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And where's the money now? • Zach

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ADMIN ۰ Spirit l'étalon des plaines:crack boom hue!
Sanford R. De Castro
Sanford R. De Castro
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❂ONLY GOD FORGIVES❂

And where's the money now? • Zach Nr5dvHH And where's the money now? • Zach 9xLOmHS And where's the money now? • Zach MoijvaE

"It was your doom."

En un mot : Patron du Syndicat du String.
Qui es-tu ? :
"No solo de pan vive el hombre."

❂ Proxénète, tenant en longe les filles mues par la loyauté pour les unes, le besoin de protection pour les autres. Chef d'un cartel restreint mais uni.
❂ Descendant d'un père et homme fou, voué au mauvais sort des griffes d'une sorcière furieuse ; malédiction transmise dans le ventre de la mère : garou-étalon à la robe sombre.
❂ Né au Mexique, dans la terrible Ciudad Juarez. A grandi parmi ces terres arides, au sable rendu gluant par le sang des sacrifiées massacrées à la frontière. Orphelin abandonné par le père ; Christa Reyes est venue grossir la liste des disparues.
❂ Jeune pousse cultivée par la bonté des hommes et femmes d'un presbytère qui ne le fait pas rêver, bien que sa Foi persiste. Ses songes se tournent vers les terres d'Amérique. La fougue de l'adolescence le pousse à se saigner aux quatre veines pour un voyage sans retour.
❂ Feu bout de chair à canon ; prostitué par les ritals du gang de San Diego : le prix à payer pour la traversée infernale. Retrouvé par Miguel de Castro, chef du cartel de Phoenix et oncle bienfaiteur.
❂ Habitué à vivre parmi les hommes vulgaires, bavards et brailleurs ; parmi les filles impudiques, jalouses et bruyantes. Se sent à l'aise partout et nulle part, capable de se fondre dans la masse comme de s'imposer dans une foule.
❂ La fuite précipitée d'Arizona et la mort du Parrain l'ont conduit à diriger là où il n'aspirait qu'à obéir. Ses ambitions demeurent encore modestes ; recruter cerbères et fleurs des pavés. Reconstruire.
❂ Hanté par le secret qu'il ne partageait avec personne d'autre que Miguel. Se débat jusqu'à l'épuisement à chaque pleine lune sans qu'aucun espoir ne vienne briser cette roue de torture.
❂ Parasite une partie de Stoner Hill et ses ruelles pourries par le stupre et la misère (Phoenix street). QG presque chaleureux, dans un immeuble cédé une bouchée de pain par la ville. Bureau, cantine, lupanar et seconde demeure, quand il ne réside pas à Pinecrest.
❂ Aime la nuit, les balades en moto, partager du temps avec les filles et les hommes autrement que pour aboyer des ordres et prendre les choses en main. Timidité masquée de détermination et d'humour.
❂ Supérieur d'Erynn Driscoll, Sumire Matsuhime, Maria Parado et Zach Solfarelli. Ami d'enfance d'Honor Mercant.

❂ LOS MUERTOS VIVOS ESTAN ❂

And where's the money now? • Zach Sj6WT9l And where's the money now? • Zach RZKLtfi And where's the money now? • Zach IoOjLOZ

"Ay amor me duele tanto."

Facultés : ❂ Il fend l'air depuis tout gosse. Pour les courses les plus innocentes entre les cultures de Ciudad, comme pour attraper un train en marche, filant vers des cieux espérés moins cruels.
❂ Force légèrement accrue de par sa nature de garou, planquée derrière une silhouette haute et longiligne.
❂ Formé à la mécanique par les gars de son oncle ; capable de démonter et remonter un moteur les yeux fermés. Préférence pour les deux-roues, mais amateur de belles bagnoles.
❂ Toujours armé. Répugne à tuer, mais n'hésite pas à se servir d'un flingue. Réputé pour l'élégance étrange de ses meurtres, pendant la "guerre" de Phoenix.
Thème : Land of All ❂ Woodkid
And where's the money now? • Zach KKWBGJS
❂ SMOOTH CRIMINAL ❂

And where's the money now? • Zach UYMxLZh And where's the money now? • Zach JKfJKeu And where's the money now? • Zach MGaQhif

"Could I ever call this place home?"

And where's the money now? • Zach Ytnpsgf
Pseudo : Nero
Célébrité : Jon Kortajarena.
Double compte : Eoghan Underwood, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
Messages : 2018
Date d'inscription : 13/07/2017
Crédits : Morgana (Ava') ; Amiante (Signa')
Dim 10 Mai - 1:50 (#)


Kick your teeth
Fin mai 2019.

Les trois putains s’étaient faites avoir comme des jeunettes balancées sur le trottoir à seize ans à peine.
Certaines règles étaient immuables, éternelles. Dans le monde de la prostitution, les rituels étaient aussi importants que les prières marmonnées par le curé à l’église. On ne dérogeait pas aux règles élémentaires de sécurité : prévenir son souteneur si quelque chose se passait mal, se prémunir de la mauvaise hygiène des clients autant que faire se pouvait, ne jamais être en rade de préservatifs, et toujours sourire, surtout si le bonhomme en face commençait à manifester des signes inquiétants de sociopathie et autre symptômes annonciateurs d’un Gary Ridgway en puissance. La plus importante consistait néanmoins à se faire payer avant. Toujours attendre que le client dépose le fric sur la table, dans la chaussure, sur un buffet, dans le soutif, voire le balance par terre pour voir la catin ramper comme une merde et récupérer ses précieux billets. Elle ne devait jamais se déshabiller avant. Jamais promettre quoi que ce soit. L’argent d’abord. Toujours.
Timidité, incompétence ou crainte de se faire tabasser, ces trois-là, désormais plantées dans son bureau, l’œil hagard, angoissé ou buté, n’avaient pas su se faire entendre pour réclamer leur pognon en temps et en heure. Or, niveau honoraires, le manque à gagner était suffisamment significatif pour qu’il se sente perdre patience. Le jour s’était levé, et les rayons transperçant les carreaux des fenêtres au vitrage simple rendaient plus évidents encore les traces de fatigue ainsi que les premières rides sur le visage de l’une d’entre elles. Pour une autre, ses yeux bordés de noirs témoignaient d’un maquillage de mauvaise qualité que quelques larmes de rage avaient aidé à faire couler, lui donnant un faux-air de raton-laveur malade, car trop pâle, malgré la lumière chaude et orangée de l’aube. Quant à la troisième, sa coiffure savante ne ressemblait plus qu’à un amas de cheveux en bordel, ses boucles défaites ou emmêlées. Les types s’étaient fait plaisir, avec ça.

« Je peux savoir, du coup, pourquoi vous n’avez pas appelé ? »
« On ne pouvait pas… Ils étaient complètement pétés ces types, ils m’ont menacé de me casser les dents ! »
« C’est vrai, j’les ai entendus… Ils disaient qu’elle leur ferait des pipes de v’lours comme ça… »
« Alors moi j’ai pas voulu prévenir Gabriel, ni Zach. Ni toi. »
La troisième demeurait muette, leur jetant un coup d’œil en coin, comme si elle les jugeait ou les méprisait en silence, de chercher à se justifier ainsi. Pour sa part, il ignorait quelle attitude l’agaçait le plus. Il n’était pas réputé pour abandonner son calme facilement, mais sa personnalité nerveuse de nature ressurgissait parfois sans qu’il ne puisse la faire taire. Surtout lorsque les explications relevaient d’un tel manque de professionnalisme.
« Vous ne les avez pas sentis, les mecs ? Vous et votre soi-disant instinct de merde qui vous fait vous pisser dessus à moitié quand on vous demande de couvrir tel ou tel secteur alors que ça craint rien ? Là, comme par hasard, un hangar avec six mecs alcoolisés, vous les avez pas sentis venir ?! »
« Mais c’est un gang ! »
« NOUS AUSSI. »

La gueulante stoppa net toute nouvelle tentative de piaillement. Ces gagneuses avaient été recrutées à Shreveport, récemment et dans le même temps. Et c’était exactement ce pourquoi il préférait recruter au compte-goutte que de rameuter des putains à la pelle dans l’immeuble qui leur servait de bordel de fortune. Une par une, les putains avaient l'occasion de s’imprégner progressivement de leurs mœurs, de leur passif. Initiées par les histoires racontées çà et là, désormais hermétiques à ce qui n’était pas leur version. Arrivées ensemble, celles-ci avaient préféré se faire leur propre opinion, sous-estimant leur organisation modeste, mais qui, pour l’heure, leur avait encore permis de survivre. Ils avaient beau se montrer discrets, ils étaient là. Ancrés. Et depuis leur installation, personne n’avait encore jamais osé revendiquer le territoire de l’ancien cartel d’Arizona. Il fulminait donc, faisant les cent pas dans le bureau qu’il commençait à apprécier, au sein duquel il trouvait un véritable réconfort, un isolement réparateur ou, au contraire, une compagnie agréable auprès de Maria, de Gabriel, voire même parfois d’Erynn. Il n’avait pas l’intention de gueuler outre-mesure. Ce n’était pas comme ça que Miguel se faisait obéir. Ce ne serait donc pas ainsi qu’il poursuivrait cette reprise du flambeau. Il se rapprocha d’elles, les toisant l’une après l’autre. Elles étaient encore nouvelles, oui. Elles pouvaient apprendre. Mais s’il ne serrait pas la vis dès maintenant, alors elles lui échapperaient, deviendraient des fortes têtes, bourriques incontrôlables, semeuses de zizanie. S’il y avait bien une chose dont il n’avait pas besoin, c’était bien ça. « Si vous n’êtes pas foutues de vous faire payer la prochaine fois, c’est dehors. En attendant, dégagez de là et allez vous laver. Autant vous dire que la paye que je vais devoir récupérer, vous n’en verrez pas la couleur. Ça vous apprendra à me faire perdre mon temps à réparer vos conneries. »
Si la plus fébrile baissa humblement les yeux et acquiesça, obéissante, les deux autres se firent moins dociles, s’armant d’une fierté difficilement compatible avec la nuit passée. Elles chuchotaient déjà, s’estimant flouées, injustement réprimandées. À peine la vingtaine entamée, et déjà la gueule aussi large que celle d’un four. Après une demi-heure de récits à la con et de justifications vaseuses, il en avait plus que sa claque de ce genre de comportement. Il se détourna lui aussi, non sans lâcher :

« Et si ça ne vous plaît pas, vous me libérez les locaux d'ici à demain soir. Vous savez où est la porte. »



Début juin 2019.

Gabriel Renales fumait tranquillement aux côtés de celui qui fut son protégé, puis son homme de main, avant de prendre la place de grand patron. Du haut de sa jeune cinquantaine, lui aussi avait eu affaire à des prostituées trop arrogantes, incapables de reconnaître qu’elles avaient foiré. Miguel De Castro n’avait pas la gifle facile, à l’époque. D’ailleurs, il s’arrangeait pour éviter de se salir les mains. Une histoire de statut, d’image, d’intouchable. Il ordonnait alors à Gabriel de s’en occuper pour lui. L’une d’elles surtout, à Phoenix, avait suffisamment dépassé les bornes pour qu’il lui arrache une boucle d’oreille, déchirant son lobe au passage. Elle l’avait ainsi gardé fendu jusqu’à la fin de ses jours, comme une preuve éternelle de sa désobéissance, un message universel circulant parmi les rangs des gagneuses : Voilà ce qu’on gagne à force de pas savoir la boucler alors qu’on a tort. Chaque fois qu’elle l’avait croisé depuis, elle n’avait pu soutenir le regard, marquée à vie. Il n’en avait tiré aucune satisfaction morbide : il n’avait pas de problème avec son slip, comme il aimait à le répéter, contrairement à la majorité des gars de l’époque – tous ceux qui passaient les journées à retaper de la mécanique entre deux ordres, deux missions, deux transactions. Il aimait simplement à se faire respecter comme le type de confiance qu’il avait toujours été, faisant passer le clan au-dessus de tout le reste. Sa foi envers une certaine idée de la justice était inébranlable. Il était persuadé que tout se payait un jour. Pour sa part, la dette était soldée. Sa femme était morte des mains mêmes de l’amant qu’elle s’était dégoté. Étranglée dans une salle de bain à la déco merdique. Il n’avait pas cherché à poursuivre le type en question d'une vengeance inutile : il l’avait après tout débarrassé d’une fleur de vice, se complaisant dans un adultère qu’il n’avait jamais compris, et qu’il n’avait découvert que le jour de son enterrement. Et puis, de toute manière, l’amant était mort peu de temps après, lui aussi. Pris dans une fusillade, lors d’un règlement de comptes banal. Une histoire de came, peut-être. Le ventre de sa défunte épouse était resté creux : tous deux visiblement incompatibles, incapables de donner la vie. Il avait dû se faire une raison, digérant son deuil au rythme de deux morceaux de barbaque aussi larges que l’assiette par jour, pendant plusieurs années. Il avait pris une dizaine de kilos qu’il avait tenté de convertir pour la plus grosse partie en muscles, et avait enterré dans son esprit toute idée de devenir père un jour. Il s’était trouvé une explication, quelque chose, ou du moins quelqu’un à blâmer. Lui-même. Sûrement que le pater là-haut, il avait dû estimer qu’un homme comme ça, ça devait pas laisser le fruit de ses entrailles engendrer un peu plus d’amoral. Ce monde en supportait bien assez comme ça. Quant à la fille qu’il avait mutilée, elle était morte dans l’incendie qui avait précédé leur chute, puis leur fuite. Pas une grande perte.

Il tourna la tête vers Sanford, lui-même appuyé contre la bagnole, occupé à jauger l’espèce d’entrepôt assez vaste, aux abords du Shreveport Canal. En pleine après-midi, la chaleur devenait intolérable. Ses avant-bras libérés des manches d’une chemise retroussée, un simple jean délavé tombant sur une paire de pompes au cuir fatigué qu’il se traînait depuis des années, il ne ressemblait pas au mac ayant pris les rênes de leur petite communauté. Gabriel voyait en lui le gamin récupéré à San Diego par ses soins, paniqué et affolé, mais désormais grandi et apaisé. Du moins, en apparence. Il ne le questionnait jamais sur le fond ; il avait bien trop peur de le brusquer ou de réveiller du mauvais, du tourment, du « pas besoin ». Cela ne voulait pas dire pour autant qu’il ne sentait pas, cette tension permanente qui agitait le corps mince et longiligne de Sanford.

« Tu es sûr de ne pas vouloir que je t’accompagne ? »
« Certain. Tu leur as fait passer le message, de toute façon ? »
« Oui. »
« Alors on ira avec Zach. Je préfère savoir que quelqu’un reste disponible pour les filles. C’est une situation exceptionnelle, et puis cela me permettra de… de nouer un peu avec lui. De voir si j’peux compter sur lui, même pour ce genre de trucs. Ça se passe toujours bien, sur le terrain ? »
« Il est réglo. Il fait le taff et il la ramène pas trop. Tu as bien choisi. »
Les prunelles du garou se déportèrent du côté de Gabriel. Il le savait avare de compliments, et celui-ci était surtout destiné à le rassurer. À l’aider à prendre confiance, à rester droit sur ses bases. En cela, il lui était plus reconnaissant que jamais. Il hocha la tête. « Okay… C’est bien. Demande-lui de se pointer au bas de l’immeuble à 22h, ce soir. Je lui donnerai plus de détails en route, mais je compte sur toi pour qu’il comprenne que c’est du sérieux, et que je ne repartirai pas sans mon fric. Que ça risque de dégénérer mais qu’a priori on va négocier avec deux mecs pas trop cons, et c’est tout ce qu’on veut. »
« T’en fais pas. »

Pourtant, derrière cette assertion optimiste, les deux hommes sentaient planer au-dessus de leur tête la même vague incertitude, la même crainte un peu stupide mais irrépressible. Ils n’avaient pas besoin de se faire de nouveaux ennemis, et cependant ils n’avaient pas le choix : s’ils laissaient passer un coup pareil venant d’une bande de tocards en comité restreint, autant plier bagages et se trouver un nouveau gourbi encore plus moisi que ne l’était Shreveport avant la Révélation. Ils restèrent là un moment, en dépit de la température qui leur faisait presque regretter l’Ouest américain. Fomentant chacun dans un coin de leur tête les mille scénarios possibles pour la nuit à venir.



21h40, Stoner Hill.

Quelques heures plus tard, il abandonnait la « maison » à Renales, et assistait au départ de certaines gagneuses, parties se répandre dans les ruelles alentours, pour rabattre le chaland. Il observa la démarche de quelques-unes, la tenue d’autres, attrapant ici ou là l’image d’une jupe indécente, de talons si vertigineux et soutenant des chevilles si fragiles qu’il admirait leur faculté à marcher un tant soit peu avec des chaussures aussi bancales. Oui, il les admirait. Il n’avait jamais méprisé ces femmes dont les rires, les cris et les pleurs hantaient sa vie depuis plus de dix ans maintenant. Il admirait leur charme, en dépit de leur possible vulgarité. Leur courage. Pour s’aventurer dans la nuit, seules ou accompagnées. Pour prendre entre leurs lèvres ou leurs cuisses des chairs parfois malodorantes, parfois malpropres, parfois brutales. Pour garder le sourire sur leurs lèvres rougies de fards. Il y avait du mérite, à tapiner en cette époque étrange. Le monde surnaturel avait ouvert une brèche significative, levant le voile sur certains mystères jamais résolus, sur des disparitions, des meurtres et des enlèvements. Comment savoir, si l’on n’allait pas tomber sur un vampire enragé ? Sur une créature monstrueuse ? Sur un arcaniste mal intentionné ? Alors, chaque fois qu’il les voyait partir et s’éloigner, une peur sourde le gagnait, rongeait son estomac comme le cancer avait peu à peu rongé Miguel de Castro. Il comprenait plus que jamais ce paternalisme inconscient, cette volonté de protéger à la fois son gagne-pain, mais avant tout des humaines. Des humaines avec certaines desquelles il mangeait, partageait un toit. Il n’arrivait pas encore à mettre cette distance parfaite entre elles et lui. Il s’en voulait de ressentir ce qu’il considérait être une faiblesse parfois difficilement compatible avec sa fonction. Mais c’était plus fort que lui. L’écho de leurs conversations s’évaporait dans la nuit, disparaissait petit à petit, pour ne plus laisser qu'un silence inquiétant derrière elles. Dans ces instants-là, la fragilité de leur existence, à tous, le frappait de plein fouet aussi sûrement qu’un coup de pied dans les reins. Et il connaissait parfaitement la douleur éprouvée, lorsqu’on recevait un coup de pied dans les reins. Les ritals de Californie s’en étaient assurés, pour toujours. Il fumait encore, toujours appuyé contre le flanc d’une bagnole noire, lustrée par Gabriel avec un amour maniaque incompréhensible. La carlingue luisait aussi sûrement que ses propres Versace. Son jean était plus sombre, de meilleure facture que celui porté dans l’après-midi. Une autre chemise, noire également, soulignait l’étrangeté de sa silhouette. Homme trop grand, au poitrail dessiné mais dont l’allure si élancée le haussait encore de quelques centimètres illusoires. Rien à voir avec Solfarelli. Ce dernier paraissait taillé dans de la pierre brute. Chaque fois que ses yeux curieux se laissaient aller à le détailler tout son saoul, il n’en revenait pas des muscles qu’il devinait rouler sous la chair : dorsaux, trapèzes, pectoraux et tant d’autres zones dures comme le marbre. Le genre de type qui rassurait les putains, comme Gabriel. Avec eux, on ne craignait rien. S’il n’était pas du genre à se comparer systématiquement à ces deux-là, il savait que seule sa taille le sauvait de possibles complexes superflus. Il dissimula un sourire adressé à personne d’autre qu’à lui-même : finalement, peut-être que lui aussi, comme les putains, était rassuré de savoir que Zach Solfarelli l’accompagnerait, cette nuit.

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Only God Forgives

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Dim 21 Juin - 2:26 (#)

AND WHERE'S THE MONEY NOW ?
Wear the grudge like a crown of negativity. Calculate what we will or will not tolerate. Desperate to control all and everything. Unable to forgive and sinking deeper.

21h21

Pourrai pas ce soir, parti régler un truc. T'inquiète pas, tout ira bien. S'il te plaît, fais bien attention à toi.

Il hésite.
Après ce dernier point, les pixels clignotent, impatients de dessiner une conclusion plus intime. Mais le pouce ne se décide pas assez tôt et une voix trop proche lui impose le réflexe d'envoyer tel quel. Tant pis. Il aura tout loisir de s'épancher plus tard, au creux des bras qui ravissent sa raison depuis trois mois. Du moins, c'est ce qu'il pense, parfaitement confiant dans l'issue de la soirée ; ingénu, presque.
Gabriel a été plutôt laconique dans ses explications, comme à l'accoutumée. Zach ne lui en veut pas. Il sait que son aîné ne fait que passer le mot de la manière dont le boss l'a voulu. S'il n'a pas plus de renseignements, c'est qu'il n'a pas besoin d'en savoir davantage pour le moment. Une tolérance obligée qui le dérangera bien davantage dans le futur - il ne le sait pas encore, à mille lieues de s'en douter - mais pour l'heure il renoue avec ses réflexes d'antan, la chaîne de commandement, tout cela, il respecte. Il ne bronche pas.
Au seuil de la porte ouverte de ce qui lui a un jour servi de piaule et qui, pour l'occasion, tient plus lieu de poste de nettoyage des flingues - puisqu'il s'est pointé en avance, s'en préoccupait depuis quelques temps et n'a pas grand-chose d'autre à foutre de ce milieu de soirée - la voix de Maria caracole, bombarde et chantonne, par-dessus celles des filles qu'elle active avec plus ou moins de patience. La dame de la maison a ses têtes, il le sait bien. Mais lui qui préfère aimer tout le monde ne s'y fait pas vraiment et chaque fois qu'elle tonne, il a comme un pic, un sursaut de vigilance. Les portes qui claquent lui font le même effet. Les premiers temps, plus d'une fois on l'aura vu retenir un bond de sa dextre vers une arme quand un soudain éclat frappait dans l'atmosphère relativement égale du bordel. Il lui a fallu du temps, pour s'acclimater. Mais jamais une bavure. Jamais un pied hors des limites. Excepté pour elle. Pas vu, pas pris. Il ne regrette rien. Il fait attention.

La reine des fées aux ailes froissées apparaît en coup de vent, fière comme toujours sur ses talons hauts qui claquent sur le parquet avec autant de vacarme qu'elle est petite et menue. Le porte-flingue pourrait presque entendre ses tendons résister quand elle interrompt sa charge affairée pour enclencher un détour par sa loge.

« J'peux savoir ce que tu fous là Zachito ? »

Il la regarde avec des yeux ronds de chien docile accusé à tort.

« T'étais pas censé être avec ta gamine ce soir ?
- Si, mais, Sanford…
- Ah, chinga, j'avais zappé. Bon, lève-toi. »

Obéissant, il répond à la voix de la maîtresse, et se laisse examiner - comme, en fait, assez souvent. Maria a depuis longtemps pris ce pli de commenter sa dégaine, voire de l'ajuster quand c'est possible. Elle semble contrariée.

« Y a un souci ?
- Comment c'est possible, tu prends des protéines ou quoi ?
- Hein ?
- T'as encore pris des épaules et j'suis sûre que… »

Sans aucune gêne ni demande d'autorisation, elle lui tâte le bide de ses phalanges aussi fines que les crayons dont elle se farde les paupières.

« Eh, non, c'est pas du gras, bon sang tu veux devenir culturiste ou quoi ?
- Ben non mais…
- Écoute, c'est pas grave. C'est même très bien, plus tu impressionnes mieux c'est, mais vire-moi cette chemise, les boutons commencent à tirer et j'suis sûre que tu peux pas croiser les bras sans faire gaffe.
- Hmmm…
- Si ça chauffe là-bas et qu'elle craque t'auras l'air d'un con et nous avec. »

Visiblement il n'y pas une minute à perdre. Alors il déboutonne deux crans, passe le vêtement par-dessus tête, et la découvre en train de fouiller dans les quelques rares reliefs de vieilles sapes qu'il a laissées dans un placard en cas de pépin.

« J'suis sûre qu'elle irait très bien à Sanford, c'est plus sa taille… Fais attention.
- Ouais ouais… Mais, Maria, c'est que des merdes là-dedans.
- T'avais bien un t-shirt correct. Tiens, voilà. »

Il objecterait bien que le patron avait dit "sérieux", mais il sent qu'il n'a pas son mot à dire. Pas bien convaincu, il réceptionne le morceau de tissu distendu, effectivement un des rares à n'avoir miraculeusement pas trop souffert de ses années de sans-abri. Jaugeant l'objet à bout de bras, il songe qu'il aurait dû garder la chemise, mais obtempère devant la pression exercée par les yeux noirs soulignées de khôl qui le scrutent.

« Tu penses que ça va chauffer, alors ? demande-t-il en passant l'épaisseur de coton.
- Tu devrais laisser tes plaques ici, chaton. »

Il tique, termine d'ajuster le vêtement en jetant un regard moins amène à la prostituée.

« Tu sais que si tu les perds…
- J'les ai jamais perdues.
- Bon.
- Et m'appelle pas chaton. C'est nouveau ça aussi…
- Tourne-toi. »

Il se tourne. Elle soupire. Il se retourne. Elle pince du bec.

« Bon bah au moins, ça, ça devrait pas craquer. »

Emportant la chemise bleu ardoise dans un froufrou de nuances d'or, de caramel brun et de safran, elle poursuit sa ronde d'inspectrice des travaux finis, non sans darder un index de sommation en direction du colosse.

« Et par pitié chaton rachète-toi des fringues ! »

Ça s'annonçait bien, si elle les lui chouravait au bout d'une semaine.



21h45

Sans surprise, même un peu en avance, il aura eu raison de s'attendre à trouver le maître du cartel en arrivant en bas de l'immeuble. N'ayant pas quitté son coin d'étage cette dernière demi-heure, il n'a réellement croisé que deux ou trois âmes, toutes féminines, et Maria seule a vraiment relevé l'incongruité de sa présence. Il se prend à espérer que Sanford ait été suffisamment occupé plus tôt, mal à l'aise avec l'idée de ne pas s'être signalé, pour… il ne saurait trop dire quel fumeux prétexte. Quelle craintive réticence.
Depuis six mois qu'il évolue à plein temps dans ces murs, il ne se sent toujours pas en phase avec le donneur d'ordres. Pourtant, rien n'y ferait obstacle, le concernant. De ce qu'il a pu observer, Sanford mène son business et son petit monde d'une main ferme, mais juste, et son rapport avec les premières du poulailler l'aura plusieurs fois étonné en bien. Le paladin défait qu'il est aimait surprendre un ton moins froid, moins strict, lorsqu'il s'adressait à elles, et savoir que le grand chef rôdait de temps en temps en compagnie des gagneuses pour rien d'autre qu'un casse-dalle ou un bavardage de quelques minutes lui susurrait déjà l'idée, acquise désormais, qu'il ne s'agissait sans doute pas seulement d'un de ces salopards aux dents longues, amoureux du fric et de ses illustrations, qui trouvent dans le proxénétisme un moyen facile de se faire de la maille et, sans aucune notion de règles même dans leur milieu, n'hésitent pas à faire rugir les balles pour se tailler une bouchée éphémère à la grande table.

Jamais Zach ne l'avait vu s'en prendre aux filles. Il doutait qu'il fût l'exécutant toutefois, mais il l'avait envisagé, et était heureux de ne pas avoir vu cette hypothèse confirmée. Quelques jours avant ce soir, les trois gagneuses revenues souillées sans rien dans les poches n'avaient eu droit qu'à une gueulante, la deuxième couche de sûreté étant appliquée par Gabriel. Au sujet des deux hommes, Zach a encore tout un avis à se construire. Il pense s'entendre avec Gabriel, et apporter satisfaction à Sanford pour ce qui lui est dévolu, mais sa familiarité va bien davantage aux filles et ce n'est pourtant pas sans prudence. Jusque là, la posture du bon chien de garde lui a été bien utile pour se cantonner aux objectifs donnés, avec la liberté de ne pas se poser de questions. Une posture confortable pour observer, jauger, comprendre. Mais pas suffisante. Il voudrait s'investir davantage, mais il ignore comment, ne veut pas avoir l'air de prendre ses aises sans être certain d'en avoir gagné le droit. Il sait bien qu'on ne maintient pas en place ce genre de groupe humain et d'économie avec les règles selon lesquelles lui-même a joué la plus grande partie de sa vie. Il connait les à-côté. Les arrangements. Et les entorses, parfois nécessaires dans leur brutalité. Il sait qu'on ne se fait pas respecter dans ce monde-là en étant juste une bonne âme, tout simplement parce qu'il ne faut pas être une bonne âme pour accepter d'y prendre une place. Mais les subtilités qu'il maîtrisait en d'autres guerres, il n'y entend encore rien en celle-ci.
De lui-même, en cela, il n'a jamais été sûr. Il ne sait pas où se trouve la limite de sa morale et où commence le déni. Cette place de garde-chiourme lui va bien. Être autant une épaule sur laquelle se lamenter et une présence rassurante qu'un vivant rappel de l'autorité du boss, pas de problème. Aller cogner des récalcitrants, montrer les crocs à ceux qui convoitent les mêmes plates-bandes, aucun souci. Mais pour quoi fait-il tout ça ? Et si ce n'est qu'une question d'argent, ne voudrait-il pas faire autre chose ? Il est si simple de se retrancher derrière l'éternel même mantra, pour ne pas avoir à répondre : Sanford l'a sorti des sables mouvants. C'est une dette qu'il veut régler.

C'est donc non sans une certaine retenue qu'il s'avance vers De Castro. La même qu'il observe toujours, un mélange de cette assurance qu'il éprouve à nouveau au sujet de ses capacités, et de déférence quiète face à l'autorité, propre à cet héritage militaire à la peau plus dure que le granit. Pour un peu, il croiserait presque les mains dans son dos, mais il est tout de même parvenu à se défaire de ce trait ostentatoire - en tout cas, dans la plupart des situations de ce genre.
Au long des mètres qui le distançaient du Mexicain, il n'a pas manqué de remarquer la mise impeccable avec juste ce qu'il faut de décontraction, l'élégance de la silhouette capable de surplomber n'importe qui sans faillir. Entre les deux, personne n'aurait pu se tromper. L'un avait du pouvoir sur l'autre. Le vétéran, avec son simple futal noir, ses rangers, son foutu t-shirt délavé tout juste assez large et sa veste pas plus claire que le reste, se plait alors à croire que quoi qu'il eût fait, il n'aurait de toute façon pas paru l'égal de cet homme au charisme indéniable, au sujet duquel il était impossible de supposer autre chose que le rôle de leader.
Peut-être est-ce pour le mieux. Les rôles sont ainsi clairs d'entrée de jeu.

« Boss », salue-t-il posément.

Avec un coup d'œil à l'impeccable éclat de la voiture, il lui vient à l'esprit une brève prière. Que le potentiel vinaigre auquel devait tourner la soirée, n'éclabousse pas le fruit des heures de dévotion passionnée de celui qui traite cette caisse comme si c'était sa bourgeoise.

« Gabriel a dit que vous aviez des détails pour moi. »

bat'phanie • #898961
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Sanford R. De Castro
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And where's the money now? • Zach Nr5dvHH And where's the money now? • Zach 9xLOmHS And where's the money now? • Zach MoijvaE

"It was your doom."

En un mot : Patron du Syndicat du String.
Qui es-tu ? :
"No solo de pan vive el hombre."

❂ Proxénète, tenant en longe les filles mues par la loyauté pour les unes, le besoin de protection pour les autres. Chef d'un cartel restreint mais uni.
❂ Descendant d'un père et homme fou, voué au mauvais sort des griffes d'une sorcière furieuse ; malédiction transmise dans le ventre de la mère : garou-étalon à la robe sombre.
❂ Né au Mexique, dans la terrible Ciudad Juarez. A grandi parmi ces terres arides, au sable rendu gluant par le sang des sacrifiées massacrées à la frontière. Orphelin abandonné par le père ; Christa Reyes est venue grossir la liste des disparues.
❂ Jeune pousse cultivée par la bonté des hommes et femmes d'un presbytère qui ne le fait pas rêver, bien que sa Foi persiste. Ses songes se tournent vers les terres d'Amérique. La fougue de l'adolescence le pousse à se saigner aux quatre veines pour un voyage sans retour.
❂ Feu bout de chair à canon ; prostitué par les ritals du gang de San Diego : le prix à payer pour la traversée infernale. Retrouvé par Miguel de Castro, chef du cartel de Phoenix et oncle bienfaiteur.
❂ Habitué à vivre parmi les hommes vulgaires, bavards et brailleurs ; parmi les filles impudiques, jalouses et bruyantes. Se sent à l'aise partout et nulle part, capable de se fondre dans la masse comme de s'imposer dans une foule.
❂ La fuite précipitée d'Arizona et la mort du Parrain l'ont conduit à diriger là où il n'aspirait qu'à obéir. Ses ambitions demeurent encore modestes ; recruter cerbères et fleurs des pavés. Reconstruire.
❂ Hanté par le secret qu'il ne partageait avec personne d'autre que Miguel. Se débat jusqu'à l'épuisement à chaque pleine lune sans qu'aucun espoir ne vienne briser cette roue de torture.
❂ Parasite une partie de Stoner Hill et ses ruelles pourries par le stupre et la misère (Phoenix street). QG presque chaleureux, dans un immeuble cédé une bouchée de pain par la ville. Bureau, cantine, lupanar et seconde demeure, quand il ne réside pas à Pinecrest.
❂ Aime la nuit, les balades en moto, partager du temps avec les filles et les hommes autrement que pour aboyer des ordres et prendre les choses en main. Timidité masquée de détermination et d'humour.
❂ Supérieur d'Erynn Driscoll, Sumire Matsuhime, Maria Parado et Zach Solfarelli. Ami d'enfance d'Honor Mercant.

❂ LOS MUERTOS VIVOS ESTAN ❂

And where's the money now? • Zach Sj6WT9l And where's the money now? • Zach RZKLtfi And where's the money now? • Zach IoOjLOZ

"Ay amor me duele tanto."

Facultés : ❂ Il fend l'air depuis tout gosse. Pour les courses les plus innocentes entre les cultures de Ciudad, comme pour attraper un train en marche, filant vers des cieux espérés moins cruels.
❂ Force légèrement accrue de par sa nature de garou, planquée derrière une silhouette haute et longiligne.
❂ Formé à la mécanique par les gars de son oncle ; capable de démonter et remonter un moteur les yeux fermés. Préférence pour les deux-roues, mais amateur de belles bagnoles.
❂ Toujours armé. Répugne à tuer, mais n'hésite pas à se servir d'un flingue. Réputé pour l'élégance étrange de ses meurtres, pendant la "guerre" de Phoenix.
Thème : Land of All ❂ Woodkid
And where's the money now? • Zach KKWBGJS
❂ SMOOTH CRIMINAL ❂

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"Could I ever call this place home?"

And where's the money now? • Zach Ytnpsgf
Pseudo : Nero
Célébrité : Jon Kortajarena.
Double compte : Eoghan Underwood, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
Messages : 2018
Date d'inscription : 13/07/2017
Crédits : Morgana (Ava') ; Amiante (Signa')
Lun 24 Mai - 8:16 (#)


Kick your teeth
Sensible à la poésie de cette nuit, il gardait la tête levée vers le candélabre le plus proche de leur immeuble de Phoenix Street. On entendait çà et là les rumeurs habituelles qui secouaient le quartier, et peut-être un peu du côté de Dalzell, principalement. Pour lui, ce n’était qu’un bruit de fond. Que la symphonie habituelle qui hantait ses divagations nocturnes, auxquelles il s’était accroché, habitué. Il ne se voyait pas œuvrer de jour comme le quidam habituel. Ça, ce n’était pas pour lui. Il laissait aux braves gens, aux honnêtes gens, le fruit de leur labeur accompli durant les heures conventionnelles. Lui avait croisé le fer avec l’amoralité depuis presque toujours, puisque né au cœur même du vice : humain et inhumain à la fois. Il observait la danse gracieuse des moucherons, moustiques, papillons de nuits et autres créatures volantes bien au-dessus de son crâne. Tout en fumant, il projetait avec une délicatesse presque respectueuse les bouffées de poison gris n’entravant en rien leurs évolutions plaisantes. Libéré de l’influence lunaire, il pouvait presque éprouver un peu de cette douce adrénaline, euphorisante, doper ses nerfs, ses membres et son palpitant avant de partir récupérer ces tendres billets verts manquant à sa caisse déjà bien garnie. Il voulait croire que tout se passerait bien. Il voulait songer au futur, à la délectation d’un retour au bercail victorieux, ne faisant qu’entériner davantage sa présence, leur présence, en ces lieux. Il n’avait pas le droit à l’erreur et, en cela, il décida de couper court au doute qui menaçait d’entraver son intelligence, son sens logique et les observations leur permettant de s’en sortir en un seul morceau.

Il manqua de se faire surprendre par l’allure étonnamment discrète de Zach Solfarelli. Il tourna la tête vers son homme de main, le dévisageant rapidement des pieds à la tête ; œil de scanner étonnamment semblable à celui de Maria. Et pour cause. Il avait été à bonne école. Si Miguel s’était chargé de veiller à son bon goût et de distribuer les éventuels et indispensables conseils masculins, c’était bien la putain qui s’était chargé du reste. Plutôt satisfait de la mise de son subalterne, il lui offrit un sourire pudique et réservé, assorti d’un hochement de tête en guise de salut. Zach était un drôle de gars. Il pouvait casser la mâchoire de n'importe quel abruti des environs, mais se déplaçait, parlait et se comportait comme s'il s'attendait à tout moment à recevoir un abattage en règle. Au fil des mois, son attitude ne changeait pas. Le mac s'interrogeait, et se demandait régulièrement s'il lui parlait ou se comportait à ses côtés de façon à entraîner ce qui ressemblait étonnamment à un manque d'assurance. Il tira une dernière fois sur sa clope, longuement, avant de l’expédier d’une pichenette dans le caniveau à ses pieds. « Tu es en avance. C’est bien. » Il se dispensa, par cette remarque, de se coller un ton péremptoire soulignant un peu plus leur différence de statut. Rien de tout ça. Juste un constat agréable. Ce moment de solitude lui avait fait du bien ; à force de rester collé au groupe en permanence, il en oubliait les bienfaits du calme, du silence et d’une séance de réflexion bienvenue en-dehors des quatre murs de son bureau.

« J’voulais m’assurer en effet que tout était au clair pour toi. T’es au courant, j’suppose, pour les filles qui se sont pas faites payer. Bon, on part récupérer le fric ce soir. Gabriel a fait l’intermédiaire en nous négociant un face à face. Ils seront deux de l’autre côté. Normalement. » Il émet un haussement de sourcils évocateurs ; le mensonge était monnaie courante, lors de tels échanges. « J’ai besoin de m’assurer que tu paniqueras pas une fois qu’on sera sur place. J’sais pas si t’as déjà été dans ce genre de situation. Les types penseront que, comme eux, on bluffe et qu’on a une armada prête à débarquer en cas de pépin. » Il retint un soupir. Sa paranoïa finirait par avoir raison de leur sécurité. Et même s’il s’était secrètement promis de recruter de nouveaux gars d’ici à la fin de l’année afin de leur permettre de souffler et d’organiser une rotation plus sereine de ce qu’il nommait « permanences de sécurité », passer à l’acte demeurait compliqué pour lui. Toutefois, il n’était pas dupe : ce genre de situation était l’argument-clé, décisif, le dernier atout à abattre s’il restait encore à convaincre, qu’ils ne pourraient faire autrement. « T’es un dur, j’en doute pas, sinon tu serais pas là. Mais cette fois, j’ai vraiment besoin que tu me sortes le grand jeu. L’actor studio de ta vie, si c’est nécessaire. » Il se redressa, se détachant de la voiture pour se poster devant lui, les mains à demi-enfoncées dans ses poches. « J’crois qu’on aura des amateurs, en face. Pas du gros bonnet. Mais des gars comme ça ont parfois tendance à paniquer, et c’est là que les emmerdes commencent, en général. Gabriel s’est déjà chargé de nous coller une image assez solide. S’ils sont pas trop cons, ça devrait pouvoir se régler. Ils auront trop peur d’un règlement de comptes, autrement. Et personne n’a le temps ni le fric pour ça. »

D’un mouvement du menton, il le désigna avec sérieux, même si aménité : « Tu as de quoi… ? Niveau matos. » Il espérait qu’aucune balle ne finirait projetée dans la chair d’un autre homme, ce soir. Pourtant, c’était une possibilité à prendre en compte, au même titre que le reste. « Tu as des questions ? C’est maintenant ou jamais. J’veux être sûr que tu sentes bien les choses et qu’on soit raccord, toi et moi. On n’a jamais bossé ensemble pour de bon, et c’est maintenant que ça devient sérieux. Je veux pouvoir me reposer sur toi, si les négociations partent en vrille. »

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