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Homo Dubitans | Tyler & Helena

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Anonymous
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Ven 28 Jan - 22:47 (#)



Homo Dubitans
Shreveport Hospital, feat. Tyler Frisk


S
acré monde dans lequel on vit. D’aucuns diraient un monde de fous, d’autres qu’il faut en effet être fou pour le tolérer. Informations, désinformation, questions, réponses, sentiments et indifférence dansent et trébuchent dans une marée protéiforme et invisible tout autour de ce qu’on qualifie communément d’humanité. Un groupe auquel tu appartiens, jusqu’à preuve du contraire. Quelle preuve faudrait-il alors apporter pour t’arracher à une entité aussi abstraite que ses membres autoproclamés sont incapables de définir avec la rigueur propre à ceux de ton espèce. Homo sapiens sapiens dubitans. La chose est curieuse : plus l’Homme est savant, plus il repousse les frontières de sa propre ignorance. Il a suffi à un lointain parent de se lever pour fonder l’humanité, et pourtant tu le fais tous les jours sans que l’on t’attribue le mérite d’être à l’origine d’un groupe aussi vaste qu’énigmatique.

 
- Helena, un patient pour toi en salle 3.
 
C’est une voix féminine, enrouée par des années de tabagisme qui t’extirpe de ton petit monde intérieur. Un clignement d’yeux pour revenir à la réalité et ton fin sourire regagne tes lèvres sous la lumière pâle des néons de la salle de repos des urgences. Tu bats encore des cils une paire de fois avant de porter ton regard sur l’infirmière qui vient de t’alpaguer.
 
- Bien sûr, je m’en occupe, merci Mary.
- Percuté par une voiture, douleurs à la jambe, ses radios sont avec son dossier.
- T’es parfaite.
- Je sais, je sais.
 
Un sourire amusé et presque affectueux illumine le visage de la jeune quarantenaire en dépit des cernes qu’elle ne tente même plus de cacher avant qu’elle ne retourne à son propre travail. Sans plus attendre, tu prends la direction de la salle. Tu rentres avec agilité et refermes la porte derrière toi en adressant brièvement un sourire rassurant au jeune homme assis nerveusement sur la table d’examen.
 
- Bonsoir, je suis le docteur Helena Porter. C’est moi qui vais m’occuper de toi, ne t’en fais pas tout va bien se passer. Tu veux bien me raconter ce qui t’amène ici ?
 
Le patient est un homme de vingt-trois ans à en croire le dossier que tu viens de ramasser sur le meuble jouxtant le mur. Tu parcours en vitesse les quelques lignes du questionnaire d’admission et t’attardes quelques instants de plus sur les clichés monochromes qui accompagnent le formulaire pendant que le jeune malade tente de s’expliquer.
 
- C’est… rien, vraiment. Juste une voiture qui m’est un peu rentrée dedans alors que je traversais la route mais je vais bien, j’ai rien de cassé… ! C’est le conducteur qui a insisté pour appeler une ambulance et m’amener ici…
- Rien de cassé, c’est assez vite dit... Nick ! Je peux t’appeler Nick ? Tes radios montrent une fracture de la fibula. Ça n’est pas dramatique, mais ça signifie au moins quelques semaines d’immobilisation.
 
Il esquive ton regard ; Nick n’a pas envie d’être ici, à moins que ce soit ton accent qui le mette aussi mal à l’aise ? Il ne serait pas le premier à tenter de se retenir d’en rire. Heureusement pour lui, tu n’es pas vraiment du genre à t’en formaliser. Doucement, tu t’approches du garçon en enfilant une paire de gants jetables. Tu attrapes quelques instruments et tu commences ton examen. Avec une lampe, tu examines ses pupilles et tu prends sa température avec un thermomètre.
 
- Qu’est-ce que tu fais dans la vie Nick ?
- Quoi ? Euh… pas grand-chose, j’ai arrêté les études y’a pas longtemps…
- Je vois. Tu as de la fièvre, tu as dû attraper une petite infection aussi.
 
La nervosité du jeune homme semble avoir passé un cran, alors tu lui adresses un nouveau sourire pour tenter de le rassurer. La manœuvre est inefficace, voire contreproductive puisque l’intéressé tente de se lever. Avec un os fêlé il ne devrait pas pouvoir aller bien loin sans béquilles, mais qu’il reste assis épargnerait quelques râles de douleur assez pénibles pour tes tympans. Tu te précipites vers lui le plus vite possible pour le faire rasseoir mais pas assez vite pour l’empêcher de poser le pied à terre. Tu t’attendais à voir – et entendre – les signes d’une douleur aiguë mais seule une grimace modérément peinée. Curieux.
D’un geste délicat et pourtant suffisamment autoritaire pour faire cesser tout mouvement à ton patient, tu dévoiles la jambe censée le faire souffrir. Les ecchymoses que tu devrais normalement observer sont presque résorbées. Extrêmement curieux. Ça n’est pas la première fois que tu observes ces symptômes ; ou du moins cette absence de symptômes. Une subtile étincelle fait scintiller tes pupilles alors que tu te penches un peu plus au dessus de sa jambe pour l'observer avec plus de détail.
 
- Bien, en effet tu as l’air de bien te remettre du traumatisme. On voit... rarement de telles capacités de guérison.

Tu adresses au jeune homme un regard évocateur, doux et perçant a la fois. Il te serait presque possible d'entendre son cœur rater un battement tandis qu'une goutte de sueur trahit son angoisse déjà évidente en dévalant sa tempe.

- Je vous l’ai dit, je vais bien… !
- D’accord, d’accord. Je vais te prescrire quelques antibiotiques, te donner une attelle et une paire de béquilles et tu pourras avoir ton bon de sortie. Il faudrait normalement que tu la portes au moins un mois, mais comme tu as l’air d’être pressé, j’aimerais que tu la portes au moins pour sortir de l’hôpital, entendu ? C’est dans ton intérêt.
 
Tu redresses les yeux pour plonger ton regard dans le sien et lui faire comprendre avec la même délicatesse autoritaire qu’il n’a de toutes façons pas le choix. L’intérêt est autant médical que social, et tu espères qu’il saura comprendre le sous-entendu dans ta phrase et qu’il se doutera qu’il est plus sûr pour lui de ne pas éveiller le moindre soupçon. On ne se relève normalement pas d’une fracture avec autant de légèreté.
Le jeune homme hoche vivement la tête et tend avidement les mains pour récupérer les précieux papiers qui lui serviront de clé pour rejoindre le monde extérieur.
 
- Aussi… j’aimerais que tu repasses me voir d’ici quelques jours pour faire quelques examens complémentaires et suivre un peu ton rétablissement, d’accord ?
 
Il hoche à nouveau la tête, cette fois-ci un peu plus anxieux. Tu n’es pas certaine de le revoir, mais il est temps de relâcher ton sujet dans la nature. Finalement, tu griffonnes quelques mots sur ton ordonnancier et coches quelques cases sur le dossier de Nick, puis signes avant de lui remettre le tout. Tu attrapes sur une étagère une attelle neuve que tu lui équipes fermement, puis une paire de béquilles qui attendaient patiemment dans un coin de la pièce.
 
- Allez, ouste. N’oublie pas de passer à la pharmacie.
 
Tu te lèves pour lui ouvrir la porte et le congédies ainsi, un air modérément complice sur le visage qui disparaitra aussitôt qu’il aura le dos tourné au profit d’une expression plus neutre caractéristique de ta personne. Juste avant d’aller rejoindre ton prochain patient, tu prends le temps de sortir ton carnet et d’y consigner tes observations de la soirée. Nick, quelle formidable énigme ; si ton diagnostique est correct, il devrait être en mesure de galoper comme si de rien était d’ici à peine quelques jours.
 


 
Tu es curieuse. Terriblement curieuse. Assise seule devant ton plateau repas à la cafétaria de l’hôpital, tu passes en revue les notes consignées dans ton carnet, les yeux luisant de la même lueur que ceux d’un enfant regardant pour la première fois à travers la lunette d’un télescope. La grande salle est remplie à cette heure-ci et les places en solitaire se font rares, et avec elles disparaissent également l’espoir d’échapper au bourdonnement effervescent des discussions. Mais ça, complètement absorbée dans ta réflexion, tu n’y prêtes aucune attention ; tout comme au jeune homme s’étant posté devant toi depuis quelques secondes, lui aussi un plateau à la main. Son ombre s’agitant subtilement sur le papier finit par te mettre la puce à l’oreille, et tu relèves rapidement la tête, confuse.
 
- Oh, pardon, je me suis un peu étalée…
 
Accent à couper au couteau : pas de doute, tes errances ne t’ont pas encore fait changer de corps ; en témoigne tout aussi bien le badge estampillé Helena Porter M.D. qui orne fièrement ta blouse d’un blanc immaculé. Rapidement et sans te poser plus de questions, tu entreprends de rassembler tes affaires et ta nourriture tiède par de vers toi pour faire de la place pour l’inconnu visiblement en quête d’une place où manger.
 

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Le petit randonneur pédestre, aka Sugar Ratatouille Baby
Tyler Frisk
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Ven 4 Fév - 8:18 (#)

C’est quel niveau de stupidité de se laisser entrainer à l’hôpital alors qu’on a une capacité de guérison qui pourrait alarmer n’importe quel médecin ? Quel niveau de bêtise de ne même pas mentir sur son identité, au cas où, pour ne pas être retrouvé ?

Depuis halloween, les gens normaux sont encore plus stressés par les CESS qu’ils ne l’étaient déjà. Les tensions se cristallisent, les groupes plaidant pour la défense des humains pullulent et font de la propagande sans honte sur le net et à la télé, des informations s’échangent pour essayer de savoir si la prof de math de son fils est une CESS, si le voisin n’est pas trop louche et autres réjouissances. Le commun des mortels est tombé dans la parano. Et dans tout ce fatras, Nick ne trouve rien de mieux que de se faire embarquer à l’hôpital pour qu’ils puissent paisiblement constater qu’il guérit de manière vraiment très anormale.

Entouré par des patients et des gens en blouse blanche qui fument leur clope, vapotent ou prennent l’air sur le parvis de l’hôpital, j’essaie de réfléchir à comment limiter les dégâts tout en écrasant mon mégot dans un cendrier non loin. D’après Nick, le docteur qui s’est occupé de lui aurait compris qu’il se passait quelque chose de louche et lui aurait fait une remarque sur sa miraculeuse guérison. Curieusement, elle lui aurait aussi suggéré de tout de même porter l’attelle pour sortir de l’hôpital. Simple précaution médicale ou réelle volonté de l’aider à ne pas avoir l’air trop louche ? Et si elle a vraiment voulu l’aider, alors a-t-elle noté dans son dossier que sa guérison était suspecte ? Impossible à dire. Elle avait proposé à Nick de revenir pour le suivi médicale, ce qui aurait été une bonne occasion pour tirer tout ça au clair, mais il est bien trop terrorisé pour même envisager de remettre un orteil dans le quartier avoisinant l’hôpital. Impossible d’avoir accès aux dossiers sans cambrioler l’hôpital ou trouver un hacker excessivement doué. A défaut, essayer de déterminer si cette docteure représente un danger semble être le plus simple, quoi que pas forcément le plus rapide.
Je rentre dans le vaste hall de l’hôpital et localise rapidement les petits panneaux indiquant le réfectoire. Vu l’heure et l’activité qu’attire tout endroit proposant de la nourriture, il y a de fortes chances que je la trouve là-bas. Le léger bourdonnement de la vie sociale s’intensifie à mesure que je m’approche de la cafétaria. La salle est pleine, mêlant blouses blanches, patients et familles. Le mélange des voix et des tintements de couverts habituels pour un réfectoire se mélangent aux bien plus inhabituels bips des machines d’hôpital au loin et des éclats de voix. Les odeurs de nourriture déjà assez peu engageantes ne parviennent pas tout à fait à masquer celle si typique de désinfectant, du sang et des gens en train de mourir. Je parcours du regard les visages que je peux apercevoir, cherchant celui que Nick m’a montré sur le site de l’hôpital. Je finis par la repérer, posant son plateau sur la table. Rapidement, je vais chercher de quoi manger pour me fondre dans la masse des gens venus se sustenter. Tout juste quelques minutes plus tard et quelques dollars en moins, je rejoins la table de la jeune docteure, profitant du fait qu’il n’y ait que très peu de places libres pour ne pas paraitre trop suspect. Ses affaires ont conquis sa table, dissuadant la plupart des gens de venir la déranger pour s’installer. Son regard a bien du mal à se décoller du carnet qui semble capter l’intégralité de son attention, mais finalement elle me remarque et décolle son nez de ses notes, me permettant de vérifier son nom sur sa blouse. Pas de doute c’est bien la personne que je cherche, du moins, si Nick ne s’est pas trompé. Rapidement, elle rameute ses affaire et je dépose mon plateau en face d’elle sur la place libérée.

« Merci. » Un fois assis, j’ouvre ma cannette de coca faisant retentir le pshiiit caractéristique. Je porte mon attention sur le docteur et ajoute : « Je voulais pas vous dérange, mais il n’y a plus vraiment de place ailleurs. »

Je déballe le sandwich peu engageant et croque dans le pain mou. Je n’ai jamais réussi à déterminer si la bouffe de l’hôpital était dégueu par soucis d’économies, ou alors si c’est pour donner une autre raison aux gens d’éviter de se retrouver ici. Ne vous blessez pas, sinon vous boufferez des trucs infames. Peut être bien qu’il s’agit d’une menace réellement dissuasive. L’attention du docteure a de nouveau était happée par le petit carnet qui semble la passionner. Un moyen comme un autre d’engager la conversation.

« Qu’est-ce que vous lisez ? »

Combien de temps avant qu’elle ne me fasse suffisamment confiance pour que je puisse essayer de connaitre ses avis sur les CESS et déterminer si elle pose un problème pour Nick ? Bien plus de temps qu’un mauvais repas dans un hôpital. Ce ne sera pas la première fois que j’essaie de devenir pote avec quelqu’un juste pour déterminer si cette personne représente un danger, mais ce n’est jamais rapide. Est-ce que cette jeune docteure à l’air si posé pourrait être du genre à refiler les informations de ses patients à des groupes anti-CESS ? J’ose espérer que non, mais la haine peut se cacher même sous les plus paisibles apparences.
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Ven 4 Fév - 15:13 (#)



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E
t alors, l’inconnu s’assoit. Normal après tout, non ? Qu’il reste planté devant toi sans avoir l’intention d’occuper la place que tu t’es appropriée sur la table serait étrange. Une anomalie bénigne mais qui aurait nécessairement une explication, aussi anodine aurait-elle pu être. Peut-être aurait-il pu te trouver jolie, ou bien tu aurais pu causer du tort à un de ses proches d’une manière ou d’une autre et il te dévisageait avant d’extirper à tes dépends une vengeance bien méritée. Peu importe finalement puisque toutes tes hypothèses se basent sur une prémisse erronée ; tant pis. La perte n’est pas non plus tragique : tu as toujours de quoi occuper tes méninges sur les lignes de ton carnet. Son remerciement marque la fin de ta digression.
Ton esprit s’engouffre à nouveau dans le discret monde d’encre et de papier dans lequel une armée de points d’interrogation attendaient sagement ton retour. Sans relever les yeux cette fois-ci, tu réponds à sa remarque dans un faiblement hochement de tête.

- Aucun soucis, bon appétit.

Tu accompagnes ta petite formule de politesse d’un bref sourire de circonstance, et ton attention quitte la pièce une nouvelle fois ; toi, tu n'as même pas encore touché à ton repas et tu n'es même pas sûre d'en avoir réellement l'intention. Comment cet os a-t-il pu se ressouder aussi rapidement ? Y aurait-il une cause magique derrière cela ou est-ce là seulement l’œuvre de mécanismes physiologiques spectaculairement supérieurs aux vôtres ? Tu aurais besoin de lui faire une prise de sang et une biopsie ; le faire passer dans un PET-scan aussi, mais quel marqueur utiliser ? Comment justifier d’envoyer un gamin au service de médecine nucléaire pour une fracture déjà guérie ? De toutes façons il doit déjà être trop tard pour cet examen, il faudrait le lui faire immédiatement après l’endommagement de l’os. Ses os sont-ils d’ailleurs plus solides que la normale ? Peu de chances qu’on te laisse scier l’os d’un jeune homme dans un bloc opératoire sans rien dire non plus.
A la fois frustrée et stimulée par toutes les questions qui s’enchaînent dans ton for intérieur, tu te mordilles inconsciemment la lèvre inférieure. Tu n’es déjà même pas sûre qu’il repasse te voir, alors tu auras beau mettre au point le protocole le plus discret et le plus efficace, sans ton patient, il risque de très peu te servir.
Et puis, une nouvelle question se présente à toi. Bien différente des autres, bien moins mystérieuse et complexe, elle s’accapare ton attention. Tu relèves la tête et accroche tes yeux bruns au regard de son auteur. Tu le fixes un instant et le dévisages sans un mot. Pas de blouse ni de badge : il ne fait ni partie du personnel soignant, ni du personnel administratif. Pas non plus de mignonne tunique de papier rose assez ouverte pour dévoiler une paire de fesses rosies ; cette pensée t’extirpe un bref sourire taquin qui se résorbe rapidement en une expression polie.

- Vous ne devriez pas boire ça, il n’y a rien de très bon à l’intérieur. C’est un comble que la cafétéria de l’hôpital en vende, ça fait pourtant quelques années que l’on ne s’en sert plus comme médicament.

Impossible, ou du moins très dur de lire la taquinerie sur ton visage doux faiblement illuminé par la courbure de tes lèvres. Tu te décides cependant à répondre à sa question, bien sûr sans dévoiler toute la vérité qui entoure ce petit mystère.

- Quelques notes sur le dossier d’un patient atteint d’une pathologie assez rare, des questions à poser à des confrères, rien de bien passionnant pour le public j’en ai crainte.

Sans parler de la vérité sans détour, il s’agit là d’un mensonge pur et simple que tu soutiens tout de même sans sourciller ni effacer un instant le demi sourire qui occupe tes lèvres.
Or, derrière cet homme se cache une nouvelle interrogation facétieuse puisque sans importance. Tu te fiches éperdument de qui il est et de ce qu’il fait ici, mais d’une certaine manière tu ressens le besoin intense d’avoir la réponse à cette question futile.

- Et vous, qu’est-ce qui vous amène ici ? Visite ou consultation ?

Tu as écarté toutes les autres options probables. Alors, intérieurement, tu espères qu’il s’agisse de la troisième réponse, celle dont tu ne pouvais pas te douter et qui rendrait ta question bien plus intéressante. Mais en attendant sa réponse, tu reportes distraitement ton attention sur tes notes. Ce gamin te rendrait vraiment une fière chandelle en se cassant une autre jambe.

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Ven 11 Fév - 9:21 (#)

Le pain mou aux saveurs oscillant entre le fade et le douteux me font me demander si le but de cette cafétéria n’est pas de retirer les derniers élans de survie et de joie de vivre à leur patients. L’ambiance est particulière, lourde et triste, tranchant avec l’habituelle convivialité des lieux pourvoyant de la nourriture. Des gens qui font semblant d’aller bien pour ne pas inquiéter leur proches mais dont le teint et les cernes trahissent un problème irrémédiable. Des parents qui se mentent en se disant l’un à l’autre que tout va bien se passer, la voix chargée d’une émotion mal contenue. Dans ce marasme de peines, de faux espoirs et de déceptions culinaires, la blouse blanche en face de moi semble dévorée par les notes de son carnet. Ma question l’arrache à sa contemplation studieuse et son regard analytique quitte les pages noircies pour se poser sur moi. Les rouages de son cerveau semblent être sans cesse actifs, plissant les traits de son visage qui me semblent bien trop jeunes pour un médecin. Sa remarque soulignant l’absurdité des denrées vendues ici, rendue encore plus critique par son accent venu d’ailleurs, m’arrache un sourire :

«  Je pense que je vais y survivre. » Je hausse les épaules en ajoutant sur le ton de la blague un peu cynique :  « C’est peut-être une manière de fidéliser la clientèle et s’assurer qu’elle revienne. »

Quoi de mieux que de s’assurer qu’un malade le reste pour continuer à lui faire cracher sa thune ? Avec notre système de santé mercantile, l’hôpital n’a pas vraiment intérêt à soigner les gens de manière définitive. Quoi qu’ils n’ont pas grand-chose à faire pour s’assurer d’avoir des patients, les gens s’intoxiquent quotidiennement avec tout un tas de choses dans la joie et la bonne humeur. Je suis affreusement mal placé pour les juger aux vues de ma consommation effrénée de clope et de café et les trop nombreuses soirées au bar. Un des rares avantages de la contamination est de ne pas réellement devoir se soucier des conséquences de ces excès qui mettraient à terre les humains au bout d’un moment. Posant un instant le piteux sandwich comme pour faire une pause dans la déception constante qu’il m’inflige, je lui fais remarquer :

« Elle doit être sacrément intéressante cette maladie vue la tête que vous tiriez. »

Est-ce commun pour les médecins de noter des choses dans des carnets individuels plutôt que dans des dossiers ? N’est-ce pas un peu dangereux pour le secret médical ? Y a-t-il des chances qu’elle ait écrit des choses sur Nick dans ce truc-là ? Si c’est le cas, ses petites notes personnelles seraient sans doute bien plus faciles à voler qu’un dossier médical officiel afin de savoir ce qu’elle sait ou ce qu’elle soupçonne. C’est bon à savoir.  Je hausse les épaules à sa question, mentant avec habitude et facilité :

« Juste un mauvais timing. Je suis venu voir quelqu’un qui visiblement est déjà parti. Alors tant qu’à être là… » Je fais un vague geste vers mon triste repas censé représenter un maigre réconfort face à une perte de temps manifeste. « Clairement, c’était une idée de merde. Probablement les dix dollars les plus mal dépensés de toute ma vie. »

Banale, un peu inintéressante, la seule histoire qui ne peut pas être vérifiée. Je doute qu’elle aurait réellement pris le temps de s’assurer de la justesse de ce que je lui dis, mais sait-on jamais. Je l’avise un instant elle et sa jeunesse qui tranche tant avec les faces ridées et cernées des autres blouses blanches qui déambulent dans le coin. Je lui donnerais la petite vingtaine, guère plus.

« Le prenez pas mal mais, vous êtes pas un peu jeune pour être docteure ? »

Peut-être qu’en apprendre plus sur son statut dans l’hôpital m’aidera à trouver où sont rangées ses affaires quand elle travaille et pouvoir mettre la main sur l’intriguant carnet et son contenu qui pourrait m’être utile. Pour le moment, ça m’a l’air d’être la piste la plus solide pour découvrir ce qu’elle sait ou pense savoir de Nick. Ou alors je pourrais ne rien trouver de concluant là dedans, mais c’est toujours un risque. Et dire que tout ça ne serait pas arrivé si ce crétin savait conduire correctement.
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Sam 12 Fév - 14:26 (#)



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T
outes les substances que l’on ingère sont des poisons, toutes sans exception, même celles qui nous soignent. Même l’eau est un poison, alors comment lui reprocher de boire une canette de soda ? Le poison, ça n’est pas la substance, c’est la dose. Il y a bien une raison pour laquelle le serpent est symbole de médecine depuis des millénaires ; pharmacie veut littéralement dire poison en grec, et les gens continuent à faire confiance à leurs médecins. Il va y survivre, bien entendu, à moins qu’il ne développe soudainement un diabète de type 2 dans les dix prochaines minutes. Et encore, il n’y aurait ni meilleur lieu ni meilleure compagnie pour le faire. Alors en effet, cher Inconnu, tu survivras.

Au vu de son visage déconfit devant son repas, il y survivrait sans doute aussi même si son sandwich avait été assaisonné à l’arsenic. Et si c’était le cas ? Les hautes sphères du monde médical américain auraient des raisons de lui en vouloir pour avoir osé formuler une critique aussi acerbe du système de santé de leur pays ⸮ Il n’a peut-être pas fondamentalement tort, mais ça n’est pas ton métier d’en décider. Ton serment t’oblige à soigner sans discrimination, et c’est ce que tu fais. De toutes façons, on ne peut pas dire que ton éducation t’ait vraiment appris à juger les gens.
L’Est londonien est un endroit particulier. Tu n’irais pas jusqu’à dire unique sur Terre, tu n’aurais pas cette prétention, mais c’est un endroit qui marque. Là-bas, on voit toutes les couleurs, toutes les langues, toutes les mentalités avec comme seul dénominateur commun une sorte de fierté protéiforme. Là-bas, on ne prend personne de haut, et si l’on essaie de le faire, on se rappelle bien vite que tout le monde est à la même hauteur, même une fois totalement émancipée.
 
L’inconnu ne répond pas tout de suite à ta question. Avant cela, il t’en pose une autre. Curieux ; autant lui que la situation qui l’entoure. Enfin, ça n’est pas vraiment une question dans le sens strict du terme, mais il n’est pas difficile de deviner que le sujet l’intéresse. Reste à savoir pourquoi. Les maladies rares, fictives ou non d’ailleurs, attisent assez souvent la curiosité morbide dès lors qu’elles présentent des symptômes impressionnants, si ce n’est spectaculaires. Est-ce son cas ? Il y a beaucoup d’autres manières plus simples de satisfaire ces envies, et une recherche internet aurait sans aucun doute été plus simple que d’aller trouver une interne quelconque dans la cafétaria de l’hôpital local pour l’interroger à ce sujet.
Tu soupires intérieurement. L’être humain est complexe, et chacun possède une logique propre et souvent imprévisible. Si tu devais comprendre les raisons qui font que chaque individu que tu rencontres agit comme il le fait, tu n’y survivrais probablement pas.
 
En tous cas, tu avais raison sur un point : c’était une visite. Tu avais bien le pressentiment qu’il n’avait pas l’air assez anxieux pour une consultation. Assez dommage cependant d’avoir raté la personne en question ; et puis d’un autre côté, autant se réjouir qu’elle soit sortie plutôt que l’inverse. Lui aussi prend la chose avec philosophie en accablant toujours ce pauvre sandwich qui n’avait pas demandé à naître, d’autant plus pour ce prix.
Sa dernière remarque quant à elle t’arrache un sourire un peu plus franc. Tu ne sais pas vraiment si c’est ton visage ou ton attitude, mais ça n’est pas la première fois que tu entends quelqu’un te dire que tu as l’air jeune pour être médecin. La plupart du temps, ce sont les patients qui s’en inquiètent mais tu les rassures rapidement ; dans la grande majorité des cas, la mention du King’s College de Londres impressionne assez le public naïf pour te laisser les soigner correctement. Tu n’es pas prétentieuse de nature, du moins tu ne penses pas l’être, mais tu aimes l’efficacité ; et il se trouve que cette méthode a prouvé la sienne.
 
- Et vous, vous n’êtes pas un peu jeune pour trouver quelqu’un un peu jeune ?
 
Tu lui réponds avec une malice inoffensive et le regard luisant d’un éclat bienveillant. Tu travailles et te tritures l’esprit depuis tôt ce matin, alors il serait bête de refuser un peu d’interaction sociale puisque celle-ci se présente à toi sur un plateau d’argent, bien que tu n’en sois pas tout à fait sûre de la raison.
 
- Je suis en première année de résidence. Dans votre pays, j’ai le titre de medical doctor et je peux traiter des patients aux urgences, mais j’apprends en même temps ma spécialité.
 
Tu laisses passer quelques instants de silence avant de reprendre. Les systèmes sont assez différents d’un pays à un autre, et celui des Etats-Unis est particulièrement compliqué pour une nation qui vante sa modernité dans le monde entier.
 
- Navrée que vous ayez raté votre ami, mais si on l’a laissé sortir c’est qu’au moins il va bien. S’il est parti tout seul par contre, vous devriez être en train de le chercher.
 
Tu reprends un court instant un air sérieux mais sans changer la douceur dans le ton de ta voix, dévisageant cet inconnu dont le nom t’est encore tout à fait égal en plissant les yeux. Mais tu laisses bien vite tomber ce brin d’humour et la grimace qui l’accompagne. Tu fermes alors ton carnet de notes et le ranges dans la poche de ta blouse sur ta poitrine. Tu soupires, réellement cette fois-ci, et tu te décides à parler un peu de ce cas fictif en prenant grand soin de choisir tes mots pour n’éveiller aucun soupçon quant à la nature de la maladie que tu es censée décrire.
 
- Intéressante, en effet. A vrai dire, je ne suis pas sûre du diagnostic et pour le confirmer il faudrait effectuer des examens malheureusement assez invasifs. Alors j’essaie de trouver une manière un peu plus, comment dire, délicate de le faire. C’est un défi assez stimulant.
 
Tu ponctues ta phrase par un sourire poli.
 
- Je n’ai pas le droit d’en dire plus. Si vous voulez en savoir d’avantage, il va falloir vous faire embaucher dans mon service.
 
Une manière courtoise, selon toi du moins, de clore ce sujet. Le secret médical est lui aussi plutôt pratique à invoquer parce que les gens savent qu’un médecin trahira pas leurs petits secrets ; il est assez étonnant de constater le nombre et la variété de personnes à attraper des IST.

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Jeu 24 Fév - 8:40 (#)

Des voix grésillantes malmenées par les vieux haut-parleurs de l’hôpital retentissent au loin, appelant tel ou tel médecin dans divers services auprès de quelques malheureux patients. Ces suppliques administratives chuintantes sont étouffées par les claquements des plateaux sur les tables, les bruits stridents de chaises raclant le carrelage blanc et les discussion lourdes et attristées nous entourant. Jusque là je n’avais jamais expérimenté le fait de manger à côté d’une famille aux larmes silencieuses venant d’apprendre la fin imminente d’un proche parent. En face de moi, entourée par les bruissements de vies et de pleurs, mon interlocutrice semble amusée par ma remarque sur son âge. Sa première réponse est taquine et me fait hausser les épaules en souriant. C’est surtout la dissonance entre le nombre d’années d’études nécessaires pour devenir médecin et la jeunesse de ses traits qui m’a fait douter. Sa réponse suivante m’indique que ses études ne sont pas si loin, ou peut-être même ne sont-elles pas finies ? Je ne connais rien au système de formation médicale et je ne sais même pas ce que signifie être en première année de résidence. Tout ce que je comprends c’est qu’elle en est à ce point de sa vie et de sa formation où la curiosité est reine et où le moindre cas un peu intriguant doit la faire sauter au plafond. Il faudra que je repère s’il y a un genre de vestiaire réservé aux résidents où elle serait susceptible de ranger ses curieuses notes qui pourraient peut-être m’aider à comprendre ce qu’elle sait et ce qu’elle ignore sur Nick. A défaut, ça fera au moins une lecture intéressante quoi que peut-être un peu dégueulasse. Je l’écoute enchainer et évoquer mon ami imaginaire en sirotant mon coca qui, contrairement au sandwich, n’a rien de décevant. Je lui réponds d’un air égal, un brin songeur, me demandant si ça arrive souvent que les patients se barrent sans sommation.

« Je crois qu’on l’a laissé partir, alors ça devrait aller. »

Une affirmation sans plus d’informations ni d’intérêt. Trop étayer ses mensonges est une erreur de débutant, surtout quand il s’agit de faits aussi insignifiants et ordinaires qu’un pauvre gars qui quitte un hôpital. Après un silence, elle range son précieux carnet dans sa blouse. Le garde-t-elle sur elle en permanence ? Est-ce qu’elle le ramène chez elle pour relire ses notes encore et encore à s’en user les yeux à trop fixer les pages noircies à la lueur des lumières artificielles ? Elle reprend en enchainant sur ce cas qui semble la captiver comme une mouche le serait par un lampadaire esseulé dans une rue sombre et humide. Le cas qui lui collait le nez dans son carnet doit vraiment être incroyable pour qu’elle en parle à un parfait inconnu, même sans détails ni précisions. Quoi que ce qui peut sembler incroyable à un jeune médecin avide de nouveautés et de bizarreries ne doit sans doute pas être perçu de la même manière par le commun des mortels. Les gens ont une légère tendance à oublier que ce qui les intéressent au plus haut point peut n'être qu’une simple et oubliable anecdote pour d’autres. Je lâche un son amusé à sa dernière remarque mais malgré tout j’ignore sa tentative de clore le sujet. Ce n’est pas tant que son cas m’intéresse, j’y connais rien en médecine et je n’ai même pas cette passion que certains ont pour les séries médicales avec des cas improbables, juste une chose qui me semble un peu curieuse. J’interromps la mastication peu aisée du sandwich à l’aspect caoutchouteux, avalant sans grande joie ce qui s’apparente presque à un joint de baignoire et reprends :

« Mais du coup vous préférez laisser crever quelqu’un plutôt que de lui faire des tests de bâtards ? Enfin… des ‘’examens invasifs’’ ? » Je vais même jusqu’à faire les geste des guillemets avec les doigts. « Ou alors c’est juste un truc pas trop grave et vous rêvez de tester des trucs juste par curiosité ? »  Ouvrir quelqu’un en deux uniquement pour savoir ce qu’il se passe est probablement assez mal vu, mais je peux comprendre la curiosité. « Et d’ailleurs, vous avez le droit de tout noter dans votre petit carnet ? Vous êtes pas censés avoir des dossiers médicaux ultra secrets et bien gardés ? »

A quelle autre endroit notent-ils les infos qu’ils ont et les remarques qu’ils se font ? Où pourrais-je trouver de quoi rassurer cette tête de nœud de Nick qui est probablement en train de faire une crise de panique quelque part à l’idée d’être découvert ? J’ai pas souvenir d’avoir déjà essayé de voler des données médicales jusqu’à présent. Ça va être drôle.
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Mer 2 Mar - 16:57 (#)



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N
ul besoin d’être un fin psychologue ou un mentaliste expérimenté pour se rendre compte que ce jeune homme n’est pas familier avec ce que tu lui racontes sur tes études. Pour sa défense, tu peux lui accorder que la manière dont les choses sont faites ne facilite pas sa propre compréhension, un peu comme si l’élitisme intimement lié au corps des médecins lui était intrinsèque. Dommage diraient certains ; toi, tu n’as pas d’avis. Tu as réussi à t’y faire une place et c’est au final la seule chose qui t’importe.

Il t’arrive de te demander parfois pourquoi tu as emprunté cette voie ; non pas parce que tu regrettes, mais plutôt parce que tu réfléchis à ce que tu aurais pu faire si tu avais décidé d’en emprunter une autre. Ce qu’il t’arrive de regretter, néanmoins, ce sont les raisons qu’y t’y ont poussée. Tu aimerais être animée par l’amour de ton prochain, par une de ces vocations brûlantes que tu admires chez certains de tes collègues. Et pourtant, tu ne te retrouves pas non plus dans la même case que ces chirurgiens à l’ego de dictateur qui ne voient en la médecine qu’un moyen de soulager un besoin avide de reconnaissance. Mais tu t’éloignes de plus en plus de la conversation entamée avec cet homme dont le nom semble importer aussi peu pour toi que son ami pour lui.
 
Loin d’être un naturel méfiante, sans doute un peu trop téméraire et curieuse pour ton propre bien d’ailleurs, tu commences cependant à t’interroger sur les raisons de la présence dans cette cafétéria si ce n’est s’auto-flageller avec ses semelles de chaussures farcies de quelques feuilles de salade. Ton métier semble beaucoup l’intéresser, en tous cas, autant que les questions d’éthique qui lui sont liées. Oh, pas qu’elles soient inintéressantes, bien au contraire, mais tu ne t’attendais pas à devoir disserter à ce sujet à ta pause déjeuner, de surcroît avec un interlocuteur a priori étranger à ton milieu et au vocabulaire profane. Quelques-uns de ses termes élargissent un instant ton sourire alors que tu imagines quelques saynètes inspirées de ses maladresses langagières. Je suis navrée madame, mais nous devons faire un test de bâtard à votre époux. Si nous ne faisons rien, il risque de crever. Tu réponds vite alors, pour ne pas laisser le temps à l'épouse imaginaire de s'insurger devant tes propos.
 
- Vous avez déjà eu une mauvaise expérience avec un médecin, pour nous diaboliser de la sorte ?
 
La question est lancée sur un ton tout à fait naturel, peut-être un brin espiègle, mais sans aucun jugement. Après tout, la délicatesse n’est pas un prérequis pour obtenir son diplôme et tu as en tête quelques collègues pour qui c’est une bonne nouvelle. Tu plonges ton regard dans le sien comme tu le fais souvent avec tes patients pour le convaincre de ta sincérité.
 
- Si cela peut vous rassurer, je ne cherche pas à torturer mes patients, et je peux vous promettre que le reste de cet hôpital aussi. La menace d’un procès permet à n’importe qui de s’en assurer dans votre pays.
 
Si tes propos sonnent comme une blague, le fait que tu es sérieuse constitue une réalité assez triste, du moins selon toi. Enfin, toi tu ne tortures pas parce que tu n’es pas sadique ; quand bien même on t’en donnerait, tu doutes d’en faire usage. Il y a une sorte de sensation grisante à effectuer tes recherches dans le secret le plus total et à t’arranger pour dénicher des données sans éveiller les soupçons. C’est une sensation que tu n’avais jamais ressentie avant, et c’est peut-être celle que tu préfères, à égalité avec la rumeur d’un gros orage prêt à éclater.
Un discret soupir t’échappe avant que tu ne reprennes.
 
- Mes notes ne s’encombrent pas de détails personnels. Une liste de symptômes, quelques détails médicalement pertinents, et énormément d’idées en vrac, c’est tout ce qu’on peut y trouver. Rien qui ne mérite d’être « ultra bien gardé ».
 
Tu lui souris poliment à nouveau, à moitié pour ne pas qu'il prenne de travers ta maigre taquinerie. Peut-être faudrait-il profiter d’avoir toujours la parole pour assouvir à ton tour ta propre curiosité ? Tu te redresses sur ta chaise à l’assise assez inconfortable et tu croises les jambes sous la table tout en gardant sur les traits de ton visage cet air courtois et flegmatique.
 
- Et vous, que faites vous dans la vie à part dépenser votre argent en nourriture fade et poisons à bulles ?

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Ven 4 Mar - 8:26 (#)

Son air réfléchi adoucit par ce léger et constant sourire énigmatique rend ce médecin bien difficile à cerner. De la mesure, du calme, des paroles retenues. Rien à quoi se raccrocher pour inférer un intérêt spécifique pour les CESS, ou même pour quoi que ce soit d’autre. A ce point de notre rencontre, je ne serais même pas capable de déterminer si elle est juste habituée aux bruits électroniques en fond et aux odeurs de l’hôpital qui nous tenaillent ou bien si elle apprécie tout cela. Sa question me surprend un peu. D’un air sérieux, je me renfonce dans ma chaise en abandonnant l’ultime bout de sandwich sur le plateau. Mon regard se fait un peu pensif, comme fouillant dans des souvenirs qui se voudraient enfouis dans ma mémoire, quelque part entre deux méandres de réminiscences brumeuses souillées par l’alcool ou dieu sait quoi d’autre. D’un ton hésitant, de celui de quelqu’un qui rameute quelques idées pour essayer d’y donner un sens dans une phrase intelligible, je lui dis :

« Maintenant que vous le dites… Une fois, un médecin m’a dit que je devrais pas boire du coca. » Surjouant le désarroi, je soupire d’un air dramatique ne laissant planer aucun doute sur le fait que cette bêtise ne soit qu’une vaste blague. Avec emphase, en secouant la tête d’un air désolé, j’ajoute : « Vraiment une sombre histoire. »

A vrai dire je n’avais pas vraiment eu l’impression de la diaboliser ou quoi que ce soit qui s’en approche un peu. Peut-être est-il courant que les gens aient de la défiance à l’égard des médecins. Ce n’est pas vraiment une question que je me suis posée jusque-là. Dans tout les cas, elle ne semble pas particulièrement inquiétée ou gênée du ressentie des gens à son égard. Elle ne semble pas particulièrement quoi que ce soit d’ailleurs. Toujours cet air égal, comme la surface d’un lac trop calme et lisse. Peut être ne s’agit-il que du côté britannique qui va avec l’accent qui tord ses mots à chacune de ses phrases. Avec cette manière égale et sans vague, elle souligne la propension de mes compatriotes à faire des procès qui pourraient couter cher à l’hôpital en cas d’excès de zèle d’un médecin trop curieusement morbide. Cela m’arrache un sourire et je me réavance dans ma chaise, attrapant ma canette de coca et fais mine de trinquer à cette vérité immuable : les Américains sont des casse-couilles revanchards.

« Vive l’Amérique et ses procès foireux alors. »

Elle en vient finalement au carnet et m’apprends des choses qui finalement m’arrangent bien. Je me fiche pas mal des détails personnels, seule ses hypothèses et ce qu’elle pense savoir sont d’intérêt dans cette affaire. J’acquiesce tout de même à sa réponse comme si tout cela semblait parfaitement logique. Inutile d’insister davantage sur ce sujet, il faudra que je récupère ce carnet ou les informations présentes dedans alors autant éviter d’attirer encore plus son attention dessus. Fort heureusement elle relance la conversation sur un sujet bien différent. Comme à mon habitude dans les cas où je ne veux pas balancer que je suis détective privé, j’use de la carte job banal et sans grand-chose à en dire.

« Je suis vendeur dans un truc d’électroménager. » En général, les gens ont du mal à enchainer là-dessus. Tout juste un ah ou un oh d’accord qui s’échappe vite vers un autre sujet. Rarement, des gens demandent des infos parce qu’ils veulent sincèrement changer leur lave-vaisselle miteux, mais rien qu’il ne soit difficile d’éluder. J’ajoute : « Et c’est pas très sympa de juger ma passion pour la bouffe dégueu et trop cher. »

La remarque est taquine et se fait supplanter par un sanglot particulièrement fort d’une dame ayant du mal à contenir son chagrin à quelques tables de là. Les pépiements de la foule triste et lourde, les odeurs du désinfectant trop fort, les annonces parfois anxiogènes que l’on entend même jusqu’ici, toute cette ambiance oppressante qui ne cesse de s’imposer encore et encore comme autant de signe de la souffrance et de la mort. De l’usure des chaires et de l’abîme de l’esprit. Malgré tout, dans ce fatras elle conserve sans mal son calme et son flegme. Toujours. D’un air curieux, je l’interroge :

« Ça vous dérange pas, tout ça ? » Je me rends compte que la question est loin d’être précise et peut être même incompréhensible. « J’veux dire… manger au milieu de gens qui pleurent ou qui savent qu’ils vont crever ? » C’est peut-être pas la phrase ayant l’allure la plus compatissante du monde, mais bon. « Ça doit être usant à la longue. On peut s’habituer à la bouffe pas ouf, mais ça ? »

Le but maintenant c’est d’attendre qu’elle dise devoir retourner bosser, essayer de repérer vers où sont ses vestiaires ou truc dans le genre, et voir si c’est risqué de choper son carnet pour photographier ce qu’il y a dedans. A défaut, revenir plus tard. En attendant, discuter de tout et de rien me semble le plus simple pour ne pas avoir l’air trop bizarre. Dans le pire des cas, je passerai pour un dragueur maladroit qui a trop temps à perdre. Ce n’est pas si terrible.
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Dim 6 Mar - 16:29 (#)



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U
n donné pour un rendu, une taquinerie inoffensive contre une autre, le juste retour des choses. Tu ne prends pas mal sa remarque, loin s’en faut ; en vérité, tu apprécies les conversations avec un peu de relief. A vrai dire, tu es la première à jouer avec un brin d’espièglerie de tes airs de pince-sans-rire pour taquiner ceux et celles qui t’en donnent l’occasion. Tes collègues, parfois tes patients pour casser l’austérité apparente de l’hôpital et leur permettre de se détendre en ta présence, et puis en de rares occasions, des inconnus t’abordant à ta table à la cafétaria. Ton sourire s’agrandit subtilement quelques instants pour lui montrer que tu apprécies, toutes proportions gardées, son trait d’humour.

 
Un autre point que vous semblez avoir en commun est le peu d’intérêt que vous portez au patriotisme. Tu as beau adorer Londres et les gens qui y habitent, jamais on ne te verra t’offusquer – de manière générale, mais particulièrement pas – pour une critique de l’Union Jack tout comme tes constats cyniques sur le peuple de la Bannière Étoilée semblent laisser Mèche-Rebelle de marbre. Tu ne décèles pas chez lui de signe qui pourrait faire penser qu’il n’est pas du coin, mais tu ne serais pas étonnée qu’il soit un habitué des déménagements.
Beaucoup de gens ne comprennent pas que tu puisses vivre sans attache et tout laisser tomber du jour au lendemain pour traverser un océan sans te retourner et sans exprimer le moindre regret. Ces avis sont peut-être plus douloureux à entendre que tes décisions à vivre. Tu ne tiens absolument pas rigueur à ceux qui les expriment, après tout c’est leur droit le plus strict, mais tu te contenteras de leur sourire, de hausser les épaules et leur rétorquer un « c’est comme ça » des plus fatalistes. Quelque part, au fond de ces pensées dans lesquelles tu as appris à éviter de naviguer par crainte de devoir affronter des monstres dont tu soupçonnes la présence depuis de longues années, tu espères voir juste en te disant qu’il ne te ferait pas de remarque à ce sujet. Mais tu t’égares.
 
Sa réponse à ta question est… décevante. Enfin, ça n’est pas sa faute, ni celle de son métier. Dans le quartier duquel tu viens, être vendeur d’électroménager serait une sorte fierté. Là-bas, la plupart des gens sont souvent condamnés à rester au bas de l’échelle, si ce n’est même à y renoncer d’eux-mêmes. Seulement, tu aurais aimé qu’il te parle d’un emploi plus stimulant. Enfin, peut-être que tu te trompes, peut-être que certains arrivent à avoir le frisson de la vente de grille-pains, mais ça n’a pas l’air d’être son cas.
Tu acquiesces tout de même d’un signe de tête et d’un regard entendu, et surtout dénué de la moindre once de jugement qu’il te reproche pour plaisanter. Si les gens n’apprécient pour la plupart pas ton manque d’attaches, ils trouvent souvent plus réconfortante l’absence totale de jugement dont tu fais preuve.
 
Et puis, le franc-parler maintenant plus à prouver de l’inconnu frappe à nouveau, cette fois-ci sur un sujet encore un peu plus délicat. Pour être tout à fait honnête, sa question te désarçonne un peu et te laisse pensive quelques instants. Tu hausses légèrement les épaules avant de lui livrer le fruit de ta brève réflexion, le ton subtilement moins léger qu’il pouvait l’être jusque-là.
 
- Tout le monde meurt, c’est un fait. Seulement, cela signifie aussi que tout le monde vit. En tant que médecin, je dois me concentrer sur cette contraposée. Je ne dis pas que les pleurs ne sont pas durs à entendre, mais d’une certaine manière on doit se féliciter de ne pas en entendre plus.
 
Tu ponctues ta réponse par un nouveau sourire. Il le devinera ou pas, mais bien que sincère, elle était incomplète. En vérité, tu es habituée depuis toute petite aux pleurs et à la tristesse ; ton père, malgré tous ses efforts, était incapable de cacher toute la peine qu’il couvait en lui. Tu as bien vite appris à y devenir insensible, ou plutôt à cacher ce monstre nommé compassion dans son sens le plus littéral derrière ce satané sourire qui ne quitte jamais tes lèvres. C’était à l’époque une question de survie, en quelque sorte, c’est aujourd’hui devenu une part tout entière de ta personnalité.
 
Pincée par un malaise que tu prends grand soin de ne pas dévoiler, tu tournes la tête et le poignet pour que tes yeux trouvent le cadran de ta montre. Puis, tu relèves les yeux vers ton interlocuteur pour lui annoncer avec ton entière légèreté retrouvée les conséquences inéluctables de l’heure qu’il est.
 
- Il est bientôt treize heures, je suis navrée mais je vais devoir vous abandonner. Je dois retourner faire des tests de bâtard et tenter d’éviter aux gens de crever.
 
Ton sourire se fait plus franc, pour tenter d’effacer par une plaisanterie le ton un peu plus grave sur lequel votre discussion aurait pris fin.
 
- C’était un plaisir, et j’espère ne pas avoir à vous croiser à nouveau dans cet hôpital ailleurs que dans la cafétaria.
 
Et c’est tout à fait sincère. Avec un certain dynamisme, tu recules alors ton siège et tu entreprends de te lever. Par réflexe, tu tâtes la poche de ta blouse pour vérifier que ton carnet s’y trouve toujours, et tu soulèves le plateau sur lequel se dresse encore ton repas intact.
 
- Au revoir.
 
Et c’est toujours sans connaître son nom que tu t’éclipses de la table pour te fondre dans la foule en direction de la sortie, puis de l’ascenseur qui te mènera jusque dans les vestiaires de ton service. Sans te retourner ; tu ne te retournes jamais, comme un Orphée trop peureux de découvrir que le visage de son Eurydice n’est pas celui de ses souvenirs.
 
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