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The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro 1E5CfUE The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro AoZyjkn The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro KOVXegv The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro WZKlL7H The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro ZfHtADc The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro Jq60QrG The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro MaP8TbX

"Before I die alone."

The Gathering Storm • Mei ¤ Jenaro GIeraGW
Pseudo : Nero
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Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Date d'inscription : 09/06/2017
Crédits : Lune noire (ava') ; Amiante (signa')
Sam 25 Mar - 5:36 (#)


Let the Chase begin.
Mi-novembre 2020.

Le sorcier s’était garé à l’endroit habituel.
Cette fois, il était seul. Ni l’aura glaciale de Mei, ni la silhouette fantomatique de Yago ne l’accompagnaient. Depuis deux semaines, le trio s’acharnait à récolter les indices, à fouiller inlassablement chaque immeuble des chantiers abandonnés. Il ne comptait plus désormais l'entrée des façades taguées à la craie, signalant leur précédente visite, une de plus à oublier. Ils avaient retrouvé le véhicule d’Aliénor rapidement, leur confirmant que si elle avait disparue, ça n’aurait pu être qu’ici, entre ces ruelles abandonnées qu’il foulait désormais, peu rassuré. Les ailes de son nez vibraient parfois d’une tension allant de pair avec ses maxillaires crispées. Il ne cessait d’évaluer la hauteur des buildings, le taux d’usure et de dégradation qui, mois après mois, ne cessait de transformer le site en un lieu de plus en plus maudit. La présence des deux vampires lui manquait, ce soir. Il se sentait on ne peut plus exposé, perpétuellement menacé par les esprits potentiellement malveillants qui devaient rôder en ces lieux. Encore qu'il aurait préféré les esprits aux autres ennemis potentiels qui, eux, pouvaient assurément revenir, et le piéger à son tour. Au fil des nuits, leurs recherches gagnaient en intensité, persuadés que leur avancée finirait forcément par les rapprocher du but, des maigres indices glanés çà et là. Ils n’étaient pas toujours réunis tous les trois au même moment. Certaines nuits, ils n’étaient que deux, le troisième obligé de vaquer à d’autres occupations tout aussi primordiales ; gestion du Clan au motel, acte de présence obligatoire auprès de Salâh, pratique des arcanes pour affiner la localisation de l’immortelle disparue. Néanmoins, c’était la toute première fois pour lui qu’il se retrouvait bel et bien livré à lui-même. Mei n’était pas venue, sans le prévenir au préalable. Quant à Yago… Un mauvais frisson saisit l’échine d'Eoghan. Yago ne lui répondait plus. Depuis quelques jours, un silence inquiétant était tout ce qu’il avait pu obtenir, malgré ses sollicitations insistantes auprès de l’Infant oriental. Ce n’était pas normal. Yago n’aurait jamais abandonné les recherches. Il ne les aurait jamais laissés dans l’ignorance. Au mauvais augure de l’évanouissement de l’Accomplie, s’ajoutait alors d’autres présages qui ne lui disaient rien qui vaille.

Il obliqua vers l’une des premières entrées, considéré comme leur QG définitif. S’enfonçant dans le dédale de béton, il tomba sur l’une des « pièces » inachevées, un peu à l’écart. Toute une portion de mur avait été consacrée aux indices dégotés par les uns ou les autres, pouvant les aider à localiser le lieu du méfait. Eoghan n’était pas un maître en divination. S’il voulait obtenir une véritable chance de localiser Aliénor, ils devaient trouver la source. Là où tout avait commencé. Il avait conscience que la tâche était d’autant plus compliqué pour lui qu’elle était une Longue-Vie. L’énergie laissée par son passage était d’une nature différente de celle des humains et autres Éveillés. Cependant, il comptait sur ses affinités privilégiées avec les Dents-Longues pour y parvenir. Encore fallait-il trouver l'habitation témoin du drame, quand il songeait déjà à une autre méthode, plus radicale. Désespérée. La besace battant doucement contre sa hanche, il s’approcha de la paroi, embrassant l’achèvement des recherches, le plan retracé de ce quartier fantôme, qui jamais ne verrait le jour. Il soupira, découragé par l’ampleur de la tâche. Ils n’en finiraient jamais, lui semblait-il. Déterminé à reprendre les recherches sur la portion de territoire qui lui était attribué, il avait déjà commencé à se détourner, lorsqu’une inscription plus fraîche que les autres retint son attention. Il revint sur ses pas, la ligne de ses sourcils légèrement froncée, au moment de repérer un immeuble mis en exergue, quasiment à la frontière des deux zones réservées à Mei et Yago. L’une comme l’autre auraient pu tout aussi bien être responsables de cette inscription. Pourtant, le Louisianais eut la conviction qu’il s’agissait bien de son ami, à l’origine de cette nouvelle avancée. D’un cercle presque brouillon, l’une des petites tours d’immeubles avait été entourée frénétiquement. Pourquoi ? Eoghan recula, la gorge brutalement serrée. Il ne devrait pas se trouver là. La situation devenait dangereuse. Explorer les chantiers n’était pas si inquiétant, lorsqu’il savait les deux Antiques dans les parages. Sa solitude actuelle, en revanche, ne lui donnait pas d’autre envie que celle de tourner les talons et de déguerpir d’ici. Il décida de prendre son courage à deux mains. Ne serait-ce que pour aviser de plus près cette indication exaltée, qui suscitait à la fois son excitation et son angoisse.

•••

C’était le bon. Celui qui correspondait au plan. Il craignait d’y entrer. Il se demanda soudainement si cette récente découverte n’avait pas quelque chose à voir avec le mutisme brutal de l’horloger. Il résista à l’envie de dégainer son téléphone et d’appeler Mei. Il n’était pas prêt à tomber sur sa messagerie vocale. Il n’était pas prêt à prendre de plein fouet son isolement complet, cette nuit. Il aurait dû venir plus tôt dans la journée, profiter du crépuscule. Désormais habitué à rencontrer ses comparses en fonction de leur propre rythme, il n’y avait même pas songé, tout autant absorbé par ses missions du quotidien. Traînant les pieds, il allait pour s’avancer, lorsqu’un élément brillant, quoique poussiéreux, attira son attention. Il s’accroupit et récupéra un objet allongé, fuselé, qui ressemblait à une douille d’arme lourde. Intrigué, il laissa ses doigts courir sur la texture presque agréable de ce qui avait fait partie d’un engin de mort, le débarrassant des particules de saleté qui l’avaient recouvert depuis un petit moment maintenant, semblait-il. Il se remit debout, et releva les yeux par réflexe en direction des toits. Il avait du mal à imaginer une fusillade contre des murs dénués de traces de balle. Alors pouvait-elle provenir du sommet des édifices ? Par ailleurs, la douille avait l'air d'avoir été abandonnée là depuis trop longtemps pour qu’elle puisse vraisemblablement être rattachée à Aliénor. Il la glissa au creux de la poche de son jean. Juste au cas où.

Après avoir suffisamment hésité, Eoghan Underwood pénétra à l’intérieur d’une de ces multiples résidences, impressionné malgré lui par la sévérité de ce béton nu et sans vie. Étage par étage, il grimpa les marches sans savoir qu’avant lui, une escouade féroce l’y avait précédé, déterminée à achever une CESS parmi tant d’autres. Son souffle était moins assuré qu’à l’ordinaire. Si Yago avait réussi à trouver l’endroit où une tragédie s’était produite, il était de son ressort d’arriver à le prouver. À s’y connecter. À parvenir, enfin, à retrouver sa trace, à la situer sur un périmètre plus ou moins étendu. Il craignait d’échouer. Il craignait de décevoir ceux qui attendaient de sa part un concours absolu. Il craignait de ne pas trouver les mots pour expliquer à Serguey, une fois celui-ci mis dans la confidence, que même un sorcier aguerri pourvu de tous ses dons n’avait pas réussi à trouver la réponse. Il décida de passer au crible chaque centimètre carré des étages, longeant la surface avec méthode et s’attachant à fixer les plafonds, les sols, les coins. Il dessinait des allées et venues incessantes pour être certain de ne rater aucun détail. Le faisceau de la lampe torche qui ne cessait de l’accompagner analysait tout. Il mit près de quarante-cinq minutes à trouver une goupille, qu’il ignorait faire partie d’une des grenades ayant servi à asphyxier la vampire. Elle s’en vint rejoindre la douille, dans sa poche. Il s'arrêta à maintes reprises, tendant l'oreille, sans cesse persuadé d'avoir entendu quelque chose, depuis très loin, là où l'obscurité ne tolérait nul partage. Nerveux, il finit par s’interrompre le temps d’embraser un peu d'encens de camphre. Si aucune magie n’était détectable pour ses sens légèrement différents de ceux d’un humain, toute l’aide était bonne à prendre. La fumigation laissait sur son passage une vapeur d’un gris clair. Par des gestes réguliers, il faisait tourner le bâton devant son visage, inspirant à plein nez le parfum entêtant. Une chaleur qu’il ne pouvait avec certitude attribuer à la nuit ou à ses instincts, qu’il souhaitait réveiller, ponctuait chacun de ses pas, lourds et mesurés. Il fallait que ce soit celui-là. Ils avaient fouillé depuis trop longtemps.

L’indication sibylline.
Une deuxième disparition – car comment expliquer qu’il ne me répond pas –, un terrain à la fois étriqué et trop vaste, même pour eux trois.
Des morceaux de métal dont il ne savait que faire, des traces qui demeuraient invisibles, et cette nuit qui ne cessait d’appesantir l’atmosphère déjà pesante de ce secteur de The Haven…

Extraordinairement sensible à son environnement, l’arcaniste était déterminé à ne pas rentrer bredouille. Il resterait là jusqu’à l’aube, s’il le fallait. Ce ne serait pas la première fois, depuis qu’il avait été sollicité pour participer à cette entreprise. C'étaient déjà des matinées entières qu'il avait passées à sombrer dans un brouillard comateux après des heures sans dormir, épuisé, découragé à l’égal des autres. Ces retours muets dans le pick-up bringuebalant après un échec supplémentaire, se hâtant de rentrer afin de leur épargner la brûlure solaire, restaient amers dans sa bouche. Ils n'osaient pas se regarder, dans ces moments-là. Chacun, prisonnier de ses propres pensées, se figurant pour la énième fois quelle calamité avait pu s’abattre sur la Reine rouge. Lui pouvait s’estimer heureux. Il ne la connaissait pas comme eux. Il n’était pas lié par un attachement émotionnel, par la nécessité absolue de la retrouver. Pourtant, à force de pugnacité, il avait fini par se convaincre de rattacher ce combat à l’un des siens. S’il s’agissait d’une attaque anti-surnaturel, alors il était prêt à en revendiquer la contestation, à appliquer leur propre idée de la justice, au moins, de son côté, en mettant un point d’honneur à résoudre l’énigme de cet évanouissement.

À nouveau, le rai artificiel le mit sur une piste dont il ne sut d’abord que faire. Un pilier de béton, transpercé par des balles d’un calibre qui semblait différent, comparé à ce qu'il avait trouvé au-dehors. Sa méconnaissance des armes à feu ne lui serait d’aucun secours. Eoghan avança, coinça le bâtonnet dans la même main qui tenait la torche, et de ses doigts libres, s’évertua à sinuer le long des marques ayant ponctué la pierre d’une rafale à l’impact phénoménal. Était-ce le reliquat d’un autre combat, d’un règlement de compte n’ayant rien à voir avec l’affaire les concernant ? Pressentiment. Sa respiration s’étriqua dans une trachée contractée par la fébrilité. Il respira encore le camphre, se détournant du pilier, puis embrassa de ses yeux clairs ce décor muet et ingrat.

« Allez… Allez, allez… » Clairvoyance qu’il invoquait, balbutiant des prières destinées autant à le rassurer qu’à encourager ses antennes. Tout en veillant à rester concentré de sorte à ne rien manquer, il se sentait envahi par une fièvre renforcée. Ils étaient au bon endroit. Ils étaient enfin au bon endroit. Il fallait que ce soit le bon. Il remontait la piste, inlassablement. Le camphre brûlait toujours. Il marchait sans le savoir dans les pas de Jake Hamilton, son cœur battant plus vite de la peur de manquer ce qui lui permettrait de signer la reconnaissance pleine et effective de cette scène de crime répugnant à relâcher ses secrets. Il tournait comme un lion en cage, sans parvenir à déceler les flaques de sang invisibles, car nettoyées à grandes eaux. Rien n’indiquait qu’une immortelle avait été assaillie, visée par des projectiles d’argent après avoir saigné à mort l’un des soldats l’ayant attaquée. Rien n’indiquait le viol, l’ignominie. Et pourtant…

Une auréole.
Ce n'était qu'une arabesque, qu'une tâche à peine plus foncée, tranchant avec la pierre. Il tâcha d'en suivre les contours, et se mit à reculer, au fur et à mesure. Quelle qu'ait été la matière qui avait coulé là, la circonférence de l'écoulement avait été vaste. Ç'aurait pu être n'importe quoi. Peinture. Produit chimique quelconque. Corrosion.

Sang.

Le sorcier s’installa au centre du vaste étage. Il fallait en finir. Il en aurait pour des heures et des heures. Mais il devait essayer. Déposant sa besace, il en vida tout ce dont il aurait besoin. Aux piques de camphre prévues en renfort de celle qui n’allait pas tarder à s’éteindre, d’autres ingrédients : sauge, grande aunée, mais aussi anis étoilé, cannelle, myrte. Chaque plante disposant de son contenant consacré, ces derniers disposés de manière à créer un cercle au sein duquel il s'était agenouillé. Par-delà les racines qu’il embrasa, il étendit une carte de Shreveport, déjà utilisée à plusieurs reprises, mais jusqu’alors en vain, pour tenter de la repérer. Puis, le pendule de Jill lui-même, dont il embrassa la perle polie à son extrémité, le bénissant comme selon l’usage. Retroussant les manches de son t-shirt après avoir écarté son cuir plus loin, il s’empara de l’un de ses athamés. Sans hésiter, la pointe trancha ses deux avant-bras, coup sur coup. Lignes claires, précises. Sacrifices du sang. Les fumées qui l’entouraient dans la pénombre augmentaient peu à peu sa réceptivité à l’outre-monde. Il finit par basculer en tailleur. Comme autrefois dans cette coloniale du North – Yago était là – il en appela aux esprits rôdant dans les parages. Cet endroit était trop inquiétant pour ne pas avoir vu d’autres âmes, peut-être humaines, se livrer à la mort avant Aliénor. Il répugnait à la considérer comme peut-être défaite, mais une part de lui restait convaincue qu’il leur faudrait envisager cette hypothèse. La mère sanglante avait peut-être disparu depuis des éons, et ils s’acharnaient à chercher un fantôme dont ils ne retrouveraient même pas la poussière de ses os. Alors il en appelait à d’autres. Il attendrait le temps qu’il faudrait, se balançant d’avant en arrière, son sang gouttant dans les différents contenants, poudres, feuilles qui le plongeaient dans une transe lente, longue, profonde. Il renforçait l'invocation par des prières ne produisant rien d'autre que ce chuchotement inquiétant ; seule âme qui vive à des kilomètres. Il se sentait seul au monde, détaché du temps présent, accédant à ce stade supérieur de conscience que la modernité, la politique, et parfois ceux qu'il aimait, brouillaient par la faute de leur propre énergie.

Il perdit la notion du temps.
Il ne sentit pas immédiatement l'esprit venir, s’inviter à son tour sur le plancher rugueux, happé depuis le plan immatériel.

« C’est la salope qui m’a eu. »

Les prunelles embuées du paladin de Baal se rouvrirent, tombant sur la forme éthérée d’un homme vêtu pour combattre. Un équipement martial pareil à celui de forces de police surentraînées couvraient ses bras et ses jambes. Son torse semblait revêtu d’une sorte de gilet rigide, mais plus fin et plus souple que ceux pouvant parer les projectiles comme ceux qu’il avait trouvé. Aucune inscription ne confirmait le rattachement de l'individu aux forces spéciales louisianaises. L'air un peu abasourdi, et cependant très calme, il répéta.

« C’est la salope qui m’a eu. »

La bouche sèche, le sorcier battit des paupières, cherchant à comprendre.

« Quelle salope… ? »
« Une salope de vampire. Une pétasse immortelle. C’est la salope qui m’a eu. »

L’homme semblait presque surpris d’être là. Il regardait autour d’eux les murs et les bâches de plastique qui, en l’absence de vent, ne claquaient pas, cette nuit. Le silence était de plomb. Eoghan, tétanisé, fixait cet inconnu sans vraiment parvenir à croire en sa présence. Il n’avait pas si souvent que cela invoqué des défunts, par le passé. Épris d’une crainte respectueuse et immémoriale, il n’avait jamais voulu jouer avec une faculté capable de se retourner contre son auteur. Il redoutait les hantises. Il laissait aux médiums le talent de renvoyer une âme trouver le repos qu’elle méritait. Ce ne serait pas à celle-ci, qu’il permettrait d’acquérir ce salut, plutôt que de rester à errer là, dans un cadre pareil ; cimetière urbain sordide, où trop peu de vivants circulaient.

« Une vampire… ? Vous chassiez une vampire ? »
« Pas une vampire. Des vampires. Le plan était bon. Il était bon. On l’avait bien potassé. »

S’il avait bien entendu immédiatement songé à Aliénor, quelque chose ne collait pas. Elle s’était rendue seule dans les chantiers. Mais si elle avait rejoint d’autres Longue-Vies, alors l’ectoplasme devant lui pouvait très bien avoir été impliqué dans sa disparition.

« Est-ce que vous pouvez m’en dire davantage ? »
« Y’avait un Nid. Fallait s’débarrasser du Nid. Alors on y est allés, puis c'est tout. C’est la salope qui m’a eu. »

L’obstination, la répétition dont il faisait preuve, manqua de lui glacer le sang. Mal à l’aise, l’arcaniste s’entêta.

« Comment est-ce qu’elle était ? Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »
« Ai pas fait gaffe. Ils avaient déjà eu Eric. Après, ça a été mon tour. Elle était mauvaise. »
« Comment est-ce qu’elle était ? »
« Grande. Cheveux bruns. Longs. Yeux sombres. Des dents de sale pute de vampire, j'l'es ai vues de près. Une pétasse comme on en fait rarement. Jamais faire confiance à ces saloperies-là. Les aurais tous exterminés, moi. J’fais pas de différence. »
Par mégarde, les iris arctiques discernèrent des traces de sang le long de la cuisse du supplicié. Ancienne blessure de son vivant, ayant précédé sa fin ? Il n’oserait pas l’interroger à ce sujet.
« Il m’a pas attendu. Mon pote, il m’a pas attendu. Alors la salope elle m’a eu. Mais c’est pas grave. Depuis que j’suis là, y’en a une autre qu’a payé à sa place. Elle a bien gueulé. Moi j’l’aurais jamais touché comme l’autre l’a fait. Ça me dégoûte trop. Parce que ouais, lui, il l’a bien faite couiner. Elle était dans un sale état. Tant mieux. Ça mérite pas autre chose, ça. »
Ses mains se serrèrent contre ses genoux, sans se départir de sa pose méditative, tout entier focalisé sur les paroles haineuses d’un futur candidat à l’état de poltergeist, d’esprit frappeur, tourmenté.
« Elle a bien gueulé. Je sais pas pourquoi il l’a emmenée, mais quand il a eu fini avec elle, elle faisait pas la fière. »
« Où est-ce qu’il l’a emmenée ? »
« J’sais pas. Il l’a embarquée. Pas vu c’qui s’est passé après. Plus là. »

L'esprit s'avança. Le toucha comme se laissa toucher, traversant les braises sans douleur. Sa caboche à ciel ouvert déversa, pendant ce qui parut durer une éternité, les maigres réverbérations de souvenirs brouillés ; vie et mort mélangés. Effrayé à l'idée de se laisser envahir par la créature, le sorcier relâcha peu à peu l’emprise de cette convocation, obligeant la présence du défunt à se déliter. Longtemps, les ordres aboyés d'un commando, les cris d'Aliénor Bellovaque, les tirs de balles des Gregson, les rires d'un groupe de chasseurs, s'emmêlèrent, se brouillèrent en une cacophonie difficilement supportable pour l'invocateur submergé. Plus que tout, l'écho de la voix grave persista, continua de résonner sans fin dans sa tête, gutturale.

« C’est la salope qui m’a eu. »

•••

Tourne, tourne, tourne, tourne, tourne…

Tournait, le pendule, qui s’activait au-dessus de cette Shreveport esquissée. Les tempes presque luisantes à force de mobiliser ses forces depuis le début de la nuit, il s’efforçait de maîtriser, ou tout du moins de se laisser guider par les oscillations dont les vibrations semblaient remonter jusqu’en haut de son bras, de son épaule. Une sensation de fourmillements légers ne cessait de divaguer entre sa paume et la base de son crâne.
« Allez… Bordel, allez… » La plainte chuchotée se joignit aux derniers grésillements des plantes dont les grains achevaient de se consumer. Il se balançait encore, d’avant en arrière, et le son répétitif de l’air fouetté par le pendule commençait à le rendre migraineux. Il n’abandonna pas. Aidé par les visages de ses proches ou adjuvants, par les traits mêmes de celle qu’ils recherchaient. Il projeta dans la bataille toutes les acuités dont il disposait pour retrouver la piste de l’éternelle, puisant une dernière fois dans la nimbe qui planait sur cette partie du nord de la ville.

Il continua bien après que la douleur eut menacé d’ankyloser ses membres. Bien après qu'un filet de sang ne finisse par s'écouler depuis ses sinus.

L’aube se levait à peine, lorsque la pointe tomba, s’accrochant enfin au papier. Définitivement immobile.


•••

Lucky Star motel, le lendemain.

Jusqu’alors, il n’était jamais vraiment entré à l’intérieur du motel. Il s’était contenté de rester sur le parking, y attendant ses deux acolytes. Après un ultime appel, Yago demeurait toujours injoignable. Mordu par une appréhension acide, il avait décidé de marcher sur ses réserves pour pénétrer dans le bâtiment. Il se rappelait, des confidences de Serguey. Beaucoup de gens étaient morts là. Des cowans, bien sûr, mais aussi de nombreux Éveillés. Encore éprouvé par son invocation de la veille et toute la nuit passée à œuvrer auprès des arcanes, il s’efforça de fermer toutes ses perceptions, de faire fi de tout ce qui aurait pu lui faire sentir la proximité de la Mort, qui était passée par là. Il n’était pas un nécromancien, comme le Slave, et cette tâche lui en fut ainsi facilitée. Il grimpa jusqu’au deuxième étage après s’être renseigné auprès d’un inconnu au visage plus amène que d’autres. C’est ainsi qu’il se retrouva face à la porte de Mei. Il n’attendit pas longtemps, une fois le battant ouvert, pour poser sur elle un regard qui redoutait à la fois sa réaction et la suite de leurs recherches.

« Salut... J’étais aux chantiers hier soir. Et je crois que je sais où elle est… Il faudrait qu’on aille… en repérage, en reconnaissance, j’sais pas comment tu vois les choses, mais… on devrait se rendre sur place pour voir ce qu’il en est, et si c’est possible que… »

Que quoi ? Qu’ils trouvent des résidus de son cadavre ? Autre chose ? Il préféra ne pas s’attarder sur ces détails morbides.

« Tu viens avec moi ? Je n’arrive plus à joindre Yago depuis plusieurs jours. Est-ce que tu as eu de ses nouvelles… ? »  

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Louisiana Burning

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Princesse Kumquat, le Glaçon Impérial.
Mei Long
Mei Long
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ASHES YOU WERE

En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
Facultés : Quietus - Obténébration - Chimérie
Thème : Secret Garden - Adagio
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ASHES YOU WILL BE

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Dim 26 Mar - 13:44 (#)


Let the Chase begin.


Xianghuo
Plus d’un siècle n’aura pas suffit à balayer les croyances portées par ses ancêtres. Modernisme électrique qui a soufflé ses origines, Histoire sadique réinventée et annihilatrice de ce qui l’a vu naître. Les Qing ont été oubliés, le nom de sa province changé. Adieu Mandchourie. Mei est ce morceau de toile déchirée qui résiste pour se raccrocher au reste d’une peinture usée par le temps dont la représentation n’évoque plus de souvenirs d’appartenance.
D’un pragmatisme tranchant, elle n’en reste pas moins fille de divinités oubliées. La science n’aura au moins pas soulevé son mysticisme et malgré tout ce que ses yeux ont vu et assimilé comme contradiction fatale au taoïsme, l’encens qui brûle face à elle en des volutes grisâtres la plonge dans un état de transe salutaire. L’agitation des lieux s’estompe, les voix se font diffuses et la vision rétrécie, elle se laisse porter par les formes abstraites et incontrôlées, symboles de paroles enfermées. Les siennes. Chaque courbe qui s’échappe en un chemin impossible à anticiper est ce que les mensonges et les secrets recèlent. Au travers de la fumée odorante et silencieuse la communion s’opère et les paupières se closent, le parquet éprouvant les genoux.
Épurée de tout parasite, vidée de toute pensée autre que celles sur lesquelles l’Antique souhaite se concentrer, elle s’oublie.
Et implore.

Yuhuang Dadi, Empereur de Jade, toi qui un jour m’a promu au rang d’Immortelle, je t’implore.
Deux semaines à traîner sa vieille carcasse dans la poussière, la rouille et le béton. Le dessin de la lune s’était modifié au gré de ses pérégrinations, avec pour seule constante l’échec plus difficile chaque nuit à encaisser. Les lettres AB avaient usé la craie, ne révélant l’identité que de celle recherchée. La hargne et l’acidité de ses sentiments s’étaient taries dans cette course contre le temps. Accompagnée de Yago et Eoghan, l’Antique s’était rassurée de leur présence, nourrie de leur espoir, confortée par leur volonté, au moins les premières nuits, avant de se réfugier dans la solitude imposée par le territoire assigné. Avec pour seule compagne ses propres pensées, ses doutes, ses peurs, elle s’était lentement laissée ronger par ces derniers. Anticipant un futur que l’Immortelle ne se voyait pas adopter, présumant du pire sans être prête à s’y confronter, paumée dans un maelstrom d’émotions contradictoires que la fragilité de son esprit ne pouvait encaisser. Il n’y avait rien, ici, pour elle, sans sa Reine.

Bixia nü, Dame des nuages bigarrés, je t’implore.
Forcée au secret pour préserver un pouvoir trop récemment acquis, liée aux mensonges pour couvrir le premier, elle voguait sur une mer de plus en plus agitée, craignant à chaque confrontation que le frêle destroyer sur lequel Mei avait embarqué ne sombre dans d’infinis tréfonds. Les questions se répétaient, devenant insistantes, teintées d’un doute légitime et d’une méfiance justifiée.
Il lui avait fallu se faire absente des chantiers abandonnés pour donner le change, la gestion du clan réclamant sa présence. La frustration avait été presque impossible à cacher, derrière ce masque fissuré. Ce n’était pas sa place, pas celle que l’Immortelle avait choisi en tout cas. La nécessité avait primé sur les désirs mais le costume restait imparfait pour une suiveuse comme elle. La Chinoise s’était toujours laissée porter par le vent, qu’il soit une douce brise d’été ou un ouragan dévastateur. Ici, de par les circonstances, elle apprenait la raison qu’imposent certaines obligations, subissant un virage qu’elle n’avait pas envisagé amorcer.

Donghua Dijun, Empereur du Pic de l’Est, responsable des enfers, je t’implore.
Inspiration forcée. L’encens s’infiltre dans ses sinus, lui pique agréablement la trachée et s’insinue dans les mortes contrées de poumons atrophiés. Avec elle l’odeur familière de son loup qui persiste dans l’air, dans ses draps. Le retrouver lui et la perdre elle. Payait-elle le prix de ses atrocités? De ses victimes? De l’océan sanglant dans lequel, jadis, elle s’était baignée? De la Mer rouge qu’elle prévoyait de couper en deux s’il le fallait? Le karma avait-il décidé de se jouer de sa personne une énième fois? Celle de trop…

Usée.
Désespérée.

Xiwang Mu, Reine Mère de l’Ouest, responsable du paradis de l’Ouest et gardienne du pêcher d’immortalité, je t’implore.
Quinze jours, qui lui avaient laissé le temps d’imaginer le pire. Ne pouvant croire à de pacifiques intentions, son égocentrisme avait lié sa propre histoire aux événements. Mei ne savait que trop bien de quoi certains étaient capables, trop intimement consciente de l’ingéniosité des Hommes, dans la torture infligée aux corps et aux esprits. Honteuse, elle avait souhaité la Mort à son amie. Par compassion, comme libération.
Ombre parmi les vivants, fantôme parmi les Longues Vies. Se raccrochant à ses idoles comme une enfant sans espoir. Humble comme rarement elle l’a été. Probablement comme jamais. Se laissant guider par de vieux esprits mis de côté mais pas reniés. Impuissante, elle s’en remettait à eux, comme la dernière fois qu’elle avait exigé leur aide. Il y a longtemps, ils lui avaient permis de s'affranchir de son maître et bourreau. De couper d’un coup sec les ficelles grâce auxquelles Jian la contrôlait. Aujourd’hui, ce n’était pas leur colère qu’elle invoquait.

Implorait.

***

Les coups frappés à la porte la sortent brutalement de sa transe et il lui faut de longues secondes pour retrouver pied dans la réalité. Fronçant les sourcils, ayant spécifiquement demandé à ne pas être dérangée, la Vampire se redresse, réduisant la distance avec l’importun en de rapides enjambées. Ouvrant à la volée, toute intention meurt dans l'œuf quand son regard se pose sur Eoghan. Surprise de le trouver dans son antre sans s’y attarder plus que de raison, pendue aux paroles qu’ils s’apprêtent à lui adresser, le temps se suspend entre eux. Et je crois que je sais où elle est. D’instinct, ses yeux se détournent au profit de l’encens qui se consume encore sur l’autel consacré. Pas suffisamment naïve pour réellement penser que ses pathétiques prières fonctionneraient, elle reste un instant coite. Et je crois que je sais où elle est. Ses orbes noirs se portent de nouveau sur l’arcaniste, l’incitant à entrer et refermant la porte derrière eux. Trop d’oreilles indiscrètes ici, peu importe ce que ces idiots penseraient, surtout après la visite de Gautièr, la prudence avant tout.

“Oui!” Répond-t-elle précipitamment autant pour couper court aux sous-entendus que ses mots impliquent que pour préserver cet immonde secret par lequel ils sont liés. Mei refuse de penser à ce qu’ils trouveront, pas alors qu’une nouvelle étincelle d’espoir jaillit. Pas alors que dans son corps mort renaît une vie. Pas alors que dans son cœur meurtri s’éveille autre chose qu’une interminable chute.

Déjà elle fouille son armoire pour y trouver des vêtements passe-partout et passe derrière le paravent. Le kimono qu’elle portait prend place sur le dessus et vient cacher les rameaux de cerisiers qui courent sur le fond noir et opaque. Un jean inconfortable et beaucoup trop serré d’un noir sombre et un pull à col roulé qui l’est tout autant. Fronçant de nouveau les sourcils quand elle apprend l’absence de Yago, celle-ci passe la tête pour se confronter au regard de l’Américain et lui répond par un simple mouvement de négation.
Terminant de s’habiller, elle en ressort, prenant place sur son lit pour s’encombrer d’une paire de bottines plates. L’inquiétude la gagne. Non pas pour le chat de gouttière en question pour lequel sa tolérance est minimale mais pour ce que sa possible disparition implique, pour les questions qu’elle soulève, pour les doutes qu’elle fait naître. Quand l’ennemi ne possédait pas de visage, tout le monde devenait suspect. Tout le monde. Y compris lui. Priorisant les informations, elle redresse son museau sur le brun. “Il doit probablement donner le change pour l’autre camp. Glaner des informations. Salâh n’est pas hors de cause et entre son créateur et la mère qu’il s’est choisi, je veux croire que son choix est le bon. Il ne doit sans doute pas encore pouvoir communiquer. Elle d’abord. Nous nous inquiéterons de Yago ensuite.” Tranche-t-elle sans animosité.

Si son jugement avait été hâtif concernant l’arcaniste, elle ne peut que le placer sur un piédestal, présentement. Si tenté qu’il l’ait retrouvé. Croire n’était pas une certitude et l’asiatique pensait son choix de mots parfaitement réfléchi. Et je crois que je sais où elle est.

Enfin prête, elle le devance dans le dédale des couloirs du motel et fait quelques détours pour éviter le gros de l’agitation des lieux. Une fois sur le parking, reconnaissant le véhicule du jeune homme, elle en prend la direction, retenant ses trop nombreuses questions tant qu’ils sont à portée d’oreilles. À deux mètres du pick-up pourtant, sa main agrippe l’avant-bras de son compagnon pour forcer son arrêt et son regard se porte sur le côté, dans la pénombre de la végétation qui entoure les lieux. L’ampoule d’un lampadaire, ou les éclats ce celle-ci, gisent sur le bitume, rendant l’obscurité plus opaque encore. Si ses yeux ne distinguent rien, la sensation d’être observés persiste et un désagréable picotement vient hérisser son épiderme, là, le long de sa nuque. Mais rien, ni mouvement, ni bruit. Relâchant la pression que sa main exerçait sur le bras d’Eoghan, elle souffle. “Quittons cet endroit. On parlera en chemin.” Signale cette dernière en prenant place sur la banquette avant.

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Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
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"Before I die alone."

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Jeu 6 Avr - 0:31 (#)


Let the Chase begin.
Il pénétra dans la pièce sur l’invitation de la Caïnite, non sans une certaine appréhension. Elle l’impressionnait, beaucoup. Même si son tempérament s’était fait moins hostile au fur et à mesure que les recherches se poursuivaient, il n’oubliait jamais les regards qu’elle lui avait adressé en premier lieu, ni la façon dont elle avait considéré son aide comme potentiellement inutile. À présent qu’elle s’était habituée à sa présence, il ne se sentait plus aussi brutalement décortiqué, mais il continuait de lui présenter un respect presque égal à celui que lui avait inspiré Oswald Landgraf. Bien qu’infiniment plus jeune que l’Ancien, Mei possédait cette aura extraordinaire qui témoignait d’une sorte de grandeur passée. Il ne connaissait pas son histoire, mais son instinct l’avertissait des écueils qui avaient frappé l’Asiatique, bien avant la naissance de l’arcaniste. Avec la prudence et la réserve d’un homme du Sud confronté à l’intimité d’une grande dame étrangère, il enfouit ses paumes dans ses poches arrière, évitant de trop laisser traîner ses prunelles à droite et à gauche, tandis qu’elle se changeait. L’odeur d’encens lui était agréable, lui qui en était coutumier. Il remarqua le petit autel qu’elle s’était constitué, et il ne put qu’en sourire, sans qu’elle ne puisse le voir. Ce détail était hautement significatif, pour lui. Il ignorait à quel culte ses prières s’étaient adressées, mais le simple fait qu’une immortelle continue de croire en d’autres puissances supérieures – exactement comme Yago continuait de vouer un temple mental à ce Très-Haut vénéré – le confortait dans sa pensée : les Longues-Vies étaient des damnés, mais ne cultivaient pas tous un orgueil démesuré au point d’oublier totalement les us et coutumes de leurs existences d'autrefois. Malgré la frontière qu’ils avaient traversé, malgré le changement occasionné de leur vie éteinte au trépas embrassé, ils continuaient de croire, de prier, d’implorer. Même au faîte de leur Toute-Puissance, ils continuaient de vouer leurs espoirs en d’autres bras, d’autres paumes. Cet aveu d’humilité, même si souvent conservé pour eux, le touchait d’une manière qu’il aurait été bien en peine de verbaliser.
Mei sortit de l’ombre de son paravent après lui avoir confirmé son absence de nouvelles de l’Infant oriental. Son souffle s’étrécit, et il se contenta d’acquiescer légèrement. Encore timide auprès d’elle, il n’oserait pas s’épancher éternellement sur ses inquiétudes, qu’elle s’empressa de vouloir balayer en lui proposant des solutions qu’il accepta volontiers, opinant de nouveau du chef.

Ils sortirent, et il lui emboîta le pas, continuant de fermer ses sens aux potentiels esprits rôdant dans les couloirs, pour l’heure peu animés. La mine fermée, les méninges en ébullition et impatient de se rendre sur place pour vérifier la tangibilité de ses déductions, il faillit pousser une exclamation lorsqu’elle se saisit de lui, le faisant s’arrêter immédiatement. Il l’interrogea en silence, mais n’eut qu’à suivre le faisceau de son attention pour tourner la tête en direction de… de quoi, exactement ? Ils semblaient seuls, à l’orée du parking. Il n’y avait rien d’autre que la nuit, transpercée par les éclairages ornant la devanture du motel, derrière eux. L’attitude de Mei commençait à lui faire froid dans le dos, et ses muscles se raidirent, sans qu’il ne cherchât pour autant à se défaire de son emprise. Il remarqua tardivement les bouts de verre à quelques pas de là, et ne chercha pas à la questionner, grimpant à toute vitesse derrière le volant. Il fit reculer le pick-up dans un crissement de pneu ténu, étouffé par la mauvaise qualité du goudron. Il jeta un coup d’œil dans son rétroviseur, comme pour espérer (ou redouter) voir un indice confirmant le sixième sens de la vampire. Il ne remarqua rien, et il maintint le pied au plancher.

« Qu’est-ce que tu as vu ou senti ? Tu m’as fait peur… »

Il n’y avait pas vraiment de reproche dans sa voix, rendue plus grave par la trouille qui l’avait agité. Plus il fréquentait les parages, plus il lui semblait que toute la zone devenait contaminée par une force les dépassant tous, et de loin. Il se mordit l’intérieur de la joue.

« Vous ne devriez pas rester là. Au Motel, je veux dire. » Ses doigts serrèrent plus fort le volant. « Entre ce qu’il s’y est passé il y a quelques mois et maintenant ça… Je… J’crois que tout le North… » Il tourna la tête quelques secondes en direction de la vitre, côté conducteur. Aucune lumière ne brillait nulle part, tandis qu’il prenait la direction de The Haven, redescendant vers Shreveport. « C’est comme si tout le North était en train de changer, au fil des années. Je sais pas depuis combien de temps tu es là, mais… c’était pas comme ça, avant. » Il se tut cependant sur la question, et décida plutôt de l’éclairer sur le fruit de ses découvertes, conscient que ses commentaires de local ne l’intéresseraient probablement pas. « Bon… Du coup, j’te disais que hier soir, j’ai trouvé l’un des immeubles fouillés par Yago. Il avait visiblement laissé des indications comme quoi cet endroit était plus intéressant qu’un autre. J’y ai trouvé deux ou trois trucs. Une douille, un bout de c’qui ressemble à une grenade, tu sais genre la goupille… Et puis y’avait pas mal d’impacts de balles sur un des murs. Tout n’était pas concentré au même endroit, mais au même étage y’avait aussi une sorte d’auréole. Comme si une bonne quantité de liquide avait coulé là, puis avait été nettoyé. J’pouvais pas être sûr et certain que c’était du sang, mais j’ai voulu essayer. »

Maintenant qu’il n’était plus seul, il se demanda comment il avait eu les couilles de s’attarder dans un endroit pareil. Au fond, il connaissait pourtant la réponse. Le sentiment d’accomplir un devoir nécessaire, mais surtout l’affection qui le liait à Yago et Serguey, renforcée par sa curiosité obstinée, lui avaient plus d’une fois permis de surmonter ses réticences superstitieuses. « J’ai réussi à invoquer un fantôme, au bout d’un moment. Il… Il aurait vu quelque chose. » Que dire ? Que confier ? À quel point ? Il avait senti tout l’attachement que Mei éprouvait envers Aliénor. Il ne voulait pas alimenter une sorte de désespoir en elle, qui n’avait jamais cessé de vouloir fouiller les chantiers avec acharnement. Toutefois, il ne se sentait pas capable de lui mentir. Il aurait voulu lui dire à quel point il se sentait mieux, cette nuit, de l’avoir avec lui. Mais ces belles paroles ne vaudraient rien, s’il lui masquait une partie de la vérité. Alors, prenant son courage à deux mains, il expliqua d’une voix douce et mesurée ce qu’il avait vu : « Je crois qu’elle s’est faite agresser. Ils étaient plusieurs, mais l’esprit m’a dit… montré… fait entendre… enfin, je crois qu’un homme en particulier… » Les mots du revenant, sans équivoque.

« Elle a bien gueulé. Moi j’l’aurais jamais touché comme l’autre l’a fait. Ça me dégoûte trop. Parce que ouais, lui, il l’a bien faite couiner. Elle était dans un sale état. Tant mieux. Ça mérite pas autre chose, ça. »

« Elle était encore vivante au moment de quitter les chantiers. Elle a été emmenée. Alors j’ai cherché, et j’ai réussi à localiser une zone, dans The Haven. C’est pas déconnant… Tiens, regarde, j’t’ai imprimé le plan en Google Street, dans la boîte à gants. Y’a plusieurs bâtiments qui pourraient faire une bonne planque, s’il l’a emmenée pour la garder quelque part. »

Lui, de son côté, vérifia d’un bref coup d’œil l’impact de ses confidences sur Mei. Le silence qui régnait dans l’habitacle entre deux paroles ne faisait que contribuer à cette atmosphère glaçante qui déplaisait au sorcier. Mettre de la musique lui aurait paru malvenu, et pourtant il aurait payé cher pour que quelques notes puissent le distraire de leur sinistre destination. Soucieux d’elle, il se risqua à lui demander, presque dans un murmure : « Est-ce que… ça va, toi ? »  

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Louisiana Burning

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Princesse Kumquat, le Glaçon Impérial.
Mei Long
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En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
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Ven 7 Avr - 20:49 (#)


Let the Chase begin.



Dans un bruit sourd et sec la portière claque et l’enferme dans l’habitacle du véhicule. Sentiment faussement sécuritaire, le soulagement de ne plus se savoir à découvert lui suffit pour le moment. Les yeux fermés, consciente néanmoins que cet abri de fortune ne la préserverait finalement de rien ni personne, la hâte de quitter les lieux la fait expirer avec force.
Troublée, plus qu’elle ne veut bien le montrer mais incapable de pleinement le cacher, dans un entre-deux qui la trahit plus sûrement que sa propre bassesse, la belle fouille sa mémoire pour trouver l’écho de ce sentiment familier. Là, dans les tréfonds des souvenirs, articulés par une vie d’errance et de fuite, Mei sait, que cette peur est coutumière, vive, destructrice. Quand l’a-t-elle ressenti pour la dernière fois? Juste après la disparition d’Aliénor, peu avant l’abandon de Gautièr, quand elle avait senti son départ approcher? Non, ce n’était pas cette peur-là, pas celle qui vous tordait les méninges et vous rappelait que vous aviez un cœur capable d’aimer malgré les circonstances. Il en existait de moins sournoise et de plus frontale, état primitif codé dans les gênes et transmis depuis que le monde était monde. La peur qui nourrissait l’envie de survie, le besoin de perpétuer son existence, même tenue par un simple fil déjà effiloché. Celle qui vous forçait à surveiller votre épaule par crainte de voir surgir les fantômes du passé. Et qu’ils étaient légions, maintenant. Celle tordant des entrailles pourtant mortes depuis plus de cent ans et vous rappelait l’aigreur et les nausées associées. Par un désastreux prodige, l’Immortelle pourrait jurer se rappeler du goût acide de la bile, là, dans sa gorge.
Rouvrant les paupières, le rétroviseur, réglé pour la vision du conducteur et non la sienne, ne lui apporte aucun dernier indice avant que le reflet du motel ne défile dans le miroir et que le sorcier avale le bitume aussi rapidement que le lui permet le pick-up.

Si l’interrogation est légitime, Mei n’a malheureusement pas de réponse à lui offrir. Elle n’avait rien vu ni même entendu. Ce n’était qu’une sensation, un frémissement infime, un frisson sur sa nuque, un écho silencieux. “Rien…” souffle-t-elle en calant l’arrière de sa tête sur le siège. “Je suis juste paranoïaque...plus que d’habitude j’entends.” Lâche cette dernière en espérant sincèrement que son ressenti pouvait se résumer à ça.

Le paysage défile sous ses yeux, si rapidement que son regard a du mal à capter un détail plus qu’un autre. Si son attention est fixée vers l’extérieur, elle offre une écoute active aux mots de l’arcaniste. Fuir? Encore? Se terrer? Encore? La Chinoise avait passé sa vie à fuir. D’abord les temples orientaux et sa famille au profit de l’âme noire de Jian. Calice des calices. Abandon d’une vie que la Révolution lui aurait de toute façon volé tôt ou tard. Elle l’avait fuit, lui, après un énième meurtre, quand sa conscience s’émouvait encore du sort d’un enfant innocent. Ça l’a toujours troublé, qu’elle se souvienne de ce garçon. Aucune victime de ses frénésies n’était restée gravée, excepté lui. Ses grands yeux noirs, ses cheveux de jais en bataille, son visage émacié et la beauté de ses traits. La solitude l’avait portée, dans les champs d’opium, méfiante de chaque compagnon d’infortune, désireuse de conserver chaque miette de pain cédée. Combien de temps, sous ce soleil de plomb? Elle n’avait jamais regretté la chaleur de ses rayons, une fois passée de l’autre côté. Elle avait fui les japonais ensuite, pendant un temps, avant qu’ils ne la rattrapent. Elle avait fui la Chine, le giron de son Sire, les humains, les autorités, le contrôle, l’éveil, l’amour, les sentiments.

Fuir.
Fuir.
Fuir.


“Le North?” Répète-t-elle en lui adressant un regard neutre, sans animosité, sans amitié. “Le monde entier change, plus si doucement qu’il en avait l’habitude.” C’était le constat de son réveil, après deux décennies d’absence. Elle ne reconnaissait rien, ici et le peu auquel elle se raccrochait lui avait été enlevé.

Oubliant une philosophie que l’asiatique juge inintéressante à aborder, elle se tourne un peu plus sur la banquette pour faire face au jeune homme - en tout cas l’est-il pour elle - analysant chaque indice découvert la nuit dernière. Les mots se gravent, indélébiles, attisent son inquiétude déjà poussée à l’extrême et menacent de renverser une stabilité fraîchement acquise. Quand il évoque ce qui pourrait être la vitae de son amie, ses mâchoires se serrent pour contenir son émotion et elle se sent trembler sans pouvoir le contrôler. Elle ne pouvait pas être morte. Pas toi. Se refusant à cette sinistre idée, usant d’un déni derrière lequel Mei a tu tellement de maux au cours des décennies passées, elle se force à encaisser une vérité qu’elle n’est pas prête à entendre.
Et puis… l’invocation d’un esprit. Par méfiance, pour un courroux duquel cette dernière s’est soustraite il y a longtemps sans pouvoir pleinement y échapper, elle ressent le besoin de se caler contre la portière, à une distance raisonnable - autant que la banquette le permet - du brun. C’était une chose qu’elle ne comprenait pas et ne souhaitait pas comprendre. Un jeu dangereux, même pour une âme damnée comme la sienne. Intriguée au-delà de la peur que lui inspire ces pratiques, elle boit ses paroles, avant d’accuser durement le coup. Un homme sort du lot, apparemment, sans nom, sans visage. Pleutres. Combien avaient-ils eu besoin d’être pour faire tomber la Reine Rouge? Sa reine rouge. Les sous-entendus n’ont pas besoin d’être explicités et son égocentrisme n’est pas assez parlant pour y faire une connexion inutile.

Vivante. Elle était vivante. C’est la seule idée à laquelle la Caïnite veut se raccrocher. La seule à laquelle elle doit se raccrocher. Fronçant les sourcils quand Eoghan emploie un terme qu’elle ne comprend pas, sa main ouvre néanmoins la boîte à gants pour y dégoter le fameux plan. Grimace étonnée qui accompagne ses traits, elle s’était attendue à une vulgaire photo prise de dessus ou les plans intérieurs des bâtiments, pas… ça. Ce google était décidément talentueux et fort utile. Accaparée par cette nouvelle étude, la Chinoise met un certain temps à assimiler la nouvelle interrogation de son acolyte. Surprise, elle relève son regard sur lui, ne doutant pas de la sincérité de sa demande. C’est que personne, depuis les événements, ne s’était réellement souciée de sa personne, elle y compris. Ses pensées pour seule compagne, Mei ne s'était pas vraiment questionnée sur son état. Et y penser maintenant lui donne le tournis. “Je… ne sais pas.” Murmure-t-elle, un brin désarçonnée. Peut-être parce qu’elle est plus fragile depuis quelques jours, sans doute parce qu’il s’est montré d’une aide précieuse, celle-ci consent à lui offrir cette même sincérité. “Je suis partagée entre la rage, la peur, le doute, la solitude, la faim, l’envie de vengeance et le besoin de la retrouver.” Et parce que même pour une Vampire, il était impossible de gérer autant de sentiments contradictoires, elle s’agace. “Je ne sais pas et ça n’a pas d’importance!” Bougonne l’Immortelle en revenant au plan. “Tu crois qu’il y a des sous-sols dans ces bâtiments? Un endroit où la lumière du jour ne passerait pas et où personne n’entendrait rien?” C’est en tout cas une option qu’elle aurait elle-même savamment étudiée avant une telle entreprise.

Le ton s’est radouci, de même que l’attitude. Eoghan n’y était pour rien et le mépris de leur rencontre avait cédé place à une profonde reconnaissance. “Je sais que tu ne fais pas ça pour moi, ni même pour elle. Mais…” De nouveau, ses yeux se relèvent sur son profil. “Merci.”

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Eoghan Underwood
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⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Lun 10 Avr - 6:04 (#)


Let the Chase begin.
Au glissement de Mei sur la banquette du pick-up, le sorcier comprit avant de le voir qu’elle s’était reculée. En apparence, il pouvait s’agir d’un mouvement destiné à l’englober dans son champ de vision de manière plus confortable. Il devina que son geste avait plutôt pour explication la concomitance de ses propos concernant l’invocation. Mei avait-elle peur des esprits ? Elle ne serait pas la première. Yago aussi était terrorisé par les fantômes. Il se demandait s’il s’agissait d’une spécificité vampirique ou d’un réflexe somme toute normal, venant de la part d’un ancien humain lui aussi apeuré de son vivant. De son côté, s’il n’appréciait pas avoir recours à ce genre de pratiques, son appréhension restait différente. Il estimait avoir toujours été respectueux des âmes qui étaient passées de l’autre côté, et qui avaient accepté de converser avec lui. Il était impressionné par elles, craignait le phénomène des hantises, mais son expérience et les leçons de sa mère lui avaient toujours permis de conserver la tête froide. Seuls certains esprits frappeurs bien particuliers, aimantés par un désir bien vivace de faire le mal et de se venger des vivants, continuaient de lui donner des cauchemars. Il n’en voulut pas à la Caïnite, plutôt reconnaissant de l’avoir laissé aller jusqu’au bout, et de ne pas passer ses nerfs ni ses humeurs sur sa personne. Il lui faisait confiance désormais – au moins pour ça – mais ce tête à tête inattendu entre eux deux ne laissait pas le droit à l’erreur à l’arcaniste. Personne ne serait là pour couvrir ses arrières, si elle décidait de subitement lui faire vivre un enfer. Il ignorait qu’elle était une ancienne adepte de frénésies particulièrement dangereuses. Heureusement pour lui.
Il remarqua avec un temps de retard la façon dont elle avait accueilli sa question, et lut ce qui ressemblait presque à de la stupeur. Comme si l’interrogation était décalée. Comme si elle n’aurait jamais pu s’y attendre.

“Je sais que tu ne fais pas ça pour moi, ni même pour elle. Mais… Merci.”

Il tourna la tête vers elle à son tour, et il laissa naître un sourire presque tendre, quoiqu’affadi par le contexte sinistre de la situation. Dehors, la nuit opaque restait peu engageante, leur route solitaire bordée de champs et de terrains vagues, pans de nature à peine défrichée par un passé inconnu. Il leur était impossible de distinguer l’ombre imposante des quelques bâtisses témoignant de l’ancienne gloire déchue du North. L’habitacle était la seule source de réconfort, et les phares trouant la pénombre ne le rassuraient pas autant que la vampire à ses côtés. Plus les minutes passaient, plus il se sentait soulagé, qu’elle soit là. Mei lui semblait puissante. Ainsi amadouée par son engagement à ses côtés, le Louisianais laissa la ligne de ses épaules se détendre davantage. Il se contenta d’acquiescer, par pudeur pour elle. Il n'y avait rien à répondre. Il aurait pu refuser ce témoignage de gratitude, mais il n’en avait pas envie. Parce qu’il le méritait, au fond, c’était vrai. Même s’il ne l’avait jamais fait pour récolter le moindre laurier, une telle honnêteté de sa part le rassérénait profondément. Elle ne le traitait pas comme de la chair à canon, en cet instant. Ils ne seraient jamais égaux, à bien des égards, mais elle le considérait pourtant comme tel au moins dans la façon de s’adresser à lui. Il n’en demandait pas plus.
Se raclant discrètement la gorge, il tendit la main pour effleurer le papier qu’elle tenait entre ses doigts :

« Y’a forcément des sous-sols, oui. En fait y’a au moins trois bâtiments qui pourraient correspondre à une geôle improvisée. T’as une sorte de grosse usine désaffectée, c’est l’bâtiment le plus important. Puis un entrepôt un peu plus à l’ouest, et de l’autre côté une église abandonnée. J’propose qu’on commence par l’entrepôt et l’église. À mon avis, ce sera le plus facilement accessible pour nous, et le plus facilement vérifiable. Une fois qu’on aura checké ça, on pourra s’attaquer au gros morceau. J’espère vraiment qu’elle est pas dans l’usine en tout cas, parce que vu la taille du bordel, on va encore galérer… » Il tentait de mettre de côté sa trouille de l’erreur. Si le pendule avait menti ? Si sa volonté l’avait propulsé vers le mauvais chemin ? « The Haven est plus proche de Shreveport, et a l’air plus civilisé, mais en soi, même combat. Y’a rien d’plus facile que d’y planquer quelqu’un, à mon avis. T’sais, regarde, le nombre de gamins qu’on retrouve cachés dans les caves des gens… C’est pas si difficile que ça, surtout si le jour, elle dort… Y’a pas d’habitation, dans l’secteur. » Il songea aux locaux de l’Arch, situés à quelques kilomètres de là. Odelia ne lui avait fait part d’aucun signe révélateur d’une activité suspecte.

Il laissa passer un silence. « Tu as pu te nourrir, ce soir ? » Son ton était neutre. Il n’indiquait ni la méfiance, ni la réserve, ni aucune forme d’inquisition. « J’peux comprendre tous les sentiments dont tu parles. Fin j’crois. Mais la faim… ça, tu peux la combler facilement, non ? Tu as des calices, au motel ? Des humains favoris, ou… tu te contentes de la version synthétique ? » Son sourire s’effila à la commissure de ses lèvres. « Bon, j’t’avoue que j’y crois moyen, mais sait-on jamais… C’est peut-être parce que tu m’as fait flipper la première fois que j’t’ai vu que je t’imagine pas te nourrir autrement qu’à la source. »

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Let the Chase begin.


Au moins n’a-t-il pas la maladresse de lui offrir une réponse orale. Le bref échange visuel leur suffit à communiquer ce qu'il est inutile d’appuyer. Se recentrant sur le plan et les indications qu’il distille au compte-goutte, l’Immortelle acquiesce doucement, cherchant une logique dans ces photos qui lui échappe. Tout n’est qu’un brouillard épais depuis le début. Ce rendez-vous aux chantiers pour lequel Aliénor a eu l’impudence et l’imprudence d’aller seule. L’enlèvement, les traces effacées pour qu’on ne remonte pas la piste. L’ennemi était efficace, intelligent, possédait les moyens. Mais il avait sous-estimé la rage qu’une telle décision soulèverait chez elle, chez d’autres, les rouages qui se rajouteraient à cette machinerie mal huilée, l’implication d’un arcaniste. En avait-il seulement cure, cette ombre sans visage, sans nom? Peut-être était-ce même le but recherché, après tout. Noyer les serpents pour les forcer à sortir de leur nid et attaquer. Les regrouper dans un bâtiment dont lui seul connaissait les secrets et parfaire une extermination programmée. Mei laissait ses pensées voguer dans un sens, puis dans l’autre. La finalité lui importait peu, du moment qu’elle la retrouvait. Sans certitude de ce qu'ils trouveraient là-bas, malgré le respect que le sorcier avait acquis, ils étaient tous les deux dispensables. Il y a longtemps, elle avait juré allégeance à une amie en se promettant de donner sa vie, s’il le fallait. De ces mots jamais prononcés, l’ancienne héritière d’un royaume oublié n’en avait jamais brisé le sceau. Eoghan devenait malgré lui un possible dommage collatéral, un énième. Ce n’était pas ce qu’elle souhaitait et dans le mesure du possible, elle préserverait l’intégrité du sorcier, mais en cas de force majeure, s’imposer ce choix délicat lui coûterait davantage que quelques nuits plus tôt mais serait tranché rapidement. Le temps ferait son œuvre, comme toujours et la culpabilité disparaîtrait.

“Même si elle se trouve dans l’usine, vivante, il sera plus aisé de percevoir son… essence non?” Les mots étaient un frein et bien que l’accent s’était plus mon tari après plusieurs décennies passées ici, le vocabulaire lui manquait parfois sur des sujets inconnus. “Je veux dire, si tu as pu retrouver sa trace dans les chantiers, après autant de temps et peu importe les moyens employés, il te sera moins difficile de la localiser.” L’énergie perçue augmentait-elle, fouettée aux traumatismes? Pourrait-il la sentir plus aisément par l’écho de ses maux? Par la rage? La douleur? La détresse? Le désespoir? Quel sentiment pouvait bien habiter Aliénor, en ce moment même, anticipant tout scénario sans en définir un seul précisément. Et elle, une fois suffisamment proche, pourrait-elle ressentir cette vibration unique qui leur manquait? Celle unissant un Sire et son Infant, sur le même diapason. Ses questions sonnent tout aussi désespérées, même à son oreille. Elle doit se faire violence pour ne pas se laisser emporter dans un nouveau tourbillon. Le monstre devait rester caché. Encore un peu. Juste un petit peu. Sans savoir si elle a besoin d’être rassurée ou si un tel prodige est possible, la Vampire se mure quelques instants dans un silence salutaire seulement brisé par un questionnement maladroit.

Qu’avaient-ils tous donc à s’enquérir constamment de sa satiété? Comprenant que ses propres mots l’ont trahie, ou en tout cas leur interprétation. Arquant le sourcil en guise d’interrogation muette, teinté d’un jugement à peine feint, elle lève les yeux au ciel sans s’en cacher. Le sang synthétique… il n’y avait que des abrutis pour leur passer une muselière aussi grossière. “Seulement la première fois?” Demande-t-elle sans forcément attendre de réponse, concédant à poursuivre néanmoins la conversation sur ce point, zone plus dangereuse qu’il n’y paraît. “Imagine ton plat favori, celui qui exhale une nostalgie enfantine, te fait saliver avant même la première bouchée, un goût si exquis que tu peux presque le confondre sur ta langue seulement en pensée.” Les humains avaient tous ce genre de péché mignon. “Maintenant, imagine ce même plat, sur lequel on aurait pissé et déféqué. Voilà quel goût a le sang synthétique.” Résume-t-elle froidement, sans pour autant tourner sa colère vers le sorcier. Évidemment tout en excès et en extravagance, le propos est forcé mais pour l’avoir testé les premiers temps après son réveil, elle ne s’abaisserait plus à cette ignominie sans y être contrainte par son caractère. “Mais tu te trompes, Eoghan, je ne me nourris ni à la source et n’ai pas… d’humain favori…” reprend-t-elle en usant des termes du brun avec une certaine ironie. “Pff, comme si elles le méritaient!” Le pronom féminin est un indice hautement important. Jamais d’hommes, dont elle rejette le contact. Seulement des femmes, dont le mépris concernant leur genre lui interdit toute intimité qu’engendre la morsure. Que leur sang coule pour sa personne était une chose, que Mei leur offre ce privilège, une autre que la belle n’était assurément pas prête à céder, en dehors de ses frénésies les plus violentes. Sans compter que la Chinoise n’était toujours pas certaine de se contrôler sans s’imposer une quantité mesurée. Ce n’était le moment de laisser dans son sillage le cadavre de la plus banale des catins. “Je ne parlais pas de cette faim-là et j’ai pris mes dispositions avant que tu n’arrives.” Finit-elle par avouer sans plus donner de précision. Non, c’était le goût du meurtre qui suintait sur sa langue.

Relevant son regard sur le brun, elle plisse légèrement les yeux, songeuse. “Est-ce que c’est vrai? Que ton sang a un goût différent?” N’étaient-ce que des rumeurs ou celui des arcanistes possédait une saveur particulière? Et parce que sa question pouvait prêter à confusion, elle précise : “Simple curiosité.”

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Eoghan Underwood
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En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
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⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
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Sam 22 Avr - 4:19 (#)


Let the Chase begin.
Il distingua, sans en faire la remarque, la peine que suscitait la prononciation de certains mots, chez elle. Il ne s’était jamais vraiment posé la question de ses origines. Il savait par Yago qu’elle était Chinoise, mais ignorant tout de son âge comme de son parcours, difficile de savoir si elle avait une maîtrise de l’anglais irréprochable ou non. C’était visiblement le cas, mais cette faille légère, cette difficulté d’articuler des termes spécifiques, pouvaient aussi bien trahir un long passé loin des terres occidentales comme une simple maladresse totalement compréhensible concernant les arcanes. Ses questions étaient légitimes, et il redoutait de lui apporter des réponses qui seraient loin d’apaiser ses craintes. Il prit soin de ne pas rater la dernière intersection leur permettant de quitter les frontières du North. La circulation était toujours cruellement déserte. Il regrettait presque de ne pas avoir croisé plus d’une voiture ou deux. La lumière d’autres phares aurait presque paru rassurante. Il disposa d’un bref interlude, tendant l’oreille aux réponses de Mei qui, soudain, avait retrouvé un ton méprisant, plus proche de celui qu’il lui avait connu à leur rencontre. Elle lui tira malgré lui un sourire et un haussement d’épaules. Pour tout aimable et serviable qu’il pouvait être auprès des immortels, il n’était pas non plus du genre à leur faciliter la tâche en rampant pour leur bon vouloir. Il ne reconnaîtrait jamais aussi aisément la peur que certains avaient pu lui inspirer, et lui inspiraient toujours. La comparaison qu’elle invoqua, pour illustrer ses propos, le fit grimacer.

« Okay… Message reçu, j’ai compris. »

Il n’était pas surpris outre-mesure. Rien que la notion de « synthétique » avait de quoi faire froncer le nez de tout arcaniste qui se respecte. Il trouvait cruel, bien que nécessaire, d’avoir inventé puis commercialisé un tel liquide – leurre qui ne remplacerait jamais le bénéfice réel ou la satisfaction du sang humain. Il fut plus étonné de voir qu’elle s’était détournée des calices. Il marchait toujours en terrain dangereux, et cependant sa voix à lui n’avait pas bougé d’un iota, ne jugeant ni ne soupçonnant quoi que ce soit.

« Elles… ? Vous ne vous nourrissez que de sang féminin ? » Il n’avait jamais entendu une chose pareille, et le sorcier coula un regard dans la direction de la Longue-Vie, sa curiosité bel et bien réveillée, à présent. « Alors vous chassez ? Vous chassez chaque nuit ? » Le tempérament de l’immortelle pouvait le laisser croire aisément. L’entendre le lui confirmer était encore autre chose.

Il soupira. « Autrement… Oui, c’est vrai. Le sang des Éveillés, en particulier les arcanistes, ont un goût unique pour vous autres vampires. C’est ce que Yago m’a toujours dit, en tout cas. D’autres parmi les vôtres me l’ont confirmé également. » Est-ce qu’il avait peur qu’elle l’attaque et qu’elle morde ? Non, pas vraiment. Elle semblait respecter, sinon redouter, l’usage de la magie ; à voir comment elle avait réagi en parlant de l’invocation des esprits, elle pouvait faire partie de ceux qui respectaient toujours les pratiquants de l’occulte. Et puis à voir la considération qu’elle éprouvait pour les hommes… Il n’avait visiblement pas beaucoup de motifs de s’inquiéter.

« Je ne sais pas à quoi c’est dû. Notre sang charrie… quelque chose de plus. Le Don. Une sorte de connexion qui nous relie au reste du monde. À ce que j’ai tendance à nommer le Grand-Tout. C’est une notion parfois difficile à saisir pour les profanes. » Mais elle était intelligente. Elle comprendrait sûrement. « En revanche, ça ne me permet pas de disposer d’un pouvoir illimité. Je n’arriverai pas à retrouver son essence, comme tu dis. Je peux lire les auras, mais je ne peux pas la pister. Je n’ai réussi à retrouver sa trace qu’au bout de toute une nuit, et uniquement grâce au fait que les lieux ont… ils ont été imbibés de l’énergie de ce qui s’y est produit. Quand quelque chose de tragique arrive quelque part, les murs, les arbres, le sol… tout s’imprègne de cette énergie, et laisse des traces. Le sang séché et les impacts de balles nous ont permis de comprendre où s’était déroulée la scène première, mais les indices les plus flagrants ne sont pas visibles à l’œil nu. Ni pour toi, ni pour moi. »

Ce sens, peut-être le fameux sixième, qui lui avait permis d’invoquer l’ectoplasme, lui inspira un frémissement, le parcourant depuis ses épaules jusqu’à la pointe de ses phalanges. Comme si la Rougeoyante l’avait salué, témoignant de son éternelle présence dans le cœur de son hôte, qui poursuivit : « Je ne suis pas bercé dans l’art de la divination, mais l’une de mes mentors l’était. C’est grâce à cela que j’ai pu la localiser, de façon imprécise comme tu le vois. Pour ce qui est de la trouver dans l’un de ces trois lieux… J’crois qu’on va devoir se fier à tout ce qui s’présentera à nous comme réponse potentielle. Ou alors… »

L’idée le laissa en suspens quelques secondes, avant qu’il n’avance, très prudemment : « La télépathie. Si elle est consciente, j’essaierai de l’appeler… ce sera difficile pour moi, mais je pourrai toujours essayer. Et d’ailleurs, à ce propos… » Il tourna la tête vers elle, captant ses prunelles des siennes avec intensité. « Il va falloir que tu t’apprêtes à ce que j’utilise ce mode de communication avec toi. Si nous nous éloignons l’un de l’autre, si on s’retrouve dans la panade ou, tout simplement, pour rester plus discrets. Est-ce que tu m’autorises à passer par ton esprit ? Rassure-toi, je ne compte pas fouiller ta tête. Uniquement communiquer. »

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Dim 23 Avr - 21:17 (#)


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Les questions affluent et elle ferme les yeux, étourdie par le poids que soulève ses interrogations. Tous les sentiments contradictoires qui s’entrechoquent l’empêchent de se cacher derrière ce calme de surface et cette indifférence qui lui sied si bien. Tout lui semble à vif, là, à l’intérieur. Plaies béantes qui suppurent, son propre corps devient carcan, trop frêle pour contenir un volcan prêt à imploser. Elle n’a aucune envie d’épiloguer sur les trop nombreuses leçons bâclées de son éducation et les odieuses conséquences qui la hantent encore dans le présent. Cette anormalité mortelle qui lui confère une immortalité en dents de scie depuis trop longtemps déjà. L’usure, pourtant, ne lui permet pas non plus de se réfugier dans un silence salutaire. Il est présentement impossible à la vampire d’intérioriser une contrariété de plus. Oh, jamais elle ne verserait dans la confidence intime ou la complainte inutile, encore moins avec un homme qu’elle connaît finalement si peu. Il est néanmoins étrange de constater à quel point la présence d’Eoghan est rassurante, voire apaisante. Peut-être parce qu’elle n’a plus d’épaule contre laquelle s’appuyer, plus de pilier contre lequel se reposer. Plus qu’un atout certain dans sa manche, l’asiatique commence à prendre la mesure de son importance dans cette entreprise, au-delà de ses capacités. Contre toute attente, pour une paranoïaque comme elle, l’arcaniste devient un allié de poids dans ce tourbillon d’incertitudes. “C’est… compliqué.” Finit-elle par souffler dans une lassitude tournée exclusivement vers elle-même. “Je ne peux pas… je n’ai pas… je ne veux pas avoir ce genre d’intimité avec un homme.” Que les mots peuvent être illusoires, quand ils ne peuvent refléter l’exactitude de la complexité d’un sentiment. Non pas qu’elle la désirait avec une femme, mais ces dernières, bien que nourrissant un mépris certain chez la Caïnite, n’étaient au moins pas cet écho sadique des vieilles tortures en tout genre. “Je peux vite devenir incontrôlable.” Les yeux toujours clos, l’arrière de son crâne vient trouver repos contre l’appuie-tête. À défaut d’une pleine et entière confiance, Mei lui devait au moins un minimum d’honnêteté quant à ses faiblesses, dans le cas où les choses tourneraient mal, une fois dans les entrepôts. “C’est compliqué.” Murmure cette dernière à nouveau sans savoir si, cette fois, son acolyte en a perçu la teneur.

Elle ne rouvre ses paupières que pour apposer un bref instant ses prunelles sur le cou du conducteur, curieuse plus que tentée, pour tous les précédents arguments et par le respect qu’il avait gagné au cours des dernières semaines. Ses yeux remontent sur son profil, réellement intriguée. Il était finalement le premier à partager son point de vue avec elle. Jian l’avait jalousement gardé loin de tout pendant plusieurs décennies et elle s’était naturellement protégée des autres CESS pendant les suivantes. Même après son réveil, l’intérêt n’avait été que minime, pour les prostituées en chef de Salâh. Pourrait-elle percevoir, en buvant son sang, cette connexion avec le reste du monde qu’il lui vend dans un mysticisme qui résonne agréablement en elle? Prétendre ne plus croire en rien aurait été hypocrite, surtout après des heures de prières intenses.
Le discours revenant sur les atrocités subies par son amie, elle détourne la tête et laisse de nouveau le paysage défiler devant ses yeux. L’esprit s’échappe vers des lieux maudits qu’elle aurait aimé pouvoir oublier, se demandant un instant si, après toutes ces années, la même énergie rappelle encore à certains toute l’horreur emmagasinée. L’écho de ses propres cris résonne-t-il encore contre les murs de béton? Sa honte s’écoule-t-elle encore par le trou circulaire en haut de la porte de sa cellule? Sa colère fait-elle encore trembler les ruines de l’atrocité humaine? Si un Eoghan s'adonnait à quelque rituel en ce lieu, la ressentirait-il? Elle tait ses interrogations égoïstes, intérieurement aussi et se concentre sur les événements présents.

La pause qu’il étire dans son discours lui paraît interminable et les sourcils froncés, elle le détaille comme s’il venait de se cogner la tête trop fort quelque part. La télépathie? Combien d’autres secrets recelait ce corps à l’apparence banale? Si l’idée qu’il développe lui semble déjà dérangeante pour Aliénor, une réelle surprise, teintée d’une peur sincère, viennent troubler son visage d’ordinaire si incroyablement inexpressif. Dans un geste réflexe dont elle n’a même pas conscience, sa tête se meut à la négative et elle accuse encore le coup qu’il lui faut pourtant réfléchir aux bénéfices d’une telle manœuvre. Ses propres craintes ne devaient pas entrer dans la balance, ses réticences non plus. Cette nuit, ils avaient une chance de confirmer une hypothèse acquise difficilement déjà. Cette nuit, ils avaient la possibilité de la localiser, peut-être plus, si le destin ne se jouait pas d’eux. Tout ce que Mei aurait vivement rejeté en d’autres circonstances devait être traité comme un atout, rien d’autre.

Un atout.
Une chance de la retrouver.

Son esprit était la seule chose en ce monde qui lui appartenait à part entière. Ses souvenirs, ses envies, ses pensées, ses traumatismes, ses joies, ses sentiments. Trop souillée, trop prise de force, l’idée même d’une telle violation mentale lui donnerait presque des frissons.

Un atout.
Une chance de la retrouver.

“Tout ce qu’il faudra, pour elle.” Souffle-t-elle néanmoins à contre-cœur. “Mais ne va jamais plus loin que la limite accordée, Eoghan. Tu t’y noierais.” Ou elle l’y noierait de force, si elle le sentait. Elle le verrait, assurément. Le regard de l’arcaniste ne serait fatalement plus le même sur sa personne. Elle le saurait. Et elle lui ferait payer un tel affront. C’est presque à regrets que les prochains mots franchissent la barrière de ses lèvres.

C’est… qu’elle commence presque à l’apprécier finalement. “Je te sauverai mille fois cette nuit s’il le faut et si je le peux. Ma loyauté n’est pas quelque chose que j’offre à la légère. Et pour cette même raison, je la ferai toujours passer en premier. Avant toi et…. avant moi. Je voulais être certaine que tu saches dans quoi tu t'embarques.” Aucune agressivité, aucun mépris, juste la plus acide mais sincère des vérités.


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Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Ven 28 Avr - 9:21 (#)


Let the Chase begin.
Il ne se rendait pas compte du clignotement qui opérait en lui, chaque fois qu’il rouvrait la bouche pour s’adresser à elle. Le respect qu’elle lui imposait par sa seule existence à ses côtés, tempéré par l’amabilité dont elle faisait preuve, ne cessait de le faire passer d’un bout à l’autre de la balance, tandis qu’il cherchait encore à trouver le bon équilibre avec elle. Plus les minutes passaient cependant, plus il se sentait capable de couronner de succès l’exercice périlleux. Il ignorait si le côté intimiste de l’habitacle, si la nuit autour d’eux, étaient ce qui parvenait à délier leurs langues. L’absence de Yago était peut-être également responsable de cette facilité de communication. Tant qu’ils ne détenaient plus d’intermédiaire pour leur permettre d’échanger, ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Il fut touché par la difficulté manifeste de Mei à verbaliser ce qui semblait constituer un nœud particulier de sa personnalité. Il manqua de s’en vouloir, avant de réaliser qu’elle ne paraissait pas particulièrement mécontente ni rancunière son égard. Juste un peu mélancolique. Étonné, il sut d’office qu’il serait trop tôt pour demander de plus amples détails aux étranges révélations de l’immortelle. Devait-il donc mettre sur le compte de cette aversion envers les hommes leurs débuts chaotiques ? Elle ne semblait pas porter l’Infant de Salâh dans son cœur. En revanche, elle accordait à Aliénor une telle affection qu’elle avait de quoi paraître curieuse, dans la bouche d’une Antique aussi retorse. La quantité de mystères qui dormaient dans l’esprit de Mei Long avait de quoi laisser l’arcaniste pensif un bon moment. Il se mordit la langue pour ne pas craquer. Il ne devait pas prendre plus qu’elle ne saurait lui donner. Plus tard, peut-être, s’accorderait-il une audace dont il ne détenait pas les droits, pour le moment. Mais pas encore. Pas encore.

“Je peux vite devenir incontrôlable.”

Fixant la route, il repéra un panneau important, et prit à nouveau l’initiative de tourner au carrefour qui se présentait à eux. Sa conduite demeurait parfaitement fluide, bien que roulant à une vitesse légèrement au-dessus des limites autorisées. Il s’interrogea, pour faire le point. Avait-il peur qu’elle devienne incontrôlable ? Non. La réponse, évidente, avait fusé avec une rapidité qu’il ne chercha pas à remettre en cause. Ses instincts fonctionnaient à plein régime, et il n’avait pas envie de s’encombrer d’une appréhension qui ne leur serait d’aucune utilité. Il appréciait son honnêteté, et ne lui fit pas l’affront de marquer ses réticences ou ses réserves à poursuivre l’aventure seul avec elle.

Elle accepta.
Il battit des paupières plus fort que nécessaire, en un acquiescement muet ; forme d’estime, pour ce qu’il ressentait être un véritable sacrifice.

“Je te sauverai mille fois cette nuit s’il le faut et si je le peux. Ma loyauté n’est pas quelque chose que j’offre à la légère. Et pour cette même raison, je la ferai toujours passer en premier. Avant toi et…. avant moi. Je voulais être certaine que tu saches dans quoi tu t'embarques.”

Cette fois, un immense sourire étira les lèvres d’Eoghan Underwood. Une boule de chaleur réchauffa son ventre, et sa tête se laissa légèrement aller en arrière contre l’appui de son siège. Ses doigts se détendirent doucement sur le cuir du volant. La bouffée d’euphorie légère qui s’emparait de lui ne rencontra aucune résistance. Il ne chercha pas à l’atténuer ni à se battre contre elle. Elle était douce, inoffensive, et acheva de rassurer le sorcier en apportant avec elle une vague d’optimisme dont ils auraient eu tort de se priver.  

« Je sais, Mei. T’inquiète pas pour ça. » Il songea à tout ce dans quoi il s’était embarqué jusqu’alors. Tous les plans foireux, toutes les entreprises suicidaires, et ce jusqu’au crime de masse duquel il s’était rendu coupable. Un reflux, las, celui-ci, finit de tracer ce yin et ce yang qui s’accordaient tout entier à l’intérieur de son corps presque apaisé. « Je  te promets de mon côté que je ferai attention. Je ferai très attention. Je ne conserverai qu’un canal très fin entre nous. Tu pourras me parler de cette façon, si tu le souhaites. » Humectant sa lèvre supérieure de la pointe de sa langue, il relâcha à peine la pédale de l’accélérateur, profitant de la paix qu’il éprouvait pour en envelopper son don. Tout doucement, son mental s’approcha de celui, plus vaste et insondable, de la Longue-Vie. Un murmure, d’une délicatesse ciselée par la maîtrise du télépathe. « On va la retrouver, j’en suis sûr. »

•••

Exactement comme ils l’avaient fait pour les chantiers, Eoghan prit soin de ne pas se garer trop près de la zone qu’ils avaient ciblé. Il fit stationner le pick-up sur une place d’un parking aux lignes blanches presque effacées, jouxtant un bâtiment abandonné et de taille modeste qui ne les intéressait pas. Il descendit du véhicule, et attendit qu’elle en fasse de même pour contourner la Ford et souffler à son intention : « Ce soir, on fait du repérage, d’accord ? J’ai rien pris de spécial. Pas de matériel d’arcaniste en tout cas, ni rien. Je voulais d’abord qu’on soit sûr… » Il se retint de lui avouer que ce besoin de se montrer prudent était aussi une occasion de permettre à Yago de les rejoindre la nuit suivante. À trois, ils augmenteraient largement leurs espoirs de réussite. Il se détourna et pointa du doigt la structure imposante de l’usine au loin. « Du coup, ça, on s’le garde pour la fin. On peut commencer par l’église, là-bas. » Sur leur gauche, ce qui avait été autrefois l’un des points de rassemblements des communautés croyantes du Nord Shreveport et Bossier n’était plus qu’un édifice miteux, dont les ruines s’apercevaient même à distance dans la nuit. L’entrepôt, à l’est, était d’une taille légèrement supérieure. Il surenchérit, tout en la cherchant du regard : « On est d’accord, rien de précipité, okay ? On reste discrets et on observe. Comme ça, on pourra mettre toutes nos chances de notre côté demain soir. » Il s’arma de deux de ses athamés, et s’empara de la lampe torche qu’il laissa éteinte pour l’heure. La nuit, suffisamment ronde, l’éclairerait sur une partie du chemin, surtout s’il marchait dans les traces de la Caïnite qu’il devinait nyctalope. Il refusa de verbaliser d’autres hypothèses et scénarios au cas où les choses tourneraient mal. La zone, absolument désertée, semblait vide de tout être vivant (ou du moins se tenant sur deux jambes) hormis eux deux. Ce pouvait être une bonne chose, comme le signe d’un mauvais présage. Il en vint presque à regretter les immeubles des chantiers inachevés. Aux terrains vagues se succédaient les blocs laissés à l’abandon, ou quelques rares enseignes plus ou moins entretenues qu’il devinait n’être que des commerces d’appoint, ouverts un ou deux jours par semaine, fournissant du matos technique pour les locaux fermiers, pêcheurs ou éleveurs du coin. Les phares qui s’étaient automatiquement éteints finirent de les noyer dans l’anonymat de la pénombre. Plutôt que balayer d’office le sol du projecteur trop puissant, il utilisa l’application Lampe plus discrète de son smartphone pour, aux côtés de Mei, prendre la direction de l’église.

« Tu la connais depuis longtemps ? » Il lui jeta un bref coup d’œil, discernant à présent plus difficilement ses expressions. « Aliénor, je veux dire. »  

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Princesse Kumquat, le Glaçon Impérial.
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En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
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Sam 29 Avr - 22:54 (#)


Let the Chase begin.


Sa réaction la prend de court. Après l’aveu d’un avis si tranché, l’immortelle s’était attendue à une réponse toute autre. Quelque véhémence sur une injustice dont elle aurait compris l’essence, la désillusion d’espoirs inexistants de son côté, n’importe quel reproche que cette dernière aurait encaissé sans pour autant remettre en question sa philosophie. Tout, mais pas cette désinvolture et cette… bonne humeur? Incongrue à défaut d’être contagieuse.
Un instant Mei lui lance un regard circonspect, se demandant s’il est vraiment sain d’esprit. La question est légitime, à le voir foncer tête baissée au secours d’une femme qui ne représente rien pour lui. Impossible pour elle de se mettre dans les chaussures de ce compagnon d’infortune. Ils étaient bien peu, ceux qui avaient su soumettre son inflexibilité au profit d’une réelle affection dont la vampire s’était longtemps crue incapable avant de s’y résoudre récemment. Au-delà d’une loyauté sans faille, au-dessus d’un sentiment d’endettement éternel, derrière tous ses vices infâmes, même une créature comme elle était capable d’amour. Il n’y avait rien de beau ou de poétique dans cet état de fait. Les dramaturges seuls auraient pu enrober le constat d’une syntaxe parfaite, le décorer d’une multitude d’adjectifs pour en atténuer la noirceur et adoucir ce qui sonnait malsain comme un vœu pieu. Personne ne parlait de cette douleur vive au creux des entrailles, du froid mordant qui vous clouait sur place dans une solitude de plomb. Personne ne parlait de ce goût acide en bouche, quand plus aucun mot nouveau ou ancien ne semblait convenir. Personne, pour dénouer toute la complexité de l’attachement. Personne pour vanter la peur. S’abandonner, c’était prendre le risque de perdre et s’il lui était trop tard pour faire marche arrière sur le premier, elle ne s’était pas encore résignée à affronter le second. Elle ne la perdrait pas. Elle ne se perdrait pas. Ni cette nuit, ni les autres. Pas avant de la retrouver.

Les yeux toujours posés sur lui, elle n’a guère le temps de s’appesantir sur le soulagement que les mots de l’arcaniste provoquent, car sans que ses lèvres se meuvent, sa voix résonne quelque part à l’intérieur de sa boîte crânienne. Un léger sursaut, une grimace fugace, si aucune sensation particulière ne vient troubler son chi, la Caïnite ne peut s’empêcher d’assimiler la chose à une désagréable intrusion. L’y avoir autorisé ne rend pas l’effet plus supportable, pas après tout ce qu’elle a subi par le passé. Et comment doit-elle communiquer en retour? Lui suffit-il de penser suffisamment fort à une information pour la lui partager? Peut-il entendre ce qu’elle pense présentement? Plus elle tente de faire le vide et plus son esprit, en vil traître, se gorge de mille idées inutiles. Secouant la tête, la Chinoise ne peut même pas se résoudre au cloisonnement sans risque de couper toute connexion. Elle se fond donc dans un mutisme oral qu’elle espère aussi mental, surveillant du coin de l'œil tout changement dans l’attitude du sudiste qui confirmerait ses craintes concernant ce procédé télépathique. Un silence dans lequel l’immortelle tente de trouver refuge et d’apaiser ses peurs le temps que dure la fin du trajet.

***

Forçant une profonde inspiration, elle remonte un peu plus le col de son pull. Ainsi intégralement vêtue de noir, l’absence de lumière la plonge plus aisément dans les ténèbres et la confond avec celles-ci tel un oiseau de proie. La Longue-Vie ne s’est pourtant jamais aussi peu sentie prédateur que ce soir. La voix d’Eoghan la tire de sa rêverie, les yeux fixés sur l’usine au loin, dans une impatience et une crainte qui se jouent bataille dans son esprit. Ils ont suffisamment observé, fouillé, cherché. Son amie est peut-être là, prisonnière de ces blocs de béton, à la merci de bourreaux anonymes et invisibles. La rage remonte comme le magma retenu trop longtemps. Mei ne rêve que de sang, de meurtres et de douleur. Les cris résonnent déjà dans sa tête, martèlent son crâne, qu’ils soient le souvenir lointain d’anciennes victimes ou le fantasme des nouvelles à venir. Elle ne ferait pas dans la finesse, ne serait ni réfléchie ni ne se laisserait porter par quelconque grandeur d’âme. Son regard bifurque un instant sur l’église - ou ce qu’il en reste - pathétique tentative de culte à ce Dieu unique. Qu’ils prient, si cela leur permettait de penser à tort pouvoir sauver leur âme. Seuls les corps l’intéressaient. Mais il n’y a ni âme ni corps ici, seul le silence oppressant de la nuit.

De nouveau, la voix de l’arcaniste. Elle ferme les yeux, réfrénant ses besoins de vengeance, ses envies de meurtres, espérant que son comparse ne puisse soulever tout ce que ses vices renferment. Ce n’est pas la honte qui l’anime, simplement une étrange dose d’empathie et de volonté de préservation pour l’homme. Elle inspire, gonfle ses poumons qui souffrent presque d’un exercice qu’ils ont fini par oublier, avec les années. Elle expire, pour retrouver une sagesse qui lui fait défaut. Ils étaient allés trop loin pour qu’elle gâche tout maintenant. Pas après tout ça. “Je ne ferai rien de stupide, je te le promets.” se contente-t-elle de souffler en acquiesçant à ses requêtes. “D’abord l’église, on avisera ensuite.” Confirme cette dernière en quittant leur position pour s’aventurer prudemment vers leur objectif.

Sans s’encombrer d’une lumière artificielle, elle évolue sans mal, laissant volontairement passer un ange après une énième interrogation. Mei n’avait jamais été friande des conversations badines qu’apprendre à connaître l’autre impliquent. Sans doute parce qu’apprendre à connaître l’autre ne l’avait jamais vraiment intéressé. Les silences pesants ne l’avaient toujours été que pour ceux les partageant avec elle. Néanmoins, cette nuit, en sa compagnie, ce n’est pas tant l’absence d’intérêt que la difficulté à dénombrer les années qui lui font prolonger sa réflexion. Vingt ans de torpeur ne l’aident guère à chiffrer le temps passé. Alors elle prend le problème à la source. “1971….” souffle la vampire dans une évidente nostalgie. Aliénor Bellovaque et Mei Long s’étaient rencontrées dans un bain de sang, percutées au bon moment. Un autre massacre les avait rapprochées. Et elle l’espérait, un troisième pour les faire se retrouver. Coup d'œil vers son compagnon, était-il seulement né? Quel âge pouvait-il bien avoir? “Ne m’interroge pas sur les circonstances, tu ne veux pas les connaître, crois-moi.” Le sacrifice d’un riche amant, l’assassinat d’une cinquantaine de personnes, quand les années soixante-dix portaient avec elles ce genre de possibilités. “Ça n’a pas été une évidence, ni même un coup de foudre, du moins pas me concernant.” Elle s’était montrée méprisante, emplie de jugements hâtifs, venimeuse. “Mais Aliénor étant ce qu’elle est….” Pourquoi parler d’elle lui faisait si mal? Pourquoi se remémorer ces précieux souvenirs lui attaquaient à ce point un moral déjà en berne? Pourquoi les mots sortaient si aisément sans qu’elle ne cherche à les retenir, elle d’ordinaire si pudique, si secrète? “Elle m’a sauvé….” Un nouveau soupir forcé, une nouvelle pointe, là, sur son coeur mort. “De la mort, des autres, de moi-même. M’a accepté où tous ont voulu me changer ou ne prendre que la facette qui les intéressait.”  La main de Jenaro avait ployé, Mei avait consenti à la torpeur, noyée dans la folie de ses frénésies. “Je sais à quel point il est difficile de m’apprécier, à quel point il est complexe de m’aimer. Aliénor est la seule qui ne m’a jamais trahie, la seule qui ne m’a jamais laissée tomber.” Parfois, elle pensait sincèrement que la Reine Rouge était la seule capable de l’aimer et l’accepter pour elle dans toute sa complexité. Plus que Gautièr.

Ayant fui le regard du sorcier tout le long de son discours, elle relève de nouveau son minois dans sa direction. “C’est le genre de lien qui t’unit à lui?” Elle ne prend pas la peine de préciser son nom, contrairement à la question qui lui a été posée avant. Yago, évidemment. Il lui était difficile de comprendre le lien ténu entre arcaniste et vampire, quand tout semblait les opposer et les liait pourtant insidieusement.


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Dim 30 Avr - 2:15 (#)


Let the Chase begin.
1971.
Douze ans avant sa naissance.

Il papillonna des yeux dans la pénombre. Il secoua la tête, totalement déboussolé par la longévité des vampires et leur conséquence. Comment pouvait-on réussir à conserver un équilibre mental un tant soit peu correct, lorsque le temps s’étirait de cette manière ? Comment ces créatures parvenaient-elles à s’adapter à toutes les époques, inlassablement, chacune trimballant avec elle son lot de changements, de bouleversements, de remise en cause totale de ce qui, il y a encore peu, était érigé au rang de vérité inaltérable ? Il savait que certains vampires étaient nés bien avant d’avoir pu connaître la bénédiction de certains vaccins. Bien avant que le concept de lumière, de voir exactement comme en plein jour, si on le voulait vraiment, ne vienne à l’esprit des scientifiques les plus novateurs. Et cependant, le sorcier n’était pas dupe. L’Histoire n’était qu’un cycle éternel : les grimoires les plus ancestraux, traduits et recopiés de ses comparses arcanistes, évoquaient sans mal un bon nombre d'assertion toujours vivaces, en terme de concept. Les couleurs n’avaient pas changé. Seules leurs nuances évoluaient, en fin de compte. Leur propre art avait profité de la technologie, de la création de certains matériaux, de nouvelles techniques, pouvant parfaitement se montrer compatibles avec une pratique sérieuse et sensée. Mais le cœur de leur pratique, elle, était resté intact.
Il écouta Mei parler, reconnaissant en secret de pouvoir profiter de son savoir, de son témoignage, de son expérience en tant qu’individu à part entière. Curieux des autres plus qu’il ne le réalisait lui-même, il savait qu’en un clin d’œil, les Caïnites avaient l’art de savoir disparaître, pendant plusieurs mois, voire des années. Profiter d’une fenêtre de conversation avec l’un d’eux était un privilège rare. Malgré la fréquentation accrue de ceux de sa race, il buvait les paroles de la Chinoise, considérant son verbe au même titre qu’une pierre précieuse rare. Plutôt que de la contredire en réclamant de plus amples détails, il fit preuve de la même retenue que dans le pick-up, et se contentait d’opiner du chef régulièrement, moins par politesse que par un réel intérêt pour ses propos.

“C’est le genre de lien qui t’unit à lui?”

Étonné qu’elle lui pose la question, son regard croisa le sien, et il resta un moment à marcher sans lui répondre, méditant en son for intérieur. Il poussa finalement un soupir, sans être convaincu de disposer des bons sèmes pour mettre le doigt sur ce qu’il ressentait à l’égard de Yago.

« Lui et moi, ça n’aurait pas dû être. Ou peut-être que si, je n’en sais rien. » Sa démarche se fit plus souple. Moins saccadée. Il commençait à se faire à la proximité de Mei Long. « Je ne pourrais pas dire qu’il m’a sauvé de moi-même. Ce serait faux. En revanche, il m’a bel et bien sauvé la vie, oui. Deux fois. » Il n’oublierait jamais. Jusque sur son lit de mort, il se souviendrait de ce que ce corps androgyne respirant une grâce féminine, comme une puissance de l’Absolu masculin, avait accompli pour lui. « J’ai toujours pensé que lui et moi, ça relevait d’une forme de Vérité difficile à retranscrire. Rien ne nous prédestinait à nous rencontrer. Pourtant, dès les premiers instants, j’ai su. J’ai su que je ne pourrais jamais tourner le dos à un être comme lui. Il avait jeté son dévolu sur moi. Il m’avait traqué. Il était persuadé que je serais le sorcier capable de créer un miracle du Temps, concernant un artefact ensorcelé ; une simple montre à gousset qui déconnait, en apparence. Au début, j’me disais que ce serait compliqué. Qu’il me fichait la trouille, que c’était une mauvaise idée de le fréquenter. Et puis… j’ai rencontré tellement des vôtres. Peu à peu, je me suis habitué à vous tous, malgré vos différences. Et, par la force des choses, je me suis mis à vous aimer, de plus en plus. » Il resta lui-même stupéfait, peinant à croire à ce qu’il lui racontait. « Ma force vitale, mon essence, sont toutes entières tournées vers le Rouge. Vers la vie, sa conception elle-même. Yago représentait la Mort qui marche, ces mains grises qui cherchent sans cesse à tuer cette vie-là, mais qui ne peuvent exister sans elle. » Eros et Thanatos. Ils ne formaient qu’un seul et même Ouroboros, de leurs deux corps liés. Il masquait l’émotion qui s’était emparé de lui, empreint de cette mystique qui le lierait pour toujours à l’horloger de Jérusalem. « Dans ses yeux, j’étais Baal. Dans mes bras, il était Mot. C’est aussi simple que ça. Il a été l’une de mes épreuves. Pour celle-ci, je n’ai pas échoué. Je ne peux pas en dire autant des autres. »

Il éprouva un frisson, et se rendit compte, en revenant à la réalité, qu’il venait sans doute de professer un discours aussi étrange qu’incompréhensible. Il s’empourpra légèrement dans l’obscurité, et souffla comme une excuse, une parfaite conclusion : « Je tiens beaucoup à lui. »

Il renifla discrètement, balayant The Haven du regard. Ils étaient toujours seuls. « Tu es… Tu as l’air à la fois différente des autres vampires, et pourtant tu ressembles à la parfaite incarnation de ce qu’ils dégagent, dans les mythes, dans ce qu’on en dit et ce qu’on en voit, aussi. Je ne sais pas si tu es difficile à aimer. Mais de ce que j’ai compris, votre longévité et les expériences que vous avez accumulées avec le temps ne doivent pas vous rendre l’existence facile. J’aurais beau jeu de te juger. Après tout, je ne sais pas comment je me serais comporté, si j’étais devenu un Longue-Vie. » Une hésitation. « Est-ce que tu es née il y a longtemps ? »

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En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
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Dim 7 Mai - 15:10 (#)


Let the Chase begin.


Ça n’aurait pas dû être.
Dans un raccourci facile seulement porté par son étroitesse d’esprit, elle attribue ce constat au fait qu’ils soient deux hommes. Mei n’y peut rien, cette génération arc-en-ciel et cette propension à l’intégrer dans une société qui part déjà à vau l’eau ne lui inspire qu’un profond mépris et un réel dégoût. La virilité d’aujourd’hui s’exprimait au travers de pantalons plus serrés qu’une Républicaine de cinquante ans et des barbes plus soignées que la plus parfaite des mises en plis, quand ils ne chassaient pas le poil plus assidûment qu’ils ne cherchaient un but à leur pathétique existence. Les idoles masculines frôlaient l'androgynie malsaine et l’on affichait ses préférences avec une fierté que la bienséance et la pudeur ne pouvaient éclipser. Les féministes perdaient en saveur sur des combats futiles. Quand ces messieurs, à présent métrosexuels, usaient d’huiles et de fragrances comme les catins d’autrefois, celles-ci revendiquaient le droit à la pilosité sous prétexte de s’élever du joug d’un patriarcat vieillissant. Terminés les combats politiques sensés, la femme moderne se voulait puissante sitôt les aisselles poilues assumées. Dans cette lutte des genres où la tendance s’inversait, ça ne l’étonnait guère qu’on élise un nègre aux commandes de la soit disant première puissance mondiale. Un pays si jeune, si moderne, qui n’aura mis qu’un peu plus de deux-cents ans à se faire souffler la place par les hispanophones.

Heureusement, le discours du sorcier est plus poétique et profond que les idées minimalistes qui ont à peine eu le temps de lui traverser l’esprit. L’immortelle s’en trouve étonnée mais elle se fait curieuse, non pas vis-à-vis de son homologue nocturne mais bien de l’impact que ce freluquet a pu avoir sur l’arcaniste. Lui, dont la peau pouvait encore dorer sous les rayons de l’astre solaire, lui, dont la magie, comme il l’évoque, est entièrement tournée vers la vie, lui, qui respire encore et a le privilège de ressentir ce qu’elle a parfois du mal à évaluer par ses propres sens. Non pas qu’elle regrette sa mortalité ni même qu’elle envie les humains de craindre l’apparition des premières rides et la maladie. Si fragiles, si changeants…
Peu douée d’empathie, il est compliqué pour la Caïnite de comprendre toute la portée de ses aveux, d’en assimiler toute l’importance, d’en mesurer pleinement les conséquences. Leur lien ne peut se comparer à celui qui la maintient aux côtés de la Reine Rouge. Peut-être par nécessité de se rassurer, de se raccrocher comme elle le peut aux branches, elle le sent moins absolu. L’affection, si tenté qu’elle puisse qualifier ainsi le ressenti d’Eoghan sur les vampires, la surprend. Trop souvent l’on idéalisait sa condition. Échapper à la mort, la jeunesse éternelle, la force, le mysticisme porté dans ses pas. Il était si facile de nier les traumatismes, les stigmates, qu’ils soient physiques ou psychiques, qu’une centaine d’années traînaient avec elles. Rien ne s’apparentait à une suite de joyeux événements. Au bout d’un certain temps, ces moments volés se faisaient même rares. Comme une goutte dans un vase déjà plein qui débordait et s’évaporait sitôt échappée de la source. Ne restait souvent que la mélasse putride des épreuves passées. Mei pouvait concevoir que pour un humain lambda, dans son ordinarité ennuyante, des êtres comme eux pouvaient nourrir envie et fascination, mais pour des personnes comme son acolyte, déjà exceptionnelles de par leur condition, la chose lui semblait plus incongrue.

Familière de certaines analogies religieuses, elle ne consent néanmoins aucun commentaire, trop étrangère à ces deux-là et encore plus à leur relation. Le résumé qu’il précise en quelques mots lui suffit pour lui adresser un acquiescement muet que la pénombre conserve peut-être invisible. “Je pensais ce que j’ai dis plus tôt, au sujet de s’inquiéter de lui une fois les réponses trouvées pour Aliénor.” Souffle-t-elle dans une réassurance qui lui ressemble peu. Offrir sa parole pour la renier ensuite ne faisait étonnement pas partie de ses nombreux défauts. La raison n’est sans doute pas si noble que la proposition le laisse supposer mais elle est trop usée pour donner dans l’hypothèse ce soir et trop axée sur la tâche qui les a conduits ici.

Ils se rapprochent et toujours aucune âme, ce qui ne fait qu’accentuer ses craintes et ses doutes dans un esprit déjà bancal. La Chinoise s’était attendue à trouver quelque activité humaine, si proche du but et elle ne peut qu’espérer qu’ils sont au bon endroit et trouveront même le plus infime indice pour corroborer les dires du sorcier. Mais l’espoir est dangereux, Mei le sait, c’est pourquoi elle l’a abandonné il y a longtemps déjà. La réalité n’en était que plus dure, plus noire, mais au moins sans faux semblant.

Les graviers craquent sous ses bottines, parfois, alors que les questions reprennent. Un sourire quelque peu amusé adoucit un instant ses traits. Ainsi donc elle représentait ce mythe tant raconté? Elle aurait pourtant pu tordre le cou à Bram Stoker ou tout autre idiot du genre si elle l’avait rencontré, simplement pour retirer tout faux romantisme dépeint dans son oeuvre et le confronter pour cette godiche de Mina… Le Bien contre le Mal. Cette ligue de gentlemen ordinaires contre ce bon vieux Dracula, tout ça pour les beaux yeux d’une femme… Il n’y avait aucun gentilhomme cette nuit, aucune vierge effarouchée. Le mal pour combattre un autre mal, voilà ce qu’ils étaient. Il n’y aurait pas de justice, pas de longue tirade philosophique, pas de grands messages poétiques. Une vampire, un arcaniste, un ennemi anonyme. Trio infernal…

Le silence un nouveau et l’hésitation. L’asiatique pourrait mentir, déporter son histoire vers des siècles plus anciens juste pour asseoir un pouvoir qui lui fait défaut. À quoi bon, quand elle pouvait mourir cette nuit ou les suivantes? Ne resterait que les mensonges et plus rien ne porterait son souvenir, au moins pour quelques futiles années encore. “1886…” finit-elle par répondre. “La Chine était encore un empire à cette époque, avant que la révolte de Mao n’étouffe tout, avant que mon pays ne soit réduit à cette pathétique farce. J’ai connu la dernière impératrice, tu sais…” Non, comment l’aurait-il pu? Bien que ses attitudes trahissent une naissance noble, rien ne pouvait laisser penser de telles affinités avec la plus haute sphère. “Je ne me souviens que de peu de choses de ma vie humaine, sans doute par choix personnel, peut-être parce qu’après tout ce temps, les souvenirs deviennent flous et imprécis, si bien qu’on ne peut être certain que l’on se rappelle vraiment. Les visages, les voix, tout ne s’apparente qu’à un murmure à peine audible. Mais elle, Tseu Hi, le dragon, je me rappelle. Un jour, peut-être, je te raconterai son histoire, si tu es intéressé.” L’offre l’étonne elle-même, mais elle ne fait pas marche arrière pour autant.

L’église se rapproche, l’anxiété grandit. “Tu ne trouves pas ça étrange, qu’il n’y ait aucune activité humaine?”


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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
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Jeu 11 Mai - 8:37 (#)


Let the Chase begin.
1886.

Comme précédemment, la date claqua dans l’esprit du sorcier, dont le souffle aurait pu se couper, de réaliser leur différence d’âge. Elle était encore plus vieille que Yago, se disait-il. Attentif, il l’écouta lui narrer quelques bribes de ce passé lointain, vécu en des contrées plus lointaines encore. L’Américain qu’il était ne connaissait pas grand-chose à l’Histoire de la Chine. Quelques films, regardés d’un œil distrait. Quelques apparitions dans les journaux du soir : rubrique économie ou politique. Rien de plus. En réalité, jusqu’à ce qu’il rencontre Mei Long, tout ce qu’il savait de la Chine s’était réuni dans le corps tendu d’Hay-Lin Blake, du Juggler’s Bazaar. Il ne put s’empêcher de sourire comme un gosse. Il ne lui vint pas un instant à l’esprit que la vampire pouvait être en train de broder un mensonge. Il l’imaginait en effet sans mal avoir connu les plus hautes instances de l’époque. Son maintien, la manière dont elle marchait, parlait, bougeait, la trahissait. Il était satisfait de voir qu’il ne s’était pas trompé. La Caïnite était une femme de haute lignée. Une fois de plus, il se sentit chanceux, privilégié de marcher en partageant un bout de chemin avec des personnages aussi fabuleux. Qui l’aurait cru ? Qui aurait dit qu’un descendant de sorcières irlandaises, pauvres et misérables après leur traversée de l’Atlantique, parviendrait un jour à toucher du doigt les dernières réminiscences de telles légendes ? Trouver un tel motif de réjouissances en plein cœur d’une expédition d’aussi mauvais augure lui faisait du bien. Il eut la sensation que converser ainsi prodiguait le même apaisement, peut-être différemment perçu ou ressenti, certes, mais dont l’essence était commune, pour Mei.

Avant de répondre à ses inquiétudes, et tout en décidant d’éluder soigneusement ce qui aurait pu concerner Yago, il prit le temps de refermer correctement cette parenthèse : « Je ne suis pas étonné, vous concernant. Vous êtes à part. » Touché par sa proposition, il rajouta humblement : « Je serais vraiment très content d’écouter cette histoire, oui. Tout ce qui concerne ce que vous avez connu, de toute façon, doit probablement être fascinant. »  

Cela étant dit, il poussa un soupir en continuant de s’approcher de l’église avec elle. Il devait à présent lever les yeux pour contempler la flèche ruinée par les intempéries, le temps et le manque d’entretien. Les planches de bois fixées à l’ancienne avaient tenu bon, quoiqu’éventrées çà et là au petit bonheur la chance, comme si un boulet de canon de taille mesurée les avaient percutés de plein fouet. « Pour le moment, je ne suis pas très inquiet. Je ne m’attends pas à trouver forcément quelque chose ici. C’est trop… fragile. Conserver quelqu’un dans l’église, même une immortelle, ce serait risqué. Trop exposé. Mais je ne peux pas être sûr que le pendule nous envoie à coup sûr vers… Elle, à proprement parler. Peut-être que nous ne trouverons que d’autres indices supplémentaires… » Il posa aussitôt un regard qui se voulait rassurant vers la Longue-Vie. « Mais j’suis plutôt sûr de moi. J’pense vraiment qu’elle se trouve dans le périmètre qu’on a délimité. Simplement, j’veux qu’on puisse fermer les portes pour pas perdre davantage de temps, et ne pas avoir à nous dire qu’on aurait dû être plus méticuleux et fouiller jusqu’au bout. »

Aucune source de lumière n'était visible hormis celle du smartphone, qu’il éteignit puis rangea dans sa poche au profit de la lampe plus puissante qui éclaira aussitôt les herbes folles poussant à leurs pieds et contre les fondations de l’édifice. Plutôt que de chercher à atteindre les battants principaux, il s’approcha prudemment de l’une des bouches obscures donnant sur l’intérieur du bâtiment. Il n’était pas aussi rassuré qu’il voulait bien le montrer, mais la proximité de Mei regonflait son moral et lui redonnait courage. Sans faire le bravache, il tenait à lui prouver qu’elle pouvait compter sur lui. Ainsi, il fut le premier à balayer rapidement l’intérieur. Il discernait déjà quelques bancs autrefois destinés à accueillir les croyants, dont un ou deux semblaient disposés de travers. Aliénor n’était probablement pas là. Pourtant, il se baissa, devant s’accroupir pour se faufiler entre les planches menaçantes : là où les bords s’étaient rompus, les déchirures avaient créés une profusion d’aiguilles pointues qui devaient pulluler d’échardes. Une fois à l’intérieur, le projecteur éclaira les murs de la structure modeste. L’un après l’autre, prenant son temps, il s’assura que rien d’anormal ne se tenait là, s’écartant de l’ouverture artificielle pour laisser passer Mei. Sous ses rangers, quelques débris de verre finirent d’éclater, dont il s’écarta d’un mouvement de bassin nerveux. Quelques tags incompréhensibles étaient venus souiller là un prie-Dieu, là une des façades intérieures. Il déplora ce sacrilège. Lui qui pardonnait difficilement aux Chrétiens d’autrefois les grandes inquisitions, persistait à vouloir respecter la sacralité des lieux saints comme celui-ci.

« Cette zone, la nuit… elle est totalement désolée. Autant Shreveport fourmille de monde aujourd’hui, autant ça m’rassure presque de constater qu’aux alentours, ça n’a pas vraiment commencé à changer. Pas encore. Un jour, peut-être que les murs seront devenus trop étroits et auront fini de grignoter The Haven, mais on n’en est pas là. J’pense qu’on aura plus de « chance » de tomber sur quelqu’un du côté de l’entrepôt et de l’usine. » Il s’écarta d’elle, le trait de lumière mettant en relief l’impressionnante couche de poussière qui recouvrait les sièges ainsi que l’autel. Une pensée lui vint alors : « Est-ce qu’elle croyait, de son vivant ? Aliénor, est-ce qu’elle croyait en le Dieu chrétien ? Yago m’a dit qu’il ne parvenait plus à entrer dans une synagogue depuis qu’il était devenu immortel… Que c’était à cause de ses convictions religieuses, quand il était humain. »

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Lun 29 Mai - 12:33 (#)


Let the Chase begin.


Il se dégageait un profond respect de l’arcaniste, bien plus puissant que celui dicté par une peur quelconque ou une fascination malsaine. Bercée par des idéologies contraires distillées par un Sire habile lui ayant fait croire à tort que chaque race était destinée à en haïr une autre, il lui était toujours difficile d’appréhender ces sentiments. Les décennies avaient beau l’avoir écarté de l’emprise de Jian, ses enseignements restaient plus profondément gravés que n’importe quel autre. Une marque que l’Immortelle avait toujours pensé indélébile et qu’elle commençait à peine à s’autoriser à effacer. Au moins atténuer.
Le calme de surface de son compagnon suffit à souffler ce qui d’ordinaire la convainc d’appartenir à une caste supérieure, de par sa nature ou sa position. Ils ne sont pas égaux, selon les lois naturelles. Il fanerait, avec le temps, comme tous ces congénères, si la maladie ne l’emportait pas avant et il aurait beau lutter, le temps le rattraperait, inévitablement. Mais dans cette nuit de silence et de fantômes, ils sont sur un pied d’égalité. Loin des jugements des premiers instants, quand elle se plaisait à le réduire à un simple péquenaud du Sud, il lui apparaît maintenant receler de ces mystères humains qui ne l’ont, jusqu’ici, jamais intéressés. Étrange, comme elle se sent soudainement curieuse, portée par un intérêt nouveau qui lui est inconnu. Nuage brumeux qui se verra sûrement dissiper dès les premières lueurs du jour ou quand sa reconnaissance retomberait avec le temps, c’est ce que lui souffle la raison alors qu’elle continue d’évoluer à ses côtés.

Aux abords de l’édifice, elle ne peut que lever les yeux vers ce qui autrefois identifiait le lieu comme rappel de la foi des Hommes sur terre. Loin des cathédrales majestueuses ou des basiliques d’un autre temps que le Vieux Continent conservait avec soin, elle ne peut que prendre en pitié ceux ayant cru qu’une telle banalité pouvait les préserver du courroux divin. L’architecture de son pays lui manque parfois, coloré, atypique, loin de cette pierre froide et de ce béton sans âme.
Les mots du sorcier ne la rassurent guère, alors qu’elle reporte son regard sur lui. Consciente qu’ils ne pourraient rien tenter ce soir, elle guette les certitudes, celles capables d’anéantir les doutes et les hypothèses. Comment se pardonner, s’ils arrivaient trop tard? Comment vivre sans la présence de sa bienfaitrice? Qui l’aimerait, sinon Aliénor? Qui aimer, sinon la Reine Rouge? Sa voix lui manque, langue de vipère aux mille péchés. Son odeur, si caractéristique. Son regard océan, tantôt sévère, tantôt séduit, trop souvent tentateur. Elle regrette d’avoir réduit leur intimité à une énième frénésie, se cachant derrière sa folie pour ne pas montrer ce qu’elle n’était pas prête à assumer. Elle méritait mieux, après toutes ces années. Les mâchoires serrées, retenant le venin de s’extirper de ses lèvres, elle acquiesce, docilement. Incriminer le seul capable de la retrouver ne l’aiderait pas. Se décharger sur le seul venu lui prêter main forte ne l’aiderait pas. Son seul caractère ne l’aiderait pas. Il lui fallait être plus forte que ça. Plus forte que ses vices, ses démons, ses envies.

Rejoignant souplement Eoghan à l’intérieur de l’édifice, seule la poussière et une odeur diffuse d’urine vient la faire grimacer désagréablement alors que ses yeux balaient cette désolation environnante. Elle peine à se figurer ce à quoi l’endroit pouvait ressembler, animé par un chef de culte persuadé de détenir une vérité unique et une foule de fidèles buvant ses paroles pour absoudre leurs fautes ou en tout cas s’en persuader. “Ils ne respectent même pas leur lieu de culte…” souffle-t-elle pour sa propre personne sans chercher de réponse chez son acolyte. Il règne un certain mépris dans le ton employé, élevée dans une mentalité aux antipodes de celle-ci. Mais outre les preuves évidentes de souillure, il n’y a rien ici. Ni son odeur, ni aucune marque dans la poussière susceptible de révéler quoi que ce soit. La pulpe de son index vient dessiner un A dans une arabesque parfaite, sur le bois vermoulu, juste pour marquer sa présence de la plus désillusoire des façons. Elle n’était pas ici. Ne l’avait probablement jamais été.

Filtrant les propos de l’arcaniste, peu encline à rebondir sur les premiers mots qui ne suscitent guère son intérêt, elle relève son visage vers lui quand son amie revient au centre des intentions. Un rire sans joie lui échappe, presque inaudible. “Non.” Souffle cette dernière sobrement en jetant un regard circulaire autour d’eux. “Il l’avait abandonnée depuis longtemps.” Constate la vampire, sans révéler les secrets de son alliée et les tourments de sa longue existence. “Ils nous ont tous abandonnés…” précise-t-elle, mélangeant autant leurs Dieux que les trois protagonistes impliqués par leurs croyances diverses. “C’est stupide. Je me tiens ici, ni tout à fait morte, ni tout à fait vivante, bafouant les lois naturelles et divines et aucun jet de foudre n’est venu m’électriser sur place.” Levant les bras dans une vaine prière ou un ultime défi au Tout-Puissant, elle tournoie dans la poussière, envoyant valser quelques volutes autour d’elle. “Je n’ai jamais compris le pouvoir qu’on plaçait en un seul être. Celui qui pardonne, celui qui punit, celui qui absout. Sans réelle identité, sans histoire véritable. Le monothéisme a ce quelque chose de profondément étriqué. Je préfère mes dieux. Pour les guerriers, pour les vivants, pour les morts, pour les esprits, pour cet entre-deux dans lequel nous évoluons…” Il était plus sensé, pour elle, de se plier aux exigences d’entités capables de la comprendre, plutôt que laisser un seul être gouverner pour tous. Comment parler de liberté de croyance, quand le choix était si restreint? “Si les Dieux existent, ils ont appris à fermer les yeux depuis longtemps déjà ou ont simplement fait le choix de détourner le regard…”

Sans un mot supplémentaire sur le sujet, elle se contorsionne pour retrouver la nuit, laissant derrière elle ce lieu désolé qui s’est moqué qu’une créature comme elle en foule son sol poussiéreux. Attendant que son compagnon la rejoigne, ses yeux se posent de nouveau sur son profil carré. “L’es-tu? Croyant?” Outre les croyances portées par sa nature. Quelle conséquences alors, sur sa vision de son immortalité? Du vampirisme? Mei représentait l’exact opposé de tout ce qu’il devait défendre, de la vie, de toute la quintessence de sa magie. Comment accepter, en étant ce qu’il était?

Finalement, peut-être que l’intérêt nourri à son égard ne disparaîtrait pas après cette nuit…


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Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Mer 21 Juin - 17:51 (#)


Let the Chase begin.
Il ne pouvait pas la contredire. Il déplorait l’état lamentable auquel l’église avait été condamnée. Autant raser totalement l’édifice, à compte-là. Il poursuivit néanmoins son examen attentif, déambulant en veillant à ne pas se laisser happer par un trou dans le parquet fragile. Il ne voulait même pas imaginer la couche de saloperies qui dormait, là-dessous, et l’idée d’y plonger son pied, même enfermé dans une Ranger, provoqua un étrange frisson de dégoût. Le sordide de l’ensemble alimentait cette sensation de mal à l’aise. Il détestait The Haven. Cette zone de merde ne lui avait jamais rien inspiré de très engageant, et à la lumière de leur quête des dernières semaines, cela ne faisait que le conforter dans son sentiment. Il acquiesça doucement à l’intention de Mei. Aliénor ne croyait pas. Le peu qu’il connaissait à son sujet fit qu’il n’en conçut aucune surprise ni, bien entendu, aucun jugement. Pour lui, Yago était une exception. Une créature dépourvue d’âme qui, pourtant, continuait de vouer certaines de ses prières au Très-Haut, avec une obstination étonnante. C’était l’une des choses qui l’avaient toujours incité à demeurer prudent, concernant les vampires. Ils ne pourraient jamais être résumés à leur consommation de sang, à leur férocité, la froideur de leur peau ni leur apparente distance avec le monde moderne qui continuait de filer, à toute vitesse. Ils étaient tous complexes. Ils conservaient tous en eux une profondeur que leur extraordinaire longévité ne faisait qu’accroître, allumant en lui toutes les étincelles d’une curiosité de gosse avide d’en savoir plus sur eux, sur leurs mœurs, sur leurs opinions diverses. Mei ne faisait pas exception.

“Ils nous ont tous abandonnés…”

Il frémit, et la chercha du regard, sans parvenir à le trouver dans l’immédiat. Il aurait pu converser des heures avec elle, au sujet de la religion. De la foi. Des cultes répandus partout à travers la planète. Certains dieux, jumeaux, fonctionnant en un écho intriguant. Certains textes, se mentionnant les uns les autres, partageant l’énoncé d’un prophète, d’une menace, d’un fléau. Mei Long, impudente et blasphématrice dans le cadre de l’édifice abandonné, lui offrait un spectacle d’une beauté qui l’étonna lui-même. Il la trouvait belle oui, avec ses prunelles glacées, sa dignité à toute épreuve, son élégance surannée et l’éternel défi qu’elle paraissait représenter aux yeux de tous. Avait-elle un compagnon ? Probablement. Il y avait forcément un immortel, parmi tous ceux qu’elle conspuait, qui avait de quoi la charmer et l’inciter à se montrer plus encline à la séduction… puis à l’ouverture d’un pan d’éternité leur étant réservé ; océan de secrets que les quidams comme lui ne pouvaient pas même imaginer. Il manqua de sourire et se retint : elle n’en aurait pas compris la raison. Il fourmillait déjà de nouvelles questions à l’intention de l’Antique qui évoquait ses propres convictions. Ils sortirent de l’église, et aussitôt, le sorcier éteignit la lampe pour en revenir à l’éclairage plus discret du smartphone. Sans perdre de temps, il obliqua en direction de l’entrepôt, prenant la direction du nord-est.  

« Je crois, oui. J’ai foi en deux panthéons. Des anciens dieux, oubliés par les cowans, mais encore vénérés par certains d’entre nous. » Dissimulée sous son t-shirt, il pouvait sentir le contact doux et lisse de l’amulette qui ne le quittait quasiment jamais. « Baal est mon dieu tutélaire. Et je respecte beaucoup Ishtar. » Il marqua un silence, ne pouvant mettre de côté facilement le cynisme amer de l’Asiatique. Les dieux les avaient-ils réellement tous abandonnés ? Non. Il ne pouvait pas y croire. « Peut-être que leur silence a une explication qui, pour l’heure, ne nous est pas accessible. Je n’ai pas envie de penser qu’ils restent parfaitement insensibles à nos prières, à nos vœux. Je ne peux pas et je ne le veux pas. » Et pourtant. N’était-ce pas ce qu’il avait vécu dans sa chair depuis maintenant un an ? L’abandon, terrible, de celui pour lequel il se considérait en son for intérieur paladin, fidèle absolu ? Ses sourcils s’étaient froncés légèrement. « Je suis comme toi, néanmoins. J’ai beaucoup de mal avec les cultes monothéistes. Je leur en veux, même, parfois. Mais je ne suis pas objectif. Les chrétiens nous ont fait beaucoup de mal, par le passé, et ce jusqu’à encore tout récemment. Même les antis d’aujourd’hui, pour certains, sont encore imprégnés de cette sorte de guerre qu’ils nous ont déclaré il y a plusieurs siècles. »

Il repoussa ses cheveux vers l’arrière, redressa la tête, ne discernant aucun mouvement autre que le leur dans les parages, puis redirigea son attention vers Mei. « Tu parles de tes dieux, mais j’ignore qui ils sont. J’ai remarqué dans ta chambre une sorte d’autel. Je suppose que c’est en relation avec tes propres croyances ? » Il hésite puis demande enfin, à mi-mots. « Et pour Aliénor… Pourquoi est-ce que tu dis que son Dieu l’avait abandonné ? Elle a cru pendant un temps, quand elle était humaine ? »

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En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
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Lun 18 Sep - 20:08 (#)


Let the Chase begin.


Noms familiers et méconnus qui s’échappent de ses lèvres, il faut un effort immense à l’Immortelle pour trouver ancrage à ces syllabes à la résonance particulière. Quelque part dans la toile complexe de ses souvenirs, elle se souvient vaguement d’écrits anciens à leur sujet, sans parvenir à les situer précisément dans un contexte ou une religion. Akkadien? Sumérien? Combien d’ouvrages parcourus, dans d’interminables nuits de solitude? Sa pudeur la rendait parfois plus sotte qu’elle n’y paraissait, sa froideur un barrage à la connaissance, pour quiconque ne savait voir plus loin que ce qu’elle consentait à offrir. Mei n’en restait pas moins un puits de savoir, partagé avec un nombre limité sans cette volonté que certains chérissaient à écraser l’autre dans une vantardise futile et improductive. Elle aimerait la questionner sur ses croyances, sur ces deux entités qui semblent trouver un écho plus fort que les autres, sur le pourquoi, sur le sens caché. Mais faire aveu d’inculture - et donc de faiblesse - sur la magie et ses adeptes était une faille que l’Éternelle ne souhaitait pas montrer ce soir.
L’argumentation portée avec l’aveu la fait réfléchir plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Quand son impudence lui souffle la contradiction, elle ne peut que se remémorer les heures passées à genoux, la nuque abaissée dans une soumission plus que mortelle, implorant les déités de lui offrir une fin plus heureuse que toute sa misérable existence. Elle ne peut que subir la fortuité de l’arrivée d’Eoghan et l’enchaînement d'événements qui l’a conduite ici, en sa présence, à délibérer justement sur les stigmates apposés sur leur âme par une toute-puissance qu’ils seraient bien en mal de justifier. “Je ne saurais dire…. ils me sont toujours apparus silencieux…” Un murmure qui s’échappe avec la légère brise que la nuit apporte avec elle, sans doute plus destinée à sa personne qu’à celle du sorcier. Un brin contradictoire aussi, quand elle persistait à invoquer leur présence, même après tout ce temps…

Un sourire discret se peint néanmoins sur sa bouche, à l’évocation de cette chrétienté que l’Empire de Chine, à l’époque où il pouvait encore se targuer d’être nommé ainsi, avait avorté, coupant court à la progression des émissaires dans cette partie du monde. Qu’ils aient été allemands avec leur luthéranisme progressiste, italiens et leur catholicisme d’un autre temps, anglais et leur protestantisme décadent, les têtes coupées renvoyées dans leur pays d’origine avaient été un message fort pour un pays en marge dont l’identité n’avait été effacée que bien des années plus tard. Comment regretter l’ombre de ce que la Chine avait été? Mei n’en dit pourtant mot, ne voyant pas d’utilité à décrier l’absence de représailles sur cette secte autoritaire et persuadée de détenir une vérité absolue sur toute chose quand il s’agissait de dogmes religieux. “Il est difficile de se remettre en question, dédouané par la pseudo volonté d’un Dieu sans visage.” Se contente-t-elle de répondre, gardant pour elle le fond de sa pensée véritable.

La conversation recentrée sur elle, la Vampire plonge un instant son regard dans l’obscurité, à la recherche du moindre signe qu’ils ne sont pas seuls, dans cette nuit sans fin. Mais rien, pour le moment. Un soupir forcé alors qu’elle reporte son attention sur l’arcaniste. “Ils sont multiples, chacun avec une importance plus haute que les autres suivant la région de Chine qui leur est allouée. Pour les guerriers, pour les cieux, pour les enfers, pour les immortels, pour les morts. Il n’y a pas de toute puissances dans mes Dieux, mais il me faudrait plus d’une nuit pour te les conter, sorcier.” Invitation ou fuite? Elle n’en dit davantage, refusant de se résumer en une phrase. “Mais pour répondre à ta question, oui, je priais avant ton arrivée. Pour elle.” Sans besoin de la nommer, elle hausse les épaules à ses interrogations. “Elle dit que non mais qui sait. Comme on dit, il y a un risque à ne pas croire mais aucun à croire. Je ne sais pas si elle s’est déjà raccrochée au Tout-Puissant dans ses moments les plus sombres. Je ne sais pas si elle le fait maintenant.” Et très honnêtement, elle ne l’espérait pas. Ce ne serait pas lui qui continuerait de la chercher jusqu’à preuve d’un contraire. Pas lui qui la sauverait. Pas lui qui l’aimerait inconditionnellement.

“Écoute…” Sa main vient saisir son poignet dans un geste réflexe que la Caïnite ne réfléchit pas. La décharge électrique qui suit le contact physique l’oblige à un retrait salutaire mais elle passe outre, peu encline à s’appesantir sur ses blocages émotionnels ce soir. “J’ai besoin de la retrouver.” Appuyant chaque mot comme s’il devenait vital à la compréhension, son regard transperçant le sien, toute sa belle carapace et ses allures de princesse s’éclipsent au profit d’une troublante mais réelle sincérité. “Outre l’affection que je lui voue, au-delà de la dette contractée silencieusement, j’ai besoin d’Aliénor. Sans elle je….” Détournant le regard, il lui est impossible de terminer sa phrase. Plus qu’une amie, plus que la Sire qu’elle aurait aimé avoir, elle était devenue un absolu dont il lui serait impossible de se passer. Sans elle, il n’y aurait plus de maintien, le chaos reviendrait, les frénésies avec lui et Mei le sait, elle ne supporterait pas un nouvel épisode. Elle avait failli ployer, il y a longtemps, avec Jenaro, le suppliant d’en finir avec elle. La torpeur l’avait épargnée un temps mais elle le sait. Avec une nouvelle chute, ce serait la fin. Elle n’y arriverait pas.

Pas sans elle.

“Je dois la retrouver. Je dois la sauver.”

Pour se sauver elles.


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Sam 11 Nov - 20:15 (#)


Let the Chase begin.
Suspension. Encore.

Ce qui n’aurait dû être qu’une énième expédition désagréable et avec peu de chances de réussite se transformait peu à peu en un voyage profond, une rencontre qu’il ne regrettait pas. Tout en surveillant là où il mettait les pieds, il essayait de ne pas la perdre de vue. Il continuait de la scruter, dans l’attente de ses réponses, des opinions de l’immortelle dont la voix profonde ancrait le sorcier à leur réalité sombre, tout en flattant presque son âme. Elle le plongeait dans une bulle détachée et qui aurait pu, par le biais d’une illusion sagacement dessinée, le protéger de tout danger comme par enchantement. À son tour, mais pour lui sans pudeur, il se laissa absorber dans des explications dépeignant un monde dont il ne savait rien. Il n’avait pas honte de ne rien connaître des divinités d’Extrême-Orient, et regretta de ne pas disposer de davantage de temps avec elle. Il aurait pu l’écouter parler pendant des heures, et plus encore s’il s’agissait de sacralité. Il finit par observer à son tour les environs, marchant vers l’entrepôt sans hâte particulière. Il aurait été prêt à ce que la nuit élargisse ses frontières, redoutant de voir arriver l’aube, et avec elle, la nécessité pour Mei de retrouver un abri opaque, loin des rayons du soleil.
Il sursauta lorsqu’elle agrippa son poignet, tout entier focalisé sur elle. Plus sérieux que jamais, il acquiesça lentement, prenant toute la mesure de cette détresse silencieuse qu’elle avait la noblesse de ne pas vouloir étaler entre eux deux. Il la trouva brave. Digne de ce rang d’éternelle qu’il n’enviait pas, mais qu’il admirait tout du moins. Mei Long était dure, exigeante et parfois même cruelle avec ceux qu’elle méprisait, et pourtant, ici et maintenant il se sentait tout entier dévoué à sa cause. Son instinct lui disait qu’il s’agissait de la bonne marche à suivre. Il laissa passer un silence. Autour d’eux, une brise agréable se leva.

« On va y arriver. On va la récupérer. Je sais pas comment, mais je suis sûr qu’on va réussir. Tu as ta détermination. Moi, la magie. Ça va le faire, Mei. Et on n’aura probablement même pas besoin de nos dieux, pour ça. »

Il lui offrit le sourire le plus authentique dont il soit capable, sans même s’en rendre compte : simple, presque discret, sans artifices et purement humain. Il n’envisageait pas l’échec de leur mission. Il était peut-être aussi têtu qu’elle, et ce même alors qu’il n’éprouvait pas les mêmes sentiments envers Aliénor.

« Si j’suis là, c’est pour qu’on aille jusqu’au bout. Et c’est ce qu’on va faire. Viens. » Sa main effleura le bras de Mei, à peine, caresse aussi immatérielle que le vent tiède autour d’eux. Son respect à l’égard des Longues-Vies était trop grand pour qu’il s’aventure à se montrer trop familier. Il pressa finalement le pas, reprenant le chemin vers le bâtiment aussi désert et inutile que l’église qu’ils avaient investi en premier. Il balaya le faisceau de sa lampe le long des murs, chercha avec elle une entrée souterraine, mais rien ne leur parut digne d’attention. Il ne restait donc plus qu’une seule option cette nuit, et l’arcaniste balaya d’un regard inquiet la haute silhouette de l’usine dont les abords étaient éclairés, au loin.

« Je redoutais qu’on doive en arriver là. Ça ne va pas être facile à fouiller. » Il jeta un coup d’œil à sa montre. « Je ne pense pas qu’on pourra entrer véritablement avant le matin, m'enfin on a quand même quelques heures devant nous. Il faudra quand même que je te ramène au motel de sorte à ce qu'on fasse pas ça dans l'urgence. Mais on peut au moins essayer de voir comment ça se présente, d’accord ? » Il tourna la tête vers elle. « Je pensais que l’usine était désaffectée, mais il y a visiblement quelqu’un là-dedans qui estime qu’éclairer même en pleine nuit est nécessaire. » Ils marchèrent plein sud. De nouveau, le jeune homme veillait à n’éclairer que l’herbe qu’il foulait sous ses pas. Chaque mètre parcouru le rendait plus nerveux, et pourtant il n’envisagea pas un seul instant de faire demi-tour.

« Ce serait bien que tu me dises si tu repères quelqu’un avant moi. Tu as une meilleure vision, et tu détecteras sûrement des sons intéressants avant que j'en sois capable. Alors n’hésite pas. Et si besoin, passe par ma tête, d’accord ? Je sais que tu n’aimes pas ça, mais si on doit communiquer, ce sera plus discret si on le fait via télépathie. Je laisse le canal en place entre nous. »

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Dim 19 Nov - 19:34 (#)


Let the Chase begin.


Se muant dans un silence volontaire, elle se contente d’acquiescer à ses quelques requêtes, maudissant l’astre solaire pour la maintenir dans un compte à rebours qu’elle ne rêve que d’effacer. Ce besoin pathologique de repos pour un corps qui pourtant, ne métabolise plus rien sinon le sang est une ironie qui la fait enrager de l’intérieur. Même le plus banal des humains est en capacité de lutter contre le besoin de sommeil pour étirer le temps, les recherches, mais elle, l’Éternelle, aux quelques dons frôlant la magie qu’elle redoute tant, incapable de tomber malade, de vieillir, se voit dompter par une boule de feu millénaire. Qu’ils doivent rire, ceux responsables de sa malédiction, car c’est en ça que la belle croit depuis que son monde s’est réduit à celui-ci. Mei ne croit pas en la Bible, Mei ne croit pas en Caïn, en Lilith. Mais il a bien fallu une pièce originelle capable d’engendrer ce Fléau. Qui avait été le premier, la première? Et quelle force la créature avait-elle mise en colère pour se voir si odieusement conspuée? Des écrits, des légendes, des croyances, il ne leur restait que ça.

Le regard bloqué sur l’immense bâtiment qui leur fait face, elle filtre les paroles de l’arcaniste sans en minimiser la portée, cherchant la vibration quelconque d’un signe de vie autre que leurs deux corps. Banal bâtisse de ciment qui domine les alentours, son regard dévie dans l’obscurité de la nuit pour comparer l’édifice au reste. Un autre lieu, né de sa mémoire, né de ses traumatismes, masque irréellement le premier, Enfer de bitume au milieu d’une plaine désertique, centre névralgique d’un chaos humain que la guerre à elle seule n’a jamais pu justifier. L’unité 731 avait évolué dans un lieu tout aussi banal, rectangle de souffrance entouré de poussière et de vide. Les hurlements, là-bas, avant d’avoir épuisé toute force, se répercutaient sur les murs avant de mourir dans le néant. Qui aurait pu les entendre, hormis leurs bourreaux, dans ce no man’s land du bout du monde?
Revenant à la réalité présente, non moins sordide, avant de rejoindre l’avis d’Eoghan sur la nécessité d’une source lumineuse dans un lieu à l’abandon. “Si je devais torturer quelqu’un, je le ferais probablement dans un endroit aussi mort que celui-ci.” D’ailleurs, elle l’avait fait mais il était inutile de préciser sa pensée à cet instant autrement que pour alimenter une peur qu’elle ne souhaitait plus distiller chez son vis-à-vis. Lui-même avait parlé du changement opéré dans le secteur. N’importe qui natif du coin savait que personne sain d’esprit ne s’aventurait plus ici depuis des lustres. Au cas où cela dit… “Mais je m’assurerai d’être protégée d’une intrusion étrangère…” Autrement dit des hommes de confiance capables de riposter.  

Dans la noirceur de ses pensées persiste un mince espoir, pas encore totalement annihilé. Suivant la cadence, la Vampire veut croire que le lieu recèle des activités illégales autre qu’un vulgaire commerce sous le manteau et de banales transactions illicites. Elle a besoin de se raccrocher à la certitude qu’Aliénor est quelque part dans cet édifice, ronge son frein à la pensée qu’ils ne parviendront peut-être pas à la localiser cette nuit, noie sa folie et sa propension à foncer tête baissée dans certaines circonstances, quand la désolation prend le pas sur le reste.

Levant les yeux au ciel sur le sujet de la télépathe et son rejet presque pathologique à laisser quelqu’un s’immiscer dans une sphère si intime et traumatisée, elle efface ses résistances d’un geste las de la main. S’il fallait en passer par-là pour elle alors Mei le ferait. “Je ne laisserai rien t’arriver, Wi-fi boy, je t’ai donné ma parole, ça compte encore pour certains de mon espèce.” Sans compter son absence totale de culpabilité à faire souffrir un autre.
Aux abords de l’usine néanmoins, la Longue-Vie se fait plus prudente, focalisant ses sens sur ce que le vent lui amène, des sifflements dans le béton vieillissant aux animaux nocturnes qui se font silencieux dès qu’ils se rapprochent. Quelques lucioles perdent de leur intensité verdâtre dans les buissons environnants et l’ombre portée par l’usine leur offre un couvert certain alors que le bâtiment, fantôme dans la nuit, revêt des détails plus importants à mesure que leur pas se rapprochent. Néanmoins, encore à bonne distance, elle interrompt leur avancée, sondant la façade qui leur fait face. Baissant le faisceau de la lampe de l’arcaniste, elle appose un index sur ses lèvres avant de fermer les yeux, priant pour le moindre signe d’une présence humaine, n’importe quoi, mais rien. Forçant une expiration nasale de frustration, ils se rapprochent encore, jusqu’à ce qu’un bruit qui n’a rien à faire ici ne vienne de nouveau interrompre leur progression. La main sur le poignet de l’Américain, se moquant bien de son haptophobie, elle en cherche l’origine alors que le silence reprend ses droits. Puis, dans un intervalle régulier, de nouveau le bruit, mécanique. Là, dans un angle savamment calculé, une caméra sonde un côté puis l’autre de la façade devant eux. Prenant sur elle, l’Immortelle informe mentalement son compagnon. “Je peux couvrir notre présence en nous fondant dans la nuit…” poursuit-elle dans ce fameux canal laissé ouvert pour elle, comme si le petit engin était en capacité de l’entendre. Les dernières pertes de contrôle subies et le sang humain ingurgité lui ont redonné un peu de maîtrise sur ses dons et surtout celui qu’elle dompte avec le plus facilité, à savoir obténébration. “S’il y a des caméras encore fonctionnelles, c’est qu’il y a quelque chose à surveiller ou à protéger.” Se convainc-t-elle prudemment.

Aliénor.
Il faut que ce soit Aliénor.

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Eoghan Underwood
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En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
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⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Dim 3 Déc - 21:32 (#)


Let the Chase begin.
Il se remercia en silence d’avoir veillé à se nourrir suffisamment, ainsi que pour avoir dormi le plus longtemps possible. Il aurait besoin d’énergie, d’ici à la fin de sa quête. Il ne pouvait pas laisser celle que lui coûterait sa magie le vider de tout son élan. Il n’était pas question de laisser tomber Mei. Dans la force de l’âge et béni par une vigueur qu’il avait obtenu au prix de nombreuses vies perdues, le sorcier fourmillait d’impatience. Pour ce qui était de la confiance, c’était une autre affaire. Assuré mais pas convaincu que foncer bille en tête était la meilleure solution, il était prêt à faire office de garde-fou. Il ressentait d’ailleurs cruellement l’absence de Yago. À deux, ce serait compliqué. Très compliqué. Leur duo, bien que renforcé par une conversation aussi inattendue que rassérénante, lui semblait représenter bien peu, compte tenu de la masse grisâtre qui se rapprochait d’eux au fur et à mesure qu’ils progressaient. Ses prunelles balayaient les environs en permanence, et pourtant il se sentait berné par la pénombre, handicapé par une vision qui n’équivaudrait jamais à celle des Longue-Vies. Celle qui se tenait près de lui l’étonna encore, par la promesse réitérée de veiller sur ses arrières. Une part de lui aurait voulu résister, ne pas y compter. Parce qu’on ne sait jamais, avec eux. L’autre se sentit brutalement rassurée par ce brin d’humour aussi lunaire que flatteur, venant d’une créature telle que Mei Long. Elle lui permit de conserver son sourire, et il se contenta de hocher la tête solidement. Ils ne seraient pas séparés. Même dans le silence de leurs esprits, ils pourraient échanger et se montrer plus efficaces dans leur quête. Il regrettait déjà le silence mortuaire qui les avait entourés. L’éventualité de se frotter à des gardiens humains lui semblait de mauvaise augure. Loin de l’Irae et du concours de ses membres, il redevenait un sorcier isolé, et la Révélation surnaturelle n’avait fait rien d’autre que renforcer sa paranoïa, le sentiment de danger que représentait sa nature même.

Ses humeurs clignotantes ne le dispensèrent pas de rester attentif. Il avait cessé de parler, dès lors que l’enceinte se rapprochait d’eux. Les avertissements silencieux de Mei trouvèrent l’appui sérieux du regard d’Eoghan, qui diminua encore un peu l’intensité de la lumière qui l’éclairait. Il l’éteignit d’ailleurs rapidement tout à fait : les lueurs que dégageait le bâtiment, pareil aux lampes d’une centrale, lui suffisait désormais pour voir où il mettait les pieds. En revanche, il sursauta plus fort qu’il ne l’aurait voulu, lorsqu’elle saisit son poignet. Ils y étaient. Ils s’apprêtaient à tutoyer un risque bien plus réel et concret que celui dont ils avaient désiré suivre le fil rouge, jusqu’à maintenant.

Il laissa entrer l’immortelle dans son esprit, et lui répondit instantanément, avec une aisance évidente : « J’suis d’accord. Par contre ça m’étonnerait qu’il y ait que des caméras, du coup… » Et s’ils trouvaient des vigiles patrouillant autour de l’édifice ? Des chiens, molosses prêts à être lâchés sur eux ? Il déglutit avec une acuité désagréable. « À tout moment faut s’attendre à ce qu’on nous tombe dessus. Parce que si les caméras sont contrôlées depuis l’intérieur mais qu’ils envoient des rondes régulièrement tout autour… » Une tension habita dès lors ses omoplates. Il leva les yeux vers l’une des parois les plus hautes. À cet endroit, elle s’avérait être d'un aspect désagréablement lisse, lui rappelant l’imagerie d’un réacteur, et sa bouche vorace recrachant fumée et composites vers les cieux. Il soupira. « J’ai aucune idée de comment fonctionnent vos propres pouvoirs, mais j’veux bien que tu nous planques, oui. Sans ça, on n’arrivera jamais à s’approcher suffisamment. J’sais même pas où est l’entrée de ce truc. On va devoir faire le tour. » Yago. Le prénom de son ancien amant plana une dernière fois, avant que l’arcaniste ne le rejette le plus loin possible. Il ne voulait pas se laisser distraire, et la présence de Mei rôdant sous son crâne lui permettrait de rester focalisé en permanence, de sorte à ne jamais laisser ses pensées intimes se mêler à leurs échanges. Une énième discipline acquise dans la douleur, mais qui lui avait permis de détenir une capacité de concentration phénoménale, lorsqu’il la maîtrisait à son plein potentiel.

Il déplora tout de même, abattu. « Ça va être coton, pour entrer. Rester à lorgner dehors, c’est faisable… Mais comment on va faire, pour le reste ? » Il soupira et attendit que l’Antique les dissimule pour demeurer dans cet entre-deux, entre ombre et lumière. Ils marchèrent encore un moment, avant que le Louisianais ne se fige. Il n’avait pas besoin de l’ouïe surnaturelle de Mei cette fois, pour avoir entendu dans le lointain, quoiqu'encore bien trop proche… « Putain, ils ont bien des chiens. » Un aboiement bref. Il n’avait pas rêvé. En outre, une rumeur humaine, ressemblant à une conversation indiscernable, crachotait jusqu’à ses sens élimés par son humanité. « J’ai l’impression qu’on se rapproche d’une entrée, non ? Y’a l’air d’avoir plus de mouvement, par là-bas. Qu’est-ce que t’entend ? »

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Let the Chase begin.


Deux.
Seulement deux face à mille inconnus. L’équation n’était assurément pas en leur faveur, pourtant, la rage qui vrille ses entrailles depuis le début de cette nuit n’en demeure pas moins vorace. Silencieusement, dans les méandres de sa caboche abîmée, elle se plaît à rêver qu’ils soient légions, dans ce béton sans âme, à attendre un prédateur qui n’aura que faire de justice ou de pitié, ne prendra pas le risque de laisser supplier, fera ployer genoux et têtes, éviscérant, gueule ouverte, gueule béante, giclées de sang pour signature sur ces murs qui bientôt se souviendront de son passage. Mei ne sait que trop bien ce qui sommeille en elle, quelle bête se tapit sous la surface, attendant une faiblesse pour passage de surface et pour la première fois, elle lui cèdera les rênes avec une volonté jamais consentie jusqu’ici.
Gautièr lui manque, dans ces instants de folie. Si l’arcaniste a prouvé plus de fois qu’il n’aurait dû sa valeur, si une mince confiance se tisse entre eux à la grâce des événements, c’est d’une autre Bête dont elle a besoin présentement, capable de mettre toute conscience de côté pour s’adonner aux pires vices de leur condition. Elle se sentirait davantage en sécurité aux côtés d’un hurlement déchirant, gueule d’où s’écume le besoin de rompre, l’envie de mordre. Mais elle a fait le choix de le laisser de côté, animal torturé qui a eu tant de mal à l’oublier. L’Immortelle s’était promis de ne plus être aussi cruelle que par le passé, se contenterait donc des forces en présence, aussi minces étaient-elles. Tout ce que je veux, c’est m’assurer qu’elle est ici...” Elle mettrait de côté ses instincts, ne prendrait pas le risque de tout gâcher pour une pulsion incontrôlée. La Vampire avait travaillé trop dur depuis son arrivée ici. Elle valait mieux que ça maintenant. Devait s’en convaincre.

Continuant leur progression, elle ferme un instant les yeux pour se focaliser sur celui de ses dons qui lui demande le moins d’efforts tant il est devenu naturel au fil des ans. Bientôt, une opacité les entoure, les confondant avec la nuit, absence abyssale de source lumineuse qui leur permet de voir sans être vus, à condition de rester prudents. Suivant l’arcaniste, ils longent le bâtiment qui paraît, pendant de longues minutes, n’avoir ni début ni fin. Je ne sais pas. Nous n’avons aucun moyen de les dénombrer ni de savoir à quelle force armée nous devons nous attendre là-bas. Sans plans détaillés des lieux et sans informations supplémentaires nous restons aveugles mais le temps nous manque. Ils n’avaient pas le temps de mieux se préparer. N’avaient plus le temps. Il leur faudrait faire avec les résultats de ce soir et foncer tête baissée, si les circonstances l’imposaient. C’était ce que Mei était prête à faire, parce qu’elle n’avait rien à gagner à davantage d’inaction et tout à perdre et dans ce monde, elle avait suffisamment perdu. On lui avait suffisamment pris.

Pas Elle.

La crispation de son compagnon interrompt la ligne sombre de ses pensées et elle grimace face au constat des canidés complices. Épine supplémentaire dans la plante de son pied, ils ne sont pas si complexes à tuer mais fatalement plus sensibles à leur présence et donc à les trahir. Se rapprochant encore, les échos d’une conversation lui font tendre l’oreille, fronçant inconsciemment les sourcils. Du Russe. Bribes qui s’entrechoquent et la forcent au souvenir d’une langue apprise il y a longtemps déjà, à l’image de ce Rouge qui avait envahi son pays suite à la révolution. La Mandchourie qui avait entendu son premier souffle jouxtant le pays, il avait été dans son éducation de se parfaire aux rudiments de la langue du pays voisin. Jamais pratiqué depuis, il lui faut faire fonctionner longuement ses méninges pour assembler les mots entre eux et leur donner un sens. Rien d’intéressant..” Les mâchoires serrées, elle se concentre pour opacifier davantage leur avancée, jusqu’à ce qu’un grognement plus appuyé ne la force au repli. Les deux hommes qui montaient la garde se taisent rapidement et sans même les voir elle peut deviner au cliquetis significatif que leur arme respective s’est levée. Reculant prudemment et entraînant Eoghan avec elle, ils patientent, que le silence et l’invisible soient leur garant le plus sûr. Quand les deux hommes reprennent la parole, elle se concentre sur la traduction pour la renvoyer directement par voie mentale à l’arcaniste.

“Pfff, cet endroit est hanté…” Elle ne prend pas la peine de traduire l’insulte qui termine sa phrase, ni la réplique fleurie de son compagnon.
“S’il ne l’était pas avant, il le sera certainement après…”
“Qu’est-ce que tu crois qu’il lui fait, là-dedans?”
“J’en sais rien et je m’en fous, on n’est pas payé pour poser des questions, j’te conseille de pas l’oublier.”
“Ça risque pas. Comment tu veux que j’oublie quoi que ce soit, c’est vrai, l’a pas arrêté de couiner comme une truie toute la nuit la ‘shlyukha…’ ”


Un instant, le monde s’arrête et elle rompt brutalement toute connexion consentie avec le sorcier. Son pied s’écrase durement au sol dans l’expectative d’un pas en avant avorté, faisant voler quelques gerbes de poussière. Les mâchoires serrées à l’extrême, les yeux fixés sur l’origine des voix, ses poings se ferment à s’en blesser elle-même, jointure plus pâle que la mort elle-même. Aucune preuve n’est venue la tutoyer et pourtant, là où prédomine la raison, elle n’a jamais souhaité aussi fort que ce ne soit pas son amie, évoquée en ces termes.


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Lun 11 Déc - 4:22 (#)


Let the Chase begin.
Les propos de Mei n’étaient pas rassurants, mais répondaient à une logique parfaite. S’ils devaient se baser sur la taille du bâtiment pour en déduire le nombre de gardiens dédiés à sa surveillance, ils étaient mal barrés. Du russe. Charmant. Il ne serait même pas foutu d’entendre leurs pensées correctement, réduit à utiliser son don à la lecture d’images bizarroïdes, comme toutes celles que produisaient le cerveau humain pour qui n’en était pas le propriétaire. L’un de ses seuls atouts risquait de disparaître dans le néant, et se sentir aussi dépendant de l’immortelle lui déplut singulièrement. Il se voulait à son maximum, capable de la seconder, sinon en égal, du moins suffisamment pour qu’elle se sente capable de se reposer sur lui véritablement. Il pensa toutefois que ç’aurait pu être pire : elle comprenait le russe. Il lui décocha un coup d’œil admiratif. De combien de cordes à son arc cette femme disposait-elle ?

Ils reprirent leur marche plus lentement. Un peu découragé, mais toujours pas décidé à s’enfuir maintenant, il s’employa à réfléchir et à analyser davantage l’état de la structure. Ne plus avoir à se soucier d’être vu l’aidait à retrouver un peu de jugeotte, et il se demanda ce qu’il savait, lui, des lieux à proprement parler. Pas grand-chose. Il ne s’agissait que d’une usine parmi tant d’autres, dans le parc industriel abandonné de l’arrière-pays louisianais. Une usine qui avait cessé de fonctionner depuis un bon moment, d’ailleurs. Il fit un effort de mémoire, mais ne se rappelait pas avoir jamais vu sa cheminée exhaler la moindre fumée. Il nota que le bâtiment était en piteux état, à certains endroits, mais pas totalement irrécupérable non plus. Quelqu’un l'avait donc racheté. Quelqu’un qui envisageait potentiellement de bâtir un nouveau petit empire local ? Quelqu’un qui avait les moyens de remettre en état de marche une machine pareille ? Quand il réfléchissait aux grosses fortunes qui lorgnaient sur Shreveport depuis l’ampleur de la Révélation et ses conséquences, il en avait toujours le tournis. Il se demanda une fois de plus ce que deviendrait la région, une fois que l’engouement serait passé. Qu’une autre capitale du surnaturel serait trouvée. En attendant, il se dégageait de la zone une atmosphère lourde et menaçante qui ne devait pas forcément quelque chose aux plans éthériques, aux auras qu’il pouvait discerner.

Rapidement pourtant, Mei se figea, l’incitant à stopper net. Il retint son souffle, sans paniquer. Pas l’occasion de profiter de son soulagement, que déjà son acolyte lui transmettait la traduction des paroles échangées un peu plus loin. Une méthode surprenante mais parfaitement efficace, qui permit à Eoghan de comprendre qu’ils avaient bien visé juste. Enfin, ils avaient une réponse, une certitude absolue. Aliénor Bellovaque était là, à l’intérieur.

Aliénor Bellovaque était vivante.

Il manqua de laisser percer un sourire de victoire, avant de discerner une tempête sourde, naissant dans l’esprit de la Longue-Vie connecté au sien. Puis vint la cassure. Il sursauta, éprouvant une sensation brutale, atroce, comme si une lame froide venait de lui couper un membre. Il grelotta et claqua des dents, s’efforçant de reprendre le contrôle de son mental aussi vite que possible, avant d’effleurer le bras de Mei en un reproche le plus discret possible. La tension qui habitait l’Asiatique était telle qu’il en conçut une réelle inquiétude, pour elle. Sa main se referma sur son bras avec déférence, et il prit une longue inspiration avant de cogner à la porte de son sanctuaire. Si elle n’acceptait pas de renouer avec lui, elle pouvait au moins l’entendre, comme s’ils se trouvaient séparés par un simple battant.

« Mei ! Hé, pourquoi t’as fait ça ? » Il n’était pas stupide. L’émotion de la Caïnite, le sorcier pouvait la saisir. Mais ce n’était pas le moment de se laisser dépasser par les sentiments. « Écoute. Elle est là. Maintenant, au moins, on en est sûrs. Mais on pourra pas entrer juste toi et moi. Il nous faut de l'aide. Ou au moins s’débrouiller pour trouver les plans de l’usine. Ça doit pouvoir se faire, j’suis quasiment sûr que le bureau du shérif pourra m'filer des tuyaux. » Rester là plus longtemps était une mauvaise idée. À deux, l’opération était du suicide. Sa voix muette se fit douce, imprégnant dans son timbre une empathie sans borne, sans jamais toucher à la commisération.

« Je suis désolé. Je suis désolé pour ce qu’elle endure, pour c’que tu vis, mais si on veut la récupérer le plus rapidement possible sans qu’l’un de nous deux y passe, va falloir s’organiser un peu. Voire trouver du support. Quelqu’un en qui tu fais suffisamment confiance au motel, mais un vampire supplémentaire, dans tous les cas… Mei ! » Il craignait sa réaction autant que ses silences, et tandis que les prunelles de l’arcaniste effleuraient toujours de loin les sentinelles, il glissa une dernière fois. « Ça sert à rien de rester… Profitons du temps qu’on a pour rentrer tranquillement au motel, prévoir c’qu’il en sera de demain soir… Peut-être même que Yago va se pointer entretemps… Mais viens. Viens, s’il te plaît… » Ses phalanges se refermèrent plus solidement sur l’avant-bras de la Chinoise, l’incitant à reculer. « Ça sert à rien… Pas maintenant. Tu vas t’faire tuer. »

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Mar 12 Déc - 20:57 (#)


Let the Chase begin.


Rien de plus abyssal que ses orbes sombres ne demeure en ces lieux assurément maudits. Fixe, les paupières étrangement immobiles, animal, elle fixe longuement ces longues colonnes de béton, le grognement contenu, la houle ravalée d’un vent contraire seulement guidé par la raison personnifiée en la voix de l’arcaniste. Vent glacial qui refroidit ses ardeurs les plus viles, les plus assassines. Combien en tuerait-elle, avant de connaître le trépas? Combien de gorges ouvertes et d’intestins serpentins avant de rendre son dernier souffle, de leur faciliter la tâche? Sa survie n’avait jamais pesé dans la balance de cette aventure, seule celle d’Aliénor avait compté. Combien de fois, avait-elle supplié qu’on l’achève dans la longue nuit traversée? Tous avaient failli, son sublime bourreau en tête de file. Elle se gorgeait d’une fierté de combattante, d’un dos voûté jamais arqué, d’un genou tombé au sol jamais ployé, de s’être toujours relevée, mais ils ne savent pas, combien elle a voulu mourir dans cette éternité de souffrance. Au moins ici, cette nuit, trouverait-elle un sens à cette folie. Mais l’instinct demeure, impétueux, la faisant déjà douter, l’incitant à flancher. Même la prise sur son bras, dans cette déférence désuète et pourtant d’une rare modernité ne saurait l’arracher à la contemplation de son échec. Si près du but et sans autre choix néanmoins que de rebrousser chemin.

Doucement, les mots passent la masse brumeuse de sa conscience, le laissant pénétrer son esprit sans l’y laisser dériver, automate dégingandé, concédant sans grâce le recul, le pas traînant, la mine boudeuse. Un ouragan souffle à l’intérieur de son être en contradiction complète avec la résignation de son corps qui se laisse emporter par plus faible qu’elle. Dans l’ombre portée du bâtiment, elle se sent soudain frêle, insignifiante, refusant de redresser son museau vers celui-ci, se bornant à se perdre dans les volutes de poussière soulevées par ses bottines. Jamais les remords ne l’ont tiraillé aussi durement, elle dont la conscience et la morale coexistent à peine. Si près… elle était si près. Et s’ils revenaient demain et qu’il était trop tard? Comment se pardonner? Ils étaient peu, ceux dont le nom gravait son cœur mort.
Par la ruse, par la force, Jenaro avait gagné son respect au fil des ans. Mélange de détestation et de respect, rêve stupide d’un Sire de substitution, bellâtre horripilant. L’Antique aimait Gautièr plus que de raison, dans cette possession malsaine et absolue, ce besoin d’écrasement, cette jalousie poussée à l’extrême et l’assurance qu’aucune autre ne le marquerait comme elle l’avait fait, pour le jumeau de sa folie, l’empereur de sa solitude, pour la Déesse qu’elle était en sa compagnie et le reflet lu dans ses iris clairs. Oui, Mei était folle de Gautièr, dans le beau, dans le laid, pour tout ce que ce mot revêtait de sublime et de sordide, amants maudits presque éternels.

Mais Aliénor… Ali…
Mei Long avait méprisé bien trop tôt les géniteurs responsables de ce chaos ambulant, n’avait eu, pour sa cadette, qu’une profonde et sincère indifférence. Alors comment expliquer aujourd’hui qu’elle chérissait la Française comme une sœur de sang, comme une sœur de cœur? Comment justifier l’attachement presque maternelle ressenti en son sein? Elle avait finalement trouvé auquel se vouer, lors de la prise du Motel, charnelle, sensuelle, toute barrière écroulée par un désir qu’elle peinait encore à assumer. La seule femme qu’elle considérait comme une égale. La seule femme taiseuse de son secret le plus intime, des ses traumatismes les plus enfouis. Aliénor l’avait protégé plus que quiconque ne l’avait fait dans sa longue existence, la préservant de la Mort, de la main de Jenaro, d’elle-même… Aliénor l’avait accepté quand elle pensait que la fin de Jian signerait également l’absence de lien aussi fort et puissant.
Oui, ils étaient peu ceux ayant gravé leur nom sur son cœur mort, mais Aliénor Bellovaque avait sans doute martelé le sien plus profondément.

Face à la portière de la voiture, l’Immortelle relève ses yeux sur son propre reflet avant de glisser sur celui d’Eoghan. Elle ne remarque que maintenant, la main de l’homme dans la sienne et se détache doucement de la prise, sans hargne, sans gêne, sans regrets. “Je trouverai une autre Vampire, une qui a sa confiance à défaut de la mienne. Et tu as raison, Yago sera sans doute revenu. Occupe-toi des plans du bâtiment et reviens demain. Un peu avant la tombée du jour, tu viendras me réveiller, je t’en donne la permission. Toi et personne d’autre.” Humant son odeur comme pour s’en imprégner, elle se refuse à se tourner vers l’usine pas si désaffectée. “Je t’ai écouté ce soir parce que tu avais raison Eoghan. Je t’ai écouté parce que même si toutes les fibres de mon être me hurlaient l’attaque, c’était la meilleure chose à faire pour elle.” Abandonnant le reflet de la vitre, elle se tourne vers lui, relevant le menton. “La prochaine fois que nous viendrons ici, je ne serai ni sage ni mesurée.” Enfin, son regard dévie quelques secondes vers le lieu quitté plus tôt difficilement. “Maintenant ramène-moi s’il-te-plaît, avant que la raison m’abandonne.” Le calme de ce récital, un brin monocorde, est presque inquiétant. De surface, l’on peut presque deviner les remous sous cette fine pellicule de vernis écaillée.

Mais la portière s’ouvre et l’Antique s’installe sur la banquette, sagement, la tempe appuyée contre la vitre fraîche et le regard dans le vague. C’est sa coquille, sa bulle inatteignable, le gage de ne pas se laisser submerger, prison dorée de tout, surtout de rien.

Demain, Aliénor.
Et je détruirai le monde, s’il le faut.


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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Ven 29 Déc - 4:54 (#)


Let the Chase begin.
Faire demi-tour avait un coût. Il s’efforçait lui aussi de ne pas songer au pire. De ne pas penser que de ce choix découlerait peut-être une tragédie de plus. Tout ce qu’il savait, néanmoins, c’était que s’attarder ne résulterait qu’en une succession de mauvaises tactiques, les conduisant tous les deux à la ruine. Il n’expira pas son soulagement, lorsque Mei accepta de se laisser entraîner par lui. Lorsqu’il fut certain qu’elle suivrait son chemin sans se raviser, le sorcier relâcha son emprise doucement ; psychiquement seulement, ses doigts se liant aux siens sans même qu’il n’y réfléchisse. Il se contenta de marcher à ses côtés, ne la précédant que d’un pas infime ; juste assez pour ne pas avoir à croiser son regard, pour ne pas lui infliger un examen qu’elle n’était pas d’humeur à accepter. Ils abandonnèrent l’usine, dont il sentait le poids de l’ombre dans son dos. Il refusa de se retourner, comme dans les cauchemars de son enfance, où les monstres à ses trousses n’attendaient qu’un coup d’œil jeté par-dessus son épaule pour lui fondre dessus dans un hurlement macabre. Le monstre de béton, lui, ne courait pas. Il attendrait leur retour, demain soir – l’arcaniste avait promis. Son pas n’était pas plus leste, ni forcément plus lourd qu’à l’aller. Ils avaient franchi un cap monumental, malgré ce goût d’inachevé qui lui restait sur la langue, à lui aussi. Dans le silence de son esprit, il réfléchissait déjà aux meilleurs moyens de concilier repos et plan d’attaque pour la journée à venir. Dormir au motel était une mauvaise idée, et il soupira discrètement en songeant qu’il ne serait pas couché avant l’aube ; juste avant, heureusement, de se retrouver prisonnier des bouchons du Downtown. Mei aurait alors sombré en torpeur depuis longtemps. Il espérait toutefois mettre les heures qu’il leur restait à passer ensemble pour la nuit dans le recrutement d’un autre allié potentiel. Il n’était plus si inquiet à l’idée d’incorporer un autre vampire à cette histoire. Désormais suffisamment à l’aise avec les Longues-Vies, il était bien plus préoccupé par leur manière d’entrer dans cette usine transformée en prison de haute sécurité, que par la sienne, de sauvegarde personnelle. Ils repassèrent devant l’entrepôt désaffecté, puis la petite église en ruine. Fatigué mentalement plus encore que physiquement, le sorcier reposait ses neurones affectés par un usage plus intense qu’à l’ordinaire de sa télépathie. Et demain soir, il lui faudrait recommencer.

Le pick-up reparut dans son champ de vision, et ce ne fut qu’une fois devant la carrosserie qu’il se rendit compte que Mei et lui ne s’étaient pas lâchés. Gêné, il ne protesta pas lorsqu’elle sépara enfin leurs phalanges. Elle parla, et il l’écouta sans rien y redire. Impressionné par son discours, il ne la quitta pas des yeux, surpris par son attitude, par la façon dont elle paraissait respirer son odeur, par les ordres qu’elle lui donna et auxquels il acquiesça. Il devina que de cette manière, elle le congédiait rapidement, ne l’invitant pas à demeurer près d’elle trop longtemps, une fois déposée au motel. Il la laissa s’installer côté passager, et il referma la portière presque galamment derrière la silhouette de la belle dame vampire. Sa détresse, digne et altière, lui parut si aiguë qu’il ne pouvait y demeurer insensible. Il s’attarda dehors un instant, sans bouger, méditant sur les dernières heures passées ensemble. Puis, il se glissa derrière le volant et fit démarrer le moteur. De loin, personne ne pouvait se douter de ce qui se tramait dans l’édifice, dont les lumières continuaient d’éclairer la nuit, à la fois rassurantes et inquiétantes. Le gravier crissa sous les pneus de la Ford qui reprit sa route vers le North, direction le Lucky Star. Il ne sut d’abord quoi dire. (Il n’y a rien à dire.) En de tels moments, Eoghan savait qu’il était nettement préférable de garder le silence. Pérorer ne leur apporterait rien, combler le vide était inutile, et il ne souhaitait pas heurter la retraite intérieure de Mei. Il se contenta de murmurer au bout de plusieurs longues minutes.

« Tout ce que tu voudras. »

Demain était un autre jour. Demain n’existait pas encore. Il pouvait se passer tellement de choses, d’ici à demain. Le sorcier ignorait à quel point il était dans le vrai.
Ils rentrèrent au motel sans en rajouter. Il avait oublié l’incident produit juste avant leur départ, et c’est pourquoi il se gara tout naturellement sur le parking, devant la façade du motel. Il sortit le premier, l’invitant à attendre tandis qu’il contournait le véhicule pour lui ouvrir la portière avec la même déférence que lorsqu’il l’avait refermée. Il s’écarta, la laissant passer, et claqua le battant derrière elle.

« Je serai là, tu pourras compter sur moi. Je vais ramener pas mal de matériel demain. Et je ferai tout pour conjuguer ma magie à… tout ce que tu sais faire, et le talent d’un autre vampire. Tu pourras compter sur moi, juré. » Il lui sourit sobrement, puis leva les yeux en direction de la façade. Il se demanda ce que cela faisait, de vivre là-dedans. Il en avait beaucoup entendu parler par Serguey, mais la réalité était sûrement différente. « Que vas-tu faire, de ta fin de nuit ? Tu… est-ce que tu vas retourner prier ? » Il aurait adoré passer davantage de temps auprès d’elle ; qu’elle lui parle de cet autel, de ces figures tutélaires dont il ne connaissait rien. Toutefois, il était trop poli pour s’imposer auprès d’elle. Et peut-être légèrement intimidé par son aura – pas surnaturelle, celle-ci.

« Je suis désolé, je suis peut-être trop indiscret. Tu as sans doute envie de rester seule, mais… si tu veux un peu de compagnie, je peux rester avec toi d’ici à ce que le soleil revienne. »

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