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Toi non plus | Connor & Heidi

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
Heidi Janowski
Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Toi non plus | Connor & Heidi WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

Pseudo : Pourpre
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Ven 8 Avr - 0:34 (#)
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Toi non plus
Un jazz club oublié de Mansfield, Février 2021
ft. Connor Guidry


C
e matin, un chapitre de ta vie s’est refermé dans le son jouissif de la fureur de ta cousine. Un chapitre sombre de deux mois durant lesquels tu as été privée de ce qui se rapproche le plus d’une raison d’être. Nuit et jour, le spectre d’Anna rôdait autour de la moindre de tes pensées, prêt à sauvagement bondir dessus et les vider de toute substance si elles avaient la disgrâce de contribuer à ton évasion. Tu étais enfermée dans un cage invisible et d’autant plus méprisable et efficace que ses barreaux se trouvaient uniquement dans ta tête.

Aujourd’hui, la page vient de se tourner, et tu sais exactement comment commence le chapitre suivant. Tu le sais depuis que le précédent a vu défiler ses premiers mots ; depuis que tu as été exclue de tous les endroits où tu te produisais pour gagner ta vie sous l’impulsion sadique de celle qui est plus tard devenue ton employeuse, et aujourd’hui une némésis bien réelle. Il va te falloir du temps avant de convaincre les patrons de t’embaucher à nouveau, mais à chaque jour suffit sa peine. Ce soir, tout ce que tu veux, c’est te détendre. Jouer pour le seul plaisir de jouer. Laisser courir tes doigts sur le clavier d’un vrai piano et te laisser bercer par l’atmosphère doucereuse et intimiste d’un club de jazz peu fréquenté. Une scène ouverte, un bœuf, nimbée dans le confort rassurant de la pénombre à peine ponctuée de violet et de bleu par quelques appliques murales disséminées entre les tables pour la plupart désertes. Un soir de semaine, il n’y a que quelques habitués pour lustrer les tabourets du bar et profiter des quelques notes offertes par les âmes torturées ayant pris place sur l’estrade au fond de la pièce.
 
Cette journée était définitivement étrange. Enfermée chez toi, allongée sur ton lit, les volets fermés et ta playlist tournant en boucle en fond sonore, tu t’étonnes régulièrement de ne pas te casser le dos devant une pile de dossiers à archiver. Comme des acouphènes persisteraient, tu as vu passer l’heure du déjeuner et tu t’es surprise à ne pas entendre la voix bien trop familière de ton ainée t’ordonner d’aller lui chercher un repas hors de prix avec une liste d’exigences déraisonnable. Personne pour te rabaisser ni critiquer la qualité de ton travail sans même y avoir jeté un coup d’œil, personne pour te mettre plus bas que terre et t’humilier par pur plaisir pervers.
Tu devrais te sentir heureuse, déborder de joie, mais tout ce qui comble le vide au milieu de ta poitrine est une sensation de tiédeur moite, une victoire en demi-teinte dont l’éclat ne brille que trop peu devant tes espoirs. En acceptant son contrat, tu pensais le rompre en même temps que tu l’aurais faite déchoir magistralement, complétant une vengeance fantasmée depuis plus de deux décennies ; aujourd’hui, elle est toujours en attente, et tu n’es toujours pas en paix.
 
La nuit commence à peine à tomber lorsque tu passes les portes du bar, troquant l’espace de quelques heures le ciel nuageux de la ville contre les voutes grossières de l’établissement. Tu as gardé la même robe élégante et onéreuse ainsi que le même maquillage que tu portais lors de ta confrontation matinale, et tes cheveux blonds sont attachés en un chignon fait à la va-vite, te donnant un air étrange et unique en contraste avec le reste de ta parure, entre raffinement et désinvolture. Comme si tu avais fait ça toute ta vie, tu te diriges droit vers la scène où se trouvent déjà une paire de musiciens et têtes connues. L’une d’entre elles, un grand homme mal rasé dans la fleur de l’âge derrière une contrebasse massive au bois sombre, t’adresse la parole en te voyant arriver.
 
- Heidi, ça doit bien faire trois mois qu’on t’a pas vue. On avait fini par croire que t’étais morte.
 
Il n’a pas l’air particulièrement emballé de te voir, mais pas déçu non plus. Il te délivre ces quelques mots sur le ton de l’information, neutre et sans biais. Il ne t’apprécie peut-être pas humainement, à l’instar du reste de vos collègues artistes, mais il reconnaît sans doute tes qualités de musicienne, et ce doit être suffisant pour lui.
 
- J’avais une affaire de famille à gérer, j’aurais bien aimé l’éviter. Je prends le piano ce soir.
 
Sans t’attarder plus sur les détails de cette absence, tu accordes le geste à la parole en allant t’asseoir sur le siège faisant face au piano droit dont le lustre reflète avec insistance les lumières colorées du petit bouge. Tes doigts fins caressent un moment les touches bicolores de l’instrument, comme pour tenter de le dompter en silence, avant de faire résonner quelques accords solitaires et ambigus. Tu n’es pianiste que depuis peu de temps, à peine plus d’un an, mais tu sembles douée d’un certain talent pour la musique. Une sorte de compréhension instinctive qui te permet de t’accorder rapidement les faveurs des instruments que tu utilises, et d’accéder à un début de virtuosité aux prix d’innombrables heures passées à dialoguer avec.
Finalement, l’unisson frappe et peint avec une maladresse délicate le début d’une partition dans l’air confiné du bar, seulement pour être entendue par la demi-douzaine d’âmes s’en partageant l’espace. Ce qui était au début un brouillon d’harmonies et de rythmes désarticulés se conjugue bientôt en une matrice hypnotique de sonorités acides et mielleuses, entrecoupés de quelques moments de silence bien mérités.
 
Il semblerait que vos arias aient attirés quelques rôdeurs tristes de plus venus chercher un peu de réconfort dans le timbre chaud de la contrebasse et de la lumière dans la clarté d’un piano à peine désaccordé. Du coin de l’œil, tu peux apercevoir par moments quelques mouvements près de la porte. Le piano est positionné contre le mur, ce qui rend difficile de voir la pièce sans tourner la tête, mais tu te fiches bien des visages distraits qui ponctuent le décor.
Jusqu’à ce que la musique s’arrête, le monde entier n’est pour toi constitué que des quelques mètres carrés d’estrade qui meublent le fond de la salle. Malheureusement, le propre de la musique est de décorer le temps, et elle doit forcément connaître un début comme une fin. Et la note finale de cette soirée, tu viens de la jouer. 

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Cannot a Beast be tamed
Connor Guidry
Connor Guidry
Cannot a Beast be tamed
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En un mot : Woof
Qui es-tu ? : A wolf, a cop, a killer.
Facultés : Garou expérimenté, alpha sans meute, enquêteur hors pair.
Thème : No One Loves Me and Neither Do I · Them Crooked Vultures
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Lun 11 Avr - 20:15 (#)

Connor secoua les gouttes de pluie sur sa veste alors qu’il passait l’entrée. Il accorda un rapide coup d’œil au ciel sans étoiles, tandis que des trombes d’eau inondaient soudainement les rues de Mansfield. Dehors défilaient au pas de course des passants déterminés à rejoindre véhicules et domiciles. Leur journée était terminée, et l’appel d’un confortable foyer se faisait plus intense que l’inconfort de se retrouver mouillé jusqu’à l’os. Lui avait à faire. Malgré l’heure tardive, il n’était pas ici par plaisir. Il ne sortait jamais par plaisir de toutes manières. La moitié de sa vie n’était consacrée qu’à son métier. Et, pour ce qui était de l’autre moitié, il était contraint de la céder à son Passager. Pas étonnant que sa vie sociale soit un véritable désert. Non, tout bien réfléchi, cette solitude était parfaitement recherchée et expliquait ce mode de vie plutôt que l’inverse.

Bouche pincée, il fit face à la salle, plissant des yeux pour adapter rapidement sa vue à la lumière tamisée. Il n’avait eu la femme qu’il recherchait qu’au téléphone, mais cette dernière lui avait précisé qu’elle laisserait un sac rouge sur sa table. Malgré le discours du policier qui se voulait rassurant, elle n’avait pas voulu mettre les pieds au commissariat. Il s’était conformé de bonne grâce à cet excès de prudence, espérant que ces précautions étaient le gage d’informations d’importance. Et puis, ce n’était pas tous les jours qu’un appel commençait par "je sais où sont passées les filles que vous recherchez". Mais aucun sac n’était en vue, de quelque couleur que ce soit. Peut être était-il arrivé le premier ? Poussant un léger soupir, il décida de se fondre dans le décor en l’attendant. Il prit place sur une banquette en velours, qui devait être là depuis la prohibition, tout en essayant de prendre un air aussi détendu que possible. La lumière présente à chaque table éclairait les visages des clients par en-dessous, conférant un caractère faussement surnaturel à l’assemblée. Leurs têtes flottaient dans la pénombre, comme des spectres de pacotille. Il était un fantôme cependant qu’il n’était pas préparé à contempler.

La scène se dissociait de la salle, nimbée de lumière, captant tous les regards. Le sien se porta tout spécialement sur la jeune pianiste, se perdit dans la cambrure de sa nuque qu’accompagnaient les quelques mèches retombant de son chignon. Elle dénotait du reste du groupe. D’un côté de la scène, les deux hommes jouaient de concert, médiocrement, tandis qu’elle était isolée à l’autre bout, brodant avec talent autour des notes qu’ils lui lançaient. Il en oublia le but originel de sa visite. Il apprécia ce moment suspendu hors du temps, inattendu mais dont il avait inconsciemment besoin. Lorsque les dernières notes résonnèrent, le silence feutré qui s’en suivit lui sembla froid et déplaisant. Alors que les voix bourdonnaient à présent autour de lui, il observa la jeune femme pivoter ses jambes sur le tabouret pour se relever. Lorsqu’elle s’approcha des deux musiciens, son profil lui évoqua un étrange sentiment de familiarité sans parvenir à en identifier l’origine. Il ne l’avait pas quittée des yeux lorsque leurs regards finirent inévitablement par se croiser.
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Mer 13 Avr - 11:16 (#)
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Toi non plus
Un jazz club oublié de Mansfield, Février 2021
ft. Connor Guidry


T
andis que les derniers échos de vos notes s’évaporent dans l’air moite du club, la clientèle commence elle aussi à s’amenuiser peu à peu. Le son des cymbales est remplacé par le crissement des chaises sur le sol et celui du piano par le tapis de conversations inintelligibles s’étant tues le temps de quelques standards. La soirée s’essouffle et seules les âmes qui n’ont personne à retrouver en rentrant chez elles peuvent se permettre de vagabonder encore un peu en ces lieux.

Doucettement, tu finis par quitter le clavier pour rejoindre tes deux collègues de la section rythmique. Tu as sur le visage l’air neutre et désabusé que chacun te connaît, mais à la différence que tes traits semblent subtilement plus détendus, mais il serait facile de prendre cette impression pour l’effet narquois du jeu d’ombres et de lumières qui s’y déroule. Tu finis par interpeler le contrebassiste ; si tu n’avais pas à lui parler, tu n’aurais même pas daigné leur adresser un regard avant de t’en aller.

- Sam, je peux te parler une minute ?

Le grand trentenaire mal rasé se retourne vers toi et te toise avec curiosité, visiblement surpris par cette entreprise cavalière. Tu n’es pas connue pour être du genre à beaucoup discuter, et à vrai dire certains pensaient sincèrement que tu étais muette quand tu as commencé à fréquenter le milieu de la musique en ville. Tu connais ta propension à devenir colérique et insultante rapidement lorsque tu commences à ouvrir la bouche, alors pour le bien de ta propre passion tu as appris à t’abstenir du moindre commentaire.

- Je monte un orchestre, un truc sérieux sur lequel je bosse depuis des mois, mais ma section rythmique est vide pour l’instant. En fait…

Tu hésites un instant sur les prochains mots à prononcer. Ta dernière expérience en orchestre s’est soldée par une prestation minable de ta part, entachée par la présence terrifiante d’un fantôme n’étant pas venu te hanter depuis une décennie. Tu étais plus prête que jamais, mais la vision de son regard te fixant durant l’intégralité de la soirée, surmontant un sourire qui n’avait jamais changé, n’annonçant rien d’autre que de la souffrance, t'avait complètement paralysée.
Ton regard sonde rapidement la salle, un peu par réflexe, mais tu ne t’attendais pas à trouver le regard qui perce le tien depuis le coin d’une table reculée. Des yeux que tu n’as pas vu non plus depuis des années et que rien ne t’avait préparée à rencontrer à nouveau. Des yeux vieux de presque huit ans et que tu as choisi d’exclure de ta vie sur un caprice de trop en pensant naïvement que la solitude était le meilleur moyen d’accéder à la liberté. Des yeux qui n’ont pas changé et qui te renvoient en plein visage la vision de tes premiers mois de vie à Shreveport.
C’est la voix de Sam qui t’extirpe de ce vortex de souvenirs et te rappelle à la réalité.

- Tout va bien Heidi ? On dirait que tu viens de voir un fantôme.
- C’est peut-être le cas, ouais.

Le tout premier fantôme de ta nouvelle vie, pour être précise. Le tout premier à avoir connu ton prénom alors que tu te faisais bien ironiquement appeler Anna pour la moindre chose dont tu n’étais pas fière, et elles étaient nombreuses. Ce fantôme, tu lui dois peut-être plus que ce que tu ne voudras jamais avouer, et tu le sais. Il t’a trouvé un toit alors que tu n’en avais pas et personne ne sait ce qu’il serait advenu de toi s’il n’avait pas été là pour surveiller tes premiers pas balbutiants d’adulte irresponsable.

- Ecoute, Sam, je t’envoie les infos par message. Réfléchis-y, s’il te plaît.

Rompre avec un spectre pour en rencontrer un autre le soir-même ; tu dois avoir quelque chose en toi qui les attire. A moins que ce soit ta perpétuelle fuite en avant qui inéluctablement les fait te rattraper un jour ou l’autre. Quoi qu’il en soit, ton cœur est noué par un mélange de sentiments bien trop rares pour que tu aies appris à les apprivoiser. Culpabilité, regret, honte ; si seulement tu étais capable d’en exprimer au moins une fraction, tout dans ta vie serait peut-être plus simple.
Et pourtant, lui n’a pas l’air de te reconnaître. De loin, tu devines une sorte d’incompréhension dans son regard. Il serait si aisé de simplement l’ignorer et rejoindre ton appartement comme si de rien n’était, mais ton psy et ta marraine n’ont de cesse de te le répéter : tu dois affronter ton passé. Aller au-devant des souvenirs douloureux, et parfois ceux dont le tort te revient.

Tu avais réussi à économiser assez pour t’offrir le loyer d’un appartement miteux des Kingston Buildings et tu t’étais échappée du foyer sans rien dire à personne. Tu ne sais pas comment mais il t’avait retrouvée et il avait sonné à ta porte. En réponse à son inquiétude, tu lui avais hurlé dessus, sommé de ne plus jamais t’approcher et que tu n’avais pas besoin de lui. Cette fois avait été la bonne, tu ne l’as plus jamais revu. Du moins, jusqu’à ce soir.
Tu prends une grande inspiration dans l’espoir de soulager tes épaules de toute la tension qui y est née le temps de ce regard partagé, et tu te rapproches finalement de sa table après de longues secondes d’intense conflit interne. Séparés par le plateau de bois à peine collant, tu plonges une dernière fois, muette, tes orbes clairs dans les siens, de la couleur de l’eau d’un lac oublié, froid et profond. Et puis, en détournant les yeux, tu lui adresses cette phrase unique, que tu avais l’habitude de lui répéter à chaque fois que vous vous voyiez. Le timbre de ta voix n’a pas changé, mais elle est aujourd’hui teintée d’une amertume que tu peines à dissimuler.

- Arrête de me regarder comme ça, Connor.



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Mer 27 Avr - 3:10 (#)

Il reconnut instantanément ces sourcils froncés alors qu'il la voyait approcher. Cet air sévère sur ce visage d'enfant. Il ne voyait plus que lui à présent, comme une évidence dont il ne pouvait plus se détourner. Combien de fois ces yeux l'avaient ainsi foudroyé par le passé ? Il se sentait stupide de ne pas l’avoir immédiatement reconnue. Pour lui, Heidi était restée figée dans le temps comme un instantané. Elle avait continué à porter des pulls informes, les yeux toujours marqués par des coquards qui la faisaient ressembler à un raton laveur dans ses mauvais jours. Le raton laveur s’était depuis changé en cygne, si cela avait le moindre sens. Il s'enfonça dans la banquette, un bras posé sur le dossier, essayant de conserver une posture aussi décontractée que possible malgré la surprise. Les quelques mots qu'elle lui adressa, distillés à dessein, le plongèrent instantanément huit ans en arrière. Comme conditionné par cette formule familière, la réponse lui vint sans avoir à y réfléchir.

"Comme quoi ? dit-il innocemment d'une voix plus douce que d'ordinaire."

Il lui adressa de concert son habituel sourire en coin alors qu'il cherchait son regard d'un air amusé. Il avait choisi de ne pas tenir compte de son attitude, pas plus qu'il n'avait prêté attention à son odeur, si différente, qui lui donnait la désagréable sensation de parler à une étrangère. Au lieu de cela il s’efforça de donner le change, balayant les années comme s’il ne s’agissait que de simples jours. Il avait toujours eu pour elle l’indulgence et la patience que l’on pourrait attendre d’un parent.

Il venait à peine de prendre ses fonctions lorsqu’il l’avait trouvée, livrée à elle-même. Après des années d'errance, à fuir par tous les moyens un passé qui le hantait, le sort de la jeune fille avait fait écho au sien. Malgré l’attitude revêche de l’adolescente, une connexion s’était instaurée entre eux, un lien qui le poussa peu à peu à dépasser ses fonctions. Son tuteur l’appelait régulièrement, au bord de la crise de nerf, comme s’il était un membre de sa famille et, bien souvent, le seul en mesure de la raisonner. C’est par l’un de ces appels qu’il apprit qu’elle avait quitté le foyer sans donner d’explications. Inquiet, il s’était lancé sur ses traces comme son métier l’y avait habitué, sans se douter que c’était aussi de lui qu’elle cherchait à s’éloigner. Elle avait fait en sorte que les choses soient claires lorsqu’il avait finalement sonné à sa porte. Conscient qu’elle continuerait sa fuite pour échouer dans de pires endroits que Mansfield s’il ne respectait pas sa volonté, il partit à contre-cœur, espérant pour le mieux.

"Ça me fait plaisir de voir que tu vas bien Chaoui."

Les yeux levés vers elle, son expression se voulait aussi bienveillante que possible, bien que son front trahissait son inquiétude. Il savait qu’il avançait en terrain miné. Une prudence qui, elle aussi, lui était restée familière en présence d’Heidi.
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Jeu 28 Avr - 1:11 (#)
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S
a réponse ne se fait pas attendre, comme un écho immédiat vieux de bientôt une décennie. Et pourtant, quelque chose semble clocher ; une couleur jure sur le tableau, une note vrille l’harmonie. Un sourire qui interfère bruyamment avec la morosité de la scène, tout autant que cette candeur qui ne devrait pas avoir sa place dans l’espace qui vous sépare. Qui ne devrait pas avoir de place dans ses yeux.
Pourquoi n’y lis-tu aucune colère ? Aucune déception ? Aucun mépris ? Pourquoi dans ses prunelles ne vois-tu pas l’ombre d’un sentiment rancunier ou d’une vague de dégoût ? Et surtout, pourquoi cherches-tu à voir tout cela chez lui ? La réponse est simple et tu la connais très bien, même si elle est difficile à avaler ; c’est ta lâcheté qui te pousse à vouloir voir tournoyer dans ses prunelles le nuage sombre du ressentiment, parce qu’en le voyant, tu pourrais au moins le lui reprocher. S’il avait manifesté ne serait-ce qu’une once de méchanceté, ton esprit tordu aurait au moins pu lui accorder une partie de la faute, et alléger ta conscience. Et pourtant, il n’en est rien, et tu vas devoir composer avec le poids de cette culpabilité que tu avais préféré oublier.

Et plus le temps défile, dilaté par une émotion encore non identifiée, plus la dissonance grandit, gagne en intensité, t’assourdit. Ton inconscient refusant que tu lui fasses totalement front, tu restes de trois quarts devant lui et tu retrouves à regret son regard innocent. Si tu en doutais encore, le surnom par lequel il t’appelle te confirme bel et bien que l’homme qui tente de jouer la décontraction devant des yeux maussades est bien celui à qui tu as ordonné de quitter ta vie ce jour là sur le palier de ton nouvel appartement.
Chaoui, raton-laveur en cajun. Il avait commencé à t’appeler comme ça après qu’il t’avait eu vue en train d’essayer de masquer un coquard avec du fond de teint piqué à une autre jeune du foyer. Même pas encore majeure que tu attirais déjà délibérément les ennuis comme un aimant. Plus que les attirer à vrai dire, tu les cherchais dans une incessant quête d’attention. Celle de qui ? Bonne question. Tu avais déjà la sienne, mais tu n’as jamais réussi à t’en satisfaire. Peut-être trop étouffant, ou trop moralisateur ? Non, c’est toi qui étais trop déséquilibrée, voilà tout.
Huit ans et tellement d’épisodes plus tard, pathétiques comme sources de fierté, tu te rends compte de tout cela. Difficilement, mais tu réalises tes torts en ressassant à la vitesse d’un influx nerveux les visions distordues de ce passé boudé.
Ce surnom que tu as toujours détesté du plus profond de ton cœur refait surface aujourd’hui et te renvoie avec une tendresse que tu n’arrives pas à comprendre toutes les erreurs que tu as faites en arrivant en ville.

Le regard morne, presque désolé, tu le fixes désespérément à la recherche de la réaction que tu attends de lui, pendant de longues secondes. Anxieuse, tu croises les bras.

- Alors tu vas faire comme si de rien n’était ?

Ta voix est faible, et le ton de ta voix est déchiré entre l’amertume de ton cœur serré et la froideur du masque que tu t’es construit. Il y a dans ta question une teinte de reproche, comme si tu avais voulu qu’il te dispute et te dresse la liste de tes torts pour que tu n’aies pas à la faire toi-même.

- Faire comme si il ne s’était pas passé 8 ans depuis que je t’ai dit de ne plus m’approcher ?

Les mots que tu as utilisés ce soir-là étaient bien plus crus et violents. A cette époque tu étais un animal encore blessé par les souvenirs de Chicago et cherchant à hurler et morde le plus fort possible pour éloigner la moindre menace, et dans le même temps tout réconfort potentiel.
Avec nervosité, tu replaces derrière ton oreille une mèche de cheveux blonds s’étant échappée de ton chignon fait à la va-vite. Quelques longues secondes de silence passent avant que tu ne termines, légèrement plus bas.

- Ne m’appelle plus comme ça, s’il te plaît. Je suis loin de la gamine effrontée que j’étais quand on se connaissait.

Parce que maintenant, vous êtes simplement deux étrangers aux visages familiers, n’est-ce pas ? Vous ne vous connaissez plus, les années doivent avoir érodé ce lien déjà fragile que vous partagiez à l’époque, non ? Tu le souhaites, ça rendrait les choses bien plus simples.
En attendant de trouver réponse à cette question, tu lui as prouvé de la meilleure manière possible que tu disais la vérité : la Heidi qu’il connaissait, Chaoui, n’aurait jamais dit « s’il te plaît ».




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Lun 16 Mai - 3:25 (#)

"Je vois ça …."

Connor acquiesça pensivement tandis que son regard se perdait dans les lumières de la scène, par delà l’épaule d’Heidi. Prisonnier de la routine qu’il s’était imposé par mesure de précaution, les années avaient filé, et le monde avait continué de tourner sans lui. Leur dernier échange ne datait évidemment pas d’hier, et pourtant il avait conservé cette netteté dont seuls disposent les souvenirs encore récents. Cette rencontre inattendue venait mettre fin au paradoxe d’une bien douloureuse manière.

"Tu es devenue une belle jeune femme et moi, eh bien … j’ai vieilli."

Il laissa échapper son habituel rire rocailleux, en partie dans l’espoir de provoquer le sien. Un espoir qui, il le savait, serait inévitablement déçu. Ses traits reprirent d’eux-même leur air soucieux tandis que les yeux glacés se posaient sur lui. Il était difficile de cacher quoi que ce soit à quelqu’un à qui l’on avait déjà tout dit … ou presque tout dit. Elle devait lire en lui comme dans un livre, mais il ne craignait pas ce qu’elle pouvait trouver entre les lignes, même les plus troubles. Peut être que si il avait été tout à fait honnête sur sa nature, rien de tout cela ne serait arrivé.

Que voulait-elle qu’il lui dise au bout du compte ? Que ses paroles l’avaient blessé ? Qu’encore aujourd’hui il lui en voulait ? Bien sûr cette fin abrupte ne l’avait pas laissé indifférent. Le fait qu’il ait depuis abandonné de nouer avec qui que ce soit d’autre en était sûrement le témoignage le plus sincère. À moins peut être qu’elle n’ait été l’excuse qui lui avait manqué pour se refermer un peu plus sur lui-même. Pour autant il n’avait jamais pensé à rejeter la faute sur elle. Faire les choses de travers était devenu pour lui plus qu’une mauvaise habitude. À ce stade, on pouvait parler de mode de vie à part entière. Si elle n’avait pas eu l’initiative de tout faire exploser, il s’en serait sûrement très bien chargé à un moment ou un autre. Il avait dorénavant acquis la certitude qu’il était destiné à vivre parmi l’humanité sans pouvoir s’y mêler. Mais malgré tout il se tenait là devant elle, incapable de s’en détourner, incapable de lui fermer la porte.

"Crois-le ou non … je suis simplement heureux de te voir, dit-il en tapotant l’assise à côté de lui. Cela me ferait du bien de rattraper le temps perdu."

Suspendu à sa réponse, ses yeux cherchèrent à nouveau refuge dans la contemplation de la salle. Autour d’eux la pièce s’était vidée. Les derniers clients se dirigeaient d’un pas morne vers la sortie, tandis que les lumières du bar s’éteignaient une à une. Quelle heure pouvait-il bien être ? Il se gratta machinalement derrière l’oreille, trahissant toute la nervosité qu’il tentait vainement de dissimuler.

"Mais si tu préfères en rester là je peux comprendre, dit-il en levant les mains en signe de reddition."
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Heidi Janowski
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Jeu 19 Mai - 15:12 (#)
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Toi non plus
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ft. Connor Guidry


U
ne belle jeune femme ? Toi ? Tu lâches un long souffle dans lequel se confond un soupir alors que résonne le rire rauque de Connor. Sur ton visage, ton expression désolée ne s’estompe pas, au contraire. Tes yeux clairs ne cessent de dévisager le souvenir qui se tient sobrement devant toi. Tu en viens à te demander s’il est bien réel, s’il s’évaporerait dans une volute de fumée si tu venais à le toucher du bout des doigts ; à vrai dire, tu n’es pas certaine de ce que tu aurais envie qu’il se passe. Alors, tu restes interdite en attendant qu’il poursuive.

Il n’a pas tant vieilli que cela, du moins tu trouves. Ses traits ont l’air plus fatigués, plus tristes, plus seuls, mais pas plus vieux. Sa barbe et ses cheveux ont sans doute l’air plus désordonnés que dans ta mémoire, mais ça n’est qu’un artifice. Un sourire le rajeunirait sans doute, mais tu es incapable de lui offrir cette jouvence.
 
Et alors qu’il continue de parler, t’invite à le rejoindre, une question obnubile tes pensées. Alors qu’il ne montre aucun signe de rancœur, et même qu’il exprime sa joie à te revoir, une seule chose te préoccupe : pourquoi ? Tu étais une gamine bruyante, ingrate et capricieuse qui n’a jamais montré le moindre signe d’affection ni de reconnaissance, alors pourquoi tant tenir à cette relation qui n’était qu’un fil enduit de poison ?
Subtilement, tes yeux s’arrondissent, et une goutte de tristesse sincère se dilue dans ton regard. Vers qui est-elle dirigée, ça, tu n’en as pas la moindre idée. Lui ou toi, peut-être les deux. Voilà le moment où tu te dis que tu aurais dû partir quand tu en avais encore l’occasion, puisque maintenant tu ne te sens pas capable de faire le moindre mouvement. Ni le rejoindre, ni fuir ; coincée entre deux idées, ton corps comme une métaphore physique de ton état d’esprit.
 
De longues secondes de silence défilent dans le calme tout relatif du bar qui se vide avant que tu ne te décides à ouvrir la bouche, même pas certaine de ce que tu veux lui dire. Toi qui es si peu douée avec les mots, il va pourtant falloir que tu les laisses s’échapper tout seuls : tu es incapable d’ordonner la moindre de tes idées.
Finalement, c’est d’une voix faible, nouée par ta gorge, que tu réponds.
 
-  Mais quel temps perdu, Connor ?
 
La question est sincère.
 
- Tout ce qu’on faisait c’était se crier dessus et se faire des reproches, tu voudrais vraiment qu’on recommence ?
 
Une nouvelle fois, l’expression sur ton visage mute. Elle s’imprègne d’une sorte de douleur légère et d’une tristesse plus profonde, parce que tu connais ta réponse à cette question, et tu te rends compte que tu n’arrives pas à être aussi détachée que tu l’aurais souhaité. Malgré toute la raison que tu essaies d’appliquer à ce cas, tu n’arrives pas à comprendre la nature profonde des sentiments qui y sont en jeu.
 
- Moi j’ai pas envie de ça..
 
Immobile, interdite, tu plonges de nouveau tes yeux dans les siens, les mêmes que ceux qu’il pouvait voir lors des fois où il te poussait assez à bout pour que tu lui livres les détails d’avant ta fugue. Il y a un nœud au milieu de ta poitrine, et tu n’as pas la moindre idée de comment t’en débarrasser.
 
- Après ce soir-là, j’ai fait absolument tout ce qu’il fallait pas. J’ai passé des années à boire, me droguer, à voler et à me battre.. J’ai passé des jours sans manger, peut-être des semaines sans sortir de chez moi. Je me suis f-..
 
Tu t’interromps brusquement au souvenir de ta première morsure et de la sensation pitoyable qui l’a suivie pendant des semaines, voire des mois, sinon des années après. C’est comme une mélasse épaisse et collante que l’on a sur la peau, une honte indicible qui pèse à chaque mouvement et qui revient encore plus lourde à chaque fois que l’on tente de s’en débarrasser. Aujourd’hui encore il t’arrive de la ressentir, et ce soir tout particulièrement. Par reflexe, tu as envie de passer la main dans ton cou, mais tu te retiens. En a découlé une nouvelle vie placée sous les augures et la protection de la nuit, et c’est un secret que tu dois maintenir à tout prix. Surtout devant un enquêteur de sa trempe.
Tu fermes les yeux un moment en prenant une grande inspiration, puis en expirant longuement comme te l’a appris ton thérapeute.
 
- J’ai pas envie de rattraper ce temps-là, Connor.. Je suis désolée, je crois. Vraiment.
 
Et pourtant, tu ne t’en vas pas. Tu attends sa réponse, comme s’il pouvait trouver quelque chose à dire qui te fasse changer d’avis. Est-ce de l’espoir, de la stupidité ou de la pitié ? Une question de plus à laquelle tu n’auras aucune réponse ce soir. 



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Ven 20 Mai - 20:28 (#)

Son visage s’assombrit à mesure qu’elle parlait. Ce qu’Heidi lui racontait le peinait, ce qu’elle ne disait pas était peut être pire encore. Son métier ne lui permettait pas d’ignorer ce qu’une âme en perdition pouvait endurer à Shreveport ou ailleurs. Il voyait son langage corporel changer subtilement. Si ses mots restaient mesurés, son attitude en disait bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Elle avait adopté la posture des êtres brisés, rongés par une culpabilité qui ne devrait pas être la leur. Il en avait vu assez à son bureau pour ne pas immédiatement la reconnaître.

Il savait qu’il n’avait eu d’autre choix que de la laisser, mais à cet instant précis il ne put s’empêcher de ressentir du remord face à ce qui, avec le recul, avait tout d’un abandon. L’espace de quelques secondes il sembla se redresser, avant de se raviser, pour finalement se lever. Les yeux à présent dans les siens, il se retrouva face à elle sans trop savoir quelle approche adopter. Ses bras voulurent se soulever, mais il contrit ses mains pour les loger au fond de ses poches. L’équilibre était précaire. Un geste de trop et tout pouvait éclater comme une bulle de savon.

"Je suis désolé … En te voyant ce soir, j’ai cru que la vie que je t’avais imaginée ne devait pas être si éloignée de la réalité. Je suis vraiment désolé. Désolé aussi que tu ne te souviennes que de nos disputes, et pas des longues discussions qui les suivaient …"

Connor laissa planer sa dernière phrase tandis qu’il baissa les yeux en se mordillant la lèvre, cherchant visiblement ses mots. Un léger gloussement le secoua avant qu’il ne reprenne.

"Je n’étais peut être qu’un vieux grincheux à tes yeux, mais je tenais sincèrement à toi … je tiens toujours à toi. Je sais ce que tu as eu à traverser, tu sais aussi ce que j’ai vécu … je ne fais pas l’effort de raconter ça à n’importe qui tu sais …"

Elle l’avait toujours questionné avec avidité sur son passé, et lui s’y était plié de bonne grâce, sachant très bien qu’elle avait besoin de voir jusqu’où il était tombé pour finalement se relever. Bien sûr il s’était toujours gardé de préciser l’issue de son conflit avec son père. Comment expliquer à une adolescente qu’il l’avait décapité sur un coup de colère ? Il avait botté en touche à chaque fois malgré toute la frustration qu’elle pouvait en ressentir.

"On était au-delà de tout jugement toi et moi, et je peux encore tout entendre si tu en as besoin. Je ne te force pas la main. J’espère seulement que tu sais que je suis là … ce soir, demain, dans un an …"

Constatant son absence de réaction, il sortit finalement une main de son jean pour déposer sur la table une carte où était gribouillé son numéro. Elle ne lui était pas adressée en premier lieu, mais sa destinataire originelle n’en aurait certainement pas besoin ce soir. Lui adressant un dernier regard il commença à se diriger vers l’entrée.
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Dim 22 Mai - 0:06 (#)
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L
e silence s’épaissit. Comme une averse de neige, les souvenirs sont autant de flocons qui rendent difficile de distinguer la scène sans le voile bien trop familier de votre passé commun. Un court bout de chemin fait ensemble, presque insignifiant et pourtant amplement suffisant pour marquer vos esprits singuliers. Deux âmes solitaires ayant autant de points communs que de points de friction, sans doute trop pour toi à cette époque-là. Il faut dire que tu étais une vraie machine à friction, crachant des gerbes d’étincelles sur tous ceux qui osaient t’approcher de trop près. C’était assez pour dissuader la plupart des gens ; du moins ceux assez sains d’esprit.

 
Le flic se lève et laisse sa carrure bourrue et presque surannée se détacher du décor pour lentement se rapprocher de toi. Le silence s’épaissit avec la tension qui monte. Tes épaules te démangent et tes doigts se crispent. Si ton esprit est incapable de gérer les événements, alors ton corps prendra fatalement le relai, mais ses habitudes n’ont pas changé en huit ans. Depuis que vous vous êtes quittés, tu ne supportes toujours pas que l’on te touche, et il a pu l’apprendre à ses frais. Une main calleuse posée sur une de tes épaules, et c’est l’une des tiennes, frêles et contusionnées, qui s’abat contre sa joue, et c’est un souvenir de plus à ajouter à la longue liste des créateurs de regrets. Pourtant, s’il avait fait le même geste aujourd’hui, tu aurais eu exactement la même réponse, et dans ce sens tu lui es extrêmement reconnaissante d’avoir gardé ses mains dans ses poches.
 
Tu hais les retrouvailles. Tu hais de voir ressurgir de sous le tapis tous les troubles que tu y avais cachés en espérant qu’ils disparaitraient si la poussière n’était pas agitée pendant assez longtemps. Tu hais qu’il soit désolé et tu hais la contrainte que tu sens peser sur tes épaules à t’interdire de choisir la facilité.
Et ce que Connor vient de dire ne rend pas les choses plus faciles, bien au contraire. Tenir à toi ? Tu sens ta poitrine se soulever dans une grande inspiration, comme si tu faisais de la place dans tes poumons pour toutes les émotions qui allaient déferler d’ici à ce que tu saisisses le sens de ces mots. Tu te mords la lèvre pour sceller ta boucher et qu’aucune d’elles ne s’échappe. Ton regard, lui, se fait plus dur, chargé du reproche de compliqué à un point impossible cette discussion qui n’aurait jamais dû agiter l’air de ce bar.
Ta mâchoire se tend, devient douloureuse. Tu fais tout pour qu’elle ne tremble pas. Tu invoques toutes les forces qu’il te reste encore aujourd’hui après ta démission pour ne pas réagir et rester de marbre alors que tu es à bout de forces. La soirée ne veut simplement pas finir.
 
Finalement, un numéro griffonné sur un morceau de carton, et comme une impression de déjà-vu. La dernière fois que tu as reçu un numéro de téléphone écrit à la va-vite sur un morceau de papier, les choses ne se sont pas si mal soldées par la suite, alors pourquoi ne pas retenter l’expérience ? Pour une multitude de raisons différentes qui te paraissent si évidentes que tu es incapable d’en nommer une seule.
Connor passe à côté de toi et après un dernier regard, prend la direction de la sortie. Ton palpitant s’emballe, emporté par un sens de l’urgence apparu à la fois comme un miracle soudain et une condamnation finale. Tu serres le poing, en pleine lutte intérieure, et les mots finissent douloureusement par sortir alors que tu te retournes pour savoir s’il est toujours à portée de ta voix.
 
- Je vois un psy, maintenant..! Ça.. ça m’aide à aller mieux..
 
L’éternelle question demeure : pourquoi ? Pourquoi lui avoir dit ça ? Pourquoi ça et pas autre chose ? Pourquoi ça et pas rien ? Peut-être parce que c’est sans doute la nouvelle à ton sujet qui pourrait lui faire le plus plaisir. Qui sait.



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