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I never ate rats, their head seem too big to chew (PV)

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Anonymous
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Dim 31 Oct - 19:39 (#)

I never ate rats, their head seem too big to chew (PV) Image?url=https%3A%2F%2Fstatic.onecms.io%2Fwp-content%2Fuploads%2Fsites%2F13%2F2015%2F09%2F06%2F51676350_thumbnail

Oh Foxy, little foxy
ca fait combien de temps, au juste ? Que tu n'as plus cotoyé la ville plus sage ? A te planquer dans les rues sales pour éviter de voir la crasse qui te colle aux poils, dans les ordures on peut masquer sa propre puanteur
pas moi qui le dis, juste les sens qui
ne trompent pas
oh little foxy, lil lil foxy
qu'est-ce qui se passera, quand tu fouleras les pavés plus propres ?


Je marcherai, le menton levé
Je marcherai comme si j'écrasais la totalité des vermines sous mes pieds

pas sympa de se faire écraser par soi-même


----

Le soleil brillait avec une isolante candeur au dessus de la terre où grouillaient toutes sortes de chairs munies de problèmes très répétitifs, qu'il finirait par déflagrer dans son explosion. Ca serait dans quelques milliards d'années, mais depuis lors à chaque fois qu'Hena plissait ses yeux vers le disque épinglé dans le ciel comme une règle universelle de normalité elle repensait un peu mieux aux paroles de son père, les comprenait alors : cette folie d'être en vie la menait à ne plus considérer les alentours comme une règle de société. Devoir paraître saine d'esprit aux yeux des autres était devenu le cadet de ses soucis. Elle ne faisait bonne figure que pour Archimède, évitait de croiser son regard, quand elle le pouvait, elle se disait qu'au fond des yeux on pouvait y lire le chaos bien mieux qu'entre les plis des vêtements - ces derniers, il suffisait de les repasser, qui se douterait... ? Qui se douterait ?
Que dans cette robe en jean souple, dont le bas formait des petites vagues à chacune de ses larges foulées, sous ce gilet négligemment noué autour des hanches, que dans ses tennis blanches, blanches comme neige, vivait un renard à la gueule fendue, cassée d'un très fâcheux sourire. Dans la paume de sa main, elle jouait avec un smartphone, neuf, acheté la veille. Des petits écrans dont les reflets carrés se casaient mal au fond des prunelles rondes. Dans la rame du métro, elle l'avait gardé dans sa main pour mieux observer les autres les utiliser. Un wagon, après l'autre, ils ressemblaient à des robots conscients. Le métal ou la chair, deux matières comme d'autres. Elle s'était toujours sentie en dehors de ce monde, dès lors elle n'avait jamais ressenti ce fossé aussi béant, bien trop troublant quand on était comme les autres.
Elle n'avait rien utilisé de plus que la fonction page web, l'annuaire de contacts.
Elle s'était amusée à taper son nom.
Helena Hicks, Melanie Hicks,
Hena ? Rien. Elle avait gloussé avec surprise, la tête penchée, comme on tâche de décrypter une langue inconnue, avait levé les yeux de sa besogne pour se rendre compte qu'elle avait ri trop fort dans la rame bondée. Une femme l'avait regardée, alors elle l'avait fixé à son tour, d'un sourire insolent, jusqu'à ce que celle-ci finisse par baisser les yeux vers son propre téléphone, faignant de la croire invisible. Rien qu'un petit regard fixe : c'était comme un coup de pied dans votre espace vitale. Il n'y avait que les fous pour fixer des inconnus dans la rue, non ?

Maintenant dehors, le smartphone restait dans sa main : les écrans lui foutaient un mal récurent à la rétine. Comme le principe du soleil. Toute jolie chose divertissante qui brûle par son indifférence. Elle fredonnait une musique qui jouait dans le tabac - every single day, i'm gon' make, something great, that's my way et on lui tendit un poison qui ne touchait pas son corps. Trois paquets de clopes, bien rangés dans les poches de son gilet, qu'elle passa vite fait comme une cape.
Elle se donnait le temps de fumer, plus tard. Quand il faudrait discuter... Elle se sentait légère comme un fantôme qui aurait glissé sur son corps. Le temps était clément. En marchant sur le trottoir, elle croisa : couples, hommes, familles, copines, des gloussements, doigts pointés sur le téléphone, elles la dépassèrent, Hena capta l'odeur tenace d'un parfum, un de ceux qui passaient peut-être en publicité, beaucoup de passantes sentaient cette odeur, à gauche un taxi klaxonna d'impatience, le chauffeur avait des rides d'expression marquées par la dépression latente des travailleurs forcés à l'emploi. Et Hena, elle marchait avec entrain, presque comme une gamine sortie de l'école, murmurant le nom des rues pour se situer. L'appartement de sa feu grand-mère était à de lointaines rues de ce quartier, où les bâtissent étaient plus jolies mais où on crevait tout pareil. Après le numéro six, Hena s'arrêta devant un café. Sa devanture était d'une innocence presque douloureuse. Il y avait des plantes qui séparaient les tables en terrasse, beaucoup de bois - ou comment raser la nature pour mieux l'imbriquer dans le ciment. Un sourire léger aux lèvres, Hena s'assit à une des tables, croisa les jambes sous sa table, s'adossant allègrement contre le dossier pour lever le nez vers les étages de l'immeuble. Fenêtres closes, sûrement insonorisés. Elle ferma les yeux, l'oreille tendue.
Imaginer un rat s'asseoir avec elle, ici, ça l'amusa beaucoup. Elle avait hâte.
Très hâte de le rencontrer.
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Le petit randonneur pédestre, aka Sugar Ratatouille Baby
Tyler Frisk
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Lun 8 Nov - 14:27 (#)

Le filtre de la cigarette commence à se faire bouffer pour les braises incandescentes et j’écrase le mégot dans le vieux cendrier d’un air distrait en m’arrachant à mes pensées. J’attrape le mug à moitié remplie d’un café bas de gamme mais je me rends vite compte qu’il est à présent froid et inintéressant. C’est à se demander depuis combien de temps je retourne dans tous les sens cet appel intriguant pour essayer de comprendre. Trop longtemps, probablement. Je me lève pour aller balancer les vestiges de caféine dans l’évier envahi de vaisselle oubliée, recommençant à penser à ce coup de téléphone inattendu. Pas de nom, pas d’explications, juste une voix fluette et un rendez-vous dans un café banal avec quelqu’un qui prétend savoir des choses sur ce qu’il s’est passé au Mall à Halloween. Et comme toujours quand on parle de cette nuit, je pense trop, perdant pied face à cette énigme tortueuse, ne connaissant plus qu’un sommeil chaotique qui creuse des cernes d’un autre âge. Trop de café froid, trop de nicotine pour contrebalancer le manque flagrant et terrible de réponses. Je n’ai aucune idée de qui est cette personne et de comment elle a su que je m’intéressais aux évènements d’Halloween, mais ces questions trouveront peut-être des réponses tout à l’heure. Un rendez-vous banal pour un sujet qui ne l’est pas. En attendant je me refais un autre café.


Je revérifie l’adresse notée à la va vite sur un vieux bout de ticket de caisse, ce n’est pas si loin. Je claque la portière de la voiture et me fonds dans la foule de l’après-midi, au milieu des badauds paisibles ravis de profiter d’un après-midi ensoleillé. Comme d’habitude, je me suis assuré de m’habiller dans le style du quartier visité pour paraitre d’une banalité abyssale, à la limite de l’invisibilité offerte par le manque d’intérêt des autres passants. Le jean-basket de rigueur, mais moins débraillé que pour trainer à Stoner Hill ou Mansfield. Rien qui ne puisse inquiéter ces braves gens venus dépenser leur argent dans le centre-ville. Il ne me faut que quelques minutes à louvoyer dans la petite foule pour trouver le lieu de ce curieux rendez-vous. Un café des plus standards, rien d’extraordinaire, une banalité presque tranchante par rapport aux horreurs qui se sont déroulées cette fameuse nuit et qui peut-être vont être évoquées ici. N’ayant pas plus d’indications pour trouver la personne que je viens voir, je ne peux que faire des suppositions. Je jette un œil aux gens présents, excluants les groupes et les personnes intensément plongées dans un ordinateur portable, un téléphone ou un livre aspirant toute attention au détriment du reste du monde. Une jeune fille semble attendre en pianotant impatiemment sur sa table mais se fait vite rejoindre par une autre personne. Il ne reste plus que l’étrange femme, le nez en l’air et les paupières closes. Je la détaille un instant, elle et son attitude inhabituelle. C’est elle la personne que je viens voir ? Ce n’est pas tout à fait ce à quoi je m’attendais. En fait je ne suis même pas sûr de m’être attendu à quelque chose. Je dispose de bien trop peu d’indications ou d’informations pour ça et rien n’a jamais de sens dans cette histoire. Je décide finalement de tirer l’autre chaise de sa table, faisant racler ses pieds métalliques sur le bitume dans un bruit sourd malgré mes doutes et je m’assois dessus. Au pire si ce n’est pas la personne que je cherche alors je passerais juste pour un gars étrange qui s’incruste pour des raisons bizarres. Un peu comme d’habitude, en fait. Sans même un salut et en prenant soin de ne pas parler trop fort pour ne pas être entendu par les autres clients, je lui demande de but en blanc.

« C’est vous qui m’avez téléphoné ? » Pas de politesse, pas de détour, juste un besoin à la limite du compulsif de poursuivre toutes les pistes qui pourrait lever le voile sur ce qu’il s’est passé ce foutu soir d’octobre. « Vous êtes qui ? Vous savez quoi ? »

Clairement, si ce n’est pas la bonne personne, je vais passer pour un véritable dégénéré. Mais c’est bien là le cadet de mes soucis.
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Sam 27 Nov - 0:14 (#)

Elle écoutait le bruit de la ville. Encore. Sur une terrasse, quasi tous les oubliaient. C'était devenu un métronome constant mais Hena continuait de se concentrer sur le langage des lieux. Sous forme de renarde c'était nettement plus pratique, suffisait de bouger ses larges oreilles comme des paraboles et les échos de bruits rebondissaient alors d'une façon presque satisfaisantes comme un boitier qui effectuait son message en morse. Ici, elle pencha plutôt la tête sur le côté, rangeant un pan de ses cheveux derrière son oreille, se perdant sur la respiration sismique des corps continus tout en touillant inlassablement sa tasse de café pour ajouter, à tout ce brouhaha, ce petit tintement qui tenait, cette fois-ci, de son libre arbitre... Quasi fascinée, en quelque sorte.
Elle leva ses yeux. Pas tout à fait retournée sur terre.

Puis eut un rapide sourire, très large.

— C'est moi... qu'elle répondit d'une manière un peu absente, levant après quoi sa main pour appeler le serveur. Elle avait faim, tout à coup.

« Vous êtes qui ? Vous savez quoi ? »

Elle perdit un peu pied, interloquée, lui lançant un regard interrogateur. Elle ne se formalisait pas sur le comportement des autres, plus maintenant, mais ce n'était pas très digne d'un rat de ne pas se fondre dans la masse, verbalement parlant : malgré son accoutrement passe-partout, Hena ne le trouvait pas du tout semblable aux autres, et ça, ce petit détail d'être trop différent en se nimbant d'un halo d'anonymat, sans trop bien savoir pourquoi, ça la dérangea. Les sourcils froncés, elle se contenta de parler au serveur, de sa commande :
de quoi manger ? Une salade, tout ce qui ne soit pas de la viande, pour commencer.
S'il vous plaît.
Elle ne proposa pas à l'autre ce qu'il voudrait. Ca serait de bonne guerre.
Se grattant l'arrête du nez, elle haussa des épaules après l'avoir fait macérer : elle ne voyait pas la raison, ici, de se presser, alors que les absences de réponses lui avaient semblé éternelles, pour sa part.

"— Vous enquêtez pour quelqu'un d'autre ? C'est un peu précipité, votre intro..." nota-t-elle, pouffant sans joie. Finalement elle hocha de la tête, comme si elle accédait à sa demande tout en lui faisant valoir les caprices de ses conditions : si tu n'as pas de temps à perdre, je n'en ai aucun à gagner.

"— J'ai vu des choses cette nuit qui ne concernait pas une idiote dans mon genre" un sourire, amusement amer. La tasse dans sa main, elle songea à boire, avant de poser la tasse contre ses lèvres, de rester un instant immobile, le regard dans le vide, finissant par rajouter doucement. "— les rats, les renards, les bestioles, ça ne nous regardait pas, semblerait. De ce que j'ai cru comprendre. " Elle eut un rictus qui soulignerait une blague de mauvais gout "— Apparemment, ça ne les a pas empêchés de nous utiliser."

Plus tenace avaient été ses efforts pour gommer les traits de cette nuit au Mall, plus fidèles se formaient-ils quand la fatigue l’assommait : comme des vers fins, longs, qui se tortillaient compulsivement jusqu'à dessiner un enchevêtrement d'images, à peine l'index posé dessus que les ceux-ci réagissaient : alors on avait la sensation qu'ils s'étaient infiltrés dans la cervelle, y bougeaient dedans, le genre de cauchemars difficiles à se débarrasser sans en perdre la tête. Elle plissa des yeux, repoussant ses mauvais délires. Ici, l'atmosphère était jaunie par le soleil, le café n'était pas médiocre -ne remplacerait jamais l'exhalation de miel d'un alcool aussi orange qu'une fin de journée- mais n'avait-elle pas arrêté de boire, après tout ?

"— Je peux vous parler de cette nuit mais pas pour la bonne fortune, je prends pas mon pied à frapper dans un trou rempli de rats si ça m'aide pas à avancer. "

Chanceuse d'avoir un Bart qui traînaillait entre buveurs aux langues pâteuses, elle n'en savait rien, très exactement, sur ce qu'il était. Autant c'était des conneries, tout ça, il n'était pas rat, pas détective, mais un cinglé qui brûlait des cierges à la gloire des anti-CESS. Avec les infos de Bart, on était tellement assuré de rien du tout qu'elle allumait une petite étincelle, voir si la poudre prendrait. D'une manière ou d'une autre, c'était des indices, et des attentes. Dans un reniflement machinal, elle entreprit de s'attacher les cheveux au moyen de son élastique autour du poignet, patiente ; ils poussaient trop vite, et elle avait du mal à les sentir gagner ses épaules, sensation plus que désagréable, pour une étrange raison.

"— Si vous pouvez me prouver que ma confiance va pas tomber tomber dans un puit. J'ai besoin d'y gagner quelque chose qui vaille le coup, en contrepartie, vous m'êtes utile ?"

Dans le reflet de ses yeux pas très nets, à demi éteints comme un écran réglé sur de mauvaises ondes, c'était un fond diffus de vengeance. S'il pouvait appeler à lui la peste, pour commencer, ça serait un bon début.
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Sam 27 Nov - 17:40 (#)

Après avoir confirmé qu’elle était bien la personne que je cherchais, l’étrange inconnue demeure silencieuse, semblant perdue dans ses pensées ou dans le temps, sans mot et sans urgence. Le serveur prend sa commande et s’en retourne d’un air aimable et professionnel, nous abandonnant à son mutisme. Malgré ce calme les sons de la rue nous accompagnent, le rythme régulier des pas des passants, quelques cris d’enfants plus loin et le faible tapotement de ma main sur la table trahissant mon impatience ou ma trop grande consommation de caféine. Un instant puis un autre, grignotant peu à peu ma patience déjà mitigée face à un rendez-vous des plus improbables. Elle se tait, hésite peut-être. Une prudence raisonnable, un égarement trahissant un esprit ravagé par une atteinte quelconque ou alors autre chose ? Difficile à dire. Tout semble toujours plus compliqué dès qu’Halloween rentre en compte. Peut-être à cause des faits même ou de l’état dans lequel ce souvenir me met. Et puis elle se décide. J’hausse un sourcil, il semblerait que je l’ai vexé. Il faut croire qu’un demi-sommeil, une quantité bien trop énorme de café et le rappel d’une des pire nuit de ma vie m’empêche légèrement de conserver un degré de politesse qui conviendrait à l’inconnue. Ma curiosité avide est suffisante pour m’avoir poussée à venir jusqu’ici en ayant que très peu d’informations sur elle, en soi ce n’est déjà pas si mal. J’hausse les épaules à mon tour puis croise les bras en m’appuyant sur la table.

« J’aimerai juste comprendre comment vous savez que je m’intéresse à cette nuit. »

Peu de gens le savent réellement, alors comment l’a-t-elle su ? Quelqu’un le lui a forcément dit, mais encore faudrait-il savoir qui. Et parmi les gens au courant, aucun n’est un humain ordinaire. Je la dévisage un instant, conscient que la plupart des gens normaux ont oublié ce qu’il s’est passé cette soirée d’octobre, ce qui jette un doute raisonnable sur sa nature. Elle enchaine, accomplissant l’exploit de rendre les choses à la fois plus étranges tout en donnant des informations intéressantes. Un instant interloqué, j’essaie de saisir le sens de ses propos qui sonneraient presque comme une comptine mais qui dévoilent une sombre histoire quand on les retourne en tous sens. L’attaque n'aurait pas visée les garous, quand bien même la violence avec laquelle les rats furent frappés peut jeter un doute sur cette idée. On aurait juste été utilisés comme des pions dans un jeu bien plus vaste et obscure. Ni moi ni la bête qui hante mes entrailles n’apprécie particulièrement cette idée. J’arrive à ravaler cette colère naissante en extirpant autre chose de ses quelques mots si porteurs de sens. Nous. C’est bien ce qu’elle a dit. Les rats et les renards. En une phrase aux allures cryptiques, elle semble révéler ce qu’elle est et qu’elle sait ce que je suis. Peut-être. Disons que c’est une hypothèse raisonnable. Quel est l’espèce de débile qui a vendu la mèche ? Elle reprend avant même que j’ai fini de tergiverser, abreuvant cette certitude qu’elle sait. Je n’aime pas beaucoup cette idée, mais il semblerait que j’ai besoin d’elle, qu’elle ait des informations qui pourraient faire avancer les choses. Des informations que visiblement elle est prête à monnayer en échange d’autre chose. J’hésite un instant. Comment on est censé prouver à quelqu’un qu’il peut nous faire confiance au juste ? Quelque soit la réponse à cette question, clairement je ne l’ai pas.

« Ok, visiblement vous avez des infos sur ce qui s’est passé cette nuit là et… sur d’autres choses. » Notamment cette agaçante histoire de rat qui pourtant aurait dû être un secret bien gardé. « Et je crois pas raconter trop de conneries en disant qu’on veut tous les deux comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Et pourquoi. » Ou peut être que si. Cette femme est pour le moins étrange et affirmer avec certitude que j’ai une idée de ce qu’elle veut serait une terrible erreur. « Je me trompe ? » Autant en avoir la certitude. Je me réinstalle sur la chaise, l’approchant davantage de la table et parlant de manière à ne pas pouvoir être entendu par les autres tables ou les passants : « On peut partager nos informations avec vous. Pour cette nuit-là, ou autre chose. » J’hausse les épaules. L’avantage de la Horde c’est son nombre, les rats-garous se sont infiltrés partout comme tout autant d’indics capables de se renseigner sans mal et sans attirer les soupçons sur tout un tas de sujets. Hormis ce basique échange de bon procédés, je ne suis pas vraiment en mesure de lui promettre des choses importantes de la part de la Horde, mais sait-on jamais. « Vous voulez quoi en fait ? »

Les choses seront peut-être plus simples ainsi. Le sérieux de la conversation et son fâcheux sujet tranchent avec le temps paisible et calme de l’après-midi ensoleillé. Se rappeler le carnage et le sang qui a taché les rues de Shreveport à Halloween semble presque obscène en contraste avec les quelques familles qui se baladent innocemment. Je ne sais pas qui est cette femme et ce qu’elle cherche réellement, mais les témoignages de cette nuit là sont bien trop rares pour être perdus. Ça mérite bien que je m’y attarde.
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Dim 12 Déc - 3:03 (#)

Au moins une chose qu'elle apprécia chez lui, c'est qu'il ne tournait pas autour du pot très longtemps.

« J’aimerai juste comprendre comment vous savez que je m’intéresse à cette nuit. »

"— Mh." lâcha-t-elle juste. Les sourcils froncés, elle haussa des épaules, fouillant dans sa poche pour en retirer une clope : un coup d'oeil interrogateur, et voilà qu'elle lui déposa une autre cigarette, de son côté, drôle de traité de paix entre un renard et un rat - hey, je vais pas te bouffer, c'est pas comme si je me nourrissais de rongeurs... si ? La clope au bec, elle ne put s'empêcher de pouffer, faisant tourner le briquer dans sa main tout en se laissant à divaguer un peu. Curieux. Il était foutrement curieux. Pourquoi ça lui plaisait bien ?

"— Les langues sont volubiles dans les bars. On est jamais à l'abri de rien... Mais je suis sûre que vous faites des efforts pour être digne de votre profession. Je me dis que c'est un bon moyen de faire sa pub. Passer par des clients qui ne vous recommanderont qu'à des coupables ayant des choses à se reprocher" Elle alluma sa cigarette dans chic chic assez satisfaisant à ses oreilles. Hena avait toujours aimé le chant des briquets, dans un désert, gamin, sans télévision, sans téléphone, on s'amusait avec ce qu'on pouvait, regarder la lueur paresseuse des briquets difficiles à s'allumer en avait fait partie, ça, ou les pneus qu'on aidait à rouler avec un baton, jusqu'à ce que ces derniers atteignent leur but, épisodique.

— En vrai, j'ai eu beaucoup de chance de connaître un garou qui me communiquerait vos services.

Bart, elle ne dirait pas son nom. Le secret professionnel était moins digne que les échanges de bons procédés entre anciens partenaires de beuveries et bris de verre.

Je me trompe ? Qu'il demanda

Elle hocha la tête de gauche à droite, inspirant fort pour que la fumée fuse jusqu'à ses bronches. Non, bien sûr que non. Elle était ravie qu'il soit rapide à la détente. Dans la légèreté visuelle de ce bout de terrasse, elle se sentait moins apte à prendre les devants longtemps et agir de manière censée. Il lui paraissait si jeune, et  tellement plus efficace qu'elle. L’énergie qui lui manquait s'exprimait chez ce rongeur qui avait l'air de vouloir mordre la vie de ses deux incisives.

— Ce que je veux ? demanda-t-elle, presque surprise de l'entendre à haute voix. Personne ne lui avait demandé ce qu'elle voulait après cette nuit. En dehors d'elle-même, une autre personne savait très bien ce à quoi elle aspirait : l'unique être qu'Hena souhaitait épargner. Un comble, terrible. Détachant la clope de sa bouche, Hena se laissa le temps de souffler sa fumée par les narines, le regard songeur.

— Peut-être la même chose que vous...

Elle releva ses yeux d'un bleu laqué par un voile qui n'avait rien de très humain, émotionnellement parlant.

— La vengeance. Si vous m'offrez des moyens pour jeter au feu les responsables, dans une lente agonie, je peux vous être utile, d'une manière ou d'une autre.

Irréalisable, folie de le formuler de la sorte. Ils semblaient intouchables, trop puissants pour de pauvres raclures d'animaux. A quoi pensait-elle ? Elle haussa de nouveaux les épaules.

— Ma vie étant terminée, pour ma part, j'ai décidé que mon dernier souffle ne se ferait pas en silence.

Le serveur revint avec sa commande. Hena déplia sa serviette blanche qu'elle accrocha au col de sa robe en jean. Puis, de sa fourchette, elle se perdit dans le tri des petites tomates, et des feuilles de laitue qui étaient le cauchemar des filles pendant rancard : on se coinçait ça entre les dents, et c'était le flop assuré ! Hena détestait les salades. Mais depuis, elle avait appris à avaler les mauvaises pilules, peu importe leur couleur.

— Pour le reste, sur ce qui s'est passé cette nuit, vous voulez vraiment qu'on parle des détails croustillants, ici ?

Et elle croqua dans sa feuille de laitue, ostentatoirement dans sa façon de mâcher, tout en lui adressant un sourire tout renard.
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Mer 15 Déc - 8:41 (#)

Je prends la cigarette offerte par mon étrange convive et sors mon briquet pour l’allumer pendant qu’elle explique de manière vague et singulière comment elle a obtenu ses informations à mon sujet. Ses mots sonneraient presque comme une menace dans un autre contexte, mais elle finit par clarifier les choses après avoir embrasé sa cigarette. L’avantage de la Horde représente aussi son inconvénient majeur. Beaucoup de gens sur qui compter pour obtenir des informations. Beaucoup de gens qui peuvent se bourrer la gueule dans des bars et dévoiler des choses qui ne devraient pas l’être. Je retiens un soupir d’exaspération pour continuer la conversation.

J’arque un sourcil trahissant un mélange de curiosité et de méfiance tandis qu’elle hésite sur la question de ce qu’elle veut en échange de ses informations. Finalement elle répond, et clairement elle ne veut pas la même chose que moi. La vengeance. Une vengeance cruelle qu’elle exprime avec un air que je ne saurais déterminer, mais qui aurait raison d’inquiéter ceux qui sont la cause du massacre d’halloween. Pourquoi s’imagine-t-elle que c’est là aussi ce que je veux ? Est-ce que la vengeance est censée être le but de mes recherches ? Même moi je n’en suis pas certain. J’agis bien plus pour comprendre les choses plutôt que pour punir les coupables. Pour essayer d’y trouver un sens qui allégerait le poids terrible de l’absurdité de tous ces morts. Peut-être ne suis-je qu’une exception parmi celles et ceux qui cherchent les coupables et qui ne rêvent que de nouveaux cadavres pour faire oublier les anciens. Je tire sur ma cigarette pour accompagner ces réflexions peu agréables et bien trop brutales pour un si bel après-midi ensoleillé. La vengeance n’a jamais ramené personne ou effacé les blessures, ça a même une large tendance à en causer davantage dans un cycle sans fin de violence en réponse à la précédente. Malgré tout je prends en considération sa demande. Ce qu’elle suggère, au-delà de son désir de vengeance, réclame visiblement de la cruauté pour égaler l’horreur de cette nuit. Je la fixe un instant, jugeant qu’elle dissimule bien son jeu sous une apparence qui ne laisse pas entrevoir sa vraie soif de bestialité. Heureusement, ou malheureusement peut-être, bien des gens dans la Horde font écho à ses désirs et seront ravi de tenir cette promesse-là si j’accepte de lui offrir ce qu’elle veut en échange de ce qu’elle sait. Est-ce un prix que je suis prêt à payer pour ma curiosité sur cette nuit fatale ? Le serveur revient pour lui apporter son plat qu’elle commence à décortiquer dans une scène d’une joyeuse banalité qui n’a plus rien à voir avec ce qu’elle réclamait une seconde plus tôt. Je souffle ma fumée qui se fait aussitôt balayer par le vent avant de lui répondre :

« Ça devrait être possible. »

A défaut d’enviable. Comme à mon habitude, j’arrive à masquer mes réticences personnelles sous une allure détachée. De toute façon cette histoire ne peut se terminer que comme elle a commencé, dans un torrent d’horreur. Ce serait naïf de penser qu’il puisse en être autrement. L’étrange inconnue fait remarquer que l’endroit n’est pas le plus indiqué pour discuter de cet enfer d’octobre. Je balade rapidement mon regard aux alentours, avisant le nombre élevé de passants dont les voix se mêlent dans un fond sonore déchiré parfois par des cris d’enfants. La foule qui passe à côté de notre table ne nous prête pas la moindre attention, mais elle a raison, ce ne sont pas des choses qui se discutent en public. C’est dans ce genre de moment que je regrette de ne pas avoir de vrai bureau.

« Non, c’est vrai que ce n’est pas le meilleur endroit. » J’écrase le mégot de ma clope rapidement consumé pendant notre échange dans le cendrier en métal trônant sur le table. « C’est vous qui avez décidé de venir ici, alors quoi, vous avez un endroit pas loin où on pourrait discuter ? » A défaut, on peut toujours s’inspirer de Nicola qui me fait toujours aller dans des endroits déserts et étranges pour discuter de choses que l’on préfère garder dissimulées. Il doit bien y avoir un endroit de ce type, même dans un quartier aussi animé que celui-ci. J’avise une seconde son repas, constatant qu’il va sans doute falloir patienter jusqu’à ce qu’elle ait terminé son assiette avant d’aller où que ce soit. C’est définitivement une personne bien étrange. « Enfin, quand vous aurez fini de manger. » Tant qu’à attendre qu’elle ait terminé, autant éclaircir des choses curieuses qui pourraient être moins sensibles aux oreilles indiscrètes. Je me renfonce dans ma chaise et lui demande : « Pourquoi vous avez dit que votre vie est finie ? »

Ça m’aidera peut-être à la comprendre, elle et ses explications qui sont parfois énigmatiques. Ou peut-être pas. Au moins ça nous fera patienter jusqu’à qu’elle achève de dévorer sa salade et qu’on puisse s’éloigner de la foule pour enfin se pencher sur la question épineuse qui nous a réuni.
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Dim 16 Jan - 10:59 (#)

Elle avait oublié à quel point la salade c'était dégueulasse. Mais elle était assez dans ses pensées pour négliger de faire la grimace. Elle se demandait ce qui pouvait empêcher des rats de sortir de leurs trous. Avant le Mall, elle n'avait pas imaginé qu'il en ait autant. Cette idée de rester terré jusqu'à la nouvelle vague de délire où on les ferait sortir, comme d'un chapeau magique, pour qu'ils aillent agoniser sur des parterres, la laissait franchement dubitative. A leur place, elle aurait quitté la notion des égouts sans lumière. Fiers de leur masse, ils auraient pu renverser les choses. Mais elle ne connaissait rien d'eux, après tout. Hena était aussi ignorante de son espèce que de toute autre sphère surnaturelle. Une ignorante en colère, c'était ce qu'il y avait de pire.
Elle avala de travers sa feuille de salade, sans la moindre classe :  fade et un peu amère, à l'image de ses jours, elle toussa sans pouvoir s'arrêter, poing contre sa bouche.

"— pour..quoi ?"  qu'elle essaya de dire d'une voix enrouée, les yeux humides. Elle attrapa la serviette accrochée à son cou, essayant de contenir sa toux, secouant la tête.

"— ça paraît... absurde de dire ça ?"  Si elle manquait de choix, elle avait au moins celui de sa fin de vie, non ? Elle lui jeta un coup d'oeil, sans trop comprendre. Est-ce qu'il essayait de la... saisir ? D'un geste secondaire, elle repoussa l'assiette. Assez de salade, plus l'aurait empoisonnée, elle en était sûre.
Elle s'adossa sur sa chaise, le fixant avec plus de tracas. Elle le trouvait insaisissable, dès qu'elle pensait le capter sitôt il prenait une autre tangente. Elle resta silencieuse de longues secondes à s'attarder sur son visage, comme pour essayer de décrypter une similarité floue, qu'elle n'arrivait pas à cibler. On aurait dit qu'il y avait chez les garous une clé un peu dessinée sur un autre patron, qui ouvrait une porte d'un blanc sélénique comme diamétralement parallèle à la leur : deux entrées qui se font face.

"— On trouve des raisons de vivre, puis elle s'arrache à toi dans la douleur, une à une, encore, et encore, jusqu'à un moment où tu te dis "ca suffit"  Elle eut son sourire de renarde. Puis, avec plus d'entrain, elle fouilla dans sa poche et laissa le compte.

"— Si j'étais un vampire, je voudrais rester avec des gens aussi immortels que moi. Aimer des êtres qui sont mortels, c'est augmenter le risque de ses malheurs."

Toute joyeuse, elle tapota la table en se penchant vers lui.

"— Vous n'êtes pas obligé d'être compatissant. Le temps c'est de l'argent, c'est ça, non ?"

Doucement, elle se leva, s'étira, laissant ses yeux divaguer pas loin du soleil encore haut dans le ciel. Où qu'elle allait, sa chaleur lui réchauffait la peau comme des souvenirs. Elle ne faisait pas vraiment cas des gens qui passaient à côté d'elle, du flux des passants, ils se déplaçaient à ses yeux comme des atomes poussés par le rythme automatique de la physique, en quête désespérée d'assemblages.

"— Je n'ai plus d'adresse potable. Vous connaissez un endroit tranquille et discret ?" Les mains dans les poches, elle contourna la table pour l'inviter à la marche "— ce sont pas des avances, au cas où." elle pouffa, déjà à la recherche d'une autre clope qu'elle coinça au coin de sa bouche, dans un équilibre bizarre, avant d'en revenir à lui "au fait, ça vieillit comment, des garous ?" lui demanda-t-elle d'un ton très léger, maintenant qu'elle était de son côté. Elle avait encore ce sourire un peu goguenard. Elle se demandait : ils étaient tous aussi sérieux, les détectives ?
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Le petit randonneur pédestre, aka Sugar Ratatouille Baby
Tyler Frisk
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Dim 23 Jan - 8:28 (#)

Le doux vacarme de la rue accompagne cet échange improbable qui ne vit que dans l’attente d’obtenir enfin les informations qui m’ont faites venir jusqu’ici. Une question de pure curiosité sans lien aucun avec ce qui nous a réuni. Une question qui semble l’étonner, comme s’il était parfaitement normal pour quelqu’un d’annoncer sans ciller à un inconnu que sa vie est terminée. Je hoche la tête d’assentiment, un air semblant dire ‘un peu oui’ face à sa surprise. Quoi qu’à vrai dire sa remarque semble moins absurde que légèrement suicidaire.  Pourtant elle semble réellement abasourdie de ma question qui ne me semble pas si étonnante, bien qu’un peu intrusive. Les deux seules catégories des personnes qui disent que leur vie est finie sont les dramaqueen et les personnes ayant des pensées suicidaires. Je doute qu’elle fasse partie de la première catégorie. Le silence s’étire au rythme de l’incrédulité qui apparait sur ses traits. Un océan d’incompréhension nous sépare visiblement. Sa réponse fataliste dénote de son ton qui ne l’est absolument pas. J’arque un sourcil d’étonnement.

« C’est… une vision des choses. »

Une vision extrêmement efficace pour glisser irrémédiablement dans la dépression. Il n’y a rien d’étonnant à ce que cette terrible nuit ait laissé des cicatrices autres que physiques. Maintenant que son déjeuner est terminé, elle se lève et j’en fais de même tout en parvenant à dissimuler mon impatience. Nul ne peut comprendre la frustration que c’est de se trouver face à quelqu’un qui a des réponses que l’on cherche et de parler de tout autre chose. Visiblement elle n’a rien prévu de particulier pour que l’on puisse parler. Pendant un instant je réfléchis à un endroit qui pourrait nous permettre de discuter sans entraves. Elle préfère préciser d’un air rieur que tout cela n’a rien d’avances, ce qui m’arrache un sourire en coin amusé.

« J’avais compris. »

Elle commence à marcher dans la rue et je lui emboite le pas. Nous rejoignons la cohorte de promeneurs qui semblent errer sans but. Je passe en revue les lieux que je connais par ici, mais ce n’est pas mon quartier. Il y a bien la station de tramway en ruine qui est devenue un des repères de la Horde qui se trouve dans le coin, on ne trouvera pas plus tranquille et discret mais je n’ai pas vraiment envie d’y amener des inconnus. Finalement je me résous à utiliser la facilité de la technologie moderne. D’un geste, je sors mon téléphone et ouvre l’application Google map. La petite carte sur l’écran de mon téléphone indique la présence d’un parc non loin, un endroit où on peut discuter dans un coin sans attirer l’attention et où les gens ne font que passer en se fichant pas mal des petites discussions anodines. Mon regard parcourt l’écran tandis que je fais défiler le plan schématique à la recherche d’un autre endroit non loin, mais il semble que la parc reste la meilleure option. A défaut d’autre chose, ça fera bien l’affaire. Je glisse mon portable dans ma poche et fais signe à mon informatrice en lui indiquant le chemin.

« Par là. »

On commence à marcher en direction du parc en sinuant entre les promeneurs joyeux. Tout comme elle, je récupère une cigarette en espérant que la nicotine compense mes insomnies et mes nerfs toujours un peu à vifs quand il est question d’Halloween. Sa question perçant les pépiements de la rue me surprend un peu. Je l’avise une seconde d’un air un peu étonné. N’est-elle pas censée elle-même être une garou ? Quoi que ça ne veuille rien dire. Un sourire un peu amusé me tord le coin de la bouche et je lui réponds :

« C’est une drôle de question pour quelqu’un qui dit que sa vie est finie. A moins que ce soit que de la curiosité ? » Déjà nos pas nous ont porté jusqu’à l’entrée du parc. Le lieu est plutôt grand pour un parc de ville, sans non plus être démesuré. Quelques groupes sont assis sur des bancs ou dans l’herbe. L’ensemble est plutôt clairsemé et je repère assez vite une zone déserte à proximité d’un grand arbre à l’écorce abimé et d’une poubelle débordante, donnant l’impression de vomir des ordures. Ça devrait être suffisant, à défaut d’appréciable. Je tire une bouffée de cigarette et me contente d’un vague haussement d’épaule pour finalement répondre à sa question. « En fait, j’en sais trop rien. » Plusieurs personnes de la Horde affirment qu’on vieillit plus lentement, mais je n’ai pas encore réussi à déterminer si c’était vrai ou s’ils se foutaient de ma gueule. Et je suis encore trop jeune pour en avoir fait moi-même l’expérience. « J’imagine que de toute façon ça devient de vieux cons comme tous les autres. »

Je m’arrête entre l’arbre et la poubelle, loin de toutes oreilles indiscrètes mais hélas assez proche de l’odeur putride de déchets organiques qui commencent à se décomposer. J’espère qu’elle n’aura rien à redire de cet endroit qui n’est finalement pas très accueillant. Ne lui laissant pas trop le temps de se plaindre et assouvissant enfin ma curiosité empressée, je lui demande d’un air qui n’a plus rien d’amusé :

« Alors ? Vous savez quoi sur ce qu’il s’est passé là-bas ? »
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