu'ils sont dans un bureau à revoir ses anciens crimes ou lorsqu'il est au main des scientifiques et qu'elle observe dans l'ombre chacune de ses réactions. Haussement d'épaules nonchalant. Il joue avec elle. Il l'observe autant qu'elle l'examine. Ils sont dans une dynamique de symbiose parasitaire et maintenir une distance professionnelle de rigueur est quasiment impossible si elle veut avancer avec lui. -Ne t'inquiète pas pour moi. Son ton est trop plaisant pour la situation. Avant qu'il ne n'impose un soudain virage à la situation. Medea en oublie momentanément leur duel moucheté.

Une respiration qu'elle aspire. C'est la première fois qu'il se métamorphose devant elle, aussi proche d'elle. Encore moins un changement partiel. L'avidité et la fascination sont lumineuses dans ses prunelles Nuit. C'est un roulement de ses muscles et de ses tendons. Lèvre inférieure qu'elle grignote presque trop sèchement. Cela ne devrait pas être possible. Tout ce qu'elle a lu jusque là, tous les cas qu'elle a étudié sans relâche indique qu'une fois la Bête invoquée, il est extrêmement compliquée de la tenir en une laisse si courte. Ce que William réalise -pour elle, parce qu'elle l'exige- est stupéfiant. Sa créature n'est pas tout à fait au devant. Elle sinue sous la peau, frémit dans son regard. Aileron de requin en menace presque imperceptible. Les écouteurs qu'elle lui destinait sont récupérés. Détail insignifiant. Un geste. Qui n'a rien d'insignifiant. Il la touche. Il appose sa main sur sa matrice. Sous la paume, les muscles se contractent et jouent alors que sa respiration devient beaucoup plus courte. -Je nous teste tous les deux. -Sa voix est claire, limpide, parfaitement articulée. Rien qui n'offre une prise à cette abyme qu'il vient d'ouvrir en franchissant cet interdit tacite. Il s'impose dans son Personnel. Son souffle contre son cou dans un semblant horriblement travesti d'une posture de confiance et tendresse. Il la respire. Il l'inspire. Vole les notes de menthe, rose et lavande qui compose le vent oriental de Chergui  sur sa peau. Le bout des doigts de Medea qui flirtent avec sa nuque découverte par ses cheveux courts. Sa peau est si douce, si velouté. Un mensonge. Il l'inspire. Le ton est celui de l'intime, du secret partagé. Son ventre se creuse durement sous ses paroles. Sous ses doigts en pression contre sa chair la plus vulnérable. -Je ne te supplierais jamais. Autant m'arracher la langue directement lorsque le moment sera venu. Il ne viendra pas. Je te dépècerais avant, lorsque tu aura cessé de m'être utile. -Ces menaces dégueulasses, ce n'est pas elle. Il éveille des pulsions de violence dont elle n'est pas coutumière. Cependant, elle ne s'allongera jamais pour lui offrir cette vengeance qu'il désire. Elle se battra contre lui à mort et aucune arme ne sera trop basse ou trop déloyale.

Le dos de sa main coule de sa nuque vers son visage. Ses doigts sensibles ne perdent rien du jeu vermineux sous sa peau. Appuient contre sa mâchoire qui mute. Revient vers les pommettes qui deviennent saillantes. Est ce que si elle mettait du vernis piqueté d'argent sur ses ongles parfaitement manucurés, elle ouvrirait des traînées sanglantes sur son épiderme, ferait fondre sa peau jusqu'aux muqueuses en une boue massacrée ? Le loup-garou est un trop bon professeur. Avant lui, elle n'aurait pas caressé ces fantasmagories tortionnaires. A trop jouer avec ses instincts , il en deviendra réellement son cobaye. Pas encore. Medea n'a pas pas appris à le haïr assez. Le front prognathe qui effleure la soie de ses mèches. Geste miroir alors qu'il agrippe son visage. Miroir vicieux. Les doigts féminins n'avaient rien d'agressifs. Sa gueule est trop proche de son cou.  Une vague de peur qui se précise. Si il la mord, elle est foutue. Ses prunelles refusent de se clore. L'affrontant dans un silence fragile. Ils sont figés dans une immobilité arrogante. La respiration en dualité est plus lourde contre sa peau. Ses yeux tombent sur son bas ventre raidit dans un désir Mâle. Le sourire qu'elle lui adresse à cet instant est d'un vice pure. Elle manipule les pulsions masculines depuis qu'elle en a compris l’intérêt. Il ne fera pas exception si il se laisse entraîner dans ses marécages. Son bassin s'incurve légèrement dans une invitation perverse. Pourtant, pourtant... Elle se laisse aller, quelques brefs instants, à des rêveries de sa propre fabrication. Qu'est ce que donnerait cette tête hybride entre ses jambes ? Si elle ouvrait son jean et le laissait tomber de ses cuisses avant de guider ce visage difforme contre l'apex de son sexe palpitant ? Quels plaisirs est il capable de lui infliger ?  Sexe et peur. Cocktail Olfactif. Il rompt le premier le maléfice cruel qui s'est tissé entre eux. La ramenant des deux pieds dans une réalité qui n'a plus rien de sensuelle.

Une gifle en un revers indolent qui cueille sa joue dans une brûlure sèche. Un cri de douleur qu'elle étouffe avec un temps de retard. Chaleur qui s'étend sur le coté droit de son visage. Larmes qui piquettent ses prunelles. Mouvement de recul instinctif,  la brune trébuche. Elle n'a pas le temps alors qu'il empoigne ses cheveux à l'arrière de son crane. Elle a lui a demandé, exigé cette action. Elle n'a plus été frappée que lors de ses entraînements codifiés dans les séances avec ses collègues. Ce soufflet n'a rien en commun. Brutalement il impose une cambrure à son cou qui n'a rien de naturel. Sa réaction est automatique, luttant vainement contre la prise qui la cloue dans la position à laquelle il la contraint. Cette fois, elle tremble sous sa prise. Il est proche d'un point de non retour. Gémissement verrouillé qui ronronne dans sa gorge. Il va s'éprendre de son artère. Discours hypocrite. Pas le temps de dégager son bracelet d'argent qu'il a déjà disparu dans les ombres qui l'avalent, comme si il était l'un des leurs.

Elle se plie en deux vers l'avant quand il s'éloigne enfin. S'interdit de toucher sa peau, création d'un hématome. Ses mains sont si fébriles qu'elle manque de faire tomber la paire d'oreillette qu'elle glisse dans le creux de son tympan. Se refusant de penser à ce qui va suivre, elle se détourne de la silhouette sécurisante  de la Porsche et s'envole à son tour vers le ranch dont les lumières encore lointaines sont le seul phare qu'il lui reste. Un instinct primaire lui hurle que courir alors que le Loup rode est de la folie. Qu'il va l'attraper et la manger. Promenons dans les bois pendant que le loup n'y est pas. Si le loup y était, il nous mangerait. Ritournelle dont la profiler ignorait la véracité. Petit Chaperon rouge qui va se trouver sur le chemin de deux loups. Sa respiration est arythmique. Comme Carlisle l'avait prédit, sa mauvaise vision nocturne est un obstacle. Elle s'effondre plusieurs fois dans des ornières irrégulières. Le joli turquoise de son pull est maculé de boues malodorantes et elle est certaine que les ronces ont griffés sévèrement son jean, dérobant de la toile sur ses cuisses dont le cuivre transparaît parfois. Impossible de savoir où est son « partenaire ». Quand elle arrive à l'orée de la propriété de l'adjoint meurtrier, elle est hors d'haleine, échevelée, dans un état lamentable et d'une vulnérabilité exacerbée. Du moins en apparence. A mesure de sa course erratique, elle est parvenue à recentrer autour d'elle un noyau de lucidité, à rassembler la nécessité de leur objectif, à ne pas se perdre dans ses angoisses de petite fille remontée dans les ténèbres nocturnes. Bien sur qu'elle a été secouée par ce huis pas tout à fait clos avec cet homme qui n'en est plus tout à fait un.

Medea tambourine sur la porte. Le doigt pressé sur la sonnette, au milieu des aboiements de l'indispensable cabot. Voir des cabots, dans ce cas. Quand le battant s'ouvre sur l'homme, pas encore couché, si elle en croit son jean et son tee-shirt léger, elle ne lui laisse pas le temps de placer un mot. S’écroule littéralement dans ses bras. L'obligeant à reculer pour amortir le poids de son corps contre lui, franchissant ainsi le seuil de sa demeure. Respiration hachée et épaules qui se soulèvent. Choc traumatique violent. Un bras à sa taille qui la soutient de manière presque automatique. Voix étouffée, presque incompréhensible tant elle est prise de frissons convulsifs. -Terry, aidez moi. J'ai eu si peur... -Elle espère vraiment que William va jouer son rôle et trouvera rapidement les preuves indiscutables dont ils ont besoin pour l'appréhender et le mettre hors d'état de nuire. Il est hors de question d'agir sur des soupçons ou des peut-être. Il y a des lignes rouges que son éthique ne lui permettra pas de franchir, des raccourcis qu'elle n'emprunte pas. Son intégrité professionnelle est sacrée. Pas sure qu'elle puisse s'échapper de la bouche de Scylla  dans le cas contraire.



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Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea S6v5sWR La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea N1Hqv8C La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea M70Ex1d La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea IfwWWwA La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea QeVIwzX

"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WdHxnMJ
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Jeu 9 Déc - 5:49 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
Ses pas sont lourds comme réguliers.
Sous ses semelles, la boue s’écrase, les ornières s’érodent, la terre cède.
Il répartit son poids avec une aisance trahissant ses origines, aidé par ses pupilles habituées au noir, au sombre, aux mondes dans lesquels aucun lumignon ne brille jamais.
La Bête obéit à sa tutrice commanditaire, le sang encore chaud du désir mortifère que ses ordres, ses attitudes et ses provocations ne cessent d’éveiller.

Il a vu son sourire.
Il a vu son regard.
Elle est perverse. Mauvaise. Elle doit probablement cultiver un nombre de fantasmes hallucinants dont il s’échappe pour se focaliser sur la nuit à peine tombée. Lentement, les crocs se rétractent, les gencives réabsorbent l’ivoire sous son contrôle, et l’absinthe remplace l’or apparu pour faire peur à l’Italienne dont il suit la progression avec attention. Elle est lente. Elle se déplace de façon malhabile et, ainsi qu’il l’avait prévu, sa progression est pénible, rendue compliquée par la boue, l’obscurité et sa nature de citadine. Lui, la surveille. Il ne craint pas de trébucher. Son pied est sûr. À flanc de montagne, dans les vallées, au font des tranchées, dans les champs ou sur le bitume, ses articulations l’ont rarement trahi. Sa souplesse rend ses hanches habiles, sa démarche plus fluide, plus apte à bondir, à prévenir un manque d’équilibre. Il ne sourit pas lorsque l’humaine peine, geint et accumule les blessures, les pics de stress, une montée de panique. Il la surveille avec une acuité de prédateur, comme s’il comptait bien pister sa proie jusqu’à l’épuisement. Jusqu’à ce qu’il n’ait plus qu’à la cueillir pour la mettre à mort et boire à même sa gorge l'hémoglobine bouillante qui s’écoulerait, une fois l’artère perforée. Une méthode de vampire, une manie lui venant d’une seule Maudite dont il s’est délesté des liens. Ce soir, voilà qu’il les regrette. Ce soir, il regrette d’avoir quitté les bois du Maryland.

Au fur et à mesure qu’ils s’approchent du ranch, ses foulées se font plus prudentes, plus silencieuses encore. Il prend garde à éviter les flaques de boue, se méfie comme de la peste des dernières feuilles mortes menaçant de craquer sous ses pas, et tend l’oreille afin d’éviter de se faire surprendre à son tour. Il s’arrête à distance, respectant les indications de Medea pour lui laisser le temps d’accoster Terry Deaton la première. Malgré sa mauvaise foi, il n’est finalement pas certain de vouloir que la mission échoue. Trop d’inconnues le perturbent. Il n’a pas affronté l’un des siens depuis longtemps. Loup solitaire déjà suffisamment condamné pour son tempérament difficilement malléable dans le cœur d’une meute, il a toujours craint les affrontements possibles avec un Alpha, voire avec d’autres Bêtas. Il sait se battre, il n’est pas un mauvais assaillant, mais le risque d’une blessure fatale, d’une mort atroce, l’a toujours rebuté. Il ne craindrait pas Terry Deaton sous sa forme humaine, mais s’il se transforme… Il faudra faire vite. Compter sur la capacité de l’humaine à l’abattre sans sommation ; ne certainement pas lui donner l’occasion d’achever sa métamorphose. Pour un garou habitué à ne tabler sur personne d’autre que lui-même, il s’agit d’un effort conséquent, venant augmenter l’anxiété qui le ronge en sourdine. Il s’arrête, envisage d’enfiler cette paire d’écouteurs avant de se raviser. Il craint qu’elles n’entravent son ouïe sensible, même en partie seulement. Hors de question que du matériel aussi ridicule l’empêche de prévenir un danger, que ce soit pour elle ou pour lui.

Des aboiements résonnent depuis l’intérieur du ranch. Il siffle entre ses dents. Des putains de clébards, forcément. Lui qui apprécie d’ordinaire ces compagnons canins dont il aimait s’entourer du temps de son humanité, craint de les alerter par sa seule présence dans les parages. Les chiens vivant encore dans un environnement rural comme celui-ci conservent en général un flair intact. Il lui coûterait d’avoir à abattre ou blesser des créatures innocentes. Il est heureux de ne pas disposer d’armes à feu. Il n’est pas là pour tuer ni pour tirer. C’est elle qui est censée faire l’essentiel du travail, sur ce point. Il n’est envoyé là qu’en éclaireur, que pour débusquer les macchabées potentiellement planqués là. Lorsque Terry ouvre à l’humaine, la porte laissant aussitôt s’échapper un rayon d’ambre évocateur de la chaleur typique d’une habitation pareille en Arkansas, il s’élance, avançant prudemment vers l’arrière du bâtiment. Derrière la maison, pas de chiens. Il balaye l’espace, distingue une grange à l’arrière, évalue la taille de la cour, repère les ouvertures donnant probablement l’accès à un garage ou un cellier. Vaste. Si vaste. Ce n’est pas sous le ciment sur lequel il se tient que Terry a pu enterrer des corps. Il réfléchit. Tente de se mettre à sa place. Où et comment enterrer rapidement des cadavres ? Surtout lorsqu’on est un deputy ayant tout intérêt à mettre ses connaissances à profit, s’offrant l’opportunité d’une impunité sans limites ? Il hume, les ailes de son nez toujours palpitantes, mettant à profit la bise d’hiver qui souffle en silence, hormis lorsqu’un ou deux grincements provenant de l’antenne et du matériel pseudo-agricole offrent une prise trop importante au vent tenace. Il ne jure pas : ni dans sa tête, ni à voix haute.

Taiseux, dressé là dans l’incertitude, il décide brutalement d’opter pour la grange. Rien ne pourrait laisser présager ce qui aiguille sa décision. Il sent simplement qu’il doit se diriger par là. La bâtisse est imposante. Bien retapée, presque pimpante. Il tend la main, effleure le bois superposé, construction typiquement américaine. Chez lui, on ne faisait pas ainsi. Ni avec la pierre, ni avec les planches. Quelques marches à grimper, pour accéder à la porte. Il cherche à tourner la poignée qui lui résiste. Une autre étincelle de soupçon. La peur, la tension et la délinquance auraient donc explosé à ce point dans le patelin que même l’adjoint du shérif se sentirait obligé de verrouiller l’intérieur d’une grange dont le contenu n’intéresserait pas grand-monde ? Certainement pas les rares groupes de jeunes résidant en ville, et devant donc mobiliser une voiture, se garer devant le domicile du flic… Non. Aussitôt, cette porte fermée éveille une suspicion qui le pousse à fouiller. Limier jeté sur une piste, il saute à bas des quelques degrés et s’emploie à remonter le long du flanc, vérifiant toujours qu’aucune activité inquiétante n’ait pris naissance dans son dos, pour contourner l’abri. Baissant machinalement les yeux vers le sol, c’est au bout de plusieurs mètres qu’un détail l’alerte. Un détail qui n’a rien d’anodin. Le Loup recule d’un pas vif, surpris. Ici, près du sol, une odeur particulièrement étrange le pousse à s’accroupir, faisant crisser légèrement le cuir de sa veste. Le vide sanitaire censé garantir tout problème d’humidité n’est pas étanche. Il y a une drôle d’humidité qui persiste, ici. Son nez s’affole, et voilà qu’il se penche, les deux paumes à plat, pour chercher à mettre un mot sur…

Humidité.
Pourriture.
Décomposition ?
Peut-être, mais à cet endroit, ce n’est pas l’odeur de la chair en putréfaction qui prédomine.
Contrarié, les sourcils froncés, il réfléchit, puise dans ses propres souvenirs de tueur, de tanière laissant quelques corps entassés, livrés aux éléments. La peau prenant des teintes bleues, violettes, vertes, brunes, noires. Comme si la peste avait frappé là, ne laissant que des silhouettes marbrées et déjà purulentes, les prunelles grandes ouvertes, surprises par la faux venue s’abattre si tôt.

Il se redresse, cherche, traque. Il est sur une piste, il le sent. Plusieurs mètres encore, et cette fois c’est une traînée ignoble et grouillante qu’il distingue dans la nuit. Des vers se dandinent là. Ils dégoulinent des planches juxtaposées, mais dont quelques failles peuvent aisément leur livrer un passage. Ils rentrent et sortent, chacun en fonction de leur goût comme de leur appétit. De la pointe de sa chaussure, il donne un léger coup, faisant tomber quelques larves trop dodues pour être honnêtes. Il y a quelque chose dans cette grange. Il en est certain. Il contient son impatience, conscient qu’il peut s’agir tout aussi probablement de la dépouille d’un rat fraîchement crevé de froid dans un coin, ou assassiné par un félin des environs. Cependant, il veut en avoir le cœur net. Il reprend sa route et parvient tout à fait derrière le grenier dont pour l’heure aucune fragrance plus suspecte ne s’évade. Un autre battant. Fermé lui aussi. Il laisse échapper un soupir de dépit. Il va devoir forcer l’ouverture, le plus discrètement possible : il ne doit pas alerter les chiens. Ses compétences en la matière ne sont pas aisées, mais il n’a pas le choix.

Il sait que plus il tarde, plus le risque augmente pour Medea Comucci de se trahir, ou de figurer à son tour parmi la liste de victimes du potentiel meurtrier en puissance. Elle n’aurait alors que ce qu’elle mérite. À force de vouloir fréquenter des monstres, voilà que la profiler est en train d’en devenir un à son tour. Une créature fantastique, auto-façonnée, prisonnière de ses délires, de ses convictions qu’aucun sens commun ne pourrait raisonner. Pourtant, il exécutera la mission comme convenu. Il tiendra parole.

Il ne cherchera pas à s’évader, cette nuit.

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
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Jeu 20 Jan - 11:20 (#)


Le souffle de la course l’épuise et l'étouffe. Ce n’est pas un exercice dont elle est coutumière, encore moins dans le microcosme New-Yorkais. Si celui est sauvage à bien des aspects, il se dépeint sous d’autres traits que ces champs bouseux à perte de vue. Evidemment qu’elle trébuche dans les ornières et dans les trous de boues qui s’ouvrent sous ses pieds qui ne savent pas les déceler. Ses chevilles se tordent et s’affaissent. Les buissons griffent et la retiennent. Où est le Loup? Medea ne perçoit pas sa présence. Est ce qu’il la traque? Est ce qu’elle est sa proie? La peur dévore son rationnel. La protège de la violence malsaine des quelques instants qui ont précédé son envolée dans la nuit. Elle ne l’entend pas. Ses oreilles bourdonnent de son propre sang qui frappe ses tympans. Il n’existe dans la nuit que les branches qui craquent sous des talons qui les brisent sans discrétion. Vérifier le traqueur gps maintenant n’a pas de sens, elle se le refuse.

Le ranch dont les quelques lumières ont des aspects de Phare d’Alexandrie dans la pénombre s’impose à sa vision. Elle s’oblige à rassembler ses pensées éparses. Une part de rancœur qui ne disparaît pas macule ses papilles. Il a raison, au moins sur un point. Elle a forcé ses supérieurs à leur lâcher la bride. Ils n’ont eu ensemble à résoudre que des affaires sans réelles difficultés. Sans enjeux. Ce cas, ces meurtres, ce Garou peuvent être la première pierre blanche sur le chemin de sa carrière prestigieuse. De leur réussite. Il a une laisse si courte, à New-York et elle n'avait aucune raison, aucune envie de l’allonger. Mais si ça fonctionne, si ils parviennent à trouver une dynamique victorieuse, peut être pourra t’elle envisager certains changements dans son quotidien. A l’inverse, un échec signifierait une gifle infamante, un revers qu’elle refuse de considérer. Bien évidemment que les pontes étaient réticents. Ils ont investi temps et argent sur le dos du Lycan. Ils attendent de la profiler qu’elle approfondisse sa plongée dans la psychée adverse de leur prisonnier.  Pas de prendre de tels risques avec sa captivité. Elle a usé de toutes ses ressources, de toute sa conviction, affirmant qu’elle avait maintenant besoin de le confronter à une traque sous conditions réelles. Qu’il était temps de l’étudier hors d’un cadre citadin.

Le doute pernicieux et étouffant. Est ce qu’elle a méjugé de sa capacité à le tenir? Étaient- ils vraiment prêts à affronter une autre Créature? De leurs entretiens, de ses propres analyses, le point dominant est l’aspect amoral de Carlisle. Elle ne craint pas un retour de conscience à jeter un de ses congénères dans le broyeur qu’est la Nrd. Par contre, il est intelligent, retors et profondément opportuniste, sa propre survie passe avant tout le reste. Il lui a promis qu’il ne tenterait pas de s’évader cette nuit. La jeune femme sait que tout repose sur cette pierre effritée et poreuse. Son futur est bâti dessus.  A quel point peut-elle s’appuyer sur son partenaire? Il n’y a personne d'autre que lui, cette nuit. Il est le seul vers qui elle devra se retourner si la situation lui échappe. C’est à lui de trouver les preuves accablantes, écrasantes de la culpabilité de l’adjoint pendant qu’elle va le distraire et occuper son attention.

Normalement, il est censé attendre qu’elle pénètre dans la propriété de Deaton avant de commencer ses investigations. Sa tête pivote et elle scrute les alentours, cherche à distinguer une silhouette qui n’appartient à la faune. Goutte de sueur qui dévale de la nuque jusqu’au creux de ses reins. Rien. Aucune trace de sa présence. A cet instant, sa silhouette trop fine, trop anguleuse aurait été rassurante. Réconfortante. Il lui faut se jeter en toute conscience entre les crocs d’une Bête inconnue dont elle espère avoir cerné correctement les caractéristiques. L’erreur sera fatale. Pour elle, sans aucun doute. Pour le Lycan, peut être aussi. La peur au ventre qu’elle s’impose à ravaler. Reculer, abandonner n’est pas une option. N’est Jamais une option. L’éducation de son père lui aura au moins gravé cette certitude jusque dans la moelle de ses os. Confiance. Pas besoin d’un miroir pour savoir que son apparence physique est désastreuse, que son physique de citadine policée a volé en éclat. Les aboiements des chiens complètent le tableau sinistre de cette nuit de décembre dans le trou du cul de l'Amérique. Il est trop tard pour réfléchir à ce qui va mal se passer.

Un raffut sans concessions jusqu’à ce que le propriétaire ouvre et se retrouve avec le corps effrayé de Medea dans les bras, qui ne se soutient plus. Qui s'agrippe à lui, son radeau de la méduse personnel. La porte ouverte découpe un rectangle de clarté qui ne peut être ignoré, un signal clair et précis. C’est l’heure pour toi d’agir, William. L’heure pour elle de donner la représentation la plus importante de sa vie. Ne pas sous-estimer l’instinct de tueur de l’être avec elle se trouve. La porte se referme sur eux alors que Medea se redresse, clopinant sur une cheville dont elle accentue la foulure. Le ranch est une affaire familiale, un legs de générations en générations, c’est une évidence devant le papier peint fané et la décoration surannée. Il a des questions, c’est visible. Il la conduit dans une cuisine, probablement le cœur de la vénérable demeure. Des pierres, des poutres apparentes, d’anciens outils de récoltes  ou pour les semis sont accrochés aux murs, offrant une atmosphère tout en rustique tranchant et rouillé. Medea est immédiatement hors de sa zone de confort, ce qu’elle assume dans un battement de cœur. Ses mains s’interdisent d’effleurer l’arme dissimulée sous ses vêtements amples et certainement pas ses bijoux d'argent. Ses paumes étreignent le bois d’un fauteuil qui a vécu des jours meilleurs. Le rembourrage cherchant à s’enfuir par plusieurs trous dans l’assise en tissu déchiré. Son hôte involontaire s’éloigne de quelques pas, la dévisage sans mots dire pendant quelques secondes avant de rompre le silence qui en devenait pesant. D’un revers de paume, elle essuie des traces de boue sur son visage, quelques larmes aussi. Au creux de son oreille, l’oreillette dangereuse, soigneusement dissimulée par un pan de chevelure sombre.

-Comucci, tu es dans un sale état. -Curiosité, une pointe de suspicion. Ils ont eu le temps ces dernières semaines de cultiver un semblant de camaraderie policière. Aucune force locale n’apprécie l’ingérence du FBI. Tout en reconnaissant l’indispensable de leur présence. La population est terrorisée. Noël est annulé. Le commerce moribond. Son cœur s'apaise à peine. Elle baisse les yeux. Comme pour éviter ce regard scrutant. Pour dissimuler la honte de la faiblesse qui peint les prunelles sombres.
-On a heurté… une biche.. avec William. -Elle redresse les épaules. - Elle est sortie des bois, il conduisait, je n’avais pas ma ceinture. Le choc n’a pas été violent mais…
Vague mouvement des paumes vers le haut. Elle n’est pas convaincante, l’italienne. Elle peut  voir son doute dans sa posture qui se raidit. Dans l’examen plus précis de son visage. Dans l’attention qu’il prête à ses phalanges qui se crispent et se relâchent sous un rythme trop nerveux. La cuisine est impeccablement rangée. Rien ne dépasse, le sol n’est maculé que par les traces de boue qu’elle a ramené de l'extérieur. Un froncement de nez sous cette vision déplaisante. Il n’apprécie pas cette rature sur son canevas rutilant. -William a essayé de l’éviter… un arbre…
-Où est il? -Le timbre est plaisant, chaleureux, mais le regard reste froid. Une nouvelle bûche dans le poêle à bois qui peine à réchauffer les murs trop épais. -Pourquoi es tu seule dans la nuit? Je crois que tu ne me dis pas tout.
Okay. Tutto va bene. Elle frissonne. Détourne son propre regard de sa curiosité. S’écarte un peu. Mine de rien maintien de la distance entre eux.
-Il est… sorti de la voiture.. pour examiner les dommages.. la biche… je crois qu’il a du…
-Cela n’explique pas pourquoi tu n’es pas restée avec lui. Les bois sont dangereux ici, tu sais. Tu ne sais jamais quel prédateur rôde. -Une tasse de café un peu tiède qu’il lui verse dans une tasse rutilante. Elle s’approche, récupère l’offrande, sans parvenir à raviver ses doigts gelés. Elle ne lui tourne pas le dos.
-Tu ne dormais pas? Je suis désolée. Je ne voulais pas. te déranger.
-Medea! où est Carlisle!
-Il se module à nouveau. S’approche. Ses narines fleurent les effluves de peur qui sont encore accrochées à elle. Peut être aussi le sang de l’intérieur de ses joues lorsqu’elle s’est mordue, de sa lèvre ouverte lors d’une chute qui a eu le temps de coaguler. -Il est doit te chercher.
-Je ne sais pas! Non lo so. Elle recule, se dérobe, garde son attention fixée sur lui. Les chiens ont repris des aboiements frénétiques. L’oreillette reste muette et soudain c’est un soulagement, parce qu’il en percevrait le grésillement. Ligne de survie qui tout aussi facilement la noyer. C’est trop silencieux dans cette cuisine. Enfin, l’aveu. Celui que le flic attendait. Celui qui ne peut venir facilement de la part d’une femme aussi arrogante que celle ci. Du gène. Du malaise. Des paroles du bout des lèvres, à contre -cœur, le regard au sol.
-On s’est disputé. Je ne sais même pas ce qui s’est passé. Il a perdu le contrôle. Il n’avait jamais agi comme ça. J’ai eu peur, je me suis souvenue que tu habitais pas loin.
Elle parvient à effacer l’agent du FBI pour une créature purement féminine et vulnérable. Une charade, un masque. Elle a repris le contrôle. S’interdit de scruter la cour dont elle distingue les contours par les larges fenêtres à croisillons. Une ombre de sourire satisfait sur les lèvres masculines. Ca, c’est déjà plus cohérent avec ce qu’il a compris de ses hématomes. Un peu moins fière, la minette new-yorkaise en terrain conquis. Non, il ne peut pas dire qu’il soit pleinement compatissant. Les mots suivants sont ceux attendus.
-Je suis sûr que demain ça ira mieux. Tout va s’arranger.  Il va s’excuser. Je te ramène en ville à votre hotel.
Non. Son hospitalité ne va pas jusqu’à lui proposer de rester la nuit. Certainement pas. Il tient à son territoire inviolé, il n'acceptera pas d'autres incursions. -Tu pourra me montrer où est votre voiture, si il y a besoin de la faire remorquer.
Ho non. Ca c’est hors de question. Elle ne va nulle part seule avec lui. Sécurité de base. Surtout sans avoir de moyen de prévenir Carlisle.
-Oui, merci. Je finis mon café. Je suis encore un peu secouée. J’ai encore si froid. Est ce que.. je sais que j’abuse, mais tu aurais un plaid ou quelque chose?
Il ne regarde pas le plafond, mais une vague expression d’agacement.
-Bien sur. Ressers toi, je vais te chercher ca. Ne fume pas à l’intérieur.
Il quitte la pièce. Craquement bruyant des escaliers. Peu de temps. Il lui reste peu de temps. N’ose pas se servir de l’oreillette. Ce n’est pas encore une urgence absolue. L’anxiété revient en flèche. Sans un bruit, elle sort de la cuisine et se faufile dans le salon à peine éclairé par une lampe à avec un atroce abat jour fleuri qui peint sur les murs des ombres tordues. froissement de lattes vermoulues  à l’étage. Quelques courtes minutes devant elle. Des papiers épars sur la table haute. Rien d’autre hors de place. Pas même un livre aux pages tordues. Un regard vers le haut. Silence. Elle n’hésite pas, se glisse entre les meubles pour atteindre la table. Se plonge dans les divers papiers. Aucun bruit, tout va bien. Rien de bien intéressant. Le secrétaire, lui, pourrait être bavard. Medea s’accroupit. Ouvre un premier tiroir, dont pas une charnière ne grince. Ses instincts la préviennent, trop tard. Elle se redresse, fait volte face. Terry est à l’entrée du salon, un pull en laine drapé sur un bras, et son sourire est nettement moins aimable.
-C’est une coutume des New-Yorkais, de fouiller chez les gens qui vous accueillent, Comucci? -timbre calme. Détaché. ll n’est pas impatient. Un rictus qui dévoile trop sa dentition. C’est peut être l’occasion de jouer un peu finalement.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
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La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WjqXz0V La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea 7dbuIBt La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea S6v5sWR La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea N1Hqv8C La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea M70Ex1d La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea IfwWWwA La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea QeVIwzX

"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WdHxnMJ
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Dim 24 Avr - 23:35 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
Pas de cadenas. Juste cette fichue porte qui le regarde, et qu’il toise en retour, contrarié. Il réfléchit à toute vitesse, et entreprend surtout de calculer les risques de ce qu’il envisage. Il doit entrer à l’intérieur. La nécessité devient impérieuse, pressante. Elle l’excite, comme n’importe quel canin dont la main de son maître flatte l’échine, attendant le moment où ce dernier le lâchera sur le gibier chassé. Il envisage très clairement d’utiliser une méthode bourrine, la plus brute de décoffrage possible. Il sait qu’il aurait tort. Il n’y aurait pas de meilleure façon que celle-ci, pour faire foirer la mission. Pestant dans sa barbe, il lève les yeux, et trouve exactement ce qu’il cherchait. Une fenêtre est là, du moins si on peut nommer fenêtre la plaque de « verre » à moitié fracturée. Il doit grimper. Il n’a pas le choix. Le garou recule, évaluant les murs de la grange, cherchant à esquisser en amont le meilleur chemin à emprunter pour parvenir à son but. Une fois décidé, il s’élance. Sa grande taille doublée de sa force physique surhumaine est un atout de poids, lorsqu’il bondit pour s’accrocher aux rebords les plus accessibles. De la pointe de ses chaussures, à la force des bras, il se hisse, et qu’importe le nombre phénoménal d’échardes qui pénètrent la peau de ses doigts en seulement quelques instants. Il grimace à peine, concentré sur son objectif, et ce n’est qu’une fois parvenu au niveau de la baie décolorée par le temps, la pluie et le vent, qu’il s’immobilise. Il jette un coup d’œil en contrebas, vérifiant aussitôt qu’il pourrait ressortir par le même procédé. Prudemment, il passe une jambe, puis une autre, évitant de frotter contre la brisure coupante. Une fois assis, il profite de sa position en hauteur pour balayer le décor d’un regard expert. Le constat est frappant. L’intérieur de la grange est impeccable. Au lieu de matériel agricole, de potentielles machines, d’un peu de grain stocké, de bordel sans nom… il n’y a rien de ce à quoi il s’attendait. Seul un établi particulièrement bien achalandé en outils de bricolage embrasse l’un des coins de la bâtisse. Si l’extérieur est effectivement bien retapé, rien ne concorde avec ce qu’il connaît. Ancien paysan, ancien éleveur, le premier examen par ses sens renforce les soupçons sur la culpabilité de l’adjoint. Et à la fois… ne serait-ce pas trop simple ? Il se morigène aussitôt. Il ne doit pas commencer à penser, à réfléchir comme les humains qui l’ont engagé dans des péripéties pareilles. Il sait que de nombreux cas de meurtres, de crimes, obéissent aux règles d’une simplicité tellement élémentaire que les enquêteurs passent très souvent à côté. On s’attend toujours à une complexité hors du commun. C’est rarement le cas. Les indices sont toujours là, sous le nez du premier observateur décent.

Bientôt, il n’y tient plus. Il n’hésite pas en se laissant sauter à pieds joints, retombant dans une position accroupie dont il ne se relève pas tout de suite. Sa main à plat contre le plancher, son nez toujours à l’affût, un détail saugrenu lui saute au visage. Aucun nuage de poussière ne s’est levé à son atterrissage. Et lorsqu’il retourne sa paume, celle-ci est propre. Bizarrement, désagréablement propre. Le sol a été lavé, et ce très régulièrement. Une odeur de javel plane. Terry Deaton ne redoute pas d’abîmer le bois sur lequel il marche. Il semble redouter bien davantage de laisser des traces symptomatiques après son passage. Mais ce n’est pas une preuve. Terry Deaton, le maniaque qui astique sa grange à la brosse à dents ? Pourquoi pas ? Il a vu bien pire, surtout dans le genre déviance particulièrement tordues. Si l’homme est un dégénéré obsédé par la propreté, ça n’en fait pas un serial killer. Cependant, quelque chose ne va pas. S'il est bel et bien devenu un change-forme, il faudrait que Terry Deaton soit en réalité un masochiste patenté pour supporter des effluves aussi réguliers de produits chimiques comme ceux qui sont utilisés. Ils l’agressent. À chaque inspiration, il peut sentir l’intérieur de ses narines sensibles brûler un peu, exactement comme si on lui avait foutu un coton imbibé d’essence, de soude, d’acide ou de dissolvant sur le nez. Il se remet debout, afin de mettre un tout petit peu plus de distance entre cette nappe odorante intolérable et lui. Il pince son museau, en secoue le bout, renifle pour atténuer un peu de la perception. Il ne veut pas risquer de passer à côté d’une autre fragrance plus caractéristique.

Il en revient à ses observations. La pièce est grande, mais pas tant que ça. Il marche, le plus silencieusement possible. Tourne sur lui-même. Regarde les parois, fixe les rainures, et s’approche doucement de l’établi. Il remarque deux chaises, soigneusement alignées côte à côte. Il se promet d’y revenir un peu plus tard. Il préfère s’attarder en premier lieu sur les outils. Chacun se trouve à sa place, parfaitement installé sur le support qui lui est réservé. Il s’empare d’un marteau de bonne taille, soupesant le manche en bois, et surtout le poids à son extrémité. Son pouce s’attarde sur la surface lisse, argentée, ne comportant pas la moindre tâche suspecte. Puis, il passe aux tournevis. Aux tenailles. Les tenailles l’intéressent. Il approche tous les instruments au plus près, guettant entre les sillons l’indice carmin, l’odeur de mort. L’odeur de javel plane aussi sur le métal. Il secoue la tête, ne trouve rien d’intéressant sur les chaises, elles aussi nettoyées avec un soin tout particulier. Bah alors, Terry ? Faut dire que l’odeur de la merde, c’est difficile de s’en débarrasser. Il s’apprête à se détourner de l’établi, lorsqu’une poignée de bidons blanchâtres attirent son œil affûté. Eux aussi sont alignés sous le plan de travail. Le lycan se penche, pour découvrir que l’adjoint du shérif de Salem dispose d’une quantité de chaux considérable, pour quelqu’un qui n’a rien à se reprocher. Là encore, toutefois, il sait qu’il tombe sur un os : ce n’est pas une preuve. Il expire, excédé. Il sait que quelque chose s’est passé, ici. Tout l’invite à le croire. Le rectangle au cœur duquel il évolue ressemble à une estrade attendant l’arrivée de ses comédiens, de sa mise en scène. Un spectacle tout en sons (sang) et lumière : « Venez acclamer Terry Deaton et sa farandole de victimes en folie. Découvrez lesquelles céderont le plus rapidement à la panique, aux gueulantes. Pariez sur les sphincters les plus fragiles, sur la torture la plus audacieuse. Le gagnant repartira avec sa photo dédicacée du meilleur deputy : le plus investi dans l’histoire criminelle de Salem ! »

Trêve de plaisanterie.
Où caches-tu tes proies ?
Je suis curieux.
J’aimerais savoir comment tu t’y prends.
Scénarises-tu ta folie ? Moi, j’en suis incapable.
Si tu es un spécialiste des mises en scène soigneusement étudiées, je suis un adepte de l’improvisation.
J’aime m’adapter.
J’aime jouer avec des paramètres qui me dépassent.
Mais toi, tu ne peux pas.
Tu as cette prison de paraître qui t’étouffe.
Tu as ce camouflage à conserver.
Tu représentes l’autorité, sur laquelle tu dégueules pourtant tes atrocités lorsque personne ne te regarde.
Cela doit probablement te peser, à la longue.
As-tu toujours été ainsi ? Ou bien est-ce la lycanthropie, qui a su titiller le joli grain de folie sous ton crâne ?
As-tu une Bestiole ? Présente-la moi, je te montrerai la mienne.
Nous sommes deux erreurs de la Nature, ou bien peut-être sa plus belle création.
Mais il ne peut y avoir deux monstres sur le même terrain.
Ou tu cèdes, ou tu meurs.

Toi, je te tue.


Il y a quelque chose sous le vide sanitaire.
Les vers qui abondent ont su construire leur percée victorieuse, effectuer leur trouée. Comme sur le no man’s land. Il s’agit de se gaver, d’avaler le terrain, de gagner quelques mètres, et de bouffer par le plomb les soldats ennemis qui se trouvent sur le parcours. Qu’il s’agisse de bouffer de la chair en décomposition ou de saigner la terre du nord des obus en pagaille, il n’est pas certain de trouver plus de logique à son champ de bataille qu’à l’entreprise stratégique menée par les asticots immondes. Il doit penser comme eux. Il doit trouver la faille. Il doit trouver une preuve.  

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Lun 25 Avr - 21:52 (#)

Medea n’a que quelques très courtes secondes pour reprendre le contrôle d’une situation qui menace non seulement de lui échapper mais de se retourner contre elle. Les risques qu’elle vient de prendre se sont avérés plus grands que leur bénéfice. Elle n’entend aucun son provenant de l'extérieur. Même les chiens ont cessé d'aboyer et elle espère que cela signifie que l’infiltration de Carlisle se déroule au mieux. La jeune femme passe une main dont elle accentue les tremblements contre sa joue pour repousser  une mèche de cheveu crasseuse, elle n’a pas besoin de surjouer sa nervosité ou l’état fragile de sa maitrise d’elle même. Gagner du temps pour le Loup. Elle tourne le visage vers son hôte, exposant délicatement sa joue brutalement tuméfiée par le coup reçu. Le plus important est que ses yeux ne dérivent pas vers la porte de sortie du salon que l’homme entrave de ses larges épaules. Ne pas lui donner de raison d’agir selon ses instincts prédateurs.

Elle a la grâce de rougir. D’esquisser un faible sourire tremblant sous les prunelles trop fixes. -Je suis désolée, je suis absolument mortifiée. Mon comportement est terriblement grossier. Ces dernières heures ont été un cauchemar.

Ne pas donner d’accroche à des soupçons pouvant être meurtriers. Ne voir dans Deaton QUE l’homme de loi. Uniquement l’adjoint au shérif. Il n’a a pas de concupiscence particulière dans l’expression mi blasé mi intrigué, pourtant le regard la décortique et la détaille. comme pour soupeser le poids qu’aurait sa chair dépecée. L’italienne ne peut se fier aux intonations neutres qui s'échappent de cette bouche aux lèvres trop fines et trop rouges. -Je ne vois pas en quoi cela te donne le droit de fouiller dans mes papiers personnels. Je devrais appeler vos superviseurs. Ils seraient intéressés.
Le lourd tic tac de l'horloge de grand-mère qui plombe chaque silence et pèse sur ses épaules comme un mauvais présage. -Non, ne fais pas ça, souligne-t-elle d’une voix légèrement trop aiguë qui lui enlève encore quelques années pour une position pour laquelle la plupart de ses collègues la jugent déjà trop jeune. Renforçant l’idée qu’elle est juste une idiote qui a grimpé les échelons trop vite. La profiler dose soigneusement. Ne doit pas sombrer dans l’exagération. Dans un mouvement fluide, elle se lève et vient vers lui, ses poignets se cassant dans sa hâte de s’expliquer.

-Cela fait quarante huit heures que mes supérieurs, qui n’ont pas mis un pied sur le terrain depuis des années sinon pour aller parader en ville, ne me lâchent plus. Ils exigent des rapports. Que je leur fasse part de nos progrès. Menace de donner le lead de l’affaire à Carlisle! C’était censé être ma première grosse affaire! La première dont je suis directement responsable! J’avance pas! J’en suis nulle part! Ça me rend dingue! -Déjà elle a reculé, remis de la distance entre eux. Pince l’arrête de son nez comme pour reprendre son calme. -Merda. Tu dois me prendre pour une hystérique! Je voulais pas fouiller! J’ai juste cru voir des coupures de journal dépasser de ton secrétaire. Et je me suis dit, que peut être tu avais des contacts ou des idées que tu n’avais pas partagé, vu qu’on est de fédéraux et que tu bosses sur ces meurtres depuis plusieurs mois quasi en solo.

Presque imperceptiblement, les épaules masculines se détendent. Il paraît accepter cette excuse. Il entre dans le salon dont il ferme la porte derrière lui. Les enfermant dans l’espace clos dont les fenêtres aux volets ouverts sont la seule sortie alternative. Elle s’oblige à ne pas réagir. En s'avançant dans la pièce, il dépose le pull, qu’il est allé chercher à l’étage et dont Medea ne paraît plus avoir besoin, sur l’assise d’une chaise, soigneusement plié. Il jette un regard de désapprobation, de contrariété voir d’écœurement aux traces de boue abandonnées par les semelles de son invitée. C’est peut être la première émotion sincère que la brune décèle chez lui. -Tu aurais mieux fait de m’en parler directement. J’aurai pu te dire que c’est dans mon intérêt et dans celui de toute la ville que cette enquête aboutisse enfin. Je vous ai rien caché. Passes demain au poste. Je garde aucun dossier ici. Tu sais vraiment pas où est ton partenaire? C’est facile de se perdre la nuit entre les champs et la forêt.- Elle secoue la tête, retrouvant enfin un semblant de calme malgré l’atmosphère oppressante qui règne entre les quatre murs. Le long balancier de l’horloge a imprimé son rythme dans ses os tant elle ressent le sourd battement des secondes pulsant dans ses veines. La décoration désuète ne semble pas avoir été modifiée depuis les années soixante, tapisseries fleuries du canapé compris. Pourtant, pas un gramme de poussière. Les divers bibelots sont tous parfaitement rutilants, tout comme les cuivres de la cuisine. Il insiste sur l'absence du Loup et elle ne diverge pas de sa ligne de conduite, sans reprendre les memes mots. Induisant un discours trop répété.-Il est très caractériel, se met facilement en colère. Mais c’est la première fois qu’il lève la main sur moi depuis qu’on est partenaire. Je vais pas pleurer si il passe une nuit à tourner en rond! Ça te dérange si je fume à la fenêtre?

Depuis combien de minutes est-elle entrée pour distraire un seconde tueur en série pendant que celui dont elle possède la laisse fouille la propriété? Est ce qu’il est encore là ou a t il décidé de l'abandonner? Confiance. Il lui faut trouver le moyen d’avoir confiance en cette créature qui a juré de la torturer. Mais pas ce soir. Il est trop tôt. Une autorisation muette la conduit contre l’embrasure d’une fenêtre qu’elle ouvre largement. Enregistre qu’elle ne se trouve pas directement au niveau du sol mais pas plus d’un demi étage de hauteur. Ne s’autorise pas à examiner les alentours, son corps tourné de profil vers Deaton. Ne pouvant se détendre ou s’aveugler d’un sentiment de sécurité. L’air frais de la nuit est bienvenue sans calmer le sentiment d’angoisse qui monte en elle. La folie de l’entreprise la cisaille avec violence. Elle n’a pas le droit d’avoir peur. L’autre renifle sa peur, elle est perdue. Carlisle décèle sa peur avec trop de facilité. Il ne se prive pas pour le lui souligner avec une délectation malsaine à chaque occasion. La peur est un luxe. Heureusement, la nicotine aide. Avoir une cigarette entre les doigts aide. Les muscles de  son ventre sont verrouillés, crispés alors qu’elle inspire une longue bouffée de tabac. Elle allait relancer la conversation quand le carillon de l’horloge sonne et marque l’heure de son chant antique. Medea sursaute brutalement. Le regard de Deaton l’épingle et ses mains s’ouvrent et se ferment, comme si les appendices se refermaient déjà sur son cou gracile. Avidité. Faim. Impatience. Un large sourire qui peint ses traits dans une grimace aussi sardonique que sordide. -Bullshit. Je sais pas à quel point tu viens de me mentir en pleine face, mais t’inquiète. On va avoir toute une longue nuit pour le déterminer. peut etre demain en prime

Il s’avance d’un pas pesant et mesuré. Aucune hâte malgré les torsions qui grimacent contre ses os et hurlent sous son crâne. Il espère qu’elle va résister. Longtemps. La proie est acculée, gibier succulent. Il y a longtemps qu’il n’a pas un cobaye tenant plus de quelques heures. Mais cette salope a bien caché son jeu. Il garde espoir. Il ignore ce qu’elle sait exactement, mais il finira par le découvrir. Ne pas lui arracher la langue trop vite. Ou juste un bout. Pour voir si elle va encore mentir, quand des petits morceaux d'elle vont lui être arrachés. Medea n’attend pas qu’il soit sur elle. Elle balance sa clope allumée sur l’un des fauteuils au rembourrage de paille. Avec un peu de chance, elle va gagner de précieuses secondes, si l'incandescence pouvait prendre feu et qu’il était obligé d’éteindre un début d’incendie dans sa tanière mausolée. Pourtant, l’italienne ne regarde pas si elle a réussi. Elle prend appui sur le rebord de la fenêtre et se laisse basculer en arrière, tombant souplement sur ses pieds au dehors. Immédiatement, elle s’éloigne du mur d’enceinte. Poursuivie par un hurlement de rage qui résonne avec fracas dans le silence de la nuit. Quelques secondes, pas plus avant qu’il ne jette à son tour par l’ouverture. Atterrissant tant sur ses mains que sur ses genoux, dans une posture entre l’homme et la Bête. Humant l’air humide de la nuit de ses narines pour localiser l’intruse qui appartient à son tableau de chasse. Courant à demi courbée vers la silhouette imposante d’une ruine de tracteur, elle détache et enlace son filet d’argent de la main gauche et de la main droite récupère son arme à feu qui reposait bien cachée dans le creux de son dos.  Son sang tambourine à ses tympans et elle a l’impression que son cœur à lui seul trahit sa position. Ce qui est sans doute le cas, tant les sens des Garou sont supérieurs aux siens. Carlisle doit avoir entendu le cri de l’Hybride. Il est l'élément caché, la surprise arsenic. Elle doit simplement tenir quelques secondes de plus. Un nouveau grondement lui hérisse les sens, dresse le minuscule duvet de sa nuque en un présage mortuaire, juste sur sa droite. Elle fait feu. Instinct. Ricochet sur le métal sans avoir touché une chose vivante. Le temps s’amenuise à chaque souffle. Elle part dans une direction opposée, cherchant à ne pas être trop prévisible.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
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La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea WjqXz0V La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea 7dbuIBt La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

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Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea M70Ex1d La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea IfwWWwA La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea QeVIwzX

"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Mer 27 Avr - 17:51 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
Il a relevé la tête. Son expression, dramatiquement neutre, est le reflet d’une attention extrême, dirigée par-delà les murs. Aucune confusion n’est possible. Medea Comucci a réussi son coup : elle s’est dramatiquement foirée, ne lui accordant pas plus d’un minuscule créneau pour mener sa propre enquête de son côté. Peut-être qu’elle a déjà succombé. L’agent du FBI est entraînée, mais elle ne fait pas le poids contre un Loup. C’est qu’elle n’est pas épaisse. C’est qu’elle n’est pas garou. Terry Deaton ne mesure pas plus d’un mètre soixante-dix-huit ; il le surplombe d’une bonne douzaine de centimètres. Mais sa carrure est massive, contrairement à la sienne. Il possède la mâchoire épaisse typique des Amerloques. Une paire d’épaules digne de celle d’un rugbyman. Un torse bombé par les muscles, et une paire de jambes qui n’auraient pas démérité, dans ses Pyrénées natales. Medea, à ses côtés, ne pèse pas grand-chose. Un sourire torve. Les choses risquent de s’accélérer drastiquement. Ça l’ennuie. Il serait bien resté là, tranquille et au calme, à poursuivre sa quête, à comprendre si les émanations toxiques qu’il inspire servent à dissimuler ce que Terry ne voudrait surtout pas que l’on trouve. Il doit secourir celle qui le tient à l’autre bout de la laisse. Quelle ironie sordide. Le lycan s’apprête à quitter les lieux. Mais pas avant d’avoir embarqué un petit souvenir, avec lui.

Il repart comme il est arrivé : escalade le mur comme une goule affamée pour retrouver l’air libre et débarrasser enfin ses naseaux des brumes chimiques de la chaux étalée. Ah, Terry. La chaux. Erreur de débutant. Tout le monde sait à quoi sert la chaux, désormais. Les plus grands tueurs avant toi y sont passés. Et puis, n’as-tu donc rien appris ? Certes, le vide sanitaire est long, imposant, mais à l’image de tes ambitions. De tes appétits. Le nombre de tes victimes s’accroît considérablement, depuis plusieurs mois, plusieurs années. Où mettras-tu tout ce beau monde ? Où te débarrasseras-tu des carcasses pourrissantes ? Non. La chaux ne fait pas tout, Terry. Même Gacy l’impur l’a appris à la dure. Même Jeffrey Dahmer s’est fait avoir à l’odeur.

Gautièr Montignac, lui, s’est fait avoir tout court. Pourtant, c’est un sourire bien plus large à présent, qui éclaire son visage de dément. Une poésie sordide se déclame entre ses oreilles. C’est peut-être bien la Bestiole et lui qui, de concert, en composent les sonnets. Même sa propre bête semble y mettre du cœur. Ses épaules se balancent, revenu sur la terre ferme, et c’est d’un bon pas qu’il marche, guidé par le son d’une balle qui ricoche. Allons, allons, Medea. Tu as voulu voir si le loup n’y était pas. Tu t’es fait avoir, petite fille. Tu as déboulé, tel un chien dans un jeu de quilles.

L’action s’est déportée dans l’un des coins de la vaste cour, balayée par la brise d’hiver qui s’est renforcée. Il ne met pas longtemps à comprendre où Medea s’est planquée. Le problème, c’est que Terry Deaton l’a compris aussi, sous sa forme Glabro. La déchirure de la mâchoire conjuguée aux yeux qui brillent dans la nuit… il ne s’y trompe pas. Ses propres iris à lui demeurent d’émeraude. Même si quelque chose bout déjà sous la surface. Même si son allure s’est raidie, à voir l’officier réduire peu à peu la distance qui le sépare d'elle. Il n’y a plus trace d’hilarité. Il grimace, conscient de l’explosion qui s’apprête à naître pour ses tympans surnaturels. La bouche du Glock 22 pointe vers le ciel. Il tire. Dans le firmament de l’Arkansas, dans le silence noir de décembre uniquement troué par les lamentations inaudibles des victimes de Terry Deaton, la puissance du flingue planqué dans le tiroir de l’établi produit le même effet qu’un éclair déchirant la toile d’encre qui les surplombe. L’autre s’est retourné. Une quinzaine de pas distancient « William Carlisle » de celui qu’il pourchasse, un peu malgré lui. L’effet de surprise est vite passé. Il n’en est pas étonné. Deaton est intelligent. Ce n’est pas pour rien que la couverture de Medea n’a pas tenu éternellement. Gautièr respire le plus calmement possible, encore ébranlé par l’onde de choc du son, perceptible pour lui très longtemps après la déflagration. Il n’a pas l’intention de se transformer, ni l’envie. En outre, l’humaine lui a bien recommandé de ne pas le faire, tant que ce n’était pas nécessaire. Il n’est pas vraiment inquiet. Il sait que sa longévité lui permettra de gagner du terrain sur la propre maîtrise de ce tueur jumeau. Mais il ne ressent pas l’envie de céder la main au loup. Et pas devant elle.
De la main qui ceint l’arme de poing, il envoie un petit salut au deputy. Comme un sympathique remerciement. Merci pour le cadeau, vieux frère.

Lorsqu’il s’adresse à lui, on aurait peine à lire de l’agressivité, dans le fond de sa voix.

« Je suis désolé, Terry. »  

Pourquoi ? L’autre ne pourrait savoir que la même malédiction les frappe. Sans doute se sent-il navré de disposer d’une ligne d’avance sur l’autre. Encore si jeune. Encore si malhabile. Trahi par manque de prudence, d’abord sur sa nature de surnat’, et maintenant…

« Crois bien que je ne voulais pas m’immiscer dans tes affaires. Moi, je t’aurais laissé faire. Je suis sûr que tu as tes raisons. Ce qu’il va t’arriver, maintenant… ce n’est pas mon problème, ni mon combat. » Je te souhaite bien du courage. Tu en auras besoin. « En revanche, pour ce qui est du petit désagrément, là-bas… » De nouveau, de la gueule du canon, il désigne le tracteur, et celle qui se cache derrière la mécanique. « Ça, c’est non. Tu comprends ? » Le sourire est revenu. Son sourire, promesse d’une fin qui ne sera pas douce, il l’a emprunté à toutes les crevasses montagneuses, de celles qui ne rendent jamais les corps. Il l’a emprunté à tous les bourreaux du monde et du temps qu’il a croisé, affronté, contemplé ou ignoré, de décennie en décennie. Ce sourire, d’une douceur troublante, uniquement démenti par le poison planqué au fond des orbes. Il se durcit. Il se raidit. Face aux babines hybrides en face, sa propre mâchoire articule avec une force devenue surprenante : « Celle-là, tu ne peux pas la tuer. Je peux entendre ton désir, sur le principe. Mais tu ne peux pas. »

Son bras s’abaisse, ne visant plus que le sol.
La Vérité parle.
Celle-là, tu ne peux pas l’avoir.

« La garce est à moi. »  

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Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Jeu 28 Avr - 18:39 (#)

Elle va crever. Là, maintenant ou dans les prochaines secondes et elle sera impuissante à l’en empêcher. La créature va s'abattre sur elle et lui déchirer la moelle épinière d’un coup de griffe, arracher ses vertèbres cervicales d’un coup de dent, broyer sa nuque comme un cure dent. Un coup d'œil terrifié par dessus son épaule, certaine que la créature monstrueuse se tient juste derrière elle. Rien encore. Il ne lui reste que quelques brèves secondes. L’italienne plaque son dos contre la carcasse rouillée qui la surplombe. sueur tépide qui refroidit à mesure qu’elle s’impose un calme fragile. Elle n’a même pas eu l’occasion de publier le moindre article scientifique sur ses dernières découvertes. Non  qu’elle en ait le droit, bien sûr. Tous ses comptes rendus sont strictement destinés en interne ou à d’autres cellules dont elle ignore tout bien que leur existence soit un mystère de polichinelle. Medea se mord les lèvres, se concentrant sur la douleur immédiate et non celle qu’elle n’a pas encore subie. Le contrôle revient aussi fragile que la première gelure sur un lac de montagne. Assez pourtant comprendre que l’Autre joue et qu’il prend son temps avant de bondir sur sa proie. Mais aussi, pendant ces secondes interminables et foudroyantes, qu’elle est seule. Carlisle n’interviendra pas pour la sauver. Pas de déception, pas même de colère. Pourqoi risquerait t’il sa peau pour une femme qu’il méprise, il n’a jamais dissimulé les sentiments qu’elle lui inspire. Elle va peut-être crever, mais pas avec un chargeur plein. Moins une balle. Elle essuie sa paume moite sur son jean boueux et reprend la crosse de son arme bien au creux de sa paume.

L'aboiement ciselé d’un canon. Le soulagement affreux qui manque de la submerger alors que l’attention de Deaton est attirée par la nouvelle menace. Avec une précaution infinie, elle se décale pour avoir une vue sur la cour ouverte. Les lumières de la maison éclairent les deux silhouettes masculines bien que l’une est plus humanoïde que l’autre. L'adjoint sent-il que son adversaire partage sa malédiction? Et son goût pour les meurtres en série. A quel point leur lycanthropie influence t-elle leur nature criminelle?  Carlisle n’est pas bavard sur ce sujet. sur aucun, d'ailleurs. Elle doit lui arracher chaque bribe d’information. sans certitude de sa véracité. Peut-être pourrait-elle obtenir l’autorisation d’interroger ce nouveau Garou? Il est plus probable qu’il soit emprisonné dans une autre antenne. Encore faut-il encore le capturer. Il y a quelque chose de fascinant à observer la confrontation entre ces deux créatures meurtrières.

Ils l’ont oublié et elle prend garde à ne pas rappeler sa présence par un mouvement trop brusque ou des cailloux roulant sous les semelles de ses chaussures. De son point de vue, Deaton lui tourne le dos et elle voit parfaitement les traits calmes et détendus du -son- Loup-garou. Cette maîtrise totale la met mal à l’aise sans qu’elle ne puisse déterminer pourquoi. C’est dérangeant, cette tranquillité face à un tel danger. Une grimace joue sur ses lèvres  à son petit discours. Tu ne voudrai pas lui offrir des fleurs et des oranges, aussi?  L’américain écoute. Ou bien se laisse bercer par le rythme hypnotique de son phrasé. Il a la tête légèrement incurvée, comme pour mieux recueillir chaque mot ou nuance. Les mains déformées, armes primitives à l’efficacité éprouvée, raclent le sol, tracent des sillons la terre meuble. Promesse de ceux qui vont s’imprimer dans les chairs vives?

C’est le sourire. Le sourire douceâtre d’un charognard, le sourire macabre d’un clown à travers une bouche d’égout, le sourire trop fin qui ne touche pas le regard d’étang envahi d'algues étrangleuses qui l’avertit. Le français a cessé de jouer et va rendre sa sentence. Medea se cabre. Il la revendique. Marque son territoire face à une potentielle concurrence. La certitude inébranlable de ses paroles projetées dans la nuit leur confère un autre poids que celles avancées près de la Porsche une heure ou deux plus tôt. Un haut le cœur qu’elle maîtrise. Une bouffée de quelque chose à la fois brûlant et moite. Qui laisse sur sa langue une impression sale. et salé. Dans l’ombre, elle rougit. L'italien n’a aucun doute que depuis qu’ils collaborent ensemble, il est enfin sincère. Désire t-elle réellement d’un bouclier qui la protégerait de tout sauf de lui-même? Elle sait maintenant qu’il n'aurait pas toléré que Deaton l'abîme. Parce qu’il vient de décider que c’était son privilège. Un privilège malsain aux implications immorales et sordides. Nouveau malaise. Il la tatoue de sa volonté. Il la marque. Enfin, un sursaut d'indignation qui la rend à elle-même. Elle n’est pas à lui. N’a pas œuvré dans l’ombre depuis ses dix-sept ans pour échapper un à un joug paternel qui la considérait comme son entière propriété pour permettre à un autre mâle de se l’approprier une seconde fois. Son choix de carrière est le reflet même de sa volonté de s’affranchir d’un tel diktat masculin. Non. Elle n’acceptera jamais. Colère vertueuse qui calcine l’impression impure abandonnée par ses paroles en elle. Pas totalement. Assez pour s’en détourner.

Est que l’autre Garou prend cette déclaration pour une provocation? Possiblement. OU peut-être pas. Parce que Medea n’a pas l’intention de se cantonner à un rôle de victime. Posement, lentement, avant même que l’Hybride décide d’attaquer ou non, elle lui tire dessus, à trois reprises. Fleurs écarlates qui s’épanouissent au niveau de son épaule droite, dans le bas de son dos, de sa rotule gauche. Trois tirs successifs aidés par une cible non mouvante. Vu son tableau de chasse, l’humaine n’a aucune compassion. L’Etre s’abat au sol dans un meuglement de douleur un peu pathétique. Dans le chenil, les clebards deviennent fous. sentant peut être que leur maître a besoin d’eux. se jetant contre les grilles rouillées à s’en martyriser les babines et les flancs. La jeune femme ne leur accorde aucun regard. Pas plus qu’au Garou dont la colonne vertébrale ne ploie jamais. Non. Rapidement, elle rabat les deux poignets de l’adjoint déchu et les menottes dans des cercles d’argent pur, ralentissant sa régénération. Elle n’a pas touché d’artères, il s’en remettra. C’est toujours plus de clémence qu’il n’en accordait à ses victimes. L'arme retrouve son holster.

-Les preuves? -Non. Qu’il soit Lycanthrope n’est pas une raison suffisante pour l'incarcérer. Qu’elle se soit sentie en danger avec lui non plus. Fière de la tessiture ferme de son timbre. De l’absence de tremblement alors qu’elle se sent gelée. soigneusement, lâchement, elle passe sous silence ce qu’il a asséné à son comparse avant qu’elle ne l’abatte. Si elle tente de l’emmener sur ce terrain, il va la pulvériser. N’a pas l'énergie pour une nouvelle passe d’armes entre eux après la violence de cet ascenseur émotionnel. Un bref instant, elle le regarde. son genoux pesant entre les omoplates de la créature à terre pour le maintenir immobile. Élégance surannée qui n’a pas souffert de cette nuit quand elle est dans un état lamentable. Trop grand. Trop brun. Trop mince. De trop grands yeux verts. Elle s’en détourne.

Ses prochains gestes sont une infamie envers tout thérianthrope. De l’épaisseur rembourrée de sa veste, elle tire un petit étui non moins renforcé. Quand elle l’ouvre, une fine aiguille dont le métal semble capter les éclats de lumières. Sans hésitation, le visage concentré et parfaitement serein, elle injecte le contenu de la seringue dans le cou du blessé. Et se recule. Il se met à hurler et à se tordre dans tous les sens, il aurait pu s’en rompre les os, mais troussé comme il l’est, il n’a pas même cette délivrance. douleur inhumaine qui ne touche aucune fibre chez la Profiler. Quelques minutes plus tard, ses attributs lupins ont disparu, le condamnant à une nature purement humaine pour le reste de la nuit. Aconit. Le dosage est précis. Carlisle en a subi d’abord les mauvaises quantités. Elle sait. Elle était présente lors des essais. Pas tous, mais suffisamment. -Je vais lui administrer les premiers soins.

Elle n’est pas un monstre, après tout. Et il ne faudrait pas qu’il meurt avant d’être pris en charge par les équipes de confinement.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
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"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Ancien amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea S6v5sWR La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea N1Hqv8C La Prochaine fois, je viserai le coeur. • Medea TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Ven 6 Mai - 22:06 (#)


-What makes good serial killers? -Bad cops.
Avec une certaine commisération, il observe l’adjoint tomber devant lui. Sa respiration est calme. Il prend pitié de la créature, n’éprouve pour sa part aucune sensation de victoire. Car elle n’est pas la sienne. Elle n’appartient qu’à la tireuse qui s’approche enfin pour contempler son œuvre. Il ne fait pas un geste pour l’aider à menotter Deaton : elle n’a pas besoin d’assistance. Loin dans son dos, les aboiements des chiens provoquent un hérissement désagréable contre sa nuque. Peut-être décèle-t-il dans leurs hurlements insupportables toute la détresse des bêtes, condamnées à entendre leur maître souffrir, à tolérer la présence d’intrus sur la ferme aux allures de mausolée. Il s’est retourné, son visage cherchant le dessin des grilles les retenant prisonnières. La ligne de ses sourcils s’est imperceptiblement plissée. Il n’aime pas ce qui se passe, maintenant. Il n’appartient pas à cette scène. Son rôle est presque terminé. Le rideau rouge s’apprête à glisser, à dissimuler la scène pour recouvrir l’écrin de rêves et de cauchemars. C’était la grande dernière. Une ultime représentation, et l’acteur principal doit désormais se retirer. Le Loup en revient d’ailleurs à la scène, interpellé par les mots de Medea. Les preuves, il aura tout le temps de les chercher, à présent. Il n’a pas besoin d’interroger leur victime, pour ça. Et plus besoin de prendre garde au bruit. Il ne masque plus son dégoût, cette fois, lorsqu’il la regarde injecter ce qu’il soupçonne être le poison suprême, que la chimie des hommes n’a guère besoin de transformer pour le rendre maniable, mortel, abominable pour les êtres dans leur genre. Lui aussi songe à ces longues heures de torture passées en cage. Une pulsion de haine pourrait l’inviter à lever la main. À viser son crâne, son joli crâne pour lui loger une balle entre les deux yeux. On n’en parlerait plus. Il resterait longtemps là, à contempler le trou provoqué par la balle, à observer les éclats de cervelle, à s’émerveiller du vide récemment acquis, dans ses yeux noirs. Noirs, comme les orbites qui ne manqueraient pas de finir d’apparaître, une fois les parties molles dissoutes, fondues comme dans de l’acide.

Il se détourne complètement, cette fois. La tentation devient trop dangereuse. Il doit s’éloigner d’elle. Sans dire un mot, il avance à grandes enjambées, déterminé, vers la première porte de la grange. C’est le cadenas qu’il fait exploser d’un second coup de feu. Puis, il enclenche la sécurité, enfouit l’arme à l’arrière dans la ceinture de son jean, et grimpe les marches pour enfoncer la porte, désormais ouverte et trouée de sa serrure déglinguée, de son épaule impatiente. Nous y revoilà. Cette estrade toujours aussi impeccable n’a pas bougé, parfaitement indifférente à la comédie qui s’est jouée dehors. La fenêtre cassée, loin et haute depuis le seuil, lui fait face. Maintenant, il n’a plus le choix. Il doit trouver l’entrée de ce foutu vide sanitaire. Tout lui paraît lisse, de là où il se trouve. Il reprend son exploration. Pas après pas, cherchant à déceler une partie creuse, étudiant le son provoqué par ses talons contre le bois, il se fait limier. C’est pour ça qu’il est là. C’est pour ça qu’il respire encore. C’est la seule chose qui lui permet de ne plus tourner en rond dans une cellule de cinq mètres sur six, et de respirer un air moins pollué que celui de la ville de New York. Il longe les murs comme il le faisait autrefois, frottant son flanc comme un animal typiquement enfermé à le rendre fou. Cette fois cependant, c’est dans un autre but, bien précis. Il humecte ses lèvres, bat des paupières comme pour espérer affûter sa vue déjà exceptionnelle. Il se joue de l’obscurité uniquement défaite par les lumières provenant de la maison à quelques mètres.

C’est un bout de corde minuscule qui attire son attention. Rapidement, il étudie la configuration de ce coin dans lequel il s’est moins attardé, précédemment. Il s’accroupit, saisit le chanvre, et tire. D’abord doucement, puis avec plus de conviction. Il tire, jusqu’à ce que la dite corde s’allonge, s’étende, sans opposer de résistance. Soudain, il sent que le mécanisme se grippe. Sans effort particulier, il force, enroule le câble autour de sa paume et, d’un coup sec, soulève un rectangle invisible, confondu jusqu’alors dans les lignes du plancher. La trappe est ouverte.

L’odeur.

Il entrouvre la bouche, serre les dents, fronce le nez, quand l’odeur de la mort grimpe et le prend aux tripes. Il n’en éprouve pas de nausée symptomatique, cependant. L’habitude. Quoique. S’habitue-t-on jamais au parfum des cadavres ? Non. Même dans les tranchées, il ne s’y habituait pas. On ne s’habitue pas à l’enfer. Ceux qui prétendent le contraire ne sont rien d’autre que des fieffés menteurs, des arracheurs de dents n’en ayant jamais perdu une seule, eux. Il ne songe plus à l’humaine, et décide de faire ce dont lui seul est capable en attendant l’arrivée d’une équipe médico-légale. Il plonge. Il ramasse sa silhouette, s’accroche au rebord et se laisse couler dans le sous-sol de la grange. Chaque centimètre, chaque seconde le rapprochent davantage de la puanteur. Lorsqu’il retombe sur ses pattes, c’est une fois de plus tapi comme l’animal qu’il demeure. Certains pourraient croire que l’or brille au fond de ses prunelles, mais ils auraient tort. Il ne s’agit que d’une intensité profonde, celle de tout tueur appâté par la curiosité : celle de savoir comment les autres s’y prennent. Il n’a jamais eu besoin d’utiliser de la chaux. Il n’en a jamais eu l’occasion, non plus. Il n’aurait même pas su comment s’y prendre. Il faut être encore trop bipède, pour songer à de tels procédés. Terry Deaton est plus raffiné qu’il n’en a l’air. Gautièr Montignac, lui, est un maniaque du meurtre à l’ancienne. Plus le sang coule, plus les organes cèdent, plus le magma s’agite, et plus il estime son œuvre comme accomplie. Rincer à la javel, faire disparaître les preuves autres que superficiellement, aurait été gâcher temps, énergie, et sacrifice des corps qu’il a semé sur son chemin. Terry Deaton a manqué de cran. Il n’a pas voulu renoncer à cette dernière part de ce qui le rendait encore trop humain pour devenir le monstre suprême. Terry Deaton ne le détrônera pas.

Cette place lui revient de droit.

Il n’a pas besoin d’avancer qu’il les entend déjà grouiller.
Il baisse la tête, et une sorte d’insecte immonde, dont il ne connaît pas le nom, rampe entre ses pieds, ayant miraculeusement survécu à l’hiver précoce et rude s’étant abattu sur la région. Alors, seulement, pas après pas dans cet équilibre précaire, le garou avance. Sous ses semelles s’écrasent peu à peu les dizaines, puis les vingtaines, les centaines de larves dont le pus blanchâtre se confond bientôt avec la chaux répandue. Il ne respire qu’avec la bouche, incapable de faire subir à son odorat développé le fumet infernal, mélange toxique de produit chimique et de chair en décomposition. Il se redresse, à peine. Il voit. Il distingue sans mal les longues tranchées découpées sous le sol de la grange. Il reste dans l’un des sillons. Il sait que les replis comme les surfaces bombées de part et d’autre ne dissimulent rien de plus que des corps en train de pourrir. Le festin pour les bestioles qui abondent est démentiel. Lui continue d’avancer, aidé par son assiette, par sa souplesse, malgré sa taille remarquable. Il continue de se déplacer, accroupi, impressionné par la méticulosité extraordinaire de leur proie mise hors d’état de nuire.

Il est de retour sous terre.
Et voilà qu’elle paraît lui sourire.
La chitine des cafards, les anneaux des vers, le cliquetis des antennes… Tout lui rappelle que lui aussi aurait pu finir enseveli sous des tonnes et des tonnes de terre boueuse dans la Somme. Il songe à tous ses compagnons, aux Pyrénéens disparus, comme autant de milliers de soldats inconnus. Il songe à Hugo Delacassagne. Pourtant, sa psyché ne s’évade pas. Elle demeure, convole parmi les bosses, les boursouflures et les sépultures abjectes.

Trente-trois.
Il en a compté trente-trois.

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Lun 9 Mai - 11:18 (#)

Elle ne le regarde plus. Concentrée uniquement sur la forme prostrée et gémissante de l’adjoint déchu. Le moment est en équilibre vertigineux et elle en a parfaitement conscience. Le poids du regard vert étang pèse sur le haut de son crâne.  Medea s’interdit de relever les prunelles sur lui. Pas alors qu’elle injecte le poison maudit dans les veines hybrides. Il pourrait l'interpréter comme une insolence malsaine. Provocation inutile et dangereuse. Il n’y a pas de compassion dans ses gestes mais pas non plus d’appétence pour sa souffrance. Ne goûte pas les notes de sa douleur, n’y trouve aucune satisfaction. Elle n’agit pas dans un but de vengeance pour les victimes tombées sous la faim perverse du lycan, mais pour leur rendre justice. Une justice dont leurs familles ne seront jamais informées.

Elle ne le remerciera pas d’être intervenue, n’aura pas de paroles de gratitudes pour lui avoir sauver la vie. Ce serait l’obliger à accepter les motivations troubles du Garou. Ce serait donner une résonance à sa déclaration de possession. Il en est hors de question. L’italienne refuse de lui céder sa vie ou sa mort future. Les lèvres un peu sèches, les doigts un peu tremblants, elle l’éloigne. Qu’est ce qu’elle va faire, s' il refuse? s'impose et décide que finalement, il exige un paiement immédiat de sa dette? Parfaitement concentrée sur l'américain, apparence trompeuse, ses nerfs à vif lui murmurent le moindre crissement de cailloux sous les semelles rudes de son partenaire. Enfin, il pivote. L'instant mortuaire s’éloigne. A t-il jamais existé? Elle sursaute avec violence à la destruction du cadena qui annonce la fin de toute furtivité. La brune contient les  tremblements de ses mains en les refermant en poings, ne se détend vraiment que lorsqu’il pénètre dans le bâtiment secondaire.

Medea se redresse et rentre dans la maison. Avec efficacité, elle trouve une mallette de premier secours et revient au chevet du meurtrier abimé. Elle panse et compresse, s’assurant de le garder en vie. Il gémit un peu, docile dans la défaite. Parfois, son regard s’attarde vers la grange. L’envie fugitive de rejoindre le Loup, de constater à quel point elle avait raison, ils ont eu raison, la tenaille avant de disparaître. Elle n’a pas besoin de bousculer une nouvelle proximité. Une fois certaine que Deaton survivra à la nuit et n’a aucune chance de disparaître, elle contacte de la ligne fixe une équipe secondaire. Ils seront silencieux, efficaces et organiseront le transport de l’Hybride,ailleurs. Ils ne seront pas sur place avant plusieurs heures, le temps de rejoindre ce trou perdu de l’Arkansas.

L’italienne récupère une bud’ bien fraîche dans le frigo, revient dans la cour. Assise sur un muret, les pieds se balançant dans le vide, elle savoure. Elle savoure le goût du houblon et de la victoire. Le goût de la nicotine et de l’accomplissement. Le bourreau de cette petite ville est hors d’état de nuire. Elle a prouvé qu’être sur le terrain avec Carlisle était le meilleur moyen d’exploiter les talents surnaturels de celui-ci. Elle va pouvoir balayer les doutes légitimes que pouvaient avoir ses supérieurs. L'adrénaline qui pompe dans ses veines la protège du froid de décembre et exacerbe encore son sentiment d’exaltation. Abandonner sa carrière naissante au sein du FBI pour cette petite agence obscure mais puissante trouve tout son sens cette nuit! Ils vont accomplir de grandes choses, avec le Lycanthrope. Meme si pour cela elle doit lui passer un collier étrangleur ou au contraire le libérer de toutes entraves. Ce qui sera le plus efficace. sans oublier de continuer à creuser les limbes de sa psychée, d’arriver à cerner non seulement les caractéristiques complexes de sa nature duellique mais aussi à quel point cela influence ses instincts de tueur.  Déterrer les marqueurs de son passé au milieu des mensonges qu’il lui distille avec malignité est un exercice aussi passionnant qu’épuisant. Elle écrase sa première cigarette sur la pierre à côté d’elle avant d’en rallumer une seconde.

Quand le garou revient à ses côtés, il aura le choix. Rester et attendre avec elle l’équipe qui va assurer la relève ou prendre le reste de la nuit pour lui, avec le seul impératif d'être à 9h le lendemain en bas de l'hôtel pour qu’ils reprennent la route en direction de l’aéroport. Techniquement, elle n’a plus besoin de lui ce soir, il a largement rempli sa part du contrat. La profiler tente le miel après ce succès retentissant. Fuir maintenant n’aurait pas de sens. Il foutrait en l’air toute la bonne volonté qu’il vient d’amasser. Elle décide de prendre le risque. D’étendre en sa direction les premières fondations d’une confiance encore très fragile.

Choc terrible dans la petite bourgade de l’Arkansas. Le bien aimé Adjoint a trouvé la mort pendant la nuit après une confrontation sanguinaire avec les forces du FBI venue en renfort de la police locale. Les preuves de sa culpabilité sont sans appel, quelques photos de cadavres ont fuité dans le journal. Pourtant après l’incrédulité, c’est le soulagement. Les meurtres vont prendre fin, de nouveau un sentiment de sécurité va pouvoir revenir. Ho, les rumeurs et les ragots vont se poursuivre pendant des décennies. Mais Noël aura bien lieu.

Le sort du second Loup-garou capturé sur le territoire américain est pire que celui réservé aux prisonniers disparus dans les boyaux du nouveau centre de détention à Guantanamo. Pour la société, il est mort. Il n’a plus de vie légale. Il est devenu un pion pour la recherche et le développement des connaissances concrètes concernant le surnaturel. Il ne reverra jamais la lumière du jour.

Cette affaire lance la carrière de  Medea. Ouvre une série de succès indéniables qui se poursuivront sans faillir pendant presque dix ans. Le partenariat avec Carlisle, aussi réticent et réfractaire soit il, fait ses preuves, sans permettre à un regard extérieur de deviner à quel point les relations entre eux se tordent et se déforment. Les limites seront bafouées et reniées, chacun cherchant l’avantage sur l’autre pour le trouver et le  perdre au gré des différents mois.
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