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I'll worship like a dog at the shrine of your lies • Anna

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Mer 29 Déc - 19:15 (#)

I'll worship like a dog at the shrine of your lies
anna ft. ozios




- Ce que j’essaye de vous dire, Monsieur Wølk, c’est que d’ici quelques semaines, plus personne ne voudra vous co-

Ozios déteste sa vie.

Il n’est pas de ceux qui essaient de voir le verre à moitié plein, encore moins à moitié vide. Il n’aime pas s’apitoyer sur son sort, ou son existence, ou la raison de ses insomnies. Il ne fuit pas ses problèmes, il s’en contre fout tout simplement. Ozios n’essaie pas d’excuser ses tords. Il n’essaie pas non plus de se faire plaindre. C’est seulement que, debout face à cet homme frôlant la cinquantaine, le crâne luisant qui tente de lui expliquer les raisons le poussant à vouloir cesser toute collaboration, il doit se rendre à l’évidence: il déteste sa vie.

Le danois a perdu le fil de la discussion. Son esprit s’est déconnecté lorsque son interlocuteur a poliment tenté de lui faire comprendre que personne ne voulait plus travailler avec lui à cause de ses humeurs massacrantes. Sa voix insupportable lui colle une migraine lancinante. Il pourrait lever la main, aspirer sa vitalité et enfin lui faire fermer son clapet. Avec un peu de chance, personne ne se rendrait compte de rien. Tous deux se tiennent dans un coin de l’exposition permanente qui ne sera plus permanente pour longtemps, à en croire l’homme. Seulement une dizaine de personnes sont encore présentes, à une heure aussi avancée de la journée. Heureusement, la mauvaise réputation de l’artiste n’a pas encore atteint les quelques articles de presse qui le dépeignent comme un mystérieux peintre torturé. Ozios n’est pas torturé. Ce serait plutôt l’inverse.

Il n’a pas reçu de nouvelles de son bourreau depuis des mois, si bien qu’il aurait presque pu en oublier l’existence. Irial est aux abonnés absents depuis sa réapparition quelques semaines plus tôt. Il ne reçoit plus d’appel ajoutant une nouvelle victime à sa liste, ne rentre plus chez lui pour trouver quelqu’un dans sa cuisine venu faire de lui son nouveau jouet. Ozios est seul, comme il l’a toujours été et souhaité. Et il ne fait plus aucun effort. La seule personne qui semble lui foutre la paix tout en continuant de financer ses projets est Aurora Lane. Du restant, son agent est encore plus apeuré qu’auparavant. Ozios l’a déjà renvoyé deux fois le mois dernier. Et les investisseurs se désistent les uns après les autres. Le danois possède une personnalité magnétique qui, ces derniers temps, semble s’être inversée de pôle.

Le silence s’étire entre les deux hommes. Le bouclé relève les yeux, s’attendant à voir le regard noir de son futur ex-investisseur posé sur lui, attendant une réponse à sa question restée en suspend. Seulement, son regard se pose sur l’arrière luisant de son crâne chauve. Ses sourcils se froncent. Sa question n’a pas disparu dans les échos de ses pensées, elle n’a tout simplement pas eu l’opportunité d’être terminée.

Car l’attention de l’homme s’est détournée du danois, en même temps que son corps. Son regard est porté à l’autre bout de la pièce. Quand Ozios tourne le visage, il se rend compte que les clients présents n’observent plus ses toiles, mais sont tournés dans la même direction. Quelques secondes plus tard, il ressent les premières sensations étranges. Comme happé dans un tourbillon d’enchantement, ses yeux sont attirés vers l’entrée. Une jeune femme s’y tient de profile. Il n’est pas assez proche pour entendre les paroles s’échappant de ses lèvres que semble boire l’homme à ses côtés. Elle est de taille moyenne, le nez légèrement en trompette. Ozios ne la reconnait pas. Et il ne comprend pas pourquoi Christian - ou Christophe, il ne s’en souvient pas vraiment - a délaissé leur discussion au profit de cette inconnue. Comme le restant du salon. Le danois se tourne pour observer les alentours, mais semble incapable de détourner le regard de la brune plus de quelques secondes.

Quand il la regarde une nouvelle fois, ses sourcils se froncent. Puis il penche la tête sur le côté. Il ne lui faut pas plus de deux secondes à décrypter l’aura qui l’entoure, son appétence pour le mal, son appartenance à la même race. Ozios n’a que très rarement croisé d’engeance, depuis son arrivée ici. Encore moins dans son quartier, sans parler de son atelier.

Lentement, il tapote l’épaule du chauve qui ne semble même pas s’apercevoir de sa présence. Il s’éloigne de lui, pour se rapprocher d’elle. Cette fois-ci, Ozios perd patience. Qu’est-elle en train de faire? Possède-t-elle quelconque don lui permettant de lui voler la vedette dans son propre studio?

Il fait un pas en avant à son tour, suffisamment pour se retrouver dans son champ. Le long de son torse, sa main se lève très légèrement. Au diable les réflexions, encore moins les conséquences. Il aspire. Très légèrement, au début. Ozios est certain que cette jeune femme est une engeance, il ne sait simplement pas quel don elle possède. Il ne voudrait pas voir des flammes jaillir de ses oreilles en public. Alors, au cas où, il active son mimétisme quelques instants, puis relâche. Rien ne se passe. Elle ne se rend pas compte de sa présence, mais lui se sent une nouvelle fois aspiré par son aura incandescente, saisissante.

Cette fois-ci, il tient son mimétisme suffisamment longtemps pour voir les premiers effets. Quelques regards se détournent. Ozios hausse un sourcil. Intéressant. Il relâche. Plus personne ne le regarde. Il s’approche encore un peu, et aspire l’intérêt qu’elle semble susciter pour de bon. Le premier sourire de sa journée apparaît sur son visage quand Christophe - ou Christian, peu importe - se tourne enfin vers lui. Son visage est bien plus détendu que la dernière fois. C’est presque s’il le buvait du regard.

- Où en étions-nous, Richard?

L’homme ne relève pas même la mauvaise identité dont il a été affublé. Ozios ne comprend pas vraiment de quoi relève le don qu’il vient d’aspirer, mais continue tout de même. D’abord parce qu’il n’aime pas l’idée que l’on se désintéresse de lui de la sorte; également parce que plus les secondes passent, plus le peintre se rend compte de sa nouvelle influence.

- J’ai cru comprendre que vous parliez de désinvestissement. Nous ne voudrions pas en arriver là, pas vrai?
- Non, bien sûr, Monsieur Wølk,
- balbutie-t-il en hochant rigoureusement la tête.

Les secondes s’écoulent. Le danois ne veut pas tenter le diable, sans mauvais jeu de mot. Il tourne le visage en direction de la jeune femme. Elle le fusille du regard. Littéralement. Ozios la regarde quelques instants d’un air désintéressé. Son mimétisme faiblit. Il sert la main de l’homme, maugrée un “je vous rappellerai”, et se détourne, desserrant le poing. Aussitôt, l’attention de la salle entière se reporte sur elle. Dans un coin de la pièce, Ozios l’observe évoluer dans l’espace comme s’il lui appartenait.

Il s’avance vers elle, sans réellement savoir pourquoi, mais son attention se porte sur la porte d’entrée lorsque la petit cloche retentit.

- Putain, - grince-t-il entre ses dents.

Cette fois-ci, ce n’est pas un petit homme chauve et inoffensif qui s’approche d’un pas résolu vers lui, mais Nicole Moreno. Il ne la connait que depuis quelques semaines, mais a déjà reçu plusieurs de ses visites. Nicole Moreno est directrice au sein de l’agence qui le représente. C’est sûrement elle que Peter a appelé en pleurant lorsque le danois l’a renvoyé. A plusieurs reprises. Et, la dernière fois qu’Ozios a reçu un appel de la part de Mme Moreno, c’était pour le mettre que garde. La prochaine fois qu’il verrait son visage, ce serait pour le renvoyer lui.

Et son visage furieux est en train de s’approcher de lui en ce moment même.

Le regard du bouclé se tourne une fois de plus vers l’inconnue qui palpe l’attention de la pièce entière. Sauf celle de Nicole Moreno. Pourquoi ne palpe-t-elle pas l’attention de Nicole Moreno, pour l’amour de Dieu?

Elle est devant lui. Ses bras se croisent sur sa poitrine. Enfin, son regard se détourne sur sa droite. Ses traits se détendent, un mince sourire apparaît sur son faciès. Ozios n’a plus le temps de réfléchir. Sa main droite se dresse légèrement, et une nouvelle fois, il aspire le quelconque don que possède la petite brune. Il se tourne vers Nicole Moreno.

- Nicole. Un plaisir, - dit-il en tâtant le terrain.
- Ozios!

Elle ne semble plus aussi encline à l’assassiner que quelques secondes plus tôt. Après quelques secondes de bavardage, le danois jette un énième coup d’oeil à l’inconnue, puis reporte son attention sur Nicole.

- Pourrez-vous demander à Peter de retourner mes appels? Je sais que je l’ai renvoyé, mais j’ai besoin de lui. Un de mes clients ne cesse de m’appeler et je ne connais pas son nom.

Un hochement de tête, puis un sourire, une poignée de main. Ozios se détourne et relâche son mimétisme. Il ne connait pas les effets de ce don, ni sa durée, ni ses conséquences. Il doit se tirer de là avant que cela ne se retourne contre lui. Lentement, il se détourne, et se dirige en direction des arrières. La cuisine est minuscule, mais suffit pour contenir une machine à café et un micro-ondes. La cafetière mise en marche, il place une tasse sous le verseur. Il s’appuie contre le comptoir, patientant, et passe une main sur son visage en prenant enfin une grande inspiration. Seul dans la petite pièce, il relâche enfin la pression.

- C’est quoi ce putain de bordel?

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Your soul is mine
Anna Janowski
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Facultés : Engeance d'Ishtar
Don de magnétisme conférant un charisme hors du commun
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Ven 31 Déc - 8:36 (#)

La porte s’ouvre devant moi, laissant s’échapper le délicat vacarme des murmures de la faune esthète locale. En temps normal je n’aurais pas mis les pieds dans un endroit représentant une si grande perte de temps, mais ce sont les affaires qui m’entrainent ici aujourd’hui. Il n’y a que quelques personnes présentes au milieux des œuvres pour lesquelles je n’ai pas le moindre regard. Si je suis dans une galerie ce n’est pas pour l’amour de l’art, mais pour récupérer un client ayant une large fortune et une bonne portée médiatique. Mon potentiel futur client a eu une mésaventure ayant fait la une des journaux récemment. Des poupées vaudou à son effigie et mutilées ont été retrouvées dans son office. Pour l’heure, il n’a pas été possible de déterminer s’il s’agit de réelle magie, d’une menace ou bien d’une mauvaise blague. Il disait dans son interview qu’il souhaitait engager des poursuites. Je ne laisserai pas cette affaire déjà à fort caractère médiatique me filer entre les doigts, et rien n’est mieux pour alpaguer un nouveau client que d’aller sur son propre terrain, là où il est plus susceptible de baisser sa garde. Monsieur Clayton, outre ses activités dans l’import-export, aime l’art. Enfin, il aime spéculer sur l’art. Il apprécie le fait d’acheter des objets vraisemblablement sans valeur, créés par des fainéants sans travail, pour les revendre une fortune après que le fainéant en question se soit fait un nom parmi cette petite communauté de personnes prétendant apprécier la beauté d’un dessin ou d’une sculpture. Un passe-temps comme un autre. Une bonne partie de sa large fortune provient de ce genre d’activités. J’ai pu apprendre par sa secrétaire que ses prospections du jour allaient l’amener dans cette galerie. Je le repère rapidement dans la pièce et me dirige vers lui d’un pas certain et décidé. L’homme d’une cinquantaine d’années bien tassée a l’air affable et se trouve entouré d’un petit groupe qui discute paisiblement. En tout juste quelques pas faisant claquer mes talons sur le sol, je capte l’attention des personnes présentes. Je ne me lasserai jamais de cette sensation d’être la personne la plus importante de la pièce. Mon regard est uniquement porté sur le riche homme d’affaire que je suis venu voir. Son entourage s’est fait silencieux et la conversation qu’il entretenait avec une jeune femme s’est stoppée un instant à mon approche.

« Monsieur Clayton ?
- Hum, oui. » Son regard surpris se teinte rapidement d’un intérêt non feint et d’une curiosité sans pareille. « Pardonnez-moi, mais nous nous connaissons ?
- Pas encore. » Un sourire charmant se peint sur mon visage et j’enchaine d’un ton avenant : « Je m’appelle Anna Janowski. Je suis avocate et j’ai eu connaissance de vos petits déboires dans la presse locale.
- Et bien… » Ses paupière cillent, l’air embêté. « A vrai dire, j’ai déjà un avocat. » Son ton est gêné, comme celui d’un homme embarrassé par une épouse trop encombrante alors qu’une belle femme lui fait des avances. En un sens, il s’agit de drague professionnelle, si j’ose dire. Curieusement, les gens autour de lui semblent dissipés, tournant le regard en un sens puis dans l’autre. En général les gens n’apprécient que le spectacle de ma personne. Peut-être ont-ils un peu trop bu avant de venir. Je souris à mon client en devenir et lui rétorque avec un sourire confiant :
- Un avocat ça se change, et je suis sans aucun doute bien plus efficace que la personne que vous avez déjà embauchée. »

Un sourire s’étire sur ses lèvres à cette idée et il s’apprête à me répondre quand son attention semble vaciller à son tour. Ses mots s’éteignent avant même d’avoir été prononcés. Un regard qui se déporte sur le côté en me délaissant, semblant presque oublier notre conversation, ou ne plus y porter intérêt. Mon sourire se fane face à ce désintérêt soudain et abrupte. Que se passe-t-il ? Je n’ai pas l’habitude d’être ainsi ignorée. Je suis son regard et y découvre rien de plus qu’un homme relativement jeune en pleine discussion avec quelqu’un qui l’est bien moins. Pendant quelques secondes, mon attention se perd à son tour dans ses traits fins sans que je sache vraiment pourquoi. Nos regard se croisent un instant et peu après la voix de monsieur Clayton retentit de nouveau.

« Oui, pardon, vous disiez ? » Il semble rameuter ses esprits un instant et enchaine. « Ah oui. Eh bien je serais ravi de discuter avec vous de cette possibilité. »

Je détache mon attention de l’inconnu plus loin dans la pièce et de ce moment de flottement curieux qui a saisi la salle entière pour me reconcentrer sur mon objectif. La conversation s’anime, sinuant entre des termes juridiques pour assurer mon futur client de ma compétence et quelques bons mots pour ne pas l’assommer. Au gré de notre échange, monsieur Clayton m’entraine çà et là devant des œuvres et rajoute quelques mots sur l’art dans notre discussion animée. A notre suite, ses accompagnants louvoient dans la galerie, relâchant quelques éclats de rire aux moments opportuns. Un instant la conversation s’essouffle et comme un seul homme le petit groupe semble trouver un intérêt notable à l’homme de tout à l’heure qui à présent discute avec une nouvelle venue. Une fois de plus, je vois les regards qui m’étaient jusque-là dévolus se tourner vers l’inconnu comme si c’était la chose la plus intéressante de cette pièce, ce qui m’irrite profondément. Mon attention glisse vers lui à son tour et nos regards se croisent de nouveau. Je n’ai toujours pas la moindre idée du curieux phénomène qui se joue ici. De la magie peut-être ? Non, les choses seraient sans doute plus spectaculaires. Il s’éloigne et la conversation du groupe qui m’entoure reprend doucement, comme si elle avait été figée dans le temps, comme si rien ne c’était passé. Quelle est donc cette bande de lombrics pitoyables incapables de voir ce qu’il se passe ? L’inconnu qui semble à l’origine de ce phénomène étrange disparait derrière une porte et je compte bien tirer au clair cette histoire. Je déteste me sentir ignorée. Je n’ai pas souvenir que ce soit déjà arrivé jusque-là. Quoi qu’il ait fait à ces gens, il faut que je sache ce dont il retourne. Je souris à mon interlocuteur en lui laissant ma carte pour qu’il m’appelle et prenne rendez-vous pour parler de son affaire. Il se désole que je m’en aille si rapidement, mais mon intérêt est déjà porté ailleurs. Rapidement je rejoins la porte que l’inconnu a passé. Je fais tout juste deux pas dans la pièce avant de me stopper à quelques mètres de lui. Mon sourire professionnel et charmant réservé à mes clients a disparu pour laisser la place à un air sérieux et suspicieux. Sans préambule, je commence d’un ton tranchant laissant transparaitre de la colère :

« Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous avez fait là-bas ? »

Et moi, qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi j’ai voulu venir dans cette pièce risible pour tirer une curieuse histoire au clair ? Ça ne me ressemble guère. Qui plus est, personne ne semble avoir rien remarqué. Est-il possible que je me sois fait des idées ? Non. En aucun cas. Voir des gens se détourner de moi est suffisamment rare pour que ça me saute aux yeux, à plus forte raison si ça arrive à un ensemble entier de personnes plusieurs fois en si peu de temps. Je l’observe, le détail, comme si ça allait me permettre de percer à jour le secret de ce qu’il s’est passé plus tôt. En l’observant, un sentiment curieux vient se mêler à mon mécontentement. Quelque chose d’étrange que je ne saurais définir, une sensation de familiarité peut-être. Comme si je revoyais une vieille connaissance ? Non, ça n’a pas l’air d’être ça. Je lui jette un œil suspicieux, cherchant à déterminer cette impression. Comme un déjà-vu ? Non ce n’est pas tout à fait ça non plus. Peut-être est-ce cela même qui m'a attiré dans cette pièce alors que j'aurais pu me contenter d'ignorer cette mésaventure et ne plus jamais remettre les pieds ici. La colère cède quelque peu face à la confusion et à la curiosité. J’ajoute d’un air moins affirmé et plus hésitant :

« Est-ce qu’on se connait ? »

J'en doute fortement, mais là est la seule explication qui me semble cohérente avec ce ressenti diffus de familiarité. Une reconnaissance instinctive et inconsciente. Une pulsion irrémédiable.
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Jeu 6 Jan - 12:14 (#)

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Ses deux paumes sont fermement ancrées au comptoir, comme si le bois vieillissant était une ancre l’empêchant de sombrer. Il est exténué. Peut-être a-t-il halluciné ce qu’il vient de se produire. Il espère que l’inconnue est partie, et qu’il ne la reverra jamais. Mais, en même temps, cette inconnue est la raison pour laquelle il ne vient pas de se faire larguer par son investisseur et son agence. Il était pourtant certain que Christian/Christophe était sur le point de l’envoyer paître. Ozios est sur une pente glissante et il n’a aucune autre prise que la glaise qui salit ses mains et s’enfonce sous ses ongles.

Le clic désagréable de la cafetière lui indique que la boisson est prête et le danois se redresse en soupirant, se retourne, attrape une tasse dont la anse en porcelaine s’est brisée il y a des semaines de cela. Après l’avoir rincée, il la remplit de café. Et attend. Il n’est pas d’humeur à une nouvelle fois se brûler les doigts.

C’est la voix féminine résonnant dans son dos qui le fait se retourner, et lorsque ses yeux croisent l’inconnue, un mélange d’agacement et de surprise font leur apparition. Puis un de ses sourcils se hausse, et il la dévisage quelques secondes.

- Je pourrais très certainement vous retourner la question, - lâche-t-il en imitant son manque de convenance.

Ozios est quelque peu habitué à recevoir ce genre de questionnement, de la part des quelques créatures qui lui a été donné de croiser. Il ne leur fournit cependant jamais d’explication. Un reste de méfiance lié à son enfance. Mais surtout une terreur à l’idée de s’exposer. Quand il vient d’ôter la vie, il se contre fout des conséquences de ses paroles. Mais plusieurs semaines se sont écoulées. Et Ozios commence à voir sa conscience le rattraper; le visage de ce type est ancré dans sa mémoire et ne veut pas s’en échapper.

Ses bras se croisent sur son torse recouvert d’un sweat-shirt à capuche des plus simples. Ses chevilles en font de même. Une table branlante dont un des pieds menace de lâcher les sépare. Il la laisse le dévisager et arborer les lieux du regard, reste impassible quand son visage laisse transparaître le dégoût que lui provoque l’insalubre cuisine. Au milieu de la petite pièce, elle déteint. Ses vêtements sont trop luxueux, son visage trop fin. Quand leurs regards se croisent à nouveau, elle plisse les yeux. Lui hausse un nouveau sourcil. Il est irrité qu’elle soit ici, agissant comme si les lieux lui appartenaient. Mais il est aussi irrité car il ne peut pas se résoudre à la quitter du regard. Le même sentiment l’ayant parcouru quelques instants plus tôt apparait de nouveau, comme si l’endroit entier gravitait autour d’elle. Le charme se rompt quand elle reprend la parole. Désintéressé, il se redresse et attrape la tasse devenue tiède.

- Non, on ne se connaît pas. Mais vous êtes venue dans mon exposition. Qu’est-ce qui vous fait penser que vous pouvez utiliser vos aptitudes sur mon territoire?

Il aurait pu lâcher un simple “merci”, car aussi déroutant cela eut-il été, c’est grâce à elle qu’il possède encore un métier.

Mais c’est quand il la regarde de nouveau qu’il comprend. Elle ne sait pas. Elle le dévisage encore, comme si elle tentait de comprendre d’où lui venait cette intuition. Comme si elle essayait de se remémorer son visage, même si c’est la première fois qu’elle le voit. Cette familiarité qui les relie la laisse dans l’incompréhension. Mais Ozios ne sait ni qui elle est, ni ses réelles intentions. Alors il noie le poisson.

- Si vous êtes après un des tableaux exposés, laissez vos coordonnées à l’accueil. Pe… Quelqu’un vous rappellera. - lâche-t-il en se rappelant qu’il n’a pas encore rappelé Peter pour lui annoncer que son annonce de licenciement n’en était pas vraiment une.

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Ven 21 Jan - 9:06 (#)

La pièce étroite à l’ameublement branlant se charge d’un silence tendu. Durant l’espace d’une seconde, j’hésite. Est-ce que je suis réellement certaine de ce qu’il s’est produit ? Oui. Je crois. Peut-être. Le doute se distille peu à peu dans mon esprit qui ne sait le tolérer. J’apprécie la certitude et la conviction, pas l’hésitation et le trouble. Les évènements qui se sont produits sont trop volatiles, trop étranges, trop inhabituels pour que je puisse les saisir et les analyser. Dans cette petite pièce où l’odeur de café commence à prévaloir, j’observe cet homme en me demandant si je n’ai pas simplement exagéré. Après tout, les gens qui sillonnent les galeries ne sont pas nets, peut être agissent-ils toujours bizarrement. Ce doute m’agace et attise les braises d’un début de colère. Pour ne rien arranger, ce sentiment curieux face à cet inconnu demeure un peu trop saillant à mon gout. Trop de choses dérangeantes, un peu trop éloignées d’une réalité tangible. Les bras croisés, j’attends une réponse. Une réponse qui finalement nourrit bien plus mon agacement qu’elle n’y remédie. Une esquive tout au plus. La seconde réponse ne m’avance pas beaucoup plus. Au contraire, une bride d’incompréhension me traverse. Ces mots ne font pas sens et un air surpris et incrédule se peint rapidement sur mon visage, disparaissant tout aussi vite, remplacé par un masque d’arrogance me servant à dissimuler mon trouble inconfortable. Dans le silence, je cherche à comprendre cette phrase cryptique. Mes aptitudes ? A-t-il simplement ce phrasé pompeux et inadéquat des gens qui essaient de sillonner un monde culturel et social qui ne leur appartient pas ? Serait-il simplement en train de me reprocher de venir recruter des clients dans sa galerie ? Cela me semble peu concevable. Mon regard parcourt sans cesse son visage comme pour percer son secret. L’ai-je déjà vu quelque part malgré ce qu’il affirme ? Impossible de m’en souvenir. Peut-être simplement dans le journal ou quelque chose sans grand intérêt. Il reprend et dans ses mots je comprends tout juste qu’il est l’artiste qui expose ses toiles ici. Probablement un de ceux qui se droguent, ce qui expliquerait ses propos incohérents.

« Vos tableaux ne m’intéressent pas. »

La phrase est affirmée sur le ton d’une évidence méprisante, comme si on parlait de dessins d’enfants qu’un couple de parent veut absolument montrer à tout le monde. Je le toise une seconde, décidant finalement que je perds mon temps avec cet énergumène. Je lui tourne le dos et pose une main sur la poignée de la porte, résolue à quitter cet ersatz de conversation peu plaisante et à le planter là, seul avec ses délires induits par des substances. Mais une pointe de doute persiste dans mon esprit. Comme un début d’obsession. Une impression insidieuse qui me fait hésiter. Je veux savoir ce qu’il s’est passé dans cette salle, et ce qu’il a bien voulu dire dans le peu de mots qu’il a daigné m’accorder. Une question, une seule. Après ça je retourne à mon travail et à mon démarchage de client. Mon hésitation n’a duré qu’une seule seconde tandis que ces pensées filées dans mon esprit. Toujours la main sur la poignée, je me retourne vers lui et fixe un regard inquisiteur dans le sien. D’un ton intransigeant, je lui demande :

« Qu’est-ce que vous entendez exactement par ‘mes aptitudes’ ? »

Le silence semble fracassant alors que j’attends sa réponse. Peut-être ne viendra-t-elle jamais. Peut-être sera-t-elle inepte. Il est peu probable qu’il m’offre également des éclaircissements sur les étranges événements survenus quelques minutes plus tôt. Dans tous les cas, il sera toujours temps d’engager des gens pour percer à jour le secret du petit artiste. J’aime savoir. J’aime gagner. Et peu importe ce qu’il s’est passé dans la salle remplie d’œuvres, clairement, une partie d’un jeu aux règles inconnues a commencé. Et quand bien même je me trompe, je ne peux pas laisser ce doute subsister.
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Sam 19 Mar - 19:52 (#)

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anna ft. ozios




L’apparent dégout avec lequel le regard de l’inconnu dresse un portrait peu attirant de la pièce aurait pu tirer un sourire à Ozios, s’il n’avait pas été de cette humeur maussade qui ne semble plus le quitter. Son esprit se bat pour ne pas se laisser happer par cette aura qui semble l’entourer et alors qu’il prend une gorgée de ce café qui aurait provoqué une crise cardiaque à tout italien se respectant, elle s’adresse une nouvelle fois à lui avec dédain. Un simple coup d’oeil à l’inconnue lui suffit pour comprendre qu’elle ne sait pas qui il est non plus, et qu’elle n’est pas venue ici pour admirer ses oeuvres. Soit. Il ne lui reste plus qu’à découvrir pourquoi elle a choisi son exposition comme terrain de chasse.

Elle ne semble seulement pas du même avis. Déjà, elle met fin à leur courte entrevue. Sa main se pose sur la poignée de la porte en bois défraichi. Ozios ne dit rien. Pas même lorsqu’elle semble se figer et qu’un silence les entoure. Le danois n’a pas l’intention de la retenir. Aussi, lorsqu’elle se tourne face à lui et l’assassine une nouvelle fois du regard, il se contente d’hausser un sourcil. D’un ton lui faisant comprendre qu’il ne pourra définitivement pas échapper à cette discussion, elle lui demande, ou plutôt le somme de l’éclairer sur cette nature qui semble lui être absolument inconnue. Encore une fois, la pièce est plongée dans un lourd silence alors que tous deux s’adonnent à une bataille de regards. Elle semble impatiente, exaspérée. Lui l’est tout autant. Son quota social a été épuisé pour la journée et la seule chose dont il rêve est de pouvoir transformer l’infâme café en whisky et prendre une douche qui videra certainement le restant de son cumulus.

Ozios comprend très vite qu’il ne suffira de pas grand chose pour qu’elle ouvre enfin cette porte et le laisse en paix. Un silence de quelques secondes de plus, une remarque crue ou peut-être même un regard appuyé remplaçant le désintérêt apparent de ses iris. Cependant, il sait également ce qui l’attendra dans la pièce adjacente le cas échéant: des investisseurs agacés par l’attitude détestable de l’artiste, déterminés à le lâcher. Et sans petite brune au regard venimeux pour calmer toutes ces ardeurs, Ozios est foutu. Il n’aura pas la chance d’atteindre la porte avant que Nicole Moreno ne l’ait rattrapé et trainé par l’oreille jusque dans son bureau à l’autre bout de la ville.

Dans un soupir traduisant son manque d’appétence quant à la suite de cette conversation, il dépose finalement le café refroidi et se redresse. La situation n’a peut-être pas à être si détestable. Ozios se souvient du jour précis où sa véritable nature lui a été révélée. Contrairement à lui, Elios n’avait pas pris de pincette. Ou Irial. Peu importe.

- Vous ne savez donc vraiment pas? - entame-t-il en décroisant ses chevilles pour se tenir droit.

Cette cuisine insalubre n’est certainement pas le meilleur endroit pour recevoir telle information, mais Ozios ne possède pas assez de compassion pour s’en préoccuper plus que cela. Il n’est de toute manière pas même sûr de l’issue de cette situation et ne sait pas si elle acceptera de coopérer. Alors il décide de s’y lancer crescendo.

- Laissez-moi deviner. Vous n’avez jamais peiné à vous faire aimer de toute personne se trouvant dans un rayon raisonnable. Quand vous entrez dans une pièce, les regards se tournent sur vous. Vous attirez votre entourage et il boit vos paroles. Je tape dans le mille?

Il ne connait que les caractéristiques de son don qu’il a été en mesure d’aspirer. Au fil des années, Ozios s’est entrainé à reconnaître les principaux traits des pouvoirs pénétrant son corps en quelques secondes de manière à ne pas se retrouver dans une situation qui dépasserait ses aptitudes. Une autre idée d’Irial, au final.

- Si je fais ça, cependant.

Sa main droite se redresse légèrement, et pour la troisième fois de la soirée, il vole son don et s’abreuve de son aura tout en l’observant. Toute trace de sourire a disparu de son visage, ses traits sont tirés par la fatigue et la concentration.

- Si je fais ça, alors soudainement, c’est de moi dont votre regard ne peut se détacher. Je pourrais certainement vous faire acheter ma toile la plus chère sans difficulté et vous convaincre que c’était votre désir le plus profond.

Sa démonstration se stoppe net lorsque sa main retombe le long de son corps, et le danois prend quelques secondes pour reprendre contenance. Il n’utilise jamais autant son mimétisme de manière si rapprochée. Cela ne fait que l’affaiblir d’autant plus; chaque avarice lui demande de plus en plus de temps pour se remettre.

- Ai-je tort?

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Mar 22 Mar - 8:49 (#)

Ma main se crispe sur le métal froid de la poignée de la porte en attendant sans patience la réponse du peintre. Quelle déchéance d’être dans cette pièce miteuse à attendre le bon vouloir d’un sale gosse alors que le vernissage bat son plein de l’autre côté de la porte. Le silence de la pièce se fait irritant, presque insolent, abandonnant en suspend une réponse qui me semble nécessaire. Comme une provocation, les quelques bruits de la petite fête nous parviennent de manière étouffé, me rappelant qu’il y a bien plus agréable à faire ailleurs. Nos deux regards inquisiteurs se toisent dans un décor rendant la chose d’une banalité affligeante, à la limite du ridicule. Enfin, après ce qui semble être une éternité, le minable peintre se décide à parler. Mes sourcils se froncent avec une délicatesse hautaine, ne comprenant pas là où il veut en venir. Il commence à décrire avec justesse et précision ce que je vis depuis toujours, mais cela ne m’impressionne que très peu. Je me tiens en face de lui en tenue de soirée, ce n’est donc pas si difficile de deviner que quelqu’un comme moi attire tous les regards. Mais il est vrai que, pour quelqu’un comme lui, attirer l’attention sans mal doit être une chose des plus inhabituelles. Déçue, je roule des yeux et m’apprête à quitter la pièce, mais il enchaine d’une manière inattendue, captant de nouveau toute mon attention. Un simple geste de la main et subitement mes yeux cillent pour se fixer dans les siens avec un intérêt nouveau. Mue d’un instinct irrépressible, je ne peux que lui sourire comme s’il était quelqu’un de subitement parfaitement sympathique et aimable qui mérite un peu de considération. Une pensée qui ne me ressemble guère. Ce qu’il dit est juste, et pourtant parfaitement inexplicable. Je me rappelle ce mouvement attentionnel de la foule de convives passant de moi à lui puis de lui à moi plus tôt. Qu’est-ce que tout cela signifie ? Peu à peu, cette sensation retombe et l’artiste qui m’a semblé si intéressant il y a quelques instants ne redevient que le peintre débraillé à l’air bougon. D’une dernière remarque arrogante, il me demande même s’il a tort. Mes pensées s’emmêlent dans un marasme confus. Que s’est-il passé ? Comment est-ce possible ? N’y tenant plus, je lâche la poignée de la porte que je tenais d’une main inerte pendant son étrange démonstration et fais quelques pas vers lui dans un bruit de talons impérieux. D’un ton intransigeant incluant une pointe incontrôlée de panique, je lui demande :

« Qu’est-ce que vous avez fait ? » Ça n’avait rien de normal ou de naturel. « C’est de la magie ? N’est-ce pas ? »  Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? Et en quoi cela a à voir avec moi ? Avec hargne, je lui affirme comme si je lui crachais ces quelques mots au visage : « Vous êtes un de ces monstres ! »

Je recule d’un pas, réalisant que me retrouver seule ici avec quelqu’un comme lui pourrait être un véritable danger. Et pourtant, toujours cette sensation de familiarité tenace, indicible, incompréhensible. Je déglutis difficilement, tenaillée entre l’envie de quitter cet endroit maudit et ce sentiment impérieux me sommant de rester. Et dans tous ces ressentis contradictoires, des questions tournoyantes insolubles. Admettons qu’il soit un sorcier ou une autre abomination du même genre, quel rapport avec moi ? Je ne comprends, et je déteste ne pas comprendre quelque chose. Je n’ai ici que deux choix : fuir et ne jamais savoir, ou bien rester et essayer de comprendre malgré la menace qui hante cette pièce sous les traits d’un homme étrange et discourtois. Mes lèvres se pincent en une hésitation, puis finalement, je lui lâche d’un ton sec et autoritaire :

« Expliquez-moi mieux que ça. »  Si tant est que cela lui est possible. Si son vocabulaire est aussi limité que sa sympathie, il doit lui être compliqué de s’exprimer clairement. « Et quel est le rapport avec moi ? »

Parce qu’il s’agit bien là du point central. Les sorciers et la magie ne me concernent que dans le cadre d’un tribunal où je cherche à les écraser pour protéger les humains contre ces engeances. Pourquoi cela devient-il si personnel à présent ? Et pourquoi a-t-il évoqué le fait que je sois quelqu’un d’apprécié de tous comme s’il s’agissait d’une chose anormale ? Je n’y comprends rien. Je déteste ça.
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Dim 27 Mar - 19:27 (#)

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Ozios est conscient des risques qu’il prend et des possibles retombées de tels actes. Pour la première fois depuis des mois, à vrai dire, il semble véritablement prendre conscience des conséquences de ses actions et de ses paroles. Le monde autour de lui n’est plus son terrain de jeu. Il est à présent sur une pente glissante où les prises semblent être de moins en moins accessibles. Il semble avoir retenu son attention au delà du don volé: quand sa main se relâche, le regard de l’inconnue ne dévie pas. Ozios ne bronche pas lorsqu’elle s’approche. Elle n’est pas effrayée, mais sa voix emprunte de dégout lui fait hausser un sourcil.

Sa première question laisse place à un silence alors qu’il ne répond pas et se contente de l’observer dans l’espoir de déceler chez elle ses réelles intentions. Le danois a l’impression d’être un lion en cage devant choisir entre deux proies. Jusqu’à ce que la situation ne se retourne contre lui. Quand elle reprend la parole, elle se trouve déjà plus proche de lui. Sa voix, une fois de plus, ne demande pas mais ordonne. Ses sourcils froncés au dessus de ses yeux le mitraillant du regard lui donnent un air austère. Un long soupir échappe à l’artiste, alors qu’il se redresse finalement complètement, croisant les bras sur son torse. Lui qui n’a jamais possédé de tact reprend la parole froidement, cette fois-ci sans trace d’arrogance.

- Je suis un de ces monstres tout autant que vous l’êtes.

Il ne possède pas assez de sensibilité ni d’empathie pour prendre en compte sa réaction. Le jour où sa nature lui a été révélée par celui qu’il considérait à l’époque comme son père est toujours ancrée dans sa mémoire au fer rouge, ne manquant pas de lui rappeler l’incompréhension et la terreur de ce moment. Ozios se souvent pertinemment. A l’époque, il avait cru mourir. A l’heure présente, sa voix est froide et résolue.

- Mieux que ça? De nous deux, vous pensez être celle qui possède les cartes en main? - c’est peut-être le cas, ce qu’il se garde d’ajouter. - Cette impression de familiarité, que vous ressentez? - ajoute-t-il en les désignant tous deux d’un geste de la main. - Ce n’est pas qu’une impression. Félicitations, vous faites partie des nôtres.

Il sait qu’il ne lui donne pas assez, il sait que ses paroles doivent lui paraître incompréhensible. Elle doit s'imaginer qu’il délire ou fabule. Il le sait, car c’est exactement ce qu’il a ressenti des années plus tôt. Mais il ne peut lui donner trop, trop tôt, au risque de perdre ses avantages.

- Désolé d'avoir à percer votre bulle de confiance, mais cette aura attirante que vous possédez n’est pas due à quelconque prestance.

Il est impossible d’être sûr qu’elle ne s’amuse pas de lui dans le but de le piéger. Par dessus l’épaule de la jeune femme, Ozios jette un coup d’oeil à la porte fermée. Il pourrait mettre fin à son existence avant qu’elle n’ait eu le temps d’atteindre la poignée. Faisant un pas en avant pour réduire la distance les séparant, il la regarde de nouveau.

- Vous avez quelque chose qui m’intéresse. Votre don. Tout comme je possède quelque chose qui vous intéressera; des informations.

Il déteste avoir à faire ça. Mais le regard de Peter ainsi que les paroles de Nicole semblent avoir une place de choix dans sa mémoire et résonnent en boucle. Sa carrière ne tient plus qu’à un fil et le choix ne lui appartient plus, pour le moment.

- Rendez-moi service et je répondrai à vos questions.

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Mer 30 Mar - 10:21 (#)

Un silence terrible grandit dans la pièce pour seule réponse. Mes poings se serrent d’une frustration que, pour une fois, je n’ai pas à cœur de dissimuler aux yeux du monde. Je suis bien trop concentrée sur cette histoire sans queue si tête pour me soucier de l’image que je renvoie. Ce fait à lui seul trahit bien plus mon inquiétude tenace et agrippante que tout le reste. Un doute, une peur qui s’accroche à moi comme une boue gluante qui s’étend à mesure où j’essaie de comprendre, sans succès. Finalement un verdict tombe, déchire le silence et donne une réponse tout à fait insatisfaisante.

Ses insinuations ne me plaisent pas. Je ne suis pas un monstre. Voila qui est parfaitement absurde. Pourtant ses arguments suivants ont du sens. Comment expliquer autrement les évènements de ce soir ? Y a-t-il une réponse plus raisonnable, plus rationnelle ? S’agit-il de vérité, de délire ou bien de mensonge ? Et s’il s’agit effectivement de magie, comment pourrais-je discerner le vrai du faux ? J’en suis incapable, et je ne connais pas une seule personne pouvant m’aiguiller sur ce sujet. Mon regard se fait assassin et fusille de malheureux éléments de la minable pièce, pauvres supports innocents d’une colère qui grandit et me ronge, nourrie de frustration et d’incompréhension. Les questions s’enchainent dans mon esprit sans exutoire et sans début de réponse. Et s’il avait raison ? Si je faisais réellement partie des monstres, qu’est-ce que cela impliquerait pour mon travail et ma carrière ? J’ai tout bâti en usant de cette peur des CESS, cette terreur indicible qui pousse les humains les plus fragiles à resserrer les rangs et porter aux nues toutes celles et ceux qui les défendent un tant soit peu contre les monstres. Je ne peux pas perdre ça, ma renommée, ma court, mon public. Impossible. Si c’est vrai, alors nul ne doit le savoir. Jamais.  

Mon regard se fixe dans celui qui m’a jeté dans la tourmente des questions insolubles. Sa proposition est intéressante, mais dangereuse. Si toutes ses réponses frustrantes et évasives avaient pour but de nourrir ma curiosité afin de me demander une rétribution en échange de vraies réponses, alors il a très bien joué son coup. Ou peut-être n’est-ce là qu’une coïncidence en sa faveur. La prudence voudrait que je parte du principe qu’il s’agit là d’une manipulation bien ficelée. Sous-estimer quelqu’un est toujours dangereux , et ça l’est sans doute d’autant plus quand de la magie rentre en jeu. Je le regarde d’un œil suspicieux en essayant d’évaluer les risques et les bénéfices. Les quelques murmures de la soirée se déroulant à côté meublent ce silence introspectif. Je veux des réponses, mais à quel prix ? Me dira-t-il la vérité ? Je pourrais me retourner et claquer la porte, oublier. Les gens m’apprécient et m’adulent parce que je suis quelqu’un au-dessus de la masse, je n’ai nul besoin d’un quelconque pouvoir pour provoquer cela. Mais maintenant la graine insidieuse du doute est plantée et s’enracine, va grandir et je ne saurais l’accepter. Et il faut aussi considérer autre chose : s’il s’agit bien d’un don, alors celui-ci peut-il grandir ? Pourrais-je devenir encore plus captivante que je ne le suis ? Jusqu’à quelle grandeur pourrais-je m’élever ? Cette idée nourrie mes désirs de grandeurs et me fait entrevoir un avenir glorieux, mais il est encore bien trop tôt pour songer à tout ça. Pour l’heure, il me faut des réponses fiables. Subitement mes automatismes d’avocate reprennent le dessus et mes pensées se font plus claires, plus distantes, comme lorsque je travaille sur une affaire. Bien que je ne puisse en aucun cas lui proposer un contrat légal du fait de la teneur du possible marché, je lui déclare d’un ton déterminé et catégorique :

« Il nous faut des clauses précises. Tout d’abord, qu’est-ce que vous entendez par ‘vous rendre service’ ? Qu’est-ce que ça implique ? Et rien ne me dit que vous me direz la vérité, alors je veux des preuves. Et pas uniquement votre tour de passe-passe, là …» D’un geste méprisant de la main, j’imite grossièrement ce qu’il a fait plus tôt. « Plus de preuves qui me montreront que vous dites la vérité. Et des correspondances strictes entre mon aide et vos réponses. Il est exclu que vous me demandiez encore et encore des services en me faisant espérer des réponses qui ne viennent jamais. »

Si nous pouvons nous mettre d’accord sur des critères stricts, alors nous auront peut-être un marché. Hélas, un tel contrat oral sans fondement juridique est fragile s’il peut être enfreint sans conséquences. Je n’aime pas cette situation, je navigue en eaux troubles et sans aucune assurance. Malgré ce sentiment diffus de crainte et de doute, une pointe d’excitation nait dans mes entrailles. S’il a raison, et si je peux effectivement faire grandir ce don, jusqu’où pourrais-je aller ?
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Dim 3 Avr - 13:57 (#)

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Le silence abrutissant qui s’est emparé des lieux les englobe tous les deux d’un drap d’incertitudes. Ozios la regarde sans ciller, alors que l’inconnue semble passer par de multiples émotions en l’espace de quelques secondes. Il n’a ni la patience, ni l’envie d’apaiser les terreurs qu’il ne connait que trop bien. Alors il se contente de lui offrir ce dont il est d’habitude avare: son temps. Alors que son regard le détaille d'un air désintéressé, il se rend compte qu’elle a sûrement plus à perdre de lui. Sa tenue est impeccable, son port de tête assuré, sa posture élégante. Il ne sait pas qui elle est, mais ne serait pas étonné d’apprendre qu’elle est en fin de compte quelqu’un. Et l’expression de dégout qui n’a pas délaissé son visage lui fait comprendre qu’appartenir à une telle race relève pour elle d’un cauchemar.

Ozios ne peut que comprendre mais reste cependant impassible. Le temps écoulé depuis sa dernière inhumanité a laissé le poids de ses remords abaisser ses épaules et l’empêche de dormir. Il n’a cependant pas le courage d’opérer autrement que sous la pression de son bourreau. Par manque de courage, ou manque de noirceur, le danois préfère se convaincre du contraire.

Il comprend qu’elle vient de prendre une décision avant même qu’elle ne reprenne la parole. Son regard, auparavant indécis, le fixe d’un air résolu qui happe une nouvelle Ozios dans cette aura qui l’entoure en permanence. Ses pensées tourmentées semblent brutalement s’évaporer pour ne laisser dans son esprit que cette attraction, alors qu’il est incapable de la lâcher du regard. Il déteste plus que tout cette sensation, et la déteste tout autant de l’utiliser sans même s’en rendre compte. Mais il sait que sa simple présence à ses cotés pourra faire des miracles et rétablir la désastreuse situation dans laquelle il s’est plongé.

Ses bras se décroisent pour se poser sur le rebord du comptoir auquel il est accoudé, alors qu’un sourcil se hausse se nouveau quand elle reprend la parole. Elle ne demande pas, ne propose pas, mais pose ses conditions et ordonne son agrément. Tous deux sont à l’opposé l’un de l’autre, mais semblent posséder le peu de points de commun qui fera de cette collaboration: un dédain certain, un manque de patience affligeant et un terrible manque d’empathie. La déplorable imitation qu’elle opère de la main lui arrache un très faible rictus qui rehausse légèrement sa lèvre supérieure et creuse une fossette dans sa joue. Ses paroles sont claires et assurées. Les termes qu’elle emploie lui font penser qu’elle possède des connaissances juridiques. Ozios le sait car c’est ce genre de vocabulaire qui lui fait lever les yeux au ciel lorsqu’il est au téléphone avec son avocat.

Ozios a besoin de connaitre quelque chose sur elle avant de se révéler complètement. Ils ne se font pas confiance, et il semble qu’aucun d’entre eux n’est prêt à faire le premier pas. Mais, pour le moment, le danois se contente d’essayer de trouver des compromis. Jusqu’à ce qu’il ait le temps de réfléchir plus précisément à ses intentions. Il sait également qu’il devra tout faire pour garder l’état de cette entente et l’existence de cette inconnue à Irial. Il ne sait que trop bien l’intérêt qu’aura l’irlandais à mettre le grappin sur une nouvelle possession. Le danois cache sa jalousie sous un élan d’empathie en se convainquant qu’il ne veut qu’éviter à la jeune femme de voir son avenir obscurci comme l’a été le sien.

Sortant de ses pensées, il l’observe quelques instants, sa posture toujours décontractée alors qu’elle semble à l’opposé, rigide et prête à riposter.

- Tout ce que vous aurez à faire est passer du temps avec moi, aussi insupportable cela puisse-t-il vous paraître. M’accompagner à des événements pour me laisser profiter de votre, hm, talent. Pour parler à certains investisseurs. Rectifier quelques erreurs.

“Sourire et bien vous tenir, ça ne devrait pas poser de problème, non?” Le peintre retient les mots au bord de ses lèvres. Quelque chose lui dit qu’elle n’accueillerait pas son manque de tact de la même manière que le reste de son entourage.

- Je vous proposerais bien d’établir un contrat, mais quelque chose me dit que ça ne serait pas dans votre meilleur intérêt. Je donnerai réponses à vos questions. En échange, vous acceptez de vous montrer disponible. Je ne sais pas encore quand auront lieu ces évènements, ni à quelle récurrence. Ce marché tiendra jusqu’à ce que vous ayez obtenu suffisamment d’informations pour vous satisfaire.

Cela devrait lui laisser le temps de profiter de son don assez de temps pour parfaire son agenda et retrouver des investisseurs. Il en sait également suffisamment sur sa nature pour l’éclairer. Nul besoin de rentrer dans des détails sordides qui la feront soit le dénoncer, soit le pourchasser.

Finalement, Ozios se redresse et contourne la petite table au centre de la cuisine.

- Vous n’en parlerez à personne. Je peux trouver des personnes pour corroborer mes dires, mais encore une fois, ce ne sera pas dans votre intérêt, croyez-moi. - Ozios a l’avantage de ne s’intéresser à nul autre que lui. - Avons nous un accord?

Pour finaliser cette entente et malgré lui, il tend la main dans sa direction, le regard rivé sur elle.

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Mar 5 Avr - 9:36 (#)

Les bras croisés sur ma robe onéreuse dont la qualité tranche avec la cuisine modeste, je le fusille d’un regard autoritaire masquant la débâcle qui se joue dans mon esprit. Une multitude de questions insolubles et insensées rugissent à travers mes pensées. De la peur, de l’espoir et un instinct terrible de vouloir tirer partie de cette situation si instable me tenaillent l’âme. Finalement ses exigences tombent et mon regard se fait suspicieux en entendant le peu qu’il demande. L’accompagner à des soirées ne semble en rien insurmontable. Malgré leur côté désinvolte les artistes qui exposent sont généralement bien vus en société, il ne risquerait pas d’entacher ma réputation naissante. Il déroule ses propos tandis que je cherche où le piège pourrait être dissimulé. Visiblement, il désire tirer parti de mon talent, comme il l’appelle, pour améliorer son petit business. Il ne fait aucun doute que par le passé certains hommes n’ont déjà voulu m’avoir à leur bras que pour se faire bien voir de leur pairs, cela n'est pas si différent. Sa certitude quant au fait que ma simple présence lui assurera un avantage en affaire finit d’achever l’idée qu’il pourrait mentir. Penser que l’intérêt des autres pour ma personne relève d’un pouvoir mystique m’agace tout autant qu’elle me fascine, mais l’heure n’est pas à gérer cet aspect-là de la réalité.

L’étrange artiste quitte sa place pour s’approcher, provoquant un mouvement de recul de ma part. Malgré l’intérêt que j’ai pour ce qu’il a à me dire, je n’oublis pas qu’il n’est pas humain. Que nous ne le somme pas. Il serait stupide d’oublier que sous ses airs nonchalants se cache un monstre. J’observe sa main tendue, hésitant entre la prudence et l’envie dévorante de connaitre ses secrets. Après une courte débâcle, mon avidité l’emporte. Je lui serre la main, fixant mon regard dans le sien et déclarant :

« Si vous manquez à votre parole, vous ne me reverrez plus. Et je doute que vous puissiez convaincre un quelconque investisseur ou qui que ce soit d’autre sans moi. » Si tel était le cas, il ne serait pas ici en train de proposer un accord à une inconnue. Je prends le pari qu’il préfèrera me dire la vérité sans tenter de m’arnaquer plutôt que de perdre mon appui. « Et je travaille à plein temps, alors ne vous imaginez pas que je peux être à votre disposition à tout instant. Je veux bien vous accorder certaines de mes soirées, mais pas plus. »

Je relâche sa main et retiens l’envie de m’essuyer la paume sur ma robe. Un instant mon attention se tourne vers les murmures filtrant à travers la porte et je me rappelle que cette soirée était l’occasion d’appâter un nouveau client. Cette négociation hors du temps m’a détournée de mon objectif premier, mais j’y ai sans-doute gagné finalement. Malgré tout, je constate qu’un certain temps s’est écoulé depuis que nous avons disparu dans cette pièce. Les convives ont-ils remarqué notre absence ? Des rumeurs désobligeantes pourraient-elles être en train de se former ? Il ne faut pas trainer. J’extirpe de ma petite pochette de soirée une carte de visite élégante. Dans une écriture stylisée et dorée, on peut y voir mon nom, agrémenté dans un gris perlé la note ‘Avocate’ avec le numéro de téléphone du cabinet et l’adresse mail où me joindre. Je saisis un stylo et retourne la carte de visite sur la table pour y noter au dos mon numéro de téléphone portable puis tends le bout de papier cartonné au peintre.

« Tenez. Vous n’aurez qu’à m’appeler à ce numéro. » Hors de question qu’il laisse un message sur la boite vocale du cabinet. Un tel accord pourrait sembler louche même si personne ne connait le fond surnaturel de l’affaire. « Maintenant je vais retourner à votre petite fête, je ne voudrais pas que vos invités s’imaginent des choses. »

Je range le stylo et referme le petit sac en tournant les talons. J’ignore combien de temps précisément s’est écoulé depuis que j’ai franchis cette porte, le déferlement d’informations qui me ravage l’esprit a dévoré toute notion de temps. Dès que le battant s’ouvre, le bruissement des conversation légères et alcoolisées se font subitement plus vives et j’ai l’impression de retourner à la réalité, comme si cet interlude n’était qu’un rêve étrange ou une hallucination obscure et mystique.
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Mar 5 Avr - 12:14 (#)

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Dans cette cuisine insalubre, le temps est suspendu. Ozios n’a, pour une fois, pas l’arrogance de lui faire remarquer son geste de recul. Malgré le seconde d’hésitation qui semble s’abattre sur elle, le masque ne tombe pas. Son regard dur ne le lâche pas alors qu’elle lui serre la main et il reste silencieux face à ses propos. Il ne sait pas comment se déroulera cette collaboration. Tout ce que le peintre sait est qu’elle lui sera bénéfique; il n’a pas d’autre choix. Il pourrait lui assurer qu’il ne se servira pas de son don pour se garantir l’intérêt de ses clients. Ozios n’a ni considération ni empathie, mais il n’est pas un imposteur.  

La pression de sa main le relâche cependant sans qu’il ne fasse d’observation. Dans une détermination qu’il n’avait plus vue depuis quelques minutes, elle sort une petite carte de sa pochette et se penche sur la table pour y gribouiller ce qui ressemble à un numéro. Les lumières artificielles de la galerie filtrent par dessous la porte, preuve que cette entrevue a été bien trop longue. Heureusement, la jeune femme semble être du même avis. Alors qu’il attrape la carte qu’elle lui tend entre son index et son majeur, elle organise déjà son départ.

- Bien sûr. Je ne voudrais pas ternir votre réputation. - dit-il dans un mince sourire qui n’atteint pas ses yeux.

Une dernière fois, il laisse sa présence submerger ses sens, le regard placardé dans son dos. Ses muscles se détendent quelques secondes et son visage retrouve la candeur de ses plus jeunes années. La sensation s’évapore aussitôt que la porte branlante se referme dans un mince claquement. A présent seul, Ozios sent la noirceur reprendre possession des lieux, se glisser dans sa cage thoracique jusqu’à embaumer son coeur et l’étouffer. Tout en déposant le mug vide dans le petit évier, il observe la carte. Anna Janowski. Ce nom ne lui dit absolument rien, mais quelque chose lui dit qu’il ne l’oubliera pas de sitôt. Sa profession d’avocate ne fait qu’ajouter à la logique de son attitude et assurance. Pas vraiment quant à sa présence ici, cependant. Sourcils froncés, Ozios range la carte dans la poche arrière de son jeans, lave rapidement la tasse et attrape son paquet de cigarettes avant de se diriger à son tour vers la sortie.

Quand il s’extirpe de la pièce, cependant, il ne tourne pas à droite pour rejoindre la pièce principale comportant son exposant. Ses pas l’entraînent à l’opposé, en direction de la petite porte donnant sur la rue adjacente. Il sent encore sa présence jusque dans ses os. Ce n’est que quand la porte se referme derrière lui qu’il prend sa première bouffée d’air de la soirée. L’influence de son aura estompée, Ozios se demande si tout cela est une bonne idée. Cigarette coincée entre ses lippes, il laisse la nicotine prendre le relai et affecter une nouvelle fois son esprit. Ses pensées le mènent jusqu’au regard déterminé de Nicole Moreno, les paroles de Christophe, l’attitude de Peter. Il semble que le danois possède un don certain pour se retrouver dans des situations l’emprisonnant dans des décisions qui ne lui reviennent pas. Il espère seulement qu’Anna Janowski ne sera pas terrifiée par ses révélations et qu’elle ne prendra pas les jambes à son cou en découvrant l’étendue de ses origines.

Quelque chose lui dit que ce ne sera pas le cas.  

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