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Truth or Dare ~Wilson~

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Cannot a Beast be tamed
Wynonna Marshall
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Mar 29 Nov - 14:00 (#)

Le sms de Wilson est encore affiché à l’écran, il est dispo ce soir et n’a pas encore mangé. Les traits de son visage se crispent quelques secondes sous la réflexion. Qu’est ce qui serait le mieux? Un restau rapide ou se poser chez lui? La rousse n'aime pas des masses l’idée de traîner trop longtemps dans les rues de Mansfield. C’est pas aussi craignos que Stoner Hill, mais pas loin. Sauf que la nuit est déjà tombée et une partie d’elle encore mal maîtrisée est en hyper vigilance. Son passager clandestin est réveillé. Pas trop, la lune n’est encore qu’à son premier croissant montant, cependant, même un peu,c'est déjà trop. Elle a besoin de calme, ils ont besoin de calme. Le restaurant a été fermé au public ce soir, réservé exceptionnellement pour une réception privée et elle n’a pas eu besoin de rester sur place une fois les plats envoyés. C’est l’équipe de salle qui va gérer le reste de la soirée.

Wynonna a pris une douche rapide dans les vestiaires des employés pour se débarrasser des odeurs trop envahissantes des épices qui collent à sa peau et ses vêtements professionnels. Une paire de ballerine, un pantacourt noir et une blouse saumon toute simple sont suffisante pour cette soirée de mai. Sans compter qu’elle ne ressent plus le froid de la même manière. Tout en essayant de garder des vêtements adaptés aux températures. Tellement de détails qu’elle ne peut plus se permettre d’oublier ou de sous-estimer.

Il lui a fallu presque un mois pour recontacter le géant noir, délai indispensable pour commencer à reprendre sa vie en main. C’est encore un chantier en construction. Elle a perdu en spontanéité, en impulsivité. Et gagné en traumatisme et paranoïa. Pas certain que cela s’équilibre à son goût. Les semelles de ses ballerines ne font pas de bruit pendant qu’elle remonte la rue principale qui longe la Belle Esplanade, tout en évitant les alentours du Mad Dog.

Elle sait que son Passager Clandestin lui offre une force physique plus importante en cas de confrontation. Du moins en théorie. En pratique, elle n’en sait rien et n’a aucune envie de le savoir. La démarche de Wynonna n’est pas hésitante, elle a changé d’avis, dans un recoin, non loin du Wild Orchid aux lumières chatoyantes qui débordent sur la rue, se trouve un traiteur libanais qu’elle a découvert par hasard qui fait partie désormais de ses adresses favorites. Le take away parfait quand elle a la flemme de cuisiner. En plus pas très loin de l’appartement de Wilson. La rousse prend un peu de tout, sans doute trop, une quantité excessive de pain pita pour accompagner les différents mezzés.

Nervosité qui frisèle à ses épaules, maintenant qu’elle a une main encombrée par le sac contenant les différentes boites en cartons. Elle scanne son environnement sans que rien ne puisse expliquer rationnellement la tension qui mordille son ventre. Wynonna déteste cela. Cette impression de ressentir les émotions primaires du Rat, sans avoir de certitude. Ne sachant pas si cela provient d’elle ou de l’Animal. Deux hommes discutent entre eux en fumant une cigarette à un arrêt de bus, un trio qui remonte le trottoir en face d’elle. Personne ne paraît lui accorder une attention particulière. Ça ne va pas le faire si elle devient paranoïaque. Mais… elle est presque certaine, presque, pas tout à fait, d’avoir vu dans son sillage des personnes entrevues dans le bar où l’a emmené Tyler pour sa première transformation. Spécifiquement celui qui lui a fait face en barrant la porte. Ou peut-être qu’elle se trompe. Elle était dans un état de nerf indicible. Est ce que les Rats la feraient surveiller? Pourquoi? Pour éviter qu’elle prête un câble en pleine nuit, même si la pleine lune est loin? Pour éviter qu’elle craque sous la culpabilité et aille voir les flics pour tout balancer sur la disparition de ses amis?

De sa main libre, elle chasse une mèche rousse qui menaçait de lui tomber dans les yeux. Bien sûr que non. Ce ne sont que des peurs infantiles. Tyler l’aurait prévenu, si les rats gardaient un œil sur elle. non? My soul for weeds! Même ça, c’est terminé. Elle n’arrive plus à obtenir cet état flottant avec l’herbe, maintenant. Son nouveau métabolisme la purge aussitôt. Elle n’a pas les moyens de dépenser autant que la quantité nécessaire pour être high.

Elle arrive en bas de l’immeuble de Wilson en même temps que l’un de ses voisins qui lui tient la porte. Le remerciant d’un signe de tête et un sourire, elle le laisse passer, préférant s’épargner ces quelques secondes malsaisantes dans un ascenseur avec un parfait inconnu. Ce qui lui permet aussi de vérifier sur sa boite au lettre son étage. Un coup d'œil sur son téléphone, 9h35, plus d’une demi-heure depuis leur échange de sms. C’est peut être trop tard, non? Et.. elle n’a pas envie de lui mentir en fait. La cuisinière est presque en train de se convaincre de faire demi-tour, dans un de ces moments de lâcheté ordinaire. C’est son ventre gargouillant, les parfums alléchants des plats qui chatouillent ses narines qui raffermissent sa résolution. Elle va juste passer un bout de soirée avec un vieil ami. Rien qui nécessite de prendre la fuite. Surtout qu’elle a envie de le voir. De prendre des nouvelles des anciens du Voodoo qui sont restés quand elle est partie pour s’impliquer dans le Blues Bayou, reprendre un peu le fil de sa vie.

C’est bien décidé à profiter de ces heures buissonnières qu’elle sonne à la porte de Wilson. Ce n’est pas la première fois qu’elle vient chez lui. C’est la première fois depuis qu’elle est parasitée. Colonisée. Elle sait qu’elle ne devrait pas voir le Rat sous un jour sombre, ce n’est pas aussi facile. Wynonna chasse ces pensées négative, adresse une prière à la bestiole pour qu’elle reste sage et endormie. Please, please, please, tomorrow, you choose. Wyn se redresse lorsqu’elle entends les verrous qui s’ouvrent de l’autre coté du battant.
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Willy L'Ourson - Je suis fatigué Tigrou
Wilson Cooper
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Dim 8 Jan - 16:15 (#)

I

La sonnerie de mon téléphone retentit dans l’appartement. Pas celle d’un appel, mais celle d’un message. Une journée totale de paix, et voilà que c’est quand je suis dans ma douche que ça arrive. Je bougonne, laissant un dernier instant l’eau brûlante tomber sur mes épaules. Oui, ce n’est qu’un message, mais je n’aime pas faire attendre. Un peu stupide, sans doute. Mais pire : je n’aime moi-même pas attendre. La curiosité prend souvent le dessus quand, à mon grand dam. Aussi coupé-je l’eau et quitté-je la salle de bain, une serviette enroulée autour de ma taille. Je ne fais pas attention aux trombes d’eau qui dégoulinent sur le parquet, trop pressé à dénicher le responsable de cette rupture de détente. Évidemment, je ne sais pas où je l’ai laissé. Me maudissant de ne m’être pas emmouraché de cette génération qui a tout le temps le nez collé dessus, et dotée d’un radar intégré pour le trouver, je retourne chambre et salle de séjour pour enfin le dénicher sur le plan de travail de la cuisine, laissant derrière moi un parcours de traces humides qui aurait été une sorte de didacticiel au métier de Tyler si j’avais commis un meurtre.

Mon agacement fait vite place, cependant, à un vif intérêt : c’est Wyn. Voilà plusieurs semaines – mois ? J’exagère sans doute – que j’attends de ses nouvelles après l’événement du détective et mon inquiétude subite de son état. Longtemps, bien trop longtemps après son dernier message m’intimant de ne pas me faire de souci pour elle, qu’elle était juste débordée par le travail. Message qui m’avait peu convaincu, à l’époque, mais que j’ai respecté. J’essuie mes doigts humides sur le revers de ma serviette et réponds vivement : impossible de lui en vouloir. Impossible de passer aussi à côté d’une occasion d’avoir de ses nouvelles. Un court échange plus tard, il est entendu qu’elle vient chez moi accompagnée d’un plat thaï. Ça tombe plutôt bien, en plus, je n’avais rien prévu pour manger ce soir, et me serais sans doute contenté de commander une pizza ou une saloperie du genre.

Tant pis pour la douche, du coup. Même si dans un coin de ma tête je note que c’est toujours quand j’en prends une qu’elle réapparait dans ma vie. Un signe ? Heu… je me demande bien ce qu’en pourrait être la signification, du coup. Je chasse cette idée de mon esprit et me prépare à la recevoir, revêtant des habits propres et simples : t-shirt blanc, jeans et mes pompes les plus simples. Celles que je ne mets jamais et qui ne saliront pas davantage mon intérieur. Tant pis pour les traces d’eau, elles sècheront. Rapidement, je fais un tour des pièces de vie pour ne pas trop laisser paraître qu’elle arrive dans un appartement de vieux célibataire. Même si bon, elle est coutumière du fait.

La sonnette retentit, trop tôt sans doute pour avoir tout éradiqué. Rien de bien horrifique, heureusement : quelques pulls abandonné sur une chaise, des bouloches sous les canapés, quelques assiettes abandonnées dans l’évier et sans doute une ou deux traces de verres sur la table basse du salon. Hmpf, bon. On s’en contentera.

Je me déplace vers la porte pour lui ouvrir, me promettant de ne pas insister sur mon inquiétude ou le timing fort long depuis notre dernière rencontre. Elle n’a sûrement pas besoin de ça. Si elle vient, c’est pour passer un bon moment, pas pour se prendre la tête. Quel ami ferais-je si je ne lui accordais pas ça ? Je défais le verrou de ma porte et l’ouvre à la volée, sourire aux lèvres. Oui, c’est bien elle. Elle a les traits un peu tirés, certes, mais c’est la rouquine.

« Wyn ! T’imagine pas comme ça fait plaisir de te voir ! »

Fraternellement, je la prends dans mes larges bras, la soulevant de terre un instant tant ma fougue est réelle. Bon sang qu’elle m’a manqué. Dans mon esprit ravi, je me promets – encore – de ne plus laisser filer si longtemps avant de la revoir. Même si elle balance des excuses bidons. La reposant au sol, je me retire de l’encadrement de la porte pour lui désigner mon intérieur.

« Entre ! Tu veux boire quelque chose ? »

Allez. Une bonne soirée en perspective. Même si les senteurs appétissantes de ses paquets encore chauds n’évoquent pas tellement le curry.

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Ven 27 Jan - 10:03 (#)

La nervosité s'épanouit dans son ventre et remonte dans sa gorge en une boule révélatrice. Elle est inquiète de la tournure de la soirée. Des questions que posera peut-être Wilson. De son inquiétude palpable dans ses derniers messages. Au moins, il n’a pas tenté de contacter ses parents! Une petite grimace d’horreur déforme la  courbe de ses lèvres à cette pensée parasite. Ça aurait été sérieusement le pompon. Elle s’était déjà éloignée de ses parents depuis plusieurs mois, dérangée par leurs vues trop bigotes. Bien qu’elle doit admettre qu’il y a du vrai concernant les bizarreries d’Halloween dernier. Bien que le sénateur Hamilton ait soutenu la thèse officielle d'une tornade, cela n'empeche pas certaines langues déliées. Cependant, c’est le genre de considérations qui a perdu toute force depuis Février. Elle n’a pas vraiment parlé de sa famille à Tyler et elle n’imagine que trop bien ses réactions en apprenant qu’ils sont membres actifs de la communauté d’Haughton. Tout comme celles de la Horde, à laquelle elle se mêle encore peu.


L’espèce de murmure serein qui provient de son passager clandestin dès qu’elle pense à Tyler l’agace. Mais l’agace à un point! Alors que c’est à cause de lui qu’elle est à moitié parano, l’Animal le perçoit comme un élément rassurant, confortable. En confiance. L’envie familière d’allumer son joint post service la chatouille pour la seconde fois de la soirée mais d’une, elle n’est pas chez elle, bien que Wilson ne s’en formaliserait probablement pas, mais surtout… l’Herbe est quasiment sans effet sur elle. Such bullshit, for fucks sake! Elle ne s’y est certainement pas habituée.


L’écho de la sonnette entre les murs de l’appartement qu’elle perçoit facilement. Par contre, c’est cool. Wynonna n’a pas encore pris le temps d’explorer de manière exhaustive la nouvelle finesse de ses sens, mais elle perçoit déjà des changements. Sa cuisine a pris une profondeur qu’elle n’avait pas avant. Ses mélanges d’épices et de piments se sont aiguisés pour des goûts bien plus subtils. Elle pourrait presque pardonner la Morsure juste pour ça. Juste pour la manière dont son Art se développe. PRESQUE. Elle n’a pas longtemps à attendre devant la porte close.  Une petite poignée de secondes plus tard, le battant s’ouvre sur l’adorable géant. Il aurait pu être vraiment flippant si son sourire et son attitude n’étaient pas si ouvertes et chaleureuses.  Sourire communicatif qui ne tarde pas à rejoindre son visage. Les épaules de la jeune femme se détendent.. Il a l’air sincèrement content qu’elle se pointe chez lui malgré l’heure qui commence à être tardive. -Hey Wil! Moi aussi! Tu as l’air en pleine…


Pas le temps de finir sa phrase qu’il a refermé ses bras autour de sa taille et de ses épaules et la soulève quasiment de terre dans une étreinte exubérante qui la prend un peu de court. L’attention de l’Autre frémit devant cet assaut amical imprévu mais ne bronche pas plus que cela, encore assommé par la Pleine Lune quelques nuits plus tôt. De justesse, elle referme les mains sur les lanières des sacs et évite de justesse qu’ils ne se renversent. La rousse gronde, amusement perceptible dans son ton alors qu’elle l’enlace à son tour d’un bras autour des épaules. -Promess, si tu me fais tomber la bouffe… -Menace inachevée et qui reste lettre morte alors que déjà elle retrouve la terre ferme. -Toi, tu as encore passé je ne sais pas combien d’heure au Mag Dog! Je sais pas comment ton tee-shirt ne t'a pas encore laché Il faudra que je t’accompagne, un de ces jours. Que je vois ce qui te plait à ce point.


D’un mouvement fluide, elle se débarrasse de ses ballerines qu’elle abandonne près de la porte close. Elle n’est pas venue si souvent chez lui que ça mais assez pour ne pas se sentir trop en porte à faux. -Est -ce que tu as de la bière? Plutôt une blonde ou une blanche si possible? -La Guinness n’est pas franchement son trip. Avisant la table basse, elle commence à déballer la quantité faramineuse de mezzé chauds et froids qu’elle a pris. Ils pourront piocher dedans tout en discutant, sans se prendre la tête. Un espèce d’apéro dinatoire qui est exactement ce qu’îl lui faut. -Finalement, j’ai pris libanais à la place du thaï. J’espère que ça te plaira aussi?


Sans tout sortir la nourriture des petites boites en cartons, elle retrouve Wilson devant la porte de la cuisine. Il lui sera difficile de se poser tant que son hôte ne le sera pas. -Est -ce que tu veux que je t’aide à sortir des trucs? Si tu me dis où sont les assiettes ou les verres? Comment ça va en ce moment au Voooo?
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Hier à 23:09 (#)

II

Je ne modère pas mon enthousiasme de revoir Wynonna après tout ce temps. Et je n’en ai aucunement l’intention, d’ailleurs. Elle peste dans un premier temps, s’inquiétant pour la survie des mets apportés face à mon assaut amical, mais finit par se rassurer quand je la pose au sol. Non sans humour, elle évoque le Mad Dog et ma masse musculaire soi-disant grandissante. Je lui renvoie un court éclat de voix.

« Ah ! Rien de tel que le Mad Dog pour décompresser un bon coup après une dure journée, ou pour se mettre en forme avant le taf’. J’y vais pas tellement pour la gonflette, tu sais. C’est juste que parfois j’ai besoin de sortir… la bête qui est en moi. Et c’est l’endroit idéal. J’suis sûr que ça te plairait. »

Alors qu’elle déboule dans mon appartement comme une tornade, commençant à éparpiller des petits mets libanais – je savais que je reconnaissais cette odeur – sur la table basse, je poursuis.

« J’te ferai visiter et te présenterai des gens là-bas, à l’occasion. »

Elle n’est même pas installée qu’elle demande déjà de la bière. Je la reconnais bien là, mais décide d’être un peu joueur, me plantant devant elle avec une mine subitement triste. Je prends une voix grave, tant dans le ton que dans la tessiture :

« Non… Je ne bois plus depuis… l’accident. »

Je baisse les yeux au sol, démuni, singeant la panique à merveille. Mais je ne tiens guère la pose longtemps, redressant un regard taquin. J’explose de rire, sans me contenir.

« Ahah ! Tu verrais ta tête ! Bien sûr que j’ai toujours de quoi boire, j’serais un très mauvais patron de bar, sinon ! »

Je vais chercher dans le frigo deux bouteilles de Farmhouse Slang, une bière locale de la Brasserie Great Raft Brewing de Shreveport. Une blonde, évidemment, tel que demandé. J’aime bien proposer les produits locaux, au Voodoo, mais n’ai quasiment que ça chez moi pour ma consommation personnelle. Une petite fierté régionale mettant en avant les producteurs du pays. Je les décapsule avant d’en tendre une à Wyn.

« Une blanche ? Et puis quoi encore, une limonade aussi ? Installe-toi, j’m’occupe de tout. »

Je ramène assiettes, couverts et verres l’instant d’après, rejoignant la rouquine dans le salon et me laissant absorber par les senteurs du mezzé qu’elle organise sur la table du salon. Plein de trucs à picorer et à grignoter, froids ou chauds. Au moins, t’es sûr de pas te planter, au niveau des goûts.

M’installant enfin à ses côtés, je lève ma bouteille sans même penser la verser dans mon verre pour trinquer avec elle. Elle s’enquiert des affaires du Voodoo.

« Oh, tu sais, la routine. Ça tourne bien comme business. Tu manques à John, il aimait bien tes petits casse-croute sur le pouce quand il prenait son service. Un vieux d’la vieille, lui. »

Même si bien plus jeune que moi. Il avait commencé en même temps que Wyn, au Voodoo. Lui au bar, elle en cuisine. J’étouffe un rire se perdant dans ma gorge, et poursuis la discussion.

« Tu nous manques. À tous. »

Une mine un peu trop sérieuse, un peu trop soucieuse, barre mon front d’une ride inquiète. Trouble les fossettes de mes joues et au coin de mes yeux, même si ma bouche sourit de toutes ses dents. Je tâche de chasser au plus vite ces pensées : oui, elle m’a manqué. Plus que je ne pourrais me l’avouer, en vérité. Et je me suis inquiété de son sort, souvent. Trop souvent. De manière trop extrême. C’est une amie, oui. Une bonne amie. Je ne sais pas pourquoi, des fois, ce foutu instinct de sauveur prend le dessus sur la raison. Je bois une gorgée, pour me donner une contenance.

« Et toi, comment ça va ? Pas boulot du Blues Bayou, tu disais ? »

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