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Fox on the run - Ozios & Irial

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Mar 8 Juin - 19:35 (#)

Fox on the run
 
Je n’avais pas eu à faire trop d’effort pour crocheter la serrure de sa porte. Elle grince en s’ouvrant et je peux enfin découvrir son petit univers. Mes pas, lourds mais lents, sont prudents. Ils étudient l’espace du jeune artiste. Un grand atelier vétuste que ses maigres revenus lui permettent de s’offrir. Des toiles, des poteries partout. Quelques sculptures. Je retire lentement mes gants que je range dans l’une de mes poches et glisse mes doigts sur la terre sèche de l’une de ses œuvres. Des scènes sombres, parfois violentes, qui me rappellent étrangement ce que j’ai pu lui enseigner quelques années auparavant.

Je continue à errer dans l’immense pièce comme si je visitais un musée. Je me demande bien ce qu’il fait de ses journées, ceux à qui il porte de l’intérêt. M’a-t-il remplacé, moi, qui suis comme sa propre famille ? Est-il parti pour une femme ? Continue-t-il à répandre le chaos de nos pères ? Je suis conscient de ma possessivité, que je suis un homme toxique et que je dépasse les limites. Mais vais-je changer ? Certainement pas. Je suis qui je suis et on me prend tel quel. Sera-t-il encore en colère ? Après tout, je lui ai menti durant des années, il ne savait même pas mon véritable prénom. Pourquoi ? Par précaution. Je ne voulais pas être trahi, je me disais que si le petit était pris sur une scène de crime, il crierait mon nom pour se dédouaner. Mais personne ne trouverait cet homme que j’ai inventé de toute pièce. Il se sent trahi, certes. Mais il en fait des tonnes. Est-ce une raison pour quitter le pays et ne pas m’adresser un mot ? C’est moi qui suis trahi. Personne ne se permet de m’échapper. Personne.

Mon œil est attiré par l’une de ses toiles. Elle ne ressemble pas aux autres. Elle est plus positive, plus douce. Est-ce la silhouette d’une femme ? Je plisse légèrement les yeux en essayant d’analyser le tableau. Je ne suis pas habile lorsqu’il s’agit d’imagination. Je suis trop cartésien. Tout est explicable par un phénomène scientifique. Même ces couleurs sur cette toile. Ce ne sont que des pigments étalés sur un tissage de chanvre ou de lin. Rien de plus. Mais Ozios, Ozios, je le connais très bien. Et ce genre d’œuvres, ça ne lui ressemble pas. Aurais-je vu juste ? Aurait-il rencontré quelqu’un ? Quelqu’un qui serait assez habile, peut-être même perfide, au point de réussir à retirer tous les murs que j’ai érigés autour de son cœur ? N’était-il pas aussi insensible que moi ? Je rêve déjà de retrouver cette personne et de lui écraser son crâne contre un mur. Mais je ne dirai rien pour le moment. Je ne veux éveiller aucun soupçon. Les mains dans les poches de mon costume, je regarde le plafond, nonchalant, me demandant quand le petit finira par se pointer. Croit-il que j’ai toute la journée ?

C’était comme si le ciel m’avait entendu. Comme si, je ne pense pas que le ciel me rende un quelconque service, au vu de mes méfaits. La porte grince et vient taper le mur. Quelqu’un est entré. Je regarde par-dessus mon épaule, les paupières à demi ouvertes, le menton haut relevé. C’est comme si la personne qui avait pénétré dans l’atelier avait dérangé ma silencieuse transe. Ozios se tient sur le pas de la porte et mes yeux s’ouvrent en grand : j’ai enfin le regard posé sur ma proie. Toute ma colère ressurgit, colère que je tente de réprimer le plus possible. Je me tourne lentement pour lui faire face, un sourire machiavélique aux lèvres. J’allais enfin pouvoir me venger. Ma voix rauque et mon fort accent irlandais résonnent dans la pièce pour m’adresser à lui comme j’avais pu le faire des années auparavant :

« Bonsoir, gamin. »
(c) AMIANTE

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Ven 11 Juin - 12:14 (#)

Fox on the run

irial ft. ozios




Ozios vivait dans une attente insupportable. Depuis quelques temps, et grâce à l’arrivée de cette nouvelle mécène qui avait pris les choses en main et laissé Peter sur le carreau, le danois ne touchait pas terre. Tout s’était enchaîné très vite; contrat signé, Aurora s’était mise à lui dégotter toutes sortes d’évènements, jusqu’à asseoir l’artiste dans une exposition permanente à Western Hill. Tout avait été si rapide qu’il n’avait pas vraiment eu le temps de se reposer depuis. Cela ne le dérangeait en aucun cas, au contraire. Passer ses journées à arpenter son studio et ses nuits à peindre l’empêchait d’avoir à réfléchir.

Parce que l’attente se faisait de plus en plus pressante. Chaque coup de téléphone faisait monter un frisson le long de son échine, et son coeur ne se calmait seulement lorsque le nom de son agent ou d’un client s’affichait sur son cellulaire. St Clair ne l’avait plus contacté depuis des mois, et le danois savait que ce n’était pas anodin. Cela ne pouvait vouloir que deux choses. Soit il s’appliquait à trouver le moyen de garder Ozios à sa botte plus longtemps, soit sa prochaine victime serait de taille. C’est sûrement la raison pour laquelle, lorsqu’il grimpa les marches menant à son atelier et qu’il sentit une modification de cette atmosphère d’habitude familière, il se figea dans ses pas. Quelqu’un était là. Souhaitant être sûr qu’il ne s’avançait pas dans un guet-apens, Ozios se concentra et dilata son mimétisme. A la recherche de quoi que ce soit, une modification physique ou psychique qui aurait pu révéler l’identité de la personne qui venait de pénétrer son atelier. Mais rien. Prenant une grande inspiration, il monta les dernières marches, et après s’être stoppé derrière sa porte, il prit quelques instants pour rassembler ses idées. Ce ne pouvait pas être Nicola, ni Aurora; l’absorption de leurs facultés physiques aurait été obligatoire. Ce n’était non plus un humain, puisqu’il n’avait ressenti aucune énergie vitale. Là étaient les seules personnes qui connaissaient réellement l’adresse de son antre et qui étaient susceptibles de vouloir l’y déloger.

Sans réfléchir davantage, relevant sa main pour faire usage de son pouvoir si besoin, Ozios poussa finalement la porte, et planté sur le pas de la porte, il resta immobile, croyant à une hallucination.

Il était le même, si identique face à la dernière fois où il avait croisé ce regard glacial que l’artiste crut être face au fruit de son imagination. Il se tenait comme si cet endroit avait été sien depuis toujours, ce qui était peut-être le cas: tout ce qui avait appartenu à Ozios avait fini par lui revenir un jour ou l’autre. Son respect, ses aspirations. Son affection. Sa liberté. Adolescent, il avait eu la naïveté de croire que cet homme aurait pu représenter pour lui tout ce qui lui avait un jour manqué. Une figure tant paternelle que fraternelle. Il lui avait au final tout appris de sa nature, comment l’utiliser et comment en être fier. Il lui avait aussi appris à aimer le mal, à embrasser le chaos et le répandre. C’était de cet homme qu’étaient parties les actes les plus atroces qu’Ozios avaient pu commettre, pire encore que les crimes auxquels il s’attelait depuis ces dernières années. Il avait tout pour lui, le meilleur comme le pire.

Puis il lui avait menti.

Toutes ces années n’avaient été au final réduite qu’à ce mensonge, cette identité qui lui avait fait défaut. Ozios avait été manipulé. Il l’était au fond toujours. Car, même si ce visage avait finalement cessé d’obnubiler ses pensées depuis quelques temps, remplacé par celui d’une outre un peu trop curieuse, il était toujours tapis dans un coin de son esprit. Le danois pensait le reconnaître dans une foule, dans une voix. Ses actions étaient réalisées de sorte à ne pas le décevoir, même s’il n’était pas là.

« Bonsoir, gamin. »

Les mots étaient froids, tranchants, emprunts d’une haine dissimulée sous un dédain certain. Un long silence s’était abattu sur la pièce toute entière. Ozios rabaissa sa main, car même s’il avait dû se défendre, il aurait été incapable de mettre fin aux jours de cette personne. L’espace de quelques secondes, Ozios eut peur. Peur de ce qu’il venait faire ici, peur de ce qu’il pourrait faire aux nouvelles personnes que le danois côtoyait, peur de l’emprise qu’il avait encore sur lui après seulement une phrase prononcée en dix ans. Il eut peur de cette sensation de rage qui montait en lui, car Ozios se cachait en permanence derrière cette façade antipathique qui l’empêchai de montrer au monde l’étendue de ses émotions. Mais face à lui, le voile tombait. Déjà.

- Elios, - dit-il finalement, la voix rauque de ne pas avoir parlé depuis plusieurs heures. Finalement, il fit un pas en avant. - Ou Irial, devrais-je dire? Ou possèdes-tu une nouvelle identité dont tu souhaiterais me faire part?

Il se força à se taire, à ne rien dire de plus, à ne pas en monter davantage, même si c’était sûrement déjà trop tard. Le visage de St Clair passa dans son esprit. Puis celui de Rayna. Il y resta figé.

- Tu ne devrais pas être là, - dit-il en le regardant froidement. - Tu ne devrais pas être ici.  

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Mar 15 Juin - 13:10 (#)

Fox on the run
 
Il m’en veut encore. Vraiment ? C’est moi qui devrais être en colère. Mais je le laisse sortir ce qu’il a sur le cœur, pour lui faire plaisir. Peut-être qu’il se calmera quand il aura tout évacué ? Toujours les mains dans les poches, je le scrute de toute ma hauteur. Je ne réagis pas à ses phrases acerbes, c’est à peine si je cligne des yeux. Ce n’est pas de l’indifférence. J’essaie de rester calme, de garder mon sang-froid, de refréner toute cette haine qui bouillonne en moi.

Je fais un pas vers lui tandis qu’il se fige. A-t-il peur ? Il devrait. Il répète que je ne devrai pas être ici. Qu’a-t-il pu bien faire ? Ne suis-je pas assez en colère, qu’il en rajoute ? Je plisse légèrement les yeux en le fixant longuement. Il me faut une cigarette pour calmer mes nerfs. Je sors lentement mon paquet, en prends une, lui en propose au passage. Je range ensuite mon paquet et viens allumer ma clope. Je regarde autour de nous et trouve un siège qui a l’air plutôt confortable. Je m’y installe, pose mes mains sur les accoudoirs et tire sur ma Gitane.

« Alors, Ozios, tu pensais que je ne te retrouverai pas ? Que je te laisserai filer ? Qu’après tout ce temps, j’avais fini par abandonner ? Tu sais comme j’aime prendre mon temps. »

Je lâche un épais nuage blanc et attrape entre mes doigts la fine tige de tabac que je regarde comme si je la découvrais pour la première fois. J’indique ensuite le siège face à moi pour qu’il s’y installe. C’est chez lui, certes, mais c’est moi qui contrôle la situation, qui dirige notre échange, comme je l’ai toujours fait. Tout ce qu’il possède est à moi.

« Tu n’imagines pas dans quelle merde j’ai dû me fourrer pour retrouver ta trace. Comment va le front de ton agent ? Je lui ai laissé une petite marque pour te laisser un indice, t’as pas dû faire attention, gamin. »

Je grimace légèrement en repensant aux années où je l’ai cherché, à mon voyage jusqu’ici, à l’argent que j’ai dépensé. Une chance que les rat-garous m’aient donné ce filon. Je tire une nouvelle fois sur mon tabac avant de poursuivre.

« T’as trouvé une femme, c’est ce qui t’a fait quitter le Danemark ? Ou bien, tu t’es cru pousser des ailes ? J’ai menti sur mon nom, et après. Je ne t’ai pas tout appris ? J’ai l’impression d’être face à un fils ingrat. Tu sais comment mon père me faisait apprendre une leçon ? Par les coups. Je suis certainement trop bon avec toi. Je devrais peut-être me renseigner sur ton entourage, voir s’ils méritent de te fréquenter ou si je m’en occupe définitivement ? »

Je hausse les épaules, réfléchissant sérieusement à cette possibilité. Qu’il s’attache aux gens est une faiblesse. Il doit faire cavalier seul. Il ne doit compter que sur moi. S’il s’attache, il s’adoucit et nous ne pourrons plus remplir notre mission. Il passe ses journées à faire de l’art… Je trouvais déjà cette occupation étrange, mais soit, j’opère des gens, je peux comprendre. Mais s’attacher à des personnes, sérieusement ?

« Est-ce que tu as oublié tout ce que je t’ai appris ? Tu penses pouvoir t’en sortir en te faisant aimer des autres ? Tu crois que je ne suis pas au courant de ta nouvelle notoriété ? De vraies conneries. Tu attires l’attention, les gens auront les yeux braqués sur toi et ta couverture sera plus rapidement découverte. »

Je soupire pour traduire mon agacement. Comment peut-il être si inconscient ? Je suis aussi agacé par mon propre comportement. Comment je peux encore me comporter en grand frère après qu’il m’ait quitté si précipitamment sans jamais revenir ?
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Jeu 17 Juin - 12:07 (#)

Fox on the run

irial ft. ozios




Face à cet homme de qui il avait tout appris, Ozios resta comme paralysé, traversé d’un mélange de haine et de nostalgie. Il était dur avec lui, comme il l’avait toujours été, et pourtant, le danois était incapable de se dire qu’il voulait le voir mort. Après tout ce qu’il s’était passé, Elios avait encore cette emprise malsaine sur lui dont Ozios ne s’extirperait sûrement jamais. Il représentait pour lui la seule figure familiale à laquelle il s’était raccroché. Ozios était fils unique. Sa mère n’en avait jamais été une pour lui et était morte d’une overdose avant de pouvoir avoir un impact sur lui. Nul besoin de parler de son géniteur.

A présent assis face à lui, l’irlandais souffla un nuage de fumée alors qu’il reprenait la parole. Ozios, lui, resta muet. Il n’avait rien à dire. Pas pour le moment, du moins. lI ne pourrait pas supporter de voir ses dires réfutés, comme Elios avait toujours su parfaitement le faire. « Pas Elios », se dit-il en serrant la mâchoire. « Irial. » D’un geste de main, il lui intima de s’asseoir face à lui, comme si Ozios était un invité dans sa demeure, et pas l’inverse. Il avait cette aisance à posséder tout ce qui se trouvait autour de lui que l’artiste se mit subitement à détester. Au milieu de l’admiration qu’il possédait pour son aîné se terrait une haine qu’il ne parvenait pas à dompter. Il avait toujours eu le défaut de se montrer ignorant et nonchalant face aux personnes de sa vie, qui se comptaient sur le doigt de la main. Avec Irial, cependant, il en était incapable, rongé par cet amour maladif. Il resta debout, bras croisé sur le torse, et attendit qu’il ne reprenne la parole. Ce qu’il ne tarda pas à faire.

Sa mâchoire se contracta encore une fois quand il lui parla de son agent. Peter était arrivé chez lui avec une énorme marque sur le front, il y avait quelques jours de cela. Ozios ne s’intéressait pas assez à lui pour lui demander comment avait-il obtenu cette séquelle; il paraissait de toute façon trop effrayé pour le lui en parler. L’artiste avait pris peur en se disant qu’il s’agissait de St Clair. L’agent lui avait certifié être tombé dans les escaliers. Il n’avait pas cherché plus loin. Mais jamais se serait-il imaginé la présence d’Irial ici, lui qui avait passé son existence en Europe à corrompre et tromper le monde.

Ses muscles étaient contractés sous le poids de la rage, et son regard se noircit subitement alors qu’il lui demandait la raison de son départ. Ozios savait pertinemment qu’il ne reculerait devant rien pour se l’accaparer une nouvelle fois, et qu’il ferait du mal à tout son entourage si besoin était. Alors, face à cette réalisation, il resta silencieux une fois de plus, faisant de son mieux pour ne rien laisser paraître du tumulte naissant dans son esprit lorsque l’image d’une blonde s’inséra dans ses pensées. « S’ils méritent de te fréquenter »? C’était l’une des rares fois où son aîné manifestait un semblant d’affection dans sa direction, et il fit de son mieux pour ne pas prêter attention à la sensation qui traversa son torse. Plus que la haine qu’il ressentait envers lui, Ozios se détestait lui-même de ces réactions qui le traversaient encore des années plus tard. Comme un gamin égaré à la recherche d’un signe d’affection venant de son père. Pathétique.

- Qu’est-ce que tu veux? - grinça-t-il finalement entre ses dents.

Son regard tomba sur ses mains, recouvertes de ces mêmes gants. En un seul geste, Irial pourrait décider de l’éliminer. Au fil des années, Ozios avait toujours craint qu’il ne le trahisse un jour, qu’il pose sa main sur son épaule et que la nécrose se répande en lui. Cette fois-ci, cependant, ce n’était pas le cas. Le danois possédait maintenant le moyen de faire se retourner la mort contre lui. Irial ne le savait cependant pas, et il ne comptait le lui dire. Garder secret le peu d’avantages qu’il avait sur lui.

Il se demandait ce qu’il se passerait si l’irlandais venait à l’apprendre. Souhaiterait-il faire de lui son arme, le traiterait-il d’idiot? Serait-il échauffé à l'idée que son cadet puisse être possiblement aussi puissant que lui?

- Qu’est-ce que tu fais ici? Je n’ai pas besoin de tes leçons de morale. Tu aurais pu me garder, il suffisait d’être honnête. C’est trop tard maintenant.

Il ne parvenait plus à rester de marbre, face à lui, et même si ses paroles étaient un pur mensonge, il garda un faciès dur, bras croisés sur son torse.

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Sam 19 Juin - 19:33 (#)

Fox on the run
 
Il n’a pas changé, le petit. C’est comme si les années n’avaient pas eu d’emprise sur lui. Nous sommes pourtant humain, bien qu’avec une ascendance particulière. Je le détaille, ravi de revoir les traits de celui que je me suis choisi comme un frère. Me délectant de ses réactions : elles sont divines. Je vois bien qu’il me déteste. Et pourtant, je le sens, il y a toujours ce lien si particuliers qui nous unit. Comme un fil d’or invisible, impossible à couper.

Oh mon petit oisillon est en colère. C’est inscrit sur son visage. Lui qui est habituellement impassible, nous qui partagions ce trait. Si c’est si perceptible, c’est qu’il est dans un niveau de rage qu’on ne saurait imaginé. Et bizarrement, je suis euphorique à l’idée de savoir que j’en suis la cause. S’il continue de réagir face à moi, c’est que j’ai encore du poids. Je compte encore, quelque soit la blessure que je lui ai faite.

« Qu’est-ce que tu veux ? » me demande-t-il. N’est-ce pas évident ? Je suis ici par devoir filial. Sa petite fugue ne m’arrêtera pas dans mon objectif. N’est-ce pas le devoir d’une famille, d’être toujours là les uns pour les autres ? Je tire une nouvelle fois sur ma cigarette, le laissant geindre à nouveau. Je lâche un léger soupire, l’impression de constamment devoir lui expliquer comment marche la vie et comment ne pas se faire coincer pour continuer notre mission.

« Tu veux une autre leçon de morale ? Si j’ai décidé de garder mon identité secrète, c’est pour me protéger. Si tu commettais une erreur, tu aurais pu me dénoncer. Lorsque nous nous sommes rencontrés, je devais rester sur mes gardes. Et c’est exactement ce que tu aurais dû faire ici, au lieu de cela, tu laisses le monde connaître ton identité, ta vie personnelle par le biais de tes toiles. Je ne te donne pas deux mois avant que quelqu’un ne découvre que tu es l’auteur d’une ribambelle de meurtres. Sauf si tu t’es assagi. Tu as l’air de t’être ramolli et d’être devenu un gentil petit agneau. »

Je soupire, pinçant l’arête de mon nez, agacé d’avoir à parler autant. Je ne suis pas bavard, habituellement, je laisse les autres faire la conversation et ne réponds que si c’est nécessaire. Il n’y a qu’avec Ozios que je suis loquace. Tout ce que je lui dis est sincère, pour une fois, je ne lui mens pas, bien qu’il s’agisse d’une mauvaise habitude que j’ai gardé pour survivre : mentir à mon père, à mon frère, à mon entourage, à mes amis, à mes collègues, pour ne jamais me faire prendre. Pour toujours faire croire que je suis ce respectable médecin, ce fils modèle, ce collègue sur qui l’on peut compter. Je joue un rôle, toujours, cachant la noirceur de mes actes, la perfidie de mon âme.

Je viens écraser ma cigarette directement sur le bois de sa table basse. Je ne veux pas m’embêter avec de bonnes manières pour lui faire plaisir. Je me lève alors, les mains en l’air, comme pour lui montrer que mon but n’est pas de lui faire du mal. Pour l’instant. Je dépose ma main gantée sur sa nuque et approche mon visage du sien.

« Mon cher Ozios, tu m’as abandonné, alors que nous nous apprêtions à faire de grandes choses. Tu connais ma véritable identité, avec tout ce que tu sais, tu pourrais me détruire et moi également. Je suis revenu vers toi. Je suis ta seule famille. Est-ce que tu veux vivre ton éternité seul et incompris, à devoir porter ce lourd fardeau qu’est la mission que nous nous étions donnés ? Gamin, regarde moi dans les yeux. Reprenons ce que nous avons commencé. Toi et moi, nous sommes faits pour accomplir de grandes choses. »

(c) AMIANTE

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Lun 21 Juin - 12:43 (#)

Fox on the run

irial ft. ozios




Ozios se sentait comme pris au piège dans son propre atelier. Irial s’était approprié l’endroit avec une facilité déconcertante. L’artiste se sentait comme mal à l’aise, debout face à lui, les muscles contractés sous le poids de sa crispation. Toujours assis comme s’il était hôte ayant invité Ozios sous son toit, son aîné se replongea dans un discours remettant en cause l’existence entière de son cadet, encore une fois. Le concerné fit de son mieux pour rester stoïque et faire mine que ses paroles ne l’atteignaient pas. La réalité en était tout autre.

Une ribambelle de meurtres? Comment pouvait-il être au courant de ses agissements? Le sang se mit à battre furieusement à ses tempes et Ozios sembla perdre pied, l’espace de quelques instants. Il ne pouvait pas être au courant. Le danois pensait posséder une maigre avance sur son mentor; il n’était pas censé être au courant de ses nouvelles aptitudes. C’était la seule chose qui lui permettait de l’écouter en restant calme. L’idée de pouvoir le tuer s’il tentait le moindre geste agressif. Ozios connaissait Irial, et savait qu’il tenait un tant soit peu à lui, dans sa conception sordide et maladive de l’amour. S’il avait traversé la moitié du globe pour le retrouver, c’était soit pour le récupérer, soit le tuer. Il préférait mettre fin à sa vie que de le perdre. Ozios en était certain.  C’est pour cela qu’il gardait une distance respectable entre eux, et qu’il n’avait de cesse de le toiser, comme s’il ne savait pas s’il devait agir comme un ami ou un ennemi.

L’irlandais écrasa sa cigarette sur sa table déjà tâchée de peinture, et Ozios ne lui offrit aucune réaction. Lorsqu’il se redressa, cependant, il fit un pas en arrière, instinctivement. Irial leva les mains en signe de paix, et il se força à rester immobile, alors qu’il se rapprochait de lui. Ses mains étaient toujours gantées. Il ne risquait rien, pour le moment. L’une d’elles se posa sur sa nuque. A présent à quelques centimètres de son visage, il eut le loisir de pouvoir observer la profondeur de son regard, et les mensonges qu’ils semblaient détenir. Ozios plissa les yeux. Ses paroles étaient toujours aussi brutales et cruelles. Mais sans pouvoir s’en empêcher, il l’écouta. Il l’écouta tout en tâchant d’ignorer les battements de son coeur et la douleur qui grimpa dans sa gorge. Toute sa vie durant, Irial avait été le seul en mesure de le comprendre, et même si tout cela n’avait été qu’un jeu pour lui, Ozios y était encore attaché. Il détestait cela.

Il utiliserait la moindre de ses faiblesses contre lui, le ferait souffrir si besoin était, le tuerait plutôt que de le voir l’abandonner une nouvelle fois. Son attachement à lui était maladif, corrompu, peut-être fictif et certainement toxique. Il voyait en lui un compagnon d’armes, un semeur de chaos. Un frère éperdu, un fils délaissé. Tout ce qu’Irial percevait d’Ozios était la réalité. Il le voyait tel qu’il était, sans aucun filtre, sans aucune retenue. Il avait toujours eu le don de le percer à jour sans le moindre effort, et en retour, il ne lui avait rien offert. Comme un gamin perdu, Ozios s’y était attaché d’une manière irrémédiable qui l’avait lié à lui pour l’éternité.

Il se rendit compte du silence qui s’était installé entre eux. La main d’Irial maintenait toujours fermement la nuque de sa victime. Il n’était plus adolescent et avait à présent la force physique de lui résister, mais il n’en fit rien et se laissa saisir comme il l’avait fait des années auparavant. Ozios plissa les yeux.

- Je… Lâche-moi, Irial, - dit-il d’une voix faible.

C’était la première fois qu’il l’appelait pas son nom de naissance, sans aucun sous-entendu, aucune volonté de lui faire du mal. Il venait de faire le premier pas vers lui, sans même s’en rendre compte. Ozios avait déjà rendu les armes. Il était inutile de se battre contre une marée qui ne tarderait pas à le rattraper et l’engloutir entier. Il espérait seulement ne pas s’y noyer.

Il se retrouva enfin libéré de son étreinte, et cette fois-ci, ne fit aucun pas en arrière. Il ne soutenait plus son regard avec la même fureur que quelques minutes auparavant, comme si ses résolutions s’étaient envolées. La haine était toujours présente, simplement dissimulée sous le poids de l’influence qu’avait son aîné sur lui.

- Je ne suis plus le même. Tu peux croire que je me suis « assagi », que j’ai faibli, je n’en ai rien à foutre. Je ne veux plus servir d’arme à qui que ce soit. Même toi.

Irial avait été le premier à avoir une emprise sur lui. Ozios s’en était libéré, ou avait du moins cru l’avoir fait, seulement pour tomber entre les griffes de St Clair. Maintenant, ce vampire détective semblait lui aussi vouloir faire usage du danois. Il avait l’impression d’appartenir au monde entier, sauf à lui-même.

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Jeu 17 Mar - 9:38 (#)

Fox on the run
 
Il était surprenant de voir que malgré les années de séparation, j’exerçais toujours cette influence sur lui. Je le connaissais comme s’il était réellement mon fils, je connaissais la moindre de ses réactions et déjà, avoir prononcé ce nom, mon vrai nom, était une victoire. Celui qui m’avait quitté après avoir découvert ma véritable identité, s’étant senti berné a fini par être apprivoisé et accepter ce ridicule sobriquet. Une appellation qui semblait important pour lui, qui l’est beaucoup moins pour moi. Les normes sociales, les bonnes manières, les mercis, les bonjours et les prénoms sont des choses futiles pour moi. Je ne me rabaisse pas à ce genre de choses que le commun des mortels ferait. Moi, je suis différent et j’apporterai un souffle de nouveauté à Shevreport. Alors pourquoi être si émotif pour une chose si ridicule ?

Il pensait être en sécurité en gardant une distance respectable entre lui et moi. Une sorte de distance de sécurité, comme on pourrait le voir dans les lieux publics, pour garder un tant soit peu d’intimité. Pour ne pas être à découvert. Cette distance, je l’enfreignais rapidement, aimant piétiner les plates-bandes d’autrui, et plus particulièrement celle de mon petit artiste. C’était une manière de lui rappeler qu’ici, c’est moi qui avais les commandes, qu’ici, il ne pouvait pas se soustraire à mon emprise, que dorénavant, sa petite crise puérile était terminée et que je reprenais ce qui m’appartenait.

Et déjà, il essayait de reprendre de l’aplomb. Je souriais en écoutant sa petite tirade. Vraiment ? Il ne serait plus une arme ? Pense-t-il que je suis stupide ? Essaie-t-il de me prendre de haut ? Croit-il qu’il soit mieux que moi ? Je l’ai façonné comme je l’ai voulu, il est mon œuvre d’art – assez ironique, me diriez-vous – et je compte bien m’en servir comme je l’entends. Mais je dois rassurer ses angoisses inutiles afin qu’il ne soit pas sur ses gardes.

« Vraiment, Ozios ? Une arme ? Qu’est-ce que tu crois que je compte faire ? Prendre possession de la ville, de l’état ? »


Cette fois, je susurrais quelques mots à son oreille pour qu’il soit plus attentif à mes paroles, pour que je marque au fer rouge ce que je compte lui dire, pour qu’il sache qu’entre nous, il y aura ce lien exclusif que je n’autoriserai à personne d’autres. Qu’il se croit unique, qu’il pense avoir un privilège. Qu’il pense que je lui fais une faveur que je n’ai fait à aucun autre.

« Que pourrais-tu m’apporter de plus que je n’ai déjà, Ozios, sinon l’amour d’une famille ? Ne pas être utilisé. Tu devrais savoir que chaque relation sociale est basée sur des intérêts personnels, ne sois pas naïf. Mais que préfères-tu ? Quelqu’un qui te prendra uniquement pour ton don, assoiffé de pouvoir, voulant à tout prix t’utiliser comme une marionnette, ou bien quelqu’un qui t’utiliseras pour combler un vide et qui t’apportera bien plus que tu ne peux l’imaginer ? Arrête de me voir comme un monstre. »

Arrête de me voir comme je suis réellement. Ne garde en tête que cette fausse image d’un homme compatissant qui peut t’apporter un amour que tu n’as jamais eu. Oui, le vide existe bien en moi, mais il n’est pas à combler, je ne m’en suis jamais préoccupé. Tout ce qui me motive c’est la vengeance, me venger de cette putain de vie qui m’en a fait baver. Me venger du destin qui s’acharne et qui me pense faible. J’irai là où personne n’arrivera à aller. Je baiserai cette chienne de vie pour façonner l’avenir qui me plaira. Je serai le maître de cette fatalité qui courbera l’échine pour me supplier d’arrêter dans ma lancée. Et pour le moment, cet avenir, je le veux avec cet homme face à moi. Je n’ai certainement pas fait des années de baby-sitting avec Ozios pour le laisser filer et vivre sa vie sereinement. Il me doit tout.

Je finis par lâcher sa nuque et le toiser avec mépris. Il m’agace. Je suis frustré. Je ne supporte pas la frustration. Il devrait me remercier d’être revenu dans sa vie et me dire qu’il ne commettra plus jamais cette erreur. Il devrait me supplier de le pardonner et lui donner une seconde chance.

« Je ne m’en fais pas Ozios. Tu reviendras très rapidement me voir. »


Je lui tourne le dos et me dirige vers la porte d’entrée. Mes pas résonnent dans cet immense atelier, entrant presque en résonnance avec les battements de cœur d’Ozios. Sa peur se mêle à mon assurance, comme autrefois, un doux souvenir dont je me délecte. Bientôt, mon petit, tu reviendras à la maison et nous jouerons de nouveau nos tours meurtriers.

« A bientôt, gamin. »


(c) AMIANTE

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