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The only easy day was yesterday

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Fear is the mind killer
Selma Weiss
Selma Weiss
Fear is the mind killer
SILENCE LIKE A CANCER GROWS

En un mot : She wondered what her sorrow was and could not remember.
Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

Thème : Radiohead - Life in a Glasshouse
Once again, I'm in trouble with my own friend
She is papering the window panes
She is putting on a smile
Living in a glass house


The only easy day was yesterday LVtQwq0A_o
Pseudo : Carm'
Célébrité : Zoë Kravitz
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Date d'inscription : 15/09/2021
Crédits : N. Scott Momaday (House made of Dawn) ; Radiohead ; Avatar par TAG
Mer 15 Sep - 19:12 (#)

Selma Weiss
The only easy day was yesterday Image_10
Date et lieu de naissance
Le 15 Mai 1988 à Philadelphie. Elle conservera des souvenirs imprécis de cette ville, seulement les couleurs sales et floues d'une jungle urbaine. Elle passera l'essentiel de sa jeunesse dans une banlieue aisée de Lancaster.

Nationalité
Américaine. Métisse, son sang est un mélange d'une mère amérindienne, une Potawatomi qui a coupé volontairement les liens avec ses origines, et d'un père afro-américain.

Profession
Agent de terrain au sein du PASUA, sous les ordres de Siméon Barrois. Son rôle est plutôt polyvalent au sein de l'agence. À la fois présente sur le terrain, elle se montre aussi à l'aise pour traiter les informations brutes et dégager des profils psychologiques. Elle aide également à tester les armes expérimentales si nécessaire.

Lieu d’habitation
Un modeste pavillon à Haughton avec un carré de pelouse, dans le quartier de Dry Creek, le tout à l'intérieur du triangle de Foi. Elle partage aussi l'utilisation d'un petit bunker caché sous le cabanon de son mentor retraité, qui habite à Mooringsport.

Situation financière
Son train de vie reste modeste mais confortable. Même si elle ne gagne pas des sommes mirobolantes, son salaire lui a permis de se payer une maison individuelle. Qui plus est, elle est économe et fait rarement des écarts.

Spécificités
Elle ne pratique ni la Foi, ni l'Alchimie et n'est reliée à aucun clan. On pourrait la classer comme agnostique ; les croyances religieuses ne l'intéressent pas, bien au contraire, elle préfère s'en tenir loin. Seul son ancienne unité des SEAL pourrait correspondre à une forme de clan, dont elle est restée fidèle aux membres.

  • TEMPÉRAMENT
    CaractèreL’instructeur nous hurlait le programme du Hell Week. Certains des camarades frémissaient déjà. Je me suis sentie moi aussi contaminée par ces frissons, non par crainte de la difficulté, mais parce que je brûlais alors d’anticipation, d’une fureur de réussir. Je voulais brûler la gosse qui avait été moi.

    Il y avait eu une gamine. Différente. Une qui se cachait dans le silence d’un jardin d’une banlieue aisée, et dans les rêves d’un vieil homme désespéré. Celle-là était muette à l’affection et sourde envers son âme. Celle-là n’aurait pas survécu. Elle vivait dans l’ombre d’une mère écorchée vive, qui avait fui un peuple immortel. Leurs racines s’enfonçaient si profondément dans la terre, qu’elles le rendaient inflexible mais cassant, comme un vieux chêne sous l’orage. Sa mère s’était brisée ainsi. Loin au nord, dans une contrée si vieille, qu’elle semblait dépourvue de nom, mais non d’une histoire.
    Tout cela, cependant, ne concernait pas la gamine. Pendant quelques temps encore, elle avait deviné des animaux dans les nuages, et ses yeux gris semblaient voir quelque chose dans les mouvements aériens du pollen printanier. Un spectre d’ailleurs. Mais ça n’avait pas duré. Sa mère l’avait enfoui sous un vernis de civilisation, et avait abattu, constamment, méthodiquement, les derniers restes de merveilleux qui subsistaient en elle. Elle avait son costume d’école. Elle avait ses cheveux bien coupés. Elle devait être la fille bien éduquée, une parfaite peinture dans un beau cadre de verre.
    La gamine avait eu peur. Elle a vu des masques hilares dans les yeux des poupées, et elle a cru entendre des monstres dans les placards. Des croix de bois mort qui frémissaient d’horreur à son passage. Ça avait duré. Parce que la douleur a une meilleure espérance de vie que le bonheur. Alors la gamine est devenue si muette, qu’elle n’a fait confiance à personne, elle n’a plus parlé à personne. Pas même à sa propre âme. Introvertie, on l’a analysé. Un joli mot. Comme un napperon qui cache une vilaine tâche sur une table bien vernis. Du luxe qui dégage une puanteur bien sale.
    La gamine a grandi, et ça ne s’est pas amélioré. Au contraire. Elle ne croyait en rien. Ni en elle-même, ni aux autres, ni à sa réussite, ni aux dieux. En rien. Ses écoles voyaient un fantôme défiler sur leurs murs indifférents, une tête baissée qui fixait les sols, de peur de croiser les regards des autres, de peur d’entendre son nom. De peur de croiser un miroir. Elle n’espérait rien d’autre que l’oubli. Parce qu’elle n’avait rien pour elle, pas d’amis, pas d’estime, juste une haine acide qui lui brûlait les veines chaque fois que le soleil venait caresser son visage à l’aube. Parce que son cœur bavait d’un amour qu’elle considérait anormal, détestable, et que le déni de soi est un poison addictif.

    C’était ça, ma vie, avant. La honte de soi, le manque de confiance, l’isolement social. L’incapacité de s’aimer, de s’ouvrir aux autres, de parler. Quelques pages d’un chapitre déchiré et bourré de tâches humides. Celles des pleurs qui tombent sur du vieux papier jauni par le soleil.

    Je l’ai tué cette gamine. Ça n’a rien de triste, c’était écrit. Je l’ai noyé dans la boue des centres d’entrainement militaire. Je l’ai brûlé dans l’effort et la douleur musculaire. Elle n’a pas protesté, au contraire, ça l’a soulagé. Elle l’a décrit à son père, son dernier lien avec sa vie d’avant, comme elle commençait à discerner des nouvelles formes dans la boue. Son futur visage, peut-être. Lui, son père, a écrit combien il était fier d’elle, combien il l’aimait, et elle en a pleuré. C’était des larmes différentes. Non de la souffrance cette fois, mais quelque chose de nouveau, comme une fleur renaissante parmi d’autres fanées. La gamine et l’ado sont mortes, avec un sourire. Le tout premier.

    Une femme est née de tout ça. Ça n’a pas été très propre. C’est une histoire de poussière, de boue, de larmes, de souffrances. C’est aussi une histoire de chaleur humaine, d’amitié solide, et d’un peu de réconfort. Une histoire des SEAL. Ils ont donné naissance à une femme si solide, qu’elle-même n’en aurait jamais rêvé. On m’a dit efficace et fiable, discrète mais aussi empathique, avec un moral et un physique en acier, qui sait s’organiser intelligemment en situation de stress, avec une bonne perception des autres. On m’aime bien. Eh, je suppose que ces choses-là arrivent. Je suppose aussi que ces qualités ont une vérité. Je n’y fais pas attention. Je fais bien mon boulot, et ça me va.

    Est-ce que j’ai changé ? Je suppose, oui. L’ancienne gamine est morte, après tout. Elle ne m’a laissé que quelques blessures qui suppurent de temps à autre, quand je fais face à mes sentiments. La femme d’aujourd’hui est restée silencieuse pour ces souffrances-là. Ces choses-là arrivent aussi. Les autres vous aiment plus rapidement que vous vous aimez vous-même. Le sourire aux autres, ça permet de cacher les complexes qu’on a conservé comme des souvenirs, derrière un joli cadre en verre. C’est bien, c’est pratique de les garder sous un silence attentionné. Ça évite de s’ouvrir aux autres. Ça évite se couper avec les morceaux de verre, quand l’ensemble vous éclate à la figure.

    Est-ce que je me sens bien ? Je n’en sais rien. Je fais ce que j’aime, c’est déjà bien. Je ne m’aime pas encore, pas suffisamment je crois, mais peut-être que ça viendra. Quand j’ai un peu de temps pour moi, je peux de nouveau regarder les nuages. Alors, je recommence à discuter avec mon âme.
  • UNE JOURNÉE DANS VOTRE PEAU
    Le vent du désert nous a réveillé avant l’aube. Nous étions déjà dans une étuve, et le sable irradiait encore de la chaleur d’hier. Nous avons installé le bivouac tous ensemble, entre nos tentes, et nous avons changé ce minuscule tas de rocailles battus par les bourrasques, en un mess de fortune où couvait la chaleur de la fraternité. "The only easy day was yesterday" s’est-on récité en souriant.

    Cinq heures du matin. On ne se débarrasse pas facilement du conditionnement des SEAL. Surtout quand on n’en a pas l’envie. Quand l’esprit militaire s’éveille dans un pays depuis longtemps en paix, il est perdu. Il cherche le poids de son arme à côté de lui, les bruits des officiers hors de la tente, et le hurlement du vent afghan, celui qui chuinte à vous écorcher les oreilles. Il faut un temps d’adaptation. Le soleil ici est trop doux. L’air est trop saturé de bonnes odeurs. Ce n’est pas facile à vivre, la paix, ça demande de calmer vos instincts meurtriers et de vous aimer à nouveau.
    Mais le cerveau humain est un ver. Il se contorsionne dans tous les sens, il se coupe en deux, mais il ne veut jamais crever. L’esprit s’adapte. Il se rattrape aux automatismes physiques, aux réflexes rassurants, comme la séance d’étirements dans le pénombre de la chambre. J’ai faim à ce stade. L’estomac aussi est conditionné. Il réclame une solide dose de bouffe à base d’œuf et de viande matinale. La douche s’en suit, les fringues habituelles, tout ça. Rien de palpitant. Une vie de civile ordinaire, qui fait semblant de se voir encore dans l’élite de l’élite. Eh, je pourrais y être encore.

    Le miroir au moins, vaut pour ennemi. Le désert c’est le pied, la poussière et le sable renvoient les rayons du soleil, mais pas votre visage, encore moins vos blessures. Tant mieux. Les plaies ça guérit plus vite que votre fierté. Mais le calme de la maison, quand je traverse le hall d’entrée pour embaucher, me vrille les tripes, et je suis immanquablement attirée par le miroir. Est-ce que je suis toujours moi ? Est-ce que j’ai bien fait d’être ici ? Est-ce qu’ils se voient, ces vieux démons d’enfance ? Probablement pas. Je les ai exorcisés ceux-là, à mains nues et dans la douleur, parce qu’après tout, on purge son cœur comme on s’entraine à devenir meilleur soldat ; on souffre pour progresser.
    Dehors, le calme. C’est toujours étrange à entendre. Je sors de chez moi tous les jours, avec le chant des oiseaux et quelques bruits de circulations. Rien d’autre. Aucun rugissement de moteur, aucun sifflement de rotors, aucun commandant qui hurle les ordres. Je ne sais même pas si ça me plait cette nouveauté. Peut-être un peu. Les trajets en voiture ont le mérite d’aider à réfléchir, quand on n’a pas des collines à surveiller ou les coins des rues, à craindre des embuscades à coups d’explosifs. C’est reposant. J’y prends plaisir. Pourtant, il y a quelque chose de fané dans cette ville, un peu comme si une pousse de chèvrefeuille parfumé avait germé à l’intérieur d’une carcasse bien sale.

    Shreveport m’a toujours fait cet effet ambivalent. Peut-être ai-je une sorte de mal du pays. Plutôt ironique. Le poste au NRD a cet avantage-là d’empêcher l’introspection, et pour cause, j’ai du boulot par-dessus la tête. La rançon du succès, je suppose. Un peu de lustre à l’ego, ça ne fait pas de mal. À l’intérieur des locaux, c’est la guerre comme tous les jours. Je traverse les bureaux aseptisés et cloisonnés, je distribue des sourires, des commentaires courtois, des bonjours. J’y prends plaisir maintenant. Je n’ai plus besoin de faire semblant, même si ça ne vaut ni les feux de camp du commando sous le ciel nocturne, ni les vannes foireuses du lieutenant. Il me manque celui-là.
    Le NRD, c’est un peu plus guindé. C’est plein de secrétaires maquillées, plein de bureaucrates avec des chemises tellement bien lavées, qu’elles sont aveuglantes. Un vrai catalogue de grande marque. Je fais sûrement tâche avec mes vêtements fonctionnels, dénués de toute originalité, et Deva me fait suffisamment la remarque avec ça. Je n’ai pas le temps, chérie. J’ai une pile de dossiers haute comme toi sur mon bureau, et la moitié concerne des affaires aussi sanglantes qu’un étal de boucher. Toute une farandole de créatures sorties des contes de Grimm qui réclament mon attention, et comme dit Ed, je suis toujours une foutue débutante face à l’immensité du sujet.

    C’est ce que j’aime dans ce boulot, la nouveauté. Le sentiment d’être une pionnière. On soulève un coin de tapis, on fait un peu la poussière dans un bout d’Amérique, et vous avez une toute nouvelle anomalie de la nature qui apparait. C’est plaisant, dans un sens. C’est dangereux, dans l’autre. Mais c’est toujours gratifiant. La sensation d’apprendre de nouvelles choses chaque jour, de repousser ses limites, de mettre à l’épreuve son esprit et son corps, être à la pointe de la connaissance, être un bouclier pour les gens ordinaires, être une arme capable de tout surmonter. Voilà l’idée que je me faisais d’un bon boulot, et celui-ci me plait. Je suppose que je suis en veine de ce côté-là.
    L’action, c’est encore mieux. Avoir dans les mains les derniers joujoux élaborés par nos laboratoires, les manipuler pour la toute première fois, et donner son avis sur leur utilisation pratique, ça réveille l’adrénaline. Le terrain aussi, le danger en plus. Est-ce que ça me change quelque chose ? Non, pas vraiment. Les frappes tactiques qui font exploser votre cortège de véhicules blindés, ou les attaques suicides, ça vous éparpille aux quatre vents aussi bien que la force d’un vampire ou d’un garou en crise. Dans le pays au moins, éliminer la menace immédiate laisse une saveur plaisante sur le palais, et non un goût de vide, de poussière, parce que vous avez sauvé des vies de manière tangible.

    Le reste du temps, c’est chiant. Autant se l’avouer franchement. C’est peut-être ma faute aussi. Je rentre chez moi sans un regard autour, ni pour les fast-foods, ni pour les boites, et je m’affale devant une série. Je me réconcilie avec moi-même, lentement. Regarder en face sa propre personne, s’aimer, ça prend du temps, et la montrer aux autres, encore davantage. Ça viendra. Pour l’instant, je suis bien chez moi, à peindre en amatrice et stocker les toiles dans le grenier. Passer du temps avec Ed pour le faire râler. Nettoyer mes armes, avec une pointe de nostalgie. Réfléchir à Zach, qui me file encore entre les doigts comme un vieux courant d’air plein de poussière afghane.

    Est-ce que rentrer au pays était une bonne idée ? Ouais. Ça l’était et ça l’est toujours aujourd’hui. Je suis satisfaite de mon choix. Suis-je pour autant contente de moi ? Bonne question. Ouais, du moins, ça commence à venir tout doucement. Pour ça aussi, Ed avait raison, je suis encore une débutante.
  • Caractéristiques de race
    Le livre de Dino Buzzati avait souffert. Je l’ai extirpé de ma valise, en feuilletant avec délectation les vieilles pages usées ; elles sentaient bon la mélancolie et la poussière. J’ai lu alors quelques passages, accroupies dans le hall vide de ma nouvelle maison. Pour moi, l’attente des Tartares était terminée.

    On me dit souvent que je n’ai pas l’allure d’une SEAL. Quelle connerie. Ils sont abreuvés d’Hollywood. Ils visualisent des Sylvester Stallone, des Arnold Schwarzenegger, des corps bodybuildés entretenus dans des salles fermées, dans un air conditionné. Ils voient des acteurs héroïques aux muscles huilés et protubérants, qui hurlent l’amour de leur pays dans des rafales de tirs. Ça ne marche pas comme ça. Le corps humain ne fonctionne pas comme ça. Ceux qui se baladent avec trente kilos de muscles supplémentaires sont les premiers à tomber durant les sélections, tandis que d’autres, plus minces, terminent les parcours haut la main, car ils sont plus rapides. Plus malins, aussi.
    Un SEAL n’est jamais seul. Voilà ce qu’on nous rentre dans le crâne durant l’enfer des préparations, et l’essentiel de notre force vient du mental, non des muscles. Ceux-là viennent avec. Le corps humain est capable d’aller bien au-delà des limites que l’esprit cherche à lui induire. Quant au reste, les difficultés du champ de bataille, notre fraternité permet de les surmonter, notre force de groupe réalise des prouesses qu’une femme seule serait incapable de faire. On se couvre les uns les autres, on se rattrape quand l’un de nous tombe par terre, on n’abandonne personne. Jamais. Les exploits égoïstes ne nous intéressent pas. Gardez ça pour le dernier blockbuster.

    Le NRD a bouleversé ma manière de travailler. Je voulais continuer à servir le pays, ouais, mais je n’avais pas prévu de le faire derrière autant de paperasses. Qu’importe, je m’y suis adaptée. Les SEAL vous apprennent ça aussi, l’adaptation. Larguez-nous en plein territoire hostile et inconnu avec un équipement standard, et le boulot sera fait, sans une plainte. On nous apprend à nous repérer de n’importe où, à se fondre dans l’environnement en s’imprégnant des coutumes locales, à déceler la vérité dans les yeux des autres ; qui sont nos ennemis, qui sont nos alliés. À être des fantômes. S’infiltrer, frapper, partir. Pour les bureaux cloisonnés, j’ai mis un peu plus de temps que ça ; j’ai dû tordre le cou à mes habitudes, réapprendre l’administration et la subtilité de l’enquête.
    Je m’y suis faite. Ouais, évidemment, on voudrait être sur le terrain tout le temps, traquer des CESS dans la jungle urbaine, lutter contre les clans illégaux, etc. Les nouveaux veulent toujours ça, faire parler les armes et traquer les créatures maléfiques. La vérité n’est pas si palpitante. Elle est morne comme un carré de pelouse de Mooringsport. Le PASUA c’est beaucoup d’enquête. On se ruine les yeux sur les écrans d’ordinateur pour recouper les renseignements, on lit et relit des montagnes de rapports et de témoignages, on analyse les données et on monte des profils criminels. Ouais, on consomme plus de tampons à encre et de bande passante que de balles.

    La vérité, c’est que les CESS sont rarement maléfiques. Ils se cachent des autorités comme n’importe quel citoyen américain, ils se font invisibles et vivent la plupart du temps une vie banale, où ils sont difficiles à distinguer du reste des humains. Ils sont peut-être vos voisins, vos commerçants ou bien le type sympa que vous suivez sur YouTube. Encore heureux pour le PASUA. Nous serions débordés dans le cas contraire ; la vérité n’est pas un film d’action. Il existe bien les incidents occasionnels qu’il nous faut régler rapidement avant que le scandale n’éclate, le CESS un peu trop imbu de lui-même qu’il faut remettre aux siens pour un bon coup de semonce. Rien d’insurmontable.
    Puis, il reste les cas rares. Les vrais monstres. Ceux qui ont érigé le massacre en règle de vie, et que les collègues cherchent parfois depuis des lustres, en vain. Ceux qui ont éclaté d’ivresse sanguinaire du jour au lendemain, sans toujours une bonne raison, qui ont besoin d’être euthanasié pour le bien de tous, parfois du leur. Les chiens enragés, ça arrive. On fait avec. J’ai eu le déplaisir d’en voir un de près une fois, un garou qui avait complètement disjoncté, sans espoir de rémission, et qu’il a fallu abattre nous-même. C’est impressionnant, ouais. C’est moche aussi. Voir un esprit humain déchiré par une monstruosité, parfois de manière involontaire. Mais on s’adapte, encore une fois.

    Le mental, toujours. Le conditionnement des SEAL ça aide évidemment, et je suis bien obligée d’avouer que celui-ci me donne un avantage sur les collègues. Je ne cesse jamais de m’améliorer. Je ne cesse jamais d’apprendre de nouvelles choses sur les surnaturels, d’aider les experts à sortir de nouvelles armes plus efficaces, et de continuer à me maintenir opérationnelle physiquement. C’est un plaisir, pourtant. L’esprit humain a besoin de challenge, je suppose. On se sent vivant. On se sent moins seule, maintenant que l’absence des camarades a laissé un froid dans mon dos.
    Le NRD a comblé ce vide, en partie. Ce n’est pas la même chose, évidemment. Ed m’a tout appris, et je ne regrette pas une seule seconde d’avoir été son élève. Siméon m’aime bien. Il a toujours le même pli de visage grincheux, mais je sais qu’il apprécie mon boulot, et c’est réciproque. Aucun des deux ne s’attendaient à ce qu’une soldat soit aussi polyvalente, aussi perceptive envers autrui. Pour les autres, un binôme est aussi bon qu’un autre, et franchement, je ne refuse jamais d’aider qui que ce soit dans ce métier. Je suis comme eux maintenant. C’est étrange comme sensation. Je me sens amputée de quelque chose, de mon unité, et pourtant, je n’éprouve aucune douleur à ce propos.

    J’ai changé, j’imagine. Les SEAL sont restés mon univers, mon clan gravé dans ma chair, celui avec qui j’avais pu partager mon plus honteux secret, et qui l’avait accueilli avec un grand sourire fraternel. Le NRD n’en est qu’une pâle imitation. Je l’apprécie cette dernière, pourtant. Je l’apprécie parce qu’elle représente l’allégeance à mon pays, mon devoir, et je ne souhaite servir rien d’autre, ni personne. Ni dieu, ni maitre, comme on dit. Amusant pour une soldat. Eh, je m’adapte à tout.
  • AFFILIATION ET OPINIONS
    À l’autre bout du téléphone, j’ai entendu la voix de Zach trembler. D’une manière subtile. Il fallait bien le connaitre pour le déceler, mais à cet instant, j’ai su que quelque chose n’allait pas. Il flanchait d’une façon ou une d’autre. J’ai cherché mes mots. « Tu sais qu’on n’abandonne personne. Jamais ». Il y a eu un sale moment de silence. J’ai cru l’entendre murmurer quelque chose, puis il a raccroché.

    2011. Je n’aime pas ces souvenirs. Ils m’ont laissé un goût amer. Dire que cette Révélation a été une trahison est un peu fort, mais c’est ce que nous avions ressenti la première fois. Moi, Zach, les nôtres empilés sous un baraquement de débriefing, qui irradiait de chaleur afghane. On s’est tous retrouvé sans voix sur le moment. À fixer sur l’écran de télévision, comme une bande de demeurés hébétés, la mauvaise copie de Dracula qui se pavanait devant une horde de journalistes excités. C’était dingue. Nous nous sommes regardés les uns les autres, comme pour chercher la confirmation dans les yeux de nos frères que tout ceci n’était qu’une mauvaise blague, une farce pour remonter le moral.
    Mais tout était vrai. On s’est sentis stupides, et complètement largués. Des gosses découvrant que le père Noël existait. Puis la surprise s’est muée en colère, comme nous commençâmes à connecter un plus un, à associer les rumeurs courant parmi les troupes, et nos difficultés à abattre certains des cibles qui nous étaient attribuées. On a réalisé lentement. Personne ne nous l’a expliqué les yeux dans les yeux ; c’était le plus dur à encaisser. Nous étions censés être l’élite de nos forces armées, mais aucun gradé de l’état-major n’a daigné nous prévenir de ce que nous affrontions sur le terrain.

    J’ai vu les résultats. Ça me file encore aujourd’hui la nausée durant les mauvaises nuits. Des blessures atroces infligées à un corps humain, qu’aucun armement moderne n’était capable de provoquer. Des soldats devenus à moitié fous sans aucune raison. D’autres racontant des anomalies météo défiant les lois de la nature. La magie existait. Certains ont été sacrifiés sur l’autel de l’ignorance, sans avoir eu les moyens de riposter. Je ne l’ai jamais totalement digéré. Non pas l’existence du surnaturel, mais le fait de nous avoir caché quelque chose d’aussi énorme, de nous avoir ainsi jeté au-devant d’armes contre lesquelles nous n’avions aucune défense. Alors ouais, on s’était senti un peu trahi.
    C’est difficile à surmonter. Là encore, personne ne nous a aidé. On nous a distribué des permissions pour rentrer au pays, avec le sourire, et des distinctions pour bravoure, qui ne valaient rien sinon un avertissement officieux ; ferme ta gueule et profite du capitalisme. Merci l’amirauté. Je n’avais plus d’autre choix que de regarder le carnaval de sorciers, les Wiccans pardonnez, se pavaner devant les médias fascinés, en vantant les bienfaits de leurs élixirs de jeunesse et leurs divers gri-gris. Moi, tout ce que je voyais en eux, c’était les collègues de ces mêmes barbus adeptes des barbecues à la mode afghane, chair humaine bien fondue et hurlements de souffrances abominables.

    Les arcanistes depuis, ce n’est pas ma tasse de thé. J’essaye de diluer ma méfiance innée dans un peu de bon sens critique, mais ce n’est pas aisé. Des images comme ça, ça ne s’oublie pas. Les humains sont déjà suffisamment instables et violents de nature, sans qu’on ait besoin de leur attribuer des pouvoirs capables de littéralement soulever des montagnes. L’idée me hérisse la nuque. C’est la même histoire pour les vampires et les garous d’ailleurs, des versions anormales d’êtres humains parfois dangereux, souvent irresponsables. Le pouvoir, ça vous monte à la tête, humain ou non.
    Bosser au NRD m’a fait découvrir l’étendue de la fourmilière. Apprendre du jour au lendemain que des institutions parallèles et tentaculaires ont rassemblé des milliers de ces surnaturels pendant des siècles, c’est dur à avaler. Reconnaitre la validité d’autorités parallèles aux nations, accepter de leur confier la justice des leurs, ça me dérange d’autant plus. Ça me donne l’impression qu’ils sont au-dessus des lois, quand tous vivent et profitent de la société humaine, parfois trop justement, comme n’importe quelle personne vivant en Amérique. C’est reconnaitre une perte de l’autorité.

    Je ne les condamne pas, pourtant. La personne m’intéresse, moins la peau qu’elle porte. Être un CESS ne rime pas avec criminalité et, dans la mesure du possible, je me borne à laisser le bénéfice du doute. Ce serait mal venu de ma part quand je bosse moi-même avec eux tous les jours, et que Zach… Ouais, ça aussi je laisse le bénéfice du doute. Je les vois défiler ces victimes de forces surnaturelles qu’ils ne peuvent contrôler, ces clampins qui deviennent les hôtes d’une monstruosité animale, et qui ont bien du mal à comprendre ce qui leur arrive. C’est ceux-là que je veux aider. La distinction n’est pas toujours facile à faire, et les décisions le sont encore moins pourtant.
    Arcaniste, vampires, garous. Peu m’importe, tant qu’ils sont réglos. C’est le même principe pour les apprentis justiciers et tous ces auto-proclamés chasseurs qui se croient tout permis. Des gangs d'amateurs qui décident d’agir en dehors de tout cadre légal, jusqu'à juger par les armes selon des motifs arbitraires. Avec tout ça, on a droit aux Shepherds réactionnaires qui ne font qu'aggraver le problème. Ça aussi, ça me hérisse. En particulier quand une partie non négligeable de mon boulot consiste à en récupérer les morceaux, et à réparer les conneries de ceux qui tirent sur le moindre suspect, parfois sans motif, souvent sans même réfléchir aux conséquences. La moyenne des humains reste stupide, surnaturels ou non.

    Shreveport en est une belle illustration. Une véritable poudrière qui éclate à intervalles réguliers. Le foutu marché de Noël de 2018. Au moins, je n’étais pas mobilisée ce soir-là, au contraire de la soirée d’Halloween de 2019. Le carnaval des Wiccans m’avait déjà laissé un mauvais pressentiment. Mais quand le central m’a appelé chez moi en renfort, que j’ai bouclé mon équipement en hâte tandis que tout le réseau électrique tombait en rade, j’ai su que nous étions dans une merde d’envergure. Le conditionnement des SEAL est revenu à la charge ce soir-là. Le PASUA m’a envoyé dans le cœur de l’action, à gérer les monstruosités errantes et les CESS qui avaient disjoncté dans les rues.
    Un beau merdier. Je me suis retrouvée rapidement à chercher des solutions pour protéger des civils fuyant en masse, paniqués, des créatures dont je ne garde étrangement qu’un souvenir flou. Les restes de la soirée m’apparaissent encore comme dans un brouillard. Comme si mon cerveau en avait effacé une partie. Je me souviens encore des moments les plus intenses, de la manière dont nous avons organisé les secours, mais l’ensemble est imprécis, et les détails sont flous comme dans un cauchemar. Des réminiscences m’apparaissent parfois dans les moments où je laisse mes pensées dériver sans but précis, mais ce n’est jamais satisfaisant. Ça aussi, ça me dérange.

    Quelques théories fumeuses trainent au boulot. Odessa en a toujours une. Elle et ses fichus démons. Je n’y prête plus vraiment l’oreille maintenant, j’ai une montagne de choses à gérer, et en secret, un vieil ami à la dérive à retrouver. Les constructions religieuses, je m’en fous. J’en fais une allergie. Que les chrétiens aient regroupé, par ignorance et par souci de légitimé, tous les CESS sous le terme de démon, ça ne m’intéresse pas, et je ne vois pas pourquoi nous devrions nous occuper de ça. Les Wiccans et leur cirque nous avaient déjà suffisamment causés de problèmes, sans avoir besoin d’en rajouter. Le PASUA a des choses plus sérieuses à régler. J’ai des choses plus sérieuses à régler.

    Une promesse à tenir, notamment. Celle de n’abandonner personne. Je l’ai prononcé lors d’un dernier coup de téléphone, et je n’ai pas changé d’objectif aujourd’hui.

  • Singularités
    BONUSL’unité était rassemblée devant moi. Ils m’attendaient tous. Aucun n’était au courant de la teneur de mon annonce à venir. Mes mains étaient terriblement moites. Je sentais des palpitations nerveuses me vriller les tempes, et ma gorge comme mon estomac étaient violemment noués. Puis, j’ai vu le clin d’œil complice de Zach à l’autre bout de la pièce, et une chaleur rassurante s’est aussitôt diffusée en moi. J’ai sauté le pas. L’aveu ressemblait à mon premier saut en parachute.

    - Depuis son retour à la vie civile, Selma a continué de se maintenir au même niveau de performances que durant son service chez les SEAL. Elle refuse de se ramollir, tant au niveau physique qu’au niveau mental, et s’entraine plusieurs fois par semaine dans les salles de sport du NRD. Quand l’envie lui en prend, il lui arrive de courir directement dans la nature bordant la ville d’Haughton, ou de descendre dans une autre salle d’entrainement que celles du boulot. De la même manière, elle a maintenu des habitudes qui lui viennent de l’armée, certaines horaires et des principes alimentaires.

    - Que ce soit pour son travail au sein du NRD ou pour sa défense personnelle, Selma s’est procurée quelques armes, conservées chez elle. En plus de son arme de service, elle possède un pistolet de même modèle que celui des SEAL, un Sig Sauer P228, deux couteaux, et un fusil à pompe. Le plus gros des munitions étant stockées dans le petit bunker que son mentor a partagé avec elle, construit à leurs frais sous un banal abri de jardin dans sa propriété de Mooringsport. Ce sont des mesures de sécurité qui lui semblent nécessaires compte tenu de son métier, et de l’état de Shreveport.

    - De son service à l’armée, elle a conservé ses plaques militaires. Selma les porte parfois, mais ces objets détiennent surtout une valeur sentimentale, et elle évite de les abimer. À sa main droite, elle conserve toujours une bague en argent, bien pratique dans certaines circonstances, mais elle songe éventuellement à rajouter d’autres bijoux utiles. Elle transporte toujours dans ses poches un puissant spray qui pulvérise des particules d’argent avec une belle efficacité. Fabrication certifiée PASUA.

    - Quand elle était encore dans l’armée, ses cheveux étaient coupés très court par commodité. Depuis son retour au pays, Selma les a laissé totalement pousser et a même osé se faire des dreadlocks. De manière générale, elle fait davantage attention à son apparence désormais, elle s’habille mieux et avec plus d’attention, bien que ses vêtements visent toujours le confort plus que l’esthétique. Pantalons, tee-shirt, et baskets restent ses meilleurs amis, même si en se réconciliant avec elle-même, elle commence à apprécier quelques touches féminines subtiles.

    - Dans cette optique de réconciliation, Selma a cessé totalement les aventures sans lendemain avec les hommes. Même si elle n’est pas encore au stade d’assumer pleinement son homosexualité, elle progresse peu à peu et ne se voile plus la face désormais. Un an après son retour d’Afghanistan, elle a rendu visite à ses parents, et a trouvé le courage d’avouer ce secret à son père. La révélation a été bien accueillie, sans guère de surprise, mais elle ne se sent pas encore prête à l’avouer à sa mère qui, le devine-t-elle, le prendra sans doute très mal. Seulement quelques rares personnes sont au courant désormais : Zach et les membres de son ancienne unité, ainsi que son père.

    - Les relations avec sa famille restent relativement distantes. Si Selma avait imaginé les retrouvailles comme une expérience très douloureuse, en forme de conflit plein de colère, cela n’a pas été le cas. Preuve que sa carrière militaire l’a grandement aidé à mûrir et à soigner ses blessures intimes, elle a géré cette rencontre avec une facilité et une dignité qui l’ont elle-même déconcerté. Toutefois, mère et fille restent séparées par un mur d’incompréhension, de malaise, et de ressentiment qui rend difficile les discussions, souvent à couteaux tirés. Quant à son père, leur lien est beaucoup plus complice, si bien qu’elle a trouvé le courage de tout lui révéler de ses problèmes sentimentaux.

    - Selma a toujours eu un talent inné pour cerner le caractère et déceler le comportement des autres. Quand sa formation chez les SEAL l’a définitivement aidé à peaufiner cette aptitude, c’est son vieux mentor au sein du NRD, l’expert en psychologie des CESS qui lui a donné ces bases en psychologie. Elle n’est pas donc une débutante totale en matière de profilage et en parallèle de son travail sur le terrain, elle cherche toujours à se documenter davantage sur les comportements clés des CESS.

    - L’ex-SEAL est globalement très appréciée à son travail, y compris par ses supérieurs. Mise en valeur par un caractère facile à vivre, prévenante et aimable, elle n’a eu aucun mal à se faire accepter au sein du NRD et à nouer de bonnes relations de travail. Cela s’arrête là pourtant. Selma ne laisse jamais ses collègues déborder sur sa vie privée et, parfois inconsciemment, elle se verrouille complètement aux attentions des autres, la rendant difficile à cerner. Reste que son efficacité à travailler en équipe et sa forte polyvalence sur tous les terrains font d’elle un élément précieux au sein du NRD.

    - Durant son temps libre, elle s’exerce à la peinture amateur et au sport intensif. De plus, hors de tout cadre officiel, Selma se consacre en secret à la recherche de Zach. Elle n’a encore aucune preuve tangible pour étayer cette théorie, mais elle le soupçonne de suivre le parcours-type d’un homme nouvellement thérianthrope, grâce aux quelques bribes d’informations collectées depuis son retour au pays. Les évènements du marché Noël ont résonné étrangement avec ses soupçons, mais encore une fois, elle n’a obtenu preuve définitive de son implication.

    - La quête de Zach est d’autant plus malaisée, que Selma évite de se servir du matériel ou des sources du PASUA pour éviter d’éveiller les soupçons de ses collègues. Seul son mentor soupçonne quelque chose. Qui plus est, les évènements d’Halloween lui ont apporté une masse conséquente de travail, et il lui est parfois difficile de trouver du temps libre pour mener l’enquête en solo. Qu’importe, elle n’a aucunement l’intention d’abandonner cet objectif qui lui tient à cœur ; elle est bien décidée à aider son ancien lieutenant, quelles que soit les emmerdes dans lesquelles il s’est fourré.

    - Ainsi, rien au monde ne lui fera abandonner les recherches de son ancien lieutenant. Elle sait ce qu’elle lui doit. Elle sait que sans lui, ses vieux démons auraient repris le dessus en Afghanistan, et elle n’aurait jamais pu leur révéler la vérité sur son homosexualité, ainsi que toutes ses blessures intimes. Envers Zach, elle éprouve plus qu’une totale confiance ; il est un soutien mutuel à qui elle confierait sa vie, l’une des seules personnes avec qui elle a eu suffisamment d’affinité pour confier le fond de son âme. Elle s’estime redevable de l’avoir autant aidé à progresser dans la vie, de lui avoir permis de devenir une soldat accomplie. Jamais elle ne l’oubliera.
Who am I ?
The only easy day was yesterday Gun_in10
Je suisUn scénario de Zach BlaseCarm' VisageZoë Kravitz SagesseToujours plus DécouverteJe plaide coupable d'un quatrième compte. PrésenceÇa se maintient à très régulière. AvisÇa manque d'insectes. CréditsAvatar par TAG ; Radiohead. Mot de la finJe vous assure que celle-ci sera sympa.
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Fear is the mind killer
Selma Weiss
Selma Weiss
Fear is the mind killer
SILENCE LIKE A CANCER GROWS

En un mot : She wondered what her sorrow was and could not remember.
Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

Thème : Radiohead - Life in a Glasshouse
Once again, I'm in trouble with my own friend
She is papering the window panes
She is putting on a smile
Living in a glass house


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Crédits : N. Scott Momaday (House made of Dawn) ; Radiohead ; Avatar par TAG
Mer 15 Sep - 19:20 (#)

Living in a glass house
She is papering the window panes,
she is putting on a smile.

Chapitre unLa maison était bâtie d’aube. Les murs d’un blanc crémeux se reflétaient dans les yeux de l’enfant, à la manière d’un rêve éveillé, un écrin de clarté évanescente, fait de rosée éclatante et de pollens parfumés. L’air y était riche et frais. En descendant des jardins alentours, une brise lui apportait les senteurs enivrantes de l’humus humide mêlé à l’herbe tendre, lentement réchauffés par la lumière matinale. Les arbres la fascinaient. Elle n’en avait jamais vu de tel. Les cris sonores des corneilles cascadaient depuis la cime des chênes jalonnant les allées, au milieu des trilles timides des cardinaux, et les frémissements chaloupés de leurs branches caressaient un silence que l’on eût dit immortel.
Selma n’osait pas faire un mouvement. La fillette demeurait ainsi depuis l’aurore, assise sur les marches de bois usées par les ans, une timide chose de huit années de vie urbaine qui admirait alors le calme de Lancaster avec la fascination pure d’une âme d’enfant. Tout y était beau. Dans cette contrée, les hurlements de klaxon et les fumeroles nauséeuses de Philadelphie avaient été effacés sous un confortable halo de calme qui renfermait cet éclat merveilleux, doux et chaleureux, de la nouveauté. Elle avait touché ces haies verdoyantes, fleuries parfois, qui ne laissaient aucune trace grisâtre sur la pulpe de ses doigts, quand elle se promenait rêveusement le long des trottoirs.

Des feuilles caressantes, que l’on pouvait toucher. Des chats, que l’on pouvait apercevoir du coin de l’œil. D’innombrables sensations inondaient son être, la laissant pantelante, et muette d’admiration. L’enfant n’était pas encore accordée à l’endroit. Selma n’en connaissait pas la langue, et son corps chancelait parfois auprès des massifs de fleurs, étourdi par des senteurs que l’on eût dites exhalé d’un livre de contes. Elle aurait voulu danser. Elle aurait voulu rire aux éclats. Cependant, elle n’osait pas briser cette sévère perfection qui se reflétait sur les encadrements symétriques des fenêtres et des battants immaculés, évoquant une austérité à l’affût, qui interdisait sa voix fluette.
Sa silhouette se découpait sur le cresson émeraude et sur l’horizon clair de la colline, étiré, fait de maisons loties dans le creux des arbres ; elle semblait minuscule, muette et seule. La route côtoyait les véhicules rutilants, endormis sous les restes d’une torpeur nocturne, en louvoyant autour de sa nouvelle maison, depuis laquelle elle observait le balai aérien des insectes voleter à contrejour de l’aurore, dans l’air embrumé de leur jardin. Elle s’était levée tôt pour être au centre de ce nouvel univers. Des volutes de rêves s’attardaient encore derrière ses paupières ourlées de sommeil, berçant Selma dans cet état incertain, réceptive et vulnérable, entre la réalité et l’illusion.

Comme ses doigts frêles suivaient les dessins du bois, son grain rugueux mâtiné par les chaussures d’adultes qu’elle ne connaitrait jamais, elle l’entendit approcher. Une étincelle de culpabilité mêlée de plaisir s’alluma brièvement dans ses yeux couleur de la cendre, qu’elle s’empressa de dissimuler sous une cascade de mèches sombres, tel un masque de coupable. Selma dut faire un effort pour ne pas se retourner. Elle replia lentement ses jambes fluettes contre son torse, discrète et minuscule chaleur humaine qui se tassait du mieux qu’elle le pouvait dans cette immensité aseptisée, brillante, faite d’un chœur d’exigences silencieuses. Elle retira timidement sa main du sol, redressa la tête vers cet horizon nuancé d’ocre et de jade, et se concentra sur une image qui n’existait nulle part.
Les chaussons usés s’arrêtèrent à sa hauteur. Selma n’esquissa toutefois aucun geste. Ses épaules sursautèrent imperceptiblement lorsque la voix éraillée de son grand-père, pleine d’aspérités comme un chemin fait de rocailles instables, résonna dans l’espace ombragée du porche de l’entrée.

« Tu aimes les oiseaux ? » Puis, sans attendre sa réponse, il s’assit à côté d’elle dans un soupir et un gémissement de bois. « C’est bien de pouvoir les entendre. »

Les lèvres de Selma frémirent sans émettre un son. Nombreux étaient les mots dévalant son esprit à ce moment, mais la fillette craignait de les échapper, de provoquer maladroitement un éboulis qui salirait l’harmonie de leur nouveau foyer. Elle n’osait pas briser le silence. Elle était aussi désaccordée face à ces langages-ci, ceux de l’affection, de l’intimité, des sourires partagés et des petites joies. Transie de froid et de réserve, elle resserra avec crainte ses petits poings sur ses jambes malingres, que cachait mal un pyjamas gris d’enfant, dont le fin tissu ne la protégeait guère des frimas. Peu à peu, elle s’abima à nouveau dans ses pensées, taraudée par un voile d’anxiété.

Comme le silence s’éternisait, Jacob toussota et darda son index vers les hautes cimes des chênes, et plus loin encore, vers l’horizon. « Là, regarde. »

Loin au-dessus d’eux, dans l’éther blêmissant et pommelé d’ombres nuageuses, le chant d’un oiseau bleuté capta l’attention de Selma, et elle suivit du regard son vol sautillant, comme celui-ci semblait épouser les ondulations des toits sous la caresse du vent d’automne. L’ombre d’un timide sourire naquit brièvement sur sa bouche. Elle l’observa longtemps, qui traçait dans l’azur matinal des figures rapides, espiègles, mais l’oiseau finissait toujours par s’en aller, et le ciel redevenait vide et triste, au-delà de toute espérance. Jacob soupira d’aise à côté d’elle. L’enfant ne répondit rien.

« Je voulais te donner quelque chose, » commença-t-il à articuler de son timbre éraillé, en fouillant dans les poches de sa robe de chambre.

Dans un froissement d’étoffe chamarrée, le vieil homme extirpa un objet circulaire, dont Selma ne discerna tout d’abord que les plumes colorées, caressant un contour de bois clair. Comme la main brune et tannée de son grand-père lui tendait le cadeau, le soleil souligna le rond de bois doux, au centre duquel avaient été tressés d’autres cercles de fibres, si bien que l’enfant redressa la tête à cette vue. Elle tendit lentement, avec appréhension, sa paume vers celle, large et quelque peu tremblante de Jacob, dont les traits sillonnés de rides étaient éclairés d’un sourire paisible et d’un rideau de cheveux aile de corbeau, d’un lustre merveilleux qui reflétait la lumière solaire.

« Tiens, prends-le. » Alors, il laissa l’objet retomber dans la main de sa petite-fille, qui chancela quelque peu sous son poids. « Il a été fait pour toi. Tu sais ce que c’est ? »

Selma fit non de la tête. Elle ramena doucement le cadeau dans son giron, avec une confondante précaution, comme si le simple toucher de ses doigts légers pouvait l’abimer. Elle n’avait jamais rien touché d’aussi beau. D’aussi délicat. Du bout de sa main, elle caressa le bois de saule lisse, et les huit nœuds liant l’ensemble du tissage en forme de toile d’araignée, en esquissant un mince sourire, frêle et minuscule. Le vent dévala l’allée blanche au pied des marches, en agitant les plumes pendues au charme, qui chatouillèrent la joue de Selma, illuminant son visage d’un plus large sourire.

« C’est un charme de protection, » expliqua Jacob, comme aucune réponse ne venait de l’enfant. « Il absorbe les mauvaises choses, comme une mère qui veillera toujours sur toi, tu comprends ? »

Selma hocha la tête. Elle osa finalement toucher du bout de son index les mailles délicates formant la toile à la douceur de soie, et au tracé ingénieux qui retenait la lumière dans la blancheur du tissu. Des motifs complexes et naturels décoraient le rond de saule, en exhalant des senteurs délicieuses, qu’elle n’avait encore jamais ressenti, mais qui lui évoquèrent aussitôt les ondées suaves de l’aube, et la terre fraichement remuée après une averse. La fillette leva le charme à bout de bras. Aussitôt, le soleil se précipita à sa rencontre, le décorant de couleurs vermeils, et d’une chaleur parfumée.

« Merci. » murmura finalement Selma, et sans qu’elle ne le remarque, les yeux du vieil homme s’humidifièrent tendrement.

« Tu dois l’accrocher au-dessus de ton lit pour qu’il te protège. » Et ses mains vinrent rejeter les cheveux de sa petite-fille qui masquaient encore son front, d’un mouvement lent, qui se voulait affectueux et inoffensif. Elle leva finalement les yeux vers lui, et lui confia un sourire. Jacob lui sourit en retour, en scrutant l’éclat d’innocence flottant dans son regard triste. Dans ces prunelles couleur de l’orage, il entrevit alors la tempête et le frêle boutelou, l’ombre d’un corbeau vacillant au sommet d’un jeune cèdre, et elle était là, à se mouvoir au milieu du vent, cette femme d’un temps à venir. Puis la vision bascula, l’air se dissipa et le soleil recula des cheveux brillants de l’enfant, tandis que sur son front apparaissait un pli interrogatif face à l’immobilité du vieil homme.

« Papy ? » Et sa voix avait la texture éphémère du givre d’hiver, cassante comme la brindille qui la maintenait en vie, mais dont la sève vive courait en son sein, silencieuse. Les traits de Jacob, tannés et brûlés par une vie de labeur sous le soleil, recouvrirent leur sourire, et il hocha simplement la tête, alors que son cœur chantait les louanges d’une joie qu’il n’était pas certain de pouvoir expliquer. Elle, Selma aux yeux d’ouragan, observa avec une curiosité naïve ces traits burinés qui la surplombaient, quand ni l’un ni l’autre ne semblait plus s’apercevoir de l’univers autour d’eux, des pépiements des oiseaux, ou des talons de chaussures qui s’approchaient dans leur dos, à l’intérieur de la maison.
Pourtant, la clarté de l’aurore diminuait à l’horizon, et sur les murs de leur maison se levaient déjà les ombres des arbres. Au son des semelles trainantes de chaussons mous, dans l’encadrement de la porte d’entrée, Nelly s’approcha, austère, en surplombant sa fille qui tenait encore précieusement le cadeau d’une autre existence. Le vieil homme l’interrogea du regard. Selma, elle au contraire, restait immobile, ses mains resserrées autour du charme, comme si un vent mauvais s’apprêtait à disperser l’objet dans un éclat de poussière brune et blanche. Elle ressentait s’appesantir sur ses épaules menues le regard lourd et critique de sa mère, si saturé d’exigences, et si desséché d’attentions.

« Selma, rentre jouer à l’intérieur. Tu vas attraper froid. » Et en effet, l’enfant avait froid désormais. Aux mots de sa mère tombèrent les frimas d’une crainte étouffante, d’une froideur qui paralysait son cœur, et durcissait ses membres. Selma se redressa avec difficulté. Elle cacha presque le charme entre ses doigts gourds, et n’osa pas lever la tête, tandis qu’elle évitait de chanceler contre la robe de sa mère, en trainant les pieds vers l’intérieur de la maison, qui lui parut toute aussi hostile et vide, sans espérance. Des tremblements chahutèrent ses doigts serrés autour du charme de saule, qu’elle maintenait fermement contre son cœur, car ses fibres avaient absorbé la chaleur de l’aube, qui irradiait encore contre sa peau transie de solitude, et la réconfortait dans cet univers glacial.

Dans son dos, les voix de sa mère et de son grand-père résonnèrent encore, à l’intérieur du couloir qui avait perdu toute la beauté de l’aube. « Nell… Ce sont ses racines, s’il te plait. »

« Elle n’a pas besoin de ça. On a déjà eu cette discussion, je ne veux pas qu’elle vive les mêmes choses que moi, tu le sais. Ne l’empêche pas de réussir, » argumentait sa mère, et le timbre de Jacob se perdait dans celle, vibrante de crainte et sévérité, de sa propre fille.

« Ce sont ses racines… » répéta-t-il, et les yeux fatigués du vieil homme virent la silhouette menue de sa petite-fille disparaitre dans la pénombre du couloir. Alors, il devina. Il sut avec une blessante certitude, qu’il n’y aurait jamais de chants ni de danses pour l’enfant aux yeux de tempête, que jamais il n’y aurait de courses à travers les vallées, de veillée aux contes, de rires ou de joies avec les siens, et que les liens avec ses ancêtres ne seraient pas restaurés. Son cœur s’était brisé, et Selma n’en sut rien. Celle-ci disparaissait loin de lui. Elle s’effaçait à petits pas dans le couloir austère, où s’étalaient sur les murs tristes des tableaux religieux et des crucifix simplistes, autant de morceaux de bois sans vie qui ne lui évoquaient rien, sinon des mines sévères et des réprimandes muettes.
L’aube était terminée. Selma emprunta l’escalier au bout du couloir, sur lequel la lumière vacillante s’affaissait sans un bruit contre les marches de bois sombre. Elle parvint à force de petits pas discrets comme ceux d’une souris au premier étage, devant la pièce de jeux qui lui avait été attribuée. L’enfant s’immobilisa sur le seuil, le charme de Jacob contre son ventre, et pendant un moment, elle parut perdue dans ses pensées. Dans le ciel matinal, le soleil avait réussi à transpercer les frondaisons des arbres, et illuminait directement la salle de jeux, au travers de l’unique fenêtre qui perçait les murs d’un blanc lisse. Une table basse de bois lisse trônait au centre de l’endroit, et son plateau était devenu un disque de lumière amarante, tandis que d’innombrables particules de poussière flottaient distinctement dans l’air saturé de parfums synthétiques.

Selma s’avança avec lenteur. Elle s’arrêta au beau milieu de cet espace trop ordonné, aseptisé, qui lui était réservé comme l’on classe un bibelot précieux dans un recoin d’armoire. Tout autour d’elle, ses jouets la surveillaient ; des peluches, des poupées, des figurines adossées et rangées contre les murs lisses, sans décorations, sous le mince rideau de lumière. Leurs yeux cousus semblaient ainsi la suivre attentivement, et comme l’enfant n’osait esquisser un geste, leurs figures de tissus et d’étoffes se muèrent en d’inquiétants visages scrutateurs, incisifs et hostiles. Comme l’enfant baissait la tête vers le sol immaculé, les murs de la pièce lui semblèrent reculer, puis s’effacer, la laissant exposée aux regards, sans défense, dans un bocal de verre qui jugeait chacune de ses respirations.
Les dernières lueurs de l’aube mourante tombaient à ses pieds. Le charme du vieil homme contre son torse, Selma fixait ces rayons mordorés qui caressaient ses orteils nus ; ils étaient chauds comme une larme sur la joue. Elle tendit l’oreille dans l’espoir d’entendre le vieil homme gravir les escaliers, mais nul ne vint la voir, nul ne vint lui conter les couleurs d’un autre univers, tandis que les jouets autour d’elle dardaient leurs regards vides, à la manière d’esquilles de glace perçant la tendresse de sa chair. Elle demeura ainsi, serrant et chérissant le cadeau de Jacob, dont la chaleur s’évaporait lentement, une infime silhouette muette et immobile dans un joli cadre de verre.

Elle resta seule dans le silence.


Hello darkness, my old friend,
I've come to talk with you again.


Chapitre deuxSarah dansait. Les lumières multicolores des néons s’emmêlaient dans ses cheveux ondoyants, d’un roux brillant, couleur des feuilles d’automne, qui cascadaient sur sa silhouette svelte, aux hanches lascives. Ici et là sur sa peau frémissante, une pellicule de sueur dessinait les contours de son cou harmonieux, tout comme ses bras et ses jambes laissés nus par son débardeur et son short court l’illuminaient d’une vitalité fiévreuse. Autour d’elle, dans l’entrelacs des corps bouillants, d’autres adolescents remuaient avec frénésie, au son des pulsations musicales, lancinantes comme les battements d’un muscle cardiaque excité. Ils se fracassaient les uns aux autres, débridés, dans les rires et les cris sauvages, le bruit des cannettes et les raclements des chaises ; à cette heure tardive, les mouvements se faisaient apathiques et les timbres des voix hagardes, trainants.
Mais Sarah dansait toujours. Elle dansait en oubliant le lendemain. Elle dansait en oubliant son amie, celle trainée dans l’enfer dans cette soirée, non en vertu d’une solide amitié, mais parce que Sarah aimait de temps à autre consoler son ego par un brin de charité égoïste. Et elle dansait. Elle se fichait alors éperdument de l’autre fille aux cheveux noirs, aux yeux de tempête, qu’elle invitait souvent faute d’avoir mieux à faire, faute d’avoir quelqu’un de mieux avec qui s’afficher. Elle l’emmenait dans ces endroits détestés par cette personnalité fuyante, qui ne lui avait jamais rien demandé en retour. Tout comme le flamboiement d’une flamme attirait les papillons de la nuit, Sarah se sentait mieux en la présence de ce faire-valoir maladroit, qui ne s’intéressait ni aux danses, ni aux ragots du lycée.

Sarah l’avait simplement oublié. Selma n’aurait jamais dû venir ici. Elle n’en avait pas eu l’intention. Désormais recroquevillée au fond d’une chaise inconfortable, contre une table ployant sous un amas de boissons colorées, à la manière d’une simple décoration maussade elle décomptait les secondes, les minutes ; l’ennui se faisait poignard, froid et lent. Comme ses mains crispées serraient un verre de bière intouchée, son attention errait sans but, à la recherche d’un secours qui n’existait pas. Parmi cette ambiance bouillonnante et hurlante, où la musique l’étourdissait, il n’y avait que des regards anonymes pour Selma, des sourires moqueurs, des yeux condescendants, qu’elle s’efforçait d’éviter comme elle le faisait chaque jour, en souhaitant être abandonnée d’eux, invisible et ignorée.
L’obscurité, voilà ce qu’elle désirait. Oublier la vie, oublier Sarah. Pourtant, Selma se mentait encore à elle-même. Pourtant, alors que l’amertume du dédain minait ses pensées, que l’illusion de cette amitié ruinait son existence en se muant en acide dans sa bouche, c’est sur Sarah que son regard ne cessait de revenir. Sarah qui dansait. Sarah dont les cheveux doux avaient effleuré l’épaule de Selma. Sarah au parfum délicieusement sucré, aux beaux yeux bleus. Sarah et son rire. Sarah, Sarah.

« Arrête, » murmura-t-elle au vide, en fixant désespérément le sol poussiéreux, et sa voix tremblait de colère et de mépris pour elle-même. Dans sa bouche, l’écœurement envahissait sa gorge, la rendant douloureuse, cassante et étirée, comme un cocktail de désir refoulé mêlé à un intense dégoût. Les mains de Selma se resserrèrent machinalement sur le verre de plastique. Violemment, les pulsations profondes de la musique frappaient ses oreilles, des tambours monstrueux résonnant contre ses tempes, et rebondissaient dans chaque recoin de son crâne. Sa vision se troubla tout à coup. Une sensation de brûlure inondait son estomac, tout comme une sensation de froid serpentait dans ses veines, et le tout lui donnait envie de hurler dans le noir, de frustration et de dépit.
Pourtant, tout revenait inlassablement à Sarah. Les ombres des autres jouaient de leurs arabesques sur le sol en louvoyant autour de Selma, en évitant son ilot de solitude, et elle cherchait sans arrêt un endroit où poser son regard afin de fuir leur présence. Mais, inlassable couteau de désir, son attention revenait à chaque fois vers Sarah, qui dansait encore, au loin. Les jeux de lumière miroitants dans sa chevelure. L’éclat de ses yeux rieurs, de sa silhouette séduisante, si loin de Selma qui désirait entrelacer ses doigts avec les siens, respirer son parfum. Mais Sarah était trop loin.

« Arrête, » se répéta-t-elle, et lentement, à la manière d’un esquif oscillant dans le vent, le monde autour de Selma se mit à tournoyer. Une texture de bile remonta sur sa langue. Toutes ces lumières se transformèrent en tourbillons de couleurs huileuses, comme les sons se muèrent en une bouillie qui s’infiltrait dans sa tête, et l’image de Sarah s’imprima en négatif derrière ses paupières closes. Elle lâcha son verre qui éclaboussa le sol sous la table. Elle tremblait de tout son corps. Elle se leva d’un bond, ignorant les invectives autour d’elle, et se précipita vers la sortie dans un brouillard de sensations étouffantes, fait d’odeurs de sueurs, de palpitations cardiaques, et d’un atroce goût de vomi ; Selma chancelait, hagarde, un discret fantôme d’indifférence, minuscule et seule.
Les murs autour d’elle semblèrent se refermer. Ils s’arrondirent et devinrent transparents. Au travers de ce bocal, des poupées à l’effigie de ses camarades de lycée la scrutèrent, hilares, de leurs yeux de tissu mort qui la jugeaient en silence. Selma n’avait nulle part où aller.

« Arrêtez, » marmonna-t-elle en avançant tant bien que mal à travers la foule, et elle se souvint avoir prononcé ces mots au milieu des rires et des questions goguenardes. Elle entendit la voix de Sarah et, à nouveau, la répulsion s’empara de son ventre en tordant son estomac. Elle se précipita à la hâte dehors, heurtant la porte d’un coup d’épaule, et courut quelques mètres plus loin vers les taillis jalonnant le jardin. Selma tomba à genoux dans l’herbe. Son estomac hoqueta. Elle se tordit en deux, tandis qu’une bile acide envahissait sa bouche dans des spasmes interminables, brutaux, qui expédiaient des filets de salive sous la lumière ténue d’une lampe tremblotante.
Une nausée teintait tout son univers de désespoir. Elle tremblait ; tous ses os devinrent douloureux, et son esprit ne cessait de lui renvoyer la vision de Sarah, de son sourire, de ses cheveux. Une haine si intense envers elle-même l’envahit, que Selma fut sur le point d’éclater en sanglots, de taper contre le sol à se ruiner les mains, ou bien de courir à perdre haleine. Sa tête semblait sur le point d’éclater. Ses paupières lui lançaient des éclairs de douleur, et elle ressentait le besoin de sombrer dans un état second, un sommeil épuisé et souffrant, qui ne résoudrait rien. Des hoquets brisèrent à nouveau sa gorge, son estomac se révulsa, et les spasmes revinrent, implacables, comme si son propre corps cherchait obstinément à expulser ses sentiments odieux, qu’elle détestait tant.

Selma se redressa finalement. Le ciel était vide d’étoiles. Tout son corps lui faisait atrocement mal. Elle avait les genoux douloureux de les avoir enfoncés dans l’herbe, les jointures percluses d’éclairs de souffrance, et ses muscles étaient saisis de tremblements incontrôlables. Elle se releva, tant bien que mal. Une sensation de brûlure bloquait sa gorge, quand ses paupières enflées la suppliaient de laisser libre court à ses larmes, qui irradiaient son crâne d’une douleur lancinante. Le monde tout entier tournoyait dans un maelstrom de couleurs nocturnes, de noir et d’ivoire, et elle-même était reconnaissante d’éprouver une si vive douleur physique, qu’elle accueillait comme une pénitence.
D’une démarche hasardeuse, Selma se releva, descendit l’allée de carreaux blancs, en abandonnant derrière elle les échos sourds de la fête, et fit irruption sur le trottoir bordé de haies, devant la route déserte. La lune était voilée cette nuit-là. La tombée du soir avait été inéluctable et imperceptible. Contre les halos des lampadaires, les ombres s’attroupaient et dévoraient la lumière, jusqu’à ce que la ruelle ne soit plus qu’un mince lambeau de ténèbres, rongé par des éclats blafards. Autour de sa silhouette esseulée, épuisée et larmoyante, une brise mordante lui susurrait des insultes odieuses, et le silence du quartier se faisait tranchant ; un poids s’écrasa dans le creux de son ventre, et Selma fut à nouveau sur le point de défaillir, de laisser des larmes d’amertumes inonder ses joues.

Les pleurs ne vinrent pas. Tout comme le soulagement, l’estime de soi, et ses sentiments, Selma les avait enfoui loin au fond de son âme, dans une fosse sale de honte. Elle tritura maladroitement la poche de son jean afin de s’emparer de son téléphone, avec lequel elle composa fiévreusement un message succinct, et l’envoya à son père. Elle se mit ensuite à déambuler, seule et muette, entre ses maisons de bonne famille, aux fenêtres illuminées derrière lesquelles, lui semblait-il, l’observaient d’autres jouets aux yeux cousus. D’autres bocaux de verres. D’autres crucifix sur des murs aseptisés.
D’autres Sarah. « Arrête, » se dit-elle tout haut, quand la nausée revint l’inonder avec rage et, d’une main hasardeuse, elle se rattrapa à un poteau froid, comme l’étourdissement l’assaillait. Chahutée par ses conflits, tantôt des remords, tantôt une honte si forte qu’elle lui faisait perdre la notion du temps, Selma demeura longtemps ainsi. Elle se laissa choir contre le pied du lampadaire, et resta là, prostrée et misérable ; ses yeux erraient dans le ciel d’encre, qui resta vide. Puis, au bout de minutes semblables à des heures, les phares de la voiture de son père trouèrent la nuit, et leurs lumières vives la forcèrent à plisser le regard. Elle cacha aussitôt son visage derrière ses mèches sombres, pour dissimuler cette terrible révulsion qu’elle croyait inscrite au fer rouge sur son front.

La voiture d’Abel s’arrêta devant elle. Le halo des phares révélait une brume évanescente autour du capot chaud. Durant un instant d’horreur, Selma se crut incapable de se relever tant ses jambes se dérobaient sous elle, la laissant molle et dénuée de toute force sur le béton froid. Par un effort de volonté, elle se releva en saisissant les feuilles d’une haie adjacente, ouvrit la portière de la Jeep, et s’affala bruyamment sur le siège, pour étouffer les sanglots qui menaçaient de franchir ses lèvres.

« Hé, Selma ? Est-ce que ça va ? » Ce furent les premiers mots de son père, emplis d’une authentique sollicitude, et elle ne les entendit qu’à moitié.

Les poings serrés contre ses cuisses, elle fixait le tableau de bord sombre, sur lequel jouaient les lueurs blanchâtres de la nuit et celle du plafonnier. Des aiguilles piquetèrent ses yeux. Selma hocha la tête d’une manière saccadée, trop rapide pour être sincère, et ferma sèchement la portière, laissant l’obscurité envahir l’habitacle à nouveau. Elle en avait besoin. Elle ne voulait pas que son père voie ses traits tirés par la souffrance, ses paupières gonflées par le chagrin qui menaçait à chaque instant de rompre la mince digue retenant encore le flot de sa honte. Elle se conforta alors dans le silence, tout juste brisé par le ronronnement sourd du moteur, et le froissement des vêtements de son père.

« Ta mère s’est inquiétée. » continua-t-il de sa voix profonde, chaloupée et réconfortante. « On ne t’attendait pas si tôt. »

Un nœud douloureux se lova dans le fond de sa gorge. Selma hocha machinalement la tête. Elle leva la tête vers les lumières du lotissement qui défilaient derrière la vitre, dans des flash intermittents.

« Elle s’inquiète sans arrêt. » Ses mots à elle n’étaient qu’un murmure. Le mal-être nouait tout son corps, et elle n’osait hausser la voix, au risque de la briser.

« Je sais, mais ne lui en veut pas trop. Elle veut te donner un maximum de chances, et même si elle peut paraitre dure, elle t’aime. Tu sais qu’elle n’a pas eu une vie facile. »

Dans cette obscurité chaude et intime, le timbre d’Abel résonnait tout autour d’elle, à la manière d’une berceuse, tendre et grave. La clarté saccadée de la route donnait à son teint sombre, un éclat de tendresse désarmante, tandis que sa barbe et ses cheveux crépus exhalaient de douces senteurs masculines. Selma se laissa lentement envahir par ces parfums familiers émanant de lui, et quelque chose de frêle fut sur le point de céder au fond de son âme. Elle s’était toujours confiée à lui. Il avait toujours su la désarmer. Elle redressa finalement la tête vers son père, et celui-ci lui sourit en retour.

« Je sais… » commença-t-elle, mais Selma fut incapable de trouver le courage de terminer sa phrase et de lui avouer ce terrible secret, qu’elle refusait encore de regarder en face.

« Écoute, si tu as été malade à cause de l’alcool, ça restera entre nous. Je ne lui dirais rien. Mais je ne sais pas si on pourra lui cacher ta mine affreuse, tu sais. »

Selma resta silencieuse. Elle baissa encore une fois les yeux vers ses mains tremblantes, ouvertes à la verticale comme des insectes morts, et ses lèvres chuchotèrent des mots sans émettre un son.

« Selma ? » Cette fois, la voix d’Abel se teintait d’une réelle inquiétude, et nul vrombissement de moteur n’était capable de l’amoindrir. « Il s’est passé quelque chose ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

Elle ferma les paupières à s’en faire mal. « Est-ce que tu t’es déjà détesté ? Est-ce que tu… » Mais la voix de Selma se brisa avant de terminer. Elle éclata enfin en sanglots déchirants. Elle fut incapable de s’arrêter. Un barrage fragile venait d’éclater en esquilles tranchantes, et Abel eut beau la presser de questions inquiètes, il eut beau la réconforter, Selma ne put révéler la raison de sa détresse.

Dans son esprit, derrière sa frange de cheveux sombres, Selma était seule avec sa honte ; seule avec un silence, qui l’envahissait comme un cancer.

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Fear is the mind killer
Selma Weiss
Selma Weiss
Fear is the mind killer
SILENCE LIKE A CANCER GROWS

En un mot : She wondered what her sorrow was and could not remember.
Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

Thème : Radiohead - Life in a Glasshouse
Once again, I'm in trouble with my own friend
She is papering the window panes
She is putting on a smile
Living in a glass house


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Crédits : N. Scott Momaday (House made of Dawn) ; Radiohead ; Avatar par TAG
Mer 15 Sep - 19:21 (#)

The only easy day was yesterday
And I've traveled over,
dry earth and floods,
hell and high water.

Chapitre troisLe cauchemar était resté le même. Je l’avais arpenté en étant môme. J’ai continué de le revoir au pays, durant les nuits de douleurs musculaires au centre d’entrainement, dans les casernes. Tout y était laid et triste. Je voyais un soleil moribond disparaitre derrière un horizon aux couleurs mornes, où le ciel avait la texture du vieil argent. De vastes plaines de rocailles s’étendaient à perte de vue, et au sommet d’une colline érodée, se tenait une maison de verre. Elle était seule et déplacée. Ses lignes nettes tranchaient sur la roche, donnant à l’ensemble l’apparence d’une pustule en forme de cube enfoncée sur un nez tanné par la chaleur. À l’intérieur, son sol brillait d’un éclat clinique qui renvoyait la lumière extérieure, maladive, filtrant au travers des murs de verre. Appuyés contre ces derniers, des tas informes de peluches et de poupées s’accumulaient comme des détritus délaissés, leurs têtes de tissus duveteux me fixant moi, alors bêtement plantée au beau milieu de la pièce.
Je me suis réveillée à cinq heures du matin, en sueur et de mauvaise humeur. Mes yeux se sont posés sur les murs poussiéreux de la mine abandonnée, désormais reconvertie en bunker de fortune par les combattants de la région, avant de devenir le confortable foyer des nôtres. Les parois de calcaire d’un blanc grisâtre avaient retenu les traces d’outils rudimentaires, ces pioches et ces marteaux qui avaient façonné des motifs abstraits et coupants du sol au plafond. Des saillies apparaissaient çà et là dans les couloirs étroits, formant des angles durs qui n’attendaient que vos tibias pour se faire du bien. Le tout était jalonné d’ouvertures minuscules comme des meurtrières, dans lesquelles un vent mordant s’infiltrait à toute heure de la journée, venu des montagnes environnantes faites de cette même roche efflanquée et sinistre, qui ponctuaient ce paysage aride tel un mauvais présage.

Pittoresque. Mais nous avions connu pire. J’ai rejeté mes cheveux désordonnés d’une main encore alourdie par la pesanteur du cauchemar. Une couche de poussière blanchâtre s’est aussitôt élevée dans le courant d’air, et est retombée dans la lumière morne, en se collant à ma peau moite. Nous étions recouverts de cette saleté. Elle s’infiltrait dans nos vêtements, nos équipements, à l’intérieur de nos armes, et certainement aussi dans nos rations. Ce pays était un empire de la poussière. Je me suis extirpée du sac de couchage en baillant, et me suis dirigée vers l’ersatz de fenêtre qui s’ouvrait sur la vallée désertique, coincée entre les nombreuses montagnes, où se discernaient faiblement les points noirs d’un modeste village. Les ombres de la nuit s’accrochaient encore aux reliefs, comme des serres de vautour raclant les stries blanchâtres des falaises érodées et desséchées.
La vue a achevé de m’éveiller. Le conditionnement militaire a fait le reste. Opérationnelle dès le saut du lit. J’ai exécuté quelques étirements par automatisme, et me suis saisie du nécessaire de toilette dans mon sac avachi dans un coin de la cellule qui me servait de chambre de fortune, sans porte ni rideau ; l’intimité était une notion abstraite en opération. Des bruits de pas et des voix familières ont résonné plus profondément dans les couloirs, comme nous nous levions tous au même moment, à quelques minutes d’intervalles. Réglés comme des minuteurs. J’ai commencé le rituel du matin sans même y penser ; hygiène minimale, tenue d’extérieur, le Sig P228 à la ceinture, et la ration du matin dans la main, je suis sortie dans le couloir une dizaine de minutes plus tard. Un vent sec m’a aussitôt balayé le dos, chassant l’odeur de savon propre qui imbibait encore mes cheveux noirs coupés très courts pour loger sous le casque. Parfum eucalyptus. Merci l’amirauté.

Le reste de la vieille mine était presque coquet. Des couloirs ovales creusés à l’ancienne, interrompus par des cellules d’environ deux à cinq mètres de diamètre, sculptées comme des alvéoles d’abeilles, toutes saturées de cette poussière qui vous rongeait les bronches. Nous avions organisé le mess dans la plus grande. Une épaisse saillie de roche au centre nous servait de table rudimentaire, et l’absence de fenêtre nous permettait d’avaler nos repas sans avoir la sensation de mastiquer du gravier. Je me suis avancée dans l’espace exiguë, en saluant d’une main les deux gars déjà présent, et me suis callée le derrière directement sur le sol dur, entre deux aspérités rugueuses. Inconfortable à souhait. Nous étions devenus une tribu de troglodytes, tous rassemblés autour d’un foyer central.
Que notre lieutenant fasse irruption dans la salle habillé en homme de Cro-Magnon, fourrure zébrée de fauve, collier de crocs et massue en os, ça n’aurait surpris personne. J’ai rempli ma timbale d’une dose de café brûlant, et j’ai commencé à ouvrir mes gamelles de rations. Pain tiède et bacon rigide avec un paquet de skittles ; un peu de malbouffe pour nous rappeler le pays. Le commandement était aux petits soins avec les SEAL. Mon estomac a grondé malgré l’aspect modeste du déjeuner. Quand vous êtes sur le terrain à vous écorcher les pieds sur ces rochers mouvants et coupants, et que vos muscles ont trimballé des dizaines de kilos d’équipement pendant des heures, votre appétit devient vite conciliant. J’ai commencé à mâcher avec entrain, et me suis coupée une tranche de pain.

« Le lieutenant et les gars sont encore au village, » a déclaré Pete, entre deux déglutitions bruyantes et un reniflement amusé. L’odeur d’eucalyptus exhalait de ses cheveux ras, blonds, et se mélangeait avec la forte odeur de café. À côté de lui, Josh a secoué la tête sans lever les yeux de sa tasse.

« Ahmed a foutu le camp depuis le temps. Ça fait un moment qu’il le laissait entendre. Il est parti dépenser toutes ses liasses de dollars stockées dans son enclos à chèvres. »

J’ai esquissé un sourire sans rien dire. Les informateurs qui se débinent, cela n’avait rien de nouveau pour nous. Ils trouvaient toujours des propositions plus juteuses dans l’autre camp, et les gadgets capitalistes de l’état-major avaient rarement du succès parmi les milices du désert. J’ai haussé les épaules pour toute réponse. Pete nous a resservi du café bien noir, puis a poursuivi.

« J’aurais bien voulu savoir ce qu’il comptait nous dire sur la sixième. Au moins par curiosité, pas vous ? »

« Un peu, » a répondu Josh, laconique. « Mais j’ai le sentiment que c’était du vent. Ces types ont eu des hallucinations, ou ils ont craqué sous l’effet du stress. On sait tous que ça arrive. »

Nous sommes restés silencieux un moment. Nous avions tous connu ces accès de faiblesse. Ils vous saisissaient au pire moment, vous rongeaient les tripes et émoussaient votre efficacité. J’étais passée par là moi aussi. Je me suis souvenue d’une conversation avec le lieutenant, sous une tente secouée par le vent, avec cette honte brûlante lovée au creux de mon ventre, qui m’empêchait de dormir et refusait d’être avouée aux autres. Je l’avais excisé de force. J’ai revu son visage attentif. J’ai ressenti pendant un court instant cette même envie de vomir qui avait accompagné l’aveu de ma condition ; aussitôt, je me suis forcée à reléguer ces sentiments tenaces, qui appartenaient au passé.

« Pas toi, Poussin ? » a répété Pete, pour la seconde fois apparemment, me sortant de cette transe désagréablement nostalgique.

Josh me fixait par-dessus sa tasse de café fumante. Je me suis coupée une nouvelle tranche de pain, en reprenant le fil de la discussion d’un ton las, l’air d’y réfléchir sérieusement.

« Combustion spontanée et la maitrise du vent ? Sérieusement. J’en pense que la sixième a brûlé un champ d’opium et que le vent leur est revenu dans le nez. »

Notre foyer d’hommes des cavernes a résonné de nos rires. Je me suis sentie bien, à nouveau. J’ai ressenti cette franche chaleur de la camaraderie qui faisait la force des SEAL, et l’ai laissé s’infiltrer dans mes veines, réveillant cette même motivation, cette même force de l’équipe, qui me faisait me lever jour après jour. Nous étions le fer de lance du pays ; nous faisions la différence ensemble. J’ai terminé mon repas avec un entrain renouvelé, rythmé par les traits d’humour de Josh et Pete, avec les arômes de café dans le nez et la texture crayeuse de la poussière afghane sur la langue.
La suite de la matinée s’est déroulée dans une routine toute militaire. Nous nous sommes dispersés dans nos cellules respectives en attendant d’avoir des nouvelles du lieutenant et des autres. Le soleil commençait à poindre derrière les montagnes. L’humidité de la nuit continuait de disparaitre en volutes insaisissables au-dessus des rochers délavés de la vallée, quand la fraicheur profonde de la mine allait nous tenir à l’abri de la chaleur encore quelques heures. Ensuite, nous serions dans un four. Je me suis absorbée dans le nettoyage appliqué de mon fusil M4A1, son éternel dépoussiérage, le calcul de mon stock de munitions, et dans la vérification minutieuse de mon paquetage.

Au bout d’une heure, j’avais terminé. Mon regard s’est machinalement attardé sur le livre à la couverture écornée, qui m’avait suivi depuis le départ de la base de commandement, et était resté là, abandonné à côté de ma couchette. Je l’ai saisi sur une impulsion ; le désert des Tartares de Dino Buzzati. Le papier avait jauni depuis les rives de la Méditerranée, et dégageait désormais un parfum piquant, mais agréable, comme celui d’une feuille d’été délavée par la brûlure du soleil. Je l’ai ouvert à la moitié environ, au hasard. Un cheveux sombre était coincé dans le pli des pages usées, et je me suis demandée depuis combien de temps il était resté ainsi. Combien de poussière il avait absorbé.
Avait-il appartenu à une autre Selma que celle d’aujourd’hui ? À la recrue encore incertaine de son avenir et de sa force mentale, ou bien la soldat accomplie des SEAL, qui avait désormais gagné la totale confiance des siens, et couvrait sans sourciller leurs arrières ? Je n’ai pas trouvé la réponse, et l’ai refermé sèchement, en levant une couche de poussière. Josh a passé la tête dans l’ouverture de ma cellule, un air amusé sur ses traits, et son propre pistolet bien visible à sa hanche.

« Hé, Poussin. Ils ont trouvé Ahmed finalement, Gus et Forman l’ont escorté avec d’autres invités. Viens, on va écouter ce qu’ils ont à dire. »

J’ai hoché la tête. « Des invités ? Et le lieutenant ? »

« Ouais. Chef de bande, ceux qu’on essayait de contacter depuis des semaines. Le lieutenant est resté au village avec Jones, histoire de vérifier que tout est OK. »

Je me suis levée, mue par la curiosité. Josh m’a précédé dans le boyau étroit qui conduisait à notre mess de l’âge de pierre, en se courbant avec précaution. Il faisait aisément son mètre quatre-vingt-dix. Par conséquent, son crâne rasé était décoré d’encoches cicatrisées, qui détaillaient les virages et les stalactites des plafonds à la manière d’une carte évoluant en temps réel. J’ai souri malgré moi. Nous avons débouché ensemble dans notre mess, désormais déserté de toute trace de nourriture ou d’odeurs de cuisines, toutes emportées par le vent continuel. Quatre hommes nous attendaient.
Forman était appuyé dans l’encadrement, une main posée sur son fusil d’assaut. Il m’a salué d’un geste de la main, et je lui ai rendu la pareille. Ahmed, notre informateur local, s’était calé dans le coin le plus éloigné de la pièce, loin des deux autres individus assis nonchalamment contre le mur opposé. On commençait à être à l’étroit. L’atmosphère était imbibée d’odeurs de métal chaud, de sueur et de poussière acre, lesquelles s’amplifiaient dans la proximité des corps. Ils étaient tous trois vêtus à la mode Afghane des montagnes, des tenues lâches pour lutter contre la chaleur. Ils étaient désarmés. À la manière dont Forman les conservait dans la périphérie de sa vision, Jones et lui avaient dû leur retirer un arsenal avant de les faire entrer. Méfiance. J’ai gardé ce détail dans un coin de ma tête.

« Messieurs, » a lancé Josh d’un ton diplomate, en s’asseyant tant bien que mal sur une saillie de calcaire.

Je les ai salués de la même manière, sans obtenir davantage de réponse. Prometteur. Un des barbus me fixait intensément, l’air mécontent. Je suis restée debout à côté de Josh, sans m’abaisser à détourner le regard. Ahmed a marmonné nerveusement dans son coin, avant de prendre la parole.

« Voici le respecté Hassan Ghani Mujahid, et son protecteur Abdul Salah. Ils ont toute la vallée sous leur protection. Ils ne parlent pas anglais. »

Le larbin du respecté a marmonné en arabe, et Hassan a levé sa main droite à la verticale, sans doute dans un geste d’apaisement. Avec sa haute stature et son profil d’aigle, il émanait de lui une force sereine dissimulée dans les plis de ses vêtements. Des yeux sombres profondément enfoncés dans leurs orbites surmontaient des pommettes hautes mangées par une barbe noire, et un nez aigu avec lequel il aurait été possible d’ouvrir une canette. Abdul était tout en nerfs. Une peau tannée par le soleil s’étirait sur un crâne étroit, des traits secs et prompts à céder à la colère, qui ne cessaient de bondir dans ma direction. Je me suis doutée de la raison. Josh et Forman sans doute également.

« Le lieutenant a déjà obtenu leur accord, » a expliqué Forman, sa main sagement posée sur le dos de son M4A1. « On leur a filé le paiement en arrivant ici, comme convenu. »

Ahmed a traduit. Le respecté de la vallée a hoché la tête sans rien dire, tandis que les yeux d’Abdul ont lancé des éclairs vers moi, qui se heurtaient à mon indifférence. J’avais l’habitude. Comme celui-ci n’a pas obtenu la réaction escomptée de ma part, il a craché quelques phrases en arabe d’un ton venimeux. Ahmed s’est frotté la nuque. Il a eu l’air embarrassé en traduisant.

« Il dit qu’ils n’aiment pas faire affaire avec des femmes qui se prennent pour des hommes. »

« S’il arrêtait de reluquer mes seins, il parviendrait sûrement à surmonter ça. » ai-je lâché en haussant les épaules.

Josh et Forman se sont retenus de rire. Ahmed a eu l’air deux fois plus embarrassé. Son visage d’une vingtaine d’années s’est contracté, et il a nerveusement trituré le début de barbe qui ponctuait son menton. Il avait les cheveux d’un auburn pâle, que ses doigts se sont mis à triturer nerveusement. Comme flairant la tension naissante dans la pièce, Hassan a pris la parole, et son timbre apaisé a désarmé pour un temps la colère qui flottait encore dans les prunelles sombres de son collègue.

« Il dit qu’il est désolé, qu’il n’y a aucun problème avec l’accord. Qu’ils ne se conduisent pas ainsi avec des alliés. Que s’ils peuvent aider, ils le feront. »

Ahmed a fait un geste large de la main autour de lui, comme pour signifier que ces guerriers du désert portaient d’habitude des guirlandes de fleurs. J’ai soupiré. Avant leur arrivée, ces deux-là se baladaient sans doute avec assez d’explosifs pour transformer trente mètres carrés en parking, sans parler des vieilles caches d’armes communistes disséminées un peu partout dans la région. Une certaine prudence restait de mise. Josh n’a fait aucun commentaire, et a posé la question qui nous taraudait tous, y compris le lieutenant, depuis que nous avions posé nos godasses dans cette vallée.

« Demande-lui s’il sait quelque chose à propos de la sixième. Qu’est-ce qui leur est arrivé ? Pourquoi ils ont raconté avoir vu des types maitriser la météo ou s’enflammer ? Des hallucinations ? »

Encore une fois, Ahmed a fait l’intermédiaire. Les sourcils d’Hassan se sont froncés. Tous mes sens militaires se sont excités à cette vue, et j’ai commencé à scruter attentivement ses réactions. Le doute a traversé ses traits anguleux, un rictus nerveux qui n’a duré qu’une fraction de seconde. Je l’ai remarqué, sans faire de commentaire, et ils ont tous deux évité mon regard. Hassan a cependant bien vite repris son masque placide et, quand il a répondu, sa voix avait retrouvé toute sa maitrise.

« Il dit qu’il n’en sait rien. Que le soleil tape souvent trop dur sur la tête des Cowan, et que ça leur cause des problèmes. Dans le grand désert, l’esprit peut vite se perdre dans des superstitions. »

J’ai arqué un sourcil. « Cowan ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Je ne sais pas. Je crois que ça veut dire ignorant, ou quelque chose comme ça. C’est un vieux mot, je ne suis pas sûr. »

J’ai sifflé entre mes dents. Les insultes dissimulées, ça n’inspirait pas à la confiance. Josh a secoué la tête, partageant sans aucun doute le même raisonnement que moi. Dans le silence qui s’étirait, une tension s’est vite insinuée entre nous de nouveau. Une bourrasque de vent s’est infiltrée dans le couloir, et a balayé quelques mèches de mes cheveux, tandis que Abdul a recommencé à me fixer, de ce même air colérique. J’ai vu sa main droite qui palpait lentement sa ceinture, là où une arme aurait dû se trouver si Forman ne lui avait pas retiré auparavant. J’ai fait semblant de l’ignorer.

« Dis-lui que les Cowan risquent d’oublier une partie du paiement, si on les laisse trop dans l’ignorance. » ai-je ajouté pour couper le silence.

Abdul l’a mal pris. Peut-être était-ce le ton détaché de ma voix qui l’a fait vriller, mais Ahmed n’a pas eu le temps de traduire. L’Afghan a comblé les deux mètres qui nous séparaient en crachant des mots en arabe, et me pointant de l’index. Son hystérie était d’une bêtise navrante, et j’en ai aussitôt ressentie une vive lassitude en le voyant ainsi. À l’opposé de nous, Forman s’est redressé, la main sur la crosse de son arme, mais dans cette promiscuité, une rafale était tout simplement hors de question, et tout le monde le savait. La voix d’Hassan s’est élevée dans la cohue, en tentant vainement de calmer son homme de main, tout en ayant le bon sens de rester sagement assis.
Je m’attendais à cette réaction. Je n’ai même pas extirpé l’arme de ma ceinture. J’ai vu l’attaque arriver avant qu’il ne commence à élever son bras pour me frapper et, une fraction de seconde plus tard, le conditionnement de combat m’a fait réagir. Il a frappé haut, au-dessus de ma nuque, sans doute pour m’atteindre à la mâchoire. Mon visage n’était plus là. Je suis passée à l’intérieur de son crochet, je l’ai déséquilibré et j’ai placé une jambe entre les siennes. Il a trébuché contre une saillie de roche et j’ai donné un méchant coup de coude dans son plexus solaire. Le choc de l’os a produit un bruit sourd dans l’espace clos, en même temps que ses traits viraient au gris. Abdul a chancelé en se rattrapant à la paroi par réflexe, le souffle coupé par la douleur et l’humiliation.

« OK, tout le monde se calme. » a fait Josh derrière moi, mais je savais que la directive s’adressait à nos invités, et non à moi. Je n’ai fait aucun commentaire. Ça n’en valait pas la peine d’en rajouter.

Je me suis vite reculée avant que Hassan ne considère l’incident comme une insulte, et non une réaction défensive légitime. Celui-ci s’est levé en montrant ses mains, une expression souriante et conciliante barrant son visage calme. Dans un coin, paniqué, Ahmed semblait chercher un moyen de rentrer dans le mur. De l’autre, Josh et Forman avaient adopté une posture alerte, similaire à la mienne, les jambes souples et les bras au niveau du ventre, au cas où le situation dégénère. J’ai fait un pas prudent vers eux, sans quitter nos invités des yeux, et me suis préparée au pire.
Pourtant, rien ne s’est produit. Hassan a aidé Abdul à se relever, en le fixant d’un air de reproche, et a adressé quelques longues phrases en arabe vers Ahmed. Celui-ci s’est relevé à son tour.

« Il dit qu’il s’excuse de la part d’Abdul Salah. Qu’il s’est montré irrespectueux envers vous et envers sa famille. Il dit qu’il respectera l’accord, mais qu’il ne tient pas à parler davantage. »

« Très bien. Je crois qu’il vaut mieux en rester là. » a répondu Josh, et Ahmed a opiné vivement en s’empressant de traduire.

Quelques minutes plus tard, tout était terminé. Hassan Ghani Mujahid et Abdul Salah ont été escortés dehors, et ont descendu le sentier qui serpentait vers le village en compagnie de Forman et de Jones. Je suis restée seule avec Josh. Nous les avons regardé descendre la pente sous le soleil brûlant qui faisait briller les rochers friables, comme s’ils contenaient de minuscules diamants. Un vent mauvais cascadait depuis le sommet de la montagne, et s’engouffrait violemment dans les boyaux de notre QG de campagne, créant des hurlements lugubres dans notre dos. Josh a soupiré à côté de moi.

« Je n’aime pas ça. J’ai l’impression qu’on loupe quelque chose. C’est sous notre nez et ces types le savent, mais pas un ne veut cracher le morceau. »

« J’ai la même impression. Le lieutenant va peut-être vouloir changer nos plans. »

Je l’ai senti hocher la tête en silence. Il m’a donné une tape sur l’épaule, puis a tourné les talons, me laissant seule sur le palier de pierre de notre confortable logis. Je suis restée admirer la vue. Elle était somptueuse, malgré tout. Des falaises de pierres pâles montaient à l’assaut du ciel d’azur limpide, jalonnées de buissons et d’arbres ras, d’un vert sale. Elles s’étendaient à perte de vue, et avalaient le regard dans une immensité troublante, primitive, qui donnait la sensation d’être noyée dans un rêve ou la vision d’un vieux chamane. Je n’entendais que le hurlement du vent. Ce dernier a tournoyé autour de moi, soulevant l’odeur âcre de la roche chaude et des senteurs de fleurs sauvages, qui me piquaient les yeux. Je me suis sentie à l’aube des temps durant quelques secondes. J’ai tourné les talons à mon tour, et suis rentrée à l’intérieur avant d’être entièrement recouverte de poussière.


They can break you, but not your promise.


Chapitre quatre Mooringsport avait ce charme désuet des recoins oubliés du monde. Les maisons en série exhibaient leurs façades défraichies, avec leurs jardins délaissés et jonchés de carcasses métalliques érodées. Des cyprès énormes avalaient les lumières déclinantes des soirées d’été, et les insectes pullulaient, formant des nuages mouvants qui se déplaçaient entre les troncs. Les routes cabossées, mangées par des touffes d’herbes folles, étaient saupoudrées de cette odeur lourde de l’eau croupie. Le lac était une entité à la fois lointaine et omniprésente, quand le ciel aux teintes mordorées était criblé par les silhouettes rapides et espiègles des oiseaux multicolores, qui chassaient dans l’air brûlant.
Sacrément bucolique. Je n’étais pas étonnée que Ed ait choisi de s’enterrer dans un trou pareil. J’ai engagé ma Jeep dans le chemin de terre étroit, dissimulé derrière de denses broussailles épineuses, qui conduisait à son domicile. L’endroit avait tout du territoire d’un ours. Excentrée de Mooringsport, déjà elle-même perdue au fin fond de la campagne, sa modeste demeure jouxtait la forêt voisine et, au crépuscule, les arbres massifs lançaient leurs ombres arachnéennes sur le toit délavé. Un terrain étrangement bien tenu encadrait le sentier, où Ed cultivait avec un soin bizarre des plantes fragiles, exotiques, ou bien carrément vénéneuses. L’air était épais et parfumé par les fleurs.
J’ai arrêté la Jeep dans l’allée de cailloux bordant la véranda, et suis descendu en étirant avec plaisir mon dos et mes jambes. Les nids de poule m’avaient tapé le cul tout le long du trajet. J’ai saisi la glacière coincée derrière le siège arrière, et me suis dirigée vers l’entrée de l’antre de l’ours. Celui-ci m’attendait déjà. Ed m’a regardé avancer, les bras croisés, vêtu d’une chemise impeccable et d’un short court, beige, qui trahissait la retraite méritée. Je l’ai salué d’une main et il m’a souri.

« Tu n’as vraiment rien d’autre à foutre que passer tes soirées avec un vieux croulant ? » m’a-t-il balancé de son timbre profond et las. Il était de bonne humeur.

« Tu sais bien que Siméon ne peut pas se passer de ma compagnie. Je serai venue plus tôt sinon. »

Ed a ricané en secouant la tête. J’ai grimpé les marches de sa véranda, il a tiré deux chaises de jardin d’un blanc rouillé, et j’ai posé la glacière ouverte entre nous. Une poignée de bières y mijotait. Mon mentor s’est assis avec un grognement de satisfaction, a extirpé son décapsuleur attitré de sa poche, et a ouvert l’une des bouteilles sans attendre. Je l’ai imité en admirant la tombée du crépuscule sur l’horizon, qui semblait onduler sous les rubans de chaleur montant depuis le bitume brûlant.

« Tu devrais quand même avoir mieux à faire de ton weekend. D’ailleurs, qu’est-ce que font les jeunes aujourd’hui ? Danser à la discothèque non ? Aller au cinéma ? Faire des rencontres ? »

« On a Netflix. La vidéo à la demande, Ed. Puis tu n’as pas envie de me voir danser, vraiment. »

Ed a laissé échapper un nouveau grognement indéfinissable. Entre résignation et amusement. Cela faisait partie de notre rituel. Il a avalé une longue rasade de bière, puis son visage s’est levé vers les arbres longilignes qui découpaient les lueurs du soleil mourant en de fines écharpes dorées. Une brise chaude nous a apporté les senteurs de camélias et d’écorces surchauffées, en même temps que le chant des grillons venant du champ voisin. Le temps n’avait pas de prise sur cet endroit.

« La distance, toujours plus de distance. Quand j’allais au cinéma, ce n’était pas seulement pour voir un film, c’était aussi vivre une expérience avec quelqu’un. Se laisser bercer par les odeurs sucrées de malbouffe, chuchoter pendant les publicités et discuter à la sortie. Ce monde va droit dans le mur. »

« Parce que les cinémas vont fermer ? » ai-je fait, avec un brin de taquinerie bon enfant.

Le vétéran du NRD m’a regardé de son habituel air blasé. Il émanait toujours de lui cette aura de sérénité mêlée à la lassitude extrême de l’homme qui avait tout vu, et à côté duquel vous demeuriez une éternelle débutante. Il a promené son regard sur son jardin bien tenu, là où les lucioles rencontraient les éphémères, sous les jacinthes et le chèvrefeuille, puis il a bu un peu de bière et a secoué la tête.

« Regarde le boulot. À mon époque, tout était plus simple. On surveillait surtout les vampires et leurs petites magouilles. De temps en temps, on calmait un ou deux garous trop excités, on leur filait le train pour leur mettre une bonne semonce. Il y avait encore un respect de l’ordre humain. La plupart du temps. Sinon on réglait ça dans le feutré, et tout le monde rentrait chez soi. »

« On parle toujours des surnaturels là ? »

« Ne commence pas, petite merdeuse. » a-t-il fait avec un fin sourire. « Tu sais bien ce que je veux dire. Regarde le dossier sur lequel St John m’a demandé mon opinion, il y a deux semaines. Tu en as entendu parler ? »

J’ai haussé les épaules. « Vaguement. »

« Il y a cette milice d’anti-surnaturels. Des bras cassés. Ils ont réussi à énerver quelqu’un qui leur a envoyé un colis piégé dans l’abri de jardin qui leur servait de QG. Une bombe d’acide concentré. Les types vont souffrir le martyr jusqu’à la fin de leurs jours. Ceux qui ont survécu sont soit traumatisés, soit mordus par une haine terrible qui leur fera faire des conneries. Ou bien les deux. »

Ed a tourné la tête vers moi. Ses yeux ont traversé les miens sans me voir, puis il s’est tourné à nouveau vers l’horizon un court instant, comme s’il cherchait une réponse dans la sérénité de la nature. Une réponse à la barbarie abjecte. Je n’ai rien dit. Je n’avais pas non plus cette réponse-là.

« C’est sale. Tuer est une chose. Mais mutiler pour toute une vie, plonger des hommes dans la folie, quel genre de taré fait ça ? »

« Ton époque n’avait pas son lot de taré ? » ai-je fait, sceptique.

« Il y en avait. Mais ce n’était pas la norme. Et ils ne duraient jamais. Aujourd’hui, ils sont dans les médias, partout. Monsieur tout le monde qui devient un boucher, parce qu’il est persuadé que son voisin est un lycanthrope. Des gens sans histoires qui se font contaminer, deviennent des machines à tuer du jour au lendemain, et leur vie devient un enfer. Tiens, la semaine dernière, ma petite nièce m’a montré la photo d’une soi-disant vampire sur Instagram. Une influenceuse, ça s’appelle. Quelle connerie. »

J’ai souri devant son expression désabusée. Ed l’a remarqué. Une étincelle d’amusement complice a flotté dans ses prunelles un court instant face à l’absurdité de cette société, face à l’hypocrisie qui se faisait omniprésente chaque jour. Il n’a rien ajouté, et moi non plus. Je ne possédais qu’un fragment de son expérience, et pourtant, je comprenais parfaitement la raison de sa lassitude. La perspective de ne plus jamais travailler avec lui un jour m’a serré douloureusement le cœur.

« Heureux d’être à la retraite, alors ? » lui ai-je dit sur un ton moqueur, pour tromper cet élan de mélancolie.

« Si seulement. Deva m’appelle une fois par semaine et Siméon deux fois pour me raconter comment la première l’emmerde. Et c’est sans parler de toi, qui vient tous les weekend squatter ma véranda. »

« Je paye mes bières au moins. »

Ed a tourné la tête vers moi. Il a eu un rire désabusé, accompagné d’un haussement d’épaules, et il m’a désigné avec le goulot de sa bouteille. Je m’attendais déjà à la suite.

« Je suis trop vieux pour ces conneries. J’ai mal aux hanches quand il pleut, et les escaliers du NRD m’ont bousillé les genoux. Mais toi, Selma ? Qu’est-ce que tu fous ? Pourquoi tu es là ? »

Je n’ai rien dit durant deux bonnes minutes. Ed a eu le tact de conserver le silence. Il était doué pour ouvrir les âmes ; c’était son boulot d’ailleurs. Mon regard s’est perdu dans les couleurs pastel qui envahissaient l’horizon. Les souvenirs d’un désert de poussière couleur de la craie m’ont submergé, ceux des tunnels d’une mine étroite comme un gruyère, et le visage bourru, préoccupé mais amical, d’un vieil ami. J’ai soupiré longuement en me laissant retomber dans la chaise grinçante.

« J’étais en Afghanistan quand leur Révélation a éclaté. Les gars et moi, on l’a tous mal pris. On se doutait que l’état-major nous cachait des choses depuis un moment, et il y avait des rumeurs parmi les troupes. Le secret défense, on s’y faisait. Mais ça, c’était de trop. C’était trop gros. »

Ed a conservé le silence. Il sirotait tranquillement sa bière en fixant le vide, mais je savais bien qu’il était attentif derrière son air buté de vieux chien. J’ai continué en remuant pensivement ma bière.

« Personne n’est vraiment préparé à voir des gars s’arracher les yeux à cause d’hallucinations. Ni à voir des visages liquéfiés comme de la cire. On était largué contre la magie. On nous a laissé comme ça, sans explications, sans rien pour se défendre. Tout ça pour une guerre qui s’enlisait depuis dix ans. »

« Selma… » a-t-il commencé à murmurer, mais j’ai poursuivi mon explication.

« Je n’ai pas flanché, Ed. J’ai simplement senti que ma place n’était plus là, que si je voulais continuer à faire la différence, à servir le pays, je devais aller ailleurs. J’en ai eu marre d’avaler la poussière. J’ai eu envie de faire autre chose, d’aider les gens à se défendre et d’apprendre à le faire moi-même. »

J’avais vidé mon sac. Ed a hoché la tête, et a laissé un silence respectueux s’étirer entre nous. J’ai inspiré un grand coup, et repris une rasade de bière. Une légère amertume flottait sur ma langue.

« Écoute, je ne te reproche rien, » a-t-il poursuivi. « Mais Selma, tu as quoi ? Trente ans ? Ce job va te bouffer si tu continues comme ça, littéralement peut-être. Tu devrais davantage penser à toi, lâcher tes foutus dossiers et sortir, trouver quelqu’un, je ne sais pas… Tout mieux que picoler avec ton vieux collègue de boulot. »

Je l’ai examiné avec un brin de curiosité. Il a évité mon regard, et a fixé les lattes de planches brunies par le soleil de Louisiane, comme s’il cherchait à dissimuler ses soupçons quant à la vérité sur ma vie privé. Il avait deviné, sans aucun doute. Ed était trop malin. J’ai soupiré en me forçant à sourire.

« J’ai des choses à faire. J’ai fait un serment à quelqu’un. » ai-je répondu d’un ton évasif.

Le silence s’est encore éternisé. Je l’ai senti s’insinuer dans mes veines à nouveau, avec cette même sensation d’être épiée par des milliers d’yeux malveillants, comme au travers d’un bocal de verre. Mes pensées se sont orientées naturellement vers Zach, perdu quelque part, et mon cœur s’est serré d’inquiétude pour lui, pour le vide de son absence. Je craignais de ne plus jamais le revoir. Ed a brisé ces sensations douloureuses d’une voix douce, compréhensive, qui me désarmait complètement.

« Je sais. Je sais aussi que tu es une foutue bourrique qui ne changera pas de route. Je t’aime bien, Selma, alors quand tu en auras marre de bouffer la poussière du NRD, repasse me voir. »

« Je vais bien, Ed. »

Ma voix était ferme. Mais je n’étais pas convaincue moi-même. J’ai laissé de nouveau le silence nous entourer, m’empoisonner l’existence, et mes pensées se sont perdues dans l’obscurité qui naissait le long des taillis, en dessinant des arabesques à l’aspect griffues. L’air était soudainement saturé d’un trop-plein de parfums différents, et le chant des amphibiens a pris des proportions cacophoniques.

Pourtant, je me suis sentie totalement seule.
CHRONOLOGIE
15 Mai 1988Naissance de Selma dans un grand hôpital de Philadelphie. Sa mère, Nelly Swango a immigré du Canada pour oublier ses racines Potawatomi, et son père, Abel Weiss, est américain.

1988-1996Selma s’avère une enfant relativement réservée, mais avec de bons résultats scolaires. La sévérité de sa mère, qui désire sa réussite avec une insistance quasi phobique, est tempérée par la tendresse et l’attention de son père, beaucoup moins stricte.

1996Grâce à leur aisance financière croissante, les Weiss déménagent à Lancaster. Selma gardera un souvenir vivace de cet environnement paisible, en particulier avec les visites de son grand-père, Jacob Swango. Le vieil homme s’évertuant à lui apprendre les traditions de leurs ancêtres, contre l’avis farouche de sa mère.

1999Décès de Jacob, son grand-père. Sa disparition laisse un trou dans sa vie, que la jeune Selma ne comprend pas pleinement, l’abandonnant dans une tristesse silencieuse et pensive. Il emporte avec lui un héritage lointain, qu’elle n’aura jamais l’occasion de connaitre.

1999-2005Avec l’adolescence et la découverte de son homosexualité, sa timidité maladive et ses complexes sont multipliés. Elle se morfond dans une honte dépressive et une haine de soi, qui va jusqu’à la rendre malade physiquement. Sa scolarité devient très laborieuse, minée par une crainte d'être découverte qui rime avec un isolement social de plus en plus profond. En réponse à cela, sa mère resserre encore davantage ses exigences, enfermant sans le comprendre sa fille dans une spirale de mal-être sans fin.

2006-2008Selma s’engage dans l’armée après des mois d’hésitations, ce qui lui permet de fuir la relation conflictuelle avec sa mère et sa scolarité douloureuse. Elle aura seulement prévenu son père, avec qui elle entretiendra une correspondance régulière. Ses débuts sont difficiles, mais elle s’absorbe bientôt dans l’effort et le dévouement. Pour son mental tourmenté, l’effet est salvateur et elle se sent de mieux en mieux dans cet environnement qui soigne son besoin d’approbation et son manque de cohésion sociale.

2008-2010Selma devient une Navy SEAL. Elle est l’une des rares femmes à réussir le recrutement harassant ; celle-ci le doit à une volonté de fer, et une préparation minutieuse. Elle est fière de son accomplissement pour la première fois de sa vie. Rapidement, elle sera mobilisée sur différents interventions mineures pour acquérir de l’expérience.

2010-2013Forte d’une brillante carrière dans les forces spéciales, elle est mobilisée en Afghanistan et rejoint l’équipe de Zachary De Luca. Le terrain est éprouvant, et si elle peine à s’intégrer à la camaraderie des hommes au début, son amitié avec Zach lui permet de surmonter cette barrière. Il devient la première personne à qui elle aura confié le secret de son homosexualité et ses cicatrices intimes. Entre eux, un lien indéfectible se noue, ce qui lui permet de progresser et de devenir une soldat accomplie intégrée dans l’équipe sous les divers surnoms affectueux de Poussin.

Octobre 2013Renforcée par le soutien sans faille de Zach, elle se décide à expliquer à toute l’équipe les raisons de sa retenue maladive sur tous les sujets concernant sa vie privée. Selma se confie à son unité lors de la cérémonie qui a lieu au retour au pays, et à son grand soulagement, les réactions sont plutôt positives. Elle en restera éternellement reconnaissante, en particulier envers son lieutenant. Mais aussi avec les cinq autres membres, dont elle se souviendra d’eux comme des frères d’armes avec qui elle partage des liens indéfectibles.

Janvier 2014Encore marquée par ses expériences surnaturelles en Afghanistan, Selma concrétise une réflexion depuis longtemps entamée, et quitte l’armée. Elle fait ce choix consciemment, et non par défaut pour fuir la réalité, comme elle l’avait fait auparavant. C’est une décision difficile, une première vraie prise d’indépendance qui la confronte seule à elle-même et ses blessures. Grâce à son brillant parcours militaire, elle rentre au NRD comme agent de terrain ; très vite, elle obtient d’excellents résultats, par sa polyvalence, sa haute performance sur le terrain et sa grande capacité d’apprentissage.

2013-2016Le contact avec Zach est en dent de scies. Selma prend régulièrement des nouvelles de son ancien lieutenant, mais sa successions de problèmes personnels, judiciaires et psychiatriques les coupe finalement l’un de l’autre. Plus elle apprend au NRD, plus elle découvre des similitudes entre le parcours de Zach et celui des thérianthropes incontrôlés. D’autant plus qu’elle le connait trop bien pour adhérer à la théorie d’un classique syndrome de stress post-traumatique qu’on lui a attribué.

2016Selma demande sa mutation à Shreveport, qui est acceptée sans mal au vu de ses excellents résultats, dans une ville ayant un grand besoin d’agents. Elle est placée sous l’aile d’un expert en psychologie des CESS, un vieux de la vieille qui s’étonne de sa perspicacité à cerner autrui. De manière officieuse, elle entreprend des recherches pour retrouver Zach.

2017Décidée à renouer les liens avec sa famille, Selma rend visite à ses parents. Revoir sa mère est une expérience embarrassante, mais qu’elle parvient à gérer avec un détachement qui l’étonne elle-même. Les retrouvailles avec son père sont beaucoup plus agréables, et elle trouve le courage de lui avouer ses blessures intimes.

2018L’affaire du marché de Noël aiguise ses soupçons sur Zach. Elle se penche sur la question mais ne découvre aucune preuve solide de son implication. Pourtant Selma ne peut s’empêcher de craindre pour lui. Elle poursuit ses recherches.

2019-2021Les évènements d’Halloween ralentissent ses recherches. Elle-même impliquée au cœur de l’action durant cette nuit, Selma en garde des souvenirs étrangement confus. Après ça, le NRD est submergé de travail, si bien qu’elle a beaucoup moins de temps à consacrer à sa quête personnelle.

2021Selma participe à une vaste opération de démantèlement d’un réseau de CESS. L’affaire est couverte dans la presse comme un coup de filet contre un réseau de drogue surnaturelle. Les retombées d’Halloween défilant dans les dossiers du NRD l’inquiètent, et elle ne peut s’empêcher de s’interroger sur la situation de Zach après tout ça.
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Anonymous
Invité
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Mer 15 Sep - 19:42 (#)

Tu vas nous faire une fiche à la Eo encore... J'aime ça :perv:

Je suis plus que ravie de voir ce scénario pris entre tes jolis doigts The only easy day was yesterday 2135486406
Je savais pas du tout que ça se préparait, j'suis pas trop là aussi mais la surprise n'en est que meilleure ! Selma est super intéressante et c'est certain que ça te fait sortir des personnages moins "accessibles" que tu as déjà, j'espère vraiment que tu vas t'amuser comme il se doit avec Selma et j'ai super hâte de vous lire avec Minou, depuis le temps que vos deux plumes doivent se croiser !
Puis un agent du PASUA je dis oui oui oui, toujours !
Hâte d'en lire davantage sur elle et de tout dévorer et en espérant, quand je serai stabilisée, qu'on pourra nouer un lien (enfin !)
Re chez toi, t'es à la maison et bon courage pour la rédaction !
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Fear is the mind killer
Selma Weiss
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SILENCE LIKE A CANCER GROWS

En un mot : She wondered what her sorrow was and could not remember.
Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

Thème : Radiohead - Life in a Glasshouse
Once again, I'm in trouble with my own friend
She is papering the window panes
She is putting on a smile
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Jeu 16 Sep - 1:20 (#)

Nous avions mijoté ça en secret depuis quelques temps il faut dire, la surprise est tout à fait normale, et je me suis déjà beaucoup amusé à vous faire un roman (ehouiencore).  :perv:

Et oui, j'espère aussi qu'on aura ENFIN l'occasion de se trouver un lien, depuis le temps qu'on en parle, celle-ci devrait être beaucoup plus abordable que les autres. Ce sera avec plaisir en tout cas (sauf Dillon  :eyes: ) de nous faire ça. :dildo:
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Wizard Cop : Cochon sauvage et Binette sacrée ;
Kaidan Archos
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I LICKED IT
SO
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En un mot : Instinctif
Qui es-tu ? :

I WILL BE BRUTAL.

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Facultés : + Fort, + agile, + rapide.
Entend mieux, voit mieux et se transforme en bête pour te bouffer ou se faire câliner
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Beat me up
Beat me down
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For what it's worth
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With no consequence
I will do it again

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Jeu 16 Sep - 15:18 (#)

Moi, content, à plusieurs niveaux ! Il est temps que le PASUA se remplisse ! Je manque un peu de collègue par ici ! Puis un scénario super cool qui sera assuré par toi, ya rien de mieux ! :haha:

Hâte de te retrouver sous cette forme et RP ! Pas le choix, nous aurons un lien ! :sisi:
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Anonymous
Invité
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Jeu 16 Sep - 15:55 (#)

:bonjour:

Je n'ai pas encore eu le temps de le lire, mais tu sais déjà mon avis sur cette surprise d'envergure. Te voir te diversifier et exercer cette plume exceptionnelle sur un personnage totalement différent d'Inna et d'Alex est un pur plaisir !

Sans compter que Selma est un personnage qui ne demande qu'à être joué par quelqu'un qui saura lui donner toute la profondeur et l'ambivalence dont elle a le potentiel, et qui d'autre de mieux que toi.

Re-bienvenue donc, avec la hâte de pouvoir me poser pour lire cette fiche et de suivre les futures aventures.
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Selma Weiss
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- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

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Jeu 16 Sep - 19:01 (#)

@Kaidan Archos Yes collègue ! Ce sera avec plaisir de discuter chemises bien repassées et les derniers ragots Medea/Garous lors de la pause café. Et qui sait, peut-être des sorties en binôme entre agents du PASUA exemplaires ? De quoi rendre Siméon fier. :dildo:

@Morgane Wuntherson J'ai pensé à toi en prenant ce scénario, je serai curieux de savoir comment tu l'avais envisagé. J'avoue que pour moi, ça va être un sacré changement, mais je suis tout à fait d'accord que cette ambivalence est très agréable à jouer.
En tout cas je suis ravi que la surprise te plaise, et j'espère que tu prendras plaisir à lire mon roman. :mimi:
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Autiste Ier - Première dame du Chaos :
Yago Mustafaï
Yago Mustafaï
Autiste Ier - Première dame du Chaos :"La chair fraîche c'est kascher" ; Coucou, tu veux voir ma papillote? Signé Shéhérazade aux cuisses rondes.
Chaos is everywhere.

En un mot : Ombre atemporelle, Cauchemar éternel, Murmure d'Orient.
Qui es-tu ? : • Vampire de 120 ans, homme-siècle venu d'ailleurs, infatigable nomade. Éternel étranger à la peau hâlée.
• Infant de Salâh ad-Dîn Amjad, dont il partage les aspirations destructrices. Renégat, il rejette en bloc la Mascarade et ses règles castratrices.
• Foncièrement psychotique, ses attitudes décalées et ses humeurs lunatiques sont le reflet de sa psyché défragmentée.
• Insatiable curieux, il observe les Hommes vivre, dérobe aux vivants des fragments d'existence pour emplir sa propre béance, sinistre fantôme des fenêtres citadines.
• Enfant de Jérusalem, sa vie humaine a notamment été marquée par de ferventes croyances religieuses. Désormais, il n'est plus que l'ombre d'un Juif errant, persuadé d'avoir été répudié par le Très-Haut qu'il n'ose plus prier.
• Ancien horloger, il est habile de ses mains et répare encore des rouages à ses heures perdues. Maître du Temps, il aspire secrètement à le détraquer.
• Fasciné par les arcanes, il voue une obsession à la magie rouge, qui le canalise et réveille en lui les souvenirs de sa vie d'antan.
• Polyglotte, il s'exprime d'une voix grave et chantante, vent chaud d'Orient qui séduit les mortels. S'il s'exprime très bien en anglais, sa compréhension de certaines métaphores tout comme sa maîtrise de l'écrit laissent encore à désirer.
• Unique descendance de Salâh ad-Dîn Amjad, enfant adoptif d'Aliénor Bellovaque, amant des nuits d'Eoghan Underwood, Némésis de Dillon Ó Shaugnessy. Stalkeur de tous les autres.
Facultés : • Maître des illusions, il tisse des mensonges et déforme la réalité, altère les sens et bouleverse l'ordre. (Chimérie Niveau II palier 2)
• Ombre des toits, il est capable de dissimuler sa présence dans le secret de la pénombre, et devenir alors imperceptible. Insaisissable. (Occultation Niveau I palier 4)
• Voleur habile, il a la fâcheuse manie de dérober des objets à la plupart des personnes qu'il croise, et les entrepose dans son atelier, où il accumule les bibelots et fragments de vies arrachés.
• Redoutable chasseur, il excelle dans la traque, qu'il s'agisse d'humains ou d'artefacts.
• Souple et aérien, il est un excellent grimpeur et préférera toujours se déplacer en hauteur. Familier des toits des bas-quartiers, il évolue comme un véritable chat dans la jungle urbaine.
• Une sensibilité insoupçonnée se cache derrière cet étrange faciès. Lorsqu'il tue le temps dans la poussière de son atelier, il lui arrive de jouer de la musique ou de gribouiller.
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Sam 18 Sep - 11:03 (#)

*Déroule le parchemin* :wtf:

Tiens tiens, c'est vrai qu'une discrète mention "Réservée" était apparue par là-bas :sisi:

Bonne fin de rédaction (enfin s'il y a encore de la place pour caser des paragraphes :rire:), et amuse-toi bien à explorer de nouvelles contrées avec Selma !
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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Sam 18 Sep - 12:08 (#)

Il nous faudra absolument un lien :heart: :inlove:
Une fois que tu m'aura fait une synthèse :face: :face: :arrow: :arrow:
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Fear is the mind killer
Selma Weiss
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En un mot : She wondered what her sorrow was and could not remember.
Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

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Sam 18 Sep - 14:04 (#)

@Yago Mustafaï *ajoute un petit ruban bleu sur le parchemin pour guider Yago* :sisi:
Ce n'est pas prévu de rajouter davantage de paragraphes, rassure-toi. J'ai en effet prévu d'avoir un emploi du temps chargé, parait qu'une de mes collègues a un problème de stalker chez elle.

@Medea Comucci Je te ferai un rapport synthétique en trois pages sur ton bureau avec grand plaisir. Je t'emmènerai aussi faire des stages commando, parce que la randonnée c'est pas encore ça. :mimi:
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Classism and the City - Fifty Shades of BURN THEM AAAAALL (supplément mojito sans alcool et sans aspartame)
Jake Hamilton
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Sam 18 Sep - 16:44 (#)

Rebienvenue avec ce nouveau visage.

Voilà une femme forte comme on les aime :heart: :heart: :heart:
Solide, malgré les multiples failles, blessures et incompréhensions emmagasinées dans sa vie.
Tu nous fait voyager, les différentes atmosphères sont magnifiquement retranscrites, que ce soit le charme un peu étouffant de Lancaster, la tension du désert afghan, ou la pseudo normalité détachée retrouvée à Shreveport.
Enfin bref, c'est sublime.
Selma est un personnage mystérieux, complexe et attachant que j'adore déjà, et que je suivrai avec assiduité. (même si bon, elle aurait été parfaite en tant qu'anti-CESS assumée!)
J'espère qu'elle saura enfin trouver la paix, et s'ouvrir un peu, même si j'imagine que ce sera difficile ici, vu les cas désespérés qui habitent la contrée. (et en vrai, j'aime aussi le drama)

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Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
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Sam 18 Sep - 22:54 (#)

@Jake Hamilton Merci, je suis toujours touché par tes compliments. :mimi: Je compte bien mettre un peu d'ordre dans cette jungle de ville justement, on est d'accord que ça devient nécessaire. :sisi:
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Fear is the mind killer
Ethan Roman
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Mer 22 Sep - 8:09 (#)

Je n'ai pas encore eu le temps de terminer la lecture mais voilà un très beau personnage, entraîné par une narration forte et changeante, déclinant magnifiquement bien les différents tons des paysages parcourus.

Rebienvenue et au plaisir de te croiser un jour, qu'importe le visage que tu porteras :keur:
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Mer 22 Sep - 22:24 (#)

@Ethan Roman Merci pour ces compliments, ça me touche. :brille:
Qui sait un jour, peut-être aurais-je l'opportunité de sauver Ethan de ses emmerdes surnaturelles, il a l'air d'en accumuler ce petit. Je te laisse mon numéro en tout cas, si jamais tu as besoin d'un coup de main pour dératiser. :dildo:
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Dim 26 Sep - 19:31 (#)

ce scenar de malade + ta plume + you

bordel de shiet The only easy day was yesterday 704791297

Citation :
où le ciel avait la texture du vieil argent.


cette phrase est juste magnifique
jsuis juste en extase là  :brille: :brille: tellement hâte de voir ce bijou in rp
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Dim 26 Sep - 21:55 (#)

@Hena Hicks  Merci mon petit renardeau cassé. :brille: Tes compliments me vont droit au cœur, ça me fait très plaisir que cette fiche t'ait autant emballé. Et ce sera toujours avec autant de plaisir pour se recroiser en rp. :dildo:
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Anonymous
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Mar 28 Sep - 0:59 (#)

Je sais même plus quoi dire moi tellement je, pff, eh, voilà. :TT: Tu m'saoules, in a good way.

Déjà on va passer sur le temps qu'aura mis ce scénario à trouver sa plume, ensuite... ai-je besoin de faire un quelconque commentaire sur le fait que ce soit toi qui l'incarne ? Depuis le temps qu'on se tourne autour.

*broie proverbialement sa best fave killer chick dans ses gros bras de Hulk*

Et je sais pas non plus comment parler de cette fiche. Très sincèrement, les mots me manquent pour dire tout le bien que j'en pense. J'ai déjà eu l'occasion de te transmettre certaines de mes réactions lors de l'élaboration de la bio, mais j'avais pas pu prendre pleinement le temps de le faire à 100% et, de fait, je suis toujours tellement impressionnée par tes peintures narratives. Y a pléthore de belles plumes dans le coin et pour ainsi dire tous ceux que j'ai lus ont eu leur lot de fulgurances, mais vraiment... allez, je le dirai une bonne fois et on n'en parle plus : c'est notamment ça, en plus de la forte personnalité de tes persos (qui transparaît aussi dans les passages purement narratifs), qui marque l'identité de ton écriture, et en fait une de mes préférées, en quinze ans de RP. Parce que j'adore quand on réussit à me faire voir un film, en toutes lettres, et tout le monde n'en est pas capable, ou pas au même niveau.
Au-delà de ça, l'appropriation du personnage est entière, l'interprétation est empreinte de la même précise individualité que pour chacun de tes autres personnages - cette qualité que je t'envie de savoir donner un caractère vibrant à certains détails choisis, ces mises en exergue qui construisent toute une ambiance, et donnent à apprécier d'une façon quasi empirique la substance, la densité de l'univers spécifique à l'un ou l'autre de tes visages. Et même si l'attente a forcément élimé les contours de mes espérances, rendant leur dépassement moins héroïque, tu parviens quand même à réenchanter la perspective de voir prendre vie cette fille si badass à l'évidence, mais aussi très douce, au revers. Au fond, on est peut-être pas si loin que ça de tes chitineux adorés, elle leur emprunte cette même dualité.
J'espère très sincèrement qu'elle t'ouvrira de nouvelles portes comme tu sembles l'envisager, que tu pourras découvrir une nouvelle manière de transcrire des émotions et des raisonnements qui ne sont pas le terrain de tes trois autres alias. Que ce soit avec moi ou avec d'autres, de toute façon, c'est sans l'ombre d'un doute que je vais adorer te suivre, à nouveau.

Et puis bordel... Ca promet. :russe:
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Mar 28 Sep - 13:32 (#)

@Zach Solfarelli :wtf: Et moi, je suis censé dire quoi après ça.

Je suis très très touché par ces compliments, je n'ai pas l'habitude d'en recevoir d'aussi sincères et profonds, et je ne sais pas quoi dire de plus. Comme pour Hena, ça me va droit au cœur. :sisi:

Je me suis énormément fait plaisir à animer Selma, alors merci pour ce scénario aussi hein, au point que je ne pensais pas en écrire autant ni aussi rapidement. Ça fait un sacré moment qu'elle me plaisait beaucoup, et en vérité, j'avais déjà tout ce personnage de vivant dans un coin de ma tête, avec tout le décor et la mise en scène qui va avec. J'ai toujours une peinture dans ma tête au niveau de mes personnages, pareil pour Selma, il ne me manquait plus que la bonne occasion pour faire sortir tout le potentiel de ce scénario. Ça a été vraiment un challenge qui m'a fait plaisir et comme je disais, la sympathie d'un personnage va être une nouveauté pour moi.
Autant dire que oui, je compte bien la faire vivre à fond, le meilleur comme pour le pire avec les loustics du coin, et que ça risque de faire quelques étincelles. :dildo:

Je m'en vais donc mettre officiellement cette fiche comme terminée, et m'échauffe pour la suite. :russe:
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MJ ۰ Trop de DC, pas assez de décès.
Rhys Archos
Rhys Archos
MJ ۰ Trop de DC, pas assez de décès.
L'IVRESSE SOLAIRE DU CRÉPUSCULE

The only easy day was yesterday 3h4m The only easy day was yesterday Ceip The only easy day was yesterday Aii8

« Wild men who caught and
sang the sun in flight,
And learn, too late, they
grieved it on its way,
Do not go gentle
into that good night. »

En un mot : Furie et Fiel
Qui es-tu ? : Sans visage, une force animale grouillant sous une peau humaine qui s'étire, trop étriquée, n'attendant que de jaillir à l'intérieur du monde pour le ravager.
Facultés :
Troubles à l'ordre public ;
Outrages à agents ;
Attentats à la pudeur ;
Violations de propriétés privées ;
Ivresse sur voie publique ;
Expert du pistolet à clous ;
Vols de voitures ;
Faux et usage de faux ;
Briseur de vitrines ;
Bagarres ;
Fusillade de masse ;
Vol de poules ;
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=L7a8hmoOsx0
ÉPITAPHE DES DIVAGATIONS SAUVAGES

The only easy day was yesterday UIvGoQsk_o
The only easy day was yesterday YeRbsxjy_o
The only easy day was yesterday Av9wAMWB_o
Ordures jetées à la poubelle :
     Yago x1


The only easy day was yesterday Q4BUzZsR_o
The only easy day was yesterday 6lntMzcG_o
The only easy day was yesterday MO4zSK4d_o
The only easy day was yesterday D9AIXJc1_o
The only easy day was yesterday XWzAa0hC_o
The only easy day was yesterday 5JE2qTJB_o
The only easy day was yesterday HzUXXWGP_o
The only easy day was yesterday QO6gtmzb_o
The only easy day was yesterday CEzM03zd_o
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The only easy day was yesterday Y4jnIZ4I_o
The only easy day was yesterday RWsUmenv_o
Pseudo : Chaton - Rhysk
Célébrité : Josh Beech
Messages : 2766
Date d'inscription : 13/07/2017
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Lun 4 Oct - 2:11 (#)

Je vais lire ça avec attention mais ça promet du très cool entre le pasua, la tronche du perso et la hype pour inciter les gens à prendre Siméon Bar/SBAF

Re bienvenue :mimi:




Adopte ces beaux scénarios !
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

The only easy day was yesterday 1E5CfUE The only easy day was yesterday AoZyjkn The only easy day was yesterday BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

The only easy day was yesterday KOVXegv The only easy day was yesterday WZKlL7H The only easy day was yesterday J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

The only easy day was yesterday ZfHtADc The only easy day was yesterday Jq60QrG The only easy day was yesterday MaP8TbX

"Before I die alone."

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Célébrité : Ian Somerhalder.
Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Mar 5 Oct - 1:59 (#)

TU ES VALIDÉ(E)
Let the RP games begin

C'est là que je regrette à 0 moment finalement, d'avoir mis un peu de temps pour me pencher sur ta fiche. C'était hors de question de la lire de façon morcelée, et avoir pris une heure de mon temps pour m'y pencher tranquillement c'était plus que nécessaire. Ça fait bien longtemps que tu as posé tes valises sur AA, et même s'il n'était évidemment plus question de remettre ta maîtrise en cause, j'ai quand même été soufflé par ma lecture. C'est minutieux, c'est détaillé, ça se fait plaisir, ça laisse la part belle à des moments d'émotion très chouettes à lire, et une justesse du propos émaillée par le vocabulaire toujours choisi avec un soin très particulier. C'est une bonne chose que tu aies pris Selma. L'essence du personnage semble faite pour ta plume très particulière, très dure parfois, et ça se ressent dans la lecture. J'ai pris beaucoup de plaisir à m'immerger dans ce long morceau de vie, en tout cas. C'était chouette. Amuse-toi bien avec ce nouveau compte !

Voilà, tu es officiellement dans la famille et ça implique de grandes responsabilités mais aussi beaucoup de fun. (Mais pas trop, Eoghan risque de le tuer.) Bref, tu as maintenant accès à tout le forum, ce qui veut dire que tu peux créer ta fiche de liens pour te faire plein d'amis ! Tu peux aussi nous tenir au courant des avancées de ton personnage dans un carnet d'évolution, mais c'est facultatif. Si tu es pressé d'écrire et que tu n'as pas encore de partenaires, n'hésite pas à poster dans les demandes de RP ou à te lancer dans l'aventure du fil rp ! Et si tu te sens seul, tu peux lancer ton propre scénario ou créer des pré-liens. Tu as sûrement constaté que nous avons un système de points sur AA, nous t'invitons à découvrir comment en gagner et surtout, comment les dépenser.
D'ailleurs, si tu as pris un prédéfini ou un scénario comme personnage, tu peux d'ores et déjà réclamer tes premiers points dans Collecter vos points.

Si tu as des questions, le staff est toujours à ta disposition pour y répondre. Et si tu veux un aperçu de la bonne humeur (pour ne pas dire folie) de nos membres, n'hésite pas à venir voir sur la CB ou à participer au flood ! Mais si on te fait un peu peur, n'hésite pas à demander l'aide d'un parrain ou d'une marraine pour t'intégrer. Ce sont des membres dévoués aux nouveaux !

Tout le staff d'Ashes Arise te souhaite donc la bienvenue dans ses rangs et à très vite pour les prochaines aventures !



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