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Pick your poison, Voodoo Boy

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When witches don't fight, we burn
Andy Yilmaz
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Ven 2 Sep - 20:58 (#)


Pick your poison.


Je savais exactement comment ça allait se passer.

J'avais tout prévu. Bien sûr, c'était mon boulot. Envisager toutes les possibilités pour préparer les réponses appropriées. Anticiper. Le mot favori de mes parents. Mince, si ma famille devait avoir une devise, ce serait probablement juste ce verbe. "Anticiper". Parce que c'est tout ce qui compte quand on va au-devant de la mort de manière volontaire. Prévoir comment se tirer de cette rencontre funeste.

Et puis rien ne s'est passé comme prévu.


Je me redressais sur mon lit comme un diable sort de sa boite, baigné de sueur, le cœur palpitant, prêt à bondir. Les muscles de mes jambes me faisaient cruellement souffrir. Je grinçais des dents, luttant contre ce sentiment humiliant d'être devenu un invalide que la douleur constante rend acariâtre. Je n'avais pas prévu de l'être. Je n'avais même pas prévu d'être vieux.

Arriver à 38 ans est une victoire en soi.

Je respirais par la bouche et massais mes jambes, ravivant la circulation sanguine avec les mouvements montrés par mon kiné. La transpiration qui mouillait ma peau était gelée. J'avais froid, je frissonnais, alors que juste un instant avant j'étais parfaitement à l'aise sous mon drap. Les émotions perturbaient ma magie, la faisant réagir à une menace qui n'était plus. Un sourire satisfait s'épanouit sur mes lèvres. C'était la seule bonne chose de cette foutue chasse.

Un coup d'œil à l'horloge numérique m'apprit que nous venions de dépasser minuit. J'étouffais dans ma chambre. Je me juchais sur ma chaise roulante et avançais silencieusement vers ma salle de bain, attentif à ne pas réveiller mon colocataire opportuniste. Heureusement que ce meublé avait un canapé-lit, ça s'était révélé bien utile.

Le jet d'eau glacée par lequel je commençais me flanqua le coup de fouet nécessaire pour me sortir de cet état anxieux. Je passais ensuite à l'eau chaude, calmant mes frissons. Dix minutes passèrent, le bruit de l'eau ruisselante emplissant la pièce carrelée curieusement apaisant. La douleur dans mes jambes se résorba un peu. Je baillais et, par pur défi, me relevais en vacillant, juste pour revoir le monde "de là-haut" quelques secondes. Au bout de plusieurs mois à être assis, j'oubliais moi aussi que je faisais un mètre quatre-vingt-dix.

Mes jambes se mirent à trembler sous l'effort de rester debout. Quelle frustration terrible... Je terminais de me sécher en serrant les dents, puis revins à mon siège. Je m'y écroulais. Ma rémission complète ne viendrait jamais assez vite à mon goût. La tête renversée en arrière, le dossier me rentrait douloureusement dans la nuque mais je m'en moquais. C'était autre chose que d'avoir mal aux jambes, je prenais.

Le sommeil m'avait définitivement fui après cette douche. Je pris la décision de sortir m'aérer. La nuit ne m'avait jamais fait peur, privilège d'être un homme et un chasseur, et j'avais reçu il y a peu de temps l'invitation d'un voisin patron d'un bar de passer à l'occasion. C'était l'occasion.

+++

Dans cette situation peu enviable, le pire était probablement de dépendre des autres pour mes déplacements. Je remerciais le chauffeur du Uber que j’avais commandé, luttant contre la gêne qui était toujours là lorsqu’il s’agissait de demander un coup de main. Vivre dans un fauteuil m’aura appris à ravaler ma fierté. Quand la nécessité fait loi, il n’y a pas lieu de jouer le fier-à-bras.

A une heure du matin et vingt minutes, j’étais devant le Voodoo café. J’observais un court instant la clientèle qui entrait et sortait, repérant les fumeurs, que j’irais probablement rejoindre dans la soirée. On m’avait déconseillé la clope pour ma rémission, on ne me l’avait pas formellement interdite. Et vu l’état de nerfs dans lequel je pouvais être à cause de cette immobilité forcée, je n’allais pas me priver de ce plaisir-là. J’arrêterai lorsque je reprendrais la course.

Les clients avaient ces têtes de bobos, d’artistes et de monsieur et madame tout-le-monde auxquelles je m’attendais. Je me demandais, au milieu de tous ces humains, combien de vampires se dissimulaient, véritables loups dans la bergerie.

Je rentrais dans le bar, ignorant les regards qui s’accrochaient à mes roues lors de mon passage, et arrivais au comptoir. Je me juchais sur un tabouret, pliais mon fauteuil et le planquais entre moi et le meuble en bois. Si je pouvais oublier ne serait-ce que quelques heures que j’étais cloué dedans depuis des semaines, ça me ferait du bien. Vraiment.

Le patron du Voodoo n’était pas loin. Impossible de rater ce grand Black à la carrure d’armoire à glace et au sourire ivoire. Vu son caractère, je n’étais pas surpris qu’il ait choisi d’ouvrir son établissement : ce mec, en une discussion dans le hall d’entrée, m’avait fait parler de moi avec détails alors que j’étais de nature secrète. Je n’en revenais pas de lui avoir parlé de ma famille, de Dylan, de ma ville natale, et de ma passion pour les voitures.

En revanche, puisque dans la conversation, il y en toujours un qui parle, l’autre qui écoute, je n’avais pas appris beaucoup sur ce géant aux muscles gonflés.

Je l’observais un court instant, étudiant simplement sa physionomie, puis lui fis un signe de la main lorsque son regard s’attarda sur le comptoir.

On verra s’il réussira le même tour de force cette fois encore.

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Lun 5 Sep - 19:40 (#)




L
a soirée est bien avancée. Minuit est passé, et les esprits flottent un peu à cause de l’alcool et de la fatigue. Le concert de la première partie de soirée s’est bien passé, a ramené pas mal de monde. Les artistes se détendent désormais à une table, parlant musique avec des passionnés ou évoquant entre eux leurs souvenirs passés. Les cocktails ont la cote, ce soir, et mes barmans jouent du shaker au rythme d’une bande-son aux rythmes twist. De mon côté, je prends un peu la tangente. Ils s’en sortent bien, donc je fais plus dans l’accueil que dans le travail technique. Je salue les connaissances, échange quelques mots par-ci par-là, bouge mon popotin a contact des danseurs d’un soir, souris aux plus discrets pour les mettre à l’aise. Une bonne soirée, quoi.

Dehors, la nuit est belle, le ciel étoilé et les lumières extérieures du café se reflétaient avec douceur sur les trottoirs, rendant à l’endroit une ambiance à la fois feutrée et attrayante. Ce genre d’ambiance, ça se travaille bien sûr. Même si nous n’avons pas de videurs, qui rendraient l’endroit sans doute moins accueillants, j’aime à faire régner un aspect serein et sécurisant. Plus tôt dans la soirée, j’ai surpris un mec en train de vider sa vessie sur une vitrine de la façade avant. Il n’a guère eu le temps de finir que ses pieds ont quitté le sol, et n’y sont retombés que dans les toilettes du Voodoo, avec le ferme conseil de ne plus tenter le diable. La bite à l’air devant les clients médusés, se faisant transporter comme par une grue, engoncé dans ses vêtements froissés et la tête se perdant dans le col de sa chemise tracté par mon énorme paluche, il ne faisait plus bien le malin. Pas sûr qu’il s’essaie encore à l’arrosage nocturne.

Bref, ce genre d’incident est rare, et si des fois je dois séparer deux coqs trop fiers pour aller se mesurer la fierté ailleurs, globalement ça se passe plutôt bien.

À un moment, la porte s’ouvre sur un homme en chaise roulante. Forcément visible dans ce tas de gens debout. Je mets quelques secondes à le reconnaître : c’est mon voisin du bas. Le type qui vit au rez-de-chaussée de mon immeuble, à Mansfield. Andy, si je me rappelle bien. On s’est croisé quelques fois depuis son arrivée à Shreveport, en début d’année. Ça a l’air d’être un bon gars, pas chiant pour un sou. Je me rappelle l’avoir convié au Voodoo à l’occasion. Voilà l’occasion, visiblement. Il se fraie un chemin à travers la foule alors que je laisse gracieusement la soirée d’un couple me donnant des nouvelles de leur famille à la Nouvelle Orléans. Lorsque je relève de nouveau les yeux vers lui, il est juché sur un tabouret du bar, et me fait signe. Je lui réponds d’un sourire et me rends jusqu’à lui, posant une main dans son dos pour l’accueillir.

« Alors, voisin, enfin décidé à passer me voir ? »

J’ai failli lui demandait si « tout roulait ». Une maladresse que j’ai bien fait de retenir dans ma gorge, pour sûr. Pas certain qu’il apprécie ce genre de remarque, fut-elle dite avec bienveillance et humour. Je passe derrière le comptoir sans le lâcher du regard, et lui demande :

« Tu bois quoi ? »

Je passe sur l’heure tardive de son arrivée : serait-il tombé du lit ?




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Jeu 8 Sep - 16:31 (#)


Pick your poison.


Je me fendis d’un sourire lorsque le patron vint m’accueillir en personne. Sa carrure massive dominait la foule, impossible pour lui de se fondre dans le décors. Avait-il toujours été barman ? D’ailleurs, avait-il déjà eu à s’asseoir derrière un bureau à pianoter sur un ordinateur huit heures par jour, cinq jours par semaine ? J’avais du mal à me le représenter en employé de bureau.

Une tape virile dans le dos me cueillit, sans pour autant me propulser contre le comptoir. J’appréciais le geste. Outre le fait de me donner l’impression d’être le bienvenue, il n’avait pas tenter de me démettre l’épaule par pure gratuité. Il n’avait rien à prouver, pas la peine de faire dans la démonstration de force. C’était agréable, pour une fois, de ne pas être dans la compétition. La plupart du temps, ou en tout cas, avant que je ne me retrouve obligé d’être assis constamment, les conversations que j’avais avec mes camarades chasseurs s’apparentaient plus à l’étalage de « records » que de véritables échanges. On n’apprenait des choses sur la vie des collègues que par les on-dit colportés sous le manteau, jamais rien de la bouche du principal concerné.

Mais je m’égare.

Passant derrière le comptoir, reprenant sa place de barman, il me demanda ce que je désirais boire. Maintenant qu’il cachait les étagères regorgeant de bouteilles d’alcool diverses et variées, je donnais le nom de ce que j’avais l’habitude de boire. Au diable la nouveauté.

- Un Scarabus, tu as ? Un Islay Single Malt.

L’odeur de la tourbe fumée achèvera de me réveiller, certainement. Elle me tirera loin du monde des cauchemars, et ça me requinquera. Les whiskys écossais étaient idéaux pour vous donner ce petit coup de fouet nécessaire. Et j’avais vite appris qu’en boire sans grimacer améliorait votre réputation auprès des chasseurs jouant les gros durs, ou les vieux de la vieille. Assez rares, d’ailleurs, les anciens dans notre branche. Faut croire qu’au bout d’un certain temps, on ne court plus assez vite pour semer la mort.

- C’est comment, ce soir ? L’ambiance a l’air bonne. - commentais-je en jetant un nouveau coup d’œil autour de moi. J’avais beau ne pas être « de garde », impossible de chasser des habitudes acquises au fil des années. Des habitudes qui sauvent des vies. Mon regard parcourait les visages, à la recherche de signes particuliers, de peaux pâles et de clients sans verres.

N’ayant rien repéré d’alarmant, je reportais mon attention sur Wilson. Avait-il déjà accueilli des vampires dans son bar ? Avait-il déjà fermé les yeux sur des morsures ? Dans les bars, depuis la Révélation, la pratique était devenue assez courante. Ce serait surprenant que le cas ne soit jamais arrivé ici… Et lui-même, avait-il déjà succombé à la tentation d’être mordu ? Ce serait possible. N’importe qui peut se faire tromper par un vampire.

- Eh, attends… C’est quoi, la spécialité de la maison ? Vous avez un cocktail-phare, ou quelque chose dans le genre ?

J’avais subitement changé d’avis. Ce soir, finalement, ce serait peut-être pas mal de laisser de côté cette peau de chasseur et essayer d’être un peu différent. D’oublier un instant ma paranoïa pour être simplement un curieux venu prendre un verre et chasser ses idées noires. Je pouvais m’accorder ça. Puisque j’étais toujours en vie.

N’est-ce pas ?

- Tant qu’il n’y a pas de Coca dedans, je suis preneur. Fais-moi découvrir un truc, big guy.

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Sam 10 Sep - 19:55 (#)




S
ans préambule, il commande une boisson. Un Single malt écossais à la robe dorée au parfum complexe de fumée saline au retour de caramel et de vanille. Un Scarabus. Ce n’est pas tous les jours qu’on en sert, mais le whisky fait bien partie de notre carte. Je me tourne vers les étagères pour m’en saisir. En hauteur, je dois être un des seuls ici à pouvoir le récupérer sans devoir me hisser sur la pointe des pieds, ou sur un tabouret de fortune. La bouteille sombre aux reflets d’or en main, je me tourne vers Andy alors qu’il commente l’ambiance. Il jauge l’assemblée d’un regard critique et appréciateur. Je lui répondis d’un sourire sincère :

« Ça commence un peu à retomber, là, mais plus tôt ça valait vraiment la peine. Un concert de Dixieland comme dans le bon vieux temps. De quoi animer les gambettes ! »

Je sens encore les notes des cuivres me parcourir l’échine, rythmée par les percussions claires et un banjo guilleret. Ça a twisté sur la piste de danse, ça c’est sûr. On se serait cru en retour au début du 20e siècle à la Nouvelle-Orléans. Bien peu de groupes pratiquent encore ce type d’Early Jazz de nos jours, alors quand l’un d’eux se présente, ça fait toujours sensation auprès de la clientèle du Voodoo, habituée à ces sonorités. Qu’elles soient plus anciennes ou plus modernes, d’ailleurs. Alors que je me saisis d’un verre à whisky, cylindre de verre gravé de losanges diamantins, au bord doré, et que je m’en viens à lui demander comment il le préfère, sec ou « on the rocks », il se ravise. Petite lueur de folie dans son regard, il me demande de lui servir notre spécialité. Un cocktail maison, ce genre de truc. Un grand sourire barre mon visage.

« Ahah, c’est parti pour un cocktail alors ! On en a quelques-uns pour le coup… »

Il dit n’apprécier pas des masses le coca. Ça peut se comprendre. Quoi lui servir, alors ? Un très classique ‘Bloody Mary’, fort prisé par tous les fanatiques de dents longues depuis la révélation. Pas très original cependant. Un Hurricane ? Bien plus local, pour le coup, mais bien que puissant en alcool, il trouve souvent plus sa cible chez les dames. Je suis persuadé qu’à une époque, il aurait plu à Anna, la musicienne. Un Ramos Gin Fizz, peut-être… Assez spectaculaire à préparer, l’occasion de montrer à la foule mes talents avec le Shaker. Mais bon, sans doute un peu trop long à préparer pour Andy. C’est alors que je remets en place la bouteille de Scotch qu’une idée me vient comme une évidence. Mais oui ! S’il aime la saveur fumée des whiskies, il est un cocktail bien local en Louisiane qui fera sans doute son bonheur.

Je laisse le verre choisi en place, alors que j’y verse divers alcools : whisky de seigle en malt simple « Old Potrero » pour le corps, du « Pechaud’s Bitters » pour l’ingrédient officiel immanquable, au goût anisé et herbal, une bonne larme d’absinthe pour le côté folie, et un zeste de citron pour ramener de la fraicheur acidulée sur la lippe. Je lui tends le verre, satisfait de mon choix. En espérant qu’il le soit autant.

« Et voilà, un Sazerac. À ta santé ! »

Et alors que je le laisse apprécier la couleur ambrée profonde du cocktail, je m’enquiers de ses nouvelles.

« Alors, quoi de neuf ? »



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Jeu 6 Oct - 11:24 (#)


Pick your poison.

Je vois que ma demande soudaine semble plaire au patron. Son sourire est énorme. Il a l'air terriblement honnête, ce Hercules, ce que je trouve étonnant. A nos âges, car j'imagine que nous avons sensiblement le même âge, qui est encore capable de poser sur le monde un regard objectif, bienveillant, sans imaginer le pire ? Wilson a l'air d'observer son environnement avec indulgence, à se concentrer sur "le bon en chacun de nous". Moi, j'en suis incapable. Je me fais juge et bourreau depuis trop longtemps pour être capable de voir le monde avec miséricorde. Je ne suis qu'un exécutant, là pour éliminer une menace rôdant depuis l'apparition de l'humanité.

Ah, le naturel revient toujours au galop. Je secoue la tête pour chasser ces pensées dignes d'une série policière avec un flic dépressif en protagoniste. J'ai autre chose de prévu ce soir que de me lamenter sur mon quotidien, que j'ai choisi. Je me force à sourire et je me concentre sur les gestes habiles du patron, qui prépare le cocktail surprise sous mes yeux. Je m'y connais peu, en matière de cocktails. La base, ce que des femmes peuvent commander et donc ce qui peut leur faire plaisir, ou ce que mon meilleur ami et colocataire prend, mais autrement... Non, moi, j'ai choisi le whisky en boisson de prédilection, plutôt que la bière ou le vin.

La magie du mélange terminée, Wilson me tend le verre avec un air satisfait. Je m'en saisis, amusé et curieux de découvrir le goût de toutes ces saveurs conjuguées. Va-t-il falloir que je rende un verdict ? Je n'ai pas amené mes panneaux pour donner ma notation, dommage... Et je n'ai pas de cravate pour me donner l'air pompeux et sévère qui convient à un expert. J'espère que Wilson me pardonnera de ce manquement à l'étiquette et que mon avis sera tout de même pris en compte.

Un Sazerac, donc. Je connais de nom la maison, qui possède de nombreuses distilleries à travers le monde. C'est toujours bon signe quand une entreprise familiale possède un cocktail baptisé en son honneur, décidais-je en portant le verre à mes lèvres. Je fus satisfait de retrouver le goût du whisky, la chaleur familière et appréciée qui descend la gorge et réchauffe le torse, tout en découvrant la légèreté conférée par les éléments ajoutés. Un peu sucré, mais ce n'était pas un défaut. C'était même bienvenu. Et ça me change du traditionnel whisky.

Wilson s'étant enquérit de mes nouvelles alors que je goûtais sa création, je levais mon verre en sa direction avec un air appréciateur tout en lui donnant un premier élément de réponse.

- Eh bien, tout roule. - je préférais me charger de ce jeu de mots d'entrée de jeu. C'était un bon moyen de mettre mes interlocuteurs à l'aise et je m'épargnais l'obligation de trouver ça drôle au bout de la centième fois.

Je pris une deuxième gorgée du cocktail, autant pour retrouver les saveurs que pour me délier la langue. Notez les efforts que je fournis pour me montrer sympathique.

- Tout se passe bien au boulot. Mon coloc' est sympa. J'ai l'impression d'être revenu à mes seize ans, l'alcool en plus, et le permis en moins. - je fis tourner le verre, les yeux attirés par la façon dont la lumière donnait au liquide une couleur ambrée. - Parfait, le cocktail. Mes compliments au petit génie qui en est à l'origine. - mon regard revint sur la masse imposante de Wilson. - Et toi ? J'ai l'impression que le bar marche bien. Tu l'as depuis longtemps ?

J'étais curieux, je l'avoue. Qu'est-ce qui avait pu conduire un gars comme lui derrière le comptoir d'un bar de Shreveport ? Je ne me l'imaginais pas barman depuis ses dix-huit ans. Il y avait forcément quelque chose de plus, quelque chose qui puisse, peut-être, expliquer ce regard indulgent qu'il porte sur le monde et la patience dont il fait preuve envers les autres.

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Mar 11 Oct - 12:41 (#)



A
ndy semble apprécier le breuvage que je lui ai préparé. Du moins l’imaginai-je en le voyant prendre une première lippe, à sa mine appréciatrice. Je réponds d’un signe gracieux de la tête à son levé de verre qui confirme un intérêt plus que neutre pour le cocktail louisianais. Sans tarder, il répond à ma demande de nouvelles. Rien de bien spécifique, d’ailleurs : il reste en surface, évoque une bonne relation avec son colocataire, un travail stable et visiblement satisfaisant. Un regret pour l’impossibilité de conduire, caché derrière un aveu non coupable d’une consommation alcoolisée régulière.

Alors qu’il apprécie sa boisson, remerciant oralement cette fois son créateur, une porte claque sur le côté. La porte de l’arrière-salle. La fameuse. Celle qui accueille secrètement des clients… particuliers. Et aux goûts précis en matière de breuvages. Deux individus en sortent, assez pâles. Des habitués aux dents longues, qui ont pour consigne de faire profil bas dans la partie commune. Apparemment le ton est monté à l’intérieur. Ou les sensibilités immortelles ont été touchées. Je ne vois pas ce qui pourrait précipiter un départ si voyant, en tout cas. Je crispe les mâchoires un temps alors que le duo se dirige vers la sortie d’un pas décidé. Un coup d’œil sur le côté me permet de m’assurer que la porte a bien été fermée derrière eux. Je ne suis pas sans savoir que l’existence d’une telle salle peut ternir ma réputation et celle de l’établissement. Voire même me tracer une cible en plein sur le front, pour les extrémistes anti-CESS. Et pourtant j’en assume l’existence : c’est moi qui l’ai mise en place quelques temps après mon arrivée au rang de patron. Cette salle était alors inoccupée, seulement louée à de rares occasions pour des réunions privées, souvent professionnelles. Des assemblées générales d’associations, ce genre de trucs. Moi, par déférence envers les immortels, ces morts qui marchent, j’en ai fait leur repère secret dans Downtown. Un endroit où ils sont accueillis comme n’importe quel client avide de passer un bon moment dans une ambiance jazzy. Un endroit assez sélect, malgré tout : seuls les dents-longues recommandées par Nicola Alighieri ou Salâh Ad-Din Amjad ont le droit d’y pénétrer. Et ce afin de m’assurer d’une part de garder le secret de l’endroit, et d’autre part d’être certain que tout s’y passe bien, sans esclandre. Je n’ai aucune envie de voir une guerre entre deux suceurs éclater entre mes murs.

Je reprends vite le contact visuel avec mon voisin pour qu’il ne perçoive pas mon trouble de ce départ impromptu. Il s’enquiert de ma propre actualité. Je ne tarde pas à lui répondre.

« Oh, c’est un cocktail connu dans la région. Ça vient d’un bar éponyme de la Nouvelle-Orléans. Quant à moi, tout va bien aussi. Le café marche plutôt bien en effet. Hey, on est bien situés. »

Il s’inquiète de savoir depuis quand je l’occupe. Je réponds d’un sourire entendu :

« J’suis patron depuis deux ans. Mais je travaille ici depuis 2008, je suis un peu comme un meuble. L’ancien patron a perdu la vie fin octobre 2019, lors de… d’un incident. »

Halloween. Ces souvenirs troubles, cette impression nauséeuse d’une terrible nuit de l’horreur, réduite à quelques faits divers par les médias hypocrites. Inutile de revenir précisément sur le contexte de son décès. J’embraye sans m’attarder davantage :

« Je n’ai pas le souvenir que tu avais un colocataire, tiens. Plutôt discret, non ? Tiens, et dis-moi, tu travailles dans quoi, déjà ? »

Je ne sais pas s’il m’en a déjà parlé. Je n’en ai pas l’impression. Qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion pour le savoir.
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