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Tu reprendra bien un peu de Karma, bitch? ~Aodh~

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Ratatouille l’authentique, spécialité cuisine option lancer de cupcakes
Wynonna Marshall
Wynonna Marshall
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ASHES YOU WERE

En un mot : Jeune Rate-Garou en apprentissage de sa nature
Facultés : Me retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Je découvre ce qu'être une Théri veut dire. Dans la douleur et la résistance
Tu reprendra bien un peu de Karma, bitch? ~Aodh~ Juliajohansen4
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Mer 14 Juin - 9:31 (#)

9 décembre 2021, 20h30.

La pleine Lune est le 19. Wynonna, le sait, son application le lui a dit. C’est peut-être l’une des premières choses qu’elle a installé sur son téléphone le lendemain de celle qui a tout bouleversé. Si elle était honnête, le point déclencheur fut celle de Janvier 2021. Celle où elle a suivi, connement, stupidement, Sydney dans son plan pourri. Celle qui a coûté la vie à quatre de ses anciens amis d’enfances, envoyé Syd se cacher elle s’est pas où et poussé Tyler à la mordre. Inconsciemment, sa paume droite frotte le haut de son bras gauche. Bien que dissimulée par la manche de son chemisier bleu nuit, la cicatrice est profonde. Parfaitement reconnaissable pour ce qu’elle. Une morsure profonde qui a déchiré les chairs jusqu’à l’os.

La petite rousse est fière du chemin parcourut depuis le début d’année. La réalisation qu’elle serait un animal, qu’elle cohabiterait avec un animal bien après qu’elle soit ménopausée a été douloureuse à accepter. Tout comme les souvenirs traumatiques de l’attaque dans les égouts continuent de la visiter régulièrement. Néanmoins, elle a rapidement compris deux choses. Si elle refusait d’accepter sa nouvelle nature, de la réprimer, elle deviendrait folle, brutalisée, et le Rat en elle n’a rien choisi. Rien décidé. Pire. Il doit subir un enfermement bien plus prolongé qu’elle. Wynonna ne lui donne le contrôle que rarement. Et puis… Le Rat est fun, quelque part. Il affine son palais. Lui permet d’aller toujours plus loin dans ses arts culinaires. Attire son attention sur des détails qu’elle n’aurait jamais relevés sans lui. La Horde, c’est différent. Elle ne rejoint le centre névralgique du groupe auquel elle est censée appartenir que très peu. Le Nid et la claustrophobie ne font guère bon ménage.

Ce début de mois, elle le reconnaît, est totalement pourri. Ce n’est pas la première fois qu’elle ne se sent pas en sécurité. Elle a été agressée, lâchement, en mai peu après la fin de son service. Les quatre individus avaient le visage masqué et si elle aurait pu essayer de répondre à l’avalanche de coups de poings et de pieds, elle a en la force et les réflexes, elle était entièrement concentrée pour garder le Rat dans sa cage de chair.  Le silence. Le silence des quatre, rompu par les bruits sourds contre son son ventre. Roulée en boule, les bras enroulés autour de sa taille et de sa poitrine. Luttant non pas pour ne pas leur aracher la gorge mais pour ne pas céder à une métamorphose odieuse qui l’aurait laissé bien plus vulnérable. Son visage humain est devenu sa seule armure contre une barbarie qu’elle ne comprend pas. L’agression n’a pas duré plus de quelques très courtes minutes. Elle est restée sonnée sur le sol une éternité. Quand elle s’est relevée, les bleus s’estompaient déjà. Tyler est venu la chercher, lui déconseillant de porter plainte. Intime conviction que cela provient des Shepherd. Que c’était directement dirigé par Sydney, à distance. Impossible de le prouver, son ex’ est invisible. Mais elle en est persuadée. Elle n’a pas eu le courage de se rendre à Haughton pour tenter une confrontation avec… Elle ne sait même pas avec qui. La Milice avance masquée.

Si c’est la seule fois où l’agression a été physique, le harcèlement a pris un tour plus psychologique quand son téléphone a été la cible d’appels incessants, de murmures menaçants, de promesses de rétributions. Les nuits sont devenues une seconde source d’angoisse. En changeant de numéro, appuyant encore une fois l’implication de Syd qui le connaissait, les appels se sont taris. Plus d’incidents. Jusqu’à ce mois de décembre. Wynonna avait presque réussi à oublier ce sentiment de peur latente. Avant qu’il ne revienne la frapper en pleine tronche, pleine puissance. Elle a l’impression d’être la cible personnelle d’une série de manœuvres visant à la plonger dans une terreur paralysante. Les affaires de la Horde tiennent Tyler trop occupé de son côté et elle aimerait ne pas faire appel à lui que lorsqu’elle ne va pas bien. Genre pour une sortie moins… plus. Ca non plus, elle n'a pas vraiment le courage. Le détective est son Mentor. Point. C’est tout. Ça va bien finir par rentrer! En prenant sa voiture la veille pour aller faire son tour hebdomadaire des primeurs, elle n’a pas compris tout de suite. La brûlure aiguë, violente, qui l'a jeté à genoux près de la portière conducteur. Avant que sa main ne relâche la poignée. Révélant la peau de sa paume en lambeau, rongée à l’acide. Un mélange d’acide et d’argent dont les particules sont remontées dans les infimes vaisseaux sanguins. Il lui a fallu des heures d’agonie pour qu’enfin son corps expulse les molécules. Elle n’avait pas pu cuisiner ce soir-là. Pas avec une main bandée. Gérant sa brigade, corrigeant les dressages, goûtant les plats. Sans cuisiner. La rousse a une personnalité solaire, exubérante. Mais elle n’est pas exempte de colère. C’est bien une colère froide, rongée, rentrée qui commence à s’enraciner dans ses veines. Surtout quand des tracts de rédemption, de camps pour retrouver le droit chemin et une personnalité saine pullulent dans sa boite aux lettres. Elle n’est pas la seule. Des échos qu’elle entend autour d’elle, les agressions anti-Cess se multiplient et les représailles  sont nombreuses. La jeune femme n’y prend aucune part. Essaie de survivre à l’orage de haine qui s’abat sur Shreveport. Malgré les tags sur la porte du Blues Bayou. Malgré cette impression d’une surveillance constante qui la mine. Malgré cette insécurité qui lui vrille le ventre. Malgré le rat qui est passé en panique complète et presque impossible à contrôler.

Jusqu’à ce soir. Jusqu’à ce que les semelles fatiguées de ses converses rouges la mènent devant sa porte. Un rat. Un énorme rat d'égout a été crucifié sur sa porte. Le pauvre animal était encore vivant quand il a subi ce sort dégueulasse. En témoigne la flaque de sang coagulé qui a séché sur son paillasson Donkey Kong. Elle a ouvert sa porte. Rentrée son sac de course. Mis une paire de gants. (Elle apprend vite). Détachée le cadavre. Pris ses clefs. Et redescendu pour jeter la dépouille dans l’une des grosses bennes à ordures. Elle est bouillante de rage. C’était la violence de trop. Le pic de terreur de trop. Demain elle va à Haughton et elle commence par ses parents. Vu comme ils sont proches des parents de Sydney, c’est un bon point de départ. Ce connard est allé trop loin, for fuck sake. La rousse allait déposer le rat mort dans la benne quand elle s'immobilise net. Un truc. Un truc qui la met en éveil. Le rat a Senti un truc. Ho, il est parfaitement réveillé. Parfaitement attentif. Il ne cherche pas à prendre le contrôle mais il gratte les parois de son esprit. Inconsciemment, les doigts de Wynonna se resserrent sur le petit corps sans vie alors qu’elle pivote pour voir si elle parvient à identifier la source de son malaise.
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Anonymous
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Sam 22 Juil - 22:51 (#)

Le bruit du journal froissé et lancé nonchalamment dans la poubelle à côté de moi me tira de ma torpeur. Celle-ci débordait tellement qu’il termina sa chute à mes pieds, ses pages se tournant au gré du vent. Mon regard s’arrêta brièvement sur celui-ci, avant de se lever vers l’astre solaire. Depuis quand faisait-il jour exactement ? J’avais vraiment réussi à boire suffisamment pour m’assommer des heures durant ? C’était un exploit que j’aurais certainement du mal à reproduire à l’avenir, mes rares économies partaient en fumée à une vitesse prodigieuse. A ce rythme-là, je ferais sans doute mieux de piller une distillerie plutôt que de m’attaquer à une banque, ce serait plus stratégique.

Si j’espérais qu’une bonne gueule de bois me mettrait par terre pour une journée encore, il n’en était rien. Je commençais déjà à décuver, les effets de l’alcool comme du manque se dissipant tout aussi vite. Je n’avais gagné que quelques heures de répit avec plusieurs bouteilles de ce mauvais whisky. Un soupir exténué ponctua ce nouveau jour, avant que je m’empare du journal pour me changer un peu les idées. Quelles tueries avaient eu lieu depuis hier ? En ce moment, elles s’enchaînaient à un rythme défiant toute logique, comme si le monde était devenu fou pour de bon.

L’affaire de la ferme à sang dans les coulisses du Voodoo Cafe m’avait débecté au plus haut point. Si certains s’attristaient de la perte d’un homme au grand cœur, ce scandale révélé les avait bien vite fait oublier leurs mouchoirs. Des fois, on pensait connaître ses voisins, puis ils se révélaient être de véritables sociopathes… ou pire encore, des putains de monstres à forme humaine. Les gérants de ce bar n’avaient eu que ce qu’ils méritaient. J’espérais qu’ils retrouveraient rapidement les sangsues qui s’étaient adonnés à ces pratiques pour leur faire connaître le même sort, sinon il me faudrait certainement m’en charger moi-même.

Les nouvelles étaient cependant moins trépidantes aujourd’hui. Je faillis refermer le journal, lassé de ma lecture, pour le jeter à mon tour, quand un nom attira subitement mon attention : Dan Cooper. « Bordel. » Lâchai-je, sous le choc. Je n’aurais pas cru voir son nom apparaître si tôt dans la rubrique nécrologique du Shreveport News, il n’avait rejoint la milice que quelques mois auparavant. Je parcourus tout le reste du journal avec fébrilité, avant de tomber sur un fait-divers qui mentionnait à nouveau son nom. Dan Cooper aurait été retrouvé éventré au petit matin dans une ruelle sordide de Western Hill, seul. Est-ce qu’il s’agissait d’une chasse qui avait probablement mal tourné, comme pour moi ? C’était la conclusion la plus logique, avec mon passif. Mais qui chassait-il au juste ?

Il me fallut une dizaine de minutes avant que le lien ne me paraisse presque évident. Dan était très ami avec Sydney. Ils étaient entrés dans la milice quasiment en même temps, après que Sydney ait chassé des rats-garous dans les égouts pour signer son intégration. Dan avait été le dernier de la bande avant lui, ce qui les avait évidemment rapprochés d’emblée. Or, je savais qu’il n’avait pas été le seul à survivre ce jour-là, et que depuis, les deux hommes s’étaient fait un devoir de remettre à sa place la toute jeune ratte-garou. J’imaginais sans mal comment les choses avaient pu finir par dégénérer ensuite. Elle avait dû faire appeler à toute sa bande de dégénérés pour leur régler définitivement leur compte, non ? « Merde. » Soufflai-je ensuite. Je roulai en boule le journal avant de le tasser dans la poche de ma veste pour me relever. Où habitait cette petite garce déjà ? J’étais quasiment certain que Sydney m’avait déjà confié cette information par le passé. Il me faudrait faire de mémoire, car je n’étais pas prêt de le revoir pour lui demander directement. Cette chasse punitive, il me faudrait la mener seul.

~~~

Enfin, je l’avais trouvé. J’avais un souvenir impérissable de cette ruelle, pour l’avoir parcouru à plusieurs reprises avec Sydney. Il aimait bien trop s’amuser aux dépends de son ex-petite amie devenue une immonde ratte d’égout. « J’aurais parié te retrouver le nez plongé dans une benne à ordures… » Lâchai-je d’un ton dédaigneux, en me rapprochant d’elle. Je ne compris pas immédiatement ce qu’elle tenait en main, certainement parce que je m’en fichais pas mal. J’étais venu jusque chez elle, tel un fantôme venu la hanter, pour régler mes comptes. « Dan Cooper, ça te dit bien quelque chose, non ? » Grondai-je, sur un ton mauvais. « C’est toi qui as fait le coup, pétasse ?! »
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Wynonna Marshall
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Dim 23 Juil - 11:54 (#)

Wynonna est lasse, ses épaules la tirent et elle sent des courbatures dans le haut de ses cuisses et de son ventre. Elle n’est pas mécontente d’avoir sa soirée de libre. Elle n’aurait pas été mécontente, si elle n’avait pas dû s'occuper de ce pauvre rat crucifié à sa porte. Si elle n’avait pas dû redescendre sans même mettre au congèle ses deux pots de glaces. La petite rousse fait jouer les muscles raides. La force de son passager intérieur, sa résistance n’ont rien à voir avec les tiraillements qu’elle ressent. Il ne peut l’aider sur ce coup là. Elle soulève le couvercle de la benne à ordure et s'apprête à jeter le cadavre martyr d’une cause dont il est innocent. Un grognement sourd, une crampe plus distinct. Et son humeur de merde, là, depuis deux jours, l’impression que ses seins ont pris une taille de soutif et que le monde entier fait tout pour la faire chier. Indeed, darling. Elle va avoir ses règles demain ou après-demain. Au moins, CETTE FOIS, son putain de cycle ne coincide pas avec la pleine Lune. Elle a vécu l'expérience -détestable- deux fois, elle s’en passe bien, merci.

Si l’attention de l’humaine diverge sur des problèmes immémoriaux, celle du Rat, elle est parfaitement attentive à son environnement. Depuis le début du mois de décembre, l’âme garou cachée en elle est sur un qui-vive permanent. C’est fatiguant pour Wynonna. Qui se retrouve à craindre tout et n’importe quoi, à vouloir se cacher sans parvenir à identifier le danger. Elle n’a pas eu l’air qu'à moitié ridicule, il y a deux jours quand elle s’est retrouvé à sauter derrière un banc public, à moitié accroupie, simplement parce qu’un idiot en voiture a lancé sa canette sur une poubelle metalique et que le Rat a reagi au bruit soudain. En plus, le mec  l’a loupé et c’est elle qui a jeté le cylindre d'aluminium.

N'empêche que ça la gratte en bas de la nuque, juste au niveau de la colonne vertébrale. Elle découvre un clodo qui la regarde avec une sale tronche, agitant un vieux journal comme s’il s’agitait d’une tapette à mouche. Son nez sensible se fronce et s’agite. Il pue. Il pue l’alcool, il pue la crasse, il pue la sueur collante et poisssante. Est ce qu’elle a un peu de monnaie à lui filer? Plus pour qu’il dégage de son espace que par réel esprit de charité. Ses glaces fondent! Priorities, baby.

Sauf que l’épouvantail à puce s’adresse à elle d’un ton immédiatement vindicatif. Qu’il est trop familier, qu’il s'énerve et devient déplaisant. Wynonna, contre toute prudence, fait un pas vers lui, essayant de comprendre ce que l'homme lui veut. En face à face, bien que les instincts de son Rongeur soit de fuir, elle n’a pas envie de montrer une faiblesse trop grande. Il y a quelque chose qui pue. Autre que Lui. Une menace latente. Un nom. Il lui sort un nom qui réveille des souvenirs. Des souvenirs qui datent d’au moins trois ou quatre ans. L’accent aussi, si particulier, de celui qui s’adresse à elle. Les  rouages de son fil de réflexion commencent à cliquer. Ils se connaissent. Ou plutôt, ils se connaissaient.

-Aodh? Aodh Moore?! -Il y a de la stupéfaction, de la suspicion. C’est difficile de réconcilier le beau gosse brun, charismatique, un peu voyou sur les bords, et beaucoup trop marié avec celui qui se dresse devant elle. Avec ses quelques années de plus, il était un modèle. Enfin pour Sydney et Zekke surtout. Elle, elle se contentait de  le mater à distance, pas franchement convaincue par son kool-aid anti-Cess. C’est le Petasse qui s’enregistre en premier. Elle a un sourire… un sourire de pétasse, justement. -Oh pardon, -elle désigne la grande benne à ordure du menton. -Je te bloque le passage de ton hôtel pour la nuit? C'est ça?!

Elle n’ a pas peur d’un Shepherd seul et qui a l’air tombé d’un camion de gnole frelatée. Elle se doute qu’il a sans doute de l’argent sur lui. Qu’il reste dangereux. Sauf qu’elle est dangereuse aussi. Surtout quand elle est sur le point de subir son hémorragie mensuelle de merde. Dan Cooper. Il a parlé de Dan Cooper. Elle a lu un truc… Ha merde. Le Shepherd qui a été retrouvé assassiné, éventré. Il vient de l’accuser de quoi, là?! Alors que?! Tyler, la première fois qu’il est venu chez elle pour lui annoncer que c’était lui qui était responsable de la mort de ses amis d’enfance, d’une très probable morsure Garou avait dû subir une pluie de cupcakes et muffins en tout genre. Aodh n’aura pas cette chance.  Ils sont presque nez à nez. Murés dans leur fureur et leur préjugés l’un sur l’autre. -Et ca? C’est toi? -Elle ne lui laisse pas le temps de comprendre ce qu’elle veut dire par ce “ca”. (Non pas le Clown.) Elle tenait le cadavre du rongeur par la queue et de toute sa colère, sa frustration, sa peur d’une nouvelle agression, balance le petit corps ensanglanté en travers du visage. Un Smack très satisfaisant qui l’atteint en pleine bouche. Au moins, il va se taire, maintenant -Tu t’es dit que ca suffisait pas? Que tu devais voir par toi-même?! J’ai ma glace à la noix de coco qui fond à cause de tes conneries! Débile!

Déjà sa main s’arme à nouveau et le projectile en fourrure repart dans un nouvel arc de cercle dans le but de le frapper une seconde fois.
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Jeu 7 Sep - 10:03 (#)

Je devais être méconnaissable pour elle, parce qu’il fallut bien quelques secondes supplémentaires à Wynonna pour me resituer. J’avais les cheveux et la barge plus longs, moins bien entretenus. Mais surtout, à la voir froncer le nez de la sorte, je me rendis compte que je n’avais pas dû me doucher depuis déjà plusieurs jours en plus des relents d’alcool qui devaient persister depuis le matin même. J’avais eu le temps de décuver un peu, juste de quoi avoir les idées claires et être capable de lui formuler les reproches que j’avais à faire.

Elle finit tout de même par souffler mon nom, sur le ton de la surprise. « Et ouais, connasse. T’aurais préféré que je sois mort et enterré, je parie. » S’il y en avait bien certains qui pouvaient s’en satisfaire, c’étaient toutes les créatures surnaturelles qui étaient un jour passées entre les mailles du filet quand j’étais à leur poursuite.

Ce n’était pas très prudent de me révéler à elle, mais j’avais la rage ce soir. Tout ce qui se passait ces derniers temps était invraisemblable. Et la mort de Dan maintenant ? Eventré dans une ruelle sordide ? Bordel, c’était forcément un de ces changeformes qui avaient fait le coup, une créature bestiale et sans pitié. Les rats ne m’avaient jamais paru les plus dangereux, mais il ne fallait pas les sous-estimer pour autant. Ils étaient bien plus retors et sournois que pourraient l’être un loup-garou à mes yeux.

Je fronçai les sourcils, sans bien comprendre, quand elle me répondit avec une certaine dose de mordant. Mon hôtel ? « Putain. » Il fallut bien deux secondes supplémentaires pour que l’information monte au cerveau. Etant donné ma dégaine, la pique était facile. Je ne devais pas l’impressionner tant que ça pour qu’elle se permette de réagir de la sorte. J’avais pourtant pris mon arme de poing, encore chargée en balles d’argent, juste au cas où… surtout que la nuit tombait tôt sur Shreveport en plein mois de décembre. « Change pas de sujet. Tu vas avouer, je te le garantis. » Grondai-je avec hargne. La Bête s’agita lentement en moi, réagissant à ma colère.

La faille laissée lui parut bien plus évidente quand Wynonna me balança au visage, sans autre forme de procès, le cadavre ensanglanté de… d’un putain de rat ! Je ne compris pas immédiatement, figé sous le coup de la surprise, mais le sang vicié qui se répandit à ma bouche, mêlé à l’odeur de mort et de salive de l’animal, me fit lâcher un grognement bestial pour seule réponse entre mes crocs devenus saillants. J’étais dégouté, ulcéré. J’avais une furieuse envie de lui faire ravaler ses conneries, en plus de venger la mort de Dan.

Je ne contrôlais déjà plus grand-chose, et qu’on soit en plein milieu d’une ruelle publique n’y changeait rien non plus. Le Loup se frayait un chemin pour percer à la surface avec une aisance redoutable étant donné la situation, avide de regagner sa liberté dont il était sans arrêt privé. Mes pupilles virèrent au doré, dans un éclat colérique difficile à réprimer. « Qu’est-ce que tu me chantes là ?! Tu fous quoi avec ce rat ?! » Elle s’en servait comme d’un projectile, juste pour s’amuser à mes dépens. Je mis un coup de patte pour le dégager de ma trajectoire, dans la ferme intention de lui mettre la main dessus et lui faire regretter ce qu’elle venait de faire. Son petit jeu ne m’amusait plus. L’envie d’en découdre était palpable. « Je vais te tuer, putain ! » Au fond de moi, la Bête jubilait.
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Mar 5 Déc - 10:20 (#)

Il ressurgit dans sa vie comme les restes d’un mauvais café froid et les souvenirs flous d’un cauchemar. Ils n’ont jamais été si proches que cela pour commencer, juste de vagues connaissances. En toute sincérité, elle n’a pas pensé à Aodh depuis des mois, voire une bonne année. Étrangement, elle avait des choses plus pressantes à gérer dans sa vie qu’un débile de Shepherds. Wynonna a complètement coupé les ponts avec cette partie de sa vie depuis sa Morsure. Elle avait déjà commencé à prendre ses distances avant cet… épisode, le fanatisme de ses parents et de son ancien groupe d’amis lui laissant un goût amer dans la bouche. Depuis Février, c’est encore différent, elle s’est évertué à les éviter. Pas question de tenter une infiltration foireuse pour savoir où se cache ce bâtard de Zeke. Il peut bien rôtir en enfer, pour toute la peine que ça lui fera. En ce qui la concerne, c’est lui le responsable du gâchis qui s’est produit dans les égouts. De sa condition. Elle est certaine qu’il a dû baver sur ce qui s’est passé cette nuit-là aux autres Shepherds et qu’ils doivent le protéger. C’est lui le responsable direct des agressions qu’elle a subi.

Alors quand Aodh lui affirme qu’elle le veut mort, la petite rousse n’est pas sûre de comprendre pourquoi il imagine qu’elle lui souhaite un tel sort. C’est sans hésitation qu’elle persifle. -Tu te donnes trop d’importance, chouchou. Je n'ai pas pensé à toi depuis des mois. Mais hey, maintenant que tu le dis, un bon Shepherd est un Shepherd mort. -Elle ne devrait pas escalader la situation. Ce n’est pas dans ses habitudes. Le Rat piaille son mécontentement dans un coin de son crâne. Il a raison. Ça ne sert à rien de vouloir argumenter avec ce genre de personne. Aodh doit croire aussi que la terre est plate, à ce rythme.

Il sait ce qu’elle est devenue. C’est le comble de la cruauté d’avoir cloué à sa porte un de ces petits rongeurs. La métaphore n’est pas difficile à suivre. C’est ce que les anti-cess veulent lui faire subir et son invité surprise le premier. Une pique gratuite et jubilatoire qu’elle lui balance. Le sourire de Wynonna vacille. Il veut qu’elle avoue quoi au juste? Quel rapport entre la mort atroce de Dan Cooper et elle? Non. Il ne peut pas penser sérieusement qu’elle pourrait être responsable d’un acte aussi ignoble. Les Monstres, ce sont eux, pas elle. -T’es complètement débile. Arrête de sniffer de la colle, ca te réussit pas. -Y a un truc qui ne va pas. La colère du jeune homme est trop grande. Trop brûlante. Elle est en danger. C’est exactement le moment que choisit son impulsivité pour se manifester. Wynonna le frappe en travers de la bouche avec le cadavre supplicié du rongeur, sans la moindre retenue. L’onde de choc se répand sur son visage avec un son des plus satisfaisants. Comment peut il l’accuser d’un meurtre alors qu’il doit faire parti de ceux qui l’ont agressé récemment? Il se fout vraiment de sa gueule.  

Fuck. Fuck. His fucking eyes! Ceux de la rousse s’agrandissent en reponse en observant le changement de couleur des prunelles de l’irlandais. Plus sa rage. Si limpide. Not good, babe. Not good at all. Wynonna se rejette en arrière de justesse et évite de peu le coup de poingg qu’il lui décoche. Le rat de la discorde est finalement enfin abandonné dans le conteneur. Elle relâche le couvercle dans un fracas volontairement assourdissant. Le Rat déteste ce bruit agressif, mais elle lui envoie des ondes de calme. Elle espère juste que l’Animal en face d’elle aura été décontenancé par cette onde sonore. Parce qu’Aodh lui barre le chemin pour rentrer dans son immeuble, elle se sent coincée. Il n’y a pas d’autres issues. Sauf une. C’est une Rate, certes. Mais Garou. Ca lui confère un certain avantage par rapport aux humains. Sauf qu’Aodh n’est plus un homme. Sans certitude absolue d’ailleurs. Alors elle part  à la pêche. Sa réaction devrait être instructive. Les mains en appuis sur le couvercle métallique, elle se hisse en arrière et saute sur la benne, de manière à le surplomber.-Espèce de connard d’hypocrite! Comment tu peux être sûr que c’est pas toi qui l’a buté, Dan, hein? T'as subi combien de "black out" récemment? FRRRRR il est grand, cet idiot.

Les chances de pouvoir lui sauter par-dessus sans qu’il la chope en plein vol sont minces. Wynonna avise un muret juste derrière la benne à ordure et sagement, remet encore de la distance, en se perchant dessus. Cherche une route de fuite. Si elle court sur le muret, il faudra qu’elle saute encore pour atteindre le mur suivant. Là, y a un immeuble avec une échelle de secours. Elle pourra monter ou descendre. Selon ce que fait l’autre Garou. C’est trop demandé, une soirée tranquille? Finalement, une pointe de raison perce le brouillard de tension et d'adrénaline. Elle tente une vague conciliation. -Moore, j’ai pas touché à Dan, okay? Il faut que tu te calmes. On est en pleine rue, merde. T’es en train de perdre le contrôle. Si tu te calmes et que tu promets d'arrêter de jouer au con, on se met à l’abri et je te donne à bouffer. -Réponse universelle de Wynonna quand le monde débloque. De la bouffe et un thé. Ou un chocolat chaud avec plein de chantilly et des minis chamallows. Au moindre geste trop vif de la part de l’irlandais, elle est prête à prendre la fuite. Elle n’attendra pas une confrontation plus physique.
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Dim 10 Déc - 13:00 (#)

Un bon Shepherd est un Shepherd mort. C’était un aveu de son crime, n’est-ce pas ? C’était forcément elle qui avait fait le coup pour se venger, sinon qui d’autres ? Je devais simplement finir le travail et mettre un terme à sa sordide existence. Je me fichais pas mal des conséquences ensuite. Je cherchais délibérément les emmerdes, probablement pour que quelqu’un finisse par me tuer à mon tour. La boucle serait bouclée.

« Tu l’as tué ?! Dis-le ! C’est toi qui l’as éventré en pleine ruelle ? T’as pris ton pied à faire le coup, je parie. » Elle niait tout en bloc, mais Wynonna était la suspecte idéale. Je connaissais bien les petits jeux auxquels Zeke s’adonnait avec elle, souvent accompagné de Dan. Je ne serais pas surpris que ce soit lui qui ait déposé un rat mort en bas de chez elle, comme une promesse muette de mort prochaine. Mais Zeke était un lâche et ne passerait jamais à l’acte. Ces petits actes de rébellion était tout ce qu’il savait faire. Lui et moi n’avions jamais joué dans la même cour.

Mon arme de poing coincée dans ma ceinture, toujours dissimulée sous ma veste, l’envie de dégainer était réelle après qu’elle m’ait envoyé en pleine figure ce cadavre de rat. Le faire en pleine rue était complètement inconscient, mais je ne réfléchissais déjà plus. Le goût du sang à mes lèvres mêlé à ma rage mal contenue avait suffi à me faire perdre le contrôle. Je n’avais même pas conscience que la bête commençait à s’en mêler, sautant sur l’occasion d’exploiter ma colère à son avantage. Les crocs saillants, la pilosité plus marquée et le regard doré du loup… l’animal menaçait de crever la surface à la première occasion laissée.

Mais la garou était rapide en plus d’être agile. Je n’arrivais pas à lui mettre la main dessus, ce qui ne faisait que nourrir davantage ma frustration. Le claquement sonore du couvercle de la poubelle m’arracha une grimace contrite. Elle aurait normalement dû profiter de cette distraction pour me foncer dessus ou s’échapper, mais elle n’en fit rien. Juste un peu plus en hauteur, ses accusations étaient bien plus létales que ne l’aurait été un coup porté. « Espèce de connard d’hypocrite ! Comment tu peux être sûr que c’est pas toi qui l’a buté, Dan, hein ? T'as subi combien de "black out" récemment ? » Je me figeai, sous le choc, les yeux écarquillés. « Impossible… » Et pourtant, l’idée faisait son chemin dans mon cerveau fatigué. Je n’étais même pas capable de me souvenir de ce qui s’était passé la veille au soir, tellement je m’étais abruti d’alcool pour ne plus avoir à réfléchir. Et, pour une fois, j’avais réussi ce tour de force. Black out. La dernière fois que ça m’était arrivé, c’était mon propre frère que j’avais retrouvé baignant dans son sang. « Non, ça peut pas être moi ! Te fous pas de ma gueule ! » Criai-je, en pleine rue, refusant de voir la vérité en face. Et si seulement c’était vrai ? Non. « C’est forcément toi. Tu cherches juste à m’embrouiller… » Je me pris la tête à deux mains, réalisant avec un temps de retard que mes ongles se terminaient désormais en griffes et qu’un duvet me recouvrait le dos de la main. Je les fixai avec horreur et dégoût, me reculant précipitamment de quelques pas. « Moore, j’ai pas touché à Dan, okay? Il faut que tu te calmes. On est en pleine rue, merde. T’es en train de perdre le contrôle. » Je relevai un regard vers Wynonna, avant de mettre un violent coup de pied rageur dans la poubelle qu’elle venait de prendre comme perchoir. Je n’avais pas envie de me calmer. Et même si mon ventre criait famine, je ne voulais rien accepter de ce qu’il venait d’elle. D’un geste tremblant, je récupérai l’arme planquée sous ma veste et la braquait sur elle. « J’ai plus envie de jouer, Wyn. » Je me sentais complètement à bout. J’avais seulement envie d’en finir.
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Dim 10 Déc - 21:30 (#)

D’accord, lui balancer ça en pleine tronche n’est pas forcément le moove le plus intelligent, Wynonna est prête à le reconnaître à postériori. Pas le meilleur moyen de le convaincre qu’elle n’est pour rien dans la mort d’un Shepherd en affirmant qu’elle préférerait les voir tous morts. Ce qui n’est même pas vrai. Elle a juste sorti à haute voix la première connerie qui lui est passée en tête. Ses parents et sa sœur font partie de ce groupe de moutons et c’est pas pour autant qu’elle a envie d’assister à leurs funérailles, même si elle est en train de couper les ponts. Pourquoi est ce qu’il est aussi persuadé que c’est elle? C’est pas logique en fait, pas logique du tout! Elle cherche juste à ne pas attirer l’attention sur elle. A quel moment ça se traduit par “tiens, si je regardais si c’est fun, un massacre?”. Elle est la survivante d’une telle nuit et elle ne veut plus jamais, jamais, jamais se retrouver dans la même position! Aodh a t’il oublié qu’elle a assisté à la mort de quatre de ses amis d’enfance, par la faute de Zeke, ou bien n’a t’il pas partagé ces “détails” avec ceux qui le cachent? Qu’est ce qu’il sait de cette histoire au juste, cet irlandais tête de bois? -Pourquoi tu es si certain que c’est moi? -Elle plaide, malgré la colère. Elle tente la raison, malgré l'énervement.  Pourquoi la pointer du doigt?

La petite rousse est plus du genre à vaporiser du gazoline sur une flamme plutôt que tenter de les étouffer. Ce qu’elle démontre avec brio quand elle réalise que le brun échevelé a plusieurs trucs pas clairs à cacher. Une fois qu’elle met de la distance entre eux. Soudain, l'idée qu’il puisse la chopper, lui mettre la main dessus commence à lui faire peur. La peur n’est pas bonne conseillère. Elle saute sur la haute benne, refusant de lui rendre la tâche trop facile. L’Animal en lui est de plus en plus présent, ses doutes, ses intuitions se transforment peu à peu en certitude. Moore, pour toute la rectitude de son balai dans le cul n’est plus tout à fait humain. Il est devenu ce qu’il hait. Elle ne peut  meme pas en savourer l’ironie ni le retour de justice.

Pas un loup, pitié pas un loup, ne soit pas un loup. Sa “rencontre” dans les bois quelques mois plus tôt avec le Lycanthrope a laissé des traces profondes dans son sillage. Sauf que la belle gueule du mec en face d’elle se déforme de manière reconnaissable. Que ses pupilles s’étirent. Quitte a être dans la merde, autant plonger. Elle lui balance une pique de venin et d’acide. Juste pour savoir à quel point elle a raison. Wynonna le regrette immédiatement.  Pour tous ses défauts, son impulsivité, sa tendance à la théâtralité, à l’exubérance, elle n’est pas cruelle. Le  jeune homme  prend sa remarque de plein fouet. Touche un point sensible. Pas besoin d'être mentaliste pour voir à quel point sa phrase l'a heurté. Sa voix est plus douce quand elle reprend. -Ce n’est pas moi, je te jure que ce n'est pas moi. -Elle se répète, disque raillé, il n’est plus en état d’entendre la sincérité dans son ton. Elle se mord la lèvre inférieure, tentant d’avaler son angoisse. Il a déjà tué quelqu'un. Peut-être pas Dan, mais quelqu’un. Il a pris trop vivement sa remarque sur un black-out. Merde. Elle a touché juste, en plein dans une plaie bien purulente. C’ est lui qu’il chercher à convaincre qu’elle est bien “sa” coupable. Parce qu’il serait ainsi absolument certain que ce n'est pas lui. Aodh, I’m so sorry. For you. For the dude you  eated. C’est inutile de continuer à proclamer son innocence, il est prisonnier de son propre labyrinthe mental  et elle n’est pas certaine d’être la bonne personne pour l’en sortir.

Un son étranglé. Sa main n’est plus tout à fait humaine. Et les griffes qu’il aborde à la place de ses doigts ne sont pas celles d’un herbivore, enfin, elle croit. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas avoir des sabots, comme un ruminant? Parce que les herbivores qui ont ce genre de griffes, elle n'a pas envie de les rencontrer en fin de soirée dans une allée sombre. Il ne peut pas déconner au point de se Métamorphoser maintenant, en pleine vue de n’importe quel voisin curieux. Elle lui offre l’asile. Le temps de souffler. L’espoir d’un peu de calme, de ne pas être traqué et de quoi se nourrir.  Franchement, ça se refuse pas, si? Le Rat en elle piaille piaille piaille et elle doit exercer un contrôle sans relâche pour ne pas lui permettre de prendre le contrôle de ses pulsions. Fuir. Fuir. Fuir. Se mettre à l’Abri. Se cacher. Se rouler en boule et disparaître.  Occupée à dompter sa respiration, elle est déséquilibrée par le coup de pied qui fait tanguer la poubelle. Elle tombe à terre et s’égratigne le genou, trouant son jean préféré. Go suck an elf, Moore. Si. Il refuse son offre de paix. Parce que quand elle se relève pour lui faire face, elle plonge ses prunelles claires dans la gueule ténébreuse d’un flingue braqué droit sur elle. Son ventre se creuse sous l’afflux de peur. Elle manque de retomber, calle une épaule contre le métal et parvient à rester debout.

Clic. Pas la gâchette. Des informations qu’elle n’avait pas su voir avant. Un Shepherd qui vient avec un flingue, c’est pas juste un anti-cess. C’est un chasseur. Un chasseur qui a été forcé de subir une transformation, il n’a pas été mordu volontairement, pas lui, c’est un mec qui doit très très mal le vivre. Au point de quitter l’existence qu’il menait et de se retrouver à la rue. Un mec qui dévisse à ce point, c'est un mec dangereux et imprévisible. Instable.

Wyn.

Pas Wynonna. Pas Marshall. Pas Connasse. Wyn. Elle lève les mains, pour montrer d’une part qu'elle n'est pas armée et de l’autre qu’elle ne cherche pas à le menacer. Surtout, pas de gestes brusques. Ils se connaissent mal, ils n’étaient pas dans les mêmes cercles. Mais là, quelque part, ils vivent la même chose. Le regard de la jeune femme cherche le sien, dont les reflets dorés sont de plus en plus prononcés. Au-delà de l’angoisse que son flingue provoque en elle, il y a de la tristesse. Pour lui, pour elle. Pour ceux qu’ils étaient avant de devenir Thérianthrope et qu’ils ne retrouveront plus jamais. Elle n’a plus envie de se moquer. -Je suis sincère. Une douche, un canapé pour dormir et de quoi manger. Je sais pas si Zekke t’as dit, mais je suis cuisinière. Et je me débrouille pas trop mal. On n'a même pas besoin de parler. Juste.. un moment où tu peux te poser, et où tu seras en sécurité. Des Cess et des Anti-cess. Je  te balancerais pas, Aodh. Je sais pas qui tu fuis, mais je  te balancerais pas. J’ai plus de contacts avec les Shepherds et je ne suis pas franchement intégrée avec les Rats. -Elle ne devrait pas lui révéler à quel point elle est isolée, elle aussi. Ca ne change pas grand chose, le danger est immédiat. -Ton Loup doit crever la dalle. Y a pas de flingue chez moi. C’est pas un piège. Si tu as l’impression que je te la fais à l’envers, c’est toujours toi qui est armé.


Elle parle. Probablement trop. Dans l’espoir qu’il va au moins écouter sinon les mots, au moins la cadence de ses phrases. Que ça va le focaliser et lui permettre de faire reculer la menace de son Animal. Le Rat est au bord de la panique, mais elle sait d’expérience que si il prend le dessus, c’est terminé. Elle met trop de temps à Changer. C’est trop douloureux. Ça risque d’être la goupille de la grenade humaine en face d’elle.  Un ton calme, qu’elle ne ressent pas. Des propos raisonnables, quand elle a l’impression de tourner en rond. Si elle parvient à l’aider à garder le contrôle, ça compte comme une victoire. C’est la seule chose qui lui importe. Parce que si le Loup prend le dessus, ça finit dans le Sang. Le sien, probablement, et peut-être celui d’un témoin malheureux qui passerait dans le coin au mauvais endroit, au mauvais moment. -J’ai de la glace à la noix de coco. -Argument ultime.

Est ce qu’il fait partie de ceux qui l’ont terrorisé depuis le début du mois? Qui l’ont agressé en mai? Un des quatre qui l’ont tabassé pendant ce qui lui a semblé des heures? C’est pour ça qu'il est si sûr qu’elle aurait tué un homme? Par vengeance? C’est un peu tard pour se poser ces questions. Elle a ouvert au Loup la porte de la bergerie. Il va tirer  et elle n’a aucun moyen d’éviter le projectile. Avec sa chance, ce sera une balle en argent.
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Dim 14 Jan - 0:23 (#)

Elle cherchait à me retourner le cerveau pour se sortir de cette situation inextricable. J’aurais dû la dénoncer, mais je n’avais pas pu m’empêcher de venir directement sur place pour faire justice moi-même. Sa rage mal contrôlée était un aveu de son crime. Il ne m’en fallait pas plus pour sortir les crocs. J’avais à peine conscience que le loup s’en mêlait, s’engouffrant dans la brèche laissée pour crever peu à peu la surface. Il se nourrissait de toute ma colère et ma frustration pour prendre lentement mais sûrement le dessus. Déjà, mes pensées s’entremêlaient aux siennes. Et il réclamait le sang de sa proie.

D’un geste fébrile, je m’étais emparé de l’arme à ma ceinture pour la braquer sur l’ancienne Shepherd. Ma main tremblait. Le coup de feu menaçait de partir à n’importe quel moment… et Wynonna en avait conscience. Elle était aussitôt redescendue d’un cran, cessant subitement de jouer à la plus maligne. Elle suppliait presque, en plaidant toujours son innocence. L’animal se léchait les babines en se repaissant de sa peur. Je ne voyais là qu’une coupable de plus. Les coupables prétendaient toujours que ce n’était pas de leur faute, qu’ils n’y étaient pour rien, dans l’espoir que le couperet de la justice ne s’abatte pas sur eux.

C’était trop tard.
Pour elle, comme pour moi. Une balle tirée et l’affaire serait réglée.

Mais son attitude changea subitement. Elle leva les mains en signe de reddition, mais ce n’était pas le plus dérangeant. J’aurais voulu goûter encore à sa colère, à sa peur… sauf que le regard qu’elle me lança était teinté d’une tristesse et d’une compassion déconcertante, alors que le métal froid de mon arme était désormais pressé contre sa peau. J’avais du mal à respirer posément. Ça aurait été pourtant si facile de simplement appuyer sur la détente…

Autour de nous, des personnes apparaissaient aux fenêtres, probablement sur le point d’appeler les flics si nécessaire, face à ce qui ne ressemblait plus à une simple dispute. « Je suis sincère. Une douche, un canapé pour dormir et de quoi manger… » Je l’écoutais sans comprendre. Putain, qu’est-ce que j’étais en train de faire ? « On n'a même pas besoin de parler. Juste… un moment où tu peux te poser, et où tu seras en sécurité. » Pourquoi ? Pourquoi elle se montrait si prévenante avec moi ? Pourquoi elle ferait ça pour moi ? Ma main tremblait encore en pressant mon arme. Je lui lançai un regard incertain, chargé de confusion. La bataille continuait de faire rage en moi.

Je ne savais plus où j’en étais. Était-ce vraiment ce que je voulais ? Si j’appuyai sur cette détente, il n’y aurait pas de retour en arrière. Je le savais. Mais quelque chose me disait que ce serait le meurtre de trop, celui qui mettrait un terme à cette triste existence. Ce ne sera qu’une autre forme de suicide consenti. Si j’appuyai sur cette détente, là, maintenant… le meurtrier ne serait pas bien difficile à retrouver. Au fond, c’était certainement ce que je voulais.

Juste… que quelqu’un m’arrête.

« Je  te balancerais pas, Aodh. » Je fermai les yeux, me concentrant sur ma respiration. Elle était tout ce que j’exécrais, et pourtant… c’était comme un électrochoc. Nous étions pareils. Peut-être que je m’apprêtais à faire disparaître la seule personne qui était en mesure de me comprendre aujourd’hui. Ça aurait dû me faire ni chaud ni froid. J’aurais vraiment voulu le croire, mais…

« J’ai de la glace à la noix de coco. »

Je rouvris les yeux, pour la détailler sans comprendre. Elle était si déconcertante que je ne m’étais pas rendu compte que j’avais baissé mon arme. Mieux encore, les tremblements avaient cessé peu à peu, si bien que je reprenais forme humaine. Mes pensées, teintées d’envie de meurtre et de sang, se faisaient peu à peu plus claires. J’avais l’impression de revenir de loin, très loin. « … Quoi ? » Lâchai-je, dans un croassement un peu ahuri. Mes épaules s’affaissèrent. Je me sentais subitement éreinté, sans bien savoir ce que je faisais là, ni ce que j’étais vraiment venu trouver. « J’en veux pas de ta glace. » Finis-je par marmonner.

Qu’est-ce que j’avais été sur le point de faire, putain ? Je rangeai mon arme, en me passant une main sur le visage, pour tenter d’en chasser le sang. J’aurais été le pire des frères de laisser Ciàran après l’avoir mordu et transformé. Peut-être qu’il voudrait me voir disparaître aujourd’hui, mais il s’était sincèrement inquiété pour moi. Et Shanna… est-ce que je la reverrais seulement un jour ? « Je voudrais pouvoir revenir en arrière… » Lui confiai-je, la gorge serrée. Mais tout ce que Wynonna avait à me proposer, c’était une putain de glace à la coco.
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Jeu 22 Fév - 18:03 (#)

Aodh ou elle?

Qui a fait ce pas, ce pas qui brise la distance entre eux et plaque le canon froid de l’arme impersonnelle contre le front fébrile de la garou? Elle ne sait pas. C’est peut être elle, oui. Le Rat est tenu en joue par ce flingue dont sa conscience lui hurle que c’est une balle en argent qui la menace. Même. Même sans argent, une balle en pleine tête, elle en crève. L’Animal doit le sentir, cette urgence, cette necessité de ne PAS BOUGER. Seul le calme, l'immobilisme peuvent déjouer le drame qui se tisse entre ces ames perdues.

Le gout acre de la peur sur sa langue. Elle garde les yeux ouverts. Si le Chasseur décide de la mettre à mort, il emportera dans sa tombe la vision de ses deux orbes emeraldines. Quitte à crever comme une conne, autant le hanter jusqu’au bout. Elle ne pleure pas, la petite rousse. Ca ne changerait pas grand chose et elle n’a jamais su papillonner des cils sur commande, elle ne va pas commencer maintenant.

Il va tirer. Elle n’aura plus à subir cette transformation encore si douloureuse, à partager son crâne avec une présence étrangère et si difficile à comprendre. Est ce que ce serait si grave, que ça se finisse comme ça? Sa famille n’est plus qu’une liste de noms étrangers,  Tyler n’aura plus à se sentir coupable de l’avoir Mordu. Le restaurant existait avant, il existera après. Quelle importance, au final? Les statistiques ne mentent pas. Rare sont les jeunes thérianthropes à passer les premières années. Elle le sait, elle l’a lu.

Je voudrais pas crever.
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…
**


Non. Elle veut pas crever. Pas de sa main à lui. Pas parce qu’elle le hait trop, cet homme là, parce qu’elle le hait pas assez.

Y a une abîme dans les prunelles sombres. Un trou qui lui bouffe l'âme, et dans lequel, elle pourrait presque reconnaître son reflet. Pas de presque. Si il la bute, c’est lui qui se tue. C’est écrit dans l’angoisse de son regard derrière la rage. Dans les tremblements de la main qui appuie plus fort l’arme contre son crane tétu. Wynonna parle, expose sa vérité,  sa sincérité. Si ca ne suffit pas, rien ne suffira. Il ferme les paupières. Pour fuir qui? Elle? Lui? L'animal en lui? Son dernier argument. Si il n’aime pas la glace à la noix de coco, c’est vraiment un monstre, c’est sur.  L’arme s’écarte et recule. Elle relache le soupire haché qu’elle n’avait pas conscience d’avoir retenue ces dernières minutes. Sur son front, un cercle rosé commence déjà à disparaître.  Elle hausse les épaules. Il ne veut pas de glace, okay, pas de problème. On va pas se fâcher pour ça, hein?

Le flingue disparaît et elle se rapproche de lui, toute sa posture libérée de l’hostilité dont elle a fait preuve lors de son apparition sauvage. Pas de toute méfiance, cependant. Wynonna frôle cet homme compliqué qu’elle connait à peine. Et si bien pourtant. Sa gorge se serre à ses paroles, à son émotion si évidente et dont la sincérité ne fait aucun doute.  You and me both, sweetheart.  Écho terrible de ses propres ressentis. Voile liquide qui ombre son regard un instant avant qu’elle l’assèche.  Sa main se pose sur son biceps. Non pour blesser mais pour réconforter.  -Je sais.  -Pas plus, pas moins. Sinon ce partage éphémère. Le Rat piaille et s’agite. Il n’aime pas être dehors. Lui rappelle que leur altercation a attiré de l’attention non nécessaire. -Vient. Je ne peux pas te laisser passer la nuit dehors, ça craint en ce moment.  -La main se déplace sur le poignet qu’elle attrape sans serrer, l’invitant à la suivre.  Elle plaide pour son accord. Pour qu’il réalise qu’elle lui offre un refuge pour quelques heures. Peut-etre que le sauver, c'est se sauver elle. Elle n'est pas si loin du précipice.

Wynonna tire, une fois, deux fois, pour l’inciter à bouger. Le besoin de retrouver le cocon de son intérieur devient de plus en plus crucial après la violence qu’ils viennent d’effleurer. Le Rat est trop proche de la Surface. Jusqu’à ce que la résistance cède. Que la masse inamovible fasse un pas derrière elle. Ça lui suffit. Parce que l’idée de prendre l'ascenseur lui déplait : bonjour la gêne de se retrouver les yeux dans les yeux sans savoir quoi se dire pendant que la cabine monte, elle opte pour les  escaliers. De toute manière, le troisième étage, c’est pas si compliqué à atteindre. Elle a relâché Aodh une fois la porte principale passée, mais elle sent sa présence sombre dans son dos, marche après marche.

Sans surprise, ses courses sont sur le palier devant la porte, là ou elle les abandonné après sa découverte macabre. Ses sens trop sensibles perçoivent encore l’odeur du sang du rongeur massacré. Il était vivant quand il a été crucifié. Un regard par dessus son épaule. Il n’a pas nié être l’auteur de cet acte dégueulasse. Elle ramasse une partie des sacs de provisions, les surgelés en premier et déverouille sa porte. Ses basquettes, qu’elle retire dans le couloir de l’entrée, puis elle s’efface pour le faire entrer à son tour. Ce n’est pas très grand, chez elle. Un grand salon, résolument feminin, des coussins, beaucoup de coussins, une table basse, un canapé, un couloir qui donne sur la salle de bain et sa chambre après, la cuisine dans l’enfilade du salon. Des odeurs de sucre, d’épices tièdes. -La douche est la première porte à droite, si tu veux, pendant que je prépare un truc à manger.

Sa glace n’a pas fondu, finalement. Ils n’ont passé que peu de temps dehors. Bien moins qu’elle ne l’aurait cru. Elle se retourne vers Aodh. C’est plus compliqué qu’elle le pensait, d’avoir un Chasseur chez elle. Wynonna n’est pas totalement rassurée. Au moins, elle a pas mal de couteaux à proximité si il change d’avis. La question se pose. Qui es tu, Aodh Moore. Chasseur, Shepherd ou Cess, Thérianthrope. Ennemi ou Ami?



** Boris Vian, je voudrais pas crever, en partie.
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Sam 9 Mar - 14:39 (#)

Que venait-il exactement de se passer ? Je la revoyais se coller au canon de mon arme, comme si, elle non plus, n’avait plus assez de raison de vivre… mais il fallait croire que nous avions encore moins de raisons valables de s’entretuer, en fin de compte. Je ne ressentais plus qu’une profonde lassitude, comme un gouffre sans fond dans lequel je tombais. Je m’étais accroché à cette haine, à cette hargne, avec l’énergie du désespoir. Que me restait-il exactement, là, de suite ?

Egaré, je me contentais de fixer le vide, sans bien savoir quoi faire ensuite. Quand ses mains se refermèrent lentement sur mon bras, je me crispai aussitôt. Je lui lançai un regard noir, prêt à lui mettre un revers pour qu’elle cesse de me toucher. Mais il me suffit de croiser son regard plein de compassion pour que toute trace d’animosité s’envole à nouveau. Je n’y arrivais tout simplement plus. La haïr aurait été si simple, pourtant. La haïr autant que je me haïssais en ce moment même.

J’avais seulement besoin d’une réponse simple. « Je sais. » C’était peut-être les seuls mots que j’avais réellement besoin d’entendre. Elle et moi étions dans la même galère, n’est-ce pas ? Je ne répondis rien. Je me demandais vaguement s’il était temps de partir, quand elle m’invita à la suivre, d’une simple pression à mon poignet. Pour aller où ? Pour faire quoi ? Quelle importance, au fond ? Je n’avais rien de mieux à faire, non ? Et la Bête, au fond de moi, était également plus calme rien qu’à l’idée de pouvoir se mettre un peu de viande sous les crocs, à défaut de pouvoir les refermer sur un rat un peu trop intrépide.

Elle me tira en arrière. Je ne bougeai pas immédiatement, me fendant d’un soupir avant de la laisser faire. Quand la garou comprit qu’elle n’avait plus besoin de m’inciter à avancer pour que je la suive, elle relâcha sa pression sur mon poignet. Mes mains retrouvèrent le confort rassurant de ma veste en cuir, mon regard encore ancré au sol. Je la suivais comme un robot, sans bien réfléchir. Peut-être qu’elle m’entraînait dans un piège… et alors ? Je fronçai le nez à sentir l’odeur de sang sur la porte de son appartement. C’était le même qu’à mes lèvres… on lui avait visiblement fait une mauvaise blague. Avant ou après qu’elle s’en soit prise à l’un des nôtres ? Le meurtre n’avait pas eu lieu ici, mais ailleurs. Peut-être qu’elle disait bien la vérité en niant son implication. Mais alors qui ?

J’entrai dans son appartement comme en territoire inconnu. Pourtant, je n’en respectais pas plus les lieux. Wynonna retira ses chaussures tandis que je gardais les miennes au pied, sans me soucier de la crasse qu’elles véhiculaient dans mon sillage. Première porte à droite, disait-elle. C’était tout ce que j’avais besoin de savoir au fond. Je disparus dans la salle de bain sans mot dire, verrouillant derrière moi. Me débarrasser de la crasse accumulée au fil des jours – voire semaines – me fit le plus grand bien. Je restais sous le jet d’eau un temps presque indécent, ce qui m’aidait à réunir mes pensées et à retrouver un calme apparent. Mes doigts effleurèrent plusieurs flacons, sous la douche, sans bien savoir lequel prendre. Ils avaient tous des senteurs sucrées, trop féminines à mon goût. Une odeur de fruits serait sans doute moins pire que les parfums plus floraux. Sous mes pieds, l’eau sale se substitua bien vite au savon mousseux. Je me frottais énergiquement, avant d’attraper la première serviette qui me venait. Tout avait l’odeur de Wynonna ici, je nageai presque dedans. Ça ne m’aurait pas dérangé, si j’étais encore humain. Là, ça avait quelque chose d’assez intime. Je me brossai rapidement les dents en sortant, pour chasser l’odeur d’alcool, avant de m’observer longuement dans le miroir. J’avais une tête à faire peur, même si c’était sans doute moins pire qu’un peu plus tôt. « T’as rien pour se raser ou se couper les cheveux, j’imagine… » Lançai-je, de l’autre côté de la porte. Je n’avais pas vraiment à plaindre. Au moins, j’avais pu retrouver un semblant de dignité. L’idée de remettre mes vieilles fringues qui empestaient la mort me rebuta. « Je t’emprunte ta machine à laver. » Lui indiquai-je, avant de les bazarder à l’intérieur et de lancer un cycle court.

Je me laissai retomber au sol face à la machine à laver, me laissant bercer par les roulements du tambour… avant qu’une odeur alléchante, de l’autre côté de la porte de la salle de bain, m‘incite à relever la tête. Je me décidai à ouvrir le verrou pour me rapprocher de la cuisine, comme une bête curieuse et affamée. Je m’approchai dans son dos, uniquement vêtu de ma serviette, pour observer ce qu’elle faisait cuire au-dessus de son épaule. J’en salivai bien vite. Et si elle avait empoisonné les plats ? Ça n’avait pas vraiment d’importance. Au moins, je mourrais heureux.
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Crédits : Carm
Sam 9 Mar - 16:29 (#)


Le regard qu’elle lui lance quand il dépose de la boue malodorante dans le petit couloir puis la diagonale du salon est des plus chagrinés. Les semelles de ses chaussures abandonnent dans son sillage des empreintes noirâtres qui tranchent avec la propreté relative de son intérieur. Avec un soupir, elle les efface en quelques coups de serpillère, dissipant ainsi l’insulte involontaire à la politesse la plus élémentaire. Depuis quand vit-il dans la rue pour oublier les usages les plus simples? Au moins garde t’il le sens des priorités. Profiter d’une douche offerte sans contrepartie. Le clic d’un verrou qu’elle entend distinctement. Craint il  qu’elle ne s’invite dans sa douche comme un mauvais porno des années 90’s ou est ce le résultat de ces nuits sur le qui vive?


Avant de passer en cuisine, elle ouvre le compartiment sous la table basse du salon. L’herbe lui fait moins d’effet. Ils durent moins longtemps, mais avec une quantité suffisante, l’illusion miroite encore un peu. Wynonna a reconstruit sa réserve depuis plusieurs mois. Accumulant plus de weed que pour la consommation régulière d’un humain. Elle a cessé de fumer ces dernières semaines, comme pour en oublier le goût et l’odeur. Décidée à ne plus consommer que lors d’occasions spéciales. Ce début de soirée mouvementée qualifie amplement! La dernière fois, c’était en mai. Elle avait regardé dans les brumes cotonneuses tissées par son esprit, les entailles et les bleus sur ses bras et ses mains se refermer lentement. Comme si la violence dont elle avait été victime ne s’était jamais produite. Écho tourmenté d’une vision du pire. Elle n’a pas porté plainte. Craignant les conséquences de son nom inscrit sur un autre registre officiel.

Déjà, mentalement, la jeune cuisinière fait l’inventaire de ses placards et de ce qui pourrait convenir à son étrange invité. C’est un Loup, presque une certitude. Un prédateur en tout cas, vu les réactions de son Rat. Un rat qui murmure son mécontentement à devoir composer avec  un tel danger dans un lieu où il  se sent normalement en sécurité. Il aurait préféré l’autre Garou à l’autre bout de la ville. De la viande. Quelque chose qui tienne au corps mais qui ne prenne pas trop de temps à cuire. Parfois, le plus simple est encore le mieux. C’est pas trop le moment de chercher à briller en cuisine. Il y a peu de chance que ça l'intéresse. Elle est encore secouée par leur confrontation. Ça n'empêche pas un minimum. Il va probablement profiter de l’eau chaude, l’urgence n’est pas absolue. Peler huit grosses pommes de terre lui prend à peine quelques minutes. les détailler en tronçon irrégulier n’est pas une corvée non plus. Les gestes la calment et l’apaisent. Ils permettent d'évacuer la tension récente. Elle sort les deux pièces de viandes pour qu’elles  retrouvent la température ambiante qui permettra leur meilleure cuisson. Elle ne presse pas Aodh, elle aime ce calme.  -Regarde dans un tiroir sur ta droite. Y a une paire de ciseaux et des rasoirs jetables.

Ce n'est pas idéal mais ça fera l’affaire, ou peut etre pas, mais elle n'a pas grand chose d'autre. Elle passe sous l’eau les frites grossières avant de les sécher. Le moment parfait pour lancer un peu de musique. Tant le groupe que le titre choisi l’amuse pour leur résonance ironique avec ce soir. Hop, en friteuse pour un premier bain, See you soon, ladies. Pendant la première cuisson, elle épluche et émince deux échalotes. Poivre vert en gros grains qu’elle concasse dans un mortier. Malgré la musique, Wynonna entend Aodh, élève à peine la voix pour lui répondre -Va y,  y a pas de souci.  -Les échalotes dans une casserole à fond épais dont le beurre crépite gaiement. Juste à temps pour sortir les frites de leur premier bain  et les laisser sécher.  Sur la viande, elle se contente d’un ou deux tours de moulin à sel. Il doit sans doute l’aimer bleu. Elle déglace avec  un fond de cognac qui va apporter de la richesse à la sauce. Oh hell yes.  Quelques champignons  blancs qu’elle coupe en lamelles et ajoute à la casserole. Sortant de la recette classique, mais elle aime le goût terreux  qui rehausse le poivre vert. Une bonne louche de bouillon de bœuf. Les frites retrouvent la friteuse pour la seconde cuisson, après s’être assurée que l’huile a bien monté en température.  Wynonna chantonne pour elle quand la piste musicale est terminée et que son MP3 en choisit une autre aléatoire. Déjà le temps de sortir les frites dorées qu’elle sale rapidement après les avoir égouttées. Ca, c’est fait. Elle allait rajouter une ombre de farine et le poivre vert quand le Rat l’alerte qu’elle n’est plus seule. Ce qui ne l'empêche pas de joindre les derniers ingrédients à la casserole pour que l’ensemble se lie.

Wynonna se retourne et décoche une petite tape sèche sur la main qui s'avançait déjà pour piocher une allumette de pomme de terre. -Tu vas te brûler, elles sortent juste de la friteuse! -Ca, c’était la priorité. Ce n’est que dans un second temps que la jeune garou percute sur la tenue, l’absence de tenue d’Aodh. Elle aurait dû s'y attendre. Il a dit qu’il mettait ses affaires à la machine. Elle détourne le visage pour éteindre le feu sous la casserole. Pas question de faire brûler la sauce pour une question de pectoraux. Même quand ils sont aussi bien dessinés que les siens. Non qu’elle ait le temps de bien les voir. Mais… Oh et puis merde. -Deuxième tiroir à droite, donne moi la grande poêle, s’il te plait. Je fais cuire les steaks et on pourra manger.

Qu’est ce qu’elle a comme vêtement qui pourrait le couvrir un minimum pendant qu’ils mangent? Tyler a bien laissé quelques fringues mais c’est pas certain qu’il rentre dedans. Les deux hommes n’ont pas le même gabarit. Un regard coulé vers le dos musclé. Nop. Définitivement. Il aura l’air ridicule dans l’un de ses peignoirs. Mieux que rien? Quoique le Garou n’a pas l’air dérangé d’être en serviette. En même temps, il n’aurait pas beaucoup de raisons de l’être. Muselant ces pensées vagabondes, Wynonna lui donne une raison de ne pas rester juste derrière elle.  -Placard juste là, à ta main gauche, tu as les assiettes et les verres. -Le beurre chante dans la poêle chaude, signal pour y placer la viande. -Tu as une préférence pour la cuisson?  -Dans sa tête, elle prend les paris. Bleu, crue, rare. -Je dois avoir quelques bières au frais si tu veux.
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Anonymous
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Sam 9 Mar - 22:35 (#)

« Je me suis servi de ta brosse à dents. » L’informai-je, sans détour, en la rejoignant dans la cuisine. Je n’en avais trouvé qu’une seule à disposition, alors à défaut de mieux, il avait bien fallu que je fasse partir l’odeur d’alcool… et surtout celle du sang à mes lèvres. Si j’avais encore un doute sur le fait qu’elle soit célibataire et sans famille, je n’en avais plus vraiment. Il lui manquait juste un chat pour parfaire le tableau. Sauf qu’étant une ratte-garou… il y avait peu de chances qu’elle en adopte un.

J’avais fait ce que j’avais pu avec les ciseaux à défaut de mieux. Me raser entièrement la barbe m’aurait fait perdre une quinzaine d’années d’un coup. J’avais préféré ordonner un peu le tout, même si mes cheveux bruns continuaient de me tomber dans les yeux à cause de l’humidité de la douche. Je m’étais approché d’elle, attiré par l’odeur alléchante, pour me faire reprendre à l’ordre dès que j’avais tenté d’avancer une main en direction des frites qui sortaient tout juste du four. Un grondement irrité lui répondit, sans que je ne sois en mesure de déterminer si c’était la Bête qui enrageait ou simplement moi-même. Parfois, ne pas parvenir à faire la distinction m’effrayait un peu.

J’avais faim. Je n’aurais sans doute pas obéi à ses injonctions si Wynonna n’était pas occupée à me faire à manger. Plus tôt ce serait prêt, plus tôt mon estomac serait plein. Alors je lui tendis la grande poêle sans discuter, en la récupérant dans le tiroir qu’elle m’indiquait. Si l’appartement était assez petit, prévu pour une personne, la cuisine était si grande qu’on aurait pu croire qu’elle était mère d’une famille de trois gosses minimums. Sans ses indications, je n’aurais sans doute jamais trouvé les assiettes et les verres pour mettre la table ensuite.

Quand elle me demande ma préférence pour la cuisson, le loup me souffla cru aussitôt à l’esprit. Je refreinai ses envies pour souffler bien vite : « Bien cuit, en semelle. » La Bête gronda avec frustration au fond de mon esprit, énervée que je fasse ce choix uniquement pour la contrarier. Sauf qu’à cause d’elle, la viande commençait à me dégouter, ou plus spécifiquement le goût du sang. Mon regard se porta vers le réfrigérateur derrière moi, quand elle me proposa de prendre une bière pour patienter. Contre toute attente, ce fut plutôt la bouteille d’eau glacée à côté qui m’intéressa. J’en bus plusieurs verres d’affilée avant de la reposer sur la table. J’avais enfin arrêté d’avoir la bouche sèche. Le début de migraine semblait sur le point de partir également. La machine à laver sonna la fin de son cycle à ce moment-là. Je la quittai quelques minutes pour aller étendre mes fringues où je pouvais. « Tu vis vraiment seule, ici ? » Lui lançai-je, n’arrêtant pas d’y penser. « T’as pas de… meute, ou quelque chose du genre ? » Est-ce qu’on parlait en ces termes pour des rats ? « Comment tu arrives à t’en sortir avec ça dans ta tête ? »
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