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Ven 24 Avr - 0:19 (#)



A BLOODY REMINDER

From Arkansas Street to Western Hill
15 novembre 2019
gibbeuse décroissante


Une virée avec Stan un samedi soir, ça ne peut qu’être mémorable. Stanislas, elle l’avait rencontré trois ans plus tôt, quand le métamorphe avait débarqué à Shreveport. Un bon gosse sur lequel la vie avait tapé un peu trop. Après quelques échanges, lasse de le voir faire la manche devant le salon de tatouage de Stoner Hill – mais pourquoi là, s’était-elle toujours demandé sans jamais lui avoir posé la question ? -, elle lui avait offert une place à la Ménagerie. Il était resté quelques semaines, le temps de se dégoter un petit job de livreur pour une pizzeria, puis s’était mis à faire sa vie, sans jamais couper le contact pourtant. Il y avait chez lui une forme de reconnaissance persistante envers elle, et il fallait bien avouer qu’elle était satisfaite qu’il ait trouvé ses marques alentour. Aujourd’hui, il bossait dans une supérette bio – l’annonce de cet exploit l’avait bien fait marrer, étant donné toutes les merdes qu’il ingurgitait, mais face à cela, il avait haussé les épaules : ça compensait.

Ils étaient entrés dans le bar depuis deux heures à peu près, s’étaient enfilés quelques tournées de shots de tequila, plusieurs verres, et alors que ça commençait à lui monter à la tête, elle le voyait qui commençait à s’agiter, à guetter la vitrine. Elle soupira, elle connaissait la suite. Descendit un nouveau shot aussi sec. « J’arrive. » Et un autre, lui arrachant une grimace signifiant qu’il valait mieux s’arrêter là, désormais. Elle releva la tête en la tournant vers l’extérieur, s’arrêta sur les trois gaillards que rejoignait Stan. Depuis quand se déplaçait-on en bande pour livrer de la dope ? Ses yeux se détournèrent, elle se mit à jouer avec la paille de son gin tonic et dégaina son téléphone – comme tout un chacun incapable de faire face à la solitude dans un endroit bondé, cette merveille technologique avait également l’avantage de constituer une barrière fragile contre les prédateurs éméchés les plus timides, l’oxymore absolue. En soi, cela ne servait à rien : on ne savait même pas quoi y foutre, on ouvrait un réseau après l’autre, on se frottait les yeux en espérant que l’écran cesse de clignoter, on les plissait pour vérifier l’heure qu’il était, les minutes qui défilaient. Jusqu’à ce que ça vibre entre ses doigts. « Sors. » Les sourcils se froncent, le front se plisse. On entend la voix déformée, on se met à redescendre avant même d’avoir franchi la porte sans tarder. « Stan ? » A gauche, à droite, penser comme le client. Elle tourne sur la petite ruelle au croisement le plus proche et aperçoit des pieds dépasser d’un porche. « C’est une blague ! » Elle sent l’agacement qui commence à poindre, se demande dans quoi il est encore allé se fourrer alors qu’elle se précipite, les pensées aussi vives que les actions, l’air frais de l’automne, l’urgence de la situation, l’aidant tout deux à décuver.

Tableau rouge sang. La main appuyée sur la partie gauche de son ventre – elle n’a jamais été très douée en anatomie, bien que cette vie commençât sérieusement à la lui faire apprendre par la force des choses , elle voit le liquide écarlate traverser l’obstacle défaillant que les doigts lui présentent, créer des rigoles depuis leurs interstices. « Qu’est-ce qui s’est passé bordel ? » Elle joint sa main à la sienne afin d’exercer plus de pression. Le temps de… Mettre de l’ordre dans ses idées. Réfléchir. C’était mal parti. « J’ai pas très bien compris si c’tait parce que j'suis un monstre, ou l'genre de monstre qu'sa sœur se tape. » Il a de toute évidence du mal à parler. « Quoi ? » Stan gesticule, se redresse quelque peu. « Elle était là la dernière fois que j’ai pécho... Lia... je peux te raconter les derniers ragots genre plus tard ? » La fin de la phrase est plus appuyée, elle sent qu’il l’aurait bien gueulé, mais ça suffit pour la sortir légèrement de sa torpeur. Elle en appelle a son cerveau actuellement peu fonctionnel, qui n’a guère envie de venir en son aide à cette heure. Son regard se décolle de la plaie. « Le portail le plus proche me semble trop loin pour ta blessure… Si on rentre dans un taxi, considérant ton état... » Stan secoue la tête, proteste. « Lia, tu m’amènes pas à l’hôpital hein ? » Elle continue de fixer la porte derrière lui dans l’espoir qu’elle lui livre la solution tant attendue.« LIA REGARDE-MOI ! » Elle sursaute alors qu’il force sur sa voix auparavant si faible. Et si… « Ok. Ok, pas d’hôpital. » Foutu bordel. Ses dents se serrent alors qu’une solution se profile en son esprit embrumé, une idée qu’elle n’attendait plus, qu’elle remercie et maudit tout à la fois.

« Tu peux te lever ? » Elle le sent pousser sur son autre bras afin de s’assurer des forces mobilisables. « Yep. J’crois qu’j’peux faire ça. Mais t’aurais pas une p’tite dose de courage à me filer dis ? » Odelia lève les yeux au ciel, sachant très bien où il veut en venir. « T’as pas assez d’tout cet alcool dans ton sang ? » Bien sûr qu’elle l’aurait fait, mais ce qui la dérange, c’est qu’il le quémande. « Ben, j’suis en train d’le perdre, alors... » Malgré elle, elle sourit. Y a que Stan, pour continuer à vous taper la discut’ dans un état pareil, pour continuer d’penser à planer. Elle dépose sa main droite sur sa joue et lui envoie une bonne dose d’hébétude après quelques secondes de concentration. Sa tête qui part en arrière, brièvement, comme lorsqu’on s’endort assis, sans support. « Allez. » Son bras gauche se glisse sous son épaule droite, d’un mouvement elle lui intime de maintenir la pression sur son flanc opposé, et ils entament leur lente progression sous le regard effaré des passants. « T’as plus qu’à prier pour que les flics débarquent pas avant qu’on soit arrivés à bon port. » Il ne dit plus rien, et elle sait qu’il profite de l’instant tant qu’il le peut encore, tant que la douleur n’est pas trop vive. Ça ne durera pas, bientôt elle le rattrapera, il en a parfaitement conscience. « Va falloir que t’arrêtes les conneries un jour tu sais Stan. » qu’elle lâche, malgré elle, parce que ça la taraude, parce que ça la ronge. « J’ai rien fait Lia. » Tout était une question de perspective, bien entendu, et il ne fallait certainement pas espérer qu’il retienne une leçon de morale, là, maintenant, alors qu’il pissait le sang, se vidait progressivement de ses forces, assemblait ce qu’il en restait afin de poursuivre leur trajectoire. Sans compter le shoot qu’elle lui avait mis. Il faudrait qu’elle lui parle, quand même, sûrement, quand tout ça serait fini, si jamais elle trouvait le courage de se glisser dans la peau de la gardienne inquiète. Oui, ça. Ou trouver quelqu’un qui ferait mieux le job. « Je dis juste que j’ai pas envie de retrouver un jour ton corps en train de pourrir dans le Bayou. » Ils arrivaient. Elle pouvait voir se dessiner la bâtisse qu’elle avait eu l’occasion de visiter quelques années auparavant. Une unique visite, qu’elle ne pensait pas renouveler. Avait-ce été se mentir à soi-même ? Après tout, son nom avait été depuis plusieurs fois prononcé. Il fallait bien s’attendre à ce que leurs retrouvailles aient lieu tôt ou tard. Ce n’était pourtant pas qu’elle le fuyait, ou peut-être était-ce le cas, mais simplement pas par pure antipathie, elle l’avait bien aimé, Archie – une simple lâcheté, une gêne sourde, cette envie de laisser au passé tout ce qui appartenait au passé, qui plus est tout ce qui touchait au domaine de l’émotion.

« On y est. » Alors qu’il s’appuie un instant contre la grande porte, elle se rend compte à quel point son épaule est douloureuse. Douloureuse ? Pouvait-elle se permettre de parler de douleur quand son ami était dans un tel état ? Après une dernière œillade vers celui-ci, elle pressa le bouton de l’interphone. Les souvenirs d’un autre temps se mettaient à la submerger, alors que la familiarité de l’endroit s’imposait à elle. Elle se revoyait se retourner en riant, se caler elle-même contre cette porte, l’attirer à elle. « Archie, c’est Odelia. Je suis désolée de te déranger à une heure si tardive mais si tu peux me laisser monter… C’est vraiment urgent. » Petit moment d’angoisse, alors qu’elle se demande pour la première fois s’il va la laisser entrer. S’il était difficile pour elle de lui expliquer la situation depuis la rue, elle n’avait aucune idée de s’il était enclin à la revoir, voire si elle ne dérangeait pas quelque chose, là-haut. La porte cliqueta, la déchargeant d’un poids. Elle avait après tout entre les bras bien plus affligeant que sa vie sentimentale – ce qui n’était pas peu dire. Après avoir jeté un coup d’œil aux boîtes aux lettres afin de se remémorer l’étage vers lequel ils se destinaient, ils s’engouffrèrent dans l’ascenseur. « Tu le connais d’où, ce gars ? » Elle indiqua le troisième. « Pas tes affaires. » Alors qu’il était appuyé contre le miroir, elle tenta d’éponger avec le T-shirt de son ami le sang qui lui dégoulinait des mains, dans l’espoir de ne pas trop alerter les voisins. Bientôt ils s’engouffrèrent dans le couloir, bientôt la fin de ce qui lui avait semblé une éternité, bientôt le commencement d’un nouveau calvaire. « Salut. » Les yeux qui se heurtent. « Ouh ça va être sympa ! » Odelia soupire. « La ferme, Stan. » Ses iris se détachent des siens pour explorer le couloir, sa voix se fait faible. « Coup de couteau. C’est un métamorphe. Je savais pas quoi faire. »
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Cannot a Beast be tamed
Archimède O'Connell
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"In order to see birds it is necessary to become a part of the silence."

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En un mot : Animal.
Qui es-tu ? : ⩥ Métamorphe. Il a grandi sur le sol de Shreveport, entouré par sa vaste famille et son clan étendu.
⩥ Force tranquille. Il est toujours prêt à servir d'appui à ses proches, ne se reposant sur eux que très rarement.
⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
⩥ Il a récemment adopté un pitbull qu'il a nommé Orion.

"SINGING IN THE DEAD OF NIGHT"

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Facultés : ⩥ Totem, Petit-Duc Maculé.
⩥ Première Chasse Sacrée sur un Carcajou.
⩥ Envisage vaguement une seconde Chasse.
⩥ Maîtrise parfaite de nombreuses techniques de combat au corps à corps.
Thème : Blackbird - Boyce Avenue
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"And learn to fly"

Pseudo : Akhmaleone
Célébrité : Keanu Reeves
Double compte : Daphné G. Calabrezzi & Lilas Hirsch & Maria Parado
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Date d'inscription : 07/07/2019
Crédits : Corvidae (Ava) Pando (Icon)
Mer 17 Juin - 2:57 (#)


( A bloody reminder )
L’eau me gicle en pleine figure et je jette un regard plein de reproche en direction de la source. Mon t-shirt en coton gris est trempé, mes cheveux aussi, le sol de la salle de bain n’est pas mieux, et Orion n’est toujours pas propre. Je grogne, son presque plus animal qu’humain, face à la désobéissance de mon chien. Il n’a pas peur de l’eau, mieux, il adore ça, et c’est justement pour ça que je me retrouve à presque deux heures du matin, les genoux sur le carrelage mouillé à essayer de retirer la boue qui s’accroche désespérément à la fourrure courte du pitbull. « Aide moi un peu, tu veux ? » Comme s’il avait sentit le dépit dans ma voix, il me laisse finir ma tâche et je pousse un soupir de soulagement en rinçant les dernière traces de mousse. « Merci, t’es un vrai. » Je lui gratte énergiquement le flan et il remue la queue comme un bienheureux tandis que je le frictionne avec une serviette. Il s’éloigne en trottinant, ses griffes cliquetant sur le carrelage puis sur le parquet. Je secoue la tête quand le bruit métallique des croquettes cliquetant dans sa gamelle me parvient. « Putain de ventre sur patte, je te jure. »

Avec un soupir, je fini de me relever, jurant contre mon genoux qui n’ont pas apprécier de devoir rester fléchit pendant de longues et douloureuse minutes. Je m’apprête à changer mon t-shirt trempé pour un sec quand le son de mon interphone me fait sursauter. Je jette un regard sur l’horloge accroché au mur en fronçant les sourcils, avant de m’approcher de l’appareil. Je décroche le téléphone et m’appuie un peu contre le mur en soupirant un « Oui ? » fatigué quand le micro. La voix, et le prénom, l’accompagnant qui résonne me fait entrouvrir la bouche de surprise. Odelia. Des images éparses de la jolie brune défile dans ma mémoire. Ses longs cheveux bruns qui effleurent mon avant-bras, un sourire mutin offert en même temps qu’un verre, le balancement de ses hanches. Sa peau laiteuse, contre la mienne plus sombre. Je déglutis et me sort de la spirale infernale. « Monte. » Je presse de l’index le bouton qui permet l’ouverture de la porte et attend patiemment qu’elle arrive en réfléchissant aux raisons qui pourrait l’amener à venir ici à cette heure-ci. Une nuit. C’est la durée totale de ma relation avec elle. Après Lou, les choses étaient compliqués, je n’avais pas envie de réfléchir, elle était là, cherchait clairement la même chose, et pour une rare occasion je me suis laissé emporter. J’ai oublié pour une nuit que ma vie était sacrément pourrie à l’époque. Je doute qu’elle revienne pour remettre le couvert, même si l’idée ne me déplairait pas.

Complètement perdu dans mes pensées, je ne l’entends même pas approcher et le claquement de son poing contre le battant me fait sursauter une nouvelle fois. J’ouvre la porte en grand et manque de m’étrangler quand elle m’accueille avec un sourire de travers, les mains pleines de sang et un quasi-cadavre sur les bras. J’ai un petit rire de gorge quand elle rabroue son blessé qui semble être finalement en meilleur état que ce que laissait présager la quantité de sang sur les mains de l’italienne. « Entre, vite. » Je la décharge de son fardeau, glissant un bras sous les aisselles de Stan, puisque c’est apparemment son nom. Il s’accroche vaillamment, mais je sens le tressaillement de douleur qui le secoue lorsque nous le déplaçons. J’indique d’un signe de tête, la direction de la salle de bain à la sorcière. « Lave toi, je m’en occupe. »

Mon attention se reporte sur Stan, qui menace de pourrir mon tapis et mon parquet en dégoulinant dessus. Orion, renifle avec curiosité la jambe d’Odelia tandis qu’elle se lave les mains et je traine mon futur patient vers la salle de bain. Le cadavre est encore trempé, mais au moins ce sera facile à laver. « Accroche toi, je vais t’aider à t’allonger mais ça va piquer quand même. » Il hoche la tête, et je suis impressionné par la façon dont il encaisse. Le tapis de douche plié en quatre lui sert d’oreiller et je m’empresse d’attraper la trousse que je range dans le placard sous l’évier. « T’as de la chance qu’elle sache où j’habite, mec. » Je dégaine une paire de ciseau et découpe rapidement son t-shirt. L’entaille est propre et je hoche la tête en enfilant des gants avant de préparer une seringue d’anesthésiant local. D’une voix forte je m’adresse à Odelia avant de me rattraper en prenant conscience qu’elle se tient sur le pas de la porte. « ODELIA ? Ah merde, pardon, j’t’avais pas entendu. Ça va aller, rien que je ne puisse résoudre avec quelques points de suture. J’en ai pas pour très longtemps, mais tu peux aller récupérer un truc dans ma chambre ? Un tapis de sport, bleu marine, il doit être derrière la porte ou contre la commode, je me souviens plus exactement. » Je me penche en avant et enfonce la seringue rapidement contre la plaie, des petites injections rapide qui font un mal de chien mais qui sont nécessaire si je ne veux pas me retrouver avec un métamorphe qui hurle dans ma salle de bain. Il jure entre ses dents et je lui offre un sourire gêné. « Désolé, t’aura bientôt plus mal. » J’attrape le tapis que me tend la sorcière avec un sourire. « Merci, tu veux bien me filer un coup de main ? »

J’attrape l’épaule et le genoux de Stan et le fait pivoter sur le côté tandis qu’elle glisse le tapis sous lui. « J’vais t’engager en tant qu’assistante à ce train-là. » Je lui souris avant de m’attaquer au nettoyage de la plaie. « Oh, ça va, plus de peur que de mal, à peine un quinzaine de point de suture. Tu seras remis d’ici deux jours et tu pourras retourner te faire transformer en passoire. » Je secoue la tête en l’entendant rire. « J’l’aime bien celui-là, Lia, il a tout compris. » Je lève les yeux aux ciels et croise le regard de la sorcière avant de baisser les yeux sur le sac de soin posé près d’elle. « Tu peux me choper, une aiguille courbe et un sachet de fil à suture s’il te plait ? » Je l’observe fouiller dans le sac, surpris de voir que mes souvenirs n’ont rien idéalisé de sa beauté. Ses yeux bleus croisent les miens et j’attrape maladroite l’aiguille qu’elle me tend, manquant de la faire tomber. Un ricanement me pousse à baisser le nez vers mon patient et je lui montre l’aiguille en question. « T’sais que c’est moi qui vais t’enfoncer ça dans le bide d’ici quelques secondes, je ferais pas le malin à ta place. » Je relève le nez vers Odelia. « T’es pas obligé de rester pour la suite, c’est toujours un peu crade et sanguinolant, je comprendrais. » J’attend qu’elle prenne sa décision l’aiguille en main, prêt à recoudre le bide de ce mec que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Pourquoi, bordel, à chaque fois qu’une jolie fille débarque sur mon paillasson il faut qu’elle soit bourrée et/ou accompagné d’un truc qui menace l’intégrité du sol de mon appartement ?


( Pando )
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Dim 30 Aoû - 17:24 (#)


From Arkansas Street to Western Hill
15 novembre 2019
gibbeuse décroissante


A son grand soulagement, Archie l’accueillit très naturellement. Enfin, autant qu’il le pouvait étant donné la situation. Il prit immédiatement Stan en charge en la pressant d’entrer, et l’invita à aller se laver. Galant en toutes circonstances. Après un signe de tête poli mais reconnaissant, elle passa à la salle de bains et fit couler l’eau, le sang s’y mêlant, rigoles rougeâtres rejoignant les égouts de Shreveport. Elle avait à peine coupé le robinet qu’elle le sentit la rejoindre dans la pièce. En se retournant, serviette à la main – qu’elle fit de son mieux pour ne pas approcher de ses vêtements probablement tout aussi souillés par le liquide qu’elle venait de laisser se déverser contre la céramique -, elle comprit qu’il comptait travailler ici. Le carrelage était sûrement moins salissant. Décidément, elle le mettait dans de beaux draps. Bien différents cette fois.

La brunette se dégagea aussitôt que ses mains furent sèches, lui laissant le plus possible d’espace pour travailler. Odelia se cala contre le cadre de la porte, l’observant à l’œuvre tout en tentant de se faire la plus discrète possible. Visiblement, cela fonctionnait bien, puisqu’il se mit bientôt à crier son nom comme si elle avait décidé d’aller se taper une ballade pendant qu’il faisait le sale boulot. Elle rit légèrement. « La chambre, hein ? » Lieu du crime. Stan tente encore de plaisanter, mais elle sent cette fois qu’il a du mal à contenir la douleur entre ses dents serrées. Le shot de courage administré plus tôt a dû définitivement cesser de faire effet. Bref. Elle devait aller y chercher un tapis. Un tapis de sport, hmm ? Elle tenta de l’imaginer enchaînant les postures de yoga. Ode. Pas l’temps pour ça. « Bien sûr. » Elle désigne le petit malin du bout du menton. « Fais-moi plaisir et laisse-lui une belle cicatrice. »

Elle se dirige alors vers la chambre, peinant un instant à se souvenir de la direction à suivre. C’est que, ça commençait à faire un moment. Pourtant, alors qu’elle passe la porte, ce sont de nouveaux souvenirs qui l’assaillent. Le lit où elle se revoit rire à ses côtés alors que l’aube point, dans un entrelacs de tissus et de chair. Elle fait glisser la porte derrière elle afin de vérifier si l’objet recherché se trouve derrière celle-ci – les images se superposent à nouveau : ses fringues éparses qu’elle récupère alors qu’il est assoupi, sa silhouette fugitive qui se glisse et abat la poignée après elle. Lia soupire. C’était une bonne soirée. Pourquoi Stan devait-il tout compliquer en la forçant à affronter les fantômes du passé ? Elle détestait faire face aux hommes. Aux émotions. A son attitude digne d’être psychanalysée. Elle n’avait qu’une œillère au visage, après tout : elle assumait avoir un problème, elle refusait simplement d’en chercher l’origine. Quoiqu’il en soit, ce n’est pourtant pas un problème qui se dresse, présentement, mais une victoire : l’objet de sa quête. Elle récupère le tapis et s’empresse de retourner dans la salle de bains, priant pour que l’état de son ami se soit maintenu.

Elle tend dès lors le tapis au vétérinaire qui lui demande un coup de main dans le même temps. S’abaisse instantanément afin de lui offrir l’aide nécessaire : faire glisser la pièce sous le corps de Stan pendant qu’il le soulève. Une plaisanterie s’échappe du chirurgien de fortune. Décidément, la voilà entourée de petits rigolos. Ce n’était pas pour lui déplaire. « Oui, apparemment, l’assistance, c’est mon domaine... » renchérit-elle, sarcasme pointé envers elle-même. C’était plutôt proche de la vérité, après tout : enseignement, assistance au Morsus, et à présent, assistance en chirurgies de fortune effectuées sur des carrelages de salle de bains. Voilà un CV impressionnant, assurément. Archie nettoie la plaie et annonce son verdict. Le soulagement la prend. La rouge entend à peine l’échange entre les deux hommes, Stan qui l’appelle à témoin, le cerveau vrombissant de la pression qui retombe. Elle se secoue finalement. « Il doit être habitué aux phéno dans ton genre. » réplique-t-elle donc avant de glisser son regard vers leur sauveur. Faisait-elle partie de cette catégorie ? La jeune femme ne sait pas vraiment comment elle doit se comporter, s’il s’attend à des excuses,  si elle saurait même les arracher hors de sa gorge, s’il ne s’était jamais attendu à rien de plus. Elle n’avait jamais été très douée avec les gens. Sûrement car sa méfiance avait toujours érigé des murs gigantesques entre elle et le reste du monde, lui renvoyant une baffe, la rappelant à l’ordre à chaque manquement.

Elle se penche vers le sac indiqué afin d’accomplir la nouvelle requête d’Archie : du fil et une aiguille. Elle fouille dans le contenu sans réellement voir ce qui s’y trouve, trop concentrée sur ce qu’elle cherche. Mais cette fois, plus aussi empressée. Stan ne va pas crever. D’ici quelques minutes, on pourrait l’assommer à coup de somnifères – ou de kétamine – et ce sale épisode serait terminé. Trouvé. Elle tend ses outils de travail au professionnel. Tente de dissimuler un petit sourire en coin qui s’affiche bien malgré elle sur ses lèvres alors qu’il laisse échapper l’aiguille lors de son passage de main en main, flattée, l’ego gonflé, rassuré, dorloté. Stan ne le manque pas, mais il riposte aussi sec, déclenchant un nouveau petit rire chez la demoiselle. Décidément, c’est sa soirée, à Stanislas. Un coup de couteau, et ses alliés ligués pour le museler. Ils ne sont pourtant pas arrivés encore à l’une des parties les plus délicates : la couture de ces pans de peau écartés. Gentleman à nouveau, toujours, Archie lui offre une porte de sortie. « Oh, t’en fais pas pour moi, vraiment. » se contente-t-elle de conclure, l’invitant à poursuivre. J’en ai vu d’autres. C’était dans ce genre de moments, dans ce genre de réponses qui s’échappaient d’elle si naturellement, qu’elle prenait conscience de la violence du monde qu’elle habitait. Du mode de vie qu’elle avait choisi. De la dangerosité de ceux pour qui elle prenait parti. Elle revoyait les plaies béantes qui s’étaient succédées sous ses yeux, les leurs, celles de leurs victimes, au point que ce genre de vue la faisait désormais à peine ciller. Elle avait flanché, les premières fois, relâché le contenu de son estomac, en une ou deux occasions, et puis… Elle s’était ressaisie. Elle était devenue imperméable aux blessures, insensible au sang, dédaigneuse de cette faiblesse dont elle avait fait preuve dans les premiers temps. Avait-elle raison d’être fière qu’une part de sa sensibilité se soit ainsi estompée ? Une de plus. « Mais c'est que tu fais ça bien, j'ai quelques fringues à rafistoler, si tu veux. » lâche-t-elle en observant le beau travail entamé.
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Archimède O'Connell
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⩥ Parfois complexé par sa forme totémique, il s'en accommode de mieux en mieux au fil des ans.
⩥ Passionné. Il aime les choses pleinement, entièrement, d'une manière très honnête. Son travail, son chien, ses bécanes, ses amantes.
⩥ Fumeur. Il tente désespérément d'arrêter depuis des années.
⩥ Casanier. Il aime sa maison, il aime sa ville et il est profondément heureux d'avoir pu, enfin, retrouver la Louisiane après des années d'exil dans le Nord.
⩥ Grand passionné de mécanique, il passe son temps libre à retaper de vieilles motos dans son garage.
⩥ Colérique. Il n'aime pas la colère, se méprise de ne pas être capable de contrôler ses émotions avec plus d’acuité.
⩥ Vétérinaire. Il tient une clinique avec Jonathan, son réceptionniste, qui sert également d'hôpital pour thérianthrope et garou à la nuit tombée.
⩥ Grand Amateur de whisky, il en possède une collection impressionnante.
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Dim 8 Nov - 2:27 (#)


( A bloody reminder )


Le son musical de son rire me surprend, j’en avais oublié la sonorité. Un concerto de clochette qui se réverbère sur les murs et le sol carrelé de la pièce. L’aiguille fermement maintenue entre le pouce et l’index, le fil glissé entre mes doigts, je me rappelle que c’est l’une des choses qui m’avait attiré, à l’époque. Elle semblait si libre quand elle riait, ses yeux bleus plein d’une lumière sauvage, ses dents blanches contrastant violemment avec son rouge à lèvre et ce son, si léger. Je baisse la tête pour cacher le sourire qui étire mes lèvres. Je lui propose une nouvelle fois de sortir, mais elle refuse, son mouvement de tête poussant vers moi la fragrance de son parfum. Après un petit haussement d’épaule, je me penche vers Stan et m’applique à coudre le plus rapidement possible. Plus vite, je vais, plus vite il cicatrisera, et surtout moins longtemps il aura mal. J’enfonce l’aiguille dans la chair, la sensation si commune au bout de mes doigts que je pourrais le faire les yeux clos. J’en ai recousu des plaies comme celle-ci. Tellement, que je ne saurais même plus estimer un chiffre, celle que j’ai infligé pour atteindre les entrailles abîmés de mes patients, celle que je me suis contenté de simplement refermer, comme ce soir, celle qu’on m’a infligé aussi. Stan se comporte comme un chef et je lui adresse régulièrement des regards d’encouragement. Son visage fermé et sa mâchoire crispée m’indique qu’il fait de son mieux pour contenir sa douleur. Je renifle un rire en entendant le commentaire d’Odelia et termine ma suture avant de me tourner vers elle, une expression suffisante sur le visage, sourcil droit dressé et sourire en coin. « Oh, mais je me ferai un plaisir de repriser ton linge. Cela dit, je suis pas persuadé que le fil à suture soit adapté. »

Mes talents de couturier s’arrêtent, malheureusement, à l’épiderme. Incapable de reprendre mes propres vêtements, j’ai plus d’une fois regretté une transformation trop hâtive qui me poussait à rentrer à moitié nu. D’une compresse imbibée d’alcool, je nettoie la zone autour de la plaie avant de la sécher délicatement et d’y appliquer un gros pansement. « Bon, mon grand, j’vais te filer un truc suffisamment costaud pour assommer une vache. » Je jette un œil à Odelia et sa carrure si frêle, avant de me tourner à nouveau vers mon patient. « Tu peux le prendre maintenant et dormir là où t’es, ce qui serait probablement moins douloureux pour toi. Ou alors j’peux te le filer et tu le prends chez toi, mais le voyage sera probablement tout aussi douloureux qu’à l’aller. Cela-dit, vu ta nature, y a de forte chance que ton corps traite le trucs rapidement et que tu nous fasses juste une petite sieste. » Je hausse les épaules en laissant le choix au garou qui opte finalement pour la prise du cachet. Avec un sourire, je me redresse et attrape le verre qui traîne constamment sur le rebord de mon lavabo. Je le remplis d’eau et lui tend le comprimé. Je le regard l’avaler et finir le verre de flotte, en l’aidant à maintenir sa tête. « Nickel. Bonne sieste, mon gars. » Je lui assène une petite tape sur l’épaule avant de tendre une main à Odelia pour l’aider à se relever. « Allez, Nurse Odelia, laissons notre patient se reposer. »

Je laisse la porte de la salle de bain légèrement entrouverte avant de rejoindre ma cuisine. J’indique d’un hochement de tête la bouteille de whisky qui trône sur le comptoir avant d’en servir deux verres. J’en tends un à la jolie brune et m’appuie contre l’îlot centrale de la cuisine en soupirant avant de porter le liquide à mes lèvres. La brûlure est délicieuse dans ma gorge et je pousse un soupir de soulagement, quand elle aide la démangeaison de la transformation à s’éloigner. Mes épaules roulent sous le tissu de mon t-shirt et je repousse mes cheveux en arrière d’une main. « Eh bah, tu parles d’une façon de se retrouver. » Je ris doucement en lui adressant un sourire en coin. « Ça t’arrive souvent de débarquer sur le paillasson d’un de tes coups, avec un mec dégoulinant de sang dans les bras ? Non pas que ça me dérange, hein… Recoudre le bide de gars que je connais à peine, c’est mon kiffe ultime. » J’adoucis le reproche qu’elle pourrait percevoir dans ma gorge avec un sourire taquin avant de pousser doucement son épaule avec la mienne. « Tu veux rester un peu ? J’ai une autre bouteille et il doit me rester des trucs à grignoter dans le frigo. Il devrait se réveiller d’ici deux, trois heures, je pense. » Je lui jette un regard qui, je l’espère, n’est pas désespéré. J’ai envie de parler avec elle. Avant d’être une femme d’une beauté saisissante et une amante expérimentée, c’est surtout une femme à la conversation toujours intéressante et j’ai désespérément besoin de distraction en ce moment.



( Pando )
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Anonymous
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Dim 22 Nov - 16:13 (#)


From Arkansas Street to Western Hill
16 novembre 2019
gibbeuse décroissante


Une moue faussement déçue prend place sur le visage d’Odelia alors qu’il commente sur le probable manque d’effectivité du fil à suture sur ses vêtements. Tant pis, la pile de linge à repriser resterait à sa place et continuerait de s’amonceler, jusqu’à ce qu’elle se décide à dépoussiérer ses propres talents de couturière abandonnés en même temps que le fantôme de l’enfant dans la bâtisse laziale.

L’artiste s’affaire sur son œuvre, vient à bout de sa pièce, et propose au matériau un peu de repos. L’italienne guette la réponse de Stan, qui déterminera probablement la suite de sa soirée – celui-ci semble effectivement enclin à rester sur place, probablement peu emballé par le discours d’encouragement d’Archie qui le rappelle au trajet précédemment effectué. L’idée d’un voyage en terre inconnue, une nouvelle dose, n’est également pas le genre de choses qu’il délaie, elle aurait dû s’en douter plus tôt, et elle réprime le sourire moqueur qui manque d’étirer ses lèvres à cette pensée. Ça ne la fait pas vraiment rire, bien sûr, elle s’inquiète, mais elle se sent aussi démunie face à une telle situation, n’a jamais vraiment eu la carrure de la donneuse de leçons – un vague point sur sa vie ne venait que confirmer cette impression. Leur bienfaiteur donne à la jeune femme leur signal de départ. Le laisse-t-on ainsi dans la salle de bains ? Stan n’a pas l’air d’émettre d’objection – il a très certainement connu bien pire endroit, et sa reconnaissance ne saurait en faire de cas.

Elle se glisse donc hors de la pièce et suit son guide jusqu’à la cuisine. Bientôt, elle se retrouve avec un verre de whisky entre les mains. Parfait. Cette soirée n’était peut-être pas complètement perdue, après tout. Elle porte le récipient à ses lèvres et en savoure lentement la première gorgée, les yeux fixés par-dessus le bord poli sur Archie qui discoure sur les conditions de leurs retrouvailles et la questionne sur la régularité de ces visites surprises auprès de ses conquêtes. Il ne savait pas. Il ne savait pas qu’elle n’était pas du genre à renouer, mais surtout, il ne savait pas qu’elle l’avait choisi ce soir pour une bonne raison, qui allait bien au-delà de ses talents de vétérinaire. Elle l’avait choisi pour ces champs mystiques qu’elle voyait danser autour de lui, elle l’avait choisi pour sa condition. C’était la seule chose en laquelle elle pouvait avoir confiance, plus qu’en leur bref bien qu’intense échange, plus qu’en ce métier dans lequel elle n’avait pourtant pas de doutes qu’il excellait. Si on lui demandait pourquoi elle le taisait, elle aurait probablement dit qu’elle avait appris à faire preuve de discrétion, la vérité était pourtant qu’elle ne voulait simplement pas alourdir leur relation : tout ce qui avait attrait au surnaturel faisait encore trop de vagues pour que chacun acceptât de voir son identité dévoilée, ne fût-ce qu’auprès d’un inconnu isolé. Il lui en parlerait si sa confiance en elle grandissait, elle lui en parlerait si la discussion ne pouvait plus être évitée. Tout du moins était-ce ce que sa candide imagination projetait. Elle repose le verre sur la table et acquiesce en faveur de l’invitation formulée. « Je vais attendre son réveil. Je vais pas te laisser avec un inconnu que j’ai ramené. Qui sait ce qui pourrait t’arriver… A moins que ma compagnie ne soit trop insupportable et que tu te sentes parfaitement en sécurité avec ce fou furieux dans ta salle de bains. » Son sourcil gauche se lève, persiflante Lia. « J’ai pas très faim, mais cette bouteille, c’est une excellente idée ! » Elle irait doucement, tout de même, elle l’espérait. Quelque chose lui brûle les lèvres. Le besoin de s’excuser, bien qu’elle comprenne à ses répliques amusées et à son sens de l’hospitalité qu’il est pour lui superflu. S’excuser pour l’intrusion, s’excuser de la réapparition, des compresses ensanglantées qui avaient rejoint ses ordures, pour le corps blessé qui s’était installé dans sa salle d’eau. « Écoute euh… Je suis désolée d’avoir débarqué comme ça après tout ce temps, vraiment. Il s’est retrouvé dans une sale histoire que je ne comprends qu’à moitié, il refusait d’aller à l’hôpital, on n’était pas très loin de chez toi et… t’es la seule solution que j’aie trouvé. C’était pas vraiment juste pour toi, mais merci. Je t’en dois une. » Elle se consola d’une nouvelle gorgée. « Au moins je pense n’avoir dérangé que toi, j’imagine que ça aurait pu être pire. Qu’est-ce que tu faisais de ta soirée ? Tu n’avais pas l’air de dormir non plus. » Elle n’avait pas vraiment idée après tout de ce qu’était son quotidien. Il s’était rencontré dans un bar, ce qui faisait clairement partie de son quotidien à elle, mais ne s’étaient pas recroisés depuis, ce qui lui laissait trois possibilités : ou il était bien plus calme qu’elle, ce qui n’aurait rien d’étonnant, ou ils ne fréquentaient définitivement pas les mêmes endroits, ou ils n’avaient fait que se croiser. Ça n’avait pas grande importance, après tout. Elle ne faisait que faire la conversation, elle creusait, sans aucune attente, profitant simplement de l’occasion qu’ils avaient de se connaître un peu mieux. Pourquoi pas ? Odelia aurait eu cent arguments à offrir à une telle délibération, mais toutes auraient convergé vers la notion de danger, et c’est là que résidait toute la complexité de sa jeune femme, chacune de ses attitudes paradoxales : le précipice au bord duquel vous vous teniez, le fond qui vous appelait, la peur qui vous retenait.
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