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Last Christmas ( I gave you my blood ) | Elinor & Heidi

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Last Christmas ( I gave you my blood ) | Elinor & Heidi WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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Dim 24 Oct - 12:42 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan



L
es hivers du sud n’ont rien à voir avec ceux de la ville des vents. Ici, pas de neige ni de d’aquilon glacé forçant la moindre âme encore dehors à se presser pour regagner son logis. Tu regardes un instant les lumières nocturne de la ville à travers ta fenêtre en espérant bien vainement voir quelques flocons timides croiser la lumière d’un réverbère. Tu sais bien que ça n’arrivera jamais, mais la neige te manque. C’est d’ailleurs bien la seule chose que tu regrettes de ta vie d’avant ; tu as encore du mal à te faire au climat de la Louisiane. Enfin, tu n’as qu’à prendre ton mal en patience encore quelques semaines : tu pars bientôt au Canada.
La vision de ton propre reflet te fait reprendre pied avec la réalité, et tu retournes t’affairer à la préparation de cette soirée particulièrement importante pour toi puisque ce soir, tu fêtes ton premier Noël. Mieux vaut tard que jamais, pas vrai ? Dans ta famille, on célébrait Hanoucca. Non pas que tu préfères un symbole religieux par-dessus un autre, tu blasphèmes les deux volontiers de la même manière, mais une première fois est l’occasion de faire les choses correctement et d’ancrer de nouveaux souvenirs positifs pour remplacer les douloureux. C’est du moins ce que dit ton psy.

Tu as passé une bonne partie de ta journée d’aujourd’hui à nettoyer ton appartement comme une minutieuse et paranoïaque fée du logis. Tu n’es pourtant pas du genre à te complaire dans la poussière et le désordre, enfin plus maintenant, mais la venue de ta marraine là encore pour la première fois te fait monter rapidement en pression. L’appartement, au quatrième étage d’un immeuble plutôt propre, n’est pas spécialement grand. Seulement une chambre et un humble salon qui sert aussi de cuisine, mais tu l’as rapidement adopté après l’incident survenu dans l’ancien. C’est d’ailleurs pour cette raison que le nom indiqué sur la sonnette et ta boîte aux lettres est Hamilton et non Janowski.
La décoration est sobre et épurée, d’aucuns diraient minimaliste, mais le raffinement n’est pas le même que celui du penthouse d’Elinor. Ici, pas de piano à queue ni de répliques d’œuvres d’art ; à la place, un poster de Chet Baker habillant un mur en plâtre blanc et un clavier électronique sur lequel s’entassaient des tas de feuilles volantes avant que tu ne les ranges proprement.

En bonne monomaniaque qui se respecte, tu as décidé de ne rien laisser au hasard. Un peu honteusement, tu as cherché comment t’y prendre sur internet. Grâce à cette investigation poussée, tu t’es mise en tête de cuisiner un pain d’épices, ce qui a occupé l’autre bonne partie de ton après-midi. Tu sais que ce soir, tu seras la seule à y goûter, mais ça n’est peut-être pas une si mauvaise chose finalement, qu’elle s’arrête aux douces effluves sucrées qui embaument ton salon. Enfin, tu ne sais même pas si l’odorat des vampires subit le même sort que leur goût. Les sages d’internet suggéraient également d’agrémenter ta décoration de divers accessoires tous plus colorés les uns que les autres. Pour ce qui est de cette partie-ci, tu as préféré restreindre l’exubérance au strict minimum. A vrai dire, tu hésites encore terriblement à purement et simplement arracher l’unique guirlande que tu as suspendu sur l’une de tes cloisons.

Il est bientôt l’heure, et le désœuvrement t’amène pour la troisième fois ce soir devant le miroir de ta salle de bain pour inspecter ton maquillage et vérifier que le carmin profond de ton rouge à lèvre ne s’est pas retrouvé par mégarde sur tes dents. A la fois excitée et tendue comme une arbalète, tu attends que la sonnerie de l’interphone retentisse en faisant les cent pas entre ta chambre et la pièce à vivre ; tu te demandes si la robe que tu as mise ne fait pas trop formelle et si tu ne devrais pas à la place aller enfiler une tenue plus décontractée. Fort heureusement, la playlist cliché au possible de jazz de Noël qui se diffuse en fond t’aide à calmer tes nerfs en effervescence.

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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together

Pseudo : Carm'
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Dim 24 Oct - 22:23 (#)



I'll have a blue Christmas without you,
I'll be so blue just thinking about you
[…]

Lumières bleutées, brillantes dans l’obscurité. Musique veloutée et froissement discret à l’arrière de la Jaguar, sur la banquette de cuir tendre et sombre où était attaché un volumineux paquet. Jetée sur ce dernier, une couverture chaude aux motifs chatoyants de Noël en guise de papier cadeau ; ses iridescences de vert, de rouge et d’or piquetaient le plafond de la voiture de paillettes éphémères. À côté du mystérieux objet avait été déposé un carton blanc, à la forme carrée, brillant du symbole et du nom d’un traiteur réputé. Une odeur de chocolat filtrait au travers des ouvertures. Son fumet sucré se diffusait dans l’habitacle, lui-même illuminé par les flashs intermittents et mouvants des réverbères, dont les lueurs faisaient battre les dorures des boites comme un cœur artificiel.

Elinor fredonnait inconsciemment en conduisant.

Decorations of red on a green Christmas tree,
Won't be the same dear, if you're not here with me
[…]

La Jaguar émettait tout juste un doux ronronnement. Sa conductrice l’engagea dans la chaussée étroite d’un parking privé, et la faufila adroitement entre les autres voitures endormies, dans cette arrière-cour silencieuse aux rubans de clarté que dévidaient les fenêtres de l’immeuble. Un berceau de béton propre, enrobé dans un bandeau de métal brillant. Modeste, mais correct. Elinor choisit une place à l’écart, sous les rameaux nus d’un arbre somnolent et, avec un certain regret, coupa le contact. Les flamboyances du tableau de bord s’évanouirent, et avec elles, la voix fondante d’Elvis Presley, la laissant dans une pénombre hivernale ; froide mais prometteuse, alors que le clair-obscur de l’hiver soulignait le visage de la vampire d’un pinceau d’argent.
À l’extérieur, s’étendait le silence d’un immeuble convenable. Elle récupéra d’un geste plein d’entrain ses clés de voiture, tout comme son large chapeau qui l’attendait sur le siège vide et enfila ses beaux gants de cuir au froissement soyeux. Elle sortit sur le bitume lissé de froid. Ses escarpins d’un noir luisant frappèrent le sol, et avec eux, son long manteau noir claqua au vent, sous lequel se cachait sa robe de soirée d’un rare rouge sombre. Une timide brise joua dans ses cheveux aile de corbeau laissés libres, comme les saveurs de Décembre, dorures sucrées et espoirs de cacao flottaient dans l’air piquant. Elinor récupéra adroitement les deux paquets sur la banquette arrière en prenant garde à son couvre-chef, et jongla avec ceux-ci pour verrouiller la Jaguar.

L’éclat bleu sombre de la carrosserie neuve éclaira fugitivement sa vision. Au loin, le ciel avait la texture d’une écharpe cotonneuse, noircie et parsemée d’étoiles tissées sur les nuages. L’immortelle se hâta alors vers l’entrée de l’immeuble, sa propre écharpe remontée sur son nez pour dissimuler ce teint trop pâle attirant les regards, le grand paquet dans la main droite, le carton dans l’autre. Une ombre élégante sous les halos endormis des nuits de fête. Elle pénétra dans le hall d’entrée, vide à cette heure-ci, choisit de prendre l’ascenseur et rentra dans la cabine déserte. Point d’homme au regard malpoli pour elle. Elinor sourit à ce souvenir, tandis que les portes se refermaient sur elle.
You'll be doing alright, with your Christmas of white, récita-t-elle, comme le rythme revenait au cœur de son humeur légère. Les chiffres numériques défilèrent jusqu’au numéro quatre. Un tintement satisfaisant, le chuintement métallique des portes, et le pallier où habitait Heidi apparut, avec ses parfums synthétiques de nettoyant, de bois vernis et d’un soupçon de plantes vertes. Elinor fit basculer avec précaution ses paquets dans le couloir, silhouette délicate à l’élégance satinée, au chapeau noir masquant ses traits couleur de nacre et ses lèvres soulignées de carmin. D’une démarche presque silencieuse, elle chercha le numéro de l’appartement financé par ses propres soins, le découvrit pour la première fois, et appuya sur la sonnette fixée sur le chambranle.

L’immortelle consulta sa montre, et abaissa son écharpe confortable ; elle avait trois minutes d’avance exactement. Parfait. Une mèche opaline flâna sur sa joue de marbre, comme les lumières tamisées du couloir jouaient de leurs doigts inquisiteurs sous son élégant chapeau, dans cet immeuble enveloppé d’un calme tendre et chaleureux de fin d’année.

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Lun 25 Oct - 12:39 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan



E
nfin, le glas de ton attente sonne, interrompant Frank Sinatra au beau milieu du refrain de Jingle Bells. Tu jettes un bref coup d’œil au cadran de ta montre sans te douter de la coïncidence que constitue ton geste, puis te précipites hors de la salle d’eau, manquant au passage de glisser sur le sol que tu n’as eu de cesse d’astiquer aujourd’hui. Une fois devant la porte d’entrée, tu hasardes par précaution un regard rapide à travers le judas ; tu sais d’expérience que toutes les visites vampiriques ne sont pas bonnes à prendre. Fort heureusement, pas de mauvaise surprise ce soir : la vue étrangement déformée par l’optique du visage d’Elinor avortant sur le champ cet accès de paranoïa, tu déverrouilles finalement la serrure et ouvres la porte dans un soupir de soulagement.
Alors, tu accueilles l’immortelle sur le pas de ta porte avec un sourire sincère, laissant au passage s’échapper dans le couloir quelques volutes sucrées aux notes subtilement acidulées de gingembre. Le fumet chaud et réconfortant de ton pain d’épice te rend bien plus fière que tu n’aurais pu l’imaginer, et bien plus encore que tu ne l’avoueras jamais. Ton regard dérive finalement sur les paquets que la vampire porte avec elle, et ton sourire s’élargit encore plus alors que ton palpitant se serre sous le coup de l’émotion. Même à tes yeux, cette scène paraît complètement surréaliste, mais tu n’as pas le loisir de prendre toute ta soirée pour traiter le flot de pensées et de sentiments qui t’assaillit d’un seul coup. Rejetant tes épaules en arrière et haussant légèrement le menton, tu t’écartes finalement du passage.

« Bonsoir ! Je t’en prie, entre. »

Tu hésites un instant sur tes prochains mots tandis que l’élégance de l’immortelle te foudroie un instant sur place, même après près d’une année à la côtoyer.

« Eh bien… Bienvenue chez moi. Je peux te décharger ? »

Tu avises le porte-manteaux vissé au mur et sur lequel reposent déjà quelques-uns de tes vêtements. Puis, d’un geste assez éloquent de la main, tu l’invites à avancer un peu plus au cœur de l’appartement pendant que tu refermes la porte derrière elle en prenant soir de la verrouiller à nouveau. S’offrent à elle plusieurs choix d’assise, tous avec leurs avantages et leurs inconvénients. Le canapé, les tabourets de bar, même le sol si l’envie farfelue lui en prend… De ton côté, tu t’adosses à la cloison en songeant activement aux règles de bienséance à respecter lorsque l’on accueille quelqu’un chez soi pour la première fois.

« Fais comme chez toi, je t’en prie. Ça va bien ? »

Quelques banalités dont tu aurais généralement horreur mais qui ce soir s’intègrent parfaitement au cadre de ce petit événement intimiste. Une soirée profondément normale, voilà ce que tu attends de cette veille de Noël ; une occasion de souffler et de laisser ce jeune alter-ego que tu construis encore brique par brique s’exprimer sans ressentir ni angoisse, ni pression, bien que ce dernier point ne soit pas, pour l’heure, des mieux engagés.


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Elinor V. Lanuit
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Jeu 28 Oct - 23:03 (#)



Une vision méconnaissable l’attendait. Les accents mélodieux de Frank Sinatra se mêlaient aux senteurs chaudes et sucrées de la cuisine festive avec, trônant au centre, une femme splendide. Une fausse inconnue à la robe bien mise, aux manières courtoises, dont les traits familiers contrastaient cependant avec les souvenirs d’Elinor. Un court instant celle-ci fut saisie, et resta immobile sur le seuil de la porte, en appréciant cette atmosphère chaleureuse qui exhalait de l’appartement aux subtiles touches de fêtes. Un sourire malicieux naquit sur les lèvres d’Elinor. Elle scruta ouvertement Heidi des pieds à la tête, sa coiffure ordonnée et son maintien assuré ; son calice s’était transformé, à la manière d’une souillon des contes de Grimm devenue subitement une femme du monde.

« Bonsoir, Heidi. »

Elle hésita un instant, admirative. Comme son attention voletait çà et là, depuis l’affiche de Chet Baker jusqu’aux couverts de Noël, Elinor perçut la barrière du foyer s’abaisser, et s’empressa ainsi d’entrer dans l’antre de sa protégée. Elle apporta avec son élégance, la fraicheur extérieur, tandis que ses vêtements se réchauffaient d’eux-mêmes dans la douce chaleur de la pièce. Puis, elle déposa provisoirement ses paquets à côté de ses escarpins, laissa cascader ses cheveux hors de son chapeau et, scrutant de nouveau Heidi, elle posa délicatement ses mains sur les épaules de cette dernière.

« Tu as beaucoup changé à ce que je vois. Tu es ravissante comme ça, » lui dit-elle en l’attirant contre elle pour la serrer dans ses bras. « Je vais très bien, et toi donc ? »

Elinor ferma les yeux un moment. Comme les senteurs doucereuses de cuisine et la chaleur tendre de l’humaine contre elle l’enveloppèrent, elle fut charmée par ces sensations paisibles, tel un ilot de calme et de repos. Une rareté dans son planning chargé. Elle se redressa ensuite, un sourire complice offert à son calice, et désigna les deux paquets posés à côté d’elles.

« Tiens, ils sont pour toi. » Elle ramassa le carton au parfum chocolaté, et le tendit à Heidi. « Je suis sûre que tu auras déjà deviné ce que c’est. Je ne suis pas la meilleure personne pour les choisir évidemment, j’ai dû extrapoler. Judicieusement j’espère. »

Comme l’immortelle lui remettait la boite de chocolats, elle retira élégamment ses gants de cuir noir, puis déboutonna son long manteau, révélant une robe aux nuances rouge sombre, laquelle épousait à merveille ses formes pâles, sobrement mises en valeur. Les échancrures révélaient une silhouette gracile, qui brillait quelque peu sous les plafonniers, à la manière d’une statue de porcelaine lisse.

« Celui-ci aussi est pour toi, » lui confia-t-elle en rapprochant le paquet couvert du drap bariolé de couleurs brillantes. « D’ailleurs, dois-je te dire joyeux Noël ? Ou bien fêtes-tu autre chose ? Le solstice d’hiver comme nos ancêtres ? Dans tous les cas, joyeux ce que tu veux Heidi. »

Accompagnée d’un rire discret, Elinor se détourna d’un mouvement fluide, et s’en alla déposer ses riches vêtements sur le porte-manteaux désigné. Elle y accrocha ses affaires avec précaution, puis lissa sa robe d’une main experte, éliminant le moindre pli et réajustant son opulente chevelure.

« C’est un cadeau en forme de nouvelle mission, la dernière pour toi, et j’espère qu’elle te plaira. Oh, et je te conseille de ne pas trop tarder à l’ouvrir. »

Laissant ce discours sibyllin flatter la curiosité d’Heidi, Elinor déambula sans but quelques instants, et son regard éternellement évaluateur se posa sur les meubles, les décorations et l’unique guirlande trônant dans la pièce. Les lumières jouaient sur sa robe subtilement satinée, dans les creux de ses formes, sur ses cheveux luisants, et sa peau pâle, dénuée de toute trace d’humanité à cette heure-ci. L’immortelle se tourna finalement vers son calice, et attendit la suite de la soirée ; cette nuit-là, à son tour d’être l’invitée.

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Sam 30 Oct - 17:17 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan



I
mpossible pour toi de ne rester de marbre lors du premier contact de cette soirée. C’est un symbole fort qui embaume ton cœur bien plus que n’importe quelle odeur de pain d’épice ne pourrait le faire. Ses mots t’apportent une chaleur que le feu de n’importe quelle usine ne pourrait te procurer. Ils sonnent comment une récompense, comme la confirmation que tu attendais depuis maintenant plus de vingt-cinq ans, celle qu’enfin tu t’es engagée sur le bon chemin. Tu profites de chaque instant de cette étreinte si longtemps rêvée. Tu t’es accoutumée à la froideur vampirique d’Elinor et à la chaleur paradoxale qu’elle te procure, et dans l’intimité feutrée du petit corridor, tu lui réponds dans un murmure discret.

« Merci beaucoup. Je vais bien aussi. »

Quelques mots d’une sincérité inouïe et qui valent pour bien plus que ce moment précis. Vous vous séparez enfin, mais ton cœur, lui, reste perché sur son nuage cotonneux d’insouciance. Tu attrapes le paquet qu’elle te tend et prends une seconde pour humer la délicieuse odeur de cacao qui en émane. Aucun doute sur ce que celui-ci contient, mais le contenu de l’autre reste un mystère opaque. L’idée de plaisanter sur une fausse allergie te traverse l’esprit en un éclair mais ta milice mentale l’attrape et la neutralise à grands coups de tonfas mentaux avant qu’elle n’atteigne tes lèvres. Tu ne laisseras rien ni personne, pas même toi, gâcher ce moment de grâce.

« J’ai aucun doute là-dessus, mais il fallait pas..! Merci encore Elinor. »

Sa question te laisse songeuse un instant tandis que tu suis du regard la beauté crue de la vampire déambuler dans ton salon. Tu sais qu’elle fait exprès d’attiser ta curiosité, mais que tu le veuilles où non, elle y parvient. Tu réponds alors à sa remarque pour ne plus t’encombrer l’esprit avec et pouvoir appréhender totalement cette mission dont elle vient de t’informer et qui donne au paquet une aura maintenant bien plus troublante.

« Noël, le solstice… Peu importe. Disons que je fête le 24 décembre pour des raisons complètement arbitraires. Joyeux 24 décembre à toi aussi, du coup. »

Tu lui adresses un sourire sincère en réponse à l’espèce de malice outrageusement indicible qui orne son visage en presque toutes circonstances. Après avoir remisé le premier paquet sur ta table, tu t’approches enfin du second, toujours aussi énigmatique. Que peut-il contenir pour qu’il faille s’empresser de l’ouvrir ? Non pas que l’envie t’en manque, bien au contraire, mais cette information pince ton cœur d’une certaine angoisse. La mission aurait-elle déjà commencé ? L’épreuve concernerait-elle ta capacité à maîtriser ta curiosité ? Avec une précaution presque exagérée, tu t’accroupis en réajustant le volant de ta robe. Ta main se pose sur le tissu qui recouvre le mystérieux présent et, après avoir cherché un instant l’approbation dans les yeux de ta marraine, elle dévoile ce qu’elle dissimulait.
Tu te figes un moment en voyant l’objet de cette ultime mission, et tu comprends presque immédiatement en quoi elle consiste. Toujours accroupie, ton regard incrédule alterne entre Elinor et la minuscule boule de poils noire assoupie dans sa cage. Partagée entre la surprise et ton incapacité à savoir si tu es au comble du bonheur ou absolument morte de trouille, tu entrouvres la bouche mais la remarque ne vient pas tout de suite. Il te faut encore une paire de secondes d’hésitation pour que tu réagisses enfin en chuchotant.

« C’est… Enfin, un chaton ? »

Question pertinente que voilà. Beaucoup d’autres te viennent en tête, mais les réponses en sont tout aussi évidentes. Pourquoi ? Pour prouver que tu es capable d’assumer des responsabilités sur le long terme. En es-tu seulement capable ? Si elle a fait ça, c’est qu’elle doit le penser.

« Comment il s’appelle ? Enfin, il ou elle ? »

Tu regard se porte à nouveau sur le petit être roulé en boule à quelques centimètres de toi. Tu ne sais pas si c’est à cause de -sa robe noire de jais parfaitement accordée à ta garde-robe qui te fait penser cela, mais tu sens se créer entre lui et toi une sorte de lien indescriptible, un attachement qui échappe à la raison.

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- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

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- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
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Jeu 4 Nov - 22:44 (#)



Joyeux 24 Décembre.

Une froideur silencieuse hantait ces mots. Fébriles et amers, comme les ruines d’une enfance volée. À sa conscience d’immortelle ils semblaient décrire les tristes couleurs d’un vieux tableau. Les pastels ternes d’une fleur tardive fanant sous la neige, des souvenirs lointains où les lumières des cheminées londoniennes avaient l’aspect charbonneux de fumerolles maladives. Elinor hocha la tête pour toute réponse à Heidi. Dans ces rares moments, l’amertume de cette dernière se mêlait à la mélancolie de sa marraine, et l’aquarelle de leurs mémoires se mélangeaient en une mosaïque de couleurs vieillies, dont elle-même avait du mal à en séparer la réalité de l’illusion imaginative.
Un lien se créait entre elles, sans aucun doute. Elinor cherchait encore à en saisir l’étendu réelle, ses implications futures, que ce soit le résultat naturel de leurs fréquentations régulières ou de quelque chose d’autre. Quelque chose à une échelle surnaturelle. Une intuition de vampire peut-être, pensa-t-elle en parcourant les lieux, certes restreints, qui composaient le nouvel univers de sa protégée. Un appartement qu’elle aurait choisi un peu plus grand, de son propre avis. Pourtant, ces choix matériels appartenaient désormais à Heidi ; une stratégie délibérée, que Elinor avait murement réfléchi.

« Apparemment, » répondit-elle dans un léger rire. « Felis silvestris catus, si tu veux tous les détails. J’ai opté pour un félin classique qui loge dans ton petit appartement, de préférence. »

Lui aussi, cette minuscule boule de fourrure, faisait désormais partie intégrante des plans d’Elinor, ceux qui conduisaient son calice vers une nouvelle vie. Celle d’une adulte. D’une Heidi qui ferait face aux conséquences de ses décisions, y compris les actions pesant sur d’autres êtres vivants, une jeune femme qui ne serait plus enfermée dans les blessures du passé. La vampire s’approcha à pas lents du canapé, et s’y laissa délicatement choir, sans cesser d’observer sa protégée déballer son cadeau.

« C’est un chat, et il n’a pas encore de nom. C’est à toi de le nommer, tout comme il te revient de prendre soin de lui. Je sais que tu devines l’objectif de cette mission entre guillemets, et en effet c’est un exercice de responsabilité. »

Nonchalamment, l’attention d’Elinor s’attarda sur l’ameublement immaculé de propreté, et elle huma le parfum flottant dans la pièce. Une odeur sucrée, qui éveilla un sourire discret. Si ses sens de vampire avaient depuis longtemps condamnés son appétit pour la cuisine humaine, elle savoura pourtant ces senteurs agréables, dont le fumet brillait désormais d’un lustre nostalgique.

« Cela te semblera peut-être un classique, mais on voit les choses autrement lorsqu’un être vivant t’aime sans nuance et compte sur toi pour vivre. Qu’est-ce que tu en penses ? »

Elle aurait nettoyé et cuisiné ? s’interrogea-t-elle en évaluant les détails de son environnement, et ses doigts se nouèrent pensivement dans les lourdes boucles de sa chevelure. L’attention lui paraissait attendrissante. Ses ongles vinrent caresser machinalement la texture lisse des accoudoirs du canapé, et de l’index, Elinor désigna l’endroit approximatif, la cuisine supposait-elle, d’où provenait l’odeur.

« Mais dis-moi d’ailleurs, est-ce que tu as cuisiné quelque chose ? » lui demanda-t-elle d’un ton taquin. « Je ne te savais pas adepte des recettes de Noël. Pardon, des recettes du 24 Décembre. »

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≡ Mordue au littéral comme au figuré

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≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Ven 5 Nov - 11:45 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan


A
l’écoute de la dénomination latine de ton nouveau compagnon à quatre pattes, tu plisses les yeux et hoches subtilement la tête, faisant mine de savamment comprendre, comme si cette nouvelle information allait avoir une importance réelle sur la manière dont tu t’occuperais de lui. Fort malheureusement, le latin de fait pas partie de l’éventail des langues que tu maîtrises ; celle qui s’en rapproche le plus est le français, dont l’apprentissage est en bonne voie.
Un mâle encore sans nom, alors. Felis Silvestris Catus Anonymus. Ton regard quitte l’intangible pour se reposer sur les moustaches somnolentes de cet être minuscule et insouciant. Il a l’air paisible, ignorant de la violence froide et impitoyable du dehors, et tu te laisses un instant troubler par l’innocence personnifiée par les traits d’un animal de mauvais augure. Quelle est donc la nature exacte de la responsabilité qui t’incombe ?  Tu soupires, et dans ton souffle, la promesse silencieuse que jamais il ne connaîtra les affres du monde extérieur.

Avant tout serment, il faudrait au moins lui donner un nom. Cette petite chose qui t’aimera sans nuance et qui comptera sur toi pour vivre mérite d’être nommée, ne serait-ce que pour matérialiser le lien qui vous unit désormais. Tu restes un instant silencieuse avec pour tout sourire une moue pensive, témoin du sérieux que tu apportes à la question. Tu finis par tourner la tête vers la vampire qui entre temps a trouvé place sur ton divan.

« Je pense que c’est une théorie qui vaut la peine d’être mise à l’épreuve. »

Tu souris subtilement, avec au fond des yeux l’éclat pâle et brillant de l’espoir sincère. Puis, tes yeux se posent une nouvelle fois sur lui tandis que tu t’assois un peu plus confortablement devant sa cage.

« Je vais l’appeler… Jazz. »

Et en prononçant pour la première fois son nom, tes lèvres s’étirent un peu plus. Ton visage modèle une tendresse longtemps refoulée alors que tu te perds une nouvelle fois dans tes pensées. Sur l’écran noir de tes nuits blanches défilent tous les moments où la musique t’a permise de sortir la tête hors de l’eau, depuis le moment où tu es entrée dans cette boutique comme un petit rongeur curieux jusqu’à celui où tu as fait la rencontre de celle qui te permet aujourd’hui d’enfin grandir. Jazz, c’est un nom parfait. Il représente le meilleur de ta vie et tout ce pourquoi tu es encore là aujourd’hui pour le baptiser.
La question d’Elinor t’extirpe délicatement hors de tes pensées.

« Ah, oui, j’ai essayé de faire du pain d’épices. »

Son ton pourrait presque laisser penser qu’elle sait que tu l’as fait parce que tu l’as vu sur internet. Une expression amusée – et à peine honteuse – s’installe sur ton visage en y pensant, et tu jettes un coup d’œil à ta montre pour être certaine que ta pâtisserie n’est pas en train de brûler. Sa dernière remarque, peut-être anodine, te laisse pourtant pensive un instant de plus.

« Concrètement, c’est de la nourriture, rien de plus. Simplement, je suis attachée aux symboles. »

Une réponse simple mais qui appelle à plus de développement. Tu songes un instant à t’arrêter là, mais le moment semble particulièrement adapté pour expliquer cette part de ta psyché avec tes propres mots. Peut-être que tu n’apprendras rien à ta marraine, ou peut-être que si, mais sans savoir vraiment pourquoi, tu trouves le besoin de, à cet instant précis, dévoiler ta personne. Tu prends un moment pour chercher tes mots, certaine qu’elle aura deviné ton intention de poursuivre. Et puis, tu enchaînes sur un ton étrangement solennel.

« Les faits, seuls, c’est stérile. Littéralement. A quoi bon les reconnaître si ce n’est pas pour leur insuffler un sens ? Ce que j’ai choisi de percevoir, c’est les symboles, pas le tangible. Pareil pour ce que je fais, du moins j’essaie de donner du sens à mes actions. J’ai pas fait un pain d’épices, en fait, j’ai fabriqué une preuve que j’apporte beaucoup d’importance à cette soirée. A vrai dire, je sais même pas si j’aime ça, j’en ai jamais mangé. »

C’est comme si un livre s’ouvrait pendant que tu parlais. Ni imposant, ni ridicule. Un livre simple à la couverture sobre et aux pages absolument immaculées, pas même froissées par la lecture. En racontant tout cela, c’est comme si d’un geste délicat du bout des doigts, on marquait l’ouverture des pages de ce livre neuf, habitué à être clos.


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Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

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Mer 17 Nov - 23:10 (#)



Un sourire, reflet d’un autre. Voilà la chaleur délicieuse d’offrir chassant l’hésitation curieuse de ce début de soirée, ces retrouvailles à tâtons, qui s’insinuait même dans le cœur d’Elinor. La voilà en train de sourire à son tour, non de ce réflexe sibyllin et coutumier, mais parce que Heidi affichait un plaisir évident ; que ses yeux brillaient d’un peu de bonheur, pour une fois. Un nom, un souffle. Un nouveau sourire. L’immortelle se surprit de plus belle à apprécier le moment et, confortablement installée dans ce divan qu’elle commençait à aimer aussi, elle se laissa bercer par l’atmosphère toute particulière d’un 24 Décembre, les senteurs chaudes de cuisine, et la chaleur d’une conversation.

« C’est un joli nom en effet, il te va bien et il lui va bien aussi, » commenta-t-elle, en laissant son attention dériver dans l’espace sobre de l’appartement.

Au-delà des baies vitrées assombries d’hiver, se découpaient au loin les lueurs de la ville, aux grands immeubles hantés de pénombre, qui déployaient leurs racines bétonnées dans la terre froide. À cette hauteur déjà, les phares des voitures formaient un ballet incessant, qui entrecroisaient leurs trainées de lumières mordorées dans un vaste mouvement hypnotique. Elle leva les yeux vers le ciel bouché, dont les étoiles absentes avaient abandonné là un horizon à la texture sale de vieux cuir, craquelé de nuages qui couraient derrière la clarté de la lune. Elinor aimait parfois s’absorber dans ce panorama urbain.
Toutefois, alors que les immeubles avaient mordu le voile des cieux nocturnes, elle s’était détournée de ces visions blessées, comme si l’absence d’un firmament londonien lui pesait. Il était à son époque d’un velours lisse et brillant, sublimé d’une clarté lunaire lui conférant l’aspect du mercure, saupoudré de fumées à cette période de l’année. Elinor chassa distraitement ses pensées. Comme si cette soirée d’oisiveté attirait inexorablement son esprit vers une nostalgie rare, qui n’était pas sans comporter la même chaleur timide que le sourire d’Heidi. Elle revint dans la discussion par un nouveau sourire.

« Les faits sont intéressants pour les leçons que l’on en tire, oui, tu as raison. » Elle leva l’index dans la direction approximative de la cuisine. « Je crois que ton pain commence à être point, d’après ce que je sens. »

D’un mouvement délicat, Elinor croisa ses jambes, et s’étendit à son aise dans le divan, un bras sur le haut du dossier, tandis que ses pensées reprenaient une forme plus concise. Je devrais peut-être lui parler davantage de moi, réfléchit-elle en regardant l’unique guirlande suspendue. L’exercice lui était rare, elle si secrète, qui choisissait bien volontiers les ombres de l’anonymat, et de la mystification. Elle fit lentement mûrir cette décision, en piochant quelques bribes de souvenirs dans son siècle et demi de vie nocturne, autant de miettes de pain d’épices semées durant ce réveillon.

« Je ne suis pas réellement une fervente des fêtes de fin d’année. J’aimais les Noël de mon enfance, mais pour des raisons différentes, et ce n’était pas uniquement dû à la différence d’époque. »

Elle marqua une pause pensive. Des souvenirs flous de ruelles tavelées de neige, aux lumières frêles et sculptées de métal torsadés, de cheminées énormes où flottaient de vieilles odeurs, délicieusement désuètes comme exhalées d’un livre. Elinor hocha la tête pour elle-même.

« Notre bonne nous préparait un repas bien trop riche pour moi, avec un enthousiasme désarmant, et mon père arrivait en retard, comme à chaque fois. Il me couvrait de présents, sans doute pour se faire pardonner d’ailleurs. C’était principalement des fournitures de travail, pour mes études. La fête avait un aspect bien moins commercial à l’époque. »

Je suppose que certaines similarités demeurent, pensa-t-elle, comme ces vieux souvenirs prenaient la forme, non pas de reliques regrettées et inutiles, mais de moments agréables gravés dans l’immortalité de son esprit. Elle les chérissait sans un regret. Le sourire chaleureux en persista sur ses traits.

« Moi, j’aimais mieux aller écouter les chorales dans la ville. Il était souvent tard quand nous y allions, et nous ne pouvions pas nous attarder longtemps à cause du froid, mais cela valait mieux à mes yeux qu’un repas interminable. »

Elinor souffla un rire cristallin. Elle fit un mouvement circulaire d’un revers de main, évasif, comme si ces vieilleries n’avaient aucune importance à cet instant, dans ce nouveau siècle.

« J’ai toujours eu une certaine affection pour les artistes, n’est-ce pas. Je suppose que ce sont là des faits qui contiennent des symboles, non ? Enfin, des temps aussi lointains ne t’intéressent peut-être pas ? »

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Sam 20 Nov - 9:27 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

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E
n relevant une nouvelle fois la tête, tu peux observer le sourire d’Elinor. Sans être différent de d’habitude, tu as pourtant l’impression presque réconfortante d’arriver à y voir une sorte de réciprocité. Dans ce sourire, quelque chose de précieux ; plus que de l’or : une sensation. Comme la levée d’un doute si commun qu’on aurait appris à voir à travers. Comme la découverte d’une nouvelle couleur, ne changeant pas le dessin mais le rendant encore plus somptueux et chaleureux.
A travers ce sourire, c’est une espèce de connivence encore inconnue qui se matérialise et dore vos liens, c’est une complicité étrange qui s’ancre. Tu te sens à ton aise comme rarement c’est le cas, et ton esprit s’allège de tes dernières angoisses tandis que tu te surprends à sourire toi aussi, et à ne pas culpabiliser pour celui-ci. Là où tu avais sans cesse l’impression de bâtir ton bien-être en parasitant son calme et sa stabilité, en cet instant précis tu sens dans un endroit encore inexploré de ton cœur que cela vient de changer, au moins pour cette soirée particulière.
C’est donc ça que l’on est censé ressentir lorsque nos émotions fonctionnent correctement ? Un instant, tu songes à la question qu’elle t’a posée lors que cette soirée elle aussi si particulière : qu’est-elle pour toi ? Ta réponse n’aurait jamais été aussi floue que maintenant, mais tu te fiches bien de l’étiquette à lui coller ; ce soir, ça n’est pas important.

Tu sors de tes songes en l’entendant mentionner ton pain d’épices et la panique s’empare de toi. Il ne peut pas brûler, c’est impossible, tu as vérifié le temps de cuisson il y a à peine quelques secondes. Tu jettes rapidement un coup d’œil désemparé à ta montre et un vif calcul mental te confirme qu’en théorie, le cuisson devrait continuer pendant au moins un quart d’heure. Non, tu ne peux pas te permettre de prendre le risque, tu dois aller vérifier, la soirée doit être absolument parfaite ; c’est comme si d’un coup, l’entière réussite de celle-ci dépendait de la cuisson de cette satanée pâtisserie.
Alors, dans une précipitation muette pour ne pas réveiller le Jazz assoupi, tu te relèves et te jettes à corps perdu vers le four encastré dans la cuisine. Et puis : soulagement. Tu pousses un long soupire pendant que l’immortelle se met à conter quelques morceaux choisis de sa vie. Tu considères un moment qu’elle a pu volontairement te faire marcher, auquel cas tu auras littéralement couru dans sa plaisanterie, mais l’écoute de ses aveux te dissuade de faire le moindre commentaire à ce sujet. A la place, tu te redresses et t’appuies sur l’îlot central pour redoubler d’attention.

Le sérieux au visage, tu l’écoutes distiller dans l’atmosphère quelques gouttes de son passé. Parler de temps aussi lointains en soi ne t’intéresse pas, mais ce qui te captive c’est tout simplement elle ; la découvrir sous un autre jour, apprendre à connaître – tout simplement – cette personne avec qui tu as passé autant de temps depuis cette année. D’une voix douce et sincère, tu lui réponds.

« Bien sûr que si, ça m’intéresse beaucoup au contraire. »

Tu marques une pause, le temps de te demander si tu devrais ou non lui faire part de la réflexion qui vient de fleurir dans ton esprit. Et alors, tu reprends, hésitante, le ton nouvellement teinté d’un soupçon de gêne et d’amusement.

« Je crois que j’avais jamais vraiment réalisé que tu as été une enfant un jour. C’est très bête à dire, mais j’ai toujours un peu de mal à appréhender l’immortalité. Je veux dire, quand on est adulte pendant aussi longtemps… »

Intérieurement, tu te maudits pour ta maladresse en espérant qu’elle arrive à saisir le raisonnement que tu as peiné à exprimer. Tu reprends cependant vite les rennes de ta pensée et lui pose d’une voix un peu plus retenue la question qui te taraude, résultat final de ta réflexion.

« Dis, tu as pas peur d’oublier un jour ? Je veux dire, ton enfance, tout ça, le passé. »

En songeant à tous ces concepts, ces implications, l’objectif qui se cache derrière toutes les tâches auxquelles tu t’appliques tous les jours depuis maintenant plus d’un mois, tu n’as jamais réussi à te détacher de cette idée une fois celle-ci apparue. Toi, tu aurais peur d’oublier. D’être tellement focalisée à occuper ton esprit que tes souvenirs commenceraient à s’éroder devant un temps devenu abrasif. Cette soirée, par exemple. Vous deux en robes de fête dans ton appartement, l’odeur de ce satané pain d’épice que tu as cru brûlé, cette musique de Noël délicieusement kitch en fond… tu t’en voudrais terriblement d’un jour l’oublier. D’un jour constater des dizaines d’années plus tard que tout ce qu’il te reste de ce moment soit un vague amas de sensations floues et noyées dans des milliers d’autres. D’un coup, le vertige te gagne, et tu espères secrètement que sa réponse arrivera à te rassurer.


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Mer 24 Nov - 22:50 (#)



Nostalgie.

Comme elle était vêtue d’un double tranchant. Pour les immortels, elle oscillait entre la caresse d’un souffle, doux et bienveillant, et une violente bourraque, affamée et blessante. Elle transformait les souvenirs autrefois chéris en esquilles tranchantes, qui recelaient le potentiel de ronger les volontés et de briser les siècles. Des souvenirs étiolés en forme de fil coupant, vous abimant les mains si l’on serait trop fort, si l’on se raccrochait trop à ces temps révolus qui s’effritaient dans l’immensité de l’éternité à une vitesse effarante. Non, décidément, la nostalgie était un fruit défendu pour eux.
Pourtant, Elinor en savourait le plaisir exquis. Par minuscules bouchées, elle les offrait à Heidi, que ses saveurs passées semblaient amuser, et s’en délectait à son tour, avec toute la parcimonie qui la caractérisait. Un plaisir dont on n’abuse pas, songea-t-elle, comme Heidi en réclamait davantage. Elle revit ces bâtiments victoriens blottis dans les congères sales de l’ère industriel, ses écharpes de charbon volatile et les parfums d’une nouvelle époque, où ce progrès chancelant était gorgé d’un trop-plein d’enthousiasme candide. Qu’elle était à la fois crasseuse et belle, son époque.

« D’accord. Eh bien, ça ne me dérange pas de t’en parler. »

L’immortelle le ressentait, ce désir évanescent de s’abandonner à la nostalgie. Celle-ci recelait le plaisir délicieux, et toujours nouveau, d’une occupation inutile ; un certain français n’aurait pas dit mieux.

« Je comprends, » déclara-t-elle en hochant la tête, un air malicieux entre ses boucles d’ébène. « Je n’ai pas l’habitude de raconter mon passé à vrai dire, d’autant qu’il est plein de secrets. »

Les secrets de sa race, ceux des ombres et des Lanuit, qui étaient accolés même aux siens propres ; ses entorses aux règles et ses manipulations terribles. Ceux-là resteraient dans les oubliettes. Même si une confiance s’instaurait entre elles, la vampire la ressentait se renforcer au fil des mois, il lui manquait encore un grain de certitude envers Heidi. Ce grain de folie. Cette pichenette de fidélité qui lui ferait accepter une réalité dépeinte sous le pinceau d’Elinor, un monde fait de ses propres règles.
Non, elle n’est pas prête, pas encore, pensa-t-elle avec un plaisir certain, quoique différent, celui d’un ouvrage que l’on tisse patiemment. Elle réfléchit un moment aux questionnements d’Heidi, puisque celle-ci méritait à ses yeux, enfin, de commencer l’apprentissage du monde de la nuit.

« Eh bien, nous n’avons pas ces problèmes de dégénérescence neurologique propres aux humains, si nous parlons d’un point de vue strictement physiologique. Au contraire, certains des nôtres peuvent être victimes de l’effet inverse. Vivre dans leurs souvenirs, notamment. »

Elinor rejeta une lourde mèche de son front, un mince sourire pensif éclairant son expression. Durant un instant, elle s’attarda sur l’immobilité d’Heidi, qui ne semblait aucunement pressée de sortir son pain du four. Me suis-je trompée ? s’interrogea-t-elle avec un brin d’embarras, en rattrapant bien vite le fil de la discussion précédente, au lieu de révéler sa maladresse culinaire.

« Les souvenirs sont importants, bien sûr. C’est une source d’émotions à laquelle on aime étancher sa soif, et pourtant… À trop vouloir la saisir, elle vous file entre les doigts, à trop vouloir s’y plonger, on peut s’y noyer. Je crois qu’il faut trouver le bon équilibre. Il faut en savourer la sensation fraiche sur ses mains, mais il ne faut pas en faire une obsession au point d’en perdre la raison. »

Un nouveau rire, discret et fin. « Toute cette métaphore ne t’éclaire peut-être pas. Pour ma part, je n’ai rien oublié, et je ne pense pas que l’on puisse réellement les oublier. Le passé fait partie de nous, il nous a modelé jusqu’à aujourd’hui, et la somme de nos expériences demeure en nous. »

Comme elle se redressait dans le divan, inspirée et soudainement bavarde, Elinor laissa s’évader ses réflexions, tout comme elle le faisait jadis, durant les longues nuits avec un certain français.

« Chacun a sa propre manière de se construire, évidemment. Certains s’accrochent fiévreusement à leur passé, d’autres cherchent à s’en débarrasser, certains deviennent fous, d’autres obsédés, » continua-t-elle, et son regard étincelait, car elle offrait sans artifice le fil de ses opinions.

« Beaucoup ont perdu leur capacité à s’émerveiller, à apprendre, et pour moi, c’est une tragédie. Pour le reste, eh bien, je crois que toutes les grandes choses naissent quelque part entre la méthode et la folie. »

Elle marqua finalement une pause et, levant les yeux vers Heidi, son sourire s’élargit, et elle ajouta, taquine. « Je parle sans doute trop, ce soir. Tu n’es pas lassée ? Si jamais tu as des questions, je t’en prie, je t’écoute. »

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Heidi Janowski
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En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
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Jeu 25 Nov - 19:01 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan


U
n passé plein de secrets ? Tu commences à connaître la femme à qui appartiennent ces mots, tu sais qu’ils n’ont pas été choisis au hasard. C’est une invitation à la curiosité, mais aussi un appel à la réserve et à la patience. Des histoires que tu entendras en temps voulu, peut-être une fois que tu auras achevé la liste de tes travaux, peut-être jamais, peut-être après avoir passé une épreuve dont tu n’as pas même encore connaissance. Ton futur, avec elle, a beau te sembler incertain, tu as cependant la certitude de son existence. Au final, un avenir, c’est tout ce que tu souhaitais, toi qui l’an dernier à cette même date était allongée ivre morte sur le sol de ton appartement minable à maudire le monde entier et te demander combien de Noëls tu allais encore capable de passer.
Mais en attendant, tu écoutes avec une attention sans faille les réponses et réflexions d’Elinor. Tu tentes de les retenir, de les comprendre, de les digérer et de les confronter à tes propres idées. Certaines phrases trouvent un écho particulier chez toi et tiendront sans le moindre doute lieu de matériel à pensées, chaque mot et chaque perspective se modulant comme autant de briques pour construire ton paradigme éclairé.
Après quelques secondes de silence meublées par une section cuivre à l’enthousiasme exacerbé, tu réponds à ton tour, la voix pleine d’une sincérité tranquille.

« Lassée ? Bien sûr que non, pourquoi je le serais ? »

Tu prends un instant pour laisser à un sourire apaisé le temps de fleurir sur tes lèvres. Tu n’arrives pas bien à discerner la frontière entre la politesse et la vraie question, mais elle vaut dans tous les cas la peine d’avoir une réponse.

« J’ai pas souvent l’occasion d’avoir des discussions comme ça, ça me fait du bien. »

Tu n’as personne d’autre dans ton entourage avec qui aborder ces sujets aussi librement. Tu as bien une amie, maintenant. Vous êtes même de plus en plus proches et c’est une prouesse dont tu es excessivement fière et de laquelle tu as de toutes façons déjà parlé à ta marraine, mais vous ne l’êtes pas suffisamment encore pour que tu lui livres sans filtre les rouages de ta pensée et tes doutes existentiels. Ton psychologue non plus ne saurait entendre ce genre de confessions, et de toutes façons vous êtes bien trop occupés à tenter de résoudre tes problèmes les plus concrets.

Mais alors, quid de tes propres souvenirs ? Serais-tu du genre à plonger dedans sans retenue, ou à éviter comme la peste ? La réponse est sans doute bien plus complexe que la simple binarité avec laquelle tu te la poses.
Un instant, tu fermes les yeux et t’imprègnes une fois de plus de l’atmosphère sereine de cette nuit si particulière. Souvenirs, émerveillement, tout cela te rappelle la honte qui t’habite ce soir : celui de ne pas avoir trouvé de cadeau adéquat à offrir à la vampire. Plus précisément, cela te rappelle celui auquel tu as longtemps songé sans jamais trouver l’idée à la hauteur. Dans un long souffle, tu te résignes et tu décides enfin de prendre ton courage à deux mains.

« Je reviens dans une seconde, pardon. »

Et alors, rapidement, tu files de l’autre côté de la pièce. Tu t’engouffres sans attendre dans l’obscurité de ta chambre parfaitement rangée pour l’occasion et t’en vas fouiller dans ta table de nuit, là où tu as rangé ce fameux objet. Et puis, les mains dans le dos, tu reviens tout aussi vite dans la pièce à vivre. Tâchant au mieux de conserver le mystère jusqu’au dernier moment, tu trouves ta place à l’autre bout du canapé occupé par l’immortelle et sur lequel tu t’installes en tailleur. Tu finis par ouvrir la bouche à nouveau. Partagée par un cocktail d’excitation et d’appréhension, c'est une tentative de désamorçage de ta propre pression qui en sort.

« Tu sais, c’est vraiment super dur de te trouver un bon cadeau. »

C’est vrai, elle est plus riche que tu ne le deviendras jamais, même en vivant un éternité. La valeur du cadeau à trouver doit donc se trouver dans la symbolique, comme tu as tenté de l’expliquer un peu plus tôt dans la soirée. Te mordillant la lèvre par nervosité, tu dévoiles finalement le présent que tu tentais bien maladroitement de garder à l’abri de son regard.
Un petit carré de plastique, épais d’environ un centimètre. Sur la face que tu lui présentes, une photo ; dans les tons or et bleu, d’une froideur sobre et élégante, un regard. Un homme, une femme, une trompette, un nom. Chet.

« C’est le premier album que j’ai jamais possédé. Celui qui m’a donné envie de faire de la trompette quand j’étais enfant. »

Un sourire attendri éclaire ton visage d’un éclat pâle alors que tu poses ton regard sur la couverture du disque. Combien de fois t’es-tu dit que tu voulais être cette femme sur la photo ? Ton sourire s’agrandit subtilement.

« A l’époque, je me disais que je ressemblais un peu à elle, ça me réconfortait. J’avais.. mh, volé le CD dans une boutique de musique sans vraiment faire attention, juste pour la forme. Un jour, j’ai voulu l’écouter, alors j’ai fait des pieds et des mains pour récupérer un vieux walkman à l’internat, et depuis il ne m’a jamais quitté. Je l’ai écouté des dizaines et des dizaines de fois, peut-être même des centaines. Sûrement des centaines, d’ailleurs. Enfin, tout ça pour dire qu’il a longtemps été la chose que j’ai le plus chérie au monde. »

Ton regard se teinte un instant d’une nostalgie amère au-dessus de ton sourire, perdu dans des songes encore houleux. Tu te ressaisis pourtant vite, et relèves yeux vers Elinor. Tes orbes de jade se fixent dans l’onyx sibyllin des siens, et tu en arrives au bout de ta courte histoire.

« C’est un peu ma manière de te dire merci, pour… tout ce que tu as fait pour moi. C’est vrai que c’est pas un mot que j’emploie souvent, mais c’était important pour moi de le dire. Du coup voilà, merci Elinor. Et joyeux Noël. »

En songeant à l’année venant de s’écouler, à votre rencontre insolite et les événements que vous avez traversé par la suite de cet accord qui a changé ta vie du tout au tout, ton cœur se pince d’une émotion toute particulière. Les images défilent sur fond de jazz, doux et moelleux. You’d be so nice to come home to. C’est une manière de résumer votre premier contact, écrite sur le verso du coffret depuis plus d’une décennie maintenant, si ce n’est encore plus.


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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together

Pseudo : Carm'
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Ven 26 Nov - 22:48 (#)



« Alors, nous devrions veiller à discuter ainsi plus souvent. »

L’idée la ravissait. Telle une fleur de satin froissée, elle était douce au toucher, chaude à l’odeur, et ses racines flétries étaient ensevelies dans un terreau mélancolique, que sa mémoire réanimait. Avec ses souvenirs de jeune anglaise au teint rose, s’accolaient les innombrables veillées au cœur de la nuit et les dissertations avec son maitre ; des grains de philosophie idiote et grandiose, semés par sa main habile. Le monde que son Sire lui avait autrefois dévoilé, s’était révélé comme une véritable peinture, une illustration merveilleuse sur un fin rideau de soie que son souffle léger faisait frémir.
Pourtant, toute cette foule de choses, inutiles et parfaites à la fois, lui manquait. Un siècle d’errance économique et solitaire n’avait jamais balayé l’attrait de ces discussions, au confort somnolant d’une soirée d’hiver, à l’abandon étourdissant d’une cuillère d’absinthe ; un plaisir frivole et primitif. Elinor le connaissait bien ce besoin. Celui de découvrir chez autrui les trésors cachés de l’âme, ses rouages profonds, et assouvir sa curiosité ou bien en absorber l’enseignement. Tu t’empares, mais donneras-tu, un jour ? lui avait-il demandé celui qui, il y a des années, tenait la place d’Heidi.
Cela la fit sourire sans raison, comme son Calice s’excusait soudainement, et s’en alla dans une autre pièce. Elinor la suivit des yeux avec curiosité, quelque peu songeuse quant à la multitude d’émotions que cette soirée faisait naitre en elle. Celles-ci erraient à la lisières de ses pensées, fantômes douillets et rendus paresseux par l’atmosphère doucereuse que cette intimité créait. Heidi revint avec un air embarrassé que l’immortelle ne sut déchiffrer, les mains dans le dos et le pouls battant la chamade.

« Oh. Voilà donc pourquoi je reçois rarement de cadeaux, » fit-elle sur ton délibérément narquois.

Elle fit silence toutefois. Dans son attitude se lisait désormais une patience attentive, sans l’ombre d’une moquerie, comme elle réajustait sa posture dans le divan afin de se trouver face à Heidi. Elle la scruta de cette manière attentionnée et compréhensive, où ses yeux pourtant froids d’ordinaire se teintaient d’un éclat de chaleur. Puis, attiré par le mouvement, le regard d’Elinor se posa sur les mains de son Calice qui tenaient son cadeau, ce CD à l’usure discrète. Elle ne dit rien tout d’abord. D’une main délicate, Elinor saisit l’objet, en observa la couverture et sa surface éraillée par le temps, en hochant la tête, avant que ses yeux ne se reposent finalement sur Heidi. Elle sourit à nouveau.

« Merci Heidi. Je suis flattée de ta confiance, tu sais, » commença-t-elle, d’un ton presque solennel. « Je commence à comprendre à quel point il est difficile pour toi de t’ouvrir, et cela démontre toute l’importance de ce cadeau. Je suis contente que tu aies choisi de rester avec moi, sache-le. Et bien sûr, je le garderai précieusement. »

Comme saisir d’une soudaine inspiration, l’immortelle décroisa les jambes pour se lever, emportant avec elle les volutes de ses cheveux et le carmin de sa robe dans un tourbillon parfumé.

« Je sais que tu le connais par cœur, mais si nous l’écoutions maintenant ? » fit-elle en rejoignant la chaine Hifi d’une démarche enthousiaste.

Tout en ouvrant la boite de l’album avec délicatesse, elle arrêta la playlist classique qui avait meublé le fond de la conversation, puis la remplaça en déposant le CD dans le tiroir et appuya aussitôt sur le bouton de lecture. Elle revint alors vers Heidi, ses yeux examinant la pochette de l’album, au rythme des premières notes qui éclairaient l’instant d’une nostalgie toute particulière. La vampire resta un long moment ainsi, attentive et songeuse, au milieu de la pièce et de la musique de Chet.

« J’aime beaucoup le style de cette photo. C’est amusant, mon mentor m’offrait des instruments de musique avec lesquels je n’avais jamais joué. Une manière à lui de se jouer de moi, car il me savait assez perfectionniste pour les apprendre, quitte à m’acharner durant des années. »

En se mouvant, le rouge onctueux de sa robe embellissait sa peau froide, lisse comme le marbre, qui prenait agréablement la lumière chaude des lampes en la faisant parfois scintiller sobrement. Puis, comme saisie par une inspiration, Elinor leva les yeux de son cadeau et, sans cesser de couver Heidi du regard, elle revint s’asseoir à ses côtés, les jambes croisées, l’air curieuse et malicieuse.

« Mais toi, dis-moi, qu’est-ce que tu serais capable de m’apprendre ? »

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Lun 29 Nov - 22:27 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan


F
inalement, le disque quitte tes mains pour trouver les doigts froids de ta marraine. Cet objet que tu viens de lui remettre, un simple disque sans le moindre signe distinctif, pas rare pour un sous et écoutable gratuitement avec une bien meilleure qualité, tu te serais battue avec toute la hargne dont tu es capable si quelqu’un avait osé le toucher.
Avec appréhension, tu scrutes le visage d’Elinor alors que celle-ci examine ton présent. Tu as peur qu’elle le trouve médiocre, inutile, sans intérêt. Après tout, ça n’est qu’une relique qui ne trouve de valeur qu’à tes yeux et pour laquelle personne aujourd’hui ne voudrait dépenser le moindre sous. L’attente enserre ton palpitant et noue ta gorge ; tu sais pertinemment qu’aucune déception ne naîtra sur son visage, elle se contrôle trop bien pour ça, et c’est peut-être ce qui t’angoisse au final. Mais de grâce, elle dissipe tes inquiétudes futiles en reprenant à nouveau la parole. Etrangement, ton cœur ne se libère pas, au contraire. Sur ton visage, tu peines à cacher toute l’émotion qui s’accapare ton corps et ton esprit tant ses mots sonnent juste. Incroyablement juste, comme si tu avais toujours rêvé de les entendre. Peut-être parce que c’est le cas, justement, mais le savoir ne t’empêche pas d’afficher un large sourire sincère souligné par tes yeux de jade pétillant d’un éclat nouveau.
Elle comprend. Elle comprend tout. Elle te comprend.
Bien sûr que tu l’écouteras avec elle, et elle le sait bien puisqu’elle n’attend même pas ta réponse. Et alors que les premières notes de Alone Together meublent le silence que s’était douillettement installé dans l’appartement, tu ne sens plus au fond de toi aucune once de jalousie. Pas la moindre trace de colère ni de ressentiment ; tu touches du doigt ce bonheur si tant fantasmé et que tu as si longtemps cru hors de ta portée. Au son des solos doucereux, tu fermes les yeux et balances subtilement la tête en rythme avec lancinant de la musique. D’une certaine manière, ce soir tu es immortelle.

Quel genre d’homme était ce mentor dont elle te parle ? Ça n’est pas la première fois qu’elle parle de lui, mais pour toi il demeure une silhouette inconnue dans ton imagination, à peine un seul mot pour remplir autant de place. Jean, à peine un nom auquel ancrer les dérives incontrôlables de ta pensée. Un menu soupir d’aise t’échappe tandis qu’elle se rassied à tes côtés.
Et puis, innocemment ou presque, une question finale arrive. Bien sûr, tu pourrais répondre immédiatement sans trop y réfléchir, mais l’ombre toujours planante du manque de confiance en toi-même y voit une occasion de prouver ta valeur. Rapidement, ton sourire s’efface au profit d’une moue concernée et pensive. Allez, pense Heidi, tu sais le faire, tu as des choses à revendiquer, tu le mérites. En réfléchissant, ton regard s’attarde un instant sur la présence de la vampire, l’aura mystique qui l’entoure malgré la proximité que tu entretiens avec elle et l’affection qui vous lie est indéniable.

« C’est… une question difficile. »

Et c’est une tentative passablement désespérée de gagner un temps que tu possèdes et qui de toutes façons ne changerait que très peu de choses.

« Beaucoup des choses que je sais ne sont que des mots retenus par cœur depuis des livres que j’ai lus, et j’aimerais beaucoup pouvoir t’apporter autre chose de plus que.. . juste une encyclopédie. »

Et pourtant, concernant cette musique nommé jazz, c’est bien ce que tu as fini par devenir. Histoire, théorie, pratique, tu as absorbé une quantité faramineuse de savoir à ce sujet, peut-être plus que tu ne le soupçonnes toi-même.

« Après, je peux toujours t’apprendre le polonais ? L’harmonie non fonctionnelle ? A voler à la tire sans te faire prendre… »

Tu doutes très fortement de cette dernière proposition, énoncée si bas qu’une oreille humaine aurait peiné à entendre. Tu as bel et bien des compétences de pickpocket, mais à l’aube du réveil d’un alter ego nouvellement vertueux, tu n’es pas certaine de vouloir t’en vanter.
Tu as appris à voler au lycée, plus précisément dans la queue pour la cantine. Tes parents te donnaient à peine de quoi payer ton repas, et à cette époque, tu n’avais plus que l’achat de ta propre trompette en tête. Alors les choses se sont faites comme elles devaient l’être : tes mains dans les poches des autres. Tu n’avais de toutes façons pas un attrait particulièrement prononcé pour la morale ; aujourd’hui non plus d’ailleurs, bien que tu te sois faite plus sage avec le temps. Enfin, tu secoues brièvement la tête et tentes de conclure pour effacer cette note mitigée.

« Mais il y a plein de choses que j’aimerais apprendre, et j’espère, plus tard, te partager. Je pense que j’en suis capable. »


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Ven 3 Déc - 18:25 (#)



D'autres vies l’attendaient, à l’infini.

La virtuosité d’une musicienne diaphane, l’insaisissable immatérialité d’un fantôme errant, le faste d’une femme du monde, la touche évanescente d’une artiste anonyme ; sans doute un jour aimerait-elle être un peu tout cela. Elle sublimerait cette merveilleuse immortalité, laquelle s’épanouirait sous l’aile d’un monde mouvant, toujours changeant, toujours vivante. Elle deviendrait cet univers tant désiré, à elle seule. Elle aurait la curiosité et la liberté en devise éternelle, et les visions sauvages seraient son guide ; des Fjords nordiques aux flocons froids japonais et milles autres merveilles.
Elinor avait encore tant de choses à voir, à vivre, des merveilles neuves, qui l’attendaient loin de l’ennui et de la lassitude, elle qui avait tout vécu et rien à la fois. Un siècle et demi d’existence, tout juste une minute face à l’éternité, dissipé en un clin d’œil au rythme effréné des transactions boursières et politiques, dont les rouages perdaient lentement de leur lustre. Pourtant, durant ces décennies de curiosités financières, technologiques aussi, il avait toujours subsisté ce murmure au creux de son oreille, l’attrait caressant des nouvelles découvertes. N’était-ce pas cela, l’essence de son âme ? Le cœur de son immortalité, que celle-ci avait librement choisi une nuit de jadis ?

Est-ce le bon moment, s’interrogea-t-elle, car elle l’avait anticipé cette nouvelle soif. Comme Elinor prêtait attention aux réponses de son Calice, elle retrouva chez cette dernière, dans le bleu de ses yeux et l’or de sa chevelure, le reflet de cette nouvelle tendance. Elle sourit d’autant plus volontiers, face à ses propres pensées enivrées, comme aux réflexions hésitantes d’Heidi.

« Difficile ? Oh, vraiment ? » fit-elle d’un ton faussement innocent, où affleurait une pointe de moquerie amicale.

L’immortelle se laissa aller dans le moelleux du divan. À cet instant, elle savourait les errances de la jeune femme avec une tendresse évidente, qui se reflétait sur son air malin. Qu’attendre d’autre de celle qui ne laissait jamais rien hasard, qu’une question piège ? De celle qui affectionnait ces jeux de dupes et ces joutes philosophiques, qui ne perdait jamais une occasion de tester Heidi ? Elinor hocha machinalement du chef, sans se départir un instant de ce sourire chaleureux, qui trahissait un net amusement. Elle mima un geste évasif d’un revers de main, en chassant une mèche de ses cheveux.

« Heidi, Heidi. Ce n’était pas une question à interpréter au premier degré. Bien sûr, tu as tes propres connaissances, elles sont précieuses, et je serai ravie de les partager, mais… »

Elinor laissa la fin de son discours flotter dans l’air ourlé des notes de Chet Baker. Elle ouvrit avec une grande délicatesse la boite du CD, y collecta le livret à la belle photo pour le feuilleter pensivement. Les idées chahutaient dans son esprit, des concepts dansant et mûrissant au fil des décennies, pour lesquels il était parfois malaisé d’articuler les termes justes. Elle poursuivit d’un ton lent.

« Apprendre de quelqu’un renferme tant de dimensions différentes, une richesse autrement plus vaste que de simples cours théoriques. Chercher à se lier à quelqu’un que l’on apprécie, c’est s’ouvrir à des mondes que l’on ne connait pas. C’est se confronter à une autre vision des choses, parfois aussi à l’encontre des nôtres. C’est se renouveler à l’infini, et non se perdre dans la nostalgie. »

Elle retourna le livret, et caressa pensivement du pouce la photo de couverture. « Est-ce que tu saisis ce que je veux dire ? »

Et, comme une illusion nocturne, elle revit le visage de Jean, cet air insolent et malin qui vint la hanter durant quelques secondes. Cet imbécile me manque parfois, pensa-t-elle, tandis que ces souvenirs revenaient alimenter son propos à point nommé.

« Mon mentor par exemple, m’a appris à voir au-delà de la vision humaine étriquée. À sa manière, il m’a fait découvrir une autre immortalité, celle de l’art, tout comme l’insouciance de l’éternité et la vacuité des biens matériels. J’ai appris de lui. Je n’ai pas conservé tout, mais cela fait la richesse de l’existence, et je suis certaine que ta propre vision des choses serait intéressante également. »

Elinor referma d’un mouvement soigneux le boitier du CD après y avoir glissé le livret, et afficha un sourire patient envers Heidi. « Un jour peut-être, seras-tu assez à l’aise pour t’ouvrir et apprendre davantage. »

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≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Ven 3 Déc - 20:51 (#)



Last Christmas ( I gave you my blood )

Western Hill, Noël 2021
ft. Eli-chan


E
videmment que la question n’était pas à prendre au premier degré. Et évidemment, son sourire se repait de ton inconfort comme à chaque fois qu’elle t’épingle avec une de ses questions si loin d’être innocentes. Après près d’un an à la côtoyer et à tisser avec elle le lien le plus solide qu’il t’ait été donné de chérir, tu sais les repérer, ces questions. Celles qui, l’air de rien, camouflent systématiquement une future remise en question, jalonnent ta transition de gamine effrontée à adulte… adulte.
Il est difficile de trouver un qualificatif pour définir l’adulte que tu veux devenir. Responsable ? Bien sûr que tu aimerais l’être, mais tu vois vite venir le moment où le constat de ta nouvelle qualité n’arrivera plus à te contenter. Mature ? C’est un mot qui veut tout et rien dire à la fois, bien trop ambigu pour que tu veuilles te ranger sous son sens. Mais alors, quel sens accordes-tu seulement à adulte ?

Une vision d’enfance te revient. Tu vois ta mère et ton père, assis tous les deux en face de toi. Sous la lumière crue des luminaires de la cuisine, tu guettes à travers la fenêtre dans l’obscurité de la nuit un salut qui attendra des années avant d’arriver.  Tu as quatorze ans et tu viens de rentrer de l’école. Qu’as-tu fait cette fois, pour qu’ils t’attendent avec cette mine courroucée ? Heidi, tu t’es encore battue à l’école. C’était donc pour ça. Va dans ta chambre, on t’appellera pour manger. Ce soir-là, pas de cri, pas mots blessants. Ce soir-là, à travers ta porte, tu as entendu ta mère pleurer dans la chambre d’en face. Tu te disais que c’était bien fait pour elle. Tu t’es demandé à quoi bon être adulte si c’était pour pleurer comme une enfant. Quand grandiras-tu enfin, te demandait-on souvent. Jamais, répondais-tu, persuadée qu’une fois adulte, tu allais sceller ton malheur et devoir vivre avec le restant de tes jours comme ta mère ce soir-là.

Epanouie, voilà le genre d’adulte que tu aimerais être.

A ton tour, tu opines doucement de la tête. Tu comprends ce qu’elle essaie de te dire, et tu t’empourpres subtilement, honteuse de ne pas avoir saisi la question dès le début.
A nouveau, elle te parle de son mentor, et une nouvelle réflexion te parvient. Le parallèle se fait évident maintenant : aujourd’hui c’est elle qui est devenue le tien. Tu aimerais, un jour, devenir le mentor de quelqu’un et lui raconter comme elle le fait en ce moment-même quelle genre de femme elle était, un sourire nostalgique ornant le coin de tes lèvres. Tu trouverais une protégée et tu lui raconterais à ton tout ce qu’Elinor t’a appris.

Ton regard trouve à nouveau celui de la vampire alors qu’elle conclut. Peu importe quelle adulte tu aspires à devenir, il te reste du chemin à parcourir.

« Je fais tout pour. »

Une réponse simple, humble, sincère. Ces dernières semaines, les efforts que tu as fait pour t’ouvrir à l’Autre ont été considérables. Concentrés sur deux personnes, ton psychologue et ta nouvelle amie, tu apprends petit à petit à ne plus avoir peur de parler, de rencontrer, de ressentir. Doucement mais sûrement, tu te libères.
Le silence reprend alors ses droits, laissant la musique de Chet vous envelopper d’un linceul doucereux. Pendant une longue minute, tu restes muette, attendant la fin de la chanson pour ouvrir la bouche à nouveau. D’une voix douce, presque concernée, tu interpelles ta marraine.

« Dis, Elinor ? »

Tu marques une légère pause, le temps d’être certaine à la fois d’avoir son attention et de savoir quoi dire exactement.

« Qu’est-ce que tu aimerais qu’on apprenne de toi ? »

Un sourire malicieux éclaire un bref instant ton visage alors que tu détournes sa question. Tu es certaine d’avoir déjà appris d’elle, bien plus que de n’importe qui d’autre, et selon toi pour le mieux, mais tu es curieuse de connaître sa réponse à cette question bien plus intime qu’elle pourrait en avoir l’air de prime abord. Et puis, ta langue se délie encore un peu plus.

« Et… est-ce que je pourrais te demander comment tu as rencontré Jean ? C’était un Lanuit aussi ? Enfin, si c’est pas trop indiscret. »

De nombreuses autres questions abondent dans ton esprit, mais tu dois te retenir. La soirée ne fait que commencer, et rien ne presse ; tu auras tes réponses en temps et en heure.


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Elinor V. Lanuit
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Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

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Mer 15 Déc - 23:15 (#)



Je vois, pensa l’immortelle, mais ces deux mots lourds de sens restèrent enfermés dans le sanctuaire de son esprit, indéchiffrable et solidement clos.

Elle ne dit mot. Mais elle constatait bien des choses. Elinor observait chaque nuit les balbutiements d’une Heidi lancée sur les sentiers complexes et brumeux de la maturité, apprenant et heurtant les écueils inévitables. Elle l’évaluait et, paradoxalement, ne lui attribuait aucune note. Comme il était étrange ce cheminement de pensée, qui avait la structure labyrinthique d’un esprit insaisissable et sans normes. Cette manière de faire, on l’aurait nommé folie par facilité ; on l’avait déjà fait.
Mais Elinor était une logique à elle seule. Singulière, sans doute. Troublante, peut-être. Elle préférait assassiner son Art, en travaillant sur un chef d’œuvre ; Heidi en serait-elle un, la vampire cherchait encore à le savoir. Celle-ci releva les yeux à la question, attentive, tandis qu’elle scrutait le visage si tendrement, et presque comiquement, empourpré de sa protégée.

« Rien, » lâcha-t-elle brusquement, avant de s’éclairer d’un nouveau sourire malicieux, en miroir de celui d’Heidi. « Tu ne dois rien apprendre, et tu dois tout apprendre de moi. »

Que pouvait-on attendre d’une telle femme ? Aussi indéchiffrable, aussi insaisissable à l’excès ? Elle se jouait de tout, avec son petit rictus malicieux qui camouflait son air supérieur. Ne suis-je pas en train de me perdre si je rejette la moindre route, avait-elle eu l’occasion de se demander, et ce soir-là ne faisait pas exception. Elinor s’accouda nonchalamment sur le bord de l’accoudoir, et étouffa un rire discret derrière le revers de sa main. L’atmosphère de cette fin d’année était indiscutablement légère ; la vampire avait envie de l’être à son tour.

« Tu sais combien j’aime détourner tes questions. Pour être sincère, je n’ai pas la moindre envie que tu deviennes une copie de moi. J’aimerai que tu utilises la somme des expériences que je te confierai pour apprendre à devenir toi-même. »

Elle resta muette un court instant, songeuse. Puis son sourire s’effaça derrière un air sérieux, et lorsqu’elle termina sa déclaration, ses mots étaient choisis et articulés avec soin.

« Je voudrais que tu apprennes à être impossible à modeler. Tu as déjà l’âme d’une artiste Heidi, je suis sûre que tu n’auras aucun problème à constamment créer et t’émerveiller. J’essaye seulement de t’aider à te débarrasser des vieilles chaines qui t’empêchent de t’épanouir. »

Mais, Elinor ayant ouvert la boite de Pandore aux questions, bascula ensuite sur la suivante, où le fantôme d’un ancien gentilhomme français planait. Aussitôt, comme les souvenirs de Jean affluaient, son sourire revint avec eux, et son humeur redevint légère, badine. Elle ajusta sa posture svelte dans le confort du divan, le précieux disque sur sa cuisse, comme si elle se préparait à un long récit.

« Eh bien, Jean était un aristocrate français, né durant le Moyen-Âge, même s’il m’a toujours refusé le récit complet de sa vie. Sans doute dissimulait-il quelques lourds secrets, et dis-toi qu’il était un homme très difficile à cerner ; il avait un excellent art de la rhétorique. J’ai d’ailleurs beaucoup appris de lui sur la manière de détourner les questions... »

Elinor souffla un rire. « C’était un artiste touche-à-tout, aux poches toujours trouées, et qui ne faisait pas grand cas des règles. Il m’a observé à mon insu des années durant, car je faisais des recherches sur l’occulte. C’était beaucoup plus laborieux, coûteux et chronophage à l’époque bien sûr, il fallait voyager entre les bibliothèques, traverser des régions voire des pays entiers, etc. »

Un court instant, elle revit ces rayonnages interminables et poussiéreux, où la jeune Elinor de jadis feuilletait de volumineux ouvrages ésotériques. Celle-là même qui dépensait l’argent de son père dans des achats de brocantes douteuses, et d’arrière-boutiques mal éclairées. Elle épluchait alors ses innombrables acquisitions, livres écornés et carnets d’aventuriers, avec son acharnement habituel et son perfectionnisme. La vampire d’aujourd’hui en revint cependant bien vite à la discussion.

« Jean avait ses propres critères d’intérêt. Je n’ai jamais vraiment eu de talent artistique, mais il a su voir cette curiosité en moi, je suppose, et c’est lui qui est venu me parler. De manière totalement spontanée. Il m’a lancé quelques questions sibyllines, dont je n’ai compris le sens que plus tard, et m’a donné sa carte en me proposant de revenir le voir. »

Elle mima un geste évasif d’un revers de main, comme si ce récit était ridicule. « Ça doit te paraitre plutôt étrange et léger comme manière de procéder, mais Jean était… Disons, charismatique. Il avait une excellente perception des gens. Il savait attiser la curiosité de tous, et les mots exacts pour vous attirer à lui. Je l’ai pris pour un vaurien au début, et puis je me suis laissée prendre au jeu. »

Comme se rendant soudainement compte d’un élément nouveau dans l’ambiance feutrée dont les notes de Chet les entouraient, Elinor se redressa et leva l’index vers la cuisine.

« Mais non, ce n’était pas un Lanuit, à ma connaissance il n’est jamais venu en Amérique. Je pourrais te raconter une foule de détails à son propos et même sur mon passé, ça ne me dérange pas du tout, mais… Tu es certaine que ton gâteau n’est pas en train de brûler ? »

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Sam 18 Déc - 0:30 (#)



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E
videmment qu’elle ne répond pas à ta question. A quoi est-ce que tu t’attendais exactement, au juste ? Enfin, elle y répond, d’une certaine manière. Une manière cryptique, mystique, sibylline ; bref, bien à elle. Parfois, tu te demandes si ce genre de paroles ont réellement un sens où si elles ne constituent qu’un subterfuge conçu dans le but de te faire trouver tes propres réponses. Tout, rien, un zeste de néant et un soupçon d’infini.
Elle l’avoue elle-même, elle prend un malin plaisir à détourner la moindre de tes questions, si bien qu’il est parfois, souvent même, difficile de trouver les réponses que tu cherches. En soit, c’est déjà un grand progrès pour toi que de te poser des questions et ne pas simplement te laisser aller à la fatalité sans jamais questionner ton sort. Ces derniers temps, tu as l’impression d’apprendre à littéralement vivre. Que ce soit – ironiquement – par l’enseignement particulier de ta marraine, par les balbutiements maladroits de ta relation avec ton ancienne voisine têtue comme une mule ou bien les séances encore souvent meublées de longs silences avec ton psychologue, cette année tu as commencé à apprendre à récolter les fruits d’une vie aux couleurs recouvrées.

Enfin, une réponse un peu moins drapée de mystère te parvient et éclairent d’une lumière nouvelle ses déclarations précédentes tout en soulevant bien d’autres questions auxquelles toi seule a la réponse. Comment faire pour ne pas chercher à ressembler à son modèle ? Comment te libérer des chaînes de ton passé d’enfant terrible ? Comment rencontrer cette personne que tu dois devenir ? Protéiforme, insaisissable, libre ; peu à peu, tu commences à saisir l’essence de cette immortalité à laquelle tu aspires.
Une mue de l’esprit, une renouvellement sans cesse à l’œuvre ; si le corps ne meurt pas, rien n’empêche la conscience de dépérir. Sisyphe est bien plus enviable que Prométhée, voilà la précieuse leçon que tu as apprise de la vampire.

Muette et confortablement lovée dans l’assise du canapé, tu t’abreuves des mots d’Elinor. A mesure que ses mots s’entrelaçaient dans l’atmosphère avec les notes subtiles de jazz en fond sonore, tu oubliais un peu plus le monde qui vous entourait. Dans cette bulle semblant hors du temps arrive alors enfin le sujet du mentor de ta mentor. Celui à qui tu dois toute cette gymnastique mentale inévitable à chaque interrogation que tu formules, d’après ses propres dires impertinents.
Impossible pour toi de ne pas tracer de lien entre ses propos précédents et la portrait qu’elle dresse de cet homme si particulier. En un sens, il y a là quelque chose de flatteur. Ou c’est peut-être simplement ton imagination qui essaie de t’assimiler à cet idéal d’artiste romantique qu’elle décrit et sur lequel tu as longtemps fantasmé avant d’y renoncer malgré toi au profit d’une vision bien plus terre à terre. Plus Elinor te parle de lui, plus l’envie de le rencontrer grandit chez toi. Le rencontrer pour l’écouter parler, le rencontrer pour mettre à l’épreuve cette vision romantisée que tu as de cet homme, le rencontrer pour essayer de lutter contre ses mots et mettre à l’épreuve cette estime de toi nouvelle acquise.

Cette nouvelle question te brûle les lèvres, mais l’immortelle te fait remarquer qu’autre chose est en train de brûler, et dans un sens bien moins métaphorique. D’un coup, ton visage se crispe, tout comme tes épaules. Ta tête affichant un mélange complexe de panique, de honte et de déception, tu te redresses rapidement et tu quittes le confort du canapé pour te précipiter pour la deuxième fois ce soir devant la vitre de ton four. Cette fois-ci, le déplacement était justifié.

Dans un soupir à moitié étouffé, tu éteints l’appareil avant qu’une odeur de brûlé loin d’être bienvenue ne remplace le fumet délicat de ta pâtisserie de Noël. Un peu dépitée, tu te fends d’un commentaire à moitié sarcastique.

« De toutes façons j’avais pas l’intention de le manger. Il paraît que c’est pas très appétissant, les symboles. »

Tu fermes les yeux une paire de secondes, le temps de souffler et d’effacer de ta mémoire à court terme cet incident pour pouvoir te focaliser sur le positif. Ça, c’est un conseil du psychologue ; à vrai dire, tu trouves assez indécente la quantité d’argent qu’il demande pour simplement te conseiller de respirer, mais il faut avouer que cette technique porte ses fruits. Tu prends encore quelques courts instants pour faire craquer ta nuque et détendre tes épaules, ce qui appelle une nouvelle réflexion.

« D’ailleurs, n’hésite pas à me dire si tu as soif. »

Il y a encore quelques mois, voire quelques semaines, tu aurais été gênée de lui proposer. Aujourd’hui, les choses sont différentes, et cette nouvelle confiance en toi passe aussi par ne pas bégayer lorsque tu proposes ton sang à ta vampire.
Et puis, lentement et certaine que plus rien dans ton appartement ne serait susceptible d’interrompre votre discussion, tu retournes t’assoir sur le divan.

« Je serai ravie d’entendre tous ces détails, Elinor. Mais, tu parles toujours de lui au passé… vous, enfin il… »

Il est évident dans le ton de ta voix que tu cherches comment formuler la question qui te taraude, et que la délicatesse est encore loin d’être ton fort. La question doit d’ailleurs se deviner sans peine, et il te serait facile de ne simplement pas la formuler explicitement, mais tu as envie de faire l’effort de terminer ta phrase. Ça a quelque chose à voir avec un obscur concept nommé respect, une découverte très récente et à la maîtrise encore rudimentaire.  

« Vous n’êtes plus en contact ? »

Quelque part, tu sais que Jean a compté pour Elinor, et il te semble sincèrement que la litote est la position la plus humaine à adopter.


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- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

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- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
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Dim 2 Jan - 23:05 (#)



«Goûte les chocolats plutôt, ils sont noirs aussi mais sûrement meilleurs, » lança la vampire, alors que son visage se fendait d’un sourire rieur, qu’elle ne pouvait plus contenir.

Elle couva alors Heidi d’un regard ravi. Elle observa ainsi la mine déconfite de la jeune femme avec un amusement non dissimulé, comme cette dernière prenait manifestement très à cœur cet échec culinaire. Pourtant, le ton de sa voix ne contenait nul sarcasme blessant, ni davantage l’ombre d’une méchanceté, seulement l’esquisse de cette moue maline qui la caractérisait si bien. Elinor ne se débarrassait jamais entièrement de ce flou nimbant sa personne ; elle conservait toujours cette aura indéchiffrable brouillant les sentiers de ses déductions et de ses intentions.
Toutefois, durant cette soirée, les sourires succédant sur ses traits malicieux étaient bien différents de ses rictus convenus et dissimulateurs habituels. L’immortelle appréciait ces instants. Elle l’avait soufflé à mi-voix plusieurs fois et, une fois n’était pas coutume, toute son attitude esquissait une sincère décontraction. Elinor suivit d’un regard pétillant les atermoiements culinaires d’Heidi, et comme celle-ci décida, avec un effort admirable nota-t-elle, de passer outre l’échec, la vampire prit un réel plaisir à rester ainsi, nonchalante, dans une posture alanguie que Jean lui-même n’aurait pas renié.

« Non merci Heidi, ça ira. Mais c’est gentil de me le demander. Je donne davantage d’importance à ces moments passés à discuter, que l’aspect gastronomique de cette fin d’année. »

Elle devina la suite de la conversation bien à l’avance. Elle était inévitable. Elinor elle-même s’était posée la même question à bien des reprises, et aujourd’hui dans l’appartement chaleureux de sa seconde protégée, elle n’avait toujours pas de réponse définitive. En son cœur froid, la vampire n’aurait su dire quelle conclusion, la terrible, la bienvenue, ou l’amère, elle souhaiterait pour cette histoire vieille d’un siècle ; l’une comme l’autre contenait son lot de joies et de peines.

« En effet, » répondit-elle succinctement, avant de marquer un temps de silence. « C’est une bonne question, je me la suis posée moi-même. »

Des nuits, des décennies durant. Quand le spectre de son Sire errait à la lisière de son âme, et que toutes ses tentatives d’introspection n’avaient laissé qu’une saveur amère, incertaine et lointaine. Elle n’aurait su articuler les sentiments ambivalents qui la tenaillaient face à l’absence de son maitre, bien que la volonté de se confronter à son passé demeurait intact. Elinor prit une longue inspiration. Gestuelle terriblement humaine et inutile, mais qui, à cet instant, témoignait de cette fracture en elle.

« Laisse-moi te raconter le contexte, brièvement. » Elle s’humecta les lèvres, quelque peu songeuse sur la quantité d’informations que la vampire se savait en droit de révéler à une mortelle.

« Jean et moi avions des occupations différentes, des passions même. Nous étions encore en Europe à cette époque ; j’étais moi-même plongée dans la gestion de mes affaires, et lui était trop occupé à dépenser mon argent dans le mécénat. De l’art, la plupart du temps. »

Elinor ricana à ce souvenir. « Cela meublait toutes ses nuits. Je n’ai jamais trouvé d’homme capable de vider les comptes en banque à une telle vitesse, et pourtant, il clamait à qui voulait l’entendre qu’il détestait les nouveaux systèmes financiers. Ironiquement, il se débrouillait très bien avec. »

Dans les mots de l’immortelle, affleurait une forme de tendresse mordante, tel le fantôme d’un être avec qui elle s’était disputée amicalement bien des nuits, à coup de joutes verbales. Elle jeta un regard amusé vers Heidi, comme si la vampire attendait de son interlocutrice qu’elle comprenne une humour vieille d’un bon siècle. Elinor reprit toutefois une expression plus sérieuse, en rattrapant le fil de son récit presque immédiatement.

« Quoiqu’il en soit, cela lui a attiré des ennuis. Il était également très doué en la matière. Comme je te l’ai dit, Jean n’aimait pas les règles, il détestait être freiné par les siens ou par des considérations matérielles. Beaucoup des nôtres ne l’aimaient pas. Pire encore, il fréquentait trop de cercles humains lors de ses quêtes de nouveaux talents, où il se faisait remarquer et s’attirait encore davantage de colère, parfois en haut lieu. »

Elinor haussa brièvement les épaules, comme un soupçon de fatalisme. « Il savait se dérober pour s’en sortir, mais il y a une limite à tout, et je sais qu’il s’était retrouvé au cœur de graves problèmes. Je n’ai pas su exactement lesquels, tout comme je ne sais pas ce qu’il est devenu. Nous nous sommes énormément disputés à ces sujets, ce que je regrette aujourd’hui, et nos chemins se sont séparés. »

L’immortelle se l’était finalement avouée, ce regret. Un aveu malaisé pour une femme qui se voulait perfectionniste en tout point, qui digérait mal l’échec, et le souvenir cuisant de ce français hantant sa mémoire. Jean lui manquait, voilà tout. Elinor regrettait aujourd’hui cette négligence de jeunesse qui l’avait séparé bien trop longtemps d’un des rares êtres qu’elle affectionnait.

« Jean a disparu de ma vie aussi subitement qu’il était arrivé, » conclut-elle sur ton las, où se cachait une pointe de tristesse. « Mais peut-être reviendra-t-il un jour. Tu le verras peut-être, qui sait ? »

Elinor lui adressa un sourire confiant, malgré tout. Nul doute que l’homme était vivant quelque part, en témoignait le lien intense, mystique et tenace, qui subsistait encore en elle aujourd’hui. Celui-ci n’a nullement changé au contraire de sa personne, dont les aspirations avaient évolué en ce début de vingt-et-unième siècle. La vampire aimait désormais certaines choses, que la femme avide du dix-neuvième négligeait alors, et tout cela lui semblait un éclatant symbole, une victoire.
Car, n’était-ce pas ce renouvellement perpétuel qu’elle avait tant désiré ? Cette infini éclosion, cette remise en question d’elle-même ? La réponse était oui, aussi triste et douloureuse soit-elle parfois.

« Il t’aurait adoré, Heidi, je n’ai guère de doutes là-dessus, » termina-t-elle en souriant à cette dernière.

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Mar 18 Jan - 12:07 (#)



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ft. Eli-chan


E
Une moue contrite déforme un instant les traits de ton visage tandis que le constat de ton échec inspire un trait d’humour à ton hôte de la soirée. Ton expression juvénile, d’aucuns diraient immature, te sert de façade malhabile puisque bouillonne en toi l’envie pressant de lui tirer la langue. Mais ça n’est pas ce que les adultes font, bien malheureusement pour tes pulsions toujours bloquées à l’âge bête. Autrefois, tu aurais également englouti jusqu’à la moindre miette carbonisée sortie de ton four par pure fierté et esprit de contradiction, mais dans ce cas précis tu te félicites d’être une adulte responsable en devenir.

 
Etais-ce toi qui lui proposait ton cou pour lui faire plaisir, ou souhaitais-tu intérieurement qu’elle te donne cette morsure dont tu ne saurais aujourd’hui plus te passer. Oh, bien sûr, bien sûr, tu peux tout à fait t’en passer, tu as raison. Quoi qu’il en soit, elle refuse ; certes poliment, mais un refus tout de même. Es-tu dans le déni au point de prétendre que tu t’en fiches, ou auras-tu au moins l’honnêteté d’admettre que tu en avais envie ? Soit, continue de nier tes addictions si ça te chante, elles peuvent bien elles aussi profiter de la trêve hivernale, d’autant plus que la raison que la vampire avance flatte un ego qui lui aussi avait bien besoin d’attention. Finalement, tu souris.
 
Et puis, le fil de votre discussion reprend. L’incipit de la réponse d’Elinor marque un subtil changement dans l’atmosphère de la soirée, comme une note bleue viendrait éclairer tout un morceau d’une nouvelle lumière crue et sans concession ; la note bleue d’un air de blues dont tu ne pourrais pas douter de la sincérité. Muette, tu l’écoutes alors raconter l’histoire que tu lui as réclamée.
Or, ce conte n’avait pas grand-chose à voir avec ceux à partir desquels tu construisais tes rêves d’enfant. Le récit de l’immortelle avait quelque chose d’infiniment moins féérique, et par conséquent de tellement plus touchant, même pour toi et toute la peine que tu as à ressentir cette précieuse empathie douce-amère. Entendre ta marraine exprimer ses regrets est émouvant, et tu tentes d’appréhender cette charge émotionnelle autant que tu le peux. Forcément, tu transposes la situation à la tienne, et la conclusion n’en est que plus dure : cette perte a dû causer bien des douleurs.
Rarement dans ta vie d’avant, si ce n’est jamais, tu n’as eu de lien tel qu’il te serait littéralement douloureux de le voir se rompre. C’est une idée toute nouvelle pour toi, grande habituée de la solitude et de la haine, et c’est une peur que tu n’avais jamais réellement éprouvée avant cela : la perte d’un être cher. Pensée terrifiante, maintenant que tu sais ce que cher signifie.
D’autres interrogations subsidiaires fleurissent également dans ton esprit. Que faut-il faire pour s’attirer autant de problèmes en tant que vampire ? Il est vrai qu’à l’époque rien n’était pareil et les règles devaient bien différentes de celles d’aujourd’hui maintenant que le secret de leur existence n’est plus, mais toutes ces questions tendent également vers une réflexion plus mitigée : le monde des noctambules ainsi que ses dogmes et principes demeure encore et toujours opaque à tes yeux de simple mortelle.
 
Cadence parfaite et conclusion, tierce picarde. Le sourire d’Elinor appelle le tien s’étant évanoui plus tôt au profit d’une expression plus concentrée, concernée. Un peu malgré toi, alors que tu voulais à tout prix avoir l’air touchée par le récit de la vampire, ton visage s’illumine. On aurait dit une phrase faite exprès pour cela, si bien enrobée et délivrée qu’elle ne pourrait être que fausse. Malgré tout, tu décides de ne pas faire confiance à ce sentiment mauvais et résiduel d’une personnalité en pleine déconstruction. Tu acceptes alors ce que tu prends comme un compliment, et un merveilleux cadeau de Noël et affiches un sourire sincère que tu as encore le réflexe de vouloir cacher derrière une épaule.
 
« Merci, ça me touche, vraiment. J’espère avoir l’occasion de le rencontrer un jour, alors. »
 
Ta voix est douce. Le calme qui t’entoure est presque surnaturel lorsque l’on sait de quoi tu as l’air au quotidien, mais c’est un réel soulagement pour toi de pouvoir enfin exprimer cette facette de ta personnalité avec une personne en qui tu as pleinement confiance.
Quelques instants de silence suivent, le temps de te remettre humblement de cette flatterie et de regagner un peu plus de contenance. Tu observes de plus en plus ce trait chez toi, de devoir prendre ton temps lorsque tu veux être sincère. Il y a une sorte d’angoisse chez toi qui voudrait que chaque mot soit absolument parfait lorsque ceux-ci veulent exprimer ce que tu as sur le cœur, et tu ne sais pas encore si c’est une qualité ou un défaut.
 
« Et je suis vraiment désolée que les choses se soient finies comme ça entre vous. J’espère aussi qu’un jour ça s’arrangera. »
 
Et à ces mots, le silence s’installe à nouveau, le temps pour Chet de terminer en toute sérénité sa chanson que tu connais sur le bout des doigts. A ton tour, tu prends une grande inspiration.
 
« Je suis vraiment heureuse que tu sois venue, tu sais. »
 
Ce ne sont pas exactement les mots que tu voulais prononcer, mais ceux tout au fond de ton âme font encore trop peur pour oser les dévoiler à la lueur fantasmée d’un feu de cheminée dans ton salon. Accompagnant cet aveu, un bâillement t’échappe peu de temps après, et tu le caches du mieux possible avec ton coude. La journée a été éreintante, et il y a longtemps que tu n’as pas fait la grasse matinée. 

CODAGE PAR JFB / Contry.
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together

Pseudo : Carm'
Célébrité : Janet Montgomery
Double compte : Alexandra Zimmer, Selma Weiss
Messages : 637
Date d'inscription : 30/08/2019
Crédits : The Great Malarkey, The Handsome Family, Fleetwood Mac, Taboo, Hell on Wheels, There will be blood, Fargo (inspiration).
Mar 25 Jan - 23:16 (#)



Un fin sourire naquit sur ses lèvres suivi d’un hochement de tête subtil. « Peut-être. Nous avons l’éternité pour rattraper le temps perdu après tout, » ajouta pensivement Elinor.

L’immortelle scruta brièvement l’expression d’Heidi à ses côtés, le calme de sa posture et de sa voix ; des attitudes inhabituelles chez cette dernière. Autour d’elles, les notes de Chet Baker mourraient lentement en chapelets doucereux, qui les enveloppaient toutes deux dans une atmosphère chaude et douillette. Elinor avait envie de s’attarder ici désormais. La soirée avait été tissée d’ivresse et, au-delà des fenêtres, cette nuit de Décembre s’annonçait paisible, insouciante et hors du temps.

Je n’ai rien à faire, réalisa-t-elle avec une certaine candeur comme ce silence venait s’inviter, non une absence embarrassante de conversation, mais un bien-être qui ne nécessitait nul mot.

Alors, au terme de cet interminable conte sur les nuits londoniennes d’un autre siècle, Elinor se leva finalement, délaissant les coussins douillets du divan. Sa chevelure opulente cascada en désordre sur ses épaules, mais elle ne fit d’abord aucun geste pour l’ordonner. Elle lissa seulement sa robe de soirée d’un revers de main, et se dirigea finalement vers la chaine hifi ; elle y récupéra le précieux CD -son cadeau de Noël- et le rangea soigneusement dans sa boite ternie par les usages répétés.

« Je suis toute aussi heureuse d’être ici avec toi, moi aussi, » compléta-t-elle en se tournant vers Heidi. « C’est beaucoup mieux que les galas de fin d’année interminables et ennuyeux, crois-moi. »

Un éternel sourire malicieux revint habiter ses traits. Dès lors, comme aimantés par son propre récit, les souvenirs d’anciens bals de jadis se rappelèrent à elle, autant de réunions politiques entre clans. Des danses aux couleurs d’anciennes époques, des drapés tombés en poussières, et les mains des siens serrant les siennes ; ces fresques effritées par sa propre indifférence, où seul subsistait alors l’humour de son maitre qui lui avait permis de supporter tant de fades mondanités.

« Tu as de la chance d’ailleurs, à mon époque il était impensable pour une dame de la bonne société de ne pas savoir danser. L’année prochaine, je t’apprendrai des choses autrement plus intéressantes que ces banalités de salon. »

Un sourire sibyllin, encore et toujours, décora son affirmation toute aussi obscure. Elinor revint alors s’installer aux côtés d’Heidi, son cadeau serré entre ses mains, alanguie dans le creux du divan avec une grâce indicible. Elle l’observa ainsi de son air indéchiffrable, qui cachait vraisemblablement quelques idées pour le futur de son Calice. D’un ton las, nonchalant, elle reprit la conversation, tandis que son regard se faisait progressivement songeur, en errant au hasard dans cette modeste pièce, où couvait cette complicité nouvelle avec une mortelle.

« Tu as l’air fatiguée, Heidi, tu devrais prendre du repos. Tu as accompli beaucoup de choses cette année, et cela n’est pas passé inaperçu. Prends du temps pour toi durant quelques semaines. »

Les mains d’Elinor caressèrent un instant la surface du CD, comme un trésor nouveau et précieux qui méritait d’être étudié. Puis, elle redressa la tête, et planta intensément ses yeux dans ceux d’Heidi.

« L’année prochaine, je t’apprendrai à vivre la nuit, » conclut-elle doucement, sans chercher le moins du monde à éclaircir son propos.

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