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Burn with me tonight || Heidi

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Your soul is mine
Anna Janowski
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Your soul is mine
The Greatest

En un mot : Perfection démoniaque
Qui es-tu ? : - Avocate vedette anti-CESS
- Ambition dévorante
- Démone qui se découvre
- Tortionnaire de la misérable petite Heidi

Facultés : Engeance d'Ishtar
Don de magnétisme conférant un charisme hors du commun
Burn with me tonight || Heidi  97434189fd0a021a5da1e3756eb9ed0dfe2d3321
I have bloomed with roots in hell

Pseudo : Ulfhe
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Lun 23 Aoû - 8:22 (#)

Assise au bar du restaurant, dos à la salle et à la scène dans un de ces tabouret haut, dodu et confortable, je sirote un cocktail raffiné en attendant que ma table soit prête. J’ai réclamé tout spécialement la table la plus proche de la scène. C’est la première fois que je viens dans ce restaurant sophistiqué qui se fend de quelques musiciens pour distraire les riches convives, à vrai dire l’ambiance n’est pas déplaisante et le tout ressemble à un endroit tout à fait respectable, c’est à se demander comment elle a pu trouver du travail ici. Je savoure mon verre en me délectant à l’avance de nos retrouvailles. Le détective privé que j’ai engagé pour retrouver ma triste cousine après avoir appris qu’elle vivait dans cette ville m’a donné bon nombre d’informations sur sa vie privée et où la trouver. Cette soirée promet d’être distrayante. Un serveur vient m’avertir que ma table est désormais prête et je l’informe que je la rejoindrai une fois mon verre terminé. A vrai dire je préférerais qu’elle ne me voie qu’une fois qu’elle aura commencé sa cacophonie, quand elle ne pourra plus s’esquiver comme elle savait si bien le faire à l’époque.

Les premières notes retentissent. Quelques coups de trompettes s’élèvent en agrémentant les autres instruments, emplissant la salle, englobant les spectateurs dans une atmosphère si particulière, les noyant dans ces vibrations lourdes et suffocantes. Un sourire en coin étire mes lèvres peintes, accompagnant la certitude que la pathétique trompettiste ne pourra pas se défiler sans se ridiculiser. J’abandonne mon verre désormais vide et, avec langueur et satisfaction, je me retourne vers la salle. Je descends du tabouret de bar avec élégance, fixant mon regard sur la musicienne honteuse que je suis venue voir. Elle a changé tout en restant identique. La même souillonne avec quelques années de plus, se dissimulant derrière des vêtements tout juste convenables pour se présenter à son public. D’un pas sûr, je rejoins l’avant de la salle, mes talons claquant à contre temps de la musique, un rythme dénotant qui semble presque crier que cet univers n’est pas le mien, que je n’y appartiens pas. Je finis par atteindre la scène et ma table, bien en face de cette indigne branche de mon arbre généalogique. Mon regard se fixe dans le sien. Elle me voit. Je lui souris, de ce même sourire que j’avais quand je m’amusais à ses dépend il y a de cela bien des années. Un sourire doux et mutin, mais qu’elle sait empli de promesse de sabotage et d’anéantissement. Je prends place dans mon siège, bien en face d’elle, tandis qu’un serveur m’apporte la carte. Je commande d’un air désinvolte un plat à base d’agneau, doux écho à la petite ovine qui se tient sur scène. Le concert doit durer dans les deux heures et je me délecte de l’idée que ma simple présence en face d’elle puisse la troubler. Une fois le plat servi, je me sustente en ne lâchant pas du regard la triste musicienne. Le plat est terminé, l’assiette débarrassée, la musique incessante. Durant tout le temps où la musique embrume la salle, agrémentée des quelques applaudissements des clients entre chaque morceau, je reste là immobile, à la fixer en souriant. D’un point de vue extérieur on doit penser que je suis une grande amatrice de musique qui se délecte du spectacle mais il n’en est rien. C’est son trouble et sa gêne qui me servent de spectacle ce soir. Le moindre geste, tressautement ou regard. J’appréhende la moindre hésitation, le plus infime tressaillement. Nous avons tant de temps à rattraper.
Après un temps non négligeable, un serveur annonce la fin du concert et remercie chaleureusement les musiciens sous les applaudissements du public tandis que je reste immobile. Les artistes se retirent de la scène. J’ai repéré la porte permettant de quitter ce qui s’apparente aux loges, la seule issue par laquelle la petite peut se faufiler pour espérer fuir cet endroit. Quelques minutes s’écoulent avant que les premiers musiciens ne s’échappent, j’abandonne alors ma table pour rejoindre la porte et cette dernière finit par s’ouvrir sur celle que j’attendais.

« Bonsoir mon petit bouquetin. » En deux enjambées je me place sur son chemin. Oserait-elle provoquer un esclandre ici au risque de perdre la possibilité d’y retravailler ? A quel point la petite gamine neurasthénique que j’ai connu a changé ? Pour ma part, me retrouver face à cette image plus vieille et plus usée de ma petite cousine me replonge dans le passé et sa douce nostalgie, de tous ces moments où je m’amusais si bien à ses dépens. Un sourire remplie de ses doux souvenirs m’échappe, comme une enfant qui vient enfin de retrouver son jouet préféré qu’elle croyait perdu. « Tu ne comptais pas partir si vite tout de même ? Viens donc boire un verre avec moi. »

Je lui désigne d’un geste la table depuis laquelle je l’ai observé jouer de son instrument bruyant. Et si elle tente de s’esquiver, je pense avoir de quoi la faire rester. Peut-être qu’avec le temps elle a fini par apprendre sa leçon et obtempérer. Au moins je lui aurais laissé une chance d’être une gentille fille obéissante. Mais pour être honnête, cela rendrait les choses bien moins amusantes.
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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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Lun 23 Aoû - 21:05 (#)



Burn with me tonight
Downtown, hiver 2021
ft. Anna Janowski



C
e soir, c’est soir de concert. La disparition du trompettiste régulier de ce jazz band professionnel dans des circonstances inconnues – sombre affaire de course d’orientation paraît-il – a laissé la porte ouverte à une opportunité que tu t’es empressée de saisir. Tu te produis sur les planches d’un restaurant réputé du centre-ville, un haut lieu de l’entre-soi et un formidable piédestal du haut duquel juger les petites gens le cou orné d’un bavoir à plusieurs centaines de dollars. Ton public de ce soir personnifie tout ce à quoi tes parents aspiraient, et tout ce pourquoi ils ont sacrifié l’amour qu’ils auraient pu te porter ; ces gens-là ont de l’argent et ils sont prêts à tout pour le montrer, pour donner l’illusion d’une culture raffinée en hochant la tête et claquant des doigts de la manière la plus anti-musicale possible sur du jazz tout en sirotant une flute de champagne hors de prix. Tu es persuadée que dans la salle, personne ne saurait faire la différence entre l’orchestre et une bande son.
Mais ce soir tu ne joues pas pour le public, ni même pour toi. Ce soir, c’est pour tes collègues que tu veux faire entendre le meilleur de ce dont tu es capable. Ce soir, tu fais tes preuves dans la cour des grands, tu as l’occasion de faire retenir ton nom comme la musicienne confirmée que ton ambition te réclame d’être.

Alors, méthodiquement, tu te prépares. Dans un sac, tu ranges tes partitions apprises sur le bout des doigts pour l’occasion à côté de ton livre de chevet du moment, un ouvrage sur la gestion d’entreprises, précieux au vu de la tâche qui le rend nécessaire. Après avoir compté une énième fois tes feuilles et t’être assurée qu’il n’en manque aucune, tu t’affaires à la révision complète de ton amie aux doux reflets métalliques. Chaque piston, chaque coulisse est passé au crible de ton expertise autodidacte, et tu t’assures que rien ne pourra faire défaut à ton jeu lorsque tu monteras sur scène. Rien ne pourra compromettre le bon déroulé de cette soirée, tu t’en es assurée avec calme et méthode, un précepte que tu tâches de garder à l’esprit dès que tu te sens t’emballer un peu trop.

L’heure fatidique arrive enfin, et avec elle l’angoisse de ne pas être à la hauteur que tu avais réussi à chasser toute l’après-midi en contrôlant minutieusement chaque aspect de ta prestation, encore et encore. Et pourtant, une fois dans les loges, toutes tes pensées négatives reviennent au galop. Alors tu respires, dans un coin de la pièce, tu fermes les yeux et tu fais le vide, du moins autant que tu en es capable. Il n’y a aucune raison que les choses se passent mal. Aucune. Enfin, aucune que tu étais en mesure de prévoir.
Les autres musiciens et toi finissez par gagner la scène, et bien vite, votre œuvre emplit les murs d’une ambiance chaude et intimiste. Tout aussi vite, tu retrouves tes marques et ta confiance te regagne : tu es dans ton élément et tu maîtrises parfaitement jusqu’au moindre de tes souffles. Tu es partie pour enfin arracher cette étiquette de bonne à rien qui, tu le pensais à chaque regard dans le miroir, te collait à la peau. Finalement à l’aise, tu relèves les yeux de ton pupitre au milieu de la première pièce.

Vos regards se croisent, et le tien se délite sur le coup en observant ce sourire si tragiquement familier te poignarder en plein cœur sous les yeux de l’audience et de tes collègues. Tu as fourni des efforts dont te ne te croyais incapable pour chasser cette image de ta tête et pour faire la paix avec toi-même, pour bâtir une nouvelle vie en acceptant les stigmates douloureux de ton enfance perdue. Il a pourtant suffi d’un seul regard pour rappeler ta psyché à l’état de ruine. Pendant quelques secondes, tu te figes, absolument tétanisée par cette vision cauchemardesque et pourtant fatalement réelle. Ton cœur est broyé sous la pression des souvenirs et d’une terreur nouvelle ; un violent vertige ébranle tes jambes déjà fébriles et fait gonfler tes yeux de larmes qui ne demandent qu’à s’échapper pour peut-être te donner le droit d’évacuer une infime partie de la charge qui t’accable à cet instant. Mais tu n’as pas d’autre choix que de les maintenir otages, tout comme tu es toi-même otage de la scène alors que les secondes défilent au rythme du swing sans qu’aucune note ne s’échappe de ton instrument. Qu’est-ce qui t’empêche de fuir, ou de t’effondrer ici-même, devant cette audience qui ne saurait exprimer la moindre compassion, devant ces collègues qui ne sauraient te laisser la moindre autre chance ? Il faut sauver les apparences, agir comme si tout allait bien et que tu n’étais pas à quelques mots de fondre en larmes en suppliant pour un peu de clémence.

Deux heures durant, tu n’as plus jamais levé les yeux. Tu n’as pas décroché le regard de tes partitions que tu avais pourtant apprises avec une rigueur exemplaire. Tu as tenté de sauver les apparences, et même si rien ne pouvait camoufler ton visage brisé en éclats innombrables et tranchants qu’il faudra ramasser en tenter de recoller tant bien que mal, tu as réussi à en rassembler assez pour ne laisser échapper aucune larme traitresse et donner l’illusion, au moins au public, que tu étais encore en état de jouer. A peine les applaudissements commencent à étouffer l’écho de votre dernière cadence, tu te précipites hors des planches pour rejoindre vos coulisses et enfin laisser céder la digue qui empêchait les violents flots de sanglots que tu retenais d’inonder ton visage. La douleur tord ton ventre tandis que tes collègues arrivent à leur tour.

« C’est de notre faute, on aurait dû savoir que t’avais pas les épaules, Janowski. Enfin, c’était pourtant pas le Blue Note. »

Un silence écrasant envahit la pièce, le temps que le leader distribue à chacun les quelques billets qui lui reviennent. Le visage caché par tes mains, tu pouvais tout de même voir tout le dédain avec lequel il a déposé ton cachet dans ton sac. Tu aurais voulu lui répondre, lui hurler qu’il ne comprenait pas, que tout ceci n’aurait jamais dû se passer comme ça, mais pour ça il aurait fallu que tu aies la force d’affronter son regard, et surtout d’assumer ton état pitoyable.
Quelques minutes passent, et tu parviens avec difficulté à retenir à nouveau tes larmes. Tu ranges avec une précipitation qui ne te ressemble pas ta trompette dans sa boîte dans un geste colérique et t’extirpes de la pièce avec la ferme intention de quitter les lieux au plus vite pour passer un coup de téléphone. Seulement, à l’instant même où tu franchis le seuil de la porte, un surnom que tu n’avais pas entendu depuis maintenant dix ans te confirme avec horreur que cette silhouette revenue te hanter depuis un passé lointain n’était pas un mirage. Elle est bien réelle, plus qu’elle ne l’a jamais été, et elle te fait te souvenir pourquoi même toutes ces années après tu n’as jamais réussi à trouver la paix : Elle est acharnée, et Elle réclame toujours un tribut.
Tu serres le poing ; tu es maintenant plus grand qu’elle, mais c’est elle qui te regarde de haut. Tu te sais capable de te défendre et même de prendre le dessus, mais cet avantage ne serait que physique ; psychologiquement, elle a un ascendant absolu, comme elle l’a toujours eu. Elle est peut-être la personne qui te connaît le mieux sur cette Terre, et c’est pour toi une malédiction. La voir se placer en travers de ton chemin, exiger que tu te plies à nouveau à sa volonté comme tu le faisais il y a une décennie, ça te met en colère. Ça réveille une rage sourde et que tu n’as pas le choix de rendre muette sous la pression de la terreur qu’elle éveille chez toi. Mais au milieu de cet orage grondant, de cette tempête abatant un ciel noir dans ton esprit effarouché, il réside encore une éclaircie. Tu te souviens de cette soirée avec Elinor, celle que tu considère être le point de départ de cette nouvelle vie que tu as décidé de mener envers et contre toutes tes pensées les plus pessimistes, et tu te souviens surtout de ses mots : tu te souviens qu’elle t’a promis qu’Elle ne pourrait plus jamais t’atteindre en restant aux côtés de ta marraine. Alors, tu t’accroches de toutes tes forces à ce souvenir, tu en tires autant de courage que tu peux en emmagasiner à partir de cette confiance sans faille que tu lui voues. Anna n’aura pas raison de toi. Pas de cette nouvelle Heidi que tu construis chaque jour un peu plus, pierre après pierre dans le plus grand édifice que tu aies jamais entrepris de bâtir.
Tu te mords la lèvre pour contenir tous ces mots qui voudraient sortir à la place de ceux-là.

« On a plus rien à voir, toi et moi. Je refuse de te laisser à nouveau entrer dans ma vie, Anna. »

Et puis, en lui adressant un dernier regard qui ne pouvait pas camoufler ton anxiété, tu la contournes et te diriges vers la sortie. Tu es fière de toi, fière de lui avoir tenu tête et surtout fière de n’avoir cédé à aucun des sentiments dont les vagues se brisaient avec violence contre les barrages que tu avais érigés à la va-vite. Tu veux seulement rentrer chez toi et oublier cette soirée, en appelant Elinor ou peut-être Anaïs pour ne pas faire face à ta détresse seule. Tu veux reprendre le contrôle de ta vie, perdu en à peine un regard.


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Ven 27 Aoû - 11:19 (#)

Quelle joie, quel bonheur, quel spectacle. La musique minable, le désarroi de la musicienne, son désespoir et sa chute. Plus savoureux qu’un plat délicat, plus doux qu’un champagne hors de prix. Comme tu m’avais manqué, cousine. Mais deux petites heures à contempler ta déchéance ne saurait pallier plusieurs années d’absence.
Elle a enfin quitté la tanière de sa loge pour essayer de fuir. Malgré son calme apparent je peux voir sur ses traits toutes ces émotions terribles qui l’habitent malgré le temps qui s’est écoulé. Ces tourments qui froissaient son visage d’enfant à l’époque et qu’elle dissimule mieux à présent, mais pas suffisamment. Et à la voir ainsi je comprends. Rien n’a changé. Le temps n’a rien tari. Je l’ai marqué si profondément dans son âme que jamais elle ne m’oubliera. Un doux sentiment de satisfaction m’emplie à cette idée tandis qu’elle prend enfin la parole. Elle me gratifie de tout juste quelques mots et je prends un air triste et penaud, volontairement surjoué, qui ne la trompera en rien. Une moquerie à son encontre, un air boudeur tandis qu’à grandes enjambées chaloupées je la suis en restant à son niveau, arpentant la grande salle dans laquelle la musique a laissé place aux quelques murmures portés par des conversations inintelligibles et bien moins intéressantes que ce qu'il se passe entre nous.

« Tu me brises le cœur mon petit bouquetin. Mais tu sais… » Ma voix se fait plus basse, plus susurrante, presque ronronnante, comme si je lui révélais un secret particulièrement plaisant. «… je resterai dans ta vie à tout jamais. Parce qu’en un sens, tout ce que tu es, tu me le dois. »

Jamais devant personne d’autre je ne saurais reconnaitre à quel point je me réjouis de sa déchéance et combien j’apprécie autant l’idée que j’ai joué un rôle dans son anéantissement. Mais plus que tout, je veux que elle, elle y croit. Je veux que ça la tourmente. Que l’idée même que sa vie actuelle et son délabrement soit mon œuvre, que sans moi elle ne serait rien de ce qu’elle est aujourd’hui. Je veux qu’elle s’interroge en permanence, qu’elle se demande ce qu’elle aurait pu être, qui elle aurait pu être. Et je rêve que dans les quelques rares moments de bonheur qui surgissent peut-être parfois dans sa vie misérable de manière inopinée, elle se dise que finalement c’est grâce à moi qu’elle les a, parce que sans mon intervention sa vie aurait pu être radicalement différente. Elle ne ferait pas ce qu’elle fait actuellement. Elle n’aurait pas rencontré les mêmes personnes. Peut-être ne serait-elle même pas dans cette ville. Oui, tout ce qu’elle a, elle me le doit. Sans concession aucune. Je m’adresse à elle d’une voix un peu plus forte, de celle qu’on utilise pour rappeler à l’ordre un gamin capricieux. Le genre de ton que l'on ne s'attend pas à entendre dans un endroit si raffiné et si richement décoré ou ne trône que l'élégant.

« Maintenant ne fais pas l’enfant, tu t’es déjà suffisamment ridiculisée comme ça pour aujourd’hui. » Quelques regards curieux s’accrochent à nous. Oserait-elle provoquer un esclandre ici ? Le ton se fait mielleux avec une pointe de reproche. « Et dire que j’étais venue par pure courtoisie. On me demande de représenter les gens qui se sont battus avec ta colocataire, ton amie qui est à l’hôpital, mais il y aurait eu un conflit d’intérêt puisque c’est une proche de la famille. » Un petit sourire mutin et plein de maléfice étire doucement mes lèvres tandis que j’enchaine. « Mais si tu ne veux plus de moi dans ta vie, il n’y a plus aucun conflit d’intérêt et alors je pourrais me charger de son cas sans soucis. C’est ce que tu veux ? Tu penses vraiment qu’elle saurait trouver quelqu’un d’apte à la défendre contre moi ? »

Le chantage a toujours été à mon goût. Un moyen parfait pour obtenir un ascendant grâce à tout juste quelques paroles douces et quelques fourberies brutales. Pour tout dire cette histoire n’est qu’un coup de poker, il n’y a rien de vrai dedans. Du moins, pour le moment. J’ai entendu parler de tout ça en obtenant à la fois des informations de mon détective et de quelques groupes plutôt radicaux que j’ambitionne d’avoir pour clients. Un parfait moyen de pression pour obtenir ce que je veux ici, pour peu que ma triste cousine se soit vraiment attachée à la personne avec qui elle vit.

« Ou alors, tu peux venir t’assoir avec moi. »

Je lui désigne de nouveau ma table près de la scène où s'est jouée son désespoir un peu plus tôt. Mon sourire est doux mais mon regard soutient la menace que je lui ai proféré. Elle me connait, elle sait que mes menaces sont à prendre au sérieux et que rien ne me ferait plus plaisir que de détruire ce qu’elle aime. Alors petite, te sacrifieras-tu pour ton amie, ou bien prendras-tu la fuite comme tu sais si bien le faire ?
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Ven 27 Aoû - 17:07 (#)



Burn with me tonight
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A
quoi tu t’attendais, au juste ? A ce qu’elle reconnaisse que tu as grandit et qu’elle respecte ton choix ? Souviens toi un peu de qui il est question. Anna, ta cousine, ton bourreau, celle qui pendant quinze années passées à tes côtés n’a jamais cessé d’organiser toute ta vie pour qu’autour ne gravitent que mépris, humiliation et indifférence. Alors évidemment qu’elle te suit, évidemment qu’elle ne va pas te laisser partir seulement parce que tu lui demandes. Et ce surnom dont elle t’affuble une nouvelle fois… Tu serres le poing mais ne lui accorde ni le regard, ni les mots qui pourtant brûlent tes yeux et tes lèvres. Tu hais sa voix, tu hais son visage, tu hais absolument tout chez elle, et par-dessus tout tu exècres sa manière d’être, comme si rien ni personne ne pouvait l’atteindre et perturber son jeu pervers.
Elle parle, crache son venin, touche toujours en plein cœur. Elle est toxique, corrosive, caustique. Tout ce qui sort de sa bouche est un miasme noir et épais qui enveloppe et étouffe sans que personne ne remarque rien, elle asphyxie de ses paroles nauséabondes tout ce qu’elle juge assez vivant pour capter son appétit de destruction. Elle te connaît par cœur, mais toi aussi, tu as déjà expérimenté les moindres détails de ses pensées sadiques et retorses. Tu sais comment elle fonctionne, et tu sais que tout ce qu’elle désire, elle peut l’obtenir par le chantage. Celui avec lequel elle vient de te prendre en otage t’arrête net.

Elle a osé. Bien sûr qu’elle a osé. Elle s’en est toujours prise à toi en attrapant devant tes yeux la moindre chose qui t’était chère et en la broyant ensuite en se nourrissant de ton impuissance. Ton poing est tellement serré que tes ongles commencent à te faire sérieusement mal en distordant la paume de ta main. Qu’est-ce qui t’empêche, à cet instant précis, de lui faire ravaler ses paroles en lui renvoyant physiquement toute la violence qu’elle t’a infligé moralement ? Tu en es capable, très largement ; si tu le voulais, tu pourrais facilement lui casser un bras, la faire hurler de douleur et ruiner son maquillage en savourant avec une extase indicible le symbole du masque qui s’étiole. Seulement, c’est impossible. Pas en ce lieu, pas à cette heure, ni nulle part et jamais d’ailleurs. Elle trouverait toujours un moyen de te faire payer le prix de ta révolte pourtant légitime ; le seul moyen de t’assurer une conscience tranquille et l’apaisement de ton âme serait de mettre fin à ses jours de manière définitive, et là encore tu es persuadée qu’elle trouverait un moyen de te hanter depuis l’au-delà.

Alors, tu te retournes et ton regard se fixe dans le sien. Tu sais pertinemment qu’elle se délectera de la moindre émotion autodestructrice qu’elle arrivera à capturer dans tes yeux et tes paroles, mais si tu ne les libères pas très vite, elles finiront par te ronger elles-mêmes de l’intérieur. C’est la colère qui a pris le pas sur la peur, une rage sourde qui réduit tout le reste au silence, muselée seulement par l’angoisse des représailles, et surtout celui de ruiner tes efforts pour devenir la personne que tu souhaites être.

« Qu’on soit bien claires, je ne te dois rien. Rien du tout. »

Seulement d'innombrables heures passées à pleurer seule et à t'enivrer pour oublier tout le chagrin dont elle a si fièrement été la cause. Tu siffles tes paroles et ta langue claque contre tes dents, comme une vipère acculée voulant prouver qu’elle ne mourrait pas sans mordre. Xanthe et toi ne vous êtes pas parlé depuis des jours, des semaines même. Elle est partie vivre chez son parrain à sa sortie de l’hôpital, et vos vies sont depuis celles de deux inconnues, mais tu tiens toujours à elle, tu culpabilises toujours pour ce qui lui est arrivé alors que la faute ne t’incombe pas. Pour Xanthe, tu vas alors, sans qu’elle ne le sache jamais, consommer un des plus grands sacrifices que tu n’aies jamais faits.

« Tu la laisses en dehors de tout ça. T’as gagné, je t’accompagne. »

Si tout ton corps n’était pas aussi raidi par la frustration et la rancœur, il serait en train de trembler de terreur. A vrai dire, tu ne fais que retarder le moment où tu fondras en larmes en espérant que la personne que tu appelleras au milieu de la nuit répondra et voudra bien t’écouter.
Tu détournes enfin le regard d’elle et te mord la lèvre à nouveau pour garder une illusion de dignité devant cette foule prête à te lapider pour le moindre faux pas ou le moindre mot un peu trop haut. Portant toujours ta mallette, elle qui te donne un air presque professionnel lorsque tu la trimballes rapidement d’habitude entre les tabourets et les tables d’établissements plus humbles, tu finis par aller t’asseoir à la table qu’Anna t’a désignée, celle à laquelle elle s’est fait une joie de démolir ta confiance déjà fragile d’un simple regard deux heures durant.

« Qu’est-ce que tu me veux, Anna ? »

Ton cœur bat à tout rompre et tu ne peux canaliser le tremblement nerveux qui agite tes doigts sous le plateau de bois frivolement garni. Tu maintiens tant que tu le peux le visage neutre que te donne ta colère, mais l’angoisse reprend petit à petit ses droits, et si tu ne t’éclipses pas bientôt, tu vas finir par lui donner le spectacle qu’elle est venue chercher en te retrouvant.
Tu n’as même pas encore eu le temps de te poser toutes ces questions élémentaires qui ont germé sous le linceul d’effroi de ton esprit. Comment a-t-elle su ? Pourquoi est-elle là, dans la même ville que toi alors que tu n’as jamais donné aucun indice ni signe de vie depuis ta fugue ?


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Mer 1 Sep - 8:05 (#)

Les tressaillements de colère, ses petits poings qui se serrent, son choc et sa stupéfaction. C’est donc maintenant que se joue le véritable spectacle de la soirée, celui qui m’est entièrement réservé et que nul autre ne saurait savourer à sa juste valeur. Son mal-être constant et les quelques réactions trahissant son dévasement font battre mon cœur de ravissement. Elle contrôle mieux ses émotions maintenant, se retenant autant que possible de me les montrer, cela ne rendra le jeu que plus drôle encore de venir les lui arracher. Quel intérêt de briser quelque chose de fébrile ? Il est bien plus amusant de faire chuter ce qui lutte avec ardeur et désespoir. Quelle tristesse ça aurait été de retrouver un petit être brisé et recroquevillé sans espoir ni rébellion. Elle persifle une réponse piteuse, se mentant à elle-même si elle pense que sa vie tout entière ne porte pas mon empreinte. Et puis, la victoire, elle cède sous la menace, dépose les armes et accepte sagement d’obéir comme un chien bien dressé qui craint les répercussions d’un mauvais comportement. Et sous mon sourire fier et ravi – un de ceux qu’on peut voir chez une personne dont l’animal de compagnie vient de réussir un tour – je l’observe s’assoir docilement à ma table avant de la rejoindre d’un pas guilleret pour regagner ma place initiale. Parmi le murmure des conversations anodines sa voix s’élève pour chercher à comprendre à quel jeu on joue ce soir. Un sourire mutin éclaire mon visage comme si la réponse était des plus agréable alors que je sais qu’elle ne l’appréciera en rien.

« Je viens juste de m’installer en ville. C’est l’occasion de renouer nos liens familiaux, tu ne crois pas ? Ce que je veux c’est passer un peu de temps avec ma cousine préférée, pour rattraper le temps perdu. »

Une phrase anodine pour le commun des mortels mais qui prend une toute autre saveur dans cet échange. Quelqu’un d’extérieur pourrait même trouver notre début de discussion touchant. Je me demande, maintenant que je suis adulte et que je dispose de ressources que je n’avais pas à l’époque, jusqu’où je pourrais m’amuser au détriment de ma cousine préférée. Qu’est-ce que l’argent peut acheter pour ruiner sa vie ? Qu’est-ce que ma réputation peut faire à la sienne ? Quelles sont les limites ? Tant de possibilités qui me ravissent au plus haut point, illuminant mon visage d’un sourire éblouissant. Je vais drôlement bien m’amuser. Je fais mine de redevenir sérieuse, un air presque chagrin, et reprends :

« Tu sais, ça a fait beaucoup de peine à la famille quand tu n’es pas revenue à la maison après le lycée. » Je marque une pause, faisant signe au serveur qui était en train d’apporter l’addition à une autre table. « Tu imagines un peu ce que les voisins racontaient ? Tellement de ragots à ton encontre. Ils imaginaient que tu étais tombée dans la drogue, voir même la prostitution. Ou alors que tu étais internée en hôpital psychiatrique. Ça a fait beaucoup de peine à ta mère. » Le serveur rejoint notre table et je lui demande avec le sourire poli de la cliente distinguée : « Apportez nous deux verres de scotch. » Mon attention se retourne vers Heidi tandis que le serveur s’éloigne en slalomant entre les tables qui se vident peu à peu pour atteindre le bar non loin. « On pensait que ta petite rébellion d’adolescente allait finir par te passer, mais il faut croire qu’on se trompait. Est-ce que tu penses que tu finiras par devenir adulte ou bien tu resteras à jamais coincée à l’état de gamine capricieuse ? » Le serveur revient en portant un plateau sur lequel trône les deux verres qu’il dispose sur notre table face à chacune de nous avec des gestes rapides et précis, puis disparait pour s’occuper des autres clients de la soirée. Je saisis le verre refroidi par son contenu et reprends la parole. « Et qu’est-ce que tu fais dans cette ville ? Ton petit… concert… ce n’est qu’un passe-temps n’est-ce pas ? Et cette histoire de collocation… A ton âge, vraiment. » Ce point-là n’a jamais bougé, une ratée demeurera toujours une ratée. « Raconte-moi donc ces années où je n’étais pas là. » Distraits moi de ta petite vie pathétique et misérable, je veux du grand spectacle. Montre-moi jusqu’où tu iras pour protéger ton amie de moi. Je soulève mon verre et le tend vers elle : « Trinque avec moi, à nos retrouvailles. »

La voix est douce mais le ton ferme et ne permettant aucune réplique. Je veux que tu te réjouisses de mon retour, cousine, même si tu n’en pense rien, même si cela doit briser un morceau de ton âme. A vrai dire, surtout si ça doit briser un morceau de ton âme.
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Jeu 2 Sep - 1:41 (#)



Burn with me tonight
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P
ourquoi ? C’est la seule question que tu aimerais poser. Oh, pas à elle, mais à l’entité supérieure dont tu supposes l’existence à chaque fois que tu te sens trop au bord du gouffre et à laquelle tu adresses donc tes prières. Pourquoi s’acharner ainsi sur toi en remettant au beau milieu du chemin de ta renaissance l’ouvrière de ta déchéance ? N’a-t-elle pas assez œuvré à ta chute pour chercher à la précipiter à nouveau dans ta propre maison ? A quel jeu pervers la Fortune est-elle en train de s’adonner ? Tu n’es peut-être pas en état ce soir, accusant trop fort le contrecoup d’une vie sans crainte, mais tu jureras sur tout ce qui a de la valeur pour toi que tu ne la laisseras pas accomplir toutes les intentions que tu devines à travers ses mots.
Rattraper le temps perdu ? Le temps sera surtout venu pour toi de ne plus te laisser faire. Elle est seule, et toi tu ne l’es plus. Tu as de solides fondations sur lesquelles te reposer pour ne pas t’écrouler.
Tu la laisses alors dérouler son discours révoltant sans prononcer le moindre mot. Seul ton regard la perce, l’assassine mille et unes fois sur place sans que la moindre effusion de sang ne tache la nappe immaculée qui se dresse devant vous comme un rappel douloureux des innombrables repas de famille à subir comparaisons et critiques injustes.

Des liens familiaux, dit-elle. Vous partagez peut-être le même sang, mais le mot famille a perdu tout son sens pour toi. Tu imagines que pour elle, il n’en a jamais eu non plus. Enfin si, peut-être finalement ; pour elle, la famille doit seulement être un moyen d’arriver à ses fins. Son monologue s’achève finalement après de longs instants à étaler presque aux oreilles de tout le dédain et le mépris qu’elle éprouve pour toi. Tu en aurais presque la nausée tant sa manière de parler te révulse ; tant elle s’adresse à toi comme si tu étais toujours l’enfant chétive et névrosée que tu étais quand vous côtoyiez encore les mêmes cercles.
Anna lève son verre, mais tu restes muette, les bras croisés, sans jamais détourner ton regard d’elle. Un long moment passe sans que tu ne daignes prononcer mot. Tu ne sais pas ce qui te galvanise – peut-être l’adrénaline sous l’effet de la terreur, ou bien simplement la colère sourde qui te hante – mais tu trouves quelque part la force de lui tenir encore un peu tête.

« Je bois pas. »

Ou plutôt, plus.  Tu n’as cependant pas envie de laisser entrevoir la décennie d’alcoolisme qui a suivi son départ du domicile familial. On pourrait presque croire avec cette chronologie que c’est son manque qui t’a fait sombrer dans les affres des spiritueux bon marché, mais bien au contraire, cela a été la conséquence directe de quinze années de destruction minutieuse de la moindre joie de vivre qui a pu un jour habiter ton corps et ton esprit.

« De la peine à la famille, tu dis ? Mais de quelle famille est-ce que tu me parles là ? »

Un sourire saturé d’amertume s’empare de tes lèvres. Tu as eu vingt-cinq ans pour t’interroger sur ce qu’est une famille, et la conclusion n’a jamais changé depuis qu’elle est tombée : ce que tu as connu à Chicago n’a jamais été une famille.

« Ma mère… Attends, laisse moi me souvenir… Tu veux parler de celle qui m’interdisait de l’appeler maman, ou bien celle qui n’acceptait plus de manger à la même table que sa propre fille ? C’est bien de cette mère-là dont on parle ? »

Tu sers la mâchoire pour ne pas céder à l’émotion qui saisit le moindre de tes mots. Tu détestes ta mère. Tu la hais de toutes tes forces, de toute la noirceur que ton cœur est capable de porter et qu’elle a contribué à créer. Savoir que tu lui as causé du tort même après ton départ, que tu as été pour elle encore un motif de honte dans son cercle de mégère hypocrites, cela console ton cœur meurtri par des années et des années à répéter inlassablement à quel point tu étais une déception. Et pourtant, tu es persuadée qu’elle s’est trouvée infiniment soulagée lorsqu’elle a appris par ce texto envoyé depuis un bus de nuit que tu ne reviendrais jamais à la maison. Même après toutes ces années, tu lui en veux toujours autant, à tel point que tu as eu un réel mal à envoyer là-bas la carte de vœux pour remplir ta mission.

« Grand bien lui fasse, j’espère qu’elle a beaucoup pleuré. J’espère qu’elle a dit à tout le monde que j’étais morte, pour ne pas avoir à se taper la honte devant ses copines. »

Tu sens s’égarer les regards autour de vous, gênés par le ton que tu emploies pour répondre à ta cousine alors que leurs oreilles indiscrètes n’auraient jamais dû entendre un mot de cette conversation. Ils ne se rendent même pas compte de ce qui se passe sous leurs yeux, mais tu n’en attendais pas moins de ce troupeau de ruminants pleins aux as.

« Tu veux savoir ce que j’ai fait pendant toutes ces années ? J’ai reconstruit ma vie, brique par brique, loin de ma famille, loin de toi. »

Tu as sombré dans l’alcoolisme et la consommation déculpabilisée d’autres substances illicites. Tu as eu tous les jours un peu plus l’impression de te noyer, et que plus tu te débâtais, plus cette eau noirâtre envahissait tes poumons et te faisait suffoquer. Tu as trainé ta valise là où elle n’aurait jamais accepté de poser un pied, passant tout ton temps libre et lucide à étudier et pratiquer ce « passe-temps » sans qui tu aurais sans aucun doute fini par cracher tes dernières bulles d’air. Tu as finalement rencontré des gens, des soutiens qui savent voir en toi au-delà de la coque fêlée et tranchante dont elle est à l’origine.

« Va te faire foutre, Anna. Je te laisserai pas démolir tout ce que j’ai réussi à bâtir. De nous deux, la plus capricieuse ça a toujours été toi, et tu le sais très bien. »

Tu n’as pas pu te retenir de lui cracher ta haine au visage, et tu sais on ne peut mieux qu’elle est bien plus efficace que son verre de scotch pour l’enivrer. Et si elle menaçait à nouveau Xanthe ? Elle habite maintenant chez son parrain, le sénateur de l’état ; tu doutes qu’elle puisse lui faire quoi que ce soit, finalement. Il ne te reste plus qu’à prier cette Fortune que tu exècres tant pour qu’elle ne connaisse ni Anaïs, ni Elinor.
Tu n'as pourtant pas craqué, tu lui prouves, ou plutôt à toi-même, que tu est capable d'être une adulte

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Mar 7 Sep - 12:24 (#)

Je repose mon verre tandis qu’elle vomit sa rancœur et son amertume comme un torrent qu’elle ne sait maitriser, une digue qui cède sous le poids des années. Et face à ce déferlement qui marque son visage sous le coup des émotions mal contenues, je ne lui réponds que d’un sourire, un de ceux que l’on peut voir étirer le visage des gens qui savourent un bon vin pour la première fois depuis longtemps. Quelques regards curieux de personnes se trouvant à des tables à proximité se posent sur elle, cette intruse qui au lieu de conserver son statut d’employée qui aurait dû quitter l’établissement après avoir fini de distraire le public a décidé de rester parmi eux et de brailler. Son langage peu châtié est même ponctué d’un son indigné en provenance d’une dame à l’air âgé et à la coiffure sophistiquée, engoncée dans un tailleur luxueux et élégant mais d’une saison passée. D’une voix modérée mais suffisamment forte pour être entendue par les curieux, je lui rétorque :

« Sois polie. Tu n’es pas dans le genre de lieu que tu fréquentes d’habitude. Fais un effort pour te comporter correctement pour une fois. » D’une voix plus basse qui n’est réservée qu’à nous, j’enchaine en posant mes mains sur la nappe élégante pour me rapprocher d’elle, hélas pas assez pour envahir son espace vitale à cause de la table qui nous sépare : « Et je ne suis pas capricieuse, je suis exigeante. J’ai travaillé dur pour gagner le droit de l’être. Toi tu te contentes de geindre comme une adolescente qui découvre que le monde est injuste et qui refuse de se battre. Tu as cédé à la facilité. Ta mère a sans doute raison quand elle dit que ça aurait été mieux que tu ne viennes pas au monde. » Un ton presque doux qui contraste avec les propos tenus. Une voix maitrisée qui ne laisse pas entendre aux oreilles curieuses le contenu de ce que je raconte. Tout ce qu’ils peuvent voir à cette table c’est la trompettiste peu professionnelle du concert qui s’énerve et élève la voix contre une cliente des plus calmes et à l’air presque chagriné par le comportement de son hôte. Ma piteuse cousine a toujours été incapable de sauver les apparences, une faiblesse des plus exploitables. D’un même ton égal, de celui qu’on pourrait utiliser pour faire réaliser une vérité désagréable à quelqu’un, je poursuis : « Et puis, arrête un peu de te mentir. Regarde la vérité en face. Tu n’as rien bâti ici. Tu n’as rien. Tu n’es rien. Une vie minable pour une fille minable. Ta mère a essayé de t’éduquer pour que tu réussisses un minimum dans la vie mais tu étais trop faible pour le supporter et trop stupide pour le comprendre. » Je me réinstalle au fond de mon siège tandis que la plupart des curieux, peut-être déçus de ne pas pouvoir saisir le contenu de mes propos, sont retournés à leur propres conversations que j’imagine pathétiques et sans saveur. Je fixe mon regard dans celui de ma médiocre interlocutrice : « Si tu penses vraiment que tu as réussi à construire quelque chose ici, alors dis moi de quoi il s’agit. Tu n’as pas de travail, on te donne quelques sous pour divertir des gens comme un singe de cirque, rien de plus. » C’est tout ce que j’ai pu apprendre en la faisant suivre par un détective privé. « A ce rythme tu finiras à la rue à jouer de la musique sur la voie publique en espérant qu’on te fasse l’aumône. » Je reprends mon verre en main dans lequel les glaçons commencent à fondre paisiblement. « Tout ce que tu peux espérer c’est d’essayer de garder un minimum de dignité, pour peu que tu en ais, ce dont je doute bien évidemment. Alors prouve moi que j’ai tort et que tu sais te comporter un minimum comme quelqu’un de décent. Prends ce verre et trinque avec moi comme une personne civilisée. Et ne me donne pas l’excuse que tu ne bois pas, c’est ridicule. Autrement je ne pourrais que me résoudre à signifier au patron de ce restaurant et à ceux des autres lieux engageant des orchestres que tu n’es qu’une rustre qui ne serait capable que d’entacher la réputation de leur établissement. Je m’assurerai qu’il n’y a plus aucun endroit où tu pourras espérer gagner quelques pièces pour ta triste musique. »

Je veux que tu sois une gentille fille bien obéissante mon petit pantin. Je veux que tu bouges quand je tire tes fils, même si la haine et la rage te dévorent le cœur. Et si tu résistes, si tu tires trop sur tes liens, alors que tu sois désarticulée et abandonnée au sol inerte et immobile comme la risible marionnette que tu mérites d’être. Aime tes liens petit pantin, c’est uniquement ceux-là qui me permettent de m’amuser et de ne pas te jeter au feu d’ennui et d’exaspération. C’est grâce à eux que je ne te brulerai pas.
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Mer 8 Sep - 17:39 (#)



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B
ien sûr, elle te fait passer pour une sauvage. Pour une gosse, bête et turbulente. Et elle s’en amuse, comme elle l’a toujours fait.
En dix ans, rien n’a changé ; tout est comme si vous vous étiez quittées hier pour vous retrouver ce soir comme si de rien n’était. Pour elle, tu n’es toujours qu’un jouet qu’elle pense pouvoir manipuler à sa guise, une simple poupée souillon qu’elle peut exhiber devant un public déjà acquis à sa cause. Tout ce qu’elle dit, tout ce qu’elle fait, tout ce qu’elle montre est fait pour te rabaisser, t’humilier, te blesser. Tout ton corps veut se tordre de rage et bondir sur elle pour exorciser dans un acte de pure barbarie toutes les souffrances qu’elle a pris tant de plaisir à t’infliger. Tu as envie de tenir sa vie entre tes mains dégoulinantes de son sang, de l’entendre te supplier de l’épargner et te délecter du son de la douleur qui devrait l’étrangler en implorant ton pardon, comme s’il s’agissait de la plus belle mélodie du monde. Tu serais capable de lui infliger bien des supplices le temps que quelqu’un n’ose t’arrêter et que la salope qui ne se cache même pas d’épier votre conversation ne tourne de l’œil devant la débâcle de violence libératrice que tu pourrais abattre sur ta cousine, mais tu as bien trop à perdre. Et même si tu te résolvais à abréger ses souffrances sur le champ, tu ne pourrais jamais effacer le sentiment de défaite qui suivra inexorablement lorsque tu t’apercevras qu’elle avait raison : tu es une sauvage.

Alors, figée par la tension, la haine et une douleur toujours croissante, tu l’écoutes écorcher vif tes sentiments et ton estime de toi, ranimer les ombres d’un passé auquel tu avais décidé de tourner le dos. Elle t’asphyxie. Ses mots trouvent un écho parfait dans ton esprit et s’amplifient à chaque seconde qui passe. Minable, faible, stupide. Tu aimerais tant ne pas y prêter attention mais tu es paralysée sur cette chaise qui te paraît de plus en plus inconfortable, condamnée à l’écouter te broyer jusqu’au bout en dépit des efforts titanesques que tu as fournis pour lui tenir tête.
Le vertige finit par te gagner, accompagné de tous les sentiments que tu t’es évertuée à chasser de ta vie depuis toutes ces semaines. Solitude, impuissance, détresse ; en quelques minutes, des mois de travail acharné balayés d’un revers de main. Mais elle a raison, tu es faible. Si tu ne l’étais pas, tes yeux ne serait pas rougis par la fatigue et les larmes qui ne demandent qu’à briser la digue que tu leur opposes. Si tu n’étais pas faible, tu saurais quoi lui répondre pour garder ta dignité et ne pas la laisser t’emporter dans son jeu sordide. Si tu n’étais pas faible, tu n’aurais pas peur de tremper tes lèvres dans la liqueur.

Et ses menaces continuent de tomber comme une guillotine tranchant sans la moindre pitié chaque chose que tu aies un jour chérie. Elle s’en prend à ta musique, à la seule chose qui t’a maintenue en vie toutes ces années de déchéance, et celle grâce à laquelle tu pouvais aujourd’hui prétendre à une vie heureuse. Une larme finit par perler, terriblement salée, au coin de ton œil. A-t-elle réellement le pouvoir de faire ce dont elle t’inquiète ? Plus jeune, tu ne te serais même pas posé la question et tu aurais fait n’importe quoi pour ne pas qu’elle touche à ce qui t’es précieux. Hier une peluche, aujourd’hui l’art ; ses méthodes n’ont jamais évolué. Mais toi oui, tu as eu dix ans pour ressasser encore et encore toutes ses sévices, et pour te rendre compte que peu importe à quel point tu te montrais docile et obéissante, elle finissait toujours par te faire le mal promis après t’avoir faite danser à son bon plaisir.
Sous la table, tu serres encore plus le poing alors que le silence que tu laisses s’installer permet à l’ambiance presque macabre de la pièce de t’accabler encore plus. Même le calme que tu chéris tant n’est pas ton allié ce soir. Tu dois t’en aller, vite, avant de faire le moindre geste que tu pourrais regretter.

Laissant le verre qui t’est destiné seul sur la table, tu puises dans tes derniers retranchements pour ne pas perdre la face devant ce public de hyènes qui n’attend que le moment où tu t’écrouleras pour pouvoir te lyncher haut et fort.

« Je ne bois pas. »

Tu serres les dents, à tel point que ta mâchoire en devient douloureuse. Elle peine toujours à contenir une décennie de rancœur condensée en quelques gouttes de venin qui ne sauraient de toutes façons par l’atteindre.
Un moment passe avant que tu ne poursuives et, avec un peu de chance, ne conclues.

« J’ai rien à te prouver, et encore moins à ta raconter. »

Elle ne te forcera pas à avouer pour Elinor ou Anaïs, pour la Marque pour laquelle tu te démènes sans relâche, pour les missions qui te tiennent tant à cœur d’accomplir avec brio. Tu ne sais pas comment elle a su pour Xanthe, mais tu ne la laisseras pas avoir un ascendant supplémentaire sur toi, elle t’a assez malmenée comme cela.
Alors, tu te lèves enfin de cette chaise sur laquelle tu n’aurais jamais dû t’assoir en premier lieu. Elle aura beau dire n’importe quoi, ta décision est prise et tu ne reculeras pas devant son chantage odieux. Elle a peut-être de l’influence, mais tu as de ton côté une marraine qui en a elle aussi et qui elle, te soutient. Tu en as assez d’être une gamine effarouchée pliant au moindre caprice de cette tortionnaire vêtue de Prada ; tu vas prouver au monde entier que tu peux changer, et que tu l’as fait. Tu vas prouver que malgré tout ce qu’elle a pu faire, tu vaux mieux qu’elle.

« Je m’en vais, Anna. Même séparées d’une table, je ne peux pas supporter ton halène fétide. »

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Mer 6 Oct - 8:12 (#)

De nouveau un refus. L’agacement froisse les traits de mon visage une demie seconde avant que je ne me reprenne. Un simple signe de défiance à mon encontre où un geste qui cache d’autres choses ? Pour quelle raison cette petite gamine inconséquente refuse une simple gorgée d’un alcool qu’elle n’aurait jamais pu se payer ? L’alcool est pourtant censé aller de paire avec la vie qu’elle s’est choisie : le travail de nuit et la satisfaction d’inconnus contre un peu d’argent. Un peu comme de la prostitution, mais en plus bruyant. Toujours est-il que ce refus borné pourrait être très amusant à réduire en miette. Une pensée qui dessine un doux sourire sur mes lèvres. Mais visiblement pas ce soir. Elle se lève, s’essaie à une dernière tentative d’insulte pitoyable. Même à cela elle échoue. Toujours assise, les jambes croisées, le dos bien droit comme une reine sur son trône, j’affirme :

« Je parlerai au propriétaire de cet établissement. » Mon regard parcourt la salle richement décorée où se trouve encore quelques convives visiblement fortunés qui finissent paisiblement leur diner dans un doux murmure de conversations éculées. « C’est un bel endroit. » Un plafond haut, un décor élégant, un personnel efficace qui sait rester à se place, une ambiance qui n’a rien à envier aux plus grands palaces, si ce n’est peut-être ce concert raté. « Mais clairement tu n’y as pas ta place. » L’œil enjoué qui avait scruté ce décor plaisant devient hautain, à la limite du dégout en se posant sur la trompettiste sans saveur, si terne au milieu de toute cette opulence. Le trou noir qui absorbe l’élégance et la légèreté. Après une longue gorgée de ce couteux scotch, je repose mon verre et me lève élégamment.

« Et je parlerai aux patrons des autres endroits où tu travailles aussi. Enfin, où tu fais du bruit pour quelques pièces plutôt. Peut être que quand tu n’auras plus assez de lieux souhaitant te faire l’aumône tu trouveras enfin un vrai travail. » Sans lui laisser la possibilité de rétorquer, j’enchaine avec un sourire mutin. « Et si jamais certaines personnes t’engagent toujours malgré mes demandes raisonnables,  je serai là, mon petit bouquetin, comme ce soir. » Quelques pas avalent la distance qui nous sépare, mes talons claquant au sol comme une menace à peine voilée. « Rien que pour toi. » Le volume de ma voix baisse pour qu’elle soit la seule à l’entendre. « Rien que pour te voir t’effondrer à nouveau. Encore et encore. Jusqu’à ce que tu abandonnes et que tu te débarrasses de cet instrument désagréable et dissonant. » Un vague haussement d’épaule. « Ou alors jusqu’à ce que tu te retrouves à la rue à cause de ta tête de mule. » Dans tous les cas, ce sera hilarant. Te voir dépérir sans cette chose qui, pour une raison inconnue, te procure du bonheur, obligée de te rendre chaque jour dans un bureau sans âme pour un travail terne et répétitif qui te brisera un peu plus à chaque seconde. Ou bien te voir vagabonder, sale et fatiguée, frigorifiée et affamée, en jouant quelques notes sous une pluie battante pour obtenir quelques dollars pour t’acheter à manger. Le sourire sincèrement ravi qui illumine mon visage pourrait presque réchauffer le cœur de tous ces gens qui n’entendent pas mes propos. Heidi a toujours su ce qui me faisait le plus plaisir. Sa peine, son sabordage. Et la voir se débattre avec cette vérité face au monde entier qui me prend pour un ange tombé du ciel est un délice. « Alors rentre chez toi et commence à te chercher un travail qui ne fasse pas honte. Heureusement que je me suis installée ici, je vais pouvoir t’aider à t’élever. » Pour te voir mieux chuter. « On fera venir la famille pour qu'elle puisse te voir enfin essayer quelque chose de correct. Peut être même que ta mère sera enfin fière de toi. » Ce dont je doute. Cette mère que tu détestes tant et qui te le rend bien. « Tu sais, la famille c’est important. » Mon regard se fait perçant, scrutant ses prunelles. « Après tout, tu es sans doute la personne qui me connait le mieux au monde. »

Ma victime préférée, celle que j’ai détruite. Peut-être même celle qui m’a permis de devenir la personne que je suis à présent. Aurais-je su à quel point il est délicieux de voir quelqu’un se débattre si je n’avais pas pu expérimenter aussi bien sur elle ? Aurais-je eu ce goût d'écraser les autres – ce qui m'a permis de faire de même au tribunal avec joie et délectation – si elle n'avait pas été le premier cafard que j'avais aimé broyer sous mes semelles ? Aurais-je été la même si je n'avais pas découvert ce bonheur dans la déchéance totale de l'autre ? Une question insoluble.

« A bientôt, cousine. » Et avant qu’elle ne puisse faire un geste je la prends dans mes bras dans un geste fraternelle, chuchotant à son oreille : « On va bien s’amuser. »
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≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
Burn with me tonight || Heidi  9mSwE8c1_o
QUAND J'AURAI SOMBRÉ

Pseudo : Pourpre
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Jeu 7 Oct - 11:31 (#)



Burn with me tonight
Downtown, hiver 2021
ft. Anna Janowski



L
e temps est compté, et les quelques secondes de courage qu’il te reste défilent à l’allure de la goute de sueur froide qui glisse depuis ton front. L’espoir s’étiole, et seule l’énergie d’une fierté mal placée et pourtant salvatrice te permet de rester debout malgré tes jambes, prêtes à fléchir à tout instant. Son sourire ne la quitte qu’un court moment, quelques bribes de temps durant lesquelles tu as l’impression de lui tenir tête avant que la dure réalité de son sourire ne te rattrape. Elle te menace, encore. Elle n’a jamais su faire quoi que ce soit d’autre de toutes manières, mais pourquoi aurait-elle fait autre chose puisque ça a toujours fonctionné ? Elle te dénigre et ravive en toi le feu d’un brasier malsain qui te dévore de l’intérieur pour ne laisser qu’une mer de cendres stériles. Tu es au bord de l’explosion. Tout ce pourquoi tu as travaillé si dur ces dernières semaines menace de s’écrouler et tu doutes d’un jour trouver la force de te relever de sous les décombres.

Elle se relève à son tour, et ta colère atteint des sommets jusque là encore rarement côtoyés. En toi, cette débâcle d’émotions te rend malade ; elle prend en otage le moindre de tes muscles, avec comme seule rançon, laisser libre cours à la violence qui te harcèle et dénature la moindre de tes pensées. Frappe-la. En plus de lutter contre elle, tu dois lutter contre toi-même, contre ces pulsions nerveuse et chaotiques, contre l’envie naissant à nouveau de voir le monde brûler sous tes yeux et emporter tout ce que tu exècres.
Ton calme ne tient plus qu’à un fil sur lequel elle s’amuse à jouer les funambules en sachant parfaitement que s’il rompt, c’est toi qui tombes. Elle ne cache même plus sa volonté de te détruire, de réduire à néant tout ce qui peut avoir de la valeur à tes yeux, et un bref instant, tu te demandes pourquoi. Pourquoi, depuis toutes petites, n’a-t-elle eu de cesse de te tourmenter et de faire de ta vie un véritable enfer ? Qu’as-tu pu lui faire pour qu’elle tire un tel plaisir de ta détresse ? Peu importe après tout, aucune de vos âmes ne peut être sauvée, et ce depuis longtemps.
Elle aurait été ravie de voir l’état dans lequel tu as erré cette dernière décennie. Tu l’imagines parfaitement jubiler en te voyant te noyer dans tes premières gorgées d’alcool dans ta chambre d’internat, et s’extasier devant toutes ces nuits pendant lesquelles tu t’es mise dans un état si misérable que tu aurais pu y laisser la vie sans même t’en rendre compte. Mais aujourd’hui, les choses sont différentes. Tu n’as de cesse de te le répéter pendant qu’elle jacte et crache son venin, mais il s’agit là du seul espoir qu’il te reste, l’idée qui à elle seule soutient toute la structure de ta vie et l’empêche de s’effondrer sous les assauts répétés de ta cousine.

Vos yeux finissent par se croiser à nouveau, et ce qu’elle peut y voir t’est bien égal. Une tourbe opaque faite de rancœur, d’amertume, de peur et de rage tournoyant furieusement dans tes iris de jade ; qu’elle profite, tu feras tout pour que ce soit la dernière fois qu’elle les voit ainsi. En effet, tu es la personne qui la connaît le mieux, celle qui connaît ses travers dans les moindres détails, celle sur qui elle s’est tant exercée, et en cette qualité, tu sais qu’elle va revenir. Tu sais que rien de tout ce qu’elle dit n’est un mensonge, elle va réellement chercher à te faire choir de ton équilibre précaire. Seulement, tu vas t’y préparer, et tu vas la punir pour toutes ces années de sévices. Avec calme et méthode, en prenant le temps qu’il faudra, tu jures de lui faire payer toutes les offenses qu’elle a cru bon de te faire subir en se croyant intouchable. Tu jures de l’enterrer, et lorsqu’elle te suppliera de la pardonner, tu la regarderas de haut de sorte que cette image reste gravée dans sa mémoire jusqu’à la fin de ses jours.

Cependant, Anna met prématurément fin à ta divagation vengeresse en révélant la dernière carte qu’elle cachant dans sa manche. Ultime coup de couteau dans le dos, elle t’enlace. Tu te figes, incapable de réagir autrement sans provoquer d’esclandre qui lui fournirait un parfait prétexte pour prouver qu’elle a raison. Tu frissonnes, prise soudain d’un vertigineux dégoût, comme si cette étreinte, ce contact physique attestait de la réalité des événements de la soirée. Après tout, tout ça n’aurait pu être qu’un mauvais rêve, tu aurais pu te réveiller d’un instant à l’autre, mais la Fortune en a décidé autrement.
Alors, tu te retiens de faire le moindre mouvement, de prononcer le moindre mot alors qu’elle parade encore plus devant cette audience déjà complètement acquise à sa cause. Lorsque cette accolade à l’hypocrisie crasse prend fin, tu soignes ton port en te mordant la lèvre pour ne pas laisser passer l’expression des sentiments nauséeux qu’elle t’inspire. Tu n’as toujours pas répondu un seul mot à sa tirade, mais tu ne lui donneras pas cette satisfaction. A la place, tu jettes tes épaules en arrière pour partir avec un semblant de dignité. Voilà les seuls mots que tu finis par lui siffler avant de définitivement te retourner et prendre la porte :

« Un jour, tu finiras par tomber. Et ce jour-là, crois-moi bien quand je te dis que je serai là pour te voir t’écraser. »

Une fois le seuil passé, et certaine que personne ne peut te voir, tu te laisses enfin aller. Tu dévales les rues à vive allure pour rejoindre l’arrêt de bus le plus proche le plus vite possible, des torrents de larmes coulant le long de tes joues rosies par l’émotion. Tu te sens perdue, tu ne sais pas quoi faire, tu sais simplement que tu dois marcher parce que si tu t’arrêtes, c’est la fin. Dans ta course effrénée, tu sors ton téléphone et, du mieux que tu peux avec ta vision brouillée par les larmes, tu composes le dernier numéro que tu as appelé. Collant l’appareil à ton oreille, tu pries pour qu’elle décroche malgré l’heure tardive. Il en va de la survie de la nouvelle Heidi.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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