L'Archipel des hérétiques • Jenaro

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ADMIN ۰ Dalida - Elle devra choisir entre son amour et sa mort.
Aliénor Bellovaque
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"Eh bien ; la guerre."

En un mot : La Vipère sous la rose.
Qui es-tu ? :
"Don't die with a clean sword."

♚ Caïnite âgée de trois siècles ; Accomplie du bel âge à portée d'ongles carmins.
♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. À la tête du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

♚ SLAVE TO DEATH ♚

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"I know where you sleep."

Facultés : ♚ Vicissitude (niveau III)
♚ Mains de la destruction (niveau I)
♚ Chimérie (niveau I)
♚ Stratège. Rapide. Teigneuse.
Thème : Sleep Alone ♚ Bat for Lashes
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♚ CANNIBAL ♚

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"Mind if I cut in?"

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Pseudo : Nero.
Célébrité : Laetitia Casta.
Double compte : Eoghan Underwood, Sanford R. De Castro, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Crédits : LUNAR (ava') ; Amiante (signa')
Mer 8 Mar - 5:05 (#)

♛ « Qui veut recevoir un coup de poignard? »
« On ne peut m’accuser de tout ce qui a été commis. Le fardeau de tous ces désastres s’est trouvé confondu en un seul, que l’on m’a mis sur les épaules. Nous n’attendions rien d’autre que la mort. Les os brisés sur la roue.  »

▼▲▼

Avril 1747.
Port de Léogane.
Colonie française de Saint-Domingue.


« C’est vraiment la dernière fois que j’accepte de faire une chose pareille. »

La puanteur remonte jusque sur le pont récemment lavé à grandes eaux. Peut-être espère-t-elle, par la répétition plus que de raison de ces nettoiements superflus, aider les miasmes à s’évader plus vite, de la proue à la poupe, du balcon jusqu’à la vigie en passant par les écoutilles. Le voyage n’avait été que de courte durée, comparé aux trajets d’ordinaire effectués par les négriers depuis les côtes africaines. Et pourtant, ces quelques jours passés à naviguer pour transporter une cargaison d’esclaves d’une terre à une autre lui avaient paru durer une éternité.

« J’ai l’impression de t’avoir entendu répéter cela au moins une bonne trentaine de fois. Tu sais que ça n’effacera pas la réalité n’est-ce pas ? »
« Je le répète pour être bien sûre de m’être faite comprendre, et que le message passe. Moi, je ne dois rien à aucun autre bâtiment pas fichu de faire réparer quand la situation l’exige. »
« Le transport de ce type de marchandises abîme les vaisseaux plus rapidement qu’à l’ordinaire. »
« Eh bien ce n’est pas mon problème. Qu’ils dirigent un aviso, si le carénage les dérange. »

Lui ne relève même pas, secoue la tête et referme ses doigts épais sur la barre, fixant l’horizon et, plus particulièrement, les rivages qui se rapprochent à vue d’œil, désormais.  

« Fais déployer, sur l’artimon. »
« Pas la peine. Le vent nous affale vers la côte, que nous le voulions ou non. Laisse-le travailler pour nous. »

Elle acquiesce, ne discutant pas l’expérience de son aîné, malgré sa position hiérarchique subalterne. Toute sa nuque lui semble raide. Raide de tension. Sa paume vient chercher la naissance de l’échine, s’étend, jusqu’à ce que la pointe de ses doigts puisse s’emparer de la pointe d’une omoplate. Elle remue l’épaule, cherche à décoincer ce qui rend son articulation douloureuse, et la moindre station debout presque insupportable. Le roulis, pourtant correct, aggrave son malaise, et la faiblesse de son bras droit. Sa moue boudeuse et ses sourcils froncés, renforcés par le soleil qui l’aveugle en se reflétant sur les eaux, n’aident pas Charles Pollard à oublier d’où vient le capitaine de L’Espérance. Du haut de ses vingt-huit ans, voilà maintenant quatre ans que les lettres de marque vont et viennent, depuis la mort de Guillaume. Les débuts ont été périlleux. Pour ne pas dire tragiques. C’est qu’ils en ont passé, des nuits pleines d’incertitude, à craindre la mutinerie, à penser que la mutation partielle de l’équipage se produirait tôt ou tard dans le sang et la révolte. Pourtant, rien n’est venu. Le ton est monté, les rangs ont grogné. Et cependant, ils voguent toujours. C’est la seule chose qui importe encore au vieux renard des mers dont le ton paternaliste ne masque jamais totalement l’affection qu’il porte à cette gamine qu’il a vu commencer mousse. Il remarque l’inconfort de la jeune femme, et se permet un mot malicieux.

« Ta bannette est toujours la même, et d'habitude, tu dors de plomb. Tu dois être sacrément contrariée pour souffrir ainsi. »
« Je n’ai pas envie que la frégate soit dégradée. »
« Ce n’est pas l’état de la frégate, qui te pèse. »

D’un mouvement élégant, d’une pression calculée, Pollard les fait virer, les aidant à garder le cap.  Aliénor, pour sa part, soupire. Charles a raison. C’est qu’elle ne dort plus exactement comme avant, depuis que le bruit, par elle, s’est répandu. Ses lèvres sèches et gercées par le sel et les bourrasques d’écume crissent sous la langue qui les effleure, cherchant en vain à apaiser la soif qui commence à lui démanger le gosier. Agacée, elle repousse une mèche de cheveux minuscule, échappée de la longue tresse qui bat jusqu’au creux de ses reins. Sa chemise blanche fait bouffer ses membres supérieurs, là où la brise s’engouffre et rafraîchit leur carne chauffée par le soleil qui s’acharne à briller haut et dur, ces derniers temps. À ce moment précis, un nuage pestilentiel lui parvient de plus belle, l’obligeant à fermer les yeux pour juguler une nausée autant qu’un juron. Elle n’ose pas imaginer ce qu’il doit en être, là-dessous.

« Je suis fatiguée. »
« Tu as peur de le lui dire ? »
« Évidemment, que j’ai peur. Je suis sûre qu’il aurait préféré que nous gardions cela pour nous. Mais c’est impossible. » Ses paumes se juchent sur ses hanches cerclées par une ceinture épaisse, tandis qu’elle contemple le ballet des hommes qui vaquent à leurs occupations en contrebas. Elle les entend déjà, faire le point sur leur maigre fortune ou leurs prolifiques économies, envisager une nuit de fête et de débauche, qu’elle ne leur interdira pas. Ce soir, elle aussi aura besoin du secours du rhum, si elle veut affronter le regard sombre qu’elle redoute déjà. « Le Pacte, c’est une chose. Ce n’est déjà pas… banal, en soi. Tant que ça ne nuit pas à la couronne de France, je m’en moque. Je préfère savoir sur qui je peux compter, et plus d’une fois l’histoire nous a prouvé que nous avions eu raison. Mais ça… Ça, Charles, c’est autre chose. Les Britanniques le traqueront, en feront ce qu’ils en voudront, mais je ne veux pas d’un traître en train de moisir dans les parages en attendant de nous tomber dessus. Il connaît nos méthodes, il connaît nos terrains de prédilection. Je me suis déjà laissée surprendre une fois, hors de question de permettre à ce chien de passer d’une niche à l’autre sans lui faire comprendre qu’une allégeance se doit d’être unique, pour exister. Moi je n’ai pas prêté allégeance aux traîtres. J’ai signé un traité d’alliance. C’est complètement différent. Mon allégeance, elle, n’a jamais changé de bord. » Qui cherche-t-elle à convaincre ? Charles ? Elle-même ? Elle croit sûrement qu’à force de se répéter ce mantra jour et nuit, elle parviendra à s’acheter une stabilité qu’aucune remarque, aucune gueulante ne pourra démettre. L’épreuve est de taille. Elle se bat contre ce qu’elle ne peut déjà plus changer, sans pouvoir toutefois nommer cette incertitude : regret. Regrette-t-elle d’avoir dénoncé Connor Epps aux autorités ? Non. Elle n’aurait jamais pu revenir sur la décision de condamner le tout nouveau pirate à qui voulait bien recueillir cette précieuse information. Au moins lui rendait-elle service, quelque part. Au moins serait-il désormais libre d’arborer la voile noire sans craindre de salir sa réputation. Elle s’en était chargée pour lui.

Le souffle un peu court, elle observe le port qui se dessine désormais en détail, et abandonne une main contre le bras de son ami et mentor. « Je te laisse réduire la toile et surveiller les encablures. Parez aux manœuvres sans moi. Je reviens. »

Ses bottes touchent à peine le plancher de son navire, tandis qu’elle descend les marches pour se rapprocher, bon gré mal gré, de la bouche sombre ouvrant sur les profondeurs de la nef. Dans son dos, Pollard aboie les premiers ordres, et les marins à sa portée s’activent autour d’elle, l’esquivant avec une grâce que seuls possèdent les hommes qui vivent sur l’océan. Malgré sa détermination, elle plaque presque douloureusement l’une de ses manches contre ses narines, avant de s’engager dans une nouvelle volée aux degrés étroits. Plus elle progresse, plus l’odeur devient insoutenable. Le mélange, atroce, comporte sans nul doute la sueur des hommes noirs enferrés contre les bardis, sans compter l’urine, les vomissures, les déjections qui ont accompagné ces six jours de capture dans les cales du navire. Jamais elle ne parviendra à se débarrasser d’une infection pareille, songe-t-elle. Sa propre cabine s'est transformée en un bagne putride, malgré la porte qu’elle laisse fermée en permanence. Elle fera radouber la frégate à peine le débarquement des futurs esclaves effectués, elle se le jure. Aucun marin ne consommera la moindre goutte d'alcool tant que les soutes n’auront pas été récurées avec soin. Elle se réjouit de leur escale prolongée : reprendre la mer derechef aurait été un supplice qu’elle n’est pas prête à concéder pour le moment.

« Thomas ! »

Le lieutenant de bord Jolivet se redresse en apercevant son capitaine, s’approchant de la Bellovaque avec la même expression crispée sur le visage. Lui aussi souffre, supervisant du mieux qu’il le peut ce transport exceptionnel qu’ils ne sont pas habitués à préparer.

« Je veux… Je veux que vous procédiez au débarquement immédiatement. Commencez à les sortir de là. »  
« Oui. Je crois que ce sera encore le mieux… » Elle s’empêche de respirer par les narines, aspirant une bouffée d’air par sa bouche entrouverte, tout en le désignant du menton : « Combien de pertes… ? »
« Seulement quatre. Un enfant, deux hommes et une femme. »
« Est-ce que… ? »
« Non… Non, je crois qu’ils étaient seulement… enfin, ils étaient déjà très faibles, au moment de monter à bord. »
« Pas de symptômes parmi les nôtres ? »
« Non, rien de notable. Toutefois, je me dois de vous demander si cette exception est vouée à se reproduire. »
« Les hommes se sont beaucoup plaints, je suppose ? »
« Oui, pas mal. La plupart ont d’ailleurs préféré dormir sur le pont, où ils le pouvaient. » Elle hoche la tête un peu sèchement, pas décidée à effectuer un rappel à l’ordre sur les consignes en application d’ordinaire. Aux grands maux les grands remèdes.
« Je vais tout faire pour que cela ne se reproduise pas. Mais je n’avais pas le choix d’accepter, et la paye en valait le coup. »
« Pourquoi n’ont-ils pas tout de suite été conduits à la bonne destination ? »
« Mauvaise compréhension des consignes. Une nouvelle plantation s’est établie, et il s’agirait d’une stupide erreur de communication. Le temps que les courriers soient transmis, inutile de te dire qu’il était déjà trop tard. Ajoute à cela leur pinasse en mauvais état et un écueil juste avant leur arrivée… Ils n’étaient même plus capables de compléter leur transport. »
« Je vois. Eh bien, nous allons nous mettre au travail, dans ce cas. »
« Personne ne débarque à terre autre que pour décharger ces foutus esclaves. Après ça, c’est récurage pour tout le monde, et je ne veux rien entendre. »

Le sourire de Jolivet appelle au sien, rendant sa voix moins péremptoire, et l’officier acquiesce sans broncher. Fidèle à sa loyauté ordinaire et à son efficacité qu’aucun ici, ne remettrait jamais en question.

•••

Même le chant des chaînes qui n’en finissent pas de tinter menace de lui donner la migraine. Depuis son bord, Aliénor observe la lente et longue procession de malheureux destinés à se casser le dos et les reins au service des colons blancs. Elle les contemple sans émotion particulière. Elle n’envie pas leur sort, mais elle ne les plaint pas non plus. La corsaire s’est toujours placée au-dessus de ces combats qui ne sont pas les siens. Quelques rares voix s’élèvent, de part et d’autre, militent vaguement pour augmenter le confort du traitement de ces damnés de la terre. Elle n’y est pas opposée. Ses propres futailles d’eau douce ont été largement entamées par les langues assoiffées des esclaves, sans qu’à un seul instant elle ne se soit élevée contre leurs distributions. Transporter des cadavres n’est ni rentable, ni profitable pour le moral de l’équipage – et du sien. Leur peau sombre luit encore de la transpiration macérée pendant leur dernier voyage. Elle, pourtant rompue aux fragrances désagréables sur le pont d’un vaisseau, pousse une véritable expiration soulagée. Le transport est terminé. Et elle ne deviendra jamais négrière elle-même. Elle laisse cette tâche sordide à d’autres, sans comprendre quel appât du gain peut pousser un homme à endurer comme à faire endurer dix-huit mois de navigation à ces pantins aux yeux vagabonds. Leurs forces terrassées par cette épreuve, elle les voit observer mollement leur environnement, leur nouvelle patrie. L’astre solaire cogne toujours dur sur les râbles fatigués, en plein cœur de cette après-midi chaude du printemps caribéen. Plus que tout, ce qui la gratifie d’un apaisement conséquent, c’est de savoir qu’aucune épidémie n’a éclaté dans l’entrepont. L’avenir de ces pauvres hères ne la concerne plus. Dérangée par la détresse de leur attitude, elle finit par s’en détourner, contaminée par un malaise dont elle n’explique pas la source. Son père aurait nommé cela « bon sentiment ». Elle préfère y voir une inaccoutumance. Jamais encore elle n’avait participé à un tel commerce. Bien rétribuée pour avoir su prêter son bâtiment et ses hommes à des manœuvres encore jamais esquissées, elle comprend d’autant mieux, désormais, pourquoi une telle entreprise ne l’a jamais attirée. Elle sait qu’aucune gloire ne couronne ceux qui se gavent de l’exploitation des autres. Sa propre entreprise, bien plus noble, ne sera pas salie par la monnaie qui récompense cette mascarade.

Ses bras se croisent dans un frisson.
Elle espère bien ne jamais revoir des diables pareils sur L’Espérance. Son tempérament superstitieux s’est substitué sans difficulté à un vide que son absence de foi en Dieu avait laissé. Elle ne craint ni l’Enfer, ni le Jugement dernier. Elle craint, cependant, la rémanence des souvenirs, l’imprégnation des âmes sur ses planchers, jusqu’alors vides de tout sévices. Ajouté à la trahison de Connor et à la décision qu’elle se doit désormais d’assumer, tout cela commence à faire beaucoup.  

Et en parlant de beau diable…

Elle le remarque aussitôt, probablement attiré par les voiles qu’il a peut-être déjà reconnu. Il est beau, son Espagnol, lorsqu’il s’avance et s’approche, reconnaissable entre mille par cette démarche fière, presque provocante. Elle oublie les esclaves, la misère que l’homme ne cesse d’infliger à son prochain, l’atmosphère fétide qui a envahi les coursives. Elle lui adresse un signe, levant le bras pour capter son attention et lui indiquer qu’elle le rejoint. Incapable de masquer son sourire. En quelques minutes, la Française foule les terres de la future Haïti, se jouant des badauds malgré sa petite taille qui lui a si souvent joué de bien mauvais tours. Chaque pas la rapproche de celui qu’elle désire toujours, qu’importe le temps qui passe. Ils ont toujours su se comprendre – ou presque – dans ce mélange de mauvais espagnol et de français massacré. Le hélant sans manière, elle glapit, laisse échapper gouaille et bonne humeur, enfin libérée de ses devoirs, jusqu’à nouvel ordre.

« El más guapo de los ladrones ! »

CODAGE PAR AMATIS


Before I'm dead

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Jenaro Silva
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Dim 23 Avr - 18:32 (#)



L’Archipel des Hérétiques


Le soleil se porte déjà haut dans le ciel quand Jenaro Silva ouvre des yeux encore embrumés par les vapeurs de l’alcool. Un rayon de soleil réchauffe le haut de sa cuisse nue, moins que les deux corps qui ont pris leurs aises blottis contre le sien. La veille était jour de fête. L’équipage de La Prudencia a saisi la cargaison d’un navire de commerce anglais dont les cales débordaient de tabac et de coton quelques semaines auparavant, ils en ont enfin récolté les lauriers et ont décidé de fêter leur prise à Saint-Domingue avant de repartir à l’assaut des étendues turquoises des Caraïbes - les femmes françaises ont ce je ne sais quoi qui leur plaît tant à son équipage et lui. Depuis que les Anglais et les Français sont occupés à se battre dans une guerre de Succession dont Jenaro ne s'est préoccupé que des maigres détails – de quel royaume étaient les navires les plus armés, ceux les plus riches – le royaume d’Espagne était le seul à avoir vu son commerce pas ou peu impacté. Jenaro et les nombreux autres armateurs au service de Su Majestad Fernando VI sont l’une des raisons de cette relative paix et le corsaire ne cesse de s’en enorgueillir auprès de qui voudra bien prêter attention aux incohérentes paroles d’un capitaine à la panse remplie de rhum.

Seules deux courageuses volontaires parmi les séduisantes jeunes femmes qui ont servi bière, rhum et autres liqueurs de marins à Jenaro et son équipage ont eu le courage d’écouter pour, peut-être la treizième fois consécutive, la façon dont les Anglais avaient baissé leurs culottes aussi rapidement que leur drapeau. Gillipollas. Le corsaire les a gracieusement remerciées plus tard dans la nuit. À plusieurs reprises. Au grand dam de son bourru de maître d’équipage venu lui demander de les remercier moins forts ou au moins d’accepter son aide pour le faire. Un discret bruit de gorge suffit à lui faire perdre le fil de la nuit, un gloussement féminin, l’un de ceux que l’on entend presque exclusivement dans l’intimité d’un lit – ou contre une porte, sur le rebord d’une fenêtre ou à genoux sur le sol. « Est-ce qu’on peut vous aider avec ça Capitaine ? » Leur regard à tous se porte le long de leur corps, là où à mi-chemin entre une cuisse douce et un poignet élégant ses pensées ont pris substance. Celui de Jenaro revient vers le visage de la jolie brune qui arbore toujours le plus adorable et le plus indécent des sourires. Un sourire que sa Tormenta maîtrise à merveille. Il la voit dans la courbe du sourire de la serveuse, la façon dont sa tresse coule entre ses seins. Il n’a pas vu Aliénor depuis plusieurs mois. Il avait fait comme si sa confession, presque un an auparavant, n’avait rien changé à leur relation, a continué à se comporter comme il l’a toujours fait mais il n’a plus partagé son lit depuis. Il y avait trop en jeu. Le corsaire se fend d’un sourire amusé sous sa moustache ébouriffée par les baisers de la nuit précédente. Une main calleuse attrape la cuisse de la française pour la tirer plus étroitement contre lui. Penser à une autre femme dans les bras de deux autres n’est pas du genre de Jenaro Silva. « Mi amor, j’ai un pistolet accroché à ma ceinture, si un jour je réponds non à cette question, je veux que tu le prennes et que tu me tires une balle dans la tête. » tente-t-il dans un français approximatif qu’il étouffe contre une nuque gloussante, à l’odeur de l’été.

++++

C’est comme si penser à elle l’avait invoquée. En sortant de l’auberge, c’est le corsaire d’Aliénor Bellovaque qu’il voit débarquer sur le port de Léogane bien que la cargaison qui s’en échappe en rangs bien serrés lui fasse froncer les sourcils. Depuis quand avait-elle décider de remplir les cales de la précieuse frégate héritée de feu son père d’esclaves ? Le transport de marchandise vivante n’est jamais simple. Il faut certes l’emmener d’un endroit à un autre mais il faut en plus s’assurer qu’elle ne meure pas pendant le voyage. Un souci qu’ils n'ont ni avec les épices, ni avec le café, le tabac ou le sucre. Certes la traite négrière est plus profitable financièrement, mais pas au prix de leur outil de travail et du moral de leur équipage. Jenaro s’arrête à quelques encablures de L’Espérance, pas encore certain de la marche à suivre. Les yeux rivés sur la petite capitaine perchée sur le bord, il se demande. Devrait-il l’éviter ? Prétendre ne pas avoir vu son corsaire et préparer son départ pour le lendemain ? Ce n’est pas la première fois que l’espagnol est le récipient d’une confession d’amour, bien au contraire. C’est cependant la première fois qu’il n’a su qu’y répondre. Sa Tormenta, sa capitanita. Il la connaît depuis si longtemps. Ils ont partagé leurs débuts en tant que capitaines, se sont entraidés, ont même signé un pacte ensemble. Ils ont partagé leurs lits et leurs pensées les plus intimes. À la lumière des bougies, lorsqu’elle reposait nue contre lui, sa lourde tresse défaite parsemée sur son dos, le corsaire s'est même plu à imaginer que dans une autre vie, dans un autre contexte, peut-être… Mais ils sont tous les deux marins, tous les deux passionnés par la mer et l’aventure. Sa confession l’a secoué bien plus qu’aucune autre mais il n’a su l’abandonner comme toutes les autres. Elle n'a jamais été toutes les autres.

Comme une réponse à ces pensées qu’il n’admet qu’à moitié, Aliénor semble accrocher son regard dans la foule. Sans se permettre de plus y réfléchir, enfilant avec aisance son bagou habituel, Jenaro reprend sa traversée alors qu’elle lui fait un signe lui intimant de l’attendre près de son bateau amarré. Elle n’a rien à envier aux serveuses qu’il a honoré cette nuit et il profite de sa petite marche pour l’observer des pieds à la tête sans même s’en cacher. La pudeur est un concept étranger pour le corsaire espagnol qui se fend d’un sourire goguenard à son arrivée, bien vite effacé par une moue faussement outrée. « ¿ Yo ? ¿ Un ladron ? Qui t’a dit ça et où je peux le retrouver ? » Son français n’est pas mauvais mais difficile à déchiffrer à cause de son accent. C’est elle qui l’a aidé à s’améliorer ces dernières années mais malgré tous ses efforts, sa prononciation laisse toujours à désirer. Elle le comprend, cela dit, mieux que personne. Comme si sa confession n’avait jamais existé, il la serre dans ses bras, dépose un baiser au creux de son cou. Ils se sont promis de ne pas changer de comportement mais subsiste chez Jenaro une gêne qu’il espère dissimuler avec brio. « ¿ Qué es esto cariña ? » demande-t-il en la tenant par la taille – si étroite qu’il pouvait en faire le tour avec ses deux mains calleuses – pour observer ensemble le débarquement de centaines d’esclaves noirs. « Depuis quand est-ce que tu transportes ce type de marchandise ? » Lorsqu’elle lève les yeux vers elle, son bras se détache d’elle, effleure la tresse qu’il a tant aimé enrouler autour de son bras quand… Cabrón, se reprend-il mentalement alors qu’elle lui répond et qu’il ne l’écoute qu’à moitié. « Mi Tormenta, laisse-moi t’offrir de quoi te détendre. » Il la saisit par la nuque pour masser des muscles qu’il sent durs comme du bois. « Tu as besoin d’une bouteille de rhum. Peut-être même deux. » C’est ce qu’ils étaient devenus l’un pour l’autre au fil des années : des amis, des confidents, une épaule sur qui compter.


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« On ne peut m’accuser de tout ce qui a été commis. Le fardeau de tous ces désastres s’est trouvé confondu en un seul, que l’on m’a mis sur les épaules. Nous n’attendions rien d’autre que la mort. Les os brisés sur la roue.  »

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Elle compte les pas qui les séparent l’un de l’autre. Elle a du mal à ne pas laisser éclater au grand jour la joie sauvage qui rugit au fond de son ventre. L’amour de jeunesse qui, autrefois, la faisait brûler de passion pour Charles Pollard, s’est mue sagement en une affection bien plus docile. Bien plus raisonnable. Jenaro, pour sa part, est celui qui n’a eu de cesse que de venir réveiller le volcan qui dort en elle, chaque fois qu’elle reprend la mer. Il n’a jamais été question pour la Bellovaque de quitter ses atours de capitaine en forniquant sur la même couche que l’un de ses hommes. Inaltérable, indissociable de sa fonction, elle ne s’accorde que les rires, les danses et les chants pour érafler, à peine, l’image du commandement qui ne l’abandonne jamais vraiment. L’homme qui s’approche d’elle lui a permis de faire exploser les limites qu’elle s’imposait. Jenaro Silva lui offre la même liberté que les embruns et les rouleaux, même déchaînés. Jenaro Silva est la liberté. Elle n’a qu’à le regarder pour que ses envies de vivre, de vivre fort, n’apportent avec elles la volonté de décrocher toutes les lunes des mille mondes et autres mers innombrables qui ont toujours peuplé ses rêves de grandeur inavouée. Elle le regarde, et sa démarche, le roulement discret de ses hanches, le schème calculé de ses jambes, le détail de ses épaules, avivent des braises durement tamisées pendant des mois passés à naviguer. Elle, qui croyait ne jamais le revoir avant encore des lustres, est lucide quant à l’éloignement adopté par l’Espagnol. Elle ne lui en veut pas. Elle s’en est suffisamment voulu, à elle, d’avoir laissé sa langue décider à la place de sa tête que le moment était venu pour s’épancher sur ses prétendus sentiments. Entre eux deux, rien de complexe. Uniquement une idylle faite pour leurs silhouettes entrelacées. Aliénor se morigène plus que n’importe quel amant effarouché ne pourrait le faire à sa place. Elle s’est comportée exactement comme toutes les femmes qu’elle abhorre et méprise. C’est une erreur qu’elle ne compte pas réitérer. C’est une seconde chance qu’il lui offre, en se présentant à elle. Elle aimerait se dire qu’elle ne la laissera pas passer, mais les nouveaux aveux qu’elle tient au bord de ses lèvres ne lui permettront pas de tenir ce serment.

Elle se fond entre ses bras, portée par le besoin absolu de le sentir la serrer contre lui. Elle clôt ses paupières. Il sent le sexe, le sel, les épices, aussi. Il sent la mer et l’aventure, et elle emplit ses poumons de ce parfum qui lui a manqué plus qu’elle ne sera jamais capable de le confesser. Elle frémit puissamment, lionne ronronnante quand il embrasse son cou qu’elle lui donne bien volontiers. Un rire de gorge la fait faussement roucouler, se tenant pourtant loin, par son attitude, des pintades qui pullulent dans le port et les auberges environnantes. Évidemment, qu’il s’interroge. Les esclaves se tiennent toujours près des points d’amarrage, et elle n’a pas besoin de glisser un coup d’œil dans leur direction pour le savoir. Elle préfère se complaire dans les caresses de son corsaire, le bleu de ses prunelles s’illuminant d’un caprice. Elle a pris sa décision. Elle lui parlera. Mais une fois leur nuit passée. Une fois leurs retrouvailles accomplies. « J’ai besoin de tout ce que tu pourras me donner. Je suis éreintée, de mauvaise humeur, j’ai mal partout, ma frégate est dans un état lamentable et je n’ai rien vu passer entre mes cuisses depuis… eh bien depuis toi, justement. J’exige réparation. » Il leur faudra bien deux bouteilles oui, au moins, et le jour est encore jeune. La Française se réjouit de disposer d’encore de longues heures, uniquement dédiées à Lui. Lui, et personne d’autre. Elle sait que Charles ne lui en voudra pas, pour sa défection. Il a ses propres affaires à mener à Saint-Domingue.
L’outrance de ses paroles contraste avec la main sage qui se contente de l’avant-bras de son amant, là où elle préférerait se couler ailleurs. Ses doigts remontent, étreignent avec affection un biceps, pour mieux remonter contre la naissance de son col, qu’elle effleure du bout des ongles. Sans perdre totalement le fil de ses pensées, elle consent à expliquer :

« Transport imprévu… le rafiot qui transportait ces nègres a pris l’eau après avoir fait une erreur de destination. Nous avions l’intention de faire flot vers Saint-Domingue, et j’ai été grassement payée pour allier plaisir et devoir… Mais crois bien que c’est la dernière fois. Je ne m’infligerai pas cette épreuve une fois de plus… Je suis sûre que je sens mauvais à en faire peur, moi aussi. » Jenaro est comme elle. Leurs narines en ont vu d’autres, tant de fois éprouvées par la promiscuité à bord de leurs navires. « Le rhum ? Le bain ? Le lit ? Tant de possibilités, j’en ai le tournis. » Ses minauderies ne se départissent jamais totalement d’un ton presque masculin, trahissant son manque d’entourage féminin, et son refus absolu de se comporter comme une dame du monde. Aliénor ne révèle sa féminité que par petites touches, et certainement pas dans un endroit où nombre de ses comparses masculins auraient le loisir de la découvrir sans son consentement. Sa fragilité, sa délicatesse, elle ne les réserve qu’à de rares élus, dont il fait évidemment partie. Tandis qu’elle le couvre de ses attentions en retour, elle lui parle aussi avec ses pupilles, dilatées par la tendresse qu’elle lui porte et qui fait tambouriner son cœur à toute vitesse. Elle lui parle en silence, le priant d’excuser ses confessions, terrifiée tout au fond d’elle à l’idée de le perdre, de ne plus, un jour, retrouver cette complicité qui lui est devenue vitale. Elle veut s’abandonner à lui. Elle veut qu’il prenne soin d’elle. Pouvoir, enfin, poser sa charge de responsabilités qui lui déforme la colonne vertébrale et qui matraque ses reins. Elle ne doit qu’à sa décision de donner le change de ne pas lui réclamer d’office un baiser. Ses mains, joueuses, l’abandonnent pour mieux lui promettre de revenir l’honorer en retour, une fois tous les deux à l’abri des regards.

« Fais-moi oublier jusqu’à demain, chéri. »

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L’Archipel des Hérétiques


Des centaines de fois, Jenaro s’est imaginé ces retrouvailles. Des centaines de scénarios différents dans lesquels des milliers de mots différents engendraient des millions de réactions différentes. Des centaines de fois, il s’est demandé ce qui serait le mieux pour elle le jour où ils se reverraient, pour préserver son sourire, ses yeux brillants et sa douce impudence. Pour préserver la divine féminité qu’elle ne montrait qu’à de rares élus dont il savait faire partie. L’idée de la blesser à nouveau, de revoir dans ses yeux la déception qu’avait provoqué son absence de réponse lors de cette embarrassante confession serrait son cœur d’une poigne de gabier. À sa plus grande surprise. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, tous ses efforts n’ont toujours eu comme récipients que lui-même et son propre bien, et par extension et dans une moindre mesure celui de son équipage. Il a toujours été égoïste, sa mère n’a jamais cessé de lui répéter. Avec ses jouets, avec sa nourriture, avec son choix de carrière. Jenaro Silva ne vit que pour lui et l’âge n’a fait que le conforter dans l’idée qu’il a été, est et restera son seul allié.

Son affection pour Aliénor, donc, et l’effort mental et conscient qu’applique le corsaire pour trouver une solution diplomatique au problème et ne pas simplement foncer tête baissée sans se soucier des dégâts qu’il laisserait sur son passage avait de quoi le faire s’interroger. Raison pour laquelle il ne s’y est jamais attardé plus que de mesure. Aucun des scénarios de leurs retrouvailles n’était semblable à ce qu’était leur réalité de toute façon, toutes ses pondérations s’étaient effondrées comme un château de cartes sous le vent. L’espagnol ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit si à l’aise, si ouverte, si… elle-même. Elle applique pourtant à la lettre ce que Jenaro lui avait proposé – leur avait imposé – tout comme lui l’avait fait en la saluant : faire comme s’il ne s’était rien passé. Cette confession n’existait-elle que dans l’esprit embrumé du capitaine de La Prudencia désormais ? Avait-il été le seul à se torturer l’esprit tous ces longs mois ?
« J’ai besoin de tout ce que tu pourras me donner. Je suis éreintée, de mauvaise humeur, j’ai mal partout, ma frégate est dans un état lamentable et je n’ai rien vu passer entre mes cuisses depuis… eh bien depuis toi, justement. J’exige réparation. »
L’éclat de rire du corsaire attire quelques regards vers les deux capitaines alors que Jenaro passe la main sur sa moustache, les yeux encore rieurs. Il avait été idiot de penser que sa Tormenta se comporterait comme toutes les femmes qu’il avait connu. Elle avait grandi comme lui sur le pont d’un bateau, avait vu comme lui les membres de son équipage se perdre dans l’alcool et le sexe entre deux terrifiants voyages dans les eaux imprédictibles des sept continents. C’est tout ce qu’ils n’avaient jamais connu. La Bellovaque est presque autant un homme que n’importe lequel des marins qui fourmille dans ce port, si ce n’est le physique gracieux qui lui avait donné tant de mal à se faire respecter à ses débuts.
Il l’écoute lui expliquer les raisons qui l’ont amené à transporter une telle cargaison et se contente de hocher la tête. Sa main calleuse passe de son étroite taille à la courbe de sa hanche qu’il a si souvent caressée de ses lèvres. Il aurait sûrement fait la même chose. Elle n’avait certainement pas eu le choix. Pour ce qu’il en savait, la couronne de France y était pour quelque chose.

Le regard qu’il a perdu dans la foule de nègres qui s’entassent sur le port, sous les regards indifférents des officiers et matelots, se porte à nouveau sur Aliénor. Deux yeux à la couleur d’un ciel suivant une tempête l’implorent et lui offrent sans un mot la réponse à sa question muette. Il n’a pas été le seul à se torturer l’esprit ces derniers mois. Elle semble tout lui offrir dans ce regard, tout pourvu que que rien ne change. Sa résolution de gentilhomme, celle de ne plus partager son lit, fond comme neige au soleil. C’est le mâle en lui qui prend possession de sa conscience, touché – excité – par la vulnérabilité qu’elle offre à si peu. Qu’elle lui offre à lui. La grande et respectée capitaine Aliénor Bellovaque, fille de Guillaume Bellovaque ne s’incline devant rien ni personne. « Fais-moi oublier jusqu’à demain, chéri. » Sauf exception.
« Tormenta mia, susurre-t-il les yeux aimantés aux siens, je te ferai oublier jusqu’à ton prénom. » Résolutions effondrées, balayées par la petite main de la française qu’il attrape en plein vol pour déposer un baiser sur ses phalanges abimées par la mer. Jenaro a laissé la gêne et l’hésitation glisser de ses épaules jusqu’à disparaître. Ensemble, les deux capitaines ne peuvent être rien d’autre qu’eux-mêmes, pour le meilleur et pour le pire. « Le rhum, le bain, le lit. Allons-y. » intime-t-il en lâchant la main de la capitaine pour la précéder en direction de l’auberge.

++++

Seuls quelques officiers ont le loisir de pouvoir épancher leur soif si tôt dans la journée. Le reste des équipages affronte encore l’impitoyable soleil de Saint-Domingue, l’esprit rempli des prochains vices auxquels ils pourront s’abandonner une fois leurs tâches terminées et la nuit tombée. Une bouteille de rhum, quelques morceaux de volaille aux épices d’Orient, du pain et deux verres déjà remplis et déjà vidés occupent la table des deux capitaines qu’on a installés dans une alcôve, à l’abri des regards. Quelques rayons de soleil parviennent encore à traverser les carreaux sales de la fenêtre dans leur dos mais les serveuses commencent déjà à faire le tour des bougies de l’auberge pour satisfaire les esprits échauffés des joueurs de craps qui saisissent toutes les opportunités pour tricher aux dés. Jenaro fait couler un fond de rhum parfumé dans le verre d’Aliénor puis dans le sien. Sa cuisse est collée à la sienne, un bras passé sur le dossier de sa chaise. Devant leur équipage respectif, il évite les marques de tendresse trop personnelles, elle lui a fait comprendre il y a longtemps que garder sa crédibilité en tant que femme capitaine est un effort de tous les instants et il ne la connaît que trop bien pour se permettre d’effacer des années de galère d’un baiser. « Cariña, como estas ? Tu as manqué à el más guapo de los ladrones. Il y a des mois que je ne t’ai plus croisée en mer. » Des mois que je me demande à quel point j’ai brisé ton cœur. « Tu sembles… » L’impétueux regard du corsaire balaye la française du regard. Depuis ses pieds, nichés dans des bottes qui ont l’air trop grandes pour elle, en passant par ses hanches, sa taille étroite, ses mains délicates, ses seins hauts perchés, ses lèvres pleines, sa peau brûlée par le soleil et le sel jusqu’à ses yeux qui accrochent encore les siens. Comme elle, Jenaro lui laisse tout voir, l’affection qu’il lui porte étrangement, l’inquiétude que leur dernière rencontre ait pu signer la fin de leur relation si particulière, le désir qui brûle en lui depuis qu’il l’a vue au loin, minuscule, perchée sur son bateau, depuis qu’elle lui a demandé réparation avec un bagou et une assurance qu’il n’a vu chez aucune autre femme qu’elle. « … muy bien. »


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♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. À la tête du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

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« On ne peut m’accuser de tout ce qui a été commis. Le fardeau de tous ces désastres s’est trouvé confondu en un seul, que l’on m’a mis sur les épaules. Nous n’attendions rien d’autre que la mort. Les os brisés sur la roue.  »

▼▲▼

Depuis l’intérieur de l’auberge, elle peut entendre le tumulte qui règne au-dehors. L’activité sur l’île bat son plein. Tout en mangeant de bon appétit, elle peut entendre les hommes s’appeler entre eux, vociférer, se gueuler dessus, acclamer telle ou telle prouesse, saluer leur réussite. Elle entend les artisans faire chanter leur marteau sur le métal bouillant, s’employant à forger ici un outil, là encore une dague. Elle entend les troupeaux de bestioles qui traversent le port dans un joyeux bordel, et les bêlements caractéristiques d’une horde de chèvres passent sans mal par-delà les murs et la porte laissée ouverte en permanence. Des cloches retentissent à leur tour, annonçant la fin de l’après-midi, et tout ce qu’elle implique pour les commerces de bouche. La douce rumeur de la clientèle qui leur tient compagnie, le bruit des semelles des femmes s’activant pour préparer l’afflux à venir, et jusqu’aux mèches des bougies qui crépitent doucement au moment de s’embraser ; rien ne lui échappe. Elle salue d’un grognement appréciateur le geste de son amant qui vient remplir son verre une fois de plus. Elle essuie son menton pour éponger le gras de la viande, baignant dans une sauce épicée qui la fait saliver d’autant plus. Gourmande comme une chatte, les retours à terre sont toujours l’occasion de redécouvrir d’autres mets que les biscuits salés et l’eau qui, malgré sa fraîcheur initiale, ne manque jamais de prendre une vilaine couleur, un goût immonde, quand les mouches ne viennent pas y déposer leurs asticots, la rendant imbuvable. Elle s’empare du rhum et en descend une franche gorgée. Aliénor ne connaît rien aux tâches qui incombent d’ordinaire à celles de son sexe. En revanche, elle sait boire aussi rapidement qu’un homme, et aucune coquetterie stupide ne l’effarouche au point de maquiller son comportement avec Jenaro. Tant qu’ils demeurent en public, elle ne compte pas changer d’attitude, et ne dissimule pas la rudesse de ses mouvements. Sans être vulgaire, elle jouit de cette liberté qui l’a toujours affranchie des us et coutumes rigoristes des femmes vivant sur un sol stable. La vie en mer n’a que faire de telles pudibonderies.

Devant l’établissement, de la musique retentit, apportant une touche chaleureuse supplémentaire bienvenue. Elle ne parvient cependant pas à couvrir l’intonation de Jenaro à ses côtés, dont la cuisse contre la sienne allume déjà les étincelles concrètes de son désir, et la ravit de par cette proximité intimiste. Elle sent le poids de son regard sur elle, et ne fait rien pour s’y soustraire. Au contraire, elle se tourne légèrement vers lui, s’offrant toute entière à sa vue. Elle ne peut s’empêcher de frémir, quand elle le contemple ainsi. Elle songe à l’après. Au bain. A elle, nue dans ses bras. Son ventre creux se contracte, n’ayant pu assouvir des besoins naturels et primordiaux. Il est le mâle qu’elle convoite. L’amant parfait. Le temps qui les a éloigné lui permettra de le redécouvrir encore. Comme s’il s’agissait de la première fois. Elle apprécie ce jeu, cette comédie qu’ils embrassent avec une passion similaire. Joueuse, il lui plairait de feindre qu’ils sont deux personnages différents, rencontrés dans des circonstances différentes. Un jeu de rôle oui, qui cependant ne surpassera jamais la réalité telle qu’elle l’affronte aujourd’hui. En dépit du carcan de leurs existences respectives, aucune limite ne les étouffera jamais, lorsqu’ils se réfugient dans le calme d’une chambre, devenue la leur.

« Je vais, chéri. Je vais. Tu connais, la routine. » Et le jeu de rôle, elle s’y faufile en cet instant toute entière. Elle éclipse Connor de ses pensées, comme si elle craignait qu’il puisse lire dans son esprit, ou sur ses traits, ce qui la taraude pour le moment en secret. « Je suis… bien. Fatiguée, mais en forme. Grincheuse mais joyeuse. L’équipage se porte plutôt très bien dans l’ensemble. Pas de cas de scorbut trop fréquents, ou trop graves – pour le moment. Je croise les doigts, on ne sait jamais quand ces choses-là reviennent nous frapper. » C’est sa grande hantise. La maladie. La déchéance physique. Aliénor se flanquerait une balle de mousquet dans le crâne bien avant de devenir grabataire ou incapable de prendre soin d’elle-même. Elle ne supporterait pas que son corps vienne la trahir. Rompant la miche de pain à leur disposition, elle s’empare d’un large morceau pour saucer l’assiette de terre cuite, rechignant à laisser échapper la moindre goutte de ce ragoût qui émoustille ses sens. « Je mène ma barque. Pas de difficultés majeures, ces derniers mois. Pas de tempête trop inquiétante. Nous avons eu beaucoup de chance, j’en suis consciente. J’espère que les dieux de la mer t’ont béni des mêmes augures. » Un sourire mutin, tandis qu’elle incline la tête dans sa direction. « Mais à te voir ainsi… je n’en ai aucun doute. » Sa dextre s’abandonne faussement par mégarde contre l’entrejambe du corsaire espagnol, avant de reprendre son verre dans un ricanement contenu. « Alors, raconte-moi. Depuis combien de temps es-tu là ? Combien de femmes as-tu prises dans ton lit ? Quels sont les derniers potins des Caraïbes ? Tu as promis de me changer les idées, et commencer par me mettre au fait de tout ce que j’ai raté serait un bon début, mirliflore ! »

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« Alors, raconte-moi. Depuis combien de temps es-tu là ? Combien de femmes as-tu prises dans ton lit ? Quels sont les derniers potins des Caraïbes ? Tu as promis de me changer les idées, et commencer par me mettre au fait de tout ce que j’ai raté serait un bon début, mirliflore ! » Les yeux de Jenaro se plissent d’amusement. Aliénor est fidèle à elle-même, séductrice avec une touche d’arrogance qu’il ne saurait attribuée à son propre sexe ou au sien. Leur dernière conversion a définitivement disparu de leurs esprits échaudés par leurs retrouvailles et le temps caniculaire de Saint-Domingue. « Je ne suis pas là depuis très longtemps cariña mais je repars déjà demain. Mes hommes préparent Prudencia pour le départ. » Dans l’intimité de leur alcôve, à la lueur des chandelles, le corsaire saisit une mèche de cheveux bruns entre ses doigts caleux pour la ramener à ses lèvres. « C’est l’unique nuit que je pourrai t’offrir, il faudra réapprendre à vivre sans moi pendant de longues semaines ensuite. » Le rhum qu’il boit depuis son réveil – certes bien après que le soleil ait dépassé son zénith – réchauffe son estomac, ou peut-être est-ce le regard de sa Tormenta et la main qu’elle a passée si près de lui.

Il aurait menti en disant qu’elle ne lui avait pas manqué, pourtant jamais il ne l’aurait avoué. Le capitaine espagnol ne manque pas d’amantes dans tous les ports de l’Ancien et du Nouveau Monde. Toutes les nuits qu’il passe hors de son navire et loin de son équipage ne sont jamais solitaires. Pourtant, depuis près d’un an, c’est un peu d’elle, qu’il cherche dans toutes les autres. Un peu de sa chaleur, un peu de leurs conversations. Un peu de leurs aventures et de leurs étreintes que seules les étoiles pourront conter. Elle est son jardin secret, la meilleure moitié de lui-même. Des milliers de fois, il s’est demandé à quel moment il a mémorisé l’odeur de son parfum, la douceur de sa peau. Comment il était devenu capable de déceler la moindre de ses émotions dans ses yeux qui semblent contenir l’immensité de la mer. Il n'a jamais su y répondre, peut-être même jamais osé s'y pencher vraiment. « J’ai bien peur de ne pas avoir eu le temps d’entendre bien des potins, j’ai été occupé jusqu’à tard dans l’après-midi. » Son regard dérive vers les deux serveuses occupées à remettre en état l’auberge pour accueillir les équipages à la fin de leur service. L’une d’elles lui envoie un baiser qu’il réceptionne d’un clin d’œil entendu. Elle espère sûrement terminer son propre service dans ses bras quand il lui fait signe de s’approcher et ne cache pas sa déception quand il lui demande simplement de lui préparer un bain dans sa chambre. « Puta cabrón, je délire. Il y a bien un potin qui mérite la peine d’être partagé, je ne sais pas à quel point il est véridique cela dit. »

Son retour au Royaume d’Espagne, quelques semaines auparavant, a été marqué par une nouvelle colossale. Deux années auparavant, Jenaro, Aliénor et sept autres armateurs et capitaines se sont alliés en secret dans un intérêt commun, un accord qui a pacifiquement perduré jusqu’à ce que l’un d’eux décide que la guerre de course n’était plus pour lui. « Epps aurait pris le drapeau noir. Il serait pirate maintenant. » Il termine sa phrase en crachant par terre, l’expression sombre et pleine de mépris. « Je ne sais pas ce que ça veut dire pour notre alliance, ni à quel point nous allons en souffrir, ni ce que nous pouvons faire si tout cela s’avère vrai. Mais il en sait beaucoup trop sur nous tous. Mi Tormenta, tu en as entendu parler ? Tu sais si c’est vrai ? »


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♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Ancienne compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long et amante éternelle de Jenaro Silva.
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Crédits : LUNAR (ava') ; Amiante (signa')
Lun 6 Nov - 6:05 (#)

♛ « Qui veut recevoir un coup de poignard? »
« On ne peut m’accuser de tout ce qui a été commis. Le fardeau de tous ces désastres s’est trouvé confondu en un seul, que l’on m’a mis sur les épaules. Nous n’attendions rien d’autre que la mort. Les os brisés sur la roue.  »

▼▲▼

Aliénor peine à masquer sa déception. En dépit du geste tendre qui aurait pu l’émouvoir, les commissures de ses lèvres retombent en une moue trahissant son dépit. Jenaro s’en va demain. Elle n’a plus le choix. La mutine n’aura d’autre possibilité que de briser la trêve si brève, qu’elle ne passera même pas la nuit. Elle s’accroche à l’idée que de nombreuses heures les attendent, et qu’importe si elle n’en dort pas une seconde. Elle dormira plus tard. Lorsqu’elle sera morte, sans doute, comme le répète-t-elle à l’envi. Paresseuse mais répugnant à perdre des journées entières de vie dans les bras du sommeil, elle préférera ceux dont le soleil a hâlé la peau. Elle en oublie de cracher sur le plancher, observant sans la voir vraiment l’impudente qui ose parader alors même que l’objet de sa concupiscence ne lui appartiendra pas, ce soir. Elle ne goûte pas comme elle aurait pu le faire à son expression désabusée, rendue à ses offices, et à la préparation de leur chambre en vue de leur soirée privée. Mais si l’humeur de la corsaire venait déjà de subir une première déferlante, la mention de Connor l’achève un peu plus. Heureuse d’avoir terminé son assiette – car elle n’aurait pu avaler une bouchée de plus – elle se fait soudain plus distante, comme lorsque les conversations la lassent, et que ses prunelles cherchent à toucher autre chose que le visage de son interlocuteur. Ailleurs. Elle ne peut maintenir cette comédie bien longtemps, néanmoins. Voir Jenaro est un trésor trop rare pour se voir dénigré, et rapidement les prunelles océanes redécouvrent les traits séduisants de son Espagnol, encore inconscient de ce qu’elle s’apprête à lui révéler. Mais pas tout de suite. Pas tout de suite.

« Tu ne fais pas semblant, lorsque tu as des racontars à balancer, toi… »

Vite, la jeune femme croque sa lèvre inférieure portant encore la trace de la sauce épicée et salée, chauffant les lippes de ses vertus aphrodisiaques qui enflamment davantage ses entrailles désertées. Elle pivote plus franchement vers lui, se penchant pour souffler contre la mâchoire qu’elle effleure, du bout de son nez. « En effet. J’ai peut-être bien entendu parler de cette histoire. En revanche, il n’est certainement pas question que je laisse ce chien galeux gâcher mes retrouvailles avec toi. Nous en parlerons d’ici à ton départ, c’est juré. En attendant… je compte bien te rappeler à tes obligations auprès de moi. » La provocation est à l’image de leurs deux personnalités enlacées via les mêmes liens de stupre, d’orgueil et de jeux. Aucune obligation autre que celles rendues à son roi ne tenaille Jenaro Silva. Il ne s’agit là encore que d’un scénario monté de toute pièce, une pique taquine pour toutes celles qu’il lui rend bien.

« Oublie les autres. Ne pense qu’à moi. Je ne compte pas te laisser reprendre la mer sans avoir marqué ton esprit au fer rouge de quelques nouveaux souvenirs. » Sur ce, sa silhouette endolorie par le voyage se redresse, se dégageant de l’alcôve pour contourner la table d’un pas assuré, mais visiblement courbaturé, d’être trop longtemps restée assise et nimbée de cette fatigue systématique pour chacun de ses retours à terre. Sa tresse bat contre son dos, lorsqu’elle tourne la tête dans sa direction, l’invitant à la suivre. « Viens. Emmène-moi jusqu’à ta chambre. Je me fiche bien que l’autre dinde n’ait pas terminé de préparer le bain. »  

Derrière son sourire de circonstances, la détresse d’une solitude rapidement retrouvée la taraude, et gâte surtout son rêve premier de faire durer les choses, avant d’en arriver au sujet qu’elle redoute. Elle l’attend, et c’est sans hâte qu’elle grimpe les escaliers. Son genou gauche lui fait mal, et l’articulation qui se coince à intervalles irréguliers génère parfois une grimace qui révèle sa douleur. Pas autant, néanmoins, que le murmure aux allures d’aveu, loin des quelques clients en contrebas qui auraient pu l’entendre.

« On ne va pas se voir pendant encore longtemps. C’est triste. » La voilà qui fuit son regard, tout en demeurant au plus près de lui, une fois l’étage atteint. Le suivant comme son ombre, l’épaule de la Française se presse doucement contre le bras de son ami. « J’ai l’impression que la vie s’acharne à nous séparer, en ce moment. » Et lorsque le hasard ne s’en charge pas, c’est elle-même qui sape les fondations de leur relation par des confessions encombrantes, ou des décisions qu’il lui reste encore à assumer. Ses phalanges effleurent les siennes, éprouvant avec une acuité renouvelée la préciosité de leur contact. Elle chuchote bien avant de franchir la porte de son comparse, d’une voix dénuée de tout artifice, malgré la chaleur qui y règne. « Tu as intérêt à m’aimer toute la nuit. »

CODAGE PAR AMATIS


Before I'm dead

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