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There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon

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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
Ian C. Calloway
Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon Cel2Mn1 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon SxWuaE6 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

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"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon S7T3m9m
✞ I AM A GOD ✞

There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon 1VW7VKf There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon EvbM8n1 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon Dz9ewPr

"That's our cosa nostra."

There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon ZfltnPn
Pseudo : Nero
Célébrité : Thomas Kretschmann.
Double compte : Eoghan Underwood, Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque & Gautièr Montignac.
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Date d'inscription : 09/06/2019
Crédits : LUNAR (ava) ; Amiante (signa)
Lun 21 Oct - 1:25 (#)


It's a Madhouse, Doctor. What did you expect?
Printemps 2019.

Une bouteille de vin posée sur la table basse. Une dizaine de bouquins ; le genre encyclopédiques, et dont l’équilibre précaire menace constamment de s’effondrer. Il porte à ses lèvres son verre rempli d’un liquide doré bien plus délectable que les bières vendues dans l’épicerie étudiante du coin. La télévision lui sert d’ordinateur, connectée à son disque dur, en complément des documents qui l’entourent, qui l’inondent et le clouent sur place, au fond du canapé. Il ne manque plus qu’une cigarette, mais il ne souhaite pas salir de cendres le papier dactylographié par Carl, par lui, par des nuits entières passées sans dormir à œuvrer de concert, à réfléchir sur une alternative aux thèses du cercle psychiatrique. Des nuits entières passées à s’engueuler, à théoriser, à faire du name-dropping, à puiser dans leurs ressources et leurs références personnelles, voire à s’appuyer sur des expériences menées au WFC ou en-dehors. Il n’abandonne pas. Il s’est promis d’aller au bout de cette thèse, même s’il ignore quelle force est la plus propice à le pousser, véritables bourrasques de vent dans son dos qui le bousculent et l’incitent à s’imprégner, à lire, à décortiquer et à analyser leurs preuves audios, vidéos et littéraires. Sous ses yeux, la transcription d’une interview menée auprès d’un patient. Schizophrène, à en croire le diagnostic de Weiss. Dessous, un autre témoignage ; et ils sont une dizaine comme ça, à avoir accepté de coopérer avec les médecins pour les aider à comprendre la nature des voix qu’ils entendaient. À partir de centaines d’heures d’entretien, et de reproductions les plus fidèles possibles, d’enregistrements dans la chambre même des cobayes, une fois laissés seuls, et de l’enchevêtrement de ces effets audiovisuels recréés grâce au logiciel gracieusement fourni par le complexe, ils étaient parvenus à créer un fichier de presque quatre minutes sur lequel ils n’avaient pas encore eu le temps de se pencher pour l’analyser pleinement. Le soleil couché, l’expérience promet d’être singulièrement effrayante. Il tend l’oreille, distinguant de la musique provenant de la chambre de Nova, ainsi que les bruitages caractéristiques d’un serveur de discussion. Soulagé, il cherche sur l’écran la bonne catégorie, le bon dossier, et s’emploie à cliquer sur le fruit de leur travail, non sans avaler une autre gorgée conséquente de Chardonnay.
Un long frisson. Enchevêtrement de voix sifflantes, d’ordres contradictoires. Moqueries, dénigrement, insultes, reproches. Tessitures suintantes, qui s’infiltrent jusqu’au creux de ses os. Grognements venus du fond des âges. Souffles étouffés, conjugués aux battements de cœur nés de l’angoisse. Déclarations métalliques, comme informatisées, déclamant à l’envi les routines aliénantes de ces hommes avant leur internement officiel. De quoi se cogner la tête contre les murs. Derrière l’ombre de ses paupières closes, il perçoit, plus qu’il n’écoute. Appels aux secours. Rares voix féminines ; prépondérance de masculin, mais le féminin n’est pas plus tendre. Sec. Ton sans appel. Le souffle étouffé s’accroît. Puis une voix nouvelle, inhumaine, ricane et grogne : un écho terrible accompagne ses mugissements de gobelin narquois. Les insultes pleuvent toujours. Les appels au secours aussi. La voix de la paranoïa plane, en arrière-fond. Toutes se fondent. Touchent au plus profond ce qui terrifie l’homme et réveille ses peurs ancestrales. Il écoute, pendant plusieurs minutes, la longue litanie de ces paroles censées n’être qu’issues de l'imaginaire. Et tandis que le son se propage dans ce salon trop calme, le médecin tourne la tête vers la baie vitrée, vers Shreveport ; le monde de la nuit s’apprête à s’éveiller. Dehors, règne peut-être l’origine de ces délires et hallucinations auditives, qui n’en sont finalement probablement pas. Il comprend. Il comprend tellement l’obsession de Carl pour cette question qui a toutes les raisons de se poser aujourd’hui. La Révélation ne doit pas être seulement un motif d’émerveillement, de stupéfaction et d’effroi. Elle doit aider à faire avancer et progresser la science, la recherche psychiatrique et le bien-être de l’Homme. L’humain d’abord, toujours. Et si tous les visages déchirés par l’insomnie, par ces délires de persécutions, par ces murmures vicieux et pervers infiltrés dans leur crâne n’étaient victimes que de hantises, victimes de toutes les forces démoniaques prêtes à se faufiler au creux de leur intellect comme autant de virus malfaisants ? Lentement, trop lentement, le son décroît. Les dernières voix parlent, s’adressent à lui. Les patients qui les ont entendues sont probablement morts, aujourd’hui. La nuit du massacre, dans les jours qui ont suivi, ou dans les semaines passées.
Le silence tombe comme une pierre depuis une falaise : lourd, sinistre, implacable. Il récupère maladroitement son verre, éteint la télévision, et boit d’une traite ce qu’il reste d’alcool. C’en est assez pour ce soir. Des heures qu’il s’est absorbé dans l’étude de leurs travaux. S’il continue, c’est lui qui va devenir fou.



« Je vous demande juste encore un instant. »
« Vous avez cinq minutes. Pas plus. »
L’infirmier semble catégorique. Pas du genre à se laisser graisser la patte ; par ailleurs, un tel compromis l’aurait sans doute dégoûté au plus haut point. Dans son dos à lui, la silhouette amaigrie et crasseuse d’une femme aux yeux rendus immenses par ses joues creusées et sa chevelure non-peignée, depuis probablement plusieurs jours. Sur la surface faisant office de table/bureau/chevet, le téléphone de Calloway luit doucement, diffusant une lumière rougeâtre ; les millisecondes folles d’un microphone défilent sans interruption, enregistrant toujours, malgré l’interruption de l’échange. « Depuis quand est-elle ici ? La recommandation médicale date de moins d’un mois. A-t-elle au moins vu le psychiatre régulièrement ? » L’homme éclate d’un rire aussi incongru que surpris. Un rire qui roule, qui grince désagréablement, mauvais. Le chariot bourré de médocs qu’il se trimballe porte des traces de rouille qu’il préfère ne pas relever, à l’image de l’état global des lieux. Le sol poisse, que ce soit dans cette chambre aux allures de cellule que dans les corridors interminables, sillonnant un établissement qui paraît prêt à s’écrouler à tout instant. « Putain mais vous vous croyez où ? C’est toujours comme ça, ici. Ça l’a toujours été. Et elle le sait très bien. C’est c’qui pouvait lui arriver de mieux. C’est pas comme si elle avait les moyens de se payer autre chose de toute façon, Docteur. »
« Là n’est pas la question. »
« Bien sûr que si. Mais si l’envie vous prend de lui payer une chambre en clinique privée à plus de mille dollars le mois, bah vous emmerdez pas. En attendant, c’est cinq minutes puis c’est marre, les visites sont terminées. Même pour les toubibs comme vous. »
« Davis ! Arrête de causer, t’as encore du taff. » Le Vertueux note aussitôt le changement à peine perceptible dans le creux des iris vipérins. Laissant le cadre et son subalterne à leurs différends, il en profite pour clore le battant et venir se rasseoir sur la chaise qu’il occupait alors. Elle est toujours là, posée au beau milieu de son lit au matelas trop mou. La tenue de patient qu’elle porte est d’un gris morose, et ses mèches folles n’arrangent rien. Quiconque en ville la verrait dans cet état la prendrait aussitôt pour ce que l’on dit déjà d’elle : possédée, hystérique, en proie aux crises d’humeur de plus en plus incontrôlables. Les cernes noirs qui bordent ses yeux n’arrangent rien. Ses doigts, écornés par ses ongles trop longs et cassés à de multiples endroits, sont rougis de tous les tics et tocs qui ne la quittent jamais. Pourtant, aucune violence ne réside en cette pauvre hère, prête à répondre encore, à tenter de mettre des mots sur ce Mal qui la ronge. Elle lui sourit même, dans un réflexe venu du fond de ses entrailles ; native du coin, sourire aux hommes qui passent lui est aussi naturel que d’inspirer l’air poussiéreux qui plane entre eux deux. « Vous d’vriez partir… Alessio, il est pas commode, des fois. C’est pas un d’ses bons soirs, aujourd’hui… » Il lui offre un sourire rassurant, évacuant d’un geste de la main l’inquiétude de cette patiente entraperçue plusieurs fois, dans les couloirs de l’hôpital de Shreveport. « Il ne me fait pas peur. J’ai vu bien pire, Dolores. » Elle est encore jeune. Trente-cinq ans, tout au plus. Pourtant, le manque de nourriture manifeste et les turpitudes de son cerveau malade ont déjà fait fleurir une myriade de rides sur la peau fatiguée. Même sa tête lui semble trop lourde à porter : la voilà qui dodeline, comme si elle s’apprêtait à fredonner, ou tout du moins à s’échapper dans un monde qui lui serait pour toujours inaccessible. « Ils vont revenir. Quand vous allez partir, ils vont revenir. »
« Les infirmiers, vous voulez dire ? » Elle dénègue aussitôt, plaquant un index mortifié contre le bouton de rose desséché qui compose sa bouche. « Non. Pas eux. Les autres. Les autres vont revenir. Je ne les entends pratiquement jamais, le jour. C’est la nuit qu’ils viennent. Toujours la nuit. Toujours quand je suis prête à m’endormir. Ils restent. Je leur demande de partir, mais ils restent. Je suis sûre qu’Alessio les entend, lui aussi. Mais il ne fait rien. Il ne leur demande jamais de s’en aller. » Le regard halluciné, Dolores Andrews ne se trouve plus dans la même pièce que lui. Son délire l’emporte dans cet espace-temps qu’il redoute de voir s’immiscer entre lui et l’âme déchirée par la démence. « Vous les feriez taire, vous, hein ? Vous l’feriez, Doc… ? Je suis sûre qu’elles vous écouteraient, à vous. » Attristé malgré lui, il arbore une moue prudente. « Et pourquoi, selon vous ? » Le sérieux qu’elle arbore est palpable, et au-delà des cris qui résonnent loin, loin dans le bâtiment, au-delà du glissement des roues sur le balatum d’un autre âge, elle articule, portée par son secret. Sa voix trahit le son grave d'une vérité qui la dépasse probablement elle-même. Touchée par une grâce que n'accueillent que les pauvres d'esprits, et les martyrs de tous âges. « Ils ne touchent pas aux Justes. »


Son attaché-case à la main, il descend péniblement les marches du dispensaire. À mi-chemin, le chasseur se retourne, levant les yeux vers les étages, comme pour tenter de chercher la lumière brillant chez Dolores. Il ne la trouve pas, et son cœur se serre à l’idée qu’elle s’apprête à passer une nouvelle nuit sans repos. Un sentiment d’inachevé le démange et l’agace, l’irrite et le plonge dans une colère qui, comme bien souvent, se voit sans hésiter cadenassée, dans l’une des nombreuses alvéoles qui contiennent ses pulsions destructrices. L’odeur d’humidité le prend à la gorge, et la chaleur de cette nuit n’est pas pour aider le personnel réduit au strict minimum à contenir les errances des malheureux logeant entre ces murs hantés. Terrible, terrible fatigue qui tire sur ses reins et ses épaules, tandis qu’il s’enfonce au milieu du large parking plongé dans une obscurité détestable. Son pied s’enfonce dans un trou boueux par mégarde, et il peste à haute voix, lorsque l’ourlet de son jean s’en voit sali. Furieux, il déverrouille sa voiture à proximité et balance ses affaires sur le siège passager sans ménagement. L’impression de tourner en rond, de ne plus savoir comment avancer sans son binôme. Sentiment d’impuissance qui le taraude et décuple sa force, propulsant violemment la portière contre la berline. Il la rouvrirait et la refermerait bien ainsi cent fois, si seulement s’en prendre à cette foutue bagnole lui assurerait de ne pas rentrer à bout de nerfs. Les abords du Mental Health Services, faiblement éclairés, paraissent le narguer, lui et ses utopies. Sourd, aveugle et muet à tout ce qui n’est pas cette quête impossible, dont l’issue lui paraît en cet instant si proche, et pourtant encore si loin.

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Last man standing

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Mer 13 Nov - 4:31 (#)



There is no God. Not a God who would create the things I saw

Ian & Dillon

◊ ◊ ◊

Printemps 2019, quelques semaines auparavant.

Le dégoût est profond. Peut-être autant que l'est l'ennui. La caverne de ses yeux céruléens assassinent le faciès de Kaleb, le laminent, créateur de fantasmes sanglants. Gamine centenaire, boudeuse, la semelle de sa chaussure ne cesse de battre tambour contre le sol crasseux d'un bar que les bruits environnants laminent, tranchant l'étrange silence qui plane entre eux. Kaleb fait mine de siroter un Tru Blood qu'elle lorgne avec le plus grand des mépris. "Dans quelques années, ils nous diront que ce n'était qu'un poison pour lentement nous assassiner." L'accent hivernale ricoche, trempe dans une eau glacée et pourtant caressante, des échos délicats mais écharpés sur la fin. Kaleb finit de déglutir, fronçant les sourcils "Bien évidemment. Tu ne trouves pas ta remarque un peu idiote ?" Un haussement d'épaules, une nonchalance insolente et insultante qui dissimule si bien les siècles qu'elle a traversé sans que le temps ne creuse ses rivières sur son visage. Les ongles tapotent la table, les yeux lorgnant l'entrée du bar sans vraiment le voir. Le menton rejoint le couffin d'une paume quand les lèvres se font d'autant plus boudeuses, laissant éclore un ricanement chez Kaleb. Vive dans la haine, elle le fusille encore de ses prunelles assassines. "Quoi ?" "Tu … Non, rien." Il secoue la tête, reprend une gorgée de son affreux nectar alors qu'elle hausse un sourcil, sans bien comprendre ce qui le pousse à se taire. Son dos percute doucement le dossier de la banquette. Le mouvement est gracieux mais signe là le fait qu'elle n'appartient plus réellement à ce monde. Trop fluide, laissant voir l'être famélique dont les formes d'adolescente n'ont jamais eu le temps de voir le jour. "Finis ta phrase." A nouveau, il nie de la tête. "Il n'y a rien Dillon, oublie ça." L'irlandaise lève les yeux vers un ciel craquelé, soupir pour la forme. "Tu fais ton timide. Ce n'est même pas mignon. Parle." L'oriental repousse les quelques ondulations lui tombant sur le visage, passe les doigts dans la masse brune, sombre, un océan brunâtre qu'elle observe avec curiosité. Se fait patiente. "Juste que je ne vois pas ce que tu reproches tant à la Révélation, au fait de vouloir s'intégrer à un monde qui fut le notre aussi, un jour." Songeuse, elle fait l'effort d'écouter les dires, d'en saisir le sens même si l'esprit demeure tourmenté par mille fantômes, par des chuchotements que nul n'entend. "Avant d'être morts, nous respirions nous aussi." qu'il ajoute finalement, se penchant un peu plus sur la table, chuchotant presque. Il sait qu'elle entend, ses prunelles sondant les siennes dans un étrange silence. "Je ne sais pas, je ne me souviens pas." Il cille, fronce les sourcils semblant pris dans la tempête d'un nouveau trouble. "Comment ça ? Comment est-ce que tu sais ton vrai prénom alors ?" Là, un sourire, le plus doux et sucré qu'elle ait pu esquisser jusqu'alors. "Mon Sire me l'a dit. Mais je ne me suis jamais souvenue de l'humaine que j'ai pu être. Et de toute façon, quelle importance ? Ce n'était pas la même époque, pas la même vie, pas les mêmes lois ni même le même pays." Lentement, elle se penche à son tour, les phalanges pâlottes encerclant sans vraiment le faire le verre où se repose le liquide artificiel. La pointe d'un doigt en pénètre la surface, une vision qui arrive à faire serrer les dents à Kaleb. Contre la pulpe du pouce et de l'index, elle en étale la matière visqueuse tandis que sa voix à l'accent nébuleux résonne de nouveau "Ça, c'est un blasphème. Tu devrais être fier de ce que tu es, de tout ce qui circule justement, dans ces corps qui respirent. Dans ces corps que tu désires toujours." Elle accuse sans le regarder mais le sent déjà se tendre sur sa banquette. Toute son attention est happée par le sang qui tâche désormais ses doigts. Ils sont forts, ceux qui ont créée cette ignominie, elle se l'avoue silencieusement.

Prête à en goûter le nectar et oubliant la conversation en cours, elle se laisse interrompre par la vision d'une silhouette. Elle l'attendait. Il sillonne le bar de sa démarche loin d'être chaloupée. En fait, il n'a rien de la grâce des immortels. Le corps enveloppé d'une graisse qui ne l'a jamais quittée jusqu'alors, il slalome difficilement entre les tables, leur faisant finalement signe. Dillon grimace, ne cache rien de son dégoût grandissant au fil des pas qu'il dévore pour s'avancer vers eux. Kaleb se détourne, ayant aperçu le faciès écœuré de sa compagne. Le masque qu'il porte sans cesse ne se craquelle pas. Elle ne sait pas si à son tour il le méprise ou non. Le nouvel arrivant leur sourit dévoilant des dents jaunies. Stewart n'était qu'un vieux porc de son temps et rien n'a vraiment changé. Décédé puis étreint dans les années 90, il est encore jeune mais n'a rien que ses congénères puissent lui envier. Lourdement, il s'assoit près de Kaleb "Vous en faites une tête, j'suis en retard ?" "Légèrement." Le froid polaire outrepasse les lèvres à l'ourlet tentateur, Dillon se faisant souveraine de son maigre royaume, dédaigneuse et intouchable. Ses yeux porcins l'observent un instant, dégringole sur la poitrine inexistante et il grimace "Toujours aussi charmante. Détends toi flocon des neiges, on va y aller doucement et j'serais gentil." Ces paroles éveillent en elle une corolle de sentiments étranges. Les poings sur ses cuisses croisées se serrent à s'en faire mal, la crainte et la répulsion s'embrassant férocement en son sein. Elle sait qu'elle a besoin de lui. Elle sait que si elle ne tient pas en laisse les grognements incessant de la Bête, elle n'aura rien. "Abrégeons là, Stewart. Où est Mathias ?" "Tu permets ? Hé mon pote, tu m'passes ton verre. J'ai vraiment la dalle." Kaleb, éternel silencieux, n'a pas le temps de protester que son verre se retrouve prisonnier d'une paluche difforme et en quelques gorgées bien trop bruyantes, le nectar est sifflé. Il gémit, soupire d'un plaisir qu'elle connait assez pour détourner les yeux, lassée. Le bruit sourd du verre retombant sur le plat de la table attire de nouveau son regard. "Wow, on dirait que j'ai interrompu un truc. Vous vous déclariez votre flamme ? Non parce que j'peux repasser." "La ferme !" Le cri attire la curiosité, le poids des regards ne l'empêchant pourtant pas de le fusiller du sien. Il cesse tout mouvement, levant finalement les mains en signe d'excuse hypocrite. "Désolé, détends toi, mon cœur." Le surnom achève de signer le ridicule de la scène. Les ongles plongent dans la tendresse de la paume. Elle s'efforce de retisser la soie d'un calme bien fragile, prêt à s'effilocher à la moindre contrariété. "Mathias." Qu'un nom, qu'un seul pour lui donner une nausée immonde. La traque s'éternise, s'est même interrompue le temps de quelques mois.

Cette fois Stewart reprend son sérieux, s'éclaircissant la gorge "Je pensais que tu étais au courant depuis le temps." Les muscles se crispent, se figent, s'épuisent alors qu'elle fronce les sourcils "Au courant de quoi ?" Il se penche, fait grincer le bois, laissant venir un silence théatrale, quelques minutes de suspens "Il a clamsé. Ça fait un bail maintenant. Enfin, tout est relatif. Le temps, l'éternité, tu connais." L’éclat de la surprise repeint les traits délicats "Quoi ?" "Ouais, une sale histoire de merde si tu veux mon avis. Il a eu le temps de buter un mec mais un chasseur lui en a mise une dans le cul. La traque de trop en soit. J'ai jamais trop suivi ses envies de vendetta de toute manière." Les mots sortent, ricochent contre l'esprit et elle met un temps à en saisir le fond. L'acide de la rage remonte, sillonne les veines, des centaines de rivières où agonise le pire des poisons. Kaleb s'agite sur son siège, lorgne Dillon puis Stewart avec un sérieux presque tragique "Comment ça un chasseur ? Tué qui ?" Il pose les questions qu'elle ne sait pas prononcer mais dont elle attend pourtant impatiemment les réponses. "Il s'est pas attaqué au bon gars pour faire court. Les Calloway, ça vous dit un truc ?" Si Dillon demeure muette, Kaleb prend le temps d'y penser un instant "Vaguement. Disons que je n'ai jamais eu affaire à eux. Bien heureusement." "Ouais bah disons que Mathias a décidé de se venger d'un des leurs. Une vieille histoire dont j'connais pas tous les détails et dans l'fond, on s'en fiche. Le résultat c'est que l'un des fils Calloway l'a buté, point barre." Stewart se détourne, observe les lieux pour enfin revenir vers Dillon qui scrute le vide avec aigreur, l'ongle du pouce mutilant toujours la peau. Elle la sent, la douleur. Pas d'apaisement. Pas de catalyseur à l'autre douleur plus forte, plus vive, une mélopée sanglante. "Pour l'coup, t'arrives un peu trop tard Dillon." Et ça tombe comme un marteau brisant du verre, l'éclat est violent alors que brutalement, le plat de sa semelle vient se loger entre les jambes de l'intrus. Il gémit brutalement, le visage hurlant sa souffrance. La pression augmente, déferle d'une cuisse pourtant fine. "Je n'ai pas demandé ton avis." Entre le timbre glacial, on entend presque le râle du monstre jamais très loin. Il n'y a qu'une barrière infime entre elle et lui. Une brise trop violente pourrait en déchirer la limite de papier calque. Il souffle, grogne avant qu'elle ne le libère, se levant dans le même temps. "Cherche le." qu'elle ordonne d'un soupir à Kaleb avant rejoindre les limbes d'une nuit encore trop longue. Combler l'ivresse orageuse, l'estomper à coups de violence, la détruire jusqu'à ce qu'elle devienne un affreux souvenir.


Printemps 2019, quelques semaines plus tard.

Au loin, l'édifice à la façade patibulaire prend toute la place. Ses dizaines d’œils où percent la lueur d'une lumière blafarde ponctuent de rendre l'endroit déprimant et glauque. Parmi la ferraille, elle slalome, une ombre vêtue de noir, le pas silencieux, tranquille et le bout des doigts gratifiant le métal des voitures endormies de sa caresse. Elle profane la peinture, pourrait presque entendre la carrosserie gémir de trouille. Le regard est étrangement calme alors qu'elle sillonne la mer de bagnoles abandonnées pour quelques heures. Princesse des nuits, elle sent la brise humide caresser son visage, secouer les mèches d'une blondeur lunaire qu'un élastique retient n otage. Là, il s'est laissé avalé par le bâtiment où hurlent les fous. Elle entend presque leur discours gorgé de la malice du Diable. Un opéra pour les aliénés. Les pas cessent et les traits paisibles se crispent sous la vague d'une haine qui ne la quitte pas depuis l'annonce. Mathias est mort. Mort et plus de leur royaume d'onyx. Déchu et Dieu n'en a sûrement pas voulu. Le frisson de la peur, comme en écho à ses caresses il court le long de la peau pourtant couverte. Il n'y a que la pâleur de la tête qui brise son obscur silhouette. Noctambule au bord d'une étrange frénésie, elle reprend sa marche. Kaleb a bien fait son travail, a cherché, comme on cherche un vermisseau dans un étang. Longtemps. Assez longtemps mais assez bien pour même trouver le nom du mort laissé derrière eux. Nom qu'elle a retenu. Peut-être qu'il lui servira d'arme. Ce qu'elle sait de lui ne sont que des bribes d'infos. Elle ne retient du coupable que le fait qu'il soit chasseur et que c'est de sa main qu'est mort Mathias. Les ongles crissent doucement contre le rouge d'une portière avant qu'elle ne voit enfin sa silhouette se faire recracher par l'entrée principale. Tout proche, il ne voit pas qu'elle danse déjà avec son ombre. Elle entend les bribes de sa voix lorsqu'il peste, le pied plongé dans la fange d'une flaque. De loin, il a l'air idiot, simple, aussi quelconque que n'importe quel homme qu'elle pourrait croiser et mépriser. L'apparence ne la trompe pas. Sous les habits, elle distingue la forme de l'être, toute la puissance qu'il doit entretenir. Bien, sa lutte sera son agonie. Les gestes sont rageurs et le bruit sourd de la portière claquée ne perturbe pas son avancée. Un pas puis un autre, la louve attend le bon moment pour mordre. L'esprit divaguant aspire à ses cris, à sa torture, à croiser ses yeux qui sous la douleur se révulseront. Peut-être que ce soir sera sa Fin. Elle ne sait pas. Non, les autres, frères, cousins, père et elle ne sait combien encore pourront se venger. Plus tard.

A mesure qu'elle approche, ses entrailles se tordent, se crispent, gémissent. La gangrène de la rage se propage alors qu'elle serre le poing, sait qu'encore quelques pas et il ne lui restera plus le choix que d'attaquer. Enfin, elle est toute proche et de sa voix la plus douce, murmure un "Excusez moi ?" Malicieuse enfant que l'humain a contrarié, elle attend d'avoir son profil en ligne de mire pour qu'enfin ses phalanges en rencontre l'ossature. Le poing part sans hésitation et elle siffle presque de haine, un serpent sans fiel. Sous les traits angéliques, on perçoit l'enfant de Cain, le démon qui la hante, qui la torture et sous ses prunelles, ne persiste plus que lui. Un coup de pied lui fait plier un genou, l'affaiblit. Il ne faut pas le casser, pas encore. La main libérée attrape le col pour le plaquer contre l'une des portières. Et son avant bras fait pression contre le cou qu’elle atteint sans efforts. Maintenant, elle peut le voir de plus près, découvre les traits réguliers, écrasant pourtant toujours plus la trachée. L'Immortelle hausse un sourcil "Surpris ?" La rhétorique est évidente alors elle poursuit, murmure ses confidences trempées dans l'acide "Oui moi aussi je l'ai un peu été en apprenant ton existence." Le mépris encore et qu'un souffle entre leurs deux visages. "Les chasseurs n'ont jamais su se tenir. Votre insolence finira par vous tuer." L'obscurité les habille, les pare d'une protection dont elle a affreusement besoin. Qu'aucun œil curieux ne viennent les interrompent ou la blesser plus tard. Un mouvement de la senestre plongeant sous la veste, l'argent brille et le manche bien empoigné. La lame d'un poignard glisse sur la carrosserie, crisse de la plus ignoble des façons comme pour y laisser la trace de son passage. Le frôlement aiguë remonte jusqu'à narguer le galbe d'une pommette, remonte presque à l'orée d'un œil pour y cesser sa danse "Pas de mouvements brusques, hm ?" D'abord le bras délaissé le cou avant qu'elle ne recule de quelques pas. Vicieuse, elle attend le moment propice pour marquer l'abdomen d'un autre coup "Allez, monte, on va faire un petit tour."

Est-ce que tu sens le parfum de ta fin t'étrangler ?
Les anges chantent déjà pour souhaiter ta venue.
Et de ma lame, je vengerais l'injuste chasse volée.

(c) oxymort | bandit rouge

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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
Ian C. Calloway
Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon Cel2Mn1 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon SxWuaE6 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

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"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
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✞ I AM A GOD ✞

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"That's our cosa nostra."

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Pseudo : Nero
Célébrité : Thomas Kretschmann.
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Date d'inscription : 09/06/2019
Crédits : LUNAR (ava) ; Amiante (signa)
Ven 13 Déc - 7:02 (#)


It's a Madhouse, Doctor. What did you expect?
Il ne l’a pas vue venir. Ne l’a pas entendue non plus. Tout à sa hargne et à ses humeurs, il n’a pas surveillé ses arrières, a oublié, pour une fois, de laisser parler la carte de la peur qui le prend parfois, la nuit. Lorsqu’il déambule seul sur les parkings ou dans les allées presqu’encore méconnues, lui qui ne fournit pas tous les efforts nécessaires pour se familiariser à Shreveport ou à ses abords. La voix presque fluette qui l’interpelle l’intrigue sans qu’aucune once de doute ni de crainte ne l’effleure un instant. Parce qu’il ne s’y attend pas. Parce qu’il n’a aucune raison de redouter qu’on l’ait suivi, puis attendu, entre les dizaines de véhicules attendant patiemment que leurs propriétaires raniment leurs phares et leur carlingue. Il pivote, un brin étonné. Il n’a pas le temps d’affronter le visage de l’inconnue. Quelque chose explose à hauteur de pommette. La douleur pulse là où le poing a frappé, lui arrachant un feulement rauque, rapidement suivi d’une plainte plus vive, lorsque c’est sa rotule qui subit les affres d’un mauvais coup. L’attaque est trop rapide, même pour un chasseur aguerri comme lui. Et tandis que l’articulation hurle, que l’os de sa mâchoire encaisse, sa gorge se voit prisonnière d’une main blanche, trop blanche. Si blanche. Une main dont le derme cadavérique explique la force de cette femme à la voix d’enfant, une main dont les phalanges ont probablement étreint nombre d’humains avant lui, brisé combien de nuques, arraché un nombre infini de cris et de supplications. Pas lui. Lui, c’est l’oxygène qui lui manque, quand des deux mains il agrippe le bras de la créature, seul rempart s’érigeant entre lui et la chute ; son dos prêt à glisser, contre la portière derrière lui. Les prunelles céruléennes interrogent, questionnent et fusillent de leur feu les yeux fielleux de la Caïnite. Celle-là, il ne la connaît pas. À travers l’urgence qui le tord et la panique qui menace, il en est sûr. Il ne l’a jamais vue. Cette bouche pleine, ces cheveux si blonds qu’ils en paraissent blancs, sous les rayons lunaires, cette expression terrible, inhumaine. Elle n’a aucune idée de l’effet qu’elle produit, même si elle serait ravie d’en connaître les détails, a-t-il le temps de penser. Elle est effrayante. Effrayante dans ce mimétisme immonde qui rend indétectable certains immortels, glissés parmi la foule des vivants, quand la pénombre dissipe le jour. Effrayante par ce sourire qu’elle lui offre, véhiculant un parfum de victoire qu’il ne peut ignorer. Il ne saurait dire si elle est belle ou non, tant il lit les affres coulant sous la peau épargnée par les âges, comme prête à se déformer, à se transformer en un masque démoniaque. Comme s’il s’apprêtait à distinguer une langue taillée en pointe, le rouge ou le noir remplacer le blanc des orbes, les traits saillants creusant ces joues pourtant rondes, et probablement si promptes à rassurer, amadouer l’ignorant. Surpris, il l’est. Il ne lui offrira toutefois pas le luxe de l’avouer, ne serait-ce que par un simple clignement de l’œil, un hochement de tête imperceptible. Le chuchotis lui est insupportable, et en dépit de la douleur, il cherche à cabrer sa silhouette, à résister à la pression qu’elle lui impose, malgré la force encaissée par la pomme d’Adam, la détresse silencieuse de ses poumons, et l’absence de réaction, lorsqu’il enfonce ses ongles dans la chair détestablement glacée, blafarde, d’un avant-bras laiteux. L’avertissement, réel. Elle sait ce qu’il est, et cette seule réalité le comble d’effroi. Tout de suite, une pluie de questions. Tout de suite, la plus importante qui surgit : Nova ? Nova est-elle en sécurité ? Nova est-elle toujours enfermée dans cette chambre qu’il se prend à haïr toujours plus, au fur et à mesure que les jours passent et n’apportent pas le changement tant espéré ? Incapable de baisser la tête pour déceler son geste, le crissement insupportable résonne contre la carrosserie, égratignant la berline, avant qu’il ne repère enfin l’objet responsable de la menace. Cette fois, il ne bouge plus, la toisant avec la dignité froide qu’il est encore capable d’arborer. L’air manque. L’air s’échappe. S’amenuise. Bientôt, sa vue commencera à se troubler. Le froid du métal contre la pommette esquintée, et il rassemble tout ce qu’il lui reste de calme pour éviter d’aggraver la situation.

Doucement, la pression se relâche enfin. Il tousse, et cette simple contraction de ses muscles déclenche une simili-décharge électrique, là où sa joue a été cognée. C’est sans compter l’impact de plus dans l’abdomen, qui le fait plier instantanément, submergé par la puissance de l’Éternelle. Elle jubile, elle le nargue, elle le traite comme du bétail qu’on s’apprête à égorger sans un sourcil levé. Elle s’éloigne et surveille, et sa propre main agrippe la poignée de la portière, après s’être penché pour ramasser le trousseau tombé à terre. Son pouce échappe à la farandole de souvenirs cliquetants dissimulant un autre élément, planqué au beau milieu. Noir, n’attendant que d’être enfoncé avec force, le mécanisme est la seule arme dont il dispose sans éveiller la furie de la harpie qui s’installe, avec insolence, sur son siège passager. Une haine tenace, vorace, l’envie de récurer le cuir, sitôt qu’elle aura dégagé de son véhicule. Malgré la lenteur de ses mouvements qui le voient s’échouer au creux de son propre fauteuil, il ne songe qu’aux conséquences d’une erreur qu’impliquerait une défaillance du système. Il joue gros. Mais il ne sera pas dit que Ian Clayton Calloway se sera laissé embarquer par une Antique sans le lui avoir fait payer au moins un peu. Il claque la portière, évite son regard, ses doigts toujours serrés autour du porte-clefs. Et après, se dit-il ? Il s’apprête à lui infliger une torture à laquelle il ne veut même pas songer. Suffisamment pour la mettre définitivement hors d’état de nuire ? Probablement pas. Dès la fin du supplice, c’est lui qui subira à son tour. Il ne peut ni espérer lui échapper à pied s’il ne parvient pas à la jeter au sol, hors de sa vue, ni compter sur une arme planquée sous son siège. Le seul flingue chargé est à l’arrière. Il le sait. Il l’a déplacé pour nettoyer l’avant de la berline. Une erreur qu’il ne se pardonne pas, qu’il regrettera amèrement, très bientôt. « Non, je ne crois pas. » Ou du moins, pas tout de suite. C’est lui qui jubile. Sans perdre davantage de temps, de crainte de rater l’opportunité de la faire hurler, son pouce enfonce le mécanisme, et c’est la sirène stridente qui vrille le crâne de la monstruosité. Ses propres tympans sourds au tocsin ignoble et d’autant plus efficace que l’habitacle demeure clôt. « Espèce de saloperie... » Quitte à se suicider en beauté, autant y aller à fond. « Je ne sais pas qui tu es ni ce que tu me veux, mais si j’étais toi, je cracherais le morceau maintenant, avant que je te fasse pisser l’argent par tous les trous ! » Il n’a que ça. Les menaces. La décourager. La pousser à fuir. À croire que les armes sont planquées partout, spécialement conçues pour le protéger des démons dans son genre. Mais si elle n’y croit pas… Tout en la surveillant, il se recule contre le dossier, et sa main libre fouille, cherche le putain de flingue forcément là, dans la cassette de tissu qu’il garde d’ordinaire sous le siège conducteur. Rien à faire. Ses ongles ne frôlent que le vide, s’écorchent contre les boulons et les rails. « Merde… Merde, merde, MERDE. »  

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Last man standing

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Sam 7 Nov - 1:46 (#)



There is no God. Not a God who would create the things I saw

@Ian C. Calloway & @Dillon Ó Shaugnessy

◊ ◊ ◊

Douce naïveté. Callum l’aurait giflé tant de fois pour avoir osé se précipiter si facilement entre les bras d’un chasseur de morts. Il n’est pas l’idiot qu’il peut semblait être et tous les humains, disait-il, ne sont pas des simples d’esprits. Ils savent, ils cherchent, ils s’accrochent à leurs croyances, ils essaient, ils essaient, encore et encore. Faillibles et infaillibles tout à la fois. Souviens toi, Dillon, de celle que tu fus lorsque ton cœur battait encore. Non, elle ne peut se souvenir. Chaque fois qu’elle s’égare à creuser dans les tréfonds de sa psyché abîmée, elle ne trouve que des ruines dont les vestiges ne lui disent rien, des visages qui serrent bien le cœur qui a depuis longtemps cessé de se mouvoir et peut-être ne veut-elle rien avoir à faire avec ceux qu’elle s’est habitué à haïr, les séduisant pour survivre, veillant de ses yeux méprisants sur ces êtres qui craignent tant l’inconnu, qui les chassent, les voient comme ceux qu’il faut à tout prix éliminer, qui ne voient pas toute la puissance de l’immortalité, tout le potentiel qu’un Essaim entier pourrait avoir sur eux si seulement ils ne prônaient plus une paix factice qui ne s’est qu’à peine installée. Si le Calloway a la mine d’un ange charmeur, elle ne se fait aucun doute sur la noirceur qui embaume son âme, peu importe sa Foi, peu importe le Bien qu’il pense propager dans la ville où il a récemment creusé son nid. Au royaume des fous, il trouve peut-être un moyen de racheter une conscience que les humains n’ont parfois pas davantage que ses semblables. Elle ne lâche aucun mouvement de ses yeux mornes où le bleu luit comme des flammèches où nulle vie n’oserait plus se réchauffer, l’immortalité ayant creusé ses traits d’une dureté que l’enfant et l’adolescente avaient déjà sur elle. Tout est rigide, aussi rigide qu’un cadavre ayant péri depuis plusieurs heures. Longiligne silhouette que la mélancolie et la hargne habille, elle le regarde s’installer, contourne la voiture sans rien lâcher de ses yeux, attentive à ses mouvements, à son odeur qu’elle pressent d’ici, sueur et chair dans lesquelles ses poignards d’ivoires pourraient bien se planter pour n’en faire qu’un bout de charogne.

Dis moi, chasseur, t’a-t-on déjà offert le don de la morsure ?

Les pas sont lourds et légers tout à la fois sur le béton usé et crevassé tandis qu’elle s’élance, danseuse à l’âme désuète vêtue de sa nuit sous toutes ses formes les plus douces et rugueuses, pénétrant l’antre du chasseur, caverne aux quatre roues qui lui semblent toujours autant étrange, utile mais si loin de ce qu’elle a pu connaître, boite de fer dans laquelle elle s’enferme, le manche doucereux de sa lame enfermé dans sa main glacée aux ongles nus et dont les doigts brisés par Yago Mustafaï il y a plusieurs mois ont repris leur forme initiale. Elle ne semble plus humaine dans cette posture rigide, attendant qu’il abdique, fixant l’immense bâtisse où l’on enferme les aliénés, où on leur promet une guérison qui ne viendra certainement jamais car la folie ne se guérit pas, elle s’estompe à peine. Elle cille, enfant curieuse, scrutant ce bâtiment sinistre, des bribes de voix murmurant à son oreille, un souffle fétide chatouillant son nez, les railleries, les électrochocs, le sang, les veines sectionnées tant de fois, les boursoufflures de ses cicatrices s’amoncelant peu à peu sur ses bras dénudés. Eux aussi, un jour, ils l’ont enfermés mais elle n’a jamais connu que les esquisses de son humanité au travers des mots parfois confiés par Ava, Callum lui épargnant son passé. Malgré cette perdition entre sa vie d’humaine à laquelle elle s’est arrachée et le présent, chaque œillade lui étant destiné sans même que sa tête ne bouge, l’alerte, le guette. Il doit avoir l’habitude de chasser les gens de son royaume d’obsidienne, humain se pensant dans son bon droit de tuer au nom du plaisir ou du Bien, se parant pourtant de Mal en profanant ainsi sa pureté d’homme n’étant pas né tueur, elle en est certaine. Tous finissent par le devenir, éduqués dans la haine de l’étrange, de ce qui n’est pas la banalité même. Les yeux si bleus qu’on pourrait la croire aveugle elle détourne enfin la tête vers lui lorsque la portière claque en un bruit sourd, les bruissements de ses mouvements la mettant davantage sur le qui-vive. Il n’est qu’angoisse et tension, à raison. Le bouton rosé de ses lèvres s’entrouvrent, prête à donner l’ordre de fuir ce cimetière de bagnoles aux paupières éteintes, vrillant son profil avant que sa voix profonde et caressante ne l’interrompe, que l’ignoble hurlement strident ne lui vrille les tympans. La souffrance qui agresse bientôt ses tympans la pousse à déposer férocement ses paumes contre ses oreilles, lâchant une complainte aussi aiguë que la musique martelant son esprit, tel de l’argent filant sous son crâne, s’infiltrant pour violer par vague un cerveau pourtant mort depuis trop d’années. L’acide de la mélodie irritante ne cesse pas tandis qu’elle le sent s’agiter près d’elle, son corps tordu et penché vers l’avant, convulsant, criant davantage lorsque sa propre lame d’argent mord sa main, odeur de chair brûlée de se mêlant à l’odeur qui abrite déjà l’habitacle et l’arme tombe dans les limbes entre ses pieds agités. Le Chaos semble s’être ouvert dans son crâne où pullule une noirceur fêlée qui finira par retrouver son calme. Si elle en était encore capable, des rigoles de sel couleraient certainement des rives insensibles de ses yeux fatalement secs, ne restant que cadavre ambulant à la parole facile et étrange, à l’accent d’ailleurs, le crachant à la gueule des premiers anglais qui croisent sa route. Les phalanges se crispent dans la blondeur de craie avant qu’elle ne rouvre brutalement les yeux, la furie en habitant les prunelles, la Bête de la frénésie jamais bien loin, frôlant ses os et ses muscles, sa force qu’elle balance brutalement en cherchant à tâtons la lame tombée à ses pieds, sa main fébrile en retrouvant le manche bien connu, aux reliefs gravés par sa propre imagination.

Lentement mais sûrement la torture s’atténue, ses râles d’animal blessé s’apaisant à peine et dans un mouvement purement née de son immortalité, fluide comme un serpent fondrait sur sa proie pour en dévorer la tête, elle se jette sur l’humain, éructant une insulte en un gaélique qui n’honore pas son sang bleu. La lame d’argent plonge tout droit dans la dureté d’un muscle, le bras gauche prenant la première blessure qu’elle a décidé de lui infliger. Ses fines cuisses enrobent les siennes et sa blondeur auréolant ses traits pâlots, elle semble autant ailleurs qu’ici, prise au piège d’un souvenir où l’électricité la faisait vibrer, mordant à l’hameçon des infirmiers qui voulaient bien tester leurs ignobles engins sur sa peau, plonger et plonger encore en elle, au point qu’elle ne sente plus sa chair. « Tu … as fait une grave erreur, Ian Calloway. » Un souffle froid dont elle l’enrobe saisissant son visage de sa main libre, crispant durement ses phalanges dans sa mâchoire volontaire, ses ongles bien taillés fendant le derme sans pitié. Son nez tout près du sien, quelques soupirs séparant leurs visages, leurs traits si différents, un combat de regard s’entamant, peau contre peau, la sienne plus chaude qu’elle ne le sera jamais, le bleu en scrutant un autre, regard d’un être en ayant sûrement trop vu, manquant certainement de sommeil, d’un repos éternel qu’elle pourrait facilement lui offrir si elle n’était pas motivée par la cruauté. Le tordre, l’entendre gémir, créer sa propre musique de souffrance « Dépose ton jouet loin de moi ou la prochaine fois … » La langue d’argent trifouille la plaie créée, fouillant tendons, muscles dans un chuintement qui menace de la faire sourire, sa voix prenant le timbre de la Bête rôdant jamais trop loin de sa gorge de cygne « … je viserai le cœur. Et je ne me rate que rarement. » La position pourrait faire rougir la jeune vierge qu’elle fut, l’ange qu’elle paraissait être à une époque trop lointaine n’aurait osé approcher un homme tel que lui, à la beauté primaire, peu banale, de ceux qui auraient bien fait sourire d’un ravissement, qui lui était étranger, les quelques alliées qu’elle s’était faite à l’époque. Des poules pondeuses ne cherchant que des époux, à fonder une grande et belle famille à la teinte blanche. Et chacune, une à une, se sont éloignées lorsque sa mère, pauvre Imra à l’esprit déchiré, a dévoilée sa folie comme une évidence. Condamnée à la solitude éternelle … jusqu’à ce qu’ils viennent, jusqu’à ce qu’Elle lui parvienne.

Mais, à son tour, Ava s’est détournée.
Piégée. Piégée. Pauvre ignorante.


Un battement de paupières chasse ce passé putride et conspué cessant de jouer de sa lame dans le bras de sa victime, l’observant en penchant à peine la tête, sauvageonne découvrant l’humanité, sa souffrance quittant peu à peu son crâne où le carillon mortuaire sonnait encore. « Qu’as-tu fait de Mathias, Ian Calloway ? Où l’as-tu mis ? » Elle ne perdra plus de temps, sortant sèchement sa lame du bras sanglotant ses premières larmes, ses opales s’étirant vers la chair agressée, la plaie laissant venir une faim purement tirée de la gourmandise, l’évidence de l’ivoire acérée ne tardant pas à s’étendre de sous l’ourlet tentateur de sa lèvre supérieure lorsqu’elle s’agite, se redresse, relâchant violemment son visage pour trouver son poignet, l’enserrer sans oser jouer de son don capable de le faire pourrir et lui arrachant sèchement ses clés sans jamais détourner le regard de son visage qu’elle trouve de plus en plus hideux, masculinité méprisée, qui ne peut qu’avilir son âme. Pauvre pécheur perdu sur un chemin où il pense semé la bienveillance en faisant couler le sang. Sa silhouette de femme dégingandée aux formes timides s’élève à peine, se repoussant de cette intimité volage et mystique, sa tête frôlant presque le plafond de toile de la voiture, le fixant dans un silence étrange où elle ne perçoit que les mouvements intérieurs de son cœur battant, un corps vivant, un corps dont la poitrine expire et inspire, un mouvement oublié depuis trop longtemps. De sa lame souillée, elle caresse le torse mouvant, hypnotisé par la vie qui vibre dans cette cage de chaleur « Voilà longtemps que je n’avais pas vu quelqu’un respirer de si près …» Un murmure abandonné à elle-même, se confiant ses propres secrets en se fichant de qui se tient devant elle, manquant d’esquisser un sourire plein d’une mélancolie n’ayant jamais vraiment quittée son corps mais le regard s’assombrit, les paupières s’abaissent à peine avant que d’un battement de cils blonds, elle ne vrille, repliant son bras armé pour que son coude vienne percuter le nez du médecin. « Parle ! »

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En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
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✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon EossTie There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon ENSBj8G There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon DQLsZnr

"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
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✞ I AM A GOD ✞

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"That's our cosa nostra."

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Célébrité : Thomas Kretschmann.
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Sam 12 Déc - 2:40 (#)


It's a Madhouse, Doctor. What did you expect?
Sous l’effet de la panique, il en oublie toutes les leçons du père.
Les leçons du Père.
Pris au dépourvu, médecin surpris peinant à laisser la place aux pleins réflexes du chasseur, il se démène, cherchant à tâtons, dans un affolement grandissant, à déceler du bout de ses phalanges le contour d’un canon, le métal glacé d’une crosse, le poids caractéristique d’une arme capable de lui sauver la mise. Il oublie la voix calme de Calloway senior, incitant au contrôle, au retrait à l’intérieur de soi. Il n’y a plus que le souffle étranglé, la poitrine morcelée par l’angoisse de se savoir prisonnier de la même cage qu’un fauve affamé, capable de tout. Jamais on ne lui ferait dire, alors, qu’il se trouve en compagnie d’une créature ayant été humaine, autrefois. Il regrette, de s’être endormi en croyant avoir dissimulé sous le tapis ses secrets pour de bon, de penser n’avoir plus rien à craindre des instances l’ayant, un jour, gouverné. Il regrette d’avoir cru en un possible temps mort. Il n’aurait pu se tromper davantage, se rappelant que lorsque le monde « normal » ne lui tient pas la jambe, alors les monstres surnaturels se rappellent à son bon souvenir, venant chatouiller scrupules, mauvaise conscience et instincts de survie sans crier gare. Il s’arc-boute, tire sur ses reins, se casse en deux, s'étirant de toute sa taille pour espérer étendre son bras et sa main au plus loin. Le hurlement de la maudite lui déchire les oreilles, lui évoquant les cris des harpies de l’Antiquité, des Charybde et Scylla, de toutes les aberrations, abominations ayant un jour, peut-être, foulé tous les sols du monde. Elle hurle, hurle encore, attisant le stress comme on soufflerait sur des braises rougeoyantes. Il sait que lorsqu’elle cessera de crier, alors, il dégustera. Il compte les secondes. Pour lui résister, il doit en appeler à la force qui l’a toujours protégé mais qui, pour l’heure, reste aux abonnées absentes. Il n’a pas le courage, le cran, la possibilité de faire appel à Elle maintenant, à cette Foi l’ayant empêché de trouver un trépas prématuré. L’épouvante efface tout, sa gorge s’étrécit, et la masse spongieuse d’un cerveau compressé par un crâne en proie à l’affolement le plus bestial ne parvient pas à atteindre ce palier de convictions supérieures, ne peut s’élever vers des cieux plus cléments, dressant aussitôt une barrière entre elle et lui.

La Foi ne peut t’éclairer sans que tu ne la guides, toi-même, de ta lumière.
La Foi ne peut raisonner si tu ne l’aides, toi-même, de ta logique.
La Foi ne peut te défendre si tu n’attaques, toi-même, les démons qui t’assaillent.


Le crédo a beau se répéter inlassablement derrière son front plissé par la concentration et la peine, les mots glissent comme autant d’accroches gluantes, sur lesquelles son esprit ne parvient pas à fixer un cap. Tout lui échappe. Le crédo est en train de le lâcher, exactement comme il lâche lui-même tous les filins, grappins et autres mousquetons le maintenant solidement rivés à la paroi qui le voit maintenant dévisser. Il va tomber, un grand plongeon dans le vide, sans chapitre suivant. Et pour cause. Il y a un vampire dans sa bagnole. Le début d’un mauvais film d’horreur, d’un slasher pourri, la présentation d’un héros en carton.

Voilà qu’on le tire, qu’il se voit ramené au présent, sur son siège, obligé d’affronter les traits rendus immondes, déformés par la douleur, de la créature trahie par sa propre assurance. Si proche, il s’attend à voir les mèches de ses cheveux au blond étrange se dresser comme autant de têtes vipérines, à la fois Méduse et Hydre prête à frapper, et dont il aurait beau jeu de trancher les faces ne cessant de revenir le tourmenter, toujours plus nombreuses. Il envisage un instant d’actionner la poignée pour trouver une échappatoire, une porte de sortie désespérée, mais il est trop tard. Juron qu’il ne comprend guère et lame tailladant la chair : c’est à lui de pousser un cri, d’éructer, le sang fouetté par la douleur qui lui fait voir quelques chandelles, liseré sombre perturbant sa vue, menaçant de le rendre plus démuni encore. Il se rejette sur le dossier, la nuque arquée, pour mieux la voir avec horreur grimper sur lui, escalader ses cuisses pour le coincer de son maigre poids. Elle est si longiligne, toute féline, et pour un peu : il la croirait famélique ou anémique, comme s’il pouvait exister chez les Antiques de son genre des personnages plus faiblards, en apparence, mais guère dénués de leur puissance familière. L’entendre prononcer son nom et son prénom l’écorche davantage, lui qui n’a pas l’honneur de connaître l’identité de l’éternelle. Elle en salit les consonances, et il se recule encore autant que possible, s’en blessant la nuque, tandis que sous le tissu d’une chemise désormais fichue et souillée, le sang s’écoule. Il tente de lui échapper comme s’il redoutait de sentir dans son haleine la pourriture, un parfum de nécrose venant du macchabée dont il ne sent rien vibrer d’autre que la hargne carnassière. Aucune veine ni artère battante, pas de battement de cœur ni de pouls à prendre. Rien de vivant à quoi se raccrocher. Il n’y a que lui, centre chaud dans l’habitacle, de cet espace ridiculement réduit, et définitivement trop étroit pour eux deux. Deux chasseurs ne peuvent partager un même territoire. Elle enfonce ses phalanges, griffe sa joue, lui donne envie de la mordre lui-même en retour, d’enfoncer ses canines profondément pour marquer cette chair qu’il imagine flasque, plastique, sans parfum autre qu’un vague relent nauséabond et passé de date. Il parvient même à se figurer d'un goût fantasque, légèrement acide, fongique, du derme moisissant depuis Dieu sait quand, écumant nuit après nuit les chemins invisibles, saignant les habitants de cette terre qui la voit réduite à l’état de parasite. Il lui vomirait dessus, s’il cédait à cette étrange pulsion, tant l’écoeurement le prend, et que ses tripes se tordent. Soudain, au gré de ses menaces, une décharge électrique pareille à un tison brûlant qu’on lui plaquerait directement contre l’os le fait se cabrer et pousser une gueulante de plus, sous le choc de ce qu’elle s’amuse à triturer : les nerfs littéralement à vif. Il halète, voit rouge, se tord tout en essayant de ne pas faire son jeu, de ne pas permettre à la lame de s’enfoncer aussi loin qu’elle le voudrait. Lorsqu’elle s’arrête, il aspire l’air comme un damné, retombe au creux du cuir crissant, s’accrochant au souvenir du propre revers encaissé par son ennemie pour ne pas sombrer, pour rester là, presque aidé par elle en appui sur ses jambes, dans une posture à l’intimité repoussante. Un coup de plus, et le sang gicle cette fois de ses narines. Alors, son souffle se fait bien plus dangereux, un avertissement qu’elle aurait tort de prendre à la légère. Il a clôt ses paupières quelques secondes seulement, et lorsqu’il l’affronte de nouveau, taureau furieux prêt à encorner l’imprudente, alors la flamme qui bouillonne dans les flots du regard meurtrier ne vacille pas, elle.

« Salope… »

C’est tout ce qu’il peut d’abord lui cracher au visage. Avant qu’un sourire, un peu dément bien que parfaitement assumé, ne vienne blesser un peu plus ses commissures. Mathias. C’était donc ça. Six mois maintenant qu’il a rejoint les limbes ou les Enfers, et son fantôme le poursuit toujours. Comme Carl, cette goule s’avère tenace, se raccrochant à leur plan d’existence qui, pourtant, n’avait jamais eu grand-chose de bien à leur offrir. À l’un comme à l’autre. Alors, puisqu’il ne peut pour l’heure rien faire d’autre que répondre à ses questions le temps de retrouver un semblant de flegme et la chance de la voir reculer, il se contente d’arquer un sourcil, de faire traîner, de jouer la montre. Mathias ? Connais pas. « Où je l’ai mis… ? » Ses lèvres se retroussent, dévoilant sa dentition de nouveau prête à lui arracher la gorge, tandis qu’il articule avec une délectation sans pareille. « Je l’ai foutu là où il appartient, à sa place. J’ai foutu ses cendres dans l’acide, je les ai regardées se dissoudre et j’les ai balancées dans les chiottes. Ça te va comme réponse… ? » Un rire qui lui fait mal, secouant son membre blessé, ajoute un peu d’irréel dans ce tableau surprenant. « Qui tu es, toi ? Son amie ? Sa « femme » ? La créature qu’il a fait naître ? »

Il espère qu’elle tenait à lui.
Il espère qu’elle souffre de le chercher en vain, depuis des lustres.
Il espère lire la stupeur, mélange de deuil, d’effroi et de rage, sur ses traits de porcelaine comme prête à se briser.

« Si tu sais qui je suis… alors tu sais que c’est sans espoir pour toi. » Il grimace, agité d’un spasme dû au calvaire qu’il endure. « Si tu connais mon nom… tu connais… les autres. Si tu me tues, maintenant… alors tu pourras bien te planquer à l’autre bout du monde, Blondie… J’en connais quelques-uns qui se feront un plaisir de te traquer et de te coller au cul… pour un bon moment. » Retrouver la maîtrise de ses pensées. Surmonter la peur. La laisser le traverser. Sentiment extatique, pour le tueur peu habitué à se laisser tuer. « Toi aussi t’aimerais finir dans les chiottes, c’est ça ? T’aimerais le rejoindre ? On peut t’aider… On peut… te libérer de cette putain de non-vie, y’a qu’à… demander. » Lui, en revanche, il se demande si elle a touché une artère. Il croit que non. Il se serait peut-être déjà évanoui, sous la multiplicité des chocs et la gravité des blessures, si c’était le cas. Il n’ose pas baisser le regard pour vérifier et jauger d’un coup d’œil expert (et il ne veut pas la perdre de vue). Mais l’odeur de brûlé qu’il a bel et bien senti, la marque contre la paume diaphane et la lueur particulière du couteau qu’elle tient l'orientent vers une autre direction. Tenter le diable. « Tu te balades avec de l’argent… ? Au risque de te blesser toi-même. Tu es complètement malade ou complètement… débile… »

Illumination qui caresse ses méninges, l’obligeant à refréner l’expression découlant d’une réflexion peut-être stérile. Il doit la pousser là où il le souhaite. « J’admire ton self-control. » L’hémoglobine dégouline jusqu’à son poignet, qui se voit bientôt goutter et tâcher le tapis de sol. « Sauvage comme t’es… tu dois y tenir à ton Mathias, pour pas déjà… finir de m’arracher le bras. »

Viens. Laisse-toi prendre. Que je te fasse mordre à l’appât. Tu ne seras pas déçue du voyage.
Elle veut quelque chose. Il le lui donnera. Et il se tirera de la merde, une fois de plus, avec ou sans son accord.

Il n’y a cependant plus aucun doute de sérieux, lorsqu’il demande clairement : « Qu’est-ce que tu voulais à Mathias… ? Et qu’est-ce que tu me veux vraiment ? Parce que si tu m’as retrouvé… Alors c'est que tu sais. »
 
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Last man standing

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Mer 30 Juin - 3:29 (#)



There is no God. Not a God who would create the things I saw

@Ian C. Calloway & @Dillon Ó Shaugnessy

◊ ◊ ◊

L’immondice habite le duel qui devient un appel à la soumission de l’humanité à ses pieds, allégorie d’un souhait si profondément ancré en elle, de voir l’Homme tomber à la pointe de ses pieds nus, crapahutant dans leur sang et d’en écraser la carnation d’os, de chairs, de sang, de muscles, de nerfs. Elle pourrait sentir toutes les interstices du corps sous elle, au travers de sa lame, comprendre ce qui définit même la musculature du bras, curieuse comme une scientifique déboussolée, fascinée par les corps plus morts que vivants. Elle qui fait relever les morts, elle qui perçoit en lui le potentiel d’un soldat au-delà de la vie parfait. Son cri la laisse impassible, fixant les traits qui se déforment sous l’exaltation de la douleur qu’elle vient de créer, enfant ne faisant que voir un adulte se débattre contre une pauvre arme. Eux, qui se croient si habiles, tentés par leurs égos leur laissant croire qu’ils sont à même d’affronter ce qui dépassent leur imaginaire. S’ils savaient. Si, lui, savait. Dans les ondes d’une nuit pourfendue par leur haine commune, la lame luit du sang d’un énième chasseur pris dans les filets d’une proie qu’il aurait tué sans ciller.

Promis, je te tuerai plus tard.
Promis, je te buterai comme le premier porc pris entre mes cuisses,
Toi, fils d’Ogme, je prendrai ton sang pour en boire jusqu’à la dernière goutte,
Que tu sois aussi blanc et lessivé qu’un cadavre qui ne fera que retourner à sa nature propre.
De la nécrose à la poussière d’os.


Le cri s’est tue, comme aspiré par le néant de sa gorge plus large que la sienne. Elle la mire, se demandant ce que cela ferait de la détenir dans sa seule paume, manquant d’en observer celle qui demeure libre et aux ongles nacrés, le dos de la main plus blanc que jamais, comme épousé par les lueurs de la lune, ne rougissant plus, ne laissant que les sillons bleus sous la peau qui ondulent sous les moindres mouvements arachnéens. Ses pupilles affrontent la trogne qui semble être similaire à la sienne lorsque la Bête aimerait se montrer, les Frénésies pas si loin d’elle, frôlant sa psyché délicate comme un tissus de dentelle près à se déchirer à la moindre contrariété venteuse. L’Éternelle sourcille, incline à peine la tête dans un murmure de cuir et de cheveux s’effilant sur son épaule, observant cette partie de lui qu’elle ne s’attendait pas à se voir dévoilée dans l’obscurité à peine traversée d’un filet lumineux créé par les réverbères, titans de fers qui les surplombent, par le hall de l’hôpital pas si loin de là qui demeure grisonnant et jaunâtre dans sa lumière de plastique. Et alors, Ian Calloway parvient à revenir à la surface, ayant réussi à combattre sa Bête lui semble-t-il pendant une poignée sableuse de secondes, plantant ses orbes dans les siennes pour délivrer sa voix grésillante d’une virilité écœurante. L’insulte ne la fait qu’à peine sourciller, la vulgarité des animaux qui se pensent plus humains qu’eux ne l’étonnant plus et vêtue de tout son noir, au-delà du liseré presque blancs des mèches qui retombent sur ses yeux pâles, les ondulations blondes suintant comme une vague opaline sur son dos, elle se recule et l’observe, laissant l’idiotie de la colère se libérer tout près de son visage, leurs voix se répercutant étrangement dans cet habitacle moderne qu’elle n’a appris à utiliser qu’il y a récemment, ayant refusé de se faire conduire encore et encore, réclamant l’autonomie comme une adolescente pestant son caprice devant les yeux mornes de Kaleb. « Charmant. » Mépris non dissimulé, elle patiente, obtiendra ses réponses qu’il le veuille ou non, il vomira la vérité s’il le faut.

J’ai l’Éternité devant moi, Ian Calloway,
J’ai tout mon temps,
Et le Très-Haut sait qu’il se fait si long, pour moi, à présent.


Et le prénom esquissé hors de sa gorge à elle, plus fine et facilement cassable sous la poigne de l’homme, elle n’en doute pas, peint une expression qui lui déplait. Il sourit. Il ose sourire. Ses propres traits tremblent comme si le marbre voulait offrir une émotion agressive et rougeoyante. « Qu’est-ce qui te fait sourire, pauvre idiot ? » Et sa question se voit poursuivie par une autre, la laissant se reculer davantage, lentement, ses muscles se relâchant lentement sous sa tenue d’ombres avant qu’elle ne puisse plus rien cacher du trouble qui l’habite, imaginant Mathias terminé ainsi, sans elle, sans qu’elle ne puisse assister à ce spectacle, sans qu’elle n’ait pu en être l’auteur. Les yeux s’écarquillent, abaissés sans le vouloir dans le vide, abaissant complètement son bras à la paume blessée par l’argent. « Si cela me va… ? » La voix se fait presque lointaine, provenant des limbes où dansent les feux follets, où hurlent toutes les âmes que l’on n’entend plus. Et l’esquisse d’un sourire tristement lunaire se dessine sur les lèvres roses « Que tu es loin de la vérité, chasseur. Je préférais lorsque tu grognais comme un sauvage. » Dans un mouvement qui rappel toujours qu’elle n’est plus de ce monde, elle redresse la tête, ses cils blancs ourlant ses prunelles délavées, couleur d’une aube se réverbérant dans un lac chantant et elle le fixe longuement, refusant de lui faire l’offrande d’une réponse. Pas maintenant. Pas tout de suite.

Elle se fera patiente ce soir. Elle se fera souple, malléable. Qu’à son tour, il parvienne jusqu’à elle, souffre, marmonne encore ces insultes qui n’ont plus d’âge.

Et elle n’espère plus grand chose alors, espère qu’il se taira, fermant un instant les yeux en se laissant emplir l’esprit par ses palabres qui n’en finissent plus avant qu’un rire ne plane dans l’habitacle de fer, qu’elle ne se moque de son indécence, de son arrogance. Remonte la tonalité d’une joie inquiétante du ventre creux à sa poitrine bien timide pour s’expirer hors de ses lèvres, offrant la menace de ses crocs délivrés de la chair de ses gencives, secouant vivement la tête, se penchant vers lui, mouvement fluide et déséquilibrant la vision purement humaine dans un flou qui amène brutalement sa main libre au-dessus du visage qui saigne à cause de son coude à la pointe acéré, n’ayant qu’à peine maîtrisé sa force. Le nez pleure et elle en recueille les larmes, observant le fluide qui semble si sombre dans la pénombre qui leur retombe dessus, leurs visages se retrouvant à nouveau dans l’alcôve d’une intimité dérangeante, l’index taché de vermeille vient alors se déposer sur la langue, les lèvres se refermant devant lui en un bruit de succion faussement provocateur, la rouille s’écoulant à peine dans une déglutition discrète. Claquement de langue contre le palais alors que son attention fichée dans ses yeux, elle fait mine de goûter le plus fin des millésimes. « Tu as bon goût… pour un homme qui ne semble pas avoir peur de regarder la Mort en face. » Une pause. « Crois-tu que je ne sais pas ce qui est arrivé à ton ami ? Crois-tu que je ne sais pas d’où tu proviens ? Voilà de longues semaines que je t'observe et apprends à te connaître, Ian le piètre chasseur. » Les lèvres se tordent pour déclamer son insulte, l’indécence de son dédain soufflé dans un soupir de rouille contre sa bouche. Et tandis qu’elle poursuit sa diatribe, un mouchoir blanc brodé d’initiales qui ne peuvent plus avoir de sens pour elle se déploie hors de sa poche pour gommer le sang qui s’écoule du nez, le pinçant à peine assez fort pour l’entendre gémir de douleur. « Nova. » souffle-t-elle sans crier gare et sans fil rouge dans le silence où la chair pleure et brûle. Le sourire qui s’esquisse semble celui d’une enfant certaine d’avoir usé du bon mot pour déclencher un orage chez un adulte inconstant. « Nova, je l’ai vu. Et sais-tu alors ce que je lui ferai si je me penche un peu trop sur son cas ? »

Le temps est pris pour poursuivre un faux soin bienveillant pour laisser la légère rivière imbibé son mouchoir finalement roulé en boule entre ses fines phalanges pour se pencher vers son oreille, singeant le dessin d’un couple flirtant dans une bagnole sur un parking faisant face à une clinique psychiatrique qui empeste la mort et la maladie. « Je raserai sa tête, je laisserai tomber ses longs cheveux bruns sur le sol, j’en ferai une jolie poupée toute fraîche pendant qu’elle pleurera, encore et encore. Je la laisserai sangloter longtemps dans le froid en la laissant dans les plus hideux haillons qu’elle aura, peut-être la laisserai-je baigner à son tour dans l’acide, Ian… Qu’en dis-tu ? Je la laverai du péché d’avoir un jour été de ton sang. » Un battement de paupières et il ne pourra percevoir l’expression presque humaine et presque empathique qui se sculpte sur son visage pâle « Elle sera libérée de la tristesse que j’ai vu en elle. A cause de toi, peut-être ? De Mathias ? » Sa tête se détourne à peine, la pointe de son nez froid se déposant contre une joue chaude avec un dégoût palpable. « Je sais ce qu’a fait Mathias à ton ami. Je sais dans quel état il l’a laissé, ce pauvre débile. Alors oui, je me demande... Est-ce vraiment moi la plus débile d’entre nous ? »

Alors, dans la caresse de ses mouvements étranges, elle retrouve son faciès, se fichant d’être trop près de lui, soufflant l’aveu « Je devais être celle à qui la mort de Mathias appartiendrait, voilà qui je suis. Tu m’as volé sa mort et pour ça, tu devras payer. Un sacrifice en impose un autre, le sais-tu ? » La tête s’élève vers le noir du ciel au travers de la vitre « L’aube viendra dans quelques heures. Mais je veux que tu me mènes à là où tu l’as laissé mourir. L’as-tu vraiment laissé baigner dans l’acide ? En as-tu fait de même avec ton cher ami ? Connaissant Mathias, il ne devait pas en rester grand-chose. » Sans bouger la tête, ses prunelles rejoignent le coin de ses yeux pour se déposer, menaçantes, vers le visage du chasseur qui empeste la souffrance et le sang, comme une condamnation sourde silencieuse. Plane une odeur qui aurait de quoi la faire saliver, la faire vriller mais elle se retient, le délivre brutalement de ses cuisses pour retomber contre le siège passager, attrapant les clés de la voiture, les posant sur le tableau de bord, détenant le jouet au bruit agaçant et comme un animal le ferait d’un coussin qui couine trop, elle y plante la lame souillée dans un coup de rage avant de sursauter et cesser son acharnement dramatique quand la lame s’est laissée prendre entre deux phalanges, le grésillement de la peau ne la fait même pas ciller, observant la blessure en grimaçant d’une douleur qu’elle ne peut cacher.

Dans un mouvement presque princier, elle lui tend tout de même les clés, fixant un point devant elle, le tableau de bord troué par sa brutale furie. « Tu as deux choix, tu m’y emmènes maintenant ou nous nous donnons rendez-vous pour que tu me mènes là-bas. Et débarrasse toi de tes gadgets de James Bond. C’est ridicule. » La voix au timbre glacée ne laisse aucune place au rire alors qu’elle se détourne vers lui, tendant sa main pour encercler un poignet où combat un pouls chantant sa propre symphonie frénétique, l’hypnotisant un bref instant avant d’y déposer le mouchoir, un doux sourire revenant illuminer sa trogne de louve au pelage albinos, le fixant un instant « Si tu ne le fais pas, Nova en paiera le prix. Tu m’as volé une chasse, offre moi en une. Tu ne sais pas… » Elle secoue la tête, cille, presque humaine pendant un bref instant « Tu ignores vraiment tout le malheur que tu as déclenché en le tuant, Ian Clayton Calloway. » Et elle n’a jamais été plus sérieuse que jusqu’alors, se figeant un instant avant de hausser un sourcil, insistant dans ce silence, les clés oscillant toujours au bout de son index, le jouet perforé comme elle aurait aimé le faire avec son cœur, l’argent se laissant prendre par la luciférienne lueur des lampadaires au-dehors où la nuit semble s’être tue pour laisser à ces deux êtres le temps de peser le pour et le contre d’un immonde contrat. D’un jeu sordide.

Jouons,
Tuons,
Oublions.

Nous savons bien le faire toi et moi,
N’est-ce pas ?

(c) oxymort | bandit rouge

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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
Ian C. Calloway
Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon Cel2Mn1 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon SxWuaE6 There is no God. Not a God who would create the things I saw • Dillon PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

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"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
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✞ I AM A GOD ✞

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"That's our cosa nostra."

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Pseudo : Nero
Célébrité : Thomas Kretschmann.
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Mar 14 Déc - 23:02 (#)


It's a Madhouse, Doctor. What did you expect?
Elle n’est pas une vampire comme les autres.
C’est le seul espoir qu’il lui reste, maintenant.
Étrangement armée, bizarrement imprudente, et surtout rivée à ses lèvres, aux réponses qu’elle est venue exiger, une croyance enfle en lui.
Elle est peut-être plus faible que les autres. Plus bête. Plus… fragile. Les traits de la femme défunte et ramenée à la vie semblent si prompts à muer, à muter, à peindre les mêmes expressions que celles des mortels qu’elle brutalise. Il y a une curieuse et dérangeante pointe d’enfance dans cette moue boudeuse, surprise, outrée. C’est la dernière chose à laquelle il peut se raccrocher. Si l’argent ne la tue pas, s’il reste démuni, si la Foi ne le débarrasse pas de la Caïnite, il y a peut-être un autre terrain sur lequel jouer, à présent. Carl y aurait songé. Carl avait toujours aimé jouer sur l’aspect psychologique. Compensant ses lacunes, son manque de pratique, sa condition physique aléatoire, c’était là son atout le plus impressionnant. Il savait comment pensaient leurs proies. Il parvenait à élaborer des scénarios audacieux, permettant au groupe d’élaborer de savantes techniques de chasse, mêlant les rituels de leurs ancêtres aux expérimentations plus modernes. Il avait aimé cette époque. De leurs trophées, alors, ils n’en avaient été que plus fiers.

Et toi, Pâlotte, figureras-tu bientôt parmi les autres ?
Pétri par la douleur physique, par la peur et par la colère, il en rêve avec une délectation qu’il lui afficherait bien en une énième provocation. Il préfère cependant rester concentré, tout entier focalisé sur chaque seconde qui passe, qui défile, qui remet sa vie en jeu comme une roulette russe sans fin ; le barillet n’en finit pas de tourner en un cliquetis insupportable, tendu, jusqu’à ce que la dernière balle ne se fige dans son écrin de métal.

Alea jacta est.

Il l’a troublée.
Il le sent.
Elle ne feint pas cet air déstabilisé qu’il a vu passer fugacement sur son visage. Il perçoit le tremblement qui agite les cuisses du fauve, se répercutant irrémédiablement sur les siennes. Ce contact prolongé le dégoûte et avive une panique récurrente, tel un arachnophobe devant les yeux duquel on agiterait une tarentule gigantesque. Il doit rester maître de lui, serrer les dents, ne pas s’inquiéter du sang qui s’écoule, de la tentation qu’il représente pour l’Immortelle. Il a déjà été mordu, deux fois. Toujours sauvé par sa piété, par les siens, il se rappelle encore de la texture glacée et impitoyable des crocs enfoncés dans sa chair. Il l’encaissera encore, s’il le faut. Si cela lui permet, au bout, de l’abattre comme on extrait le venin d’une plaie, comme l’on tire dans la tête d’un chien enragé.
Il veut qu’elle réagisse. Même si cela doit le terroriser, même s’il doit affronter ses yeux vides de fantôme. Ils se battent tous les deux sur une corde raide tendue au-dessus d’un ravin. Ce sera au premier qui perdra prise, qui basculera dans le vide. Leur endurance, leur force, leur nature, ne seront pas les seuls facteurs en jeu. Il suffit d’une bourrasque. D’un problème technique. Du chanvre trop glissant. D’une cheville qui se dérobe. Et alors qu’un silence de mauvais augure se répand brièvement dans l’habitacle, ce sont les reliques de sa Foi qu’il convoque, multipliant les prières qu’il ne balbutie pas pour se reprendre, se prémunir des prochaines attaques de la Vicieuse. La tâche est rude. Celle qui lui fait face a beau dénoter des monstres qu’il a croisés avant elle, son rire, ses canines apparentes et sa supériorité temporaire en font une adversaire redoutable. Il doit puiser loin, très loin en lui, pour ne pas céder à l’affolement.

Elle se penche subitement, et malgré son mouvement de recul, voilà qu’elle recueille sans mal quelques gouttes de sang sur la pointe d’un doigt de sorcière d’un autre âge. Écoeuré, il la regarde le porter à sa bouche, en tester la saveur. Le spectacle est si perturbant qu’il invoque le souvenir de ses frères, de son père. Le sacrilège qu’elle opère, ce viol d’un sang récolté contre son gré, sont autant de pierres qui émailleront sa rancœur, son désir de venger l’audace imbécile de la créature. Celle-ci s’amuse à torturer le cartilage abîmé, et il gronde d’une douleur sourde, borborygme et souffrance rapidement étouffés par la mention de sa nièce. La lueur d’alerte qui s’allume dans ses prunelles, il n’aurait pu la dissimuler à quiconque. L’urgence. La trouille.

La menace qui s’écoule.
L’horreur qui s’esquisse.  
Les insultes qui pleuvent.

Il a fermé les yeux.
Pour ne plus la voir.
Pour espérer ne plus l’entendre.
Il s’oblige à repousser les images qu’elle souhaite graver derrière sa rétine. Il tressaille, désormais. Une révolte plus dangereuse que l’argent bout dans ses veines, qu’elle aura tort de sous-estimer, se jure-t-il. Parce qu’elle n’a pas le droit. Ni de menacer la chair de sa chair, ni d’insulter la mémoire d’un mort.

Elle s’échappe. Le relâche. Seulement alors, il retrouve la vue, fixant sans le voir le paysage de la nuit décharnée, depuis l’autre côté du pare-brise. Il comprend avec un temps de retard qu’elle a brisé le dispositif d’ultrasons. Il n’a rien fait pour l’en empêcher. Là n’est pas la question. Là n’est plus la question.
Les clefs tintent.
Il ne fait rien pour les récupérer.

Le sang qui coule le dérange.
Imaginer Nova tuée par Elle le dérange.
Partager la même atmosphère qu’elle le dérange.

Lorsqu’il parle de nouveau, sa voix est devenue blanche.

« Tu es définitivement… l’immortelle la plus abrutie que j’aie pu croiser en trente ans de chasse. » Un sourire de fou. De dément, lorsqu’il se tourne vers elle. « La nuit vient peut-être de tomber, mais il faut une vingtaine d’heures pour remonter jusqu’à Baltimore. Alors si tu crois que je vais te conduire là-bas, comme ça, maintenant, c’est que t’es encore plus conne que ce que j’imaginais. Pouvoir bouffer les gens, ça fait pas tout, je crois. Les neurones ont dû griller avec le reste. » Le sourire s’est éteint. « Crois-moi. Rien me ferait plus plaisir que de conduire. De partir maintenant, et de rouler jusqu’à ce que le soleil se lève. Jusqu’à ce que je puisse te regarder cramer, même si j’devais crever en même temps. J’adorerais. Mais avec ce que tu viens de me faire, y’a pas moyen que j’décarre d’ici sans ma nièce et avec toi sur le siège passager. Pas moyen du tout. »

Il lui arrache les clefs en un geste brusque, mais précis. « Pourquoi vouloir aller là-bas ? A part une fascination morbide, tu n’obtiendras rien. Tout a été nettoyé il y a des mois, de ça. Alors à quoi bon ? C’est quoi l’idée, derrière ça ? » Il esquive toute allusion à Carl. Carl n’est pas à livrer en pâture au moindre échange avec elle. Carl ne sera pas abordé. Elle pourra le titiller, l’attaquer, chercher à le blesser au-delà du supportable, il ne lâchera rien. Il n’envoie pas chier Sasha sur le sujet pour se laisser atteindre par une Longue-Vie dans son genre. « Le problème, tu vois… C’est qu’tu te gourres sur tous les plans. Si t’étais aussi bien renseignée, tu saurais que c’est pas forcément ceux qui butent les tiens, qui nettoient et planquent les restes derrière. Tu piges ? J’en ai… foutrement aucune idée, d’où ton p’tit copain a terminé sa super carrière d’égorgeur. J’ai aucun moyen d’le savoir. Et j’m’en balance. C’est là toute la beauté de nos réseaux, chérie. » La gouaille née de l’expérience, d’une folie, d’une tension qui lui broie les articulations, des frissons de froid issus de la plaie ouverte, de son nez douloureux. Elle ne peut pas atteindre Nova. L’appartement est sécurisé. À l’instant T, c’est bien tout ce qui lui importe. Il sait que la jeune fille ne rouvrira plus jamais à quelqu’un qu’elle ne connaît pas.

La leçon a été apprise, et retenue.
Il s’en est assuré.

« Je paierai la dette autrement, si tu y tiens. Mais pour Mathias, j’vais pas pleurer pour ta vendetta personnelle. Si quelqu’un devait buter ce connard, c’est moi. Il est entré chez moi. Il a souillé… » Il n’achève pas. Sa mâchoire s’est raidie. « Tu devrais plutôt me remercier. J’t’ai épargné de te salir les mains. Je ne sais pas ce qu’il a pu faire pour mériter ta haine, mais au moins j’nous ai débarrassé tous les deux de ce fils de pute. C’est pas tout ce qui importe ? »

Ses mains se crispent sur le dentelé des clefs qui s’enfonce dans sa chair. Il ne sent pas le mal que provoquent les arêtes, vampirisé par d’autres sources de préoccupations. Le sérieux qui le prend lorsqu’il la vrille de ses orbes furieux respire le serment inviolable. « Si tu t’en prends à l’une des nôtres, immortelle ou non, ta vie est terminée. Tu seras traquée jusqu’à l’autre bout du monde. Tous les groupes de chasseurs connaîtront ton nom, ton apparence. Tu n’auras même pas la chance d’être butée rapidement. Nous aussi, on a de l’imagination. Nous aussi, on sait comment vous faire hurler. Alors tu ne la toucheras pas. Tu ne l’approcheras pas. Tu signeras ton arrêt de mort, autrement. Le vrai, hein. Le définitif. Pas de porte de sortie, cette fois. Et ça m’gênera pas davantage que d’voir un chaton galeux noyé dans un seau d’eau froide. »

Il enfonce la clef correspondante dans l’entaille. Fait vrombir le moteur. Le simple fait de bouger les bras, les cuisses, tiraille et provoque une sourde lassitude, en lui. « Dégage de ma caisse. Reviens quand tu t’seras calmée, quand t’auras une proposition honnête à m’faire. Mais pour ce soir, j’crois qu’on va s’arrêter là. »
 
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Last man standing

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Lun 18 Avr - 14:40 (#)



There is no God. Not a God who would create the things I saw

@Ian C. Calloway & @Dillon Ó Shaugnessy

◊ ◊ ◊

L’ire de la nuit s’étire en diapason noirâtre au-dessus de leurs têtes quand la guerre fait rage dans l’habitacle. Dérobée à son corps, elle écoute le dialecte saupoudré de rage qui se dissémine entre eux. Qu’il l’injure. La méprise. Rien ne pourra écraser ses pulsions de vengeance battant comme un lourd tambour en elle, sonnant le cor d’une bataille où elle refusera la défaite. Mathias était celui qui aurait dû mourir de sa main, comme bien d’autres à présent. Il ignore que de ces mots, il tisse d’autres idées en elle, qu’il s’offre comme un appât au bout d’une corde dont elle tiendra fermement la laisse autant qu’il le faudra. Sa main fourmille de se fermer en poing pour la lui renvoyer à nouveau en plein faciès mais elle se fait sage, le regard fixé devant elle, n’haussant qu’un sourcil à ses mots qui menacent comme une lame traçant son chemin sur son cou gracile en promesses d’un funeste destin. Elle brûlera un jour mais pas de sa main. Elle mourra un jour mais pas de son fait. Qu’il patiente encore un peu car sa fin, si elle est proche, n’est pas pour maintenant. La fille Ó Shaugnessy a toujours su qu’alors, un soir ou dans l’aube, elle soufflerait le dernier éclat d’un soupir, que son immortalité avait une date de péremption dont elle ne connait ni l’heure ni la date, ni même qui sera l’auteur de sa perte. Ian Calloway n’en sera pas le grand auteur qui pourra conter l’histoire de la fin d’une Longue-Vie comme elle, condamnée par sa folie, par son impulsivité, par sa défiance envers les sacro-saints de l’Essaim mais aussi envers les affiliés du Chaos qui n’ont pas l’air de lui faire davantage confiance.

L’ignominie se déclame en paroles brûlantes et ferreuses, sa nièce nommée faisant se déporter son regard sur lui, promesse d’une chasse sans fin tournée vers elle qui parvient à la faire sourire comme une sale gosse se jouant d’un adulte énervé. « Bien sûr, Ian. Je compte sur vous pour me chasser jusqu’à l’autre bout du monde s’il le faut. Votre réputation vous précède, vous, ô grands chasseurs. » Le timbre empeste l’ironie mais elle ne lui fera pas le plaisir de trembler face à lui, d’avoir peur de quiconque. Elle ne se laissera jamais prendre par la terreur qui n’a jamais été un sentiment dont elle s’est sentie un jour habité, si ce n’est devant Aliénor dont le soufflet trace encore sa brûlure sur son faciès. Il veut mettre fin à cette entrevue et elle n’en est que plus d’accord, ne voyant aucune échappatoire dans laquelle se faufiler. Elle avait pensé à la longue route qui les attendrait, penser au fait qu’il refuserait et s’était préparée à courber l’échine. La fierté n’est pas si grosse et elle détourne lentement la tête pour déposer l’iris moirée d’un bleu azur sur le bloc de béton face à eux, aux yeux entrouvertes sur les lueurs des chambres où certains patients ne dorment pas encore. « Tu as raison. Nous devrions nous revoir plus tard. » murmuré comme le psaume d’une promesse sibylline d’une voix où l’accent irlandais chante toujours.

La portière s’entrouvre tandis qu’elle dépose un pied à terre, s’arrêtant un instant, détournant son regard vers lui entre les mèches clairs qui parsèment son visage « Je ne t’oublierai pas, Ian Calloway. Et je sais que toi non plus. Pense à Nova. » Et un sourire malsain s’esquisse tandis qu’elle sort enfin, faisant mine de s’éloigner. Face à la portière qu’elle claque doucement, elle sert le poing, s’abîme dans la pénombre d’une haine et d’une frustration flagrante. Les phalanges se resserrent peu à peu, les ongles mordant la paume avant qu’elle n’élève le poing pour l’enfoncer sèchement dans le verre d’une vitre dans un fracas assourdissant. Les cristaux s’enfoncent dans la main qui semble si fragile aux phalanges arachnéennes et sanglantes qu’elle dépose sur le rebord de la fenêtre, se penchant lentement pour le mirer au travers de la vitre qui vient d’éclater, déposant ses morceaux dangereusement incisifs sur le siège où elle était assise, s’abaissant pour le regarder bien en face, s’assurant qu’il n’oublie jamais son visage. « Je te retrouverai. J’ai une mission pour toi de la plus haute importance mais notre entrevue se termine ici, à ta demande. Je t’écoute pour ce soir mais ne croit pas m’avoir enchaîné à tes ordres, l’humain. Tu ne sais vraiment pas à qui tu as affaire si tu me prends pour la plus abrutie des immortelles. Fais l’erreur de me trouver idiote, tu as raison. » Sourire carnassier d’une louve au pelage blanchâtre se dessine au fusain sur ses lèvres en bouton de rose avant qu’elle ne se recule, délaissant la trace sanguinolente de sa main blessée sur le rebord de la fenêtre en caresse purpurine avant de se laisser attraper par la nuit, se dérobant à sa vue, disparaissant comme un spectre venu le hanter pour quelques secondes seulement.

(c) oxymort | bandit rouge

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