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Hooked on a feeling - Anna & Irial

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Mer 23 Mar - 20:14 (#)

Hooked on a feeling
 
Un gala de charité. Lieu de rencontre par excellence de tout le gratin de Shreveport. Un endroit où tous les pompeux riches de la ville se rejoignent pour se lorgner, se faire de faux sourires, poser des questions indiscrètes pour mieux médire de l’autre, lieu de convoitise, de jalousie, d’apparat incessant pour être désigné comme étant celui ayant le mieux réussi. Et le pire de tous est celui ayant organisé l’événement : celui qui donne un gros chèque “pour la bonne cause”. Le bal des hypocrites, en somme.  

J’espérais pouvoir passer à travers les mailles du filet malgré les nombreuses relances de mes collègues. J’entends encore leurs voix agaçantes dans ma tête. “Tu sais Irial, un chèque d’un montant si haut pour notre hôpital, ça va grandement nous changer la vie, tu devrais venir pour remercier !” Remercier qui ? Qu’est-ce que cette personne a bien pu faire dans ma vie pour que j’eusse, subitement, l’envie, le besoin même, de le rencontrer à un événement que j’exècre pour le remercier ? Je ne lui dois rien, ni mon statut, ni mon salaire, ni même “les nombreuses autres vies qu’on pourra sauver”. Rien. Je me fiche de tout ce beau monde et savoir qu’on pourra en sauver plus quand j’espérais en tuer me chiffonne grandement. Alors je me contentais de hausser les épaules, expliquant que j’étais fatigué, que je ne voulais pas foirer mon sommeil pour mener au mieux mes opérations du lendemain.  

C’était sans compter le directeur qui, se prenant pour un ami de longue date, passa son bras autour de mes épaules pour m’inviter joyeusement à la fête. “Mais t’en fais pas, je mettrai Turner sur les opérations du lendemain, comme ça tu pourras t’amuser avec nous ! Puis t’es la star de l’hôpital en ce moment, grâce à tes doigts magiques, il faut absolument que tu viennes. On va s’éclater !” C’est donc malgré moi que je dusse aller à cette satané fête.  

***

Je regardais sans cesse ma montre depuis que j’étais arrivé. Le temps était presque figé. Je ne cessais de trépigner debout, impatient et grimaud, désireux d’en finir rapidement. Pour essayer de passer le temps, j’examinais ce spectacle vivant comme une curiosité tout à fait extraordinaire. Une sorte de freak show : qui sera le plus ridicule et le plus vu ? Des dindes, partout, qui ne cessaient de glousser aux blagues qui ne font pas rire, des hommes bombants exagérément leur torse comme le ferait un gorille pour montrer sa supériorité, des vieux croulants lorgnant sur des femmes superficielles, des épouses outrées mais silencieuses, n’attendant que de rentrer pour une énième dispute qui se reproduirait à chaque sortie.  

Mon verre dansait entre mes doigts affublés de gants blancs, faisant rouler le liquide entre les parois de ce dernier. Qui pouvait boire un truc aussi immonde ? Mon vieux bon whiskey me manquait, boire cette pisse était une torture à chaque gorgée.

Mon directeur venait parfois me présenter à quelques personnes, comme si j’étais le dernier trophée qu’il avait acquis. Je serrai des mains en souriant, montrant mon plus beau visage à des gens dont je ne me souviendrai pas dans quelques heures. Qu’ai-je fait pour subir un moment pareil ? Est-ce que je pose vraiment la question ?... C’est au bout d’une heure de présentation et de discussions ennuyantes que je finis par retrouver un peu de tranquillité. Je me servais encore de cette pisse qui avait l’avantage d’occuper mes mains. Je ne pouvais même pas me rassurer en me disant que dans quelques heures, je serai saoul, puisque malheureusement, le métabolisme dont m’a doté mon père me permet d’être incroyablement résistant à l’alcool. Peut-être que mon corps souffrait tellement d’être ici qu’il me ferait une petite fleur ?  

C’est en apportant mon verre à mes lèvres que je vis une femme accompagnée de sa basse-cour, se dirigeant droit vers moi, accrochée au bras de mon directeur. A mesure qu’ils s’approchaient, le bruit était de plus en plus fort et je savais que ce genre d’animation finirait par me sortir de mes gongs. Sans même prendre une gorgé, je reposais mon verre, boutonna l’un des boutons de la veste de mon smoking, réajusta mon nœud papillon, passa une main sur mes cheveux pour les remettre en place et partis pour ne pas avoir affaire à eux.  

C’était sans compter mon idiot de patron, qui, de son ton le plus enjoué, chanta mon prénom pour que je me retourne : “Iriaaaal” ! J’avais envie de lui peler le moindre centimètre carré de sa peau pour laisser sa chair au contact de l’air : une douce souffrance, beaucoup trop douce pour ce connard. Est-ce que je l’ignore ? “Irial, hey ! Je sais que tu m’as vu !” Je lâche le plus grand des soupirs avant de me retourner avec un sourire Pepsodent : “On ne peut même plus aller fumer une cigarette, ici ? Tu sais comme j’ai besoin de ma nicotine, n’est-ce pas ?” C'est plus une menace qu'une question, mais elle ne lui fait ni chaud, ni froid. Le vieux pervers a les yeux qui pétillent. Je ne suis plus son trophée, désormais, je ne suis qu’un prétexte, un prétexte pour celle qui se trouve à son bras.  

Je pose alors mes yeux sur elle et j’ai l’impression de voir une toile comme jamais je n’en avais vu auparavant. Belle serait un mot trop faible pour décrire cette jeune femme et ce charisme... Comment est-il possible d’être si attirante ? Mes yeux ne pouvant plus se détacher d’elle, je la lorgne comme on le ferait pour choisir la meilleure jument du lot. Sans gêne, sans remord, de haut en bas, pour ensuite lentement remonter jusqu’à ses yeux. Comment ai-je fait pour ne pas la remarquer plus tôt ? Les secondes défilent sans que je ne puisse dire quoi que ce soit. Elle vaut la peine d’avoir enduré toute cette peine, ne serait-ce que pour ces quelques secondes passées à l’admirer.

Le raclement de gorge du directeur de l’hôpital me ramène sur terre : c’est en tournant ma tête vers lui – difficilement – que l’enchantement disparaît. Et là, le choc est immense : comment un cœur si vide comme le mien a pu, l’espace d’un instant, être rempli de tant d’émotions ? Quel est ce maléfice perfide qu’elle a bien pu me jeter ?  

“Je te présente Anna Janowski, une avocate de notre charmante ville. Elle vient d’ouvrir son cabinet !” Je souris poliment, retenant les informations qu’il m’offre sur un plateau. Voilà enfin qu’il sert à quelque chose. Mais je vois dans son regard qu’il regrette d’être venu avec elle. Il a vu que je l’avais détaillée comme si j’allais la dévorer et il n’est pas content, il aimerait qu’elle soit son dessert à lui. “Mme Janowski, je vous présente Irial Ga... Gan...” Je lève les yeux au ciel face à cet homme pathétique et en profite pour regarder, d’un simple coup d’œil, les gens qui accompagnent cette femme. L’un d’eux serait-il un arcaniste qui ferait je ne sais quoi pour m’avoir ? Ou bien est-ce que c’est ce mythe dont les gens parlent et qu’ils appellent le coup de foudre ? Impossible. Pas ça.  

J’entends toujours mon directeur se dépatouiller avec mon nom de famille et finis par tendre la main vers la demoiselle : “Irial Gancanagh. Des mois que je travaille pour lui et il ne sait toujours pas dire mon nom.” Nos regards se croisent et le manège reprend de plus belle. Comment fait-elle pour que je la trouve à ce point charmante ? Mon regard se pose alors sur le bras de mon patron, bras qu’il lui tend toujours et qui me rend subitement de mauvais poil. J’aimerais la lui enlever pour qu’elle me prenne le mien et qu’elle reste à mes côtés toute la soirée. Quelle horreur, quel monstre suis-je devenu ? Je détache mes yeux pour regarder ailleurs et retrouve mes esprits. Je me sens subitement pris au piège, incapable de comprendre ce qui se passe, mais ma curiosité s’éveille alors pour prendre le dessus. De tout ce freak show, j’avais trouvé la plus grande des bizarreries : Anna Janowski.  
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Your soul is mine
Anna Janowski
Anna Janowski
Your soul is mine
The Greatest

En un mot : Perfection démoniaque
Qui es-tu ? : - Avocate vedette anti-CESS
- Ambition dévorante
- Démone qui se découvre
- Tortionnaire de la misérable petite Heidi

Facultés : Engeance d'Ishtar
Don de magnétisme conférant un charisme hors du commun
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I have bloomed with roots in hell

Pseudo : Ulfhe
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Ven 25 Mar - 10:51 (#)

La soirée bat son plein dans le doux vacarme des privilégiés bien habillés qui échangent vantardises et mesquineries sur un ton rieur. Des bons mots et des rires de convenance s’élèvent dans la pièce parmi les discussions bien plus sérieuses portant sur les affaires des uns et des autres. Les galas de charité sont toujours de parfaites occasions pour étendre son réseau d’influence, même si le prix à payer est un joli chèque pour une minable cause quelconque.

La soirée se déroule bien pour le moment malgré le champagne discutable. Un petit attroupement s’est créé autour de moi et j’ai déjà pu distribuer quelques cartes de visite à des gens visiblement fortunés prenant très à cœur la défense des humains contre les CESS. Autant de clients qui pourraient venir garnir mon compte en banque et mon carnet d’adresses. Rapidement, la conversation tourne en combat de coq entre deux hommes approchant de la soixantaine, vantant leurs exploits et cherchant à impressionner leurs auditoire. Leurs histoires sont d’un ennui affligeant et consistent à décrire comment ils ont pu racheter telle ou telle entreprise pour une bouchée de pain, la démanteler, et la revendre pièce par pièce pour une fortune. La description est d’une platitude terrible, mais l’envergure de leur réseau et de leur compte en banque vaut bien que je supporte quelques anecdotes avec un sourire maquillant mon agacement. C’est fort heureusement ce moment-là que choisit l’hôte de la soirée pour venir nous saluer avec la politesse pompeuse des gens qui réclament de l’argent. Il nous enjoint avec enthousiasme à le suivre pour nous présenter son chirurgien vedette. Sautant sur l’occasion pour quitter les discussions peu intéressantes et me faire voir avec la star de la soirée, je glisse mon bras sous celui du directeur de l’hôpital avec un sourire, ce qui a pour conséquence de faire muter son teint de craie en une jolie couleur rosée des plus ravies. Il nous entraine à travers la foule rieuse et légèrement alcoolisée. Ma longue robe de soirée dorée scintille à chacun de mes mouvements et accroche la lumière du lieu en même temps que les regards alentours. Durant le court trajet nous faisant arpenter la grande salle au rythme de mes talons qui claquent en un son profond et déterminé, le directeur nous conte les exploits de son très cher chirurgien étranger.

Nos pas s’arrêtent devant un homme bien plus jeune que ce que j’avais imaginé aux vues des récits de son patron. Le directeur est aussi enjoué que son chirurgien star parait bougon. Un drôle de contraste qui me volerait presque un véritable sourire d’amusement. Quand son regard se pose sur moi, sa réaction est la même que celle de bon nombre d’hommes. Beaucoup de femmes pourraient se sentir offensées d’être lorgnées comme un objet dont on essaie d’estimer la valeur, mais moi ça ne me dérange pas. Bien au contraire. Bien que je sais depuis peu que cette attention toute particulière a une origine surnaturelle, je l’apprécie tout de même. A mesure que les secondes de silence s’égrènent durant cette inspection minutieuse, la tension de notre hôte augmente jusqu’à ce qu’il brise le silence pour faire les présentations. Du moins, pour essayer de faire les présentations, étant donné la difficulté manifeste qu’il a pour prononcer le nom de sa vedette qui se retrouve bien obligé de prendre les devants. Avec un sourire, je me détache du directeur de l’hôpital à son plus grand regret et serre la main du docteur en lui disant d’un ton presque ronronnant :

« Ravie de faire votre connaissance. Il parait que vous êtes la star de la soirée. » Les quelques personnes ayant suivi le directeur de l’hôpital acquiescent bruyamment. Notre hôte a tant fait pour conter ses exploits que l’attention ne peut que se tourner vers cet homme. Il est toujours de bon ton de se trouver dans l’entourage de la personne que tout le monde souhaite voir à ce genre de soirée. « Il parait que vous faites de vrais miracles. »

Déjà, le directeur commence à conter aux quelques convives alentours comment l’argent des dons serait utilisé pour sauver la veuve et l’orphelin. Tous ces pauvres enfants malades que l’on pourrait aider avec plus d’argent, qu’il geint d’une manière théâtrale à la limite du dramatique à son public de mécènes. Quelques interjections d’assentiment que j’imagine hypocrites agrémentent son discours. Tout cela n’est qu’une vaste pièce de théâtre jouée à de nombreuses reprises : Une belle histoire de sauvetage pour qu’un paquet de riches s’ennuyant ferme se sentent comme des héros avant de retourner à leurs affaires peu reluisantes. Délaissant cette mascarade, mon attention se reporte sur le chirurgien qui n’a pas vraiment l’air d’apprécier de se trouver ici et je lui demande d’un air curieux :

« Vous n’avez pas particulièrement l’air d’apprécier la soirée. Ça ne vous plait donc pas d’être la star de l’évènement ? » Je rêverais d’une soirée dans laquelle je serais le centre de l’attention, du moins encore plus que d’habitude. J’ajoute d’un air taquin d’une voix un peu plus basse : « Ou alors vous ne rêvez que de retourner soigner tous ces pauvres enfants malades ? »

Le ton des derniers mots est similaire à celui employé par le directeur de l’hôpital un peu plus tôt et ponctué d’un léger éclat de rire cristallin. Ma moquerie canaille n’a visiblement pas été entendue par notre hôte qui continue à conter les incroyables bienfaits que pourraient avoir des dons généreux. Son ton mélodramatique en serait presque risible, bien qu’il semble curieusement toucher les épouses de certains des invités richissimes présents. Peut-être que je m’amuserais d’avantage avec quelqu’un qui n’a pas l’air d’apprécier toutes ces simagrées ineptes.
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Ven 25 Mar - 22:22 (#)

Hooked on a feeling
 
La star de la soirée. Ils me prennent pour Steve Job ? Je fronce les sourcils à cette idée. Il semblerait que cette jeune femme soit aussi opportuniste que tous ceux qui se trouvent dans cette salle. Je lui serre la main en prenant bien soin de ne pas à nouveau croiser son regard. Il semblerait que le manège infernal reprenne à chaque fois que mes yeux se posent sur elle, comme si elle était une sirène qui voudrait m’attirer pour m’attirer dans les fonds marins. A la manière d’Ulysse, devrais-je m’attacher à un mât pour ne pas céder ? Ses petits moutons acquiescent et me donnent envie de vomir.

Des miracles, pour le commun des mortels, bien entendu. Je le dois à mon talent et à mon père, mais je vais bien me garder de le lui dire. J’affiche à nouveau un sourire poli à la sirène, sourire qui devient jaune à mesure que mon patron déblatère ses conneries. Il va certainement détourner la moitié. C’est ce que j’aurais fait, si j’étais aussi avide que lui. Je plonge mes mains dans mes poches et penche légèrement la tête en arrière, montrant à qui veut bien voir mon ennui. Je fixe les moulures du plafond en me demandant pourquoi les Américains sont toujours si désireux d’imiter l’architecture européenne pour leurs grands édifices. Comme s’ils pouvaient égaler les illustres artistes qui existaient bien avant la découverte de ce continent. C’est comme si cet édifice était un théâtre antique, avec mon patron en comédien principal, jouant une comédie dans laquelle il voudrait faire croire qu’il a le cœur sur la main et qu’il sauvera l’humanité. Mais le public se moquerait de cet homme grossier et avide. Cet homme est devenu médecin puis directeur pour l’argent, pas par vocation. La vocation est plutôt rare d’ailleurs, regardez-moi. Faire des années d’études pour satisfaire mon père adoptif qui ne le fut jamais. Et encore maintenant, je m’en sers pour répandre le chaos. Quels piètres médecins nous faisons.

La jeune femme s’adresse à nouveau à moi tandis que je jette un œil sur les balcons, où les invités flânent. J’aurais dû monter là-haut, pour voir tout ce beau monde sans être vu. Juste là, près d’un pilier, à l’abri des curiosités malsaines qu’abritent cette salle. Toujours le nez en l’air, mes yeux se dirigent lentement vers la jolie blonde. Est-ce que je suis heureux d’être ici ? Ne voit-elle pas qu’il s’agit d’une torture pour moi ? Mais sa dernière phrase m’arrache un léger sourire. Oh, elle a de l’humour ? Je pensais qu’elle ne pouvait qu’agiter la queue du paon pour que tout le monde la remarque. Elle est moqueuse, elle n’a pas l’air offensé pour un sou de se moquer de mon patron, qui, trop concentré dans sa tirade, ne l’a pas entendu.

« Nous manquons de clown, pour les enfants atteints de cancer. Peut-être qu’il pourrait faire un dernier effort pour faire sourire ces pauvres enfants malades ? »

J’insiste sur ces derniers mots pour faire comprendre la raillerie à l’avocate en affichant un sourire goguenard. Je me tourne alors vers le petit troupeau d’Anna pour les regarder boire les paroles de mon patron. Les gens sont d’une stupidité effrayante. Des notes de jazz qui s’élèvent dans la salle donnent à la scène quelque chose de risible.

« Il semblerait qu’il ait raté sa vocation. Je lui offrirai un stage dans une compagnie de théâtre pour son anniversaire. Avec un peu de chance, j’en trouverai un dans un état voisin pour avoir la paix quelques jours et aller fumer sans qu’on m’emmerde. Et éviter de me retrouver à ce genre de soirée. Sauf si vous avez une meilleure idée ? Je suis tout ouï. »

Mon buste se trouve enfin face à elle et le charme reprend de plus belle. Je me découvre un côté gentleman que je ne connaissais pas. Je lui tends mon bras pour quitter le petit monde discrètement. Je regarde la piste alors que nous marchons. J’hésite à l’inviter à danser. Non, impossible, je n’aime pas attirer l’intention, je vais me contenir et rester moi-même.

« Vous semblez, contrairement à moi, comme un poisson dans l’eau. Vous avez même votre propre fan club, c’est assez remarquable. Vous êtes originaire de Shreveport ? »

Un peu plus d’informations pour comprendre qui est cette créature. Et malgré la salle inspectée au peigne fin, impossible de voir le moindre arcaniste. Il est soit très discret, soit elle possède un objet qui lui permet d’attirer l’attention. Ou bien possède-t-elle un pouvoir comme le mien ? A quoi pourrait-elle me servir, moi qui ne vois mes relations sociales comme des opportunités ? Sa notoriété est un frein à ma créativité, je serais trop visible, impossible de continuer mes méfaits convenablement. Je devrais être irréprochable, hors de question. Mais est-elle totalement inutile ? Impossible. Son beau minois pourrait faire des miracles, j’en suis certain. Elle en fait déjà, elle m’a fait avoir une réaction que je n’avais pas eu jusqu’alors. Je dois percer le mystère, comprendre ce qu’elle est et si elle peut m’aider.

J’attrape sa main pour l’inviter sur la piste de danse. Mais qu’est-ce qu’il me prend ? Je deviens fou. Il va falloir que je me ressaisisse. Impossible de la laisser avoir le contrôle sur moi. Je vais devoir rapidement trouver une solution à ce problème. Réfléchis Irial, une fois que tu auras détaché les yeux d’elle, comment pourras-tu ne plus tomber dans ses filets ? Ma main droite reste dans la sienne, tandis que l’autre se pose chastement sur hanche, dansant au rythme du piano et du saxophone. Je me penche pour venir lui parler à son oreille, ce qui, par la même occasion, me permet de ne plus l’avoir dans mon champ de vision et de ne plus être irrésistiblement attiré.

« Vous ne m’avez pas précisé votre spécialité. »

Par-dessus son épaule, j’aperçois mon patron, rouge de colère de me voir danser avec l’objet de ses convoitises. Je lui adresse un sourire provocateur, l’air de lui dire que ma vengeance soit arrivée plus tôt qu’il ne l’eut cru.
 
« Il semblerait que mon patron soit jaloux. Il aurait voulu être à ma place... »
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Mer 30 Mar - 10:20 (#)

Sans gêne, il raille son patron qui visiblement l’a plus ou moins forcé à être là. Comment s’y est-il pris ? Un quelconque chantage professionnel ? La promesse d’une belle prime en échange ? J’imagine mal le vieil homme parvenir à user d’une ruse plus subtile que celles-ci. A quelques pas, le manège pompeux du directeur s’est déjà changé en une demande plus directe de dons à l’aide de quelques histoires semblant avoir pour but de tirer une larme aux jeunes épouses alcoolisées accrochées aux bras de leurs vieux maris fortunés. Si la manipulation est grossière et peu élégante, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne manque pas d’emphase dramatique dans ses mots. La remarque oscillant entre plaisanterie et complainte du chirurgien me fait abandonner un léger rire. Tout en m’accrochant à son bras offert, je surenchéris avec un sourire espiègle :

« A ce prix-là, payez directement une troupe de cirque itinérante pour qu’ils l’engagent. » Tandis que nos pas nous éloignent de l’attroupement tape à l’œil rempli de robes aux couleurs vives et colorées, je jette un œil en arrière pour entrevoir le petit manège du directeur de l’hôpital qui finalement n’est pas si mauvais dans son rôle. « Je suis sure qu’ils le garderaient bien plusieurs années. » Et au besoin ils le donneront à manger aux lions. Finalement, pour quelqu’un prétendant ne pas vouloir être là, le docteur Gancanagh se mêle facilement aux murmures légers et festifs emplissant la luxueuse salle de fête. « Je trouve que vous ne vous débrouillez pas si mal. » Un serveur passe à portée et je dépose sur son plateau mon verre vide avant de reprendre : « A vrai dire je suis arrivée en ville il y a à peine quelques mois et c’est la première fois que je croise ces gens pour la plupart. »

A force d’efforts, j’ai réussi peu à peu à me faire inviter à des soirées telles que celles-ci. Tout cela demeure encore nouveau et fragile, mais j’ai bon espoir de me faire une place dans cette société de gens élégants et aisés pour qui les règles ne sont pas les mêmes. Autant de personnes qui pourraient se montrer d’une utilité extrême s’ils obéissent sagement et donnent la patte quand on le leur demande. Avec fluidité et élégance, le chirurgien m’entraine à travers le petite foule de convives alcoolisés et jusqu’à la piste de danse. Je déteste le jazz, mais cette danse n’est qu’une opportunité d’être remarquée par le petit monde de la bonne société de Shreveport. Le docteur accroche quelques regards curieux des donateurs qui semblent intéressés de voir enfin le chirurgien tant vanté par son patron sortir de son coin sombre. D’autres regards ne sont que pour moi, comme c’est le cas en temps normal. Au rythme d’une musique que je juge des plus désagréables, nous dansons. D’un discret coup d’œil, j’essaie de localiser le photographe de la soirée. Ne serait-il pas formidable qu’une photo de moi dansant avec le chirurgien le plus en vue de l’hôpital soit celle choisie pour les cartons de remerciements ? Il se penche pour me susurrer quelques mots dont le contenu commence rapidement à faire l’objet de commérages non loin, dans de petits groupes en marge de la piste de danse. Avec un sourire charmant et à voix basse entretenant cette illusion de proximité qui semble faire tant jaser, je lui réponds :

« En général je défends des gens ayant eu des problèmes avec les CESS. »

Pour être honnête, la plupart de mes affaires consistent davantage à défendre des humains s’en étant eux même pris à des CESS, mais il n’a pas nécessairement besoin de connaitre cette information. Il est toujours délicat d’aborder un tel sujet avec quelqu’un dont on ignore les opinions sur ces questions et il est exclu de provoquer un esclandre ici. La remarque sur la jalousie de son patron me fait très plaisir, j’apprécie toujours être au centre des convoitises. Avec un sourire taquin pouvant laisser croire que mes mots sont une plaisanterie mutine, je lui rétorque :

« Cela n’a rien d’étonnant. Tout le monde voudrait être à votre place. » Pourtant il ne s’agit là que de la vérité. Je vois bien les regards des convives sur nous et c’est sans mal que j’imagine les rouages qui s’activent d’envie dans leurs esprits et qu’ils essaient de noyer dans leurs flutes de champagne. Un coup d’œil rapide et discret au détour d’un pas de danse me fait voir la jolie couleur pourpre qu’a prise le visage du directeur. Visiblement le vieux débris s’était imaginé tout un tas de choses et n’apprécie pas de voir ses plans être ainsi contrariés. Pour jouer le jeu et rendre le regard du directeur de l’hôpital encore plus aigri, je resserre ma prise sur l’épaule d’Irial avec un sourire radieux comme si notre discussion dansante était des plus plaisantes. « A votre avis, jusqu’où son teint peut aller dans les tons de rouges ? Je ne suis même pas sure qu’il s’agisse là d’une teinte normale pour un être humain. » Puisqu’il n’a pas été outré par mes plaisanteries sur les pauvres enfant malade, je tente même d’un ton secret : « S’il en fait une rupture d’anévrisme, il ne fait aucun doute que les donateurs se montreront plus généreux. »

Une plaisanterie qui pourrait avoir l’air douteuse mais qui n’en demeure pas moins vrai. Tous ces invités aux parures flamboyantes utilisent ces beaux atours pour dissimuler un ennui terrible. Ils adoreraient sans aucun doute un peu de spectacle, surtout si celui-ci est macabre, même si aucun d’entre eux ne le reconnaitra jamais. La musique semble changer mais ce genre de musique est tellement chaotique que je ne saurais dire s’il s’agit là d’une nouvelle chanson où juste d’une partie du morceau qui tend à se dissocier des autres.

« Pour quelqu’un qui prétend vouloir éviter ce genre de soirées, vous avez l’air plutôt à l’aise. Qu’est-ce qui vous déplait tant ici ? »
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