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Trying is the first step toward failure • Mei

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Anonymous
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Lun 3 Avr - 22:31 (#)

- Super...
La voici parmi les siens et pourtant elle se sent bien étrangère, Zelda. Elle est la plus jeune. La plus petite, aussi. La présentation à Ali s'est plus ou moins bien passée. Plutôt mal que bien, en fait, selon l'adolescente. Son âge a semblé poser un problème à l'aînée. Elle suppose que si Myrtle s'entretient encore avec ce n'est d'ailleurs pas un hasard.

Lui restait l'option d'attendre sa Sire tranquillement dans la chambre qu'elle possède dans ce motel. Une chambre avec du mobilier qui doit au moins dater du siècle passé et une décoration qui insulte la plus élémentaire des modernités. Avec des inspirations orientales. Ou asiatique, elle ne sait pas trop. Rien qui fasse bien américain, ou contemporain.

L'autre choix consistait à profiter un peu de l'occasion qui lui était donnée pour frayer avec ses semblables. Même si ce terme lui semble toujours un peu étrange et qu'elle n'éprouve pas l'impression d'être à sa place. Peut-être qu'elle doit faire ses preuves. Ou attendre d'avoir atteint sa majorité vampirique avant d'être considérée ? C'est quoi, d'ailleurs ? Une centaine d'années ? Ou alors ça se compte plutôt en litres de sang ingurgités ?

Myrtle ne refuse jamais de contenter sa curiosité. Ou rarement, plutôt. Mais la jeune caïnite a toujours autant de questions.

Dans tous les cas elle se sent finalement incapable d'entrer dans la salle où un semblant de soirée a lieu, mêlant ce qui doit être des calices aux immortels, et remet simplement à plus tard ses bonnes intentions. Si ça se trouve elle n'est même pas invitée et puis il y a trop de monde à son goût, de toute façon.

Elle préfère alors rester dehors, sous cette pluie ou ce vent qu'elle ne ressent même plus vraiment et qui ne risquent de toute façon plus de la rendre malade. À lutter contre la soif ou à ignorer poliment les gens qui passent à sa portée. Tu te tiens correctement. Ce sont les mots de Myrtle, après tout. Et ils englobent sûrement le fait d'agresser la première poche de sang ambulante venue, ça.

Donc en résumé, ouais... Elle se fait chier !

Surtout depuis qu'elle a remarqué que son portable ne reconnaissait plus le contact de ses doigts sur l'écran. Pas si elle ne fait pas l'effort d'y faire circuler du sang, du moins. Une contrainte certaine pour une jeune caïnite qui peine toujours à maîtriser sa condition. "Allez saloperie... C'est moi !" grogne-t-elle en appuyant à répétition sur l'appareil réfractaire. Et la reconnaissance faciale ne l'aide pas davantage puisque son regard n'est plus assez vivant pour être reconnaissable, visiblement.

L'impatience et la faim se joignent alors pour provoquer un élan de colère mal contrôlée qui voit l'appareil être propulsé aux sols sous un flots d'insultes. Juste aux pieds de... Bonne question ! Zelda remonte son regard jusqu'à trouver le visage qui se trouve à l'autre extrémité et identifie une vampire. Sans trop savoir comment elle parvient à faire la distinction si aisément entre les siens et les autres, d'ailleurs.

Et une vampire, ça se respecte. Surtout quand on ne sait pas qui c'est et qu'on vient d'éclater un appareil à ses pieds. "Ca fait trop du bien !" Ouais, c'est la seule chose qu'elle trouve à dire. L'expression de la gêne se manifeste dans cette main qu'elle lève pour grattouiller l'arrière de son crâne. "J'ai pas vu qu'vous étiez là, hein, si jamais..." Pas la peine de se transformer en hydre ou de la déchiqueter. Ce sont des choses qui arrivent, la faute à pas de chance. Et puis personne n'a été blessé.

Un crissement de pneus proche finit par lui arracher un geste instinctif de protection, un froncement de sourcil puis un grognement désapprobateur. Les sens développés, parfois, c'est une plaie. Surtout quand les voisins de Myrtle décident de s'envoyer en l'air. "J'suis jamais allée au Japon, vous savez ?" reprend-t-elle. Ou même dans cette partie du globe. En fait elle n'a jamais quitté les États-Unis. "Mais j'connais. Un peu." assure-t-elle ainsi dans la foulée. "My Hero Academia, One Punch Man, les kamikazes... Les ramens, aussi." C'est un tout plutôt fascinant. Elle aurait bien voulu aller là-bas.

Mais bon. Maintenant il y aura comme un petit problème maintenant qu'elle y pense...

Et ça lui inspire même une blague. D'abord dans sa tête. Un petit sourire pointe sur ses lèvres tandis qu'elle hésite à partager son oeuvre avec cette qui reste encore une inconnue. "Vous connaissez l'comble pour un vampire ?" Non ? Franchement, c'est impossible que cette femme trouve la solution. Pas sans lire dans ses pensées, en tout cas. Et au cas où une telle chose serait possible, elle lui délivre sans trop tarder la réponse : "Vivre au pays du soleil levant !" Un petit vient conclure le tout. Franchement... Elle est cool, non ? L'adolescente en est fière, et ça se voit !

Ce qui lui fait presque oublié qu'elle a oublié quelque chose de plus ou moins primordial. Les présentations. C'est chiant mais même la mort ne délivre pas des conventions sociales. C'est le genre de truc qui pourrit votre vie aussi bien que votre immortalité. "Moi c'est Zelda. Zed, c'est mieux. Moins connoté princesse à la con !" Rapport au jeu vidéo. Son interlocutrice aura forcément compris vu que c'est son peuple qui l'a inventé. "L'infante de Myrtle, si vous préférez !" Au cas où l'information lui aurait échappé. "Et vous ?" L'adolescente ne sait pas trop si elle est sensée s'incliner ou la saluer d'une manière spéciale. Alors dans le doute, elle se contente juste de la regarder avec curiosité.
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Anonymous
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Mar 4 Avr - 21:27 (#)




Automne 2021.

Symphonie automnale. La légère brise s’enchaîne aux branches dégarnies pour bercer ses pas, volontairement lents. Le talon crisse sur le tapis de feuilles orangées et brunies d’avoir déjà trop vécues. La moiteur typique du sud se retire progressivement au profit d’une atmosphère plus respirable et la nuit ne pourrait lui offrir meilleur refuge que présentement. Solitude pour une fois désirée, le bord de route qu’elle vient d’abandonner pour un champ de hautes herbes qui lui confèrent toute la discrétion qu’on lui connaît la rapproche inexorablement du motel. Le temps n’a pas de prise, dans cette fuite solitaire. Les rayons solaires sont encore loin et avant même qu’ils ne commencent à frôler cette partie du globe, l’Immortelle aura trouvé repos dans la prison qu’elle s’est choisie. C’est toujours un sentiment étrange, après autant de kilomètres avalés, tant de régions traversées, tant de carnages et de haine provoquée, que d’enfin avoir trouvé un semblant de foyer. Dans les premiers instants après son réveil de vingt ans de coma salutaire, elle avait pensé y faire étape avant de se laisser guider par de nouvelles aventures, par de nouvelles crises. Certainement pas d’y établir résidence et de nouer des liens, asseoir de vieilles amitiés, en consolider d’autres, se repaître dans une ancienne flamme qu’elle ne pensait jamais plus voir brûler.

Il avait fallu le sang. Il avait fallu le Chaos. Tant d’épreuves en un temps si court…

Un certain équilibre était né, précaire, incertain, mais cette balance la préservait pour le moment de vieux démons vicieux rouvrant d’ordinaire inlassablement les anciennes plaies jamais cicatrisées. La Bête s’était assagie sans se laisser dompter. Sa jumelle conservait le silence du juste, grattant néanmoins sous la surface pour retrouver sa place, sans succès. Les événements des derniers mois l’avaient soustrait du rôle de suiveuse adopté pour plus de sûreté et forcé à revoir sa position et ses choix. Se découvrant, se redécouvrant, il lui fallait à présent composer avec cette nouvelle facette de sa personne. Une parmi tant d’autres. Une parmi trop.

Dans ses pensées, longeant le côté ouest du motel, elle en contourne l’angle, un mouvement de recul la préservant du fracas à ses pieds. Entre ceux-ci multitude de composants électroniques et morceaux de plastique en tout genre. Identifiant aisément ce qui jadis a été ce black mirror que tous vénéraient tant, elle ne peut en dire autant de la gamine qui lui fait face alors que ses yeux d'obsidiennes se posent sur elle. Masque neutre ne laissant filtrer aucune émotion particulière, Mei la détaille, la jauge, la juge. En une fraction de seconde elle en fait une Cosette de bas étage que le langage de charretier aux syllabes trop contractées perd à rendre hommage à un Hugo désavoué. Elle en a l’allure, assurément pas la débrouillardise. Même la plus ignare des vagabondes sait que mendier dans le coin ne lui attirera que des ennuis. Sans compter que ses congénères restaient méfiants sur des squelettes gorgés de crack ou suintant la chaude pisse.
Profitant d’un fou du volant pour que l’attention de l’importune soit détournée, elle reprend son chemin sans lui accorder plus d’attention, cédant volontiers à un autre le soin de l’éloigner. Cette clocharde n’était ni son problème, encore moins sa responsabilité.

Et puis… le mot de trop.

De nouveau, ses jambes campent sur le bitume et son corps tourne lentement, presque trop, en direction du stéréotype de l’américaine moyenne. Mei a beau ne comprendre qu’un mot sur deux et ne pas connaître ce qui ressemble à des références approximatives, l’orgueil vient d’être piqué. Elle les avait toujours pensé grossiers, égocentrés sur leur propre monde et leur Histoire revisitée pour coller au complexe de héros qu’ils s'évertuent à s’attribuer de façon injuste. Pays trop moderne construit sur les ruines d’anciennes civilisations pour qui la Chinoise possédait au moins un tant soit peu de respect. La résultante? Elle, moulin à paroles qui en dit trop sans rien faire payer. Elle aurait aimé que tous ses ennemis en fassent de même, à une époque reculée, ça lui aurait évité bon nombre d’impairs et de temps perdu. Se pense-t-elle douée d’esprit, à articuler tant de mots creux?

Et la voilà qui s’essayait à l’humour. Un rire cristallin passe sa gorge, faussement sincère, parfaitement dosé pour lui laisser penser qu’elle a fait mouche. Bien sûr, Mei étant ce qu’elle est, le sens de la blague lui est passé à mille lieues au-dessus de la tête. Elle se rapproche, fendant ses traits d’un sourire attendri. Décidément, la gamine parlait trop. Le silence imposé par sa comparse la forçait-elle à combler ces blancs qui la mettaient mal à l’aise? Se sentait-elle forcée de faire ses preuves de façon si pathétique et laborieuse? En d’autres circonstances, la situation aurait pu prêter à un rire plus sincère que celui concédé. Mais affront il y avait eu. Réparation elle exigeait.

Le sourcil arqué, elle découvre ainsi un nom étrange associé à une référence tout aussi énigmatique que les autres. Un instant interdite, elle avait pensé Myrtle plus maligne que ça. Par quel prodige une Vampire comme elle avait opté pour… ça?

Le silence, enfin.
À présent face à elle, Mei joint ses mains devant elle et s'inflige une révérence d’un autre temps pour contenter l’idée grotesque que la gosse s’est faite d’elle. Sourire d’ange aux lèvres, faciès sympathique, elle se courbe pour attraper doucement la main de la jeune fille. Froide. Elle est bien l’une des leurs. “Il existe un proverbe dans mon pays.” Elle force l’accent, se disant que si tous les yeux bridés se ressemblaient pour… Zelda, elle ne serait certainement pas capable de prouesses telles qu’identifier l’origine des ces quelques paroles. Sa langue natale roule sur sa langue et elle la fait volontairement traîner en des énigmes syllabiques que les occidentaux ne maîtrisent pas. Laissant de nouveau le silence reprendre ses droits, elle lui décoche un nouveau sourire, puis, de la main qui tient la sienne, les doigts s’entrelacent. “Ce qui veut dire…” D’un coup sec mais précis, l’os de la première phalange de l’index est brisé. Sans lui laisser accuser le coup, elle attrape une touffe de cheveux dans sa main libre et la tire légèrement en arrière, gorge offerte. “Quand tu confonds Mei Long avec une japonaise, n’oublie pas qu’il te reste neuf autres doigts.” La relâchant prestement, elle se fond derrière elle dans un rire plus naturel et plus sadique. “Quelle offense as-tu bien pu faire à cette pauvre Myrtle pour qu’elle veuille t’emprisonner dans l’un des âges les plus ingrats qui soit pour l’éternité?” Ce ne pouvait être pour autre chose, à moins que les atouts de la pouilleuse soient aussi bien cachés que sa poitrine et sa finesse.


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Mar 4 Avr - 23:29 (#)

FT. MEI LONG

Fin octobre 2021 - 01:48 - ⛈

Trying is the first step toward failure



L
e courant passe bien. C'est en tout cas l'impression d'une adolescente qui n'a pas réellement de raisons de se méfier du sourire de son interlocutrice. Cette dernière va même jusqu'à s'incliner et Zelda, empruntée, l'imite finalement avec nonchalance. Ca ne lui coûte pas grand chose de joueur le jeu. Et maintenant que son portable gît sur le sol cette femme est de toute façon sa seule source de distraction dans l'immédiat.

C'est surtout lorsque l'inconnue capture sa main de la sienne que la jeune caïnite perd son esquisse de sourire. C'est le genre de contact qu'elle n'apprécie pas trop. Surtout que sa main est tout aussi froide que prévue, et qu'elle ne peut pas s'empêcher de trouver ça encore un peu dérangeant. Ca ne fait que la renvoyer à sa propre condition.

- J'suis pas sûre que... Elle agite un peu sa main comme pour en retrouver la pleine propriété puis finit par abandonner, lasse. Oh et puis ouais, hein, allez-y... Qu'elle fasse comme chez elle, surtout.

Tant qu'elle ne lui réclame pas d'argent à la fin de son petit spectacle, ça devrait le faire. Et il ne semble même pas question de lire les lignes de sa main mais seulement de lui partager un dicton dans une langue qui ressemble a du japonais, oui, mais du japonais énervé.

- J'ai rien bité ! Mais alors rien du tout ! se sent-elle obligée d'indiquer.

Fort heureusement la traduction ne tarde pas à suivre. Et quelle traduction ! Si Zelda s'attendait à un truc dégoulinant de sagesse et sans réel intérêt, l'ondée douloureuse qui électrise réussit pour le moins à la surprise. Et l'adolescente se retire vivement et replie sa main contre sa poitrine en reculant d'un pas, à la fois accusatrice et protectrice. S'ensuit un ballet de gesticulations visant à chasser à la douleur.

- C'était quoi, ça, putain ?! ne peut-elle dès que demander lorsque sa capacité à se régénérer efface l'insulte gravée dans sa chair. Ca fait mal !

Après, bon, c'était probablement le but recherché puisque cette Mei a visiblement été vexée. Parce qu'elle a été confondue avec une japonaise... Ca se place où, ça, sur l'échelle de la susceptibilité ?

Et Myrtle qui s'en mêle... Tout va bien la rassure l'Infante malmenée, mais pas assez pour se plaindre comme une gamine. J'sociabilise, c'est tout. Enfin elle essaie. Parce que vu comme c'est parti... Dans tous les cas, non, sa Sire n'a pas besoin de se déplacer pour le moment.

Même si la psychopathe se met à parler d'elle. Pas en des termes très élogieux puisqu'elle semble presque l'accuser de l'avoir étreinte en guise de punition. Comme si Myrtle s'abaisserait à faire ce genre de trucs. Et puis surtout, comme si l'adolescente elle-même n'en valait pas la peine...

- Si j'réponds à votre question vous allez m'péter un autre truc ou c'est bon, vous avez eu votre dose ? grogne la jeune caïnite, massant son doigt  avec une délicatesse qui n'a plus rien de nécessaire. Histoire de savoir si j'dois m'dégotter un bouclier anti-émeute, quoi !

Quelque part elle a sûrement le droit d'ironiser un peu. Elle lui a quand même explosé le doigt, hein. Mais d'un autre côté Zelda est bien obligée de préciser également qu'elle n'est pas qu'une sorte d'accident de parcours, ou la résultante d'une soirée que Myrtle a passée accrochée à la nuque des alcooliques notoire de la ville...

- M'enfin ! Ca va p't-être vous surprendre mais on m'a proposé de rejoindre la team, d'accord ? Volontairement ! L'adolescente préfère insister sur ce point. J'sais pas, faut croire qu'il y a encore des gens qui apprécient mon humour sur c'te planète...

Inutile de préciser que c'est Jane qui a fait tout le boulot et qu'elle, dans le fond, elle n'a eu qu'à accepter une offre. Une offre qui ne ressemblait même pas vraiment à un choix lorsque l'on agonise. Elle voit mal en quoi ça lui ferait gagner du crédit aux yeux de cette femme, en plus. Parce que plus elle y pense et oui, plus ça ressemble à une foutue erreur de parcours.

- Et mon âge n'a rien d'ingrat ! souffle-t-elle encore avant de se rapprocher d'un pas vers celle qui l'a pourtant maltraitée. Dites... Son ton radoucit prouve déjà qu'elle s'apprête à faire une requête. En parlant d'Myrtle... Y'a p't-être pas besoin d'lui dire qu'vous vous êtes sentie insultée à ma première ou deuxième remarque, hein, j'me dis ?

Ca ne sert à rien d'épiloguer là-dessus, vraiment. Ca va forcément lui retomber sur la gueule, en plus. On ne croit jamais la petite nouvelle. C'est comme ça, elle est un peu la stagiaire de service. Mei est peut-être tarée mais elle est probablement plus influente qu'elle.

- Bref ! Si vous êtes pas japonaise alors vous êtes... quoi, du coup ? Façon de parler. Mais elle apprend vite, Zelda. Quoi dans le sens nationalité, hein. Les origines ! Elle ne la traitait pas d'objet, ce n'était pas une insulte, ni une plaisanterie.

On lui laisse ses doigts, merci !
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Anonymous
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Ven 7 Avr - 14:19 (#)




Gesticulades épileptiques qui lui arracheraient presque un sourire, l’Immortelle prend de la distance pour mieux contempler sa bassesse, son regard se portant vers les fenêtres qui composent la façade du motel. Si le vermisseau avait élu domicile sur le parking, elle supposait que les grandes personnes bavardaient plus posément en haut, pour une raison aux allures d’évidence mais qu’elle vérifierait plus tard dans la nuit. La question et l’accusation du coup la laissent de marbre. Si leur condition favorisait une cicatrisation plus rapide que la normale, la douleur, elle, ne disparaissait jamais complètement, comme un relent sadique d’une humanité oubliée. La sienne était trop récente pour qu’elle en ait abandonné les principes, les sentiments, les habitudes. Il lui faudrait du temps, si tenté qu’elle survive suffisamment longtemps dans cette nouvelle ère au secret bafoué, pour se forger une nouvelle identité, appréhender un maelstrom d’émotions plus intenses et tortueuses, contrôle un Soif qui devait lui tirailler encore les entrailles pour devenir pensée unique et obsédante. Ici, elle n’était qu’une page vierge, un bloc de marbre pas encore taillé. Son Sire aurait un rôle capital, autant pour la préserver que pour l’éduquer. Myrtle pour modèle… cocktail étrange que ces deux femmes pour un résultat encore inconnu. “Un métacarpe ou une phalange proximale, sans doute.” Répond-t-elle comme si la question purement rhétorique nécessitait une réponse, peu certaine de l’os ciblé et dont le craquement avait résonné dans la nuit.

Haussant les épaules dans une petite moue dubitative, elle ne prendrait pas la peine de la rassurer sur une possible seconde attaque. Tout dépendrait de son humeur, et celle de Mei était plus changeante qu’un ciel de mousson. Pour le moment amusée par ce spectacle qui la tire de son quotidien, il suffirait probablement d’un nouvel affront pour la voir migrer vers des horizons moins clairs. Le silence lui ouvre une nouvelle fois une flopée d’informations qu’une simple interrogation  lui soutire. Non pas qu’elle penchait vers un incident, infanter était un processus on ne peut plus sérieux et un choix qui se devait d’être mesuré. Si Mei se refusait à cet épanchement de faiblesse et parce qu’aucun humain n’avait jamais trouvé grâce à ses yeux, elle en comprenait le besoin pour d’autres. La solitude, surtout quand elle était éternelle, pouvait se transformer en un poids trop lourd à assumer, distillateur de folie pour tout Immortel ayant passé un certain nombre d’années. Quand la mémoire n’était plus en capacité d’emmagasiner le surplus de souvenirs et que ne restait alors que les plus mauvais. Ce n’était pas pour rien, qu’il n’existait pas de congénères millénaires. La Nature reprenait ses droits, au bout d’un moment, réparant les lois violées. Ce n’était pas le pourquoi qui l’intriguait, mais bien le pourquoi elle. “On ne les transforme pas si jeune, d’habitude.” Constate la Chinoise simplement. C’était une règle plus ou moins tacite. Des êtres si jeunes donnaient rarement quelque chose de bon, encore moins dans cette modernité qui voyait s’étirer l’adolescence jusqu’à un âge avancé. Qu’elle les trouvait stupides et sans saveur, maintenant. Qu’avait-elle connu de la vie, Zelda, du haut de ces… quatorze ans? Mei aurait été bien incapable de lui donner un âge précis. Certaines en avaient à peine douze et en paraissaient dix-huit quand d’autres ressemblaient encore à des fillettes même une fois la vingtaine passées.

Sa naïveté serait presque touchante si elle n’était pas si dangereusement pathétique. “Pas ingrat?” Répète la brune en reportant son attention sur la Nouvelle née. “Si tenté que tu atteignes l’âge avancé de cinquante ou cent ans, tu conserveras l’allure d’une femme tout juste sortie de l’adolescence. Qui il restera alors, pour te prendre au sérieux, même parmi les nôtres?” Oh, le caractère se durcirait, l’humour fanerait, les paroles deviendraient plus aiguisées, moins creuses, mais elle serait toujours une fillette. “J’espère au moins pour toi que tu avais commis le péché de chair avant que Myrtle ne se décide à t’offrir le don obscur....” Commente cette dernière avec un sourire énigmatique sans en dire davantage.

Faisant quelques pas en direction du motel, elle ne se fatigue pas à calmer ses inquiétudes concernant sa Sire. Décidément, elle n’était qu’une gamine craignant que maman la gronde à la moindre bêtise. Une gosse. Non, il lui manquait des informations, la raison réelle de ce choix. Les Vampires pouvaient se montrer sadiques, mais c’était une responsabilité qu’on ne s’infligeait pas pour quelques secondes d’un plaisir malsain. Ça ne pouvait pas être pour un sentiment amoureux non plus, quoi qu’elle ne serait pas surprise que ce soit aussi une chose à la mode de les reprendre au berceau.
Lui tournant encore le dos, un nouveau sourire amusé peint sa bouche, qu’elle efface au moment de lui faire face. “Devine…” souffle-t-elle enfin pour ce qui était de ses origines, avec le risque que sa susceptibilité la rattrape. Et au cas où la plus jeune refuse ce jeu par souci de préservation de ses trop nombreux os. “Devine!” Répète-t-elle moins sympathiquement pour lui faire comprendre que le libre arbitre n’est pas un élément à prendre en compte dans la balance.
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Mer 12 Avr - 6:34 (#)

FT. MEI LONG

Fin octobre 2021 - 01:48 - ⛈

Trying is the first step toward failure



En d'autres circonstances Zelda aurait sûrement acclamé l'humour de son interlocutrice. C'était marrant, le coup du métacarpe et de la phalange proxitruc. Mais l'adolescente a mal. Assez mal, en tout cas, pour ne pas avoir envie de se taper une bonne tranche de fun avec sa tortionnaire improvisée.

- Très drôle ! maugrée-t-elle, massant toujours son doigt malmené. J'suis morte de rire...

Vexée, frustrée mais assez maline pour ne pas se jeter sur la première tarée millénaire venue, Zelda ne peut que se cantonner à une forme d'impertinence. C'est sa manière de lui faire savoir qu'elle désapprouve. La seule qu'elle ait trouvée pour garder encore un peu plus longtemps sa tête sur ses épaules, en tout cas.

- J'préfère dire que j'ai été optimisée, moi. explique-t-elle ensuite quand l'autre semble étonnée par son âge. Transformée c'est plus pour les robots, j'crois ! Optimus Prime, tout ça...

L'adolescente décoche une oeillade curieuse à son aînée. Elle voit au moins de quoi elle veut parler ? Ca va encore au cinéma, les fossiles ? Ou ils se sont déjà désintéressés des écrans ? Des questions qui ne trouveront pas de réponses puisque l'inconnue revient à la charge et noircit complètement sa situation.

- Wow... Ben on peut dire qu'vous êtes vachement douée pour l'optimisme, vous ! souffle la jeune caïnite. C'est quoi, l'but ? M'pousser au suicide ?

Ce serait le cas que ça ne l'étonnerait même pas, tiens. Mais si Zelda a déjà tenté d'envisager l'avenir dans la peau d'une ado, il lui faudra auparavant vivre ce problème pour pleinement comprendre ses implications. Alors pour l'heure elle s'en fout. Complètement. Elle se contente de savourer le simple fait d'être en vie. Enfin quelque chose du genre, en tout cas.

- Et si jamais pour votre culture générale on dit baiser, aujourd'hui ! Plus pêché de chair ! Maintenant il faut quand même espérer qu'elles parlent de la même chose sinon ça va paraître un peu bizarre. Plus depuis la chute d'Constantinople en tout cas...

Et ça doit faire au moins quelques siècles, ça, non ? Elle n'a jamais été très douée pour les dates ou s'épancher sur son absence totale d'expérience sexuelle et puis, dans le fond, c'est surtout sa propre curiosité que Zelda cherche à contenter. Comme l'origine toujours inconnue de cette femme qui l'encourage maintenant à continuer à le deviner, en plus. Qui semble même le lui ordonner.

- C'est ça, ouais... Y'a plus d'pays en Asie qu'de doigts sur mes mains donc c'est bon hein, je passe ! murmure-t-elle sur un ton méfiant. On a qu'à dire qu'vous êtes une citoyenne du monde, voilà. Comme les hippies.

Le mieux ce serait quand même que l'autre lui livre la réponse sans effusion de violence. Comme une personne civilisée. Mais la nouvelle-née est en train de se dire qu'elle est tombée sur la sadique de la bande. Alors c'est sûr qu'avant son arrivée elle s'ennuyait un peu, Zelda. Mais elle préfère tourner en rond avec ses doigts que se faire torturer, au choix. Ce qui est quand même bien la preuve qu'elle est saine d'esprit, non ?

- Pourquoi vous êtes comme ça ? Genre... Pénible ?

C'est une vraie question. Après tout la jeune caïnite ne voit pas vraiment ce qu'elle a pu faire de mal. Ou de suffisant pour mériter un tel traitement. Cette inconnue veut l'intimider et le pire, ça que ça risque bien de fonctionner à ce rythme.

- Techniquement j'suis un peu la mascotte, non, vu qu'j'suis la petite dernière ? Et... Tout l'monde est sensé être sympa avec les mascottes, normalement !

Non mais c'est vrai quoi, enfin...
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Anonymous
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Dim 16 Avr - 18:08 (#)




“Tu es morte tout court, chérie.” Tranche l’immortelle en se déculpabilisant d’un haussement d’épaules de la pseudo vexation de l’enfant. Fascinante de bêtise, d’une modernité désuète et sans saveur, d’innocence, verbiage creux et linéaire à la distraction insoupçonnée, caboche enfantine qui ne présume pas des siècles à venir, si cette dernière a la chance d’assister à l’écoulement du temps et de comprendre vraiment ce qu’est l’éternité. Pas simplement par concept théorique mais le vivre, viscéralement. Voir la machinerie continuer de s’accélérer, les humains gagner en compétence au profit de l’intelligence. Guidés par la fainéantise, cherchant tous les moyens nécessaires à s’éviter le moindre effort pour mieux s’abandonner aux futilités d’une vie déjà trop courte. Fascinante d’une connaissance inutile que le vingt-et-unième siècle porte avec elle et d’une méconnaissance sur une immortalité qu’elle effleure à peine du bout des doigts, du moins les neuf restants jusqu’à pleine et entière cicatrisation, qui ne serait pas immédiate mais ne prendrait pas énormément de temps. Tout devenait relatif, quand il n’y avait plus de fin.
Le sourcil arqué, Mei suppose ses bases latines inexistantes pour cet Optimus Prime et rejette l’information dans un coin de sa tête qui s’occuperait de l’évacuer tant le désintérêt pour ses paraboles est grand. Optimiser, transformer, le résultat restait le même. Une gamine propulsée dans leur monde, aux émotions trop instables. Devenir vampire ne changeait pas le caractère. Décupler ce qui existait déjà, le ressentir avec une acuité supérieure, apprendre à le dompter ou se laisser submerger. À trop surfer sur la vague, on finissait inexorablement par se noyer, Mei parlait en connaissance de cause.

“Tu confonds pessimisme et réalité.” Réplique-t-elle en sondant la jeune fille. “Si ta créatrice croit bon de minimiser les conséquences et de brosser tes illusions et tes espoirs dans le sens du poil, qu’il en soit ainsi. Ça ne retire rien à la véracité de mon propos.” Vindicative et vicieuse, capricieuse et autoritaire, le mensonge ne guidait pas chaque parole. À bien y réfléchir, dans le venin craché de ses entrailles résonnait régulièrement une sagesse et une vérité que les quidam n’étaient simplement pas prêts à encaisser.
Levant les yeux au ciel face à la vulgarité de Zelda, un simple mouvement de la main évince sa remarque. Que connaissait-elle de la chute de Constantinople? Que connaissait-elle de tous les événements marquants de l’Histoire, elle qui avait grandi de cette ère décadente. Trop jeune pour se rappeler même les deux tours détruites et les mouvements qu’avaient suscité une telle immondice? À peine éveillée à la conscience sociale et politique qu’un “Black lives matter” engendrait. Encore une dérive des nègres, s’appitoyant sur un escalvagisme centenaire, surtout dans cette partie du pays, pour justifier un racisme naturel. Louchant sur sa comparse, elle la juge sans fondement faussement libérale et démocrate, pleutres hypocrites qui réinventaient la morale mais appréciaient néanmoins palper l’usufruit de leurs dérives par quelques billets verts en poche. L’absence de réponse en est cependant déjà une en soi. Un sourire mauvais étire sa bouche…

Myrtle, qu’as-tu donc fait?

Citoyenne du monde… L’esquive habile pour déjouer le jeu imposé arrache un rire à la Caïnite et elle lui cède volontiers le point, sauvant ainsi les dizaines de phalanges restantes. À défaut d’une réelle intelligence, au moins la nouvelle née possédait un minimum d’esprit. Peut-être s’adapterait-elle, à force de coups. Elle avait beau avoir vécu avec l’idée progressiste qu’une fessée était traumatique, on n’avait jamais dressé les enfants avec des sucettes.
Un nouveau rire passe sa gorge alors que dans une vitesse surnaturelle l’asiatique se rapproche de la jeune femme. “Oh ma douce, si tu trouves que je suis pénible maintenant, il va te falloir t’endurcir plus rapidement qu’il faut à ta pensée creuse pour franchir la barrière de tes lèvres.” Un pas de plus, un second, elle ne laisse pas le temps à sa vis-à-vis de se défiler qu’elle pénètre à nouveau son espace plus si vital que cela. “Tu n’es la mascotte de rien. Personne ne t’attendait ici. Personne ne te désirait. Si tu veux de la gentillesse, ce n’est pas ici que tu la trouveras. Tu n’es qu’une gamine qui doit faire ses preuves. Une nouvelle née de laquelle on se méfiera. Tu ne sais encore rien du vampirisme, tu n’as fait qu’en effleurer toutes les possibilités. Je t’envie, tu sais. Tant de choses à apprendre, à découvrir, à maîtriser. Apprécier que tout soit décuplé. La Soif, la colère, la joie, la haine, le désir….” Une grimace déforme un instant ses traits. “Pour le dernier, je plaindrais ton hymen, petite vierge. On dit que la première fois est la pire et c’est vrai. Il te faudra accepter l’idée que ce sera pour toi toujours la première fois.” Un sourire faussement compatissant se peint sur ses lèvres. “Mais rassure-toi, c’est juste le temps d’une vie…”

Et tournant les talons, Mei prend la direction du motel, peu désireuse de camper éternellement sur le parking.

“Libre à toi de rester ici comme une vulgaire clocharde mais il y a plus de choses à découvrir à l’intérieur, petite sangsue.”

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Ven 21 Avr - 10:14 (#)

Chérie ?! Elle l'a appelée... Chérie ?! C'est ultra avilissant. Ca la replace dans le rôle d'une petite gamine face à sa vieille grand-mère. Cette femme a au moins le bon goût de ne pas lui pincer les joues, c'est déjà ça. Mais Zelda se sent vraiment insultée cette fois. Elle n'est pas un bébé, et encore moins une putain de chérie.

- Vous êtes pas non obligées de m'le rappeler toutes les trente secondes... Que ce soit elle ou Myrtle. Elle le sait, qu'elle est morte. En plus la mort, c'est pas ça. C'est... autre chose !

Une sorte de grand néant, une absence de conscience et un corps qui pourrit. C'est pas vraiment son cas, si ? Sans avoir vraiment réfléchi à la question Zelda se situe quelque part entre deux mondes, à la frontière qui sépare les gens qui respirent de ceux qu'on oublie.

- En fait votre but c'est d'm'envoyer en dépression, j'imagine ? Ce constat la frappe dès l'instant où l'inconnue se sent obligée de bien insister sur la réalité. Comme si ça lui fait plaisir de l'extirper de ses espoirs. Ben ça fonctionnera pas ! J'suis p't-être jeune mais j'suis pas non plus la victime de service !

Enfin, elle l'espère. Mais l'adolescente se plaît à croire qu'elle a des qualités que les autres personnes de son âge n'ont pas. Myrtle ne l'a pas transformée pour rien. Ou pas seulement pour faire plaisir à Jane, hein, en tout cas ? Elle a forcément un petit truc en plus...

La suite du propos de l'asiatique, quant à lui, consiste à lui rappeler qu'elle n'est pas grand. Presque rien, en fait. Zelda peine à percevoir tout ça autrement que comme une forme d'acharnement teintée de sadisme. Et quelque part, au bout d'un instant, même si elle reste attentive aux gestes de la femme - ses doigts ! - elle s'affranchit un peu de cette myriade de saloperies qu'elle lui déverse dessus.

- P'tain... À un moment j'ai cru qu'on était dans l'même clan ! Myrtle lui a dit qu'ici il n'y avait que des vampires fidèles à Aliénor. Quelque part elle supposait que ça signifiait aussi qu'elle allait rejoindre une famille. Peut-être que c'est le cas, allez savoir. Mais cette dernière semble bien compliquée. Mais merci d'me rappeler que j'suis l'avorton d'service, hein, c'est sympa ! grogne-t-elle. Vous cherchez vraiment trop la merde !

L'ennui c'est qu'elle ne peut pas sans doute pas lui sauter dessus ou la paralyser sur place. Déjà qu'elle galère à le faire sur des humains... Alors c'est vraiment pénible parce qu'elle doit écouter. Ou fuir. Et la seconde option semble presque pire que la première encore. Elle ne ferait que confirmer ce que l'autre se fait un plaisir de lui rabâcher : qu'elle n'est pas digne de considération !

- Z'êtes la bizuteuse, c'est ça ? En fait plus elle y pense et plus elle se dit que ça paraît logique. C'est elle qui doit pourrir la vie des nouveaux. Une sorte de rituel, sûrement.. J'vais finir attachée à un poteau ? Obligée d'crapahuter à poil dans l'motel ?

Elle est plus ou moins certaine que l'autre a plein d'idées pénibles en stock. L'immortalité doit sûrement favoriser l'expérience, et l'innovation. Mais elle n'est pas pressée de se familiariser avec la chose, Zelda. Pas du tout.

Vous m'faites un peu penser à une meuf d'mon collège. Tout l'monde la détestait ! Pas autant qu'elle mais quand même, elle avait un bon score total. Sauf qu'elle a quinze ans, elle !

Et donc une excuse pour se comporter comme la garce de service. Puisque la gentillesse ne fonctionne pas avec cette inconnue alors peut-être qu'un peu de caractère la ramènera à de meilleurs sentiments ? Faut tester...
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Sam 22 Avr - 17:59 (#)




Pas sadique au point de lui retirer le peu d’espoir qui lui reste en ce bas-monde, l’immortelle la laisse volontiers se conforter dans son idée de la mort, de la vie, de cet entre-deux dans lequel elles se trouvent, qu’il se voit associer à des limbes infernales, une seconde chance névrotique ou n’importe quelle autre croyance ayant habité sa mortalité. Mei avait un avis bien spécifique sur la question et des plus personnels, si bien qu’elle n’avait jamais ressenti le besoin de le partager avec autrui. Damnation éternelle, punition déifiée, quelle importance au fond? Sa carcasse continuait de se mouvoir avec lassitude, glorifiée dans les traits impeccables de trente-six printemps, sur une empreinte mortelle de cinquante-huit années pourtant. Marquée de Jian pendant vingt-deux ans, le temps avait stoppé son avancée bien avant que la transformation opère. Tricherie volontaire, déjà alors son expérience du monde se voyait minimisée et ses capacités sous-évaluées. Oh, elle n’en avait pas tenu rigueur à cette plèbe décadente qu’elle avait été forcée de côtoyer, pendant les quelques années de sa déchéance programmée. Leur avis biaisé lui avait permis de survivre et de les enterrer tous. De toutes les âmes rencontrées de son vivant, ne restait que des fantômes anonymes. Elle seule était restée debout, créature imparfaite et indomptée. Si leur opinion n’avait eu que peu de prise à l’époque, celle de l’avorton qui lui fait face est presque tendre à l’oreille. Sa vexation ne l’émeut guère, Zelda n’étant rien à ses yeux. Une erreur, tout au mieux, la preuve d’une pitié mal évaluée? Un gâchis? Elle finirait pas obtenir réponses à ses nombreuses questions, si tenter que Mei s’y intéresse encore la nuit prochaine.

“Et tu es définitivement trop vulgaire, ça n’a rien d’original. Une mode de la jeunesse pour se donner un semblant de caractère, sûrement.” C’est le constat que la Caïnite avait fait en laissant courir ses oreilles ici et là, en zappant sur les programmes désuets des multiples chaînes du câble. Les discours s’étaient chargés d’injures en tout genre, de noms d’oiseaux parfois plus exotiques que sa propre personne. Si la censure sonore s’exerçait dans une émission, on entendait plus de bips que d’idées révolutionnaires. Que d’idées tout court. Assurément, elle préférait passer pour démodée que se fondre dans la bassesse de la modernité intellectuelle. “Le même clan? Tu parles du clan dont tu fais partie seulement par loyauté envers ta créatrice? Celui que tu n’as pas sciemment choisi? Ce clan-là?” Comment lui offrir l’appartenance qu’elle semblait tant rechercher alors que cette gosse tout juste transformée ne concevait même pas l’idée de sacrifices qui y était associée? Fidèle à une personne dont elle ignorait encore tout? Zelda obéirait à Myrtle, de gré ou de force, son investissement ne trahirait que l’affection qu’elle portait à sa Sire. Même les liens les plus forts ne résistaient pas à l’appel du maître, preuve en était Yago. Une blessure de plus. Une trahison de trop.

C’est que Mei devenait protectrice, depuis certains événements. Un sentiment un peu trop humain et destructeur à son goût dont elle ne contrôlait pourtant pas la portée. Les mots de la blondinette n’étaient finalement que ça. Des syllabes mises bout à bout, vides de sens.
Voilà, encore un énième mot qui ne fait écho à rien. Les néologismes avaient leur limite. bizuteuse. Il lui faut chercher racine commune pour espérer en comprendre le sens et un sourcil s’arque quand la nouvelle née dépeint une vision presque enchanteresse. Oh, son imagination ferait mieux que ça mais Mei n’était pas assez stupide pour s’adonner à ce genre de spectacle. Trop de problèmes pour un plaisir de trop courte durée. Haussant une épaule alors que ses pas sont déjà presque à hauteur des portes d’entrée, elle se retourne, la détaillant un instant des pieds à la tête. “Si tu as envie d’expérimenter le gang-bang, je suis certaine qu’on peut te trouver pléthore de volontaires. Après un certain temps, l’âge n’a plus vraiment d’importance…” Un sourire se peint sur ses traits alors qu’elle ouvre une des portes, lui faisant signe de rentrer. Elle pouvait aussi venir la chercher par la peau du cou. Et concernant cette fameuse peste de quinze ans à laquelle prétendument elle ressemble, la Longue Vie attend que sa cadette se trouve à sa hauteur pour passer au-dessus de sa pique. “Tu n’as qu’à la tuer!” Propose-t-elle sur le ton de la conversation comme si elle lui proposait une tasse de thé. Et refermant derrière elles, Mei prend la direction du petit salon non loin de l’entrée et où auparavant, les sorciers de Salah s’agglutinaient. Au souvenir de leur triste fin, un nouveau sourire adoucit ses traits, avant qu’elle ne prenne place dans l’un des fauteuils. “Tu t’es nourrie ce soir? Myrtle te contraint-elle au sang synthétique ou as-tu déjà tes préférences en matière d’humains?” Tant de questions…

C’est pour le moment le seul intérêt qu’elle lui trouve, à Zelda, la nouveauté à laquelle elle est apparentée et l’amusement que cette dernière lui offre.

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Jeu 27 Avr - 9:44 (#)

Vulgaire... Zelda esquisse une petite moue puis hoche la tête. Oui, sûrement que son langage est un peu fleuri. C'est ce qui arrive quand on vit dans un HLM et que ses voisins passent leurs vies à envoyer chier leurs proches, et le reste du monde. Et puis l'école a sûrement un peu contribué à enrichir son vocabulaire, aussi.

- Tout l'monde parle comme ça aujourd'hui et... oh ! Elle vient de tilter, Zelda. Elle s'adresse à une vieille. Mais genre vraiment vieille, quoi. J'vois ! assure-t-elle. Et elle compte bien le montrer. Juste le temps de se râcler un peu la gorge pour s'éclaircir la voix. Veuillassiez-vous bien m'excusailler ? Ma quête n'était que nenni point d'vous positionnasse dans l'embarras, Dame !

Elle joint ses mains et s'incline. C'est plutôt marrant de parler le fossile même si elle ne peut se baser que sur quelques films un peu étranges pour poser sa prose. Mais la discussion en est encore à une phrase relax, là. Et lorsque la japonaise-pas-japonaise se met à parler du clan, là, l'américaine sent qu'elle a plutôt intérêt à faire gaffe à ce qu'elle va répondre.

- Ben... C'est sûr qu'elle n'a pas eu son mot à dire sur son appartenance à la team Ali mais d'un autre côté... J'aime bien la boss, moi ! Même si elle ne la connaît pas du tout. Oui, seulement parce que Myrtle lui a accordé sa loyauté et qu'elle n'imagine même pas d'avoir une autre allégeance. Après, entre nous... Moi j'm'en fous un peu d'la politique. Tant qu'on m'laisse vivre ma mort tranquillou, vous savez, ca m'va très bien ! Elle prétend encore qu'il est question de choix, pour le principe. J'suis un peu rebelle. Greta Thunberg, No Futur, tout ça ! Même si c'est pas trop compatible avec l'immortalité, ce concept dont elle ne connaît de toute façon rien. Enfin No Futur mais avec les vampires quand même. Et les humains ! Forcément, sinon ils crèveront la dalle. Logique, Monique !

Quant au fait de tuer cette camarade de classe gênante... Zelda est un peu choquée par le pragmatisme de l'asiatique. C'est sûr qu'elle n'a rien contre l'idée de lui faire des crasses, l'adolescente, à celle-là. Mais elle n'a pas assez de rancoeur pour l'envoyer au cimetière. Quand même...

- Bonne idée, ouais ! affirme-t-elle malgré tout. Pour faire genre. J'vais aller la fumer c'te semaine, j'pense ! J'avais rien d'prévu en plus ! Merci pour la suggestion !

Jusque-là Zelda est plutôt satisfaite d'elle. À part une main malmenée elle est encore entière. Et puis même, elle arrive encore à agiter ses doigts maintenant. Mais là où elle blêmit - même si c'est pas vraiment possible quand on est déjà blême de base - vraiment, c'est quand son aînée se dirige vers les portes en parlant de gang bang. Et en disant qu'au bout d'un moment l'âge n'a plus trop d'importance, tout ça. Le genre de trucs qui mettent un peu mal à l'aise, qu'on a quinze ans et que les seules images d'un appareil reproductif masculin qu'elles aient vues se limitent à celles dans son corps de biologie. Boooon, et un peu à celles qui se trouvent sur internet, okay ! Mais quand même...

- C'est à dire que... J'peux pas ! précise-t-elle, ennuyée, dépassée par le sujet et la désinvolture de son aînée. C'est pas tous les jours qu'on l'invite à une orgie, hein, non plus. Y'a vraiment beaucoup de nouveautés dans sa vie, ces temps-ci. Myrtle m'a interdit quelques trucs. Genre... Boire à la gorge des gens sans leur demander, embrouiller les lycans, participer à des gang bangs sauvages dans un motel avec des inconnus... C'est plus fort qu'elle : la jeune caïnite lâche un rire nerveux, sans doute un peu trop exagéré. Le signe de son malaise couplé à ce désir de paraître parfaitement détachée.

Après... P't-être qu'elle peut regarder ? Pour sa culture générale ?

Dans tous les cas l'autre garde la porte ouverte et l'invitation reste plutôt claire. Et puisque Zelda n'a de toute façon pas envie de rester toute seule sous la pluie, que l'asiatique commence à parler bouffe et qu'elle n'est pas bien sûre d'avoir le choix, elle finit par emboîter le pas à sa tortionnaire et finit même par entrer la première au chaud. Enfin, façon de parler. La température, maintenant, elle s'en cogne. Et tant mieux parce qu'elle était plutôt du genre frileuse avant...

- Ouais, un peu. Et non non, Myrtle m'contraint à rien du tout. Enfin parfois on doit s'taper du sang synthétique quand... Elle s'interrompt et dodeline un peu de la tête en cherchant ses mots. C'est vrai qu'elle doit faire bonne impression. Bah y'a des soirs ou j'sais pas, ça m'saoule un peu d'aller agresser des gens ! Et où le sang synthétique ne semble pas si mal. Et pour mes préférences en matière d'humain... J'dirais... Les mecs ? Non, les femmes ne l'intéressent pas. C'était ça, non, la question ?

N'empêche qu'elle a déjà envie de retourner à l'extérieur, Zelda. Parce qu'elle ne se sent toujours pas à l'aise parmi ces gens qui ont vécu des siècles si ce n'est plus, et qu'elle a aussi un peu l'impression de se faire emmener à l'échafaud. L'américaine panique un petit peu et tente maladroitement de transmettre ses émotions à sa Sire. Myrtle ? Allô ? J'crois que j'me retrouve embarquée dans une orgie...

- Et la boss elle autorise, ça, en fait ? Est-ce qu'elle est seulement au courant de ce qu'il se passe ici, Ali ? Parce que j'me disais qu'si les flics faisaient une descente elle risquait d'avoir des problèmes si une mineure s'retrouve avec vous, non ? Et clairement, Zelda, elle n'a pas envie de passer aux nouvelles ou d'avoir sa tronche affichée partout dans le journal. Jane péterait une durite. Myrtle aussi, sûrement. Et puis j'sais pas si c'est bien indiqué d'faire d'l'exercice l'ventre à moitié vide, c'est pour ça !

Sans parler du fait que le sexe ne lui dit pas grand chose. Elles pourraient plutôt parler du passé ? Ce n'est quand même pas tous les jours qu'on croise des gens qui ont vécu avec les dinosaures. Et puis la discussion, aussi, c'est un excellent moyen de distraire les gens.

- Z'avez connu Georges Washington ? Sûrement pas. De mémoire, à l'école, on ne lui a jamais parlé d'asiatiques dans l'armée indépendantiste. Mais on sait jamais ! Il faut un truc plus proche... Ghandi ? Le chauve sympa, là. Celui qui dormait avec des gosses. Trop récent ? Jules César ? Elle date de quand ? Noooon... Quand même pas Jésus, hein ? Ca devrait lui donner quelque chose comme... Ah ben 2021 ans, en fait. Au moins. Mais Myrtle lui a dit que les vampires aussi vieux n'existaient pas. Classe !

Vraiment ! Elle aussi, un jour - ou plutôt une nuit - elle pourra dire qu'elle a connu genre.. Donald Trump ! Ou Elon Musk ! Et peut-être même qu'elle s'amusera à péter un doigt ou deux elle aussi, ouais, tiens ! Parce que pourquoi pas ?
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Dim 7 Mai - 17:48 (#)




Ça parle, encore et encore, comme un moulin alimenté par l’eau. Pour chaque question, dix réponses différentes en découlent. La gosse n’a assurément pas l’esprit synthétique et digresse à chaque nouvelle pensée dans un flot ininterrompu d’idées brouillonnes, décousues, inutiles. Elle ressemble à un handicapé avec un déficit d’attention surmonté d’un syndrome hyperactif. Elle gesticule, passe du coq à l’âne dans un ballet étourdissant qui offre un spectacle à la centenaire qui lui fait face. Mentalement, Mei se plaît à parier combien de temps il faudra à cette mini caïnite sur pattes pour vexer la mauvaise personne. Elle n’avait connu que des vampires plus vieux que sa personne jusqu’ici, en tout cas ne s’était liée, de gré ou de force, qu’avec des entités qui lui étaient supérieures. Pourtant, elle doutait d’avoir été aussi insupportable que cette adolescente aux cheveux longs mais aux idées courtes. Un poids, certes, pour ses congénères, au moins pour deux d’entre eux, mais dans une toute autre mesure.
La regardant d’ailleurs comme si elle venait de boire le sang d’un épileptique prononcer dans un jargon appartenant probablement à une race extraterrestre une diatribe incompréhensible, Mei se retient de lui frapper l’arrière de la tête et lève les yeux au ciel, un tantinet agacée. “Arrête de vouloir jouer les filles intelligentes, ça ne te va pas au teint…” se contente-t-elle de répliquer. Si c’était une blague et elle ne pouvait exclure la chose, peu réceptive aux traits d’humour et jeu de mots américains, elle ne l’avait pas compris. Premièrement parce ce qu’ils jugeaient drôles étaient souvent grossier ou situé au niveau anal, ensuite parce que le manque de vocabulaire lui posait encore parfois souci pour percevoir les subtilités de langage les plus coriaces.

Ne relevant pas les références trop récentes historiquement parlant concernant cette fameuse Greta, elle retient un rire moqueur. “Et dans quoi crois-tu avoir mis les pieds? Une garden party vampirique avec Bloody Mimosa tous les dimanches? Sans politique? Sans enjeux?” Pure rhétorique, mais si Zelda pensait pouvoir s’assurer une quelconque protection en continuant sa petite vie misérable sans autre problème que ne pas commettre d’impair préjudiciable à sa Sire, il lui faudrait rapidement faire fi de sa naïveté qui n’avait de charmant que les premiers instants. “Rebelle… pfff” siffle l’aînée sans cacher, cette fois-ci, un mépris acide et certain. Elle était renégate, s’était soulevée contre la gestion bancale de Salâh et ses idées grotesques, avait participé au saccage du Motel pour offrir une place légitime à Aliénor. Et elle, petite vermine tout juste sortie de sa phase boutonneuse, mettant des mots creux sur des idées dont elle ne faisait qu’effleurer vaguement le concept. “J’oubliais que maintenant, vous vous nommiez rebels plus rapidement que se consume votre première cigarette. Porter un bonnet en été, ajouter des fuck à chacune de vos phrases, faire des doigts d’honneurs à vos professeurs et vous partagez un pétard de Marijuana en écoutant de la techno ne fait pas de vous des rebels, juste des adolescents banals à souhait.” Non, elle n’avait rien de rebelle.

Fronçant de nouveau les sourcils quand il s’agit d’aller fumer son ancienne camarade de classe, Mei place ça sur le compte d’un langage fleuri trop moderne pour qu’elle comprenne, une fois de plus, la teneur. Un sourire en coin étire sa bouche, mais impossible d’y lire une émotion plus qu’une autre. “Tant que tu ne donnes pas de raison à quelqu’un d’abîmer tes crocs de lait…” Le reste lui importe peu, que l’autre meurt ou non, que Zelda la tue ou pas. Une vie, parmi ces milliards, ne valait guère la peine qu’on s’appesantisse dessus.

Délaissant sa mauvaise humeur au profit d’une attention retrouvée quand le sujet revient à Myrtle, l’Immortelle chasse le nuage sombre au-dessus de sa tête. Jamais égale, toujours dansant entre plusieurs états, il était difficile de la suivre et encore plus de contrebalancer, ne sachant pas où se ferait le point de rupture, jamais. Quel élève pour quel maître? Quels conseils? Quels interdits? Sévère? Laxiste? Contrainte? Réellement attachée? Des généralités, ni plus, ni moins. Oh, elle fauterait. Aucun vampire connu ne pouvait se targuer de n’avoir jamais tué, même involontairement. Zelda tuerait et qu’elle le veuille ou non, que les regrets la consument ou pas après l’acte, elle y prendrait un plaisir malsain, comme eux tous. “Aller agresser des gens? Drôle de pratique quand on sait que les idiots sont pléthore à faire la queue pour la morsure d’un vampire. Si tu ne veux agresser personne, il te suffit de trouver le premier imbécile qui aime ça, ce sera, qui plus est, plus sûr pour tout le monde.” Pour le clan, surtout. "Maman et papa ne veulent pas se dévouer?"

Cette fois, un rire passe la barrière de sa pudeur à la mention d’Aliénor. Oh, la vampire n’est pas assez stupide pour lui offrir l’information qu’elle désire, sans compter qu’il lui sera plus savoureux de découvrir de quoi il retourne avec le temps. Oui, elle découvrirait toutes les facettes de la Reine Rouge, un jour… mais pour l’heure, aucun mot ne franchirait ses lèvres. “Une mineure?” Ses yeux fouillent la pièce. “Où est-ce que tu vois une mineure? Tout ce que je vois, c’est une fille morte légalement et administrativement parlant. Qui a du mal à passer à autre chose que cette histoire de gang bang qui n’était que du vent.” Le message subliminal étant qu’elle arrête de faire une fixette là-dessus. Ils avaient, après tout, accès libre à toute la pornographie du monde maintenant non?

Le sourcil arqué, elle la regarde tenter de la situer dans la chronologie du temps, sans l’aider. C’est qu’elle vise large, avec parfois plusieurs millénaires entre chaque personnalité historique. Mei pourrait lui dire la vérité, lui nommer quelques grands noms de sa Chine natale, mais l’on n’enseignait pas cette partie du monde aux gosses américains, dans les cours d’Histoire. Qui plus est, quelle portée cela aurait dans un esprit si jeune, après tous les mots creux entendus? Peu encline à entendre encore de sordides clichés ou l’idée préconçue que sa vis-à-vis en aurait, lui broyer un second doigt ne lui apparaît même pas comme une compensation justifiée. “Je n’ai jamais aimé Jules, trop vaniteux, trop égocentré, et il traînait derrière lui une odeur de cheval rance. Cléopâtre, en revanche, elle…” Elle force une inspiration, laissant un instant ses yeux trahir un réel sentiment de nostalgie. Feindre était une seconde nature, et ça donnerait de l’eau à son moulin…



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