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Dark Romanticism | Heidi & Elinor

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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
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Jeu 12 Jan - 23:03 (#)

Dark Romanticism

London Heathrow Airport, Minuit douze.

La lune l’attendait à son retour.
Haute, pleine et froide, la vieille amie teintait l’obscurité londonienne d’une clarté soyeuse, conférant au firmament nocturne la texture bistre de l’étoffe usée. Elle flânait, flanquée de paresseux lambeaux nuageux, que le tiède vent d’été étirait et morcelait, comme les couleurs ternies d’une vieille aquarelle. Une toile de nuit. Londres la moderne avait tué les étoiles, et il ne subsistait rien de ce temps où les dockers s’attardaient sur les quais, le menton levé, scrutant l’infini nocturne, et s’abrutissant l’esprit des senteurs capiteuses des bateaux oscillant sur l’eau.

Elinor resta quelques minutes ainsi. Elle aussi adoptait cette même posture pensive : la contemplation d’un horizon au ciel éteint, dont les lumières violentes de l’aéroport d’Heathrow dévoraient les jambes. Elle huma l’air tiède. Le bitume du vaste parking desservant l’aéroport international laissait encore s’évaporer la chaleur estivale. Un vent saturé d’odeurs d’échappements et de plastiques remonta entre les rangées des taxis patientant non loin, lui apportant les échos des annonces à l’intérieur des halls, et la rumeur bruissante des touristes éphémères.

L’immortelle se tut durant ces quelques instants. Elle n’aurait su dire ce qu’elle cherchait dans ce panorama sombre ; nul n’aurait pu le dire en définitive. Elle jeta un regard circulaire sur l’aire d’arrivée, où fourmillaient les activités humaines au son de l’accent anglais. Les courants d’airs firent danser sa coquette robe d’été, simpliste et d’un noir uni, une fois n’était pas coutume, et cliqueter les quelques bagues et bracelets brillants qu’elle portait aux doigts et aux poignets. Sa chevelure noire, dénouée comme souvent, luisait sous l’impalpable caresse lunaire ; elle chassa d’un revers de main leste les mèches éparses qui lui obscurcissaient ses yeux noirs.

« Je crois comprendre ce que disait Dracula sur l’attachement à sa mère patrie. » Elle savait sa Marquée non loin d’elle, mais ne se détourna pas de sa vision, comme si ses mots n’étaient qu’à l’adresse du ciel.

Elle eut un sourire malicieux. Un klaxon résonna au loin, vers les avenues reliant l’aéroport, exactement le même son que sur les terres américaines, à près de dix heures de vol d’elles deux. La même modernité. Le même astre. Elinor scruta les rares ténèbres qu’autorisaient les réverbères impitoyables du parking, et chercha en vain ce pincement de nostalgie pour l’Angleterre de sa naissance ; en son cœur, il semblait ne pas exister.

« Cachez-vous dans la même demeure durant des siècles, détournez les yeux du monde qui avance, ou bien il vous dépouillera de tout, y compris de vos souvenirs. »

Elle se tourna vers Heidi, le même sourire aux lèvres. « Amusant, non ? Je crois que je préfère le frisson de la nouveauté, et toi ? »

L’immortelle ne mentait pas. Quelque part, elle le savait au fond d’elle-même, elle aurait été déçue de ressentir ce tiraillement sentimentale envers une terre qui serait restée éternellement la même. Elle n’aimait pas ce sentiment. N’y a-t-il rien de plus ennuyeux que quelque chose qui ne change jamais ? S’amusa-t-elle en son for intérieur, tandis qu’elle raccrochait encore une mèche d’ébène derrière son oreille. Elle aimait mieux jeter toiles et meubles par la fenêtre, et laisser la lumière de la lune rentrer à nouveau dans sa vie.

Pourtant, elles étaient encore loin de Londres. Le lieu que Elinor avait choisi pour leur séjour les attendait et, en vérité, elle était secrètement impatiente de parcourir à nouveau les rues qui l’avaient vu naître. Non pas du fait d’un spleen inutile, qu’elle savait inexistant au fond de son cœur, mais par curiosité. Cette minuscule étincelle couvant dans son âme qui la tiraillait depuis quelques années déjà, et qu’elle n’avait pas identifié pleinement. La soif de découvrir, la soif de nouveautés ; elle n’avait simplement pas encore décidé sur quelles saveurs elle jetterait son dévolu.

Elinor finit par s’arracher à ses réflexions. « Bien, nous avons une voiture à notre disposition durant tout le séjour. Il faut simplement la trouver, normalement elle est sur le parking D. »

Berline noire, luxueuse bien entendu, dont elle avait les caractéristiques et la photo sur son smartphone et transmises sur celui d’Heidi. Elinor tira sa valise à ses pieds, lesquels étaient chaussés de talons d’été ouverts, et s’avança entre les rangées de voitures endormies, en cherchant l’endroit prévu. Le vent balaya à nouveau ses mèches d’opale noire, ce qui laissa entrevoir l’air presque insouciant qui illuminait ses traits pâles, et le fin sourire, indéfectible, installé sur ses lèvres délicates. Elle y prenait plaisir, en fin de compte. Ce séjour ressemblait à des vacances, pour peu qu’une créature de la nuit comme elle puisse en avoir.

Cela, c’était nouveau. Qu’étaient des vacances dans l’éternité d’un être nocturne ? Elinor n’aurait su le dire ça aussi. Pourtant, non loin de Londres la moderne, l’air lui semblait plus piquant, la nuit plus belle encore, et la lune d’une tendre familiarité ; tout lui semblait un empreint d’un sombre romantisme. Et ce parfum lui faisait presque tourner la tête, ivresse inconnue lovée au creux de son ventre, berçant son cœur froid d’un appétit sauvage. Elle aimait cela, plus qu’elle ne l’aurait volontiers avoué.
Voilà où se situait son autrefois à elle. Dans son cœur, et non dans les pierres usées du temps.

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Heidi Janowski
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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Lun 16 Jan - 21:03 (#)



Dark Romanticism
Londres, été 2021
ft. Elinor



L
e coude devant la bouche, tu bailles. Voilà ta première salutation à l’Angleterre alors que tu n’as même pas encore foulé l’asphalte de son sol. Encore un instant, un petit instant, tu laisses la brise londonienne te caresser les joues et s’engouffrer dans ton cou pour y laisser une marque en forme de frisson. Au loin, tu devines le bourdonnement typique de l’humain même à travers la large façade vitrée du terminal. En tournant un peu la tête, tu aperçois quelques travailleurs auxquels tu attribues les voix un peu plus distinctes et leur accent terriblement tranchant avec celui du sud étatsunien. C’est peut-être là la seule chose qui te dépayse. Le béton ici semble être le même qu’à l’embarcadère du départ, le verre et l’acier aussi. Tu ne t’attendais pas à ce que l’air change de goût pour ton premier voyage sur un autre continent, mais peut-être à quelque chose pour justifier ton excitation croissante jusqu’à ce que tu ne montes dans l’avion.
Et pourtant, à ce moment précis, rien n’aurait pu faire disparaître le fin sourire qui dévoilait subtilement tes fossettes. Si tu devais être tout à fait honnête, ce n’est pas tant la destination qui avait contribué à ronger ton impatience que la personne avec qui tu allais t’y rendre. Tu aurais très bien pu visiter Londres seule, là n’est pas l’essence de ta hâte. Ce voyage, c’est avant tout un moment privilégié avec Elinor ; en tous cas tu l’espères, le fantasmes, presque. C’est un nouveau pas de l’immortelle vers toi, et tu apprécies chacun d’entre eux un peu plus que le précédent depuis ce fameux soir, il y a plus d’un an maintenant, où elle t’a invitée à entrer dans sa vie.

Depuis le haut des quelques marches qui te séparent du sol, tu poses ton regard un moment sur l’immortelle admirant le ciel. La lumière des bâtiments n’est pas assez puissante pour éclairer jusqu’à vos pieds, mais suffisante pour occulter la plupart des étoiles de la voute, comme si elles étaient bien plus proches que ce qu’elles voulaient le laisser paraître. Par imitation et curiosité, tu jettes ensuite toi-même un regard à la lune régnant paisiblement sur son royaume. La remarque de la vampire te paraît sibylline à première vue, et tu descends précautionneusement l’escalier en attendant qu’elle précise sa pensée pour venir rejoindre son flanc.
Peut-être as-tu appris à la connaître un peu plus, parce que ce qu’elle te dit ne te surprend pas, comme un gage du fait que sa terre natale n’a pas changé la personne qu’elle était en décollant de sa patrie d’exile.

- Tu sais, j’aime bien dire que je suis une artiste. J’ai besoin de nouveauté pour vivre.

Ton corps adorant te contredire, tu bailles à nouveau. Même après avoir réussi à fermer l’œil quelques heures au-dessus de la mer de nuages, le cumul de tes vies diurne et nocturne se fait sentir sur ta capacité à combattre le manque de sommeil.
Être musicien, selon toi, tout le monde pourrait l’être avec un peu de travail. Bien sûr, il y aurait toujours les prodiges et les médiocres, personne ne nait égal en ce regard, mais tout le monde est capable de frapper une mélodie sur un piano. Être un artiste, cependant, c’est un état. Plus qu’un métier ou une vocation, c’est une forme de l’âme qui devient incapable de contenir sa substance. Elle ne devient plus qu’un vaisseau de ses propres interprétations. Elle se remplit et se vide aussi rapidement à mesure qu’elle reconnaît quelque chose. Le beau, la nature, la vie ; la douleur, la haine, la mort. C’est un cycle qui n’a pour but que sa perpétuation, et si elle peine à parvenir, l’âme se flétrit. Elle fane dans le silence, étouffe au milieu du vide jusqu’à se phagocyter elle-même dans un chant du cygne introverti et gorgé de désespoir.
D’aucuns disent que l’art est un moyen d’échapper à sa propre mortalité. Tu as longtemps pensé que c’était faux puisque tu voulais être à la fois artiste et vampire. Peu à peu, tu réalises que ce n’est pas si contradictoire que cela. En effet, tant que l’artiste crée, il vit. Par conséquent, tant qu’il crée, l’artiste peut aussi mourir.

Elinor et toi sortez de votre léthargie pensive à peu près au même moment, et celui d’après vous vous aventurez dans le champ de fer à la recherche de votre char du soir. Du pays. Une fois devant l’élégante berline noire et à la carrosserie au lustre parfait, assortie à tes sempiternelles couleurs d’apparat, tu te faufiles jusque devant la portière passager. Seulement, avant de l’ouvrir, tu croises les bras sur le toit de la voiture en cherchant le regard de ta marraine, ton sourire faisant écho au sien.

- Je sais que tu aimes les mystères, mais tu vas me dire un peu ce que tu as prévu pour ce voyage ou tu veux *vraiment* me faire languir jusqu’au dernier instant ?

Là encore, peu de chance pour que la réponse t’étonne, et tu la vois déjà t’adresser un rictus narquois dont elle a le secret en blâmant ton impatience.

- Allez, ne serait-ce qu’un indice, pour avoir été sage.

Ton sourire grandit encore un peu, la fatigue rendant bientôt trop difficile de maintenir le flegme que tu essayais de lui copier. Il te tarde vraiment de savoir ce qu’elle a derrière la tête. Parce que tu as finis par l’apprendre : elle a toujours quelque chose derrière la tête.


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- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
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Ven 20 Jan - 23:35 (#)

Dark Romanticism

Un siècle.
La réalité s’imposa soudainement à son esprit, alors que l’immortelle louvoyait entre les voitures aux côtés d’Heidi, à la recherche de leur location de la nuit. Voilà un siècle et quelques décennies, qu’elle n’avait plus foulé les rues de Londres et les terres d’Europe. Les décennies avaient filé, riches de sensations et de nouveautés sans que la lassitude ne vienne en ternir la vivacité des émotions qu’elle y puisait. Elinor en conclut une expression des plus humaine ; que le temps passe vite, pensa-t-elle avec un net amusement. Et en son cœur froid, elle n’en fut pas déboussolée, non bien au contraire : elle ressentit la même impatience, la même curiosité que jadis, alors qu’elle avait bouclé ses valises sans un adieu pour l’Essaim de Londres.

Vivre pour vivre. Elle s’était jurée de fouler les rues nocturnes armée de ce credo, et jamais elle n’eut besoin de se forcer à le suivre, encore moins à le regretter. Cette nuit-là, dans la Londres moderne, la même soif de frissons refit surface, aussi forte que dans les veines de la nouvelle-née de jadis. Elle avait hâte, oh oui, de parcourir ces routes, de savourer les changements et ces trésors nés durant son siècle d’absence. Elle jeta un regard discret vers l’humaine qui la flanquait alors, scrutant les véhicules à son tour, et ne put retenir un nouveau sourire, plus discret que de coutume, d’impatience contenue.

« Je sais. J’ai commencé cette vie avec un être qui ne tenait jamais en place, » fit-elle sur le ton de la banale conversation.

Elles découvrirent leur berline au bout de quelques minutes. Une Mercedes noir, dont la carrosserie luisait sous les lueurs filandreuses que projetaient les lampadaires, avec son intérieur de cuir clair qui s’apercevait derrière des vitres teintes. Elinor l’avait choisi elle-même, comme à son habitude. Comme toujours lors de ses excursions hors des murs de son manoir. Elle ouvrit le coffre avec sa clé de location pour y laisser leurs valises ; à l’intérieur comme sur les banquettes haut de gamme, la propreté était irréprochable. Elle ferma le coffre et ouvrit à son tour la portière opposée, en renvoyant à Heidi son habituel sourire narquois.

« Toi, tu as été sage ? Je dormais pendant l’essentiel du voyage, comment saurais-je si c’est la vérité, » a-t-elle répondu d’un air moqueur.

Elinor fit mine de réfléchir un instant. Ses yeux se perdirent à nouveau vers la toile nocturne, où les avions couraient après les étoiles, abandonnant derrière eux quelques rubans de lumières artificielles. L’endroit était bruyant. La rumeur polluante de la circulation leur parvenait depuis les autoroutes voisines, qui vomissaient les taxis eux-mêmes déversant leurs flots de touristes pressés devant l’aéroport. Elle avait hâte de se perdre à nouveau dans les rues de Londres, et de satisfaire l’appétit qu’elle était venu assouvir.

« Eh bien, je comptais innover. Je te proposerai quelques pistes de séjour, et tu choisiras. D’ailleurs, je vais inaugurer ton nouveau pouvoir de décision en te laissant le volant. Tu as déjà choisie le côté du conducteur, alors j’interprète ça comme un signe d’indépendance. »

Une taquinerie facile. L’immortelle s’installa sans remords dans le fauteuil du côté gauche, et déposa les clés près du volant. Le cuir couleur crème exhalait une discrète odeur boisée de désodorisant d’intérieur, subtil et bien dosé, comme on l’attendait d’une location de luxe. Elle alluma le GPS intégré au tableau de bord, pour y entrer directement les coordonnées de leur hôtel ; une adresse qu’elle connaissait par cœur.

« Mon idée est de laisser la place aux tiennes, » fit-elle en bouclant sa ceinture. « J’ai une intention derrière bien sûr, mais je me doute que t’en doutes. »

D’un mouvement délicat, elle drapa ses jambes sous les pans de sa robe, qu’elle lissa avec soin, à priori bien décidée à laisser le volant à sa Marquée, et consulta son téléphone. Des heures les séparaient du soleil. Elle aurait encore amplement du temps pour faire bouillir d’impatience Heidi, et lui dévoiler le fond de ses pensées avec sa parcimonie coutumière. Elle lui adressa son éternel sourire malicieux. Le même qui cachait encore la véritable raison de ce retour aux sources, et ses intentions vis-à-vis de son apprentie.

Des intentions, au combien nombreuses. Pour elles, pour la ville, pour la nuit. Des choses qui se vivent, des choses qui se goûtent, pensa-t-elle avec malice.

Les sensations. Apprendre à vivre. Des notions qu’elle avait commencé à lui instruire, voilà des mois de ça, mais de manière toutefois incomplète. Comment l’aurait-elle pu, avec de simples sens humain ? À présent que le sang de l’immortelle battait dans ses veines, elle pouvait presque le sentir, elle la savait désormais apte à savourer ce qu’elle-même avait savouré. Le pouvoir de la nuit, et une autre manière de la vivre.

« Oh, et n’oublie pas qu’il faut rouler du côté gauche, » termina-t-elle en s’installant lascivement dans le cuir du fauteuil, comme le ferait une simple touriste fainéante.

Naturellement, Elinor ne dit mot de ses intentions. Ces choses-là ne se disent pas, voilà tout, pensa-t-elle.

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Mar 24 Jan - 23:51 (#)



Dark Romanticism
Londres, été 2021
ft. Elinor



L
L’être qui ne tenait jamais sur place, le fameux. L’espèce de fantôme bienveillant qui nappe le récit des souvenirs d’Elinor d’un doux drap de nostalgie jalouse. Celui qui te fait pincer les lèvres à la mention de son nom et du fantasme de mentor spirituel que tu lui associes. Encore et toujours, savoir qu’il existe une autre personne dans cette espèce de famille recomposée que tu t’es créée à partir de rien te fait trembler d’impatience.
Sa question suivante fait se muer ton sourire en une grimace mutine, ta lèvre supérieure revêtant une expression presque féline. Tu ne savais pas encore quelle forme cela allait prendre mais tu savais qu’elle allait rebondir sur tes mots et s’en amuser. Tu finis par la connaître un peu, à force, et tu finis aussi par apprendre à rebondir toi aussi. Tu vois ces conversations comme une sorte de jeu, un casse-tête qui n’admet pas réellement de réponse et auquel tu t’amuses maintenant à trouver la meilleure répartie.

- Si j’avais pas été sage tu aurais justement pas passé les trois quarts du vol à dormir.

Qui sait, peut-être que ton instinct de dangereuse pyromane aurait pu te souffler un peu plus fort de faire flamber la carlingue en plein vol ? Enfin, cette pensée à moitié honteuse finit rapidement de traverser ton esprit en t’apercevant que le côté de la voiture duquel tu t’es placée, le même que d’habitude, exhibe un luxueux volant enchâssé de cuir. Trop tard, pas le temps de réparer ton erreur : l’immortelle a déjà pris place du côté passager. Tu risques de perdre cette manche de votre joute verbale. Retenant un soupir et pinçant les lèvres, tu t’assois donc devant le poste de conduite et commences à ajuster les réglages du siège et du volant. Heureusement, la boîte est automatique. Tu profites de la fin de sa phrase pour glisser quelques mots tous bas que tu sais qu’elle entendra tout de même.

- C’est pas juste, toi t’es immortelle…

Alors que toi, en cas d’accident… Enfin. Cette fois, tu lâches un véritable soupir en faisant craquer ta nuque opaline. Tu ne conduis pas si mal que ça – plutôt même pas trop mal, sans pour autant être une as du volant – mais les européens ont la fâcheuse tendance à exclure toute logique en ce qui concerne leurs routes.
Ton regard se porte ensuite sur l’écran du système de navigation, et tu tentes de parcourir ta mémoire en vitesse pour savoir si l’adresse que ta marraine y rentre te parle. Résultat négatif ; pour couronner le tout, elle t’indique avec toute la délicatesse que tu lui connais que tu peux bien t’asseoir sur ton indice. Tu roules des yeux non sans une légère exagération en réponse à son éternel sourire de porcelaine et démarres finalement la voiture.

- Je me doute que tu t’en doutes.

Frustrée ? Certainement. En colère ? Pas le moins du monde ; après tout elle n’a jamais rien fait qui t’ait un jour déçu. Seulement, elle ne t’a jamais proposé de plan comme celui-ci. Elle avait systématiquement tout prévu dans les moindres détails, et tu aimais cette manière de, pour quelques moments dans ta vie, céder le contrôle sans avoir à craindre quoi que ce soit. La connaissant, et sachant qu’elle te connaît aussi, elle est tout à fait capable d’avoir fait remplacer les vitres de tous les clubs de jazz de Londres par du verre blindé il y a deux mois de cela.
Le GPS intervient alors dans votre conversation sans avoir la moindre idée de la complicité qu’il interrompt. A moitié comme une brimade qui n’est destinée qu’à toi, et à moitié comme une pique à l’attention de ta passagère, tu répètes l’indication de la voix de synthèse avec un accent cockney caricatural, te risquant presque – presque – à un ricanement fatigué ensuite.

Et puis, dans l’intimité de la nuit, la voiture quitte le parking et s’engage sur la voie rapide. A cette heure-ci, les phares se font rares, et leurs passages éclair dans l’habitacle ne renforce que plus la sensation d’isolement que provoque leur absence. Une fois habituée à rouler à gauche, comme la vampire n’a pas manqué de le souligner, la route se dévale toute seule sous les pneus de la berline de luxe et la seule chose à laquelle tu dois faire attention est de ne pas trop te laisser bercer par le ronronnement grave du moteur. Les rangées de lampadaires défilent silencieusement en vous guident vers les lueurs plus crues de la capitale.

- Combien de temps on reste, alors ? Tu peux au moins me dire ça ?

A tes mots, une voiture particulièrement pressée vous double sur la voie de droite et tu fronces un instant les sourcils en retenant de lui adresser un doigt d’honneur sous le volant. Tu remues la tête un court instant et reportes ton attention sur Elinor. Tu te demandes si elle reconnaît la route. Après tout, depuis combien de temps n’est-elle pas venue ici ?


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- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
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- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
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Ven 27 Jan - 17:50 (#)

Dark Romanticism

La nuit lui semblait délectable ainsi. L’habitacle de leur voiture était enveloppé d’une obscurité confortable, que les illuminations urbaines coloraient de brillantes zébrures intermittentes. Le cuir des fauteuils exhalait ces senteurs chaudes et capiteuses des nuits d’été, et le bruit bas du moteur s’associait aux vibrations de la route pour créer une mélodie sourde et relaxante, comme une berceuse qui engourdissait l’esprit. Derrière les vitres défilaient les silhouettes cubiques et sèches des bâtiments modernes, que la vitesse rendait floues comme un rêve fiévreux, où les sommets des immeubles se dissolvaient dans la noirceur du ciel nocturne.

Elinor se tut un moment. Elle apprécia ce silence intime et cet abandon du contrôle automobile, savourant les nuances et les senteurs de la nuit, où ses sens erraient sans réel but, libres de ressentir et de s’étonner. Libres de savourer et de découvrir, comme pour la toute première fois. Les ruelles de la Londres d’autrefois avaient été l’écrin de ses nouveaux sens éveillés à la nuit éternelle, et quelque part, loin au fond d’elle, elle appréciait revivre cet émerveillement. Les voies de la Londres moderne pavaient ces nouveaux souvenirs de merveilleux sentiments neufs et vifs, qu’elle ne pouvait qu’apprécier, tant ils lui étaient précieux.

Sa main droite caressa ses cheveux. Elle enroula pensivement une mèche sombre, comme les questions de sa Marquée brisait le silence, au même titre que les directives du GPS, et se prêta à sourire. Non le même que d’ordinaire, le malicieux et cachottier, mais celui d’une jeune vampire ivre et fascinée par les charmes de cet univers d’obscurité qui l’emportait dans ses bras immortels. Elle se réserva un moment de réflexion. Seule avec elle-même, son regard dérivait avec la même passion dévorante au cœur de ses boulevards s’ouvrant derrière les vitres closes de la voiture, dans lesquels elle se voyait déjà se noyer et s’enivrer.

« Ton accent est à revoir, » fit-elle soudainement, sans cesser de fixer le panorama sombre, piqueté des lumières des phares qui défilaient derrière la vitre. Puis, tout aussi soudainement, elle laissa délibérément son vieil accent londonien troubler son parlé américain. « Tu dois insister sur les A. Et oublier les H. Sinon tu vas tout de suite passer pour la touriste américaine lambda, et je serai très déçue. »

Un éclat de rire délicat ponctua sa déclaration. Elle secoua machinalement la tête, chassant ses quelques mèches noires qui caressaient ses tempes, et retourna quelques secondes à sa contemplation. Au fur et à mesure de leur approche du cœur de Londres, la ville abandonna ses habits de tours de verre moderne, et se vêtit des silhouettes plus menues, mais plus élégantes, des vieux bâtiments. Cela aurait été mentir que d’affirmer qu’elle ne reconnaissait rien de tout cela. Les façades vieillies et les ruelles ici et là détenaient des géométries familières, des nuances et des indices impalpables qui captaient sans mal son attention.

La mémoire émotionnelle est réellement fascinante, pensa-t-elle, comme ces aspects éveillaient en elle des anciennes sensations inconscientes, qu’elle n’aurait su exprimer habituellement. Un désir et une attirance qu’elle se souvenait avoir ressenti jadis, lors de ses premiers pas ; autant de pensées fugaces, insaisissables, qu’elle savoura de plus belle. Une sorte de torpeur délicieuse l’emporta, qui la fit oublier un court instant la présence d’Heidi à ses côtés, la route bourdonnante, le clan et ses affaires, le monde entier.

« Je peux le dire, » fit-elle en s’arrachant finalement avec effort à cette humeur mélancolique.

Comme pour étirer l’attente et l’impatience de sa Marquée, Elinor ouvrit son sac à main, pour y rechercher une clé USB, qu’elle brancha aussitôt dans les ports de l’autoradio, avant de se tourner vers la conductrice.

« On reste le temps que nous souhaitons. Cet hôtel m’appartient. C’est celui où j’ai séjourné avec Jean, lors de mes débuts dans le monde de la nuit. Je l’ai racheté avant mon départ vers les États-Unis, et même si j’ai confié son entretien et sa modernisation, mes alias ont conservé l’essentiel des droits dessus depuis. »

Elle se détourna d’Heidi, un instant. Le revers de sa main lissa pensivement les pans de sa robe couvrant ses jambes délicates, et son regard se perdit au-delà de la route, vers l’horizon nocturne qui brillait des milliers de lumières éternelles du cœur de la cité. Elinor elle, bien que sa posture lascive illustrait le contraire, était empreinte d’une impatience maîtrisée face à ce séjour et cette nouvelle étape qui s’annonçait pour Heidi.

« J’ai envie de te faire ressentir ce que j’ai ressenti alors. Ce que c’est d’être au-dessus du jeu, de détenir le pouvoir de la nuit, et d’être bien plus que simplement différente des humains. Ne plus être l’instrument de qui que ce soit, de quoi que ce soit, et apprécier, vivre, ce dont tu es passionnée. Je veux que tu oublies tes limites. C’est aussi se découvrir soi-même, tu verras. »

L’hôtel n’était plus très loin. Déjà, les avenues se resserraient à l’approche du centre-ville, et les lumières se faisaient plus proches, plus vives, tandis que les célèbres taxis et bus apparaissaient. Elle avait l’impression de le sentir déjà ; la vieille façade stylisée de cet hôtel, où elle avait appris l’art de la nuit de la bouche de ce Sire si flamboyant. Cela serait sans doute différent pour Heidi. Cela pouvait être un échec aussi, mais Elinor avait la certitude que ce séjour était un nouveau jalon essentiel dans leur relation, déjà bien enracinée.

Comme pour ponctuer son discours, Elinor brancha l’autoradio. Elle sélectionna aussitôt la clé USB ajoutée, à l’intérieur de laquelle l’immortelle avait stocké une playlist, composée de titres d’Heidi et d’elle-même à la fois. Bientôt, les enceintes de la berline résonnèrent des premières notes, tout à fait appropriées de son propre avis, de "Moondance" de Van Morrison. Leur voiture traversait alors les rues brillamment éclairées du centre de Londres, et le GPS crachait bruyamment ses instructions sur les quelques kilomètres restant.

Elinor n’ajouta rien. Elle laissa la musique dénouer les réflexions d’Heidi, auxquelles l’immortelle avait bien assez donné matière à réfléchir. Après tout, la jeune vampire d’alors avait suivi les mêmes pas à l’époque, bien lointaine, où un français lui contait les merveilles de la nuit, et l’avait initié à un monde que ses rêves passionnés lui avaient déjà ébauché. Il lui avait montré Londres à l’heure du romantisme noir.
Je le copie sans doute un peu, mais nous ferons à ma façon, pensa-t-elle en admirant les reflets des vieilles lueurs lunaires sur le métal froid de la civilisation.

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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Mer 1 Fév - 0:24 (#)



Dark Romanticism
Londres, été 2021
ft. Elinor



P
eu à peu, les faux stroboscopes de la voie rapide se font plus rares au profit de napes de lumière plus diffuses. Par-delà les faubourgs, la cité se dresse, imposante et tortueuse. Les rues se font plus étroites, serpentines ; les immeubles troquent parfois le béton contre la pierre, la brique ou le bois dans un amalgame incohérent que certains appellent « charme ». Tu aimerais prendre le temps de les admirer un par un, puis bloc par bloc, rue par rue, puis à l’échelle de toute la ville pour te faire un avis sur cette beauté typiquement européenne, mais ta concentration de plus en plus intense sur la route t’empêche de le faire. Tu auras beau dire ce que tu veux sur ton Amérique natale, mais au volant de la berline de luxe, tu regrettes ses grandes lignes droites et ses intersection à l’équerre.
Tu roules des yeux lorsque l’immortelle te traite de touriste, mais tu ne les détournes pas trop longtemps du bitume londonien. Ton cockney est peut-être à revoir, mais elle n’a pas encore entendu ta caricature de britannique snobinard qui, elle, touche le réel du doigt. Tu prends vaguement note des conseils de l’autochtone en sachant pertinemment qu’elle se moque de toi.

La réponse qu’elle t’apporte ensuite, cependant, fait naître de tout autres émotions sur ton visage. A quoi bon les cacher puisqu’elle les devine presque avant même les avoir provoquées ? Et pourtant, en quelques phrases à peine, quel prodige d’arriver à en réveiller autant. Impatience, fierté, bonheur, curiosité se mélangent dans ton âme pour ne former plus qu’un éther aux lueurs sobres et chaleureuses dont tout la complexité trouve reflet dans ton sourire discret.
Rester autant que vous le souhaitez… Pourquoi pas un mois ? Un an ? Pourquoi pas deux, dix, ou même toute une vie ? Pour toi ce serait l’occasion de recommencer depuis le début dans une ville dont le cœur bat sensiblement plus fort que votre port de Louisiane. Mais tu ne peux pas non plus partir comme ça, laisser tout ce que tu as construit cette dernière année derrière toi sans apporter une véritable conclusion à cet édifice. Un court instant, l’idée de changer de continent – au moins pour un temps – devient sérieuse dans ton esprit, et tu te promets d’y accorder une véritable réflexion. En réalité, la seule chose qui te freine est de potentiellement t’y retrouver seule. Tu as besoin d’une ancre, parce que même sur une mer redevenue calme, tu as peur de dériver plus que tout au monde.
Tu passes sur le fait qu’elle possède littéralement l’hôtel, et le fait que ça n’aurait plus dû te surprendre en premier lieu après un voyage en jet privé. La seconde chose qui t’interpelle réellement est le sens de ce voyage qui se fait de plus en plus clair avant même qu’elle te donne quelques détails supplémentaires. Votre venue ici, c’est comme marcher dans les pas de l’immortelle longtemps après que les traces se sont effacées. Combien a-t-elle dit qu’elle n’a pas mis les pieds sur le vieux continent ? Sans doute assez pour redécouvrir la capitale sous un angle nouveau. L’expérience jusque là semble lui plaire, mais tu ne saurais pas dire comment tu le devines. Peu importe au final, cette sensation de légèreté enveloppe ton palpitant d’un linceul de douceur et de quiétude.

- Oh, je vois.

En réalité, tu ne voyais pas du tout. Une maigre poignée de mots comme seule réponse immédiate, mais un torrent de questions à l’intérieur de ton crâne. Tant que tu ne sais pas par laquelle commencer et qu’il serait sans doute dangereux de chercher à répondre à cette question-ci tout en manœuvrant entre les rangées d’immeubles anciens éclairés par le halo familier des lampadaires. Et puis, tu n’aurais pas pu réfléchir non plus après avoir réalisé toute la portée de l’attention musicale d’Elinor. En entendant les titres s’enchaîner, tu aurais presque pu verser un larme de joie tant la situation te semble irréelle.
Le reste du trajet se fait dans un mutisme confortablement enveloppé de mélopées acidulées, du moins jusqu’à ce que tu gares finalement la voiture dans le parking de votre résidence des prochaines nuits. Tu coupes le moteur d’une rotation du poignet et à regret avec lui la musique, mais restes un moment le regard fixé sur le tableau de bord et la main sur la clé. Quelque chose se trame dans ta tête, mais même toi ne saurait pas dire quoi. Tu as ressenti le besoin irrépressible de dire quelque chose, mais tu dois attendre de trouver quoi ; les derniers mots de l’immortelle tournent en boucle dans l’espoir qu’ils déclenchent une prise de conscience subite.
Un fin sourire, à peine teinté de bleu, transparaît sur ton visage une seconde lorsque tu songes à simplement exprimer ta joie. Tu te trouves trop sentimentale, d’un coup, honteuse à l’idée de lui imposer comme ça le sentiment en A.

- J’ai l’impression de pas penser assez grand, maintenant.

Oublier ses limites, c’est un peu comme vouloir chercher à dévorer le ciel ; s’émanciper de sa condition, bien sûr, et c’est aussi ça être une longue-vie, tu imagines. Pourtant, tu n’arrives pas à trouver la moindre envie qui dépasserait le cadre qui est le tien.

- Je veux dire, j’ai déjà eu l’impression mille fois de dépasser mes limites avec toi.

Sortir la tête de l’eau n’était-il déjà pas assez ? Maintenant, lever l’ancre et flotter au-dessus des vagues. Contempler le monde depuis un Elysée dont la plupart n’ont même pas idée. Comment se figurer un tel endroit sans jamais y avoir mis les pieds ?

- Tu veux bien me dire au moins comment tu as fait, toi ? Par où commencer pour transcender sa nature ?

Tu fais un véritable effort pour ne pas laisser l’angoisse reprendre le pas sur ce moment si particulier. Angoisse existentielle, angoisse de décevoir ta marraine. La question te taraude et te brûle les lèvres et la trachée : et si tu n’étais pas prête à ça ? Et si tu ne l’étais jamais ? Tu prends une grande inspiration et secoues légèrement la tête en adressant un regard rapide à l’immortelle. Voilà donc la première limite qui persiste : cette carence en confiance et ce doute permanent qui gangrène ton estime et t’empêche d’apprécier ta vie malgré sa nouvelle valeur.


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Elinor V. Lanuit
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En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
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- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

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Ven 3 Fév - 18:36 (#)

Dark Romanticism

La route s’effaça, mais la nuit demeura entière. Bercée de mélodies familières, l’habitacle était ce cocon de ténèbres intimes qui traversait les souvenirs, où l’ancien et le moderne se mêlaient avec une avide passion. La Londres d’aujourd’hui bordait ses routes filiformes de bâtiments chics aux hautes fenêtres, des bureaux  modernes imitant les anciens styles. Un habit de béton du siècle dernier, que la ville abandonnait volontiers près de son cœur, en faveur des vieilles pierres et des briques noircies par des siècles plus reculés encore.

Quel vertige, pensa-t-elle avec amusement. Car la nuit créait alors cette illusion, où sa mémoire superposait les couleurs fumeuses de son ère victorienne, à la réalité éclatante d’électricité du XXIe siècle. Le ciel si près de la City, était délavé par les projections commerciales des boutiques insomniaques, et la pierre des vieux bâtiments avait l’aspect d’une toile contemporaine, où l’on aurait jeté pêle-mêle les pigments criards des néons à grands coups de pinceaux rageurs. Fascinée, Elinor ne quittait pas ce spectacle des yeux.

Certaines rues lui étaient familières. Elle eut la très nette sensation, douce-amère, de scruter l’album passé de son enfance, que l’on aurait redécoré à l’aune de la modernité. La vie avait poussé sur ses souvenirs. Elle revisita en pensée ces mêmes géométries, ce même esprit britannique ayant sculpté ces rues, et elle se vit alors les parcourir à nouveau, fantôme oscillant entre passé et présent. Tout lui semblait repeint d’un plus bel éclat encore, celui de la nouveauté, un renouveau vif qui redonnait saveur à la poussière et à l’oubli.

Tout cela était fascinant, vraiment. Elle se félicita de sa venue, comme la route disparaissait sous les ordres du GPS, et que l’hôtel apparut, au milieu de son parc privé. Là aussi, la familiarité la frappa. Un souvenir se superposant à la réalité du présent, une sensation délicieuse et pétillante qui la poussait à la curiosité, et que nul regret nostalgique ne venait ternir. Elinor avait hâte de redécouvrir tout cela. Ces couloirs de jadis, son balcon surplombant la cité, son lustre et son intimité au cœur de la nuit britannique.

Tout cela avec Heidi. Tout cela avait la saveur d’autrefois, bien sûr, mais rien n’était désormais semblable, et jamais elle ne l’aurait désiré ainsi. Tout lui paraissait plus vibrant, plus passionnant. Une patine précieuse avait enveloppé sa mémoire, que sa sérénité et son expérience avait enjolivé d’une beauté merveilleuse, à la façon d’un bijou précieux dans son beau cadre de verre. Elle-même était ainsi quelque peu différente de la jeune vampire d’alors et, sans doute aussi, venait-elle retrouver maintenant une part de cette Elinor-ci.

Et qui sait, ce que l’immortelle d’aujourd’hui raconterait à l’immortelle d’hier. Une histoire, sans doute, qui n’aurait pas plus de prise sur celle qu’elle avait été, comme celle qu’elle était maintenant. Cela la fit sourire.

Ce fut ce même sourire qu’elle exprima, en tournant la tête vers Heidi. « C’est normal de ressentir ça, Heidi. Toutes les grandes choses naissent quelque part entre la méthode et la folie, n’est-ce pas ? »

L’immortelle n’aurait su trouver citation plus appropriée en ce lieux, et à cette heure. Et comme le bruit du moteur s’était tu, elle-même s’éveilla lentement de cette torpeur délicieuse qui les avait porté durant tout le trajet. Le silence était revenu occuper l’habitacle et, tout autour d’elles, les surveillait la masse éclairée de l’hôtel, avec son parc privé, aux immenses pins et chênes qui lovaient les massifs de fleurs dans un écrin d’obscurité rare. Elle admira avec curiosité ce décor mais, bien vite, elle prêta l’oreille aux doutes d’Heidi.

« Je te raconterai volontiers, nous avons tout notre séjour pour ça. Mais n’ai aucune inquiétude quant au chemin que j’ai emprunté, ce ne sera pas forcément le tien, » expliqua-t-elle avec lenteur, comme si elle choisissait avec précaution les termes de son exposé.

Elinor eut un nouveau sourire, indéchiffrable, et elle hocha la tête pour elle-même. « Tout cela s’apprend, et se vit. C’est ton âme et conscience qui doit éprouver tout cela. Est-ce que tu croirais une personne qui se dit artiste, musicienne, simplement parce qu’elle a lu un manuel sans jouer une seule note ? »

Elle laissa une seconde de silence ponctuer sa déclaration. Nul besoin de répondre à cette question d’elle-même, Elinor savait sa Marquée tout à fait capable d’appréhender ce point de vue. « Néanmoins, je suis là, avec toi, non ? Je t’apprendrai, comme moi je l’ai fait autrefois. »

Un dernier sourire complice, et Elinor se détourna. Comme pour donner raison à ses propos, elle ne voulait pas s’attarder en conjectures et en hésitations ; elle avait l’intention de vivre la nuit, et de la faire vivre à sa Marquée. L’hésitation, c’est la défaite, pensa-t-elle en ouvrant la portière, tenant avec précaution sa robe d’été pour ne pas la froisser. Non que l’immortelle refusa expressément de discuter de philosophie, elle en avait eu l’habitude autrefois, mais toutes deux avaient bien assez de temps devant elles pour y venir.

Elinor sortit de la voiture, et huma l’air nocturne. Les senteurs des aiguilles de pins enveloppaient la brise de parfums piquants et insistants, que venaient à peine couvrir la fraîcheur terreuse des petits chemins de graviers qui se perdaient entre les arbres. L’hôtel apparaissait alors, illuminé de puissants projecteurs, dont les rayons découvraient chaque menu détail de son architecture, lui donnant l’allure d’un monument ancien et endormi. Les rangées de voitures étaient autant d’observateurs silencieux, et les seuls éléments, en dehors de la rumeur lointaine des avenues, attestant de leur appartenance à ces temps modernes.

Bien sûr, Elinor avait supervisé ces travaux de modernisation. Bien sûr, l’hôtel avait conservé son charme de jadis, mais on avait instillé à l’intérieur cette alliance, chère à l’immortelle, du bon goût d’autrefois, avec le confort du XXIe siècle. Celle-ci claqua la portière derrière elle, et s’accouda momentanément sur le toit de la voiture, comme l’avait fait sa Marquée pour s’adresser à elle, imitant même son sourire d’alors.

« Oh, à ce propos. De quelles limites parlais-tu ? Des tiennes ? Des miennes ? De la société ? De la nature ? De la bonne morale ? De quelle époque ? J’ai toujours eu du mal à définir ce terme-là. »

Elle se redressa, tout sourire, et la brise joua une fois encore dans sa chevelure noire, déliée, qui retombait sur ses épaules que sa robe d’été avaient laissé nues. Faisant le tour de la voiture pour ouvrir le coffre, elle ajouta, d’un ton détaché et innocent à la fois, comme si la vampire ignorait l’importance de ses mots.

« Par ailleurs, je te fais confiance, » ajouta-t-elle en récupérant sa valise, laissant sa phrase en suspens, et se faisant refusant de définir véritablement le cadre de cette confiance.

Tout cela se vivrait, Elinor l’avait anticipé. Les limites, la nuit, la confiance. La mélodie des temps, que l’on ne pouvait résumer par un ensemble de mots, aussi intimes soient-ils. L’immortelle ramassa sa valise, et entrepris de remonter l’allée de dalles symétriques et nettes, qui conduisaient au hall d’entrée de l’hôtel, où jadis elle avait cherché à définir ses propres limites. Aujourd’hui encore, elle avait échoué à cela.

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