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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
Medea Comucci
Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Pseudo : Mea
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Mar 10 Aoû - 12:50 (#)




20  Février 2021

Un samedi soir sur la terre. Ou plutot, un samedi soir à Baton-rouge. Medea devrait être satisfaite. Honorée. Son professionnalisme est prisé, reconnu par ses pairs. Son expertise dans son domaine portée aux nuées les plus dithyrambiques. La seule chose que la brune ait envie de faire est de saisir son verre de single malt Balvenie et de le balancer à travers le salon de l’hotel, jusqu’à ce que le whisky  de trente ans d’age explose la baie vitrée bien plus jeune que lui. Elle n’en fera rien. Seule la crispation de ses doigts trahit l’amertume ciselée de ses pensées. Les phalanges trop blanches sur le bulbe délicat contenant l’or ambré.

Une semaine de conférences données à la nouvelle promotion d’agents du FBI sortis de Quantico quelques mois plus tôt et dont une bonne partie a trouvé une affectation en Louisiane, renforçant les rangs des autorités mortelles. Néanmoins, c’est sur la nature des Cess, les différents moyens d’interagir avec eux, l’importance de comprendre les particularités et les besoins de chaque classe des Créatures qu’elle a ciblé ses interventions. Il est évident que la Pasua recrute ses forces dans les élites d’interventions avant de former ses agents de manière plus spécifique selon leur utilité. La profileur a présenté des cas concrets, s’appuyant sur des affaires closes dont les jugements ont été rendus mais aussi des dossiers ouverts, qu’ils soient récents ou datant de plusieurs années en arrière. Des intervenants civils ou du Fbi, des agents blanchis sous le harnais qui ont dû s'adapter à la réalité des Créatures. A composer dans leurs enquêtes avec des éléments qui étaient dissimulés sous le tapis de la toute puissante rationalité. A admettre que certains de leurs partenaires, de leurs coéquipiers étaient eux même pas tout à fait Humains. Faisant part de leurs expériences, expériences que la jeune génération ne vivra pas de la même manière.

Les échanges ont été intelligents et les participants ont posés des questions pertinentes, poussant plus loin les premiers exposés de Medea. L'intérêt pour la psychologie, la nécessité de comprendre les rouages mentaux tant des victimes que des criminels Cess au premier plan dans la lutte continuelle des autorités et la sauvegarde des populations. Tout au long de cette semaine, Medea a eu envie d’hurler. Rappel odieux de ses ambitions en lambeaux et de sa carrière déchue. Ces conférences, cette reconnaissance… vient du FBI et non de la NRD. Elle donne ces conférences en tant que Profiler du FBI et non titulaire d’un poste au sein de l’organisation qu’elle convoite depuis beaucoup trop d’années. Elle a essayé si souvent de se détourner de cette ambition, de reconnaître la futilité d’un but abstrait. Cependant, avoir été sollicitée par la NRD quelques mois plus tôt a été autant une fin de traversée du désert qu’un coup de poignard. Si loin de son ancienne stature et si proche.

La série de conférences s’est achevée vendredi soir. Son retour à Shreveport n’est pas nécessaire avant lundi matin pour la réunion hebdomadaire avec Wayne et Duncan. Les obligations officielles ont pris fin et elle se retrouve avec quarante huit heures qui n’appartiennent qu’à elle. Après une légère indécision, elle sort de ses affaires une petite robe rouge écarlate toute simple dans laquelle elle se sent confortable. La seule frivolité de la  tenue est le col espagnol qui ondule à ses épaules et qui découpe son bute en un décolleté léger. Son regard se fait plus dur dans le miroir, plus intransigeant. Systématique lorsqu'elle contemple son reflet. Si son maquillage est parfait, elle voit toutes les imperfections qu’elle ne peut se dissimuler. Les pattes d’oies qui se creusent au coin de ses yeux, les ridules qui s’invitent autour de sa bouche. Comment nier les quelques cheveux blancs qui tissent le corbeau de ses cheveux? Ou la sensation que sa poitrine et son ventre  perdent tant leur velouté que leur fermeté, subissant la violence d’un temps qui n’épargne personne. Ou presque. Il serait facile, à cet instant, de succomber aux sirènes surnaturelles qui promettent de s’ériger en bastion d’une beauté éphémère qui se fane inexorablement. Il n’y a que les poètes français pour l’exprimer si bien et Carlisle ne n’est pas privé pour lui en murmurer les vers cyniques lors de l’une de leurs passes d’armes impitoyables.

Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
*Ronsard, "Mignonne...."

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
*Baudelaire, la Charogne.


Souvenirs et  blessures intimes et féminines qu’elle enferme dans un coin de son esprit et qui resteront en repos jusqu’au lendemain matin où elle recroisera son double goguenard. Elle orne à son cou de cygne la croix d’argent qui ne la quitte plus et qu’elle pare d’une paire d’oreilles en goute d’ambre dont les éclats mordorés peignent l’angle de sa mâchoire. A son poignet gauche, le long filigrane argenté qu’elle drape en plusieurs bracelets. Une veste légère protège ses épaules de frimas qu’elle craint guère suivit d'une paire d’escarpins à talon haut qui complètent sa tenue.

Comme prévu, avec quelques agents sénior, ils se retrouvent pour un brunch tardif qui s’est prolongé dans l'après-midi. Medea repousse avec courtoisie les avances discrètes d’un de ses collègues, prenant ensuite congé pour goûter quelques heures de solitude après tant de compagnie, souhaitant  respirer dans Baton-rouge. Ville qu’elle découvre. Apercevant  un pub irlandais sur l’une des rues piétonnes du centre a mené un léger sourire à ses lèvres. Il faut absolument qu’elle appelle Lucy pour un café la semaine prochaine. Leur petite mésaventure forestière a posé les bases d’une amitié aussi solide que singulière. Un arrêt au Tony’s seafood market, recommandation du concierge de l'hôtel en alternative à un dîner dans un restaurant gastronomique, l’a vu repartir avec une portion d’écrevisse à l’étouffée et une part de tarte à la citrouille. Le temps est bien trop doux pour une soirée d'hiver et elle s’arrête pour manger dans l’un des parcs publics, observant les habitués jouant aux dames et aux échecs. Medea ne se mêle pas des parties, elle joue sur un échiquier beaucoup plus grand et aux conséquences arides.

Il n’est que vingt deux heures quand elle franchit les doubles portes du Renaissance Hotel. Pas encore envie de monter dans sa chambre. Après une très brève hésitation, elle se dirige vers le Tallulah Restaurant and Wine Bar, qui s’ouvre sur la droite de la réception. Bar à vins certes, mais aussi spiritueux. La Serpentine prend place à une table pour deux, légèrement en retrait de l’espace dédié aux dîneurs qui commencent à se faire rare. La tension de la semaine revient en flèche, et son humeur s’assombrit d'autant plus. Néanmoins, les traits de son visage n’en trahissent rien, une ombre de sourire neutre sur les lèvres à mesure que l’alcool vient colorer ses veines de ses saveurs particulières. Elle finit par décaler  son siège en cuir rouge, presque assorti à la nuance de sa robe, de manière légèrement perpendiculaire à sa table, de façon à avoir sous les yeux la quasi totalité de la pièce ainsi que la porte. Non parce qu’elle redoute quoique ce soit, mais parce que c’est devenue une habitude inconsciente. L’italienne doit faire un effort pour repousser la bile qui lui monte aux lèvres, au risque de devenir une vieille pie aigrie. Et elle est déjà bien trop dans la catégorie Middle age pour son confort. Machinalement, ses prunelles onyx balaient l’espace cocon de la salle, s’arrêtant sur les différents convives et ceux qui sont seuls sans chercher à créer un contact visuel ou une interaction. Finissant par se perdre dans un jeu mental de “Qui est qui” simplement en observant les langages corporels et les premières impressions qui se créent. Ceci dit, le luxe assumé de l’établissement réduit le champ des possibles.


Spoiler:
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Classism and the City - Fifty Shades of BURN THEM AAAAALL (supplément mojito sans alcool et sans aspartame)
Jake Hamilton
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Pseudo : Jake Hamilton
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Dim 12 Déc - 19:01 (#)

étoiles contraires
Ft Medea Comucci & Jake Hamilton



Samedi 20 février 2021 | 21h58
Tallulah Restaurant and Wine Bar | Bâton-Rouge | Louisiane


A Bâton-Rouge, je descends régulièrement au Renaissance hôtel. Pourtant, ce n’est pas l'endroit le plus luxueux de la ville, mais j’y ai mes habitudes. J'y trouve un charme particulier, une atmosphère singulière, une chaleur plaisante et inexplicable. Une part de moi. Certains souvenirs s’agrippent à la décoration soignée, comme autant de tableaux mémorables. Les lieux me sont devenus si familiers que j’y évolue comme si l’hôtel entier m'appartenait. D’ailleurs, je pourrais assez aisément l’acquérir, si l’envie m’en prenait, par caprice ou par lubie. Besoin de possession. Une simple formalité, qui ne présente cependant pas de réel intérêt. Les employés me servent une déférence mielleuse et appliquée que j’ai fini par apprécier. Surtout venant de la jolie brunette à l’accueil, Stacy, malgré son vilain prénom et ses escarpins bas-de-gamme.

J’ai rejoint le restaurant de l’hôtel, pour profiter d’un bon repas. Mon emploi du temps surchargé ne m’a pas laissé une minute depuis tôt ce matin. Heureusement, ce soir, la fatigue n’a pas su entacher ma bonne humeur. Mon entretien avec le docteur Jenkins, responsable du département de biophysique du laboratoire Exxa de Bâton-Rouge, s’est avéré particulièrement instructif. Des spectroscopies réalisées pendant plusieurs mois sur trois arcanistes volontaires, soumis à différents rayonnements corpusculaires et ondulatoires non invasifs pendant qu’ils s’adonnaient (ou pas) à leur “art”, complétées par des imageries cérébrales, des thermogrammes et des magnétoencéphalographies, ont ouvert de nouvelles pistes incroyables. Les résultats sont absolument stupéfiants. Je commence à croire en l’existence d’une sorte de “dimension parallèle”, assez dissemblable cependant des conceptions ésotériques classiques, ou des représentations spectaculaires de la science-fiction. J’utiliserai pour l’instant ce terme, faute d’un vocabulaire mieux adapté. Dans cette nouvelle configuration, les lois de la nature sont complètement bouleversées, les rayonnements observent des trajectoires et comportements anormaux, et surtout, le vide crée la matière. Les ondes électromagnétiques n’ont pas la faculté de perturber les flux énergétiques et les champs électriques générés par les arcanistes, donc si leur magie n’est pas une onde, de quoi est-elle faite? D’où vient-elle? Comment créent-ils cette énergie? La question est ouverte. Des études au niveau quantique devraient prochainement compléter ces résultats.

Après les accusations cinglantes de mon père, et les jérémiades de mon directeur financier, c’est la voix de Julia Moore, ma chargée de communication, qui résonne dans mon oreillette, alors que je découpe soigneusement mon pavé de rumsteak. La viande est tendre et saignante à souhait, pile comme je l'aime : la cuisson est parfaite. En revanche, la jardinière de légumes aurait mérité un assaisonnement plus soigné. Dommage. Je n’avais pas envie d’être contrarié, pourtant.
«- Je pense que pour préparer la prochaine campagne sénatoriale de 2022, il faudrait casser votre image un peu trop lisse, trop rigide, pour cibler et mobiliser une nouvelle frange de la population. Sans pour autant délaisser votre électorat de base, bien évidemment. Votre opposant va chercher à déterrer les cadavres de votre passé…
Pas littéralement, heureusement.
«alors vous devrez compenser en boostant votre capital sympathie. Nous avons plusieurs pistes. Les derniers sondages annoncent…
Je n’écoute plus. Les mots défilent sans faire sens dans mon esprit, un peu comme un bruit de fond. C’est un mouvement à proximité qui m'arrache à ma concentration déjà précaire. Un bruissement de tissu. Une couleur : rouge vif. Mon sang s'échauffe aussitôt. J'ai toujours éprouvé pour le rouge une attirance à la limite du fétichisme. Des senteurs chaudes, sucrées, s'échappent dans son sillage, alors que mes yeux accrochent ses courbes affriolantes. La danse de ses vallons fessiers me captive immanquablement. Sans trop savoir pourquoi, je l’imagine espagnole. Le rouge de sa robe, sa peau dorée et ses cheveux noirs de jais me font penser aux danseuses de flamenco. Elle m’évoque instinctivement le soleil, les vagues furieuses, l’air chaud et iodé, la sensualité, le sable chaud et les cactus. Dans mon imaginaire, elle s’appelle Margarita, l’enivrante. Belladona, la venimeuse. Salomé, l’ensorceleuse.

«- … Vous êtes bel homme, plutôt à l'aise avec votre corps et vous passez bien à l'écran. Avec l'équipe, nous avons pensé qu’il serait judicieux que vous participiez à la prochaine saison de “danse avec les stars”. L’émission est largement diffusée en Louisiane et son audience…»
Je manque de m’étouffer avec mon morceau de viande. Elle est sérieuse, là? J’avale quelques gorgées d’eau minérale puis la coupe dans ses divagations, sans une once d’hésitation. Mes oreilles ont déjà reçu leur quota d’absurdités.
«- Voilà une bien brillante idée, mademoiselle Moore. Assurément, me trémousser sur des chorégraphies faussement originales, dans un costume à paillettes, aux côtés de starlettes sur le déclin et de youtubeurs prépubères, saura plaire à mon “électorat de base”, et reflétera au mieux le sérieux de mon poste de sénateur, et l’importance de mon programme politique…»
L’ironie est clairement affichée. D’une voix calme et posée, je tourne son idée en dérision, dans l’espoir simple et un peu puéril de l’humilier. Sent-elle cette pointe de mépris dans ma voix? Elle m’a habitué à mieux. J’enrage intérieurement de financer une équipe de campagne aussi peu efficace. Il semblerait que j’aime m’entourer de nuls. Quelle sera la prochaine idée à fuser dans leur esprit médiocre? Participer à un télé-crochet, déguisé en canard? Porter des chemises hawaïennes, et une moustache à la Magnum? Jouer les chippendales devant un parterre de quinquagénaires hystériques? Vivre la vie d’un SDF pendant une semaine?

Après une légère hésitation, elle reprend finalement la parole.
«- Monsieur Hamilton, ne rejetez pas la proposition sans même la considérer sérieusement. Les dernières intentions de votes prouvent que...»
«- C’est NON!»
J’ai craché ces mots avec une sécheresse hostile, avant de raccrocher prématurément. Je ne lui laisserai pas l’occasion de défendre son positionnement ni d’argumenter pour chercher vainement à me convaincre. J’ai une sainte horreur de perdre mon temps, et cette garce brille par son incompétence, inconsciente de ces minutes précieuses qu’elle vient de me faire gâcher. Libéré des contraintes professionnelles, j’entendais me détendre un peu, et profiter d’un repas tranquille. Malheureusement, les appels téléphoniques incessants me rappellent constamment à l’ordre. Mon smartphone se met à nouveau à vibrer, et l’inscription “Julia Moore” s’affiche sur l’écran. Elle insiste… Après un long soupir, j’ôte mon oreillette, puis opte aussitôt pour le mode avion. Légèrement contrarié, je termine mon repas, devenu tiède.

Après la dernière bouchée, je sors un petit calepin Moleskine en cuir noir de la poche de ma chemise, ainsi que mon stylo-plume Oxford Divinity, en argent et or 18 carats. J'exécute quelques profondes respirations, me masse les tempes doucement en espérant naïvement faire fuir ce léger mal de crâne qui traîne depuis des heures, puis commence à poser sur le papier mes dernières hypothèses de travail. Les découvertes du docteur Jenkins semblent ouvrir la connaissance vers un monde nouveau, vertigineux et gorgé de mystères. Plus j’avance dans mes recherches, augmentant ainsi ma compréhension des phénomènes dits “surnaturels”, et plus je me rends compte que je ne sais rien. Chaque réponse, trouvée au prix de la sueur et du sang, engendre inévitablement une dizaine de nouvelles questions, plus complexes encore. Il faudra probablement plusieurs vies pour traiter le sujet. Moi, je me contente d’ouvrir la voie, conquérant et explorateur de ce monde nouveau. Je noircis plusieurs pages avant de relever la tête en direction de l’inconnue en rouge.

Elle s’est retournée, installée face à la salle, observant les clients attablés d’un air hautain, presque blasé, les sourcils sombres, un verre de vin à la main. Il y a quelque chose d'impérial dans son attitude. Elle est trop loin pour que je distingue parfaitement ses traits. Pas assez pour ne pas faire le rapprochement. Un frisson glacé court le long de ma colonne vertébrale. Mon regard se fige, mes yeux s'écarquillent. C'est tout mon esprit qui s'embrase. Mes souvenirs enfouis remontent à la surface, comme une explosion de magma brûlant.
Medea, la volcanique…

Je ne crois pas en la chance. Ces retrouvailles étaient prédestinées. Comme pour m’y préparer psychologiquement, j’étais tombé à peine trois semaines plus tôt sur cette affaire sordide de bébés kidnappés à même le ventre de leur mère. Elle en était l’enquêtrice principale, avec un blondinet dont la tronche ne me revient pas. Affaire résolue avec brio, les bébés retrouvés sains et saufs, et la criminelle mise hors d’état de nuire. Grâce à certains contacts privilégiés à la NRD, j'ai eu accès à son dossier, ainsi qu’à celui de son collègue. A noter que le blondinet a su élever mon niveau d’intérêt, pour des raisons plus… professionnelles, et… ethniques. Mais c'est elle qui a accaparé mon attention. Vingt ans n’auront pas suffit à me la sortir du crâne… Avec elle, j'ai joué avec le feu, jusqu'à en éprouver les flammes au plus près, prenant le risque insensé de m'y brûler les ailes. J'ai voulu tout savoir d'elle, l'analyser, la disséquer plus ou moins littéralement. Je l'ai observée, des heures durant. Je l'ai photographiée des milliers de fois.
Qui a dit que j’avais un côté obsessionnel?

Sauf qu’elle m’a rejeté. Deux fois. J'avais beau faire le paon sous ses yeux, gonfler les muscles avec une vanité exagérée, elle ne me daignait pas me regarder, ni m'envisager. Il en sera autrement aujourd’hui. Je ne suis plus ce garçon timide et perdu que j’étais à l’époque. Mon regard la quitte à regrets, je tourne la page de mon carnet, laisse glisser la plume de mon stylo sur le papier blanc en me forçant à ne pas relever les yeux vers elle. Mon écriture est ferme, presque anguleuse, le trait est sûr, puissant. L’espace de la page est bien utilisé, comme pour y marquer un territoire. Je déchire soigneusement la page que je viens de noircir, puis la plie en quatre.

Je referme le carnet puis me lève enfin. Avec l’assurance insolente de ceux qui ont une foi inébranlable en leur pouvoir d’attraction, je m’approche d’elle. Je suis vêtu de manière plutôt décontractée, ce soir. Je porte une chemise noire, de chez Giorgio Armani, dont j’ai retroussé manches sur les avants-bras, une ceinture en cuir assortie, de la même marque, et un jean Ralph Lauren gris foncé. Je complète le tout avec une paire de chaussures noires un peu usées, mais très confortables. Ma vraie élégance réside dans ma montre Patek Philippe Celestial en titane et verre saphir, avec bracelet en alligator bleu brillant. Sa particularité est sa carte céleste, qui permet d’afficher le mouvement des étoiles, le cycle et les phases de la lune. C’est un peu gadget, me direz-vous, mais je l’adore. Ma passion pour les montres de luxe n’a de cesse de croître avec les années, et celle-ci compte parmi mes préférées.

Une fois à sa hauteur, mon regard sonde le sien, sans hostilité ni charme. C’est plus profond que ça. Je me mesure à elle, instinctivement. Sans le savoir, elle vient de réveiller le prédateur en moi. D'un geste faussement désintéressé, je lui tend le morceau de papier, glissé entre mon index et mon majeur.
«- C’est pour vous…»

Lire le message?:

Elle doit s'attendre à l'indélicatesse d'un numéro de chambre griffonné à la hâte, ou un numéro de téléphone aux allures désespérées. Il n'en est rien. Je n'ai pas cette grossièreté. Je préfère le charme désuet des missives. Je me moque que ma poésie soit bonne ou mauvaise. La musicalité et la pertinence des mots ou des rimes est secondaire. Le tout est de capter son attention. Uniquement cela. Aucune personne, femme ou homme, ne saurait résister à un tel témoignage d'intérêt. Personne.

Je lui fais un clin d'œil, avant de m'éclipser, ne prenant même pas le temps d'observer sa réaction devant mes mots. Mon désintérêt manifeste fait partie du jeu. Je me dirige aussitôt vers l’entrée du restaurant, où je m’arrête pour payer l’addition. Je prends bien mon temps, discute longuement avec le serveur. C’est elle qui viendra à moi…

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Sa tenue:
Sa montre:

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Sam 18 Déc - 18:17 (#)

Les minutes qui s’égrainent, poussières d’un temps qui n’appartient qu’à elle, voient peu à peu son irritation redescendre. C’est la première fois qu’elle foule le parquet ciré de l’établissement et elle admet qu’elle en apprécie l’atmosphère feutrée, tout comme les notes  discrètes et dorées d’un saxophone qui s’envolent d’une stéréo invisible. La qualité du vin qui murmure son passé sur ses papilles contribue à la détente qui gagne ses épaules. Son regard sur la salle devient moins dur, moins critique. Néanmoins, par habitude, les traits de son visage ne dégagent pas une chaleur excessive. Qu’elle soit seule ne constitue pas une demande implicite pour de la compagnie.

Les dineurs et les quelques amateurs de spiritueux, le ratio homme femme bascule drastiquement dans l’espace du bar, sont plongés dans leurs discussions, leurs téléphones, souvent les deux à la fois. Quelques femmes ont des attitudes plus prédatrices dans leur langage corporel. L’attention de Medea s’attardent sur elles, un léger sourire sur ses lèvres. Si les approches restent subtiles, leurs intentions sont sans équivoque.

Une interjection plus sèche trouble la bulle suave qui les entouraient. Et comme une goutte de sang dans un océan, l’homme qui vient de l'émettre attire à lui l’attention d’un banc de requins en talons aiguilles et bas couture. Bien qu’elle ne soit pas assez proche pour détailler pleinement son visage, il est indéniable qu’il s’agit d’un homme séduisant. Il est étrange qu’il ne soit pas accompagné et plus encore qu’aucune des vautours féminins n’aient encore tenté sa chance. Elles attendent peut-être qu’il ait fini de dîner, espérant le trouver dans une humeur à rechercher une compagnie chaloupée.  Repoussant son assiette, rapidement débarrassée par un personnel compétent et attentif, il s’absorbe alors dans ses notes et les prunelles encre de Chine de Medea se détournent, le laissant tout entier couvé par d’autres attentions.

Un deuxième verre de vin lui est proposé et pendant quelques minutes, elle cesse de s'intéresser à la salle autour d’elle et aux interactions humaines qui se nouent et se dénouent. Son téléphone vibre dans son sac et alors qu’elle n’avait pas l’intention de décrocher, le nom qui s’affiche sur l’écran la fait changer d’avis. Son sourire prend des nuances moins artificielles, teinté d’une tendresse diffuse. Son téléphone est calé discrètement à son oreille. Il n’y a rien d’ostentatoire dans son comportement. Medea n’affiche pas au monde entier qu’elle est en conversation téléphonique avec Dieu le Père, pas moins.

-Ciao, Damiano, ça me fait plaisir d’entendre ta voix. Tu me délaisses ces derniers mois….
Un rire qui ne montre aucune contrition à cet état de fait. Venant d’elle, c’est un reproche audacieux, l’italienne n’étant pas la plus douée pour donner des nouvelles régulières. Encore moins pour trouver du temps libre.
-Sorry, ‘Dea. Un gros projet est à enfin son terme, on l’inaugure demain soir et tu sais combien cela peut-être chaotique. C’est à ce sujet que je t'appelle. Tu serais libre?
-Demain soir? A Chicago?
-L’étonnement est aussi clair dans sa voix que dans ce sourcil qui se hausse. Il la connaît mieux que cela pourtant. Une moue à ses lèvres cerise. -Non, c’est trop court, j’ai une grosse réunion mardi et..
-Je me suis mal exprimé. C’est l'inauguration d’un centre médico-social dans un quartier populaire de Baton-Rouge. Un de mes associés devait s’y rendre mais il s’est foulé la cheville au squash, du coup, ce sera à moi de faire des ronds de jambes.
-C’est un peu dernière minute, Monsieur Vasco… dois je vraiment libérer mon emploi du temps si chargé…


Timbre à la torture délibéré. Le corps de l’Italienne se délie et sa posture se fait moins rigide. Ses jambes se croisent  l’une sur l’autre sans qu’elle ne quitte sa position perpendiculaire à sa table. Sa robe remonte à peine d’une demi-paume sur sa cuisse, dévoilant un soupçon de chair crème satinée de nylon. Ses épaules s’appuient confortablement contre le dossier de son fauteuil. Sa nuque bascule légèrement en arrière, son poignet libre initiant un mouvement tournant au vin dans son verre à pied. La pointe d’un escarpin Louboutin, aussi écarlate que sa robe, dont la découpe en vague redessine la ligne de son pied, se balance au rythme lancinant du saxophone. Son regard dévie à nouveau dans la salle et accroche la silhouette du dineur solitaire. Il a la tête relevée dans sa direction. Medea pourrait jurer que leurs prunelles s'emmêlent un bref instant, mais la distance et la lumière tamisée ne lui permettent pas une totale certitude. Déjà elle se détourne et se concentre à nouveau sur sa conversation.

-Medea, tu sais combien je déteste ce genre de cérémonie et de ronds de jambes. Sans toi, cela va être d’un ennui terrifiant. Il y aura tout le gratin mondain de la Louisiane? ce sera bon pour ta carrière? Tu pourras porter l’une de tes affriolantes robes de soirée?
Volontairement, la vipère laisse plusieurs longues secondes s’écouler avant de mettre fin au supplice de son amant, reprenant avec un détachement étudié dont il ne saurait être dupe.
-Tu as de la chance, je suis déjà à Baton-Rouge ce soir. Je suppose que je peux prolonger mon séjour jusqu’à lundi. Par contre, je n’ai Pas de robe convenable dans mes affaires. Je t’enverrais la facture.
Un grognement tout masculin à cette annonce.
-Je suppose qu’elle va me couter un bras?
-Tu n’as pas idée, Tesoro. -Malice absolument assumée, Regard coloré de son amusement- Tu arrives à quelle heure?
-J’atterrie à 16h, la réception est à 20h30, cela nous laissera un peu de temps. Je dois me faire pardonner, il paraît.
-Je viendrais te chercher. A demain, Dolcezze.

Elle raccroche, son téléphone retourne dans son sac à main. Le restaurant s’est clairsemé. Assez pour qu’elle remarque une silhouette sombre qui se tient dans l’un des coins de la salle. Les mains croisées dans son dos, le dos rigide. Pas de verre à la main. Une coupe de cheveux sans fantaisie, des épaules larges. Il Observe. L’index de la profiler tapote légèrement sa légèrement sa lèvre inférieure alors qu’elle réfléchit. Un garde du corps, mais pour qui, et pour quoi. Elle ne ressent pas de tension particulière, pas d’impression de danger imminent. Un mouvement du coin de l'œil attire son attention et elle délaisse cette question. Le dîneur solitaire s’est levé, et autour de lui,une grande partie des attentions se cristallisent. A sa décharge, il n’y  accorde aucune importance. Ne s’attarde pas à regarder l’effet qu’il produit.  Son impression se confirme. Il est séduisant, et il le sait. La taille haute et élancée, les épaules carrées, il est élégant et sa démarche traduit à quel point il est sûr de lui. Bien évidemment qu’elle le guigne. Il est de loin l’homme le plus attirant présent ce soir.

La surprise qu’elle éprouve en comprenant qu’il se dirige droit vers sa table n’est pas feinte. Ce qui ne conduit pas Medea à adopter une position différente. Non. Seul son pied cesse son battement. Elle le laisse avancer vers elle. Un jean gris chiné et une chemise sombre qui mettent en valeur sa chevelure sable et son regard d’un bleu arctique. Élégance intemporelle qui ne cherche pas à en faire trop. Elle peut pratiquement entendre les grincements de dépits des matrones qui découvrent leur proie s’échapper au dernier moment. Calma Ragazze. Si elle n’est pas contre un verre ou un brin de discussion, elle n’a pas l’intention que ca aille beaucoup plus loin cette nuit. Cela fait quatre ans qu’elle n’a plus cédé aux sirènes d’un inconnu pour une nuit, et elle n’a pas l’intention que cela change. Encore moins alors qu’elle se trouve déjà au bar d’un hôtel. Un vampiro bastardo l’a guéri de ce genre d’insouciance. Par volonté, elle retient le pouce qui allait effleurer l’intérieur de sa cuisse qui porte toujours les stigmates de son inconscience. Là encore, aucune accroche classique. Aucune phrase éculée qui l’aurait lassé avant même qu’il n’ait ouvert la bouche et lui aurait fait regretter son silence. Non, c’est le silence qu’il cultive. Pas un sourire n’éclaire les traits réguliers du visage masculin, un sérieux que conserve ses iris lorsque leurs prunelles s’arriment les unes aux autres. Ne se détachent que lorsqu’il lui offre une feuille pliée en quatre, son regard n’a pas le temps de s'attarder sur sa montre que déjà elle saisit la missive. Quelques mots d’une voix délicieusement grave. C’est elle qui sourit. Elle sourit à ce léger clin d'œil bien plus impertinent que tous ses gestes précédents. Déjà il se détourne et pour gagner le seuil du restaurant.

Promis, si il a fait l’erreur de lui laisser son numéro de telephone avec celui de sa chambre, elle n’aura aucun scrupule à le diffuser sur un site de rencontre  “Gay, Cess, c’est l’excès”. Histoire de le guérir de sa stupidité. Pendant quelques secondes, elle caresse l’idée de s’épargner cette déception en déchirant le papier sans plus y accorder d’attention. Mais… Medea n’est rien sinon curieuse. C’est une curiosité qu’elle ne regrette pas lorsqu' elle découvre un tercet et trois quatrains. Elle relève les yeux sur l’inconnu, mais il est absorbé dans un échange avec l’un des serveurs. L’envie d’une cigarette vient la tenailler alors qu’elle lit les vers.

Une première fois superficiellement et une seconde, puis une troisième avec nettement plus d’attention.  Si l’entame est innocente et relève d’un regard porté sur elle, la suite se relève plus pointue. Est ce qu’il a eu le temps d’étudier sa carnation en plus de la simple teinte de ses mèches? De là à en déduire des origines latines ou méditerranéennes, c'est un pas moins aisé à franchir. Un demi sourire malgré tout. Si elle examine la fin du premier tercet d’un regard très littéral, il lui faudrait changer de parfum. Sauf que si les notes de Chergui dansent bien sur sa peau, il est trop éloigné pour avoir pu les sentir. D’un angle plus poétique, il entre directement dans une thématique presque guerrière. Qui ne dépare pas le ton du poème sur les quatrains suivants. Medea serait presque dérangée d’inspirer des transports aussi passionnels et belliqueux à parfait inconnu. Qui ne peuvent pas tous s’appliquer à elle, heureusement. Cela fait bien des années qu’elle n'a pas éprouvé de jalousie à l’égard de l’un de ces amants, ce n’est pas un sentiment dont elle est familière, elle a bien d’autres excès pour ne pas rajouter celui-ci. Certaines stances la laissent perplexe. “déchire les siens dans la lueur sanglante”. Quels siens. Il n’y a pas d’évocations précédentes dans le court texte. L’italienne n’a guère envie d’établir un rapport entre sa propre famille pour qui elle est presque une étrangère, et ces quelques mots. Elle y voit des intentions là où il n’y en a pas. Cela signifierait que son poète d’un soir la connait bien trop intimement pour que ce soit rassurant. Hors, elle est certaine de ne jamais l’avoir croisée. Elle s’en serait souvenue. Il n’est pas le genre d’homme qu’elle oublie.

Elle n’est pas certaine d’apprécier le poème. Il n’y a rien de neutre ou de convenu. Il est trop intense, trop chargé d’une sensualité vénéneuse et traversé par un fil ensanglanté pour qu’elle soit totalement sereine à sa découverte. Quant à sa Destinée Funeste, cela fait des années qu’elle se débat pour la faire retourner dans les limbes, elle n’a pas besoin qu’un étranger bien trop étrangement inspiré vienne le lui rappeler!  Aurait-il écrit de même vers si sa robe avait été blanche, ou a t il simplement dévidé le fil de son imagination au fil de ce que la teinte de sa robe lui a murmuré à l’oreille? Comme à son habitude, l’italienne ne sait pas considérer ce qui est devant elle comme le simple fruit du hasard. Bien que son ancre rationnelle lui interdise de tirer des conclusions trop hâtives. Ce qui est certain, c’est qu’elle est intriguée par son auteur. Son regard charbon de bois s’impose à nouveau sur l’objet de sa curiosité. Cette fois, son sourire s’agrandit sans artifice. Il joue avec elle. Régler un repas et peut être un verre, cela ne demande pas plus de quelques minutes. Vuole giocare, signore? Giochiamo. C’est de manière tout à fait délibérée qu’elle attendra près d’un quart d’heure, le temps d’achever de déguster son vin, de s'impregner longuement des mots, avant de se lever. Laissant sur sa table largement de quoi couvrir ses consommations. Son pas est aussi lent que décidé et il est possible que son pas accentue plus que nécessaire les courbes de ses hanches. Le serveur n’a pas la moindre impatience sur le visage, il ne trahit aucun malaise à devoir discuter aussi longuement avec l’un de ses clients. Pourtant, il ne doit pas s'éterniser plus d’une seconde une fois que Medea s’avance à la hauteur du duo,  le temps de murmurer une phrase d’excuse respectueuse, pourtant son soulagement n’est en rien perceptible, pas même dans l’allonge de ses pas.

-J’espère que vous lui laisserez un généreux pourboire pour l’avoir retenu à vos côtés si longuement, le pauvre. -Il y a sur ses lèvres un sourire bien moins acide que ses mots ne le sont. L’italienne ne pique que pour le plaisir de la provocation et non pour être réellement désagréable. Pour l’instant. Signifiant simplement qu’elle a vu clair dans ses manières et qu’il devra se montrer plus subtile dans ses manœuvres. Qui n’ont pas totalement échouées puisque là voilà près de lui. Elle pose devant eux, sur le comptoir le poème offert. -Vous avez une très belle écriture, c’est rare de nos jours, j’ai pris plaisir à vous lire. -Du contenu, de ses réflexions sur le fond, elle ne livrera rien. Il devra poser des questions s' il souhaite découvrir ses impressions.  Elle effleure les lignes manuscrite de l’index et du majeur aux ongles parfaitement manucurés d’un vernis  à la teinte d’un vert mat dont la teinte rappelle exactement l’eau de l’émeraude entourée de deux cercles d’argent fin, bague qui orne son majeur. -Vous avez oublié de le signer et de le dater.

Il lui est plus facile d’admirer sa montre, maintenant qu’ils se tiennent non loin l’un de l’autre. Sa première impression se confirme. C’est un magnifique bijou qu’il met parfaitement en valeur. Si en faire le compliment serait déplacé, elle ne masque pas le ravissement tout féminin qu’elle éprouve devant un objet qui allie goût et charme. Medea regrette presque d’avoir relégué les siennes dans son coffret à bijoux. De son poignet, ses yeux sinuent jusqu’à ses mains. Il a de belles mains, des doigts fins sans l’être trop, des ongles entretenus. Et une alliance. Ce qui n’est guère étonnant sans qu’elle ne se sente plus concernée par cette nouvelle donnée. Qu’il soit marié ou non n’a pas d’influence sur l’issue de cette soirée. Sans compter que pour le moment, il n'a rien demandé, juste offert un poème dont les vers s’égarent parfois vers un licencieux sans censure. Ce n’est guère suffisant pour le retenir contre lui ou monter un procès d’intention. Sa tête pivote légèrement vers sa droite, par-dessus l’épaule de son poète. L’armoire à glace en costume est toujours visible dans un coin de la pièce, mais ne s’est pas rapprochée pour autant. -Je m’appelle Medea, -cette fois, c’est elle qui offre qui son prénom la première- Je vous offre un verre, ou préférez- vous préférez marcher un peu en ville? Pour vous remercier du poème, bien sûr.

Espièglerie décomplexée dans le regard sombre qu’elle confronte à la glace du sien. Medea est restée suffisamment proche de lui pour que son poignet ciselé d’argent effleure son bras nu. Une imprudence. Un contact infime, un minuscule rien. Bien assez pour qu’elle élimine tout risque d’un nouvel entretien avec un vampire. Que cela ne soit ni éthique ni moral est la dernière de ses considérations. Elle n’agit pas dans le cadre de sa vie professionnelle mais privée. Si son épiderme réagit, la profiler le plante là, et tant pis pour les questions sans réponses. Le feu, c’est amusant jusqu’à ce qu’on se brûle. Medea s’agace de se brûler sans cesse. Sans parvenir toutefois à s’éloigner réellement des flammes. L’Amante est lasse d’être Trahie.




Spoiler:
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Jake Hamilton
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Sam 23 Avr - 14:07 (#)

étoiles contraires
Ft Medea Comucci & Jake Hamilton


A en croire le badge doré qu’il porte au niveau du cœur, sur son modeste costume gris, le serveur s'appelle Kurt. Sous ses airs rigides et soignés se cache un homme que je définirais comme brillant, dans ses capacités sociales. Il maîtrise à merveille l'art de l'écoute active. Il a toujours ces petites questions bien ciblées, animées d'une curiosité bienveillante, pour inviter son interlocuteur à s’épancher et parler de lui-même. Il semble jouir d'une empathie sincère envers tous ces gens de passage, sans lassitude apparente. Je ne saurais déterminer si c’est une faculté acquise ou innée. Je m’astreins à mémoriser méthodiquement ses attitudes, ses réflexions, ses mimiques, afin de les reproduire ultérieurement, par mimétisme. Sauf que ce soir, j'ai l'esprit ailleurs. Je peine à tenir un semblant de conversation, ou à enregistrer, même partiellement, ses expressions faciales. Medea Comucci obnubile mes pensées. Passé et présent se mélangent désagréablement. Je ressens à nouveau cette frustration qu'elle a inscrite dans ma chair, vingt ans plus tôt. Je regarde ma montre, en tentant de masquer l’irritation qui commence à monter. Mon estomac se crispe. Tic tac tic tac tic tac. Sauf si elle souffre de lacunes préoccupantes en matière de lecture, ce dont je doute tant son parcours universitaire est impeccable, elle a eu le temps d’inspecter le poème une bonne trentaine de fois. Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle se tricote une écharpe pour le prochain hiver ? Je fronce légèrement les sourcils, un court instant seulement. Moi qui pensais mon plan imparable… Grave erreur. Ce stupide poème manquait probablement de finesse, de talent, ou de modernité. Peut-être même les trois à la fois.

Il est temps de bouger. Insister et rester planté là comme un vieux cactus ne peut que me desservir, maintenant. Autant ne pas froisser davantage mon amour-propre. Frustration et blessure d’égo n’ont jamais fait bon ménage. Chez moi, ce mélange est explosif. Discrètement, j'enchaîne quelques respirations profondes pour retrouver un semblant de sang-froid, tout en relançant la conversation d’un air faussement enjoué. Tout sonne artificiel, la cohérence des propos laisse à désirer. Honnêtement, c’est bien la dernière de mes préoccupations. Il me reste encore beaucoup de travail, à commencer par la préparation du discours pour l’inauguration de demain, et l’analyse approfondie des résultats et théories du docteur Jenkins. Qu’est-ce que je fais encore là ? La fatigue se fait déjà sérieusement sentir, les yeux piquent. Et puis ce mal de crâne persistant qui refuse toute reddition... Nouveau coup d’œil impatient sur ma montre. J’ai toujours été très attaché au temps, mais depuis que la probabilité pour que je ne passe pas l’année s’est dangereusement renforcée, je fais une fixation furieuse sur chaque minute gâchée. Rentabiliser à tout prix chaque instant devient une obsession proche de la folie. Bienvenue chez les dingues.  Il y a cette angoisse latente, qui tourne en boucle, et qui ne semble plus vouloir s’éteindre. Cette angoisse de ne pas en avoir fait assez, et ce terrible constat : tous mes sacrifices ont peut-être été vains.

Avec un certain dépit, mon attention revient vers le serveur. La vérité me saute soudain aux yeux : les facultés sociales de Kurt ne sont pas tellement exceptionnelles. J’utilise ces mêmes techniques depuis des années, et probablement avec une intelligence plus subtile, plus affutée. Au final, je me cherche seulement des excuses pour rester quelques minutes de plus, alors que je dévie bêtement du plan initial. Les excuses ont toujours été l’apanage des faibles. Pourquoi y recourir ce soir ? Comment se fait-il qu’encore aujourd’hui, elle ait le pouvoir de me faire faire des choses idiotes ? Je ne suis plus ce jeune con de vingt ans qui n’osait pas l’aborder, trop intimidé par son charisme olympien, et ses courbes divines. Je me croyais plus fort que cela. Et pourtant … J’imaginais que ma maturité saurait faire la différence. Non. Je grince des dents en jetant un nouveau coup d’œil rapide à ma montre. Si elle voulait m’humilier, elle s’en sort merveilleusement bien.

Je bouillonne intérieurement, mais rien dans mon attitude ne le laisse transparaître. Rien ne semble pouvoir éroder cette façade de perfection froide. J’ai revêtu mon masque impassible. Encore. J’y travaille depuis trop longtemps pour afficher la moindre faille. La transfiguration est devenu un mécanisme inconscient, renforcé à force de répétitions. Ce personnage que j’ai créé s’est incrusté si profondément en moi, qu’il n’est plus réellement possible de nous dissocier aujourd’hui. Je souris, questionne mon interlocuteur avec un intérêt feint, refrénant mon envie de la dévisager et la défier du regard. Je sens la morsure du rejet au creux du ventre, comme avant, comme si ce schéma délétère s’obstinait à se reproduire perpétuellement.  Être devenu un homme important ne change rien à la donne : elle continue à me repousser. J’encaisse, m’apprête à clore l’échange, quand j’aperçois un mouvement du coin de l’œil. Ma respiration se coupe un court instant. J’ai la certitude que c’est elle. Un claquement de talons, une démarche féline et prédatrice. Et puis, il y a ce rouge vif, aguicheur, provocant. Ma mâchoire se sert, je n’arrive pas à en être satisfait. C’est trop tard. C’est un autre rouge que je veux voir.

Ses mots teintés d’une ironie cinglante piquent mon égo, et confirment qu’elle a vu clair dans mon manège. Elle m’a donc humilié volontairement. Sale garce. Conscient de ma faute flagrante, incompatible avec mes standards habituels, je ne cherche même pas à me justifier. Je suis comme un môme pris en flagrant délit, plein de chocolat autour de la bouche. Pour seule réponse, je lui adresse un sourire amusé, mêlé d’une pointe d’irritation. J’apprécie étrangement sa manière un peu abrupte de signaler mon manque de subtilité. Aborder avec tant d’assurance et rudoyer habilement un sénateur des Etats-Unis est admirable, courageux, et légèrement exaspérant aussi. Mon regard plonge dans le sien, avec une intensité que je tente pourtant d’adoucir, histoire de ne pas l’effrayer. Au fond de moi, je ressens une sorte de tension magnétique, que je devine unilatérale, comme elle l’a toujours été. Mon souffle s’alourdit. J’ai envie de l’étreindre, de la malmener, de l’embrasser, de l’empoigner, de la faire saigner et crier. Un peu comme si une énergie extérieure me poussait au contact. Une énergie profondément malsaine et dangereuse. Mais dangereuse pour qui ?

Elle pose le poème sur le comptoir, admet avoir pris plaisir à le lire. Vu le temps qu’elle y a passé, elle a pu le savourer cent fois. Mais a-t-elle seulement su percevoir la double lecture qu’il fallait en faire ? Probablement pas. J’en retire une légère satisfaction. Pas parce que mes mots ont eu le mérite de lui plaire, leur but étant simplement de l'interpeller, mais parce que je me sens soudainement supérieur à elle. Par ma connaissance éclairée de son passé, nulle égalité entre nous : j’ai toujours un coup d’avance. Le poème fait lourdement écho à l’œuvre picturale que j’ai exécutée en son nom il y a près de trois ans. Un public non initié pourrait n’y voir qu’une création sordide et abjecte, notamment à cause des cadavres dégradés d’enfants, mais pour moi, elle se classe parmi mes réalisations les plus abouties. Une véritable merveille iconographique. L’Art à l’état pur. Cette œuvre clôture en beauté la fin du second cycle, celui consacré aux mythes et légendes. Comme quoi, même les années n’ont su l’arracher totalement à mes pensées. Maintenant elle est là, juste devant moi, un peu trop assurée à mon goût. Je lui adresse un nouveau sourire amusé. Elle joue avec moi, j’aime ça. Mon regard glisse doucement sur l’arrondi de ses épaules, jusqu’à dériver sur ses ongles peints. Sa manière de toucher le papier a quelque chose de particulièrement érotique.
«- Je l’aurais signé s’il avait été réellement bon. Voyez plutôt cela comme une première ébauche, un élan d’inspiration que j’ai refusé de laisser mourir.»
Mourir…

Elle se présente, m’offre son prénom. Dans sa bouche, les sonorités sont douces et sensuelles et sa voix porte une chaleur que j’avais oubliée. Un léger frisson me parcourt.
«-Moi c’est Jake. Je suis ravi de faire votre connaissance, Medea.»
J’affiche mon sourire charmeur, pleinement conscient du pouvoir d’attraction que j’ai sur la gent féminine en général, tout en la regardant droit dans les yeux. Avec une assurance désarmante, elle propose de prolonger la conversation autour d’un verre, ou au détour d’une promenade en ville. Pour contrebalancer son audace, elle se sent obligée de préciser qu’il s’agit d’un simple remerciement pour le poème. Elle se protège, installe une barrière invisible entre nous. Son bras effleure le mien. Je reste un instant interdit. Ses gestes sont en totale contradiction avec ses mots. La barrière ne tardera pas à être bousculée…

Ma première envie serait de prendre un peu l’air en sa compagnie, sous la protection bienveillante des étoiles, apparentes et éclatantes ce soir. La voûte céleste m’a toujours fasciné, inspiré. Je suis resté enfermé toute la journée, et j’ai la sensation d’étouffer. Dehors, établir un rapprochement sera bien plus simple, plus discret. Il y a une certaine intimité à marcher côte à côte la nuit. J’aurais pu lui montrer certains des lieux que j’affectionne particulièrement dans cette ville, lui faire admirer la splendide vue qui s’offre depuis le dernier étage du Capitole, ou déambuler à ses côtés le long des berges du Mississippi. Pendant un court instant, j’envisage avec amusement de l’emmener dans un endroit très sélect que j’avais l’habitude de fréquenter, un boys' club pour multimillionnaires aux mœurs débridées… mais j’imagine que dans l’immédiat, elle n’accepterait pas d’être promenée en laisse, ni d’être suspendue par des chaînes en métal, offerte au bon vouloir d’invités privilégiés. Assurément, faire entrer une louve du FBI dans la bergerie serait la pire des idées. De toute façon, les conventions m’intimaient de venir accompagné de chair bien plus fraîche.

Je fais mine de réfléchir brièvement à sa proposition.
«- Excusez-moi une minute, Medea. Je reviens à vous tout de suite.»
J’éprouve une délicieuse sensation de vengeance. La laisser patienter, après l’offense qu’elle m’a fait subir, a quelque chose de plutôt réjouissant. La manœuvre est un peu puérile, mais assumée. Je fais quelques pas, suffisamment pour être hors de portée d’oreilles curieuses, sans pour autant m’échapper de son champ de vision. Mon visage se tourne vers l’entrée, décidé à capter le regard de Serguey. Sans une seule parole échangée, l’agent de sécurité rapprochée comprend que je le sollicite et s’avance vers moi, d’une démarche solide et masculine. Je ressens encore cette crispation désagréable dans la nuque, comme à chaque fois que j’éprouve une sorte de… jalousie, ou quelque chose qui s’y apparente. Il faut bien admettre qu’il est beau, dans son costume noir impeccable. Un peu trop, même. L’espace d’une seconde, ma mâchoire se crispe. La jalousie est une pulsion que je maîtrise mal, et qui nourrit continuellement ma rage intérieure. J’ai toujours eu cette fâcheuse tendance à détruire ce qui brille avec trop d’ardeur…
«- Je voudrais faire quelques pas en ville, en bonne compagnie. Pas d’alerte particulière ?»
J’ai la désagréable sensation de demander une autorisation de sortie à mon père. L’excès de protection conduit à une sorte d’infantilisation fort déplaisante. Mes libertés se sont réduites à peau de chagrin. C’est un impératif, je le sais. De nuit, l’alerte est permanente. Organiser ma sécurité sans préparatifs ni itinéraires précis est risqué. Même si j’ai mis tous les moyens en place pour dézinguer la vampire avant qu’elle n’amorce une quelconque attaque, je sais qu’elle m’attend quelque part, tapie dans l’ombre. Et elle a tout son temps…

Plutôt que de réfléchir à ma requête, le regard de l’estonien coule sur les courbes délicieuses de Medea. Longuement. Trop longuement. Je claque des doigts, juste sous ses yeux, pour qu’il daigne enfin revenir à moi. Assurément, je n’ai pas les mêmes arguments que l’Italienne, mais aux dernières nouvelles, c’est encore moi qui le paie.
«- Pas mal la zouz. Tu rencardes sans moi ? Tu veux que j’t'aide à la gérer ? »
Au fil du temps, j’ai appris à ne plus m’offusquer de son manque de professionnalisme et de sérieux. Au contraire, ça m’amuse. Sa véritable valeur se mesure dans l’action, face au danger. Pour cela, il est redoutable. En revanche, en matière de conseils en séduction, il a encore des progrès à faire. Je me souviens de son analogie de pêche à la moule, ou à la morue, je ne sais plus, et à la meilleure manière de "taquiner le goujon". Sa finesse avec les femmes est affligeante, et pourtant, son tableau de chasse ferait de l’ombre à Dom Juan en personne. Après cela, que l’on ne vienne surtout pas me dire que le physique importe peu.

J’observe l’ancien militaire attentivement, guette le moindre de ses traits. Il semble plutôt en bonne forme. Je sais que derrière son sourire enjoué se cachent encore de profondes blessures qui peinent à cicatriser. Malgré des mois de sevrage et de combats intérieurs incessants, il lutte encore pour se relever. Même si j’en ignore les détails du lien qui les a uni, je devine que l’épisode "Aliénor" l’a projeté plus bas que terre. Aucun écho de ma rencontre privilégiée avec la caïnite n’est venu embrumer ses pensées. Je lui ai offert tout ce que je pouvais pour l’aider à tourner la page. Un boulot, un appartement, une voiture, des costumes sur mesure, et même des filles sublimes pour réchauffer son lit. J’ai passé ses retards et ses absences. J’ai pris le temps de discuter et de l’écouter. Et Dieu sait qu’il parle beaucoup. Même si j’essaie de me convaincre du contraire, j’ai pleinement conscience qu’il n’est nulle question de bonté d’âme. Mon action est purement égoïste. C’est moi que je sauve, à travers lui. J’ai connu cette dépendance à la morsure. J’ai aussi connu cette fascination que l’on peut éprouver pour ces créatures de la nuit. L’acte est symbolique. J’ai besoin de croire que je peux l’extirper de ce mauvais pas, que je peux être plus fort qu’elle.
J’ai une revanche à prendre.

«- On a détecté une menace potentielle. Un type a été repéré trois fois dans le périmètre, avec un comportement suspect. Je pense que c’est juste un p’tit merdeux de blogueur ou de youtubeur, mais on doit faire quelques vérifications. Franchement, ça nous arrangerait que tu visites plutôt la demoiselle. Ne me dis pas que t’as pas envie de te perdre dans sa vallée ? En plus, elle te kiffe, ça se voit.»
Tout en finesse, comme d’habitude. C’est tellement à l’opposé de ce à quoi je m’attendais que je laisse échapper un rire mi-sincère, mi-gêné, avant de reprendre ma posture de convenance. Serguey est peut-être le seul qui parvient encore à me faire rire véritablement. Depuis quand me suis-je endurci, au point d’oublier de ressentir les éclats de joie? Peut-être depuis que sourire est devenu mon métier, transformant le geste en obligation professionnelle, en acte de manipulation. Plus vraisemblablement, je pense qu’avec le temps, j’ai pris trop de distance avec moi-même et avec les autres. Il l’a remarqué, et à sa manière, il m’aide aussi. Bien davantage que je ne l’aurais cru…

Serguey sait pertinemment que les relations que j’entretiens avec les femmes de passage sont toujours platoniques, mais il s’obstine à me pousser au vice. "Ça me fera du bien". Pourquoi entreprendre un jeu de séduction si ce n’est pas pour concrétiser l’acte charnel ensuite ? C’est comme travailler sans rétribution. Je voudrais croire que c’est pour sauvegarder mon mariage ou mon image d’époux parfait, mais ce n’est pas le cas. La vérité est beaucoup moins assumée, plus crue, plus sordide. Peut-être que ce qui me plaît vraiment, c’est plaire. Une caresse d’égo. Par certains aspects, je me décrirais comme sapiosexuel. C’est par la pensée que je parviens à être excité. Une femme nue, gracieuse et sublime, pourrait me laisser indifférent, si je ne projette pas sur son corps offert mes fantasmes et obsessions du moment. Sauf qu’il faut le déclic, le détail percutant. Sinon, rien. En vrai, je n’arrive même plus à bander si l’acte n’est pas un peu violent ou pervers. Ce n’était pas ainsi, avant. Depuis que je me bourre de benzodiazépines et de psychostimulants, c’est pire. Ma femme fait pourtant exception. J’en déduis donc que le blocage est psychologique. Honnêtement, je ne supporterais pas le contraire. Déposséder un homme de sa virilité serait la plus terrible condamnation. Je jette un bref coup d’œil vers l’Italienne avant de revenir sur mon interlocuteur. J’ai projeté tant de pulsions et de désirs sur Medea quand j’étais plus jeune qu’il se pourrait qu’elle fasse également partie des exceptions…

«- OK. On va dans le salon privé. Arrange-toi pour que le serveur nous apporte deux verres de Cabernet-sauvignon. Un grand cru californien si possible, du genre Harlan Estate.»
Il me fait un clin d’œil d’encouragement, puis se dirige vers Jay, son collègue resté pour surveiller la salle. Deux autres sont présents, plus discrets, sous les traits de banals touristes. Je reviens vers l’Italienne avec un sourire contrit. Je l’observe un instant. Il est étrange de pouvoir détailler ce visage si connu, que je n’ai pourtant jamais réellement approché ni touché. Les brumes de l’interdit l’entourent encore aujourd’hui, et ne la rendent que plus désirable.
«- Si vous voulez bien, on va s’éloigner un peu. Simple question de sécurité.»
Je ne lui accorde pas vraiment l’occasion de refuser, précipite le mouvement pour ne pas lui laisser le temps de proposer une autre alternative, ou de se défiler tout simplement. Je pose la main sur le bas de son dos, l’effleurant seulement, pour l’inviter à me suivre. Nous traversons un couloir, avant d’obliquer vers l’un des salons privés de l’établissement. La salle est spacieuse, luxueuse. Un grand canapé blanc se dresse contre le mur, faisant face à une table en marbre et deux fauteuils moelleux dans les mêmes teintes. Le parquet en chêne massif verni est recouvert d’un épais gris à motifs géométriques. Une large cheminée complète le décor, où un feu crépite joyeusement derrière la paroi vitrée. J’apprécie.  J’ai laissé la porte d’entrée grande ouverte, pour casser la trop grande intimité du lieu. Il ne faudrait surtout pas l’effrayer, ou lui faire penser à un traquenard indécent.

Ma soudaine proximité ou l’excès d’autorité pour déterminer la suite du programme l’ont peut-être gênée, alors je choisis de prendre un peu de distance et me dirige vers la fenêtre pour observer brièvement l’extérieur, baigné dans les lumières nocturnes. Je m’évade quelques secondes dans l’immensité, puis tire les grands rideaux d’un coup sec pour une question évidente de sécurité. Avec prestance, je fais quelques pas vers elle, et lui adresse un sourire rassurant.
«- N’ayez crainte, il s’agit d’une précaution plus que d’un réel danger.»
Mon regard plonge dans le sien, malgré la distance de quelques mètres qui nous sépare encore. Quelques secondes s’égrènent délicieusement. Tous les possibles se dessinent entre nous. Mon esprit vagabonde, retrouve certains fantasmes anciens la concernant. Bien que le temps ait commencé à la marquer, elle est toujours aussi séduisante et attirante.
« - Et puis honnêtement, je me sens protégé à vos côtés, à en croire vos exploits sur tik-tok.»
L’inverse n’est probablement pas vrai. J’affiche un sourire amusé, sans réussir néanmoins à retenir mon regard, qui vogue un instant sur ses courbes féminines avant de retrouver ses iris d’ébène. Je choisis de rester debout, volontairement, pour garder la main sur mon positionnement une fois qu’elle sera installée. D’un geste leste, je sors mon smartphone, pianote consciencieusement, puis lance en Bluetooth l’une de mes playlists préférées sur la sonorisation de la pièce.  Les premières notes de « deep forest », de Hooverphonic viennent couvrir sensuellement le silence, en un fond sonore délicat et élégant.




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Un grand merci à Sergey pour son aide :heart:
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I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Ven 10 Juin - 12:36 (#)

Medea ne se demande pas si elle a eu tort ou pas de faire attendre celui qui l’a abordé d’une manière à la fois originale et intrigante. Pour ses rapports avec la gent masculine, elle se laisse guider, souvent pour son chagrin, elle l’admet volontiers, par ses intuitions et ses instincts. Ce que l’homme dégage, aussi. Ce que celui-ci dégage est une assurance sans faille, certain de son charme et de sa capacité à  retourner n’importe quelle situation à son avantage. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, juste une qu’elle aime rudoyer lorsque les circonstances s’y prêtent. Quinze minutes, quinze minutes qui s'égrainent avec une nonchalance absolue de sa part. Les prunelles encre de chine ajoutent le sel à l’insolence en ne s’attardant pas plus que de raison sur la silhouette, fort plaisante, de celui qui a interrompu sa solitude. Les tanins du vin ont rarement aussi délicieusement exprimé leur caractère. Bien qu’elle ignore ce qui provoque exactement  cette réaction en elle de la part de l’élégant blond, elle ne le nie pas, il réveille des accents à la gourmandise chasseresse en elle. Une envie de déployer ses griffes qu’elle n’a pas ressenties depuis quelques semaines. Cela, par contre, elle s’en méfie. Jamais anodin, et jamais avec des hommes qui ne précèdent pas l’orage. Il lui a fallu un certain effort pour se détourner du dernier en date et ne pas poursuivre les avances à peine masquées qui lui ont été offertes. L’italienne trouve une maigre consolation en songeant, qu’au moins, elle ne bosse pas avec le poète et que les risques, s' ils sont réels, ne seront pas pour sa carrière.

Néanmoins, ce n’est pas dans une guerre d’égo aride qu’elle souhaite s’engager. A ce stade, elle est surtout curieuse. Aussi, finit elle par se lever, mettant fin par la même occasion au supplice du pauvre serveur qui s’est vu retenu par l’un de ses clients. Elle aurait peut-être dû tenir sa langue, éviter la remarque aux notes d’un barbelé qu’elle n'adoucit que par un sourire. Il lui rend un sourire pimenté d’un soupçon d’agacement  avec l’intelligence de ne pas tenter une justification bancale qui lui ferait perdre tout intérêt sur le champ. Il capte son regard du sien, et au lieu de se dérober après une brève seconde comme c’est souvent la norme entre deux inconnus, il plonge ses orbes océanes à l’obsidienne des siennes. Tension électrique qu’elle ressent courir sur sa peau pour venir se loger loin en elle. L’italienne ne bouge pas. Désir encore trouble, dont elle reconnaît la naissance sans être certaine de vouloir en favoriser l'émergence. Il ne peut masquer tout à fait la faim primale nichée loin au fond de ses yeux. Elle rompt le moment et le silence équivoque qui venait de s’installer entre eux, dilue la force de l’instant par un geste du poignet, délivre ses prunelles des siennes. Non par crainte de ce qui émane  de l’homme mais parce qu’elle refuse de se laisser entraîner par ses propres élans. Damian arrive demain, pas besoin de suivre le fil de d’une attirance encore floue. Cependant, le poète a eu le mérite de briser la solitude d’une soirée qui s'annonçait d’un ennui flagrant et à l’éloigner de ses songeries à la cendre habituelle.

Terrain solide que celui de ces quelques mots jetés sur le papier en suivant une inspiration éphémère. Qui ont trouvé un écho trop juste sur certains vers.  Flèches tirées par un archer inconscient qui ont trouvé leur cible malgré les probabilités contraires. Il refuse de signer et elle ne retient pas une légère moue de contrariété. Elle a l’impression qu’il est attentif à la plus infime de ses gestuelles, au moindre frémissement de ses muscles. Sous la retenue et la courtoisie parfaite dont il fait preuve, il contient une intensité qui se dévoile par brefs instants. Grisant. Elle aime un peu trop cette attention sans partage. La réponse qu’il offre pour expliquer son refus chasse les nuages d’un caprice tout féminin. -Est ce que cela signifie que je peux espérer  une version plus aboutie de ce premier souffle? Je me demande à quel point vos mots auraient été différents si j’avais porté une robe blanche, muse-t-elle. -Vous avez une vision de moi à la fois très… passionnée et guerrière. Vous me rendez curieuse de cette destinée funeste dont vous vous faites le prophète. -Le ton reste léger, pourtant son regard est revenu vers lui, ne cachant pas la curiosité qu’elle éprouve quant au choix de ses mots. L'idée qu'il puisse faire référence à Carlisle à la manière dont il a échappé à son controle ne l'effleure pas. Il faudrait pour cela que l'homme ait une connaissance trop précise de qui elle est.

Une ébauche de présentation, pour cette nuit encore jeune, les prénoms suffisent. La serpentine n’a pas besoin de connaître toute la généalogie de son compagnon du hasard. Jake lui suffit parfaitement. Le nouveau sourire qu’il lui offre alors qu’il s’empare de son prénom la laisse froide. Trop convenu, trop travaillé, trop.. facile. A cet instant, il manque de naturel et elle a l’impression qu’il l’a répété des centaines de fois pour être certain du résultat. Contraste total avec la manière dont il prononce son nom. Comme s' il savait déjà quelles étaient les intonations parfaites, celles qui répondraient le mieux à l’essence de ces quelques lettres qui lui appartiennent.
   
Une proposition peu sage, peut-être, mais ils ont encore quelques heures avant que la nuit ne soit vraiment consommée et en partager quelques fractions avec Jake est loin de lui déplaire. Équilibre instable entre ce qui doit rester raisonnable et l’envie de se détendre en bonne compagnie. De plus sa peau reste indifférente au contact de l’argent, ce qui aurait mis un terme définitif à ce jeu de séduction platonique. Il prend le temps de réfléchir à ses paroles et elle n’en connaît aucun agacement, s’adosse légèrement au comptoir, attendant ses préférences. Un léger froncement de sourcil, quand, au lieu d’une réponse, il la plante là pour se diriger vers ce qu’il confirme être son garde du corps. A nouveau, la curiosité enfle quant aux raisons qui pourraient le pousser à avoir besoin d’un service de sécurité rapproché. Elles peuvent être multiples et Medea n’a pas envie de se perdre en conjonctures stériles. Ils vivent dans une société profondément clivée et les menaces sont nombreuses et non négligeables quelles que soient ses opinions. Pas totalement naïve, elle ne doute pas non plus qu’il s’agit là d’une petite revanche sur la manière dont elle l’a obligé à patienter à cet endroit précis quelques minutes plus tôt. Belle joueuse, Medea n’en conçoit aucune rancune, plutôt amusée par son audace. Après tout, elle pourrait décider de tourner les talons pour sortir ou remonter dans sa chambre. sans lui. Il prend un risque aussi.

Le garde du corps s’avance immédiatement à la rencontre de son protégé et elle doit admettre que les deux hommes forment un tableau des plus appétissant. Ils sont séduisants et leur posture ainsi que leur langage corporel démentent toutes faiblesses. La profiler ne se prive pas de les admirer, déliant les muscles perceptibles sous leurs chemises, de leurs épaules à leurs hanches, glissant sur les fessiers qu’elle devine d’une fermeté délicieuse. Appréciant le contraste de Jake dans une tenue légèrement plus décontractée que celui de son agent. Ne se prive pas pour laisser son imagination divaguer quelques minutes, après tout, il faut bien qu’elle s’occupe, sur certaines possibilités érotiques, que ces deux mâles sont tout indiqués pour inspirer à la plus chaste des femmes. Medea n’est assurément pas la plus chaste.  Elle capte le regard du garde du corps qui divague en sa direction et ne retient pas un clin d'œil amusé. Il se fait rappeler à l’ordre sans équivoque par son boss. Décidement, les blonds commencent à prendre une place prépondérante dans son paysage nocturne.

Jake est marié et il ne s’en cache pas. La brune n’est pas le garant de la moralité d’un autre couple, refuse cette responsabilité là. N’est pas certaine de croire en la monogamie et encore moins dans le sacré d’un mariage. Qu’elle soit divorcée n’est pas une erreur ni un regret. Il est possible qu'Adam ait eu des maîtresses pendant leur brève union. Elle n’aurait pu lui en formuler le moindre grief. Elle l’a épousé pour un tas de mauvaises raisons. Croyant naïvement qu’elle pourrait guérir des plaies à vif délivrées par un garou meurtrier dans les bras d’un homme qui l’a aimé avec une passion qu’elle n’a jamais pu partager. Que tourner le dos ou presque complètement à ce qui composait sa vie pendant dix ans lui permettrait d’avancer. Échec cru et cuisant. Elle n’est jamais parvenue à se défaire de son obsession et cela lui a coûté son mariage. Pas les liaisons que son époux a pu nouer en dehors du lit matrimonial. D’un certain point de vue, un homme marié est l’amant idéal pour quelques plaisantes nuits charnelles.

Il revient vers elle et elle chasse de ses pensées un homme qu’elle a abandonné derrière elle sans se retourner vers lui une fois le divorce prononcé. Jake la dévisage fugacement, mais avec cette attention accru qui paraît le caractériser. Comme si chaque détail était crucial. Il ne s'excuse pas de l’avoir fait patienter, ou plutôt lui dédie un sourire plus sincère en guise de contrition. Elle prend. Elle n’est pas d’humeur à pinailler ce soir. Relache un peu la cape d’austérité dont elle se drape dans ses rapports professionnels. Question de sécurité. Peut être que finalement ce sera son intérêt professionnel qui va prendre le dessus. Elle hoche la tête et acquiesce en silence. La pulpe de ses doigts, au creux de son dos, à peine. Il la guide, sans imposer une main baladeuse, gardant un maintien impeccable et qu’elle apprécie. Galanterie désuète et savoureuse. Il ne leur faut qu'une dizaine de secondes pour rejoindre un salon privé chaleureux malgré les meubles un peu froids qui les meubles. Le feu dans la cheminée renforce l’atmosphère intimiste de la pièce malgré les lumières un peu trop crues qui éclairent les murs.

Immédiatement, il se dirige vers les fenêtres pour en tirer les rideaux et cette fois, c’est un peu tard pour que cela ne prenne pas le premier plan de ses questions. -Précautions bien sérieuses pour un danger évanescent -soulève-t-elle en s'avançant vers la cheminée. Elle n’a pas vraiment froid, mais n’a jamais su résister à un âtre ouvert. Avec un effort, elle se détourne des flammes dansantes pour observer son vis à vis masculin. Il n' y a pas d’inquiétude dans son ton, mais de l'intérêt, c’est certain. Un attrait nouveau qui s’éloigne des sens. Assez proche pour sentir les effluves discrètes de son parfum, sans qu’il n’entre réellement dans sa sphère privée. Medea ne se sent pas oppressée. Le silence s’établit entre eux après sa remarque sans qu’elle n’en conçoive de gêne, appréciant au contraire qu’il n’ait pas besoin de jacasser pour remplir l’espace.

Avant qu’il ne le rompt avec une pique savamment distillée. A l’éclat amusé, pétillant des prunelles bleu glace, elle n’a aucun doute que cette bousculade était parfaitement volontaire. Le timbre de l’italienne est vaguement agacé sans tomber encore dans l’irritation. Il lui déplaît d’être reconnue à cause de cet enregistrement, mais néanmoins, ce n’est pas sa seule présence dans les médias. Il n’est pas le seul à l’avoir abordé à cause de ces quelques secondes de film. Il est le seul par contre qu’elle est prête à écouter. -Vous accordez bien trop de crédit à une vidéo brouillonne et peu précise je le crains. Mais je comprends un peu mieux…

Elle allait poursuivre la vague de ses pensées quand il choisit une musique feutrée, presque voluptueuse qui jette à nouveau le doute sur les conclusions qu’elle venait de tirer. Le serveur choisit ce moment pour se matérialiser avec un plateau portant des verres de vin et une bouteille de vin rouge. Dans un silence tout professionnel, il sert quelques gorgées dans un des verres qu’il offre à Jake pour le lui faire goûter. Une fois assuré que celui-ci est à sa convenance, il remplit les deux ballons qu’il dépose sur la table en marbre et allait se retirer, le rituel respecté. Medea l’arrête. -Vous pouvez nous laisser la bouteille et fermer la porte derrière vous. -souhaits respectés sans un mot inutile, présence qui disparaît quelques brèves minutes après qu’elle soit apparue.

Comme si l’intervention n’avait pas eu lieu, elle se déplace pour prendre son verre avant de choisir de s’installer sur le sofa, dans une légère perpendiculaire, l’accoudoir dans son dos. Elle ne replie pas tout à fait les jambes sous elle. Regrette en silence de ne pas pouvoir se défaire de ses escarpins, mais ce serait franchir une première limite des convenances. Elle incline légèrement la nuque pour pouvoir le regarder, imprimant un mouvement inconscient au vin pendant qu’il s'aère. -Je comprends mieux pourquoi vous avez décidé de peindre certains de vos vers avec un ton martial. -Un mouvement rond du poignet libre- mais laissons de côté votre poème pour le moment, Jake. Venez vous asseoir? Comme vous venez de le souligner, vous savez que je suis membre de la Nrd. Est ce la raison pour laquelle vous m’avez abordé? Un entretien informel avec un agent du Pasua? En lien peut-être avec les menaces latentes qui entravent votre vie? Il est vingt-trois heures, et pourtant, vous êtes encore encadrés par au moins trois agents et préférez éviter une balade nocturne. Ce qui me donne à penser que le danger qui pèse sur vous est d’origine surnaturel. -Autant pour avoir pensé que son intérêt était tout personnel. Ou du moins seulement personnel. Il faut croire que son égo avait besoin de lui rappeler un peu à sa réalité. - Avez vous des raisons pour lesquelles vous préférez ne pas utiliser un canal officiel pour faire remonter les dangers qui vous entourent? Je peux vous assurer une certaine discrétion, mais j’aurais besoin d’en savoir plus avant de m’avancer.

Elle est presque certaine de ne pas s’être méprise sur l'intonation de certains regards qu’il a laissé dériver sur elle. Il s’est aussi assuré d’éveiller son attention sur les menaces qui n’ont rien d’anodines si il mobilise une telle équipe à l’orée de la nuit. Medea se redresse légèrement pour poser un bras sur le haut du sofa, permettant à l’écarlate de sa robe de remonter le long de sa cuisse, sans sombrer dans un vulgaire, pendant que la pointe de ses chaussures effleure le tapis moelleux. Enfin, elle goutte le vin. complexe, riche, dévoilant ses nuances au fur et à mesure. A l’image de celui qui l’a commandé, visiblement. Elle ne croit pas au hasard des verres. Il a choisi du vin rouge parce qu’il a eu le temps de relever que c’était ce qu’elle buvait. Ce qui réveille une autre question. A quel point son poème est-il réellement un hasard? Une inspiration du moment? Puisqu’il savait déjà qu’elle était de la NRD avant cette rencontre ce soir? Que sait il d'autre? Probablement rien. Un soupire interne. Une nuit, sa paranoïa et son hyper vigilance la laisseront tranquille. Pas celle-ci visiblement. Medea est épuisée par ses propres défenses mentales. Même un verre offert par un inconnu devient source de méfiance. Ceci dit… au vu de son passif, ce n’est pas suffisant au final.  Lui laissant le temps de répondre, elle enchaîne - Cela vous dérange si j’allume une cigarette?
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Classism and the City - Fifty Shades of BURN THEM AAAAALL (supplément mojito sans alcool et sans aspartame)
Jake Hamilton
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Mar 16 Aoû - 18:22 (#)

étoiles contraires
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Je tire les rideaux, par habitude, sans réellement prêter attention à ce geste devenu banal. Les mesures de sécurité font partie intégrante de mon quotidien depuis des années, et se sont drastiquement renforcées après l’épisode “Aliénor”. Je m’adapte, et évite d’y réfléchir trop longuement, pour bloquer certaines pensées parasites nocives. Mon esprit choisit d’occulter cette prison dorée dans laquelle je me suis moi-même enfermé. Pour relativiser, il suffit de me rappeler que l’entrave à ma liberté est toujours préférable à la mort. C’est simple, efficace. Toutes ces mesures quotidiennes sont contraignantes, évidemment, mais je suis passé par des épreuves bien plus complexes et autrement plus difficiles, et j’en suis sorti plus fort, plus affirmé. Alors je vais me battre, comme je l’ai toujours fait, avec l’intime conviction que mon combat est juste. Parce qu’il l’est. Et puis, admettons-le, il y a plus désagréable qu’un confinement forcé avec une belle Italienne, dans un salon confortable.

Medea relève mon geste, recoupe mes propos, sans toutefois y apposer de jugement hâtif. Déformation professionnelle, j’imagine. Je repère les subtiles notes méditerranéennes qui réchauffent délicatement le timbre de sa voix. C’est absolument charmant. Je lui offre un sourire attendri pour seule réponse, attestant par mon silence d’un danger plus grand que celui évoqué plus tôt. Les flammes qui crépitent dans l’âtre font danser des lueurs orangées sur sa peau dorée, lui octroyant une dimension quasi mystique. Je regrette de n’avoir pas apporté mon appareil photo, pour immortaliser la scène, et figer sa beauté sur papier glacé. Bien sûr, j’ai souvent croisé des femmes plus jolies qu’elle, plus jeunes, plus élancées, de ces gravures de mode qui font les couvertures de magazines, et pourtant, Medea a ce petit quelque chose en plus qui éclipse toutes les autres. Un petit rien indicible, indéfinissable ; une étincelle, une vibration, un magnétisme qui transcende le commun en fascination. Je l’observe attentivement, un peu troublé par cette présence que je n’espérais plus. Si c’est elle qui se tient devant l’âtre, c’est moi qui me consume intérieurement. Toute la fureur de mon obsession ressurgit dangereusement, et son empreinte ardente embrase mes entrailles et vrille mes sens. L’image de l’étreinte charnelle de nos deux corps brûlants s’impose dans mon esprit, un concentré de sexe violent et passionné. Non, quelque chose de plus sombre que ça… Deux bêtes prêtes à s'entre-dévorer juste après un coït féroce. Il y a effectivement quelque chose de martial entre nous, elle l’a bien perçu. Cette femme a souhaité ma perte, ne l’oublions pas. Succube décidé à me mener à la tombe, elle est assurément de la même engeance que la Reine Rouge.

Mes pensées me dépassent et me font perdre le fil de la conversation. Je tente un petit commentaire sur ses prestations sur tik tok, pour la déstabiliser gentiment et regonfler mon ascendant. L’effet est instantané. Les légères crispations sur son visage donnent davantage d’intensité à ses traits. Elle doit être si belle, quand elle se met en colère. Sa phrase s’évanouit à l’arrivée du serveur, qui me présente aussitôt la bouteille de vin. Honnêtement, je ne suis pas un fin connaisseur en oenologie, mais je sais me montrer exigeant sur certaines caractéristiques fondamentales. Certes, je distingue difficilement les subtilités de certains arômes, mais sa robe rouge orangé, ses fragrances minérales et le bon équilibre en bouche suffisent à me convaincre. C’est un vin affirmé qui lui ressemble, une dédicace.

Elle évince le serveur, et demande à ce qu’il referme la porte derrière lui. J’en déduis qu’elle est plutôt à l’aise en ma compagnie, et que je ne l’effraie pas outre mesure. C’est un bon point pour la suite. Elle s’installe sur le sofa, avec la prestance et toute l’élégance d’une reine. Le poids de son éducation s’en ressent immédiatement. Avec une certaine autorité étrangement érotique, elle décide du déroulement de notre entrevue. Obéissant, je viens m'asseoir à ses côtés tout en conservant une distance respectable. Je plonge avec avidité dans le noir profond de son regard de braise, scrutant chacune des lueurs sauvages qui l’illuminent. Ses mots continuent leur flot, quand soudain je comprends qu’elle se méprend clairement sur mes intentions.

Je m’étonne néanmoins de cette méprise. Elle n’a même pas imaginé un instant que je puisse seulement me cacher des paparazzis. Je suis sénateur, elle devrait se douter que j’ai les moyens de taper beaucoup plus haut dans la hiérarchie de la NRD pour gérer ces questions de sécurité. La protection d’un homme politique nécessite des aménagements contraignants qu’elle n’est probablement pas en mesure d’offrir. Ou alors surestime-t-elle clairement sa propre influence? … ou …. Se pourrait-il qu’elle ne m’ait pas reconnu? C’est possible, ça? Après le gouverneur, je suis le politicien de Louisiane le plus exposé médiatiquement. Nos services sont intriqués, et pourtant, elle s’obstine à m’ignorer! C’est profondément vexant! Suis-je trop banal pour qu’elle refuse ainsi de me remarquer? Ou alors pas assez CESS pour lui retourner le ventre? Qu’avait-il de plus, son William Carlisle, hormis une pilosité avancée et une haleine de chacal? J’ai détesté ce type simplement parce qu’elle l’aimait. J’ai vu sa manière de le caresser avec les yeux, cette lumière particulière dans son regard. J’ai vu leurs ébats. Ça m'a écoeuré. Ensuite il l’a broyée.
Un petit sourire en coin se dessine sur mes lèvres.

«- Je salue votre esprit de déduction et votre professionnalisme.»
Un peu moins votre mémoire visuelle…
«- Effectivement, le gros de la menace qui pèse sur mes épaules est d’ordre surnaturel. Vampirique, plus exactement.»
Je ne me rends pas immédiatement compte qu’en prononçant ces mots, mes traits se sont tirés et mon visage s’est fermé. Même le ton de ma voix s’est modifié, moins enjoué, moins assuré. Oui, c’est vrai, j’ai peur. La perspective de ma prochaine confrontation avec Aliénor me glace les sangs, et aussi inexorablement, l’attente me ronge. Des images terribles m’empêchent régulièrement de trouver le sommeil, mon humeur se dégrade, mes convictions se délitent. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de faible? Oui, probablement… Je croyais naïvement que je ferais face avec bien plus de vaillance, même confronté aux pires déferlantes. Je reste un simple humain, pas meilleur que les autres…
Pour autant, je n’ai pas baissé les bras, bien que les statistiques jouent clairement en ma défaveur. Tant qu’il me restera une bulle d’espoir, je la saisirai et me battrai avec foi et vigueur. Tant pis si je vacille. L’histoire de David et Goliath donne du crédit à mon acharnement. Aliénor fait l’erreur de me laisser le temps de m’organiser, de développer de nouvelles armes, de trouver de nouvelles alliances. Elle me sous-estime. De plus, j’ai toujours la possibilité de jouer sur ses failles, à elle. L’image de Sergey s’allume dans mon esprit. Oui, si je dois le sacrifier pour sauver ma peau, je le ferai. Mon amitié pour lui ne pèse pas bien lourd dans la balance, face à ma propre survie.

J’inspire profondément, histoire de reprendre consistance, espérant intimement qu’elle n’ait pas repéré cette faille passagère dont je ne suis pas réellement fier. Je ne veux surtout pas aborder ce sujet épineux, surtout pas avec elle. Je plaque un nouveau sourire de façade sur mon visage, reprends mon ton professionnel en y ajoutant une petite note de fausse décontraction.
«- Mais je vous rassure, les instances compétentes se sont déjà saisies de l’affaire. Vous ne ferez pas d’heures supplémentaires ce soir. Toutefois, je vous remercie pour votre sollicitude. Sincèrement.»
J’avale une gorgée de vin, sans même profiter des arômes, pour m’octroyer quelques secondes de répit avant de déjouer le destin.

Comme si elle avait noté ma soudaine fébrilité, elle demande si elle peut fumer. Je me fige un instant. Fumer ici? C’est une blague? Elle semble sérieuse, pourtant… La cigarette est un tue-l’amour par excellence, l’un des pires crimes contre l’élégance et la distinction. Il est d’ailleurs étonnant qu’elle ait réussi à rester désirable malgré cette fâcheuse habitude bien ancrée. Outre une pléthore de maladies peu ragoutantes, son bâton de mort affecte également l’apparence : il rend le teint grisâtre, accélère le vieillissement cutané, augmente le déchaussement des dents, et donne mauvaise haleine. C’est ça que tu cherches, Medea? Ou alors est-ce la mort prématurée qui t’attire? Et puis, il y aura cette odeur infecte qui s’incruste sur les vêtements, sur sa peau. Une odeur qui s’accroche, fétide et répulsive. Si elle était mienne, je l’aurais forcée à arrêter dans la seconde!

Pire, cet intermède indésiré cassera le rythme de notre rencontre. Je me démène pour travailler l’ambiance, et voilà qu’elle se décide à tout gâcher. J’ai envie de la gifler. D’abord parce qu’elle met sa vie en danger, qu’elle se moque de ma propre santé, mais aussi parce qu’elle contrarie mes plans. Au moins, après ça, elle sera assurée que je ne lui sauterai pas dessus. Je préfère encore l’odeur de la chair en putréfaction, c’est dire... Je la dévisage un instant, cherchant tant bien que mal à dissimuler ma contrariété.
«- Vous croyez si peu en mes chances de survie, que vous jugez juste de m’empoisonner à petit feu?»
Je regrette instantanément ma phrase, trop culpabilisatrice, trop hostile. En quelques secondes, je viens de réduire à néant tous mes efforts pour créer une ambiance chaleureuse, prompte aux confidences et à l’intimité. Ce n’est probablement pas aujourd’hui que je l’attirerai dans mes filets. Et pourtant, c’est elle qui est revenue vers moi. C’est elle qui m’allume avec sa robe rouge. C’est elle qui joue avec mes nerfs.
Sauf que je n’ai plus le temps de jouer…
Elle ne le sait pas encore, mais elle finira par me céder, de gré ou de force. Je pourrais user de tous les pires stratagèmes pour la posséder, à commencer par menacer sa carrière. J’ai les moyens de la faire chuter lourdement, si l’envie m’en prend. Elle n’a pas idée de tous les leviers dont je pourrais user et abuser pour faire de sa vie un enfer.
«- Je vous prie de me pardonner, Medea, pour ce manque évident de tact. Loin de moi l’idée de vous offenser. La cour extérieure est très agréable, vous verrez. Je vais demander à l’un de mes hommes de vous accompagner.»
Pas Serguey, en tout cas. J’ai surpris le clin d'œil qu’elle lui a lancé un peu plus tôt. Ça lui plaît de jouer les allumeuses? Et lui, pas mieux, affichait en retour un sourire satisfait et ravi. J’ai horreur que l’on chasse sur mon territoire. J’ai essayé de ne pas me formaliser, de relativiser, mais je ne prendrai cependant pas le risque de les rapprocher.

Pour laisser une chance à notre entrevue de reprendre son cours sans pause nicotine indésirée, j’attrape sa main avec douceur. Un frisson me saisit instantanément, avec une émotion étrange, dérangeante et chaleureuse à la fois. Il s’agit de notre tout premier contact charnel. Sa sensualité ardente et assumée me perfore et m’attire. Je suis troublé, presque ému.
«- Avant cela, permettez-moi juste une curiosité…»
J’approche sa main de mon visage puis plisse les yeux pour mieux observer sa bague. Une pièce de qualité, visiblement. La nuance de vert et sa pureté me laissent croire qu’elle vient d’Amérique du Sud. Bon choix.
«- C’est une très belle pierre. Originaire de Colombie, non? Pourquoi avoir choisi une émeraude?»
Je ne crois pas aux coïncidences, cette rencontre surprenante est forcément porteuse d’un message, d’un sens caché. L’espoir qu’elle soit l’un de mes pairs me brûle, m’envoute, me ravit. Cela expliquerait bien des choses. J’ai tout de suite repéré cette pierre verte qui orne son majeur. Une partie de moi sait déjà qu’il s’agit d’un choix purement esthétique, mais l’espace d’un instant, j’ai envie d’y croire, de rêver.
«- J’ai conscience que ma question peut sembler étrange. Vous savez, j’en porte toujours une sur moi, personnellement.»
A regret, je lâche enfin sa main, pour ne pas abuser de ce contact qui friserait l’impolitesse si je le poursuivais trop longuement. Pour illustrer mes propos, je viens récupérer le trousseau de clés dans la poche intérieure de ma veste, sur lequel est fixé un pendentif en argent serti d’une émeraude ronde de 12 carats. Les yeux pétillants, je lui montre rapidement le bijou avant de lui faire regagner son emplacement d’origine.
«- C’est la pierre de la connaissance secrète, occulte. La pierre du pape, de Lucifer et d’Hermès. Selon certaines croyances, l’émeraude serait même capable d’offrir la jeunesse éternelle…»
Dans le monde actuel, il est difficile de parler d’ésotérisme sans passer pour un illuminé ou un demeuré. Bien que je brûle de partager sur le sujet, je me garde de partir dans des explications plus techniques sur le symbolisme, ou les usages alchimiques. Mon image publique se doit de rester sobre, cartésienne, crédible. Sauf si elle s’associe à mes croyances, je clôturerai là. Et puis, de toute façon, elle veut sa clope.
Quel gâchis!

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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Jeu 17 Nov - 14:57 (#)

L’irritation ressentie par cette journée peu satisfaisante, non par la qualité des conférences données mais par leur nature même s’érode en la compagnie de Jake. Il la détourne de l’ancre qui s’enfonce dans ses chairs pour mieux la noyer dans une certitude dont elle ne parvient pas à se débarrasser. Sa carrière à la Nrd stagne et elle voit se profiler des perspectives de moins en moins intéressantes. Malgré plusieurs mois en Louisiane, son intuition lui souffle que ses moindres faits et gestes continuent d’être scrutés par ses supérieurs, que ses réussites sont entachées de la suspicion quant à ses méthodes et ses affinités avec les Cess. L’affaire ultra médiatisée résolue en compagnie d’Archos a enflammé les bureaux de nouvelles rumeurs dont l’italienne se serait bien passée.

Ces quelques jours loin de Shreveport sont une distraction éphémère mais bienvenue. Cette fin de soirée imprévue s’avère être un remède parfait à la morosité qui empoisse ses pas. Jake est encore inconnu, un inconnu qui pique sa curiosité et son intérêt. Son charme n’a rien d’artificiel bien qu’il sache mettre en valeur sa stature par une élégance maîtrisée. Les notes intimistes de la chanson qu’il a choisi, la chaleur diffuse des flammes vives chassent l’humidité persistante de ce mois de février, ce salon moelleux créent autour d’eux un cocon dans lequel il est difficile de se tenir sur ses gardes. Medea n’en a pas forcément envie. Ces quelques minutes volées à son quotidien en compagnie d’un homme séduisant, qui lui accorde une attention sans faille, ont la saveur subtile d’une bouchée de pomme interdite.

Les prunelles limpides s’attardent à chaque vague que tracent ses doigts au rythme de ses paroles., une habitude dont elle ne s’est jamais départie. Il note, Medea le ressent, les expressions volages de ses traits. Il y a une ivresse toute féminine à être au cœur d’un tel intérêt, de pouvoir encore provoquer, même à cinquante ans, une telle attention. De la vanité aussi. Pour autant, il ne la met pas mal à l’aise. Les regards sont intenses, flatteurs sans basculer dans un libidineux assassin. Les pupilles ébènes s’attardent sur la courbe de ces lèvres et elle s’interroge, fugitivement, sur le goût de ses baisers. Une gorgée du vin apporté par un serveur qui disparaît aussi silencieusement qu’il est venu interrompt ce glissement lascif de ses pensées. Un paravent contre cette envie diffuse de bousculer les manières si courtoises de son compagnon d’un soir. De découvrir ce qui se dissimule derrière la glace de son regard. Il serait dangereux de s’engager sur la sente de ses désirs impulsifs. Qui se précisent quand il la rejoint sur le sofa. L’éclat discret d’une flamme sur son alliance quand il lève son verre à sa bouche. Confirmant l’indifférence qu’elle ressent pour son statut marital.

Une note de sérieux s’installe dans leurs échanges lorsqu’il évoque la raison de sa prudence extrême et de ses gardes du corps. La gravité lisible sur son visage est celle d’un homme qui a conscience de la menace qui pèse sur ses épaules. Qu’il ne prenne pas à la légère un conflit avec un caïnite est marque d’intelligence et de responsabilité bien plus attirants qu’une attitude de fanfaron. Medea n’a pas de temps à perdre avec des individus qui ne comprennent pas que le relief du monde a changé depuis la Révélation. Elle n’a pas la naïveté de croire qu’il a saisi l’occasion de ce tête à tête intimiste uniquement pour s'octroyer une consultation privée avec un agent de la Nrd, mais il ne serait pas le premier homme à vouloir allier l’utile et l’agréable. Une paume légère qui s’appose juste au-dessus du genou masculin avant de s’enrouler à nouveau autour de son verre. L’assurance muette que leur conversation restera privée et informelle. Un signe de la tête alors qu’il confirme avoir pris en main le problème et qu’une enquête est déjà en cours. L’italienne ne dissimule pas la curiosité qui s’est installée dans son regard. -Me diriez vous les raisons de votre opposition avec les Vampires? En général, les Familles ont tendance à peu se mêler des affaires humaines. -Un sourire ouvert, détendu alors qu’elle ajoute. -Je comprendrais parfaitement que ce soit indiscret de ma part.

Dans une habitude tellement ancrée que celle ci ne la gène plus, Medea offre l’occasion d’un hiatus dans leur échange en évoquant la possibilité d’une cigarette. Ce qui ne rencontre pas l’effet escompté. Surprise rapide qui s’exprime dans la courbe de sa bouche devant sa réponse épineuse et l’irritation qu’il laisse percer. La profiler n’a pas le temps de lui répondre sur un ton plus léger qu’il réalise son faux-pas et amende sa première réflexion. Avec une proposition encore plus déroutante. Le sourire de l’italienne se teinte de malice, d’une espièglerie féroce. -Je croyais que vous aviez confiance en mes habiletés à vous défendre en cas de danger, et voilà que vous risqueriez la vie d’un de vos hommes pour un peu de tabac? Vous perdez si vite foi en moi? -Medea manie le sucre et l’acide pour le simple plaisir d’en avoir le pouvoir. -Plus sérieusement, je ne pense pas devenir la source d’un intérêt collatéral simplement pour avoir passé un peu de temps en votre compagnie. -Omettant de préciser qu’elle a ses propres inimitiés avec les Immortels, la soirée marquant le début de l’année au manoir Lanuit le confirmant aisément, et elle ne croit pas une seconde que tout soit clos entre l’Agent du Chaos israélien et elle. Une pointe de cruauté féline aussi en laissant en suspens la question de sa cigarette.

Au moment où elle reposait son verre à pied vide sur la table basse et qu’elle se redresse, il saisit au vol sa main libérée. Tiédeur agréable de sa peau contre la sienne. Elle pourrait lui retirer sa paume mais elle est à nouveau curieuse de connaître la raison de son geste. Jake examine l’eau verte de sa pierre, appréciant visiblement ce choix. Une imperceptible inclinaison de sa nuque, un frémissement léger à son souffle qui caresse sa peau quand il regarde son bijou. Ho, elle regrette terriblement que la pièce d'orfèvrerie promise par Evangeline ne soit pas encore terminée. Elle a hâte de porter un tel pendentif. -Je ne saurais pas vous répondre pour l’origine de l’émeraude, je l’ai choisi surtout parce que j’en aime le contraste avec ma robe ce soir. Terriblement vain de ma part. -Admet-t-elle sans s’en formaliser. Le choix de ses bijoux n’est jamais laissé au hasard mais rares sont les hommes à vraiment s’y intéresser. Plus encore ceux qui portent une autre pierre que l'éternel diamant. Il dévoile une nouvelle facette de sa personnalité dont elle n’aurait pu deviner la présence. Ils ne se connaissent absolument pas et elle aime ces premières heures où tout est encore à découvrir de l’Autre. Scintillement précieux de la neige fraîchement tombée avant qu’elle ne soit piétinée et défigurée.

Elle flirte avec l’idée de laisser son pouce s’égarer sur l’angle de son menton mais décide de ne pas encore brûler ces lignes infimes entre eux. L’Amazone ignore si elle est timorée ou prudente. Le silence qu’elle conserve n’est pas de l’ennui et elle s’étonne du sentiment de fraîcheur qu’elle ressent lorsqu’il abandonne sa main pour lui montrer sa pierre. Medea s’incurve à ses côtés et s’attarde sur le porte-clef où une élégante emeraude repose dans un écran d’argent. Un luxe raffiné qui s’accorde avec le reste de sa personne mais la passion qui frise le dans son timbre quand il évoque les particularités de la pierre est sincère, profonde. Il fait allusion à la plus ancienne des sciences esotériques et l’une dans laquelle elle n’a aucune connaissance sinon les bases acquises très superficiellement. L'intérêt qu’il porte à ce sujet l’éloigne du parfait modèle masculin sur papier glacé. Plus humain, plus spontané. Cette ouverture sur Lui n’est pas pour lui déplaire. -Vous parlez des propriétés alchimiques des émeraudes? Ce n’est pas un domaine qui m’est familier. -reconnaît-elle sans chercher à masquer ses lacunes. Elle se redresse, son nez frôlant délibérément l’arrête de son cou, humant les fragrances d’un parfum aux notes épicées, sensuelles, parfaitement en accord avec l’homme qui le porte. Retient ses lèvres de s’éprendre de sa peau. La brune brode avec ses propres réticences Son dos retrouve toute sa raideur, pivotant à demi sur les coussins pour lui faire face. Elle croise l’une de ses jambes sur la première, permettant à l’écarlate de sa robe de remonter de quelques centimètres le long de ses cuisses. Le regard qu’elle porte sur lui est trouble, opaque quand elle croise ses yeux.

Elle n’est jamais plus vivante que lorsqu’elle déploie l’arc sinueux de sa féminité. Une Diane chasseresse qui n’a plus rien de virginale. C’est une fantaisie qu’elle réprime depuis des années, la dernière lui ayant coûté quelques heures de sa nuit pour gagner un adversaire puissant. Medea n’est pas décidé à reproduire les mêmes erreurs. Rien ne l'empêche néanmoins de jouer avec cette tension naissante, avec ces désirs non exprimés façonnant l’atmosphère entre eux. L’idée qu’il puisse retrouver demain l’étreinte familière de l’épouse dévouée, qu’il accomplisse son devoir conjugal avec des pensées qui s’égarent vers les Et si de cette nuit l’amuse et l’aiguise. Il est prisonnier de son éducation, de ses manières et ce sera à elle de franchir le pas qui les éloignera de la décence. La garce les maintient sur le fil, ne referme aucune porte, ne permet aucune chute. Griffant de son ongle parfaitement manucuré la surface polie de ses apparences, recherchant les non dits qui murmurent en dessous.

Medea ressert leurs verres et se lève, sa robe recouvrant la peau un instant dévoilée. Au lieu de se diriger vers la porte, elle offre son dos à la morsure des flammes, se tournant vers lui. Chaleur de l’alcool qui ronronne en réponse -La nicotine attendra, Jake. Je m’en voudrais de vous abandonner pour l’instant. -pour l’instant, car bien sûr ils se sépareront pour disparaitre chacun de leurs cotés, avalés par leurs propres vies. -Je croyais que l’alchimie était une science liée aux métaux, non aux pierres? -Elle ne repousse aucune connaissance qui pourrait lui permettre de comprendre les rouages muets de ce monde aux apparences trompeuses. Elle n’a pas envie de connaître les raisons de sa présence à Baton-rouge, pas envie de l’interroger sur sa profession ou sa vie de famille. Ne veut pas de ce faisceau de renseignements que l’on sème aux quatre vents par habitude sociale. La recherche de la vie éternelle est l’un des buts affirmés de l’Alchimie et les caïnites sont jaloux de cette prérogative mais elle doute que des recherches ésotériques soient la source de ses ennuis avec les vampires, trop abstrait. Curiosité qu’elle garde pour elle. -A moins que le sujet ne soit trop vaste pour cette fin de soirée?
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Dim 25 Déc - 1:09 (#)

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J’étouffe un rire méprisant alors qu’elle évoque, sous un faux étonnement, la soi-disant non-ingérence vampirique dans les affaires humaines. Croit-elle réellement en ces sornettes, ou se contente-t-elle de répéter avec application le message officiel de la NRD? Je ne la crois pas si naïve. Ou pire, défend-elle consciemment les intérêts vampiriques? Cette simple pensée me hérisse le poil, et me file nausée. Ce n’est pas parce qu’ils n’affichent pas clairement leurs ambitions que les vampires ne tirent pas les ficelles dans l’ombre. La révélation en elle-même est déjà la preuve que les macchabées cherchent à mettre leurs sales pattes mortes dans nos affaires. Ils réclament d’être parfaitement intégrés dans notre société, mais ont le culot de refuser notre justice. Ils méprisent nos lois, et usent sans vergogne de stratagèmes mafieux pour obtenir satisfaction : corruption, dissimulation de preuves et de témoins, menaces, assassinats… Enfant, elle a baigné dans ce même système véreux. Elle sait. Qu’elle ose prétendre face à moi une telle méconnaissance des mécanismes qui se jouent en coulisses me heurte. Elle devrait avoir honte de jouer la cruche devant un sénateur, surtout s’il connaît bien ses grands patrons.  

«- Simple divergence d’opinion...»
Je choisis de ne pas en dire davantage. Le ton est ferme, et clos définitivement le sujet. Après l’énorme connerie qu’elle vient de balancer, je me réjouis de ne pas l’avoir choisie pour suivre le dossier. Et comme si l’offense n’avait pas été suffisante, elle annonce vouloir satisfaire son addiction à la nicotine, sans se soucier d’empuantir l’espace et détériorer mes poumons. Rien que pour ça, je pourrais la brutaliser. Elle le mériterait. Alors oui, ma réaction était probablement disproportionnée, mais je hais réellement la cigarette. C’est viscéral. Ça prend aux tripes. C’est une invitation au meurtre. Il aurait été plus élégant et sophistiqué  d’opter pour un rail de coke, surtout en connaissance de ses vertus aphrodisiaques. Mais la clope, c’est un NON catégorique.

Avec une facilité déconcertante, il lui suffira d’un sourire mutin et d’une remarque taquine pour désamorcer toute la tension qui commençait à monter en moi. Mes lèvres s’étirent dans un sourire amusé, empreint d’un soupçon de reconnaissance.
«- J’ai bien conscience que vous pourriez casser les crocs de chaque vampire ayant eu la mauvaise idée de venir vous importuner, et ce, sans même froisser votre robe. Voyez la présence du garde comme un geste de galanterie.»
Evidemment, il s’agit uniquement d’un trait d’humour. Quoi qu’elle en dise, elle n’est pas de taille à combattre un vampire. Ses cabrioles en forêt n’y changeront rien. La confrontation avec Aliénor m’a fait prendre conscience de toute la démesure de leur force surnaturelle. Depuis, je vis dans une crainte perpétuelle qui frise parfois la paranoïa. Je ne suis pas vaincu, loin de là, mais je connais mes faiblesses. Et bien malgré moi, elle en fait partie. Pour le reste, je laisse faire les professionnels.

Détourner la conversation sur l’émeraude qui orne son doigt permet de lui faire temporairement oublier l’appel lancinant du poison nauséabond. Je ressens une certaine fierté à lui dérober quelques minutes supplémentaires, tout en créant une nouvelle proximité. Presqu’une intimité. Sa main dans la mienne. Peau contre peau. La pierre est belle, presque autant que sa propriétaire. Au fond, j’avais déjà la certitude qu’elle n’était pas alchimiste, j’en aurais perçu les signes bien plus tôt, mais la confirmation m’arrache tout de même une pointe de déception. L’espoir de rencontrer un autre pratiquant de cet Art oublié s'amenuise de jour en jour. Si je venais à mourir prochainement, toutes mes avancées dans le domaine seraient perdues. Ce travail de longue haleine aura été vain. J’ai presque terminé la rédaction de mon recueil alchimique, que seul un initié saura décrypter. Et Dieu sait qu’ils sont rares. Mon fils aîné ne semble pas vouloir reprendre le flambeau, à mon grand désarroi. A moi de trouver et former un autre successeur avant de finir six pieds sous terre.

Medea a opté pour l’émeraude par souci esthétique, par contraste avec sa robe carmin. C’était prévisible. L’italienne est une femme de goût et d’instinct. Mais malheureusement, les doctrines hermétiques n’ont su allumer sa conscience. L’idée d’une autre forme de partage germe dans mon esprit, et elle serait parfaite dans le rôle. Son nez effleure mon cou alors qu’elle relève le visage vers moi. Même si je devine qu’il s’agit de maladresse plutôt que d’une action pleinement consciente, ce contact inopiné réchauffe mon ventre et mes pensées. J’en veux plus. Beaucoup plus. Les notes langoureuses du fond sonore nous enveloppent. Nos regards s’étreignent, se fondent l’un dans l'autre. Le temps semble se suspendre. Et à la fois, tout va très vite. Déjà elle se relève, ressert nos verres, puis choisit de se réchauffer les reins devant l’âtre. Ma flamme saurait la brûler avec plus de passion et d’ardeur. Je n’ai pas su saisir l’occasion. J’aurais dû attraper ses lèvres, capturer sa nuque avec fermeté, passer la main sur cette cuisse dévoilée, aguicheuse et sensuelle.

Mon coeur bat plus fort. Je suis troublé. Elle avoue préférer ma présence à la pulsion de la nicotine. Un sourire satisfait éclaire mes traits. Je ne sais plus trop comment enchaîner sans l’ennuyer. J’aurais préféré qu’elle reste assise à mes côtés. Cette nouvelle prise de distance ne m’est pas favorable. A-t-elle été dérangée par notre proximité?  
«- Les clichés ont la vie dure. L’alchimiste est généralement vu comme un vieux barbu moyenâgeux qui cherche à changer le plomb en or au fond d’une cave lugubre. Mais en réalité, ils sont en quête de l’OWR (אור), mot hébreu, qui signifie “lumière”, ou par extension “secret”.»
J’essaie de simplifier mon discours pour ne pas me perdre dans un cours théorique qui me prendrait des heures, et qui risquerait de faire sombrer la belle dans un sommeil profond.
«- L’alchimie est avant tout un mouvement philosophique.»

Je me lève, quitte le confort du canapé pour venir avaler une nouvelle gorgée de vin, afin de m’octroyer un courage qui commence déjà à me manquer, face à elle. Je redeviens ce jeune homme timide qui n’osait l’aborder. Non, pas tout à fait…
«- Le principe de transmutation s’applique à la matière, tout comme à l’âme. Il serait réducteur de ne s’arrêter qu’au métal. Vous savez, je suis chercheur en chimie moléculaire. Mon métier, c’est justement de repousser les frontières du monde connu, d’explorer les confins de l’imaginable, d’explorer l’inexplicable.»

Je m’avance vers elle  d’un pas assuré, réduit la distance qui nous sépare. Mon regard cherche à capter le sien, à user d’un charme de serpent, pour espérer l’hypnotiser. A moins que ce ne soit l’inverse. Plonger enfin dans l’ivresse de ses sens. J’ai confiance en mon potentiel. Les signes ne trompent pas : je lui plais. Il serait idiot de ne pas en profiter.
«- … et peut-être aussi comprendre la limite entre l’acceptable et l’inacceptable.»
Ma main saisit sa taille, réchauffée par les flammes dansant dans l’âtre. Dans la lumière rougeoyante, je ne l’ai jamais trouvée aussi belle, aussi désirable. Les battements de mon cœur tambourinent dans ma poitrine. J’admire un instant les traits de son visage racé, ferme les yeux sur cette image enchanteresse puis approche mes lèvres des siennes.
Toute raison m’a quitté.

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Jeu 29 Déc - 18:51 (#)

Jake ne s’étend pas sur les raisons qui l’ont placé dans le viseur vampirique et Medea ne cherchera pas à en savoir plus. Ça ne la regarde pas et elle n’est pas en service. Se contente de prononcer le discours bénin de la Nrd regardant les Immortels. Ce n’est ni le lieu ni l’endroit pour aborder un sujet controversé. Ni pour partager ses propres expériences concernant les Clans de Shreveport. Les menaces qui pèsent sur lui sont suffisamment sérieuses pour nécessiter la présence d’une équipe de sécurité et il a déjà prévenu les autorités. Il semble avoir la tête sur les épaules, en plus qu’elle soit bien faite. La consultante a déjà assez de cas à traiter sur son bureau pour ne pas rajouter une affaire pro-bono simplement parce que le principal intéressé ne lui déplait pas. Le ton de sa voix indique d’ailleurs clairement qu’il n’a pas envie de s’épancher sur cette question.

Entre le vin, le feu de cheminée et la discussion déliée s’aventure l’envie fugace d’une cigarette. Que son interlocuteur ne partage visiblement pas. La proposition d’être accompagnée par un garde du corps pour ces quelques minutes en dehors du périmètre de l'hôtel est accueillie avec un sourire et une plaisanterie, avec la volonté affichée de dédramatiser la tension qu’elle sentait monter entre eux et qui n’était pas porteuse des notes électriques des minutes précédentes. Il ne se laisse pas démonter et poursuit dans la même veine. L’amusement perce dans les prunelles sombres. -La galanterie est un art qui se perd, comme la poésie j’en ai peur. Vous devez être l’un des derniers défenseurs.

Ce qui est loin de la décevoir. Elle n’a pas de patience avec les applis de rencontre et un homme capable de se montrer charmant lors d'une rencontre dominée par la main du hasard devient de plus en plus rare. Medea n’a pas encore gravé l’issue de cette soirée impromptue, se laisse guider ses envies et ses caprices. L’instant est en suspend et c’est une chaleur qui lui est agréable. D’accepter cet élément de surprise dans une vie dont elle contrôle sévèrement tous les éléments. Son intérêt pour l'émeraude qui orne son doigt, elle n’aurait pas pu le prévoir. Ce premier contact physique concret qu’il initie entre eux. Est ce que ses questions concernant le bijou absinthe est un prétexte pioché au hasard dans une liste? Non, il semble sincèrement passionné et l’inconnu dévoile une facette surprenante de son identité. Son intérêt, sa manière de parler de la pierre précieuse l’intrigue. Lui donne envie de creuser sous le masque du parfait gentleman qu’il lui présente.

Il réveille ses épines chasseresses et elle décide de ne pas les arracher. De les laisser s’exprimer, à patte de velours. Les notes de son parfum vaporeux qu’elle capture à même sa peau dans une caresse encore trop légère pour être décisive. Une pression de sa paume sur un genou. Juste… pour aiguiser ce menuet encore trop vague. S’autorise l’éclosion de la fleur carnivore de sa sensualité. Ignore encore quel genre de proie s’aventure entre ses mâchoires lascives. Ni même si elle ne va pas simplement le relâcher sans le goûter. Elle se relève, retrouve la chaleur vive des flammes, le tanin du vin sur ses papilles. C’est suffisant pour décider que finalement la cigarette serait une distraction dont elle se passe.

Le sujet de l’Alchimie est aussi nouveau pour elle que ses racines sont profondes et anciennes. Elle n’a jamais eu l’occasion de se renseigner sur ce sujet aussi vaste. Elle aime la manière dont il balaie les poncifs habituels pour polir sa vision de cette première science. Medea n’a aucun mal à admettre que l’intelligence et la culture nourrissent son désir tout autant qu’un corps séduisant. Il semble que Jake possède les deux. Il la rejoint à côté de la cheminée et elle se contente d’écouter. D’apprendre. Non, elle ne savait pas qu’il était scientifique, mais ne relève pas la tournure de phrase théorique. -Il y a là quelque chose de parfaitement cohérent, d’explorer le monde qui nous entoure et d’essayer d’en comprendre les mécanismes, à la fois avec les moyens de la science moderne et au travers du prisme de connaissances plus anciennes. -Elle sourit, sans moquerie, mais il est difficile de ne pas ressentir combien le sujet lui tient à cœur. -Vous avez de l’ambition. Etes vous satisfait de vos avancées dans l’un et l’autre de ces domaines? - Il ne sera jamais satisfait. Il voudra toujours repousser les limites. C’est inscrit en filigrane dans ses paroles. Il se rapproche encore davantage et elle incline légèrement la tête vers lui.

Regard arctique qui accroche le sien et dans son expression, c’est un tout autre discours qui s’écrit. Qui n’a plus rien à voir avec la Philosophie et totalement avec l’Alchimie des corps. Medea n’est pas si imune à cette attraction qui déploie ses ailes entre eux pour ne pas ressentir une nuée d’oiseaux prendre leur envol au creux de son ventre. Sa posture, elle, ne souffre d’aucune variation. Sinon la courbe d’une lèvre qui lui répond. Il maîtrise ses paroles pour le mener exactement là où il voulait. Orateur consommé dont elle admire l’expérience. Oui. Il a l’intelligence et la détermination qu’elle aime retrouver dans ses partenaires sexuels. Pression tiède de sa main sur sa hanche à laquelle elle ne se dérobe pas. Il dessine entre eux la naissance d’un baiser, tout en lui laissant le choix de sa creation.

Medea est émue par ses paupières qui se referment, par ce regard qui se tait pour s’effacer devant l'émotion possible. Ou pour se protéger d’un éventuel rejet. L’italienne murmure contre les lèvres en offrandes, si proches que chaque mot imprime sa vocalisation aérienne contre la bouche masculine. -Comprendre, ou repousser ces limites? -Rhétorique, une seconde fois. Elle, elle garde les yeux ouverts. Elle veut tout voir. Sa main droite épouse sa joue, la seconde tenant toujours le verre à pied, et elle donne un coup de dent âpre sur la lèvre inférieure masculine, la tiraillant entre ses incisives une ou deux secondes. Alors seulement, elle l’embrasse. Prenant son temps. Savourant le moelleux de sa bouche contre la sienne. C’est un baiser lent, délibéré. Dont elle garde la maitrise.
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Mardi 21 novembre 2000 | 02h24
Appartement de Medea Comucci | New-York


J’avance à pas de chat, et malgré tous mes efforts, le bois du parquet craque doucement sous ma semelle. Je me fige à chaque bruit, les sens en alerte, guettant le moindre mouvement alentour. La sirène d’une ambulance retentit le temps de traverser la rue en contrebas. Paré à l’attaque, je sers fermement mon poignard. Sa lame bien affûtée est d’une efficacité redoutable. Chirurgicale. Entièrement vêtu de noir, je me laisse avaler par les ténèbres de cet appartement que je connais déjà par cœur.

J’avance précautionneusement vers la chambre, dont la porte est restée entrouverte, puis approche du lit où est allongée ma belle endormie. Elle est rentrée tard du boulot et, épuisée, n’a même pas pris la peine de fermer les volets. Un rayon de lune éclaire délicatement son visage. Avec une lenteur millimétrée, je ploie les genoux pour l’observer de plus près. J’adapte ma respiration pour coller parfaitement à la sienne. Elle semble si sereine, presque apaisée. Avec une douceur mesurée, ma main gantée de cuir vient repousser la mèche de cheveux qui barre sa joue.

Si elle ouvre ses yeux encore ensommeillés sur moi, je n’aurai d’autre choix que de lui trancher la gorge, suffisamment profondément pour sectionner ses cordes vocales. Aucun autre son que quelques gargouillements sinistres ne quitteront plus jamais ses lèvres désirables. Bien sûr, elle ne mourra pas instantanément, elle se videra de son sang pendant quelques longues minutes avant de succomber d’un arrêt cardiaque. Elle disposera de suffisamment de temps pour comprendre qui je suis, et l’erreur fatale qu’elle a commise en refilant le dossier à son vieux collègue ventru à moitié chauve. Je ne suis pas assez bien pour elle, c’est ça?! Je ne mérite pas son attention?! Son mépris pour moi est insultant. Au final, la si brillante petite chienne taqueuse du FBI n’aura fait qu’aboyer après le vent.

Mon regard descend vers les courbes d’une poitrine délicieuse que je devine sous le drap. Oui, je prendrai le temps d’abuser de son corps agonisant, tout en lui racontant les sévices que je ferai longuement subir à son cadavre. Je veux lire l’effroi et la douleur dans ses yeux de biche piégée. Cette simple pensée gonfle mon érection. Susciter des émotions violentes et intenses autour de moi m’aide à valider mon existence. Toute cette folie noire qui me ronge trouve enfin un sens. Une utilité. Cette nuit, vertigineuse de vice intérieur, je me sens pleinement vivant, dans mon élément. Je l’observe encore pendant un bon quart d’heure, avant de repartir sans un bruit. Le destin a souhaité que je la préserve. Pour l’instant.






Samedi 20 février 2021
Tallulah Restaurant and Wine Bar | Bâton-Rouge | Louisiane





Un vague sourire en coin étire mes lèvres pendant quelques secondes, alors qu’elle demande si les avancées de mes recherches sont satisfaisantes. Elle sait pertinemment que cette question appelle forcément une réponse négative, la lenteur des processus est chose connue. Hormis dans le cas de découvertes majeures, le métier mêle grande patience et extrême frustration. Je serais prêt à parier que derrière ses mots, Medea cherche à tester ma détermination, et peut-être titiller mon assurance. Elle joue avec moi, ce qui n’est pas réellement pour me déplaire. J’accroche son regard, y pénètre tout entier au risque de m’y noyer. Je refuse de rester en surface, je veux tout d’elle. Tout. Le destin l’a placée sur ma route pour que je ne réitère pas les fautes passées. J’ai raté le coche une fois en l’abandonnant lâchement à son stupide loup, je ne reproduirai pas cette erreur une seconde fois.

Je sais exactement ce que je veux, et ferai tout pour l’obtenir. Ma hargne et ma volonté ne connaissent aucune limite. Sur les notes chaudes et lascives de “Wicked Game”, repris par la divine Daisy Gray, j’approche de Medea avec une assurance presque arrogante. Ma main serrée contre sa hanche, j’avance mes lèvres des siennes, conscient de l’aspect déraisonnable de cette attitude. Il s’agit d’un jeu dangereux, assurément. Avec une fulgurance imprévue, l’appréhension remplace soudain la confiance. Mon rythme cardiaque s'accélère, tambourinant fort dans ma poitrine. Qu’elle me rejette maintenant serait pire que tout. Outrage impardonnable qui saignerait durablement mon égo. Son doux parfum fruité caresse mes narines. Sa bouche effleure la mienne, me refusant toutefois d’en épouser le contact, laissant gonfler la tension sensuelle dans une attente quasi-douloureuse. Les mots murmurés témoignent d’une grande maîtrise, d’une force féminine devant laquelle je ne peux que m’incliner. Troublé, et faute d’une réponse intelligente, je me contente d’un sourire. Bien sûr que je souhaite bousculer toutes les limites, en particulier avec elle. La compréhension n’a d’utilité que lorsqu'elle peut être utilisée pour servir mes ambitions.

Féline, elle mord ma lèvre inférieure, avant de la titiller entre ses dents. D’incoercibles frissons courent le long de mon échine, s’insinuent en moi et me griffent le ventre. Une morsure est un acte intrinsèquement érotique. A quel point en a-t-elle conscience? Mon corps tout entier s’embrase sous l’effet du désir. D’un coup, elle fait grimper la température, sans que la cheminée n’y soit pour rien. Ma main se sert un peu plus fort sur sa taille. Un instant, j’aurais voulu qu’elle laisse sa signature sur ma lèvre, pour porter sa marque avec fierté. Sauf que je me connais, je n’aurais pas supporté qu’elle attaque mon intégrité physique. Mon image publique se doit d’être irréprochable.

Je me laisse guider par sa bouche, par sa langue, alors qu’elle concède enfin à m’offrir ce baiser que je réclamais. Tout en elle m'enivre, bien davantage que n’importe quel vin. Je m’abandonne à elle, respecte avec assiduité le rythme délicieux de ses envies. Avant de goûter ses lèvres, je ne m’étais pas rendu compte du vide qu’elle avait creusé en moi, et qui ne demandait qu’à être comblé de ses attentions. Je savoure l’instant avec un plaisir non feint. Sans décoller ma bouche de la sienne, j’attrape le verre de vin qu’elle tient toujours dans sa main, puis le pose sur le rebord de cheminée. Une maladresse pourrait gâcher la magie.

Mon ivresse de la sentir contre moi irradie la moindre parcelle de mon corps. Une certaine dureté saurait illustrer mon excitation bien mieux que n’importe quel mot. J’ouvre à nouveau les paupières au moment où je choisis à regret de décoller nos lèvres. Mes yeux pétillent de désir et d’autres sentiments plus troubles que je ne saurais définir. Je lui adresse un sourire un peu trop triomphal, que je cherche à teinter d’expressions plus nobles. Oui, je brûle de fierté. Et alors? L’instinct de chasseur est puissant. D’un geste possessif, ma main vient accaparer sa nuque, alors que l’autre sert toujours fermement sa taille, puis je l’embrasse à nouveau, avec un débordement de passion et de bestialité mal contenues. L’association du manque et de la frustration qu’ont engendré ces vingt ans d’attente accentuent maladivement mon empressement. Je veux m’imprégner d’elle. Plus rien ne pourra me l’arracher, maintenant.


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