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Mi sei mancato, davvero... P.V. Salâh

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Mi sei mancato, davvero... P.V. Salâh ZfoPuY1
Nicola Alighieri
Nicola Alighieri
"DILF : Oh bonneuh mèreuh !"
ASHES YOU WERE

En un mot : Vieux
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Facultés : Métamorphose, 3er niveau, 2ème palier
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Sépulcre, 2eme niveau, 1er palier
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Pseudo : Yushe
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Jeu 1 Juil - 18:00 (#)



Mi sei mancato, davvero...

« Io amo ciò che non si dice. » - Alda Merini

Les yeux fermés, il laisse sa tête basculer en arrière en poussant un grognement rauque. Ses jambes par-dessus un des deux accoudoirs de son siège de bureau, il a un bras en l’air, sa main lançant et rattrapant un simple presse-papier, qui finit par se retrouver lancé à travers la pièce dans un mouvement d’énervement.

En face de lui, la lumière se réfléchissant sur la lame à la couleur azurée comme tes yeux, trône la dague d’origine chinoise.

C'est comme si sa lame l'appelait. Un murmure lancinant, hypnotique, qui ne le laisse pas dormir. Il a peur qu'en la regardant trop, il ne cède à son appel et devienne parjure à sa propre parole. L'objet est magnifique, pourtant, une véritable œuvre d'art. La couleur de la lame tranchante... Son manche de jade finement ciselé...

Quand on lui demande l'histoire de cette dague, Nicola ne répond pas.

Jamais.

Pourtant, ce n'est pas son genre, de manquer une occasion de briller en racontant l'une de ses nombreuses aventures d'un temps jadis. Le vieux aime ses souvenirs. Il les partage avec parcimonie, empreint d'une certaine réserve, comme si le fait de les évoquer risquait de les faire s'envoler. Comme si, en ouvrant la cage, tous ses souvenirs allaient le quitter. Cette histoire-ci n'échappe pas à la règle. Elle en devient d'autant plus mystérieuse. Bing et Amy ont cessé de l'interroger à ce sujet : il devient exécrable si elles insistent. Il faut peut-être laisser le temps à son œuvre, encore un peu.

Nicola a rangé la dague dans un placard pour la cacher de tous les regards, surtout du sien.

La lame est empoisonnée.

Empoisonnée comme la langue de celui qui la lui a donné.

Le vieux ressasse encore les paroles, les actes et les promesses de celui qui fut son ami. Plus encore. Le Hasard a voulu qu'ils soient séparés. Peut-être pour préserver le monde encore un peu du Chaos total dans lequel ils voulaient le plonger. Tigre et serpent, les deux hommes partageaient le même goût immoral pour la violence et la cruauté. Tout ce dont il manquait pour l'égaler, c'était d'années. Et peut-être de patience.

De leur temps ensemble, ils se pensaient inséparables, inarrêtables, invincibles. Il avait le goût des intrigues et de la politique qui manquait à Nicola. Ils se complétaient. Il attirait pendant que Nicola retenait. Le sourire facile et la voix enjôleuse, Nicola donnait l'impression d'être celui capable d'empathie, de raisonner son partenaire, de le tempérer dans ses velléités de conquête. Le vieux entretenait une cour d'admirateurs, dispensant largesses et promesses, ayant tout l'air d'un protecteur attentif au sort de ses ouailles. Balivernes. A tort, les gens se tournaient vers lui pour chercher la clémence. Ce que lui appris le temps, c'est qu'ils se succèdent rapidement les uns aux autres et que le pouvoir vous garantit leur présence.

Peut-être est-ce lui, le plus pervers des deux.

Ce soir, il tient dans son poing serré à en faire pâlir ses phalanges le court billet que lui a envoyé ce partenaire improbable pour se rappeler à son souvenir.

Un rictus de colère déforme ses traits.

Il est vexé, blessé même, d’être prévenu si tard que son ami se trouvait si près de lui et qu’il ne lui fait signe que maintenant. Outré qu’il l’ait laissé de côté alors que Shreveport les accueillait tous les deux.

L’Italien se frotte la bouche, comme pour effacer son rictus.

Salâh n’en fait qu’à sa tête. Depuis toujours. Cette indépendance renforce son charme, mais son côté imprévisible continue à l’agacer. Juste une fois, juste une, il aimerait être prévenu à l’avance. Averti. Mis dans la boucle, comme disent les gens de cette époque. Merde, c’est pourtant pas compliqué !

D’autres jurons quittent sa bouche alors qu’il se frotte maintenant les yeux dans un geste las.

Il sait que son apparent retour à Shreveport signifie que les cartes du pouvoir en place vont être rebattues. Qu’il y aura, plus que probablement, du sang ou de la Vitae.

C’est ce qui s’est passé lors de sa dernière « réapparition », en 1789.

***


- « Maître Alighieri... »

C’est en tremblant de tout son corps que Piotr ouvre un peu plus la porte donnant sur la chambre de son maître. Lui qui a été se battre dans la fureur des batailles et qui a toujours été célébré comme un homme brave parmi les braves, le voilà qui frissonne et tressaille au moindre bruit alors qu’il appelle le vampire.

Comme sa présence semble ne pas être remarquée, Piotr prononce une prière courte adressée à tous ses ancêtres avant de faire un pas à l’intérieur de la pièce et d’appeler à nouveau son maître.

L’homme est prostré sur une causeuse. Il ne relève toujours pas la tête alors qu’il se rapproche à pas lents. C’est à une simple distance de deux mètres que Piotr l’appelle une troisième fois. Un geste de la main l’invite à lui donner son message.

Le Russe bégaye et chevrote. Il regrette de s’être porté volontaire. La prochaine fois, il se tiendra en retrait, ne cherchera pas à attirer l’attention d’un des amis de son maître, évitera d’être vu. Ce monsieur… « Ad-Dîn Amjad » trouvera un autre serviteur pour prévenir le maître de son arrivée.

- « Monsieur Aldin-… Ad-Dîn Amajadadi… vous informe de sa présence, maître... »

L’homme ne bouge pas, ne manifeste aucune émotion, n’esquisse aucun geste. Un instant, la terrible idée qu’il s’adresse à un cadavre le traverse. Il a devant lui une statue de marbre. Pétrifié par cette possibilité, Piotr en oublie presque de respirer. C’est après plusieurs minutes de silence qu’il juge plus prudent de battre en retraite.

- « Je vais l’informer que vous n’êtes pas disposé à le recevoir, maître… Reposez-vous. »

Il s’incline et marche à reculons vers la porte, la gorge sèche, les mains poisseuses de transpiration. Il est presque heureux de s’en sortir à si bon compte. L’étranger n’aura qu’à se trouver une chambre dans une maison ailleurs qu’ici.

- « Ad-Dîn Amjad.
- Pardon, maître ?
- C’est Salâh Ad-Dîn Amjad. Je veux le voir. »

La statue prend vie sous ses yeux ébahis. Nicola se redresse. Son visage est marqué par le poids du deuil. Piotr est loin de se douter qu’il ne pleure pas seulement Vassili, mais tous ses autres Infants. Que ce n’est pas un deuil, mais quatre, qui l’affligent et le plongent dans un profond désespoir, un marasme de regrets et de sentiments coupables qui l’étouffent peu à peu.

Piotr s’écarte précipitamment du chemin de son maître, son dos heurtant le bois de la porte dans un bruit mat. Il aurait juré, un instant, voir… Non. Non, c’est une hallucination. Son maître n’a pas d’écailles, c’est ridicule, c’est parfaitement… ridicule.

Ce n’est pas un monstre. N’est-ce pas ?

Plus bas, dans le salon de réception, Nicola retrouve son ami, revenu d’une énième course intrépide pour fomenter, ourdir des complots et mettre des sorciers noirs sous sa coupe. C’est avec une voix rauque et basse qu’il l’accueille, debout à quelques mètres de lui, ignorant volontairement qu’il offre une toute autre vision de lui-même qu’à l’accoutumée. Ses vêtements sont défaits, mal-boutonnés, tâchés de rouge. Ses cheveux lui tombent devant les yeux. Il donne l’impression d’être saoul.

Ce n’est plus un hôte généreux et et affable, plus un guide bienveillant, plus un partenaire entreprenant.

C’est un homme épuisé, blessé, qui a laissé tomber les masques.

- « Salâh… Je ne pensais pas que tu viendrais. » - le salue-t-il en se laissant tomber sur une de ses banquettes finement tapissées. Il n’a que faire de maintenir son apparence de dandy. Après avoir perdu un énième Infant, loin de Kikue, il serait logique que son amant l’abandonne également. Qu’il emporte cette dernière image de lui, eh bien, ça rendra leur fin plus aisée.

Nicola l’observe avec un air résigné, sa tête appuyée contre sa main de manière nonchalante. Il ne sait plus à quand date leur dernière retrouvaille. Après avoir poussé un soupir à fendre l’âme, il lui dissimule ses yeux, incapable de soutenir son regard, et ajoute avec un sourire amer.

- « Estime-toi heureux de ne pas être mon Infant, tout compte fait. Ma morsure est une malédiction… Vassili est mort, lui aussi. Fuis-moi tant que tu peux. »


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Papy Chaos - La technologie c'est la misère mais je gère les créneaux en dromadaire
Salâh Ad-Dîn Amjad
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ASHES YOU WERE

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Sam 10 Juil - 21:06 (#)

Mi sei mancato, davvero...




Le mot a été envoyé, mais bien trop tardivement, au goût du Chaos. Ashkan, la sagesse, celui qui écoute les chuchotements de l’ombre, qui prend la température de la ville, le somme d’attendre alors que Salâh brûle de traverser la ville pour retrouver celui qu’il considère, aujourd’hui encore, comme son Sire de substitution. Jadis, il y avait plus mais la distance et les siècles ont rendu les sentiments différents. L’amour qu’il lui voue ne s’est pas étiolé, jamais le perse ne pourra le renier ; il admire Nicola, tout ce qu’il est, tout ce qu’il a été, jalouse sa tempérance, aurait tant voulu que l’Eternité ne les sépare. Mais voilà, le Destin s’en est mêlé, les tiraillant chacun sur d’autres terres, les plongeant dans des intrigues différentes. Certes les correspondances ont donné des nouvelles régulièrement mais cela ne palie pas au manque.

Cela fait quatre nuits que Salâh a retrouvé Shreveport. Il s’interdit de mettre le nez dehors, par peur d’être vu par ceux qui l’ont trahi. Son fidèle sorcier veille et d’innombrables sorts ont été érigés autour de l'immeuble. Même Yago doit montrer patte blanche lors de ses trop rares venues. Son Infant lui manque, tellement, son rire, ses bouderies, ses airs revêches et sa tendresse. La maison est vide bien qu’encore en travaux mais il le vivrait mieux si Yago était à ses côtés, râlant sur les odeurs, certes fortement désagréables, de peintures, de plâtres et de colle. Il passe ses journées dans la cave, riant de cette situation loquace, le renvoyant aux croyances hideuses des humains ; il ne lui manque plus qu’un cercueil et le cliché serait complet.

Mais ce soir, il sort, même si Ashkan tente de le raisonner une énième fois.

- Ce n’est vraiment pas prudent Salâh Ad-Din. Si quelqu’un te voyait ? Tous tes efforts, tout ce que nous avons mis en place tomberait à l’eau. Tu m’écoutes au moins ?
- Où sont mes vêtements, mes valises et mes sacs ? Je ne peux pas me présenter à Lui dans cette tenue ! Déjà que je me sens comme un va-nu-pieds lorsque nous sommes que tous les deux.

Tirant sur le vieux t-shirt couleur ambre, il secoue la tête et s’agace. Les ouvriers sont partis depuis quelques heures, leur permettant d’intégrer le premier étage déjà bien agencé.

- Là, tes bagages sont là et le costume que tu m’as demandé est accroché dans le dressing, avec ta chemise.
- Dans le quoi ?
- Le dressing, c’est l’endroit où l’on range les vêtements. C’est assez pratique, tu t’y feras.
- Ils n’ont pas d’armoire ?

Il se laisse guider dans cet environnement qu’il connait encore mal et retrouve enfin ses effets personnels. Chemise blanche, gilet, et complet sombre, il ne déroge pas à ses habitudes, même pour ce qu’il s’apprête à faire. Une petite montre à gousset en or est glissée dans une poche du gilet et la fine chaînette, accrochée dans la plus pure tradition, au bouton cousu à cet effet. Il ne se sépare jamais de cet objet, qu'il chérit énormément, offert par son Infant.

D’une malle, il retire un coffret finement ouvragé, serti de nacre incrusté, de bois de différentes couleurs, la boîte en elle-même est déjà une œuvre d’art. A l’aide de gestes délicats, il soulève le couvercle et sourit à la vue de la dague à la lame bleutée, jumelle de celle qu’il avait, il y a fort longtemps, offerte à son amant d’antan. Doucement, il abaisse le couvercle et glisse le coffret dans une besace en cuir. Passant la bandoulière par-dessus sa tête, il dépose une main sur l’épaule de Ashkan, dans une gestuelle paternelle.

- Ne t’inquiète pas, mon brave, tu me connais suffisamment pour savoir que je ne prendrai aucun risque. Les lames comme les amis doivent à nouveau se réunir, j’en ai besoin, tout comme elles ont besoin l’une de l’autre.

Il tapote le sac et se dirige vers la sortie.

L’orage gronde, l’air est saturé d’électricité, de majestueux éclairs zèbrent la voûte sombre, la pluie ne tardera pas mais cela n’arrêtera pas le caïnite, bien trop heureux de son escapade. Un stetson aussi noir que la nuit est enfoncé sur son crâne, lui donnant des airs de mafieux d’un autre temps.

- Ashkan, repose toi, prends du bon temps pour toi, s’il te plaît. J’ai ton numéro, je te ferais appeler pour te tenir au courant.
- D’accord, mais n’oublie pas, cette fois-ci…

Le taxi est là, il grimpe dans le véhicule et s’installe confortablement, usant d’une illusion simple afin de brouiller les traits de son visage. Le trajet n’est pas très long, il paye sa course et quitte la voiture à deux rues de sa destination initiale. S’engouffrant dans une arrière-cour, afin d’être à l’abri de regards inquisiteurs, il grimpe le long d’une gouttière pour atteindre le toit de l’immeuble. De là, il rallie facilement la demeure de son ami.

L’ouïe aux aguets, il perçoit le jet d’un objet et surtout le bruit qu’il fait lorsqu’il percute le mur. Il lève les yeux au ciel en riant secrètement.

- Toujours aussi colérique, mon cher Nicola.

Au moins, cet accès de mauvaise humeur lui permet de repérer où se tient l’italien. Usant de divers stratagèmes que Yago lui a montrés, il parvient jusqu’à la fenêtre d’un bureau et aperçoit son congénère vociférer comme un charretier. Délaissant l’illusion, il en appelle au silence, s’enferme dans une bulle insonorisée, y incluant la fenêtre, qu’il ouvre sans difficulté et se tient, tant bien que mal, en équilibre sur le rebord. Le sort se dissipe, permettant à Salâh de s’adresser à Nicola dans le plus parfait italien.

- Le maître des lieux me donnerait-il l’autorisation d’entrer ?

Réajustant sa prise, il grimace, visionnant les piques en fer forgés qui délimitent la propriété du vampire, dressant leurs pointes menaçantes vers l’intrus qu'il est.

- Bonsoir Nicola.



******



- Seigneur Amjad, un coursier vient d’arriver de Russie, dois-je le faire entrer ?

De Russie ? Délaissant ses travaux à son étude, il se lève prestement, bouscule son homme de main et se précipite dans la cour centrale de l’immense demeure. Près du bassin, se tient un homme aux traits tirés, il est sale, couvert de poussière et pue mais Salâh ne peut attendre. S’il a fait tout ce chemin, c’est que quelque chose de grave est arrivé à celui qu’il aime et respecte le plus dans ce bas monde. Gardant bonne distance avec le messager, il le conduit dans un salon où, comme le veut l’usage, on lui lave les mains et les pieds avant de lui servir quelques rafraîchissements. Impatient, le caïnite bougonne et fait les cent pas. L’homme, un simple mortel, qui peut voyager de nuit comme de jour, porte la tasse de thé à ses lèvres. N’y tenant plus, l’Immortel se campe devant lui.

- Parle ! Parle maintenant !
- Maître Amjad… J’ai de mauvaises nouvelles. Maître Alighieri porte le deuil, son tendre Infant a été assassiné.

Un chapelet de jurons est étouffé sous l’effroyable information. Un coussin reçoit un terrible coup, la colère du caïnite est palpable, il se lève en faisant signe au mortel de rester en place. Il n’a plus besoin de lui, qu’il se repose, il l’a bien mérité. L’esprit de Salâh se met en marche, imaginant déjà son long périple qui va lui prendre au bas mot, une vingtaine de nuit et ce, en graissant nombreuses mains. La nuit est jeune, s’il se met en route sur le champ, il peut rallier Delijan avant le lever du soleil. De là, il trouvera une calèche couverte qui pourra le transporter de jour, en prenant soin de se faire accompagner d’un cheval frais.

C’est faisable. Il ne s’encombre d’aucun bagage, par contre, il remplit nombreuses bourses d’or et de pierres précieuses qu’il dissimule dans les pans de ses vêtements. Son meilleur cheval est scellé tandis qu’il distribue un nombre incalculable de directives qu’il sait, être suivies à la lettre. Les sorciers et immortels vivants sous son propre toit sont dignes de confiance et il le sait.

Accompagné de son fidèle serviteur, Sepehr, il quitte Ispahan pour la lointaine Russie. Grâce à ses nombreux contacts et pots-de vin qu’il verse sans discuter, ils atteignent rapidement les terres russes. Les tractations se montrent plus difficiles mais l’éclat des rubis, saphirs et autres pierreries parviennent à avoir gain de cause, corrompant le plus vaillant des hommes.

Le voyage se poursuit, interminable. Salâh a perdu toute sa superbe, ses vêtements sont tachés, certaines coutures ont abandonné toute résistance, la poussière et la boue se sont incrustés dans sa tenue et ses cheveux. Son visage est noirci par la crasse et le sang. C’est pourtant ainsi qu’il se présente aux portes de la majestueuse maison de son mentor. Malgré l’accoutrement déplorable, il parvient à persuader les sbires de son ami de l’annoncer.

L’humain, épuisé par ce périple, est pris en charge. Le caïnite sait qu’il sera bien traité, nourrit et lavé. Lui-même est conduit dans ce salon dont il connait chaque recoin. Le maître de maison se fait attendre mais le perse n’en a cure. Ce voyage, dont chaque minute fût un calvaire, dont chaque heure prenaient des allures d’éternité, il l’a fait pour Lui.

Puis, enfin, Nicola daigne se présenter à lui. Il a beau être débraillé, le teint grisâtre et le cheveu terne, sa présence réchauffe le cœur inerte de Salâh. Les mots sont acerbes mais il se fiche de leur teneur. Malgré l’envie qui le tiraille à se précipiter vers celui qui lui a jadis sauvé la mise, il reste debout, les mains jointes dans son dos, observant son aîné avec un froncement de sourcil.

- Et pourtant, je suis là.

Brisant l’immobilité, il effectue quelques pas dans le salon, les claquements de ses bottes crottées absorbés par l’épais tapis. Ses lentes enjambées le mènent à un fauteuil, celui qu’il a toujours apprécié, et s’y installe après s’être débarrassé de son par-dessus terreux qu’il a abandonné sur le dossier d’une méridienne. Le dos droit, les jambes croisées, il dépose ses bras sur les accoudoirs et observe attentivement son ami, son amant, son Sire.

- Tu ne m’as peut-être pas offert le Baiser, mais tu es bien plus que cela, Nicola.

Ses paroles s’échouent dans le vide, flottent un instant dans les airs puis se perdent dans la noirceur des ombres, là où le halo des bougies ne peut blanchir la nuit.

- Je suis parti d’Ispahan dès que la nouvelle m’est parvenue. Sans attendre. J’ai voyagé jour et nuit pour être, au plus vite, à tes côtés. Mais te voir ainsi, plus sale et plus mal nourri que moi, me désole.

Le voir ainsi lui fait mal, tellement mal. Il aimerait se précipiter, le prendre dans ses bras, lui dire que tout s’arrangera, que le temps soignera ses blessures, mais il sait que pour l’heure, son mentor, n’est pas apte à entendre ce genre de discours. Il ne bouge pas, prostré dans son sofa, il refuse même de le voir, se cachant derrière une main blafarde.

- Que s’est-il passé ?

Sa voix est douce, il ne souhaite pas le brusquer dans un premier temps, mais il a besoin de savoir pour mieux agir. Nicola ne réagit pas, il reste mutique, semblant avoir oublié sa présence. Salâh se lève dans une soupire fatigué, se meut jusqu’à l’aîné et se campe devant lui, sans obtenir aucune réaction.

- NICOLA, REGARDE MOI !

Il hurle, demandant, exigeant une réponse. Le perse sait qu’en agissant de la sorte, le vampire pourrait lui prendre l’éternité en un seul geste et pourtant il n’exprime aucune crainte, allant jusqu’à lui prendre cette main, derrière laquelle il se retranche.


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Mer 21 Juil - 18:24 (#)



Mi sei mancato, davvero...

« Io amo ciò che non si dice. » - Alda Merini

Le contact soudain de la main de Salâh sur la sienne couplé à l’injonction autoritaire auraient été suffisants pour justifier des représailles violentes et sauvages, qui sont la marque de Nicola. Personne ne peut s’arroger le droit de le toucher de la sorte, d’envahir son périmètre personnel en l’interpellant en plus. Même pas son compagnon.

Il regrette sincèrement qu’il ait tenu à faire la route jusqu’à lui, maintenant qu’il lui offre une telle vision. C’est probablement par pitié, même si ce mot semble ne pas appartenir à son vocabulaire. Ou peut-être par un sentiment noble inspiré par sa loyauté à son égard, qui le pousse à tenter de le soutenir dans cette épreuve intime. A être là dans les derniers moments de sa ruine. Nicola aurait préféré qu’il ne le voit pas ainsi. Pathétique. Détruit par la culpabilité, le remord et les regrets.

L’homme s’obstine à refuser de laisser leurs regards se rencontrer et tente mollement d’échapper à la poigne de son cadet. N’importe qui d’autre y aurait laissé la vie. N’importe qui… Il insiste encore un peu, puis abandonne son poignet à l’autre. La volonté lui manque, tout comme le courage et la fierté. Toutes ces qualités semblent l’avoir quitté, elles aussi. L’Italien voudrait s’oublier dans le sommeil, définitivement cette fois, mais là aussi, il manque de volonté. Il se sent impuissant et faible face au Hasard, qui trouve un malin plaisir à lui arracher tout ce qu’il aime. Tous ceux qui l’aiment.

La présence de Salâh devant lui est presque insupportable. L’homme, comme toujours, dépasse les limites de son aîné, s’autorise à aller plus loin en le défiant. Heureusement pour lui, jamais ouvertement. Jamais devant leur cour. Nicola s’est toujours su magnanime vis-à-vis de son entourage proche, mais Salâh le lui prouve encore un peu plus. Son bras devrait déjà être à l’autre bout de la salle pendant que son propriétaire affronterait une lente agonie aux pieds nus de l’Italien.

Maintenant qu’il ne peut plus dissimuler ses yeux, Nicola, entêté comme un bambin, garde les paupières résolument closes. Il refuse de voir de la déception ou, pire encore, du mépris, dans les yeux aussi noirs que l’abîme de son cadet. Et, tout comme lui, ce n’est pas un tendre avec les faibles…

Alors qu’il voudrait le repousser, sa main libre s’accroche de son vêtement, agissant en totale contradiction avec son idée première. Il voudrait le voir disparaître pour s’enfoncer seul dans ce marasme, qui le laisse exsangue, sans force, sans volonté, juste l’ombre de lui-même, et s’y abandonner. Pourtant, maintenant qu’il l’a devant lui, près de lui, il le tient et s’y cramponne comme s’il avait été une corde lancée à la mer pour le repêcher.

Salâh n’a pas pris le temps de se changer. Sa main accroche au tissu rugueux des vêtements de voyage, son invité sent le grand air. Nicola ne s’offusque pas de cette tenue, lui qui est à peine présentable. Chemise déshabillée en lin, pantalon d’intérieur, il ne porte même pas de gilet. Lui d’ordinaire si soigneux n’a même pas pris soin de préserver ses vêtements de tâches de sang suite à son dîner. Il regrette d’ailleurs d’avoir cédé à l’appel de la Soif. Il dit ne plus vouloir continuer, et pourtant, il se retrouve incapable de mettre ce dessein à exécution…

Sa voix est bloquée dans sa gorge, comme obstruée par des pierres tranchantes. La pression de sa main s’accentue et manque maintenant de déchirer le tissu. Il finit, à sa plus grande honte, par sentir des larmes couler sur ses joues, comme celles d’un enfant. Hors de question d’ouvrir les yeux désormais : il refuse d’affronter l’expression de Salâh. Il est pitoyable…

Le haut de son crâne vient se poser contre l’abdomen de son cadet pendant qu’il lutte pour contenir ses sanglots. Tout son corps lui fait mal. Ses yeux, en particulier. Il est épuisé par les pleurs qui le secouent depuis des jours. On lui a arraché un autre frère, encore, et il a été impuissant. Il n’était pas là. A chaque fois, il a été impuissant, alors que tous les autres, humains, bêtes, sorciers, mages et même vampires, tremblent en sa présence ! Pourquoi est-ce qu’il n’arrive pas à protéger ses propres Infants, sa propre famille, alors qu’il possède une telle puissance ?

Dans huit ans, il atteindra ses six-cents ans d’existence. Pourquoi lui a-t-il le droit de défier le Temps lui-même et les autres non ? Pourquoi l’abandonnent-ils derrière eux ? Qu’est-ce qui le rend extraordinaire pour que tous les autres sauf lui succombent et disparaissent, même en ayant la promesse de l’éternité ? Pour que lui soit préservé malgré tout ?

- « Vas-t’en Salâh… - murmure-t-il d’une voix brisée. Il recommence à se battre pour libérer sa main captive alors que de l’autre, il repousse mollement son compagnon. Son corps est lourd, il ne se sent pas la force de se lever pour donner plus de poids à ses paroles ou pour parler à un volume normal. - Je suis navré que tu assistes à ma ruine… Vas-t’en tant que tu le peux encore. »


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Salâh Ad-Dîn Amjad
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Mar 31 Aoû - 19:47 (#)

Mi sei mancato, davvero...



Les doigts du Perse s’accrochent, s’agrippent, se font impérieux sur le bras de l’Aîné. Il risque gros, il le sait que trop bien, ayant déjà assisté à des massacres pour ceux qui avaient l’outrecuidance de s’imposer face à celui qu’il considère comme son Sire. Pourtant nulle crainte ne filtre, il a confiance, totalement confiance en Nicola. Il sait qu’il ne lui fera aucun mal et quand bien même, il n’attentera pas à son éternité, jamais et encore moins maintenant. Pas en ces instants, pas où le deuil l’accable, l’affaiblit et l’anéantit.

Ils sont pareils mais diamétralement opposés, leurs natures sont les mêmes, leurs amours l’un envers l’autre ne fait aucun doute. Mais Nicola est un impulsif tandis que Salâh analyse et frappe après avoir soigneusement étudié la situation, rarement il laisse le hasard prendre le dessus. Et pourtant, alors qu’il se tient devant son Amant, il répond à son instinct, resserrant sa prise sur le membre de l’Ancien, cherchant à provoquer une réaction, quelle qu’elle soit, acceptant le poing qui pourrait surgir et lui fracasser la mâchoire.

Le regard sombre, sorti des nuits sans lune du désert, brûle l’échine du plus âgé, mais les flammes de la pitié, de la honte ou de la compassion n’y tressautent pas. Salâh n’est pas de ces Eternels qui s’apitoient sur le sort d’autrui et Nicola en fait partie même s’il lui voue un amour incommensurable.

Immobile, il attend. Muet, il observe. Imperturbable, il voit l’autre céder peu à peu. Son voyage n’est pas vain. Et enfin le contact se fait, aussi douloureux que la peine qu’éprouve son Aîné. Ses paupières s’abaissent, par pudeur, par empathie. Avec douceur, il dépose sa main sur le crâne et mêle ses doigts dans les cheveux de Nicola. Nulle parole, ils n’en n’ont pas besoin pour communiquer, pour partager la détresse. Les larmes s’évacuent, silencieusement, sans jugement.

Certes, Salâh ne peut comprendre, il n’a pas infanté mais la tristesse qu’il ressent à travers son Amant lui déchire les entrailles. Il se sent impuissant et lui offre la seule chose qu’il possède, sa présence.

Les corps se séparent, il ne fait rien pour l’en empêcher même s’il regrette déjà le toucher de l’Aîné. Stupide, les bras ballants, il soulève enfin ses paupières et abaisse son regard qui ne trouve pas l’azure parfaite des prunelles de Nicola.

- Non.

Il ne crie pas, mais la négation est suffisamment claire pour que l’Immortel comprenne qu’il ne se débarrassera pas de lui. Salâh ne ressent aucun outrage à se voir congédier de la sorte, de toute façon, il n’obéira pas et l’Autre le sait, ils le savent tous les deux. Il contourne le corps déchu, se plaçant dans son dos et s’agenouille. Sans demander la permission, il s’assied, à même le sol, ses jambes encadrant le Caïnite, ses bras se posent sur ceux de son Ami, emprisonnant son torse tandis que son nez s’enfouit dans son cou. Ses gestes sont risqués, il se sait parfaitement mais aucune crainte ne suinte. Il n’y aura aucun affrontement physique, son hôte n’en a pas la force, pas maintenant.

Dans un murmure, uniquement perceptible par l’Immortel, Salâh se permet de prendre la parole.

- Je ne m’en irais pas. Pas avant de savoir, pas avant d’avoir vengé celui à qui tu as offert l’Eternité. Je le ferai seul ou avec toi, mais ce crime ne restera pas impuni.

Il réajuste son assise, raffermit son étreinte, s’attendant à être rejeté. Nicola n’aurait aucun mal à se libérer, mais qu’importe, le cadet n’a pas peur de lui et il le lui fait bien comprendre.

- Tu as suffisamment pleuré, cesse à présent. Tes larmes n’apaiseront pas ta peine et ne feront pas revenir les disparus. Ton trépas non plus, d’ailleurs. Relève-toi et allons répandre notre justice.

Son timbre n'exprime nulle agressivité, mais une détermination inébranlable.

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Ven 1 Oct - 16:06 (#)



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Son refus ferme avive une rage soudaine.

Nicola lui en veut de s’accrocher. Qu’il l’abandonne donc lui aussi, qu’il le fasse maintenant, de son plein gré, de son vivant, pourvu que cette fuite lui assure la pérennité ! Sur sa bouche apparaît un rictus amer, une grimace affreuse qui lui donne, l’espace d’un instant, l’apparence d’un vieillard aigri. La détermination de Salâh est en ce moment précis ce qui le met le plus en danger. Qu’il le laisse porter son deuil seul, qu’il l’oublie derrière lui dans les murs dans ce manoir et, si Dieu le veut, qu’il emporte avec lui le souvenir des ses meilleurs jours plutôt que de sa déchéance.

L’homme s’agenouille face à lui, continue à lui faire subir cette proximité forcée, qu’il désire et exècre tout à la fois. Ses bras se referment sur lui, son visage vient se nicher dans le creux de son cou. L’Italien ferme les yeux, les traits déformés par une douleur profonde, qu’il n’a jamais su maîtriser même avec tous ses deuils. Être laissé derrière, il y est habitué. Il sait avancer avec le fardeau de la solitude sur ses épaules. Partager ce poids avec quelqu’un d’autre, c’est presque trop difficile.

La barbe de son partenaire lui chatouille la peau alors qu’il murmure une promesse. Sa voix rauque est grave. Salâh n’a pas le goût de la plaisanterie Son aîné lui a déjà reproché son sérieux, lui pour qui l’existence est avant tout une grande mascarade, sans résultat. Cependant, aujourd’hui, dans ces circonstances désastreuses, ce sérieux est ce qui le sauve et le rassure. Salâh ne plaisante pas : toujours terriblement honnête, cette promesse porte un poids particulier. Quelque chose d’absolu.

Ses mots promettent également la violence et la destruction. Ces perspectives ont un écho particulier chez lui. Semer le Chaos, répandre la désolation, entendre les supplications de ceux qui ont laissé ce crime être commis… Ceux qui ont laissé périr son Infant, le sien, celui d’un vampire de bientôt six cents ans ! C’est une hérésie. Son statut aurait dû protéger Vassili de toute tentative de lui nuire.

Le vampire prend une grande inspiration. L’air rentre dans ses poumons, chargé d’odeurs et de parfums différents, mais c’est celui du sang qui tâche ses vêtements qui prime.

Du sang, de l’horreur, de la désolation.

Cette fois-ci, il ne céderait pas à la passivité.

Il les détruira tous, et si cela lui coûte son éternité, tant mieux. Il n’a que trop duré.

Ses mains viennent se poser sur les épaules de son amant. Cet homme qu’il a trouvé dans un duel à mort et qui n’a eu de cesse de prouver sa férocité. Sanguinaire et déterminé, il est tout ce qui lui manque pour offrir leur juste punition à ceux qui ont laissé Vassili disparaître. C’est un outrage à son rang, à sa réputation, à ce qu’il représente au sein de la hiérarchie vampirique russe. Réparer l’offense est plus importante que de se laisser dévorer par le chagrin. Salâh a raison.

Sa prise se raffermit, il repousse l’autre homme pour soutenir son regard noir. Ses yeux bleus semblent sonder le fond de son âme. Une étrange lueur les illumine, les rendant d’autant plus spectaculaires que d’ordinaire. Ces yeux qui lui ont valu d’être gardé en vie par les Maures. Ces yeux qui ont inspiré des légendes en Chine et en Amérique du Nord.

- « Pleurer est une manière d’honorer les disparus, Salâh. Si je ne les pleurais pas, qui le ferait encore pour ceux qui m’ont quitté il y a des générations de cela ? - le vieux prend un seconde inspiration, le sang lui monte à la tête. Il a encore soif. Il a envie de saccager la pièce, et tout à la fois de s’abandonner dans les bras de la Mort sur cette même causeuse, vaincu par une fatigue terrible. - S’il faut me battre pour rester en vie, eh bien soit. Leur sang repayera l’affront qu’ils m’ont fait subir et me redonnera la force. »

Il déglutit péniblement, le corps douloureux. Comme si son propre corps se récriait contre la perspective de devoir se remettre en mouvement. De recommencer à se battre, encore et encore. N’a-t-il pas déjà assez donné ? N’a-t-il pas passé son existence à se battre ? Encore un peu plus., a-t-il l’impression d’entendre chuchoter, encore un peu plus, pour voir la Fin un jour.

- « Je veux les voir se tordre de douleur et les entendre supplier pour leur vie pathétique. Et quand ils n’auront plus de voix, plus d’espoirs, je veux être celui qui les regardera disparaître en un tas de cendres. - Lentement, il approche ses lèvres du cou de son cadet. - Et pour celui qui a fait passer Vassili au fil de sa lame… Je réserve la pire injure qui soit. »

Ses lèvres déposent un baiser chaste sur la peau fine de son cou. Ses crocs le lancent. Il va devoir se résoudre à se nourrir encore, et donc à retarder la Mort, encore. Tant pis.

Si cela lui laisse le temps de venger Vassili, ce n’est pas important.

- « Je suis épuisé, mon cher. Sa disparition est… terriblement difficile à supporter. J’ai perdu un frère d’arme. Avec lui, j’ai eu l’impression de retrouver un temps plus simple : un temps où je n’avais pas connu ces deuils. Je ne suis, après tout, qu’un chien. La solitude me blesse et m’empoisonne plus sûrement que l’argent. »

Une file de baisers simples l’emmène jusqu’au lobe de l’oreille de son compagnon.

- « J’ai l’habitude d’être seul, Salâh. Je savoure d’autant plus la compagnie qu’on veut bien m’accorder. »


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Jeu 2 Déc - 18:33 (#)

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Les muscles bougent sous cette peau qu’il a si souvent caressée, embrassée, mordue et chérie. Un tressaillement d’abord, un début, une détermination nouvellement née d’une volonté naissante. Les corps se séparent, le cadet regrette presque la proximité mais il n’a pas chevauché des jours, des semaines pour une partie de jambes en l’air. Ce temps est révolu, ou pas encore venu. Ils se font face, dans un silence artificiel émanant du plus jeune.

Les regards s’affrontent dans une danse de compréhension, d’acceptation pour s’unir dans une résolution ultime. La clarté luisante de Nicola percute les encres noires de Salâh et pourtant les paroles ne font pas encore écho à ce qui brille au fond des prunelles de l’Ancien. Des explications tombent, peut-être une sorte de rédemption, des justifications qui n’ont pas lieu d’être mais qui sont nécessaires. Le perse se noie dans l’éclat azuré, se perd comme il l’a si souvent fait. Il y voit le ciel pur au-dessus de ses sables, à l’aube, quand le soleil de jadis, ne lui a pas encore rendu son bleu profond, exempt d’imperfection. Il y voit aussi une eau vive, sortie improbablement du cœur d’une montagne des Monts Zagros. Là, où tout est aride à l’automne, lorsque les premières neiges saupoudrent les sommets, un filet d’espoir serpentant entre les roches. A l’époque, dans la clairière où le glas avait sonné pour l’oriental, ces yeux étaient porteurs de nouveaux horizons. Aujourd’hui, dans cette chambrée dévastée par la rage et bouffée par le chagrin, l’onyx est salvateur. Il écoute les mots, hoche la tête en signe d’assentiment. La bataille contre l’abandon n’est pas gagnée, on ne peut vaincre la mort, même s’ils en sont la preuve vivante. Un jour, elle viendra également tirer son voile funeste sur eux. Mais avant ça, le sang de la vengeance aura coulé.

- Ils ont trouvé place dans ton cœur, dans ton existence et dans ta mémoire. Ils cesseront d’être que lorsque tu disparaîtras. Bats-toi pour leur honneur, pour le tien, pour le respect que les assassins ont souillé, salis et traîné dans la boue. Rends-leur au centuple l’affront qui t’a été fait. Retire-leur, non pas l’éternité dans un premier temps, mais ce qui fait mal, puis, lorsque la peine les aura engloutis, abats ta lame.

Naturellement, Salâh dépose sa paume sur la main de l’Aîné et referme ses doigts, cherchant à lui transmettre sa propre force. Aucun don n’est à l’œuvre, seule l’empathie flotte dans l’air. Le lien qui lie les deux Immortels n’a rien de fraternel, les liqueurs qui coulent dans leurs veines sont différentes, ce qui les unis fait partie d’une autre dimension. Les sentiments ne répondent à d’autres lois, dont nul n’en connait les textes.

La proximité imposée par Nicola arrache un soupire de bien-être au plus jeune. Dieu, n’importe lequel, peut témoigner à quel point Salâh est en manque de toucher, de tendresse. Il a su taire cette absence mais maintenant qu’il est là, l’abîme qui hante son cœur, le fait souffrir. Cela ne dure qu’un court instant, lorsqu’il sent le souffle léger de l’Autre errer sur son épiderme. Un sourire à peine visible étire ses lèvres alors que ses paupières s’abaissent lentement.

Sa main délaisse celle du Caïnite, longe son bras, s’attarde sur son épaule pour s’échouer sur sa nuque. Ses doigts se mêlent à la tignasse claire. Dans un mouvement lent, sa tête se penche, ouvrant un passage plus vaste à Nicola. Il a envie de sentir les crocs se ficher en lui, nourrir celui pour qui il a fait ce long voyage, il anticipe la douleur minime mais si jouissive de la morsure. Là, au milieu de la pièce dévastée par le chagrin, assis à même le sol froid, son dos appuyé contre un meuble quelconque, il veut être sien. Dans un souffle, il parvient toutefois à répondre.

- Je serai à tes côtés pour la sentence.

Sa tête repose sur l’assise du fauteuil, gorge au clair, offerte à Nicola, attendant impatiemment qu’il veuille bien de lui.

- Je ne t’accorde rien, Nicola Alighieri, c’est un honneur pour moi de pouvoir être ici, d’être dans ta demeure, d’être toléré. Tu m’as, il n’y a pas si longtemps de cela, au regard de notre nature, sauver mon éternité. Nous n’avons jamais véritablement parlé de cette nuit. Les faits, les gestes que tu m’octroies, les attentions que tu m’offres, sont à mes yeux un don si précieux que jamais je ne pourrai te rendre la pareille.

Salâh se reprend, le temps de trouver le regard presque hypnotique de l’Ancien. Il suspend le temps, quelques brèves secondes, l’instant de laisser courir ses doigts sur ce visage qu’il magnifie. La pulpe de son indexe suit les courbes des orbites, se repose sur une pommette puis parcourt le creux de la joue, s’échouant finalement sur le tracé marqué de la mâchoire. Sans un mot, il dépose un baiser sur les lèvres de Nicola.

- La solitude est une amie bien capricieuse, Nicola. A la fois aimante, chienne et assassine. A nous, de l’apprivoiser. Tu n’es plus seul.

Il reprend sa posture, déposant sa tête contre le siège, la laissant reposer sur son épaule, invitant son Autre à s’abreuver. D’une impulsion infime, il encourage l’Immortel à venir quérir sa vitae.


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Ven 18 Mar - 11:38 (#)



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Cet être étrange a toujours eu une aisance particulière avec les mots, songe Nicola en laissant les paroles de l’autre vampire le soulager. Il se sent écouté, compris, reconnu. Salâh est jeune, très jeune par rapport à lui. Plus de quatre-cents ans les séparent. Il viennent de deux époques très différentes, d’environnements opposés et de fois rivales.

Fut un temps, ils auraient probablement combattu dans des camps adverses. Pourtant, parce que le Hasard est toujours à l’œuvre, et de manière surprenant, les voilà tous les deux enlacés, l’un consolant l’autre, dans un pays qui n’est pas le leur, au sein d’une époque qu’ils n’auraient jamais du connaître.

L’Italien regarde le visage sévère avec ce qui pourrait bien être appelé « amour ». Cet homme intelligent, ambitieux et puissant le console, lui. Alors qu’il est au plus bas, peut-être bien au plus mal, Salâh trouve les mots pour le tirer de ce marasme de désespoir, de l’inertie générée par sa peine immense. Il se montre patient et compatissant envers lui : c’est suffisant pour s’attirer son amour.

Il se rapproche, colle son buste contre celui du vampire, toujours plus proches. Son cadet lui offre l’accès à sa jugulaire : invitation implicite. Seuls ses Infants avaient eu la même confiance qu’il lui témoigne ce soir. Nicola y a toujours vu un signe de respect ultime, respect qu’il témoignait lui aussi envers son Sire, puis de confiance, la même qu’il avait en ses trois frères.

Un sourire doux s’épanouit sur ses lèvres, qu’il dépose dans un baiser chaste sur celles de son amant. Puis il en dépose d’autres le long de sa mâchoire volontaire, de son cou et enfin, de sa jugulaire ou pulse la Vitae.

- « Toujours si éloquent, Salâh… Quelle belle idée j’ai eu, de te sauver cette nuit-là. »

Ses dents s’allongent, deviennent des crocs. Salâh sent le grand air, la laine mouillée, un parfum oriental à base de jasmin et d’orange. Ses crocs éraflent lentement la peau tendre. Le sang pulse rapidement contre ses lèvres. Finalement, il accentue la pression de ses crocs et sent le goût indescriptible de la Vitae envahir ses papilles lorsque la peau cède.

Il ferme les yeux pour savourer au mieux le goût délicat de ce sang transformé, simulant la vie. Vivants factices, souvenirs physiques d’autres temps, morts refusant de s’incliner face à la Faucheuse. Face à l’inévitable. Trichent-ils en se nourrissant de sang ? Encore aujourd’hui, le vampire se demande ce qui lui a valu de défier la mort. Surtout aujourd’hui. Etait-il une abomination, destinée à être une malédiction pour les vivants ? Quelqu’un destiné à de grandes choses ?

Qu’est-ce qui justifiait que lui reste et d’autres disparaissent ?

Il cesse de boire pour aller s’abreuver de passion aux lèvres de Salâh, désireux de se sentir étreint et aimé.

De se sentir vivant, tout simplement.

***

Une voix masculine interrompt sa litanie de jurons pouvant faire rougir un mercenaire endurci.

L’antiquité se retourne lentement vers l’intrus, les yeux furibonds. Salâh est à sa fenêtre, un sourire malin sur les lèvres, et un air de défi sur le visage. L’Italien serre les poings, ne sachant s’il est outré par le fait de ne pas avoir perçu sa présence avant qu’il n’accepte de la faire connaître ou par celui qu’il l’ait surpris lors d’une de ses énièmes colères.

Pour retrouver un semblant de contenance, il se frotte l’arrête du nez, pousse un long soupir, puis de cette même main, indique d’un geste à « l’intrus » qu’il est autorisé à descendre de son perchoir.

C’est une entrée en scène peu orthodoxe, mais qui sied tout à fait au personnage.

Avec hauteur, Nicola se redresse et le dévisage longtemps en silence, les mains dans le dos.

Puis il attaque.

- « Tu t’es reconverti en acrobate, maître Salâh ? Non, attends, comme te fais-tu appeler maintenant… Le Chaos ? C’est comme ça que doivent t’appeler tes disciples ? Maître Chaos ? Majesté chaotique ? Chaotique seigneurie ? - l’aigreur dans sa voix ne lui échappe pas, mais il ne fait rien pour la contrôler. - Comment se fait-il que j’apprenne ta présence à Shreveport d’une autre voix que la tienne ? »


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Ven 1 Avr - 20:08 (#)

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Les lèvres de l’Eternel s’étirent malgré le souvenir fugace qui traverse son esprit d’un genou à terre, baignant dans la neige, nuque à la merci de son ennemi. Puis le son brutal de la lame qui tranche les cervicales, la poudreuse engloutissant la tête. L’odeur de l’hémoglobine se répandant sur l’étendue virginale, l’éclaboussant de ses tentacules carmines. Et enfin, le visage, maculé par les giclures et cette main salvatrice.

Les images s’effilochent dans le partage et la luxure. Les lèvres satinées croisent les gerçures, dues au manque. Une épaule se dévoile tandis que les mains avides cherchent le contact de la peau froide. Les doigts, ardents, veulent retrouver ces cicatrices connues par elles seules. Les muscles se tendent, roulent sous les paumes passionnées. Ils se confondent, se fondent pour ne faire plus qu’un. La sueur ne fait pas partie du jeu, elle est remplacée par la vitae viciée et les salives. Les râles et les soupires rythment leurs mouvements, le sablier retient ses grains. Le temps n’est plus, le monde a perdu sa consistance remplacé que par le besoin de l’autre.

Bien des heures après leurs retrouvailles, après que les fougues soient apaisées, un bain a été coulé pour les Immortels. Tête appuyée contre le cuivre, Salâh Ad-Dîn admire son Mentor barbotant à l’autre extrémité.

- Et pour te répondre… enfin, je suis heureux que tu aies préservé mon Existence.


***


Aussi souplement qu’un caracal, le perse saute de son perchoir et atterri silencieusement dans la pièce. Le regard tant adulé de Nicola lance des éclairs, la colère gronde, l’agacement creuse ses traits et il ne fait rien pour le cacher. Quelques pas, nettement plus bruyants sont éludés, au hasard, vu que son hôte ne l’invite à prendre place. Il faut dire que le capharnaüm régnant dans l’antre du vampire, n’engage guère à la quiétude.

Il pince les lèvres afin de ne pas éclater de rire. Il serait mal venu de se moquer d’entrée de jeu, de laisser les sarcasmes se vautrer dans l’étude de l’Immortel. Il n’est pas venu pour cela. Il a besoin de la présence de Nicola, besoin de déverser ses doléances, de narrer le guêpier dans lequel il est tombé. Il ne peut le faire avec Yago, trop jeune, trop d’attachement, trop impliqué avec elle. Mais pour l’heure, il doit retenir ses mots, l’accueil n’est pas des plus chaleureux.

- Merci, je vais bien et toi ?

Ses enjambées erratiques l’ont mené jusqu’au mur, au pied duquel gît des morceaux du presse-papier. L’air affable, il se baisse, s’accroupit et ramasse les brisures de verre. Les motifs délicats des souffleurs de Muralto sont encore visibles mais il est bien trop abimé pour être réparé. Il va falloir repartir dans la cité lacustre de la Sérénissime pour retrouver le même. Il enverra quelqu’un si un voyage à Venise n’est pas possible prochainement.

Des mots aigres le percutent lui faisant élever les sourcils. Nicola est blessé dans son amour propre, il le sent. Le huitcentenaire n’a pas toutes les données en sa possession, la nuit va être longue. Sur le coin du secrétaire, il dépose les débris, contourne le voltaire, ferme la fenêtre, qu’il aurait souhaité barricader d’un sort qu’il ne dispose plus depuis bien trop longtemps et revient vers le bureau pour prendre place dans le fauteuil.

- Tu es de bien vilaine humeur, mon cher Nicola, tu m’en vois navré. Cela fait quatre jours que je suis de retour de Baku. Seulement. Je n’ai pas encore vu Yago. Tu es le premier.

Neutre. Il ne relève pas le ton caustique qui hante le timbre de son interlocuteur. Il n’a pas imaginé ces retrouvailles danser sous le signe des hostilités. Hors de question de les alimenter. Pas maintenant, il a besoin d’un ami. Les mois à venir vont être solitaires, mais pas cette soirée. Il a bravé tous ces préceptes, brisé ses serments, bafoués les recommandations avisées de Ashkan. Il ne supportera pas longtemps les brimades et les moqueries de son aîné.

Imposant à son ton le calme, malgré la ferveur et le trop plein qui hantent son être, il reprend la parole.

- Je me suis montré extrêmement vigilent, mais visiblement pas suffisamment puisque tu as su que j’étais de retour. J’espère que tu ne l’as pas ébruité.

Une étincelle éclate dans sa poitrine morte. Une inquiétude naît. Personne ne doit savoir. Il est bien trop tôt. Son front se plisse, il ne joue plus. Le regard perdu dans le vague, il cherche dans sa mémoire si d’autres seraient au courant. Un globe se forme autour des deux Immortels, aucun mot ne filtrera, ils sont seuls. Revenant aux orbes azurés, il parle, avec ardeur et passion.

- Ils sont morts, Nicola, ils sont tous morts. Elle les a massacré, jusqu’au dernier. Mon clan est décimé. Tout ce que j’ai bâti ici, n’est plus que cendre. Seul Ashkan a survécu. J’ai été écarté tout comme Yago. Skrebic a été assassiné à Baku sur son ordre, m’obligeant à me déplacer. Deux des nôtres sont tombés, les sorciers ne sont plus. Alors, s’il te plaît, Nicola, épargne-moi tes sarcasmes. Je n’ai pas besoin d’une épaule pour déverser ma peine mais de tes bras pour m’empêcher de commettre l’irréparable, l’impensable… encore.

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Lun 4 Avr - 18:19 (#)



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« Io amo ciò che non si dice. » - Alda Merini

Oh, comme c’est facile de se réclamer de la fatigue d’un voyage à un train d’enfer pour éviter une discussion houleuse. Nicola serre les poings et fronce le nez, maîtrisant tant bien que mal son tempérament sanguin d’Italien. Il se concentre sur les débris du malheureux presse-papier tombé sous sa colère, que Salâh ramasse avec soin. La scène est irréaliste : Salâh, le Salâh, qui se courbe et se penche pour récupérer les traces de son mouvement d’humeur ? C’est un geste déférent s’il en est. Cela signifie qu’il est toujours aussi respectueux de la hiérarchie vampirique. Enfin, respectueux envers une émanation d’un passé bien plus lointain que le sien, avec laquelle il a connu des jours communs.

Et il maintient une distance respectueuse, signe qu’il n’a pas non plus oublié les réactions vives et violentes de son aîné.

C’est tout Salâh : jouer avec le feu, prudemment. Et quand on est vampire, jouer avec le feu, c’est une danse avec la mort elle-même.

Cette apparition inattendue l’énerve profondément. Il a le sentiment d’être promené, de manquer des éléments cruciaux pour être un rouage important dans cette histoire, qui s’est passée sous son nez dans cette petite ville. C’est intolérable, qu’il ne soit pas au courant de tout. Bien que la politique ne soit pas son terrain de prédilection, il veille tout de même sur ce monde de mensonges et de querelles intestines, attentif à la direction du vent. Il s’arrange toujours pour être dans les cercles des principaux acteurs. Son âge est un atout : on le prend pour un vieux con largué dans une nouvelle époque. Les jeunes ne lui prêtent pas l’attention qu’il mérite, et lui, il traîne son oreille partout. Loue son amitié à ceux qui lui serviront, un jour ou l’autre.

Alors que le clan du Chaos change brusquement de maître, ça ne lui va pas du tout. Surtout lorsque ce nouveau maître lui est totalement inconnu.

Il pensait que Salâh l’informerait rapidement, de lui-même, pour qu’il remette les choses au point. Ou au moins, à avoir une visite de son Infant mystique et mystérieux. Mais rien. C’était un élément insignifiant qui lui avait fait parvenir le message.

- « Bien sûr que non, Salâh, pour qui me prends-tu ? - rétorque-t-il avec aigreur, les paumes de mains tournées vers le ciel, alors que son invité surprise lui témoigne sa méfiance. Le pense-t-il à ce point rouillé ? Personne n’a été informé du retour du Perse. - Tu me vois courir vers l’Essaim ? »

L’idée est ridicule et il hausse les épaules dans un autre geste d’agacement. Ce qu’il ne faut pas entendre…

L’autre homme acquiesce et se rapproche. Autours d’eux se dessinent alors une sorte de barrière magique, que Nicola connaît bien, pour y avoir souvent ourdi en toute impunité avec ce même homme. Peut-être a-t-il présumé de son importance. Peut-être que la débâcle russe lui pesait encore sur le cœur, notamment l’après. Il lui fera tout de même remarquer que lui a été plus ou moins banni du territoire russe, contrairement à lui.

Kikue s’était réjouit. Cela lui avait permis de « le tirer des griffes de ce Perse intéressé ». Elle ne voyait de Salâh que les défauts et les échecs… La Russie derrière eux, elle n’avait eu de cesse de saper leur relation. Si elle n’avait pas été la cause de leur rupture, elle y avait bien contribué.

Salâh est loin de penser à la vieille Japonaise. A la place, il lui conte sa débâcle américaine. La colère donne à son regard noir une profondeur terrible. Ses yeux brillent de haine lorsqu’il mentionne la responsable de ce chavirement.

- « Je peine à croire que tu te sois fait détrôner, toi. » - il tape nerveusement du pied et croise les bras devant sa poitrine. Il ne la connaît pas, cette traîtresse, et c’est ce qui rend la situation si compliquée à gérer. Il n’a aucun point où appuyer. Et elle doit être redoutable pour avoir réussi à évincer Salâh et Yago de leur propre clan.

Il devrait intervenir. Il n’a pas la patience nécessaire pour attendre que Salâh récupère ce clan ou en fonde un autre. Pas alors qu’il a un démon sous le coude, et que les événements d’Halloween prennent une origine de plus en plus surnaturelle. Il a besoin d’alliés sûrs pour le Chaos ultime.

- « Je peux l’éliminer, cette garce qui a tout détruit. Tu n’as qu’un mot à dire. - il darde son regard électrique sur celui qui fut un temps son confident le plus proche. - Sans aller jusqu’à une Diablerie, je ne suis pas à un vampire près. Si elle te gêne, mais que tu as les mains liées, je m’en charge. »

Lentement, il croise finalement ses mains dans son dos et se redresse, un sourire malveillant en coin.

- « Parce que, lorsque l’heure sera venue, il me faudra compter sur la coopération totale de chaque membre de ta communauté. Tu peux choisir de les rassembler par toi-même… ou choisir la solution la plus rapide. »

Quelques pas assurés comblent la distance entre les deux hommes. Dans un souffle, Nicola ajoute d’une voix suave :

- « Tu n’es pas venu vers moi juste pour être réconforté, n’est-ce pas ? »


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Il confirme. Ni soulagement, ni contrariétés ne font écho dans sa tête. Il sait que la confiance accordée, à l’aube de son Eternité, est digne et inébranlable. D’où sa présence en ces lieux, d’ailleurs.

- L’Essaim est un ramassis d’incompétents qui régissent leurs lois ancestrales, pensant être encore sous Louis XVI. Il est grand temps de mettre un grand coup de pied dans cette fourmilière pour qu’ils ouvrent enfin leurs yeux. Il lève la main, précédant les remarques acides que Nicola pourrait lui faire. Certes, je ne suis pas à la pointe de la technologie mais là, n’est pas le débat. Nous pourrions régir le monde et pourtant, les humains nous abaissent au rang de ces icones, nous voyant comme des êtres lubriques ou étincelants au soleil. Foutaises !

S’il a choisi d’évoquer un roi de France, c'est consciemment. A la croisée entre leurs mondes, ils ont connu, tous deux, cette Révolution. Et souhaite évidemment, une fin aussi tragique, à l’Essaim qu’au roi déchu.

La bonne humeur qui l’a poussé à rendre visite à son Ami s’effiloche lentement. Certes, il ne s’attendait pas à être reçu à bras ouverts, mais la contrariété de l’Ancien commence à dépeindre sur lui. Il a besoin de conseils, de soutiens. Il a toujours eu besoin de Nicola. Cette évidence explose dans l’esprit chaotique du vampire. Agacé par cette révélation, il la tait. Ils savent tous les deux ce qu’il en est.

La remarque touche Salâh au plus profond de lui-même. Il courbe l’échine, interprétant ces paroles comme une brimade. Il a failli, s’est fait doubler par une femme, plus jeune que lui. Elle l’a manipulé à sa guise et il n’a rien vu venir. Une déferlante haineuse le submerge, ses poings se ferment et tout son corps se crispe. Il a un plan, il ne peut agir sur l’heure, comme lui dicte ses instincts primitifs. Les paroles sifflent entre ses lèvres serrées.

- Cette mégère a abattu une à une ses cartes. Elle a tué un haut émissaire à Baku, rendant ma présence sur les lieux indispensables. Il n’est pas difficile d’évincer Yago, de l’éloigner. Personne ne s’est méfié. Mais j’ai un témoin vivant. Juges-tu ce manquement ? Me condamnes-tu comme incapable ? Regrettes-tu ton geste de jadis ?

Il ne supporterait pas un bannissement de l'existence de celui qu’il considère comme son Sire. Il a clairement relâché son attention au Motel, s’est fait berner comme un nouveau-né. Cela ne se reproduira plus. Coude sur les genoux, il relève sa tête et se redresse, endossant une posture nettement plus digne de lui.

- Si tu veux débarrasser le monde d’un être aussi perfide qu’Aliénor Bellovaque, je t’en prie, fais-toi plaisir. Mais sois prudent, mon Ami. Cette femelle est sournoise et ne joue pas franc-jeu. Elle n’utilise pas les mêmes armes, leur préférant la trahison et la corruption. Mais j’ai un plan. Je compte me présenter à l’Essaim, afin d’accréditer ma présence par le biais du Lanuit. Je vais dans le même temps, accuser officiellement cette vipère.

Une totale confiance est offerte au huitcentenaire. Salâh Ad-Dîn n’a pas beaucoup d’allier, même s’il se doute que les partisans qui ont fui le Motel reviendront petit à petit. Le temps est son principal atout. Une proposition étrange s’échoue sur le bureau, attisant la curiosité du perse.

- Que mijotes-tu Nicola Alighieri. Je ne te connais pas aussi conspirateur. De combien d’homme nécessites-tu ? Que te faut-il ? Sorciers ? Vampires ? Hommes-Bêtes ? Chair à canon ? Dis m’en plus. Tu es le meilleur guerrier que je connaisse, ton expérience est sans pareille mais sois prudent où tu mets les pieds. Les choses sont bien plus compliquées qu’avant. Ma mésaventure en est la preuve.

L’accablement le quitte, instantanément. La perspective de comploter en compagnie de l’Ancêtre, ramène sa bonne humeur. Il veut en connaître plus, mais se sent frustré lorsque Nicola quitte son siège pour effacer la distance qui les sépare. Imitant son aîné, il retrouve une verticalité et une proximité agréable.

- Le besoin de partager est omniprésent mon Cher et ta présence, réconfortante. Mais tu as vu juste, je t’ai apporté un présent.

Ramenant la besace sur son ventre, il en tire un coffret, le place entre lui et Nicola et soulève doucement le couvercle.

- La jumelle de celle que tu possèdes déjà. Mais attention, la lame a été induite de mon venin. Tu te souviens de la légende concernant ces deux armes. Réunie, elles ne peuvent être placées dans les mains du même homme et chacune possède sa propre âme. La première est incisive et violente, la seconde, tout aussi meurtrière, joue avec les poisons, il faut la nourrir régulièrement, raison pour laquelle je l'ai gardée.


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L’entendre pester contre l’Essaim et ses régents suscite un amusement attendri chez Nicola, vite remplacé par de l’agacement. N’en a-t-il pas assez de se plaindre toujours des mêmes choses ? L’Essaim est ainsi, et les siècles ont prouvé que ses règles ne seraient pas prêtes à changer avant longtemps, voir jamais. Cet ordre en place ne pourrait qu’imploser, peut-être grâce à un coup de pouce, mais l’attaquer de front serait suicidaire. Et il n’y a pas de figure emblématique à assassiner pour voir le reste s’égailler en pagaille comme des oies fuyant un gamin turbulent armé d’un bâton.

Salâh, pourtant rompu aux intrigues et aux traîtrises, semble s’être persuadé que seule une bataille en règle entraînera la fin de leur gouvernement archaïque. Nicola est plutôt partisan de la stratégie « frapper vite et fort, en silence », aussi bourrin soit-il. Le goût du travail bien fait pour un minimum d’effort.

- « Jamais je ne regretterai ce geste, Salâh, ne pose pas de question aussi stupide. - il réprime au dernir moment un mouvement d’humeur. Parfois, lui aussi sait faire preuve d’un certain tact. - L’erreur est une éventualité à prendre en compte dans tout projet, peut-être as-tu simplement manqué d’informations sur ta situation. »

L’antiquité hausse les épaules, essayant malgré son ressentiment de garder ses paroles de tout venin. La situation a l’air grave, et bien qu’il ait des choses à reprocher à son ami, le moment est malvenu pour les exprimer. Il a de toute évidence besoin de soutien, pas d’un maître d’école sévère qui l’accable de reproches. Alors il prend le parti de se taire, il attend que son ami lui présente son plan, les prochaines actions qu’il entend mener pour prendre sa vengeance sur cette usurpatrice trop habile. Il acquiesce, de toute manière, Salâh a toujours été le plus doué des deux pour fomenter. Nicola tempère simplement ses ardeurs et sa cruauté, de temps à autre, pour éviter des conséquences malheureuses ou d’autres punitions pouvant aller jusqu’à l’Exil. Et être exilé maintenant, en ces temps agités, ce serait bien dommage…

- « Compliqué, compliqué… Disons que les informations vont plus vite, c’est tout. On ne peut plus se permettre de délibérer durant des semaines, bien à l’abri dans une place forte. - bien sûr qu’il ne satisfera pas immédiatement la curiosité du Perse. Blâmons son côté taquin plus que la rouerie. De toute façon, il n’a pas grand-chose à lui fournir pour le moment : son plan est une simple ébauche, une idée qui mérite d’être approfondie. Et pour ça, il lui faut plus d’informations, toujours plus, et que des personnes l’acceptent dans leur cercle pour qu’il leur soutire des confidences. Nicola procède ainsi depuis des siècles : ni allié, ni ennemi, jusqu’à ce que ce soit à son tour de s’avancer sur l’échiquier du pouvoir. - « Ne crains rien pour moi. Pour l’instant, préoccupe-toi simplement de ton clan. »

Ce n’est pas une réprimande, bien que son ton soit sec. C’est une sorte de petit retour à l’envoyeur, pour ne pas l’avoir averti de sa présence à Shreveport plus tôt.

Heureusement, avec ces dizaines d’années passées ensemble, Salâh sait parfaitement sur quelle corde appuyer pour revenir dans ses bonnes grâces. Nicola observe d’un œil gourmand la lame qu’il offre à ses yeux, n’ayant pas vu cet ouvrage depuis belle lurette. Quelle splendeur, quelle maîtrise ! Il a en les yeux remplis d’étoiles. Doucement, il approche sa main de la dague, sans aller jusqu’à la toucher. Le venin de son ami est terriblement efficace, il ne le sait que trop bien.

Son regard passe de l’arme aux yeux noirs de l’autre homme. Il y voit toute la détermination du personnage. Un sourire fin se dessine sur ses lèvres alors qu’il lui tourne le dos, marchant jusqu’à sa propre lame, cachée aux yeux du monde. Il la tire précautionneusement de son coffret, comme s’il s’agissait d’un enfançon, et l’admire quelques secondes. Elle a tranché la gorge de vampires, cette lame.

Quand il revient vers son ami, il pointe sa dague vers lui. Il la tient avec nonchalance, mais sa prise laisse deviner qu’il sait l’utiliser, que le poids est familier.

- « Nous n’avons pas le droit de nous mettre en chasse. Officiellement. Surtout moi, depuis que j’ai rejoins les Coleman, j’ai un statut à respecter, des convenances à préserver. Mais… En cas de légitime défense… Si cette Bellovaque croise mon chemin… Qui sait ? »

Son sourire plein de dents est dérangeant. L’homme du monde disparaît un bref instant, révélant le mercenaire derrière le masque. Puis, aussi soudainement, le masque revient. Nicola compare les deux lames côte-à-côté, s’enthousiasmant face à ce spectacle.

- « Quel dommage qu’on n’ait plus de maître forgeron, ils nous faisaient des œuvres remarquables. J’ai beau prendre soin de mes épées, j’ai peur qu’un jour ou l’autre, elles ne se brisent et alors, comment faire sans bon armurier ? Ils sont bien mignons avec leurs armes à feu, mais les lames… Les lames, c’est autre chose. »


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Jeu 23 Juin - 17:21 (#)

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- J’ai manqué de discernement, j’ai laissé ma méfiance s’endormir, cela est un fait. Elle a été jusqu’à abattre un homme innocent pour m’éloigner. Vu le résultat final, cette vipère ne recule devant rien. Mais, je t’en fais la promesse, mon Ami, son geste ne restera pas impuni. J’y veillerai personnellement.

Ses mots sifflent, crissent, abiment l’ouïe fine des Eternels. A contrario, un regard chaleureux se dépose dans les eaux de roche de son interlocuteur. Les paroles de Nicola sont importantes, même après trois siècles d’existence, le cadet nécessite l’assentissement du Mentor. S’il se fiche de l’opinion du monde entier, celle de l’italien comptera toujours. Il est le seul qui puisse juger, les autres, ne sont rien à ses yeux.

Une main invisible, simple illusion insufflant le touché, vient caresser délicatement la nuque du caïnite. Effleurement subtil et fluet, perdurant que quelques secondes, mais maîtrisant parfaitement les préférences de l’Immortel.

Ils sont proches, si proches. Il se surprend à vouloir poser sa tête sur l’épaule carrée du soldat. Relâcher les tensions, s’abandonner aux bras fins, ornés de muscles solides. Ne plus penser, ne plus agir, se laisser porter, ne serait-ce que quelques heures. Ne plus argumenter ses choix, délaisser la colère qui gronde et qui dévore. Profiter de cette éternité trop longue, prendre le temps de s’ennuyer.

Mais tout cela est synonyme de faiblesse et Salâh-ad-Dîn n’est pas faible.

Alors il se tient droit, redresse le menton lorsque Nicola le rassure, répète une millième fois qu’il ne regrette pas. L’Aîné a compris, même si les explications sont pauvres en détail. Il reste tant de choses à mettre en place avant de pouvoir, à nouveau, s’exposer au public. Combien de lune vont s’écouler pour qu’il puisse toucher, ne serait-ce que du bout des doigts, ce qui lui revient de droit. Les manigances et les stratégies ne font que commencer. L’échiquier est dressé mais aucun joueur n’a ouvert la partie.

- J’ai acquis une demeure, non loin d’ici. Elle est pour l’heure en rénovation. Nous honoreras-tu de ta présence ? Nous pourrons, Yago et moi, certainement nous y installer la nouvelle année venue. Un temps de réflexion est marqué, l’Oriental lève ses orbes d’onyx vers le Caïnite, puis poursuit, sur un ton plus inquisiteur. Quant à tes conspirations, je ne voudrai pas être intrusif, mais prends garde à toi, mon Ami, les règles ont changé, les armes aussi. Les chasseurs ne sont plus munis de fourches ou de torches. Ils sont bien plus redoutables. La technologie d’aujourd’hui est plus incisive et se cache de notre savoir. Toutefois, j’ai bien l’intention de combler rapidement ces lacunes. Si cela t’intéresse, tu es, bien évidemment, le bienvenu.

Jetant une œillade prometteuse, il s’écarte légèrement, regrettant déjà l’aura confortable que lui offre de son acolyte. Sentir la présence du Méditerranéen à ses côtés est si agréable. Parfois, il lui vient à regretter ce temps, à présent révolu, où les rencontres étaient passionnées et où les projets étaient communs.

La dague fait son effet. L’éclat perçu dans les orbes si clairs, ne peuvent nier le plaisir ressenti de son Ami Ancestral. Si l’adrénaline pouvait encore couler dans leurs veines, elle cavalerait comme un cheval lancé en plein galop. Il sent l’excitation des batailles envahir l’atmosphère. Nicola a soif de jeux, de sang envahissant ses narines, des champs verts transformés en charnier, là où l’herbe revêt ses atours carmin et où, le vampire sous la lune argentée, reste le seul debout, nimbé de l’élixir qu’il a volé à ses ennemis.

La lame brille d’un éclat menaçant dans une poigne sûre et habile. Elle pourrait mettre rapidement fin à son éternité. Pourtant il ne ressent aucune crainte, un sourire s’est même formé sur ses lèvres tandis qu’une lueur de défi s’est éveillé au fond de son œil sombre. Les interdits sont énoncés, l’envie se fait plus profonde. Un murmure s’élève, bien à l’abri d’une bulle de Quietus.

- Sur ces terres, ton allégeance se doit être respectée mais qu’en est-il ailleurs ? La chasse, la traque sanguinaire, bestiale et sauvage. Rien qu’une nuit. Tu en as envie, autant que moi.

Une forêt de sapins, extrêmement dense, remplace les murs surchargés de souvenirs. Au-dessus de leur tête, danse un ciel clair, piqueté d’étoiles brillantes, parfois voilées par les hauts branchages qui se balancent doucement au gré d’une bise glaciale. Les odeurs sont fortes, l’humus transpire les maigres rayons solaires qu’il a pu attraper durant la journée, les effluves des pins emplissent les narines, masquant d’abord ce soupçon de parfum floral. Le martèlement de sabot contre la terre humide se fait entendre. La bête a peur, elle fuit l’homme qui veut sa vie. La biche passe devant eux, zigzagant entre les troncs ancestraux. Une minute, peut-être deux s’écoulent avant que trois humains inondent l’horizon. Ils sont bien trop bruyants pour espérer pouvoir abattre l’animal. L’un d’eux saigne, il s’est blessé n’ayant pas vu une branche. Le sang. Il sature l’air, aiguisant les sens des Prédateurs.

Les arbres perdent leur consistance, les odeurs s’estompent jusqu’à disparaître et les chuchotis de la forêt s’évanouissent.

- Allons au nord, loin d’ici et laissons libre cours à nos Bêtes. Tu sais, des forgerons, il en existe beaucoup encore, il suffit d’en choisir un jeune, de lui offrir une belle forge et de lui apprendre les arts de l’armurerie. Je connais un très bon artisan à Ispahan, je pourrais lui demander s’il serait prêt à nous « donner » son fils. Tu n’as qu’un mot à dire.


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Nicola rit de l’excuse de son ami. Il sait bien, qu’il n’en a que faire, de justifications : l’erreur est là, l’erreur est donc à réparer. Les justifications ne sont acceptables qu’une fois l’erreur réparée.

- « Ah, depuis quand la mort d’innocents t’importe, mon bon ami ? - se gausse-t-il en faisant tourner habilement les lames dans chacune de ses mains. Cependant, un frisson manque de les lui faire lâcher, lui, l’expert. Une sensation de toucher léger dans la nuque. Il jette un regard agacé à son ami, qui a failli lui faire abîmer les lames si précieuses, et agite la tête pour chasser la sensation. Le frisson s’est répandu au reste de son corps avant de disparaître, il a besoin de se secouer entièrement comme un jeune chien fou.

D’un geste nonchalant, il chasse l’avertissement de son cadet et continue à jouer avec les lames. Il est vrai qu’après huit-cents ans à fomenter, il est un peu moins prudent et sa fâcheuse tendance à foncer une fois sa décision prise n’a fait que s’accentuer. Si cela doit lui coûter l’Eternité… Eh bien, il ne se plaindra pas : il l’aura bien cherché, cette tête brûlée.

- « C’est très bien, que tu reviennes sur ces terres. L’absence n’est jamais bonne, les maîtres se font vite oublier lorsqu’ils ne sont plus là pour surveiller. Yago doit être extatique de t’avoir à nouveau avec lui. Tu n’aurais pas dû le laisser seul… Les Infants, on ne peut pas les laisser seuls. »

L’ombre de Kikue plane dans la pièce bien qu’il ne prononce surtout pas son nom. C’est un sujet tabou entre les deux hommes. La vieille Japonaise ne s’était jamais cachée de son antipathie envers son ami perse, et si Nicola avait longtemps pleuré sa disparition, il n’en était rien moins sûr pour Salâh.

L’Ancien abaisse les poignards et se tourne vers son invité inattendu. Celui-ci s’est redressé.

Subitement, ils ne sont plus dans son bureau, mais dehors. L’odeur de l’herbe, de la sève et de la terre mouillée embaument. Nicola prend une grande inspiration. L’air est froid, lorsqu’il expire, un tout petit peu de vapeur apparaît. Salâh est décidément excellent dans ses illusions, pense-t-il en souriant. Il a même pensé à rendre le ciel aussi clair qu’il y a deux-cent ans, bien avant que n’arrive l’époque de l’Industrialisation et que le charbon ne provoque l’assombrissement de la voûte céleste.

Des bruits de course se font entendre et le vieux se tourne vers leur source. C’est un chasseur. En pleine partie de mise à mort. L’odeur du sang remplit l’air et Nicola se surprend à saliver. Instinctivement, il se penche, prêt à bondir pour saisir le chasseur, indifférent à la biche catastrophée qui passe à toute vitesse entre lui et Salâh. Ce n’est pas ce qu’il chasse.

Lorsqu’il tend sa main, dont les ongles se sont transformés en griffes, l’illusion disparaît. Nicola passe sa langue sur ses crocs. Il exerce ensuite une légère pression sur l’un d’eux de son index, comme pour en tester la dangerosité.

- « Ah, Salâh… Tu me prends par les sentiments. Si tu savais le temps qui s’est écoulé depuis que j’ai laissé libre cours à ma nature… - il soupire et secoue sa main pour en chasser les griffes. L’autre tient les deux lames et les griffes refusent de disparaître. Il l’observe avec déception, son visage faisant la moue. - J’en meurs d’envie, je le sens bien. Malheureusement… Ce n’est pas un territoire sur lequel je peux me laisser aller. J’ai de bonnes relations avec la NRD, et mon clan me lâche la grappe, ce serait m’attirer trop d’attention pour un bref moment de satisfaction. »

Il soupire une deuxième fois puis va ranger les lames dans leur coffret respectif. C’est qu’avec le temps, il a mûri, le mercenaire.

- « Quant à ton autre proposition… Je préfère une solution plus locale. Je ne voudrais pas que mon nouveau forgeron ne m’exècre pour l’avoir arraché à sa famille. Je n’ai pas besoin de lui donner de raison de m’en vouloir, j’ai besoin de personnes fiables. Comme mes Marquées actuelles, toi ou d’autres alliés précieux. Cependant… Merci de tenter de répondre à mes désirs, cher ami. »

Son sourire est sincère quand il se retourne vers lui. Salâh s’est toujours sincèrement soucié de lui. Il lui en sera pour toujours reconnaissant.

- « Tiens-moi au courant de tes prochaines actions. Je verrais comment t’apporter mon aide. Et dis à Yago de passer me voir, un de ces jours. Je suis curieux de voir à quoi il ressemble. »


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Mar 13 Sep - 16:34 (#)

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Le mouvement maladroit ne passe pas inaperçu mais aucun commentaire n’est distillé. Il ne cherche pas l’affront, mais son Ami a besoin, très clairement, d’action.

- N’essayerais-tu pas de te couper intentionnellement afin de pouvoir goûter à nouveau de ma vitae ? Si là est ton souhait, il suffit de demander. Peut-être que j’accèderais à ta requête.

Il presse la pulpe de son pouce contre une de ses canines, faisant perler une goutte de sang. Avec légèreté, il la dépose sur les lèvres de son Mentor.

- Elle te manquait tant que cela ?

Sa voix n’est plus que murmure aguicheuse mais pourtant il se détourne et reprend place dans un fauteuil.

L’illusion à laquelle il le soumet le conforte dans cette idée. La réaction de Nicola est bien trop flagrante pour qu’elle échappe au Cadet. Même si pour l’heure, Salâh ne sait comment il va s’y prendre pour offrir une chasse digne de ce nom à l’Italien, il se fait la promesse de trouver le moyen pour le convaincre de le suivre, ne serait-ce que pour quelques jours. Le temps de laisser la Bête s’ébrouer.

- Offre un salaire attrayant, de bons outils et des conditions de travail au-dessus de la norme et tu auras d’excellents résultats. A l’heure actuelle, les humains sont régis par l’argent et la valorisation de leur savoir. Ils sont si faciles à manipuler. Quant à Yago, c’est un jeune fennec fougueux qui a soif de révolte et d’affirmation. Tu sais, mieux que moi, que je ne le perds jamais de vue. Il m’est trop précieux. Mais je lui dirais de venir te voir, sois gentil avec lui, veux-tu ?


***


Les semaines ont formé des mois, l’hiver a replié ses ailes, laissant place à un printemps fragile. La demeure de Nicola n’a plus de secret pour son invité venu du Sud. Les discussions sont longues et animées, le perse a besoin de savoir, de connaître le monde dans lequel évolue son Amant. Les rencontres se multiples, l’Oriental commence à faire partie du paysage et l’acceptation de l’être exotique se fait prudemment. Les nuits où le silence clos les lèvres en faveur d’un pas léger dans les bois, les chasses rythment leur besoin. A deux, ils vivent, profitent de chaque moment que l’Eternité leur offre. Chaque seconde est utilisée. Salâh est pleinement heureux, mais il n’oublie pas la vengeance qui se construit petit à petit. Au plus profond de la grande bâtisse, dans un bureau caché, dont l’accès est jalousement gardé par des verrous compliqués, les plans se dessinent. Les cibles sont repérées. Bientôt, ils pourront passer à l’action.

Penché sur des plans d’une demeure encore inconnue pour le Cadet, son doigt suit le tracé complexe, essayant d’imaginer les recoins où pourraient se cacher d’éventuels gardes. Il se redresse et lisse sa chemise immaculée. Dans la cheminée, un bon feu crépite, déversant une chaleur agréable au Perse. Même s’il n’est pas soumis aux aléas des températures, il apprécie le cadeau des flammes. Il passe une main pressée dans ses cheveux d’ébène et se redresse, accompagnant son mouvement, puis tourne vers Nicola. Cette vue apaise immédiatement les tourments qui habitent ses traits et un sourire fin se dessine sur ses lèvres avant de disparaître pour adopter un air bien plus grave.

- Là et là, ce sont des passages dangereux. Nous pourrions être vulnérables en raison de la galerie qui surplombe cette salle. J’ai étudié les autres possibilités, je crains que des pièges aient été posés, c’est ce que j’aurai fait moi-même. Une trappe, des pics en argent, un pendule géant surmonté d’une lame affûtée, des flèches et là je ne parle que des armes défensives. Je suppose que tes ennemis ont fait appel à quelques sorciers ? La magie est invisible et ne peut être prévisible mais nous devons nous y attendre. Je dois connaître tout ce que tu sais, mon Ami.

Il se retourne vers la table où les parchemins sont déroulés. Secouant la tête, son visage est troublé par des rides de tourment. Quelque chose lui échappe, il le sait et pourtant c’est là, sous ses yeux. Un chandelier à trois branches est rapproché, inutile, il n’en a pas besoin. Les flammes protestent, tremblent et se stabilisent, offrant plus de clarté à l’ensemble architectural dessiné.

- Nicola, ce n’est pas crédible. Il y a… cette partie, elle ne peut pas contenir… rien ou que des murs. Quelque chose se cache ici, exactement là.

Son index dessine un rond dans la zone qui éveille un peu trop son attention. Il tapote ce qui s’apparente à un long couloir, donnant sur un escalier.

- Sous ces marches, il a forcément des placards ou réduits, voir même une étude, un cabinet, un laboratoire. Et regarde, cela ne s’arrête pas là. Toute cette partie est dénudée, pas de chambre d’hôte, pas de bibliothèque, pourtant un conduit de cheminée y passe. Toutes les artères de la bâtisse convergent vers ce centre. Même les coursives du personnel s’y dirigent, afin d’apprêter et chauffer la pièce. Crois-moi, Nicola, il y a bien une chambre cachée. Reste a découvrir ce qu’elle renferme.

Une nouvelle fois, il se redresse mais sa mine n’est plus déconfite, la victoire d’avoir percé le mystère s’y reflète. Joignant ses mains dans le dos, il déambule dans le bureau de son Ami, après lui avoir offert une œillade triomphante.

- Nous devons placer un agent qui puisse nous fournir les renseignements nécessaires. Puis, lorsque toutes les informations seront réunies, nous pourrons passer à l’attaque afin de te rendre justice. As-tu déjà réfléchi à ta sentence ? Au déroulé de tes actes ? Aux futurs batailles ou au velouté de la discrétion ? Quels seront tes choix ?




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