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[OUVERT] Nisroch's Night Out | Halloween Party

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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
Alexandra Zimmer
NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand


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Sam 30 Oct - 18:47 (#)

Nisroch's Night Out
Le cliché naquit telle une imitation laide et torturée ; un négatif fait de vice, mais encore vivant.

Même les divinités infernales sont sujets à des accès de colère. Même eux, dans leur infinie noirceur, connaissent l’acide de la rancœur. Nisroch la ressentait. Cette aigreur lui tiraillant la gorge depuis le coup d’éclat de Scox, le premier Prince à bouleverser le Grand Jeu, à briser toutes les règles connues en pénétrant sur le plan terrestre dans toute sa Puissance. Il les avait tous dépassé. Il les avait dupés.

Pourtant, n’étaient-ils pas dans le même camp ? Le Prince de la Gourmandise et des Drogues n’était-il pas le partenaire du Maitre des Arcanes, dans la corruption de l’humanité ?

Non. Nisroch connaissait les réponses à ses questions, et la vérité ne le satisfaisait pas, au contraire, elle était une étincelle de fiel alimentant le brasier d’une colère sur le point d’éclater. Il était jaloux. Lui, l’éternel baron de la drogue, était envieux de cet exploit, de la stupéfiante audace de Scox et de l’influence décisive que cet affront lui donnait sur le Grand Jeu. Il était forcé d’agir.

Alors, Nisroch rumina une idée. Celle-ci était en forme de germe maladif, tavelé de noir et de brun, un frêle bourgeon de vice qui éclaterait en une corole de fleurs du Mal. Lui aussi était capable de faire les choses en grand. Lui aussi, ce Prince discret par excellence, allait faire étalage de sa malice.

Le Prince quitta alors son trône. Il s’enfonça dans les profondeurs de son domaine infernal, un sourire horrifique déformant ses traits ; un rictus hideux, promesse d’une catastrophe à venir. Il distribua çà et là, à ses serviteurs les plus zélés des instructions, traversant les niveaux des Enfers pour se rendre dans le domaine de Scox. Les chambres désertées du Maitre des Arcanes s’emplirent des murmures d’angoisses de ses serviteurs face à l’arrivée de Nisroch, et l’on se demanda : Que voulait-il ? Qui allait protéger le domaine des Arcanes en l’absence de leur Prince ?

Alors, le Prince des drogues envahit de son miasme les lieux secrets de son confrère, et dans ses laboratoires infernaux, il se mit au travail. Usant de son Art, galvanisé par le ressentiment, il s’évertua à mélanger ses substances toxiques aux rituels noirs appris de Scox pour créer un chef d’œuvre. Une pincée de sang drogué, un soupçon de malédiction. Quand Nisroch ressorti de ce laboratoire, il tenait dans ses mains une fiole, et la recette d’un condensé de maléfice ; son cadeau à l’humanité.

Injecté dans la nourriture, la substance contenait une malédiction semblable aux Garous, infestant sa victime d’une faim insatiable pour la chair humaine. Nombreuses étaient les légendes amérindiennes évoquant les Wendigos, et Nisroch les connaissait toutes. Il y avait contribué. À chaque humain accro et maudit, à chaque mortel dévoré, l’influence du Prince allait croitre. Il ne restait qu’à la répandre.

Et Georges Oliver Donnelly était l’outil idéal. Fils unique d’un père boucher et d’une mère éleveuse de bœufs, Georges cachait derrière son physique banal et ennuyeux, un redoutable instinct pour les affaires. Âgé d’une vingtaine d’années seulement, il reprit en main la charcuterie familiale et se lança dans le commerce de viande de qualité à grande échelle ; des steak élevés par des américains, pour de vrais américains selon son slogan accrocheur. La marque "O’Donnel" était née.

Ce fut un succès retentissant. À trente-huit ans, Georges O. Donnelly était surnommé l’Empereur du Burger, et ses magasins, tout comme ses abattoirs s’étaient diffusés partout en Louisiane, avec pour but de s’étendre aux États voisins. Ils alimentaient de nombreux centres commerciaux, comme les restaurants, y compris à Shreveport. Tout allait bien pour Georges. Jusqu’à cette nuit d’Halloween.

Le 30 Octobre à minuit, le magnat du steak s’éveilla brutalement dans son lit, et fut pris d’un accès de vertige. De violentes crampes s’éveillèrent dans ses muscles. Une quinte de toux le plia en deux, comme des hallucinations commencèrent à danser devant ses yeux ; il vit des horreurs déformées hanter sa chambre, un mélange de cerf humanoïde et de loups-garous bavant des litres de sang, et son réveil grésillait en affichant six heures soixante-six. Puis, soudainement, une migraine écrasante vrilla son esprit, à la manière d’une poigne lui broyant le cerveau, qui le fit s’évanouir.

Quand il se réveilla, Georges Oliver Donnelly n’était plus. Ou plus exactement, son âme humaine se terrait à présent dans les profondeurs de sa psyché, meurtrie et souillée par la présence de Nisroch. Le Prince sourit dans sa nouvelle enveloppe. L’ancien regard pétillant de Georges avait désormais la noirceur de l’abime, et assez de puissance pour écraser n’importe quel humain comme un insecte.

Aussitôt, le démon se mit au travail. Toute la journée du lendemain, il concocta sa nouvelle drogue avec minutie, et s’occupa personnellement de visiter chaque abattoir O’Donnel, chaque chaine d’emballage pour injecter sa substance sous l’identité de son hôte, l’infortuné Georges O. Donnelly. Au crépuscule, le moindre produit O’Donnel contenait assez de toxines pour transformer un humain en un Wendigo de légende, une version difforme d’un Garou cannibale dopé à l’essence maléfique. Nisroch lui-même n’était pas entièrement certain de l’apparence finale de ses nouveaux rejetons ou de leur degré de puissance ; la surprise l’aurait presque fait trépigner d’impatience.

Pour l’aider, le Prince des Drogues avait une alliée de charme. Jamais en retard pour se joindre aux magouilles de son comparse, Ishtar ordonna à ses fidèles d’ouvrir exceptionnellement les portes de son antre aux mortels. Pour cet Halloween, le Titty Twister organisa une grande soirée déguisée ouvertes à tous, y compris aux simples humains, avec un énorme buffet à volonté dont on fit une efficace publicité toute la journée. Si le bar apparut littéralement de nulle part, nulle doute qu’il devint rapidement la curiosité à la mode, remarquablement bien colportée par les sbires d’Ishtar.

La scène était en place. On n’attendait que les acteurs. Halloween approchait.

Alors que les rues commençaient à résonner de quelques hurlements d’horreurs, que les premières victimes de Nisroch avalaient la viande maudite et s’entredévoraient, le Prince décida d’aller admirer son œuvre. Il avait bien mérité de se faire plaisir, après tous ses efforts.

Et quand il s’en alla déambuler dans Shreveport, le démon dans la peau de Georges Oliver Donnelly tenait un vieil appareil photographique, un fin sourire sur son visage. Çà et là, il prenait un cliché d’un humain nouvellement maudit, en pleine transformation monstrueuse, d’un Wendigo dévorant sa victime, ou d’un cadavre à l’agonie. À chaque clic, il ricanait odieusement. À chaque photo, l’appareil infesté d’essence démoniaque subtilisait un fragment corrompu d’âme et l’ajoutait à la collection du Prince. Tandis que son armée grandissait, sa Puissance aussi, car chaque nouvel être cannibale lui devait désormais une obéissance de junkie, chaque âme souillée rejoignait son domaine infernal.

Nisroch déambule ainsi, tel un banal touriste, et autour de lui, le Chaos s’installe lentement. Et si l’influence du Prince n’a pas encore atteint le Titty Twister, son œuvre se répand dehors comme un poison, sous la forme de Wendigos cannibales. Vous ignorez encore l’étendue de la catastrophe à venir, vous qui avez choisi de passer votre soirée dans cet endroit de débauche, déjà sous l’œil attentif d’un autre Prince…

Entre deux Princes, votre cœur balance. Profitez-bien du buffet offert au Titty Twister ; bon appétit !
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Your soul is mine
Anna Janowski
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En un mot : Perfection démoniaque
Qui es-tu ? : - Avocate vedette anti-CESS
- Ambition dévorante
- Démone qui se découvre
- Tortionnaire de la misérable petite Heidi

Facultés : Engeance d'Ishtar
Don de magnétisme conférant un charisme hors du commun
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Dim 31 Oct - 10:25 (#)

Une élégante tunique drapée, d’un blanc immaculé, tombant jusqu’à mi-cuisse avec classe et élégance. Des sandales dorées à talons hauts, emprisonnant mes chevilles dans un jeu complexe et sophistiqué de lanières pailletées d’or s’entrecroisant. De lourds bijoux dorés viennent parer ma gorge et mes poignets. Une tenue élégante et bien trop courte, réunissant la classe de ma personne et cette curieuse tradition de porter des déguisement ressemblant quelque peu à des tenues de stripteaseuse. Chaque détail est pensé avec soin. Mes cheveux sont coiffés en une couronne de tresse dégageant mon visage maquillé de profondes teintes dorées appliquées sur mes lèvres, mes pommettes et mes paupières. Et enfin cet élégant accessoire à cheveux représentant des délicates fleurs de laurier vient s’emmêler dans mes mèches comme une couronne végétale d’or. Une déesse. Inspirée de représentations de la Grèce antique et actualisée au gout du jour pour me faire briller et dévoiler plus de peau que nécessaire. Ce n’est pas si mal comme costume pour une stupide soirée déguisée. Quelle drôle d’idée que de vouloir aller à une telle soirée, mais mon potentiel futur client a insisté et on ne dit pas non aux excentricités de quelqu’un d’aussi riche.
Je quitte mon appartement pour rejoindre le taxi qui me conduit jusqu’au lieu de la soirée. Le trajet n’est pas si long et nous finissons par arriver non loin de ce curieux bar. Je descends de la voiture après avoir payé et fais quelques pas décidés vers cet antre des plus atypiques. La tête haute et une expression digne de la magnificence de mon costume, je n’ai le temps que de faire quelques pas qu’un bus passe à vive allure près de moi, roulant sauvagement dans une grosse flaque d’eau boueuse s’étant formée dans la journée. Un tsunami d’eau stagnante immonde. Une vague d’eau croupi me recouvre tandis que je lâche un cri d’horreur. Mes cheveux, mon visage, toute ma tenue s’imbibent d’eau grasse et marronasse. Je fais un bond en arrière de dégout, tandis qu’un schlong sonore retentit. Mon pied gauche s’affaisse et mon joli talon doré s’enfuit à quelques mètres. Pendant une seconde qui semble durée des heures, je suis tétanisé de rage et de frustration. Ma chaussure est détruite. Mon costume est fichu. Mon maquillage et ma coiffure sont des ruines. Mais cette soirée est le premier contact d’une importante relation d’affaire que je ne peux rater. Je reprends mes esprits et lance un rapide coup d’œil affolé aux alentours. Mon regard est attiré par un néon criard qui indique un magasin « Tout pour la fête ». Mon dernier espoir. Je ramasse mon talon et me rends en claudiquant dans la boutique. Les rayons ont été dévalisés. Rapidement je demande à l’employé un costume et il est tout juste capable de me présenter un produit.

« C’est vraiment tout ce qui vous reste ?!
- Halloween c’est ce soir, tout le reste a déjà été pris.
- Mais ce n’est même pas un vrai déguisement !
- C’est tout ce que j’ai en stock. Et puis on a les chaussons qui vont avec.
- Oui, je vais aussi avoir besoin des… chaussons. »

Il attrape une grosse paire de chaussons en forme de pattes violettes avec des griffes oranges et la dépose sur le comptoir à côté du costume. Un gémissement entre la contrariété et le désespoir m’échappe tandis que je tends du liquide au vendeur et que je commence à déchirer avec hargne le plastique entourant le déguisement. Je déplie le tissu pour contempler mon achat qui est bien loin de l’élégance de mon précédent costume. J’enlève mes jolies sandales détériorées et commence à revêtir cette horreur. J’enfourne un pied après l’autre dans la combinaison, puis enfile le haut par-dessus ma tunique souillée en fermant les boutons pressions pour masquer cette dernière.

« Il faut mettre la capuche.
- Quoi ?
- La capuche. Il faut la mettre. Pour être un dragon. » J’attrape le bout de tissu qui pendouille dans mon dos et l’enfile sur ma tête en rouspétant. De toute façon ma coiffure a été ruinée, au moins ainsi on ne la verra pas. En quittant la boutique je croise mon reflet dans le miroir. En l’espace de quelques minutes je suis passée d’une déesse dorée parfaite à un dragon violet et jaune tout mou. Mes élégants vêtements ont été remplacés par un genre de combinaison de pyjama beaucoup trop large en forme de dragon avec des ailes et une queue dans le dos et une capuche simulant la tête de l’animal, mes chaussures sont brisées et ont laissé place à d’énormes chaussons griffus assortis et mon maquillage a coulé, laissant des coulures d’or et de paillettes sur mon visage. « Et joyeux Halloween ! »

Je finis par rejoindre le lieu de la fête avec mon costume jurant parfaitement avec le petit sac doré élégant et les sandales que je tiens à la main. La fête a déjà commencé et l’alcool semble couler librement. Je me mêle à la foule des fêtards déguisés, appercevant des déguisements qui se veulent effrayants, d'autres qui ne sont qu’une excuse pour se promener à moitié nu et certains qui sont purement ridicules. Rapidement j’arrive à localiser mon rendez-vous du soir, élégamment déguisé en chapelier fou d’Alice au pays des merveilles. Il finit par me voir à son tour et un air surpris s’inscrit sur ses traits.

« Maitre Janowski, je ne pensais pas que vous aimiez ce genre de déguisement.
- C’est une longue histoire Monsieur Dulac, mais pour l’instant j’ai surtout besoin d’un verre. »

J’arrive à masquer mon exaspération sous un rire cristallin et un joli sourire tandis que mon potentiel futur client alpague galamment une des serveuses déambulant avec un plateau chargé de verres remplis d’un liquide ambré et pétillant. Il se saisit d'une des flûte pour me l'offrir poliment. Enfin un signe que la soirée s’améliore. Malgré la musique plutôt forte, nous parvenons à échanger quelques mots avant qu’il ne me propose d’aller chercher de quoi manger au buffet pour rendre la conversation encore plus plaisante. Mon convive s’éloigne et je me retourne pour observer le fameux buffet. Mon épaule heurte quelque chose et je mets involontairement un coup d’aile à une personne un peu trop près, faisant vaciller mon verre et son contenu.

« Vous pourriez faire attention tout de même ! » L’agacement accumulé se relâche enfin. « J’ai failli renverser mon verre. Regardez un peu devant vous. » Je me retourne enfin vers l'inconnu, agacée. « Heureusement je n'ai rien renversé. »

De nos jours les gens se croient vraiment tout permis.
C’est insupportable.
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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­[OUVERT] Nisroch's Night Out | Halloween Party WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Dim 31 Oct - 15:57 (#)
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Nisroch's Night Out
Le Titty Twister, Halloween special
ft. Nisroch & Co.


L
a nouvelle de l’ouverture du Titty Twister s’est répandue en ville comme une traînée de poudre, et nécessairement jusqu’à tes oreilles chastes et pures. Si la plupart des humains et assimilés qui s’y rendront cette nuit n’en ont jamais entendu parler avant aujourd’hui et n’en entendront sans doute plus jamais parler par la suite, ce nom fait remonter chez toi des souvenirs tantôt émouvants, tantôt… Enfin, suffisants pour te donner l’envie d’y retourner pour prendre des nouvelles de celle qui a t’a gracieusement fait visiter les lieux lors de ta première venue. Après tout, elle t’a promis de t’attendre, alors cette soirée est l’occasion rêvée de la retrouver et de célébrer la complémentarité de vos intérêts.

Fallait-il encore pour cela te préparer et faire passer cette longue journée jusqu’à ce que le soleil se couche pour laisser la place à une nuit infernale peuplée de monstres en tous genres. L’idée de ton costume t’est venue en t’infligeant l’écoute d’une comédie musicale dans le cadre de recherches à caractère purement artistique. Tu as songé un moment à te déguiser en vampire comme tu le faisais enfant, mais au vu de ta vie actuelle, ce choix aurait témoigné d’un mauvais goût certain.
L’heure est donc au shopping : absolument rien dans ta garde-robe ne fait l’affaire ce que tu as en tête. Il faut dire que cela fait bien quinze ans que tu n’as pas songé à porter un vêtement de couleur. Alors, tu enfiles ton plus beau col roulé, la plus belle paire de bottines, et te voilà prête à aller écumer les boutiques de prêt-à-porter pour trouver ton bonheur.

Après quelques visites infructueuses, tu commences à te décourager. Le vêtement que tu cherches est passé de mode depuis bien des années, et tu ne sais pas ce qui t’a poussé à croire que tu aurais pu le trouver ailleurs que dans une boutique de déguisement. C’est avec résignation que tu prends la direction de la sortie du quatrième magasin que tu as visité aujourd’hui. Cependant, sur le chemin, un morceau d’étoffe agresse tes yeux et les captive par l’affront au bon goût qu’il constitue. En le voyant, tu te dis deux chose : tout d’abord qu’elle est parfaite, et ensuite que tu devras la brûler demain à la première heure. Heureuse, tu te diriges vers la caisse pour finaliser ton achat auquel s’est rajouté quelques autres articles, et notamment une paire de chaussures qui mériteraient sans aucun doute le même sort que le reste du costume.
La dernière étape de ton itinéraire est une grande surface, dans laquelle tu pourras trouver un rayon dédié au soin des cheveux, dans lequel tu pourras ensuite trouver de quoi teindre tes cheveux de manière éphémère. Devant toi dans le file d’attente pour la caisse, une poignée de jeunes portant à bout de bras bien plus de sucreries qu’ils ne pourront en manger ce soir, quelques trentenaires blasés s’offrant un masque de piètre qualité à la dernière minute pour prétendre être déguisés à une soirée à laquelle ils n’ont pas envie d’aller, et une brochette d’hommes d’âge mur profitant d’une promotion exceptionnelle sur les steaks O’Donnel qu’ils pourront faire griller sur leur immense barbecue flambant neuf acheté sur un coup de tête lors d’un moment de doute en pleine crise de la cinquantaine.

Une fois rentrée chez toi, il ne te manque donc plus qu’à assembler toutes les pièces du puzzle pour te métamorphoser. Une teinture et quelques soupirs d’exaspération devant ta glace plus tard, te voilà dehors, prête à suivre ta route de briques jaunes pour te rendre au Titty Twister. La route est passablement longue, ponctuée un peu trop souvent à ton goût de la même blague sur le Kansas, mais tu réprimes les élans d’humour de chaque plaisantins avec un regard noir et assassin dont tu as le secret, et il faut le dire, contrastant beaucoup avec ta tenue.
Les cheveux tout nouvellement roux attachés en deux tresses tombant sur tes épaules et décorées chacune d’un ruban bleuté, une longue paire de chaussettes blanches galbant parfaitement tes mollets et une paire de talons rouges brillants aux pieds, et une robe au motif vichy bleu par-dessus un chemisier à manches ballon, c’est dans cet accoutrement définissant presque l’innocence que tu pénètres à l’intérieur de l’antre du vice et de la débauche en quête d’une paire de cornes familières qui saura, tu l’espères, t’en faire voir de toutes les couleurs cette nuit aussi.
Alors que tu déambules en Dorothy entre les badauds et les ivrognes à la recherche de cette tignasse blonde reconnaissable entre mille, une scène t’interpelle : une grognasse en pyjama dragon est en train d’embrouiller un autre client du bar. Normalement, tu n’aurais jamais relevé ce genre de non-événements, mais la voix de la dragonne te semble terriblement familière elle aussi. C’est seulement lorsque tu réalises de qui il s’agit que ta bouche se met en cœur. Presque immédiatement, tu sors ton téléphone de l’indicible endroit où il était rangé et t’empresses d’immortaliser l’image d’Anna dans son plus risible appareil, un immense sourire aux lèvres.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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Dim 31 Oct - 22:35 (#)



La journée avait mal commencé.

J’ai ouvert les yeux à dix heures du matin. La lumière solaire bavait à travers les rideaux filasse au-dessus de mon lit, et se reflétait sur les battants clairs de ma penderie, en lui donnant des allures de vitrail sanguinolent. Mes vêtements s’accrochaient en vrac sur le bord de ma commode, une chemise usée et un jean en meilleur état ressemblant à un animal crevé, cramponné sur le bord d’une corniche. Une sonnerie lancinante dominait ce tableau. Un début de mauvaise humeur a pointé le bout de son nez. Je me suis redressée au milieu des draps froissés, une saveur amère saturant déjà mon palais de bon matin, et je me suis forcée à rallumer ma cervelle encore assoupie.

Une sonnerie. Le téléphone. Fait chier.

Comme une limace à moitié nue, mais en version sexy m’voyez, j’ai fait l’effort de ramper hors du lit afin de chercher le smartphone abandonné par terre, au milieu de mes feuilles volantes. Je me suis penchée pour le ramasser et ce mouvement m’a renversé la cervelle. Je l’ai senti rebondir contre les parois, à la manière d’un cornichon dans un bocal, et lorsque j’ai décroché, ma voix contenait des fluctuations irritées, qui collaient plutôt bien à l’afflux de sang brouillant ma vision périphérique.

J’ai eu la nausée, brièvement. « Allô ? » ai-je maugrée en revenant à une station verticale, non sans chasser l’étiquette de ma culotte qui me chatouillait la chute de reins.

« Zimmer ?! Ah quand même, ce n’est pas facile de t’avoir, ton portable merde ou quoi ? Bref, dis-moi que t’es libre ce soir, j’ai un super job pour toi. »

C’était José, du journal de Shreveport. J’ai mis trois longues secondes à me rappeler son identité, la mienne aussi, et je me suis massée le front, de plus en plus agacée. M’appelle pas à dix heures alors, y’a des gens qui dorment. J’ai ravalé l’acidité dans ma voix pour désamorcer le conflit à venir.

« Daniel Craig a décommandé notre diner au dernier moment, alors ouais j’suis libre, c’est pour quoi ? »

Il a ricané. Moi, non. En dix minutes, le rédacteur en chef m’a décrit avec un enthousiasme qui m’a paru déplacé, comment toute la ville bruissait de l’ouverture récente et bizarrement spontanée d’un nouveau bar au cœur des quartiers branchés. Le Titty Twister. Putain, avec un nom pareil ça promet.

« Et pourquoi moi au juste ? Tu sais que Daniel et moi c’est du sérieux, si jamais il me rappelle… » ai-je marmonné en cherchant mon paquet de clopes sur le chevet.

« Alex, sérieux, arrête de déconner. J’ai personne de dispo pour faire un bon article. Tout le monde a réservé sa soirée d’Halloween trois mois à l’avance, tu sais très bien pourquoi depuis 2019. Faut tout le monde sur le terrain au cas où. Même Joey est parti chez les péquenauds de Mooringsport. »

M’en tape de leur vie moi, ai-je ronchonné en offrant des rictus exaspérés au vide. J’ai consulté ma montre, évalué mes chances de me rendre à temps à cette soirée déguisée, et ma motivation à me taper l’écriture d’un article longuet sur un sujet ennuyeux. Le résultat n’était pas fameux.

« Bon, OK. Mais j’le ferai pas au prix d’un papier habituel. Ça me couvrira pas le prix de l’essence ni du déguisement. Que j’vais devoir m’faire chier à trouver vu l’heure, et j’me pointerai pas en carotte ou en Spiderman. »

« T’es sérieuse là ? Avec les frais qu’on a en ce moment, tu les connais hein, et tu me demandes ça à un moment pareil… »

Bla. Bla. Bla. Je l’ai laissé se lamenter en m’allumant une cigarette et, en face de moi, un miroir m’a renvoyé les traits indifférents d’une Alexandra ébouriffée, mal réveillée, et plus humaine qu’elle ne l’était vraiment. La clarté extérieure a commencé à filtrer sur mes jambes nues et mes bras encore humains qui s’étiraient laborieusement dans l’atmosphère lourde suivant une nuit houleuse.

« D’accord, je marche pour ce prix. » ai-je finalement accepté au bout d’un moment, et à l’autre bout du téléphone, José a poussé un soupir de défaite.

Je l’avais extorqué. Abus de faiblesse et zéro scrupules. Contrairement à ma conception romantique de l’univers, même les rejetons des Enfers avaient besoin de payer leur loyer, ainsi que la ribambelle d’impayés qui submergeaient actuellement la table basse du salon. Merci Papa. J’ai ruminé l’ironie de la situation durant un bon moment puis, abandonnant l’idée d’attraper un petit déjeuner correct, je me suis résignée à me lever, à balancer ma clope dans l’évier, et me suis jetée dans la douche.

Trente minutes plus tard, ma moto démarrait, m’emmenant moi et ma mauvaise humeur tenace vers les centres commerciaux de la ville. Trouver un déguisement d’Halloween un 31 Octobre, même à onze heures du matin, n’allait clairement pas illuminer mon humeur, mais je suis finalement parvenue à un compromis satisfaisant. Après une pause déjeuner bien méritée dans un fast-food quelconque, je me suis arrêtée dans un magasin "Tout pour la fête" qui, coïncidence intéressante, se trouvait justement dans la ruelle adjacente du fameux Titty Twister.
Comme le vendeur m’exhibait un abominable dragon en peluche jaune et mauve, et un déguisement rafistolé de Michael Myers auquel il manquait le couteau, j’ai nonchalamment scruté les environs du bar. Ici et là, des individus désœuvrés erraient déjà aux abords de l’établissement, des silhouettes dégingandées qui se rassemblaient en groupes épars, et souvent bruyants. Presque énervés. Juste à côté de ces attroupements, un volumineux camion de livraison O’Donnel déchargeait des caisses de viande réfrigérées à l’intérieur de l’établissement, probablement en prévision de cette nuit.

« Alors, vous prenez lequel ? »

Je me suis retournée vers le vendeur. « Le Michael Myers. »

« Pas envie d’être ridicule, hein ? » Il a gloussé en récupérant la housse du déguisement, et l’a emmené à la caisse pour débiter ma carte d’une somme que je n’avais pas encore.

« Non, et surtout j’veux pas être embarquée dans une soirée furry. »

Cinq minutes de vannes beaucoup moins amusantes que les miennes, le vendeur m’a enfin lâché la jambe, et je suis sortie dans l’air pollué de Shreveport, le déguisement sous le bras et une envie de clope dans un coin de ma tête. Le reste de l’après-midi a défilé lentement, entre l’attente ennuyeuse et le besoin de me défouler ; j’étais rentrée à l’appartement pour me débarrasser du goût chimique de mon hamburger de midi, et rédiger quelques idées passe-partout pour l’article à venir.
J’ai achevé le restant de ma journée avec une sieste et, à vingt-heures dix, j’avais pénétré derrière les battants dorés du Titty Twister. La foule était dense. Je me suis retrouvée, non sans dégoût, à jouer des coudes au travers d’un corridor molletonné et d’un hall d’accueil à la décoration douteuse, pour débouler dans une immense salle surpeuplée et surchauffée. Au beau milieu du troupeau de clients à l’air bovin se trémoussant sur une musique rock, les livreurs O’Donnel avaient installé leur buffet à volonté, qui exhalait une violente odeur de grillade et de graisse à vous faire exploser le cholestérol.
Bizarre comme endroit, me suis-je dit, tandis qu’un étrange vertige m’a traversé. L’ivresse de la foule, sans doute, ou bien était-ce les vastes dimensions de l’endroit, lesquelles m’ont semblé différentes de l’aspect extérieur du bâtiment. Je ne me suis pas attardée sur les détails. Bien vite, j’ai fendu la foule, tenant mon masque bon marché de Michael Myers sur ma tronche, et serrant le vrai couteau de cuisine que j’avais rajouté à ma ceinture faute de mieux. Je me suis effondrée sur un tabouret du bar, déjà rendue nauséeuse par la densité compacte de la cohue transpirante et hurlante.

« José, j’vais te faire doubler ma prime, connard, » ai-je marmonné en m’accoudant au comptoir, retirant mon masque et extirpant mon smartphone pour y prendre des notes.

La musique s’est intensifiée. Je me suis tournée vers la salle bondée à la recherche de l’inspiration, où des serveurs en tenues osées slalomaient entre des grappes de clients, qui se disputaient déjà les meilleurs places autour du buffet. J’ai repéré au milieu du troupeau le même costume de dragon en peluche aperçu dans le magasin auparavant, et un rictus moqueur a brièvement tordu mes lèvres. L’infortunée demoiselle était apparemment en prise avec un autre individu, et l’énervement de celle-ci était visible dans les mouvements erratiques de ses ailes et sa queue en peluche qui fendaient l’air de manière aléatoire, en frôlant d’autres clients mécontents. L’effet était plutôt comique.

« Vous avez jeté votre dévolu sur quelqu’un ? Vous avez l’air bien seule sur votre tabouret, sans même un verre, mademoiselle. »

Ah putain, pas les blagues sur les costumes. Je me suis retournée vers la voix féminine qui venait de m’interpeller bêtement, avec l’envie manifeste de l’envoyer poliment se faire voir, mais la réplique cinglante s’est étranglée dans ma gorge. À moins de deux mètres de moi, se tenait une serveuse, dont le costume de succube, avec la queue en pointe s’il vous plait, cachait mal une des silhouettes les plus plantureuses que j’avais jamais vu. Au milieu de sa folle crinière blonde, émergeait une paire de cornes torsadées, qui allaient sans doute avec le costume, et son sourire était ravageur.

J’ai essayé d’afficher un air blasé en fixant son sein droit. Pour lire l’étiquette fixée dessus bien sûr ; Ashley y était inscrit en couleur fluo.

« La soirée n’est pas à votre goût ? C’est dommage de voir un visage si mignon ruiné par un rictus aussi maussade, » a-t-elle roucoulé en s’approchant de moi.

J’ai dû faire une moue à la fois dubitative et embarrassée, car son sourire s’est élargi de plus belle. J’ai posé sagement mon téléphone sur le comptoir, et j’ai essayé de ne pas perdre mon regard dans les formes outrageusement avantageuses visibles sous les collants de ses jambes interminables.

« La foule et moi, c’est pas trop ma tasse de thé. Y’a plus de Twister que de Titty pour l’instant. »

Elle a éclaté de rire. Pourtant, même pour moi, la vanne n’était pas franchement désopilante, et même plutôt beauf. J’ai mimé un sourire de circonstance. Ashley, qui manifestement n’avait guère de scrupules à abandonner son job, s’est hissée sur le tabouret en face de moi, et m’a fixé d’un air curieux. Je lui ai rendu son regard. Elle avait de superbes yeux bleu de glace qui, étrangement, n’avaient aucun mal à scruter mes propres prunelles sombres, récemment dépourvue de la moindre chaleur humaine. Je me suis laissée aller au plaisir de fixer ses traits enchanteurs, tout comme sa bouche voluptueuse et l’éclat sensuel de sa peau. Me rincer l’œil ne me coûtait rien.

« Tu es déjà venue ici, c’est ça ? » Elle a croisé lentement ses jambes enveloppées de collants, et j’ai senti le bout de ses escarpins me frôler stratégiquement le pied. « Je suis quasiment certaine de t’avoir déjà croisée. Au fait, moi c’est Ashley, et toi ? »

La sulfureuse serveuse avait une voix chaude, aux intonations délicieusement mielleuses, presque innocentes, qui vous déclenchaient des frissons dans la nuque. Toutefois, autour d’elle flottait cette sensation insidieuse de déjà-vu, cette familiarité apparemment partagée, qui m’a aussitôt mise sur mes gardes. Je me suis éclaircie la voix en tâchant de conserver à l’esprit ces intuitions, lesquelles se révélaient toujours fondées, malgré la sensualité qui irradiait de tout son être et brouillait mes idées.

« Alexandra. Et non, j’suis jamais venue. Mais ouais, on s’est peut-être déjà croisées, j’ai la même impression. » lui ai-je confié d’un ton encore méfiant, peu motivée à lui exposer mes doutes quant à nos natures profondes.

J’ai désigné le bar aux innombrables cocktails multicolores, et j’ai rangé le téléphone dans une poche de ma combinaison Michael Myers. Merde pour José, merde à l’article.

« Mais si c’était une excuse pour partager à boire, c’était pas nécessaire. J’aurais approuvé l’idée de toute façon. »

Le sourire d’Ashley est devenu torride. Cette femme semblait bel et bien capable d’instiller un degré fou d’érotisme dans le moindre de ses gestes, et si cela fonctionnait en parti sur moi, mes instincts se sont crispés. Elle s’est redressée avec une langueur calculée, sa main s’est posée sur ma cuisse pour prendre un appui qui n’était vraiment pas nécessaire et elle a commandé des cocktails.

Je sentais encore la brûlure de sa paume sur ma jambe quand elle s’est rassise, en rejetant ses cheveux d’or. « Et qu’est-ce que tu es venue chercher ici, Alexandra ? » m’a-t-elle demandé.

J’ai réfléchi sérieusement à la question. Vraiment sérieusement.

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Your soul is mine
Anna Janowski
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Mer 3 Nov - 13:10 (#)

Le malotru que j’ai bousculé à cause son incapacité à rester hors de mon chemin bat en retraite en marmonnant des paroles que j’imagine peu flatteuses. Agacée, je calme mes nerfs d’une longue rasade d’alcool, croisant au passage un regard familier assortie d’un sourire bien trop ravi. La dernière personne que j’imaginais croiser dans un club branché tient en main un téléphone avec son objectif braqué dans ma direction. Ce bar est décidemment bien malfamé pour croiser ici ce ridicule petit être. Au moins ne semble-t-elle pas transporter son infâme et bruyant instrument qui aurait indiqué qu’elle était en charge de la musique. C’est déjà ça. D’un geste rageur je pose sans délicatesse le verre presque vide sur le plateau d’une serveuse qui passe pour avoir une main libre. Je jette un regard dédaigneux à ma triste cousine ridiculement habillée. Je décide de lui couper l’herbe sous le pied, et puis de toute façon des photos de cette soirée circuleront forcément, alors autant maitriser l’information. Je sors mon téléphone, sélectionne l’application de l’appareil photo et tend le bras pour prendre un selfie qui se veut amusant en dissimulant avec brio mon agacement sous une expression festive. Un filtre, un petit message résumant mes déboires de déguisement, #DéguisementRuiné, #LesGensNeSaventPasConduire, #QuandMêmeCute, #OnLâcheRien. Le tout est posté sur Instagram et les réactions ne se font pas attendre. Quoi que je fasse, mon réseau m’aime. Je range mon portable en adressant un sourire condescendant à Heidi et j’attrape un nouveau verre plein en manquant de faire vaciller l’ensemble du plateau. En quelques pas rendus malhabiles par les chaussons démesurés je rejoins ma piteuse famille et lui lâche d’un ton dédaigneux :

« Je sais que tu m’admires mais essaye quand même de te maitriser. » Faisant mine d’avoir un geste malhabile, je renverse l’intégralité du contenu de mon verre sur son téléphone. « Oups. »  Un air faussement contrit se peint sur mes traits barbouillés de coulures de maquillage doré. « Au moins comme ça tu ne feras pas d’autres bêtises. »

Repérant mon potentiel futur client qui revient du buffet je me dirige vers lui en lançant un dernier regard mesquin au petit bouquetin, vérifiant qu’elle n’ait pas la mauvaise idée de me faire un coup en douce. Je m’éloigne pour rejoindre le chapelier fou ayant à présent une assiette chargée de victuaille dans chaque main. Il m’en tend une en souriant mais mes deux mains sont prises, l’une par le verre vide ayant servie d’arme de destruction téléphonique, l’autre par mon sac et mes chaussures anéanties.

« Allons au bar, ce sera plus simple. »

Il acquiesce et on se fraye un chemin parmi la foule de débiles costumés. La majorité boit et grignote gaiement en remuant les hanches au rythme de la musique. Une fois au comptoir l’homme pose les assiettes sur un bout du bar à côté d’un couple de femme discutant, l’une ayant une paire de cornes impressionnantes de réalisme pour compléter son déguisement. Les assiettes débordent de charcuteries grasses et luisantes qu’il commence à manger du bout des doigts. On a déjà vu plus élégant comme buffet.

« Servez-vous. C’est vraiment très bon.
- Plus tard peut-être. Parlons plutôt de notre future collaboration si vous voulez bien. »

Essayons au moins de faire en sorte que cette rencontre soit productive, que je ne subisse pas cette soirée en vain. Tout en attendant sa réponse, je jette un œil aux alentours, tentant de localiser ma cousine qui pourrait bien venir gêner cette entrevue des plus inhabituelle.
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Nicola Alighieri
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Mer 3 Nov - 14:46 (#)



Nisroch's Night Out

«       La fête des morts, c'est tous les jours. » - Georges Brassens

C’est un soir où les humains jouent à se faire peur.

Ils endossent de déguisements, cherchent le frisson, le contact avec des entités auxquelles ils ne croient pas. Ils veulent être terrorisés sans mettre leur vie en danger. Veulent la décharge de l’adrénaline sans fournir d’efforts.

C’est d’un risible.

La fin du 19ème siècle a vu se transformer l’ancienne fête païenne en un succès commercial annuel. Pour le vieux vampire, c’est un festin annuel. La Révélation n’a rien changé à sa manière de participer aux réjouissances : elle lui a même facilité les choses. Les humains se précipitent sur lui dès que le secret de sa nature est éventré. Chacun veut se faire peur, prouver sa bravoure, impressionner son cercle. Personne ne croit vraiment que Nicola pourrait abréger leur petite soirée en deux longues gorgées.

Ils pensent que le sang qui tache son déguisement à peine digne de ce nom fait parti du lot. C’est un vampire, c’est normal, ça va avec la cape et la chemise blanche à jabot. Il a un petit côté Tom Cruise dans le film Entretien avec un Vampire, c’est logique, pas vrai ?

L’Italien se moque bien de son zéro pointé en créativité. Il n’est là que pour satisfaire sa Soif, pas pour se mêler à la foule de fêtards ni participer aux réjouissances. Halloween est son Thanksgiving.

Après avoir abandonné derrière lui deux pseudo-zombies infirmiers et leurs copines démoniaques, Nicola continue sa tournée des bars. Il est entré par hasard dans celui-ci : il lui semble n’y être encore jamais allé. Pas vraiment son genre, et pas vraiment celui d’Alaric non plus. En revanche, c’est un terrain parfait pour ce soir : il y a déjà foule, la soirée bat son plein et il est un total inconnu parmi tous les autres. Les gens rient et parlent fort pour tenter de s’entendre par-dessus le vacarme ambiant. Il y a des déguisements en tous genres. Même un dragon de mauvaise qualité.

L'intérieur est bondé. Pour mieux repérer les lieux, l'Italien s'approche du buffet qui a été dressé pour l'occasion. C'est un endroit stratégique, censé être facilement accessible et donc bien en vue de tous. C'est idéal pour repérer l'agencement et se trouver une porte de sortie rapidement.

Le vieux tente de respecter les règles humaines en jouant des coudes, puis se lasse rapidement après avoir été poussé contre le "dragon" au rabais. Il ignore purement et simplement son exclamation outrée, soulagé de ne pas avoir été baptisé du contenu de son verre. On n'a pas idée de bousculer un vampire de son âge, franchement... C'est tout bonnement ridicule, mumure-t-il pour lui-même en haussant les yeux au ciel. Son aura incite les jeunes à s'écarter sur son passage, muent par une sorte d'instinct primaire. Ils évitent également de le toucher. Cela convient à l'ancien, qui a pris goût à ce qu'on lui témoigne un certain respect craintif.

Une fois près des tables, Nicola jette un coup d’œil blasé sur ce qu'elles proposent. Les plats qui y sont présentés ne l'inspirent pas. Il faut dire qu'après tous ces siècles à ne s'abreuver que de sang, les aliments solides n'évoquent plus aucun souvenir au vampire. L'odeur n'aide pas non plus. Quelque chose lui fait froncer le nez, ce qui lui donne droit à une remarque sarcastique venant d'un couple près de lui en train de se servir.

- « T'aimes pas la viande rouge ? C'est bizarre pour un vampire, non ?
- « Arrête d’emmerder les végétariens Ned.
- « Non non, tout va bien. - rassure-t-il la femme sans quitter des yeux l’homme. - Je suis plus carpaccio que viande cuite.
- « Oh. J’ai compris ! C’est parce que vous aimez la viande saignante, c’est ça ? Bonne vanne de vampire.
- « Merci.
- « Vous… vous voulez prendre une bière avec nous ? Pour excuser Ned et sa connerie ?
- « Avec plaisir. »

Nicola sourit. Ses yeux bleus et froids se posent sur la femme, déguisée en momie. Elle frissonne mais lui retourne son sourire, ignorant l’air pincé de son copain, affublé d’une coiffe de pharaon.

C’est sa Happy Hour.


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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Jeu 4 Nov - 11:39 (#)
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Nisroch's Night Out
Le Titty Twister, Halloween special
ft. Nisroch & Co.


A
h bah c’est bien Anna ! Super pour l’appareil photo ! Génial ! Merci ! Il est foutu, c’est pas grave, hein ? Ah, c’est vraiment une sale petite conne !

« Suka ! »

Elle vient de flinguer ton téléphone avec un verre de bourbon bon marché pour une simple photo. Pas si étonnant que ça, en fait. La demi-mesure, elle n’a jamais connu. Nuance et subtilité n’ont jamais fait partie de son vocabulaire. Enfin, peu importe, il était déjà bien amoché et tu n’auras qu’à envoyer la facture du nouveau à son bureau, elle n’aura qu’à faire passer ça en frais professionnels. Cependant, tu la vois exporter sa silhouette de mascotte de dessin animé pour enfants vers le comptoir pour rejoindre un homme d’âge mûr au déguisement bien plus réussi que le sien. Vu son accoutrement et la calvitie avancée qui se devine sous son chapeau et sa perruque, tu te doutes qu’il ne s’agit pas là d’un flirt. Non, aussi original puisse-t-il être, il s’agit d’un rendez-vous professionnel. Il serait dommage, vraiment dommage que quelque chose ou quelqu’un ne vienne le ruiner. Tout d’un coup, tu te sens particulièrement maladroite toi aussi, presque autant qu’elle a pu essayer de t’en convaincre pendant votre enfance.
En prenant toi aussi le chemin du bar, bien décidée à opérer une embryon de vengeance à l’égard ta cousine en pyjama, ton regard trouve le couple qui les jouxte. Une chevelure d’or ornée de cornes aux torsades sibyllines, une silhouette à la fois fine et généreuse, un paradoxe vivant de charme flirtant à la frontière entre le kitch et le mauvais goût. Seulement, en ce moment, il n’y a pas qu’avec cette frontière qu’elle flirte : à côté d’elle, proche, bien trop proche, une brunette en bleu de travail dont la vision conjointe à celle de ta serveuse favorite suffit à affoler ton jalousimètre.
Profondément outrée, ton cœur se serre et naît en lui une nouvelle volonté de vengeance à assouvir dans les plus brefs délais. Tel affront ne peut rester impuni, afin qu’au bout du compte, tu sois la seule à l’être.
Incapable de soutenir la vision de cette scène révoltante un instant de plus, tu détournes le regard dans une direction où tu es certaine qu’il ne rencontrera pas d’image susceptibles de faire grimper encore ta tension d’un cran ; vers le buffet donc. Mauvaise pioche. Juste à côté de la table, tu aperçois le fameux pharaon Toutencarton accompagné d’une femme grossièrement vêtue de papier toilettes et, surprise, un autre visage familier. Lui aussi ?! Tu serres le poing en reconnaissant le visage hâlé de ce connard nocturne sans doute venu se repaître de sang imbibé d’alcool. Jamais deux sans trois, paraît-il. C’est en tous cas le cas pour cette nouvelle pulsion vengeresse qui vient encombrer ton esprit aux côtés des deux autres.

A ce stade, tu fulmines entre tes deux nattes roux vif. Tu es incapable de choisir de laquelle des trois vengeances tu dois t’acquitter en premier. Dans quel ordre procéder pour pouvoir mettre les trois en œuvre et gâcher la soirée de ces trois individus pour lesquels tu éprouves une rancœur unique et combinée. Tu crains que le temps d’en compromettre un, les autres aient le temps de filer ou même de concrétiser leurs projets, ce qui est absolument inconcevable. Tu dois agir. Agir vite, et faire d’une pierre trois coups.
Après de longues secondes d’intense brainstorming, tu finis par prendre une grande inspiration, et crier de toutes tes forces en plein milieu de la foule effervescente.

« AU FEU ! »

Et alors, d’un seul coup, l’ouragan. La foule dense mais jusque-là plus ou moins disciplinée se met d’un coup à déborder comme le lait sur le feu dans un ballet chaotique et parfaitement anarchique. Partout, des cris résonnent alors que la moindre issue est assaillie par des bancs d’enfoirés individualistes. Bien vite, tu es toi aussi happée par le courant mais tu parviens à diriger ta barque jusque vers le comptoir où se trouve l’objet initial de ta présence en ces lieux maintenant emprunts d’un violent désordre.

« Ashley.. ! »

Feignant l’innocence, tu t’accroches à son bras en lançant en même temps un regard mi victorieux, mi inquisiteur à l’autre greluche qui lui faisait du pied. Au même moment, d’autres cris se font entendre dans le fond de la pièce à laquelle la musique funk donne une sonorité jouissive au chaos qu’elle renferme. Ces éclats de voix, cependant, ne traduisent pas la panique comme les autres, du moins pas seulement. Ils sont teintés d’une douleur abominable ; peut-être celle d’une mutation contre-nature d’un corps tout entier, ou peut-être même déjà celle d’une morsure léthale et cannibale.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand


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Sam 6 Nov - 18:06 (#)



J'ai eu vite fait d’y réfléchir.

Que ce soit à cause de ses manières outrancières, ou bien d’un avertissement instinctif flottant aux frontières de ma conscience, elle a soudainement perdu tout son charme. Sa sensualité sulfureuse et sa voix mielleuse se sont évaporées sous mes yeux, comme une baudruche percée, ne laissant qu’un vague malaise, une sensation crochue et froide. Je connaissais ces sentiments. Comme une saveur de bile remontant sur ma langue, des odeurs de souffre effleurant mes narines ; aucune n’était réelle, mais elles ont toutes réveillé ma méfiance. J’ai examiné la coupable sous un autre jour.

« C’est une question à double sens, ça. » ai-je dit prudemment, tandis que nos cocktails arrivaient dans mon champ de vision.

Elle a eu un rictus indéfinissable. Malin et contrarié à la fois. « Perspicace, » m’a-t-elle fait, et son attention ne m’a pas quitté lorsque les verres ont été déposés à côté de nous.

J’ai déjà joué à ce jeu-là. Et soudainement, ces yeux d’un bleu intense m’ont paru dénué de chaleur, une glace affutée et vide, tout comme sa peau douce m’a semblé factice et laide. J’ai scruté sans me cacher sa silhouette affolante, ses courbes généreuses et fines, qui sont devenus excessives, comme un piège tendu et évident, que le charme rompu ne pouvait plus cacher. Je ne ressentais plus le désir de tout à l’heure. Bien au contraire, j’ai senti les crochets d’un voile se détacher de mes épaules, une impression brève de manque et de douleur, qui a vite disparu au profit d’un vague dégoût.

Comme percevant mon changement d’attitude, Ashley a oscillé sur son tabouret, impassible, et a changé de posture. « Je reformule alors, qu’est-ce que la fille du grand chef vient faire là ? »

Je me suis tendue encore davantage. « Hein ? J’dois le prendre comment ça, parce que… »

Un hurlement m’a soudainement coupé la parole. Ce fut le début du chaos. Je n’ai pas eu le temps de terminer mon injonction, qu’une voix stridente avait déclenché un mouvement de foule au beau milieu de la salle en criant à l’incendie. Aussitôt, la musique a cessé dans un couinement interrogatif, alors que la masse de clients passablement alcoolisés vociférait et se bousculait dans la direction approximative de la sortie. D’autres braillements désordonnés et suraiguës ont résonné au centre de la cohue, tandis le troupeau affolé renversait le buffet graisseux, provoquant un effet domino, des chutes et encore davantage de confusion. Je me suis levée contre le bar, par réflexe.

Ashley a jeté un œil désintéressé vers l’épicentre du chaos. Qu’est-ce qui s’passe, ça sent même pas le brûlé, me suis-je demandée en cherchant une éventuelle fumée. Puis, de nulle part, une rouquine à couettes a déboulé hors de la foule en costume Dorothy, pour se coller aussitôt à la serveuse.

« Hé, mon petit chou à la crème ! » lui a fait cette dernière, en déballant un trésor de minauderies et de sourires mièvres qui m’ont paru totalement absurdes.

La rousse m’a détaillé avec un air d’amoureuse cocue. Putain, j’vais me taper le triangle amoureux version Walmart. Je lui ai renvoyé un regard dédaigneux et quelque peu blasé.

« Ma chérie, je te présente Alexandra, c’est ma cousine. Tu te veux joindre à nous ? » a continué à minauder Ashley en collant le visage de la rouquine à la hauteur de sa voluptueuse poitrine.

Beurk. « Ouais non, la cousine passe son tour. Par ailleurs, j’sais pas si vous avez remarqué que c’est la guerre à côté, il s’passe quoi ? Pourquoi ça hurle autant ? »

Comme un écho sinistre à mon objection, de nouveaux cris ont retenti au milieu de la bousculade, des éclats de voix stridents et déformés, aux accents torturés de douleur. Mon sang s’est glacé. Une sensation de danger imminent a dévalé mon échine comme une sueur froide, et je me suis tournée vers Ashley, dont le visage enchanteur affichait désormais un rictus mauvais.

« Désolé les filles, vous êtes arrivées le mauvais soir. Cette fois, le jeu est d’un trop haut niveau pour être arrêté, » a-t-elle expliqué lentement, comme si elle savourait chaque mot.

Une idée m’a traversé l’esprit. Une hypothèse terrifiante qui m’a paralysé un instant, en faisant surgir des souvenirs récents ; j’ai revu l’éclat d’un soleil sanglant, d’un désert mort et ressenti à nouveau Sa présence écrasante. Le sourire d’Ashley s’est élargi. Nos yeux se sont accrochés. Une tension subtile est passée entre nous, comme une compréhension mutuelle de la catastrophe à venir.

« Super. C’est bien ce que j’crois que ça veut dire ? ... »

Pour toute réponse, un nouvel hurlement a résonné. Un brusque mouvement de foule a provoqué une énorme bousculade qui a envoyé plusieurs personnes au tapis, tandis que d’autres ont fait un violent écart, comme pour s’écarter en toute hâte du centre de la salle. Des cris de douleur ont déchiré l’espace. Les lumières multicolores du plafond baignaient la scène d’une ambiance glauque et sombre, jetant sur les visages terrifiés des lueurs délavées, à l’aspect malade. Des appels à l’aide ont éructé çà et là, au milieu des couinements hystériques, des bruits sourds et du choc des corps.

Puis c’est arrivé. À environ un mètre au-dessus des têtes.

Dans le halo jaunâtre d’une lampe, un objet courbé a tournoyé dans les airs comme une hélice, en éjectant un liquide sombre tout autour de lui. J’ai suivi la trajectoire des yeux. Il a traversé toute la salle en aspergeant copieusement les clients, provoquant davantage de réactions hystériques sur son passage, avant de violemment percuter les étagères du bar, à quelques mètres de nous, dans un grand bruit de verres et de bouteilles brisées. Une trainée sanguinolente a suivi la chute de l’objet contre le miroir fixé au mur, avant de finalement s’échouer contre le robinet à bière en formant un angle de 90% au milieu des éclats de verre et d’une flaque grandissante de liquide gluant.

Oh. Pu-tain, ai-je marmonné en réalisant la nature dudit objet.

L’objet non identifié s’est révélé être la jambe d’un homme, encore vêtue d’un morceau de costume noir et orange, arrachée au niveau du haut de la cuisse. Le membre semblait avoir été sectionné par des dents, laissant la blessure débordante de sang noir, de nerfs et d’os brisé, tandis que les muscles étaient toujours parcourus de soubresauts nerveux. Echouée ainsi, au milieu des tranches de citron et des éclaboussures de cocktails colorés, cette horreur donnait l’impression d’une mauvaise blague, comme une mise en scène pour une soirée d’Halloween, irréelle et pourtant…

La vision a conforté mes certitudes ; il fallait décarrer d’ici et vite.

« OK, c’était sympa et tout, mais c’est le moment où j’me tire, » ai-je fait en montant sur le tabouret pour escalader le bar, dans l’espoir d’éviter la foule ou les prochains jets de chair humaine.

« Tu es sûre d’y arriver ? » s’est dépêchée de dire Ashley en nous regardant, la rouquine et moi. « Je peux vous aider à sortir d’ici, pour un prix… »

Je me suis arrêtée et l’ai fixé. Autour de nous, quelques clients se sont approchés pour constater de plus près l’atterrissage de la jambe volante, et beaucoup se sont aussitôt enfuis en tous sens, dans le chaos ambiant. Ashley quant à elle, affichait un calme souverain, un détachement qui n’a fait que renforcer mon inquiétude et ma méfiance envers cette chose, à l’apparence faussement humaine.

« J’vais m’en passer. J’commence à capter le prix des accords avec ton espèce… » J’ai pointé du doigt la rouquine à côté d’elle. « Et toi, tu ferais mieux d’te barrer loin d’elle, ça c’est le meilleur conseil de ta vie. »

Ashley a éclaté de rire. C’était totalement sinistre et déplacé dans cette ambiance, qui prenait de plus en plus les allures d’un bain de sang. J’ai commencé à m’éloigner sans attendre sa réponse.

« C’est ton espèce aussi ! » m’a-t-elle crié tandis que je me baissais à l’abri du bar, au cas où d’autres morceaux d’anatomies s’apprêteraient à tournoyer dans les airs.

Ouais, bah justement, ai-je pensé en cherchant la direction de la sortie. Alors, au beau milieu de ce merdier, des vociférations bestiales, à demi humaines, se sont muées en rugissements franchement monstrueux. Du coin de l’œil, j’ai aperçu parmi les silhouettes humaines courant en tous sens sous l’éclat sinistre des spots, des formes déformées, d’au moins deux mètres de haut, des ombres aux cornes et aux gueules criblées de crocs qui hurlaient et s’abattaient au hasard dans la foule.

J’ai abandonné Ashley et sa rousse derrière moi, et j’ai filé ventre à terre comme un rat.

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Your soul is mine
Anna Janowski
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Ven 12 Nov - 9:42 (#)

A peine quelques mots échangés sur le travail avec mon rendez-vous du soir, qu’une voix s’élève en criant au feu. Une voix qui m’est étrangement familière. Je sillonne la foule du regard en quête de la source de la voix et finis par entrevoir ma triste cousine au travers de la masse de gens qui commence à s’agiter. C’est elle qui a crié ? Je prends un instant pour constater qu’aucune odeur de fumée ou de brulé ne perce l’opaque effluve de la graisse animale, de la sueur humaine et des relents d’alcool. Encore cette petite conne qui fait tout pour se faire remarquer. Je reporte mon attention sur mon interlocuteur et balaye ses inquiétudes d’un haussement d’épaule :

« C’est rien. Sans doute quelqu’un de totalement ivre… »

Un coup de coude me fait vaciller, me projetant en arrière avec rudesse mais j’arrive à me raccrocher in extremis au bois collant du bar. La foule compacte s’agite, indisciplinée, essayant de fuir ce feu imaginaire. Un cri bien plus perçant déchire la salle, entrainant de plus violents soubresauts dans l’amas de corps tassés qui se débat. Quelques silhouettes vacillent dans le courant humain, s’effondrant et se faisant piétiner tandis que des ombres humanoïdes font gicler du sang sur les idiots costumés. Qu’est-ce qu’il se passe ? Mon cœur s’accélère. Une attaque ? Il faut partir d’ici au plus vite. Je m’agrippe au bar, hésitant face à cette cascade humaine emportant tout sur son passage. Comment fuir sans me faire blesser ? Mon regard s’accroche au chapelier fou palissant à vue d’œil. Il est plutôt grand et large d’épaule, il ferait sans doute un bouclier des plus acceptable.

« Il faut partir d’ici. »

Il acquiesce avec des mouvements saccadés et des yeux un peu trop écarquillés. Il commence à fendre le foule indisciplinée et je profite de sa haute stature pour qu’il fasse barrage au flot torrentiel d’êtres humains en panique. Nous arrivons à suivre le mouvement, nous approchant petit à petit de la sortie sans trop de heurts. Heureusement que j'ai troqué mes talons instables contre ces chaussons. Le bruit sourd d’un impact et une cacophonie de milliers de bris de verres rugit derrière le bar et nous fait violemment sursauter. Je ne parviens pas à étouffer le cri suraiguë qui m’échappe. La confusion gagne en intensité, la foule recule, fuis une chose que je ne peux pas voir, nous repousse en arrière vers le bar à présent couvert d’éclats de verres tranchant ainsi que d’un mélange rougeâtre d’alcool et de sang. Je me sens pâlir, perdue et sans plan pour quitter cet endroit. Une femme brune au déguisement de Michael Myers est sur le bar, sans doute pour éviter la foule. Les cris de panique redoublent aux quatre coins de la salle, les bousculades sont légion et seule la large carrure de mon chapelier fou me protège de tout ce fatras. Mais il faiblit, il défaille. Il commence à avoir d’étranges spasmes agitant tout son corps de manière anarchique. Il se tourne vers moi et un air affolé et rempli de douleur apparait sur ses traits tandis qu’il se tord en tous sens. Sa peau commence à se flétrir comme du papyrus, se tend, craquèle, se distord sous la poussée d’un changement incompréhensible et inhumain. D’horreur, je tente un pas en arrière pour fuir cette abomination, mais me heurte au bar. Il me tend une main suppliante dont les doigts se muent en griffes pendant que son regard se voile, déchu de son humanité pour gagner en folie et en quelque chose qui ressemble à une faim terrible. Prise de panique, je le repousse en arrière, profitant de son déséquilibre et de sa confusion pour l’écarter de moi. L’homme en pleine transformation bascule et s’écrase sur l’importun au costume de vampire qui m’avait bousculé plus tôt. Ça devrait occuper le chapelier monstrueux. Dans cet enfer, il n’est plus question que de fuite et de survie.  
Je parviens à me faufiler en longeant le bar, évitant la foule incontrôlable, jetant des regards de tous les côtés pour essayer de savoir que faire, où aller, quoi fuir. La panique m’empêche de penser clairement, et dans ce fatras je repère néanmoins un visage familier. Les cris s’amplifient, ainsi que des tambourinements, des gens qui hurlent à s’en déchirer les poumons ‘La porte ! Ouvrez la porte !’. Je rejoins ma cousine avec des gestes saccadés et tremblants et attrape son bras avec fermeté et désespoir. Je lui hurle par dessus le vacarme :

« Aide moi. »

Après tout, à quoi pourrait-elle bien servir d’autre ? Du coin de l’œil, je vois un mouvement plus vif que les autres, plus net, plus déterminé que ceux des gens qui fuient sans but. Une chose ignoble. Un humain déformé, nid de crocs et de griffes qui s’approche. Avec un cri suraiguë, je tire violement le bras de ma cousine pour la mettre entre moi et la bête comme une égide de chaire et de sang. Je n’aurais jamais dû sortir un soir d’halloween à Shreveport. Jamais.
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Mar 23 Nov - 22:34 (#)



Nisroch's Night Out

«       La fête des morts, c'est tous les jours. » - Georges Brassens

Ned boude, même s’il plonge son nez dans sa bière pour cacher son mécontentement. Camilla n’a d’yeux que pour ce connard de vampire à l’accent indéfinissable. Si c’est une imitation de l’accent des Carpates, elle est minable. Sauf que ça ne l’est pas : le salaud se justifie en se présentant comme un Italien globe-trotteur. Faut voir comme les yeux de Camilla brillent, elle qui le tanne pour qu’ils aillent fêter leur trois ans à Florence. Soirée de merde.

Camilla jubile, consciente que la victoire est à portée de main. Grâce à ce sublime Italien, elle va enfin avoir droit à son voyage de rêve, elle le sent. Elle le sait. Ned est un jaloux, qui a toujours eu mauvaise qu’on puisse briller plus que lui devant elle. Ce pseudo-vampire tombe à pic, c’est absolument merveilleux. Quelle excellente soirée !

Nicola n’est qu’un pion dans leur jeu amoureux. Un inconnu qui traversera leur vie commune une brève soirée d’Halloween.

La foule autour d’eux s’esclaffe, chante, danse, profite du moment. Tout semble aller pour le mieux. Aucun des deux n’envisage un instant que cette soirée banale soit leur dernière.

La Soif est forte : Nicola a le goût du sang sur les papilles, une saveur divine que rien au cours de sa vie humaine n’a su égaler. Ses huit-cents ans l’ont vu devenir de plus en plus demandeur. L’odeur cuivrée est alléchante, c’est un parfum délicat. Le sang qui coule dans chacun de ces humains lui tourne la tête : chacun d’entre eux a ses propres spécificités. Le régime alimentaire y joue, tout comme le groupe sanguin, cependant, ce ne sont pas les seuls facteurs déterminants. Chaque humain a un goût différent.

Alors Nicola accepte de jouer un rôle mineur dans une histoire d’humains, riant silencieusement de la banalité de leur existence en guettant l’occasion idéale pour satisfaire la Bête. Pour se satisfaire.

Pour être franc, Camilla n’est pas une perte de temps. Son sens de l’observation est mis à profit pour son humour grinçant, qui parvient à lui tirer plusieurs rires sincères pendant que Ned se renfrogne un peu pus. De fil en aiguille, ils arrivent sur le sujet des vampires. Nicola n’est pas aussi fin qu’il le pense lorsqu’il évoque les effets d’une Morsure. Camilla est émoustillée, sans pour autant croire un seul instant qu’il est réellement ce qu’il dit être. Ned hausse les épaules, pose enfin sa bière, et s’interpose entre sa petite amie et l’Italien. Manquerait plus qu’il lui fasse un suçon devant ses yeux ! Il le défie du regard de refuser de le mordre. C’est une erreur à ne pas faire face à l’Italien.

Après cette bravade, différentes actions s’enchaînent rapidement.

Nicola plante ses crocs dans la peau tendre du cou de l’homme. Ned, les yeux exorbités, murmure à sa compagne que c’est un vrai vampire, une voix féminine hurle au feu. Camilla tourne la tête vers la source de ce cri, oubliant un court instant la menace, réelle celle-ci, que représente Nicola.
Ned est laissé à moitié vidé de son sang au profit de sa compagne.

La foule autour d’eux ne s’amuse plus. Paniqués, les fêtards courent, se poussent et se bousculent pour atteindre les portes de sortie. L’ambiance a changé. Ned, qui s’appuyait les bras vacillants contre le buffet, se fait emporter par l’élan, abandonnant Camilla dans les bras du vampire.

Et lorsque finalement, il abandonne sa proie, celle-ci pousse un hurlement de douleur déchirant. Une femme vient de lui mordre le bras jusqu’au sang. Sous les yeux surpris de l’antiquité, elle lui arrache un lambeau de peau et de chair en soutenant son regard.

C’est fascinant. Nicola l’observe avec de grands yeux, sidéré par le spectacle qu’elle lui offre, ignorant totalement les cris de détresse de Camilla. Ce n’est pas une femme humaine qu’il a sous les yeux, mais une sorte d’abomination qu’il n’a encore jamais vue. Une sorte de garou qui aurait mal tourné, peut-être coincé en plein milieu de sa transformation, incapable d’aller vers un état à un autre. Sa peau grisâtre et ses yeux injectés de sang sont étonnants. Nicola penche la tête sur le côté, calme malgré l’annonce d’un feu. Il ne sent pas de fumée. Non, le seul arôme qui lui parvient, c’est celui du sang.

Camille finit par s’évanouir sous la douleur. Elle ne se réveillera pas. Dans la cacophonie ambiante, ses cris n’alarment personne : ils se perdent parmi tous les autres. Indifférent à son sort, le vieux vampire se détourne et embrasse la salle du regard. La foule est massée vers les portes de sortie. D’autres forcenés attrapent les moins chanceux pour les démembrer vivants.

Cela fait bien longtemps qu’il n’a pas assisté à une telle barbarie.

Étrangement, ces sauvages ne s’intéressent pas à lui. Nicola s’en étonne, puis est frappé d’une réalisation simple en observant les scènes de carnage : il n’est pas intéressant pour eux car il est déjà mort. Ces choses-là veulent de la chair fraîche. Eh, ça l’arrange.

Et alors qu’il prend appui sur le buffet pour mieux observer et comprendre ce qui se trame, l’Italien reçoit un liquide froid en plein visage. Il grimace et s’essuie le visage d’un geste outré. Ce n’est pas du sang, ç’aurait été mieux. Camilla est partagée par trois cannibales qui, dans leur précipitation tout porcine, ont renversé le buffet, l’aspergeant de ‘tit punch. « Bande de monstres », murmure-t-il en s’essuyant soigneusement la bouche, dégoûté par l’odeur sucrée qui s’ajoute à celle ambiante du sang.

Cela le pousse à avancer pour se mêler à la foule angoissée.

Les… cannibales, à défaut de meilleur terme, l’ignorent superbement, confirmant l’hypothèse qu’un corps déjà mort n’est d’aucun intérêt. Certains humains remarquent ce dédain et s’accrochent à lui, pensant pouvoir profiter de cette aura protectrice. C’est un mauvais calcul, comme le prouve rapidement une de ces choses nouvellement dotées de griffes. Nicola se fait bousculer par une femme affublée d’une perruque d’un rouge hideux et se retrouve sur le chemin d’un homme forcené, qui se jette sur lui au lieux de la vivante.

Aussitôt, il voit rouge. Le cannibale insolent se retrouve éventré, tripes et boyaux arrachés par la main bestiale du vampire italien, qui gronde comme un fauve jusqu’à ce que son attaquant se soit écroulé au sol, secoué de spasmes.

Il se retourne ensuite crocs apparents vers l’idiote, à qui il vient d’offrir un court instant de sursis dans la panique ambiante.

- « Porca troia ! Vous avez cru qu’il me boufferait à votre place ? Connasse ! »


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NE M'OUBLIE PAS

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≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Ven 26 Nov - 15:52 (#)
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Nisroch's Night Out
Le Titty Twister, Halloween special
ft. Nisroch & Co.


U
ne cousine ? Non merci, tu passeras ton tour, tu as assez donné avec ces gens-là pour en redemander une nouvelle couche. D’ailleurs, elle a pas l’air d’une flèche, la fameuse cousine. A moins qu’elle soit sourde ? Peu importe, tu hausses les épaules en profitant du contact chaud et confortable de ton amante retrouvée. Après tout, le feu n’a jamais existé, alors il n’y a pas à s’inquiéter, pas vrai ?
Sereine, tu relèves les yeux, d’abord vers Ashley, puis vers la cousine qui, au passage, ne lui ressemble pas du tout. La première semble absolument extatique tandis que la seconde, angoissée au possible. Qu’est-ce qu’elles racontent, toutes les deux ? Tu allais ouvrir la bouche pour demander avec la douceur qu’on te connait quelques explication, mais juste au moment où tes cordes vocales allaient se mettre à vibrer, une effluve bien connue t’arrête brusquement. Une autre question se fait alors tout à fait prioritaire dans ton esprit : pourquoi est-ce que ça sent le sang ?
Rapidement, tous les nœuds se relient entre eux. L’odeur, les cris, la discussion cryptique entre cousines… ça n’est pas un feu qui agite le Titty Twister cette nuit mais quelque chose d’encore inconnu mais sans aucun doute bien plus dangereux. Et alors, à l’instant où ta conclusion t’illumine, une confirmation en apparait comme un message sordide de l’univers pour te dire « bien joué, tu as raison, fout le camp d’ici maintenant ». Merci, univers, ça te fait une belle jambe.
Visiblement, la cousine et toi avez eu la même idée, à la différence près que tu ne t’es pas sentie obligée d’en faire part à haute voix. Or, la réponse de ta chère et tendre Ashley ne tarde pas à venir et elle suscite chez toi un haussement de sourcil alors que la panique – la plus raisonnable des émotions en cet instant précis, n’en déplaise à ta libido – commence à reprendre ses droits sur ton corps.

C’est alors que tout bascule. Tu sens s’abattre sur ton bras une étreinte ferme et glacée qui te fait sursauter et délaisser un moment la conversation et Ashley. Oh, et comme la vision qui se présente à toi te comble de colère ; Anna, qui par-dessus le vacarme ambient se permet de te donner cet ordre des plus déplacés. L’atmosphère a viré au cauchemar en quelques secondes à peine, et dans l’éclairage intermittent des stroboscopes se dessinent les silhouettes monstrueuses des responsables. Dans un geste traduisant le mépris et l’égoïsme infini de ta propre cousine, elle parvient à utiliser ta stupeur pour te jeter en pâture à une de ces choses en train de dévorer vivant un homme à peine quelques mètres devant vous. Perchée sur tes talons rouge vif, tu manques de trébucher sur un tabouret renversé entre vous et la chose ; si tu étais tombée, ça en aurait été fini de toi, tout comme c’en est fini du pauvre diable qui gît sur le plancher de la piste de danse, ses organes internes devenus externes par la magie démoniaque et obscure d’une bonne éviscération en règle.
Heureusement pour toi, et fort, fort malheureusement pour ta salope de cousine, tu parviens à ton tour à saisir son bras pour regagner ton équilibre. Tu l’agrippes fermement et, rapidement, tu t’attires vers elle. Ironiquement, vous n’avez pas été aussi proches depuis bien des années. Cependant, cette proximité n’est pas à son avantage, bien au contraire. D’un geste agile et rapide, peut-être un peu trop rapide pour une simple humaine comme tu es censée l’être à ses yeux, tu glisses dans son dos avec toujours son bras fermement emprisonné entre tes doigts puissants. Sans la moindre pitié, tu le serres et le tords pour l’immobiliser tant que la foule en détresse cache encore le véritable bain de sang qui prend place au fond de la salle. Tu hausses le ton pour te faire entendre par-dessus les cris et les râles d’agonie.

« Tu t’es prise pour qui Casimir ?! Je veux t’entendre me supplier de te lâcher ! »

Elle a intérêt à le faire vite, parce que de là où tu es, tu peux voir avec horreur que bon nombre d’invités n’auront pas autant de patience que toi. Et malheureusement pour elle, il y a quelques chances pour que tu n’aies pas de scrupules à laisser son sort entre les mains griffues et osseuses de ces amas informes de chairs et de crocs.

« Regarde-toi, t’es toute petite et toute frêle, t’es même pas bonne pour servir de bouclier. »

Et puis, maintenant toujours fermement Anna contre toi, érigée vicieusement en barricade non consentante, tu tournes à nouveau la tête vers Ashley qui, elle, ne semble pas perturbée le moins du monde, constatant au passage qu’une cousine sur deux a réussi à prendre la fuite. Tu l’alpagues, avec un ton bien moins acerbe.

« Ashley.. ! Qu’est-ce qui se passe, c’est quoi ça ? Et.. tu as dit que tu connaissais un moyen de s’en sortir.. ? »

Près de la sortie, au même moment, deux foules s’entrechoquent. D’un côté, un peloton de chanceux ayant réussi à rejoindre les portes sans trop de sacrifices, et de l’autre, une échappée de fêtards venus de l’extérieur et cherchant à tout prix un refuge, tout aussi paniqués que les autres, babillant un charabia incompréhensible entrecoupé de soubresauts gênant particulièrement la poursuite d’un discours cohérent. « D-d-d-des.. monstres.. ! Ils m-m-m-m-mangent des humains.. ! » Oh, des monstres comme ceux qui peu à peu migrent du fond de la salle vers la piste de danse en quête de plus de chair fraiche pour combler leur appétit insatiable ? Dommage, vous avez les mêmes. Tout ce que ces gens font, c’est bloquer l’issue pendant de précieuses secondes, chacune d’elles causant des victimes supplémentaires.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
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FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand


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Mer 1 Déc - 22:46 (#)



Qu’est-ce qui se passe ?

L’infortunée question était sur toutes les lèvres ce soir. Elle se déclinait en d’innombrables variations, des hurlements rendus déments par la terreur, aux murmures choqués et incohérents ; elle était là aussi, dans les supplications d’agonie des hommes ou des femmes dévorés vivants. Dans cette salle autrefois festive transformée en abattoir, chacun interprétait cette question à sa manière, selon que l’on ait conservé ses intestins à l’intérieur ou à l’extérieur de son corps. Personne n’était indifférent à l’étau de ténèbres resserrant sa prise sur le Titty Twister. Ils étaient nombreux ceux qui appelaient des secours qui n’arriveraient jamais, ceux qui suppliaient un dieu sourd et aveugle de les sauver.

Çà et là, chacun mourrait à sa manière. Tant bien que mal. Et toutefois, elle, la serveuse qui se faisait faussement appeler Ashley, arborait encore un sourire mauvais, cruel et indifférent.

« Ce qu’il se passe ? Quelqu’un a perdu un peu patience en haut lieu, » fit-elle, et son sourire s’élargit au fil de cette phrase énigmatique.

Comme soudainement saisie d’un nouvel intérêt, le bleu froid de son regard a brillé d’une vive lueur maligne, et elle s’est tournée vers les deux cousines, enlacées dans une lutte à mort.

« Oui, je connais un moyen de vous sortir de là. C’est très simple, il vous suffit de-… »

La suite a été recouverte d’une bruyante rafale d’arme automatique. En une fraction de seconde, le bois épais du comptoir à côté d’Ashley a été criblé d’impacts puissants, qui ont pulvérisé les motifs élaborés en un déluge d’esquilles tranchantes. Derrière, à un mètre d’elle, la vitrine du bar a explosé à son tour dans un assourdissant fracas de verre, de bouteilles et d’accessoires détruits, qui ont alors rempli l’air d’un kaléidoscope de couleurs trop vives. Plusieurs tabourets ont été déchirés, expulsant leurs rembourrages cotonneux, à la manière de panses repues dégueulant leurs boyaux gonflés.
Le vacarme a duré moins de trois secondes. Quand les aboiements des armes ont cessé, remplacés aussitôt par les traditionnels hurlements, presque trop calmes pour les tympans malmenés, Ashley se tenait encore sur le tabouret. Du moins, ce qu’il restait d’elle. Les tirs avaient atteint la serveuse au milieu de son corset, en remontant dans une diagonale sanglante sur son buste, puis atteint son cou avant de couper son visage en deux. La toute première balle avait creusé un trou au niveau de son nombril, d’où s’enfuyait une masse noirâtre, qui avait l’aspect d’une bulle pustuleuse se déversant sur le nylon de ses bas. Une fumée pestilentielle s’échappait de l’endroit où aurait dû se trouver les intestins sur une anatomie humaine, une puanteur d’œufs pourris, qui rappelait celle du soufre.
Le cadavre d’Ashley tenait toutefois à la verticale. Au-dessus de ce vide béant, sa poitrine autrefois si voluptueuse pendait désormais comme des ballons percés, en vomissant un liquide sombre, à la texture spongieuse de vomissure qui exhalait cette même odeur atroce de soufre. Elle se répandait sur ses hanches cette mélasse méphitique, épaisse, laquelle venait imbiber les débris de sa peau si douce auparavant. Une abominable éponge flasque et purulente. Tout cet amas de chair inhumaine se décomposait à vue d’œil, en pétillant d’abord bruyamment, puis en chuintant et en s’effritant à la manière d’une immonde pâtisserie trop cuite sortie du four.

Mais l’horreur culminait au niveau de son visage. Sa beauté sulfureuse, cette moue à la fois adorable et fascinante, s’était transformée en un fruit pourri scindé en deux. Méconnaissable, sa chevelure de miel avait disparu sous un amas d’os à la texture crayeuse et fragile, à la couleur grisâtre des boyaux à l’air, qui s’effritaient eux aussi en pulsant un liquide séreux et noirâtre. Sa bouche avait été hachée dans un rictus sardonique, qui dévoilait des lèvres en lambeaux et des dents brisées par les impacts. Toute cette infâme mixture se répandait sur les restes de son cou encore humain, où les nerfs hachés affleuraient, et le liquide jaillissait en saccades, comme un geyser d’encre abject et amorphe.
Une balle avait fait éclater son œil droit, et sa membrane vitreuse pendait mollement sur la seule joue encore intacte, avant de se détacher de son orbite pour fondre comme une épouvantable larme sur sa mâchoire. Celle-ci s’ouvrait sur un cri silencieux, un moignon de langue ouvrant le passage à un entortillement de chairs blafardes à la place de son larynx, lequel exhalait encore cette forte odeur de soufre remontant de ses profondeurs. Les effluves du cadavre ont commencé à se répandre tout autour, tandis que celui-ci s’effondrait finalement sur le sol, en éclatant comme un foie malade.
Tout ce qui restait d’Ashley s’est répandu devant les jambes des cousines, dans une énorme flaque de matière grumeleuse, fibreuse, qui crépitait de bulles visqueuses et puantes. Elle était l’image frappante de l’inhumanité à son paroxysme le plus ignoble, une parodie de chair irradiant l’horreur pure d’un être venue de bien au-delà de notre perception. Une vision si contraire à la réalité, qu’elle brûlait les sens humains et conférait aisément à la folie. Une vision de démence matérialisée.

Moi, j’ai vu tout ça de loin. Quand les rafales ont crevé le mur au-dessus du bar, je me suis aplatie au sol sous un déluge de bris de verre, sous les gouttes de cocktails sucrés et multicolores, les fatras de bois éclaté et d’aboiements d’armes automatiques. C’est quoi ce bordel supplémentaire, ai-je pensé, tandis que l’odeur de sang s’est mêlée à celle d’œufs pourris, au milieu des relents d’alcools coulant sur le sol. J’ai attendu une trentaine de secondes que l’averse passe. Devant moi, derrière l’épaisseur du comptoir, d’énormes gerbes d’hémoglobine avaient tartiné les parois aux néons criards, à la façon de ces œuvres moches de Jackson Pollock. Ça sentait partout la poudre et les boyaux éventrés.
Les restes troués d’une créature ont chuté depuis le comptoir juste devant moi, et j’ai pu admirer son crâne déformé par une transformation inachevée. Une tête évoquant vaguement un cervidé mal sculpté avait été à moitié défoncée par la rafale, laissant ses babines déchiquetées et sa langue pendante. Il a remué mollement. Il avait la peau tavelée de touffes de poils épars, brunâtres, et ce qui ressemblait à des pustules avaient germé partout sur son crâne à demi chauve, d’où perçait une sorte de corne malformée. Une bave pleine de grumeaux visqueux s’est déversée de sa gueule, en se collant sur sa peau parcheminée, grisâtre, et nettement trouée par les multiples balles.

Au moins, le tireur avait atteint sa cible. Un restant de métamorphose a animé brièvement ses nerfs, faisant éclater son dernier œil intact avec un plop semblable à celui qu’aurait produit quelqu’un en faisant claquer de l’index l’intérieur de sa joue. Il a émis un lent grondement bas, caverneux, comme le souffle d’une paille dans un verre de pétrole. Puis il a fini par crever. Du moins m’a-t-il semblé, et je ne suis pas restée à le fixer pour le savoir, tant cette scène était dégueulasse même pour moi. Je me suis prudemment redressée parmi les échardes de bois et les morceaux de verre, et comme les hurlements ont repris, j’ai risqué un coup d’œil par le trou laissé dans le bar par une balle perdue.
Au milieu du monstrueux chaos régnant en maitre sur la salle, une nouvelle cohue avait fait irruption parmi les anciens clients, eux-mêmes fuyant ces abominations sorties de nulle part. Là, entre les jets de boyaux, d’alcools épars et de sang flasque, des types avaient dressé une barricade sommaire à l’aide d’une table, et tiraient plus ou moins correctement sur les créatures. Plusieurs de ces corps à moitié humains gisaient ici et là, comme des pantins désarticulés qui déversaient des tripes fumantes sur le dancefloor, avec évidemment, d’autres cadavres totalement humains. Dégâts collatéraux. Je n’avais pas besoin d’aller voir de plus près pour savoir que ces types ne faisaient pas dans le subtil.

‘Fait chier, fait chier, fait chier putain, me suis-je répétée en reculant loin du cadavre monstrueux qui remuait encore à un mètre de moi. Je me suis légèrement redressée pour voir les restes d’Ashley, cet amoncellement de matière friable et fumante, s’effondrer au pied des deux blondasses juste devant. Ça ne m’a fait ni chaud ni froid. Je me suis surtout senti coincée, entre les abominations velues et les excités de la gâchette, qui continuaient à arroser la salle plus ou moins au hasard.

« Crevez saloperies des enfers ! » les ai-je entendu brailler, et d’autres « Rempart, rempart, rempart américain ! » ou encore « ‘Merica ! »

Fabuleux. J’ai rampé un peu plus loin en arrière, derrière le placard métallique qui refermait toute la plomberie des robinets à bière, la seule zone encore épargnée par les balles, et j’ai attendu la fin de l’averse. L’odeur de soufre s’était intensifiée, mais je ne suis pas relevée pour voir ce qui advenait des restes d’Ashley. Elle n’était pas vraiment morte, de toute manière. Pas au sens humain du terme. Ces chairs étaient certes mortes, mais quelque part l’horreur qui jouait le rôle de son âme errait encore. J’en étais quasiment persuadée, et du reste, seule ma petite personne m’importait à cet instant.

J’ai saisi le couteau de cuisine à ma ceinture, et j’ai patienté. « Quelle soirée de merde... »

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Anna Janowski
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Dim 5 Déc - 9:42 (#)

Quelques battements de cœurs paniqués et des idées qui filent à toute vitesse. Je creuse dans mon crâne pour trouver une moyen de sauver ma peau. Pas même quelques secondes de répit à l’abri de la muraille de chaire que représente ma cousine. Elle me saisit et me met face au chaos ambiant en me tordant douloureusement le bras dans le dos. Comment ose-t-elle ! La pièce est remplie de boyaux et de sang. Un odeur rance d’excréments s’intensifie, émanant des intestins percés et répandus par l’homme déguisé en vampire dont des crocs loin d’être factices apparaissent, s’ajoutant au cauchemar. De panique, je commence à remuer dans la prise de cette incapable avec qui j’entretiens de pitoyables liens de sang. D’une voix hachée par des repirations trop courtes je lui crie :

« Lâche moi ! Lâche-moi ! » Je remue violement, me tortillant en tous sens mais sa prise est ferme et je ne parviens qu’à me faire mal au bras. « Lâche moi, j’ai dit ! » J’essaye de lui écraser les pieds pour la déstabiliser, mais cette fois mes chaussures ne sont que de la matière molle et pas un talon pointu et perforant. Les bêtes alentours continuent leur carnage. Les fuyards se gênent et ne parviennent pas à fuir. Je vais mourir ici. Je ne veux pas mourir ici, mais hors de question que je supplie cette petite merde insignifiante.  Perdant pied entre la peur et la colère, je me mets à hurler : « Espèce de sale petite pute ! Comment tu oses me faire ça ! Après tout ce que j’ai fait pour toi ! Tu mérites de crever ici comme une chienne. LACHE MOI IMMEDIATEMENT !! » Autour de nous le chaos s’amplifie avec des cris désarticulés, des organes et du sang qui diffusent des effluves organiques de plus en plus étouffantes. Un cri aigue de terreur m’échappe tandis que certains de ces monstres tournent leur tête déformée vers nous, attirés par le boucan. La prise d’Heidi reste ferme. Je ne peux pas y croire, comment ose-t-elle ! Ma main libre tient toujours ma paire de sandales dorées. Je lâche celle au talon brisé et empoigne l’autre de manière à utiliser la chaussure au talon bien trop haut comme arme perforante. Dans un geste mue par la fureur et la rage j’essaie de lui asséner des coups malhabiles avec le talon qui me sert d’arme de fortune, fouettant l’espace autour de moi, essayant également de faire hésiter les monstruosités. Mes mouvements sont rageurs mais sans expérience, saccadés et malhabiles. J’essaie d’atteindre son ventre ou sa cuisse, ou n’importe quoi qui pourrait lui faire suffisamment mal pour qu’elle me lâche. Remplie de terreur et de fureur, je continue de vociférer : « Sale pouffiasse ! T’es qu’une erreur de la nature ! Tu n’aurais jamais dû venir au monde ! Tu aurais… »

Ma phrase s’étouffe, ne devenant plus qu’un cri inarticulé. Une des bêtes s’approche en longeant le bar, ignorant superbement la blonde cornue non loin. Heidi ne me lâche pas. Sale petite merdre, elle est visiblement déterminée à me laisser me faire massacrer. Je remue davantage en hurlant, sa prise me fait mal. Je refuse de la supplier cette sale garce aigrie, jalouse et mauvaise.
Des détonations extrêmement fortes me vrillent les tympans, remplaçant le bruit ambiant par un sifflement continue. Une scène macabre et surréaliste se peint sous mes yeux à mesure que la créature difforme et la blonde se font déchiqueter sous les impacts. Rapidement elles finissent par ressembler à de vieilles poupées de cire abandonnées aux soleil, suintant de fluides poisseux. J’ai arrêté de hurler sous le choc et les cris des autres commencent à me parvenir à travers mes tympans meurtris. Mes yeux trop écarquillés se tournent finalement vers l’origine des coups de feu et croise un groupe bien armé. Parmi les tireurs aux mines hargneuses et renfrognées je reconnais le visage familier de certains de mes clients et admirateurs. La frange dure de la lutte anti-CESS, celle qui a constamment besoin d’assistance juridique pour que l’état ne les empêche pas d’accomplir leur mission patriotique, selon leurs dires. Je recommence à m’agiter, essayant de me dégager en voyant ceux qui pourraient bien être mes sauveurs. A travers les détonations causées par ceux qui sont toujours en train de tirer sur les créatures, j’essaie de me faire entendre :

« John ! John ! » Un des hommes tenant un fusil se tourne brusquement vers nous braquant son arme dans notre direction. « C’est moi, Anna Janowski, votre avocate. » Il me jette un coup d’œil de haut en bas comme pour essayer de voir à travers le pyjama ridicule me servant de déguisement, mon maquillage ravagé et mes traits tirés par l’horreur de la situation. Il baisse un peu le canon de son arme, l’air hésitant et suspicieux. « Aidez-moi ! Elle… » Je lance un regard en arrière à ma cousine qui aurait osé me laisser mourir de cette manière. Mue d’une rage qui contamine tout mon être, je prends une voix chevrotante et qui semble se briser sous l’émotion quand je déclame : « Elle est avec eux ! Elle livre des humains aux monstres ! »

Le regard de John se fait plus sombre, plus emplie de colère et il commence à pointer son arme vers nous. Heidi me dépasse largement en taille, ce qui fait d’elle une cible atteignable même si je suis devant, mais malgré tout je ne suis pas très rassurée de voir le canon de l’arme pointé vers moi. Je me ramasse sur moi-même, me faisant la cible la plus petite possible, espérant qu’il sache bien viser. Dans un même temps, quelqu’un s’écrit ‘lui là, c’est un vampire ! Un vrai vampire !’ ce qui affole certains des types armés tournant leurs armes vers l’homme qui a répandu sur le sol des boyaux sans mal. John a son fusil vers nous, d’autres sont tournés vers le vampire.  Les coups de feu retentissent en même temps dans un fracas infernal.
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Dim 5 Déc - 19:41 (#)



Nisroch's Night Out

«       La fête des morts, c'est tous les jours. » - Georges Brassens

Le désordre ambiant offre au vieux barbare des réminiscences de mises à sac et d’œuvres de destruction. Son cœur accélère son rythme, on pourrait presque dire qu’il se réveille de sa torpeur induite par les siècles. Les cris la panique, le sang… Pour ce prédateur issu de l’Enfer, il s’agit d’un beau spectacle, qui semble approprié pour une nuit où les humains cherchent les sensations fortes.

En guise de représailles, le vampire fait de l’imbécile qui a cru bon de se servir de lui comme bouclier un encas supplémentaire. Autour de lui, les bousculades et les cris continuent. Plusieurs monstres attendent massées autour de lui que le prédateur ultime leur abandonne ses restes. L’impertinente, perdue dans les brûmes induites par le venin de la Morsure, ne se sent même pas partir, écartelée par ces mains avides.

Nicola s’éloigne sans un regard en arrière, fendant la foule d’humains et de monstres sans mal.

Les autres abominations dans cette pièce ne sont pas à son niveau. Leur bestialité est dénuée de toute trace d’intelligence. Elles sont motivées par une faim qui semble impossible à rassasier, peu importe le nombre de victimes qui tombent sous leurs griffes et leurs crocs, déchiquetées ou écartelées.

Ces jours-ci, la culture populaire les qualifie de zombies. Elles sont animées par le goût de la chair de ce qui était leurs semblables quelques minutes auparavant. Dans un autre temps, plus ancien, où les vrais américains vivaient sur leurs terres ancestrales, , on les aurait appelé Wendigos.

Des choses abjectes, parodie d’êtres humains, motivées par la faim, tuant et dévorant toute vie autour d’eux. Plus longs, plus fins, plus maigres. Osseux. Nicola a croisé le chemin de certains d’entre eux. Des squelettes pas tout à fait décharnés, pire encore que l’état dans lequel il s’était retrouvé lors de la lente agonie en Amérique du Sud. Certains subissaient les effets du temps. Des lambeaux de peau manquaient, des os saillaient aux articulations, des cartilages manquaient, comme le nez ou les oreilles. Certaines dents tombaient, laissant des trous étranges et inquiétants dans leur dentition.

Ces choses redoutées et redoutables ne lui avaient jamais accordé d’attention Parfois, comme les vautours, elles nettoyaient ce qu’il abandonnait derrière lui. Parfois, il leur fournissait leurs proies.
Ce soir d’Halloween, il assiste à une nouvelle scène de festin, pour laquelle il n’y es pour rien. Cest wendigos du 21e siècle sont plus courtauds et dodus que leurs ancêtres mais la même faim dévorant les aime. C’est étrange qu’ils soient présents au sein d’une ville. Ces créatures, dans son souvenir, évitaient la lumière, même artificielle.

L’odeur de sang est omniprésente, l’Ancien en a la tête qui tourne. Il met ça sur le compte du manque d’habitude : cela fait longtemps qu’il ne s’est pas retrouvé au milieu d’un tel massacre. Il évolue dans une sorte de torpeur imbibée, avançant encore et toujours vers les portes malgré les coups de coude. De temps en temps, il se surprend à esquissait le geste très humain de secouer sa tête pour reprendre ses esprits.

Le sang ingéré bat douloureusement à ses tempes. Une bousculade plus brutale le plaque contre un mur, la joue gauche écrasée contre la surface dure et froide, puis le relâche. Nicola ne parvient pas à garder l’équilibre, il glisse au sol alors que sa vision se trouble et qu’une sueur froide coule le long de son front et son dos. Autour de lui, il entend des bruits de fusillades, qui recouvrent un instant les cris de terreur. Il sourit, puis se tord brusquement de douleur , une bile amère envahissant sa bouche, et vide ses tripes à côté de lui.

Le vampire huit-centenaire est probablement sauvé par cette faiblesse inopinée. Aucune balle ne déchire ses chairs alors que le contenu de son estomac se mélange au sang et aux morceaux humains sur le sol. Oh, il ne s’agit que de sang bien sûr. Tout ce qui se tient debout autour de lui est fauché.

Il y a définitivement quelque chose de louche ce soir.

Un silence de mort règne dans la pièce. Les survivants de la fusillade sont sous le choc. Quelques râles montent peu à peu, émanant des blessés et des zombies. Nicola a les yeux fermés, le teint blême et les muscles parcourus de spasmes. Il essuie avec peine le sang autour de sa bouche, tachant sa chemise ironiquement blanche.

Il a le sentiment que sa tête va exploser. C’est en grimaçant qu’il rassemble ses forces, rouvrent les yeux et prend appui contre le mur pour se lever. La faiblesse qui l’a envahi est tout à fait surprenante. Il n’a ressenti quelque chose de similaire que lorsqu’il a tenté de consommer un aliment. Rien que de s’en souvenir le rend à nouveau malade et le fait vomir à nouveau. Les survivants, sonnés, observent avec répulsion le spectacle d’un vampire pris de haut-le-coeurs.

Une voix de crécelle dépasse les gémissements et les supplications. D’autres regards se posent sur lui. On parle de monstres. Il correspond à la description, non ? Malgré sa faiblesse, un sourire sarcastique se peint sur ses lèvres. Maculé de sang, les crocs et les griffes apparentes, Nicola pourrait être pris pour un de ces vampires au rabais.

Enfin, jusqu’à ce qu’un homme se lève et le pointe du doigt en l’accusant d’être « un vrai vampire ». L’ancien le fusille du regard. Si on commence à susciter la haine pour les vrais monstres respectables, cette soirée va définitivement être plus sanglante que ce que ce début laisse présager.

Heureusement pour lui, sa faiblesse joue en sa faveur. Quelqu’un répond à l’homme que « C’est un déguisement, connard ! ». Maintenant qu’il le regarde, l’homme qui répond est déguisé en vampire, effectivement. Il s’est senti visé par l’accusation alors que c’était de l’Italien qu’il s’agissait. Les gens partent du principe qu’un vampire ne peut qu’être au sommet de sa forme, assez en tout cas pour prendre sa propre défense et réfuter des accusations. Les soupçons se dirigent vers l’humain déguisé en vampire.

Nicola en profite pour rejoindre les portes, évitant avec soin d’attirer l’attention sur lui, qu’il s’agisse des hommes armés ou des civils pris au piège. L’idée est de s’emparer d’une de ces mitraillettes et de se frayer un chemin pour retourner chez lui. Un plan simple, efficace et concret.

Un autre étourdissement le stoppe, il appuie son épaule contre le battement de porte. L’air de dehors, si proche, est chargé de sang et d’effroi. Il ne peut pas encore voir ce qu’il se passe à l’extérieur, mais quelque chose lui souffle que c’est tout aussi glorieux que ce qui se passe dans ce bar.

Une main lourde se pose sur son épaule.

- « Tu tiens debout ? Il s’est passé quoi ici ? - l’interroge un homme armé et harnaché.
- « Eh… Dieu si je sais… Les gens se mangent entre eux, littéralement.
- « T’es dans la merde mon vieux. Va y avoir un lynchage de monstre en direct, je le sens. Tu peux pas planquer ça ? - demande-t-il d’une voix dure en désignant d’un geste de la tête les griffes sur ses mains. Nicola hausse les sourcils, pris de court, puis sourit.
- « CESS ?
- « Yep’, et j’ai été suffisamment con pour penser que je pourrais défendre les humains. J’suis avec les anti, ils n’ont pas compris encore, mais le moment où les deux neurones connecteront, faudra se barrer vite.
- « Je crois oui, les mitraillettes ont fait du beau nettoyage… C’est comment dehors ?
- « Pareil. Plus de gens qui courent.
- « In somma, una notte di merda per tutti. Grazie.
- « Heu… De nada. »

Les deux hommes échangent un regard de connivence. Nicola soupire et jette un coup d’œil en arrière, dans la salle.

- « Je conseillerai d’allumer des torches. Ces trucs ressemblent à des choses que j’ai déjà connues. Mais si vous le faites, je ne traînerai pas dans le coin.
- « Sinon je pensais à une approche méthodique, une balle dans la tête de chacun de ces trucs. Tu restes pour ça ? »

Nicola écarte les mains. Il n’a pas d’armes. L’autre lui fourre un revolver dans la main droite. Eh bien, le problème est résolu. Il aurait préféré un fusil, cependant, le moment est mal choisi pour faire la fine bouche. Et le bref moment de calme halluciné est en train de toucher à sa fin. Calmement, l’Italien arme et vise.

Son premier tir touche en plein front un des zombies. Il déclenche aussi une nouvelle fusillade chez les nerveux de la gâchette.


Codée par Eli-Ls

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Dim 12 Déc - 11:28 (#)
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Le Titty Twister, Halloween special
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C
omment tout a pu dégénérer si vite ? Comment as-tu pu perdre en si peu de temps la moindre once de contrôle acquise pendant cette désastreuse soirée ?

Le véritable enfer débuta quand, ton attention doucement bercée par la voix sibylline d’Ashley, tu négligeas quelques courts instants seulement de surveiller les environs du bar en proie à l’informité du chaos. A peine quelques secondes d’inattentions, pendant aux lèvres d’un démon dont tu ignorais tout de la nature et à qui tu aurais cédé ton âme sans la moindre hésitation, c’est tout ce qui aura été nécessaire à cette putain de bande de putains d’enfoirés pour faire la pire putain d’erreur de leur putain de vie. Putain.
Tu entends tout d’abord un bruit sourd, bien plus fort que tous les cris de terreur et d’agonie qui s’élevaient sans discontinuer dans l’air étouffant de l’établissement. Des coups de feu, à à peine quelques mètre de toi. Pendant un moment, de douloureux acouphènes t’empêchent d’entendre le moindre autre son et ils couvrent même pour toi le bruit de ton cœur se brisant en un millier de morceaux devant la vision tout bonnement infernale dont tu n’as pas eu la chance de pouvoir détourner le regard. Ton visage se décompose à mesure que tu réalises que le tas de viscères fumantes et noirâtres qui orne le tabouret devant toi est tout ce qu’il reste d’Ashley. La vision est répugnante, méphitique, à l’image de l’odeur qui émane du cadavre dont tu ne peux pas encore détourner tes yeux humides.

« Ashley.. ! »

Ta voix tremble, à peine audible, prisonnière d’une gorge serrée par l’effroi, le désespoir et la colère. Dévasté par une douleur purement psychologique, ton regard se fait vide et au creux de ton ventre, une boule de déchirement, comme si tu avais toi-même pris une de ces balles assassines. Tu ressens le besoin, peut-être inconscient, de faire souffrir le monde autour de toi tout comme tu souffres en ce moment même. Tout ça, ça n’est la faute que d’une seule personne. Un seul et unique être de Mal à l’état pur sans qui rien de tout cela ne te serait arrivé. Une personne pour qui ta haine ne connaît aucune borne. Cette personne, tu la tiens fermement immobile tout près de toi. Le regard à présent plongé dans le vague, ton étreinte se fait bien plus autoritaire et tu as l’intention de la blesser bien plus que seulement la maîtriser. Si ses paroles t’avertissant malgré elle du danger imminent qui te guettait soudain ne t’avaient pas sorti de ta transe vengeresse, tu lui aurais sans doute luxé l’épaule ; mais Anna n’aurait jamais dit non à un peu de luxe.
Or, l’alarme est sonnée, et tu vois à présent clairement l’homme qui vous fait face, fusil braqué sur vous. Tu lis sur son visage l’intention de tirer, et il doit sans doute lire dans le tien toute la haine qui te dévore. Anna, même pas capable de laisser tomber sa fierté même au prix de sa propre vie ; si cet homme n’avait pas été là, elle aurait eu raison, tu l’aurais jetée en pâture à ces créatures tout droit sorties des enfers, tout comme elle a essayé de le faire un peu plu tôt avec toi. La seule différence, c’est que toi tu aurais réussi.

Et puis, tout s’enchaîne bien trop vite. De nouveaux coups de feu sont tirés, de nouveaux acouphènes t’assourdissent. Tu clignes des yeux, toujours en retenant ta traînée de cousine contre toi malgré tout le dégoût qu’elle t’inspire, et tu retrouves l’homme au fusil écroulé à terre, renversé par la marée humaine qui n’a cessé de se déchaîner pendant que vous improvisiez une mauvaise scène de western. Il a pourtant eu le temps de tirer une balle. Comment le sais-tu ? La réponse est simple, tu la sens. Là, quelque part dans ton bras, elle est logée dans ta chair comme une invitée indésirable. Mais comment a-t-elle fait pour t’atteindre ? Entre le canon du fusil et ce bras maintenant mutilé il y avait… l’épaule d’Anna. Se pourrait-il qu’elle aussi ait souffert du coup de feu ? Une réponse positive apporterait un réconfort tout à fait bienvenu dans ton cœur plus que jamais meurtri par les événements, et un analgésique de circonstances face à la douleur que l’adrénaline peine à masquer.
Tu n’as cependant pas le temps d’examiner en détail la moindre tâche de sang qui macule le vichy bleu de ta robe. Il n’y a plus qu’un seul mot d’ordre pour toi ce soir : fuir. Fuir assez longtemps pour te permettre d’assouvir cette toute nouvelle vengeance qui vient de prendre la première place de ta liste.

Alors, tu décides de te libérer du poids inerte qui te retient encore sur ces planches. Cette cousine qui, même à l’orée de sa mort aura toujours tout fait pour te nuire, il est temps de lui rendre la pareil. Un bras en moins n’est pas suffisant, elle doit souffrir le double de tes peines, au moins. D’un geste cristallisant la quintessence de ta rage, tu lui assènes un violent coup d’escarpin rouge brillant juste au creux de sa rotule pour la faire choir devant toi.
Te redressant de toute la hauteur et faisant fi de la douleur, tu regardes son dos et l’orifice laissé par le passage de la balle censée lui être salvatrice. L’œil brillant d’un éclat rouge de rage, tu déclames d’une voix froide comme l’acier, presque robotique :

« Je reviendrai. »

Et tu en as bien l’intention. Ce qui s’est passé ici ce soir ne restera pas impuni et tu te feras la garante du lavage de l’honneur de la mémoire de feue Ashley l’innocente, abattue avec une froideur inhumaine par ce John.
Mais l’heure est actuellement à la retraite. D’un coup d’œil vif, tu repères un coin du bar épargné par les bris de glace et tu te jettes derrière en t’aidant de ton bras encore intact pour t’aider à sauter par dessus. Tu manques d’atterrir sur la fameuse cousine de feue ta bien aimée, cachée derrière un fut de bière ayant miraculeusement survécu au début de la fusillade. Étonnée et accablée par la douleur, tu décides, certes un peu malgré toi, de marquer une escale derrière le comptoir aux allures de fromage suisse.

« T’es encore là toi ?! »

Qu’elle réponde ou pas, ça n’est pas vraiment ton plus gros soucis à l’heure actuelle. Ce qui l’est, c’est le filet de sang encore ininterrompu qui s’échappe de ton biceps. Il faut faire quelque chose pour ça, sinon tu finiras par caner d’une mort lente et pitoyable avant même d’avoir pu accomplir le moindre début de vendetta. Il en est hors de question.
En serrant les dents, tu arraches alors une longue bande de tissu des volants de ta robe bon marché et, en les serrant encore plus, tu l’enroules autour de ta plaie pour constituer un garrot de fortune, t’arrachant au passage quelques larmes saturées en sel. Adossée au bois poisseux et imbibé d’alcool du bar, tu fermes les yeux pour essayer d’y voir un peu plus clair – ironique, certes – et tenter de trouver un moyen de sauver ta peau. La seule sortie est bouchée par une barricade de débiles mentaux finis à la pisse d’âne tirant sur le moindre corps s’approchant trop près, et la seule personne qui aurait pu vous guider loin d’une fin minable et prématurée a elle-même subit un sort bien trop prématuré. Mais attends une seconde, elle t’a déjà guidée dans le Titty Twister auparavant ! Quelque part, dans le fond de la salle, il y a une galerie de couloirs et un dédale de pièces mystérieuses ; sans doute l’une d’entre elles mène vers l’extérieur. Le voilà, ton salut ! Tu remercies encore la mémoire d’Ashley, un véritable ange parti trop tôt.

« Bon, écoute, on a l’air d’être dans le même camp toi et moi. J’ai peut-être un moyen de nous mettre en sécurité. Si t’as pas envie de mourir, tu peux essayer de me suivre. »

Tu n’attends pas sa réponse, qu’elle vienne ou pas, ça t’est égal. A vrai dire, tu lui as proposé ça parce que tu penses qu’elle pourra peut-être être utile en cas de pépin, sans trop encore savoir comment.
Accroupie, tu longes alors le long comptoir de bois en évitant les bouts de verre jonchant le sol humide et en enjambant le cadavre fumant d’une de ces créatures de cauchemar crevée en plein milieu du passage. Tu passes ensuite le portillon à battant qui sépare le bar du reste de la pièce et retrouves le mur criblé d’impacts de balles pour lui aussi le longer dans la direction opposée à la sortie. Bientôt, tu te retrouves proche d’une porte discrète dont l’écriteau « privé » décore le sol devant elle. Ton regard tente alors de s’attarder sur la pièce pour dresser un état des lieu de la situation. Qui te suit, qui est encore vivant, qui est encore en état de tuer. Tes yeux s’attardent alors sur une silhouette malheureusement bien connue. Un vampire huit fois centenaire qui t’a déjà fait le plaisir de te balancer à tes ennemis par pur esprit de contradiction. C’est un fourbe, un vil, un égoïste et tu ne peux aucunement lui faire confiance. Mais c’est aussi de loin la créature la plus dangereuse actuellement présente dans la pièce, et ça te ferait mal de te passer d’une aide aussi précieuse. C’est donc à contrecœur que tu l’interpelles en désignant la porte juste derrière toi, lui qui se trouve à seulement quelques mètres de toi.

« Nicola, par là ! Magne ton putain de cul ! »

Encore merci à l'adrénaline de te permettre autre chose que de te rouler par terre de douleur.

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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
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En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

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You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
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You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand


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Jeu 16 Déc - 23:35 (#)



Cette soirée est cauchemar, aurais-je dû me dire. C’est faux. Certains moments de ma vie avaient été pires que cela. Je notais silencieusement de m’apitoyer sur moi-même plus tard.

Enfin, si cela arrivait. Et pour cause, en l’espace de cinq petites minutes, la salle du Titty Twister était devenue une zone de guerre. J’ai risqué un coup d’œil vers l’extérieur, à ma droite où les impacts de balles avaient laissé une large crevasse dans le bois autrefois bien entretenu du bar. Deux femmes se bagarraient confusément, apparemment en plein différend familial, au beau milieu du chaos régnant en maitre partout autour. Des coups de feu hasardeux se disputaient aux hurlements déments des créatures, au rythme des giclées de sang qui repeignaient les murs d’un nouveau thème carmin.
L’odeur était atroce. Les relents acres des litres d’hémoglobine déversés se mêlaient aux contenus des intestins percés, surmontés du charmant parfum de feu Ashley ; les œufs pourris cuisinés au métal chauffé. Je suis retournée m’abriter, le couteau dans la main. À deux mètres de là, la dispute de bonnes femmes a été violemment étouffée par une nouvelle rafale d’armes automatiques, qui a aussi arrosé la zone jonchée de cadavres où se massait les créatures. J’ai entendu des braillements de douleur inhumain, qui sonnaient comme le crissement d’une fourchette dans une assiette.
Mes dents ont résonné en chœur. Mes futurs acouphènes aussi. J’ai cherché vainement à ma droite, puis à ma gauche où gisait le cadavre puant, une bonne idée pour fuir. Putain de putain, il doit bien y avoir une sortie de secours, ai-je essayé de réfléchir. Comme j’envisageai de ramper entre les bris de verre et les flaques de matière poisseuse, l’éclat d’une robe bleu pétard a traversé mon champ de vision ; Dorothy Gale s’est réceptionnée juste à côté de moi, avec un air de pitbull enragé à qui on aurait dérobé son jouet favori. La voilà qui me jette son sarcasme à la tronche, comme si nous avions élevé notre humour ensemble, et que la soirée n’était pas déjà suffisamment merdique comme ça.

« Qu’est-ce que tu crois, j’attends ma putain de vodka-citron là, » ai-je grogné, guère d’humeur pour un concours de vannes.

L’ironie douteuse mise à part, Dorothy n’avait pas la forme. Un généreux filet de sang s’écoulait de son bras, quand ses traits étaient manifestement tordus par la souffrance, à en croire les larmes qui coulaient sur ses joues crispées. Là aussi, ça ne m’a fait ni chaud, ni froid. J’ai eu une prière rapide pour mon empathie morte et enterrée depuis un certain mois de Janvier. Sa tombe côtoyait alors mes rêves et les ruines d’une humanité factice, qui ne valait guère mieux que les créatures hurlantes se déchainant derrière le bar. J’ai chassé cette nostalgie bizarre, et j’ai reporté mon attention sur la fausse rouquine qui entortillait approximativement son jambon saignant dans un bout de tissu.

« Super. C’est quoi ton plan ? Un abri anti-nucléaire au moins, parce que… Hé ! »

Cette nana était aussi énervante que moi. Je n’avais même pas eu l’opportunité de finir ma réplique, que Dorothy version Walmart s’était levée pour m’enjamber, louvoyer entre les éclats de verre et passer le cadavre dégueulasse. Je n’ai pas réfléchi longtemps. Le fût de bière derrière moi avait beau s’être révélé un ami fidèle, je ne me sentais pas encore prête à entamer une relation à long terme. Je me suis redressée d’un bloc, le couteau à la main et le dos courbé sous la limite du comptoir. J’ai suivi ainsi l’autre fille devant moi, en m’appuyant sur les morceaux de verre sans y prêter attention.

Je ne risquais pas de me couper les doigts de toute manière. Merci la généalogie.

La rumeur d’une monstrueuse bousculade s’est intensifiée. En traversant la tranchée du bar passée à la mitrailleuse, j’ai entraperçu une marée humaine qui se déversait de la sortie dans le chaos le plus total. Quelque part, au milieu de ce merdier, les tireurs du dimanche avaient fort à faire pour éviter de se faire déborder en tous sens par leurs propres compatriotes américains, qui cherchaient à se réfugier derrière le second amendement de la constitution. Je ne me suis pas attardée pour mesurer la réussite du patriotisme. Devant moi, Dorothy s’était faufilée au-delà de la protection sommaire du bar, puis contre un mur réduit à l’état de gruyère, et s’était précipitée vers une porte privée.

J’ai inspiré un grand coup, et je l’ai suivi à toute vitesse.

Les vociférations ont brusquement redoublé d’intensité. Durant ce court instant à découvert, j’ai levé brièvement les yeux vers la sortie principale où une nouvelle vague de créatures, sûrement venues de l’extérieur, avait forcé la masse compacte de fuyards bloquant le passage. Les monstres avaient sauté par-dessus la foule, parfois carrément dessus, et même au milieu des humains en panique, en plaquant certains sous leurs poids. Des néons brisés s’étaient éteints progressivement, plongeant la scène dans une pénombre croissante, alors que la cohue se bousculait et se piétinait d’elle-même.
Je n’apercevais même plus les tireurs dans ce chaos. Je ne suis pas restée pour les chercher. Dorothy s’était arrêtée devant la porte estampillée du mot privé, et hurlait après un certain Nicola, par-dessus le monstrueux vacarme qui régnait dans la salle. Je n’avais aucune envie d’attendre les retrouvailles. Le bain de sang était bien trop proche à mon goût et l’attroupement de viande paniquée bien trop nombreux aussi ; l’idée d’être piétinée et étouffée dans cette masse mouvante m’a semblé être une mort bien laide. Je me suis redressée vivement, et j’ai foncé rejoindre la rouquine à côté de la porte.

« Magne le tien plutôt, Dorothy ! C’est pas le moment d’appeler la putain de famille. »

Je me suis jetée sur la porte. Tant pis pour la politesse. Le battant n’était, fort heureusement pour notre survie, pas verrouillé, et je me suis aussitôt retrouvée au début d’un long couloir. Les lumières chiches de néons de secours éclairaient une moquette rase et satinée, qui revêtait tous les murs et étouffait déjà les bruits extérieurs. Une enfilade d’autres portes était visibles au loin, mais aucune sortie directe n’était en vue, quand un angle brusque du corridor masquait le reste des coulisses.

J’ai regardé derrière moi, histoire de savoir ce que faisait ma camarade d’infortune.

L’idée d’aller carrément la repousser et me barricader derrière la porte me traversa l’esprit, mais je n’avais rien sous la main pour en bloquer le battant. Qui plus est, l’atmosphère morte et silencieuse qui régnait à l’intérieur de ces coulisses, comme une épée de Damoclès, ne m’inspirait qu’une confiance très relative. Partout autour de moi, les ombres des murs m’ont semblé trop épaisses, presque mouvantes sous l’éclat blafard et verdâtre des néons, à la manière lente d’une respiration saccadée. La sensation malsaine d’être épiée s’est soudainement faite pesante, et j’ai jeté un coup d’œil anxieux dans la direction du couloir obscur, qui m’a paru alors interminable.

J’ai eu un sale, vraiment très sale, pressentiment.

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Anna Janowski
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Mar 21 Déc - 8:22 (#)

Le coup de feu éclate, un instant de choc dans un esprit qui ne réalise pas encore la blessure. Les yeux écarquillés face au canon pointé dans notre direction alors que d’autres détonations caractéristiques emplissent la pièce à mesure où les personnes armées tirent sur les monstres. La panique, et la foule qui submerge les seules personnes efficaces pour arrêter nos agresseurs. Une douleur vive me vrille l’arrière du genou, me faisant céder et tomber. Une souffrance aigue me transperce l’épaule et un seul coup d’œil me suffit pour voir le sang qui imbibe peu à peu mon costume au niveau de l’épaule. La cousine qui file tandis que je lui hurle avec une voix et un visage déformé par la rage :

« Non, c’est moi qui te retrouverai ! »

Et je te ferai payer pour cette offense. La colère recule un peu à mesure où la douleur de la plaie par balle se fait sentir, pointant à travers l’adrénaline. Je porte ma main à ma blessure comme par instinct mais la retire aussitôt, couverte de sang. Dans la pièce, de nouveaux coups de feu plus épars se font entendre, éliminant peu à peu la menace intérieure. Un des types portant une arme et une veste militaire par-dessus sa tenue de bouseux du bayou passe à proximité. Je l’appelle en haussant la voix par-dessus les derniers bruits de lutte :

« Vous, là, aidez-moi ! »

Le regard du type se pose sur moi toujours au sol et son regard s’illumine en me voyant, peut-être en me reconnaissant. Il appelle deux de ses potes parmi lesquels le tireur. Le premier gars, qui a l’air un peu moins stupide que les autres, va chercher une bouteille de vodka et de quoi faire un pansement pendant que l’autre un peu trop jeune pour tenir une arme à feu, entre la gêne et l’excitation comme un puceau maladroit, me dit qu’il faut découvrir la plaie pour la soigner. J’enlève le haut de la combinaison dragon dévoilant ma robe de déesse grecque souillée et le jeune paumé m’aide à attacher les deux manches violettes autour de ma taille pour que le bas de la combinaison continue de tenir en place. John pose un genou à côté de moi tandis que derrière lui le calme est revenu, juste brisé par quelques voix hystériques et des coups de feu épars.

« J’suis vraiment désolé m’dame. Je visais l’autre. C’est sans doute le flingue qu’est pas bien réglé… » Mais oui, bien entendu… Je me retiens de lever les yeux au ciel, il me semble évident que je vais avoir besoin de lui et de sa petite bande de dégénérés pour mener à bien ma vendetta. Et pour survivre aux monstres aussi. On m’octroie quelques soins sommaires et le gentleman qui m'a soigné, et semblant moins stupide que les autres malgré son allure douteuse, pose sur mes épaules sa veste paramilitaire qui vient cacher la tâche de sang. « Ça devrait aller, la balle est ressortie et on a pu arrêter le saignement. » Il se penche pour découvrir un holster attaché à sa cheville et en tirer une arme de poing et me la tendre la crosse en avant. « Vous savez vous en servir ? » Un sourire mielleux et mauvais se peint sur mes lèvres. « Bien sûr. » D’un geste entrainé par de nombreux séjours à un stand de tir, je prends l’arme, éjecte le chargeur pour voir de combien de balles je dispose et le réengage avec fermeté. Je parviens à me relever à la seconde où la porte d’entrée cède sous une marée humaine et inhumaine. On aurait dû barricader ces portes pour être en sécurité. La milice improvisée essaie de ne pas se laisser renverser et de repérer les nouveaux monstres afin de les abattre. Le gars qui m’a soigné et l’ado dégingandé arrivent à me faire reculer vers le bar. Une ombre rendue floue par sa vitesse s’est projetée en l’air par-dessus la foule avant de retomber sur John, le clouant sous son poids. La bête commence à planter ses dents déformées dans la chaire de mon client tandis que celui-ci hurle en lui vidant son chargeur à bout portant dans la tête. Pas le temps de m’intéresser à l’issue de cette lutte, il faut fuir.

« Y a une porte, là-bas. »

Le gars un peu moins con montre une direction et je reconnais la tenue caractéristique de la connasse à qui je dois la blessure par balle qui me vrille de douleur. Mon poing se resserre sur la crosse de l'arme que l’on m’a donné. La colère me vrille l’esprit et je braque l'arme vers elle dans une position longuement exercée à l’entrainement. Je crois que c’est la première fois que je tire sur quelqu’un. J’appuie sur la gâchette et le coup de feu retentit, s’ajoutant au vacarme ambiant. La balle loupe sa cible et vient s’ancrer dans le battant de la porte. Le léger recul me secoue suffisamment pour ranimer la douleur de ma blessure dans un gémissement de souffrance. Je me tourne vers mes deux nouveaux acolytes et leur dis :

« Il faut qu’on aille se planquer là-bas, mais il faut faire attention à elle. Elle est dangereuse. Elle est avec eux ! » Le plus âgé des deux appelle ses potes armés en leur criant : « Les gars ! Faut aller par-là ! Et tirez à vue sur Dorothy Gale !
- Quoi ?
- Enfin sur la meuf déguisée en Dorothy Gale.
- Ah, ouai, c’est plus logique… »

Heidi disparait dans le couloir et nous la suivons, moi et mon escorte, fuyant les monstres, pourchassant la méchante sorcière de l’ouest. Derrière nous le chaos est total. Le sang imbibe le sol et les cadavres s’amoncellent. Certains des miliciens n’ont pas survécu, mais il en reste un nombre suffisant. Je me retrouve à la tête de ce qui me semble être un commando bien armé mais désorganisé et moyennement entrainé. Je sens ma plaie par balle pulser à la cadence de mon rythme cardiaque. J’espère ne pas me vider totalement de mon sang avant d’avoir répandu celui de ma très chère cousine. Il est hors de question que je lui offre la joie de me voir mourir la première.
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Dim 23 Jan - 19:30 (#)



Nisroch's Night Out

«       La fête des morts, c'est tous les jours. » - Georges Brassens

C’est un massacre comme il les aime. Il a des armes à eu et des cibles non-humaines sur lesquelles décharger les balles. Nicola vise et fait mouche une deuxième fois, malgré la panique qui secoue à nouveau les gens coincés dans la salle. Ils s’agitent dans tous les sens, ne comprenant pas que cette terreur est ce qui leur coûte la vie.

Il y a une sorte de reflux, qui suspend momentanément les tirs. Les personnes qui sont parvenues à atteindre les sorties reviennent avec de grands cris, poursuivies par d’autres cannibales affamés. Le maigre espoir qui se maintenant parmi les survivants est soufflé par le vent chargé d’un parfum cuivré, qu’il n’y a bien que Nicola pour apprécier. Celui-ci se tourne vers les portes et fauche les monstres les plus proches de son compagnon d’infortune.

- « Comment tu reconnais les zombies aussi vite ? » - demande son acolyte du soir, sûrement soucieux de ne pas être responsable de victimes innocentes. Pour peu qu’il y ait des victimes coupables.

Nicola penche la tête sur le côté et lui lance un regard équivoque. L’homme, la bouche grande ouverte, le dévisage d’un air outré.

- « Dis-moi que tu fais la distinction !
- « Mais oui, je plaisante…
- « Parce que c’est bien le moment !
- « Eh, en huit-cents ans, on apprend qu’il n’y a pas de mauvais moment pour plaisanter. Je tire sur ceux qui ont des griffes. Et puis je suis un vampire : je vois mieux que vous. - d’ailleurs, maintenant qu’il soulève ce point, il s’aperçoit que la luminosité dans la grande salle a baissé, il ne reste plus que quelques points de lumières grâce aux indications des sorties et certains spots dans le plafond.

Cette semi-pénombre donne à ce qui se déroule dans la pièce un air de cauchemar, à dominante rouge. L’Ancien prend une grande inspiration, qui se révèle assez inutile : impossible de passer outre le parfum enivrant du sang. Il claque la langue, agacé de ne devoir se passer de ce sens. Heureusement, il lui reste ses yeux et son ouïe, même si les fusillades et les cris ont passablement vrillé ses tympans.

- « Huit cents ans… J’en ai trente…
- « Ah, je suis mort vers cet âge-là, à peu près. Un peu plus, un peu moins… Difficile de savoir exactement à mon époque, y’avait pas autant de paperasse administrative. Derrière la blonde. Tire ! »

L’autre vise et appuie sur sa gâchette, criblant d’une décharge nette trois zombies à la suite. Le vampire offre un sifflement appréciateur, qui se perd au milieu des hurlements, qu’ils soient de panique ou de rage.

- « Joli tir. - crie-t-il par-dessus le vacarme ambiant, tirant à son tour. Le vieux se lance le défi personnel de ne réaliser que des tirs nets à la tête, en prenant le minimum de temps pour viser, ce qui, au vu de ses réflexes et de ses sens aiguisés, est vraiment juste un autre moyen de frimer.
- « Je suis encore sous le choc des huit-cents ans !
- « Reste en état de choc alors. - une pause marquée indique qu’il souhaiterait compléter sa phrase par le prénom de son camarade CESS.
- « Diego. »

Une voix féminine hurle alors son prénom. Étonné, l’antiquité se tourne vers l’autre côté de la pièce et cherche la personne qui s’égosille. C’est une sorte de créature à peau blanche et cheveux rouges, probablement une perruque, qui doit être sacrément bien accrochée pour être restée sur la tête de la propriétaire malgré tous ces événements, qui lui crie de se magner le cul. Nicola fronce les sourcils et plisse les yeux, son pistolet légèrement baissé. Cette femme ne lui dit rien. Elle lui désigne avec insistance une porte derrière elle, à quelques mètres, qui est encore accessible.

La voie semble être relativement dégagée, ce serait l’occasion de rejoindre la rue et de retrouver un champ d’action plus large.

Une autre femme se précipite vers le personnage qui doit probablement être inspiré d’un conte pour enfants ou d’une publicité et la force à avancer. Après un soupir, Nicola décide de répondre à l’appel. C’était clairement lui qu’on appelait, et il n’est pas assez désintéressé pour ne pas sauter sur l’occasion d’obtenir de nouveaux débiteurs. Il ne faut jamais sous-estimer les faveurs qu’on peut obtenir d’une personne se sentant redevable pour sa vie.

- « Diego, il est temps de jouer les chevaliers blancs. Suis-moi, ne me lâche pas. »

Le vieux avance à pas de loup à travers les corps, veillant à repousser d’un bon grognement bestial les neo-zombies qui oseraient se mettre en travers de son chemin tout en se tenant à couvert des balles qui vrillent l’air. Diego est sur ses talons. Il économise ses munitions grâce à l’étrange aura qu’exerce Nicola sur ces sous-vampires, qui ne se nourrissent pas que de sang.

Il semble qu’ils ne soient pas les seuls à avancer vers cette porte : un groupe armé les double. Une femme, blessée, loupe de peu celle qui l’appelait. La balle se fiche dans le battant de la porte, qui n’est pas verrouillée. Une bonne nouvelle : il n’aura pas à faire sauter la serrure. Autre bonne nouvelle : il a, apparemment, une cible humaine désignée. Un sourire mauvais se dessine sur ses lèvres.

Encore un autre moyen de transformer la figure cartoonesque en débitrice.

Il accélère l’allure autant que faire se peut, refusant de perdre de vue trop longtemps celle qui l’a interpellé, repoussant d’un geste brutal les monstres qui tentent de se jeter sur son collègue ou lui. Son avancée attire d’autres suiveurs, humains cette fois-ci.

Quand il arrive devant la porte, il s’aperçoit qu’il s’agit de l’entrée des coulisses. Le binôme féminin et le groupe qui a tenté d’avoir la peau de la rouquine s’y sont engouffrés. Ce n’est pas vraiment la sortie facile qu’il avait escompté… Diego avance prudemment un pied à l’intérieur du passage mal éclairé et murmure d’une voix grave :

- « Là aussi, ça pue la mort. Si ça se trouve, il n’y a pas d’accès à l’extérieur.
- « Il y en a forcément, il faut bien un moyen d’évacuer les artistes en cas d’incident sans alarmer le public.
- « C’est un pari risqué.
- « Des fenêtres sinon… Et même si elles sont cadenassées, ou que les portes sont cadenassées, je les fais sauter. Y’a pas encore de portes anti-vampires, non ?
- « Ni loup-garou.
- « Oh. On met de côté notre guéguerre éternelle ?
- « Tu peux garder Bella, aucun problème. - Nicola le regarde sans comprendre et Diego tente de s’expliquer en s’emmêlant rapidement les pinceaux. - Heu, Twillight ? Le film pour adolescentes avec une héroïne sans saveur, un vampire puceau et un loup-garou boderline pédophile ? Ouais, non, laisse tomber la pop-culture. Je t’expliquerai si on s’en sort.
- « Je ne suis pas sûr d’avoir envie.
- « Si, c’est obligatoire pour t’intégrer dans notre siècle. Allez, on bouge ! »

Diego prend les devants, Nicola le suit. L’ombre environnante ne gêne pas la créature multi-centenaire, bien au contraire. Ils avancent à pas silencieux et rapides dans le couloir serré, évitant les cadavres, suivis par des rescapés qui osent à peine respirer. Sans le vouloir, voilà qu’ils se retrouvent en charge d’un petit groupe de cinq personnes, sans armes.

Le vieux s’étonne de l’absence de zombies, mais c’est un signe qu’il juge positif : s’ils ne sont pas restés embusqués dans le couloir, c’est qu’il y a une sortie au bout, où ils ont pu atteindre d’autres proies.

Devant eux, des bruits de course et de halètements. Le binôme féminin doit être en tête de peloton, entre eux, les miliciens, que Nicola ne voit aucun problème à éliminer, puisqu’un des membres de ce groupe vient de tenter d’assassiner la rouquine. Il tape sur l’épaule de Diego, lui fait signe qu’il passe devant, et accélère le pas.

Prédateur ultime, il rattrape silencieusement le commando.

Sa langue se transforme, s’allonge, s’amincit, devient un fouet puissant. Celui-ci effleure simplement le cou d’un milicien resté en arrière. Il s’effondre sur un cri resté coincé au fond de sa gorge alors que ses mains s’enroulent autour de son cou. Le bruit de la chute est étouffé par la moquette et les bras du vampire, qui ont rattrapé prestement l’homme pour l’allonger au sol le plus silencieusement possible.

Les miliciens n’ont rien remarqué. Il faut dire qu’ils guettent probablement plutôt des cris d’horreur en face d’eux.

Les chairs du cou ne sont pas brûlées, mais on pourrait y voir la marque de ce filament infernal. Sans une once de pitié, Nicola l’achève d’un coup de griffe net en travers de la gorge. La casquette et les munitions de feu le milicien ne sont pas abandonnées. Il se relève ensuite, casquette sur la tête, et rejoint le groupe. Il voudrait trouver la femme à la gâchette facile avant de rejoindre la fille au déguisement qu’il n’arrive pas à replacer.


Codée par Eli-Ls

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