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I'm looking for...[Ft. Tyler - Salâh Ad-Dîn]

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Papy Chaos - La technologie c'est la misère mais je gère les créneaux en dromadaire
Salâh Ad-Dîn Amjad
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ASHES YOU WERE

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Lun 19 Juil - 20:24 (#)

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Septembre 2020

La Nouvelle-Orléans a été abandonnée depuis deux mois mais il rêve d’y retourner pour y flâner librement, sans être constamment sur le qui-vive. La paranoïa qui l’habite n’est pas nouvelle mais elle lui a déjà sauvé la mise à plusieurs reprises sauf… envers cette saleté et perfide de Bellovaque. Il ne s’est pas méfié, l’esprit bien trop accaparé par les incidents se déroulant à Baku. Il n’a rien vu venir, s’est fait berné comme un bleu. Elle a tué, massacré, de sang-froid, ses partisans qui lui faisaient confiance. Il n’a pas été en mesure de les protéger de cette folle furieuse. Aliénor a joué, terriblement bien joué mais à présent, c’était à son tour de lancer les dés.

Ashkan, seul arcaniste rescapé, a tout orchestré pour rendre le retour de Salâh possible. Il le connaît, par cœur, les deux hommes étant extrêmement liés, chacun respectant totalement l’autre, il sait ce que le vampire souhaite et recherche. Afin de répondre à la volonté du caïnite, il a fait l’acquisition d’un camping-car reprenant le mode nomade d’antan de l’Immortel. Même si cette « caravane ambulante » déplaît fortement à Salâh, ce dernier doit bien avouer qu’elle est fort pratique. Ainsi, il alterne ses heures diurnes entre le camping-car, les hôtels, les squats et l’immeuble, encore en rénovation, récemment achetés en vue d’ériger un potentiel nouveau QG.

A présent, à l’aube de sa vengeance, il en est à se frayer un chemin tortueux dans les méandres de la diplomatie et des alliances, qu’il espère solide et surtout de confiance. Son fidèle sorcier s’est infiltré dans les bas-fonds de la ville, là où Salâh Ad-Dîn recrute généralement ses partisans. Il a flâné, écouté, s’est intéressé à cette foule hétéroclite que les « bien-pensants » souhaitent oublier. Des rumeurs ont circulé, des noms sont ressortis, de potentiels nouveaux contact ont été évoqués. De jour comme de nuit, Ashkan a été à l’affût et a observé, gravant les visages et les pseudonymes dans sa mémoire. Puis, il a délivré tout son savoir à son ami éternel qui a fait le tri dans ce qui était exploitable ou non.

Ce soir, Salâh s’en va faire de la prospection. Il lui faut des informations auxquelles Ashkan ne peut avoir accès, car bien trop proche de cette vipère de Bellovaque. Accompagné du sorcier, ils quittent l’immeuble en rénovation, prenant garde à ne pas être vus. Dès lors, Salâh fait appel à son don Chimérique, afin de cacher son apparence. Son complet trois pièces, pantalon, gilet, veste d’un bleu nuit et chemise blanche sont remplacés pour quiconque le regarde, par un vieux jeans troué, une veste à capuche remontée et les traits de son visage sont brouillés, ne permettant pas l’identification de sa personne (hormis évidemment pour ses congénères plus âgés que lui). Ils montent dans une vieille voiture volée, pour se diriger vers Mansfield, là où réside celui que Salâh désire rencontrer.

Le véhicule est abandonné dans une ruelle sombre, là où une autre âme malveillante en prendra soin. La faune urbaine présente ici est un mélange d’ethnie et surtout de laisser pour compte. Les junkies et les prostituées sont légions par ici, sous l’œil attentif des revendeurs et des proxénètes. A l’angle d’une rue, le sorcier s’arrête et désigne de la tête un homme chétif, dans les 25 ans, à l’accoutrement débraillé. Hochant du chef, Salâh adapte sa tenue, la calquant sur le jeune homme. L’illusion est parfaite, il est devenu le sosie parfait du dénommé Matteo, prénom qui a été énoncé par un de ses acolytes.

Tout a été orchestré avec minutie, aucun détail n’a été laissé au hasard. Le nom de Tyler, détective privé, CESS, est exactement ce dont Salâh a besoin. Adresse du domicile en tête, il salue Ashkan qui a pour mission de garder un œil sur le fameux Matteo, l’empêchant de se rendre chez le fouineur, au cas où l’idée lui traverserait son esprit embrumé.

Au pied de l’immeuble, il s’arrête sur le pas de la porte, appuie sur tous les boutons de l’interphone, hormis celui de son futur hôte et attend patiemment que quelqu’un réponde. L’heure n’est pas tardive, il a toutes ses chances. Une, deux, quatre voix lui répondent.

- C’est moi ! Je peux entrer ? dit-il à la cantonade.

L’appareil grésille, diverses réponses et insultes tombent, n’ébranlant nullement le vampire. Puis, soudain une voix délicieusement féminine, lui offre le sésame.

- Oui, entre, je suis seule.

Ravi, il gravit le seuil et grimpe les étages, s’arrêtant devant la porte de Tyler. Trois coups lents sont donnés contre l’huis. Des pas se font entendre de l’autre côté du battant qui s’ouvre. Ne laissant pas le temps à l’autre d’analyser la situation, Salâh prend immédiatement la parole adoptant le phrasé de Matteo.

- Salut vieux, j’suis claqué… je peux entrer ? J’ai vraiment eu une journée de merde.

Il fait mine de se décrocher de l'encadrement d'un coup d'épaule, attendant la permission de franchir le seuil.

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Tyler Frisk
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Jeu 22 Juil - 8:56 (#)

Les nuits sont rarement calmes dans le quartier, et pourtant ce n’est pas le pire de la ville. Quelques éclats de voix et des sirènes de police au loin habillent l’ambiance un peu maussade de l’appartement éclairé par des lumières artificielles. Un manteau abandonné sur une chaise, des chaussures qui trainent dans l’entrée, des affaires balancées en rentrant à une heure tardive qui attendront bien que j’ai dormi quelques heures pour être rangées.  Assis sur le canapé sans même avoir pris la peine de me changer en rentrant, je boucle une affaire tranquille et pas très intéressante, une bête histoire d’adultère. Quelques filatures, quelques planques, quelques photos où l’on voit le mari en flagrant délit qu’il ne me reste plus qu’à transmettre à la cliente.

La bouilloire émet un sifflement strident et désagréable de plus en plus fort me tirant de mes papiers en râlant. Ma vieille cafetière a rendu l’âme il y a quelques semaines et depuis j’ai dû me rabattre sur le café instantané et la vieille bouilloire fatiguée. J’abandonne les photos sur un coin de la table basse pour aller enlever du feu cet engin infernal qui hurle dans tous l’appartement puis verse l’eau bouillante sur le café instantanée qui patiente dans un vieux mug. C’est toujours mieux que rien quand on se retrouve à travailler à des heures pareilles. De la nicotine et de la caféine pour pallier le manque de sommeil. J’embarque la tasse vers la table basse usée recouverte de papier, photos et factures diverses qui recouvrent les très nombreuses tâches ancrées dans son bois. Un meuble probablement plus vieux que moi, légèrement branlant et acheté une misère, comme quasiment tout ce que si trouve dans cet appartement. A peine le temps de commencer à ranger toutes les preuves dans une grande enveloppe Craft que l’on toque à la porte. Sans que personne n’ait sonné à l’interphone avant cependant. Encore un voisin qui vient râler pour la bouilloire qui hurle à la mort à des heures où les gens bien dorment, peut-être. Je me rends dans l’entrée pour ouvrir la porte en soupirant, l’air peu ravi dû au manque de sommeil et à l’heure tardive.

« Ouai, quoi ? » Un ton maussade et peu avenant. Je me retrouve face à Matteo, un des gars de la Horde qui galère autant que moi à l’époque. Il vient souvent squatter le canapé quand il ne trouve rien de mieux et il a une légère tendance à siffler toutes les bières du frigo. « Ah c’est toi. Salut. » Mon expression se détend un peu et je parviens même à lui lâcher un sourire fatigué. C’est un gars qui a un talent incroyable pour se mettre dans des galères pas possibles, et même si je soupçonne vaguement que c’est lui qui a cassé ma cafetière ça reste un mec sympa. « Ouai vas-y rentre. » Je m’éloigne de la porte en lui tournant le dos et lui laisse le soin de fermer derrière lui. « Qu’est-ce qui t’est encore arrivé ? »

Le moins qu’on puisse dire c’est que ses histoires sont toujours invraisemblables, ce qui leur donne un côté assez distrayant. Il a une légère tendance à la provocation et une impulsivité, ce qui l’a souvent desservie, mais au moins ça fait toujours de sacrées histoires à raconter. Je ramasse les papiers qui trainent sur la table, range ceux qui sont destinés à ma clientes cocue dans l’enveloppe à son intention et déplaçant le reste à un endroit où l’autre rat-garou ne pourra pas renverser sa bière dessus comme c’est déjà arrivé. Une fois la table déblayée je lui fais un vague geste de la main vers la cuisine.

« Si tu veux des bières je crois qu’il en reste une ou deux au frais. »

J’attrape mon café qui a suffisamment refroidi pour être buvable et me retourne enfin vers lui en attendant qu’il me raconte toutes ses histoires, en espérant que cette fois ça ne va pas durer des heures.
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Salâh Ad-Dîn Amjad
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Ven 20 Aoû - 11:07 (#)

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« Entre »

Un sourire se peint sur les lèvres de l’Eternel, c’est tellement simple qu’il cherche, durant quelques insignifiantes secondes, le potentiel piège qui pourrait se refermer sur lui. Ses pupilles scrutent rapidement l’espace, s’appropriant les détails, faisant connaissance avec l’appartement du jeune détective. Aucune caméra ni de micro lors de son premier examen. Mais qui mettrait ce genre de gadget dans son propre habitat ? Quelque soit la créature foulant cette terre, la sensation de sécurité est généralement ressentie lorsque l’on se trouve chez soi. L’expression de Tyler passe de la défensive à la détente, ne faisant plus attention à son visiteur impromptu, étant certain de se trouver face à son ami.

Quelques pas sont effectués après avoir fermé la porte tranquillement. L’Immortel est serein même si le dénommé Mattheo aurait très certainement donné un coup de pied dans le battant, le claquant pour le fermer. L’autre s’affaire, ramasse ses dossiers, visiblement plus par gain de place que par discrétion, il est en confiance, qu’il en profite, ce ne sera plus le cas d’ici quelques minutes.

Le frigo est délaissé, Salâh doute fort qu’une poche de sang l’attend, nichée entre une salade et un pack de bière. Il se déplace, silencieusement, comme à son habitude, perdant peu à peu les traits du looser de la rue. Le caïnite s’installe sur le canapé, évitant le milieu, étant certain de s’enfoncer profondément entre les coussins dû à l’usure. Son apparence est sienne à nouveau, souplement il croise les jambes et dépose élégamment un bras sur l’accoudoir après avoir ouvert le bouton de son veston. Patiemment, il attend que l’autre veuille bien lui porter attention.

L’air se charge de l’odeur du café faisant sourire le visiteur. Tasse à la main, enfin le regard clair de son hôte se pose sur lui. Malgré son air débonnaire, il est prêt à esquiver un potentiel jet de café brûlant, si cette éventualité traverserait l’esprit du garou.

- Bonsoir Monsieur Tyler.

Marquant une pause, afin que sa petite surprise fasse tout son effet, il tend son bras en indiquant le fauteuil, invitant son hôte à prendre place.

- N’ayez crainte, je ne vous veux aucun mal. Prenez donc place, je vous prie. Et soyez vigilent à ne pas renverser votre tasse, vous pourriez vous blesser, ce n’est pas du tout ce que nous souhaitons… n’est-ce pas ?

Une nouvelle pause est appliquée. Alors qu’il s’apprête à poursuivre, de violents crissements de pneus l’interrompent. Un choc bruyant de tôle et de verre brisé, signifiant très certainement que le freinage ne fut pas suffisamment efficace se fait entendre, suivit d’éclats de voix féroces, s’élèvent de la rue. Le visage du vampire se froisse et ses lèvres se pincent. Il a horreur d’être ainsi coupé dans un tel instant, modifiant la perception de la surprise, laissant à son interlocuteur le temps de reprendre un temps soit peu, ses esprits. Les hurlements persistent, l’impatience, déjà quasi inexistante, s’amincit.

- Le double vitrage est à revoir… Vous devriez en parler à votre propriétaire.

Il se lève tranquillement, effectue quelques pas jusqu’à la fenêtre et jette un coup d’œil inquisiteur au fait divers qui se déroule au bas de l’immeuble. L’insonorisation de son propre bien immobilier a été vérifiée, il redemandera à Ashkan si des vitres correctes ont été mise en place. Il ne souffrirait pas de ce genre de nuisance malgré le quartier dans lequel il s’est établi. Certes, ce n’est pas Mansfield mais Stoner Hill commence à bien rivaliser, niveau criminalité et ce n’est pas pour déplaire à la Créature de la nuit. Un coup de poing plus violent met un des protagonistes à terre, mettant fin à la dispute, permettant à un calme relatif de reprendre ses droits.

Un hochement de tête précède, le retour du vampire à l’assise fraîchement abandonnée, adoptant l’exacte réplique de sa position antérieure.

- Bien, maintenant que le calme est revenu, reprenons. Je me nomme Salâh Ad-Dîn Amjad. Certains me surnomme Maître du Chaos, mais je trouve cela bien présomptueux de se présenter ainsi. J’ai ouïe dire que vous excelliez en tant que détective privé. Il se trouve que j’ai quelques affaires que je souhaiterai éclaircir. Une poussière invisible est évincée sur une manche avant de poursuivre. Nous savons que l’humanité n’est plus tout à fait vôtre, nous vous avons vu pénétrer à plusieurs reprises dans les tréfonds des sous-sols de la ville et environs, sans toutefois parvenir à connaître votre nature profonde. Me la dévoilerez-vous ? Pour ma part, j’ai embrassé la nuit il y a environs quatre siècles mais soyez sans crainte, je me suis sustenté avant de venir.

Une halte est imposée à sa diatribe, laissant à son interlocuteur le temps d’assimiler les informations distillées.

- Avant d’aller plus en avant, avez-vous des questions ?


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Dim 29 Aoû - 10:15 (#)

Je me retourne vers Matteo et croise le regard d’un inconnu bien habillé parfaitement installé dans mon canapé. Mon cœur loupe un battement et j’ai un mouvement de recul, manquant de lâcher ma tasse sous le coup de la surprise le tout accompagné d’un putain de merde qui m’échappe. C’est quoi ce bordel ? Une expression à la frontière entre l’inquiétude et la stupéfaction me dévore le visage. Un rapide coup d’œil dans la pièce, mais Matteo à disparu. C’est quoi cette merde ? L’étranger commence à parler avant que j’aie pu reprendre le pas sur la surprise.
Je ne lui octroie pour toute réponse qu’un regard suspicieux. Je ne comprends rien à ce qu’il se passe. Où est passé Matteo ? C’est lui qui l’a fait rentrer ? Non, ça n’a pas de sens, et je n’ai pas réentendue la porte d’entrée s’ouvrir. D’un geste rendu malhabile par la situation je pose ma tasse pour avoir les mains libres. Quel genre de personne rentre chez les gens ainsi puis leur assure qu’il ne leur veut aucun mal ? Et comment ? Est-ce que je dois me résoudre à l’idée que ce connard de Matteo l’a fait rentrer avant de se barrer furtivement ? L’autre marque une pause, visiblement incommodé par un de ces multiples accrochages si banals dans cette rue. On finit par s’y habituer, mais son interruption me permet de reprendre un peu pied face à la stupeur. Il se permet même de critiquer mes fenêtres avant d’aller vérifier ce qu’il se passe en bas, ou peut-être veut-il juste assister au spectacle. Curieusement il s’agit aussi d’une des activités préférées de Matteo, regarder les gens qui se battent pour des bêtises. Mais peu importe. Ça me donne quelques secondes pour tenter d’évaluer la situation. Je suis seul dans mon appartement, sans arme, avec un inconnu qui s’est introduit chez moi et dont j’ignore les intentions. Je jette un coup d’œil à la porte. Je devrais sans doute pouvoir me barrer pendant qu’il regarde ailleurs, quitte à lui abandonner mon appartement. A choisir j’ai toujours préféré la fuite à la baston, mais il y a un paquet d’informations en tout genre qui trainent dans le coin et que je préférais ne pas les abandonner à ce gars-là. L’autre retourne s’installer dans le canapé après sa petite inspection des lieux. Il reprend et m’octroie enfin quelques réponses via des tournures de phrases alambiquées qui dénotent sérieusement avec l’ambiance très peu luxueuse de mon appartement. Un froncement de sourcil quand il prétend qu’on l’appelle le maître du chaos parce que je n’y trouve aucun sens particulier, tout juste quelque chose qui ne sent pas très bon et qui sonne mégalomane. Il annonce être là pour mon travail, j’ouvre la bouche pour lui dire qu’il aurait pu passer un coup de téléphone comme tout le monde mais mon souffle se coupe avec sa phrase suivante. Il sait. Dans ses mots tortueux je comprends qu’il sait que je fais partie des CESS. J’ai toujours fait très attention pourtant. Est-ce que c’est Matteo qui le lui a dit ? Non, visiblement il ne sait pas précisément ce que je suis alors que l’autre rat-garou aurait pu lui donner cette information. Plus il parle, moins les choses ont de sens. Et puis, de son langage toujours aussi peu précis et alors que je n’ai toujours pas digéré l’information précédente, il annonce qu’il est un vampire. Je le dévisage un instant en silence, l’air peu amène. Ça se présente mal. J'aurais dû partir quand il avait le dos tourné. Face à un humain je peux me débrouiller en cas de problème grâce à la force que me donne la thérianthropie, mais face à un vampire je n’ai aucune chance. En plus j’y connais rien en vampire, tout juste ce que j’ai pu apprendre avec Nicola. Je n’aime pas du tout ce qu’il se passe en ce moment. L’intrus se tait enfin, me demandant même si j’ai des questions, comme si tout ça n’était qu’un entretien parfaitement normal. D’un air crispé je lui demande :

« Mais bordel de merdre, vous voulez quoi ? Et qu’est-ce que vous foutez là, vous pouviez pas juste téléphoner comme tout le monde ? »

Un début de colère qui masque la peur. La peur d’être coincé ici, de n’être même plus en sécurité chez moi, ce sentiment de danger imminent qui réveille la bête qui partage mon corps et mon esprit, celle qui cherche toujours la moindre faille, la moindre fissure pour s’engouffrer et s’échapper. Je déglutis difficilement, me rendant compte que la situation est encore plus terrible que ce que j’avais pu imaginer. J’inspire profondément, essayant de me calmer, et par la même d’apaiser le rat qui veut fuir le danger, quitte à me déchirer la peau pour prendre le contrôle et lui-même aller se cacher. Heureusement que j’ai des années d’entrainement, parce que cette situation est de loin la plus pourrie que j’ai connue. On ne mesure pas à quel point on se sent en sécurité chez soit tant que personne n’est venu nous montrer que finalement ce n’est qu’un lieu comme un autre et qu’on n’est jamais à l’abri nulle part. Ce n’est clairement pas une idée qui va m’aider à calmer ma bête intérieure, il faut que je me reconcentre sur quelque chose qui ne me donne pas envie de me barrer en courant. Matteo. J’arrive à me calmer un peu et reprendre un ton plus calme et moins sarcastique, fixant l’intrus en face de moi.

« Il est où Matteo ? » Me reconcentrer sur lui, chercher des réponses, ça calme cette partie de moi si primale qui veut s’éloigner du vampire. « Comment vous êtes rentré ? »

Comprendre ce qu’il s’est passé n’arrangera pas nécessairement ma situation, mais au moins quelques réponses montreraient sa bonne volonté si – comme il le dit – il est juste là pour affaire. Il faut que je récupère mon portable, j’arriverais peut-être à envoyer un message à d’autres rats-garous pour demander de l’aide. Ce dernier trône sur la table basse, là où je travaillais il y a encore quelques minutes, impossible de le récupérer sans que la sangsue vautrée dans mon canapé ne le remarque. Peut-être qu'il me laisserait faire, mais je ne suis pas prêt à parier là-dessus et perdre ma seule chance d'appeler à l'aide. Je finis par m’assoir dans le fauteuil usé mais malgré tout confortable qu’il m’avait indiqué au tout début de son monologue, me rapprochant par la même de mon téléphone. J’ai déjà fait semblant d’être sympa avec des gens pour les faire parler et détourner leur attention, c’est plus ou moins ce qui va se jouer ici pour récupérer mon téléphone, mais jusque-là les personnes en question n’étaient pas des vampires pluri-centenaires et on était pas chez moi.
Un téléphone à portée de main, un vampire à moins de deux mètres et une bête intérieure à l’affut de la moindre ouverture. Un équilibre très précaire pour une situation peu enviable. Cette nuit promet d’être compliquée.
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Jeu 2 Déc - 18:41 (#)

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Le regard sombre du Fils de la Nuit ne scille pas, s’enfonçant intentionnellement dans les prunelles azurées de son interlocuteur. La panique n’est pas encore installée et il ne cherche pas vraiment à l’instiller, même si cela pourrait être distrayant. Une transformation pourrait également être intéressante, il pourrait connaître ainsi sa véritable nature, mais les négociations deviendraient nettement plus compliquées. Peut-être qu’en fin de rencontre, il poussera le l’homme-animal à changer de peau, cela serait tellement divertissant.

Les jurons s’enchaînent, le petit animal se sent acculé et se défend en crachant de vilains mots. Dans d’autres circonstances, le multi-centenaire aurait éclaté de rire, aurait affermi sa suprématie sur son interlocuteur, l’aurait poussé à l’extrême, il aurait cherché les limites, voir la frontière jusqu’à laquelle il aurait pu aller. Il tait ce qu’il considère un jeu et penche la tête devant les l’agression maquillée, cachant une peur primitive. Les battements du cœur sont affolés, pulsant l’élixir fétide dans les veines et artères. Un calme olympien, un ton presque blasé accompagné d’un soupire factice, il daigne donner réponse.

- Je préfère traiter mes affaires de visu. Cela permet un meilleur jugement du partenaire. Et voyons, Monsieur Frisk, vous, plus que quiconque, savez à quel point il est facile d’écouter les conversations d’autrui, non ? Me serais-je fourvoyé sur vos qualités d’enquêteur ? Les technologies actuelles sont forts utiles, j’en conviens mais tellement peu fiables. Tous les jours, la presse relate de… Il feinte l’hésitation, lève brièvement son regard au ciel et poursuit, cyber criminalité. Vous savez, à l’époque, nous usions de messagers, il faillait, il mourrait et les informations étaient gardées sous le scellé de la tombe. Certes, les missives prenaient du temps à parvenir, rendant parfois certaines informations obsolètes. Traitez-moi d’ancêtre archaïque, si le cœur vous en dit, mais sachez qu’il vous sera difficile de trouver des traces de mon passé. Vous ne saurez que ce que je veux bien laisser transparaître.

Frisk a peur, c’est une évidence aussi visible que le nez au milieu de la figure. Il respire bien trop vite, ses yeux sautent d’un point à un autre, cherchant une faille, une échappatoire qui n’existe pas. Salâh Ad Dîn a tout prévu, même l’imprévisible. Mais il sait qu’il n’en aura pas besoin, l’autre est trop affolé pour tenter quoi que ce soit, bien que, c’est souvent dans ces moments-là que se produit l’impensable. Le détective est nerveux, il ne maîtrise pas la situation, elle lui a échappé avant même que l’Immortel s’installe dans le canapé.

- Tyler, vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? Asseyez-vous, s’il vous plaît, afin que nous puissions parler affaire. A moins que vous ne souhaitiez pas avoir client tel que moi. Cessez donc de vous préoccuper de votre ami qui se porte comme un charme. Aucun mal ne lui a été fait, si vous souhaitez l’appeler pour vous en assurer, vous aurez tout loisir de le faire une fois notre conversation terminée et que nous eussions, ou pas, trouvé un accord.

Un sourire fin étire les lèvres du Caïnite à l’entente de la dernière question. Afin de montrer sa bonne foi, il hoche la tête et accorde à son hôte quelques explications.

- Par la porte que vous m’avez aimablement ouverte, sans méfiance, vous basant uniquement sur ce que vous voyiez. A aucun moment, vous n’avez usé de vos autres sens, pourtant nombreux. Vous devriez vous montrer plus vigilent, Homme-Bête.

Les yeux du détective dévient et se posent sur le téléphone sommeillant sur la table basse, amenant un nouveau sourire sur les lèvres de l’Immortel. La peur mobilise toute son attention, Salâh peut presque percevoir le jeune esprit tourner sans répit pour se sortir de cette situation qu’il ne maîtrise en rien. Une profonde inspiration émane du Caïnite.

- Et si vous vous concentriez sur l’affaire qui m’a mené jusqu’à vous ? N’êtes vous pas curieux de connaître la raison de ma présence ? Regardez moi, je vous prie, Monsieur Frisk, comme je vous l’ai dit précédemment, je ne vous veux aucun mal. Je souhaite vous engager pour un travail, VOTRE travail que, d’après mes renseignements, vous exécuter à la perfection. Votre renommée vous précède, vous êtes un, sinon, le meilleur dans votre domaine. Donc cessez, s’il vous plaît de lorgner ce téléphone qui…. n’existe pas pour l’heure.

Une nouvelle illusion empli la tête de l’enquêteur faisant disparaître l’appareil.

- Ai-je à présent toute votre attention ?


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Mar 7 Déc - 8:58 (#)

Les quelques sons de la rue filtrent à travers la fenêtre et ce bruit si familier semble discordant avec la scène surréaliste qui se joue devant moi. Entendre un vampire parler tout à la fois de cybercriminalité et d’une époque où on faisait porter ses messages par de pauvres gars qui se faisaient buter pour ça a quelque chose d’un peu étrange, de dissonant. Un anachronisme qui fracture le temps, le tout dans mon appartement qui, pourtant, est l’incarnation même de la banalité et d’un quotidien immuable. Malgré ses connaissances manifestes sur la technologie, il ne semble pas avoir compris que la base de l’utilisation d’un téléphone est d’appeler quelqu’un pour lui donner un rendez-vous dans un lieu neutre plutôt que de débarquer chez lui. Ce serait presque risible si ce n’était pas un danger immédiat qui agitent les tréfonds de mon âme maudite. J’ignore si sa remarque sur mes qualités d’enquêteur se voulait sincère ou blessante, mais ça m’arrangerait peut-être qu’il revoie mes compétences à la baisse, ainsi il irait trouver quelqu’un d’autre. Pour l’heure, le voir quitter les lieux est mon objectif principal. Il me donne quelques brèves nouvelles de Matteo en m’assurant qu’il va bien mais sa parole ne suffit pas à me convaincre et mon expression demeure méfiante. Mon regard dubitatif se fait plus suspicieux lorsqu’il se met à sourire en exposant comment il est rentré, sans réelle explications, ne laissant que transparaitre une vague idée que je me serais laissé tromper par une apparence. Mes sourcils se froncent à mesure où les rouages de mon cerveau cherchent à comprendre. Je sais grâce à Nicola que les vampires, ou alors certains vampires, ont des genres de pouvoirs. Mes informations à ce sujet sont bien trop limitées pour que je puisse réellement comprendre ce qu’il s’est passé. Tout ce que je peux déduire c’est que Matteo n’a jamais été là et que ce type a revêtit son apparence d’une manière ou d’une autre. Il s’agit sans aucun doute de la pire méthode pour prendre contact quand on espère obtenir de l’aide de quelqu’un. Je me garde bien de lui faire la réflexion tandis que je m’assois et qu’il poursuit ses longues explications.
En temps normal, la curiosité est un sale truc qui me pousse à poser trop de questions, mais cette fois tout ce que je veux c’est qu’il quitte mon appartement pour ne jamais y remettre les pieds. Les flatteries exagérées ne me poussent pas à lui faire d’avantage confiance, bien au contraire. Je me débrouille bien pour des trucs assez basiques, notamment grâce à l’aide de la Horde qui constitue un précieux réseau d’informateurs, mais en tant que détective je ne suis pas sur le même pied d’égalité que ceux-là même qui ont été formés pour ça. Ma seule particularité est que je suis un rat-garou. Il a rapidement évoqué le fait qu’il dispose de cette information et qu’il est lui-même un vampire. Il ne fait aucun doute que c’est là la raison de sa présence, une histoire de CESS. Je l’écoute tout en gardant mes réflexions pour moi. Dans un coin de mon esprit demeure l’importance de récupérer mon portable pour appeler de l’aide, mais j’ai dû être moins discret que ce que je pensais.

J’arrive à retenir un ‘putain de merde’ de stupéfaction. Mon regard se fixe sur l’emplacement vide où se trouvait le téléphone jusqu’à présent. Mes yeux cillent d’incompréhension et mon esprit s’active pour essayer de percer ce mystère aux allures de tour de magie de spectacle. Cette disparition soudaine renforce l’impression d’isolement qui nourrit la panique de la bête, mais ma partie rationnelle balaye rapidement cette peur par une multitude de questions et de réflexions. Tout à l’heure il a dit que je n’avais pas utilisé tous mes sens pour lui ouvrir la porte, est-ce que je dois comprendre que tout ça n’est qu’une illusion basée sur la vue ? Si je touche l’endroit où se trouvait mon portable, pourrais-je le saisir ou bien ne trouverais-je que du vide ? Et si effectivement je peux le sentir, cela brisera-t-il l’illusion ? Tout ça est beaucoup trop incertain et je doute que l’homme en face de moi me laisse tester toutes ces idées. Il semble plutôt déterminé à m’exposer ses requêtes, même si son introduction traine en longueur et je ne tiens pas à le contrarier. Je retiens ma curiosité et me détache difficilement de toutes ses questions, fixant mon regard dans celui de mon interlocuteur pour lui octroyer l’attention qu’il demande. Et puis, quand bien même j’arrive à récupérer mon portable, je ne suis pas sûr qu’il me laisse l’utiliser. Pour l’heure le mieux à faire c’est de le laisser exposer ses demandes et espérer qu’il partira vite.

« Je vous écoute. »

Je n’ai aucune idée de comment gérer un vampire intrusif. Il pourrait être agressif ou violent s’il n’obtient pas ce qu’il veut. Ou peut-être pas. Mais il est préférable de se préparer au pire, il vaut mieux rester prudent. La bête reste tapie loin dans mon esprit et ensemble on l’observe, cherchant à déceler le moindre tressaillement qui pourrait trahir un geste violent et une nécessité de fuir instantanément. Si on arrive à de telles extrémités, tant pis pour l’appartement. Ma peau vaut plus que quatre murs et un toit dans un quartier bruyant.
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Salâh Ad-Dîn Amjad
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Dim 16 Jan - 20:28 (#)

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La disparition du téléphone suscite visiblement un étonnement que l’enquêteur ne peut cacher, apportant un sourire satisfait sur les lèvres du caïnite. Il maîtrise ses dons à la perfection, si l’envie venait à l’Homme-Bête de tendre la main pour s’assurer de la présence ou non de l’appareil, ses doigts rencontreraient que le vide et ce, le temps qu’il maintiendra l’illusion. Les rouages de l’esprit du détective sont en action, il ne cherche plus à cacher sa surprise, il est résigné, comprenant très certainement que l’Immortel ne s’en ira pas tant qu’il n’aura pas obtenu satisfaction.

Des sons de la vie quotidienne des humains se font entendre, une chasse d’eau est tirée, des pas martèlent le sol dans l’habitation du dessus, l’ascenseur se balade, inlassablement. Ces bruits sont la preuve que d’autres êtres vivent, vaquent à leurs habitudes, qu’il n’est pas tout seul face à l’Être de la Nuit. Rassurant. Mais Salâh ne veut pas être distrait, il souhaite la pleine attention du petit détective. Chaque parole doit être écoutée, entendue et surtout comprise. Faisant appel aux cadeaux de la nuit, il les enveloppe dans une bulle de silence. Aucun son ne sort, mais aucun son ne peut y pénétrer. Salâh aime cette quiétude totale. Les battements accélérés du petit cœur presque humain résonnent à son ouïe affûtée. La respiration, plus rapide que nécessaire, effleure son oreille. S’il se concentrait, il pourrait entendre le flux sanguin courir dans les veines et dans les artères. Mais cela serait cruel, pour lui, la vitae de la Bête est corrompu. Mauvais et impur, il ne goutera pas à ce venin. Mais Fysk, connait-il ce détail ? Peut-être qu’en fin de rencontre, il s’amusera.

Les remparts en place, il brise son immobilité et porte sa main à la poche intérieure de sa veste pour en ressortir une enveloppe épaisse. Il la jette sur la table, loin du téléphone, face à Tyler qui n’a qu’à tendre son bras. La liasse émet un bruit mat, sec et court, sans aucun écho.

- Premier acompte. 15'000 dollars cash, net d’impôt. Aucune transaction bancaire, aucun reçu. Vous en faites ce que bon vous semble. Selon vos avancées dans l’enquête, d’autres versements vous parviendront. Si vos investigations demandent des apports spéciaux, je vous prierai de m’en informer personnellement. Vous avez carte blanche. Mais ne tentez pas d’abuser, les conséquences pourraient être fatalement définitives.

Il marque une pause, appréciant le silence total qui règne autour d’eux. Un soupire d’aise, totalement factif s’échappe de ses lèvres, avant de reprendre son monologue. Il décroise ses jambes et dépose ses coudes sur ses genoux.

- Il me serait très agréable que vous enquêtiez sur un site. Un motel. Un massacre a été perpétré à cet endroit. De nombreuses personnes sont mortes, irrévocablement, des humains, des arcanistes, des vampires et peut-être des hommes bêtes.

Evoquer ce carnage est difficile. Il a perdu ses amis, ses disciples, son clan. Elle lui a tout pris ce qu’il a construit sur ce nouveau continent. Cette mégère paiera pour ses agissements. Et ce petit détective va jouer un rôle bien plus important qu’il ne le pense dans l’accomplissement de son plan. Ses mains sont jointes, ses doigts entrelacés, crispés. Les muscles de ses mâchoires sont saillants, démontrant la fureur qui l’habite. Il sur-joue, laissant le Garou prendre connaissance de ses sentiments. Il va jusqu’à détourner le regard, pour se passer une main sur le visage avant de reprendre une posture prostrée durant quelques secondes, l’abandonnant pour montrer un facies qui se veut neutre.

- Ils étaient mes amis. Elle les a tous exécuté, abattu comme des chiens. Je dois savoir ce qu’il reste. Elle a dû faire le ménage, masqué ses méfaits. Mais de telles actions laissent des traces. Il doit y avoir un charnier. Trouvez des preuves matérielles, enquêtez sur les agissements des occupants du motel et surtout, je veux savoir où sont les corps de mes amis.

Il se lève, ramasse le téléphone et le rend à son propriétaire. Ses mains s’enfoncent dans les poches de son pantalon tout en déambulant dans la pièce, se plaçant derrière Tyler, le surplombant de toute sa hauteur.

- Il s’agit du Lucky Star dans le North. Cette conversation n’a évidemment jamais eu lieu. Je ne suis jamais venu ici et vous ne me connaissez pas. J’ose croire à votre loyauté, droiture et surtout votre discrétion. Comme vous avez pu le constater, j’ai certains moyens qui ne sont pas négligeables. N’oubliez jamais que m’introduire en votre demeure a été un jeu d’enfant. Avez-vous des questions ?

Il claque des doigts, faisant éclater la bulle de silence. Geste totalement inutile mais Salâh Ad-Dîn aime scénariser ses actes. Ses paumes se posent sur les épaules de l’Homme-Bête et masse les trapèzes brièvement.

- Détendez-vous, mon cher, je tiens toujours parole.



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Lun 24 Jan - 8:25 (#)

Assis dans le fauteuil rendu confortable par l’usure, j’attends qu’il daigne expliquer le pourquoi de toute cette mascarade. Il ne semble pas particulièrement pressé, rempli de ce flegme tranquille des gens qui savent avoir l’ascendant. A l’inverse, je n’attends que trop impatiemment qu’il annonce ses demandes et quitte cet endroit. Le silence s’étire entre ces murs et peu à peu le monde extérieur semble disparaitre, c’est à croire que la menace que représente le vampire capte l’intégralité de mon attention au détriment des milliers de bruits du quotidien parsemés au gré de la vie des autres habitants de l’immeuble. Le bruit de l’enveloppe s’écrasant sur le vieux bois de la table aurait pu me faire sursauter tant le moindre son semble fracasser ce silence tonitruant. J’avise l’enveloppe d’un air suspicieux tandis qu’il révèle son contenu. Un intérêt soudain surpasse ma surprise. Il aurait clairement dû commencer par là au lieu de me faire son sketch du grand méchant vampire qui vole l’apparence des gens. Je me penche légèrement pour saisir l’enveloppe et jeter un œil à l’intérieur pendant qu’il explique l’aspect financier du marché sous couvert de menace. Après avoir avisé la liasse de billets logée dans l’enveloppe, je la repose sur la table. Il n’a toujours pas annoncé ce qu’il veut et vu les sommes en jeu le pire est à craindre. Enfin, les raisons de sa venue chez moi sont révélées. Pourquoi les gens se figurent-ils que je suis compétent pour enquêter sur des trucs comme des meurtres ou des massacres ? En général je me contente de choses franchement mineures, mais clairement dire ça au vampire me semble être le meilleur moyen pour que ce soit mon appartement qui devienne une scène de massacre. Autant que possible, j’aimerais éviter. Vu la tronche qu’il tire, je pense qu’il pourrait me buter instantanément s’il pense que finalement je ne peux pas lui être vraiment utile. Il enchaine, révélant son lien avec les victimes. Si les choses avaient été différentes, peut-être que j’aurais eu de la peine pour lui, mais il représente bien trop une menace à mes yeux pour que ce soit le cas. La bête toujours tapie dans un coin de mon esprit ignore tout de ce genre de compassion pour les prédateurs. Après avoir terminé, sa main se tend vers un coin vide de la table et mon téléphone semble subitement se matérialiser, comme un tour de magie un peu trop réel pour être amusant. Il me rend l’appareil électronique avant de faire quelques pas durant lesquels je ne le lâche pas du regard, trop peu confiant. Tout dans ses manières semble être fait pour être menaçant ou rendre mal à l’aise. Il ajoute quelques mots semblant clôturer son monologue dans une menace à peine voilée, tout en me surplombant de sa large stature comme un putain de gros chat face à une souris coincée dans un coin. Je note mentalement le nom du motel qui ne m’est pas familier et sursaute en sentant ses mains sur mes épaules, me crispant encore davantage. Des serres d’aigles prêtes à emporter leur proie n’aurait pas été plus angoissantes. J’adorerai lui dire que c’est bon, qu’il peut s’en aller, quitter mon appartement et idéalement ne jamais y revenir, hélas ses informations sont bien trop incomplètes pour ça.

« Oui j’ai des questions. » Je profite de ces quelques mots pour m’extraire de son emprise, me lève et me retourne pour lui faire face. Ma jambe cogne la table basse, m’indiquant que je ne peux pas reculer davantage sans devoir le contourner. Je croise les bras, instinct inutile qui ne sert même pas à me sentir un peu plus protégé. Le vieux fauteuil trône entre nous comme une misérable barricade. Mon envie de le voir quitter mon appartement se traduit par la mort de mon habituelle loquacité au profit de quelques questions brèves et efficaces. « La date ? Les gens impliqués ? » Est-ce que je risque de me faire buter à foutre les pieds dans une histoire pareille ? « Vous savez qui a fait ça ? » Il a dit Elle, donc l’identité de la responsable ne doit pas être un mystère pour lui. Pourquoi ne pas avoir appelé la police ? Comment il m’a trouvé ? Je doute qu’il soit du genre à apprécier être questionné, donc on va rester sur le plus essentiel et essayer de couper court à ce moment que j’aurais préféré ne jamais voir exister. « Et si je trouve rien ? »

Je doute qu’il accepte sans broncher une absence de résultats. Clairement, je vais fuir mon appartement pour quelques temps, sans doute au profit du nid. Il ne prendrait pas le risque de se battre contre autant de rat-garous, pas vrai ? La question est de savoir à quel point je suis enfoncé dans la merde. Fuir un vampire ça peut être long. Vraiment très long. Le plus simple serait encore de trouver ce qu’il cherche. Un instant mon regard retombe sur l’enveloppe abandonnée sur la table. Les choses auraient quand même été clairement plus simples s’il n’avait été question que d’argent et pas de menaces. Mon attention perdue une demi-seconde retourne rapidement sur lui pour conclure :

« Comment je vous contacte si je trouve quelque chose ? »

Toujours les bras croisés en essayant de maintenir le plus de distance possible entre nous malgré le mobilier peu coopératif, j’espère que ses réponses seront informatives, sans menace, et qu’il disparaisse aussi rapidement qu’il est arrivé. Et il faudra que j’appelle Matteo pour vérifier s’il va bien. Et que je trouve un moyen de localiser un charnier inter-espèce constitué de vampires, d’humains et d’autres CESS. C’est vraiment une foutue nuit. Peut-être même que tout l’argent du monde ne vaudrait pas un tel paquet d’emmerdements.
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Mar 8 Mar - 19:37 (#)

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Enfin le détective sort de sa pseudo-stupeur, faisant mine d’écouter que d’une oreille. Cela ne lui va guère car si le contrat est accepté, les questions devraient être nombreuses. Salâh soupçonne l’homme-bête d’être bien plus attentif à chaque mot énoncé qu’il veut bien le laisser paraître. C’est un jeu, comme tout, comme chaque affaire importante dans le monde des humains. Celui des Immortels est plus direct mais tellement plus dangereux. Feindre le désintérêt est le choix de l’enquêteur, soit.

Le contact physique lui est déplaisant, le faisant sursauter, apportant un sourire discret sur les lèvres du caïnite. Il se dérobe, fuit la proximité. Il a réellement peur, se sent acculé dans sa propre demeure, lui déliant enfin la langue. Et s’il l’emprisonnait dans un coin, s’il réduisait la distance, jusqu’à la rendre minime, brisant le cercle de sécurité que chaque être érige autour de lui, comment réagirait-il. Le vampire pourrait très certainement partir à la recherche d’un autre détective, ce qu’il ne souhaite pas. S’il a choisi cet individu, c’est qu’il connait sa nature, pas l’entité exacte mais il se doute bien que ce n’est pas un éléphant au vu de ses disparitions soudaines dans les égouts. Et s’il ne parvient pas à faire cracher le morceau à Frisk, son fidèle sorcier pourra peut-être extraire l’information de ce fameux Matteo.

Extrait de son fauteuil, l’échappatoire est vite freinée par la table basse, l’obligeant à faire volte-face. Bras croisés sur sa poitrine, démontrant une attitude fermée, il consent à s’intéresser au contrat posant des questions pertinentes, pour le plus grand plaisir du caïnite. Son visage s’illumine au son de la voix du presque humain. Il hoche la tête, contourne le vieux fauteuil, garde l’éloignement réglementaire, malgré la furieuse envie de jouer qui le hante et choisit de s’installer sur l’accoudoir du canapé, totalement à l’opposé de son hôte. Lentement, au fil des réflexions du l’investigateur, les questions tombent. Salâh Ad-Dîn ne l’interrompt pas, ses doigts fins jouent avec sa barbe, octroyant à son interlocuteur un regard perçant. Les interrogations terminées, il délaisse son perchoir et se rapproche de Tyler à chaque réponse.

- Fin de l’été, il y a peu. C’est encore frais. Utilisez donc ce liquide que les inspecteurs utilisent dans leurs enquêtes. Beaucoup de sang a coulé, énormément, bien trop. Ce fut une véritable boucherie. Eviscérations, décapitations, mise à mort brutale, empalements. Aucun crime n’a été propre. Dois-je vous rappeler que nous autres éternels, sommes extrêmement friands de sang frais ? Une œillade bien plus appuyée est adressée au loueur de l’appartement, suivi d’une virgule silencieuse. Les gens ? Un rire amer, sans joie, glaçant le sang dans les veines s’échoue dans le salon. Mon clan était constitué de Sorcier, maniant principalement l’essence Noire, quelques-uns jouaient avec le Rouge, des vampires, des humains et peu d’hommes-bête. En face, la même faune je suppose, plus de vampires, certainement. Et l’instigatrice de tout cette mascarade s’appelle Aliénor Bellovaque.

Le nom est craché. Cruellement, crument avec une haine féroce déformant ses traits. Les lèvres sont serrées, ses poings sont formés, il ne se donne plus la peine de faire semblant de posséder encore, ne serait-ce qu’une once de vie en lui. Sa voix se réduit à un filet, emplie d'une haine non dissimulée.

- Combien de fois dois-je le répéter, elle a détruit mon clan. Nombreuses créatures ont trouvé une fin violente. Il y a forcément des preuves. La terre est imbibée de fluide organique, d’ossements ou de cendres. Les murs du Motel, ont certainement été repeints, gratter et vous trouverez. Rien ne disparaît, le vide est toujours remplacé. Notre monde ne supporte pas l’absence.

Les crispations musculaires s’effilochent, lui rendant son apparence d’homme d’affaire banal. Au gré de ses pas, il s'est rapproché de son hôte et se tient à présent à moins de deux mètres de lui. D'un geste vif, il extrait une carte de visite de sa poche, l'agitant sous le nez de Tyler. Monochrome, d'un bleu sombre, le carton est rigide et les arrêtes coupantes. Un numéro de téléphone solitaire argenté est couché sur une face. L'Etre Nocturne la tend au détective.

- Qu’importe l’heure, il y aura toujours quelqu’un qui répondra. Donnez un point de rendez-vous ainsi que le moment où vous souhaitez me voir, je vous retrouverai. Il va de soi que nous nous rencontrerons seuls et une fois la nuit tombée.

Un sourire, presque las, anime son visage alors qu’il recule. Serait-il fatigué de jouer l’intimidation ? Salâh Ad-Dîn recule d’un pas, sans rencontrer d’obstacle, tout est parfaitement calculé.

- Me dévoileriez-vous votre nature ? Je le saurai tôt ou tard… Vous, votre ami, qu’importe, nous savons délier les langues.

La respiration artificielle revient, il endosse son costume d’humain, l’entretien est sur le point de se terminer. Refermant le bouton de sa veste, il fait volte-face mais s’arrête avant d’atteindre la porte et se retourne une dernière fois.

- Savez-vous comment étaient punis les traîtres à mon époque ? Je vous laisse vous documenter et méditer sur leurs funestes sorts. Il lui adresse un clin d'oeil accompagné d'un sourire, dévoilant sa dentition. Avez-vous autre chose à ajouter, une dernière question ?


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Sam 12 Mar - 10:18 (#)

L’atmosphère de l’appartement semble glaciale, ou alors c’est la peur qui donne ce gout terrible à l’air ambiant. J’attends qu’il jette ses réponses et s’en aille. Mon être entier ne désire que de lui hurler de sortir de chez moi, mais j’ai besoin de ses informations pour mieux cerner la situation et l’envergure de la montage de merde dans laquelle il vient de me jeter. Sa voix brise le silence et ses mots laissent entrevoir la rage qui le consume comme un brasier duquel personne de sain d’esprit ne voudrait s’approcher. L’homme d’affaire, doucement, se mue en monstre et tout mon self-control m’est nécessaire pour ne pas succomber à l’envie de fuir. Et malgré tout ça, toute cette bravoure invisible et inutile qui résiste aux instincts impérieux du rongeur terrifié, je n’obtiens finalement que peu d’informations pertinentes. Tout juste une vague idée de la date et le nom de la personne responsable après des descriptions pas franchement nécessaires quant aux méthodes de mise à mort. Un moyen d’identifier les cadavres m’aurait sans doute été plus utile que son incompréhensible histoire d’essence noir et rouge, mais j’imagine que les probabilités de tomber sur un charnier et qu’il ne s’agisse pas du bon sont quand même excessivement faibles. Sa colère se déverse subitement dans la pièce et son apparence d’homme d’affaire laisse enfin place à sa vrai nature monstrueuse. Une expression bestiale se peint sur ses traits et affole mes instincts de survie. Mon cœur s’emballe et mes muscles se crispent, mais je me retiens de reculer, me sachant bloqué par la table et ne souhaitant absolument pas faire le moindre mouvement qui pourrait attirer son attention sur moi. Sa colère est terrifiante. Une jolie phrase pleine de philosophie millénaire ponctue sa tirade haineuse, mais hélas cette idée ne correspond pas à la réalité d’une enquête faite par quelqu’un aux moyens limités. Imagine-t-il vraiment que je peux me pointer au motel pour le démanteler bout par bout jusqu’à trouver quelque chose ? Et cela sans attirer l’attention de personne ? Je ne pense pas que son adversaire soit moins dangereuse que lui, alors autant que possible j’aimerais mieux ne pas trop la froisser. Sagement, je garde cette réflexion pour moi.

Comme la marée qui se retire, le monstre qu’il m’a laissé entrevoir disparait, comme s’il n’avait jamais existé, comme une autre illusions générée par des neurones un peu trop effrayés. Son geste brusque m’arrache un sursaut tandis qu’il me tend une élégante carte de visite. Je n’apprécie pas du tout les conditions qu’il impose pour nos rencontres, mais je prends la carte sans rien dire, ne souhaitant lui donner aucune raison de rester ici plus longtemps que nécessaire. Dans ce nouveau silence semblable à celui qui aurait pu survenir après une catastrophe, il pose une question qui m’inquiète bien plus que les autres sous ses airs d’une simple curiosité innocente. Je préfère encore le monstre furieux qui traque son ennemi que l’homme d’affaire à l’air raisonnable qui s’interroge sur moi. Une crispation spasmodique, involontaire, me fait crisper la main. Sa menace n’est même pas voilée, juste polie, si tant est qu’une menace puisse être polie. La bête s’agite de nouveau, sous la tension et la peur. Sans les longues années qui m’ont appris à gérer les caprices terrifiés du rat, il aurait peut-être eu l’opportunité de découvrir ici et maintenant ce qu’il veut savoir, mais dans un fracas vraiment terrible. Mes pensées filent et s’enchainent, tentant de trier à toute vitesse les possibilités qui s’offrent à moi. Il y en a très peu. A peine deux, et aucune n’est bonne. Mais en fait, la question ne se pose pas vraiment, n’est-ce pas ? Il faudra que je dise à Matteo de se planquer loin dans les égouts, là où même un vampire n’oserait aller. Incapable de lui répondre à voix haute, considérant qu’il pourrait prendre ça pour une provocation, je me contente d’un seul hochement de tête en signe de dénégation difficile. Ce secret là n’est pas que le mien et je ne peux pas impliquer toute la Horde. En aucun cas. Et quand bien même mon instinct de fuyard ne me hurle que de lui dire ce qu’il veut pour me protéger de ce qu’il pourrait faire, je ne peux juste pas. Je ne suis pas un rat-garou, nous sommes les rats-garous, et nul n’a à savoir qui nous rongeons les entrailles de cette foutue ville.
Son dernier commentaire achève de me glacer le sang. Intéressant de voir qu’il trouve pertinent d’ajouter ce détail. Intéressant n’est peut-être pas le bon mot. Ouai, c’est plutôt même putain de terrifiant. Sous son regard inquisiteur, je lui fais de nouveau un signe de dénégation. La bête furieuse et agitée qui tord mes entrailles me fait ne plus avoir confiance en mes réactions et à ma voix. Malgré tout, je lui affirme avec un ton clair :

« Non, j’ai bien compris. »

Je ne connais pas les vampires, mais si je dois les traiter comme des prédateurs alors je sais que leur laisser voir à quel point je suis à deux doigts de détaler est la pire des choses à faire. Afin de calmer l’affolement du rongeur qui ne rêve que de se planquer sous le canapé et planter ses dents dans tout ce qui essaierait de l’attraper, j’essaie de faire le point sur cette histoire. Une pensée trop logique pour un animal trop instinctif, c’est parfait pour conserver le contrôle. Toutes les informations qu’il m’a données se structurent déjà dans mon esprit pour essayer de trouver la faille, le truc qui pourrait m’aider à y voir plus clair. Sans un mot, j’attends qu’il parte. Une partie de moi lui hurle mentalement de se barrer de mon appartement, mais je ne suis pas assez stupide pour le lui dire en face. Je crois qu’on vient de me balancer dans la pire affaire de ma vie, avec le pire client de tous les temps.
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A quelques rues de là, Ashkan garde un œil vigilent sur le fidèle ami du détective. Le dénommé Matteo est appuyé contre un mur, une jambe repliée, son pied posé négligemment contre la bâtisse. Il discute avec d’autres mâles, ils se ressemblent tous avec leurs vêtements amples, légèrement trop grands pour leurs fines statures. Ils chahutent, fument, boivent des bières et sifflent la gueuse lorsqu’elle passe non loin d’eux. Jamais, elles n’accordent de regard aux garçons ou alors, lorsqu’elles daignent tourner la tête dans leur direction, ce sont des œillades assassines qui leur sont administrés. Un puis deux hommes s’éloignent, un troisième est encore là, titubant sur le bitume qui fini par partir aussi, laissant le jeune seul.


*******


Un dernier sourire est adressé au détective accompagné d’un hochement de tête. Un nouveau sentiment naît à l’égard de l’Homme-Bête, il est loyal, en tout cas envers son propre peuple, pas certain qu’il le sera également envers lui. Mais c’est un bon point. Tranquillement, il ouvre la porte et floute automatiquement les traits de son visage. Les gens ne doivent pas savoir. Si quelqu’un le voit, ils diront qu’ils ont vu un homme sortir de l’appartement de Frisk mais seront incapable de donner une description. Le battant refermé derrière lui, il use de sa célérité et rejoint son acolyte au plus vite, espérant que Tyler nécessitera de quelques minutes pour se remettre de ses émotions.

Moins de trois minutes se sont écoulées lorsque Salâh Ad-Dîn retrouve le sorcier. Ils sortent de l’ombre après que le vampire ait revêtu l’apparence de l’enquêteur qu’il vient de quitter. Illusion parfaite, ils se dirigent, sans se presser vers Matteo. Un hochement de tête en guise de salutation est dispensé à l’acolyte. Paroles rares, il se contente d’écouter, de sourire lorsqu’une bouteille de bière lui est collée dans les mains. Remerciement avare, il trinque et fait mine de boire une lampée mais en renverse discrètement à terre.

- Tu viens ? J’ai envie de me dégourdir les… pattes.

L’Homme-Bête rechigne et finit par secouer ses boucles sombres.

- Pas envie de crapahuter dans les égouts, mec.

Le perse accapare toute l’attention du jeune homme tandis que l’arcaniste étend son pouvoir, lisant l’aura de l’individu. Un fin sourire étire ses lèvres alors qu’il s’éloigne discrètement.

- Ca roule. Je te laisse alors. Et merci pour la bière.

A son tour, L’Eternel délaisse l’Homme-Bête et retrouve son fidèle allié. Tout en rejoignant la voiture garée à quelques rues, Salâh, impatient, questionne son ami. Il s’exprime en arabe et à voix basse.

- Alors ?
- Mammifère, famille des rongeurs. Vivant dans les égouts… Je pense que tu as ta réponse.




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