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Come over when you're sober | feat. Prudence

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Come over when you're sober | feat. Prudence WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
Come over when you're sober | feat. Prudence 9mSwE8c1_o
QUAND J'AURAI SOMBRÉ

Pseudo : Pourpre
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Ven 16 Juil - 23:27 (#)
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Come over when you're sober
Une rue quelconque, Avril 2017
ft. Prudence Bosquet



Y
a-t-il pire sensation que celle de se sentir étrangère ? Etrangère à son propre corps, à son propre esprit, une âme prisonnière de tourments qui chaque jour aliènent de plus en plus. Quels événements peuvent conduire une jeune femme ayant à peine passé la majorité à un état aussi lamentable ? Si seulement tu pouvais te voir en train de tituber maladroitement, le nez rougi par l’alcool et la dignité depuis longtemps évanouie dans le caniveau dans lequel tu viens de vomir. Tu la connais, cette suite d’événements, un peu trop bien à ton goût. Il serait long de tous les retracer, et de toutes façons tu le fais déjà assez souvent comme cela, mais à cet instant, celui qui obnubile la moindre de tes pensées, c’est celui qui s’est déroulé il y a à peine une semaine.
Une ombre, un éclair, un spectacle morbide et grisant à la fois au détour d’une avenue déserte. La naissance d’un vide dans un espace dont tu ne soupçonnais même pas l’existence. De nouvelles pulsions d’autodestruction aux teintes charnelles s’imposant contre même la meilleure de tes volontés. Ta première rencontre muette avec une de ces créatures qui te fascinaient tant lorsque tu étais adolescente et pour qui tu éprouves aujourd’hui une ambivalence exacerbée. Il aura suffi d’une paire de minutes à peine, et de percer voracement la peau opaline de ta nuque pour faire voler en éclat le moindre espoir d’une vie sans addiction.
Accroc à la morsure dès la première sans vouloir te l’avouer, cette dernière semaine a été un calvaire. Ce qui aurait dû être une semaine de sevrage imprévue n’a été qu’une semaine durant laquelle tu as fait muter ce nouveau besoin quasi-vital en un alcoolisme bien plus sévère que celui que tu couvais déjà. Tremblements, nausées, migraines.. tu n’as pas su vivre longtemps avec le manque, et tes réserves de spiritueux n’ont pas su être à la hauteur de tes nouveaux besoins en poison. Depuis une semaine, tu ne penses plus qu’à combler le vide qui aspire ton être tous les jours un peu plus depuis l’intérieur, mais peu importe la quantité de vodka que tu avales, le puits qu’elle est censée remplir demeure sans fond.

Alors, ce soir, tu as bravé l’angoisse de retrouver le monde réel, en dehors de ton appartement minable, poussée par la seule force d’une soif désespérée. Tu as pris le bus pour t’éloigner et es descendue quelques minutes plus tard, un peu au hasard. Regard vitreux et souligné par le bleu des cernes que tu n’as même plus l’envie de cacher, tu rodes dans les rues comme une enfant effrayée, en quête seulement d’un bar à la devanture assez défraîchie pour que tu n’aies pas honte d’en franchir le pas. L’alcool y est aussi souvent moins cher, c’est un avantage. Tu finis par trouver le bouge que tu cherchais, alors tu entres et t’installes à une table dans un coin. Un verre de liqueur après un autre, tu sens la chaleur de l’alcool réchauffer ta gorge et ta poitrine, et tu aimes ça. Tu aimes tellement ça. Tu pourrais jurer qu’il s’agit de la sensation la plus agréable au monde, tout en sachant à quel point elle te ronge de l’intérieur. Verre après verre, le monde rapetisse et tu n’as bientôt plus conscience que de toi-même. Pour toi, la seule chose qui existe encore est cette bulle à peine assez grande pour contenir la table sur laquelle s’accumulent les verres vides. Le monde devient flou et le temps ralenti sa course dans un phénomène étrange que tu ne peux pas expliquer. Tu te sens tellement plus légère dans cet univers qui n’accepte rien ni personne d’autre que toi.
Les secondes passent au même rythme que les minutes et les heures. Tu te relèves de temps en temps pour aller commander encore plus de ton poison favori sous le regard peu scrupuleux du barman. Tant que tu allonges les billets, tu bois, c’est aussi simple que ça. Tu le regretteras demain, et longtemps encore, mais ce soir, tu vas dilapider toutes tes maigres économies ou presque pour satisfaire ta soif. Oh oui, tu le regretteras longtemps, et tu ne cesseras jamais de t’en vouloir pour ça, pour cette faiblesse crasse qui semble ne jamais vouloir te quitter.

L’heure de rentrer finit pourtant inexorablement par arriver, et on te fait bien comprendre que tu ne peux pas passer la nuit à baver sur le bois collant de la table. Tu rencontres de plein fouet l’atmosphère piquante de la nuit et tu retiens un sanglot nerveux, celui qui ne veut que te montrer que tu vas bien moins bien que ce que tu essaies de te convaincre. Pas besoin, tu le sais déjà. Alors, tu commences à marcher. Cette bulle qui semblait si protectrice dans la moiteur de l’intérieur se met maintenant à tourner, et dès que tu essaies de focaliser ton attention sur ton chemin, c’est ton équilibre qui est mis à rude épreuve. Voutée et minable, tu rases les murs pour ne pas tomber, avec seulement une vague idée de la direction dans laquelle tu dois avancer. De toutes façons, plus rien n’a d’importance, pas vrai ?
C’est ça, plus rien n’est important à tes yeux. Tu voudrais simplement les fermer et que tout ce bourdonnement cesse enfin.

Alors, tu fermes les yeux. Un instant seulement, juste pour te reposer. Tu en as tellement envie. Tu donnerais tout pour pouvoir t’affaler sur un immense lit au matelas moelleux et accueillant. La seule chose que tu trouves, c’est le bitume froid et humide lorsque ta joue heurte le sol sans vraiment que tu ne comprennes pourquoi. Tu n’as même pas mal, l’alcool a anesthésié tout ton corps de toutes façons. Il y a peut-être un peu de sang qui dévale ta pommette, mais qu’importe après tout. Qu’est-ce que tu risques de faire, attirer un vampire ?
La pire chose qui pourrait arriver serait que quelqu’un te voit te vautrer dans cet état.



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Sam 17 Juil - 10:19 (#)



Come over when you're sober
Une rue quelconque, Avril 2017
ft. Heidi Janowski



S
omething always brings me back to you …
It never takes too long
No matter what I say or do
I’ll still feel you here ‘till the moment I’m gone

Le ton mélancolique de cette voix si familière t’enveloppait tandis que l’épais liquide ambré versé dans ton verre disparaissait dans les tréfonds de ton œsophage. Cette chanson, tu la connaissais par cœur, si bien que ta main droite pianotait discrètement sur le zinc, mue par d’anciens réflexes. Elle avait pris l’habitude de t’accompagner, elle, et toutes les autres, dans tes voyages, si bien qu’elles étaient devenues tes compagnes de solitude, celles qui te tenaient chaud loin de ton foyer.

Le verre était vide, mais ton esprit lui, débordait. Sentiments contradictoires où se mêlaient l’euphorie du voyage loin de ta Suisse natale et l’angoisse de te savoir loin de tout, loin des tiens, vulnérable et esseulée. Investie d’une mission qui dépassait ton propre cas, le poids des responsabilités pesait sur tes épaules, déjà alourdies par celui de ta propre existence. A cette heure où les pensées les plus improbables se sublimaient avec les angoisses de l’existence, la voyageuse solitaire que tu étais trouvait alors dans la musique d’un bar feutré un réconfort inespéré.

Tes pensées trahissaient le regret de la voyageuse ; le regret de celle qui se demandait encore si elle avait fait le bon choix, celui qui t’avait amené à accepter de représenter les intérêts de ton Cercle à l’étranger. Mais tu avais déjà pris cette décision, et assumé l’ensemble des conséquences. Alors pourquoi ressasser ? Peut-être avais-tu envie de te sentir mal, d’éprouver la mélancolie des expatriés … celle qui te faisais ressentir la lointaine proximité des lacs et des montagnes de ton enfance. Peut-être avais-tu besoin d’une raison pour boire …

Tes doigts se déplacèrent instinctivement pour suivre le rythme de la musique. Si ce troquet avait disposé d’un piano, tu aurais profité de l’occasion pour te dégourdir les doigts et penser à autre chose que tes problèmes.

You hold me without touch
You keep me without chains
I never wanted anything so much than to drown in your love
And not feel your reign

Tu déposas l’argent sur le comptoir. Une devise qui t'étais alors étrangère : un billet de dix dollars … et le visage que tu identifiais comme celui d’Alexander Hamilton. Un immigré caribéen, un Père Fondateur de la nation qui t’accueillait désormais. Un étranger, tout comme toi, qui s’était élevé et avait laissé derrière lui un héritage plus grand que sa personne. L’Amérique … Elle était remplie de gens comme lui … et de gens comme toi. Expatriés, orphelins, des rêves plein la tête et la faim dévorante de l’ambition. Et surtout, le poids des responsabilités qui s’accumulent et nous font grandir. Il y avait tout ça dans ce simple billet que tu retins quelques secondes de trop entre tes doigts.

Tu repoussas le verre et le tabouret en formica. Le grincement couvrit un instant la mélodie et réveilla le dormeur au fond du bar. Il grogna, mais tu ne t’en offusquas point, trop préoccupée par la mélancolie qui t’enveloppait de ses bras. Deux semaines … cela faisait deux semaines que tu étais arrivée à Shreveport. Tout ici était si différent des paysages de ton enfance, mais tu étais rassurée de savoir que l’alcool avait au moins le même goût. Et il était facile de trouver un bar ouvert à cette heure-ci. Cette ville n’était peut-être pas si mal finalement.

La nuit était déjà bien entamée à Shreveport et les lampadaires blafards donnaient aux rues des aspects délicieusement désolés. On devinait sous les lueurs fantomatiques, les silhouettes hagardes de la population nocturne de Louisiane. Parmi elles devaient se trouver quelques créatures surnaturelles, probablement occupées à d’occultes desseins. Mais ce n’était pas ton problème … Ton seul souci était de rentrer dans ce que tu te devais désormais d’appeler « chez toi » : cette maison au bord du lac dont les reflets du soleil sur l’eau au petit matin te rappelaient Genève.

Tu réajustas ton sac à main sur ton épaule, comme pour exorciser le malaise qui commençait à poindre le bout de son nez dans les rues enténébrées. Marchant le long d’une des avenues principales, tes bottines émettaient un bruit mat sur le goudron défraichi. Plus tu avançais et plus les luminaires semblaient décatis, comme déformés par le manque d’entretien, ou tout simplement comme si une succession de voitures leur étaient rentrés dedans. Peut-être une nouvelle mode à Shreveport … Avec un peu de chance, tu trouverais un taxi avant la prochaine intersection et tu quitterais ce quartier peu ragoûtant …

Quelques minutes plus tard, l’intersection se dessina au travers des lumières blanchâtres. Le bruit des voitures succéda au bruit de tes pas et te soulagea. Les phares des voitures transperçaient l’éclairage en douche tandis que le raclement des roues sur le goudron te rappelait que tu n’étais pas seule dans cette ville … A cette heure-ci, l’éclairage nocturne empêchait de distinguer clairement les étoiles, tout en t’interdisant d’y voir clair sur le plancher des vaches. Un entre-deux dont les créatures de la nuit adoraient profiter, surtout après la pluie d’hier.

Trop occupée à chercher des yeux l’intersection, tu ne remarquas que bien trop tard la masse informe et avinée qui s’était effondrée sur le goudron quelques minutes plus tôt. A peine visible dans la pénombre, bien à l’abri des regards, un corps trainait sur le macadam et tu faillis te prendre les pieds dedans. Fort heureusement pour toi, tu parvins à te rattraper juste à temps à une poubelle à moitié remplie pour éviter de t’effondrer sur le corps.

L’angoisse nocturne laissa immédiatement place à la stupéfaction et à … l’odeur d’alcool. Une pocharde ? Inquiète, tu te penches sur la silhouette avinée, espérant ne pas être arrivée trop tard. Ta main hésite, puis s’approche de son nez. Elle respire et c’est un soulagement, mais un liquide poisseux colle à ses cheveux et à sa joue. Il ne te faut qu’un instant pour reconnaître du sang, qui s’écoule de la pommette de ce qui semble être une jeune fille. Elle devait à peine avoir la vingtaine à en juger par son apparence.

A cette vue, tu sens ton estomac se nouer, et des milliers de questions surgissent dans ton esprit. Que fait-elle là ? Qui est-elle ? Est-elle encore consciente ? Qui dois-tu prévenir ? … Si tu restes parfaitement maître de ton corps, ton esprit est en ébullition face à cette situation incongrue. Il te faut agir … et vite. Toujours penchée sur le corps inerte, tu te demandes alors s’il ne vaut pas mieux appeler au secours, mais le doute t’assaille. Peux-tu la déplacer ? Et si tu essayais d’abord de la réveiller ? La déplacer risquait d’être dangereux ! Et si elle avait une hémorragie ? Ne risquais-tu pas d’aggraver son cas ?

Doucement, ta main se pose sur son épaule. Dans un Anglais probablement encore teinté de ton accent européen, tu essayes de trouver un écho dans cette masse amorphe et alcoolisée.

« Hey … Petit bouchon … Réveille-toi … Tu ne peux pas rester ici. Tu as quelque part où aller ? »

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Sam 17 Juil - 19:42 (#)
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Come over when you're sober
Une rue quelconque, Avril 2017
ft. Prudence Bosquet



C
ombien de temps ça fait, que tu es tombée ? Que ton visage éponge le macadam sale et maintenant recouvert d’un filet de ton sang ? Que tu gis à terre sans la force ni la conviction de te relever ? Tu as fermé les yeux à nouveau, après tout, tu ne pouvais pas tomber plus bas, au littéral comme au figuré. Qu’est-ce que ça te coûtait, de rester encore allongée quelques secondes, quelques minutes peut-être ? Personne ne t’attend, et le bitume ne te paraît pas moins confortable que les ressorts vicieux de ce qui te sert de matelas.
Te relever, ou abandonner ta dernière once de fierté ? Un énième dilemme comme il y en a eu tant d’autres auparavant. Une énième décision à prendre alors que tu as prouvé à de trop nombreuses reprises que tu ne savais prendre que les mauvaises. Tu te demandes comment ta vie aurait été si tu avais à chaque fois fait le choix contraire. Tes choix ont-ils seulement la moindre importance, ou es-tu simplement condamnée à vivre sans jamais t’élever ?

L’espace d’un instant, un sursaut d’orgueil te pousse à vouloir te relever. Tu concentres dans tes bras les dernières forces qui habitent ton corps et, dans une ultime tentative de prouver au monde que tu es plus forte que lui, pousses pour tenter de te redresser. Le seul problème, c’est que tu n’es pas plus forte. Ta tête tourne, et ta vision déjà embrumée te faut encore plus défaut après le choc. L’échec est cuisant, d’autant plus qu’il te prouve que si, tu pouvais encore tomber plus bas. Tu relâches finalement le sanglot qui était resté coincé en travers de ta gorge et au coin de tes yeux, et une larme de sel vient diluer le filet vermeil qui orne ta joue.

Le temps devient une notion abstraite dans ton état, et tu ne saurais pas dire combien s’en est écoulé depuis que tu as décidé d’attendre un sommeil salvateur dans ta pitoyable position. Tu le sens, proche, si proche, et pourtant tenu à l’écart par cet instinct de survie traitre et seulement bon à te contrarier. Et puis, à un moment, un bruit te sort de cette espèce de transe malsaine. C’est tout proche de toi, c’est métallique, ça bourdonne et résonne fort contre les parois de ton crâne. D’un coup, une vague de douleur s’empare de toi et tu geins faiblement, reprenant peu à peu conscience de ton propre corps. Bientôt, une sensation étrange quelque part, sur ton épaule tu crois. Ensuite, quelques mots. Il te faut encore quelques instants pour déduire de toutes ce sensations la présence de cette inconnue.
L’instinct de survie reprend ses droits et te donne la force nécessaire pour enfin faire bouger ton ce corps qui ne veut plus être tien, peut-être aidé par une peur panique de l’autre lorsque tu réalises la tendresse de la main sur ton épaule. Alors, de manière grossière et malhabile, tu fuis ce contact du mieux possible en te ruant contre le mur le plus proche. Pupilles dilatées par l’alcool, ton regard rougi sonde avec difficulté la silhouette de cette assaillante. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Tu as l’air terrifiée, comme si on venait de te réveiller au beau milieu d’un cauchemar ; malheureusement, tu ne t’étais pas encore assoupie.
Tu restes un long moment muette, les yeux écarquillés, comme si cela allait rendre ta vision moins pénible.

« Qu’est-ce que tu veux ? J’ai plus d’argent, j’ai plus rien sur moi.. ! »

Ton souffle est court, tu sens ton cœur palpiter fort au milieu de ta poitrine et l’air te brûle les poumons. Tu paniques, tu es perdue, tant au littéral qu’au figuré. Et pourtant, parmi tous les scenarii glauques et sordides qui ont parcouru ton esprit aliéné, c’est cette tendresse qui est en train de te terrifier. En temps normal, tu ne comprends déjà que très peu les gestes doux et la bonté d’âme, alors ivre morte et morte de peur, c’est un mystère glaçant qui se dresse devant toi de toute sa volonté de t’aider.
Tes yeux hagards parcourent les environs à la recherche d’une échappatoire. Quelle idée, tu n’es même pas capable de te mettre debout. Tu es prise dans un piège que tu as toi-même tendu. Félicitations, tu viens d’arriver au fond.



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Dim 18 Juil - 20:51 (#)



Come over when you're sober
Une rue quelconque, Avril 2017
ft. Heidi Janowski



L
a panique semblait s’être emparée de la jeune fille. Elle t’avait surprise : tu ne t’attendais vraiment pas à ce que malgré l’alcool, elle parvienne à faire appel à son instinct de survie pour se dégager de ton emprise. Emprise était un bien grand mot … tu l’avais à peine touchée. Dans la pénombre humide, tu cherchais à capturer son regard de tes yeux afin de la rassurer.

Malgré l’absence de lumière, tu pouvais distinguer son état de panique. Il ne fallait pas être devin, la pauvre était complètement perdue. Se pourrait-il qu’elle ait consommé de la drogue ? Au vu de son état, c’était tout à fait probable, mais tu n’étais absolument pas une experte en la matière. Son ton trahissait la panique, l’hébétude et l’agressivité de quelqu’un en totale perdition.

Toujours accroupie, tu l’avais regardé se recroqueviller contre le mur de briques, à côté des poubelles. Ses yeux semblaient chercher une échappatoire, tel un animal acculé. Tu ne pouvais pas la laisser s’enfuir. Dans son état, elle risquait d’aller se jeter sous une voiture, ou pire. Elle était un danger pour elle-même et pour les autres. Il était de ta responsabilité de l’aider, ou du moins, de la calmer pour qu’elle puisse cuver son vin. Tu n’avais pas conscience à ce moment-là que ta gentillesse était pour elle le pire des poisons.

Lentement, tu avances ta main vers elle. La mordrait-elle ? C’était peu probable. Et puis, tu avais une bombe de spray au poivre dans ton sac pour ce genre de cas. Et tu étais vaccinée contre la rage ! Il te fallait la calmer d’urgence et éviter qu’elle ne se fasse encore plus mal. Plus son organisme serait en alerte et plus son adrénaline se mélangerait à l’alcool et créerait une situation explosive.

« Doucement … Je ne veux pas de ton argent. Ne bouge pas, ça ira mieux dans quelques instants. »

Ta main se posa sur son front et tu murmuras une douce incantation en langue ancienne. La magie afflua au bout de tes doigts et se diffusa lentement dans l’organisme de la jeune fille. Il s’agissait d’un très vieux sortilège, connu de nombreux sorciers spécialisés en magie blanche. Il permettait simplement de détendre un individu en éliminant l’adrénaline et en inhibant les parties du cerveau responsables des états de panique. Ce n’était pas de la grande magie, mais c’était amplement suffisant pour calmer un individu avec peu de volonté.

Tu espérais que la demoiselle ne s’oppose pas trop violemment à tes soins …

« Ca va aller, Petit Bouchon. As-tu un endroit pour dormir cette nuit ? »

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Lun 19 Juil - 21:57 (#)
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D
ifficile à croire et pourtant bien vrai : tu connais la peur et la paranoïa. Qui aurait pu penser que toi, jeune femme à la témérité sans égal dans ce monde, aventurière ayant tout laissé derrière elle pour se lancer à l’assaut d’une ville inconnue et dit-on pleine de vampires, puisse un jour être effrayée au point presque de feuler comme une bête blessée et acculée. Tu as la nausée, ta vision est troublée par la dose conséquente d’alcool dans ton sang et le moindre bruit semble amplifié pour résonner encore et encore à l’intérieur de ta tête. Tu n’es pas en état de te défendre. En fait, tu n’es en état de rien ; même dormir te serait douloureux à ce stade.

Toujours accroupie en face de toi, éclairée seulement à contrejour par la lumière jaunâtre d’un réverbère, la silhouette ne prend pas ta réaction comme une preuve suffisante d’autonomie. Elle reste là, proche, trop proche de toi. Dans cet état, tu ne sais même pas rappeler à toi les souvenirs et les expériences qui ont rendu le moindre contact source d’une panique exacerbée. Et pourtant, tu en gardes le réflexe. C’est même pire que cela, puisque ta peur étant maintenant injustifiée, elle en devient d’autant plus terrible.
Tu vois sa main se rapprocher de toi, multipliée par l’effet des nombreux verres de trop. Tu la suis des yeux, incapable de faire le moindre mouvement si ce n’est t’écraser encore plus contre les briques crasseuses dur mur qui te fais dos. Ses paroles se veulent rassurantes, mais elles ont l’effet inverse. De ton point de vue, elles ne sont que la preuve d’une incroyable perversion et d’un sadisme absolu. Est-ce simplement toi ou c’est un sourire carnassier qui se dessine sur son visage nimbé d’un linceul de ténèbres opaques ? A mesure que sa main s’approche, ta peur terreur croit et tu perds de plus en plus pied avec une réalité à laquelle tu avais déjà bien du mal à t’accrocher.

Finalement, le contact s’opère sur ton front. Tu pousses un gémissement terrorisé alors que de nouveaux mots incompréhensibles s’échappent de la bouche de ta tortionnaire. Tu tentes une première fois de balayer sa main de ton crâne, mais dans la panique, et surtout sous l’emprise de l’éthanol, tu la rates. Ou du moins, tu rates la vraie. Tes bras s’agitent nerveusement pour tenter une deuxième fois de rompre le contact ; tu parviens même à poser tes mains sur la sienne, mais il est déjà trop tard.
D’un coup, ta prise se relâche sur son poignet, tes geignements cessent. Seul l’écho de ta respiration saccadée résonne encore autour de vous comme un dernier souvenir de ton angoisse. Qu’est-ce qu’elle t’a fait ? Pourquoi l’a-t-elle fait ? Tu es toujours loin d’être à l’aise avec ce contact, au moins qu’il provoque toujours comme une brûle psychique, mais il t’a aussi tellement détendu que tu ne sais plus quoi en penser, ni même si tu dois en réclamer plus ou non.
Et puis, les secondes passent, et toujours pas de nouvelle vague de peur ni de tension. Tu ressens encore les effets de l’alcool dans ton sang, mais plus la moindre inquiétude. Ton rythme cardiaque peut alors enfin se calmer et te laisser un nouveau répit bien mérité. Maintenant, tu devrais être en état de répondre à sa question. Au moins peut-être tenter de faire passer tes idées : il est quelques verres trop tard pour des phrases construites.

« Veux.. mpf.. veux pas rentrer chez moi.. »

La terreur sur ton visage a cédé la place à une mélancolie profonde. C’est où, « chez toi », après tout ? Tu entends souvent que c’est là où il y a quelqu’un pour t’attendre, mais selon cette définition, tu ne peux tout simplement pas rentrer chez toi. Chez toi, dans les Kingston Buildings alors ? Il n’y a rien de familier là-bas, rien qui ne t’apporte un tant soit peu de réconfort. Chez toi, à Chicago ? Chez tes parents ? Tu n’as plus de parents, tu les as reniés en même temps qu’eux l’ont fait, quoique c’était peut-être plus tard. Quoi qu’il en soit, pour rien au monde tu ne retournerais dans cette maison hantée par autant de fantômes que tu puisses avoir de souvenirs.

« Veux pas.. chez moi.. »

Tu t’entêtes à répéter ça à cette sombre inconnue. Tu n’oses plus retirer sa main de ton front, par crainte de voir ressurgir dès lors qu’elle le quittera toute la panique qui t’avait envahie quelques instants plus tôt.



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Dim 25 Juil - 22:37 (#)



Come over when you're sober
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P
etit Bouchon ne semblait pas très heureuse à l’idée de rentrer chez elle, mais au moins, le sortilège avait fonctionné et tu pouvais t’estimer soulagée. Elle ne risquait plus de s’endormir et de s’étouffer dans son vomi. C’était l’un des risques les plus courants lorsque l’on buvait jusqu’à s’en rendre malade : se noyer dans sa gerbe. Si tu pouvais lui éviter ça, cela constituerait un grand pas …  

Il restait encore un sujet épineux. Tu ne pouvais pas te permettre de la laisser là seule dans la nuit. Il te fallait d’urgence lui trouver un abri. Tu hésitas un instant à la ramener chez toi, mais te ravisa. Il n’était pas question que tu ouvres ta porte à une inconnue et qu’elle te vole en partant. Si jamais elle chapardait l’un de tes précieux objets magiques, tu risquais de devoir t’expliquer avec l’Eglise Wiccane si jamais elle se mettait à faire des siennes avec.

Il te fallait lui trouver une chambre d’hôtel. La livrer à la police n’aurait pas été une très bonne option de toute façon. Les cellules de dégrisement n’étaient pas des endroits sympathiques pour passer une nuit. Et si elle fuyait le foyer familial, ce n’était peut-être pas la meilleure option de la livrer aux autorités. L’hôtel restait alors le meilleur des endroits pour passer la nuit.

« Viens avec moi. Nous allons te trouver un endroit au chaud pour dormir. »

Tu murmuras un sortilège pour la rendre temporairement plus légère et faciliter son transport. La magie se diffusa avec douceur dans son corps, la rendant aussi légère qu’une plume. C’était bien entendu temporaire, mais cela suffirait le temps de trouver une chambre et de l’amener dans un lit bien chaud. Sans dire un mot, tu attrapas son bras et la tira vers toi pour la soutenir. Ton paquet imbibé d’alcool enfin sécurisé, tu fis quelques pas dans la rue pour chercher un motel ou tout autre endroit de ce style.

Il ne te fallut pas longtemps pour trouver quelque chose grâce aux néons blafards de Shreveport. C’était un motel sans prétention : façade de briques, néon encore en place et clignotant, fenêtres récemment rénovées donnant sur une arrière-cour tranquille, trois étages. Cela semblait propre … à défaut d’être luxueux. Au moins, il ne semblait pas y avoir plus de rats qu’ailleurs et en plus, l’écriteau proposait des prix abordables pour l’occasion. Ce n’était pas que tu sois radine … mais si tu pouvais éviter de jouer la bonne samaritaine tous les soirs, cela t’aurait fortement arrangé.

Régler le motel fut chose aisée. Le réceptionniste – un jeunôt à l’air blasé – fut d’une discrétion remarquable quant à la provenance de ton colis imbibé d’alcool. A son regard, il devait avoir l’habitude de ce type de clients arrivant en soirée et repartant le matin, sans comprendre comment ils étaient arrivés là. Tu ne fis aucune difficulté pour le régler et une partie de la négociation se porta sur la qualité de la chambre. Tu ne voulais pas qu’il te refile la vue sur les poubelles. Certes, cette chambre n’était pas pour toi, mais tu avais quand même des principes.

La chambre était disposée au dernier étage du motel sur cour. Comme le bâtiment ne disposait pas d’ascenseur autre qu’un ascenseur de service, tu avais dû monter Petit Bouchon par toi-même. Le réceptionniste s’était gratté les fesses quand tu lui avais demandé de l’aide. Sympa … mais au moins, il avait eu la décence de te donner les clefs avec l’autre main. La piaule présentait deux lits simples, une grande fenêtre à guillotine et une salle de bains à faïence blanche. Le papier peint était une sorte de camaïeu de rose orangé peu esthétique … mais cela ferait l’affaire.

Sentant le poids de la jeune fille revenir, tu la déposas le plus rapidement possible sur l’un des lits. Tu profitas de l’occasion pour lui retirer son blouson et ses bottes, afin qu’elle soit plus confortable.

« Ne bouge pas, je vais te chercher un peu d’eau et un linge humide … »

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Une rue quelconque, Avril 2017
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Q
u’elle te laisse là, qu’est-ce que ça peut bien lui faire ? Pourquoi faire tout ce qu’elle fait ? Tu t’es mise toi-même dans cet état alors pourquoi te viendrait-on en aide ? Qu’elle te laisse là, tu le mérites. Tu n’as rein envie de lui devoir plus tard, encore moins pour t’avoir tirée d’un état aussi lamentable. Bientôt quatre ans que tu vis seule, que tu survis seule, sans avoir jamais fait appel à l’aide de personne sauf la tienne. Tu as l’impression ce soir que si elle s’occupe de toi, cela signifiera que tout le monde aura eu raison : tu n’es qu’une incapable.

Tu clignes des yeux et te réveille allongée sur un lit inconnu, dans une chambre inconnue, en face d’une femme inconnue. Prise d’un élan d’angoisse, tu essaie de retracer ton chemin depuis ton dernier souvenir, comme un petit poucet ayant semé derrière lui les verres vides.
Avec ta perception altérée, les événements ont eu l’air de se dérouler à la vitesse de l’éclair. Tu te souviens t’être débattue lorsqu’elle t’a prise dans ses bras ; tu te souviens l’avoir suppliée de te lâcher et de partir en polonais lorsqu’elle a réussi à t’attraper ; tu te souviens avoir vu défiler les lumières floues de la ville alors que tu traversais les rues sans réellement comprendre ce qui était en train de t’arriver ; tu te souviens avoir été éblouie par les lumières vulgaires d’un hall vétuste ; tu te souviens enfin avoir été conduite dans cette chambre.
Le temps de faire ce point sur la situation, l’inconnue avait eu le temps de retirer ta paire de bottines usées par les années. Suivent quelques mots de sa part, suintant d’une douceur difficile à avaler. La gentillesse comme une gélule dont on sait qu’elle nous guérira mais dont on aurait trop peur qu’elle nous étouffe.

Les yeux écarquillés et hagards, tu regardes cette femme disparaître dans la salle d’eau tout en te demandant quoi faire. Ton premier réflexe est de vouloir fuir ; tu aperçois un escalier de secours éclairé par un réverbère discret, derrière la fenêtre. Tu te dis que peut-être, tu pourrais sauter de ce lit au confort discutable pour dévaler l’échafaudage de ferraille et t’envoler au loin comme une chauve-souris rentrerait dans sa grotte pour attendre la prochaine nuit pour surplomber à nouveau le ciel, aveugle. Tu te tournes en direction de la fenêtre, pensant même à partir pieds nus pour ne pas perdre de temps, mais la réalité te rattrape avant même que tu ne sois descendue du lit en tordant ton estomac.
Tu geins alors que l’espèce de valkyrie pour poivrots revient avec, comme prévu, son linge et son eau. En te concentrant, tu arrives à formuler la question simple qui te taraude et t’obnubile depuis qu’elle t’est apparue.

« Pourquoi tu fais ça.. ? »

La voyant se rapprocher de toi, tu recules à nouveau comme tu l’as fait tout à l’heure contre le mur de briques noircies par la pollution, cette fois-ci contre la tête de lit en bois bon marché. Comme prenant tout à coup à nouveau conscience de ton état, tu places ton avant-bras maladroitement devant tes yeux pour les sauver de l’agression que représentait la lumière du lustre.

« On se connaît.. ? »

Où aurais-tu pu la croiser ? Pour qu’elle te vienne en aide ainsi, il aurait au moins fallu que tu ne lui paraisses pas désagréable. La bibliothèque, peut-être ? Ou peut-être qu’elle t’a déjà vue jouer sur scène ; il t’est déjà arrivé, une ou deux fois, qu’une vieille personne te passe un mot de félicitations et d’encouragements auquel tu n’auras jamais répondu, persuadée qu’ils recèlent une méchanceté secrète prête à empoisonner ton esprit si tu venais à les accepter.



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Une rue quelconque, Avril 2017
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T
u considéras un moment les paroles de la jeune fille, le linge humide dans ta main dégoulinant sur la moquette aux couleurs fanées. Tu t’assis sur le rebord du lit, perdue dans tes pensées. Elle avait raison dans le fond … pourquoi avoir pris la peine d’amener cette jeune fille dans une chambre d’hôtel alors que tu aurais pu la laisser là dans la rue et passer ton chemin ?

Tu approchas le linge humide de son front et le plaqua sans aucune autre forme de procès sur son front pour qu’elle reprenne ses esprits et que la gueule de bois ne soit pas trop violente dans quelques heures.

« Je t’aide pour des motifs purement égoïstes. J’avais envie de t’apporter mon aide et tu n’étais pas en mesure de la refuser. Par conséquent, je l’ai fait. Rien de plus, rien de moins, Petit Bouchon. »

En un sens c’était vrai. Tu avais agi en partie sur un coup de tête. Rien ne te prédisposait à l’aider et la compassion seule n’expliquait pas ton geste. La curiosité était un de tes moteurs et peut être voulais-tu savoir ce qui pouvait mener une jeune fille à se retrouver dans un tel état dans une ville aussi sordide. Il était cependant certain que vu de l’extérieur, ton geste pouvait apparaître comme un acte de pitié ou de compassion. Dont acte !

La jeune fille plaça son bras en travers de son visage pour se protéger de la lumière blafarde du lustre. Tu pris les devants et alluma la petite lampe de chevet avant d’éteindre celle du lustre afin d’éviter que la lumière ne lui grille les yeux et ne la rende encore plus irascible. C’est qu’elle n’était pas commode cette jeune fille, mais tu pouvais aisément comprendre pourquoi. Tu posas le verre d’eau sur la petite table de chevet, lui laissant l’occasion de s’en saisir pour en prendre une gorgée. Elle risquait probablement de vomir à un moment ou un autre … Tant pis, le service de l’hôtellerie ferait ses œuvres.

« On ne se connaît pas ... Mais tu peux m’appeler Prudence. Je suis une … disons que je … répare les choses cassées … »

Tu aimais bien cette expression. Cela laissait libre cours à l’interprétation de ton interlocuteur. Tu étais très loin d’être un service social, mais ton métier t’amenait à réparer essentiellement des objets inertes, objets qui avaient la délicatesse de ne pas t’envoyer paître à chaque fois que tu essayais de leur redonner un bon coup de jeune !

« Et si tu m’expliquais un peu comment tu t’es retrouvée dans cet état ? » , enchainas-tu d’une voix douce.

Discrètement, tu pris ses bottines entre tes mains. Elles étaient passablement usées, si bien que d’ici un bon mois, elles seraient inutilisables. Quel dommage … elles étaient de bonnes factures. Néanmoins, après un bref coup d’œil, tu estimas qu’il était possible de les réparer magiquement pour les faire durer encore quelques années. Ce n’était pas une opération compliquée … et puis, au vu de leur état, cela ne leur ferait pas de mal …

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Q
u’est-ce que, quoi ? Un geste égoïste ? Payer une chambre à une ivrogne inconnue arrachée de justesse aux griffes d’une nuit froide au milieu d’une rue dangereuse et insalubre, ça peut vraiment être égoïste ? Pour toi, ça ressemble plus à l’attitude de quelqu’un qui cherche à acheter sa propre bonne conscience auprès de parfaits étrangers parce qu’ils n’osent pas affronter ceux qu’ils ont blessés. Vous autres, les anonymes, vous ne demandez pas la charité ; vous demandez des excuses qui, vous le savez très bien, ne viendront jamais.

La lumière redevient supportable. Ton espèce de sauveuse énigmatique se rapproche et pose un verre à côté de toi. Sobre, tu aurais souligné avec une malice amère à quel point le breuvage qu’elle te propose ressemble à celui qui t’a menée jusqu’ici.

Pourquoi est-elle aussi évasive ? Si elle n’a pas envie de se dévoiler, elle n’avait qu’à ne rien dire du tout. Maintenant, tu es assaillie par de nombreuses questions qui ne sont que des tambours supplémentaires dans ta tête déjà assourdi par la situation. Est-ce son vrai nom ? Ça ne ressemble pas à un vrai nom. Toi au moins, quand tu donnes un pseudonyme, tu fais en sorte qu’il soit plausible. Qu’est-ce qu’elle répare, au juste ? Elle est garagiste ? Ou elle fait ce métier dont tu ignores le nom exact et qui consiste à venir ouvrir les machines à café et rester devant pendant une demi-journée à chercher le problème alors qu’il s’agit seulement d’un dégénéré qui a mis un grand coup de pied dedans il y a deux jours parce qu’il n’a pas eu sa petite touillette en plastique dans son expresso sans sucre ?

Lui expliquer comment tu en es arrivée là ? Ça paraît pourtant simple, non ? N’a-t-elle jamais entendu parler d’alcoolisme ?

« A ton avis ? J’ai pris toutes mes économies et je me suis pinté la tronche à la vodka jusqu’à ce que je puisse même plus me souvenir de mon prénom. »

Tu arbores un sourire tristement mutin, fierté dans la voix, comme si c’était pour toi une gloire de faire la maline alors que ton état était la définition même du pathétique. Ta diction était lente et fortement accentuée, typique de celle d’une personne bien avinée ; en vérité, c’est déjà un miracle que tu aies réussi à aligner une phrase complète à ce stade de la soirée. Tu allais la ponctuer d’un rire narquois, mais à peine as-tu le temps de glousser que ton estomac te rappelle à l’ordre et t’ordonne de cesser cette mascarade aux airs honteusement juvéniles.
Ton sourire s’efface peu à peu au profit d’une mine bien plus sombre, comme si la partie la plus rationnelle de ton être, si tant est qu’une telle partie puisse exister, reprenait le dessus et réalisait l’ampleur de ton caprice de junkie. Une larme de sel coule le long de ta joue, brûlant ta peau à son passage. Quelques secondes de silence passent, nécessaires pour que tu réalises que ta fierté n’accepte pas ta présence en ces lieux.

« Bon, allez madame Je-répare-des-trucs, je vais y aller, hein. »

Tu as essayé de mimer du mieux possible la sobriété, accompagnant ta déclaration d’un sourire faux tout en essayant de te lever. C’était un échec cuisant. Et puis à quoi tu t’attends au juste ? Qu’elle te laisse partir comme ça ? En fait, oui, exactement. Alors, tu finis par te relever complètement, faisant fi de ton équilibre vacillant et de ta migraine carabinée. Ton objectif : la porte. Malheureusement, tu ne réalises pas à quel point il doit être facile pour elle d’arrêter un grande perche ivre morte essayant de se faire passer pour sobre. Tu n’es même pas capable de faire un seul pas droit, même pas le premier. Si elle n’avait pas été là, au moins, ce soir, tu n’aurais pas eu honte. Enfin, pas autant.



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U
ne chaussure s’écrasa dans un bruit sourd sur la porte. Tu feignis l’ignorance et baillas ostensiblement, l’autre chaussure encore dans les mains, prête à t’en servir comme fronde grâce à ses lacets. Elle ne pensait quand même pas s’échapper et s’en tirer à si bon compte. Seule dans les rues de Shreveport, elle serait un danger pour elle-même et pour les autres … et tu devais satisfaire ta curiosité.

« Quand ai-je dit que notre conversation était terminée ? Que l’on soit clair … tu ne sortiras pas d’ici tant que je n’aurai pas l’assurance que tu n’es pas un danger pour toi-même et pour les autres. Mais si tu le souhaites, je peux t’emmener au poste, où je puis te garantir que leurs couchettes sont largement moins confortables que ce lit. Je ne suis pas ton ennemie et je me fiche que tu m’apprécies ou pas. Donc maintenant, tu arrêtes tes caprices d’enfant gâté et tu vas vomir un bon coup dans la baignoire … sinon je me ferai une joie de tester le café salé froid sur toi pour voir comment ton estomac réagit. »

Ta menace était lourde de sens. Elle risquait en effet de se retrouver sous les roues d’une voiture si jamais elle regardait avec trop d’insistance les phares d’un automobiliste. Pire, elle pourrait créer un accident et emmener avec elle plusieurs passants. L’autre hypothèse était qu’elle se fasse attaquer dans la rue par des inconnus et que ceux-ci aient le dessus … et le dessus, ils l’auraient très certainement au vu de son état. Tu imaginais déjà le corps de cette pauvre fille dans les pages du journal local et tu ne pourrais t’empêcher de te sentir un peu coupable si jamais cela devait arriver.

Non, très clairement, il fallait isoler cette jeune fille le temps qu’elle repasse du statut d’outre à vinasse à celui de déchet humain en pleine gueule de bois. Mais … quel intérêt pour toi, mis à part le fait de préserver le domaine public d’un tel désastre ? C’était peut-être l’effet de l’alcool dans ton sang, mais tu étais d’une curiosité sans limite quand il s’agissait d’étudier les comportements humains. Comment se sentait-elle ? Comment ressentait-elle son sens de l’équilibre ? Quels effets la magie faisait-elle dans son organisme à mesure que ton sortilège se dissipait ? L’alcool renforçait-il ses effets ou les atténuait-il ? Tu mourrais d’envie d’en apprendre plus sur un sujet vivant, mais évidemment, si elle continuait à ne pas coopérer, cela risquait grandement de t’agacer et de rendre cette tâche compliquée. Il fallait absolument qu’elle se calme, sinon, non seulement cela serait difficile de satisfaire ta curiosité, mais en plus, elle risquait de gerber sur le sol … et tu n’avais pas envie d’expliquer au tenancier pourquoi elle n’avait pas réussi à se trainer jusqu’à la salle de bains. Que celui-ci pose le moins de questions possibles le lendemain t’arrangeais … sans compter que si tu laissais la chambre en désordre et pleine de vomi alcoolisé, tu pouvais escompter qu’il te demande un supplément pour le dérangement.

« Et l’alcool t’a visiblement fait perdre tes bonnes manières. Quand je fais l’effort de me présenter, je suis en droit d’exiger que l’on me retourne la politesse. Mais visiblement, j’ai eu tort d’estimer que les Américains pouvaient avoir une once de savoir-vivre. Je recommence donc : je m’appelle Prudence … , dis-tu d’un air faussement agacé. »

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T
a course effrénée en direction de la sortie s’arrête net dans un sursaut bien trop tardif lorsque tu reconnais une de tes chaussures rebondir contre la porte close de cette cage au papier peint ringard et défraichi. Oui, tu te sens particulièrement bête un instant lorsque tu baisses les yeux pour vérifier qu’en effet, tes chaussures ne sont pas à tes pieds. Tu en as déjà trouvé une, et tu retrouves l’autre dans les mains de ta geôlière.
Elle commence sa phrase en essayant d’asseoir sur toi une autorité qui n’a pas lieu d’être, et que tu sois ivre morte ou parfaitement sobre, cela ne change que très peu de choses quant à la manière dont tu vas le vivre : elle peut bien aller se faire voir. S’il y avait bien un moyen de te faire te braquer, c’était celui-ci. Quittes à être claires jusqu’au bout, tu devrais lui dire que tu ne réponds à aucune forme d’autorité, quelle qu’elle puisse être, mais elle le découvrira sans aucun doute bien assez tôt.

Te traiter d’enfant gâtée, en revanche, rend son discours presque risible. Aurait-il été possible de faire une démonstration plus claire du fait qu’elle ne sait absolument rien de toi ? Certainement pas, au point que tu pourrais croire qu’au contraire, un tel fourvoiement ne peut être que volontaire. Presque vexant. Absolument vexant, en fait. Ton expression jusque là interloquée et subtilement amusée par sa tentative de putsch se ferme subitement, ne laisse apparaître qu’un regard noir, rougi par la fatigue et l’alcool.

La suite de son monologue n’a que très peu d’intérêt pour toi. Elle essaie de te faire réagir en faisant appel à ton chauvinisme ? Décidément, elle enchaîne les erreurs de jugements comme tu enchaînais les verres il y a quelques heures. Pour bien lui démontrer qu’elle a tort, tu décides de lui répondre en polonais ; tu maîtrises la langue de tes parents presque comme tu maîtrises l’anglais, tu étais peut-être même la plus douée de tes cousins, mais ça n’a jamais compté.

« Nie jestem Amerykanką, gruba krowa. »

Tu exprimes à ta façon, avec toute la cordialité qu’on te connaît, que tu rejettes la nationalité dont elle te suppose. Bon, tu es bel est bien américaine, mais tu n’as jamais ressenti le moindre espèce de patriotisme envers ce pays qui t’a vue naître et grandir. C’est même tout le contraire à vrai dire. Tu n’as pas non plus particulièrement d’atomes crochus avec tes racines polonaises, mais tu les brandiras toujours avec force et conviction si cela peut te permettre d’emmerder quelqu’un.

En fait, elle t’a presque lancé un défi, non ? Tu aimerais bien la voir essayer de t’empêcher de sortir. Enfin, pas vraiment, tu passerais sans doute un mauvais moment, d’autant plus si elle te touche, mais tu préfères encore ça plutôt que de faire plaisir à une femme qui pense que tu n’es qu’une enfant gâtée. Et puis, le seul danger que tu représentes est pour toi-même, mais ça tu n’en as pas grand-chose à faire, et éventuellement un vampire à qui viendrait l’idée saugrenue de te mordre et qui tomberait dans une Torpeur éthylique.
Alors, sans accorder plus d’importance que ça à la femme à l’autre bout de la pièce et à ton manque de chaussures, tu effectues maladroitement les derniers pas qui te séparent encore de la porte de la chambre. Qu’elle appelle la police, qu’elle t’emmène au poste, elle t’a trouvée sur le macadam humide d’une rue mal éclairée, alors rien ne peut être pire que cela. La main sur la poignée, tu te reposes l’épaule contre le panneau de bois dont la peinture commençait à s’écailler et lui adresses quelques mots supplémentaires, que cette fois-ci elle devrait comprendre.

« Je te dois rien du tout, je t’ai jamais demandé de m’aider. Si tu veux jouer à la nounou avec une enfant gâtée tu t’es trompée de personne. »

Et pourtant, qu’est-ce que tu aurais aimé l’être. Une enfance à jalouser les autres enfants, à se noyer dans l’impuissance, la tête maintenue malignement sous l’eau jusqu’à ce que tu rendes ton dernier souffle d’innocence. Tu aurais pu être une tout autre personne, mais la Fortune a fait qu’aujourd’hui, on t’a trouvée ivre morte, avachie sur un trottoir.
Tu enclenches finalement la poignée et ouvres la porte pour t’engouffrer sur la moquette de mauvais goût du couloir sombre. Oh, tu ne vas pas bien loin ; fatiguée comme tu l’es, tu te contentes de te laisser glisser contre le mur, prenant seulement soin de te cacher de la vue de gruba krowa.



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Lun 16 Aoû - 15:17 (#)



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T
u reconnus le doux accent polonais, et la « délicatesse » de ses mots sans trop d’efforts. Si tu avais bien compris, elle venait de te répliquer qu’elle n’était pas polonaise, le tout suivi d’une insulte. Si tu n’avais pas eu quelques verres dans le nez, tu aurais pris immédiatement la mouche et aurais foudroyé l’impertinente sur place. Mais l’alcool te détendait et te calmait, ce qui était plutôt une bonne nouvelle pour la demoiselle et son espérance de vie. Il aurait suffi d’un mot et d’un geste pour que la jeune fille se retrouve éparpillée façon puzzle dans cette petite chambre. L’étude des morceaux sanguinolant de la demoiselle et de leur réaction à la magie était un domaine particulièrement intéressant, mais tu n’allais tout de même pas griller ta couverture pour une simple pimbêche bourrée. Tu valais mieux que ça … mais en tant que Sorcière, tu ne pouvais décemment pas te laisser insulter et humilier par une pouilleuse.

Où placer le curseur entre punition bien méritée et intérêt scientifique ? Devais-tu véritablement la punir pour son insolence ? Au vu de son état, sa réaction était tout de même légitime, mais tu n’appréciais pas être insultée. D’ailleurs, qui appréciait se faire traiter de tous les noms par une personne complètement avinée ? Tout aurait pu être une simple histoire d’une sympathique samaritaine désireuse de tester quelques sortilèges de soins sur une camée à moitié consentante, mais qui aurait probablement été reconnaissante. Et voila que tu te retrouvais à devoir gérer, non pas un Petit Bouchon, mais le culot brisé de la bouteille. Quelle plaie !

Tu hésitas à lui répondre une insulte en Polonais. Tu ne maîtrisais pas vraiment cette langue, mais tu savais au moins balancer quelques insultes bien senties. Mais cela aurait été trop peu élaboré pour le type de punition que tu pouvais faire subir à cette ingrate. Elle te sortit à nouveau une réplique cinglante. Ah ! Elle n’avait rien demandé ? Elle ne souhaitait pas être aidée ? Mais, que tu saches, tu ne lui avais pas demandé son avis. Avait-on besoin d’un certificat signé pour aider quelqu’un contre sa volonté ? Non, clairement, ton comportement était purement égoïste, mais tu l’assumais. Bien sûr, tu pouvais tout à fait te cacher derrière le fait qu’elle risquait d’être un danger pour elle-même et pour les autres, mais c’était … comment dire … la cerise sur le gâteau fondant de ton égoïsme. Ce même égoïsme qui te faisait mourir d’envie de voir comment un corps imbibé d’alcool réagissait à tes sortilèges.

Tu la vis sortir de la chambre, pas bien assurée sur ses deux jambes et surtout en chaussettes. Ce qui devait arriver arriva, et elle s’effondra contre le mur voisin, le bruit mat t’alertant qu’elle s’était peut être fait mal dans la « manœuvre » … à moins que cela ne soit le bruit de son fessier sur la moquette. Tu pris le temps de te lever et même de boire un peu d’eau avant d’aller t’occuper d’elle. Dans son état, elle ne risquait pas de s’enfuir et tu avais tout le temps du monde.

Ta main repoussa la porte défraichie et tu trouvas la demoiselle à nouveau affalée contre un mur. Décidément, c’était une vilaine habitude qu’elle avait là. C’était bien la peine de lui louer un lit … tu aurais dû lui louer un morceau de mur et un carton, comme pour les bébés chats. Tu finis par t’accroupir dans la pénombre, les yeux posés sur elle. Lentement tu approchas ta main gauche, prête à la poser sur sa tête. Une intuition te vint, fugace … et tu parvins à la saisir et à la formuler d’une voix douce, portée par ta curiosité naturelle.

« Est-ce que … la gentillesse des autres te fait souffrir ? »

Tes yeux observèrent avec attention la demoiselle. Si elle continuait à se montrer pénible, il te suffirait de l’endormir avec un sort … au moins, elle cesserait ses jérémiades d’enfant gâtée.

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Come over when you're sober
Une rue quelconque, Avril 2017
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A
llez, ferme les yeux et tout ira bien. Quand tu les rouvriras, tu te rendras compte que tout ceci n’était qu’un rêve. Un simple cauchemar un peu trop réaliste que tu aurais vécu en accéléré pour en arriver jusque là et enfin y mettre fin. En rouvrant les yeux, tu seras peut-être paniquée, affolée, mais il y aura quelqu’un, là, à côté de toi pour te réconforter. Une famille aimante, ou peut-être un amant ? On te dira que ce n’était qu’un mauvais rêve, que tout va bien et que tu peux te rendormir en paix puisque tu es entourée de gens qui t’aiment. Mais tu le sais, en rouvrant les yeux, tu te retrouveras seule, dans un endroit que tu ne connais peut-être pas, comme celui-ci. Tu auras peut-être peur, mais personne ne sera là pour te prendre dans ses bras et calmer tes sanglots. Tu réaliseras que l’espoir que tu avais en t’endormant était stupide et irréaliste, et comme ça, tu te détesteras chaque fois un peu plus que la veille pour avoir cru à tes propres affabulations.
Personne ne sera là pour toi Heidi, et tu le sais, alors s’il te plaît, ne t’inflige pas ce mal. Pas encore. N’espère pas ce que tu sais impossible, puisqu’à chaque fois que tu grimpes à cette échelle, tu finis par tomber de haut.
Dans ce couloir sombre, tu fermes donc les yeux et serrant fort contre toi les plis de ton pull sale comme une peluche refusant de se laisser voir sous sa véritable forme.

Tu ne saurais pas dire le temps que tu as passé dans le noir imposé par tes paupières. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Ou bien quelques heures ? La seule chose que tu sais en rouvrant les yeux, c’est que quelqu’un parle tout près de toi. Devant tes yeux, toujours cette femme ; son visage, sa main. Le souvenir des événements, même si ceux-ci sont extrêmement récents, arrive quelques secondes après celui de la sensation qu’elle avait fini par te provoquer : peur, haine, dégoût. Ton réflexe ressemble fort à celui que tu as eu quand vos regards se sont croisés pour la première fois tout à l’heure, mais tu es déjà ici acculée contre le mur. C’est alors par réflexe que ton bras tente de repousser cette silhouette si malfaisante pour ton esprit imbibé d’alcool et vingt-et-unes années à bâtir une haine viscérale de l’être humain.
Imprévisible, illogique, ton geste de défense frappe la main qui s’était approchée de ton visage dans un claquement sonore. Elle manque de peu le visage de celle qu’elle prend pour une ravisseuse. Pour l’instant, sa question n’a pas atteint ton esprit. Dans ton esprit, il n’y a que la peur, la panique, l’effroi.

« Mais lâche moi.. ! Laisse-moi partir.. ! »

Ta voix résonne tristement dans le couloir de l’hôtel après un cri hystérique. Ce genre de cris de détresse n’attirerait personne, même s’il y avait des clients dans les chambres de cet étage, mais quand bien même, qu’aurais-tu fait ? Aurais-tu traité de la même manière la personne qui serait venue te sauver de celle qui semble se dessiner comme ta première sauveuse ? Tu es incapable de te faire aider, voilà tout.
Enfin, sa question atteint tes méninges qui se mettent à y réfléchir, ou plutôt régurgiter machinalement le mensonge que tu gardais tout prêt au cas où l’occasion se présentait. Tu y as déjà réfléchi, durant de longues nuits d’introspection, et te mentir à toi-même était le seul moyen que tu as trouvé pour trouver le sommeil.

« J’ai pas mal, je souffre pas ! Je vais très bien ! »

Dis-tu les yeux vitreux et injectés de sang. Tes pupilles sont un portail vers une marre de goudron noire et profonde dans laquelle tout se noie, sans le moindre espoir de revoir un jour la surface. Pas d’éclat, pas d’étincelle, seulement le paysage désolé de la détresse, entouré d’un immense mur de ronces qui empêche de sortir autant que de rentrer. Une forteresse depuis longtemps désertée qui ne protège rien si ce n’est ce seul étang poisseux dont émane un miasme lourd et corrosif.

Et si elle avait raison ? Parce qu’elle a raison. Que faire ? Comment avouer que tu as tort ? Comment faire confiance à l’inconnu lorsque celui-ci n’a jamais fait autre chose que blesser à chaque fois que tu la lui accordais bien naïvement ? Non, la seule chose qui est sûre, c’est que tu ne commettras plus jamais les erreurs de ton passé.



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Come over when you're sober
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C
ette gamine commençait à sérieusement te taper sur le système. Non seulement son cri avait réussi à vriller tes tympans, mais en plus elle semblait de plus instable. Fort heureusement pour toi – mais tu ne le savais pas à cette époque - , les tenanciers de l’hôtel se fichaient pas mal des cris des occupants pour peu que les chambres ne soient pas trempées de sang au petit matin. Il n’était pas rare que dans cet hôtel, d’étranges clients viennent à passer des soirées plutôt mouvementées, mais le réceptionniste savait qu’il valait mieux ne pas poser de questions. On ne le payait pas pour ça de toute façon ! A Shreveport, moins on en savait et mieux on se portait … C’était une maxime que tu allais apprendre à tes dépends dans quelques années.

Elle repoussa ta main sans ménagement et malgré l’alcool qui coulait dans ses veines, il lui restait suffisamment de coordination dans ses membres pour ne pas louper la main que tu lui tendais. Elle ne savait visiblement faire que ça : se mentir à elle-même et repousser les autres en gémissant. C’était pitoyable. Véritablement lamentable. Et cela commençait à te taper sur le système : ses cris commençant à te faire bourdonner ta tête déjà remplie d’alcool. Le bon sens aurait voulu que tu t’arrêtes là, que tu la laisses se noyer dans son vomi, et surtout, de ne plus jamais remettre les pieds dans ce motel. L’idée de la laisser était terriblement tentante … et tu aurais appelé la police, afin qu’elle s’occupe d’elle avant qu’elle ne devienne un danger pour les autres.

Mais plus que tout, elle mentait très mal. Tu sentais au ton de sa voix qu’elle se mentait à elle-même. Ce n’était pas étonnant. Nombre d’alcooliques préféraient s’envelopper dans une couverture de déni pour parvenir à réfuter leur addiction. La demoiselle qui se trouvait en chaussette assise sur la moquette du couloir était peut-être l’un des plus beaux cas de déni que tu avais pu observer jusqu’alors.

Ses yeux injectés de sang ne laissaient que peu de place au doute. Non seulement elle te sortait l’un des plus gros bobards que la Terre n’ai jamais porté, mais en plus, tout son corps suintait un mal-être que tu aurais pu enserrer dans tes bras tellement il était palpable. Son alcoolisme n’était que la conséquence de ce qui semblait être à tes yeux une profonde dépression. Tu considéras un instant tes options …

Tu te reculas contre la cloison opposée. Les jambes repliées, tu l’observas quelques secondes dans le noir. Tu ne pouvais la laisser … mais mieux valait ne pas aggraver ton cas en tentant de l’aider. Il était plus intéressant de la laisser se morfondre. Un bâillement te décrocha la mâchoire tandis que tu croisais les bras contre tes jambes, continuant d’observer la demoiselle. Avec un peu de chance, elle s’endormirait avant toi.

Dans la pénombre du couloir de ce motel miteux, un silence s’installa. A nouveau repoussée par ta « protégée », tu laissas une barrière de silence s’ériger entre elle et toi … Au moins, tant qu’elle serait dans ton champ de vision, elle ne risquait pas de se faire plus de mal.

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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Come over when you're sober
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L
a scène est misérable. Tu es une loque, la lie de l’humanité. Si tu avais passé un message à faire passer à tout ceux qui n’ont jamais cru en toi, ce serait le suivant : vous aviez raison. Une masse amorphe, famélique, dont la seule couleur résidait dans le rouge de tes yeux et le violet de tes cernes au-dessus de ta peau blanche, presque translucide, voilà à quoi tu ressembles. Tu es une clocharde, une va-nu-pieds, à peine assez humaine pour qu’on reconnaisse à quel point tu es pathétique. Et tu le sais.
Genoux rabattus contre la poitrine et encerclés par tes bras frêles, la tête cachée à l’intérieur de cette carapace qui n’a de réalité que dans ton esprit, c’est une position qui t’est familière. Tu ne fais que répéter les mêmes schémas, encore et encore. Déjà au lycée, tu passais des nuits entières dans cette position, jusqu’à ce que Morphée ne cède à ton caprice alcoolisé pour t’emporter dans un sommeil sans rêve, une bouteille volée et presque vide à la main. Dans cette position, personne ne peut voir sur ton visage ni dans tes yeux la douleur et la détresse qui pourtant en débordent.

Qu’est-ce qui est pire pour toi, aujourd’hui : ne pas être capable de laisser quiconque t’aider malgré tes appels désespérés, ou être persuadée d’être une héroïne tragique destinée à devenir un martyr anonyme de plus à canner la gueule ouverte contre le goudron poisseux d’un trottoir quelconque dans un quartier mal famé ? Et pourtant, pour rien au monde tu n’échangerais ta vie aujourd’hui contre le confort de celle que tu avais à Chicago. Tu as peut-être perdu ta dignité, depuis longtemps évanouie dans un caniveau en même temps que le rejet de tes entrailles, mais tu peux au moins te targuer sans même de rendre compte de la tristesse de ta déclaration d’être plus seule que jamais, à l’abri de tout le mal que l’Autre pourrait te faire.
Tout le mal dont tu es victime, c’est toi qui te l’infliges et personne d’autre, et tu ne laisseras jamais personne devenir assez proche de toi pour suriner ton cœur déjà exsangue. Ni dieu, ni maître ; ni famille, ni ami. Et cela commence par l’inconnue qui t’a tirée, ou plutôt portée jusqu’ici. Tu ne la laisseras pas faire. Elle a compris le message primitif que tu lui as envoyé, et c’est tant mieux. Peu importe si tu y perds ta veste ou tes chaussures, ou n’importe quoi d’autre, qu’elle te prenne tout ce que tu as, tu n’as déjà plus rien à perdre. Plus rien à gagner non plus. Tout ce qu’il te reste, ce sont ces larmes de sel qui coulent sur tes joues depuis maintenant quelques instants sans que tu ne t’en sois rendue compte. Prise dans un sanglot que tu n’as pas su réprimer, tu trembles en silence sur la moquette sale de ce couloir aux allures de coupe-gorge. C’est un réel soulagement, aussi douloureux soit-il ; paradoxal peut-être, sûrement même, mais tu te connais assez pour savoir que tes larmes attirent inévitablement un sommeil salvateur qui saura te délivrer de tes souffrances le temps d’une nuit sans étoiles.

Alors, au bout de quelques minutes, tu t’arrêtes de trembler. A défaut d’avoir physiquement quitté les lieux comme tu l’aurais souhaité, tu les quittes pour un monde onirique guère plus clément. Tu t’endors avec cette prise qui t’enserre le cœur comme un étau auquel tu as fini par t’habituer : tu n’as aucun nom à marmonner depuis tes songes.



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