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Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
Medea Comucci
Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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ASHES YOU WILL BE
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Pseudo : Mea
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Crédits : Carm/Kaidan
Jeu 12 Mai - 12:02 (#)



Juin 2003

Le visage fermé, une migraine battant durement ses tempes, Medea rejoint la salle de restaurant quasiment déserte. La cuisine ferme à 21h30 et il est déjà 21h10. Elle n’a aucune indulgence pour la décoration western définitivement bas de gamme. Mais après tout, le seul hôtel situé dans La  Célèbre Ville Fantôme de Cerro Gordo se doit de porter haut les couleurs du parc  dont il est l’un des bâtiments central. Tous les éléments sont réunis pour que cela fonctionne. Un spectacle à cheval d’attaque factice de banque dans Main street tous les jours à 10h45, un duo de lanceur de couteau dans le saloon/ restaurant à 11h45, une ancienne petite église, une prison avec ses affiches artificiellement jaunies, une échoppe d’apothicaire qui a conservé une collection de mixture et de remèdes et de bocaux vintage,des balades en poney à un tarif exorbitant, des randos à cheval à la journée ou demi journée pour explorer le désert alentours avec un guide qui vous régalera d’histoires pittoresques, une boutique de souvenirs en plastique, dans l’ancienne échoppe de barbier, une équipe de photographe vous promet une séance photo en costume d’époque. Mites d’époques comprises. Mais l’attraction principale, c’est sont les visites à heures fixes de l’ancienne mine d’argent. Une pause, un refuge à la chaleur, souvent bienvenue pour les badauds qui incluent la visite de la ville dans le même tour que celui les menant à la Death Valley, malgré la petite demi-heure de marche sur un sentier escarpé.

C’est bien la mine, le problème. Celui de la Nrd surtout, depuis une poignée d’années, des visiteurs ont la fâcheuse manie de disparaître dans les boyaux de cette dernière. Leurs corps refont surface, ou pas. L’état dans lequel sont retrouvés les vestiges est passé sous silence, notamment la manière dont les os ont été rongés. Des animaux charognards. Les diverses enquêtes ont mis hors de cause les propriétaires et les employés. Une négligence des touristes est une explication avancée, peu satisfaisante. Cela fait planer une aura d’inquiétude qui enchante encore plus les visiteurs. Pas de visiteurs pour les soixante douze heures à venir. Maintenance pré saison estivale est la raison évoquée. Uniquement le personnel indispensable, et celui-ci réduit au minimum, est resté sur place. Carlisle est déjà attablé et elle finit par le rejoindre, une copie des dossiers qu’ils vont réviser une dernière fois avant d’aller explorer la mine par eux même dans la journée du lendemain.

Pas un sourire ne l'égaie et son humeur est à l’identique. Le lycan n’est pas responsable de l’orage qui gronde sous ses prunelles. Pas cette fois, du moins. Leur relation est toujours instable et tendue. Après le succès retentissant de leur première enquête sur le terrain, la profiler a mis en place une certaine routine de travail. Ils restent à New-York environ trois semaines par mois et la dernière est consacrée à une affaire dans un autre état. Cela fonctionne. La collaboration avec lui est plus facile quand ils ne sont pas enfermés dans un microcosme citadin. Quand il n’est plus obligé de se plier aux exigences des équipes scientifiques avec lesquelles ils évoluent de concert, régulièrement orientées par Medea qui les incite à creuser dans une direction ou une autre. La profiler est bien plus rigide et garde avec lui une distance professionnelle stricte dans l’enceinte de la Nrd. Elle l’a oublié un soir de trop grande fatigue quelques semaines plus tôt après une journée aussi interminable que vaine. A fait l’erreur de lui proposer de manger rapidement chez elle pour laisser retomber le stress de ces heures perdues. Une erreur qu’il lui a fait payer par un discours aussi cruel que son attitude était déplacée. Elle a cuisiné pour lui! Et lui… il a…! Rancune, mêlée de sentiments plus confus. Elle aurait dû le sortir de chez elle dès  qu’il a dérapé. Dès qu’elle a dérapé. Elle expire en l'observant. Il est un cran moins rétif, moins abrasif quand ils laissent derrière eux le paysage urbain, et loin du regard inquisiteur de ses collègues et de ses supérieurs, elle lui permet aussi une plus grande liberté de manœuvre. Agrandi le périmètre dans lequel il peut évoluer sans qu’il ne soit considéré comme risque de fuite. Ne le confine pas à une chambre d'hôtel la nuit. Il n’est pas forcément plus agréable pour autant, mais passe au-dessus du seuil de détestable. N’oublie pas, pourtant, quel tueur sanguinaire est dormant derrière les grandes prunelles émeraudes. Loup Assassin.

Contrairement aux derniers mois écoulés, Medea a tout fait pour éviter ce déplacement. Chercher toutes les raisons qui appuierait que ce n’est pas une mission pour la Ndr. Aucune trace de surnaturel dans ce  dossier! Probablement un simple psychopathe qui se fait plaisir avec des égarés. Triste, mais pas son problème directement. Elle a proposé qu'une autre équipe s’en charge, ils  sont déjà concentrés sur un vampire qui joue les faucheurs à un rythme alarmant. A priori, une autre cellule a déjà été envoyée  sur place trois mois plus tôt, avec le parc en fonctionnement, les deux agents se sont volatilisés sans disséminer aucun indices derrière eux. Aucune de ses objections n’a été retenue. ses arguments balayés. La brune s’est efforcée d’étudier à nouveau les éléments à leurs dispositions, en éloignant son bias de sa vision, donnant un pareil accès à Carlisle pour qu’il puisse  lui donner sa propre expertise. Elle finit par pencher par un humain peut être lésé par les propriétaires de la Ville Fantôme et qui trouverait vengeance de cette manière. Rien n'est surnaturel dans ce panier de crabes! Rapide à débusquer, rapide à incarcérer. Départ rapide de la Californie.

Californie.

Coeur du problème pour l'italo-américaine. Elle a quitté l'État depuis treize ans. A soigneusement évité de reposer un pied à l’intérieur de la frontière de celui-ci. Elle sait, elle sait qu’elle est irrationnelle. Que son Père n’a aucun moyen de deviner que sa fille désobéissante, à l'insolence insultante, est de nouveau sur son territoire. Quand bien même, elle est agente de deux organisations gouvernementales aussi puissantes l’une que l’autre, bien que  la seconde soit un secret bien gardé. Qu’est ce qu’il pourrait faire de toute manière? Elle a trente trois ans, n’est plus une gamine traumatisée et terrifiée. Est armée. Cela ne change rien. Elle a été totalement mutique pendant la liaison aérienne New-york Los Angeles. N'échangent pas un mot avec le Garou, plongée dans les rapports de mission. Elle a laissé l’homme se charger de toutes les tâches indispensables une fois de retour au sol, de récupérer les bagages légers, à finaliser la location de voiture déjà réservée.  Le visage mangé par une large paire de lunettes aux verres teintés, un large stetson rivé sur le front, elle est restée à ses côtés, retrouvant l’agitation familière, trop familière de  LAX. Irrationnelle. Medea  se le martèle en tête. tout en sachant que son père a régulièrement des mules affectées à certains vols et qu’elles ont toujours un comité d'accueil pour récupérer les précieux chargements. Il suffirait d’un lieutenant capable de l’identifier. Alors qu’ils s’éloignent de la ville en direction des terres désertiques qui composent une partie de l'État, qu’aucune flottille de  Suv blindés ne les suit, ça reste compliqué. Peut être devrait elle appeler Vittorio, une fois arrivée à destination? Non. Elle n’a plus aucun contact avec sa fratrie depuis près de trois ans, depuis qu’elle a rejoint le Fbi, et c’est très bien comme ça. Il voudrait la voir. Comment expliquer la présence du lycan? Un collègue? La tolérance de Vitto a des limites. Tout est trop Reconnu. De la végétation rase aux odeurs du désert. Dès qu’elle a reçu les clefs de sa chambre, en face de celle de Carlisle, elle a pris congé, convenant simplement de se retrouver pour dîner et organiser les jours suivants.  

Enfin, elle prend place en face de lui. Dépose sur la table vide à côté d’eux les chemises comportant les plans détaillés des conduits de la mine, ceux du complexe, les limites de la ville, un compte rendu détaillé de chaque autopsie des restes de cadavres retrouvés, les reconstitutions des disparitions de la part des autorités locales, un bref historique des victimes. La jeune femme a les traits tirés. Commence par croquer un glaçon dans le verre d’eau qui l’attend déjà. Au serveur qui voulait lui réciter le menu réduit au vu du peu de personnes présentes, déjà elle le coupe -Je prendrai comme lui. -Elle ignore ce qu’il a choisi et c’est secondaire. Un comprimé d’aspirine qu’elle avale avec une gorgée d’eau. -Vous faites des Margaritas? -Bien sur, madame. -Évidemment qu’ils font des Margaritas, les meilleurs à des miles à la ronde, évidemment.. -Frozen?- Non. Puttana. Pas frozen. -Non, mais vous pouvez préparer un pichet.-L’homme se retire pour délivrer la commande en cuisine.  

Le hennissement nerveux d’un des chevaux en réponse au cri d’un coyote qui résonne contre la montagne. Peut-être aussi la présence de pumas. Possiblement la seule perspective plaisante de ce déplacement. Les deux heures de monte qu’elle a l’intention de s’accorder au lever du soleil. Seule. Autant entrer dans le vif du sujet et en finir le plus vite possible, avant que son mal de crâne ne l'achève pour la nuit.  Medea relève la tête sur son partenaire, il dénote dans ce décor sans être ridicule pour autant. Il paraît calme, composé et parfaitement en contrôle, comme souvent. -Je pense qu’une exploration de la mine de jours est une perte de temps. -le timbre de la jeune femme est ferme sans etre agressif. -Elle voit passer des dizaines de visiteurs pendant l’ouverture du parc, plus les opérations régulières de maintenance. Je ne  suis même pas certaine que la mine soit réellement au centre des disparitions, elle me paraît surtout être l'explication la plus facile. Cependant, si un tueur humain se sert d’elle comme piège pour les égarés, il ne s’attendra probablement pas à être débusqué dans son repaire de nuit.  Je pense qu'on a affaire à un individu intelligent qui utilise les superstitions du coin pour entretenir sa propre légende, pour faire gonfler la peur qu'il inspire. Je crains que les meurtres ne s'intensifient avec la saison estivale qui approche. Je reste persuadée que ce n'est pas une affaire pour nous. Des morts humains, par un humain.. -Une pause. Lourde de sens. Le charbon s’empare de l’absinthe. -Je vous demande de ne pas vous y aventurer seul. De vous en tenir éloigné cette nuit si vous ne souhaitez pas rester confiné dans l’hotel. -Bien que la formulation reste courtoise, il s’agit d’un ordre, il ne pourra le confondre. Finalement, elle continue. -Qu’est ce que vous pensez de cette affaire?
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

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"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

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"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Pseudo : Nero
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Jeu 19 Mai - 5:23 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
 16 mai 2003.

C’est à la pleine lune qu’ils l’ont cueilli.
Croyant répondre à l’injonction de Medea Comucci, agent référente de William Carlisle dans les locaux de la NRD de New York [espace fermé, sécurisé, là d’où personne ne vous entendra hurler], ce sont plutôt les visages fermés des docteurs Levy et Ansom qui l’ont condamné à une longue, très longue nuit de torture comme il en avait déjà vécu plusieurs à la fin de l’année 2001. La différence est restée majeure : rien ne le préparait à cette convocation extraordinaire, ni à retrouver l’une de leurs prisons de verre morbides, et encore moins à l’injection d’aconit à la limite de l’overdose.
Il a rapidement compris qu'on ne le laisserait pas s'isoler aux abords de la cité monstre pour vivre sa mutation forcée. Le vieux spectre est revenu, entre les mains des blouses blanches. Celui de la douleur. De l'imprévu. Il n'a pas été déçu. Il ne sait même pas quel est l'objet d'étude précis, cette fois-ci. Constat des symptômes d'un garou lorsqu'on tente de bloquer sa métamorphose obligatoire, sûrement, ou un truc de sadique du même genre.

Il s’est ancré sur le sol dur, sur le linoléum d'un blanc douloureux pour ses pupilles dilatées, les paumes et les genoux vissés à la surface glissante sous ses mains moites. Nu, offert à il ne sait combien de paires d'yeux méticuleuses, de calepins ou de claviers sur lesquels on griffonne ou on tapote. Il est couvert de sueur, sent l'iode dégouliner de ses tempes, de son front et du bout de son nez, longeant parfois son menton pour finir par goutter entre ses doigts. Il serre les dents, refrène le moindre cri, la moindre plainte, obstinément. Il se mord la langue à s'en faire saigner, et la cicatrisation n'agit pas. Son corps ne cesse de s'agiter de spasmes. Son thorax tente de croître en vain, ses canines poussent les gencives sans succès, ses yeux oscillent sans cesse entre l'or et l'émeraude. L'aconit fonctionne, mais à quel prix ? Son coeur tambourine si fort qu'il croit ne l'avoir jamais entendu aussi violemment, même pendant son séjour dans les tranchées du Nord. Il est incapable de se relever, mais ne souhaite pas rester à plat ventre. Dans une posture intermédiaire et insupportable, trahissant le loup incapable de naître, les décharges électriques nées de la douleur ne cessent de le transpercer, à répétition. C’est à Elle qu’il pense. C’est à Elle qu’il s’accroche, pour ne pas perdre totalement la boule. Dans un bordel sans nom, chaotique, les flashs de plusieurs des tensions vécues avec l’humaine se bousculent derrière ses rétines, apaisant un peu la lumière crue et aveuglante de ces foutus néons.

L’appartement impersonnel.
Quelques cigarettes sur un balcon minuscule.
Lui qui la nargue, qui la provoque. Elle qui le suit. Elle qui avoue.
Lui qui devine ce qui émeut le cœur de ses cuisses. Elle qui le met dehors.
L’interrogatoire. Les accusations. Elle insiste. Il dément.
Elle le pousse à bout. Il tient bon.
Elle est impitoyable. Il tient bon.
Elle le croit.
Un bar bondé. Un match de baseball.
Un enfoiré vicieux. Un verre qu’on retient.
Ne bois pas ça.
Une paire de jambes fuselées. Une promenade sur l’avenue. Il fait bon à New York, cette nuit-là.

Elle l’embrasse.
Elle s’en va.

Et maintenant ça ?
Maintenant, la tétanie de chacun de ses muscles dont la résistance est mise au supplice, juste pour satisfaire ce puits sans fond de curiosité que l’Italienne ne reniera jamais concernant le Français en cavale. Il n’a même pas le courage ni l’énergie de s’imaginer comment se venger de ce mauvais coup infâme. Plongé dans un état intermédiaire, sa vision floutée par les mises au point nombreuses et inévitables, il ne peut plus faire confiance à ses sens, son ouïe perpétuellement trompée par les rebonds du son dans le bloc de verre aux parois trompeuses.
Pourtant, il sait qu’il ne s’agit pas d’un effet de son imagination, lorsqu’une furie à l’accent reconnaissable entre tous laisse éclater sa colère auprès de ses deux « collègues » analystes. Les éclats de voix finissent bel et bien par lui parvenir, jusqu’au sein de son bagne personnel. Au prix d'un effort littéralement surhumain, il oblige sa nuque souffrant le martyre à se redresser, cherchant entre deux mèches brunes barrant son front à apercevoir celle dont il a reconnu le timbre, l'autorité que rien ne semble pouvoir contredire. La mécanique s'ébranle, le mouvement de descente manquant de le faire vomir, puis le choc contre le sol fait trembler toute sa carcasse ; sensation que ses os sont faits de pyrex, ont éclaté en mille morceaux, prisonniers dans la chair. Il roule sur le dos, halète et cherche la fraîcheur du sol en vain pour diminuer la fièvre. Il crache l'excès de salive, de bile et de sang, laisse finalement échapper un cri lorsque ses reins s'arquent sans parvenir à endosser, une fois de plus, l'enveloppe de la Bête.

Sors-moi de là.

Impression qu'on lui a frotté les joues avec du papier de verre. Il l'appelle en silence, la supplie d'arrêter la torture abjecte, écoeuré par lui-même, écoeuré de dépendre d'une humaine pour sa survie, pour qu'on lui sauve la peau. Mais il n’a pas le choix. Les plafonniers continuent de brûler ses globes oculaires. Envie de les arracher de leur plafond de métal, d'appliquer leurs ampoules carbonisées dans la bouche de ceux qui s'amusent à le saccager, comme ils l'ont si souvent fait avant qu'il n'échoue entre les bras de Medea. Il peine de plus en plus à respirer, pense qu'il va crever là, en plein milieu de New York au bout d'un siècle de pérégrinations hasardeuses. C'est trop con. Les "poc, poc, poc" d'une paire de talons qui accourent lui parviennent à leur tour. Derrière lui, une porte s'ouvre. Le parfum de l'Italienne lui saute à la gueule. Puis ce sont les deux billes noires. Décidément. Entre elle et Mei, il a la manie de se retrouver hanté par des prunelles d'obsidienne. La piqûre, il ne la sent pas. État second. Il n'est pas en mesure de lui parler. Il n'est même pas sûr qu'elle soit vraiment entrée pour lui injecter quelque chose de plus. Il rêve presque, en cet instant précis, que l’injection ne contienne plus qu’un poison mortifère ; envoie la dernière dose. Il n’y aura pas besoin de beaucoup plus, avant que… Mais non. Elle le sauve et elle le tue un peu plus. Il manque de s'évanouir lorsqu'enfin, peu à peu, son palpitant ralentit sa course effrénée. Il roule sur le ventre, remarque que la luminosité a baissé. Soulagement. Il tremble, reste à l'écoute de son corps, comme s'il pouvait sentir l'aconit se dissoudre au fur et à mesure, perdre face à la vraie nature du garou. La transformation s'effectue plus lentement que d'ordinaire, tant son organisme brutalisé craint un retour du mal soudain, vicieux. Il lui a fallu une demi-heure, une longue demi-heure pour que la Bête reprenne enfin l'avantage.

Et ce n’est qu’à l’arrivée de l’aube invisible depuis les corridors secrets de la NRD, qu’il s’est remis à penser clair.
Que le pantalon impeccable, souillé aux genoux, a reparu, et avec lui, le masque d’une sollicitude qu’il n’a jamais oublié.

Même au plus profond de son ingratitude.




11 juin 2003.

Les épices crachotent sur son palais rompu aux saveurs les plus exotiques. Aux notes italiennes jamais très éloignées de nombreux restaurants ou dinners new-yorkais, se sont substitués les arômes plus francs de quelques touches mexicaines bienvenues. Le silence de la salle vide lui convient parfaitement. Après le rugissement du moteur, les turbines de l’avion, le brouhaha de l’aéroport, et même la note blanche d’une Medea parfaitement fermée sur elle-même, il se contente allègrement de sa seule présence au beau milieu d’une salle heureusement désertée par les touristes et les badauds. Il n’a pas besoin de focaliser son attention sur autre chose que le contenu de l’assiette généreuse qui lui a été servie. Cette attitude lui rappelle les repas pris dans le temps après une longue journée de labeur, quand la fatigue était telle que le simple fait d’envisager une conversation soutenue aurait été intolérable. Manger, fumer, se décrasser et monter se coucher, telle était sa routine, et la sobriété qui en résultait lui manque, quelquefois. Il n’était alors pas question de se vautrer dans un canapé hors de prix pour contempler vaguement des sitcoms diffusées sur l’une des cinq cent chaînes disponibles avec le câble. Il n’était même pas question de se détendre en prenant un livre, alors. Autre époque. Autre mœurs.
Le poulet est à son goût. Les légumes, plutôt frais. Le pain, de mauvaise qualité, a au moins l'élégance de dissimuler sa fadeur sous la sauce relevée qu’il trempe avec appétit. Le Loup a faim. Il a toujours faim, s’amuse-t-il parfois à penser. Cette voracité inextinguible est peut-être amplifiée par le hasard du calendrier. Est-ce pour cette raison que l’humaine s’est montrée si désagréable ? Il ne le sait pas. Il ne sait pas non plus s’il peut réellement lui donner tort. Les six derniers mois ont été particuliers. Il ne les a pas vus passer, tout en éprouvant cependant le nombre phénoménal de revirements, de sales coups, de bonnes surprises, de tortures supplémentaires qu’il a encaissées pendant tout ce laps de temps.

Comme s’il l’avait invoquée par cette seule évocation, l’humaine se propulse dans la salle, venant briser sa quiétude par la même occasion. Comme une bête dérangée pendant qu’elle dévore sa pitance, seuls ses yeux verts l’effleurent le temps de prendre rapidement connaissance de son humeur, pas plus enjouée que précédemment. Très bien. Alors, il replonge le museau vers le contenu de cette gamelle de qualité, ne mâchant pas plus vite pour autant. Si Medea a décidé de s’entretenir avec lui, essayer d’expédier le dîner ne lui sera d’aucune utilité. Il se dit que ressasser les événements d’avril et de mai ne le sera pas davantage. C’est toutefois plus fort que lui. Certaines séquelles sont restées. Certaines rancoeurs, aussi. Et, peut-être, une pointe d’autre chose sur laquelle il n’a pas envie d’apposer un nom. C’est une mauvaise idée. Il ne reviendra pas sur le dernier avertissement proféré à l’égard de la profiler, au moment où celle-ci s’est littéralement enfuie de chez lui après s’être abandonnée à une pulsion néfaste. Pour eux deux.

Elle s’installe, et avec l’air qu’elle déplace, c’est tout une palanquée d’odeurs qui flottent autour d’eux, venant nuancer le fumet de nourriture qui dominait jusque-là. Il n’accorde pas un seul coup d’œil aux dossiers qu’elle étale près d’eux. Il se retient de vouloir l’envoyer paître. C’est maintenant, qu’elle vient l’emmerder avec le foutu dossier qu’elle a soigneusement gardé pour elle durant leur trajet interminable ? Pas de doute : elle possède un sens du timing hors du commun. Il lui faudra encore mobiliser une bonne dose de sang-froid, afin de ne pas perdre pied. De ne pas lui donner l’occasion de le museler comme elle rêve parfois de le faire. Sans la regarder, il l’écoute déblatérer sur ses hypothèses, sur sa mauvaise volonté. Il a bien compris que la Comucci n’avait aucune envie de se déplacer jusqu’en Californie. Il n’est pas certain de comprendre pourquoi. Vit-elle cette expédition comme une punition ? Cela l’étonnerait. Il a pu remarquer son appétence, lorsqu’il s’agit d’aller prendre l’air avec son nouveau clébard de service. (Tu es dur. Tu sais qu’elle te considère comme un peu plus que cela.) Peut-être. Mais lui non plus n’est pas tranquille. Lui aussi, a perdu confiance. Ça ne fait qu’un mois à peine, depuis leur dernière entrevue de poids. C’est un souvenir difficile à remuer, et qui pourtant ne le lâche pas d’une semelle. Pas un jour, pas une heure sans qu’il n’y pense au moins une fois.
Une gorgée d’eau glacée vient rincer le gosier du lycan, soumis à la question de son interlocutrice. Alors seulement, il daigne plonger l’absinthe dans la tourbe toujours curieuse à son sujet.

« Ce n’est pas un humain. »

La phrase sonne presque délicatement dans l’air, et pourtant il pressent que son impact ne sera pas vécu autrement que comme une gifle méprisante, humiliante, ou tout autre adverbe séant à Medea. De la pointe de sa fourchette, il désigne les chemises déposées à proximité. « Vous imaginez ? Un humain, vivant au fond d’une mine ? Sans jamais en sortir ? Comment se procurerait-il de quoi manger ? Comment vivrait-il depuis des mois voire des années dans un trou comme celui-là ? Non… Pas ici. Pas aux États-Unis. » Il tourne la tête vers l’une des fenêtres offrant une vue plongeante sur la nuit désertique, moins paisible qu’elle n’en a l’air. « On n’a jamais signalé de vols significatifs, dans les quelques commerces environnant. On n’a jamais repéré d’individu à l’allure étrange, rôdant aux abords de la mine. Quant à ce qui est de rester à l’intérieur… » Un ricanement, tandis qu’il revient vriller la citadine implacable. « Vous n’avez jamais poussé l’exploration au fond d’une mine. Dieu vous en préserve. Surtout si vous devez pousser le vice jusque dans les tréfonds, bien au-delà du circuit réservé aux visiteurs. » Il reprend une ou deux bouchées, comme s’il ne venait pas de s’exprimer, ni d’apposer un tampon sévère au bas de la page résumant l’affaire. Il continue de mastiquer comme il l’a toujours fait : avec application et une pointe de délectation, si la nourriture lui convient.

« Cependant, je suis d’accord avec vous sur un point : s’y rendre le jour serait absurde. C’est la nuit, qu’il faudra s’y rendre. » Difficile de ne pas entendre le sarcasme pointant le bout de son nez : Medea a beau être talentueuse, il connaît son manque d’habileté dès que le terrain sort du goudron parfaitement étalé, du parquet bien posé ou du carrelage propret. L’imaginer progresser dans une mine est une plaisanterie dont il ne boude pas le plaisir. « Vous me demandez de ne pas y aller seul… mais vous avec moi, vous m’handicaperiez plus que de raison. Je serais plus rapide, si j’y vais en éclaireur. Surtout si je m’y rends transformé. » S’embarrasser de la bipède maladroite lui pèse déjà. D’autant plus que… « Etes-vous vraiment obligé d’employer le ton de la menace ? » Lorsqu’il la mire, cette fois, c’est avec une lueur plus intense au fond des prunelles. Une pointe d’étonnement, une certaine forme de défiance, mais également une demande impérieuse, qui attend une réponse sincère de sa part. Par mégarde, il chute, tombe sur la bouche sensuelle de la jeune femme. Il se rappelle, quelques heures après l’aube, après ce sauvetage inespéré de sa part, de la scène irréelle qui s’est jouée chez lui, cette fois. Le ciel d’un bleu éclatant. Leur fatigue mutuelle. Le goût de tabac, de bacon, de sel et de café. Cartes sur table. Une pluie ne tombant pas ailleurs qu’entre ces murs, composée d’aveux laissés tomber par de microscopiques petites touches, comme autant de gouttes de peinture propulsées par un artiste maladroit.

Le dernier, en revanche, avait été partagé. Initié par Medea, par les interrogations insistantes du lycan, il avait pris la forme d’une averse retentissante, et aucun des deux n’avait pu être épargné par cette houle imprévue, par le tourbillon d’une étreinte dont il n’avait oublié aucun détail. Depuis, l’humaine semble bourrée de remords. Pas lui. Il a conscience de ce rapprochement qui ne cesse de se faire sentir, depuis plusieurs semaines. Elle se montre irascible, mais un peu d’alcool, une soirée détendue, et la voilà capable de le contempler comme la source d’un fantasme rare, accessible, dont elle pourrait user et abuser sous l’angle de recherches psychologiques tombant à pic. Quelque chose en lui se révolte de consentir à cette réification. L’autre, plus résignée, se concentre sur son propre fantasme, étouffé depuis maintenant près d’un mois par le recul respectif du duo insupportable, aussi bien qu’inséparable.

Il appuie son dos contre le dossier, triturant du bout des dents de la fourchette la moitié du poulet ingurgité. « De quoi avez-vous peur, en me laissant y aller en éclaireur ? Ce serait plus sûr, pour vous. Vous n’êtes pas habituée à ce genre de terrain, et vous êtes sur le point de vous entêter à suivre une mauvaise piste. »

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Ven 20 Mai - 13:44 (#)

En le voyant attablé, Medea contrôle de justesse un sourire qui lui vient aux lèvres. Il parviendrait presque à dissiper la mauvaise humeur qui pèse sur elle depuis leur départ. Mauvaise humeur qui fronde déjà depuis plusieurs jours et dont elle ne parvient pas à se débarrasser. Poisseuse comme du goudron et empesant ses agissements tout comme ses pensées. Elle a remis de la distance entre eux, depuis un mois. C’était indispensable, mécanisme de survie dont elle a conscience. Trop proche de lui, son objectivité et la retenue nécessaire au bon fonctionnement tant de leur duo que des travaux dont il est le cœur. vacillent et menacent de s’effondrer. Cependant, le Garou n’est pas la raison de ce malaise. Pas de celui-ci, en tout cas.

Le regard jade se relève vers elle, témoignant qu’il a pris connaissance de sa présence. Déjà, il se replonge vers le contenu de son assiette sans plus de manière. La citadine pourrait se montrer vexée, il n’en est rien. Il s’agit moins d’impolitesse que l'attitude d’un animal en plein repas. Il est tellement plus à son aise dans ce décor rustique que coincé entre les quatre murs d’un restaurant gastronomique, sous le regard attentif de trop nombreux serveurs. L’italienne apprend à reconnaître la patte du Loup sous la peau humaine. Il a faim. Il a toujours faim et elle n’a pas été disserte sur ce qu’elle comptait faire ce soir. N’était pas certaine de vouloir le rejoindre pour dîner.

Medea espère qu’il n’a pas réalisé que leurs escapades régulières ne sont orientées que pour lui, des cas choisis sur mesure. Et parfois, imposés par sa hiérarchie. Comme souvent avec la profiler, son objectif est double, l’un assumé et détaillé à la Nrd, l’autre encore évanescent et mal assumé. Personnel.  Il est plus détendu, moins violent quand il peut se défaire du jugement hautain des grattes-ciel. L’Animal peut se délier et chasser plus aisément, élargissant les frontières de sa cage. C’était une hypothèse qu’elle voulait tester depuis le début de leur collaboration mais que ses supérieurs bloquaient, jusqu’au triomphe de leur arrestation en Arkansas. Permettre à la Bête un accès facilité à son biome originel décroît les tensions entre l’Homme et l’Animal et évite un comportement agressif décuplé. L'apaisement de ce dernier évite les carnages inutiles et dans le cas des lycans encagés permettrait d’éviter un choc psychique trop important. Carlisle n’a plus montré les tendances meurtrières erratiques qui ont conduit à sa perte depuis plusieurs mois. A quel point est ce que ces semaines moins étriquées en sont responsables? Autant de questions qu’elle investigue. L’italienne pressent que cela dépend de la nature de l'âme sauvage. Elle aimerait avoir accès à d’autres Garous pour comparer, pour les étudier. Loups et peut être un autre groupe de thérianthrope, qui soit plus à son aise en milieu urbain. Ho, pas aussi étroitement qu’avec Carlisle, mais elle manque de points de comparaison et  scientifiquement, il est nécessaire de pouvoir élargir le champ de ses recherches. Baser ses travaux sur l’observation d’un seul individu est un spectre trop étroit. Frustrant. Très clairement, la mise hors d’état de nuire de créatures surnaturelles n’est qu’un aspect de son travail et elle ne néglige pas l’autre facette de celui-ci. seconde vocation qui ne cesse de la passionner.

Elle pourrait probablement obtenir l’accès à d’autres sujets disséminés sur le territoire américain. Des protocoles sont déjà en place pour de tels échanges. Cependant, et c’est là où Medea recule, cela signifierait donner son autorisation à d’autres équipes de recherche de s’approcher de Carlisle. Tout en l’italienne se cabre à cette possibilité. C’est un non total et sans concession. Elle s'assoit en face de lui, expédie la commande de son repas. C’est non. Pas après l’horreur qu’il a subie le mois dernier entre les mains de deux scientifiques new-yorkais. Pas après la manière dont il a été torturé à l’aconit. Infime tremblement de la profiler alors qu’elle avale un verre d’eau fraîche en croquant une aspirine dans l’espoir que l’étau de sa migraine se relâche. Elle lui parle, expose sa vision de leur affaire. N’est pas complètement concentrée sur ce qu’elle lui dit. Pas quand elle a des réminiscences de la manière dont elle l’a découvert dans cette cage aux murs blancs, à la lumière fluorescente aveuglante. Le corps déchiré, brisé par l’aconit muselant le Loup, nuit de pleine lune entre toutes les autres. Les filets de sang de ses narines, de ses oreilles, ses cris sans mots, la colonne vertébrale au bord de la rupture. La violence de l'arythmie de son cœur. Ses pupilles se dilatant pour devenir pointe d’épingle, presque aveugle sous l’overdose du poison le calcinant de l’intérieur. A l’agonie. Vulnérable. Accepter qu’une équipe inconnue s’approche de William? Après qu’elle ait annihilé, torpillée la carrière des deux immondices?  Qu’elle le referait avec la même brutalité et sans une seconde de regret? Jamais. Pas tant qu’elle aura la moindre influence à ce sujet! Même si cela entrave la progression de ses propres recherches. Elle ignore alors que près d’une décennie plus tard, des cendres de leurs carrières en ruine, celle de Medea mais aussi celles de Victoria Ansom et Wallace Levy, ils se relèveront comme des cafards et trouveront leur vengeance sur le lycan mais aussi sur son compagnon d’infortune de la plus infâme des manières. Au nom de la science bien sûr.

Dimension dissimulée qu’elle n’est certainement pas prête à admettre avec lui et qu’elle accepte à peine de son côté. Revers de la médaille. Elle agit aussi pour lui. Pour le protéger. En dehors du strict cadre professionnel. Mue par une attirance qu’elle sait néfaste, dangereuse. Besoin d’adoucir, pour lui, les conditions drastiques dans lesquelles il se trouve.  Qu’elle n’admettra pas, ni à ses supérieurs et encore moins au Loup. Medea est poussée vers lui, courant sous marins contre lequel elle lutte, vainement. Elle est sur une arête glacée, balayée par des vents violents et sait qu’elle est sur le point de décrocher. La vipère n’a pas pris d’amants depuis des mois. Justification affirmée d’un boulot trop prenant ne laissant pas de place à  une liaison. Paravent de brume. Aucun homme qu’elle croise ou dont elle reçoit les avances ne suscite la moindre étincelle d'intérêt. Ils ne sont pas lui. Pourtant, elle résiste. Malgré le souvenir d’un baiser ardent qui réchauffe encore ses lèvres. La hanche aiguë sous ses doigts. Envolé d’un désir jumeau et tangible. sa fuite. si elle clos les paupières, cette nuit lui saute à la conscience. lls ne l’évoquent pas. Pourtant elle est là, bien présente entre eux.

Il n’est pas humain.

La réponse tranche à vif dans le canevas brouillé qu’il réveille chez elle chaque fois qu’elle s’approche de lui ces dernières semaines. Ce déplacement est un erreur sur tant de plans qu’elle en est totalement nouée. Il a relevé le regard sur elle et l’italienne sursaute presque, prise en flagrant délit de défaut d’attention. Comble quand c’est elle qui a initié la conversation. Le pli amer de sa bouche. Bien sûr qu’il n’est pas d’accord avec elle. Il la contrarie à foison. Ce n’est pas un jeu. Parce que le voir manger réveille sa propre faim endormie, parce qu’elle a besoin d’une seconde de plus pour ne pas réagir trop vivement, pour l’écouter, elle allonge la main. Récupère une frite dans son assiette. Ce n’est qu’à l’orée de ses lèvres qu’elle réalise ce qu’elle vient de faire. De l’intime du geste. Depuis quand? Depuis quand est ce qu’elle se sent suffisamment à l’aise avec lui pour chiper la nourriture directement dans son assiette sans même lui demander? Face à un prédateur pour qui la pitance est une limite sévère. ses doigts se sont figés. Mais la reposer maintenant, c’est presque pire. C’est attirer encore plus l’attention sur son faux-pas. Alors Medea ne fait rien. Croque la moitié de la frite, parfaitement salée, pas trop grasse et craquante comme il faut.

Au contraire, elle enchaîne comme si de rien n’était. -Plusieurs éleveurs de la région ont signalé la disparition qui d’une vache, qui d’un mouton. Rien de très significatif, rien qui ne pourrait être attribué à un coyote ou un autre animal sauvage. Mais si l’on regarde la carte des tunnels, il existe des cheminées d’évacuations désaffectées pas loin de leurs prairies. Je pense que le côté labyrinthique de la mine est une des raisons pour laquelle il est difficile à repérer. De plus, certains de ces conduits ouvrent sur des étendues peu exploitées. Avec de la discrétion, cela doit être possible.- Medea s’installe un peu plus confortablement, trouvant dans leur échange un terrain familier qui l’éloigne de ces dernières semaines qui lui collent à la peau. Elle n’a jamais poussé l'exploration… ho, ca, c’est riche, venant de lui! Elle ne résiste pas. Un sourire gouailleur qui éloigne ses ombres. -Vous assumez beaucoup à mon sujet, je vois. J’ai eu une vie avant New-York. Et quatre frères dont le plus âgé a douze  ans de plus que moi. -Il brouille les pistes sur son passé, elle ne parle pas du sien. Il ne pose pas non plus de questions. Italienne certes, mais aussi Californienne. Californienne jusqu’ au bout des ongles, du moins jusqu’à ce qu’elle la quitte pour ne plus regarder en arrière. sauf ces prochains jours. Elle sait monter à cheval, faire un peu de surf, de la voile mais aussi naviguer dans le désert, explorer les canyons, et retrouver son chemin dans les badlands. Du moins le savait. Cela fait une décennie qu’elle a quitté ce terrain de jeu.  Californie. Terre de la ruée vers l’Or. Des villes fantômes, des mines abandonnées. Diversité incroyable pour gosses de riche désoeuvrés avec trop de temps libre. -Je n’ai certes jamais été au-delà de certaines limites mais ce ne sera pas la première mine que je vais découvrir. Au-delà des circuits touristiques.

Elle se garde bien de toucher une seconde fois à son plat, sans lui demander de cesser de manger pour autant. L’argumentaire du Loup se tient. Mais il lui manque des éléments. Des éléments propres à ce terrain si particulier. Il s’accorde au moins avec elle que c’est de nuit qu’ils obtiendront les meilleurs résultats. Il pique, en s’attardant sur ses sens plus fins et plus sensibles. Cela n’est pas disputable. Enfin le serveur revient avec le pichet de margaritas et son assiette. L’italienne ne le coupe pas, piochant un légume du bout de sa fourchette. Elle a peine le temps d’avaler le haricot que son regard l’épingle. -Ce n’était pas une menace, amende la jeune femme. Refusant de se laisser troubler par la nuance plus intime que viennent de prendre ses agates.  Un verre de Margarita qui n’est peut être pas la meilleure idée avec sa migraine mais dont elle a impérieusement besoin. -De ne pas vous précipiter, surtout Ce qui est particulièrement ironique au regard de ce qu’elle commence par tracer pour ses prochaines heures. Le regard d’eau dérive et elle sait. Medea sait qu’il n’a rien oublié non plus. s’impose une façade de neutralité.

Un morceau de poulet dont la peau craquante et aromatisée de thym et de citron a protégé une chair fondante et juteuse. Elle s’accorde le temps de manger davantage avant de revenir sur ses questions en suspens entre eux. Questions si légitimes. Medea repose sa fourchette. De quoi elle a peur. Elle se redresse sur sa chaise et contrôle son souffle. Elle a peur oui, pour lui. Cruellement narquois. Medea n’a pas cessé d’avoir peur de lui, une retenue méfiante que lui insuffle sa raison et son sens de survie. Mais maintenant, elle a aussi peur pour lui. Ce qu’il a souffert, ses os distendus, si proches du seuil de la mort, ses râles à peine inarticulés, lui ont rappelé qu’il n’était pas immortel. Résistant, mais pas immortel. La brune n’évite plus son regard, alors. Le timbre est trop doux alors qu’il l’oblige à dévoiler ses raisons derrières ses retenues au lieu d’accepter simplement sa décision comme lettre de loi. Ce qui devrait être le cas! Dannazione.  -Cerro Gordo était une mine d’argent exploitée depuis 1868 jusqu’en 1920. Les filons étaient riches et c’était l’une des mines les plus productives de la Californie. Des particules d’argent doivent être disséminées partout. Dans les conduits, dans les équipements, sur les lampes au plafond. Les tunnels doivent être couverts de résidu, inoffensif pour un humain lambda. Tu n’es pas un humain lambda, Lou’ -Le surnom, d’abord un peu moqueur lors d’une présentation inopinée dans un bar. Un verre porté à ses lèvres. Un murmure pressant à son oreille. Ne buvez pas cela. Une soirée printanière. Un baiser effleuré à sa bouche, pour jouer à un feu rouge. Pour le plaisir de le déstabiliser. Rien en commun avec celui qu’ils partageront un mois plus tard. Cap’ ou pas cap’. Elle a découvert qu’elle est cap’. Ignore encore à quel point. -Vous voudriez que je vous laisse vous balader dans cet environnement pour choper un mec qui est devenu taré? Que je vous laisse vous exposer à une atmosphère  hautement toxique?  Non. Si j'ai vraiment besoin de vous, vous le saurez. En attendant, vous vous tenez loin de la mine.

Medea n’est pas capable, froidement, de lui imposer de passer plusieurs heures dans les tunnels d’une mine dont le simple contact contre un mur peut le brûler. Voir même simplement respirer l’air confiné. Il a subi des expériences contrôlées avec l’argent ces dernières années, sous l’injonction  et la présence en salle d’observation de la profiler. sous ses deux formes. Mais tous les paramètres étaient soigneusement établis pour ne pas risquer une exposition prolongée ou des blessures durables.  -Ce n’est pas une mauvaise piste, réplique-t-elle d’un ton qui ne souffre d’aucune contradiction. -Savez vous quelle était la méthode la plus commune pour séparer l’argent de la roche? L’utilisation du mercure. Il se colle à l’argent en formant une masse distincte, puis ensuite dans les forges il suffisait de chauffer celle-ci : le mercure est récupéré par évaporation et solidifié pour être ré-utilisé, laissant uniquement le métal. Ce n’est pas fiable, les pertes sont de l’ordre de 2% par once de mercure Les conséquences d’un empoisonnement sur le long terme au mercure est catastrophique d’un point de vue neurologique! Des récits historiques de mineurs devenus fous et violents à cause du mercure sont aussi nombreux que fiables! Le mercure se transmet aussi de génération en génération et surtout, s’infiltre dans les sols et les nappes d’eau souterraines. C’est la raison pour laquelle l’eau non traitée n’est pas potable et interdite à la consommation et les utilisations communes. -Elle a travaillé le sujet, l’a étudié longuement avant d’en arriver à ces conclusions, sans parler de ces sorties de fin d’année en visite pédagogique dans une mine ou une autre. -Je suis certaine que c’est le cas pour notre suspect. Il a dû ingérer des eaux contaminées, peut-être aussi une contamination in-vitro de ses parents qui aurait fragilisé ses défenses. J’ai commencé à compulser les descendants de mineurs vivants dans la région qui auraient montré le genre de symptômes causé par le mercure. J’ai trois possibilités distinctes que je voudrais creuser demain avec vous. Dans la journée. Rien de plus pour aujourd’hui.

Elle n’est pas tout à fait sincère. Bien que la journée ait été longue, la nuit l’est encore plus. Elle a dormi dans l’avion. Prendra quelques courtes heures de repos jusqu’à trois heures du matin et réglera la question d’une première investigation de la mine cette nuit même. Il n’a pas besoin de le savoir. Demain matin, elle partagera avec lui ses premières conclusions. Medea repousse son assiette pas totalement terminée, s’en tiendra à un seul verre de margarita finalement, l’estomac un peu noué de ce qu’elle a l’intention de faire. Il sera probablement furieux d’avoir été tenu à l’écart, ce n’est pas un problème en ce qui la concerne. Plus vite elle  bouclera cette affaire, mieux ce sera.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Lun 30 Mai - 4:04 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Une main s’avance, intrusion intolérable sur son territoire. Stupéfait, il la regarde dérober une frite de son assiette, et ses gestes à lui se figent, interrompent leur course harmonieuse. Ce n’est rien. Ce n’est qu’un stupide morceau de pomme de terre cuite et salée qu’elle lui dérobe. Pourtant, il y a cette pulsion qui grimpe, pic sévère comme une décharge électrique provoquée par un nerf coincé au niveau du coude. Il y a cette montée de colère qui survient, surnage sans crier gare, toisant l’infâme. Ce vol, cet irrespect, cette absence de permission dont elle fait fi pour se servir directement, avec une impertinence qu’il ne supporte pas. Il accuse le coup. La froideur dans ses yeux ne tromperait personne. Et, quelque part, il est certain qu’elle a compris toute seule quelle erreur elle vient de commettre. Il a du mal à se reconnecter à ses propos, à la conversation. Ses phalanges se sont crispées sur ses couverts presque douloureusement, le métal appuyé contre l’os de son majeur. D’aucuns s’étonneraient d’une telle réaction de sa part. Mais ça ne passe pas. Le vol, ça ne passe pas. On lui a déjà volé tant de choses. Son temps, sa jeunesse, sa liberté, sa vie entière. Son libre arbitre. Alors, son seuil de tolérance a explosé en vol. Il ne pourrait jamais supporter qu’on dérobe autre chose à sa barbe. Il s’aperçoit qu’il en a oublié de respirer : sa cage thoracique se soulève presque douloureusement, au moment de rattraper l’air qui lui manque. Lorsqu’il reprend son repas, c’est avec une méfiance augmentée, prêt à réagir si elle tentait une seconde fois de le provoquer de la sorte.
Il maintient son désaccord. Les « arguments » s’enchaînent sans le convaincre un tant soit peu. La tessiture agréable qu’emprunte Medea ne change rien à son avis sur la question, et l’emploi de ce surnom ridicule qu’elle lui réserve n’est pas pour le rendre plus docile, lui non plus. Imperceptiblement, il secoue la tête.

« Je ne compte pas me frotter aux parois. » Il la fixe avec une intensité nouvelle, rappelant leurs premiers échanges, quand seule l’hostilité, alors, régnait encore en maître. « J’ai du mal à comprendre. Pourquoi m’avez-vous amené ici, si vous ne souhaitez pas que je vous aide sur le terrain ? D’autant que je vous sais suffisamment au fait du calendrier. » L’ombre d’un rictus. « Après tout, la pleine lune est dans trois jours. Il ne serait pas très malin de frustrer la Bête en cette période si particulière, ne trouvez-vous pas, Medea ? » Il n’utilisera pas, lui, le sobriquet utilisé le même soir de match, dans ce bar bondé. « Dans le Nord de la France, les anciennes mines de charbon sont visitables pour les touristes. Pour autant, je ne crois pas qu’on ait retrouvé dans leurs poumons les mêmes matières infâmes que ce que respiraient nos ancêtres des bassins de la région. » D’un mouvement de tête, il désigne le mur les séparant du dehors. « Les particules d’argent qui circuleront ne le seront que sous l’effet d’un remous significatif. Marcher dans les corridors ne sera pas plus dangereux que déambuler sur un trottoir surplombant une autoroute. Peut-être que je tousserai, à mon retour, et que la sensation sera désagréable, mais rien de plus. Je ne risque pas de lécher les lampes au plafond ni le sol des conduits. » Sur ce, la fourchette racle le fond de son assiette, et c’est rapidement qu’il engloutit le reste de son contenu, profitant de poursuivre entre deux bouchées. « Ce sera comme respirer un air radioactif. Je ne le sentirai pas autrement qu’avec le goût du sang sur ma langue. Je serai irradié par l’argent, mais contrairement aux bougres de Tchernobyl, mon corps parviendra à se purger seul, de lui-même. » Il essuie sa bouche avec application, descend son verre d’une traite pour faire passer la nourriture, et se recule à son tour contre le dossier de sa chaise, toisant l’humaine sans aménité. « Quant à vous, ce ne sera peut-être pas la première mine que vous allez découvrir, mais ce sera la première fois que vous entrerez dans celle-là. Je suis étonné que vous ayez obtenu votre certification au FBI. Votre imprudence dépasse largement les limites. Parfois, je me demande vraiment à quel point vous êtes suicidaire. »

Le Loup a envie d’une cigarette. Il jette un coup d’œil dans la salle, vide de tout serveur, et hormis l’écho lointain de deux ou trois voix provenant des cuisines, aucun employé ne semble revenir dans leur giron. Alors, il extirpe paquet et zippo, et ce dernier claque quand la flamme jaillit, s’allumant une cigarette avec une nonchalance ahurissante. Il expire une bouffée grise dans un soupir au soulagement intense. Il ne connaît aucun plaisir égalant la précision d’orfèvre d’une clope grillée une fois son estomac plein. « Vous l’avez dit vous-même. Le site est labyrinthique. Je me vois mal vous laisser y aller la fleur au fusil, convaincue comme d’habitude que vous seule avez raison. Un jour, vous allez vous planter. Très sérieusement. Et la conséquence ne sera ni une mise à pied, ni un blâme. » Une corde dans sa gorge semble vibrer un tant soit peu davantage, lorsqu’il énonce doctement mais avec un sérieux à toute épreuve : « La sentence sera immédiate. Un jour, vous allez mourir. Connement. Juste parce que vous avez eu trop d’orgueil pour accepter d'avouer que vous aviez tort ou que vous ne saviez pas. » L’excédent de cendres termine, d’une pichenette, dans les reliefs de son assiette vidée, faisant doucement grésiller la peau trop grasse du poulet laissée de côté. « Je suis sûr qu’il ne s’agit pas d’un être humain. Votre théorie est intéressante, mais elle est beaucoup trop tarabiscotée. Rappelez-vous que le plus souvent, chaque fois que nous avons travaillé ensemble, la réponse ne relevait peut-être pas de l’évidence, mais il n’y avait pas non plus besoin de se faire des nœuds au cerveau inutilement. Une contamination au mercure ? » La courbe d’un sourcil traduit une expression on ne peut plus dubitative. « Seigneur, où êtes-vous allée chercher ça ? On dirait un mauvais scénario d’une série policière à deux balles. » Il sait qu’il pousse un peu. Qu’il la titille là où il n’a pas besoin de le faire. Mais c’est plus fort que lui. « Merci en tout cas, pour ce petit cours de physique. Ça ne change rien à ce que je pense de cette affaire. Si un humain est aussi affecté par le mercure, je ne vois pas comment il pourrait réussir à survivre dans un tel environnement, sans se faire prendre et en restant calfeutré aussi profondément. Et je ne vous laisse pas entrer seule là-dedans avec une créature aussi étrange que mystérieuse. Pour moi, il n’y a même pas de débat possible. »  

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Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Mar 14 Juin - 12:12 (#)

Soudainement, l’atmosphère du restaurant devient absolument glaciale. Le visage du garou se fige en une expression de contrariété aussi pure que puissante et Medea n’a aucun mal à deviner pourquoi il ressent cet éclat d’irritation. Le vol de la frite devant lui est une agression de trop. Elle, elle prend garde de garder des traits à la neutralité parfaite, à ne pas amplifier davantage l’incident. Aucune légèreté dans la réaction de Carlisle. Il est véritablement agacé par ce passe droit qu’elle vient de s'octroyer dans son assiette. La proximité de la pleine lune ne doit pas non plus aider  à canaliser le flot de ses émotions. Le loup est un prédateur qui tient à l'exclusivité de son repas. Plutôt que de présenter des excuses forcément bancales pour un morceau de pomme de terre déjà croqué, elle enchaîne sur le cas qui les entraîne en cette Californie qu’elle aurait souhaité éviter. Le silence pourtant reste suspendu quelques secondes de plus, le temps que la tension se réchauffe d’un cran. A peine.

Dès la suite de ses paroles, il met à vif ses nerfs déjà éprouvés. D’une main qui ne tremble pas, elle absorbe une gorgée de la médiocre margarita qui lui a été servie. Il rejette pleinement et totalement tous les arguments qu’elle lui avancé. L’argent est dilué. Il pourra s’en purger après coup sans dommages durables. Les mâchoires de Medea sont crispées alors qu’elle lui répond, avec une articulation trop parfaite pour ne pas être forcée. -Je ne vous ai pas amené ici. Stephenson a jugé que votre présence était indispensable à la résolution de cette affaire. -Nul besoin d’en dire plus sur ce sujet. Son supérieur a fait table rase de ses objections et a imposé non seulement le loup mais aussi la supervision de la profiler. Un ricanement grinçant à sa remarque. -Frustrer la Bête? Alors qu’elle va disposer d’un large périmètre de montagne désertique pour laisser libre cours à ses instincts? Nous n’avons pas la même définition de la frustration, je crois.  

Quelques bouchées d’un poulet qui ne passe pas, qui reste coincé contre sa gorge, qui lui paraît d’une sécheresse impossible à avaler. La frustration se dévoile sous des registres bien divers et celle-ci s'amplifie dans ses veines, à chaque fois qu’elle se retrouve face à lui, elle devient de plus en difficile à contenir. Inassouvissement qui étend ses tentacules sur les diverses strates de leur relation au point que les dissocier est impossible. Le sel sur ses plaies est subtile, car elle n’ignore pas qu’il sent parfaitement que ses humeurs contrariées n’ont pas une origine simplement professionnelle.

Il la patronise avec une leçon d’histoire des mines françaises et le ton qu’il emploie pour s’adresser à elle devient de plus en plus intolérable. Une partie de ses objections était due à une volonté, déplacée elle le reconnaît maintenant, de lui éviter un contact même diffus avec le métal à l’allergie maudite. Il n’a pas besoin de sa protection. Pas besoin qu’elle se préoccupe de sa santé. Il lui rejete à la figure les élans balbutiants de douceur qu’il a su lui inspirer. Faiblesse impardonnable et erreur qu’elle n’a plus l’intention de commettre. Le garou est avant tout une machine meurtrière. Elle en est le garant. Oublier leurs roles respectifs est aussi dangereux que naif. Le flottement de ces derniers mois doit cesser-Je vois que vous savez parfaitement à quoi vous attendre dans une mine d’argent. Je n’ai pas l’intention d’argumenter plus en avant sur ce point, vous êtes assez vieux pour savoir ce que votre organisme peut supporter en matière d’Argent. -Finit elle par laisser tomber, n'ayant ni l’envie ni la motivation de polémiquer sur ce qu’il estime acceptable comme paramètres.

Cependant les prunelles obsidiennes s’assombrissent encore d’un cran alors qu’il remet en cause non seulement son professionnalisme mais aussi sa manière de procéder. Medea repose son verre trop brutalement, renversant une partie de son cocktail sur la table, un glaçon roulant à terre. -Vous avez un discours tristement banal. Vous êtes parfaitement en phase avec les préjugés masculins contre lesquels je me bats depuis le premier jour où j’ai rejoint les forces de l’ordre. Un homme qui prend des risques et qui réfléchit en dehors des sentiers battus est admirable, téméraire, courageux. Une femme avec les mêmes attitudes devient suicidaire, adepte de fiction, irresponsable, irraisonnable. -La serviette en papier éponge une grande partie de l'alcool répandue sur le bois ciré. Odeur du tabac blond qui se mêle aux autres parfums de la salle. Pour une fois, son propre paquet reste rangé. Elle a passé son enfance et son adolescence à devoir obéir à un tyran, imposant sa volonté dans chaque aspect de ses journées, c’est terminé. - Je n’ai pas l’intention d’attendre gentiment que mes choix et mes idées soient validés par un homme pour agir comme je l’entends. Vous voulez m’accompagner? Je ne m’y oppose pas, c’est suffisant non? Je n’ai par contre ni besoin de votre approbation ni de vos commentaires sur la manière dont j’appréhende cette affaire.

Il en rajoute. Malin plaisir à lui prédire un sort funeste, Pythie d’un autre temps qu’elle refuse d’écouter plus longuement. D’un timbre atone, elle commente. -si cela devait arriver, je suis certaine que vous vous en remettrez. -sujet clos. Sa mort, en soit, n’a pas d’importance et ne l’inquiète pas vraiment. Elle a toujours vécu dans un microcosme violent et c’est un miracle que ses quatre frères soient encore en vie. D’autres ont payé le prix pour leur sauvegarde. Elle s’est engagée en toute connaissance de cause dans une carrière où son nom est susceptible de finir sur une plaque dorée accrochée à un mur des souvenirs depuis le début. Il ne peut pas l'effrayer avec un discours pareil.

L’irritation qui la tenaille depuis qu’ils ont quitté New-york a trouvé son apogée et il lui est de plus en plus difficile de ne pas simplement exploser comme une partie d'elle-même le réclame.  Elle pourrait lui fournir les études sur la contamination des sols, les répercussions sur la santé mentale et physique d’anciens mineurs et leurs descendants. Lui présenter des témoignages de divers médecins et historiens. Evidemment qu’elle a fait des recherches. Qu’elle a fouillé les archives concernant plusieurs cas. Qu’elle a consulté les relevés géologiques de la mine. Medea repousse sa chaise. Comment peut-il penser qu’elle lui balancerait une théorie sans s’assurer non seulement de sa probabilité mais aussi des faits précis derrière? Qu’elle engagerait sa crédibilité sans autre? Elle étaye ses intuitions par un travail minutieux derrière. Elle a à peine mangé quelques fourchettes de son plat, le pichet de Margarita est encore au trois quart plein. Mais l’italienne a atteint son seuil de tolérance. -Puisqu’il n'y a pas de débat possible, tenons nous en là pour ce soir. Demain dans la journée, j’ai l’intention de discuter avec les employés encore présents, reconnaître un peu le terrain. Demain soir nous irons dans la mine. Faites ce que vous voulez de votre soirée et de votre journée, du moment que nous nous retrouvons autour de dix-sept heures pour discuter de la meilleure approche. Vous avez une copie des plans de la mine à votre disposition.

La brune tourne les talons sans lui décocher un dernier regard, la nuque roide de colère mal rentrée. Rien ne va et cela ne l’étonne pas. il est doué pour la pousser dans ses retranchements. La posture de son dos, sa démarche rigide. Gagner l'extérieur du restaurant ne lui demande que quelques secondes. Pourtant, elle a l’impression d'étouffer tant qu’elle est encore quatre murs. L’impression d’avoir le crâne vrillé par les prunelles d’eau vive du Lupin. La nuit est belle, trop belle. Douce, loin des températures désagréables de la journée. Elle avait oublié après ces dernières années d’un ciel pollué par les lumières urbaines combien la voûte stellaire pouvait se dévoiler. Quelques pas dans l’obscurité qui permettent à son humeur de se calmer un peu. Il réveille les pires agacements. Fondue dans les ombres, les arômes du désert qui se révèlent la nuit dans toutes leurs richesses sont des échos aussi familiers que malvenus. Une cigarette.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
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◖ INACHEVÉ ◗

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"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

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"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Sam 9 Juil - 3:07 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
La colère de Medea transparaît d’autant plus facilement que cette salle reste trop grande pour eux deux. Il observe sans émotion particulière l’alcool répandu sur la table, et c’est avec un léger étonnement qu’il constate l’impact de ses mots sur elle. Il n’y a pas de quoi en faire tout un plat, pourtant. Elle énonce les raisons de son emportement, et il peine à ne pas lâcher un ricanement de mépris. La soi-disant psychologue de renom aurait-elle ses antennes en panne ? Comment peut-elle croire qu’il ne s’agit que d’un banal élan de machisme, de sa part ? Le Loup se sait plus fin que cela. Bien plus fin. Décidément, quelque chose ne tourne pas rond dans l’esprit de l’humaine, depuis qu’ils ont atterri en Californie. Depuis que l’ordre de mission est tombé. Elle parle, elle déverse, et il la regarde se lever avec la même expression placide. Elle disparaît vivement pour préférer l’atmosphère nocturne, et pour la première fois depuis un moment, il songe qu’il s’agit d’une excellente idée. Au-delà de son attitude provocatrice, il doit s’avouer avoir envie de creuser davantage, de comprendre ce qui la met dans cet état en particulier. Ce n’est pas normal. Medea sait se contrôler, et faire preuve d’une telle confusion gestuelle comme verbale ne lui est pas familier. Contrairement à ce qu’elle semble penser, il n’a pas une si basse estime de la profiler. Alors, au bout de quelques minutes de réflexion, il éteint sa cigarette consumée, se remet debout à son tour, et la rejoint sereinement jusqu’à l’entrée du restaurant.
L’air du dehors lui fait du bien. Saisi, il s’interrompt une fois les portes franchies, et son regard se porte à son tour vers la voûte céleste, tandis qu’une brise douce et bienveillante s’éprend de ses pommettes, tout en lui apportant les nouvelles de la nuit. Une palanquée d’odeurs sèches, pierreuses et agréables le change des fragrances détestables de New York ; New York et ses bouches d’égout fumantes, New York et les pots d’échappement de ses taxis, New York et le rance des rames souterraines, et jusqu’à ce nuage permanent de bois, de métal et de poussière d’os qui, presque deux ans plus tard, plane toujours et continue de ruiner la santé de tous ceux qui respirent entre ses gratte-ciel. Il se dégage péniblement de ses pensées, et ne tarde pas à repérer l’Italienne, qui s’est à peine écartée. Doucement, il s’approche, les mains enfoncées dans les poches de son jean noir, le museau baissé vers les pointes de ses Richelieu d’une même couleur. La veille encore parfaitement cirées, une fine poussière ocre s’est déposée sur le cuir, qu’il contemple sans malveillance.

Plutôt la poussière que la boue.

« Medea. »

La voix qui l’appelle se fait curieusement douce, même s’il l’aurait plutôt qualifiée d’atone. Il s’arrête à moins d’un mètre d’elle : tout juste assez pour qu’elle ne se sente pas envahie dans son espace personnel. Il ne compte pas lui présenter des excuses. Elles ne seraient ni honnêtes, ni justifiées, à son goût. Pourtant, il s’évertue à prendre quelques pincettes pour elle, exceptionnellement. « Vous n’êtes pas dans votre état normal. Vous êtes nerveuse, tendue et plus sensible qu’à l’ordinaire. » Un sourire adressé aux chevilles de la jeune femme. « Je ne suis pas d’une compagnie très agréable, je veux bien le concevoir. Mais quelque chose me dit que vous ne m’avez pas tout révélé. Et je ne parle pas de l’affaire. » Il se déplace, pour cette fois se poster à sa hauteur, de profil par rapport à elle. Une autre manière de lui accorder ce confort : celui de ne pas être obligée de l’affronter, de soutenir la brûlure du pers de ses yeux. Il observe le relief qui les entoure, la nature si paisible. Il ne s’est toujours pas décidé, pour sa part. Il ignore encore s’il estime le fouillis chaotique d’une grande ville plus rassurante que l’immensité désolée de tels paysages. Parfois, c’est l’inverse qu’il éprouve. Incertain. « Je me remettrais de votre mort, en effet. Cependant, si je devais jouer la carte du cliché, je pourrais citer un certain génie du cinéma hollywoodien qui a dit… ‘Je n’en ai pas après vous. Le monde est plus intéressant, si vous en faites partie.’ ». Cette fois, son rire éclate. Discret, très discret, mais palpable. Comme si cet instant précis lui faisait du bien, ramenait un peu plus d’authenticité dans leurs échanges. Cet humour grinçant ne le gêne pas, au contraire. Il aime se le permettre, avec elle. Il devine qu’elle peut le comprendre, même si elle ne l’accepte pas toujours. « Je suis certain que des ragots de couloir nous comparent souvent à Clarice Starling et Hannibal Lecter. Je ne les en blâmerais pas. L’image est plutôt pertinente, vous ne trouvez pas ? ‘Échange de bons procédés’ »

Il soupire, fait jouer sa nuque tendue par les jours à venir. La pleine lune qui arrive exerce déjà une certaine influence sur ses membres. Le calme avant la tempête n’est pas innocent ni sans avoir avec sa future métamorphose, le rendant irascible un instant, pour mieux s’ingénier à une certaine décontraction la seconde d’après. Ce n’est pas un état très confortable pour lui, mais il est soulagé, pour une fois, de bénéficier d’un tel cadre depuis sa capture pour se livrer à son état rendu naturel. Le ton est redevenu plus sérieux. « Je suis étonné que vous me croyez capable de patauger dans ce registre-là. Je n’ai jamais mentionné votre genre féminin. Auriez-vous été un homme que mon discours aurait été identique. » Il humecte brièvement sa lèvre inférieure. Coup de poker. « Je sais que vous êtes… victime d’une pression induite par votre naissance. Je le vois. Je vois comment les hommes vous regardent, qu’ils soient subalternes, égaux ou supérieurs. Je ne vous envie pas. Pourtant, vous avez choisi d’entrer dans cette ronde. Et je suis sûr que vous saviez dans quel panier de crabes et de requins vous vous apprêtiez à vous jeter. » Il tourne la tête vers elle, enfin. Sa sincérité, aussi brutale qu’à l’ordinaire. « Les crabes pinceront toujours, et les requins se comporteront éternellement en rogue, en prédateurs. Vous ne pourrez pas changer cela. Vous ne pouvez que continuer à bâtir votre carrière du mieux possible. Je ne dis pas que vous vous y prenez mal. Je dis que vous êtes parfois dangereuse pour vous-même. Que cela vous agace, je l’entends. Mais vous ne pouvez pas le nier. Notre relation même est un exemple des pièges que vous construisez au risque d’y tomber la première. »

Il laisse passer un silence, afin de lui permettre de digérer ses propos, et profite de ce temps mort pour s’allumer une deuxième cigarette, légale, cette fois-ci. « Je suis désolé que ma présence vous ait été rendue obligatoire. D’ordinaire, vous aimez m’emmener avec vous. Est-ce ce pourquoi vous êtes ennuyée ? Vous n’avez plus envie de m’avoir dans vos pattes ? Déjà lassée, Medea ? » Il ignore ce que cela lui ferait. Éprouverait-il une brisure, dans son égo ? Serait-il vraiment surpris, ou étonné ? Ce n’est pas très important. Ou bien, si. Ça le serait. Car si Medea Comucci cesse de lui prêter son attention, les sévices qu’il a endurés le mois précédent pourraient reprendre. Rien qu’à cette pensée, même le lycanthrope qu’il est ne peut freiner le frisson mauvais qui le parcourt et manquerait presque de gâcher les bienfaits de la nicotine. Néanmoins, ce n’est pas pour l’amadouer qu’il laisse tomber : « Quoi qu’il en soit... J’ai vécu suffisamment longtemps pour ne plus avoir besoin de constater la force de certaines femmes. Pas toutes, certes. Mais une bonne partie. J’en ai vu beaucoup se sacrifier pour des causes plus grandes qu’elles-mêmes ou, à l’inverse, casser leurs dos et leurs reins sur le labeur du quotidien, seules à veiller sur des maisons à moitié vides, des champs et des usines désertés. Je sais que je vous apparais comme rétrograde et réactionnaire, mais pas à ce sujet-là. Vos faiblesses résident ailleurs. »

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Mar 23 Aoû - 12:02 (#)

La situation qui lui échappe est une pluie diluvienne glacée  à la sortie d’une séance de cinéma. On sait que c’est froid, on sait qu’on va finir trempé et qu’attendre n’est pas une option. Medea voit son comportement. Décrypte les erreurs qu’elle commet avec le Garou. Ce qui ne signifie pas qu’elle parvient à éviter les écueils, bien au contraire. Témoin impuissante de son propre sabordage. Quand la moindre faiblesse face à cet homme est un erreur dont le prix est inscrit dans le futur. La note sera salée, l’italienne ne peut se permettre de l’oublier malgré le rapprochement qui s’effectue entre eux. Malgré la manière dont elle l’a protégé de l’Institution quand il était  broyé par ses rouages. C’est son rôle. Geôlière et gardienne. Elle crispe les mâchoires en constatant intérieurement la manière pitoyable dont elle a géré la situation depuis qu’elle a entendu le mot Californie dans la bouche de ses supérieurs.

Plutôt que de permettre à leur échange de s’enliser plus profondément dans une boue nauséabonde qui n’a rien à envier à celle de la salton sea, elle se dérobe. Elle fuit. Après des paroles colériques qu’elle ne s’autorise pas à regretter. Il sait trop bien ce que ses collègues ignorent. Derrière une façade maîtrisée, distante et à la glace étudiée, un tempérament qui ne demande qu’à se libérer et qu’elle contient trop souvent. Ces derniers mois, il semble trop facile au garou de la faire sortir de ses gonds.

L’atmosphère de la nuit apaise ses nerfs à vif tout en ramenant à elle une pluie de mémoire sensorielle et comme la sensation est douce-amère. Il la rejoint et elle hésite. Est ce qu’elle espérait qu’il agisse de cette manière ou aurait-elle préféré qu’il reste à l’intérieur? Il lui est compliqué, trop, d’avoir une ligne claire avec lui en dehors de leurs heures professionnelles. Ils brouillent les interdits et les noirs et blancs se fondent pour un gris conspiration. Elle aimerait prétendre que c’est l’air nocturne qui provoque ce frisson qui remonte le long de son échine, mais l’italienne n’est pas capable de se mentir à ce point. La tessiture grave et modulée des cordes vocales qui dessinent son prénom entre eux est une caresse. Une distance respectable qui les sépare, juste à la lisière de l’inconvenance. Il avance une hypothèse qu’elle ne peut pas démentir et réalise qu’il commence à la connaître mieux qu’elle ne l’imaginait. Il l’apprend autant qu’elle tente de percer les mystères qui l’entourent. -Vous n’avez pas tout à fait tort, admet elle du bout des lèvres et ce simple aveu signifie qu’il a raison. -De là à en révéler davantage sur les causes de ce trouble, c’est un Rubicon qu’elle n’est pas encore décidé à franchir.

Un pas, un second le ramène à sa hauteur sans qu’il lui impose une confrontation visuelle et dans cette délicatesse, dans ces attentions, sommeillent ses facilités à trébucher. La brune porte sa cigarette à ses lèvres, comme pour cacher les parfums du désert par les arômes du tabac. Soudain, elle regrette l’abandon de la médiocre margarita. Il la surprend une nouvelle fois, et c’est volontairement qu’elle tourne le regard vers lui, ce rire rocailleux, heurté, comme s' il en  avait perdu l’habitude. Touché. Elle n’a rien à redire à Interessant. Un sourire qui fleurit à ses lèvres tant l'inattendu dissipe fugitivement le brouillard de sa mauvaise humeur. -Une référence pop culture? Faites attention, vous allez détruire votre image, Monsieur Meursault -les derniers mots sont prononcés dans un français maladroit. A force de le voir traîner chez lui, elle a lu une copie de l’Etranger, traduit en anglais. Ne peut que reconnaître qu’elle n’a pas compris ce que l’auteur voulait faire passer comme message. Ni même s' il y avait un message. D’accord avec une chose, le livre était fidèle à l’ennui que ressentait Meursault. Elle reprend avec son anglais teinté des voyelles italiennes. -si ce sont les seules rumeurs que vous avez entendu nous concernant, vous avez de la chance. Les commérages qui me reviennent sont d’une toute autre nature.

Elle n’a pas besoin d’être plus précise. Les allusions de la profiler sont limpides. Il le comprend parfaitement et le lui démontre avec ses paroles suivantes. Non, il n’a jamais eu un reproche sur son genre, contrairement à ses supérieurs qui n’ont pas hésité à insinuer à ses débuts de leur collaboration  qu’une approche plus délicate et féminine serait la bienvenue. Pour l’amadouer et gagner sa confiance, bien sûr. Medea aurait pu leur dire que ce n’était pas le bon angle avec le Loup, mais l’occasion d’avancer sa carrière était trop belle. - C’était une erreur de ma part ce soir.  Vous n’avez jamais cette attitude avec moi.

Un rire étranglé, sans joie, alors qu’il abat une série de cartes gagnantes. Son sens de l’observation ne lui fait pas défaut. -Je pense que c’est commun à toutes les femmes qui sont dans une position similaire à la mienne. Je ne suis pas une exception. La seule différence est peut être que j’ai été dans ce cas de figure bien avant de choisir ce métier. -Medea se tait, pèse le pour et le contre. Elle ne se dévoile pas, parle très peu de son passé ou des circonstances qui l’ont conduite jusqu’à cette position. Elle le laisse poursuivre, pressentant qu’il n’a pas fini de s'exprimer. s’accorde le temps de décider s' il est sage ou non de lui donner plus d'informations la concernant. Après tout, l’italienne attend de lui qu’il déchire les masques de son passé. La réciprocité peut être utile. Ou dangereuse. Probablement les deux.

Dangereuse pour elle-même. A nouveau, elle sent une pointe d’irritation lui mordre la gorge. -Je prends les risques que j’estime nécessaires pour aller au bout de mes enquêtes. -Mais il ne parle pas que de leurs rapports professionnels, n’est ce pas. Elle relève le menton vers lui pour croiser leurs regards. Observe le jade en sachant que l’ambre n’est pas loin, surtout ces nuits à l’approche de la pleine lune. Elle écrase le mégot de cigarette sous son talon, croisant les bras sous sa poitrine. Pour la première fois depuis qu’ils sont dehors, il fait fausse route. C’est rassurant de voir qu’il n’est pas devenu soudainement omniscient. -Non, je ne suis pas lassée de notre collaboration, William. -Parfois, ce serait plus simple si elle s'effaçait pour permettre à un autre agent de prendre sa suite. Travailler sur d’autres dossiers surnaturels plutôt que de continuer à frôler l’interdit avec cette créature qui exerce un attrait quasiment magnétique sur elle. Elle a trop d’hubris pour le permettre. Trop investie. Malgré la manière dont elle frise avec l’éthique quand elle est seule avec le Garou. -Ce n’est pas que je ne voulais pas que vous m’accompagniez, c’est que je ne souhaitais pas m'occuper de cette affaire. Je n’ai pas remis les pieds en Californie depuis plus d’une dizaine d’années et cela me convenait parfaitement. J’aime toujours autant travailler avec vous. -emphase sur le travail. Ne surtout pas dévier de ce terrain solide. Malgré un regard qui se perd sur ces lèvres dont elle ne connaît pas encore assez le goût. -Même si l’inverse n’est pas forcement vrai en ce qui vous concerne. -Pointe un peu plus acérée, peut être pour reprendre le contrôle de l’instant avant de céder à des sirènes qui chantent de plus en plus fort.

Un compliment. si rare et dont elle ne remet pas en doute la sincérité. Ni le respect qui perce dans ses paroles. Il lui faut résister à l’envie de rompre la distance entre eux. A appuyer une épaule dans l’arrondi de la sienne, refuser de sentir sa solidité contre son dos. Une grimace à peine perceptible. C’est tellement plus difficile de maintenir les barrières indispensables quand il ne se comporte pas comme un connard. -Tu es parfois désuet dans certains domaines, voir Ancien, ne peut elle s'empêcher de le taquiner, mais effectivement, sur ce point, tu es plus moderne que la plupart des mâles de cette époque. -Elle relève la nuque vers la voûte étoilée, à peine zébrée de nuages. Une main qui remet en place une de ses mèches vagabondes. La nuit se prête à quelques confidences. Le timbre est clair, débarrassé de ses doutes antérieurs. -Je suis la benjamine, après quatre frères et élevée entre Los Angeles et San Diego par un père italien jusqu’au bout de son borsalino. Et des vues extrêmement précises sur les devoirs, les obligations et la place d’une femme dans une maison. sur la manière d’obtenir une obéissance totale et sans limite. Les années 70’ étaient peut-être le début de la libération de quelque chose, mais certainement pas dans mon milieu. Mon père est un tyran et il n'y avait qu’un seul futur pour moi. Mariée à son goût, avec un homme de son choix et une éducation supérieure minimale sauf dans les arts ménagers. Chaque infraction était réglée rubis sur l’ongle. J’ai appris à me rendre aussi invisible, discrète que possible et ce n’était jamais assez. Ou pas de la bonne manière. -Aucun pathos, elle énonce des faits qui sont derrière elle, du moins Medea le pense t’elle. - Mes frères les plus âgés partagent les vues de mon père. Lorsque j’ai quitté la Californie pour la grosse pomme, j’ai rompu tous liens avec lui. Mais il a autant d’argent que d’influence et d’orgueil. Pas sure que si sa fille renégate revient sur ses territoires et qu’il l’apprend, il me laisse repartir sans une scène dont il a le secret. Une carrière dans une agence gouvernementale, de surcroit dans la répression du crime est une insulte de plus qu’il n’a certainement pas digéré.

Ce n’est pas une vérité parfaite. Ce n’est pas un mensonge total. Elle n’est pas encore prête à aborder la réalité qui se cache derrière le portrait vague qu’elle vient de tracer de sa famille. -Mais je pense qu’il aurait agi peu après avoir quitté l’aéroport. Je doute qu’il ait eu vent de ma présence sur son territoire.

Est ce que Medea a encore peur de Domenico Comucci, elle ne l’admettra jamais. Prudente, définitivement. Elle est agent du FBI. En mission pour une institution bien plus brutale. Elle est ridicule. son partenaire, aussi involontaire soit-il, est une machine à tuer, à détruire bien qu’elle ait tendance à en faire abstraction. Ne pas entraîner le Loup contre le premier mur dans la pénombre pour chasser ces évocations contre une adrénaline bien plus attirante est une lutte qui bouillonne dans ses veines. L’italienne ne supporte pas l’idée de poursuivre cette conversation. C’est déjà trop comme porte ouverte. C’est une brèche dans l’intime. Elle ne sait pas gérer cela. Détesterai voir dans les lacs émeraudes un miroir, l’indifférence, la compassion ou elle ignore quoi d’autres. Refuse de connaître ce qu’il pense de ce qu’elle vient de livrer.  Le sexe, la séduction, le charnel, la manipulation ne lui posent aucun problème. Qui elle est derrière ce maquillage ne regarde personne. surtout pas le lycan. La brune pirouette. Claque la porte métaphorique sur ce début de confidence en se penchant vers lui. Dépose un baiser, trop furtif pour l’envie qu’elle a de lui, sur cette bouche qui ne cesse de l’aimanter et recule déjà d’un grand pas. Balayant ses paroles et son geste d’un -Bonne nuit, Lupo, à demain. - à la nonchalance parfaite. Prête à se fondre dans les ombres de la nuit pour rejoindre sa chambre d'hôtel.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
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◖ INACHEVÉ ◗

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"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

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"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Jeu 13 Oct - 4:50 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
-Bonne nuit, Lupo, à demain.

Le goût du tabac et de Medea traîne sur sa bouche. Elle l’a à peine effleuré, et pourtant le souvenir fantomatique du baiser envolé a laissé derrière lui une marque brûlante, traînée de lave immatérielle. Il ne l’a pas retenue. Elle s’est dérobée car elle vient pour la première fois de lui ouvrir une porte hautement plus intime que toutes les précédentes. Un baiser n’est rien. S’ouvrir sur son histoire familiale, en revanche… Il s’est retourné pour la regarder se fondre dans la pénombre du dehors, pour mieux retrouver la lumière de l’hôtel, et finalement disparaître au détour d’un couloir. Lui, fume toujours. Au loin, un coyote hurle. Patience, l’ami. Le Loup arrive. Pas tout de suite, mais… Bientôt. Très bientôt. Dans la solitude du soir, dans cette ville qui paraît littéralement abandonnée par tous, il se sent bien. Mieux qu’en plein cœur d’une mégapole envahie de touristes, de businessmen, de publicités et d’écrans lumineux. Il contemple tranquillement ce qu’il reste de son échange avec la jeune femme, cherchant à se figurer l’organisation d’une famille visiblement mafieuse que n’auraient pas boudé les Corleone. Le tableau lui semble irréel, et cependant il n’a pas décelé une once de mensonge voire d’exagération dans la bouche de l’Italienne. En outre, il comprend enfin ce qu’impliquent ces éléments biographiques en les juxtaposant au tempérament dont la profiler fait preuve, à ses côtés, régulièrement.

Et puis, il comprend.
Medea a peur.
Medea est terrifiée d’être revenue en Californie, craignant sans doute de recevoir les éclaboussures de son passé en pleine figure. Il ne peut pas la juger. Lui aussi aurait peur de retourner au sein de son village natal, même quatre-vingt ans plus tard. Ce genre de choses, ça ne s’explique pas. La marque de la honte, de la rancœur… gravées au fer rouge, la peau ne s’en remet jamais. Le cuir se tanne, mais la cicatrice demeure, au moins en partie. Et lui ? Que ferait-il, si le père Comucci décidait de se rappeler au bon souvenir de sa fille ? Resterait-il spectateur ? En profiterait-il pour s’enfuir ? Visiblement, la question n’a rien d’anodine, et mérite d’être posée. Une troisième hypothèse lui tourne autour, à son plus grand dépit. La défendrais-tu contre ces prédateurs d’une autre race ? Ce ne sont pas ses histoires, et s’il tenait là l’occasion de prendre la poudre d’escampette pour de bon, alors il serait d’une rare stupidité d’y tourner le dos. Alors pourquoi aucune réponse spontanée et trop évidente ne lui apparaît, tout de suite ?

Et d’ailleurs. Elle n’est pas lassée de leur collaboration.
Il ne devrait pas se sentir rassuré par l’affirmation, et toutefois, il en dormira mieux cette nuit. Du moins, s’il dort.
Soudain déterminé, il jette puis écrase son mégot, fait demi-tour, et retourne dans la salle du restaurant. Soulagé, il aperçoit leurs assiettes, guère débarrassées. D’un bras sûr, il embarque les chemises abandonnées négligemment sur un bout de table, les calant sous son aisselle avant d’embarquer l’assiette aux trois quart pleine boudée par Medea. Discret comme une ombre, il disparaît vers les corridors et regagne sa chambre, figurant juste en face de celle de sa geôlière.
Il se met au travail, balançant le tout sur la table faisant office de bureau. Affamé, il dévore encore la viande de volaille d’une main, tout en feuilletant de l’autre les pages et les pages imprimées à New York. Bientôt, les plans de la mine s’étalent sous ses yeux, sans début ni fin. Il apprend. Il mémorise. Entre deux crocs donnés à la viande froide mais imprégnée d’épices qui parviennent à combler son estomac perpétuellement creux, il étudie pour se familiariser avec les différents coudes, creux, cavités, sections définitivement closes, parties en péril, etc. Il n’omet rien. Il passe des heures à se perdre dans une autre dimension, oubliant le cadre spatio-temporel de l’hôtel, de la Californie, de celle à laquelle il s’efforce de ne pas penser, à quelques mètres de là.

À l’aube, il jette l’éponge.
Sous la porte de Medea, une note qu’elle trouvera griffonnée d’une écriture manuscrite et plutôt élégante.

« Rendez-vous à 17h comme vous l’avez dit. »

Il s’effondre sur le matelas confortable. La prochaine nuit sera tout aussi longue. Il a besoin de se régénérer, d’économiser la moindre petite once d’énergie vitale. Pourtant, même fatigué, le sommeil ne vient pas le prendre tout de suite. Pendant longtemps il fixe la fenêtre par laquelle percent les lueurs grises de l’aube. Il s’agira toujours de la plus belle heure, pour lui. Celle des braves. Celle où les hommes précèdent le soleil, attendent son lever en sentant leur cœur se gonfler d’une joie sereine. Un détail en revanche, est venu troubler ses pensées depuis que Medea s’est en partie confessée. Si elle était restée plus longtemps, peut-être lui aurait-il abandonné un ou deux secrets dont personne, jusqu’alors, n’aurait jamais pu entendre parler. Alors il songe à ce petit bout de vie, minuscule, dérisoire, resté perdu dans les montagnes de son enfance, mort et enterré là-bas. Il songe au long et interminable déroulé de son existence, et certains éléments en particulier, refont surface pour une raison qui lui échappe. Les allées et venues entre les Pyrénées françaises et espagnoles. Le bruit d’un avion qui vrombit trop près du sol. Des balles qui sifflent à quelques centimètres. Un village décimé. Le silence des forêts en automne. Mei. Une pleine lune particulièrement douloureuse. Un cadavre de plus. Une tempête abominable. L’arrestation dans le Maine. Et ça n’en finit pas.

« La Guerre n’en finit pas de finir… » Le soupir qu’il expulse lui file le vertige. Il se rappelle d’où viennent ces paroles prophétiques, et qui semblent avoir pavées sans relâche les marches de sa longévité extraordinaire. Il s’endort grâce aux sons produits par sa caboche endommagée : ceux des flûtes et percussions, des craquements d’un feu dans les sommets, des claquements des sabots sur un plancher fraîchement balayés.

•••

Vers dix-sept heures, comme promis, Gautièr Montignac est sorti de l’hôtel, antre artificielle qui aura abrité un sommeil heureusement sans rêves. Reposé, il se laisse caresser par les rayons californiens ardents. Le ciel est sans nuages. La nuit prochaine, il fera froid. Il ne le sentira pas sous la fourrure, et son regard se porte instantanément en direction des mines, au loin, dont la gueule noire et macabre se dissimule derrière le relief ou les bâtiments implantés par les hommes entre deux collines. Son derme se réchauffe, les ultraviolets s’acharnant sur l’immaculé de ses avant-bras si pâles ; manches de chemise noire retroussées jusqu’aux coudes. Un employé le croise et le salue. Il n’y répond que d’un hochement de tête légèrement en retard. Les heures passées à dormir ont porté leur fruit. Malgré la mémoire parfois défaillante du lycan, il a parfaitement intégré les schémas consultés la veille. Il n’hésitera pas. Pour le reste – l’incartographiable, l’imprévisible – il fera comme il a toujours fait. Il s’adaptera, sale bête que rien ne rebute suffisamment, tant qu’il s’agit de demeurer en vie. Il réfléchit à la suite. Il devine que Medea et lui ne pénétreront pas à l’intérieur par l’entrée réservée aux touristes. Ils devront s’éloigner, passer par l’une des béances tenues secrètes ou bien plus difficiles d’accès, afin d’entamer leur enquête in medias res. Ils n’ont pas de temps à perdre. Il persiste et signe. Ce n’est pas un être humain. Mais ce n’est pas un vampire non plus. Quelque chose ne colle pas, dans les éléments du dossier au sein duquel il s’est fourré. Il soupire, contrarié. Medea va s’entêter. Lui se préoccupe bien davantage d’assurer leur sécurité effective. Il craint la confrontation avec une créature dont il ne connaît ni les us ni la violence. Il doit protéger l’humaine. S’en tirer, lui. Ce ne sera pas une mince affaire.

C’est par son odeur qu’il la repère, parfum mélangé avec élégance aux fragrances corporelles de la profiler. Il doit s’empêcher de sourire, n’osant imaginer l’emploi du temps chargé qu’elle s’est imposée pendant qu’il profitait de sa retraite bien méritée. C’est le moment où la jeune femme s’apprête probablement à l’ensevelir sous une tonne de détails. Sa Clarice Starling. Et Hannibal Lecter cède. Une ombre de sourire étire à peine la commissure de ses lèvres. « Vous ne m’en voudrez pas d’avoir gardé vos dossiers pendant la nuit ? » Ils se sont adressé des « bonjour » moins sympathiques. Il veut procéder en douceur. Ne pas la braquer. Il garde bien en tête les confessions qu’elle a déposé à une poignée de mètres de là, et il peine même à croire qu’il s’agissait de la nuit dernière, encore. Alors, n’ayant pas envie de perturber leur collaboration pour l’heure, il carre les épaules, croise les doigts pour qu’elle se soit décidée elle aussi à enterrer la hache de guerre, pour un temps. « Je suis prêt à vous suivre, si vous voulez effectuer un premier repérage extérieur avec moi, ainsi qu’à faire le point sur tout ce que vous savez qui pourrait nous être utile et dont nous n'avons pas encore parlé. »

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Mar 15 Nov - 11:19 (#)

Elle tourne les talons dans la poussière sèche et collante du désert. Elle abandonne le champ de bataille, avec sur les lèvres, des fragrances de sel et de tabac. Son parfum à lui. Medea ne s’y trompe pas, ce baiser n’est ni une victoire ni un cessez-le-feu. C’est une défaite, une retraite. Elle vient de rompre une règle cardinale de sa profession en se dévoilant d’une manière aussi intime. Parce qu’elle était incapable de garder sous controle l’abyme ouverte sous ses pieds depuis qu’elle a été obligé de revenir en Californie. Cette peur rampante, enfantine que le Monstre de son enfance va la ramener sous sa botte. Quelle idiotie. Elle a rencontré depuis de véritables monstres, ceux qui se cachent dans les ombres des contes, ceux qui  allongent leurs griffes depuis leurs légendes jusque dans le monde moderne dans une relative impunité. Domenico Comucci serait aussi impuissant qu’un enfant face à l’une de ces créatures. Cet échec de maîtrise se double, bien plus grièvement, d’une nouvelle faute professionnelle.

Elle ne peut se défaire de cette nouvelle fixation. L’italienne a ouvert une porte sur les marécages de son passé, vient de donner au Loup de nouvelles munitions, un shrapnel destructeur contre lequel elle est sans armure. Si ses supérieurs à New-York apprennent avec quelle légèreté elle vient de lui donner librement de telles informations, elle pourrait légitimement recevoir un blâme. Quoique. Une ombre de grimace. Elle parviendrait probablement  à manipuler l’incident pour le peindre sous un meilleur jour.

Dans la petite salle de bain attenante à sa chambre, elle  s’asperge le visage d’eau froide avant de poser le front contre  le carrelage frais. Est ce qu’elle a confiance en Lui? Les prémisses sont là, solides. De plus en plus réels. Ils ont évolué, ont grandi dans leur rapport à l’autre. Il y a moins d’animosité et une compréhension naissante. Il n’y a pas de bonnes réponses, aucune qu’elle ne trouvera ce soir. Simplement accepter les conséquences. Ce n’est pas comme si elle croyait vraiment qu’une armée d'acolytes allait vraiment débarquer dans ce petit bout de désert oublié. Quand ils étaient à Los Angeles, la menace était réelle. Medea aurait peut-être dû prévenir Vitto. Qu’il puisse l’alerter si besoin. La fatigue l'atteint de plein fouet, ses réflexions passant d’un sujet à l’autre sans qu’il n’y ait de pont logique entre elles.

Medea parvient à s’endormir, après s’être tournée et retournée dans ses draps, ne parvenant pas à trouver le sommeil facilement, le corps encollé de sueur malgré l’air conditionné. Ce ne sera pas une nuit réparatrice, troublée par des rêves dont il ne lui reste qu’un sentiment d’angoisse et de claustrophobie persistant. A son réveil, une simple note pliée en deux à la graphie élégante qu’elle reconnaît sans mal. Après une minute suspendue, elle décide d’oublier le maquillage pour la journée. L’environnement ne s’y prête guère et le crapahutage dans les mines prévu dans l’après-midi, encore moins. Une chemise à manches courtes à gros carreaux blancs et noirs, un jean épais et des bottines en cuir, elle ne recherche pas la compagnie du Loup, pas plus qu’elle ne s’interroge sur l’oubli de ses dossiers la veille. L’italienne se sent d’humeur buissonnière. Bien que le parc soit fermé au public, les chevaux qui composent le cœur des spectacles vivants n’ont pas été déplacés et des palefreniers professionnels continuent de prendre soin de leurs animaux. Il ne faudra pas longtemps à la jolie brune pour convaincre l’un des cavaliers présents de l’accompagner dans une reconnaissance informelle du terrain. Prétexte fallacieux qu’elle n’a aucune honte d'utiliser. Elle n’a plus le temps de monter depuis qu’elle est à New-York ni l’occasion. Elle se doute que les courbatures n’auront rien d'illusoire demain malgré sa  forme physique entretenue. Le soleil n’a pas encore eu le temps de chauffer la rocaille, l’espace est ouvert à perte de vue. Sentiment d’une liberté perdue qu’elle touche du bout des doigts.

C’est bien plus détendue qu’elle revient vers les bâtiments principaux de longues heures plus tard. Son guide taciturne lui a montré les différents accès sans s’engager sur les chemins plus étroits dont la végétation dissimule des chausses-trappes dangereuses pour les antérieurs des chevaux, sans compter la nombreuse présence des jumping cholla, véritables petite boules maléfiques à l’apparence de minuscules cactus pelucheux, mais dont les myriades d’épines s’accrochent aisément dans le cuir des bottes. Les malheureux touristes qui s’éparpillent sur les trails en tongs ou claquettes s’exposent à un rappel cruel de la réalité. Une seconde douche rapide chasse le plus gros de l’odeur équine sur sa peau sans qu’elle ne s’en départisse totalement.

Un quart d’heure avant l’heure prévue du rendez-vous, Medea est déjà en train de se diriger vers le bâtiment qui abrite le restaurant. Un vent capricieux balaie ses mèches de cheveux qui s’éparpillent sur son visage. Au point, qu’agacée, elle finit par retrouver un vieil élastique oublié et attache ses cheveux en une queue de cheval brouillonne. Si loin de son apparence parfaitement lisse de New-Yorkaise. Attablée devant un goûter généreux, cette fois elle dévore, les joues encore rosées de sa journée en extérieur. Pancake, sirop d’érable, oeufs brouillés. bacon, brownie et cheesecake au citron, café, diverses pâtisseries, c’est une véritable euphorie sucrée- salée. Quand il se materiale, Medea se décale sur le banc, lui laissant le choix de s’installer à ses côtés ou en face d’elle. Finalement, peut-être que d’avoir partagé avec lui ce qui plombait ses pensées depuis qu’ils ont été assignés sur cette affaire lui a permis de dédramatiser ses craintes. Ce n’est peut-être pas si grave, finalement, de lui avoir parlé.

Un sourire aux rayons encore timides qu’elle lui adresse, alors qu’elle pousse vers lui une assiette vide, l’enjoignant sans autre à se servir. Le cœur du Loup, du moins une partie de son amabilité, passe directement par son estomac. Il a toujours faim. Et Medea, en cette fin d'après-midi, aussi. -Non, bien sûr que non, vous voyez parfois des éléments qui m’ont échappé. Je n’en ai pas eu besoin aujourd’hui. -Elle ne se sent même pas coupable de ne pas avoir continué à bucher sur un dossier qu’elle n’a eu de cesse de s’approprier depuis qu’il leur a été confié. Il a une attitude civile, agréable et la jeune femme espère que ces dispositions vont perdurer. Tout en sachant combien leurs humeurs sont aussi changeantes que le printemps de Mars. Il est déjà prêt à se lancer. -Je ne suis pas certaine que l’on s'arrête pour dîner une fois que nous aurons commencé, -justifie-t-elle ainsi cette extravagance. Avant de retrouver une touche de sérieux tant dans les mouvances de ses pupilles que le timbre de sa voix.  -Nous sommes la seconde équipe à enquêter sur ces disparitions, et comme vous le savez ils ont disparu depuis trois mois, considérés  KIA, les familles respectives ont été notifiées sans leur donner d’informations précises . J’ai étudié le parcours de ces deux agents, ce n’étaient pas des débutants, ils avaient l’habitude du terrain. Ils ne disposaient ni de vos sens ni de vos avantages, mais c’était loin d’être des imbéciles. Leurs notes préliminaires d’approches ont été retrouvées dans leurs affaires et immédiatement remises à la Nrd par les autorités compétentes. Celles-ci me confirment dans mon analyse première que nous avons à faire à un mortel qui possède peut être des dons surnaturels. -L’hypothèse est audacieuse,  de tels individus ne sont encore que des rumeurs. Si elle parvient à en ramener la preuve, à appuyer ces théories par des faits, ce serait un nouveau fleuron pour sa carrière. -Regardez par vous même les analyses anthropologiques qui ont été effectuées sur les ossements retrouvés. Des marques de dents humaines et non animales. Les vampires ne rongent pas la chair. -L’italienne n’est pas belliqueuse mais intimement convaincue de ses conclusions, recoupées par celles de l’équipe disparue et alignées avec son ambition personnelle de continuer à dévoiler les mystères qui hantent encore leur monde si scientifique. Medea se voit comme une pionnière, une exploratrice et sait, intimement, que la Nrd n’a pas une vision complète des Créatures. Bien d’autres existent, elles n’ont pas été encore débusquées. Ni étudiée. Terra incognita. -nous pouvons nous attendre à un individu avec suffisamment de force pour prendre le dessus sur deux agents. Je ne pense pas qu’un couple de suspect soit une hypothèse raisonnable, la mine reste un terrain fermé et nous aurions eu des témoignages visuels en cas d’aller et venues trop fréquentes, sans compter des traces physiques de tels passages.

En parlant, elle a fini de manger, pas d’alcool mais plusieurs  tasses de cafés. Et un thermos qu’elle remplit, anticipant que les prochaines heures seront très longues. Sous son siège, un sac à dos fatigué qui dissimule dans ses entrailles ce dont elle pourrait avoir besoin. Se balader dans la ville hantée déserte armée jusqu’aux dents n’est pas le meilleur moyen d’éviter la panique parmi les employés encore présents. -J’ai pu repérer ce matin plusieurs chemins d’accès qui n’empruntent pas les accès touristiques. Notre proie n’a pas son repaire dans l’un des tunnels trop fréquentés mais dans les sections plus anciennes de la mine d’argent, qui ne sont pas sécurisées pour des visiteurs. -Elle se penche légèrement, désignant sur la carte trois accès possibles au sud et au nord ainsi qu’un conduit d’aération qui devait servir d’évacuation en cas d’urgence. -Quel serait selon vous le choix le plus intéressant pour pénétrer discrètement dans la mine?

Lui laissant le temps de répondre, écoutant son avis, c’est plus d’une demi heure plus tard qu’ils sont prêts à quitter l’enceinte du parc, ayant conscience qu’ils devront randonner sur plusieurs miles dans un terrain accidenté avant de pouvoir pénétrer dans les replis souterrains. Lentement, une nervosité familière enfle en elle. Le murmure du danger, de l’inconnu, la présence rassurante du Loup et son ombre parfois menaçante, c’est un cocktail dont elle doit contenir l’ivresse. Elle ne craint plus qu’il lui plante un couteau dans le dos, c’est ensemble, dans une dynamique plus fluide qu’ils progressent dans leurs enquêtes. Indispensable aujourd’hui dans un terrain aussi dangereux.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Mer 23 Nov - 19:50 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Il se dépose à ses côtés avec sa légèreté habituelle, silhouette étrangement sylphide, presque trop délicate pour celle d’un homme. Comme toujours, il ne repousse jamais l’invitation de se nourrir. Medea le connaît bien, là-dessus, à présent. Il a bel et bien toujours faim, et c’est avec politesse mais un franc enthousiasme qu’il attaque à son tour. Il aura besoin de forces cette nuit, et si la situation dégénère comme il le redoute malheureusement, il n’y aura que lui pour s’interposer entre la créature qu’ils prédatent et la consultante. Elle n’a pas besoin de justifier l’heure un peu étrange de ce repas improvisé, et il se contente de hausser les épaules dans un bref hochement de tête, ingurgitant la nourriture avec la régularité habituelle du loup, exactement comme pour son dîner de la veille. Il n’est pas aussi inquiet qu’il pourrait l’être. Simplement, à l’écoute de ses perceptions comme des instincts de la Bête, il n’est pas sourd aux vagues de frissons qui s’en prennent particulièrement à ses bras, à ses jambes. Il se peut que l’influence de la pleine lune à venir provoque ces symptômes. Il soupçonne cependant plutôt fort leur tentative à venir. Il aurait aimé que leur mission soit plus cadrée. Qu’ils s’accordent sur l’origine du monstre à dénicher, cette fois-ci. Il a abandonné sans plaisir, comprenant que s’obstiner serait faire barrage à leur entente. Ils ne pourront pas se permettre de ne pas rester soudés. Il recueille chacune des informations livrées par Medea avec le plus grand sérieux, et seules les prunelles opalines témoignent de sa rigueur, lorsqu’il effleure le visage de porcelaine. Il remarque encore, malgré la poussière, le soleil californien sévère et la potentielle fatigue de la jeune femme, la qualité du derme de ses joues. Si lisses, si tendres et rebondies. Il contient un sourire, qu’elle aurait eu tendance à mal interpréter – à raison. Elle ressemble parfois à une gamine à peine sortie de l’adolescence, et il respecte au moins la ténacité dont elle fait preuve. Une ténacité largement à la hauteur de celle de nombreuses louves parmi toutes celles qu’il a connues. Les lupins sont ainsi. Lancez-les sur une piste, sur la traque d’une proie qu’ils désirent ardemment attraper, et ils la suivront à la trace pendant des semaines entières s’il le faut.
Une fois de plus, leurs avis divergeront, et il grogne en silence. Cette ténacité peut parfois se changer en obstination, et donc en stupidité. Les analyses qu’elle brandit comme la preuve suprême ne le convainquent pas. Il y a une anomalie quelque part, dans leur lecture du dossier. Rien ne cadre avec sa propre opinion. Il préfère donc rester sagement muet, et ne prononcera rien d’autre que la réponse à la question la plus importante, pour l’heure :

« Au Nord. »

•••

Il marche en silence, la devançant d'une vingtaine de mètres, qui ont tendance à s'accroître en fonction du terrain et de ses divagations. Pas gêné par sa tenue d’homme moderne de ce début de millénaire, il grimpe avec une aisance surprenante, comme s’il cheminait sur terrain plat. Aucune modération de son souffle ne trahit un effort particulier. Dans ce terrain désertique à peine trompé par quelques buissons arides et secs comme de la paille en plein cagnard, ils ont l’avantage de disposer d’une vue satisfaisante, quasi-panoramique par endroits. Il renifle, hume discrètement comme le Loup le ferait, chaque fois qu’un petit promontoire, qu’un repère particulièrement intéressant lui permet de bénéficier de la croisée des vents. Il profite ainsi du temps mis par Medea à le rejoindre, ce qui présente l’avantage non-négligeable de se mettre à distance de son propre parfum, et ainsi d’éviter de confondre son odorat. Lentement, très lentement, au fur et à mesure qu’ils progressent sans l’escorte des Rangers, il croit quelquefois déceler un fumet imperceptible. Une odeur de rance, de pourriture. Quelque chose qui pourrait n’être qu’un cadavre d’animal quelconque, mais qui représente l’un des potentiels indices auxquels il se raccroche. Lorsqu'il la perd, la frustration le gagne. Et puis, toujours, il retrouve la fragrance écoeurante, détestable. Mauvais augure. Ils marchent depuis une heure, et si le soleil n’a pas encore franchement décliné, le couchant amorce sa descente, et rester dans le périmètre pourra bientôt s’avérer dangereux, pour l’humaine. Il met un terme à son examen en remarquant une potentielle difficulté pour l’ascension finale de la butte qu’ils ont grimpé. Le garou n’hésite pas, se laisse déraper dans une descente contrôlée jusqu’à Medea, et lui tend une main d’autorité.

« Venez. Prenez appui ici. » Une impulsion. Juste ce qu’il faut pour soulager un tantinet le poids de la profiler et l’aider à gravir l’obstacle un peu plus facilement. Il estime qu’une pause de quelques minutes ne serait pas inutile. Il n’a rien emporté avec lui : pas d’eau, rien qui pourrait le contrarier dans ses mouvements. Sa chemise aux manches retroussées lui colle légèrement à la peau, et son jean solide lui sont assez à porter, en terrain naturel. Il la couvre d’un regard intense, de la tête aux pieds, surveillant son état physique, la condition de son souffle. Il sait qu’elle est robuste pour une citadine, même si elle manque peut-être parfois de pratique. C’est bien plus ses élans de maladresse qu’il redoute, plutôt que son incapacité à crapahuter avec lui. « Vous comptiez passer toute la nuit là ? Dans les collines ? C’est peu prudent, pour vous. » Il parle avec déférence, marquant les syllabes comme le ton tout en la fixant droit dans les yeux quelques secondes par-ci ou par là ; avant de mieux les détourner. Comme il le ferait pour témoigner de son respect envers un Alpha. Son mantra n’a pas bougé d’un poil : ils ne doivent surtout pas se déchirer ici.  « Si cette… chose est assez puissante pour éradiquer deux officiers entraînés, alors, seule, vous êtes vulnérable. Je vais essayer de vous couvrir autant que possible, mais… Écoutez, je comprends que vous ayez souhaité constater la réalité du terrain, mais vous ne devriez peut-être pas entrer dans cette mine. Même aux alentours, ce n’est pas sûr. Si nous nous retrouvons séparés et que je vous perds… ça pourrait mal tourner, pour vous. »

Il soupire, et cale doucement ses paumes contre ses hanches étroites. « Medea, même si nous ne sommes pas d’accord, j’aimerais que vous gardiez à l’esprit que ce que nous trouverons, si vous persistez à m’accompagner, ne sera peut-être pas humain. Peut-être que ça ne réagira même pas à vos paroles, que vous n’aurez aucun moyen de… d’appuyer sur une faille psychologique, en espérant que cela altère son comportement. Il se peut que vous tombiez sur une créature peut-être totalement stupide, dénuée de tout brin d’intelligence, ou alors uniquement obsédée par le désir de vous tuer et de vous dévorer. N’oubliez jamais ça. » Lui-même se torturait de ne pas arriver à des conclusions satisfaisantes. Il aurait voulu disposer de plus amples connaissances sur les autres figures du surnaturel, mais il ne cessait de tourner en rond, pointant systématiquement du doigt les mêmes termes, les mêmes images vaguement définies de ce qu’il estimait être sa vision des magiciens et autres sorciers, des vampires, des autres change-formes. Un vampire ne correspondait pas. Mais un magicien, vraiment ? Il persistait à croire qu’hormis la présence d’un chaman totalement abruti par sa propre magie, cette réponse ne tenait pas debout. Mais alors quoi ? Quoi ? S’il était honnête et parfaitement franc avec lui-même, il aurait pu évoquer d’autres visages, plus repoussants encore. Dans ses pérégrinations du Maine et du Maryland, il avait eu plusieurs fois l’occasion de croiser des choses qu’il n’avait jamais vraiment pu identifier. Des êtres aussi étranges que terrifiants, et qui l’avaient poussé à fuir, à galoper loin pour être certain de ne jamais piétiner à nouveau leur territoire. Il ne tenait pas à l’effrayer plus que de mesure, et c’est pourquoi il contient sa langue, priant pour qu’ils n’aient pas à faire à ces anthropophages-nés.

« Entrons-nous ensemble dans la mine ? Ou souhaitez-vous m’attendre dehors ? Car je vous préviens, dans tous les cas, je ne vous laisse pas errer à l’intérieur toute seule. Et il faudra attendre la nuit, pour la métamorphose. Si vous avez un plan, une stratégie pour dénicher des indices, je vous promets de les suivre du mieux possible. À condition que vous aussi, vous me fassiez confiance. »

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Mer 28 Déc - 14:41 (#)

Parfois, elle oublie. Elle oublie qui il est, celui qui porte le Loup sur son cœur, visible pour ceux qui savent regarder et Medea ne voit plus qu’un jeune homme d’une trentaine d’années indéfinissable, un peu malingre, les traits trop tirés sur son visage presque elfique. Un regard vert dont l’intensité l’attire. Un sérieux quasi perpétuel, rarement troublé par un sourire. Sait-il encore rire? Elle oublie les dossiers des morts abandonnés dans son sillage comme autant de petits cailloux déposés par un Petit Poucet psychotique. La force sauvage qui électrise ses muscles et ses sens affutés qui en font l’un des prédateurs les plus redoutés de tous les mythes. Parfois, elle oublie et se contente de le regarder vivre, de le regarder être. Manger. Loin des chaînes New-Yorkaises. Se perdant un brin dans l’envie de chasser la mélancolie qui ne le quitte jamais complètement.

C’est dangereux, d’oublier.

Medea n’oublie jamais longtemps et ne permet pas à son visage ou ses expressions de trahir ses vagabondages et chasse d’un mouvement d’épaule ces pensées parasites à l’exploration qu’ils vont entreprendre. Le temps des divergences d’opinion est dépassé, ils se dirigent vers l’entrée Nord, plus difficile d’accès mais plus discrète. De sa démarche souple et silencieuse, il la précède. Là encore, la manière dont leur relation a évolué est frappante. Il lui est devenu naturel qu’il évolue en avant sans que cela ne soit une critique implicite de sa capacité à suivre son rythme. Ses longues jambes avalent sans éffort le terrain inégal et il faut parfois un peu plus de temps à la jeune femme pour contourner un buisson épineux ou éviter un reseaux de terriers qui pourraient être traitre pour ses chevilles. Son souffle se raccourcit parfois lorsqu’elle doit gravir une masse de roche plus escarpée sans ressentir une fatigue trop handicapante. Ce paysage d’ocre poussiéreux qu’elle a quitté des années plus tôt lui rappelle sa beauté dans cette sobriété unique. Le complexe touristique de la ville fantôme a disparu derrière une courbe du terrain, offrant au lycan et à l’humaine l’illusion d’avoir quitté les frontières de la civilisation, sinon pour ce chemin grossièrement tracé dans la rocaille et la gueule de la mine, encore invisible.

Il redescend vers elle et la brune lui adresse un regard interrogateur, s’interrompant dans sa montée. La main qu’il lui offre, l’aide qu’il lui propose et qu’elle accepte sans questionner les motifs ultérieurs du Loup, ca aussi, c’est récent. -Grazie, Lupo.- L’arrogance, la faiblesse serait de refuser cette aide librement offerte et qui ne les diminue ni l’un ni l’autre. Un sourire, léger, naturel qu’elle lui adresse quand ses doigts se referment sur les siens. Le point d’ancrage qu’il lui propose est solide et elle se hisse avec plus de facilité sur le replat avant de le rejoindre à une dizaine de mètres de l’ouverture de la mine. Le conduit n’est pas effondré malgré la végétation broussailleuse qui l’obstrue. Rien qui ne soit un véritable obstacle. Medea est légèrement essoufflée, dépose son sac à ses pieds, chasse d’un revers de main la sueur qui s’est accumulée sous sa nuque. Elle allait prendre sa bouteille d’eau quand elle croise ses yeux qui la détaillent sans ciller. Qui la parcourent de bas en haut. -Je vais bien, finit-elle par prononcer dans le silence qui s’éternise, ne sachant pas si il est en train de s’alarmer d’une éventuelle fatigue.

Avant qu’il ne précise sa pensée. Les prunelles de Medea s’affutent sans s’ombrager. Sa détermination n’est pas teintée de colère. Cependant, son ton est aussi irrévocable que ses paroles. -Je ne vous laisse pas seul en haut. La vue est dégagée et si quelqu’un devait sortir de la mine, j’aurais le temps de le voir. -Au moins pendant les heures de jours restantes. Une fois la nuit tombée, ses préoccupations sont légitimes. Medea écoute les doutes qu’il soulève, ceux qui ne cessent de l’agiter depuis la lecture de ce dossier. Et le laisse s’exprimer sans le couper ni ridiculiser son instinct. Finit par accepter un compromis. Qui ne satisfera aucun des deux, un bon compromis, donc. -Je pense que vous avez raison. Dans la mine, je serais moins silencieuse et moins rapide que vous. Moins apte à déceler les traces de notre suspect. -C’est une concession énorme qu’elle accepte. Qui lui pèse. La patience n’est pas le fort de l’italienne. Le laisser évoluer seul dans les conduits, ne pas savoir ce qui est en train de se produire ou non est une torture particulière à laquelle elle accepte de se soumettre, reconnaissant le bien-fondé de ses arguments. -Être seule dehors est peut être peu prudent, mais ça l'est toujours plus que de vous forcer à être attentif à ma sécurité et du coup diviser votre propre concentration.

La perspective de passer des heures seule sur le haut de cette butte, avec des températures qui vont descendre et être forcée à l’inactivité la frustre d’avance. Mais risquer l'échec de cette exploration n’est pas envisageable. Un sourire. Un sourire dangereux, non pour lui, mais pour la menace tapis dans l’ombre de ces conduits désaffectés. Avec un geste presque délicat, elle relève la manche de sa chemise. Le bracelet d’argent a été remplacé par une version plus épaisse, plus lourde, dont les mailles d’argent promettent des dégâts plus importants en cas de rencontre avec le surnaturel. -Je n’aime pas être prise au dépourvu. -Bien sûr qu’elle a pris en compte ses doutes, jusqu’à un certain point. -J’ai emporté mon pistolet à double calibre, et un couteau papillon en argent. -Ce n’est pas l’arme avec laquelle elle est la plus à l’aise, sans être totalement novice. Mais l’une des plus des plus utile en cas d’affrontements dans un lieux étroit, comme peuvent l’être les tunnels d’une mine. Au hasard. -Je ne serais pas une proie facile et devrait lui donner de quoi regretter une attaque potentielle. -lui donnant le temps d’intervenir si cela devait se produire.

Medea se rapproche de lui. Juste à la limite de sa sphère intime, relevant le visage vers lui. -Je te fais confiance. -Et c’est un problème pour demain. Elle lui fait confiance, c’est une lame à double tranchant dont elle ne se méfie plus assez. -Vous entrez seul. -Elle se penche et lui tend une radio à l’aspect rudimentaire. -C’est une radio basse fréquence, spécifiquement conçue pour les communications souterraines entre mineurs. Radio check toutes les heures et demie sauf si vous estimez que cela vous met en danger. Si deux heures trente sans nouvelle de votre part, je viens vous chercher. -C’est une éternité, une heure de plus après un contrôle. Mais il doit disposer d’une certaine autonomie pour pouvoir gérer la situation le plus efficacement possible. C’est une machine à tuer, il s’en sortira très bien. C’est à son tour de le garder captif de son regard obsidien plus longtemps que nécessaire. -Soyez prudent. Ne vous mettez pas en danger inutilement. Commencer par explorer les conduits les plus en périphérie avant de continuer vers les branches les plus anciennes et qui sont les plus instables. Laissez de côté toute l’aile ouverte au public et les tunnels de maintenance qui sont fréquemment utilisés, ils ont déjà été examinés plusieurs fois avant nous. -Elle lui tend une gourde d’eau avant de la reprendre une fois qu’il aura bu si il le désire. -Buona Caccia, Lupo, conclut elle doucement en cette après midi mourante, aveugle aux teintes bleutées qui commencent leur règne. Muselant l’impulsion de le suivre dans la mine, malgré toutes les raisons rationnelles pour s’en abstenir.

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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Sam 4 Mar - 2:33 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Qu’est-ce que tu es ?

La question résonne toujours, à lui en faire mal au crâne. Il ressent une certaine impatience à l’idée de pouvoir clore ce dossier proprement. Il souhaite plus que tout résoudre l’énigme qui les paralyse à l’autre bout du pays – il n’aime pas la côte ouest. Malgré le sentiment de liberté illusoire que cette « escapade » lui offre, il ressasse toujours les confidences de Medea, comprend à quel point s’attarder dans la région serait une mauvaise idée pour eux deux. En outre, le fond de l’affaire ne lui plaît pas ; elle doit trouver une réponse définitive. Ce qui plane entre les pans de rocaille, ce qui guette l’erreur du touriste, ce sur quoi le FBI et la police locale se cassent les dents, ne peut demeurer éternellement. Comme lui a hanté quelque temps Maine et Maryland avant de se faire capturer, il se résout à croire que certains monstres, à son image, doivent être arrêtés. Tout prédateur, toute créature folle et meurtrière rêve peut-être, tout au fond d’elle, de se faire arrêter un jour. À quoi bon semer derrière soi tous ces cadavres, si ce n’est pas pour en récolter les lauriers ? Il se demande si tous les criminels dans son genre ont un jour, même sans s’en apercevoir, effleuré cette pensée au moins une fois.

-Buona Caccia, Lupo.

Il sourit, désabusé. L’italien chantant n’a pas vraiment sa place, dans un cadre pareil. C’est tout juste si elle ne lui évoque pas un peu de ces westerns spaghettis, à la fois raccords avec l’imagerie de l’Ouest américain tout en demeurant si imparfaits, si fadasses, les décors de carton pâte jamais très loin. Medea Comucci, la New-Yorkaise qui se gamelle dans la boue, dont une mèche de cheveux noirs colle à son front en sueur, et qui se comporte avec lui comme une suite de notes tantôt hésitantes, tantôt affirmées. Un paradoxe ambulant qui ne cesse de jouer avec le feu, de s’approcher trop près du soleil, de se brûler les ailes sans montrer de signe de découragement. Elle s’accroche. Elle le tient. Elle le veut et elle se bat contre elle-même que de prêter le flanc à une telle ambigüité. Lui a moins de scrupules. Lucide, il sait que ce qui doit arriver arrive, et que le désir qui bouillonne entre deux relents de haine prendra, un jour ou l’autre, le dessus sur leurs réticences communes.

« Je tâcherai de ne pas traîner. Vous aussi, soyez vigilante. Ne restez pas près de l’ouverture. Au moindre signe… cachez-vous. Si vous vous mettez à courir, vous risquez de trébucher, de vous blesser, voire pire. Alors pas d’initiatives inutiles. »

Quant à cette confiance qu’elle place en lui, il ne sait pas comment y répondre. Il se demande s’il la mérite vraiment. Il croit que oui, jusqu’à un certain point. Il ne la trahira pas. Pas comme ça. Si un jour il devait lui planter un couteau dans le dos, ce ne serait jamais pour la laisser livrée à elle-même dans un environnement aussi hostile. L’humaine a beau dire, a beau avoir vécu auprès de ses frères l’expérience enivrante des mines abandonnées, la nuit, la faune et le relief demeurent des dangers périlleux pour elle. Et puis, il n'est pas un lâche. Chaque tueur possède sa Bestiole. Chaque tueur possède son propre code. Un code d’honneur qu’il veillera à appliquer avec la Comucci comme il l’a toujours fait jusqu’alors. Fidèle à un crédo innommable et indéfendable, il accepte la radio offerte, jette un coup d’œil à sa montre, et glisse l’appareil dans la poche arrière de son jean. « Je ferai attention. » Il est à deux doigts de lui répondre que lui aussi lui fait confiance. Il n’en dira rien. Ses prunelles se contentent de l’envelopper une dernière fois. Medea ne respire pas la peur. Elle est solide, assurée de ses capacités, et il n’a pas envie de l’aider à penser le contraire. « J’ai étudié les plans une bonne partie de la nuit. J’arriverai à me repérer facilement, je crois. Dans tous les cas, je parviendrai à retrouver mon chemin. Je cherche des traces, des indices, et je reviens. Je reste en contact avec vous. Si je dois me transformer, je vous avertirai avant, que vous ne soyez pas inquiète. S’il vous arrive quoi que ce soit et que la discrétion n’est plus de mise… Vous m’appelez. »

D’un léger mouvement de menton, il l’invite à ne pas rester dans les parages, et s’emploie à faire volte-face. Ils n’ont pas de temps à perdre. Il ne tient pas à ce qu’elle reste exposée trop longtemps à la surface, et c’est avec une légère appréhension qu’il s’approche de la mine ; moins pour lui que pour celle qu’il abandonne derrière lui. Il défait aisément le dispositif servant à décourager les badauds de s’aventurer à l’intérieur, et pénètre dans le boyau noir. L’obscurité dévore tout, et il extirpe aussitôt la petite lampe torche lui permettant de compenser le manque de luminosité. Le faisceau est mince, destiné à rester discret pour ne pas se faire repérer par dieu sait quoi. Il marque un premier arrêt, à peine l’entrée franchie. Une multitude d’odeurs l’assaillent, différentes de celles de l’Arkansas. Ces odeurs-ci lui picotent la langue, au point que celle-ci frotte inlassablement contre l’émail de ses dents. L’humidité, d’abord. Une humidité impressionnante qui contraste avec la sécheresse de l’air ambiant, dehors. La fraîcheur qui habite le corridor le laisse de marbre, mais aurait largement pu affecter la peau trop sensible de Medea. Plus que ravi de l’avoir convaincue de ne pas l’accompagner, ses narines s’activent encore, cherchant à effeuiller chaque conque parmi toutes les effluves qui l’entourent. Le métal. Le foutu argent est là, son fumet présent dans l’air ambiant, bien que les particules trop anciennes et peu volatiles ne l’impactent guère pour le moment. Il se répète toutefois de prendre garde à ne pas toucher les murs et, presque machinalement, rabat les manches de sa chemise pour prévenir ses avant-bras de contacts malencontreux. Et puis il y a cette senteur que tous les marginaux de ce monde connaissent par cœur. Ce mélange de poussière, de saleté, de vieilles choses et de matière qui pourrit. La pourriture oui, ce parfum de rance et de passé, fait partie de la garniture, de ce vaste plat qui agresse ses sens affûtés et lui donne, tout au fond de lui, l’envie de faire demi-tour. Mais la défection est impossible. Alors, pointant la lumière vers le sol plutôt que trop avant à l’horizontale, il prend garde à là où il pose le pied, et s’imprègne du souvenir des plans ingérés pendant ses heures d’insomnie. Il lui faut progresser un moment avant de trouver l’accroche des premiers rails, et de se retrouver au premier carrefour de ce qui s’avérera être une longue série. Il tourne à droite, reste attentif à la brise provenant de l’extérieur comme à celle circulant depuis l’intérieur même de la mine. Il surveille l’intensité des émanations, exactement comme pendant la montée précédente. Il n’a pas besoin de se retourner pour comprendre que les derniers rayons de l’extérieur ne le guideront plus. Il n’y a plus que lui et la torche qui balaie les sols abandonnés, foulés autrefois par des centaines d’ouvriers en sueur, les poumons ensevelis sous la poussière d’argent. Même son propre souffle se fait mesuré, effrayé à l’idée qu’une volée de poussière toxique ne l’oblige soudainement à suspendre sa respiration, par crainte d’une asphyxie. Cette théorie inféconde ne repose sur rien de tangible, mais il n’y peut rien. Les mines abandonnées ont toujours eu l’art de malmener son imagination, déjà si prodigue et fertile, elle. Trop de fantômes. Trop de souvenirs. Trop de chaînes qui se balancent, vont et viennent, alors même qu’aucun courant d’air ne peut se faire sentir. La Bête en lui se retient encore de gronder. Elle rend hommage au silence qui s’étend, que seul ses pas troublent, pourtant feutrés comme le Loup qui l’habite. Il sait que dans cette suspension, n’importe quoi, n’importe qui peut se faire voir, entendre, percevoir.

Il a peur, oui.
La peur l’a toujours maintenu en vie.
Il ne croit pas au dogme voulu par la profiler. Il ne pense pas qu’un simple mortel doté de dons spéciaux réside dans un endroit aussi sordide. Il faut les avoir connues, des mines comme celle-là, pour comprendre que tout ce qui s’attache à vivre dans de tels antres ne peut pas être humain. C’est ce que les contemporains de Gautièr Montignac ne peuvent comprendre. Le monde a changé. Plus lumineux, plus transparent. De mieux en mieux préparé pour ce qui est de trahir les secrets, d’exposer au grand jour les squelettes dans les placards. Ils croient que les journaux télévisés, les reporters en cavale, l’avènement du grand Internet, seront capables de déterrer tout ce qu’il y aura à trouver, et ce jusqu’au fin fond des territoires les plus isolés. Comme ils se trompent. C’est en cela que réside à la fois toute la beauté et toute l’horreur du monde. De l’autre côté des murs de ces clapiers faisant office d’appartement, des horreurs déroulent leur scénario sans crainte d’être dévoilées avant que leur macabre ambition ne se soit pleinement épanouie. Qu’importe, si les unes du monde entier en parleront un jour. En attendant, la mort règne. La mort, et toutes ses acolytes. Solitude, misère, folie, puanteur, torture.

Quant aux mines, loin des villes et de l’attention du premier quidam venu, elles conservent jalousement la mémoire des hommes qui sont passés entre ses cavités. Les accidents, les bons rendements, les blessures bêtes, les grands succès… tout s’imprègne, en ville comme ailleurs. Tout reste et s’attache, comme si l’énergie humaine ne pouvait jamais périr, jamais s’occire définitivement. Elle laisse toujours une trace, parvient à modeler la nature ou à l’impacter d’une manière ou d’une autre bien après le dernier bilan carbone établi d’un corps rangé dans un tiroir de la morgue.

Ils ne voient pas. Ils sont aveugles.
Medea aussi est aveugle. Pour le moment.
Comme les nouveau-nés, ses yeux s’entrouvrent petit à petit. Bientôt, elle sera borgne.
Bientôt, elle sera reine.
Reine dans un monde obscurantiste ; plus ils croient comprendre ce qui les entoure, moins ils réalisent que l’univers a encore quelques surprises en réserve.

Il marche et s’enfonce. Il tangue, silhouette affrontant la pénombre et rivée à chaque détail. Quêtant la plus infime paillette d’indice qu’il saura déposer aux pieds de l’Italienne.

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Ven 7 Avr - 11:47 (#)

Il n’y a plus rien de personnel ou de tendre dans l’attitude la profiler. Pas alors qu’il va s’engouffrer dans l’antre de la Bête et qu’elle lui a promis de ne pas le suivre. De rester en sécurité pendant qu’il prend tous les risques. Elle n’aura pas l’arrogance de croire qu’elle est plus efficace que lui sous terre. Pas avec sa célérité, sa force et sa vision bien plus performantes que ses sens. Elle évite de les envier, ces capacités extraordinaires. Évite de songer trop souvent à ce qu’elle pourra faire si elle les possédait. L’envers du décor est trop brutal. Les meurtres de Carlisles, ses crimes le marquent d’un stigmate vil avec lequel elle ne veut aucune association. Il ne possède qu’un vernis fragile de civilisation et s' il maintient ses pulsions cruelles dans une cage étroite, il ne peut  contrôler totalement le désir insalubre qui l’étreint parfois. Teintant ses prunelles jade d’une expression malsaine dont elle ne doit pas faire abstraction. Ceux qu'ils pourchassent, traquent, sont contaminés par cette même pathologie de violence débridée. Cela suffit pour que la malédiction thérianthrope soit une tentation qu’elle rejette aisément. Il est plus difficile d'étouffer les élans charnels qui la poussent vers lui. Elle est victorieuse sur ces deux champs de bataille. Pour l’instant.

Quelques derniers conseils qu’elle distille et qu’il accepte sans renâcler sous les instructions claires qu’elle lui donne. L’air trop sec lui dessèche la gorge mais elle boira plus tard. Le sourire est absent de son visage. Ils sont à l'affût d’un homme vicieux qui a déjà décimé un duo d'enquêteurs de la Nrd et un nombre de locaux inacceptable.

-Je ne serais pas une cible facile. -Je ne suis pas une proie. Elle a déjà l’intention d’explorer les alentours. Avec la prudence qui s’impose. -Mes initiatives ne sont jamais inutiles. -L’ombre d’un sourire, elle lève une paume conciliante. -Je reste en sécurité.  -La radio qui disparaît dans son jean et qui sera probablement perdue s' il a besoin de se métamorphoser. Perte parfaitement acceptable. Il est sûr de lui, calme et posé. La brune le jauge méticuleusement mais ne trouve aucune faille dans l’armure de ses raisonnements. -Il doit y avoir des marqueurs dans la mine. Ne vous y fiez pas, ils peuvent avoir été détournés par votre cible. -Pas d'excès de confiance.  Ce qui est valable pour elle aussi, tout comme il n’hésite pas à le lui souligner. -Parfait. Je vous contacte en cas d’urgence, appuie telle vocalement un accord déjà donné tacitement.

Quelques secondes plus tard, il s’éloigne vers l’ouverture béante et elle se décale de quelques mètres sur la sente. Il n’est pas question d’attendre en piquet de tente. Medea agit sans précipitation. Un gps de randonnée garmin qu’elle active avant de le ranger en sécurité dans son sac. Elle ne pense pas pouvoir se perdre mais tente de prendre en compte tous les paramètres. La luminosité de fin d’après-midi bat rapidement en retraite. Elle suit la crête qui file vers le nord et ne tarde pas à bifurquer sur un sentier envahi de broussailles et de ronces tenaces qui concurrence les cactus. La trace a presque disparu dans la végétation aride mais elle trouve des marques de peinture écaillée sur certains rochers. Il n’y a pas d’intervalles réguliers. C’est suffisant pour qu’elle continue dans cette direction. Elle a noté la veille sur le plan de la mine une cheminée d’évacuation située à presque trois miles de distance de l’entrée principale. Mais en interrogeant les locaux, ils lui ont assuré n’avoir jamais utilisé cette sortie, qu’elle est probablement éboulée et qu’elle n’avait jamais été localisée exactement. Qu’il n’était pas impossible qu’elle existe uniquement sur le plan de manière à passer les exigences de sécurité sans n’avoir jamais été construite du temps où la mine était encore en activité. Connaissant la corruption qui régnait au plus intense du Gold and Silver Rush, cette hypothèse n’a rien de farfelue. Cependant les traces aussi anciennes soient elles que Medea trouve à mesure qu’elle progresse la conforte dans l’idée que son intuition est valide. Rien ne bouge autour d’elle. Aucun mouvement, aucun bruit suspect. Attendre sans rien faire est impossible. Carlisle a déjà établi deux contacts radio succincts sans informations probantes et elle l’enjoint à continuer son exploration. La nuit a fini par tomber et elle continue sa progression grâce au faisceau de sa lampe de poche. Étroit mais puissant, il est suffisant pour éviter une chute de mauvais augure. Elle se donne encore une heure de marche dans ce sens et si elle ne trouve rien, elle fera demi-tour. Ses mollets commencent à tirer et elle décide de s’accorder une pause.

Pas de cigarette. Ce serait immédiatement une odeur étrangère et elle n’a pas besoin de signaler sa présence. Une ou deux gorgées d’eau à sa gourde et une barre de céréales vitaminée qu’elle croque rapidement et la brune décide de se mettre debout. Sa gourde heurte une pierre dans un bruit métallique qui la fait grimacer. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, c’est le faible écho qui lui répond. Elle attend. Figée dans une attente silencieuse. Le bruit recommence. à peine audible. trois coups, une pause. trois coups. Elle regrette amèrement l’absence de Carlisle à ses côtés. Il aurait identifié bien plus facilement qu’elle l'origine du son. Ce ne peut pas être un son naturel. Il est répétitif, délibéré. Fouillant du pied et de la lampe les bords de la sente, elle s’en écarte, s'enfonçant sur un promontoire rocheux, son sac en bandoulière. L’ouverture est fine et elle ne l’aurait pas trouvé si une pierre n’avait pas basculée dans le tunnel vertical. Elle a l’impression que le caillou rebondissant contre les parois se dote d’un écho pantagruélique qui résonne dans toute la montagne. Presque en réponse, les trois coups reprennent. Plus facilement perceptibles maintenant qu’elle se tient juste au-dessus du trou. Elle balaie sa lampe au-dessus, révélant des barreaux de fer rouillés à intervalle régulier. Medea actionne sa radio. -Carlisle. Je suis à trois miles et demi au nord. J’ai trouvé une cheminée d’évacuation. Il y a quelqu’un de vivant en dessous.

L’attente d’une réponse. Interminable. Elle sait. Elle sait que quelqu’un est vivant et en détresse. C’est le protocole exact des agents en cas d’ensevelissement sous des débris ou sans pouvoir bouger. Ne pas crier. Ne pas s’époumoner et s’épuiser. Frapper un caillou, un morceau de métal, de bois contre une autre surface, si possible en fer. Le son traverse plus facilement que la voix. Et la répétition permet d’être certain que ce n’est pas un hasard. L’italienne ne peut attendre sans rien faire. Il est hors de question, absolument hors de question de descendre par les barreaux. Elle n’a pas l’intention de vérifier par une chute qu’ils étaient trop rouillés pour supporter son poids. Une corde d’escalade teinte en noire qu’elle arrime autour du trou d’un arbre qui a l’air aussi rabougri que solide. Elle tire sur la corde. Plusieurs fois. De toutes ses forces. Il ne bouge pas, il en grince de mécontentement. -Carlisle. - Toujours pas de réponse. Et les coups sur le métal de plus en plus pressant. La décision  est prise depuis plusieurs minutes, -Je descend. Je vous recontacte en bas.

Medea ouvre sa chemise. Retirer la fine chaîne d’argent qui ne la quitte jamais et la change. Celle qu’elle enroule autour de son poignet sans la verrouiller, laissant pendre l'extrémité dans sa paume est bien plus laide. Bien plus massive. Complètement en argent, les maillons sont aussi bien plus resserrés et articulés. Elle a l’aspect grossier d’une chaîne de vélo et elle en a certainement le poids. Un poids rassurant. L’italienne ne joue pas. Dans son holster de poitrine, elle s’assure que son arme est facilement accessible de sa main droite, double canon déjà chargé. Avec précaution, elle commence à descendre en rappel. Ne tarde pas à se féliciter de son choix. Un barreau se désagrège à son contact, sans qu’elle ne se soit appuyé pleinement dessus. Arrivée en bas deux minutes plus tard, elle hésite. Puis décide de laisser la corde en place. Elle est presque invisible le long de la paroi. Un morceau de craie blanche dont elle marque le sol, à ras d’une pierre disjointe, presque invisible pour qui ne sait pas qu’elle est là. A l’intérieur de la mine, l’air est lourd, pesant. Le silence. Le silence qui étourdit ses tympans. Medea attend. Les trois coups. Bien plus précis maintenant. Sa radio. -En bas-  un bref chuchotement. Puis elle commence sa progression, la lampe pointée sur le sol, dans l’autre main la craie pour signaler ses intersections. Elle n’a pas l'intention de se perdre et de servir de nouvelle offrande au Minotaure qui règne sur son domaine depuis trop longtemps. Elle se rapproche. Elle en est certaine. Rien d’autre ne bouge autour d’elle. Que le bruissement de ses pas et cet appel à l’aide.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  M70Ex1d Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  IfwWWwA Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  QeVIwzX

"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WdHxnMJ
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Ven 28 Avr - 9:45 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Le Loup a peur.
Il supplie son hôte de remonter à la surface, d’abandonner cette quête qui ne le concerne rien.
L’Humaine comprendra.
L’Humaine pardonnera.

Il s’aperçoit avec un temps de retard que la douleur qui fuse dans sa cage thoracique provient de son cœur, dont les battements s’affolent. De sa main libre, il compresse son sternum, et plus particulièrement du côté gauche, massant le myocarde en un bref mouvement circulaire. Son intuition glisse, dérape et déraille, mais son langage corporel, lui, ne manifeste en rien la panique qui s’installe. Du moins, à l'extérieur. De ses doigts fébriles, il rajuste sa prise sur le manche de la lampe-torche. Il n’entend rien. Il n’entend rien du tout. La mine se referme progressivement sur lui. Elle est en train de se transformer en tombeau. Un tombeau parfait dont les murs et le sol modestement empoisonnés ne promettent rien d’autre que le silence et la mort. Ses narines palpitent d’inquiétude. Sa langue se plaque de toutes ses forces contre son palais. Ses jambes foulent toujours le chemin que dessinent les rails, avec une fluidité sans pareille. Animale. Plus il s’éloigne de la sortie, plus son malaise s’accroît. Il lève parfois les yeux, distingue une pluie de chaînes qui pendent toutes, et que de maigres courants d’air poussent à s’agiter, en un mouvement aléatoire qui ne lui plaît pas. Il doit rester rationnel, s’écarter de tout ce que sa nature d’homme simple peut concevoir comme superstitions, fantômes et autres spectres malveillants. Il doit rester concentré sur leur objectif. Medea lui a donné un rôle clair, dans cette histoire. Il ne doit pas s’écarter de cette voie. Cette voie qu’il fixe comme il se raccroche aux rails, longeant les longs pans de métal plutôt que de marcher dessus directement. Sa bouche s’assèche au fur et à mesure qu’il progresse, à la recherche de détails et de traces qui, pour le moment, demeurent absents. Il sollicite régulièrement son odorat, n’hésite pas à marquer de brefs arrêts, pour mieux orienter le faisceau de la torche vers une paroi ou le plafond. Rien.
Il a peur de se perdre. La claustrophobie qu’il éprouve est en train de gagner du terrain sur son calme. Il n’y a rien capable de justifier une telle nervosité. Tout se joue dans ce monde de l’invisible, que le museau du Loup tente de fouiller vaille que vaille. Il force sur son regard, et ses iris se parent d’or et d’ambre. Ses mâchoires se serrent mais ses chevilles restent souples. Il est hors de question de trébucher, de faire le pas de trop, le mauvais pas, capable de provoquer un choc sonore n’en finissant pas de rebondir au travers des galeries. Il repousse ses cheveux d’une main impatiente et ensuquée par la tétanie.

Il aimerait qu’elle soit là.
Si l’Arkansas et ses terres rocailleuses avaient de quoi l’impressionner, s’il s’est souvent égaré sans y penser dans les bois et forêts américaines, rien ne peut se comparer à la sensation de marcher vers sa fin, de s’enfoncer de plus en plus profondément dans une mine abandonnée comme celle-là. Il les a toujours fuies comme la peste. Il n’aime pas ces sentiers-là. Construits, pavés, érigés par les hommes ; rien à voir avec la Terre-Mère, avec ce que la Nature elle-même avait forgé au fil des millénaires. La terre pouvait nourrir. La terre pouvait abriter. Ici, rien que du métal, du bois taillé, et du noir. Une démangeaison erratique le pousse à griffer son épaule, et le simple son de ses ongles crissant imperceptiblement contre sa chemise suffit à exploser auprès de ses tympans aux aguets.

Les minutes qui s’écoulent se changent en heure. Il a obéi aux ordres, et s’est servi de la radio pour rassurer la profiler sur son état. Des contacts rapides, qu’il a voulu suffisamment maquillés pour qu’elle ne puisse entendre l’appréhension dans sa voix.
Il aimerait qu’elle soit là.


Il aimerait…


Un tremblement puissant, presque semblable à ceux qui s’abattent sur son échine pendant l’amorce d’une transformation, a frappé le garou. Il a manqué d’en laisser échapper la torche, et la rattrape de justesse. Dans sa mémoire embrouillée et confondue par la frayeur, il ne se souviendra pas de ce qui l’a marqué le premier. Sa voix à elle, trahissant un aléa dans leur expédition, ou…

Loin, très loin devant lui – peut-être à des kilomètres, si la modulation se fraie un chemin via cette caisse de résonnance particulière –, quelque chose a bougé. Quelque chose se déplace. Il ne s’agit pas d’un raclement. Il ne s’agit pas de quelque chose de lourd. Il n’y a rien de commun avec ce que d’autres bâtiments hantés du Maryland abriteront dans un futur qu’il ne connaît pas encore. Gautièr Montignac se met à trembler. Sa tête s’abaisse, au même titre que la lumière de la torche, pour mieux l’éteindre totalement. Dans le noir complet, il plaque une main contre sa bouche, craignant trop que les frémissements qu’il pourrait laisser échapper ne parviennent jusqu'à atteindre ce qui se déplace.

Quelque chose marche.
Quelque chose parle.
Instantanément, le thérianthrope se ramasse contre lui-même, s’accroupit pour devenir invisible, se reculant dans un pan de mur plus creusé que les autres ; ce n’est pas une cachette, et ce recoin superficiel ne peut le protéger de rien. Il s’agit d’une simple précaution psychologique. Juste de quoi ne pas craquer trop vite. Juste de quoi se sentir hors d’atteinte.
La chose marche (dans sa direction ? Vers le Nord ? L’Ouest ? Il ne saurait le dire). La chose marche, avec une détermination qu’il peut entendre, même alors que la chose n’est pas à proximité.
Quant à ce qu’il ne peut se résoudre à nommer « timbre », il se mord la lèvre inférieure pour tenter de décrypter ce qu’il ne parvient guère à apparenter à un véritable idiome. La chose ne se parle qu’à elle-même. La chose ne parle peut-être rien d’autre qu’un sabir maudit, composé de syllabes ne formant plus de mots intelligibles. La chose se dirige vers un point de destination précis, et il ne craint qu’une chose, qu’elle s’oriente du mauvais côté : vers lui.

-Carlisle. Je suis à trois miles et demi au nord. J’ai trouvé une cheminée d’évacuation. Il y a quelqu’un de vivant en dessous.

Le Loup sursaute, a l’impression de crever d’une apoplexie. Il a senti son myocarde s’arrêter si soudainement qu’il a l’impression de ne pas réussir à aspirer une goulée d’air correcte, et la panique qui s’était répandue comme du fiel venimeux, le cogne d’une inquisition plus impériale encore.

-Carlisle.

Il étouffe une plainte, et décide d’en finir avec la radio. De ses serres rendues roides par l’épouvante, il éteint tout ce qui pourrait encore s’échapper de la bouche de plastique.
Au loin, la chose a stoppé.
Il n’entend plus marcher.
Il n’entend plus non plus ce marmonnement étrange, cette complainte presque semblable à celle d’un ancien au cerveau plongé dans la catatonie.
Il tremble de tous ses membres, retrouvant avec une facilité confondante les vieilles terreurs de l’enfance qui le tenaient éloignés des fenêtres de la maison familiale. Lorsque le soir tombe, que les prédateurs rôdent, même chassés sans relâche par les hommes et les paysans ; il en est sûr. Il avait si peur du noir, à l’époque. Il avait si peur de se laisser aller à poser le pied dehors, une fois les derniers rayons disparus derrière les sommets. Ce cauchemar, il croyait s’en être débarrassé. Il réalise qu’il n’en est rien. Le cauchemar est toujours là, prêt à s’emparer de lui, à s’en saisir, à le jeter au bas de la falaise de son expérience qui ne l’immunise en rien.

La chose réfléchit-elle ?
Qu’est-ce que tu es ?
La chose a-t-elle hésité ?

La chose entend ce que le lycan, lui, ne distingue pas encore.

Bong. Bong. Bong.

C’est ce chant-là, précis et régulier vers la cache où son trésor est entreposé, que la chose décide de suivre.
Gautièr l’écoute s’éloigner, poursuivre cette élucubration verbeuse absconse, jusqu’à ce que son oreille parvienne enfin à le rassurer, et à lui faire comprendre que la chose s’éloigne. Il abandonne la radio au sol. Il ne restera pas sous sa forme de bipède plus longtemps. Il en est incapable. Quand le Loup tremble aussi fort que lui, il sait pourtant que confier les clefs à la Bête reste la meilleure solution.  

Il ne sait pas encore que l’Italienne a entrepris de le rejoindre dans cet enfer abominable. Mais il le devine. Si la chose lui tombe dessus – pas humain, définitivement pas humain, pas humain, pas humain –, elle ne saura peut-être pas se défendre seule. Toute notion d’ennemie, de partenaire, de haine ou de rancœur s’épuisent au profit de l’urgence de la situation. Plus intense encore que dans l’Arkansas, il a plus que jamais la sensation que leur vie, à tous les deux, peut basculer sous le joug d’une créature qu’ils n’ont pas identifié. Ni l’un ni l’autre n’ont trouvé d’accord sur sa nature. Cet aspect de leur mission ne peut que jouer en leur défaveur. Il arrache ses habits dans la précipitation avant d’invoquer son double, son alter ego, le seul capable de se montrer aussi rapide que silencieux, et indubitablement mortel.

Il doit déployer toute sa volonté pour engager le Loup à ses côtés dans cette étrange bataille, quand l’animal se propulse dans une course effrénée vers ce qu’il comptait exactement esquiver.

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Mar 16 Mai - 10:36 (#)

La chaîne d’argent est pour le poids rassurant autour de son poignet. Pour sa solidité et la brutalité du choc quand les lourds maillons sont projetés dans la chair à haute vélocité. Le métal, aujourd’hui, importe moins que sa masse. De plus, avec les années, Medea s’est familiarisée avec cette arme toute personnelle au point d’en acquérir une maîtrise aussi parfaite que lorsqu’elle utilise son pistolet. La jeune femme progresse, dans le calme. Elle est attentive aux bruits autour d’elle. A l’absence de bruit. Craignant que ses miettes de pains auditives ne se fassent avaler par un corbeau assassin. Ses pas sont sûrs dans le cercle de lumière de la torche électrique qui lui permet de progresser sans risquer de se cogner dans les arrêtes murales ou les poutres à demi défoncées.

L’absence de contact de Carlisle n’est pas rédhibitoire. Il a peut être trouvé une piste différente et elle a confiance dans ses instincts, dans ses sens primaires qui surpassent les siens. Il est plus en sûreté en restant silencieux plutôt que de maintenir un contact régulier qui pourrait attirer l’attention de l’homme perdu tapis dans l’un des boyaux.  Une grimace de dégoût lorsque ses doigts effleurent la paroi d’un mur recouvert d’une substance molle et poisseuse. Une mousse pourrissante. Elle essuie ses doigts souillés sur la toile de son jean dans un mouvement inconscient avant de continuer à avancer. L’air est chargé de poussière, d’une odeur rance et vieille. Celle des endroits qui n’ont plus été balayés par un vent frais depuis des décennies. Les aérations sont trop peu nombreuses et obstruées par la végétation extérieure qui a reconquis son terrain.

L’italienne refuse de céder au jeu des Et Si. Des Qu’est ce qui l’attend derrière chaque angle. Son ouïe et l’odorat sont les deux sens sur lesquels elle se repose le plus. Contrôle strict de sa respiration. L’ambiance étouffante de la mine est un danger en elle-même, il serait si facile d’imaginer le pire qui  l'attend, tapis. Elle avance sans hâte mais sans lenteur. L’angoisse que ces signaux de fumée métallique ne soit brutalement étouffée, la laissant sans autre indice pour espérer retrouver les malheureux prisonniers depuis des mois, bien plus tangible que tout autre croque-mitaine.

Un pas devant l’autre. Conscience que l'hôte maudit de cette caverne infernale se trouve bien Quelque part. Elle perd du temps. S’engage dans des culs de sac. Se retrouve face à des passages infranchissables, qui l’obligent à retourner en arrière. A contourner. Le verrou de discipline manque de céder plus d’une fois mais aucune plus que lorsqu’elle Medea se retrouve à devoir ramper pendant une dizaine de mètres sous un enchevêtrement de poutrelles rouillées, de pierres décrochées et retenues en une pyramide à l’équilibre mortel. Elle n’a jamais aimé jouer au Mikado. Elle sait pourquoi, maintenant qu’elle doit franchir une telle  structure. C’est non. Elle trouvera un autre chemin. Il y en a forcément un autre. Pendant de longues minutes, la brune écoute toutes les raisons rationnelles pour ne pas s’y forcer. Retrouvant ses peurs d’enfant confrontée à un Noir Cruel. Elle est adulte. S’allonger, s'aplatir, inspirer une bonne gorgée de cette fine poussière lui donne la nausée. Elle n’a pas accompli un acte plus difficile que celui-ci, plus terrifiant que cette progression depuis qu’elle a rejoint le FBI. Les créatures Unseelies qui peuplent les territoires souterrains n’attendent que cette humaine inconsciente pour enfin profiter d’un bon repas. Ou simplement la gravité qui décide qu’elle ne sera plus défiée plus longtemps.

L’obstacle est passé. Quand elle se retourne, le front maculé de débris dont elle ne veut pas connaître la nature, qu’elle en éclaire les reliefs de sa torche, la barricade hérissée  se révèle pas plus dangereuse qu’une structure de jeux dans un parc d’enfants. Une tempête dans un verre d’eau qui a failli la mettre à genoux. Pour rien. A cause de la coloration de son imagination. Furieuse contre elle-même de s’être infligée une peur aussi intense.

Une demi-heure? Deux heures? La nuit s’évade dans la montagne, Frustration à grincer des dents. C’est trop calme. Il ne se passe rien et c’est  oppressant. L’attente avant l’action est plus usante pour les nerfs que l’instant où enfin  la situation se dénoue. Les ressorts de ses réflexes sont tendus à l'extrême. Peu à peu, malgré son professionnalisme, elle perd sa bataille contre le stress. L’absence du Loup en sentinelle à ses côtés lui pèse. L’humaine s’est habituée à la présence massive, rassurante du Prédateur. Si peu conforme à son apparence physique presque elfique. Son flegme imperturbable, il y a si peu qui l’impressionne.

Sous ses semelles un crounch. Un crounch qui lui fait baisser les yeux. Un rire nerveux. Un rire atrocement nerveux qu’elle étouffe de justesse et qui ne sort qu’en un minuscule borborygme  étranglé dans sa gorge. Medea a quatorze ans. Ses frères l’ont emmené, enfin Vito et Amadeus, au cinéma pour aller voir Indiana Jones et le Temple Maudit. C’est exactement ce bruit là. Ce “bruit de biscuits écrasés” qui bondit entre les murs de la mine. Le rayon de la torche éclaire non pas des scarabées mais des squelettes de petits animaux, des ossements  déparés du moindre fragment de chair. Des petits bâtons d’os qui se brisent en une succession assourdissante qui explose à ses oreilles, d’un son qui paraît courir le long des murs et s’amplifier, compliment de la construction sonore de l’ancienne mine. Les odeurs se teintent de quelque chose qu’elle ne parvient pas à identifier. C’est chaud, c’est lourd, c’est poisseux. C’est crade. C’est écoeurant.

Medea sait qu’elle touche au bout. Son intuition lui hurle. Les cognements sont bien plus clairs, bien plus perceptibles. Un sentiment d’urgence lui bouffe le ventre et Medea abandonne sa prudence. Balaie plus grossièrement les passages devant elle. Sans aucun indice précis, elle se sent traquée. Non. Elle se SAIT traquée. Elle est agent du Fbi depuis presque cinq ans et elle a appris à ne pas prendre à la légère ce genre de signaux. Sa collaboration avec le Lycan n’a fait que renforcer cette tendance de son caractère. La brune s’élance, courant presque en aveugle dans les coursives, écrasant des squelettes de plus en plus gros. De plus en plus frais. Jusqu’à écrabouiller une carcasse faisandée qui s’éparpille en esquille d’os sous son pied.

Un gémissement inarticulé. Elle a failli passer devant sans la voir. Une alcôve creusée  dans les parois rocheuses. D’anciennes traces des rails supportant les wagonnets remontant l’argent encore perceptibles, presque disparu. L’odeur est immonde. La frappant comme une gifle moite et collante. Putréfaction, cadavre. L’odeur de la mort, bien loin de celle aseptisée des salles de morgues qu’elle fréquente. Trois pas en avant et elle se place le dos contre le mur de manière à ne pas risquer une attaque sournoise. Le danger, invisible, est indéniable. La brune enfin parcourt du regard. Son souffle se coupe. Ses genoux sectionnés net par l’horreur qui s’étale. Le cadavre d’un des deux agents disparus, avachis dans un coin. Il ne lui reste que des lambeaux. Des lambeaux de vêtements et des lambeaux de chair. La cause de la mort est évidente. Il a le thorax défoncé, ouvert, la cage thoracique béante. Le cœur n’est plus. Le faisceau de la lampe la détrompe. Le cœur est encore là. A demi dévoré, aortes et veines  déchiquetées là ou une mâchoire puissante s’est repue. Les muscles de ses biceps et de ses cuisses ont de larges bouchées disparu. C’est trop. Un son d’angoisse, de terreur. Il lui faut quelques secondes pour saisir qu’il provient d’elle. Sa paume, plaquée contre sa bouche. Durement. Pour se taire. Pour se baillonner elle-même. Où est le Loup? L’acier tape contre l’acier, frénétiquement. Elle s'arrache à sa contemplation du cadavre. La chose menotée, la peau d’un de ses poignets déchirés, la chair nécrosée laissant voir la blancheur écoeurante de l’os. Ce n’est pas une menotte. Ce sont des fils barbelés, profondément imprimés dans le membre captif. Une cuisse a subi un traitement similaire. C’est une femme. Elle ouvre la bouche mais aucun cri n’en sort. La malheureuse n’a plus qu’un moignon de langue au fond de la cavité buccale. Cliniquement, Medea devine que la blessure a dû être cautérisée pour ne pas qu’elle se vide de son sang. Des plaies ouvertes. Suppurantes. Infectée. Des masses blanchâtres qui grouillent dans un puits sanguinolent sur son mollet.

-Ça va aller, ça va aller. -Murmure étourdi. Ça ne va pas aller du tout. L’agente est maigre, et son regard est égaré, le blanc d’un oeil est jauni, le second n’existe plus. Des dents se sont déchaussées sans doute sous la violence des coups qui lui ont fracassé la maxillaire et l’orbite droite. Il, l’Autre la mange, vivante. Ce n’est pas un homme. Folle, folle si folle. Elle ignore qui est l’adversaire, mais ce n’est pas un homme. Le Loup avait raison depuis le début et elle les a peut être condamnés tous les deux dans son arrogance coupable. Plus tard, le mea culpa. Il ne vient pas une seconde à Medea l’idée de s’enfuir sans la prisonnière. Jamais elle ne l’abandonnera à son sort. C’est une ombre dans son dos, l’agitation soudaine de la captive qui l’alerte. Elle se baisse et roule sur elle-même. Évitant un coup qui l’aurait projeté sur une aiguille de roche saillante. Sa torche est tombée, sans s’éteindre mais peignant de fresques vivantes et cauchemardesques la pièce de caillou. Medea déroule les maillons d’argent de son bras. Lance la chaîne sur l’Autre. Il a des réflexes vifs et évite le câble de métal. Merde. -Carlisle! -Elle hurle, à plein poumons. Son cri cogne contre les murs et elle espère qu’il n’est pas loin, pas assez fière pour ne pas savoir qu’elle a besoin de son aide. Son arme est inutile. Elle ne voit pas assez et la balle risque le ricochet potentiellement mortel pour elles deux. Relevée sur ses jambes, elle passe à l’offensive. Il est sur son terrain, la défensive est une stratégie perdante. Elle ne l’entend plus. Ne le voit plus. Ne le perçoit plus. Et c’est terrifiant.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  M70Ex1d Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  IfwWWwA Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  QeVIwzX

"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WdHxnMJ
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Mar 4 Juil - 6:20 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Les foulées s’enchaînent avec une régularité purement animale. Dopé par la peur autant que par la nécessité de protéger celle qui le tient pourtant en laisse, le loup remonte à une vitesse fulgurante la ligne des rails dont il prend bien soin de galoper à côté. Il ne posera pas une patte sur ces tuyaux de métal dévorés par la rouille. Il préfère la poussière, souillée de paillettes d’argent périmées, et dont l’effet toxique ne parvient pas à contaminer la fourrure se confondant parfaitement dans le tunnel de la mine. Au fur et à mesure qu’il se laisse guider par ses sens, il devine qu’un nœud d’agitation s’est formé, quelque part dans les profondeurs. Il ne s’arrête qu’à deux reprises, brièvement, et le museau prompt à repérer les traces olfactives de la créature qui rôde là le guide efficacement sur le bon chemin. La peau revêtue de la Bête lui évite des questions trop tortueuses. Trop humaines. Il ne se questionne pas sur ce qui se produira, une fois qu’il se retrouvera face à face avec La Chose – car cela va arriver, n’est-ce pas ? Dans très peu de temps. Il ne se concentre que sur son parcours, sur la trajectoire à adopter pour remonter le plus rapidement possible au secours de Medea. Trop concentré sur la largeur des murs, sur la solidité des planchers rocheux, sa célérité ne cède en rien à ses réflexes, quand il bondit par-dessus un pan effondré. L’homme en lui aurait été obligé de longer le vide sur quelques pas. Le Loup fait fi de ce qui n’est qu’un obstacle vite oublié. Il a soif. La gueule souffre du manque d’eau, de tout ce temps passé à grimper, à explorer, à respirer un air souillé par les fantômes et tous les résidus que son passage fait voler en de larges fumerolles. Sa course se dessine sous les coussinets de cuir, ses oreilles restent dressées, à l’affût du moindre indice.

Et puis.

Carlisle !

Le Loup redouble d’efforts. Il force sur les muscles des cuisses, sprintant comme ses ancêtres le font depuis la nuit des temps ; le prix de la chasse. Le prix d’une poursuite vaine aussi, se rappelle l’humain dissimulé au fond de sa conscience. Un autre temps. Un autre jour. Scruté par les montagnes insensibles à ses plaintes déjà bestiales, en quête d’une silhouette frêle ; une demoiselle honnie par sa propre jeunesse, et qui avait opté pour une chute fatale, du haut d’un pont maudit. S’il avait bel et bien échoué ce jour-là, il n’était pas question de voir se reproduire ce mauvais coup du sort. Qu’il s’agisse de Medea n’y change rien. Elle l’appelle. Il répond.

•••

La Goule n’obéit qu’au programme concocté par son maître défunt. Plutôt que de s’éteindre rapidement, la magie qui a gonflé ses veines putrides a continué de prodiguer énergie et motivation creuse, comme une machine défectueuse qui n’aurait de cesse de répondre au code ancestral et désuet lui ayant donné vie.

Protéger.
Se nourrir.
Tuer les intrus.
Dormir.

Si La Chose a été humaine, on chercherait en vain aujourd’hui les stigmates de cette humanité délaissée au profit d’un autre état ; transitoire, mais pas moins absurde. Une tignasse grasse, noire et suintante se répand sur les épaules de La Chose. Sur le haut de son crâne, quelques mèches manquent. La peau n’est même plus blafarde. En comparaison, un vampire paraîtrait plus crédible que jamais, dans le rôle d’un banal mortel. Jauni, croûté et lacéré par des nuits passées à errer dans les tunnels macabres, le derme sec et racorni pue la maladie, l’infection, l’odeur caractéristique de la chair digérée. La chair des deux agents qui gisent là ; l’une tient encore bon. Il prend soin d’elle. Il fait durer. Il se montre raisonnable, exactement comme l’arcaniste-créateur l’a désiré. Si La Chose a possédé un nom, on n’en trouverait de même aucune trace, et fouiller l’entièreté des galeries minières n’y changerait rien. Pour La Chose, Medea Comucci n’est rien d’autre qu’un élément du grand plan de ses missions désormais absurdes. La Chose n’est plus qu’une entité sans âme, à l’enveloppe pourrissante, mais habitée par une essence exceptionnellement puissante ; créatrice du pire. Sans plus personne pour la commander, elle s’est livrée aux pires atrocités, en attendant que la Mort, la vraie, la prenne. La Chose a attendu sans le savoir, mais la Mort n’est jamais venue. Aux jours se sont succédé les semaines, puis les mois, et enfin, une année entière. Combien de cadavres dorment dans les entrailles des souterrains, par sa faute ? La Goule elle-même ne saurait le dire.

Son bras se lève. La main pourrissante brandit une arme primaire, à l’image du golem vociférant de ce langage inarticulé. Il ne craint pas l’argent. Il s’avance vers Medea, prêt à lui défoncer l’arcade sourcilière, à la mettre à terre, la réduire à un amas de nourriture qu’il consommera avec parcimonie, et sagesse. La logique bousillée, rien ne paraît s’opposer à ce projet parfaitement déterminé.

Le Loup a bondi.

Propulsé par son élan, sa gueule se referme sur le biceps qui semble trop facilement céder, sous les canines de la bête. Les deux créatures se retrouvent embriquées l'une contre l'autre, frappant de concert l’une des parois. Des ossements antiques semblent éclater sous la pression du choc. Le garou enfonce plus profondément ses crocs sur le membre qui se délite et génère en lui un mouvement de dégoût profond, immémorial. Gautièr Montignac n’a jamais vu ça. Il n’a même jamais entendu parler de ces monstres fabriqués par les orgueils démesurés et cruels de sorciers avides de pouvoir. Tout ce qu’il sait, c’est que La Chose le terrifie, pue la mort, comme il l’a rarement humée, même après s’être régalé des restes de carcasses en abondance. Sa robustesse aurait dû venir à bout de La Chose en quelques secondes. C’est sans compter les coups qui s’abattent avec une régularité terrifiante – une régularité métronomique – contre ses flancs. La Chose le cogne, et le loup couine, roule sur le côté avant de sentir une étreinte abominable se refermer sur son cou. Deux bras, dont celui qu'il a poinçonné, cherchent à l'étouffer avec une détermination implacable. Les muscles trop étirés, massacrés par la violence de sa mâchoire, confèrent à ce portrait une image d’épouvantail sordide, et l’air vient brutalement à manquer pour le lycan qui se débat comme un fou, repoussant des quatre fers la goule qui bataille avant de trébucher, glisser, se vautrant sur le côté. Ce qui émane d’elle, ce qu’il peut sentir en une ultime trace sur sa langue souillée, c’est le goût d’une magie au noir âcre, et qui jamais n’aurait dû attribuer de telles capacités à un Sans-Ame-Debout.

Comme unis par un même mouvement, une même volonté de réduire l’autre à l’état de charpie, le Loup et le Golem se sont jetés l’un sur l’autre. Roulant dans la poussière, au beau milieu du charnier personnel de cette poupée désarticulée et dont les cris de hargne écorchent son ouïe sensible, c’est cependant la Bête qui l’emporte.

Une rage froide et meurtrière s’empare de lui.

« Celle-là, tu ne peux pas la tuer. Je peux entendre ton désir, sur le principe. Mais tu ne peux pas. »

L’écho de sa propre voix est là. Elle n’a jamais vraiment réussi à quitter sa tête, même quelquefois, sous les traits de la Bête.

« La garce est à moi. »

Personne ne lui dérobera sa mort.
Personne ne le privera de sa vengeance.
Qu’il s’agisse d’un shérif de l’Arkansas ou d’une Goule de Californie.
Cette possessivité qui l’étreint fait fi de ses pattes douloureuses, de ses côtes froissées, de son effroi face à un adversaire inconnu.

Il a plongé.
L’effet de surprise infinitésimal lui suffit.
Surmontant l’écoeurement, le thérianthrope s’acharne sur cette gorge dont ne s’échappent plus que des plaintes à en pleurer, partition de graves ou d’aigus absconses, dénuée de fil rouge ; chœur de tous les spectres laissés pour perdus en ces lieux terribles. Le sang noir et vicié se répand contre son palais, dégouline depuis ses babines, lorsqu’il écarte la tête arrachée de la créature.

Défaite.

Il surveille, pourtant. Les membres qui bougent, qui se raidissent, régis par les derniers filaments de Noir pourtant incapables de réparer leur œuvre splendide. Le Loup gronde, avertissement qui finit par faire taire les ultimes murmures des nerfs trop abîmés. Enfin, il se couche, épuisé, ouvrant parfois sa trogne comme pour espérer recracher l’hémoglobine aux allures de bile gangréneuse, dans une toux souffreteuse et vomitive. Son cœur bat à toute vitesse, et le poitrail va et vient sans cesse, tandis que la tête lupine repose enfin entre ses antérieurs, les pupilles dorées fixant Medea Comucci, en une promesse silencieuse et sibylline.

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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I will stop at Nothing

En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=EUY2kJE0AZE
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Mar 4 Juil - 12:27 (#)

La peur est une créature vivante et insidieuse. Qui rappelle les limites et les possibles. Joue avec des instincts oubliés jusqu’à ce qu’elle les réveille. Medea est peut-être plus familière que d’autres avec la peur et sa morsure cruelle. Il ne s’agit pas de celle que l’on provoque nous même sur une attraction foraine ou un défi au défi du vide. C’est la Peur. La peur primale, celle qui a poussé les Homo Sapiens à se refugier dans des cavernes et à protéger ce feu qu’ils n’avaient pas encore domestiqué. Dans cette obscurité lugubre, trouée par le faisceau de sa lampe tombée à terre, Medea a peur. Elle a évité de justesse une première attaque, son cerveau reptilien dopé à l'adrénaline a courtisé ses réflexes pour lui venir en aide.

L’autre, la moribonde, la condamnée, a hurlé en entendant le bras puissant fendre l’air. Réalisant avec un temps de retard qu’elle n’était pas la cible de ce coup tranchant les particules  en direction d’une nouvelle proie. Il ne s’agit pas tant de colère que de programmation. Sa réserve de nourriture s’épuise à chaque bouchée qu’il arrache sur un corps qui se putréfie de plus en plus vite. La nouvelle, elle sent la viande fraîche. Elle lui permettra de se sustenter pendant encore quelques semaines. La profiler réalise l'immensité de son erreur lorsque la chaîne d’argent accroche une écaille de peau desséchée sans autre réponse qu’un beuglement enragé. La douleur en est tristement absente. Bien sûr qu’elle hurle l’italienne.  Elle hurle pour Lui. Elle n’est plus si arrogante -jusqu’à la prochaine fois- de penser qu’elle peut régler seule le problème. Le doute. Cette petite perle de doute qui a pris racine depuis les premières heures. Ce filament empoisonné qui lui rappelle que le Loup n’a qu’à la laisser récolter les semailles de son assurance déplacée pour être libre d’elle. Il n’a pas besoin d’agir lui-même. Il peut être témoin. Un témoin silencieux et alerte de l’instant où la Chose finira par la coincer dans le domaine où il règne en maître depuis des mois. Ou ses mains enfonceront sa cage thoracique ou défonceront sa colonne vertébrale dont il pourra extraire la moelle à loisir pour  les jours de Disette. C’est tous les jours Famine pour lui. Il a Faim. Sans cesse.

Est ce que le Loup serait si cruel, de l’abandonner à cette lente et vorace consommation? Il sait maintenant que Medea, pour tous les examens qu’elle impose, pour toutes ses questions, pour la manière dont elle ne cesse de piller sa psychée et chaque bribe de son passé, n’est finalement pas la Pire. Que dans sa volonté lui arracher ses secrets et ceux de sa Bestia, elle en vient à le protéger d'intérêt aux sadismes assumés. Puisqu’il n’est pas humain. La profiler n’a pas réellement le temps d’explorer les volutes paniquées de  ses pensées. Il lui faut se dérober. Se dérober à cette énigme tueuse.

le Monstre est si grand qu’il doit se tenir voûté pour éviter que le haut de son crâne ne s’écorche sur les aspérités du plafond. Pendant une seconde, ce qu’elle voit par intermittence ne fait pas sens. Ça ne cadre avec aucune de ses réalités. Un rire presque hystérique avant qu’elle ne se jette dans un renfoncement pour éviter un poing de  la taille de sa  boîte crânienne. Il est possible que son esprit ne retienne pas toute ses capacités analytiques. Sa conclusion hallucinée est qu’elle est face à un Troll. Un troll des montagnes, issu de Tolkien ou de la mythologie Sidhe bien plus que des petits gnomes mignons de Norvège. Sauf qu’un Troll, ça n'existe pas. Pas plus qu’un Ogre. Oui. Ça pourrait être aussi un Ogre.

Minute. Les Garous et les Vampires ne sont pas censés exister et pourtant… Elle veut disséquer la créature devant elle. Veut l’exposer à la lumière du jour et voir ce qui se passera. Ce que dissimule ses entrailles. Ca va être puant et immonde, si elle en croit l’haleine qui lui saute à la tronche. Trop proche. Beaucoup trop proche. L’arrete de pierre qui brutalise ses vertèbres lui apprend un fait irréfutable. Elle est coincée. Petite souris dans un piège fatal. Maintenant que la Bestia se penche sur elle, Medea Voit. Voit l’horreur qui la surplombe. Son étranglé qui grince dans sa gorge crispée. Un cuir chevelu dégarni qui n’a plus de sang pour l’irriguer, craquelé comme le sable d’une oasis dont l’eau a disparu. La couleur malsaine de sa peau à l’aspect vallonné de celle d’un lepreux en phase terminale. Son odeur. Sa signature olfactive est celle d’un charnier, d’un abattoir de viande ouvert sous le soleil de midi. Pendant plusieurs années. Il devrait y avoir des mouches avides et pondant leurs œufs dans les crevasses des articulations  de cette créature mortifère.

La brune découvre qu’il peut y avoir des sorts plus cruels que la mort. Elle découvre dans le regard sec et déjà clamsé qu’il ne compte pas la tuer. Ce serait du gâchis. Il ne gâche pas ses ressources limitées. Oh, elle ne reste pas immobile. Sa chaîne l’a déjà cravaché mais n’y prête qu’une attention distraite. Cherchant le point le plus efficace pour la paralyser durablement. Le temps se découpe en secondes inexorables. Chacune d’elle dure mille et un ans. Le bras se lève, un gourdin de métal dont la rouille ne peut plus infecté un sang trop souillé. Vent macabre.

Et la forme fluide, puissante, à la discrétion terrible qui s’interpose. Un bond calibré et primaire qui démolit le muscle dont la flaccidité maladive ne devrait pas retenir autant de force. Medea ne reste pas dans le passage de ces titans. Dès qu’elle peut, elle s’arrache à la gangue de pierre. Dans sa main, la crosse inutile de son arme. Tirer serait risquer de blesser Carlisle.  Quand elle peut, elle abat le canon de son flingue sur le dos saillant de leur ennemi commun. Eclair de blanc cassé zébré de gris. Il est si Vivant. Il est l’antithèse de cette Bestia anathème. Incarnation d’un dieu vengeur sur cette abomination. Fenrir, bourreau de cette abomination. Medea, Humaine, n’a pas sa place dans cette lutte qui la balaierait sans pitié.  Les griffes qui ravagent le bide distendue auraient dû l’ouvrir pour en répandre les viscères pourrissantes. Non. L'épiderme tient bon.  Enfin, le Loup a le dessus. Le Monstre tombe et trébuche sous leurs poids combinés.

C’est terminé.

Le Loup ne lui offrira aucune chance de reprendre le dessus. N’admettra rien d’autre que la mort sous ses crocs qui le déchiquètent. Les battements de son cœur froissent ses tempes. Goût de sang dans la bouche quand elle s’est mordue l’intérieur d’une joue en esquivant un coup. Le bruit mouillé des tendons qui cèdent et s’arrachent en longs tentacules blanchâtres. Plongée en abyme dans l’horreur.  Les cris et les râles qui s’échappent de ces deux non humains envahissent tout l’espace sonore. Jusqu’à ce silence. Ce silence profond des plus grandes batailles.

La tête roule. Rebondit. Trophée disgracieux. Medea a un hoquet de bile. Elle s’est laissée tombée à genoux, face au Loup, dans une position de repos à laquelle elle ne se fie pas. Enfin. Enfin le voilà. La jeune femme sent que son calme revient à mesure que la respiration de l’Animal s’appaise. Ils sont liés, lui et elle. Il est magnifique, malgré ses pattes et ses babines souillées de ce sang impur. C’est la première fois. Non pas qu’elle le voit. Sous son égide, elle a imposé des métamorphoses. Observée certaines de ses pleines Lunes entre quatre murs de plexiglas transparents. C’est la première fois que le Loup vient à elle dans le cadre de leur collaboration, de son propre chef. De son choix. Jusqu’ici, il était dissimulé sous la peau de l’Homme. L’Italienne ignorait que l’on pouvait tomber en amour d’un animal au premier regard. Il l’observe de ses prunelles d’Ambre profond et une pièce de puzzle se met en place, loin dans les secrets méconnus de son  me. Rien ne pourra plus l’en déloger. Elle devrait détacher son infortunée collègue. S’assurer de sa survie. Medea n’en fera rien. Sans se détourner du Loup, sans que son regard sombre ne dévie, elle tend un bras pour attirer la bouteille d’eau tombée de son sac arraché  à son dos pendant ses mouvements trop vif pour les lanières. Avec une lenteur délibérée qui contredit son envie de plonger les mains dans sa fourrure, d’examiner les plaies qu’il a pu recevoir, elle se rapproche de lui. Oui, il va regénérer. N'empêche. Elle ouvre le goulot de la bouteille et fait couler un filet d’eau clair sur sa seconde main en coupe de fortune. Lui permettant de boire et de se débarrasser de l’hémoglobine avant qu’elle ne coagule dans ses poils. Ce n’est qu’après de longues minutes qu’elle tend une main mal assurée vers lui. Ce n’est pas de la peur, pas vraiment. Ses doigts se perdent dans la fourrure un peu rêche de son poitrail, prêts à se retirer au moindre grondement réprobateur. Descendent vers ce flanc tourmenté par les battements d’un cœur trop rapide-Sei Bellissimo, Lupo. -Il y a de la révérence dans ce murmure. Elle s’oblige à enlever sa main. A ne pas imposer davantage un contact qui pourrait lui déplaire. -Reste allongé encore un peu. Tu as largement gagné le droit de te reposer quelques minutes.

Elle, elle ne peut pas se le permettre tout de suite. Rassembler ses jambes sous elle, pousser sur ses muscles lui demande un effort considérable. Mais il lui faut aller vérifier l’état de sa collègue moribonde. Morte. Le cœur a dû lâcher à un moment donné. Medea n’a pas les outils pour ouvrir les entraves.  Ils reviendront demain. Ou plutôt, elle préviendra la Nrd qui s’occupera de rapatrier les corps, celui des victimes et du bourreau.  Demain. C’est une forme de soulagé teinté de lassitude. La pauvre femme n’aurait jamais surmonté de telles sequelles physique et psychologique.  La profiler sait que la redescente de la montagne en pleine nuit ne sera pas une partie de plaisir. Mais il est hors de question de rester une seconde de trop dans cette tombe. Son attention sur le Loup. Cherchant à évaluer son état. À déterminer son état, s' il a repris quelques forces. -Comment tu te sens? On s’en va ou tu as besoin d'encore un peu de temps?
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Sam 22 Juil - 5:59 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
C’est la première fois qu’il s’offre à sa vue.
La première fois qu’il la laisse admirer sa forme de Loup sans crainte qu’elle ne le voie.
Sans cage de verre derrière laquelle se retrouver exposé comme une bestiole minable dans un zoo populaire.

La première fois que les yeux d’ambre toisent librement l’humaine encore visiblement secouée par l’affrontement. Et il y a de quoi. L’animal peut encore entendre les murs s’effriter d’une poussière sensible aux chocs récents des deux créatures. Il peut entendre le cœur tambourinant de Medea, qui paraît exploser à ses tympans sensibles. Si la mélopée brutale ralentit au fur et à mesure que le souffle lui revient, il reste cependant plus qu’attentif au rythme cardiaque de l’Italienne. Il surveille, gardien indéfectible, condamné et ainsi résigné à subir un joug qui ne sera pas éternel. Fidèle aux crédos de sa race, le Loup est patient. Prédateur capable de pister, de traquer sur des miles et des miles la proie qu’il a désigné, il se sait parfaitement de taille, au fond de lui, à patienter, à attendre son heure pour retrouver son indépendance dérobée. Rien ne presse. La Chose est morte. Au fur et à mesure de ses déglutitions, le sang vicié s’écaille et se dilue. Seul le goût infâme lui reste dans la gueule. Il écoute ses membres et ses côtes gémir. Il a mal, mais les blessures en valent la peine. Seule la victoire compte. La Chose est morte. L’humaine vit. L’humaine dont il voit sans difficulté la fascination que sa forme lui inspire. Dénué d’ego, dénué d’orgueil, il ne comprend pas tout de suite l’objet de cette contemplation. Il se contente d’être, et de rester à l’écoute des premières fibres de régénération qui transformeront cette nuit en mauvais souvenir. Un de plus. La terre ne l’a pas englouti. La blessure restera nulle. Les évocations de ce passé d’homme le touchent à peine ; à peine une vague lueur dans un passé que le lycan n’a pas connu. Uniquement deviné, ou ressenti, via certaines pensées plus fortes que les autres, de la part de son hôte. Medea, tout près de lui, est l’une des raisons pour lesquelles sa truffe se fait vibrante et à l'affût de son odeur ; elle et ses orbes sont les seuls à s’agiter. Même sa cage thoracique commence déjà à retrouver franchement le calme perdu lors de sa course et de l’attaque.

Elle aussi s’agite. Elle lui propose de l’eau, et il redresse sa tête, plongeant le museau sans pudeur vers la paume offerte, qu’il lape avec avidité. Le liquide lui fait du bien, soulage sa gorge irritée, fait partir plus aisément la saveur répugnante du sang qui demeure là, collée sur ses papilles. Le don est apprécié, les pupilles allant et venant, des doigts fins jusqu’aux yeux noirs, comme pour la surveiller toujours, la conserver dans son champ de vision ; prévenance ou crainte ? Elle le touche. Fidèle à ses envies, la profiler ne recule devant aucun caprice étreignant ses velléités curieuses et infinies. Prudent, mais guère rétif, l’animal la laisse faire. Apprivoise, lui aussi, ce toucher dont peu de mortels l’ont agrémenté, depuis sa naissance. Ce n’est pas désagréable, au contraire. Il perçoit la révérence de la jeune femme, et l’humain planqué derrière la fourrure grise n’est pas insensible à ce qu’il reçoit comme une forme de reconnaissance sincère. Elle se lève, et lui n’a pas besoin de se retourner pour savoir que l’humaine amputée et moribonde a rendu l’âme depuis longtemps. Ils sont tous les deux enfermés dans un caveau bourré de cadavres. Son invitation ne reste pas muette : le loup se redresse sur ses pattes, d’abord avec précaution, puis, effectuant quelques pas, rassuré par l’état global de sa démarche. Il pourra la sortir de là.

Sans détour, il s’impose comme le meneur de leur duo, la guidant au travers des corridors qu’il a remonté à vive allure. Son sens de l’orientation ne le trompe pas, renforcé par sa vigilance toute particulière. Seul, il aurait pu se permettre des erreurs, voire de divaguer dans les souterrains. Mais la présence de Medea le rend tout particulièrement attentif au chemin emprunté. Ils ne tarderont pas plus que nécessaire dans cet endroit. Régulièrement, il se retourne, s’assurant qu’elle ne le lâche pas d’une semelle. Lui ne la perdra pas. Il la retrouverait n’importe où, même en plein cœur de ces kilomètres de galeries qui n’en finissent pas. Il jappe brièvement pour lui annoncer la béance du sol qu'il franchira seulement une fois qu'elle aura longé la paroi, au prix de son équilibre conservé. Une fois parvenue à bon port, il arbore un demi-tour, pour mieux forcer, ignorer sa douleur et bondir, comme il l'a fait en accourant à son secours. Leur route n’en finit pas de finir, et pourtant il parvient à retrouver le renfoncement dans lequel il a abandonné ses affaires avant la métamorphose. Du bout de la truffe, il pousse légèrement le tissu de son pantalon, comme pour inviter implicitement l’humaine à les emporter dans ses bras ou son sac, avec elle. Il ne compte pas se retransformer ici, et ses blessures le dissuadent de toute façon de chercher à reprendre sa forme originelle. Il préfère attendre, voire laisser l’aube l’arracher à ferus, plutôt que de risquer de souffrir le martyr dans la mine désaffectée. Si Gautièr Montignac disposait de tout son recul, il défendrait également son refus absolu de se livrer à l’œil trop inquisiteur de l’Italienne en cet instant d'une vulnérabilité extrême.

Fidèle à son engagement, c’est sans encombre qu’ils retrouvent l’issue par laquelle il est entrée. Dehors, l’air est pur, débarrassé des relents anciens omniprésents le long des rails. Le plus dur reste à faire. Il doit guider Medea jusqu’à leur hôtel, et l’obscurité réserve bien des pièges à celle qui n’est pas la plus habile en terrain sauvage. Cependant, il ne se décourage pas, et redouble de vigilance, trouvant les passages les plus praticables, prêt à freiner sa chute, une glissade, en permanence. Il en fera de même jusqu’à leur retour dans cette bulle de civilisation déserte et irréelle, comme s’ils demeuraient seuls au monde, entre deux allées et venues d’un personnel fantomatique.

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Mar 25 Juil - 16:05 (#)

Le Loup concentre ses attentions. Il est le seul qui compte. Il est le seul vivant, aussi. Medea pressent que si elle se détourne de lui plus que les quelques minutes nécessaires à son devoir d’agente, elle va s’effondrer. Elle est écoeurée, dégoûtée. Ses cheveux sont recouverts d’une substance poisseuse qui n’est pas que son sang. Elle a effleuré son cuir chevelu, hémoglobine tachant la pulpe de ses doigts. La profiler les a essuyé vivement sur la toile de son jean. Son ventre se creuse d’une nausée qui menace. Elle propose de l’eau. Offre ses maigres rations. Il lui a sauvé la vie, cette  créature meurtrière et dangereuse. Elle veut dormir. Mais pas ici, oh non, surtout pas ici. La perspective du trajet retour l’envahie d’un sentiment proche de la panique. L’espace analytique de son cerveau réalise qu’elle est sous le choc, que la violence de ce qu’on subit ses collègues, qu’elle a été sur le point connaitre, ouvre une béance dans ses émotions et ses réactions. Non, elle n’est pas immunisée contre les horreurs qui se sont déroulées dans la mine.

Le Loup lape l’eau, accepte l’offrande pendant qu’elle peine à reprendre le contrôle d'elle-même. La fourrure sous ses doigts dont certains poils piquettent sa paume avant qu’elle n’enfouisse sa main au-delà du pelage extérieur. Bien sûr qu’elle est attentive aux réactions de l’animal. Mais il reste silencieux, impassible. Supporte le toucher de sa main sans retrousser les babines ou grondement d’avertissement. Seuls les prunelles attentives s’attachent à ses mouvements, il surveille. Elle ou leur environnement. Peut-être les deux.

Avec un temps de retard, la lourde chaîne d’argent est rattachée et disparaît sous la manche de chemise souillée. Le sac à dos dont l’une des lanières est brisée est néanmoins rajusté sur une épaule. Le poids de la lampe de poche est rassurant au creux de sa main. Elle éclaire la tête décapitée et en vient à une conclusion dépitée. Dans la mort ou dans la vie, elle ne reconnaît pas la créature qu’ils viennent de vaincre. C’est un mystère qu’elle n’a pas les moyens d’élucider. Il n’est pas question d’emporter la relique écoeurante pour un examen plus poussé, elle rejoindra probablement les archives de l'antenne californienne la plus proche.

Medea ne craint pas l’égarement dans ce labyrinthe dont ils ont terrassé le Minotaure. Ariane et Thésée dont le futur n’est pas si éloigné. Nul Déité ne viendra cependant adoucir l’abandon de Medea après la trahison inévitable du Lycan. Pas cette nuit, non pas encore. Les flèches de craies ne sont pas le chemin choisi par le Loup et l’Italienne décide de mettre ses pas dans ses pattes. Il est une silhouette poivre et neige qui ne s'éloigne jamais trop longtemps de son champ de vision. Elle ne trébuche pas, attentive à ses pas et à la rocaille qui pourrait les entraver. Jusqu’à un gouffre qu’elle n’avait pas rencontré. Une crevasse dans la roche dont il la prévient d’un son impératif. L’Italienne ne se précipite pas. Enfonce ses doigts et ses talons dans la roche pour s’assurer de ses prises. Elle ne deviendra pas l’offrande pour cette gueule de pierre grande ouverte, jamais rassasiée d’imprudents. Ils ne sont pas imprudents, d’une vigilance qui épuise encore davantage la mortelle. Elle ne se retourne même pas sur l’obstacle, continue sur le chemin de son guide lupin.

Orphée et Eurydice.

Les pensées de Médéa sont peuplées de ces mythes qui lui ont tenu compagnie durant les longues heures solitaires de son enfance. Séchant ses larmes et nourrissant les rêveries et les aspirations de la gamine délaissée. Ils ont creusé les sillons de celle qu’elle est devenue. Cette marche est interminable. Un hiatus devant les affaires abandonnées par l’Homme avant d’enfiler sa peau de Bête. Un sourire fatigué etire les coins de la bouche de la jeune femme devant la gestuelle expressive de l’Animal. Elle s’accroupit et fourre les vêtements dans son sac. Grincement de ses articulations quand elle se redresse. Pas un son de protestation, l’agente gouvernementale ne râle que lorsque les causes sont futiles.  Enfin, enfin, ils émergent à l’air libre. Medea s’accorde une poignée de précieuses minutes pour simplement respirer un non vicié. Il est évident que le Loup a besoin de poursuivre. Sur le tronc d’un arbre rachitique, les phalanges de la profiler se sont crispées. La nuit est noire, piquetée d’étoiles dont la luminosité est affaiblie par une Lune qui proclame sa dominance. Elle sera pleine dans trois nuits. Deux maintenant.

Ils descendent. Dans le silence simplement coupé par leurs respirations, les cailloux qui roulent sous les chaussures de l’italienne. Plus d’une fois, sa main viendra agripper l’échine du Lycan pour se retenir. Il lui arrive quelques centimètres plus haut que sa taille et devient un contrepoids éloignant le risque de glissade hasardeuse. Il est un soutien infaillible et elle n’est pas si fière qu’elle repousse son aide. L’aube est encore loin quand ils parviennent enfin aux abords de la ville théâtrale. Elle était certaine que la nuit serait proche de sa fin et découvre qu’il n’en est rien. Ils n’ont pas été si longtemps dans la mine mais l'adrénaline et l’absence de repère ont brouillé son sens temporel. Les employés dorment quand la Femme et l’Animal remontent l’allée centrale poussiereuse. Les marches de l’escalier vermoulus craquent et grincent dans l'hôtel déserté.

Leurs deux chambres se font face et elle doit fouiller dans le pantalon du garou pour trouver la clef qui verrouille l’entrée de la sienne. Ouvre le battant et le coince de son sac pour éviter qu’il ne se referme avant d’agir de la même manière avec sa chambre. Avant que le Loup ne se faufile dans son espace, elle l’arrete d’une main juste à la naissance de son cou. -Lupo. -Le ton est quasiment inaudible. -dors dans ma chambre. Juste cette nuit. -C’est insupportable, la perspective de se retrouver seule avec les cauchemars qui viendront la visiter. Elle y est habituée, à cette solitude, cette isolation qu’elle s’impose au quotidien. Ce serait parfois un fardeau déposé de pouvoir appeler une amie et de discuter des petits riens et des grands touts qui jalonnent son quotidien. De composer le numéro de Vitto et de lui chuchoter ce dont elle vient d’être témoin. Vittorio est dans une de ses rotations à l’autre bout de la terre. Elle a été furieuse quand elle a appris qu’il s’était engagé quelques mois après à peine qu’elle soit partie à New-York.  Elle a compris, bien sûr, que c’était le moyen d'échappatoire parfait pour son aîné. Étude de médecine payée par l’armée et suivre son détachement au front. Non. Elle n’appellera pas son frère. Ne l’a pas prévenu quand elle a rejoint les rangs du FBI. Se retrouver encore seule pour  cette fin de nuit la révulse. Pourtant, elle sait qu’elle n’aurait pas articulé ces mots si le Lycan avait été sous forme humaine. C’est le Loup qui libère cet aveu. Dont elle n’attend d’ailleurs pas la réponse. Affronter un rejet de la part des yeux d’or serait l’épine de trop pour une armure mentale déjà fragilisée.

Elle tourne les talons et rentre dans sa chambre, directement à droite dans le minuscule couloir qui donne sur la salle de bain. Medea n’a pas refermé la porte principale, il sera aisé au garou d’entrer si il souhaite. L’italienne n’a que le temps de se dévêtir avant que des tremblements compulsifs ne brisent ses membres. L’eau. L’eau brûlante sous laquelle elle se précipite. Shampoing. Savon. Deux fois. Avant de se sentir propre. A peu près. Sa peau est rougie, frottée pour se débarrasser de la moindre molécule issue de la mine. Une serviette rugueuse ceint sa poitrine et s'arrête en haut de ses cuisses, les cheveux encore dégoulinant qu’elle ne prend le temps d’éponger que très sommairement. Qu’importe le signe bien marqué “interdit de fumer”, elle attrape son paquet de cigarette et son briquet dans le sac prêt de la porte et se dirige droit vers la fenêtre qu’elle ouvre. Alors seulement, une fois le cylindre de tabac allumé, elle se retourne dans l’espace de la chambre, incertaine sur la présence du Loup.
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◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
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◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
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◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

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◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Dim 6 Aoû - 20:45 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
La requête sonne étrangement aux oreilles de l’animal.
Elle atteint la conscience de l’homme sans aucune difficulté.

La surprend-il ? Pas vraiment. Il y a quelque chose d’évident, dans ce besoin de le garder tout près d’elle. L’humaine a eu peur. Elle a eu très peur. Ses résidus lui colleront longtemps à la peau, et qu’importe le nombre de douches qu’elle pourrait prendre pour en éliminer les effets. Il la sentira. Elle s’enfuit avant qu’il n’ait pu manifester la moindre réaction en réponse. Pendant quelque temps alors, le loup patiente dans ce couloir désert. Partout autour d’eux, ses sens captent les remugles un peu trop puissants, mais pas si désagréables pourtant, des produits utilisés par le personnel du ménage. Les hôtels ont toujours comporté ces senteurs uniques, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. La lessive utilisée pour les draps, pour shampouiner les moquettes, pour laver les sols, semblent partout les mêmes, d’un bout à l’autre des États-Unis. Très vite, depuis l’intérieur de la chambre, il entend l’eau qui coule, symptomatique du rituel entamé par Medea. Alors seulement, il pousse de son poids le battant entrouvert, et pénètre silencieusement à l’intérieur de la chambre de l’humaine. Il attend que la porte claque doucement, se refermant derrière lui. Le choc est incroyable : en l'espace de deux jours, elle a réussi à imprégner l'endroit, son parfum ayant contaminé les murs, le lit, sans parler de quelques affaires éparses, sans que la pièce ne donne une impression de désordre pour autant. Il s’arrête le temps d’écouter encore le jet brûlant sous lequel elle se noie, avant de poursuivre sa marche, de ses coussinets discrets. Pendant de longues minutes, le museau s’enfouit ça et là. Il cherche. Il se perd. Il endort un peu son esprit encore agité par la course, par la fièvre, par la chasse. Il lui paraît étrange de se tenir là, dans un endroit aussi propre, quand une bonne partie de la nuit les a vus se perdre dans les souterrains poussiéreux de la mine. Il n’ose pas se secouer, afin de ne pas répandre de saletés sur les vêtements féminins. Il n’a pas le temps de s’ennuyer. Car le temps se distord, justement, et ne comporte aucun instant voué à la lassitude. Il analyse, partout et en permanence, tend l’oreille à la moindre fluctuation du son émanant de la salle de bain.

L’eau s’arrête bientôt. Il reste debout. Il attend. Les frottements caractéristiques d’une serviette éponge. Le souffle de Medea. Le claquement d’un briquet, lorsque deux pas bipèdes se font entendre dans le couloir de la chambre. Et puis elle. Pire que nue, enveloppée sommairement dans cette serviette qui laisse tout voir de ses jambes aux mollets ronds, de ses bras vulnérables, de ses cheveux noirs encore largement humides. Elle le cherche. Il s’avance. Sortant des ombres par un mouvement, la Bête étrangement sage se rapproche. Prédatrice, ou gardienne ? Le doute a largement sa place. Le tabac a beau agresser les narines du canidé, moins friand de nicotine que son alter ego, cela ne l’empêche pas de chercher un contact encore inédit avec la profiler. Les yeux d’or luisent faiblement. Il la sent. Il évalue la quantité de peur qui s’est infiltrée dans ses os. Il tourne, une fois, autour de ses jambes. La peur est là. Mauvaise. Il faudra plusieurs heures, plusieurs nuits, pour qu’elle disparaisse tout à fait.

Une part de lui ne souhaite rien de moins à sa geôlière que des successions de cauchemars infinis. Il y figurerait en bonne place, adjuvant subitement transformé en Bête retournant sa hargne contre la gorge de l’Italienne. Il se gorgerait de ses cris à elle, éveillant ses instincts hurleurs. Il lui démontrerait ainsi sans mot dire qu’il n’a besoin d’aucune arme, d’absolument rien pour lui prouver que son échec n’est jamais loin. Entêtée, butée, incapable de l’écouter lorsqu’il lui certifie que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être.
Néanmoins, comme si le face à face avec la créature inconnue avait rebattue les cartes, éloigné leurs mésententes, une forme de clémence s’impose et remporte la partie, entre les deux volontés qui habitent le thérianthrope. L’homme comme l’animal ne rêvent pas de solitude eux non plus. Pas après ça. Il peut encore sentir sur son palais, sur sa langue, le goût, pourtant disparu, du sang pourri qui a giclé partout dans sa gueule. Il peut consentir à attendre l’aube sous ferus, mais refuse de conserver cette illusion qui lui torturera l’esprit et l’empêchera de veiller comme de se reposer, tant qu’elle perdurera.

Sa langue se déploie et, sans crier gare, caresse la cuisse de Medea. La démarche n’a rien d’innocente. Il veut l’entendre réagir, la sentir frémir : de dégoût ou d’autre chose. Plusieurs fois, l’appendice s’attache à récolter la saveur chimique du gel douche, mélangé à celle, plus authentique, de sa peau. Tout pour débarrasser ses papilles de la contamination précédente. À cinq reprises, il lape ses jambes, avant de percevoir le mouvement de rejet qu’il ne souhaite pas attendre. De lui-même, il se recule. Provocateur, il n’a besoin d’aucun élan pour bondir sur le matelas de la jeune femme. Alors, le loup se couche, s’installe sur le support confortable. Il ne la quitte pas des yeux. Longtemps, la tête posée sur l’une de ses pattes avant, il gonfle ses poumons pour mieux expirer, profondément. Le silence qui règne dans le bâtiment ne leur épargne rien, les confrontant à une intimité presque agréable.

Le message est éloquent. Il l’attend.
La garce est à lui.
Possessivité qui s’accouple sans mal avec le désir de Medea, de le voir rester.
La garce est à lui.
Il la tuera un jour.
Mais jusqu’à l’aube, et par-delà si nécessaire, il la défendra encore.
Des monstres comme des hommes, et de lui-même, s’il le faut.  

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Le Temps qui reste

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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Ven 8 Déc - 9:14 (#)

Le front contre la paroi, l’eau trop brûlante dévale sur ses épaules. Elle a les yeux grands ouverts, malgré les gouttes qui peuvent éclabousser son visage. L’italienne sait ce qu’elle va voir, si elle clos les paupières. Quelles images vont hanter son film mental. Elle repousse le moment de les affronter. Se livre une guerre interne pour ne pas y succomber sur le champ. Inviter le Loup dans sa chambre. Dormi con me, nel mio letto.  Charybde et Scylla. Fuir un cauchemar, proposer à un autre de dormir avec elle. Est ce que ce ne serait pas là l’illustration la plus pure de la Folie? Ou bien fait-elle preuve de sagesse, en refusant la solitude? Elle ne connaît pas le Loup. Pas comme ça. Pas sans vitre renforcée entre eux.  L’odeur artificielle de ses gels douche. De son shampoing. La crasse de la Mine s’est imprégnée sous sa peau. Emplit ses narines et rien ne la déloge.

La cigarette qu’elle fume à la fenêtre, les cheveux encore humides, le corps constellé de perles d'eau est son Radeau de la Méduse personnel. Un dernier effort pour ne pas se noyer tout en sachant qu’elle retarde simplement l’inévitable. Elle n’a pas froid, pourtant, elle tremble par moment sous la brise du désert. Putain de Californie. Que la nuit est Belle. Ce qui grouille dans ses ombres est Laid. Elle écrase soigneusement le mégot, referme la fenêtre. Alors seulement elle se retourne. Échange une peur magistrale contre une petite, apprivoisée. Est ce qu’il sera là ou est ce qu’il aura dédaigné sa proposition? La petite peur s’envole, libérée. Il a choisi de rester avec elle. Au moins cette fois. C’est indécent, d’en ressentir un tel réconfort. Elle est ébranlée, salement.

Dans la lumière trop jaune du plafonnier et des lampes de chevet -Elle a allumé toutes les ampoules de la chambre, il est encore plus  beau que dans la Mine. Ce n'était pas le soulagement qui tordait ses perceptions. Dans un mouvement à la symétrie éphémère, ils se dirigent l’un vers l’autre. L’Animal est immense, massif. Sous la fourrure, un corps souple et bien proportionné. Une machine de guerre et de carnage. Une grâce fluide et silencieuse. Les billes d’ambre liquide l’absorbent en entier et elle a un sourire sans joie. Elle se sent jugée et condamnée sous ce regard qui ne cille pas. Mais après tout, le Lycan avait raison depuis le début. -Toi aussi, tu vas me rappeler à quel point je me suis plantée, que j’ai été inconsciente et que j’aurais pu nous faire tuer? T’inquiète, je l’entend déjà me le dire demain matin. -Il ne s’en privera pas. Le français adore marquer ses erreurs de pierres blanches.

Il frôle ses jambes de ses flancs, il pourrait si aisément lui ouvrir le ventre d’un coup de patte. Ce serait con de mettre du sang partout, elle vient de se laver. Medea n’était absolument pas préparée à la langue râpeuse gagnant sa cuisse. La léchant de toute sa largeur. Le muscle se raidit sous le contact. Ce n’est pas une agression. Mais ce n’est certainement pas une marque d’affection. La jeune femme n’est pas épuisée au point d’avoir ce genre d’illusion. Délibérément, il recommence. Elle tangue sous le toucher humide, tressaille durement. Est ce qu’il a soif? Est ce qu’il cherche sur peau l’humidité dont il a besoin après sa longue course dans la mine? Une manière de la marquer? Dans quel but? La paume de la brune s’avance et se pose  sur son   cou, attentives aux moindres frémissements du Loup. Enfonce ses doigts dans la fourrure plus fine.

Ils s’écartent et il rejoint son lit avec une aisance conquérante. Bien sûr que cette démonstration est exagérée. Il y a de la détente dans la ligne de ses épaules et le regard qu’elle lui décoche. Elle retire la serviette qu’elle dépose sur un dos de chaise pour qu’elle sèche avant de traverser l’espace qui la sépare de son sac ouvert, nudité décomplexée. Consciente qu’il guette ses gestes, épie ses mouvements, elle refuse de se hater pour son bénéfice. Le souffle régulier et calme du souffle lupin, sa queue qui bat parfois une mesure connue de lui seul. Il a l’audace d’imprimer au moment la marque de l’attente. Une culotte en coton simple qu’elle enfile, un tee-shirt trop grand qu’elle passe sur son corps nu, ca ira très bien pour dormir. Medea a une seconde d’hésitation puis décide qu’elle s’en fou. Elle ouvre le mini frigo attenant et attrape une mignonette de Tequila. Normalement, elle ne boit pas avant de dormir, mais elle a encore froid. Si froid. Elle la vide en deux gorgées. Ce n’est pas si simple non plus de revenir vers le centre de la pièce. Il n’a cessé de piller de son regard doré. Il est allongé de tout son long et n’a pas besoin de se pousser pour qu’elle s’étende à ses côtés. Elle cale sa tête sur un oreiller, le corps et le visage tournés vers lui. Il y a de l’espace entre eux, ne s’est pas collé à lui. Une main franchit la brèche pourtant et se pose sur le flanc au repos. Statique les premières minutes, constatant que le Loup ne lui arrache pas le poignet pour son audace, elle imprime à paume un lent mouvement, du haut de l’épaule jusqu’à mi corps. Elle ne peut pas le caresser sur toute sa longueur, il est bien trop grand. Elle découvre les nuances dans sa fourrure. Là où elle est plus épaisse, plus douce ou plus rêche. Medea ne s’aventure ni sur les pattes ni sur le ventre. A chaque caresse, la terreur ressentie, agrippée à ses pensées, récède. Elle n’est pas encore prête à s’endormir, mais s’ancre dans le moment. Sa respiration  par un mimétisme inconscient s’est calquée sur celle du Loup. Peut être que le sommeil n’est pas si loin dans cet étrange armistice. Un murmure à peine audible. -Buona notte, Lupo
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
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"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

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"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
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Sam 9 Déc - 6:31 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Tu as conscience qu'à l'aube je redeviendrai humain. Voudras-tu que je parte avant que le soleil se lève ?

Sans doute est-ce ce qu'il aurait pu lui demander. Medea Comucci ne pèse pas si souvent ce genre de décisions. Si elle peut parfois s’avérer d’une remarquable appétence en matière de stratégie dans son domaine, le registre de l’intime et de tout ce qui en appelle aux pulsions, semble lui poser davantage de problèmes. Bénie soit la parole non-verbale du loup, toujours allongé près d’elle, sur cette couche comme il n’en a jamais goûté, durant sa vie de solitaire. Le confort indubitable du lit compense au moins toute cette lumière qui agresse la Bête. Elle tranche si fort avec l’obscurité des bois. Le contraste de ce duo, dans cette chambre aseptisée et éclairée dans tous les recoins, en comparaison de ses séjours sauvages, est presque un peu trop brutal pour l’animal. Il s’y fera, cependant. Comme il s’est fait à la vision du corps nu et féminin n’éveillant nulle convoitise trop crasse. Il l’a observée, analysée, son regard d’ambre s’éprenant sans émotion particulière des courbes pourtant à la portée de la conscience de l’homme. Ce dernier est resté tapi, en sourdine, se déparant de toute spéculation trop concupiscente sur la peau fraîchement lavée de l’Italienne. La main qui a fini par choir de plus belle dans sa fourrure – comme si elle ne parvenait visiblement pas à s’en empêcher – ne fait que renforcer la création d’un lien fragile, et pourtant familier. Ils se connaissent déjà étrangement, après tout. Ses exhalaisons invariables, le Loup surveille celles de Medea. Il perçoit de temps à autre ses battements de cœur, un peu plus rapides qu’ils ne devraient l’être. Pourtant, malgré la lumière intolérable, c’est bien le sommeil qui s’abat sur elle et l’emporte, plus puissant que l’adrénaline l’ayant maintenue debout jusqu’à présent. Il soupire, poche d’air évacuée par ses babines encore douloureuses. Il veille. Ou plutôt surveille. C’est étrange, comme manie, de vouloir fermer l’œil avec ces soleils miniatures qui font mal à ses rétines. Il s’endort tard, et ne grappille finalement que quelques heures de repos, à peine suffisantes pour l’aider à guérir encore un peu plus rapidement de ses blessures minimes.

Le jour qui pointe tire ferus de son sommeil. Les oreilles se redressent les premières. La créature se relève souplement, toisant l’humaine profondément endormie. Il souffle, fait vibrer une mèche noire et bouclée. La lune décroît rapidement, et perd de son influence sur lui. Il se détourne, bondit sur le sol de la chambre avec une discrétion surprenante, pour un animal de sa taille. Il trottine, se réfugie dans la salle de bain. La métamorphose s’annonce douloureuse, comme toujours. Pour autant, il a toujours trouvé curieusement plus agréable de reprendre forme humaine que de se changer en canidé. Ses plaintes, il les conserve les plus intimes possibles, au gré des craquements des os en mutation, des muscles variant en forme, en masse, en poids. La fourrure reflue et les membres se déplient ; plus fins par endroits, plus compacts pour d’autres. Le cartilage claque, les hoquets qui le traversent bloquent un reflux désagréable, lorsque sa cage thoracique retrouve une dimension propice à sa bipédie. Gautièr Montignac reprend bientôt son souffle, assis et nu sur le carrelage de la pièce froide, presque glacée, compte tenu de la chaleur de sa peau plus élevée que la normale. Il prend le temps de se remettre doucement debout, tanguant en tombant nez à nez avec son reflet. Il observe ses plaies en voie de cicatrisation malmenées par la transition. Il se sent repoussant. Et, surtout, indécis. Il pourrait se contenter de rentrer dans sa propre piaule. Se doucher. Se coucher. Laisser passer les heures. Néanmoins, une forme de curiosité le retient dans la chambre de Medea. Il pince les lèvres, se détourne, se jette dans la cabine de douche pour, à son tour, se débarrasser des stigmates de la poussière d’argent. S’il avait raison concernant la dangerosité relative du métal en quantités infinitésimales, il voit sur son derme des traces rougeâtres, consécutives d’une exposition prolongée. Il frotte le plus gentiment possible, se servant en gel douche jusqu’à ne plus pouvoir sentir sa propre odeur parsemer ses pores.

Lorsqu’il revient dans la chambre, il entreprend aussitôt d’éteindre les luminaires qui lui brûlent les prunelles. Aussitôt, la pièce, protégée par les lourds rideaux opaques, retrouve des ombres agréables qui ne l’empêchent guère de marcher à pas feutrés jusqu’au matelas. Il se laisse glisser auprès de la jeune femme, sans jamais la quitter des yeux. Le froissement du tissu, le souffle de la profiler, les oiseaux matinaux : tout concourt à propulser une paix qui, rapidement, s’effritera sous le poids de leurs sermons, de leurs préjugés l’un envers l’autre. Pour l’heure cependant, il dépose sa silhouette fatiguée contre la sienne, l’observant enfin en proie à une inconscience la laissant vulnérable, mais protégée par ses soins. Il se vautre, alanguissant sa joue contre l’oreiller, sans la frôler autrement que par les vagues régulières de ses expirations. Absolument indifférent à sa nudité, exactement comme il en fut pour elle.

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Le Temps qui reste

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Sam 9 Déc - 17:13 (#)

Elle finit par s’endormir, en songeant qu’elle ne pourrait jamais trouver le sommeil, pas avec les restes d'adrénaline pompant dans ses veines et l’ombre de la  peur qui se tapit dans ses futurs cauchemars. L’italienne sait bien qu’il n’y a pas de Monstres dans les recoins sombres de sa chambre d'hôtel, pourtant elle ne se relèvera pas pour éteindre les lumières allumées. La paresse songe son esprit conscient, l’inconscient reconnaît le mensonge. Pas de monstre, en dehors de celui allongé à ses côtés, et dont elle découvre la proximité, la tiédeur de son  souffle sur son visage. Il n’y a pas eu de mâchoire se refermant sur son poignet. Pas eu de grognement sévère en guise d’avertissement quand elle a posé les mains sur lui. Alors elle suppose qu’elle en a l’autorisation tacite. Sa main renferme une poignée de poils rèche en son cœur quand elle rend les armes sous le regard ambré, promesse meurtrière, il est la seule menace qui peut l’atteindre.

Même quand il se relève, soulève ses membres engourdis par le recul de la lune, la fourrure restée entre ses doigts s’éloignant avec son propriétaire, elle ne se réveillera pas. A peine un frémissement des paupières, le corps qui se décale en direction de la place chaude et vide. Le bruit d’eau dans la cabine de douche, les murs ne sont pas épais dans ces chambres, n’aura pas plus de conséquences sur la mortelle. Elle ne cauchemarde pas, préservée pour cette nuit par la présence rassurante de son compagnon.

La matinée est déjà bien avancée quand un rayon de soleil parvient à transpercer les lourdes tentures qui obscurcissent la pièce. Son pied nu se déplace pour cesser de subir l’assaut de cette chaleur qui perturbe sa température interne. Les yeux embourbés par le sommeil qui peine à reculer, elle finit par bouger dans le lit. Deux secondes. Pas plus, avant que le souvenir de la veille ne la heurte de plein fouet. Les corps suppliciés qu’ils ont dû abandonner à leur atroce tombeau. La liche qu’ils ont détruit. Probablement pas une liche mais pour ce matin ça ira très bien. Elle doit contacter la Nrd sur le champ. Le bureau de Californie viendra nettoyer la scène et s’... Elle bascule sur le côté et se fige.

Il est resté.

Il est resté, il s’est endormi avec elle.

Il a choisi de rester.

Medea se fige et découvre qu’elle ne veut pas qu’il se réveille. Pas tout de suite. Pas si vite. Ces secondes suspendues sont trop rares et trop précieuses. Il s’est endormi à côté d’elle, sa bouche s’assèche. La jeune femme se hisse sur un coude, le plus doucement possible. Même épuisé, elle est certaine que ses réflexes et ses instincts de survie ne sont jamais totalement assoupis. Il est émouvant quand il dort. Elle contemple son visage, ses traits au repos. Elle n’avait jamais vu combien ses cils étaient longs, Medea doit résister à la tentation de passer un doigt sur ses joues pour  éprouver la douceur de sa peau. Il a la respiration calme et sereine. Ses mains sur le drap ne sont agitées d’aucun mouvement nerveux.  En dormant, il a tiré le couvre lit bas sur ses hanches, dévoilant la sécheresse noueuse de son torse, l’alanguissement d’une jambe.  La violence qu’il a subi dans sa chair et dont il garde l’histoire cruelle imprimée dans le derme s’expose à sa vue, sans entrave. Bien sûr, elle les connaît, ces cicatrices, ce n’est pas la première fois qu’elle le voit nu, qu’il soit consentant ou non. Dans un rapport, elle les a toutes cataloguées, cherchant à en connaître les circonstances exactes. C’est différent, ce matin. Parce qu’il est nu dans son lit et qu’il peuple ses fantasmes depuis de trop longs mois. Parce qu’elle se bat avec elle-même pour conserver une distance primordiale à son éthique professionnelle et les buts brutaux qu’elle poursuit et qui ne peuvent être entravés par quelque chose d'aussi trivial que les faiblesses de la chair. Medea s’est encore rapprochée. Ils ont frôlé la mort. Ils sont vivants. Pour combien de temps encore?

è rimasto, ha dormito con lei.

Mantra irrésistible, qui pulse avec chaque contraction de son cœur. Il aurait pu partir. Ses cheveux sombres étalés sur l’oreiller. Ses lèvres trouvent l’apex de son épaule. A peine un souffle évanescent et déjà elle se redresse. Les secondes s’égrainent. Il ne bronche pas. Ne juge pas la transgression. Il dort. Enhardie par ce premier pas, ses doigts s’envolent sur sa peau. Dévastée par cette tentation terrible, ne pouvant se souvenir de toutes les excellentes raisons pour ne pas céder, la pulpe de l’index trouve  la peau fine de son cou, juste sous l’oreille et descend si lentement en direction de son épaule. Elle joue avec la chance et la moralité en s’accordant ses caresses volées. La brune est incapable de s’en tenir là. Son épiderme souple sous son doigt est une goutte de rosée dans l’incendie de ses pensées en déroute. Sa respiration est altérée, elle joue avec le diable et ne saurait y trouver à redire. Surtout quand elle s'éprend de son flanc pour découvrir le renflement plus aigu de ses hanches. Pose sa paume, juste là, à la lisière du drap qui le couvre. Quelques secondes, pas plus. Elle se le promet.
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ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
Gautièr Montignac
Gautièr Montignac
ADMIN ۰ Mignon comme Tchoupi, aussi vnr que Moundir : le Loup d'la Vieille (la chair vivante, c'est gourmang-croquang)
◖ INACHEVÉ ◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  WjqXz0V Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  7dbuIBt Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  A4xF6gr

"C'est une histoire de dingue.
Une histoire bête à pleurer."

En un mot : Meursault d'Occident. Sorel d'Amérique.
Qui es-tu ? :
"J'irais bien voir la mer.
Écouter les gens se taire."

◖◗ Homme du pays occitan, dans le Sud de la France. Né au cœur des Pyrénées aux sommets blanchis, entre le soleil et la rocaille du mois de juillet 1898.
◖◗ Loup-garou Bêta condamné à fuir famille et village, jeté sur les voies forestières d'un exil, des frontières d'Espagne aux vallées de Lozère. Voyageur infatigable, jusqu'au Nord de la France et la côte est américaine.
◖◗ Relation d'amour et de haine pour cette France ingrate. Son sang a coulé pour des généraux dont le pied n'a jamais foulé le no man's land de la Grande Guerre. Membre d'un réseau clandestin dans les années 40.
◖◗ Rêveur misanthrope à la philosophie d'un autre temps. Passe sans mal de l'empathie au jugement, de la tolérance au dégoût. Aide lorsqu'il le peut. Tue quand il le doit. Bestiole dans le crâne qui commandite d'étranges désirs.
◖◗ Homme à tout faire : capable de nettoyer les chiottes, de garder un musée, de balayer la rue ou de tenir une caisse. Prédilection pour les postes de serveur, aidé par ses hanches étroites et ses bras solides. Poste d'observation privilégié pour tous les comportements humains et non-humains.
◖◗ Rebut. Incapable de s'adapter pleinement à une meute. Chaque tentative se solde par un échec plus ou moins pénible. Solitaire, se protège derrière la barrière de mensonges qui résistent encore aux outrages du temps. Prétend n'être rien d'autre que la Bête du Gévaudan. S'en convainc parfois, ou bien d'être un descendant.
◖◗ A subi les affres du sang et de la rumeur capable de frapper tous les bourgs et hameaux des campagnes profondes. Accusé de crimes qu'il n'a pas commis. N'a jamais eu l'occasion de racheter son honneur parmi les siens.
◖◗ Amant de Mei Long, poupée chinoise de sang royal. La rencontre entre deux écorchés de la vie, entre deux psychés abîmées, vouées à toutes les folies et aux errances mortifères dans les bois du Maryland.
◖◗ Poursuivi par des flics qui n'ont pas pour habitude de lâcher prise. Connu des autorités américaines depuis les années 70. En cavale permanente. Passé maître dans l'art des identités plastiques, artificielles. Espère trouver à Shreveport l'abri de la dernière chance, en incorporant les rangs de la meute. Tueur de flics et de femmes. Traqueur traqué de Medea Comucci.
◖◗ Mélancolique. Dans ses bons jours, capable de déceler la beauté dissimulée derrière tous les aspects de l'existence. Amoureux d'Histoire et de littérature, lecteur infatigable de Camus et de Céline.
◖◗ Dérangeant. Par ses regards perçants, par ses paroles sans filtre, par ses rires grinçants : inadapté, mais sympathique, si son interlocuteur s'y prête.

◖BÊTE DU GÉVAUDAN◗

Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  S6v5sWR Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  N1Hqv8C Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  TlIINL9

"L'a pas tellement changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue.
La mentalité est la même.
Tous des tocards, tous des faux culs."

Facultés : ◖◗ Faiseur d'histoires. Capable d'inventer mythes et récits sans effort. Charmant ou effrayant tour à tour. Se réinvente sans cesse, personnage protéiforme.
◖◗ Passé maître dans l'art de dissimuler un corps et d'en ôter la vie. Tous les moyens sont bons.
◖◗ Sait comment survivre face au froid, à la pluie, à la grisaille et à la brume, aux mers, aux monts et aux coups bas. Aux morsures, aux traîtrises, aux caresses, aux promesses.
Thème : Le Fleuve ◖◗ Noir Désir
Alla fine, rimane solo l'oscurità ~Gautièr~  L4AOxKs
◖MINDHUNTER◗

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"Je vais les rues je vais les lieux où on ne m'attend pas. Ceux que je croise au fond des yeux, non, ne me voient pas. Je parle à des gens comme moi qui n'ont l'air de rien. Des esclaves en muselière qui n'en pensent pas moins."

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Dim 10 Déc - 3:40 (#)


Le temps ne fait rien à l'affaire
Il ne la devine pas tout de suite. Elle a raison. Ses réflexes auraient pu l’inciter à émerger bien plus rapidement. Toutefois, la régénération, la chasse de la nuit, la tension qui le tance régulièrement, a enfoncé le garou dans les affres d’un sommeil plus profond qu’à l’ordinaire. Totalement détendu, son souffle plus profond que jamais confère au dormeur une expression si paisible qu’on aurait peine à croire à la confrontation hideuse qui les a opposés à la goule. Peut-être sait-il également à quel point il ne risque rien, aux côtés de Medea. Ils sont loin de ses bourreaux new-yorkais. Le seul avantage de la Californie réside en cette pause qui lui convient parfaitement. Il préfère encore ces grands espaces inconnus, dont l’odeur ne lui plaît pas, aux buildings de la Grosse Pomme dans les tréfonds desquels il passe le plus clair de son temps. Elle ne lui fera rien. Elle n’est pas brutale avec lui, ne l’a jamais été. Même au plus fort de leurs disputes et de leurs mésententes, il lit dans le non-verbal de l’Italienne le plus souvent comme dans un livre ouvert. Son agressivité rentrée ne se manifeste pas autrement que par des attaques rhétoriques dont certaines, particulièrement acides, parviennent régulièrement à faire mouche. Ou du moins, à toucher une part de lui qu’il n’aime pas la voir chatouiller de trop près. Ce qu’il s’est produit, quelques heures plus tôt, change la donne pour au moins un temps. C’est ce qui l’a incité à sombrer sans trop se poser de questions. C’est ce qui transforme un réveil brutal en émergence douce, au fur et à mesure que le toucher de Medea se fait plus récurrent, jusqu’à frôler des points si sensibles qu’il ne pourrait faire autrement que de les percevoir sans difficulté. Pour autant, il n’ouvre pas tout de suite les paupières. Il étudie. Elle n’a pas rallumé les lumières : il devine l’ombre toujours présente, malgré la lumière zébrant une partie du lit. Il sent son odeur, et même si le chimique du savon utilisé embaume toujours, celle de l’humaine surnage davantage. Plus agréable. Elle sent le lit, et la torpeur, le repos inachevé. Et quelque chose d’autre.

Un sourire effilé se dessine au coin de ses lèvres, si discret qu’on pourrait croire à une simple illusion, créée par la semi-obscurité. Le poids de la main féminine sur sa hanche le trouble. C’est un endroit incongru, pour une telle imperceptible caresse.

« Vous êtes définitivement l’humaine la plus curieuse que j’aie jamais rencontré. »

Il se pose automatiquement comme un surnaturel, dénué de cette humanité qu’il contemple dans tout son excès, sa profusion, sa fragilité, chez la Comucci. Il ne s’agit pas de la moquer. Plutôt de s’amuser de cet intérêt qu’elle lui porte, et qu’il ne parvient pas à comprendre complètement. Lorsqu’enfin il ouvre les yeux, le jade tombe sur une Medea à l’allure plus juvénile qu’à l’ordinaire. Loin de ses tenues élégantes ou pratiques, le large t-shirt qu’elle a enfilé, et qui révèle largement son épaule nue, confère à la profiler une imagerie inédite, dont il se gorge des détails. Lui n’a pas bougé. Ses prunelles fondent en contrebas, sur la main étrangère. Un soupir. Il ne témoigne pas de son agacement. Patient, ainsi qu’en tant que Bêta il le serait avec un chiot de sa meute en quête de jeu et d’effusions sociales, il ne la chasse pas. C’est lui, plutôt, qui s’ingénie silencieusement au départ, avant de le verbaliser clairement.

« Je n’aurais pas dû rester, après l’aube. » Il déclame sur un ton las, presque neutre. Ça ne lui coûte pas forcément, d’être resté. Il se souvient de la détresse muette de Medea, la veille au soir. Cette manière absurde de laisser les lumières allumées. Le petit chaperon rouge a eu tellement peur qu’il a préféré dormir auprès du loup. Un comble. Il ne fait d’ailleurs pas mine de bouger. Ni de la toucher en retour. Il la regarde. Longuement. Calmement. Il s’étonne presque un peu de sa propension à se montrer si tactile. Il a compris, comme elle aimait se blottir près de sa forme animale. Timidement, pour l’heure. Mais les premiers gestes sont là. Cette façon de plonger ses doigts dans le pelage. De lui adresser cette demande aux antipodes de la fierté habituelle de la jeune femme.

« Vous vous sentez mieux… ? »

La demande est sincère. Il la fixe sans détour, de la même manière que sous ferus. Pas de faux semblants. Il prend une longue inspiration, marqueur du sérieux absolu qui l’habite, lorsqu’il professe : « Vous allez devoir prendre un peu de temps, pour digérer tout ça. Déjà, la Californie… puis, ce que vous avez vu. N'en sous-estimez pas l’impact. Vous n’auriez jamais dû voir une chose pareille. » Il en est presque désolé. L’Arkansas, ce n’était rien. Rien, en comparaison. « Ce genre de créatures appartient d'ordinaire aux endroits les plus reculés. Plus les années passent, plus il leur devient difficile d’éviter les hommes. La civilisation. Les rencontres sont inévitablement abominables. » Il leur épargnera à tous les deux le : « Je vous avais prévenu. » Il n’en ressent même pas le besoin. Elle sait. La leçon est désormais gravée à la dure, et ne ressortira plus jamais du code génétique de Medea. Sa voix reste douce. Il chuchote presque, pour ne pas briser l’atmosphère cotonneuse de la chambre, malgré le sujet sordide qu’il aborde. « Je suis désolé, pour vos collègues. Même s’ils n’appartenaient pas à la même circonscription. » Il devine, le poids du choc post-traumatique. Toutes les questions qui afflueront, jusqu’à peut-être même effleurer la culpabilité du survivant. Il sait déjà ce qu’il lui répondra. Ces deux agents n’avaient pas la chance de disposer d’un CESS comme binôme. Tant de choses auraient pu arriver, s’il n’avait pas, parfois, surveillé les arrières de l’Italienne. Lentement, il s’étire, se retenant de s’allonger sur le dos afin de ne pas déranger sa paume. Il fait jouer ses omoplates comme ses épaules, sans rien brusquer, fixant bientôt le plafond.

« Vous vous êtes bien défendue. »  

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Le Temps qui reste

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Sugar Mommy, la randonnée c'est ma vie (et mes collines ne demandent qu'à être explorées)
Medea Comucci
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En un mot : Humaine. Profiler pour le FBI et consultante pour la NRD
Qui es-tu ? : A cinquante ans, je rassemble les bris de ma carrière explosée dix ans plus tot. Travailleuse acharnée, animée par un désir de vengeance qui me couple le souffle. Je ne m'arrêterais que lorsque ma Némésis sera morte ou sous les verrous. En parallèle, à la tête d'une cellule spéciale, je suis chargée d'incarcérer les CESS qui s'imaginent au dessus des Lois.
Facultés : J'attire les ennuis. Très facilement. Et souvent, je vais à leur rencontre.
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Lun 11 Déc - 12:00 (#)

C’est un jeu mental qu’elle joue, sans se soucier des conséquences et encore moins des convenances. Combien de temps avant qu’il ouvre les yeux? Avant qu’il reconnaisse qu’il est éveillé? Medea n’est pas bernée par le calme de son corps ou de sa respiration au repos. Il ne peut pas ignorer la danse de ses doigts sur sa peau. Il est probablement sorti du sommeil depuis au moins une demi minute. Ce hiatus, la douceur de ce silence matinal ne lui pèse pas. Pas plus que le caprice tactile qu’il lui permet. De cela non plus, l’italienne ne doute pas. Si le Lycanthrope ne désirait pas être touché, il ne le lui permettrait pas. Avec une grimace interne, elle change son optique. Il ne le désire peut-être pas. Le tolère serait plus réaliste.  

Il n’a pas soulevé les paupières quand il rompt le silence d’une remarque qui n’a rien de piquante. Il ne fait que souligner un point bien établi entre eux de son caractère. Un jour, cette curiosité la tuera, il s’est fait Oracle plusieurs fois sur ce sujet. Plus important pour elle, il n’a pas délogé sa paume sur sa peau. Cela lui aurait été facile, pourtant. Un simple mouvement pour se redresser ou basculer sur le flanc. Pas même besoin de le souligner concrètement.  -Il y a encore trop de choses que je ne connais pas, dont je n’ai pas fait l’expérience.

Elle n’essaie même pas d'être subtile. N’est ce pas le propre de l’humanité de se soucier des conséquences lors d’un plus tard hypothétique? Puisqu’il vient de rappeler sa propre nature en dehors des règles qui la régissent elle. Il n’est pas Humain. Un demi-sourire éclaire son visage. Croit-il vraiment qu’elle puisse l’oublier? Il se décide à ouvrir les yeux, lui offrant l'émeraude claire de son regard. Elle le surplombe légèrement dans sa position, sans pour autant établir une dominance. Le sourire de l’italienne se dessine de manière bien plus marquée à sa remarque. -Je ne regrette pas que tu sois là. -C’est délibérément qu’elle refuse le vouvoiement dont il pare leur échange. Une affirmation. Il n’y a ni timidité ni hésitation. Elle accentue sa déclaration par d’infimes cercles concentriques de la pulpe de son index sur l’os saillant. Il est resté de sa propre volonté. Elle ne lui a pas imposé, pas même demandé. -Pourquoi tu es resté? -Le plus simple moyen d’avoir une réponse est parfois de poser directement la question au lieu de danser autour.

Ha. Par sollicitude pour elle, semble indiquer l’interrogation suivante. Ce n’est pas de la politesse. Ils se dispensent de ce genre de platitude. Leur relation houleuse ne permet pas de s'attarder aux ronds de jambes. Le perçant de ce regard la trouble plus qu’elle n’est prête à l’admettre. Il s’en soucie vraiment. Elle hoche la tête en signe d’affirmation quand il poursuit. La brune cligne des yeux, un brin éberluée. -Tu parles beaucoup, ce matin. -Ce n’est pas une critique. Elle en est étonnée. Elle aurait cru qu’il avait besoin d’une bonne dose de caféine avant tout. Ce sont ses lèvres qui la captive. Bien plus que les mots qu’il prononce. Le ton de sa voix. Sérieux, bienveillant. Puis enfin le sens, qui la ramène à lui. Est ce qu'il s’inquiète pour elle? Il ne se moque pas des peurs de la veille. Ne réduit pas la violence de leur rencontre aux hasards de leur enquête. Ne lui assène pas qu’elle va devoir s’endurcir pour affronter les cas encore à venir. -Je prendrais peut-être quelques jours de repos, une fois que nous serons rentrés à New-York. -Concède t’elle.

Pas beaucoup. Peut-être deux ou trois, pas plus. Ce n’est pas qu’elle n’en ait pas les moyens, c’est qu’elle n’a plus confiance en ses collègues ou sa hiérarchie dans leur traitement du Loup. L’idée pourtant d’une escapade en Floride, profiter d’une île des Keys et du calme de l’océan lui mords le ventre d’envie. Sauf qu’après avoir éloigné le Lycan de la ville, le Pasua n’allongera pas si vite une seconde la laisse du Lycanthrope. Elle ne supporterait pas qu’un autre ambitieux profite de son absence pour poursuivre les tests dont elle a imposé l'arrêt. -Personne ne devrait être confronté à ca. Et encore moins le subir. Nous avons au moins pu mettre un terme avant d’autres victimes. Il y aurait eu d’autres morts, c’est une évidence. Elle avale sa salive. Le bureau de Californie va devoir prévenir la famille des deux agents. Leur mentir. Elle est soulagée que ce ne soit pas sa responsabilité. Elle n’a pas envie de creuser ce qui s’est passé la veille. C’est trop tôt, trop à vif, trop laid. Ce n’est pas ce qui l'intéresse le plus alors qu’il allongé nu à un souffle d’elle. Encore moins de songer aux autres créatures dont l’existence est un murmure affolé dans les légendes. C’est pourtant la mission principale de la Nrd, protéger les populations ignorantes et innocentes de ce genre d’horreur.

Medea incline légèrement la tête vers lui. Il a beau professer son manque d’humanité, d'intérêt pour  les humains, il lui en reste assez pour ressentir de l’empathie, de la compassion. C’est terriblement égoïste, de ressentir du soulagement parce qu’elle ne les connaissait pas. De ne pas devoir faire le deuil d’agents dont elle aurait croisé la route. -Nous n’aurions rien pu faire de plus. - Faux. Elle était vivante. L’autre agente était encore vivante. Le dos de l’italienne est soudainement douloureux. Elle était encore vivante, et elle est morte parce qu’elle n’a pas été assez efficace. Assez rapide, assez… Pas assez. Sur la peau du loup, les ongles se referment légèrement sur son épiderme avant qu’elle ne prenne conscience de son geste et s’oblige à déposer ses doigts à plat. Est ce que l’autre femme etait encore saine d’esprit? Ou n'était elle plus qu’une enveloppe charnelle maintenue en vie par un muscle mécanique?

Elle replie le coude, se laisse tomber sur le matelas, délibérément plus proche de lui. A sentir la chaleur de son bras frôlant le sien. Position jumelle, miroir Puisqu’il porte son regard au plafond, elle ne se gène pas pour dévier le sien sur son cou, sur la ligne suave de ses épaules. Les muscles noueux de son torse. Elle ne veut plus parler. Ne veut plus de ce sujet de discussion. Il a des dents et des crocs, ce sujet. Alors son autre main rejoint la première. Qu’importe si la position n’est pas idéale pour ses bras, le poids de son corps sur l’épaule enfoncée dans le matelas. C’est bien suffisant pour que ses phalanges s’égarent sur la gorge qu’elle contemplait un instant plus tôt. Caresses lentes qui descendent vers son épaule. Pour recommencer, de la mâchoire à  la pomme d’adam.  Jusqu’à ce qu’il reprenne la parole. Elle ferme les yeux devant la langue de rage impuissante qui monte et reflue. Il peut tout lui  dire mais pas ça.  Ce n’est pas de repos, mais d’entrainement dont elle a besoin. Pas d’aller s’étendre au soleil sur une plage, mais de s’épuiser sur un tatami ou une salle de boxe. Elle était trop lente. Ses sens pas assez affûtés. Elle a manqué de précisions dans ses coups. N’a pas osé tirer quand elle aurait dû. Elle a passé trop de temps à se reposer sur ses acquis et ses certitudes. Dès qu’ils rentrent en ville, elle ne se permettra plus de complaisance. Sa forme physique sur le trail laissait plus qu’à désirer. Il faut qu’elle se muscle bien plus. Travaille davantage avec  la plus lourde de ses chaînes.

-J’ai pas besoin que tu me consoles avec des platitudes. -Le timbre sec de sa voix tranche avec le calme de celle de son compagnon. Cet éclat n’est pas destiné au français. Il est entièrement tourné vers elle-même. -Tu crois que je suis aveugle au point d’ignorer ce qui se serait passé si tu n’étais pas intervenu? Ce n’est certainement pas “bien se défendre”.

Merde. Pourquoi est-ce qu'ils sont encore en train de discuter, exactement? Elle aurait du le faire taire dès qu’il a ouvert la bouche avec son putain de vouvoiement à la con. Elle se penche vers l’homme qui lui fait face et embrasse la peau si sensible de son aréole. Un baiser sans timidité mais qui lui laisse tout loisir de s’écarter, ses mains sont posées sur lui, elles ne le retiennent pas. Le voile fin de ses cheveux dissimule son visage. Ils s’égarent sur sa peau alors qu’elle l’embrasse à nouveau, juste à côté de la première pression de ses lèvres.
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