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Siren Charms ☽☾ Irial

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Anonymous
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Mar 19 Avr - 23:30 (#)

siren charms
“C'est moi qui te quitterai” m'as-tu murmuré en guise d'avertissement. J'avais l'intime conviction que tu te trompais. J'avais la conviction que ce serait moi qui foutrais tout en l'air. Mais je l'ai gardé pour moi.
L’hère de la nuit siffle dans la nuit perfide. Les pas d’une madone embroche le bitume, écoutant le chapelet de mots qui suintent d’une bouche graisseuse. « Alors ? Tu l’as rencontré ? » Les mains plongées dans les poches d’un manteau sombre, elle fixe les passants trépassant autour d’eux, certains osent les mirer, d’autres font mine de ne rien voir, d’autres encore se prélassent dans l’ignorance totale. « Qui donc ? » La voix est un monticule de douceur menaçante et l’immortel à ses côtés n’oserait contrarier celle qu’il sait si proche d’un coup de folie à chaque instant. Elle tangue sans cesse entre deux rives, se laissant bercer par la houle de ses envies meurtrières, par ses caprices de sale gosse lunaire. « Ian Calloway. Tu l’as vu, n’est-ce pas ? » Les pas cessent lentement tandis qu’elle se détourne vers lui, il aurait un visage inspirant le prénom de Bob mais il n’en est rien, Stewart n’a rien d’un vampire ordinaire, loin de la grâce habillant les antiques, il est engraissé, pâteux, semble avoir la peau luisante de graisse. Il fait tache dans un décor de corps malingres et gracieux. « Tu sais quelque chose ? » Les questions s’amoncellent entre eux et il s’en agace d’un soupir. « Non j’te demande. Tu m’as fait venir pour ça, non ? » « Non. Je voulais te rencontrer pour t’offrir un verre. » Il sourcille, peu certain de comprendre. La fille Ó Shaugnessy n’est pas femme à offrir quoi que ce soit et certainement pas un verre. L’angoisse alors s’empare de lui, craignant qu’elle ne le mène vers la torpeur d’un piège. « J’ai fait quelque chose de mal ? » Elle cille, le fixant de son air impassible qui ne se froisse que rarement face à lui. Mais il la connait boudeuse, hargneuse, dégoûtée. Il sait qu’elle est capable d’expressions faciales plus humaines que celle qu’elle affiche en cet instant. Un battement de cils vient signer son trouble tandis qu’elle laisse son regard errer un instant ailleurs, tentant de trouver les bons mots « Kaleb m’a dit qu’il serait bien que je sorte. Alors je t’ai choisi. C’est tout. » L’appréhension se teinte d’une surprise immense, hochant doucement la tête sans comprendre cet esprit détraqué aux rouages rouillés.

Leurs pas les mènent dans la vallée des nymphes, village de rouge, de soie, de velours, de plumages, d’oiseaux pourtant déplumés de leurs parures. Sur la scène, les sirènes chantonnent, hanches chaloupantes, oscillantes et grivoises pour les yeux des hommes affamés. Elle s’étonne de voir certaines femmes dans la cohue, observant un instant celles qui se délassent sur les lattes de bois. « Oui, je l’ai rencontré. Charmant. » La tête de Stewart toute tournée vers la chair fraîche disséminée devant lui, lâche un « Hein ? Ah. Oui. » troublé. Elle se détourne pour le mirer des azurs de ses prunelles, enfant de la lune, pâle dans la pénombre, le teint d’une naïade au sang méphitique, singeant la nuit les entourant de sa lueur étrange. Un sourire mystique s’esquisse, désignant les femmes dénudées d’un léger coup de tête, ses cheveux blonds relâchés sur ses épaules cintrées dans une veste serrée glissant en quelques mèches sur sa poitrine « Tu aimes ce que tu vois ? » Stewart hésite, elle le remarque, s’approchant de lui pour murmurer de sa voix au timbre gracieux « Tu peux parler sans crainte. » Ce soir elle veut être sans fard, ne pas juger, remplissant sa mission que Kaleb l’a sommé d’exécuter. Ce soir Stewart devra mourir, profitant de derniers instants et il n’y a que dans le désir que l’homme se fait le plus faible. « Je peux t’en offrir une, si tu veux. » Il hausse ses sourcils broussailleux, son faciès ingrat tout tourné vers elle, déglutissant difficilement comme un adolescent à qui l’on offrirait une courtisane, une favorite d’un roi laid. « Je ne sais pas… Tu crois que je peux ? » « Bien sûr. » Non. Elle ne lui donnera rien. Le sourire persiste tandis qu’elle l’invite à aller vers le bar. « Je te rejoins après… » Elle le promet, mondaine manipulatrice au sourire tristement sibyllin, ses mains se nouant devant elle, vestiges d’une éducation ornée de dorures et de noblesse. Sa posture demeure ainsi un instant alors qu’elle se retrouve seule, perdant peu à peu sa joie artificielle pour laisser à nouveau les ombres peindre son visage d’une éloquente rage. Stewart l’a mené vers un chasseur qui pourrait bien remonter jusqu’à lui et l’amenant alors à remonter jusqu’à elle. Stewart est un lâche que tout achète et qui devra mourir ce soir. Une botte à la pointe de cuir s’avance sur le velours tandis qu’une chanson mélancolique se lance, un seul joyau de femme brillant sous la lueur d’un projecteur, un serpent de velours autour de son corps aux seins dénudés. Elle observe, attentive, méprisant cette nudité qu’elle offre pourtant dans les couloirs du motel de ses déshabillés de soie. Un piano chantonne une terrible histoire et la danseuse s’approche des hommes envoûtés, des larmes de mensonges s’étendant sur ses joues pleines.

Le voile noir frôle alors un fauteuil, s’accrochant à un broderie. Prête à pestiférer, elle tombe dans l’écueil d’un regard qui aurait pu faire cesser de battre son cœur si celui-ci était encore capable de fonctionner. L’être entier se fige et il semble presque qu’elle blêmit, ses yeux s’écarquillant lentement face à ce visage qu’elle ne pensait jamais revoir. L’horreur s’emmêle à d’autres sentiments confus qui contaminent la terreur et le chagrin. Ses pieds reculent un instant tandis que dans la pénombre personne ne remarque qu’une silhouette famélique tangue, manque de sombrer sur le sol. « Callum ? » murmuré dans le songe de sa folie, croyant voir là apparaître l’impossible. Son Sire depuis longtemps déjà dort en ces terres. Là, tout cesse, ralentissant comme dans une longue chute où un vase finira fatalement par se briser comme sa psyché mourante. « Comment est-ce possible ? Tu es… » L’incompréhension distille son poison dans ses veines, l’appelant à se soumettre, à abattre un premier genou sur le sol, guerrière face à son roi pour qui elle a tant combattu, les volutes de ses cheveux sursautant sous son mouvement, ses paupières n’osant battre davantage que quelques fois comme par crainte qu’un battement trop long ne puisse le faire disparaître. Est-ce le marasme de sa folie qui la fait disjoncter ? Sa main s’élève alors, phalanges fines s’arrimant à un poignet bien réel, bien solide, répétant encore « Callum. » comme une supplique d’une enfant délaissée, les yeux s’embuant de larmes qui pourraient se laisser couler, elle qui ne pleure plus depuis longtemps est presque prête à en laisser sombrer les cristaux tandis que le piano s’emballe en fond, que la danseuse se détourne, jetant un coup d’œil plein de volupté aux naïfs croyant qu’ils la dévoreront ce soir de leurs mains pleines de méfaits. « Tu m’as tellement manqué. » de son timbre tremblant de trémolos d’une gosse qu’un Sire abandonna un sale soir de septembre.  
by delirium






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