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Deus Ex-Machina • Dillon

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Deus Ex-Machina • Dillon 1E5CfUE Deus Ex-Machina • Dillon AoZyjkn Deus Ex-Machina • Dillon BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

Deus Ex-Machina • Dillon KOVXegv Deus Ex-Machina • Dillon WZKlL7H Deus Ex-Machina • Dillon J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
Deus Ex-Machina • Dillon KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

Deus Ex-Machina • Dillon ZfHtADc Deus Ex-Machina • Dillon Jq60QrG Deus Ex-Machina • Dillon MaP8TbX

"Before I die alone."

Deus Ex-Machina • Dillon GIeraGW
Pseudo : Nero
Célébrité : Ian Somerhalder.
Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Crédits : Tag (ava') ; Amiante (signa')
Lun 9 Nov - 5:03 (#)


The Moth
Avril 2020.

Seize mois.
Il n’était jamais revenu à Grave Creek Hollow. Jamais, depuis que les fantômes d’un autre temps avaient allumé les brasiers claniques de la bonne vieille haine du sorcier. Du surnat’. De l’anormal. Jamais, depuis qu’un gentil géant traînant sa propre peine dans les allées irrégulières d’un cimetière ancestral, avait cherché en vain les étincelles de sa magie éteinte. Jamais, depuis qu’il s’était défendu, attaqué physiquement à ceux dont la colère vide et puérile l’avaient poussé à bout, le voyant profaner le calme d’une tombe qui l’avait vu céder. Perdre le contrôle. Par honte, par crainte des mauvais souvenirs, par lâcheté aussi, il avait cessé de mettre les pieds derrière les grilles. Il s’était toujours cru en sécurité à l’intérieur, comme les humains s’y sentaient parfois, derrière les vitraux des églises. La réalité l’avait rattrapé, lui faisant comprendre que même le symbolique, le sacré de toute chose, n’étaient pas immuables ni prémunis sans que l'on ne se batte pour eux. Après la tourbe de plusieurs mois passés à se morfondre, après s’être maintes fois interrogé, torturé, dénigré, il en était venu à accepter le passé récent comme faisant partie de l’ordre des choses. Il n’y avait rien à discuter, rien à remuer de ses mains solides, cherchant en vain les réponses. Aveugle, toute évidence lui était restée cachée, longtemps. Il s’était perdu, cogné contre les parois labyrinthiques de sa psyché explosée, les bras entravés et la gorge hurlant dans le silence d’une nuit opaque, dénuée de ses lumières nocturnes rassurantes. Appelant à l'aide. Il avait connu le vortex d’un mal puissant et s'était furieusement débattu jusqu'à enfin, pouvoir commencer à en vaincre les effets pervers. Il se relevait. Plusieurs protagonistes n’étaient pas totalement inconnus à ce qu’il considérait comme une guérison pleine et véritable. Quant à lui, il ne voulait plus arborer ce faciès perpétuellement sombre, qui était devenu le sien comme un masque fusionnant trop sûrement avec la peau recouvrée. L’arracher lui avait demandé des efforts, de la bravoure : celle de ne pas se laisser décourager par la matière plastique, bouchant les pores, tirant les traits, la douleur venue de l’acidité ; la colle et ses filaments s’arc-boutant pour résister à la pression. Après l’effroi, après la peur, la panique et le vertige, il était temps de retirer toutes les œillères, toutes les cagoules, les liens, les chaînes.
Il était temps.

Alors, ses yeux s’étaient ouverts.

Ç’a avait été comme un déclic. Il s’était rendu compte, un soir, que quelque chose avait changé. Que dans sa poitrine, le myocarde n’était plus seul à tambouriner. Il ne s’agissait pas de velléités guerrières, ni de pulsions de mort. Non. Eoghan Underwood avait obtenu sa vengeance, et bien pire que cela, même. Il ne courait plus après les bains de sang. Il ne voulait pas revivre le Chaos en un tel état. Il avait compris que le Chaos qu’il poursuivait ne ressemblait pas à la destruction des villes, du monde, à la mort ravageant de ses lames toutes les nuées de vies s’entrecroisant à Shreveport. Il y avait un autre chemin.

This is not the right way.

Dans un état presque second, il était parti, fermant boutique tandis que le crépuscule s’abattait sans heurt sur ses terres. Il s’était rapidement éloigné du Downtown, et l’habitacle d’ordinaire cabossé de basses, de notes et de gueulantes aux cordes vocales multiples était resté silencieux et tranquille. Seul le quotidien – ce même quotidien effleuré du bout des doigts à Western Hill deux mois plus tôt – filtrait via le sifflement de l’air par les fenêtres ouvertes. Le printemps apportait son parfum de renouveau, et les chaleurs estivales à venir réconfortaient presque les cœurs des anciens, malgré l’abattement provoqué par ce climat moite, quasi-insupportable pour les touristes inconscients. Les moteurs, l’odeur de l’essence, du gasoil, les mots indistinctement lancés, criés, les rires ténus, les masses d’atmosphère remuées par les voitures croisant le pick-up, les autoradios et leurs bouts de chansons parfois reconnues, parfois inconnues, lui suffisaient comme unique bande-son et olfactive. Il ne voulait pas polluer son esprit d’une fantaisie n’ayant pas sa place, ce soir. Cependant, nulle trace de gravité, nulle ombre au tableau, pas de front plissé et encore moins de doigts crispés sur le cuir du volant. Quand une main caressante flattait le noir mat et granuleux, l’autre restait à l’extérieur, les dextres pâles jurant avec la carrosserie au bleu électrique reconnaissable. On aurait été bien incapable de distinguer cette infime irrégularité dans le métal : une pierre avait été jetée là. La griffure était désormais invisible, mais la matière n’avait jamais repris sa forme.
Les feux rouges, les carrefours plus ou moins dangereux, les comportements incohérents des automobilistes : rien ne pouvait fissurer l’armure neuve, conçue, huilée et rôdée durant ce qu'il lui avait paru être une éternité.
Ce soir, il retournait à Western Hill. Pas dans le quartier des affaires, et toujours pas sur le campus universitaire. Il ne rendrait visite à personne, ou du moins, personne capable de lui répondre dans ce plan dimensionnel. C’était bien là tout l’avantage ou l’inconvénient, en fonction du cas : les morts ne parlaient pas, à moins qu'on ne les y invite. Ou qu'on leur ouvre la porte. Le sorcier gara son véhicule sur le parking laissé à la disposition des visiteurs, et saisit la lanière de son sac, qu’il glissa contre son épaule. Un geste mille fois répété, et toutefois il ne s’agissait pas de cueillette en plein bayou. Il ne prendrait pas. Il donnerait. Il demeura circonspect au vu des grilles entrouvertes. Sensible au passé, aux traces d’énergie – les siennes, principalement – laissées derrière lui dans la panique et la précipitation d’une nuit spéciale, il avait craint de se confronter à la vue pourtant inoffensive du fer forgé, créant arabesques alambiquées et autres motifs sur lesquels il n’avait jamais eu l’occasion de s’attarder. Il avança pourtant, refusant de se laisser submerger par ses émotions. Il était venu accomplir quelque chose, et il ne tournerait pas les talons. Mû d’une force tranquille qui lui avait cruellement manqué, il passa le seuil du cimetière de Grave Creek Hollow.
Bien avant que Serguey Diatlov ne le tire d’un mauvais pas et ne l’embarque boire jusqu’à plus soif, bien avant l’attaque contre la secte, bien avant la mort présumée de Morgan Leroy, Vinzent Henkermann et lui s’étaient installés là, recevant en pleine face les coups d’un soleil d’été rageur, cherchant un coin de fraîcheur, à la fois grâce aux frondaisons et par la silhouette imposante du pick-up, garé à proximité, sur une herbe brûlée. Une rencontre fortuite, soldée d’échanges d’une intimité rare, aujourd’hui réduits à un tapis de fumée dont il entretenait les volutes en cachette. Il savait qu’il attendait. Sans se l’avouer, sans s’illusionner pour autant. Mais sa foi restait forte.

Not today, not tomorrow…

Il dépassa les allées principales et ne s’attarda pas à lire les noms gravés sur les stèles. Les lieux étaient déserts. Il eut beau balayer du regard le décor qui l’entourait, rien ne bougeait, hormis les branches souples des saules, et l’omniprésente mousse espagnole qui se balançait au rythme d’une brise bienveillante. Le couchant déclinait rapidement, mais il ne redoutait pas la venue de l’obscurité. Il savait où il se rendait. Il n’aurait pas besoin de ses rétines pour voir. Lorsqu’il s’arrêta, il marqua un temps d’arrêt bien plus palpable et prenant que le simple fait de s’immobiliser devant la tombe de son aïeule. Il contempla un moment la pierre, les lettres taillées avec l’élégance sobre propre aux femmes de sa famille. La sépulture parlait d’elle-même. Rien de faste. Rien d’extraordinaire. Mais un hommage d’une simplicité touchante, et une qualité souhaitant faire honneur à la dignité de cette femme dont il avait hérité des iris arctiques aussi bien que de sa magie brûlante.

Il sourit à Julianna Mulligan. L’un de ces sourires complices, amusés, observant les reliques d’une autre vie, et qui avait pu la voir devenir tour à tour guide omniscient et bourreau aussi redouté que Leroy lui-même. Il remarqua aussitôt les muscaris aux tons de mauves tirant sur le bleu, entretenues avec l’affection pudique de Sylia. Elles bordaient le sépulcre de part et d’autre, contribuant à renforcer l’harmonie intérieure dont il se savait investi. Il la maniait avec une infinie précaution, croyant à un miracle, à une oasis destinée à s’effacer dans les lignes de l’horizon, risquant à tout moment de lui rendre sa soif, son désespoir et l’impression de mourir lentement, plongeant dans une agonie sans issue. Souplement, il se laissa choir en tailleur, et déposa le sac à ses côtés. Il fouilla pour en dégager un mortier, sans pilon. L’objet lui était précieux : sa lourdeur attestait de sa valeur, mais c’était bien celle de son attachement qui le rendait le plus inestimable à ses yeux. Le son de la pierre contre la pierre cloqua, au point de lui tirer un frisson de ravissement, lorsqu'il le posa devant lui. Puis, il récupéra au creux d’un sachet de papier quelques fleurs d’anis étoilé. Il les déposa au creux du bol, puis vérifia une fois de plus que personne ne rôdait dans les parages. Heureux de cette solitude, de n’avoir aucun compte à rendre à personne d’autre qu’à sa grand-mère défunte depuis vingt ans, il continua d’agrémenter le bord de la tombe de bouts de chandelle, de part et d’autre du marbre, tout en demeurant assis. Avec patience, les dix mèches furent embrasées, l'une après l'autre. Le soir poursuivait sa course immuable, et l’air se chargea du parfum de fragrances nouvelles, lorsque l’arcaniste entama l’immolation de la badiane. Les carpelles et les graines fraîchement cueillies réagirent instantanément au feu qui les rongeait.

Ses paupières purent alors enfin se clore. Il attendit, laissant l’air se charger de l’odeur caractéristique, parfum souvent humé, propice à la méditation à laquelle l’homme s’offrait. Ses poignets "cassés" posés contre ses rotules, il prit de longues inspirations, et bientôt son Essence se mit à bruire, chuchoteuse et apaisée. Sa tête dodelina un peu, et il puisa aussi loin que possible pour chatouiller du bout du doigt le museau d’une murène endormie, repue et amicale. Il ne souhaitait plus se fâcher avec elle. Il ne souhaitait pas non plus retrouver les sentiers sinueux que l’un et l’autre s’étaient obligés à prendre pendant des lustres. Il cherchait la paix. Une paix profonde avec lui-même, car le descendant des Mulligan avait compris qu’il ne pourrait à la fois affronter le monde entier et sa propre nature. À défaut d’avoir effectué les mauvais choix, à défaut de n’avoir pas été compris en cherchant à assumer les bons, le voilà déposant aux pieds de sa pleine conscience la somme de divagations et métaphysiques épuisantes, qui ne lui étaient d’aucune aide. Il souhaitait se retrouver, profiter de cette communion, de l’hommage rendu à la vie, après s’être retrouvé bringuebalé par elle. Avec une lenteur nécessaire, ses articulations roulèrent, se retournèrent, et il offrit ses paumes au ciel. Ses lèvres s’entrouvrirent à peine, ne laissant voir qu’un pan microscopique d’émail, les dents serrées sans douleur. Il voyait. Il voyait le Rouge s’écouler, comme s’il s’agissait d’un fleuve pareil au Nil, et dont la course éternelle ne pouvait se voir stoppée. La Mort semblait loin. Ici, au coeur de ce jardin parsemé de caveaux, de mausolées ou de cénotaphes, il se sentait bien vivant. Délicieusement vivant. Il souriait doucement, sans s’en apercevoir, faisant défiler les images de son Lui perdu, défait, inquiet ou ballotté par les opinions contraires. Il s’élevait. Murmurait parfois, quelques mots fleurant un gaëlique perdu, chéri par ses mères, tantes et cousines comme autant de butineuses veillant sur leur nectar. Sa nuque s’arqua à peine vers l’arrière, et son visage s’offrit aux caresses immatérielles, à la mélopée des âmes en repos ici-bas. Les bougies à la cire luisante se consommaient paisiblement, tout comme l’anis étoilé crépitait encore, autant que sa magie tirée d’un sommeil réparateur. Elle aussi, touchée par cette Épiphanie. Réelle, celle-là.

Tout Éveillé doté du don, capable de lire l’aura d’une créature telle que lui aurait senti les vagues d’atmosphère onduler tout autour. Comme la chaleur déforme les paysages, le goudron comme la terre sèche, le Tout si cher à son meilleur ami perdu était là. Il s’en voulait le cœur. Il se faisait dévotion personnifiée. Sans bruit, sans rien d’autre que ces murmures épars, bénédictions posées là. Le temps était venu de pardonner. Pardonner à Julianna. Lui pardonner les ordres maugréés ou criés à l’intention d’une Sylia mal à l’aise. Lui pardonner les mauvais regards, les commentaires désobligeants, l’apprentissage forcé auprès de Shannon, et lui pardonner jusqu’à sa mort, pour toute la zizanie qu’elle avait semé après son départ. Pardonner à sa mère. Pour les sévices, pour n’avoir pas su dire non, jamais, au prédicateur qui avait détruit un pan entier de sa vie. De leur vie, à tous (les noms de Nephtys et Morgane dansèrent un temps avec lui). Pour tout ce qui s’était dit, et tout ce qui ne s’était pas dit. Pour le respect absent, les punitions injustes, le rouge souillé et sa haine de la fille des Andros. Pardonner à son père. D’être parti. D’avoir cédé. De ne jamais l’avoir protégé comme il l’aurait dû. D’avoir préféré le bourbon, les missions et les contrats à la chair de sa chair, abandonnée entre les griffes d’une sorcière aux orbes sombres.
Enfin, pardonner à lui-même. La route était encore longue. Les épreuves sûrement nombreuses. L’homme le lui avait bien dit, après tout. Et ce qu’il avait pris pour un délire de marginal, pérorant sur l’existence comme tant d’autres s’y essayaient, se changeait lentement en une prophétie dont la recherche de la clef ne dépendait que de lui, et de lui seul.

Il s’était perdu, errant et hurlant comme un loup dans la nuit, brandissant les cicatrices, visibles et moins visibles, qui avaient perclus son corps et son mental. Il avait appelé en vain, sans comprendre pourquoi les plaies suppuraient encore, qu’est-ce qui n’allait pas chez cet écorché vif duel et capable de voir le bon, jusque sous la magie la plus noire. Il n’était pas un saint. Il n’en serait jamais un : primitif répondant à des pulsions de violence, de colère et de rancœur qui définissaient ce qu’il était, à l’image de la nature dans laquelle il avait grandi. Cependant, il refuserait pour toujours de lâcher les rênes une seconde fois.

Garde le contrôle.

Il rouvrit ses prunelles avec force, et plusieurs bouffées d’oxygènes furent appelées à gonfler ses poumons, nanti d’une formidable lucidité. Il suffoqua un peu, la voix chaude, grondante de Serguey Diatlov ayant pulsé à plusieurs reprises, écho répété sans que jamais, alors, il n’avait pu mettre le doigt sur ce qui l’avait interpellé avec autant de force. Il ne s’agissait pas que de l’empêcher de tuer un homme en réduisant ses organes à un tas de magma flasque, visqueux, magie radioactive radiant toute vie interne. Il s’agissait de l’empêcher de se tuer lui-même. De voir au-delà. Plus loin.

Ses mains se rejoignirent, l’une glissant sous l’autre, mais toujours creuses. Ouvertes. Son sourire s’accrut, jusqu’à ce qu’un rire fluide et caressant ne vienne secouer son buste libéré du cuir. Il pouvait jusqu’à sentir le frottement infinitésimal du coton contre la peau des biceps, silhouette toute d’ébène revêtue. Mais ce qu'il éprouvait par-dessus tout, n’était rien d’autre que de la gratitude. Une profonde gratitude. Parce qu’il lâchait prise. Parce qu’il consentait à avancer pour de bon, et non plus à simplement faire semblant de marcher le long d’un chemin qu’il ne regardait pas, trop occupé à jeter des coups d’œil frénétiques par-dessus son épaule. Il se gorgea de ces rouleaux bienfaiteurs (l'acceptation), se purgeant toujours en continuant d’inspirer les fumées émanant du mortier consumé par les braises agréables et discrètes. Il devait parachever son offrande, désormais.
La lame qu’il extirpa ne fut pas celle d’un athamé, mais plutôt d’une bolline, qu’il dégagea de sa ceinture : arme qui n’en était pas une, et qui ne servait qu’aux rituels les plus doux, à la confection propre à ses travaux d’herboriste. L’acier, de par sa forme incurvée, rendait hommage aux serpes druidiques d’autrefois, sans fioriture. Il l’inclina et, avec une délicatesse rare, ouvrit sa chair pour laisser pleuvoir le sang sur les fumigations. L’écarlate tranchait, lui aussi, avec la pâleur du derme que l’été prochain aurait tôt fait de brunir à nouveau. Il brandit le couteau entaché, et laissa les flammes de chaque bougie en lécher le suc poisseux. Il lui fit faire plusieurs allées et venues, permettant aux nuées de se répandre encore, alimentant sa transe, se sentant connecté enfin pleinement au minéral, au végétal, à l’invisible et à ce qui le dépassait, et le dépasserait toujours.

« Ad augusta per angusta. »

Éveillé. Arcaniste.
Sorcier. Homme.
Immortel.
Second. Soldat.
Pion.Maître.
Mentor. Disciple.
Immortel.
Amant. Parjure.
Fils. Gardien.
Immortel.  

Il embrassa le fil de sa destinée, et toutes les facettes qui le rendaient unique, comme Yago Mustafaï lui-même l’avait alors compris. Libre, de ses nœuds compliqués, de ses énigmes absconses et de cette peur sournoise.

Libre.

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Louisiana Burning

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Anonymous
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Invité
Sam 3 Avr - 0:08 (#)


Deus Ex-Machina
the times come to play here in my garden of shadows

Elle se nommait Margot. Margot Deveraux. Qui sait ce qui la tua, qui sait ce qu’elle endura pour finir sous terre à ces 23 ans seulement, qui sait ce qui la mena à rejoindre le monde éthéré de l’au-delà à un âge qu’elle n’a elle-même jamais atteint, n’ayant pas eu le temps de percevoir ce que cela faisait que de passer la limite de la vingtaine. Elle mourra bien avant cette Deveraux, cette tombe où aucune photo n’est placée, aucun sourire, rien pour se rappeler de ses traits et pourtant, depuis qu’elle a pu prendre son poste dans ce lieu où règne une aura inquiétante et mortuaire, rassurante pourtant pour elle, elle se traine souvent devant sa tombe, comme attirer par la jeunesse fauchée en plein vol, comme si elle avait pu lui rappeler qu’elle aussi, un jour, rêva d’avoir vingt ans avant d’oublier que la vie avait bon goût, avant d’embrasser littéralement la mort lors de son Étreinte, désabusée et ivre de désespoir, ses poignets suintant de l’élixir pourpre qui dérive sous la peau blême. Quelle infamie, disait son maître, que d’avoir mis fin à ses jours. Il l’aurait tué lui-même, une nuit ou une autre, lorsqu’il aurait pu profiter de la stupide absence d’un des infirmiers chargés de la garder en laisse dans sa piaule blanche. Il venait lui rendre visite, lui souriait avec tendresse mais elle ne lui rendait jamais rien, le fixant avec la blase d’une enfant qui n’a rien à perdre, déjà flétrit à l’intérieur, ayant sur ses mains le sang de son propre géniteur, hantée par ses cris, par ses suffocations quand elle le planta à de multiples reprises pour lui faire sentir toute la passion de sa haine envers lui. De longs regards échangés dans un silence plombé par sa respiration, sans que jamais elle ne remarque que lui-même n’était qu’un visiteur nocturne vêtu de sa blouse blanche qui n’oscillait jamais sous le flot d’un souffle, qu’il manipulait la foule autour d’eux pour ne pas paraître davantage suspect. Il était d’une beauté audacieuse mais qu’elle ne remarqua pas non plus car la beauté flétrissait elle aussi, aussi sûrement que les fruits pourrissent, elle voulait l’âme, connaître l’intérieur comme on dissèque un être vivant qu’il le soit encore ou non. Callum avait tout pour plaire et les infirmières qui passaient près de lui riaient comme des jeunes filles idiotes, tentant d’attirer son attention, se retrouvaient parfois dans les sombres placards où il dévorait leur cou pour se nourrir de quelque chose et ne pas sombrer dans le bête piège de la Soif qui rend si irascibles leurs congénères. Mais là aussi, Dillon ne vit rien, harassée, les yeux possédés par les visions de sa mère venant lui tenir compagnie et remplaçant la main de ce cher médecin qui voulait tant mêler ses phalanges aux siennes mais elle ne lui rendait pas cela non plus, inerte, préférant ignorer ce qu’il souhaitait d’elle. Enfant de l’oubli et de la lune, elle fixait la nuit en parlant à sa mère dans des murmures qui agaçaient son bourreau, un autre, un plus gras, plus laid, même dans les catacombes de ses yeux porcins. Même alors qu’il venait entre ses cuisses quand tout le monde osait dire qu’il ne voyait rien, elle chuchotait des choses à sa mère avant d’être bâillonné, de fixer le monstre qui venait logeait son vit en elle et la poignardait de part en part en grognant comme un loup en chaleur, suant tout son soûl contre elle, l’écrasant sous son poids quitte à ce qu’elle pense parfois crever ainsi, souillée pour toujours. Elle demeurait en nage lorsqu’il la quittait dans des suintements ignobles après avoir déserté l’aridité de son ventre, la lavait avec violence pour effacer son passage, laissant ses cuisses pâles rougies par ses gestes secs. Mais elle mourrait déjà et se fichait bien que peu à peu, on toque à sa porte pour lui apporter de la compagnie. Des compagnies qu’elle n’entendait plus, qu’elle ne voulait plus. Et elle fixait ce ciel au travers des fenêtres aux vitres qui auraient pu si facilement se fêler, ce vide qui aurait pu la réceptionner sans résistance, l’hôpital tout près des rives d’un océan agité. L’air salin traversait les fenêtres lorsqu’on venait la sommer de s’éveiller d’un sommeil peu reposant, parfois même en pleine nuit pour quelques passages routiniers. Mutique, elle mettait mal à l’aise toutes les soignantes vêtues de blanc qui venaient pour elle, n’en fixant qu’une qui semblait vouloir toujours croiser son regard de luciole éteinte. Jamais elle ne comprit qu’Ava était celle qui prit soin d’elle, qui dans les nuits de cauchemars venait embrasser son front, la bénissant d’une damnation qui ne tarderait pas à venir.

Quelques temps plus tard, elle mourut enfin dans les bras de son Sire qui ravit son âme et sa piété, laissant ses dernières larmes s’écouler, quittant la vie où seule sa mère comptait et où on la lui ravit. Où l’enfoiré qui lui servait de père entretenant toutes ses peurs fut pris d’un coup de folie où il tua sa douce mè!re de blond, de rose, de pâleur, de rires agressifs, comme pour l’enlever à sa folie meurtrière quand elle ne pratiquait qu’un art que cet être fade ne pouvait comprendre, vidé de ses émotions et ayant mis au monde une enfant au visage d’ange mais à l’âme impure. Elle le tua sans regrets et ne cilla pas quand on la déclara folle, baignant dans le sang et les monceaux de chairs. Elle se fichait bien de ce que l’on murmurait sur elle, se réfugiant souvent dans le sommeil, dans la lecture de quelques bouquins, elle se nourrit d’imaginaires, de chimères pour faire de ses rêves des contes où elle pouvait s’ensevelir dans le sable blanc et rouge de souvenirs brumeux. Son passé est aussi effacé que les lettres gravées dans le marbre qu’elle fixe encore, vêtue de son noir habituel, d’une veste noire bien grande, d’un jean aussi sombre que le reste, de gants de dentelles qui jurent avec tout le contemporain qui la revêt. Entre ses mains oscillent la lampe torche qu’elle est obligée de faire semblant d’utiliser quand ses yeux sont acclimatés à la nuit depuis plusieurs siècles déjà, ils ont l’habitude des ombres, de tout ce qui est fait d’encre même lorsque les lampadaires sont bien loin du nid des morts. Ils dorment tous et elle compte bien en prendre soin pour que personne ne vienne les éveiller. Les morts sont auprès d’elle et rien ne pourrait les ébranler en sa présence, ombre blanchâtre parmi les stèles, on pourrait la confondre avec ses apparitions mirifiques donnant l’impression d’être l’infant d’un royaume d’outre-tombes. Et ce n’est que la simple vérité, nue de toute son aura étrange, la fille Ó Shaugnessy ne semble plus appartenir à ce monde depuis bien longtemps, se relevant dans un mouvement élégant qui ne laisse voir dans pénombre grisâtre l’esquisse de son être famélique, oscillant dans le grand bain des ténèbres, sa blondeur relâchée valsant sur ses joues comme quelques voiles semblant presque blancs dans la nuit pleine, mûre, déjà bien avancée. Ses pupilles affrontent une tombe après une autre avant qu’elle ne quitte Margot dans un murmure, un « A bientôt. » presque joviale qui laisse percevoir l’esquisse d’un tendre sourire, semblable à celui qu’elle aurait offert à Ava.

Ava. Ava qu’elle cherche et qui la hante, unique obsession qui hurle dans sa tête trop pleine lorsque Kaleb n’est pas là pour occuper sa tête de ces quelques digressions monotones. Elle se fiche de lui répondre, le laissant parler de cette sœur dont il n’avait jamais fait référence auparavant. Il la décrit comme un lutin, comme une inoffensive jeune femme qu’il espère encore vivante même si elle fait désormais partie de leur monde où la froideur du marbre a rigidifié leur peau qui peut encore se faire tendre lorsqu’ils s’échauffent dans le creux d’un cou, d’une cuisse pour mordre là où le sang coulera le plus. Ses valses d’affamée ne sont jamais guidée par l’érotisme, cherchant simplement à ne pas retomber dans les troubles ignobles des Frénésies qui ont trop guidés ses errances. Ses bottes montantes aux lacets bien ficelés frappent le sol dans un silence presque parfait, observant les lieux comme si elle était entouré d’une famille, sentant les effluves des corps qui se décomposent, leur parfum putride ne lui faisant plus froncer le nez depuis longtemps. Elle-même est pleine de la pourriture mortuaire qui poursuit les cadavres ambulant comme elle, malgré le parfum que lui glisse parfois Kaleb sur le bureau où elle écrit des lettres qui ne partent jamais. Après quelques hésitations, elle s’en imprègne à peine au creux du cou et des poignets où les grumeleuses cicatrices se font percevoir, caresser par la pointe de ses doigts glacés et squelettiques. Il n’y a rien ce soir, un calme plat. Elle pense être bien seule avant que ne survienne l’odeur d’une présence et qu’elle se fige comme un renard en pleine chasse, levant sa trogne blême quand l’odeur nette de la cire embaume les lieux. Sourcillant, elle s’expose à une longue marche, le pas plus vindicatif avant que ne survienne au loin la lueur d’une apparition saisissante. Là. Il est juste ici. Et d’ici, elle entend ses mots, la grâce qui imprègne le grave du timbre et sa délicatesse, un mélange vicieux qui l’hypnotise. Sa mère. Sa mère aurait pu murmurer les mêmes psaumes, bavardant dans une langue qu’elle ne comprenait pas. Les iris s’arrondissent lorsque l’odeur du sang lui parvient, voyant les mouvements sibyllins de l’homme osciller sans comprendre sa danse. La curieuse s’avance, se fait discrète, se nimbe des ombres qui entoure les lieux pour ne pas être vu ni entendu, tous ses sens tournés vers celui qui semble pratiquer ce qu’elle cherche tant.

Oh, ils furent nombreux à tomber sous ses coups, à se tordre de douleur, à pleurer d’avoir été ravie à leurs dons si précieux. Combien de marqués a-t-elle décimés, déçue de ne pas trouver ce qu’elle cherche tellement depuis que la mort s’est imprégnée sous l’épiderme, figeant le temps sur ses traits sculptés par un artiste ayant voulu faire d’elle une Infant aux expressions faciales indéchiffrables. Enfant, femme, vieille âme, elle est tout à la fois et elle se laisse guider par l’odeur du sang, fermant un instant les yeux pour en inspirer l’arôme unique, entrouvrant les lèvres comme pour en laper le suc, la pointe rosâtre de sa langue manquant de percer la barrière du bouton de rose de ses lèvres. Mais elle s’arrête avant de se laisser envahir par la Soif, ses paupières se soulevant comme des fenêtres que l’on ouvre sur un immense néant bleu, si délavé qu’on pourrait la croire aveugle, venant se déposer, oiseau de mauvaise augure tout près de l’homme qui chante. Lentement, elle passe entre une tombe et celle éclairée par les bougies allumées pour croiser ses bras sur le haut du lit de mort de celle qu’il vient prier, souriant, en paix. Et après la paix vient le Chaos, toujours. Sous les lueurs chaudes, elle perçoit enfin les traits taillés à la serpe, penchant la tête comme une enfant fascinée par un adulte qui aurait tant à lui apprendre, à lui dire, à lui confier. Il lui apprendra à sourire aussi, certainement.

Dis moi.
Dis moi ce que cela veut dire.


Sa mère n’a jamais voulu lui confier quoi que ce soit, déjà noyée dans ses délires d’aliénée, refusant de la faire tomber avec elle, comme pour la protéger du sépulcre dans lequel elle était prête à sombrer. Déposant son menton sur ses bras croisés, elle se sent sourire sans comprendre pourquoi, soufflant pour interrompre la douce litanie « Quelle jolie langue. » La voilà qui brise l’osmose d’une renaissance sans même le savoir, fixant celui qu’elle pense être l’élu parfait. Là, ainsi, elle ne reconnait pas tout de suite les traits de celui qui fut aux côtés de sa Némésis infernale, Yago Mustafaï s’entourant d’un homme dont l’ombre est encore floue dans ses pensées qui sont semblables à bien des tumultes se riant d’elle. Folle et perdue, amnésique ayant oubliée bien des choses de sa vie d’avant, elle ne trouve là que la beauté profane des arcanes murmuré par les lèvres. « Je t’ai trouvé. » Elle ne hausse même pas le ton, chantant de son timbre chancelant comme une caresse de phalanges entre eux, un souffle froid et plein de malaise s’installant pourtant alors qu’elle espère croiser ses yeux, abaissant les yeux sur le nom gravé, un ongle venant en refaire les contours. Julianna. Le cadavre est depuis longtemps un amas d’os et elle en caresse le nom comme pour la saluer à son tour, à sa manière. « Qui est-ce ? » Sa tête se redresse, ses longs cheveux blonds retombant sur son visage de poupon effrayant, cillant à peine pour fixer l’homme qui sent si bon les plantes et la cire qui fond et l’élève dans une aura moirée qu’elle aimerait détenir dans ses souvenirs et ainsi, sa main s’élève se tend vers lui sans l’atteindre avant qu’une à une, ses phalanges s’abaissent pour qu’il ne reste qu’un doigt cerné par la lueur des bougies, son index à l’ongle menaçant le pointant du doigt « Non. Toi. Qui es-tu ? »

Sorcier.

« Que veulent dire tes mots ? » Et elle espère tant qu’il le lui dira, ne cillant même plus, l’immortelle ne cachant rien de sa fascination juvénile, de sa carence en la matière, rêvant de le faire sien, sans encore sentir l’odeur délaissé par le cadavre puant dont elle ne supporte pas la présence qui pourrait trainer sur la peau, un corps qui ne lui dit rien qui vaille car il demeure homme et que les hommes la débectent pour leurs vils désirs incapable d’être réfréné. Mais peut-être n’est-il pas de ceux qui se laissent aller à ça ? Peut-être est-différent ? Les pupilles ne manquent pas de se baisser vers le sang qui a goutté de partout, presque noir sous certains aspects et elle tend un doigt vers la cire, vers une rigole purpurine entamant sa chute sur le flanc d’une bougie pour récolter la semence de sa paume blessée avant de s’en peindre délicatement les lèvres, sans plus le regarder, fixant le ciel, imitant sa mère et toutes les femmes qu’elle aura vu se maquiller autrefois, n’osant encore goûter au jus rouillé de l’apparition masculine, attendant ses réponses.

Je t’ai trouvé.
Je t’ai trouve, je ne te lâcherai plus.




(c) corvidae
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Deus Ex-Machina • Dillon 1E5CfUE Deus Ex-Machina • Dillon AoZyjkn Deus Ex-Machina • Dillon BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Ven 21 Mai - 22:06 (#)


The Moth
La sémantique latine se laissa mourir sur ses lèvres, et quelques bénédictions gaëliques couronnèrent son oraison.

Le sang sur la lame était en train de sécher, se mélangeant au fer en une hybridation étonnante, contraste entre l’anthracite et l’écarlate qui, dans la pénombre, n’en parut que plus mystique. Il n’osa pas perturber l’équilibre des deux teintes, et déposa avec précaution l’instrument rituel près de la tombe. Du bout de ses doigts, il pressa la pierre tiède. Elle avait emmagasiné la chaleur du soleil toute la journée, et le grès lui semblait si agréable sous sa peau, qu’il en poussa un soupir de contentement. Paupières désormais closes, il laissa enfin aller ses pensées, maintenant que le bouchon de ses angoisses venait de sauter. Comme épuisé d’avoir couru un marathon, son corps se détendit progressivement, décompressant de ces derniers mois éprouvants. Il parvint à s’extraire de la mélancolie contre-productive pour se consacrer au souvenir de son aïeule, la revoyant en pensée. Son visage autrefois rond avait subi modérément les outrages du temps. Même âgée, elle n’était restée que peu ridée, et avait conservé une certaine sécheresse, une force mentale et physique tardive que beaucoup lui avaient enviée. Par coquetterie, elle n’avait jamais cessé de teindre ses cheveux, refusant d’en laisser paraître la blancheur inéluctable. Maquillée jusqu’à tard avec une certaine intelligence, elle avait toujours préservé cette image de sorcière intraitable, ne cherchant à camoufler la violence bouillonnant en elle que par des fards et des poudres tout aussi légers ; maigres voiles qui ne dissimulaient pas grand-chose du vice dont il se savait avoir hérité.

Julianna Mulligan, prisonnière de siècles de traditions barbares, n’était plus à conspuer ni à haïr. Elle était partie presque vingt ans auparavant, et il n’avait plus d’énergie à gaspiller pour maudire les morts qui l’avaient autrefois heurté. En outre, le respect voué à cette femme avait bizarrement survécu aux brimades les plus terribles. Aux mots l’ayant secoué, provoquant un séisme destiné à faire s’écrouler les quelques piliers de confiance en lui et de sérénité qu’il s’était échiné à maintenir en place.
Julianna Mulligan, femme aigrie, haineuse et surtout solitaire, déparée de l’amour d’un homme qu’elle avait fui, repoussé et aimé tour à tour, n’ayant eu alors de cesse que de transmettre cette colère, cette ire perpétuelle à ses filles pour les voir cultiver à ses côtés cette même rancœur… Voilà que son propre destin l’avait punie, obligée d’assumer une descendance dont elle n’avait pas voulu.

On ne choisissait pas les siens. Ses phalanges se crispèrent davantage sur le rebord de la pierre. Il serra les dents, expirant profondément, luttant contre l’ambivalence des sentiments le tenaillant éternellement. Il devait dépasser cela, à son tour. Il devait se montrer plus réfléchi, plus intelligent, plus ouvert d’esprit que celles qui l’avaient élevé. Les efforts seraient considérables, mais s’il voulait apparaître comme autre chose que ce que nombre de ceux qu’il avait connu pensaient l’avoir vu devenir, il n’aurait pas le choix. Il ne venait de poser que le premier galet d’une longue route à bâtir. Il serait seul pour le faire. Sans certitude d’obtenir quoi que ce soit en retour. Sans certitude de le voir revenir un jour.

Le calme régnait.
Et puis.

« Quelle jolie langue. »

Tel un éclair déchirant la nuit.
L’urgence lui fit redresser la tête, et un sursaut douloureux secoua sa cage thoracique, à la vue de la femme qui se tenait là, appuyée sur la stèle de la Mulligan. Elle lui parut d’abord sans âge : dans la pénombre seulement éclairée par les flammes des chandelles, ses cheveux blonds semblaient presque blancs. Mais le visage était lisse, les yeux d’un bleu si pur qu’elle ne semblait pas humaine… et ce, probablement, parce qu’elle ne l’était pas. Outre le fait de voir une présence pareille dans le cimetière à cette heure-ci, l’étrangeté qui se dégageait de la créature le surplombant l’obligea à jeter ses antennes sur elle, la passant au crible d’une détection d’aura ne laissant planer nul autre doute.

Vampire.

La fumée discrète qui s’érigeait entre eux deux donnait à l’immortelle une apparence plus mythologique encore (sphinge), et la voir ainsi penchée, accoudée sans égards pour le repos de son ancêtre lui fit mal, et attisa une fureur qu’il contint à grand peine ; il n’était pas en sécurité. Il ne pouvait pas se permettre de montrer les crocs, au risque d’en voir d’autres de bien trop près : les siens.

« Je t’ai trouvé. »

Il ne bougeait pas. Il s’attendait à tout, comme si un fauve affamé se tenait sur un tertre le dominant. Comme si tout pouvait arriver. Une goutte de sueur glissant le long de son dos, un souffle de brise plus insistant : tout pourrait inciter le prédateur à fondre sur lui, et il n’aurait qu’une seule chance d’en réchapper… dans le meilleur des cas. Il soutenait son regard, mais son attention fut bien vite captivée par les ongles venant écorcher les gravures du nom, le faisant frémir d’une rage de plus en plus perceptible. Les houppes des bougies se dressèrent plus hautes, alimentées par l’énergie terrible de la Rougeoyante contrariée, reconnaissant une détentrice de Mains Grises (mais pas celles qu’elle convoitait). Lorsqu’elle le pointa du doigt, il esquissa un léger mouvement de recul, la bouche sèche, le souffle court. Plus que jamais, il se sentait pris dans les affres d’une histoire détachée de ce monde réel et présent, transporté ailleurs. Souvent, les fils et filles de Caïn le plongeaient dans un état similaire, et il se demanda si toute sa vie, à chacune de ses rencontres avec les Antiques, il éprouverait ce même sentiment dépaysant, inquiétant et par-dessus tout déstabilisant.

Toutefois, l’insulte, la pire, fut réservée pour la fin. Il poussa un feulement de rage lorsqu’elle osa puiser dans le sang encore frais pour en colorer sa bouche, et le sorcier se redressa alors sur ses deux jambes, la toisant avec une froideur hostile. Monstre. Ignominie, et les paroles de Sylia concernant les maudits de son espèce lui revinrent brutalement en mémoire, occultant temporairement Yago Mustafaï et tous les autres Morts-Qui-Marchent ayant fait preuve de bonté à son intention.

Je sais ce que tu es, toi.

Il s’écarta d’un pas afin de creuser la distance entre elle et lui, l’angoisse ancrée au corps. Il ne pouvait réagir n’importe comment. Il évita de fixer son sac à proximité, et les ombres dansaient sur son visage, trimballées par les flammèches bruissant en tous sens, sans pour autant s’éteindre. Alors, prudemment, il articula en réprimant difficilement son dégoût : « Je rends visite. » Je ne suis personne. Il avait du mal à s’attarder sur ses lippes barbouillées en un simulacre de maquillage liquide, adoptant chaque ligne infime, chaque creux de muqueuse faite pour lécher, sucer et récolter le sang des mortels. « Éloigne-toi. Longue-Vie ou non, tu dois toujours le respect aux morts… sans vouloir t’offenser. » Un sourire de métal lui écorchait la bouche.

« Je t’ai trouvé. »

La voix enfantine, les mots choisis avec une précision déroutante, lui donnaient mal au cœur. « Tu me cherchais… ? » Il arqua un sourcil, priant pour que la réponse soit négative, ne résultant que d’une provocation inoffensive. « Les vampires chassent dans les cimetières, maintenant ? Ça ne semble pas être le spot le plus riche en Mordus, à c’qu’il me semble. » D’un bref coup d’œil, il chercha à apercevoir les grilles du cimetière. Éloignées. Inutile de chercher à fuir stupidement. Il ne gagnerait pas à la course, et ne lui ferait pas ce plaisir, de toute manière. Il se remit alors à la toiser, méfiant et prêt à tout, déclamant avec une fermeté à peine gangrénée de lassitude : « Laisse ma grand-mère en paix. Elle haïssait les créatures dans ton genre. »

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Louisiana Burning

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Ven 13 Aoû - 4:53 (#)


Deus Ex-Machina
the times come to play here in my garden of shadows

L’illuminée abaisse lentement sa main comme sa tête lorsqu’il consent à lui parler, les opales d’un bleu ayant pris la couleur de l’aube, lui donnant ces airs de filles aveugles se déposant sur lui, le fixant un instant, fixant son rictus difforme et arrogant qui devrait l’insulter mais ne lui inspire qu’une vaine provocation. Si elle consent à se redresser, ce n’est que pour mieux lui faire face, dépliant lentement sa silhouette élancée, squelette vêtu de ses haillons noirs, esquissant un tendre sourire qui n’attire pourtant aucune sympathie. « Oui, je t’ai longtemps cherché. » Elle ne trouve pas d’intérêt à laisser fondre un quelconque bobard qui n’aurait là aucun saveur entre eux, le fixant de ses yeux troublés de le percevoir de plus près alors. Sourire qui s’érode sous le grabuge de la nuit, de cet instant figé dans son temps à elle dont l’horloge n’est plus qu’une babiole à l’aiguille arrêtée sur une heure précise. Elle est morte dans une nuit comme celle-ci, où rien ne pouvait laisser prétendre qu’une nixe noyée dans sa propre existence se donnerait alors la mort, cueillie comme une orchidée fanée par les bras de Callum, prise au piège de l’immortalité jusqu’alors. La lampe torche dans le creux de sa main finit par tapoter sa paume, comme une massue prête à éclater le crâne, tic-tac infâme dictant son calme ou le chaos qu’elle pourrait faire surgir.

Non.
Rester calme.
Apaisée.
Se tenir loin des Frénésies.
Laisser la Bête dans son sommeil.


« Je travaille ici, sorcier. » Le terme même de travail lui semble bien idiot, qu’a-t-elle à faire d’un emploi si ce n’est pour tuer son ignoble ennui ? Fléau qui nécrose sa vie de cadavre trainant sa carcasse çà et là quand la faim la prend, quand l’envie de voyager dans les rues de Shreveport la prend, tuer le temps pour ne pas se tuer, voilà tout ce qu’il lui reste, s’écraser dans la masse pour faire mine d’être de ces immortels qui ont abandonnés le fait d’être des nomades pour se déposer dans la foule humaine et y faire une paix bien fragile. Les paupières battent comme les ailes d’un corbeau en fin de vie alors qu’elle demeure loin de lui, de son odeur étrange, chatouillant le flair sensible, déposant la trace d’un immortel bien connu dans l’essence même qui lui sert d’apparat, penchant à peine la tête à nouveau, comme un fantôme à la nuque disloquée, au tic dont on pourrait presque entendre le craquement de l’os disjoncter à chaque mouvement, le blanc des cheveux s’écoulant comme des rivières peintes dont on aurait effacés toutes les couleurs de bonheur, image de la détresse, du désespoir, de la mort elle-même. Rien qui ne donnerait l’envie à autrui de lui faire confiance. A raison. Elle perçoit sa méfiance, la tension habitant le corps, s’y étant habituée au fil des siècles écoulés dans lesquels elle erre depuis trop longtemps. La lassitude se fait lourde de les voir toujours si tendu face à elle, comme si elle était un chat noir dont on n’oserait s’approcher, aux poils crasseux et à la trogne si affreuse que l’on n’ose plus la regarder réellement en face. Toujours, le regard s’évade pour trouver un autre point. Ils sont rares les êtres vivants ou morts à soutenir ses yeux pâles. Mélange d’amertume et de tristesse peuvent un instant la submerger, ses phalanges libres agrippant la lampe d’un coup sec faisant cesser le mouvement d’un baguette fracassant un tambour funèbre. Silence. La verve du sorcier est bien celle à laquelle elle s’attendait, abaissant un instant ses iris sur la tombe où dort le squelette de la défunte. « Elle ne serait pas déçue que tu en côtoies alors ? » Rictus doucereux qui s’esquisse sur la lippe rosée avant qu’elle ne se décide à bouger, s’avançant entre la tombe de cette aïeule enfuie au royaume des morts et d’une autre, le coton du pantalon noir s’écorchant contre la pierre où la mousse s’est déposée, décorant naturellement ces stèles qui font office de dernière chambre pour des humains quelconques ou des êtres mystiques comme… « Julianna. » lit-elle à voix haute quand elle peut enfin percevoir le prénom gravé, les mèches de bougies allumées laissant danser les ombres comme des bacchanales sordides sur la matière dérangé par la brise trop légère.

Quelques pas encore et la voilà qui s’avance vers lui, laissant une sage distance entre eux. Un déclic et la lumière de son outils de travail, qui ne fait office que de décoration pour ses yeux captant les moindres mouvements dans les nuits d’encres et sans lune, se braque brutalement sur le visage qu’elle peut mieux détailler. « Julianna serait si peu fière que son petit-fils flirt ainsi avec les morts. Tu as des goûts étranges. » L’image de Yago au flanc de l’arcaniste se décompose dans son esprit morcelé de rêves, de cauchemars, de fantasmes et de vide, manoir intérieur abandonné par l’humaine qu’elle fut un jour. Ne demeure que l’enfant qu’elle fut un jour qui court parfois les longs couloirs sombres et ressort dans ses traits juvéniles. « Tu n’as pas répondu à mes questions. » Presque boudeuse dans les trémolos du timbre, l’innocence se montre un instant sur son faciès pâlot mouchetés de tâches de rousseurs, la rendant parfois plus réaliste et vivante qu’elle ne l’est réellement. Un pas foule les lignes qu’il ne faut pas franchir, un coup de pied nonchalant dans le sac dont elle se méfie sans le sous-estimer. Il n’a pas l’air idiot et les soirs à l’observer dans ses errances presque religieusement respectées lui ont appris qu’il n’était pas imprudent, ni idiot. Une arme ou deux doivent bien se cacher sous les couches de vêtements et il attaquera si elle le fait se sentir pris au piège. S’arrêtant dans un mouvement qui pourrait la faire s’avancer bien davantage, les silhouettes qui n’auraient jamais dû se trouver l’une en face de l’autre s’esquissent dans l’obscurité troublée par l’or des bougies et de la vulgarité de la lampe qu’elle finit par éteindre, cachant les ombres qui venaient maculer son propre visage, dans les creux et près des pleins. La langue ressort goûtant la sucrerie de rouille sur sa bouche, lavant celle-ci de son rouge à lèvres provocant. Le nez insolent s’élève vers lui, voulant le forcer à voir dans ses yeux toute sa curiosité, lui offrant alors un grand sourire, dévoilant l’émail blanchâtre, les poignards toujours rentrés dans la chair des gencives « Apprends moi. Était-ce une prière pour elle ? Une incantation ? » La lumière faiblit et alors, oscillant sans cesse entre tant d’humeurs et d’émotions, elle élève sa main, l’index à l’ongle menaçant se plantant là où bat le cœur du sorcier « Ma mère me disait qu’elles viennent toujours de là. C’était soit du cœur soit ceux d’en haut qui lui dictaient ses dires. Elle ne m’en a jamais rien dit. Elle, elle méprisait les humains, même moi. » Triste aveu dicté par une morne réalité qui a pris la poussière depuis. Retirant son doigt aussi vite qu’il est apparu contre la chaleur d’une vie hurlante de vigueur, elle abaisse son bras, haussant un sourcil « Tu veux bien m’apprendre ? Je t’ai cherché pour ça. »

Et pour qu’Il sache, que moi aussi, je suis passé par là.
Que sur toi demeure mon odeur,
Qu’il enrage et se venge avec fureur.
Je mordrai dans ta chair,
Ce soir, demain. Seulement quand il sera l’heure.




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Eoghan Underwood
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En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Lun 13 Déc - 3:00 (#)


The Moth
Eût-il foulé les terres d’émeraude de ses ancêtres que le sorcier aurait probablement cru à l’apparition d’une Crieuse gaëlique. Si seulement sa nature n’avait pas si évidemment affleuré son intelligence, de fait. L’effroi qu’il éprouva en la regardant se déplier, d’une beauté cruelle et glaçante, était réel. Aussi réel que la force emmagasinée du fait de sa méditation. Campé sur ses jambes, les épaules carrées et les mains raidies, le sorcier se sentait vulnérable, uniquement protégé par sa foi naïve envers les figures tutélaires de son existence. Et puis, il y avait autre chose. La mystique que dégageait l’inconnue, il n’y était pas insensible. Ce n’était pas dû qu’à son apparence physique, fantôme de maudite. Non. La façon avec laquelle elle se déplaçait, jusqu’à l’agencement des voiles qui la couvraient, le cuir des bottes moulant ses jambes fines… le tableau qu’elle composait, sublime, n’était qu’une preuve de plus du charisme auquel tous, non-Antiques, pouvaient succomber. Malgré les résistances mentales de nombreux arcanistes, en dépit de certaines facultés possédées par les Outres, il ne pouvait faire autrement que de reconnaître la puissance de ces créatures, sirènes modernes, chef-d’œuvre d’une évolution pipée, tronquée, ne laissant quasiment aucune chance aux proies qu’elles traquaient. On pouvait admirer un prédateur. S’extasier devant la taille de leurs crocs, leur caractère acéré. La construction d’un corps fait pour la vitesse, pour fondre sur n’importe quelle proie susceptible de leur apparaître comme la meilleure, la plus juteuse, la plus parfaite. Et lui, qui était-il ? Certainement pas une proie facile. Son orgueil d’Éveillé n’avait jamais cédé, face aux vampires. Oswald Landgraf lui-même n’avait pas réussi à agenouiller Eoghan Underwood – et ce principalement car il ne le lui avait jamais demandé. Sa défiance envers les positions ancrées de Vinzent Henkermann à l’égard de leur race avait été nourrie du respect qu’il était toujours parvenu à entretenir entre eux et lui. Volontairement ou non, de par l’influence de la Rougeoyante ou sa simple personnalité, tous n’avaient eu qu’à tendre une main terrifiante mais aux griffes rongées pour s’offrir la bonne volonté du sorcier marchant sur le sentier doré de la connaissance. À la fois si semblable et on ne peut plus différent de son meilleur ami. Cette ironie n’en finissait pas d’émailler les chapitres de leur existence.

Il se méfia de ce sourire de hyène – un sourire tel une promesse de mort.
Le charme était rompu. Le faisceau de la lampe-torche jurait désagréablement avec l’ambre clair des bougies à la pointe toujours enflammée. L’artificiel n’avait pas sa place ici. La mécanique de bas étage non plus. Mais elle ne pouvait rien y entendre, rien y comprendre. Ils resteraient incompatibles à bien des égards. Même Yago ne pouvait toujours saisir le fonctionnement de son Essence, les rouages de son fonctionnement en accord avec ce Grand-Tout dont il était façonné. Par ailleurs, Yago honorait régulièrement les limites de ce fossé, avec plus ou moins de bonne volonté, mais jamais sans forcer plus que nécessaire les barrières apposées par son amant.
Malgré la difficulté de soutenir ce regard plus arctique encore que le sien, il chercha à s’y tenir. À ne pas fuir outre-mesure. Il ne s’évadait de leur surface que pour analyser les autres détails qu’elle arborait, pour revenir, immanquablement à la source de sa fascination. Il n’aurait pu jouer à l’homme blasé. Énigmatique, fille de la Mort elle-même, sa pâleur était surprenante. Elle ressemblait à une noyée repêchée des eaux. Il s’attendait presque à voir ses lèvres bleuies, et ses pommettes, même dans l’obscurité, étaient livides au point de susciter en lui un profond malaise. Dérangé. Il n’y avait rien de désirable, de sensuel pour l’heure, dans la femme qui se tenait face à lui. Il l’imaginait muer d’un moment à un autre, et à cet instant lui vint la pensée terrible, la question ultime : quel était son don ? Yago maniait les Mains grises comme personne, mais elle ? Il en savait si peu sur les capacités des Immortels, et son ignorance réveilla une couche de peur supplémentaire. Démuni. Il ne pouvait que faire montre de suffisamment de courage, de pertinence et de ruse pour escompter s’en tirer sans dommage.

Elle était grande. Suffisamment grande pour réveiller une méfiance plus vivace encore.
Dans un cliquetis discret, la lampe s’éteignit. Voir cette source de luminosité disparaître aurait pu le rendre plus nerveux, mais elle l’apaisa au contraire. Enfin, une part de piété revenait dans la danse. Aucune posture agressive. Pas de crocs luisants sortis. Rien. Il recula d’un pas, lorsque cette longue main fine, révélant sans mal les reliefs des articulations, s’avança vers lui pour le pointer de son index. Il ne put contenir un frisson, malgré la brièveté du contact.

« Je n’ai rien à t’apprendre. » Son visage s’était légèrement déformé, incliné, cherchant à lui faire comprendre.
Tu n’appartiens plus exactement au même monde qui m’a nourri de ses bienfaits. Tes désirs resteront vains.
« Les arcanes ne s’enseignent pas comme ça. C’est un savoir réservé à certains élus. Même toi, tu dois en avoir conscience. » Il ne pouvait deviner son âge, depuis combien de temps elle foulait la terre. Si elle était bien plus vieille que Julianna Mulligan elle-même l’avait été, il y aurait de quoi refréner un vertige, lorsque les chiffres de sa longévité s’étaleraient entre eux deux. Pourtant, il estimait avec une certaine candeur que même les plus jeunes des Caïnites avaient été éduqués et pourvus de connaissances leur permettant d’évoluer avec le minimum de précautions. Pour leur survie. Comme lui avait été éduqué, mis en garde, prévenu des rencontres telles que celle-ci.

« Je ne comprends pas. Qu’est-ce que ça peut te faire, de savoir si c’était une prière ou une incantation ? Qu’est-ce que ça changerait ? » Il reposa les yeux sur la stèle. « Qui te dit que je fréquente les tiens ? » Et que pensait Julianna des vampires ? Il se rappelait de bribes de conversation, lui revenant justement en mémoire maintenant qu’elle l’interrogeait avec arrogance sur la question. Finalement, à bien y penser, Sylia était largement plus hostile, tout compte fait, que sa propre mère à l’égard de leur race. Il avait englobé toutes ses aïeules dans cette haine de l’Autre, qu’il soit thérianthrope ou strige. Cela ne le surprenait qu’à moitié. Une bonne partie de la vie de sa grand-mère lui était inconnue. Qui pouvait savoir, quelles interactions la Mulligan avait pu tisser avec ceux de leur espèce ? La magie rouge et l’aura de mort des vampires s’unissaient-elles plus aisément que via d’autres teintes, plus sombres ou plus diaphanes ? Avec un sourire torve, il adoucit son opinion, cherchant la vérité, la renforçant de nuances plus intéressantes, et plus mystérieuses.  « Elle haïssait tous ceux incapables de tenir les limites, les frontières… Elle haïssait ceux dont l’ignorance les poussait au blasphème. » Ses orbes se plantèrent dans les siens, durement. « Comme toi, qui ose souiller un sacrifice pour ton propre plaisir. Tu prends, tu te sers sans donner en retour. C’est en partie ce qui constitue ta malédiction. Tu n’es plus capable d’alimenter le cycle de la terre. Tu n’as même pas offert ta dépouille pour la régénérer. Tu te contentes d’accélérer la reddition d’autres silhouettes, plutôt que de livrer la tienne. Et même maintenant, même si tu disparaissais, tu ne serais plus capable de nourrir quoi que ce soit. En résumé : ta présence même ici-bas ne constitue plus qu’un fardeau. Tu ne vaux guère mieux qu’un parasite. Et j’en suis navré pour toi. » Cette dernière occurrence transpirait d’une franchise qu’il n’avait pas à surjouer. Il ne se serait jamais adressé en ces termes à l’Oriental, connaissant sa sensibilité et les réactions épidermiques que même lui redoutait. Mais elle… Elle dont il ne connaissait pas le visage, elle qui pouvait le réduire en charpie, maintenant (mais pas sans dommages)… Elle n’avait pas à bénéficier de sa protection.

« Je ne répondrai à tes questions que si tu réponds aux miennes d’abord. Qui es-tu ? Pourquoi me parles-tu comme si tu me connaissais ? Je suis sûr qu’on ne s’est jamais croisés, avant ce soir. Alors pourquoi me chercher moi ? Et qu’est-ce qui te fait dire que je t’enseignerais volontiers quoi que ce soit ? »

Elle travaillait ici ? Il n’aurait pas forcément remis en doute cette assertion étrange car, finalement, quoi de mieux qu’une Immortelle pour veiller les morts lorsque le vacarme monde s’étouffe et que Morphée règne ? D’ailleurs, hormis ce qui s’était passé avec Serguey, il ne fréquentait pour ainsi dire jamais Grave Creek Hollow de nuit.

Il répéta, dérouté. « Qui es-tu ? »

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Louisiana Burning

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Dim 3 Avr - 18:15 (#)


Deus Ex-Machina
the times come to play here in my garden of shadows

Un balbutiement de paupières répond à ses premiers mots incisifs. Son esprit tournoie autour des mots qu’elle a entendu plus tôt, en cherchant le sens sans y parvenir. Voilà longtemps qu’elle n’avait pu entendre pareilles palabres, chansons mystiques aux allures de prières ténébreuses. Sa mère en chantait tant et si souvent qu’elle ne peine que peu à se souvenir de certains poèmes macabres qu’elle murmurait à son oreille lorsqu’elle pensait consoler son enfant meurtrie par ses coups, par sa hargne, par sa folie furieuse dans laquelle elle se perdait si souvent. L’enfant en elle n’aura connue que les méfaits d’un amour malsain, d’une dépendance affective grignotant tout en elle jusqu’à la faire elle-même tomber dans la désuétude de la folie, ne laissant qu’un corps sans âme derrière elle. Elle suit son regard, prend un temps avant de savoir retisser quelques mots d’un timbre délicat. « Il fut un temps où prières et incantations étaient mon quotidien. » Elle laisse croire un instant qu’elle pourrait être de sa nature, que jadis, il se pourrait qu’elle ait pu tisser les fils de sorts complexes. Un sourire vient s’esquisser, sans vie, sans âme. « Ma mère priait souvent tes dieux. Elle les aimait, les adulait. Plus que moi. » Et il n’y a là aucune amertume, comme si l’enfant en elle s’était brutalement tue, prenant du recul sur l’horreur d’une relation ignoble qui ne la touche plus vraiment en cet instant. Elle lit les lettres gravées comme des runes dans la roche avant que son regard lunaire revienne sur lui, scrutant les aspérités de son visage, tombant dans la souille de son regard acéré. « Je sais, c’est tout. » Et les mots qui suivent la laissent se figer, cillant face à la vérité nue qu’il expose. Son corps ne serait alors que poussières si elle venait à s’éteindre, de la cendre que l’alizé emporterait au loin sans que son nom ne soit retenu par quiconque, une oubliée, un souvenir effacé dans le sable mouvant des pensées humaines. Un résidu de rien. Un ectoplasme n’ayant rien laissé de lui sur Terre. Sa main s’élève à peine, examinant son propre corps comme si elle le voyait pour la première fois, bercée par les paroles qui se disséminent entre eux.

La toile de nuit se parsème lentement de nuages grisâtres, oiseaux de mauvaises augures sous formes cotonneuses, se déliant dans le ciel tandis qu’elle laisse passer le silence. Qui est-elle ? Qui ? Un froncement de sourcils marque un instant son visage de poupée adoubée par la lueur lunaire, embrassée par la Mort elle-même, fille de la Faucheuse vêtue de ses apparats noirâtres. « Je… » Une goutte sombre dans sa paume élevée alors. Son visage lentement s’élève vers le ciel alors qu’une bruine sombre lentement sur eux, d’un goutte à goutte délicat avant de finir en rideaux d’une eau faisant ruisseler de fausses larmes sur ses pommettes rebondies, sur ses lèvres figées en une moue boudeuse. « Ta question demande une réponse bien vaste, Eoghan Underwood. Elle demanderait un temps que je n’ai pas pour te conter tout ce que je suis. Qui je suis. » Sourire sinistre, elle abaisse lentement la tête pour le regarder, les joues striées de sanglots qui ne sont pas les siens, l’eau s’écoulant sur eux comme des baisers du ciel humides et agaçants. « Je l’ignore. J’ignore qui je suis. N’est-ce pas toute la quête de la vie des humains ? De tous les êtres qui sont encore capables de vivre ? Savoir qui ils sont. » Un pas vers lui mais elle se fige, détournant le regard vers les bougies d’un autel funèbre.

Lentement elle s’abaisse alors que la bruine se fait violente, tombant comme des cordes filasses sur leurs crânes nécrosées de pensées, larmes translucides imbibant le blond qui ne fait que s’éclaircir sous les rayons d’une lune témoin d’une rencontre qui n’aurait jamais dû naître. Ses mains s’approchent du feu maudit, ses paumes en protégeant les flammèches dansantes, son regard envoûté par leurs danses lancinantes, parfois plus vives, parfois presque immobiles, se figeant peut-être de peur tandis qu’elle élève sa tête vers lui, esquissant un sourire spectrale, qui ne recèle d’aucune réelle joie, d’une innocence morte depuis des siècles, gamine des bas-fonds souillé par l’immortalité. « Il ne faudrait pas que tes prières aient été vaines, sorcier. Je ne veux pas les voir s’éteindre. » Je ne veux pas voir la vie s’éteindre à nouveau. Une odeur étrange se dissémine alors, de chair brûlée et comme si la douleur ne l’atteignait plus, elle découvre la paume de sa main droite calcinée d’une cloque. La peau se régénère peu à peu sous ses yeux, comme preuve de sa non-appartenance au monde du tisseur d’arcanes près d’elle, laissant se recréer la peau où les lignes de vie s’entrecroisent. « Je connais le vampire qui te poursuit comme une ombre. Amant. Amour. Ami. Compagnon. » Ses yeux se parent alors d’une ombre qui laisse deviner toute la haine qui la relie à Lui. « Yago Mustafaï m’a mené jusqu’à toi sans le vouloir. Il ignore que je suis ici ce soir. Il ignore que mes yeux ont croisés les tiens. Je t’ai chassé, longtemps et voilà que je t’ai trouvé. » Dans un mouvement de spectre fatigué, elle se redresse, ses pas la menant doucement vers lui, l’approchant dans une danse de pas délicats, chatte noire gravitant près d’un sorcier qui ne sait pas qu’il croise le regard d’une aliénée capable de tout. Capable de planter en lui l’ivoire de ses crocs pour y laisser sa trace, que Yago Mustafaï puisse savoir qu’elle sera passée par là, qu’il hurle à la nuit noire toute sa haine, qu’il vienne jusqu’à elle, la haine rongeant ses entrailles de mort-vivant.

Les mains s’élèvent alors qu’ils se font face, se déposant en caresses doucereuses sur les joues de l’homme. Quelque chose se crispe en elle d’oser toucher la peau d’un éphèbe, d’un être dont le cœur chante à ses oreilles alors qu’elle se penche, le menaçant de ses mains posées sur lui de ne pas bouger tandis que ses lèvres se déposent en baiser mortel sur son front. « Tu as de la chance, Eoghan. Je ne te mordrai pas. Pas ce soir. » murmure sinistre soufflé dans l’alcôve de leurs deux visages se faisant face alors qu’elle se recule, plantant les lames noires de ses yeux dans les siens. « Mais avant que nous nous quittions, toi, dis moi… Qui es-tu ? Sais-tu au moins répondre à ta propre question ? »



(c) corvidae
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⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
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Jeu 21 Avr - 2:44 (#)


The Moth
Il n’avait pas entendu la pluie arriver.
Il n’avait rien senti de l’amoncellement de nuages, venus veiller sur sa transe à présent gâchée.

Quand les premières gouttes de pluie tombèrent sur son échine, il sursauta, et tressaillit comme sous le coup d’une pulsation électrique. Brièvement, il darda son regard vers le ciel assombri. Ils connaissaient la première averse du printemps. Aussitôt, les images de sa nuit humide dans le bayou, à peine trois mois plus tôt, se rappelèrent désagréablement à son souvenir. Rapidement cependant, il reposa son attention sur elle, et plus que jamais elle ressemblait au fantôme d’une noyée tout droit sortie d’un conte irlandais. Le second choc fut plus violent, lorsque son nom fut prononcé par elle. Ses lèvres s’entrouvrirent d’une surprise mécontente, accompagnée d’une sueur froide renforcée par l’onde qui n’était pas assez tiède pour le réchauffer. L’immortelle s’exprimait comme une prophétesse mystérieuse, et il n’était pas certain de vouloir connaître le fond de son message. Autrefois, son insatiable curiosité l’aurait poussé à mettre à bas tous les principes les plus élémentaires de sa sécurité. Aujourd’hui, le sorcier était un homme différent. Un homme changé. Sans se trahir, sans pouvoir faire fi de sa nature profonde, il avait cependant compris que tout n’était pas à sacrifier sur le laraire de ses appétits irrépressibles. Il se disciplinait. Il avait mûri, évolué, et il n’oubliait jamais le fond de méfiance qui l’avait toujours agité, chaque fois qu’il se retrouvait en face d’un Caïnite. Son myocarde tambourinait, excité par la peur, par l’incompréhension qui, imperceptiblement, transvasait son poids d’une jambe à l’autre, perturbé par cette énigme dont il ne possédait pas les clefs.

Lui n’aurait rien fait pour empêcher les flammes de s’éteindre. C’est alors avec un temps de retard qu’il s’aperçut de son curieux manège, et du sourire qu’elle lui offrit ne naquit rien de plus qu’un voile de malaise supplémentaire. Même pour une vampire, celle-ci n’avait rien d’ordinaire. Elle partageait peut-être un pan de cette folie douce qui habitait Yago. Et tandis qu’il en était là de sa réflexion, tandis qu’il contemplait, ahuri, la peau brûlée par les chandelles qui auraient dû la faire hurler de douleur, la faire refluer plusieurs mètres en arrière, ce fut bien le nom de l’Oriental, qu’elle prononça à son tour. Il recula d’un pas comme si elle l’avait giflé, bien que toujours convaincu que prendre la fuite n’était pas une solution envisageable. Son souffle contrarié l’était autant par la tension qu’elle instaurait entre eux deux que par l’eau qui, à force de s’écouler, menaçait d’obstruer ses narines, de l’engloutir sous ses propres pensées. Les effets de sa précédente extase mystique, il les éprouvait encore, et en dépit de l’appréhension, elle avait chargé ses membres d’une forme d’énergie rendant ses mouvements plus fluides, moins brusques, et surtout guère prompts à se montrer vifs et précipités. C’était sûrement le mieux. Depuis qu’elle avait pointé le bout de son museau, il ne cessait de se répéter que la lenteur était la seule façon correcte de se mouvoir, afin d’éviter la création d’une catastrophe, d’une attaque inopinée. Pendant ce temps, il tentait d’associer les pièces d’un puzzle sans modèle, cogitant de toutes ses forces sans trouver l’aune d’une réponse satisfaisante. Si elle avait réellement voulu le mettre en pièces, elle aurait déjà tenté de s'en prendre physiquement à lui. Et pourtant, il ne pouvait confondre l’expression du sentiment que lui inspirait visiblement l’artisan-poète venu de Jérusalem, respirant là une franche inimitié. Le plus perturbant résidait sûrement dans le fait que personne, avant elle, n’avait jamais posé des mots aussi crûment sur ce que représentait néanmoins bel et bien tout l’arc tendu de leur relation intime, aux multiples facettes. Il trouvait particulièrement troublant d’entendre une telle vérité s’extirper d’une bouche qu’il considérait pour l’heure comme adverse. Il fallait qu’il sache. Il fallait qu’elle s’explique.

Elle s’approcha, et il demeura immobile. Elle le toucha, et il frémit dans un mélange de répulsion et d’autre chose. Ses dents se serrèrent, et ses lèvres se refermèrent à leur tour, au même titre que ses paupières. Elle était si proche. Et ses paumes étaient si froides. La fixer à cette distance infinitésimale aurait été trop effrayant. Ç’aurait été comme de regarder la Mort en face. Quant au baiser qu’elle lui donna, prolongeant cette illusion épouvantable, il déclencha un spasme qu’il eut bien du mal à refréner, expulsant cependant l’air en une expiration plus bruyante qu’à l’ordinaire. Il dut se forcer pour retrouver le contact avec la réalité, et donc la vue de cette peau blême paraissant si fragile. Une peau de cadavre. Une peau que, d’un coup d’ongle un peu trop prononcé, il aurait pu écorcher sans difficulté, se disait-il. Elle se serait ouverte, révélant la chair putréfiée sous l’écorce en apparence intacte. Peut-être qu’il aurait alors vu des vers et autre vermine grouiller contre les pommettes d’albâtre, eux aussi condamnés à ramper sous elle pour l'éternité. « Qu’est-ce que tu me veux… ? » Cette fois, le ton était moins péremptoire. C’était presque une supplique, murmurée, rendue plus discrète encore par la semonce de l’averse qui frappait les stèles éparses autour d’eux. Jamais il n’aurait accepté qu’elle le morde. Ni ce soir, ni aucun autre. Soudain, il ressentit l’absence de Yago bien plus douloureusement. Il aurait voulu l’invoquer à lui, demander à Baal de lui renvoyer son émissaire, le protecteur de ses nuits, tisseur comme défaiseur de mauvais rêves. Il aurait voulu que son amant soit là.

« C’est une menace… ? »

Il avait besoin de savoir. Il y avait un temps pour les logogriphes, et un autre pour les discours limpides. Sa patience émoussée l’incitait à songer qu’il était temps d’en arriver à ces derniers. « Pardon ? Tu m’as chassé ? Tu l’espionnes ? Tu nous espionnes ? Yago est ton ennemi ? » Et, surtout, Yago était-il au courant de cette filature poussant le vice jusqu’à connaître son identité et la nature précise de leurs relations ? Il se retint de cracher un juron, invectivant Shreveport en silence. Nulle part l’on n’était en sécurité dans cette foutue ville. Devait-il rentrer dans son jeu ? Devait-il répondre à sa propre question ? Il y répugnait, en réalité. Pourtant, une part de lui plus butée était prête à tenir tête, à faire face, malgré le toucher désagréable contre ses pommettes, et la présence magnétique comme suintant la mélancolie d'un ancien monde qui émanait de la Longue-Vie. Avant même de trouver la première pierre d’une réplique suffisamment adéquate, il articula : « Tu ne sais rien de mes dieux. Je ne sais pas de quel temps, de quelles prières ou incantations tu parles. J’ignore à quoi s’adonnait ta mère. Mais je doute qu’elle vénérait les mêmes idoles que moi. » Un rictus presque sardonique. « Et si tu n’es pas capable de reconnaître la langue cultuelle, alors c’est que tes suppositions se basent juste sur du vent. » Le même vent qui, conjuguant ses forces au déluge plaquant ses mèches sombres contre son front et sa nuque, avaient fini par vaincre les dix bougies alignées sur la sépulture de Julianna. À proximité, le mortier se remplissait d’eau à une vitesse impressionnante, et les graines consumées flottaient péniblement à sa surface, sans cesse piquetée par la grosseur des perles tombées du plafond noir. Il soupira, apprivoisant dans cette obscurité inconvenante l’intimité forcée, partagée avec elle. Il ne réfléchit pas longtemps avant de formuler les sèmes qu’elle attendait. « Je suis un Éveillé. Rien de plus. Rien de moins. »

Ce n’était pas totalement vrai.
Il était bien plus que cela, comme sa méditation lui en avait fait prendre conscience. Mais face à elle, c’était bien ce pan d’identité, qu’il avait envie de défendre.

« De toute manière, tu en sais déjà bien assez. »

Il se recula, s’échappa de son emprise, pour la contourner et récupérer la cire détrempée. Elles s’en allèrent rejoindre le refuge de son sac, exactement comme le bol rituel qu’il vida avant de l’y fourrer à son tour. Tout en rangeant, il professa : « Moi en tout cas, je n’ai pas besoin d’ennemi supplémentaire. Je n’ai pas envie de te déclarer la guerre. Alors je te déconseille de venir me chercher des noises de trop près. Vos histoires de vampires ne me regardent pas. Laisse-moi en dehors de tout ça, et je ne viendrai plus te déranger ici la nuit. »

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Mer 27 Avr - 0:16 (#)


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Le parfum des chairs en putréfaction l’enrobe, en sentant l’odeur de pourriture venir jusqu’à son flair, s’emmêlant à celle du sorcier face à elle qu’elle détient un instant entre ses paumes qui pourtant haïsse les êtres comme lui. Elle qui répugne tant à teindre ses paumes de la peau des êtres masculins se surprend à vouloir en sentir la chaleur contre elle, à tenir cette flamme incandescente qui suinte d’un rouge sang. Elle en effleure la forme de ses mains, pourrait y plonger pour trouver le cœur secoué de battements qu’elle entend chanter à ses oreilles. Ils se font frénétiques sous le baiser qu’elle dépose contre lui, suintant d’une panique ignoble qui pourrait la faire sourire si seulement elle ne cherchait pas, intensément, à perce le mystère qu’il représente. La question qui file entre eux pourrait connaître bien des réponses et elle n’ose répondre sous l’impulsivité. Gravant son regard dans le sien, l’antique entrouvre ses lèvres un instant avant de souffler « Je l’ignore encore. » Sincérité teintée d’omission. Vile canaille, elle cherche par-dessus tout à menacer Yago de sa présence autour de ce qui lui semble si précieux. Qu’il sente sur son sorcier l’empreinte de son passage, qu’il puisse frôler de son flair l’odeur de la Mort elle-même étant venue visiter sa précieuse jouvence. Un balbutiement de paupières lui répond un instant alors qu’elle se recule à peine, laissant la pluie s’imbiber d’eux, de leurs peaux, de leurs vêtements s’alourdissant, coulant en larmes sur leurs joues pourtant bien sèches sous le halo pluvieux. La trace de sa chaussure signe la terre du chemin tandis qu’elle s’éloigne, spectrale et infâme dans ses moindres mouvements, fantôme venue d’un jadis ombragé de vices, ses vêtements mouillés bruissant à chaque agitation de son corps malingre. « Non. C’est une promesse. » Elle n’a pas souvent promis pourtant, s’empêchant de se sceller à des mots auprès de quiconque, ne signant aucun contrat si ce n’est celui de son éternité auprès d’un Sire désormais endormi pour des siècles et des siècles, condamné à un sommeil qui s’allongera dans le temps aussi longtemps que le voudront ses bourreaux. Son air contrarié la trouble, ne comprenant pas le mal qu’elle aurait pu faire. « Est-ce un crime de chasser ? Je n’ai fait que vous observer, de loin. » Et la dernière question laisse naître un grand silence, un ange se déposant entre eux, ses yeux sillonnant la terre sainte sous leurs pieds, perlée de quelques gravillons, ses cils à la couleur de sa chevelure laissant retomber quelques gouttes sur ses joues de poupée. « Yago n’est pas mon ami, si c’est ce que tu veux savoir. Yago est… » Elle découvre alors qu’elle ignore ce qui pourrait nommer ce qui la relie au méphitique être qu’est l’Éternel. Voilà trop de temps qu’ils se combattent, se griffent, se mordent et sans plus savoir pourquoi. Comment pourrait-elle prononcer ce qui la lie à lui quand tant de choses semblent vouloir se prononcer ? Ennemi, Némésis, partenaire de folie. « Yago est quelqu’un pour moi. C’est tout. » Elle ignore si sa réponse suffira mais elle-même ne sait pas ce qu’il faudrait dire, son vocabulaire n’étant plus assez fouillé pour graver quoi que ce soit dans la roche de cette relation étrange.

Son pouce ose caresser une pommette tandis qu’il poursuit, le timbre cinglant l’air entre eux. La proximité commence à la gêner mais elle n’ose reculer, comme de peur que le sorcier ne devienne de la poudre que la pluie emporterait dans les sillons des égouts, qu’il puisse se métamorphoser en volutes que son esprit malsain aurait dessiné. Ne pars pas tout de suite. Elle n’ose le murmurer, cillant face à ses paroles, affrontant son sourire plein d’un mépris qu’il ne dissimule en rien, son regard tombant sur des lèvres qui empestent le péché. « Tu as raison. J’ignore tout de ce que ma mère priait ou faisait. Mais je suis curieuse, réellement. »

Enfant fouineuse, elle attend. Elle attend les réponses à ses questions, elle attend qu’il lui enseigne enfin l’art des runes et des arcanes, qu’elle tisse elle aussi ce que sa mère frôlait toujours du bout de ses doigts aux ongles ensanglantés, son apparence famélique hantant les couloirs de la bâtisse dans laquelle ils habitaient. Quelque chose se fane en elle lorsqu’il ne répond rien de plus, la moue se faisant presque boudeuse, n’osant croire à ses paroles aussi simplistes. Ses mains ne s’arriment alors qu’à du vide, ne lui laissant pas le temps de le morigéner pour oser ainsi mentir. Il semble être bien plus. Il respire une puissance qu’elle ne peut ignorer, une renaissance nouvelle qu’elle a senti de là où elle était, dans ses psaumes prononcés dans le lointain. Eoghan Underwood ne peut être qu’un simple Éveillé. Est-ce cela qui a tant attiré Yago vers lui ? La simple attraction d’un homme doté de dons, d’une magie pourpre qu’il empeste jusqu’ici ? Ses mains s’abaissent lentement pour mieux retomber, les doigts recourbés et humides de la pluie sombrant sur eux, larmes d’un dieu en colère refusant de voir leur rencontre s’éterniser. « As-tu prié la pluie ? As-tu le pouvoir de l’appeler ? » doucereux murmure perdu dans le capharnaüm qui les entoure. Son corps se détourne franchement vers lui, croisant les bras sous sa frêle poitrine, suivant chacun de ses mouvements, répugnant à le voir ranger ses affaires pour s’en aller, certainement. « Je veux que tu m’apprennes. Je veux que tu m’apprennes à prier comme toi. Je veux que tu m’enseignes ce que tu sais. » Et ses mots ont un quelque chose d’enfantin qu’elle ne peut retenir, le pied tapant le sol pas si loin de ses mouvements, la mine renfrognée dans un sérieux dégoulinant de détermination. « Même si je ne pourrais jamais pratiquer… Je veux savoir. Je veux tellement savoir, Eoghan Underwood. » Son nom ressort d’entre ses lèvres comme une ultime prière, comme une supplique sanglante auréolant ses mots d’une envie d’apprendre et de comprendre ce que sa mère refusa toujours de lui enseigner. Et sous la pluie battante, elle se fait arbre s'enracinant à sa terre putréfiée, enfant du diable sonnant le tocsin d'un pacte qu'elle aimerait enfin sceller. Voilà ce qu'elle lui voulait tant. Voilà ce qu'elle espérait tant.



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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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"Before I die alone."

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Lun 30 Mai - 4:23 (#)


The Moth
Plus le temps passait à ses côtés, et plus une part de lui se sentait horrifiée. Qu’elle prononce ses nom et prénom constituait pour lui une sorte de coup de grâce. Sous la pluie battante, elle était encore plus effrayante. Le rideau de ses cheveux clairs, sa peau diaphane, sa voix doucereuse, lui devenaient difficiles à supporter. Elle semblait tout droit sortie d’un cauchemar, et sans doute que le calme apparent de la démone se briserait bientôt pour se voir remplacée par une grimace effrayante ; soulignée par une gueule pleine de dents, prête à lui arracher nez, joues, oreilles, à le massacrer, le changeant en mort parmi les autres témoins silencieux pour l’éternité. Il s’accrochait à la lanière de son sac repassé à l’épaule, comme s’il s’agissait de sa dernière amarre, du dernier espoir avant une fin dont il ne voulait pas. Elle lui barrait désormais la route entre la tombe et la sortie. Et elle n’était pas décidée à se contenter de ses réponses, visiblement. Têtue, peut-être irascible, ne rien savoir du tempérament ni du degré de danger potentiel de la créature n’aidait pas son rythme cardiaque à se moduler. Le sorcier commençait à atteindre un seuil de nervosité qui ne lui plaisait pas. Il craignait de perdre le contrôle de ses émotions, ce qui aurait été une d’une ironie macabre, compte tenu de la scène qui, quelques années plus tôt, s’était déroulée à proximité.

« La ville n’est pas encore assez vaste que c’est forcément sur moi que ça tombe… ? » Il renifla cette odeur de pluie et d’humidité, de mousse imbibée, de terre noyée. Comme souvent, il se sentait connecté à son environnement avec une acuité particulière qui n’arrivait que rarement, au cœur de la trivialité de son quotidien. L’urgence réveillait cela. Elle connectait son ouïe, son odorat, sa vue, son sens du toucher et jusqu’au goût acide qui titillait sa langue et son palais, pour le préparer à la moindre éventualité. Il ne se transformerait jamais en proie inconsciente. Sa voix se chargea d’une autorité qui, s’il ne l’aurait jamais imposée frontalement à l’immortelle, témoignait cependant de son expérience, grâce aux fréquentations vampiriques qui s’accumulaient pour Eoghan.

« Tu ne comprends pas, quand je te parle ? Je ne peux pas t’enseigner les arcanes. » Même si elle avait été en mesure d’apprendre, jamais il ne se serait abaissé à un tel sacrilège. Mais refuser avait un coût. Refuser, c’était s’exposer à une colère dont il ne voulait pas avoir à essuyer les plâtres. Passant brièvement d’un pied sur l’autre, il gonfla sa poitrine de courage comme d’oxygène, et soutint : « Laisse-moi tranquille… Peut-être que d’autres seraient ravis de partager leur savoir avec toi – même s’ils n’auraient rien à y gagner. Mais ce n’est pas mon cas. J’voudrais que tu me laisses partir, maintenant… et que tu arrêtes… c’que tu fais ! » Sa main libre avait jailli, fouettant l’air en un geste impatient, troublé, témoignant du mystère dont elle enrobait visiblement ses actions. Savait-elle seulement ce qu’elle faisait ? On aurait dit un fantôme errant sans but. Même les banshees en poursuivaient un. Mais elle… Elle n’était pas une diseuse de mauvais augure. Elle ressemblait à une âme en souffrance et cependant désoeuvrée, ignorant à quoi consacrer le peu d’énergie dont elle disposait encore. De ces esprits-là, il avait toujours eu pitié, en plus de vouloir les fuir résolument. Les invocations, il les redoutait. Les morts devaient le rester. Mais quid des vampires ? Ils étaient le point problématique d’un raisonnement auquel il ne pouvait que concevoir la faiblesse. Longtemps il s’y était accroché, jusqu’à ce que son monde se recentre autour des Caïnites, pour ne plus jamais s’en défaire. Il n’aurait pas été honnête alors, de vouloir faire une exception pour elle. Néanmoins, elle ne ressemblait pas à ceux parmi les siens qui avaient forgé une opinion nouvelle en lui. S’il l’avait rencontrée avant Yago Mustafaï, alors il n’aurait réagi que par un sentiment de rejet encore plus palpable.  

Il secoua la tête, à la fois atterré et décontenancé : « Non, je n’ai pas prié la pluie… Je ne suis pas un mage… Certains y arriveraient, s’ils sont connectés à l’élément eau, mais ce n’est pas mon cas. Je suis un sorcier, moi. Pas un élémentaliste. Quant aux prières… c’est personnel. Je suis sûr que tu pourras confectionner tes propres prières rituelles toute seule, si tu le veux vraiment. Pas besoin d’un arcaniste pour t’enseigner ça. » Restait la mention de l’Infant de Salâh Ad-Dîn. L’incertitude qui planait quant aux relations que les deux Antiques entretenaient ne lui plaisait pas. Il ne pouvait se positionner, prendre une décision rationnelle ni compter sur un élément solide. Tout ce qu’il savait, il le formula avec force : « Yago n’aimerait pas ça. Si tu le connais si bien, tu sais comment il est… Il n’aime pas beaucoup qu’on tourne autour de ses… » Ses quoi ? Il se mordit l’intérieur de la joue. Ses quoi, hein ? « Ses calices. » Mouais. Le mot ne le satisfaisait pas vraiment. Pourtant, il savait que c’était le plus approprié, le plus efficace pour espérer la tenir à distance. « J’suis prêt à pas lui en parler si tu me fiches la paix… » Il se remit à bouger, commençant à décrire un arc de cercle pour éviter une nouvelle entrée en contact – il frémit en éprouvant encore la sensation du baiser et la caresse contre sa pommette. « Laisse-moi passer… S’il te plaît. Je veux juste rentrer chez moi. »

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Dim 12 Juin - 20:20 (#)


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Déception amère. La mine se fait doucement boudeuse, ne saisissant pas ce qui l’empêcherait de lui apprendre les rudiments des arcanes. Elle ne demande qu’à apprendre, qu’à saisir le monde dans lequel sa mère évolua alors, sans savoir qu’Imra était loin d’être une sorcière, qu’elle ne demeura qu’une aliénée se plongeant dans la fange de la sorcellerie pour se laisser posséder par les démons qui grignotaient son esprit, esprits mutins gangrénant les eaux d’une caboche dénudée de raison. Imra Ó Shaugnessy n’était qu’une fille perdue, femme molestée par la violence d’un mari cinglé, vicieux et avide de soumettre toutes les femmes à sa merci. Celle qui fut Vaughn un jour, enfant de la lune, ne se rendit jamais compte que sa mère n’était rien d’autre qu’une femme qu’il fallait enfermer aussi sûrement que sa propre fille. Ses prières, ses runes, ses sceaux tracées à la craie sur un planché abîmé, ses murmures dans les outrages de la nuit, tout n’était que des sornettes inventées par l’aliénation qui fut la sienne et sa fille plongea avec elle dans le délire infâme d’une âme noircie par la suie d’une colère aussi diurne que nocturne. Car qu’il fasse jour ou nuit, Imra errait dans les couloirs en murmurant ses incantations inventées de toute pièce, forçait son enfant à se mêler à la danse, bacchanales stupides dans lesquelles Dillo répéta encore et encore les mots de sa mère, suivant le chemin qu’elle lui traçait. Si elle savait. Si elle savait qu’alors Eoghan Underwood aurait été bien incapable de lui apprendre quoi que ce soit même s’il l’avait voulu. Elle le fixe, incapable de regarder autre chose que ses yeux, de mirer ses mouvements nerveux, n’en comprenant pas la nature. Est-ce elle qui le rend aussi frémissant d’angoisse ? Est-ce elle qui fait tant briller ses yeux d’un bleu céruléen que ses sourcils noirs soulignent, beauté étrange qu’elle ne saurait nommer ? Elle se demande alors ce que trouve Yago à cet homme. Persuadée que ce n’est pas les attraits physiques seulement qui l’ont attirés, elle aimerait saisir l’énigme de cette relation dont elle ne saisit qu’à peine le sens tant elle s’éloigne de son propre monde où amour, désir et passion ne s’entremêlent que dans la haine. Il lui semble que tout lui échappe et ses lèvres s’entrouvrent pour le lui demander avant que le geste impatient de la main du sorcier ne la fasse se rétracter, comme un chat noir qu’on voudrait chasser de son chemin. Une patte se recule, luciole à la lueur faiblarde tournoyant autour de lui comme un esprit sans but.

Piétinant à peine la terre devenue boueuse de ses chaussures encrassées, elle s’agite rien qu’un peu, abaissant le regard sur la distance les séparant, le ciel les nimbant de son eau pure, la pluie tombant dans les flaques d’eaux que les crevasses dans le sol ont créées comme des larmes clapotant la surface se brisant à chaque à-coups des cieux, la musique à son oreille se tait alors qu’il poursuit, lueur d’espoir s’allumant soudainement dans les yeux de l’Infant dont personne ne voulut jamais. « Vraiment ? Je pourrai créer les miennes ? Ça alors… » murmurant pour elle-même, songeuse, se demandant ce qu’elle pourrait écrire, couchant sur papiers tout ce qu’elle souhaiterait voir apparaître. Ava. Ava résonne en elle comme une évidence mais elle en chasse bien vite la pensée d’un balbutiement de paupières, haussant soudainement à sourcil à la mention d’un nom qui ne lui allait point du tout. Un sourire presque mutin s’esquisse alors, dessinant la joie effrayante sur un visage qui n’a jamais été fait pour le bonheur. « Tu es loin d’être un simple calice, Eoghan. Tu es… bien plus. » promet-elle d’une voix assurée. Elle les avait assez observés pour savoir qu’il se tissait entre l’antique du sable et le sorcier rouge quelque chose de plus puissant qu’un simple lien de vampire à calice, que leur lien suintait d’un quelque chose d’innommable.

Elle observe sa danse, comme s’il faisait face à un scorpion dans une allée de pierres et de fleurs, refusant de la frôler davantage et elle se retrouve presque peinée de le voir la fuir, la solitude semblant vouloir s’attacher à elle d’une façon immuable, malédiction impossible à briser. Cillant, elle met un temps avant de répondre, le fixant de ses yeux presque translucides, fenêtre d’eau claire donnant toute une vue sur une âme décharnée par le temps. « Bien. Va. Je ne te retiendrai pas davantage. » Ses lèvres dessinent presque l’arc d’un miséreux sourire tandis qu’elle le se met elle-même en mouvement, déposant un pied dans l’allée qu’elle avait quitté pour venir jusqu’à lui avant de lui offrir son profil, observant la pierre tombale de cette Julianna qui ne l’aurait certainement jamais laissé parler comme son petit-fils l’a fait ce soir. « Je suis sûre qu’elle est fière de qui tu es. Et puis Yago ne s’acoquinerait pas à quelqu’un de décevant. » Les prunelles dansent à nouveau vers lui, son corps déjà presque tournée vers ailleurs. « Nous nous reverrons j’espère. J’aimerais apprendre à connaître. » Car il demeure bien le seul lien avec la marâtre décédée depuis des éons, maniant ce que manier sa mère avec tant de rage et de tremblements. Un dernier sourire alors lui est offert, sibyllin, avant qu’elle ne se détourne, marchant de son pas lent, de ses hanches osseuses, de ses jambes d’enfant trop maigre jusqu’à la tombe de Margot qui ne fut que le témoin lointain d’une rencontre qui la marquera à jamais.

Va. Mais je te trouverai à nouveau.
Ici ou ailleurs, nos regards se toiseront encore,
Et je prierai pour te retrouver,
D’une manière ou d’une autre.




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