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OUT OF OUR OWN - Heidi & Anaïs

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Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
Anaïs Wilhm
Anaïs Wilhm
Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
A SONG OF BLOOD

En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Thème : "Your Name" by Chiai Fujikawa
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Dim 10 Avr - 23:08 (#)



Les mains dans les poches de mon blouson, ignorant les cheveux qui me battaient le visage alors que quelques rafales de vent soufflaient à travers les arbres et les bâtiments, j’avais l’esprit qui s’était évadé un moment, s’éloignant de la réalité présente sans que je cherche à le retenir. Les dernières semaines étaient passé sans que je ne m’en rende compte et la crispation qui hantait ma poitrine par moment me rappelait toujours que certaines choses avaient changé, peut-être pour le meilleur, sans doute pour le pire. L’hiver s’éloignait comme tant d’autres chose ces derniers temps, sans qu’il ne me soit possible de les retenir et je me sentais parfois trop lasse pour m’acharner à nouveau comme je l’avais fait. Je soupirai et fermai les yeux quelques secondes, juste le temps de me reprendre alors qu’une voix m’appelait d’un ton interrogateur.

Je me tournai pour retrouver le regard clair d’Heidi et un léger sourire ourla mes lèvres, cherchant à la rassurer avant de la rejoindre, laissant le reste derrière moi. Haugton était une petite ville dans laquelle je n’avais jamais mis les pieds depuis mon arrivée à Shreveport. Bien loin de l’ambiance effrénée et pesant de la grande ville où rien ne s’arrêtait jamais, ici les choses semblaient plus calmes et douces. Et se retrouver ici pour une simple petite brocante dégotée à la dernière minute me changeait agréablement les idées. Surtout accompagnée.

- J’espère qu’on pourra dénicher quelques trucs sympas. J’aimerais bien trouver des partitions de guitare…

Heidi avait accepté de m’accompagner et j’étais plus que ravie de pouvoir sortir un peu avec elle. Cela faisait un moment qu’elle était toujours occupée ces derniers temps. Les nouvelles que j’avais me faisaient souvent sourire, peu importe mon humeur du moment, que ce soit la venue inattendue de ce chaton au nom parfaitement approprié pour elle ou bien ces déboires avec son ancien travail qu’elle avait, finalement, fini par quitter. Elle semblait quelque peu différente depuis un moment, sans que je ne parvienne à mettre le doigt dessus. Plus… sereine, peut-être ? Elle ne semblait plus aussi sur la défensive qu’au début et le simple fait qu’elle puisse accepter sans que je n’aie à la supplier en disait suffisamment long. J’avais besoin de voir du monde en ce moment.

Quittant le parking où Heidi s’était garée dans sa toute nouvelle voiture, noire pour ne pas changer les bonnes habitudes, nous remontâmes une petite rue pour arriver à peine quelques secondes plus tard sur la place où avait lieu la brocante. Il y avait un peu de monde, mais c’était à prévoir. L’ambiance semblait bon enfant et nonchalante. Il y avait une buvette, même plusieurs en fait, et tout le monde semblait détendu et souriant. Il semblait y avoir tout et n’importe quoi et c’était précisément ce que je venais trouver. Du neuf avec du vieux. On aurait pu me rétorquer que je pouvais trouver tout ça sur Internet pour moins cher ou gratuit, et c’était vrai, mais où était le fun ? Sans doute que mes camarades me trouveraient vieux jeu, mais j’aimais ce genre de choses et fouiner pour trouver la perle rare insoupçonnée avait ce côté excitant qu’une simple vente en ligne ne procurait pas.

Je trouvais sans mal de vieux bouquins qui sentaient le vieux papier et qui aurait fait froncer le nez de n'importe qui, mais ça avait toujours un attrait à mes yeux, ces livres qui semblaient avoir traversés beaucoup d’années sans jamais faillir à leur tâche. Certains étaient vraiment dans un sale état, mais deux ou trois retinrent mon attention et, vu le prix dérisoire, je n’y réfléchis pas à deux fois avant de donner la poignée de dollar à l’homme qui les vendait avec un air jovial sur le visage. Les glissant délicatement dans mon sac, je me tournai vers ma partenaire de brocante qui semblait ne rien trouver à sa convenance pour le moment. J’espérai juste que tout cela n’allait pas l’ennuyer.

Mes inquiétudes s’envolèrent lorsqu’elle s’extasia devant un vinyle dédicacé d’un artiste dont je n’avais jamais entendu le nom. Je l’observai darder un regard brillant sur le vinyle en question, souriant à son expression. Je jetai moi-même un œil, sifflant face à la collection plus qu’impressionnante de la vendeuse. Collection de son défunt père qui encombrait son grenier. Je pinçai les lèvres et jetai un œil à mon porte-monnaie. Deux vinyles rejoignirent les livres ans mon sac et Heidi repartit aussi avec le sien, visiblement très satisfaite d’avoir accepter de sortir, ce dont je ne manquai pas de souligner.

- Tu vois, parfois sortir un peu ça permet quelques jolies trouvailles.

Je la taquinais gentiment, sachant très bien qu’elle ferait la moue pour la forme. Petit à petit je commençai à la connaître un peu, à cerner les limites à ne pas franchir pour ne pas la fermer involontairement et les sujets à ne pas aborder. J’apprenais ses qualités et ses défauts. Ce côté cynique et acide qui pouvait se révéler amusant, sa haine du soleil que je ne comprenais que trop bien ou sa passion du calme. Elle aimait la sobriété, la simplicité même et détestait se laisser marcher dessus, se protégeant derrière un masque de remarques acerbes et de regard mauvais que je ne voyais plus qu’adresser à des étrangers. On était très différente, toutes les deux, mais j’avais besoin de ce côté plus brut par moment et elle s’adoucissait peu à peu, au moins quand elle était avec moi. C’était une amitié sortant de nulle part, née d’une rencontre plus qu’étrange, mais qui me semblait naturelle à présent. Presque. Certaines choses restaient dans l’ombre, de mon côté comme du sien. Elle ne savait rien de mon passé et moi pas davantage du sien, si ce n’était quelques brides. Cela me convenait et elle aussi, apparemment.

- Et ton idée d’orchestre, ça avance comment ? Aux dernières nouvelles c’était ton nouveau cheval de bataille, tu sais ce que tu vas faire ?


Je continuai de fouiner, cherchant toujours mes partitions de musiques. il devait bien y avoir un guitariste dans le coin, je refusais de croire qu'une petite ville de Louisiane n'en avait pas !
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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­OUT OF OUR OWN - Heidi & Anaïs WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Mar 12 Avr - 14:13 (#)



Out of our own
Haughton, Mars 2021
ft. Anachoupette


B
ientôt huit ans que tu traines tes guêtres à Shreveport et c’est la toute première fois que tu mets les pieds à Haughton. Il faut dire qu’à l’époque où cela t’intéressait encore, la ville n’étais pas réputée pour ses soirées interminables arrosées de quantités déraisonnables d’alcool en tous genres. Et aujourd’hui, elle n’est pas non plus spécialement connue pour être un foyer actif de l’avant-garde du jazz. A vrai dire, l’air de charmante petite bourgade périurbaine sans tâche et sans histoires que tu observes alors que ta voiture défile à allure modérée dans les rues impeccables du bourg te fait froid dans le dos. Pourquoi n’entend-on jamais parler de faits divers à Haughton ? Tu es loin d’être une spécialiste des statistiques, mais statistiquement il devrait tout de même en ressortir de temps en temps. Tout ceci est louche. Trop louche, même ; tu as un très mauvais présentiment à propos de tout ça.
Ou peut-être est-ce simplement que tu n’avais pas envie de sortir de chez toi, mais qu’une culpabilité qui ne te ressemble pas t’a fait accepter sans plus de simagrées l’invitation de ce qui s’apparente le plus à une meilleure amie pour toi. Tu lui as refusé, certes malgré toi, tellement de sorties cet hiver que tu avais sincèrement peur qu’elle se vexe définitivement après un refus supplémentaire.

La question qui subsiste, au final, est pourquoi tant craindre qu’elle décide de quitter ta vie ? Tu aimes plus que tout crier à qui voudra l’entendre que tu es indépendante et que tu n’as besoin de personne – ce qui est entièrement faux, en témoigne la voiture flambant neuve dans laquelle tu vous balades – alors pourquoi faire une telle entorse à tes principes ? La réponse est peut-être plus simple que toutes les théories saugrenues et de mauvaise foi que tu pourrais élaborer : tu aimes passer du temps avec Anaïs. Elle écoute et comprend, elle ne cherche pas à te faire agir d’une manière dont tu ne veux pas, et elle réalise les efforts que tu fournis pour avoir cette timide vie sociale. En fait, elle te prend comme tu es, et c’est peut-être là la clé de l’énigme.

Enfin, vous finissez par trouver l’emplacement du vide-greniers organisé par la communauté religieuse du coin. Tu n’es pas spécialement à l’aise avec tous ces fervents croyants, mais tu as déjà eu l’occasion d’exprimer ton opinion à ce sujet face à un de leurs représentants ; tu n’as plus grand-chose à leur dire, si ce n’est que tu les conchies en réponse à leur extrême intolérance du surnaturel. Mais tu n’es pas venue ici pour te battre, et la rouquine sur le siège passager n’apprécierait sans doute pas de te voir coller une rouste à un quinquagénaire pour une remarque raciste un peu trop assumée. Dieu a bon dos quand il s’agit de détester, et tu ris bien encore en repensant aux mots de ce prêtre qui osait te parler d’amour.
Une fois garée, tu lances un dernier regard à ton amie dans l’espoir qu’elle te dise que finalement elle préfère revenir à Shreveport, mais ces mots ne viendront jamais. Alors, avec résignation, tu ouvres toi aussi ta portière et subit de plein fouet l’assaut des rayons du soleil de printemps. Celui de Louisiane n’a rien à voir avec celui de l’Illinois, et la température commence à devenir à peine assez élevée pour que les gens te dévisagent en te voyant porter un col roulé. Mais tu les emmerdes toujours autant, ça, ça ne change pas.
Nonchalamment, tu hausses les épaules à sa remarque et vous commencez à marcher en direction de l’attraction de la journée. Des partitions, ça n’est pas comme si c’était spécialement difficile à trouver, mais tu conçois qu’il faille un prétexte concret pour passer une heure ou deux à déambuler au milieu de vieilleries bradées.

Pendant qu’Anaïs fouille le moindre stand à la recherche de la perle rare, toi, tu restes un peu en retrait, jaugeant avec un regard étranger toute la bonne humeur et la cordialité environnante. Les mains comme engluées au fond de tes poches, tu laisses ton regard se balader sur quelques curiosités exposées çà et là, des bibelots anciens aux formes endémiques du bayou aux boites remplies de jouets pour enfants que tu n’assumes pas de regarder aussi longuement. Tu reconnais de temps en temps une babiole que tu te souviens avoir farouchement désirée étant gamine, et tu hésites plusieurs fois à t’en rapprocher et en faire l’acquisition, seulement pour pouvoir dire que finalement tu auras fini par la posséder. Ce serait gaspiller de l’argent, et tu le sais très bien, alors tu décides de laisser ces objets là où ils sont.
Cependant, il y a un carton parmi les dizaines mis à disposition des chasseurs de bonnes affaires qui attire particulièrement ton attention. Tu as repéré de loin la collection assez conséquente de vinyles qui ne recevait que très peu d’attention comparé à tout ce qu’elle aurait mérité. Sans prendre la peine de le signaler à ta compagnie du jour, tu t’en approches et commences à faire basculer du bout des doigts les grandes pochettes carrées avec une délicatesse que l’on ne te soupçonnerait pas, à la recherche d’une perle rare que tu finiras par trouver.
C’est un disque dédicacé par Ike Zinnerman que tu délivres de son carcan de carton avec les yeux brillants d’un éclat passionné. Tu te retournes pour tenter de retrouver l’étudiante qui t’accompagne et lui faire part avec un enthousiasme complètement nouveau de ta trouvaille.

- Mais, Anaïs ! Ike Zinnerman ! C’était le mentor de Robert Johnson, merde ! Le type qui a passé un pacte avec le Diable pour devenir le meilleur guitariste du monde, eh bah c’est lui qui lui a appris à jouer, je sais pas si tu réalises !  

Le mentor de l’homme qui a joué pour la première fois Sweet Home Chicago, de l’homme dont la légende raconte que pas si loin d’ici, il aurait échangé son âme contre un talent qui fait aujourd’hui encore parler de lui. S’il existe ou a un jour existé un démon de la musique, cet homme en était peut-être l’incarnation. S’il le faut, la signature qu’il a apposée sur cette pochette superbement bien conservée recèle les secrets du talent incomparable de son apprenti. L’objet que tu tiens entre tes mains a peut-être plus de valeur que tous les objets en vente dans toute cette brocante réunis ; en tous cas tu le penses sincèrement. Ton air de gamine ivre de joie s’agrandit encore plus lorsque tu en fais l’acquisition pour un prix bien trop beau pour que la vendeuse, elle, sache de quoi elle vient de se séparer.
Ton grand sourire ne te quitte que lorsque la rouquine t’en fait la remarque. Pour le principe, tu lui tires la langue en reprenant ton expression désabusée habituelle comme si ton visage était un élastique que tu venais de relâcher. Mais bientôt, tu finis par trouver un masque plus adapté, un compromis entre ta mauvaise humeur délibérée et le flot d’endorphines circulant en ce moment dans tes veines.
Tu réponds à sa question sur un ton neutre.

- J’ai presque fini de composer et arranger le répertoire. Le plus dur c’est de trouver des musiciens. J’ai pas de quoi les payer, et ma salope de cousine a ruiné ma réputation dans toute la ville, c’est dur de convaincre les gens de me rejoindre.

Personne ne pourrait douter du travail que tu as fourni pour ce projet, et il serait injuste qu’il ne voie pas le jour. Le After Dark Orchestra, c’est ta planche de salut, c’est ton dernier pari en tant que musicienne pour te faire un nom et une place dans cette ville par toi-même.

- Et toi, tu as eu les résultats de tes partiels ?

Elle passe tellement de temps à étudier que parfois tu te demandes comment elle fait pour rester concentrée aussi longtemps, avant de te souvenir que tu fais exactement la même chose pour la musique. Ses études ont l’air de lui tenir tellement à cœur, tu crois que ça te ferait plaisir de la voir réussir. Quel étrange sentiment.

En attendant, vous vous dirigez d’un pas lent et léger vers le prochain étal de vieilleries poussiéreuses. Sur celui-ci, encore plus de livres aux tranches jaunies par l’âge et d’habits de seconde voire troisième main. Cependant, tu captes sur un coin de table la présence de quelques accessoires de guitare. Capodastre, bottleneck et quelques jeux de cordes sans doute bien trop vieux pour être utilisés même encore emballés. D’un geste délicat du coude, tu interpelles Anaïs et lui désigne le stand d’un mouvement de tête.

- Y’a quelques affaires de guitare, là. T’y trouveras peut-être aussi des partitions.

Tu t’approches en même temps qu’elle en jetant un bref coup d’œil par-dessus son épaule avant de distraitement jeter un regard au reste des biens dont le vendeur cherche à se débarrasser. Quelques tableaux et affiches encadrés de mauvais goût, une collection de timbres visiblement rapidement abandonnée, toujours plus de livres, et une boîte assez cryptique contenant quelques breloques patinées bien trop peu chères pour valoir plus que leur poids en acier.

 
 

CODAGE PAR JFB / Contry.
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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Lun 18 Avr - 14:47 (#)



Malgré toute la mauvaise humeur qu’elle pouvait montrer par moment, voir Heidi sincèrement contente et souriante valait largement de l’avoir trainé jusqu’ici. Je ne pus m’empêcher de rire doucement en voyant sa réaction si puérile à ma remarque, mais je savais au moins qu’elle ne se forçait pas autant qu’elle voulait le faire croire. Tant d’autres auraient laissé tomber, mais je savais que derrière son masque d’indifférence ou d’ennui hautain, il y avait bien plus. Heidi n’était pas simple, mais je ne l’étais pas davantage et sa présence me donnait toujours plus envie de poursuivre dans la voie sur laquelle je m’étais lancée.

Je grimaçai sans le vouloir à la mention de sa cousine. Ce soir-là, l’appel avait été déchirant et j’aurai aimé être à ses côtés, la rassurer et ne pas avoir la moitié de la ville qui nous séparait. C’était une des raisons qui me faisaient me dire que je devais passer le permis ou un équivalent. Si elle m’appelait à l’aide, c’était que c’était sérieux, il ne pouvait en être autrement. J’avais maudit mon incapacité à l’aider comme je le voudrais et j’avais insulté sa cousine pour détruire ainsi le fragile équilibre qu’elle avait réussi à avoir après tant d’efforts. Alors ce projet, cet orchestre, je voulais l’aider à le réaliser. Je me doutais qu’elle ne voudrait pas forcément de mon aide direct, c’était quelque chose qu’elle voulait faire par elle-même, mais un petit coup de pouce au bon endroit n’allait pas retirer son mérite. Je voulais simplement faire ça pour elle.

- Je vois… Si jamais tu cherches à recruter, n’hésite pas à me donner des flyers ou ce genre de choses. Il y a des musiciens à l’université, peut-être que certains seraient intéressés. Je peux en parler à certains, pour tester la température ? Et puis vu que ce sont des jeunes de mon âge ou à peine plus vieux, il est probable que ton nom n’ait pas atteint leurs oreilles et je proposerais juste l’idée. T’en penses quoi ?

Si elle travaillait sur ce projet, j’avais moi aussi le mien et il était chronophage, terriblement épuisant également. Alors forcément, quand cela payait, je ne pouvais qu’en être contente. Cela ma faisait plaisir qu’elle me pose la question, je ne savais jamais si cela allait l’ennuyer ou non, parce qu’elle n’avait pas approché les bancs e l’école ou des études depuis des lustres et qu’elle aurait peut-être aimé le faire, cela lui ayant été refusé comme tant d’autres choses…

- Oui on les a eus y’a quelques jours.

Et je n’en étais pas peu fière. Je n’avais pas à rougir de ça, au moins.

- Deuxième de la promo ! Je n’en revenais pas en les lisant. Comme quoi ça valait le coup de passer quelques nuits blanches dessus. On m’a même proposé de participer à un séminaire pendant l’été, vu mes résultats. On sera que trois de première année et on aura le droit de rencontrer des vrais chercheurs et peut-être d’avoir des opportunités pour des stages. Je ne sais pas comment le premier a fait pour avoir ces résultats par contre, le type doit être un monstre ou un génie. Peut-être même les deux. Je ne l’ai presque jamais vu en classe et il a tout réussi ! Je suis presque jalouse, parce que moi si je ne travaillais pas comme une forcenée je serais à peine dans la moyenne et…

Je me rendis comte que je commençai à m’emporter quelques peu. Dès qu’il s’agissait des études, je devenais très impliquée. Trop même, peut-être, de l’avis de certains, mais je n’allais certainement pas laisser passer cette chance. J’avais bataillé pour en arriver là, il n’était pas question que je recule d’un pouce maintenant, pas après tout ce que j’avais vécu pour pouvoir m’asseoir sur les bancs inconfortables des amphithéâtres.

- Donc ouais, les résultats ça va, je n’ai pas à me plaindre.

Je ne m’épanchais pas davantage sur le sujet et elle me donna une parfaite raison de passer à autre chose en m’indiquant un stand. Lâchant sans y penser une exclamation intéressée, je me mis à la hauteur du stand et commençai à fouiner. Ma guitare n’était pas de première jeunesse, je l’avais eu d’occasion après tout, mais tout était encore en bon état, donc j’ignorai les jeux e cordes avant de prendre un capodastre. Je n’en avais pas, ce qui était un peu gênant, alors je décidai d’en prendre un, et feuilletai rapidement les quelques partitions rangées dans un petit coffret. Elles semblaient quelque peu complexes pour moi qui n’avait jamais étudié le solfège, mais je parvins à dénicher deux tablatures qui étaient plus adaptées à mon niveau, un large sourire se dessinant aussitôt sur mon visage.

- Trouvé ! Rien ne remplace le papier !

Cela fit sourire la personne s’occupant du stand et je payai san hésiter pour le tout, au vu du prix et je tournai le regard vers Heidi qui observait une boite contenant des breloques. Je haussai un sourcil, n'imaginant pas que ce serait le genre de choses qui l’intéressait. Jetant un œil à mon porte-monnaie, j’attendis qu’elle se détourne pour aller voir un autre stand et pris la boite que je payai une bouchée de pain, les bracelets à l’intérieur n’ayant sans doute aucune valeur. Ils semblaient assez anciens, restaient discrets et j’aimais bien l’idée qui venait de s’installer dans ma tête. Rangeant la boite dans mon sac après avoir remercier l’habitante, je rejoignis Heidi et lui donnai un léger coup d’épaule en souriant.

- Dis, ça te tente d’aller prendre une boisson après ? J’ai vu qu’il y avait un petit restaurant pas loin et je voulais te remercier de m’avoir emmené, donc je t’invite. Deal ?

Elle m’avait parlé des efforts qu’elle faisait, de ce qu’elle avait traversé et du manque qui continuait de la tirailler. Aussi, je n’allais pas insister si elle refusait, mais je n’avais pas envie que cette sortie soit si courte, maintenant que j’avais trouvé ce que je voulais, je n’avais rien pour justifier qu’on reste et j’imaginais sans mal qu’elle voulait partir, la connaissant
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Mer 20 Avr - 12:58 (#)



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A
h, l’université. Un sujet délicat, ou au moins ambigu à aborder avec toi. Cas typique de relation amour-haine, ton avis sur la question a évolué avec toi durant ces derniers mois. Enfant à problèmes, antiscolaire par excellence, personne ne te verrait suivre des cours sans y être obligée. Plus encore, personne ne te verrait payer pour suivre des cours. Il faut dire que depuis que tu es toute jeune, professeur rime avec oppresseur : toujours une remarque hargneuse au coin des lèvres, à te regarder comme une cause perdue quand ils n’étaient pas en train de fermer les yeux sur les agissements de ceux qu’ils appelaient camarades. Il y aurait beaucoup à dire, énormément d’histoires à narrer et de noms dont se souvenir en vue de représailles rancunières ; bien heureusement pour ces enseignants indignes, tu n’as pas prévu de revenir dans la ville des vents de sitôt. Fort heureusement également, tu as fait la promesse de réduire drastiquement le nombre d’incendies que tu déclencherais par an, et ton quota est épuisé pour un bon moment.
Malgré tout cela, tu t’es honteusement surprise il y a quelques semaines à rechercher les modalités d’admission à Berklee. Tu n’as abandonné ta rancune, loin s’en faut, mais avec l’apaisement tout relatif de ta conscience tu as fini par envisager que la meilleure revanche est sans doute de pouvoir agiter avec fierté et dédain un diplôme sous le nez de tous ceux qui auraient parié que tu n’en aurais jamais touché un.

Si faire des études pour toi ne serait qu’un moyen d’avoir le dernier mot sur quelques enfoirés qui ne se souviennent sans doute même pas de ton nom, tu sais que pour Anaïs c’est une tout autre affaire. Ses raisons sont bien moins pernicieuses ; d’aucuns diraient plus nobles. Ce qu’elle fait semble vraiment la passionner et tu crois être contente pour elle. Tu crois, parce que tu n’en es pas sûre : tu n’as jamais voulu être contente pour personne avant la petite rousse et, aussi bête que cela puisse paraître, tu n’as aucune idée de ce que tu es censée ressentir quand c’est le cas. Ça paraît pourtant si naturel chez les autres…
Mais l’heure n’est pas à penser à tes inquiétantes lacunes sociales et affectives. Un jour, tu lui diras que tu es fière, et peut-être un autre y arriveras-tu avec sincérité.

En attendant, tu regardes ton amie fouiller dans le carton que tu lui avais indiqué d’un œil distrait. Tu reconnais quelques couvertures, certaines œuvres de on goût, d’autres moins, mais tu te gardes bien de donner ton avis. Tu réponds à la remarque d’Anaïs par un roulement d’yeux à peine hautain et par un silence en disant certainement assez long sur le fond de ta pensée. Ça lui fait plaisir, alors essaie au moins de ne pas le lui gâcher, à défaut de le partager.
Une fois son achat effectué, tu reprends ta marche lente et détachée en direction des derniers stands du vide-greniers, pour le principe. En voyant que la caution enthousiasme de votre expédition ne te suit pas, tu te retournes brièvement pour la voir finir de discuter avec la vendeuse puis te rejoindre en trottinant, chargée de vieux livres qui semblent peser le double de son poids. De haut de votre différence de taille, tu la regardes une seconde en silence après qu’elle t’a proposé de vous attarder un peu plus longtemps dans le coin. Très sincèrement, tu ne penses qu’à une seule chose : rentrer et jouer sur ta platine le disque dont tu viens de faire l’acquisition, mais quelque part, dans un recoin encore sauvage de ton cœur, ça te ferait mal de refuser d’accéder à la demande de ton amie.
Comment t’expliquer que tu as envie de passer plus de temps avec elle ? Parce que c’est ton amie, bien sûr, mais d’où est-ce que ça vient, finalement ? Non pas que tu sois mécontente, au contraire, mais tu aimerais bien arriver à comprendre pourquoi tu as mis autant de temps avant de ressentir une telle chose, et pourquoi avec elle en particulier.

Tu finis par soupirer subtilement en hochant la tête.

- Ok, si ça te fait plaisir. Deal. Tiens, donne-moi ça, j’ai l’impression que tu vas te casser le dos avec.

Encore une fois, tu brilles par ta capacité à exprimer ta joie et ton allégresse. Souvent, tu te maudis pour la difficulté que tu as à faire passer ce que tu as sur le cœur, et particulièrement souvent en présence de la rouquine au visage juvénile. Elle mérite que tu apprennes à lui montrer ta reconnaissance et cette étrange affection qui te paraît encore inédite, et tu t’en veux de ne pas encore savoir le faire. Mais en attendant, tu tends la main pour qu’elle te donne son sac, le temps de faire les quelques dizaines de mètres qui vous séparent du petit restaurant vers lequel elle vous guide.

- Par rapport à ce que tu disais tout à l’heure… j’imprimerai peut-être une affiche ? Si tu pouvais la mettre quelque part à ta fac, j’apprécierais vraiment beaucoup.

Qu’il est étrange, ton ton, comme si tu n’étais toi-même pas d’accord avec ce que tu disais. Et pourtant, tu trouverais ça réellement gentil ; simplement, tu as ta fierté, et tu as encore du mal à accepter de l’aide pour la réalisation de tes projets. Tu as encore ancré dans ta logique le fait que ce que tu feras n’auras aucune valeur si tu n’es pas la seule à y contribuer. Mentalité délétère mais que tu œuvres à faire évoluer tant bien que mal, en même temps que mille autres choses chez toi. Reconstruire toute son identité est un travail de longue halène et tu es encore très loin d’en voir le bout. Malgré tout, certains signes sont encourageants ; l’un d’entre eux est le sourire cristallin sur le visage d’Anaïs lorsque vous vous voyez et qui te fait bien plus plaisir que tu aimerais le laisser croire.

 Finalement, vous franchissez la porter du diner que ton accompagnatrice avait repéré. Carrelage à damier noir et blanc, néons chatoyants et odeur de friture caractéristique : l’endroit respire l’Amérique des nostalgiques, de ceux qui auraient bien voulu que leurs communautés ne soient jamais inquiétées par l’inconnu. Le vieux rockabilly des années cinquante crépite faiblement à travers les enceintes, meublant le silence lorsque la petite poignée de clients déjà présents ne parlaient pas assez fort pour en couvrir les mélodies. Vous finissez par trouver place sur une banquette en vinyle rouge tout à fait accordée au thème de l’endroit tandis qu’une jeune serveuse s’approche de vous avec aplomb pour prendre votre commande. Jolie blonde dans la vingtaine à la permanente remarquablement soignée, elle porte un chemisier bleu ciel surmonté d’un tablier blanc ; un uniforme qui ne manque pas d’attirer les regards. Fort heureusement, tu as appris à être discrète quant à tes coups d’œil curieux.

- Je vais prendre une eau pétillante.

Le temps qu’Anaïs fasse son choix, tu en profites pour replonger brièvement dans tes souvenirs. Tu avais postulé dans ce genre d’établissement quelques mois après ton arrivée en ville, et à ta plus grande surprise, tu avais été embauchée. Le patron se foutait pas mal de ta mauvaise humeur et de ta nonchalance pathologique – paraît-il que cela pouvait rendre l’expérience du client plus authentique – mais tu as démissionné à ton premier jour lorsque l’on a voulu te forcer à enfiler la tenue réglementaire des serveuses. Hors de question que tu t’exhibes comme une pin-up, même si tu dois passer à côté de généreux pourboires de la part d’hommes mariés qui trouveront une excuse bien hypocrite pour le justifier auprès de leurs femmes.


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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Jeu 28 Avr - 10:40 (#)


Il y a une simplicité dans cette sortie qui me fait me détendre d’une manière que j’ai un peu perdu ces derniers temps. La vie en ville et les études ont tendance à me tendre de plus en plus. Le stress et el manque de sommeil répété jouant sans cesse avec mes nerfs. Les seuls moments que je peux considérer comme calmes sont les jours passés au camp sous la houlette de Daphné et avec les habitants du camp, toujours adorables et accueillants. Une bulle de calme dans laquelle j’oublie tout le temps d’un week-end et qui me sert à évacuer tout le reste pour repartir du bon pied lorsque l’heure de retourner en ville arrive. Alors cette sortie, elle sert aussi un peu à ça, au final. Parfois j’ai simplement besoin de quitter les murs gris et les rues saturées de bruits pour voir quelque chose de différents et d’entendre autre chose que le bruit des moteurs et des klaxons. Et cela me fait un bien fou.

Cette sortie, c’était autant une excuse pour sortir de la ville qu’une vraie envie de passer du temps avec Heidi. Je ne peux pas me vanter d’avoir énormément d’amis, particulièrement à la LSU ou je suis globalement juste une camarade de classe trop obnubilée par les cours pour me faire le moindre pote dans des soirées que j’évite comme la peste de toute façon. La vie m’a appris à éviter les sorties nocturnes, avec ou sans alcool. Je m’en tiens à ça et je ne m’en sors pas trop mal. Heidi est une des rares amies que j’ai, au final, et cela me convient très bien. Il y a dans son attitude quelque chose qui me convient sans que je n’arrive à mettre précisément le doigt dessus. Rien n’est simple avec elle, et en même temps je n’ai jamais à me forcer pour quoi que ce soit. Je n’ai pas à faire semblant comme ça a pu être le cas quand je cherchais encore à avoir un minimum de relationnel au campus. J’ai laissé tomber pour le campus, pas pour Heidi, ça doit bien vouloir dire quelque chose.

- Arrête on dirait Zach, je suis pas en sucre…

Cela me fait plaisir, pourtant, qu’elle se montre aussi prévenante et me libère du fardeau qui me meurtrit l’épaule parce que j’ai eu les yeux trop gros en prenant tout ces livres que je n’aurai pas le temps de lire tout de suite de toute façon. Je lui offre un sourire sincère en la remerciant de ce petit geste qui semble si banal pour n’importe qui d’autre, mais avec Heidi, j’ai le sentiment que c’est bien plus que ça et le reconnaître me semble naturel. Important, même. Cela fait un moment que j’ai compris qu’elle n’était pas du genre à s’épancher, à rire aux éclats ou à extérioriser quoi que ce soit, et je m’en accommode, parce que j’ai compris qu’elle était comme ça, bien qu’elle change incroyablement vite. Trois mois plus tôt, je doute qu’elle m’aurait accompagné ici à la base et j’aurai fait une croix sur cette sortie, tout simplement. Elle change.

- Bien sûr. On a quelques panneaux d’affichage, je les mettrais dessus. Tout le campus passe devant à un moment dans la journée, ça devrait donner quelque chose.

Même ça, c’est bien plus qu’elle n’aurait accepté trois mois plus tôt. Sa logique et la mienne sont complètement opposées sur ce sujet. Elle veut tout faire seule, parce que j’imagine que, pour elle, obtenir de l’aide ruinerait le principe même du projet de réussir à faire quelque chose par ses propres moyens. A l’inverse, je pense qu’on gagne plus à accepter l’aide des autres qu’à tout vouloir faire soi-même tout le temps, tout simplement parce que cela ouvre des opportunités qu’on n’aurait pas soupçonné. Si j’avais refusé l’aie de Zach, Lilas ou Daphné, je n’en serai pas là.  Alors qu’elle accepte aujourd’hui, ça montre qu’elle comprend que ça n’enlève rien à son travail. Et qu’elle me fait confiance.

Le petit restaurant dans laquelle je l’emmène a ce côté typique des années cinquante qui me fait me sentir nostalgique d’une époque que je n’ai pourtant jamais connu, ni même mes parents. Un sentiment étrange amplifier par le rockabilly qui passe dans les enceintes, par les couleurs chatoyantes du mobilier, des banquettes rouges aux table bleues en passant par les cartes roses qui ont plus l’air d’être une faute de mauvais goût qu’un hommage à cette époque révolue que certains souhaitent voir revenir. On en fait guère attention à nous, à l’exception d’une serveuse qui doit avoir à peu près mon âge qui se jette presque sur nous pour nous demander ce qu’on aimerait prendre. Je jette un bref coup d’œil à son uniforme qui aurait fait grincer des dents une autre blonde de ma connaissance avant de commander un diabolo fraise. Alors que la serveuse repart, je ne peux m’empêcher de me demander si elle est au courant de la façon dont certains semblent la suivre du regard. Une autre raison de ne pas travailler dans la restauration pour moi…

Laissant Heidi perdue dans des pensées qui ne concernent qu’elle, je me penche et fouille un instant dans mon sac pour en tirer la petite boite repérée sur le stand précédent. Je ne sais pas vraiment comment elle va réagir et me voilà à hésiter sur la façon de faire. Pendant un instant, l’idée de juste lui lancer la boîte avec un « réflexe » me traverse l’esprit et me fait bêtement glousser avant que je ne rejette l’idée. Elle serait capable de me la renvoyer dans la figure et j’aurai bien du mal à ne pas me la prendre dans le nez. Alors je choisis l’approche la plus simple et celle qui me semble la plus naturelle. Cela a toujours fonctionné dans mes échanges avec elle. Je fais comme j’aurai fait avec n’importe qui, de la façon qui me correspond et qui semble lui convenir aussi, d’une certaine manière. Je pose la boîte sur mes genoux et attire son attention en me raclant la gorge.

- Heidi, je voulais te remercier d’avoir accepté de m’emmener ici. Je sais que tu étais pas mal occupée ces derniers temps, et honnêtement moi aussi, mais ça me fait plaisir qu’on sorte comme ça. Et du coup…

Je pose la petite boite sur la table et la pousse vers elle.

- Ce n’est pas grand-chose, c’est juste que je t’ai vu la regarder et tu as semblé suffisamment intéressée pour me donner envie de te l’offrir pour te remercier.
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Heidi Janowski
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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Ven 29 Avr - 14:10 (#)



Out of our own
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P
arfois, tu te demandes si tu es la seule à penser ou ressentir certaines choses. Es-tu seule entendre ta propre voix dans ton esprit, ou à t’égarer dans un espace inconnu en fixant le vague comme tu le fais en cet instant ? Tu t’interroges sur la notion de normalité, un concept ambivalent à l’extrême pour toi. Depuis toujours tu entends que tout le monde est différent, que chacun est unique à sa propre manière, mais alors sous quels critères définir ce qui est normal ? Comment justifier le rejet des autres et la sensation d’être complètement étrangère au monde. Ça n’est pas comme si tu avais été dotée de facultés magiques pour lesquelles on aurait eu une raison – même illégitime – de t’ostraciser.
Depuis petite, quand tu te regardes dans le miroir, tu vois juste un visage comme les autres. Et pourtant, tu aurais tout donné pour voir quelque chose de différent ; tout pour mettre fin à ton incompréhension. Tu comprendras bien plus tard, il n’y a pas si longtemps en réalité, que l’Autre n’a pas besoin de raison. Il était cependant bien trop tard pour effacer de tes pensées l’idée que tu devais à tout prix changer de nature pour enfin apaiser ton besoin de te sentir différente.
C’est un aspect de ta conscience que tu n’as pas dévoilé à Anaïs. Peut-être pas encore, ou peut-être pas tout court, tu ne sais pas vraiment. Plus ta relation avec Elinor progresse, plus les secrets que tu dois garder deviennent lourds et nombreux et moins tu es en mesure de te livrer sur ce penchant de ta vie. Et d’un autre côté, tu repenses à l’événement qui a conduit en tout premier lieu à votre improbable rapprochement. Elle était en train de se faire emmerder à cause de ses pouvoirs, et ça ne devait pas être la première fois. Elle aussi, elle a dû connaître la douleur du rejet, et un embryon difforme d’empathie t’a toujours interdit de lui avouer que tu jalouses la faculté qui a dû lui causer tant de peine. C’est une réflexion qui ne te ressemble pas, mais ces derniers temps, ta vie entière ne te ressemble pas.

Et c’est justement elle qui te sort de ta séance impromptue d’introspection. Le menton dans le creux de la main et le coude nonchalamment posé sur la table lustrée, tu détournes le regard vers elle. Ça ne te dérange pas d’entendre ton prénom enrobé de sa voix, toi dont la pudeur va jusqu’à exécrer qu’on le prononce sans ton autorisation. Elle gagne à chacune de vos rencontres quelques passe-droits supplémentaires à mesure qu’elle accroit son influence tranquille sur ton tempérament.
Elle te remercie de l’avoir accompagnée ici aujourd’hui, mais elle l’a déjà fait, elle n’avait pas besoin de réitérer. Tu t’apprêtes à le lui faire remarquer, mais son intonation indique qu’elle n’a pas fini, et en effet c’est bien le cas. Avec surprise, tu la regardes poser une petite boite sur la table. Tu la reconnais tout de suite, comme tu la regardais il n’y a pas si longtemps que ça, et tu sais également ce qu’elle est censée contenir.
Malheureusement, c’est bien ce que tu craignais : c’est un cadeau qu’elle te fait. Tu n’as jamais appris dans vie à les accepter, et tu espérais que ce moment n’arriverait jamais tant tu anticipais – avec justesse – le malaise qui allait te gagner. Il ne faut pas se méprendre non plus, tu es sincèrement heureuse de recevoir ce cadeau, mais tout le problème est que tu n’arrives pas à faire autrement que de lui montrer l’inverse. Dans tes yeux, l’inquiétude se lit alors que tes traits prennent un air désolé. Ton regard fait une paire d’allers-retours entre le petit coffret et le visage de l’étudiante sans que tu ne prononces le moindre mot.
Quelques secondes passent encore dans un silence de plomb chargé de gêne avant que tu ne te décides à ouvrir la bouche.

- Anaïs..

Sous la table, tes doigts s’agitent nerveusement, alors tu décides de les occuper en les chargeant d’examiner le présent. Tu relèves une nouvelle fois les yeux vers elle, cette fois-ci en tentant de lui offrir un léger sourire forcé, pour au moins essayer de lui montrer que tu apprécies son attention. Du bout des doigts, tu ouvres avec ton toucher de pianiste la boîte pour révéler la paire de bracelets qui y dorment paisiblement.

- Il fallait pas, vraiment..

Si tu pouvais t’enterrer, là, maintenant, tu le ferais sans hésiter. Tu sens ton visage rougir alors que tes yeux se reflètent sur la légère patine des bijoux. On ne peut pas dire que tu sois vraiment du genre ostentatoire. Pas un collier autour de ton cou, pas une breloque cerclant tes poignets et pas une bague ornant tes mains ; tu ne portes même pas de boucles d’oreilles. Tu ne sais même pas pourquoi tu as laissé trainer ton regard sur les deux anneaux argentés tout à l’heure puisqu’il te paraissait évident que tu n’allais jamais les porter de toi-même. En revanche, pour faire plaisir à celle qui te les aurait offerts..
Alors, d’un geste hésitant, tu attrapes l’un des deux bracelets et l’enlève à son lit de velours daté. D’un œil à moitié curieux, tu l’examines un instant avant de l’enfiler à ton poignet gauche. Tu t’es rapidement posé la question de quel côté choisir, mais il t’a paru évident qu’à droite, les risques qu’il raye ta trompette étaient trop grands. Or, très peu de temps après avoir revêtu le discret bijou, une vive douleur te lance au beau milieu du dos, comme une piqure d’insecte ou une brûlure étrange. Habituée à un certain seuil de douleur, que ce soit avant à cause des trop nombreuses rixes auxquelles tu prenais part où aujourd’hui du fait de tes séances de combat plus cadrées, quoique pas moins brutales, tu ne te formalises pas vraiment de cette sensation ; d’autant plus que tu t’en voudrais réellement de grimacer à ce moment précis.

- Ils sont très jolis, merci beaucoup, mais je te jure, il fallait pas..

Toujours aussi mal à l’aise, ton cerveau fume et tourne à la vitesse de l’éclair pour essayer de trouver une solution à ce problème. Et voici la meilleure que tu aies trouvée.

- Prends en un alors, au moins ? Ils sont identiques, je ne vais pas porter deux fois le même..


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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Sam 7 Mai - 13:15 (#)


C’est dans ce genre de moments comme ceux-ci qu’Heidi se dévoile un peu plus que d’ordinaire. Je peux presque entendre les rouages de son esprit alors qu’elle fixe d’un air étonné la boite et les deux bracelets qu’elle contient. Une part de moi est ravie de la surprise, mais une autre remarque surtout l’air perdu et presque craintif qu’elle arbore sans peut-être le remarquer. Je ne sais pas pourquoi elle ressent un malaise aussi visible face à mon geste somme toute banal et qui n’engage pas à quoi que ce soit. Du peu que j’en sais de son passé, je me demande si elle eu ne serait-ce qu’un cadeau un jour… L’idée ne m’étais pas venue avant de voir son visage et sa réaction. L’aurai-je su, peut-être que je n’aurai pas essayé d’en faire une surprise, mais il est trop tard à présent. Je n’arrive pas à comprendre la raison de l’inquiétude qui se lit dans son regard alors qu’elle reste silencieuse un moment, apparemment incapable de dire un mot.

Sa voix, son sourire presque gênée et la façon presque craintive qu’elle a d’ouvrir la boite me font me poser des tas de questions. Pas seulement concernant le bien fondé de ce cadeau, que je considère comme parfaitement naturel après qu’elle ait accepté de m’emmener, mais surtout concernant les raisons d’une telle réaction. L’idée qu’un cadeau la mette chaque fois dans cet état me serre le cœur et je réponds à son sourire avec un des miens, encourageant. Je me fiche qu’elle ne me saute pas au cou de joie, ce n’était pas le but. Ce n’était qu’un petit signe de reconnaissance, pas une quelconque demande ou promesse. J’ai juste pensé que ça lui ferait plaisir et, quelque part, j’ai eu raison en voyant son visage rougir légèrement. Je hausse finalement les épaules. Peut-être qu’il ne fallait pas, mais j’en avais envie, alors pourquoi ne pas le faire ?

- Ce n’est rien d’incroyable Heidi. J'ai juste pensé que ça te ferait plaisir.

Peut-être que le geste l’e fait bien plus que le cadeau en lui-même. Ma tête posée contre la paume de ma main, je l’observe sortir délicatement un des anneaux et l’enfiler après l’avoir examiné une seconde, comme si elle ne voulait pas le briser ou le ternir malgré que le temps ait déjà bien terni l’éclat qu’il devait avoir à l’origine. Ce doit être la première fois que je la vois porter quelque chose en plus de ses habits sombres qu’elle n’a visiblement pas envie de changer malgré mes nombreuses propositions au fil des semaines. Elle aime le noir et les habits bien trop couvrants pour vivre en Louisiane, par cette chaleur qui recommence à s’installer, lourde et suffocante dans les pires mois de l’année. Je n’ai pas encore perdu espoir de lui faire essayer autre chose, mais j’ai arrêté de lui en parler à chaque fois. Je me demande simplement comment elle fait pour ne pas littéralement fondre ou se liquéfier avec un col roulé lorsque vient l’été et la période la plus infâme à vivre en Louisiane.

Je hausse un sourcil en redressant la tête lorsqu’elle pousse la boîte vers moi et observe un instant le bracelet, puis Heidi, incertaine. Ce n’était pas vraiment le but de mon geste, à vrai dire. Je ne suis pas sûre que sa raison soit vraiment la bonne ou qu’elle justifie que je profite d’un cadeau que je lui ai faite, mais elle semble y tenir... Je souris finalement et prend le second bracelet, le faisant tourner entre mes doigts pour l’observer plus en détail. Le métal patiné laisse de jolis reflets se créer avec la lumière ambiante et il est suffisamment poli pour que mon visage se reflète dessus.

- Je suis sûr que les deux iraient parfaitement à tes poignets, mais d’accord. Comme ça on sera assorties.

Joignant le geste à la parole, je le passe autour de mon poignet gauche, pour faire miroir à celui d’Heidi. Il est plutôt discret et se cache facilement si on le veut, même s’il est bien visible sur ma peau laiteuse en manque de soleil. Et tandis que je l’examine avec une moue appréciative, une vive douleur me prend dans le milieu du dos et me faire me tendre sur ma chaise en grimaçant, ma main droite allant aussitôt palper la zone douloureuse, par réflexe. La douleur s’estompe presque aussi vite qu’elle est apparue et je fronce les sourcils. Cela fait bien longtemps que mes cicatrices ont cessé de me faire mal, même s’il m’arrive régulièrement de sentir un tissu frotter dessus, comme pour me rappeler constamment leur existence. Je repose ma main sur la table en faisant un signe rassurant à Heidi.

- Ce n’est rien, j’ai dû faire un mauvais mouvement.

Ce ne serait pas la première fois que j’ai des douleurs musculaires à des endroits que je n’aurais jamais soupçonnés juste parce que parfois mon corps aime bien me rappeler que je ne fais pas assez de sport et que le manque d’exercice risque de me jouer des tours, un jour. Je m’adosse un peu plus contre la banquette alors que la serveuse revient avec nos boissons et je sirote doucement et avec un certain plaisir le pétillement sucré qui se répand sur ma langue. La boite est restée sur la table et je la fais doucement glisser vers Heidi.

- Garde-la. Qui sait ? Elle pourra te servir à autre chose.

C’est bien moi ça, garder des trucs pas forcément utiles pour la simple raison qu’un jour « ça peut servir ». Une réflexion que j’ai un peu calmé depuis mon arrivée à Shreveport, mais avant, ma chambre était remplie de ce genre de bricoles dénichées à droite et à gauche. Je déteste jeter si cela peut encore servir et c’est pour ça que j’adore les brocantes. Quelque part, ça prouve aussi que je fais bien de garder certaines choses que d’autres verraient comme inutiles. Je jette un œil à l’achat d’Heidi en jouant avec ma paille, curieuse. J’aime qu’elle ait une culture musicale et qu’elle aime la partager avec moi. S’il y a bien un sujet qu’on a en commun, c’est celui-ci. Il est arrivé plusieurs fois qu’on ne parle pas pendant un long moment, juste occupée à profiter de la musique qu’elle a décidé de lancer ou celle que j’ai apporté. On découvre chacune les goûts de l’autre et si j’ai déjà lancé volontairement des trucs affreux pour rire en voyant son regard dégouté, on en apprend toutes les deux et aujourd’hui ne fais pas exception.

- Il est vraiment si célèbre que ça Ike Zinnerman ? Son nom ne m'est pas inconnu, mais je ne me souviens pas de quoi que ce soit à son sujet.
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Jeu 19 Mai - 0:08 (#)



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L
a réponse d’Anaïs trouve un écho mystérieux dans ta tête tandis que tu examines la surface ternie de ton nouveau bijou. Quand bien même aurait-elle su avec certitude que le contenu du coffret t’aurait fait sauter de joie, la question est la suivante : pourquoi le faire ?

Peut-être pour la même raison qui t’a poussée à l’accompagner ici aujourd’hui ? Une sorte d’affection encore inédite mais tout à fait sincère. Bien que tu ne comprennes pas encore tout à fait les sentiments qui t’animent en la présence de la petite rouquine, tu en connais tout de même la cause. Elle incarne pour toi un idéal de douceur et de gentillesse que tu n’atteindras jamais mais qui a pourtant une influence notable sur ton comportement. Elle ne te donne pas envie d’être plus tendre et agréable au quotidien, tout de même pas, mais elle participe en quelque sorte à ne pas te rendre pire. Elle contribue à adoucir les bords tranchants de ta personnalité.
Le problème qui se pose alors est que tu ne vois pas ce que toi, tu lui apportes. Elle a un foyer aimant, une copine avec qui les choses ont l’air de bien se passer ; enfin, une vie sociale déjà bien plus riche que la tienne. Tu n’es pas spécialement agréable, encore moins gentille ni même attentionnée. Tu es juste une sorte de golem inexpressif qui prend vie dès qu’il est question de musique et qui retourne à l’état de sculpture d’argile dès que ça n’est plus le cas. Il n’y a pas à faire, tu persistes à penser qu’elle pourrait trouver une bien meilleure amie que le molosse que tu es. Il faudra qu’un jour tu lui poses la question, mais pas aujourd’hui. Tu as déjà épuisé ton quota de handicap social en réagissant avec aussi peu d’entrain à son cadeau.
 
Comme à ton habitude, ton regard s’égare en même temps que tes pensées divaguent, laissant sur ton visage l’air mélancolique qui semble être l’état de tes traits au repos. Seule ou accompagnée, tu ne crains pas le silence. Tu apprécies quand la parole n’est pas une obligation, et que l’on comprenne que deux personnes qui n’ont rien à se dire sur le moment puissent simplement exister côte à côte sans que le besoin vicelard de combler le vide ne les pousse à échanger des banalités.
C’est un mouvement brusque d’Anaïs qui te fait sortir de ta stase et porter à nouveau tes yeux désolés sur elle. En réaction à son sursaut, c’est ton cœur qui fait un bond, calmé rapidement pas l’annonce de la fausse alerte. Dans un ou deux respirations, tu évacues alors la tension suffocante qui t’avais comprimé le haut de la poitrine. Tu reviens alors t’appuyer contre la banquette en vinyle rouge sur laquelle tu t’étais dressée par réflexe et laisses à nouveau ta conscience s’égarer quelques instants en regardant la boite aux décorations sobres qui est visiblement tienne à présent.
 
C’est lorsque tu finis par reprendre possession de ton regard, cherchant à croiser les yeux de l’étudiante pour lui adresser de nouveaux remerciement, que cette dernière t’interpelle avec une question qui cette fois va réussir à te mettre bien plus à l’aise. Un discret, très discret sourire nait à la commissure de tes lèvres rosées tandis que tu cherches tout de suite le meilleur moyen de commencer ton histoire.
Tu n'as presque aucune expérience dans la narration, du moins pas avec des mots, mais tu tâches d’y mettre autant de formes que tu peux ; le récit en vaut la peine. Tu te racles la gorge dans une démarche presque théâtrale, et tu démarres, toujours enfoncée contre le molleton de la banquette, la voix portant peu comme si tu étais en train de révéler un secret.
 
- Non, non, c’est un nom que la légende a décidé de ne pas retenir.
 
D’une main, tu attrape ton verre d’eau en avales une gorgée avant de reprendre.
 
- La célébrité, dans l’histoire, c’est Robert Johnson. C’est ce nom là qui doit te parler, et à raison. Ce type a mis à genoux tous les bluesmen du Mississippi et même de tout le pays.
 
Ton sourire devient subtilement plus évident à mesure que le fil de l’histoire se déroule dans ton esprit, menant à ton passage préféré et au propos de la discussion. En prenant ton temps, tu lapes une nouvelle gorgée et repose avec délicatesse le verre sur la table, et tu poursuis.
 
- A dix-huit ans, Johnson est un pauvre type. Aucun talent et fauché comme les blés, personne ne se souviendrait de lui si il avait pas découvert le blues dans un bar local. Il entend la petite célébrité du coin et décide que lui aussi veut faire la même chose, alors il se met à apprendre la guitare. Lorsqu’il se pointe devant son idole pour se présenter et jouer avec lui, l’autre type lui dit qu’il joue si mal qu’il fait fuir les gens. Alors, Johnson est vexé, il quitte la ville, à la recherche de son père paraît-il. Enfin peu importe, parce que celui qu’il trouve, c’est Ike Zimmerman.
 
Avec une sorte de fierté inassumée, tu passe doucement la main sur la poche contenant ton nouveau disque dédicacé avant de reprendre.
 
- C’est Ike qui apprendre à Robert à jouer de la guitare correctement, en un an. Et l’année d’après, il est revenu voir le mec qui l’avait démoli, et il a pas eu d’autre choix que de s’incliner. Après ça, Johnson enregistre même pas une trentaine de chansons et disparaît sans laisser de traces.
 
Tu marques un pause, une étincelle brillant de mystère au fond de la pupille.
 
- Le truc, c’est que personne ne sait comment il a appris à jouer aussi bien en aussi peu de temps. La légende raconte qu’il a vendu son âme au diable en échange de son talent, à la croisée de deux chemins, pas si loin d’ici. Ce que la légende raconte moins souvent, c’est qu’il paraît que Zimmerman et lui allaient tous les soirs jouer dans des cimetières. Enfin, ce qui est important, c’est que c’est la seule personne susceptible de lui avoir donné ce don pour la musique. Y’a quelques bruits qui courent comme quoi ce serait Ike, le Diable. D’autres qui disent qu’il serait une autre sorte d’entité cheloue capable de la même chose. Certains disent qu’il serait Papa Legba, la divinité de la croisée des chemins…
 
A cette idée, tu ne peux pas t’empêcher d’afficher un franc sourire. Tu jettes un œil brillant sur le disque, puis de retour sur Anaïs. Avec enthousiasme, tu continues à narrer l’histoire.
 
- Sincèrement, je sais pas quoi en penser. La musicienne en moi refuse de croire qu’il est aussi facile de devenir une légende de son art, mais d’un autre côté, s’il existe bel et bien une sorte de démon de la musique, je donnerais beaucoup pour le rencontrer. Si ça se trouve, le disque renferme le moyen de l’appeler, qui sait ? Ce serait pas incroyablement cool ?
 
Te rendant compte que ta passion t’a encore emportée un peu plus loin que tu ne l’aurais voulu, tu prends un moment pour tempérer tes ardeurs. Tu en profites pour descendre d’une traite le reste de ton eau pétillante et conclure.
 
- Enfin, y’a surtout beaucoup de chances pour que ce soit qu’un simple disque.
 
Tu soupires.
 
- Il recommence à faire vraiment chaud. Quel pays de merde, je déteste le soleil. 


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Anaïs Wilhm
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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Jeu 26 Mai - 19:09 (#)



Je crois n’avoir jamais entendu Heidi parler de cette façon, ou aussi longtemps, vraiment. L’histoire qu’elle me raconte capte mon attention dès le début, intriguée par le cheminement amenant à ce disque qu’elle tient dans les mains avec une sorte de révérence inhabituelle. Le nom de Robert Johnson me dit quelque chose, créant un simple hochement de tête de ma part pour ne pas interrompre ce qui semble être un conte qu’elle voulait raconter d’une traite. Le début est intriguant, même s’il ressemble plus ou moins à ce que je me fais comme idée du parcours de bien des musiciens : débuts chaotiques, trouve un mentor et pouf, succès. Je m’attendais à une histoire pleine de rebondissements et je n’ai pas vraiment été déçue, même si cela n’a pas provoqué chez moi l’engouement qu’Heidi peut ressentir. J’ai senti mes épaules se tendre à la mention d’un pacte amenant à obtenir quelque chose qui semblait inaccessible Incroyablement cool de faire des pactes avec des créatures inconnus trop puissantes pour le commun des mortels.

Si tu savais…

Ne sachant pas trop quoi répondre, je me contente de hocher la tête à nouveau, essayant plutôt d’affirmer que ce n’est qu’un simple disque. De telles choses n’existent pas, même dans un monde où la magie existe et où les loups-garous et les vampires se baladent tranquillement. Je ne suis pas sûre d’avoir l’air vraiment convaincu parce que je dis, mais Heidi semble trop emportée par sa propre vision d l’histoire et je m’empresse de la suivre sur le sujet de la chaleur, trop heureuse de ne pas continuer à parler de pactes et de pouvoirs mystiques étranges. Je n’ai jamais vraiment discuté avec Heidi du surnaturel ou même du fait que j’en fasse partie. Elle le savait, bien sûr, mais ça n’avait jamais été un sujet de conversation entre nous. Un genre de tabou que j’étais trop heureuse d’accepter, elle qui ne semblait pas particulièrement accepter le fait d’être, comme Rica, une « simple » humaine. Comment lui dire que j’enviais sa « normalité » alors qu’elle semblait vouloir l’exact inverse ? Je me taisais, et on n’en parlait pas et ça m’allait très bien. J’aurai dû me douter que ça n’allait pas durer. Les choses ont tendance à ne jamais aller dans le sens que j’aimerais qu’elles aillent, de toute façon…

***

Cela fait plusieurs jours depuis cette sortie avec Heidi et j’ai travaillé les partitions avec ferveur dès que j’en ai eu la possibilité, entre le cours et les travaux et les exercices de méditations que Daphné m’a gentiment invité à faire avec assiduité. L’apprentissage me prend de plus en plus de temps et l’idée de m’installer au camp prend peu à peu une place dans mon esprit. J’ai commencé à chercher un appartement qui me permettrait de m’y rendre facilement tout en étant pas loin de l’université, mais ce n’est pas évident avec le peu de temps à dispositions. Même si les examens sont passés et que je m’en suis brillamment sorti, les cours restent intenses et, mon projet en tête se précisant chaque jour, je fouille de plus en plus pour passer un double-diplôme. Le premier, sans surprise en hématologie, et cela a beaucoup fait sourire ceux au courant de mes dons. Le second est encore flou mais la médecine cardiovasculaire me semble être une bonne option. Je me demande encore si un jour on verra apparaître une médecine spécialisée pour les personnes ou créatures surnaturelles… Ce serait une branche qu’il me plairait de voir être mise en place.

Fermant le livre sur lequel je suis penchée depuis plus de deux heures, je jette un œil à l’horaire et me pince le nez en retirant mes lunettes. Depuis la fin des examens, j’ai repris un rythme de sommeil moins chaotique et j’essaie de m’y tenir, ayant promis à Zach d’arrêter les nuits de quatre heures qui jouaient sévèrement sur mon humeur et ma santé. Minuit est tout juste passé quand je quitte ma chaise et me prépare à dormir, prenant une douche avec l’intention de me jeter sous les draps pour le dernier jour de la semaine. L’eau chaude qui me ruisselle dessus me fait soupirer d’aise et je profite un peu de ce moment de calme pour imaginer ce que sera ce week-end. Une réflexion qui tourne court.

Une brusque douleur m’arrache un cri, plus de surprise qu’autre chose avant que je ne porte ma main dans le creux de mon épaule. Elle se calme vite, ne laissant qu’une sensation désagréable de pincement qui me fait quitter la douche plus vite que je n’aurai voulu. Essuyant la buée sur le miroir de la salle de bain, j’essaie d’examiner mon épaule, histoire de voir si quelque chose sort de l’ordinaire. Et il y a bien quelque chose. Une marque bizarre est incrustée non loin de ma clavicule, pile à l’endroit où la douleur, maintenant disparue, a fait effet. Elle ressemble à une croix placée horizontalement sur ma peau. Je gratte, mais elle semble véritablement incrustée dans ma peau, tel un tatouage.

- C’est quoi ça…

Pendant un bref instant, je suis prise d’une panique en voyant quelque chose d’inconnu apparaître spontanément sur mon corps. Jusque là ça n’a jamais été une bonne chose que quoi que ce soit se grave sur mon épiderme et j’aimerais autant ne pas réitérer l’occurrence. La douleur s’est évanouie rapidement, mais j’ai la désagréable sensation que ce n’est pas quelque chose d’anodin. Inquiète, je prends quand même le temps d’enfiler une chemise de nuit avant de sortir de la salle de bain pour prendre mon téléphone et immortaliser la marque. Après quelques tentatives ratées, je finis par avoir une photo correcte et l’examine, certaine d’avoir déjà vu ce symbole quelque part. J’ai beau me creuser les méninges pendant de longues minutes, je ne parviens pas à trouver la moindre explication. Voyant l’heure et sachant que Daphné dort sûrement déjà, je décide de m’allonger et, s’en m’en rendre compte, m’endors sans plus de cérémonie.

Le lendemain, je constate avec surprise que la marque a disparu et que seule la photo prise la veille témoigne de ce qu’il s’est passé. Perturbée, je réussis à m’exploser l’orteil contre un meuble de la cuisine et c’est en boitillant misérablement que je me prépare pour la journée avant d’enfiler le bracelet acheté pendant la sortie avec Heidi. Et c’est là que cela me revient. La boite qui les contenait portait ce même symbole graver à l’intérieur. Jurant intérieurement, j’examine le bracelet sans rien remarquer de particulier et finis par envoyer un message à Heidi, lui demandant si elle serait encline à prendre une boisson à un café non loin de l’université après la sortie des cours. Le coin est sympa et peu fréquenté un jeudi soir, les étudiants préférant s’abreuver plutôt que boire une limonade en terrasse. Malgré la demande tardive, elle accepte, non sans me demander la raison de cette invitation soudaine et, essayant de ne pas paraître trop alarmée, je lui dis que j’ai simplement besoin de lui parler.

la journée passe à une lenteur frôlant l’arrêt cérébral et, même si les cours sont toujours intéressants, j’ai plus hâte d’arriver au soir qu’autre chose et c’est sous les yeux surpris de mes camarades que je file la première en dehors de la salle de la dernière heure de cours. Je pense qu’aucun d’eux n’a jamais vu mon dos en sortant d’une salle de classe, étant généralement dans les dernière à partir, mais ce soir, j’ai plus urgent à faire que d’écouter les anecdotes rocambolesques de professeur Ali, malgré mon intérêt pour son domaine d‘expertise. Je ne mets pas plus de dix minutes pour rejoindre le café en question et commande aussitôt une limonade pour moi et un perrier pour Heidi, siphonnant mon verre et en commandant un deuxième avant même qu’elle n’entre dans le café où je lui fais signe depuis la banquette où je suis assise, près d’une fenêtre donnant une vue imprenable sur la rue loin d’être intéressante. Je lui offre un sourire alors qu’elle s’installe.

- Hey, ça va ? Désolée de t’avoir demandé de venir ici, mais comme tu n’aimes pas le Kingston et qu’il fallait vraiment que je te parle… Ta semaine se passe bien ? Rien de particulier à noter ?

Peut-être que je me fais illusion et qu’elle n’a pas été affecté, mais je ne préfère pas prendre de risques. J’ai assez fait d’erreurs concernant tout ce qui est magie inconnue et il n’est pas question que j’embarque Heidi dans un autre cataclysme si je peux l’éviter. J’espère sincèrement que je me trompe et qu’elle n’est pas lié à tout ça, elle aussi…

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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­OUT OF OUR OWN - Heidi & Anaïs WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Mer 1 Juin - 11:57 (#)



Out of our own
Haughton, Mars 2021
ft. Anachoupette


Q
ui aurait cru qu’il était aussi difficile de trouver un tigre à Shreveport ? Aussi étonnant que ça puisse paraître, il n’y a pas de zoo en ville. Enfin, pas avec les bestioles que tu cherches à voir. Le plus proche est à mi-chemin entre Shreveport et Bâton-Rouge, et le suivant encore plus loin à la Nouvelle-Orléans. Aujourd’hui tu as une voiture, tu aurais très bien pu faire le trajet par tes propres moyens sans avoir à frauder un bus – la force de l’habitude – mais il t’est apparu assez évident que si ce pouvoir s’avérait être le bon, il te faudrait de toutes manières trouver une alternative plus pratique pour l’entraîner.
Une autre raison pour ne pas faire quelques heures de voiture sous le soleil écrasant de la Louisiane : ton amie Anaïs a requis ta présence ce soir, et tu lui as dit oui. A vrai dire, son message t’a plutôt inquiétée. D’habitude, vous en échangez quelques-uns pour vous mettre d’accord sur une date quelques jours à l’avance avec vos emplois du temps chargés, mais le fait qu’elle demande à te voir le soir même a allumé quelques voyants à moitié paranoïaques. Le fait qu’elle te réponde qu’elle a besoin de te parler en a allumés quelques autres. Le fait que votre entrevue puisse au moins attendre le soir te rassure légèrement sur l’urgence de la situation, mais pas suffisamment pour complètement dissiper tes craintes.

Enfin, en attendant, tu as réussi à trouver un peu au sud de la ville un sanctuaire pour « chats exotiques ». A comprendre : un refuge pour grands prédateurs, exactement ce dont tu avais besoin. Moyennant une maigre poignée de billets, tu as pu entrer et rencontrer la demi-douzaine de fauves encagés derrière le haut grillage. Tu t’es assise sur les gradins, en face, et pendant près de deux heures tu t’es concentrée pour établir une espèce de lien télépathique avec les bêtes qui tournaient en rond sous tes yeux. Des ordres simples : arrête-toi, tourne à droite, fait du bruit, attaque le soigneur… En vain. Pas une fois tu n’as eu l’impression de te faire comprendre, et encore moins obéir. Les chances étaient plutôt faibles à en juger par les explications d’Elinor, mais il valait mieux s’en assurer. Tu reviendras quand même dans quelques temps, au cas où tes nouveaux pouvoirs ne se soient simplement pas éveillés à ce jour.

En attendant, tu regagnes ta voiture, y allumes le GPS, et démarres le moteur. Direction : le café de ton rendez-vous. Généralement, un moment avec Anaïs est synonyme de détente et en quelque sorte de lâcher-prise, mais tu as la méchante intuition que ce soir ne sera pas le cas.
Ta journée a mal commencé de toute manière. A peine lancée dans ton jogging matinal, tu manques de te vautrer de tout ton long lorsque ton pied percute une pierre invisible, te laissant boiteuse pendant une bonne dizaine de minutes ensuite. Ceci additionné au fait que tu aies dû aller faire des courses ce matin – Dieu sait que tu détestes ça – et que ta tentative de dévoiler ton pouvoir ait été un échec, les augures du jour n’ont pas été les plus favorables que tu aies connues récemment.
Tu gares finalement ta berline discrète devant un trottoir à quelques dizaines de mètres du café et tu te diriges à l’intérieur en voyant l’étudiante te faire signe depuis derrière la vitre reflétant avec pugnacité la teinte oranger du soleil de fin d’après-midi. Tu rentres et prends place en face d’Anaïs qui avait pris soin de commander pour toi. Elle t’adresse un sourire que tu lui rends timidement, et entame sans plus attendre la discussion. La rouquine parle vite et peut-être est-ce ton esprit qui transpose ta propre inquiétude dans sa voix, mais tu sembles trouver la confirmation que quelque chose ne va pas. Et ça se lit sur ton visage.

- C’est pas nécessairement la meilleure journée de ma vie mais je vais bien, t’en fais pas pour moi. Mais toi, ça va ? Tu me fais un peu peur Anaïs, on va pas se mentir.

Tu ne la quittes pas de tes yeux clairs lorsque tu t’adosses doucement contre le dossier de la banquette, les bras croisés. Sur ton poignet, le discret bracelet qu’elle t’a offert il y a quelques jours trône toujours sur les manches légères de ton haut noir et couvrant, comme à ton habitude. Ton visage trahit clairement le souci que tu te fais pour elle et l’importance que revêt pour toi le fait d’être présente pour l’épauler. Elle a été là pour toi dans des périodes difficiles, et si elle vit la même chose tu tiens absolument à lui rendre la pareille.
Après tout, c’est à ça que servent les amies ?



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Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Sam 4 Juin - 11:52 (#)



Peu importe le lieu ou le moment où je la vois, Heidi est fidèle à elle-même. Toujours ces habits sombres de la tête aux pieds et qui cache tout d’elle, ne laissant vraiment que ses mains et sa tête visible. Je me demande encore comment elle fait pour porter ce genre de vêtements à col roulé alors que nous vivons en Louisiane et où la moiteur étouffante et humide arrive dès le mois de mars et dure au moins jusqu’en septembre pour n’être remplacée que par des pluies diluviennes en hiver. Je n'ai jamais connu que ça et l’habitude a pris le pas sur l’inconfort. On ne sort jamais vraiment sans un parapluie en Louisiane. Je serais juste curieuse de savoir pourquoi elle tient tant à s’habiller de la sorte.

Je ne peux m’empêcher de lui renvoyer un sourire navré en voyant son air inquiet lorsqu’elle s’installe en face de moi. Je n’ai pas été très subtile, je dois bien l’avouer, en lui demandant un rendez-vous aussi rapidement sans vraiment lui laisser le choix et en ne voulant rien expliquer au téléphone. J’aurais pu le faire avec un simple coup de fil, mais je préfère simplement les échanges face à face quand il s’agit de choses importantes. Car je n’ai aucun doute que ça, quoi que ça puisse être, c’est important. Je prends une gorgée de ma boisson et me frotte la nuque, un peu gênée face à sa question et le fait qu’elle semble vraiment inquiète.

- Désolée… je ne voulais pas t’affoler, mais il s’est passé un truc et je voulais t’en parler au plus vite parce que…

Parce que j’ai aucune idée de ce que c’est, que c’est peut-être dangereux et qu’elle va peut-être vivre la même chose et que je n’ai aucune envie ça empire ou même que ça se reproduise. Je ne peux m’empêcher de jeter un œil au bracelet qu’elle porte avant d’inspirer pour me jeter à l’eau, en espérant qu’elle ne pense pas que je suis paranoïaque.

- Il s’est passé un truc étrange hier soir et il fallait que je t’en parle. Enfin si ça se trouve ce n’est pas si grave, mais je préfère être prudente et… Enfin je me trompe peut-être complètement même et j’étais fatiguée, je n’ai peut-être pas eu les idées claires… Et ça ne te concerne peut-être même pas et t’es peut-être pas du tout affectée et je me trompe complètement, ou bien…

En captant le regard d’Heidi, je ferme la bouche et sens mes joues chauffer d’embarras. Je recommence à parler pour ne rien dire à cause de ma nervosité. L’idée qu’une connerie magique vienne encore bousculer ma vie me terrifie vraiment et je ne peux pas m’empêcher de craindre le pire alors que c’est peut-être simplement quelque chose d’isolé qui n’arrivera plus et que j’ai exagéré à cause de la fatigue et de la surprise du moment. Je finis par soupirer et reprendre une gorgée avant de reprendre, lui offrant un regard d’excuses avant de montrer l’endroit où la marque est apparu hier soir.

- Désolée, je m’égare un peu… Hier soir, en prenant ma douche, j’ai senti une douleur à cet endroit-ci. Ce fut bref, mais ça m’a surpris donc j’ai observé dans le miroir et il y‘avait une marque... cette marque.

Je lui montre la photo prise la veille au soir, histoire qu’elle voit bien que je n’invente rien. Et peut-être qu’elle aussi elle remarquera quelque chose, on ne sait jamais. La qualité n’est pas fameuse à cause de l’empressement que j’ai eu à la prendre et la légère panique qui faisait trembler mes doigts, mais on voit bien la forme de l’espèce d tatouage bizarre qui est apparu à ce moment-là.

- Le plus bizarre, c’est que ça a disparu depuis, regarde.

Tiran un peu sur le col de mon chemisier, je lui montre le même endroit, complètement vierge de toute marque à présent. C’est forcément quelque chose d’origine magique, je n’ai aucun doute à ce sujet, mais le pourquoi et le comment restent complètement obscurs pour le moment. Et c’est pourquoi je veux son avis, alors je fais un geste du menton en direction de son bracelet qu’elle porte. Aucun des deux bracelets n’a de marques visibles donc ma théorie est peut-être complètement fausse, mais c’est elle qui a la boîte, alors peut-être qu’elle a remarqué quelque chose, elle aussi.

- Et il me semble avoir vu une marque similaire dans la boite qui contenait les deux bracelets alors, en pensant à ça, je voulais être sûre que tu allais bien, tu vois ? Désolée si j’ai semblé paniquée, mais je… je ne voudrais pas qu’il t’arrive un truc.

Si tout cela est encore une histoire de magie foireuse, j’ai plein de gens autour de moi qui peuvent m’aider à trouver une solution, identifier la menace et -j’espère- la faire disparaître. Pas Heidi. Elle est humaine et n’a, de ce que j’en sais, aucun contact avec le surnaturel et je ne veux simplement pas qu’elle soit confrontée à quelque chose de ce genre alors qu’elle n’a aucun moyen de s’en protéger elle-même.

- La marque te dit quelque chose ? Tu n’as rien remarqué de bizarre de ton côté ? Même si c’est juste un détail, Heidi, même qui te semble trivial, qui sort de l’ordinaire, je dois savoir.

Qui sait ce qui peut être à l’œuvre ? Il y a bien une entité à laquelle je pense et qui pourrait avoir décidé d’agir pour une obscure raison. J’espère sincèrement que ce n’est rien de tout ça et que tout va s’arranger tout seul. Mais même avec tout l’optimisme du monde, j’ai comme un doute sur ce dernier point…
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En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­OUT OF OUR OWN - Heidi & Anaïs WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Sam 4 Juin - 18:35 (#)



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Haughton, Mars 2021
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Q
ue Dieu bénisse la climatisation. Si le motif de votre entrevue d’aujourd’hui n’avait pas été aussi mystérieusement impérieux, Anaïs se serait sans aucun doute targuée d’une remarque sur ton attirail vestimentaire. Pourquoi tu ne portes que du noir et des manches longues ? Déjà parce que tu n’as que ça. Enfin, tu as maintenant aussi quelques robes chics mais que tu refuses absolument de porter au quotidien. Pourquoi tu n’achètes pas d’autres vêtements alors ? Parce que tu es une adolescente têtue qui préfère mourir de chaud sous le soleil écrasant de Louisiane plutôt que de surmonter un traumatisme vieux de plus de dix ans. Rien que de porter des robes ne cachant plus tes épaules en travaillant pour ta cousine était une épreuve, et tu n’as pas la moindre envie de te relancer de ton propre chef dans cette fosse à angoisse pour le moment.

 
Mais en attendant, une angoisse bien plus concrète te préoccupe. La jeune magicienne t’explique enfin, tant bien que mal, les raisons de ta convocation. Tu peux facilement deviner son anxiété à elle aussi, dont découle la tienne, et les effets qu’ils produisent étaient attendus. Elle parle vite, beaucoup, tourne autour du pot et se perd en divagations ; Anaïs s’était déjà mise dans cet état lorsqu’elle t’a parlé de ses examens à venir.
Tu ne l’interromps pas, mais tu fixes ton regard dans le sien en silence sans le lâcher, tes yeux parlant suffisamment bien à ta place. Tu as tout ton temps, là n’est pas le problème, mais quelque chose que tu as pu apprendre ces derniers temps est que pour en résoudre un il faut le nommer à haute et intelligible voix. Loin, très loin d’être toujours facile, c’est pourtant un mal nécessaire.
 
Finalement, après qu’elle a intercepté ton message, elle te livre le fond de sa tourmente. Elle désigne son cou et décrit une douleur spontanée qui l’y a prise. Si l’incident n’avait pas l’air de la préoccuper autant, tu aurais souri en pensant que toi aussi tu as ressenti un pincement au même endroit hier soir. La coïncidence est amusante mais devra rester une idée égoïstement gardée.
Encore plus étrange et preuve à l’appui, l’implication d’une espèce de magie inconnue, tant dans les causes que dans les effets. Tu constates autant le symbole sur la photo que son absence sur sa peau à cet instant. Or, tu as beau constater, tu ne vois pas encore où elle veut en venir ni ce qu’elle attend de toi. Une solution ? C’est elle la magicienne, pas toi. Du soutien ? Tu veux bien lui en donner, mais tu ne saurais pas t’y prendre correctement.
Et finalement, comme souvent lorsque tu commences à te poser des questions, les réponses arrivent. Le symbole sur son épaule, la boîte qu’elle t’a offerte, le voilà le rapport avec toi. Son attention te touche, et ton visage concerné s’ouvre un peu à l’entendre dire qu’elle s’inquiétait pour toi. Tu lui adresses un léger sourire, à moitié désolé pour elle qui semble être la seule affectée par ce qu’elle décrit.
 
Tu restes songeuse un moment, plutôt long à vrai dire, essayant de retracer mentalement les événements qui ont suivi l’acquisition de la boîte qui repose paisiblement sur la commande de ta chambre dans le manoir d’Elinor.
 
- Oui, c’est sûr que ça ressemble pas mal au symbole de la boîte. Après… non, j’ai pas spécialement remarqué de choses particulière ?
 
Outre les échanges de sang entre une vampire et toi, mais les précédents se sont passés sans le moindre accroc, et tu as du mal à tracer un lien entre ça et les marques sur le corps de ton amie.
 
- Enfin…
 
C’est anodin, mais ta douleur de ce matin pendant ton jogging n’a jamais réellement trouvé de cause. Pas que tu ne sois pas habituée aux douleurs spontanées avec ton mode de vie, entre les longues courses solitaires et les séances de défoulement au Mad Dog, mais elles s’étaient faites plus rares depuis un moment déjà.
 
- J’ai eu super mal au pied en courant ce matin, mais j’ai pas spécialement vu de marque. C’était plus une crampe qu’autre chose j’imagine, ça fait un moment que ça me surprend plus d’avoir des douleurs.
 
Toujours le regard désolé, tu attrapes ton verre et le portes à tes lèvres pour hydrater ta gorge. Cette histoire commence à te faire beaucoup réfléchir, et tu aimerais tellement avoir des connaissances en magie pour savoir de quoi tu parles. Mais tu n’as même pas encore découvert le pouvoir dont tu es censée avoir hérité ; on dirait que la magie ne veut simplement pas de toi. Cette pensée t’arrache un léger rictus tandis que tu détournes le regard vers la tranche de citron fendue sur le bord de ton verre.
 
- Tu sais, je m’y connais ni en médecine, ni en… magie, mais si ça t’est arrivé qu’une fois ça pourrait pas être une sorte de réaction à l’eau de ta douche ?  J’en sais rien, une goutte trop chaude qui te fait mal, ou avec de l’encre ou je sais pas quoi..
 
Ou une simple coïncidence ? Tout ce que ton esprit d’humaine peut imaginer de plus rationnel. Et en parlant de coïncidence, tu veux surtout éviter de parler de la première qui t’a sauté aux yeux lorsqu’elle a commencé à décrire le problème. Ça ne peut pas avoir de rapport avec ta morsure d’hier soir, par quel moyen ? Pourquoi seulement cette fois et pas avant ? Elinor n’a jamais vu ni touché la boîte de toutes manières. Ça n’aurait aucun sens. Peut-être surtout que tu n’as pas la moindre envie d’expliquer ce que tu faisais hier soir.


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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Thème : "Your Name" by Chiai Fujikawa
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Dim 5 Juin - 22:10 (#)



Ai-je paniqué pour une raison absurde ? Possible. Depuis cette nuit fatidique, je suis toujours un e peu paranoïaque dès que quelque chose sortant de l’ordinaire et n’ayant pas de réponse logique et immédiate vient à apparaître. Daphné, avec patience et douceur, a peu à peu réussi à me faire passer outre une bonne partie de cette angoisse en m’apprenant ce qu’elle sait et en répondant à chacune de mes interrogations, même quand je n’étais pas au camp, quitte à rester au téléphone jusqu’à ce que je puisse dise que tout allait bien et que je comprenais. Alors en écoutant Heidi m’annoncer qu’elle ne voit pas le lien et n’a jamais été affecté par la même chose, l’angoisse de la voir blessée se résorbe, mais celle de ne pas comprendre le phénomène, sa nature et sa provenance, croît en retour.

Même son histoire concernant son pied ne m’aide pas, puisque la marque n’est apparemment pas apparue et que rien ne lui a semblé différent de l’ordinaire. Malgré son léger sourire désolé, je sens ma jambe s’agiter nerveusement sous la table. Je n’ai pas envie qu’une autre horreur me tombe dessus, pas alors que les planètes semblaient enfin alignées pour que j’ai une vie normale et exempte de tous ces moments qui laissaient des souvenirs indélébiles hantant mon esprit. Je pris une gorgée de ma limonade, fermant les yeux une seconde ou deux en forçant mon cœur à se calmer. Elle va bien. Je suis capable de faire bien plus qu’être passive comme je l’ai été les fois précédentes. Je repose mon verre en soupirant doucement, parvenant à sourire face à son idée qui me semble encore plus tirée par les cheveux que la mienne. C’est dire.

- Non, je ne pense pas. Si prendre une douche commence à me donner des tatouages, au moins je n’aurai pas à aller chez le tatoueur, ce sera ça d’économisé.

J’ai beau essayé d’en rire, mon esprit tourne à plein régime. J’étais pourtant certaine que c’était une bonne piste, mais Heidi semble en pleine forme et pas du tout concernée par la situation. Je décide de ne pas pousser plus que cela à ce sujet ;

- C’est pas grave, j’ai sans doute paniquée pour rien. Si jamais il se passe un truc, préviens-moi, okay ?

Pas la peine de faire traîner la discussion. Si elle ne sait pas, elle ne sait pas et ça me soulage assez de me dire que rien ne lui est arrivé. La conversation dévie sur autre chose, mes études, en partie, puis ses journées te je ne peux m’empêcher de remarquer qu’elle semble en forme et presque plus apaisé que d’ordinaire. J’ai beau lui demander si elle a fait quelque chose ou reçu une bonne nouvelle, elle soutient juste qu’elle n’a rien fait de particulier, qu’elle est comme d’habitude. Serais-je paranoïaque au point de trouver ça bizarre ? Pendant une seconde ou deux, oui, mais cela s’efface plutôt vite lorsque, voyant l’heure qui défile, elle propose de me raccompagner pour que je n’ai pas à prendre le bus à cette heure-là. Et une fois arrivées aux Kingston, après un moment de silence alors que j’observe la route défiler depuis que nous sommes montées dans la voiture, par réflexe, je lui souhaite une bonne nuit et lui embrasse la joue en la remerciant pour le trajet. Avec n’importe qui d’autre, je n’y aurais même pas pensé, mais, une fois dans l’appartement, je commence à me demander si elle ne s’est pas tendue et si je n’ai pas dépassé une limite en agissant de la sorte avec elle. Les contacts physiques ont toujours été très limités, la mettant visiblement mal à l'aise. Je finis par chasser l’idée de ma tête, me persuadant qu’elle m’aurait fait une remarque si cela la dérangeait vraiment.

Les jours passent et rien ne vient à nouveau perturber la routine qui s’est installée. Pas de douleur fantôme, pas de marques bizarres, pas de monstre sortant de sous le lit pour me ronger les ongles, juste un chat avide de câlins qui me réveille bien trop tôt. Une semaine se termine, une autre commence, les jours défilent et les révisions prennent alors même qu’il fait un temps magnifique. Poussée par une envie soudaine appelée Frederica, je m’installe sur un banc à ses côtés, profitant du temps clément, de la chaleur encore douce et du vent. Je ne lui ai pas parlé du dernier incident, même si j’ai hésité à le faire. Rien ne s’est produit depuis et la routine semble nous convenir à toutes des deux. Et alors qu’elle m’a fait tout un cirque pour passer du temps dehors, la voilà qui repart pour ses cours, ayant « oublié » qu’elle avait si peu de temps devant elle.

- Prend un peu de couleurs, ça te fera du bien. T'es aussi blanche que tes fesses.

Je ne fais que lui tirer la langue alors qu’elle s’enfuit en s’esclaffant, me laissant profiter seule du soleil qui, au bout de dix minutes, me tape sur le système. Décidée à retrouver un coin d’ombre plus agréable, je me dirige vers le bâtiment de la bibliothèque avant qu’une exclamation ne me fasse tourner la tête. Je n’ai pas el temps de réagir avant qu’un ballon ne me percute violemment en plein milieu du visage. Surprise, le visage douloureux et l’équilibre précaire, je m’étale sur l’herbe, de petites lumières dansant devant mes yeux alors que j’entends des voix s’excuser, prendre des nouvelles dans une cacophonie qui ne m’aide pas vraiment à me concentrer.

Je finis par me redresser et sentir mon nez déverser un flot d’hémoglobine et le bloque instinctivement, posant mon pour sur ma narine pour donner le change alors que les étudiants qui avaient décidé de profiter du beau temps pour jouer avec ce ballon de malheur sur le campus s’excusent profusément. Pas vraiment blessée, si ce n’est dans mon amour-propre, je leur assure que tout va bien et finis par m’éloigner pour foncer aux toilettes les plus proches, histoire de gérer définitivement le sang que j’ai arrêté comme j’ai pu. C’est un moment désagréable et douloureux et je sens la moitié droite de mon visage engourdi et douloureuse. J’en suis quitte pour un sacré bleu dans quelques heures. Je sens alors ma poche vibrer et, un morceau de papier rougi dans la main, mon téléphone dans l’autre, je déverrouille comme je peux l’appareil pour voir un message d’heidi. Un simple « appelle-moi stp » qui me surprend. Elle n’est pas du genre à demander que je l’appelle. On ne s’appelle que très rarement, vu qu’elle préfère les messages aux conversations vocales

Sans hésiter une seconde, je compose le numéro en reniflant, m’assurant que je ne saigne plus du nez avant d’entendre la sonnerie, puis le son caractéristique quand elle décroche à la première sonnerie. Elle devait vraiment attendre à côté de son téléphone que je la rappelle immédiatement.

- Heidi ? Quelque chose ne va pas ?
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Lun 6 Juin - 14:51 (#)



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T
u sais que cette histoire d’encre était complètement stupide. A vrai dire tu l’as su avant même de l’énoncer à haute voix, mais qu’est-ce que tu pouvais dire d’autre ? Désolée Anaïs mais j’ai vraiment aucune idée de ce qu’il t’arrive et j’espère juste de tout mon cœur que c’est pas lié à cet aspect extrêmement important de ma vie que je te cache depuis qu’on se côtoie ? Oui, tu préfères encore passer pour une ânesse que de lui dire ça.

Et pourtant, ça te peine de lui mentir, d’une certaine manière. Récemment et même encore aujourd’hui, elle t’a bien fait remarquer que quelque chose avait changé chez toi. Tu sais que c’est la bonne chose à faire, tu en es convaincue, mais tout serait bien plus simple si tu pouvais tout avouer. Au fait Anaïs, je suis une vampire en devenir, je vais arrêter de vieillir et hériter de pouvoirs magiques moi aussi. Tout ce que tu lui as dit, c’est que tu avais trouvé un mécène et que c’était comme ça que tu pouvais expliquer la nouvelle voiture, l’appartement et les robes qu’elle n’a de toutes façons jamais vues.
Tu n'as pas pu lui révéler les vrais raisons de ton intérim au service de ta cousine non plus ; comment dire à quelqu’un que l’on t’a faite chanter pour avoir mis le feu à une usine désaffectée après qu’un groupe de terroristes armés ait essayé de vous éliminer ta marraine vampire et toi ? La réponse est simple : on ne le dit pas. On se contente de trouver un nouveau mensonge et d’éviter le sujet. On se contente de paraître et d’essayer d’écarter l’idée qu’un jour les questions s’accumuleront trop pour être ignorées. Tu appréhendes et redoutes ce moment, mais sa venue n’est pas encore pour aujourd’hui, alors rien ne sert d’angoisser. L’étudiante le fait déjà bien assez pour deux. Elle essaie de sourire mais les tremblements nerveux sous la table t’indiquent bien explicitement que la situation n’est pas résolue.
Discrètement, tu soupires, et la conversation reprend un cours moins alarmiste et, au moins dans la volonté, plus détendu.
 
Le temps vient alors de rentrer, et naturellement, tu propose à ton amie de la raccompagner chez elle. Si tu peux lui épargner un trajet en bus vers les Kingstons au prix d’un peu de ton temps, alors la question ne se pose pas vraiment. Tu le gardes pour toi, mais ça te désole sincèrement qu’elle soit obligée d’habiter là-bas. Elle ne mérite pas de vivre au milieu de cet environnement délétère. Enfin, vous venez d’arriver, et tu interromps ta réflexion en stationnant ta voiture sur le bord de la route pour laisser la rouquine sortir et lui souhaiter une bonne soirée. Elle en fait de même, et ouvre la portière pour se préparer à sortir de l’habitacle. Ton regard s’est perdu un instant dans le vague, et ça aura suffi pour qu’elle te prenne en traitre alors que tu lui faisais confiance. Une sensation à peine humide que tu n’as pas ressentie depuis bien longtemps, si c’est seulement déjà arrivé un jour. Ton cœur saute un battement alors que tu te figes et que tu regardes la félonne s’éloigner à travers la vitre de la portière.
Tu restes encore un instant muette et immobile. Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? Tu rougis seule à l’intérieur de ta voiture pendant que tes pensées s’affolent. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu es loin d’être une habituée des contacts physiques, et déjà pour toi une simple accolade est lourde de sens et d’émotions, alors ça… Ton corps entier s’est tendu d’un seul coup ; il faut que tu penses à autre chose. Paniquée, tu montes le son de ta musique au-delà du seuil raisonnable et crispes tes mains sur le volant. Tu jettes un coup d’œil à ton angle mort et une fois assurée que la voie est libre, tu démarres pour rejoindre Autumn Woods le plus vite possible.
 
 
La fin de la semaine passe ensuite comme si de rien n’était. Pas de nouvelles alarmantes d’Anaïs, alors il faut se rendre à l’évidence : c’était un phénomène isolé qui ne devrait pas se reproduire. Ce doit être frustrant et angoissant pour elle de ne pas y avoir trouvé d’explication, mais il doit mieux valoir ça plutôt qu’une plaie récurrente dont on connaît bien les causes. La vie reprend donc son cours. Jusqu’à ce moment.
C’est un après-midi typique, au point que tu ne saurais même pas dire quel jour il est. Ça fait maintenant trois bons quarts d’heure que tu travailles tes gammes dans la pièce la plus éloignée de la chambre d’Elinor quand une douleur intense et fulgurante gagne la moitié de ton visage, te faisant presque lâcher ta trompette de surprise. Autant les douleurs aux mains, au dos, aux pieds, tu peux les trouver normales, autant le visage c’est une première, et ça rend la chose tout à fait propice à provoquer la panique. Ce qui finit d’enfoncer le clou, c’est de voir ton reflet dans la vitre en face de toi. Tu crois halluciner lorsque tu vois ton visage barrée d’une sorte de grand X noir. Par réflexe, tu essaies de frotter ta joue, mais tu arrêtes bien vite en remarquant que cela ne fonctionne pas. Au fond de toi, tu sais à quoi tout cela ressemble ; à vrai dire, tu l’as su dès que tu as vu cette marque sur ton visage.
Pendant un moment, tu restes figée, réfléchissant à la bonne chose à faire. Et puis, tu sors ton téléphone en urgence et tu envoie un message à Anaïs. Ce qui vient de se passer ne peut tout simplement pas être une coïncidence.
 
Le texto est concis, et tu pries tous les dieux que tu sais nommer pour qu’elle le voit immédiatement. Ton cœur bat vite, et ça fait longtemps qu’il n’avait pas soutenu ce rythme que tu t’efforces pourtant de réguler. La panique ne va pas arranger quoique ce soit, alors tu respires, et tu tentes de trouver à la fois une solution et une explication à ce problème.
C’est un véritable soulagement de voir ton téléphone vibrer dans ta main quelques instants seulement après avoir envoyé ton message, et tu décroches aussitôt pour entendre la voix de ton amie te demander ce qui ne va pas. Tu prends une grande inspiration et réfléchis un court moment à quoi lui dire avant de répondre avec la voix la plus calme que ton état permet.
 
- Anaïs, la marque que tu avais sur l’épaule dont tu m’as parlée au café la dernière fois…
 
Le épaules tout à coup tendues à l’extrême, tu prends une grande inspiration pour tenter de dénouer tes muscles et réguler la cadence de ton palpitant.
 
- J’ai… la même chose sur la gueule, en plein milieu du visage.
 
Désemparée, tu fermes les yeux et tu te mords la lèvre de frustration. Tu hais lorsque les choses échappent à te contrôle et à ta volonté, et surtout lorsque tu n’as aucun moyen de les influencer.
 
- Il faut qu’on… merde, je sais pas ce qu’il faut qu’on fasse. C’est de la magie, j’y connais rien moi…
 
Ça n’était pas un reproche adressé à elle. En réalité, ta voix dénotait plus de la frustration que de la colère, mais il est difficile pour toi de cacher ta crispation, même au téléphone.
 


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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
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*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Mer 8 Juin - 22:40 (#)



Il ne me faut que trois secondes pour comprendre que quelque chose ne va pas. L’entendre inspirer avant de parler me met aussitôt la puce à l’oreille. Alors quand elle parle de la marque, je devine assez vite ce qu’elle va me dire ensuite. Et ça ne rate pas. En plein milieu du visage cette fois, là où j’ai reçu le ballon. S’il pouvait y avoir le moindre doute que ce soit une coïncidence, le timing et la position de la marque retire toute ébauche de parvenir à une autre conclusion. Nerveusement, je m’adosse au mur en me rongeant un ongle avant que sa voix qui commence à paniquer et à s’emplir de détresse ne me fasse réagir. Elle a raison, elle n’est pas préparée à ce genre de choses. Je ne le suis pas vraiment plus, mais j’ai l’habitude de ce genre de connerie magique qui me tombe dessus…

- Okay, écoute Heidi. Tout va bien se passer, d’accord ? On va y réfléchir ensemble. Ne panique pas, il ne m’est rien arrivé la dernière fois, donc rien ne va t’arriver non plus, c’est temporaire et ça va disparaître.

En tout cas je l’espère, mais rien n’indique que cela peut changer entre deux apparitions. Le point commun de tout ça, c’est la marque, bien sûr, mais aussi les circonstances. Dans les deux cas, j’ai eu mal et probablement qu’elle aussi, même si elle n’a rien dit à ce sujet. Je me creuse les méninges pour essayer de glaner le plus d’informations possibles avant de finalement trouver la solution la plus simple et immédiate.

- Ecoute, j’ai cours dans… 20 minutes. Je finis deux heures après. Je file chez toi et on voit ça ensemble, d’accord ? Il Faut que tu restes calme. Reste chez toi et… si la marque disparaît, essaie de noter l’heure, qu’on sache combien de temps ça reste, c’est peut-être une information utile. Si tu as toujours la boîte c’est mieux, mais on fera sans, si jamais.

Je n’ai aucune idée de ce dont on a besoin ou non, alors il faut que je réfléchisse à chaque possibilité qui peut se présenter. Malgré tout le temps passer avec Daphné ou à feuilleter quelques bouquins, je n'ai jamais entendu parler de quelque chose de similaire. Serait-ce un genre de malédiction ? Si c’est le cas je sais que Daphné pourra me conseiller. Je l’avertirai rapidement de toute façon. Pas question que j’essaie de régler ça seule cette fois, mais je dois voir avec Heidi. Cela la concerne, alors elle a son mot à dire dans la façon dont on gère ce problème. Qu’elle n’y connaisse rien ne veut pas dire que je peux me permettre de tout raconter à des gens qu’elle ne connaît pas. La connaissant, cela pourrait la rebuter, mais j’espère qu’elle comprendra que c’est nécessaire.

- Attends-moi Heidi, okay ? je serai bientôt là, je vais profiter du cours pour essayer de trouver une solution et on verra ensemble ce qu’on peut faire. Tout va bien se passer, promis. On se voit bientôt.

J’attends qu’elle me confirme que tout est d’accord avant de raccrocher et de soupirer longuement. Mes épaules se sont tendues. Ce que je craignais arrive à nouveau et cela touche Heidi cette fois. Toujours, il faut que quelque chose arrive alors que je pensais que tout était rentré dans l’ordre. Je finis par sortir des toilettes pour me rendre en cours et passer les deux heures suivantes à me creuser la tête sur le problème tout en écoutant autant que possible le cours. Par chance, la moitié des deus heures consiste en un exercice théorique et je peux consacrer un peu de temps à noter quelques idées, mais sans grand espoir. L’idée que les bracelets soient maudits ne me plaît pas du tout, mais je n’ai aucun moyen de prouver ou de réfuter l’idée pour le moment.

A la fin du cours, le professeur m’interpelle alors que j’essaie de filer le plus vite possible et me retient pour que j’explique ce qu’il se passe. Je ne comprends que lorsqu’il désigne mon visage qui commence déjà à prendre une jolie teinte qui me fait grimacer, mais mon explication, si elle ne le convint pas vraiment, à au moins le mérite de me permettre de lui fausser compagnie et de filer aussi vite que possible. En passant, je jette un œil dans un miroir des toilettes pour voir que mon visage ressemble à celui de quelqu’un qui a participé à un combat, avec un œil eu beurre noir et des contusions sur les pommettes. J’ai même une partie de la lèvre fendue que je n’avais pas remarqué. Merveilleux, je vais devoir donner des explications à la moitié de la ville avant ce soir…

Après avoir prévenu que je rentrerai peut-être un peu tard à la maison, je file à l’arrêt de bus le plus proche pour partir sans tarder vers l’appartement d’Heidi, de plus en plus nerveuse à mesure que l’heure tourne. Peut-être qu’elle ne va pas aussi bien que j’allais la première fois que la marque est apparue. Le seul point commun étant la douleur ressentie, j’espère que le fait que mon visage me lance par moment ne lui parvient pas. Ce n’est pas si douloureux, mais c’est gênant et je me demande si l’effet est spontané ou dure un peu. La dernière fois, ça a été très bref, mais je dois voir avec Heidi ce qui a causé cela. Peut-être que la durée dépend de la douleur ou est juste une sorte d’image de ce que l’autre ressent. Trop e possibilités et de théorie qui ne m’aident pas vraiment à y voir clair tant elles tournent et changent au hasard de mes réflexions, sans jamais donner quoi que ce soit de concret.

Je manque presque l’arrêt pour atteindre l’appartement d’Heidi à force de ne pas prêter attention à autre chose que mes réflexions, mais j’ai assez de présence d’esprit pour regarder rapidement dehors dès que le bus s’arrête, heureusement. En sortant, je croise le regard de deux ou trois passagers qui me fixent bizarrement. Je dois avoir une tête affreuse, j’espère qu’ils ne vont pas croire que je me fais taper dessus ou quelque chose comme ça… Laissant de côté les considérations éthiques d’étrangers complets, je file vers l’appartement d’Heidi, remerciant le fait qu’un ascenseur m’évite de courir dans les escaliers avant de frapper à sa porte, emplie d’appréhension. J’espère sincèrement qu’il ne lui est rien arrivé d’autres entre temps…
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Heidi Janowski
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
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Jeu 16 Juin - 17:47 (#)



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L
es problèmes c’est nul. Franchement, ça craint. Tu détestes ça. Avoir des problèmes c’est comme une démangeaison qu’on ne peut pas gratter ; comme une toute petite aiguille qui te pique le cul en permanence. Pas fort, hein, mais juste assez pour que tu te fasses la réflexion que tu t’en passerais bien. Cinq minutes, ça va encore, dix c’est supportable, mais le problème avec les problèmes, justement, c’est qu’ils ne s’en vont que lorsqu’on les règle. Avant, il faut faire avec cette espèce de petite gène ridicule qui gâche le moindre moment où l’on se dit « ah, tiens, je me serais bien passée de problèmes là, maintenant ». Les problèmes, c’est bon pour les gens qui les cherchent, mais toi tu n'es plus comme ça. C’est pour ça que maintenant ça te pose un problème, d’avoir des problèmes. Double dose de problèmes en quelque sorte. Moins on en veut, plus on en a, quoi. Et ça, c’est un sacré problème.

Si tu devais être tout à fait honnête, tu devrais dire que tu as envie de crier sur Anaïs. Envie de crier, tout court, en fait. Après tout, tu as un gros X magique qui te barre la trogne et pas la moindre idée de pourquoi ni de comment. Tout va bien se passer ? Non, pas vraiment d’accord, mais si elle ne te laisse pas le choix, alors. Heureusement, la panique ça n’est pas ton genre. La colère en revanche… Là, tu as envie de casser un truc. C’est une très mauvaise envie à avoir dans la maison d’Elinor. Ton regard se porte sur un vase à l’air plutôt ancien ; puis, sur la bibliothèque savamment rangée et organisée. Heureusement que le lien télépathique dont elle t’a parlé ne s’est pas encore manifesté clairement, parce que tu doutes qu’elle apprécie de te voir penser que ces livres feraient un combustible parfait pour autodafé.
Un cours de deux heures dans vingt minutes, plus le quart d’heure qu’il faut pour rejoindre ton appartement depuis le campus, ça fait approximativement assez de temps pour mourir trois fois et faire le trajet toi aussi. Heureusement que ce n’est pas un cas d’urgence et que cette malédiction ne s’est pas accompagnée d’une vive douleur tout aussi incompréhensible, vous avez le temps d’attendre une paire d’heure, ce n’est que ton visage après tout. Tu espères en tous cas que la rouquine saura te pardonner quelques sarcasmes malencontreusement réveillés par cette force démoniaque inconnue. Tu n’auras qu’à dire que c’est magique, après tout vous n’avez pas le preuve que ce n’est pas le cas.
Tu aurais aimé qu’elle te raccroche au nez pour pouvoir le lui reprocher, et aussi parce que comme ça tu n’aurais pas eu à contenir ton ironie. Tu restes muette une longue paire de secondes avant de répondre par un OK d’une sobriété rare. Bien joué Heidi, elle n’a pas dû saisir ton agressivité passive.

Ça te demande un certain effort de te résoudre à ranger ta trompette plutôt que souffler de toutes tes forces à l’intérieur, et Dieu sait que tu es forte à ça. Une seconde, tu envisages de l’éclater contre le sol, ravissant de cette manière ta soif de destruction en ruinant l’objet qui t’est le plus cher au monde, mais tu te ravises vite, prise d’une culpabilité intense pour avoir osé avoir une telle pensée. Un soupir. Tu n’auras pas le temps de passer te défouler contre un sac de frappe au Mad Dog.
Voilà un bon moment déjà que tu n’as pas mis les pieds chez toi. Enfin, dans ton ancien chez toi, qui n’avait de chez toi que le nom, comparé à ton nouveau chez toi qui est au final bien plus chez toi que l’ancien chez toi. Il faudrait peut-être que tu arrives en avance pour y faire un peu de ménage, qu’elle ne soupçonne pas que tu le désertes en y trouvant une pellicule de poussière sur tes meubles. Super, ça te donnera une bonne occasion de réfléchir à quoi dire à Elinor. Aucune chance que cette situation reste un secret longtemps pour elle, et peut-être encore plus que ton propre état, tu as une peur bleue de la décevoir en lui disant que tu as attrapé une MST magique sans t’en rendre compte. Fait chier. Vraiment.

Fait chier.

Tu as attrapé ta veste, pour le principe parce qu’il commence à faire beaucoup trop chaud pour que tu l’enfiles, tes clés de voiture, et tu as bombardé – avec prudence – jusque dans ton ancien quartier. Voiture garée, escaliers gravis, tu retrouves les deux pièces qui t’ont vue transitionner de gamine paumée à jeune femme en quête de respectabilité. Un petit coup d’œil à ta montre : une heure et demie avant que ton amie n’arrive. L’idée d’aller acheter de quoi lui offrir à boire te vient à l’esprit, mais rapidement derrière elle, le souvenir de cette stupide croix sur ton nez. Un gémissement de frustration. Plus qu’à attendre, et surtout à espérer, qu’elle s’en aille d’elle-même.
Par miracle, ou du moins par faible compensation du destin, une cinquantaine de minutes plus tard, un léger picotement sur le visage t’affole et te fait te ruer devant un miroir pour constater la disparition du X.

Et encore quelques dizaines de minutes plus tard, le bruit du bois que l’on frappe délicatement t’extrait de ta transe alors que tu phasais en silence sur ton canapé, de la musique dans les oreilles. A nouveau, tu bondis tel le fauve et tu fonds sur la porte, impatiente, nerveuse à l’extrême. Ce que tu trouves en l’ouvrant te laisse sans voix quelques secondes. Les connexions se font, lentement mais sûrement. Chaque point d’information en trouve un autre auquel s’accrocher pour former une chaîne dont la direction dans laquelle elle pointe ne te plaît pas du tout. Tout comme cette couleur inédite sur le visage de ton amie.
Ton poing se serre. Les deux mêmes. Et tu bafouilles quelques mots alors que ton cerveau peine à savoir par quoi commencer.

- Alors c’est- Mais… Et qui- … ?

Encore plus frustrée par cette démonstration de ton incapacité à parler comme un être humain normalement constitué, tu prends une grande inspiration et tu te tournes pour inviter l’étudiante à entrer. Tu fermes la portes, et tu expires longuement avec l’espoir qu’un peu de calme reviendra avec l’évacuation de ton air.

- Qui t’a fait ça ? Je vais lui faire regretter, crois-moi.

Plus de malédiction qui tienne, la priorité à cet instant est de trouver le sale petit fils de pute qui a pu frapper ton amie et de lui faire avaler chacune de ses dents une par une. Tu ne mentionneras même pas la déduction que tu as fait quant à la cause de vos tatouages éphémères ; tu es certaine qu’elle a compris à l’instant même où tu lui as envoyé un message. Et tu n’as pas encore eu le temps de trouver un mensonge à propos de ce qui a pu causer celle sur sa nuque il y a quelques nuits de ça.



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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Dim 19 Juin - 19:40 (#)



Cela fait un moment que je ne suis pas allée frapper à la porte du deux-pièces où vit Heidi depuis qu’elle a quitté les Kingston. L’appartement, tout comme le quartier, est bien plus agréable que ne l’était celui de Mansfield et je ne peux m’empêcher de me demander si les prix nous permettraient, à Zach et moi, de déménager dans le coin, histoire de sortir un peu de l’ambiance pesante des Kingston et de son quartier. Ma réflexion dure à peine le temps d’une poignée de secondes avant que la porte ne s’ouvre sur une Heidi visiblement dans tous ses états. Je ne peux pas vraiment l’en blâmer, j’étais tout aussi paniquée quand la marque est apparue sur mon cou la dernière fois. Au moins, je remarque que son visage est vierge de tout symbole et que les effets ne sont ni permanents, ni dangereux ou avec des effets secondaires à court termes, même sur le visage. Au moins une bonne nouvelle.

Avant même que je ne puisse ouvrir la bouche, elle bafouille des brides de phrase en me fixant d’un air partagé entre la colère, ‘inquiétude et une angoisse que je ne connais que trop bien. J’entre sans attendre, ne souhaitant pas spécialement rester sur le palie à expliquer le pourquoi du comment on se retrouve dans cette situation merdique à subir une anomalie magique de plus. Enfin dans mon cas. Cela semble être une première pour Heidi et je suis soulagée qu’elle n’ait pas commencé à me hurler dessus en panique ; Ce serait compréhensible, mais difficile de réfléchir posément si elle perd ses moyens. Mais la marque semble moins l’inquiéter qu’un autre sujet qui l’alerte visiblement bien plus.

- De quoi tu.. oh…

Oui. Evidemment qu’elle s’est focalisée sur ça. Je retiens de sourire en la voyant réagir ainsi, touchée par le fait que cela l’énerve. Je n’ai pas spécialement envie qu’elle aille taper qui que ce soit et l’idée que ce soit la première chose lui venant à l’esprit m’inquiète un peu, mais je ne peux empêcher une petite bouffée de tendresse d’apparaître également. Je jette un œil aux alentours et désigne son canapé, histoire qu’on puisse discuter plus calmement, m’asseyant à ses côtés avant d’aborder le premier sujet qui fâche, avant de passer au second. Et probablement à d’autres qui vont suivre ensuite, tel que c’est parti.

- Personne ne m’a frappé, Heidi. J’ai simplement reçu un ballon dans la figure. Ce n’était pas intentionnel ou prémédité, ils se sont platement excusés et je suis à peu près certaine qu’ils ont décidé de changer d’endroit pour éviter de tirer dans le visage de quelqu’un d’autre. C’était un accident, okay ? ça a tant marqué que ça ?

Sortant mon téléphone, je m’examine et grimace en voyant la tronche que j’ai après le trajet. Le bleu près de mon œil a empiré et un autre s’est formé sur le haut de ma joue, donnant vraiment l’impression qu’on m’a frappé violemment, accentué par ma lèvre fendu et la couleur qui entoure le tout. Je m’occuperai de ça en temps voulu, certaine de trouver un moyen de soigner tout ça ou, à défaut de régler le problème, de le camoufler suffisamment pour ne pas inutilement alerter tout le monde. Je n’ai pas été attaquée après tout, ce n’est pas la peine de créer des soucis à tout mon entourage en me baladant avec cette tête.

- Bref, c’est pas l’important.

Le problème le plus urgent, c’est cette foutu marque qui semble apparaître dès qu’on a mal quelque part. Cela expliquerait le phénomène assez simplement. Si l’une a mal, l’autre aussi et une marque apparaît, facile. Le problème, c’est que sans plus d’informations, impossible de comprendre comment ça fonctionne, même en imaginant que la source soit bien les bracelets trouvés dans cette brocante. Je soupire et me frotte la nuque, cherchant un moyen d’amener ça sur la table sans la faire paniquer. Elle n’a jamais été confrontée au surnaturel, de ce que j’en sais, alors je ne sais pas trop comment elle va réagir.

- Ecoute… Je sais que c’est effrayant, crois-moi je passe par là et suis déjà passée par là avant, mais on va trouver une solution, okay ? Fais-moi confiance, j’ai vécu pi… enfin ça va aller.

Cela va clairement la rassurer, bien joué, imbécile.

- On va trouver la source du problème et se débarrasser dudit problème, je te le promets.

je ne vais pas laisser une autre anomalie magique ruiner ma vie alors qu’elle est enfin, après tout ce temps, stable et appréciable. Je refuse qu’Heidi vive la même chose que j’ai pu vivre en supportant problème après problèmes causés par une magie extérieure et inconnue. J’en ai trop souffert pour la laisser vivre ne serait-ce qu’un pourcent de ce que moi j’ai subi. Ce ne sera sans doute pas facile et je ne sais même pas si le danger est réel ou si ce n’est qu’un désagrément minime, ou même éphémère. Dans le doute, je pense au pire, et, même si je préférerais ne pas el faire, je me prépare au pire également. J’inspire, essayant de trouver un moyen de commencer à réfléchir avec elle.

- Ecoute il faut… Est-ce que tu as la boîte ? Et est-ce que tu te rappelles quoi que ce soit ? Combien de temps ça a duré ? Ce que tu as ressenti ? Est-ce que tu as eu mal au cou l’autre jour, quand je t'en ai parlé ? La marque semble être lié à la douleur, mais pas à chaque fois peut-être.. as tu ressenti autre chose ? Plus on en saura, plus ce sera simple de trouver l’origine. Est-ce que tu te souviens d’un truc en particulier le jour on a récupéré les bracelets ?  La magie a dû s’activer ce jour-là, ça a pu laisser une trace quelque part… Une idée ?
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Dim 10 Juil - 19:42 (#)



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I
nspirer. Retenir sa respiration quelques secondes. Expirer. Recommencer. C’est un bête exercice de respiration que tu as appris en séance avec ton thérapeute et auquel tu t’accroches de toutes tes forces dès que tu entends le vacarme bouillonnant de rage gronder plus fort au creux de ta poitrine comme si l’appliquer rigoureusement allait t’aider à surmonter tous tes problèmes.
Est-ce que ça marche ? Un peu, pas vraiment, peut-être ? Ça ne fait pas s’en aller la colère, ça te donne seulement quelque chose de simple à faire pour lui éviter de sortir. Respirer ne te rend pas moins frustrée, colérique ou anxieuse ; cela te rend juste plus supportable. Cela t’évite de déverser sans retenue la mélasse sombre de tes pensées sur ceux qui ne le méritent pas. Cela ne fait pas disparaître la jalousie et le ressentiment. Cela ne t’aide pas à accepter. Accepter ces pensées violentes et abruptes. Accepter d’être banale dans un monde où d’autres ne le sont pas ; accepter de n'être que toi lorsque d’autres sont tellement plus. Lorsque ta seule amie représente à elle seule tout ce que tu aurais voulu être et que tu sauras jamais que toucher du doigt. Mais tu n’as pas envie d’accepter. Pas envie de renoncer.

Un lourd silence s’impose le temps qu’elle s’assoie sur ton canapé et que tu ne finisses pas l’accompagner après de longues secondes à rester debout, silencieuse et les bras croisés. Tu n’avais pas envie de t’asseoir, mais il semblerait pourtant que c’eût été la chose à faire, alors tu t’y es pliée. Parfois, de plus en plus souvent, l’impression de ne plus être toi-même, ni même de savoir qui tu es réellement. Les choses changent vite, trop vite peut-être, et tu changes avec elles, pour toi mais surtout pour d’autres, et tu as trop peur de te demander si tu ne t’es pas perdue en chemin.
D’un discret signe de tête, tu acceptes avec quelques réserves l’explication de sa blessure. Du peu que tu arrives à déchiffrer les gens, elle semble sincère. C’est dommage, dans un sens, parce que ce problème imaginaire est le seul que tu aurais été en mesure de régler par toi-même. Celui dont elle est venue discuter et quant à lui bien différent.
Tu croises toujours les bras. C’est ta manière de te gérer et de résister à toutes les pulsions qui réclament de faire battre ton cœur à cet instant. Tu as besoin d’un verre. Tu as besoin de la tendre piqûre d’une paire de crocs de velours sur ta nuque dévoilée. D’un nouveau signe de tête, tu lui laisses entendre qu’en effet, cet épisode l’a marquée sans doute plus que ce qu’elle pense.

Une nouvelle inspiration. Tu retiens ton souffle une paire de secondes, et tu relâches enfin en l’écoutant parler de la vraie raison de sa présence ici.
En un sens elle se trompe, tu n’es pas effrayée. Enfin, pas plus que cela. La douleur ne te fait plus peur depuis bien longtemps, et tant qu’Anaïs évite de prendre d’autres ballons en travers du visage, tu devrais pouvoir t’en accommoder. En réalité, si ça n’avait pas été pour elle, tu aurais largement préféré vivre avec cette saloperie magique plutôt que de prendre sur toi pour aller chercher de l’aide. Cette fierté est un des derniers vestiges de celle que tu appelles avec une amère nostalgie « la Heidi d’avant ».

Je refuse de me faire prendre de haut parce que je ne suis pas née avec leur don.

Foutue fierté. Foutue injustice. Qu’est-ce qu’ils ont bien plus faire pour le mériter ? Qu’est-ce que tu aurais pu faire toi, pour y avoir droit aussi ? Tu refuses l’influence du hasard, d’être née inférieure seulement par le fruit d’une infortunée coïncidence. Tu as besoin d’une raison, et tu sais pourtant pertinemment qu’elle n’arrivera jamais.
Ton anxiété semble s’être calmée, et enfoncée plus ou moins confortablement contre ton canapé, ton visage se fait morne, indéchiffrable, à la mesure du cocktail d’émotions différentes qui t’animent. Tu tiques à peine lorsque les propos d’Anaïs trahissent des événements de son passé qu’elle n’a pas voulu te dévoiler.

Ensuite, une avalanche de questions. Légitimes, mais tu n’as pas la moindre envie d’y répondre parce que tu sais que tu vas devoir lui mentir. Tu vas devoir protéger tes secrets au prix de son angoisse à elle, et tu crois comprendre que cette si désagréable sensation qui pince ton cœur est en fait l’arrivée à maturité de ce que l’on appelle des scrupules.
Comme à ton habitude, tu restes un moment silencieuse après que ton amie a fini de parler. Tu réfléchis, désespérément, cherchant un moyen de naviguer à travers ce dilemme. Un soupire finit par t’échapper après une énième respiration conscientisée. Puis, tu réponds enfin d’une voix basse, presque douce.

- Je suis désolée Anaïs, je me souviens pas d’avoir eu particulièrement mal ce soir-là, je me suis peut-être cognée sans vraiment y faire attention. J’ai l’habitude d’avoir un peu mal partout alors je fais plus vraiment attention.

Parfois, tu fais exprès de mal mentir parce que tu as envie d’aborder les sujets que tu caches et tu n’as pas le courage de les aborder par toi-même. Cette fois, c’est différent. Tu mets tout en œuvre pour rendre ton mensonge crédible. Seuls quelques micromouvements sur ton visage et une subtile accélération des battements de ton cœur peuvent trahir tes intentions. Tu marques une nouvelle pause avant de reprendre, avec un peu plus de douceur dans la voix, comme désolée d’avoir dû lui cacher la vérité.

- Je crois que j’ai eu mal au dos en enfilant le bracelet, mais j’avais plus l’impression de m’être bloqué un nerf qu’autre chose, tu sais.. Je vais chercher la boîte, une seconde.

En vitesse, tu rejoins ta chambre baignée dans le noir pour aller y récupérer le coffret de bois et retourner le poser délicatement sur ta table basse. Cette fois, tu restes debout, tendue, de l’autre côté du meuble d’appoint.

- J’espère que tu sauras y trouver le.. l’indice magique que tu cherches.

Moi je n’en suis pas capable. Jalousie, amertume. Tu gardes ces sentiments bien pour toi, laissant la jeune magicienne observer l’artéfact. A nouveau, un long silence que tu finis par hacher avec la phrase la plus sincère que tu as prononcé depuis qu’elle est arrivée.

- J’aimerais beaucoup pouvoir t’aider, je suis désolée.





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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Mar 2 Aoû - 2:29 (#)


Venir chez Heidi, c’est devenu une sorte de petit rituel hebdomadaire auquel aucune de nous n’a envie de déroger. D’habitude, c’est un rendez-vous calme et serein, en ville ou, le plus souvent, chez elle, pour parler et écouter de la musique, pour relâcher un peu la pression qui s’accumule toujours et, pour ma part, parfois rattraper un peu de sommeil sans vraiment m’en rendre compte, finissant souvent pas m’assoupir sur le même canapé sur lequel je suis assise en ce moment. Une routine qu’il me plaît d’observer malgré ma préférence pour la spontanéité. Cela semble rassurer Heidi, d’une certaine manière, comme si cela ancrait plus fermement chaque moment passé ensemble. Bien sûr ce n’est pas toujours gravé dans le marbre, et les jours peuvent varier, mais d’ordinaire, ce n’est pas le cas.

Un jour comme celui-ci est assez exceptionnel, tant dans le fond que la forme. Le dos appuyé au dossier du canapé, jambes croisées, le regard fixé sur Heidi qui semble encaisser chacune de mes phrases un peu plus durement que la précédente. Une respiration lente, des bras croisés, je la connais assez pour savoir que tout ça est loin de l’enchanter et qu’elle aurait sans doute préféré ne pas avoir à vivre tout ça. J’ai envie de m’excuser de la rassurer, de lui dire que je vais régler le problème aussi vite qu’il est apparu et tout rentrera dans l’ordre avant même qu’on ne puisse le remarquer. Si seulement tout tait aussi simple. Seulement voilà, j’ai besoin d’elle parce que je n’ai aucune idée de l cause de tout ça et que, puisque ça nous concerne, peut-être qu’elle a de meilleures idées, ou juste qu’elle a la réponse sans qu’elle en ait conscience. Alors j’interroge, peut-être trop, mais avec la seule idée en tête d’éviter une catastrophe. Pas question qu’un autre désastre magique s’invite dans ma vie et encore moins dans celle d’Heidi.

Je sais qu’à ses yeux, j’ai l’air d’être tout sauf sereine et posée et capable de gérer la situation, mais je n’arrive pas à être aussi calme que la situation l’exigerait. J’ai besoin d’être lucide et concentrée, mais je n’arrête pas d’imaginer le pire, des scénarios qi n’ont aucun sens mais qui ont tous le point commun de toute foutre en l’air une fois de plus. Je me raccroche seulement à l’espoir qu’Heidi ait remarqué quelque chose, même la plus infime piste peut me donner assez de matière pour réfléchir, exposer une théorie, un début de solution. Juste avoir quelque chose à se mettre sous la dent, une base pour ensuite trouver une résolution rapide définitive à tout ça. Mais à l’instant même où elle commence à parler, d’une voix douce, presque trop calme, je comprends que ce n’est pas le cas. Qu’elle ne sache rien m’inquiète moins que le fait qu’elle soit habituée à souffrir, et je retiens de justesse un commentaire à ce sujet. Il y a tellement de non-dit, entre nous, que je me demande parfois si je ne devrais pas parler de choses que je me refuse à aborder avec elle. Ou avec qui que ce soit.

A nouveau cette voix douce après une courte pause. Plus douce même, presque navrée, comme si elle était désolée de ne rien savoir. Comme si cela était sa faute. Aucune de nous deux n’est vraiment fautive là-dedans. C’est juste un nouveau coup du hasard. La faute à pas de chance et cette poisse qui semble me poursuivre partout où je vais pour, de temps à autre, venir me rappeler, que la vie, finalement, c’est quand même surtout des emmerdes quand tout semble aller mieux. Même une fois la boîte ayant contenu les bracelets devant les yeux, je reste immobile sans trop savoir quoi faire. Je suis simplement dépassée, une fois de plus. La peur de faire une connerie me garde figée, incapable de saisir l’objet sans y réfléchir longuement. Un maigre sourire parvient à se frayer un chemin sur mes lèvres pour l’adresser à Heidi.

- Ce n’est pas grave je... C’est pas ta faute.

J’aurai simplement aimé avoir la réponse à tout ça, telle une révélation en écoutant une seule de ses idées. Pas dépit, je prends précautionneusement la boîte en bois et l’examine, étudiant le symbole qi, je peux finalement le confirmer pour de bon, est le même que celui qui est apparu sur mon cou et probablement sur le visage d’Heidi. Le doute est difficilement permis, mais, en dehors de cela, je ne peux hélas rien déceler de plus. Je n’ai aucune compétence magique utile dans une telle situation et je sais qu’il va falloir me résoudre à demander de l’aide et des conseils à Daphné. J’aurai préféré la lisser en dehors de cela, mais vu la situation...

- C’est bien le même symbole, mais ça ne nous avance guère plus… Je vais demander autour de moi, peut-être que quelqu’un saura d’où ça vient et aura une solution. Il doit y avoir une solution…

Je repasse les événements dans ma tête, essayant une fois de plus de me rappeler de quelque chose, du moindre indice ayant pu m’échapper et me mettre finalement sur une piste concernant toute cette histoire. Rien à la brocante n’avait l’air étrange. Tout le monde semblait calme et normal, sans aucune intention malicieuse et rien de magique ne m’avait sauté aux yeux ce jour-là. Même au restaurant, tout semblait normal. Et dans les jours qui ont suivi, rien ne présageait de ce qui arrivait maintenant. Les douleurs et les marques semblent liées mais c’est bien la seule chose que j’ai pu identifier et même quelqu’un avec un QI à un chiffre l’aurait compris. Des douleurs en commun qui se transmettent l’une à l’autre… Je finis par ouvrir les yeux pour froncer aussitôt les sourcils, me souvenant d’un détail qu’Heidi a laissé échapper quelques minutes plus tôt.

- Tu as eu mal au dos après avoir le bracelet ?

Etrange, parce qu’il me semble me souvenir de quelque chose similaire ce jour-là, à peu près au même moment. Je n’y avais pas prêté attention, parce que mon dos était une partie de mon corps à laquelle j’évitais de penser et qu’il m’arrivait encore d’avoir mal, comme une sorte de douleur fantôme alors que tout était guéri, cicatrisé et sans aucune douleur, seulement la sensation désagréable de toucher une peau brûlée quand je passais malencontreusement la main dessus. Le fait que nous ayons mal toutes les deux à cet endroit ce fameux jour me paraît trop flagrant pour être une simple coïncidence. Je dois en avoir le cœur net.

- Heidi, j’ai peut-être une idée. Visiblement on est… « liées » et la douleur est le point commun et ça active cette marque. J’ai eu mal aussi au dos après avoir mis le bracelet, l’autre jour, alors il y a peut-être un lien. Tu veux bien me montrer ton dos là où tu as eu mal ? Peut-être qu’il y a quelque chose.

Et s’il y a quelque chose, je préfère l’observer sur son dos plutôt que de devoir lui montrer le mien. Trop de questions soulevées, trop de récits que je n’ai pas envie de devoir raconter alors que la situation la plus préoccupante se trouve juste sous nos yeux sans que nous sachions quoi faire. J’espère sincèrement que cette piste mènera à quelque chose, parce que je suis pour le moment purement et simplement dans le flou total. Et je déteste ça.
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Heidi Janowski
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Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
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Dim 7 Aoû - 1:00 (#)



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L
’histoire n’est pas encore finie. A vrai dire, elle ne fait même que commencer, mais la morale se fait déjà apercevoir avant même les péripéties : tu n’es pas capable de résoudre les problèmes par toi-même. Toujours besoin d’une aide extérieure, une personne qui pourra te regarder de haut de à qui tu seras redevable. Quelqu’un qui se sentira obligé de donner des leçons et qui pensera en avoir la légitimité. Voilà un des plus grands paradoxes de ta vie : tu n’as pas été dotée de ce qu’il faut pour résoudre tes problèmes seule, mais tu n’as pas non plus reçu cette chose abstraite qui t’aurait permis de supporter celui qui t’aiderait.
Que tu le veuilles ou non, et tu peux affirmer avec certitude que tu ne le veux pas, tu te fais aider en permanence. C’est comme ça, et même pour l’accepter tu as besoin d’aide. Tu te sens comme une enfant incapable ; comme ce petit bouquetin maladroit et destiné à la médiocrité. La question est d’autant plus cruelle que tu as fini par te la poser toi-même : et si elle avait raison ? Et tu te détestes pour la faire exister encore et encore dans les recoins sombres de ton esprit. A force que l’on te répète que tu n’es qu’une bonne à rien, tu avais fini par y croire.

Parfois, tu veux pleurer. Tu veux crier ton impuissance à la face d’un monde indifférent. Que tes cris résonnent entre les façades des immeubles au milieu d’un silence maussade. Tu veux voir les oiseaux s’envoler, effrayés, et se poser quelques mètres plus loin dans une rue grise et déserte.
Mais tu ne peux pas crier, tout comme tu ne peux pas vider les rues si facilement. Tout ce que tu as le droit de faire, c’est te taire et intérioriser. Hurler de toutes tes forces en dedans en ne sachant pas si tu dois espérer que l’on t’entende ou pas.

De l’extérieur, rien ne ressort. Tu as appris à cacher ces sentiments qui ne regardent que toi. Tout ce qu’il reste sur ton visage, c’est cet air indifférent, à peine triste, fatigué. Si ça ne tenait qu’à toi, tu ne ferais rien. Tu vivrais avec cette magie jusqu’à ce qu’elle parte d’elle-même, ou non. C’est un prix que tu es prête à payer pour continuer à nourrir cette fierté qui te consume, parce que sans ta fierté tu n’es rien ; seulement un grain de poussière désolé dans l’univers, qui finira par quitter la lumière sans que personne ne le remarque. Seulement, les choses ne tiennent pas qu’à toi. Anaïs a toute une vie elle aussi, elle est destinée à être quelqu’un de bien. Elle est déjà quelqu’un de bien.
Tu soupires alors qu’elle repose la boîte et énonce ses conclusions à haute voix. Tu relèves doucement les yeux vers elle, essayant piètrement d’imiter la compassion que tu vois si souvent dans son regard. Ça doit être bizarre sur toi, tes yeux de vase soulignés de cernes violettes ne sont pas faits pour ce genre de sentiments. Tu ferais mieux de vite arrêter ça.

Perdue dans tes pensées, sans doute en train de crier en face d’un mur que tu as toi-même dressé, tu mets quelques secondes avant de réaliser que ton amie t’a demandé quelque chose.

- Mh ?

Il te faut un instant avant que ton cerveau ne rappelle à ta conscience les derniers mots de la jeune femme, entendus mais pas écoutés. Lui montrer ton dos ? Tu acquisses en silence, et tu commences à te tourner, contorsionnant ton bras pour pointer à l’endroit auquel, étrangement, tu te souviens avoir eu mal. La peau d’une pâleur presque inquiétante de ton doigt ressort sur le tissu noir de ton col roulé. Un instant de silence, et tu comprends ce qu’elle voulait dire. Elle veut voir *ton dos*.
Le déclic.
C’est un non, aussi catégorique que l’on puisse les faire. L’espace d’un instant, une fraction de seconde à peine, une expression terrifiée imprègne ton visage heureusement à moitié dissimulé par ton épaule. Tout à coup, tu ne cries plus. Tu cherches à te faire petite, toute petite, pour espérer échapper à la surveillance du monstre qui vient de se réveiller.
De tous ceux qui habitent ton esprit chaotique, il est de loin des plus terribles. Il n’a ni corps, ni visage, ni voix. Il n’est qu’une masse sombre et silencieuse dont l’existence seule suffit à provoquer une panique que tu n’as jamais encore réussi à calmer. Instinctivement, tu croises les bras devant ta poitrine, et tu sembles te fermer tout entière. Tu fuis ses yeux, coûte que coûte. Tu balbuties. Tu luttes pour ne pas te noyer devant elle.

- Je peux pas faire ça.

Dans une tentative désespérée de faire croire à l’étudiante que c’est une réaction tout à fait normale, tu tentes de lui sourire. Pendant une seconde, ton visage voit apparaître un rictus pathétique, criant bien plus que mille mots toute la mesure de ton angoisse. Nerveusement, tu secoues la tête de gauche à droite, restant encore dos à elle. Dans un instant de bravoure que seule toi saura reconnaître, tu croises finalement son regard une demie seconde à peine, puis tu secoues à nouveau la tête. Même si c’est Anaïs, même si elle t’a tant aidée, tu ne peux pas faire ça. Tu ne *peux* pas.

- Je suis désolée, mais c’est pas possible.

Ton pouls accélère, ta respiration s’affole. Elle va s’imaginer des choses. Mais c’est toujours mieux que de lui dévoiler ta peau nue. Tout est mieux que ça. Tu parles de plus en plus vite, la panique s’empare de toi, inévitablement.

- Je te jure, j’ai rien à te cacher, je te le promets, sur tout ce que tu voudras. Mais je peux pas faire ça, je suis vraiment désolée.

Ce n’est pas une question de confiance. Ce n’est même pas question d’elle. Peu importe qui aurait été à sa place, tu aurais eu la même envie de la mettre dehors et de t’enfermer dans ta chambre pour recouvrer ton calme. En vérité, toute la confiance que tu lui accordes se matérialise là : tu ne l’as pas encore mise dehors.




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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
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*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Jeu 18 Aoû - 3:20 (#)


Il est évident que rien ne va. Je n’ai jamais su lire entre les lignes ou à travers les masques que les gens apposent sur leurs visages, pas plus que je ne sais en créer un moi-même. Jouer l’indifférence n’a jamais été quelque chose qui me convenait et je sais que mon regard me trahit bien trop vite quand j’essaie de montrer une autre émotion que celle que je ressens au fond de moi. Tout ce que je ressens doit se lire sur mon visage, dans les mouvements de mes doigts et la position générale que j’ai. Je ne suis pas psy, mais j’imagine que ça aussi, ça a été étudié. Alors en voyant Heidi offrir un air neutre malgré un regard compatissant, je ne peux m’empêcher de me demander s’il n’y a pas quelque chose d’autre d’enfoui, profondément. Je sais pourtant que me poser silencieusement la question ne m’apportera rien, mais la dire à voix haute me fait risquer plus que le silence qui s’est installé. C’est comme ça. Je suis habituée maintenant.

Parfois, interagir avec Heidi revient à mettre des gants rembourrés. Pas parce qu’elle est fragile, mais parce que poser la mauvaise question, aborder le mauvais sujet la bloque ou l’inquiète suffisamment pour couper toute conversation et transformer un moment calme en de faux sourires et l’inévitable départ prématuré. Avec n’importe qui d’autres, j’aurai pressé et tout aurait fini par sortir, mais pas avec elle. Il y a quelque chose que je n’explique pas, un pressentiment peut-être, qui m’empêche de presser un sujet fâcheux pour elle. Je me souviens trop bien de ce moment où son masque a éclaté et imaginer en être la cause m’angoisse. Alors je retiens mes questions ou remarques tout en sachant pertinemment qu’elle sait que je le fais. Si elle n’aborde pas le sujet, moi non plus.

Alors en demandant simplement à voir son dos, je ne m’attendais à rien de particulier. Simplement observer sa peau quelques instants, vérifier la présence ou l’absence de cette marque et trouver ensuite une solution à ce problème. Je tends la main vers elle lorsqu’elle se tourne d’un air absent, avant de fixer son visage face à son refus soudain, ses yeux fuyants et son corps recroquevillé comme si je lui avais fait du mal. Je rétracte ma main, décontenancée par sa réaction, inquiète des raisons qui pourraient en être à l’origine. Elle panique, s’excuse, se justifie presque, offrant une tentative de sourire forcé qui n’a rien de naturel et qui m’inquiète encore davantage. Qu’est-il en train de se passer ?

- Ce n’est rien. Je vais pas te forcer.

Qui, en la voyant ainsi, voudrait la forcer, de toute façon ? Plus encore que sa détresse lors de cette fameuse nuit après sa rencontre avec cette cousine dont elle m’a brièvement parlé, il y a une peur, une angoisse qui fait naître tout un flot de questions qui resteront sans réponse. Je peux ressentir les battements de son cœur alors même qu’on ne se touche pas et j’entends sa respiration saccadée, angoissée. Avec n’importe qui, j’aurai tendu la main, l’aurais prise dans mes bras. Mais pas avec Heidi. Je commence à entrevoir quelque chose à présent, une explication qui me glace le sang et me fait espérer sincèrement que je me trompe. Elle ne veut pas qu’on la touche, qu’on la voit même. Toutes ses affaires sombres aux cols roulés qui m’ont toujours paru complètement en désaccord avec les températures régionales. Difficile de ne pas voir un lien et une explication que j’espère être fausse…

- Excuse-moi Heidi, je pensais pas que ça t’angoisserait comme ça.

Je fait est que je ne peux pas prévoir ce genre de choses. Il y a trop de non-dits, trop d’incertitude sur beaucoup de points. En y réfléchissant bien, cela semble évident, après coup, que cacher son corps est quelque chose à laquelle elle tient, jamais je n’y avais véritablement pensé. Pour moi, Heidi avait juste son style à elle et une aversion particulièrement prononcée pour le soleil ou le regard d’autrui, voilà tout. J’aurai dû me dire que cela cachait autre chose, même si elle n’en a jamais parlé. Je ne peux pas la blâmer pour ça, moi non plus je ne lui ai jamais parlé des cicatrices que je porte sur le bas du dos.

- Heidi, je…

C’est une idée de merde, parce que ça ne va sûrement pas la rassurer ou la faire se sentir mieux. Alors pourquoi cette idée, soudainement ?
Parce que je lui fais confiance et que je veux qu’elle le sache. Parce qu’il est temps qu’elle soit au courant. Parce que je m suis promis que ça n’affecterait plus ma vie et que je pourrais vivre en acceptant que ma peau soit marquée à vie par l’horreur, la douleur et la peur qui m’ont traversé ce jour-là.

- Je suis désolée, mais il faut qu’on sache, alors…

Une profonde inspiration et j’essaie de lui sourire, d’oublier que je m’apprête à lui montrer ça.

- Regarde sur mon dos, okay ? Dis-moi si ça ressemble à la marque, prends une photo, tout ce qu’il faut pour qu'on comprenne. Enfin si c’est là.

Sans attendre une confirmation de sa part, je me tourne. Si j’hésite, si j’attends, je sais que je n’arriverais pas à le faire. Malgré mes mains qui tremblent et mon cœur qui s’est accéléré alors que je fais tout pour rester calme, je soulève mon haut, dévoilant mon dos en espérant sincèrement qu’elle ne fasse pas de commentaires, qu’elle se contente de voir la marque et qu’on trouve une solution à ce problème. Une part de moi aimerait qu’elle en parle, qu’on en vienne à en discuter, mais je sais que ce n’est pas le moment et que je n’y arriverais pas tout de suite. Ou peut-être que j’y arriverais…  J’inspire lentement, une fois de plus, me détestant encore un peu de ne pas savoir gérer ça malgré tout le temps qui a passé et tout le soutien que j’ai pu avoir à sujet. Il aurait fallu que ça sorte un jour, ne serait-ce que pour être honnête avec elle. Peut-être que j’ai tort d’aborder ça maintenant, surtout de cette manière aussi lâche. Mais c’est trop tard, de toute façon.
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Lun 22 Aoû - 16:44 (#)



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T
u n’es pas comme tout le monde, tu le sais. Tu ne le dis pas pour t’encenser ou te plaindre, c ’est simplement une réalité, aussi tangible que la couleur du ciel ou le parfum de l’herbe fraîchement tondue. Tu respires le même air, bois la même eau et saigne tout aussi rouge que n’importe quel autre être humain, mais ta différence ne se joue pas là. Elle réside dans tes pensées, ton comportement. Comme une petite voiture dont on tournerait la dynamo et dont on attendrait qu’elle fuse tout droit comme les autres pour en réalité la voir prendre des virages chaotiques et imprévisibles et finir par rentrer dans la plinthe du mur de sa chambre. Est-ce qu’elle est cassée ? Elle avance quand même, à sa manière. Est-ce que ça vaudrait le coup de tenter de regarder à l’intérieur pour comprendre pourquoi elle ne file pas comme les autres ? Est-elle au moins réparable ?
La petite voiture se pose aussi toutes ces questions. Une partie d’elle aimerait pouvoir être comme les autres, qu’on la répare pour qu’elle puisse rouler comme elle a été conçue pour le faire. Une autre partie a peur de ça, elle se dit qu’une fois réparée, il serait plus facile de l’oublier au fond du coffre à jouets.

Anaïs ne s’attendait pas à ce que tu réagisses de cette manière. Tu ne t’attendais pas non plus à sa question, voilà qui fait un point partout. Pourtant, tu la sens venir.
Pas ça. Pas cette sensation. Pas cette intuition cruelle que tu vas devoir t’expliquer qui remue tes entrailles.

Tu sais exactement quoi lui dire. Tu te souviens dans les moindres détails des regards qui t’ont transpercée en arrivant à l’école ce matin-là. Méchants, moqueurs, dégoûtés. Tu te souviens avec une douloureuse précision de l’incompréhension que tu as ressentie alors que tu étais habituée à seulement l’indifférence et la méfiance. Les rires étouffés alors que tu remontais l’allée des casiers, le halo de silence que tu rayonnais malgré toi, et les autres gosses s’écartant de toi comme d’une pestiférée. Les messes basses que tu laissais dans ton sillon et la sensation si oppressante de ne pas pouvoir te cacher.
L’envie de fuir. Sentir les larmes refuser de couler tant que tu n’es pas seule et devoir retenir tes supplications. A cet âge déjà tu avais compris que leur demander d’arrêter n’allait que les encourager à continuer.
Tu as compris un peu plus tard de quoi il s’agissait : ils te déshabillaient du regard, presque littéralement. Ils voyaient ta peau sous tes vêtements, piétinaient ta pudeur d’adolescente comme si elle ne méritait pas qu’on la respecte. On t’a fait te sentir sale, et tu t’es sentie sale.
Et tu n’as pas envie d’en parler. Pas envie de revivre ces moments, ces jours, ces semaines à être *la fille de la vidéo*. Les souvenirs sont clairs, bien trop clairs, et encore bien trop vifs. Tu apprécies Anaïs, et encore plus lorsqu’elle ne pose pas de questions. Pourtant, tu détestes cet air désolé que tu crées sur son visage et encore plus le fait de choisir de ne pas répondre aux interrogations que tu soulèves, mais tu n’es pas assez forte. Tu n’as pas le courage que tu lui dois.

Et alors que tu t’es vue attirée dans cet abyme à nouveau contre ton gré, c’est ton amie que finit par enfin vous faire changer de cap. Selon sa théorie, ce qui se trouve sur ton dos devrait aussi se trouver sur le sien, alors elle te le montre. Pour une raison que tu vas bientôt découvrir, elle aussi semble angoissée. Tu as pu le lire sur son visage à un moment où ton regard fuyant a essayé de trouver la force de le croiser. Encore incapable d’articuler le moindre mot sans que ta voix ne chevrote lamentablement, tu te contentes de hocher la tête alors que tes yeux se portent sur la peau laiteuse du dos d’Anaïs. En silence, ils le passent en revue ; tu aimerais dire à l’affût du moindre détail, mais ce que tu y vois ne relève se range pas sous ce terme.
Constellée de quelques grains de beauté, en plein milieu : la marque que tu t’attendais à voir. En dessous, les stigmates d’un passé que tu ne lui connais pas, et rien qu’à les voir tu devines la douleur qu’elles ont dû causer, et sans doute causer encore aujourd’hui. Un accident ne ressemble pas à cela.
Tu restes interdite un moment, ne sachant pas quoi dire. Tu viens à peine d’éviter une crise d’angoisse sous ses yeux, et tu n’étais pas prête à devoir invoquer un tact quasi-inexistant à cet instant. L’urgence de devoir briser le silence finit par se faire trop importante, et tu lâches quelques mots résignés.

- Il y a une marque. Enfin, *la* marque.

Tu ignores totalement ses cicatrices. Tu devines aussi qu’elle ne te les aurait pas montrées si tu lui avais laissé le choix, et tout comme elle l’a fait pour toi, tu veux au moins lui laisser celui d’aborder le sujet ou non.
Tu hésites un instant sur quoi faire. Elle t’a demandé de prendre une photo, alors tu sors ton téléphone de ta poche. Seulement, tu sais déjà que tu ne veux pas qu’elles apparaissent dessus, alors tu trouves un autre moyen de lui montrer où elle se situe. Avec une précaution extrême, tu approches ta main, et du bout de l’index, tu effleures la croix au milieu de son dos.

- … juste là.

Finalement tu prends la photo et lui tends ton téléphone pour qu’elle puisse l’observer à son tour. C’est la même forme que sur la boîte à bijoux, et que sur ton visage tout à l’heure. La coïncidence est impossible à envisager.
Une nouvelle hésitation pendant que l’étudiante examine le cliché.

- Je peux.. aller voir dans la salle de bain si j’ai la même chose.

Sans vraiment attendre sa réponse, tu te lèves et te diriges vers la pièce abritant ton seul miroir. Une fois là-bas, tu prends le temps de souffler quelques secondes. Tu te rinces le visage et tu finis par te tourner et soulever le tissu noir de ton haut avec appréhension. Forcément, toi aussi tu l’as. La marque elle là, au milieu des nombreuses petites cicatrices et de ce qui a été à une époque une véritable mer de de bleus. Comment aurais-tu pu y échapper ? Tu soupires longuement, réprimant en même temps l’envie de hurler et frapper quelque chose de toutes des forces pour extérioriser ta crispation.
Lorsque tu reviens enfin, tu t’adosses au mur de ton salon, à quelques mètres de la jeune femme, et tu hausses les épaules.

- Je l’ai aussi.

Ça ne t’avance pas beaucoup plus, mais tu espères qu’elle si. Tu ne vois pas ce que ça peut changer, mais sans doute qu’elle si. C’est elle la magicienne.
Et puis, tu pousses un nouveau long soupir, discret. Cette foutue sensation va te forcer à faire un commentaire alors que tu ne voudrais surtout pas.

- J’aime pas qu’on voie ma peau, ça a rien à voir avec toi. J’ai pas envie d’en parler.

Tu marques une pause, profitant un instant du silence pour t’en abreuver.

- C’est pas grave de pas avoir envie de parler. Ca veut juste dire qu'on a pas envie.




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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Thème : "Your Name" by Chiai Fujikawa
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Sam 27 Aoû - 2:31 (#)


Ce n’est pas de cette façon que j’aurai aimé qu’elle apprenne tout ça. Dans ma tête, je venais à lui en parler parce que j’en avais ressenti le besoin. Le besoin qu’elle connaisse cette partie de ma vie et qu’elle comprenne peut-être un peu mieux certaines choses et l’encourage à me faire confiance et à s’ouvrir sur sa propre histoire. Rien de forcé ou de balancer au visage sans préparation, mais une discussion à laquelle j’aurai été préparée et que j’aurai amené avec bien plus de douceur et de tact que ce que je viens de faire. Chaque seconde de silence qui suit le moment fatidique où j’ai senti son regard sur mon dos me semble être une éternité angoissante. Et si c’était trop ? Et si elle ne voulait pas gérer ce genre de choses ? Et si elle était soudainement dégoûtée ? Plein de questions que j’espérai ne plus jamais me poser et qui refont surface soudainement alors que j’espérais les avoir enterrées à tout jamais.

Tout ça à cause d’un événement imprévu, aléatoire qui demandait réponses et actions urgentes. Sacrifier cette conversation au profit d’une information capitale me semblait un bien maigre prix à payer. Quitte à régler un problème, autant régler un autre, me suis-je dit. Mais c’est trop. Je pensais en être capable, mais une fois le devant l’inéluctable, je fais marche arrière. Je reste immobile, le regard pointé vers le sol, mes doigts triturant mes ongles en attendant qu’Heidi dise quelque chose, n’importe quoi pour briser le silence qui m’angoisse bien plus que ne l’aurait fait un rejet ou un dégoût immédiat. Je pensais avoir surmonté ça, mais devant le fait accompli, force est de constater que j’en suis loin, vraiment loin. Ce n’est pas aussi facile que ça l’aurait été de simplement lui en parler sans avoir à lui montrer quoi que ce soit.

Finalement, le soulagement d’entendre sa voix parfaitement neutre m’envahit et je soupire, reprenant ma respiration que j’avais bloquée sans m’en rendre compte. Je n’arrive à me décider sur ce que je préfère. Qu’elle n’en fasse pas mention du tout, ou qu’elle en parle ouvertement comme si cela ne la dérangeait pas. Elle parle de la marque, celle qui a déclenché tout ça, mais nul doute sur le fait qu’elle a vu le reste. Difficile de ne pas les voir, à vrai dire, mais elle semble tout faire pour ne pas les mentionner, alors je fais e même. Ne pas en parler, ne pas y penser même, voilà ce qui semble être la bonne chose à faire à présent. Tendue, je sursaute un peu à la sensation de son doigt qui effleure l’endroit où se trouve la marque avant de me reprendre et de récupérer le téléphone sur lequel on voit clairement la croix noire qui marque bien le lien qui me lie au sort qui est sans doute à l’origine de tout ça. Aucune trace de mes cicatrices sur la photo, elle a cadré pile pour que rien n’y apparaisse.

- Merci Heidi.

Autant pour la photo que pour la façon dont elle réagit à tout ça. Elle aurait pu piquer une crise, s’énerver ou s’effondrer, mais sa façon stoïque de réagir à quelque chose de rassurant. Une façade qu’elle se donne sans doute, je ne suis pas idiote, mais, égoïstement, je préfère qu’elle réagisse comme ça, au final. C’est à peine si je l’entends se lever et s’enfermer dans la salle de bain sous le prétexte de vérifier elle aussi si elle porte la marque. Je n’ai guère de doute sur le fait qu’elle ait l’exacte réplique que celle que j’ai. Je finis par faire redescendre mon haut et cacher ma peau avant de fermer les yeux et m’appliquer à lentement respirer comme me l’a apps Daphné. Juste de quoi rester calme et aux commandes. Pas de larmes, pas de pleurs, juste une angoisse que je stabilise et un cœur battant un peu trop vite. Tout va bien.

Lorsqu’Heidi sort de la salle de bain, je me suis déjà retournée, le téléphone posé devant moi et les mains finalement immobiles sur mes jambes croisées. Je ne voulais pas qu’elle me voit angoissée comme ça alors qu’elle semble tout aussi stressée. J’inspire doucement et reprend le fil de ce qu’il se passe, l’entendant annoncer ce que je savais déjà.

- Je vois. Je m’en doutais un peu, mais merci d’avoir vérifié.

Je me féliciterai presque de parvenir à parler sans aucun trémolo dans la voix, mais je n’étais pas préparée aux quelques mots qu’elle m’adresse ensuite. Je l’observe, attendant qu’elle en dise plus, peut-être, pour finalement comprendre que c’est définitif, du moins pour aujourd’hui. Elle ne veut pas en parler et je n’ai pas à le faire non plus, voilà ce qu’elle m’annonce. J’inspire lentement, expire, avant de prendre mon téléphone et de le ranger dans mon sac posé juste à côté.

- Je suis désolée Heidi, je n’aurais pas dû. J’avais prévu de t’en parler un jour, mais juste… pas comme ça. Je voudrais... Je peux pas… Désolée.

Un nouveau soupir, encore plus long cette fois, comme pour évacuer tout ce qui reste de non-dits entre nous sans avoir à prononcer le moindre mot. Ou comment lâchement choisir la solution de facilité.

- Je vais me renseigner auprès de ma mentore et de quelques connaissances, peut-être qu’eux sauront d’où cette marque vient et sa signification ou sauront m’aiguiller vers quelqu’un qui saurait. Je n’ai pour le moment pas vraiment d’autres solutions en tête.

Je n’étais pas spécialement emballée à l’idée d’avertir Daphné à propos de tout ça. Je peux déjà imaginer son regard déçu quand je vais lui annoncer la nouvelle. Je ne sais pas si j’ai fait les bonnes choses ou non, mais je ne vois simplement pas comment gérer la situation autrement. Elle sera la seule au courant en plus d’Heidi et moi et j’espère que cela va suffire à régler définitivement le problème.

- Quand on aura régler ce problème je….

Je prends une profonde inspiration. Il allait bien falloir que ça sorte un jour ou l’autre, mais je veux savoir si elle est prête à m’entendre à ce sujet. J’ai l’espoir que oui, mais je comprendrai qu’elle ne veuille pas qu’on en parle du tout. Je n’ai pas envie de forcer quoi que ce soit à ce sujet, bien au contraire.

- Je pourrai t’en parler. J’ai confiance en toi Heidi et c’est pour ça que j’ai pris cette décision tout à l’heure. J’aurais dû te prévenir, mais sur le coup je n’ai pas réfléchi comme il fallait. Mais je ne veux pas forcer cette conversation ni t’obliger à faire de même alors… si un jour tu veux en parler, je serai là.

Je ne comprends pas pourquoi c’est si dur de sortir ces simples mots alors que je n’ai même pas effleuré ce qui m’angoisse réellement. Peut-être que je crains encore que les choses tournent mal, finalement.
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NE M'OUBLIE PAS

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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
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≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Sam 3 Sep - 2:38 (#)



Out of our own
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P
ourquoi est-ce que la parole est aussi plébiscitée alors que le silence est souvent aussi, si ce n’est plus efficace ? Tu peux parfaitement lire le regret sur dans ses yeux, la tristesse sur son visage, l’abîme profond auquel elle tente d’échapper. Elle n’a pas besoin de mettre de mots sur ses sentiments, pas besoin de formuler d’excuses ou quoi que ce soit d’autre du genre. Toi peut-être mieux que quiconque, tu es capable de comprendre ce que c’est de ne pas être prête à parler. Mieux que quiconque, tu sais à quel point un environnement chaleureux et bienveillant est nécessaire pour réussir à libérer de telles confessions. Mieux que quiconque, tu sais que tu es incapable de fournir cet espace molletonné dans lequel elle pourrait se sentir à l’abri de tout ce qui pourrait lui faire du mal.
Tu ne vas pas reprocher à Anaïs de trop parler, même si dans des moments plus légers tu aimerais le faire. Cependant, tu ne réponds pas à ses excuses avec des mots. Simplement un regard concerné, sincère, un léger hochement de tête compréhensif.
Que dire, de toutes façons ? Que ce n’est pas grave ? Qu’elle ne devrait pas être désolée ? Que tu ne lui en veux pas ? C’est tellement évident pour toi, mais pour elle ? Tu n’y penses pas, peut-être le feras-tu plus tard dans un accès d’abnégation. Peut-être qu’elle aurait aimé entendre tout ça, ça l’aurait peut-être rassurée. A ton plus grand désarroi, tu ne la connais pas assez pour le savoir ; tu es obligée de prendre ton propre exemple pour décider, et il semble évident qu’il s’agit d’une mauvaise idée. Malheureusement, c’est la seule que tu as pendant l’instant qui compte.

Peut-être un contact physique ? Une tape sur l’épaule ? Prendre doucement sa main, ou la prendre dans tes bras ? Oh, l’idée est séduisante, ce serait comme dans les films et les livres, les héros font souvent ça, et c’est d’ailleurs de là que tu tiens la plupart de ton maigre savoir à propos de l’amitié. Le problème, aussi simple soit-il, est cependant de taille : tu es incapable de tout cela. Le seul fait d’y penser te paralyse et te laisse complètement abasourdie, l’esprit enfumé par des raisonnements douteux et des conclusions encore plus douteuses.

Finalement, elle change de sujet pour revenir au principal : cette espèce de malédiction qui vous est tombée dessus comme un cheveu sur la soupe. Amusant – façon de parler – comme ce problème est devenu secondaire et accessoire devant l’autre. Pas tant ses cicatrices, et les tiennes, autant physiques que psychologiques, mais surtout cette barrière intangible qui semble vous séparer et vous empêcher de vous entendre parfaitement.
Anaïs mentionne sa mentore, quelques autres personnes compétentes ; toujours plus que toi, c’est certain. Ça te convient. Après tout, tant que tu n’as pas à montrer ton dos à ces personnes, ni à leur parler, ni à les rencontrer, elle peut bien faire ce qu’elle veut. Tu en parleras à te mentore aussi, sait-on jamais, elle peut avoir quelques informations utiles disséminées dans les innombrables ouvrages anciens et occultes qu’elle conserve avec soin dans les bibliothèques du manoir.
Voilà qui conclut cette séance d’investigation, alors ? Qu’y aurait-il de plus à dire, vous avez fait le tour de votre ignorance et de toutes – maigres – déduction que vous pouviez tirer des – tout aussi maigres – éléments que vous aviez à votre disposition. Un problème d’ordre magique peut sans doute être réglé par la magie et ça n’est pas de ton ressort, tu dois l’accepter. Un problème d’ordre humain cependant, doit être réglé par l’humanité, et tu te sens bien plus concernée par cet aspect des choses.

Il est question de confiance, de regrets, d’hypothèses et de conditionnel. Beaucoup de notions abstraites pour un esprit aussi bizarrement terre à terre que le tien. Tu hoches la tête à nouveau, comme tu le fais depuis qu’elle a repris la parole. Après quelques longues secondes de silence comme à ton habitude, tu reprends finalement la parole de ta voix douce et à peine enrouée que l’on croirait incapable de sortir de ta bouche acerbe.

- Personne ne garde ses secrets par plaisir.

Et voilà que tu commences à philosopher. Ca ne te va pas, arrête ça tout de suite.

- Je veux dire, j’aimerais bien pouvoir partager mes souvenirs avec quelqu’un en une fraction de seconde pour pas avoir à trouver les mots pour les raconter, mais c’est pas possible.

Tu prends de plus en plus de temps entre tes phrases, pesant chaque syllabe avec soin pour compenser ta maladresse. Tu as vraiment envie qu’elle comprenne où tu veux en venir, même si c’est peut-être déjà le cas.

- Je vais voir un psy, tu sais. J’ai reçu un sacré paquet de coups dans ma vie, mais y’en a aucun qui m’a fait plus mal que de devoir trouver les mots pour lui raconter mes souvenirs. Fin, tout ça pour dire…

Tu soupires, ou prends une grande inspiration, c’est ambigu. Il y a des séances durant lesquelles tu restes entièrement muette, à moitié allongée sur la banquette du cabinet, à chercher en toi la force d’encaisser une deuxième fois. Parfois, tu n’y arrives pas, et tu as appris à l’accepter. C’est important pour toi, et tu tires une réelle fierté de ta capacité nouvelle à accepter.

- On a toutes les deux vécu des merdes pas faciles, quoi, des trucs qu’on pourra pas oublier. C’est plus une question de confiance entre nous, je te fais vraiment confiance. C’est une question de… mpf, fin… de se donner le temps dont on a vraiment besoin. Nous-même.

CODAGE PAR JFB / Contry.
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