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One for the road || Poe

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Le petit randonneur pédestre, aka Sugar Ratatouille Baby
Tyler Frisk
Tyler Frisk
Le petit randonneur pédestre, aka Sugar Ratatouille Baby
Broken smile, tired eyes

En un mot : Rat-Garou
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Let the darkness lead us into the light

Pseudo : Ulfhe
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Jeu 25 Nov - 9:36 (#)

La devanture du motel est miteuse. La vieille peinture caille et craquèle donnant au bâtiment des allures de maison abandonnée. Le néon indiquant le nom de l’établissement projette une lumière rouge un peu trop criarde sur la rue bouffée par la nuit, surplombant sans mal les faisceaux lumineux des lampadaires fatigués et grésillant. Typiquement le genre d’endroit où une heure ou une nuit ne coute pas grand-chose et où l’on craint de se chopper des maladies dégueulasses rien qu’en s’asseyant sur le lit. La grande classe. D’après ce que j’en sais, la femme de mon client serait quelque part dans une de ces chambre avec un gars de Stoner Hill. Le bon cliché de la femme au foyer de banlieue qui se lasse de sa petite routine avec son mari bougon qui travaille dans une banque et puis qui décide un jour d’aller s’encanailler avec un gars des mauvais quartiers que ses comédies romantiques lui ont vendu comme étant ténébreux et romantique. Tout ça pour finir dans un motel minable à se faire sauter au rabais. Mais bon, chacun ses passe-temps.
Je remue dans ma voiture pour essayer de m’étirer un peu après avoir patienté pendant plusieurs heures dans le froid et dans le noir. Ma voiture est garée non loin du motel, assez proche pour voir le couple sortir mais suffisamment loin pour ne pas attirer l’attention. L’avantage de ce quartier est qu’il est facile de se planquer dans les ombres, la vétusté des installations lumineuses empêchant les rues d’être bien éclairées. J’attends la sortie du couple adultère pour prendre les photos fatidiques réclamées par mon client cocu. Les planques c’est toujours un peu nul, oscillant entre l’ennui le plus total et l’inquiétude à chaque fois que quelqu’un passe pas très loin avec la peur de se faire embrouiller par un habitant du coin qui finirait par me trouver louche, surtout dans ce quartier où il n’est pas très bon de trainer à cette heure. Ni à aucune autre heure, d’ailleurs. Je fouille rapidement dans la boite à gant et dans le bazar qui a envahit le siège passager sans trouver ne serait-ce qu’un seul truc à manger. Alors on attend en soupirant. Et on s’ennuie. Pour passer le temps je scrute chaque personne qui quitte ce fichu motel en leur imaginant une vie, observant la faune locale constituée de quelques soulards et drogués qui errent, comme on pourrait regarder des animaux à travers la vitre d’un parc animalier.
Après ce qu’il semble être une éternité, un couple mal assorti franchi la porte du bâtiment et se retrouve éclairé par la lumière rouge de l’enseigne, leur donnant un air sulfureux. La femme correspond à la photo que mon client m’a envoyée et elle est accrochée au bras d’un gars qui a la tête de quelqu’un capable de te suriner avec un tesson de bouteille en cas de bagarre de bar. Rapidement et discrètement je prends quelques photos du couple qui s’éloigne dans la rue peu accueillante. Au moins toute cette attente n’aura pas servi à rien. Je vérifie les clichés et ils me semblent suffisants pour apporter la preuve réclamée par le mari cocu. Je n’aurais plus qu’à les lui envoyer demain pour récupérer ma thune et passer à la prochaine affaire d’époux trompé ou de gamin disparu.

Le rire exagéré de l’épouse infidèle s’évanouit au détour d’un croisement et je réfléchis à ce que je vais faire maintenant. J’ai la dalle et rien à bouffer chez moi. Après un instant de réflexion, je décide de rester dans le coin pour trouver à manger et en profiter pour picoler un peu. On a beau critiquer Stoner Hill, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a toujours de l’ambiance dans leurs bars à une heure pareille. Je pars me garer plus loin après avoir décidé de me trouver un endroit encore ouvert qui sert un peu de nourriture et beaucoup d’alcool. Rapidement je trouve un bar duquel se déverse une odeur de friture grasse et épaisse ne laissant planner aucun doute sur le fait qu’ils servent à manger. La devanture est telle que ce qu’on pourrait attendre d’un bar de ce quartier, mais ça fera largement l’affaire. Dès que j’ai franchis la porte je me noie dans le vacarme ambiant et les odeurs d’alcool, d’huile, de sueur et de clope instantanément. L’endroit est rempli d’une foule de soulards qui n’en sont visiblement pas à leur premier verre. L’ambiance oscille entre le festif et les engueulades pouvant vite dégénérer. Un bar de Stoner Hill plutôt banal en fait, quoi qu’au moins dans celui-là le sol ne colle pas à mes semelles. Je me mélange plutôt bien dans la masse avec ma tenue qui hésite entre le banal et le débraillé. En slalomant entre les clients et esquivant leurs gestes trop brusques, je parviens à atteindre le comptoir du bar où il reste encore quelques places libres. Je grimpe sur un haut tabouret légèrement bancale et arrive à attirer l’attention du barman à l’air bourru qui s’approche alors.

« Salut. Une pinte et euh… de la bouffe.
- Des frites ?
- Ouai, des frites. »

J’ai trop la dalle pour être difficile. Le gars crie la commande de la bouffe à son collègue à l’arrière d’une voix grave et forte me faisant presque sursauter. D’un geste habituel, presque mécanique, il remplit une large pinte de bière et la dépose sans douceur devant moi, m’annonçant au passage le prix de l’ensemble. Le moins qu’on puisse dire, c’est que dans ce quartier au moins la bière et la malbouffe sont bon marché. Je lui file quelques billets et le barman me dit qu’il me filera les frites quand elles seront prêtes puis il retourne s’occuper d’autres clients qui réclament à cor et à cris leur nouvelle tournée d’alcool. Je commence à boire ma bière, profitant enfin d’un truc un peu agréables après près de quatre heures à me les geler dans ma bagnole. Même le bruit ambiant me semble préférable au silence tortueux de la planque. Je regarde d’un œil amusé les autres clients en me demandant de quel groupe va partir la bagarre, tout en attendant mes frites impatiemment.
A vrai dire, ce quartier n’est franchement pas si mal.
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Jeu 25 Nov - 19:39 (#)




Poe + Tyler

ONE FOR THE ROAD
C'est l'écho d'un battement de cœur qui anime ces rues enfumées. C'est un grondement mécanique qui agite les poitrines et fait vibrer les murs. L'odeur rance de sueur et de pisse ne quitte pas les bouffées d'air froid inspirées à la hâte et l'air moite colle à la peau comme une putain en sueur à la respiration haletante.
Le goudron crasseux s’effritait sous les pas du jeune homme qui avançait sans prêter attention à la foule titubante autour de lui. Ça et là, l’on entendait les murmures de milliers de voix piégées dans l’infernal quotidien qui laissait ces marginaux échoués sur les bancs de la vie, qui mettait dans leurs yeux cette étincelle de désespoir, qui faisait détourner le regard des plus fortunés honteux de leur aisance financière. La brique noirâtre des bâtiments aux alentours n’était finalement que le symbole de cette corruption des âmes, de ce malheur environnant et de cette débauche qui cherchait à effacer par ses excès la pression de la mort prochaine.

Dans ce quartier délabré, aux regards fuyants, aux mains dans les poches, aux sourires vicieux et aux rires trop forts, Poe se sentait comme à la maison.

Autour de sa silhouette longiligne claquait les pans d’une chemise d’un rouge criard, semblable au maquillage des danseuses à la jupe courte qu’on apercevait de temps à autre arpenter le trottoir de leur sourire torve. Des fleurs maculent le tissu comme autant de mouchoirs traînant au sol, comme autant de chewing-gum qui venaient ternir l’asphalte déjà sali par les pas des vagabonds de la nuit. Les cheveux blonds coiffés en arrière menaçaient à chaque instant de délaisser cette coupe de bon petit garçon pour lui préférer le chaos de mèches roses et endiablées. Sur le visage du bonhomme, un rictus sardonique venant dissuader les quelques adeptes de violence de venir en trouver vers chez lui - Ça ou le corps patibulaire qui épaulait Poe, son pas lent et lourd accompagnant celui plus agile du blondinet. L’individu dont il était question portait un bonnet et des lunettes, une lourde écharpe venait recouvrir sa bouche et son nez, tandis qu’un manteau de laine long ainsi que des vêtements sales étaient drapés sur le reste de cette grande carcasse. La chair mouvante posa ses yeux vitreux sur l’étrange et souriant personnage à ses côtés.

Tu m’as promis un verre, Marche-Mort.

Sans lui décocher un mot, Poe guida le duo dont il faisait partie vers les enseignes clignotantes qu’il apercevait au loin, laissant son étrange et silencieux compagnon toiser le videur durant quelques secondes, qui s’effaça alors pour laisser passer le petit blond, puis le grand emmitouflé.
En contemplant l’amalgame de corps se mouvant au rythme de la musique, de l’alcool et de la colère, Poe lâcha un nouveau sourire, cette fois dirigé vers son immense garde du corps.

On se fait remarquer.

Bien que les mots de son compère étaient inaudibles pour le commun des mortels, Poe lui lança un regard appuyé qui lui signalait de se taire, avant de continuer sa ronde tout en dévisageant ostensiblement les quelques curieux qui se demandaient déjà de quelle manière ils allaient pouvoir briser sa gueule d’ange. La présence silencieuse et menaçante du golgoth derrière le jeunot calma rapidement leurs ardeurs, même si certains poings s’étaient serrés sur des tessons de bouteille, ou des armes planquées. A Stoner Hill, il était mal vu de croiser le regard d’autrui, et l’on payait cet affront dans le sang, parfois. Pas ce soir, cela-dit, alors que Poe posait enfin les yeux sur un élément du décors qui faisait tâche, un détail qu’il était le seul à remarquer, une aura étrange et singulière.

J’attend encore ce verre.

Un soupire d’exaspération vint briser le masque souriant du blondinet qui, d’un signe au barman, se vit servir trois pintes d’une bière brune et un hochement de tête. Il était connu, chez certains, et même un emmerdeur dans son genre se devait de garder une bonne réputation dans les lieux neutres comme celui-ci. Un billet froissé  plus tard, et l’étrange couple se présenta fièrement à la droite de l’inconnu, Poe plaçant avec précaution une bière devant son compère, puis devant le nouvel arrivant et enfin, gardant la sienne à la main, trinquant avec les deux.

Aye, C’pas le chemin de ta tanière… Ou ton nid ? Ta cave ? Ton troupeau ? J’arrive pas à faire la différence entre vous tous, les Poilus. Enfin, Poilus, tu me comprends. En désignant le colosse coi à ses côtés : c’est Bob, l’est pas méchant, peut pas parler par contre. Donc je cause pour deux. J’suis sûr que t’as un nom à coucher dehors, qui pue la noblesse, vous en avez tous un vous les Poilus. J’dirais Balthazar, ou Geoffroy, ou alors peut-être une particule ? ‘Fin bref, pas important. Jamais vu ta tronche dans le coin, et pour en revenir à ma première question, tu t’es perdu ?

Le coude sur le bar, la pinte se leva sans se presser pour faire descendre le liquide brun dans la gorge du blond sans qu’il ne quitte des yeux son interlocuteur. Derrière lui, le dénommé Bob fit de même, baissant à peine son écharpe pour dégager deux lèvres couleur craie. Lorsque le liquide coula dans sa bouche, un bruit étrange d’évier fuyant se fit entendre alors qu’une flaque apparaissait à ses pieds.

Merde.  
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Ven 26 Nov - 12:40 (#)

La porte de l’établissement s’ouvre, faisant s’engouffrer un courant d’air dans le bar qui porte avec lui une odeur immonde qui vient se mêler aux effluves ambiantes, me faisant presque regretter d’avoir commander à manger pendant une seconde. Je sais bien que ce quartier pue la pisse, mais là on atteint un autre niveau. Deux nouveaux clients qui dénotent pas mal avec la faune locale font leur entrée dans le bar miteux. Un gamin flashy et un grand gars sinistre qui se détachent de la foule ambiante de camés et de gars débraillés aux couleurs ternes. Peut-être un quelconque dealer qui essaie de se faire remarquer pour récupérer des clients curieux. Une stratégie audacieuse, surtout dans un quartier où on veut principalement se fondre dans le décor pour éviter les problèmes avec les gens du coin et les flics. La stature du grand gars semble calmer même les plus bagarreurs des clients, espérons juste qu’un des débiles de l’assemblée ne prenne pas sa simple présence pour un défi qui entrainerait sans l’ombre d’un doute une bagarre de gars bourrés des plus pitoyable. Quoi que ça pourrait être distrayant à voir si j’arrive à esquiver les lancers de bouteilles. Les deux compères se fraient un chemin jusqu’au bar sans mal pour se caler sur les places libres à côté. L’odeur terrible qui a filtré dans l’air s’est intensifiée, même si je ne pige pas bien ce qu’ils ont pu foutre pour se trimballer une telle puanteur. Le gars à la chemise hawaïenne commande trois pintes et je suis surpris de le voir m’en filer une tandis qu’il commence à déblatérer un tas de trucs qui n’ont visiblement pas beaucoup de sens. Je le dévisage peut-être un peu trop longtemps en me demandant bien ce qu’il raconte. Il cause de tanière, de poilus et de noblesse. Mais bon, je peux bien supporter quelques conneries pour une bière gratuite.

« Merci pour la bière, mais qu’est-ce que tu racontes ? T’as fumé quoi ? »

Il a sans doute pris de la coke ou un truc du genre. Stoner Hill est le quartier des dealers, mais là ça devait être un truc sacrément costaud qu’on lui a refilé. Mon regard fait des allers-retours entre le gamin aux cheveux colorés et son silencieux et imposant pote, le fameux Bob. Un duo franchement atypique, même dans une ville réputée pas très commune. Ses histoires sans queue ni têtes tournent malgré tout dans ma tête comme s’il y avait un sens cryptique à saisir dans ses élucubrations. L’arrivée salutaire du barman qui dépose une barquette de frite d’une taille franchement correcte me laisse quelques secondes pour réfléchir aux paroles du gosse à la chemise hawaïenne pour n’en conclure finalement qu’il doit juste être salement défoncé. Au moins sa dernière question est simple et a du sens.

« Non, j’avais juste la dalle. » Joignant le geste à la parole je saisis quelques frites, mangeant enfin un truc depuis mon dernier repas qui date un peu trop à mon gout. Il faut croire que l’odeur putride ne surpasse pas la faim, finalement. « Et je traine pas mal dans le coin en fait. » Les fugueurs squattent souvent les motels bas de gammes pas cher du coin, c’est généralement le premier lieu à checker quand des gosses de riches se font la malle pour avoir leur petit instant de rébellion parce que papa et maman n’ont pas voulu lui acheter une voiture ou une connerie du genre. Mais c’est vrai qu’en général, à choisir, je préfère squatter les bars de Mansfield où il est moins probable que les choses tournent en baston générale. « Mais en général je suis très oubliable. Et toi t’es du coin ? T’as pas vraiment le look du quartier. » Je bois un coup en même temps que les deux comparses et constate que le grand a une tronche que même un mec en phase terminale d’une sale maladie ne se trimbalerait pas. Entre ça et l’odeur, je commence à me demander s’il s’agit juste d’un clodo atteint d’une maladie hardcore ou sous l’emprise d’une drogue particulièrement violente, ou bien s’il y a autre chose. Avec un air hésitant entre la curiosité et l’inquiétude, je lui demande : « Il va bien ton pote ? »

Si jamais c’est un toxicomane sous l’effet d’une nouvelle drogue qui traine dans le coin, je préfère le savoir avant qu’il pète un câble et commence à représenter un danger. Ça m’apprendra à venir trainer dans ce coin juste parce que j’ai la flemme de faire des courses.
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Ven 26 Nov - 19:57 (#)




Poe + Tyler

ONE FOR THE ROAD
Les yeux fixes du plus vieux des deux blonds font s’allumer dans le regard du plus jeune une étincelle vicieuse. Il claque des doigts, pointant l’index vers son interlocuteur, le pouce relevé comme pour former l’ébauche enfantine d’un pistolet dans sa main. Puis il éclate d’un rire exagéré, mais qui ne semble pas forcé, comme si on lui avait sorti une blague jamais entendue auparavant. Le jeunot aux cheveux de paille tapote l’épaule de son homologue, avant de donner un coup de coude complice à Bob.

P’tin, j’ai comme l’impression que tu nous prends pour des abrutis de camés. Enfin, t’as pas tort cela-dit, j’suis bien un abruti, et un camé, mais rarement séparément, et ce soir je ne suis ni l’un, ni l’autre.

Pas sûr, ça. Grincement sardonique que seul Poe entend et qui vient cingler son esprit.

Ta gueule, Bob, vieille outre percée.

Le blond tend un doigt faussement menaçant devant le visage impassible de son immense compagnon, avant de lâcher un petit ricanement qui ne présageait rien de bon. Ses yeux couleur ciel d’été se tournent de nouveau vers l’inconnu perdu dans ce bar délabré. Lorsque les frites de ce dernier arrivent, Poe en pioche quelques unes entre ses doigts, comme si de rien n’était, avant d’interpeller le barman.

Met-moi une barquette de plus, et quelques shots pour Bob, notre nouvel ami et moi-même. Et qu’ça saute, tavernier.

Un regard levé au plafond et un soupir d’exaspération, et le « tavernier » tend la main en direction de petits verres sales, et d’une longue bouteille munie d’un bec, au liquide incolore.
Poe tapota la planche de bois laqué du bar d’excitation, comme un gamin dans un magasin de sucreries. Deux autres billets froissés et jetés sur le comptoir, et il s’enfilait déjà la liqueur à l’odeur de débouche-évier sans broncher, offrant un shooter au colosse qui l’accepta, toujours sans un mot, puis deux autres qu’il plaça entre l’inconnu et lui-même. Aux questions qu’on lui posait, Poe plissa les yeux.

Beaucoup d’questions pour un mec qui traîne dans le coin. M’est avis que t’habites pas ici, mais plutôt que t’y fais affaire. Tu m’ferais presque penser à un flic. Un haussement d’épaule plus tard, Poe avala le second verre, claquant de la langue pour exprimer sa satisfaction. Pour te répondre, non j’suis pas d’ici non plus, mais j’y crèche, maintenant. Pour ce qui est de Bob… bon t’as bien dû l’sentir arriver non ? Z’avez un sacré odorat vous autres, à ce qu’il paraît. Disons juste qu’il est pas dans son état habituel.

Tu me briserais presque le coeur.

T'en as pas, Bob, je te l'ai enlevé. Se tournant vers l'autre : Bon allez, on arrête d’faire semblant d’pas comprendre. Le blondinet avance sa main, serrant dans la sienne celle de l’inconnu sans attendre que celui-ci lui la tende en retour : J’suis Poe, et tu es un change-forme, un lycanthrope, La Bête Du Gévaudan*, un garou – à ne pas confondre avec un certain chanteur canadien, hein – une bête sauvage, un métamorphe, un change-peau, un type bizarre qui sort nu à la pleine lune. ‘Fin bref j’vais pas te sortir tous les synonymes, tu m’as compris. T’es pas humain, en gros, et moi, les pas-humains, je peux les sentir. Il se tapote le nez d’un air entendu. Maintenant, reste à savoir c’que t’es exactement. T’as pas une gueule d’ours-garou ou un truc du genre, m’enfin de ce que j’ai compris les apparences sont trompeuses.

Poe s’étira de tout son long ce qui, l’espace d’un instant, le fait ressembler à un jeune chat espiègle. Il ramèna ses mèches blondes et roses en arrière dans un semblant de coiffure et tapa dans ses mains lorsqu’une barquette de délicieuses frites encore grésillantes apparu comme par miracle devant lui. De l'autre côté, Bob sirotait la fin de sa bière, la flaque à ses pieds s'élargissant de plus en plus. Lorsqu'il posa enfin la pinte, puis le shooter, l'écharpe revint masquer son visage.

Astérisque:

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Sam 27 Nov - 17:40 (#)

Ouai, clairement, le petit est définitivement sous cocaïne.
Le rire, les gestes, les phrases qui n’ont aucun sens et maintenant il dit à son pote de la fermer alors qu’il n’a absolument rien dit. Si ce n’est pas la drogue, alors il est juste timbré. En fait ce ne serait même pas si étonnant que ça, vu le quartier. Mais au moins celui là est un timbré qui paye des verres. Probablement la meilleure sorte de timbré. On vide un shot et le petit recommence ses divagations énergiques qui se fondent étonnement bien à l’ambiance festive du bar.

« Pourquoi tout le monde croit qu’une personne qui pose littéralement trois questions est flic ? Faut croire que vous connaissez pas la curiosité dans le coin. »

Le nombre de personnes me disant que je pose trop de questions ne cessera jamais d’augmenter. On m’a déjà dit qu’un jour je vais probablement me faire salement claquer la gueule à cause de ma curiosité. Au lieu de ça j’en ai fait un business. Le petit recommence à raconter des trucs bizarres à propos de son pote et de capacités olfactives, le tout toujours noyé dans un sous-entendu dont la présence ne fait aucun doute mais qui m’échappe. Et à la suite d’autres phrases mystérieuses, il rend subitement les choses beaucoup plus claires. Peut-être même un peu trop claires. Mes yeux s’écarquillent de stupeur en l’entendant allongé de plus en plus la liste de tous les qualificatifs possibles et imaginables pour les thérianthropes, comme si c’était un sujet anodin à aborder en public. Il arrive à la fin de sa tirade avant que j’aie pu me remettre du choc d’un inconnu qui dévoile avec autant de facilité le truc que je m’efforce de cacher au mieux depuis dix ans. Je lui hurlerais bien de fermer sa gueule, mais tout ce que je gagnerais c’est réussir à attirer l’attention de tous le monde. Ma main s’est crispée sur le verre glacé de la pinte tandis que je jette rapidement un coup d’œil au barman et aux gens alentours. Tout est tel qu’avant, les clients du bar continuent de vider leurs verres en parlant fort par-dessus la musique. Visiblement personne n’a entendu ou alors personne ne s’offusque de ses élucubrations. Même à Shreveport ce n’est jamais très bon de crier à tout va qu’une personne présente est un garou, ça tend à faire salement paniquer les gens. Dans une ambiance telle que celle-ci les choses pourraient rapidement devenir explosives. J’ai toujours pris grand soin à être discret sur toutes ces histoires, ce n’est pas pour qu’un gamin aux cheveux décolorés vienne éclater aussi effroyablement mes efforts. Je prends une seconde ou deux pour calmer l’angoisse qui vient de monter suite à ces révélations inattendues.

« Ok… »

Le gamin – Poe, donc – a l’air de trouver tout ça parfaitement normal et s’ébahie devant sa bouffe fraichement arrivée comme si ça faisait partie de son quotidien. Soudain toutes ses élucubrations prennent un peu plus de sens. Enfin presque toutes. D’un geste un peu mécanique je vide une longue rasade de bière, vérifiant toujours les alentours avec des regards en coin, au cas où. Qu’est-ce que je suis censé faire de ça maintenant ? Je pourrais me contenter de nier, je l’envisage sérieusement un instant, mais il risquerait d’insister et d’attirer beaucoup trop l’attention. En plus son histoire sur le fait de sentir les CESS m’intrigue. Et pas qu’un peu.

« Je savais pas qu’il y avait des gens qui pouvaient faire ça. Ça doit être pratique. » Dangereux aussi, surtout s’il s’amuse à aller tous les voir pour leur demander ce qu’ils sont dans le détail. Je pioche d’autres frites et enchaine : « Ça m’étonne que tu te sois pas déjà au moins pris une tarte en allant balancer ça à quelqu’un. En général c’est pas vraiment des choses qui se disent. » A tel point que j’espère sincèrement qu’il va pas se remettre à brailler à propos des thérianthropes. Heureusement la musique trop forte et une masse de clients violents et bourrés font plus de bruit que la voix d’un gamin qui doit à peine avoir l’âge de boire de l’alcool. « Au fait, moi c’est Tyler. Donc tu veux savoir ce que je suis, c’est ça ? » C’est peut-être même pour ça qu’il m’a parlé en premier lieu. En temps normal il serait parfaitement exclu que je fasse un tel aveu, mais peut-être que ça pourrait valoir le coup si ça peut apporter des informations qui, pour le coup, sont plutôt inédites. D'autant qu'il sait déjà que je suis un garou, le reste semble un détail à côté de ça. Je sais globalement que parmi les CESS il existe des gens ayant des pouvoirs ou des trucs du genre, mais je ne pense pas en avoir vraiment rencontré jusqu'ici. « Explique-moi comment ça marche ton truc, et aussi… » J’agite mes frites vers l’énigmatique Bob dont l’odeur et les paroles du petit blond laissent entendre que je ne suis pas le seul à ne pas être un humain normal dans le coin et enchaine : « … pour lui, là et je te dirai.» Je mange les frites que je tiens et termine : « Et par pitié parle pas si fort. Je tiens pas particulièrement à crever dans un endroit pareil. »

Les gens du coins ont légèrement tendance à être susceptibles, je suis quasiment sûr qu’ils apprécieraient pas d’apprendre qu’un rat-garou se balade dans leur quartier. Oh, il est possible que la plupart s’en cognent, mais dans le lot il y a toujours un ou deux tarés prêts à taillader tout ce qui ressemble de près ou de loin à un problème à ses yeux. Idéalement, je préférerais continuer à ressembler à un type banal, et pas à un problème.
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Lun 29 Nov - 21:03 (#)




Poe + Tyler

ONE FOR THE ROAD


Poe hocha la tête d’assentiment. Il était vrai qu’on se méfiait de ceux qui osaient la curiosité dans un coin du monde où demander la mauvaise chose à la mauvaise personne pouvait conduire à te retrouver dans le mauvais bloc de ciment tout au fond du plus mauvais et proche point d’eau. Lorsqu’on posait des questions par ici, il fallait le faire avec tact et subtilité, ou bien être accompagné d’un mastodonte tel que Bob pour se protéger.

C’pas qu’on connaît pas, c’est qu’on met l’emphase sur la vie privée. Enfin bon, si t’es un poulet, t’es un poulet qui se veut discret. M’enfin, tant que tu secoues pas un badge devant le nez des gens tu devrais t’en sortir tranquillement.

Bob, quant à lui, jouait distraitement avec une frite, la tournant entre ses doigts, tâchant le bout de ses gants d’une graisse luisante. Le bruit d’eau s’était interrompu, et la surface de la flaque qui s’était formée sous son tabouret n’était troublée que par l’occasionnelle goûte tombant d’on-ne-sait-où.

Le blondinet éclata d’un rire franc face au visage décomposé de son interlocuteur. En avisant les coups d’œils suspects de ce dernier, Poe lui tapota l’épaule d’un air entendu.

‘Vec le boucan qu’ils font, y’a peu d’chance qu’on nous entende. Et si c’est l’cas, y’a toujours Bob, et moi. En se tournant vers Bob : Hein mon grand, pas vrai qu’tu nous sauverais les miches ?

Que je sois foudroyé, tu me demandes mon avis maintenant ?

Non seulement tu m’fais passer pour un taré à te parler, mais en plus tu te permets d’être sarcastique. Tu files un mauvais coton, Bob. ‘Fin bref, passons. Revenant vers Tyler, un peu trop proche, d’ailleurs : En général, j’évite d’aller emmerder l’moindre… tu-sais-quoi. J’ai établi une série d’règles pour chacun des types comme toi. Les garous ont aucun sens de l’humour, les vampires sont trop mauvais perdants, et ils ont la revanche facile, et assez de temps pour v’nir te l’faire payer quand t’es un croulant avec des chiards. Et les arcanistes… Disons qu’on joue sur le même terrain.

Un sourire énigmatique vint fendre le visage de Poe.

Mais toi tu m’as l’air sympa, puis bon, on est au milieu d’un bar bondé, ça m’étonnerait qu’tu m’fasses une scène, j’me trompe ? Parce que rien qu’ici j’connais bien une petite dizaine d’gars qui ont une dent contre les gars d’ton genre, s’tu vois ce que je veux dire. Pfiou, il tape cet alcool.  

Le doigt levé, tel un écolier débraillé, l’emmerdeur suprême auto-élu donne un autre billet au barman passant en face de lui, deux autres shots étant déposés en retour.

Comme on dit dans l’bayou, Santé*. Le liquide descend d’une traite dans son gosier, et le gamin continue sur sa lancée. Donc, pour te répondre, certains types comme moi - enfin, pas tous hein, c’est un truc que t’as ou que t’as pas j’imagine, y’a moyen de s’entraîner à mon avis, mais moi j’ai toujours été bon dans ce truc et...je m’égare – les types comme moi on peut voir en quelque sorte à quelle catégorie d’CESS tu appartiens. J’pourrais pas vraiment t’expliquer à quoi ça ressemble, ça s’rait comme décrire une couleur à un aveugle, un son à un sourd, un goût à un...c’est quoi le nom des types qui ont pas de goût ? ‘Fin bref, t’as compris.


Pour c’qui est de Bob, c’est un peu plus complexe. Les types comme moi, les arcanistes si t’avais pas compris, on a chacun un p’tit domaine de prédilection. Certains vont t’cracher des flammes, d’autre peuvent rentrer dans ta tête, t’filer la crève, des trucs dans le genre. Moi, j’vois les esprits.

Poe marqua une pause, un air faussement concentré sur le visage, les mains levées en une supplique silencieuse. Lorsqu’il parla, ses mots étaient comme crachés à contrecœur d’entre ses lèvres.

Le...Le fantôme de ton arrière-grand-mère maternelle te regardait t’branler dans ta chambre…

Un rire gras vint secouer la fine carcasse de Poe, satisfait de sa petite blague.

J’déconne, mais c’est un peu ça. Y’a des esprits partout, et moi j’peux les voir, et leur parler, et d’autres trucs. En pointant Bob du doigt. Je peux aussi leur ordonner de m’obéir ou, plus particulièrement, j’peux leur demander de s’foutre dans le moindre macchabée d’mon choix. J’ai trouvé Bob dans une ruelle où il s’était fait troué l’bide à coup de canif, et comme son fantôme traînait dans le coin, et que j’avais besoin d’un garde-du-corps, j’me suis dit qu’on pouvait s’rendre mutuellement service.

J’ai beaucoup perdu au change j’ai l’impression.

Poe renifla, cherchant du regard un verre encore rempli, sans en trouver. Ses yeux se firent inquisiteur, animés d’une certaine malice alors qu’il tournait doucement la tête vers Tyler.

T’offrirais pas ta tournée par pur hasard ? Moi j’dis, rien n’vaut une bonne histoire avec un bon verre. Après, j’dis ça, j’dis rien. J'dis beaucoup le mot "dire", non ?   


Astérisque:

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Jeu 2 Déc - 9:09 (#)

Le bar gagne en animation avec l’avancement de la nuit. De plus en plus de clients s’engouffrent dans l’établissement en entrainant dans leur sillage des odeurs de cigarettes, de sueur et d’alcool. Le bruit des discussions, des rires et des engueulades se fait de plus en plus intense, fluctuant de manière presque cyclique, au gré des nouvelles tournées qui viennent rincer certaines tables bien remplies. La voix du gamin joyeux perce tout juste le vacarme ambiant. Dans le fond il n’a pas tort, il est assez peu probable que quelqu’un nous entende. Et quand bien même ce serait le cas, l’alcool qui coule à flot dans les veines de poivrots alentours les empêchera surement de se focaliser sur quoi que ce soit d’autre que leur verre. Tant mieux, parce que même si le petit à l’air plutôt tranquille à l’idée d’une bagarre de bar, je préfère éviter ça. Je continue de vider ma bière et de grignoter mes frites, m’habituant presque à voir Poe parler à son pote qui pourtant ne lui dit rien. J’hausse un sourcil tandis qu’il fait la liste de ses opinions sur les ‘types comme moi’. En y réfléchissant bien, ses règles sont plutôt censées. Je note quand même qu’il avoue à demi-mot faire partie des arcanistes. Je hoche la tête d’assentiment à la fin de son explication.

« Ouai, je peux difficilement te donner tort sur ce coup-là. »

Il avait visiblement tout anticipé en cas de problème, mais je pense qu’un bar rempli de gens bourrés n’aurait pas nécessairement dissuadé certaines personnes de s’en prendre à lui. Le petit commande de nouveau à boire, l’alcool commençant visiblement à faire son effet chez lui alors que ça traine toujours de mon côté. La résistance des garous aux substances finit toujours par couter sacrément cher. Je trinque avec lui et écoute attentivement ses explications qui commencent à être un peu embrouillées. J’en apprends plus en quelques minutes sur les arcanistes que dans tout le reste de ma vie. J’hausse un sourcil en le voyant prendre un air concentré. Et puis il me balance une énorme connerie. Sa blague me fait lever les yeux au ciel d’exaspération mais m’arrache tout de même un sourire amusé. Je lui réponds d’un ton léger en haussant les épaules :

« Bah écoute chacun ses passe-temps. Ça doit être pas mal chiant d’être mort. »

Et dire que j’avais l’espoir de disparaitre dans le néant loin de toutes les conneries de ce monde une fois mort. Visiblement on est tous condamnés à errer sur terre en attendant que des gamins se décident à nous causer. Je noie cette idée peu agréable dans la fin de ma bière alors qu’il continue ses explications. A l’évocation de l’histoire de Bob je manque de m’étouffer, recrachant presque une partie de ma boisson et toussant allégrement. Je jette un coup d’œil plus attentif et inquiet à Bob. Le peu de peau que l’on peut entrapercevoir à travers son accoutrement est crayeuse. L’odeur infâme ayant accompagnée leur entrée dans le bar prend un tout autre sens. Est-ce que ce gosse se trimballe avec un gars en putréfaction dans les rues de Shreveport ? Oui, il semblerait bien. Je finis par remarquer une grosse flaque s’étendant sous le tabouret du cadavre ambulant. Mon attention se reporte sur le gamin souriant. Qui aurait pu imaginer que sous ses chemises hawaïenne pouvait se planquer quelqu’un avec un pouvoir si dérangeant ? Il raconte tout ça comme si c’était parfaitement normal, trahissant un quotidien sans commune mesure avec celui de la plupart des gens. Malgré tout j’y trouve un intérêt professionnel extrêmement intéressant. Parler directement aux morts serait incroyablement efficace pour résoudre certaines affaires de mes clients. Je m’interroge quand même sur la véracité de tout ça. L’allure même de Bob semble bien en accord avec ce que le gamin raconte, mais on ne sait jamais. Je souris à sa demande. C’est vrai qu’il s’est montré plutôt généreux sur les tournées jusque-là. Je fais signe au barman qui est pour le moment bien occupé avec les nombreux clients qui semblent viser le coma éthylique. En attendant je demande au petit aux cheveux colorés :

« T’es sûr que ton pote peut boire ? » Je fais un signe vers le zombie, enfin le cadavre, enfin Bob. C’est quand même perturbant cette histoire. « Ou alors c’est juste du jus de cadavre tout ça ? » J’indique d’un geste vague la flaque s’étendant doucement sur le vieux parquet.

En fin de compte l’alcool doit quand même faire son petit effet anesthésiant. En temps normal je n’aurais probablement pas pris cette histoire aussi tranquillement. Les shots c’est assez traitre. Le barman bourru arrive vers nous, nous octroyant tout juste un signe de tête semblant signifier ‘vous voulez quoi, dépêchez-vous j’ai pas le temps’. Je commande des pintes, des shots et de la bouffe, puis file deux billets au barman qui repart s’occuper de la commande. Je reprends :

« N’empêche, c’est un sacré truc que t’as là. Et j’aurais potentiellement un milliard de questions.» J'ajoute sur un ton rieur : « Mais bon, je vais encore me faire traiter de flic. »

Un milliard de questions, au moins. Sur tout. Les arcanistes, leurs pouvoirs, ses pouvoirs à lui, si ça marche avec tous les morts, à quelles conditions. Et aussi est-ce qu’il serait d’accord de faire ça contre de l’argent pour que je puisse avoir des infos inédites pour résoudre des affaires insolubles pour une prime folle. Mais initialement s’il m’a donné des précisions c’est en échange de l’information sur ce que je suis. Je pourrais peut-être profiter de son début d’ébriété pour esquiver, mais ce n’est pas nécessairement une super idée si je compte obtenir son aide par la suite. C’est la première fois que je me retrouve dans cette situation, avec quelqu’un qui sait que je suis un garou mais qui réclame des détails. Les gens au courant et qui ne font pas partie de la Horde se comptent sur les doigts d’une main et tous ont su directement que j’étais un rat-garou. Je suis bien conscient que parmi tous les animaux possibles, le rat n’est pas celui que les gens préfèrent. J’anticipe déjà le nombre hallucinant de blagues qu’il va pouvoir faire à ce sujet. Je l’avise une seconde et décide finalement d’honorer notre marché tacite. Après tout il est plutôt cool et malgré toutes ses histoires d’arcanistes, d’esprits et de zombies personne ne s’est mis hurler, signe qu’effectivement personne ne nous entend réellement à travers le bruit ambiant. Le barman revient déposer sans délicatesse les boissons et la nourriture commandés, récupérant au passage la vaisselle vide. Une fois qu’il s’est éloigné, je reprends à voix un peu plus basse mais toujours intelligible par mon interlocuteur :

« Ok alors… Je suis un rat-garou. » Ça fait presque bizarre de le dire à quelqu’un de quasiment inconnu au milieu d’une pièce bondée, même si la faune locale est rendue sourde par le bruit et l’alcool. Je me renfonce dans mon siège et enchaine : « Vas-y, fais tes blagues. Je suis sûr que t’en as un bon paquet. Et essaie d’être original, on les a déjà toutes faites entre nous. »

Je lui fais le geste d’enchainer, persuadé qu’il va avoir un paquet de remarques sur cette histoire de rat-garou. A vrai dire discuter de tout ça avec quelqu’un autour de quelques verres n’est pas si désagréable que ça.
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Sam 4 Déc - 23:26 (#)

One for the road ft. Tyler

Le visible adoucissement du Tyler autrefois méfiant et inquiet avait emmené sur les lèvres de Poe un sourire qui se voulait sympathique mais qui ressemblait plus à un rictus amusé, le coin de la lèvre levé, moqueur et la blancheur de l’émail apparaissant parfois. Contrairement à ses congénères, celui-ci semblait posséder un sens de l’humour, voir même, que Samdi en soit témoin, une certaine appréciation pour les blagues douteuses du blondinet, qui s’en réjouissait. Peu nombreux étaient ceux qui arrivaient à suivre, ou qui en avaient l’envie.

En suivant le mouvement de Tyler, Poe se surprend à regarder l’humidité présente sous le tabouret de son compagnon silencieux, lequel regardait fixement devant lui, insensible à sa propre odeur ou même aux bruits de vie qui l’entouraient. Poe se pencha, sourcils froncés, trempant l’index dans ladite flaque et, prudemment, porta celui-ci à sa langue tendue. Tel un œnologue vétéran, le jeune emmerdeur fit mine de savourer cette unique goûte d’un air concentré, avant de lâcher un glaviot à même le sol, sous le regard noir du barman auprès duquel il s’excusa d’un rire. Enfin, il tourna de nouveau la tête vers Tyler, tirant une grimace de son visage si expressif.

Aye, ça a l’goût d’bière, et d’jus de cadavre j’imagine. Bob peut techniqu’ment boire, ‘fin son système digestif fonctionne plus, et vu l’coup de couteau qu’il s’est pris, il évacue pas très bien c’qu’il avale j’dirais. Ses papilles fonctionnent encore, j’crois. En tout cas, j’lui avais promis à boire.

Oui-da, j’ai eu à boire, tu as eu à boire, il a eu à boire. J’aimerais bien sortir de mon propre cadavre un de ces jours.

Bob, Bob, Bob… N’sois pas malpoli. En plus, t’es encore bien conservé j’trouve.

Poe hocha la tête aux remarques de son nouveau compagnon de jeu et de sa blague sur leur conversation précédente. Il ne pensait pas vraiment que Tyler était un flic, il n’en avait ni le port, ni la carrure. Mais son regard acéré et sa propension à noter les moindres détails en faisaient quelqu’un de dangereux dans le coin. Pour Poe, cependant, il était juste très intéressant.

Maintenant qu’on y est, pose pose, hésite pas, on est techniquement dans la même merde, j’dirais. Autant se serrer les coudes, ‘fin pas trop non plus, mieux vaut pas empiéter sur les plates-bandes des aut’ clans.

A la mention de l’espèce à laquelle Tyler appartenait, Poe prit un air pensif, laissant un silence planer pendant quelques secondes avant de soupirer, las.

Merde, j’ai rien, j’ai la tête qui tourne ‘vec ces conneries. Ah, si ! Si j’étais roux, t’pourrais t’glisser sous mon chapeau et m’apprendre à cuisiner dans un restaurant étoilé.
Le petit rire du jeune homme se transforma en toux.
Bon, c’pas ma meilleure j’dois dire, mais tu comprends l’idée. Comment ça marche vot’ truc ? Tu d’viens un gros, gros rat, ou alors t’es plutôt humanoïde ? Ça marche qu’a la pleine lune ? Ca commence à quel âge ?

La discussion s’éternisait, et les questions fusaient de part et d’autre, jusqu’à que le regard de Poe revienne vers Bob en notant l’intérêt dans les yeux de Tyler, et l’empreinte d’un doute justifié. Le doigt levé en l’air, signe d’une idée débile de sa part, le blondinet se mit à fouiller ses poches tandis que Bob s’était levé de son tabouret, se plaçant de l’autre côté de leur interlocuteur.

‘Tiens, j’vais t’montrer comment ça fonctionne , attends deux secondes… Le gamin fouilla dans ses nombreuses poches en marmonnant, en sortant une foule de petits objets allant de l’épingle à nourrice à la pièce de monnaie en passant par un bouton de manchette qui semblait valoir une petite somme.

Je suis vraiment obligé ?

Rabat-joie, ‘faut toujours qu’tu me ruines mon fun. Ah ! Voilà.

Poe posa finalement sur le comptoir un jeu de cartes abîmé, la plupart tâchées de fluides discutables, cornées à chaque coin et, de façon générale, en très mauvais état.

J’vais m’retourner et m’foutre la tête dans mes mains, ok ? Tu choisis une carte, tu la montres à Bob à côté d’toi – je te conseille d’ailleurs d’te boucher l’nez, hein – et j’vais deviner à chaque fois c’que c’est, ok ?

D’un air enfantin, le blondinet présenta prestement son dos à Tyler, enfonçant son visage entre ses paumes.

Qu’on me brûle maintenant, n’importe qui, s’il-vous-plaît.




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Mer 8 Déc - 8:44 (#)

Des gens qui font des trucs dégueulasses dans les bars, il y en a un paquet. Mais là, c’est particulièrement crade. Je n’arrive pas à retenir un mouvement de recul dégouté quand le gamin touche la flaque suspecte sous son ami pour gouter le liquide douteux et le recracher comme un sommelier dégueulasse. Rien que l’odeur diffuse qui accompagne son ami pourrait me faire fuir, alors je ne peux pas imaginer l’enfer d’odeur et de gout que doit représenter cette chose. D’autant plus que le sol même de ce bar pourrait représenter un danger mortel avec la crasse qui doit s’y agglutiner depuis des temps immémoriaux. D’un air expert, Poe décortique l’origine de la substance et je trouve inquiétant qu’il connaisse le gout du ‘jus de cadavre’. Et après on ose dire que les rats sont dégoutants à se planquer dans les égouts. Pour résumer, Bob est une outre percée macabre. Mon regard fait quelques aller-retours entre les deux compères mal assortis et je me demande dans quelle mesure un zombie peut ressentir ce qu’il se passe dans son corps en décomposition. En fait, je ne suis pas sûr de vouloir savoir.
Suite à l’annonce de ma nature, le petit se creuse le crâne à la recherche de blagues mais visiblement l’alcool l’a tapé fort. Au moins a-t-il fait l’effort d’éviter les blagues évidentes et éculées. Je reconnais l’allusion à ce dessin animé qui a généré de très nombreuses plaisanteries au sein de la Horde à sa sortie. Je mange quelques frites et lui répond avec un air railleur.

« J’ai pas vu le film. Mais vu que tu viens de gouter du jus de cadavre sans sourciller, j’ai pas l’impression que la cuisine aurait été un bon plan de carrière pour toi de toute façon. » Il enchaine rapidement avec des questions suffisamment générales pour que ce ne soit pas un problème de répondre. « Ça dépend des gens. En général, ouai, c’est plutôt un très gros rat. Et non, ça ne marche pas qu’à la pleine lune. » Je m’enfile une longue gorgée d’alcool. Si la transformation ne survenait qu’à la pleine lune, ça aurait rendu les choses beaucoup plus gérables. Je hausse les épaules à sa dernière question : « J’en sais rien, je suis pas né comme ça. Moi j’ai été mordu. » J’en connais bien quelques-uns qui sont des rat-garous de naissance, mais ils sont pas nécessairement très bavards sur le sujet. J’avale quelques frites avant de lui poser des questions en retour : « Et toi alors ? C’est un pouvoir que t’as toujours eu ? Ça ne marche qu’avec des gens morts récemment ou avec tous ? » Beaucoup d’autres questions de pur curiosité s’entrechoquent comme : est-ce que ses zombies continuent de pourrir ? Est-ce que ça leur fait mal ? Est-ce qu’on finira tous comme des putains d’âmes errantes ? Mais ces réponses là ne m’aideront pas beaucoup et risqueraient même de me coller de sacrés cauchemars. Autant rester sur des choses qui peuvent être utiles. « Ils sont obligés de t’obéir ? »

Le vacarme ambiant et un début de bagarre vite avortée couvrent les réponses du petit, empêchant les gens alentours d’entendre le sujet particulier de notre conversation. Un mélange de curiosité et d’intérêt m’anime à mesure où il répond à mes questions. Les verres se vident peu à peu et enfin l’alcool commence à avoir un effet malgré le métabolisme de garou qui ralentit sa progression. Soudain le regard de Poe se remplit de malice et le grand trépassé bouge de sa place pour venir s’assoir de l’autre côté, laissant derrière lui de petites flaques de bières et de jus de cadavre crées par la cadence de ses pas. Instinctivement, j’ai un mouvement de côté pour m’éloigner du mort et de son odeur qui est devenue bien plus insistante avec la proximité. J’ai du mal à ne pas fixer l’ombre imposante enroulée dans son manteau alors que des tintements hâtifs me parviennent de l’autre côté. Le gamin vide ses poches sur le comptoir en râlant et il me faut une seconde ou deux pour comprendre qu’il ne s’adresse probablement pas à moi mais bien à son copain silencieux. Poe semble avoir enfin trouvé ce qu’il cherchait et un jeu de carte loin d’être neuf et ayant visiblement trainé dans des endroits peu sympathiques trône sur le comptoir. Je regarde le sorcier d’un air curieux tandis qu’il explique son idée. J’observe le jeu de carte d’un air dubitatif puis le saisis. J’imagine que le but est de me prouver qu’il entend bien ce que dit Bob, et qu’il est pas juste complétement taré à répondre à un gars qui ne dit rien. J’attrape le jeu de carte alors que le gamin aux cheveux colorés me tourne le dos et se cache le visage. Le barman passe devant nous pour aller servir un client au bout du comptoir nous regarde d’un air consterné, probablement en nous jugeant très fort. Curieux, je jette un œil aux cartes pour vérifier qu’elles ne sont pas truquées et qu’elles sont bien toutes différentes. J’en prends une au hasard et tombe sur le sept de trèfle que je montre à Bob tout en essayant de maintenir suffisamment de distance avec lui pour que l’odeur ne me donne pas trop envie de vomir. Sans lâcher du regard le grand silencieux dont je n’apprécie pas particulièrement la proximité, je m’adresse au petit bavard derrière moi.

« Alors quoi ? C’est comme ça que tu gagnes ta vie ? En faisant des tours de cartes dans des bars ? »

Le ton sonne rieur mais ça m’intéresse réellement de savoir s’il pourrait utiliser ses pouvoirs pour de l’argent. Si c’est quelque chose qu’il fait déjà ou non. Mais pour l’heure, j’attends déjà de voir ce que donne son petit tour de passe-passe. En réalité, Bob seul a déjà plus ou moins suffi à me convaincre que ce que raconte Poe n’est pas juste de la connerie. L’allure, l’odeur, les flaques d’une boisson coulant par un système digestif percé, ce serait se donner beaucoup de mal pour pas grand chose. Et le petit n’aurait pas proposé ce jeu là s’il n’était pas sûr de lui. Néanmoins, j’attends de voir, pour être sûr.
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Jeu 16 Déc - 21:49 (#)

One for the road ft. Tyler


Alors que les cartes se succédaient dans les mains de Tyler, l’imposant Bob observait le petit manège d’un air impassible, se contentant de fixer ce qu’on lui tendait. Poe, quant à lui, pouffait d’un rire enfantin, énonçant sans faillir ni ciller le numéro et la couleur de ces cartons rectangulaires.

Sept de trèfle.

Sept de trèfle !

Dix de pique.

Dix de pique !

Trois de cœur.

Trois de cœur !

Dame de trèfle et as de carreau.

As de Carreau… et Dame de trèfle !

Fais-tu exprès de mélanger ou es-tu trop soûl pour retenir deux informations à la fois ? Roi de cœur.

Les deux mon colonel, Roi de cœur !

J’en ai marre de jouer à ton jeu, je veux sortir d’ici et me reposer. Deux de pique.

Bientôt Bob, bientôt, un peu d’patience, on s’fait un nouveau copain. Deux de pique !

Ça suffit pour cette fois.

Poe soupira, quittant le confort de ses propres paumes pour se retourner vers Tyler et Bob, ce dernier regagnant sa place sans un bruit. Le jeune blond renifla l’air un instant, fronçant les sourcils et le nez.

Tu commences à sentir, Bob, va falloir que j’te trouve du formol ou sinon y’a pas qu’notre Tyler national qui va commencer à être dérangé par ta présence. Pour répondre à ta question, d’ailleurs, j’suis né ainsi, mais les pouvoirs s’manifestent durant l’enfance ou l’adolescence par chez nous. Pour c’qui est d’voir les esprits, c’est un peu plus compliqué que ça. En gros, ceux qui meurent de manière violente, ou ceux qui meurent sans avoir accompli une tâche importante s’voit dev’nir des fantômes. Ils errent à jamais dans l’coin, ou bien ils finissent par rejoindre c’qui a après. Certains sont conscients, comme Bob ici présent, d’autres sont pas vraiment là, un peu comme des gens atteint d’Alzheimer, ou un truc du genre. Ils conservent une certaine personnalité, mais restent bloqués, répétant des actions de leur vie antérieures, ou inconscients de leur propre mort. C’est triste, à vrai dire.

Poe avala une lampée de son verre, soupirant en constatant qu’il était finalement vide. Il se consola rapidement en piochant quelques frites et en regardant autour de lui, l’air moins joyeux et le regard ailleurs.

Rien qu’dans ce bar, y’en a quelques uns. Une p’tite fille écrasée dans un accident d’la route pas loin, un vieux monsieur bavardant tout seul, Bob. En général, ils m’ignorent si j’utilise pas mon pouvoir. Ma mère est meilleure pour les amener à la discute, moi c’pas mon truc. Je donne un ordre, ils obéissent, ou m’envoient chier. Certains sont plus… puissants que d’autres, eux mieux vaut pas trop les emmerder.

Poe fit un signe de main à quelqu’un, à l’autre bout du bar, sauf que personne ne se trouvait dans la direction de son geste. Un habitué qui se trouvait plus ou moins sur la trajectoire y répondit d’un air incertain, ce qui fit sourire Poe. Son regard bleu s’était teinté d’un gris sinistre, s’effaçant progressivement alors qu’il collait un rictus amusé sur ses lèvres.

Pauv’ gosse. J’aimerais bien l’aider, mais comme j’ai dit, c’pas mon fort. Et pour t’répondre, j’gagne ma vie comme je peux. Je mendie dans l’coin, j’fais des p’tits boulots… et d’autres activités qu’un flic aimerait pas trop s’tu vois c’que j’veux dire. J’suis un sans l’sou, un indigent s’tu préfères, faut bien gagner sa croûte et son verre, oui-da.

Un claquement de doigts, et une petite forme sombre se met à serpenter entre les pieds des habitués, rejoignant celui de Poe pour y grimper, s’accrochant de ses petites griffes jusqu’à atteindre ses genoux, le regardant d’un air inquisiteur. Le rat décomposé qui trônait maintenant dans toute sa splendeur sur le jean délavé du jeune homme fit un tour sur lui-même, s’allongeant comme pour dormir, une douce vision entachée par ses côtes à nu et sa fourrure sale

Poe lâche un reniflement en direction de Tyler, essuyant la goutte de sang perlant de son nez avec une serviette tâchée de graisse : Faut bien qu’la petite s’amuse.



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Lun 20 Déc - 8:58 (#)

Une odeur de relents gastriques vient s’adjoindre à celle putride du macchabé semblable à une montagne mouvante. Quelques cris aigues de dégout et des rires moqueurs assortis de ‘Bah alors, tu tiens pas l’alcool’ percent le vacarme ambiant pour nous parvenir. On ne m’enlèvera pas de l’idée que l’odeur de Bob retourne bien plus les estomacs que l’alcool ingurgité. Dans cette ambiance qui ne cesse d’osciller entre le festif et le glauque, je retourne les cartes pour les montrer au zombie silencieux qui ne se fend pas d’un seul geste ou d’une seule parole. Montrer des cartes à un colosse immobile à l’odeur douteuse n’est pas vraiment une activité que je pensais faire un jour. A chaque carte retournée, la voix de Poe affirme avec certitude et exactitude de laquelle il s’agit, avec parfois des commentaires qui semblent répondre à une remarque muette de son ami malodorant. C’est eux qui décident d’arrêter avant moi, alors que j’étais comme hypnotisé par ce phénomène étrange. J’ai vu quelques trucs bizarres dans ma vie, mais clairement le gars qui relève un mort pour aller picoler avec lui tout en discutant par télépathie, ça explose tout le reste. Le cadavre emmitouflé dans son manteau regagne sa place en emmenant avec lui ses fragrances putrides, à mon grand soulagement. Je ramasse les cartes et reforme le paquet avant de poser ce dernier devant son propriétaire :

« C’est assez impressionnant. »

Et potentiellement d’une utilité redoutable. Enfin, pas le coup des cartes, mais le fait de pouvoir communiquer avec les morts. J’écoute avec attention ses explications tout finissant mon verre pour balayer l’idée de ce qui peut bien se trouver après la mort pour me concentrer sur l’utilité de tels pouvoirs pour les vivants. Je l’observe d’un air un peu suspicieux quand il commence à faire la liste des morts présents, essayant de déterminer s’il est sérieux ou bien s’il s’agit encore de l’une de ses blagues. Instinctivement, je porte mon regard dans la direction qu’il observe mais je n’aperçois rien de particulier hormis la foule de soulards qui a gagné en alcoolémie. J’essaie d’intégrer ses histoires de fantômes à ma représentation du réel et ne parviens qu’à en conclure qu’il doit avoir une vie bien étrange. Quoi que pour lui ça ne doit être que la normalité de son quotidien. J’hausse un sourcil quand il décrit ses manières d’obtenir de l’argent, un peu trop semblables à celles que j’ai connu à son âge. En un sens, ça fait augmenter ma sympathie à son égard. Je fais signe au barman pour qu’il nous apporte de nouveau deux bières, et de l’eau pour le gamin qui enchaine les verres à une vitesse un peu inquiétante pour un humain. Je me suis à peine retourné quelques secondes pour passer la commande, et pourtant cela a suffi pour qu’un rat en décomposition s’installe sur les genoux de Poe comme un chat qui viendrait faire sa sieste sur son maître. J’écarquille les yeux face à cette vision extrêmement dérangeante alors qu’il sous-entend tout naturellement qu’il s’agit du fantôme de la gamine dont il parlait. La vision d’un cadavre de rat animé par l’esprit d’une petite fille est vraiment quelque chose de perturbant. Peut-être même plus que ce qu’il a raconté jusque-là. La manière qu’il a d’utiliser ses pouvoirs pour promener des cadavres au milieu d’une foule me parait quand même bien imprudent. Quoi qu’il n’ait pas l’air de s’en soucier. Je me demande combien de temps il faudra avant que quelqu’un remarque qu’il a un rongeur au corps atrophié sur les genoux. Combien de temps avant que tout ne parte en couille. Malgré tout, j’essaie de faire avec toutes ses bizarreries.

« Tu saignes du nez. C’est à cause de ça ? »

Je lui désigne d’un geste la gamine-rat qui semble heureuse de retrouver le monde physique même au travers de ce corps mutilé par la décomposition. Les morceaux qui manquent au rongeur lui donne une allure à la fois terrifiante, pitoyable et grotesque. Est-ce que ça le blesse d’utiliser sa magie ? Est-ce que c’est le cas pour tous ceux qui en font ? Des questions un peu trop générales et pas nécessairement pertinentes pour ce que je veux lui demander. Je m’accoude au bar et le regrette instantanément en sentant l’aspect collant du bois.

« Ecoute, en fait je suis détective privé, et ton truc là… » Je fais un vague geste de la main pour désigner Bob et la magie par laquelle il tient debout. « …ça pourrait m’être sacrément utile. »  C’est vrai que dans la plupart des cas je me retrouve surtout à chercher des gens disparus et des époux infidèles, ce qui n’implique pas de morts, mais certaines affaires insolubles et grassement payées pourraient être à portée. « Parfois je pourrais avoir besoin d’infos et personne de vivant sous la main pour m’en donner. Ça te dirait de faire ton machin de, je sais même pas comment t’appelles ça, pour de la thune et m’aider dans mon boulot ? » Le barman revient vers nous et dépose deux pintes et deux verres d’eau tout en criant un ‘j’arrive’ à un client insistant plus loin. Je lui file un billet qu’il embarque avec les nombreux verres que l’on a vidés jusque-là. « Et essaie peut-être de boire de l’eau, j’ai pas particulièrement envie de découvrir ce qui va arriver à Bob si tu fais un coma éthylique. »

Le ton est léger et rieur mais ça reste extrêmement vrai. Je ne veux pas découvrir s’il retrouverait son trépas et tomberait au sol comme une masse putride ou bien si c’est de cette manière que commencerait un apocalypse zombie. Cette dernière option me semble peu probable, mais jusqu’à aujourd’hui l’existence de gens capables de relever les morts me semblait également peu probable. Comme quoi, on peut être surpris.
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