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Tropique de la violence • Mei

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ADMIN ۰ Dalida - Elle devra choisir entre son amour et sa mort.
Aliénor Bellovaque
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"Eh bien ; la guerre."

En un mot : La Vipère sous la rose.
Qui es-tu ? :
"Don't die with a clean sword."

♚ Caïnite âgée de trois siècles ; Accomplie du bel âge à portée d'ongles carmins.
♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. À la tête du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

♚ SLAVE TO DEATH ♚

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"I know where you sleep."

Facultés : ♚ Vicissitude (niveau III)
♚ Mains de la destruction (niveau I)
♚ Chimérie (niveau I)
♚ Stratège. Rapide. Teigneuse.
Thème : Sleep Alone ♚ Bat for Lashes
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"Mind if I cut in?"

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Pseudo : Nero.
Célébrité : Laetitia Casta.
Double compte : Eoghan Underwood, Sanford R. De Castro, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Lun 13 Juin - 9:06 (#)

♛ La peau se détacha et s'écailla, entraînant des lambeaux de chair.
Ça puait, là-dedans. De la puanteur singulière. Mais, à ce bouquet d'humains et de ce qu'on leur associe, s'ajoutait une autre senteur. Insolite, à vous faire dresser le poil sur la nuque, elle suggérait la vague présence d'une émanation étrangère parmi les remugles de l'activité et de la vie.

▼▲▼

Juillet 2020.

Les rires déments la poursuivent, s’amplifient et possèdent tout l’espace, rebondissant loin partout au rez-de-chaussée. Elle s’est jetée dans la cage d’escalier qui mène au premier étage. Là-haut, le carnage est plus subtil. Quand en bas on entasse déjà les morts et ceux qui s’apprêtent à le devenir dans la grande salle, les chambres sont devenues de petits lupanars où les instincts des immortels, jusqu’alors soigneusement gardés sous clef, se libèrent enfin. Elle s’écarte en grimpant les marches, se cogne contre l’une des parois pour laisser redescendre quelques-uns de ses affiliés, dont elle ne reconnaît même pas le visage. Et elle, à quoi ressemble-t-elle ? Presque nue, seule sa lingerie a « survécu ». Le blanc est devenu rouge. Sur son ventre, dans son dos scarifié, sur sa gueule et dans son cou, les cheveux poisseux d’hémoglobine, partout les traces. Elle doit ressembler à une créature de cauchemar. Tant mieux. Elle titube, achève la brève montée. Elle la cherche.

« Mei ! »

Elle sait que Nina est restée avec le gros des troupes, occupée à égorger, elle aussi. La petite boule de chair morte qu’elle considère comme « sa gamine » s’amuse et se vautre à son tour dans la répugnance du motel inondé. À présent, et tant qu’il lui reste encore quelques bribes de lucidité, elle veut retrouver la poupée chinoise. Elle veut enfin pouvoir consacrer un pan de cette nuit fabuleuse à la créature auprès de laquelle elle a tenu sa promesse. Séparées par les tueries, c’est frénétique qu’elle s’accroche aux murs, ne sachant parfois plus reconnaître l’envers de l’endroit. Ses mains éraflent la moquette hideuse de traces sanguinolentes, elles aussi. Elle rit, salue et sourit à ceux qui en font autant. Elle ne leur demande rien. Elle veut la trouver. Elle veut l’enlacer, la serrer tout contre elle et fêter, enfin, la pluie de Chaos dans laquelle elles se baignent. Elle passe devant des portes ouvertes ou fermées, entend des cris de douleur, des cris de jouissance. Elle se demande si la fin du monde ressemblera à ce joyeux bordel. Elle se demande ce que penseraient les censeurs, s’ils les voyaient tous euphoriques. Seraient-ils jaloux ? Abandonneraient-ils les rênes de leur législation stupide pour, à leur tour, goûter à cette hérésie ? Comme elle voudrait voir leurs gueules enfarinées.

« MEI ! »

Ses pieds nus glissent moins sur le tissu dégueulassé que sur le carrelage qu’elle a quitté. Une bretelle de son soutien-gorge pendouille contre son épaule, et ses courbes ne demandent qu’à se libérer des dernières barrières devenues inutiles que la gorgone leur impose. Sa crinière dérangée projette encore, parfois, quelques gouttelettes cramoisies, lorsqu’elle tourne trop vite la tête, en quête des pupilles sombres qu’elle réclame.

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Before I'm dead

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Princesse Kumquat, le Glaçon Impérial.
Mei Long
Mei Long
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ASHES YOU WERE

En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
Facultés : Quietus - Obténébration - Chimérie
Thème : Secret Garden - Adagio
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Lun 13 Juin - 15:04 (#)


Rainbow of chaos


De tous les opéras auxquels elle a assisté, de tous les ballets qu’elle a contemplés, il n’existe rien de plus mélodieux ou transcendant que cet instant. La tête rejetée en arrière dans un râle où se mêle satisfaction la plus entière et rage la plus amère, elle ferme les yeux, un sourire extatique accroché aux lèvres. Son moment. Sa nuit. Sa récompense. Enfin. Toute cette attente, tout ce contrôle, ce maintien, cette posture, tous ces sacrifices. Tout, absolument tout en vaut la peine pour cette seule et unique nuit.
Paradoxe ultime. C’est précisément tout ce qui la définit dans cet instant qui l’a conduite ici. Traquée pour le sang versé, condamnée pour sa bestialité, endormie pour son instabilité, la voilà libérée des chaînes et du carcan de la morale imposée par d’autres. Il n’y a plus ni bien pensance, ni bienséance.

C’est d’un geste las et presque ralenti qu’elle efface le sang sur son menton, ne se fatiguant pas pour sa gorge et le haut de sa poitrine déjà maculés par plusieurs victimes. Combien de corps inertes? Combien de cous lacérés? Dans un soupir d’aise, elle rouvre enfin les yeux pour les reposer sur la femme prisonnière de son corps. À califourchon sur cette rouquine dont elle a oublié le nom, elle lui accorde le mépris le plus bas qu’il puisse exister avant de cracher sur son cadavre, se redressant en s’étirant telle une panthère. Le trou béant dans sa gorge ne laisse guère de mystères sur les raisons de sa mort.

C’est sans un regard qu’elle se détourne à la recherche de son prochain jouet. En bas, la cacophonie demeure, rythmant ses pieds nus qui déambulent dans les couloirs, chaque pas tâchant un peu plus la moquette d’un mauvais goût certain. La longue robe blanche qu’elle porte lui donne des allures de Madonne devenue martyr. La passion de Mei…Dans un élan enchanteur, dans cette bulle cotonneuse qui n’appartient qu’aux camés, l’Immortelle se laisse bercer par les cris, les râles, l’odeur ferrique d’hémoglobine et celle, parfois mêlée, du foutre. Sa main caresse le mur comme pour percevoir les vagues et échos du chaos qui se joue ici. Dans cet entre-deux qui lui avait si cruellement manqué, dans cet état de transe qui la plonge dans un monde qui n’appartient qu’à elle, celui dicté par les envies et besoins d’une jumelle qu’elle abhorre autant qu’elle envie, un air dont elle ne saurait pointer l’origine s’échappe de ses lèvres. Doux, presque poétique, il détonne avec l'apocalypse qui résonne et vibre jusque dans les fondations du lieu.

Une porte, puis deux, la troisième est la bonne. S’arrêtant doucement, la main toujours levée à hauteur d'épaule mais qui ne rencontre à présent que le vide, elle ferme les yeux un instant, un nouveau sourire aux lèvres. A-t-il vraiment cru qu’il passerait entre les mailles du filet? Son moment. Sa nuit. Sa récompense. Son autre main vient caresser le creux de son ventre qui fourmille d’un besoin trop longtemps inassouvi. Les soupirs de plaisir qui s’échappent des chambres voisines sont autant de piqûres de rappel sur ses envies charnelles. Il est déjà trop tard, elle a cédé la place à la seconde victime.

Dans un nouvel élan Mei est sur lui, le plaquant violemment contre le mur le plus proche. Au loin, elle entend vaguement son prénom flotter mais ce dernier se perd dans les méandres de sa folie. La chemise arrachée, les suppliques de l’homme ne changent guère la donne. Elle ne lui demande pas sa permission. Qu’il la désire ou non, qu’il le veuille ou non, elle le possèdera. Les dents déjà plantées dans sa chair, elle le fait taire d’une main sévère sur sa bouche tandis que l’autre s’affaire sur la boucle de sa ceinture. Son nom, scandé une nouvelle fois par une voix familière qui ne réussit pas à se frayer un chemin dans le brouillard épais dans lequel son esprit est plongé. Elle doit se concentrer pour ne pas vider l’insecte de son sang alors que sa main passe la barrière des vêtements et que ses doigts s’activent en dessous de la ceinture. Un léger rire lui échappe et lui permet de stopper son élan. La bouche dit non, le corps dit oui.

Pourtant, sentant une présence de trop dans la pièce, ses traits se tendent subitement et dans un grognement animal elle tourne le visage vers celui qui vient troubler son jeu. Le regard mauvais, il lui faut quelques secondes pour reconnaître son amie, là, couverte du sang de ses victimes, sauvage prédatrice à la quasi nudité. Sauvageonne. Courbes apparentes, peau offerte qui doit encore goûter les cloportes exterminés. Derrière ce masque rouge pourtant, l’azur de ses prunelles percute violemment les siennes. Les mouvements de sa main se sont arrêtés, hypnotisée par le spectacle de la Reine face à elle. L’asticot en profite pour tenter de se préserver et la Chinoise raffermit sa prise sur son vit, ce qui devrait lui conserver une certaine vigueur, d’une pierre deux coups.
Les traits adoucis, sa langue vient récolter un peu de sang sur la commissure de ses lèvres. Elle ne parvient pas à se défaire de cette succube personnifiée et tout ce qu’elle lit dans ses yeux ne l’aide en rien à calmer les appétits qui dominent à présent entièrement sa pensée. “Tu viens jouer?” Un sourire alors que ses iris dégringolent sur ce corps damné qui condamnerait n’importe qui oserait y poser trop longtemps le regard. Écartant les doigts des lèvres de sa victime aux traits hispaniques, un “S’il vous plaît” s’échappe et elle bloque tout autre échappée de son. “S’il te plaît” répète-t-elle dans un dédain certain pour la supplique de l’homme et par écho à leur rencontre, soixante ans plus tôt.

Autre époque, autre homme, autre lieu. Instant unique pour sceller plus étroitement encore leur étrange et inexplicable amitié.

Son moment. Sa nuit. Sa récompense.
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♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

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Jeu 23 Juin - 0:42 (#)

♛ La peau se détacha et s'écailla, entraînant des lambeaux de chair.
Ça puait, là-dedans. De la puanteur singulière. Mais, à ce bouquet d'humains et de ce qu'on leur associe, s'ajoutait une autre senteur. Insolite, à vous faire dresser le poil sur la nuque, elle suggérait la vague présence d'une émanation étrangère parmi les remugles de l'activité et de la vie.

▼▲▼

Elle la trouve.
Elle s’arrête devant cette porte ouverte, qui ne l’est sûrement pas pour rien, comme toutes les autres. Et là, dans la pénombre qui ne la trompe guère, elle voit cet étrange couple, dont seule la femme l’intéresse. Mei. Un sourire formidable étire les lèvres de la succube, révélant ses canines trop longues, l’horreur d’une expression détonante, terriblement déplacée. Ce sourire de cauchemar la trahit. Comme un maquillage qu’on enlève, comme si elle s’était elle-même arrachée la peau du visage, c’est une grimace de démon qu’elle offre à la victime entre elles deux. Soulagée d’avoir trouvé celle qu’elle désirait, sa silhouette se détend à nouveau. Elle s’appuie au chambranle, reprenant une pose similaire à celle qui les avait vues se préparer à sortir, peu de temps après leurs retrouvailles. Elle était nue, alors, fleurant bon l’amande et l’oranger. Aujourd’hui, son corps entier est zébré de rouge, et ses pieds restent écarlates jusqu’aux chevilles, comme si elle avait piétiné dans un bac de boucher. Un rire d’hystérique, bref, ponctue le silence, en guise de réponse à la supplique enfantine.

« Du Mexicain… ? Tu aurais pu trouver mieux... Disons que ce n’est que le premier, alors. Nous en partagerons d’autres ensuite… » C’est une entrée. Non, mieux, un hors d’œuvre. Elle ne se délecte qu’à peine de la peur du calice bientôt mort. Les effets d’annonce ne l’intéressent plus. Trop ancienne, seule une terreur raffinée peut encore susciter le frisson prédateur, celui qui l’empoigne jusqu’au fond des tripes, qui lui fait oublier sa nature d’immortelle. Elle se redresse, quitte sa pose alanguie et s’approche, marche, rabattant dans son dos le battant qui claque à en faire trembler les gonds et les murs. « Je n’aime pas les Mexicains… Je n’aime pas les hispaniques… Toute cette viande brune, ça me rappelle de mauvais souvenirs. » Elle se souvient avoir croisé ce vampire noir, et avec lui les réminiscences de son autre vie. Les esclaves à fond de cale, tandis que la frégate avait été réquisitionnée pour son convoyage sordide. Contrainte d’accepter alors, elle s’était juré de ne plus jamais consentir à un tel transport. Bien au-delà des considérations morales rares pour l’époque, c’étaient les odeurs de ces peaux ensuquées et victimes de la promiscuité, la sueur, l’urine, les déjections et un parfum de maladie, qui l’avait vacciné à tout jamais de se livrer à ce genre de trafic. Les siècles passés, la société empêtrée de mauvaise conscience menaçait de la rattraper elle aussi, la poussant à se tenir soigneusement éloignée des dermes sombres.

D’autres crimes s’étaient rajoutés à ce palmarès déjà peu édifiant. Mais surtout… surtout… « Il me rappelle Jenaro. Jenaro, plus jeune… En plus beau. »  Elle s’avance, féline, rattrapant Mei pour se lover à ses côtés. Ses bras blancs enlacent la taille couverte d’une robe elle-même immaculée, et son menton se pose sur l’épaule de la Chinoise, lorgnant le mâle par en-dessous. « Si tu savais comme j’ai attendu cette nuit… Qu’est-ce que tu es, toi ? Hum ? » Mouvante comme de l’eau, elle relâche son étreinte pour attraper le poignet du mortel et mordre, sans crier gare, en plein milieu de l’avant-bras. Il ne lui faut que quelques gorgées pour comprendre à qui elle a à faire. Elle relève sa gueule de hyène, le sang dégouttant par ses commissures, bavant le long de sa lèvre inférieure et récolté par une langue gourmande et pensive. « Pas sorcier, celui-là… »  Rassurée, ses déambulations confirment ses ordres : les arcanistes de Salâh ont été les premiers à tomber. On ne pouvait prendre le risque de devoir affronter une contre-attaque. Satisfaite, elle s’éloigne à peine, taquinant une mèche de soie noire et adressant le plus angélique des sourires à sa comparse.

« Après toi. J’ai hâte de voir parler ton imagination… »

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Mer 29 Juin - 20:23 (#)


Rainbow of chaos


Promesse au goût exquis qui se répète en un mélodieux écho dans sa caboche dérangée. Des mois durant elle a rêvé d’un moment comme celui-ci, une infime miette lui aurait alors suffit. Mais cette nuit, cette prodigieuse avancée, ce culot politique et cette démesure ne sauraient la combler davantage. Jamais, au cours de ces nombreuses décennies, elle n’avait eu à regretter le choix d’être à ses côtés. Ainsi vêtue d’un manteau rouge, dans une liberté qui n’appartient qu’à elle, Mei trouve son alliée d’une beauté inégalée. Pas assez hypocrite pour nier ses atouts, jamais jusqu’ici pourtant Aliénor Bellovaque ne lui est apparue comme… désirable. Le mépris résonne, le racisme latent la fait sourire en coin alors qu’elle ne daigne même pas jeter un nouveau regard vers sa victime.
La succube entoure déjà sa taille et l’Immortelle s’y abandonne volontiers. Le menton posé sur son épaule, son nez vient frôler la joue de son amie et respirer l’odeur ferrique de ceux tombés. La comparaison avec son ancien bourreau et maître lui soutire un rire amusé et dans un soupir, elle promet à son tour une nuit mémorable. “Il y en aura d’autres.” Et alors que la Française goûte, celle-ci s’affaire du côté du ceinturon, le faisant lentement glisser entre les attaches jusqu’à l’avoir en main.

Dans ce semblant de tête-à-tête retrouvé, la vipère reprend, sourire extatique aux lèvres et enthousiasme presque enfantin. La main repart à l’assaut, s’immisce entre les pans du seul vêtement qu’il lui reste, pour se confronter à… rien. Le sourire disparaît devant l’insignifiante et scandaleuse mollesse de sa virilité et les traits se durcissent, autoritaires. Orgueil piqué au vif, vexation à l’extrême, ses doigts se resserrent autour de la boucle du ceinturon. Le cuir siffle dans l’air et quand un cri étouffé de douleur meurt dans la gorge de l’hispanique, elle y plante violemment les crocs pour aspirer la vie qui lui reste. Suffisamment pour l’affaiblir, pas assez pour le tuer. Et dans ce tourbillon de sang, dans ce volcan qui crache et hurle au creux de ses entrailles, elle se libère enfin du carcan que représente les derniers mois. “C’est tout l’effet que je te fais? C’est tout l’effet qu’elle te fait?” Ses doigts agrippent une mèche de cheveux ébène pour le forcer à relever ses yeux sur elles. “Timide? Ou juste stupide? Pédé? Aveugle?” Les questions s’enchaînent et elle le repousse, frappant de nouveau le cuir contre la peau nue de son dos. Cette fois-ci, un cri de douleur résonne dans ce doucereux cocon et Mei jubile autant que ça l’énerve. “Tu as mal? Tu penses connaître la douleur? Laisse-moi te l’apprendre garçon.” Le sang court dans ses veines cyanosées, lui fait déjà tourner la tête, appelle à plus, comme toujours, jamais rassasiée, jamais limitée. Doucement, la ceinture change de main et enroulant le cuir autour de sa paume, elle laisse pendre la boucle métallique, un sourire mauvais aux lèvres.

Deux minutes. Dix. Peut-être plus. Chaque attaque a été accompagnée d’un coup plus fort que le précédent. Chaque coup ponctué d’un cri d’agonie. Chaque cri d’agonie d’une onde intense d’un plaisir sadique. Chaque onde portant un nouveau visage. Ses aïeuls, Jian, Bao, cette catin dans les champs d’opium, première de ses victimes. Gautièr. Jenaro. Tous. Sans exception.

Quand Mei se décide enfin à s’arrêter, quand le poison quitte ses synapses embrumés, il ne reste que des lambeaux de chairs sanguinolentes formant un patchwork répugnant sur le dos de l’hispanique. Il respire à peine, par saccades inquiétantes et du sang coule de ses lèvres. Les yeux fermés, elle perçoit faiblement son pouls et encore moins les battements de son coeur qui s’affolent néanmoins dans une vaine tentative de sauver la machine. “Il m’ennuie” lâche-t-elle finalement dans un soupir las. “Je m’ennuie”. Laissant retomber la ceinture, elle se tourne vers sa compagne et l’humeur change subitement dans une attitude coutumière. “Trouvons un nouveau jeu!” Sans crier gare, elle se fond jusqu’à son égale, enroulant ses bras autour de son cou, le corps tout contre le sien, le visage à quelques centimètres de celui d’Aliénor. Bercées par les derniers soupirs agonisants du cloporte, elle ferme un instant les yeux, chantonnant un air resté gravé dans sa mémoire, porteur de tous les parfums d’une Asie oubliée. Plus loin, les soupirs d’extase de certains, les cris déchirants des autres. Tous semblent occupés. Et soudain, elle rouvre les yeux, les plongeant dans l’azur de la Française. “Et s’il n’en restait plus?” Demande-t-elle entre inquiétude et déception.

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Sam 26 Nov - 0:15 (#)

♛ La peau se détacha et s'écailla, entraînant des lambeaux de chair.
Ça puait, là-dedans. De la puanteur singulière. Mais, à ce bouquet d'humains et de ce qu'on leur associe, s'ajoutait une autre senteur. Insolite, à vous faire dresser le poil sur la nuque, elle suggérait la vague présence d'une émanation étrangère parmi les remugles de l'activité et de la vie.

▼▲▼

Non-retour, non-retour. Une odeur de non-retour plane, surpassant celle du sang qui imprègne les murs. Ces murs dont il faudra bientôt arracher les moquettes gorgées d’hémoglobine, irrémédiablement souillées du flux qui s’écoule de toutes les veines et artères saignées jusqu’à la mort. Elle rit en constatant la fausse colère de sa jumelle, cet amour du meurtre qui paraît faire fourmiller ses extrémités comme dans l’ancien temps ; à l’époque où elle respirait encore. Elle dévisage la victime malheureuse de leur folie commune. Elle ne le pleurera pas. Ses émotions verrouillées, enfouies au plus profond d’elle, aucun humain sous ce qu’elle considère désormais comme son toit n’aura de pitié à attendre, de sa part.
Non-retour, non-retour.
Décidément, non, pense-t-elle, en le regardant mourir. Elle n’a pas envie de viande brune. Elle a envie d’un autre type d’homme, cette nuit. De la peau presque aussi diaphane que celle des vampires les plus pâles. Du cheveu blond, prêt à virer au blanc. Du descendant de Nazi, peut-être ? De quoi raviver quelques évocations du passé, à l’heure où Paris sombrait sous la disette et la peur sourde de l’occupant. Quelques Allemands avaient su éveiller sa concupiscence, et elle avait ouvert leur carotide avec une délicatesse toute particulière, une cruauté ciselée, au moins autant que les plans immondes qui trouvaient leur concrète et sordide application au loin, à l’Est.

Mei fouette, et Aliénor rit. Elle rit sans se forcer, du rire semblable à ceux des courtisanes, rendues ivres par l’alcool et les substances ingérées en quantité. Elle tangue et titube, aussi à l’aise avec son équilibre qu’elle l’a toujours été sur l’eau, même en pleine tempête. Et quelle beauté, que l’ouragan qui s’est abattu, ce soir. Elle se nourrit de cette vision de Mei, pareille à une déesse païenne oubliée. Sa robe immaculée dégueulassée de rouge, sa haine contenue, le mépris qui s'écoule et déborde sans jamais la salir. Mei embellit ou s’enlaidit tour à tour au fil des coups de fouet dont les chocs éveillent la peau de la Française. Elle aussi ressent le désir l’envahir avec une insistance dérangeante. Elle aussi effleure la soie de sa lingerie entre ses cuisses, croquant sa propre lèvre pour conjurer l’envie.

Lorsque la Chinoise saute entre ses bras, Aliénor l’accueille dans son giron en véritable lionne, ronronnant et la cajolant de ses doigts encrassés de sang caillé. Elle émet un rire de gorge affectueux en écoutant l’inquiétude de sa protégée. Redressant son visage, elle empaume les joues de sa cadette, la considère un moment, et s’avance pour embrasser la commissure de ses lèvres, et ainsi mieux murmurer. « Tu sais ce qui est bien, dans le fait d’être au premier étage… ? » Son bassin s’appose en une courbe naturelle contre le sien. Ô combien d’horreurs planent, comme autant de possibilités que la vicissitude est capable d’invoquer. « C’est qu’on peut toujours monter au deuxième chercher de nouveaux cloportes à débusquer… » Elle se recule vivement, et avec une légèreté de libellule, s’empare de la main de Mei, la tirant derrière elle. Les deux femmes galopent dans les couloirs, esquivant parfois un corps, parfois un couple s’adonnant à des bacchanales similaires. Elle rit, se retourne, révélant le plan qui la taraude : « Peut-être qu’on en trouvera même cachés dans nos propres chambres, qui sait… en tout cas, j’ai bien envie de jouer à cache-cache… pas toi ? » Poussant la deuxième porte menant à la cage d’escalier, elle laisse passer son amie et confidente, mais veille à ne pas faire claquer le battant, son index se posant sur ses lèvres entrouvertes en un geste sans équivoque. Puis, réprimant un gloussement de gamine, elle l’entraîne à prendre de la hauteur, vers l’étage qui leur est normalement réservé, à elles comme aux vampires les plus anciens du Lucky Star Motel.

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Rainbow of chaos


Lèvres audacieuses qui se fondent presque avec les siennes sans oser pourtant franchir l’ultime barrière jamais soufflée de leur amitié. Engluée dans un état cotonneux que seuls les addicts les plus atteints connaissent, le corps légèrement vacillant et l’esprit d’une légèreté vaporeuse, un sourire étire sa bouche sans dénier vouloir la quitter. Le sadisme, le pouvoir, la puissance de l’immortalité en lutte contre la fragilité de ses simples mortels, Mei Long retrouve une plénitude que ces dernières années lui avaient fait oublier. Dans cet état, plus rien ne l’atteint, ni les traumatismes de sa vie passée, ni cette lutte perpétuelle intérieure entre raison et folie. Pour la première fois depuis ce qui lui semble être une éternité, elle se sent bien. Entière. Acceptée.
Les courbes qui épousent les siennes et qui d’ordinaire lui imposeraient quelque recul ne font qu’attiser un appétit tout autre que cette dernière ne semble pas maîtriser. Rejet épidermique d’une éducation et d’une culture qui n’ont jamais favorisé de tels rapprochements, ses sens la trahissent, tout comme ses mains qui accrochent les hanches de la Française comme une bouée dans une mer enragée. Ses ongles s’enfoncent avec possessivité, ses yeux d’un noir opaque sondent l’océan dans lequel elle se noie volontiers et si le peu de raison qui lui reste lui souffle que c’est répugnant, contre nature, les fourmillements dans le creux de son ventre et les images qui affluent dans son esprit sont une contradiction difficile à encaisser.

La Chinoise ne doit son salut qu’au mouvement de recul de son alliée et, portée par les promesses des atrocités à venir, elle oublie ses doutes et se laisse entraîner plus loin au moment où la mort emporte avec elle sa dernière victime. Retenant un rire quand la Française dévoile ses plans, les dents viennent meurtrir sa lèvre inférieure, relevant son minois vers l’étage supérieur. Sans jamais avoir lâché sa main de sa comparse, elle se rapproche, de nouveau face à elle, le sang de ses nombreuses victimes courant dans ses veines cyanosées dans un shoot dans lequel elle ne pensait plus pouvoir s’échapper. “Tout ce que tu veux, Aliénor Bellovaque.” Son index et son majeur s’apposent délicatement sur les lèvres pleines de son acolyte, et elle rompt tout espace. Pas de contact buccal direct mais le jeu s’initie dangereusement entre les deux femmes. “Tout ce que tu veux…” souffle-t-elle avant de se fondre silencieusement jusqu’au second étage.

Au moment où celle-ci va pour ouvrir la porte qui les mènera vers leurs appartements, elle est devancée par une jeune femme, qui, passée la surprise, ouvre grand la bouche pour extérioriser sa crainte. La main autoritaire qui se plaque sur sa bouche la coupe dans son élan. “Une négresse…” murmure l’immortelle avec tout le mépris dont elle est capable. Et sans tergiverser, sa main agrippe sa nuque qu’elle brise d’un coup sec dans un écho dérangeant. Accompagnant la chute de l’importune pour conserver la surprise de leur venue, elle enjambe son corps qui ne sert finalement qu’à bloquer l’ouverture de la porte sans autre considération.

Maintenant dans le couloir de leur étage, elle se laisse envahir par l’odeur ferrique des lieux, par les cadavres jonchant le sol. Les bras écartés, elle s’offre même le loisir de tournoyer entre ces derniers, la tête rejetée en arrière dans une béatitude indécente. Quelques soupirs viennent troubler le silence mortuaire et la Vampire en suit la symphonie tout en continuant sa chorégraphie. Devant une porte banale qui ressemble à toutes les autres, ses pas la rendent immobile et du bout de l’index, elle ouvre un peu cette barricade les séparant d’un semblant de pudeur. À même le sol, deux corps enchevêtrés dans une danse bien particulière mais des plus intimes alors que deux autres corps gisent non loin des deux acrobates. Amorçant un pas en arrière dans l’optique de poursuivre leur recherche, ses yeux refusent de quitter des yeux la scène. Les soupirs, les mouvements ondulatoires en parfaite harmonie, les regards hagards des amants emportés dans un monde qui n’appartient qu’à eux, Mei a beau vouloir s’en détacher, son corps se heurte à ses vices les plus innommables et elle campe sur sa position, portée par une curiosité malsaine et non assumée.

Perverse inquisitrice de ce moment d’abandon, elle joue les voyeurs sans conscience réelle des conséquences mais avec un conscience accrue de sa compagne derrière elle. Sans vraiment réfléchir, la Caïnite vient chercher la main d’Aliénor qu’elle joint à la sienne au niveau de sa hanche. Et sans se départir du spectacle qui leur est présenté, dans des limbes nouvellement retrouvées, elle ne peut s’empêcher de demander, “Depuis toutes ces années, pendant tous ces moments partagés, m’as-tu, ne serait-ce qu’une fois, désiré?” Elle ne sait d’où lui vient ce besoin de savoir, ni même quelle réponse lui conviendra. Sans même reposer son regard sur son alliée, elle tend l’oreille pour s’abreuver de la réponse. Orgueil ou rejet, réticence ou abandon…

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En un mot : La Vipère sous la rose.
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♚ Caïnite âgée de trois siècles ; Accomplie du bel âge à portée d'ongles carmins.
♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. À la tête du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

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Dim 12 Mar - 1:13 (#)

♛ La peau se détacha et s'écailla, entraînant des lambeaux de chair.
Ça puait, là-dedans. De la puanteur singulière. Mais, à ce bouquet d'humains et de ce qu'on leur associe, s'ajoutait une autre senteur. Insolite, à vous faire dresser le poil sur la nuque, elle suggérait la vague présence d'une émanation étrangère parmi les remugles de l'activité et de la vie.

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Persistance, croyance enfouie dans les profondeurs de son être mort.
Sont-elles les deux seules à percevoir toute la beauté du moment ? L’Apocalypse qui se déroule partout entre les murs étendus du motel la subjugue, lui donne les forces qui, tant de fois, lui ont cruellement manqué au sortir de ses torpeurs. Le vrai Chaos, voilà qu’elle le touche du doigt une fois de plus. Elle retrouve la fougue qui l’avait saisi, quatre-vingt ans plus tôt, en proie à d’autres gageures. D’autres folies. D’entre les pans de cette cage d’escalier où les deux fauves grimpent quérir de nouvelles proies, elle ne s’est pas sentie aussi vivante depuis son départ d’Europe, depuis ce bannissement qui lui avait ouvert tant d’autres portes. Changement de perspective. Changement de décor. Elles frôlent enfin ce que redoutent toutes les grenouilles de bénitier, tous les amateurs de tapis, tous les porteurs de kipas. Les morts reviennent sur la terre, reprennent leurs droits pour au moins quelques heures, anéantissant ces vivants qui, eux, ont toujours la chance de sentir l’air aller et venir dans leurs poumons ; réellement. Elle les jalouse, tous ceux pour qui le sexe se fait sans efforts, ne nécessite d’aucune gorgée de sang rouge pour, enfin, entendre son corps se réveiller. Elle ne fait pas partie des plus à plaindre. Les reliques de son existence se sont accrochées comme autant de parasites à la reine rouge, rendant l’abandon de sa vie humaine plus douloureuse, encore. Cette nuit, elle se venge. Elle se venge, avec ou sans ennemi déterminé. Même Salâh lui importe peu, en cet instant. Seuls comptent les cris, les rires, les cauchemars qui se répandent en cascade partout autour d’elles.

Mei.
Si elle avait su que Mei serait là pour lui tenir la main, et pouvoir enfin lui offrir le cadeau de cette purge ardemment réclamée.  

La Chinoise abat une poupée de chiffon de plus. Avec la même indifférence, la mère sanglante enjambe le corps brun, repoussant encore et toujours les vieux démons et leurs chaînes antiques qui continuent de cliqueter dans ses souvenirs. Elle ne s’émeut pas du spectacle, ni du racisme manifeste de sa cadette. Celle-ci n’a jamais caché son mépris pour les races qu’elle considère comme inférieure. Son éducation ne lui a laissé aucune marge, rien pour manifester un peu de bonne volonté pour penser le monde autrement. C’est ce qui la rend si unique. C’est ce qui la libèrera pour toujours des entraves de cette société moderne. Mei se fiche d’avoir l’air convenable, pour ce genre de débats. Et à la voir là, tournoyer lentement dans ce couloir rougi comme une ballerine aux traits d’Asie, c’est un peu d’émotion douce et acide qui la remuent de l’intérieur, conférant une illusion de vie à ses organes éteints. Avec une pudeur presque étonnante, Aliénor la suit sur la pointe des pieds, sans vouloir interrompre le spectacle par la parole ou par les gestes. Elle se laisse attirer comme un fantôme immémorial, flamme blanche qui ne lui causerait aucun mal, mais qui réchaufferait ses membres froids, et qui le resteront, si Serguey ne revient pas.

Elle se fige à ses côtés, contemplant le couple emmêlé comme deux vipères hypnotisées l’une par l’autre.

“Depuis toutes ces années, pendant tous ces moments partagés, m’as-tu, ne serait-ce qu’une fois, désiré?”

Elle ne tiendra pas plus longtemps.
Aliénor conserve ses phalanges solidement nouées à celles de Mei, les arrachant toutes deux au tableau qui s’esquisse devant elles. L’esprit brumeux, elle se rend jusqu’à sa propre chambre, jouxtant celle de sa comparse, davantage par son instinct que via son sens de l’orientation. Elle la tire dans son sillage, mue par une sorte d’urgence, un besoin de repaître une soif inextinguible. Le battant claque derrière elles deux. Nul mortel n’est venu souiller son repaire. Tant mieux. Elle l’aurait fait passer par la fenêtre sans émotion. La corsaire se retourne pour affronter pleinement le visage de porcelaine. Ses paumes s’emparent des joues fragiles, contemplant la statue d’albâtre qui la domine si aisément, par la taille et l’attitude, faussement sage, mais toujours impériale.

« Chaque jour, Mei. Chaque jour, ma douce. »

En un long mouvement sinueux, la bouche ourlée d’Aliénor s’empare de la sienne, l’attirant entre ses bras dans une étreinte tendre et cependant ponctuée d’une fermeté étrangement masculine. Elle qui a si souvent voulu respecter la pudeur et les barrières que lui imposaient son amie, a choisi de ne pas lui faciliter la tâche, cette fois. Clairvoyante, lisant les signes, elle lui donne ce baiser en y déposant toute son affection, toute la passion illusoire que le sang dont elles se sont abreuvé fait circuler dans ses veines. Elle se recule, ses talons retrouvant le contact du sol, quand elle caresse du bout de son nez la ligne de sa mâchoire. « Laisse-moi t’aimer un peu, cette nuit. Laisse-moi te le montrer. » Elle serait capable de bien pire que d’ordonner toutes ces exécutions volontaires, retardées par le sadisme de ses inférieurs, deux étages plus bas. « Je mettrai tous les vices à tes pieds, si tu me le demandes. Rien ne sera jamais trop, Mei. » Une main qui s’évase sous la robe plus si blanche, cherchant l’intérieur des cuisses, le contact de la soie couvrant le calice encore intouché.

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Dim 12 Mar - 20:33 (#)


Rainbow of chaos


L’indécence s’échappe à son regard et le couloir défile dans un rire de gorge peu familier. Elle d’ordinaire si mesurée, à l’écoute du peu de raison qui la préserve des absysses, en perpétuelle guerre contre sa nature la plus sournoise, se laisse guider sans souffler contradiction dans une euphorie trop peu coutumière. Bercée par les cris qui résonnent encore dans le motel, enivrée par le sang qui déferle dans ses veines mortes et la rend plus vivante que sa condition le suppose, exaltée par le plus pur et délicieux des chaos, la Longue Vie exulte.
Renaissance tardive après des mois d’une sagesse imposée, succube qui jaillit de cendres encore chaudes, elle n’est pourtant pas plus phénix que sauvée. Mei est assurément de ces volcans dormants, presque éteints. De ceux dont on ne se méfie plus, dont les grondements silencieux n’éveillent plus qu’un banal haussement de sourcil. Un magma bouillonnant oublié, tari, qui s’écoule dans les entrailles profondes d’une terre dont l’histoire a été effacée, remplacée par d’autres traumatismes, d’autres épreuves. De ceux qui, une fois éveillés, promettent un épisode sismique cataclysmique. Les eaux calmes s’en sont allées. Ne se déverse qu’un torrent agité et glacé qui emporterait quiconque serait assez téméraire pour s’y aventurer. Voilà le paradoxe auquel se résume Mei Long. Du froid le plus glacial à la chaleur la plus ardente. Oscillation imparfaite dans laquelle il lui est impossible de se positionner cette nuit.

Interlude salutaire qui ne doit se ternir d’aucune question superflue, l’Immortelle ne reprend qu’à moitié pied dans le réel quand le claquement d’une porte l’oblige à se ressaisir. Quelques secondes lui sont nécessaires pour reconnaître l’antre familier d’Aliénor. Repoussée dans le ressac d’une vague déferlante, il lui est difficile de se questionner sur la raison de leur présence ici. Tant de victimes potentielles restent à trouver dans ce cache-cache sordide initié. Pourtant, quand ses prunelles sombres interrogent la clarté de celles de sa partenaire de vices, tout semble se mettre sur pause et tourner soudainement au ralenti. Les paumes ensanglantées sur ses joues qui la forcent au contact visuel, la proximité retrouvée, les mots appelés plus tôt par une question presque oubliée dans cette overdose des sens, la vérité brute et inaltérée la cloue littéralement sur place. Incapable d’émettre le moindre mouvement de recul ou d’initier quelconque acceptation même inconsciente, elle s’ancre, ses deux pieds nus rougis du sang d’autrui. La vampire s’était attendue à une habile esquive verbale, dérobée qui les aurait sauvegardé de ce chemin qu’elle n’était pas certaine de vouloir emprunter, à une pique sournoise pour la faire se retrancher derrière les hautes murailles de sa conscience, à tout, mais pas à cette désarçonnante sincérité.

Avant même qu’elle ne puisse accepter l’impact que ces quelques syllabes éveillent en elle, sa plus vieille amie, sa plus fidèle alliée, celle en qui Mei a placé sa confiance et sa loyauté, rompt à jamais l’accord tacite jamais oralisé et fait voler en éclat l’ultime barrière qui les séparait. Sa bouche se nomme présentement Nahash, vile tentatrice biblique, doucereuse et sournoise traîtresse qui s’immisce insidieusement dans l’étroitesse d’un esprit étriqué que mille idées d’un autre temps ont marqué au fer rouge de façon indélébile. Il serait si aisé de résumer l’impulsion du geste par le constat d’un banal contact physique. Mais plus qu’un baiser, l’essence portée par ce dernier lui tourne les sens aussi sûrement que le nectar ingurgité en trop grande quantité. Loin de la luxure prêtée par l’instant, l’immortelle y lit et décode tout ce qu’elles ne se sont jamais explicitement avouées.
La liberté retrouvée, ses mots sont autant de lames qui tailladent ce que l’asiatique se force à laisser mort et cette dernière sait de quoi elle parle.

Accusant l’affront, elle ne peut encore les décortiquer, prisonnière de ses vieux stigmates. La main qui s’infiltre sans invitation, tout contre son…

Bloquée par l’une des mains de Mei qui empêche une victoire visiblement désirée trop longuement, l’autre vient se refermer sur la gorge de son aînée et, dans un grognement qui n’a plus rien d’humain et sonne comme animal, elle resserre sa prise et inverse leur position, la plaquant durement contre le bois de la porte. Dans l’obsidienne qui se fond férocement dans l’azur de ses iris brûle une flamme dangereuse. Reproches silencieux, elle fouille un mépris et une trahison impossibles à trouver. Monde en suspens, ayant stoppé toute attaque de sa comparse, les mots attaquent à nouveau, s’infiltrent au-delà des murs, pénètrent sa carapace, se fondent dans les méandres de son esprit cabossé. Laisse moi t’aimer un peu… Les paupières se ferment, les sourcils se froncent. Elle veut rejeter tout ce que sa voix porte, tout ce que ça implique, en vain. Un nouveau grondement féroce, un nouveau râle bestial, inquiétant. Ses yeux se perdent à nouveau dans les siens. Et…

L’évidence.

Aliénor.

Laisse moi t’aimer un peu.

Ses traits se détendent, le trouble la gagne. Plus que la pulsion de l’instant, plus que le sang d’autres dans son corps, plus que cette drogue qui la corrompt et la corrompra éternellement, la vérité cinglante la prend de court. Une fraction de seconde, une éternité… il n’y a plus de genre. Il n’y a plus de sens. L’affront n’existe pas s’il n’y a pas d’orgueil. La trahison n’a pas de sens s’il n’y a pas de barrière. Il n’y a qu’elles, deux entités liées depuis des décennies que tout oppose et que tout réunit.
Il n’y a pas de réponse, s’il n’y a pas de question.
Ses sens vampiriques forcent des mouvements respiratoires inutiles mais que de vieux réflexes humains rendent saccadés. La main serrant toujours la gorge de son aînée mais dans une prise qui réclame davantage un pilier auquel se raccrocher qu’une insolente à réprimander, elle se noie dans les promesses et les appels de son corps qui la supplient de céder.
Ô qu’elle aimerait se cacher derrière sa jumelle, détentrice de tous ses vices, de tous ses méfaits. Mais ce qui la sidère est justement l’absence de son Autre, la pleine conscience de cet instant. Il n’y a pas de tiers pour juguler son humeur, pas de furie à l’appétit féroce, à l’autorité sadique. Il n’y a qu’elle et Aliénor.

La vérité la rattrape, menace de la faire plier. Mei en a envie. Au-dessus de tout son mépris pour de telles pratiques, il y a leur lien. Et elle a envie de lui hurler, ce je t’aime qui la consume et lui brûle autant les lèvres que les entrailles. Ces mots autrefois prononcés et à jamais bafoués. Pas celui porté de façon poétique par des Shakespeare, Poe, Lovecraft ou tout autre crétin qui ne peut, même au plus imaginatif de son pouvoir, concevoir une vérité fantasmée par de nombreux écrits. Pas celui, pathétique, offert aux amants maudits. Il existe, en ce monde, un amour plus fort encore. Celui qui ne souffre d’aucune hésitation, d’aucun doute, porté par la mort sans que celle-ci ne les sépare.

Laisse moi t’aimer un peu…

Incapable de lui avouer son ressenti, incapable de lui avouer ses sentiments, elle se résout, infidèle à ses convictions, traîtresse à ses enseignements, fidèle à Aliénor.

“Aime-moi” ordonne-t-elle alors que la main qui emprisonnait la sienne abdique et que ses lèvres fondent sur les siennes pour lui offrir l’aval qui lui manquait. “Aime-moi” constate cette dernière en desserrant sa prise sur sa gorge et en collant son corps contre le sien. “Aime-moi!” Supplie-t-elle avant de sceller définitivement son sort pour cette nuit hors du temps.

Non, nul poète, nul dramaturge ne saurait coucher sur papier en des termes immémoriaux ce qui liait Mei Long et Aliénor Bellovaque.

Alors venait le temps de l’oubli.
Alors venait le temps de l’abandon.
Alors venait le temps des promesses scellées dans l’envol des dernières barrières.
Alors venait le temps du Chaos.
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♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

♚ SLAVE TO DEATH ♚

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"I know where you sleep."

Facultés : ♚ Vicissitude (niveau III)
♚ Mains de la destruction (niveau I)
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♚ Stratège. Rapide. Teigneuse.
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"Mind if I cut in?"

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Sam 18 Mar - 4:46 (#)

♛ La peau se détacha et s'écailla, entraînant des lambeaux de chair.
Ça puait, là-dedans. De la puanteur singulière. Mais, à ce bouquet d'humains et de ce qu'on leur associe, s'ajoutait une autre senteur. Insolite, à vous faire dresser le poil sur la nuque, elle suggérait la vague présence d'une émanation étrangère parmi les remugles de l'activité et de la vie.

▼▲▼

Filles de Lilith.
La Gorgone se fiche d’égratigner la pudeur de sa cadette. Elle veut la pousser dans ces mêmes retranchements qu’elles ont atteints avec l’orgie de cette nuit. Le vrai chaos ne peut seulement résider en un massacre soigneusement exécuté. Il passe par le relâchement de tout ce qui, d’ordinaire, est si solidement maintenu par des mords assassins. Cette limite que leurs cadavres exquis embrassent chaque fois qu’il s’agit des pulsions de la chair n’a plus lieu d’être. Leur organisme est bourré de sang à en dégueuler, à en exsuder depuis tous les pores de leur peau. Les anciens avaient peut-être oublié, dans leur dégoût, leur indifférence du vice et du stupre aggravé par les années, que ces orgies de cauchemar avaient souvent pour but de réveiller les sexes endormis, de faire revenir le ressac, la houle dans les ventres secs au profit d’un nectar précieux, que même elle s’aventurerait à boire.

La main qui la stoppe ne fait naître qu’un sourire torve ; écho d’un « Tu verras ». Elle l’aura, cette nuit. Elle en a décidé ainsi. La pression sur sa gorge la ravit, émoustille ses sens, lorsqu’elle évalue la force de Mei, dont elle pourrait sans aucun mal broyer le poignet impertinent. Au contraire, elle la laisse faire, avale par ses ouïes écartées le grondement aux allures de reproches qui ne sonne pas autrement qu’en un aveu éloquent. Plaquée contre la porte sans couiner, Aliénor attend, les yeux rivés dans ceux qui la fouaillent. Oh, oui. Regarde-moi. Pendant que sur sa bouche impie, le goût de la sienne s’attarde et la ravit.

Il n’y aura que peu de temps à attendre. Mei cède. Dans un rire étouffé par les lèvres de sa fille, sœur et désormais amante, l’immortelle ne se fera plus prier. De ses deux mains, elle empoigne avec une volonté d’homme la croupe de l’Orientale. Elle tâche encore un peu plus l’immaculé de la robe dont elle ne veut plus rien savoir, obligeant la jupe à se relever pour mieux lui arracher la lingerie qu’elle portait. Ses jambes se font liquides pour tomber à genoux entre les cuisses pâles et robustes. Elle est éblouie par la finesse des membres trahissant toutefois une humanité affirmée, une santé autrefois éclatante. Abîmée par les mauvais traitements dont elle a déjà pu entendre le récit, mais pas assez violentée pour l’empêcher de constater l’évidence. Les premières cicatrices qu'elle discerne attisent sa curiosité, elle qui jamais avant cela n'avait pu les contempler. Elle enfouit cependant sans plus tarder son visage contre le ventre qu’elle masse, qu’elle espère bientôt noyé de sa convoitise. C’est sa langue qui vient l’aimer en premier, glissant enfin au creux de la chair froide et pourtant vibrante, quand ses phalanges se font plus sages, destinées à la rassurer, à lui intimer sans mot dire qu’aucun mal ne lui sera commis. Elle prendra soin d’elle, la protégera de ses propres travers ainsi qu’elle l’a toujours fait. Ses ongles pleuvent en rigoles à l’arrière de ses jambes, cherchant à la faire frissonner, à réveiller les vieux démons d’autrefois, des bacchanales oubliées. Et l’appendice picote toujours le calice qu’elle aguiche, accordant à sa favorite un traitement de souveraine qu’elle ne réserve qu’aux Uniques.

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En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
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Jeu 23 Mar - 17:33 (#)


Rainbow of chaos


Cascade serpentine qui coule sur son corps pour en attiser l’un des péchés qu’elle a jugés un jour le plus vil. Vipère au sang froid capable d’éveiller un volcan éteint. La mince barrière censée la préserver ne tarde pas à rejoindre le sol souillé de leurs pas. Prisonnière volontaire de l’instant à présent bien incapable d’émettre ce non qui la sauverait. Mei a cédé, troquant une folie pour une autre. Son regard englobe et détaille, son corps appréhende et s’impatiente.
Aux mains vagabondes ne répondent pourtant aucun fantôme, sur le visage de son égale ne se supplante pas l’immonde typage de l’un de ses japonais. Il n’y a que ce bleu profond inexistant dans cette partie du globe et dans cet océan maintes fois maîtrisé par l’ancienne corsaire, la possibilité de tous les noyer. Reine rouge, Reine des catacombes. Voguant sur les sept mers, voguant sur les squelettes et avec elle l’espoir de pouvoir annihiler les siens. La pudeur qui l’habite s’estompe et c’est sans honte que les cicatrices se dévoilent, elle qui en connaît les auteurs. Peut-être parce qu’au-delà de leurs différences elles sont parfois le miroir de l’autre. On a voulu les briser de la même manière, dans une geôle, sous les privations, sous les coups, dans l’abject absence de consentement. Mais ils n’ont pas leur place ici, ces immondes cafards. Il n’y a que deux femmes, deux créatures tissant un peu plus étroitement un lien que Mei pense et espère indéfectible.

Les lèvres pincées pour contrer les signes de son appréciation, les muscles raidis par la retenue dont l’Immortelle ne parvient pas à se défaire, le plat d’une main vient percuter dans un sursaut le bois de la porte alors que ses paupières lui imposent de nouveau l’obscurité. Non, il n’y a pas de fantôme ici, seule une diablesse à la langue habile, bien décidée à la faire plier. L’Antique s’est rarement sentie aussi peu en contrôle contrairement à ce que leur position suggère. L’écho des cris lui semble loin maintenant, atténué, tout comme celui du passé et dans cette bulle ne persiste que sa propre contradiction. Esprit qui lutte contre un corps qui se rend déjà à une évidence brutale : il aime ça. Elle aime ça. Les griffes qui courent sur sa peau lui procurent un interminable frisson. L’infâme morsure dont la Chinoise se fait victime pour tenter d’apaiser le tourbillon qui menace de l’emporter est vaine. Déjà un soupir lui échappe et une main vient glisser dans la tignasse poisseuse de la Française pour empêcher toute vicieuse retraite. Spectacle macabre que leur peau marbrée du vermeil de banales victimes, le reste de leurs vêtements comme rappel de leur ignoble boucherie, l’odeur ferrique qui les intoxique et donne à l’édifice tout entier une fragrance de mort. Ça pue, ici. Et dans cette tempête morbide, résulte quelque chose d’infiniment beau. La main qui la supporte se resserre, les ongles écorchent le bois alors que son dos s’arque et que sa tête se voit rejeter en arrière. Deuxième soupir, plus appuyé que le premier, au rythme d’une libération progressive et vitale. Pourquoi continuer de lutter, quand l’abandon lui paraissait soudain si salutaire? Son corps entier semble avoir déserté le combat et changer de camp, de toute façon, vil traître. Plus que se faire docile aux attaques, il entre dans cette danse sapphique, participe au ballet interdit.

Une seconde. Une minute. Une heure.
Mei ne sait combien de temps il lui faut pour anéantir les ruines des dernières barrières mais elle le sent de nouveau gronder et bouillonner, ce volcan endormi. Sous les traitements experts, dans une intimité qu’elle n’a finalement accordée qu’à une poignée tout au plus, elle se sent tomber. On l’y avait forcé, Mei avait feint. On l’avait possédé, Mei s’y était résignée. Mei avait pris, dompteuse sadique, et son autre avait apprécié pour elle.

Mei cédait. Mei exultait.

Tant d’années gâchées, pour se rendre compte qu’elle était à la fois sa seule ennemie et son alliée la plus sûre. Plus besoin de se cacher, cette nuit. Mieux, accepter. Tout n’est que soupirs et la poigne qui se referme dans la chevelure souillée incite à un plus que la position lui refuse. Sans limite, les mots encouragent, corrigent mais rien n’y fait. Elle en veut plus. Maintenant. Avant que le soleil ne les rattrape, avant que l’interlude prenne fin. Aliénor a réveillé une Soif qu’elle seule peut éteindre et attrapant le menton de cette dernière entre son pouce et son index, elle la force à regrets à se détacher pour mieux se laisser glisser jusqu’à elle.
À genoux, comme une égale.
Sa bouche retrouve la sienne, vorace alors qu’une main part à la conquête de l’attache dans son dos. Peu habituée à déjouer les stratagèmes de la lingerie féminine sur une autre, un grognement d’impatience lui fait opter pour la facilité et un déchirement caractéristique lui signale la réussite de son entreprise. Lui retirant dans des gestes aussi maladroits que précipités, son regard coule sur ces courbes dévoilées. Si elle n’avait jamais caché que son aînée était assurément de ces beautés oubliées, jamais auparavant l’asiatique n’avait eu envie de s’y inviter. “Touche-moi” susurre-t-elle en la devançant pour coller son corps au sien. “Marque-moi…” de son odeur, de sa présence, de son souvenir. “Montre-moi” souffle-t-elle en relevant ses yeux noirs vers les siens. “Comment tu mets tous les vices à mes pieds.” Un sourire se peint sur sa bouche dans les termes empruntés à son amie.

Elle avait cherché un remède au mauvais endroit. N’avait jamais eu besoin d’un homme pour panser ses plaies, ni d’une Autre pour se préserver de vieux démons.

Elle n’avait besoin que d’une autre jumelle.

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ADMIN ۰ Dalida - Elle devra choisir entre son amour et sa mort.
Aliénor Bellovaque
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"Eh bien ; la guerre."

En un mot : La Vipère sous la rose.
Qui es-tu ? :
"Don't die with a clean sword."

♚ Caïnite âgée de trois siècles ; Accomplie du bel âge à portée d'ongles carmins.
♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. À la tête du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
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Sam 8 Avr - 4:15 (#)

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Elle lui donne tout le temps qu’il faut. Elle ne garde ses yeux posés sur aucune horloge. La course d’aucune aiguille ne pourrait leur enlever ça. La Reine rouge savoure autant qu’elle fait profiter à son ouaille, de sa langue qui va et qui vient, qui plonge en elle comme elle en a maintes fois rêvé. L’entendre céder est l’offrande la plus grandiose que Mei ne pourrait jamais lui livrer. À l’écoute du moindre de ses désirs, de ses réactions les plus infimes, elle lui laisse s’accrocher à sa crinière sans se plaindre. Elle sera le récif sur lequel l’Asiatique vient échouer sa défaite, comme elle sera le socle, le roc dans la tempête de ses sens bouillonnant ayant retrouvé leur fièvre. Elle sera tout. Faussement docile, elle relève la tête pour mieux contempler sa princesse glisser face à elle. Un sourire presque innocent honore ses lèvres humides d’elle, confondues en un baiser ardent, bien que légèrement plus doux que les précédents. La lingerie craque, sous les griffes brutalement impatientes de Mei. Un rire volé au reste du monde résonne dans la chambre.

« Non. Pas comme ça. Tu vaux mieux que le plancher, ma douce. Viens avec moi. »

À son tour, la Gorgone se dérobe, se déplie. Elle arbore sans faillir son corps nu, petite silhouette aux seins lourds et insolents, les baies rosées érigées par l’envie. Il y a si longtemps qu’elle ne s’est pas sentie aussi indolente. La Mort est dure en affaire. Il lui faut boire, boire et boire encore, trouver le bon amant, au bon moment, pour qu’elle parvienne de nouveau à éprouver quelques-unes de ces sensations arrachées à sa vie d’avant. Elle refuse de laisser les genoux pâles s’écorcher à terre. D’une main dans la sienne, elle redonne sa verticalité à son amie et cadette, l’entraîne sur le matelas dont elle se fiche parfaitement de souiller les draps. Tout le motel finira noyé dans le carmin. Volte-face. Elle n’arrache pas les vêtements de Mei, ou du moins ce qu’il en reste. Elle ne veut pas la brutaliser. Elle ne lui arrache qu’un dernier baiser, de ses lèvres taquinant la carotide ; provocation absolue dont elle ne franchit pas le seuil fatal. Elle se dépose allongée, l’immortelle échouant au creux de ses bras. Les jambes de la corsaire se referment sur les siennes, tégénaire enlaçant sa semblable.

« Tu sens, ça… ? » Elle ondule, son ventre au diapason du sien. « Laisse venir… Laisse couler… Retrouve ça. Laisse-toi faire… » Les mains qui dévalent la chute de ses reins insensés retrouvent leur place sur les rondeurs d’une croupe qu’elle flatte. La pointe de son majeur les salue, pour mieux retrouver le cœur encore ouvert de son sexe luisant. Elle revient taquiner son antre la plus secrète, tout en l’invitant à relâcher la tension de ses membres ; une autre doit venir la remplacer.

« Embrasse, partout où tu voudras. Mords. Caresse. Apprends. »

Elle ne relâche qu'à peine l'emprise de ses cuisses, sans cesser de la flatter au plus sensible. Elle sait à quoi elle ressemble. Elle sait que s'exhale de son portrait l'image d'une créature de sang-mêlé, rassemblant à elle seule tous les poncifs tentateurs, toute l'imagerie orientale. Vautrée contre les oreillers comme d'autres, dans les coussins rembourrés.

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Sam 22 Avr - 11:09 (#)


Rainbow of chaos


Élevée à un rang qu’elle n’a pour une fois pas exigé, rarement Mei a été si docile qu’à cet instant. Les doigts entrelacés aux siens, elle se laisse mener comme une poupée de chiffon, l’esprit brumeux mais le corps volcanique. Voguant dans des sphères inconnues sans les redouter, les draps souillés de leurs nombreuses victimes sont le cadet de ses soucis. Aveuglément bercée par le contact de son aînée, noyée dans l’océan de ses yeux plus profond encore qu’à l’accoutumée, fiévreuse de sa peau contre la sienne malgré la froideur du toucher, Aliénor lui offre de délicieuses limbes desquelles elle refuse de se soustraire.
Le délicieux poison en trop grande quantité ingurgité lui rappelle les longues pauses parfumées d’opium, dans un temps où sa mortalité lui permettait d’en apprécier les effets. Déjà à cette époque, il résonnait comme une divine et salutaire échappatoire, le moyen le plus efficace pour la soustraire à une réalité toute tracée. Comme tout ou presque la noblesse de ces rituels s’était perdue au profit de drogues synthétiques destructrices. Les humains avaient toujours eu cette propension à l’auto-destruction, qu’il s’agisse de se noyer les sinus par une poudre blanche, se brûler la peau aux vapeurs de crack ou se cyanoser les veines avec ce cher brown sugar. Tout n’était que fuite, finalement.

Et l’Immortelle court, tournoie, se perd dans celle-ci, s’en abreuve sans chercher cette fois à s’en défaire. Les mots qui d’ordinaire sont d’un superflu rébarbatif deviennent son seul point d’ancrage dans ce tourbillon illusoire. La voix de celle qu’elle aurait aimé pouvoir appeler Sire un écho tout aussi sournois que libérateur. Ondulations charnelles de hanches prononcées sans aucun doute féminines contre les siennes, invitation orale à l’abandon, doigté parfait qui s’invite pour faire tomber le dernier élan de raison qui lui reste.
Voguant à l’aveugle, c’est un océan dans lequel Mei veut bien sombrer.

Peu à peu, tout n’est que soupirs lascifs, son propre corps enfin réveillé répond, ses mains glissent sur cette peau marquée de mille sévices et pourtant à jamais prisonnière de la perfection de cette succube. La tension monte sans qu’elle ne puisse la contrôler, trop droguée pour en analyser les effets, pour s’en rappeler les lointaines sensations, pour en anticiper la chute. Reléguant au loin les fantômes, les bourreaux, les pigeons. C’est son corps, sa vie, son immortalité. Nul pouvoir ne pouvait leur être cédé, plus maintenant. Elle leur avait accordé trop d’importance, trop d’impact, pour des conséquences trop marquantes. Son corps, sa vie, son immortalité.

Le renaissance est lente, progressive, mais la timidité des premières minutes cède place à une volupté dont la Chinoise ne se pensait pas capable. Une main agrippe la hanche, l’incite à plus de contact, les ongles se plantent comme les crocs d’un serpent sur le cuir immortel et le sang perle à peine alors qu’elle requiert une nouvelle fois ses lèvres. Sa bouche dévie, là, sur sa gorge, à l’endroit où tant de ses congénères aiment mordre, là où s’initie une intimité qu’elle se refuse. Les dents jouent, meurtrissent la douceur renfermant la veine, presque frustrée de ne pas pouvoir s’y abandonner. Ultime barrière, la seule que la Caïnite ne franchira malheureusement pas ce soir.

La prise remontant sur sa nuque, son front contre le sien, son immortalité ne saurait l’empêcher d’avoir l’impression de littéralement brûler de l’intérieur. Elle se consume, assurément. Là, dans ce ballet qui devient frénétique davantage que sensuel, dans une lutte abandonnée au moment où elle s’est laissée conduire dans cette chambre, dans des baisers possessifs, sa propre voix la trahit. Les paupières closes. Et elle se rappelle, enfin, que ça doit être précisément comme ça.

Après tout ce temps, elle se rappelle.

Le désir.
L’abandon.
La chaleur.
Le plaisir.
Et la dernière vague.

La vampire ne domptera pas celle-ci, laisse le rouleau l’emporter avec elle dans cette petite mort dont l’écho avait déserté la sienne. C’est soudain, électrique, fugace et pourtant les effets s’étirent, s’étirent suffisamment pour lui faire apprécier le combat intérieur et la victoire tardive, lui faire se remémorer les événements de la soirée et la beauté de cette nuit.
Se laissant retomber sur le côté puis sur le dos, un rire se déploie, résonne, en inéquation totale avec les scènes macabres dépeintes partout dans le motel. Un rire de gorge, sincère, sonore, spontané, libérateur, victorieux, jouissif. Un rire si vieux qu’il lui brûle agréablement la trachée et que son aînée ne lui a jamais connu.

Ce soir, Mei Long avait gagné.
Son corps, sa vie, son immortalité.

Dans un élan rapide les poignets de son amie sont plaqués sur le matelas plus seulement souillé du sang de leurs ennemis. La dominant en restant parfaitement consciente que ce n’est pas elle qui est au contrôle du moment, ses dents viennent meurtrir sa propre lèvre, avant de fondre sur celle de la créature lui ayant offert plus cette nuit que ce que cette dernière peut s’imaginer.

Mais Mei n’avait jamais été douée pour le contrôle, insatiable démon.

Le reste n’appartiendrait jamais qu’à elles.



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