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May the Odds [Eoghan & Victoria]

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Anonymous
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Sam 30 Mai - 1:53 (#)


May the Odds

« Fais demi-tour. »
La voix dans sa tête avait murmuré ça tout le trajet. Mais maintenant elle hurlait presque, et il était difficile pour Victoria de l’ignorer. Pourtant, elle y arrivait, poings serrés, gorge nouée. Il était trop tard pour faire demi-tour, maintenant. Et pas seulement ce trajet. Tout le reste, aussi. Trop tard pour oublier ce qu’elle avait entendu. Trop tard pour ignorer les pensées et questions qui l’assaillaient depuis des jours. Trop tard pour retrouver la foi qu’elle croyait inébranlable.
Alors elle s’approcha d’un pas rapide de la boutique où Eoghan était censé se trouver. Elle marchait vite, comme si arriver plus vite à la porte l’empêcherait de se décomposer avant sa destination. Une fois arrivée devant, elle frappa. La porte était fermée, mais elle voyait Eoghan à l’intérieur, et il la verrait aussi. Elle n’en menait pas large, avec son épaule en écharpe, l’ecchymose qui s’effaçait à peine sur sa joue et l’attelle à sa cheville visible sous son jean. La fameuse nuit d’Apocalypse qu’avait connu Shreveport, celle dont tout le monde parlait encore, n’avait pas épargnée la jeune arcaniste. Ses nuits étaient encore hantées par l’homme du monte-charge, la créature qui en avait émergé, les tentacules qui avaient tenté de pénétrer son intimité. Elle ressentait encore la chute du monte-charge, l’horrible sensation, l’attente de l’atterrissage. L’incantation désespérée. Le choc terrible, mais néanmoins amorti, de son corps une fois que la gravité avait eu fini de faire son boulot. Elle était sortie de l’immeuble et s’était évanouie là. Elle s’était réveillée aux urgences, avec une impression de déjà-vu qui lui avait provoqué des vomissements. Sa survie était un miracle, d’après les médecins ; elle savait ce qui était vraiment arrivé. Et si elle en tirait une certaine fierté, cela n’avait pas empêché une clavicule cassée, une cheville foulée, et une mâchoire brisée. Elle avait arrêté les antidouleurs mais avait encore deux ou trois semaines d’écharpe et devrait ensuite faire de la rééducation. Heureusement pour elle, l’Eglise prenait en charge.

L’Eglise. Ils avaient été bien prompts à blâmer l’Irae. Après tout, ce qui s’était passé ne pouvait qu’être le fruit d’une magie puissante, trop puissante pour une seule personne. Et qui de mieux placé que l’Irae pour répandre le chaos précisément la nuit où l’Eglise faisait un rituel empli de bienveillance ? Victoria avait bien voulu les croire. Tous les apprentis avaient bien voulu croire leurs aînés, et tous avaient blâmé l’Irae. Une preuve de plus que la secte des mages noirs était un danger pour l’ensemble de la population, même alors qu’il n’en restait plus que quelques membres.
« Mais nous sommes plus forts qu’eux, n’en doutez pas. Nous triompherons. »
Le discours d’Uther aurait dû rassurer Victoria. Il avait eu l’effet inverse. L’homme avait un discours qu’elle trouvait trop guerrier. Si prompt à présenter l’Irae comme l’ennemi. L’Eglise comme garante du bien, l’Irae comme figure des ténèbres. Mais elle n’était pas idiote. Naïve, mais pas idiote. Ca ne marchait jamais comme ça.
« Si vraiment les responsables ne font pas partie des tiens, t’aurais pas envie de chercher qui essaie de buter un cercle entier d’arcanistes, à notre époque ? Parce que qui te dit que c'est pas vous, les prochains ? »  
La conversation avec Eoghan, des mois auparavant, avait commencé à lui revenir, de façon insistante. Des apprentis étaient morts. Elle avait failli ne pas survivre. Des humains y étaient passés aussi. Et elle ne pouvait s’empêcher de penser à la quasi-extermination de l’Irae quand elle repensait à cette terrible nuit dans le monte-charge. Et si Eoghan avait raison ? Si une entité essayait d’exterminer les clans arcanistes ?

Alors elle fit ce qu’elle savait faire de mieux. Elle sortit les archives. L’Histoire des clans, des Eveillés. La scission avec l’Irae. Victoria compila les éléments. Elle espérait qu’ils la rassurent, qu’ils lui montrent que ce qu’on lui avait appris était là, dans les faits. Mais au plus elle cherchait, au plus son doute grandissait. La quasi-extermination de l’Irae était peu documentée. Trop peu documentée. Si l’Irae était vraiment derrière les évènements d’Halloween, alors ils avaient tué des humains pour une vengeance. Et la scission entre les deux clans était plus forte que le montraient les archives. Ce n’était plus une scission, mais une guerre, à laquelle Uther semblait donner du crédit. La chronologie montrait que quelque chose avait frappé l’Irae en premier. Et l’Eglise Wiccane ne semblait pas beaucoup s’en inquiéter. Il n’y avait pas eu d’enquête pour trouver qui avait décimé un clan entier d’arcanistes, ou comment. Les arguments d’Eoghan commençaient à apparaitre sous un tout autre jour.
« Mais l’Irae, ça ne te parait pas bizarre, ce qui s’est passé ? C’est inquiétant, non, une attaque si puissante. Si quelqu’un en avait après les arcanistes ? »
Karl l’avait envoyée paitre avec une boutade. L’Irae avait été victime de son karma, rien de plus. A force de pratiquer la magie noire, on noircit son âme.
La réponse ne la satisfaisait pas. Les réponses qu’elle obtenait de son clan ne la satisfaisaient plus. Elle avait besoin de quelqu’un qui ne lui répondait pas en lui déversant l’idéologie Wiccane. Quelqu’un qui ne la prenait pas pour une apprentie naïve et ignorante. Quelqu’un qui lui parlerait sans essayer de lui faire avaler des conneries.

Et, ironiquement, Eoghan lui apparut comme la seule personne capable de ça. Parce que si l’Irae avait réellement déclenché le chaos d’Halloween, et que l’Eglise y répondait par des discours de domination et de victoire, elle ne pouvait pas regarder sans rien faire. Parce que pour la première fois, Victoria doutait d’avoir fait le bon choix. D’être dans le bon camp. Parce que si Eoghan la respectait comme il l’avait dit, il l’écouterait peut-être. Et qu’elle était prête à l’écouter, lui.
Elle frappa doucement à la vitre de la boutique, dans un effort pour capter l’attention d’Eoghan. Lorsque celui-ci vint lui ouvrir la porte, elle inspira un bon coup.
« Tu m’as dit que je saurais où te trouver. Me voilà. Il faut qu’on parle. »
Trop tard pour faire demi-tour, maintenant.

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Ven 26 Juin - 7:35 (#)


Baby, you ain't looking right
2 novembre 2019. 1h40.

« »
« Allô ? »
« »
« Allô, Eoghan ? C’est toi ? »
« »
« Putain mais réponds, qu’est-ce qui s’passe ? Tu m’entends… ? Allô… ? »

Une inspiration brève.
L’impression de partir, de glisser, de crever la bouche entrouverte pour aspirer des goulées d’air désespérément inutiles. La cage thoracique oppressée, comme si ses os cherchaient à le transpercer de l’intérieur, à se refermer sur eux-mêmes. Pour un peu, il pourrait presque les sentir craquer à chaque inspiration malheureuse. Son souffle rauque distillait un semblant de râle qui alerta son interlocuteur, l’incitant à ne pas raccrocher.

« Bordel, gamin parle ! Je… ça a un rapport avec… ? »

Un frémissement dans l’air, dont les tonalités métalliques traversèrent le pays à travers les deux smartphones. De Shreveport à New Orleans. Alan Brunner se redressa dans son lit, faisant grincer les ressorts, et alluma la petite lampe de chevet. Dehors, dans le Quartier français, il pouvait entendre les fêtards que même les premières rumeurs provenant de l’autre côté de l’État n’avaient pas su décourager, prolongeant Halloween de quelques jours, quelques dernières heures de décadence douce. Il frotta ses yeux étirés, aussi clairs que bouffis, avant de laisser sa paume grassouillette crisser contre ses joues bleuies de barbe, rêches et bien rondes. Il resta là un moment, assis sur le matelas sans oser bouger, de peur de provoquer un autre rebond de ressort, et ainsi de ne pouvoir entendre un murmure, un hoquet, quoi que ce fut. Sa gorge nouée, il préférait ne pas ensevelir le jeune homme sous des questions encore prématurées. Tout le monde avait toujours eu tendance à prendre « l’expatrié » comme on l’appelait, pour une sorte de brute épaisse, un énième péquenaud de Louisiane, même si différent du genre Underwood. Le genre de type qui attend probablement la retraite pour se tirer au Texas, se payer un ranch avec les économies de toute une vie, et vivre de barbecues au soleil, de rodéos le samedi, et de country club trois fois par semaine. Quelques bêtes, vaches et chevaux, une baraque toute simple mais confortable, avec le rocking-chair qui allait bien sous le porche, pour savourer un repos bien mérité, et la pension qui tomberait tous les mois sans plus avoir à se soucier que de profiter de ses derniers jours convenablement. Mais ce n’était pas le cas. En dépit de son visage rougeaud, de sa carrure de vigile obèse et de ses doigts à l’air empoté, Alan Brunner était un sorcier maniant un rouge qui n’avait cessé de s’obscurcir avec l’âge. Doté d’une érudition impressionnante, sa mémoire efficace était la garante de ses connaissances, et il n’avait jamais traité ses cadets avec mépris. Bien qu’embrigadé dans la secte depuis toujours, il s’était souvent opposé à Morgan Leroy, notamment en ce qui concernait l’éducation des nouvelles recrues de la secte, gamins des membres compris. Il avait serré les dents lors de l’intronisation d’Eoghan et de la petite princesse rouge que le feu avait pris, du moins le croyait-il. C’était quelques années plus tard qu’il avait pris son courage à deux mains, quittant Shreveport pour regagner la Nouvelle-Orléans, sous les yeux envieux et déçus du gamin de la Mulligan. Cependant, ils n’avaient jamais totalement perdu contact. Ils n’avaient beau se parler que deux à trois fois dans une année, le lien étrange et distendu tenait bon. Il resta immobile longtemps. Il attendait. Fixant le mur sans le voir, aux aguets du son le plus infime.


« Sauve-toi. »


La maison était vide. Il n’y avait que lui. Lui, et quelques félins dormant paisiblement sur le canapé, évoluant silencieusement sur le parquet ciré. Ils respiraient de nouveau, le poil enfin détendu, fatigués d’aller et venir, moins nerveux, les griffes désormais rentrées. À l’étage, au bout du couloir, la porte close d’une chambre qui n’avait jamais totalement cessé d’être la sienne. La nuit lui paraissait aussi hostile qu’en cette soirée d’avril 2018. En pire, peut-être. Alors, malgré le choc, malgré la fatigue, la faim et la sensation de souillure infâme, il avait trouvé l’asile chez celui qui le complétait, frères de sang, et qu’importent les gènes, qu’importe qu’un océan les ait séparés pendant si longtemps. Mais cette nuit, nul asile, nul manoir au sein duquel se réfugier. Ni molosses impressionnants, nuls domestiques taiseux, aucun ami à qui confier l’indicible. Pas de demeure grandiose, ni de salle de bain rutilante, et encore moins de lit king size où dormir pendant des jours pour se refaire une santé.
Les odeurs d’ordinaire rassurantes ne l’étaient plus. Les parfums de son enfance étaient devenus poussiéreux, le décor ambiant, étranger. C’était bien le même lit au fond duquel il s’était réfugié, dissimulé sous la lourde couette, le même depuis son adolescence. Le portable en plus. L’écran diffusait sa lumière blanchâtre, un peu aveuglante, dont il avait pourtant atténué l’éclat autant que possible.

« Crève pas là-bas tout seul ou au milieu de cette bande de givrés. Sauve-toi, p’tit. Quand t’auras la force, quand t’auras compris que rien n’t’attend là-bas que d’autres Leroy pour s’amuser d’ta façon d’obéir, sauve-toi.»


Cette voix, cet avertissement il ne les avait jamais oubliés. Mais il n’avait pas su écouter à temps. Il s’était condamné à une peine éternelle dans les bras d’une secte qui ne faisait que détruire son existence, bout par bout. Après lui avoir ôté famille et amour, voilà que leur dégénérescence lui avait coûté son amitié la plus étroite, ainsi que plusieurs centaines de morts, au bas mot. Sans compter, bien sûr, la destruction d’une ville qui, pour enlaidie qu’elle fut devenue, restait la sienne. Alan avait eu raison. Il avait toujours eu raison. Mais lui, lui se sentait sommé, condamné par des forces qui dépassaient de loin ses choix d’homme, de mortel (mais l’était-il encore seulement.. ?), incapable de dépenser la quantité d’énergie et de conviction nécessaire à ce départ qui lui sauverait sûrement la peau, et le peu de santé mentale qu’il lui restait. Ses lèvres gercées le faisaient souffrir : il les avait soigneusement mutilées à force de triturer la muqueuse sensible, allant jusqu’à en faire saigner l’inférieure. Chaque fois qu’il articulait, qu’il mangeait (à peine), qu’il humectait, la douleur le tiraillait comme autant d’épingles venues le triturer là avec insistance. Ceci étant, rien n’aurait pu être plus douloureux que ce qui cogitait sous les mèches d’ébène. Une paranoïa tenace le rendait coi : qui sait si les communications émanant de Shreveport ou à destination de celle-ci n’étaient pas écoutées, décortiquées ? Les complots et les racontars qu’il mettait soigneusement de côté lui semblaient soudain être devenus plus réels que jamais. Malgré tout ce qu’il aurait voulu vomir, tout ce qu’il avait à purger, la mauvaise conscience qui le dévorait… Il aurait voulu se retrouver dans la petite maison du Quartier français, respirer l’air chargé d’humidité que charriait le Mississippi, et déambuler le long de Canal Street, le poumon bordélique de la ville. Au lieu de cela, il ne s’était jamais senti aussi seul, dans ce chez-lui qui n’y ressemblait plus.

« Ce n’était pas Lui. »

Alan sursauta presque : il ne s’attendait presque plus à une quelconque réponse.

« De qui tu parles.. ? »
« Le Maître. Ce n’était pas Lui. Je croyais que c’était Lui. »

Le vétéran avait cessé de respirer, sans s’en rendre compte. Rivé aux révélations étranges mais dont il essayait de décoder le sens, il répondit dans un murmure, à son image :
« Qui c'était ? Qui c'était, si ce n’était pas Lui ? »
« Ça n’aurait pas dû arriver. Ça n’aurait jamais dû arriver. Je ne savais pas. Je ne savais pas… Toi tu me crois, hein ? »
« Bien sûr que j’te crois… Écoute… Attends que tout ça se tasse un peu. Après, tu n’auras qu’à venir faire un saut ici, d’accord ? »
« J’étais sûr qu’il s’agissait du Maître… La Tempête… »
« »
« Elle était magnifique. Si tu avais pu la voir… Si tu avais pu voir comme Il m’a convoqué. »
« Eoghan… »
« Mensonge… juste un… putain… de mensonge… »

Le tissu frottant le smartphone créa un bruit désagréable dans le combiné, et il reconnut le son d’une déglutition qui ne lui disait rien qui vaille, puis celui d’une bouteille qu’on repose un peu trop brutalement contre le bois.

« J’voulais juste te dire… Tout c’que t’entendras… L’crois pas. Parce que c’est pire… C’est mille fois pire que c’que t’imagines… »

Brunner ne put rien obtenir de plus. Il laissa le silence s’étendre peut-être une demi-heure.
Sur la table de chevet, dans cette chambre à Shreveport, ce n’était pas la poussière qui planait dans l’air, mais bien le parfum infâme d’un cadavre de Jack’s. Il valait bien toutes les mixtures et autres philtres arcanistes, seul poison capable d’assommer suffisamment le sorcier, tuant un peu de réalité pour lui ouvrir les portes d’une amnésie temporaire.



Décembre 2019.

La matinée était encore bien jeune, et si le rideau de fer était levé depuis longtemps, la porte, elle, demeurait obstinément verrouillée, comme en témoignait le panneau « Closed ».
Yam somnolait, pourtant installé dans une position inconfortable, ses anneaux entourant mollement les épaules de son maître, le museau frottant quelque part entre ses cheveux et la base de sa nuque. Bien que réservé dans ses démonstrations d’affection comme la plupart des reptiles, le sorcier savait apprécier ces gestes discrets, ce plaisir d’absorber ainsi la chaleur humaine qu’il dégageait pour se réchauffer les écailles. Il s’agissait d’un moment presqu’intime, et qui ne le dérangeait aucunement lorsqu’il n’était pas occupé à charrier caisses et matériel ou à s’occuper de son élevage ou du ménage. Planqué derrière son écran d’ordinateur en répondant patiemment aux mails, messengers et autres commandes et demandes de renseignements, le calme régnant dans son commerce lui était agréable, et il demeurait concentré sur ses tâches quotidiennes pour éviter de penser, comme il s’y obligeait depuis plus d’un mois. Il avait beau dire, l’expérience l’avait profondément changé. En bien ou en mal, il l’ignorait. Tout ce qu’il savait, c’était que la Samain avait eu un impact considérable sur son comportement, et ses sourires se faisaient bien plus rares. Personne ne s’en formalisait, c’était même là son meilleur alibi. La plupart de ses proches et de son entourage le savaient particulièrement attaché à son foyer, et le pensaient donc naturellement plus affecté par les morts et les destructions occasionnées par l’Irae. Même le shérif lui avait témoigné de sa sympathie, à travers Norris. S’ils avaient su. Il ne se sentait pas aussi soulagé qu’il l’aurait voulu, de ne pas figurer comme un suspect potentiel. Il nageait dans un océan de mélancolie, comptant les jours qui les séparait de l’attaque, espérant que le temps vienne panser des blessures qui ne cicatrisaient pas. Seuls ses déplacements dans le bayou et les heures passées ici ou dans son labo le distrayaient un peu, et encore, pas toujours. Cependant, ses rares échappatoires étaient les bienvenues.

Il sursauta lorsqu’on frappa à la porte, réprimant un mouvement d’humeur. Était-il donc si difficile de lire les horaires à l’entrée ? Il leva le nez de son travail et distingua de loin une silhouette qui ne lui était pas inconnue. Prudemment, il se mit debout et, d’une main, veilla au bon équilibre du python regius qui aurait été capable de se laisser glisser jusqu’à terre. Il s’approcha, de cette démarche lourde témoignant d’une fatigue psychologique intense, et ouvrit la porte à Victoria Osborne, ne dissimulant pas son étonnement. Un an et demi plus tôt, il lui avait bien dit qu’elle pourrait le retrouver ici, si elle le souhaitait. Elle n’était jamais venue, ne l’avait jamais plus recontacté, et il avait fini par faire une croix sur une potentielle troisième rencontre. La voir là, en chair et en os devant lui et sérieusement amochée, créa une boule nauséeuse qui manqua de le courber vers l’avant. Il devint blême, faisant aussitôt le lien avec la malédiction, se demandant à quel point elle avait été prise dans la tourmente. Une image en particulier, l’effrayait. Il se focalisa sur la Wicca de toutes ses forces pour l’empêcher de remonter à la surface. Rapidement, ses orbes arctiques balayèrent la rue à la circulation encore modérée, et il s’effaça pour lui permettre d’entrer, re-verrouillant aussitôt derrière elle.

« Victoria Osborne… » Un simple murmure en guise de bonjour. Un peu bourru. Pas franchement hostile. Il aurait voulu lui hurler de décamper. Qu’elle avait eu raison d’avoir peur de lui. Remontant l’allée centrale jusqu’à revenir du côté du comptoir, Yam toujours enroulé autour de son cou, il poussa un soupir et lui fit face, appuyant ses reins contre le zinc. « J’t’avoue que pour une surprise… C’en est une et une bonne. Pour une fois que c’est pas moi qui viens te terroriser… » Un sourire, qui ressemblait d’ailleurs bien plus à une grimace. Cette visite ne lui disait rien qui vaille. Nerveusement, il se mordit l’intérieur de la joue. « T’as l’air bien sérieuse… Faut qu’on parle de quoi ? De c’qui t’est arrivé ? Ou bien c’est Alessio qui est encore revenu t’emmerder ? »

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Louisiana Burning

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Anonymous
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Sam 11 Juil - 17:31 (#)

« Victoria Osborne… »
Bien, il connaissait encore son nom. C’était un bon début. Il faut dire que leur dernière entrevue remontait à plusieurs mois maintenant, plus d’un an. Eoghan avait dit à l’arcaniste de réfléchir, de l’aider, même si cela était aux dépens de l’Eglise Wiccane. Ses mots avaient résonné profondément chez la jeune fille, mais sa loyauté envers son clan avait été plus fort. Il lui était apparu impossible d’aider un membre de l’Irae, c’était une trahison, et elle ne trahirait pas sa famille. Oh, comme les choses avaient changé maintenant. Elle regardait en arrière, se rappelait cette conversation, et elle aurait tellement aimé saisir la main tendue par Eoghan ce soir-là. Il était encore plus difficile de venir le voir maintenant, après tout ce temps. La chute n’en était que plus longue, l’atterrissage que plus douloureux. Mais au moins, elle était encore en vie. Comme lorsqu’elle s’était relevée des débris du monte-charge.
« J’t’avoue que pour une surprise… C’en est une et une bonne. Pour une fois que c’est pas moi qui viens te terroriser… », lui dit Eoghan, adossé nonchalamment contre un meuble. En face, Victoria jeta un œil au reptile qu’il portait autour du cou, et réprima une grimace. Elle n’aimait pas spécialement les reptiles. Elle en avait un peu peur, mais pas une peur viscérale. Au contraire, et c’était peut-être pire, c’était une peur tout à fait savante. Elle savait quel point les reptiles étaient dangereux. Des prédateurs hors pair. Mais elle détourna rapidement le regard ; après tout, elle savait se défendre maintenant. Même contre un serpent. Elle sourit donc légèrement à Eoghan puis haussa les épaules. Elle n’était pas là pour le terroriser, mais elle n’avait pas besoin de le dire, il le savait pertinemment. Et puis….soyons honnêtes, il était bien peu probable que Victoria puisse faire quelque chose qui terrorise Eoghan.

« T’as l’air bien sérieuse… Faut qu’on parle de quoi ? De c’qui t’est arrivé ? Ou bien c’est Alessio qui est encore revenu t’emmerder ? »
Victoria tiqua. Alessio ? Comment savait-il pour Alessio ? Est-ce qu’il le connaissait ? Est-ce qu’Alessio lui avait parlé d’elle ou de leur relation ? Elle ne savait pas bien quelle était leur relation, d’ailleurs. Ils s’étaient vus quelques fois. Ca avait toujours été très sympathique. Ca avait toujours été très platonique, à la surprise de la jeune femme, qui n’aurait pas dit non à une nuit de sexe avec l’infirmier d’ailleurs. Elle avait développé un faible pour Alessio, même si elle ne se l’avouait qu’à moitié. Mais qu’Eoghan aborde le sujet comme ça, comme si elle allait venir le voir lui pour quelque chose en rapport avec Alessio ? Et puis, pourquoi Alessio l’emmerderait ? Elle secoua la tête.
« Non, rien en rapport avec Alessio non. »
Mais elle garda l’information dans un coin de son esprit. Alessio allait avoir des explications à lui donner, probablement. Elle se pinça les lèvres rapidement.
« En rapport avec ce qui m’est arrivé, oui. Enfin, à moitié. Plutôt avec ce qui vous est arrivé. Ce dont on a parlé la dernière fois. J’ai, euh…entendu des trucs et….je sais pas si c’est vrai…c’est plus une intuition…et peut-être que ça va rien t’apporter…et d’ailleurs je viens pas là pour toi en fait… »
Elle tournait autour du pot. C’était plus simple, de gagner du temps. Parce qu’au moment où elle parlerait vraiment, elle savait qu’il n’y aurait pas de retour en arrière. Et elle ne savait pas dans quoi elle s’engageait, mais elle savait qu’elle n’aurait plus jamais la même relation avec l’Eglise Wiccane. Et jusqu’à arriver ici, elle était prête à faire le deuil de cette nouvelle famille. Mais maintenant, d’un coup, c’était difficile. Comme arracher un sacré pansement. Elle souffla, inspira longuement.

« L’Eglise n’a jamais enquêté sur l’attaque. Il n’y a rien dans les archives, à part une brève description de l’attaque. C’est comme si…personne ne s’en inquiétait. Personne ne s’inquiète que des arcanistes aient été décimés. Personne ne s’inquiète que ça puisse nous arriver. C’est comme tu avais dit, personne ne se dit qu’on pourrait être les prochains. Alors que bordel, tout est documenté, on nous apprend à être super prudents, on ajoute des garde-fous aux garde-fous. Mais là, rien, c’est comme si ce qui était arrivé à l’Irae était un malheureux incident qui ne se reproduira plus. »
Pansement arraché. Ca faisait mal. Mais c’était aussi revigorant, et les pensées et les doutes de Victoria déferlaient alors, tant qu’elle en avait le courage.
« Et Uther, il est de plus en plus extrême. Il ne parle plus des Eveillés. Il parle de l’Eglise, et c’est tout. Et quand il parle de l’Irae, il y a une telle haine chez lui. Il dégage une telle…violence. Ca n’a l’air d’inquiéter personne, il a un tel charisme, une telle emprise, les autres l’écoutent et boivent ses paroles. On dirait un putain de gourou de secte, ce qui est exactement ce qu’ils appellent l’Irae avec dédain, comme si l’Eglise n’était pas en train de devenir une secte dogmatique. J’ai vu ce que c’était, une communauté qui suivait un dogme de façon aussi…pure. Ca donne des gens qui m’auraient laissé crever sans sciller, parce que j’étais différente d’eux. Et maintenant, je vois Uther et…. »
Elle détourna le regard deux secondes. Regarda dehors. Elle voyait son père chez Uther. Un homme qui l’avait regardée de haut et lui avait craché au visage, au sens littéral comme figuré. Qui lui avait dit que les personnes comme elle étaient des outils du diable et devraient être brûlées, comme au bon vieux temps de l’Inquisition. Qu’elle aurait dû mourir dans cette cave. De la même façon qu’Uther affirmait avec vigueur que l’Irae avait mérité d’être détruits et qu’il aurait mieux valu qu’aucun ne survive.

« Il a accusé l’Irae de ce qui est arrivé à Halloween. Il a dit que c’était l’Irae qui avait cherché à détruire l’Eglise, parce que c’était ce qu’ils avaient toujours essayé de faire. Il a parlé d’une guerre, et qu’on gagnerait parce que la lumière remporte toujours la guerre contre l’ombre, et qu’on arriverait à nettoyer la Terre de l’Irae. », dit-elle en reportant son regard sur Eoghan. « Et il était sérieux. Tellement sérieux. Comme s’il le savait, comme s’il savait comment faire. Et je ne sais plus quoi croire, qui croire. Sauf toi. Putain, l’ironie, me voilà à faire plus confiance à un mec de l’Irae qu’à mon mentor. »
Les larmes montèrent aux yeux de l’apprentie. C’était un sacré aveu d’échec, à ses yeux. Etait-elle encore en train de perdre une famille ? Pourquoi était-elle là, face à un homme qu’elle avait détesté simplement pour ses croyances ? Avait-elle été si naïve tout ce temps ? Elle réprima les larmes. Ce n’était pas le moment.
« J’ai besoin de réponses, et de quelqu’un qui ne me racontera pas de conneries. Si tu m’aides, je t’aide. »
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Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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"Before I die alone."

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Lun 24 Aoû - 5:02 (#)


Baby, you ain't looking right
Ce n’était pas une visite de courtoisie. Et cela n’avait rien à voir avec l’instinct du sorcier, ne cherchant même pas à se déployer spécialement. Il savait, tout simplement. Victoria ne venait pas de débarquer dans sa boutique après l’avoir cordialement envoyé se faire foutre par hasard, moins de deux mois après la tuerie du siècle. Déjà, les comptables sordides tentaient d’évaluer le niveau de gravité de ce que certains nommaient « l’attaque » ou « l’attentat » cherchant à hiérarchiser les catastrophes vécues sur le territoire américain. De quoi lui filer la nausée. Il préférait plutôt se concentrer sur l’arcaniste en devenir (pour ne pas dire accomplie ? Il ignorait à quel point son apprentissage avait progressé). Son regard accrocha ce visage presqu’étrangement conçu : un ovale doux et lisse, au milieu duquel perçaient ses grands yeux curieux, cette apparence pleine de bonhomie qui pouvait aisément la faire passer pour la victime idéale. En dépit de son état handicapant, elle ne respirait toujours guère une aura de victime cependant, et il éprouva pour cela le même respect que celui qui l’avait agité au mois d’août de leur dernière entrevue. Surprenante. Une pensée fugace le traversa : il se demandait quelle était la teneur du lien la rattachant à son mentor. Si ce dernier avait conscience du potentielle de la gamine, au moins au niveau du tempérament, et si les événements avaient changé quelque chose dans sa conception de la magie et du monde surnaturel dans son ensemble. Il se sentit stupide de se poser autant de questions dont les réponses lui importaient finalement si peu. Après tout, ce n’était pas son affaire. Il ne se rendit même pas compte de la gaffe monumentale, de l’aveu ayant franchi ses lèvres sans volonté aucune. Tout occupé à ne pas passer pour un coupable éventuel, le voilà déjà prêt à baisser sa garde, prenant le risque de dévoiler les secrets propres à sa secte. Loin de s’alarmer, elle avait plutôt réussi à captiver son attention, et il inclina du chef, les sourcils légèrement froncés. Un frisson le traversa, contaminant peut-être l’hôte rampant sur ses épaules. Prudemment, il s’empara du reptile en enroulant ses doigts autour des anneaux doux et froids, et le déposa derrière lui sur le bureau. Il ne quittait pas la jeune fille des yeux. Son rythme cardiaque commençait à s’accélérer. Il s’empêcha de la presser en la voyant aussi hésitante. Ce n’était pas le moment de tout brusquer. Si ce soir voyait la consécration de plusieurs mois d’enquête et de tentatives de persuasion, alors il était hors de question de précipiter les choses. Il se retenait de se porter vers elle, de faire le moindre pas. Ne pas avancer. Attendre. Rester tranquille, guetter la confession, la réponse. La réponse qui ferait, peut-être encore, basculer leur destin et le fil de leurs existences, à tous.

Ténu, un soupçon de malaise vint se glisser dans sa poitrine, et il eut l’impression d’entendre sa respiration se faire plus sifflante, comme celle d’un tuberculeux, d’un asthmatique sévère, d’un blessé au poumon percé. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose n’allait pas. La réponse aurait dû tomber : simple, claire, limpide. Il aurait pourtant dû se douter que rien n’était simple en ce bas monde, et certainement pas les turpitudes déchirant les clans Irae, ni Eglise Wiccane. Tendu et nerveux, il serra les dents tandis que la mélodie sirupeuse de révélations enfin accessibles se répandait dans le calme de la pièce. Nulle satisfaction, pourtant. Plus Victoria parlait, et plus quelque chose déchantait en lui. Un froid sinistre se répandait profondément, contaminant ses membres, le rendant fébrile et inquiet. Lui qui s’estimait en position de force se sentit faiblir à la vue des larmes qui n’éveillaient nulle empathie, en lui. Non. Le problème était ailleurs. La tragédie était intacte, et voilà un nœud de plus qui venait s’ajouter à tous les autres. Il se sentit bientôt profondément abattu. Pendant un bref instant, il aurait été presque prêt à croire Osborne et lui juchés sur la même rive, du même côté du précipice. Un bref instant que sa confusion juvénile venait de détruire radicalement. Il se détourna, blasé, déjà fatigué de la tempête à venir.

« Putain l’ironie ouais… Comme tu dis… »

Comment lui expliquer ? Jusqu’où se montrer sincère ? Elle avait pris des risques en pénétrant dans la boutique avec de tels aveux. S’il parlait, alors ils seraient quittes, égaux, chacun pris au piège du risque de confesser l’écart auprès de leurs partis respectifs. Cela ne lui plaisait pas de se montrer bavard avec elle, d’autant plus après les récents événements, mais quelque chose lui disait que se foutre de sa gueule était le meilleur moyen d’aggraver les choses pour l’avenir. Elle avait beau être jeune et du côté de ses adversaires (pour l’instant), il aimait la savoir « pacifique » le concernant. Ils s’étaient déjà faits suffisamment d’ennemis comme cela. Pas la peine d’en rajouter.  

« Tu t’doutes bien que j’ai pas qu’des bonnes nouvelles, à ce sujet. »

Ça manquait cruellement de gnôle, mais sa consommation d’alcool était suffisamment préoccupante depuis trois semaines pour qu’il estime finalement comme bon signe de ne pas disposer d’une bouteille à portée de main. Il poussa un soupir, ignorant par quel bout commencer. « Uther Richardson… Ce fils de pute est forcément mêlé à tout ça. J’ai rien contre votre autre… » Une grimace de dégoût déforma ses traits, méprisante. « … porte-parole. Mais ce type… Ce type… » Sa gueule ne lui revenait pas. C’était une gueule de mec trop calme pour être vrai, une sorte de sociopathe impeccable derrière une caméra de télévision, trop propre sur lui pour ne pas être suspect, et dont même Circé ne supportait pas la tronche. « J’serais mal placé pour critiquer l’influence d’un seul mec sur toute une communauté. Mais s’il est responsable de prêt ou de loin à ce qui s’est passé en avril… » … eh bien quoi ? Qu’est-ce qu’il se passerait, alors ? Il n’aurait jamais la preuve formelle. Et néanmoins, Richardson devait être soit fou, soit parfaitement stupide pour avoir pensé que rien ne répondrait à l'outrage, au crime organisé commis sur leur groupe tout entier. Même sa propre leader était prête à passer à autre chose. Après tout, vengeance avait été rendue. La vie devait reprendre, tant bien que mal, et tant pis si une ville, une région toute entière avaient dû en subir les conséquences avec eux. Tant pis si les Wiccans avaient de toute évidence compris qui était venu semer le chaos dans leur cérémonie. Bourré d’une frustration éternelle, il tâchait de rester calme, de ne pas perdre de vue le sens d’une logique qu’il aurait été de mauvais goût de perdre. Reproduire les mêmes erreurs plusieurs fois aurait fait de lui un parfait abruti, et c’est pourquoi il s’ingéniait à réfléchir, traçant un chemin invisible au fil des cent pas qu’il exerçait dans la largeur de la boutique, d’un terrarium à un autre, lentement. « Si vos archives ne contiennent rien, alors ça ne fait que confirmer ce que je pense depuis le début. Vos pontes sont complices. Qu'ils soient tous responsables de l'incendie ou quelques-uns seulement, alors ça ne change rien pour moi. » Ses doigts le démangeaient. Il aurait voulu tordre quelque chose, faire crisser, écorcher une surface lisse, en faire friper la surface, pour son simple caprice. Déçu, de comprendre que la vilénie des arcanistes immaculés puisse pousser aussi loin à l'infâmie.  

« L’Eglise vaut pas mieux que nous. On a juste un regard différent sur nos pratiques, mais les dogmes… Les dogmes sont jamais bons, tu sais. C’qui compte, c’est ta pratique à toi. Pas celle d’un clan régi par des règles. Quand t’appartiens à un clan, tu t’dois d’obéir au groupe, à ton chef. Mais c’qui se passe entre toi et toi-même… tu dois le laisser intact. Le seul truc, c’est que nous on a jamais voulu prétendre représenter et parler pour toute une « race ». Pour tout un monde. »

La notion de guerre, quant à elle, ne l’effrayait pas. Toutefois, elle mettait le doigt sur ce qu’il redoutait, et que Circé pensait pouvoir éviter avec aisance : celle d’un conflit dont l’escalade ne faisait que commencer. Une catastrophe, une ignominie qui ne pouvait décemment se terminer en guerre civile sans prendre le risque d’une hécatombe dramatique. Il s’arrêta de nouveau, les membres douloureux d’une tension insupportable.

« J’crois qu’c’est raté pour l’aide, Osborne. »

Il n’éprouvait aucun plaisir à faire comprendre à une gamine sensée qu’elle arrivait trop tard. Beaucoup trop tard. « Ne crois personne et tout le monde. La vérité est dans les deux camps. » Il baissa la tête, et ses lèvres se retroussèrent à leur commissure, à la fois pensif, perplexe et déglingué par ce basculement terrible, que d’aucuns auraient pu prévoir. « Uther veut sûrement notre mort. Nous effacer de la surface de la terre ouais, peut-être. Mais s’il est à l’origine de tout ça, alors cette putain de guerre, c’est lui qui l’a déclenchée. » Il n’était pas fier de plonger ses prunelles trop claires dans celles, quémandeuses, de sa cadette. Il se redressa imperceptiblement, comme les gars du Sud gonflaient leur torse afin de se redonner du courage, de défier un potentiel connard en approche ou tout simplement de se protéger du coup qui n’allait pas tarder à arriver. « J’t’ai dit que j’te ferai pas de mal. Et c’est le cas. J’te dirais pas de conneries non plus. On n’en est plus là. J’regrette de pas avoir de preuves confirmant c’que tu penses pour Uther. Mais pour le reste… »

Sa bouche devint brutalement sèche, et il crut que les mots qui en sortiraient en seraient presque réduits en poussière sur sa langue.

« On n’est pas pour rien dans le retour de flamme. »

L’image de sa sœur Éveillée égorgée par ses soins le fit frémir, et le télépathe s’empressa de faire jaillir les défenses autour de ses barrières mentales, comme s’il craignait qu’elle ne puisse lire dans sa mémoire. Aucune fierté n’émanait de lui tandis qu’il faisait parler son regard pour lui faire comprendre. Comme lorsqu’on tente d’expliquer à un môme que les hommes ont passé leur vie à se combattre pour un lopin de terre, un zeste de pouvoir et quelques matières premières. Parce que c’était comme ça, que ça avait toujours été comme ça, et que ça le resterait jusqu’à ce que le soleil implose et que l’humanité ne soit plus qu’un lointain souvenir sur cette foutue planète. Cowans ou sorciers : du pareil au même. « J’suis navré pour ce que t’as dû encaisser. Et j’regrette qu’entre toi et ton guide ce soit d’venu… compliqué. Le mentorat c’est dur. Surtout dans un clan comme les nôtres. J’en sais quelqu’chose. »
Délesté de ce pan de vérité, il poussa un soupir, las.

« J’peux pas t’aider. Tu d’vrais même pas être ici. Si les tiens savaient, tu passerais un sale quart d’heure. Ou pire, tu pourrais être accusée de jouer double-jeu. Alors repars. Essaie de choper ton mentor les yeux dans les yeux et d’aplanir le truc, ou mieux : rentre chez toi. D’l’autre côté du Pacifique, rentre. Prends ton billet et r’viens pas. »

« Sauve-toi. »

Une douleur typique de la boule se nouant au fond de sa gorge le fit reculer, tandis qu’il repassait derrière le comptoir pour se laisser tomber au creux de son fauteuil ; comme si toute la misère du monde venait de lui tomber sur les épaules. « Il s’passera plus rien d’bon ici avant un moment. Alors reste pas là. Va faire ta vie ou tes études ailleurs, j’sais pas… T’es encore jeune. Des maîtres, tu pourras toujours en dégoter dans un autre coven. »

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Louisiana Burning

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Mar 15 Sep - 21:04 (#)

Il y avait une atmosphère étrange dans l’air. Victoria était à la fois très consciente de ce qu’elle faisait, et en même temps n’était pas sûre de pourquoi elle était là. Eoghan semblait mal à l’aise et en même temps attentif. Ces deux Eveillés auraient du se détester. Après tout, l’Eglise et l’Irae se détestaient, et ils faisaient probablement partie des membres les plus loyaux de leurs clans respectifs. Ils n’auraient jamais du se retrouver là, à se faire des confidences au petit matin. Leur présence conjointe, leur conversation était une anomalie, et Victoria en était très consciente. Elle défiait probablement une entité divine en étant là, sans parler du fait que si Karl ou Uther l’apprenaient….elle ne donnait pas cher de sa place à l’Eglise Wiccane, et sa peau y passerait sûrement aussi. Elle venait de remettre son destin entre les mains d’Eoghan Underwood. Une putain de connerie, de son propre avis, mais aussi la décision la plus sensée qu’elle avait pris depuis longtemps.

« Tu t’doutes bien que j’ai pas qu’des bonnes nouvelles, à ce sujet. »
OK, retirons cette dernière affirmation. La mâchoire de Victoria se serra si fort, si vite, qu’on entendit presque l’émail de ses dents grincer de douleur. Elle regardait Eoghan fixement. Attendant quelque chose, une explication, des excuses, n’importe quoi. Mais non, la discussion revint sur Uther. Comme si de rien n’était. Fin de l’histoire. Victoria faillit interrompre et revenir sur la soirée d’Halloween. Mais elle referma la bouche aussi vite qu’elle l’avait ouverte. Après tout, si Eoghan ne racontait rien, ne disait rien, c’est qu’il n’y avait rien à dire. L’Irae avait bien monté l’attaque d’Halloween. L’Irae était responsable de ce qui s’était passé. L’Eglise avait voulu faire preuve de bonté, organiser une soirée dans la bienveillance, et l’Irae avait pris tout ça et en avait fait un cauchemar. Le bras de Victoria lui fit mal. Son cœur aussi. Elle avait été malmenée, ce soir-là. Elle avait vu ressurgir ses traumatismes, sa peur, elle avait failli mourir, s’en était sortie de justesse, pansait encore ses plaies. Ce n’était pas la faute d’Eoghan, mais c’était la faute de l’Irae, et il était leur second. L’émail de l’australienne protestait de plus en plus, mais toujours silencieusement. Elle

« J’serais mal placé pour critiquer l’influence d’un seul mec sur toute une communauté. Mais s’il est responsable de prêt ou de loin à ce qui s’est passé en avril… »
La jeune femme se décrispa. Elle ne pouvait rien faire à Halloween. Elle ne pouvait pas contrôler les actions de l’Irae. Et elle n’était pas là pour ça. Après tout….elle ne pouvait régler qu’un problème à la fois, son psy lui avait bien fait comprendre ça. Alors ce matin, elle s’attaquait aux soucis de son clan. Elle verrait plus tard pour les actes du camp d’en face.

Et puis, Eoghan était déjà parti sur sa lancée. Pour lui, l’absence d’archives était une preuve de la culpabilité de l’Eglise dans l’attaque contre l’Irae. Elle ne put qu’hocher la tête. Même si ça la rendait malade, elle devait bien avouer qu’elle pensait la même chose. Des gens haut placés dans l’Eglise Wiccane avaient ordonné le meurtre, non, le massacre, de l’Irae. La guerre froide avait été brisée par ceux qui se disaient mages du bien. L’ironie. Son camp à elle abritait les premiers meurtriers. Et alors qu’Eoghan parlait, elle vit ressurgir ce qu’elle avait déjà vu un an plus tôt. La colère. Il avait bien intégré le conflit qui opposait son clan à celui de Victoria. Il le vivait, ça lui courait dans les veines. Elle n’était encore qu’une apprentie, trop innocente, trop jeune, trop fraîche. On lui avait enseigné la différence entre magie blanche, magie rouge et magie noire. On lui avait appris les dangers de ces deux dernières, la perversion qu’elles induisaient. On lui avait rabâché que l’Irae était l’ennemi, que le clan portait cette perversion et qu’ils représentaient ce que les Eveillés ne devaient jamais être. Et si elle avait accepté ces enseignements, les avait pris comme des faits, elle n’avait pas encore intégré dans son identité propre la colère qu’elle voyait chez les plus anciens, et qu’elle apercevait maintenant chez Eoghan. Les idéologies, quand elles s’affrontaient, ne faisaient pas de quartier.

Mais c’était pour cela qu’elle avait besoin d’Eoghan. Pour cela qu’ils devaient s’allier. Elle pouvait être un élément perturbateur, pas encore tâché par la soif de vengeance et les conséquences psychologiques néfastes du conflit. Et Eoghan avait suffisamment de poids dans son clan pour l’aider, pour essayer de calmer le jeu avant que l’Irae comme l’Eglise ne soient qu’un tas de cendres. A eux deux, ils pourraient peut-être rétablir un semblant d’harmonie. Ramener les Eveillés les uns vers les autres. Faire ce qu’ils étaient censés faire depuis tout ce temps au lieu de se déchirer en interne : aider les autres. Faire mieux que ceux qui les précédaient.

« J’crois qu’c’est raté pour l’aide, Osborne. »
Le brun avait vraiment décidé de sortir les poignards aujourd’hui. Il venait de briser, une deuxième fois en l’espace de cinq minutes, les espoirs de Victoria. Elle lui jeta un regard silencieux mais empreint de détresse. Un de ces regards qui disaient « Ne fais pas ça. Ne me laisse pas là. »

Mais Eoghan la laissait là. Il s’excusait, enfin, de ce qui s’était passé à Halloween, et même si la jeune femme attendait ses excuses quelques minutes plus tôt, désormais elles lui semblaient vaines. Elle ne voulait pas qu’il soit navré. Elle voulait qu’il décide d’y faire quelque chose. Mais il ne voulait pas. Enfin, il ne pouvait pas, d’après ses dires, mais Victoria était à deux doigts de lui dire que c’était des conneries. Il pouvait. Il avait pu mettre en danger de mort des dizaines de gens, Eveillés, apprentis, civils. Donc il pouvait faire ce qu’il voulait.

«  ou mieux : rentre chez toi. D’l’autre côté du Pacifique, rentre. Prends ton billet et r’viens pas. »
La détresse se transforma en colère. Victoria détourna le regard, le portant sur la rue encore déserte. Puis elle secoua la tête et reporta son attention sur Eoghan.

« Dégoter un autre coven ? Tu te fous de ma gueule ? »
Oui, il se foutait probablement de sa gueule. Parce que s’il était capable de savoir qu’elle fréquentait Alessio, il savait probablement à quoi ressemblait sa vie avant qu’elle arrive à l’Eglise Wiccane.
« Tu crois qu’il va m’arriver quoi, si je fuis ? Tu veux que je retourne en Australie, dans ma communauté bigote qui va se faire une joie de me brûler sur place publique ? Tu veux que je retourne dans le pays qui a arrêté de me chercher, qui m’a laissée crever dans une cave sombre, et qui a fait semblant d’en avoir quelque chose à foutre de moi une fois que j’ai réapparu ? »

Elle secoua la tête. Elle ne pouvait pas croire ce qu’il se passait.
« Je suis venue chercher de l’aide. Tu m’as dit que tu m’aiderais si je t’aidais. Tu me l’as dit, Eoghan, et je t’ai cru. Et maintenant quoi ? L’Eglise est ma famille. Une famille qui a fait quelque chose que je ne peux pas cautionner, et que j’ai choisi de trahir. Je ne peux pas retourner là-bas la bouche en cœur, continuer à être la gentille apprentie. Je ne peux pas risquer non plus ma vie en parlant à Karl, parce que Dieu sait quelle est son implication dans tout ça. »
Elle avait les larmes aux yeux désormais. Elle aurait souhaité qu’Eoghan ne la voie jamais ainsi. Elle ne voulait pas être juste une gamine prise par ses émotions devant lui. Mais apparemment, tous ses plans étaient destinés à claquer entre ses doigts dernièrement.
« Je suis partie dans une direction et j’ai mis le feu au chemin du retour. Et toi aussi. Nos maisons sont en train de cramer. Ca ne va pas bien se terminer. Mais tu vas juste rester là et regarder tout ça s’effondrer. »

Elle renifla dans une moue de mépris.
« Je sais pas pourquoi ça me surprend. Après tout, t’es resté là à regarder quand les tiens tuaient des apprentis et des civils. T’es juste comme les autres. Tu mens, tu blesses, et tu fais croire que t’es comme ça de la faute des autres. T’en aurais quelque chose à foutre que je meure, dans ce foutu monte-charge ? Est-ce que t’en as au moins quelque chose à foutre des gens, dans toute cette histoire ? »
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Eoghan Underwood
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⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
May the Odds [Eoghan & Victoria] KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Célébrité : Ian Somerhalder.
Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Lun 21 Sep - 1:01 (#)


Baby, you ain't looking right
Adossé confortablement bien que sans plaisir contre son fauteuil, le voilà en train de laminer sa lèvre inférieure du bout des dents, avec la sensation désagréable d’avoir recueilli entre ses doigts les résidus d’un violent gâchis. Victoria était venue trop tard, et un vertige le saisit, lorsqu’il se demanda si cette question de timing aurait pu changer quelque chose. Aurait-il été engagé dans cette attaque sans précédent contre l’Église wiccane, si la jeune fille était venue frapper chez lui plus tôt, implorant son aide pour aider leurs deux clans à régler leurs comptes de façon plus noble, plus digne ? Non, se répondit-il aussitôt. Car c’était sûrement Halloween qui avait poussé l’Australienne à fouiller dans les indices laissés à sa disposition, la forçant à se confronter à tout ce qu’elle n’avait pas voulu voir, à l’époque qui les avait vus échanger sur le campus universitaire. Il n’y avait peut-être pas tant de regrets à avoir. C’était ainsi. Fabuler sur des hypothèses sans fin ne les ferait pas avancer. Il se sentait toutefois impuissant pour ce qui était de répondre à ce qu’elle venait chercher chez lui, et qui le laissait encore étonné. Depuis le temps qu’il n’avait plus entendu parler d’elle, il l’aurait crue plus que ravie d’être débarrassé de celui qui l’avait menacé sans vergogne, encore à vif, deux mois seulement après avoir échappé à la mort. Maintenant, c’était lui qui peinait à soutenir son regard, lisant parfaitement au fond de ses prunelles le désespoir qui la tenaillait. Et pour cause. Il fallait bien être désespéré pour venir chercher l’un des responsables du cataclysme d’octobre, ce alors qu’elle avait été blessée pendant la nuit, et pas qu’un peu. Ce n’était plus un secret toutefois : Victoria Osborne avait plus de burnes à elle toute seule que la plupart des gars grandes gueule du coin qu’il connaissait. La preuve en était qu’elle refusa de décamper comme la raison l’y incitait, trouvant le moyen de le confronter, encore, de ne pas lui offrir la facilité d’arrêter l’entretien là. C’était tout lui, ça. Pousser les gens à bout en espérant les voir tourner les talons, plutôt que de crever l’abcès une fois pour toutes. Vinzent, lui, n’avait eu cure de lui simplifier les choses ou non. Vinzent s’était barré, se préservant de la folie d’un ami qui n’en était plus un, aujourd’hui. La jeune mage, elle, n’avait pas encore compris que lâcher prise valait parfois mieux que de s'acharner, face à des hommes pareils.

« Tu me l’as dit, Eoghan, et je t’ai cru. »

Renvoyé à sa nature de parjure, cette fois injustement, il marqua de son agacement par un soupir vif, levant une main vers le plafond comme pour blâmer les circonstances.

« Les choses ont légèrement changé, depuis. Ça fait presque un an et demi, la dernière fois qu’on s’est parlé. Tu t’rappelles ? »

Il savait néanmoins qu’il ne pouvait fouler au pied aussi aisément le discours puissant de cette jeune pousse, que même les monstres les plus tenaces n’avaient pas réussi à tuer. Ni elle, ni l’espoir qui dormait toujours dans son sein, et qu’elle protégeait d’une verve féroce. Une pensée s’envola en direction du dénommé Karl, et il se demanda si ce mentor méritait l’apprentie fière et perspicace qui déroulait ses arguments devant ses yeux torves.

« Nos maisons sont en train de cramer. »

L’image était trop forte pour ne pas faire son effet, et il s’immobilisa tout à fait, la fixant toujours avec la ferme impression que quelque chose se jouait dans cette pièce, ici et maintenant. La sensation étrange que chaque mot prononcé trouverait son écho dans un avenir plus ou moins proche le poussa à se redresser imperceptiblement. Il finit par baisser la tête, fixant le parquet sombre sous ses pieds, apercevant le relief de quelques écailles : Yam planqué sous le bureau, décidé à faire un somme dans l’endroit le plus inconfortable qui soit, de toute évidence. D’une voix rendue plus sourde, il articula : « J’me fous pas de ta gueule, non. Et j’t’ai pas menti. »

Fatigué. Il se sentait épuisé, pris entre deux feux, entre le désir de se draper derrière la volonté imperturbable de l’Irae ayant obtenu vengeance, et celle de déposer les armes, de retrouver ce qu’il avait perdu depuis que Morgan Leroy l’avait poussé à se couper de Johanna Andros. Autant se couper un bras, une jambe, une portion d’âme qu’il lui avait pourtant bel et bien déposée à ses pieds sur un plateau d’argent. Amer, contemplant un terrarium sans le voir, il marmonna, tant pour elle que pour lui : « Tu sais peut-être pas ce que tu gagnes, ailleurs… Mais tu sauras ce que tu perds. Qui visiblement vaut pas la peine que tu te battes pour le conserver. »
Il secoua la tête pour se relever en désespoir de cause, les bras ballants. « L’Amérique est grande. T’as plus grand-chose à te prouver à toi-même. Si tu as survécu à… ce qui t’est arrivé en Australie, et à tout ce qui s’est passé depuis que tu es à  Shreveport… alors pourquoi rester ? Qu’est-ce que tu veux, Osborne ? Qu’est-ce que tu crois ? »
Il se tourna vers elle, signifiant que l’interrogation était sincère. On aurait cherché en vain dans sa voix le mépris impérieux qui suintait si souvent d’une bouche prompte à aboyer sur qui le décevait, l’indisposait. Une étrange douceur, quoique neutre, planait dans un échange le titillant sur des points soigneusement esquivés depuis longtemps.  

« J’ai dit que je t’aiderais, oui. À charge de revanche. Mais… à moins que ton clan ne prépare une contre-attaque plus violente encore, qu’est-ce que tu attends de moi ? » La voir les larmes aux yeux le mettait mal à l’aise. Pourtant, il ne se défila pas, se rapprochant d’elle de nouveau, image même du dépit, d’un désemparement profond. Il comprit qu’il devait jouer cartes sur table. Là, planté face à elle comme il se tiendrait devant un tribunal. Toutes les excuses qu’il aurait pu balbutier lui parurent bien fades, et c’est à voix basse qu’il répondit, calmement : « J’aurais été… » Il l’imagina, défunte. Imagina Alessio opter pour une mise à mort radicale, sans plus attendre. Alors ? En aurait-il eu quelque chose à foutre, d’apprendre la mort de Victoria Osborne ? La question méritait de se voir posée, et la réponse n’en était pas plus évidente. Après un long silence qu’il évita de laisser s’éterniser, il reprit : « Tu as raison. Je mens. Je blesse. Mais je ne suis pas… » Une nouvelle fois, les mots lui échappèrent. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Comment une gamine d’à peine vingt ans pouvait-elle le coincer aussi aisément, lui foutant le nez dans sa propre merde sans passer par la case départ, sans toucher 20 000 dollars, sans prendre de gants, avec lui ? Il n’avait aucunement envie de déballer ses secrets à une potentielle ennemie. Il n’était pas homme à raconter sa vie au simple prétexte qu’on le lui demandait. Même en guise de réparation, même alors que la vue de ce bras en écharpe lui faisait se sentir coupable. Il puisa tout au fond de lui-même, en appelant à la sagesse qu’il manifestait, parfois, lorsque l’ire s’éloignait au profit d’autre chose.

« J’ai pas toujours été comme ça. Et j’dis pas que… j’dis pas que c’est qu’la faute des autres. Mais… On s’connaît pas, toi et moi. D’accord ? Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. »

Ses prunelles s’ancraient aux siennes, mortellement sérieuses. Il aurait voulu lui faire voir, tous les sévices endurés par la main de Leroy de son vivant, la pression psychologique et la maltraitance maternelle, familiale, qui s’étaient abattus en rafale sur son échine de gosse à peine conscient de lui-même. « Toute ma vie j’ai vécu dans ce clan. Toute ma vie. » Il releva un instant la tête, tant pour prendre de la hauteur que pour juguler l’émotion écrasante qui le ravageait au travers de ses souvenirs. « J’ai choisi de rester. Par peur. Parce que j’avais pas les couilles que toi t’as eu, et que t’as encore. Tu dis vouloir trahir ? Tu pourras pas rester là encore longtemps tout en jouant double-jeu éternellement. Tu m’as l’air un peu trop entière, pour ça. Et mentir… c’est tout un art. » Il s’autorisa un sourire sans joie. Devenu artisan d’illusions protéiformes qui l’avaient maintenu en vie jusqu’ici, il s’attacha à observer le tracé de ses épaules menues, ses longs cheveux clairs, ce visage volontaire et cette aura pulsant d’une magie blanche, solide, électrique mais stable. « Trouver une autre protection que celle de l’Église n’est pas si déconnant. Tu pourrais t’épanouir ailleurs. Une autre ville… Une autre vie. Rien de plus facile, à ton âge. » Son sourire se para d’une nuance de plus. Un regret vicieux vint le mordre à la gorge, nouant celle-ci davantage, rendant plus pénible son élocution, maquillée d’un accent se désagrégeant au fil des minutes. « J’ai construit ça tout seul, ou presque. Mon existence ici. Mon commerce. Pour moi, c’est trop tard. Il s’ra plus question de m’enfuir, de partir ou de rejoindre une autre secte, un autre clan. » Il martela encore : « Tu as raison. Je suis pourri jusqu’à l’os, et il en sera ainsi jusqu’à la fin. Mais toi, t’es encore jeune. »

L’avertissement d’Alan Brunner s’écoula d’entre ses lèvres :

« Sauve-toi. »

Il dut serrer les dents, étranglé par l’envie de hurler, de contempler les cadavres noircis de ses secrets à moitié enfouis, parfaitement discernables pour qui aurait su trouver les stigmates de ses crimes, abandons, remords et bonnes actions.

« Tu as devant toi l’exemple parfait à pas reproduire. T’en as bien conscience, en plus. À ton âge, j’aurais pu partir. J’aurais pu… prendre la décision de tout lâcher, de m’enfuir le plus loin possible et de récupérer ce que je pouvais encore rafistoler. J’ai été lâche. J’ai pas saisi le coche au bon moment. Si tout s’effondre, j’resterai pas juste là, en touriste. J’serai pas dans les gradins. »

Si tout devait s’effondrer, alors il périrait avec le reste. Offert au chaos qu’ils avaient tant invoqué, sans jamais pouvoir soupçonner à quel point leur vœu en serait exaucé.  

« Crois-le ou non, j’en ai pas rien à foutre des gens. C’est chez moi, ici. Je n’ai jamais… craché au visage des humains qui vivaient là, avec moi. Ça n’aurait pas dû se passer ainsi. Mais on ne peut pas revenir en arrière. Je ne suis qu’un sorcier. Un de plus, un de moins… Ce n’est pas moi qui pèserai le plus lourd dans la balance. J’suis pas un diplomate. J’suis pas l’arcaniste le plus puissant qui soit. J’suis juste… » Il laissa échapper un rire bref, reprenant la sempiternelle diatribe : « ... j’suis juste un putain de péquenaud de Louisiane élevé dans la tradition du rouge et du noir. Rien de plus. »  

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Louisiana Burning

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Ven 23 Oct - 16:17 (#)

« Les choses ont légèrement changé, depuis. Ça fait presque un an et demi, la dernière fois qu’on s’est parlé. Tu t’rappelles ? »
Elle se rappelait. Mais une promesse, pour Victoria, était une promesse. Quelque chose de sacré, qui traversait le temps et l’espace, et n’en avait rien à faire d’un an et demi. Et elle avait pris les mots d’Eoghan comme une promesse. C’était probablement sa faute à elle, le fruit de sa propre naïveté. Eoghan n’avait rien promis. Et il n’était plus prêt désormais à tenir la parole qu’il avait donnée il y a plusieurs mois.
Mais Victoria n’était pas prête à accepter cela. Elle était trop perdue. Trop blessée. Trop en colère. Néanmoins elle écouta ce qu’Eoghan avait à dire. Elle ne pouvait pas tourner les talons, pas maintenant, c’était trop tard. Elle ne pouvait que se taire et écouter Eoghan, espérer qu’il comprenne et l’aide.

Mais il ne parla pas pour l’aider. Il avait beau lui dire qu’il ne se foutait pas de sa gueule, c’était l’impression qu’avait la jeune étudiante. Qu’elle était venue ici pleine d’espoir et qu’elle était juste en train de se ridiculiser. Qu’il n’en avait rien à faire. Qu’il avait baissé les bras. Elle ne voulait pas partir ailleurs. Elle ne voulait pas quitter Shreveport. Pour la première fois depuis longtemps, elle pouvait appeler un endroit « chez elle ». Elle avait enfin retrouvé l’impression d’appartenir à une communauté, pas seulement l’Eglise Wiccane, mais la communauté de Shreveport. Cette ville qui connaissait des choses qui la dépassaient. Ses salauds comme ses anges. Ses centaines d’habitants qui essayaient parfois juste de s’en sortir, de vivre leur vie, de répandre un peu de bonheur autour d’eux. Elle avait des gens qu’elle considérait comme des amis ici. Comme de la famille. Une famille qu’elle avait choisie et qui l’avait choisie. Combien de fois dans une vie trouvait-on ça ? Sa famille biologique l’avait abandonnée, répudiée, ostracisée. Il n’était pas question qu’elle abandonne sa famille de choix. Il n’était pas question qu’elle fuie une nouvelle fois.

« Tu as raison. Je mens. Je blesse. Mais je ne suis pas… »
Pas quoi ? Victoria était trop blessée pour laisser le bénéfice du doute. Pourtant, voir Eoghan en manque de mots la touchait, plus qu’elle n’aurait aimé l’admettre. Depuis leur rencontre, il avait toujours été celui qui parlait bien. Qui trouvait les mots percutants. Qui avait planté dans son âme la graine qui avait germé et avait amenée l’australienne ici. Alors le voir hésiter, se reprendre, ne pas finir sa phrase, ne pas trouver les mots, c’était quelque chose d’inédit.

« J’ai pas toujours été comme ça. Et j’dis pas que… j’dis pas que c’est qu’la faute des autres. Mais… On s’connaît pas, toi et moi. D’accord ? Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. »
Malgré elle, Victoria baissa les yeux un instant. Il avait raison. Ca faisait mal de l’admettre, mais il avait raison. Victoria ne connaissait pas grand-chose de lui, comme il ne connaissait finalement pas grand-chose d’elle. Elle savait qu’il était important à l’Irae, le bon petit soldat, un Eveillé puissant. Elle savait qu’il était venu la voir pour chercher une alliée de l’autre camp dans sa quête de vengeance. Elle savait que, quelque part au fond d’elle, elle le respectait beaucoup, l’admirait même. Mais à part ça…Elle avait simplement fait ce qu’elle détestait que les autres fassent par rapport à elle : elle avait fait des hypothèses. Et elle avait jugé sur la base de ces hypothèses. Elle avait décrété que puisque Eoghan refusait de l’aider, alors il n’était pas un mec bien. C’est difficile, quand on a une cause, de croire que les gens qui refusent de nous aider le font pour une bonne raison. On ne voit pas quelle raison pourrait être suffisamment bonne pour ne pas le faire.

Pourtant il lui offrit la meilleure des raisons, qui était l’exacte même raison pour laquelle elle ne supportait pas de l’entendre lui dire de partir. Shreveport, c’était chez lui aussi. Et contrairement à Victoria qui était là depuis des mois, lui était là depuis des années. Plus encore qu’elle, il avait construit sa vie ici, et l’Irae en faisait partie intégrante.

« Sauve-toi. »
Elle comprenait maintenant. Il ne lui disait pas de partir pour se débarrasser d’elle, ou parce qu’il croyait que c’était facile. Il lui disait parce qu’il savait à quel point c’était difficile. Ils n’étaient pas si différents, elle et lui. Et ça faisait d’autant plus mal.

« ... j’suis juste un putain de péquenaud de Louisiane élevé dans la tradition du rouge et du noir. Rien de plus. »
La sentence était irrévocable. Elle l’était depuis plusieurs minutes déjà. Quand il lui avait dit qu’il ne l’aiderait pas, il était sérieux. Et elle aurait beau mendier, plaider, supplier, il ne changerait pas d’avis. La sensation était terrible dans le cœur de Victoria. Une tristesse qui lui bouffait l’être et vint s’infiltrer jusque dans son âme. L’horrible réalisation qu’elle était seule face à son combat. Et elle se battrait, ça c’était sûr, parce que Victoria Osborne se battait toujours. Mais…

« J’y arriverai pas toute seule », lâcha-t-elle dans un souffle.
Que pouvait-elle, l’apprentie Eveillée, face à la machine infernale qu’étaient les deux clans rivaux ? Si Eoghan pensait n’être qu’un homme, qu’était-elle ? Juste une gamine avec des idéaux bafoués. Juste une gamine. Qui pensait avoir trouvé un endroit où elle se sentirait en sécurité et aimée. Et qui découvrait qu’elle était tombée dans une fosse dirigée par des serpents. Quel choix lui restait-il désormais ? Quitter l’Eglise et se retrouver sans clan ? Tenter de trouver d’autres alliés, au risque d’être dénoncée et Dieu seul savait les conséquences que cela aurait ? Faire comme si rien ne s’était passé et reprendre son apprentissage en espérant, un jour, peut-être, changer quelque chose ?

Elle renifla doucement et passa les mains sous les yeux pour chasser les larmes. Ca n'était pas la conclusion qu'elle voulait. Elle refusait cette conclusion. Elle n'avait pas survécu à l'Enfer et traversé un Océan pour baisser les bras. Elle expira longuement, tentant de mettre des mots sur les pensées qui se propageaient à une vitesse folle dans son esprit.
« OK. », dit-elle simplement dans un premier temps. « Alors je ferai sans toi. »

Elle laissa son regard trainer un peu dans la boutique, avant de le reporter sur Eoghan.  
« Je comprend tes raisons, enfin, je crois. Peu importe, de toute façon, que je les comprenne ou pas. Mais je ne serai pas comme toi, Eoghan. Avec tout le respect que j’ai pour toi, je ne serai pas le bon petit soldat de l’Eglise Wiccane. Il parait que je suis l’avenir des Eveillés. Donc je vais me battre pour préserver ma communauté, empêcher l’Eglise et l’Irae de tout détruire, avec ou sans toi. Après tout, je me suis déjà sauvée toute seule. »
Elle ne savait pas si elle y croyait réellement, qui elle essayait de convaincre avec ses propos. Peu importait, au fond. Il fallait qu’elle y croie, qu’elle s’y accroche.
« Il y a un an et demi, tu étais tellement convaincu de ton combat que tu étais prêt à me convaincre. T’étais même prêt à me menacer avec un putain de couteau. Ce Eoghan-là…j’aurais bien aimé qu’il soit encore là. S’il revient, ce serait cool qu’il me fasse signe. Sinon…tant pis. Le Eoghan que j’ai devant moi a probablement ses raisons d’être. »
Elle sourit doucement, avec beaucoup de bienveillance.  Elle en voulait à Eoghan, même si elle comprenait. Un sentiment étrange, contradictoire, qu’elle gérerait plus tard.
« C’est dommage. Je suis sûre que le blanc t’aurait convenu à merveille. », ajouta-t-elle avec un haussement d’épaules, avant de se taire. C’est le moment où elle devrait tourner les talons et s’en aller. Mais elle resta là, silencieuse. Comme l’espoir qui faisait un dernier soubresaut de vie, refusait de rendre les armes tout de suite.
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
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Ven 4 Déc - 0:19 (#)


Baby, you ain't looking right
Il aurait voulu se sentir plus roide, face à cette disciple qui lui fendait le cœur. Il n’était pourtant pas si dur. Il se croyait de fer, mais sa propension à entrer en empathie avec autrui, sa magie aux aguets, se montrait contreproductive et contrecarrait surtout ses plans, ses désirs égoïstes de se détourner des larmes, des pleurs, des souffrances qui ne le touchaient pas directement. Impuissant, il ne pouvait que compatir en silence, devant celle qui n’était encore qu’une gamine à ses yeux, et dont le parcours n’était enviable pour rien au monde. Gêné, il ne voulait pas la mettre à la porte, tout en s’attendant à un départ précipité, un départ en trombe, amer, qui le laisserait ressasser encore longtemps cette conversation, exactement comme après la précédente. Il se retint de croiser les bras, cherchant à demeurer ouvert à Victoria, à ne pas se fermer à elle, ni à la heurter davantage. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour adoucir sa peine. Il s’apprêtait à prononcer une formule plus douce, destinée à la soutenir, mais sa déclaration, comme irrévocable, tomba tel un couperet net entre eux deux, le laissant abasourdi, ou presque : « Quoi… ? » Presque bouche bée, démuni, il l’écouta dérouler le fil d’une diatribe fleurant encore bon les passions de l’adolescence, cette détermination que de nombreux adultes perdaient, avec le temps. Et même son sourire ne put l’aider à mieux encaisser ce qui ressemblait à un appel au suicide, à une folie que même lui n’avait jamais réussi à concevoir, depuis tout ce temps.

« Tu es folle… Tu parles pas sérieusement, hein… ? Tu déconnes là ? »

Il réduisit la distance entre eux à peau de chagrin, et saisit l’épaule valide de la jeune femme, s’arrimant à elle en cherchant à ancrer son regard dans le sien avec toute l’énergie d’un désespoir urgent : « Ne fais pas ça. N’essaie pas de changer les choses sur un coup de tête. Tu ne pourras pas changer le monde, parce que tu sais quoi ? T’as raison sur un point : tu n’y arriveras pas toute seule, bon sang ! » Moins agacé que perturbé, il serra les dents, battit des paupières une fois et expira un soupir prononcé : « On a beau ne pas être dans le même clan, j’vais pas te laisser te la jouer mission suicide. Tu comptes faire quoi exactement ? Aller demander audience à… pff, whoever vous dirige, et puis quoi ? Au mieux, ils te rembarreront gentiment et te surveilleront jusqu’à nouvel ordre. Au pire… » Il préféra ne pas achever. Il avait décidé depuis longtemps de ne plus sous-estimer les Wiccans, et ce depuis bien avant le mois d’avril 2018. « Je comprends que tu… te retranches derrière les tiens, et que tu décides de te battre pour eux. Je l’accepterai. Mieux, même : je le respecterai. » Alors pourquoi, en son for intérieur, regrettait-il de la voir appartenir à l’Église ? Jamais il n’aurait invité Osborne à rejoindre l’Irae, mais il savait qu’il souhaitait déjà les voir conserver cette relation déférente, loin des chamailleries ou hostilités remuant d’ordinaire les protagonistes de deux partis opposés.

« Tu as peut-être réussi à te sauver toute seule, dans ton pays. Je trouve ça… incroyable, et peu de gens auraient eu le courage de s’en sortir. Mais on n’est pas dans la même configuration, ici. Tu es encore nouvelle et tu ne possèdes pas toutes les clefs en main. Que tu ne veuilles pas rester passive, c’est une chose, mais tu ne peux pas faire n’importe quoi au nom de tes seules convictions. C’est aussi ça, appartenir à une faction. » Il la relâcha doucement, se redressa et passa une main contre sa nuque, réfléchissant au meilleur moyen de lui faire comprendre ce qui avait de toute évidence échappé à la magicienne blanche. « Il y a un an et demi j’étais prêt à… à trouver qui était le responsable de tout ça. Je n’ai jamais eu de preuves formelles, d’accord ? Pour autant… ce qui s’est passé… de mon côté, signe un stop net et définitif. Tu vois ? » Il n’en tirait aucune gloire, et posa des prunelles défaites sur les traits encore juvéniles de Victoria. « J’ai eu ce que je voulais, en un sens. À quoi bon vouloir davantage ? Mais je n’ai jamais espéré que nos deux clans retrouvent une sorte de paix factice. Parce que la paix n’est pas synonyme d’absence de guerre et que, depuis la nuit des temps, les groupuscules arcanistes se sont côtoyés, fréquentés, appréciés ou haïs. Ton mentor ne t’a pas appris ça ? » Moins pour la taquiner ou pour la titiller sur sa formation, l’interrogation était plutôt sincère. Il aurait été curieux de savoir quel sorte d’éducation recevaient les apprentis de la congrégation aux mains prétendument immaculées. Une ombre passa cependant dans son regard, lorsqu’il l’incita, d’une voix plus sourde, de prendre tout de même garde à ses paroles :

« Le Eoghan que tu as vu, était un écorché hystérique, qui venait de voir quarante personnes se faire brûler vives, ou pire. Tu es sûre et certaine de vouloir voir revenir cet homme-là ? Je ne pense pas. » Il se recula, conscient qu’elle ne le voyait pas sous son jour véritable. Il devait assumer. Il ne pouvait jouer à la colombe quand ses actes pesaient lourds dans sa conscience et son passif. Il ne pourrait jamais les mettre de côté, et encore moins face à elle, si convaincue de pouvoir l’entraîner à ses côtés sur ce chemin vertueux. « Je n’ai jamais changé pour de bon, tu sais. Cette violence en moi, elle a toujours été là. Tu prétends que le blanc me serait allé ? » Il rit, sans joie. « Le blanc… Je ne mérite même pas de l’effleurer du bout de l’ongle. » Il n’aurait pas dû ne serait-ce que la toucher. « Je suis fait pour le rouge, Vic’. Rien d’autre. Je ne suis pas comme toi. »

Il hésita, puis laissa tomber : « J’ai tué, cette nuit-là. L’une des tiennes. Une apprentie. » Il ne commit pas l’erreur de détourner ses orbes, de se défausser. Pourtant, l’effort était rude. « Il n’y a pas une nuit sans que je ne la voie, quelque part. Sans que je ne l’entende mourir, sous moi. » La bolline déviée. Le bruit de l’acier choquant l’acier. « Demande-toi si tu souhaites réellement pactiser avec un sorcier capable de tuer l’une de ses sœurs. » L’immobiliser. Lui arquer la nuque. « J’ai inversé les rôles. J’ai fait exactement comme ce que les tiens ont fait aux miens. Et je ne m’en sens pas mieux pour autant. Au contraire. » Il la considéra un moment avec une certaine bienveillance, persuadé qu’elle le planterait là sans plus de cérémonie. L’aveu serait trop fort. Le crime, impardonnable. « Je suis honoré que tu m’aies rendu visite. Mais toi et moi… je ne peux rien t’apporter de bon. Ton mentor serait au moins d’accord là-dessus, je crois. »

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Dim 3 Jan - 13:04 (#)

« Tu es folle… Tu parles pas sérieusement, hein… ? Tu déconnes là ? »
Victoria lui lança un regard provocateur. Elle était folle, oui. On lui avait souvent dit, chez elle, en Australie. Qu’elle était folle, qu’elle disait des choses impossibles, qu’elle délirait. Elle avait voulu prouver ensuite ce qu’elle disait, et ça avait été pire. Elle n’était plus folle, elle était corrompue par ce qui lui était arrivée et souillée à jamais. Alors oui, elle était peut-être folle. Mais non, elle ne déconnait pas.

Et puis, qu’est-ce que ça pouvait lui faire, à Eoghan ? Il venait de lui dire, de lui expliquer en long, en large et en travers qu’il ne l’aiderait pas. Alors qu’est-ce que ça pouvait lui faire, qu’elle agisse seule ? Pourtant il était encore là, à essayer de la dissuader. A lui parler de son courage comme si c’était fantastique ce qu’elle avait fait. Alors que non, elle avait juste survécu, il n’y avait rien de courageux à ça, c’était de l’instinct, et parfois elle aurait préféré crever dans cette cave comme Rose. Il lui parla de faction, et elle détestait ce mot. Elle n’appartenait pas à une faction. Elle appartenait à un Clan, et bon sang, elle n’était même plus sûre de vraiment y appartenir. Elle appartenait à une famille, à une communauté qui transmettait un apprentissage. Une faction, ça se battait, ça faisait la guerre, et Victoria ne faisait pas la guerre, elle ne la ferait pas. Elle n’irait pas combattre l’Irae, aussi maléfique soient ses membres dans la bouche de Uther.

« Il y a un an et demi j’étais prêt à… à trouver qui était le responsable de tout ça. Je n’ai jamais eu de preuves formelles, d’accord ? Pour autant… ce qui s’est passé… de mon côté, signe un stop net et définitif. Tu vois ? »
Elle haussa les épaules. Non, elle ne voyait pas vraiment. Ce qui s’était passé avait eu l’effet inverse sur elle. Ca l’avait mise en marche. Elle voulait comprendre, elle voulait agir, et surtout elle voulait arrêter ce qu’elle sentait être doucement mis en branle. Si elle s’arrêtait maintenant, qui arrêterait Uther et l’Eglise ? Alors oui, comme Eoghan le disait, la paix n’était pas synonyme d’absence de guerre. Mais elle ne voulait pas la paix. Elle voulait l’absence de guerre, et c’était précisément ce qui était en danger depuis Samhain. Elle le sentait, son instinct lui hurlait que l’équilibre instable et la haine sourde qui s’était installée depuis longtemps entre les deux Clans allait éclater et laisser place à une guerre meurtrière. N’était-ce pas déjà le cas, au fond ? Ce qu’elle pressentait n’était-il pas une accélération d’une guerre déjà entamée ? Pourtant elle était persuadée qu’une issue était possible qui ne laisserait pas deux clans au bord de l’extinction. Elle ne comprenait pas pourquoi Eoghan ne l’était pas. Elle ne comprenait pas ce qu’Eoghan voyait qu’elle ne voyait pas, ou inversement.

Au fond, elle n’était pas sûre de vraiment comprendre Eoghan. Peut-être que c’était précisément pour ça qu’elle se retrouvait dans sa boutique. Parce qu’il était la wild card. La seule personne susceptible de faire un truc surprenant et de l’aider. Elle avait eu peur de lui au début, et puis elle avait ressenti un immense respect. Mais au fond, elle ne savait pas grand-chose de lui. Il était présenté à l’Eglise comme le bras droit loyal de l’Irae, un sorcier puissant, cruel, vicié. Le Eoghan qu’elle avait en face d’elle était pourtant loin d’être cruel, il était simplement d’une honnêteté déconcertante. D’une honnêteté cruelle, peut-être. Une honnêteté qui le poussait à dire qu’il ne méritait rien d’autre que la magie rouge, alors que Victoria voyait, dans toute sa naïveté, les lueurs de blanc qu’il aurait pu avoir.

Une honnêteté qui le poussa à avouer le meurtre d’une apprentie, alors que Vicki s’apprêtait à dire une phrase gentille. Elle referma la bouche aussitôt. Son regard devint plus froid, plus dur.
« Il n’y a pas une nuit sans que je ne la voie, quelque part. Sans que je ne l’entende mourir, sous moi. »
Une boule gigantesque se forma dans le ventre et dans la gorge de l’étudiante. Une apprentie. Elle était responsable des apprentis ce soir-là. Pas de tous, bien sûr, une bonne partie d’entre eux pouvait se débrouiller sans son aide. Mais les plus jeunes, elle était censée rester avec eux et les protéger. Une responsabilité à laquelle elle n’avait pas su répondre. Quand le chaos avait éclaté, elle avait perdu le groupe. Et lorsqu’elle était revenue à l’Eglise, après sa convalescence, Karl lui avait appris que tous les jeunes ne s’en étaient pas sortis. Victoria serra les poings, le regard rivé sur Eoghan. Sa victime était-elle de ces apprentis que Victoria n’avait pas su protéger ? Avait-elle failli à son devoir au point qu’une innocente aille périr des mains de l’homme qu’elle était venue chercher ?
Eoghan continuait de parler, et Victoria l’entendait, mais comme plus sourdement. Le sifflement dans ses oreilles prenait toute la place ; ou était-il dans sa tête ? Peu importait, au fond.
« Je suis honoré que tu m’aies rendu visite. Mais toi et moi… je ne peux rien t’apporter de bon. Ton mentor serait au moins d’accord là-dessus, je crois. »
« Tu…. »
Elle se sentit perdre le contrôle juste à temps. Détourna le regard d’Eoghan avant que sa pyrokinésie ne lui fasse expérimenter la combustion spontanée, et ferma les yeux. Inspira un grand coup. Expira longuement, sentant la boule se défaire un peu. Lorsqu’elle rouvrit les yeux et les posa de nouveau sur l’arcaniste, ils étaient emplis d’un tas de choses. De douleur, principalement, une douleur lancinante qui ne faisait qu’affluer et refluer en elle depuis des semaines. De colère, aussi. De peine, beaucoup, celle qu’on ressent quand on se rend compte qu’on s’est trompé.
« Pourquoi tu me dis ça ? »
Elle ne voulait pas vraiment le savoir. Ca importait assez peu maintenant ; il l’avait dit, c’était tout. Elle se retourna, avisa la porte. Elle devait sortir d’ici. Mais pas tout de suite. Elle se tourna de nouveau vers Eoghan.
« Si on se retrouvait un jour chacun de notre côté d’un champ de bataille, tu me tuerais aussi ? Répond pas, en fait. Je ne suis pas sûre d’aimer la réponse quelle qu’elle soit. Quelle idiote. Je ne viendrai plus t’emmerder, j’ai compris la leçon. »

Elle passa ses mains dans ses cheveux, tentant de garder une contenance, un semblant de fierté. Puis elle adressa un sourire triste à Eoghan et fit volte-face. Espérant presque qu’il réagisse. Espérant presque qu’il lui dise qu’il avait menti, et qu’il l’aiderait, et qu’elle n’aurait pas à affronter ça seule. Mais après tout…elle avait l’habitude d’être seule. Elle avait juste appris à aimer ne plus l’être.
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Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
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Jeu 21 Jan - 5:24 (#)


Baby, you ain't looking right
La haine.

La haine, et son pouvoir dévastateur. La haine venait d’éclore entre eux deux, ramenée de temps plus anciens, qui les voyaient se toiser en ennemis évidents, appartenant à deux clans foncièrement destinés à s’affronter en permanence. Elle avait réussi à surmonter ses a priori sur lui, en dépit de son allégeance, mais il savait que la confession risquait de faire basculer les choses à toute vitesse. Il remarqua tout. La manière dont elle abandonna son regard, comme la tension venue empuantir et alourdir l’atmosphère, pour mieux affronter deux prunelles férocement ancrées aux siennes. Pas besoin d’être télépathe et d’ainsi forcer les barrières de son esprit pour comprendre quelles questions germaient sous les mèches blondes. Il voulait se faire exécrer ? Il était sur le bon chemin. Les mâchoires serrées, obsédé, prisonnier de son souvenir, de l’odeur du Mall, de l’odeur du sang, de la texture des cheveux qu’il avait empoignés, la silhouette brûlante, ardente d’une vie jeune et désespérée, coincée sous ses cuisses refermées sans merci. Il vivrait avec ces images jusqu’à la fin. Il pensait l’avoir accepté, depuis les événements, mais s’y confronter face à l’une de celles qui auraient pu périr de la lame des vengeurs de l’Irae changeait la donne. La pression sur sa cage thoracique se renforça. Il comprit qu’il se sentait mal, qu’il était loin d’avoir digéré les meurtres et les exactions commises aussi bien qu’il se l’était imaginé. Après un silence interminable qu’il n’osa pas briser, il la vit faire demi-tour, et éprouva ce sentiment d’urgence qu’il avait toujours ressenti, chaque fois qu’une situation échappait à son contrôle, risquant de provoquer des conséquences ingérables. Pas le temps de l’apostropher que déjà, elle se retournait pour le vilipender en surface ; elle était encore douce, bien en-deçà de l’explosion qu’il redoutait alors. Avant qu’elle ait pu franchir le seuil, avant qu’ils disparaissent l’un à l’autre en ces heures sombres sur une note aussi amère, il répondit, sans détour :

« Tu me reprochais de mentir, il y a quelques minutes… Et lorsque je te dis la vérité, tu t’enfuis. Qu’est-ce que tu veux au juste ? Pose-toi la question. » Il n’y avait pas de supplique dans son timbre, ni même de reproche. Il désirait moins la poursuivre, la rattacher à lui, que clore correctement une discussion importante, et par-dessus tout ne pas salir le lien fragile qui se construisait avec elle tant bien que mal. « Tu disais avoir besoin de réponses. De quelqu’un qui ne te raconterait pas de conneries, et je ne fais que reprendre tes mots. » Il se redressa, faisant fi de la douleur traversant reins et omoplates, courbatures nées de la contraction violente de ses muscles en permanence, de son manque de sommeil déjà mauvais, et de l’angoisse qui ne cessait de lui ronger les sangs. « Je peux me mettre à te mentir, si tu le désires. Comme les tiens. Mais ce n’est pas moi. Ce ne sera… plus moi, tant que je n’y serai pas obligé. » Il n’avait pas besoin de se voiler la face. Il n’en avait pas le droit. « Tu dois trouver ta place fixe, dans tout ça. Tu dois prendre en considération le monde qui existe autour de toi, le fait que ce monde soit régi par des règles, des coutumes, des traditions. Que tu ne peux pas tout déconstruire en quelques jours. Et que, si ton rêve se réalise un jour, tu ne seras peut-être même plus parmi les vivants, d'ici là. Parce que tout cela demande du Temps. » Ce temps qui avait fasciné Yago Mustafaï au point de provoquer leur rencontre. Motif fallacieux, cependant. Depuis lors, le sorcier avait compris qu’il ne s’agissait que d’une excuse. Un prétexte, trouvant un fond de juste et de vrai, mais vite noyé sous d’autres considérations. D’autres hypnotismes. « C’est ce que j’essaye d’enseigner à ma propre apprentie. » Il songea à Morgane, imaginant difficilement un face à face potentiel entre les deux éveillées. « Elle est à peine un peu plus jeune que toi. Elle manie le noir et croit en notre clan. Pourtant, vous êtes de la même génération, mais vos opinions sont tellement fondamentalement opposées que… enfin, tu ne sais pas à quoi tu t’attaques. Alors tu devrais au moins prendre le temps d’y réfléchir. À ça comme à tout ce que ça impliquera. » Cette fois, il croisa les bras, comme il en avait été tenté précédemment. Cependant, il n’y avait plus de crainte à avoir : Osborne était déjà effarouchée, en colère, voire dégoûtée d’avoir cédé à l’envie de venir le voir, lui. La déception devait être à la hauteur des espérances qu’elle avait conçu avant de se rendre dans le Downtown, et cependant, elle était encore là. Elle tenait bon. « J’espère que jamais nous ne nous retrouverons face à face au milieu d’un champ de bataille. Mais je ne te ferai jamais de mal. Tu es libre de ne pas me croire comme tu peux te raccrocher à ce dont tu t’étais persuadée. » La balle, dans son camp. Il répéta, obstiné : « Je ne mentirai plus, si je n’y suis pas obligé. »

À son tour, c’est lui qui se détourna, lui tournant le dos temporairement afin de revenir près du comptoir, sans marquer la volonté de clore l’échange par cette attitude. « Je ne sais pas comment t’aider. Mais je suis prêt à te donner un coup de main, si cela peut éviter à l’Église et à l’Irae de se retrouver dans ce cas de figure. » Il revint s’appuyer contre le rebord, et ses jambes imitèrent ses bras à leur tour : croisées au niveau de ses chevilles. « Je ne veux pas d’un autre massacre. Et je ne veux pas être ton ennemi. Aussi difficile que cela représente, ça passe par… une certaine honnêteté, non ? » Il la regardait sous les cils, tentant moins de la convaincre que de témoigner de sa curieuse bonne foi, en avouant un meurtre dont il aurait aisément pu se dédouaner. Mais pas cette fois. Pas cette fois. « Si tu avais découvert que je l’avais tuée plus tard… ç’aurait été bien pire, Vic’. Pour notre relation à tous les deux, ç’aurait été bien pire. Je ne m’attends pas à ce que tu me pardonnes ça. Mais au moins, tu sais. » De blanc, il n’y eut jamais. De blanc, il ne pourrait y avoir. Viscères pourries par le rouge et le noir intriqués, en apparence. « Tu es… Tu es libre de venir me voir chaque fois que tu le voudras. Et si je peux te rendre service, depuis ma position… alors demande, et… j’essaierai. Je te promets d’essayer, dans la mesure du possible. Tant que tu ne me demandes pas de trahir les miens. »

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Dim 14 Fév - 17:55 (#)

« Tu me reprochais de mentir, il y a quelques minutes… Et lorsque je te dis la vérité, tu t’enfuis. Qu’est-ce que tu veux au juste ? Pose-toi la question. »
Il avait raison. C’était peut-être pire, qu’il ait raison. Victoria était venue voir Eoghan parce qu’il ne lui racontait pas de conneries, parce qu’il avait toujours été honnête, d’une honnêteté brute, sans détours. Elle n’avait juste pas imaginé que cette honnêteté puisse s’avérer si douloureuse. Elle n’avait pas imaginé que cette honnêteté qu’elle admirait et recherchait chez lui se retournerait contre elle avec une telle violence. Connaissait-elle l’apprentie qu’il avait tuée ? L’avait-elle pleurée ? Que pensait-elle, à voir Victoria ainsi chercher l’aide de son meurtrier ? Lui pardonnerait-elle un jour, de là où elle était ?

Et la question d’Eoghan tenait toujours. Que voulait-elle, cette jeune apprentie, en venant voir le bras droit de l’Irae ? Un allié ? Un ami ? Quelqu’un pour la convaincre de ne pas mener sa petite campagne personnelle ? Quelqu’un pour lui assurer qu’elle ne serait pas seule sur ce chemin ? Ou juste quelqu’un à qui parler, à qui le dire ? Un témoin ? Le savait-elle elle-même ? Elle avait juste ressenti cette urgence d’aller voir Eoghan, de lui parler de ce qu’elle savait et de ses doutes, et de ses intentions. Peut-être qu’au final, elle voulait juste Eoghan. Peut-être qu’elle voulait juste que le seul Eveillé qui ait toujours été réellement honnête avec elle soit là, quelque part.

Et pourtant, Dieu qu’elle le détestait à cet instant. Elle regrettait d’être venue. Elle voulait retourner en arrière et ne jamais pousser la porte de cette boutique miteuse, ni affronter les leçons de morale et le discours d’un putain de sorcier noir sur les règles qui régissent le monde. En écho à son ego et son cœur meurtri, son corps protestait et lui envoyait des ondes de douleurs, sourdes pour l’instant mais qui ne tarderaient pas à la faire grimacer. Mais pas question de grimacer maintenant. Elle n’offrirait pas cela à Eoghan. Alors elle resta plantée là, à écouter son discours sur sa place dans le monde et que Rome ne s’était pas construite en un jour. Est-ce que c’était ça que pensaient tous les membres de l’Eglise et de l’Irae ? Qu’il fallait laisser le temps au temps ? Pas étonnant qu’ils s’entretuent encore après des siècles. Non, il était temps que les choses changent. Pas dans trois générations. Maintenant. Parce qu’en attendant la prochaine génération, une apprentie était morte un soir d’Halloween des mains d’un autre Eveillé, simplement parce qu’elle était dans le camp adverse.

Elle tiqua lorsqu’Eoghan évoqua sa propre apprentie. En toute rationalité, il était logique qu’Eoghan ait une apprentie, comme Karl avait pris Victoria sous son aile. Après tout, la magie noire s’apprenait, comme la magie blanche. Mais elle n’avait jamais envisagé qu’Eoghan puisse apprendre à une jeune femme la magie noire comme Victoria potassait ses sorts de magie blanche. L’idée était…incongrue, et pourtant logique. Et ça faisait encore plus mal. Parce qu’Eoghan savait. Il était au courant de la valeur des apprentis, de leur innocence, de leur fragilité. Et il en avait tué une.

« Elle est à peine un peu plus jeune que toi. Elle manie le noir et croit en notre clan. Pourtant, vous êtes de la même génération, mais vos opinions sont tellement fondamentalement opposées que… enfin, tu ne sais pas à quoi tu t’attaques. Alors tu devrais au moins prendre le temps d’y réfléchir. À ça comme à tout ce que ça impliquera. »
Victoria se pinça les lèvres légèrement.
Son apprentie savait-elle ce qu’avait fait son tuteur ? Qu’en pensait-elle ? Etait-elle si enfoncée dans la magie noire qu’elle s’en fichait ou s’en réjouissait ? Etait-ce une menace cachée ? Ca n’en avait pas l’air. Juste un constat. La nouvelle génération de l’Irae n’était pas composée d’enfants de chœurs, et Victoria devrait aussi se frotter à eux. Il lui arrivait d’oublier, peut-être trop facilement, que tous les membres de l’Irae n’étaient pas comme Eoghan. Qu’ils ne la traiteraient pas tous avec le même respect. Pourtant dans sa colère, Victoria se fichait bien de tout ça. Elle les affronterait, tous, s’il le fallait. Elle les convaincrait, un par un, ou bien elle trouverait un autre moyen de les empêcher de nuire. Elle travaillerait dur, plus dur que jamais, pour en avoir les moyens.

« J’espère que jamais nous ne nous retrouverons face à face au milieu d’un champ de bataille. Mais je ne te ferai jamais de mal. Tu es libre de ne pas me croire comme tu peux te raccrocher à ce dont tu t’étais persuadée. »
Elle ne savait pas si elle devait le croire. Une partie d’elle, celle qui l’avait poussée à venir ici, le voulait. L’autre, celle qui était en colère, ne pouvait que grogner comme un animal blessé. Elle était néanmoins d’accord sur un point : elle espérait qu’ils n’auraient jamais à se retrouver face à face sur un champ de bataille. Et pourtant, n’était-ce pas inévitable, vu la tournure que prenait l’affrontement entre leurs deux clans ?

Il lui tourna le dos et elle s’apprêta à partir, persuadée que leur conversation s’arrêterait là, mais il reprit la parole. Cette fois-ci pas pour lui faire la morale ou lui asséner une nouvelle honnêteté. Mais pour retendre un peu la main qu’il avait refusée plus tôt.
« Tu es… Tu es libre de venir me voir chaque fois que tu le voudras. Et si je peux te rendre service, depuis ma position… alors demande, et… j’essaierai. Je te promets d’essayer, dans la mesure du possible. Tant que tu ne me demandes pas de trahir les miens. »
C’était une victoire, une toute petite. Elle était persuadée qu’il refuserait catégoriquement de l’aider, c’était ce qu’elle avait compris de ses propos précédents. Pourtant, ce n’était pas un refus catégorique. Il accepterait de l’aider, s’il le pouvait, selon sa demande.

Et ironie du sort, elle n’en voulait plus, de cette aide. Elle était venue désespérée, à la recherche de cette main tendue. Avait été blessée par le refus qu’elle s’était vu opposer. Et maintenant qu’elle l’avait, elle n’avait qu’une envie, c’était de la repousser avec violence. Elle pourrait l’accepter, bien sûr. Elle en avait probablement besoin et elle le savait. Mais elle avait trop mal, elle était trop fière, et trop en colère, pour l’accepter. Pour l’instant, en tous les cas. Alors elle se contenta d’un sourire froid.
« A plus, Eoghan », dit-elle simplement, avant de tourner les talons et sortir dans la rue. Le froid de la rue la heurta de plein fouet. Elle ne jeta pas un regard en arrière. Les questions se fracassaient dans sa tête, et aucune réponse ne lui convenait.
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