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Bad Dreams (are made of this) | Orihime & Alexandra

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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
Alexandra Zimmer
NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable romancière pleine de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand

Pseudo : Achab
Célébrité : Rooney Mara
Double compte : Elinor V. Lanuit & Inna Archos
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Crédits : Lyrics: Nick Cave & The Bad Seeds ; Avatar: @vestae-vocivus
Mar 27 Juin - 23:31 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

Mansfield, 11 Décembre 2021. Trois heures du matin.

La nuit était froide et inanimée.
J’étais la seule créature vivante debout.

Dès le crépuscule, les rues se vidaient ces jours-ci. La folie qui s’était emparée de Shreveport, étranglait le quartier populaire dans un silence de plomb. Même le vent était muet. Entre les hauts immeubles aux lueurs éteintes, ne subsistaient que les ténèbres malodorantes d’une ville en train de pourrir debout ; les relents rances d’une lente asphyxie. Au-dessus des bennes à ordures que personne n’avait vidé, planait plus que la puanteur de la nourriture décomposée, mais aussi celle de la peur qui collait à la peau, aux tissus et aux esprits ; elle saturait aussi l’atmosphère et broyait les tripes dans une emprise invisible et cruelle.

Autour de moi, tout était vide. La route à mes pieds n’était qu’un serpent d’asphalte refroidi, sur lequel nul véhicule ne s’était plus risqué depuis des heures. Derrière moi, culminait la haute silhouette symétrique d’un immeuble aux fenêtres barricadées avec, en contrebas, une enfilade de parkings vides où s’envolaient de rares sacs de plastique morts. Un vieux lampadaire tremblotait au-dessus de moi. Il émettait à intervalles réguliers, un bruit de statiques, et le trottoir sali de tâches noirâtres palpitait de lueurs intermittentes, à la manière d’un cœur à bout de souffle. Un papier froissé oscillait à côté, dans le caniveau sali de mégots.

J’attendais depuis dix minutes. Dans cette pénombre, seule ma clope m’éclairait : un cercle de braises fixes à hauteur de la bouche, dont certaines chutaient parfois contre mes chaussures, avant de s’éteindre comme des étoiles déchues. Le ciel aussi avait abandonné la ville. La lune était absente, voilée par l’éternelle couche de pollution stagnante, et les étoiles étaient masquées par les blocs de béton sale ; pour peu que ces astres existent encore. J’ai frissonné. En dépit de l’absence de bourrasques, l’atmosphère avait salement refroidi, et mon manteau d’un noir uniforme, acheté à pas cher, laissait échapper en partie la chaleur de mon corps.

Un froid, que mon impatience compensait. Je me balançais d’un pied sur l’autre, non à cause du stress, mais saisie d’un besoin d’action, pareille à une fièvre qui m’interdisait de rester totalement immobile. J’attendais mon rencard : Joō. Le lieu de rendez-vous avait été décidé d’avance, tout comme le plan d’action ; voilà une heure de ça, son dernier texto avait confirmé le début de l’opération nocturne. Jamais je n’avais participé à de tels enjeux  ; tout au plus, avais-je assisté ma mère dans l’une de ces folies stériles. Or cette nuit, nous allions craquer une allumette, qui allait peut-être faire exploser le baril de poudre qu’était Shreveport.

J’ai expiré une orbe de tabac. Ma main droite serrait et desserrait impatiemment la cagoule noire qui pendait mollement, quand la gauche elle, caressait les anses usées d’un petit sac de sport ; à l’intérieur, attendaient un simple pinceau et un pied-de-biche en métal. Mon téléphone reposait à l’intérieur de ma veste. J’avais opté pour des vêtements d’un noir uni, impersonnels et achetables dans n’importe quelle boutique, tout comme mes chaussures noires d’un passe-partout des plus déprimant. Rien de distinctif.

Joō. Hm.

Ma consœur s’était montrée très claire là-dessus. Je n’avais plus qu’à attendre l'âme damnée qui marchait avec moi sur le sentier des cendres.

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Your soul is mine
Orihime Hasegawa
Orihime Hasegawa
Your soul is mine
ASHES YOU WERE

En un mot : Une reine dans l'ombre
Qui es-tu ? : ⛧ Cheffe yakuza qui a mérité sa propre branche dans le règne familiale.
⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

⛧ Bilingue anglais/japonais
⛧ Ceinture noire de Jissen karaté, manie les armes à feu et le katana.
Bad Dreams (are made of this) | Orihime & Alexandra Pyhc
ASHES YOU WILL BE

Pseudo : Ori
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Ven 30 Juin - 12:04 (#)


10 décembre 2021 ⛧ ~23h


Il y a encore des clients chez Kuckrow & fils. Il faut dire que les récents événements ont été sources de dégâts collatéraux parfois mortels. Outre les victimes des organisateurs de cette traque secrète, il y a aussi les prises d’initiatives d’un camp ou de l’autre. Les agressions spontanées se sont multipliées, amenant avec elles un certain lot de décès.

Dès que les dernières personnes endeuillées quittent l’établissement, tout se passe très rapidement. Un SUV noir déboule en face de la bâtisse construite d’un seul tenant. Les portières claquent, quatre hommes en tenue sombre et cagoulés en déferlent d’un pas quasi militaire. Chacun enclenche le chargeur de son fusil automatique d’un geste sec, puis tire la culasse pour pousser la première balle dans le canon. Clac-clac. Les propriétaires, y compris la matriarche immortelle, ont à peine le temps de comprendre ce qui se passe que les rafales pulvérisent la devanture. Une grêle de munitions en argent foudroie le commerce, désintégrant la vitrine et ne laissant aucune chance aux individus à l’intérieur. Le tonnerre cesse de gronder lorsque les gueules de métal s’assèchent. Les hommes remontent alors dans leur véhicule aux plaques factices et disparaissent dans un gémissement de pneus.

Chez elle pendant tout ce temps, entre deux amants fougueux débridés au champagne et aux stupéfiants, Orihime reçoit un sms de son second. Elle le consulte distraitement, intimant à ses partenaires de ne pas interrompre leur besogne. C’est fait. Le message, court, la fait partir dans un ricanement à la fois extatique et sardonique. Elle repose son téléphone et mord à pleine dents dans la chair d’un de ses amoureux d’un soir. Il en saigne et râle d'aise, elle rit de plus belle.


Nouvelle nuit, nouveau méfait. L’engeance est bien décidée à ne laisser aucun répit à une Shreveport déjà mutilée par foule d’actes barbares. Le coup de la veille n’était qu’un passe-temps à l’italienne, comparé à ce qu’elle projette aujourd’hui avec sa complice. Les yakuzas ont observé le cabinet pendant une petite semaine, afin d’en connaître les habitudes : ils ont une bonne vision de qui entre et sort, à quelle heure, dans quel véhicule, avec quel café, et peuvent même nommer ceux qui se mettent les doigts dans le nez quand ils se pensent à l’abri des regards. L’heure de l’action est venue. A l’arrière d’un 4x4 aux vitres teintée, Orihime s’assure par téléphone que tout est en place. Devant, une fourgonnette banalisée ouvre la route, destinée à transportée leur prisonnière une fois celle-ci cueillie au milieu de la nuit. Elle bifurque au croisement convenu tandis que l’engeance se rend au point de rendez-vous fixé avec Alexandra.

Elle porte encore son masque hannya, ainsi qu’une tenue noire prévue pour être passe-partout sans être grossière. Son sabre fétiche est posé droit à ses côtés, un glock rassasié de balles en argent est dissimulé dans un holster, sous sa veste. Son chauffeur ralentit aux abords d’un parking dégueulasse, dans un quartier populaire muselé par l'actualité. Une silhouette sombre au visage illuminé par la lueur rougeoyante d’une cigarette l’attend. Sourire carnassier sous le persona. La voiture marque l'arrêt de façon à ce que la complice n’ait qu’à saisir la poignée de la portière pour s’introduite à l’arrière, aux côtés de la reine autoproclamée. Ses doigts gantés d’un fin cuir luisant pressent les touches destinées à faire taire son smartphone.

- A partir de maintenant, éteignez votre téléphone si ce n’est pas fait, ordonne l’engeance sans s’encombrer des salutations d’usage. Vous avez bien une montre ?  

Indispensable pour se coordonner. Sur le papier, le plan est simple, mais Orihime a aussi prévu deux voitures de soutien, censées intervenir si jamais la situation leur échappe. Elle tend à Alexandra une oreillette, similaire à celle qu’elle fixe à son lobe dégagé par un chignon impeccable. De l'index, elle active les communications et s'adressent à ses hommes, munis du même appareil.  

- Ici Joō. Synchronisation des montres, et on y va.

Que la partie d’échec des démons commence pour de bon.
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
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- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
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Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
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Mer 5 Juil - 22:49 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

Dans l’obscurité, le bruit d’un moteur a crevé le silence.
Joō était là.

J’ai aperçu, à travers les fumerolles de tabac, la carrure massive d’une Jeep louvoyant dans les rues désertes de ce quartier asphyxié par la peur. Un frisson d’adrénaline a escaladé mon échine. J’ai ressenti de nouveau cette anticipation avide, similaire à celle qui m’avait saisi avant le massacre du Gilbert Drive ; une sensation mordante, composée d’une foule de pulsions violentes, qui allaient de pair avec une montée d’adrénaline. Cette tempête à venir naissait dans les profondeurs de mon âme, où le démon ne sommeillait que d’un œil, apportant avec elle les souvenirs subliminaux des entrailles à l’air et des membres déchiquetés pendant une rave party. J’ai fixé ma main qui tenait la clope ; elle tremblait. Non d’appréhension, mais bien d’impatience, comme un molosse infernal, à qui on allait bientôt ôter la muselière fermée depuis des années.

J’ai aspiré la dernière bouffée de tabac.
La Jeep s’est arrêtée en parallèle du trottoir ; j’ai ouvert la portière et je suis montée.

À l’intérieur, tout était sombre. Seules les lueurs tamisées du tableau de bord conféraient à l’espace de cuir et de vitres teintées, un faible halo rompant la monotonie des ténèbres. J’ai vidé lentement mes poumons. Inspiré l’air, où flottait des effluves de désodorisant et de tabac. À côté de moi, Joō, masquée une nouvelle fois, s’épargnait des politesses pour passer directement à l’essentiel du plan d’action ; moi, je me suis forcée à calmer ma respiration et ma tension. Parler des choses concrètes m’aidait. J’avais l’impression d’être cette bête affamée, les muscles parcourus d’électricité, que l’on baladait enchaînée dans le coffre, avant de la lâcher sur des victimes toutes désignées. Je me suis calmée. Je n’avais pas envie que ma consœur prenne cette tension qui m’habitait comme une marque de faiblesse ; c’était, en réalité, loin d’être le cas.

L’adrénaline a reflué.
Une sensation d’insatisfaction l’a remplacé.

« Ouais, j’ai. » Une vieille montre de sport, dont j’avais remplacé les piles en prévision de ce soir. J’ai extirpé mon téléphone de la poche de mon jean pour l’éteindre, avant de récupérer l’oreillette que me tendait Joō.

Je l’ai coincée dans mon oreille et synchronisé ma montre selon ses instructions. C’était nouveau tout cela. Non seulement cette opération clandestine et armée, mais aussi le fait d’obéir aux directives d’une autre personne que moi-même ; je supportais mal l’autorité, et pourtant, j’étais assise dans cette Jeep aux côtés de cette femme tenant les rênes de l’opération. Je n’en ressentais aucun malaise. Quand l’autorité de ma mère m’avait toujours hérissé le poil, l’alliance avec Joō exigeait des compromis que j’étais prête à faire ; c’était elle l’expérimentée, pas moi. Elle avait les moyens. Elle avait les hommes obéissants. Elle avait aussi une vision du monde prédatrice et sans scrupules, qui se mariait assez bien avec mon cynisme désabusé.

L’association promettait d’être saine et instructive.
Ouais, on verra bien.

La Jeep avançait à une allure soutenue. J’ai fait abstraction du panorama urbain au-dehors, ouvert ma veste, et extirpé une paire de gants noirs, épais, que j’avais tassé dans une poche intérieure. Je devais être prête à mon tour. Je me suis relaxée, les yeux clos, tandis que la métamorphose s’éveillait du fond de mes entrailles, et remontait, cliquetis par cliquetis, dans les canaux nerveux et les nerfs, comme une marée qui monte. J’ai orienté le flux de violence contenu vers mes épaules, puis mes bras, qui ont commencé à craquer et à se convulser sous mes vêtements. Bien vite, les os ont éclaté, remplacés par des canaux de chitine cuirassée qui, à leur tour, ont détruit les muscles et réorganisé les nerfs selon un nouveau schéma mécanique.

Je m’améliorais. La métamorphose s’est diffusée à toute allure. Mes bras ont été pris de spasmes, comme la chair était soulevée par des structures à la fois flexibles et solides, pareilles à des câbles d’aciers. La peau a craqué, puis des morceaux ont commencé à se déchirer, laissant apparaître la chitine brillante en dessous ; j’ai terminé de peler les lambeaux de chair au-dessus de mon sac ouvert, pour ne pas saloper les tapis. J’ai activé une à une ces serres crochues qui me tenaient lieu de mains ; la structure de chitine s’est animée en cliquetant, dans un mouvement d’une précision meurtrière. Une fois satisfaite de cette transformation, j’ai ajusté les manches de ma veste, et enfilé les gants pour cacher la chitine brillante en dessous.

J’ai jeté un coup d’œil vers ma consœur, pour étudier sa réaction. Bien sûr, elle avait déjà vu le résultat de la métamorphose, mais jamais l’honneur d’y assister en direct ; quant à ses hommes, aucun n’était au courant, et c’était sans doute mieux ainsi. J’ai levé le menton vers elle en lâchant, nonchalamment.

« Comment vont les pompes funèbres ? »

Probablement dans leurs cercueils. Durant un court instant, les traits de pierre de cette vampire, que j’avais rencontré au Voodoo Café voilà bien trois ans de cela, se sont imprimés dans ma mémoire. Trois ans. C’était une autre époque et une autre vie. Du temps où une Alexandra humaine arpentait les bars, dans l’espoir de chasser les insomnies qui minaient ses nuits ; elle ne les a jamais chassées en vérité, elle est morte avant.

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⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

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Mer 12 Juil - 23:52 (#)

La voiture se met en route. Ses prunelles obscures observent sans les voir les lucioles artificielles des lampadaires qui défilent. A ses côtés, Alexandra ouvre sa veste pour en sortir une paire de gants, puis s’attaque à sa transformation. L’Oyabun n’est ni répugnée, ni dérangée, ni effrayée… elle est fascinée. Le craquement des os, le claquement des tendons, le froissement de la chair qui se déchire ; une musique aussi singulière que captivante. Elle a vu les spasmes, les lambeaux de peau, une douce horreur portant l’évidente signature des démons. Un sourire se cache sous le masque de l’engeance, qui s’amuse par ailleurs de la question nonchalamment posée.

- Mauvaise journée hier, leur commerce a pris du plomb dans l’aile.

Pince sans rire, elle ne laisse pas échapper le moindre ricanement. Elle attend de voir le résultat de cette mèche allumée, supposée contribuer à dynamiter l’équilibre fragile de la métropole. Car le sort funeste des Kuckrow est un excellent prélude au plan de cette nouvelle nuit. Les humains ne le sentent pas ; même les autres CESS, aveuglés par leur nombrilisme, ne le sentent pas. L’horloge tourne. Cette pression écrasante qui asphyxie l’atmosphère, ce sort qui arrive, prêt à broyer Shreveport…

« Cible récupérée. On prend la direction du point de livraison. »

La voix dans l’oreillette est froide, directe, pragmatique. Orihime glisse une œillade à sa complice et répond :

- Parfait. On approche.

Le SUV noir avale les derniers mètres dans les rues désertées par la population. Les croquemitaines rôdent, les moutons se terrent dans leur enclos. Le véhicule s’immobilise dans un voile de ténèbres, un croisement avant leur destination. L’ambiance est lourde comme un soir d’orage. Le moteur tourne toujours, le chauffeur attend simplement de se synchroniser.

- Quand on y sera, la fenêtre sera de 3 minutes à partir du moment où elle sort du camion, rappelle l’engeance. On arrive, on frappe, on disparaît.

Il faut que ça ait l’air pulsionnel et choquant, pour que l’idée d’une mise en scène n’effleure même pas l’esprit des autorités. C’est aussi une bonne durée pour agir efficacement tout en réduisant les risques d’une intervention inopportune. La ville est sous tension, le contact d’Orihime à la SPD l’a avertie que des patrouilles sillonnent le territoire aux heures les plus sensibles. Il n’a malheureusement pas pu lui fournir les tracées précis, mais grâces aux observations préparatoires des yakuzas, elle a une estimation des horaires de passage. Ceux-ci sont trop irréguliers pour constituer un référence viable.

« On est là. »

- Sāikō.

Le SUV repart, il tourne dans la rue et vient s’arrêter devant le cabinet Janowski, pile en face du van transportant leur captive. C’est désormais à Alexandra de jouer, l’Oyabun ne quittera pas le véhicule aux vitres teintées. Grâce à l’oreillette, elle continue de distribuer les instructions à son équipe de terrain, en japonais désormais :

- Guetteurs, en poste. Si les rats arrivent, prévenez-moi et soyez prêts à les retenir.

Ce serait tellement dommage que les flics gâchent la fête. Orihime croise les jambes et attend : pour l’instant, elle n’a plus rien d’autre à faire que de se délecter du spectacle…
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
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- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

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Dim 16 Juil - 23:39 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

On approche.
Les battements de mon cœur ont redoublé.

J’étais transie d’impatience. Un brusque frisson a électrifié ma colonne vertébrale, quand des filets de sueur dévalaient mon échine pour être absorbés par l’épaisseur du pull en laine. J’ai commencé à avoir chaud. Une sourde excitation s’est emparée de tout mon corps, comme si nous nous apprêtions à donner le coup d’envoi de l’évènement le plus déterminant de l’année. Je me sentais euphorique. Comme une lycéenne se préparant à recevoir son plus haut diplôme, ou rencontrer son premier rencard ; un enthousiasme féroce palpitait dans mes tripes. Aussi mordant que soit celui-ci, mon esprit était pourtant d’une parfaite clarté. J’étais prête à me prouver à moi-même, autant qu’à mon Père, que j’avais l’ambition, la folie et la lucidité de m’extraire de ma condition humaine, et du marasme émotionnel de l’ancienne Alexandra.

Adieu la déprime.
Adieu l’hésitation.

Bonjour massacre.

Un afflux de dopamine a balayé toute autre considération parasite. Mon rôle m’est apparu avec une netteté absolue, autant pour cette nuit, que durant les semaines à venir ; je savais qui j’étais, je savais ce que je devais accomplir. D’une main assurée, j’ai vérifié une dernière fois l’ajustement des gants et des manches de mon manteau, indispensables pour dissimuler ma véritable apparence aux yeux électroniques des caméras accrochées à la façade de Janowski & Associés. Anna serait ravie. Un choquant spectacle de racisme anti-humain pour alimenter la machine infernale de sa notoriété cynique. Je ne l’avais pas prévenu, mais cela n’avait que peu d’importance : elle avait toute ma confiance pour exploiter un tel évènement.

J’ai hoché la tête à l’attention de Joō. « Trois minutes. Yes m’dame. »

Trois minutes pour un meurtre. Ça sonnait juste.

Notre SUV s’est arrêté un instant. Il a redémarré aussitôt après l’ordre de ma partenaire de crime, qui orchestrait toute cette opération derrière son masque cornue. Durant une seconde, je me suis demandée à quoi Joō ressemblait ; cachait-elle derrière son accessoire, d’hideuses cicatrices liées aux malformations de notre condition ? Elle me montrera peut-être ça un jour, ai-je pensé, prise d’une curiosité morbide, avant que l’importance du moment ne vienne balayer ces considérations inutiles. Pendant ce temps, mes jambes tressautaient. J’ai maîtrisé autant que possible ces sursauts nerveux, avant que notre véhicule ne s’arrête en parallèle de la façade du cabinet d’avocats pro-humains, Janowski & Associés.

Le bâtiment, de caractère comme disait Anna, brillait faiblement dans l’obscurité, éclairé par un ensemble de petites lampes, judicieusement disposées pour mettre en valeur la vieille architecture. Portes et fenêtres étaient fermées, les secondes par des volets électriques déroulants, tandis que le lourd battant de PVC était laissée dans une sobre obscurité. La ruelle était déserte. Une voiture solitaire était accoudée sur le trottoir, à dix mètres de là, mais l’activité d’ordinaire foisonnante de Downtown avait été salement bridée par la peur qui étranglait la cité. Une splendide plaque de métal était accrochée à côté de l’entrée, dont la surface lustrée, certainement tous les jours, renvoyait avec force l’éclat des réverbères qui éclairaient les trottoirs.

J’ai enfilé à toute vitesse mon masque. Loin de ressembler à celui de Joō, le mien était un simple masque de tissu, semblable à une chaussette à l’envers avec trois trous comme l’on voyait dans les hold-up. Il était bien moche. Ce qui n’avait d’ailleurs aucune importance, car il remplissait parfaitement sa fonction : celle de masquer totalement mon identité. J’ai jeté un dernier coup d’œil à ma tenue, en posant la main sur la poignée de la portière : toute de noir vêtue, aucun de mes vêtements ne trahissait un indice distinctif, ni un seul centimètre de ma peau. J’ai saisi aussitôt mon sac, ouvert la portière, et mis le pied sur le bitume froid.

Avant de claquer la portière, j’ai adressé un dernier regard à Joō. « Trois minutes. Laisse-moi du pop-corn. »

J’ai foncé directement vers le van stationné en face du SUV. Le noir uniforme du véhicule a été troublé par le basculement de l’ouverture latérale, dévoilant durant un court instant les silhouettes masquées à l’intérieur, à peine éclairées par les diodes automatiques. À mon approche, une paire de bras a expulsé vivement une autre forme, féminine elle, qui a trébuché contre le rebord du van, en basculant la tête la première vers le sol de béton. J’ai interrompu sa chute en l’attrapant par son t-shirt. La secrétaire d’Anna Janowski était habillée avec sa tenue de nuit, un simple t-shirt et un petit short, les jambes et les pieds nus ; sa chevelure était en désordre, témoin silencieux démontrant que les yakuzas l’avaient sortie du lit en plein sommeil.

La secrétaire a émis un couinement. Pareil à celui d’une souris, dont la tapette vient de briser l’échine. Son bâillon de scotch a totalement étouffé le reste du cri, tandis que ma main, renforcée par la transformation, la traînait sans douceur sur le sol. J’ai contourné le van, mon fardeau vivant, à demi étranglé par son propre t-shirt, a commencé à se débattre vivement en dépit des liens qui immobilisaient ses bras. C’était pénible. Mes bras mutés ne souffraient pas réellement du poids de son corps, car les mécanismes de chitine renfermaient une force surnaturelle ; à tel point, qu’on pourrait la confondre avec celle d’une vampire. Néanmoins, je n’avais pas de temps à perdre. Je l’ai tiré un bon coup jusqu’au milieu de la rue, et j’ai changé ma prise.

Ma main droite a attrapé son cou. J’ai serré fort.
Elle a commencé à gémir de douleur, alors que je la soulevais d’une seule main, sous l’œil des caméras de surveillance qui flanquaient la façade du cabinet. Joō devait s’amuser.

Puis, je l’ai lancée.

Avec cette force monstrueuse, la secrétaire a décollé du sol, en effectuant un vol plané de plusieurs mètres, comme un fétu de paille voltigeant à travers la pénombre de la ruelle ; pour un œil extérieur, la femme devait ressemblait à un vulgaire paquet de linges. La trajectoire était toutefois calculée. Elle a percuté de plein fouet la belle porte du cabinet des avocats, dans un choc extrêmement brutal, crâne contre solide PVC, qui a violemment résonné dans le calme de la ruelle. Le corps de la femme s’est effondré comme un pantin sans vie, au moins assommée sinon morte, pendant que je pressais le pas pour la rejoindre, mon sac tapant contre ma hanche. Mon rôle n’était pas encore achevé : le spectacle ne faisait que commencer.

Show must go on.
J’étais concentrée à ma tâche. Je ne pensais à rien d’autre.
Je n’étais que volonté. Pas de sentiment.

J’ai rejoint la victime. Une tâche écarlate imbibait déjà le battant de l’entrée. J’ai posé minutieusement mon sac à proximité du seuil, et je me suis penchée au-dessus du corps inanimé pour la saisir par les cheveux, de manière à présenter sa face contre la porte. Ses lèvres et son nez avaient éclaté. Sa peau était également fendue au niveau du front, et des filets de sang coulaient de dessous le scotch qui fermait sa bouche. Elle respirait encore. Pas pour longtemps. J’ai resserré ma prise dans sa chevelure, pris de l’élan en arrière, et j’ai écrasé de toutes mes forces son visage contre la porte ; un énorme bruit de craquement osseux a suivi.

J’ai renouvelé la manœuvre une autre fois.
Puis une autre.
Encore.
Encore.
Et encore.

Au bout de six fois, la moitié du crâne avait disparu. Ne subsistait de cette face humaine, qu’une bouillie de sang et de morceaux d’os d’un côté, alors que de l’autre seule la nuque et le reste des cheveux permettaient à l’ensemble de tenir en un seul morceau. Cette force surnaturelle de mes bras avait totalement enfoncé la boîte crânienne de la secrétaire, en la faisant éclater contre la porte, sur laquelle était étalée une palette de débris de toutes les couleurs : des bouts de peaux, d’os, de cervelles, de sang et d’autres moins identifiables s’exprimaient en jets désordonnés, façon Jackson Pollock. J’ai terminé mon chef-d’œuvre, en laissant le reste du corps appuyé contre la porte, comme si on lui avait broyé le crâne dans un éclat de rage.

Des relents écœurants d’abattoir m’entouraient. J’en avais plein les mains.
Même le haut de mes manches avait été éclaboussé par la matière humaine, et un patchwork de tâches gluantes zébrait ma poitrine et mes épaules.

L’adrénaline m’a offert un violent sentiment d’euphorie. L’odeur de la chair brisée saturait mon palais d’une saveur métallique, qui ne faisait que renforcer un enthousiasme malsain, quand bien même je conservais toute ma lucidité. Je savais que le temps me manquait. Encouragée par ce premier succès, j’ai ouvert le sac à côté de moi, et j’ai sorti le pinceau rangé à l’intérieur ; tous les rouages de l’opération tournaient dans ma tête, sans relâche, et je savais avec précision ce qu’il me restait à faire. J’ai trempé les poils du pinceau dans la flaque sombre, de sang et de cervelle mélangés, qui s’élargissait sur le sol autour des pieds du cadavre.

Ensuite, j’ai commencé à peindre. À grands renforts de cette gouache toute chaude, j’ai dessiné sur la porte bien entretenue, le message lourd de sens, que nous avions définies ensemble au préalable, Joō et moi. Ces mots résonnaient à présent dans mon crâne, créant un écho semblable à un glas qui allait bientôt réveiller Shreveport avec un goût de cendres coincé en travers de la gorge. La sanglante peinture imbibait et s’écoulait à présent sur la porte des paladins de l’humanité, en dessinant de belles lettres carmin.

"HUMANS BURN TOO"

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Your soul is mine
Orihime Hasegawa
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ASHES YOU WERE

En un mot : Une reine dans l'ombre
Qui es-tu ? : ⛧ Cheffe yakuza qui a mérité sa propre branche dans le règne familiale.
⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

⛧ Bilingue anglais/japonais
⛧ Ceinture noire de Jissen karaté, manie les armes à feu et le katana.
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Pseudo : Ori
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Mer 19 Juil - 16:31 (#)

Le pop-corn serait effectivement de circonstance. Orihime conserve en apparence sa tranquillité d’Oyabun qui n’en est pas à son premier crime, mais à l’intérieur, l’âme monstrueuse jubile. Elle sent la lourdeur moite de l’atmosphère, l’appréhension qui plane, la terreur de la secrétaire qui se fait trainer sur le bitume. Plus elle couine, plus l’engeance se délecte. Elle hume l’air, comme si la violence avait un parfum. Alexandra entre sous le feu des caméras et soulève sa victime à bout de bras. Stupeur du chauffeur, probablement partagée par l’ensemble des yakuzas témoins de la scène. Non pas qu’ils n’aient jamais vu de créature surnaturelle à l’œuvre, mais la nature de la jeune femme est restée secrète – tout comme celle de leur cheffe. Ils se doutent qu’elle a quelque chose de plus, car les ténèbres infinies de son regard assassin ne peuvent être de nature humaine, mais c’est bien tout.

90 secondes passent.
90 secondes d’une brutalité crue et saisissante. Il n’y a pas un bruit, sinon ceux des coups répétés contre la porte. VLAM. VLAM. VLAM. … en tendant l’oreille, on entendrait presque la boîte crânienne se fendre et répandre la cervelle spongieuse sur le seuil. Le cœur d’Orihime s’accélère tant l’excitation la gagne. Elle a envie d’une clope. Ce n’est pourtant pas terminé : l’heure est maintenant à l’art rudimentaire, organique, glaçant. Les lettres sont tracées une à une avec le sang de la secrétaire défigurée, dont la dépouille repose mollement aux pieds de son bourreau.

150 secondes.
La fenêtre se referme. Aucune alerte, pas de patrouille de flic en vue, mais l’engeance ne tentera pas le diable – si on peut dire. Elle fait pression sur son oreillette afin d’activer la communication et s’adresse à tous ceux qui peuvent l’entendre ; en anglais, car Alexandra est concernée.

- Plus que 30 secondes. Incendiez-moi ça et prenez les photos.

Réaction immédiate. Impressionnés ou non, ses hommes ne sont pas payés pour avoir des états d’âme. Ils sont trois à sortir du même fourgon que leur captive : tout en noir, cagoulés, il est impossible de les identifier également. Le terrain a été étudié, ils savent exactement ils pénètrent dans le champ de la caméra et s’appliquent à la regarder droit dans la rétine artificielle. Contact fugace, de quoi susciter la provocation. Ils approchent ensuite de la peintre improvisée qui vient de fracasser les volets et les vitres du cabinet à l’aide de sa force herculéenne. Deux cocktails Molotov allumés avec des gestes experts sont lancés à l’intérieur. Les flammes s’élèvent immédiatement, la circulation de l’air et les fournitures de bureaux feront le reste. L’un des yakuzas manipule un appareil photo polaroïd et tire plusieurs clichés de la scène macabre. Le cadavre, le message et l’incendie qui prend. L’esthétique vintage des photographies sublime l’horreur du crime et s’associe parfaitement à l’esprit séculaire des vampires.

- 3 minutes. On y va.

Le rappel est lancé. Orihime attend que chaque élément ait réintégré son véhicule, puis les moteurs s’emballent à l’unisson. Ils quittent les lieux du crime avant que la fumée et la lumière ne finissent par attirer l’attention. Au premier virage, le SUV et le van se séparent. L’un va directement subir un nettoyage approfondi pour faire disparaître toute trace de l’ADN de la secrétaire, l’autre prend la direction de Stoner Hill. A l’arrière d’un salon de coiffure affligeant de banalité, le clan baku a l’habitude de se réunir en petit comité pour les rencontres qui ne peuvent se faire au Shizune’s Inn. Un point de chute parmi d’autres.

- On croirait que tu as fait ça toute ta vie, commente-t-elle avec détachement – venant d’elle, c’est un compliment. Comment tu te sens ?

N’est pas meurtrière qui veut. Ce n’était certes pas sa première vie volée, mais c’est, de ce qu’en sait l’Oyabun, sa première participation à une organisation criminelle. Causer un massacre sur un coup de sang est une chose, préméditer un acte morbide de ce style en est une autre. Orihime craignait, au départ, que les réticences humaines d’Alexandra ne la fassent se dégonfler au dernier moment mais… elle a assuré, il n’y a pas d’autres mots.
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
Alexandra Zimmer
NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable romancière pleine de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand

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Jeu 20 Juil - 22:49 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

Le seuil des enfers devait ressembler à ça.
Une toile abstraite composée d’estafilades écarlates.

J’ai fixé mon œuvre durant un moment d’absence qui m’a paru durer une éternité. Une soudaine déferlante de sentiments a bouleversé mon âme, aussi inattendus qu’entremêlés dans un chaos d’émotions difficiles à discerner les unes des autres. L’adrénaline n’avait cessé d’irradier mes veines. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine avec une telle intensité, que ces battements créaient de violents échos dans mon crâne. Je me sentais hors de la réalité. Une furie furieuse avait allumé un incendie dans mes tripes, qui faisait bouillir mes pensées et alimentait cette part de ténèbres qui n’avait cessé de croître depuis des années. Là, dans cette flaque morbide qui me tenait désormais lieu d’âme, cette facette refoulée de moi-même s’extasiait, dansait et festoyait devant l’immonde boucherie que je venais juste de commettre volontairement.

Et quelle boucherie.

Le cadavre s’était ramolli, à mesure que l’étincelle de vie fuyait ce monde. Désormais avachi contre la porte, où les grumeaux de cerveau se collaient au grain du battant, les jambes de la morte formaient un triangle écartelé et noirâtre, à mesure que l’auréole de sang et de pisse imbibait le tissu du pantalon. Le crâne, lui, n’était qu’un ovale abstrait, les contours raturés d’une forme autrefois humaine ; une secrétaire, dont j’avais d’ailleurs salué la présence le jour de mon rendez-vous avec Anna. Elle avait été jolie, sans plus. Elle n’était, aujourd’hui, plus rien qu’une marche dans ma descente aux enfers. Et dans cette composition infernale, les traits de peintures encore chauds s’étaient étirés en trois branches distinctes, avec un noyau de substance morte au centre, sombre et marbré de fragments d’os, de cervelle et de boules de cheveux collées.

Trois branches. Trois têtes.
Un cerbère. Tout un symbole.

L’ordre de Joō m’a sorti de cette transe. J’en ai presque sursauté. Les mécanismes de mon propre cerveau se sont remis en ordre, et la bulle de méditation malsaine a éclaté ; j’ai balancé mon pinceau désormais collant de pigment organique, et l’ai enfermé à l’intérieur du sac jetable. Mon cœur est reparti à toute allure. J’ai foncé à droite, puis à gauche, en arrachant brutalement le bas des volets électriques, avant de fracasser les vitres d’un coup de poing bien placé. Derrière moi, sont arrivés les hommes de Joō, habillés eux-aussi de vêtements et de masques aux couleurs uniformes, dont certains tenaient des cocktails incendiaires entre les mains. Moi, j’ai saisi les lanières de mon sac, en reculant rapidement vers le SUV de ma consœur criminelle.

L’éclat de l’incendie a violemment inondé la rue. J’ai perçu une bourrasque de chaleur atteindre ma nuque, mais je ne me suis pas arrêtée pour admirer la conclusion de l’opération ; mon rôle était accompli. Qui plus est, le temps nous manquait. J’ai marché à foulées rapides vers le SUV, tandis que Joō orchestrait la dernière mesure de cette symphonie macabre, et j’ai rejoint la portière déjà entrouverte ; le rappel avait été donné. J’ai poussé et fermé tant bien que mal la portière avec le coude : mes gants étaient poissés de sang, comme mon manteau était enduit de coulures carmin. Je me suis laissée tomber sur la banquette, au moment où les lumières des flammes irradiaient la nuit urbaine de teintes mouvantes, éclatantes et affamées.

J’ai soufflé un bon coup.
Mes poumons ont paru contenir plus d’air que la normale.

Que ce soit la brûlure de l’incendie ou de l’action, tout mon corps était une fournaise, comme une soudaine fièvre d’excitation s’emparait du moindre de mes muscles. Mon masque était une seconde peau. J’ai scruté mes mains tachées d’éclaboussures sanguinolentes et, sans répondre tout de suite à Joō, j’ai retiré un à un, avec précaution, mes gants souillés au-dessus de mon sac. Dessous le tissu, la monstrueuse métamorphose se retirait déjà, recréant les muscles et la chair, réordonnant les nerfs et les os, dans un discret mais sinistre concert de craquements. J’ai attendu que le phénomène se termine. Cet hébétement qui s’était emparé de moi refluait tout juste, par petites touches, comme des vaguelettes furieuses après une marée trop courte.

J’ai finalement articulé, la voix enrouée. « Je sais pas encore. »

C’était la vérité. Une furieuse exaltation menaçait de faire chavirer mes émotions qui mordaient et hurlaient dans ma tête, à la manière de chiens fous, à qui l’on venait d’inoculer du LSD. La pulsion d’adrénaline s’était transformée en une satisfaction insoupçonnée, que je n’aurais jamais pu anticiper ; je m’attendais au moins à un choc. Pourtant, quelque chose en moi, cette portion malléable et affamée de mon âme, avait aspiré la mort de la secrétaire avec une aisance déroutante, pour me procurer un plaisir éphémère et intense.

« Je me sens bien... » J’ai arraché mon masque bouillant, et j’ai passé une main redevenue humaine dans la masse noire de mes cheveux désordonnés. Mes paumes étaient moites et tressautaient nerveusement.

Putain. Comment je me sens ?
Bien. Mais j’avais du mal à l’avouer.

Aucune culpabilité. Aucun remords. Aucune répulsion.

Simplement la jubilation. La féroce ferveur de sentir le pouvoir de tuer entre mes mains, de sentir cette vie, cette expérience organique s’échapper dans l’air, telle une senteur charmant mes narines. La sensation de la chair qui éclate, de la force qui traverse mes bras, et la frénésie étourdissante qui s’empare de soi.

« Je me sens en plein trip. J’suis tellement surexcitée, que j’sais pas si je vais terminer la soirée dans l’alcool, la clope, la baise ou les trois en même temps pour me calmer. »

J’me demande si Dana est chez elle, ai-je pensé en déboutonnant mon manteau. Je l’ai retourné lentement, afin d’éviter d’éclabousser la banquette, et je l’ai fourré pêle-mêle à l’intérieur du sac. Mon pull me collait à la peau et mon jean aussi ; mes joues rougies irradiaient de chaleur. J’ai laissé retomber mollement ma tête contre l’appui, et j’ai soupiré longuement, en mêlant une fois encore mes doigts tremblants dans l’épaisseur de mes cheveux. En réalité, tout mon corps frissonnait. Le contrecoup de l’adrénaline l’avait laissé en sueur, et en proie à une fièvre qui ne pouvait être éteinte qu’en l’assommant avec l’un des trois vices précités.

« J’imagine que ça t’a plu. » J’ai tourné la tête vers Joō, des mèches de cheveux rebelles et collés, voilant à moitié les contours de ma comparse dans le noir de l’habitacle. « Où est le pop-corn ? »

Moi, je m’aimais. Quelques jours auparavant, des doutes avaient criblé ma motivation, et je m’étais presque persuadée que je n’étais pas capable de commettre une telle folie. Et cependant, j’étais là, assise à côté d’un démon mafieux, et je ne ressentais plus que le brûlant désir de recommencer, en me laissant sombrer dans cette spirale des excès et du meurtre, ne serait-ce que pour ressentir encore et encore, cette même pulsion jouissive qui avait rimé avec l’éclatement des os. Durant un instant, je me suis terrifiée moi-même. Qu’étais-je devenue, pour n’être ainsi rassasiée que par la violence ? Était-ce cela la nouvelle Alexandra ?

J’étais irrécupérable désormais. Et ça me comblait. Père, qu’as-tu fait de moi...

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Orihime Hasegawa
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En un mot : Une reine dans l'ombre
Qui es-tu ? : ⛧ Cheffe yakuza qui a mérité sa propre branche dans le règne familiale.
⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

⛧ Bilingue anglais/japonais
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Mer 26 Juil - 11:11 (#)

- Je peux te contenter sur au moins deux des trois, commente-t-elle de sa voix détachée.

Orihime comprend cette jubilation malsaine. Elle-même se vautre dans le crime comme dans de puissants aphrodisiaques. Mais elle conserve ce calme désinvolte, impassible, tandis que la voiture s’empresse de les emmener loin de l’incendie. L’engeance est satisfaite, oui. Un soupçon de ricanement lui échappe alors que sa voisine lui reparle de popcorn, puis elle se replonge dans le silence. L’Oyabun n’ayant jamais été du genre à faire la conversation pour le plaisir de parler, elle attend que leur véhicule arrive à destination et que le chauffeur vienne lui ouvrir la porte.

Même ici, la vie nocturne est altérée. Moins d’âmes errantes, moins de Mordus, moins de dealers en tout genre. Les pions solitaires de jadis se déplacent désormais en bandes de trois ou quatre, armés de battes de baseball et autre barre-à-mine. L’air extérieur porte toujours ce parfum de tension extrême. On croirait que la membrane séparant leur univers de l’Enfer palpite et vibre, sur le point de se rompre.

Deux femmes ouvrent le salon de coiffure désert de l’intérieur, avant que personne n’ait frappé, et Orihime prend les devants jusque dans l’arrière-boutique. Passée la réserve et une porte flanquée du logo d’un local électrique, l’engeance et sa complice arrivent dans une pièce aux allures de tripot clandestin. Il y a une paire de tables rondes, un minibar et divers jeux de cartes. La propriétaire enclenche l’interrupteur qui allume un chapelets de guirlandes aux ampoules jaunâtres.

- Tu peux te servir si tu veux, indique-t-elle à Alexandra, désignant le petit réfrigérateur.

Elle balance aussi son paquet de clopes sur une table et fait signe à tous leurs suiveurs de les laisser. Ses employés partent donc en fermant la porte, les laissant toutes les deux en tête-à-tête. Orihime s’accorde un instant de silence, étudiant sa partenaire – la première de cette trempe. Tant de belles choses s’offrent à elles…

- Je ne fais pas ça que pour nos créateurs, tu le sais ? Titiller le chaos, c’est pousser les gens vers des solutions désespérées… et je suis cette solution désespérée.

Les armes, la protection, le schéma n’est plus à présenter. Au Japon, les yakuzas sont même parfois préférés à la police, et de loin, pour se prémunir de certains problèmes. Les autorités elles-mêmes ont conclu des pactes avec la mafia, pour garder le contrôle de territoire brûlants. Telle est l’ambition de l’engeance : devenir la principal force de tempérance à Shreveport. Tenir dans sa main le calme et le chaos. Gagner sur tous les tableaux et sur tous les plans.

- Et toi, tu as un intérêt personnel à tout ça ? Elle s’assoit, invitant sans le dire sa complice à faire de même, tu as été très utile et pertinente jusqu’à maintenant. J’aimerais officiellement te proposer une place chez moi. Généreusement rémunérée, cela va de soi.

Une membre à part entière plutôt que ce rôle de stagiaire à temps partiel qui ne lui fait pas honneur. Orihime a eu le temps de l’observer et d’apprendre à la découvrir : Alexandra est une graine démoniaque des plus pernicieuse. Rongée jusqu’à la moelle, damnée, comme elle. Son potentiel mérite de servir une grande cause. Une belle cause.
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable romancière pleine de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
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His red right hand

Pseudo : Achab
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Dim 30 Juil - 23:19 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

À l’intérieur de mon crâne, mon pouls couvrait le moteur. Ce bruit sourd tambourinait contre mon oreille et déformait la peau de mon cou de petites saccades, comme les coups acharnés d’un parasite. Venaient alors les lumières urbaines, dont les halos iridescents pénétraient l’obscurité de l’habitacle en zébrant l’espace de déchirures brutales, déplaisantes et éblouissantes, à la manière de balles traçantes. Une chaleur accablante paraissait émaner de mon corps. En dépit du confort du SUV, son silence, le moelleux de la banquette et de l’obscurité capitonnée, le contrecoup de l’injection d’adrénaline et de l’extrême violence, avait laissé dans mes veines une fébrilité, une faim brûlante et furieuse, indescriptible, qui tardait à s’apaiser.

Les tremblements continuaient. Je n’ai cessé de fixer Joō, assise à côté de moi, dans cette bulle de quiétude nocturne, où l’on ne percevait que le bruit saccadé de ma respiration, et le ronronnement grave du moteur qui avalait patiemment les kilomètres. Je cherchais le sens caché de ses paroles. Un ruban de sueur a coulé sur mon front. J’ai senti cette sensation humide sur ma peau électrisée, qui suivait le sentier étroit de mon nez, jusqu’à se diluer sur la surface de mes lèvres ; je l’ai léché, machinalement. Quand l’affirmation de ma consœur tournoyait dans mon crâne, elle attisait ma curiosité malsaine qui n’osait pourtant pas articuler à haute voix la question qui me brûlait la langue : lesquels des deux proposait-elle de contenter ?

Pourrais-je seulement être encore contentée ?
Des sensations extrêmes, n’appelaient que d’extrêmes désirs.
Et la folie.

J’ai essayé de me souvenir de cette citation. Des violents désirs ont des fins violentes. J’avais oublié d’où elle venait. Peu importait.

J’ai finalement détourné les yeux. Déchiffrer l’expression de Joō était impossible avec ce masque, et celle-ci ne laissait échapper aucun indice de ses intentions, pas plus qu’elle ne semblait intéressée par la discussion avec moi. Bercée par le tambour de ma propre respiration, j’ai finalement fermé les yeux. Derrière le rideau de mes paupières, défilaient lentement, au rythme d’un battement de cœur, les éclats lumineux de la route. J’ai essayé de me calmer. Mais le courant d’air qui filtrait au travers des aérations charriait les relents acides de Shreveport, tétanisée dans un étau de paranoïa et de violence, m’empêchant de me relaxer. Finalement, le SUV s’est arrêté devant la façade décrépite d’un salon de coiffure, et le silence me fit rouvrir les yeux.

Joō est sortie. Ouvrant la portière moi-même et épaulant mon sac souillé, je l’ai suivie aussitôt au travers du salon, des battants vieillots que l’on ouvrait à notre arrivée ; une vraie haie d’honneur. J’ai observé çà et là le dédale de pièces vidées de leur destination initiale, où ne subsistaient que des chaises abandonnées et les empreintes des meubles sur le plâtre des murs, jusqu’à l’intérieur d’un ancien local électrique. Ma curiosité s’est réveillée. Tout le mobilier d’un bar ou d’un petit casino clandestin était disposé ici, sous la lumière d’un ensemble d’ampoules suspendues ; à la limite du miteux, mais strictement fonctionnel. J’ai laissé tomber mon sac à côté d’une chaise, tandis que derrière moi, les sbires sortaient sur un signe de Joō.

J’ai remarqué le réfrigérateur qu’elle me montrait. « Hm. OK. »

À l’intérieur du meuble, m’attendait une série de bouteilles et de verres, aux couleurs allant du doré brillant, au blanc transparent. J’ai saisi un verre, et choisi un simple whisky. De quoi me donner un coup de fouet, ai-je estimé, en percevant le sérieux de la discussion. Ici, nous étions seules, et ces murs tavelés de fissures ne devaient rien laisser filtrer des échanges douteux qui s’y déroulaient. J’ai emporté ma bouteille sur la table centrale, et me suis servie une abondante portion d’alcool doré ; Joō rinçait, après tout. Celle-ci s’est enfin décidée à déballer le fil de ses pensées, et je me suis installée en face d’elle pour l’écouter, en avalant un trait de whisky pour marquer le coup. À nos vies, foutues sur le sentier de la démence et des meurtres…

J’ai haussé les épaules. « M’en suis doutée. » Mes mains ont machinalement remué le verre. L’ambre liquide a oscillé, renvoyant l’éclat des ampoules flottantes au-dessus de nous.

Je l’ai laissé terminer. Un silence pensif s’est installé entre nous une fois la proposition de Joō sur la table, et moi, je suis enfin restée de marbre, comme si le poids de cette discussion avait enfin dompté la frénésie qui m’avait excité auparavant. Pourtant, je la sentais encore. Boule de feu coincée dans le creux de mes boyaux, elle oscillait lentement comme un sinistre pendule, prête à reprendre de l’ampleur à tout moment.

« Avant de répondre. » J’ai articulé lentement. L’instant avait d’inquiétantes similitudes avec notre première rencontre, où la méfiance était de mise et les couteaux tirés. « J’aimerai en savoir plus. Parce que tu m’avais dit être à la tête d’un clan. On parle de quoi exactement ? Ce serait quoi mon rôle dans tout ça ? »

Je me suis laissée tomber dans le creux de la chaise. Une lente inspiration a fait entrer dans mes poumons les vapeurs malsaines qui remplissaient la pièce, ou venaient de la remplir, comme si notre simple présence rendait l’air plus piquant, plus lourd. J’ai tiré le paquet de clopes vers moi, et l’ai ouvert pour en tirer une.

« J’vais être directe. J’suis modeste, le fric m’intéresse peu. Avoir assez pour payer mon loyer et ma bouffe, ça me suffit. Les activités humaines m’emmerdent, la plupart du temps. J’ai touché assez de merde humaine dans ma vie, pas franchement envie d’y remettre les mains. Seul l’autre côté m’intéresse. »

J’ai coincé la clope entre mes lèvres et palpé mes poches de jean à la recherche d’un briquet. « Donc, l’idée c’est quoi ? Qu’est-ce que j’aurais de plus que maintenant pour me contenter ? T’aurais pas du feu ? »

Du bout de l’index, j’ai pointé ma clope qui sautillait au fil de mes paroles. Toutefois, bien à l’abri au fond de mon crâne, se cachaient encore quelques cartes, dont Joō n’avait jamais eu connaissance. Des secrets dans d’autres secrets, en une spirale infernale qui avait une autre ampleur qu’un simple jeu financier. J’ai masqué mes propres idées derrière un masque neutre, que trahissait simplement un discret sourire narquois.

Vas-y. Contente-moi mieux que ça.

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Orihime Hasegawa
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En un mot : Une reine dans l'ombre
Qui es-tu ? : ⛧ Cheffe yakuza qui a mérité sa propre branche dans le règne familiale.
⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

⛧ Bilingue anglais/japonais
⛧ Ceinture noire de Jissen karaté, manie les armes à feu et le katana.
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Lun 7 Aoû - 22:40 (#)

Un sourire s’esquisse sous le masque qui dissimule son visage. Alexandra n’est ni dupe, ni stupide, ni facile. Même en participant à ce vaste engrenage qui la dépasse encore, elle garde son audace de chat sauvage. Prédatrice insoumise et indomptable. Et tant qu’elle ne lui donne pas une raison de lui tordre le cou, Orihime aimera ça. Sa différence résonne en elle, sa dangerosité la rend grisante à fréquenter. De sa poche, elle tire un briquet qu’elle lui envoie d’un geste vif.

- Je vais être directe, moi aussi.

Elle n’a de toute façon aucune raison de ne pas l’être. Confiante de ses progrès, confiante en ses projets. La seule personne qui pourrait la punir pour ses ambitions est certainement déjà capable de lire dans les tréfonds de son âme viciée. A ce stade, elle n’oserait parier sur ce qu’il en pense. Cela l’amuse-t-il ? Cherchera-t-il à la tuer le moment venu ? Qu’importe l’incertitude, elle prendra tout ce qu’elle peut avant que la fatalité ne la frappe.

- D’un point de vue humain, je dirige un clan yakuza. Une ramification de l’organisation de mon père à la base, dont je me suis émancipée. On a des activités à New York, surtout, mais je m’exporte à Shreveport depuis quelques années.

Voilà pour la partie émergée de l’iceberg. Celle qui lui permet de vivre dans un confort insolent et de jouir d’une certaine influence. Mais ce n’est certainement pas cette façade qui fera sombrer le Titanic…

- En plus de ça, tu connais ma nature. Je veux plus. Je veux un trône ici et là-bas. Je veux tout.

Faire voler l’équilibre en éclat, réécrire les règles, monter au sommet de toutes les chaînes alimentaires. Super prédateur ultime, dont l’âme survivra à cette enveloppe de chair artificiellement préservée. Orihime le servira, ainsi que le Jeu ; mais il y a ses envies derrière. Embrasser sa nature, sombrer jusqu’aux abysses. Ne plus avoir peur, dompter la plus viscérale des terreur, cela ouvre des horizons sans limite.

- Ta place avec moi serait à mi-chemin entre les deux. Je préfère ne pas mêler mes agents « humains » à ma quête surnaturelle mais toi, tu pourrais m’accompagner. Percer les secrets ensemble, faire basculer la balance ensemble… et tu aurais ta part de la rétribution. Ici et là-bas, un marché qui dépasse leurs limites terriennes, un pacte démoniaque, n’est-ce pas pour ça que tu as participé aujourd’hui ? Pour le frisson pur, pour le Mal, concrètement, ton profil se prête bien à de l’espionnage passif. Tu serais placée de façon stratégique pour faire fuiter des informations pour moi. En échange, tu aurais ma protection, quelle que soit la menace ; et je te fournirai des occasions d’exprimer ton « talent ».  

Ce pouvoir aussi monstrueux qu’impressionnant. Elle pourrait cesser de le réprimer et contenter la bête qui couve, nourrir sa puissance, transcender son humanité. En finir avec la demi-mesure.

- Tu restes libre de refuser et d’en retourner à ta vie, concède Orihime avec un haussement d’épaules. Mais dans ce cas, fais en sorte de ne pas te trouver sur mon chemin.

La menace n’est pas dissimulée : ceux qui ne sont pas avec elle sont contre elle, et en particulier en ce qui concerne ses semblables. Le « Jeu » a ses objectifs dans ses objectifs, des règles dans les règles. Ils sont en équipe et individuels à la fois.
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- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
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Dim 13 Aoû - 14:04 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

Tabac et alcool.
L’un et l’autre étaient moins virulents qu’autrefois. Je l’avais remarqué depuis quelques mois déjà. Quand la lampée de whisky a atteint mon estomac, sa brûlure n’a dilué mes pulsions que durant un trop bref instant. Un unique frisson, né de l’acidité du liquide, a escaladé ma nuque avant que ce corps monstrueux qu’était le mien n’en distille aussitôt les effets délirants. Lasse, j’ai jeté un coup d’œil indifférent au décor stérile de la pièce isolée, où les lumières pâles émaillaient les murs d’ombres distendues, qui ressemblaient à des serres accrochées aux coins des meubles. Une odeur rance de tabac froid et de sueur alourdissait l’air confiné.

J’ai intercepté le briquet que Joō m’a lancé, pour allumer la cigarette coincée entre mes lèvres. Elle aussi s’apprêtait à être directe. « Cool, » ai-je fait, le timbre de ma voix déformé par la bouffée de tabac expirée en même temps.

Les discussions interminables m’emmerdaient. Comme celles de l’avocate de Downtown, Anna, qui n’aimait rien d’autre que relater ses exploits en lissant les plis de sa jupe ; un exercice de masturbation intellectuelle aussi assommant qu’inutile. À l’inverse, ma nouvelle consœur a commencé à m’exposer précisément les tenants et les aboutissants de son organisation, d’une voix dépourvue d’intonations pompeuses ; je l’aimais bien rien que pour ça. Je suis restée immobile, à l’observer attentivement, à tenter de dépeindre les traits dissimulés derrière son masque, pendant que je restais cachée derrière les volutes paresseuses de tabac.

Je tapotais de temps en temps ma clope dans un cendrier, en ponctuant son discours. « Hm-hm. »

Une mince excitation couvait encore dans mes tripes. Tout ceci, cette boucherie nocturne, cette femme, ce cadre criminel et cette façon d’évoquer tout haut nos existences damnées, étaient autant de nouveautés excitantes. J’avais l’impression d’être dans un rêve, ou un scénario d’un film écrit par un amateur d’horreurs. Peut-être n’étais-je pas si loin du compte : une marionnette pendue aux ficelles d’un imaginaire malsain, ou bien le jouet de quelque divinité pilotant mes décisions depuis un autre plan ? J’en avais eu un aperçu.

Ambitieuse, la jap.
Je n’ai rien dit tout d’abord.

Pouvais-je seulement prétendre à la même chose ? Avais-je seulement eu des rêves, jadis ? Moi, l’Alexandra qui avait vécu la rupture avec sa mère comme un accomplissement en soi, pouvais-je encore convoiter quoi que ce soit ? J’ai inspiré une nouvelle dose de toxine, en cherchant un souvenir desdites aspirations d’hier et d’aujourd’hui, parmi mes anciennes dépressions humaines, et ma récente damnation monstrueuse. Je n’ai rien trouvé de probant, et j’ai haussé les épaules, machinalement, l’œil morne et peu impressionnée.

« Arrête avec les menaces. Ça va finir par m’exciter. » Je me suis levée ensuite, saisie d’un soudain besoin de marcher, dans l’espoir de faire taire définitivement les tremblements musculaires restants.

Entre ces quatre murs, peu d’espace. Le tripot clandestin cuisait dans son étuve malfaisante, et son brouet était riche d’enjeux aussi déments que terrifiants. J’ai déambulé, l’esprit envahi de réflexions, suivie par les vapeurs de tabac ; impossible de rester plus de dix secondes immobile. Mon attention passait de Joō, assise à la table, à l’ombre d’un insecte, une petite scutigère à priori, qui escaladait le mur dans son dos.

« Un trône, rien que ça. » Un rictus désabusé m’a animé. « Et qu’en penses ton… créateur ? Je préfère éviter de prononcer ces noms, d’ailleurs. Il t’a donné des instructions ? Il te contacte au moins ? »

J’ai observé nonchalamment le cheminement de la bestiole sur le mur. « J’suis curieuse. Surtout pour savoir ce que j’accepte. T’as déjà fait un partenariat avec d’autres comme nous ? T’en connais d’autres ? »

D’un pas traînant, je suis retournée tapoter ma clope dans le cendrier. En réalité, sa proposition me plaisait bien, mais une soif d’informations me poussait à poser davantage de questions, tant que nous étions en tête à tête. J’ai arrêté mon mouvement à côté d’elle, étudiant le peu que je voyais de son apparence cachée.

« Pour être franche, l’idée m’intéresse. J’ai des contacts dans la presse, en tant que pigiste occasionnelle, et j’ai encore des p’tits secrets que je t’ai pas donnés. » J’ai expiré une bonne dose de fumée. « Mais j’ai quand même une petite faveur à te demander avant d’aller plus loin dans ce marché. »

Petite. Le mot aurait dû me faire sourire. Pourtant, l’enjeu qui se dissimulait derrière cette apparente faveur simple, n’avait rien de petit. Je me suis versée une nouvelle dose de whisky, avant de retirer ma cigarette de ma bouche, afin de bien articuler chacun de ces mots d’une importance capitale.

« J’ai écrit un bouquin. J’ai toujours un peu écrit, mais là, j’ai réussi à attirer un éditeur et à publier. Un petit coup de pouce serait pas de refus pour accélérer les ventes. »

Je m’attendais à la suite. Moi qui m’étais déclarée désintéressée par l’aspect financier des affaires humaines, me voilà en train de demander à Joō de l’aide dans ce domaine. Elle n’était pas stupide. Je me suis assise de nouveau en face d’elle, la clope coincée au coin des lèvres, les paumes autour du verre d’alcool, et les yeux rivés aux siens, à l’abri de son masque. Laquelle d’entre nous se risquerait à dévoiler ses pires secrets ?

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⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

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Lun 14 Aoû - 22:09 (#)

Un autre sourire aiguise ses lèvres sous le masque. Le répartie d’Alexandra, aux airs de flirt détaché, l’amuse encore. Du point de vue de sa dégénérescence démoniaque, c’est encore un oisillon : elle commence tout juste à gratter sous la surface, à vendre l’entièreté de son âme marquée. En revanche, elle a l’audace et l’attitude. Toujours curieuse, jamais soumise, comme si elles étaient déjà sur un pied d’égalité. Le genre de bravade que n’auraient jamais ses yakuzas, régis par d’autres codes et motivés par d’autres totems.

- J’ai tué les autres que j’ai rencontrés, tranche-t-elle avec une froideur didactique.

Ce n’est ni de la vantardise, ni une confession, c’est un fait. Ils ont croisé sa route, ils sont morts. Deux rivaux coriaces, deux enfants, comme elle – c’est en tout cas ce qu’elle en a déduit.

- Mais ils ne jouaient pas dans notre camp et tu es… différente.

Alexandra n’aura guère plus. L’engeance prend ce temps pour lui « expliquer », pas pour se justifier. Elle aimerait évidemment que sa cadette rejoigne ses rangs, car elle serait un atout de taille ; mais la flatterie crasse n’a jamais été son mode de fonctionnement. Elle se concentre déjà sur les mots prononcés à l’égard de son Père. Beleth. Orihime constate une nouvelle fois la position que prend la jeune femme vis-à-vis de leurs Créateurs, se gardant même de prononcer leurs noms. Là, le sujet devient véritablement intéressant…

- Il me contacte, il me parle. Parfois explicitement, parfois par « métaphore », mais toujours à son initiative et selon ses timings. Les instructions que je reçois sont celles qui le servent lui.

Pour le reste, elle l’imagine observer un silence malin pour la garder sous sa coupe. S’il lui sciait les jambes trop vite, elle ne serait plus si prolifique et ce serait un beau gâchis. Alors il lui laisse sa fenêtre d’ambition ; une liberté factice pour qu’elle poursuive sa croisade destructrice.

- Mais soyons honnête : ce sont des « démons ». Des créatures qui se gavent de meurtres et de tromperies. Ils ont chacun leur propre jeu dans le Jeu ; des plans et des intérêts dont ils ne nous parlent pas. Alors pourquoi on en ferait pas de même ?

Si seulement Alexandra voyait son expression… ses traits teintés de cette malice malfaisante, provocante, confiante. Le marathon d’horreur et de souffrance qui ont forgé sa vie ne l’a pas brisée, ni rendue craintive. Il n’a fait que la rendre plus forte. Du regard, elle a suivi le manège de sa cadette, qui a fini par se rassoir face à elle.

- J’ai conscience d’être utilisée, ça ne signifie pas que je doive être docile et passive, elle est juste lucide, en l’occurrence. Je suis sûre que ça les ennuierait d’ailleurs : ils doivent se régaler de nous voir les imiter et plonger dans le vice le plus sale. Des « enfants » à leur image, en quelque sorte. S’ils avaient seulement besoin de carcasses obéissantes, ils savent très bien posséder les corps.

C’est en tout cas sa théorie. Les démons adorent cette tension. Voir grandir le Mal dans la chair des humains, sachant pertinemment que ces individus pourraient être leurs avides successeurs, les défiant pour un trône. L’Enfer n’est que bassesse, mort et tromperie. Il n’y a pas de place pour les faibles et les soumis.

- Mais tout cela est bien abstrait pour l’instant… parle-moi plutôt de tes envies, revient-elle au business des plus terre-à-terre. De quel genre de bouquin parle-t-on ? Où en sont tes ventes actuellement ? Je peux envisager de pousser quelques leviers et passer quelques coups de téléphone. Tout dépend de quel genre de « secrets » on parle…

Pour le principe, car Orihime a grandi dans un monde où on a rien sans rien. Bien que la « faveur » d’Alexandra, ce n’est en théorie pas grand-chose…
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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
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FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable romancière pleine de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand

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Lun 21 Aoû - 11:26 (#)
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Bad Dreams (are made of this)

Les autres étaient morts.
Une brève déception m’a traversé.

J’ai fait mine de ne rien éprouver. Ma clope déroulait son serpent de toxines dans ce réduit confiné et coupé de toute vision morale et humaine, où la monstruosité s’imposait comme la norme. Je m’y sentais bien. Nos mots se croisaient, sec et tranchants, dans une atmosphère où s’emmêlaient méfiance et admiration morbide, aussi étroitement serrées qu’une corde de gibet. Ces autres, avaient-ils éprouvé la même chose ? Cette vive et courte étincelle de maléfice commun, comme lorsque deux instruments s’accordent, et que le temps d’une demi-seconde, une âme pourrie embrassait une autre dans une étreinte fraternelle inopinée.

J’étais troublée. Une affreuse sensation de vertige m’a décontenancé durant un instant, au moment où mes pensées prenaient la mesure du sommet de solitude sur lequel mon Père m’avait laissé. L’avait-il voulu ainsi ? Contrairement à Joō, jamais je n’avais été confronté à ces jeux d’échec auparavant, moi simple mouche qui se tapait frénétiquement dans le bocal suffocant de son humanité. Qu’est-ce que cela voulait dire, au fond ? Moi, l’enfant amnésique, écrasée par l’idole maternelle, qui n’avait jamais eu d’autres rêves dans sa vie que d’écrire un livre et d’être libre, que faisais-je parmi ce jeu meurtrier qui me dépassait ?

Pourquoi le Monarque m’avait-il choisie ?
J’ai tourné le verre d’alcool de ci de là. La démesure et l’abstraction d’une telle conversation séduisait mon imaginaire et m’immergeait dans cet état indolent, entre transe méditative et affaissement cérébral.

« Hm. » Entre mes mains, oscillait le liquide doré de l’alcool, que je n’avais plus vraiment envie de boire. « Je suppose. Je n’ai pas encore choisi mes propres ambitions. Si elles ont existé un jour. »

Quelle ironie dans tout cela. La fille du Monarque dénuée d’ambition. Un rictus pensif a pincé mes lèvres, quand mon attention demeurait rivée au verre, comme si quelque réponse se trouvait au sein du liquide.

« J’sais pas. Franchement... » Un soupir lourd. Ma poitrine s’est soulevée, brisant à peine l’immobilisme qui m’avait cloué à la chaise. « Qui pourrait deviner ce que pense la Mort ? Pas moi en tout cas. »

La Mort me hantait encore. Non par la complexité de son Être, de son invraisemblance, de son ancienneté, ou de quelques traits défiant la compréhension humaine, mais plus que tout par sa simplicité. C’était de cette manière que je l’aurais décrit. Car de Lui n’émanait qu’un dépouillement absolu : une seule et même idée à l’écrasante présence : mort. Cela semblait évident exprimé ainsi. Pourtant, dans ce cauchemar où Morgane m’avait propulsé devant ce Père inattendu, je m’étais sentie aussi nue d’âme que de corps, dépouillée d’absolument tout : de secrets, d’aspirations, de morale, de chair et même d’individualité.

Un frisson m’a traversé à ce rappel.
J’ai soulevé le verre et me suis injectée une rasade de whisky.

« Mes ventes avancent doucement. Pas de quoi s’exciter. » Je me suis forcée à me débarrasser des derniers lambeaux de souvenirs terrifiants qui s’accrochaient à moi. « C’est un roman, mais en vrai, c’est tiré de ma propre expérience. Comment résumer ça... »

J’ai marqué une pause, pensive. Quelque chose au fond de mon âme, cette noirceur bercée dans un sinistre cocon de soie, m’intimait à la prudence en ne révélant qu’une vérité tronquée. En réalité, comment aurait-il pu en être autrement ? Père ne m’avait pas éclairé sur l’importance de ce récit couché sur le papier.

« Ça fait plus d’un an maintenant. J’avais une amie, Morgane, une sorcière qui m’a aidé à percer le voile. Elle avait un pouvoir permettant de marcher dans les rêves, quelque chose comme ça. C’est comme ça qu’on est entrées dans ma tête, voire bien au-delà, et que j’ai rencontré… Lui. À la frontière des mondes. »

Quelques cendres ont chuté dans le cendrier. J’ai tiré plus rapidement des bouffées de tabac, tandis que cet épanchement réveillait, en dépit de mon indifférence apparente, un stress hérité des terrifiantes visions.

« J’ai vu son Trône. Et d’autres visions que j’ai raconté dans ce bouquin, justement. Bon, c’est romancé et ça a l’air fictif évidemment, mais mon idée était d’appeler d’autres avec. Ceux qui sauraient lire entre les lignes. Un peu comme toi. »

Au bout d’interminables secondes de flottement, j’ai levé les yeux vers elle. Un voile mélancolique ternissait le vert de mes prunelles, avant que je ne me débarrasse de ce linceul étouffant d’une pichenette mentale.

« Bref. Au-delà de ça, j’aime écrire. Peut-être même plus que l’alcool, le tabac et le sexe. » J’ai soufflé un rire amer, comme si les sinistres couleurs et les ombres d’un désert noir revenaient creuser dans ma tête. « J’peux te fournir le nom et la dernière adresse de la sorcière. Elle avait un mentor aussi. Ça t’intéresse ? »

Retour au monde matériel. Durant une courte seconde, les néons pâles du réduit m’ont irradié les pupilles, comme lorsque l’œil est confronté à une vive lumière au beau milieu de la nuit. Dans la jointure du plafond et du mur se contorsionnait toujours le minuscule insecte, un fin trait noir derrière Joō. Je l’ai suivi des yeux durant un moment, terriblement consciente de sa présence, alors qu’il courait sur le haut des placards, dans l’interstice des fils électriques, avant de revenir dans la discussion avec un soupir.

« Je n’ai ni tes moyens, ni ton expérience, mais... » Une subtile note d’admiration troublait ma voix. Un écho inattendu, que je n’avais pas anticipé. « Mais j’ai aussi bu à la source. Je peux apporter plus qu’une peinture abstraite dessinée à la cervelle. »

Un livre écrit au maléfice, par exemple.

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Orihime Hasegawa
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En un mot : Une reine dans l'ombre
Qui es-tu ? : ⛧ Cheffe yakuza qui a mérité sa propre branche dans le règne familiale.
⛧Modelée par 37 ans de terreurs infligées par le prince sadique qui l'a engendrée. Elle a néanmoins accepté sa part démoniaque et embrasse son pouvoir, bien qu'elle est consciente de n'être encore qu'un pantin dans un jeu qui dépasse les Hommes.
⛧ Boulimique de pouvoir, elle cherche constamment à éteindre on influence et se nourrit de la peur qu'elle inflige aux autres.
⛧ Respecte le code d'honneur des yakuzas, dans l'énorme majorité des cas au moins. Mais sa condition d'engeance la pousse parfois à tordre les principes de sa mafia.
⛧ Bois, fume, s'envoie en l'air, elle se vautre sans complexe dans ces petits plaisirs de la vie.
⛧ En façade, elle est une élégante chef d'entreprise à qui tout sembre sourire. Elle fait même des dons à des organismes caritatifs. L'envers du décor, c'est le monde du crime, où elle est connue sous le nom Joō, "la reine".

⛧⛧

⛧ 1m61 / ~55 kg;
⛧ Cheveux sombres & yeux noirs insondables.
⛧ Toujours élégamment vêtue, ne porte jamais de robe ou de jupe.
⛧ A trois tatouages : un chrysanthème (plexus), cerisier en fleur (dos), vague d'hokusaï (avant-bras).
Facultés : ⛧ Orihime incarne la peur. Croiser son regard peut déjà mettre mal à l'aise et, sans raison apparente, stimuler la zone du cerveau qui traite la peur.
⛧ Elle peut déployer une aura d'une dizaine de mètres dans laquelle toutes les personnes présentent ressentent une peur inexplicable à son égard.
⛧ Pendant une durée limitée, elle peut devenir une sorte de cauchemar vivant. Elle ne se transforme pas vraiment, mais ceux qui la regardent y voient un patchwork de leurs terreurs les plus profondes.

⛧ Vieillissement ralentit par la grâce de Beleth.

⛧ Bilingue anglais/japonais
⛧ Ceinture noire de Jissen karaté, manie les armes à feu et le katana.
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Mar 22 Aoû - 14:37 (#)

Ce que pense la Mort ? C’est d’une clarté limpide à ses yeux. La Mort. La fin de la vie de façon absolue, sans concession, sans compassion. Comme le traitement d’une maladie contagieuse que les humains, et tous les êtres, se transmettent de génération en génération. Si l’existence était de la lumière, alors la Mort serait un trou noir : elle absorbe tout, de telle sorte que plus rien ne brille. Et elle va grossir, grossir, grossir, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

Ce concept peut être difficile à assimiler pour le cerveau humain, car il ne peut visualiser ce néant stérile. Il fonctionne parce qu’il vit, et la Vie ne peut pas imaginer la Mort. Orihime laisse donc cette considération de côté, car ce n’est pas le sujet essentiel. Ce n’est pas une expérience qui se débat, c’est une expérience qui se ressent. Gravée dans l’âme et dans la chair. Au plus l’engeance avance sur le chemin du vice, au plus sa conscience aliénée est capable de comprendre l’Enfer.

Attentive, elle écoute ce qu’Alexandra a à lui dire. C’est captivant. Le masque dissimule son visage et voile la lueur étincelante dans ses prunelles sombres. Une sorcière lui ayant permis de « marcher dans le monde des rêves » ? Un drôle de frisson lui court dans le dos. Un grondement inaudible, désagréable. Beleth. Est-ce bien son royaume qui a été foulé ?

Orihime retient son souffle. C’est rare – très rare – qu’un individu mortel arrive encore à la surprendre et à attiser son intérêt. Où était cette femme pendant tout ce temps ? Elle et son potentiel, elle et ses informations… une valeur gâchée par l’anonymat et un cruel sentiment de perdition. Difficile est la vie d’un loup parmi les moutons. Mais désormais, Alexandra n’est plus seule… Les spectres de ses sentiments humains sont vite chassés alors qu’elle arrive à sa conclusion. Elle peut être utile.

- Je le sais maintenant. J’en suis persuadée.

Oh que oui, même si la concerné ignore encore à quel point. L’engeance en a le vertige. D’autres portes s’ouvrent, d’autres possibilités. Elle a envie d’une clope et d’un verre de whisky, mais l’heure n’est pas encore à la révélation de son visage ; bien que sa cadette l’ait déjà mérité.

- Je suis autant intéressée par les coordonnées de la sorcière que par ton roman. Je trouve que c’est une excellente idée, appuie-t-elle en se penchant en avant pour joindre les mains sur la table. Je m’en procurerai un exemplaire pour lire, par curiosité personnelle, et je ferai en sorte d’en accroître sensiblement la diffusion.  

Et uniquement via des moyens légaux : elle ne prendra pas le risque que l’ouvrage destiné à répandre leur appel soit retiré du marché pour démarchage illégal. En revanche, elle peut mécéner la maison d’édition pour qu’elle finance une campagne de promotion de grande envergure, lancer plusieurs de grosses commandes Amazon afin que le bouquin campe la tête des ventes sur le site du leader international, engager un commercial pour démarcher activement les librairies, sponsoriser des influenceuses pour parler copieusement du bouquin… bref, avec un plan d’action et des moyens, c’est à sa portée.

- Je dois reconnaître que je ne m’attendais pas à ça, la première fois que je t’ai rencontrée…, souffle Orihime entre ses lèvres lissées d’un sourire. Je suis loin d’être insatisfaite de la tournure des événements, c’est même un euphémisme, compte tenu de la situation. Tu es des nôtres désormais. Tu pourras revenir ici quand tu veux ; tournois de poker tous les mardis soirs, termine-t-elle sur un ton amusé.

Une légèreté glaciale, comme si elles ne venaient que de boire un verre entre collègues avant de rentrer signer un contrats.
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- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Monstrueuse créature, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
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Dim 27 Aoû - 22:01 (#)
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Cette nuit avait tout d’un début. Celui d’un sentier descendant dans les tréfonds d’un monde infernal, où les miens, ces semblables damnés, peuplaient les moindres recoins, où la lumière était pâle et morte. Là-bas, je marchais sur un boulevard faits de cauchemars éveillés, parmi ce décor sinistre qui flattait cette facette de moi-même, laissée déshydratée durant des années. La source était au bout du chemin. Et cette voie était déjà pavée de souffrances, les miens autant que celles d’autres, éclaboussée d’un premier meurtre comme un baptême virginal. C’est dans cette pièce confinée à l’atmosphère fleurant bon le crime, que je venais de me délester d’une partie des souvenirs du rituel de Morgane, dont la mémoire émotionnelle avait marbré mon âme d’un hématome persistant. J’entrais enfin dans cet autre univers où se trouvait ma véritable place.

Vers où allions-nous, Joō et moi ? Je n’en savais rien.
Mais c’était la seule route qui s’ouvrait à moi depuis un an.

« Hm, » ai-je simplement répondu, enivrée non par l’alcool, mais par cette soudaine sensation de bien-être qui succédait aux aveux spontanés.

Que pensait réellement ma consœur ? En dépit du masque m’interdisant l’analyse de son visage, je décelais dans sa posture, l’immobilisme de ses épaules et l’ouverture de ses bras, une écoute attentive. Après tout, j’étais douée pour raconter les histoires. Qui n’aimait pas les récits de dieux anciens et d’univers cachés ? J’ai levé une nouvelle fois mon verre pour le vider du reste d’alcool. Durant un instant, la tentation de lui conter l’histoire de ma mère, avec ces visions du temple souterrain que Père m’avait confié, s’est faite terriblement forte. Quelques instincts enfouis m’en ont privé. J’ai laissé le silence inviter Joō à reprendre la conversation, pendant je fixais le serpent de fumée se dérouler depuis le bout de ma cigarette.

« Pas de problème. Même un exemplaire dédicacé, si tu veux. » J’ai reniflé, amusée à la perspective qu’une autre fille des Enfers allait parcourir ces pages. Qu’allait-elle ressentir à cette lecture ? Difficile à dire.

Moi, ce livre m’avait écorché vive. Des semaines entières le cul vissé sur la chaise, à me scarifier l’imaginaire pour saigner dans ces pages jusqu’à l’obsession maladive, comme un accès de fièvre délirante. J’ai tapoté la clope dans le cendrier, en repoussant ces souvenirs fiévreux et ces sinistres mots excisés de ma conscience, puis couchés sur le papier. Quels pouvoirs recelaient-ils ? Une seule créature en connaissait l’étendue réelle.

« Note que c’est sa dernière adresse. J’sais pas où est Morgane aujourd’hui. Elle a coupé tout contact après cette journée, sûrement parce qu’elle a compris ce qu’elle avait déclenché. » J’ai tiré une bouffée de tabac. « Difficile de la blâmer. C’est pas facile de supporter la présence de la mort en personne. Peut-être qu’elle a filé chez son mentor mais elle m’a jamais donné son identité, et j’ai pas eu de nouvelles depuis un an. »

Une note de tristesse a percé ma voix. Je l’aimais bien, Morgane. Elle avait été l’une de mes dernières amies humaines, et la seule qui m’ait tendu la main dans les moments difficiles. La seule aussi qui avait accepté de me suivre dans les profondeurs viciées de mon âme, où s’ouvrait ce couloir vers mon Créateur.

« Franchement dommage d’avoir perdu son contact. Peut-être que toi tu pourras la retrouver elle ou son mentor. Elle m’a dit faire partie d’un clan différent des Wiccans, ça aurait pu devenir une collaboration... intéressante, » ai-je conclu en haussant les épaules.

Ma clope se terminait. Un bref instant, j’ai levé les yeux vers le mur vide derrière Joō, où l’insecte furtif avait désormais disparu. J’ai reporté mon attention sur ma consœur qui me complimentait à mots couverts.

« J’aurais jamais cru être approchée par une mafia. Encore moins une menée par une semblable. J’suis aussi assez satisfaite de ce début, et pas mal curieuse de voir où ça va mener. » Un faible sourire a déformé mon indifférence affichée. « Noté. Mais je joue pas beaucoup au poker. J’suis pas douée pour le bluff. »

Un pieux mensonge. Cette leçon-ci, celle du secret et de la duplicité, le Monarque me l’avait bien apprise au sein de ce désert de sable noir, où la mort avait des ailes de papillon.

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