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Breakdown - Medea & Irial

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Jeu 17 Mar - 13:55 (#)

Breakdown
 
Si je devais parler de ma vie, je dirais qu’elle est assez banale. Je respecte une certaine routine où les seules choses qui sortent de l’ordinaire sont les heures à lesquelles je peux être appelé à l’hôpital. Sinon, je suis scrupuleusement ce programme que je me suis imposé, la seule hygiène de vie que je possède, en somme.  



Je me lève tous les jours à 6:45 si je suis du service de jour. Je fais quelques étirements avant d’aller me laver. Je me coiffe impeccablement les cheveux, m’habille, souvent avec des costumes et une cravate qui dénote, me parfume... Il s’agit d’une fragrance discrète mais envoûtante que vous ne pourrez sentir que si vous êtes trop près. Et vous ne le serez jamais, à moins que j’en décide autrement. Je petit-déjeune ensuite, toujours la même chose : des œufs brouillés et trois tranches de bacon, accompagnés d’un café noir et corsé, sans sucre, en écoutant la même station de radio : la 101.7, KEEL Radio, qui me permet de rester informé des dernières nouvelles. Je fume alors la première cigarette de la journée, qui sera suivie de nombreuses autres tout au long de mon emploi du temps chargé.  



Au volant de ma voiture, je sifflote les musiques qui passent à la radio. Arrivé à l’hôpital de Shreveport, je fume ma seconde cigarette avant de prendre mon service. La pause déjeuner, je préfère la passer seule. Je n’ai pas envie de sociabiliser avec le reste de l’équipe. Je prends donc mon repas dans mon bureau, au calme. Il m’arrive de sortir le manger dehors s’il fait beau. Je fais l’effort, une fois par mois, de partager ce moment de convivialité avec mes collègues médecins pour ne pas éveiller les soupçons. C’est un jour particulièrement agaçant où je suis de mauvais poil. Je termine vers 17:00, ce qui me permets de faire une course ou deux, sans jamais oublier ma bouteille de whiskey que je bois durant le diner pour me détendre. Si je suis trop sur les nerfs, je vais directement au bar en bas de chez moi. Je ne me couche jamais trop tard. J’ai toujours une nuit d’environ huit heures pour être bien reposé. Le sommeil est primordial pour un chirurgien.  



Mais parfois, il y a des jours où rien ne va. Comme aujourd’hui. Mon réveil a rendu l’âme, donc je me suis levé en retard. Je n'ai donc pas été à l'heure au travail et n’avais visiblement pas assez de nicotine dans le sang. J’ai perdu patience plus d’une fois. J’ai été obligé de supporter mes collègues à la pause méridienne, une nouvelle interne m’a collée aux basques toute la journée. Elle a cette voix de crécelle particulièrement agaçante qui m'a donné la furieuse envie, plus d’une fois, de lui serrer son joli petit cou jusqu’à ce que plus aucun son n’en sorte. Finalement, la fin de la journée arrive et je me vois déjà au bar pour boire un verre, voire deux, histoire de me détendre. Mais visiblement, le sort s’est acharné sur moi pour me faire vivre une putain de journée de merde jusqu’à la fin. La route est bouchée et m’oblige à prendre un autre chemin. Je fais un immense détour pour pouvoir rentrer chez moi, contraint de sortir aux abords de la ville pour ne pas rencontrer de bouchons et rouler de manière fluide.



Je sors difficilement une cigarette d’un paquet que je jette sur le tableau de bord et fouille mes poches, en faisant un superbe exercice de contorsion, pour trouver mon briquet. J’y arrive enfin, l’allume, tire énergiquement dessus pour emplir mes poumons de nicotine quand j’entends un bruit de pneus qui crissent. Je freine instinctivement et vois les deux voitures, un peu plus loin face à moi, s’entrechoquer brutalement. Un bruit de tôle froissé se fait entendre, suivit d’un long silence. Soudainement, une fumée noire sort de l’un des deux capots, tout de suite suivie de flammes. Mais les conducteurs ne sortent pas. Ces deux connards ont bien choisi leur moment pour tourner de l’œil. Mes deux mains sur le volant, ma clope au bec, je regarde autour pour voir si je suis le seul témoin de la scène. Hors de question de rester une minute de plus, ils n’ont qu’à crever, je n’en ai rien à foutre. Ce n’est pas comme si je n’avais pas déjà du sang sur les mains...

Je me crois chanceux quand finalement, je vois dans mon rétroviseur la voiture d’une jeune donzelle qui sort en panique de son véhicule. Fais chier. Je tape mon volant férocement, un coup, deux coups, trois coups, pour faire sortir la frustration, passe une main pour me recoiffer – signe qui traduit facilement ma colère - et prends une longue inspiration avant de mettre mon masque social. Je sors de ma voiture, toujours la cigarette entre les lèvres pour me joindre à la femme qui se dirige vers les lieux du crime.  



De plus près je peux voir une femme au volant d’une des voitures, un enfant à l’arrière qui pleure. Dans le second véhicule, un vieil homme. J'aimerais que la voiture explose tout de suite pour qu’on n'ait pas à se prendre la tête pour ces gens-là et que je suis puisse tranquillement rentrer chez moi. On dira que c’est la faute à pas de chance. Je lâche un long soupire en me pinçant l'arête du nez. Pourquoi ces putains de voitures ne peuvent pas me rendre service, rien qu’une fois ? “Je pense qu’il faut appeler et attendre les secours.” C’est en disant ça que je me rends compte que le badge de l’hôpital est toujours accroché à mes vêtements, indiquant à qui le veut bien que je suis un médecin de cette putain de ville. Fais chier, pourquoi suis-je si con ? Je sors mon téléphone en espérant qu’elle n’ait rien vu et appelle les secours en leur indiquant les lieux de l’accident. Pourquoi suis-je si poisseux aujourd’hui ?  
(c) AMIANTE

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Pseudo : Mea
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Dim 20 Mar - 11:03 (#)

Quatre jours hors de Shreveport pour explorer il grande nulla en  Arkansas. Des rapports constants provenant d’une petite ville à la frontière entre les États. Si le nom est joli, El Dorado n’a de doré que la façade jaunie de ses fast-food. Depuis le bordel sans nom d’Halloween 2019, les paranoïas sont aux plus fortes et dépassent parfois les banlieues louisianaises. Il y a un tournus au sein de la Nrd pour enquêter sur les signalements qui se recoupent. Le genre de sale boulot dont personne ne veut. Pas tout à fait. Medea, sans se porter volontaire, aime parfois creuser un peu sous la surface. Elle est absolument certaine que le monde Surnaturel est loin d’avoir livré tous ses secrets et ne rechigne pas à donner un peu d’attention aux hypothèses les moins farfelues. Ou du moins celles qui semblent rassembler des détails un peu concrets ou plusieurs sources différentes.

C’était le cas avec cette petite ville ennuyeuse plantée au milieu des champs. Elle n’avait pas remis les pieds en Arkansas depuis cette première affaire avec Carlisle. Ne compte pas recommencer l’expérience de sitôt. Cet état est tout ce qu’elle n’aime pas. Rural, congénital. Wayne et Duncan étaient sur des affaires bien plus importantes et elle n’avait pas souhaité les distraire avec ce genre de chasse aux sorcières. Ou plutôt, dans ce cas précis, à la Goule Nécrophage. La profiler avait passé du temps en amont pour étudier les différents mails, les enregistrements des appels pour les confronter ensuite aux légendes et folklores. Se replongeant avec un plaisir coupable dans les textes et les illustrations qui ont bercé son enfance.  Au bout de quelques heures, une figure avait fini par émerger. Une créature se nourrissant de cadavres, les déterrant. Des pieds griffus laissant des empreintes profondes dans la terre meuble retournée. Des créatures humanoïdes qui adoptent pendant quelques heures après ingestion l’apparence de leur repas et leurs souvenirs. Agissant tant par Faim insatiable que par besoin viscéral de retrouver le temps d’un claquement de doigts un visage presque humain.

Cinq familles différentes sans lien apparent entre elles sur une période de trois mois au  moins ont déclaré que des sculptures récentes avaient été désacralisées. Qu’ils avaient aperçu leurs êtres chers déambuler à la nuit tombée dans les abords du cimetière. Voir s’étaient présentés à leur porte pour réclamer leurs effets personnels pour “continuer” dans l'au-delà. Des yeux morts. Une haleine pestilentielle. Entre l’effroi, la douleur, les vomissements ne tardaient pas. Les évanouissements tout autant. Disparition de la créature. De bijoux de famille aussi, étrangement.

Malgré une pointe de déception, Medea n’a pas été surprise quand après une planque de plusieurs jours aux abords du cimetière avec un représentant grognon de l’ordre local -”je ne vois pas pourquoi vous avez besoin de mon aide, c’est une affaire surnaturelle, ca ne concerne pas la police du County”. Cretino. - l’affaire s’était éclaircie d'elle-même. Pas de Goule. Ce qui ne signifie pas pour l’Italienne que ces créatures mystiques n’existent pas, simplement, pas en Arkansas, et comment les blâmer? Une arnaque plutôt bien ficelée de la part d’un petit groupe de comédiens au chômage doublé d’une absence totale de scrupules à déterrer des cadavres pour en récupérer ensuite les quelques biens de valeurs. De la théâtralité, des parfums d’ambiance, et un mythe pour effrayer les locaux.  Le moulin à rumeur qui s’emballe, la certitude que leur ville est la cible d’attentions du Diable, et voilà. Et dans l’un des cas, une mère de famille qui a décidé de profiter de la vague de panique pour plaquer mari, gosses pour refaire sa vie avec son amant. En touchant sa propre assurance vie. Bien tenté. L’italienne n’est pas restée sur place pour constater les conséquences de ce bazar. Pas de Créature, pas de Nrd.

Il est pourtant déjà tard dans l’après-midi quand elle peut enfin quitter El Dorado pour rejoindre Shreveport. Mais l’idée de passer une nuit de plus dans ce motel crasseux aux draps lavés à la laine de verre… Non. La route jusqu’aux abords de la ville est d’une monotonie mortifère. Des champs. Des champs. Et… oui, encore des champs. Heureusement elle a fini par dénicher une station de radio qui diffuse principalement du Jazz. Le ciel se pare d’ocre et de rose profond à mesure que le soleil disparaît derrière cette infinité au bucolique qu’elle ne remarque pas. Zébrures de nuages qui enflamment l’horizon. Mais c’est une flamme bien moins douce au regard qui lui envoie une décharge d'adrénaline immédiate. Brutalisant les notes d’un saxophone, les crissements de pneus, la violence de la taule brisée. Le coude dans la route qui contourne l’une des seules stations- service et son indispensable motel ne lui permet pas de voir l’accident lui-même. Freinant à peu de distance d’une autre voiture, elle ne peut que constater que la route est entravée par deux véhicules qui viennent de s’accrocher  frontalement, bruyamment.

Comment est ce que l’accident est possible sur une telle route est une question subsidiaire qui ne la concerne pas. Medea attrape son téléphone et ouvre la portière pour s’élancer dehors. Pas d’autres phares en vue. De la fumée épaisse s’échappe du capot d’un des véhicules et l’autre a l’air d’avoir l’aile et la portière conducteur sévèrement enfoncée. Le choc les a déporté contre la barrière de sécurité, bloquant le côté passager. De la voiture qui la précède,  un homme sort avec une nonchalance  qui irrite l'italienne de la plus mauvaise façon. Elle ne lui accorde qu’un premier regard en passant, son téléphone en main, vérifiant qu’elle ait du réseau. Oui. Un problème en moins. A sa réflexion, Medea lâche un “-No shit, Sherlock?!-  à la sécheresse assumée avant qu’il ne se décide à joindre le numéro d’urgence. Qui ne répond pas. Qui passe un message pré-enregistré comme quoi leurs lignes sont saturées. Elle inspire. Dans le silence,  entendre le timbre robotique à travers son téléphone était aisé, son volume beaucoup trop haut. Elle se tourne vers son vis à vis  -Il doit y avoir une urgence en ville qui mobilise les centres. Venez m’aider. Il faut au moins voir s' ils sont conscients ou non. -Hors de question d’attendre sans rien faire.

Elle prête enfin attention à la cigarette qui pend d’un des coins de la bouche de l’homme en face d’elle. D’un geste vif, elle la lui arrache et l’écrase d’un talon virulent sur la chaussée. A cet instant, son pantalon crème et son blazer bleu layette semblent bien déplacés. Il y a peu de chance qu’elle échappe à toute hémoglobine. -Vous voulez tous nous faire sauter?! On ne sait pas si les réservoirs d’essence ont été touchés! -Ce n’est pas le moment d’argumenter. Mais en se rapprochant de lui pour ce geste condescendant, ses prunelles charbon aperçoivent le pass accroché au revers de sa veste. Une pointe de soulagement qui perce dans son expression. En espérant qu’il soit un médecin utile dans ces circonstances. Parce que bon… Un dentiste ou un dermatologue risque de ne pas se souvenir de ses bases de médecines traumatiques. -Ho! Vous êtes médecin! Vous avez déjà été dans ce genre d’urgence? - c’est le moment de dire oui. Sinon la situation risque de devenir dramatique.

Les cris de l’enfant sont de plus en plus perceptibles alors qu’elle arrive près de la carlingue défoncée. Le panache de fumée de l’autre véhicule imbriqué ne se tarit pas et cela l’inquiète. A quel point ils risquent une explosion? Elle n’a pas été formée pour ce genre de cas. Pas vraiment. A l’avant de la première, une femme est au volant, la tête pendante, à ses cotés, un adolescent d’une quinzaine d’année dont le visage tordu de douleur trahit à la fois qu’il est conscient mais aux prises avec une souffrance considérables. Le visage de Medea palit. Il devait avoir une jambe sur le tableau de bord quand l’airbag s’est déployé. Difficile de distinguer vraiment au travers des vitres brisées. -Ici! Il y a au moins deux blessés, je ne sais pas pour l’enfant dans son siège auto.

Elle s’avance pour constater l’ampleur des dégâts sur la seconde voiture. C’est sans doute celle qui a percuté l’autre. Déviant de sa voie pour déglinguer l’autre. Le modèle est plus ancien, plus rouillé. Côté conducteur, un homme âgé a des mouvements faibles pour se débattre avec sa ceinture de sécurité. Il se penche vers son passager, ne permettant pas à Médéa de déterminer de qui il s’agit. Déjà, elle porte la main sur la portière, espérant que le choc n’a pas enclenché la fermeture automatique. Tournant la tête pour voir ce que fait l’autre touriste. Elle n’a pas de temps à perdre à manager de l’indolence de sa part. Surtout qu’elle va avoir besoin de ses directives pour ne pas risquer d’empirer leurs blessures. -Comment est ce que vous voulez procéder?
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Ven 25 Mar - 20:59 (#)

Breakdown
 
Sherlock ? Je suis un putain d’Irlandais et elle me compare à un rosbif ? Je ne la supporte déjà pas, rien qu’à cette remarque. Je fixe ce bout de femme, petite, brune, aux pupilles noir charbon. Ses pupilles noir charbon... Elle a l’air hargneuse. C’est une emmerdeuse de première, j’ai le don de les reconnaître au premier coup d’œil. Alors je reste prudent. Et le répondeur m’irrite un peu plus. Impossible de les joindre. Les bouchons de la ville sont certainement dus à un accident, sur ce point, elle a raison.

Venez m’aider ? Elle me prend pour un scout ou un bon samaritain ? Elle pense réellement que j’ai envie de travailler une voire deux heures de plus gratuitement ? J’essaie de rester totalement impassible et de ne pas montrer mon agacement. Et c’est alors qu’elle porte sa main à mes lèvres pour attraper ma cigarette et de l’écraser furieusement au sol. Ma mâchoire se serre alors. Plus possible de contenir mon agacement. Je vais lui arracher les yeux de ses globes oculaires. Je me demande si elle serait toujours aussi belle sans ses deux billes d’ébène

« Ce que vous venez de faire est affreusement dangereux. S’il y avait eu une fuite à nos pieds, vous nous auriez fait tous sauter. C’est ce que vous voulez ? Partir dans l’au-delà sans avoir pu dire ouf ? »


Faire sauter des personnes, voir des corps partir en lambeaux, c’est un pouvoir qui m’aurait plu. D’une simple poignet de main, la personne aurait pu finir en cendre. Quelle superbe idée… Dommage que je ne puisse pas choisir. Mais celui que je possède est beaucoup plus subtile, il me sied mieux. Et si je caressais lentement sa joue pour lui refiler une petite gangrène ? Impossible à retirer, elle lui serait fatale. Mais sa mort serait trop douce. Je dois réfléchir à quelque chose de plus douloureux encore pour avoir osé me priver de ma nicotine.

Et merde, elle a vu mon pass. Elle a l’air heureuse de le voir. De me voir. C’est bien une première. Je ne peux m’empêcher d’afficher un sourire en coin. Non pas que je suis heureux. Je veux juste revoir cette lueur dans ses yeux, avant d’y voir l’effroi… Ses yeux… J’y pense un peu trop. Je crois que j’aime bien ses yeux.

Je retire ma veste que je dépose à mes pieds et retrousse lentement les manches de ma chemise. Si j’ai déjà été dans ce genre de situation ? Est-ce que le pass qui indique que je suis médecin à l’hôpital pourrait faire croire que je vis la vie bien tranquille d’un médecin de cabinet ? Ces rats opportunistes qui n’aiment pas l’adrénaline. Enfin, bref, plus le choix, je suis contraint d’aider.

« Il semblerait que ce soit mon quotidien. Mais habituellement, on me les apporte directement et j’ai un hôpital entier avec toutes les merveilleuses machines à l’intérieur. »

Le cri perçant de cet enfant me donnerait presque envie de grimacer. Pourquoi faire des enfants sinon pour devenir sourd ? Je la regarde jeter un coup d’œil dans les voitures tandis que je zieute mes mains gantées de cuir. Vais-je vraiment devoir les retirer, ou est-ce que je paraitrais suspect de les garder ? Je sais contrôler mon pouvoir, mais dans le cas d’une panique, j’aurais peut-être du mal… Je finis par regarder moi aussi l’ampleur des dégâts pour ensuite établir, rapidement et efficacement un plan pour les sauver. Je suis peut-être fou mais intelligent et efficace sous pression, je ne travaille que comme ça.

« Il serait plus logique de faire sortir les personnes les moins blessées, ce sera beaucoup plus rapide et ils ne souffriront pas trop. Sortez l’enfant de son siège auto, c’est la priorité, et mettez le dans votre voiture, je viendrai l’ausculter lorsqu’on aura sorti tout le monde. Je vais essayer de sortir la mère. »

Je sors un couteau suisse de ma poche que je lui tends.

« Les ceintures ont tendance à être un peu trop efficaces dans ce genre de situation. Faites vite, la fumée n’est pas bon signe, j’ai peur qu’elle finisse par exploser. On a peu de temps devant nous. »

Je me dirige alors vers la femme inconsciente. Était-elle celle qui a commis le délit et provoqué l’accident ou était-ce le vieillard ? S’en voudrait-elle toute sa vie si quelqu’un venait à mourir, contrairement à moi qui le vit sereinement ? Il s’agirait d’une belle torture de rendre quelqu’un coupable de meurtre et de lui rappeler son méfait à chaque fois qu’elle commence à être heureuse. Je suis un peu trop imaginatif lorsque je suis sous pression, visiblement. Je tente d’ouvrir la portière qui, bien évidemment, ne coopère pas. La toile froissée rend le mouvement de portière impossible. Je vais alors chercher ma veste que j’enroule autour de mon bras et casse la vitre du coude. J’enlève les débris qui pourraient nous blesser, la femme et moi. Je m’introduis dans l’ouverture pour agripper la conductrice, décroche sa ceinture avec difficulté et la tire vers moi. Elle est lourde parce qu’inconsciente mais j’arrive tant bien que mal pour l’extirper. J’ai bien pu voir l’ampleur des dégâts concernant le jeune homme à l’avant. Il s’agit du passager pour qui nous auront le plus de mal, semble-t-il.

Je dépose la femme au sol et prends son pouls. Elle est vivante, pas d’anomalie de ce que je peux en conclure. Je passe une main dans ses cheveux blonds pour les écarter de son visage. Elle a un visage affreux, rougi grossièrement : deux grosses tâches rosées contraste avec la pâleur de sa peau. J’approche légèrement en lui ouvrant la bouche pour sentir son haleine. Il semblerait que madame avait besoin d’un ou deux verres avant de partir. Vu ses vêtements, elle a certainement dû être invitée à diner avec ses enfants et n’a pas su refuser l’alcool proposé pour accompagner le plat. Son front saigne abondamment. Rien d’anormal, sur cette région, cependant. Mon oreille près de son nez m’indique que sa respiration est normale. Elle pourrait avoir un traumatisme crânien mais je ne le saurai qu’une fois consciente.

Je la tire vers ma voiture, la plus proche, près de ma portière pour la mettre à l’abri au cas où les voitures exploseraient et jetterai des débris. Des débris que je me prendrai sûrement parce que cette foutue femme m’a demandé d’aider. Je devrais partir maintenant, pendant qu’elle a la tête dans l’une des voitures, ou jeter l’une de mes cigarettes sur les tas de ferraille et si j’ai de la chance, tout prendrait feu. Mais je n’ai aucune chance, aujourd’hui, je finirai ma soirée en tôle pour tout un tas de délit qu’on m’aura collé sur le dos, juste pour avoir voulu être tranquille ce soir.

Je retourne alors vers la voiture pour regarder la brunette. Elle ne fait pas américaine, elle a plutôt l’air d’être européenne. Méditerranéenne. De quel coin pourrait-elle bien venir ? Son accent a l’air d’être espagnol… Non. Italien, oui c’est ça, italien. Une bouffeuse de pâtes, super. Je lui fais signe pour aller près du taudis dont le capot fume et tenter de sortir le vieillard et la personne qui semble l’accompagner.

« D’abord l’homme, il est conscient, il semble aller plutôt bien. Les autres passagers ensuite. Venez m'aider. »  
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Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Mar 29 Mar - 10:26 (#)

Que son interjection froisse l’égo du Mâle en face d’elle, Medea refuse de le prendre en considération. Ils ne se sont pas présentés, n’ont pas vraiment du temps à perdre en plaisanteries cordiales. L’italienne considère depuis longtemps que la politesse est le premier rempart contre la violence, mais certaines circonstances dictent d’aller à l’essentiel. Il n’y a qu’eux sur ce pan de route déserté et les occupants des deux voitures doivent être encore sous le choc qu’ils viennent de subir. Les secondes s’égrainent et il demeure d’une indolence qui menace de lui faire perdre le peu de patience qu’elle possède. Le calme qu’elle affiche, ses abords de glace ne sont qu’un masque de plus. Le plus familier. Le regard qu’elle lui décoche est exaspéré. Il reste muet face à sa demande d’aide, de marbre. Il ne se sent absolument pas concerné par les cris qui percent par les vitres brisées.

Cette attitude grince sur ses nerfs.  Elle n’a pas l’illusion de croire qu’elle peut tout gérer toute seule. Pas dans ces circonstances. La cigarette est l’élément qui bouscule en premier les limites des convenances qu’elle aurait dû s'imposer.  Il a un léger accent qui colore ses mots. Loin d’être désagréable. Cela lui confère un charme que sa posture ne lui accorde pas. Ce genre de remarque l’agace. Medea lui décoche un regard absolument goguenard. A la dérision la plus crue. Se fait un plaisir de démonter l’argument avancé, elle aime beaucoup trop cela, ces confrontations verbales avec des hommes qui s’imaginent qu’il suffit de Paraitre pour Etre. -Vous êtes sérieux? Parce que vous auriez risqué une rayure sur votre… -le ton s’adoucit, ses prunelles caressent l’élégance racée de la carrosserie.  Une œuvre d'art - voiture? Vous vous êtes garés à plus de cent mètres du choc! -Ses doigts s'attardent sur l’aile grise de la Lamborghini en un effleurement inconsciemment sensuel. Plus jeune, Amedeo aurait trouvé le moyen de tirer les clefs en quelques secondes et de disparaître dans les rues de Los Angeles avant même que Sherlock réalise ce qui se passait. Bien sûr qu’elle a les moyens de s’offrir un tel bijou. Elle n’en a pas les moyens. La fracture est déjà trop grande entre elle et les autres agents de la Nrd. Après tout, l’italienne n’est Que consultante. Venir chaque matin au volant d’une Maserati, d’une Aston Martin ou d’une Jaguar creuserait une nouvelle différence qu’elle ne souhaite pas. Pour le moment. Elle n’a même pas encore pris le temps d’acheter sa propre voiture, utilisant une des berlines de fonctions. Avec un regret presque perceptible, elle se détourne de la Panthère.

Car elle vient d'apercevoir le caducée révélateur accroché à son costume. Ce qui est plus important que leurs petites bisbilles précédentes. Ses épaules perdent un peu de leur raideur. La vipère n’a pas été formée pour agir dans ce genre de situation si précise. Les premiers secours, les soins d’urgence, oui. Les protocoles exacts? Non. Ce n’est pas son domaine. Se reposer si pleinement sur cet inconnu ne lui convient pas totalement. Néanmoins son soulagement est réel, à mesure que le crépuscule devient de plus en plus présent autour d’eux. Ils sont au milieu de nulle part et les moteurs agonisants sont un bruit de fonds aussi oppressant que les gémissements qui s’affaiblissent. Il retire sa veste, mais garde ses gants, étrange rituel. Surtout… interminable. L’attente est une insulte. Medea a envie de le prendre par les épaules et de le secouer. Agit bordel!  Il lui confirme enfin qu’il a les capacités et la technique pour prendre en charge ce genre de situation. Pas anglais son accent. -Quelle chance pour vous, un peu de nouveauté dans votre routine. Je suis sûre que cela doit vous manquer, de pouvoir exercer la médecine de terrain. -Le sarcasme sinue dans chacune de ses syllabes et Medea s’en rend compte. Il faut qu’elle cesse. Elle n’a pas de raisons cohérentes de créer un antagonisme avec lui. C’est infantile et contre productif.

Des instructions claires et simples. Elle hoche la tête sans le contredire. Pas sur son terrain, pas quand elle lui demande justement de mettre en avant ses compétences.  -L’enfant, les blessés légers. -Elle attrape le petit coutelas. Sachant qu’elle a une lame papillon dans la boîte à gant de sa voiture. Ce n’est pas le moment d’aller la récupérer, le couteau suisse fera parfaitement l'affaire. Un frisson désagréable. Les voitures qui explosent avec des passagers encore à l’intérieur est le genre de scénario qui va la hanter longtemps s' il vient à se réaliser.

Medea s’éloigne à grands pas et ouvre la portière passager pour atteindre le siège auto. Heureusement, celle-ci n'a subi aucun choc et elle parvient à l’ouvrir avec plus de facilité que Sherlock avec la sienne. La mère a peut-être fermé la sienne de l’intérieur dans la collusion. L’intérieur de l’habitacle est étouffant. Le môme dans son siège à l’air indemne mais il hurle de toute la force de ses poumons. Il doit avoir 15 mois pas plus et l’odeur qui émane de lui indique qu’il doit avoir bien besoin d’être changé. Il  a le visage rouge de ses hurlements et les larmes ne cessent pas. Le médecin avait raison. La ceinture de sécurité qui maintient le siège sur la banquette arrière est raidie et refuse de bouger même lorsque  celle-ci se décroche. Elle n’ose pas sortir l’enfant de sa coque protectrice. Pas avec les risques de traumatismes non décelables. Heureusement le siège est l’un des nouveaux modèles. De ceux qui se clipsent sur un support plus rigide. Elle relâche la fixation. Attrape un doudou et un jouet qui teinte et dingeling a chaque mouvement, le fourre dans les petits poings serrés. Ce qui dérange vraiment la profiler, ce sont les sons de détresse de son frère sur le siège passager avant. Il est courbé dans sa ceinture, relans de vomis sur  le côté barrière. De là où elle est, elle ne distingue pas correctement sa jambe. Juste suffisamment pour contempler une pulpe d’os et de chair sanguinolente. Fracture ouverte et qui n'a rien d'élégante. Elle déglutit audiblement et attrape le siège pour le sortir de la carcasse accidentée. Ne pas s’occuper de l'aîné lui tord le ventre. Il a conscience de sa présence, tente d’articuler quelques mots qu’elle ne parvient pas à saisir. -Chut, Andrà tutto bene, je reviens. - L’air frais, ou le mouvement, semble aider le gamin. Il cesse momentanément de hurler.  Hors de question de laisser le siège sur la route, trop dangereux, avec les ombres qui s’allongent. Elle le dépose sur le siège arrière de la berline. Merde. Est ce qu’elle a un triangle? Par miracle, elle en déniche un dans le coffre et le place quelques centaines de mètres en amont. Elle allume grand ses phares, leur donnant la luminosité nécessaire. Pas encore suffisant, mais mieux.

Abandonnant l’enfant dans son siège, elle revient vers l’épicentre. Le médecin a déjà sorti la mère et l'a déposée près de son véhicule, en dehors de la ligne directe d’une voiture qui surgirait. Avant qu’il ne s'éloigne, Medea l'arête - Est ce que vous pourriez allumer vos phares? Autant pour voir que pour signaler notre présence? -  C’est ensemble qu’ils retournent vers l’accident. La profiler commence déjà à se tourner vers la voiture déjà ouverte, vers l’adolescent. Mais il l’interrompt. Il a le même accent que le mec plutôt mignon dans Sons Of Anarchy. Le grand brun avec les cicatrices sur les joues. Tommy quelque chose. Irlandais. Sherlock est Irlandais. Premier signe d’indécision. Elle n’a pas envie de laisser le gamin seul. Pas envie qu’il pense qu’il a été abandonné.  Cela lui demande un effort réel pour pivoter sur ses talons et s’en détourner. Les prunelles de Medea accrochent celles d’Irial, doutes et inquiétudes clairement lisibles dans son expression. -Est-ce que vous êtes sur? Il est vraiment mal en point. Je ne sais pas combien de temps il peut tenir. Sa jambe est dans un sale état. -Mais sa jambe n’est pas un organe vital. Et son artère fémoral n’a pas été touché, il aurait déjà succombé

Cependant, c’est la certitude que s’ils commencent à argumenter, ils jouent aux dés avec la survie des blessés restants qui la convainc d’agir selon les consignes primaires. Ouvrir la portière demande un peu d’effort. Mais le modèle du véhicule est plus ancien  et la tole plus résistante. Avec un grognement qui filtre entre ses lèvres serrées, la poignée finit par remplir son office. Le couteau suisse d’Irial remplit son office. Il lui faut cisailler la ceinture pour pouvoir libérer l’homme. Conscient. Qui répète en boucle. -Ma femme. Aider ma femme. Ma femme. Est ce qu’elle est.. Ma femme.. -Le front masculin est poisseux de sueur et il ne semble pas être capable de bouger par lui même. Il faut que Medea l’attrape sous les aisselles et le tire véritablement vers l’extérieur pour qu’Irial puisse lui prodiguer les premiers soins. Le bruit sourd de ses jambes qui heurtent le sol, poids mort. Sa propre sueur qu’elle essuie d’un revers de manche.

Avant de revenir vers la passagère qui inquiète tant le conducteur. Trois brèves secondes. Medea recule et se cogne presque la tête contre le haut de la voiture. Son visage est blême quand elle attire l’attention du chirurgien. -Sherlock.. -souffle-t-elle, le timbre nettement moins abrasif, lui demandant de venir à côté d’elle et de délaisser quelques instants le vieil homme dont le teint grisâtre reprend des couleurs à l’air loin de la fumée. Les phalanges de la brune sont blanchies et crispées sur le haut du siège alors qu’elle recule pour laisser la place à Irial. Le pare brise est complètement enfoncé et des éclats de verres parsèment le visage et le corps de la femme, certains sont plantés si profondément qu’ils hérissent ses bras et le devant de ses cuisses, porc-épic repoussant. Ce n’est pas ce qui conduit Medea à réagir aussi vivement. Un large coin de tôle provenant sans doute de l’autre voiture s’est planté dans son abdomen, déchirant les chairs et les viscères, la clouant efficacement, la crucifiant terriblement au dossier de son siège. Les mains de la malheureuse s’agitent faiblement autour du morceau de métal qui la poinçonne. Chaque mouvement qu’elle tente la déchire d’avantage, lambeau de chair par lambeau de chair. Boyaux translucents qui ne devraient jamais voir le jour. Et l’hémoglobine. Il y a du sang, partout. L’odeur du sang. De la merde. De la mort qui rôde. Le sifflement de moteur qui lui emplit les oreilles. Les couinements terrorisés de l’adolescent. La brune est habituée à un certain degré de corps martyrisés. Mais la plupart du temps, ils sont déjà morts. Ou infligés par des armes qu’elle sait comment cautériser dans l’urgence. C’est différent. Elle n’est pas dans le cadre d’une opération du FBI ou de la NRD qui a mal tourné. La femme tend son cou vers l’arrière. Tend un bras sec et fragile agité de tremblements convulsifs vers Irial qui est le plus proche d’elle. Sa main noueuse se referme sur son poignet et ne le lâche plus. Empreinte sanglante qui s’imprime sur sa peau. -Aidez moi….
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Lun 11 Avr - 20:15 (#)

Breakdown
 
Elle ose poser ses doigts sur la carrosserie de mon bolide. Attitude vénale, comme la plupart de ces femmes qui gravitent autour de moi, elles ne voient que par l’argent et les biens matériels. Visiblement, cette donzelle aime les Lamborghini. Une italienne en appelle une autre. Que c’est agaçant… Je devrais investir dans une machette, pour couper net ces doigts qui se permettent de dépasser les limites. Une main en trophée, dans mon salon, tout près de cette sculpture d‘Ozios. Elle a de jolies mains, en plus, ce serait du gâchis de ne les garder que pour elle. J’ignore royalement sa remarque, pendant qu’elle analyse ma bagnole. Cette attitude m’exaspère.

Elle joue le sarcasme, il semblerait que je l’ai sous-estimée. J’ai tendance à sous-estimer tout le monde, un bien grand défaut chez moi, mais cette charmante – et c’est ironique – italienne a l’air d’être aussi amère que moi lorsqu’elle le veut bien. Je ne sais pas pourquoi, mais son visage me laisse à penser qu’elle est candide, naïve, le genre de femme qui rit de rien, déployant à tout va ces rires agaçants et pédants qui me hérissent le poil. Cette disposition à rire de tout, pour rien, tout le temps et qui vous rend creux et insipide. Il semblerait que je me sois trompé. Elle est maligne et imprévisible. C’est une chieuse de première qui va me coller aux basques maintenant qu’elle connait mon existence, je le sais. Je sens ce genre de choses.

Ce qui m’amuse le plus est son accent… Quelle situation cocasse. Deux foutus étrangers, sur la sainte terre d’Amérique, comme toujours, un italien et un irlandais, les deux parasites américains du XXe siècle. C’est comme un bon d’un siècle en arrière. Et l’on pourrait croire que c’est un cliché, cette mésentente entre ces deux ethnies : mais il n’en est rien. Peu importe où l’on se croisera, vous serez sûrs que cet italien et cet irlandais ne s’entendront pas. Une fois de plus, nous confirmons cette règle tacite. Une raison de plus pour moi de serrer ce petit cou jusqu’à ce que le souffle n’atteigne plus ses poumons.

Je lui donne des indications qu’elle a l’air de suivre, sans remettre en question mon jugement, sans faire d’histoire. Il semblerait qu’elle soit efficace et que le stress ne lui fasse pas perdre ses moyens. Elle s’occupe du bambin tandis que je m’occupe de la mère. Deux victimes en moins, ça me brise le cœur. Mais je me mets dans mon rôle de médecin et fais comme si ma raison de vivre était celle de sauver des gens. Je fais comme si c’était ma priorité. Garder ma couverture, paraître le moins suspect possible est la seule manière de vivre paisiblement. Elle finit par m’interpeller pour me demander d’allumer mes phares. Cette fois, c’est moi qui m’exécute. Inutile de créer un plus gros accident, ou d’en être victime, je ne vais pas ouvrir mon hôpital au milieu de cette route.

Lorsque je lui demande de s’occuper du vieux, je décèle la première lueur d’indécision dans ces deux pupilles noirâtre. Si je suis sûr ? A-t-on vraiment le temps d’argumenter ? Ma mâchoire se serre mais elle finit par suivre mes indications sans autre protestation. Il semblerait qu’elle soit plus intelligente qu’elle en ait l’air. La confiance n’est pas facile à gagner, surtout dans une situation d’urgence comme celle-ci, mais crois moi, ma jolie, si ça ne tenait qu’à moi, ils seraient déjà morts depuis longtemps. Alors qu’elle ouvre la portière du vieux – qui, soit dit en passant, aurait pu nous faciliter la vie à crever, c’est pas comme s’il avait vécu de nombreuses années déjà, n’est-ce pas ? – je regarde l’étendue des dégâts à travers la vitre du jeune homme dont la jambe est brisée. C’est le cas qui risque d’être le plus délicat, surtout dans un environnement comme celui-ci. Il me faut absolument du matériel médical pour pouvoir l’aider. Elle sort l’homme à moitié sonné et j’accours auprès d’eux pour vérifier s’il va bien. Je n’ai pas le temps de donner un diagnostic que déjà, l’italienne m’appelle par ce surnom qui m’agace au plus haut point.

Je la vois blême, aussi blanche d’une personne qui aurait pu voir un fantôme dans un cimetière. Le stress la rattraperait-elle ? Je m’approche, prends sa place pour suivre du regard ce qu’elle fixe, l’air horrifiée. C’est l’odeur qui me frappe en premier. C’est cette odeur que je reconnaitrai entre mille, celle de la mort qui arrive. Comme le tapis rouge de la faucheuse, lorsqu’on sent cette odeur, on sait que l’espoir n’existe plus. Une scène affreuse, répugnante, que mon acolyte n’a pas l’habitude de voir. Et j’avoue que, de ne pas le voir à l’hôpital, dans mon environnement, me dérange aussi. Je ne vois que les blessés sous la lumière artificielle des néons, dans un lieu familier, que je possède presque par les allers et venues constants, les bip-bip incessants des appareils qui vivent bien plus que les personnes qui s’y trouvent. Savoir où se trouve quoi, dans quel tiroir, dans quelle pièce, qui assure le service, qui répondra au téléphone en sortant toujours cette petite phrase agaçante, ce « Shevreport Hospital, bonjour. », dans un environnement si aseptisé, qu’il efface même l’empathie de ceux que je côtoie. Il y a là quelque chose de rassurant, je maitrise ce qui s’y passe, je suis sûr de moi. Mais ici, en plus de la blessure, le contexte est violent. Alors, durant quelques secondes, lorsque je vois ces boyaux vomissant de son abdomen en réponse à cette tôle qui n’a rien à faire là, je suis déstabilisé, l’espace de quelques secondes seulement. Mais mes instincts reprennent vite le dessus. Je ne suis pas dérangé, mais dans mon élément. J’ai toujours été dans cet environnement violent, sanglant, c’est quelque chose de familier que je ne cesse de rechercher. Le nombre de mes victimes en témoigne. Et je comprends mieux la réaction de la femme qui m’accompagne. De l’empathie ? C’est quelque chose de relativement rare chez moi, mais je salue son courage. Beaucoup, à sa place, auraient tourné de l’œil ou auraient vomi leurs tripes. C’est alors que, mon cerveau s’éveille à ce spectacle si particulier, cette toile superbe faites de sang, de boyaux, de larmes, scène familière qui finit par me plaire... Je suis fasciné. Comment autant de bout de verre ont pu se loger dans une si petite tête ? Elle n’est même pas morte sur le coup, elle continue à s’agiter comme un insecte le ferait, lorsqu’il est pris dans la toile d’une araignée. Elle souffre le martyr. Sait-elle au moins ce qui lui arrive, ou le choc la rend-t-elle complètement apeurée sans même comprendre où elle se trouve ?

Elle est aussi vieille que celui que l’on vient de sortir, ses cheveux qui étaient jusqu’alors immaculés deviennent écarlates à mesure que les secondes défilent. Elle n’a même plus la force de geindre, les petits couinements pathétiques qu’elle pourrait émettre sont étouffés par le vacarme des voitures accidentées. Peut-être même que ses gestes inespérés sont le résultat d’une réaction de nerfs d’un corps en fin de vie, comme celui d’un individu qu’on décapite et qui continue de s’agiter. Elle remarque alors ma présence, à travers ses yeux vitreux, touchés par la cataracte, ces deux globes céruléens qui sont grands ouverts par l’horreur et la douleur. Sa main enserre la mienne, me ramenant sur terre, appliquant son sang sur ma peau. Céruse contre carminé, elle gâche ce monochrome à la pâleur ivoirin, comme un enfant coloriant tout ce qui se trouverait sous la pointe de son feutre. Ma mâchoire se serre un peu plus. Je sais déjà son destin scellé, mais elle ne me lâchera pas si je le lui disais de but en blanc. Deux doigts de ma main libre se posent sur son poignée frêle pour prendre sa fréquence cardiaque. Bien trop lente, elle a perdu beaucoup trop de sang, il ne lui reste que quelques minutes, tout au plus.

« - Quel est votre nom, Madame ?
-E… Elisabeth
, répondit-elle avec le peu de force qui lui reste. Elle peine à bouger ses lèvres, son prénom est à peine audible, chaque respiration est une douleur atroce.
- Elisabeth, laissez-moi aller chercher quelque chose pour vous sortir de là, je serai de retour dans quelques secondes. Je suis là, ne vous inquiétez pas. »

Mais sa poigne est ferme, impossible de m’en défaire. Ses lèvres bougent difficilement, essayant de prononcer quelque chose sans y parvenir. Tu vas crever, évite de me faire perdre mon temps. J’essaie de ne rien laisser paraître, sentant la présence du nuisible italien derrière moi. Comme j’aimerais lui trancher la gorge, au moins, elle ne ferait plus l’effort de vouloir communiquer avec moi.

« - Ca va aller Elisabeth, nous sommes-là, ça ira. »

Je fais signe à la brune de prendre ma place auprès de la vieille femme et lui glisse à l’oreille quelques mots.

« Il ne lui reste que quelques minutes à vivre, on ne peut pas la sauver. La priorité est le gamin et au bruit du moteur, il ne nous reste plus beaucoup de temps. »

Mes yeux se plongent dans les siens, la mâchoire toujours serrée, le poignet pris par la mourante, comme une menotte dont je ne possède pas la clé. J’essaie, par ce regard appuyé, de faire comprendre l’urgence de la situation à ma compère qui est toujours effarée de ce spectacle qui, tout au fond de moi, je l’avoue, et dissimulé de la meilleure des manières, me réjouis.
 
(c) AMIANTE

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
Medea Comucci
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I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
Breakdown - Medea & Irial Medea510
ASHES YOU WILL BE
Breakdown - Medea & Irial Mood10
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Sam 14 Mai - 10:36 (#)

Medea sait maintenant, sans le moindre doute, que quelque soit le nom véritable du médecin, il restera toujours Sherlock pour elle. Au grand désamour de l’Irlandais, elle le pressent. Il a l’air d’avoir un caractère de cactus et l’arrogance dégouline par tous ses pores. Ce qui n’est pas un problème pour elle. L’italienne a l’habitude de naviguer les égos surdimensionnés des hommes qu’elle croise. Néanmoins, pas au point de refuser les instructions qui lui sont données ou d’écouter les conseils qu’il édicte pour que la situation se résolve le plus rapidement, avec le moins de danger possible. Malgré la distance, elle entend encore les gémissements entrecoupés de râles plus sonores de l’adolescent coincé contre la rambarde. Ou bien est ce qu’ils résonnent sous son crâne parce qu’elle se sent coupable de ne pas l’aider? Le médecin a raison. Ils doivent éloigner des véhicules endommagés les blessés les plus légers. Mais cela lui en coûte.

Une poignée de minutes plus tard, ils œuvrent de concert, sans échanger de paroles inutiles. Il prend le temps de vérifier les signes vitaux de ceux qui sont éloignés des voitures, les met à l'abri et les couvre au maximum des moyens dont ils disposent. L’italienne a l’impression que le temps leur file entre les doigts mais interdit au stress de monter. Ils doivent rester efficaces. Parfois, du coin de l'œil, elle observe les gestes de son partenaire. Elle ignore quelle est sa spécialité mais l’urgence ne paraît le déstabiliser. Au contraire, il semble peu affecté par l’accident. Bien que ses gestes soient précis, les traits de son visage restent sévères, détachés. Peu de traces d’empathie dans la manière dont il s’occupe des personnes abîmées. Cependant, le même reproche doit pouvoir lui être adressé. Il s’agit peut être d’un mécanisme intellectuel lui permettant de ne pas se disperser, d’être performant. Il fait preuve d’un sang-froid qu’elle ne peut que relever.

Un sang-froid qu’elle partage. Qu’elle partageait jusqu’à ce qu’elle prenne la mesure des blessures de l’épouse du conducteur plus âgé. La profiler a l’habitude des scènes sanglantes et des corps mutilés. Des corps. Rarement des victimes encore vivantes. Medea n’a pas d'énergie à perdre dans les apparences. Qu’il puisse voir qu’elle est bouleversée à cet instant n’a pas d’importance. Elle se retire pour lui laisser la place nécessaire, pour qu’il puisse à son tour analyser l’étendue des dommages que cette femme subit. Son sens olfactif est saturé par celui du sang, des viscères déchirés, de la sueur. L’odeur de la peur que la vielle femme exsude.

Une bouffée d’air pur. Du moins, seulement viciée par les vapeurs de gasoil, le caoutchouc des pneus cramés, la fumée épaisse qui s’échappe des moteurs détruits. Divin donc. Une cigarette, une injection de nicotine pour chasser ces remugles qui l’empoisse. Elle n’en fera rien, reste non loin de Sherlock, n’étant pas certaine de pouvoir aider, mais se devant de proposer son assistance malgré tout. La brune détourne son regard de cette toile scabreuse que n’aurait pas renié un Francis Bacon ou un Goya s' ils étaient nés à la bonne époque.

Le murmure ferme et rassurant du médecin qui s’adresse à sa patiente en stade terminal. Le timbre plus brouillé de celui de la femme. Et non loin, le conducteur qui tente de se redresser, de s'appuyer contre la rambarde intacte pour venir vers eux. Il est encore trop faible, trop sonné et Medea ne parvient pas à le regretter. D’un signe discret, l’irlandais lui demande de s’approcher. Carrant les mâchoires, elle tente d’ignorer le crabe d'appréhension qui commence à lui bouffer les entrailles. Un pas, pas besoin de plus pour recueillir les confidences qu’il dépose au creux de son oreille. Ce que convoie ses iris clairs ne permet aucun doute. C’est un verdict. Une condamnation sans appel. Le regard sombre de Medea s’agrandit sous l'inéluctable de ses mots. C’est tout? Elle est condamnée, elle va crever, on s’en lave les mains?! A travers lui, c’est avec la Faucheuse qu’elle négocie dans un chuchotement aussi bas que le sien, mais dont la nuance n’a rien d’aimable. -Il n’y a vraiment rien que vous pouvez faire?! Vous ne pouvez vraiment pas l’aider? Ou la soulager de ses blessures? Elle souffre le martyre! Faites votre boulot!

Elle est injuste, Medea. Ce qu’elle lui demande n’est pas réalisable, pas dans les conditions spartiates dans lesquelles ils évoluent. Elle s’en rend compte, avec un temps de retard et enferme dans une poigne sévère le débordement de ses émotions qui ne peut que les entraver. Un bref, très bref signe du menton. Il lui demande de soulager les derniers instants de cette femme. De ne pas la laisser mourir seule pendant qu’il s’occupe d’un môme qui a encore une chance de s’en tirer. si elle arrête d’être ridiculement émotive. Quand leurs prunelles se croisent à nouveau, l’italienne offre à nouveau une façade plus composée, plus calme. L’individu a reculé derrière l’agent de la Nrd et du Fbi contenant des circonstances où le bon choix n'existe pas. Cela n’a pris que quelques secondes. Mais ce sont des secondes gâchées. -Allez vous occuper de l’adolescent, je reste avec elle.

Aussi délicatement que possible, elle décroche la serre d’oiseau qui restait recroquevillée sur le poignet du chirurgien. La gardant contre sa paume, elle s’écarte juste assez pour qu’Irial puisse reculer et s’occuper du dernier blessé. Medea caresse délicatement le dessus de la main parcheminée, offrant le peu de réconfort qu’elle est en mesure de lui apporter. Échangeant à mi-voix des paroles qui n’ont que pour seul but de ne pas la laisser affronter seule son agonie. -Elizabeth, je suis Medea, je vais rester avec vous. Non, ne tentez pas de parler…- les bulles de sang qui éclatent au coin de ses lèvres trahissent que les poumons se chargent d’hémoglobines. Ronflement rauque à chaque respiration. Les prunelles délavées par le temps sont grandes ouvertes sans la voir. Medea tressaille vivement en entendant le gamin hurler de douleur soudainement, un hurlement qui lui arrache les cordes vocales et qui s’achèvent dans des sanglots déchirants. Qu’est ce que l’homme vient de lui faire subir pour provoquer un tel hurlement? Pourtant, elle s’interdit de regarder. s’impose d’être présente totalement pour la mourante. Elle a bougé sur son siège et l’éperon de métal qui l’épinglait contre le siège s’est enfoncé plus profondément encore dans ses tripes. Gémissement inarticulés de douleur alors qu’elle s'étouffe dans ses propres humeurs.

Irial avait raison. En trois minutes, Elizabeth est morte.

Medea relâche la main cadavérique, le teint cireux. Vacille et doit poser la main sur le haut de la carrosserie pour ne pas tomber. Elle revient vers le bébé dont elle a posé le siège auto sur la banquette arrière. Il s’est endormi seul à force de pleurs. sagement, elle ne le dérange pas. Dans son coffre, elle retrouve des couvertures de survie, qu’elle étend sur la mère qui a repris conscience mais bouge encore à peine, probablement sous le choc. La seconde est pour le nouveau veuf. Qui lui demande en litanie des nouvelles de feu son épouse. Lâchement, elle les esquive. Le laisse seul après s'être assurée qu’il ne risque pas d'hypothermie. La silhouette d’Irial, penchée sur le gamin. sentiment d’urgence qui la tenaille, la probabilité que les voitures s’enflamment augmente de secondes en secondes. Pourtant, elle en vole encore quelques-unes. Cette fois, son appel aux urgences aboutit. Le plus succinctement possible, elle décrit la situation et raccroche. Une main légère sur l’épaule du chirurgien pour l’avertir qu’elle est revenue à ses côtés, deja le contact corporel est rompu. -Dis moi ce que je peux faire? Tu as besoin de matériel dans ta voiture? Deux ambulances sont en route, délai inconnu.

Sans une vision claire de la manière dont il a commencé à traiter l’adolescent, elle préfère ne pas présumer de ce qui est la meilleure direction à prendre. Medea n’a jamais eu de problème à admettre les limites de ses connaissances. La dernière chose dont le chirurgien a besoin est d’une néophyte lui indiquant comment faire son boulot.

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