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Magic comes with a price • Lilas

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Magic comes with a price • Lilas 1E5CfUE Magic comes with a price • Lilas AoZyjkn Magic comes with a price • Lilas BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Pseudo : Nero
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Lun 2 Mai - 2:40 (#)


Pinky Swear
Mai 2019.

Il avait reculé après une volte-face typique de sa fougue ordinaire. Probablement avait-il lancé une vacherie, une plaisanterie, une pique soigneusement étudiée pour faire rire la petite outre entre deux allées taillées entre les étagères, les vivariums et les rampants. Depuis la rue, la boutique arborait son panneau « CLOSED ». L’intimité des murs s’était alors refermée sur eux, les isolant, les protégeant du monde. C’était la première fois, qu’elle pénétrait dans son antre. La première fois qu’il l’avait invitée, ne se contentant plus de conduire jusque dans le manoir du North pour lui rendre visite. Sous l’égide de la bénédiction de Vinzent, ils avaient convenu d’un jour durant lequel le soleil brillait haut et fort. La chaleur agréable, dosée juste comme il le fallait, faisait frissonner les peaux endormies, éveillait les chairs, en rappelait à la douceur de vivre louisianaise qui ne pouvait démériter. Leurs éclats de voix juvéniles les faisaient probablement ressembler à des sales gosses, qu’il s’agisse des couinements hirschéens ou bien de l’accent d’Underwood.
Alors, les regrets n’existaient pas.  
La vengeance semblait loin.
Rien ne laissait non plus présager que des temps bien plus sérieux s’annonçaient, qu’il s’agisse d’un avenir proche ou très lointain. Il avait fallu s’avancer vers la frontière des runes pour que le sorcier transforme sa mine de canaille en une moue plus subtile. Il avait eu du mal à cacher sa tendresse, face à Lilas Hirsch. Elle avait beau être Française, elle ne ressemblerait plus jamais autant à une Californienne pure souche que maintenant. Ses formes moulées dans la sage provocation de fringues qu’elle était la seule à pouvoir porter de cette façon étaient un appel au crime, que son minois de petite fée venait aussitôt tuer dans l’œuf. En résultait un mélange détonnant, séduisant la Rougeoyante qui, pourtant, se défendait de vouloir enfoncer ses crocs dans la chair désirée. Elle ne lui appartenait pas. Elle appartenait au Maître de l’Écarlate, et il ne s’agissait pas, alors, de planter une dague affûtée dans le dos de son frère devant les éternels.

Il s’était contenté de prendre sa main, de celle qu’il lui avait tendue. Il avait guetté le mouvement des jambes rendues plus grandes, galbées par les hauts talons de ses sandales. Puis, d’une douce tirée, ils étaient passés de l’autre côté. D’humain, il redevenait arcaniste, auréolé de tout le mystère cher au cœur de l’Éveillé. Elle lui avait demandé de lui apprendre. Elle souhaitait qu’il participe, à sa mesure, à l’apprentissage tissé par Vinzent autour d’elle. Avec une certaine humilité, il avait décidé d’accepter, de contribuer à lui faire découvrir ce vaste rectangle composant son laboratoire, indétectable, invisible, impensable, depuis la rue. Il n’était pas encore midi, lorsqu’ils parurent avoir disparu de la surface du monde.

•••

« Regarde. C’est ce dont je te parlais, l’autre fois. »

La paillasse de bois sur laquelle Eoghan oeuvrait toujours, était désormais jonchée méthodiquement d’une bonne partie de son matériel d’herboriste. Invitant Lilas à s’installer sur l’un des tabourets près de lui, le virtuose des potions avait préféré rester debout, allant et venant régulièrement pour ajouter une touche à son exposition, pour rendre dynamique son discours. Ce qui ne devait s’apparenter qu’à une conversation plus ou moins intense sur les principes de son art, s’était transformé en un véritable cours, que sa passion souhaitait ardemment colorer de teintes chaudes. Il revivait, s’épanouissait devant elle, ne manquant pas d’entrecouper les saillies plus rigides par des bons mots destinés à la faire rire encore, ou à lui montrer à quel point des connaissances encyclopédiques pouvaient demeurer plaisantes à écouter. Moins ardente que la chorégraphie conduisant à élaborer un philtre, ses ronds-de-jambes littéraux, ainsi que les torsades de ses mains pour arborer plantes, lames, pages et fioles, n’en finissaient pas de ponctuer une litanie étonnamment déblatérée avec plus de contenance. Son accent s’était effacé, progressivement, jusqu’à disparaître totalement. Et, comme toujours, il ne s’en était pas même rendu compte.

« Catha edulis » Il brandit sous les yeux de la lutine une pousse aux feuilles d’un vert clair, mais dont les rameaux rougeâtres auraient pu produire l’apparition de fleurs jaunes ou blanches. « Le thé abyssinien. Appelé aussi Khat. Tu utilises uniquement les feuilles, les rameaux. Ça dope le système nerveux à fond, et ça peut stimuler l’appétit comme le diminuer, selon comment tu le prépares. Bon, toi, t’en as pas besoin. » Affectueusement, il pinça sans faire mal une hanche à portée de doigts, sans pour autant perdre le fil. « T’as plein de façon de t’y prendre. En infusion, mâché, fumé… ça produit des effets un peu similaires aux feuilles de coca, tu vois ? Mais tu peux y aller. En général, y’a aucun risque d’accoutumance. Par contre, si tu en consommes régulièrement, y’a quand même une phase de sevrage qui peut te rendre plutôt léthargique, il faut faire attention. Je sais que certains chamans l’utilisent comme drogue rituelle. D’autres s’en servent pour soigner le paludisme. J’ai appris qu’en Afrique, il sert à stimuler les fonctions mentales des personnes âgées, c’est ma mère qui m’en a parlé. Et même qu’en Europe, il est parfois associé au traitement de l’obésité. Alors imagine, sublimé par nos préparations, tout ce que cela peut donner. » Il reposa la branche là d’où il l’avait prise, lorsque l’envie l'avait saisi de se lancer dans une joyeuse démonstration comme exposition de ses réserves personnelles. Il ne souhaitait pas qu’elle retienne tout ce qu’il lui enseignait par cœur ; ç’aurait été impossible. Il s’agissait surtout là de lui faire partager son enthousiasme et, surtout, de faire de ce jour inédit un souvenir impérissable dans sa mémoire. « Tu vois, les ingrédients, c’est comme la religion, chez les arcanistes… Où que tu te trouves, tu peux en faire un usage différent. Plusieurs pratiquants d’un même culte n’auront pas les mêmes traditions ni la même manière de vouloir prouver leur foi. Mes croyances à moi, ne sont certainement pas éprouvées d’une façon similaire à celles de sorciers qui, eux, vivent toujours dans l’ancien bassin mésopotamien, tu comprends ? » Tout à son ardeur, il ne savait même plus si Lilas savait quels dieux étaient les siens. Ça n’avait aucune importance. « Bref. Le khat peut finir par provoquer des migraines et augmenter beaucoup trop la tension artérielle, à terme. C’est plutôt déconseillé, pendant la grossesse. Et, je crois que dans certains pays, c’est d’ailleurs considéré comme un produit stupéfiant à part entière. Évite d’en trimballer dans tes valises, hum ? »

Il reprit son observation de la table, cherchant des yeux feuilles et tiges, dont l’une d’elles était restée parée d’une seule corolle… lilas. La fleur était ravissante, et il s’amusa de la lui tendre. « Desmodium adscendens. Longtemps utilisé pour le traitement de l’asthme et de la jaunisse, on l’utilise maintenant de plus en plus pour soigner les troubles hépatiques. Puis, sans aller jusque-là, tout ce qui est migraine, maux de dos, douleurs musculaires et articulaires… une décoction, et ça soulage. On peut l’employer pour des rituels relatifs à la résistance de certains organes, comme le foie. Excellent ingrédient pour un contrepoison, pour lutter contre une inflammation d’origine infectieuse et toxique à ce niveau-là. » Il pointa le gingembre, placé à l’extrémité de la surface. « Et puis bon, pas toujours besoin d’aller chercher dans l’exotique non plus. Le gingembre, par exemple. C’est tout con, mais c’est imbattable pour tout ce qui est troubles digestifs. » Il énuméra devant elle à l’aide de ses doigts baissés, puis dressés au fur et à mesure : « Anti-vomitif, anti-ballonnement, stimulant, te calme la toux, anti-inflammatoire et antiseptique. Le must du must. À utiliser aussi pour lutter contre le mal des transports. Et puis après une opération « classique » effectuée dans un hôpital normal, ça aide à lutter contre les nausées qu’on peut ressentir, après coup. Fin, perso j’en sais rien j’ai jamais été opéré, de toute façon. Mais je sais que ça marche ! » Il administra une pichenette sur le bout du nez de Lilas. « Bon, et faut savoir aussi que c’est super efficace contre la dégénérescence des organes, de manière générale. Lorsque les extrémités du corps sont mal irriguées, ça améliore la circulation dans les vaisseaux capillaires. Ça élève la tension artérielle, ça stimule la transpiration, et ça fait tomber la fièvre. Par contre, ne jamais ingérer ça en cas d’ulcère à l’estomac. Et j’m’arrête là, parce que sinon tu vas devenir la masterpro du gingembre, j’aurai plus rien à t’apprendre, et j’aurai plus aucun prétexte pour t’inviter dans mon labo. »

Au fur et à mesure, il entreprit de ranger quelques bocaux, mais ne résista pas à l’envie de lui tendre une autre plante aux boutons violacés. « Ça, c’est du gokulakanta. » Un sourire mutin étira la commissure de ses lèvres, marque de fabrique qu’en seulement quatre mois, elle avait largement eu le loisir de découvrir à de multiples reprises. « Je l’utilise notamment dans mes concoctions aphrodisiaques. Mais si tu utilises les parties aériennes et les cendres de l’arbre, tu obtiens un concentré diurétique du tonnerre : si tu veux te faire une cure détox après les fêtes, c’est redoutable. La racine, elle, est émolliente. Tu peux l’utiliser pour soulager les douleurs provoquées par les infections urinaires. » Il contourna le plan de travail, replaçant avec un soin tout particulier les spécimens exhibés : retournant tous à leurs tiroirs d’ébène ou ravalés par les ventres de verre. Ce qui ne l’empêcha pas de poursuivre : « Sinon, dans le genre, tu as ce qu’on appelle le Ba Ji Tian. Ça donne un goût très âcre et sucré à ton remède, mais ça stimule le fonctionnement des reins, et c’est assez efficace pour traiter l’impuissance comme l’éjaculation précoce. » En une pirouette souple, il chercha des yeux un autre brin de végétal dont la fragilité l’invita à une concentration mesmérisante, sans concession. Ce ne fut qu’une fois le bocal refermé dans un bruit de couvercle ô combien satisfaisant pour les oreilles de l’arcaniste, qu’il se redressa. « Pour traiter la stérilité féminine et masculine, aussi… ça demande de grandes compétences en matière de préparation, mais ça peut être utile, couplé à d’autres méthodes. Mais… prudence. » Il chercha les prunelles de celle qui, du point de vue d’un œil extérieur, aurait tout aussi bien pu devenir d’ores et déjà sa disciple. « On n’est pas censé faire et défaire ce que la Nature a détruit ou lié. On peut… tenter de l’aider, un peu. Cependant, si le ventre d’une femme est censé rester plat… alors je crois foncièrement que rien de bon ne peut sortir d’une tentative forcée par la volonté d’un sorcier. » Cette position pouvait être débattue. Le positionnement moral et éthique de Lilas l’invitait à attendre une volonté d’aider quiconque se serait trouvé dans le besoin. Toutefois, il préféra ne pas émettre de préjugés la concernant. Il la connaissait encore bien mal. Quelques semaines parsemées de rencontres irrégulières ne pouvaient suffire pour lui permettre de la cerner comme il l’aurait voulu. « Ça peut aussi servir pour les troubles d’origines hormonale, comme l’irrégularité du cycle menstruel. M’enfin, avec les dons que j’ai, ça servirait plus comme soin de prolongation que pour résoudre le problème à la source. »

Une troisième plante d’un rose tirant sur le fuschia, demeurant dans les mêmes teintes soigneusement choisies pour rendre hommage à la jeune femme, s’enticha de ses phalanges, tandis qu’il se rapprochait d’elle. « Échinacée. Ça, ça vient bien de chez nous. C’est l’une des plantes médicinales les plus importantes qui soient. De celle-là, il faudra que tu te rappelles bien. Elle s'éclate à pousser sur les sols riches et sablonneux. Elle stimule les défenses immunitaires, est un excellent anti-inflammatoire, antiseptique, désintoxiquant, favorise la transpiration, est un cicatrisant au top et anti-allergénique génial aussi. Les Comanches l’utilisaient comme remède contre les maux de dent et de gorge. Les Sioux l’employaient contre la rage, les morsures de serpent et les états infectieux. » Il lui abandonna la fleur ponctuée en son centre de cette boule brune caractéristique, lui ayant d’ailleurs donné son nom. Échinacée. Hérisson. « On peut aussi s’en servir pour lutter contre les syndromes d’épuisement consécutifs à une infection virale, genre les rhumes, la grippe, les soucis respiratoires, et même les gelures ! En gargarisme, ça soulagera forcément une angine. Mais à trop forte dose, ça provoque des nausées. »

Il se recula, lui désignant les trois balances au mécanisme sensible arborées près des plaques. « Tout, en potions… Tout n’est qu’une question de dosage et de précision. La façon dont tu entailleras une tige. La manière de récolter les graines. La patience et la rigueur en utilisant ton mortier… et, bien sûr, l’utilisation du grammage de chaque agrément. Tout ça, toute cette préparation méthodique, c’est le chemin que tu dois mener, pas à pas, sans t’en détourner. Sans cette exactitude, le fil de ta volonté restera émoussé. Ta préparation restera incomplète. Et tu échoueras. » Sylia parlait en partie par sa bouche. Il avait ingéré chaque miette, bu la moindre goutte de son enseignement en véritable Tantale. Le résultat était là. Eoghan se savait particulièrement faillible. Il ne serait jamais un arcaniste à la hauteur de Vinzent. Mais dans ce monde tapissé de pierre, de bois et de plants divers, il était un roi en son domaine. Il savait. Il savait qu’il ne se laisserait que rarement dépasser, lorsqu’il s’agissait d’herboristerie. Il étalait son savoir sans orgueil, avide de lui faire partager des connaissances que trop peu de gens pouvaient entendre comme utiles, concrètes, employables dans leur existence. Les cowans n’entendaient rien à la richesse incommensurable que la Nature faisait pousser chaque jour, qu’il s’agisse des recoins les plus éloignés du bayou, ou des petits trésors réussissant à pousser dans les fronces craquelées du béton des villes. Il voulait que Lilas goutte elle aussi, au moins un peu, à la nappe veloutée de ces expériences dont elle pourrait bénéficier un jour, si elle le voulait vraiment. Il se découvrait de plus en plus une volonté de transmettre, de ne pas garder jalousement certaines de ses découvertes. D’autres périraient avec lui, soigneusement consignées dans ses grimoires jusqu’à ce qu’un autre descendant doté de la même curiosité avide parvienne à en décrypter les lignes. Mais celles-là… Celles-là, il pouvait les conter à l’outre qu’il enrobait de son transport.

« Bon, là j’ai un peu de henné… et non ça sert pas que pour les cheveux ou s’décorer les mains ! Ça favorise la coagulation du sang. En décoction, ça soigne les affections du foie, et sous forme de cataplasme, les mycoses, l’acné et les furoncles. Les Égyptiens avaient déjà tout compris, c’est dingue… Ah oui, et dans le genre truc auquel on s’attend pas forcément quand on pense aux philtres, ben l’ail… Y’a pas photo. Antibiotique, expectorant, active la transpiration ça aussi, hypotenseur, ça te réduit les caillots sanguins, c’est hypoglycémiant et même vermifuge, mais ça pas mal de gens le savent pour ce dernier point, j’pense. Paraît même qu’avant, l’ail on l’utilisait pour soigner la tuberculose, et pour panser des blessures pendant la guerre. Hum… J’ai quoi, encore… ah ouais, j’ai de la mélisse. Très relaxant. Antispasmodique, antiviral, et c’est un tonique nerveux, paradoxalement. C’est du bonheur en feuilles, ça. Certains pensent même que ça produit un effet sur ta longévité si tu en consommes régulièrement. En cas de palpitations, de rages de dent… c’est juste parfait. Pour l’anxiété aussi, du coup, et puis les dépressions légères, la nervosité, l’irritabilité… Elle diminue l’émotivité, aide ton estomac pour éliminer l’acidité, les indigestions… top pour les dérèglements de la thyroïde, également. ET. ET, les piqûres d’insecte et la fièvre, attention ça rigole pas…  Bon et là t’as du millepertuis, et j’ai même de la camomille allemande, sans blague en plus… »

Lorsqu’il s’arrêta, l’exposé avait duré largement plus d’une heure. Le cœur tambourinant, la table encore à moitié en bordel, le laboratoire fleurant bon les fleurs séchées ou plus récentes, la moitié de son matos à l’air libre, Eoghan s’interrompit, les mains sur les hanches. Le soliloque qu’il venait d’imposer à Lilas quasiment en non-stop rosit brutalement ses joues, et il se racla la gorge, plus ou moins gêné d’avoir tant parlé. Il se sentit presque épuisé tout à coup, comme s’il venait de courir un marathon. Lui offrant un sourire d’excuse, il soupira, puis renifla, tâchant d’évacuer le bref malaise qui n’avait pas lieu d’être, il le savait. « Désolé… à la base, je voulais juste te montrer deux ou trois trucs. Pas te faire une conférence sur la question des plantes médicinales, haha… Je t’avais promis de rendre ça plus chouette que certaines leçons de Vinz’ et c’est exactement ce que je viens de ne pas faire. » Génial. C’était bien la peine de se foutre de la gueule de Henkermann et de son érudition tout aussi logorrhéique. Le Louisianais frotta ses joues, à la fois consterné et amusé par cet élan qu’il n’avait pas prévu. Puis, il fit claquer ses paumes une fois, au niveau du sternum. « Bien… Là, c’est le moment où tu me demandes si tu peux te sauver tout de suite avant que j’entame le tome deux, c’est ça ? » Il l’aurait compris. Ils n’avaient rien planifié, après tout. Oh, lui n’était pas à cours d’idées, pour occuper l’après-midi. Il y avait tant de choses qu’il aspirait à lui montrer, à lui faire voir, maintenant qu’ils avaient franchi le cap de se rencontrer sans un tiers. Et pas n’importe quel tiers. Il reprit les opérations de rangement, y mettant du cœur et en profitant pour, enfin, laisser l’outre souffler et en revenir à des sujets moins barbants. « Bon, et toi alors… ? T’en es où, de ton côté ? Ça avance, avec lui ? Tu t’plais toujours au manoir ? »


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Louisiana Burning

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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

Magic comes with a price • Lilas AdPjFI9 Magic comes with a price • Lilas USZhV3d Magic comes with a price • Lilas H0dVnoF

"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

Pseudo : Akhmaleone
Célébrité : Xian Mikol
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Mar 3 Mai - 23:09 (#)






MAGIC COMES WITH A PRICE




Eoghan arrivait à lui tirer des rires qu’elle croyait avoir oublié pour de bon. Il y avait quelque chose chez cet homme, qu’elle apprenait à connaître sous l’égide de Vinzent depuis plusieurs mois maintenant, de léger et de solaire. Quelque chose qui l’attirait comme les papillons de nuit vers la flamme. Il se dégageait de lui une chaleur qu’elle ne s’était jamais attendue à trouver chez quelqu’un d’aussi proche de Vinzent. Elle avait réalisé un soir après qu’il ait quitté le manoir, qu’ils devaient à leur façon, chacun apporter un quelque chose de vivant à l’Arcaniste qui avait parfois tendance à faire fi de ces considérations humaines. Elle se souvenait avec émotions des mois à Santa Monica, de la façon dont elle avait parfois dû forcer l’Allemand à s’extirper des feuilles jaunies de ses grimoires pour vivre un peu. Il y avait chez Vinzent, une capacité à s’oublier, à oublier son humanité pour disparaître dans son art, là où, Eoghan et elle, était profondément ancré à ce monde vivant qui semblait parfois échapper à celui qui était à l’origine de leur rencontre.

Les rendez-vous avec Eoghan, toujours au Manoir, jusqu’à aujourd’hui, lui avait permis de découvrir un homme profondément touchant dans sa passion pour son art, brûlant d’un intérêt semblable à celui de Vinzent, mais employé d’une façon complètement différente. Il avait été capable de la faire rire avec une rapidité étonnante, la ramenant à des moments plus gais, allégeant le poids d’un quotidien compliqué. Elle qui avait souvent eu l’impression de se noyer depuis son arrivée en Louisiane, avait trouvé en la personne d’Eoghan un radeau auquel s’accrocher. Elle se surprenait souvent à attendre avec impatience sa prochaine visite. Curieuse de savoir ce dont ils allaient parler, ou de quelle façon il réussirait encore à la faire exploser de rire au moment le moins opportun

Aujourd’hui, les choses étaient différentes, Vinzent n’était pas là pour veiller sur l’échange, les laissant réellement seuls pour la première fois, et si elle avait été enchantée par la nouvelle, une once d’inquiétude avait réussi à se frayer un chemin dans les méandres de son esprit, venant entacher son arrivée dans la boutique du sorcier. Elle avait observé les reptiles avec attention, s’exclamant devant les livrées écailleuses, les petites langues fourchues et les regards à la pupille obliques. Toute inquiétude avait été oubliée à l’instant où la porte s’était fermée derrière elle, où il l’avait accueilli avec le sourire canaille qu’elle avait eu le temps de lui associer. Ses lèvres avaient effleuré la joue du sorcier en un geste qui, s’il l’avait surpris la première fois, ne le faisait plus sourciller, une main légère venant reposer sur l’épaule couverte d’un t-shirt sombre avant qu’elle ne recule avec un sourire. Une bouffée de son parfum, déjà familier, avait accompagné le grésillement de son essence contre la peau de l’Outre. À chaque fois que son derme entrait en contact avec celui du sorcier, la même électricité remontait toujours le long de ses membres, comme si son essence carmine tenait à la saluer autant que le sorcier qu’elle habitait. Un frisson plus tard et la sensation était déjà oubliée, pour être remplacée par le rire sonore qui lui avait échappé. Il l’avait guidé, un sourire malicieux aux lèvres avant que son visage ne reprenne son sérieux jusqu'à l'arrière-boutique où son essence semblait s'accumuler distinctement. Elle avait hoché la tête, appréciant silencieusement la preuve de confiance qu’il lui offrait en la laissant ainsi pénétrer dans son antre. Sa paume dans la sienne avait de nouveau envoyé l’onde brûlante remonter le long de son bras, galvanisé par la puissance des runes au travers desquelles il venait de l’entraîner. Elle s’était arrêtée quelques secondes, la bouche entrouverte pour observer l’entrelac, similaire à une toile d’araignée qu’avait dessiné la Rougeoyante autour du pas de la porte. Un sourire avait étiré ses lèvres en découvrant les particules qui s’étaient attardées sur sa peau quand le passage lui avait été autorisé. Elle rentrerait au Manoir couverte des traces de la Rougeoyante.
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Elle l’écoute avec un sourire, attentive, essayant d’emmagasiner le plus d’information possible, s’autorisant des questions quand elle le sent. Son visage est marqué par la concentration, hochant du chef avec véhémence, observant les plantes avec attention, notant les bourgeons, les pétales, les branchettes et les épines. Essayant de retenir de son mieux la vaste variété d’essence végétale qui s’étale devant elle. La pièce est baignée de l’essence d’Eoghan, semblable à des braises, elle palpite au rythme de l’enthousiasme du Sorcier qui semble complètement dans son élément. À cette teinte de rouge, viennent se conjuguer les pourpres, les verts, les bleus, les jaunes et les oranges, de toutes les plantes qu’il lui présente depuis de longues minutes. La pièce est un kaléidoscope de couleur qu’elle aimerait pouvoir peindre à l’instant pour ne jamais perdre l’instant. La façon dont son don réussi à mêler les teintes du réel et celle de ce plan qu’elle seule est capable de percevoir, les nimbant tout deux d’un halo coloré digne des plus grands trips sous acide. Elle pousse un petit cri faussement outré quand ses doigts s’attardent pour pincer sa hanche, dénudée par son haut ayant légèrement remonté. Courant électrique. Elle hoche cependant la tête, notant rapidement sur le carnet à croquis qu’elle a réussi à glisser sur le coin de la table, certaines des utilisations de la plante. Quelques traits de crayon viennent dessiner une esquisse rapide tige et feuille s’étalant sur le papier, comme de celle déjà évoqué précédemment. L’enthousiasme d’Eoghan est communicatif, et sa joie d’enseigner, d’une façon complètement différente de celle dont Vinzent partage son savoir, est vivifiante. L’accent du sorcier s’est estompé, donnant à sa gouaille habituelle un quelque chose de professoral, une teinte d’autorité qui force l’attention. Il y a quelque chose d’envoûtant chez lui en cet instant et elle l’écoute avec toute l’attention qu’il mérite, s’attendrissant de son enthousiasme. « Je pense que je comprends oui, même si… Un jour faudra qu’on se pose pour que tu me parles plus en détails de ton panthéon, ça m’intéresse. »

Du bout des doigts, elle s’empare de la nouvelle plante tendue, la croquant dans son carnet avec un sourire, une fleur à la couleur de son nom. Elle ajoute un astérisque à côté de la mention des propriété anti-migraineuse, toujours à la recherche de remède pour lutter contre les effets de ses dons. « Ça, je note avec attention… » Elle marmonne, presque plus pour elle-même que pour le sorcier qui lui indique le gingembre, dont elle ne prend pas la peine de noter les propriétés qu’elle connaît déjà. Une pichenette vient effleurer le bout de son nez. Électrique. « Hey ! » Elle frotte l’appendice en lui tirant la langue. « T’auras toujours des trucs à m’apprendre, andouille. Masterpro du gingembre, j’t’en donnerai moi ! » Elle rit doucement en secouant la tête, consciente de l’écart monstrueux de connaissance qui existe entre eux. Lui, formé depuis sa plus tendre enfance aux pratiques arcanistes et elle, une outre encore presque aveugle à la voie des arcanes. Si ses dons plongent dans des profondeurs inexplorées par le sorcier, il en est de même pour les siens et ses connaissances. Elle se retient de rebondir sur la dernière partie, refermant derrière ses dents, qui viennent s’enfoncer dans sa lèvre inférieure, la remarque clairement séductrice qu’elle aurait pu balancer. Des raisons pour l’inviter dans son antre elle pourrait en citer au moins dix, dont à peine la moitié aurait à voir avec ses connaissances en terme d’arcanisme.

Elle suit des yeux sa silhouette qui se déplace souplement, pleine de la force de l’habitude, dans son fief. Il y a quelque chose de gracieux chez le sorcier qui ouvre et ferme à tour de rôle les tiroirs pour ranger les plantes toutes extirpées de leurs cachettes, une tendresse dans la façon dont ses doigts s’emparent des tiges et caresse les feuilles. Quelque chose dans le balancier de ses hanches qui lui fait hausser un sourcil taquin quand il évoque les aphrodisiaques et autres traitements pour lutter contre l’éjaculation précoce. Un ricanement lui échappe, alors qu’elle le regard de haut en bas, lâchant du bout des lèvres un petit « Comme si t’en avais b’soin. » A l’évocation d’un des effets du Ba Ji Tian, son regard croise le sien et elle prend conscience du sérieux des prochaines paroles. Elle l’écoute avec attention, la gomme de son critérium tapotant contre le papier de son calepin. Les questions de morales et d’éthiques au sein de la communauté arcanique sont aussi nombreuses que son nombre de pratiquants. Chacun voit midi à sa porte et chacun suit ses propres préceptes, ses propres règles. Vinzent le lui a déjà expliqué, exprimant ouvertement sa désapprobation concernant certaines pratiques, Lilas quant à elle, ne sait pas encore trop où elle se placerait. L’idée d’être en mesure d’aider une personne dans le besoin mais de ne pas le faire par respect pour des lois dictées par une entité intangible lui semble à la fois détestable et compréhensible. Elle a suffisamment vécu pour avoir depuis longtemps abandonné l’idée du Dieu Unique auquel croyait si fièrement son Grand-père, sans pour autant avoir été capable de faire son choix parmi le vaste monde des divinités auxquelles se vouer. Le questionnement, informulé, mais présent d’Eoghan la pousse une fois de plus à réfléchir à ces questions qui ne se font que plus pressante à mesure qu’elle avance dans son apprentissage. Elle note ses questions à côté des informations pour la plante, se promettant d’y revenir plus tard.

L’Echinacée se retrouve à son tour sur le papier, la plante reposant sagement près des pages barbouillés de crayon et des traces d'aquarelle, les lignes de l’écriture vive de Lilas s’étalant sur la page. Une fois les dernières informations ajoutées, elle relève le nez, et sans s’en rendre vraiment compte, commence à croquer autre chose. Son crayon s’agite sur la page tandis qu’elle l’écoute, hochant la tête de façon régulière. Entre le graphite et le papier, se dessine l’arc de la mâchoire d’Eoghan, ses doigts tenant avec précautions la tige délicate d’une plante, son sourire plein de malice. Elle s’applique tout en posant une ou deux questions, un sourire étirant ses lèvres quand elle relève le nez. « Comme pour la pâtisserie, mais en encore plus précis quoi. J’ai toujours aimé l’idée de suivre des recettes complexes, j’pense que j’aimerais vraiment bien m’essayer aux potions… Lier ma magie avec les ingrédients jusqu’à réussir à obtenir l’équilibre parfait. » Il y a quelque chose de profondément intriguant dans la préparation des filtres, quelque chose de tangible qui lui parle plus que les runes et les cercles d’enchantements. Elle qui est incapable d’exprimer son don autrement qu’en couchant sur des toiles qu’elle barbouille de couleur.

Il enchaîne les informations, passant de plantes en plantes, trop vite pour qu’elle ne puisse noter quoi que ce soit et elle se contente de l’observer, de se délecter de l’image qu’offre Eoghan Underwood dans son univers, libre d’exprimer sa passion sans barrière. Elle a intimement conscience de la chance qu’elle a. D’être ici, qu’il lui offre son savoir avec autant de liberté. Il y a quelque chose de presque enfantin dans sa joie pure de lui apprendre des choses et elle se retient de lui exprimer ouvertement sa propre joie, sa gratitude d’être acceptée aussi ouvertement dans son univers. L’offrande n’a pas de prix, elle le sait, rien de ce qu’elle pourra offrir en retour ne saura combler la dette qu’il est en train de créer sans le vouloir. Il s’arrête d’un coup, les mains sur les hanches, les joues roses et le souffle court et elle se mord l’intérieur de la joue pour ne pas rire. Il est… Adorable. C’est un homme, adulte, plus vieux qu’elle, la dépassant d’au moins vingt centimètres, mais en cet instant, on dirait un gamin de dix ans, particulièrement fier de ce qu’il vient de faire et qui attend ses félicitations. Elle lui laisse quelques secondes pour se reprendre avant de lui sourire ouvertement. « T’excuse pas, c’était édifiant. » Elle se reprend, effaçant tout sarcasme de sa voix. « Non, vraiment, merci. J’ai déjà oublié la moitié de ce que tu viens de dire, mais j’ai noté plein de trucs là-dedans. » Elle tapote les feuilles de son calepin avant de reprendre. « Et sache que c’était vachement plus fun que les leçons de Vinzent. » Un rire lui échappe. « Tu manques un peu de… » Elle se redresse, tendant le nez vers le haut d’un air profondément ennuyé, l’arrogance de ceux qui savent suintant de ses pores. « Si tu vois ce que j’veux dire. » Elle ricane encore, passant une main dans ses mèches brunes pour les repousser loin de son front. « Ses cours sont hyper intéressants mais pas digeste, contrairement à ce que tu viens de faire. J’ai pas eu l’impression de suivre un cours, juste de voir un mec passionné qui me parle de ce qu’il aime et qui voudrait voir si ça m’plait aussi. C’était une démonstration et c’était extrêmement intéressant et à partir de maintenant, j’viendrais t’emmerder dès que j’ai besoin d’un truc contre les migraines que me refilent mes dons ! Donc, si tu veux repartir pour un tour, j’suis parfaitement disponible. » Un clin d’œil accompagne la fin de sa phrase avant qu’elle ne fignole son travail, ajoutant deux ou trois informations et quelques ombrages sur le croquis du sorcier.

Une grimace fait disparaître le sourire qui étire ses lèvres quand il lui pose quelques questions. « Ahem… » Elle réfléchit, tapotant contre ses lèvres la gomme de son crayon. « J’me plais au Manoir oui, qui ne s'y plairait pas en même temps. » Un rire lui échappe en pensant à l’immense bâtisse. « Petit un c’est super beau, petit deux le jardin est dément, petit trois la lumière en DINGUE pour peindre et enfin, Brünhild. Juste Brünhild, cette femme est un démon mais également un envoyé des dieux, j’pense clairement pour un ange déchu. » La vielle femme n’avait toujours pas réellement accepté la présence régulière de l’Outre et se montrait toujours froide avec elle, mais ça ne l’empêchait pas de s’assurer que le Maitre de maison et son invité ait toujours un repas d’une qualité exceptionnelle. Elle soupire en se préparant à répondre aux deux questions suivantes. « Pour ce qui est de mes avancées, je considère que ça va, vue que je suis pas encore morte et que Vinzent à pas encore rendu les armes, mais c’est plus complexe que ce à quoi on s’attendait tous les deux, je pense. » Elle se frotte distraitement l’avant-bras du dos de la main en un geste rassurant. « J’sais pas, c’est… Compliqué. Tout est compliqué de toute façon avec lui, donc bon… On verra comment ça avancera, mais oui, pour le moment, on est toujours au même point que la première fois qu’on s’est vu toi et moi. C’est… » Elle ricane avant de lâcher une nouvelle fois le mot qui semble résumer à lui seul sa relation avec l’arcaniste allemand. « Compliqué. » Un nouveau hochement d’épaule avant qu’elle ne se décide à dire. « Je sais pas si ça avancera un jour d’ailleurs, que ce soit lui et moi, ou mon apprentissage avec lui, mais bon, on s’accroche. » Son rire est un peu triste quand il s’échappe d’entre ses lèvres et qu’elle fait tourner entre ses doigts la pousse d’échinacée.

Se secouant, autant physiquement que mentalement, afin d’évacuer la mélancolie qui ne manque jamais de l’enlacer quand elle pense à celui qui partage un bout de son âme, elle se laisse glisser en bas du tabouret. Ses sandales, compensées, rencontrant le sol dans un petit claquement qui se répète de façon rythmique quand elle s’approche de lui et du meuble aux mille tiroirs. Elle observe les petites étiquettes, cherchant avec attention celle qui correspondrait. « On essaie de travailler à lier ma psychométrie avec ma clairvoyance, histoire de voir vers où mes dons pourraient aller une fois conjugués. Pour Vinzent, ça pourrait soit partir sur un truc en lien avec le temps, soit un truc en lien avec les différents plans d’existence. C’est… Vaste et un peu flippant comme possibilité, mais eh, on verra si ça marche. Pour l’instant, il m’a refilé plein d’objet ayant appartenu à des gens très puissants et très morts, et on essaie de voir ce qui se passe quand j’focus mes deux dons dessus en même temps. » Un petit rire lui échappe en se souvenant de la migraine astronomique qu’elle s’était tapée deux semaines plus tôt après une tentative, particulièrement longue et infructueuse, où ils avaient tous deux fini par perdre patience, la soirée s’étant terminé sur un « Bien. » Excédé de Vinzent. « Qui sait p’tet qu’un jour, j’pourrais communiquer avec j’sais pas quel sorcier datant de Mathusalem. » Elle trouve enfin le tiroir estampillé de l’étiquette qu’elle cherchait et en approche les doigts avant de se souvenir des runes qui bardent la porte, hésitant à quelque millimètres sans pour autant toucher le bois de peur des conséquences potentielles. « Je peux ? » Un hochement de tête du sorcier la laisse glisser les doigts sur le bois, savourant l’électricité qui la traverse une fois de plus, à mi-chemin entre des flammèches et un courant qui se glisserait jusqu’entre ses atomes. Elle laisse délicatement la tige fleurie tomber avec ses consœurs avant de repousser du bout des doigts le tiroir. Elle recule doucement, retournant s’appuyer contre le plan de travail, les coudes en arrière et les jambes croisés aux chevilles. « Alors, que vas-tu me montrer maintenant, Ô grand sage des plantes et autres joyeusetés. » Elle casse légèrement sa hanche sur le côté en lui lançant un regard mutin, attendant avec patience les nouvelles connaissances qu’il compte déverser sur elle.




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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Dim 29 Mai - 5:49 (#)


Pinky Swear
Tout en rangeant, le sorcier ne perdait rien du discours de Lilas. Il lui semblait étrange de l’entendre babiller ainsi dans son dos. Il n’avait pas l’habitude d’entendre une voix féminine et aussi jeune, de surcroît, peupler l’atmosphère sonore de son antre protégée des regards comme des intrusions extérieures. Cette compagnie lui était agréable, à l’image de Lilas elle-même. Il ne regrettait pas son invitation. Il n’avait pas vraiment tenté de se projeter, avec elle dans la pièce. Ils en avaient convenu ainsi, et il n’avait pas réfléchi à comment il se sentirait, avec elle à ses côtés. Seuls. Il n’avait pas réfléchi à ce qu’il éprouverait, une fois rendu intime avec la petite outre dont les compliments et les encouragements lui procuraient un plaisir sincère. Cela faisait une éternité, qu’il ne s’était pas senti aussi bien avec une femme, sans que celle-ci ne le considère automatiquement comme un potentiel danger, un ennemi, un ennui. Il ne s’en plaignait pas. Sa magie rendait ses relations compliquées, et son tempérament encore plus. Il s’était accommodé de cette réalité-là. Mais Lilas était venue tout bouleverser. Il scinda son cerveau en deux : continuant de l’écouter d’une part, et raisonnant de l’autre.

Lorsqu’elle était entrée dans le salon de Vinzent, quelques mois plus tôt, il avait été marqué par le souffle qu’elle avait entraîné avec elle. Il se rappelait sa mystique. De ce qui s’était produit quand leurs regards s’étaient liés. Cela n’avait rien à voir avec la formulation d’un aveu, rien à voir avec le concept d’âme sœur, qu’il répudiait, sur le plan amoureux. Mais il y avait eu un signe. Une attirance. Il avait tenu sa main, et de ce simple geste il se souvenait toujours, tout comme la réaction de la Rougeoyante à l’intérieur. Il n’était ni aveugle, ni dans le déni. Il savait ce qui tiraillait le bas de son ventre, parfois, quand le visage de l’apprentie passait dans son esprit, tard le soir. Il savait aussi que l’effet voulu par Vinzent, pouvant sembler vicieux, avait encouragé cet état de fait. Trophée. Conquête. Il en avait déjà parlé à son frère de magie ; évocations que ni l’un ni l’autre n’auraient prétendu ne pas comprendre. Son ami s’était amusé de sa pudeur inaccoutumée. Il avait laissé une porte entrouverte, et pourtant Eoghan Underwood refusait toujours à la pousser complètement. Beaucoup auraient grincé des dents, face à cette vision des choses peut-être surannée. Pourtant, il n’y dérogeait pas : pour lui, Lilas appartenait à Vinzent. Et à personne d’autre. La toucher, laisser parler ce désir palpable qui l’étranglait chaque fois qu’il se trouvait dans son giron, étaient l’équivalent d’un sacrilège qui, malgré l’aval implicite, restait par trop infranchissable. De même, cet état de fait ne lui plaisait pas. Il n’aimait pas être attiré par elle. Plusieurs de ses amantes, par le passé, avaient été des outres. Toutes des médiums qui plus est, à son image. Chaque fois, l’histoire s’était mal terminée. Il en avait conservé un goût amer dans la bouche, des annales saccagées, et une opinion largement méprisante, en fonction des cas, pour ces Éveillées particulières. Il n’était pas fait pour tisser avec des outres. C’était là ce dont il s’était persuadé, seul.

Et puis, il l’avait rencontrée.

Lilas n’était pas le genre de femme qu’il lui fallait.
Lilas n’était pas très grande. Elle n’avait pas une propension facile à faire fermer sa gueule à un type comme lui ; or, c’était exactement ce dont il aurait eu besoin.
Lilas était un danger pour elle-même. Elle attirait les prédateurs dans son genre. Il savait ce que sa propre essence fomentait contre elle en secret. La murène écarlate patientait, attendait son heure. Elle avait déjà su reconnaître que l’hôte ne laissait pas sa future proie indifférente, elle non plus. Elle savait qu’elle aurait alors tout le loisir de refermer ses mâchoires sur la gorge d’une sacrifiée toute désignée, d’une créature soumise à la poigne de certains hommes, et dont l’optimisme et l’humanité étaient des failles qu’elle voudrait élargir encore plus. Lilas aurait tout aussi bien pu se promener avec la lumière rouge d’un sniper sur le front : marquée. Et lui, pendant ce temps-là, s’en voulait à mort. Il tentait de contenir les pulsions lancinantes qui ne cessaient de se rappeler à lui, chaque fois qu’il lui rendait visite. Ce contrôle ne les faisait pas pour autant disparaître. Ce qui lui faisait le plus peur, c’était d’avoir compris à quel point les femmes comme Lilas réveillaient sa violence. Une violence sexuelle, un besoin d’appropriation, d’assujettir, d’agenouiller. Il se demandait si cette appétence révélait en partie le passé tortueux qui l’avait forgé, de par son éducation et la mainmise des « Elles acariâtres » de sa famille. Il l’espérait. Il s’agissait d’une excuse qui le rassurait au moins un peu sur ce qui dormait réellement au fond de ses entrailles. Une légitimation de ce qui, une fois exposé à l’air libre, aurait paru impardonnable. Surtout si elle en était la mire.

Tu n'es qu’un gigantesque taré, rien de plus.

À peine se formulait-il cette pensée que le raclement discret des pattes du tabouret se fit entendre, et que les claquements de ces sandales qu’il adorait et qui la grandissaient autant qu’elles galbaient délicieusement ses mollets, résonnèrent dans le labo. Il tourna la tête vers elle pour la regarder, observant tout : ses cheveux, son cou, la courbe d’une joue, la pointe du nez, l’éclat des iris. Elle était pure. Et toujours, ce terrible besoin d’en souiller le tableau parfait. À l’affection presque naturelle qui avait éclot à leur rencontre, se joignait désormais la petite voix intrinsèque à sa nature de vicelard. Je me demande comment tu gémis. Je me demande à quel point tu serais faible. Comment est-ce que je pourrais te faire chanter. Te faire cambrer. Réclamer. Supplier. Il serra les dents et, d’un soupir, chassa la rengaine malvenue qui contrastait si fort avec la voix mélodieuse de sa comparse, même si elle trahissait l’anxiété latente qui résultait de ses confidences.

« Je peux ? »

Évidemment, il l’avait laissée faire, amusé de la voir si sage, si polie, si respectueuse de cet environnement façonné à l’image de l’arcaniste. Il se retourna quand elle se recula, et la posture qu’elle adopta ne l’aida pas à ranger au fond d’un placard ce qui revenait le tourmenter inlassablement, depuis quelques mois. Elle avait tort, de le provoquer. De jouer à ce jeu vieux comme le monde. Lorsqu’Eoghan la fixait ainsi, il ne masquait pour ainsi dire pas grand-chose de ce qui l’habitait, dans ces moments-là. Il s’attardait sur ses hanches, sur ses cuisses, sur ces chevilles croisées soulignant l’angulosité de l’articulation, jusqu’à ce pied nu parfaitement moulé dans une enveloppe faite pour rendre hommage à une courbe avantageuse. Le trésor de son anatomie avait beau lui rester encore caché, l’outre, ainsi accoudée, avait tout de la petite pin-up à l’accent étranger s’étant invitée dans son espace, comme dans un rêve absurde, fantasme adolescent et pourtant à portée de main. Il se mit à sourire, tant à son adresse qu’envers lui-même. Il se trouvait ridicule.

« Oh, je peux te montrer tout un tas de choses… Ce n’est pas comme si on n’avait pas tout l’après-midi… et même le soir, si tu n’as rien de prévu. » Il ne lui restait plus grand-chose à ranger, et ce fut pourquoi il préféra prendre son temps, s’occupant les mains et laissant ses spéculations malsaines se désagréger. « Je t’apprendrai quelques philtres parmi les plus simples, d’abord. On verra comment tu te débrouilles, si tu as la fibre. Mais si déjà tu as la volonté, alors je ne suis pas très inquiet. C’est vraiment la clef de tout. » Il lui tourna finalement le dos, la silhouette bien proportionnée de la Française de toute manière imprimée pour toujours derrière ses rétines. « Je ne veux pas prendre la place de Vinz’, quand même. Faudra bien que tu lui demandes, si ça le gêne vraiment pas, tout ça. Il est bien plus au fait que moi de là où t’en es. J’ai aucune légitimité, moi. Mais ça m’fait plaisir de t’en parler. L’herboristerie, c’est un peu spécial. J’comprends que ça branche pas spécialement les gens comme moi ça me plaît. » Il se sentait désolé que les cours avec son maitre ne se déroulent pas comme tous deux l’auraient mérité. « En tout cas, pour ce qui est des migraines, je compatis… Pour moi aussi, c’est un contrecoup de la télépathie. C’est un mal assez répandu parmi nos rangs, de toute façon. C’est logique. Tout part de la tête. C’est les méninges qui prennent, forcément. » L’aider à soulager ses maux, il pouvait le faire. Mais rentrer dans les détails de sa psychométrie le dépassait totalement. Il n’avait jamais essayé de se montrer péremptoire avec Marlow Havenford sur la question. Les plans d’existence que Lilas mentionnait lui rappelèrent instantanément les dilemmes douloureux vécus par la médium qui, avant elle, avait foulé ce sol. Elle y avait souffert, pleuré, espéré. Il n’avait pas été tendre avec elle. Pas souvent, du moins. Tentait-il alors de se rattraper avec la nouvelle venue ? Ou était-ce le lien privilégié qu’elle partageait avec son meilleur ami qui le rendait si clément ? Il ne le saurait sans doute jamais. Il referma le dernier tiroir, puis consentit à lui faire face de nouveau. « C’est vaste, comme tu dis… Je souhaite vraiment qu’vous vous en sortiez, tous les deux. S’il croit en ton potentiel, alors tu fais bien de le suivre sur la voie qu’il trace pour toi. » Il lui sourit avec une confiance forgée dans l’acier, doublé d’un petit hochement de tête dépossédé de toute arrogance ou sarcasme. « On est différents, lui et moi. Tu as déjà dû t’en apercevoir pour un paquet de trucs, de toute façon. On se ressemble beaucoup sur certains points – les plus essentiels à mes yeux – mais sur d’autres… ouais, j’te dis pas les débats. » Il cala sa nuque contre sa paume, haussant les sourcils dans une moue résignée et tendre à la fois. « Par exemple, bah… on parlait de panthéon, justement. On partage pas du tout les mêmes croyances. Il est très respectueux vis-à-vis de moi là-dessus, mais je crois deviner ce qu’il en pense, et si on n’était pas amis… peut-être qu’il trouverait ça nul à chier ? J’en sais rien au fond, j’ai jamais trop voulu le taquiner sur la question ni défendre mon point de vue mordicus. » D’ailleurs, son visage s’inclina, et il en profita pour lui demander, curieux : « Et toi ? Est-ce que tu crois ? Est-ce que tu penses que certaines figures nous guident, nous élèvent ou nous crucifient ? Est-ce que tu crois au destin ? Au hasard ? Au chaos ? Ta pratique de la magie sera forcément influencée par ce auprès de quoi tu pries. »  

Il mordilla gentiment sa lèvre inférieure, et profita d’être lancé pour renchérir : « Votre lien… à quel point il impacte votre relation ? Est-ce que… ton libre arbitre, il est toujours à toi ? Tu me dis que c’est compliqué… Vous êtes pas décidés à renouer en tant que couple, tous les deux ? Ça doit te faire bizarre, non ? » À rôles inversés, il savait qu’il n’aurait pas pu. Trop d’orgueil. Trop de colère. Il admirait la patience de Lilas, autant qu’il voyait là une preuve de plus d’une obédience potentiellement malsaine ou au moins inquiétante, envers des sorciers tels que Vinzent et lui.

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Louisiana Burning

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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

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Mar 31 Mai - 6:37 (#)






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Le sourire qu’elle lui adresse ne fait que s’agrandir, étirant la commissure de ses lèvres, dévoilant ses dents qui s’enfonce légèrement dans sa lèvre inférieure. Il y a quelque chose de délicieux à flirter avec Eoghan Underwood. Aussi innocente que soit leur relation depuis leur rencontre, la tension n’a fait qu’augmenter, se cristallisant à un courant qui semble aller d’elle à lui dans une danse dangereuse qu’ils effectuent avec précision. Les regards qu’ils échangent, les mots qu’ils s’envoient et les effleurements qu’ils partagent sont autant de pas qu’ils esquissent sans jamais franchir la ligne invisible que sa relation avec Vinzent semble tracer entre eux. Mur infranchissable, frontière intangible qu’ils respectent d’un accord tacite. Oh, ce n’est pas l’envie qui manque, elle le sait. Elle n'est pas aveugle aux regards qu’il dépose sur sa silhouette, à la façon dont ses yeux s’attardent sur les courbes qui se dessinent sous ses shorts ridiculement court. Elle n’est pas en reste de son côté. Il n'est pas rare qu’elle se surprenne à rêvasser, un pinceau à la main, la bouche entrouverte, ses papilles se demandant qu’elle serait la saveur de son derme et quelle surface saurait recouvrir ses grandes mains aux doigts élancés. Ses sourires savent toujours comment la priver d’une petite partie de son oxygène et elle se morigène à chaque fois avec la même ferveur. Meilleur ami de Vinzent. Pas toucher. Non pas parce qu’il le lui aurait interdit. Sa relation avec Vinzent n’a, qu’elle s’en souvienne, jamais été réellement exclusive physiquement. D’abord à cause de Will, mais surtout parce que ce qui les avait unis avait toujours transcendé le domaine physique. Jamais il ne lui viendrait à l’idée d’interdire à Vinzent de partager son corps avec d’autres et la réciproque avait autant de véracité. Ils étaient libres de leurs corps, leurs âmes étant déjà liées. La question ne se posait même plus aujourd’hui, leur relation demeurant, du moins depuis son retour, parfaitement professionnelle. Il n’y avait eu aucune caresse, pas un baiser, même pas une étreinte, rien. Vinzent se comportait avec toute la droiture du professeur et elle écoutait en bonne élève. Il s’entendait bien, presque aussi bien qu’avant, ils riaient ensemble, rarement mais ça leur arrivait, et rien d’autre. Vinzent était… Il était une part d’elle, un morceau de son âme dont elle ne pourrait jamais se débarrasser, quand bien même la situation était devenue inconfortable. Une part d’elle gardait cet espoir insensé que les choses reprendraient leurs places, mais plus les mois s’étiraient plus un retour en arrière semblait impossible. Si Eoghan était intouchable c’était parce qu’elle savait inconsciemment qu’IL refuserait toute avance de sa part, par respect, aussi mal placé soit-il, envers le germanique.

Depuis leur rencontre, il l’attire comme la flamme appelle le papillon de nuit. Elle virevolte dans son orbite laissant cette faim, qui brûle lentement dans le creux de ses entrailles, la consumer avec délectation. Il y a quelque chose chez lui, dans son essence, dans ce qu’il est, dans ce qu’il dégage, qui lui parle irrépressiblement. Peut-être que sans cette complicité, presque trop facile, qui s’était créée entre eux, les braises se seraient éteintes, mais chacune de leurs interactions ne fait que renforcer l’idée qu’Eoghan prendra – a déjà pris – une place primordiale dans sa vie. Elle n’est pas aussi naïve que semble le penser les deux sorciers qui l’entourent presque quotidiennement, son romantisme à trouver la mort entre les doigts avides de Will, des années auparavant. Mais, quelque chose en elle, est appelé par lui. Quelque chose d’intrinsèque, d’animal, d’instinctif. Une forme d’attraction aussi puissante que celle qui la colle au sol en cet instant, comme une nouvelle gravité, attirant indubitablement la météorite vers le sol, jusqu’à l’impact. Elle ne sait pas quand, elle ne sait pas comment, mais elle sait qu’il se produira et qu’il changera tout. Il pourra être aussi destructeur que créateur, mais dans son sillage, ils seront changés à tout jamais. Il lui tourne le dos et toute à ses pensées, son regard glisse le long de son dos, effleurant chaque vertèbre d’un battement de cils avant d’atterrir sur sa chute de reins délicieusement enveloppé du jean de son pantalon. Elle s’appuie un peu plus fermement contre le plan de travail, ses pensées dérivant distraitement. Comment réagirait-il si elle venait glisser la main dans sa poche arrière ? S’ils se glissaient sous l’ourlet de son t-shirt pour découvrir si la texture de la peau de son dos était la même que celle de sa paume ? Pour savoir si le courant électrique se ferait plus violent si sa paume se plaquait contre son échine ? Elle déglutit et relève les yeux avec violence quand il se retourne. Vite, vite, son cerveau rembobine la scène cherchant à reprendre le fil de le conversation là où elle l’avait laissé. Tentant de reprendre contenance, elle hausse distraitement une épaule. « Y a pas de question de prendre sa place ou pas, il m’a dit qu’il te donnait carte blanche pour m’apprendre ce que tu voulais et qu’il avait une confiance totale en toi, et de façon plus surprenante, en moi. » Elle lâche un petit rire. « Donc, tu peux m’inviter en pleine nuit pour venir touiller ton chaudron pour faire passer nos migraines, il ne dira rien. » Son sourire est mutin, mais elle détourne le regard en hochant la tête quand il continue sur sa lancée.

Si seulement elle avait appris comment mettre son don en sommeil complet dès les débuts de son apprentissage, elle n’aurait pas l’impression d’être aveugle si elle s’en privait. Elle l’avait perdu. Presque perdu, sur la fin avec Will, elle s’était efforcée de s’oublier, d’oublier Vinzent et toutes les merveilles qu’il lui avait apprises, avec une telle véhémence, qu’elle avait fini par faire taire son don. Il se passait des semaines, parfois des mois, sans qu’elle ne voie rien. Les jours étaient mornes et elle ne peignait plus à cette époque, incapable de trouver la joie qui l’habitait d’ordinaire lorsqu’elle s’emparait de ses pinceaux. Certes, les migraines avaient été inexistantes à l’époque, son don ne troublant sa vision qu’en présence d’un Éveillé ou d’une créature baigné de magie. « J’ai l’habitude. » Ses sourcils se froncent légèrement avant qu’elle n'ajoute. « Vu que j’suis incapable d’éteindre mon don, y a des jours où c’est particulièrement violent pour mon pauvre cerveau. » Elle écoute la suite en haussant les épaules une fois de plus. Bien sûr que Vinzent à foi en elle, c’est lui qui a découvert son potentiel, lui qui l’a poussé à se tourner vers la voie des Arcanes. Elle l’y a suivi avec enchantement, délicieusement curieuse de tout ce qu’il pourrait lui apprendre, de la tendresse avec laquelle il la guidait sur le chemin tortueux et escarpé d’un nouveau savoir, d’une nouvelle façon d’appréhender ses dons. Son don, unique à l’époque. Il est persuadé qu’en conjuguant les deux elles pourraient devenir ce qu’elle veut. Qu’elle pourrait développer des dons ahurissants. Elle n’est parfois pas réellement sûre d’y croire, malgré toute la confiance qu’il semble avoir en ces dires. L’étincelle qui l’habitait durant les jours heureux de Santa Monica s’est éteinte, chez lui comme chez elle et elle ne sait pas comment retrouver la confiance totale qu’elle avait en lui. Pas seulement en lui, mais en ce qu’il la pense capable de faire et de devenir. La voie des arcanes est longue et complexe et si Lilas la trouve profondément intrigante, elle est aussi effrayante. Il y a une forme de sécurité dans la connaissance presque parfaite qu’elle possède de ses dons et de ses capacités et l’évocation de la quantité de pouvoir, dont Vinzent semble la croire capable, est presque terrifiante.

La tête penchée sur le côté, elle ne répond pas et se laisse se perdre dans les méandres de ses réflexions, souriant légèrement quand il évoque les similitudes, mais aussi les disparités gigantesques entre eux. Elle ricane légèrement quand une moue déforme le visage d’Eoghan, si similaire à celle qu’elle aborde parfois en présence de l’Allemand. Aaaah, Vinzent et la religion… Le sujet a été abordé à de multiples reprises entre eux, retourné dans tous les sens, dépiauté de toute sa substance alors que le soleil se levait sur une longue nuit pleine de discussions. Ils ne partagent pas le même avis sur la question. Elle relève le nez quand il la questionne et ses lèvres s’étirent pour répondre à l’expression curieuse de son visage. Ses sourcils légèrement froncés et ses yeux plein de question. « Tu devrais. J’veux dire, défendre ton opinion. Je l’ai fait. » Elle rit doucement, avant de pousser sur ses paumes, se juchant sur le rebord du plan de travail sans réfléchir, ses longues jambes pendant dans le vide, ses pieds se balançant doucement au rythme de sa réflexion. « Vinzent à une vision extrêmement précise de ce qu’il croit être la vérité absolue. Je ne suis pas complètement d’accord avec lui, même si je trouve sa vision très belle. Un peu égocentrée, mais très belle.» Elle hoche la tête avant de s’emparer d’une mèche pour l’enrouler autour de son index. « J’ai grandi dans une famille croyante au sens commun du terme. Mes grands-parents étaient catholiques. Ma grand-mère n’a jamais été particulièrement pratiquante, mais elle croyait en Dieu et mon grand-père lui était persuadé que son don, le même que moi, était un cadeau des Cieux. C’est en partie pour ça que je n’ai jamais appris à le mettre en veille complète, pour lui, c’était une sorte d’affront que de vouloir l’éteindre. » Un sourire tendre étire ses lèvres au souvenir de Léonard, de sa grosse moustache et de son accent à couper au couteau, de son patois mêlant le français et l’allemand avec brio. De la façon dont il tenait son pinceau, à celle dont lui avait tout appris, Dieu avait toujours eu sa place entre eux. « En grandissant, surtout après sa mort, je me suis éloignée de ses croyances et ma rencontre avec Vinzent, puis d’autres arcanistes, des chamanes, des mages, de traditions différentes, m’ont poussé à me questionner sur ma propre foi. »

Elle inspire profondément, ses joues se teintant légèrement de rose. Elle se sent gênée, soudain, d’admettre devant lui si ancré dans sa foi, si sûr de ses croyances, qu’elle ne sait pas. Elle ne se sent, à nouveau, pas à sa place, comme si quelque chose manquait chez elle. « Et pour être tout à fait honnête, je ne sais pas. Je crois foncièrement qu’une force supérieure nous guide, que quelque chose, quelqu’un est à l’origine de tout, de moi, de toi, de nous, des énergies qui nous traverse et de ce dont nous sommes capables. Je n’ai juste pas encore trouvé de Panthéon sachant répondre à mes questionnements. J’ai essayé de me plonger dans des écrits, de me renseigner, de trouver ma voie, mais c’est encore trop flou pour que je sois prête à m’attacher complètement à un panthéon. C’est notamment pour ça que j’aimerais en discuter avec toi, je connais mal tes divinités, tes croyances et… peut-être qu’elle pourrait répondre à mes questions, au moins en partie. » Elle enchaîne, mordillant sa lèvre inférieure, ses yeux s’égarant sur le visage du sorcier, sur sa lèvre inférieure coincés entre ses dents, ses épaules, les veines qui se dessine sur le dos de sa main et son avant-bras, sur la Rougeoyante qui pulse autour de lui, comme en rythme avec les battements de son cœur. « Oui, je crois au destin. Je suis persuadée que rien n’arrive par hasard. Rien. » Elle termine sa phrase en croisant le regard du sorcier, le souffle un peu court de sa tirade et de la houle d’émotion qu’il crée en elle. Un soupir lui échappe quand il faut entamer les réponses en lien avec Vinzent et elle lève le nez, cambrant la nuque pour fixer le plafond quelques secondes. Elle baisse les yeux, légèrement éblouie d’avoir fixé la lampe qui pend au-dessus de sa tête. « Il l’impacte peu, au final. »

Elle hausse une épaule et rattrape la bretelle du débardeur qui glisse sur son épaule. « C’est… Je sais pas trop comment l’expliquer, et je saurais pas te dire ce qu’il en est pour Vinz’, mais de mon côté en tout cas, ça me donne une meilleure idée de ce qu’il ressent, de l’état émotionnel dans lequel il est, ça me permet aussi de savoir, dans une certaine mesure s’il est en danger. Je suppose que ça peut s’apparenter à une sorte d’empathie, mais uniquement dirigé vers lui. J’peux presque le traquer comme un GPS si je me concentre fortement sur lui. Par exemple, s’il est gravement blessé, j’vais le sentir quoi. Mais j’ai toujours pleinement mon libre-arbitre. J’étais un peu, perturbée par son absence durant les trois ans de séparation, parce qu’on s’est quitté brutalement et je pense que nos morceaux respectifs cherchaient à retourner chez eux… Mais… Non, je suis toujours totalement libre. Lui aussi d’ailleurs. » Un nouveau soupir s’échappe d’entre ses lèvres, avant qu’elle ne les pince, ses doigts dessinant une série de runes sur sa cuisse sans réfléchir. « Pour le reste, j’suis revenue dans l’optique de réparer ce qui avait été cassé, mais Vinz a été très clair. » Un rire sans joie lui échappe. « Notre relation est purement professionnelle pour le moment, amicale, bien sûr, mais professionnelle. Je ne sais pas si ça changera un jour, une part de moi aimerait bien, l’espère aussi, mais je vais pas te mentir, je suis toujours un peu sur la défensive, j’ai morflé salement donc bon… Je vais surtout laisser le temps faire les choses et voir dans quelle direction elles évoluent. Oui, la nouvelle dynamique entre nous est étrange, mais… C’est aussi moins épuisant. À Santa Monica c’était un tourbillon constant, c’était terriblement agréable, libérateur, probablement les plus belles années de ma vie, mais c’était aussi foutrement fatigant et effrayant. J’ai fait des choses, dont ce rituel, que j’aurais jamais pensé faire.» Un petit rire lui échappe. Le bel euphémisme, elle qui s’était juré de ne jamais s’attacher complètement auprès de qui que ce soit avait littéralement partagé une part de son essence, un bout de son âme, avec quelqu’un d’autre, pour mieux le voir disparaître avec Vinzent quand il était parti.

Sa gorge se noue légèrement et elle se secoue mentalement, forçant un sourire sur ses lèvres et cherchant ouvertement à détourner la conversation. « Enfin voilà, quoi… Bref, trêve de bavardage sur l’envahisseur Allemand ! Parle-moi de ton panthéon ! De la façon dont toi, tu vois les choses ! Je connais l’opinion de Vinzent, mais j’en ai jamais discuté avec toi. Raconte-moi ta vision des choses. » Elle agite doucement les jambes en l’appelant plus près d’un mouvement de doigt. Elle voudrait qu’il se glisse entre ses jambes et qu’il enroule ses bras autour d’elle. Elle a désespérément besoin que quelqu’un la tienne suffisamment fort que les morceaux encore branlants de ce qu’elle tente de reconstruire ne s’écroule pas comme un immense château de cartes. Elle sait qu’il n’en fera rien, que s’il répond à son geste, il se contentera de rester à une distance parfaitement respectable, effleurant peut-être sa main d’une caresse encourageante, lui qui semble toujours si bien percevoir les tourments de ses émotions. Comme un goût de trop peu à chacun de ses contacts. Comme l’impression que sa peau pourrait l’aider à réparer les fissures d’une coquille fêlée de part et d’autre. Comme les Japonais qui laissent couler de l’or fondu dans les craquelures de leurs vases pour en combler les crevasses. Sauras-tu m’aider ? « Instruis-moi donc, Eoghan Underwood. »




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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Pseudo : Nero
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Lun 13 Juin - 0:26 (#)


Pinky Swear
Tentatrice, séductrice, l’outre prenait de l’assurance. Elle semblait s’épanouir dans ce cadre presque trop sombre pour elle. Et lui ne cessait de l’écouter pépier, souriant parfois, se concentrant lorsqu’elle abordait un arc plus sérieux de leur échange. Il y avait de quoi répondre, mais il ne l’aurait interrompue pour rien au monde, curieux d’en apprendre plus sur elle, sur comment elle parlait, lorsque Vinzent n’était pas là. On ne parlait jamais des gens de la même façon, lorsqu’ils n’étaient pas dans la pièce. Pour tout l’attachement que ces deux-là se portaient, ça ne changeait rien, dans l’esprit d’Eoghan. Il n’avait pas besoin d’être rassuré, pas besoin d’enquêter sur quoi que ce soit. Les méandres intimes de leur couple ne le regardaient pas. Pourtant, il puisait juste ce qu’il lui fallait dans le discours de Lilas pour affermir le tableau d’ensemble. Il n’était pas si différent de celui qu’il se figurait, ce qui le conforta dans l’idée qu’il n’était pas à côté de la plaque. Ce ne fut qu’à sa dernière insinuation, volontairement taquine et provocante, qu’il se mit à rire gentiment, presque en silence. Il essuya ses mains rendues légèrement humides sur le premier torchon à portée, et le balança un peu plus loin, amusé par cet index l’invitant à s’approcher. Ce qu’il fit. D’un pas mesuré, il s’approcha de la jeune femme et, comme elle l’avait prédit, stoppa avant que ses genoux ne le frôlent.

« Dis donc. Qui t’a permis de grimper là-dessus ? » Il se pencha juste assez pour tapoter une cuisse. « Tu sais que c’est pas n’importe quel plan de travail, quand même ? » Son air faussement sévère avait de quoi la rassurer immédiatement : il ne l’empêcherait pas de rester juchée là. Il y avait presque quelque chose de comique à la voir perchée avec ce mélange d’insolence et de candeur qui la caractérisait si bien. Lentement, son sourire se dissipa en une moue plus pensive. Il regardait son visage, se délectait de la disposition de ses traits, continuant de prendre la mesure de l’attirance qui le poussait systématiquement vers elle. « Moi aussi, je crois au destin. Moi aussi, je pense que rien n’arrive par hasard. C’est à la fois terrible et merveilleux. On croit en ce qui nous rassure. Et croire ça, ça me rassure plus que n’importe quoi, je pense. » Savoir qu’aucune souffrance, aucune rencontre, aucun échec n’étaient vains. Que même les pires atrocités pouvaient, à leur manière, fournir des motifs de soulagement, d’empêchement d’une catastrophe pire encore. C’était la dernière branche à laquelle se raccrocher. La seule qui l’avait empêché de s’abîmer dans une haine telle qu’il en serait resté aveugle. Il n’en était pas encore arrivé à un stade de désespoir lui faisant abandonner toute limite. « J’ai pas besoin de défendre mes croyances, et encore moins avec Vinzent. Sa propre foi est paradoxale, et répond pourtant parfaitement à sa logique personnelle. J’lui dirais quoi, de toute façon ? Il respecte ce que je suis, ce que j’honore. C’est la même chose pour moi, envers lui. On n’a pas besoin de déblatérer là-dessus. J’ai personne à convaincre. On est bien au-dessus de ce genre de considérations… »

Il se demanda s’il oserait rebondir sur ses plaisanteries. S’ils avaient besoin, eux aussi, d’aborder frontalement ce qui planait entre eux deux, ou s’il devait laisser couler. Se marrer face à des insinuations qu’il rendait bien volontiers ne les embarquerait pas bien loin. Il botta en touche, et préféra répondre à ses interrogations, s’emparant au passage d’une petite mèche de cheveux noirs qu’il cueillit du bout des doigts. « Depuis que je suis gosse, j’ai baigné dans l’un des plus vieux panthéons du monde. Tu connais forcément au moins un ou deux visages. » Il tira avec douceur sur la chevelure, jusqu’à pouvoir la frôler de ses narines et respirer une once de son parfum. Il se mit à murmurer, tandis qu’un relent presque pareil à l’odeur de l’encens continuait de planer dans le laboratoire. « Il y a Baal… le plus puissant. Le maître suprême de la pluie, de la foudre et du tonnerre, qui en vint jusqu’à supplanter El, son propre père, qui était pourtant le dieu des dieux. Il y a sa sœur, Anat… La fertilité, la sexualité, la violence, représentent son empire. Puis il y a leur frère, Yam. Il résidait dans les brisants, en dieu de la mer. Il représente le chaos, le désordre, les dangers qui menacent la pérennité de l’espèce humaine. » Il continuait de lisser la mèche soyeuse entre ses phalanges, toujours sans lui occasionner le moindre mal.  « Il y a aussi Mot. Le dieu de la mort. Et Ishtar, pour l’amour. Et Shamash, soleil et justice… » Il abandonna avec la même délicatesse qu’il l’avait prise les tiges souples et raides à la fois. « Certains d’entre nous ne les ont jamais oubliés. Pour moi, ils sont toujours là. Cachés. Ils veillent ceux qui les prient encore et régissent les forces telluriques et célestes. » Il émit un sourire coupable, baissant les yeux. « Quand j’étais petit, j’étais aussi sensible à certaines figures égyptiennes. J’ai toujours eu un faible pour Bastet. C’était la figure tutélaire de ma mère, alors je suppose que ça n’y est pas étranger. Et même encore aujourd’hui, j’ai toujours aussi peur de Sobek. » Il tendit ses mains, et du bout des ongles, dessina une dizaine d’arabesques sur les jambes nues de Lilas, pour la bercer comme il le faisait déjà de sa voix. « Je crois qu’ils nous en veulent, qu’ils nous grondent, qu’ils nous cajolent et nous accompagnent. Qu’ils nous envoient leurs émissaires, qu’ils nous habitent par leur passage. Tant qu’il en restera pour les célébrer, ils ne nous abandonneront pas. Je crois aussi aux vies antérieures. Nous avons été mille vies. Des millions et des millions de connexions se sont créées entre nous et d’autres, eux aussi divisées en mille autres vies. Et ça n’en finit jamais. » Le crissement de la chair, aussi délicat qu’une plume sur du parchemin, quasi-imperceptible, mais assez pour eux deux, dans le calme de la pièce-sanctuaire. « Vinzent et moi nous sommes connus mille fois. Depuis que je l’ai rencontré, je ne me suis plus jamais senti seul. »  

Il aimerait céder. S’alanguir, lui aussi, entre les bras de la nymphe. Il n’avait qu’un pas à faire. Quelques centimètres à franchir. Ce n’était rien, et c’était tant. C’était tout. Charmé par l’atmosphère qui les enveloppait tous les deux, il dispensait lentement son poids en passant d’une jambe à l’autre, créant ce mouvement de tangue infime, guère nauséeux. « Je ne crois pas au Dieu unique, et je ne le ferai jamais. Je respecte tes origines, mais… pour moi, ce sont les chrétiens, les véritables païens. Ils ont cherché à brûler tant des nôtres… on ne peut pas pardonner ça. Les sacrifices exécutés par les autres cultes avaient eux, au moins, été soigneusement préparés et assumés par leurs fidèles… Ils ne tuaient pas par ignorance ou par crainte. Jamais seulement par crainte. Ce n’est pas le Dieu unique qui t’a pourvu du don, Lilas. » Il ne chercherait pas à la convaincre. Il ne voulait pas s’engager dans un débat avec elle non plus. Mais elle avait demandé sa vision, et ainsi il la lui fournissait, dans un calme similaire à ce qui avait précédé son assertion sereine.

« Et puis il y a tous les plans, toutes les dimensions, auxquels nous n’avons pas accès. Ou du moins, pas comme on le voudrait. Il y a toutes ces âmes qui se cherchent, qui s’égarent, qui errent et qui traînent. À moi, elles me font peur. Parce que je les comprends trop bien à mon goût, les quelquefois où je cherche l’interaction. Je n’aime pas les déranger. J’ai toujours la trouille de tout ce qu’elles auraient à raconter, sur cette vie ou celle d’après… sur les moments de vide entre deux existences. » Il poussa un soupir, et ses paupières papillonnèrent. Il plongea ses orbes dans les siens et articula sur le même ton. « Il faut qu’on sorte, Lilas. Dehors. Parce que si je continue à déblatérer ici avec toi, alors il va se passer des choses vraiment pas bien sur mon plan de travail, dans pas longtemps. » Il prit sur lui, taquina une dernière fois l’intérieur d’une guibole, puis se recula, l’invitant à le suivre. « Ça te dirait d’aller voir de plus près un bout de la vraie Louisiane ? Celle que tu verras pas dans les tours-operators ? »

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Louisiana Burning

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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

Pseudo : Akhmaleone
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Mar 14 Juin - 2:47 (#)






MAGIC COMES WITH A PRICE




Il s’approche, le sorcier, de sa démarche un peu chaloupée, le balancement de ses hanches presque aussi hypnotisant que celui du pendule d’une horloge. Elle n’empêche pas son regard de glisser sur sa silhouette, jusqu’à ce qu’elle soit obligée de relever légèrement le nez pour croiser son regard, malgré son promontoire. Les cuisses du sorcier effleurent ses genoux, sa paume effleure sa cuisse et elle inspire profondément, aussi discrètement que possible. Emplissant ses poumons de sa fragrance, odeur qu’elle a appris à reconnaître, qui se mêle à celle de son essence pour créer une parfum qui n’appartient qu’à lui. Elle écarquille légèrement les yeux, enfermant sa lèvre inférieure entre ses dents, tentant de se donner un air innocent en retenant son rire quand il l’engueule faussement pour s’être assise sur son plan de travail. « P’tet que mes fesses donneront de nouveaux effets à tes futures potions, qui sait ? » Laisse-t-elle échapper, taquine. Pourtant, le rire qui commençait à naitre dans sa poitrine s’éteint quand il répond. Le Destin. Cette force inarrêtable, ce courant qui entraîne sans que l’on puisse y résister, qui l’a mené ici aujourd’hui, dans cette pièce au cœur de la Louisiane, avec ses genoux contre les cuisses de ce sorcier. Comme si l’Univers entier avait comploté pour lui offrir une petite once d’Enfer et de Paradis, enrobée dans un packaging immoralement beau. Il s’exprime et elle comprend alors qu’ils peuvent encore l’impressionner, l’intriguer, ces deux sorciers qui semblent obtenir l’un de l’autre des choses inatteignables pour le commun des mortels. Elle hoche la tête lentement. Heureuse de voir qu’ils partagent cette croyance, qu’ils ont tous les trois cette foi en cette force que rien n’arrête. « Une autre forme de magie… »

Sa langue s’échappe prestement entre ses dents pour humidifier ses lèvres, pour tenter de laper une goutte de son essence, d’en goûter la saveur contre ses papilles gustatives, quand son regard se fait plus pesant sur son visage. L’expression de ses traits, pleine d’une curiosité délicate, a de quoi lui couper le souffle et elle se laisse observer en lui rendant l’appareil, s’émerveillant de la main qui avait agencé les pleins et déliés de ce visage si particulier. Son souffle effleure sa joue, courant d’air chaud qui hérisse le duvet sur sa nuque avec plus de force qu’un coup de jus. Elle inspire sèchement, incapable de ne pas réagir à l’assaut sensoriel, avant de laisser son souffle lui échapper lentement, comme si elle espérait garder au creux d’elle une petite part de cet air qu’ils partagent. Disparue, l’envie de le taquiner, quand il se tient si près et que son air et le sien ne font qu’un, qu’elle pourrait presque percevoir le battement rythmique au creux de sa poitrine. Elle déglutit, inclinant légèrement la tête en arrière pour mieux laisser son souffle effleurer la courbe de sa gorge et s’enrouler près du creux qui marque la naissance de sa poitrine discrète. Elle sait qu’il l’entend cette déglutition, qu’il ne peut que la percevoir au vu de leur proximité, mais, étrangement, elle n’est pas gênée. Eoghan n’est pas aveugle, elle non plus. Cette attirance, ce courant qui ne fait qu’osciller en circuit fermé entre elle et lui depuis leur première rencontre, ils ne peuvent pas le nier. Vinzent non plus n’y est pas insensible, et elle repense à ses insinuations, ses encouragements et autorisations donnés à mi-mots. Elle serre et desserre les cuisses quand les doigts d’Eoghan s’emparent d’une mèche de ses cheveux, mais elle est bien incapable de s’éloigner, irrépressiblement attirée par l’orbite qu’il crée autour de lui.

Une nouvelle inspiration, saccadée, accompagne celle du sorcier quand il hume la mèche, et son souffle se fait presque tremblant, ses membres se relâchant, sa peau s’électrisant imperceptiblement. Il évoque une telle intimité, ce geste, qu’elle ne sait plus comment penser, comment respirer, sans qu’il n’envahisse tout. Sans réfléchir, sa paume abandonne le rebord du plan de travail, qu’elle broyait jusqu’ici à s’en blanchir les phalanges. Ils s’élèvent à peine, les doigts, avant de s’emparer de l’ourlet de son t-shirt, qu’elle palpe quelques secondes avant de les laisser s’enfouir sous le tissu, s’emparant d’un passant de ceinture. La fraîcheur du cuir la rappelle à la réalité et la pulpe de son majeur entre en contact avec la peau soyeuse de son ventre qu’elle trouve juste au-dessus. Elle retient de justesse le soupir qui manque de lui échapper quand le courant enflammé remonte le long de sa paume, pour mieux s’enfoncer jusqu’à son avant-bras. Torche Vivante. Ses murmures l’effleurent avec la même puissance que ses doigts pourraient le faire. Elle l’écoute parler de ses Dieux, son souffle faisant naître des images derrière ses paupières mi-closes. Baal, tout-puissant, parangon de force, asseyant son pouvoir malgré son père. Anat, toute auréolée de grâce et de stupre. À l’évocation de Yam, elle percevrait presque les embruns et l’odeur des vagues s’écrasant sur les rochers avec fracas. Un nouveau frisson, quand Mot est évoqué, suivi d’Ishtar et de Shamash. Tous trois évoquant des images qu’elle meurt d’envie de peindre, pour les conserver. Elle se tend légèrement, le bout de ses doigts s’autorisant à esquisser une caresse contre le ventre du sorcier, alors qu’elle se demande silencieusement, perdue dans ses explications, si elle saurait comment s’offrir à un panthéon complet, si elle serait capable de s’enrouler de ces siècles de dévotions pour elle aussi, laisser son Destin aux mains d’un groupe de Dieux. C’est un murmure rauque qui lui échappe, juste assez fort pour parvenir aux oreilles du sorcier, sans pour autant le couper. « Ils ont l’air si… réels quand c’est toi qui en parles. »

La mèche retrouve son épaule, l’effleurement de ses cheveux lui tirant un frisson, ses paupières se redressant légèrement, avec difficulté, pour mieux s’échoir sur les lèvres qui continuent leur litanie, son ton comme une berceuse contre ses oreilles. Comme s’il lui contait une histoire, pleine de secret et de puissance, un des secrets de l’Univers, juste pour elle. Ses lèvres qui s’étirent en un sourire qui la pousse à observer son visage entier, ce qu’il exprime ensuite la poussant à lui répondre de la même façon. Elle forme de ses lèvres « Adorable. » Laissant son souffle lui faire deviner ce qu’elle vient de dire. Elle crève d’envie d’effleurer du bout du nez le creux qui marque sa joue quand il sourit, mais elle reste statique, sa poitrine se soulevant et s’abaissant avec une régularité étonnante quand on sait à quel point elle est affectée par ce qu’il représente en cet instant. Elle déglutit une nouvelle fois, notant sans réellement s’en offusquer les signes visibles de son trouble, ses joues brûlantes, sa poitrine tendue qui se dessine plus distinctement sous son débardeur. Elle manque de perdre pied quand sa main s’empare de sa cuisse, quand ses ongles dessinent des symboles sans sens sur la chair sensible et que sa peau frémit et se hérisse sous le contact de ses ongles. Elle fait de son mieux pour ignorer les braises qui se sont allumées au creux de son ventre et la pulsation qui leur répond un peu plus bas, entre ses cuisses. Elle se concentre de son mieux sur lui, sur ce qu’il dit, sur la façon dont il parle de ces divinités qui tiennent une place, elle le comprend, centrale dans sa vie. Elle l’imagine priant, s’adressant à ces entités qu’elle ne connaît qu’au travers de ces quelques mots, avec toute la dévotion dont elle le devine capable et l’image qu’elle évoque ainsi l’électrise presque autant que l'attouchement, presque innocent, du sorcier.

Elle le laisse lui conter les merveilles d’un monde où tout n’est qu’un éternel cercle, un recommencement plein de chemins qui permettent d’emprunter des voies différentes, de s’offrir de nouvelle chance malgré l’inéluctable fin qui attend au bout du chemin. Elle s’imagine traversant les âges, toujours elle sans l’être vraiment, croisant à chaque vie le trajet de Vinzent, celui d’Anaïs, celui d’Eoghan, comme si son essence, son âme, était éternellement, irrémédiablement, attirée par ceux qui lui sont cher aujourd’hui. Elle trouve dans cette image un réconfort qui l’englobe presque aussi sûrement que l’essence carmine qui tourbillonne autour d’eux en cet instant et qui teinte son monde de rouge. Elle sourit doucement, les yeux baissés, émue par cette idée, charmée aussi. Sa dernière phrase la frappe en plein cœur, les imaginant tous les deux, se retrouvant encore et encore, incapable de se lâcher, renforçant ce lien qu’elle est capable de voir entre eux quand il se trouve proche l’un de l’autre et l’idée lui réchauffe le cœur. Ils ne seront, plus jamais, seuls. « Toujours là pour veiller l’un sur l’autre… »

Le balancement des jambes du sorcier force les doigts de l’Outre à s’enfoncer légèrement plus profondément sous le tissu, autorisant la pulpe de ses doigts à effleurer rythmiquement celle de son ventre, les tressautements magiques léchant sa peau à chaque contact, rebondissant contre elle au même rythme que la pulsation de son ventre, que la rythme de son cœur, que celui de leurs souffles qui s’échappent pour mieux s’abattre sur leurs peaux, celui du sorcier effleurant l’arche de son oreille, le sien venant s’échouer contre le creux de sa gorge. Elle aimerait s’enrouler autour de lui, qu’il la berce au rythme de ses mouvements aussi sûrement qu’il le fait de ses mots et de ses caresses. Toujours plus, toujours trop. Avide. Elle se contente de hocher la tête, lentement, comme si ce simple geste lui demandait une énergie trop importante quand il s’exprime sur le Dieu des chrétiens. Celui qu’elle a passé son enfance à prier, questionnant ce don qui s’était souvent avéré être une punition plus qu’un cadeau durant ses jeunes années. Lilas la tarée. La folle qui voyait des choses que personne ne percevait. La môme bizarre qui préférait traîner avec son grand-père, celle dont les vêtements étaient toujours tachés de peinture et qui trimbalait dans son sillage l’odeur de la térébenthine et de l’encens. Aventureux, ses doigts se referment sur la ceinture du pantalon d’Eoghan, se glissant de façon infinitésimale sous le tissu, à peine le bout des ongles. Elle s’arrime, du bout des doigts, à lui pour ne pas chavirer, quand ce qu’il dit prend un sens nouveau. Un Dieu dont les croyants brûlaient les sorcières, dont les fervents l’ont pendant des années ostracisée, elle comme son grand-père, ne peut effectivement pas être à l’origine de ce qu’elle est. Elle sait, que l’idée viendra esquinter ses méninges plus tard, qu’elle y réfléchira, nichée dans ses draps tard le soir, quand elle le sommeil refusera de la prendre et que son avenir ressemblera à un immense point d’interrogation.  

Elle ne sait que penser des différents plans d’existence et des esprits qui semblent l’effrayer, elle qui a l’habitude de vivre à cheval entre deux d’entre eux. Jamais complètement sur le plan du réel et des mortels, presque toujours dans les nuages de cet univers qui lui offre des images, des sons et des saveurs qu’elle ne saurait pas comment retranscrire, qu’elle s’évertue à peindre dans l’espoir qu’on arrive à comprendre cet univers qui est le sien. Elle qui, lorsqu’elle s’empare d’un objet, pourrait en lire l’histoire toute entière, se perdre dans ces vies qui l’ont tenue, aimé où détester. Elle déglutit, ses doigts se décollant avec difficulté du plan de travail, sa paume moite d’avoir tant serrée la surface. Son soupir semble répondre à l’inspiration qu’elle vient de prendre, cherchant comment formuler les réponses qu’elle aimerait lui donner, les questions qui foisonnent dans son esprit. Elle croise ses prunelles céruléennes, aux pupilles aussi dilatées que les siennes, aux paupières alourdies par tout ce qu’ils ne disent pas, ne font pas. Ses doigts effleurent une dernière fois le creux de sa cuisse, réverbérant la chaleur dévastatrice de son toucher jusqu’au creux de ses cuisses et elle inspire sèchement en essayant de se reprendre, ses doigts quittant la chaleur qui les enveloppait pour mieux se refermer sur le plan de travail qu’il vient d’évoquer, avec un petit son de dépit. Elle regretterait presque cette imagination vibrante qui lui permet de réaliser la plupart de ses œuvres, quand elle fait naître sur l’écran de sa psyché des images qu’elle ne devrait pas voir. Elle s’évente d’une main, distraitement, et se racle doucement la gorge. « Avec plaisir, mais laisse-moi deux minutes. Tu sais bien que j’suis toujours prête pour l’aventure. » Elle rit doucement, un rire de gorge, un peu plus grave que celui qu’elle laisse d’ordinaire éclater, sachant qu’elle serait probablement incapable de tenir debout si elle se levait à cet instant. « C’est… Terriblement beau, la façon dont tu parles de ta foi. Vraiment, j’ai encore plus de questions maintenant… J’ai envie de les découvrir, d’en apprendre plus, d’apprendre à les aimer comme tu le fais. » Elle soupire violemment, secouant ses épaules avant de rejeter la tête en arrière, repoussant ses cheveux derrière son dos. « Tu m’as donné du grain à moudre, ça, c’est clair. »

Elle enroule une mèche autour de son doigt en réfléchissant avant de s’autoriser enfin à sauter de son promontoire, ses sandales claquant sur le sol alors qu’elle s’approche de lui. « J’aimerais que tu me parles plus en détail de ton panthéon et de ses traditions, ils me plaisent ces dieux que tu évoques. » Elle pince les lèvres en réfléchissant, le suivant distraitement sans réfléchir. « J’ai toujours voulu croire à la réincarnation… » Elle s’arrête pour s’emparer de sa main tendue, le temps de passer les runes qui protègent la porte du laboratoire, la Rougeoyante lapant sa peau au passage du portail d’enchantement, déclenchant un frisson le long de son échine. « J’aime cette idée qu’on peut se retrouver de vie en vie, ne jamais perdre ceux qui compte réellement. » Elle lève les yeux vers lui, sans se rendre compte qu’elle n’a pas lâché sa main. Son sourire se fait tendre quand elle le regarde. « Tu crois qu’on s’est déjà croisé, toi et moi ? Comme toi et Vinzent ? » Elle se fait presque timide, inclinant le menton vers le bas en posant la question. Partageons-nous des éons d’histoires, toi et moi ? Sommes-nous de ces âmes qui se retrouvent coûte que coûte, toi que j’ai l’impression de déjà connaître ? Elle se laisse embarquer jusqu’à la voiture du sorcier, grimpant d’un mouvement souple sur le siège passager. « Bon alors, tu m’emmènes visiter quoi, le natif ? Explique-moi un peu, parce que je t’avoue que j’ai pas encore visité grand-chose à part le centre-ville et le jardin du Manoir. » Elle l’observe s’installer, ses grandes mains se refermant sur le volant avec fermeté. Elle s’empare du paquet de Pall Mall qui traîne sur le tableau de bord avec un haussement de sourcil quémandant une permission qu’il lui donne. Elle glisse le filtre d’une cigarette entre ses lèvres qu’elle allume après s’être tortillée pour extraire le briquet qui se trouve dans sa poche arrière. Elle la lui offre, la glissant entre ses lèvres tandis qu’il fait demi-tour avant de s’en allumer une. La fenêtre du pick-up est baissée, l’air de l’après-midi fouettant ses cheveux tandis qu’ils roulent, le grésillement de la radio, mise au minimum, ne parvenant pas à se faire entendre par-dessus le bruit du vent qui s’engouffre par la fenêtre.





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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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"Before I die alone."

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Ven 25 Nov - 21:46 (#)


Pinky Swear
Il emportera le souvenir de ses phalanges curieuses grignotant du terrain contre le cuir de sa ceinture, puis celui, plus tendre, de sa peau. Sages, et à la fois audacieuses. Les dieux eux-mêmes avaient peut-être béni leur moment. Les murmures pareils à ceux des dévots, de ceux qui ne pratiquaient pas dans une église, avaient peut-être attiré leur attention sur ce duo à la fois si improbable et attendu. Un jour, ils s’uniraient. Dans quelques heures, dans plusieurs mois, dans vingt ans, peut-être. Le sorcier avait appris à comprendre, à reconnaître les signes qui laissaient à venir une étreinte avec une femme qu’il fréquentait, depuis peu ou non. Rarement cet instinct l’avait trompé. Cette croyance en lui-même se heurtait puissamment à ses principes à l’égard de son ami, et cependant, l’absence d’interdiction formelle ne faisait qu’encourager ce pressentiment. Lilas lui était déjà conquise. Il n’aurait rien à faire, pour qu’elle bascule. Elle attendrait, sans doute. Elle n’aurait probablement pas le cran de franchir le dernier pas. Et il ne lui en voulait pas, pour ça. Il l’entraîna bel et bien au-dehors, encore enveloppé lui-même de l’épaisse ouate d’une atmosphère désormais laissée derrière eux. Le claquement de la portière côté conducteur l’aida à reprendre davantage pied dans la réalité, tout en méditant sur les interrogations de Lilas. Avec plaisir, il cueillit la cigarette offerte, ne se formalisant guère de la voir se servir librement. Harmonie, encore. Une harmonie puisée partout, tout le temps. Dans la caresse de ses paumes sur le cuir lisse du volant, dans l’air chaud mais pas étouffant qu’ils respiraient par les fenêtres baissées, par le parfum de la jeune femme, par sa beauté évidente, par la lumière d’une journée tendre, par la vie qui pullulait partout dans le Downtown, et même les minuscules gouttes de chaos qui émaillaient trottoirs comme chaussée apparaissaient comme d’incontestables pans de vie qui, en cet instant, lui semblait douce ; perfection inavouée. L’écho de ses propres confessions tournait toujours dans sa tête, amplifié par les remarques de Lilas. Ne jamais perdre ceux qui comptent réellement. C’était là toute la clef capable d’ouvrir ou de verrouiller définitivement le cadenas de ses angoisses. Il n’avait jamais eu à avoir peur de la solitude, d’un sentiment d’isolement. Cependant, c’était bien là ce qui lui faisait mal, dans l’idée de finitude. Moins de mettre un terme à sa propre existence que de perdre le fil, le lien, avec tous ceux qui donnaient un sens à son présent, et potentiellement, son avenir. Vinzent était de ceux-là. Il ne voulait pas lâcher la corde. Ils s’étaient liés à jamais, passé ou futur confondus, et il se raccrochait à cette foi que d’aucuns auraient pu considérer comme une preuve évidente de faiblesse, une faille que des idées aussi absurdes ne pourraient jamais combler.

Mais le sorcier avait pris sa décision.
Et la cordée tiendrait bon.
Par-delà toutes les apocalypses, les tempêtes et les fins du monde, il retrouverait toujours Henkermann, quelque part. Il patienterait aussi longtemps que nécessaire, s’il le faudrait, capable de faire preuve de la même persévérance placide que les reptiles qu’ils avaient abandonné au calme de la boutique.

En attendant, il répondit avec reconnaissance au témoignage de son amie. « Merci. Terriblement ? Terribles, ils le sont, en tout cas. Je t’en parlerai autant que tu le voudras… J’aime… j’aime parler d’eux. Ce n’est pas chose si commune. Je vis ma foi pour moi. J’partage rarement là-dessus avec ma famille ou mon cercle. Et puis c’est jamais pareil d’en causer avec des gens qui connaissent pas, je trouve. Ça t’oblige… à prendre un peu de hauteur, justement. Je ne les vénère que davantage, après ça. Alors, avec plaisir. » Une sorte de fierté faisait vibrer ses cordes vocales, tant il trouvait dans ce recueillement inattendu et personnel de la part d’un homme comme lui, un réconfort qui n’avait jamais fait défaut. Jamais il n’aurait pu renier ou désavouer les entités qui veillaient sur lui et ses ancêtres depuis des générations. Sans perdre son objectif de vue, à savoir s’éloigner du centre-ville de Shreveport comme de Bossier, il prit la direction du Nord de la ville, s’expliquant : « Tu n’es pas habillée pour le South. On ne va pas aller dans le bayou aujourd’hui, même si je n’ai aucun doute sur ta capacité à marcher avec ça… » Il pointa du doigt les sandales compensées. « … pour les marais, ça semble quand même ambitieux. Le North est plus praticable et, surtout, il vaut tout autant le coup. Les gens ne pensent à la Louisiane que pour les marécages, mais j’trouve qu’il existe d’autres endroits où… eh bien, le côté déserté mérite tout autant qu’on s’y intéresse. On va pas aller dans la zone près de chez Vinzent, tu connais la route. Non, on va s’éloigner un peu. Y’a d’autres grandes demeures abandonnées qui valent le coup d’œil. » Et puis, il devait le reconnaître, il n’avait pas envie d’exposer la médium aux yeux avides de ses amis pêcheurs. Même mariés, même fidèles, il éprouvait une pointe de possessivité à la garder pour lui et uniquement pour lui, aujourd’hui. « Quand tu seras mieux équipée, je t’emmènerai sur la rivière. C’est promis. »

Lilas aurait pu croire qu’il avait volontairement éludé l’une de ses questions les plus touchantes : croyait-il avoir croisé son âme dans une autre vie ? Il n’en était rien. Il ne lui laissa pas davantage de temps pour gamberger : « Je pense qu’on s’est rencontrés, oui. Il y a longtemps. Très longtemps. Je ne te connais pas aussi bien que je connais Vinzent, mais… oui, je ne serais pas étonné. » Quand ? Où ? Qui étaient-ils, alors ? De cela, il serait bien en peine de l’affirmer. Il y aurait beaucoup d’hypothèses à fournir, mais plutôt que de s’y pencher par lui-même, il ne résista pas à l’envie de tester ses propres suppositions : « Qu’est-ce que tu en penses toi ? Quand est-ce qu’on se serait connus, et dans quelles circonstances ? Tu me rends curieux. » Il tourna brièvement la tête pour lui offrir un sourire affectueux, avant de se concentrer sur la route de plus belle et d’appuyer sur l’accélérateur, enfin libéré de la circulation citadine. Rapidement, le paysage qui défilait laissa la part belle aux premiers champs, abandonnés ou encore cultivés, en direction des routes les moins fréquentées du coin.  

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Louisiana Burning

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