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Coming back home [Archie & Vicki]

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Dim 23 Jan - 19:29 (#)

Coming Back Home

   

   
La clinique n’avait pas changé. Le même bâtiment, les mêmes murs qui auraient bien besoin d’un coup de nettoyage, le même signe à l’entrée. Le même sentiment de sérénité qui s’en dégageait. Victoria se pinça les lèvres. Elle, à l’inverse, avait changé. Elle n’était pas sûre encore de saisir à quel point. Mais Samain et son voyage en Australie avaient changé la jeune femme. Pour le meilleur, pour le pire, seul le temps le dirait. Elle voulait croire que c’était pour le meilleur. Elle se sentait meilleure, une meilleure version d’elle-même, une version plus proche de celle qu’elle était avant la captivité, et en même temps si éloignée de cette gamine de 18 ans qui voulait parcourir l’Australie et le monde. La vie était implacable et avait montré peu de pitié envers Victoria. On la plaignait, ou on s’émerveillait de sa résilience. Elle demandait juste un peu de simplicité.

Elle aurait dû venir plus tôt ici. Archimède était revenu du Montana depuis plusieurs semaines déjà. Et, pour une raison qui n’était pas très claire, ni lui ni elle n’avait fait le premier pas pour organiser les retrouvailles. Il faut dire que les semaines précédant le départ de l’Australienne pour ses terres natales n’avaient pas été clémentes envers leur relation. Samain avait poussé Victoria dans ses retranchements, et elle n’avait pas montré à Archie l’honnêteté qu’il méritait. Ils étaient passés proches de voir leur lien imploser, sous la colère et la détresse. Heureusement pour eux, ils avaient eu l’intelligence de reconnaître que la colère n’était que l’expression maladroite et blessée d’une profonde affection. Et lorsque Vicki avait annoncé à Archie son intention de passer quelques mois en Australie, les larmes qui avaient coulé voulaient dire « tu vas me manquer ». Avec beaucoup de pudeur, comme c’était souvent le cas entre eux. Victoria ne savait pas bien encore comment exprimer l’affection qu’elle avait pour Archie, comment gérer ce rôle de figure paternelle qu’elle lui avait collé bien malgré elle, et bien malgré lui.

Alors pourquoi n’était-elle pas venue plus tôt ? De quoi avait-elle peur ? D’avoir trop changé, et que sa relation avec Archie n’ait plus sa place dans la vie de cette nouvelle Victoria ? Ou de n’avoir pas changé assez, et de s’en rendre compte dans ce lieu si familier ? Avait-elle peur que lui ait changé et soit passé à autre chose ? Ou juste que des mois de séparation ait tué la magie qui émanait de la clinique et des moments qu’elle y passait ?
Victoria ferma les yeux et inspira longuement. Elle n’était plus une gamine peureuse. Elle ne pouvait plus se le permettre. Elle entra d’un pas décidé dans la clinique.

« Je me demandais quand tu allais te décider. J’étais prêt à venir te chercher moi-même, tu sais bien que j’ai aucune patience ! »
Victoria tourna la tête. Jonathan, derrière le comptoir d’accueil, la regardait avec un sourire en coin, sa main droite limant les ongles de sa main gauche.
« Hey Jonathan. », répondit simplement Victoria avec un sourire qui contenait toute la douceur du monde. Le réceptionniste poussa un petit cri excité et sauta de sa chaise. En moins de temps qu’était humainement possible, Victoria se retrouva enserrée dans une étreinte sautante, qui lui fit décocher un rire plus clair qu’elle n’en avait exprimé depuis longtemps. Quand il eut fini de la presser comme un citron, Jonathan la prit par les épaules, la regarda de haut en bas, et sourit doucement.
« Tu es toujours aussi splendide. Bienvenue à la maison. »
Vicki ne dit rien, se contentant d’un hochement de tête.
« Archie n’est pas là, il est en intervention chez madame Hoch. Encore. Son pauvre chien n’arrête pas de se battre. Et de perdre. »
La jeune femme fit une moue un peu déçue. Elle avait espéré retrouver Archie tout de suite. Mais après avoir attendu des mois, elle pouvait bien attendre quelques heures de plus. Jonathan ne perdit pas de temps pour lui faire une proposition parfaitement indécente.
« J’ai acheté une nouvelle sorte de thé, il paraît qu’il est délicieux. Et j’ai un tas de potins à raconter et personne assez patient pour m’écouter. »

Quelques minutes plus tard, ils étaient installés derrière le comptoir de réception, deux tasses de thé fumant posées sur la table, un vernis bleu électrique ouvert à côté. Jonathan était en train de raconter ses mésaventures avec sa dernière conquête, Victoria passionnée par le récit. Il faut dire que Jonathan avait un certain talent narratif, tout se transformait en aventure fantastique avec lui. On aurait dit qu’ils ne s’étaient jamais quittés. On aurait dit que la clinique n’avait jamais vécu sans Vicki, et qu’elle n’avait jamais vécu hors de la clinique. La magie était toujours là.
© Vanka
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
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"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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"And learn to fly"

Pseudo : Akhmaleone
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Sam 16 Avr - 21:39 (#)


( Coming back home )


La clinique, silencieuse, me parait toujours un peu étrangère. Un peu plus d’un mois que j’ai remis le pied à Shreveport. Un peu plus d’un mois que j’ai quitté la maison, ma mère, ma sœur, mon père. Un peu plus d’un mois qu’elle… Non. Je me refuse l’accès à ces souvenirs-ci. Si j’accepte d’y penser, je risque de me perdre dans un puits sans fond au creux duquel je n’ai pas le temps de plonger. Elle avait été la goutte de trop, la vague qui avait menacé de m’enfoncer complètement sous le flot qui m’entourait depuis trop longtemps. Alors, elle resterait sagement enfermée jusqu’à ce que j’aie le temps et la force de m’occuper de ça. Pour le moment, il fallait faire bonne figure devant Jonathan et les futurs clients. Il avait accepté de discuter avec moi, avait compris, après une très longue conversation que je n’étais pas un danger pour lui. Il me connaissait après tout et sa nature pleine d’acceptation lui avait permis de me faire à nouveau confiance. Sans lui, la clinique n’aurait pas pu ouvrir à nouveau, sans lui, je n’aurais pas pu reprendre ce semblant de normalité qui m’était nécessaire.

Retrouver la clinique est doux-amer. Cette normalité en apparence ne l’est qu’à moitié, puisqu’un membre de notre équipe manque. Victoria n’a pas donné de nouvelle depuis trop longtemps et je n’ai pas cherché à la joindre non plus, trop absorbé par mon propre mal-être. Je passe l’accueil avec ma sacoche à la main. « J’y vais, John, Mme Hoch vient d’appeler. » « ENCORE ? Mais c’est quoi, la troisième fois ce mois-ci ? » « Ouaip. » « Faut vraiment qu’elle fasse quelque chose pour Kevin, hein. » « J’vais essayer de la convaincre. » La grimace que m’offre le jeune homme me tire un sourire. « On verra, écoute. Tu tiens la boutique, mon portable est dispo en cas d’urgence, j’en ai pour deux heures max. » Je quitte la clinique en ignorant le tiraillement, habituel désormais, de ne pas croiser la bouille souriante de Victoria aux côtés de mon flamboyant réceptionniste.

Je passe enfin la porte, fatigué et passablement énervé par ma troisième visite à Madame Hoch. Son teckel se prend pour un pitbull et décide régulièrement d’agresser les chiens du quartier et la vielle femme est incapable de le retenir. Troisième série de points de suture et de traitement antibiotique pour l’animal complètement stupide. Je passe les portes sans réellement regarder en grognant tout haut. « J’te jure John que j’en peux plus, la prochaine fois, j’le castre et j’ordonne à Madame Hoch d’acheter autre chose qu’une laisse extensible ! » Je croise le regard plein de malice de mon réceptionniste et ma sacoche tombe au sol avec un bruit sourd. À ses côtés, se trouve une silhouette familière aux traits délicats. Mon souffle m’échappe et je n’ai pas le temps de réfléchir que mon corps est déjà en mouvement. Je m’élance, court et d’un geste fluide saute par-dessus le comptoir afin de retomber derrière. J’ignore complètement John et me penche en avant pour m’emparer des joues de la jeune femme les yeux brillants. « Vicky… » Le surnom m’échappe, apportant avec lui la vague de souvenir associé à sa détentrice. Comme elle m’a manqué, la gamine que j’ai adopté sans m’en rendre compte. Comme un radeau sur la mère agité de mon esprit, je m’accroche à elle et embrasse son front. « Hey… Alors comme ça, t’es revenue au bercail ? » Je me racle la gorge et toussote pour déloger la boule qui s’est formée dans ma gorge.

L’odeur familière des produits qu’elle utilise pour ses cheveux titille mon odorat et j’inspire profondément avant de la relâcher et de me redresser dans un mouvement un peu brusque. « Putain, pardon, c’était un peu… Too much, je pense comme arrivée, mais je m’attendais vraiment pas à te trouver là. Tu m’as manqué, gamine. » Plus que tu ne le sais, plus que tu ne le sauras jamais. Je la tiens à bout de bras, l’observe sous toutes les coutures. Note le hâle nouveau qui tranche sur sa peau, d’ordinaire plutôt pâle malgré le soleil de la Louisiane. Je cherche, des stigmates, des restes de ce que nous avons traversé, je crains de trouver derrière ses prunelles claires, une forme de rancœur, de rancune. Nos contacts ont été, au mieux sporadiques depuis nos départs. Elle pour l’Australie, moi pour le Montana, et après… Après, je n’avais pas la force de parler à qui que ce soit. Le vide qui s’était créer dans ma poitrine menaçait d’avaler tout ce qu’il y avait autour de moi et j’avais craint d’y entraîner la petite. Un silence pour lequel elle avait tous les droits de m’en vouloir.
Il détourne le regard juste assez longtemps pour découvrir le flacon de vernis et le regard outré de son réceptionniste. « Euh… J’étais en train de parler à Victoria, alors tu vas devoir patienter un peu, Patron. » « Oui, je vois ça, navré d’avoir dérangé le salon de thé qui semble avoir été ouvert dans mon accueil. » Je hausse un sourcil en direction de la jeune femme un silencieux Insupportable étirant mes lèvres à son attention. « J’vais ranger mon bordel, quand t’auras fini de vernir les ongles de Son Altesse, vient me chercher dans mon bureau, on ira manger un morceau après. »




( Pando )
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Sam 30 Avr - 18:18 (#)

« J’te jure John que j’en peux plus, la prochaine fois, j’le castre et j’ordonne à Madame Hoch d’acheter autre chose qu’une laisse extensible ! »
L’entrée d’Archie n’est pas loin d’être fracassante. Il ne lui arrivait pas très souvent de s’énerver sur les propriétaires des patients de la clinique. Il lui arrivait encore moins souvent de menacer de castrer un des patients en question. Mais de toute évidence, le protégé de Madame Hoch avait franchi une ligne.
La colère d’Archie ne dura pas longtemps cependant. Et avant que la jeune Australienne puisse dire quoi que ce soit, le voilà devant elle, mains sur les joues de l’étudiante. Elle voudrait dire quelque chose, mais elle n’y arrive pas, les mots refusent de franchir ses lèvres. Pourtant, elle en aurait, des choses à dire. Des « pardon », des « tu m’as manqué », des « laisse moi revenir, par pitié ». Elle se contente  de sourire, en espérant que les mots trouvent leur chemin par ce biais, d’une quelconque façon.
« Hey… Alors comme ça, t’es revenue au bercail ? »
Victoria hocha la tête. Depuis un moment, déjà. Pour beaucoup, son absence n’est qu’un lointain souvenir. Mais pour Archie, ce sont des retrouvailles. Et en le revoyant, en ressentant de nouveau toute la douceur qui se dégage de lui, cette douceur un peu maladroite, elle regrettait de n’être pas venue plus tôt. Ca ne sert à rien, de regretter des trucs qu’on a pas fait. Et elle avait ses raisons, et à l’époque, elles étaient bonnes. Mais là, tout de suite, elle regrettait.

Heureusement pour elle, le vétérinaire exprime quelques-uns des mots qu’elle gardait pour elle. Tu m’as manqué. Gamine. Elle n’est plus une gamine, elle ne se considère plus comme telle depuis longtemps. Mais pour lui, elle faisait une exception. « Toi aussi », répondit-elle simplement. Ils auraient pu rester plantés là un moment, elle cherchant les mots justes, lui aussi. Ca leur était arrivé souvent. Et au vu de leur dernière conversation, ils savaient tous les deux que lorsqu’ils ne prenaient pas le temps de trouver les mots justes, parfois ceux qui sortaient de leur bouche étaient pires que s’ils s’étaient tus. Heureusement pour eux, Jonathan n’avait pas décidé de se taire, lui. Et il fit remarquer que l’arrivée du patron avait perturbé la séance de spa improvisée qu’il partageait avec Vicki. L’étudiante rit et haussa les épaules à l’intention d’Archie. Il avait beau être le patron des lieux, quand Jonathan avait décidé quelque chose, il était difficile de le faire bouger. Archie se retira donc, et à peine avait-il disparu de leur champ de vision que Jonathan posa sa main pas encore vernie sur l’épaule de Victoria.
« Et donc, je te disais, un guitariste. J’ai toujours aimé les guitaristes. Ils sont doués de leurs doigts. Et... »
L’étudiante reporta son attention sur l’histoire palpiante du réceptionniste et le vernis qui attendait de finir son ouvrage.

Dix minutes plus tard, les mains étaient vernies et plus belles que jamais, et Jonathan avait terminé son histoire. Il adressa un sourire à Victoria.
« Va, petite. Vous avez sûrement des choses à vous dire, lui et toi. Ca fait du bien de te savoir de retour. »
Elle se pencha et lui claqua un baiser sur la joue, avant de se diriger au petit trot vers le bureau d’Archimède. Les choses n’avaient pas changé dans le bâtiment. Les mêmes placards, les mêmes lumières, les mêmes odeurs. Tout était si chargé de souvenirs et d’émotions. Du monde qui était avant Halloween. De ce qu’elle avait laissé derrière elle en partant en Australie, même si c’était temporaire. Ca lui avait fait le même effet quand elle était revenue à l’Église Wiccane en revenant. La nostalgie. Le coeur serré. C’était donc ça, de revenir à la maison changée.

Elle toqua à la porte et adressa un sourire à Archie. Il n’avait pas tellement changé lui non plus, du moins en apparence. Il portait quelques stigmates cependant. Il semblait plus...Fatigué. Plus vieux. Il avait souffert, lui aussi. Il portait son lot de fardeaux. Peut-être était-ce pour ça qu’ils se sentaient autant en sécurité l’un avec l’autre : ils comprenaient le poids que l’autre avait à porter au quotidien, et ils avaient décidé, consciemment ou inconsciemment, de ne pas en constituer un de plus.

« Hey », dit-elle avant de s’avancer dans l’encadrement. Bien, c’était un bon début. Où aller maintenant ? Elle se racla la gorge et remit une mèche de cheveux derrière son oreille. Ses yeux allaient du sol à Archie à la pile de papiers sur le bureau, ne restant jamais fixés plus de deux secondes. « J’aurais peut-être dû appeler avant, prévenir que je comptais passer. Mais j’étais pas sûre de... »
Pas sûre d’avoir le courage. Pas sûre d’avoir la force. Pas sûre de vouloir affronter un potentiel refus de la part d’Archie. Pas sûre de le pouvoir. Victoria vivait mal le rejet, ce n’était pas nouveau, et son voyage en Australie n’y avait rien changé.
« J’aurais dû donner des nouvelles », enchaîna-t-elle. « J’étais en Australie, il se passait trop de trucs et pas assez de trucs à la fois, et je crois que j’aimais la solitude. J’avais peur que garder contact avec des gens d’ici m’empêche de faire ce que j’avais à faire, m’empêche d’avancer. Et quand je suis revenue, j’ai juste...j’avais peur qu’il soit trop tard. Je suis partie si longtemps. Et t’étais parti aussi, et je me suis dit...je sais pas. Je me suis dit que si je reprenais pas contact, t’aurais pas à m’envoyer chier et j’aurais pas à me faire envoyer chier. Et je me suis dit que si t’avais envie de reprendre contact, tu le ferais, mais tu l’as pas fait, donc...Et je te reproche rien, c’est pas le sujet. C’est ma faute aussi. J’avais envie de revenir plus tôt. J’avais juste trop peur. C’est stupide, pas vrai ? »
Elle avait lâché ces derniers mots d’une voix timide, cassée. C’était stupide, pas vrai ? De penser qu’il ne voudrait plus d’elle dans sa vie. Qu’elle était partie trop longtemps. Que son chemin de guérison signifiait de perdre l’un des seuls hommes de sa vie qui l’aimait pour qui elle était, pour de vrai. Elle baissa les yeux, les releva. Son coeur battait la chamade. C’était stupide, pas vrai ?
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Archimède O'Connell
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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
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Dim 8 Mai - 20:48 (#)


( Coming back home )

Je range quelques papiers, fini de remplir le dossier de Kevin, y ajoutant en ronchonnant la troisième intervention en moins d’un mois pour le pauvre teckel, qui n’a eu comme malchance que celle d’être adopté par une petite vieille à la limite de la sénilité qui continue de croire qu’il est un ange alors qu’il se prend pour Myke Tyson. Le cliquetis des touches de mon clavier, familier, termine d’apaiser le roulement d’émotion qui était apparu avec la vision de la jeune femme qui se tient actuellement derrière l’accueil de ma clinique, occupée à encourager, une fois de plus, les comportements parfaitement non-professionnel de mon réceptionniste. Le simple fait de les savoirs tous les deux à l’accueil, calme quelque chose en moi, une forme de retour à la normale bienvenu qui m’apaise. Les choses reprennent leurs places, malgré les disparitions, l’absence et la souffrance. Le monde continuera de tourner tant que ces deux-là se raconteront leurs mésaventures romantiques autour d’une tasse de thé ou d’un flacon de vernis à ongle (dont l’odeur me parvient jusque dans mon bureau), derrière mon comptoir. Je finalise mon dossier et me laisse retomber dans mon fauteuil avec un soupir. Des deux mains, je repousse les mèches qui viennent empiéter sur mon champ de vision, poussant mes doigts sur mon crâne et les laissant là quelques secondes quand j’entends les pas qui traverse le couloir.

Elle toque à la porte et je l’accueille avec un sourire, le même que celui qu’elle réussit toujours à me tirer. Ce visage, qui réussit toujours à me faire oublier à quel point le monde, ne tourne pas rond, à quel point la situation peut paraître impossible à résoudre la plupart du temps. Elle reste dans l’encadrement de la porte, comme effrayé d’entrer dans le bureau et mes sourcils se froncent légèrement. Elle a toujours été chez elle, ici. Je l’écoute en silence, ma chaise tournant légèrement de gauche à droite, au rythme que lui impose mes jambes qui poussent doucement sous le bureau, et mes paumes se referme doucement sur les accoudoirs avec un soupir quand elle termine. Son regard me transperce et me brise le cœur. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir que je suis déjà debout, mes grandes jambes avalant l’espace qui me sépare de la jeune femme en trois enjambés. Avec délicatesse, mes paumes se referment sur ses épaules et je souffle. « Oui, c’était stupide. » Je la serre contre moi avec douceur, caressant de la paume son dos avant de la relâcher pour m’expliquer à mon tour. « Je suis rentré. Dans le Montana, j’veux dire. J’avais besoin de m’éloigner d’ici, de tout ça. Mais tu l’sais déjà » Un geste de la main indique l’intégralité du tas de merde qu’était Shreveport après Halloween 2019. « J’avoue que je pensais pas rester si longtemps là-bas, et savoir que tu n’étais pas en ville ne m’a pas motivé à rentrer. » Un sourire un coin étire mes lèvres avant que je ne hausse les épaules.

« Ne t’en veux pas, j’aurai dû te contacter, c’est vrai, mais j’étais… C’était compliqué. Retrouver ma famille, digérer ce qu’il s’est passé. C’est toi qui devrais m’en vouloir, j’ai abandonné, j’me suis renfermé sur moi-même pour… Gérer c’que j’avais à gérer.» J’esquive consciemment le sujet d’Hena, pas sûr d’être capable d’en parler pour le moment. Pas sûr d’avoir un jour la force de le faire sans m’effondrer. Si une part de moi ne peut que comprendre sa décision, le reste est dévasté par sa perte et par son absence. « Je savais pas non plus si tu déciderais de rentrer après ton voyage donc j’me suis dit que c’était mieux de te laisser tranquille, vivre c’que t’avais à vivre. » Je hausse une épaule avant de demander. « Ça s’est bien passé ? J’espère que tu as trouvé ce que tu étais cherché là-bas ? » Une profonde inspiration, et une main repoussant à nouveau mes cheveux accompagnent la fin de mes mots. « Mais faut vraiment que tu te rends dans le crâne que tu seras toujours la bienvenue, que tu me donnes pas de nouvelle pendant 6 mois, trois ans ou deux décennies. La clinique, John… et moi, on sera tous, toujours là pour toi. » Je hoche la tête avec fermeté, ancrant mes mots dans le réel, espérant qu’ils seront enfin intégrés par la jeune femme qui me fait face. « Tu fais partie des meubles. » Un sourire termine la phrase avant qu’une main ne s’empare de celle de la jeune femme, pressant délicatement ses doigts dans ma paume. « Raconte-moi un peu ton voyage, si tu veux, j’ai envie de t’entendre, ça fait trop longtemps que j’t’ai pas vu. Tu veux un café ? Un thé ? Je sais que t’en as déjà bu un avec John, mais comme j’vais en prendre un, hésite pas. » Debout près de la bouilloire qui commence à ronronner pour chauffer l’eau, je prends le temps de l’observer, heureux de la voir, ici, à sa place, près de moi. « Tu m’as vraiment manqué… Et à John aussi. » Un petit rire m’échappe avant que je n’affaire à ma tâche, la laissant me raconter ce qu’elle souhaite.





( Pando )
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Dim 12 Juin - 13:35 (#)

« Oui, c’était stupide. »
L’entendre fait du bien. Victoria sent un peu du poids énorme sur ses épaules s’envoler. Archie a prononcé ces mots avec simplicité et douceur, comme il le fait souvent. Pas de colère, de reproche, d’amertume dans sa voix. Et alors qu’il la serre contre lui, le poids continue de disparaître. Il l’aime encore. Il ne l’a pas oubliée. Elle qui avait si peur que les choses aient trop changé pour espérer revenir à ce qu’elles étaient, elle se rend compte qu’au final, elles n’ont pas changé tant que ça.

Eux ont changé, par contre. Et le vétérinaire lui confirme sans en dire trop. Il y a beaucoup de pudeur dans ses propos. Une pudeur qu’elle ne connaît que trop bien. Celle qui naît des choses vécues qui restent encore trop difficiles à exprimer clairement. Les expériences trop douloureuses pour franchir complètement les lèvres. Celles qui doivent rester encore un peu au fond du coeur et des tripes, le temps que les blessures se pansent un peu plus, avant de pouvoir être dites sans arracher trop. Elle connaît cette pudeur parce qu’elle la ressent aussi. Halloween 2019 a été une épreuve traumatique pour beaucoup de monde. Et Vicki a appris, en glanant des informations ça et là, qu’Archie n’avait clairement pas été épargné. Elle n’avait pas été la seule à fuir Shreveport, à ressentir ce besoin de laisser cette ville maudite derrière elle. Pendant un temps, tout du moins. Comme lui, elle avait fini par revenir. Parce qu’aussi maudite qu’elle soit, Shreveport avait aussi la saveur du chez soi.

Alors elle hoche la tête tandis qu’il lui dit, dans des phrases incomplètes et des mots flous, ce qui s’est passé. Et elle lui lance un sourire quand il lui demande si elle a trouvé ce qu’elle était partie chercher en Australie.
« Je crois », répond-elle simplement. Pour être tout à fait honnête, elle n’était pas bien sûre de ce qu’elle cherchait en partant là-bas. Faire la paix avec une part d’elle-même, avec son passé, avec les démons qui ne la quitteront jamais vraiment. Guérir la Victoria meurtrie qu’elle avait planqué dans un coin au plus profond d’elle-même. Faire d’autres souvenirs de sa patrie natale que celles de cette cave sombre dans le bush et des horreurs qu’elle y avait vécu. Et elle avait réussi, tout du moins c’était l’impression qu’elle en avait.

« Mais faut vraiment que tu te rends dans le crâne que tu seras toujours la bienvenue, que tu me donnes pas de nouvelle pendant 6 mois, trois ans ou deux décennies. La clinique, John… et moi, on sera tous, toujours là pour toi. »
Elle sourit un peu plus fort. Une part d’elle le savait. L’autre part d’elle en doutait constamment. Archie et John étaient devenus une petite famille pour elle, une famille un peu étrange, mais solide. Mais elle avait toujours peur que ses erreurs finissent par la rattraper et l’excluent. Elle hoche la tête  néanmoins, pour signifier qu’elle comprend. Pour signifier sa reconnaissance, aussi. Un jour, peut-être, elle trouvera les mots justes pour exprimer à Archimède et Jonathan l’amour qu’elle leur porte et tout ce qu’elle estime leur devoir. Aujourd’hui, les mots justes manquent. Et elle refuse de s’exprimer avec des mots approximatifs. Les deux hommes méritent mieux que ça.

« Raconte-moi un peu ton voyage, si tu veux, j’ai envie de t’entendre, ça fait trop longtemps que j’t’ai pas vu. Tu veux un café ? Un thé ? Je sais que t’en as déjà bu un avec John, mais comme j’vais en prendre un, hésite pas. »
« Je ne suis pas à un café près », dit-elle avec un sourire amusée, avant d’ajouter un « merci ». Elle avise le fauteuil en face du bureau d’Archie et s’y assoit, prenant une seconde pour jeter un œil circulaire à la salle. Elle n’a pas changé. C’est rassurant. Elle prend le temps de mettre de l’ordre dans son esprit avant de se lancer dans le récit de son voyage.
« C’était un beau voyage. Nécessaire. J’étais comme toi, j’avais besoin de prendre l’air. Et je sais pas si j’avais le mal du pays, ou un besoin de retour aux sources, ou une revanche à prendre...un peu des trois, peut-être. Mais j’ai fait le voyage qu’on aurait du faire, avec Rose et Mark, avant….avant que ça parte en vrille. »
L’évocation de ses deux amis lui serre toujours le coeur. Elle a survécu, pas eux. Rose, particulièrement, a vécu l’enfer avant que son corps n’abandonne. Parfois, Victoria se demande comment serait sa vie, si Rose avait survécu. Si elle se sentirait moins seule, parfois.
« Et c’était vraiment...doux-amer, tu vois. Les paysages étaient magnifiques, j’ai fait des choses super. Parfois j’avais l’impression qu’ils étaient là, un peu. Et d’autres fois j’aurais vraiment voulu qu’ils le soient. »
Elle sourit doucement. Elle avait peu parlé de ce voyage. Peu de personnes avaient sa confiance suffisamment pour qu’elle en parle. Mais ça lui faisait du bien, de dire ces choses. Un raclement de gorge, et elle continue, tête baissée.
« Je suis retournée aussi à la station service. Celle où mes pouvoirs se sont déclarés. Ils ne l’ont jamais reconstruite. Une de mes sœurs m’a dit que les gens du coin l’avaient déclarée maudite. Elle a beaucoup grandi, ma sœur. Ils ont tous grandi. Ou vieilli. Moi aussi, je suppose. »
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
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"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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⩥ TAKE THIS BROKEN WINGS ⩤


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"And learn to fly"

Pseudo : Akhmaleone
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Mar 14 Juin - 2:45 (#)


( Coming back home )

J’observe le sourire qui éclot sur ses lèvres, surpris comme toujours de voir à quel point il me frappe en plein cœur. Il y a chez Victoria quelque chose qui a toujours su résonner avec une part de moi que j’ignore profondément. Dès les premiers instants, dès qu’elle est apparue à la porte de la clinique demandant s’il était possible d’y travailler bénévolement, quelque chose au creux de mes entrailles a été irrépressiblement attiré par cette gosse cabossée par la vie. Bien sûr que j’ai su qui elle était quand elle m’a donné son nom. J’avais, déjà à l’époque, perçu clairement la réticence qui avait accompagné l’énonciation de son patronyme. Il avait fait la une d’un paquet de journaux internationaux à l’époque, et tout le monde avait plus ou moins suivi son histoire. Pourtant, malgré une certaine curiosité, j’avais su fermer ma gueule et ne pas la questionner. Qui aurait eu envie d’être forcé de revivre des événements traumatisants, suffisamment violents pour l’avoir en partie poussée à quitter sa terre natale ? Mais Victoria était une survivante, pas une victime. Et ces sourires qui avaient la capacité de décrasser mon âme de la colère qui m’engluait depuis Halloween, n’en était que plus précieux. Alors que j’étais incapable de réellement faire la paix avec la nature d’Odelia ou d’Hélix, celle de Victoria ne me venait même pas à l’esprit quand je la regardais. Il m’arrivait, parfois, d’y penser distraitement, quand j’observais la flamme de mon briquet lécher le bout de ma clope. La fille de Feu. Elle pourrait, d’un simple claquement de doigts réduire en cendres ma clinique ou ma carcasse. Mais mon âme, la moelle au creux de mes os, savait qu’elle n’en ferait rien.

Cette môme avait l’une des forces les plus destructrices de Mère Nature sous son joug et elle choisissait sciemment de s’en servir avec parcimonie et justesse. Ma fierté, quand mon regard s’attardait sur elle, ne connaissait pas de limites. Ma petite survivante, mon incendie. Mon sourire répond automatiquement au sien, mes zygomatiques toujours aussi surpris de la facilité qu’elle possède à les faire s’étirer. Du coin de l’œil, je la regarde se laisser tomber dans le fauteuil et observer le bureau. Cet espace de travail qui n’appartient qu’à moi et qui est resté exactement le même, malgré l’ouragan qui a ravagé mon monde intérieur. Quand mes sourcils se froncent et que les coins de mes lèvres s’abaissent, je lui tourne le dos, refusant de faire peser sur ses épaules le poids qui écrase les miennes. Ce n’est pas de sa faute si Elle a disparu, pas de sa faute si mes mains semblent encore porter les traces du sang de ceux qui ont péri sous mes coups. Le claquement sec indiquant que l’eau est à température résonne dans le court silence avant qu’elle ne se lance et je l’écoute en préparant deux tasses. Le mien, noir, le sien préparé comme elle l’aime. J’inspire profondément avant de me retourner, déposant devant elle le mug plein avec un petit sourire. Je ne m’assois pas préférant m’appuyer d’une hanche contre le plan de travail, la fumée s’échappant de ma tasse me masquant la fragrance de la petite sorcière. Je hoche la tête en l’écoutant exprimé ce besoin d’un retour aux sources qui résonne profondément en moi. J’avais entraîné Hena dans le Montana dans l’espoir de nous y voir guérir tous les deux, d’y effacer au moins un peu, les restes de cette nuit. Mais rien n’avait été capable de libérer la Renarde et si j’avais réussi à trouver une sorte de paix auprès des miens, elle s’était évaporée à mon retour. Je l’imagine parcourant le bush australien alors que je déambulais dans les forêts enneigées du Montana. Elle, accablée par la chaleur, alors que je m’enroulais fermement dans mon manteau pour lutter contre les bourrasques.

Son regard se voile à l’évocation de ses amis, perdu il y a maintenant longtemps et, égoïstement, une part de moi espère atteindre cette forme de paix un jour. Espoir fou qu’un jour l’évocation du nom d’Hena ne soit pas comme un coutelas transperçant mes poumons, me laissant exsangue et incapable de respirer correctement. Ma tête s’incline sur le côté en l’écoutant continuée son récit et j’avale une dernière gorgée de café avant de lui répondre. « Bien sûr que tu as grandi, ou plutôt mûri. Heureusement. » Un petit rire m’échappe. « Tu as appris à vivre avec ça sur les épaules. Je trouve ça déplorable qu’ils aient laissé la station en l’état, ce n’est qu’un rappel constant des événements que ce soit pour ta famille ou pour les habitants de la région. » Je secoue la tête en soufflant par le nez avec humeur. « Maudite, j’t’en donnerai des conneries. Les humains sont vraiment pas finauds. » Je passe une main dans mes cheveux avant d’avaler une nouvelle gorgée. « Ils devraient le considérer comme une espèce de totem à la gloire des survivants, plutôt. C’est là où tu t’es libérée pour de bon de ce… » Je ne trouve pas d’adjectif suffisamment violent pour qualifier l’homme lui ayant infligé tous ces sévices. « Monstre. » Je me secoue pour évacuer la bouffée de rage qui enfle en moi en pensant à lui, heureux qu’elle ait été capable de s’en débarrasser par elle-même et en même temps cruellement déçu de ne pas avoir pu m’occuper moi-même de lui. « Je suis fier de toi que tu aies été capable de faire ça, ça en dit long sur ton évolution. » Venant de la part de celui qui n’a toujours pas été foutu de remettre les pieds dans le quartier du Mall ou près de la bibliothèque, ça n’a que peu de valeur, mais j’ai besoin qu’elle le sache. « C’était courageux. Comment ça s’est passé avec ta famille ? » Je sais qu’ils sont loin d’avoir réellement accepté ce qu’elle est et qu’ils sont en grande partie responsables de sa présence sur le sol américain, la question est légitime, mais j’espère ne pas remuer de souvenir désagréable.





( Pando )
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Dim 3 Juil - 18:06 (#)

Archie n’a pas peur de dire ce qu’il pense avec Victoria. C’est une des choses qui met la jeune femme en confiance. Une des bases de leur relation. Ils se disent ce qu’ils pensent, même si c’est avec toute la pudeur du monde. Même si c’est difficile parfois, pour l’un comme pour l’autre. Et alors qu’il commente son escapade australienne, Vicki ne peut pas s’empêcher de penser qu’elle aurait dû avoir cette conversation plus tôt. Que ça lui fait du bien, de lâcher un peu le poids, de sortir les mots, d’avoir quelqu’un qui écoute et qui appuie ses propos.
« Ils devraient le considérer comme une espèce de totem à la gloire des survivants, plutôt. C’est là où tu t’es libérée pour de bon de ce… Monstre. »
Monstre. Victoria l’avait appelé comme ça. Monstre. Démon. Ordure. Aucun de ces mots ne semblait assez fort. Aucun ne semblait retranscrire la cruauté de l’homme. Aucun n’apaisait la gamine meurtrie qui résidait encore en elle. Alors, à force, elle avait décidé de ne plus lui donner ce genre de qualificatif. C’était un homme. Avec tout ce que cela impliquait d’horrible. Elle ne l’appelait pas par son nom, non plus. Elle ne le qualifiait simplement pas. Il ne méritait pas d’être appelé quoi que ce soit. C’était...lui. Il. Rien de plus. Et le simple fait de ne lui accorder aucune identité au-delà de ça était ce qui marchait le mieux, pour Vicki. Mais elle comprenait le besoin d’Archie de mettre ce genre de qualificatif.

« Je suis fier de toi que tu aies été capable de faire ça, ça en dit long sur ton évolution. »
Elle sourit doucement, mais ses yeux sourient encore plus. Fier. Beaucoup de gens disaient à Victoria qu’ils étaient fiers d’elle. Karl. Certains de ses professeurs. Les bénévoles qu’elle accompagnait. Mais cela n’avait pas toujours la même portée. Quand Archie lui disait qu’il était fier d’elle, ça avait une saveur particulière. Ca lui réchauffait le coeur un peu plus que les autres. Il le savait probablement. Peut-être même était-ce pour ça qu’il mettait un point d’honneur à lui dire. Parce qu’elle avait besoin de l’entendre. Il y avait peu de personnes qu’elle voulait rendre fières, et Archie était en tête de liste.

« C’était courageux. Comment ça s’est passé avec ta famille ? »
Victoria soupire en haussant les épaules. Mal. Pas si mal. Plutôt bien ? Difficile à dire.
« Mieux que ce que je pensais. Moins bien que ce que j’espérais », répond-elle après une courte réflexion. « Même si je ne sais pas trop ce que j’espérais. », ajoute-t-elle avec un sourire un peu amusé. Elle était allée là-bas en se disant que peu importait ce qui ressortait de cette conversation, ça n’aurait pas d’importance. Mais c’était faux, bien sûr. En réalité, la gamine meurtrie voulait retrouver la famille qu’elle avait perdue en même temps que son innocence. Et elle ne l’avait pas retrouvée. Elle ne la retrouverait jamais.
« Ils ont été polis. Aimables. Bien plus aimables que la dernière fois qu’on s’était vus, en tout cas. Mes frères et sœurs m’ont posé des questions sur ma vie ici. Mais mes parents...ils n’accepteront jamais ce que je suis. Et ils ont cessé de m’aimer à la seconde où ils ont compris ma nature de mage. Ils le savent, je le sais. Même s’ils essayaient très fort de m’aimer à nouveau...je crois qu’ils n’y arriveraient pas. Et je crois que je n’arriverais jamais à leur pardonner pour la façon dont ils m’ont traitée à mon retour. »
Son regard se perdit dans le vague quelques secondes. Dans les souvenirs. Des souvenirs qu’elle avait fait de son mieux pour éviter pendant des années. Des souvenirs qu’aujourd’hui elle acceptait, parce qu’ils avaient fait d’elle qui elle était. Elle secoua la tête et porta son regard sur Archie.
« Leur fille est morte. Moi, je suis une copie, qui leur rappelle ce qu’ils ont perdu. Et ils sont des imposteurs qui me rappellent ce que j’ai perdu. Mais au moins ils m’ont regardée cette fois-ci. Et mes frères et sœurs ont l’ait plus ouverts, donc il me reste peut-être encore de la famille là-bas qui m’acceptera et que j’accepterai, un jour. »
Une part d’elle s’accrochait à cette pensée. Qu’un jour, elle pourrait retrouver un semblant du lien qui l’unissait aux membres de sa famille biologique. Parce qu’au fond, bien qu’elle ait trouvé une nouvelle famille ici, plusieurs même, sa famille biologique avait été une attache tellement forte qu’elle avait beaucoup de mal à lui dire adieu. Elle haussa les épaules à nouveau, puis avala une gorgée de café.
« Et toi, ta famille ? J’espère que ça s’est mieux passé que moi »
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Ven 12 Aoû - 3:00 (#)


( Coming back home )


Une hanche appuyée contre mon bureau, je ne la quitte pas des yeux. Elle m’a manqué la gosse. Un soupir de contentement à la voir, ici, à sa place, vide mes poumons, me surprenant moi-même. Elle semble être l’une des rares personnes capables de faire naître en moi une émotion positive ces derniers temps. Le poids de tout ce qu’il s’est passé semble légèrement moins lourd quand Victoria se trouve dans les parages, comme si elle était capable par sa simple présence, de prendre un part de mon fardeau sur ses frêles épaules. Et la joie que je devine dans ses yeux après que j’aie exprimé ma fierté à son encontre me tire un sourire à mon tour. En l’écoutant, je pousse doucement sur mes jambes pour m’éloigner de mon bureau et m’approcher de la fenêtre du bureau que j’ouvre en grand. La tasse retrouve une de ses compagnes sur le dessus d’un guéridon avant que mes doigts ne s’emparent du paquet de clopes qui traîne à côté. J’en extrais une cigarette que je glisse entre mes lèvres, laissant la saveur familière du tabac se déposer sur ma langue et la brûlure, bienvenue, de la fumée embrasée mes poumons. Je hoche la tête en repoussant mes cheveux d’une main avant d’évacuer la fumée par la fenêtre.

Le ronronnement de sa voix me bercerait presque alors que je lâche un petit son d’assentiment. J’ai pour sa famille une forme de dégoût rarement évoquée par les humains. Je le réserve d’ordinaire aux manipulateurs de magie, à la race à laquelle appartient la jeune femme qui se tient devant moi. Si la femme qui l’a senti grandir en son sein pendant neuf longs mois n’est pas capable d’accepter ce qu’elle est, ce que la nature lui a donné, alors que j’en suis capable moi… Je ne sais pas comment définir ce que je ressens à son encontre. Je suis une proie de choix pour les arcanistes, les miens le sont tous, notre sang semble avoir des propriétés qui les intéressent férocement, comme si notre nature répondait particulièrement bien à leur magie. Si je suis capable de passer outre, de m’attacher aussi fort à la gosse qui me fait face, sa mère devrait la porter aux nues plutôt que d’écouter les préceptes d’un Dieu idiot la poussant à la rejeter. « J’vais être franc, mais putain, j’arrive pas à comprendre. » Un rire sans joie m’échappe. « Ça me tue qu’ils soient pas foutus de juste être content que tu sois en vie. » Je secoue la tête. « J’veux dire, tu connais mon opinion sur les sorciers hein, mais j’suis foutrement content que ta magie ait décidé de se réveiller pour te sortir de là. » J’écarquille légèrement les yeux. « J’suis désolé qu’ils n’aient pas été capable de se réjouir pour toi. Mais j’suis content de voir que tes frangins sont peut-être rattrapables, c’est d’jà ça de pris. » Je hausse une épaule en lui offrant un sourire en coin, avant de cracher une nouvelle bouffée de fumée vers la fenêtre. « Tant qu’y’a d’la vie y’a d’l’espoir, tout ça, tout ça. » Bullshit. L’espoir s’est envolé, disparu quelques part entre les pattes grêles d’un renard gris.

Je prends le temps d’avaler une nouvelle gorgée de café et celui d’une nouvelle aspiration sur ma cigarette avant de lui répondre. Malgré mes efforts pour déloger la boule qui s’est formée dans ma gorge à l’évocation de mon voyage, ma voix est rauque quand elle m’échappe. « Ça s’est passé. Mon oncle était pas particulièrement fier de moi quand j’ai dû raconter ce qu’il s’est passé, mais ils ont compris. » Je hoche lentement la tête en me remémorant rapidement la conversation avec le père de Jeremiah, la dureté de son regard et l’apaisement qui avait accompagné sa large paume sur mon épaule. « Ma sœur était extatique de me voir débarquer, elle envisage de venir vivre ici. » Un petit rire m’échappe. « Mon dieu, si elle débarque, tu vas sûrement l’adorer et ma vie sera un enfer. » Amaryllis ne pourra que s’amouracher de Victoria et seuls les dieux savent ce que donnera leur duo. « Ma mère était inquiète, mais elle était soulagée de m’avoir à la maison. » Je lève les yeux, plissant doucement les paupières contre le soleil qui agresse mes pupilles. « Ça m’a fait du bien de retourner dans le Montana, la neige m’avait manqué, le clan aussi, c’était… Bien. » Un soupir m’échappe quand je baisse la tête pour écraser mon mégot dans un cendrier. « J’ai… » Ma voix m’échappe, ma gorge se serrant violemment alors que je tente de parler d’Elle. Je toussote et me racle la gorge. « J’ai perdu quelqu’un. » La phrase s’échappe dans un souffle et mes paumes broient le rebord en PVC de la fenêtre, mes phalanges blanchissant sous l’effort, le plastique gémissant légèrement face à l’assaut. Après quelques secondes, je me force à relâcher ma prise, laissant le sang revenir dans le bout de mes doigts. « Elle est retournée à la nature, c’était… C’était trop pour elle, ce qu’elle avait vécu à Halloween. » Je cligne désespérément des yeux pour en chasser l’humidité, mon corps formant une ligne rigide que je n’arrive pas à détendre. L’absence d’Hena est comme une force physique qui pèse sur mon corps, qui m’écrase. Elle me manque. De façon constante, comme une écharde plantée contre mon cœur, s’enfonçant à chaque palpitation, une sensation douloureuse constante, qui ne bouge pas. Pas de vague, pas de remous, juste la souffrance complète et totale de son absence. Je déglutis et tente de me reprendre. « J’ai rien pu faire pour elle, alors que j’ai essayé de toutes mes forces, vraiment. » L’aveu m’échappe dans un souffle, ma culpabilité s’y mêlant.




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