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Don't you ever tame your demons... • Victoria

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Don't you ever tame your demons... • Victoria 1E5CfUE Don't you ever tame your demons... • Victoria AoZyjkn Don't you ever tame your demons... • Victoria BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

Don't you ever tame your demons... • Victoria KOVXegv Don't you ever tame your demons... • Victoria WZKlL7H Don't you ever tame your demons... • Victoria J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
Don't you ever tame your demons... • Victoria KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

Don't you ever tame your demons... • Victoria ZfHtADc Don't you ever tame your demons... • Victoria Jq60QrG Don't you ever tame your demons... • Victoria MaP8TbX

"Before I die alone."

Don't you ever tame your demons... • Victoria GIeraGW
Pseudo : Nero
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Ven 22 Avr 2022 - 7:51 (#)


... but always keep 'em on a leash.
3 juin 2021.
713 Ann Street, New Orleans.
19h19.


Les crissements de la mine sur le papier n’en finissaient pas de répondre au crépitement des flammes contre la panse d’un chaudron de petite taille. La chaleur était étouffante. Dehors, près d’une trentaine de degrés plombaient les premiers jours du mois. Seules quelques poches nuageuses permettaient aux habitants comme aux touristes de ne pas sentir leur peau rôtir devant l’ardeur des rayons. Quant à lui, son front luisait à peine, habitué aux températures intolérables de la Nouvelle-Orléans, et baignant depuis plusieurs heures dans la moiteur étrangement agréable autour de lui.

Six mois maintenant, que le sorcier ne cessait de multiplier les allées et venues entre Shreveport et la ville de ses rêves. Six mois qu’il vivait en apnée à l’ouest, pour mieux retourner respirer tout son saoul à l’est. Six mois qu’il avait instamment demandé à Circé de reprendre sérieusement en main la coordination triangulaire des trois antennes de l’Irae. Ce n’était pas le travail qui manquait. Il avait fallu une quantité infinie de patience, de négociations, de projections vers l’avenir et ainsi donc de réflexion, pour que chacun, peu à peu, reprenne confiance en une organisation nouvelle, et construite sur un véritable dessein. Il avait fallu tisser de nouveaux liens. Faire connaissance. Depuis un an maintenant qu’il s’était pleinement familiarisé avec les arcanistes de Bâton-Rouge, il avait ainsi pu librement consacrer son temps à la découverte des fortunés concitoyens d’Alan, agréablement surpris par leur état d’esprit foncièrement différent.
Sa « désertion » temporaire l’avait, de prime abord, rendu coupable, comme épris d’un sentiment de défection. Une foule d’arguments l’avaient heureusement aidé à maintenir le cap de sa décision irrévocable. C’était en premier lieu une charge de travail dont la fatigue qui en découlait le plongeait dans un état vivifiant. C’était la route connue par cœur, par laquelle on charriait les nouvelles plus sûrement que n’importe quel outil technologique (retrouver le contact, les palabres en face à face). C’était respirer l’air du Golfe du Mexique. C’était mettre une distance vitale avec tout ce qui lui avait pesé lourd à Shreveport. C’était aussi la conviction de ne pas rester les bras ballants. C’était agir, en somme. Il modulait son emploi du temps en fonction des besoins des autres, mais aussi des siens. Il n’avait jamais cessé d’oeuvrer, de gérer son commerce, même à distance. Il n’avait jamais autant communiqué avec ses frères et sœurs de magie. La volonté d’avancer, ce besoin d’apprendre, de découvrir, de pratiquer, de poursuivre ses expérimentations… comme autant de carburants qui, ajoutés à quelques précieuses heures de sommeil et les séjours multipliés à New Orleans, étaient tout ce dont il avait besoin pour ne plus ressasser ce qui lui avait rongé les sangs pendant des années. Rarement il avait éprouvé un sentiment d’évolution pareil.

Dehors, le vent commençait à se lever. De puissantes bourrasques, provenant de Jackson Square et, avant cela, du Mississippi aux flots agités, se faufilaient partout où elles le pouvaient : se répandant sur Decatur Street, Madison, Saint Peter, et enfin Saint Ann Street. Rien d’inquiétant. Rien de commun avec les tempêtes qu’il avait pu connaître à Shreveport. Rien de similaire à ne serait-ce que l’ombre des rafales de Katrina. Parfois, le sifflement de l’air se faisait plus teigneux et parvenait jusqu’à ses oreilles, bien plus persistant que la rumeur des quidams qui se pâmaient d’admiration pour le French Quarter, et dont il n’entendait qu’à peine le bourdonnement ténu des conversations.

Dans son dos, une cour intérieure comme il en existait des milliers dans la cité. Le fer forgé en guise d’enceinte, une petite table et quelques chaises du même acabit, quelques plantes, fleurs, colliers typiques agrémentant les branches des arbres. Une ode à la paix, à la fête, aux soirées intimes auprès des lumignons qui brûlaient jour et nuit, sans discontinuer.
Devant lui, un mur troué de deux grandes ouvertures dont les battants n’existaient pas, donnant sur un petit salon décoré à la mode orléanaise. Il remua légèrement sur le siège grinçant, et achevait tout juste de consigner ses notes brouillonnes qu’Halina entra dans la bâtisse, poussant la porte grillagée toute peinte d’un vert couleur de pousse tendre. Le souffle à son passage porta jusqu’aux narines d’Eoghan un parfum de rose doux, et le chant puissant de ses talons bleus sur le parquet vint aussitôt troubler l’atmosphère studieuse du rez-de-chaussée. Depuis l’extérieur, personne n’aurait pu se douter que la grande « maison » d’un étage, soutenue par des piliers fins d’une teinte similaire à l’entrée, servait de quartier général pour les membres de l’Irae de passage dans la région. Bien entretenue, disposant de plusieurs chambres et d’une pièce à vivre acceptable, la cuisine servait également de laboratoire pour tout pratiquant se résignant bien volontiers à faire exception du confort de son propre espace de travail. Eoghan ne s’en était pas privé, songea Halina Meyer.  

« J'te croyais sorti. »

Ses cheveux foisonnaient de boucles dessinées, tombant jusqu’au bas de ses omoplates. Ses iris aux nuances noisette brillaient d’or chaque fois que la lumière s’y reflétait, conférant à son visage au menton dessiné, aux traits fins et pourvu d’un nez presque aquilin, une aura mystique qui ne dénotait clairement pas avec sa nature. Sorcière au rouge prononcé, elle était l’une des dernières recrues en date de l’Irae. Ses grandes connaissances en matière de théologie pouvaient la promettre au rang de maîtresse de cérémonie, voire de prêtresse, si sa fidélité et son implication dans la secte se confirmaient. Pour l’heure, elle n’était que novice. Elle avait trouvé sa place parmi eux avec une facilité déconcertante, et quelque chose lui disait que le doigté bienveillant d’Alan n’y était pas pour rien. Elle s’approcha.

« Qu’est-ce que tu fais ? » Il saisit la bière ouverte posée sur la table près de lui, et engloutit d’une dernière rasade ce qu’il en restait. « Rien d’extraordinaire. Je bricole. » Elle pencha la tête sur le côté, marquant ainsi sa perspicacité mutine. Il ne lui en voulait pas. Malgré son côté un brin familier, elle avait l’art de savoir rester à sa place, et ne lui avait jamais témoigné autre chose que du respect et un intérêt semblant sincère. Elle était bien plus fine, bien plus nuancée que ce qu’il avait pu capter d’elle une fois ou deux, lorsqu’elle ne se savait pas observée. Elle tira doucement sur les pans du chemisier un peu rêche qu’elle portait, avant de glisser plus ou moins élégamment ses mains dans les poches arrière de son jean. Ce n’était pas la première fois qu’il remarquait le mélange de grâce et de force qui habitait chacun de ses gestes. Halina était une jolie fille. Sa peau blême, ses dents bien alignées et l’intelligence qu’elle dégageait ne laissaient personne insensible. Elle respirait une magie saine et puissante. Sage et folle à la fois. Un peu comme la sienne, ne put-il s’empêcher de constater. « Je peux… ? Il est à qui, ce livre ? » D’un petit mouvement de tête, elle désigna les livres et carnets qui traînaient auprès d’Eoghan, et ce dernier ne tarda pas à y consentir tout en ignorant bel et bien qui était le propriétaire de ce qui ressemblait à un grimoire encyclopédique du bestiaire surnaturel. Il l’avait trouvé quelques jours plus tôt, et n’avait pas encore eu le temps de se plonger comme il l’aurait voulu dans une lecture attentive. En attendant, il était resté là. Elle contourna la table pour se poster à ses côtés, et se pencha sur l’ensemble de ce qui traînait çà et là. Elle rassemblait les indices avec un plaisir si évident que le Second se recula contre le dossier de sa chaise, un sourire amusé au coin des lèvres. Elle plissa le nez, visiblement déconcertée par les traces de plantes qu’elle ne parvenait pas à identifier. « Qu’est-ce que c’est ? »
« Balsamine. Dès que tu la touches, les capsules éclatent. Ça libère les graines instantanément. Et après, paf. » Il désigna le chaudron dont la préparation touchait à sa fin. « Et qu’est-ce que tu prépares ? » Il éteignit les feux, mais au moment de lui répondre, Halina avait déjà commencé à feuilleter les pages du plus gros bouquin laissé ouvert. Il reconnut la lueur d’un intérêt manifeste avant même qu’elle n’ait rouvert la bouche. « Oh ! Attention, à celui-là. » Sans comprendre d’abord, il dut attendre qu’elle oblique plus franchement l’ouvrage dans sa direction. Elle tapota du bout d’un ongle cassé le symbole dessiné. « Baalberith. Attention à Baalberith. »

Sa propre curiosité piquée à son tour, son coude s’appuya contre le rebord. Il fut le premier étonné de constater la pluralité des symboles qui, dans toute leur complexité, ne lui avaient rien évoqué de particulier. Aucune légende n’indiquait quoi que ce soit, hormis quelques glyphes indéchiffrables, pour lui. Circonspect, il battit des paupières, pas certain d’avoir saisi de qui elle parlait. « Euh… Attends, Baalberith… ? Comme… Baal ? » Elle afficha une hésitation presque candide, avant que son sourire ne s’étire avec une franchise désarmante. « Non. Pas comme Baal. » Il hocha la tête, lorsqu’il réalisa sa méprise. Alors, il ne pouvait s’agir que d’un imposteur de plus : le nom de Baal n’avait cessé d’être dévoyé, employé tant par les prophètes des grands cultes monothéistes que par les démons, supérieurs comme inférieurs, dissimulant leur identité sous des atours aux racines multiples. Brouillant les pistes. Toute heureuse de pouvoir faire la démonstration de sa passion, Halina Meyer se redressa et prit une longue inspiration. Elle rayonnait, tout en expliquant : « Il a plein de noms, en fait. Béal, Berith… Extéron, Bolfri… Baalberith, c’est le démon des serments. Autrefois, il était pris à témoin, on l’invoquait quand il s’agissait de tenir parole pour quelque chose de sérieux, de c’que j’ai lu. En fait, son nom veut littéralement dire « Seigneur des alliances ». Il est souvent connecté au monde arcaniste, je crois. Mais il faut pas l’écouter, comme beaucoup des siens. C’est un foutu menteur. Il appelle les appétits, tu vois ? L’avidité, la gourmandise… Sous son influence, on en veut toujours plus. Il pousse les possédés à se tourner vers le passé plutôt que vers l’avenir, à négliger le présent, la réalité du quotidien. Il incite au paraître. C’est un putain de vicieux. » Impressionné, Eoghan la regardait bouger les mains, ces dernières ouvertes comme si elles tenaient le livre en équilibre, comme si Halina soupesait la vasque de son exposé. Bien que trahie par son accent prononcé et émaillé d’un langage fleuri qui ne pouvait que lui plaire, il ne lui vint pas à l’idée de l’interrompre. Toute seule, elle poursuivit : « C’est aussi le démon des alchimistes, mais il joue avec eux. Il les trompe par ses mensonges, forcément. Ça leur monte à la tête, leurs désirs de grandeurs, leur orgueil. En fait, c’est toujours un peu la même chose avec les démons, tu trouves pas ? » Surpris de se voir interpellé, il ouvrit la bouche pour finir par bégayer, pris de court : « Euh, bah… oui, je supp… »
« Il tente par le blasphème. Il te pousse au meurtre. Il incite les hommes à tomber dans la colère, à se montrer agressifs. Il provoque la rancune et la vengeance et il révélerait même des choses oubliées ; en clair, il souffle sur les braises, quoi. »  

La sorcière marqua une pause à son tour, comme décontenancée de ce qu’elle venait de professer elle-même. Son regard glissa timidement en direction d’Eoghan. Comme toi. Comme nous. L’Irae était le genre de proie parfaite, pour un démon de ce genre. Trop tard, voilà qu’un autre avait commencé à y étendre son emprise, le premier. Craignant d’avoir gaffé, gênée par le silence éloquent de son frère de magie, elle se racla discrètement la gorge, se maudissant d’avoir tant parlé. Humectant ses lèvres, elle se pencha sur la page et redessina de la pulpe de son index l’emblème retranscrit. « Dans les mythes, il paraît qu’il prend la forme d’un soldat couronné et vêtu de rouge… Son cheval aussi est de la même couleur. Et il porte au doigt un anneau, dont il tire certains pouvoirs particulier. » Elle prit un peu de recul, repoussa une mèche de cheveux bouclés derrière son oreille, et se mordilla la lèvre inférieure, tandis que son vis-à-vis, désormais instruit, lui répondit avec une certaine admiration : « Comment tu sais tout ça… ? » Il n’avait pas l’air en colère. Rassurée, Halina haussa les épaules, sensible au compliment dissimulé derrière l’interrogation. « J’aime bien lire. Et fouiller. Dans cette ville, si on sait où chercher, y’a moyen d’savoir plein de choses sur tout et n’importe quoi. » Assentiment. Elle avait raison. Pour qui consacrait chaque moment opportun pour se faire le chercheur invétéré de l’érudition, peu de limites restaient à abattre, au bout du compte. Il se remit debout, un peu sonné par l’écho de ces révélations, qui avaient légèrement dressé les poils sur ses avant-bras. Il ne s’y faisait pas. Il ne s’y ferait jamais. Il referma le livre, lourdement. Le craquement du cuir de la couverture acheva de sceller sa décision. Il la fixa avec un soupçon d’estime supplémentaire. « Je repars à Shreveport demain. Je ne sais pas encore quand je vais repasser. Alors, si tu as du temps à perdre… » Il poussa le grimoire vers elle, qui ouvrit grand ses prunelles effarées. « Hein ? » Il insista, convaincu. « Alan m’a dit que c’bouquin avait été récupéré il y a seulement quelques mois. Donc si t’as envie d’y jeter un coup d’œil… avec ton avis d’experte, peut-être que ça pourra nous être utile. Autant que quelqu’un d’avisé et d’intéressé s’y colle, non ? » Novice ou pas, ça ne changeait rien pour lui. Il lui semblait d’ailleurs logique que rien n’inciterait davantage un futur membre de l’Irae à s’impliquer corps et âme dans leur clan qu’en le responsabilisant, et en lui donnant l’opportunité de faire ses preuves. D’esquisser les premiers coups de fusain, le croquis de la place ou du rôle qu’il endosserait plus tard. Halina ne se déroba pas. Elle accepta manifestement, et sa paume se posa sur la couverture, implicitement. « Merci. » Une légère moue lui indiqua qu’elle n’avait pas à le remercier. L'inverse, en revanche, serait probablement vrai d'ici peu. D’un geste expert, il extirpa du chaudron encore brûlant le lacet au bout duquel pendait un talisman principalement composé d’agate. D’un bleu clair pur, tirant presque sur les premiers ton du violet, ses stries pâles en faisaient un bijou non seulement seyant pour une arcaniste, mais par-dessus tout béni par le philtre concocté par l’Éveillé.

« C’est un talisman ? » Elle remarqua que l’entrelacs de métal enfermant la pierre était sculpté. « Oui. »
« Il est beau. Tu vas le vendre ? » Un rire étouffé. « Non, j’vais pas le vendre. Mais j’vais pas le garder non plus. Ce sera pour quelqu’un. » Un soupir de dépit, oubliant pendant quelques instants à qui elle s’adressait. « Bah ! Ici, j’suis sûre que j’l’aurais vendu en moins d’deux. »
« J’en doute pas un instant. »
« Et à qui tu vas l’offrir, alors ? »
Là encore, il ne se formalisa pas de l’indiscrétion dont elle faisait preuve. Il pensait déjà au lendemain. À celle qu’il tenterait d’intercepter. Celle qui était revenue titiller ses propres démons, à son tour. Son pouce lissa la surface parfaitement polie de la pierre bénie.

« À qui voudra bien le porter. »

•••

4 juin 2021.
Arkansas Street, Shreveport.
21h55.


Il ne circulait pas en terrain conquis. Les silhouettes entre lesquelles il slalomait, pour lesquelles il donnait des coups de hanche le plus souplement possible, évitant les contacts chaque fois qu'il le lui était permis, étaient trop apprêtées, trop impeccables, trop jeunes et trop criardes. Son royaume à lui résidait en Stoner Hill. En Dalzell Street. En Galloway boulevard. Il n’avait retrouvé son quartier de prédilection que pour le quitter à peine quelques heures plus tard. Harassé de la route pluvieuse depuis la côte, il s’était jeté sous l’onde d’une douche tiède, avait happé au vol un snack laissé sur le comptoir de la cuisine, pour mieux ressortir se mêler à la foule du vendredi soir. Il faisait chaud, les nuages ne déversaient plus leur fiel, et l’émulation de l’été approchant contaminait l’ensemble de la population, à Shreveport. Lui n’était pas sorti pour rien, ni par hasard. Il était sorti en quête d’un visage qu’il n’avait plus aperçu depuis près de dix-huit mois. Le souvenir de leur échange lui paraissait bien plus lointain que cela. C’était tout juste s’il se rappelait de son bras mal en point, de son expression à la fois déterminée, lucide, puis déçue, quand il avait refusé de céder à des velléités utopistes qui n’étaient plus de son âge. Longtemps, il avait macéré cette réaction honnête, puis le départ de l’apprentie wiccane. Par la suite, lorsqu’Alessio lui avait fait savoir qu’elle avait quitté la ville, il s’était presque senti soulagé pour elle. Il ne pensait pas qu’elle s’était exécutée sur son conseil, mais le résultat seul était important. Victoria était partie. Loin de l’épicentre de ce qui était, alors, devenu un chaos sans nom, sans coupable assuré, dont les faciès des victimes s’avéraient être trop nombreux pour composer autre chose qu’un magma immonde duquel découlaient les hurlements des sacrifiés. Qu’est-ce qui le tenait rattaché à cette gamine ? Il l’ignorait. Peut-être était-ce la rigueur morale qu’elle persistait à entretenir, dans leur monde corrompu ? Ou bien était-ce son honnêteté intellectuelle, sa capacité de remettre en question les piliers inamovibles de son existence, qui l’avaient séduit plus que le reste ? Leurs positions respectives paraissaient radicalement éloignées, et cependant, leurs deux dernières rencontres lui avaient parlé, bien plus sûrement que les mots échangés. Il avait compris qu’il voudrait la protéger de la démence du bourreau de l’Irae, et jusqu’à la cruauté des Wiccans, capables de se déchaîner contre leurs propres ouailles, il en était sûr. C’était la marque propre à tout ordre, y compris le sien. Morgan Leroy en avait suffisamment fait la preuve.

Pourquoi ?
Pourquoi était-elle revenue ?

Il en serrait les dents, tandis qu’il la cherchait au travers de la foule. Il savait qu’elle serait là. Dans ce pub que lui trouvait minable, mais qui était parfait pour les gosses dans la vingtaine, venus se détendre à l’issue d’une nouvelle année universitaire, précédant les au revoir, les adieux, les retours à leur État d’origine, pour certains. Les émotions qui bourdonnaient, papillonnaient, il les encaissait en pleine poitrine. Ce n’était pas désagréable. Il s’en nourrissait tel un affamé, indécemment offert à ce flot de sentiments dont la violence n’avait d’égale que la jeunesse de leurs expéditeurs. Lorsqu’il la reconnut enfin, Victoria Osborne était assise en bonne compagnie. Une table, pas trop loin du comptoir auprès duquel il s’accouda, les accueillait elle et quelques amis, deux ou trois pichets à leur disposition. Il se tint à distance. Il les regarda parler, rire, se raconter des histoires dont il n’avait cure. Malgré ses tempes qui le feraient souffrir plus tard, depuis son front jusqu’à la racine de ses dents, il propulsa son esprit surentraîné, zigzaguant pour esquiver les psychés indésirables. Il s'agissait d'une prouesse délicate, d'une flèche dont il guida la pointe jusqu’à la faire stopper tout au bord de l’enceinte : celle de la forteresse mentale qu’il voulait atteindre.

« Alors comme ça, t’as fini par revenir, Osborne. J’suis sûr que j’t’ai pas manqué. »

Il ne put s’empêcher d’émettre un sourire caduc, avant même qu’elle ne l’ait remarqué. Le sorcier était l’image même d’une décontraction affichée, marque de fabrique qui ne trompait plus grand-monde, parmi ceux qui le connaissaient par cœur. Ce n’était qu’un mécanisme de défense précaire. Il avait fait son temps. Mais ça ne blessait personne, que de se réfugier derrière d’anciennes manies qui avaient tout de même fait leur preuve. Il cessa de la fixer, afin de ne pas attirer l’attention en passant pour un maniaque, ce qu’il était cependant, s’amusa-t-il. Il lui était plus difficile de projeter ses pensées de cette façon, mais la liaison entre eux n’en souffrit pas outre-mesure.

« Désolé d’interrompre ta petite soirée entre amis. Si tu veux me retrouver plus tard… J’aimerais bien qu’on discute. »  

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Louisiana Burning

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Anonymous
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Dim 1 Mai 2022 - 17:37 (#)

Les choses avaient tellement changé à Shreveport. Et pourtant, elles étaient aussi étrangement les mêmes. Le semestre universitaire touchait à sa fin, et l’excitation des étudiants était inversement proportionnelle au nombre d’heures de cours restantes. Les bars de la ville peinaient à désemplir. Victoria n’avait pas connu l’été dernier, elle était encore en Australie à chercher les réponses à des questions restées en suspens depuis bien trop longtemps et les fragments de son âme qu’elle avait laissés derrière elle toutes ces années auparavant. De ce que les autres étudiants lui avaient raconté lorsqu’elle était revenue, l’été 2020 avait eu un goût étrange. Amer. Empli de souffrance. Alors cet été 2021 était celui de la revanche. De la vie croquée à pleines dents. Du fuck gigantesque adressé à Halloween 2019 et ses séquelles. Elles resteraient à vie, parce que ce qui s’était passé pour beaucoup n’était pas de ces choses qui s’effacent complètement. Mais elles faisaient un peu moins mal désormais. Y compris pour Victoria.

Les choses n’étaient pas roses, bien sûr. L’Église Wiccane continuait de s’enfoncer doucement mais sûrement dans sa folie belliqueuse et ses plans de revanche. Uther était minutieux et patient, on ne pouvait que lui accorder ça. Mais l’apprentie mage voyait bien les rouages tourner, lentement, mais inexorablement. Inexorablement. Elle avait essayé, essayait toujours d’une certaine manière, d’opposer aux envies de vengeance les principes de pardon. Aux jeunes apprentis qui lui faisaient confiance, elle instillait la bonté et la pureté de la magie blanche, la volonté initiale des créateurs de l’Église Wiccane. A ceux qui étaient plus anciens qu’elle, elle tentait de faire voir l’ineptie d’une guerre sans fin avec l’Irae. Elle y arrivait, avec certains. Avec d’autres...Uther était plus puissant, plus charismatique, plus apprécié qu’elle. Elle n’était qu’une apprentie, très impliquée et appréciée certes, mais aussi gauche et peu expérimentée. Même Karl était tiraillé, elle le sentait. Ou alors, elle voulait le sentir tiraillé. Peut-être était-il complètement du côté d’Uther et de ses délires, mais l’Australienne ne pouvait se résoudre à voir son mentor partager des convictions qu’elle pensait malsaines.

Et les soirs où les doutes et les questions pesaient lourd sur ses épaules, comme ce soir, elle trouvait son réconfort dans la simplicité d’un verre entre amis. L’un d’eux, Harlan, avait décidé de poursuivre ses études dans une autre ville, et ils fêtaient son départ vers de nouvelles aventures. Les conversations allaient bon train, les rires fusaient. C’était une belle soirée. Enfin, jusqu’à…

« Alors comme ça, t’as fini par revenir, Osborne. J’suis sûr que j’t’ai pas manqué. »
L’étudiante frémit, puis ses yeux se mirent à chercher frénétiquement dans le bar. Ils ne mirent pas bien longtemps à trouver l’émetteur du message qui avait atteint directement les pensées de la jeune femme. Sérieusement. Il fallait qu’il vienne la faire chier. Ce soir.
« Désolé d’interrompre ta petite soirée entre amis. Si tu veux me retrouver plus tard… J’aimerais bien qu’on discute. »  
« Hey Vic’, ça va ? »
Elle secoua la tête et adressa un sourire à Harlan.
« Ca va. Désolée, je me suis perdue dans mes pensées une seconde. »
En même temps, quelqu’un venait de les squatter impunément. Elle s’approcha du bar et dudit squatteur, commanda un verre et, sans lui adresser un regard, lança un « Dehors, dans une heure » au brun assis à sa gauche.

Une heure passa, et alors que les conversations s’éteignaient et que les premiers signes de fatigue atteignaient la bande d’amis, la procession vers la sortie commença.
« Je vais rester un peu », dit Victoria à ses amis, qui la regardèrent avec un sourire entendu. Ils avaient l’habitude qu’elle reste un peu plus tard que tout le monde. Souvent, elle en profitait pour aller voir cet homme qui l’avait reluquée toute la soirée, voir s’il était prêt à agir selon ses regards. Mais pas ce soir. Enfin, elle allait voir un homme. Mais clairement, ce n’était pas pour rentrer avec lui. Elle partit vers les toilettes, attendit quelques minutes, puis sortit à son tour. Une fois dehors, elle se dirigea vers une ruelle calme et attendit d’être rejointe.
« Télépathie, Eoghan ? Sérieusement ? Tu te prend pour qui? », dit-elle en se plantant devant le grand brun.
Eoghan Underwood. Elle ne pensait pas le revoir un jour. La dernière conversation qu’ils avaient eue ne s’était pas bien passée. Elle était venue le voir pour quémander son aide, après qu’il l’ait aidée à voir la réalité en face concernant l’Église Wiccane et la situation de Eveillés de manière générale. Il l’avait envoyée chier. Lui avait dit de partir, pour sa propre sécurité. Ce qu’elle avait fini par faire, bien que ce ne soit pas pour ces raisons. Elle était venue chercher de l’aide, du soutien, quelque chose. Elle avait eu quelques conseils paternalistes, une bonne dose de réalisme blasé, et un aveu qui lui avait causé la nausée chaque fois qu’elle y repensait depuis. Elle n’avait aucune envie d’interagir avec Eoghan. Sauf si c’était pour lui foutre son poing dans la tronche. Mais elle n’était pas folle ; elle savait qu’attaquer physiquement un arcaniste largement plus doué qu’elle était un risque qu’elle ne pouvait pas se permettre de prendre. Alors elle se contenterait d’être aussi peu aimable que possible. Croisant les bras, elle leva le menton.
« Qu’est-ce que tu veux ? Et non, tu ne m’as pas manqué. J’ai même pas pensé à toi, en fait. »
C’était faux, et il s’en doutait bien. Mais on était stupide, quand on avait 25 ans et qu’on était agacée.
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Eoghan Underwood
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Don't you ever tame your demons... • Victoria 1E5CfUE Don't you ever tame your demons... • Victoria AoZyjkn Don't you ever tame your demons... • Victoria BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Ven 13 Mai 2022 - 1:26 (#)


... but always keep 'em on a leash.
Il ne s’en voulait pas autant qu’il l’aurait dû, qu’il l’aurait pu.
Fasciné par la colère domptée de Victoria, peut-être qu’une certaine part de lui n’était qu’avide de stimuler cette fureur potentiellement destructrice, comme pour en expérimenter les assauts timides, les dérobades assumées. Il comprenait pourquoi l’Eglise Wiccane s’était entichée d’elle. Ce n’était sûrement pas qu’une question de publicité bienvenue, ni même de fidélisation de ses adeptes. La flamme qui brûlait dans le cœur de l’arcaniste n’était ni une illusion, ni la simple conséquence de son essence de mage incandescente. Cette flamme, réelle, il l’entendait encore dans les propositions désespérées de la jeune fille dans son commerce, une éternité auparavant. Il frissonna lorsqu’elle descendit de son siège. Il se surprenait lui-même, de réagir aussi vivement. Après tout, elle n’était censée être qu’une gamine parmi tant d’autres, une petite sœur lointaine, avec laquelle il ne partageait que son affiliation au Grand-Tout. Pourtant, quand il la vit s’approcher, il ne put s’empêcher de se gorger des moindres détails de son apparence. Il ne pouvait plus s’en cacher : il était heureux que Victoria soit revenue. Il sut dérober son attention au bon moment, les yeux baissés. Il cueillit l’invitation, et ne s’attarda pas davantage à l’intérieur de l’établissement. Il n’était pas venu pour la tourmenter. À deux reprises déjà, c’était lui qui était venu s’insinuer dans son quotidien : une fois pourvu d’intentions mauvaises, la deuxième pour tendre une main encore noircie des cendres qui ne s’en allaient pas. Cette troisième occurrence relevait de l’inédit. Il n’y aurait pas de voie logique à suivre, ni de conditionnement capable de les aider à affronter cette initiative. Alors, plutôt que de persister à marquer les lieux de son aura, de sa présence, il partit rejoindre la nuit louisianaise, en prévision d’un retour en temps et en heure.

Il se montra ponctuel, et pourtant elle avait réussi à le devancer. Chargé d’un ou deux verres d’alcool en plus dans le gosier et dans les veines, il n’avait pas assez bu pour se sentir ivre, mais il savait que la boisson saurait délier ce qui aurait pu tendre son attitude de façon maladroite. Il devrait se faire souple, pour Victoria. Souple comme les rampants de son commerce. Souple comme la murène qu’il abritait en secret. Souple, comme la foutue anguille qu’il était devenu, au fil des années. L’accueil fut rugueux. Il ne refréna pas un sourire presque attendri. La posture de la petite mage était éloquente : fermée. Il leva une paume coupable. « Hé… Je me suis dit que ce serait quand même toujours plus poli que de me pointer à ta table avec tes amis. Tu aurais dû te justifier sur mon identité… imagine, même, s’ils m’avaient invité à vous rejoindre pour picoler tous ensemble. J’ai simplement voulu tâter le terrain… rien de plus. » Malgré la légèreté affichée du sorcier, il ne tarda pas à tempérer rapidement son propos. En lieu et place de son insupportable masque sardonique, il se reprit pour n’arborer qu’un faciès honnête, se voulant rassurant. « J’ai l’habitude. J’ai pas creusé. Pour être franc, l’intensité du contact télépathique a été aussi invasif que… ça. » En guise de démonstration, il toqua d’une pichenette infime le bras de Victoria Osborne. Puis, dans une pose-miroir, il se redressa, poussa un soupir et croisa à son tour ses bras contre son torse.

« J’ai appris que tu étais de retour en ville. Enfin… D’abord, j’ai appris que t’en étais partie. Ça m’a fait plaisir. J’sais bien que c’est sûrement pas moi qui t’y ai poussé, ou qui t’en ai convaincu. Mais quand même… Quelle que soit la motivation, c’était le résultat qui comptait, pas vrai ? » Il baissa les yeux, shoota de la pointe d’une Ranger contre un minuscule éclat de béton. « Quand on m’a dit que t’étais revenue à Shreveport, j’me suis demandé pourquoi, je t’avoue. Tu trouves ça probablement indiscret et culotté as fuck. Pourtant, j’te dis la vérité. » Il renoua avec un contact visuel prudent. « À moi, tu m’as presque manqué. J’ai pas mal pensé à toi. À tout ce que tu m’avais dit. Je me doutais que tu m’en voulais un peu… mais c’est toujours mieux de le constater franchement. »

Grand bien lui en fasse. La meilleure idée que pouvait encore concevoir l’Australienne, c’était de se tenir la plus éloignée possible du venimeux qui lui faisait face. Il lui faisait confiance, pour ça. Après tout, au vu de son pays d’origine, elle avait l’habitude des créatures dangereuses dans son genre. « Tu es restée dans le giron des Wiccans, alors ? » Si elle avait tendu l’oreille, peut-être aurait-elle décelé la rumeur d’une pointe de déception. Une sorte de tristesse résignée, de confirmation du discours rigide qu’il lui avait tenu : nous n’appartenons ni au même clan, ni au même monde. « Ça s’passe toujours bien, pour toi ? Ça t’a fait du bien, ce… break ? »


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Dim 12 Juin 2022 - 14:15 (#)

« Hé… Je me suis dit que ce serait quand même toujours plus poli que de me pointer à ta table avec tes amis. »
Il n’avait pas tort. Mais la manière dont il avait fait les choses ne plaisait quand même pas à Victoria. La télépathie, c’était envahissant. C’était...intrusif. Et comme pour répondre à cette pensée, Eoghan lui assura qu’il n’avait pas « creusé ». La jeune femme haussa rapidement les sourcils en réponse à la pichenette qu’elle reçut sur le bras, mais laissa couler. Elle avait connu Eoghan plus distant. Il y avait en lui un côté joueur qu’elle n’arrivait pas à cerner. De manière générale, soyons honnête, elle n’arrivait pas à cerner Eoghan. C’était peut-être pour ça que leur relation était si particulière. Leur première rencontre avait été un fiasco, lui la menaçant sans vergogne. Leur seconde avait été plus calme, bien qu’il l’avait un peu bousculée. Mais c’était comme si à chacune de leur rencontre, leur dynamique changeait. Et chaque fois, Victoria découvrait une nouvelle facette d’Eoghan. Comme si l’identité, la personnalité, l’âme de l’arcaniste était composée d’une multitude de formes et qu’il ne lui en montrait qu’une à la fois. Ca le rendait agaçant, mais aussi fascinant. Et peut-être était-ce pour ça qu’au fond, la jeune femme continuait à interagir avec lui. Pour ça qu’elle n’était pas juste rentrée chez elle ce soir en ignorant l’appel du pied télépathique. Il y avait quelque chose chez Eoghan qui l’aimantait. Quelque chose qui lui murmurait qu’elle pourrait avoir besoin de lui, même si elle n’était pas sûre de pouvoir lui accorder la moindre confiance.

Eoghan avait donc suivi les départs et retours de Victoria à Shreveport. Elle se souvenait de leur dernière conversation, quand il lui avait conseillé de partir loin de la ville. Soi-disant pour sa propre sécurité. Elle avait juste compris qu’il souhaitait se débarrasser d’un problème encombrant, que c’était sa manière polie de lui dire « lâche-moi la grappe, Osborne ». Au moins, il était suffisamment intelligent pour avoir compris que ses propos n’avaient pas eu grande conséquence dans les décisions de l’étudiante. Elle n’était pas partie grâce à Eoghan. Enfin...on pouvait considérer, puisqu’il avait pris part à l’attaque de Samain, qu’il n’était pas totalement pour rien dans le départ de Victoria. Il avait participé aux évènements qui l’avaient traumatisée suffisamment pour qu’elle ressente le besoin de retraverser une partie du globale. Mais elle n’avait pas le coeur à évoquer ces évènements ce soir, et clairement pas avec lui. Elle était déjà suffisamment en colère comme ça.

« À moi, tu m’as presque manqué. J’ai pas mal pensé à toi. À tout ce que tu m’avais dit. Je me doutais que tu m’en voulais un peu… mais c’est toujours mieux de le constater franchement. »
Décidément, elle ne cernait pas Eoghan. Et pourtant à cet instant, une partie d’elle se dit que dans une autre vie, dans d’autres circonstances, ils auraient pu vraiment bien s’entendre. Etre amis, même. Dans une vie où l’Église Wiccane et l’Irae n’étaient pas engagées dans une guerre fraternelle sanglante qui semblait être destinée à ne jamais finir. Victoria était persuadée qu’Eoghan aurait beaucoup à lui apprendre. Et peut-être qu’il le sentait, lui aussi. C’était un beau gâchis. Confirmé par la question d’Eoghan sur son affiliation à l’Église Wiccane, à laquelle elle se contenta de répondre par un hochement de tête. Oui, elle était revenue à l’Église. Ca restait sa maison. Son clan.  Même si sa loyauté était plus fragile qu’il y a quelques années, elle était toujours là. Peut-être plus envers Karl qu’envers l’Église en elle-même, d’ailleurs.

« Ça s’passe toujours bien, pour toi ? Ça t’a fait du bien, ce… break ? »
Elle lâcha un petit rire. Il lui demandait des nouvelles. Comme si c’était une conversation normale entre deux personnes qui se retrouvaient. Il ne manquait pas de culot. Puis elle laissa échapper un petit soupir en le regardant. Après tout, elle avait accepté de le rencontrer, ce n’était pas pour faire preuve de mauvaise volonté tout le long de la conversation.
« Le break m’a fait du bien oui. Après Halloween, je ne pouvais pas rester à Shreveport. Rien à voir avec toi, comme tu l’as dit. J’avais juste besoin de prendre le large un peu. Je suis retournée en Australie, c’était...particulier, mais bienvenu. Et quand je suis allée mieux, je suis revenue, parce que je suis chez moi ici. Aussi étrange et tordu que ça puisse paraître. Cette foutue ville est devenue ma maison. Donc me revoilà. J’ai repris mon apprentissage, à l’Église Wiccane, j’ai repris les études aussi. J’arrive bientôt en fin de cursus. Tu as devant toi une future infirmière, d’ici quelques mois si tout va bien. Et voilà, on peut dire que oui les choses se passent bien. »
Elle se permit un sourire, avant d’enchainer.
« Et toi ? Quoi de nouveau ? Toujours au milieu des serpents ? Je parle de l’animalerie, pas de l’Irae. »
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⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
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⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
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Jeu 23 Juin 2022 - 1:02 (#)


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Fermée. Il la sentait fermée. Il s’y attendait, et pourtant il en conçut un léger pincement, quelque part, si non au cœur. Elle le toisait avec la sévérité d’une arcaniste confirmée. Il aurait pu trouver cela drôle, voire carrément attendrissant, venant de la jeune pousse qu’elle était encore, à ses yeux. Pourtant, l’estime qu’il lui portait l’empêcha de se moquer, même en silence ou en pensée, de l’attitude docte de Victoria Osborne. Il pouvait au moins se considérer heureux qu’elle lui adresse la parole. Si les rôles avaient été inversés, peut-être que… Mais non, lui répondit aussitôt son intuition. Si les rôles avaient été inversés, s’il s’était trouvé dans la peau de la mage élémentaire, il savait qu’il n’aurait pu que prêter le flanc à la tentation qu’elle aurait représentée, si elle avait été lui. Cette inversion des rôles, projection fantasque et absurde, lui tira un sourire qu’il camoufla derrière la moue presque avenante qu’il conservait à son égard. Victoria était plus raisonnable que lui. Bien plus. Elle ne prêterait sûrement jamais le flanc à la tentation comme lui l’avait si souvent fait. Il se mit à rire quand elle piqua avec une impertinence aussi appréciable qu’intelligente.

« Aoutch. T’es dure, Osborne… » Ses yeux pétillaient, en la regardant. Lui qui pouvait se montrer si dur avec les apprentis, les disciples, les nouveaux venus dans le monde des Éveillés, continuait de s’émerveiller en la considérant à la hauteur de Morgane Wuntherson. Prometteuse, brillante, d’une maturité incroyable et pourvue d’un pouvoir de volonté impressionnant, il ne se lassait pas de la contempler ainsi : forte, solide sur ses bases. Non, décidément… L’Église ne la méritait pas. D’une voix chaude ne boudant pas son plaisir de s’entretenir avec elle, il lui répondit : « Tu as bien fait, de t’éloigner. Shreveport vient à peine de retrouver d’son éclat, je trouve. Pendant un bon moment c’est resté… sordide. Ouais, sordide, y’a pas d’autre mot. » Il résista à l’envie de se griller une cigarette. Il avait recommencé à fumer en conséquence, dernièrement. Des clopes brûlées autant pour pallier le stress latent qui le rongeait de l’intérieur en permanence que lors des derniers mois, lorsque le soir tombait et que l’alcool coulait à flots dans les ruelles bordant le QG de l’Irae. Halina Meyer, jamais très loin. « J’maintiens qu’t’aurais dû y rester. De toutes les villes d’Occident, fallait qu’tu choisisses Shreveport… ? » Il craqua. Il plongea la main dans une poche, en extirpa une Pall Mall qu’il ficha à la commissure de ses lèvres, en grillant l’embout rapidement. La braise projeta une ombre  rouge à à la fois inquiétante et fabuleuse sur les traits du sorcier, en une esquisse presque analogue à la magie qui bouillonnait en lui. « Pourquoi, d’ailleurs… ? Pourquoi cette ville te plaît tant ? Pour quelqu’un qui y a toujours vécu, c’est pas toujours évident à piger. Alors pourquoi ? »

Il pouvait tenter de se projeter dans sa tête. Shreveport représentait-elle un nouveau chapitre d’une existence plus épanouissante que dans le bouge australien d’où elle provenait ? Était-ce l’aura de la Révélation qui en nimbait toujours les murs, qui l’attiraient telle une phalène ? Une telle évidence ne l’aurait pas étonné, autant que son opposé la plus totale. Il fuma, tirant sur le mégot pour en expulser profondément une bouffée grise, veillant à se détourner d’elle pour ce faire. « Ils te méritent pas. J’espère qu’tu le sais. J’parle des Wiccans. Ils t’méritent pas. Mais si tu restes fidèle à c’que t’es… alors ils pourront s’vanter d’avoir une représentante, une porte-parole ou c’que tu veux, du tonnerre. Ils ont d’la chance. » C’était là tout l’échec de l’Irae, jusqu’alors. Pendant presque quarante ans, il s’agissait d’écraser les individus pour mieux les soumettre au groupe, tout en encourageant cependant leurs initiatives personnelles ou mues par l’esprit de communauté. Un mélange savamment dosé qui, en guise de résultat, avait constitué leur clan de figures aussi retorses que soumises, aussi audacieuses que conscientes de leur place dans la congrégation. Un travail extraordinaire, ciselé non seulement par les pontes du mouvement mais également, par imitation, grâce aux autres membres. Tous se modelaient les uns les autres, de près ou de loin. Probablement leur plus fantastique faiblesse, et leur force la plus terrible. « Félicitations, pour tes études. Infirmière… Tss, évidemment. » Il secoua la tête, cette fois réellement attendri. « T’en as pas marre, Miss Parfaite ? Ça existe les défauts, chez toi ? Fin, hormis celui d’être plus butée qu’une foutue mule du Tennessee ? Si j’arrive aux urgences et qu’j’tombe sur toi, un jour, tu m’soignes ou tu t’trompes dans l’dosage de la morphine, alors ? » Il ricana, songeant qu’il ne s’agirait pas d’une mort si stupide, tout compte fait. Même si un peu trop humaine pour les deux praticiens qu’ils étaient.

« En attendant ouais, les serpents vont bien. Tu sais, ils sont pas compliqués à vivre, eux. Ils bouffent qu’une fois par semaine, ils mordent pas – ou pas souvent – et ils demandent qu’une chose : qu’on leur foute la paix. Dormir, et manger, c’est leur crédo. Des fois, j’les envie pour ça. » Et puis d’autres… D’autres fois, le plus souvent, il savourait sa nature d’homme, capable de se fourvoyer, de trébucher, de prendre en main une destinée chaotique mais qui, au moins, lui ferait dire qu’il aurait vécu avec une intensité dont il n’avait pas à rougir. Lentement, il reprit un peu de son sérieux, continuant de fumer avec une certaine indolence, propre aux gens du sud. Le ton de sa voix, en revanche, se fit soudain plus acéré. « Comment va Richardson ? »

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Dim 3 Juil 2022 - 18:30 (#)

« J’maintiens qu’t’aurais dû y rester. De toutes les villes d’Occident, fallait qu’tu choisisses Shreveport… ? »
Eoghan mettait un point d’honneur à répéter à Victoria qu’elle devrait s’en aller et rester loin de Shreveport. Alors que lui restait là, et ne semblait pas vraiment décidé à suivre ses propres conseils. L’apprentie ne saisissait pas. Enfin, si, elle saisissait la dangerosité de la ville. Mais pourquoi tenait-il tant à la voir ailleurs ? Elle n’était pas une si grande menace. Et elle doutait qu’il ait réellement sa sécurité à coeur.

« Pourquoi, d’ailleurs… ? Pourquoi cette ville te plaît tant ? Pour quelqu’un qui y a toujours vécu, c’est pas toujours évident à piger. Alors pourquoi ? »
Elle se contenta de hausser les épaules. Elle n’avait pas réponse. Pas de réponse rationnelle, en tout cas. Shreveport était sa maison, c’est tout. Et elle avait déjà du fuir une maison. Elle n’en fuirait pas une deuxième. Et puis, pour aller où ? Elle était une immigrée australienne, venue pour apprendre auprès de l’Église Wiccane. Elle n’avait personne à des milliers de kilomètres à la ronde, hors de Shreveport. Et certes, elle savait très bien se débrouiller seule. Mais elle n’en avait pas envie. Elle ne voulait pas partir. Elle refusait de partir.

« Félicitations, pour tes études. Infirmière… Tss, évidemment. T’en as pas marre, Miss Parfaite ? Ça existe les défauts, chez toi ? Fin, hormis celui d’être plus butée qu’une foutue mule du Tennessee ? Si j’arrive aux urgences et qu’j’tombe sur toi, un jour, tu m’soignes ou tu t’trompes dans l’dosage de la morphine, alors ? »
L’étudiante ne put retenir un sourire, et la politesse ancrée en elle la força à lâcher un « merci ». Quoique, était-ce vraiment juste de la politesse ? Non, c’était sincère. Parce que, pour tout ce qu’elle en voulait à Eoghan, pour toute la colère viscérale qui animait la jeune femme à ce moment, elle ne pouvait nier qu’il semblait réellement prêter attention à elle. Il ne s’en fichait pas. Et elle devait avouer qu’elle ne s’en fichait pas non plus.
« Je te soignerais du mieux que je peux. Promis. »
Et elle appuya cette promesse d’un hochement de tête. Victoria ne faisait pas de promesse qu’elle n’avait pas l’intention de tenir. Si un jour Eoghan arrivait aux urgences, elle ferait tout ce qu’elle pourrait pour le remettre sur pieds. Déjà parce que c’était son devoir. Ensuite parce que laisser les gens mourir allait à l’encontre de tout ce en quoi elle croyait. Enfin, parce qu’elle ne détestait pas Eoghan à ce point. A vrai dire, elle ne le détestait pas tout court. Elle lui en voulait. C’était nettement différent. Elle n’avait pas de haine envers lui, juste de la colère. Elle ne lui voulait pas de mal. Elle préfèrerait qu’il reste hors de sa vie, au vu de ce qu’il lui avait dit. Mais elle ne le blesserait pas parce qu’il refusait de garder ses distances.

En plus, il avait de l’humour, comment pouvait-on le détester ? Il ne se vexa pas sur sa remarque concernant les serpents et y répondit même avec beaucoup de sérieux. Il y avait peut-être un message caché dans ses propos, sur le fait que les humains étaient compliqués à entretenir, et qu’on devrait tous être des serpents, mais si c’était le cas, Vicki ne le capta pas. La vérité, c’est qu’elle s’en fichait un peu, des serpents. Et Eoghan n’était pas venu pour lui parler de ça.

« Comment va Richardson ? »
Elle lâcha un petit rire. C’était de ça qu’il était venu lui parler. Elle haussa les épaules.
« Il va bien. En tout cas, si ce n’est pas le cas, il ne laisse rien paraître. Il est toujours aussi remonté. Mais c’est devenu une haine froide. Il planifie. Il élabore des stratégies. »
Elle se pinça les lèvres. A quel point pouvait-elle raconter des choses à Eoghan sans que cela ne mette en danger l’Église Wiccane, ou sa place d’apprentie au sein de celle-ci ? D’un autre côté, peut-être que si elle lui parlait, il verrait que Uther ne comptait pas se taire, que la vengeance était inexorable, et que les deux clans n’échapperaient pas à un nouveau bain de sang, à moins que quelqu’un fasse quelque chose. Quelqu’un comme Eoghan.
« Il passe beaucoup de temps avec son cercle de confiance. Il nous promet souvent qu’on aura bientôt notre revanche. Que l’Irae paiera au prix fort ce que vous avez fait à Halloween. Que puisque vous avez déclaré la guerre ouvertement, il s’assurerait que vous disparaîtrez pour de bon. Il nous parle beaucoup de nettoyer. De...faire retrouver aux Éveillés leur pureté. C’est devenu une obsession. Et pas que pour lui, beaucoup de monde n’a pas digéré ce qui s’est passé. Je veux dire, je peux les comprendre. Il y a eu des morts. Trop de morts. »
Elle détourna le regard sur ces derniers mots. Elle se sentait encore responsable pour une partie de ces morts. Ce qui était stupide, et Karl lui avait répété maintes fois. Elle n’aurait pas pu les protéger, qu’il lui disait. Elle ne le croyait pas totalement. D’un autre côté, elle avait face à elle une personne responsable de la mort d’au moins une des apprenties qui était sous la responsabilité de l’australienne. Elle inspira un bon coup.
« Bref. Il y a une ambiance bizarre. Mais je ne t’apprend rien. C’est ce que j’avais essayé de te dire, avant de partir. Et t’avais pas l’air d’en avoir grand-chose à carrer. »
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Ven 22 Juil 2022 - 6:20 (#)


... but always keep 'em on a leash.
Il ne bougea pas, ne fit pas mine de réagir, même devant les répliques acerbes de la jeune femme qui, à cet âge, n’aurait jamais dû avoir à se montrer si raide. Leur nature même d’arcanistes impulsait immanquablement à ces derniers une forme de maturité plus précoce que celles de leurs congénères purement humains. Le parcours de Victoria n’avait pu que renforcer cela. Plus que jamais, il aurait voulu lui demander les détails. Lui demander ce qu’elle avait vécu. Qui était l’homme, ou du moins ce qu’elle avait perçu, de celui qui l’avait séquestré pendant une durée conséquente, dont il n’avait pas retenu le chiffre vaguement lu dans les actualités datées. Il aurait voulu la sonder profondément, la connaître. Il lui coûtait de s’apercevoir qu’eux deux étaient passés l’un à côté de l’autre, et que plus jamais elle ne se laisserait apprivoiser comme elle l’aurait peut-être laissé le faire, en décembre 2019. S’il n'y pouvait rien, il ne pouvait surtout que constater qu’il n’aurait pas changé un mot de leur conversation dans sa boutique, alors. Il n’aurait pas remis en cause une seule syllabe prononcée. Ce fut pourquoi il tiqua ostensiblement, quand une pique inutile jaillit pour rendre l’atmosphère un tant soit peu plus électrique.

« Wow, wow, wow, minute… Quoi.. ? C’est vraiment comme ça que tu l’as pris ? Super. » Il secoua la tête, un peu dépité de constater qu’il s’était ou fait mal comprendre à l’époque, ou confronté à l’émotion encore brute de la Wiccane. « Franchement, on peut me reprocher beaucoup d’trucs, mais d’en avoir rien à carrer, non. C’est pas mon style. Et tu l’sais très bien en plus, t’es loin d’être conne, on l’a tous compris, et y’a pas b’soin d’être allé à Harvard pour piger que j’suis pas l’genre de gars sur qui tout glisse. C’est pas vrai, ça. » L’accusation ne le blessait pas. Ce n’était même pas vraiment une accusation, par ailleurs. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de le prendre comme une forme d’attaque gratuite, un peu sournoise, sûrement méritée, dans l’esprit de la mage blanche. « Qu’est-ce que j’t’ai dit, ce jour-là ? J’t’ai dit de faire attention à tout le monde. J’t’ai dit que je savais déjà, à l’époque, qu’il voulait nous éliminer comme si on valait rien de plus qu’un nid de cancrelats dans son jardin. J’t’ai dit que me fréquenter à l’époque c’était dangereux pour toi. C’est donc ça, l’idée d’en avoir rien à carrer à tes yeux ? » Il barra le mur de son mégot consumé, avant de le balancer dans une poubelle, une fois la brume grise totalement évaporée. Le geste était à la fois précis, ample et las, témoignant de la fatigue morale du sorcier qui pourtant ne concevait pas de rancœur, envers elle. « Je t’ai aussi dit que je ne te ferais jamais de mal, et que je t’aiderais chaque fois que je le pourrais. Je le pense toujours. Oh, maintenant qu’t’es revenu dans ton clan initial, j’me doute que c’est pas à moi qu’tu feras appel, mais on sait jamais. Il peut se passer tout et n’importe quoi, maintenant… et mon offre tient toujours. » Il la considéra un moment, un voile de mélancolie ombrant ses traits. « Et pour finir, je t’ai dit que je ne voulais pas d’un autre massacre. J’ai surveillé, à ma façon. Je suis resté vigilant, pendant tout le temps où t’es partie. Pour le moment, on n’a rien relevé de particulier. Je sais juste que ça a bougé du côté des vampires… Quelques conflits politiques, j’tente de pas m’en mêler. Mais rien, venant des tiens. » Pour le moment. La confirmation qu’Uther continuait de fomenter dans son coin n’était bien évidemment pas pour le rassurer. Il haïssait plus que quiconque celui qu’il estimait être le premier responsable de toute cette montagne d’emmerdements que des gens comme eux, bien plus bas dans l’échelle du pouvoir, avaient à encaisser, assumant derrière les conséquences de leurs choix, de leurs crimes, du hasard. Il détestait le fait de se tenir là, en pleine rue, incapable de l’inviter à se déplacer ailleurs. Elle n’accepterait pas. Victoria Osborne avait installé une barrière définitive entre eux deux, et il n’était pas certain de bien le vivre, tout compte fait. Il croisa les bras contre son torse.

« Je maintiens aussi le fait que ce serait dangereux pour toi, de jouer double-jeu… Maintenant, si tu comptes toujours toi aussi éviter une escalade, et si tu acceptes toujours de nous prévenir… Est-ce que… Si quelque chose te paraît vraiment suspect et inquiétant, tu reviendras me voir ? Ou bien j’peux vraiment me brosser, là-dessus ? Quand tu parles d’ambiance bizarre par exemple, tu pourrais développer ? » Son sourire désabusé ne cherchait pas à la persuaderIl se contenterait d’attendre le verdict, qu’elle était la seule à pouvoir apposer. « J’arrive pas à croire que ce fils de pute s’amuse à s’complaire là-d’dans… On a déclaré la guerre ? Non mais sans déconner. »

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Louisiana Burning

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Anonymous
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Sam 27 Aoû 2022 - 18:54 (#)

« Wow, wow, wow, minute… Quoi.. ? C’est vraiment comme ça que tu l’as pris ? Super. »
Victoria fut surprise de la réaction d’Eoghan. L’arcaniste semblait réellement...touché par les mots de la jeune femme. Surpris, vexé, blessé, piqué, elle n’aurait pas bien su le dire exactement. Mais une chose était sûre : ça ne le laissait pas indifférent. Et Victoria était en colère, et elle avait tous les droits d’être en colère. Ce jour-là, elle s’était sentie abandonnée. Par quelqu’un en qui elle n’aurait probablement pas du faire confiance en premier lieu, mais elle s’était retrouvée à lui faire confiance malgré tout. Et quand elle était venue pleine d’espoir, elle n’avait trouvé qu’un mur. Et ensuite, il l’avait poignardée en plein coeur en lui parlant de la mort d’une apprentie de l’Église, victime d’Eoghan lui-même. Alors oui, Victoria était en colère. Mais face à la réaction d’Eoghan, elle se tut, et écouta.

Il se défendait bien, il faut dire. Et quelqu’un de rationnel aurait été tout à fait disposé à accepter ses arguments. Parce qu’objectivement, Eoghan n’avait pas montré l’attitude de quelqu’un qui n’en a rien à carrer. Objectivement, Eoghan avait agi comme quelqu’un qui essayait de calmer les ardeurs pleines de feu d’une jeune arcaniste assoiffée de vérité, et de revanche. Quelqu’un qui comprenait bien les conséquences possibles de la relation entre une jeune mage de l’Église Wiccane et d’un des piliers de l’Irae. Victoria n’était pas objective. Elle n’était pas prête, à l’époque, à voir les choses rationnellement ou objectivement. Les blessures, physiques comme psychologiques, étaient encore trop fortes lorsqu’elle avait passé la porte du magasin de reptiles. On ne raisonne pas avec un animal blessé. Surtout quand ce n’est pas la première fois qu’il doit panser des blessures trop profondes pour son âge.

« Je t’ai aussi dit que je ne te ferais jamais de mal, et que je t’aiderais chaque fois que je le pourrais. Je le pense toujours. Oh, maintenant qu’t’es revenu dans ton clan initial, j’me doute que c’est pas à moi qu’tu feras appel, mais on sait jamais. Il peut se passer tout et n’importe quoi, maintenant… et mon offre tient toujours. »
Victoria haussa les épaules, bras toujours croisés. Bien sûr qu’elle était revenue dans son clan. A quoi s’attendait-il ? Il ne fallait pas un diplôme de psychologie pour comprendre que Victoria était attachée à l’Église Wiccane par des liens si solides et profonds qu’il serait très difficile de les couper. C’était sa maison. Elle avait déjà perdu son foyer par le passé. Elle ne pouvait pas se résoudre à perdre celui-ci. Elle se battrait jusqu’à l’épuisement pour le sauver plutôt que de s’enfuir. Elle-même en était consciente. Elle n’avait pas d’alternative acceptable à l’Église Wiccane. Peut-être qu’elle était matrixée, malgré elle. Le Juggler’s était un repère d’arnaqueurs qui se servaient de leur magie pour devenir riches. L’Irae était un repère de criminels qui se servaient de leur magie pour devenir puissants. C’était ce qu’on lui avait appris, et elle l’avait pris pour argent comptant. Elle l’avait répété, à son tour, à de jeunes apprentis. Difficile de faire disparaître un tel apprentissage. Même à cet instant, Eoghan face à elle, elle a du mal à lui retirer l’image de criminel. Parce que c’est ce qu’il est, au final, il l’a avoué lui-même. Et pourtant, elle est là. Peut-être que tout espoir n’était pas perdu. Peut-être qu’elle n’était pas hors de tout espoir de récupérer son propre esprit des mains de la haine d’Uther Richardson.

« Je maintiens aussi le fait que ce serait dangereux pour toi, de jouer double-jeu… Maintenant, si tu comptes toujours toi aussi éviter une escalade, et si tu acceptes toujours de nous prévenir… Est-ce que… Si quelque chose te paraît vraiment suspect et inquiétant, tu reviendras me voir ? Ou bien j’peux vraiment me brosser, là-dessus ? Quand tu parles d’ambiance bizarre par exemple, tu pourrais développer ? J’arrive pas à croire que ce fils de pute s’amuse à s’complaire là-d’dans… On a déclaré la guerre ? Non mais sans déconner. »
Le silence retomba. Victoria observait Eoghan. Une part d’elle, la part qui était toujours en colère, avait envie de l’envoyer chier, de lui rappeler qu’ils ne seraient jamais alliés, qu’il avait manqué son occasion. L’autre part d’elle, celle qui arrivait à s’affranchir de la colère, voulait lui répondre que oui bien sur, elle l’aiderait, elle l’appellerait au moindre mouvement suspect. Au bout de quelques secondes, l’étudiante ferma les yeux et soupira.

« Le bourrage de crâne des apprentis est particulièrement appuyé. Plus qu’à mon arrivée. C’est comme si tous les mentors avaient eu un mémo pour instiller la haine de l’Irae dès le plus jeune âge. Et on n’a pas un évènement collégial sans mention d’une histoire sordide impliquant ton clan. Je suppose qu’on peut appeler ça de la propagande. Et de plus en plus de réunions au sommet entre Uther et son cercle proche, dont personne n’a le droit de parler. C’est ça, principalement, l’ambiance. »
Elle se pinça les lèvres. Elle était consciente que la décision qu’elle était en train de prendre ce soir aurait probablement des conséquences importantes, et que ces conséquences pourraient lui tomber dessus à peu près n’importe quand.
« On n’est pas amis, Eoghan. Je ne devrais probablement pas te parler, c’est pas sain, avec ce que je sais de toi. Mais t’es probablement le meilleur allié que je puisse avoir, donc ok. Pour éviter un nouveau bain de sang, ok, on reste en contact. Bordel, je vais peut-être le regretter amèrement. »
Elle le regarda et sourit, presque amusée. Ce serait une conversation épique avec Karl, s’il venait à l’apprendre.
« Ca ne veut pas dire que je te fais confiance. Parce que quoi que tu en dises, je ne sais pas qui a déclaré la guerre, mais les tiens l’entretiennent aussi volontiers que les miens, et tu as une part de responsabilité là-dedans. »
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